• Rappel (car rien n’a changé)  : Une campagne de Médecins du Monde censurée pour ne pas déplaire aux laboratoires pharmaceutiques Julien Rebucci - lesinrocks 13/06/16
    https://www.lesinrocks.com/2016/06/13/actualite/actualite/a

    L’ONG Médecins du Monde aurait dû lancer une campagne choc, ce lundi 13 juin choc contre le prix de certains médicaments. Mais il n’en sera rien, elle a été « bloquée » par l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (ARPP) qui juge qu’elle pourrait nuire aux laboratoires pharmaceutiques.

    Et si dans un futur très proche, les laboratoires pharmaceutiques n’avaient plus besoin de faire pression ou d’exercer un lobbying assidu pour éviter que l’on ne plonge le nez dans leurs bilans financiers ? Eh bien ce futur est peut-être encore plus proche qu’on le croit. L’ONG Médecins du Monde (MDM) aurait dû, en théorie, lancer une grande campagne d’affichage, ce lundi 13 juin, pour dénoncer le prix prohibitifs de certains médicaments contre des maladies comme l’hépatite C, le mélanome ou la leucémie. Une campagne "choc" comme l’ont signalé plusieurs médias lundi matin.

    Mais il n’en sera rien. Tout simplement car aucun diffuseur n’a voulu prendre le risque de l’afficher – et par extension de se fâcher éventuellement avec un grand laboratoire. Tel est l’extrait du "conseil" transmis par l’ l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (ARPP) à la société Médiatransports, que nous nous sommes procuré.

    Le zèle de l’ARPP
    MDM et Médiatransports ont pourtant travaillé ensemble à plusieurs reprises. Ils ont même remporté un prix ensemble, il y a moins d’un an. Comme de coutume, pour cette campagne, l’ONG a envoyé les visuels de sa nouvelle campagne à la régie commerciale du "leader de l’affichage transport". Ces derniers vont étonnamment demander conseil à l’ARPP qui n’a qu’un avis consultatif, en aucun cas contraignant, comme dans le domaine audiovisuel.

    L’ARPP pointe trois raisons : la "référence a des maladies graves" qui "pourrait être perçue comme choquante par le public", des "allégations chiffrés" qui ne sont pas sourcées sur les affiches et , surtout, l’ARPP écrit en première justification :

    « Nous attirons tout particulièrement votre attention sur le risque de réactions négatives que pourrait susciter l’axe de communication choisi, de la part des représentants de l’industrie pharmaceutique. En effet les entreprises ainsi mises en causes pourraient estimer qu’une telle campagne porte atteinte à leur image et leur cause un grave préjudice et décider d’agir en ce sens. »

    Suite à l’avis défavorable de l’ARPP, Médiatransports renvoie un avis négatif à Médecins du Monde. Mais cela ne s’arrête pas là. L’ONG va alors solliciter d’autres afficheurs, parmi lesquels JC Decaux ou le réseau d’affichage Insert. Aucun ne donnera suite et pour cause : le "conseil" de l’ARPP a été "circularisé", c’est-à-dire envoyé à toutes les sociétés. Une pratique habituelle, mais qui aurait pu être bloquée par Médiatransports.

    "Le prix de la vie"
    Pour sa campagne intitulée "Le prix de la vie", MDM voulait, au travers de dix affiches, alerter sur les prix prohibitifs de certains médicaments et mettre l’accent sur la méthode des laboratoires pour en fixer les prix.

    Selon MDM, les prix des médicaments sont fixés en fonction de la capacité maximale des Etats à payer pour avoir accès au traitement. En gros, plus un Etat est riche, plus le prix du médicament sera élevé. Pour justifier ces tarifs parfois hallucinants (le Glivec, utilisé pour soigner la leucémie est vendu 40 000 euros par an et par patient), les laboratoires avancent trois explications : la recherche coûte cher, le bénéfice thérapeutique est grand, et les coûts de production sont importants.

    Or, pour MDM, aucun de ces arguments ne tient la route.

    ”Les coûts de recherche et développement sont surestimés et les montants réels restent confidentiels et une grande partie est de toute façon financée par l’argent public à travers des bourses ou des crédits d’impôt de recherche.”

    Concernant le deuxième argument, MDM explique que 74 % des médicaments mis sur le marché lors des 20 dernières années n’apportaient que peu de bénéfices thérapeutiques et ironise en expliquant qu’"un airbag vaudrait dans ce cas le prix d’une vie". Enfin pour le troisième argument, MDM s’appuie sur une équipe de chercheurs de Liverpool qui a estimé que le coût de production du sofosbuvir (traitement contre l’hépatite C) s’élevait à 75 euros pour 3 mois avec un prix de revente de 41 000 euros annuel, soit 400 fois plus cher.

    Cette situation fait que les médecins sont parfois obligés de confier aux malades qu’il existe des médicaments pour les soigner mais que les traitements coûtent trop cher. L’Etat est donc obligé de "sélectionner" à partir de quel stade il peut prendre en compte un traitement, souvent lorsque la maladie est presque trop avancée. A cet égard, le 25 mai dernier, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, le ministère de la Santé à annoncé l’accès prochain à un traitement pour tous.

    Une pétition adressée à Marisol Touraine
    Une pétition va être adressée au même moment par l’ONG, à la ministre de la Santé Marisol Touraine.

     #santé #médicaments #big_pharma #pharma #médecine #industrie_pharmaceutique #médicament #fric #publicité #ARPP

  • http://www.lesinrocks.com/2016/06/13/actualite/a-11845050

    L’ONG #Médecins_du_Monde aurait dû lancer une campagne choc, ce lundi 13 juin choc contre le prix de certains médicaments. Mais il n’en sera rien, elle a été “bloquée” par l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (#ARPP) qui juge qu’elle pourrait nuire aux #laboratoires pharmaceutiques.

    Les 10 pubs qui ne sortiront pas : http://www.lesinrocks.com/wp-content/uploads/2016/06/10visuels.pdf
    #big_pharma #publicité

  • #Pub #TombRaider sur les bornes #MetroBus
    Ce qu’en pense le Jury de Déontologie Publicitaire #JDP (instance associée à l’#ARPP (ex-BVP)

    Un copain à qui sa fille de 6 ans a dit qu’elle avait peur dans le métro après avoir vu la pub pour TombRaider sur un écran MetroBus a écrit au JDP pour signaler la chose.

    La pub (mauvaise qualité et tournée de 90°)
    http://bap.propagande.org/tmp/PubTombRaider-ecransACL-Avr2013-P4020213.MOV

    La réponse intégrale

    Paris, le 19 avril 2013

    Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre plainte du 2 avril 2013 laquelle a retenu toute notre attention.
    Nous vous informons que, après examen attentif de votre analyse et de la publicité en cause, cette campagne ne nous paraît pas, contrevenir aux dispositions déontologiques en vigueur et notamment aux Recommandations Image de la personne humaine et Enfant.
    En effet, la publicité en cause met en scène un célèbre personnage féminin de jeu vidéo connu pour évoluer dans des univers de combats. Ce personnage apparaît certes ensanglanté mais victorieux et indemne à la fin de la séquence publicitiare.
    Dès lors, les visuels utilisés, qui sont directement en lien avec le jeu promu, sont acceptables pour la majeure partie du public.
    En conséquence et en application de l’article 12 du Règlement intérieur du Jury de Déontologie Publicitaire, votre plainte ne sera pas soumise à ses membres pour délibération.
    Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre instance et vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.

    Valérie MICHEL-AMSELLEM
    Présidente du JDP

    On peut apprécier la finesse de l’argumentation permettant à cette Conseillère à la Cour d’appel de Paris de mettre simplement au panier la plainte, sachant que le jeu en question est déconseillé aux moins de 18 ans

    http://www.20minutes.fr/culture/1111921-tomb-raider-lara-croft-rajeunit-douleur

    Plus dur et plus réaliste donc. En conséquence, c’est la première fois qu’un « Tomb Raider » est déconseillé aux moins de 18 ans. Les combats sont sanglants et Lara ne s’en échappe plus par quelques égratignures et des bleus. Elle commet son premier meurtre, elle apprend à chasser avec un arc, elle chute à de nombreuses reprises, est cognée, elle se blesse, elle souffre.

    C’est une expérience de survie, que la scénariste Rhianna Pratchett, avait voulu inspirée par une série comme « Lost », un film d’horreur comme The Descent , et par Plus fort qu’un roc , le récit choc de Aron Ralston, adapté au ciné sous le titre 127 heures.

    • Difficile d’échapper aux affiches dans les couloirs du métro, c’est une véritable prise d’otage de nos cerveaux, mais qui peut s’attendre à ce qu’une affiche que rien ne distingue des autres en papier se mette à bouger ?
      La publicité animée des panneaux dans le métro (qui filme et analyse aussi les comportements des voyageurs) est une expérience d’hallucination obligatoire sur les passants, un bref instant on va douter de sa raison et basculer dans la folie. C’est déjà très déstabilisant pour un adulte, on peut imaginer le choc pour un enfant. Pire encore quand c’est une femme au visage ensanglanté.
      #vive_la_campagne