• En Martinique et en Guadeloupe, la mer met au jour les cimetières d’esclaves et menace ce patrimoine - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/france/20260815-samedi-7h-en-martinique-et-en-guadeloupe-la-mer-met-au-jour-les-cimeti%

    Sur les plages des Antilles françaises, la montée des eaux et l’érosion causées par le changement climatique font parfois remonter les cimetières d’esclaves. Si cela permet d’enrichir les connaissances sur les personnes esclavisées, ce phénomène menace un patrimoine archéologique et mémoriel sensible.

    À Saint-François, en Guadeloupe, les ossements affleurent à la plage des Raisins-Clairs depuis maintenant plusieurs années. Ce lieu apprécié des touristes abrite un cimetière de personnes esclavisées. L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) y a déjà identifié 48 sépultures lors de fouilles préventives menées en 2013 et 2014 et le cimetière pourrait conserver encore des centaines de sépultures allant environ du XVIIe au XIXe siècle.

    Mais le cimetière a sans doute été plus vaste qu’à l’heure actuelle à cause de l’avancée de la mer. « Sur des images aériennes des années 1950, on voit que le cimetière était dans la forêt. Et maintenant, il part à l’eau. On a vraiment un recul très important […]. On a du mal à quantifier la quantité de sépultures perdues », décrit Jérôme Rouquet, archéo-anthropologue à l’Inrap.
    Une érosion qui s’accélère

    Lorsque la mer grignote le littoral, « elle constitue un petit talus qui va venir entamer les sépultures enfouies, détaille Patrice Courtaud, archéo-anthropologue à la retraite et référent scientifique du documentaire Mémoires enfouies. Si l’érosion arrive par l’Est, on va avoir d’abord les pieds qui vont partir à la mer et puis ça va remonter jusqu’au crâne. Ça nous fait perdre le squelette, le matériel et puis toutes les observations liées aux sépultures. »

    L’érosion détruit alors des informations précieuses pour la recherche. Mais Thomas Romon, archéologue à l’Inrap, ajoute : « Pour la population locale, ça concerne d’autres aspects, parce que ça concerne en fait la mémoire de ces individus […]. Il y a des enjeux qui sont archéologiques et puis il y a des enjeux qui sont mémoriels. »

    Ce sont souvent les cyclones qui ont mis à jour ces cimetières oubliés. Patrice Courtaud a commencé à travailler sur ces sites à la fin des années 1990 après le passage du cyclone Luis qui a révélé des ossements et des sépultures potentielles dans l’Anse Sainte-Marguerite dans la commune du Moule en Guadeloupe. La découverte du cimetière de l’Anse-Bellay en Martinique a eu lieu en 2007 après le cyclone Dean.

    Et ce phénomène ne se limite pas aux Antilles françaises. À La Réunion, le cyclone Gamède, en 2007, a dégagé des ossements sur le littoral de Saint-Paul. Les fouilles ont ensuite permis de les relier à un ancien cimetière d’esclaves, lui aussi fragilisé par la houle et les tempêtes.

    Cette pression du littoral sur ces sépultures n’est pas nouvelle, mais elle s’accélère. Jérôme Rouquet souligne que dans les Antilles, « cette accélération de l’érosion des côtes conduit à la destruction irrémédiable de tous ces sites ». Elle est liée à la « montée des eaux et puis les tempêtes tropicales qui sont de plus en plus violentes » et font « reculer le trait de côte à une vitesse assez affolante ».

    Les données des observatoires côtiers vont dans le même sens ; à savoir une accélération de l’érosion dans ces territoires. En Guadeloupe, une part significative des plages et côtes basses sableuses recule désormais de plusieurs dizaines de centimètres par an, avec des épisodes de recul de 3 à 5 mètres après des tempêtes. En Martinique, l’ensemble de la côte n’est pas concerné, mais sur 40% des plages suivies le recul du trait de côte est supérieur à 50 centimètres par an.

    Si l’érosion met une contrainte forte pour les archéologues et tous ceux cherchant à préserver la mémoire locale, elle a aussi permis d’en apprendre plus. Les plages des Antilles, longtemps vues comme de simples lieux touristiques, ont été des lieux d’inhumation privilégiés par les propriétaires d’esclaves. « Les plages étaient des espaces marginaux qui n’étaient pas cultivables. C’est pour ça qu’une partie des esclaves y ont été enterrés », résume Patrice Courtaud. « On n’avait pas d’indication historique comme quoi les esclaves étaient enterrés sur les plages. C’est vraiment l’archéologie après l’érosion marine qui a pu le déterminer », poursuit-il.

    Malgré la salinité, les perturbations de la houle et des êtres vivants, les sépultures continuent de livrer des informations précieuses. Jérôme Rouquet rappelle que lors des fouilles préventives, ils ont pu trouver « des restes de cercueils. On avait le bois des cercueils et les clous qui étaient conservés sur des tombes qui ont peut-être entre 250 et 300 ans. » Les restes humains « relativement bien conservés » ont permis de documenter « les pratiques funéraires et la biologie des individus », tandis que des analyses génétiques et isotopiques en cours permettront de préciser leurs origines et conditions de vie dans les plantations.

    Pour protéger ce patrimoine archéologique, plusieurs solutions peuvent se dessiner. Depuis mai 2026, la mairie de Saint-François a installé des balises pour informer les touristes et éviter le piétinement des sépultures. « Ce balisage ici présent permet d’informer toute personne qui va arriver devant du fait qu’on accède à une zone archéologique protégée », explique Barbara Camier à nos confrères de la 1ère Guadeloupe. Dans le même temps, des projets d’infrastructures comme des digues sont en réflexion pour limiter l’impact de la houle.

    En Martinique, sur le site funéraire de l’Anse-Bellay où des restes d’esclaves ont aussi été retrouvés, une solution proposée par le collectif citoyen Kolektif Anse-Bellay a pu voir le jour. « Ce sont des gens qui venaient voir les fouilles archéologiques et qui ont mesuré la véritable valeur mémorielle des restes archéologiques et qui ont demandé et même exigé que le site soit sanctuarisé », explique l’archéologue Thomas Romon. Après les fouilles archéologiques, les ossements ont été transférés à ce collectif avec l’autorisation de la préfecture pour qu’ils soient réinhumés dans un monument commémoratif en 2023. Un lieu pour se recueillir et honorer des personnes esclavisées dont les traces avaient été volontairement effacées par les colons.

    Mais ce qui se joue aujourd’hui sur quelques dizaines de mètres de sable à Saint‑François concerne de nombreux autres sites archéologiques. Lors d’un colloque en 2024, Jean-François Modat, conservateur régional de l’archéologie, alertait déjà sur le fait que 160 sites archéologiques sont menacés en Guadeloupe, « dont une quinzaine sont déjà en train de partir à la mer ». Si des réponses locales peuvent sauver des sites, ce ne sera pas possible pour tous. Jean-François Modat résumait alors : « On sait qu’on ne pourra pas tout protéger et que nous allons devoir choisir qui on sauvegarde, qui on étudie et qui on laisse partir. »

  • #archéologie_criminalistique

    Affaire Jubillar : l’archéologie criminalistique va tenter de faire parler les ossements prélevés
    https://www.europe1.fr/police-justice/affaire-jubillar-larcheologie-criminalistique-va-tenter-de-faire-parler-les-

    (...) Les gendarmes vont tenter de faire parler ces ossements. Ils ont développé depuis trente ans une discipline tout à fait performante : l’archéologie criminalistique

    En clair, ils appliquent la méthodologie scientifique de l’archéologie à la scène de crime depuis les premiers prélèvements. Le petit os d’une phalange de la main peut par exemple révéler des traces de lutte.
    Des anthropologues pour déceler les causes de la mort

    Les gendarmes ont dans leurs rangs des anthropologues. Ces experts peuvent révéler des micro-détails, même sur des squelettes très dégradés.

    Leur obsession sera de déceler dans les prochains jours les causes de la mort, mais aussi les incohérences vis-à-vis de la stratégie de défense de Cédric Jubillar.

    Le condamné à 30 ans de réclusion criminelle semble désormais laisser entendre qu’il n’avait pas l’intention de tuer son ancienne compagne. Il espère ainsi une requalification juridique en coups mortels.

  • Sensationsfund in Pompeji: So lebten Menschen aus der untersten Schicht vor 2000 Jahren
    https://www.berliner-zeitung.de/article/archaeologen-machen-sensationellen-fund-in-pompeji-wichtiger-als-ei

    Des nouvelle de la vie d’esclave romain

    20.6.2026 von Team News, Manuel Almeida Vergara - Nördlich der versunkenen Stadt haben Forscher ein altes Sklavenzimmer entdeckt. Es gibt Einblicke in den Alltag der damaligen Unterschicht.

    Was wir über die Lebensrealitäten vor Hunderten, vor Tausenden von Jahren wissen, das wissen wir meistens von den oberen Klassen dieser Zeiten. Historische Porträts? Gibt’s so gut wie nur von Herrschern. Archäologische Funde metallener Schätze? Gehörten einst den Königinnen und Königen. Detaillierte Biografien? Werden von niedriggestellten Menschen kaum bekannt.

    Dabei können auch und gerade Hinweise zum Leben und Wirken der einfachsten Leute Aufschluss über die Gesellschaften und politischen Systeme der Vergangenheit geben. Insofern ist das, was Archäologinnen und Archäologen nun in Pompeji freigelegt haben, von besonderer wissenschaftlicher Relevanz.

    Nördlich der versunkenen Stadt in der heutigen italienischen Region Kampanien haben sie ein Sklavenzimmer gefunden, das Einblicke gibt in den Alltag der untersten Schicht vor 2000 Jahren. Es handele sich um einen Fund, „der wichtiger ist und mehr Aufschluss gibt über das antike Leben als eine schöne Statue“, twitterte Gabriel Zuchtriegel, der deutsche Museumsdirektor von Pompeji, auf der Online-Plattform X (ehemals Twitter).

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    Neuester Fund: Das Foto zeigt das Sklavenzimmer unweit von Pompeji, mit Betten, Schränken und Krügen. © Parco Archeologico di Pompei

    Das Zimmer liegt in der Villa Civita Giuliana, rund 600 Meter entfernt von der antiken Stadt; für seine Rekonstruktion wurde eine bewährte Methode angewendet, bei der Hohlräume, die organisches Material in der erstarrten Vulkanasche hinterlassen hat, mit Gips gefüllt werden. Die Einrichtung der Kammer lasse darauf schließen, dass es auch innerhalb des Dienstbotenquartiers eine strenge Hierarchie gegeben habe, teilte die Ausgrabungsstätte am Sonntag (20. August) mit.

    Selbst der Fluchtversuch einer Ratte konnte rekonstruiert werden

    Das ließen zwei unterschiedliche Betten vermuten – eines extrem einfach gehalten und ohne Matratze, ein anderes mit deutlich komfortablerer Ausstattung. Neben den beiden Betten waren in der Kammer auch zwei kleine Schränke gefunden worden. Ein ähnliches einfaches Bett wie jenes, das nun gefunden wurde, war bereits im Jahr 2021 in einem anderen Sklavenzimmer in Pompeji entdeckt worden.

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    Guten Appetit: im Juni wurde das Fresko entdeckt, das einen archaischen Vorgänger der Pizza zeigen könnte. © Pompeii Archaelogical Park/AP

    Von den prekären Umständen, unter denen die Sklavinnen und Sklaven gelebt haben, zeugten auch weitere Funde in der Kammer: Bestimmte Keramikgefäße und Amphore ließen eine höchst unhygienische Lebensweise erkennen, heißt es in er Mitteilung. Es konnte nachgewiesen werden, dass in dem Zimmer mindestens drei Nagetiere gelebt hatten; ferner gehen die Archäologinnen und Archäologen davon aus, dass die Sklavenzimmer gleichzeitig als eine Art Abstellraum genutzt wurden. Erkennbar sei, dass eine Ratte in einem Krug unter einem der Betten versucht hatte, dem sogenannten pyroklastischen Strom zu entkommen, der Pompeji in den Untergang gerissen hatte.

    Im Jahr 79 nach Christus war die antike Stadt Pompeji bei Ausbrüchen des nahen Vesuvs unter Asche, Schlamm und Lava begraben worden. Die Stadt, ihre Bewohnerinnern und Bewohner wurden dadurch teilweise konserviert – erst im 18. Jahrhundert war Pompeji wiederentdeckt worden. Seitdem gehört die Ausgrabungsstätte nicht nur zu den beliebtesten Sehenswürdigkeiten Italiens – die hier gemachten Funde haben nicht selten Sensationsstatus.

    So war erst im Juni ein rund 2000 Jahre altes Wandgemälde freigelegt worden. Das Stillleben zeigt eine offenbar metallene Platte mit Lebensmitteln darauf. Darunter ein rundes Gebäck mit Belag, das nun als eine Art archaischer Vorläufer der heutigen Pizza gehandelt wird.

    #Italie #Herculaneum #archéologie #esclavage #teyvail #exploitation #histoire #antiquité #économie

  • The General’s Tomb: Horemheb at Saqqara | Dominic Perry, History of Egypt Podcast

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12498149

    https://www.youtube.com/watch?v=Ixn85iuXcNU


    2026-05-28 - 30 min.

    Horemheb, general and later pharaoh of Egypt, has two known tombs. The first, build during the reign of Tutankhamun, is at Saqqara, just south of the Step Pyramid. The enormous size of this monument reflects the general’s high status in his pre-royal career, and the influence he wielded at Tutankhamun’s court. It also has many secrets left to reveal...

    Select References
    Ahrens, A. (2015). “The King’s Messenger in Front of His Army”: Possible New Evidence for Horemheb’s Contacts with the Northern Levant. Journal of Ancient Egyptian Interconnections, 7, 53—54. https://egyptianexpedition.org/articl...

    Bryson, K. M. (2018). The Reign of Horemheb: History, Historiography, and the Dawn of the Ramesside Era [Unpublished PhD. Thesis, Johns Hopkins University]. https://jscholarship.library.jhu.edu...

    Dodson, A. (2017). Amarna Sunset: Nefertiti, Tutankhamun, Ay, Horemheb, and the Egyptian Counter-Reformation (2nd ed.). American University in Cairo Press.

    Hari, R. (1965). Horemheb et la reine Moutnedjemet ou la fin d’une Dynastie.

    Johnson, W. R. (2016). Horemheb’s Saqqara Tomb: A New Discovery. In D. Picchi, C. Salvador, & P. Giovetti (Eds.), Egypt: Millenary Splendour: The Leiden Collection in Bologna (pp. 228—233).

    Martin, G. T. (2016). Tutankhamun’s Regent: Scenes and Texts from the Memphite Tomb of Horemheb. Egypt Exploration Society.

    #Égypte #antiquité #histoire #archéologie

  • L’archéologie en première ligne. Enjeux du pillage de guerre en Ukraine | Conflits : Revue de Géopolitique

    https://www.revueconflits.com/larcheologie-en-premiere-ligne-enjeux-du-pillage-de-guerre-en-ukraine

    L’archéologie en première ligne. Enjeux du pillage de guerre en Ukraine

    par Henri de Mégille
    De victime collatérale à cible délibérée, le patrimoine est au cœur de la guerre en Ukraine. Tranchées, trous d’obus, terrains ravinés par le passage des blindés, travaux de déminage, les stigmates du terrain révèlent un héritage insoupçonné. Des vestiges enfouis émergent du sol dans la violence des combats. L’archéologie devient un enjeu de lutte des belligérants sur fond de réécriture de l’Histoire.

    #ukraine #russie #guerre #archéologie #colonisation

  • Que reste-t-il d’Effondrement ?
    titre, nettement plus percutant, de la version papier de cet article du dernier Pour la Science (12/25). La réponse par deux (femmes) archéologues : pas grand chose…

    Comment s’effondrent les civilisations : la théorie de Jared Diamond remise en cause par les découvertes archéologiques | Pour la Science
    https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/effondrement-des-civilisations-ce-que-disent-les-dernieres-decouvertes


    Avec son emplacement en zone montagneuse, la cité maya de Copán (aujourd’hui située au Honduras) est très particulière. Jared Diamond en a pourtant fait un cas type pour expliquer le processus d’effondrement à l’œuvre dans toute la région.
    © amnat30/Shutterstock

    Comment expliquer la disparition des sociétés anciennes ? Dans son livre « Effondrement » paru il y a vingt ans, l’historien Jared Diamond insistait sur l’influence du climat et de l’environnement. Cette hypothèse reste-t-elle pertinente aujourd’hui, à la lumière des dernières découvertes archéologiques ? Nous avons demandé aux archéologues Chloé Andrieu et Émilie Gauthier, qui étudient les Mayas et les Norrois.

  • #Archéologie #terres_noires #Chute_empire_romain #moyen_âge

    Nous vivons sur une strate inexpliquée (enquête archéologique) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Ee87D_hBdcI

    La chaîne survit grâce à vos dons. Pour le prix d’un café, vous pouvez m’aider sur https://fr.tipeee.com/thomas-laurent

    Sources : https://docs.google.com/document/d/1F...

    Illustré par Victor Rocher (instagram : lippu_moqueur)
    Miniatures par double pouce (instagram : double_pouce)
    Merci à ‪@PasseportPourHier‬ et ‪@Hydreauxmilletetes‬ pour leur relecture du script
    Merci à ‪@JulienLaurentfr‬ / ‪@JulienLaurent2‬ pour les conseils techniques et les retours

    Chapitres
    00:00 Une énigme archéologique
    01:18 Un trou dans l’histoire
    03:45 La fin ?
    06:25 Premier cas
    10:03 Deuxième cas
    14:44 Troisième cas
    17:58 Lumière sur les terres noires
    22:57 La fin des terres noires
    24:24 outro

  • #Menhirs et #dolmens : la #carte d’un patrimoine qui s’étend bien au-delà des terres bretonnes

    Érigés entre le Néolithique et l’âge du Bronze, ces monuments de pierre racontent une histoire longue de plusieurs millénaires. La nouvelle carte de l’Atelier de cartographie de l’IGN révèle la répartition de ce patrimoine unique, dont une partie vient d’être consacrée par l’#UNESCO.

    La carte topographique de l’IGN fait mention de nombreux menhirs et dolmens qui, un peu partout en France métropolitaine, ponctuent le #paysage, constituant ainsi de véritables points de repères.

    Erigés entre le #Néolithique et l’#âge_de_Bronze, c’est-à-dire sur plusieurs millénaires, ces #monuments_mégalithiques sont la création de groupes d’individus et de sociétés diverses qui ont souhaité marquer à travers eux le #territoire qu’ils occupaient. Un territoire cependant fort différent de celui que nous connaissons aujourd’hui : les glaciers couvraient alors une grande partie de l’Europe et le niveau de la mer était sans doute plusieurs dizaines de mètres sous le niveau actuel !

    Parmi ces nombreux sites, plus d’un millier sont actuellement protégés au titre des #monuments_historiques. En outre, les alignements de #Carnac et les sites alentours des rives du golfe du #Morbihan sont depuis le mois de juillet 2025 classés au patrimoine mondial de l’UNESCO !

    La carte présentée ici donne un aperçu de ce patrimoine exceptionnel.

    https://www.ign.fr/mag/menhirs-et-dolmens-la-france-des-megalithes-en-carte

    #patrimoine #Bretagne #cartographie #visualisation #archéologie
    ping @visionscarto

  • Treize ans sans pluie : chronologie des sècheresses traversées par la civilisation maya
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/treize-ans-sans-pluie-une-chronologie-des-secheresses-de-la-civilis

    Comment a disparu la civilisation maya ? Qu’est-ce qui a poussé les habitants d’immenses villes à fuir, ce qui semble s’être produit du jour au lendemain, laissant bâtiments et temples se faire dévorer par les forêts ? Car si les conquistadors ont porté un coup quasi fatal à la culture maya, cette dernière avait déjà traversé une période de crise majeure, plusieurs siècles auparavant.

    Appelée période "Terminale classique", cette époque s’étendait de 800 à 1000 après J.-C. Elle est caractérisée par la chute de plusieurs Cités-États dans les Basse-Terre ainsi qu’un important déclin démographique et culturel pour des raisons encore mal connues. Mais comment expliquer cette période de crise ? Cet effondrement n’étant pas un phénomène généralisé, plusieurs théories sont évoquées. Parmi celles-ci, la recrudescence de périodes de sécheresse déjà caractérisées par d’anciennes études dans le Yucatán du Nord, qui aurait pu durablement mettre à mal l’agriculture locale.

    Afin d’explorer et préciser la nature de ce contexte météorologique accablant, une nouvelle étude de Cambridge, publiée dans Science Advances le 13 août 2025, s’est ainsi attelée à la datation précise des périodes de sécheresse de 871 à 1027 après J.-C. Une chronologie inespérée qui permettra une mise en perspective des données météorologiques des découvertes archéologiques de la région.

    Basse-Terre. Situées sur un plateau calcaire peu boisé, les Basse-Terre recouvraient l’actuel Nord-Est du Mexique, ainsi qu’une partie du Bélize et du Guatemala. Les Basse-Terre du Nord se trouvent sur l’actuel Yucatán.

    Les archives des stalagmites

    Pour effectuer ces datations, les chercheurs se sont appuyés sur les stalagmites de Grutas Tzabnah, une grotte située dans le Nord du Yucatan. Située près de plusieurs sites maya abandonnés pendant la période "Terminale classique", elle constitue une archive inespérée du climat de la région.

    "Quand nous sommes allés à Grutas Tzabnah en 2022, il est rapidement devenu évident que ce serait l’endroit idéal, parce que la grotte est très proche de la surface", raconte Daniel H. James, chercheur à l’université de Cambridge et premier auteur de l’étude interviewé par Sciences et Avenir. "Cela évite que les eaux de différentes saisons ne se mélangent en filtrant à travers le calcaire, ce qui a déjà été un problème pour d’autres études. Ici, il ne faut qu’un mois à l’eau pour traverser la roche, donc nous avons pu avoir des dates avec une résolution au mois près."

    Mais comment étudier le climat du passé grâce à des stalagmites ?

    Caractérisé par une saison sèche et une saison humide, le climat du Yucatan du nord influence fortement les conditions de cristallisation du calcite formant les stalagmites. En étudiant la nature des différentes couches de calcite laissées par les eaux d’infiltration, les chercheurs peuvent ainsi identifier chaque saison.

    “[Les sécheresses] ont un impact sur la formation du calcite. Pendant la saison sèche, lorsque l’apport en eau est plus limité, le calcite va se former en structures moins denses, qui ressemblent à des aiguilles, tandis que pendant la saison des pluies, la cristallisation se déroule de manière plus complète et on obtient des strates plus denses et mieux cristallisées”, explique Daniel H. James.

    Couplé à la datation par radiométrie, les chercheurs ont ainsi pu estimer précisément la date et la durée de chaque épisode de sécheresse dans la région. “Les méthodes de datation des stalagmites, la résolution des observations et les techniques de radiographie se sont toutes beaucoup améliorées ces dernières années !” souligne le directeur de l’étude.

    Résultat des courses : entre 871 et 1021, la région entourant la grotte de Grutas Tzabnah aura connu de nombreuses périodes de sécheresses, dont certaines se sont étendues sur plusieurs années : un véritable drame pour l’agriculture de l’époque.

    Une chronologie inespérée pour les archéologues

    Trois ans, cinq ans, treize ans… Les durées de certaines périodes de sécheresse livrées par les stalagmites feraient froid dans le dos à n’importe quel agriculteur moderne. Sans donner une explication directe au déclin de la période "Terminale classique", la chronologie de Grutas Tzabnah permet de remettre ces évènements dans une chronologie à échelle humaine. Une aide inespérée pour les archéologues qui pourrait notamment aider à clarifier les évènements ayant mené à l’abandon de certains sites autour de la grotte.

    “[Ces sécheresses] auraient pu être la goutte de trop, mais nous ne pouvons pas le savoir à partir de cette étude”, explique le Dr. James. “Mais à l’avenir, nous espérons que ces archives pourront être comparées à la chronologie de sites maya déjà connus, pour voir si l’historique de ces lieux correspond ou non. Nous avons maintenant accès à des résultats à échelle humaine et j’aimerais beaucoup voir comment ces périodes se sont traduites dans la vie des Mayas de l’époque.”

    Mais quelles étaient les causes de ces catastrophes ? Une fois encore, la réponse est difficile à clarifier, les stalagmites ne renfermant pas d’autres informations sur la météo de l’époque. Les indices archéologiques alentour tendent cependant à souligner une possible aggravation du phénomène par les activités humaines.

    “Les sécheresses de l’époque ont certainement été causées par des facteurs naturels et amplifiées par la déforestation massive de la région et l’agriculture intensive”, explique le scientifique. “Il y a des traces archéologiques de réserve d’eau et d’irrigation, mais les problèmes auxquels les Mayas ont fait face à l’époque ont clairement dépassé les limites de leurs techniques. De là, il n’aura pas fallu longtemps pour que des problèmes sociétaux apparaissent et contribuent à l’abandon de certaines villes.”

    Un outil pour l’avenir

    Obtenu à partir d’une seule stalagmite, la chronologie de Grutas Tzabnah ouvre également une perspective pour l’avenir. Le Yucatan comptant de nombreux systèmes de grottes peu profondes, d’autres chronologies pourraient être réalisées pour d’autres périodes, à condition de réussir à trouver des stalagmites correspondantes.

    “Il y a beaucoup de sites mayas dans la région du Yucatan : il y a aussi des ruines préclassiques (-1000 avant J.-C. à 250 après J.-C.) et postclassiques (1000 après J.-C. à 1400 après J.-C.) et tout un système de grottes qui pourraient renfermer des stalagmites correspondantes”, s’enthousiasme le chercheur. “Il pourrait être possible de créer ce genre de chronologie pour d’autres périodes de la civilisation maya !”

  • Statue negli abissi : i #Bronzi_di_Riace

    Una delle scoperte più sensazionali degli ultimi decenni: nel 1972 il mare della Calabria restituisce due capolavori della scultura in bronzo di età classica. Li ritrova un chimico con l’hobby della pesca subacquea, e da allora nasce un fenomeno di massa. Ma le domande restano molte: è stato un naufragio? E chi sono questi due personaggi?

    https://www.raiplaysound.it/audio/2023/07/Mappe-del-tempo-Lavventura-dellarcheologia-del-15072023-deaefd0c-37a2-4
    #bronzes #Riace #statues #podcast #audio #Calabre #archéologie #Stefano_Mariottini

  • #Reportage fascinant qui montre (entre autre) que les #peuples premiers amazoniens :

    – Pourraient venir de la polynésie, de l’antartique voir de l’Afrique ;
    – réalisaient une sorte d’#agroforesterie complexe à grande échelle dans l’#Amazonie (loin de l’image de sauvages qu’ont véhiculé les colons) ;
    – et on laissé quantité d’#arts #rupestres.

    L’#archéologie de ces peuples aurait été jusque là négligé par #racisme #néocolonial.

    https://www.youtube.com/watch?v=QGPyXNleBxM

  • Quand l’archéologie devient une arme de combat. « Trésors sauvés de Gaza, 5 000 ans d’histoire »
    https://histoirecoloniale.net/quand-larcheologie-devient-une-arme-de-combat-tresors-sauves-de-g

    Pour beaucoup d’entre nous, #Gaza est née en 1948, condamnée à n’être qu’une étroite bande de terre de 365 km², densément peuplée et clôturée. L’exposition présentée à L’Institut du Monde Arabe nous raconte une toute autre histoire : l’enclave palestinienne a un passé plurimillénaire et glorieux et souvent heureux, celui d’une ville carrefour des routes commerciales et d’une #oasis prospère. Constamment habitée depuis la fin de l’âge de bronze – d’où le titre 5 000 ans d’histoire -, fondée au milieu du IIIème millénaire, sous le nom d’Hazatu d’où vient Gaza, elle fut un carrefour des civilisations et vit se succéder celles-ci. Que l’on se situe dans le temps ou l’espace, longue est la liste des civilisations qui furent en contact avec Gaza. A la croisée des civilisations, elle a vécu en symbiose avec les très nombreuses cultures qui se sont succédées, en raison de sa position stratégique entre l’Egypte et la Perse.

    #Palestine #archéologie

  • [Nantes] Le 12 juin, les archéologues des Pays de la Loire manifestent à #Paris.
    https://nantes.indymedia.org/posts/147471/nantes-le-12-juin-les-archeologues-des-pays-de-la-loire-manifesten

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE Plus de 50 archéologues nantais·es et ligérien·nes mobilisé·es contre le démantèlement de l’archéologie préventive. Le 7 juin 2025, à #Nantes. Le Collectif de Lutte des Archéologues Nantais.es annonce que plus de 50 archéologues de la région des Pays de la Loire se déplaceront à Paris le jeudi…

    #archéologie #Autogestion #CLAN #Manifestation #Local

  • Amazonie, les civilisations oubliées de la forêt | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=hPdEyj5g-CE

    Longtemps considérée comme trop hostile pour que l’homme s’y installe, la forêt amazonienne abritait pourtant plusieurs millions d’individus à l’arrivée des Européens au XVe siècle. Cette vaste enquête met en lumière un chapitre oublié de l’histoire de l’humanité.
    La forêt amazonienne a longtemps été considérée comme vierge de toute culture ancienne. Pourtant, depuis plusieurs décennies, les chercheurs distinguent des traces d’occupation humaine passée. Ils estiment qu’en 1492, au moment de l’arrivée des Européens sur le continent, l’Amazonie comptait entre 8 millions et 10 millions d’individus, bientôt décimés par les virus apportés du Vieux Continent. Aujourd’hui, les archéologues découvrent et étudient des urnes funéraires précolombiennes en céramique ornées de mystérieux et complexes dessins aux formes humaines et animales. L’analyse stylistique de ces urnes a permis d’identifier des centaines de cultures différentes qui peuplaient le bassin de l’Amazonie. Toutes ont en commun la personnification des animaux qu’ils représentent (les couleuvres forment les bras d’un homme, les scorpions, ses yeux…), ce qui suggère, selon les scientifiques, qu’elles étaient animistes. La faune représentée pourrait aussi symboliser des esprits qui interagiraient avec l’humain dans le monde des morts. Mais de nombreux mystères subsistent. La forêt amazonienne pousse sur un sol pauvre, impropre à l’agriculture. Les chercheurs suggèrent que les civilisations précolombiennes auraient fait usage de la terra preta, un sol très fertile issu d’un assemblage d’ingrédients brûlés liés à l’activité humaine. On en retrouve aujourd’hui sur 10 % de la surface totale de l’Amazonie.

    Quels étaient les modes de vie et les croyances des cultures précolombiennes ? Pourquoi ont-elles sombré dans l’oubli ? Pour répondre à ces questions, cette vaste enquête plonge dans les profondeurs de la jungle guyanaise, longe les rives de l’Amazone, explore une grotte ornée de l’État du Pará, au Brésil, et interroge scientifiques et communautés amérindiennes héritières de ces peuples. Dans les pas de l’archéologue français Stéphen Rostain, pionnier de l’archéologie amazonienne, Marc Jampolsky et Marie Thiry (Vatican – La cité qui voulait devenir éternelle) mettent en lumière un chapitre oublié de l’histoire de l’humanité que les nouveaux moyens d’investigation de l’archéologie révèlent petit à petit.

    #Amazonie #civilisations_précolombiennes #archéologie

    Voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/1073546
    https://seenthis.net/messages/1039760
    https://seenthis.net/messages/1036042
    https://seenthis.net/messages/1022860

  • Ancient genomes reveal an Iron Age society centred on women - News & Events | Trinity College Dublin
    https://www.tcd.ie/news_events/top-stories/featured/ancient-genomes-reveal-an-iron-age-society-centred-on-women

    “This was the cemetery of a large kin group. We reconstructed a family tree with many different branches and found most members traced their maternal lineage back to a single woman, who would have lived centuries before. In contrast, relationships through the father’s line were almost absent.

    “This tells us that husbands moved to join their wives’ communities upon marriage, with land potentially passed down through the female line. This is the first time this type of system has been documented in European prehistory and it predicts female social and political empowerment. 

    “It’s relatively rare in modern societies, but this might not always have been the case.”

    Incredibly, the team found that this type of social organisation, termed “matrilocality”,

  • Une immense papeterie à l’abandon, c’est une ville dans la ville.

    D’énormes quantités de démantèlements ont eu lieu et certains bâtiments ont été réduits à l’état de gravats. Malgré tout, on peut visiter deux sites de production : une cartonnerie et un hangar de fabrication de papier glacé. L’immense majorité des machines a été démontée et donc, il ne subsiste à ce jour que de vastes cathédrales de béton.

    Le seul matériel restant, et il est à ce titre formidable, c’est la machinerie de la raperie. Des espèces de broyeurs géants étaient destinés à réduire en purée des troncs d’arbres. La pâte était alors utilisée afin de produire les différentes couches nécessaires à la fabrication du carton. Lorsque l’on voit les photos anciennes, un seul constat, c’était énorme et absolument plein de machines.

    Le site est immense c’est le moins qu’on puisse dire, mais il se visite rapidement du fait que toutes les machines ont été exportées vers l’Asie lors de la liquidation judiciaire. L’avenir du site est une démolition totale en vue de construire un véritable centre-ville. Pour l’instant cette municipalité n’en possède pas car tout est organisé le long d’une seule rue. Le projet aurait dû être lancé en 2015 et donc cela fait presque 10 ans que tout aurait dû être purement et simplement démoli. Pour des raisons que nous ignorons, ce n’est pas le cas.

    Le caractère serein du lieu ainsi que la faiblesse du vandalisme en font une usine pour le moins agréable. Une visite toute en sérénité pour qui veut faire une belle promenade en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=4eG_BNEwOBk

  • Les trajets les moins surveillés à Manhattan aux environs de 2001
    https://www.visionscarto.net/manhattan-video-surveillance

    Titre Les trajets les moins surveillés à Manhattan aux environs de 2001 Mots-clés #cartographie_radicale #cartographie_expérimentale #États-unis #New_York #contrôle Source Institute of Applied Autonomy (IAA) with Site-R Apparition(s) An Atlas of Radical Cartography, Journal of Aesthetics and Protest Press, 2007 (Edited by Lize Mogel et Alex Baghat) Auteur Steve Rowell Date de création 2001 #Cartothèque

  • Néandertal : un corps retrouvé en France révèle qu’il n’y avait pas une, mais au moins deux lignées au moment de leur extinction
    https://theconversation.com/neandertal-un-corps-retrouve-en-france-revele-quil-ny-avait-pas-une

    Le scénario semblait simple et bien établi. Les derniers néandertaliens tiraient leur révérence suite à l’arrivée de Sapiens sur les territoires européens il y a 40 à 45 000 ans. Ces ultimes néandertaliens étaient représentés par une unique population très homogène que la génétique avait reconnue à travers l’Europe, en Espagne, en France, en Croatie, en Belgique ou en Allemagne. Les études génétiques étaient sans appel ; une unique population, très homogène dans sa biologie allait laisser place aux nouveaux arrivants Sapiens. En une poignée de millénaires, quelque part entre 45 et 42 000, la cohabitation des deux humanités allait aboutir au remplacement de cette population néandertalienne européenne.

    Ce mercredi 11 septembre, notre équipe de la Grotte Mandrin annonce dans la revue Cell Genomics une découverte redessinant en profondeur nos connaissances sur les derniers néandertaliens. Il s’agit cette fois de la découverte d’un corps néandertalien. Le premier en France depuis 1978. C’est dans cette même grotte qu’en 2022 avait été mis en évidence la plus ancienne migration Sapiens en Europe. Et entre 2022 et 2023 trois publications scientifiques internationales de notre équipe de recherche allaient interroger nos conceptions sur ce moment singulier de l’histoire de l’humanité, redéfinissant non seulement le moment de l’arrivée de ces populations Sapiens, mais redessinant leurs connaissances techniques, établissant leurs origines depuis le Levant méditerranéen et proposant une redéfinition profonde de ce moment singulier de l’histoire européenne.

    Et si l’histoire des populations Sapiens en Europe devait être totalement repensée ?

    Une lignée néandertalienne totalement inconnue

    Notre étude ne se limite pas à la simple annonce de la découverte remarquable d’un corps néandertalien mais présente le résultat de près de 10 années de recherches autour de ce corps révélant l’existence d’une lignée néandertalienne totalement inconnue au sein des dernières populations néandertaliennes d’Europe, changeant profondément notre compréhension de cette humanité au moment de leur extinction.

    Les premières dents furent en effet découvertes en 2015. Elles se présentaient à même le sol à l’entrée de la grotte, à peine recouvertes de quelques feuilles. Un peu comme si vous rencontriez un néandertalien en allant vous balader dans la colline… Le corps appartient en effet aux occupations archéologiques les plus récentes de la Grotte Mandrin, datées de 42 à 45 000 ans. Ces niveaux archéologiques affleurent directement avec le sol actuel à l’entrée de la cavité. Mais ces premières dents apparaissent dans un sable fragile. Le moindre coup de pinceau risque de déplacer les précieux vestiges, empêchant d’en reconnaître la position précise dans le sol.

    Je pris alors à l’époque la décision de dégager le corps… à la pince à épiler. Grain de sable après grain de sable… L’opération durera 9 ans. Et n’est toujours pas terminée… L’immense effort de terrain permettra de récupérer les plus infimes vestiges dans leur position originale. La multiplication de relevés en trois dimensions permettra alors à l’équipe de reconstruire progressivement la position très précise de chacun des vestiges dans le sol.

    Ce sont aujourd’hui 31 dents qui ont été retrouvées, les ossements de la mandibule, des fragments de crâne, des phalanges et des milliers de tout petits ossements appartenant à notre néandertalien surnommé Thorin, en hommage aux écrits et à la pensée de J.R.R. Tolkien, Thorin étant l’un des derniers rois nains sous la montagne et le dernier de sa lignée. Le Thorin de Mandrin est quant à lui… L’un des derniers néandertaliens… Pourquoi le corps de Thorin gisait-il à l’entrée de la cavité ? Comment a-t-il pu ainsi être préservé durant des dizaines de millénaires ? Comment ce corps parvint-il jusqu’à nous ? Fut-il inhumé ?
    Des questions vertigineuses

    Que fait-on lorsque l’on se trouve confronté à un corps néandertalien ? Surtout lorsque cela fait près d’un demi-siècle qu’une telle découverte n’a plus eu lieu en France… Bien plus profondément, « Le dernier néandertalien » exposait les innombrables questions qui se posent autour de la notion même d’extinction d’humanité, une notion qui donne le vertige et que l’on ne sait pas vraiment interroger. Comment le pourrait-on ? Néandertal s’éteint-il comme les dinosaures suite à un bouleversement naturel emportant tout son univers ?

    Autour de Néandertal les théories liées au changement climatique, aux explosions volcaniques, aux rayonnements cosmiques ou aux épidémies dévastatrices ont fleuri ces dernières années. Mais à mon sens, ce n’est pas ainsi que meurent les hommes. Il faut pour comprendre cette étonnante équation de Sapiens remplaçant Néandertal, avant tout, comprendre ce que fut Néandertal. Et ce qu’est Sapiens. Et la nature des deux créatures – à bien des égards Sapiens aussi est une énigme remarquable – nous échappe profondément.

    Revenons à Thorin et aux derniers Néandertaliens. L’étude publiée dans Cell Genomics, que je co-dirige avec Tharsika Vimala et Martin Sikora, généticiens des populations à l’Université de Copenhague au Danemark, ainsi qu’Andaine Seguin-Orlando, paléogénomiste à l’Université de Toulouse, révèle l’impensable ; la population de Thorin appartient à une lignée néandertalienne jusqu’alors inconnue parmi les néandertaliens censés peuplés l’Europe dans leurs derniers millénaires d’existence.

    Alors que ces populations néandertaliennes montrent en Europe une grande homogénéité génétique, la population de Thorin se distingue des néandertaliens classiques durant plus de 50 millénaires. Aucun échange génétique direct entre la population de Thorin et les néandertaliens classiques européens depuis le 105e millénaire et jusqu’à l’extinction de ces populations ! Une divergence profonde. Inattendue. L’étude génétique permet ainsi de repositionner précisément dans le temps cette histoire singulière montrant cet incroyable isolement de ces populations et le lointain moment de leur divergence.

    Et voilà, en plus, que l’équation Sapiens/Néandertal en Europe est à repenser en profondeur. Dans cet étonnant moment où une humanité remplace l’autre, il n’y a plus deux protagonistes mais au moins trois. Et peut-être plus, les analyses génétiques de Thorin dévoilant l’existence d’une lignée fantôme, une autre population néandertalienne, encore inconnue, et qui semble bien se promener à la même époque sur les territoires européens.

    Mais comment peut-on imaginer des processus d’isolement entre populations humaines, durant 50 millénaires, alors même que ces populations sont localisées à moins de deux semaines de marche les unes des autres ? C’est pourtant ce à quoi nous confronte Thorin. Des processus évolutifs, culturels et sociaux impensables si nous les transposions aux populations Sapiens telles qu’elles nous sont connues par l’anthropologie culturelle, l’histoire et l’archéologie. Quelque chose semble bien distinguer profondément les manières d’être au monde des néandertaliens et des Sapiens. Quelque chose de bien plus profond que de simples questions culturelles ou territoriales, nous renvoyant frontalement à l’énigme Néandertal et, probablement aussi, notre incapacité à nous confronter à des manières d’être humain qui nous sont si éloignées.

    Parallèlement notre étude révèle que Thorin présente des liens avec un autre néandertalien localisé à 1700km de là sur le rocher de Gibraltar. Ce crâne découvert au milieu du XIXe siècle avait révélé en 2019 un peu de sa génétique. Il était considéré comme un néandertalien ancien ayant vécu il y a 80 à 100 millénaires, mais nous révélons que cette néandertalienne de Gibraltar, surnommée Nana, datait précisément de la même période que Thorin, dans les derniers millénaires d’existence de ces populations.

    Et voilà que tout est à réécrire. Repenser les premiers Sapiens, leurs relations non pas à Néandertal mais à des populations biologiquement très différenciées et qui, bien qu’apparaissant culturellement particulièrement diverses, pourraient s’éteindre sans ne rien changer de leurs manières millénaires de concevoir le monde.

    La créature s’éteindrait en restant ce qu’elle fut de tout temps. Comme une expérience humaine sans lendemain. Mais alors comment meurent les hommes ? La recherche continue, et l’histoire semble de plus en plus fascinante…

    Pour aller plus loin : Ludovic Slimak a publié en mai 2023 « Le dernier néandertalien » chez Odile Jacob. Le livre retrace pas à pas l’enquête autour de la découverte de ce corps.

    • Les causes de l’extinction de Neandertal revisitées par la découverte d’un nouveau spécimen en France
      https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/09/11/les-causes-de-l-extinction-de-neandertal-revisitees-par-la-decouverte-d-un-n

      Les restes d’un individu baptisé « Thorin », découverts dans la Drôme en 2015, ont été difficiles à dater. L’étude publiée par l’archéologue Ludovic Slimak décrit l’histoire d’un groupe resté sous les radars paléoanthropologiques.
      Par Pierre Barthélémy


      Restes fossilisés d’un néandertalien baptisé « Thorin », découverts en 2015 dans la grotte Mandrin, à Malataverne (Drôme). LUDOVIC SLIMAK

      Que l’on autorise le signataire de cet article à évoquer d’emblée un souvenir. Septembre 2018. C’était à Malataverne, commune de la Drôme, dans la grotte Mandrin. Un reportage pour évoquer la quête des derniers #néandertaliens de France que menait là, chaque été depuis des années, une équipe dirigée par l’archéologue Ludovic Slimak, chercheur au CNRS. Et à l’entrée de la grotte, comme une apparition : écrasée et encore prisonnière du sol gris, une mandibule pleine de dents. Quelques phalanges à côté et, un tout petit peu plus loin, d’autres dents. Le crâne manquait mais, à n’en pas douter, on était là devant le plus beau spécimen de Neandertal découvert en France depuis la fin des années 1970. Un scoop merveilleux.

      Toutefois, la science et sa vulgarisation sont ainsi faites que l’on n’évoque pas une trouvaille tant que son étude approfondie n’est pas publiée dans une revue sérieuse. Pour ne pas compromettre le travail du chercheur ni la confiance qu’il a placée en vous, mais aussi pour s’assurer que la découverte annoncée ne fait pas pschitt. Il fallut donc promettre de ne rien révéler, s’asseoir sur le scoop et ronger son frein. Six années plus tard, presque jour pour jour, l’étude paraît enfin dans Cell Genomics, ce mercredi 11 septembre.

      L’individu a été surnommé « Thorin », comme le personnage du roman Bilbo le Hobbit. « C’est un hommage à Tolkien, qui décrivait des humanoïdes intelligents appartenant à des espèces différentes, explique Ludovic Slimak, premier auteur de l’étude. Le Thorin de Tolkien est un des derniers rois nains sous la montagne, un des derniers de sa lignée, et notre Thorin est un des derniers néandertaliens. »

      « Extraction grain à grain »

      Si l’étude a été si longue à paraître, cela tient à deux raisons principales. Tout d’abord à la lenteur de l’extraction des restes de Thorin, mis au jour en réalité dès 2015 ! « J’avais décidé de faire une extension de la fouille à l’extérieur de la grotte, raconte Ludovic Slimak. C’est au cours du nettoyage de la zone qu’on l’a vu. » Sous le premier coup de pinceau, cinq dents connectées sont apparues. « Personne ne s’arrache un fragment de maxillaire, dit le chercheur. Forcément, il y avait un corps. Mais à même le sol, tout est fragilisé. Comment sortir ce truc qui est en milliers de petits bouts, tout en préservant sa position précise ? » Réponse : « On arrête tout, on se pose et on réfléchit. Il fallait développer un protocole d’extraction grain à grain. Et quand je dis cela, ce n’est pas une image, c’est grain à grain à la pince à épiler. »

      L’autre raison du délai entre découverte et publication est liée à la difficulté de dater Thorin. La strate disait entre 42 000 et 50 000 ans, la première datation au carbone 14 environ 37 000 ans, et l’étude génétique entre 100 000 et 105 000 ans. Qui était dans le vrai ? « Les outils biomoléculaires sont puissants, extraordinaires, mais ils ont tous leurs limites, et, là, on était à la limite, soutient Ludovic Slimak. Cela ne remplace pas les résultats de terrain, de la stratigraphie. » Il a fallu multiplier les analyses pour trancher. Aujourd’hui, le chercheur français estime que la date de 42 000 ans est la plus probable.

      Et le mystère du hiatus avec les 105 000 ans évalués par la génétique est lui aussi résolu : il s’agit de la date à laquelle les ancêtres de Thorin ont divergé de la branche principale des néandertaliens d’Europe. A travers cet individu, vestige d’une branche ancienne, l’étude de Cell Genomics décrit donc l’histoire d’un groupe resté sous les radars paléoanthropologiques. Une population de petite taille qui ne présente pas d’apport de gènes d’autres néandertaliens connus et demeure isolée pendant des dizaines de millénaires . « L’ADN nous dit aussi qu’il y a beaucoup de consanguinité », ajoute Ludovic Slimak. Le fait que Thorin possède deux molaires surnuméraires de forme un peu bizarre, implantées derrière les dents de sagesse du bas, pourrait être lié à une endogamie prononcée et à la consanguinité qu’elle entraîne.

      Ludovic Slimak résume ainsi les résultats de l’analyse génomique : « La population de Thorin a passé cinquante millénaires à ne pas échanger de gènes avec des populations qui sont à moins de deux semaines de marche. » Le chercheur en tire des conclusions plus générales, déjà développées dans un livre paru en 2023, Le Dernier Néandertalien (Odile Jacob) : « Neandertal vivait dans des petits cercles dans des petits terroirs. Contrairement à Sapiens, il ne conçoit pas le monde comme parcouru de grands réseaux. Chez Sapiens, on a des circulations de coquillages sur 1 000, 1 500, 2 000 kilomètres ! »

      Le chercheur voit dans ce rapport de Neandertal au monde la cause possible de sa disparition il y a environ 40 000 ans, écartant les scénarios d’un bouleversement d’ordre externe, par exemple lié au climat : « Il est probable que le comportement de ces populations a induit leur propre extinction. Ils se sont éteints d’eux-mêmes, balayés par ce qu’ils étaient. » Ludovic Slimak n’imagine pas non plus une confrontation guerrière avec le nouvel arrivant qu’est Homo sapiens. Peut-être, tout simplement, la cohabitation avec des populations « très structurées, qui font tous ensemble les mêmes choses, dont la manière de concevoir le monde est dans une très grande efficience », a-t-elle donné le coup de pouce final au déclin néandertalien.

      Car, comme le fait remarquer Evelyne Heyer, professeure d’anthropologie génétique au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), « dans les données génétiques que l’on a depuis une quinzaine d’années, on voit une décroissance des populations néandertaliennes même avant l’arrivée de Sapiens ». La chercheuse trouve intéressante l’étude publiée dans Cell Genomics et « convaincante l’analyse des données génétiques ». Evelyne Heyer est plus dubitative sur les conclusions qui en sont tirées, notamment sur l’isolement du groupe de Thorin, soulignant le peu de points de comparaison dont on dispose. Rares sont en effet les génomes néandertaliens : « On a essayé sur tous les spécimens des anciennes collections d’extraire de l’ADN, mais c’est très difficile en raison des conditions dans lesquelles on les garde, avec des changements de température et d’humidité qui dégradent l’ADN. Il vaut mieux travailler sur du matériel frais, tout juste excavé. »

      Enthousiasme et réserves

      Le paléoanthropologue Antoine Balzeau (CNRS et MNHN) partage le même enthousiasme que sa collègue sur la découverte, et les mêmes réserves : « L’article livre des conclusions qu’il n’étaie pas forcément. Il aborde les questions sociales de manière un peu trop poussée par rapport à la réalité des données. » Le chercheur souligne lui aussi qu’il est délicat de tirer beaucoup d’enseignements des comparaisons de trop rares génomes : chaque nouveau spécimen découvert peut en effet bouleverser l’arbre génétique de Neandertal.
      Thorin n’a sans doute pas fini de faire parler de lui. D’autant que, à la grotte Mandrin, la fouille n’est pas terminée. Y a-t-il autre chose qu’un morceau de la tête, 31 dents et un bout de la main gauche ? « Je n’en sais rien, reconnaît Ludovic Slimak. On n’a fait qu’un petit rectangle de 30 centimètres sur 60. Il est probable qu’il y ait une partie du reste du corps, plus ou moins bien conservée. Cela risque de prendre encore beaucoup de temps. » De quoi faire soupirer les journalistes avides de scoops.

      #adn #néandertal #archéologie

  • Un petit néandertalien, témoin du soin social durant la préhistoire
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/07/10/un-petit-neandertalien-temoin-du-soin-social-durant-la-prehistoire_6248289_1

    Probablement trisomique et souffrant de troubles prononcés de l’audition et de l’équilibre, l’enfant a bénéficié du soutien de son groupe de chasseurs-cueilleurs. Une découverte qui éclaire l’origine de la compassion.

    [...]

    « Le cas de CN-46700 est particulièrement intéressant, ajoutent-ils, parce que le soin dont il a fait l’objet était destiné à un individu immature qui n’avait pas la possibilité de rendre la réciproque pour l’assistance reçue. » Le fait que cette forme d’aide désintéressée soit aussi présente chez notre espèce « suggère que cette adaptation sociale complexe a une origine très ancienne dans le genre Homo », avancent-ils en conclusion.

    Celle-ci est saluée par l’anthropologue indépendante australienne Lorna Tilley, qui travaille sur la « bioarchéologie du soin » : « Je n’ai aucun doute quant à la fourniture de soins sociaux – et plus particulièrement de soins liés à la santé – dans ce cas précis et dans la société néandertalienne de manière plus générale, car il y en a de nombreuses preuves éclatantes. »

    Au-delà, elle se dit « ravie que l’étude remette explicitement en question un argument basé essentiellement sur le rationalisme économique selon lequel le #soin (dans toutes les espèces humaines) serait un arrangement transactionnel découlant d’un contrat d’“altruisme réciproque”, plutôt que de motifs d’amour, de compassion, de responsabilité envers autrui, etc. ». Pour elle, cette conception était « plus révélatrice de la culture sociopolitique occidentale moderne que du passé ». Elle note ainsi que la thèse d’une « évolution de l’altruisme réciproque » a été proposée en 1971 par Robert Trivers (université Harvard, aux Etats-Unis), au moment où les idées de l’économiste libéral Milton Friedman (1912-2006) gagnaient en influence.

    https://justpaste.it/257wk

    #empathie #compassion #altruisme #néandertaliens #archéologie #économie #idéologie

  • « La fascination pour l’Egypte antique crée une mythologie qui nourrit des pensées suprémacistes » | entretien avec Jean-Loïc Le Quellec
    https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2024/06/30/la-fascination-pour-l-egypte-antique-cree-une-mythologie-qui-nourrit-des-pen

    Cette #égyptomanie se nourrit d’une association récurrente dans nos imaginaires, selon laquelle les grands monuments sont forcément le fait de grandes civilisations. A cette grandeur visible s’ajoute un ésotérisme vivace, fondé sur l’idée d’une #décadence continue des civilisations depuis la grandeur incarnée par l’indépassable sommet qu’aurait constitué l’Antiquité égyptienne.

    Les divinités à tête animale, les sarcophages et les hiéroglyphes attesteraient d’une science #sacrée, tenue secrète et qui nous serait devenue inaccessible. L’aura orientaliste acquise par ces grands mystères égyptiens donne lieu à une série de conceptions ayant conduit les occultistes à la recherche de cette science sacrée, et les francs-maçons à orner leurs temples de décors « pharaoniques » par exemple.

    De ce même substrat naîtront deux courants aux antipodes, ceux de « l’Egypte blanche » et de « l’Egypte noire ». Quand ces appropriations apparaissent-elles ?

    Une première branche provient des savants blancs occidentaux et distingue une Egypte « caucasienne » d’une Afrique « noire » incapable de produire la moindre grande civilisation. Les tenants de cette vision, qui va irriguer la croyance de supériorité raciale des #suprémacistes blancs, entendent démontrer que les ancêtres de la civilisation occidentale constituaient les classes royales de l’Egypte antique, où les Noirs n’auraient été qu’esclaves. Ainsi, au milieu du XIXe siècle, l’égyptologue américain d’origine anglaise George Robin Gliddon (1809-1857) ponctuait ses conférences par un démaillotage de momies afin de montrer leur origine « caucasienne ».

    Sous l’impulsion d’anthropologues britanniques, ce courant prendra le visage d’un « panégyptianisme », qui est une forme d’hyperdiffusionnisme consistant à ne voir les évolutions culturelles qu’à travers cette matrice originelle. Un des principaux promoteurs de cette idée sera l’archéologue Grafton Elliot Smith (1871-1937), dont les livres entendent démontrer que l’Europe a été civilisée par l’Egypte ancienne, tout en défendant la supériorité du Blanc sur le Noir.

    Il est frappant de constater que le courant afrocentriste puise dans les mêmes arguments, mais en les inversant…

    En effet, ce mythe blanc a été inversé par les Afro-Américains abolitionnistes. Des pasteurs noirs vont défendre la thèse similaire de l’Egypte comme sommet civilisationnel, mais la retourner en créant un mythe alternatif puisé dans la Bible. Ils s’appuient en particulier sur les figures noires de l’Ancien Testament que sont Cham (ancêtre légendaire d’Afrique du Nord) et Kouch (celui des Kouchites, ou Nubiens), deux descendants de Noé, pour identifier des ancêtres fondateurs de l’Egypte antique.

    Gims a directement repris cette construction lorsqu’il a affirmé : « A l’époque de l’empire de Kouch, il y avait l’électricité. » Une telle conception a survécu dans certaines formes d’afrocentrisme, courant pluriel qui a émergé au XXe siècle en vue de réécrire l’histoire du continent depuis une perspective propre, dont certaines branches racistes, voyant par exemple la supériorité noire dans la mélanine et affirmant que les Blancs seraient des albinos boutés hors d’Afrique, vont utiliser le mythe de l’Egypte noire dans une visée également suprémaciste.

  • Le #commerce en Méditerranée avant les marchands italiens
    https://laviedesidees.fr/Le-commerce-en-Mediterranee-avant-les-marchands-italiens

    En croisant sources écrites et #archéologie, Chris Wickham propose un tableau comparé de la #Méditerranée du Xe au XIIe siècle, et en termine définitivement avec le mythe des marchands italiens ouvrant au commerce une mer endormie.

    #Histoire #Moyen_Âge
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240624_commerce.pdf

  • Caral - La plus vieille cité d’Amérique | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=oOmzn-Cu-gw

    Disponible jusqu’au 15/09/2024
    C’est au Pérou, près de Lima, que la première véritable ville des Amériques a vu le jour il y a 5 000 ans. Caral abritait une civilisation pacifique dotée d’un grand esprit d’invention et de femmes fortes. Mais pourquoi la cité a-t-elle disparu au bout de mille ans ?

    Les archéologues qui explorent aujourd’hui l’ancien berceau de la culture andine découvrent une civilisation pacifique dotée d’un grand esprit d’invention et de femmes fortes. Les Caralitos profitaient de la nature sans la détruire, réutilisaient les matières premières et exploitaient l’énergie du vent, du soleil et de l’eau. Mais après mille ans d’un brillant essor, la métropole de cette civilisation pacifique est soudain abandonnée pour toujours. Ce documentaire plonge dans le mystère de cette cité disparue.

    Documentaire de Michael Gregor (Allemagne, 2020, 51mn)

    #archéologie #docu #arte

    #Femmes

  • Politics Theory Other sur X : https://twitter.com/poltheoryother/status/1786019290094678438

    "Israeli archaeologists have for decades participated in an unscientific and very explicitly political project of removing and destroying evidence of not only Palestinian, but Arab and Muslim history across historic Palestine.

    “Archaeological digs and research are used not only to erase Palestinians from the historical record but also to eliminate them in the present. Under the aegis of archaeological research, Palestinian lands are expropriated and Jewish settlements are expanded.”

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1786017228992737280/pu/vid/avc1/720x720/bVLPlZQ41mDod4uA.mp4?tag=12

    #archéologie #Palestine