• Antonelle | Actes Sud
    https://www.actes-sud.fr/catalogue/histoire/antonelle

    Qui connaît Antonelle aujourd’hui ? Député à l’Assemblée législative, juré au Tribunal révolutionnaire, il est jeté en prison par Robespierrre. L’homme est un paradoxe vivant : issu de vieille noblesse et très #riche, il s’engage sans retenue dans la Révolution française aux côtés des plus #démunis.

    Dimanche 17 février 2019 – Salon du livre et des lecteurs de 10h à 19 heures – Sous les couvertures
    http://souslescouvertures.org/salon-2019

    15h30 Conférence-débat Dans les lumières de la provence méditerranéenne, la vie comme un roman d’un Arlésien sous la révolution française avec Pierre Serna, professeur et directeur de l’institut d’histoire de la révolution française-université Paris 1 Panthéon Sorbonne, animée par Patricia Vioux


    #Argenteuil #95

  • #Les_lignes_de_désir : dans le sens de la marche
    http://liminaire.fr/livre-lecture/article/les-lignes-de-desir-dans-le-sens-de-la-marche

    Pour fêter la fin de nos résidences respectives à #Argenteuil, #François_Bon et moi avons proposé à la Médiathèque d’Argenteuil, le samedi 20 octobre de 15h à 19h, 3 sets de lectures-performance avec Marin Fouqué, Hélène Gaudy, Xavier Mussat, Charles Robinson, Joachim Séné, Pierre Ménard, François Bon et Laura Vazquez. Performances et lectures ont alterné avec échanges et rencontres. Montage #Vidéo et #Lecture d’un extrait de la fiction poétique Les lignes de désir, dispositif interactif en cours de création. (...)

    Livre & lecture / Les lignes de désir, Argenteuil, Vidéo, Lecture, François Bon, Joachim Séné, #Bibliothèque, #Dérive, (...)

    #Livre_&_lecture #Joachim_Séné #Écriture

  • Violences policières : la France condamnée par la CEDH pour « négligence » dans la mort d’Ali Ziri - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/06/21/violences-policieres-la-france-condamnee-par-la-cedh-pour-negligence-dans

    Dans un arrêt plutôt sévère de la Cour européenne des droits de l’homme, la France a notamment été condamnée à verser 30 000 euros pour « dommage moral » à la fille du retraité algérien mort en 2009 après une interpellation.

    « C’est une grande émotion », une « victoire », même, après neuf longues années de procédure judiciaire. Ce jeudi, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour « négligence » dans le décès d’Ali Ziri, retraité algérien mort à la suite de son interpellation par la police à l’été 2009. Dans un communiqué, la Cour siégeant à Strasbourg déclare que « la situation de M. Ziri au commissariat d’Argenteuil a été traitée avec négligence par les autorités et retient que les autorités n’ont pas fait ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’elles pour prévenir le risque de décès auquel il était exposé. » L’Etat français devra verser à la famille d’Ali Ziri 30 000 euros pour « dommage moral » et 7 500 euros pour « frais et dépens ».

    « Le soulagement est immense. En particulier pour sa fille, Anissa, qui porte toute la famille, a réagi l’avocat Stéphane Maugendre auprès de Libération. La décision a été prise à l’unanimité par les juges, ce n’est pas rien dans ce genre de dossiers de violences policières. » Sa cliente avait saisi la #CEDH en juin 2016, après que l’affaire s’est soldée en France par un non-lieu, la justice estimant que les policiers avaient fait un usage « strictement nécessaire » de la force.

    Les faits remontent au 9 juin 2009. Ce soir-là, Ali Ziri, 69 ans, et son ami Arezki K., 60 ans, sont arrêtés par la police lors d’un contrôle routier. Fort alcoolisé, le duo est transporté au commissariat d’Argenteuil (Val d’Oise), puis placé en garde à vue. L’interpellation est musclée : face aux deux sexagénaires vraisemblablement agités, les policiers appliquent durant plusieurs minutes la technique dite du pliage, pratique d’immobilisation qui consiste à contenir de force un individu en lui appuyant la tête et le thorax sur les genoux.

    Au poste de #police, le retraité, arrivé en France en 1959, commence à vomir, mais reste sans soins, allongé et menotté au sol avec son ami. Deux heures plus tard, Ali Ziri est victime d’un arrêt cardiaque. Il meurt à l’hôpital d’Argenteuil, le 11 juin 2009. Si une première autopsie imputera le décès de ce chibani à son alcoolémie et à des problèmes cardiaques, une contre-expertise révélera pourtant la présence de plus de vingt hématomes - certains larges de 17 cm.

    Un manquement de l’Etat

    Dans son arrêt, la Cour condamne « l’attitude générale et le comportement des policiers », se félicite l’avocat Stéphane Maugendre. La juridiction européenne souligne notamment qu’Ali Ziri, « rudoyé lors de son arrestation », est « resté au commissariat d’Argenteuil sans assistance médicale dans des conditions lamentables durant une heure et quinze minutes. » Les sept juges de la CEDH poursuivent : « La Cour estime que les modalités de sa prise en charge dans ce commissariat caractérisent un manquement par l’État défendeur à l’obligation positive de prendre les mesures nécessaires à la protection de la vie. »

    Autrement dit, l’institution juge que l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme - « qui garantit le droit à la vie et définit les circonstances dans lesquelles il peut être légitime d’infliger la mort » - a été violé dans son volet matériel. « Négligence », « conditions lamentables »... Un ton « cinglant » et des termes « très forts, et assez peu habituels », selon Nicolas Hervieu, spécialiste de la Cour européenne des droits de l’homme. En ce sens, il qualifie l’arrêt rendu par la CEDH d’« important ». Pour autant, la décision de la Cour demeure plus « mitigée » sur d’autres points, nuance le juriste.

    En ce qui concerne la technique du #pliage, la CEDH juge en effet que celle-ci était « justifiée et strictement proportionnée au but poursuivi ». Pour les proches de la victime, celle-ci serait pourtant à l’origine de sa mort. « Susceptible de provoquer une asphyxie posturale », cette pratique d’interpellation policière « est responsable de plusieurs décès », selon l’Association chrétienne contre la torture et la peine de mort (#ACAT), qui a publié en 2017 un rapport très détaillé sur l’affaire. Ce geste d’immobilisation est d’ailleurs interdit dans plusieurs pays en raison de sa dangerosité, mais continue à être exercé en France.

    « Nous sommes déçus du donner quitus aux autorités françaises sur cette méthode. La vraie question, c’est : ’Pourquoi Ali Ziri arrivé dans un tel état au poste ?’ On parle d’un homme de 69 ans, et il représentait un danger pour les policiers ? Il y a une disproportion entre, d’un côté les insultes et les trois crachats que les policiers lui reprochent, et de l’autre, l’usage de la force employée », insiste Jean-Etienne de Linares, délégué général de l’association.

    « La France devrait s’interroger à chaque condamnation »

    Enfin, l’institution siégeant à Strasbourg note « quelques lacunes ponctuelles » dans le dossier, telles la lenteur de la procédure - « la Cour relève que l’enquête a quelque peu manqué de célérité », celle-ci ayant duré six ans et huit mois - ou l’absence de reconstitution des faits. Mais elle conclut que ces carences ne suffisent pas « à mettre en cause l’effectivité de l’enquête réalisée par les autorités dans son ensemble », notamment au regard des expertises médicales réalisées.

    « Or, le droit à la vie, ce n’est pas uniquement interdire de porter atteinte à la vie, c’est aussi enquêter sur des faits qui ont donné lieu à la mort, développe Nicolas Hervieu. On peut s’étonner que la CEDH ne soit pas allée plus loin. Il est très important de garantir les conditions effectives d’enquêtes sur ce type de faits. C’est uniquement par une exigence en matière procédurale que ces faits de violences policières ne se reproduiront pas. » L’ACAT aussi déplore que l’enquête ne soit pas remise en cause. « Au départ, les investigations ont même été menées par le commissariat d’#Argenteuil, par des policiers, juges et partis », pointe Jean-Etienne de Linares. Ce n’est que trois mois plus tard que la police des polices se saisira de l’affaire.

    En quinze jours, c’est la deuxième fois que l’État français est condamné par la CEDH sur un dossier de violences policières. « Chaque condamnation devrait amener la France à s’interroger », affirme Nicolas Hervieu. A la fois sur l’encadrement des techniques d’interpellation et des conditions d’enquête plus indépendantes.
    Chloé Pilorget-Rezzouk

    #violences_policières #ali_ziri #mort #racisme

  • À Argenteuil, Ilyès, 13 ans, accuse des policiers de violences | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201803281056/a-argenteuil-ilyes-13-ans-accuse-des-policiers-de-violences

    Ilyès M., 13 ans, affirme avoir été interpellé violemment avec un ami dans le parc du Cerisier à Argenteuil samedi 24 mars. Il raconte avoir été frappé à plusieurs reprises par les policiers. Son visage porte encore des stigmates de coups au niveau de l’œil gauche. Sa mère accuse la police de ne pas l’avoir informée de la garde à vue de son fils.

    #Argenteuil #quartiers_populaires #violences_policières #police

  • Incidents d’Argenteuil : plusieurs plaintes contredisent le récit des policiers
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200118/incidents-d-argenteuil-plusieurs-plaintes-contredisent-le-recit-des-polici

    Mediapart a pris connaissance de procès verbaux qui décrivent des violences commises par des policiers d’Argenteuil (Val-d’Oise), lors d’un contrôle d’identité mouvementé puis au commissariat, le 5 janvier dernier. Sept personnes ont porté plainte à l’IGPN contre les policiers dans cette affaire.

    #France #Argenteuil #bavures #comparutions_immédiates #IGPN #Justice #libertés_publiques #Police #Pontoise #violences_policières

  • A #Argenteuil, des policiers musellent des habitants à coups de procès-verbaux

    Plusieurs jeunes de la #cité_Champagne, à Argenteuil, affirment faire l’objet de contrôles violents, accompagnés d’#insultes et d’#humiliations de la part de policiers. L’une des pratiques consiste à infliger des salves de #procès-verbaux, sans motifs apparents. Plusieurs habitants tentent de rassembler assez d’éléments pour obtenir #justice.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/101217/argenteuil-des-policiers-musellent-des-habitants-coups-de-proces-verbaux
    #France #banlieue #police #violences_policières

  • Rock Against Police - Documentaire sonore

    http://rapdocsonores.org

    A la fin des années 70, dans un contexte de #crise économique et de #chômage, les #expulsions de jeunes #immigrés et les meurtres en banlieue, qu’ils soient commis par des #flics ou des beaufs, se multiplient. Un #réseau informel et fluctuant se constitue pour réagir collectivement en organisant une série de concerts Rock against police au beau milieu des #cités. De 1980 à 1983, l’initiative fait tâche d’huile. Plusieurs concerts sont organisés en région parisienne : #Paris, #Vitry, #Nanterre, #Cergy, #Argenteuil. L’idée est également reprise par d’autres groupes en France, notamment à #Marseille, #Saint Dizier, et #Lyon avec les concerts organisés par #Zâama d’banlieue.

    A partir de ces #concerts gratuits et auto-organisés, d’une « musique sociale issue du quotidien », l’idée est « de brancher des gens qui vivent dans la même merde, qui partagent les mêmes besoins, les mêmes envies », de créer des occasions de rencontres et de circulations à l’intérieur des cités, mais aussi entre différentes banlieues. Dans une conjoncture particulièrement tendue, face aux meurtres, au racisme et à l’occupation policière, l’enjeu est de se réapproprier « le territoire social » de la cité. Et donc, pour les « jeunes immigrés et #prolétaires de #banlieue », cible et bouc-émissaire principaux de l’idéologie sécuritaire, de s’affirmer et de prendre la parole de façon autonome, en dehors des cadres et des discours établis. C’est pourquoi le #rock, comme mode de vie et langage, mais aussi le théâtre, la radio, les journaux de contre-information, le super 8 ou la vidéo, dès lors qu’ils sont réappropriés par les « lascars », participent pleinement d’une dynamique de lutte. A travers la recherche d’un imaginaire et d’une identité collective propres, il s’agit très concrètement d’arracher une possibilité d’existence, d’affirmer ses besoins et ses aspirations à une autre vie.

  • Mort d’Ali Ziri : la #Justice referme définitivement le dossier
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170216/mort-d-ali-ziri-la-justice-referme-definitivement-le-dossier

    La #Cour_de_cassation vient de confirmer le non-lieu rendu dans l’enquête sur la mort d’Ali Ziri, 69 ans, après une interpellation musclée par la #Police à #Argenteuil, en 2009. La famille va engager la responsabilité de l’État et saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

    #France #Ali_Ziri #asphyxie #pliage #violences_policières

  • [VIDEO] : Victime d’une grave bavure policière, Amine, son père et ses amis témoignent

    L’incident s’est déroulé dans la nuit du 13 au 14 juillet. Amine, 14 ans, a été victime d’une bavure policière qui lui a, entres autres, coûté une opération délicate en urgence après une grave blessure au testicule droit. Le père décide alors de ne pas laisser passer cette grave erreur.

    http://www.katibin.fr/2015/07/18/video-victime-dune-grave-bavure-policiere-amine-son-pere-et-ses-amis-temoign

    #flashball #police #argenteuil #bavure

  • Appel financier pour le film « Qui a tué Ali Ziri ? »
    http://collectif-ali-ziri.over-blog.com/2015/02/qui-a-tue-ali-ziri.html

    Le 11 juin 2009, Areski Kerfali, 61 ans et Ali Ziri, 69 ans sont interpellés par la police nationale d’Argenteuil, lors d’un contrôle routier. Ali Ziri quitte le commissariat dans le coma et décède à l’hôpital deux jours plus tard. L’explication donnée par la police et le procureur est : « décès suite à une malformation cardiaque ». Deux semaines après les faits, le juge d’instruction classe l’affaire sans suite. Un collectif d’habitants d’Argenteuil, Vérité et justice pour Ali Ziri se mobilise pour exiger une contre-expertise. L’autopsie révèle alors 27 hématomes et la mort par asphyxie suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation interdite depuis 2003.

    Durant cinq années, le cinéaste Luc Decaster a filmé le combat de tous ceux qui refusent le procès bâclé, après cette mort que certains considèrent comme un lynchage.

    Aujourd’hui, pour que le film arrive sur les écrans, il lui faut passer par trois étapes onéreuses mais indispensables : le mixage, l’étalonnage, et la distribution. Pour cela, il nous faut réunir la somme de 15000€. Nous aurions préféré obtenir un financement des institutions du cinéma et ne pas avoir à vous solliciter. Mais face à ces refus, nous avons besoin de vous pour que ce film, comme cette histoire, ne soit pas étouffé !

    #violences_d'état #police

  • Femmes voilées : à Argenteuil, les musulmans ne veulent plus « se laisser endormir »

    Attention, matière inflammable. « Il suffit d’un SMS et ça part en vrille. Les gens, surtout les jeunes, sont chauds bouillants. Ils n’en peuvent plus d’être endormis à chaque fois qu’il se passe quelque chose » : né à #Argenteuil, dans le Val d’Oise, ex-commerçant sur la Dalle, Mohamed Chanai, militant associatif, passé par la politique, impliqué dans la vie de la cité, fait partie des représentants de la communauté musulmane qui étaient reçus à l’hôtel de ville le 20 juin dans la matinée, en tant que vice-président de l’association gérant la mosquée de la Lumière.

    Tous avaient été conviés par le député-maire PS Philippe Doucet une semaine après l’agression, le 13 juin, d’une femme voilée enceinte, Leïla, qui après avoir été hospitalisée a perdu le bébé qu’elle portait. Objectif : faire retomber la pression, au paroxysme depuis quelques jours, en raison d’une inquiétante succession de faits.

    Moins d’un mois auparavant, le 20 mai, une autre femme, Rabia, portant un foulard, a été violentée, ce qui lui a valu sept jours d’incapacité temporaire totale. Cette attaque en a rappelé une précédente, cinq ans plus tôt, à coup de cutter, restée non élucidée. Dans ce climat délétère, les policiers ont effectué le 12 juin un contrôle sur une personne revêtue d’un niqab, recouvrant l’ensemble du corps et du visage. La jeune femme, Sofia, a été conduite au commissariat, ce qui a provoqué un début d’émeute en centre-ville, l’interpellation de deux personnes et l’usage du flashball par les forces de l’ordre. Une manifestation de protestation, organisée le 14 juin devant la mairie, a failli mal tourner. Un nouveau rassemblement, silencieux, est prévu le 22 juin dans l’après-midi devant la sous-préfecture avant le grand marché du dimanche qui attire au-delà des frontières de la ville.
    Mohamed Chanai en discussion avec Karim Ameur de l’association de la Lumière, après une réunion avec le maire d’Argenteuil.
    Des familles de victimes réticentes à communiquer, des associations en concurrence pour témoigner de leur indignation, des pouvoirs publics tardant à réagir, des policiers sur la sellette, une information judiciaire ouverte sur fond de soupçons : l’imbroglio est tel dans cette commune de 105 000 habitants de la banlieue nord qu’il n’est pas certain que l’invitation des deux victimes au ministère de l’intérieur le 20 juin dans la soirée suffise à apaiser les esprits dans un contexte de violences perpétrées par l’extrême droite et de désillusion après une année de quinquennat de François Hollande, candidat auquel les musulmans ont donné massivement leur voix.

    Aux abords de la mairie, à l’issue de la réunion, Mohamed Chanai salue les passants sur le trottoir et serre les mains des agents municipaux. « Ces actes racistes et islamophobes ne sont plus supportables », lance-t-il. « Ils doivent être pris en compte, dénoncés au plus haut niveau de l’État et faire l’objet de mesures spécifiques », ajoute-t-il. « On ne peut plus dire oui merci, comme tous ces béni-oui-oui », dit-il en référence aux autres représentants des mosquées qui viennent, comme lui, d’être reçus.
    Le vice-président du conseil du culte musulman Paris-Ouest 78-95, Sadek Abrous, se déclare « très satisfait » de la réunion, de même que de celle organisée la veille par le préfet. « Monsieur Doucet fait beaucoup pour la communauté musulmane de la ville. Argenteuil est un endroit tranquille. Le préfet nous a assuré que les enquêteurs faisaient tout pour retrouver les coupables. Ce n’est pas à nous de faire la loi, nous laissons la police et la justice faire leur travail », affirme-t-il.
    « Évidemment que la communauté s’inquiète, chacun se sent touché, évidemment que nous sommes en attente d’éclaircissements », concède Sabri Aboubakeur, de la mosquée Assalam, appelée Dassault par les riverains en raison de sa proximité avec une usine de l’avionneur. Mais lui aussi entend « laisser les autorités compétentes » faire leur travail. « Notre rôle est d’appeler à l’apaisement », enchaîne-t-il. Amor Meznane, de la mosquée Al-Ihssan, baptisée Renault, car située sur un ancien emplacement du concessionnaire, estime que les « débordements » sont dus à des « éléments extérieurs de la ville qui ont profité de la fracture entre les responsables des lieux de culte et la masse des fidèles ».

    « La communauté musulmane a peur et elle est en colère »
    L’évaluation faite de la situation par la plupart des responsables associatifs est beaucoup plus dramatique. Plus militant que prêcheur, Mohamed Chanai est convaincu que les musulmans des quartiers ont le sentiment d’être « méprisés et rejetés ». « La communauté musulmane a peur et elle est en colère », insiste-t-il.
    Le peu de reconnaissance des pouvoirs publics revient fréquemment dans les récriminations, ainsi que la gêne des responsables politiques à l’égard du terme islamophobie. Le « deux poids, deux mesures » est vécu comme une humiliation, le référent actuel étant la célérité avec laquelle Manuel Valls a dénoncé l’agression d’étudiants chinois en Gironde. En comparaison, nombreux sont ceux à relever son peu d’empressement à s’exprimer publiquement sur Argenteuil, une ville qu’il connaît pour y avoir été responsable de la section PS avant de se présenter, et d’échouer, aux élections législatives de 1997. « Vous lui demanderez s’il se souvient des petites roses que nous avons distribuées ensemble », glisse le représentant associatif.
    À l’intérieur de l’hôtel de ville d’Argenteuil.
    L’intervention de l’élu local est considérée avec plus de mansuétude. Membre de la gauche populaire, Philippe Doucet est crédité de ne pas avoir tergiversé sur la qualification islamophobe des agressions. En tardant à réagir, le gouvernement, lui, a laissé le terrain libre aux doutes distillés par différents médias sur la véracité des faits. Et si ces femmes mentaient ? Et si elles n’avaient été attaquées que pour leur sac ou leur portable ? Et si c’était un coup monté ?

    Les témoignages des victimes recueillis par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) sont pourtant limpides : l’agression de Leïla a eu lieu rue de Calais, alors qu’elle se rendait au laboratoire d’analyses médicales, non loin de l’hôpital d’Argenteuil. Seule ce matin-là, elle était en train de remettre son téléphone portable dans son sac quand elle s’est fait tirer par derrière par deux hommes qui « ont laminé son jilbeb, l’ont en partie dévêtue et lui ont coupé une mèche de cheveux ». Elle a reçu un coup de coude dans le ventre après avoir signalé qu’elle était enceinte. Rabia, elle, était dans le même secteur, elle rentrait chez elle, c’était plus tard dans la journée. Elle a été frappée au visage et à la tête « à coups de pieds et de poings » et son habit a également été déchiré. Des insultes islamophobes ont été proférées à son encontre, selon son récit.

    Interrogé par Mediapart, le préfet du Val d’Oise, Jean-Luc Névache, confirme qu’y compris du côté des autorités le caractère islamophobe des violences n’est plus contesté. « La seule raison pour laquelle Leïla a été agressée semble être qu’elle portait le voile. Les auteurs ne lui ont pas volé son portable, ils n’ont rien volé du tout d’ailleurs, ils lui ont donné un coup et sont partis en courant. Le caractère islamophobe de cette agression paraît avéré à 99,9 % », insiste-t-il. Ce ton affirmatif n’a pas toujours été de mise. Le haut fonctionnaire estime qu’il a fallu le temps de procéder à « toutes les vérifications nécessaires ».

    Les citations du procureur de la République de Pontoise reprises dans la presse ont elles aussi contribué à la confusion, puisqu’elles retiennent que la dernière victime, pour formuler sa plainte, n’a pas évoqué de « propos islamophobes » non plus que de « propos en lien avec sa religion au vu de son profil vestimentaire », sans préciser que l’absence de paroles ne déqualifie pas forcément les actes.

    L’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire, le 19 juin, a en tout cas fini de convaincre les plus sceptiques et a été perçue, par la communauté musulmane et au-delà, comme la reconnaissance de la gravité des faits. De même, l’engagement du préfet du département de « lutter contre l’islamophobie » a rassuré.

    « Nous nous sommes retrouvés à une centaine à pourchasser un homme »
    Il n’en reste pas moins que la mise en cause par les médias de la parole des victimes est révélatrice, pour Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF, d’un état d’esprit à l’égard de la population musulmane. « Les précautions oratoires inhabituelles, les “présumés” et les conditionnels utilisés plus que de raison ont jeté le doute sur les témoignages. Cela montre que le travail de déshumanisation des femmes musulmanes a fonctionné dans l’espace médiatique », déplore-t-il, tout en fustigeant les amalgames entre foulard et niqab.
    Signe d’une émotion palpable, les langues se délient facilement, même si la méfiance à l’égard des journalistes est perceptible. À proximité de l’hôtel de ville, un homme d’une trentaine d’années témoigne de la vitalité des rumeurs. « Je peux vous dire que ça tourne vite. Les gens sont à fleur de peau, ils commencent à s’auto-organiser. Ils sont derrière leur téléphone portable, prêts à intervenir à la moindre occasion. Il y a quelques jours, nous nous sommes retrouvés à une centaine à pourchasser un homme qui nous avait été signalé sans savoir qui c’était », raconte-t-il. Quant à son épouse, qui ne sort pas dehors sans hijab, elle n’ose plus aller faire ses courses ni même aller chercher ses enfants. Plusieurs femmes interrogées près de la gare parlent, elles, de cette « psychose » qui parcourt la ville.
    Ismahane Chouder est à la tête du Collectif des féministes pour l’égalité.

    Déjà secoué par le décès du militant anti-fasciste Clément Méric, le milieu associatif des quartiers populaires est en ébullition. Co-présidente du Collectif des féministes pour l’égalité, Ismahane Chouder est venue à Argenteuil le 19 juin au soir pour participer à une réunion organisée à l’espace Nelson Mandela afin d’« aider à construire la suite ». « Le mécontentement déborde largement Argenteuil. J’observe une colère sourde qui monte dans les banlieues en réaction à l’inertie et au black-out des politiques et des médias », affirme-t-elle. Des familles des victimes présentes ce soir-là ont accusé des représentants associatifs de récupérer leur souffrance. « C’est pour cela qu’il a été convenu que le rassemblement de samedi devant la sous-préfecture serait silencieux », indique-t-elle.

    « Nous aurons des pancartes sobres, “Stop à l’islamophobie” ou “L’islamophobie tue”, mais nous ne pouvons pas rester silencieux, ces victimes-là sont emblématiques d’un mouvement de fond contre les musulmans et en priorité les musulmanes », estime-t-elle, regrettant « l’ancrage d’un certain discours selon lequel le voile n’est pas français ». Pour elle, cette vision est légitimée au sommet de l’État. « Quand Valls déclare que le voile est un combat essentiel pour la République, il autorise des gens à mener cette bataille contre nous », dit-elle.

    Passer des mots aux actes : telle est l’intention d’Abdelaziz Chaambi de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), venu de Lyon pour cette rencontre au cours de laquelle un homme aurait distribué une centaine de bombes lacrymogènes aux femmes pour qu’elles se défendent. Réfractaire au « clientélisme » et au « paternalisme » municipal, le militant associatif demande la tenue d’une table ronde à l’échelon national sur les questions d’islamophobie « si l’on veut empêcher les voitures de brûler ».
    Femmes voilées : à Argenteuil, les musulmans ne veulent plus « se laisser endormir »

    « On a plus de blancs, de vieux et de classes moyennes qu’à Saint-Denis »
    Sans citer personne directement, le maire, entre deux rendez-vous, s’énerve contre « toutes les formes d’instrumentalisation ». « Je n’accepte pas que des personnes extérieures à la ville viennent faire le bazar », dit-il, ciblant les quelques « agitateurs » à l’origine du dérapage du rassemblement du 14 juin. « Ça a chauffé, ils s’en sont pris au commissaire, il y a eu des bagarres entres des Argenteuillais et d’autres », raconte-t-il, regrettant que sa ville ne soit pas présentée sous un jour plus attractif.
    « Argenteuil est un endroit tranquille », selon le vice-président du conseil du culte musulman Paris-Ouest.

    « Vous, les journalistes, vous ne parlez jamais des choses positives. Nous avons organisé une superbe promenade végétale dans les rues, on a fait venir des vaches, des loups et des poussins. Pourquoi cela ne vous intéresse pas ? » Il décrit les charmes d’une ville « en pleine mutation ». « On a plus de blancs, de vieux et de classes moyennes qu’à Saint-Denis. J’ai même des bobos, il y a d’ailleurs une agence spécialisée dans les lofts. En revanche, dixit le commissaire, on n’a que 9 ou 10 niqab en ville », avance-t-il. Puis il reprend sur les affaires qui secouent sa ville. Il reconnaît que la tension est à son comble, rappelle qu’il vient de créer un Conseil du vivre-ensemble réunissant les représentants des cultes et des associations laïques et promet l’instauration d’un « téléphone rouge » en cas d’agression islamophobe. « Je ne suis pas le shérif de la ville », insiste-t-il, mais il sait qu’il sera jugé sur la capacité des pouvoirs publics à interpeller les auteurs.
    Selon la description faite par Leïla auprès du CCIF, il s’agirait, dans son cas, de « deux personnes de type européen d’une trentaine d’années, rasés de près, l’un ayant une petit crête noire sur le crâne, l’autre plutôt musclé ». Philippe Doucet dit « ne pas croire à la thèse des skinheads ». « J’ai de tout à Argenteuil, des Portugais, de vieux Bretons, des Tamouls, des Pakistanais, j’ai même des personnes originaires du Bhoutan. Mais des skins, ça, j’ai pas », souligne-t-il.

    Il évite le terrain glissant de la police, en assurant qu’« il n’y a rien à leur reprocher », sauf peut-être « la manière dont s’est passé le contrôle de la femme en niqab ». Le maire indique avoir demandé des « éclaircissements » au préfet, ce que ce dernier infirme. Les opérations de ce type sont rares : à Argenteuil, le préfet en a recensé 19 depuis la mise en œuvre il y a deux ans de la loi interdisant le port du voile intégral dans la rue, sans qu’elles soient suivies d’incident. À l’exception donc de celle-ci, qui intervient moins d’un mois après l’agression d’une femme voilée qui a mis la commune en émoi.

    « Je demande par ailleurs le retour au vouvoiement qui semble s’être perdu ces derniers temps », ajoute l’édile. Au CCIF, Rabia, la première victime, a déclaré avoir été mal reçue au commissariat lorsqu’elle est venue porter plainte. Sofia a assuré avoir été bousculée verbalement par un officier de police alors qu’elle était prête à soulever son niqab et s’être retrouvée plaquée au mur avec son sac arraché. Elle a ensuite été conduite au poste, où elle raconte avoir été accueillie sous les applaudissements par les fonctionnaires de police. « Je n’ai aucun élément permettant d’affirmer que la déontologie n’a pas été respectée », indique le préfet. « Si des gens souhaitent protester, ajoute-t-il, il existe des procédures pour cela, qui ne sont pas les réseaux sociaux. » En l’absence de plainte déposée, les compte-rendus rédigés par les… policiers restent sa principale source d’information.
    Des morceaux de tissus ayant été saisis, les espoirs reposent désormais principalement sur les traces d’ADN. Le doute a changé de camp : pour éviter de donner libre cours aux soupçons, les enquêteurs ont intérêt ne pas « piétiner » trop longtemps...

    Carine Fouteau

    http://www.mediapart.fr/journal/france/210613/femmes-voilees-argenteuil-les-musulmans-ne-veulent-plus-se-laisser-endormi

  • L’Etat ordonne le retrait d’une plaque en mémoire d’Ali Ziri
    http://www.mediapart.fr/journal/france/310112/letat-ordonne-le-retrait-dune-plaque-en-memoire-dali-ziri

    Suite aux pressions de syndicats de police, le préfet du Val-d’Oise a ordonné hier au maire d’Argenteuil de retirer une plaque, déposée le 14 janvier, en mémoire d’Ali Ziri, retraité algérien mort en juin 2009 après son interpellation. La mairie a décidé de s’exécuter.

    #police #Argenteuil #Ali_Ziri