• Quand les scientifiques se révoltent contre les géants de l’édition savante Marco Fortier - 25 Janvier 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/546298/rebellion-contre-une-revue-predatrice

    Les 27 membres du comité éditorial du magazine « Journal of Informetrics » — qui proviennent d’universités établies dans 11 pays — ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier.

    La bataille du milieu scientifique contre les géants de l’édition savante gagne en intensité. Le comité éditorial d’un des magazines les plus prestigieux, publié par le conglomérat Elsevier, vient de démissionner en bloc pour fonder sa propre publication, qui offrira tous ses articles en libre accès, loin des tarifs exorbitants exigés par les revues dites « prédatrices ».

    Ce coup d’éclat fait grand bruit dans le monde normalement feutré de l’édition scientifique. Les 27 membres du comité éditorial du magazine Journal of Informetrics qui proviennent d’universités établies dans 11 pays ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier. Ils ont lancé dès le lendemain leur propre revue savante, Quantitative Science Studies, https://www.mitpressjournals.org/loi/qss qui vise à devenir la nouvelle référence dans le monde pointu de la recherche en bibliométrie.

    « C’est une grande décision : on saborde la revue qui est la plus prestigieuse dans la discipline et on lance notre propre publication », dit Vincent Larivière, professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal.

    M. Larivière a été nommé éditeur intérimaire (et bénévole) du nouveau magazine. Il est un des meneurs de cette rébellion contre le géant Elsevier, plus important éditeur scientifique de la planète, qui a fait des profits de 1,2 milliard $US en 2017 https://www.relx.com/~/media/Files/R/RELX-Group/documents/reports/annual-reports/relx2017-annual-report.pdf en hausse de 36 %.

    « Ça fait des années qu’on dénonce les pratiques de l’industrie de l’édition scientifique. Il faut être cohérents et reprendre le contrôle de nos publications », explique le professeur, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante.

    Contre une « arnaque »
    Vincent Larivière n’hésite pas à parler d’une « arnaque » lorsqu’il décrit les pratiques commerciales des cinq plus grands éditeurs scientifiques, qui publient plus de la moitié des articles savants dans le monde. Ces cinq conglomérats — les groupes Elsevier, Springer Nature, John Wiley Sons, Taylor Francis et Sage Publications — étouffent littéralement les bibliothèques universitaires en accaparant entre 70 et 80 % des budgets d’acquisition. Le problème est si grave que plusieurs bibliothèques n’ont plus les moyens d’acheter des livres, a rapporté Le Devoir en juin dernier https://www.ledevoir.com/societe/education/531214/les-geants-de-l-edition-etouffent-les-bibliotheques .

    Le modèle d’affaires de ces géants est simple : ils obtiennent gratuitement leurs articles, qu’ils revendent à gros prix aux bibliothèques universitaires. Les chercheurs ne sont pas payés pour leur travail. Les textes sont aussi révisés gratuitement par des pairs. Les bibliothèques universitaires n’ont pas le choix de s’abonner aux périodiques savants pour que professeurs et étudiants aient accès à la littérature scientifique.

    Plus préoccupant encore, les grands éditeurs font payer des milliers de dollars aux chercheurs qui veulent publier leurs articles en libre accès. Ce modèle d’affaires est remis en question avec de plus en plus de véhémence dans les universités de partout dans le monde.

    Appui du MIT
    Le nouveau magazine fondé par les 27 professeurs de bibliométrie, le Quantitative Science Studies, sera ainsi publié en collaboration avec l’éditeur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il s’agit d’une association toute « naturelle », indique au Devoir Nick Lindsay, directeur des périodiques et des données ouvertes chez MIT Press.

    « Nous sommes déterminés à trouver des façons de publier davantage de livres et de journaux sur le modèle du libre accès », précise-t-il. MIT Press a publié à ce jour une centaine de livres et huit périodiques en données ouvertes, donc accessibles gratuitement.

    La fondation de la Bibliothèque nationale de science et technologie d’Allemagne s’est aussi engagée à verser 180 000 euros (272 772 $CAN) sur trois ans au nouveau magazine.

    Les membres du comité éditorial du Journal of Informetrics ont négocié en vain durant plus d’un an et demi avec Elsevier dans l’espoir de changer le modèle d’affaires du magazine, explique Vincent Larivière. Ils tenaient notamment à baisser les frais de 1800 $US exigés des chercheurs qui veulent publier en libre accès (le nouveau Quantitative Science Studies facturera entre 600 $ et 800 $ aux auteurs).

    Ils voulaient aussi que les références citées dans le texte soient offertes gratuitement, ce qu’Elsevier a refusé — et que la nouvelle publication offrira.

    Le comité éditorial voulait d’abord et avant tout que la société savante de la discipline — l’International Society for Scientometrics and Informetrics (ISSI) — devienne propriétaire du magazine, ce qui n’était « pas négociable », a indiqué Elsevier dans une longue déclaration publiée le 15 janvier https://www.elsevier.com/connect/about-the-resignation-of-the-journal-of-informetrics-editorial-board .

    « Il arrive parfois que les comités éditoriaux et les éditeurs aient des opinions divergentes au sujet de l’avenir et de la direction d’un journal. Dans certains cas, une entente ne peut être conclue. Le comité éditorial peut décider d’offrir ses services ailleurs, surtout s’il reçoit du soutien financier », a écrit Tom Reller, vice-président aux communications chez Elsevier.

    « Toute démission d’un comité éditorial est malheureuse », ajoute-t-il, mais l’éditeur conserve des relations fructueuses avec les membres des dizaines d’autres publications de l’entreprise. Il y a trois ans, le comité éditorial du magazine Lingua, propriété du groupe Elsevier, avait claqué la porte dans des circonstances similaires. Lingua a survécu. Son nouveau concurrent aussi.

    #elsevier #édition_scientifique #université #recherche #open_access #science #publications_scientifiques #résistance #publications #business #partage #articles_scientifiques #savoir #édition #openaccess #Informetrics #bibliométrie #édition_scientifique #rébellion #libre_accès #Springer_Nature #John_Wiley_Sons #Taylor_Francis #Sage_Publications #racket #escroqueries #MIT #universités


  • La #plateforme des chercheurs africains pour donner plus de visibilité à leurs travaux

    Gratuite, cette plateforme destinée à la prépublication en ligne des #articles_scientifiques devrait permettre aux universitaires du continent africain de partager plus facilement leurs recherches.


    https://www.courrierinternational.com/article/la-plateforme-des-chercheurs-africains-pour-donner-plus-de-vi
    #recherche #Afrique #visibilité #visibilisation #université


    • « La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes, il est temps de sortir de l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre opposition à la confiscation criminelle de la culture publique. Lorsque nous serons assez nombreux de part le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message de l’opposition à la privatisation de la connaissance, nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres ? »

      #université #édition_scientifique #articles_scientifiques #sci-hub #inégalités #partage #vidéo #film #culture_publique #désobéissance_civile #injustice #open_access #résistance #Carl_Malamud #jstor #MIT

    • Petit message à celles et ceux qui ont mis une petite étoile à ce post (grand #merci @val_k d’avoir signalé cette vidéo !)... j’ai moi-même (et d’autres bien entendu) pas mal posté d’articles et documents sur l’édition scientifique sur seenthis, vous les retrouvez avec le tag #édition_scientifique. J’ai aussi du matériel stocké dans mon ordi, si jamais quelqu’un a envie de se pencher sur cette question qui devrait plus largement être débattue publiquement... A bon entendeur...

    • #Guerilla_Open_Access_Manifesto

      Information is power. But like all power, there are those who want to keep it for
      themselves. The world’s entire scientific and cultural heritage, published over centuries
      in books and journals, is increasingly being digitized and locked up by a handful of
      private corporations. Want to read the papers featuring the most famous results of the
      sciences? You’ll need to send enormous amounts to publishers like Reed Elsevier.

      There are those struggling to change this. The Open Access Movement has fought
      valiantly to ensure that scientists do not sign their copyrights away but instead ensure
      their work is published on the Internet, under terms that allow anyone to access it. But
      even under the best scenarios, their work will only apply to things published in the future.
      Everything up until now will have been lost.

      That is too high a price to pay. Forcing academics to pay money to read the work of their
      colleagues? Scanning entire libraries but only allowing the folks at Google to read them?
      Providing scientific articles to those at elite universities in the First World, but not to
      children in the Global South? It’s outrageous and unacceptable.

      “I agree,” many say, “but what can we do? The companies hold the copyrights, they
      make enormous amounts of money by charging for access, and it’s perfectly legal —
      there’s nothing we can do to stop them.” But there is something we can, something that’s
      already being done: we can fight back.

      Those with access to these resources — students, librarians, scientists — you have been
      given a privilege. You get to feed at this banquet of knowledge while the rest of the world
      is locked out. But you need not — indeed, morally, you cannot — keep this privilege for
      yourselves. You have a duty to share it with the world. And you have: trading passwords
      with colleagues, filling download requests for friends.

      Meanwhile, those who have been locked out are not standing idly by. You have been
      sneaking through holes and climbing over fences, liberating the information locked up by
      the publishers and sharing them with your friends.

      But all of this action goes on in the dark, hidden underground. It’s called stealing or
      piracy, as if sharing a wealth of knowledge were the moral equivalent of plundering a
      ship and murdering its crew. But sharing isn’t immoral — it’s a moral imperative. Only
      those blinded by greed would refuse to let a friend make a copy.

      Large corporations, of course, are blinded by greed. The laws under which they operate
      require it — their shareholders would revolt at anything less. And the politicians they
      have bought off back them, passing laws giving them the exclusive power to decide who
      can make copies.

      There is no justice in following unjust laws. It’s time to come into the light and, in the
      grand tradition of civil disobedience, declare our opposition to this private theft of public
      culture.

      We need to take information, wherever it is stored, make our copies and share them with
      the world. We need to take stuff that’s out of copyright and add it to the archive. We need
      to buy secret databases and put them on the Web. We need to download scientific
      journals and upload them to file sharing networks. We need to fight for Guerilla Open
      Access.

      With enough of us, around the world, we’ll not just send a strong message opposing the
      privatization of knowledge — we’ll make it a thing of the past. Will you join us?

      Aaron Swartz

      July 2008, Eremo, Italy

      https://archive.org/stream/GuerillaOpenAccessManifesto/Goamjuly2008_djvu.txt

      En français, notamment ici:
      https://framablog.org/2013/01/14/manifeste-guerilla-libre-acces-aaron-swartz

    • #Celui_qui_pourrait_changer_le_monde

      Aaron Swartz (1986-2013) était programmeur informatique, essayiste et hacker-activiste. Convaincu que l’accès à la connaissance constitue le meilleur outil d’émancipation et de justice, il consacra sa vie à la défense de la « culture libre ». Il joua notamment un rôle décisif dans la création de Reddit, des flux RSS, dans le développement des licences Creative Commons ou encore lors des manifestations contre le projet de loi SOPA (Stop Online Piracy Act), qui visait à restreindre les libertés sur Internet. Au fil de ses différents combats, il rédigea une impressionnante quantité d’articles, de textes de conférences et de pamphlets politiques, dont une partie est rassemblée ici. L’adolescent, qui était déjà un libre-penseur brillant, laisse progressivement place à l’adulte, toujours plus engagé, se prononçant sur des sujets aussi variés que la politique, l’informatique, la culture ou l’éducation, et annonçant nombre de questions débattues aujourd’hui. Tiraillé entre ses idéaux et les lois relatives à la propriété intellectuelle aux États-Unis, harcelé par le FBI à la suite d’un procès intenté à son encontre, Aaron Swartz a mis fin à ses jours à l’âge de 26 ans.

      http://editions-b42.com/books/celui-qui-pourrait-changer-le-monde
      #livre

      Avec cet intéressant débat sur seenthis : pourquoi ce livre n’est pas en open access ? Débat introduit par la question de @supergeante : « ça ne choque personne ? »
      http://seen.li/cpal

    • #Alexandra_Elbakyan, la Kazakhe pirate d’articles scientifiques

      Rebelles high-tech (4/6). L’ancienne étudiante en neurosciences a créé un site Web de mise à disposition illégale de rapports de recherche. Le monde entier y a accès, au détriment des éditeurs.

      En ce jour ensoleillé de juin, le parc boisé du -musée Kolomenskoïe, à Moscou, accueille le Geek Picnic, un festival techno artistique en plein air. Parmi la foule, une jeune femme ronde et souriante, à l’allure sage et modeste, parle devant une caméra pour une interview qui sera diffusée sur YouTube. Elle explique, une fois de plus, le fonctionnement de Sci-Hub, son site Internet de publication d’articles scientifiques gratuit et ouvert à tous. Alexandra Elbakyan, 28 ans, originaire du Kazakhstan, est inconnue du grand public. Mais sur les campus et dans les labos de recherche de nombreux pays, c’est une star.
      Avec 62 millions d’articles stockés et référencés, près de 700 000 téléchargements quotidiens et des millions de visiteurs réguliers sur tous les continents, Sci-Hub s’est imposé comme une source majeure de documentation scientifique. Dans les pays pauvres, c’est un outil quotidien pour les chercheurs qui n’ont pas les moyens de se payer les abonnements coûteux des services des grands éditeurs. Dans les pays riches, des chercheurs ayant accès aux services payants utilisent Sci-Hub car il est simple et accessible de partout, sans formalités. Seul problème : Sci-Hub est un site pirate, qui vole les articles aux éditeurs et enfreint toute une série de lois sur la propriété intellectuelle et la sécurité des réseaux. Alexandra Elbakyan est poursuivie par la justice américaine.
      La création de Sci-Hub remonte à 2011. Alors étudiante en neuro-sciences, Alexandra se fait remarquer pour ses recherches sur les ondes cérébrales, ce qui lui vaut d’être invitée à aller étudier en Europe et en Amérique. Mais lorsqu’elle rentre au Kazakhstan, elle n’a plus accès aux textes scientifiques dont elle a besoin – un seul article peut coûter entre 30 et 40 dollars (entre 25 et 35 euros). Un jour, elle s’aperçoit que des biologistes russes s’entraident discrètement et s’échangent des articles sans se soucier des problèmes de copyright. Elle décide d’étendre et d’industrialiser cette pratique en créant un serveur de stockage et de distribution pour toutes les disciplines. Très vite, elle reçoit le soutien de chercheurs occidentaux : des partisans du mouvement « Open Access », militant pour la libre circulation intégrale de l’information scientifique, ainsi que des auteurs s’estimant victimes du modèle commercial dominant (dans le monde scientifique, les auteurs donnent leurs articles gratuitement aux éditeurs privés, qui les revendent très cher aux autres chercheurs).
      Complicités et marché noir
      Parmi les admirateurs d’Alexandra, beaucoup travaillent pour des universités abonnées aux services payants, et certains décident de transmettre discrètement leurs identifiants et leurs mots de passe à Sci-Hub, qui peut ainsi récupérer des articles en se faisant passer pour eux. Quand un lecteur demande un article présent dans ses serveurs, il le reçoit aussitôt. Si Sci-Hub ne possède pas l’article, il va le chercher chez un éditeur grâce à un complice, l’envoie au demandeur, puis l’archive dans la base. Bien sûr, rien n’est simple. Alexandra Elbakyan reconnaît que « Sci-Hub se procure des mots de passe de nombreuses sources différentes », ce qui laisse supposer qu’elle s’approvisionne aussi auprès de hackeurs, qui savent subtiliser des mots de passe sans l’accord de leur propriétaire… Elle a également travaillé en liaison avec un site russe, LibGen, qui distribue toutes sortes de produits piratés, mais elle affirme que, désormais, elle est autonome : « J’ai passé un temps considérable à monter mes propres serveurs, pour stocker et envoyer les articles. »
      Une fois son site lancé, Alexandra entame des études d’économie et de droit : « Un temps, j’ai envisagé de travailler pour le gouvernement, afin de changer les lois sur le copyright. » Puis elle se tourne vers l’informatique et décroche un poste de recherche qui lui laisse le temps de se consacrer à son site : « A partir de 2014, j’ai réécrit tout le code et analysé les statistiques (…). J’ai noté quels étaient les éditeurs les plus demandés, et j’ai chargé tout leur contenu. » Côté finances, Alexandra reçoit des dons anonymes de la part de lecteurs reconnaissants. Par ailleurs, elle a découvert très tôt le bitcoin, et a su spéculer sur cette nouvelle crypto-monnaie : « J’ai acheté des bitcoins quand ils valaient 20 dollars, et, aujourd’hui, ils valent cent fois plus. Cela me permet de me financer. »
      Cela dit, Sci-Hub suscite l’hostilité de nombreux universitaires, bibliothécaires ou conservateurs qui font la chasse aux tricheurs : quand un compte se met soudain à charger de gros volumes de documents, il attire l’attention des administrateurs, qui peuvent intervenir. D’autre part, et surtout, les éditeurs ont déclaré la guerre à Sci-Hub, devenu pour eux une menace existentielle. Le plus actif est le groupe anglo-hollandais Elsevier, leader mondial du secteur. En 2015, Elsevier porte plainte contre Sci-Hub devant un tribunal fédéral new-yorkais. Sans se soucier des questions de territorialité, la justice américaine s’empare de l’affaire et accuse Alexandra de piratage, un crime puni d’emprisonnement. Le juge commence par bloquer l’adresse Sci-hub.org, qui dépend d’un prestataire américain, ce qui oblige Alexandra Elbakyan à créer une série de nouvelles adresses.
      « Proche de l’idéal communiste »
      Convoquée à New York par le juge, elle refuse de s’y rendre. Elle envoie au tribunal une lettre provocatrice, et décide de ne plus aller dans les pays susceptibles de l’extrader vers les Etats-Unis. Elle cache son lieu de résidence, délaisse les réseaux sociaux américains comme Facebook et se rabat sur le réseau russe VKontakte. En revanche, elle participe, par Skype, à des colloques organisés par des universités occidentales. Peu à peu, elle en vient à contester la propriété sous toutes ses formes : « Je me sens proche de l’idéal communiste. Chez les scientifiques, on peut clairement distinguer deux classes : ceux qui travaillent, les chercheurs, et ceux qui les exploitent, les éditeurs. La théorie communiste explique comment cela fonctionne, et pourquoi une révolution est nécessaire. »
      Le procès décuple la célébrité d’Alexandra. Des universitaires consacrent des thèses à Sci-Hub, des comités de soutien se forment sur Internet, des députés européens prennent sa défense. En décembre 2016, la revue scientifique Nature publie une liste de dix jeunes gens exceptionnels ayant fait progresser la science au cours de l’année. Alexandra Elbakyan y figure en bonne place – un effort méritoire pour Nature, qui appartient au groupe d’édition allemand Holtzbrinck, et fait partie des victimes de Sci-Hub. Dans la foulée, The Custodians, un groupe international de militants de l’Internet libre et d’artistes numériques, lance une campagne pour la nomination d’Alexandra Elbakyan au « Disobedience Award » : ce prix de 250 000 dollars est décerné par le MIT de Boston à une personne qui aura fait progresser le bien commun en désobéissant à une loi injuste, tout en restant « efficace, responsable et éthique ». Pour les admirateurs de Sci-Hub, Alexandra Elbakyan est la lauréate idéale. En face, ses détracteurs, notamment américains, élargissent le débat en lui reprochant de vivre en Russie. Ils font valoir qu’elle ne désobéit pas vraiment aux lois de son pays, et sous-entendent qu’elle bénéficie en sous-main de la protection du régime de Vladimir Poutine.
      Le 21 juin 2017, le tribunal new-yorkais condamne Alexandra Elbakyan et ses complices éventuels à verser 15 millions de dollars de dommages et intérêts à Elsevier. Il exige aussi que Sci-Hub cesse toute activité et détruise ses fichiers. En réponse, Alexandra publie, sur VKontakte, un texte sarcastique, en russe : « Encore une victoire de la liberté américaine et de la démocratie… Comment la lecture gratuite d’articles scientifiques pourrait-elle causer des dommages à la société et violer les droits de l’homme ? »
      Après six années de stockage intensif, 95 % des articles demandés par les lecteurs sont déjà dans sa base – désormais, le piratage sert surtout pour les mises à jour. -Selon une étude menée en 2017 par le bio-informaticien allemand Bastian Greshake, les plus gros utilisateurs sont désormais l’Iran, isolé par les sanctions internationales, la Grèce, toujours en faillite financière, plusieurs pays d’Amérique latine, plus l’Inde et la Chine, en bonne place à cause de la taille de leur population. Cela dit, l’Allemagne est aussi très présente : fin 2016, soixante universités allemandes ont décidé de boycotter Elsevier pour protester contre l’augmentation du prix des abonnements, et d’autres sont en passe de les rejoindre. Désormais, leurs chercheurs se procurent les articles dont ils ont besoin par d’autres moyens…
      Parfois, la machine semble s’emballer, hors de tout contrôle. Dans certains pays comme l’Iran, des serveurs aspirent des gros volumes d’articles de Sci-Hub, pour créer leurs propres bases de données à usage local. Ailleurs, des groupes organisés téléchargent tous les articles consacrés à la chimie : selon Bastian Greshake, cette discipline est désormais la plus demandée sur Sci-Hub. Le 23 juin 2017, l’American Chemical Society (ACS), qui gère les intérêts des ayants droit des articles de chimie, porte plainte à son tour contre Sci-Hub devant un tribunal de Virginie.
      Imperturbable, Alexandra répète qu’elle est à l’abri, « quelque part dans l’ancienne Union soviétique ». Elle réaffirme qu’elle n’a aucune relation avec les autorités et assure que son site n’est pas en danger : « Il a été conçu pour résister à la pression. » Elle étudie à présent l’histoire des sciences et s’intéresse à l’hermétisme médiéval, mais promet que Sci-Hub va continuer à croître et embellir.

      https://www.lemonde.fr/festival/article/2017/07/27/alexandra-elbakyan-la-kazakhe-pirate-d-articles-scientifiques_5165479_441519


  • Chine. Censure : Apple capitule en silence

    La célèbre marque à la pomme obéit à la baguette aux injonctions de Xi Jinping. Sommée de supprimer les logiciels permettant à ses utilisateurs de contourner le contrôle d’#Internet dans le pays, l’entreprise américaine a fini par céder face au gouvernement chinois. Samedi 29 juillet, Apple a en effet annoncé qu’elle retirait de sa boutique en ligne toutes les applications de #VPN, des “réseaux privés virtuels” qui permettent d’accéder aux pages web bloquées dans le pays.


    http://www.courrierinternational.com/dessin/chine-censure-apple-capitule-en-silence

    #apple #chine #censure


  • Sci-Hub, la science au juste prix – L’Alambic numérique
    https://alambic.hypotheses.org/6020

    Pour autant, on pourrait imaginer qu’en négociation, cet élément exerce une pression indirecte. La stratégie classique des grands éditeurs en négociation, c’est le tout ou rien : « Voilà le prix du bouquet, à prendre ou à laisser. Le titre à titre, c’est possible… mais c’est plus cher. » Or, il est bien plus facile à un établissement de refuser un contrat s’il sait que ses chercheurs n’en pâtiront pas trop et pourront se débrouiller pour accéder aux articles. Sci-Hub ne sera, bien sûr, jamais évoqué, mais comment douter que son ombre pèsera dans la discussion, puisqu’il est démontré que les chercheurs savent s’en servir en cas de besoin ? Songeons, par exemple, à cette université canadienne qui, après une difficile négociation avec Springer, a écarté le bouquet et choisi le titre à titre… Un tel choix aurait-il été concevable il y a un ou deux ans, alors même que la situation financière des universités était déjà dramatique ? On peut lire la décision annoncée de plusieurs façons : soit les budgets ont été si profondément drainés qu’il ne reste même plus de quoi payer tous les bigs deals (c’est donc la concurrence entre les big deals qui s’engage, avec un résultat déjà prévisible), soit c’est le consentement à payer des universités qui est atteint : désormais, ce qu’elles ne veulent pas, les universités ne peuvent plus être forcées à l’acheter. Parce qu’elles n’en ont plus les moyens (ceci n’est pas nouveau), mais aussi parce que les chercheurs peuvent désormais se procurer gratuitement ce dont ils ont besoin, si leur établissement ne peut le leur fournir.

    .../…

    Si j’avais une inquiétude, ce serait celle-ci : secoués par le succès de Sci-Hub, les éditeurs vont certainement redoubler d’efforts pour basculer du modèle de l’abonnement vers celui de l’auteur-payeur. C’est la seule parade réaliste pour eux à long terme, et on sait déjà qu’elle est rentable. Les chiffres que vient de publier l’Autriche, par exemple, montrent que la transition est engagée, à un rythme affolant, parce que très coûteux ! L’hybride s’envole, loin devant les autres modèles économiques. Grâce à lui, les éditeurs réassurent leur prise sur le circuit de publication, tout en s’assurant de nouveau, au passage, de considérables bénéfices.

    #open_access #scihub
    #xyzaeiou


  • Unpaywall et Open Knowledge Map - Libre accès à l’information scientifique et technique
    http://openaccess.inist.fr/?Unpaywall-et-Open-Knowledge-Map

    Unpaywall : http://unpaywall.org est un nouvel outil mis à disposition des internautes qui leur permet de trouver la version en libre accès des articles scientifiques. Il s’agit d’une extension disponible pour les navigateurs Chrome et Firefox qui utilise l’API oaDOI. Celle-ci indexe 90 millions d’articles et repère les versions des articles en libre accès grâce notamment aux DOAJ, CrossRef et DataCite, à des archives ouvertes et à BASE. Il suffit de copier-coller le DOI d’un document et oaDOI recherche une éventuelle version en libre accès.

    #DOI #open_access #oaDOI
    #xyzaeiou


  • Le lecteur moyen de SeenThis sait certainement que le système de publication scientifique actuel marche sur la tête : les chercheurs doivent payer des requins comme Elsevier pour être publié, s’engageant à ne pas rendre publics leurs travaux, et leurs universités doivent ensuite payer pour avoir accès à ces travaux. Il est donc urgent de casser ce système et de mettre Elsevier en faillite.

    Voici une proposition de réforme, découplant la publication (qui, en 2016, est triviale et peu coûteuse à faire, grâce au Web) de l’approbation par les pairs qui, dans cette proposition, prendrait la forme d’unités d’approbation (une sorte de monnaie) stockée évidemment dans une #blockchain.

    https://zenodo.org/record/60054/files/aes.pdf

    #propriété_intellectuelle #copyright_madness #science #publication_scientifique #SciHub


  • Study Finds Men Are More Likely Than Women to Cite Their Own Science Papers

    Women in science and academia still face an uphill battle to receive equal recognition for their work. They now earn about half of all degrees, but top positions,funding, and even authorship of papers remain skewed in favour of men. Part of the reason women could have a difficult time getting their voices heard in academia is that men are busy talking—about themselves.


    http://motherboard.vice.com/read/manciting-study-finds-men-cite-their-own-science-papers-more-than-
    #université #genre #articles_scientifiques #femmes #hommes #recherche #auto-citation


  • Food and biopolitics : some literature

    Bobrow-Strain, Aaron (2013) White Bread: A Social History of the Store-Bought Loaf

    Bobrow-Strain, Aaron White bread bio-politics: purity, health, and the triumph of industrial baking Cultural Geographies January 2008 vol. 15 no. 1 19-40

    Carney, Megan A. 2014. The biopolitics of ’food insecurity’: towards a critical political ecology of the body in studies of women’s transnational migration. Journal of Political Ecology 21: 1-18

    Cloke, J. (2013) Empires of Waste and the Food Security Meme, Geography Compass 7/9 (2013): 622–636.

    D Maye, J Kirwan (YEAR) Food security: A fractured consensus Journal of Rural Studies 29, 1-6

    Emel, J, and Neo, H eds. Political Ecologies of Meat. Routledge, 2015.

    Essex, Jamey. 2012. Idle Hands are the Devil’s Tools: The Geopolitics and Geoeconomics of Hunger. Annals of the Association of American Geographers. Vol. 102, No. 1

    Gibson, Kristina E. & Dempsey, Sarah E. (2015) Make good choices, kid: biopolitics of children’s bodies and school lunch reform in Jamie Oliver’s Food Revolution children geographies Volume 13, Issue 1, 2015

    Goodman Michael K. and Sage, Colin (Eds.) Food Transgressions. Making Sense of Contemporary Food Politics

    Goodman, D. (1999) Agro-Food Studies in the ‘Age of Ecology’: Nature, Corporeality, Bio-Politics Sociologia Ruralis Volume 39, Issue 1, pages 17–38, January 1999

    Goodman, M. K. (2015) Afterword: the everyday biopolitics of care-full eating. In: Abbots, E., Lavis, A. and Attala, L. (eds.) Careful Eating: Embodied Entanglements Between Food and Care. Ashgate, Farnham. ISBN 9781472439482

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    #alimentation #biopolitique #articles_scientifiques #nourriture #agriculture

    Liste reçue via mailing-list critical geoforum :
    https://www.jiscmail.ac.uk/cgi-bin/webadmin?A2=CRIT-GEOG-FORUM;ccb62d05.1603


  • 1002 articles scientifiques pour #VertigO : une bibliothèque scientifique francophone sur les enjeux environnementaux

    Lors de sa création en 1999, une des missions de VertigO était d’offrir une source de connaissance en accès libre à l’ensemble de la francophonie et conséquemment d’offrir un lieu de publication pour l’ensemble des chercheurs francophones en sciences de l’environnement. La semaine de la langue française et de la francophonie, qui se déroule actuellement, nous offre l’opportunité de faire un état de cette mission. Surtout que l’édition savante francophone s’inscrit clairement dans le rayonnement de la langue française et sa reconnaissance comme langue afin de comprendre et décrire le monde et son évolution – une de nos motivations lors de la création de la revue. Lors de la création de la revue, nous voulions offrir une plateforme ouverte qui rejoignait les étudiants et chercheurs africains ayant souvent peu accès aux revues savantes ainsi que la société civile. Dans ce dernier cas, l’improbable lecteur, qui se trouve hors de la communauté scientifique, mais qui peut être inspiré dans sa vie professionnelle ou dans son implication sociale par les résultats d’une recherche, nous a toujours inspiré.

    https://vertigo.hypotheses.org/2222
    #environnement #articles_scientifiques #open_source #libre_accès
    via @ville_en (twitter)


  • La vente d’articles scientifiques : du « racket » - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/07/vente-darticles-scientifiques-racket-261982

    Je voudrais aussi mentionner qu’Elsevier n’est pas le créateur de ces articles. Tous les articles sur leur site ont été écrits par des chercheurs, et les chercheurs ne reçoivent pas d’argent sur ce qu’Elsevier collecte. Cela est très différent de l’industrie de la musique ou du film, où les créateurs reçoivent de l’argent pour chaque copie vendue. Mais l’économie des articles de recherche est très différente. Les auteurs de ces articles ne reçoivent pas d’argent. Pourquoi enverraient-ils leurs travaux à Elsevier dans ce cas ? Ils se sentent contraints de le faire, parce que Elsevier est un propriétaire de ce qu’on appelle des “ journaux à haut impact ”. Si un/e chercheur/se veut être reconnu, avoir une carrière – il ou elle a besoin de publier dans de tels journaux.



  • Un hashtag clandestin pour partager la science inaccessible - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/09/08/hashtag-clandestin-partager-science-inaccessible-261102

    « Il n’y a pas que les scientifiques qui sont intéressés par l’accès aux articles scientifiques. Beaucoup de malades, qui ont une maladie orpheline ou un cancer spécifique, ont envie de se documenter, d’aller voir les dernières études, de comprendre et de lire des articles scientifiques. Et pour ces personnes-là, il y a peu de moyen d’accéder à cette connaissance. »

    #IcanhazPDF


  • Uneven Citizenship: Minorities and Migrants in the Post-Yugoslav Space

    The special issue revolves around the relations between citizenship and various manifestations of diversity including, but going beyond, ethnicity. A number of interesting recent attempts to rethink citizenship are addressed by the addition of ‘uneven citizenship’ to the debate. While referring to uneven citizenship the special issue not only engages with exclusionary legal, political and social practices but also other unanticipated or unaccounted for results of citizenship policies. The individual papers address statuses, rights, and duties of refugees, internally displaced persons (#IDPs), returnees, Roma, ‘claimed co-ethnics’ as well as various interactions between dominant and non-dominant groups in the post-Yugoslav space.

    http://www.tandfonline.com/toc/reno20/current
    #citoyenneté #Balkans #ex-Yougoslavie #minorité #migration #articles_scientifiques #diversité #déplacés_internes #Roms




  • Data Mining : quand #Elsevier écrit sa propre loi…

    Le leader mondial incontesté de l’#édition_scientifique, Elsevier s’engage en faveur d’une simplification du #data_mining. De nouvelles conditions d’accès, dévoilées le mois dernier, vont grandement simplifier l’#accès à l’un des principaux corpus de #publications_scientifiques. D’autres #éditeurs devraient prochainement adopter un modèle similaire. C’est notamment le cas du principal concurrent d’Elsevier, #Springer.

    En apparence ce pourrait être une bonne nouvelle. La recension de Nature met ainsi en évidence l’engouement de certains chercheurs. Max Hauessler, l’instigateur d’un immense projet d’extraction des #articles_scientifiques sur le génome humain, a salué l’initiative : « Finalement, tout ceci montre qu’il n’y a plus aucune raison d’être effrayé par le #text-mining ». Les membres du Human Brain Project (le projet européen d’étude du cerveau humain, doté d’un budget d’un milliard d’euros) semblent également emballés par l’affaire : « Nous sommes enchanté par tout ceci. Cela résout d’importantes questions techniques ».

    Mais...

    http://scoms.hypotheses.org/98

    #information #recherche #privatisation #université #chercheurs



  • Peer-review science is taking off on #Twitter, but who is tweeting what and why?

    The most tweeted peer-reviewed articles published between 2010 and 2012, and the trends associated with their social media success. The study looked at tweets that were directly related to the peer-reviewed article in question. The tweets either contained a link directly to the article in a scientific database or contained highly specific bibliographic information that would enable anyone to find the study immediately (such as DOI or PMID numbers). The analysis shows that a high number of tweets does not correspond to a high number of citations in peer-reviewed journals – a method of measuring impact that is generally accepted by the scientific community. As a result, the number one article on the list of researchers, dealing with an altered gene during radiation exposure, was tweeted 963 times but only received nine academic citations.

    The traditional way of calculating the impact of a scientific article is based on the number of citations it has received in other scientific articles – it reflects impact on the scholarly community of citing authors. Peer review ensures a certain level of quality. “In the case of social networks, anyone can mention an article to anyone, there is no quality control,” Haustein said. Nonetheless, even if two-thirds of the tweeted articles were mentioned only once, Twitter is increasingly used to disseminate scientific articles. Over the three years studied, there was an increase in the proportion of articles cited on the network, reaching 20.4% in 2012. And despite the general finding regarding the number of citations, many of the articles most mentioned on Twitter are from journals such as PNAS, Science, Nature, The Lancet, and New England Journal of Medicine. The journal that received the most tweets was Nature, with 13,430 mentions of 1,083 papers (42%).

    The researchers point out that the recent evolution of social networks offers new prospects for scientific communication. “The fact that more and more articles are tweeted is good news because it helps scientific communication. Regardless of whether non-scientists are sending this information, it proves that science is an aspect of general culture,” Larivière said. Barely 15% of university graduates in Quebec are active on Twitter. The researchers would like to question scientists’ resistance to the social network as a tool for communications. “Considering the correlations revealed from our sample [...], we assume that the number of mentions on the Twitter network is not a good indicator of an article’s impact. This could be due to many factors, including the fact that Twitter is not yet very popular among researchers and that the viability of Twitter as a tool for scientific communication remains underestimated,” the authors wrote.

    U deMNouvelles -
    http://www.nouvelles.umontreal.ca/udem-news/news/20131209-peer-review-science-is-taking-off-on-twitter-but-who-is

    #articles_scientifiques #articles_académiques #réseaux_sociaux #impact #impact_factor