• Immigration : la #justice française prête à faire la lumière sur le « #bateau_cercueil » au large de la Libye

    Après dix ans de péripéties judiciaires, la cour d’appel de Paris a décidé, jeudi 22 septembre, de rouvrir l’enquête sur le drame du « bateau cercueil » et la possible responsabilité de la France dans la mort de 63 des personnes à bord, en avril 2011, au large de la Libye.

    Qui a laissé mourir d’une mort lente 63 personnes lors de leur terrible dérive de deux semaines sur leur zodiac au large de la Libye au printemps 2011 ? Deux des neuf survivants, épaulés par un collectif d’associations, bataillent depuis plus de dix ans pour faire la lumière sur le drame de ce « bateau cercueil », objet d’invraisemblables péripéties judiciaires.

    La cour d’appel de Paris a décidé, ce jeudi 22 septembre, de rouvrir l’#enquête après notamment deux non-lieux en 2013 et 2018, confirmés en appel en 2020 avant que la Cour de cassation n’ordonne en 2021 de réexaminer l’affaire. Elle a également demandé la jonction des procédures étrangères, des plaintes ayant été déposées en Belgique, en Espagne et en Italie.

    Une armada présente sur les lieux

    Car à l’époque des faits, en pleine révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi, des avions militaires et des navires de guerre, agissant dans le cadre d’une coalition internationale de 18 États et de l’Otan contre le régime libyen, patrouillaient dans la zone.

    Parti de Tripoli dans la nuit du 26 au 27 mars, le bateau, censé gagner l’île italienne de Lampedusa et tombé à cours de carburant, entama une mortelle dérive qui finira par le faire échouer, le 10 avril, sur la côte libyenne. Entre-temps 61 passagers, majoritairement éthiopiens, avaient péri et deux autres moururent à terre.

    Or le centre de surveillance et de sauvetage en mer italien avait alerté son homologue maltais, le centre de commandement de l’Otan et les bateaux évoluant dans la zone que le zodiac avait émis un signal de détresse. Celui-ci avait même été repéré par un avion français peu après avoir quitté la Libye, comme l’affirment les survivants et comme a pu le reconstituer l’ONG Forensic architecture dont le rapport a été versé à l’enquête. Un hélicoptère portant la mention « army » avait aussi survolé l’embarcation et lui avait même lancé bouteilles d’eau et biscuits. Enfin, un bâtiment de guerre avait croisé à proximité des passagers en perdition après cinq ou six jours de dérive.

    L’obstruction judiciaire

    « C’était la dernière chance que l’enquête soit rouverte, c’est une immense satisfaction, même si elle est fortement teintée d’amertume, car il a fallu attendre dix ans, l’instruction ne fait que commencer », commente Patrick Henriot, magistrat honoraire membre du Gisti, le Groupement d’information et de soutien aux immigrés. « Dès le départ, la juge d’instruction a considéré qu’il n’y avait pas lieu de rechercher la responsabilité de l’armée, elle a prononcé un non-lieu avant même d’ouvrir le dossier, toutes les étapes de la procédure ont ensuite été marquées du sceau de cette mauvaise volonté », poursuit-il.

    Ainsi parmi les éléments invraisemblables, le ministère français de la défense qui avait nié la présence d’un de ses avions dans la zone finira par le reconnaître, après déclassification d’un document en 2017. Lequel mentionnait également la présence de navires de guerre espagnols et italiens. « La justice italienne interrogée avait, elle aussi, reconnu qu’un avion français avait survolé l’embarcation, la juge n’a rien fait de ces informations », s’indigne Patrick Henriot. Et un non-lieu fut à nouveau prononcé en 2018. L’enquête ne fait que démarrer, et promet d’être longue.

    https://www.la-croix.com/France/Immigration-justice-francaise-prete-faire-lumiere-bateau-cercueil-large-Li

    #left-to-die_boat #migrations #mourir_en_mer #Méditerranée #mer_Méditerranée #asile #réfugiés #10_avril_2011

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    L’enquête de #forensic_architecture sur ce cas :

    In March 2011, 72 passengers left the Libyan coast heading in the direction of Italy on board a small rubber boat at the time of NATO’s military intervention in Libya. Despite several distress signals relaying their location, as well as repeated interactions with at least one military helicopter and a military ship, they were left to drift for 14 days. As a result of the inaction of all state actors involved, only nine of the passengers survived. By combining their testimonies with wind and sea-current data as well as satellite imagery, Forensic Oceanography reconstructed the liquid traces of this event, producing a report that served as the basis of several legal complaints.

    https://forensic-architecture.org/investigation/the-left-to-die-boat

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    voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/469156

  • Le Niger voit l’arrivée d’une nouvelle vague de plus de 600 migrants refoulés d’Algérie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/09/21/le-niger-voit-l-arrivee-d-une-nouvelle-vague-de-plus-de-600-migrants-refoule

    Le Niger voit l’arrivée d’une nouvelle vague de plus de 600 migrants refoulés d’Algérie
    Le 6 septembre, déjà, 847 personnes originaires d’Afrique subsaharienne étaient arrivées à Agadez en provenance du pays voisin.
    Plus de 600 migrants, originaires d’une dizaine de pays africains, sont arrivés dans le nord du Niger après avoir été refoulés d’Algérie, a appris l’AFP, mardi 20 septembre, auprès des autorités locales. Six cent soixante-neuf personnes – dont quatorze femmes et cinq mineurs – sont arrivées « à pied » le 17 septembre à Assamaka, ville nigérienne la plus proche de la frontière, après avoir été refoulées d’Algérie, ont indiqué à l’AFP les autorités locales. Parmi elles, 286 Maliens, 166 Guinéens, 37 Burkinabés, 27 Sénégalais, 25 Béninois, 22 Ivoiriens, 21 Gambiens, 21 Soudanais, 19 Nigérians, 14 Camerounais et 14 Sierra-Léonais, mais aussi deux Nigériens et des ressortissants du Tchad, de Mauritanie, de Guinée-Bissau, du Liberia et du Togo.
    L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a « confirmé » à l’AFP « l’arrivée de la vague de migrants » d’Algérie, sans toutefois avancer de nombre. « Nous sommes disposés à leur apporter une assistance. Les migrants qui souhaitent intégrer notre programme d’aide au retour volontaire peuvent être admis au niveau de notre centre de transit d’Assamaka », a assuré l’OIM. Le 6 septembre, 847 migrants, en majorité des Nigériens et parmi lesquels 40 femmes et 74 enfants non accompagnés, étaient arrivés à Agadez après avoir été refoulés d’Algérie, avait indiqué à l’AFP la municipalité de cette grande ville du nord du Niger. Début juillet, l’OIM avait annoncé avoir secouru 50 migrants ouest-africains, dont des femmes et des enfants, « bloqués » dans le nord désertique du Niger, près de la frontière avec la Libye. Considéré comme un eldorado et un point de transit vers l’Europe, l’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d’Afrique subsaharienne, selon les Nations unies. Certains de ces migrants tentent de survivre en Algérie, souvent en mendiant, mais un grand nombre cherche surtout à gagner l’Europe. En juin, l’organisation Médecins sans frontières (MSF) avait dénoncé « les traitements inhumains » infligés à des migrants ouest-africains cherchant à gagner l’Europe, dont « environ 2 000 » sont « en moyenne mensuellement » refoulés d’Algérie et de Libye vers le Niger voisin. L’Algérie, qui n’a pas de législation en matière d’asile, a souvent démenti ces accusations, dénonçant une « campagne malveillante ».

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#afriquesubsaharienne#refoulement#transit#agadez#migrationirreguliere#MSF#asile#violence#OIM#postcovid#libye#frontiere

  • EU to provide €80 million to Egyptian coast guard

    The European Commission has confirmed that €23 million will be allocated in 2022 and €57 million in 2023 to provide equipment and services to Egyptian authorities for “search and rescue and border surveillance at land and sea borders”.

    Following a Parliamentary question (https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2022-002428_EN.html) submitted by MEPs Erik Marquardt and Tineke Strike (of the Greens), the Commission stated that while it is “developing an action in support of border management… in close coordination with Egyptian authorities… no overview of equipment or services to be delivered to Egyptian authorities is available at this stage.” (https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2022-002428-ASW_EN.html)

    Responding to Marquardt and Strik’s concern over the “dire human rights situation in Egypt,” and the fact that this funding will go towards preventing Egyptians, 3,500 of whom have fled the country to Italy since January last year, from being able to exercise their right to leave their country, the Commission states that it:

    “...stands ready to support Egypt in maintaining its capacity to prevent irregular migration by sea, as well as to strengthen the control of its border with Libya and Sudan. This is of particular importance in light of the six-fold increase of irregular arrivals of Egyptian nationals to the EU in 2021 (9 219), of which over 90% to Italy, mostly via Libya.

    An ex ante risk assessment will be conducted and monitoring will take place throughout the action to ensure that it does not pose any threats to the respect of international human rights standards and the protection of refugees and migrants."

    The two paragraphs would appear to directly contradict one another. No answer was given as to what indicators the Commission will use to ensure compliance with Article 3(5) of the Treaty of the European Union on upholding and promoting human rights.

    Commenting on this response, Erik Marquardt states:

    "The commission wants ’to prevent irregular migration by sea’. Therefore, they are willing to work together with the Egyptian military-regime. The European Union should not cooperate with the Egyptian Coast Guard in order to prevent people from fleeing. We should use the tax payers money to prevent suffering and to support people in need of international protection - not to build a fortress europe

    “The Commission needs to tell us what exactly the €80 million are going to be spend on. We need to know if the funds will be used to buy weapons and see how exactly they plan to prevent people from fleeing. In Libya, we saw how funds were used to arm militias, we cannot let something similar happen again.”

    The €80 million allocation for border control makes up part of a €300 million total in short and long-term EU funding for Egypt.

    Après les #gardes-côtes_libyens... les #gardes-côtes_égyptiens

    #EU #UE #union_européenne #asile #migrations #réfugiés #frontières #contrôles_frontaliers #Méditerranée #mer_Méditerranée #externalisation #Egypte #financement

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  • EU Commissioner Johansson opens first #High_Level_Network_for_returns

    On 8 September, experts from Frontex, Member States and the European Commission met in Brussels to open the first High-Level Network on Returns to discuss the main challenges and developments affecting return operations in the European Union.

    EU Commissioner for Home Affairs Ylva Johansson opened the meeting:

    “Today I am proud to launch this high-level network on returns. To return people with dignity, effectively and rapidly, I made returns a cornerstone of the new pact on migration and asylum.

    “What’s clear: we’re at our best when we work together,” she added.

    This new network is composed of representatives from Member States and Schengen Associated Countries` institutions responsible for return and was founded to coordinate the efforts made by all Member States to ensure effective returns on EU level. The event was chaired by the EU Return Coordinator Mari Juritsch.

    Lars Gerdes, Frontex Deputy Executive Director for Returns and Operations, underlined the agency’s growing role when it comes to returns:

    “Frontex plays a key role in implementing the EU strategy on return by providing technical and operational support the Member States in the whole return process, including on voluntary returns, post arrival and reintegration.”

    “With our support, the number of people who return to their countries of origin keeps growing. This year, people who returned voluntarily make up for 58% of the total number of persons returned by scheduled flights,” he added.

    The agency also continued to increase the number of flights with forced-return monitors on board. Out of 136 forced return operations coordinated by Frontex in the first half of this year, 104 had monitors on board.

    In April, Frontex has started providing reintegration assistance to migrants returned to their countries of origin and already more than 200 people have received assistance. The Frontex Joint Reintegration Services already covers 26 countries and will be further expanded.

    In 2022, there has been a significant increase in the number of voluntary returns supported by the agency and their number keeps growing. So far this year, Frontex supported the voluntary return of 5327 non-EU nationals, compared to 4589 the year before. We also provide experts who work at the main international airports in the EU to support with return-related matters.

    Frontex is responsible for the coordination of return operations, but it is crucial to understand that the decision about who should be returned is always taken by the judicial or administrative authorities of the Member States.

    https://frontex.europa.eu/media-centre/news/news-release/eu-commissioner-johansson-opens-first-frontex-return-network-BGbBhM
    #renvois #expulsions #asile #migrations #réfugiés #EU #UE #Frontex
    #dignité (sic) #efficacité (sic) #rapidité (sic) #Mari_Juritsch #Lars_Gerdes #réintégration #post-arrivée #retours_volontaires #retours_forcés #Frontex_Joint_Reintegration_Services #aéroports

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  • Nous, les exilés (sur Briançon et la situation dans les #Hautes-Alpes)

    –-> série : Là où se cristallisent les questions d’aujourd’hui

    #Didier_Fassin (interviewé aux Terrasses solidaires, où il exerce bénévolement en tant que médecin et est présent en tant que chercheur) :
    (à retranscrire :-))

    –-

    Didier Fassin :

    « Des visages fatigués, épuisés. Des regards qui contiennent presque toujours au moins une lueur d’espoir. Malgré les épreuves déjà traversées. Elles et ils … sont environ 80 millions. 80 millions, soit un peu plus d’1% de la population mondiale. Eux, ce sont les exilés d’aujourd’hui. Dans un monde sous haute tension, personne n’est à l’abri. Vous, moi, nous serons peut-être les exilés de demain. En attendant, là maintenant : comment accueillir ces personnes qui arrivent dans nos régions ? Quelle hospitalité sommes-nous prêts à leur réserver ? Quels dispositifs établir aux frontières ? Et faut-il craindre le fameux appel d’air ? Ces questions, nous allons les déplier en altitude, du côté de Briançon, là où des exilés traversent la montagne au péril de leur vie. »

    Avec Isabelle Lorre (la coordinatrice du programme « migrations frontière transalpine » à Médecins du Monde sur Briançon), Sylvain Eymard (gestionnaire de l’association « Les Terrasses solidaires »), Didier Fassin (anthropologue, sociologue et médecin français. Il est professeur à l’Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris), Jean Gaboriau (l’un des responsables de « Refuges solidaires »), Stéphanie Besson (cofondatrice du mouvement citoyens « Tous migrants » et autrice de « Trouver refuge : histoires vécues par-delà les frontières » chez Glénat), Agnès Antoine ( membre de “Tous migrants”), deux gendarmes et quelques exilés.

    https://www.rtbf.be/auvio/detail_passe-montagne-la-ou-se-cristallisent-les-questions-d-aujourd-hui?id=291

    #podcast #audio #asile #migrations #réfugiés #montagne #Alpes #Briançon #hospitalité #Briançonnais #Hautes-Alpes #Terrasses_solidaires #militarisation_de_la_frontière #risques #chasse_à_l'homme #chutes #traque #tiers-lieu #santé #blessures #efficacité #non-efficacité #spectacle #Didier_Fassin #spectacularisation #performance #inhumanité #inhumanité_institutionnalisée #inhumanité_d'Etat

    ping @_kg_

  • Sur la gestion des #funérailles et de l’#enterrement des victimes du #naufrage du #3_octobre_2013 :

    «Invece di stabilire un luogo comune per la sepoltura, i corpi sono stati sparpagliati senza un criterio preciso per tutto l’ampio territorio dell’agrigentino. Al quotidiano ’Europa’, in un articolo di Luca Gambardella, Don Mimmi il parroco di Lampedusa aveva dichiarato:
    ’E i parenti delle vittime? Sono settimane che girano per la Sicilia alla ricerca dei loro cari defunti. Non si sa nemmeno chi sia stato tumulato e dove.’
    Quei poveri corpi straziati hanno trovato alla fine loculi vuoti o sono stati ospitati caritatevolmente in tombe di famiglia. Un unico luogo avrebbe permesso all’Italia di riflettere al regime eritreo di fare i conti con la sua spietatezza. Ma così non è stato. Le esequie sono state l’ennesimo buco nell’acqua del governo italiano sulla questione. All’indomani della tragedia erano stati annunciati funerali di Stato per le vittime. Funerali che non sono mai avvenuti e che sono stati sostituiti in fretta e furia da una commemorazione. Ma invece di farla a Lampedusa, come ogni logica dettava, è stata fatta ad Agrigento. Questa commemorazione ha brillato per assenze obbligate e presenze ingombranti. Ed è risultata una farsa che tutti noi ci saremmo volentieri risparmiati. Prima di tutto non sono stati invitati i sopravvisuti alla strage del 3 ottobre. Uomini, donne, bambini che hanno visto morire decine e decine di persone: una moglie, un amico, un compagno di sventura, un figlio. Loro, che in ogni paese civile sarebbero stati messi in prima fila ad assistere alla cerimonia, ad Agrigento sono stati di fatto considerati indesiderabili. Invece è stato chiamato a presenziare l’ambasciatore eritreo in Italia, ovvero uno dei membri di quel regime feroce da cui le vittime del 3 ottobre scappavano. Incongruenze insomma. Intenzionali o no... Purtroppo non mi è dato saperlo, ma la fotografia di quel giorno mi è rimasta tatuata nella testa. E per l’ira il fegato credo mi sia ingrossato. Vedere l’ambasciatore eritreo, tra l’allora ministro degli Interni Angelino Alfano e la ministro dell’Integrazione Cecile Kyenge rimarrà di fatto una delle immagini meno edificanti della Repubblica italiana. Leggendo i giornali in quei tragici giorni ricordo di aver condiviso la preoccupazione per una pressione del regime sui rifugiati. Era scattato l’allarme: si temeva che spie del regime si mescolassero con gli operatori nei centri temporanei per schedare a Lampedusa i migranti eritrei. I pericoli erano numerosi e tutti in agguato, pronti a sbranare anche la più piccola speranza nascente.
    Quello che più mi rendeva sgomenta era però il furto del rito che era stato perpetrato ai danni degli eritrei da parte dello Stato italiano. Di fatto con la commemorazione-farsa di Agrigento il funerale legittimo era stato scippato. False lacrime erano state sparse. Lacrime assassine. Alcuni eritrei mi hanno rivelato in confidenza che una volta finita la commemorazione la delegazione dell’ambasciata eritrea è rimasta finché la piccola folla, accorsa per i ministri, non si è dileguata del tutto. Dopodiché hanno recuperato i fiori delle autorità e li hanno gettti in mare, però questa volta davanti ad una telecamera. Per mandare questo filmato a getto continuo, ventiquattr’ore su ventiquattro, sulla Tv eritrea. Non so se questa notizia sia una leggenda metropolitana o una realtà. Comunque è molto verosimile. Non mi sarei meravigliata, dopo tutto quello che è successo, di veder succedere anche questo. La vita, in quei giorni, mi aveva insegnato quanto poteva essere ridicola, farsesca, profondamente inumana, a volte.»

    source : Igiaba Scego, Roma negata , 2014, pp.38-40
    https://seenthis.net/messages/867993

    #migrations #asile #mourir_en_mer #décès #morts_aux_frontières #commémoration

  • Quel est le poids de l’immigration sur les #prestations_sociales ?

    Il n’est pas rare de présenter les immigrés comme des "#profiteurs" qui choisiraient leur pays d’accueil en fonction des #bénéfices_sociaux escomptés. De ce point de vue, la "générosité" de la France, serait particulièrement attractive. Ainsi en 2018 les dépenses de #protection_sociale représentaient en France 31% du PIB, devant le Danemark (30,8%) et la Finlande (30,1%), le trio de tête européen. En Allemagne, en Italie ou en Suède cette part représente entre 27 et 30% du PIB, au Royaume Uni ou en Espagne la part de la protection sociale se situe entre 23 et 27%. Alors qu’en 2017 la moyenne européenne est de 27%, elle est de 19% du PIB aux USA et de 18% au Canada. Comment expliquer alors que les migrants se dirigent, plus massivement, vers des pays comme les USA, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou le Canada dont les systèmes de protection sociale sont bien moins… "séduisants" ? (Eurostat, Sespros ; OCDE)

    La part de l’immigration dans les #dépenses_publiques

    Concernant la contribution des immigrés aux #finances_publiques, en 2009 l’économiste Lionel Ragot, montrait que la population immigrée a une contribution totale légèrement positive aux finances publiques. Ces résultats viennent d’être confirmée par le rapport de l’OCDE sur les « Perspectives des migrations internationales 2021 ». « Dans les 25 pays de l’OCDE, en moyenne au cours de la période 2006-18, la contribution des immigrés sous la forme d’#impôts et de #cotisations a été supérieure aux dépenses publiques consacrées à leur protection sociale, leur santé et leur éducation. (…) La #contribution_budgétaire nette totale des immigrés était continuellement faible sur la période 2006-18, étant comprise entre -1 % et +1 % du PIB dans la plupart des pays. La situation varie selon les pays en fonction de l’âge de la population immigrée : en effet, les immigrés âgés ne contribuent pas dans la même mesure à l’économie que les immigrés d’âge actif ». En France, par exemple, la contribution budgétaire nette des personnes nées à l’étranger est de 1,02 % du PIB, donc légèrement excédentaire, contre une moyenne de 1,56 % sur l’ensemble des pays.
    Pour Jean-Christophe Dumont, la question du #coût de l’immigration « ne devrait pas nous obséder, car quand on fait le compte, on observe que la contribution est positive jusqu’à la prise en compte des dépenses militaires et de la dette publique ». En effet, lorsque le budget de la défense et le remboursement de la dette publique, qui ne concernent pas que les immigrés mais toute la population, sont pris en compte, la contribution devient négative pour la France (-0,85 %) comme pour la moyenne des 25 pays étudiés (-0,16).
    Aujourd’hui, selon l’OCDE, les dépenses publiques consacrées aux immigrés sont plus faibles que pour le reste de la population dans les domaines telles que les pensions de vieillesse et de réversion, la maladie, l’invalidité, l’éducation, la santé. Elles sont à l’inverse plus fortes concernant la famille, le chômage, l’exclusion sociale et le logement.
    Dans l’ensemble, les personnes nées à l’étranger contribuent 11 % de moins que les « natifs » au budget de l’Etat. Une participation « plombée » par une mauvaise intégration sur le marché du travail, avec 56 % des immigrés en emploi en France, or, selon une simulation réalisée par l’OCDE, avec un taux d’emploi similaire au reste de la population, les immigrés pourraient générer 0,2 % du PIB supplémentaires pour les comptes publics. Comme le rappelle Lionel Ragot, « individuellement, ils [les immigrés] sont plus au chômage, perçoivent plus d’allocations, c’est vrai. C’est le raccourci qui est souvent mis en avant pour dire qu’ils coûtent très cher à la France. Sauf que ce résultat individuel est compensé par une structure d’âge, avec des immigrés qui sont souvent dans la population active et qui donc cotisent beaucoup » (Libération, 28 octobre 2021).
    Les plus jeunes et les plus âgés coûtent le plus aux finances publiques (en dépenses de santé et vieillesse). Or, les prestations familiales visent à favoriser les naissances en France, et les enfants des familles immigrées (françaises ou étrangères !) sont les citoyennes et les citoyens de demain, appelés à contribuer au développement économique et démographique du pays. Le coût de ces allocations devrait être reporté sur le cycle de vie des enfants, comme tous les enfants de France… et non sur leurs parents.

    Surreprésentation & sous évaluations

    L’argument selon lequel les immigrés pèsent sur les comptes sociaux repose sur la surreprésentation des immigrés extra-européens au titre des prestations sociales (RMI, allocations chômage, aides au logement). Pour autant, ces immigrés cotisent, et cette surreprésentation est à corréler à leur exclusion du marché du travail mais aussi à leur situation professionnelle et aux discriminations dont ils sont victimes : faible qualification, promotion freinée, bas salaires, premiers licenciés, emplois non déclarés ou encore allégements des charges patronales sur les bas salaires.
    Par ailleurs, nombre d’immigrés ne font pas valoir leurs droits. Ainsi en est-il des immigrés qui retournent dans leur pays sans bénéficier de leurs prestations sociales : ainsi, les mouvements de retour ou « remigrations » des immigrés seraient de 20 % à 50 % au cours des cinq années suivant leur arrivée (Dumont et Spielvogel, 2008), et, selon un audit parlementaire de mai 2011, "5 ans après leur entrée, seuls 60% des titulaires d’un titre de séjour sont encore sur le territoire français". De même, à la retraite, des immigrés repartent chez eux allégeant ainsi les dépenses de santé en France. De leurs côtés, les salariés sans-papiers qui travaillent et s’acquittent de leurs cotisations sociales ne peuvent bénéficier de certaines prestations sociales auxquelles ils pourraient prétendre. Enfin, si l’immigration ne constitue qu’un élément de la réponse au vieillissement des pays européens, l’arrivée d’une main d’œuvre étrangère, qui n’aura rien coûté en frais d’éducation, contribuera aussi à améliorer le rapport entre actifs et inactifs et donc à alléger… les comptes sociaux.
    L’allongement de l’espérance de vie, le chômage de masse ou les inégalités en matière de cotisations sociales, restent les véritables causes de la fragilité de la protection sociale en France. Pas l’étranger.

    https://www.histoire-immigration.fr/economie-et-immigration/quel-est-le-poids-de-l-immigration-sur-les-prestations-sociales

    #migrations #asile #attractivité #économie #welfare_state #Etat_providence

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    ajouté à la métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »... :

    https://seenthis.net/messages/971875

  • Décryptage. Audit sur les violences dans les centres fédéraux : au-delà de l’exercice de communication (2021)

    On a assisté à un exercice de communication bien emballé lors de la sortie du rapport du juge Oberholzer sur les violences dans les centres fédéraux d’asile (CFA) mi-octobre dernier. L’auteur de l’audit est venu accompagné de Mario Gattiker, Secrétaire d’État aux migrations, présenter les conclusions de son enquête et ses recommandations aux autorités. La presse a dans l’ensemble retenu le message principal calibré par le SEM : « Il n’y a pas de violence systématique » dans les CFA à l’encontre des requérant·es d’asile. Or, c’est une violence systémique que dénoncent depuis 2020 les organisations de défense des personnes hébergées dans ces lieux [1]. De fait, en écrivant que « le système actuel, qui prévoit une large externalisation des tâches en matière de sécurité à des prestataires privés, doit être remis en question », le juge Oberholzer n’est pas loin de dire la même chose.

    Son rapport recommande de ne confier les postes-clés et un pouvoir décisionnaire qu’à des fonctionnaires de l’État, à tout le moins dans le domaine de la sécurité. Une telle mesure permettrait « de combler les faiblesses systémiques [sic !] des structures organisationnelles actuelles ». Autre constat préoccupant dans ce contexte : le fait que les agent·es de sécurité n’étaient pas habilité·es à recourir à la coercition policière et fonctionnaient « sans base juridique formelle ». Les autres recommandations du rapport – meilleure formation des agent·es de sécurité, usage réglementé des « cellules d’isolement », instauration d’un mécanisme de plainte externe et indépendant, etc. – ne sont que la répétition de mesures déjà demandées de manière bien plus appuyée, notamment par la Commission nationale de prévention de la torture [2].

    Devant la presse, le SEM a évidemment assuré être satisfait de constater que « dans l’ensemble » les droits fondamentaux sont respectés et qu’une partie des recommandations est déjà en voie d’être mise en œuvre. Mais peut-on se satisfaire d’un « dans l’ensemble » ? Surtout que ce n’est qu’après plus d’un an de dénonciations par les ONG, le dépôt de plusieurs plaintes pénales et la sortie dans les médias publics des cas documentés de violences que le SEM a daigné sortir de ses dénégations et annoncer un audit.

    On soulignera en plus les limites du rapport : mandaté par le SEM pour faire la lumière sur les faits de violence dénoncés en mai 2021, le juge s’est contenté de lire les pièces de 7 dossiers ayant fait l’objet de plaintes pénales, sans les instruire, donc sans rencontrer les personnes concernées. Un choix assumé, soit. De là à minimiser les violences, comme le fait Oberholzer, en rapportant les cas de recours à la force « disproportionné, donc illicite » au nombre total de requérant·es et de personnel des CFA, il y a un pas pour le moins spécieux. C’est comme si on se gargarisait du faible nombre de condamnations pour violence conjugale alors que les mécanismes de plaintes sont peu accessibles.

    Primo, il n’existe justement pas de mécanisme de plainte externe et indépendant permettant aux victimes de dénoncer les violences au plan pénal : jusqu’ici le SEM s’y est opposé [3]. Et témoigner est une démarche périlleuse : hormis la crainte, subjective, de représailles sur la décision d’asile les concernant, les requérant·es d’asile des centres sont à la merci du pouvoir discrétionnaire du personnel du SEM et des agences de sécurité. Ces derniers peuvent prononcer toutes sortes de sanctions orales sans avoir à rendre des comptes. L’omerta est cultivée au sein des établissements : les membres du personnel osant s’en affranchir pour témoigner risquent leur poste.

    Deuxièmement, les CFA ayant volontairement été établis dans des lieux isolés pour éviter les contacts avec la société civile, on peut imaginer combien ces plaintes ne sont pas représentatives des faits dénoncés. À Bâle ou à Giffers, les plaintes pénales déposées en 2020 – et qui ne sont d’ailleurs pas considérées dans ce rapport (!) – ne l’ont été que parce que la société civile s’était engagée en soutien de ces victimes. Elles ont été déposées par des avocat·es extérieur·es au centre. Ce qui nous amène à l’autre argument fallacieux du rapport, qui prétend que « le fait que des enquêtes pénales étaient déjà été engagées dans une majorité des cas incriminés prouve d’ailleurs que la protection juridique en cas de recours à la violence avéré ou présumé dans les centres d’asile de la Confédération fonctionne et qu’une enquête indépendante et impartiale est garantie ».

    Le juge Oberholzer se trompe en laissant entendre que la représentation juridique des CFA aurait dans son mandat de défendre les personnes victimes de violence dans les centres. Les juristes en question sont uniquement mandaté·es pour la procédure d’asile. Éventuellement pour un recours en fin de procédure contre une assignation à un centre pour personnes jugées « récalcitrantes ». Mais en tout cas pas de mener des procédures pénales.

    Reste à choisir entre regarder le verre à moitié vide ou à moitié plein, sans être dupe.
    Amnesty a pour sa part maintenu ses conclusions : « les violences commises par le personnel de sécurité à l’encontre des demandeur·euses d’asile documentées étaient si graves qu’elles pouvaient, dans certains cas, être assimilées à des actes de torture ou à d’autres mauvais traitements » [4].

    Pour rappel, les CFA sont censés accueillir des personnes en recherche d’une protection. Les violences ne datent pas d’hier et sont systémiques. C’est donc le système qu’il faut changer.
    Notes
    Notes ↑1 Julia Huguenin-Dumittan, « Violences dans les CFA. S’il n’est pas systématique, le problème reste systémique », Vivre Ensemble, paru sur asile.ch le 20 octobre 2021.
    ↑2 Sophie Malka « La société civile, garde fou à l’impunité », VE 182, avril 2021.
    ↑3 Postulat 20.3776, Création d’un service de médiation indépendant pour les requérants d’asile, Brenzikofer Florence (Verts), 18.06.20.
    ↑4 Amnesty International, « Je demande que les réquérants d’asile soient traités comme des êtres humains. Violation des droits humains dans les Centres Fédéraux d’Asile suisses« , mai 2021

    https://asile.ch/2022/01/31/decryptage-audit-sur-les-violences-dans-les-centres-federaux-au-dela-de-lexerc

    #centres_fédéraux #CFA #SEM #Mario_Gattiker #SEM #asile #migrations #réfugiés #Suisse #violence #violence_systémique #privatisation #sous-traitance #Suisse

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    ajouté à la métaliste sur les #centres_fédéraux :
    https://seenthis.net/messages/884092

    • Asile et externalisation : un système qui n’assume pas ses #responsabilités

      L’#audit mené par l’ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer concernant la violence dans les centres fédéraux d’asile met en lumière plusieurs dysfonctionnements dans le système d’asile. Au cœur de ceux-ci : le principe de l’externalisation complète de certaines tâches dites étatiques. Derrière ce mécanisme se cache un phénomène de déresponsabilisation aux conséquences non négligeables pour le quotidien des personnes réfugiées.

      Dans le domaine de l’asile, de nombreuses tâches liées à l’encadrement, à la sécurité, à la logistique, ou encore à l’assistance des personnes demandeuses d’asile (ci-après, tâches d’accueil) sont sous-traitées à des organismes tiers. Encouragés par le SEM, les appels d’offres de plus en plus nombreux, ainsi qu’une concurrence institutionnelle accrue participent à la création d’une économie de l’accueil. Dans ce contexte imprégné de logiques financières et managériales, l’essentiel n’est donc pas de bien faire, mais de bien se vendre.

      Ainsi, en 2020, la société médicale OSEARA a vu son mandat prolongé, et ce malgré les accusations portées à son encontre.[1] Motif avancé par le SEM : les autres propositions reçues en réponse à son appel d’offre étaient trop chères, et même « disproportionné·es ».[2] Dans le canton de Berne, dans le cadre de la restructuration du système d’asile cantonal entrée en vigueur le 1er juillet 2020, les organisations mandatées pour la mise en œuvre de la politique d’accueil et d’hébergement sont passées de dix à cinq : les grandes structures (à l’image d’ORS) se sont vues privilégiées aux plus petites, au détriment de celles présentes sur le terrain de longue date et de leur expertise et connaissances locales.

      Or qui dit bien se vendre dit aussi enjeux budgétaires… et budgets revus à la baisse ; une problématique qui se répercute, entre autres, sur la qualification du personnel employé dans les centres. Dans le contexte des centres fédéraux, Amnesty International, l’OSAR ou encore la Plateforme SCCFA sont unanimes : le recrutement et la formation de base du personnel encadrant et de sécurité présentent de graves lacunes. Peu formé, celui-ci ne dispose la plupart du temps pas des outils adéquats pour la prise en charge quotidienne de populations traumatisées et la gestion de conflits. Il en va de même pour le rapport de N. Oberholzer, qui recommande une meilleure formation du personnel et un encadrement à revoir.

      Mais est-ce suffisant ? Non, car ces dérives continueront tant que leurs origines structurelles – et donc systémiques – ne seront réellement questionnées. En effet, si cette problématique n’est certes pas spécifique à une gestion privatisée, elle comporte d’importants enjeux de déresponsabilisation, engendrés par le processus même d’externalisation. Du fait de la délégation de compétences, ce sont les organismes mandatés qui, à travers leurs contacts directs avec les personnes demandeuses d’asile et leurs actions quotidiennes dans ce domaine, décident du poids à accorder aux droits fondamentaux. Aussi, alors même que la responsabilité du SEM est pleine et entière (comme le rappelle d’ailleurs un avis de droit de la Commission fédérale contre le racisme[3]), elle est diluée.

      Dès lors, dans ce système complètement fragmenté, qui voit le nombre de prestataires de services se démultiplier, une meilleure définition des dispositions qui concernent les prestations d’accueil semble primordiale pour remédier aux lacunes existantes dans l’exploitation des structures d’hébergement pour personnes relevant de l’asile. Or, comme le déplore notamment l’OSAR[4], il n’existe que peu de standards contraignants pour garantir la qualité des conditions de vie dans les structures collectives d’hébergement.

      Cette absence de réglementation indique quelque chose d’important : les pouvoirs publics considèrent les appels d’offres comme les principaux instruments permettant de garantir la qualité du système d’accueil, à travers les critères et les exigences fixés pour la sélection des prestataires. Or, ceux-ci ne portent que sur la forme des services d’hébergement et d’accueil (budget, certification et autres dispositions financières et techniques) et non sur leur contenu (règlement et structure quotidienne dans les centres, sanctions, accès à l’éducation, accès à la santé et aux soins personnels, soutien aux personnes ayant des droits spécifiques, formation du personnel d’accueil et médical, etc.).

      La problématique de l’externalisation soulevée par le rapport de N. Oberholzer mérite donc d’être au cœur des débats politiques. En permettant à chaque partie d’éluder sa responsabilité, qui plus est dans un contexte où les composantes humaines, sociales et éthiques de l’asile sont négligées, elle contribue à une « sous-traitance morale » de l’accueil. Or, mandater des organisations externes ne décharge pas les pouvoirs publics de leurs prérogatives régaliennes. La responsabilité des personnes qui vivent et qui travaillent dans les centres fédéraux (et cantonaux) d’asile devrait enfin être assumée !
      Notes
      Notes ↑1 « Mandats privés : Médecins aux ordres du SEM », Sophie Malka, Vivre Ensemble n°180, décembre 2020.
      Voir aussi « Les expertises médicales douteuses de l’entreprise OSEARA pour le compte du SEM », Giada de Coulon, paru sur asile.ch le 26 janvier 2018.
      ↑2 Communiqué de presse du SEM du 9 septembre 2020
      ↑3 « Requérants d’asile dans l’espace public« , Avis de droit établi sur mandat de la Commission fédérale contre le racisme CFR, Berne, février 2017.
      ↑4 « Standards minimaux pour l’hébergement des personnes requérantes d’asile » – Prise de position de l’OSAR », avril 2019.

      https://asile.ch/2022/02/09/asile-et-externalisation-un-systeme-qui-nassume-pas-ses-responsabilites

  • 3,000 migrants in camps along Serbo-Hungarian border

    Serbian police have discovered two irregular migrant camps near Subotica, at the northern border with Hungary, according to Serbia’s interior ministry. According to the NGO Asylum Protection Center, some 3,000 refugees are currently located along this border.

    Serbian police have discovered two makeshift camps with a strong concentration of migrants near Subotica, in the northern part of the country next to the border with Hungary, Serbia’s interior ministry said on Monday, July 18.

    Several dozen migrants mainly hailing from India, Pakistan and Syria were moved to a hosting center in the area, the ministry added.

    Thousands of migrants who take the so-called Balkan route settle temporarily in Serbia in areas bordering Hungary and Croatia as they wait to cross the border and continue their journey to European Union countries.

    According to Rados Djurovic, the director of Serbian NGO Asylum Protection Center, some 3,000 refugees are currently located along the border with Hungary.

    About 1,000 migrants cross into Serbia every day

    Djurovic said that about 1,000 migrants cross into Serbia every day, including 400 from North Macedonia and Kosovo, and 600 from Hungary.

    He added that Hungarian authorities send them back to Serbia. The same source said police officials are working to contain new flows along the Balkan route while fighting a growing number of trafficking organizations and rising crime involving rival groups of migrants and those who smuggle them.

    Gangs in the area are reportedly often involved in clashes and dramatic episodes of violence. One person died and several others were injured in a recent fight between rival groups in Subotica.

    Meanwhile, Slovenia over the past few days started to dismantle barbed wire at the border with Croatia. The fence was set up during the 2015-2016 migrant crisis. According to those working in the field, this could contribute to a rising number of migrants arriving in the region, in the hope of crossing this way towards Western Europe.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/42024/3000-migrants-in-camps-along-serbohungarian-border

    #Subotica #frontières #route_des_balkans #Balkans #asile #migrations #réfugiés #Hongrie #Serbie #campement #encampement

  • Rwanda asylum deal not legally binding : Law Society

    The UK ‘asylum partnership’ with Rwanda is not legally binding, has not been scrutinised by parliament and does not protect the rights of asylum-seekers, the Law Society has said in evidence to the House of Lords on the memorandum of understanding (MoU) for the provision of an asylum arrangement.

    Law Society president I. Stephanie Boyce said: ’This partnership would make profound and irreversible changes to the lives of refugees and migrants sent to Rwanda. But the safeguards in the deal are not binding or enforceable – domestic and international law requirements do not apply to them.

    ’If an asylum-seeker’s human rights were breached in Rwanda they would have no way of seeking justice in the UK. They wouldn’t be able to appeal to British courts and there is nothing the UK could do to enforce their rights under the terms of the agreement.’

    The deal potentially puts the UK in breach of international law, she added. ’For instance, if categories of people were in practice prevented from claiming asylum in the UK, or if the government were to effectively pre-judge asylum claims from groups of people.

    ’The Law Society believes people will be given insufficient notice or time to get legal advice about their removal to Rwanda under the MoU – just 14 days, or seven days if they are in immigration detention. Anyone subject to such a life-changing order must be able to challenge the decision, and to have their case processed fairly and transparently.’

    The UN Refugee Convention prohibits ‘refoulement’ – returning a refugee to a place where they would face persecution. This applies not only to their country of origin but also to a third country, such as Rwanda, the Society said.

    ’The UN special rapporteur on trafficking in persons has raised concerns we echo that asylum seekers removed by the UK might face persecution in Rwanda,’ Boyce said. ’There is a further risk of them being subsequently removed from Rwanda to their country of origin and facing persecution there. Both eventualities could contravene the principle of non-refoulement.’

    She said that monitoring bodies referred to in the agreement have not been set up and there are insufficient details to determine whether they would provide effective oversight.

    Boyce concluded: ’The government has failed utterly to put in place any legally binding safeguards or enforcement mechanisms to protect the rights of people it intends to send to Rwanda. In addition to the consequences for individuals, this has potential consequences for the UK’s international standing, which is underpinned by our reputation for upholding the rule of law.

    ’The deal outsources the UK’s international obligations onto Rwanda. There is a real risk this could set a precedent.’

    https://www.lawgazette.co.uk/law/rwanda-asylum-deal-not-legally-binding-law-society/5113506.article

    #UK #Angleterre #procédure_d'asile #externalisation_de_la_procédure #pays_tiers #Rwanda #asile #migrations #réfugiés

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    ajouté à la métaliste sur la mise en place de l’#externalisation des #procédures_d'asile au #Rwanda par l’#Angleterre :
    https://seenthis.net/messages/966443

  • Il principio di non respingimento ai confini dell’Unione Europea
    https://www.meltingpot.org/2022/06/il-principio-di-non-respingimento-ai-confini-dellunione-europea

    Papers, una rubrica di Melting Pot per la condivisione di tesi di laurea, ricerche e studi.Per pubblicare il tuo lavoro consulta la pagina della rubrica e scrivi a collaborazioni@meltingpot.org. Università degli studi di TorinoDipartimento di Culture, Politica e SocietàLaurea magistrale in Scienze Internazionali Il principio di non respingimento ai confini dell’Unione Europea di Valeria Contin(Anno Accademico 2020/2021)  Per scaricare la tesi crea un account: scopri come Per accedere con le tue credenziali: clicca qui Introduzione Lo scopo di questa tesi è offrire un quadro della situazione attuale circa le politiche di gestione dei flussi migratori da parte dell’Italia e dell’Unione Europea, illustrando gli strumenti normativi più (...)

  • ‘Crazy invasive technology’ : UK faces legal challenge for GPS tagging of migrants

    A complaint has been filed by the anti-surveillance advocacy group Privacy International against the U.K. #Home_Office, which is rolling out #GPS tracking devices for migrants entering the country through irregular routes. Privacy International says the practice is excessive, unlawful and threatens the fundamental rights to privacy to which everyone in the United Kingdom is entitled.

    “These are just individuals who are seeking a new life in the U.K.,” said Lucie Audibert, a lawyer at Privacy International. “And so the necessity of surveilling them and monitoring in this way is highly questionable, and I question the effectiveness of it as well.”

    The devices, which are bulky ankle bracelets of the same type that have been used in the criminal justice system for decades, monitor migrants’ movements 24/7. Anyone who is on immigration bail in the U.K. can be tagged, for an unlimited amount of time.

    The Home Office unveiled a new 12-month pilot to experiment with tagging people arriving on small boats in June, when Prime Minister Boris Johnson said migrants couldn’t be allowed to simply “vanish” into the country. The Home Office have said they intend to use the tags to stop migrants bound for offshore detention centers in Rwanda from disappearing — despite absconding rates being as low as 1% in 2020, according to a Freedom of Information request by Migrants Organise.

    Privacy International argues that the practice of tagging migrants lacks the proper safeguards that are in place when the devices are used in the criminal justice system. They add that the devices can be inaccurate as well as intrusive. The privacy rights charity filed complaints with the Information Commissioner’s Office and the Forensic Science Regulator.

    Privacy and migration advocates say the Home Office can use the location data to check up on migrants who claim to remain in the U.K. on the basis of family ties with the country — to assess whether they really do visit their relatives. They also say the surveillance measure leaves migrants traumatized, stigmatized and — in some cases — housebound, afraid to engage with the outside world.

    The use of GPS tagging on migrants has already been trialed extensively in the U.S., under a program known as “Alternatives to Detention,” which has been expanded under President Joe Biden. The U.S. government argues that placing people under electronic surveillance is kinder and less brutal than imprisonment, and keeps more people out of immigration detention centers. But immigrants in the U.S. say the tags are dehumanizing.

    “You feel like you’re in prison again,” a U.S. asylum seeker told us in May. He described crying “tears of joy” when the bracelet was removed from his body after three months’ wear.

    The argument that the tags are a humane alternative to detaining migrants has been mirrored in the U.K.’s policy, according to Audibert. But, she says, it’s a false premise: “Every alternative to detention in the criminal justice system has never reduced prison numbers. It has just expanded the size of the population that was controlled.”

    The Home Office recently expanded the criteria for who is eligible to be tagged to include anyone who arrives in the U.K. via irregular routes, such as small boats — a practice which is now a criminal offense in the country. Earlier this month, a report in the Guardian revealed that the Home Office was rolling out new “facial recognition smartwatches” to migrants as a complement to the ankle tags. The smartwatches, though removable, require migrants convicted of a criminal offense to scan their face up to five times per day to ensure they’re still wearing them.

    The Home Office, in a statement, emphasized the tags will be used on “foreign national criminals” but made no mention of its pilot scheme to also tag asylum seekers with GPS ankle bracelets.

    A Home Office spokesperson said: “Since August 2021, the Home Office has successfully tagged over 2,500 foreign criminals, reassuring victims that their perpetrators cannot escape the law and will be removed from the U.K. at the earliest opportunity. Since January 2019, the Government has removed over 10,000 foreign criminals.”

    The use of GPS tracking has severe effects on the mental health of the wearer, according to research by Monish Bhatia, a criminology lecturer at Birkbeck, University of London. He describes, in a report published last year, how many people who are tagged experience it as imprisonment and punishment. They say the tag makes them feel like criminals, and that they have to live with the stigma if their tag is spotted.

    The tag means they’re often reluctant to engage with their community and do everyday activities like playing sport for fear of revealing their tag, and can end up isolating themselves, in a form of self-inflicted house arrest, because they do not want to be tracked.

    Bhatia argued the practice of tagging had no use other than to wield power over asylum seekers and minority groups. “It’s purely for control — and it is discriminatory. I’ve called it racial surveillance on more than a few occasions and I’ll stick with that term to describe this technology,” he said.

    The U.K. has in recent years rolled out a massive program of surveillance and technology to try to deter migrants from crossing the English Channel, at a cost of tens of millions of dollars to the British taxpayer. Audibert described how the GPS policy forms part of this strategy of deterrence and is part of the Home Office’s overall intention to stop migrants from making dangerous journeys across the water in small, fragile vessels.

    “They’re pouring millions of pounds into this crazy invasive technology,” said Audibert, who described how most migrants had no interest in breaching their bail conditions. “It’s criminalizing people that aren’t criminals in the first place.”

    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/surveillance-uk-migrants-gps-trackers

    #surveillance #migrations #asile #réfugiés #frontières #données #données_personnelles #UK #Angleterre #géolocalisation

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    Et parallèlement l’Union européenne...
    EU’s Frontex Tripped in Its Plan for ‘Intrusive’ Surveillance of Migrants
    https://seenthis.net/messages/966671

    ping @isskein @karine4

  • Ship to house asylum seekers ready to depart for Netherlands

    A large cruise ship commissioned by the Central Agency for the Reception of Asylum Seekers and the government is ready to depart from Estonia for the Netherlands. It will be used to house 1,000 asylum seekers who have no other housing options, according to the NOS.

    However, it is still unclear when the ship, the #Silja_Europa, will actually begin its voyage to its docking point at #Velsen. The municipality told the NOS that it was not known whether or when the ship could be docked at Velsen, where there is considerable resistance to the plan.

    “Think about healthcare. One general practitioner already has 4,100 patients here, you can be happy that if you make an appointment now, you can come in 14 days,” said one resident of Velsen-Noord to the NOS. The village of 5,300 people is not the only one to object to hosting a ship for asylum seekers –– Vlissingen’s municipal council also pushed back against the reception of a ship.

    The COA has already announced, however, that it will provide its own doctors for the asylum seekers who will live on the ship. Along with the Rijkswaterstaat and municipality, the COA is preparing the location at Velsen for the arrival of the ship, the NOS reports. Strong piles have been set up on the quay to secure the ship in case of bad weather, for example.

    A spokesperson for the shipping company that delivered the Silja Europa to Tallinn, where it is waiting to depart for the Netherlands, confirmed the ship was ready to leave. “But what happens to the ship after we deliver it here in the port of Tallinn as agreed is something the COA team will have to explain and answer," she told the NOS. The COA is unable to give a definitive answer to this question.

    https://nltimes.nl/2022/08/21/ship-house-asylum-seekers-ready-depart-netherlands
    #Pays-Bas #asile #migrations #réfugiés #bateau #bateau_de_croisière #accueil (well...)

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    Alors que les anglais et bientôt les danois les envoient au Rwanda...
    UK : https://seenthis.net/messages/966443
    DK : https://seenthis.net/messages/959222

    ping @isskein @karine4

  • « Ils nous ont traités comme des sauvages » : en #Lituanie, les espoirs déçus des demandeurs d’asile

    Arrêtées l’été dernier après leur entrée illégale dans le pays, plus de 4 000 personnes ont été envoyées dans des centres gérés de manière carcérale, au mépris des lois européennes. Relâchés mais déboutés du droit d’asile, des exilés racontent leurs désillusions.

    Thierno (1) a quitté la Guinée avec un rêve un peu naïf : jouer au football dans une équipe européenne. « Peut-être même une équipe d’amateurs au début. Je ne doute pas de moi, j’arriverai à me faire repérer avec le temps », espère-t-il toujours, à 23 ans. Il a déjà perdu une année de détention – illégale – en Lituanie. Au printemps 2021, il embarque pour le Bélarus avec un visa d’étudiant. Il vivote quelques mois, se cherche un club convenable. En juillet, comme des centaines d’autres Africains venus au Bélarus pour les études ou en quête d’un hypothétique travail, il profite de la crise migratoire créée par le régime de Loukachenko et entre en Lituanie. A ce moment de l’été, des centaines d’Irakiens arrivent au Bélarus, attirés par la promesse d’une entrée facile dans l’Union européenne voisine, et convergent vers la frontière du pays balte, que les douaniers bélarusses les aident à franchir.

    Dans son petit sac, le jeune Guinéen n’embarque presque rien, une paire de crampons et le maillot bleu et blanc de son équipe de troisième division guinéenne. Comme plus de 4 200 migrants arrivés dans le pays balte au cours de l’été 2021, il est arrêté la frontière à peine franchie et envoyé dans un « centre d’enregistrement des étrangers ». Une nouvelle législation tout juste adoptée a mis en place un régime « d’hébergement temporaire sans liberté de mouvement ». Pendant un an, Thierno ne sortira pas des camps où il a été envoyé.

    C’est d’abord celui, temporaire, de l’école de Vydeniai, où Libération l’a rencontré. Dans ce village du sud du pays, sont rassemblés des migrants africains qui dorment sur des lits de camp dans les salles de classe bleu et rose. 140 personnes se partagent les douches du gymnase et font la queue pour les distributions alimentaires. Le chauffage est défectueux et dès septembre, les migrants se plaignent du froid. « La Lituanie n’est pas la première à accueillir quelques milliers de migrants d’un coup mais elle refuse de gérer correctement. La seule chose qu’ils veulent, c’est nous renvoyer, ils nous voient juste comme une menace », raconte Pape (1) au téléphone, en septembre. La conversation est hachée, des cris et des bousculades couvrent souvent la voix du Sénégalais, arrivé en Lituanie deux mois plus tôt. « Les gens sont à bout », dit-il.
    Prison désaffectée

    A force de protestations, Thierno et certains de ses camarades sont transférés à l’automne à Pabradé, une ville de l’est, où le petit immeuble du centre d’enregistrement des étrangers s’est vite retrouvé entouré de grandes tentes kaki puis de structures en conteneurs. D’autres sont envoyés à Kybartai, dans une prison désaffectée. Au pire moment, ils sont 645 dans un bâtiment prévu pour 450 détenus. Les migrants dorment dans les cellules aux fenêtres grillagées, ont l’interdiction de passer d’un bâtiment à l’autre et font un peu de sport dans la cour de promenade entourée de barbelés. Ils n’ont accès aux douches qu’en groupe, une fois par semaine. « En utilisant une fiction juridique pour présenter la détention comme un « hébergement temporaire », les législateurs lituaniens ont cherché à priver les migrants et les réfugiés de garanties procédurales essentielles contre la détention arbitraire », écrit Amnesty International dans un rapport publié en juin.

    « On essaie toujours de voir le positif, mais c’est dur de garder le moral. La privation de liberté est très dure à supporter », écrit Thierno par message en octobre. Dans sa chambre étroite se serrent deux lits superposés et quatre occupants vissés à leur téléphone. Leur première question est toujours la même : « Quand serons-nous libérés ? » La durée maximale de cet emprisonnement qui ne dit pas son nom a d’abord été limitée à six mois, puis étendue à douze mois en décembre à l’approche de l’échéance.

    « Ils sont malhonnêtes, ils ne respectent rien, même pas leur parole », s’énerve Eric (1) par téléphone, à la veille de Noël. Congolais originaire du Nord-Kivu, une région minée par l’insécurité, il a suivi le même parcours migratoire que Thierno : visa d’études pour le Bélarus, quelques mois de galère, entrée en Lituanie et arrestation par les gardes-frontières. « Je ne comprends pas ce pays. Depuis tout ce temps, j’aurais pu commencer à m’intégrer et à apprendre la langue, chercher un travail et peut-être trouver une copine. La vie aurait continué. Aujourd’hui, plus personne n’a confiance en la Lituanie. Les droits de l’homme, ça n’existe pas ici », assène-t-il.
    « Comme si nous n’étions pas des êtres humains »

    Dans les camps, la tension monte pendant l’hiver. Les migrants sont exaspérés. Ils pointent la faible qualité de l’eau et de la nourriture, le manque de prise en charge médicale, les remarques racistes qu’ils essuient. Leurs échanges avec l’administration du camp se résument souvent à des pressions pour qu’ils signent un document de retour volontaire et soient placés dans le premier avion avec 300 euros de compensation. Des rumeurs circulent : certaines personnes seraient mises à l’isolement une semaine et tabassées pour essayer de les faire craquer.

    A Medininkai, Pabradé et Kybartai, les trois principaux camps, des manifestations éclatent. Depuis le camp de Pabradé, plusieurs migrants envoient des vidéos. A genoux dans la neige, quelques dizaines d’hommes en doudoune, bras en l’air, crient « freedom » face à des policiers en tenue antiémeute. Sur des morceaux de carton accrochés au grillage, ils ont écrit « nous ne sommes pas des criminels » ou « vous nous aviez dit six mois [d’enfermement], ça en fait déjà sept ». « C’est comme si nous n’étions pas des êtres humains pour eux. Ils nous ont traités comme des sauvages, à coups de matraques et de gaz lacrymogène », raconte Thierno.

    Le matin du 7 février, au lendemain d’une nouvelle manifestation, des policiers débarquent dans le camp et raflent 27 personnes, dont le jeune Guinéen. « Ils n’ont pas cherché à comprendre, ils ont pris tous ceux qu’ils ont pu attraper », dit-il. Dépouillé de son téléphone, Thierno est transféré en « prison » dans la zone d’isolement du camp de Kybartai, de l’autre côté du pays, avec une « quarantaine d’autres noirs ». Il y est resté en captivité jusqu’à début juillet, quand il a enfin été libéré et ramené à Pabradé, un an après son arrivée.

    La liberté enfin accordée par les autorités lituaniennes a un goût amer. Eric et Thierno sont autorisés à quitter le centre de Pabradé mais ils y vivent toujours. « On a des permis de circuler mais pas d’autorisation de travail, donc on ne peut pas trouver d’emploi pour avoir un salaire et un logement », explique le Guinéen. Les entraînements de foot dans le club de la ville sont sa seule distraction, mais « deux fois par semaine, c’est vraiment trop peu ». En théorie, des permis de travail peuvent être demandés aux autorités, mais la plupart des migrants n’ont pas été informés de cette possibilité. « Tu peux sortir la journée, tu te promènes à rien faire et tu rentres dormir au centre », résume Eric, le Congolais. Faute de moyens, ils n’ont pas été plus loin que Pabradé, où l’animation se résume à une grande rue bordée de quelques supermarchés. Impossible aussi d’ouvrir un compte pour recevoir un soutien financier : les banques réclament un titre de résidence.
    Vide législatif

    De tous les migrants hébergés dans les centres, seuls les demandeurs d’asile reçoivent une toute petite somme d’argent (12,90 euros par mois), les autres ne vivent que des distributions de nourriture et de vêtements. Thierno comme Eric ont été déboutés de l’asile. Seuls 3 % à 4 % des demandes ont abouti selon le ministère de l’Intérieur. « Les dossiers ne sont pas traités comme il faut. Par exemple, tu fais ton entretien en français, la réponse arrive en lituanien et si tu traduis, ça ne colle même pas à ton histoire », pointe Thierno. « Les demandes de tous ceux que je connais ont été rejetées, rapporte Rose (1), une Congolaise du camp de conteneurs de Medininkai. On nous donne un avocat pour les audiences, mais il ne nous défend pas, il accepte tout. » Comme le pointe Amnesty, les avocats sont choisis et payés par le département des migrations, soit l’organisme qui décide d’accorder ou non l’asile.

    Les centaines de personnes déboutées de l’asile mais originaires d’un pays avec lequel la Lituanie n’a pas d’accord d’expulsion se retrouvent dans un vide législatif, avec des droits très limités. Aux yeux de Vilnius, la seule solution repose sur les accords de « retours volontaires » que les autorités migratoires cherchent à faire signer par tous les moyens. Une somme de 300 euros a d’abord été promise à tous ceux qui signeraient, avant de grimper à 500 puis 1 000 euros. Près de 1 100 personnes ont fini par céder, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur en juin. Les autres, les 1 400 personnes qui vivent toujours dans les camps, rêvent d’ailleurs, parlent de « s’évader » et sont à l’affût de plans pour quitter le pays. Au cours du mois de juillet, 800 personnes ont ainsi disparu des radars du ministère de l’Intérieur.
    « Deux poids, deux mesures »

    Plus d’un an après le pic de la crise migratoire orchestrée par le Bélarus pour faire pression sur son voisin, Vilnius ne relâche pas la bride. Les tentatives d’entrée dans le pays ont nettement diminué, passant de 93 par jour en juillet 2021 à 12 par jour en 2022, malgré un nouvel afflux le mois dernier. Le nombre de personnes admises est quant à lui extrêmement faible. Depuis août 2021, un décret autorise les gardes-frontières à repousser les migrants vers le Bélarus, ce qui a donné lieu à plus de 10 000 pushback (« renvois illégaux ») en un an.

    Cette mesure, comme le placement en détention de tous ceux qui ont franchi illégalement la frontière, est contraire au droit européen : la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) l’a confirmé dans un arrêt rendu le 30 juin. Pourtant, la Lituanie s’apprête à inscrire dans la loi ces pratiques jusque-là permises par un simple arrêté. Il suffira d’enclencher l’état d’urgence, comme l’an dernier, pour les mettre en œuvre.

    La nouvelle loi devrait conserver l’une des mesures les plus décriées, pointée du doigt par la CJUE pour restreindre drastiquement le droit d’asile. Pour être autorisés à déposer une demande de protection, les migrants doivent faire la demande dans les consulats lituaniens à l’étranger ou dans certains postes-frontières. Les ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le pays en sont privés. Dans son arrêt, la CJUE estime que cette mesure empêche « l’accès effectif à la procédure d’octroi de la protection internationale ».

    La Commission européenne a pourtant laissé faire, malgré les entorses au droit communautaire. En visite à Vilnius l’été dernier, la commissaire européenne Ylva Johansson a félicité le gouvernement lituanien pour sa « réaction exemplaire » et souligné la nécessité de « faire comprendre clairement qu’il n’y a pas de libre accès au territoire de l’UE ». Un an d’abus plus tard, et alors que le pays a depuis remarquablement accueilli les Ukrainiens fuyant la guerre, cela révèle surtout « le deux poids, deux mesures appliqué au traitement des réfugiés, en fonction de leur appartenance ethnique, de leur nationalité ou de leurs origines », comme le souligne Amnesty.

    https://www.liberation.fr/international/europe/ils-nous-ont-traites-comme-des-sauvages-en-lituanie-les-espoirs-decus-des

    #asile #migrations #réfugiés #conditions_de_vie #pays_baltes

  • Three asylum seekers walked the wilderness out of Russia

    This is the second time this summer illegal crossings happen in the terrain from Russia to Norway.

    “The persons were detained by the border guards and handed over to the police. All three have asked for asylum and we can’t give further details,” says Chief of Staff with the Police in Finnmark, Tarjei Sirma Tellefsen, to the Barents Observer.

    It was Sør-Varanger Avis that first reported about this week’s illegal border crossings.

    The three foreigners were detained at #Korpfjell. The exact circumstances are still to be determined, and the police is formally still investigating it as “a possible illegal crossing,” Tellefsen says.

    In late June, a person came walking in the same northern sector of the 198 km border. Also he applied for asylum in Norway.

    It is strictly illegal to cross the border in the terrain, and such incidents happen rarely. Only a few times over the last three decades. Norway’s border with Russia is likely the least troubled among all external Schengen-borders in Europe.

    “Threat assessment in regards to illegal border crossings is low, and the fact that we have seen two incidents this summer doesn’t change the overall picture,” Tarjei Sirma Tellefsen says.

    Norway has military border guards patrolling the land border with Russia, but it is the police that formally is in charge of law enforcement.

    On the Russian side, a barbed wired fence stretches the entire area of a highly secured and surveilled border zone.

    There are several military camps in the Pechenga region, with the nearest only a 10-12 km from the border to Norway.

    Both the 200th Motorized Rifle Brigade and the 61. Naval Infantry Brigade are located in Pechenga. Soldiers from these brigades are currently fighting Russia’s brutal war on Ukraine.

    https://www.rcinet.ca/eye-on-the-arctic/2022/08/18/three-asylum-seekers-walked-the-wilderness-out-of-russia
    #frontières #asile #migrations #réfugiés #route_arctique #Norvège #Russie

    Sur la “route arctique”, voir (2018):
    https://seenthis.net/messages/714902

    ping @reka

  • La UE aumenta los fondos de gestión migratoria en Marruecos con 500 millones

    La asignación para el periodo 2021-2027 es de casi un 50% más que los 346 millones que había recibido en el anterior.

    La Unión Europea (UE) aumentará el paquete de ayuda a Marruecos para la gestión migratoria en unos 500 millones de euros para el periodo 2021-2027. Esto supone un 50% más que en el periodo anterior (2014-2020) cuando el paquete presupuestario era de 346 millones.

    Estos paquetes de «ayuda sustancial» para Rabat en el ámbito migratorio incluyen un programa de apoyo presupuestario que se encuentra en negociación, pero que podría suponer unos 150 millones de euros, según fuentes comunitarias. Además, se está considerando para el futuro otra fase del programa de apoyo presupuestario por un montante «aproximadamente similar».

    La Comisión Europea y Marruecos acordaron una nueva asociación operativa contra el tráfico de personas, cuando la comisaria de Interior, Ylva Johansson, visitó el país el pasado 8 de julio.

    En particular, prevé un apoyo en la gestión de fronteras, la cooperación policial reforzada (incluidas las investigaciones conjuntas), concienciación sobre los peligros de la migración irregular y una mayor cooperación con las agencias de la UE que trabajan en el ámbito de los asuntos de interior. La Comisión considera que Marruecos «es un socio estratégico y comprometido» con el que los Veintisiete han cooperado en temas migratorios desde hace años.

    Rabat también se beneficiará de nuevas acciones nacionales junto con otras regionales, en las áreas de lucha contra el tráfico y la trata de personas, protección, retorno y reintegración, así como en el ámbito de la migración legal, señalaron fuentes comunitarias. Precisaron, por otra parte, que está en discusión el apoyo futuro a Marruecos en ese contexto y que solo se podrá dar detalles una vez que los diferentes programas estén finalizados.

    La UE tiene la intención de seguir apoyando la gobernanza y la gestión de la migración en Marruecos, incluso con acciones específicas destinadas a garantizar que las fronteras sean gestionadas de acuerdo con las normas internacionales de derechos humanos, indicaron las fuentes. El apoyo financiero de la UE es parte de un diálogo integral UE-Marruecos sobre migración, en línea con los principios consagrados en el Pacto Europeo para la Migración y el Asilo.

    El enfoque principal de la cooperación es la promoción de los derechos y la protección de los migrantes y refugiados vulnerables, el apoyo institucional para la gestión de la migración, así como la creación de oportunidades económicas y el apoyo a los esquemas de movilidad legal como alternativas a la migración irregular, aseguraron las fuentes.

    https://www.publico.es/internacional/ue-aumenta-fondos-gestion-migratoria-marruecos-500-millones.html#md=modulo-p
    #UE #EU #Union_européenne #Maroc #asile #migrations #réfugiés #externalisation #frontières #aide_financière #coopération_policière #police

    • Lutte contre l’immigration clandestine : comment l’UE a fait du Maroc son « #partenaire_privilégié »

      Près de 500 millions d’euros : telle est la somme que va verser l’Union européenne au Maroc pour lutter contre l’immigration clandestine. Un pas de plus dans la collaboration entre l’Europe et le royaume, qui cherche depuis des années à « asseoir son leadership » en matière de migration.

      C’est une preuve de plus du rapprochement qui s’opère entre le Maroc et l’Union européenne (UE) au sujet des questions migratoires. Bruxelles va verser au royaume la somme de 500 millions d’euros « pour renforcer ses actions dans la lutte contre l’immigration clandestine », a affirmé, lundi 15 août, le journal espagnol El Pais.

      Cet argent servira à consolider les nouveaux mécanismes de coopération entre l’UE et le Maroc, à savoir l’appui à la gestion des frontières, le renforcement de la coopération policière (y compris les enquêtes conjointes), et la sensibilisation aux dangers de l’immigration irrégulière.

      Une partie de la somme sera aussi dédiée « au développement des politiques d’intégration et de protection des réfugiés au Maroc », ainsi qu’à « la lutte contre les mafias », relaie le site d’informations marocain Médias24.

      Les 500 millions d’euros d’aide annoncés dépassent largement les 343 millions d’euros reçus précédemment par le Maroc, fait savoir aussi El Pais.

      L’immigration irrégulière, « une source d’instabilité »

      Cette somme promise vient clore un cycle de rencontres et de rapprochements mutuels ayant eu lieu ces derniers mois entre l’UE et le Maroc. Le 8 juillet, la commissaire européenne chargée des affaires intérieures #Ylva_Johansson et le ministre espagnol de l’Intérieur, #Fernando_Grande-Marlaska, avaient rencontré à Rabat le ministre de l’Intérieur marocain, #Abdelouafi_Laftit. Ensemble, ils avaient lancé « un partenariat rénové en matière de migration et de lutte contre les réseaux de trafic de personnes », peut-on lire dans un communiqué de la Commission européenne. Celui-ci couvre les mêmes prérogatives que l’aide financière décidée ces derniers jours.

      En mars, le commissaire européen chargé du voisinage et de l’élargissement #Oliver_Varhelyi avait posé, depuis Rabat, les jalons de cette #collaboration renforcée. « Nous sommes très reconnaissants du travail dur et persistant réalisé par le Maroc et qui doit se poursuivre. Et nous sommes prêts à contribuer de notre part pour faciliter ce travail, parce que nous sommes convaincus que l’immigration irrégulière est une source d’instabilité et de vulnérabilité pour la région », avait-il assuré au ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

      Le commissaire avait même affirmé vouloir « élargir cette coopération », avec « des moyens financiers plus élevés qu’avant ».

      Les migrants comme outil de pression

      Pour l’Europe, l’objectif est clair : « Faire face, ensemble, aux réseaux de trafic des personnes, notamment suite à l’émergence de nouveaux modes opératoires extrêmement violents adoptés par ces réseaux criminels », indique encore le communiqué de la Commission européenne, qui voit en Rabat « un partenaire stratégique et engagé [...] en matière de migration », « loyal et fiable ».

      L’enthousiasme de l’UE à l’égard du Maroc avait pourtant été douché en mai 2021, après le passage de plus de 10 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, les 17 et 18 mai. En cause ? Les tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat à propos de l’accueil, par l’Espagne fin avril, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, pour des soins médicaux. L’UE avait alors suspendu son aide financière au Maroc tout juste décaissée, et qui devait courir jusqu’à 2027. « Personne ne peut faire chanter l’Europe », avait alors déclaré Margaritis Schinas, vice-présidente de la Commission européenne.

      Un peu plus d’un an plus tard, les drames survenus sur les routes migratoires marocaines qui mènent à l’Europe ont, semblent-ils, changé la donne. La pression migratoire qui s’exerce aux frontières de Ceuta et Melilla et en mer, ont poussé l’UE à faire évoluer sa relation avec le Maroc, qui y trouve son intérêt.

      « Cela fait longtemps que l’Europe et le royaume essaient de trouver des points de convergence. Mais ce dernier a longtemps résisté aux propositions européennes, ne voulant pas être ’otage’ d’un accord multilatéral sur ces questions, et abîmer son image auprès des pays africains, dont il cherche à se rapprocher », explique à InfoMigrants Catherine Withol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, spécialiste des migrations internationales. Mais aujourd’hui, le royaume s’attache au contraire « à tirer profit de sa position géographique, pour faire monter la pression côté européen, et asseoir son leadership à ce sujet », précise la spécialiste.

      La stratégie du récent « partenaire privilégié » de l’UE fonctionne aussi sur ses membres. Le 19 mars, Madrid a en effet soutenu pour la première fois publiquement la position de Rabat sur le dossier du Sahara occidental. Et ce, alors même que le pays avait toujours prôné jusqu’ici la neutralité entre Rabat et le Polisario. « En faisant volte-face sur la question du Sahara occidental, l’Espagne a montré son point faible. Elle ne veut plus se brouiller avec le Maroc, car les conséquences, on le sait, sont très fâcheuses », avait confirmé à InfoMigrants Brahim Oumansour, chercheur à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), spécialiste du monde arabe.

      À l’intérieur des frontières du Maroc, dont la politique migratoire est tant vantée par l’UE, s’appliquent pourtant de nombreuses violences à l’égard des migrants, sans papiers ou demandeurs d’asile. La répression des exilés est bien souvent privilégiée par les autorités, en lieu et place d’un accueil digne. Mercredi 17 août, un groupe de 28  migrants doit être jugé à Nador, dans le nord-est du pays, pour avoir tenté de franchir les hautes clôtures qui séparent Melilla du territoire marocain, avec 1 500 autres personnes. Ces prévenus sont, pour la plupart, originaires du Tchad et du Soudan, pays parmi les plus pauvres du monde.


      https://www.infomigrants.net/fr/post/42670/lutte-contre-limmigration-clandestine--comment-lue-a-fait-du-maroc-son

      #partenariat

  • No man’s land : three people seeking asylum stuck in Cyprus’s #buffer_zone

    The Cameroonians, who had ‘no idea’ they had jumped into the demilitarised area, have been trapped for almost two months

    A few months after Grace Ngo flew into Turkish-occupied northern Cyprus from her native Cameroon, she decided to head “for the west”. Smugglers pointed the student in the direction of the Venetian walls that cut through the heart of Nicosia, Europe’s last divided capital.

    A little before midnight on 24 May, Ngo leapt from the breakaway Turkish Cypriot republic into what she hoped would be the war-divided island’s internationally recognised Greek south.

    “I just said ‘God protect me,’” the 24-year-old recalled, describing the jump that instead landed her in the UN-patrolled buffer zone, where she has been stranded ever since. “The walls were so high. I hurt my leg quite badly but I was desperate for the west.”

    Daniel Djibrilla and Emil Etoundi, two other asylum seekers from Cameroon’s English-speaking minority, were at the same spot that night, equally drawn by the bright lights of the European metropolis beyond. Like Ngo, who says she would not have made the journey had she not been the victim of abuse, both cited Cameroon’s civil war as their reason for leaving home.

    “We jumped from over there,” says Etoundi, a former soldier, pointing across the ceasefire line that has partitioned the ethnically split island since Turkey invaded in 1974 after a coup aimed at uniting Cyprus with Greece. “We had no idea this was no man’s land. I can’t believe it.”

    After the refusal of President Nicos Anastasiades’ government to allow them to apply for asylum, the three Cameroonians remain trapped in the buffer zone, protected by the UN refugee agency, UNHCR, but living in tents and at the mercy of others’ goodwill.

    At the height of the 2015 Syrian refugee crisis, Cyprus remained relatively unvisited by displaced people, as the majority headed through Turkey and the Aegean islands en route to Europe.

    That changed in 2018, when smugglers began to see the EU’s easternmost state as an easy drop-off.

    On 21 May, Anastasiades’ administration declared a state of emergency, with officials saying the Mediterranean island faced insurmountable pressures from continuing arrivals. It came after Cyprus was censured by a human rights watchdog amid allegations of illegal pushbacks of migrants at sea.

    In late 2020, close to 20,000 asylum applications were pending, according to the Greek Cypriot authorities. A record 13,648 people requested protection in 2019. In the first six months of 2021, more than 5,000 claims had been made, more than half the total in 2020.

    Cyprus has the highest per capita number of first-time asylum seekers in the EU, according to the EU’s statistics agency, Eurostat.

    “We are in a critical situation,” the interior minister, Nicos Nouris told the Guardian ahead of a EU summit in Slovenia on Thursday. “All the [reception] centres are full and we simply don’t have the capacity to receive more. If we want to talk about solidarity and responsibility, we have to stand by frontline member states like Cyprus, which is the top-receiving country in asylum seekers.”

    The majority of migrants entering the Greek south are smuggled illegally through Turkey and areas of Cyprus over which the republic has no control, according to Nouris.

    With smuggling networks taking advantage of partition, Nouris said there were genuine fears of a new front being opened on an island where migrants arrive both by boat and along the whole 110 mile (180km) ceasefire line.

    “We have to be very careful not to open a new passage,” he says. “It’s not a matter of three people – that would be ridiculous when so many are coming. But if I accept these three people, then [such crossings] will be the next common practice. They’ll be coming by the thousands … Turkey will put them on buses and send them to the checkpoints.”

    The Cameroonians’ plight has illuminated the tough stance of a government that, like Greece, feels abandoned by Europe on migration.

    “They have the right to have their asylum claims examined,” says the UN refugee agency’s spokeswoman, Emilia Strovolidou, explaining that the trio were returned to no man’s land after approaching a UN patrol unit and going to the nearest Greek Cypriot checkpoint.

    “This is a clearcut case of people asking for international protection, and we have made a number of interventions with the competent authorities in an effort to allow them to access the procedure.”

    Cyprus is “obliged under international, EU and national law” to process asylum requests and give people access to dignified conditions in reception centres, Strovolidou says, adding: “Their living conditions – right now, in tents, in the sweltering heat – are totally unsuitable.”

    Asylum seekers have been stranded in the buffer zone before but none for so long. The near two-month saga has led human rights organisations to accuse the government of inflating the number of arrivals and generating a climate of fear based on xenophobia and anti-immigration hysteria fuelled by the rise of the far-right Elam party.

    On an island reliant on low-skilled labour, aid organisations contend that it is often foreigners already in Cyprus on student or work visas who apply for asylum in an attempt to prolong their stays legally.

    Corina Drousiotou, at the Cyprus Refugee Council, says migrants keep the agriculture sector alive. “Despite the fact that Cyprus’s economy heavily depends on low-skilled foreigners, the vast majority of whom work in harsh conditions with low salaries and next to zero rights, there is no political willingness to properly address those issues,” she says.

    “A complete overhaul of the [asylum] system is required to ensure dignity and equal rights for all, which in turn will have multiple benefits for many industries and the local society.”

    For Ngo, Djibrilla and Etoundi, the prospect of any job would be welcome. But as temperatures exceed 40C (104F), the Cameroonians are left anxiously awaiting news under the shade of a strip of trees planted along a thin gravel strip barely a metre wide.

    “I’m 33. I [deserted] the military after 10 years,” says Etoundi, as Djibrilla plays a gruesome video on his mobile phone showing decapitations in his country’s conflict. “I do not support the [Cameroonian] separatists’ fight, but I had to leave because I did not agree with what the military were asking us to do. If I go back, I will face death.”

    Cyprus’s interior minister says the case could be resolved if the EU agreed to include the island in a reallocation programme.

    “I have written to the European Commission, saying we are prepared to transfer them to other member states, but have not heard back,” says Nouris. “If that were to happen, this could so easily be solved.”

    https://www.theguardian.com/global-development/2021/jul/17/no-mans-land-three-people-seeking-asylum-stuck-in-cypruss-buffer-zone

    #limbe #no_man's_land #Chypre #asile #migrations #réfugiés #frontières #Chypre_du_Nord #Turquie #bande_frontalière

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    ajouté à la métaliste sur les #zone_frontalière :
    https://seenthis.net/messages/795053

    • Helping Asylum Seekers in Northern Cyprus

      Asylum seekers will continue making their way to Turkish-controlled Northern Cyprus, regardless of whether they are aware of its unrecognized status. The United Nations Refugee Agency and the European Union, in particular, must take concrete steps to offer them meaningful protection.

      NORTH NICOSIA – On May 24, 2021, three Cameroonian asylum seekers left the north of Cyprus in an attempt to reach the south. They were denied protection, triggering widespread international condemnation, and were stranded in no man’s land for nearly seven months after the Cypriot authorities refused to recognize their asylum request.

      Their predicament stemmed partly from the island’s de facto division since 1974. Crossing the United Nations-controlled Green Line separating the internationally recognized Republic of Cyprus (RoC) and the Turkish-controlled Northern Cyprus (recognized only by Turkey) is considered illegal if not authorized, even for those seeking asylum. The RoC authorities argued that granting the three Cameroonians asylum would encourage others to cross the Green Line, and have accused Turkey of encouraging an influx of refugees from Syria and Sub-Saharan Africa. But the reality is more complex. Since 2018, Cyprus has become a major destination for refugees. As routes into the European Union via Greece close and refugees’ living conditions in countries like Turkey and Lebanon worsen, traffickers are instead offering Syrian refugees a risky crossing to Cyprus. Many arriving on the island live in dire conditions in overcrowded reception centers, while government ministers stoke anti-refugee sentiment. Some land in Northern Cyprus and mistake it for the RoC. The increase in the number of asylum seekers in Northern Cyprus reflects both new arrivals by boat and the “university island” model. A recent study by the student group VOIS Cyprus shows a correlation between the growing number of university students in the north and the increase in asylum seekers, with 4.5% of the 763 respondents (mostly third-country nationals) citing war or conflict in their home country as their reason for studying there. There are currently 21 universities in Northern Cyprus, with students from some 100 countries. For the 2021-22 academic year, there were 14,000 Turkish Cypriot students, 43,000 from Turkey, and 51,000 from third countries. Unfortunately for most of the refugees from the Middle East and Sub-Saharan Africa, the government in Northern Cyprus has not assumed responsibility for providing asylum to persons in need of protection. This is despite the fact that international human-rights instruments such as the UN’s 1951 Refugee Convention, the International Covenant on Civil and Political Rights, and the Convention Against Torture are part of the north’s domestic legal framework.

      In fact, there is no specific domestic legislation regarding refugee protection, and no differentiation between persons in need of protection and other migrant groups. Refugees arriving in Northern Cyprus by boat are often detained and deported. It is a similar story for students who are unable to regularize their stay due to financial difficulties and then, fearing persecution and/or war in their home countries, seek asylum. Responsibility for offering protection should lie with the UN Refugee Agency (UNHCR). But the UNHCR’s mandate in Northern Cyprus has diminished since 2014, because the lack of established rules with the local authorities have left the agency unable to offer refugees meaningful protection. The UNHCR’s mandate previously allowed for determination of refugee status in the north to be part of the procedure for deciding whether a person needed protection. Its current mandate, however, enables it to provide asylum seekers only with protection letters recognizing them as “persons of concern” (PoCs). In theory, this document prevents PoCs from being deported, and gives them access to the labor market, health care, and (in the case of children) education. But the absence of a comprehensive mechanism to offer even basic protection to refugees in Northern Cyprus is a concern. In fact, there is no official agreement between the Refugee Rights Association (RRA, which acts as the implementing partner on the UNHCR’s behalf) and the Turkish Cypriot authorities, and hence no legal basis for the UNHCR protection letters. It is simply an informal arrangement that the authorities can rescind at any time, which explains why they have made no concerted efforts to offer PoCs meaningful protection. Some therefore regard crossing the Green Line to the RoC as their only option, despite the RoC’s poor track record with refugees. Being recognized internationally as refugees would at least be preferable to the limbo they experience in the north. It is difficult to know who exactly is to blame for asylum seekers’ plight in Northern Cyprus. But desperate people will continue making their way to Northern Cyprus, regardless of whether they are aware of its unrecognized status. International actors, particularly the UNHCR and the EU, must therefore take concrete steps to offer them meaningful protection. Far too often, the UNHCR has claimed that it is unable to establish relations with Northern Cyprus because it is a territory under occupation. But for many asylum seekers languishing in undignified conditions, the question of effective control does not matter. To offer them meaningful protection, the UNHCR must seek innovative ways of communicating with the authorities in the north. Giving the RRA more money and manpower to do this would be a good start. The EU, meanwhile, should push the RoC government to re-establish and recognize claims of protection for those who cross the Green Line and to collaborate with the authorities in the north. In addition, it should investigate the RoC’s increased and reportedly inhumane border policing, increase its support to the RRA, and encourage the Turkish authorities to pressure their Turkish Cypriot counterparts to uphold their human-rights commitments.
      More importantly, other EU member states must acknowledge their role in this debacle. The fact that asylum seekers are now opting for Cypriot shores is a direct result of violent pushbacks against refugees at these countries’ borders. The EU can – and should – provide asylum seekers safer humanitarian corridors, visas, and resettlement packages. Desperate people must not suffer more than they already have for the prospect of a better future.

      https://www.project-syndicate.org/commentary/northern-cyprus-asylum-seekers-unhcr-eu-protection-by-emmanuel-ac

  • Helping asylum seekers in Northern Cyprus

    Asylum seekers coming to Cypriot shores is a direct result of violent pushbacks against refugees at the EU’s borders

    On May 24, 2021, three Cameroonian asylum seekers left the north of Cyprus in an attempt to reach the south. They were denied protection, triggering widespread international condemnation, and were stranded in no man’s land for nearly seven months after the Cypriot authorities refused to recognise their asylum request.

    Their predicament stemmed partly from the island’s de facto division since 1974. Crossing the United Nations-controlled Green Line separating the internationally recognised Republic of Cyprus (RoC) and the Turkish-controlled Northern Cyprus (recognised only by Turkey) is considered illegal if not authorised, even for those seeking asylum.

    The RoC authorities argued that granting the three Cameroonians asylum would encourage others to cross the Green Line, and have accused Turkey of encouraging an influx of refugees from Syria and Sub-Saharan Africa. But the reality is more complex.

    The university island

    Since 2018, Cyprus has become a major destination for refugees. As routes into the European Union via Greece close and refugees’ living conditions in countries like Turkey and Lebanon worsen, traffickers are instead offering Syrian refugees a risky crossing to Cyprus. Many arriving on the island live in dire conditions in overcrowded reception centres, while government ministers stoke anti-refugee sentiment. Some land in Northern Cyprus and mistake it for the RoC.

    The increase in the number of asylum seekers in Northern Cyprus reflects both new arrivals by boat and the ‘university island’ model. A recent study by the student group VOIS Cyprus shows a correlation between the growing number of university students in the north and the increase in asylum seekers, with 4.5 per cent of the 763 respondents (mostly third-country nationals) citing war or conflict in their home country as their reason for studying there. There are currently 21 universities in Northern Cyprus, with students from some 100 countries. For the 2021-22 academic year, there were 14,000 Turkish Cypriot students, 43,000 from Turkey, and 51,000 from third countries.

    Unfortunately for most of the refugees from the Middle East and Sub-Saharan Africa, the government in Northern Cyprus has not assumed responsibility for providing asylum to persons in need of protection. This is despite the fact that international human-rights instruments such as the UN’s 1951 Refugee Convention, the International Covenant on Civil and Political Rights, and the Convention Against Torture are part of the north’s domestic legal framework.

    In fact, there is no specific domestic legislation regarding refugee protection, and no differentiation between persons in need of protection and other migrant groups. Refugees arriving in Northern Cyprus by boat are often detained and deported. It is a similar story for students who are unable to regularise their stay due to financial difficulties and then, fearing persecution and/or war in their home countries, seek asylum.
    Who’s responsible?

    Responsibility for offering protection should lie with the UN Refugee Agency (UNHCR). But the UNHCR’s mandate in Northern Cyprus has diminished since 2014, because the lack of established rules with the local authorities have left the agency unable to offer refugees meaningful protection. The UNHCR’s mandate previously allowed for determination of refugee status in the north to be part of the procedure for deciding whether a person needed protection. Its current mandate, however, enables it to provide asylum seekers only with protection letters recognising them as ‘persons of concern’ (PoCs). In theory, this document prevents PoCs from being deported, and gives them access to the labour market, health care, and (in the case of children) education. But the absence of a comprehensive mechanism to offer even basic protection to refugees in Northern Cyprus is a concern.

    In fact, there is no official agreement between the Refugee Rights Association (RRA, which acts as the implementing partner on the UNHCR’s behalf) and the Turkish Cypriot authorities, and hence no legal basis for the UNHCR protection letters. It is simply an informal arrangement that the authorities can rescind at any time, which explains why they have made no concerted efforts to offer PoCs meaningful protection.

    Some therefore regard crossing the Green Line to the RoC as their only option, despite the RoC’s poor track record with refugees. Being recognised internationally as refugees would at least be preferable to the limbo they experience in the north.
    The EU’s and UNHCR’s failure

    It is difficult to know who exactly is to blame for asylum seekers’ plight in Northern Cyprus. But desperate people will continue making their way to Northern Cyprus, regardless of whether they are aware of its unrecognised status. International actors, particularly the UNHCR and the EU, must therefore take concrete steps to offer them meaningful protection.

    Far too often, the UNHCR has claimed that it is unable to establish relations with Northern Cyprus because it is a territory under occupation. But for many asylum seekers languishing in undignified conditions, the question of effective control does not matter. To offer them meaningful protection, the UNHCR must seek innovative ways of communicating with the authorities in the north. Giving the RRA more money and manpower to do this would be a good start.

    The EU, meanwhile, should push the RoC government to re-establish and recognise claims of protection for those who cross the Green Line and to collaborate with the authorities in the north. In addition, it should investigate the RoC’s increased and reportedly inhumane border policing, increase its support to the RRA, and encourage the Turkish authorities to pressure their Turkish Cypriot counterparts to uphold their human-rights commitments.

    More importantly, other EU member states must acknowledge their role in this debacle. The fact that asylum seekers are now opting for Cypriot shores is a direct result of violent pushbacks against refugees at these countries’ borders. The EU can – and should – provide asylum seekers safer humanitarian corridors, visas, and resettlement packages. Desperate people must not suffer more than they already have for the prospect of a better future.

    https://www.ips-journal.eu/topics/democracy-and-society/helping-asylum-seekers-in-northern-cyprus-6122
    #Chypre #asile #migrations #réfugiés #Chypre_du_Nord #frontières #responsabilité #ligne_verte #Turquie #université #étudiants #étudiants_universitaires #Kokkinotrimithia

  • Immigration : sous la une de Mediapart | 14.08.22

    1./ International — Parti pris

    Les exilés meurent, le monde ferme les yeux

    Du nord de la France à la mer Égée en passant par la Méditerranée ou le Mexique, les morts aux frontières se multiplient, sans que cela provoque la moindre réaction chez nos dirigeants politiques. Cette banalisation ne peut perdurer.

    par Nejma Brahim

    https://www.mediapart.fr/journal/international/130822/les-exiles-meurent-le-monde-ferme-les-yeux

    2./ Politique

    Projet de loi immigration : des titres de séjour suspendus aux « principes de la République »

    Le ministre de l’intérieur veut priver de titre de séjour les personnes étrangères qui manifestent un « rejet des principes de la République ». Cette mesure, déjà intégrée à la loi « séparatisme » de 2021 mais déclarée inconstitutionnelle, resurgit dans le texte qui doit être examiné d’ici la fin de l’année.

    par Camille Polloni

    https://www.mediapart.fr/journal/france/120822/projet-de-loi-immigration-des-titres-de-sejour-suspendus-aux-principes-de-

    • Les exilés meurent, le monde ferme les yeux

      Du nord de la France à la mer Égée en passant par la Méditerranée ou le Mexique, les morts aux frontières se multiplient, sans que cela provoque la moindre réaction chez nos dirigeants politiques. Cette #banalisation ne peut perdurer.

      Combien de temps encore laisserons-nous les exilés livrés à eux-mêmes ; contraints, faute de voies légales de migration, d’emprunter de dangereuses routes par l’intermédiaire de réseaux de passeurs souvent peu scrupuleux ? La question mérite d’être posée, à l’heure où les drames humains se suivent et se ressemblent, aux quatre coins du monde, sans qu’ils suscitent la moindre réaction politique.

      En France, mercredi 10 août, Mohammed est mort près d’un campement à Grande-Synthe, dans le Nord. Le jeune homme, de nationalité soudanaise, s’est noyé à l’âge de 22 ans en faisant sa toilette dans un canal, faute d’un accès digne à l’eau - l’un des nombreux droits fondamentaux des exilés que la France bafoue, au quotidien. Le 20 juillet dernier, l’association Human Rights Observers documentait comment, en pleine canicule, la préfecture du Nord avait ordonné la saisie de cuves d’eau mises à la disposition des exilé·es.

      « Une mort de plus qui n’a rien d’un accident, elle est le résultat des politiques criminelles à nos frontières », a dénoncé Utopia 56 à propos de Mohammed. L’association, qui vient en aide aux exilés dans le Calaisis et le Dunkerquois, s’échine à rendre hommage aux victimes disparues à cette frontière – plus de trois cents depuis 1999, un bilan alourdi par le naufrage du 24 novembre 2021 – et à mettre un nom sur ceux et celles que l’on préfère, par facilité, appeler « les migrants ».

      La veille, mardi 9 août, un important naufrage survenait en mer Égée, au large de l’île grecque de Karpathos. Mercredi 10 août au matin, les gardes-côtes grecs annonçaient avoir secouru vingt-neuf personnes, mais entre trente et cinquante personnes restaient encore portées disparues. L’embarcation avait quitté la ville turque d’Antalya dans l’objectif de rallier l’Italie.

      C’est sur cette route – celle de la Méditerranée orientale – que sont régulièrement documentés des « push-backs » (« refoulements »), pourtant illégaux au regard du droit international. Ces derniers sont parfois meurtriers : les migrant·es sont forcé·es de monter à bord d’une embarcation sans moteur, puis repoussé·es vers le large, sans eau ni nourriture, et donc sans garantie de survie (lire notre enquête).
      La société civile porte seule la responsabilité de ces vies

      En Méditerranée centrale, où seuls des navires humanitaires affrétés par des ONG européennes comme SOS Méditerranée, Open Arms, Sea-Watch ou Sea-Eye (lorsqu’ils ne sont pas bloqués à quai par les autorités italiennes) volent au secours des migrant·es qui tentent la périlleuse traversée de la mer, plusieurs autres drames se sont joués ces derniers jours. Mardi 9 août, huit personnes – trois femmes, quatre enfants et un homme – ont perdu la vie dans un naufrage au large de la Tunisie.

      Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 1 200 personnes sont mortes sur cette route depuis le début de l’année. La veille, lundi 8 août, six autres personnes mouraient dans un naufrage au large de la capitale algérienne. Une femme enceinte figurait parmi les survivants.

      Outre-Atlantique, trois personnes sont mortes en traversant le Darién Gap entre la Colombie et le Panama, trois autres en tentant d’atteindre le Nicaragua par la mer, et cinq autres entre Cuba et les États-Unis. Deux semaines plus tôt, dix-sept Haïtiens avaient déjà péri après que leur embarcation a chaviré au large des Bahamas.

      Fin juin, plus de cinquante personnes exilées originaires du Mexique, du Guatemala ou du Honduras étaient retrouvées mortes dans un camion surchauffé au Texas. Joe Biden s’est contenté de jeter la pierre aux passeurs, évoquant une « industrie criminelle qui brasse plusieurs milliards de dollars » et « exploite [les exilé·es] sans respect pour leur vie ». En France, Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur, en avait fait autant après le naufrage du 24 novembre dernier au large de Calais.

      Difficile d’imaginer une fin à cette liste funeste. Faut-il pour autant admettre que ces tragédies se banalisent ? Si les réseaux organisés de passeurs ont une part de responsabilité, les États occidentaux oublient qu’ils sont, avant toute chose, les scénaristes de ces films d’horreur au décor de plus en plus hostile.

      Restrictions sur l’octroi de visas, droit d’asile bafoué, refoulements illégaux, construction de murs, barbelés et contrôles accrus aux frontières, violences policières sont autant de décisions assumées et réfléchies pour empêcher les candidat·es à l’exil de rallier nos terres, au prétexte qu’ils ou elles n’auraient pas la bonne couleur de peau ou la bonne « culture », pour toujours davantage maîtriser nos « flux migratoires ».

      Et tant pis si cela implique des morts. Qui s’en soucie encore, hormis les associations et citoyen·nes solidaires ? Plus de 24 000 personnes (enregistrées) ont péri sur la seule route de la Méditerranée depuis 2014. Un chiffre qui devrait nous tordre l’estomac, mais auquel tout le monde ou presque semble s’être habitué.

      Seul le visage du petit Alan Kurdi, découvert mort noyé à l’âge de 2 ans sur une plage turque en 2015 après avoir traversé la Méditerranée, avait permis de réveiller les consciences. Cela n’a malheureusement pas duré.

      Tout porte à croire que nos #frontières maritimes et terrestres ont désormais pour rôle de « nettoyer » le monde de personnes perçues comme « illégitimes ». Mais criminaliser des vies et des parcours qui n’ont rien de criminels n’est pas digne de nos démocraties.

      Les migrations caractérisent un phénomène naturel, auquel mieux vaut s’adapter plutôt que de tenter de l’endiguer pour simplement répondre aux peurs insensées d’une partie de l’opinion publique.

      Alors qu’elles vont certainement s’amplifier avec le dérèglement climatique (lui aussi assumé), les États occidentaux ne peuvent plus se dérober à leurs #responsabilités. Ils ont le devoir de s’organiser pour développer une véritable politique d’accueil. Cessons de fermer les yeux, cessons de compter les morts.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/130822/les-exiles-meurent-le-monde-ferme-les-yeux

      #décès #morts #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #asile #migrations #réfugiés #responsabilité

  • #Immigrants
    (13 témoignages, 13 auteurs de bande dessinée et 6 historiens)

    France, terre d’accueil. Même si la réalité est souvent assez éloignée de ce grand principe, Christophe Dabitch a recueilli le témoignage de 11 immigrants, ayant trouvé asile en France. Ces témoignages dessinés sont éclairés par six textes d’historiens (Marianne Amar, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Liêm-Khê Luguern, Gérard Noiriel, Philippe Rygiel, Michèle Zancarini-Fournel), spécialistes de la question, qui replacent les raisons de l’immigration dans l’histoire de notre pays.
    Dessins d’Étienne Davodeau, Christian Durieux, Benjamin Flao, Manuele Fior, Christophe Gaultier, Simon Hureau, Étienne Le Roux, Kkrist Mirror, Jeff Pourquié, Diego Doña Solar, Troub’s, Sébastien Vassant.

    https://www.futuropolis.fr/9782754804073/immigrants.html

    #asile #migrations #réfugiés #France #témoignage #BD #livre #bande_dessinée

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