• Pourquoi les filles sont plus matures que les garçons ? | Vortex Off | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Ucs9X2qtP-M

    Lors des tournages, certains comédiens peuvent avoir des discussions intéressantes non liées à leurs épisodes. Coup de chance, certaines d’entre elles ont été filmées. L’équipe du Vortex a voulu vous en partager quelques-unes.

    Aujourd’hui, Jennifer de Boneless Archéologie va nous parler de la datation des squelettes et quels indices ou procédés nous permettent de déterminer l’âge d’un individu au moment de sa mort en fonction de ses os.

    #Archéologie #SVT #Vidéo #Vulgarisation

  • La mystérieuse enfant au collier de Ba’ja | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Sen8giXS_ys

    En Jordanie, sur le site de l’un des premiers villages au monde, des archéologues ont exhumé un somptueux collier de perles pour petite fille. Une parure qui fournit quelques indices sur la vie au Néolithique.

    Au cœur d’une région aride de Jordanie, un petit plateau occupe les scientifiques depuis près de quarante ans. Voilà neuf millénaires, des hommes du Néolithique y ont fondé l’un des premiers villages du monde, Ba’ja, qui témoigne du passage d’une vie nomade à la sédentarité. Sur ce site découvert en 1984 par l’archéologue allemand Hans-Georg Gebel, qui y dirige les fouilles depuis lors, un somptueux collier de 2 600 perles a été exhumé en 2018 par les archéologues dans la tombe d’une petite fille prénommée Jamila.

    Emportée et reconstituée à Berlin avant sa restitution à la Jordanie, cette parure mortuaire est désormais exposée au musée de Pétra. Mais si le bijou n’a pas encore livré tous ses secrets, sa richesse tend à confirmer l’hypothèse d’une différenciation sociale au Néolithique et fournit des indices sur les fastes des rites funéraires. Autour de ce trésor, ce documentaire explore l’histoire d’un village jordanien millénaire.

    Documentaire de Barbara Puskàs (Autriche, 2022, 53mn)
    disponible jusqu’au 26/08/2022

    #Archéologie #Mystère #ARTE

  • « هآرتس » : إسرائيل تُدرج الضفة الغربية ضمن صلاحيات « الآثار الإسرائيلية »
    https://al-akhbar.com/Palestine/338656

    كشفت صحيفة «هآرتس» العبرية أنّ «وزارة الثقافة الإسرائيلية» و«الإدارة المدنية» التابعة لجيش الاحتلال اتخذت قراراً بضمّ مناطق الضفة الغربية المحتلة إلى «سلطة الآثار الإسرائيلية».

    وقالت الصحيفة، اليوم، إن مفتشي «سلطة الآثار الإسرائيلية» سيبدأون العمل في أرجاء الضفة الغربية «استجابة لضغوط من اليمين الإسرائيلي»، وتنفيذاً لاتّفاق أبرم أخيراً بين «الإدارة المدنية» و«سلطة الآثار»، بموافقة وزير الثقافة حيلي تروبر.

    ووفق الصحيفة، تهدف هذه الخطوة إلى إضعاف «الإدارة المدنية» والعمل على إلغائها بحيث تبسط سلطة الآثار سيطرتها الكاملة على مناطق الضفة الغربية.

    Selon Haaretz, les sites archéologiques palestiniens en Cisjordanie occupée ne dépendent plus d’un militaire, administrateur ("provisoire"), mais bien de l’administration centrale israélienne, en l’occurrence la direction des Antiquités au ministère de la Culture. Un pas de plus vers la "légalisation" de l’annexion.

    #israël #colonisation #archéologie

  • L’archéologue et l’anthropologue
    https://laviedesidees.fr/L-archeologue-et-l-anthropologue.html

    À propos de : David Graeber & David Wengrow, Au commencement était... Une nouvelle #Histoire de l’humanité, Les Liens qui libèrent. L’ouvrage monumental de David Graeber et David Wengrow sur la formation des sociétés et des inégalités rompt les barrières entre #archéologie préhistorique et ethnologie pour ouvrir sur un vaste projet anthropologique. Il échoue toutefois à articuler le champ politico-culturel et celui de la nature.

    #anthropologie #préhistoire
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20220509_stepanoff-graeber.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20220509_stepanoff-graeber.pdf

  • Les insectes archéologiques témoignent du passé des humains
    https://theconversation.com/les-insectes-archeologiques-temoignent-du-passe-des-humains-180827

    Ils sont partout ! Dans la maison, le jardin ou encore la forêt, les insectes ont conquis l’ensemble des niches écologiques. Donc rien de surprenant si vous en voyez tous les jours. Si vous regardez attentivement, vous verrez que ce ne sont pas les mêmes en fonction des endroits. Bien qu’ils soient présents dans tous les milieux, beaucoup d’insectes ont des exigences strictes vis-à-vis de leurs conditions de vie. Ces dernières peuvent reposer sur des équilibres physico-chimiques (température, humidité, etc.), sur la disponibilité d’une ressource alimentaire, ou encore sur le degré de lumière d’un milieu (forêt, prairie, etc.).

    Leur présence est donc conditionnée par de nombreux facteurs environnementaux. En conséquence, les insectes réagissent aux perturbations de leur environnement, qu’elles soient dues aux pratiques humaines ou à des phénomènes naturels – les insectes sont ainsi des « bio-indicateurs de milieu ».

    Mais si les insectes nous aident à étudier notre environnement actuel, ils peuvent aussi permettre de comprendre celui de nos ancêtres et les relations que ceux-ci ont entretenu avec leur environnement naturel ou modifié par leurs actions.

    #archéologie #insectes #bio-indicateurs

  • Gaza farmer finds 4,500-year-old statue of Canaanite goddess - BBC News
    https://www.bbc.com/news/world-middle-east-61228553

    A stone statue of an ancient goddess of beauty, love and war has been found in the Gaza Strip.

    Palestinian archaeologists say that the head of the Canaanite deity, Anat, dates back 4,500 years to the late Bronze Age.

    The discovery was made by a farmer digging his land in Khan Younis, in the south of the strip.

    Si vous ne l’avez pas encore fait, il faut voir L’Apollon de Gaza, passionnant thriller archéologico-politique !

    https://www.akkafilms.ch/en/apollo

    #palestine #gaza #archéologie

  • Israel’s archaeological war on Palestinian cultural heritage
    Yara Hawari - 18 March, 2022

    https://english.alaraby.co.uk/analysis/israels-archaeological-war-palestinian-cultural-heritage

    Scattered along the unassuming beaches of Gaza, buried under the rubble and destruction of Israel’s bombs, lie several extraordinary archaeological sites dating all the way back to the Iron age.

    Now, a new investigation by the research group Forensic Architecture details how Israel has deliberately targeted archaeological sites in the besieged Gaza strip in a blatant attack on Palestinian cultural heritage.

    Over successive bombing campaigns, these sites along Gaza’s coastline, which include a Roman era fountain and an Iron Age rampart, are now facing an “existential threat”. Working with journalists, archaeologists and activists from Gaza and beyond, Forensic Architecture has collated a wide range of evidence to map and reconstruct these sites. It’s being called a pioneering form of “open source archaeology” and has the potential to be a significant tool in the fight against cultural erasure. (...)

    #archéologie

  • Et si l’Homme était arrivé en Amérique des milliers d’années plus tôt ? | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/histoire/et-si-lhomme-etait-arrive-en-amerique-des-milliers-dannees-plus-t

    Les traces de pas auraient pu être celles d’un touriste arpentant pieds nus le parc national des White Sands, au Nouveau-Mexique, un adolescent aux pieds légèrement plats, les empreintes de chaque orteil et du talon précisément dessinées par une fine crête de sable.

    C’est pourtant loin d’être le cas. Ces empreintes figurent parmi les plus anciennes traces laissées par l’Homme en Amérique et viennent s’ajouter à un ensemble grandissant de preuves soulevant des questions quant à l’arrivée des premiers humains sur ce continent inexploré.

    Selon une étude publiée le 23 septembre dans la revue Science, ces empreintes ont été laissées dans la boue à proximité d’un ancien lac des White Sands il y a 21 000 à 23 000 ans, époque à laquelle de vastes étendues de glace auraient empêché l’Homme de se rendre en Amérique du Nord selon les scientifiques.

    Le peuplement des Amériques fait l’objet de vifs débats depuis près d’un siècle et jusque récemment, la plupart des scientifiques avançaient que ce jalon de notre histoire ne pouvait pas remonter à plus de 13 000 ans. Cependant, un nombre croissant de découvertes suggère que l’Homme aurait foulé le continent américain des milliers d’années plus tôt. Par exemple, le site préhistorique de Monte Verde au Chili a été daté à 18 500 ans et celui de Gault au Texas à près de 20 000 ans. Cela dit, chaque nouvelle découverte déclenche la controverse au sein de la communauté scientifique.
    Footprints-at-White-Sands-National-Park

    #archéologie #préhistoire

  • Eléments de la construction historique d’une tradition

    « Il est donc temps que l’archéologie moderne et les sciences bibliques critiques se parlent à nouveau, les sciences bibliques cessant de considérer l’archéologie comme une « science auxiliaire » et les archéologues renonçant à imaginer l’archéologie comme étant la « cour suprême », qui pourrait définitivement trancher des questions et datations débattues par les exégètes »

    Il s’agit certes d’un livre érudit. Mais les lecteurs et les lectrices ne devraient pas hésiter à arpenter ces exposés, ces tentatives d’historiciser les textes, d’imaginer ce VIIIème ou VIIème siècle avant l’ère chrétienne et « la première mise par écrit de certaines traditions fondatrices, à cette époque », d’examiner ce qu’il est possible de savoir ou au moins de tenir en hypothèses raisonnables.

    Note sur : sraël Finkelstein, Thomas Römer : Aux origines de la Torah
    Nouvelles rencontre, nouvelles perspectives

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/24/elements-de-la-construction-historique-dune-tradition

    #histoire #archéologie #religion

  • « L’#Amazonie, c’est un passé renié, un présent en fumée, un futur hypothéqué »
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2021/12/13/l-amazonie-c-est-un-passe-renie-un-present-en-fumee-un-futur-hypotheque_6105
    #terres #environnement #sciences

    ENTRETIENDans un grand entretien au « Monde », l’archéologue Stéphen Rostain explique à quel point l’Amazonie a été transformée par les #Amérindiens durant des millénaires, et pourquoi cet héritage, qui s’est discrètement inscrit dans le paysage, est ignoré, afin de poursuivre l’exploitation de ces territoires jusqu’à leur destruction.

    Stéphen Rostain est archéologue. Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans le laboratoire #Archéologie des Amériques, il a longtemps vécu et travaillé en Guyane et en Equateur, où il a dirigé plusieurs programmes interdisciplinaires et internationaux. Ses travaux ont radicalement changé le regard que l’on avait sur le monde précolombien d’Amazonie. Il s’est particulièrement intéressé à l’analyse du paysage à travers une approche faisant appel à l’écologie historique. Sous ses dehors sauvages, l’Amazonie est en fait une terre « domestiquée », rappelle-t-il.

    Baroudeur empruntant le plus souvent des chemins accidentés, imprévus, Stéphen Rostain est l’auteur d’une trentaine de livres pour moitié scientifiques et l’autre moitié à destination du grand public. Ses ouvrages les plus récents sont Amazonie, l’archéologie au féminin (Belin, 2020), qui a reçu le Grand Prix du livre d’archéologie, et La Forêt vierge d’Amazonie n’existe pas (Le Pommier, 268 pages, 23 euros), paru cette année. Il revient pour Le Monde sur son engagement et sa profonde admiration pour ces peuples amérindiens qui ont toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel. Un milieu qui fait face, insiste-t-il, à une destruction systématique menée, depuis trois siècles, par les sociétés occidentales.

    Le titre de votre dernier ouvrage précède-t-il son écriture ?
    Oui, peut-être ! Ce livre est le résultat de trente-cinq ans de recherches. A chaque fois que je dis faire de l’archéologie en Amazonie, on me demande systématiquement la même chose : mais que trouvez-vous ? Cette question me laisse pantois, car elle fait forcément référence à ce que l’on trouve ailleurs. On est dans une admiration sans borne des cultures de la pierre, que l’on compare forcément à nous.

    Prenez les Incas ou les Mayas avec leurs édifices et leurs temples, ils ont fini par être perçus comme étant « presque » aussi civilisés que nous, non ? De fait, nous vivons dans un monde tellement urbanisé depuis le Moyen Age que nous avons confiné la civilisation entre les murs, et la sauvagerie, dans la forêt. Notre société naturaliste a séparé d’une barrière infranchissable le monde sauvage du monde citadin et civilisé. Entre les deux, il y a la campagne, qui n’est ni tout à fait sauvage ni tout à fait civilisée, une espèce de purgatoire de la civilisation. Cette frontière est fondamentalement inscrite dans nos gènes.

    Les Occidentaux ne comprennent pas, par exemple, que les indigènes « parlent » avec les tapirs et les jaguars. Et pourtant, ne faisons-nous pas la même chose avec nos chats et nos chiens ? Nous pensons qu’ils comprennent, qu’il y a un échange et de l’amour, non ? Et bien, c’est exactement la même chose avec les Amérindiens, sauf que les animaux ne sont pas domestiques, ils sont sauvages.

    Le constat c’est ça : une physicalité, une apparence différente, mais une âme comparable. L’Amazonie, c’est ce paradoxe permanent et hermétique à notre compréhension. C’est ça que j’ai voulu transmettre, d’une manière peut-être différente d’un énième essai sur la déforestation.

    Parce que l’urgence n’a jamais été aussi manifeste ?
    On le dit depuis près de quarante ans, mais l’Amazonie est vraiment au bord du précipice. Malade, affaiblie, exsangue, elle n’a plus sa vitalité d’autrefois. Dans certaines régions du sud et de l’est, la forêt amazonienne rejette plus de carbone qu’elle n’en absorbe. Près de 20 % de sa couverture a disparu en un siècle. Or, l’argument utilisé pour la détruire a toujours été le même, et ce, jusqu’à aujourd’hui : puisqu’elle est vierge, elle ne produit rien, elle est inutile, on peut donc y aller sans retenue.

    Dans ce livre, j’ai essayé d’inverser la proposition : l’Amazonie est culturelle, elle est anthropisée et domestiquée. J’ai abordé cet état de fait dans mes précédents ouvrages mais, cette fois-ci, je me suis davantage engagé parce que nous devons être plus militants et arrêter de prendre des pincettes, surtout face à ceux brandissant des tronçonneuses !

    Après quarante années passées dans le milieu scientifique, j’ai appris que les chercheurs ne sont pas forcément les meilleurs déclencheurs d’alerte, en tout cas sur les questions écologiques. Il y a une certaine frilosité à s’impliquer et à donner des informations définitives. La langue du bon scientifique reste le conditionnel. Et c’est cette timidité à affirmer les choses qui donne une espèce de brume au lecteur. Plutôt que d’en rester à un constat d’échec sur le grave état de santé de l’Amazonie, il nous faut donc urgemment comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole et s’ouvrir les horizons face à la chronique habituelle d’une mort annoncée.

    C’est un plaidoyer ?
    Oui, ou plutôt un cri pour signifier qu’il y a deux façons de faire et que la nôtre est mauvaise. Notre attitude est inconséquente et irresponsable, alors que nous nous plaçons nous-mêmes dans une responsabilité vis-à-vis de ces peuples considérés à tort sauvages et irresponsables !

    En quoi est-ce si important pour sa préservation de savoir que l’Amazonie était occupée par des hommes il y a plus de 13 000 ans ?
    C’est important pour plusieurs raisons. En premier lieu, reconnaître qu’il y a un peuplement ancien, aussi vieux qu’ailleurs. Jusqu’à aujourd’hui, l’Amazonie est perçue comme une terre sans histoire, une simple aire géographique et non culturelle, où les Amérindiens ne sont qu’un détail de cette non-histoire. Prendre conscience de cette obsession de la stérilité tropicale qui a prévalu pendant des siècles est indispensable pour mettre en branle le statu quo et agir sur les décideurs.

    L’intervention humaine en Amazonie a commencé dès les premiers peuples paléolithiques. Ils ont manipulé des espèces végétales, ils se sont installés, déplacés, organisés. Au cours des siècles, des milliers de personnes se sont regroupées dans différentes régions d’Amazonie. Certains villages occupaient une surface de plus de 300 hectares. Il faut réellement imaginer cet immense bassin de 7 millions de kilomètres carrés comme un vaste marché, avec ses réseaux, ses bourgades et ses agglomérations, ses foires aussi où l’on venait échanger les produits de la pêche, les piments, les meilleurs curares, les outils, les céramiques, les arcs, etc.

    Des géoglyphes à Fazenda Paraná, dans la région de l’Acre (Brésil). Ils auraient été creusés à l’aide d’outils en bois ou en pierre à des fins de cérémonies, pour certains il y deux mille ans. MAURICIO DE PAIVA
    Oui, l’Amazonie précolombienne était traversée de routes permanentes et de tertres, de canaux, de fossés entrecroisés, de digues contenant des bassins et des réservoirs, des champs surélevés de toutes formes, dimensions et agencements possibles. Une terre à l’héritage architectural difficilement perceptible au premier regard, mais indéniable. Une aire gigantesque aux identités fortes, occupées par des populations diverses, parlant plus de 300 langues indigènes différentes et sans frontière physique aucune.

    C’est ce passé culturel impressionnant qui a débordé la simple échelle humaine, impactant et transformant les paysages. Ceux-ci ont été pollués par la présence humaine, mais pollués sans destruction. Ils sont devenus métis entre nature et culture, et, malgré cette pollution, ont gardé leurs pouvoirs de tempérance et de climatologie. L’Amazonie est ainsi restée pendant des siècles un acteur essentiel d’équilibre écologique mondial. Un milieu dans lequel les Amérindiens se sont intégrés tout en cohabitant parfaitement, sans tronçonnage ni tractopelle. En cela, ils nous montrent que les humains peuvent vivre avec la nature, dans un profit mutuel. N’est-ce pas un modèle d’espoir et un formidable exemple pour l’agriculture de demain ?

    Vous parlez aussi de « paradoxe amazonien »…
    Oui et même de damnation amazonienne ! Les Amérindiens étaient tellement bien intégrés et tellement en interaction intime avec la nature qu’on ne voit pas leurs traces. Cette force est devenue leur faiblesse. Qu’a dit l’Europe pendant la colonisation ? Puisque vous n’avez pas pu faire fructifier ces terres, vous n’en êtes pas propriétaires. Nier toute mise en culture notable de l’Amérique par les Amérindiens justifiait de leur refuser le statut de propriétaire des sols. En d’autres mots, laissez-nous faire. Le schéma n’a depuis pas changé, la mauvaise foi a perduré, et le résultat s’affiche, là, de manière effrayante et déplorable, devant nos yeux.

    Un des éléments centraux de votre livre est la « terra preta », terre noire en portugais, découverte il y a moins d’un demi-siècle. Expliquez-nous…
    Les Amazoniens ont concocté un sol artificiel en quelque sorte magique. Cette « terra preta », née des activités et rejets humains, n’est pas banale. C’est un sol composite, sombre et fertile, associé à des restes d’implantations, enrichi des débris d’occupation, du charbon et des cendres. Cette terre si particulière est la résultante d’occupations longues ou successives. Après des décennies d’études, elle continue d’intriguer. L’histoire même de ce sédiment hors norme est proprement fascinante : elle forme l’héritage direct des populations précolombiennes.

    On a longtemps pensé qu’il ne restait pour ainsi dire rien de ces peuples qui construisaient leurs bâtiments de bois et feuillages. C’était faux. Les Amérindiens ont clairement exercé une action déterminante sur l’environnement. Bien que le concept de propriété des terres soit absent du monde amérindien, l’espace sous le contrôle d’un groupe amazonien a toujours été minutieusement organisé et géré. Ils ont transformé l’Amazonie de manière beaucoup plus intensive que supposée auparavant : le couvert végétal, la nature des sédiments ou même le modelé des sols.

    En ce qui concerne la « terra preta », les fortes pluies tropicales ont créé un lessivage puissant qui a enfoui les charbons et les nutriments, produisant un phénomène étrange. Il semble qu’elles contaminent alors le sol indemne, en le transformant à son tour en « terra preta ». La ténébreuse fertilité artificielle s’étend progressivement et naturellement.

    Cette terre améliorée offre un potentiel appréciable pour le cultivateur. Bien avant l’arrivée des Européens, les autochtones y avaient planté du manioc et du maïs, ainsi qu’au moins trente espèces utiles, tant alimentaires que médicinales ou autres. Les savants estiment que la superficie totale de « terra preta » couvre 0,3 % du bassin de l’Amazone. Ce n’est pas rien ! C’est même absolument exceptionnel, un travail de titan.

    La découverte récente de milliers de champs surélevés est-elle pour vous tout aussi fascinante ?
    Oui, les Précolombiens ont édifié des buttes dans les savanes inondables afin de cultiver en drainant l’excès d’eau. Ces champs surélevés montrent comment les premiers peuples d’Amazonie combinaient savoir ancestral, astuce, efficacité et capacité d’interaction. Ces monticules souvent alignés avec une incroyable régularité métronomique fonctionnaient comme des écosystèmes efficaces. Agriculteurs et géomètres de génie, ils mesuraient tout, au point parfois d’être dans la totale démesure en construisant des damiers de terre gigantesques, non seulement fertiles mais aussi, une fois de plus, camouflés dans le paysage et l’environnement. Avec le matériau le plus modeste qui soit, la terre, ils ont créé des merveilles monumentales.

    Ces agriculteurs-bâtisseurs ont disparu d’un coup, pourquoi ?
    Pourquoi les habitants de l’île de Pâques ont-ils disparu ? Pourquoi les Mayas se sont-ils effondrés ? Ce sont des mystères difficiles à évaluer. Ici, en Amazonie, on est dans des paysages particuliers, des paysages de savanes inondables et donc très sensibles aux variations climatiques. On s’est aperçu que, entre 1000 et 1200, voire 1400 de notre ère, il y a de grandes transformations dans tout le bassin amazonien, avec des gens qui circulent dans tous les sens, des groupes qui apparaissent, d’autres qui disparaissent. On voit aussi des légères modifications climatiques qui coïncident avec la conquête européenne. On pense qu’il y a eu un peu plus de pluie en basse Amazonie, sur la côte des Guyanes. Et, si le niveau de l’eau augmentait dans les marais, les buttes devenaient inutilisables. En tout cas, la technique des champs surélevés s’est lentement éteinte peu avant ou aux alentours des premières années de la colonisation.

    Ensuite, l’Amazonie a été pénétrée par les colons, qui violèrent ses fleuves et semèrent la mort. La bombe microbienne venue d’Europe fut à elle seule responsable de la chute démographique de près de 90 % de la population amérindienne. Pour donner un ordre de grandeur et selon les estimations de différents archéologues, l’île de Marajo, à l’embouchure de l’Amazone, et le village de Santarem comptaient près de 20 000 habitants au moment de la conquête.

    Quels sites archéologiques sont les plus révélateurs ?
    Les premiers habitants d’Amazonie ont marqué leur présence directement dans la terre, la flore et le paysage lui-même. Deux sites archéologiques majeurs retiennent peut-être plus l’attention que d’autres. Les sites de Chiribiquete et de La Lindosa, en Colombie, sont parmi les plus extraordinaires. Ils sont hébergés dans un paysage incomparable de tepuys, plateaux de grès émergeant de la forêt pour culminer à près de mille mètres d’altitude. A leurs pieds, des dizaines d’abris-sous-roche ont été peints de milliers de dessins. Des représentations d’animaux, d’humains, de non-humains, d’esprits, de végétaux, de maîtres de la nature et d’autres êtres vivants de ce monde et de l’au-delà constituent des ensembles de pictogrammes mythologiques, témoignages de conceptions particulières du monde.

    D’autres sites démontrent avec encore plus d’évidence cette intimité entre humain et nature. Par exemple, la vallée de l’Upano, le long du piémont oriental des Andes, en Equateur, a fait l’objet de terrassements spectaculaires. Il y a plus de deux mille ans, des communautés construisirent des centaines de plates-formes symétriques disposées autour de places carrées et basses. Ils creusèrent également des chemins très larges et profonds reliant toutes ces structures. Grâce à un travail monumental, ils ont presque intégralement remodelé la superficie de leur territoire tout en initiant un véritable proto-urbanisme.

    Cette Amazonie précolombienne était donc une construction humaine réalisée en étroite interaction avec la créativité de la nature. Les Amérindiens ne s’y sont pas trompés en concevant le monde comme une continuité entre humains et non-humains, sans dresser de barrière entre la culture et la nature. Aujourd’hui, tous les voyants sont au rouge : la déforestation n’a jamais été aussi virulente, la biodiversité chute drastiquement et l’Amazonie vit une terrible pandémie [de Covid-19].

    Quel regard portez-vous sur la situation actuelle ?
    J’ai un mauvais pressentiment. Comme je l’ai écrit, l’Amazonie, c’est un passé renié, un présent en fumée, un futur hypothéqué. Le sort est atroce pour les Amérindiens qui voient leurs terres bafouées, dépouillées de leurs ressources vitales, les sols dévitalisés et les eaux empoisonnées. Et plus terrible encore, les sites sacrés – roches, collines, cascades, rivières, arbres, etc. –, fondamentaux à la cohésion sociale et spirituelle du groupe, ont été anéantis sans état d’âme, laissant planer des menaces métaphysiques et structurelles sur la communauté.

    Le Brésil, l’Equateur et tous les pays amazoniens sont tiraillés, d’une part, entre subvenir à d’énormes besoins énergétiques et maintenir leur dynamisme économique et, d’autre part, protéger le temple de la diversité du géant forestier et soutenir ses habitants, les Amérindiens. C’est l’autre grand paradoxe pour lequel je ne vois pas de solution miracle.

    Avez-vous des pistes ?
    La forêt tropicale voit chaque jour son espace se résorber, des trésors de biodiversité l’accompagnant dans sa disparition. Parallèlement, c’est un patrimoine humain irremplaçable qui est définitivement anéanti.

    Pour enrayer cette « mécanique du désastre », la prochaine étape devrait être d’inscrire au Patrimoine mondial des sites amazoniens d’exception car, aussi absurde soit-il, aucun monument précolombien d’Amazonie n’est encore protégé officiellement. Un seul a été récemment inscrit en 2018 par l’Unesco, dans le centre de la Colombie. C’est le parc de Chiribiquete, couvrant une superficie de 27 800 kilomètres carrés – presque la superficie de la Belgique – qui a été reconnu patrimoine mixte culturel et naturel de l’humanité. Malgré cela, il est encore sujet à des menaces tangibles sans que des mesures de préservation réellement efficaces soient mises en place.

    L’Equateur fut le premier à voter une Constitution, en 2008, sous la pression d’une menace alors croissante d’extraction pétrolière anarchique, pour attribuer à la forêt tropicale, aux rivières et même à l’air les mêmes droits qu’aux hommes. Pourtant, cette bonne intention a vite été oubliée quand il s’est agi de trouver de nouveaux puits de forage pétrolier. La situation est aujourd’hui redevenue catastrophique. En Nouvelle-Zélande, la rivière Whanganui a obtenu en 2012 une « voix légale », qui lui octroie les mêmes droits qu’une personne devant la justice. Là, cette loi fonctionne, pourquoi pas en Amazonie ?

    Avec le recul, on sait aujourd’hui qu’un site « protégé » n’a aucune chance de survie si ce ne sont pas les populations locales qui s’en occupent. Ce sont elles qui gèrent le mieux ces espaces. Il est grand temps d’écouter les autochtones, dont le savoir résulte de millénaires d’observations et d’apprentissage du monde tropical. Trop peu invités aux COP et autres événements où se prennent les décisions, ils se sont organisés et ont investi le monde académique occidental où ils obtiennent leur doctorat. L’Occident doit apprendre à les écouter et la concertation pourra enfin s’engager pour une meilleure justice environnementale.

    Comme le dit mon ami anthropologue Philippe Descola, l’humain est un virus pour la terre. Il faudrait qu’il apprenne à devenir un remède ! En tout cas, il faut se méfier de prescrire une cure depuis l’extérieur, sans intégrer les savoirs écologiques et culturels locaux, ce qui implique de développer une véritable justice environnementale tendant à minimiser équitablement la vulnérabilité et à répartir uniformément l’accès aux ressources. Nous en sommes loin.

  • Place des femmes dans la société assyrienne de l’#antiquité : en #Mésopotamie s’est développée une société dont les fondements reposent sur les #échanges_marchands, la #capitalisation, et l’apparition de l’#usure pratiquée par des banquiers. Pour assurer leurs prospérités et surtout celle de leurs proches, certaines femmes sont devenues des #femmes_d'affaires.

    #Archéologie : à la rencontre des premières femmes d’affaires, en Mésopotamie
    https://theconversation.com/archeologie-a-la-rencontre-des-premieres-femmes-daffaires-en-mesopo

    « Kulumaya t’apporte 9 étoffes, Iddin-Suen t’apporte 3 étoffes […] Pourquoi m’écris-tu à chaque fois : “ Les étoffes que tu m’envoies ne sont pas bonnes ? ” Qui donc vit dans ta maison et déprécie mes étoffes lorsqu’elles arrivent ? Pourtant, je fais de mon mieux pour fabriquer et t’envoyer régulièrement des étoffes afin qu’à chaque voyage, en retour, je dispose d’au moins 10 sicles (82,5 g) d’argent pour gérer ta maison. »

    Cette lettre, envoyée par Lamassî à son époux Pûshu-kên, a été découverte dans la maison de ce dernier lors des fouilles du site de Kültepe (non loin de Kayseri, Turquie), l’antique Kanesh, une ville prospère au XIXe siècle av. J.-C.

    https://vimeo.com/558945596

  • Ce que les #ruines disent de nous | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/ce-que-les-ruines-disent-de-nous

    Oui, en mettant le doigt sur l’importance de notre #patrimoine et la nécessité qu’il y a à le protéger de la pression démographique et de l’économie du court terme. En France, on sait depuis des siècles préserver notre #patrimoine_imprimé. Pour l’#archéologie, il a fallu attendre la création de l’Institut national de la recherche archéologique préventive (#Inrap), en 2001, pour s’intéresser enfin à notre patrimoine national. Qu’est-ce qui justifie cette prévalence de la mémoire écrite sur le patrimoine matériel ? En vingt ans, cela a déjà permis de multiplier par cinquante, voire par cent, les données sur notre patrimoine archéologique. Encore faudrait-il les publier ! Mais avec le nombre de chercheurs qui ne cesse de diminuer, on ne se donne pas les moyens d’exploiter toutes ces données et de les rendre accessibles au public.

    L’engouement pour la restauration de Notre-Dame ne doit pas faire oublier qu’en amont, la sécurité du monument le plus riche et le plus emblématique de notre patrimoine n’était pas considérée comme une priorité. Cet épisode révèle à quel point nos élites dirigeantes s’inquiètent peu de la protection du patrimoine historique et archéologique. La protection des vestiges enfouis est un combat permanent.

  • #Religions_Monothéismes #Histoire #Archéologie #Sciences_humaines #Documentaires

    Les secrets révélés de la Bible | ARTE
    http://www.arte.tv/guide/fr/041368-000/les-secrets-reveles-de-la-bible

    Jésus et l’islam
    http://www.arte.tv/magazine/jesusetlislam/fr

    De Jésus à Mahomet, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/BELKAID/54382

    Les mondes de l’islam 2/10 : sunnites, chiites, etc. - Information - France Culture
    http://www.franceculture.fr/2016-01-04-les-mondes-de-l-islam-210-sunnites-chiites-etc

    Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre, par Marylène Patou-Mathis (Le Monde diplomatique, juillet 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/PATOU_MATHIS/53204

  • Gertrude Bell - Britain’s ’Queen of the Desert’
    https://www.youtube.com/watch?v=MQjX1QFcvII

    Gertrude Bell was a global adventurer, linguist, spy, archaeologist, and much more. She was responsible for defining the borders of modern-day Iraq, and founded the country’s first museum. However, her own family home in Redcar has fallen into disrepair. Activists are now fighting for the building to be preserved in her memory. ITV News Correspondent Emma Murphy reports.

    Gertrude Bell
    https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrude_Bell

    Gertrude Margaret Lowthian Bell, CBE (14 July 1868 – 12 July 1926) was an English writer, traveller, political officer, administrator, and archaeologist[2] who explored, mapped, and became highly influential to British imperial policy-making due to her knowledge and contacts, built up through extensive travels in Syria-Palestine, Mesopotamia, Asia Minor, and Arabia.[3] Along with T. E. Lawrence, Bell helped support the Hashemite dynasties in what is today Jordan as well as in Iraq.


    She played a major role in establishing and helping administer the modern state of Iraq, using her unique perspective from her travels and relations with tribal leaders throughout the Middle East. During her lifetime she was highly esteemed and trusted by British officials and exerted an immense amount of power. She has been described as “one of the few representatives of His Majesty’s Government remembered by the Arabs with anything resembling affection”.

    #fremmes #impérialisme #culture #archéologie #musée #Iraq

  • Job-Kolumne: Wie viel verdient eine Archäologin?
    https://www.jetzt.de/job/gehalt-wie-viel-verdient-eine-archaeologin

    Ich werde nach dem Tarifvertrag für den Öffentlichen Dienst bezahlt und verdiene in meiner Teilzeitstelle monatlich 1918 Euro brutto. Aktuell arbeite ich noch an meiner Dissertation und werde auch ausschließlich für diese Arbeit bezahlt. Da ich mich gerade kurz vor Abschluss der Arbeit in der „heißen Phase“ befinde, bin ich etwa zehn bis zwölf Stunden pro Tag damit beschäftigt. Dieser hohe Arbeitsaufwand ist für Doktoranden ganz normal, da es eben dazugehört, sich auch in seiner Freizeit viel mit der eigenen Forschung zu beschäftigen. Für gewöhnlich arbeite ich aber nur etwa acht Stunden täglich.

    Mit etwas mehr Berufserfahrung habe ich später die Möglichkeit, bis zu 5800 Euro brutto zu verdienen. Wer als Archäologe in der Forschung arbeiten will, muss aber wissen, dass viele Projekte und Stellen auf wenige Jahre befristet sind. Danach muss man oft weiterziehen und auch Ortswechsel in Kauf nehmen. Natürlich ist das mit der Zeit sehr anstrengend. Ich persönlich versuche aber, flexibel zu sein und das einfach zu akzeptieren, da es zu meinem Job einfach dazugehört und ich unbedingt weiter in der Forschung arbeiten möchte.

    #travail #Allemagne #salaire #archéologie

  • « C’est un massacre » : à #Athènes, les aménagements de l’#Acropole s’attirent les foudres des archéologues grecs - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cest-un-massacre-a-athenes-les-amenagements-de-lacropole-sattirent-les-fo

    Fin 2020, le ministre de la #Culture grec a fait couler du béton sur les allées en pierre, afin de faciliter l’accueil des #personnes_à_mobilité_réduite. Archéologues et historiens grecs dénoncent un « massacre ». Cette balafre au visage de l’Acropole pourrait même avoir l’effet inverse sur le ##tourisme. « Dans l’immense majorité des cas, les Français ne vont pas seulement à Athènes lorsqu’ils se rendent en Grèce. Mais le danger, c’est qu’ils délaissent carrément la capitale, nous explique Eric Gautret, directeur de l’agence de voyages Détours, spécialiste de la Grèce depuis 30 ans. En été, elle est déjà fuie car il fait très chaud, et c’est très embouteillé. À la mi-saison, nous avons une clientèle plus culturelle, plus âgée, qui râle déjà souvent sur l’entretien et la gestion des sites historiques athéniens. » Pour lui, Athènes risque de n’être « plus qu’un hub aéroportuaire ».

    […] « Pour l’instant, Korrès n’a réalisé que la moitié de ses plans : il veut recouvrir presque tout le rocher », alerte Despina Koutsoumba. Des centaines d’historiens ont d’ailleurs signé une pétition appelant à l’arrêt des travaux. D’autant plus qu’aucun appel d’offres n’aurait été lancé, selon une source au sein de l’administration de l’Acropole rapportée par Libération.

    « Attendons, et allons-y ! tempère auprès du Parisien l’archéologue français François Queyrel. Il faudrait être sur les lieux pour se rendre compte véritablement. La presse grecque est plus mitigée : certains architectes ont des arguments qui relativisent les critiques, notamment au sujet de la réversibilité. Il est tout à fait possible d’enlever le revêtement si besoin. Et tout n’est pas recouvert sur le cheminement, certaines traces du passé sont préservées »

    Un autre article sur le sujet paru dans le Le Figaro : https://www.lefigaro.fr/culture/athenes-dechirements-autour-des-nouveaux-sentiers-en-beton-de-l-acropole-20

    #patrimoine #archéologie

  • J’ai suivi aujourd’hui un passionnant séminaire de Jean-Christophe Peyssard et Taos Babour (Institut Français du Proche-Orient https://www.ifporient.org ) sur la numérisation du fonds photographique de l’Institut. https://cis.cnrs.fr/sem-sos-jean-christophe-peyssard-et-taos-babour Plein de photos de Syrie, du Liban, d’Irak, des années 1920 à nos jours, beaucoup liées à l’#archéologie, mais pas toutes. Ces photos sont proprement indexées, métadonnisées, mises sous une licence libre et hop :

    https://medihal.archives-ouvertes.fr/IFPOIMAGES

    Plusieurs des monuments photographiés ont depuis été détruits par Daech, ce qui rend cette collection encore plus précieuse.

    La licence libre n’a pas été évidente. Si pour celles prises par l’armée française pendant la colonisation (pardon, le mandat), la licence libre Etalab a été tout de suite acceptée par l’armée, pour le reste, c’était plus difficile : souvent, le nom du photographe était inconnu, ce qui ne permettait pas de lui demander son autorisation.

    Pour les informaticien·nes : oui, il y a une API, du JSON, du SPARQL, de l’OAI-PMH, du BibTeX, etc.

    https://medihal.archives-ouvertes.fr/medihal-01964991/image
    (Cette photo particulière est décrite en
    https://medihal.archives-ouvertes.fr/IFPOIMAGES/medihal-01964991 )

  • Du Nord au Sud, qui étaient les premiers Américains ? - Ép. 1/4 - Les Amériques avant l’Amérique
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/les-ameriques-avant-lamerique-14-du-nord-au-sud-qui-etaient-les-premie

    En 1929, la découverte du site archéologique de Clovis au Nouveau Mexique a permis d’établir une première hypothèse sur l’origine du peuplement américain. Ce site, véritable trésor d’outils taillés, très sophistiqués, laissait à penser que les premiers hommes à avoir foulé le sol américain seraient arrivés vers -13 000 ans, en passant par le détroit de Béring. Les archéologues ont fait de ces lointains ancêtres les premiers Américains, modernes, aventuriers, pionniers et chasseurs. La découverte archéologique s’est alors rapidement muée en dogme idéologique et en mythe des origines. Toutefois, depuis les années 1980, de nombreuses découvertes invalident cette théorie. Le peuplement du continent américain a pu survenir bien plus tôt, dès -40 000 voire avant. Il est aussi fort probable que ces premiers “Américains” aient emprunté un passage plus austral pour parvenir jusqu’au continent.

    Ces récentes découvertes sont mal accueillies et les défenseurs de la “période de Clovis” comme origine du peuplement américain ont déployé tout un panel de contre-arguments, souvent plus idéologiques que scientifiques. Ces objets taillés bien plus anciens seraient le fait de singes capucins et non d’hommes, voire de la nature elle-même qui aurait par hasard, au fil des millénaires, façonné ces minéraux. Malgré l’irréfutabilité des preuves que la science apporte aujourd’hui, le dogme tient bon. Que sait-on, aujourd’hui, des premiers humains à avoir foulé le sol du continent américain ? Pourquoi cette question se heurte-t-elle à de lourds arguments idéologiques ? Quelles sont les nouvelles techniques mises en œuvre par les archéologues pour infirmer ces contre-arguments fallacieux ?

    #archéologie #amérique #peuplement_humain #sciences #dogme

  • Égypte : des archéologues découvrent ce qui serait « la plus vieille » #brasserie au monde
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/egypte/des-archeologues-decouvrent-ce-qui-serait-la-plus-vieille-brasserie-au-

    Les Égyptiens buvaient de la bière il y a plus de 5 000 ans… Une grande brasserie, qui pourrait être « la plus vieille » au monde, a été découverte en Égypte par une équipe égypto-américaine, sur le site archéologique d’Abydos, a annoncé samedi 14 février le ministère du Tourisme au Caire. La boisson favorite de l’#Égypte_ancienne était brassée sur ce site funéraire, selon le communiqué publié par le ministère.

    […] Des archéologues britanniques avaient fait au début du XXe siècle des découvertes les portant à croire qu’une ancienne brasserie se trouvait dans le secteur, mais ils n’avaient pas été en mesure de la localiser précisément. L’équipe égypto-américaine a réussi à le faire. Matthew Adams affirme que des études ont montré que la #bière y était produite à grande échelle avec quelque 22 400 litres produits « en même temps ». La brasserie « a pu être construite à cet endroit spécifiquement pour les rituels royaux qui avaient lieu à l’intérieur des sites funéraires des rois d’Égypte ».

    Les preuves de la fabrication de bière en Égypte ancienne ne sont pas nouvelles. Des fragments de poteries utilisées par les Égyptiens, vieilles de plus de 5 000 ans, dont de larges bassines en céramique qui servaient à produire de la bière, avaient été découvertes sur un chantier de Tel-Aviv, avait annoncé en 2015 l’Autorité israélienne des Antiquités.

    #archéologie

  • Une histoire mixte de l’antiquité
    https://parolesdhistoire.fr/index.php/2021/02/01/1500

    L’invitée : Violaine Sébillotte-Cuchet, professeure à l’université Paris-I. Le thème : le projet Eurykleia, base de données pour une histoire mixte de l’antiquité, présenté dans le numéro de décembre 2020 de la revue Mètis : « Comment offrir aux chercheur-e-s les moyens et les outils permettant de réaliser une histoire mixte de l’Antiquité ? En s’appuyant sur la méthodologie élaborée par le collectif Eurykleia, les articles du dossier explorent les pratiques sociales qui rendent les femmes visibles, mais aussi celles où la présence féminine, quoique réelle, semble plus discrète. » Durée : 45 min. Source : Paroles (...)

    https://media.blubrry.com/parolesdhistoire/s/content.blubrry.com/parolesdhistoire/sebillotte_eurykleia.mp3

  • L’homme préhistorique est aussi une femme | Les Oreilles loin du Front
    http://www.loldf.org/spip.php?article873

    Et si « l’homme des cavernes » n’avait pas été cette brute viriliste avec un gourdin dans une main et les cheveux de sa femme dans l’autre ? Et si d’ailleurs il n’avait pas vécu sous le régime familial européen du 19ème siècle ? Et si face à nos quelques milliers d’années de patriarcat, il avait des centaines de milliers d’années où les sociétés humaines s’étaient organisées autrement ? Ce soir, on plonge dans une préhistoire qui reste à écrire avec Marylène Patou-Mathis à l’occasion de la sortie de son livre : L’homme préhistorique est aussi une femme aux éditions Allary. Durée : 1h11. Source : Fréquence Paris (...)

    http://www.loldf.org/archives/20.12.09.homme.prehistorique.est.aussi.une.femme.mp3

  • « Les mâles de notre espèce sont parmi les primates les plus violents envers leurs femelles, les femmes » , Pascal Picq 
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/11/09/pascal-picq-les-males-de-notre-espece-sont-parmi-les-primates-les-plus-viole

    Le paléoanthropologue, dans son dernier ouvrage, propose une analyse évolutionniste de la coercition des femmes, concluant qu’il s’agit d’une question sociale, culturelle et anthropologique.

    Charles Darwin, Friedrich Engels, Karl Marx, tous ont fait ce constat : la première classe des opprimés, dans les sociétés humaines, ce sont les femmes. Pourquoi tant de violences ? Jusqu’ici, la question avait été explorée à l’aune de l’anthropologie, de la sociologie, de l’ethnologie… Dans son dernier ouvrage Et l’évolution créa la femme (Odile Jacob, 464 pages, 22,90 euros), c’est un regard évolutionniste que pose Pascal Picq, maître de conférence au Collège de France, sur ce problème sociétal. Héritage biologique ou évolution malheureuse des sociétés humaines ? Fait de nature ou de culture ?

    Comment avez-vous cherché à répondre à la question – si polémique – de l’origine de la sujétion des femmes ?

    J’ai voulu m’extraire des stéréotypes ou des idéologies propres à une partie des sciences sociales par un regard neuf, une approche scientifique évolutionniste. Elle s’articule en deux temps. Je compare d’abord le degré de coercition sexuelle entre les différentes espèces de primates, dont la nôtre. Des contraintes environnementales et biologiques analogues ont-elles produit les mêmes effets sur les comportements de coercition masculine ? Puis je plonge dans la préhistoire de notre espèce et des espèces proches. Mon livre propose une esquisse de ce qu’a pu être l’évolution de la femme et des rapports entre les genres au cours des différentes périodes de la préhistoire. Comment les violences à leur encontre sont-elles apparues ? Comment ont-elles évolué au fil des époques et des cultures ?

    Pour vous, quel est le sens de ces comparaisons entre humains et grands singes ?

    C’est le principe même de l’approche phylogénétique. Pour étudier les origines et l’évolution d’une espèce, on la compare aux espèces plus ou moins proches puis, dans un second temps, on regarde comment ses caractères ont évolué. L’application de cette approche à l’étude de l’évolution des systèmes sociaux est assez récente.

    Que nous enseigne la comparaison des différentes espèces de primates ?

    D’une manière générale, la coercition sexuelle reste assez rare chez les mammifères, même si les mâles ont tendance à être dominants sur les femelles – soit dit en passant, chez le cheval, le dauphin, les otaries, les antilopes, des espèces que nous trouvons généralement si sympathiques, les mâles exercent une forte coercition à l’égard des femelles. Ce sont de vrais machos !

    Il y a 32 millions d’années, apparaissent les lignées de singes que nous connaissons aujourd’hui. Auparavant, il y a de fortes chances que les mâles aient été très peu coercitifs. Les lémuriens, en effet, sont parmi les plus anciens des primates aujourd’hui vivants : leurs sociétés sont dominées par les femelles. Chez les primates, une règle empirique émerge : plus il y a d’asymétrie dans l’investissement reproductif, avec un investissement des femelles important (« anisogamie »), et plus les mâles ont tendance à être coercitifs. Par ailleurs, les mâles de notre espèce la rangent – en moyenne – parmi les sociétés de primates les plus violentes envers leurs femelles : les femmes. Ils partagent ce triste record avec les babouins hamadryas et les chimpanzés. Mais les bonobos forment des sociétés très égalitaires. Les singes d’Amérique du Sud (platyrrhiniens), eux aussi, sont peu ou pas coercitifs. En revanche, les singes de l’Ancien Monde, ou catarrhiniens (babouins, macaques, colobes, gorilles, chimpanzés, hommes…) sont en moyenne plus coercitifs.

    Bilan de ces comparaisons ?

    A de rares exceptions, aucune lignée ne se caractérise par la présence ou par l’absence systématique de coercition. Autrement dit, aucune lignée évolutive ne voue à la coercition ! Dans la lignée des hominidés, les humains et les chimpanzés sont très coercitifs, mais les bonobos, on l’a vu, montrent un équilibre des pouvoirs entre sexes. Chez les babouins, les hamadryas sont coercitifs, au contraire des geladas, pourtant voisins géographiquement. Chez les macaques, les singes rhésus sont de vrais machos, tandis que les magots sont plus égalitaires. Par ailleurs, il n’y a pas de corrélation entre le type d’habitat – savanes, forêts – et le degré de coercition sexuelle. Pas plus qu’il n’y en a entre le degré de dimorphisme sexuel [les différences de taille et de forme entre mâles et femelles] et l’intensité de la coercition masculine. Des contraintes environnementales interviennent, mais n’expliquent pas tout. Donc, ni contrainte phylogénétique, ni déterminisme écologique, si ce n’est en termes de tendances ou comme facteurs aggravants.

    Un comportement violent serait-il plus acceptable s’il existait chez d’autres primates ?

    Bien sûr que non. Ce n’est pas parce qu’un caractère est présent chez une espèce proche de nous qu’il est bon ou mauvais, légitime ou condamnable ! Les anthropologues évolutionnistes n’ont que faire de ce que les chimpanzés ou les bonobos sont coercitifs ou égalitaires. C’est l’affaire de ces deux espèces. D’ailleurs, aucune d’elles n’est plus proche de nous, sur le plan phylogénétique. Cela dit, si les bonobos (connus depuis seulement un demi-siècle) n’existaient pas, on pourrait affirmer que la lignée des hominidés (qui comprendrait alors seulement les humains et les chimpanzés) est terriblement coercitive.

    Pour éviter ce type de biais, il faut donc une approche phylogénétique impliquant de nombreuses espèces. Ne confondons pas un jugement de fait avec un jugement normatif. Celles et ceux qui justifient les violences des hommes envers les femmes parce qu’il en est ainsi chez les chimpanzés commettent une erreur, un paralogisme. Ce que nous disent ces grands singes si proches de nous, c’est que ces comportements varient. Et que c’est à nous, dans le cadre de nos sociétés, d’œuvrer pour telle ou telle évolution. Le XIXe siècle a dramatiquement penché du côté du chimpanzé. Le XXIe siècle nous rapprochera-t-il des bonobos ?

    Que pensez-vous du modèle des campagnols des prairies et des montagnes : deux espèces très proches au plan phylogénétique. Mais les premiers, monogames et égalitaires, sont des parents attentionnés, tandis que les seconds, volages et coercitifs, font figure de parents indignes…

    Dans cet exemple canonique, les seules différences biologiques mesurées entre ces deux espèces sont les concentrations en ocytocine et vasopressine : elles sont très élevées chez les premiers, effondrées chez les seconds. Pour autant, ces hormones ne sont pas la cause de leurs comportements. Ceux-ci viennent des médiateurs qui, au fil de l’évolution, les ont renforcés. Entre ces deux espèces, des divergences écologiques et éthologiques, par la voie de la sélection naturelle et de dérives génétiques, se sont accentuées. Il faut dire que peu d’espèces de mammifères sont monogames. C’est chez les primates qu’on en trouve le plus, environ un quart, ce qui est très significatif. Il existe différents types de monogamies, qui toutes s’accompagnent de transformations physiologiques, sexuelles, reproductives, comportementales et cognitives. Une fois monogames, les espèces ne reviennent jamais vers d’autres systèmes sociaux, même ceux de leurs ancêtres.

    Quelles pourraient être les causes des comportements si opposés, entre bonobos et chimpanzés ?

    Les singes, plus encore les grands singes et plus encore les humains, sont des espèces dites K, un mode de reproduction très qualitatif : après une longue gestation, un seul petit naît (des jumeaux parfois) ; le sevrage est tardif, l’enfance longue et l’adolescence plus ou moins longue. Soit une maturation de plus d’une décennie, avec le temps de l’apprentissage social. C’est là qu’interviennent les neurones miroirs et les processus cognitifs qui construisent les comportements sociaux des individus. Chez les singes, on parle de « cerveau social ». S’ils naissent dans des sociétés coercitives, les jeunes mâles reproduiront ces schémas – et inversement. S’il n’y a pas de déterminisme génétique, il peut y avoir des influences génétiques, mais les activités de nombreux gènes se combinent entre elles (sans oublier les facteurs épigénétiques). Je ne nie pas non plus que l’environnement n’intervienne pas. Ainsi, le milieu protégé des bonobos est plus propice à une vie sociale apaisée que les forêts et les savanes arborées des chimpanzés. De même, en Afrique australe, les pressions de prédation sont plus favorables aux babouins kinda, plus égalitaires, qu’aux babouins chacma, plus coercitifs. Même chose dans les sociétés humaines : une crise comme le Covid-19 tend à aggraver l’insécurité et les violences envers les femmes.

    Revenons sur la très forte contrainte reproductive qui pèse sur les femmes…

    L’émergence du genre humain (Homo) en Afrique, il y a 2 millions d’années environ, s’est accompagnée de changements considérables, plus encore chez les femelles qui deviennent des femmes. Il y a le « camouflage de l’œstrus » : les femmes ne présentent plus de signes morphologiques manifestes de leur période de fécondité. Elles ne savent pas toujours quand elles sont en période d’ovulation, et leur réceptivité sexuelle devient permanente. Et puis, il y a des transformations anatomiques majeures. D’un côté, le bassin prend une forme en cuvette fermée, qui soutient les viscères tout en permettant une bipédie performante. D’un autre côté, la taille du cerveau humain augmente beaucoup, ce qui complique l’accouchement : la tête du nouveau-né a du mal à passer à travers le bassin maternel. Malgré tout, cette anatomie du bassin féminin a limité le développement du cerveau humain in utero. C’est le « dilemme obstétrical ». Après la naissance, le cerveau du petit humain poursuit donc son développement et connaît une maturation importante.

    Conséquence : le petit humain devient très dépendant de « l’utérus social » où il est plongé…

    Ce bébé nécessite des soins parentaux intenses, dont la charge est surtout portée par les mères. C’est pourquoi celles-ci nécessitent de l’entraide (« alloparentalité »), qui dépend grandement de la considération pour les femmes dans chaque société.

    De plus, la forte contrainte de reproduction fait des femmes un enjeu de contrôle pour les hommes. Plus encore que chez toutes les autres espèces de primates, elles deviennent des ressources rares et précieuses. Leur réceptivité sexuelle permanente et les exigences de l’investissement parental provoquent des tensions, sources de coercition masculine autour de la certitude ou non de la paternité. Tout cela va profondément transformer les sociétés humaines. Ces constats résultent de recherches lancées par des anthropologues et éthologues féministes, issues d’universités anglo-saxonnes pour la plupart. L’étude des effets de cette contrainte sur la coercition masculine, en revanche, est très récente.

    Les femelles de notre lignée font face à une difficulté supplémentaire…

    Oui. Presque toutes les sociétés de singes sont des sociétés matrilocales : les femelles restent toute leur vie dans leur groupe natal, que les mâles quittent à l’adolescence. Cette règle résulte du déséquilibre de l’investissement parental entre mâles (peu investis) et femelles (très investies). Il faut donc que celles-ci bénéficient d’un soutien parental de la part du groupe pour l’accès à la nourriture, les soins, la protection et l’éducation des petits… Elles apprennent à être des mères avec l’assistance de leurs consœurs, affiliées ou pas. Le système matrilocal favorise cette entraide.

    « Le contrôle des femmes et leur coercition s’aggravent avec la recherche de statuts sociaux chez les hommes, notamment plus âgés. »

    Mais les humains, les chimpanzés et les bonobos forment des sociétés patrilocales. Les mâles restent toute leur vie dans leur groupe natal, que les femelles quittent à l’adolescence. Cette exogamie des femmes a bien été décrite par Claude Lévi-Strauss et l’école d’anthropologie du Collège de France. Mais ce qui ressort de mon analyse, c’est que seules les sociétés humaines sont majoritairement patrilinéaires [avec un statut social transmis de pères en fils] et patriarcales [le père a une autorité prépondérante]. Autrement dit, alors que les contraintes de la reproduction exigent de l’entraide envers les femmes, elles ont plus de mal à en bénéficier dans des sociétés patrilocales.

    Que nous apprend la paléoanthropologie sur les relations passées entre sexes ?

    Chez les australopithèques et Homo erectus, elle ne nous permet pas de reconstituer les systèmes sociaux. On ignore donc si Lucy, ses consœurs et les femmes Homo erectus subissaient des violences sexuelles. Au paléolithique moyen (350 000 - 45 000 ans), l’étude des tombes ne permet pas non plus de déceler des différences de statut social ni des traces de contrainte sexuelle. Mais l’étude de l’ADN des fossiles – la « paléogénétique » – montre que les sociétés d’Homo sapiens et de Néandertal étaient patrilocales. Au paléolithique supérieur (45 000-12 000 ans), Homo sapiens reste seul en scène. Des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus complexes apparaissent, avec des statuts différenciés, plus de richesses et de sédentarité. Soit autant de facteurs corrélés à une coercition sexuelle accrue et à des sociétés plus inégalitaires.

    Comment peut-on connaître l’organisation sociale de ces sociétés anciennes ?

    Malgré d’importants biais, on peut procéder par analogies avec ce que l’on sait des ultimes sociétés de chasseurs-cueilleurs actuelles, même si leur diversité passée et présente est très sous-estimée. En témoigne la découverte, publiée le 4 novembre dans Science Advances, de femmes qui participaient activement à la chasse dans les Andes il y a 9 000 ans.

    Revenons à l’ethnographie comparée : elle décrit certaines sociétés égalitaires, d’autres très inégalitaires et coercitives envers les femmes (avec parfois des mises en esclavage). Et l’on découvre plusieurs tendances. Tout d’abord, le contrôle des femmes et leur coercition s’aggravent avec la recherche de statuts sociaux chez les hommes, notamment plus âgés. En témoigne le « prix de la fiancée », cette dette dont un homme doit s’acquitter pour épouser une femme. Un autre ressort de ces violences est l’augmentation des richesses, dont l’effet paraît moindre que la recherche de statuts. Autres facteurs aggravants : l’éloignement des femmes de leur famille, l’établissement d’espaces privés, la sédentarité, le contrôle des relations extérieures du groupe, la guerre…

    Il n’y a ni bons ni vilains sauvages. Nonobstant Rousseau et Marx, les oppressions ne résultent pas de la production de richesses et de leurs répartitions, qui constituent incontestablement des facteurs aggravants, mais pas systématiquement. Les origines des inégalités reposent sur le contrôle des femmes. En découlent ensuite les autres formes d’esclavage et d’exploitation des groupes sociaux.

    Au néolithique, apparaissent les premières sociétés d’agriculteurs. Cela change-t-il le statut des femmes ?

    Oui. Globalement, il se dégrade ! Il y a 10 000 ans environ, soit après la dernière glaciation, la diversité des sociétés humaines s’accroît encore. Le nombre de sociétés inégalitaires augmente. Les massacres collectifs interhumains s’intensifient, les différences de statuts et de tâches entre sexes se renforcent, les déplacements de femmes et leurs rapts s’amplifient.

    « Les sociétés d’Europe du sud sont plus phallocrates, tandis que celles d’Europe du nord montrent plus d’équité entre sexes. »
    Au Proche-Orient, émergent les premières sociétés agricoles. Et que lit-on dans les fossiles ou les dents des femmes de cette époque ? Elles se marient de plus en plus tôt, enchaînent les grossesses et meurent plus jeunes. La paléogénétique montre aussi qu’elles viennent de plus loin, dans des sociétés patrilocales et patrilinéaires. Or plus les femmes sont éloignées de leur groupe natal, plus cela favorise les violences à leur encontre.

    Mais cette tendance souffre d’exceptions. Quel que soit le type d’économie (chasseurs-cueilleurs de différents types, sociétés horticoles, agricoles ou d’éleveurs), on y trouve des sociétés plus égalitaires et d’autres franchement inégalitaires. Prenons les sociétés horticoles : on en trouve des coercitives (Baruyas de Nouvelle-Guinée) et d’autres non (Hurons du Canada). Il en va de même chez les chasseurs-cueilleurs : il y a parmi eux des peuples très coercitifs (Aborigènes australiens) et d’autres très égalitaires (Bushmen d’Afrique). Il en va même parmi les sociétés agricoles, industrielles et actuelles.

    Que se passe-t-il ensuite quand ces sociétés d’agriculteurs arrivent en Europe ?

    Malgré leur diversité, on peut dégager de grandes tendances. Plus ces sociétés sont anciennement agricoles, plus elles sont patriarcales et coercitives à l’égard des femmes. On distingue deux grands flux migratoires. Il y a 8 000 ans, les premières sociétés agricoles et patriarcales, issues du Proche-Orient, s’établissent en Europe, plutôt dans le sud. Puis, il y a 6 000 ans, d’autres populations d’éleveurs issues d’Eurasie centrale, plus égalitaires, arrivent à leur tour en Europe et remontent vers le nord.

    Conséquences actuelles : le génome des populations d’Europe du sud contient plus de gènes des populations agricoles coercitives venues du Proche-Orient. Et le génome des populations d’Europe du nord contient plus de gènes des populations d’éleveurs, plus égalitaires, venues d’Eurasie. Fait stupéfiant, on retrouve aujourd’hui ces différences culturelles dans les héritages respectifs du droit romain et du droit germanique. Ainsi, les sociétés d’Europe du sud sont plus phallocrates, tandis que celles d’Europe du nord montrent plus d’équité entre sexes. On mesure même l’impact de ces différences sur les recherches sur les inégalités de genre ! Ces études sont rares dans les pays de langues latines, mais fréquentes dans les pays anglophones et germanophones. L’histoire aussi porte la trace de ces différences. En Europe du sud, il n’y eut guère qu’Isabelle la Catholique ou Isabeau de Bavière pour avoir porté durablement les attributs du pouvoir. Mais en Europe du nord, on ne compte plus les reines, impératrices, femmes premières ministres…

    Revenons aux primates non humains. Pour contrer la coercition exercée par les mâles, de quels moyens disposent les femelles ?

    Elles peuvent se coaliser, sélectionner des mâles tolérants, multiplier les partenaires sexuels (« polyandrie sexuelle ») ou tisser des liens d’amitiés avec des mâles protecteurs. Ces comportements sont favorisés par les sociétés matrilocales et matrilinéaires, organisations dominantes dans la grande majorité des espèces. Pour autant, ils se manifestent aussi chez des espèces patrilocales comme les bonobos. De manière générale, la matrilocalité ne garantit pas l’absence de coercition masculine. Et même dans des sociétés patrilocales, il peut y avoir un équilibre des pouvoirs entre les sexes.

    Et les sociétés humaines matriarcales ? On en parle peu…

    Vous soulignez-là un biais considérable de l’anthropologie et de l’ethnographie : ces disciplines sont nées à la fin du XIXe siècle, un des siècles les plus marqués par l’antagonisme sexuel en Occident. Les hommes qui ont lancé ces études ont donc été nourris à la mamelle du patriarcat. Et toutes les connaissances acquises, au départ, ont porté sur l’arc géographique qui s’étend sur le Proche-Orient et l’Europe du Sud : un arc patriarcal. Résultat : on a largement ignoré les sociétés matrilinéaires et matrilocales, voire matriarcales d’Asie, d’Afrique et des Amériques. Leur nombre actuel est pourtant loin d’être négligeable.

    Quels sont vos grands messages ?

    La comparaison des sociétés humaines avec celles des singes et des grands singes confirme que la coercition masculine est moins une question de tendances évolutives propres aux différentes lignées de primates ou aux conditions écologiques et économiques qu’une question sociale, culturelle et anthropologique. Autrement dit, rien ne justifie, au regard de l’évolution de notre lignée, le fait que nos sociétés ne puissent radicalement changer sur la question de l’égalité de droit entre femmes et hommes. Bâtir un humanisme qui n’oublie pas les femmes, tel est le défi. L’enjeu est aussi économique : le coût estimé de la discrimination envers les femmes se chiffre en millions de milliards d’euros. Selon les études les plus récentes, plus que la transformation numérique et organisationnelle de nos économies, le principal atout réside dans l’équité femmes-hommes. Rappelons qu’il n’y a pas d’innovation sans diversité. Discriminer plombe les capacités d’adaptation. C’est une loi d’airain de l’évolution.

    #paléoanthropologie #utérus_social #femmes

    • « on a largement ignoré les sociétés matrilinéaires et matrilocales, voire matriarcales d’Asie, d’Afrique et des Amériques. Leur nombre actuel est pourtant loin d’être négligeable. »
      #bullshit
      Les sois disant sociétés matriarcales n’oppriment pas les hommes. Je demande à voire tous ces sois disant peuples d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique qui interdisent l’instruction des garçons pour les mettre à disposition de l’agrément des filles et des femmes.

    • « J’ai voulu m’extraire des stéréotypes ou des idéologies propres à une partie des sciences sociales par un regard neuf, une approche scientifique évolutionniste. »

      Donc, il ne s’agit pas d’une approche historique, mais d’une simple reconstruction à partir de raisonnement « logiques » purement spéculatifs ; on est clairement dans une approche sociobiologique - et qu’elle soit « de gôche » n’enlève rien à l’#imposture.

      Picq est pourtant bien connu pour être une sorte de bouffon scientifique, une petite frappe scientiste.

      #sociobiologie, #scientisme, #pseudo-critique.

    • @rastapopoulos C’est normal qu’on parle peu de sociétés humaines matriarcales vu que ca n’existe pas. Ce que les gens appellent « matriarcat » ce sont des sociétés moins inégalitaires mais ou les femmes se coltinent toujours les corvées de chiotte et les culs à torché. Il n’y a pas de cultures humaines dans lesquelles les hommes sont opprimés par et pour les femmes.

      @tranbert Merci pour tes précision

    • J’étais intéressée jusqu’à ce que ce type de raccourcis surgissent

      Ainsi, les sociétés d’Europe du sud sont plus phallocrates, tandis que celles d’Europe du nord montrent plus d’équité entre sexes.

      et donc merci @tranbert d’éclairer mon envie de vomir à cette lecture.
      #racisme_anthropologique

    • Peut être que Patou-Mathis est plus fiable que Picq mais elle dit aussi des choses pas très fiables en particulier je l’ai lu dire de grosses erreures sur le cannibalisme. Elle se servait des « niam-niams » comme exemple de peuple anthropophage avéré dans « mangeurs de viande » alors que c’est un peuple fictif sensé avoir une queu et inventé par les blancs pour légitimé l’oppression des noirs.
      https://www.cairn.info/zoos-humains-et-exhibitions-coloniales--9782707169976-page-169.htm


      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67054t.texteImage

    • Et en plus, je trouve que c’est parfaitement malhonnête de présenter cette étude comme soit disant scientifique sur l’oppression des femmes, parce que ses idées nauséabondes peuvent ensuite circuler librement dans des milieux féministes peu avertis et nous intoxiquer.
      #pensée_toxique

    • Désolée, mon post a croisé le tien @mad_meg, je lève le malentendu car je ne m’adressais pas à toi, je parlais du racisme de Picq subrepticement planqué derrière l’anthropologie, pas tant des cultures matriarcales.
      Même si évidemment tu soulèves un point important de cette ignorance entretenue de par sa position.
      En fait ce texte est un collage puérile et non explicité de ce que sont pour lui les violences faites aux femmes pour aboutir au gène_sexiste. Quand il dit par exemple que les femmes qui s’éloignent de leur famille/clan subissent alors plus l’oppression des hommes, ça me parait très péremptoire, ce ne sont que des suppositions basées sur des pratiques culturelles, elles aussi non replacées dans leur contexte historique et culturel. On pourrait très bien aussi supposer que les femmes qui s’éloignent de leur famille/clan le font parce qu’elles ont la possibilité de le quitter sans que cela leur pose un souci ou qu’elles s’extirpent des violences qu’elles y subissent.

    • Pour le coup je vois difficilement comment ça pourrait être autre chose que péremptoire (cette affirmation ou n’importe quelle autre hein) dans une très courte interview qui sert juste à effleurer le contenu global du livre. Je suppose que - s’il est sérieux - chacune de ses affirmations est argumenté dans le livre en prenant appui sur telles et telles sources archéologiques/anthropologiques/biologiques. Mais ce n’est qu’une supposition, il faudrait lire le livre pour ça. Et du coup le critiquer suivant s’il argumente réellement ou pas, et pouvoir dire « non cette source est biaisée » etc. Bref un travail… de sciences sociales. Peut-être que c’est nul et que les sources qu’il utilise sont nazes. Mais pour ça faudrait lire le livre ou que d’autres pair⋅es du même domaine l’ait lu et critiqué pour nous et tant mieux si des gens font ce boulot !

    • @rastapopoulos tu adoptes un ton professoral pour ta leçon de lecture avec tout ces « il faut faire comme ci » exigeant le respect d’un travail scientifique alors que les arguments développés sont construits pour aboutir à la conclusion que le gène du patriarcat est plus développé au Proche-Orient. [EDIT correction Moyen-> Proche]

      Je reste libre de dire ici que je trouve que ce texte sent mauvais sans m’étendre sur mon analyse ni qu’on me dise qu’il faudrait fouiller plus, merci mais non.

    • Moi je veux bien qu’il dise de la merde mais rien que pour juste l’interview seule alors, on lit pas la même chose, avec le même texte sous les yeux…

      1) Dans la première phrase, il ne parle que de l’Europe déjà.
      2) Ensuite il parle du Proche-orient, et il dit ça pour un point précis : parce que culturellement c’est là que l’agriculture y est apparu et donc en entrainant une organisation de ces sociétés différentes. Il se trouve que ces « premières sociétés agricoles » bah oui c’est effectivement au Proche-orient que ça démarre ! Mais on s’en fout, ça pourrait être ailleurs ça serait pareil… Ce qui compte c’est qu’il parle de sociétés agricoles, pas du Proche-orient, il me semble, car pour la plupart des cas, le fait d’être agricole aboutit effectivement à des organisations totalement différentes des pas agricoles.
      3) Dans les deux cas (Europe et là les « premières sociétés agricoles »), ce qu’il affirme est censés venir de preuves archéologiques montrant des faits précis : que de manière plus fréquente, les femmes de ces sociétés meurent plus jeunes, ont plus de grossesses, etc. Donc bah s’il faut le critiquer c’est en disant que ses preuves là sont fausses ou biaisées, et c’est bien possible que l’état des connaissances sur ces sociétés là de cette période, ça soit ça, ou pas ça, mais vraiment moi je n’ai pas la connaissance de l’actualité archéologique pour le dire.

      Mais quel rapport avec les gênes et avec un quelconque racisme dans ces faits là ? Je suis naïf ou débile je sais pas, mais vraiment je vois pas ou ne lit vraiment pas la même chose…

    • Vous me rassurez, moi aussi j’ai tiqué à ce passage :

      Conséquences actuelles : le génome des populations d’Europe du sud contient plus de gènes des populations agricoles coercitives venues du Proche-Orient. Et le génome des populations d’Europe du nord contient plus de gènes des populations d’éleveurs, plus égalitaires, venues d’Eurasie.

      Mais j’avais déjà tiqué avant. En effet, grâce à seenthis, je m’intéresse depuis quelque temps à l’évolution de la condition des femmes à travers l’histoire. Si tout le monde (même Picq) est d’accord pour dire que ça empire avec l’agriculture, les données sont très difficiles à obtenir pour ce qui précède, jusqu’aux chasseuses-cueilleuses. Et ici, Picq (mais bon, c’est vrai que je n’ai pas lu son livre, il a peut-être plus d’arguments) semble juste faire des déductions au doigt mouillé. En ce qui concerne les premiers homo sapiens, ce qui suit n’est basé sur aucune preuve ni même observation :

      Ce bébé nécessite des soins parentaux intenses, dont la charge est surtout portée par les mères. C’est pourquoi celles-ci nécessitent de l’entraide (« alloparentalité »), qui dépend grandement de la considération pour les femmes dans chaque société.

      De plus, la forte contrainte de reproduction fait des femmes un enjeu de contrôle pour les hommes. Plus encore que chez toutes les autres espèces de primates, elles deviennent des ressources rares et précieuses. Leur réceptivité sexuelle permanente et les exigences de l’investissement parental provoquent des tensions, sources de coercition masculine autour de la certitude ou non de la paternité. Tout cela va profondément transformer les sociétés humaines. Ces constats résultent de recherches lancées par des anthropologues et éthologues féministes, issues d’universités anglo-saxonnes pour la plupart. L’étude des effets de cette contrainte sur la coercition masculine, en revanche, est très récente.

      Au contraire, il semble y avoir des preuves que l’égalité hommes-femmes est assez grande jusqu’à l’agriculture (en terme d’analyses osseuses, de morphologie, de nourriture etc.). C’est d’ailleurs ce qu’il semble reconnaître ci-dessous, alors du coup on se demande d’où viennent ses élucubrations :

      Chez les australopithèques et Homo erectus, elle ne nous permet pas de reconstituer les systèmes sociaux. On ignore donc si Lucy, ses consœurs et les femmes Homo erectus subissaient des violences sexuelles. Au paléolithique moyen (350 000 - 45 000 ans), l’étude des tombes ne permet pas non plus de déceler des différences de statut social ni des traces de contrainte sexuelle. Mais l’étude de l’ADN des fossiles – la « paléogénétique » – montre que les sociétés d’Homo sapiens et de Néandertal étaient patrilocales. Au paléolithique supérieur (45 000-12 000 ans), Homo sapiens reste seul en scène. Des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus complexes apparaissent, avec des statuts différenciés, plus de richesses et de sédentarité. Soit autant de facteurs corrélés à une coercition sexuelle accrue et à des sociétés plus inégalitaires.

      Malgré d’importants biais, on peut procéder par analogies avec ce que l’on sait des ultimes sociétés de chasseurs-cueilleurs actuelles, même si leur diversité passée et présente est très sous-estimée. En témoigne la découverte, publiée le 4 novembre dans Science Advances, de femmes qui participaient activement à la chasse dans les Andes il y a 9 000 ans.

      Il n’y a qu’à partir de l’agriculture qu’on est d’accord. Agriculture qui apporte le capitalisme, le sexisme, la privation de nourriture pour les femmes, et leur taille qui diminue. Là, oui, il y a des preuves :

      Oui. Globalement, il se dégrade ! Il y a 10 000 ans environ, soit après la dernière glaciation, la diversité des sociétés humaines s’accroît encore. Le nombre de sociétés inégalitaires augmente. Les massacres collectifs interhumains s’intensifient, les différences de statuts et de tâches entre sexes se renforcent, les déplacements de femmes et leurs rapts s’amplifient.

      Au Proche-Orient, émergent les premières sociétés agricoles. Et que lit-on dans les fossiles ou les dents des femmes de cette époque ? Elles se marient de plus en plus tôt, enchaînent les grossesses et meurent plus jeunes. La paléogénétique montre aussi qu’elles viennent de plus loin, dans des sociétés patrilocales et patrilinéaires. Or plus les femmes sont éloignées de leur groupe natal, plus cela favorise les violences à leur encontre.

      Là, je n’ai pas trop le temps, mais lors de ma prochaine mise à jour je rajouterai les tags #archéologie habituels...