• L’œuvre négative du néocolonialisme français et Européen en Afrique : Les Accords de défense : de la Garnison à la Projection | Le blog de Saïd Bouamama
    https://bouamamas.wordpress.com/2018/08/15/loeuvre-negative-du-neocolonialisme-francais-et-europeen-en-afr

    Annotations :

    Le qualificatif de « structurel » est particulièrement pertinent pour l’Afrique qui a été le théâtre de près de 60 interventions militaires françaises où dans lesquelles la France est impliquée depuis les indépendances. Tous les accords de coopération signés au moment de la décolonisation comportent un volet militaire intitulé « accord de défenses ». Ces accords constituent un pivot du processus de décolonisation néocoloniale initié par le Général De Gaulle. L’ancien responsable du secteur Afrique de 1958 à 1968 du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), Maurice Robert rappelle comme suit les modalités de préparation des indépendances de la (...)

    #Colonialisme #-France #-Afrique #armée #impérialisme #Histoire

  • Thomas Pesquet paré pour un nouveau décollage vers l’espace : « On sait quand ça va faire mal, quand ce sera long, quand ce sera difficile »
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2021/04/17/thomas-pesquet-pare-pour-un-nouveau-decollage-vers-l-espace-on-sait-quand-ca

    il faut voir que les vols habités, pour l’ESA, c’est 500 millions d’euros par an, ce qui fait environ un euro par Européen. *A titre de comparaison, les dépenses militaires des Etats-Unis, c’est 600 milliards d’euros par an, celles de la France plus de 50 milliards par an… et nos 500 millions d’euros, c’est moins que le budget annuel du PSG.* Dans l’absolu, par rapport à un SMIC, on va choquer les gens en disant que le vol habité n’est pas cher, mais si on le met en regard de choses comparables, c’est beaucoup moins coûteux que ce que l’on imagine.

    #armement #budget #armée #espace

  • La corde du diable

    « La corde du diable » est le nom du barbelé, ce fil de fer inventé à la fin du XIXe siècle aux États-Unis qui emprisonne les hommes et les bêtes, de la prairie à la prison, de la base militaire à la frontière. C’est à travers ce prisme que Sophie Bruneau approche l’épineuse question de la #surveillance et du #contrôle. Un essai documentaire exigeant, à la force plastique stupéfiante qui présente une poignante réflexion sur la gestion politique de l’espace.

    « La corde du diable », c’est le nom donné par ses détracteurs au barbelé, ce fil de fer inventé à la fin du XIXe siècle aux États-Unis. Le film s’ancre dans les grands espaces américains et leurs kilomètres de clôture, comme si la trame narrative se dévidait en miroir de ces millions d’épissures acérées derrière lesquelles lorgnent les têtes de bétail. Point de départ : Omaha, dans le Nebraska, entre foire aux bestiaux, bottes rutilantes et Stetson poussiéreux. Claquements de fouet et musique bluegrass en fond sonore. De la prairie à la prison, de la base militaire à la frontière, la corde du diable emprisonne les hommes et les bêtes. C’est à travers le prisme de cet objet universel que Sophie Bruneau – coréalisatrice du remarquable documentaire Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, sur la souffrance au travail – aborde l’épineuse question de la surveillance et du contrôle.

    https://www.arte.tv/fr/videos/057390-000-A/la-corde-du-diable

    #film #film_documentaire
    #barbelé #clôture #USA #Etats-Unis #fil_barbelé #élevage #prison #armée #objets #identification #frontières #Mexique #Tohono_O'odham #Baboquivari #migrations #mourir_dans_le_désert #morts #décès #morgue

  • Chroniques de l’occupation de la Rhénanie

    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, quelque 100 000 soldats français sont envoyés en #Allemagne pour occuper la Rhénanie. Environ 20 000 d’entre eux sont issus des colonies françaises, notamment de #Tunisie et du #Maroc. Rapidement, ces hommes sont la cible d’une campagne de #diffamation qui fait la une des journaux du monde entier sous le slogan « La honte noire »…

    https://www.youtube.com/watch?v=5LmnuSwdlGg


    #film #documentaire #film_documentaire
    #occupation #histoire #propagande #honte_noire #WWI #première_guerre_mondiale #accord_de_Versailles #troupes_coloniales_françaises #corps #racisme #schwarze_schmach #soldats_africains #Rhénanie #Ray_Beveridge #femmes_allemandes #Luise_Zietz #haine_raciale #stérilisation #Mulatiesierung #nationalisme #enfants_afro-allemands #bâtards_de_Rhénanie #Eugen_Fischer #nazisme #stérilisations_forcées_de_masse #Wolfgang_Abel #commission_spéciale_3 #colonisation #colonialisme #soldats_coloniaux #armée

    ping @nepthys

  • #Biélorussie, une #dictature ordinaire

    Le temps semble figé en Biélorussie, pays oublié où règne sans partage #Alexandre_Loukachenko, ancien chef de kolkhoze à la tête de l’État depuis 1994. Là-bas, le #KGB s’appelle toujours KGB, les rues portent les noms de Marx et Engels, et la statue de Lénine domine la place centrale de Minsk, comme si l’homme imprimait toujours sa marque au destin du pays. Parades patriotiques et militaires rythment les saisons biélorusses, orchestrées par le président omnipotent, intarissable défenseur de la fibre nationale et dénonçant sans fin l’idée d’un complot occidental pour conserver son pouvoir. Disparitions, assassinats politiques et vagues de répression s’abattent sur ceux qui osent douter, résister, contredire la voix du maître. Car le pays est déchiré entre deux visions : l’une, attachée à Moscou et effrayée par la porosité de la crise ukrainienne frontalière, qui accepte la domination d’un pouvoir autoritaire, et l’autre résistante, qui s’emploie à aider les victimes de la répression et lutte pour la mémoire de ceux que le régime a fait disparaître. Y aura-t-il un « printemps biélorusse » ? La documentariste Manon Loizeau promène sa caméra dans un pays clivé, encombrant voisin de l’Europe qui sait tirer son parti des guerres d’influences entre Bruxelles et Moscou.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/53901_1
    #film #film_documentaire
    #Loukachenko #frontières #Europe #cimetière #laissez-passer #nationalisme #peur #répression #Alès_Bialiatski #liberté #ordre #contrôle #armée #populisme #résistance #prisonniers_politiques #Vesna #mémoire #totalitarisme #disparus_de_Biélorussie #Dmitry_Zavadsky #accords_de_Minsk #Mikalaï_Statkiévitch #parasites #parasitisme #décret_3 #Maksim_Filipovich #Gomel

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    Citation d’une habitante d’un village coupé en 2 par la frontière entre la Biélorussie et la #Lithuanie (2004) :

    « On était une grande famille. Puis, l’#Union_soviétique s’est effondrée. Les Républiques ont voulu leur #indépendance. Elles ont pensé qu’elles deviendraient riches en ne vivant que pour elles-mêmes. Alors ils ont construit cette frontière. Et on s’est mis à se détester. La #haine, c’est qu’il y a de plus terrible »

  • Tuer et mourir pour le Roi
    https://laviedesidees.fr/Paul-Chauvin-obligation-militaire-Ancien-Regime.html

    À propos de : Paul Chauvin, L’obligation militaire sous l’Ancien Régime, Institut Universitaire Varenne. Contrairement à certaines idées reçues, le roi n’était pas tout puissant sous l’Ancien Régime. En matière de guerre, l’obligation militaire était assortie de nombreuses contraintes et devait être justifiée.

    #Histoire #armée #monarchie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/202103_obligationmilitaire.docx

  • La garantie d’emploi, un outil au potentiel révolutionnaire | Romaric Godin
    http://www.contretemps.eu/chomage-economie-garantie-emploi-depassement-capitalisme

    L’ouvrage de Pavlina Tcherneva qui inaugure la collection « Économie politique » avance une proposition qui peut paraître a priori insensée : fournir à tous les citoyens qui le souhaitent un travail rémunéré, permettant de vivre décemment. Tout l’intérêt de son propos est de montrer que, précisément, cette proposition n’a rien d’insensé, mais qu’elle est parfaitement réalisable pour peu que l’on se libère de certaines certitudes qui ne sont que des constructions politiques. L’idée que le chômage soit le mode d’ajustement « normal » de l’économie est déjà un choix politique remarquablement déconstruit par l’autrice. Source : (...)

  • À la frontière franco-espagnole, la police « #traque » les migrants

    Depuis environ un mois, les contrôles à la frontière franco-espagnole se sont intensifiés. Selon les associations, les migrants, « traqués par la police », prennent de plus en plus de #risques pour atteindre la France. Les humanitaires redoutent un drame, d’autant que certains exilés tentent désormais de rejoindre l’Hexagone en traversant la #rivière #Bidassoa à la nage.

    « #Refoulements illégaux », « traque », « #chasse_à_l'homme », « violation des droits »... Les mots utilisés par les associations locales pour décrire la situation à la frontière franco-espagnole sont forts. Depuis un mois, les humanitaires observent une présence de plus en plus importante des #forces_de_l'ordre. « Il y a toujours eu des contrôles mais à ce point-là, jamais ! On a même vu des #militaires déambuler dans les villages », raconte Lucie Bortaitu de l’association bayonnaise Diakité.

    Début novembre, lors d’une visite dans les Pyrénées, le président Emmanuel Macron avait annoncé le doublement des effectifs aux frontières françaises pour lutter contre la menace terroriste, les trafics et l’immigration illégale.

    À cela s’ajoute la fermeture, début janvier, de 15 points de passage sur les 650 kilomètres de frontière qui séparent l’Espagne de la France pour contenir la pandémie de Covid-19. Cette #surveillance renforcée 24h/24 mobilise 230 #policiers et #militaires.

    Mais pour les associations, le principal enjeu est de limiter l’arrivée de migrants dans l’Hexagone. « Les autorités françaises utilisent l’excuse de la crise sanitaire mais en fait le but premier est le #contrôle_migratoire », estime Ion Aranguren, de l’association espagnole Irungo Harrera Sarea, active du côté d’Irun. « C’est clairement pour lutter contre l’immigration illégale : seuls les Noirs sont constamment contrôlés par les policiers », renchérit Lucie Bortaitu.

    Des refoulements quotidiens

    Depuis plusieurs semaines, selon les humanitaires, les migrants sont « traqués » sur la route, dans les trains et dans la rue. À #Hendaye, les #gendarmes sont même entrés dans le jardin d’un particulier pour y extraire un exilé venu se cacher de la police, rapportent les bénévoles. Des migrants ont aussi été arrêtés au-delà des #20_kilomètres de la frontière, un rayon dans lequel les contrôles d’entrée sur le territoire sont autorisés. Plusieurs personnes ont ainsi été interpellées à #Bordeaux à leur descente du train et expulsées en Espagne.

    D’autres migrants racontent avoir été interpellés, puis envoyés dans les locaux de police avant d’être expulsés à la frontière au beau milieu de la nuit. « L’autre jour, on a appris que cinq femmes avaient été déposées à #Behobia [ville espagnole frontalière située à quelques kilomètres d’#Irun, ndlr] tard le soir. On les lâche là au milieu de nulle part, loin des associations et alors qu’un couvre-feu est aussi en vigueur en Espagne », souffle Lucie Bortaitu. D’autres encore ont été laissés par la police française à #Ibardin, en plein cœur des Pyrénées, du côté espagnol.

    Ce genre de témoignages de refoulement sont recueillis quotidiennement par les associations, françaises et espagnoles. Certains exilés ont déjà tenté six, sept voire huit fois le passage.

    Les mineurs non plus n’échappent pas à ces renvois, malgré la possession d’acte de naissance pour certains, synonyme d’une évaluation de leur minorité et d’une prise en charge par le département.

    Atteindre la France par la rivière

    Ces refoulements, de plus en plus fréquents, inquiètent les humanitaires et les avocats. « Ces #expulsions, qui sont devenues la norme, se font en dehors de tout cadre légal. Ce sont purement et simplement des renvois expéditifs illégaux », signale Me Francisco Sanchez Rodriguez, avocat en droits des étrangers au barreau de Bayonne. Les exilés n’ont en effet pas la possibilité de déposer l’asile, et aucun document de renvoi ne leur est délivré par un juge, comme le prévoit la loi. « On n’avait jamais vu cela à cette frontière », assure l’avocat.

    Malgré la pression policière et les violations de leurs droits, les migrants restent déterminés à continuer leur route. Résultat : ils prennent de plus en plus de risques pour échapper aux forces de l’ordre. Quelques-uns ont même tenté d’atteindre la France en traversant la frontière Bidassoa, qui sépare les deux pays. Un itinéraire jusque-là jamais emprunté par les exilés.

    Tom Dubois-Robin, un habitant d’Hendaye, voit depuis environ un mois des migrants essayer de « passer en France à la nage », en dépit des dangers. Samedi 13 mars, alors qu’il est assis au bord de l’eau avec des amis, il porte secours à un jeune homme venu de l’autre côté de la rivière. Quelques jours plus tard, Tom Dubois-Robin ramasse une doudoune dans l’eau. Dans les poches, il trouve des effets de la Croix-Rouge, dont le centre à Irun accueille des exilés. « Il a dû tenter la traversée et a jeté sa doudoune car elle était trop lourde », pense l’Hendayais.

    Les associations et les citoyens du #Pays_basque redoutent un drame, et se battent pour empêcher que leur rivière ne devienne un cimetière. Tom Dubois-Robin partage ce combat. Cet ancien policier, qui a lâché son uniforme en 2018 en raison justement de ces renvois à répétition, a écrit aux élus de sa région pour « qu’ils tapent du point sur la table et qu’on évite le pire ». Las qu’il est depuis plusieurs années de « ce ping-pong incessant » qui consiste à « renvoyer à la frontière des familles avec enfants ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/31024/a-la-frontiere-franco-espagnole-la-police-traque-les-migrants

    #traque_policière #frontières #migrations #asile #réfugiés #Pyrénées #France #Espagne #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #armée #police

    ping @isskein @karine4

  • Des viols pendant la guerre d’Algérie | Cairn.info
    https://www.cairn.info/journal-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2002-3-page-123.htm

    Dès le début du conflit, les femmes sont victimes de la répression menée par les forces de l’ordre françaises. Elles sont aussi une cible de choix pour l’action psychologique de l’armée dont un des buts était de faire l’Algérie française par les femmes [11]
    En effet ce qu’on appelle alors les « événements d’Algérie » est une guerre dans laquelle la totalité de la population est impliquée d’une manière ou d’une autre et l’engagement des femmes dans la lutte pour l’indépendance, qui a pris des formes diverses, a été progressivement perçu par les militaires français [12]
    Les femmes combattantes dans les maquis n’ont été qu’une infime partie d’entre elles : Djamila Amrane estime leur nombre à environ 2 000 pour toute la guerre. Elles sont pour la plupart très jeunes, puisque plus de la moitié a moins de 20 ans et 90 % moins de 30 ans.

    J’ai mis à jour
    Viols en temps de guerre, le silence et l’impunité
    https://visionscarto.net/viols-en-temps-de-guerre

  • Une filière néonazie au sein de l’armée française - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160321/une-filiere-neonazie-au-sein-de-l-armee-francaise

    Bon nombre de ces nouveaux cas se retrouvent dans les rangs de la #Légion_étrangère mais pas uniquement. En plus des six régiments métropolitains que compte cette célèbre institution, le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa), le 35e régiment d’infanterie (35e RI) et le 132e régiment d’infanterie cynotechnique (132e RIC) sont concernés à la marge. À noter que la plupart des cas identifiés ne sont pas isolés. Les uns sont en contact avec les autres. On les retrouve souvent réunis sur des photos de groupe.

    Le précédent article de Mediapart révélait la présence de #militaires #néonazis au sein du 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA), du 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP), du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa), etc. Nos nouvelles révélations portent à 14 le nombre de régiments de l’armée française comptant de tels individus dans leurs rangs. Comparée à l’ensemble des 210 000 militaires, la soixantaine de cas désormais identifiés en quelques mois par Mediapart pèse peu mais notre enquête, menée essentiellement en sources ouvertes (c’est-à-dire en consultant les publications sur les réseaux sociaux accessibles à tous) avec les moyens qui sont ceux d’un journal et non de l’État, ne saurait être exhaustive.

    #armée #fascisme

  • #Développement_humain (2020)

    - L´#indice_de_développement_humain et ses composantes
    – L´évolution de l´indice de développement humain
    – L´indice de développement humain ajusté aux #inégalités
    – L´indice de développement de #genre
    – L´indice d´#inégalités_de_genre
    – Indice de #pauvreté multidimensionnelle : pays en développement
    – Tendances démographiques
    #Santé
    – Niveaux d´#instruction
    #Revenu_national et composition des ressources
    #Travail et #emploi
    #Sécurité_humaine
    #Mobilité humaine et flux de capitaux
    – Qualité du développement humain
    – Inégalités femmes-hommes sur le cycle de vie
    – Autonomisation des #femmes
    #Durabilité_environnementale
    – Viabilité socio-économique

    http://www.cartostat.eu/dr=2020_developpement_humain/F/TABLEAU.html

    #cartothèque #cartes #visualisations #développement_humain
    #ressources_pédagogiques #statistiques #chiffres #monde
    #inégalités #démographie #éducation #mobilité_humaine #dette #tourisme #migrations #téléphone #téléphone_mobile #mortalité_infantile #paludisme #tuberculeuse #VIH #HIV #scolarisation #alphabétisation #PIB #chômage #réfugiés #IDPs #déplacés_internes #suicide #suicides #violence_domestique #violence_conjugale #alimentation #déficit_alimentaire #espérance_de_vie #lits_d'hôpitaux #soins #médecin #PISA #électricité #eau_potable #assainissement #travail_domestique #accouchement #contraception #congé_maternité #combustibles_fossiles #CO2 #émissions_de_CO2 #forêt #engrais #industrie_agro-alimentaire #pollution #pollution_atmosphérique #hygiène #dépenses_militaires #armée #pauvreté

    ping @reka

  • #Moruroa_files.
    Enquête sur les essais nucléaires français dans le #Pacifique

    Un héritage empoisonné

    Leucémie, lymphome, cancer de la thyroïde, du poumon, du sein, de l’estomac… En Polynésie, l’héritage des essais nucléaires français est inscrit dans la chair et dans le sang des habitants. Le #strontium a grignoté les os, le #césium s’est concentré dans les muscles et les organes génitaux, l’#iode s’est infiltré dans la thyroïde.

    L’histoire de cette catastrophe sanitaire et environnementale largement méconnue a débuté le #2_juillet_1966. Ce jour-là, l’#armée_française procède au #tir_Aldébaran, le premier des 193 essais tirés pendant trente ans depuis les atolls nucléaires de Mururoa et #Fangataufa, à 15 000 km de la métropole. Le premier, aussi, d’une série de #tests parmi les plus contaminants du #programme_nucléaire français : les #essais_à_l’air_libre. Entre #1966 et 1974, l’armée a procédé à 46 #explosions de ce type.

    Disclose et #Interprt, en collaboration avec le programme Science & Global Security de Université de Princeton, aux Etats-Unis, ont enquêté pendant deux ans sur les conséquences des #essais_atmosphériques en Polynésie française. A l’aide de milliers de documents militaires déclassifiés, de centaines d’heures de calculs par ordinateur et de plusieurs dizaines de témoignages inédits, cette enquête démontre pour la première fois l’ampleur des #retombées_radioactives qui ont frappé ce territoire vaste comme l’Europe. Elle dévoile également comment les autorités françaises ont tenté de dissimuler l’impact réel de cette campagne dévastatrice pour la santé des populations civiles et militaires.

    D’après nos calculs, environ 110 000 personnes ont été dangereusement exposées à la #radioactivité, soit la quasi-totalité de la population des archipels à l’époque.

    Le 18 février 2020, l’#Institut_national_de_la_santé_et_de_la_recherche_médicale (#Inserm) a publié un rapport très attendu sur « les conséquences sanitaires des essais nucléaires » en Polynésie française. Aux termes de cette étude, les auteurs concluent que les « liens entre les retombées des essais atmosphériques et la survenue de #pathologies_radio-induites » sont difficiles à établir, faute de données fiables. Et ces deniers de souligner l’absolue nécessité d’« affiner les estimations de doses reçues par la population locale et par les personnels civils et militaires ». C’est précisément ce que nous nous sommes efforcés de faire dans le cadre de cette #reconstitution indépendante. Bien loin de l’opacité et des mensonges que l’Etat s’efforce d’entretenir depuis un demi-siècle.

    https://moruroa-files.org/fr
    #Moruroa #cancers #nucléaire #Polynésie #France #essais_nucléaires #Polynésie_française #santé #thyroïde #Disclose #santé #environnement

  • Crimes sexuels. Au Tigré, le viol devient une #arme_de_guerre

    Depuis quatre mois, une #guerre se déroule à huis clos dans le nord de l’Éthiopie. Outre les combats et les pillages, de plus en plus de témoins font part de #viols_systématiques commis par les #soldats éthiopiens et érythréens. Lucy Kassa, est une des rares journalistes a avoir pu se rendre sur place, au prix de menaces. Dans le Los Angeles Times, elle rapporte l’horreur d’une sale guerre.

    Une jeune femme et sa sœur marchaient sur le bord d’une route déserte dans le nord de l’Éthiopie le mois dernier lorsque cinq hommes les ont forcées à monter dans un pick-up et les ont conduites jusqu’à un petit bâtiment au toit de métal. L’accent et l’uniforme de leurs ravisseurs ne laissaient aucun doute : c’était des soldats érythréens, ceux venus soutenir les troupes éthiopiennes dans les combats qui font rage depuis novembre dans la région du Tigré, à la frontière entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

    Mehrawit, 27 ans, mère de deux enfants, a été séparée de sa sœur et enfermée dans une pièce où il n’y avait qu’un matelas fin et sale. Elle a été violée pendant deux semaines. Ses agresseurs lui ont cassé le bassin et la colonne vertébrale, la laissant recroquevillée sur le sol. Un jour, quinze soldats l’ont violée à tour de rôle pendant huit heures. Elle les a comptés. Elle hurlait de douleur, et eux riaient :

    Au bout d’un moment, je suis devenue complètement insensible, raconte-t-elle dans son lit de l’hôpital de Mekele, la capitale de la région du Tigré, quelques jours après avoir réussi à s’enfuir. Je voyais leur visage. Je les entendais rire. Mais je ne sentais plus la douleur.”

    Son récit est l’un des rares dont on dispose sur le conflit sanglant qui secoue le Tigré. Les organisations de défense des droits de l’homme ont tiré la sonnette d’alarme, disant que dans cette zone montagneuse, à l’abri du regard du monde, les soldats des troupes gouvernementales se livrent à des viols et à des agressions sexuelles sur les civils. Les Nations unies craignent l’imminence d’une catastrophe humanitaire dans cette région qui compte 6 millions d’habitants. Plus de 60 000 Tigréens ont rejoint les camps de réfugiés de l’autre côté de la frontière, au Soudan.

    (#paywall)

    https://www.courrierinternational.com/article/crimes-sexuels-au-tigre-le-viol-devient-une-arme-de-guerre

    #Tigré #Ethiopie #viol #viols #armée #soldats

  • #Rwanda : un document prouve l’ordre de la France de laisser s’enfuir les génocidaires

    Juillet 1994. Les principaux membres du gouvernement responsable du #génocide des #Tutsis sont dans une zone contrôlée par l’#armée_française. Leur arrestation est possible et même réclamée. Un document inédit, émanant du cabinet du ministre des affaires étrangères de l’époque, #Alain_Juppé, prouve aujourd’hui que la #France a préféré les laisser partir. Il est signé de l’actuel patron de la DGSE.

    L’#ordre_politique de laisser s’enfuir à l’été #1994 les principaux membres du gouvernement responsable du génocide des Tutsis au Rwanda, alors que leur arrestation était possible et même demandée, a été directement pris par le #gouvernement_français, selon un document inédit émanant du ministère des affaires étrangères.

    Le massacre des Tutsis du Rwanda, dernier génocide du XXe siècle, a fait près d’un million de morts en cent jours, entre avril et juillet 1994.

    Le document, dont Mediapart a pu prendre connaissance, apparaît vingt-cinq ans après les faits comme la pièce manquante de l’un des épisodes les plus sombres de la #responsabilité française dans la tragédie rwandaise.

    Il a été obtenu par le chercheur François Graner, auteur de plusieurs livres sur le Rwanda et membre de l’association Survie, qui a récemment pu accéder à des #archives inexplorées de la présidence Mitterrand grâce à une décision du Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative a mis fin, en juin dernier, à des années d’entraves orchestrées par les gardiens de la mémoire de l’ancien chef de l’État et de la politique de la France durant le génocide des Tutsis.

    Le document en question est un télégramme « confidentiel diplomatie » émis le 15 juillet 1994 par le cabinet du ministre des affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel, et adressé à l’ambassadeur #Yannick_Gérard, alors représentant du Quai d’Orsay auprès des militaires français envoyés au Rwanda dans le cadre de l’#opération_Turquoise.

    L’ambassadeur Gérard avait réclamé le jour même des « instructions claires » du gouvernement (pour lui et pour l’armée française) afin de procéder sur place à l’#arrestation des autorités qui, écrivait-il dans un télégramme, « portent une lourde responsabilité dans le génocide ». Le fait est que les principaux membres du gouvernement génocidaire, au premier rang desquels son président, #Théodore_Sindikubwabo, se trouvaient alors dans une zone intégralement contrôlée par l’armée française, à proximité du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), pays frontalier du Rwanda.

    « Nous n’avons pas d’autre choix, quelles que soient les difficultés, que de les arrêter ou de les mettre immédiatement en résidence surveillée en attendant que les instances judiciaires internationales compétentes se prononcent sur leur cas », soulignait le haut fonctionnaire, conscient d’avoir des génocidaires identifiés à portée de main.

    La réponse du gouvernement français fut pourtant à l’exact opposé de la requête de l’ambassadeur Gérard. Dans le télégramme du 15 juillet, rédigé à 18 h 22 et adressé à « Yannick Gérard seul », le cabinet du ministre Juppé donne ainsi pour instruction de transmettre aux autorités génocidaires « notre souhait qu’elles quittent » la #zone_contrôlée par les forces armées françaises.

    Le message à transmettre semble si délicat que le cabinet Juppé demande à son ambassadeur de ne pas s’entremettre personnellement avec les génocidaires. « Vous pouvez en revanche utiliser tous les canaux indirects et notamment vos contacts africains, en ne vous exposant pas directement », peut-on lire dans le télégramme, qui a d’ailleurs pour titre : « Le département vous autorise à passer notre message de manière indirecte ».

    « Vous soulignerez que la communauté internationale et en particulier les Nations unies devraient très prochainement déterminer la conduite à suivre à l’égard de ces soi-disantes autorités », précise encore le télégramme, qui, insistant de la sorte sur une décision à venir de la communauté internationale, offre un #sauf-conduit au gouvernement génocidaire pour quitter sans la moindre anicroche le territoire sous contrôle français. Et passer au #Zaïre.

    Le document porte la signature « #EMIE ». Il s’agit de #Bernard_Émié, l’actuel directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l’un des principaux #services_secrets français, qui était à l’époque conseiller d’Alain Juppé au ministère des affaires étrangères, avant de rejoindre l’Élysée sous la présidence de Jacques Chirac.

    Sollicité par Mediapart, Alain Juppé a fait savoir qu’il ne souhaitait pas répondre à nos questions. Également sollicité, Bernard Émié n’a, pour sa part, pas donné suite.

    Un quart de siècle après la tragédie rwandaise, il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que la France savait qui étaient les organisateurs et commanditaires du génocide, et où ils se trouvaient. C’est donc en toute connaissance de cause que le gouvernement et l’Élysée les ont laissés filer.

    D’innombrables documents et témoignages, obtenus depuis des années par des historiens, des journalistes ou des juges, ont déjà largement permis de documenter que la France avait connaissance d’un génocide en préparation avant que celui-ci n’ait lieu et qu’elle a maintenu un soutien indéfectible aux autorités en cause quand le pire a commencé.

    Cela est si vrai que le gouvernement génocidaire, constitué au lendemain d’un attentat ayant tué le président #Habyarimana, jugé trop modéré par la frange la plus radicale du pouvoir hutu, a été formé, le 8 avril 1994, dans les locaux mêmes de l’#ambassade de France à Kigali, sous le nom de « #gouvernement_intérimaire_du_Rwanda » (#GIR).

    C’est un certain Théodore #Sindikubwabo, ancien président de l’Assemblée nationale, qui sera choisi pour diriger le pays avant que celui-ci ne s’enfonce dans les ténèbres. Pédiatre de formation, Sindikubwabo est considéré comme l’un des commanditaires du génocide, soupçonné d’avoir personnellement incité aux #massacres – notamment à l’occasion d’un discours retransmis le 19 avril sur Radio Rwanda – et d’avoir démis de leurs fonctions les préfets et autorités qui ne tuaient pas assez.

    Sindikubwabo fait partie des responsables politiques du génocide qui ont pu rallier le Zaïre en juillet 1994 avec l’aval du gouvernement français. Il est mort en 1998 dans des circonstances mal connues et sans jamais avoir été inquiété pour ses crimes.

    L’ordre de Juppé, l’ombre de Védrine

    Il existe dans les archives disponibles la trace d’un contact, en mai 1994, entre Sindikubwabo et le général #Christian_Quesnot, le chef d’état-major particulier du président de la République. Dans une note du 6 mai écrite à l’attention de #François_Mitterrand, après son échange avec le nouveau chef de l’État génocidaire – les massacres ont débuté un mois plus tôt –, le militaire indique que le dignitaire rwandais le « remercie » pour tout ce qu’il a « fait pour le Rwanda ».

    Dans ses commentaires personnels à la fin du document, le général Quesnot préconise alors d’appuyer, même au prix d’une « #stratégie_indirecte », le pouvoir rwandais face aux forces armées tutsies. Le général Quesnot dit, en effet, craindre l’établissement d’un « #Tutsiland » (sic), le tout « avec l’aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels remarquables relais d’un lobby tutsi auquel est également sensible une partie de notre appareil d’État ». Le document est annoté de la main du secrétaire général de la présidence de la République, #Hubert_Védrine, d’un mot : « Signalé ».

    Pourtant, sur le terrain, la diplomatie et les services de renseignements français ne cessent d’accumuler des éléments sur la responsabilité du gouvernement intérimaire dans le génocide.

    Un télégramme « confidentiel diplomatie » daté du 10 juillet 1994 de l’ambassadeur Gérard, également découvert par le chercheur François Graner grâce à la décision du Conseil d’État de juin dernier, évoque même « un témoignage digne de foi qui confirme la responsabilité collective et personnelle des autorités de #Gisenyi [le gouvernement génocidaire – ndlr] dans les massacres ». Le diplomate ajoute que, selon d’autres témoignages « directs et concordants », le président Sindikubwabo a personnellement appelé à plusieurs reprises à « l’élimination totale des Tutsis » et que l’une de ses ministres a, en particulier, réclamé le massacre « des femmes et des enfants ».

    Cinq jours plus tard, c’est donc en parfaite connaissance de cause que l’ambassadeur Gérard demande des « instructions claires » au gouvernement pour pouvoir mettre aux arrêts ou, au moins, en résidence surveillée les génocidaires.

    En vain.

    À Paris, la question de l’arrestation des membres du gouvernement génocidaire a pourtant été source de confusion au sommet de l’État, comme le prouvent plusieurs autres documents.

    Dans les archives de l’Élysée figure notamment la copie d’une dépêche émise depuis Paris, le 15 juillet en fin de matinée, par l’agence de presse Reuters sous un titre éloquent : « Paris prêt à arrêter les membres du gouvernement ». « Les membres du gouvernement intérimaire rwandais […] seront mis aux arrêts s’ils tombent aux mains de soldats de français dans la #zone_humanitaire_protégée par l’opération Turquoise », indiquait l’agence de presse internationale, qui disait tenir ses informations d’une « source autorisée à Paris ».

    Seulement voilà : une annotation manuscrite, inscrite par Hubert Védrine dans la marge de la dépêche imprimée par les services de l’Élysée, montre qu’il n’en était, en réalité, rien. « Lecture du Président : ce n’est pas ce qui a été dit chez le Premier ministre », peut-on lire sous la plume du secrétaire général de l’Élysée.

    Le document du cabinet Juppé sur l’ordre de laisser filer les génocidaires, daté lui aussi du 15 juillet, vient aujourd’hui conforter le soupçon d’un ministre des affaires étrangères, Alain #Juppé, en accord avec la politique élyséenne, bien qu’appartenant à un gouvernement de cohabitation dirigé par #Édouard_Balladur. Ce dernier fera d’ailleurs savoir à ce sujet, en 1998, qu’il « n’était pas question » aux yeux de Mitterrand « de châtier les auteurs hutus du génocide ». « Et il n’était pas question aux miens, ajoutait-il, de permettre à ceux-ci d’aller se mettre à l’abri au Zaïre ».

    C’est pourtant exactement ce qui s’est passé, et ce, sur ordre de son propre ministre Alain Juppé. Sur le terrain, l’#exfiltration est pilotée par le lieutenant-colonel #Jacques_Hogard, qui commande le groupement Sud-Turquoise au Rwanda, formé de troupes de la #Légion_étrangère.

    Dans un supplément spécial consacré aux opérations au Rwanda, la revue militaire Képi blanc a résumé des années plus tard la situation dans un style d’une raideur militaire qui ne fait guère dans la contorsion : « L’#EMT [#état-major_tactique] provoque et organise l’#évacuation du gouvernement de transition rwandais vers le Zaïre. »

    Le lieutenant-colonel #Hogard confirmera lui-même à plusieurs occasions les faits, notamment au journaliste David Servenay et à l’universitaire Gabriel Périès, auteurs du livre Une guerre noire (La Découverte). Dans cet ouvrage, le militaire raconte être allé voir en ces termes son homologue zaïrois pour lui parler des génocidaires qu’il s’apprêtait à laisser partir : « Vous ne fermez pas les #frontières, vous les laissez poreuses, je ne veux pas que vous empêchiez ces gens-là de partir, le Zaïre est grand, ils n’ont que ça pour partir. »

    Dès le 16 juillet, c’est-à-dire au lendemain du télégramme envoyé par le cabinet Juppé, le lieutenant-colonel Hogard rencontre le chef de l’État du Rwanda pour lui faire savoir que lui et ses hommes doivent – et peuvent – partir dans les vingt-quatre heures. Et c’est ainsi que la France escorte du Rwanda à la frontière zaïroise parmi les principaux responsables politiques du génocide.

    Un militaire de l’opération Turquoise, Guillaume Ancel, a raconté des années plus tard dans un livre (Rwanda, la fin du silence, éditions Belles Lettres) avoir vu le lieutenant-colonel Hogard quelque temps après cette scène. « Certes, il est convaincu que ce n’est pas notre rôle de rendre justice, mais escorter poliment des décideurs qui ont de terribles responsabilités dans les massacres et “du sang jusqu’au cou” le tourmente. Il aurait pu les arrêter, il aurait même pu les neutraliser, mais ses ordres ne lui laissaient pas le choix », a-t-il témoigné.

    Un document déclassifié de l’état-major de l’armée française confirme que les membres du gouvernement génocidaire « ont franchi la frontière rwando-zaïroise » le 17 juillet en fin de journée, « l’option clairement avouée étant de replier également le reste des #FAR [#forces_armées_du_gouvernement – ndlr] avec leur armement au Zaïre, afin de poursuivre la #résistance depuis ce pays ».

    En un mot : que les génocidaires soient à l’abri pour que le sang, lui, continue de couler.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/140221/rwanda-un-document-prouve-l-ordre-de-la-france-de-laisser-s-enfuir-les-gen
    #génocide #Quesnot #Balladur #Edouard_Balladur

    signalé par @arno : je mets ici le texte complet

    • Une guerre noire. Enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994)

      Au printemps 1994, au Rwanda, près d’un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d’Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d’enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l’aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l’une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la « guerre révolutionnaire ». Des opérations clandestines menées dans le « pré carré » au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l’armée française. Formalisé pendant la guerre d’Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d’États africains… dont le Rwanda des années 1960. Et ce n’est pas le fruit du hasard si l’un des meilleurs élèves africains de la « guerre révolutionnaire » perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d’un jour nouveau la responsabilité de l’État français dans le génocide rwandais.

      https://www.editionsladecouverte.fr/une_guerre_noire-9782707149145

      #livre #Gabriel_PÉRIÈS #David_SERVENAY

    • Rwanda, la fin du silence. #Témoignage d’un officier français

      Au lourd secret qui entoure le véritable rôle de la France et de son armée lors du génocide des Tutsi au Rwanda, #Guillaume_Ancel oppose la vérité de ses carnets de terrain, témoignage des missions auxquelles il a participé durant l’opération Turquoise. La fin du silence est aussi le récit du combat mené par cet ancien officier pour faire savoir ce qui s’est réellement passé durant cet été 1994 et « rendre hommage, dignement, aux centaines de milliers de victimes rwandaises que nous n’avons pas su empêcher. »
      Officier de la Force d’action rapide, détaché au sein d’une unité de la Légion étrangère, le capitaine Ancel mène avec ses hommes des opérations d’extraction de personnes menacées. Sous couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais dont elle a formé l’armée. Il décrit les errements de l’armée française, ballotée au gré de décisions politiques dont les motivations sont toujours tenues secrètes, les archives officielles restant inaccessibles. Ce témoignage dévoile également certains épisodes méconnus de cette opération « #humanitaire » durant laquelle l’armée française a tué. Parfois pour défendre, parfois pour des raisons moins avouables.

      https://www.lesbelleslettres.com/livre/3565-rwanda-la-fin-du-silence
      #opération_humanitaire

  • L’oriflamme russe au Soudan : un enracinement stratégique sur la mer Rouge et au-delà - REGARD SUR L’EST
    https://regard-est.com/loriflamme-russe-au-soudan-un-enracinement-strategique-sur-la-mer-rouge-

    L’éclosion prochaine d’une base russe au Soudan marque une étape tant dans le rapprochement entre les deux pays que pour la présence de la Russie en Afrique. Cette base revêt une importance particulière pour la protection des intérêts russes et aura de multiples effets stratégiques.

    #russafrique #rusie #soudan #armement #bases_militaires #armée #géopolitique #déploiment_miliatrie

  • Le #nouveau_camp de #Lesbos, #Grèce, #Kara_Tepe, et la présumée #contamination au #plomb du terrain où il est construit (construction : #septembre_2020)

    #déchets #toxicité #pollution #armée #zone_militaire #plomb #santé #migrations #asile #réfugiés #camps_de_réfugiés #Lesbos #Grèce #îles_grecques #Moria_2.0

    –---

    voir le fil de discussion sur Kara Tepe ici, auquel j’ai ajouté la question du plomb :
    https://seenthis.net/messages/875903

    ping @isskein @karine4

    • Refugee camp on toxic land, potentially life threatening for small children!

      The new “temporary” camp in Kara Tepe, Lesvos, is as we all know built partially on an old military firing range. For the government this already restricted area was perfect, it was already fenced in. As all military areas there is a lot of restrictions, the most important ones are the restrictions of movement and the restrictions on taking pictures.
      The camp area has been criticized by many, because it’s just not suited to house people, in flimsy tents when the winter is approaching. It’s at the sea, without any protection from heavy winds that usually pounds this area. The area also floods frequently, the tents are built straight on the ground, there is no drainage system. When it’s really starts to rain, and it will, there will be mud everywhere, outside and inside the tents. And if that wasn’t enough, it’s a high possibility, that the very land the camp is built on is toxic.
      As previously mentioned, it’s an old military firing range, that has been used by the military for decades. We can assume that the military has used a variety of weapons, that over the years, have packed the ground with hazardous materials. The main concern is the possibility of lead contamination. The presence of lead and lead dust is well documented on such sites as are the extreme danger to health if lead is absorbed by children. Children younger than 6 years are especially vulnerable to lead poisoning, which can severely affect mental and physical development. At very high levels, lead poisoning can be fatal.
      As we all know, UNHCR are assisting the Greek authorities in resettling displaced families, many of them children, on this new site. They have a special responsibility, due to their involvement, to assure that the area used is suitable and safe to live on. UNHCR have rehoused displaced families on highly toxic land in the past, and should have learned by their previous mistakes.
      Following the war in Kosovo in 1999, UNHCR rehoused displaced families on highly toxic land. This is also well documented, particularly so on a website that followed the situation over a number of years. www.toxicwastekills.com
      It resulted in childrens’ blood lead levels higher than instruments could measure. There is no level of lead so low that children’s health will not be damaged. Very young children often absorb it through licking lead paint etc as they find it pleasant. This is also well documented. Pregnant women can transfer absorbed lead to foetuses through the placenta. It attacks all organs of the body but also causes irreversible brain damage. Now UNHCR is helping to place men, women and children on an old military firing range near Kara Tepe on Lesvos. This could be yet another deadly mistake in the making.
      Due to the fact that it took only 5 days to put up this camp, after the fire in Moria, it’s highly unlikely that any proper survey has been taken. This new site requires urgent toxicity checking by independent experts to reveal whether lead is present on the new site, which could indicate an evacuation might be necessary to protect the lives of vulnerable children. The concern has already been addressed by email to Astrid Castelein, head of the UNHCR sub office on Lesvos, and the main UNHCR office in Greece, so far without any reply.
      Some areas in the camp has been leveled out by bulldozers, in other areas soil from the leveled areas has been reused as landfill. By doing so, things that has been buried in the ground for decades has resurfaced, possibly making the situation even worse. Residents in the camp have found remains of ammunition casings and grenades around the tents, and military personnel have been observed using metal detectors in the outskirts of the camp. To see small children who have fled war, play with used ammunition in a European refugee camp, should raise some questions.
      If this isn’t enough, a proposal to create a new “reception and identification centre” structure with a capacity of 2,500 people, and a planned 500 employees overall, in the area of the former shooting range of Kamenos Dasos (Camlik) in central Lesvos seems to have been passed, as the majority of Mytilene municipal authority confirmed. These areas would never have been approved to build houses, schools or kindergartens, but seems to be more than good enough for these children..
      https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/lead-poisoning/symptoms-causes/syc-20354717

      https://www.facebook.com/AegeanBoatReport

    • Greece : Migrant Camp Lead Contamination

      Inadequate Government Response; Lack of Transparency Put Health at Risk

      The Greek government should release test results and other vital information about lead contamination in a migrant camp on Lesbos island to protect the health of residents and workers, Human Rights Watch said today.

      After testing soil samples in November, the government confirmed publicly on January 23, 2021 the presence of dangerous levels of lead in the soil in the administrative area of the Lesbos camp. It says that samples from residential areas showed lead levels below relevant standards but did not release the locations where samples were collected or the actual test results. The government has yet to indicate that it will take the necessary steps to adequately assess and mitigate the risk, including comprehensive testing and measures to remove people from areas that could be contaminated.

      “The Greek government knowingly built a migrant camp on a firing range and then turned a blind eye to the potential health risks for residents and workers there,” said Belkis Wille, senior crisis and conflict researcher at Human Rights Watch. “After weeks of prodding, it took soil samples to test for lead contamination while denying that a risk of lead exposure existed. It did not make the results public for over seven weeks, and has yet to allow independent experts to analyze them or vow to take the necessary steps to protect residents and workers and inform them about the potential health risks.”

      Human Rights Watch published a report in December documenting that thousands of asylum seekers, aid workers, and United Nations, Greek, and European Union employees may be at risk of lead poisoning in the Lesbos camp. Greek authorities built the new camp, Mavrovouni (also known as new Kara Tepe), on a repurposed military firing range. It now houses 6,500 people. According to a government announcement on January 23, one out of 12 soil samples taken in November came back on December 8 with lead levels that “exceeded the acceptable limit.” The announcement also mentions some steps to mitigate the risk.

      Human Rights Watch has requested the Greek government and the European Commission, which financially supports the camp and with which the government shared the results, to release the testing plan and the test results, which should include such information as the levels of lead for each sample, the sample depths and exact locations, a complete history of the site with location specifity, the expertise of those conducting the testing, the sampling methodology, and information on chain of custody. To date, neither the Greek government nor the European Commission has made this information available.

      This lack of transparency means that it is impossible to assess the adequacy of the testing, evaluate what the results represent, or recommend specific strategies to address the identified risks. As a result, it is impossible to determine whether the measures laid out in the January 23 statement, such as adding new soil, gravel, and a cement base in some areas, are adequate to protect people who live and work in the camp.

      In early September, large fires broke out inside the Moria camp, the Reception and Identification Center on Lesbos, which was housing 12,767 migrants, mostly women and children. Within days, the authorities constructed Mavrovouni and said they would construct a new permanent camp. Young children and women of reproductive age are most at risk for negative effects from lead exposure.

      In a meeting with Human Rights Watch on January 20, Minister for Migration and Asylum Notis Mitarachi said that he hoped that the residents of Mavrovouni would not spend another winter there, but did not specify when the new camp would be ready. Construction has yet to begin.

      Mavrovouni functioned as a military firing range from 1926 to mid-2020. Firing ranges are well recognized as sites with lead contamination because of bullets, shot, and casings that contain lead and end up in the ground. Lead in the soil from bullet residue can readily become airborne, especially under dry and windy conditions, which are often present on Lesbos. Lead is highly toxic when ingested or inhaled, particularly to children and anyone who is pregnant or lactating. The World Health Organization (WHO) maintains that there is no known safe level of blood lead concentration. Lead degrades very slowly, so sites can remain dangerous for decades.

      After multiple representations by Human Rights Watch to various Greek authorities, the European Commission, the UN refugee agency, UNHCR, and the WHO, the Greek government and the EU Commission commissioned the Hellenic Authority of Geology and Mineral Exploration to take 12 soil samples on November 24. According to the government, 11 soil samples showed lead levels “below the acceptable limits for lead in soil,” based on Dutch standards.

      The 12th sample, taken from what authorities described as an “administrative area” on the Mavrovouni hill, “at the end of the firing range,” showed elevated levels of lead above acceptable limits, but authorities did not reveal the concentration of lead in the soil. Mitarachi told Human Rights Watch that the area that showed lead levels above acceptable limits was fenced off, but residents and two aid workers said there were no fences inside the camp in that area or signs warning of a contaminated area. At least five aid organizations have offices in that area. An aid worker said residents, sometimes as many as 200 and including children, line up there for support and information. Younger children risk ingesting lead as they play or sit on contaminated ground.

      Human Rights Watch was unable to determine whether the government shared any information with humanitarian agencies about the testing results, but calls with agencies including UNHCR and the WHO indicated that they were not aware of them prior to the January 23 release. A staff member from one aid organization there said that at least one aid worker in the camp is currently pregnant, and 118 camp residents are pregnant, based on November government data.

      An environmental expert whom Human Rights Watch consulted said that, given the potential size of the affected area and the likelihood that elevated levels are the result of historic activity, the fact that one out of 12 samples in an area came back positive should trigger further testing.

      International law obligates countries to respect, protect, and fulfill the right to the highest attainable standard of health. The UN special rapporteur on human rights and the environment’s Framework Principles on Human Rights and the Environment, which interpret the right to a healthy environment, emphasize the need for “public access to environmental information by collecting and disseminating information and by providing affordable, effective and timely access to information to any person upon request.” The Aarhus Convention, to which Greece is a party, provides a right to receive environmental information held by public authorities.

      Greek authorities should immediately release the results and testing plan to the public, and take measures to mitigate the risk to the health of camp residents and workers, Human Rights Watch said. The authorities should ensure that residents and workers are informed about the results and measures to protect their health in languages they can understand. The authorities should also urgently undertake further testing and allow independent experts to comment on investigative work plans, audit the soil testing process, and collect split samples (a sample that is separated into at least two parts so that testing can be carried out at two or more seperate laboraties in order to confirm results) or carry out independent testing.

      The European Commission, which financially supports Greece to manage the camp and has staff stationed there, EU agencies, Frontex, and the European Asylum Support office, as well as United Nations agencies, UNHCR, UNICEF, the IOM and the WHO, should urge Greek authorities to make the detailed results and testing plan public, and push authorities to find alternative and safe housing solutions for those affected, including the option of moving them to the mainland. The European Commission, which was given the results and testing plan by the Greek government, should also make public the detailed information it received on the results and the methodology of the testing, to allow independent experts to comment on the risk to residents and workers in the camps.

      “Greece and its EU partners have a duty to make sure that people who live and work in the Mavrovouni camp are safe,” Wille said. “That requires transparency about the risks as well as urgent steps to mitigate them.”

      Additional Information

      In its January 23 statement and in its meeting with Human Rights Watch on January 20, the Greek government made several inaccurate claims regarding remediation and protection of residents. In its statement, the government claimed that after soil samples were taken on November 24, “while awaiting the results” it removed the tents directly on the firing range strip. But satellite imagery and residents’ and workers’ statements indicate that no tents were removed until between December 11 and 16, after the test results were received.

      Satellite imagery and aid organization mapping of the camp shows that by January 10, 79 tents remained on the firing range, with 58 more at the base of the hill. The residents in those tents may be at increased risk of coming into contact with contaminated soil, particularly when it rains. In addition, after some tents were removed, three migrants and two aid workers told Human Rights Watch that residents have been using the area for football and other recreation. Authorities have not fenced off the area or notified residents of the health risks.

      Since the site was tested, major construction work and heavy rains in the area mean that potentially contaminated soil from the hill and firing range area may have moved to other parts of the camp, which warrants further testing.

      Human Rights Watch received information from multiple sources that on January 18, the International Organization for Migration (IOM), which runs two assistance programs in the camp, suspended its operations at its tent on the hill. In response to a Human Rights Watch query, IOM’s Chief of Mission in Greece confirmed that, “Following the announcements regarding lead detection outside the accommodation areas and while waiting for more information from the authorities, IOM staff has been advised to remain inside the residential area.”

      In an aid briefing on January 19, the sources said it was revealed that the decision was made because of elevated levels of lead found in the “blue zone” of the camp, an area that includes the firing range and the base of the hill where the IOM Helios tent is located, as well as other aid tents including that of Médecins du Monde (MdM), and the International Rescue Committee (IRC). IOM staff have yet to return to the camp, but aid workers still in the camp said there is still no fencing or signage around that area. According to the camp residents and two aid workers, and 24 photos and videos taken from inside Mavrovouni by the DunyaCollective, a media collective, since December, authorities have been moving large quantities of soil, including removing some from the hill behind the IOM Helios tent.

      On January 23, Medecins Sans Frontieres (Doctors without Borders or MSF) issued a statement raising its concerns at the lack of appropriate government and EU action in the face of the testing results. On January 26, a group of 20 nongovernmental groups issued a joint statement calling on the Greek authorities to immediately evacuate camp residents and transfer them to appropriate structures on the mainland and elsewhere, such as hotel units.

      Aerial footage from January 14 shows tents still present in the part of the camp built on the former firing range at that date starting at around 02:00.

      https://www.hrw.org/news/2021/01/27/greece-migrant-camp-lead-contamination

    • Greece: Lead Poisoning Concerns in New Migrant Camp

      Thousands of asylum seekers, aid workers, United Nations, and Greek and European Union employees may be at risk of lead poisoning in a new migrant camp that Greek authorities have built on a repurposed military firing range on the island of Lesbos, Human Rights Watch said today.

      Firing ranges are commonly contaminated with lead from munitions, nevertheless the authorities did not conduct comprehensive lead testing or soil remediation before moving migrants to the site in September 2020. Evidence collected by migrants moved to the site also indicated that authorities have also failed to clear all unexploded mortar projectiles and live small arms ammunition, which could injure or kill if disturbed or handled.

      “Putting thousands of migrant adults and children, along with aid workers, on top of a former firing range without taking the necessary steps to guarantee they would not be exposed to toxic lead is unconscionable,” said Belkis Wille, senior crisis and conflict researcher at Human Rights Watch. “The Greek authorities should promptly conduct a comprehensive site assessment of soil lead levels and release the results.”

      In November and early December, Human Rights Watch interviewed four people living in the camp, two aid workers, one Greek migration ministry employee working in the camp, and four medical and environmental experts, and reviewed academic research on the risk of soil lead contamination at shooting ranges and medical research on the health risks of lead poisoning. Human Rights Watch did not have access to conduct on-site research, but analyzed photos and videos of the site and satellite imagery to confirm the firing range location.

      The Asylum and Migration Ministry began major construction work at the end of November at the site, called Mavrovouni camp, that could disturb any lead contaminated soil, further exposing residents and workers. The work to improve access to electricity and water and reduce the risk of flooding began despite warnings from Human Rights Watch of the potential of increased risk of lead poisoning.

      In early September, large fires broke out inside the Moria camp, the Reception and Identification Center on Lesbos that was housing 12,767 migrants, mostly women and child migrants. Within days, authorities constructed Mavrovouni (also known as new Kara Tepe) as a temporary camp and told people that they would begin construction of a new permanent camp for use by June 2021. According to the media, Migration and Asylum Minister Notis Mitarachi, has recently indicated the new camp will only be ready by Autumn 2021. Currently 7,517 people, mostly from Afghanistan and Syria, are staying at Mavrovouni, which started functioning as a military firing range in 1926 and was in use until the camp was constructed in September 2020, Mitarachi said.

      In response to letters from Human Rights Watch, Migration and Asylum Minister Notis Mitarachi stated in a November 19 letter that the camp had “no lead contamination,” but provided no evidence for the basis of that assertion. He said the government has agreed to conduct soil testing with the European Commission within one month, but has not revealed the nature of the testing, the areas to be tested, or the methodology. A Hellenic army representative called Human Rights Watch on December 1, stating his intention to respond to a letter received on November 4 from Human Rights Watch, raising urgent concerns. But no response has been received. On December 6, General Secretary for Asylum Seekers’ Reception Manos Logothetis, called Human Rights Watch to dispute the risk of lead contamination at the camp. He confirmed that no soil testing for lead had taken place prior to moving people to the camp, but said that authorities are awaiting the results of soil testing conducted recently in collaboration with the Institute of Geology and Mineral Exploration (IGME).

      “No one just shows up without a plan,” Dr. Gordon Binkhorst, vice president of global programs at Pure Earth, told Human Rights Watch. “Sharing of a well-founded work plan beforehand is key to transparency and ensuring confidence in the findings.” Greek authorities should allow independent experts to comment on investigative work plans, audit the soil testing process and collect split samples for independent testing.

      “The authorities should share documentation of work completed and a comprehensive site investigation work plan based on a review of the site history, contaminants of concern, a conceptual site model of how such contaminants are released to and migrated in the environment, and a comprehensive testing plan that evaluates the degree and extent of contamination in the environment, and potential exposure routes,” Dr. Binkhorst said.

      Firing ranges are well-recognized as sites with lead contamination because of bullets, shot, and casings that contain lead and end up in the ground. Lead in the soil from bullet residue can readily become airborne, especially under dry and windy conditions, which often exist on Lesbos. Lead is a heavy metal that is highly toxic to humans when ingested or inhaled, particularly by children and during pregnancy. It degrades very slowly, so sites can remain dangerous for decades.

      The World Health Organization maintains that there is no known safe level of lead exposure. Elevated levels can impair the body’s neurological, biological, and cognitive functions, leading to learning barriers or disabilities; behavioral problems; impaired growth; anemia; brain, liver, kidney, nerve, and stomach damage; coma and convulsions; and even death. Lead also increases the risk of miscarriage and can be transmitted through both the placenta and breast milk.

      Small children and women of reproductive age are at particular risk. According to Greek authorities, on November 19, 2,552 out of 7,517 people in the camp were children, 997 of them under age 5, and 1,668 were women – 118 of whom have said they are five or more months pregnant.Camp residents shared 17 photographs of items they said they had found in the ground around their tents, including an intact 60mm mortar projectile and a tail fin assembly for another 60mm mortar projectile, cartridge casings for rifle bullets, fired 12-gauge shotgun cartridges, and live pistol, rifle, machine gun, and shotgun ammunition. Intact munitions, such as 60mm mortar projectiles and small arms ammunition, pose an immediate explosive hazard and should be removed urgently from the area.

      “We try to stop our children from going to play up the hill because we know there might be bullets and other things the army didn’t clear that could be dangerous,” one camp resident said. Munitions containing lead can be extremely dangerous when swallowed by children or contaminate the soil, a medical expert told Human Rights Watch.

      The authorities should conduct a thorough and transparent assessment of lead levels in the soil and dust, as well as other possible pathways to exposure, and make the results publicly available. Any work that might increase exposure should be paused until after the soil has been tested or until people have been removed from the camp and housed in adequate facilities, Human Rights Watch said. If lead is present in the soil, authorities should provide free blood testing and treatment for camp residents, aid workers, police, and others who might have been exposed, prioritizing young children and women of reproductive age, and immediately move exposed residents to a safe location and remediate the contaminated areas.

      “The Greek government could be putting at risk families with young children, aid workers, and its own employees because it’s determined to hold asylum seekers on the island,” Wille said. “If this is where the government is trying to force asylum seekers to live on Lesbos, then all the more reason to transfer people to the mainland.”

      Tents on a Firing Range

      The Mavrovouni site sits on a large plot of military-owned land, some of which was used as a military firing range since 1926. The Asylum and Migration Ministry said that it covered the site with “new levels of soil” before the camp was opened.

      Human Rights Watch reviewed satellite imagery from before and after construction began on the camp on September 11, 2020. Imagery from before shows a firing range on part of the site next to Mavrovouni Hill. By September 28, more than 200 tents had been set up directly on the former firing range itself, with more tents on adjacent areas.

      Satellite imagery from June, before Moria camp was destroyed by fire, shows some basic clearance of vegetation cover within a rectangular strip that included the firing range, as well as a small section at the base of Mavrovouni Hill. From the imagery, it is impossible to determine the depth of the soil removal and whether the remediation of lead impacted soil was completed in accordance with prevailing standards and guidelines, or if it was just a superficial scraping of topsoil.

      Human Rights Watch was unable to determine what soil removal activities took place between June and September, when the camp opened, or of other activities to decontaminate the ground or where soil removed was disposed of. Given the speed of camp construction, it is very unlikely that authorities could have carried out remediation of lead-impacted soil before setting up the tents. Greek authorities have indicated that new soil was placed prior to construction of the camp, with no location indicated.

      Satellite imagery analysis, combined with a review of photos and videos of the firing range that were posted online in the spring, shows that the military was shooting from the southwest toward targets in the northeast, at the foot of Mavrovouni Hill. This suggests that soil on the hillside might also be contaminated by lead.

      Imagery recorded between September 14 and 16, shows at least 300 tents just south of the hill without any prior signs of soil clearance, with another at least 170 added in the following days. Imagery from late November shows further ground preparation southeast of the hill, and the construction of four large structures.

      Medical and environmental experts interviewed said it was risky to conduct further work in the camp without first conducting soil samples. “Disturbing this area will mobilize the lead in the soil and make it more vulnerable to dispersion from periodic rainfall, flooding, and wind erosion,” said Jack Caravanos, professor of global environmental health at New York University. Dr. Caravanos has visited and assessed dozens of lead-contaminated sites throughout the world and expressed dismay over how this site was chosen without proper environmental investigation.

      A European Commission official who is involved in migration policy with Greece said that the Greek Defense Ministry claimed that “no pieces of lead were observed on the ground” during construction or other work. Because lead dust is usually not visible, this claim raises concerns about the seriousness of the Greek government’s assessment.

      A source close to the police said that the government had considered turning the firing range into a camp site as early as 2015. At the time, authorities rejected the proposal for several reasons, the source said, including because it had been a firing range. It is unclear why the government ignored these concerns in 2020. A migration ministry employee working on the camp who spoke on the condition of anonymity said that in September, before Mavrovouni was selected, the government met with a few larger nongovernmental organizations, and discussed at least two or three alternative locations.

      Lead Contamination

      In his letter to Human Rights Watch, Minister Mitarachi said that the range had only been used for “small arms (straight trajectory), commonly only bullets, and not for other types of ammunition.” This ammunition, he said, “according to the Greek Army, contains no lead.” He added that the army had searched the camp for munitions prior to opening, and again 20 days later, and “reported no findings.”In contrast to these claims, bullets used for rifles, pistols, and machine guns as well as shot used by shotguns usually contain lead, which is used in bullets for its density and penetrating ability. Research at firing ranges has found that the discharge of lead dust from shooting results in soil contamination. Research has shown that elevated blood lead levels are commonly found in users of these sites, even among those who use them for limited amounts of time for recreational purposes.

      The large amount of fired small arms casings and cartridges found at the camp indicates an equally large number of bullets and shot might be buried beneath the ground where they landed. Other areas near the firing range may have been affected, including from relocation of soil associated with the construction of the camp or historic clearing of soils and munitions from the firing range. Thus, it is likely that any soil contamination extends beyond the firing range. Greek authorities provided no documentation for their claim that all the munitions used at the firing range were lead-free. This claim is highly questionable, given that lead-free bullets are expensive and very rare, particularly prior to the 1980s. Some bullets have an external metal-alloy coating that may make them appear to be lead-free, but the coating disintegrates relatively quickly when the bullet enters the soil, and the lead core becomes exposed. In addition, the photographic evidence from camp residents does not appear to support this contention.

      Camp residents shared with Human Rights Watch five photographs, one dated September 20, and two videos of the Hellenic Army’s Land Mine Clearance Squad carrying out clearance activities without any protective equipment and disregarding distancing between them and camp residents needed for safe ammunition clearance activities.

      The migration ministry employee working in the camp who spoke on the condition of anonymity said she remembered clearance operations taking place around that date: “There were soldiers who had this machine to detect metal walking amongst us. They were so close that we had to pick up our feet from the ground so they could check right under us.” A government employee’s union made a formal complaint about general working conditions at the camp, including their concerns around these clearance activities.

      In addition to camp residents, anyone working inside the camp could also face potential lead exposure from spending time in the camp if the soil is contaminated. Residents, aid workers, and the migration ministry employee said that these include staff from the Hellenic police, Hellenic army, municipality, First Reception Service, Asylum Service, National Public Health Organization (EODY), European Commission, European Asylum Support Office (EASO), European Border and Coast Guard Agency (Frontex), Europol, IOM, UNHCR, UNICEF, World Health Organization, Red Cross, and at least eight other medical and aid groups.

      Risks of Lead Poisoning for At-risk Groups

      Symptoms of lead poisoning are often not diagnosed as such but its adverse health effects can be irreversible. The severity of symptoms increases with prolonged exposure. Globally, lead exposure is estimated to account for up to one million deaths annually, with the highest burden in low- and middle-income countries. Poor and disadvantaged populations are more vulnerable because undernourishment increases the amount of ingested lead the body absorbs.

      Children are especially at risk because they absorb four to five times as much lead as adults, and their brains and bodies are still developing. In addition, small children often put their hands in their mouths or play on the ground, which increases their likelihood of ingesting or inhaling lead in dust and dirt. Exposure during pregnancy can result in stillbirth, miscarriage, and low birth weight, and can negatively affect fetal brain development. At least 118 pregnant women and 2,552 children are at the site, according to government data.

      Mohammed Hafida, a camp resident with three young children whose wife is pregnant, said that when they first moved to the camp it was particularly dusty. “When cars drove past the tents there was dust everywhere,” he said. “That only went away once the rain set in two weeks later. But the camp is on a hill, and so when it rained for several hours, many of the tents collapsed. This isn’t a camp, it’s a hell.”

      People living in the camp said that for the first few weeks, they had been sleeping on blankets and mattresses on the dusty ground, but more recently aid workers had added flooring to the tents. Even as rainfall increased, residents reported that dust would still enter the tents including in the cooking areas. Camp residents said they have to clean dust out of their tents multiple times a day because cars are driving on adjacent gravel roads. Children often play in the dusty area by the roads. A medical expert said that small children at the camp are at very serious risk for as long as they are exposed to dust that could be contaminated.

      Camp authorities did not inform residents that there could be a risk of lead exposure at the site. Medical and environmental experts said that given the known risks of lead exposure at firing ranges, comprehensive soil testing should have been carried out before even considering it as a possible location for the camp. They warned of specific risks of lead poisoning for small children who are most at risk. “Remediation can be very difficult,” said Caravanos, the NYU professor of global environmental health. “I can’t imagine that you could make it safe without removing everyone if lead was found in the soil.”

      On November 17, Human Rights Watch was notified about significant planned construction work, which the Asylum and Migration Ministry confirmed in a letter dated November 19. On November 26, Human Rights Watch sent a letter with detailed findings to the Greek Ministries of Asylum and Migration and Defense, which it also shared with EU officials and representatives from UNHCR, the United Nations refugee agency, and the World Health Organization, saying that these actions risk further exposing residents and construction workers to any potentially lead-contaminated dust and soil. Despite these warnings, on November 30, residents of the camp informed researchers that large construction was underway, including on top of Mavrovouni hill.

      The authorities should have been aware of the amount of dust construction causes at the site. During the construction of the camp in September, the migration ministry employee said, workers had been moving around lots of soil to make room for the camp structure and “There was a lot of dust everywhere for days. I kept finding dust and even little pebbles in my ears at that time.”

      Unsatisfactory Clearance Operation

      Three people interviewed in November said that the authorities forced them to move to the camp after the fires in Moria camp by threatening that the government would stop their asylum claims if they refused. All three have found and provided Human Rights Watch with photographs of munition remnants since moving to Mavrovouni in September. They all said that after moving to the site, they saw the Greek military conduct clearance operations without protective gear, and they shared videos of those operations with Human Rights Watch.

      In the videos and photographs, the camp tents and migrants are clearly visible, confirming that some clearance activities took place after people were already living there. A Syrian man whose wife is nine-months pregnant with their first child said that, after they had moved into the camp, he saw the military find and remove at least one cartridge casing. Another camp resident said that since arriving, he has found many bullets on the ground but the “authorities haven’t told us what to do if we find them, or other kinds of munitions.”

      Access to Health Care

      Two medical staff from a team providing health care in Mavrovouni camp said on November 10 that, since arriving at the camp in October, they had not heard anything about possible lead exposure. Both said that the camp had “decent” health care services considering that it was a temporary camp, but that the laboratory inside the camp does not have the capacity to perform blood tests for lead levels. Both said that because of the nature of the symptoms of lead poisoning, which are also symptoms of other illnesses, it would be extremely difficult to diagnose potential cases without blood tests.

      Both medical staff and a doctor who had worked previously at the camp said it was very difficult for camp residents to visit the hospital due to movement restrictions related to Covid-19.

      Parallels to Kosovo Incident

      This is not the first time that people living in a camp are put at risk of lead poisoning. For more than a decade following the end of the war in Kosovo in 1999, about 600 Roma, Ashkali, and Balkan Egyptian minority members lived in camps for displaced people operated by the UN. The camps sat on land contaminated by lead from a nearby industrial mine. In 2016, a United Nations human rights advisory panel found that the UN mission in Kosovo (the United Nations Interim Administration Mission in Kosovo, UNMIK) had violated the affected people’s rights to life and health. Human Rights Watch documented that camp residents experienced lasting health impacts and are still awaiting compensation and health and educational support for themselves and their families, seven years after the last camp was closed in 2013.

      International Legal Obligations

      International law obligates states to respect, protect, and fulfill the right to the highest attainable standard of health. The United Nations Committee on Economic, Social and Cultural Rights, which monitors governments’ compliance with the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, in its General Comment 14 on the right to health, has interpreted the covenant to include:

      [T]he requirement to […] the prevention and reduction of the population’s exposure to harmful substances such as radiation and harmful chemicals or other detrimental environmental conditions that directly or indirectly impact upon human health.

      The right to health encompasses the right to healthy natural environments. The right to a healthy environment, which is also enshrined in the Greek constitution, involves the obligation to “prevent threats to health from unsafe and toxic water conditions.”

      The United Nations special rapporteur on human rights and the environment’s Framework Principles on Human Rights and the Environment, which interpret the right to a healthy environment, emphasize the need for “public access to environmental information by collecting and disseminating information and by providing affordable, effective and timely access to information to any person upon request.” The Committee on the Rights of the Child, the treaty body that monitors compliance with the Convention on the Rights of the Child to which Greece is a party, when describing the right of the child to the enjoyment of the highest attainable standard of health, calls on states to take appropriate measures “to combat disease and malnutrition … taking into consideration the dangers and risks of environmental pollution.”

      Responsibilities of the Greek Parliament and European Union

      Members of the Greek parliament should pay attention to the concerns that there may be lead contamination at Mavrovouni camp and assess the Greek government’s compliance with its obligations under national, European, and international law to realize the rights to health and healthy environment. They could hold a hearing or establish an inquiry to establish which government employees were involved in approving the site, the extent to which they knew or should have known about the risk of lead contamination, why they decided to move people to the site without first conducting comprehensive soil testing, and why, despite multiple concerns about lead contamination raised after the camp was opened, the authorities greenlighted construction work without first conducting comprehensive soil testing. They should take appropriate action to ensure accountability if merited.

      The European Commission, which financially supports Greece to manage the camp and has staff stationed there, as well as EU agencies, Frontex, and EASO, should urge Greek authorities to comprehensively test for lead and make the testing plan and results public.

      Human Rights Watch and other nongovernmental groups have long warned European leaders about the dire conditions in island camps, also known as hotspots. These have been exacerbated by Greek authorities’ containment policy, which has blocked transfers to the mainland. For years, residents were crammed into overcrowded, inadequate tents, with limited access to food, water, sanitation, and health care, including during the pandemic and despite the risk of Covid-19. The EU and Greece should fundamentally reconsider their hotspot approach on the Greek Islands and end policies that lead to the containment of thousands of migrants and asylum seekers in unsuitable, and in this case potentially hazardous, facilities.

      https://www.hrw.org/news/2020/12/08/greece-lead-poisoning-concerns-new-migrant-camp

      #pollution #contamination #plomb #Saturnisme #HRW #rapport

    • HRW calls for transparency over lead contamination at Lesvos migrant camp

      Greek authorities should release test results and other vital information about lead contamination at the Kara Tepe migrant camp on the eastern Aegean island of Lesvos to protect the health of residents and workers, Human Rights Watch (HRW) said on Wednesday.

      After testing soil samples in November, authorities earlier this month confirmed dangerous levels of lead in the soil in the administrative area of the facility, also known as Mavrovouni, which was built on a repurposed military firing range. They said that samples from residential areas showed lead levels below relevant standards but did not release the locations where samples were collected or the actual test results, the New York-based organization said.

      HRW said that officials have yet to indicate that they will take the necessary steps to adequately assess and mitigate the risk, including comprehensive testing and measures to remove people from areas that could be contaminated.

      “The Greek government knowingly built a migrant camp on a firing range and then turned a blind eye to the potential health risks for residents and workers there,” said Belkis Wille, senior crisis and conflict researcher at HRW.

      “After weeks of prodding, it took soil samples to test for lead contamination while denying that a risk of lead exposure existed. It did not make the results public for over seven weeks, and has yet to allow independent experts to analyze them or vow to take the necessary steps to protect residents and workers and inform them about the potential health risks,” she said.

      According to a report published by HRW in December, thousands of asylum seekers, aid workers, and United Nations, Greek, and European Union employees may be at risk of lead poisoning.

      The Kara Tepe facility currently houses 6,500 people.

      “Greece and its EU partners have a duty to make sure that people who live and work in the Mavrovouni camp are safe,” Wille said.

      “That requires transparency about the risks as well as urgent steps to mitigate them,” she said.

      https://www.ekathimerini.com/261695/article/ekathimerini/news/hrw-calls-for-transparency-over-lead-contamination-at-lesvos-migrant-c

  • En Ethiopie, la France partagée entre business et défense des droits humains

    Pillages, possibles crimes de #guerre, destructions de sites historiques : les témoignages en provenance du #Tigré, province en guerre depuis le 4 novembre, sont très inquiétants. La France reste pourtant discrète, et espère préserver ses chances sur un marché prometteur.

    L’ambassadeur a un échange « constructif » avec le ministre de l’éducation, l’ambassadeur a un échange « productif » avec le conseiller spécial du premier ministre sur les questions économiques, l’ambassadeur est « très honoré » de recevoir le ministre de l’énergie pour évoquer la participation française à plusieurs grands projets… Sur les réseaux sociaux de l’ambassade de France à Addis-Abeba, c’est #business_as_usual.

    Pour qui suit au quotidien le calvaire des habitants du Tigré – région où l’armée éthiopienne et ses alliés sont en guerre depuis le 4 novembre –, les photos de ces rencontres policées dans la capitale, où l’on discute #qaffaires, lovés dans de confortables canapés, semblent prises dans un monde parallèle.

    Loin, très loin, d’un Tigré littéralement à feu et à sang, où plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur habitation, où l’on manque d’eau, d’électricité, de nourriture et de médicaments, où il est probable que la famine soit utilisée comme arme de guerre par les belligérants et où les humanitaires peinent toujours à accéder alors que 2,3 millions de personnes auraient besoin d’aide, selon les évaluations des ONG.

    Les affrontements y opposent le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) à l’armée fédérale éthiopienne, soutenue par des milices nationalistes amhara et des troupes érythréennes.

    « Nous recevons des rapports concordants à propos de violences ciblant certains groupes ethniques, d’assassinats, de pillages massifs, de viols, de retours forcés de réfugiés et de possibles crimes de guerre », a indiqué le 15 janvier le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell, qui a annoncé par la même occasion la suspension de 88 millions d’euros d’aide destinée au gouvernement éthiopien.

    Dès le 13 novembre, la haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet évoquait elle aussi de possibles crimes de guerre et appelait à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour le vérifier. À la veille de sa prise de fonction, le nouveau secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est lui aussi inquiété publiquement de la situation.

    Une voix manque cependant à ce concert d’alertes : celle de la France. Le Quai d’Orsay n’a produit qu’un seul communiqué concernant le Tigré, le 23 novembre 2020. Il tient en quatre phrases convenues sur la dégradation de la situation humanitaire et la condamnation des « violences à caractère ethnique ». Exploit diplomatique, le mot « guerre » n’y apparaît pas ; celui de « crimes de guerre » encore moins. Il ne comporte ni interpellation des belligérants – qui ne sont d’ailleurs même pas cités –, ni appel à une enquête indépendante sur d’éventuelles violations des droits humains. Les mêmes éléments de langage étaient repris trois jours plus tard à l’occasion de la visite en France du ministre des affaires étrangères éthiopien Demeke Mekonnen.

    « Gênant, au minimum »

    Cette étrange pudeur française commence à interroger, voire à agacer certains alliés européens ainsi que nombre de chercheurs spécialisés sur l’Éthiopie – qui s’emploient, depuis deux mois et demi, à récolter les bribes d’informations qui parviennent du Tigré malgré la coupure des communications par les autorités.

    « J’ai des échanges réguliers avec l’#ambassade_de_France à Addis-Abeba depuis novembre. Je les ai questionnés sur leur position vis-à-vis du gouvernement éthiopien, et je les ai sentis très embarrassés », raconte le chercheur indépendant René Lefort, pour qui la #complaisance française vis-à-vis du gouvernement d’Abiy Ahmed Ali est incompréhensible : « Je crois qu’ils ne comprennent pas ce qu’est ce pays et ce qui s’y passe. »

    Au-delà des questions morales posées par le fait d’apporter un soutien tacite à un gouvernement qui a couvert ou laissé faire des violations des droits humains au Tigré, le soutien à #Abiy_Ahmed est une erreur d’analyse politique selon René Lefort : « Les Français parient tout sur lui, alors que son autorité personnelle est faible et que sa ligne politique n’est soutenue que par une minorité d’Éthiopiens. »

    La réserve française est en tout cas interprétée par l’armée fédérale éthiopienne et ses alliés comme un soutien de Paris. Le sociologue Mehdi Labzae était au Tigré, dans la région d’Humera, jusqu’à la mi-décembre : « Dans les zones conquises par les nationalistes amhara, se présenter comme Français facilite les relations avec les combattants, qui considèrent le gouvernement français comme un allié. Les déclarations françaises, ou leur absence, laissent penser que la réciproque est vraie », relève le chercheur, post-doctorant à la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH). « Avec un ambassadeur à Addis qui fait comme si de rien n’était… Je trouve cela gênant, au minimum. »

    Selon une source diplomatique étrangère, la France ne se contente pas de rester discrète sur la situation au Tigré ; elle freine également les velléités des membres de l’Union européenne qui voudraient dénoncer plus ouvertement l’attitude des autorités éthiopiennes et de leurs alliés érythréens. Une attitude « parfois frustrante », déplore cette source.

    Interrogée par Mediapart sur cette « frustration » de certains alliés européens, l’ambassade de France à Addis-Abeba nous a renvoyé vers le Quai d’Orsay, qui n’a pas répondu sur ce point (voir boîte noire).

    Refus de répondre sur la création d’une commission d’enquête

    À ses partenaires européens, mais aussi aux chercheurs et humanitaires avec qui ils échangent, les services diplomatiques français expliquent que les accusations d’exactions visant l’armée éthiopienne et ses alliés ne « sont pas confirmées ». Il en va de même concernant la présence de troupes érythréennes sur place – cette présence a pourtant été confirmée à la fois par les autorités de transition du Tigré et par un général de l’armée éthiopienne.

    Une position difficilement tenable. D’abord parce que le gouvernement éthiopien empêche, en bloquant les communications avec le Tigré et en limitant l’accès des humanitaires, la récolte de telles preuves. Ensuite parce que, malgré ce blocus, les faisceaux d’indices s’accumulent : « Nous avons des informations qui nous viennent des ONG, d’équipes des Nations unies qui parlent off the record, de citoyens européens qui se trouvent toujours au Tigré ; nous avons aussi des listes de victimes, et de plus en plus de photos et vidéos », autant d’informations auxquelles l’ambassade de France a eu accès, explique un diplomate en poste à Addis-Abeba.

    La position française est difficilement tenable, enfin, parce que si elle tenait tant aux faits, la France ne se contenterait pas de refuser de condamner les crimes tant qu’ils ne sont pas « confirmés » : elle plaiderait pour la création d’une commission d’enquête indépendante qui permettrait, enfin, de les établir et de pointer les responsabilités respectives du TPLF, de l’armée éthiopienne et de ses alliés.

    Paris est dans une position idéale pour le faire, puisque la France vient d’être élue pour siéger au Conseil des droits de l’homme des Nations unies durant trois ans. Elle pourrait donc, aux côtés d’autres États membres, demander une session extraordinaire du Conseil sur l’Éthiopie (l’accord d’un tiers des 47 États qui composent le Conseil est nécessaire) qui déciderait de la création d’une commission d’enquête sur le Tigré.

    Or, interrogé par Mediapart sur son soutien à la création d’une telle commission, le Quai d’Orsay n’a pas souhaité répondre (voir boîte noire). Il assure avoir « appelé à plusieurs reprises les autorités éthiopiennes à faire la lumière sur les allégations de crimes et autres violations des droits de l’homme », sans toutefois préciser par quel canal.

    Hypothétique médiation

    Lors d’entrevues en privé, des diplomates de l’ambassade et du Quai d’Orsay assurent que cette absence de #dénonciation publique est volontaire et stratégique. Elle viserait à ne pas froisser le gouvernement éthiopien publiquement afin de « maintenir un canal de communication » pour mieux le convaincre en privé et, éventuellement, jouer un rôle de médiateur pour trouver une issue au conflit.

    « Des diplomates français m’ont dit, en résumé : “On reste discrets parce que si un jour il y a une #médiation à faire, le gouvernement pourrait se tourner vers nous” », indique René Lefort. Une analyse « totalement erronée », selon le chercheur : « Non seulement [le premier ministre] Abiy Ahmed Ali ne veut absolument pas d’une médiation, mais surtout, même s’il en acceptait le principe, je ne vois pas pourquoi il irait chercher la France plutôt que les États-Unis, l’Union européenne ou encore l’ONU. » Accessoirement, même si le gouvernement éthiopien souhaitait que la France soit médiatrice, il n’est pas dit que son principal adversaire, le TPLF, accepte le principe d’une médiation par un État qui a passé les derniers mois à multiplier les signes d’amitié envers Addis-Abeba et pourrait donc difficilement prétendre à la neutralité.

    Un (quasi-) #silence public pour mieux faire avancer les dossiers en privé : l’hypothèse est également avancée par l’ancien ambassadeur français en Éthiopie Stéphane Gompertz. « Il est possible que nous privilégions l’action en coulisses, qui peut être parfois plus efficace que de grandes déclarations. C’est d’ailleurs généralement l’option privilégiée par la #diplomatie française. » À l’appui de cette idée, l’ancien ambassadeur – qui fut aussi directeur Afrique au Quai d’Orsay – évoque des tractations discrètes mais couronnées de succès menées en 2005 afin de faire libérer des figures d’opposition.

    Si telle est la stratégie française actuellement, ses résultats sont pour l’instant peu concrets. Le quasi-silence français semble en réalité avoir d’autres explications : ne pas gâcher l’#amitié entre Emmanuel Macron et le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali et, surtout, ne pas compromettre les #intérêts_commerciaux français dans un pays vu comme économiquement prometteur et politiquement stratégique.

    Lune de miel

    Lors de sa nomination en 2018, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali fait figure d’homme de paix et de chantre de la démocratie. Ses efforts de réconciliation avec l’Érythrée voisine lui valent le prix Nobel de la paix ; ses réformes sur la liberté de la presse ou la libération de prisonniers politiques lui attirent l’estime de nombreux chefs d’État étrangers.

    Est-ce une affaire de style ? Le fait qu’ils soient tous les deux jeunes, étiquetés comme libéraux, revendiquant une certaine manière de casser les codes ? Emmanuel Macron et Abiy Ahmed semblent en tout cas particulièrement s’apprécier. L’anecdote veut que lors d’une visite de #Macron à Addis-Abeba en 2019, Abiy Ahmed ait tenu à conduire lui-même la voiture amenant le président français à un dîner officiel.

    Lorsque le premier ministre éthiopien a pris ses fonctions, « les Allemands, les Français, l’UE, tout le monde a mis le paquet sur les aides, tout le monde s’est aligné sur lui. Sauf que, le temps passant, le malaise a grandi et la lune de miel a tourné au vinaigre, analyse une source dans les milieux économiques à Addis-Abeba. Les autres États ont rapidement déchanté. Pas les Français, pour qui la lune de miel a continué. »

    De fait, la transformation du Prix Nobel en chef de guerre ne semble pas avoir altéré sa belle entente avec le président français. Deux semaines après le début des hostilités au Tigré, et alors qu’Abiy Ahmed s’apprêtait à lancer un assaut « sans pitié » sur la ville de Mekele et ses 400 000 habitants, #Emmanuel_Macron qualifiait le premier ministre éthiopien de « role model ». Quelques semaines plus tard, toujours engagé dans ce conflit, Abiy Ahmed Ali trouvait le temps de souhaiter un prompt rétablissement à son « bon ami » Macron, atteint du Covid.

    Pour cette source, le facteur économique et commercial est essentiel : « Les Français sont restés très positifs parce qu’ils se positionnent clairement sur le secteur économique en Éthiopie : ils n’ont pas d’intérêt politique fort, ça n’est pas leur zone d’influence. Mais les #intérêts_économiques, eux, sont importants et sont grandissants. C’est potentiellement un #marché énorme. »

    Marché jugé prometteur

    Pour le conquérir, Paris a employé les grands moyens. En mars 2019, Emmanuel Macron s’est rendu en Éthiopie avec le ministère des affaires étrangères #Jean-Yves_le_Drian et sept patrons français pour y signer une flopée d’#accords visant à « promouvoir l’#attractivité de l’Éthiopie auprès des #investisseurs_français ».

    Les entreprises françaises intéressées par ce marché en voie de #libéralisation ne sont pas des moindres : #Orange (qui compte bien profiter de la privatisation de la compagnie nationale #Ethio_Telecom), le groupe #Castel (qui à travers sa filiale #BGI détient déjà 55 % des parts du marché de la #bière), #Bollore_Logistics ou encore #Canal+, qui compte développer une offre de #télévision locale.

    Les #intérêts_commerciaux français sont nombreux et variés. La #modernisation du #réseau_électrique éthiopien ? #Alstom (36 millions d’euros en 2011). La fabrication des #turbines de l’immense #barrage_hydroélectrique de la Renaissance ? Alstom encore (250 millions d’euros en 2013), qui désormais lorgne sur des projets ferroviaires. Le #bus « à haut niveau de service » qui desservira la capitale éthiopienne ? Les Français de #Razel-Bec (la filiale travaux publics du groupe #Fayat), qui ont remporté le marché en 2020.

    Peu après sa prise de poste, en octobre, l’ambassadeur français #Rémi_Maréchaux se félicitait : « Le nombre d’#entreprises_françaises en Éthiopie a doublé en cinq ans. Nous sommes prêts à travailler ensemble pour davantage d’investissements français. »

    #Contrats_militaires

    Dernier domaine stratégique pour les Français : la #coopération_militaire et les ventes d’#armes. Le dossier était en haut de la pile lors de la visite d’Emmanuel Macron en 2019. La ministre #Florence_Parly, qui était également du voyage, a signé un #accord_de_défense avec son homologue éthiopienne ainsi qu’une lettre d’intention « pour la mise en place d’une composante navale éthiopienne avec l’accompagnement de la France ».

    Une aubaine pour les fabricants d’armes et d’#équipements_militaires français, qui n’ont pas tardé, selon la presse spécialisée, à se manifester pour décrocher des contrats. Parmi eux, #Airbus, qui aimerait vendre des #hélicoptères de combat à l’Éthiopie. Le groupe a pu compter pour défendre ses intérêts sur l’attaché de défense de l’ambassade française à Addis-Abeba (jusque septembre 2020) #Stéphane_Richou, lui-même ancien commandant d’un régiment d’hélicoptères de combat.

    L’#armée de l’air éthiopienne a validé l’offre d’Airbus pour l’acquisition de 18 #hélicoptères_militaires et deux avions-cargos en octobre 2020, mais cherchait toujours des financements. Le déclenchement de la guerre au Tigré – où ces hélicoptères pourraient être utilisés – a-t-il conduit Airbus ainsi que le ministère des armées à reporter, voire annuler cette vente ?

    Ni Airbus ni le ministère n’ont souhaité nous répondre à ce sujet.

    Les affaires se poursuivent en tout cas entre la filiale civile d’Airbus et le gouvernement éthiopien : le 9 novembre, #Ethiopian_Airlines réceptionnait deux Airbus A350-900 pour sa flotte. Le 20 novembre encore, l’ambassadeur français à Addis-Abeba se félicitait d’une rencontre avec le PDG de la compagnie aérienne éthiopienne et ajoutait « Airbus » en hashtag.

    https://twitter.com/RemiMarechaux/status/1329829800031252481

    Quant à la coopération militaire France-Éthiopie, elle semble se poursuivre normalement si l’on en juge cette offre d’emploi de professeur de français à destination de militaires et policiers éthiopiens émise en décembre par la Direction de la coopération de sécurité et de défense du Quai d’Orsay (un contrat d’un an à pourvoir au 1er octobre 2021).

    Interrogé le 19 janvier sur le projet de création d’une #marine_éthiopienne, sur d’éventuelles livraisons d’armes récentes à l’Éthiopie et, plus généralement, sur la coopération militaire avec l’Éthiopie et le fait de savoir si l’évolution de la situation au Tigré était susceptible de la remettre en question, le ministère des armées a fait savoir 48 heures plus tard qu’il ne pourrait pas répondre « étant donné [les] délais ». Mediapart a proposé au ministère de lui accorder un délai supplémentaire pour fournir ses réponses. Le ministère n’a plus donné suite.

    Trop tard ?

    Le ministère des affaires étrangères, lui, n’a répondu à aucune des cinq questions précises que lui avait soumises Mediapart sur la présence de troupes érythréennes, les possibles crimes de guerres commis au Tigré et la coopération militaire avec l’Éthiopie notamment (voir boîte noire).

    Sa réponse condamne toutefois en des termes plus précis que par le passé les exactions commises au Tigré. La France est « profondément préoccupée » par la situation humanitaire sur place, « ainsi que par les allégations de violations des droits de l’homme », indique le Quai d’Orsay, avant d’appeler à la cessation des hostilités et au respect du droit international humanitaire par « toutes les parties au conflit ». Mais est-ce suffisant, et surtout n’est-ce pas trop tard ?

    Les dernières informations en provenance du Tigré évoquent des massacres qui auraient fait plusieurs centaines de morts. Plusieurs vidéos portent sur de possibles tueries dans la ville et l’église d’Aksoum, de la fin novembre à début décembre. Selon l’organisation belge Europe External Programme with Africa (EEPA) ainsi qu’un témoin interrogé par Le Monde, les troupes érythréennes y auraient tué plus de 750 personnes. Dans une interview mise en ligne le 17 janvier, une femme qui se dit témoin direct de ces tueries explique en amharique que « la ville entière, du dépôt de bus au parc, était recouverte de corps ».

    Les attaques et destructions concernent également des sites historiques inestimables ou jugés sacrés. La mosquée de Negash (site d’établissement des premiers musulmans éthiopiens, du temps du prophète Mahomet), datant du VIIe siècle, a été partiellement détruite et pillée. Le plus vieux monastère d’Éthiopie, le monastère orthodoxe de Debre Damo (VIe siècle), a également été attaqué.

    Enfin, Mediapart a pu consulter un témoignage de première main concernant un massacre commis dans l’église Maryam Dengelat – creusée dans la roche entre le VIe et le XIVe siècle par les premiers chrétiens d’Éthiopie –, qui estime que 80 personnes ont été tuées par l’armée érythréenne, parmi lesquelles des prêtres, des personnes âgées et des enfants. Ce témoignage fournit une liste comportant les noms de 35 victimes.

    « Si ces informations étaient confirmées, cela commencerait à ressembler à une stratégie d’anéantissement, non seulement du TPLF, mais du Tigré en tant qu’identité historique et territoriale », commente le chercheur Éloi Ficquet, de l’EHESS.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/210121/en-ethiopie-la-france-partagee-entre-business-et-defense-des-droits-humain
    #Ethiopie #France #armement #commerce_d'armes #vente_d'armes

  • « #Agent_orange » : #Tran_To_Nga, une femme en guerre contre les géants de l’#agrochimie

    Cette Franco-Vietnamienne au parcours d’exception poursuit devant la #justice française #Dow_Chemical et d’autres firmes, pour avoir fourni à l’#armée_américaine des #pesticides ultratoxiques déversés autrefois sur le #Vietnam.

    Des boîtes de médicaments sont dispersées sur la table basse devant le canapé. Un beau portrait de femme – sa mère – est accroché au mur à côté de la Légion d’honneur décernée en 2004 par Jacques Chirac. Côte à côte, plusieurs Bouddha et une statuette de la Vierge veillent sur le salon de Mme Tran, 78 ans. L’endroit n’a rien d’un QG de campagne. C’est pourtant d’ici, au rez-de-chaussée d’un immeuble tranquille situé dans l’Essonne, que cette grand-mère franco-vietnamienne, à l’allure frêle, livre l’ultime combat d’une vie d’une incroyable richesse.

    Née en mars 1942, Tran To Nga grandit dans une Indochine qui s’oppose de plus en plus ouvertement au colonisateur français. A la demande de sa mère, très impliquée dans la lutte pour l’indépendance, l’intrépide fillette, francophone, porte bientôt des messages secrets dans son cartable d’écolière. Dans les décennies suivantes, elle s’engagera corps et âme dans la guerre au Vietnam.

    #paywall

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/19/agent-orange-tran-to-nga-une-femme-en-guerre-contre-les-geants-de-l-agrochim
    #résistance #guerre_du_Vietnam

  • Ce que révèlent les archives de François Mitterrand sur le rôle de la France au Rwanda
    https://www.lemonde.fr/afrique/video/2021/01/16/ce-que-revelent-les-archives-de-francois-mitterrand-sur-le-role-de-la-france


    François Mitterrand et le président rwandais Juvénal Habyarimana le 7 octobre 1982 à Kigali, capitale du Rwanda.
    PIERRE GUILLAUD / AFP

    Selon le directeur de recherche au CNRS, « ces pièces viennent consolider un puzzle qui montre que Mitterand et un petit groupe de militaires (…) ont mené une politique qui a soutenu avant, pendant et après le génocide des Tutsi, les extrémistes hutu et les chefs de l’armée rwandaise ». « Ce soutien a été fait en connaissance de cause (…), c’est pour cela que cela s’appelle de la complicité de génocide », explique François Graner, alors que plusieurs documents montrent que la France a couvert la fuite des génocidaires et a continué à livrer des armes après les accords d’Arusha le 4 août 1993. Selon le chercheur, « l’intention de la France était de maintenir, à tout prix, le Rwanda dans la zone d’influence française ».

  • #Larzac, des #femmes face à l’#armée – Épisode 1 : Vivre la lutte

    Dans les années 70, des paysan·nes ont lutté contre l’extension d’un #camp_militaire, sur le #plateau_du_Larzac. Cinquante ans plus tard, des femmes du territoire reviennent sur leur vécu, les actions qu’elles ont menées, leur place de femme.

    https://radioparleur.net/2021/01/11/larzac-femmes-face-a-larmee-1
    #résistance #lutte #luttes #histoire #témoignage
    #audio #podcast

  • Artificial intelligence : #Frontex improves its maritime surveillance

    Frontex wants to use a new platform to automatically detect and assess „risks“ on the seas of the European Union. Suspected irregular activities are to be displayed in a constantly updated „threat map“ with the help of self-learning software.

    The EU border agency has renewed a contract with Israeli company Windward for a „maritime analytics“ platform. It will put the application into regular operation. Frontex had initially procured a licence for around 800,000 Euros. For now 2.6 million Euros, the agency will receive access for four workstations. The contract can be extended three times for one year at a time.

    Windward specialises in the digital aggregation and assessment of vessel tracking and maritime surveillance data. Investors in the company, which was founded in 2011, include former US CIA director David Petraeus and former CEO’s of Thomson Reuters and British Petroleum. The former chief of staff of the Israeli military, Gabi Ashkenazi, is considered one of the advisors.

    Signature for each observed ship

    The platform is based on artificial intelligence techniques. For analysis, it uses maritime reporting systems, including position data from the AIS transponders of larger ships and weather data. These are enriched with information about the ship owners and shipping companies as well as the history of previous ship movements. For this purpose, the software queries openly accessible information from the internet.

    In this way, a „fingerprint“ is created for each observed ship, which can be used to identify suspicious activities. If the captain switches off the transponder, for example, the analysis platform can recognise this as a suspicuous event and take over further tracking based on the recorded patterns. It is also possible to integrate satellite images.

    Windward uses the register of the International Maritime Organisation (IMO) as its database, which lists about 70,000 ships. Allegedly, however, it also processes data on a total of 400,000 watercraft, including smaller fishing boats. One of the clients is therefore the UN Security Council, which uses the technology to monitor sanctions.

    Against „bad guys“ at sea

    The company advertises its applications with the slogan „Catch the bad guys at sea“. At Frontex, the application is used to combat and prevent unwanted migration and cross-border crime as well as terrorism. Subsequently, „policy makers“ and law enforcement agencies are to be informed about results. For this purpose, the „risks“ found are visualised in a „threat map“.

    Windward put such a „threat map“ online two years ago. At the time, the software rated the Black Sea as significantly more risky than the Mediterranean. Commercial shipping activity off the Crimea was interpreted as „probable sanction evasions“. Ship owners from the British Guernsey Islands as well as Romania recorded the highest proportion of ships exhibiting „risky“ behaviour. 42 vessels were classified as suspicious for drug smuggling based on their patterns.

    Frontex „early warning“ units

    The information from maritime surveillance is likely to be processed first by the „Risk Analysis Unit“ (RAU) at Frontex. It is supposed to support strategic decisions taken by the headquarters in Warsaw on issues of border control, return, prevention of cross-border crime as well as threats of a „hybrid nature“. Frontex calls the applications used there „intelligence products“ and „integrated data services“. Their results flow together in the „Common Integrated Risk Analysis Model“ (CIRAM).

    For the operational monitoring of the situation at the EU’s external borders, the agency also maintains the „Frontex Situation Centre“ (FSC). The department is supposed to provide a constantly updated picture of migration movements, if possible in real time. From these reports, Frontex produces „early warnings“ and situation reports to the border authorities of the member states as well as to the Commission and the Council in Brussels.

    More surveillance capacity in Warsaw

    According to its own information, Windward’s clients include the Italian Guardia di Finanza, which is responsible for controlling Italian territorial waters. The Ministry of the Interior in Rome is also responsible for numerous EU projects aimed at improving surveillance of the central Mediterranean. For the training and equipment of the Libyan coast guard, Italy receives around 67 million euros from EU funds in three different projects. Italian coast guard authorities are also installing a surveillance system for Tunisia’s external maritime borders.

    Frontex now wants to improve its own surveillance capacities with further tenders. Together with the fisheries agency, The agency is awarding further contracts for manned maritime surveillance. It has been operating such a „Frontex Aerial Surveillance Service“ (FASS) in the central Mediterranean since 2017 and in the Adriatic Sea since 2018. Frontex also wants to station large drones in the Mediterranean. Furthermore, it is testing Aerostats in the eastern Mediterranean for a second time. These are zeppelins attached to a 1,000-metre long line.

    https://digit.site36.net/2021/01/15/artificial-intelligence-frontex-improves-its-maritime-surveillance
    #intelligence_artificielle #surveillance #surveillance_maritime #mer #asile #migrations #réfugiés #frontières #AI #Windward #Israël #complexe_militaro-industriel #militarisation_des_frontières #David_Petraeus #Thomson_Reuters #British_Petroleum #armée_israélienne #Gabi_Ashkenazi #International_Maritime_Organisation (#IMO) #thread_map #Risk_Analysis_Unit (#RAU) #Common_Integrated_Risk_Analysis_Model (#CIRAM) #Frontex_Situation_Centre (#FSC) #Frontex_Aerial_Surveillance_Service (#FASS) #zeppelins

    ping @etraces

    • Data et nouvelles technologies, la face cachée du contrôle des mobilités

      Dans un rapport de juillet 2020, l’Agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle (#EU-Lisa) présente l’intelligence artificielle (IA) comme l’une des « technologies prioritaires » à développer. Le rapport souligne les avantages de l’IA en matière migratoire et aux frontières, grâce, entre autres, à la technologie de #reconnaissance_faciale.

      L’intelligence artificielle est de plus en plus privilégiée par les acteurs publics, les institutions de l’UE et les acteurs privés, mais aussi par le #HCR et l’#OIM. Les agences de l’UE, comme Frontex ou EU-Lisa, ont été particulièrement actives dans l’#expérimentation des nouvelles technologies, brouillant parfois la distinction entre essais et mise en oeuvre. En plus des outils traditionnels de surveillance, une panoplie de technologies est désormais déployée aux frontières de l’Europe et au-delà, qu’il s’agisse de l’ajout de nouvelles #bases_de_données, de technologies financières innovantes, ou plus simplement de la récupération par les #GAFAM des données laissées volontairement ou pas par les migrant·e·s et réfugié∙e∙s durant le parcours migratoire.

      La pandémie #Covid-19 est arrivée à point nommé pour dynamiser les orientations déjà prises, en permettant de tester ou de généraliser des technologies utilisées pour le contrôle des mobilités sans que l’ensemble des droits des exilé·e·s ne soit pris en considération. L’OIM, par exemple, a mis à disposition des Etats sa #Matrice_de_suivi_des_déplacements (#DTM) durant cette période afin de contrôler les « flux migratoires ». De nouvelles technologies au service de vieilles obsessions…

      http://www.migreurop.org/article3021.html

      Pour télécharger le rapport :
      www.migreurop.org/IMG/pdf/note_12_fr.pdf

      ping @karine4 @rhoumour @_kg_ @i_s_

    • La #technopolice aux frontières

      Comment le #business de la #sécurité et de la #surveillance au sein de l’#Union_européenne, en plus de bafouer des #droits_fondamentaux, utilise les personnes exilées comme #laboratoire de recherche, et ce sur des #fonds_publics européens.

      On a beaucoup parlé ici ces derniers mois de surveillance des manifestations ou de surveillance de l’espace public dans nos villes, mais la technopolice est avant tout déployée aux #frontières – et notamment chez nous, aux frontières de la « forteresse Europe ». Ces #dispositifs_technopoliciers sont financés, soutenus et expérimentés par l’Union européenne pour les frontières de l’UE d’abord, et ensuite vendus. Cette surveillance des frontières représente un #marché colossal et profite grandement de l’échelle communautaire et de ses programmes de #recherche_et_développement (#R&D) comme #Horizon_2020.

      #Roborder – des essaims de #drones_autonomes aux frontières

      C’est le cas du projet Roborder – un « jeu de mots » entre robot et border, frontière en anglais. Débuté en 2017, il prévoit de surveiller les frontières par des essaims de #drones autonomes, fonctionnant et patrouillant ensemble. L’#intelligence_artificielle de ces drones leur permettrait de reconnaître les humains et de distinguer si ces derniers commettent des infractions (comme celui de passer une frontière ?) et leur dangerosité pour ensuite prévenir la #police_aux_frontières. Ces drones peuvent se mouvoir dans les airs, sous l’eau, sur l’eau et dans des engins au sol. Dotés de multiples capteurs, en plus de la détection d’activités criminelles, ces drones seraient destinés à repérer des “#radio-fréquences non fiables”, c’est-à-dire à écouter les #communications et également à mesurer la #pollution_marine.
      Pour l’instant, ces essaims de drones autonomes ne seraient pas pourvus d’armes. Roborder est actuellement expérimenté en #Grèce, au #Portugal et en #Hongrie.

      Un #financement européen pour des usages « civils »

      Ce projet est financé à hauteur de 8 millions d’euros par le programme Horizon 2020 (subventionné lui-même par la #Cordis, organe de R&D de la Commission européenne). Horizon 2020 représente 50% du financement public total pour la recherche en sécurité de l’UE. Roborder est coordonné par le centre de recherches et technologie de #Hellas (le #CERTH), en Grèce et comme le montre l’association #Homo_Digitalis le nombre de projets Horizon 2020 ne fait qu’augmenter en Grèce. En plus du CERTH grec s’ajoutent environ 25 participants venus de tous les pays de l’UE (où on retrouve les services de police d’#Irlande_du_Nord, le ministère de la défense grecque, ou encore des entreprises de drones allemandes, etc.).

      L’une des conditions pour le financement de projets de ce genre par Horizon 2020 est que les technologies développées restent dans l’utilisation civile, et ne puissent pas servir à des fins militaires. Cette affirmation pourrait ressembler à un garde-fou, mais en réalité la distinction entre usage civil et militaire est loin d’être clairement établie. Comme le montre Stephen Graham, très souvent les #technologies, à la base militaires, sont réinjectées dans la sécurité, particulièrement aux frontières où la migration est criminalisée. Et cette porosité entre la sécurité et le #militaire est induite par la nécessité de trouver des débouchés pour rentabiliser la #recherche_militaire. C’est ce qu’on peut observer avec les drones ou bien le gaz lacrymogène. Ici, il est plutôt question d’une logique inverse : potentiellement le passage d’un usage dit “civil” de la #sécurité_intérieure à une application militaire, à travers des ventes futures de ces dispositifs. Mais on peut aussi considérer la surveillance, la détection de personnes et la #répression_aux_frontières comme une matérialisation de la #militarisation de l’Europe à ses frontières. Dans ce cas-là, Roborder serait un projet à fins militaires.

      De plus, dans les faits, comme le montre The Intercept (https://theintercept.com/2019/05/11/drones-artificial-intelligence-europe-roborder), une fois le projet terminé celui-ci est vendu. Sans qu’on sache trop à qui. Et, toujours selon le journal, beaucoup sont déjà intéressés par Roborder.

      #IborderCtrl – détection d’#émotions aux frontières

      Si les essaims de drones sont impressionnants, il existe d’autres projets dans la même veine. On peut citer notamment le projet qui a pour nom IborderCtrl, testé en Grèce, Hongrie et #Lettonie.

      Il consiste notamment en de l’#analyse_d’émotions (à côté d’autres projets de #reconnaissances_biométriques) : les personnes désirant passer une frontière doivent se soumettre à des questions et voient leur #visage passer au crible d’un #algorithme qui déterminera si elles mentent ou non. Le projet prétend « accélérer le #contrôle_aux_frontières » : si le #détecteur_de_mensonges estime qu’une personne dit la vérité, un code lui est donné pour passer le contrôle facilement ; si l’algorithme considère qu’une personne ment, elle est envoyée dans une seconde file, vers des gardes-frontières qui lui feront passer un #interrogatoire. L’analyse d’émotions prétend reposer sur un examen de « 38 #micro-mouvements du visage » comme l’angle de la tête ou le mouvement des yeux. Un spectacle de gadgets pseudoscientifiques qui permet surtout de donner l’apparence de la #neutralité_technologique à des politiques d’#exclusion et de #déshumanisation.

      Ce projet a également été financé par Horizon 2020 à hauteur de 4,5 millions d’euros. S’il semble aujourd’hui avoir été arrêté, l’eurodéputé allemand Patrick Breyer a saisi la Cour de justice de l’Union Européenne pour obtenir plus d’informations sur ce projet, ce qui lui a été refusé pour… atteinte au #secret_commercial. Ici encore, on voit que le champ “civil” et non “militaire” du projet est loin de représenter un garde-fou.

      Conclusion

      Ainsi, l’Union européenne participe activement au puissant marché de la surveillance et de la répression. Ici, les frontières et les personnes exilées sont utilisées comme des ressources de laboratoire. Dans une optique de militarisation toujours plus forte des frontières de la forteresse Europe et d’une recherche de profit et de développement des entreprises et centres de recherche européens. Les frontières constituent un nouveau marché et une nouvelle manne financière de la technopolice.

      Les chiffres montrent par ailleurs l’explosion du budget de l’agence européenne #Frontex (de 137 millions d’euros en 2015 à 322 millions d’euros en 2020, chiffres de la Cour des comptes européenne) et une automatisation toujours plus grande de la surveillance des frontières. Et parallèlement, le ratio entre le nombre de personnes qui tentent de franchir la Méditerranée et le nombre de celles qui y laissent la vie ne fait qu’augmenter. Cette automatisation de la surveillance aux frontières n’est donc qu’une nouvelle façon pour les autorités européennes d’accentuer le drame qui continue de se jouer en Méditerranée, pour une “efficacité” qui finalement ne profite qu’aux industries de la surveillance.

      Dans nos rues comme à nos frontières nous devons refuser la Technopolice et la combattre pied à pied !

      https://technopolice.fr/blog/la-technopolice-aux-frontieres

    • Artificial Intelligence - based capabilities for European Border and Coast Guard

      In 2019, Frontex, the European Border and Coast Guard Agency, commissioned #RAND Europe to carry out an Artificial intelligence (AI) research study.

      The purpose of the study was to provide an overview of the main opportunities, challenges and requirements for the adoption of AI-based capabilities in border managament. Frontex’s intent was also to find synergies with ongoing AI studies and initiatives in the EU and contribute to a Europe-wide AI landscape by adding the border security dimension.

      Some of the analysed technologies included automated border control, object recognition to detect suspicious vehicles or cargo and the use of geospatial data analytics for operational awareness and threat detection.

      As part of the study, RAND provided Frontex in 2020 with a comprehensive report and an executive summary with conclusions and recommendations.

      The findings will support Frontex in shaping the future landscape of AI-based capabilities for Integrated Border Management, including AI-related research and innovation projects which could be initiated by Frontex (e.g. under #EU_Innovation_Hub) or recommended to be conducted under the EU Research and Innovation Programme (#Horizon_Europe).

      https://frontex.europa.eu/media-centre/news/news-release/artificial-intelligence-based-capabilities-for-european-border-and-co

  • Groupe Grothendieck, Avis aux chercheurs, aux professeurs, aux ingénieurs, 2020
    https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/08/groupe-grothendieck-technoscience
    et à la base
    https://lundi.am/Avis-aux-chercheurs-aux-professeurs-aux-ingenieurs

    BIEN QU’AUJOURD’HUI le projet technoscientifique insuffle ses directives et sa façon de voir le monde dans nombre de catégories de l’activité humaine, son cœur, sa capacité à agir, se trouve principalement dans la recherche scientifique et plus précisément dans les mastodontes des instituts de recherche dits « publics ». En France ce sont surtout le CNRS et le CEA qui agrègent la plupart des forces pour la bataille technoscientifique.

    La décision d’arrêter au plus vite la recherche et de fermer ces instituts est une priorité sociale et politique. Nous ne pouvons nous réapproprier ces « moyens de production » qui ne sont pas fait pour le peuple mais contre lui. Les pseudo-bienfaits obtenus par la consommation des sous-produits du système ne compensent ni ne règlent les méfaits et les nuisances de ce même système. La satisfaction n’engendre pas automatiquement la liberté.

    Cette décision d’arrêter, elle ne peut venir que d’en bas, des ingénieurs, chercheurs, professeurs, techniciens, c’est-à-dire des personnes qui font réellement tourner la machine, l’entretiennent, la perpétuent et propagent son idéologie. Ni un salaire, ni un statut, ni la jubilation d’une découverte ne peuvent justifier la perpétuation d’une telle barbarie. Voyons ce projet comme quelque chose de massif avec ses routines étatiques et son cheptel humain. Les gestes individuels du « si tout le monde faisait comme moi » n’y changeront pas grand chose parce qu’ils agissent à un niveau inférieur au politique. C’est-à-dire au niveau de l’éthique et cela n’est pas suffisant, pour enrailler le processus d’expansion. C’est au niveau de la communauté des humains, de la société, qu’il faut agir. Les combats se situent donc sur le terrain de l’action effective, des luttes d’idées et de l’organisation en groupes, collectifs, où toutes autres structures ouvertes, combatives et déterminées. Si nous agissons, personne ne peut prédire les issues des combats à venir.

    Groupe Grothendieck, automne 2020.

    L’université désintégrée
    http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/universite_desintegree.html

    Le groupe Grothendieck est composé d’étudiants, d’étudiantes, de démissionnaires de l’Université, de non-experts experts de leur vie, d’anti-tout jamais contents, de fouineuses d’informations, de perturbatrices de conférences guindées, de doctorants (bientôt chômeurs) fans d’Élisée Reclus…
    Il nous fallait un nom. En forme d’hommage, Grothendieck, de par son parcours, ses écrits et ses engagements, nous semblait refléter assez bien ce que nous avions envie de faire, bien loin des mouvements réformistes corporatistes.

    Sommaire

    Introduction : « Welcome in the Alps »

    I Le modèle grenoblois : De la place forte militaire au bassin industriel / Les militaires dans le Triangle de Fer / Une armée de chercheurs au service de l’industrie militaire / Louis Néel, le cerveau du modèle grenoblois / Une « Silicon Valley à la française » ?

    II Les deux campus : La vitrine à l’américaine : le campus de Saint-Martin-d’Hères / La salle des machines du laboratoire grenoblois : la Presqu’île scientifique

    III L’actualité du Triangle de Fer : Chefs et fonctionnement de l’UGA / L’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) dans le Triangle de Fer / Laboratoires et équipes mortifères à Grenoble

    Conclusion : ce que chercher veut dire : La main invisible de l’armée / Thanatophilie de la recherche publique / Refus total contre refus parcellaire

    Principales institutions citées / Quelques livres pour aller plus loin / Chronologie / Le groupe Grothendieck / Notes

    #technoscience #recherche #critique_techno #armée #pouvoir #liberté #politique #Grothendieck #Alexandre_Grothendieck

    • Hommage ou appropriation, ça se discute. Surtout si c’est pour recycler le compte frelaté de pmo :)

    • Si on parle de cachotteries je n’en sais rien… mais en tout cas le livre explique clairement que le groupe part d’étudiantes et d’étudiants. Et s’est formé suite à la répression d’un rassemblement contre la venue de l’armée sur le campus. En revanche illes indiquent clairement suivre la voie de la méthode d’enquête critique utilisée par PMO, et illes ont fait leur recherche sur le même domaine : l’histoire grenobloise puisque c’est de là qu’illes parlent.

      Pour les étudiants conscientisés, le message envoyé par les instances universitaires est assez clair : « Lʼarmée, au même titre que les autres institutions dʼÉtat, est la bienvenue à la fac et dʼailleurs,nous collaborons volontiers avec elle. » Vers la fin de lʼaprès-midi, le bâtiment offre une brèche dans laquelle sʼengouffre le cortège étudiant et antimilitariste aux cris de « Frontex, dégage ! ». Dans la salle du colloque, la présentation sʼarrête,quelques apostrophes volent de part et dʼautre. Cinq minutes plus tard, une vingtaine de flics accompagnés des cowboys de la BAC prennent tout le monde par surprise et tapent à la volée les étudiants et étudiantes coincés dans la salle. Une sortie par une salle attenante permet de fuir lʼassaut policier, tout le monde court. Une manifestante se fait attraper et frapper au sol par la police. Elle finira sa journée à lʼhôpital, traumatisée plus que blessée par cette violence sauvage. Au total, quatre blessés légers sont à dénombrer du côté des manifestantes et des manifestants.

      Cet évènement est lʼélément déclencheur de lʼécriture de ce livre. Fréquentant le campus depuis de nombreuses années, nous savions quʼil y avait des liens aussi bien historiques quʼéconomiques entre la fac et lʼarmée, mais nous en étions restés à des suppositions. […] La violence subie lors de la première manifestation dénonçant lʼassociation de lʼuniversité avec des institutions policières et militaires, ainsi que le silence méprisant dont a fait preuve la direction de la fac aux communiqués qui ont suivi le colloque, nous ont donné lʼélan pour fouiller et dénoncer les intrications entre la recherche, lʼuniversité, lʼarmée et le tissu industriel à Grenoble.

      Comment caractériser ces liens ? Les historiens étasuniens, forts du contexte national de la Guerre froide et des politiques publiques en matière dʼarmement, ont été les premiers à parler de « complexe militaro-industriel6 ». Le terme connut un énorme succès aux États-Unis et fut complété dʼun troisième terme dans les années 1970 : cʼest le complexe scientifico-militaro-industriel. En France, des auteurs et autrices comme Roger Godement ou Andrée Michel en popularisèrent lʼuti-lisation7. Préférant les allégories aux sigles barbares dont ce petit livre est déjà bien truffé, nous utiliserons lʼexpression « Triangle de Fer »*, développée dans le livre The Valley8, qui désigne les liens quʼentretenaient dans la Silicon Valley des années 1930 lʼUniversité de Stanford, lʼUS Army et les proto-start-up comme Hewlett-Packard, pour lʼappliquer au cas français actuel.

      Le Triangle de Fer, est structuré autour de trois acteurs : lʼarmée, les industriels et lʼUniversité (au sens large : facultés, écoles dʼingénieurs, recherche publique et enseignement public supérieur). Dans ce livre, nous nous attacherons à montrer les relations entre université et armée, et université et industrie dans la région grenobloise. […]

      Quʼon se le dise : aucune révélation top secrète, aucun plan confidentiel dʼun complot militaire, aucun tuyau dʼune source anonyme nʼapparaîtront dans ce livre. Contrairement à lʼépoque de Roger Godement – qui, pour parvenir à un résultat fourni, devait compiler informations livresques souvent en anglais, sources officieuses du sérail militaire, et articles tirés de revues obscures – aujourdʼhui rien nʼest plus simple que de se les procurer. Malgré les secrets dʼÉtat et la discrétion des labos, une partie des informations est accessible au commun des mortels : articles de journaux locaux ou nationaux, sites internet, livres, déclarations radio ou télé, thèses accessibles en ligne... Ils se vantent, ils se répandent en propagande, on en profite ! Pas besoin du chapeau de détective ou de la carte de presse du journaliste dʼinvestigation : un peu de curiosité et de perspicacité suffisent à révéler les histoires et détricoter le fil des servitudes entre organismes, financements et responsabilités. Même sʼil est vrai que la carte de presse dʼun journaliste nous aurait, sans doute, permis de fouiner plus profondément, lʼessentiel a été fait.

      Cette façon de travailler, nous lʼempruntons à lʼ« enquête critique », une méthode initiée par le site Pièces et main dʼœuvre et utilisée par des collectifs de militants depuis pas mal dʼannées dans la région grenobloise. À chaque information collectée, à chaque paragraphe écrit, nous revenions à nos questions de base : Qui commande ? Dans quelle structure ? Avec quels moyens financiers ? Quels moyens matériels ? Quelles forces politiques ? Dans quels buts ? Avec quels soutiens ?Toutefois, ne souhaitant pas reproduire la séparation disciplinaire que lʼon apprend à la fac, ce texte est à la fois un récit de la technopole grenobloise, une critique sociale du désastre, un tract politique véhément contre la recherche scientifique et une réflexion philosophique sur ses conséquences. Nous resterons à un niveau local, celui que nous connaissons le mieux,sans pour autant cesser de faire des va-et-vient avec les enjeux globaux. Car nous partons du présupposé que lʼimplantation du Triangle de Fer est partout présente dans les pays industrialisés. Que la ville de Grenoble soit certifiée « ville verte,propre, apaisée et solidaire » (on en passe) ne change rien à la prégnance du système dans nos vallées, bien au contraire ! Mais sʼil vous prenait lʼenvie de faire de même dans votre ville,il est probable que vous y découvririez le même style de petites pépites.

      Ce travail doit beaucoup aux militants techno-critiques de la région grenobloise et à leur lutte contre les « nécrotech-nologies » (nano et biotechnologies, biologie de synthèse, interactions homme-machine, etc.), et aux travaux de fond quʼils et elles ont mené sur la technopole grenobloise. Nous espérons que la critique produite dans ce livre soit féconde à Grenoble ou ailleurs. En débats quʼelle soulèvera peut-être ; en initiatives du même genre dans dʼautre villes, sur dʼautres campus, par des étudiants et des étudiantes ne se laissant pas duper par les consensus faux et mous de leur directeur et de ses ouailles ; et surtout féconde en combats face à un pouvoir qui montre les crocs contre sa population et tue sans vergogne dans bien des régions du monde. Parce que lʼaction de la cri-tique reste et restera avant tout la critique en action, il nous faudra, nous, vous, servir du texte, de la méthode, pour demander des comptes en haut, et peut-être nous organiser pour que les choses changent, à Grenoble et dans les autres facs. La lutte ne fait que recommencer !

  • « Militaro-securité globale » : le jour d’après est déjà là

    Les mesures en cours – lois de « sécurité globale » et « contre le séparatisme », décrets généralisant les motifs de fichage des citoyens – sont prises pour faire face à la crise sociale dont une nouvelle étape est ouverte par la pandémie. Cependant, en cas de crise grave, l’armée, qui constitue l’armature de la Ve République, est en charge non seulement de la défense contre les ennemis extérieurs, mais du maintien de l’ordre contre les menaces qui viennent de l’intérieur du pays.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/08/militaro-securite-globale-le-jour-dapres-est-deja-la

    #armée #sécurité