• #Rwanda : un document prouve l’ordre de la France de laisser s’enfuir les génocidaires

    Juillet 1994. Les principaux membres du gouvernement responsable du #génocide des #Tutsis sont dans une zone contrôlée par l’#armée_française. Leur arrestation est possible et même réclamée. Un document inédit, émanant du cabinet du ministre des affaires étrangères de l’époque, #Alain_Juppé, prouve aujourd’hui que la #France a préféré les laisser partir. Il est signé de l’actuel patron de la DGSE.

    L’#ordre_politique de laisser s’enfuir à l’été #1994 les principaux membres du gouvernement responsable du génocide des Tutsis au Rwanda, alors que leur arrestation était possible et même demandée, a été directement pris par le #gouvernement_français, selon un document inédit émanant du ministère des affaires étrangères.

    Le massacre des Tutsis du Rwanda, dernier génocide du XXe siècle, a fait près d’un million de morts en cent jours, entre avril et juillet 1994.

    Le document, dont Mediapart a pu prendre connaissance, apparaît vingt-cinq ans après les faits comme la pièce manquante de l’un des épisodes les plus sombres de la #responsabilité française dans la tragédie rwandaise.

    Il a été obtenu par le chercheur François Graner, auteur de plusieurs livres sur le Rwanda et membre de l’association Survie, qui a récemment pu accéder à des #archives inexplorées de la présidence Mitterrand grâce à une décision du Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative a mis fin, en juin dernier, à des années d’entraves orchestrées par les gardiens de la mémoire de l’ancien chef de l’État et de la politique de la France durant le génocide des Tutsis.

    Le document en question est un télégramme « confidentiel diplomatie » émis le 15 juillet 1994 par le cabinet du ministre des affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel, et adressé à l’ambassadeur #Yannick_Gérard, alors représentant du Quai d’Orsay auprès des militaires français envoyés au Rwanda dans le cadre de l’#opération_Turquoise.

    L’ambassadeur Gérard avait réclamé le jour même des « instructions claires » du gouvernement (pour lui et pour l’armée française) afin de procéder sur place à l’#arrestation des autorités qui, écrivait-il dans un télégramme, « portent une lourde responsabilité dans le génocide ». Le fait est que les principaux membres du gouvernement génocidaire, au premier rang desquels son président, #Théodore_Sindikubwabo, se trouvaient alors dans une zone intégralement contrôlée par l’armée française, à proximité du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), pays frontalier du Rwanda.

    « Nous n’avons pas d’autre choix, quelles que soient les difficultés, que de les arrêter ou de les mettre immédiatement en résidence surveillée en attendant que les instances judiciaires internationales compétentes se prononcent sur leur cas », soulignait le haut fonctionnaire, conscient d’avoir des génocidaires identifiés à portée de main.

    La réponse du gouvernement français fut pourtant à l’exact opposé de la requête de l’ambassadeur Gérard. Dans le télégramme du 15 juillet, rédigé à 18 h 22 et adressé à « Yannick Gérard seul », le cabinet du ministre Juppé donne ainsi pour instruction de transmettre aux autorités génocidaires « notre souhait qu’elles quittent » la #zone_contrôlée par les forces armées françaises.

    Le message à transmettre semble si délicat que le cabinet Juppé demande à son ambassadeur de ne pas s’entremettre personnellement avec les génocidaires. « Vous pouvez en revanche utiliser tous les canaux indirects et notamment vos contacts africains, en ne vous exposant pas directement », peut-on lire dans le télégramme, qui a d’ailleurs pour titre : « Le département vous autorise à passer notre message de manière indirecte ».

    « Vous soulignerez que la communauté internationale et en particulier les Nations unies devraient très prochainement déterminer la conduite à suivre à l’égard de ces soi-disantes autorités », précise encore le télégramme, qui, insistant de la sorte sur une décision à venir de la communauté internationale, offre un #sauf-conduit au gouvernement génocidaire pour quitter sans la moindre anicroche le territoire sous contrôle français. Et passer au #Zaïre.

    Le document porte la signature « #EMIE ». Il s’agit de #Bernard_Émié, l’actuel directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l’un des principaux #services_secrets français, qui était à l’époque conseiller d’Alain Juppé au ministère des affaires étrangères, avant de rejoindre l’Élysée sous la présidence de Jacques Chirac.

    Sollicité par Mediapart, Alain Juppé a fait savoir qu’il ne souhaitait pas répondre à nos questions. Également sollicité, Bernard Émié n’a, pour sa part, pas donné suite.

    Un quart de siècle après la tragédie rwandaise, il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que la France savait qui étaient les organisateurs et commanditaires du génocide, et où ils se trouvaient. C’est donc en toute connaissance de cause que le gouvernement et l’Élysée les ont laissés filer.

    D’innombrables documents et témoignages, obtenus depuis des années par des historiens, des journalistes ou des juges, ont déjà largement permis de documenter que la France avait connaissance d’un génocide en préparation avant que celui-ci n’ait lieu et qu’elle a maintenu un soutien indéfectible aux autorités en cause quand le pire a commencé.

    Cela est si vrai que le gouvernement génocidaire, constitué au lendemain d’un attentat ayant tué le président #Habyarimana, jugé trop modéré par la frange la plus radicale du pouvoir hutu, a été formé, le 8 avril 1994, dans les locaux mêmes de l’#ambassade de France à Kigali, sous le nom de « #gouvernement_intérimaire_du_Rwanda » (#GIR).

    C’est un certain Théodore #Sindikubwabo, ancien président de l’Assemblée nationale, qui sera choisi pour diriger le pays avant que celui-ci ne s’enfonce dans les ténèbres. Pédiatre de formation, Sindikubwabo est considéré comme l’un des commanditaires du génocide, soupçonné d’avoir personnellement incité aux #massacres – notamment à l’occasion d’un discours retransmis le 19 avril sur Radio Rwanda – et d’avoir démis de leurs fonctions les préfets et autorités qui ne tuaient pas assez.

    Sindikubwabo fait partie des responsables politiques du génocide qui ont pu rallier le Zaïre en juillet 1994 avec l’aval du gouvernement français. Il est mort en 1998 dans des circonstances mal connues et sans jamais avoir été inquiété pour ses crimes.

    L’ordre de Juppé, l’ombre de Védrine

    Il existe dans les archives disponibles la trace d’un contact, en mai 1994, entre Sindikubwabo et le général #Christian_Quesnot, le chef d’état-major particulier du président de la République. Dans une note du 6 mai écrite à l’attention de #François_Mitterrand, après son échange avec le nouveau chef de l’État génocidaire – les massacres ont débuté un mois plus tôt –, le militaire indique que le dignitaire rwandais le « remercie » pour tout ce qu’il a « fait pour le Rwanda ».

    Dans ses commentaires personnels à la fin du document, le général Quesnot préconise alors d’appuyer, même au prix d’une « #stratégie_indirecte », le pouvoir rwandais face aux forces armées tutsies. Le général Quesnot dit, en effet, craindre l’établissement d’un « #Tutsiland » (sic), le tout « avec l’aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels remarquables relais d’un lobby tutsi auquel est également sensible une partie de notre appareil d’État ». Le document est annoté de la main du secrétaire général de la présidence de la République, #Hubert_Védrine, d’un mot : « Signalé ».

    Pourtant, sur le terrain, la diplomatie et les services de renseignements français ne cessent d’accumuler des éléments sur la responsabilité du gouvernement intérimaire dans le génocide.

    Un télégramme « confidentiel diplomatie » daté du 10 juillet 1994 de l’ambassadeur Gérard, également découvert par le chercheur François Graner grâce à la décision du Conseil d’État de juin dernier, évoque même « un témoignage digne de foi qui confirme la responsabilité collective et personnelle des autorités de #Gisenyi [le gouvernement génocidaire – ndlr] dans les massacres ». Le diplomate ajoute que, selon d’autres témoignages « directs et concordants », le président Sindikubwabo a personnellement appelé à plusieurs reprises à « l’élimination totale des Tutsis » et que l’une de ses ministres a, en particulier, réclamé le massacre « des femmes et des enfants ».

    Cinq jours plus tard, c’est donc en parfaite connaissance de cause que l’ambassadeur Gérard demande des « instructions claires » au gouvernement pour pouvoir mettre aux arrêts ou, au moins, en résidence surveillée les génocidaires.

    En vain.

    À Paris, la question de l’arrestation des membres du gouvernement génocidaire a pourtant été source de confusion au sommet de l’État, comme le prouvent plusieurs autres documents.

    Dans les archives de l’Élysée figure notamment la copie d’une dépêche émise depuis Paris, le 15 juillet en fin de matinée, par l’agence de presse Reuters sous un titre éloquent : « Paris prêt à arrêter les membres du gouvernement ». « Les membres du gouvernement intérimaire rwandais […] seront mis aux arrêts s’ils tombent aux mains de soldats de français dans la #zone_humanitaire_protégée par l’opération Turquoise », indiquait l’agence de presse internationale, qui disait tenir ses informations d’une « source autorisée à Paris ».

    Seulement voilà : une annotation manuscrite, inscrite par Hubert Védrine dans la marge de la dépêche imprimée par les services de l’Élysée, montre qu’il n’en était, en réalité, rien. « Lecture du Président : ce n’est pas ce qui a été dit chez le Premier ministre », peut-on lire sous la plume du secrétaire général de l’Élysée.

    Le document du cabinet Juppé sur l’ordre de laisser filer les génocidaires, daté lui aussi du 15 juillet, vient aujourd’hui conforter le soupçon d’un ministre des affaires étrangères, Alain #Juppé, en accord avec la politique élyséenne, bien qu’appartenant à un gouvernement de cohabitation dirigé par #Édouard_Balladur. Ce dernier fera d’ailleurs savoir à ce sujet, en 1998, qu’il « n’était pas question » aux yeux de Mitterrand « de châtier les auteurs hutus du génocide ». « Et il n’était pas question aux miens, ajoutait-il, de permettre à ceux-ci d’aller se mettre à l’abri au Zaïre ».

    C’est pourtant exactement ce qui s’est passé, et ce, sur ordre de son propre ministre Alain Juppé. Sur le terrain, l’#exfiltration est pilotée par le lieutenant-colonel #Jacques_Hogard, qui commande le groupement Sud-Turquoise au Rwanda, formé de troupes de la #Légion_étrangère.

    Dans un supplément spécial consacré aux opérations au Rwanda, la revue militaire Képi blanc a résumé des années plus tard la situation dans un style d’une raideur militaire qui ne fait guère dans la contorsion : « L’#EMT [#état-major_tactique] provoque et organise l’#évacuation du gouvernement de transition rwandais vers le Zaïre. »

    Le lieutenant-colonel #Hogard confirmera lui-même à plusieurs occasions les faits, notamment au journaliste David Servenay et à l’universitaire Gabriel Périès, auteurs du livre Une guerre noire (La Découverte). Dans cet ouvrage, le militaire raconte être allé voir en ces termes son homologue zaïrois pour lui parler des génocidaires qu’il s’apprêtait à laisser partir : « Vous ne fermez pas les #frontières, vous les laissez poreuses, je ne veux pas que vous empêchiez ces gens-là de partir, le Zaïre est grand, ils n’ont que ça pour partir. »

    Dès le 16 juillet, c’est-à-dire au lendemain du télégramme envoyé par le cabinet Juppé, le lieutenant-colonel Hogard rencontre le chef de l’État du Rwanda pour lui faire savoir que lui et ses hommes doivent – et peuvent – partir dans les vingt-quatre heures. Et c’est ainsi que la France escorte du Rwanda à la frontière zaïroise parmi les principaux responsables politiques du génocide.

    Un militaire de l’opération Turquoise, Guillaume Ancel, a raconté des années plus tard dans un livre (Rwanda, la fin du silence, éditions Belles Lettres) avoir vu le lieutenant-colonel Hogard quelque temps après cette scène. « Certes, il est convaincu que ce n’est pas notre rôle de rendre justice, mais escorter poliment des décideurs qui ont de terribles responsabilités dans les massacres et “du sang jusqu’au cou” le tourmente. Il aurait pu les arrêter, il aurait même pu les neutraliser, mais ses ordres ne lui laissaient pas le choix », a-t-il témoigné.

    Un document déclassifié de l’état-major de l’armée française confirme que les membres du gouvernement génocidaire « ont franchi la frontière rwando-zaïroise » le 17 juillet en fin de journée, « l’option clairement avouée étant de replier également le reste des #FAR [#forces_armées_du_gouvernement – ndlr] avec leur armement au Zaïre, afin de poursuivre la #résistance depuis ce pays ».

    En un mot : que les génocidaires soient à l’abri pour que le sang, lui, continue de couler.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/140221/rwanda-un-document-prouve-l-ordre-de-la-france-de-laisser-s-enfuir-les-gen
    #génocide #Quesnot #Balladur #Edouard_Balladur

    signalé par @arno : je mets ici le texte complet

    • Une guerre noire. Enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994)

      Au printemps 1994, au Rwanda, près d’un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d’Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d’enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l’aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l’une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la « guerre révolutionnaire ». Des opérations clandestines menées dans le « pré carré » au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l’armée française. Formalisé pendant la guerre d’Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d’États africains… dont le Rwanda des années 1960. Et ce n’est pas le fruit du hasard si l’un des meilleurs élèves africains de la « guerre révolutionnaire » perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d’un jour nouveau la responsabilité de l’État français dans le génocide rwandais.

      https://www.editionsladecouverte.fr/une_guerre_noire-9782707149145

      #livre #Gabriel_PÉRIÈS #David_SERVENAY

    • Rwanda, la fin du silence. #Témoignage d’un officier français

      Au lourd secret qui entoure le véritable rôle de la France et de son armée lors du génocide des Tutsi au Rwanda, #Guillaume_Ancel oppose la vérité de ses carnets de terrain, témoignage des missions auxquelles il a participé durant l’opération Turquoise. La fin du silence est aussi le récit du combat mené par cet ancien officier pour faire savoir ce qui s’est réellement passé durant cet été 1994 et « rendre hommage, dignement, aux centaines de milliers de victimes rwandaises que nous n’avons pas su empêcher. »
      Officier de la Force d’action rapide, détaché au sein d’une unité de la Légion étrangère, le capitaine Ancel mène avec ses hommes des opérations d’extraction de personnes menacées. Sous couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais dont elle a formé l’armée. Il décrit les errements de l’armée française, ballotée au gré de décisions politiques dont les motivations sont toujours tenues secrètes, les archives officielles restant inaccessibles. Ce témoignage dévoile également certains épisodes méconnus de cette opération « #humanitaire » durant laquelle l’armée française a tué. Parfois pour défendre, parfois pour des raisons moins avouables.

      https://www.lesbelleslettres.com/livre/3565-rwanda-la-fin-du-silence
      #opération_humanitaire

  • Making sense of silenced #archives: #Hume, Scotland and the ‘debate’ about the humanity of Black people

    Last September, the University of Edinburgh found itself at the centre of international scrutiny after temporarily renaming the #David_Hume Tower (now referred to by its street designation 40 George Square). The decision to rename the building, and hold a review on the way forward, prompted much commentary – a great deal of which encouraged a reckoning on what David Hume means to the University, its staff and students. These ideas include the full extent of Hume’s views on humanity, to establish whether he maintained any possible links (ideological or participatory) in the slave trade, and the role of Scotland in the African slave trade.

    Hume’s belief that Black people were a sub-human species of lower intellectual and biological rank to Europeans have rightfully taken stage in reflecting whether his values deserve commemoration on a campus. “I am apt to suspect the negroes and in general all other species of men (for there are four or five different kinds) to be naturally inferior to the whites. […] No ingenious manufactures amongst them, no arts, no sciences.” The full link to the footnote can be found here.

    Deliberations are split on whether statues and buildings are being unfairly ‘targeted’ or whether the totality of ideas held by individuals whose names are commemorated by these structures stand in opposition to a modern university’s values. Depending on who you ask, the debate over the tower fluctuates between moral and procedural. On the latter, it must be noted the University has in the past renamed buildings at the behest of calls for review across specific points in history. The Hastings ‘Kamuzu’ Banda building on Hill Place was quietly renamed in 1995, with no clarity on whether there was a formal review process at the time. On the moral end, it is about either the legacy or demythologization of David Hume.

    Some opposing the name change argue against applying present moral standards to judge what was not recognised in the past. Furthermore, they point to the archives to argue that prior to the 1760s there is scant evidence that Scots were not anything more than complicit to the slave trade given the vast wealth it brought.

    I argue against this and insist that the African experience and the engaged intellectual abolition movement deserves prominence in this contemporary debate about Hume.

    For to defend ‘passive complicity’ is to undermine both the Africans who rose in opposition against their oppression for hundreds of years and the explicit goals of white supremacy. For access to mass acquisition of resources on inhabited land requires violent dispossession of profitable lands and forced relocation of populations living on them. The ‘moral justification’ of denying the humanity of the enslaved African people has historically been defended through the strategic and deliberate creation of ‘myths’ – specifically Afrophobia – to validate these atrocities and to defend settler colonialism and exploitation. Any intellectual inquiry of the renaming of the tower must take the genuine concern into account: What was David Hume’s role in the strategic myth-making about African people in the Scottish imagination?

    If we are starting with the archives as evidence of Scottish complicity in the slave trade, why ignore African voices on this matter? Does the Scottish archive adequately represent the African experience within the slave trade? How do we interpret their silence in the archives?

    Decolonisation, the process Franz Fanon described as when “the ‘thing’ colonised becomes a human through the very process of liberation”, offers a radical praxis through which we can interrogate the role of the archive in affirming or disregarding the human experience. If we establish that the 18th century Scottish archive was not invested in preserving ‘both sides’ of the debate’, then the next route is to establish knowledge outside of a colonial framework where the ideology, resistance and liberation of Africans is centred. That knowledge is under the custodianship of African communities, who have relied on intricate and deeply entrenched oral traditions and practices which are still used to communicate culture, history, science and methods.

    To reinforce a point raised by Professor Tommy Curry, the fact that Africans were aware of their humanity to attempt mutiny in slave ships (Meermin & Amistad) and to overthrow colonial governance (the Haitian revolution) amidst the day-to-day attempts to evade slave traders is enough to refute the insistence that the debates must centre around what Scots understood about the slave trade in the 18th century.

    To make sense of these gaps in my own research, I have broadly excavated the archival records in Scotland if only to establish that a thorough documentation of the African-led resistance to Scottish participation in the slave trade and colonialism cannot be located in the archives.

    Dr David Livingstone (1813–1873), whose writing documenting the slave trade across the African Great Lakes galvanized the Scottish public to take control of the region to be named the Nyasaland Protectorate, would prove to be a redemptive figure in Scotland’s reconsideration of its role in the slave trade. However, in 1891, 153 years after Hume wrote his footnote, Sir Harry Hamilton Johnston (1858–1927), the first British colonial administrator of Nyasaland, would re-inforce similar myths about the ‘British Central African’: “to these [negroes] almost without arts and sciences and the refined pleasures of the senses, the only acute enjoyment offered them by nature is sexual intercourse”. Even at that time, the documented resistance is represented by Scottish missionaries who aimed to maintain Nyasaland under their sphere of control.

    Filling in the gaps that the archives cannot answer involves more complex and radical modalities of investigation.

    I rely on locally-recognised historians or documenters within communities, who preserve their histories, including the slave trade, through methodically structured oral traditions. The legacy of both the Arab and Portuguese slave trade and British colonialism in Nyasaland remains a raw memory, even though there are no precise indigenous terms to describe these phenomena.

    I have visited and listened to oral histories about the importance of ‘ancestor caves’ where families would conduct ceremonies and celebrations out of view to evade the slave catchers. These are the stories still being told about how children were hidden and raised indoors often only taken outside at night, keeping silent to escape the eyes and ears of the catchers. Embedded in these historical narratives are didactic tales, organised for ease of remembrance for the survival of future generations.
    Despite what was believed by Hume and his contemporaries, the arts and sciences have always been intrinsic in African cultural traditions. Decolonising is a framework contingent upon recognising knowledge productions within systems that often will never make their way into archival records. It centres the recognition and legitimization of the ways in which African people have collected and shared their histories.

    The knowledge we learn from these systems allows us to reckon with both the silence of archives and the fallacies of myth-making about African people.

    At very least, these debates should lead to investigations to understand the full extent of Hume’s participation in the dehumanization of enslaved Africans, and the role he played to support the justification for their enslavement.

    https://www.race.ed.ac.uk/making-sense-of-silenced-archives-hume-scotland-and-the-debate-about-the-
    #Édimbourg #toponymie #toponymie_poltique #Ecosse #UK #Edinburgh #David_Hume_Tower #esclavage #histoire #mémoire #Kamuzu_Banda #colonialisme #imaginaire #décolonisation #Nyasaland #Nyasaland_Protectorate #histoire_orale #archives #mythes #mythologie #déshumanisation

    ping @cede @karine4 @isskein

    • Hastings Banda

      The #University_of_Edinburgh renamed the Hastings ‘Kamuzu’ Banda building on #Hill_Place in the 1990s. Whilst fellow independence leader and Edinburgh alumni #Julius_Nyerere is still regarded as a saint across the world, #Banda died with an appalling record of human rights abuses and extortion – personally owning as much as 45% of #Malawi’s GDP. There are no plaques in Edinburgh commemorating #Kamuzu, and rightly so.

      Banda’s time in Edinburgh does, however, give us a lens through which to think about the University and colonial knowledge production in the 1940s and ‘50s; how numerous ‘fathers of the nation’ who led African independence movements were heavily involved in the linguistic, historical and anthropological codification of their own people during the late colonial period; why a cultural nationalist (who would later lead an anti-colonial independence movement) would write ‘tracts of empire’ whose intended audience were missionaries and colonial officials; and how such tracts reconciled imagined modernities and traditions.

      Fellow-Edinburgh student Julius Nyerere showed considerable interest in the ‘new science’ of anthropology during his time in Scotland, and #Jomo_Kenyatta – the first president of independent Kenya – penned a cutting-edge ethnography of the #Kikuyu whilst studying under #Malinowski at the LSE, published as Facing Mount Kenya in 1938. Banda himself sat down and co-edited Our African Way of Life, writing an introduction outlining Chewa and broader ‘Maravi’ traditions, with the Edinburgh-based missionary anthropologist T. Cullen Young in 1944.

      Before arriving in Edinburgh in 1938, Banda had already furthered his education in the US through his expertise on Chewa language and culture: Banda was offered a place at the University of Chicago in the 1930s on the strength of his knowledge of chiChewa, with Mark Hana Watkins’s 1937 A Grammar of Chichewa: A Bantu Language of British Central Africa acknowledging that “All the information was obtained from Kamuzu Banda, a native Chewa, while he was in attendance at the University of Chicago from 1930 to 1932”, and Banda also recorded ‘together with others’ four Chewa songs for Nancy Cunard’s Negro Anthology. In Britain in 1939 he was appointed as adviser to the Malawian chief, Mwase Kasungu, who spent six months at the London University of Oriental and African Languages to help in an analysis of chiNyanja; an experience that “must have reinforced” Banda’s “growing obsession with his Chewa identity” (Shepperson, 1998).

      Banda in Edinburgh

      In Edinburgh, Banda shifted from being a source of knowledge to a knowledge producer – a shift that demands we think harder about why African students were encouraged to Edinburgh in the first place and what they did here. Having already gained a medical degree from Chicago, Banda was primarily at Edinburgh to convert this into a British medical degree. This undoubtedly was Banda’s main focus, and the “techniques of men like Sir John Fraser electrified him, and he grew fascinated with his subject in a way which only a truly dedicated man can” (Short, 1974, p.38).

      Yet Banda also engaged with linguistic and ethnographic codification, notably with the missionary anthropologist, T Cullen Young. And whilst black Edinburgh doctors were seen as key to maintaining the health of colonial officials across British Africa in the 19th century, black anthropologists became key to a “more and fuller understanding of African thought and longings” (and controlling an increasingly agitative and articulate British Africa) in the 20th century (Banda & Young, 1946, p.27-28). Indeed, having acquired ‘expertise’ and status, it is also these select few black anthropologists – Banda, Kenyatta and Nyerere – who led the march for independence across East and Central Africa in the 1950s and 60s.

      Banda was born in c.1896-1989 in Kasungu, central Malawi. He attended a Scottish missionary school from the age 8, but having been expelled from an examination in 1915, by the same T Cullen Young he would later co-author with, Banda left Malawi and walked thousands of miles to South Africa. Banda came to live in Johannesburg at a time when his ‘Nyasa’ cousin, Clements Musa Kadalie was the ‘most talked about native in South Africa’ and the ‘uncrowned king of the black masses’, leading Southern Africa’s first black mass movement and major trade union, the Industrial and Commercial Workers’ Union (ICU).

      Banda was friends with Kadalie, and may have been involved with the Nyasaland Native National Congress which was formed around 1918-1919 with around 100 members in Johannesburg, though no record of this remains. Together, Banda and Kadalie were the two leading Malawian intellectuals of the first half of the twentieth century and, in exploring the type of ‘colonial knowledge’ produced by Africans in Edinburgh, it is productive to compare their contrasting accounts of ‘African history’.

      In 1927 Kadalie wrote an article for the British socialist journal Labour Monthly entitled ‘The Old and the New Africa’. Charting a pre-capitalist Africa, Kadalie set out that the

      “white men came to Africa of their own free will, and told my forefathers that they had brought with them civilisation and Christianity. They heralded good news for Africa. Africa must be born again, and her people must discard their savagery and become civilised people and Christians. Cities were built in which white and black men might live together as brothers. An earthly paradise awaited creation…They cut down great forests; cities were built, and while the Christian churches the gospel of universal brotherhood, the industrialisation of Africa began. Gold mining was started, and by the close of the nineteenth century European capitalism had made its footing firm in Africa….The churches still preached universal brotherhood, but capitalism has very little to do with the ethics of the Nazerene, and very soon came a new system of government in Africa with ‘Law and Order’ as its slogan.” (Kadalie, 1927).

      Banda’s own anthropological history, written 17 years later with Cullen Young, is a remarkably different tale. Banda and Young valorise the three authors within the edited volume as fossils of an ideal, isolated age, “the last Nyasalanders to have personal touch with their past; the last for whom the word ‘grandmother’ will mean some actually remembered person who could speak of a time when the land of the Lake knew no white man” (Banda & Young, 1946, p7). Already in 1938, Banda was beginning to develop an idea for a Central African nation.

      Writing from the Edinburgh Students Union to Ernest Matako, he reflected: “the British, the French and the Germans were once tribes just as we are now in Africa. Many tribes united or combined to make one, strong British, French or German nation. In other words, we have to begin to think in terms of Nyasaland, and even Central Africa as a whole, rather than of Kasungu. We have to look upon all the tribes in Central Africa, whether in Nyasaland or in Rhodesia, as our brothers. Until we learn to do this, we shall never be anything else but weak, tiny tribes, that can easily be subdued.” (Banda, 1938).
      Banda after Edinburgh

      But by 1944, with his hopes of returning to Nyasaland as a medical officer thwarted and the amalgamation of Nyasaland and the Rhodesias into a single administrative unit increasingly on the cards, Banda appears to have been grounding this regional identity in a linguistic-cultural history of the Chewa, writing in Our African Way of Life: “It is practically certain that aMaravi ought to be the shared name of all these peoples; this carrying with it recognition of the Chewa motherland group as representing the parent stock of the Nyanja speaking peoples.” (Banda & Young, 1946, p10). Noting the centrality of “Banda’s part in the renaming of Nyasaland as Malawi”, Shepperson asked in 1998, “Was this pan-Chewa sentiment all Banda’s or had he derived it largely from the influence of Cullen Young? My old friend and collaborator, the great Central African linguist Thomas Price, thought the latter. But looking to Banda’s Chewa consciousness as it developed in Chicago, I am by no means sure of this.” Arguably it is Shepperson’s view that is vindicated by two 1938 letters unearthed by Morrow and McCracken in the University of Cape Town archives in 2012.

      In 1938, Banda concluded another letter, this time to Chief Mwase Kasungu: “I want you tell me all that happens there [Malawi]. Can you send me a picture of yourself and your council? Also I want to know the men who are the judges in your court now, and how the system works.” (Banda, 1938). Having acquired and reworked colonial knowledge from Edinburgh, Our African Way of Life captures an attempt to convert British colonialism to Banda’s own end, writing against ‘disruptive’ changes that he was monitoring from Scotland: the anglicisation of Chewa, the abandoning of initiation, and the shift from matriarchal relations. Charting and padding out ideas about a pan-Chewa cultural unit – critical of British colonialism, but only for corrupting Chewa culture – Banda was concerned with how to properly run the Nyasaland state, an example that productively smudges the ‘rupture’ of independence and explains, in part, neo-colonial continuity in independent Malawi.

      For whilst the authors of the edited works wrote their original essays in chiNyanja, with the hope that it would be reproduced for Nyasaland schools, the audience that Cullen Young and Banda addressed was that of the English missionary or colonial official, poised to start their ‘African adventure’, noting:

      “A number of important points arise for English readers, particularly for any who may be preparing to work in African areas where the ancient mother-right still operates.” (Banda & Cullen, 1946, p.11).

      After a cursory summary readers are directed by a footnote “for a fuller treatment of mother-right, extended kinship and the enjoined marriage in a Nyasaland setting, see Chaps. 5-8 in Contemporary Ancestors, Lutterworth Press, 1942.” (Banda & Young, 1946, p.11). In contrast to the authors who penned their essays so “that our children should learn what is good among our ancient ways: those things which were understood long ago and belong to their own people” the introduction to Our African Way of Life is arguably published in English, under ‘war economy standards’ in 1946 (post-Colonial Development Act), for the expanding number of British ‘experts’ heading out into the empire; and an attempt to influence their ‘civilising mission’. (Banda & Young, 1946, p.7).

      By the 1950s, Banda was fully-assured of his status as a cultural-nationalist expert – writing to a Nyasaland Provincial Commissioner, “I am in a position to know and remember more of my own customs and institutions than the younger men that you meet now at home, who were born in the later twenties and even the thirties…I was already old enough to know most of these customs before I went to school…the University of Chicago, which cured me of my tendency to be ashamed of my past. The result is that, in many cases, really, I know more of our customs than most of our people, now at home. When it comes to language I think this is even more true. for the average youngster [In Malawi] now simply uses what the European uses, without realising that the European is using the word incorrectly. Instead of correcting the european, he uses the word wrongly, himself, in order to affect civilisation, modernity or even urbanity.” (Shepperdson, 1998).

      This however also obscures the considerable investigatory correspondence that he engaged in whilst in Scotland. Banda was highly critical of indirect rule in Our African Way of Life, but from emerging archival evidence, he was ill-informed of the changing colonial situation in 1938.

      Kadalie and Banda’s contrasting histories were written at different times, in different historical contexts by two people from different parts of Nyasaland. Whilst Banda grew up in an area on the periphery of Scottish missionaries’ sphere of influence, Kadalie came from an area of Malawi, Tongaland, heavily affected by Scottish missionaries and his parents were heavily involved with missionary work. The disparity between the histories that they invoke, however, is still remarkable – Banda invokes a precolonial rural Malawi devoid of white influence, Kadalie on the other hand writes of a pre-capitalist rural Malawi where Christians, white and black, laboured to create a kingdom of heaven on earth – and this, perhaps, reflects the ends they are writing for and against.

      Kadalie in the 1920s looked to integrate the emerging African working class within the international labour movement, noting “capitalism recognises no frontiers, no nationality, and no race”, with the long-term view to creating a socialist commonwealth across the whole of Southern Africa. Britain-based Banda, writing with Cullen Young in the 1940s, by comparison, mapped out a pan-Chewa culture with the immediate aim of reforming colonial ‘protectorate’ government – the goal of an independent Malawian nation state still yet to fully form.

      http://uncover-ed.org/hastings-banda
      #Kenyatta

  • Punk Planet Archive
    https://archive.org/details/punkplanet?tab=collection

    Info trouvée sur le site d’Actuallité :
    https://actualitte.com/article/98718/numerisation/les-80-numeros-du-magazine-culte-punk-planet-sont-accessibles-en-ligne

    Fondé par l’écrivain et éditeur Dan Sinker, le magazine Punk Planet a été imprimé de 1994 à 2007. Durant ses 13 ans d’existence, il a couvert la sous-culture punk, traitant de la musique comme des combats sociaux qui faisaient partie du mouvement. Les 80 numéros sont aujourd’hui disponibles gratuitement sur Internet Archive.

    #Archive #Punk #Punk_planet #Chicago #contre-culture

  • Dutch exhibition offers new insight into Berbice slave uprising

    National archives showcases unique letters sent by the leader of first organised slave revolt.

    The Dutch national archives are showcasing a unique set of letters sent by the leader of the first organised slave revolt on the American continent to a colonial governor, in which the newly free man proposed to share the land.

    The offer from the man known as #Cuffy, from #Kofi – meaning “born on Friday” – is said to provide a new insight into attempts to resist the brutal regimes of the colonial period, often overlooked in histories of enslaved people.

    “We will give Your Excellency half of #Berbice, and all the negroes will retreat high up the rivers, but don’t think they will remain slaves. The negroes that Your Excellency has on his ships – they can remain slaves,” the rebel leader wrote to the local governor, #Wolfert_Simon_van_Hoogenheim.

    Berbice, now part of #Guyana, was a Dutch colony for two centuries, and in 1763 approximately 350 white Europeans were keeping an estimated 4,000 slaves on coffee, cotton and sugar plantations in increasingly barbaric conditions, even by the cruel standards of the time.

    Cuffy had probably been brought there by traffickers after being bought as a child in west Africa. On the morning of 23 February 1763, a group of around 70 men and women on one colonial plantation overpowered their captors and encouraged the neighbouring slaves to join them, leading to a rebellion of about 3,000 people.

    The colonialists fled as the revolt grew but around 40 men and 20 women and children found themselves surrounded by 500 formerly enslaved people after taking refuge in a house on one of the plantations. The roof was set on fire and escapers were shot, according to the writer and historian #Karin_Amatmoekrim.

    #Van_Hoogenheim burned down the colony’s #Fort_Nassau to avoid it being taken into rebel hands, leading Cuffy, who had taken leadership of the rebellion, to appoint himself as the new governor of Berbice.

    But Cuffy informed Van Hoogenheim that he wanted to end the violence, which he said had been provoked by the cruelty of a particular group of plantation owners. It is this correspondence that now features in the Rebellion and Freedom exhibition, albeit only online for now owing to coronavirus regulations.

    “Cuffy, Governor of the Negroes of Berbice, and Captain Akara send greetings and inform Your Excellency that they are not seeking war. But if Your Excellency wants war, the Negroes are willing to do so,” Cuffy wrote. “The Governor of Berbice asks Your Excellency to come and speak to him; Do not be afraid. But if you don’t come, we’ll fight on until there is no Christian left in Berbice.”

    According to Amatmoekrim, there was scepticism among the other newly freed people at this attempt to find terms with the colonialists, apparently in part born out of the distrust felt by some about Cuffy, who was one of the few “house slaves”, working often in close proximity to the plantation owners.

    Van Hoogenheim waited it out as Cuffy was challenged by a new leader, Atta, leading to a showdown between the two camps of supporters. Cuffy lost out and subsequently killed himself.

    A few months later 600 Dutch soldiers docked at Berbice port, leading to the colony’s recapture by the summer of 1764 and savage repercussions. Around 1,800 rebels died, with 24 burned alive, according to Amatmoekrim.

    “The history of the Berbice uprising is important as it shows that our colonial past is laced with histories of revolt and resistance,” she said. Cuffy’s story, among others, she said, highlighted “the kind of heroism that has not easily penetrated the history books: black, enslaved, and fighting to the bitter end for their own freedom.”

    https://amp.theguardian.com/world/2021/jan/22/dutch-exhibition-offers-new-insight-into-berbice-slave-uprising?__t

    #Pays-Bas #archives #colonialisme #esclavage #colonisation

    ping @cede

  • Pour l’accès aux archives. Un nouveau recours déposé au Conseil d’Etat

    Les associations qui avaient déjà demandé au Conseil d’Etat de permettre l’accès aux archives consultables de plein droit conformément à la loi ont déposé un nouveau recours le 15 janvier. A l’opposé des promesses d’Emmanuel Macron lors de sa visite à Josette Audin en septembre 2018, c’est le contraire qui s’est produit depuis deux ans sous sa présidence. Un arrêté a aggravé en novembre 2020 les difficultés d’accès aux archives, notamment de la guerre d’Algérie. La réception, le 20 janvier, du rapport qu’il a demandé à Benjamin Stora sur le passé franco-algérien pourrait lui donner l’occasion de mettre fin à l’obligation de « déclassification préalable » qui entrave la recherche et porte atteinte aux droits des citoyens à connaître leur histoire. Va-t-il confirmer ou démentir ses promesses de 2018 sur l’ouverture de l’accès aux archives ?

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/20/pour-lacces-aux-archives-un-nouveau-recours-depose-au-c

    #histoire #archive

  • Ce que révèlent les archives de François Mitterrand sur le rôle de la France au Rwanda
    https://www.lemonde.fr/afrique/video/2021/01/16/ce-que-revelent-les-archives-de-francois-mitterrand-sur-le-role-de-la-france


    François Mitterrand et le président rwandais Juvénal Habyarimana le 7 octobre 1982 à Kigali, capitale du Rwanda.
    PIERRE GUILLAUD / AFP

    Selon le directeur de recherche au CNRS, « ces pièces viennent consolider un puzzle qui montre que Mitterand et un petit groupe de militaires (…) ont mené une politique qui a soutenu avant, pendant et après le génocide des Tutsi, les extrémistes hutu et les chefs de l’armée rwandaise ». « Ce soutien a été fait en connaissance de cause (…), c’est pour cela que cela s’appelle de la complicité de génocide », explique François Graner, alors que plusieurs documents montrent que la France a couvert la fuite des génocidaires et a continué à livrer des armes après les accords d’Arusha le 4 août 1993. Selon le chercheur, « l’intention de la France était de maintenir, à tout prix, le Rwanda dans la zone d’influence française ».

  • Partisanen ziehen sich aus dem Netz zurück
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/1146707.trend-infopartisan-partisanen-ziehen-sich-aus-dem-netz-zur

    08.01.2021 von Peter Nowak - Die Onlinezeitung Trend-Infopartisan war eine Plattform für konträre Positionen in der linken Szene

    Eine weitere linke Onlineplattform beendet ihre Arbeit. Die angekündigte Einstellung der Netzzeitung Trend-Infopartisan hat zu manchen nostalgischen Rückblicken geführt, die in der letzten Ausgabe dokumentiert wurden. Schließlich wurden dort mehr als 25 Jahre linke Texte und Debattenbeiträge publiziert, die in anderen Foren zu heftigen Auseinandersetzungen oder gar Trennungen geführt hätten. »Auf Trend-Infopartisan wurden Positionen von antideutschen Gruppen ebenso veröffentlicht wie Beiträge von antiimperialistischen Initiativen und das zu einer Zeit, in der sich beide Strömungen massiv bekämpften«, erklärte eine langjährige Nutzerin der Onlinezeitung, die nicht namentlich genannt werden will.

    Dabei war die Gründung der Onlinezeitung lediglich ein Notbehelf. Seit den 1980er Jahren gaben Mitglieder der Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW) aus Berlin-Kreuzberg unter dem Namen »Trend« ein gedrucktes Heft heraus, das im Stile vieler linker Publikationen jener Jahre gestaltet war. Ihrem Titel wurden sie insofern gerecht, als dort bereits 1985 über Smog und Umweltverschmutzung in den Städten informiert wurde.

    #gauche #Allemagne #médias #www #histoire #archive

  • Une base regroupant les liens vers les pages des sites sérieux racontant les histoires des groupes et artistes en France, de l’orchestre au hardcore, en passant par les sixties, la prog et la soul . Incluant les pages déjà écrites pour Cameleon Records et Mémoire Neuve, des articles de presse et l’aide de l’ancien site 45toursderockfrançais.
    http://www.45vinylvidivici.net
    https://cameleonrecords.bandcamp.com

    https://cameleonrecords.bandcamp.com/track/betty-ford-clinic

    https://cameleonrecords.bandcamp.com/track/artificial-joy

    #musique #cameleon_rds #vinyle

  • The Archives Unleashed Toolkit - The Archives Unleashed Project
    https://archivesunleashed.org/aut

    The Archives Unleashed Toolkit is an open-source platform for analyzing web archives built on Apache Spark, which provides powerful tools for analytics and data processing.

    « A quoi ça sert ? » : https://aut.docs.archivesunleashed.org

    Le site du projet « The Archives Unleashed » : https://archivesunleashed.org

    The Archives Unleashed project aims to make petabytes of historical internet content accessible to scholars and others interested in researching the recent past. Supported by The Andrew W. Mellon Foundation, we develop web archive search and data analysis tools to enable scholars, librarians and archivists to access, share, and investigate recent history since the early days of the World Wide Web.

    La doc du toolkit : https://aut.docs.archivesunleashed.org/docs/home

    Le repo github : https://github.com/archivesunleashed/aut

    #The_Archives_Unleashed #archive #WARC #internet_archive #open_source #data_visualisation #web_archive

  • La collection d’#affiches des #Archives_contestataires

    Nous présentons ici un choix d’affiches issues de la collection des Archives contestataires. Elle a été constituée au gré des versements d’archives reçus par notre association et compte aujourd’hui plus d’un millier de pièces. Une partie importante d’entre elle a été numérisée en 2020, avec le soutien financier de la Loterie romande.

    La description de ces affiches est en cours dans les #inventaires des fonds auxquels elles sont liées. Ces descriptions s’accompagnent de vignettes permettant de visualiser les affiches en petit format.

    six salles

    Après une introduction (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant), cette #exposition_virtuelle se déploie autour de six « salles » :

    La salle 1 – #Sérigraphie contre l’#impérialisme (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant/serigraphie-imperialisme) accorde une large place aux créations graphiques du #Collectif_du_Chant_continu, un groupe de graphistes proche du #Centre_de_liaison_politique.

    La salle 2 – Populariser la #grève (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant/populariser-la-greve) rassemble les affiches de soutien aux #grèves de la décennie 1970-1980.

    La salle 3 – Contester la course accélérée vers l’avenir (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant/progres-technique) présente les créations graphiques des groupes de quartier et des organisations #antinucléaires autour de la #contestation du #progrès technique et infrastructurel.

    La salle 4 – Des affiches pour une #Suisse_sans_armée (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant/affiches-sans-armee) nous plonge dans la campagne romande pour l’#Initiative_pour_une_Suisse_sans_armées (1989) et l’affaire des #fiches.

    La salle 5 – L’affiche en État d’urgences (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant/des-affiches-en-etat-durgence) réunit, des affiches contre-culturelles issues du fonds éponyme.

    Enfin, une « salle » est consacrée aux #curiosa (https://expo.archivescontestataires.ch/affiches-contestataires-et-quotidien-militant/curiosa), ces documents inclassables, aux formes étranges ou aux fonctions incertaines.

    https://expo.archivescontestataires.ch/accueil

    #exposition_virtuelle #expo #numérisation #archive #histoire #fichage #contre-culture #Etat_d'urgences #posters #poster

    via @wizo

    ping @reka

  • 12 Sunsets: Exploring #Ed_Ruscha's Archive
    http://12sunsets.getty.edu/map/narrative?mode=no-map&d=0.42256

    Originally captured as the medium for Ed Ruscha’s creative work, the more than 65,000 photographs selected from this archive present a unique view of one of Los Angeles’ quintessential streets, Sunset Boulevard, and how it has changed over the past 50 years. Ed Ruscha, with help from Getty and Stamen Design, is making this amazing collection accessible to you: explore his images of Sunset and discover your own story of Los Angeles.

    #urban_matter

  • Sacre bleu! France as you’ve never seen her before
    https://www.theguardian.com/artanddesign/2020/nov/25/sacre-bleu-france-as-youve-never-seen-her-before-atlas-eric-tabuchi-nel

    They set out to capture the forgotten France, the everyday architecture of emptied towns and overlooked villages – before their uniqueness is lost for ever. #Eric_Tabuchi and #Nelly_Monnier talk us through their vast photographic atlas

    Voir https://seenthis.net/messages/885734

    #photographie #archives

  • Ouvrir les #archives de l’#Ofpra, replacer l’#asile dans l’#histoire de l’immigration

    L’Office français de protection des réfugiés et apatrides a décidé d’ouvrir ses archives aux chercheurs en 2010 pour la première fois depuis sa création, 58 ans auparavant. #Aline_Angoustures, aujourd’hui cheffe de la Mission histoire et exploitation des archives de l’Ofpra, a joué un rôle important dans cette ouverture. Dix ans après, elle en fait le bilan.

    Créé par la loi du 25 juillet 1952, l’Ofpra est un établissement public administratif en charge de l’application des textes relatifs à la reconnaissance de la qualité de réfugié, d’apatride et à l’admission à la protection subsidiaire. Important pays d’accueil, la France a mis du temps à ouvrir ces archives de l’asile aux historiens.

    La difficulté d’accès à ces documents a été soulignée par les chercheurs. Pour la contourner, certains ont obtenu des autorisations exceptionnelles auprès de l’Ofpra comme Catherine Gousseff pour étudier les Russes des années 1920-1940, ou auprès de la Commission des recours des réfugiés (CRR) comme Gérard Noiriel, qui a pu travailler sur les recours de ceux dont la demande auprès de l’Ofpra n’avait pas abouti.

    D’autres, telle Karen Akoka, ont mené des entretiens ou consulté les archives d’un ancien Secrétaire général depuis restituées à l’Ofpra. D’autres fonds d’archives se rapportant à l’asile étaient accessibles, comme ceux de l’Organisation internationale des réfugiés (OIR) aux Archives Nationales, ou les fonds du ministère des Affaires étrangères, tutelle de l’Ofpra depuis sa création à 2010. Mais les premiers sont assez difficiles à utiliser car triés sans logique scientifique et les seconds sont peu commodes à identifier parce que les questions d’asile sont restées en arrière-plan de l’activité diplomatique et ont relevé de directions différentes du ministère.

    L’accès aux archives de l’Ofpra

    Les dossiers nominatifs des demandeurs d’asile et réfugiés constituent l’essentiel des fonds (plus d’un million de dossiers). Sur support papier jusqu’en 2010, date de la mise en place de la dématérialisation de la procédure, ils ne sont communicables que 50 ans après la date d’enregistrement du dernier document au dossier (article 213-2 du Code du Patrimoine). Les archives concernant les réfugiés Nansen (1924 -1952) sont donc accessibles. Elles ont été partiellement mises en ligne dans une salle de lecture virtuelle. Pour les dossiers non communicables, une dérogation peut être accordée après délibération entre l’intérêt de la recherche et la protection de la sécurité des personnes ou de leur vie privée. Les fichiers et bases de données ne sont donc pas accessibles aux chercheurs. C’est la Mission histoire et exploitation des archives qui se charge des recherches, sur demande et souvent après un premier rendez-vous scientifique.

    Les archives administratives sont accessibles directement ou au terme de délais compris entre 25 et 50 ans après la date du document. Elles sont en cours de classement et description mais d’ores et déjà les inventaires sont disponibles en salle de lecture. Elles ont malheureusement subi beaucoup de pertes, compensées par une collecte d’archives orales filmées : https://francearchives.fr/findingaid/871f23c03adff7bad10ef3253415c26f59dc2365.

    Je suis fonctionnaire à la CRR dans les années 1990 lorsque la question des archives de l’immigration fait l’objet d’une attention nouvelle en France. Dans ce corpus, les archives des migrations forcées ou des réfugiés et des politiques d’asile ne sont pas toujours visibles, ni prioritaires. L’historiographie du moment s’inscrivait dans la continuité des engagements contre la guerre d’Algérie, donc sur les archives concernant les migrants d’Afrique du Nord et, par voie de conséquence, les migrations économiques — plutôt que politiques. Les précurseurs de l’histoire de l’asile, telle Dzovinar Kévonian, sont rares.

    Je suis également historienne. J’ai soutenu ma thèse sur l’histoire de l’Espagne sous la direction de Pierre Milza, l’un des pionniers de l’histoire de l’immigration. Grâce à cette double casquette de praticienne et de chercheuse, je décide de travailler sur les réfugiés de la guerre civile espagnole dans les archives de l’Ofpra et j’obtiens l’un de ces accès très dérogatoires — et privilégiés — aux archives de l’organisation. Je sors de cette expérience convaincue qu’il faut ouvrir ces archives à la recherche du fait de leur richesse et de leur apport à l’étude de l’asile en France. Je présente donc une proposition à la direction de l’établissement.

    La première étape a été de s’assurer de la communicabilité de ces fonds très protégés, puisque la loi créant l’Ofpra dispose que ses archives sont inviolables et que le Conseil constitutionnel a donné à la confidentialité des dossiers nominatifs une valeur de « garantie essentielle du droit d’asile, principe de valeur constitutionnelle »1. Cette communicabilité, au terme d’un délai de 50 ans, s’accompagne de mesures de protection : les instruments de recherche nominatifs ne sont pas directement accessibles et l’Ofpra assure la conservation et la gestion de la communication de ses propres fonds (c’est le rôle de la Mission histoire et exploitation des archives que je dirige), en dérogation à la règle commune de versement aux Archives nationales.

    La deuxième étape a été de convaincre cette institution de l’intérêt de valoriser ses archives, alors que ce n’est pas sa mission. Je me suis beaucoup appuyée sur la valorisation, le prêt d’archives pour des expositions, la publication de plaquettes, la mise en avant de réfugiés célèbres, comme le peintre Marc Chagall ou l’actrice Maria Casarès. Puis, nous avons mis en place un Comité d’histoire qui, depuis 2010, accompagne et conseille les chercheurs et les étudiants, et organise des travaux scientifiques, ouvrant ainsi le champ de ce que nous appelons « l’administration de l’asile ».
    Plus d’un million de personnes protégées au titre de l’asile depuis les années 1920

    Mon expérience de praticienne à la CRR m’a été précieuse autant que le fait d’être historienne car, avant d’ouvrir les archives de l’institution, il a fallu les explorer dans leur ensemble et surtout les contextualiser.

    Les archives de l’Ofpra représentent environ 10 kilomètres linéaires de documents et remontent — pour les plus anciennes — à l’administration de la protection des bénéficiaires du premier statut de réfugié international créé en 1922 avec le passeport Nansen.

    Les dossiers nominatifs des demandeurs d’asile et des réfugiés, principales archives de nos fonds, illustrent les deux grandes missions de l’Ofpra. La première est l’instruction des demandes d’asile qui commence par un document appelé « formulaire de demande d’enregistrement (ou de protection) ». Les premiers datent des années 1930 et ne font qu’une seule page jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il n’en fallait pas plus pour décliner l’identité, la provenance et l’état civil du réfugié : nous sommes encore à la période du statut Nansen et les réfugiés sont définis par groupes nationaux ayant perdu la protection de leur État d’origine. Les Russes exilés sont les premiers à en bénéficier, déchus de leur citoyenneté par le régime bolchévique.

    Après 1945, le formulaire s’étoffe de nouvelles questions sur les causes et dates du départ du pays, mais surtout sur la raison de la demande de protection. Cette motivation prend de plus en plus d’importance avec la convention de Genève adoptée en 1951, dont l’article 1er A2 définit le réfugié comme une personne « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels évènements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ». Les formulaires sont parfois bilingues ou rédigés entièrement dans une langue étrangère car, jusqu’aux années 1970, les agents sont eux-mêmes des réfugiés. Le nombre de pages s’accroit au fil du temps et, aujourd’hui, le formulaire compte 16 pages et est uniformisé.

    Il s’y ajoute parfois des récits sur papier libre et des pièces justificatives. L’entretien oral est un élément essentiel de cette instruction mais les traces écrites de cet échange sont rares, voire inexistantes, jusque dans les années 1970. Depuis les années 2000, un compte-rendu d’entretien est présent ainsi qu’un enregistrement audio depuis 2015. En cas de rejet de la demande, on trouve les éléments sur le recours déposé auprès de la CRR (devenue Cour nationale du droit d’asile en 2000).

    Le dossier est beaucoup plus conséquent si le demandeur est déclaré réfugié car il contient des documents relatifs à la deuxième grande mission de l’Office : l’exercice de la protection, manifestée notamment par la délivrance de documents nécessaires à la vie civile, sociale et professionnelle du réfugié.

    Il y a d’abord le « certificat de réfugié », régulièrement renouvelé et porteur d’une photographie, mais qui sera supprimé en 2004. Le dossier comprend aussi toutes les pièces d’état civil ayant valeur d’actes authentiques établies pour le réfugié pendant la durée de son statut. Un certain nombre d’attestations produites par l’Ofpra peuvent enfin être présentes, comme les attestations destinées aux autorités allemandes pour l’indemnisation des victimes du nazisme. Le dossier est clos quand la personne perd ou renonce à son statut.

    Les archives administratives attestent du fonctionnement de l’institution. On y trouve notamment des rapports d’activité et des outils de travail essentiels pour l’analyse des dossiers. Les fonctionnaires de l’Ofpra recueillent ainsi des informations sur les pays d’origine et sur le droit, comme par exemple le refus de la délivrance du statut de réfugié aux auteurs et complices de crimes contre l’humanité, exclus de la Convention de Genève.

    Ces archives administratives permettent aussi d’écrire l’histoire de l’institution et de répondre à de nombreuses questions. Quelle a été l’insertion dans l’administration française d’une institution héritière d’anciens consulats et d’une mission de droit international ? Quelle est sa place dans les instances européennes et les organisations internationales ? Comment s’est constitué un réseau des acteurs de l’asile ?
    La réponse apportée aux demandeurs par l’institution : un sujet au cœur de la recherche sur la catégorie de réfugié

    Il est important de retenir que ce ne sont pas des archives sur la politique d’immigration ou sur les étrangers en France, mais sur l’exercice du droit d’asile et les personnes qui s’en sont réclamées. À ce premier niveau — qui demande l’asile ? —, elles permettent des travaux sur la nature des demandes d’asile (provenance, origines sociales ou régionales, argumentaires déployés). Au deuxième niveau, les archives permettent d’affiner l’étude de la réponse apportée aux demandeurs — une étude qui est au cœur des questionnements de la recherche sur la catégorie de réfugié. Au troisième niveau, les archives permettent un travail important sur le parcours d’intégration des réfugiés.

    Grâce aux travaux de recherche engagés depuis l’ouverture des archives de l’Ofpra en 2010, la connaissance du fonctionnement de l’asile en France a beaucoup progressé et de nouveaux chantiers sont ouverts sur la place de l’asile dans l’immigration, les interactions entre les groupes de réfugiés et les institutions de l’asile ou les relations de la pratique de l’asile avec les évolutions des droits de l’Homme, de la géopolitique, des questions de souveraineté et d’intégration. Les archives nous montrent que cette complexité et cette mise en tension a eu des répercussions importantes sur une institution qui a su s’adapter à ces évolutions depuis son origine.

    http://icmigrations.fr/2020/10/08/defacto-022-01
    #réfugiés #migrations #France

    • Non, un journal communiste qui critique, naturellement, le capitalisme. Lequel n’a jamais signifié, non pas productivisme, mais d’abord sous-production, pénurie et saccage des ressources. Car le propre du système capitaliste n’est pas la course à la production, mais la course au profit. Et tant que nous serons dans ce système dément, où priment les intérêts particuliers d’une petite minorité, il n’y a rien à espérer que des destructions (de l’environnement comme de moyens de production) toujours plus massives et l’aplat de rustines ineptes de temps en temps. En revanche, la révolution sociale est la seule possibilité d’utiliser un jour le progrès technique plus rationnellement afin de libérer l’homme des contraintes de la production.

  • Vérité historique et conflit d’intérêt. À quoi servent les commissions ?

    Bien sûr qu’il faut se féliciter qu’après cinq ans de procédure pour obtenir l’accès aux archives concernant le rôle de la France dans le génocide au Rwanda en 1994, un chercheur ait obtenu récemment gain de cause ! Mais puisque dès lors qu’un fonds a été communiqué à une personne, il doit l’être à d’autres, à quoi sert désormais la tant controversée commission Rwanda ?

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/15/verite-historique-et-conflit-dinteret-a-quoi-servent-le

    #histoire #archive

  • La Terra Nuova - Inchiesta di Nicola Adelfi (1952)

    Documentario che illustra i progressi economici nel Mezzogiorno avvenuti nei primi anni del secondo dopoguerra.


    https://patrimonio.archivioluce.com/luce-web/detail/IL3000052960/1/la-terra-nuova-inchiesta-nicola-adelfi.html?startPage=0&jso{%22jsonVal%22:{%22query%22:[%22emigranti%20clandestini%22],%22fieldDate%22:%22dataNormal%22,%22_perPage%22:20}}

    #archive #histoire #Italie #Italie_du_Sud #modernisation #agriculture #misère #progrès #investissements #routes #infrastructure_routière #puits #machines_agricoles #villages_ruraux #film #vidéo #Gaudiano #bonification #paysage
    On parle de «#marche_vers_le_sud»
    #colonisation

  • Radio JAL, les échos d’une lutte en milieu rural
    https://www.franceculture.fr/emissions/lexperience/radio-jal-les-echos-dune-lutte-en-milieu-rural


    Dans les années 1970, une caravane et un émetteur au bord d’un champ ont diffusé les paroles d’habitant.e.s de trois villages de l’Est du Québec menacés de fermeture par le gouvernement. C’est toute l’histoire d’un mouvement social qui résonne dans Radio JAL. Mathilde Simon retrouve les bobines.

    Lors d’un voyage au Québec en 2019, Mathilde Simon apprend l’existence de cette #radio-mobile. Elle aurait émis de 1977 à 1980 depuis le rang Saint-Grégoire, chemin rural, situé à Auclair. Le but de ce séjour devient évident : retrouver les bobines ! Elle finira par les récupérer fraîchement numérisées au sous-sol du Centre d’archives du Témiscouata. La totalité des enregistrements restaurés représente plus de 73 heures d’archives. Il va s’en dire que le montage réalisé ne constitue qu’un fragment de ce qu’a été cette aventure radiophonique.

    https://histoiresdujal.com/projet-jal
    Mixage : Bruno Mourlan
    Réalisation : Gilles Mardirossian
    Une création sonore de Mathilde Simon

    diffusée ce soir à 22h sur francecul
    #archives_radiophoniques #territoires #émancipation

  • « Bientôt nous ne pourrons plus du tout » : une universitaire répond à #Frédérique_Vidal

    Je suis maîtresse de conférences dans une “petite” université hors des grandes métropoles. Comme la plupart de mes collègues, la plus grande partie de mes heures de travail consiste non pas à enseigner ou à chercher, mais à effectuer des tâches administratives. La mienne est d’être responsable d’une licence dont les enseignant·es sont, en grande majorité, des vacataires ou des contractuel·les.

    En cette semaine de rentrée universitaire à l’ère de la Covid-19, j’ai bossé 75 heures, de 5h à 23h certains jours, pour préparer une rentrée impossible. Aucun moyen humain supplémentaire ne nous a été alloué alors que nous devons, déjà en temps normal, nous surpasser pour tenir le coup. Mais pas de panique : des caméras sont en train d’être installées dans les amphithéâtres : les enseignant·es pourront doubler la capacité de leur cours en enseignant à la fois “en distanciel” et “en présentiel”, en répondant aux questions dans la salle et sur leur ordinateur par chat. Voici la fameuse révolution louée par Frédérique Vidal, car il faut dépasser “les cours magistraux traditionnels, où le professeur lit son cours face à un amphi d’étudiants qui ne posent pas de questions”. Non pas en nous permettant de privilégier les TD en petits groupes plutôt que les CM bondés, non pas recrutant des collègues qui permettront de nous donner plus de temps de suivi individuel des étudiant·es, non pas en nous rendant les heures d’enseignement volées à nos licences au fil des coupes de budget. Non : en mettant les étudiant·es chez eux face à un écran pour suivre les cours. Révolutionnaire comme pratique pédagogique ! Au passage, Frédérique Vidal nous insulte tou·tes et montre sa dangereuse méconnaissance de la réalité : cela fait bien longtemps qu’on a remisé l’image d’Épinal d’un·e mandarin·e monologuant face des étudiant·es qui prennent des notes sans lever la tête. Si la ministre veut voir de vraies “innovations”, qu’elle assiste donc à nos cours et découvre nos pratiques pédagogiques.

    Donc cette semaine, en 6 jours, j’ai bossé 75 heures. Il m’a fallu créer des groupes de TD adaptés aux nouvelles capacités de chaque salle et donc refaire les emplois du temps, recruter les 3 enseignant·es qui manquaient pour l’année, arriver à faire payer les vacataires non payé·es l’an dernier, rendre un dossier d’auto-évaluation de la licence pour l’HCERES, former les enseignant·es au numérique, assurer l’organisation et la tenue de 6 réunions de rentrée, faire soutenir 16 étudiant·es de M2 et, accessoirement, donner 8 heures de cours. Je ne parle pas de la recherche, qui redevient un horizon inatteignable : j’y ai consacré les congés d’été, seule période un peu calme où l’on peut se concentrer.

    Si les universités sont “prêtes” pour la rentrée universitaire comme le clame Frédérique Vidal, c’est à quel prix ? Beaucoup de fatigue bien sûr, énormément de culpabilité aussi de ne pas avoir été là pour la rentrée de mes enfants, que je n’ai retrouvé que vendredi soir. Ce sera comme ça tout le mois de septembre, sans doute un peu plus.

    Je ne me plains pas vraiment, parce qu’il y a pire comme boulot, parce que le mien m’apporte encore des satisfactions, parce que participer chaque jour pour à la production et à la diffusion de savoirs c’est bien loin d’être un bullshit job ou un travail aliénant. Parce que je gagne plus de 2000 euros et que, si ce n’est bien sûr pas du tout à la hauteur des salaires des enseignant·es-chercheur·es dans les autres pays européens, je ne galère pas à nourrir mes enfants en fin de mois. Ces 70 heures de travail, je les ai parfois faites le sourire aux lèvres, lorsque j’ai découvert les étudiant·es de première année de licence, lorsque j’ai retrouvé les enseignant·es que j’adore, lorsque j’ai fait soutenir des étudiant·es qui avaient mis tout leur cœur dans leur premier travail de recherche. On le sait, l’amour de notre métier et les bénéfices secondaires qu’il nous procure est aussi ce qui nous perd : nous sommes prêt·es à tout pour que l’université fonctionne.

    Mais quelle colère ! Quelle colère quand je découvre en fin de semaine l’interview de notre ministre Frédérique Vidal qui annonce qu’elle va « créer 30000 places supplémentaires dans les Universités », sans un seul recrutement !
    On fait comment ? Quelle est le secret de ces “places magiques” ? Vraiment, à la fin de cette semaine, la seule chose que je sais c’est que JE NE PEUX PAS FAIRE PLUS. Ce n’est plus possible. Il n’y a plus d’heure de sommeil ou de temps de famille à rogner.

    Attention : je suis bien évidement foncièrement favorable à l’ouverture de places supplémentaires. Je suis pour que tou·tes les bachelièr·es aient accès aux études supérieures, sans la sélection sociale et raciste mise en place par Parcoursup et l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es extra-européen·nes. Pour accueillir tous ces étudiant·es, il manque au minimum 60 000 postes d’enseignant·es-chercheur·es et probablement autant pour les personnels administratifs et techniques. Ces personnes sont à nos portes, en attente d’être recruté·es pour assurer ces 35 heures supplémentaires faites en une semaine. Ils et elles sont déjà à la fac, font quelques heures payées au lance-pierre, survivent avec un peu de chômage ou le RSA. Mais Macron nous l’a dit : recruter des enseignant·es “c’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays”. Voici donc 100 milliards d’euros pour les grandes entreprises et même pas quelques miettes pour le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui forme la jeunesse et produit des savoirs essentiels à notre avenir et à notre vie démocratique.

    Nous sommes épuisé·es par tant de mépris. Nous sommes épuisé·es que le gouvernement choisisse cette période où nous sommes à bout de souffle pour faire passer en force – “en procédure accélérée” – une LPPR qui détruit nos statuts et contre laquelle nous avons été en grève partout en France l’an dernier. Nous sommes à bout car tout s’effondre : un bout de bâtiment à l’université de Caen, les conditions de vie des étudiant·es, le volume d’heures dans les formations, la possibilité de produire de la recherche essentielle aux enjeux contemporains, le moral et les corps des collègues. Nos universités accueillent 300000 étudiant·es de plus qu’il y a 10 ans, et nous devons le faire avec moins de travailleur·ses titulaires, dans des bâtiments toujours plus vétustes.
    Tout ne tient plus qu’à un fil, l’université est au bord de l’effondrement.

    Cette rentrée sera plus douloureuse et plus inégalitaire que jamais. Aux exclu·es de Parcoursup vont bientôt s’ajouter celles et ceux qui verront leur université fermer, faute de véritables moyens humains et matériels pour assurer notre sécurité sanitaire à tou·tes et des conditions d’étude acceptables. C’est le service public de l’université et de la recherche que Frédérique Vidal et Emmanuel Macron assassinent.

    Si nos revendication ne sont pas entendues, nous serons des centaines à claquer la porte.
    Nous ne pouvons pas plus.
    Bientôt, nous ne pourrons plus du tout.

    https://universiteouverte.org/2020/09/05/bientot-nous-ne-pourrons-plus-du-tout-une-universitaire-repond-a-

    #ESR #enseignement_supérieur #facs #université #France #alarme #effondrement #tâches_administratives #précarisation #rentrée_2020 #rentrée_impossible #dédoublement_des_classes #moyens #manque_de_moyens #distanciel #enseignement_à_distance #coronavirus #covid-19 #présentiel #enseignement_mixte #pédagogie #travail #conditions_de_travail #colère #mépris #épuisement #témoignage

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