• ADN business : la face cachée des tests grand public | Documentaire | ARTE
    https://www.youtube.com/watch?v=d1gJGUatrpY

    Faux positifs, monétisation des données génétiques... Enquête sur les dessous du boom des tests ADN vendus par des entreprises privées, qui ont déjà attiré 50 millions d’utilisateurs dans le monde.

    Les Américaines #Ancestry ou #23andMe, l’Israélienne #MyHeritage… Depuis une vingtaine d’années, une kyrielle de start-up surfent sur la révolution du séquençage du génome pour proposer au grand public des kits de tests ADN personnels, disponibles en quelques clics sur Internet. Près de 50 millions de personnes dans le monde ont déjà succombé à leur promesse : découvrir, grâce à des gouttes de salive, les secrets que recèleraient nos gènes. Un marché aujourd’hui gigantesque, dont le chiffre d’affaires s’élève à 2 milliards de dollars par an. Si nombre d’utilisateurs, notamment aux États-Unis, y voient un simple moyen de connaître l’origine géographique de leurs ancêtres, de retrouver de lointains cousins ou d’identifier leur vulnérabilité génétique à telle ou telle pathologie, ces technologies – et le business qu’elles sous-tendent – posent des questions vertigineuses. Les résultats de ces tests sont-ils fiables ? Et surtout, que devient la précieuse manne de données génétiques et personnelles collectées par les entreprises ?

    Cette enquête le montre : derrière un habile discours marketing se cache un business opaque, scientifiquement et éthiquement hasardeux. Réalisés à la chaîne, les tests ADN à vocation médicale mènent à de fréquents faux positifs – à l’image de cet utilisateur auquel on a diagnostiqué à tort deux mutations gravissimes – et laissent dubitatifs les généticiens. Mais le danger majeur concerne l’inquiétante absence de protection des données personnelles, potentiellement revendues au bon vouloir des entreprises. En Nouvelle-Zélande, les assurances santé privées exigent désormais de leurs clients la divulgation des résultats des analyses, ouvrant la voie à une véritable discrimination génétique… Avec sa loi bioéthique, la France est aujourd’hui l’un des rares pays au monde à interdire ces tests « récréatifs » sur son territoire. S’appuyant sur des éclairages d’experts, chercheurs et avocats – mais aussi sur les édifiants témoignages de clients de ces entreprises –, ce documentaire révèle les dessous d’un marché florissant, s’interroge sur le futur de la médecine et souligne la fragilité de notre vie privée à l’ère numérique.

    ADN business : la face cachée des tests grand public
    Documentaire d’Olivier Toscer (France, 2024, 1h30mn)

    #arnaques #ADN #funfact #business_medical #Anne_Wojcicki #Angelina_Jolie #Islande #main_basse_sur_les_genes #donnees_personnelles #donnees_medicales #donnees_hyper_sensibles #capitalisme #soutirer_des_donnees #assurances #data

  • L’#hybride_rechargeable, la plus grosse #arnaque de l’automobile depuis 20 ans

    Vous pensiez faire des économies et protéger la planète avec une #hybride rechargeable ? Cette enquête sur 800 000 véhicules va vous faire déchanter.

    762 euros par mois. C’est ce que coûte en moyenne une voiture hybride rechargeable neuve en France. Plus qu’une électrique (513 €), plus qu’un diesel (551€), et largement plus qu’une essence (469 €). Mais attendez, c’est pas fini. Parce qu’en plus de vider votre compte en banque, votre PHEV (#Plug-in_Hybrid_Electric_Vehicle) pollue presque autant qu’une #voiture_thermique classique.

    Trois études indépendantes viennent de sortir coup sur coup. Transport & Environment a analysé les données de 800 000 voitures en Europe. L’institut Roole/Ifop a décortiqué le budget réel des Français. Le constat est sans appel : les hybrides rechargeables sont le parfait exemple de ce qui ne marche pas dans l’industrie automobile actuelle.

    Sur le papier, c’était brillant. Dans les faits, c’est pathétique

    L’idée semblait parfaite : 40 à plus de 100 km d’autonomie électrique pour les trajets quotidiens, un moteur thermique pour les longs parcours. Le meilleur des deux mondes, qu’ils disaient.

    En mode électrique en semaine, en thermique le week-end. Rechargez tous les soirs, roulez propre, économisez du carburant.

    Mais voilà la réalité : les PHEV ne roulent qu’à 27 % de leur kilométrage en mode électrique. Pas 84 % comme l’affirment les tests officiels. Non, 27 %. Autrement dit, trois quarts du temps, vous roulez au pétrole avec une batterie morte qui pèse400 kg pour rien.

    Pourquoi ? Parce que les gens ne rechargent pas leur voiture tous les soirs. Trop contraignant, pas de borne au bureau, flemme de brancher le câble dans le garage. Résultat : votre PHEV devient une voiture essence qui trimballe 400 kg de batteries inutiles. C’est exactement l’inverse du concept initial.

    Même en mode électrique, le thermique s’active

    Mais attendez, ça empire. Même quand vous roulez en mode « 100 % électrique », votre PHEV pollue. L’étude Transport & Environment montre que le moteur thermique s’active pendant un tiers du temps en mode électrique. Pourquoi ? Simple : le moteur électrique n’est pas assez puissant.

    Dès que vous montez une côte un peu raide, dès que vous dépassez 110 km/h sur autoroute, dès que vous accélérez franchement, le thermique démarre pour aider. Et là, miracle, vous consommez 3 litres aux 100 km en mode prétendument électrique. Ça donne 68 grammes de CO2 par kilomètre. Soit 8,5 fois plus que ce qu’affirment les tests d’homologation.

    Les tests officiels tablent sur 8 g de CO2/km en mode électrique. La réalité : 68 g. Ce n’est pas une petite erreur de mesure.

    500 euros de surcoût caché par an

    Et l’argent ? Parce que l’écologie c’est bien, mais ici on a quand même une solution économique qui vous ruine, il faut quand même le dire.

    Les conducteurs de PHEV payent en moyenne 500 euros de plus par an en carburant que ce qu’ils avaient prévu d’après les consommations officielles. Cinq cents euros. C’est le prix de la différence entre ce qu’annonce le constructeur (2L/100km, quelle blague) et ce que vous consommez vraiment (6-7L/100km en usage mixte).

    Et c’est sans compter le prix d’achat. En France, Allemagne et Royaume-Uni, le prix moyen d’un PHEV en 2025 : 55 700 euros. Pour #comparaison, une électrique moyenne coûte 40 500 euros. Soit 15 200 euros de différence.

    L’étude Roole/Ifop enfonce le clou : 762 euros par mois pour un PHEV neuf contre 513 euros pour une électrique. Le coût d’acquisition représente 530 euros sur ces 762 euros. C’est simple : vous payez la technologie hybride au prix fort, et ensuite vous continuez à payer du carburant parce que vous ne rechargez pas assez.

    Le piège des #SUV premium

    Autre problème rarement évoqué : l’offre PHEV en France repose principalement sur des SUV premium. Audi A5, Mercedes GLE, BMW X5, Volvo XC90… Pas vraiment la voiture accessible. Les constructeurs ont réservé cette technologie à leurs modèles haut de gamme pour justifier des prix stratosphériques.

    Et là, on touche au cœur du problème. Les PHEV à grande autonomie électrique (80-100 km) sont encore pires. Pourquoi ? Parce qu’ils sont plus lourds (+28 % de poids à vide), avec des moteurs thermiques plus puissants (+33 %) pour compenser le surplus de masse. Quand la batterie est vide et que vous roulez au thermique (ce qui arrive les trois quarts du temps, rappelez-vous), vous traînez un poids énorme qui fait grimper la consommation.

    Un SUV PHEV de 2,2 tonnes en mode thermique, c’est pire qu’un SUV thermique normal de 1,8 tonne. Parce que les 400 kg de batteries supplémentaires ne servent à rien si elles sont vides.

    Le lobby automobile et le statut « neutre en carbone »

    Maintenant, le pire. L’industrie automobile européenne fait actuellement du lobbying intensif à Bruxelles pour que les PHEV soient considérés comme neutres en carbone.

    Pourquoi ? Parce que l’interdiction des moteurs thermiques neufs en 2035 approche. Et que les constructeurs allemands en particulier ne sont pas prêts. Alors ils tentent un coup politique : faire passer les PHEV pour une solution de transition acceptable.

    La même manœuvre qu’on a vue avec le diesel dans les années 2000. On nous vendait le #diesel comme propre, on donnait des avantages fiscaux massifs, et quinze ans plus tard on découvrait le scandale des particules fines et des NOx. Là, c’est pareil : on fait passer une technologie médiocre pour une solution verte afin de gagner du temps.

    Les PHEV émettent en réalité seulement 19 % de CO2 en moins qu’un thermique. Pas 75 % comme le prétendent les tests. 19 %. Et ça empire chaque année : l’écart entre tests et réalité était de 3,5 fois en 2021, il est passé à 5 fois en 2023. Plus on optimise les tests, plus on s’éloigne de la réalité.

    Bref, les hybrides rechargeables sont le pire investissement automobile du moment. Trop chères à l’achat, trop chères à l’usage, polluantes malgré les promesses, complexes à entretenir, et soutenues par un lobbying industriel.

    Si vous voulez réduire votre impact environnemental : achetez une électrique pure. Si vous n’êtes pas prêt : gardez votre thermique actuelle jusqu’à ce que les infrastructures électriques s’améliorent. Mais ne tombez pas dans le piège du #PHEV. C’est le pire des deux mondes vendu au prix du luxe.

    https://www.frandroid.com/survoltes/voitures-electriques/voitures-hybrides/2852159_lhybride-rechargeable-la-plus-grosse-arnaque-de-lautomobile-depui
    #industrie_automobile #voitures_électriques #coût

    • Si vous voulez réduire votre impact environnemental : achetez une électrique pure.

      Ou si possible n’achetez pas de voiture en fait, c’est encore mieux (et ça fait de bonnes économies).

      Ces énormes bagnoles hybrides c’est vraiment pour des riches (les modèles cités oscillent autour des 100 000 euros) qui culpabilisent vaguement à propos de la destruction de l’environnement mais qui ne veulent surtout rien changer.

    • Excellent article.

      L’informatisation massive de France Travail amène à de plus en plus d’erreurs de calcul d’#indemnisation_chômage, les algorithmes répétant en boucle des dysfonctionnements sans que ceux-ci ne soient corrigés. Dans la moitié des dossiers des #chômeurs, aucun conseiller indemnisation humain n’intervient.

      France Travail entretient en plus un manque total de transparence sur ses calculs d’indemnisation, les conseillers eux-mêmes ne comprenant plus le système informatique, et bien que l’organisation corrige parfois les dysfonctionnements révélés, elle ne rembourse jamais les usagers lésés pendant des années.

      Avec l’automatisation amenée à se développer encore dans le futur, ces erreurs risquent d’empirer. Et même actuellement, combien de « bugs » et d’erreurs passent encore entre les filets ?

      [...]

      « Leurs droits terminés, les intermittents ne recevaient pas le formulaire automatique pour les Allocations de Solidarité Spécifique », se remémore [Yann Gaudin]. Une aide, d’environ 550 euros par mois à l’époque, normalement accessible à tous les demandeurs d’emploi éligibles après l’épuisement de leurs droits #ARE (Allocation de retour à l’emploi, le nom donné aux indemnités chômage). A l’époque, il pense à une simple erreur. Mais son signalement au service interne n’amène aucun changement. Lorsqu’il contacte de lui-même 8.000 intermittents bretons pour les informer, sa direction lui assène un avertissement pour son excès de zèle. Son initiative jouera dans son licenciement pour faute grave et insubordination aux yeux de l’institution.
      Ce n’est qu’en 2024, 10 ans après l’avertissement de Yann Gaudin et quatre ans après l’avoir licencié, que France Travail adaptera son site pour informer chaque usager de ce droit.

      [...]

      Car les algorithmes sont imparfaits. Par exemple, un usager qui quitte un CDI pour un autre mais est « coupé » après sa #période_d’essai se retrouve exclu des indemnités ARE, alors qu’il y a droit. Il en va de même pour de nombreux inscrits automatiquement à France Travail en tant que bénéficiaires du RSA, alors qu’ils sont éligibles au droit au chômage, plus rémunérateur, sans en être notifiés.

      (...) les algorithmes ont tendance à supprimer automatiquement les plus hauts #salaires des usagers, car jugés suspects. Une alerte est donnée pour un salaire 10 % supérieur à la médiane des revenus de l’année précédente et le salaire est automatiquement supprimé s’il est 20 % plus élevé, sans la moindre justification, suivant un peu trop à cheval les recommandations de l’Unédic**. Treizième mois, primes et autres heures supplémentaires sont donc supprimés des calculs de droit, sans que l’usager n’en soit notifié, faisant fatalement baisser ses indemnisations. (...) ce dysfonctionnement est particulièrement dommageable pour les usagers ayant eu des arrêts maladie. Tout salaire « normal » apparaît alors comme suspect par rapport à la médiane et est enlevé. Ce qui amène à des incongruités : « J’ai déjà ouvert des droits à 1,4 euro par jour, car la personne avait été en #arrêt_maladie deux ans et le système avait exclu tous les vrais salaires. Le système n’avait validé qu’un seul bulletin de salaire, le divisant par 365 jours »

      [...]

      Si de nombreux dysfonctionnements révélés par Yann Gaudin ou d’autres lanceurs d’alerte internes ont été réparés avec le temps, ces corrections n’ont jamais donné lieu à des remboursements collectifs. A propos de la correction d’un de ses dysfonctionnements, l’institution évoquait noir sur blanc dans une note interne, que 20 Minutes a pu consulter, qu’il n’y aurait « pas de reprise de stock » [sic] pour les personnes lésées pendant des années par cette erreur - comprendre pas de compensations financières.

      Il arrive que des journalistes reçoivent des informations et en fassent quelque chose.

      La sanction financières des arrêts maladies n’est pas un dysfonctionnement mais un modèle dont on voit ce que les projets de budget lui doivent.

      Faire des économies par tous les moyens nécessaires, en détail, et en masse (ce que le titre de l’article élude spectaculairement).

      #arnaque_institutionnelle #Illégalisme_institué #violence_institutionnelle #ASS #salaire_journalier_de référence (explosé par la loi et par les calculs) #SJR #médiateur_de_France_travail

    • Yann Gaudin #lanceur_d'alertes
      https://blogs.mediapart.fr/yann-gaudin/blog/051025/1100-victimes-de-france-travail

      Un recensement a été effectué en ligne de septembre 2024 à septembre 2025 et plus de 1100 victimes de défaillances de Pôle emploi / France Travail y ont répondu. Souffrance, erreurs de l’institution, absence d’explications règlementaires, dérapages : le rapport révèle des faits très inquiétants et présente des solutions pour sécuriser les services de France Travail.

      https://www.labonneetoile.fr/post/1100-victimes-de-france-travail-rapport-de-recensement

    • Entre paranoïa et tactique du mort du côté de France Travail, les usagers dans l’impasse pour obtenir leurs droits
      https://www.20minutes.fr/economie/4169845-20251024-entre-paranoia-tactique-mort-cote-france-travail-usagers-

      « France Travail vous impose son narratif »
      1 % des fraudes sociales valent-elles tant de paranoïa ?
      Des prélèvements de France Travail totalement illégaux
      « On tremble à chaque fois qu’on y va »
      Une explosion du nombre de médiations [or le médiateur est juge et partie... ça sert rarement de le saisir, mieux vaut un RAPO puis une procédure]

      https://www.20minutes.fr/journaliste/jean-loup-delmas

      #France_travail #indus #fraude #guerre_aux_pauvres

    • « Tout ce que je voulais, c’était travailler » … Quand France Travail rate son rôle de tremplin de retour à l’emploi
      https://www.20minutes.fr/economie/4170232-20251025-tout-voulais-travailler-quand-france-travail-rate-role-tr

      Les formations sont également très compliquées à obtenir. Dans le cadre de son PPAE (Parcours Personnalisé d’Accès a l’Emploi), Julien* a monté un dossier complet de financement de #formation pour devenir sophrologue. « Après m’avoir exigé un dossier complet, France Travail a refusé mon financement sur la base de motifs internes sans base légale, avant d’en changer plusieurs fois : une Aide individuelle à la formation (AIF) antérieure jamais démontrée, une non-conformité du projet, ou encore l’absence de retour rapide à l’emploi – alors que mon projet était entrepreneurial. ». Commence alors le même parcours du combattant que pour les usagers lésés face à un France Travail qui joue la montre et les refus de dialogue.
      « J’ai demandé un entretien avec la direction, qui n’est jamais arrivé. Lorsque j’ai demandé une réponse écrite comme l’avait demandé le médiateur et comme l’exige la loi - les décisions à caractère individuelles doivent faire l’objet d’une réponse écrite, la réponse écrite n’est jamais venue. » France Travail n’a rien répondu pendant deux mois, avant de réapparaître enfin. Deux mois, soit pile la durée du recours gracieux, au-delà de laquelle la formation ne peut plus être financée.
      Un système critiqué dans de nombreux rapports

      Un cas fréquent, dénoncé dans les rapports annuels du médiateur national de France Travail. En 2023, est cité le « problème récurrent des motifs de refus de financement de formation, qui sont souvent incompris par les candidats. Ils expriment parfois des motifs différents de ceux exprimés en agences. » En 2024, il pointe une iniquité de traitement et des blocages administratifs qui empêchent les usagers d’accéder à des formations validées dans leur Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE). Dès 2018, la Cour des comptes étrillait dans son rapport La formation des demandeurs d’emploi « une juxtaposition de dispositifs et à une augmentation de moyens sans stratégie globale ni coordination des acteurs » et « des résultats décevants » pour les demandeurs d’emploi.
      Ces difficultés génèrent des réclamations récurrentes, souvent liées à des refus non motivés. Sylvaine*, conseillère France Travail, confirme le problème : « Débloquer une formation, c’est forcément du budget. On a l’impression d’accorder une faveur, et beaucoup de conseillers sont réticents à dépenser » … Un aspect « cadeau » alors qu’il s’agit d’un droit, dénoncé par de nombreux usagers. Laura s’en souvient : « Lorsque j’ai demandé une formation, on m’a dit que je devais fermer ma gueule si je voulais avoir mes droits. »
      « Rien n’avance et on nous empêche de faire »

      Sans compter une gageure administrative pour les conseillers : les formations sont souvent cofinancées par les régions, demandant une collaboration qui peut s’avérer très chronophage et complexe, comme le rappelle le rapport annuel du médiateur France Travail 2024. Reviennent alors les problèmes de temps et le rythme des conseillers (voir notre article précédent).

    • Pour les formations, c’est très simple  : le gros des fonds est pompé par des trucmuches de margoulinades spécialement pensés pour pomper le max des enveloppes prévues pour des trucs fumeux en face.

      Qaliopi devait mettre de l’ordre dans ce foutoir, à la place de quoi, c’est un bidule à valider ceux qui sont bons à monter des dossiers aux normes, indépendamment de l’utilité des contenus.

  • Le stockage de CO₂, la « solution miracle » moins efficace qu’espéré Foued Boukari/edel

    Longtemps présenté comme une solution miracle à la crise du réchauffement climatique, le stockage du CO₂ dans le sol semble perdre du crédit. Dernier revers en date, une récente étude a revu fortement à la baisse la quantité de CO₂ que la terre peut stocker en toute sécurité.


    Le stockage du CO₂ est au cœur de la stratégie climatique de nombreux pays. Le principe de cette technologie est simple : installer des filtres sur les cheminées des usines d’industrie lourdes, comme les cimenteries, les raffineries ou les hauts-fourneaux, pour capter une partie du CO₂ avant qu’il ne soit rejeté dans l’atmosphère, pour ensuite l’enfouir à des centaines de mètres sous terre.

    On compte à ce stade une quarantaine de sites de stockage de CO₂ à travers le monde. Mais jusqu’à présent, les différents sites n’arrivent à enfouir qu’environ 50 millions de tonnes de CO₂ par an, alors que l’activité humaine rejette dans l’atmosphère chaque année au moins 36 milliards de tonnes de CO₂. Cela correspond à environ 0,1% des émissions annuelles mondiales . Les résultats sont donc plutôt mitigés, pour ne pas dire très décevants.

    Système coûteux
    Le stockage de CO₂ présente surtout une longue liste de problèmes sans solutions : risques de fuites ou de pollution, très énergivore ou encore très coûteux. "Sur une usine, il y a un surcoût à mettre une technologie de captage pour récupérer le CO₂", explique dans La Matinale de la RTS Thomas Le Guenan, géo-ingénieur spécialisé dans le stockage du carbone.

    « Ce n’est pas tellement que c’est cher, c’est que personne ne veut payer pour obtenir le bénéfice qui est essentiellement de la décarbonation », ajoute-t-il. A ce stade, il n’existe aucun modèle économique rentable sans subventions publiques.

    Selon une étude commandée par le Conseil fédéral en 2023, la construction d’un système suisse de captage et de stockage du carbone coûterait plus de 16 milliards de francs, dont 1 à 2 milliards de coûts d’exploitation annuels.

    Utilisation de l’industrie fossile
    Le stockage de CO₂ peut également avoir des utilisations problématiques. Certaines industries fossiles enfouissent par exemple du CO₂ dans des poches souterraines à moitié vide où se trouve du pétrole. Elles prolongent ainsi l’exploitation pour extraire encore plus de pétrole.

    « Dans les pays où l’on produit des hydrocarbures, on peut injecter le CO₂ pour pousser le gaz ou le pétrole qui reste dans les pores pour qu’ils ressortent », précise Lyesse Laloui, professeur de géo-ingénierie de séquestration de CO₂ à l’EPFL. "Donc on extrait plus d’hydrocarbures et en même temps, on met plus de CO₂".

    Les lobbies de l’industrie fossile poussent d’ailleurs fortement le captage et le stockage de CO₂ comme une solution miracle, ce qui leur permet aussi d’avoir une étiquette « verte » sans réduire leurs émissions de CO₂.

    Potentiel de stockage revu à la baisse
    Malgré tout, certains scientifiques et pays, dont la Suisse, soutiennent encore cette solution. Cela peut s’expliquer par le fait que ces projets étaient au départ motivés par l’idée que les coûts finiraient par baisser et que le potentiel d’enfouissement était illimité.

    Une étude publiée début septembre dans la revue Nature montre cependant que ce n’est pas le cas. Les scientifiques estiment que quelque 1460 milliards de tonnes de CO₂ pourraient être stockés en toute sécurité dans des formations géologiques, soit près de dix fois moins qu’estimé auparavant. 

    Et selon l’étude, une utilisation de la totalité des capacités de stockage ne permettrait de réduire le réchauffement que de 0,7°C.

    Remise en question
    Ces nouvelles connaissances risquent de remettre en question la stratégie climatique de nombreux pays ayant misé sur cette technologie.

    Le captage et le stockage de CO2, qui capte surtout des milliards de francs d’argent public et renvoie aux générations futures la responsabilité, le risque et les coûts du stockage, n’est pas la solution miracle longtemps imaginée.

    Plus que jamais, la principale solution efficace face au changement climatique reste la réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre.

    Source : https://www.rts.ch/info/environnement/2025/article/stockage-de-co-une-solution-miracle-aux-resultats-decevants-29009457.html
    #escroquerie #délire #arnaque #en_vedette

  • « On s’est fait piquer le peu qu’on avait » : une victime niçoise de « l’escroquerie du siècle » aux oeuvres d’art et manuscrits anciens raconte - Nice-Matin
    https://www.nicematin.com/justice/nous-navions-pas-beaucoup-on-sest-fait-piquer-le-peu-quon-avait-une-victi

    Le « peu » en question que ces pauvres gens voulaient faire fructifier dans un placement :

    « Peut-être 80.000 euros en tout... C’était il y a longtemps, justifie la restauratrice. J’étais jeune. À l’époque je n’avais pas beaucoup d’argent. C’est surtout mon oncle et ma mère qui avaient investi dans les arts et collections. »

  • Builder.ai s’effondre après avoir caché 700 développeurs derrière son « IA » RTS - Pascal Wassmer

    La start-up britannique Builder.ai, valorisée à 1,5 milliard de dollars, a fait faillite après la découverte d’une fraude massive. Son intelligence artificielle révolutionnaire « Natasha » cachait en réalité 700 développeurs indiens. L’entreprise avait gonflé ses revenus de 300% pour attirer Microsoft et d’autres investisseurs majeurs.

    Builder.ai promettait de révolutionner le développement d’applications. La start-up britannique assurait pouvoir créer des logiciels « aussi facilement que commander une pizza » grâce à son intelligence artificielle « Natasha ».


    La réalité était tout autre. Derrière cette prétendue IA se cachaient près de 700 développeurs basés en Inde. Ils réalisaient manuellement le travail de programmation pour les clients.

    L’entreprise fondée en 2016 par Sachin Dev Duggal s’est effondrée en mai dernier. Elle avait pourtant réussi à lever près de 500 millions de dollars auprès d’investisseurs prestigieux.

    Microsoft, le fonds souverain du Qatar et SoftBank comptaient parmi ses financeurs. Ils avaient tous été séduits par la promesse d’une intelligence artificielle révolutionnaire.

    Des revenus gonflés de 300%
    Une enquête interne a révélé l’ampleur de la tromperie. Builder.ai avait gonflé ses prévisions de chiffre d’affaires de 300% pour 2024. L’entreprise annonçait 220 millions de dollars de revenus. Un audit indépendant a établi le montant réel à 55 millions de dollars seulement.

    Les chiffres de 2023 ont également été revus à la baisse. De 180 millions de dollars annoncés, les revenus réels s’élevaient à 45 millions.

    Sachin Dev Duggal se surnommait le « sorcier en chef » de Builder.ai. Il a été contraint de démissionner en début d’année.

    Le scandale a éclaté après une enquête de Bloomberg révélant une fraude comptable dite de « round-tripping ». L’entreprise simulait des relations commerciales avec la société indienne VerSe Innovation.

    Des milliers d’emplois perdus
    La faillite a entraîné le licenciement de près d’un millier d’employés. Builder.ai doit désormais 85 millions de dollars à Amazon et 30 millions à Microsoft pour l’utilisation de services cloud.

    L’entreprise fait l’objet d’une enquête fédérale aux États-Unis. Le bureau du procureur de Manhattan a exigé l’accès aux états comptables et à la liste des clients.

    Cette affaire illustre le phénomène du « blanchiment d’IA ». Cette pratique consiste à présenter des services technologiques de base comme de l’intelligence artificielle authentique.

    L’objectif est de capitaliser sur l’enthousiasme des investisseurs pour l’IA. Builder.ai n’est pas un cas isolé dans le secteur technologique.

    Source : https://www.rts.ch/info/sciences-tech/2025/article/builder-ai-s-effondre-apres-avoir-cache-700-developpeurs-derriere-son-ia-2890991
    #ia #intelligence_artificielle #ai #algorithme #technologie #chatgpt #machine_learning #escroquerie #fraude #arnaque

  • Sans-Détour : Un éditeur de jeux en procès

    ⚖️ Procès : L’éditeur Sans-Détour accusé de détourner 600 000€ de crowdfunding ! Les dessous de cette affaire qui secoue le monde du jeu.

    https://gusandco.net/2025/02/21/proces-sans-detour-jeux-role-crowdfunding

    (et le monde - qui parle de wargames vraiment ! )

    #jdr #crowdfunding #participatif #jeux #arnaque #jeux_de_roles
    Les financements participatifs douteux d’une société de « wargames » en procès

    Jugés au tribunal correctionnel de Paris, l’entreprise Sans-Détour et ses dirigeants sont accusés d’avoir fait mauvais usage de plus de 600 000 euros récoltés en ligne en 2017 et 2018 auprès de fans de « wargames ». Près de 1 400 contributeurs ont porté plainte.
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/02/17/les-financements-participatifs-douteux-d-une-societe-de-jeux-de-role-en-proc

  • Centres de cyberfraude : la Birmanie rend un premier groupe de travailleurs à la Chine, via la Thaïlande : Actualités - Orange
    https://actu.orange.fr/monde/centres-de-cyberfraude-la-birmanie-rend-un-premier-groupe-de-travailleur

    La Birmanie, la Thaïlande et la Chine ont débuté jeudi une opération d’envergure visant à rapatrier des centaines de Chinois exploités dans des centres d’arnaques en ligne sur le territoire birman.

    Ces centres criminels se sont multipliés en Birmanie, notamment près de la frontière avec la Thaïlande. Ils fonctionnent souvent avec une main-d’oeuvre captive, notamment des Chinois, contraints d’escroquer leurs compatriotes.

    Un premier groupe de dizaines de travailleurs avait embarqué jeudi matin dans un avion à l’aéroport de Mae Sot (nord-ouest de la Thaïlande), d’où il a décollé vers 11H30 (04H30 GMT).

    L’appareil est arrivé à Nankin (est de la Chine) dans l’après-midi, a indiqué la télévision étatique chinoise CCTV. « Dans les prochains jours, plus de 800 ressortissants chinois suspectés de fraude devraient être reconduits en Chine », a-t-elle précisé.

    Ces personnes étaient passées de la Birmanie à la Thaïlande jeudi matin, sous haute sécurité. Le rapatriement de toutes les personnes concernées pourrait prendre des semaines.

    Aucun détail n’a été donné sur ce qui les attend en Chine. Interrogé jeudi, Pékin a renvoyé la presse vers les « autorités compétentes ».

    « La lutte contre les jeux d’argent en ligne et les fraudes par téléphone ou en ligne est une manifestation concrète de la mise en oeuvre d’une philosophie de développement centrée sur l’humain », a déclaré Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

    « C’est un choix crucial afin de sauvegarder les intérêts communs des pays de la région », a-t-il ajouté lors d’un point presse régulier.

    – « Esprit humanitaire » -

    La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra a indiqué mercredi que près de 7.000 personnes attendaient d’être libérées, tandis qu’un représentant des Forces des gardes-frontières (BGF) de l’Etat Karen, une milice ethnique active côté birman, a fixé ce chiffre à 10.000.

    Les victimes sont principalement chinoises : employées de force dans les centres de cyberfraude, ou ciblées par les escrocs via des jeux de casino en ligne ou des montages impliquant les cryptomonnaies.

    Ces derniers mois, Pékin avait accru la pression sur la junte birmane, dont elle est l’un des principaux fournisseurs d’armes, pour mettre fin à ces activités.

    « 200 ressortissants chinois impliqués dans des affaires de jeux d’argent en ligne, de fraude aux télécommunications et d’autres délits ont été remis conformément aux procédures légales par la Thaïlande ce matin, dans un esprit humanitaire et d’amitié entre les pays », a indiqué la junte dans un communiqué.

    La ville de Mae Sot, d’où ont décollé jeudi les ressortissants chinois, ne se trouve qu’à une dizaine de kilomètres de Shwe Kokko, ville birmane qui a bâti sa prospérité grâce des trafics variés, dans une impunité quasi-totale.

    Des complexes géants de cyberfraude pullulent dans certaines régions birmanes frontalières, à la faveur de la guerre civile qui ravage le pays depuis le coup d’Etat de 2021. Ces escroqueries rapportent des milliards de dollars par an, selon des experts.

    – Violences -

    Ces centres emploieraient au moins 120.000 petites mains en Birmanie, selon un rapport des Nations unies publié en 2023.

    Nombre de victimes ont été soumises à la torture, la détention arbitraire, la violence sexuelle ou encore le travail forcé, d’après le texte.

    De nombreux travailleurs disent avoir été attirés ou trompés par des promesses d’emplois bien rémunérés avant d’être retenus captifs.

    Début février, une autre milice birmane a rendu aux autorités thaïlandaises 260 victimes présumées, originaires d’une dizaine de pays, dont les Philippines, l’Éthiopie et le Brésil.

    Beaucoup portaient des traces de violences, notamment une femme qui présentait d’énormes bleus et qui a déclaré avoir été électrocutée, ont constaté des journalistes de l’AFP qui ont pu les rencontrer.

    La Thaïlande a coupé début février l’approvisionnement en électricité de plusieurs régions birmanes frontalières, dont Shwe Kokko, dans une tentative de freiner l’essor des activités illégales.

    Le royaume veut donner des gages de sécurité aux visiteurs chinois, cruciaux pour son secteur touristique. Les craintes des Chinois ont redoublé après l’affaire de l’enlèvement à Bangkok d’un acteur chinois, amené de force dans un centre de cyberfraude en Birmanie, avant d’être libéré, début janvier.

    publié le 20 février à 11h12, AFP

  • Plus de 1.400 euros de retraite sans travailler ? Attention à ces publications trompeuses
    https://fr.news.yahoo.com/1-400-euros-retraite-travailler-170302048.html
    https://media.zenfs.com/fr/afp_factcheck_fr_809/39f4f6bd5e74921fb8e93736035e6443

    Gaëlle GEOFFROY / AFP France
    ven. 24 janvier 2025 à 6:03 PM UTC+1
    Sous certaines conditions, une personne seule, à l’âge de la retraite, peut percevoir un millier d’euros bruts mensuels, même si elle n’a jamais travaillé : c’est l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), ou « minimum vieillesse », destinée à soutenir les plus fragiles. Certains internautes partagent la photo d’un relevé de 1400 euros brut en affirmant, pour s’en indigner, qu’il s’agit de celui d’une personne qui « n’a jamais travaillé ». Mais c’est inexact : le document correspond à une situation différente et montre la pension de quelqu’un qui a travaillé 25 ans. En outre, les posts viraux -en attirant les internautes via un sujet clivant- servent avant tout à les diriger vers des sites internet bourrés de publicités.

    « Voici le montant de la retraite d’une personne qui n’a jamais travaillé... », affirment des utilisateurs de Facebook dans des publications relayées depuis le 20 janvier 2025, parfois partagées des centaines voire des milliers de fois pour deux d’entre elles (archives 1, 2).

    Y figure un visuel on l’on peut lire en toute dernière ligne un « montant brut » de « 1.439,54 euros » et un « montant net » de « 1.206,52 euros ».

    Cette image provoque des milliers de commentaires parfois outrés - « Ceux qui ont travaillé ont moins que ça !!! Une honte » - ou incrédules - « Ça m’étonnerait qu’une personne qui n’a jamais travaillé de sa vie touchera 1200 euros/mois. Ça reste une légende ».

    Les publications ayant généré le plus de partages conseillent en outre de « voir le 1er commentaire », « commentaire » qui consiste en fait à chaque fois en un lien vers des articles sur le thème du départ à la retraite sur deux sites internet.
    <span>Captures d’écran, réalisées le 23 janvier 2025, de publications sur Facebook</span>
    Captures d’écran, réalisées le 23 janvier 2025, de publications sur Facebook

    Plusieurs éléments laissent penser que ces posts semblent n’avoir d’autre but que de générer du trafic vers ces sites internet, en attirant l’internaute au travers d’un post accrocheur susceptible de créer de l’émotion.

    En l’occurrence, comme nous le verrons, le visuel est un relevé de retraite complémentaire d’un ancien salarié ayant travaillé pendant 25 ans.

    S’il est certes possible pour les personnes n’ayant jamais cotisé de percevoir une allocation, le montant brut pour une personne seule est en réalité une fois et demie inférieur à la somme visible dans ces posts.
    Image d’un tout autre sujet

    Ces posts utilisent un visuel qui n’a rien à voir avec le montant auquel pourrait prétendre un retraité qui n’aurait jamais travaillé.

    En faisant une recherche d’image inversée dans Google, on le retrouve apparaissant dans un reportage de franceinfo datant de septembre 2022 (archives 1, 2). Or il traite non pas de la possibilité de percevoir une pension sans avoir travaillé, mais d’une hausse de 5% attendue pour novembre 2022 des pensions complémentaires - versées par des caisses de retraite complémentaire en plus de la retraite versée aux ex-salariés par le régime général de la Sécurité sociale.

    A la 22e seconde du reportage, on voit bien apparaître la même image que celle des posts viraux sur les réseaux sociaux, au moment où le reportage donne la parole à un retraité ayant travaillé pendant 25 ans dans une sucrerie. Il s’agit d’une « attestation de paiement détaillé » de ses pensions.

    Avec une retraite de base de « 1.200 euros nets » et un montant complémentaire de « 995 euros », dit le journaliste, la hausse de 5% de sa pension complémentaire en novembre 2022 lui permettra de percevoir un peu plus de 47 euros supplémentaires par mois, précise le retraité interviewé.
    <span>Capture d’écran, réalisée le 23 janvier 2025, d’une séquence du reportage de franceinfo datant de 2022 où apparaît l’image utilisée dans les posts trompeurs viraux en janvier 2025</span>
    Capture d’écran, réalisée le 23 janvier 2025, d’une séquence du reportage de franceinfo datant de 2022 où apparaît l’image utilisée dans les posts trompeurs viraux en janvier 2025

    Rien à voir donc avec la situation d’une personne qui n’aurait jamais travaillé de sa vie, comme l’affirment à tort les posts viraux deux ans et demi plus tard.

    De plus, même s’il est bien possible, sous certaines conditions, de percevoir une allocation sans avoir jamais travaillé, les montants visibles dans ces posts sont supérieurs à ce qu’il est possible de toucher au maximum dans la réalité.
    1.034 euros bruts maximum par mois, pas 1.439 euros

    Cette possibilité est ouverte par l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), ou minimum vieillesse, une allocation qui permet de toucher à la retraite un montant minimum si l’on n’a pas suffisamment cotisé aux régimes de retraites voire jamais travaillé (archive).

    Le montant maximum de l’Aspa, c’est-à-dire le montant versé si l’allocataire ne dispose d’aucune autre ressource, était au 1er janvier 2025 de 1.034,28 euros bruts par mois pour une personne seule, selon le site gouvernemental Service public - soit 405 euros de moins que ce qui est avancé dans les posts trompeurs (archive).

    En outre l’Aspa n’est pas une pension de retraite, qui serait financée par des cotisations ; c’est, comme son nom l’indique, une allocation, financée par l’Etat, qui a assure des moyens de subsistance minimums aux plus démunis.

    Il faut par ailleurs remplir plusieurs conditions pour pouvoir la percevoir, rappelle la Caisse nationale d’assurance retraite (Cnav) sur son site internet : être retraité et avoir au moins 65 ans (62 ans si vous êtes reconnu inapte au travail ou atteint d’une incapacité permanente d’au moins 50 %), résider au moins neuf mois sur douze en France, selon des conditions de séjour conformes à la loi, et avoir des ressources inférieures à 1.034,28 euros bruts par mois pour une personne seule et 1.605,73 euros pour un couple (archive).

    L’Aspa est cumulable avec d’autres ressources tant que le montant total ne dépasse pas le plafond de ressources établi pour percevoir l’allocation.
    <span>Dans une maison de retraite du sud-ouest de la France le 16 janvier 2024</span><div><span>MATTHIEU RONDEL</span><span>AFP</span></div>
    Dans une maison de retraite du sud-ouest de la France le 16 janvier 2024
    MATTHIEU RONDELAFP

    La Cnav, assurance retraite du régime général des salariés, « ne verse l’Aspa qu’aux personnes ayant une retraite de l’Assurance retraite », a précisé cette dernière à l’AFP le 22 janvier. Pour les personnes ne touchant pas de retraite, l’Aspa est versée par le Service de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Saspa), qui dépend de la Mutualité sociale agricole (MSA), a-t-elle précisé (archive).

    Fin 2022, sur les 17 millions de retraités de droit français, 559.220 personnes percevaient l’Aspa, selon l’édition 2024 du panorama social dressé par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui dépend du ministère de la Santé (archive).

    L’AFP a déjà vérifié des allégations trompeuses ou fausses concernant la possibilité de percevoir une allocation sans avoir travaillé ou sur les petites retraites (1, 2, 3). La thématique des aides sociales est aussi souvent détournée sur les réseaux sociaux, comme l’ont démontré plusieurs de nos articles de vérification (1, 2).
    Générer des clics

    Les allégations relayées ont interpellé les internautes, avec des milliers de partages et de commentaires (jusqu’à plus de 16.000 pour le plus gros post identifié par l’AFP), des milliers de réactions signifiées à l’aide d’émojis, et une multitude de petits posts partagés dans leur sillage.

    Le « 1er commentaire » qu’il est conseillé de « voir » est en fait un lien qui mène vers deux articles traitant de la retraite sur deux sites distincts, centrés sur des questions de consommation ou de santé, qui touchent à la vie quotidienne des Français. L’article sur le premier site explique « à quel âge » le lecteur pourrait « partir selon [son] année de naissance », avec des informations factuelles, le second explique « à quoi vous pouvez prétendre » à la retraite « si vous n’avez jamais travaillé ».

    Ce procédé laisse penser que les posts que nous examinons « vont chercher de l’audience sur Facebook en mettant un pavé dans la mare sur le sujet de la retraite, un sujet très débattu, générateur de buzz, pour emmener ensuite les internautes sur les sites en question », a commenté Sophie Chauvet, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à l’université de Toulouse, auprès de l’AFP le 24 janvier 2025 (archive).

    « Cela fait augmenter l’attention, le volume de clics et d’engagements », qui pourraient ensuite être monétisés auprès d’acteurs de la publicité en ligne ou de la recommandation de contenus. Dans ce cas, « Facebook est un outil de ramassage d’attention en masse », résume-t-elle.

    Le public visé semble toutefois bien ciblé, ajoute-t-elle, à savoir des quinquagénaires et sexagénaires, générations « qui utilisent le plus Facebook de nos jours ». « Le sujet choisi, la retraite, les touche directement », et les noms de certains profils relayant le post ("Bisoutendresse", « J’aime ma maman et que Dieu la protège », etc) ont le potentiel de les toucher plus particulièrement.
    <span>Logo de Facebook sur des écrans de smartphones le 3 avril 2024</span><div><span>KIRILL KUDRYAVTSEV</span><span>AFP</span></div>
    Logo de Facebook sur des écrans de smartphones le 3 avril 2024
    KIRILL KUDRYAVTSEVAFP

    Mais pourquoi inclure le lien vers les sites dans un premier commentaire plutôt que dans le post ? « Il est probable que le fait de cliquer sur ’voir les commentaires’ soit un signal d’engagement ’élevé’ pour l’algorithme de Facebook. Et les images en post natif [originel, NDLR] ont plus de visibilité que si elles sont accompagnées d’un lien », décrypte Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication et maître de conférences à l’université de Nantes, tout en relevant que la configuration de l’algorithme de Facebook reste toutefois opaque (archive).

    « En général les algorithmes de ces plateformes pénalisent les liens sortants inclus dans les posts natifs - puisque l’enjeu est que vous restiez ’dans’ la plateforme », a-t-il ajouté dans un email à l’AFP le 24 janvier 2025. « En mettant le lien dans le commentaire, vous trichez donc deux fois : une fois pour ’leurrer’ l’algorithme en masquant le lien sortant, et une deuxième fois en augmentant artificiellement votre engagement - puisque les gens vont être tentés d’aller voir le commentaire », a-t-il analysé.

    Sollicitée le 24 janvier par l’AFP, la rédaction du premier site, dont un des contributeurs est chef de projet chez CaptainTraffic, une société active dans le développement de la « notoriété digitale », n’avait pas répondu au moment de la publication de notre article (archive).

    L’AFP a déjà montré dans plusieurs articles de vérification que certains posts sur les réseaux sociaux relayaient de fausses informations ou comportaient des images générées par intelligence artificielle pour susciter de l’empathie, maximiser le nombre de clics et au final augmenter leur audience, à des fins de mercantiles, comme ici ou ici.

    #Médias_sociaux #Arnaques #Idéologie #ramassage_attention

  • Entretien avec Celia Izoard : « L’exploitation minière, un modèle intrinsèquement prédateur et destructeur » - POLITIS
    https://www.politis.fr/articles/2025/01/entretien-celia-izoard-mine-exploitation-ce-modele-est-intrinsequement-preda

    très très bel interview de Célia Izoard

    Une nouvelle ruée minière a lieu dans le monde, au nom de la transition énergétique. Une fausse solution et des politiques mensongères que décrypte la journaliste et philosophe Celia Izoard.

    Vanina Delmas 
    • 8 janvier 2025

    Drapeau d’opposants à la mine de lithium dans l’Allier, dans la commune d’Échassières.
    © Tristan Dereuddre
    Dans le même dossier…

    Dans l’Allier, le lithium mine la transition énergétique
    L’urgence de lutter contre le changement climatique et de sortir du tout-pétrole est brandie comme un prétexte en or pour justifier le nouvel essor de l’industrie minière. Dans son livre enquête La Ruée minière au XXIe siècle, Celia Izoard décrit avec acuité les ravages environnementaux de ces mines à ciel ouvert présentées comme « vertes », notamment celles de Rio Tinto et de Cobre Las Cruces, en Andalousie, région touchée par des sécheresses à répétition. Mais aussi le désastre social et humanitaire, comme au Maroc, dans la mine de Bou-Azzer où les mineurs travaillent comme des forçats, au contact de polluants, pour sortir des tonnes de cobalt, indispensable aux véhicules électriques.

    La ruée minière au XXIe siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition, Celia Izoard, Seuil, 344 pages, 2024.
    Votre livre La Ruée minière au XXIe siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition, déconstruit les mythes concernant l’industrie extractive, notamment l’idée que les mines appartiennent au passé. Vous montrez qu’il n’y a jamais eu de rupture. Comment s’est passée cette continuité ?

    Celia Izoard : Le capitalisme industriel est fondé sur l’extraction de minéraux et la maîtrise des hautes températures que nécessite la métallurgie, et cette dépendance n’a cessé de s’amplifier. À la fin du XVIIIe siècle, l’alliance du fer et du charbon a permis l’émergence des forces productives et de ce mode de vie qui menace aujourd’hui les conditions d’habitabilité de la planète. Le boom de l’après-guerre a engendré un changement d’échelle monumental : nous sommes passés des mines souterraines à la généralisation de la mine à ciel ouvert. Ce modèle d’extraction ultra-mécanisé a permis de disperser les mineurs, cette masse de travailleurs qui, en s’unissant, avait réussi à acquérir des droits qui sont ensuite devenus la base des régimes de protection sociale dans plusieurs pays.

    Dans les mines d’aujourd’hui, chaque jour, ces gigantesques machines sortent des centaines de milliers de tonnes de roches, qui sont broyées et trempées dans des bains chimiques. Les mines recrachent des boues toxiques, des dizaines de milliers de tonnes de résidus qui remplissent des vallées, retenus par des barrages. Régulièrement, et de plus en plus à cause de l’instabilité climatique, ces barrages cèdent et détruisent parfois des centaines de kilomètres de cours d’eau. Ce modèle est intrinsèquement prédateur et destructeur, parce qu’il est fondé sur la mobilisation de quantités énormes de matière et de ressources.

    Pourquoi la production minière a-t-elle doublé au cours des dernières années dans le monde et ne cesse-t-elle d’augmenter ?

    Regardons autour de nous : toutes les productions augmentent, les appareils électroniques, les avions, les satellites, les infrastructures électriques, la 5G, les caméras, les écrans publicitaires… Nous vivons un déferlement d’objets qui consomment des minéraux, que ce soit pour fabriquer des couleurs, des composants électroniques, des câbles électriques. L’aéronautique et l’aérospatiale, par exemple, sont des secteurs basés sur l’extractivisme. Airbus, qui produit 700 avions par an, est l’une des sociétés les plus consommatrices de métaux au monde. Dans un A380, vous avez 80 tonnes d’aluminium-lithium, 18 tonnes de titane, etc.

    Sur le même sujet : Et si on pouvait arrêter de polluer avec nos outils numériques ?
    Quant au secteur du numérique, c’est un véritable gouffre pour les métaux, en particulier les data centers. Chacun de ces immenses entrepôts remplis de serveurs contient des milliards de composants qui contiennent chacun des dizaines de métaux différents, utilisés en alliages sous forme de trace, donc irrécupérables. Par exemple, dans une petite puce, vous trouverez de l’arsenic ou de l’or, disséminés à l’échelle du microgramme, parfois du nanogramme. De plus, pour éviter les pannes, les entreprises du cloud comme Amazon renouvellent ces serveurs tous les trois ans et doublent l’alimentation électrique en stockant des tonnes de batteries qui contiennent donc du lithium, du cobalt, du manganèse, du graphite, du nickel, etc.

    Comment s’est imposée l’idée que les mines sont le prix à payer pour réussir la transition énergétique ?

    Le monde de l’entreprise a interprété l’accord de Paris sur le climat à sa façon, c’est-à-dire en considérant que la baisse des émissions de GES ne devait en aucun cas affecter la croissance, mais qu’elle pouvait être l’occasion de créer un nouveau marché de l’énergie en développant à toute vitesse les technologies dites bas carbone. Comme ces technologies sont intensives en métaux, en particulier la voiture électrique, l’industrie minière s’est engouffrée là-dedans avec le concept de « métaux pour la transition ».

    La catastrophe climatique devrait nous obliger à faire le bilan de notre rapport à l’extraction de fossiles et de métaux.

    En 2017, la Banque mondiale a lancé une campagne en ­partenariat avec le principal lobby minier au monde, dans lequel on retrouve les entreprises d’extraction Glencore ou Orano. Ils ont produit un rapport sur la transition qui affirme que les mines sont nos meilleures alliées pour résoudre le réchauffement climatique. Cette promesse s’appuie sur l’idée qu’il pourrait exister des mines et de la métallurgie bas carbone : ce qui n’a pour l’instant aucune réalité, ce sont les secteurs qui émettent le plus de CO2 au monde. Donc tout repose sur les promesses de l’industrie minière d’améliorer ses pratiques alors que c’est l’une des plus opaques du monde.

    Sur le même sujet : Exploitation minière : 20 milliards sous les mers
    La catastrophe climatique devrait nous obliger à faire le bilan de notre rapport à l’extraction de fossiles et de métaux, et à nous pencher sur des mondes qui auraient extrait et produit de manière plus modeste. Or, c’est l’inverse qui se produit, et au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut démontrer que l’extraction minière est complètement contre-productive pour lutter contre les émissions de GES, et l’ampleur des violences qu’elle engendre.

    Que voulez-vous dire ?

    Quand on crée un parc automobile électrique en France ou en Allemagne, on ne fait que délocaliser les émissions carbone vers les pays producteurs de métaux. Pour extraire des matières premières, on détruit les puits de carbone naturels que sont les forêts tropicales de l’Indonésie ou du Brésil, les tourbières et les forêts boréales du Canada.

    Sur le même sujet : Voiture électrique : les effets pervers d’une révolution
    On construit des routes, des barrages hydroélectriques et des usines. Souvent, cela va de pair, comme en Inde, avec une militarisation et une politique de terreur. Dans plus de la moitié des cas, ces mines sont créées sur les terres collectives de peuples autochtones, dont les pratiques de subsistance et la culture sont détruites par ces projets qui servent in fine à produire des SUV de deux tonnes pour des Européens.

    La voiture électrique est la quintessence du mode de vie impérial.

    La voiture électrique est la quintessence du mode de vie impérial. Mais l’argument de chercher des métaux pour la transition est aussi le prétexte à approvisionner l’ensemble des industries occidentales, menacées par une crise des matières premières du fait de la guerre commerciale avec la Chine. Les « mines pour la transition » sont souvent tout autant des mines pour les data centers, les avions et les satellites.

    Qu’en est-il de la politique minière sur le territoire français ? 

    Ces dernières années, il y a eu deux moments : en 2010-2012, Arnaud Montebourg a tenté de mener une relance minière avec l’argument de créer des emplois, mais les populations s’y sont opposées. Une nouvelle tentative est menée depuis 2022, cette fois avec l’argument de la transition. Le projet phare est l’ouverture de la mine de lithium dans l’Allier par l’entreprise Imerys, vitrine d’une relance minière plus vaste avec d’autres projets portant sur des métaux précieux comme l’or en Bretagne, dans le Rhône, le Massif central, en Dordogne…

    Sur le même sujet : Dans l’Allier, le lithium mine la transition énergétique
    Ce nouvel argumentaire autour des mines pour la transition est dénué de fondement. Le lithium pourrait éventuellement participer à une décarbonation, mais cela supposerait d’investir massivement dans les transports en commun et les vélos cargo et dans de petits véhicules électriques uniquement. Tant qu’il n’y aura aucun arbitrage sur la consommation de lithium et les besoins, celui-ci servira à produire des batteries pour des SUV, des drones et des aspirateurs robot qui n’ont aucun rapport avec la lutte contre les émissions de GES.

    Un autre mythe qui s’est propagé repose sur l’idéal de la mine propre, verte, durable.

    J’ai enquêté pour le média Splann ! sur une mine en Bretagne, gérée par Imerys, qui prétend n’avoir presque aucun impact sur l’environnement. Il s’agit de la mine de Glomel, dans les Côtes d’Armor, qui est définie comme une carrière d’un point de vue administratif, mais qui est en réalité une mine à ciel ouvert où l’on extrait de l’andalousite, un minéral industriel. Lors de mon enquête, j’ai découvert l’ampleur de la minimisation des impacts environnementaux, car tout est fondé sur l’autocontrôle. J’ai réalisé des prélèvements des sédiments dans le lit de la rivière en aval : j’ai trouvé du cadmium, du cobalt, des métaux lourds cancérigènes. Les taux de nickel dépassent de 20 à 60 fois les valeurs guides pour le bon état écologique des cours d’eau. Ce qui est très préoccupant puisqu’on est à l’amont des stations de pompage d’eau potable.

    Aujourd’hui, les mines réapparaissent réenchantées par la promesse « responsable ».

    Pourquoi est-il important de réfléchir à l’imaginaire collectif lié à la mine ?

    Sur le plan philosophique, il est fascinant de voir comment elle a pu tour à tour apparaître et disparaître dans l’imaginaire collectif occidental. Pendant les années 1980-1990, les mines sont devenues « du passé » alors qu’elles n’ont jamais été si grandes et si destructrices pour les peuples d’Amazonie ou de Papouasie, par exemple. Aujourd’hui, les mines réapparaissent réenchantées par la promesse « responsable » et auréolées de la mission salvatrice de la transition. Cette fiction est tout aussi irréelle que la fable précédente.

    Par Vanina Delmas

    #Celia_Izoard #Mines #Ecologie #Transition #Arnaque

  • #Apprentissage : l’#arnaque à 25 milliards d’euros d’#Emmanuel_Macron

    Une étude de l’OFCE (https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2024/OFCEpbrief135.pdf) montre que l’#alternance vantée par le président de la République a surtout permis d’arroser, sans contrepartie, les entreprises d’#argent_public, avec un effet limité sur l’accès à l’emploi.

    L’apprentissage est le totem d’Emmanuel Macron, sa baguette magique pour l’#emploi de #jeunes. Problème, cela coûte un pognon de dingue et ce n’est pas très efficace pour lutter contre le #chômage. C’est ce qui ressort d’une étude publiée le 12 septembre par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

    Son auteur, l’économiste #Bruno_Coquet, dénonce, dans un entretien à la Tribune, un « #effet_d’aubaine gigantesque » pour les #entreprises qui embauchent via ce dispositif. Il rappelle que « jamais en France un emploi n’a été aussi soutenu, que ce soit dans le secteur public ou privé ».

    (#paywall)

    https://www.humanite.fr/societe/aides-publiques/apprentissage-larnaque-a-25-milliards-deuros-demmanuel-macron
    #macronisme #Macron #coût

  • La Tribune : Amazon abandonne ses magasins sans caisse... en réalité gérés par des travailleurs indiens à distance Marine Protais

    Le géant du e-commerce, qui opère également des magasins physiques, renonce à sa technologie Just Walk Out dans ses supermarchés Amazon Fresh aux États-Unis. Ce système permet à ses clients de faire leurs emplettes sans passer par l’étape de la caisse. Mais il nécessite des caméras, des capteurs et surtout le travail de 1.000 travailleurs indiens, donnant l’illusion de l’automatisation.


    Pour faire ses courses dans les supermarchés Amazon, il suffisait d’entrer, de scanner un QR code sur une application, de prendre ses produits et de sortir. (Crédits : Amazon)

    En 2016, on les annonçait comme le futur du commerce. Plus besoin de caissiers, ni de vigiles, ni même de sortir votre portefeuille. Pour faire vos courses dans les supermarchés Amazon, il suffisait d’entrer, de scanner un QR code sur une application, de prendre vos produits et de sortir. Le montant de vos achats était calculé à la sortie du magasin grâce à un système mêlant caméras et capteurs décrit comme automatique, puis directement débité sur votre carte bancaire.

    Mais nous voici en 2024, et le géant du e-commerce, diversifié dans les magasins physiques, abandonne en partie cette technologie, nous apprend le média américain The Information https://www.theinformation.com/articles/amazons-grocery-stores-to-drop-just-walk-out-checkout-tech . Elle sera supprimée des 27 magasins « Amazon Fresh » américains (des supermarchés où l’on trouve des produits frais), où elle était installée. En guise de remplacement, ces magasins seront équipés de caddies « intelligents », capables de scanner automatiquement les produits, rapporte le média d’investigation américain. L’information a ensuite été confirmée auprès d’AP https://apnews.com/article/amazon-fresh-just-walk-out-bb36bb24803bd56747c6f99814224265 par un porte-parole de l’entreprise. Le système Just Walk Out restera pour le moment dans les plus petites boutiques « Amazon Go », et chez la centaine de partenaires de la firme.

    L’illusion de l’automatisation
    Pour se passer de caissier sur place, le système « Just Walk Out » nécessite son lot de caméras et de capteurs, permettant de suivre le client en magasin, mais surtout d’humains, chargés de vérifier à distance les achats des clients via les caméras. The Information rapporte que plus de 1.000 personnes en Inde sont chargées de ce travail.

    En plus de cette automatisation illusoire, le système « Just Walk Out » faisait depuis quelques années l’objet de critiques. Les clients se plaignent de tickets de caisse reçus des heures après leurs achats, ou de commandes mal gérées par le système. En 2023, la firme avait d’ailleurs annoncé une réorganisation de ses magasins, pour rendre les technologies moins visibles et l’ambiance moins froide. Et le rythme d’ouvertures des enseignes avait été revu à la baisse.

    Par ailleurs, la technologie soulève des questions quant à la protection de la vie privée. Fin 2023, plusieurs consommateurs ont lancé une class action, accusant Amazon de collecter les données biométriques des clients, la forme de leur main et de leur visage ainsi que la tonalité de leur voix, via le système Just Walk Out sans demander leur consentement. Une pratique contraire à une loi de l’Illinois sur le traitement des données biométriques.

    Les entrepôts « automatisés » d’Amazon également surveillés par des travailleurs indiens
    Comme le note le chercheur Antonio Casilli, spécialiste du « travail du clic », cette histoire est banale. Sur X, il rappelle qu’en 2023, Time nous apprenait qu’Alexa, l’assistant virtuel de l’entreprise de Seattle, fonctionnait grâce à l’écoute de 30.000 travailleurs qui annotaient les conversations des utilisateurs pour améliorer les algorithmes gérant l’assistant.

    Et en 2022, The Verge rapportait que les entrepôts automatisés d’Amazon nécessitaient le travail de vigiles, à distance toujours, de travailleurs au Costa-Rica et en Inde, chargés de regarder les images des caméras plus de 40 heures par semaine pour 250 dollars par mois.

    #IA#intelligence_artificielle : #Fumisterie , #arnaque ou #escroquerie ? #amazon #caméras #capteurs #automatisation #technologie #travail #Entrepôts #algorithmes #Alexa

    Source : https://www.latribune.fr/technos-medias/informatique/amazon-abandonne-ses-magasins-sans-caisse-en-realite-geres-par-des-travail

    • Amazon : pourquoi la tech autonome “Just Walk Out” passe à la trappe
      Confirmation sur le blog d’Olivier Dauvers, le web grande conso

      Amazon vient d’annoncer l’abandon de la technologie Just Walk Out dans ses magasins Fresh aux États-Unis (une cinquantaine d’unités dont la moitié sont équipés). Just Walk Out c’est la techno, totalement bluffante, de magasin autonome sans caisses que je vous ai montrée en vidéo dès 2020 (ici) ou encore à Washington et Los Angeles dans de vrais formats de supermarché Whole Foods (ici et là). 

      Des centaines de caméras dopées à l’IA au plafond couplées à des balances sur les étagères permettent de pister l’intégralité du parcours d’achat du client, lequel s’affranchit du passage en caisse. Bluffant (vraiment) je vous dis. 


      un de ces magasins où l’être humain est bani

      Appelons un chat un chat, pour Amazon, ce revirement est un aveu d’échec cuisant. Car la vente de ses technos est au cœur du modèle économique d’Amazon dans le retail physique. Si le groupe lui-même ne parvient pas à prouver la viabilité de Just Walk Out, quel concurrent irait l’acheter ?

      Ce qu’il faut retenir de cet abandon ? Que les technos de magasins autonomes ne sont, pour l’heure, déployables que sur de (très) petits formats bénéficiant d’un flux clients très élevé. Pour des raisons assez évidentes de Capex/m2… mais aussi de supervision humaine. Car, à date, l’IA seule n’est pas en mesure de gérer tous les scénarios de course (dont les tentatives de démarque), obligeant un visionnage de contrôle par l’humain (localisé dans des pays à bas salaire). 

      #techno #échec

      Source : https://www.olivierdauvers.fr/2024/04/04/amazon-pourquoi-la-tech-autonome-just-walk-out-passe-a-la-trappe

  • Plastic experts say recycling is a scam. Should we even do it anymore?

    Evidence shows fossil fuel companies pushed recycling instead of addressing our growing plastic problem

    When the #Center_for_Climate_Integrity released its report (https://climateintegrity.org/plastics-fraud) about plastic recycling, one might have expected the environmentalist non-profit to encourage the practice. Anyone raised in the late-20th and early-21st century knows that the term “recycle” is often synonymous with “environmentalist causes.”

    Yet the title of Center for Climate Integrity’s report — “The Fraud of Plastic Recycling” — reveals a very different point-of-view. What if plastic recycling in fact does little to help the environment, and instead serves the interests of the same Big Oil interest groups destroying Earth’s ecosystems?

    “Through new and existing research, ’The Fraud of Plastic Recycling’ shows how Big Oil and the plastics industry have deceptively promoted recycling as a solution to plastic waste management for more than 50 years, despite their long-standing knowledge that plastic recycling is not technically or economically viable at scale,” the authors of the report proclaim. “Now it’s time for accountability.”

    The Center for Climate Integrity is not alone in characterizing plastic recycling as a false crusade. Erica Cirino, communications manager at the Plastic Pollution Coalition and author of “Thicker Than Water: The Quest for Solutions to the Plastic Crisis,” pointed to data that clearly shows we do very little recycling anyway, despite the overwhelming emphasis on it.

    “In 2017, scientists estimated that just 9% of the 6.3 billion metric tons of plastics produced from about the 1950s (when plastics were first mass produced) up to 2015 had been recycled,” Cirino told Salon. “Plastic recycling rates vary widely from region to region around the world. In the U.S., plastic recycling rates are currently below 6 percent.”

    Yet even those numbers are deceptive, Cirino warned, as they incorrectly imply that at least the plastic which does get “recycled” is handled in ways that help the environment. “Unfortunately, it doesn’t matter where or how you set out your plastic for recycling collection, whether at the end of your driveway, at your local recycling center, or in a municipal recycling bin: Most plastic items collected as recycling are not actually recycled,” Cirino explained. “Surprisingly, plastic is not designed to be recycled — despite industries and governments telling the public that we should recycle plastic.”

    Instead the plastics that people think get “recycled” are often instead shipped from the Global North to the Global South, with waste haulers often dumping and openly burning plastic without regard to environmental laws, Cirino explained. People who live near the sites where these things happen face a lifetime of health risks, to say nothing of living in a degraded environment.

    “People who earn incomes by picking wastes make the least from cheap plastics, and because of constant exposure to plastics in their line of work face elevated risks of cancers, infectious diseases (which cling to plastics), respiratory problems and other serious health issues.” Even the plastics that do get reused somehow are less “recycled” than “downcycled,” as “manufacturers mix in a large portion of freshly made plastic or toxic additives to melted down plastic waste to restore some of its desirable properties.”

    If you want to understand why the general public mistakenly believes that plastic pollution significantly helps the environment, one must look at the same fossil fuel companies that caused the problem.

    “Many people in the Baby Boomer Generation and Generation X remember the ’crying Indian ad’ that was published in the 1970s,” Melissa Valliant, communications director for the nonprofit Beyond Plastics, told Salon by email. “It was an iconic ad of the time, created by Keep America Beautiful — a corporate front created in 1953 by powerful generators of plastic waste, like PepsiCo and Coca-Cola. This was really the start of a decades-long streak of multi-million dollar ad campaigns leveraged by the plastics industry to convince consumers that if they just were a little better at putting the right plastic in the right bin, the plastic pollution problem would disappear.”

    Simply put, the same companies that created the plastic pollution crisis are motivated to keep the public from believing that their product needs to be phased out. By claiming to care about the environment while presenting a false solution to the problem of plastic pollution — one that, conveniently, removes the onus of responsibility from the companies themselves — plastic manufacturers have been able to have their cake and eat it too.

    “The continued promotion of recycling, which is a proven failure, distracts from the real solutions,” John Hocevar, Greenpeace USA Oceans Campaign Director, told Salon by email. “Most people agree that we can no longer afford to produce trillions of items packaged in a material that will last for generations and that we will only use for a few minutes or seconds before being discarded. Plastic bottles and bags don’t typically get turned into bottles and bags, but the myth that they will is one of the biggest barriers to real solutions.”

    Indeed, a compelling question arises from the fact that the crusade to recycle plastic is more corporate propaganda than true Earth-saving measure: Should we recycle plastic at all?

    “No,” Cirino told Salon. “Even if plastic recycling rates were higher, recycling alone could never come close to solving the serious and wide-ranging health, justice, socio-economic, and environmental crises caused by industries’ continued plastic production and plastic pollution, which go hand in hand.” Cirino argued that, given how plastic production has grown exponentially and its pollution problems have likewise worsened, emphasizing recycling over meaningful solutions is at best irresponsible.

    “It’s clear recycling is not enough to solve the plastic pollution crisis,” Cirino concluded. “The fossil fuel industry, governments, and corporations really need to turn off the plastic tap, and the UN Plastics Treaty could be an opportunity to do so on a global level—if member states can come together and form a treaty with real ambition. Ultimately, our world must decide what it values: money or life.”

    Erin Simon, the vice president and head of plastic waste and business at the World Wildlife Fund (WWF), offered a different perspective.

    “Everyone has a role to play – and that includes the average consumer as well,” Simon wrote to Salon. “But individuals are often limited in what they can contribute because recycling infrastructure and availability is different in every community. For those who can recycle, they should understand what can and can’t go in their recycling bin by contacting their local waste manager. For those who currently can’t recycle at home or work, they should advocate for better access to recycling services by contacting local community leaders and local government officials. In addition to recycling, shifting to reusable products is another way for individuals to reduce personal waste.”

    Simon also advocates for multinational approaches, writing to Salon that the upcoming fourth (of five) negotiating session for a United Nations Global Treaty to End Plastic Pollution has promise.

    “A Global Treaty is a once-in-a-generation opportunity for governments, businesses, and communities to secure a future free from plastic pollution,” Simon explained. “As we approach the next round of negotiations in April 2024 in Canada, WWF will be advocating to ensure the final draft of the treaty is globally binding for all Member states, and provides a clear path to ban, phase out or reduce problematic single-use plastics. WWF is also calling for the treaty to include defined requirements for product design and innovation in plastic waste management systems, while also providing policies and incentives that allow businesses to transition to more sustainable and innovative options.”

    Hocevar also praised the Global Plastics Treaty as a possible solution to the pollution crisis.

    “The Global Plastics Treaty being negotiated right now is a huge opportunity to finally solve the plastics crisis,” Hocevar told Salon. “We need President Biden to ensure that the U.S. deals with the root cause and works to reduce plastic production and use. Without dramatically reducing plastic production, it will be impossible to end plastic pollution.”

    Chelsea Linsley, a staff attorney at the Center for Climate Integrity and one of the report co-authors, perhaps summed it up best.

    “The best and most effective solution to the plastic waste crisis is to reduce the amount of plastic produced in the first place, especially for unnecessary single-use plastics,” Linsley wrote to Salon. “The Break Free from Plastic Pollution Act is an example of legislation that could implement real solutions, such as reducing and banning non-recyclable or easily replaced single-use plastics and establishing programs to support reuse and refill efforts. However, for such measures to be successful, the plastics industry must not be allowed to perpetuate the myth that recycling is an equally effective solution.”

    https://www.salon.com/2024/02/23/plastic-experts-say-recycling-is-a-scam-should-we-even-do-it-anymore

    #recyclage #plastique #greenwashing #green-washing #rapport #arnaque #escroquerie
    via @freakonometrics

  • Tiens, ils ont trouvé de nouveaux pigeons…

    HyperloopTT, et ses promesses de train supersonique en lévitation, quitte Toulouse et file vers Venise
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/26/hyperlooptt-annonce-son-depart-de-toulouse-et-file-vers-venise_6218675_3234.

    La société californienne a annoncé son départ après des années d’attente, et sans le moindre essai. La relation entre les collectivités et les cerveaux de la Silicon Valley s’est révélée chaotique.

    #transport #hyperloop #arnaque

  • Inside France’s courtship of Binance
    https://www.ft.com/content/47fe6542-d000-4051-86d9-feb0055697da
    https://www.ft.com/__origami/service/image/v2/images/raw/https%3A%2F%2Fwww.ft.com%2F__origami%2Fservice%2Fimage%2Fv2%2Fimages%2Fraw%2Fhtt

    “Honored to have dinner with (a few hundred people and) President Macron. @ Choose France”, CZ tweeted in July 2022 © @cz_binance on X

    Akila Quinio

    Ten years ago, France had an innovation problem. Despite training top engineers and financiers, the country struggled to build successful homegrown start-ups and attract venture capital. Its boldest scientists were flocking to Silicon Valley.

    Then came Emmanuel Macron. Vowing to make France a “start-up nation” the former financier set out to shake things up. He brought in tech visas, boosted public grants and relaxed investment rules to foster entrepreneurship.

    Their zeal to attract tech companies to invest in Paris has attracted US giants like Google and Netflix, as well as helping establish a stable of domestic “unicorns”. But in seeking to cure its innovation problem Macron’s government has taken risks. The open-door policy might yet become an embarrassment around crypto in particular, as its courting of Binance has shown.

    It all started when Changpeng “CZ” Zhao met Macron at the Elysée palace in November 2021. That same month, Binance said it would invest €100mn into France’s burgeoning crypto scene — a pledge dubbed “objective moon” by its founder. The courtship culminated with France’s Autorité des Marchés Financiers, the financial watchdog, granting the exchange regulatory approval last May — a move that contrasted sharply with other national regulatory stances.

    Cue the honeymoon phase. In October last year, CZ headlined France Fintech’s flagship conference in the business district of La Défense. The industry’s best-known founders, including Cyril Chiche of payment app Lydia, lined up to shake hands and be photographed next to him.

    A person familiar with the discussions told the FT that the French government granted Binance more than a hundred tech visas to help it grow its operations on French soil. On stage, CZ joked that he was spending so much time in France that he had started to buy his socks in Paris. (I later asked if he also paid taxes there, to which he said he had no awareness of his own fiscal residency.)

    French Minister of Economy and Finance Bruno Le Maire last year told BFM Business that he was “proud” of Binance’s French registration. Attracting foreign players including Binance was key to France’s bid to become a “European hub of the crypto assets ecosystem”, he said.

    This initial courting was taking place when crypto was still hot. The industry has since suffered a few reputational hits. Sam Bankman-Fried fell from grace and was convicted of fraud and money laundering in the US. Regulators were also scrutinising Binance, leading to its guilty plea last month to criminal charges related to money laundering and breaching international financial sanctions. In France, authorities are investigating the exchange for having allegedly advertised and promoted its services before it was allowed to operate there.

    One may expect recent events to have rocked the nascent relationship. But the French government appears to have remained under Binance’s charm.

    Following the collapse of FTX, French legislators beefed up the requirements for newcomers wishing to set shop in the country. Getting an Autorité des Marchés Financiers registration will from January take into account new criteria including having a resilient and secure IT system and a process to manage conflicts of interest. But such requirements will not apply to companies already registered with the AMF, including Binance.

    The government also resisted pressure to bring forward to October 2023 the deadline by which registered crypto companies are forced to apply for a regulatory licence, claiming it might make investors “flee” the country.

    Under the revised legislation and European law, Binance’s French regulatory status means it is set to benefit from an 18-month grace period before it has to apply for a licence as mandated by upcoming European law, meaning it is able to keep operating on a local registration until July 2026.

    For companies that are already registered, “the least I can say is that the government was not in favour of making the regulatory framework tougher,” said Hervé Maurey, a senator who was involved in the negotiations. “What we are putting in place will allow us to control the arrival of new players but not so much those who are already here.”

    Last month I spoke with a member of Macron’s parliamentary majority who reiterated that France had been right to embrace the exchange. Binance’s presence was a testament to the country’s changed attitude towards innovation, he said. I suggested it may also be a testament to its changed attitude towards alleged financial crime. You never know who might become “the next Google”, he replied.

    Less than three weeks later, CZ resigned as Binance CEO and pleaded guilty to a US criminal charge related to money laundering. He could face up to 18 months of imprisonment.

    The parliamentarian also made a fair point: French regulators were among the first to create a regulatory framework for digital asset providers, which formed a template for Europe’s upcoming Mica regulation. Under a two-tier system, Binance has only been granted a registration rather than a full-fledged licence that offers consumer protection. Only the exchange’s French operation is allowed to operate in the country and certain activities such as futures trading are banned in France.

    But a closer look at Binance’s activities suggests the exchange may have pushed the limits of its strict regulatory mandate.

    Behind a seemingly benevolent charity programme, Binance has used aggressive tactics to solicit people to use its services in some of France’s most deprived areas. Far from its glitzy office in Place de la Bourse, the company has targeted banlieues such as Aulnay-sous-Bois and Montreuil.

    Its promise was to train students from all walks of life with the technical skills required to find employment in blockchain-related industries, including as engineers. The goal was to reach 10,000 students by the end of this year.

    Last October, I attended one such “awareness” course in Aulnay-sous-Bois, a suburb of Paris known for its poverty and crime rate. It lasted half a day and consisted of a slideshow on blockchain technology followed by a short practical exercise with Solidity, a blockchain programming language.

    In class, students received Binance goody bags with branded hats, promotional leaflets, pens and notebooks. They were asked to download MetaMask wallets, software that allows access to decentralised applications and storage of digital assets including unregulated financial instruments.
    Binance said its charity initiative would “provide training for 10,000 people in Web3 application, awareness and software development.”

    French regulation does not allow registered crypto companies such as Binance to make unsolicited approaches to prospective customers for marketing purposes. Doing so is a criminal offence which can result in fines of up to €7,500 for individuals and €37,500 for companies, according to Henry des Horts, a financial regulation lawyer at Addleshaw Goddard.

    Binance France said: “We recognise that digital education and skills development can be out of reach for many, resulting in a blockchain industry that lacks diversity and talent. The Binance Scholar Program helps to change that, covering the costs of tuition and course fees at some of the world’s leading universities, colleges and vocational training providers.”

    Bryan Houblon, a then-24-year-old attendee from Bondy, was retraining as web developer after his philosophy degree failed to secure him a job. “They told us that a junior blockchain developer could earn 100K per year so obviously we all had starry eyes — it’s attractive,” he said.

    For Terry Jenly, a student from Aulnay-sous-Bois who was part of the same cohort and was 20 years old at the time, the gifts were a sign of CZ’s charitable streak. “The Binance T-shirt I got is of amazing quality so it’s always a nice touch,” said Jenly. “Maybe CZ had a childhood like us in the banlieues and that’s why he wants to share with the less fortunate.”

    In class, Houblon was told that he needed a Binance account in order to receive his NFT diploma after the half-day course — a proof of ownership and security, said his teachers. He started the registration process during the lesson but did not complete it.

    “I started to create the Binance account because they asked me to and now they are harassing me with follow-up emails,” said Houblon, who received 17 promotional emails, seen by the FT, in the month that followed his lesson. More than a year later, Houblon is still receiving emails from the exchange, including some urging him to redeem cryptocurrency vouchers on the platform.
    More than a year later, Houblon is still receiving advertisements from Binance urging him to redeem crypto vouchers on the app

    Neither student had signed up to take the class voluntarily. They were made to participate as part of a retraining course subsidised by the government and hosted by coding school Simplon.

    “This looks more like a marketing operation than anything else,” said French MEP Aurore Lalucq who last June opposed France’s registration of Binance. To her, the initiative looked like an attempt by the platform to find new users in vulnerable areas disguised as an educational project.

    “Many companies set up foundations to work on projects which are normally unrelated to their commercial interests like fighting discrimination, or advocating for women . . . but I struggle to see the educational value in this”.

    Out of the 10,000 people Binance has targeted to train by the end of 2023, less than a hundred will have received coding lessons. The rest are set to receive “awareness courses”.

    One person familiar with the outreach programme who asked not to be named said Binance’s main “KPI” (key performance indicator) for the charity initiative was “user acquisition”.

    Asked about his due diligence, Simplon founder Frédéric Bardeau said he felt safe partnering with Binance because the trading shop had been vetted by both France’s government and its market regulator.

    When I rang him about publishing this piece, Bardeau said he has since demanded Binance would stop issuing students with their attendance certificates by NFT that could only be obtained on Binance digital wallets.

    “Our mission was to make people understand and like blockchain and all its use cases beyond crypto,” he said. “Not mixing genres and hard-selling.” The next day, promotional content about the Binance partnership had disappeared from Simplon’s online homepage.

    France’s ministry of finance said: “The French government’s position remains very clear: regulation must apply with strength to Binance just like it must apply to all other financial entities while supervisors; and law enforcement if need, are charged with the enforcement of this regulation”.

    The French ministry of labour, employment and economic inclusion has been asked for comment. The AMF declined to comment.

    Thierry Philipponnat, who sat on the board of the AMF at the time of Binance’s registration, said Binance Charity’s education initiative could be the subject of legal wrangling in the future.

    “One thing is certain: the [AMF crypto registration regime] does not allow direct solicitation of customers,” he said. “I imagine that the practices [described] could give rise to a fine debate between lawyers as to whether or not they should be considered as marketing.”

    #Cryptomonnaies #Arnaque #Binance #Chômeurs #Etat_complice

  • Generic Drugs Should Be Cheap, But Insurers Are Charging Patients Thousands of Dollars For Them - WSJ
    https://archive.ph/2023.09.13-083848/https://www.wsj.com/health/healthcare/generic-drugs-should-be-cheap-but-insurers-are-charging-thousands-of-dollars

    The reason, health researchers and industry officials say, is the very companies that are supposed to keep a lid on drug spending can maximize their profits by marking up the prices. Other companies in the drug-supply chain won’t stop them, because consolidation has swept many of the businesses under the same parent.

    #Cigna, #CVS and #UnitedHealth said that the prices they charge for drugs varies by pharmacy and location, and that most patients end up paying less out-of-pocket through their insurance than they would buying the drugs at lower cash prices offered by low-cost pharmacies.

    The companies own the three largest #pharmacy-benefit_managers in the U.S. PBMs manage drug spending for employers as well as government programs.

    In the name of keeping down drug costs, PBMs decide which medicines a patient’s health plan will pay for and how much the patient will have to contribute to the cost, in the form of out-of-pocket expenses like #deductibles and coinsurance.

    PBMs also often direct patients to take lower-priced, generic versions of expensive brand-name medicines to limit the spending.

    Generics are a cornerstone of American efforts to tackle high drug costs. Once patents on the branded drugs expire, generic manufacturers can jump in. The competition usually causes prices to plummet.

    Yet the prices don’t always fall when PBMs own their own pharmacies. And for specialty drugs like generic Gleevec, the PBMs frequently steer patients to use their in-house pharmacies to fill prescriptions.

    PBMs try to pay as little as possible for drugs distributed through independent retail pharmacies. But when their own pharmacies dispense prescriptions, PBMs profit from the higher prices.

    “The incentive is there for the PBMs and the specialty pharmacies to keep prices as high as possible,” said Shannon Ambrose, co-founder and chief operating officer at Archimedes, a company that competes with PBMs to manage specialty drug spending.

    Even when their health insurance picks up most of the cost of a drug, patients can face a larger expense from higher priced generics if they have an out-of-pocket contribution like a deductible or coinsurance pegged to the price.

    #états-unis #arnaques_légales #leadership #prix #médicaments #dépenses_de_santé

  • Asie du Sud-Est : des centaines de milliers de personnes forcées à réaliser des fraudes en ligne
    https://www.nextinpact.com/article/72323/asie-sud-est-centaines-milliers-personnes-forcees-a-realiser-fraudes-en-

    Le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) détaille dans un rapport le système criminel qui force des centaines de milliers de personnes à réaliser arnaques sentimentales et jeux illégaux en ligne, dans des conditions indignes des droits humains.

    Régulièrement, les études le démontrent : les faux investissements et les escroqueries sentimentales font perdre des milliards de dollars à des centaines de milliers d’internautes. Mais sait-on seulement qui réalise ces escroqueries, et pourquoi ? Depuis 2021, le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) relève des alertes sur le lien entre ces activités frauduleuses et des trafics d’êtres humains dans différents pays d’Asie du Sud-Est.

    Arnaques en ligne : plus de victimes chez les 30-49 ans, plus de pertes chez les seniors
    La criminalité organisée occupe 20 % du temps de nos services de renseignement

    Un Fraude Fight Club pour sensibiliser aux arnaques sur Instagram

    De fait, en Birmanie, au Laos, en Thaïlande, au Cambodge ou encore aux Philippines, des réseaux criminels réduisent des centaines de milliers de personnes en situation de quasi-esclavage, selon un rapport publié par l’instance. Le but : réaliser toutes sortes de fraudes numériques pour leur compte.
    Deux types de victimes pour un même crime

    La situation est complexe, car la fraude en ligne crée deux types de victimes, note d’entrée de jeu le HCDH : celles qui perdent les économies d’une vie ou se retrouvent endettées à cause des schémas dans lesquels elles ont été embarquées, mais aussi ceux et celles qui sont contraints à réaliser les escroqueries.

    Arnaques aux sentiments (dites « pig-butchering »), fraude aux crypto actifs, jeux illégaux… Si les victimes de ces gangs criminels ne coopèrent pas, elles se voient menacées de traitements cruels, de détentions arbitraires, de violences sexuelles et diverses autres attaques directes envers leurs droits humains. L’ampleur du phénomène est complexe à saisir, mais le rapport pointe diverses sources qui estiment à 120 000 le nombre de personnes concernées au Myanmar, à 100 000 celles qui le seraient au Cambodge.

    Les auteurs des arnaques en ligne « subissent des traitements inhumains tout en étant forcées de commettre des crimes. Ce sont des victimes. Ce ne sont pas des criminels », insiste le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Volker Türk.
    L’activité des « filières » de l’arnaque aggravée par la pandémie

    Selon le HCDH, les arnaques rapportent à ceux qui les orchestrent des milliards de dollars chaque année. En 2021, les seuls vols de cryptomonnaies ont pesé 7,8 milliards de dollars à travers le monde. Vu le secret qui entoure ces activités, cela dit, l’instance admet qu’il est difficile de chiffrer précisément les sommes amassées.

    Parmi les autres activités concernées, les jeux d’argent sont plus ou moins interdits en Chine, au Cambodge, en Thaïlande et au Laos, ce qui n’a pas empêché des filières criminelles de s’y installer. Dans d’autres cas, comme aux Philippines, des activités plus légales se créent, sous réserve qu’elles visent des joueurs situés hors du pays.

    Les réseaux d’arnaques en ligne existent depuis longtemps dans la région, mais le HCDH rapporte une augmentation de ce type d’opérations depuis 2016, en particulier au Cambodge. Quant à la Birmanie, où des filières criminelles œuvraient déjà en la matière, le coup d’État militaire de février 2021 semble avoir aggravé la situation.

    En provoquant la fermeture de tous les établissements plus ou moins légaux, la pandémie de Covid-19 a poussé les filières criminelles à chercher de nouveaux espaces où exercer ainsi que de nouvelles filières où « recruter » les bras nécessaires au maintien de leurs opérations. La période a aussi poussé un nombre croissant de gens en ligne, ce qui a accru les possibilités d’arnaques.
    Abus de la vulnérabilité des personnes migrantes

    La pandémie s’est donc aussi traduite par une tendance accrue des trafiquants à se tourner vers des personnes migrantes. Avec les fermetures de frontières et de nombreuses entreprises, celles-ci se sont en effet retrouvées dans des situations particulièrement vulnérables.

    La plupart des personnes victimes de ces trafics sont des hommes, note le rapport, même si la présence de femmes et d’adolescents a été notée dans quelques cas. Ils sont souvent éduqués, avec des diplômes en informatique et des compétences multilingues, ce qui est inhabituel dans les autres affaires de trafic d’êtres humains documentées dans la région.

    Dans certains cas, note toutefois le HCDH, des citoyens des pays concernés sont, eux aussi, embarqués dans ces trafics inhumains.
    Le rôle des plateformes

    Le HCDH note le rôle particulier que jouent les réseaux sociaux et les autres plateformes numériques dans les opérations d’arnaques. Comme le reste du monde, l’Asie du Sud-Est a connu une intense transformation numérique. Résultat, « les habitants de l’Asie du Sud-Est accordent une grande confiance aux plateformes de médias sociaux, mais dans le même temps, la réglementation protégeant les droits des utilisateurs en ligne est limitée. »

    Or les trafiquants sont, eux aussi, passés à l’ère numérique : le rapport pointe leur usage croissant des plateformes pour recruter des victimes de leur trafic, notamment à l’aide de fausses offres d’emplois. Ils laissent entendre qu’ils embauchent pour des postes de développeurs, dans le marketing ou dans les ressources humaines. Dans certains cas, les publicités ciblent même les populations de pays étrangers, les trafiquants se chargeant alors du transport.

    Facebook, Grindr, Instagram, LinkedIn, OkCupid, Line, WeChat et d’autres : ce sont les mêmes espaces numériques qui sont ensuite utilisés pour arnaquer des internautes, en plus des faux sites web utilisés pour tromper des internautes.

    En juin, la police philippine a sauvé 2 700 personnes venues de Chine, des Philippines, du Vietnam, d’Indonésie et d’une dizaine d’autres pays forcées de réaliser des activités de délinquance numérique. L’Associated Press soulignait déjà l’ampleur croissante du problème, notant que les chefs d’États de l’Association des Nations Unies du Sud-Est (ASEAN) s’étaient mis d’accord quelques semaines plus tôt pour coopérer dans la lutte contre ce type de criminalité.

    #Cybercriminalité #Arnaques #Mafias

  • Exclusif : une boucle profits-prix nourrit bien l’inflation alimentaire | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/exclusif-une-boucle-profits-prix-nourrit-bien-linflation-alimentaire/00106590

    La note, écrite par Sylvain Billot, un statisticien de l’Insee, s’intéresse de manière approfondie à l’inflation et avance l’hypothèse que celle-ci n’est plus « sectorielle et passagère mais durable et généralisée ».

    La cause, selon la note, tient à l’instauration d’une #boucle_profits-prix « notamment dans les secteurs liés à l’#énergie, au #fret international et dans l’industrie #agroalimentaire ». Et de préciser qu’au dernier trimestre 2022, « l’augmentation des profits des entreprises est responsable de 60 % de l’inflation par rapport au trimestre précédent ».

    Si les prix de l’énergie sont en baisse par rapport à la même période de 2022, la hausse des prix actuelle tient pour une part importante à celle des prix alimentaires qui font l’objet d’un focus de la note.

    Premier constat : entre le quatrième trimestre 2021 et le quatrième trimestre 2022, « les profits du secteur ont doublé (passant de 3 à 6 milliards) tandis que la rémunération des salariés du secteur n’a augmenté que de 3 % (de 6,7 à 6,9 milliards) ».

    Certes, les coûts de production se sont également largement accrus : quand on y regarde de près, on observe que le prix des intrants du #secteur_agricole français a augmenté de plus de 30 % depuis la mi-2021 et les prix de l’énergie également.

    Mais cela n’explique pas tout. Après une chute importante entre le début de la pandémie et le dernier trimestre 2021, le taux de marge des entreprises du secteur agricole a connu une pente ascendante très rapide et se situe à la fin 2022 au-dessus de ses niveaux des quinze dernières années, au-delà du rattrapage des trimestres difficiles.

    #inflation #arnaque

  • Quand Reporterre sert la soupe à Suez…

    J’ai averti son fondateur dès la mise en ligne du papier, en pure perte…

    Incompétence crasse et arrogance de la nouvelle génération de « journalistes écolos » qui savent tout mieux que tout le monde…

    Dunkerque, pionnière de la tarification écologique et sociale de l’eau potable

    https://reporterre.net/Dunkerque-pionniere-de-la-tarification-ecologique-et-sociale-de-l-eau-po

    Reporterre, 28 août 2022

    Dunkerque, l’escroquerie du tarif « éco-solidaire » de Lyonnaise des eaux

    http://www.eauxglacees.com/Dunkerque-l-escroquerie-du-tarif

    Eaux glacées, 24 août 2015

  • La difficile régulation des thérapies « alternatives », comme la naturopathie

    Une vidéo où Irène Grosjean, grand nom de la naturopathie, recommande la friction des organes génitaux pour endormir un enfant malade a rappelé l’enjeu de l’encadrement de ces pratiques et de leur présence sur des sites comme Doctolib.

    Lundi 22 août, le compte Twitter du collectif L’Extracteur, qui veut dénoncer les dérives des pseudo-médecines, publie une vidéo dans laquelle Irène Grosjean, figure nonagénaire de la médecine dite « alternative », évoque la pratique des bains dérivatifs sur les enfants. Le principe de cette méthode, présentée comme ancestrale, consiste, selon elle, à « frictionner » les organes génitaux, plongés dans de l’eau glacée, des enfants fiévreux, afin de les endormir. « Au début, il [l’enfant] ne sera pas d’accord », admet la naturopathe, enjoignant de continuer tout de même. L’Extracteur détaille d’autres conseils dangereux de Mme Grosjean, qui recommande, par exemple, le jeûne aux femmes enceintes ou allaitantes.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/08/31/naturopathie-reiki-lithotherapie-la-difficile-regulation-des-therapies-alter

    • Le tollé est immédiat, et cible rapidement la plate-forme Doctolib, accusée de référencer des praticiens se réclamant de Mme Grosjean, offrant de fait une caution de sérieux à ces pratiques non scientifiques, voire dangereuses. Dans un communiqué, le 23 août, le Conseil national de l’ordre des médecins « s’inquiète » de la confusion entretenue par Doctolib entre médecins et pratiques « ne s’inscrivant pas dans l’exercice médical » et appelle à des discussions. Plus véhément, un syndicat de médecin, l’UFML, demande que Doctolib s’en tienne au référencement des seules professions médicales reconnues.

      Dix-sept naturopathes déréférencés

      La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les pratiques sectaires (Miviludes), mobilisée depuis plusieurs mois sur les dérives des médecines alternatives, propose à son tour une réunion. Après une « discussion avec les responsables de Doctolib sur la nécessité de mieux former leurs équipes », la Miviludes organisera, « à la demande de la secrétaire d’Etat à la citoyenneté, Sonia Backès, une réunion de travail commune » dans la semaine du 5 septembre, explique son président, Christian Gravel.

      Pris de court, Doctolib a annoncé déréférencer 17 naturopathes ayant été formés par Mme Grosjean. Arthur Thirion, directeur France de l’entreprise, largement majoritaire sur le marché de la prise de rendez-vous médicaux, confirme au Monde qu’une « consultation large » est lancée, tout en rappelant que Doctolib « n’a pas autorité pour statuer sur le fait que les professions non réglementées » aient un droit d’exercice.

      Doctolib, qui a déjà modifié la signalisation sur sa plate-forme, promet des décisions rapides sur le sujet, mais demande également un débat « plus large » autour des médecines alternatives, en y incluant les associations de patients. Autant d’initiatives « accueillies favorablement » par le ministère de la santé, qui se dit « profondément attaché à la clarté et à la lisibilité de l’information en santé » mais ne s’exprime pas plus avant sur cette question sensible. En attendant les résultats de ces consultations, Doctolib a gelé les nouvelles inscriptions de praticiens de médecines « non conventionnelles ».

      M. Thirion assure que Doctolib n’a pas les moyens de vérifier individuellement « chaque naturopathe pour savoir qui fait quoi et qui dit quoi ». De fait, il est aisé de trouver sur la plate-forme des pratiques tenant plus du mysticisme que du soin : coupeurs de feu supposés guérir allergies ou érythèmes par apposition des mains ; praticiens du reiki promettant d’améliorer la circulation énergétique, y compris par des séances à distance ; adeptes de la lithothérapie, qui assurent soigner en usant des propriétés de certaines pierres…

      En réalité, note Sohan Tricoire, elle-même ancienne naturopathe, qui dénonce sur sa chaîne YouTube les dérives de cette discipline, il est difficile de distinguer « bonne » et « mauvaise » naturopathie, tant elle est constituée d’un amalgame de pratiques. « Il y a une grande porosité de disciplines. Chaque naturopathe va puiser à droite et à gauche, de l’ayurvéda hindou à la médecine chinoise. »

      « Hygiène de vie optimum »

      Née au XIXe siècle, notamment en Allemagne – où elle bénéficie aujourd’hui d’un statut légal –, la naturopathie n’a pas de définition médicale ni officielle en France, où elle est assimilée à une simple profession libérale, sans aucune exigence de diplôme ou de formation. Si la popularité de la discipline est incontestablement en hausse, portée par les crises sanitaires, les scandales de l’industrie pharmaceutique et l’aspiration à des vies plus saines, il est impossible de déterminer précisément combien de naturopathes exercent dans le pays.

      La Fédération française de naturopathie (FÉNA), qui a l’ambition de rassembler le secteur, la définit comme une pratique visant à « mettre en œuvre une hygiène de vie optimum et individualisée, (…) dont le but est le bien-être global et durable de la personne ». La porte-parole de la fédération, Sophie Pihan, se désole de cette polémique, assurant que « 95 % des naturopathes font ce métier en sachant quelle est leur place », celle d’un « éducateur de santé ».

      La FÉNA milite pour une reconnaissance officielle de la discipline, qui permettrait, selon elle, d’améliorer la qualité des formations, voire pour une « médecine intégrative » qui mêlerait naturopathie et pratique scientifique. Un vœu pieux, estime Clément (qui n’a pas souhaité donner son nom), l’un des membres du collectif L’Extracteur, tant la naturopathie se définit bien souvent par son hostilité à l’allopathie (la médecine scientifique), accusée d’être la cause même des problèmes de santé. La naturopathie se fonde sur des notions comme le causalisme – « penser que les problèmes de santé proviennent de notre éloignement des lois naturelles, voire divines », détaille Sohan Tricoire –, l’hygiénisme ou le vitalisme, l’idée que nous sommes traversés d’énergies mystiques, qu’on peut mobiliser et canaliser.

      « On y trouve beaucoup de discours antichimiothérapie, ou disant que le VIH n’existe pas », explique Mme Tricoire. C’est l’une des thèses d’Irène Grosjean – qui n’a pas répondu à nos sollicitations. Dans un de ses ouvrages, elle prétend avoir vu un patient atteint du VIH guérir grâce au jeûne et à la consommation de jus de légumes.

      Mme Grosjean organise des stages avec un autre praticien, Miguel Barthéléry. En 2021, ce naturopathe a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour exercice illégal de la médecine, un jugement pour lequel il a interjeté appel. Des familles d’anciens clients l’accusent d’avoir éloigné leurs proches, atteints de cancer, de la médecine traditionnelle et des traitements adaptés, en prétendant les soigner par des remèdes naturels. « Il y a un certain nombre de référents en naturopathie qui sont au cœur de dérives thérapeutiques et sectaires », juge Christian Gravel, dont « une part importante des signalements » concernent le domaine de la santé. Pour lui, le discours d’Irène Grosjean, qui a déjà fait l’objet de saisines, dont certaines « particulièrement inquiétantes », « comporte un risque réel de détournement des malades des soins éprouvés et induit, chez certaines personnes, une emprise psychologique ».

      « Audience antisystème »

      L’institution s’était déjà saisie du cas de Thierry Casasnovas, naturopathe youtubeur à l’influence certaine, objet, lui aussi, d’un record de saisines à la Miviludes pour des soupçons d’emprise sectaire. M. Gravel assure être « lucide sur le dynamisme de ces réseaux, qui après la crise sanitaire ont bénéficié de l’exploitation d’un climat anxiogène et des peurs ».

      De fait, on trouve, au sein du front antipolitique sanitaire né de la crise liée au Covid-19, nombre de tenants des médecines naturelles. « Ces mouvances gagnent toute une partie de l’audience antisystème », note Tristan Mendès France, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication et spécialiste du complotisme en ligne, pour qui la naturopathie, en offrant « une approche holistique, globale, une façon d’être », séduit des publics en recherche d’un discours « alternatif au mainstream en matière de santé ».

      Irène Grosjean devait d’ailleurs participer, le 3 septembre, au cinéma Le Grand Rex, à Paris, à l’avant-première du documentaire L’Empreinte, film consacré à Florian Gomet, ancien enseignant converti au crudivorisme et à la naturopathie, qui a parcouru 3 500 kilomètres en courant pieds nus. Un film coréalisé par Pierre Barnérias, déjà réalisateur de Hold-up, un documentaire conspirationniste à succès sur la pandémie. Face à la polémique, la salle a finalement préféré annuler l’événement. Mme Grosjean, pour sa part, assure sur Facebook vouloir « transformer ce qui arrive en une véritable opportunité pour faire découvrir au plus grand nombre les bienfaits de ce fameux bain de siège à friction ».

      #santé #naturopathie #doctolib #miviludes et #bain_de_siège_à_friction

    • La naturopathie se fonde sur des notions comme le causalisme – « penser que les problèmes de santé proviennent de notre éloignement des lois naturelles, voire divines », détaille Sohan Tricoire –, l’hygiénisme ou le vitalisme, l’idée que nous sommes traversés d’énergies mystiques, qu’on peut mobiliser et canaliser.

      #arnaque #entreprise #extrême_droite

  • DÉFENDRE NOS SPECIFICITÉS
    DANS LE FUTUR SYSTÈME DE RETRAITE

    #rions_un_peu

    reperes227mars2019.pdf
    https://ligue.auteurs.pro/wp-content/uploads/2019/03/reperes227mars2019.pdf

    Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes-auteurs
    Défendre nos spécificités professionnelles dans le futur système de retraite8 |#2
    REPÈRES# est une publication gérée par le bureau des publications
    et de la communication de l’IRCEC. Ce numéro a été finalisé le 27 mars 2019.
    Reproduction autorisée sous réserve de la mention des sources.

    Les augmentations de charges sociales pesant sur les artistes- auteurs ne se répercuteront pas de la même manière dans le secteur culturel que dans d’autres marchés concurrentiels, par exemple ceux qui dépendent des professions indépendantes. Le risque, en appliquant le même taux de cotisation sur leurs revenus que sur ceux des salariés ou des indépendants, est d’entraîner la paupérisation d’une grande partie des artistes-auteurs qui ne pourront pas répercuter cette augmentation sur les « clients finaux » ou les sociétés de production, diffuseur ou éditeurs. Cette situation irait à l’encontre de l’objectif de la loi du 31 décembre 1975 qui rattachait les artistes-auteurs au régime général pour leur retraite de base, pour leur assurer un niveau de couverture sociale convenable. L’exonération pour leur retraite de base, de l’équivalent d’une part patronale sans diminution des droits à la retraite devait permettre, « dans le cadre d’une juste répartition des charges, d’assurer à un groupe peu nombreux mais essentiel au rayonnement de notre pays, une protection sociale élargie et unifiée, et d’éviter que des règles administratives conçues pour d’autres professions n’aboutissent à entraver ou à écraser l’action de la création (Loi n° 75-1348) ». L’adoption d’un régime universel aveugle aux spécificités professionnelles de ce secteur d’activité risque de remettre en cause l’équilibre auquel était parvenu la loi de 1975. Ce système n’avait pourtant plus jamais été discuté. Les accords de l’Organisation mondiale du commerce eux-mêmes reconnaissent à la culture une place spécifique dans l’économie. La culture n’étant pas une « marchandise comme les autres », elle se trouve exclue des accords commerciaux internationaux, au titre de « l’exception culturelle ». Si, à l’échelle mondiale, chaque pays reste libre d’appliquer des règles autonomes pour gérer ce secteur économique particulier, constitutif de sa propre identité, sans avoir à se plier aux accords internationaux régulant tous les autres types d’échanges, il semble possible de mettre en place un système de retraite adapté aux artistes-auteurs en France, se distinguant pour certains aspects du système applicable à l’ensemble des salariés. Nous attendons une décision politique forte, visant à maintenir la création et la diversité culturelle dans notre pays.

    #auteurs #IRCEC #retraite #ubérisation #paupérisation #macron #arnaque