• Un #barrage suisse sème le chaos en #Birmanie

    L’#Upper_Yeywa, un ouvrage hydroélectrique construit par le bureau d’ingénierie vaudois #Stucky, va noyer un village dont les habitants n’ont nulle part où aller. Il favorise aussi les exactions par l’armée. Reportage.

    Le village de #Ta_Long apparaît au détour de la route en gravier qui serpente au milieu des champs de maïs et des collines de terre rouge, donnant à ce paysage un air de Toscane des tropiques. Ses petites demeures en bambou sont encaissées au fond d’un vallon. Les villageois nous attendent dans la maison en bois sur pilotis qui leur sert de monastère bouddhiste et de salle communale. Nous sommes en terre #Shan, une ethnie minoritaire qui domine cette région montagneuse dans le nord-est de la Birmanie.

    « Je préférerais mourir que de partir, lance en guise de préambule Pu Kyung Num, un vieil homme aux bras recouverts de tatouages à l’encre bleue. Je suis né ici et nos ancêtres occupent ces terres depuis plus d’un millénaire. » Mais Ta Long ne sera bientôt plus.

    Un barrage hydroélectrique appelé Upper Yeywa est en cours de construction par un consortium comprenant des groupes chinois et le bureau d’ingénierie vaudois Stucky à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest, sur la rivière #Namtu. Lors de sa mise en service, prévue pour 2021, toutes les terres situées à moins de 395 mètres d’altitude seront inondées. Ta Long, qui se trouve à 380 mètres, sera entièrement recouvert par un réservoir d’une soixantaine de kilomètres.

    « La construction du barrage a débuté en 2008 mais personne ne nous a rien dit jusqu’en 2014, s’emporte Nang Lao Kham, une dame vêtue d’un longyi, la pièce d’étoffe portée à la taille, à carreaux rose et bleu. Nous n’avons pas été consultés, ni même informés de son existence. » Ce n’est que six ans après le début des travaux que les villageois ont été convoqués dans la ville voisine de #Kyaukme par le Ministère de l’électricité. On leur apprend alors qu’ils devront bientôt partir.

    Pas de #titres_de_propriété

    En Birmanie, toutes les #terres pour lesquelles il n’existe pas de titres de propriété – ainsi que les ressources naturelles qu’elles abritent – appartiennent au gouvernement central. Dans les campagnes birmanes, où la propriété est communautaire, personne ne possède ces documents. « Nous ne quitterons jamais notre village, assure Nang Lao Kham, en mâchouillant une graine de tournesol. Nous sommes de simples paysans sans éducation. Nous ne savons rien faire d’autre que cultiver nos terres. »

    Le gouvernement ne leur a pas proposé d’alternative viable. « Une brochure d’information publiée il y a quelques années parlait de les reloger à trois kilomètres du village actuel, mais ce site est déjà occupé par d’autres paysans », détaille Thum Ai, du Shan Farmer’s Network, une ONG locale. Le montant de la compensation n’a jamais été articulé. Ailleurs dans le pays, les paysans chassés de leurs terres pour faire de la place à un projet d’infrastructure ont reçu entre six et douze mois de salaire. Certains rien du tout.

    Ta Long compte 653 habitants et 315 hectares de terres arables. Pour atteindre leurs vergers, situés le long de la rivière Namtu, les villageois empruntent de longues pirogues en bois. « La terre est extrêmement fertile ici, grâce aux sédiments apportés par le fleuve », glisse Kham Lao en plaçant des oranges et des pomélos dans un panier en osier.

    Les #agrumes de Ta Long sont connus loin à la ronde. « Mes fruits me rapportent 10 800 dollars par an », raconte-t-elle. Bien au-delà des maigres 3000 dollars amassés par les cultivateurs de riz des plaines centrales. « Depuis que j’ai appris l’existence du barrage, je ne dors plus la nuit, poursuit cette femme de 30 ans qui est enceinte de son troisième enfant. Comment vais-je subvenir aux besoins de mes parents et payer l’éducation de mes enfants sans mes #vergers ? »

    Cinq barrages de la puissance de la Grande Dixence

    La rivière Namtu puise ses origines dans les #montagnes du nord de l’Etat de Shan avant de rejoindre le fleuve Irrawaddy et de se jeter dans la baie du Bengale. Outre l’Upper Yeywa, trois autres barrages sont prévus sur ce cours d’eau. Un autre, le Yeywa a été inauguré en 2010. Ces cinq barrages auront une capacité de près de 2000 mégawatts, l’équivalent de la Grande Dixence.

    Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan qui a pour but de construire 50 barrages sur l’ensemble du territoire birman à l’horizon 2035. Cela fera passer les capacités hydroélectriques du pays de 3298 à 45 412 mégawatts, selon un rapport de l’International Finance Corporation. Les besoins sont immenses : seulement 40% de la population est connectée au réseau électrique.

    L’Etat y voit aussi une source de revenus. « Une bonne partie de l’électricité produite par ces barrages est destinée à être exportée vers les pays voisins, en premier lieu la #Chine et la #Thaïlande, note Mark Farmaner, le fondateur de Burma Campaign UK. Les populations locales n’en bénéficieront que très peu. » Près de 90% des 6000 mégawatts générés par le projet Myitsone dans l’Etat voisin du Kachin, suspendu depuis 2011 en raison de l’opposition de la population, iront à la province chinoise du Yunnan.

    Les plans de la Chine

    L’Upper Yeywa connaîtra sans doute un sort similaire. « Le barrage est relativement proche de la frontière chinoise, note Charm Tong, de la Shan Human Rights Foundation. Y exporter son électricité représenterait un débouché naturel. » L’Etat de Shan se trouve en effet sur le tracé du corridor économique que Pékin cherche à bâtir à travers la Birmanie, entre le Yunnan et la baie du Bengale, dans le cadre de son projet « #Belt_&_Road ».

    Le barrage Upper Yeywa y est affilié. Il compte deux entreprises chinoises parmi ses constructeurs, #Yunnan_Machinery Import & Export et #Zhejiang_Orient_Engineering. Le suisse Stucky œuvre à leurs côtés. Fondé en 1926 par l’ingénieur Alfred Stucky, ce bureau installé à Renens est spécialisé dans la conception de barrages.

    Il a notamment contribué à l’ouvrage turc #Deriner, l’un des plus élevés du monde. Il a aussi pris part à des projets en #Angola, en #Iran, en #Arabie_saoudite et en #République_démocratique_du_Congo. Depuis 2013, il appartient au groupe bâlois #Gruner.

    Le chantier du barrage, désormais à moitié achevé, occupe les berges escarpées de la rivière. Elles ont été drapées d’une coque de béton afin d’éviter les éboulements. De loin, on dirait que la #montagne a été grossièrement taillée à la hache. L’ouvrage, qui fera entre 97 et 102 mètres, aura une capacité de 320 mégawatts.

    Son #coût n’a pas été rendu public. « Mais rien que ces deux dernières années, le gouvernement lui a alloué 7,4 milliards de kyats (5 millions de francs) », indique Htun Nyan, un parlementaire local affilié au NLD, le parti au pouvoir de l’ancienne Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Une partie de ces fonds proviennent d’un prêt chinois octroyé par #Exim_Bank, un établissement qui finance la plupart des projets liés à « Belt & Road ».

    Zone de conflit

    Pour atteindre le hameau de #Nawng_Kwang, à une vingtaine de kilomètres au nord du barrage, il faut emprunter un chemin de terre cabossé qui traverse une forêt de teck. Cinq hommes portant des kalachnikovs barrent soudain la route. Cette région se trouve au cœur d’une zone de #conflit entre #milices ethniques.

    Les combats opposent le #Restoration_Council_of_Shan_State (#RCSS), affilié à l’#armée depuis la conclusion d’un cessez-le-feu, et le #Shan_State_Progress_Party (#SSPP), proche de Pékin. Nos hommes font partie du RCSS. Ils fouillent la voiture, puis nous laissent passer.

    Nam Kham Sar, une jeune femme de 27 ans aux joues recouvertes de thanaka, une pâte jaune que les Birmans portent pour se protéger du soleil, nous attend à Nawng Kwang. Elle a perdu son mari Ar Kyit en mai 2016. « Il a été blessé au cou par des miliciens alors qu’il ramenait ses buffles », relate-t-elle. Son frère et son cousin sont venus le chercher, mais les trois hommes ont été interceptés par des soldats de l’armée régulière.

    « Ils ont dû porter l’eau et les sacs à dos des militaires durant plusieurs jours, relate-t-elle. Puis, ils ont été interrogés et torturés à mort. » Leurs corps ont été brûlés. « Mon fils avait à peine 10 mois lorsque son papa a été tué », soupire Nam Kham Sar, une larme coulant le long de sa joue.

    Vider les campagnes ?

    La plupart des hameaux alentour subissent régulièrement ce genre d’assaut. En mai 2016, cinq hommes ont été tués par des soldats dans le village voisin de Wo Long. L’armée a aussi brûlé des maisons, pillé des vivres et bombardé des paysans depuis un hélicoptère. En août 2018, des villageois ont été battus et enfermés dans un enclos durant plusieurs jours sans vivres ; d’autres ont servi de boucliers humains aux troupes pour repérer les mines.

    Les résidents en sont convaincus : il s’agit d’opérations de #nettoyage destinées à #vider_les_campagnes pour faire de la place au barrage. « Ces décès ne sont pas des accidents, assure Tun Win, un parlementaire local. L’armée cherche à intimider les paysans. » Une trentaine de militaires sont stationnés en permanence sur une colline surplombant le barrage, afin de le protéger. En mars 2018, ils ont abattu deux hommes circulant à moto.

    Dans la population, la colère gronde. Plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans la rue à plusieurs reprises à #Hsipaw, la ville la plus proche du barrage. Les habitants de Ta Long ont aussi écrit une lettre à la première ministre Aung San Suu Kyi, restée sans réponse. En décembre, une délégation de villageois s’est rendue à Yangon. Ils ont délivré une lettre à sept ambassades, dont celle de Suisse, pour dénoncer le barrage.

    « L’#hypocrisie de la Suisse »

    Contacté, l’ambassadeur helvétique Tim Enderlin affirme n’avoir jamais reçu la missive. « Cette affaire concerne une entreprise privée », dit-il, tout en précisant que « l’ambassade encourage les entreprises suisses en Birmanie à adopter un comportement responsable, surtout dans les zones de conflit ».

    La Shan Human Rights Foundation dénonce toutefois « l’hypocrisie de la Suisse qui soutient le #processus_de_paix en Birmanie mais dont les entreprises nouent des partenariats opportunistes avec le gouvernement pour profiter des ressources situées dans des zones de guerre ».

    La conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle, qui préside l’Association Suisse-Birmanie, rappelle que l’#initiative_pour_des_multinationales_responsables, sur laquelle le Conseil national se penchera jeudi prochain, « introduirait des obligations en matière de respect des droits de l’homme pour les firmes suisses ». Mardi, elle posera une question au Conseil fédéral concernant l’implication de Stucky dans le barrage Upper Yeywa.

    Contactée, l’entreprise n’a pas souhaité s’exprimer. D’autres sociétés se montrent plus prudentes quant à leur image. Fin janvier, le bureau d’ingénierie allemand #Lahmeyer, qui appartient au belge #Engie-Tractebel, a annoncé qu’il se retirait du projet et avait « rompu le contrat » le liant au groupe vaudois.

    https://www.letemps.ch/monde/un-barrage-suisse-seme-chaos-birmanie
    #Suisse #barrage_hydroélectrique #géographie_du_plein #géographie_du_vide #extractivisme
    ping @aude_v @reka



  • He was arrested at 13. Now Saudi Arabia wants to execute him
    https://www.cnn.com/interactive/2019/06/middleeast/saudi-teen-death-penalty-intl

    Arrêté à 13 ans, Murtaja Qureisis pourrait être décapité à 18. #arabie_saoudite, notre cliente et alliée au Moyen-Orient...

    As a boy, Qureiris participated in demonstrations like this bike ride, expressions of dissent in Saudi Arabia’s Eastern Province during the 2011 Arab Spring.

    Three years after he was filmed taking part in the bike protest, Saudi authorities arrested Qureiris, then just 13 years old. He was traveling with his family to Bahrain when he was detained by Saudi border authorities on the King Fahd causeway that connects the two countries.

    At the time, he was considered by lawyers and activists to be the youngest known political prisoner in Saudi Arabia.

    Now, at the age of 18, Qureiris is facing the death penalty after being held for almost four years in pre-trial detention, CNN has learned.



  • Mythe contre mythes
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/05/31/mythe-contre-mythes

    Le 22 septembre 2015, un peu moins de quatre ans et au lendemain des élections régionales françaises, je dressais une comptabilité de la « crise migratoire ». Mon but : démystifier ce qui avait mobiliser les électeurs FN. Aujourd’hui, au lendemain des élections européennes, rien n’a changé. Le sujet est au cœur des débats faisant croire à une … Lire la suite →

    #Humeurs #Arabie_saoudite #États-Unis #économie #domination #Europe #fascisme #militarisation #occident #racisme #Turquie


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa


  • ′Death penalties are the norm in Saudi Arabia′ | Middle East| News and analysis of events in the Arab world | DW | 23.05.2019
    https://www.dw.com/en/death-penalties-are-the-norm-in-saudi-arabia/a-48854174

    Saudi Arabia is once again planning to execute religious activists, according to the “Middle East Eye” website. Madawi Al-Rasheed, an expert on Saudi society, says mass executions are becoming common in the Gulf kingdom.

    #assassinat_légal #arabie_saoudite


  • EXCLUSIF : L’Arabie saoudite exécutera trois éminents dignitaires religieux modérés après le Ramadan | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/en-bref/exclusif-larabie-saoudite-executera-trois-eminents-dignitaires-religi

    Trois érudits saoudiens modérés, incarcérés pour de multiples accusations de « terrorisme », seront condamnés à mort et exécutés peu après le Ramadan, selon deux sources gouvernementales et un des proches de ces hommes qui se sont confiés à Middle East Eye.

    Le plus important d’entre eux est cheikh Salman al-Ouda, un érudit de renommée internationale, réputé pour ses opinions relativement progressistes dans le monde islamique, notamment sur la charia et l’homosexualité.

    Ouda a été arrêté en septembre 2017 peu de temps après avoir tweeté une prière pour la réconciliation entre l’Arabie saoudite et son voisin du Golfe, le Qatar, trois mois après le l’instauration du blocus par Riyad contre l’émirat.

    Les deux autres personnes qui doivent être exécutées sont Awad al-Qarni, un prédicateur sunnite, universitaire et auteur, et Ali al-Omari, un animateur télé très populaire. Les deux hommes ont aussi été arrêtés en septembre 2017.

    Tous les trois sont très suivis sur les réseaux sociaux. Le compte Twitter arabe d’Oudah compte 13,4 millions de followers et un hashtag #freesalmanalodah a été lancé après son arrestation. La chaîne de télévision « For Youth » d’Omari avait également une audience considérable.

    Si vous pouvez le lire en anglais, c’est quand même moins mauvais (érudits saoudiens modérés = prominent moderate Saudi Sunni scholars). Il y a dans l’article un curieux mélange d’affirmations vraiment discutables (Salman el-OUda considéré comme « relativement progressiste » par ex.), de rumeurs invérifiables et de rappels utiles (rôle de Twitter, ampleur de la répression)...

    #arabie_saoudite


    • Suite de la question du contrôle démocratique des ventes d’armes françaises utilisées au Yémen (https://seenthis.net/messages/774555) :
      Début de rétro-pédalage pour Florence Parly ?

      Lors de son audition à l’Assemblée nationale, Florence Parly précisait que « nous n’avons jamais prétendu qu’aucune arme française n’était utilisée au Yémen, mais nous n’avons aujourd’hui aucune preuve que des armes de fabrication française sont utilisées à dessein contre des populations civiles ».

      « A dessein ». Tout est dans ce petit morceau de phrase. Car la France a ratifié en 2014 le Traité sur le commerce des armes (TCA) et s’en fait le promoteur sur la scène internationale. Or ce texte interdit le « transfert d’armes classiques » si celles-ci « pourraient servir à commettre un génocide, des crimes contre l’humanité, des violations graves des Conventions de Genève, des attaques dirigées contre des civils ou des biens de caractère civil et protégés comme tels, ou d’autres crimes de guerre ». Les utilisateurs des armes françaises peuvent toujours expliquer que leurs attaques ne sont pas « dirigées contre des civils », mais contre des objectifs militaires ou terroristes. Et que des civils peuvent être des victimes collatérales de ces attaques…

      Voir aussi : https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/yemen-france-a-mal-a-assumer-ventes-d-armes-184693

      #Yémen #armes_françaises #Arabie_saoudite #Allemagne #contrôle_démocratique #Allemagne



  • Genova, portuali pronti a impedire l’attracco a nave saudita che trasporta armi: “Organizzeremo boicottaggio”

    I leggendari “#camalli”, da sempre parte attiva nella vita sociale e politica della città, hanno ripreso lo slogan salviniano per dire: “Chiudiamo i porti alle armi, non alle persone”. Il cargo, con bandiera di Riyad, avrebbe a bordo armamenti che potrebbero essere utilizzati dalla coalizione del Golfo contro i civili in Yemen.

    “Chiudiamo i porti alle armi, non alle persone”. A riprendere in chiave pacifista lo slogan simbolo di Matteo Salvini sono i portuali di Genova, i leggendari “camalli”, da sempre parte attiva nella vita sociale e politica della città. Il tema è l’arrivo nel porto ligure, lunedì 20 maggio, della Bahri Yanbu, un cargo battente bandiera saudita di proprietà della Bahri, compagnia marittima partecipata dal governo di Riyadh. Una nave che – ormai è certo – porta a bordo armamenti di fabbricazione europea diretti allo scalo saudita di Gedda, dove l’arrivo è previsto a fine mese. E non è difficile immaginare che la destinazione finale sia lo Yemen, dove l’esercito del principe ereditario Mohammad bin Salman combatte insieme alle forze lealiste contro i ribelli Houthi, in un conflitto che dura da quattro anni e ha causato più di 60mila vittime. In particolare, mercoledì 8 maggio la Yanbu avrebbe dovuto fermarsi nel porto francese di Le Havre per imbarcare otto cannoni semoventi di tipo “Caesar” prodotti dall’azienda di Stato francese Nexter, come rivelato dal sito d’informazione Disclose e confermato in televisione dalla ministra della Difesa transalpina Florence Parly. Ma, a causa della mobilitazione dei portuali e di una serie di ong (tra cui Amnesty International e Oxfam), era rimasta a navigare in circolo per tre giorni a 25 chilometri dalla costa, fino a quando, nella serata di venerdì 10, l’Autorità portuale non ha annullato la tappa.

    Il timore dei “camalli”, ora, è che l’imbarco saltato in Francia debba avvenire a Genova. E sono pronti a mobilitarsi per impedirlo. Nella mattinata di giovedì, mentre il caso suscitava le prime attenzioni istituzionali, la notizia è stata smentita dallo stesso armatore: la Bahri ha comunicato all’Autorità portuale che in Liguria non saranno caricati né scaricati armamenti, invitandola a mettere a disposizione lo scalo. Ma intanto sono in corso accertamenti della Prefettura, che a breve dovrebbe decidere eventuali provvedimenti, fino all’ipotesi estrema di un diniego all’attracco, come già successo in Francia. I portuali, nel frattempo, hanno confermato l’assemblea già indetta per il pomeriggio di venerdì alla sala Chiamata del Porto nel quartiere di San Benigno, storico ritrovo della Culmv (Compagnia unica lavoratori merci varie), la società di servizi che riunisce oltre mille operai dello scalo. “Faremo il possibile perché nel nostro porto non passi alcun tipo di materiale bellico”, dice a Ilfattoquotidiano.it Enrico Poggi, ex gruista del Gmt (Genoa metal terminal) e segretario generale della Filt Cgil di Genova. “Se l’obiettivo è imbarcare armi organizzeremo un boicottaggio, come abbiamo sempre fatto a partire dal secolo scorso, quando da Genova dovevano partire gli ordigni americani destinati al Vietnam o ai Paesi del Golfo”.

    “Ma anche se non fosse così – spiega Poggi – organizzeremo un presidio sotto la sede dell’Autorità portuale, insieme alle associazioni che hanno già aderito, per ribadire la nostra contrarietà alla vendita di armi europee a Stati che le utilizzano a scopo di aggressione, colpendo obiettivi civili. Come d’altra parte prevedono trattati internazionali ratificati anche dall’Italia”. Il riferimento è all’articolo 6 del Trattato Onu sul commercio delle armi entrato in vigore nel 2014 che impone agli Stati contraenti di “non autorizzare trasferimenti di armi convenzionali se sono a conoscenza del fatto che potrebbero essere usate in attacchi verso obiettivi civili”. Posizione fatta propria anche da Amnesty International che, anzi, chiama in causa pure i produttori di armi italiani: “È reale e preoccupante – scrive la ong – la possibilità che anche a Genova possano essere caricate armi e munizionamento militare. Negli ultimi anni è stato accertato da numerosi osservatori indipendenti l’utilizzo contro la popolazione civile yemenita anche di bombe prodotte dalla RWM Italia con sede a Ghedi, Brescia, e stabilimento a Domusnovas, in Sardegna”. Per Amnesty “esiste quindi il fondato pericolo che i porti italiani accolgano gli operatori marittimi che trasferiscono sistemi di armi e munizioni destinati a paesi in conflitto: armi che possono essere usate – com’è già accaduto – per commettere gravi violazioni dei diritti umani e che anche secondo i trattati internazionali firmati dal nostro Paese non dovrebbero essere consegnate”.

    Tra i soggetti aderenti all’assemblea di domani anche la Comunità di San Benedetto al Porto fondata da Don Gallo, l’Arci e Oxfam Italia. Hanno preso posizione anche due deputate del Partito democratico, Raffaella Paita (già candidata alla presidenza della Regione, sconfitta nel 2015 da Giovanni Toti) e Lia Quartapelle: “Il porto attende il parere della Prefettura che rappresenta il governo e in particolare il Ministero dell’Interno. La Francia ha negato i suoi porti. Chiediamo che l’Italia faccia lo stesso. È possibile che per una volta Conte, Di Maio, Salvini e Toninelli si trovino d’accordo per salvare vite umane? Sarebbe il colmo se i porti italiani, che Salvini ha voluto chiusi a chi scappa dalle guerre, venissero aperti alle armi usate in quelle guerre”, scrivono.

    https://www.ilfattoquotidiano.it/2019/05/16/genova-portuali-pronti-a-impedire-lattracco-a-nave-saudita-che-trasporta-armi-organizzeremo-boicottaggio/5184866
    #Gênes #Italie #ports_fermés #armes #commerce_d'armes #résistance #Arabie_Saoudite #boycott #Yémen
    ping @isskein @reka

    • La nave delle armi: i cannoni per lo Yemen potrebbero essere imbarcati a Spezia

      La #Yanbu è attesa domani a Genova. Previsto un presidio di protesta al varco Etiopia.

      Mentre i portuali genovesi, con la campagna di boicottaggio contro la nave delle armi diretta in Arabia Saudita recuperano, grazie in particolare all’impegno della Cgil, una leadership internazionalista e raccolgono ampi consensi ottenendo anche l’adesione di importanti associazioni cattoliche come i salesiani e le Acli, un treno carico dei cannoni destinati in Yemen potrebbe nelle prossime ore arrivare, in gran segreto a Spezia.
      Concentrati sulla vasta eco chesta avendo la protesta pacifista contro la Bahri Yanbu, ci si era dimenticati degli otto cannoni francesi Caesar che sono all’origine del caso. Ricapitoliamo.
      Un’inchiesta giornalistica del sito francese Disclose svela la rotta delle armi tra Francia e Arabia Saudita. Con documenti dei servizi segreti precisa che a Le Havre dieci giorni fa dovevano essere caricatiotto cannoni Caesar, un tipo di arma il cui utilizzo nella guerra in Yemen avrebbe provocato numerose vittime fra la popolazione civile. I portuali di Le Havre assieme ad organizzazioni pacifiste impediscono l’accosto alla Yanbu che salpa diretta prima a Santander e ora, domani mattina è previsto l’arrivo, a Genova, nel terminal Gmt.

      Sotto la Lanterna, Prefettura e Capitaneria hanno già spiegato che non saranno caricate delle armi ma solo materiale civile.
      I portuali però hanno fotografato il carico in attesa e accusano di ipocrisia le autorità: “Un generatore elettrico ad uso militare è un’arma da guerra? Se alimenta un campo da cui partono incursioni o bombardamenti, come lo considera la Capitaneria di porto? Questa “merce varia” è già a ponte Eritrea, Genoa Metal Terminal, pronta per essere imbarcata lunedì sul Bahri Yanbu, destinazione Jeddah. La ditta che li produce, Teknel, è convenzionata con la N.A.T.O. e produce servizi logistici militari”.

      Venerdì pomeriggio alla sala chiamata della Culmv durante un’affollata assemblea, le varie anime pacifiste della città si sono riunite e, pur nella diversità delle posizioni, hanno convenuto su un’azione comune. Senza dimenticare che l’aggregazione di numerose realtà attorno ad una battaglia così importante e di grande risonanza internazionale è già, di per sè, un successo. Soprattutto il tema di un porto aperto alle armi ha toccato nel vivo chi in questi mesi si indigna di fronte alle politiche del governo targato lega che chiude i porti alle navi cariche di migranti salvati dai gommoni partiti dalla Libia. La contestazione alla Yanbu unisce quindi due questioni: pacifismo e accoglienza.
      Per lunedì mattina all’ingresso del porto a Sampierdarena, al varco Etiopia, è previsto un presidio di protesta. Come ha già spiegato il console della Culmv Antonio Benvenuti, una squadra di camalli salirà a bordo della nave e se si scoprirà che sta per essere imbarcato materiale militare scatterà immediatamente uno sciopero.
      Ma la partita in queste ore sembra si stia giocando su un altro fronte.
      La società Nexter, azienda bellica interamente controllata dallo Stato francese ha un accordo con l’Arabia Saudita che avrebbe già pagato i cannoni che non sono stati caricati a Le Havre. E’ quindi compito del produttore garantire in qualche modo la consegna. Si sarebbe così deciso di trasferire via treno i cannoni in un altro porto. Per questioni logistiche la scelta sarebbe ricaduta sul porto di Spezia. Uno scalo meno “caldo” di quello di Genova o Livorno e soprattutto con una lunga esperienza nel campo degli armamenti visto che Spezia è la città dell’Oto Melara l’azienda del gruppo Leonardo – Fimeccanica che costruisce carri armati. Mezzi che sono sempre stati imbarcati da una banchina riservata del porto di Spezia.Al momento nessuno conferma ufficialmente questa ipotesi che, però, proviene da fonti assolutamente attendibili per il loro ruolo nella vicenda.
      Va anche sottolineato come la Bahri sia una potenza nel mondo dello shipping. È, infatti, la compagnia di bandiera dell’Arabia Saudita ed è rappresentata in Italia proprio da una società genovese, la Delta agenzia marittima del gruppo Gastaldi. Da diversi anni le sue navi facevano scalo a Genova nella rotta fra il nord Europa e il Mar Rosso. Le armi a bordo sono sempre state trasportate, senza clamori. Ma ora, il clima, nei porti, è cambiato.


      https://genova.repubblica.it/cronaca/2019/05/19/news/la_nave_delle_armi_i_cannoni_per_lo_yemen_potrebbero_essere_imbarcati_a_spezia-226611996/?rss&ref=twhs

    • Les dockers de Marseille refusent de char­ger les armes françaises vendues à l’Ara­bie saou­dite

      Recalé au Havre il y a une ving­taine de jours, le navire qui doit trans­por­ter des armes françaises en Arabie saou­dite est coincé à Marseille. Selon les infor­ma­tions du média d’in­ves­ti­ga­tion Disclose, dont deux jour­na­listes ont été convoqués le 14 mai par la DGSI, les dockers de la ville phocéenne refusent de char­ger une cargai­son de muni­tions sur le #Bahri_Tabuk.

      « Fidèles à leur histoire et valeurs de paix […] ils ne char­ge­ront aucune arme, aucune muni­tion pour quelle guerre que ce soit », a indiqué le syndi­cat CGT des dockers du port de Marseille-Fos dans un commu­niqué. Alors que Disclose a montré que les armes françaises livrées à Riyad étaient utili­sées au Yémen, où les civils meurent par dizaines de milliers, la ministre des Armées, Florence Parly, a réaf­firmé sa volonté de pour­suivre le « parte­na­riat avec l’Ara­bie saou­dite » lors d’une allo­cu­tion à l’As­sem­blée natio­nale, hier.

      Au Havre, le 7 mai dernier, des canons Caesar étaient restés à quai. Cette fois, « les charges modu­laires parties en contai­ners depuis l’usine d’Eu­renco de Berge­rac ont été redi­ri­gées vers une desti­na­tion incon­nue », détaille Disclose.

      https://www.ulyces.co/news/les-dockers-de-marseille-refusent-de-charger-les-armes-francaises-vendues-a-l
      #Marseille #France

    • Aggiornamento importante: secondo alcune fonti i container che verranno caricati oggi sulla #BahriTabuk sarebbero in totale 44 (quindi ulteriori 40...) che potrebbero corrispondere a circa 8000 bombe! Sarebbe una delle più grandi spedizioni di ordigni mai effettuata da Sardegna.

      https://twitter.com/ReteDisarmo/status/1134416948966633473
      #Sardaigne #bombes

      Et sur Facebook :

      Caricati all’alba sulla Bahri Tabuk 4 container arrivati sotto scorta al porto di Cagliari: ancora armi per la guerra in #Yemen?
      Rete Disarmo è in grado di diffondere le immagini del carico.

      Stamattina attorno alle 7.30 sono stati scortati nel Porto Canale di Cagliari 4 container che sono stati poi caricati sul cargo saudita Bahri Tabuk. Il trasporto è stato fatto con uso di aziende private di sicurezza e agendo con percorsi e procedure al di fuori delle normali regole e procedure del porto (di fatto by-passando il controllo dei lavoratori portuali). Sui container non erano presenti evidenti segni di riconoscimento di materiale esplosivo, ma viste le tempistiche delle operazioni di carico e lo spiegamento di strutture di sicurezza è alto il sospetto che si sia trattato di un carico di nuovi ordigni prodotti in Sardegna e diretti in Arabia Saudita.

      Rete Italiana per il Disarmo è in grado di documentare fotograficamente (grazie alle immagini scattate da Kevin McElvaney) la sequenza degli eventi avvenuti questa mattina: la nave Bahri Tabuk è giunta nel porto canale di Cagliari attorno alle 06.40 (con una attracco inizialmente non dichiarato alla partenza da Marsiglia il 29 maggio sera), alle ore 7.30 circa sono poi giunti i 4 container da trenta tonnellate su camion con seguito di scorta privata. Container che sono poi stati caricati sulla Bahri Tabuk circa alle 8.30.

      Rete Italiana per il Disarmo chiede alle Autorità locali in Sardegna (Prefetto e Questore) alle Autorità portuali di Cagliari e al Governo di chiarire se il carico di questa mattina sul cargo battente bandiera saudita sia stato legato o meno all’export di bombe verso Paesi coinvolti nel conflitto Yemenita, e quali siano state le condizioni di sicurezza del trasporto (e in caso di conferma come mai i container non avevano segni evidenti legati a materiale esplosivo). Chiediamo anche conto del fatto che il carico sia avvenuto di primo mattino (con ingresso praticamente notturno della nave in porto e attracco non segnalato preventivamente ed esplicitamente da Bahri) e di fatto non seguendo le normali procedure, impedendo quindi ai lavoratori portuali di Cagliari di attivarsi per evitare eventuale export di armamenti (come avvenuto in diversi porti italiani ed europei di recente).

      Ancora una volta facciamo appello al Governo affinché abbia il coraggio di fermare il flusso di armi verso una delle catastrofi umanitarie più grandi attualmente presenti al mondo, catastrofe in buona misura causata dai bombardamenti eseguiti anche con bombe italiane.

      https://www.facebook.com/retedisarmo/photos/a.197814639708/10157220938039709/?type=3&theater


  • Des #journalistes enquêtant sur les #armes françaises au #Yémen menacés inquiétés - Amnesty International #France
    https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/des-journalistes-francais-menaces-pour-avoir-enquetes

    Avec 16 autres ONG, nous dénonçons aujourd’hui les menaces qui pèsent sur la #liberté de la #presse après la convocation par les services de renseignement français de trois journalistes français ayant enquêté sur la présence d’armes françaises dans le conflit au Yémen.



  • Le régime saoudien décapite 37 prisonniers politiques - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/fr/articles/2019/04/26/saou-a26.html

    La dictature monarchique d’Arabie saoudite a annoncé mardi qu’elle avait procédé à un nouveau massacre, exécutant 37 personnes en public. Les exécutions avaient lieu dans les villes de Riyad, Medina et La Mecque, mais aussi dans la province centrale de Qassim et dans la province orientale du royaume.

    Ensuite, l’un des cadavres sans tête a été crucifié et laissé pendu en public comme un avertissement hideux à quiconque envisagerait même de s’opposer au pouvoir absolu de la famille royale au pouvoir.

    #arabie_saoudite #peine_de_mort #droits_humains


  • Macron « assume » la livraison d’armes à l’Arabie saoudite, malgré la guerre au Yémen
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/09/guerre-au-yemen-une-ong-fait-un-recours-en-urgence-contre-le-depart-de-franc

    « L’Etat français ne peut ignorer que ces armes peuvent servir à commettre des crimes de guerre au Yémen, où plus de 400 000 civils sont potentiellement sous le feu », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) l’avocat de l’ACAT, Joseph Breham. Plusieurs autres organisations — comme Human Rights Watch, Amnesty International ou l’Observatoire des armements — sont également vent debout contre ces ventes. Jeudi, une centaine de personnes étaient rassemblées au port du Havre, à l’appel de la Ligue des droits de l’homme et du Mouvement de la paix, pour dénoncer ces livraisons qui contribuent, selon eux, au « carnage en cours au Yémen ». « Interdire les ventes d’armes aux pays en guerre » ou « Au Yémen, un enfant est tué toutes les 5 minutes », pouvait-on lire sur leurs pancartes.

    Si le président français n’a pas précisé les armes qui devaient être chargées au Havre, le site d’investigation Disclose a avancé que le navire devait prendre livraison de « huit canons de type Caesar » que l’Arabie saoudite pourrait utiliser dans la guerre qu’elle livre au Yémen aux rebelles houthistes, minorité chiite soutenue par l’Iran, grand rival de Riyad. Paris a invariablement affirmé que ces armements ne sont utilisés que de manière défensive et pas sur la ligne de front.

    Mais, selon une note de la direction du renseignement militaire (DRM), révélée par Disclose mi-avril, 48 canons Caesar produits par l’industriel français Nexter « appuient les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudiennes, dans leur progression en territoire yéménite ». Une carte de la DRM estime que « 436 370 personnes » sont « potentiellement concernées par de possibles frappes d’artillerie », dont celles des canons français. « Il ne suffit pas de dire “j’ai des garanties”, il faut nous les montrer. De même, nous aimerions qu’on nous explique clairement, nettement, comment l’Arabie saoudite lutte contre le terrorisme au Yémen », a réagi Aymeric Elluin, d’Amnesty International France.


  • Tom Stevenson reviews ‘AngloArabia’ by David Wearing · LRB 9 May 2019
    https://www.lrb.co.uk/v41/n09/tom-stevenson/what-are-we-there-for

    It is a cliché that the United States and Britain are obsessed with Middle East oil, but the reason for the obsession is often misdiagnosed. Anglo-American interest in the enormous hydrocarbon reserves of the Persian Gulf does not derive from a need to fuel Western consumption . [...] Anglo-American involvement in the Middle East has always been principally about the strategic advantage gained from controlling Persian Gulf hydrocarbons, not Western oil needs. [...]

    Other parts of the world – the US, Russia, Canada – have large deposits of crude oil, and current estimates suggest Venezuela has more proven reserves than Saudi Arabia. But Gulf oil lies close to the surface, where it is easy to get at by drilling; it is cheap to extract, and is unusually ‘light’ and ‘sweet’ (industry terms for high purity and richness). It is also located near the middle of the Eurasian landmass, yet outside the territory of any global power. Western Middle East policy, as explained by Jimmy Carter’s national security adviser, Zbigniew Brzezinski, was to control the Gulf and stop any Soviet influence over ‘that vital energy resource upon which the economic and political stability both of Western Europe and of Japan depend’, or else the ‘geopolitical balance of power would be tipped’. In a piece for the Atlantic a few months after 9/11, Benjamin Schwarz and Christopher Layne explained that Washington ‘assumes responsibility for stabilising the region’ because China, Japan and Europe will be dependent on its resources for the foreseeable future: ‘America wants to discourage those powers from developing the means to protect that resource for themselves.’ Much of US power is built on the back of the most profitable protection #racket in modern history.

    [...]

    It is difficult to overstate the role of the Gulf in the way the world is currently run. In recent years, under both Obama and Trump, there has been talk of plans for a US withdrawal from the Middle East and a ‘#pivot’ to Asia. If there are indeed such plans, it would suggest that recent US administrations are ignorant of the way the system over which they preside works.

    The Arab Gulf states have proved well-suited to their status as US client states, in part because their populations are small and their subjugated working class comes from Egypt and South Asia. [...] There are occasional disagreements between Gulf rulers and their Western counterparts over oil prices, but they never become serious. [...] The extreme conservatism of the Gulf monarchies, in which there is in principle no consultation with the citizenry, means that the use of oil sales to prop up Western economies – rather than to finance, say, domestic development – is met with little objection. Wearing describes the modern relationship between Western governments and the Gulf monarchs as ‘asymmetric interdependence’, which makes clear that both get plenty from the bargain. Since the West installed the monarchs, and its behaviour is essentially extractive, I see no reason to avoid describing the continued Anglo-American domination of the Gulf as #colonial.

    Saudi Arabia and the other five members of the Gulf Co-operation Council are collectively the world’s largest buyer of military equipment by a big margin. [...]. The deals are highly profitable for Western arms companies (Middle East governments account for around half of all British arms sales), but the charge that Western governments are in thrall to the arms companies is based on a misconception. Arms sales are useful principally as a way of bonding the Gulf monarchies to the Anglo-American military. Proprietary systems – from fighter jets to tanks and surveillance equipment – ensure lasting dependence, because training, maintenance and spare parts can be supplied only by the source country. Western governments are at least as keen on these deals as the arms industry, and much keener than the Gulf states themselves. While speaking publicly of the importance of fiscal responsibility, the US, Britain and France have competed with each other to bribe Gulf officials into signing unnecessary arms deals.

    Control of the Gulf also yields less obvious benefits. [...] in 1974, the US Treasury secretary, William Simon, secretly travelled to Saudi Arabia to secure an agreement that remains to this day the foundation of the dollar’s global dominance. As David Spiro has documented in The Hidden Hand of American Hegemony (1999), the US made its guarantees of Saudi and Arab Gulf security conditional on the use of oil sales to shore up the #dollar. Under Simon’s deal, Saudi Arabia agreed to buy massive tranches of US Treasury bonds in secret off-market transactions. In addition, the US compelled Saudi Arabia and the other Opec countries to set oil prices in dollars, and for many years Gulf oil shipments could be paid for only in dollars. A de facto oil standard replaced gold, assuring the dollar’s value and pre-eminence.

    For the people of the region, the effects of a century of AngloArabia have been less satisfactory. Since the start of the war in Yemen in 2015 some 75,000 people have been killed, not counting those who have died of disease or starvation. In that time Britain has supplied arms worth nearly £5 billion to the Saudi coalition fighting the Yemeni Houthis. The British army has supplied and maintained aircraft throughout the campaign; British and American military personnel are stationed in the command rooms in Riyadh; British special forces have trained Saudi soldiers fighting inside Yemen; and Saudi pilots continue to be trained at RAF Valley on Anglesey. The US is even more deeply involved: the US air force has provided mid-air refuelling for Saudi and Emirati aircraft – at no cost, it emerged in November. Britain and the US have also funnelled weapons via the UAE to militias in Yemen. If the Western powers wished, they could stop the conflict overnight by ending their involvement. Instead the British government has committed to the Saudi position. As foreign secretary, Philip Hammond pledged that Britain would continue to ‘support the Saudis in every practical way short of engaging in combat’. This is not only complicity but direct participation in a war that is as much the West’s as it is Saudi Arabia’s.

    The Gulf monarchies are family dictatorships kept in power by external design, and it shows. [...] The main threat to Western interests is internal: a rising reminiscent of Iran’s in 1979. To forestall such an event, Britain equips and trains the Saudi police force, has military advisers permanently attached to the internal Saudi security forces, and operates a strategic communications programme for the Saudi National Guard (called Sangcom). [...]

    As Wearing argues, ‘Britain could choose to swap its support for Washington’s global hegemony for a more neutral and peaceful position.’ It would be more difficult for the US to extricate itself. Contrary to much of the commentary in Washington, the strategic importance of the Middle East is increasing, not decreasing. The US may now be exporting hydrocarbons again, thanks to state-subsidised shale, but this has no effect on the leverage it gains from control of the Gulf. And impending climate catastrophe shows no sign of weaning any nation from fossil fuels , least of all the developing East Asian states. US planners seem confused about their own intentions in the Middle East. In 2017, the National Intelligence Council described the sense of neglect felt by the Gulf monarchies when they heard talk of the phantasmagorical Asia pivot. The report’s authors were profoundly negative about the region’s future, predicting ‘large-scale violence, civil wars, authority vacuums and humanitarian crises persisting for many years’. The causes, in the authors’ view, were ‘entrenched elites’ and ‘low oil prices’. They didn’t mention that maintenance of both these things is US policy.

    #etats-unis #arabie_saoudite #pétrole #moyen_orient #contrôle


  • Gel des exportations d’armes vers Ryad : Berlin fait boire la tasse à Airbus
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/gel-des-exportations-d-armes-vers-ryad-berlin-fait-boire-la-tasse-a-airbus


    Crédits : FAISAL AL NASSER

    La suspension prolongée des licences d’exportation de matériels de défense à l’Arabie saoudite par Berlin s’est traduit par un impact financier de 297 millions d’euros sur les comptes d’Airbus au premier trimestre 2019. Paris compte arriver à un accord avec Berlin sur des principes partagés d’exportation au moment du lancement du SCAF (Système de combat aérien du futur).

    Pour Airbus, l’addition, qui s’élève à 297 millions d’euros, est sévère. La suspension prolongée des licences d’exportation de matériels de défense à l’Arabie saoudite par Berlin s’est très concrètement traduit par un impact financier sur les comptes du groupe européen au premier trimestre 2019. Cette décision du gouvernement allemand pèse sur l’EBIT du groupe à hauteur d’une provision de 190 millions, à laquelle se sont ajoutées des pertes de change, selon le nouveau directeur financier d’Airbus, Dominik Asam. Ces « ajustements » ont fait fondre le bénéfice net à seulement 40 millions d’euros. Soit 86% de moins que sur la même période il y a un an (283 millions d’euros).

    Actuellement, le constructeur européen ne peut plus livrer certains éléments du système de surveillance des frontières qu’il a vendu en 2009 à l’Arabie Saoudite pour 2,5 milliards d’euros environ. "Nous sommes pieds et poings liés et nous ne pouvons pas exécuté comme prévu le contrat export saoudien", a regretté Dominik Asam, ajoutant que les discussions se poursuivaient toutefois avec Ryad. "Nous devons maintenant regarder de près ce qui se passe dans l’environnement politique", a-t-il expliqué, précisant qu’il était « trop tôt pour faire un commentaire sur un éventuel impact » sur le contrat. « Nous devons évaluer la probabilité pour nous de vraiment assurer le contrat exactement tel que convenu » à la signature, a-t-il affirmé. Mais tout dépendra de

    Décidé après l’assassinat du journaliste Jamal Kashoggi le 3 octobre, le gel des ventes d’armes à l’Arabie saoudite suscite des crispations avec les principaux alliés de Berlin, en première ligne la France et la Grande-Bretagne. Le gel allemand est également lié à l’implication de l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen qui a fait plus de 10.000 morts depuis 2015. Des systèmes communs avec la France et le Royaume-Uni sont concernés en raison de la présence de composants allemands.

    Airbus est très affecté par ce gel, notamment dans le cadre du contrat de surveillance des frontières. Mais pas que... L’Allemagne bloque l’exportation de plusieurs grands programmes européens auxquels participe Airbus vers plusieurs pays, dont l’Arabie Saoudite : les avions de combat Eurofighter Typhoon et Tornado, le missiles air-air Meteor de MBDA (détenu à 37,5% par Airbus), l’avion de ravitaillement A330-MRTT ainsi que l’hélicoptère H145 et l’avion de transport CASA C295.



  • Spain’s Far-right Vox Received Almost $1M from ’Marxist-Islamist’ Iranian Exiles: Report | News | teleSUR English
    https://www.telesurenglish.net/news/Spains-Far-right-Vox-Received-Almost-1M-from-Marxist-Islamist-Irania

    It is unlikely that Vox’s hyper-nationalist voters know that their party scored a significant presence in Spain’s parliament mostly thanks to Zionists, Islamists and foreigners.

    With the April 28 general elections in Spain over, the far-right party Vox gained about 10 percent of parliamentary seats, marking the far-right’s rising comeback into politics four decades after Francisco Franco’s dictatorship. While a less alarmist reading would say that the far-right was always there, hidden in the conservative People’s Party (PP), the fact that they are out in the open strengthens Europe’s wave of far-right xenophobic and anti-European advance.

    The party appealed to voters in one of Spain’s most contested elections since its return to democracy, mostly basing its arguments against leftists politics, social liberals, migrants, charged mainly with an Islamophobic narrative. Emphasizing the return of a long lost Spain and pushing to fight what they refer to as an “Islamist invasion,” which is the “enemy of Europe.” One could summarize it as an Iberian version of “Make Spain Great Again.”

    Yet while this definitely appealed to almost two million voters, many are unaware of where their party’s initial funding came from. Back in January 2019, an investigation made by the newspaper El Pais revealed, through leaked documents, that almost one million euros - approximately 80 percent of its 2014 campaign funding - donated to Vox between its founding in December 2013 and the European Parliament elections in May 2014 came via the National Council of Resistance of Iran (NCRI), a self-declared “Marxist” organization and an Islamist group made up of Iranian exiles.

    However, this is where things get complicated. The NCRI is based in France and was founded in 1981 by Massoud Rajavi and Abolhassan Banisadr, nowadays its president-elect is Maryam Rajavi (Massoud’s wife). The Rajavis are also the leaders of the Mojahedin-e-Khalq (MEK). A reason for many to believe that the NCRI is just a front for the MEK, which over the past few decades has managed to create a complicated web of anti-Iranian, pro-Israel and right-wing government support from all over the world.

    To understand MEK, it’s necessary to review the 1953 U.S. and British-backed coup which ousted democratically elected prime minister of Iran Mohammad Mosaddegh and instituted a monarchical dictatorship led by Shah Mohammad Reza Pahlavi.

    The oppression carried out by the Pahlavi royal family led to the creation of many radical groups, one which was MEK, whose ideology combined Marxism and Islamism. Its original anti-west, especially anti-U.S. sentiment pushed for the killing of six U.S citizens in Iran in the 1970s. While in 1979, they enthusiastically cheered the seizure of the U.S. embassy in Tehran. After the Iranian Revolution, its young leaders, including Rajavi, pushed for endorsement from the Ayatollah Ruhollah Khomeini, but were denied.

    So Rajavi, allied with the winner of the country’s first presidential election, Abolhassan Banisadr, who was not an ally of Khomeini, either. Soon Banisadr and MEK became some of Khomeini’s main opposition figures and had fled to Iraq and later to France.

    In the neighboring country, MEK allied with Sadam Hussein to rage war against Iran. In a RAND report, allegations of the group’s complicity with Saddam are corroborated by press reports that quote Maryam Rajavi encouraging MEK members to “take the Kurds under your tanks, and save your bullets for the Iranian Revolutionary Guards."

    The organization was deemed a terrorist organization by the U.S. and European Union for the better part of the 1990s, but things changed after the U.S. invasion to Iraq in 2003. This is when the U.S. neoconservative strategist leading the Department of State and the intelligence agencies saw MEK as an asset rather than a liability. Put simply in words they applied the dictum of “the enemy of my enemy is my friend.”

    The U.S.’s dismissal of past crimes reinvigorated MEK’s intense lobbying campaign to have itself removed from terrorist lists in the U.S. and the European Union. MEK, which by the beginning of the 21 century had morphed into a cult-like group according to many testimonies from dissidents, moved from Camp Ashraf to the U.S-created Camp Liberty outside of Baghdad. And that’s when things rapidly changed.

    According to the Guardian, between 2007 and 2012, a number of Iranian nuclear scientists were attacked. In 2012, NBC News, citing two unnamed U.S. officials, reported that the attacks were planned by Israel’s Mossad and executed by MEK operatives inside Iran. By 2009 and 2012, the EU and the U.S. respectively took it out of its terrorist organizations list.

    Soon after it gained support from U.S. politicians like Rudy Giuliani and current National Security Advisor John Bolton, who now call MEK a legitimate opposition to the current Iranian government. As the U.S. neocon forefathers did before, MEK shed its “Marxism.” After the U.S.’s official withdrawal from Iraq, they built MEK a safe have in Albania, near Tirana, where the trail of money can be followed once again.

    Hassan Heyrani, a former member of MEK’s political department who defected in 2018, and handled parts of the organization’s finances in Iraq, when asked by Foreign Policy where he thought the money for MEK came from, he answered: “Saudi Arabia. Without a doubt.” For another former MEK member, Saadalah Saafi, the organization’s money definitely comes from wealthy Arab states that oppose Iran’s government.

    “Mojahedin [MEK] are the tool, not the funders. They aren’t that big. They facilitate,” Massoud Khodabandeh, who once served in the MEK’s security department told Foreign Policy. “You look at it and say, ‘Oh, Mojahedin are funding [Vox].’ No, they are not. The ones that are funding that party are funding Mojahedin as well.”

    Meanwhile, Danny Yatom, the former head of the Mossad, told the Jersulamen Post that Israel can implement some of its anti-Iran plans through MEK if a war were to break out. Saudi Arabia’s state-run television channels have given friendly coverage to the MEK, and Prince Turki al-Faisal, Saudi Arabia’s former intelligence chief, even appeared in July 2016 at a MEK rally in Paris.

    With Israel and Saudi Arabia backing MEK, the question of why a far-right movement would take money from an Islamist organization clears up a bit. Israel’s support of European far-right parties has been public. In 2010, a sizeable delegation arrived in Tel Aviv, consisting of some 30 leaders of the European Alliance for Freedom, gathering leaders such as Geert Wilders of the Netherlands, Philip Dewinter from Belgium and Jorg Haider’s successor, Heinz-Christian Strache, from Austria.

    Yet for the U.S., Israel, and Saudi Arabia, MEK represents an anti-Iranian voice that they so desperately need, and that on the surface didn’t come from them directly. It is unlikely that Vox’s hyper-nationalist voters know that their party scored a significant presence in Spain’s parliament mostly thanks to Zionists, Islamists and foreigners.

    #Espagne #extrême_droite #Israël #Iran #Arabie_Saoudite #OMPI #Albanie


  • Runaway Saudi sisters call on #Google and #Apple to pull ’inhuman’ woman-monitoring app

    Two runaway Saudi sisters on Wednesday urged Apple and Google to pull an “inhuman” app allowing men to monitor and control female relatives’ travel as it helped trap girls in abusive families.

    Maha and Wafa al-Subaie, who are seeking asylum in Georgia after fleeing their family, said Absher – a government e-services app – was bad for women as it supported Saudi Arabia’s strict male guardian system.

    “It gives men control over women,” said Wafa, 25. “They have to remove it,” she added, referring to Google and Apple.

    #Absher, which is available in the Saudi version of Google and Apple online stores, allows men to update or withdraw permissions for female relatives to travel abroad and to get SMS updates if their passports are used, according to researchers.

    Neither company was immediately available to comment. Apple’s chief executive Tim Cook said in February that he had not heard of Absher but pledged to “take a look at it”.

    A free tool created by the interior ministry, Absher allows Saudis to access a wide range of government services, such as renewing passports, making appointments and viewing traffic violations.

    Saudi women must have permission from a male relative to work, marry and travel under the ultra-conservative Islamic kingdom’s guardianship system, which has faced scrutiny following recent cases of Saudi women seeking refuge overseas.

    The al-Subaie sisters, who stole their father’s phone to get themselves passports and authorisation to fly to Istanbul, said they knew of dozens of other young women who were looking to escape abusive families.

    Tech giants could help bring about change in Saudi Arabia if they pulled Absher or insisted that it allows women to organise travel independently – which would significantly hamper the guardianship system - they said.

    “If [they] remove this application, maybe the government will do something,” Wafa said.

    The sisters’ plea added to growing calls from rights groups, diplomats and US and European politicians for the app to be removed from online stores.

    United Nations human rights chief Michelle Bachelet said on Wednesday that she had asked tech companies in Silicon Valley “tough questions” this month about the “threats” posed by apps like Absher.

    “Technology can, and should, be all about progress. But the hugely invasive powers that are being unleashed may do incalculable damage if there are not sufficient checks in place to respect human rights,” she said in a statement.

    A Saudi teen received global attention and ultimately an offer of asylum in Canada when she refused to leave a Thai airport hotel in January to escape her family. Two other Saudi sisters who hid in Hong Kong for six months were granted visas in March to travel to a third country.

    “Increasing cases of women fleeing the country are indicative of the situation of women in Saudi Arabia,” said Lynn Maalouf, Middle East research director for rights group Amnesty International.

    “Despite some limited reforms, [they] are inadequately protected against domestic violence and abuse and, more generally, are discriminated against.”

    Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman has introduced reforms, such as lifting the driving ban for women, and indicated last year that he favoured ending the guardianship system. But he has stopped short of backing its annulment.

    Western criticism of the kingdom has sharpened with the trial of 11 women activists who said last month that they had been tortured while in detention on charges related to human rights work and contacts with foreign journalists and diplomats.

    The public prosecutor has denied the torture allegations and said the women had been arrested on suspicion of harming Saudi interests and offering support to hostile elements abroad.

    https://www.theguardian.com/world/2019/apr/25/runaway-saudi-sisters-call-for-inhuman-woman-monitoring-app-absher-to-b
    #contrôle #hommes #surveillance #femmes
    #liberté #asile #migrations #réfugiés #Arabie_Saoudite #femmes #technologie #domination_masculine #fuite #contrôles_frontaliers #frontières #passeport

    ping @reka


  • Trois journalistes convoqués par la DGSI pour avoir détaillé l’usage d’#armes françaises au #Yémen
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/24/armes-francaises-au-yemen-trois-journalistes-convoques-par-la-dgsi_5454482_3

    Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour « compromission du #secret_défense nationale » après la transmission au média en ligne Disclose d’une note classée « #confidentiel-défense » évoquant l’utilisation d’armes françaises au Yémen, a appris l’Agence France-Presse (AFP), mercredi 24 avril, de sources concordantes.

    [...]

    Les trois journalistes convoqués par la #DGSI sont les deux fondateurs de #Disclose, Mathias Destal et Geoffrey Livolsi, ainsi que Benoît Collombat, de la cellule investigation de Radio France. Pour M. Livolsi, « cette enquête judiciaire n’a qu’un seul objectif : connaître les #sources qui nous ont permis de faire notre travail ». « C’est une #atteinte à la #liberté_de_la_presse et à la #protection_des_sources des #journalistes », a-t-il ajouté. « Nous serons très fermes sur la protection des sources de nos journalistes », a réagi l’avocate de Disclose, Me Virginie Marquet.

    Pour Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France, Paris « se cache trop derrière ce secret-défense. La transparence devrait être enfin de mise. » « Disclose a montré des preuves irréfutables (…) qui établissent qu’il y a bel et bien une complicité indirecte avec des crimes de guerre. L’argument du secret-défense ne peut plus suffire, a-t-elle déclaré à l’agence Reuters. Nous sommes pour la protection des lanceurs d’alerte quand l’intérêt général est en cause, et là, c’est largement le cas. »


  • Saudi Arabia is carrying out a second oppressive mass slaughter in the era of King Salman, including children, protestors, and activists – European-Saudi Organisation for Human Rights
    https://www.esohr.org/en/?p=2196

    Without the knowledge of the victims’ families, the Saudi government today circulated awful news of the execution of 37 people, including minors, protestors, and the disabled. Many of them were linked to the Arab Spring protests that took place in Saudi Arabia, particular in the governorate of Qatif beginning on 17 February 2011. Others were charged by Saudi Arabia with spying for Iran, although most of the charges did not include evidence of actual acts of espionage.

    Among the names were at least six minors: Abdullah Salman Al Sarih and Abdulkarim Mohammad al-Hawaj, whose charges go back to when they were 16 years of age, and Said Mohammad al-Sakafi, Salman Amin Al Quraysh, Mujtaba Nadir al-Sweiket, and Abdulaziz Hassan Al Sahwi, whose charges date back to when they were 17. There are also suspicions that others are likely minors, but the European Saudi Organisation for Human Rights (ESOHR) was unable to obtain further details.

    Furthermore, among the shocking executions was Haidar Mohammad Al Laif, who according to Saudi Arabia – in its reply to the UN on 13 December 2017 – was given a final sentence of eight years.

    Many of the charges leveled against the individuals whose executions were announced by the Ministry of Interior were not classified as serious or terroristic crimes. For example, there were charges related to the right to expression, peaceful protest, peaceful association, signing political statements, possessing political documents and information on political detainees. Similarly, some of them have been accused of spreading Shi’ism and practicing non-traditional religious activities involving Shiites in the governorate of Jeddah, in Saudi Arabia.

    The trials of most of the victims of today’s massacre, the details and proceedings of which the ESOHR has followed, have severely lacked the conditions for a fair trial. The trials have taken place in total secrecy and isolation from any of the victim’s relatives or in semi-secrecy, attended by only a few of the victim’s relatives – one to three at most. On the government’s part, select official media entities can attend, as well as members of executive agencies, such as the Mabahith (secret police), and members of the official human rights establishment. Meanwhile, no one from the public or members of civil society can be found at the trial.

    (...)

    In a report issued in February 2019 following a field visit to Saudi Arabia, the former Special Rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism, Ben Emerson, called for “a prompt review of all current cases of prisoners charged and convicted of terrorist offenses who are facing the death penalty, in order to ensure that minimum international standards are met in each case.” He stressed that this means that the death penalty may not be imposed except for the most serious crimes leading to loss of life and may not be imposed on people who were minors at the time of their crimes or people with mental or cognitive disabilities. Ben Emerson’s report included a clear reference to those who were executed today, stating that when 24 people were brought to trial in June of 2016 because of pro-democracy protests in 2011, the Specialized Criminal Court sentenced 14 of them to death. This again confirms that the trials did not fulfill the required legal processes and the standards of a fair trial and that the accused were subjected to torture and were not able to have a lawyer. This case is a source of serious concern.

    The rapporteur also expressed particular concern vis-à-vis “a pattern of systematic oppression in the Eastern Province where most of the Shiite population lives,” noting that death sentences were issued against many members of the Shiite minority – who were facing imminent execution – for their participation in pro-democracy demonstrations in Eastern Province in 2011 and 2012.

    The brutal executions carried out by Saudi Arabia today blatantly ignored the many urgent appeals of the UN High Commissioner for Human Rights, UN Special Rapporteurs, and various committees. These appeals included many of the names of people who were killed by Saudi Arabia today:

    (...)

    With the executions today, the number of victims of execution since 2019 to today totals 105, while at this point in 2018 there were 48 executions. The rate has more than doubled by 50% compared to last year.

    As stipulated in Saudi Arabia, executions are carried out only after the signature of the king or his deputy, which makes King Salman directly and explicitly responsible for the executions carried out today.

    The ESOHR does not have information about some of the names mentioned as executed today. This goes back to the Saudi government’s closure of all spaces for civil society and the intimidation surrounding the families of the victims. The ESOHR also emphasizes the lack of confidence in the accounts offered by the state under the justification of “terrorism.”

    The ESOHR believes that Saudi Arabia has entered into a bloody era since the ascension of King Salman and his Crown Prince and their absolute control over the country, both internally and externally. The first and most heinous manifestation of this internal control was the mass execution of 2 January 2016. This was followed by numerous crimes, culminating in today’s crime of executing 37 citizens – among them minors, the disabled, and demonstrators – on charges that fall within freedom and opinion and expression and are not classified as criminal.

    After this heinous crime, the ESOHR calls for an international investigation to be opened in order to hold accountable all those responsible for the crimes and violations that have occurred. The ESOHR believes that this is the response that may bring this bloodshed to an end. The ESOHR also calls for a review of Saudi Arabia’s membership in various UN agencies and committees.

    The ESOHR is raising profound concerns about dozens of people threatened with becoming victims of other executions in the future and advocates all legal means to save their lives.

    #arabie_saoudite notre cliente et alliée


  • En #France, « la transparence sur les exportations d’#armes est quasi inexistante »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/16/en-france-la-transparence-sur-les-exportations-d-armes-est-quasi-inexistante

    A l’exception de la France, tous les pays qui vendaient des armes à l’#Arabie_saoudite ont débattu du bien-fondé de ces transactions financières. L’Espagne, l’Allemagne ou encore le Danemark ont accueilli des débats houleux sur cette question. Mais « au #Parlement français, il n’y a jamais eu le moindre débat ou la moindre discussion »,

    Une fois par an, le Parlement reçoit un rapport sur les #exportations d’#armement de la France. Ce dernier recense les contrats passés, le montant des transactions par pays ou les licences délivrées. Mais, pour le député Sébastien Nadot, il s’agit d’une « vaste #fumisterie » qui ne permet pas aux parlementaires de se saisir de cette question. Cette opacité est aussi critiquée par Aymeric Elluin d’Amnesty International. Pour lui, « la transparence [sur ce sujet] est quasi inexistante dans notre pays ». Par ailleurs, l’organisme qui s’occupe de la délivrance des licences d’export d’armes, la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), ne communique pas sur ses méthodes. D’après Aymeric Elluin, il est impossible de savoir si elle a refusé des licences et pourquoi, ou encore sur quels motifs elle en a octroyé.


  • Yémen : des armes made in France - Une enquête en partenariat avec Disclose.ngo | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/086089-022-A/yemen-des-armes-made-in-france

    Cette note a été transmise au Président de la République Emmanuel Macron, lors du conseil restreint de défense du 3 octobre 2018 à l’Élysée, en présence de la ministre des Armées, Florence Parly, du Premier ministre, Edouard Philippe et du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

    Ces derniers ont tous pu consulter les quinze pages du document provenant de la direction du Renseignement militaire français (DRM), qui détaille l’ensemble des armes vendues par la France aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite. Des armes aujourd’hui utilisées dans la guerre au Yémen.

    Cette note révèle pour la première fois les positions, à la date du 25 septembre 2018, de l’armement français utilisé par la coalition saoudienne dans le conflit yéménite. Ces “Yémen Papers” contredisent la position du gouvernement français. Des armes françaises sont bien utilisées par la coalition dans la guerre au Yémen sur tous les fronts : air, terre et mer.

    https://www.arte.tv/sites/story/reportage/yemen-des-armes-made-in-france
    #crime_de_guerre #crime_contre_l'humanité #armement #industrie_de_la_mort #mensonge_d'état


  • Made in France

    Une fuite inédite de documents secret défense révèle l’usage massif d’#armes françaises dans la guerre au Yémen. Après plusieurs mois d’enquête, #Disclose démontre que ces armes sont employées contre des civils.


    https://made-in-france.disclose.ngo/fr
    #armement #France #Yémen #guerre #commerce_d'armes
    ping @reka @simplicissimus @fil


  • L’Arabie saoudite aurait-il forcé El-Béchir à partir ? – Site de la chaîne AlManar-Liban
    http://french.almanar.com.lb/1322598

    Moins de 24 heures après sa nomination à la tête du Conseil militaire de transition au Soudan, le général Ibn Auf a démissionné à la surprise générale vendredi soir 12 avril. Il a été remplacé par l’ancien chef d’état-major Abdel Fattah Abdelrahman Burhan.

    Les médias « mainstream » en sont désormais à voir à travers lui un « personnage plus consensuel » surtout qu’il n’est pas connu du grand public et qu’on ne lui connait aucune appartenance politique, souligne l’AFP qui affirme qu’il n’est pas issu du parti au pouvoir. Certains commentateurs n’ont cessé de souligner le rôle joué par l’axe Riyad-Le Caire-Abou Dhabi dans le renversement du général El-Béchir, hypothèse qui, vu les événements en cours en Libye, pourrait ne pas être totalement dénuée de sens. Al-Binna retient cette piste.

    Selon al-Binna, journal libanais, les récentes évolutions au Soudan semblent avoir été au moins en partie orchestré par Riyad qui souhaite exploiter l’armée régulière soudanaise dans le sens de leurs propres intérêts. Sous l’intitulé, « D’Hormuz à Gibraltar et en Corne de l’Afrique… l’Amérique est derrière la porte », le journal écrit :

    (...) Le quotidien évoque ensuite le rôle joué par le prince saoudien Mohammed ben Salmane dans les récentes évolutions au Soudan et écrit : « Le coup d’État au Soudan a eu lieu très probablement suite à une série de coordinations entre le prince saoudien Mohammed ben Salmane et le ministre soudanais de la Défense Aouad Ibn Aouf qui s’était rendu, quelques jours auparavant avant le coup de force, à Riyad pour prendre part à une réunion de “l’OTAN arabe”. En effet, le coup d’État au Soudan constitue en effet un pas préventif destiné à étouffer tout autre mouvement de protestation de nature populaire dont le succès pourrait entraîner la fin de l’implication des mercenaires soudanais largement impliqués dans les conflits au Yémen et ce, au profit de l’Arabie saoudite ».

    L’Arabie saoudite, disposant d’une armée désintégrée aux faibles capacités militaires, vise effectivement à bénéficier de l’absence d’Omar el-Béchir, qui s’opposait à l’engagement militaire « trop vaste » de son pays dans les conflits au Yémen bien que les mercenaires soudanais se battent depuis longtemps contre les forces yéménites. Riyad croit pouvoir désormais compter sur l’armée régulière soudanaise, l’une des plus puissantes de toute l’Afrique et la déployer plus efficacement contre les forces yéménites qui continuent à avancer sur tous les fronts et progressent même dans le sud de l’Arabie saoudite. Ce plan B intéresserait Riyad qui commence à perdre le soutien de ses alliés occidentaux à sa guerre génocidaire. Mais avec l’appui soudanais, l’Arabie saoudite pourrait-elle changer la donne ?

    #arabie_saoudite #soudan