• En Pologne, l’instrumentalisation des peurs nourrit les ressentiments à l’égard des réfugiés ukrainiens
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    En Pologne, l’instrumentalisation des peurs nourrit les ressentiments à l’égard des réfugiés ukrainiens
    Les agressions contre les Ukrainsiens se sont multipliées en Pologne, au cours de l’été, sur fond de peur des migrants et de manipulation russe.
    Par Florent Georgesco (Varsovie, correspondant régional)
    Les agressions à l’encontre de réfugiés ukrainiens, en progression continue en 2026 en Pologne, ont connu un pic durant l’été. En juillet, à Legnica, deux filles de 13 ans et un garçon également mineur ont été violentés par une femme, parce qu’ils parlaient ukrainien sur un terrain de sport. En août, un frère et une sœur également adolescents ont été frappés par deux adultes sur une aire de jeux de Bydgoszcz pour le même motif. A la fin de juillet, c’est un couple de jeunes gens, qui se sont fait rouer de coups à Wroclaw par un groupe d’hommes qui n’avaient rien d’autre à leur reprocher que leur nationalité.
    Souvent filmées, ces agressions, parmi beaucoup d’autres, physiques et verbales, ont contribué à mettre en évidence l’hostilité croissante des Polonais à l’égard des près de 1 million et demi d’Ukrainiens installés dans le pays – dont un peu plus de 950 000 sont accueillis au titre de réfugiés, selon Eurostat. Au point que, comme le racontait le quotidien Wyborcza au début de juillet, les femmes ukrainiennes ont commencé à affluer dans les cours d’autodéfense. « Pas un jour ne passe sans qu’on me dise de retourner en Ukraine », témoignait l’une d’elles. « Je ne me sens plus en sécurité. Je dois me défendre moi-même », lançait une autre.
    Les sujets de tension sont de différents ordres, allant des conflits mémoriels entre les deux pays autour des massacres de Polonais commis par des Ukrainiens pendant la seconde guerre mondiale à la crise qu’avait suscitée, en 2023, l’afflux de céréales ukrainiennes sur le marché polonais – crise résorbée par l’instauration de quotas d’importation au niveau européen –, en passant par l’instrumentalisation de ces questions par certains politiques et par la Russie. Cependant, cette hostilité est, à certains égards, paradoxale. C’est ce que rappelle Myroslava Keryk, la directrice de la Maison ukrainienne, à Varsovie : « Les Ukrainiens sont installés depuis longtemps en Pologne. Nous étions autour de 300 000 quand la Maison a été créée, en 2004, et près de 900 000 en 2021. Donc, quand le flux de réfugiés est arrivé, après le déclenchement de l’invasion à grande échelle, les liens étaient déjà profonds et étroits. Et, globalement, ça se passait bien, et ça a continué. »
    Elle cite une enquête publiée par le Centre polonais de recherche sur l’opinion publique, le 20 août, selon laquelle 63 % des Polonais accepteraient un ou une Ukrainienne comme gendre ou belle-fille, ou 55 % comme supérieur hiérarchique. Mais ces chiffres sont en baisse depuis 2023, signe, selon Myroslava Keryk, que certains discours incendiaires, à droite et à l’extrême droite, ont contribué à dégrader la situation. « On voit que, à l’échelle de la vie des gens, la perception reste majoritairement bonne, remarque-t-elle. Mais ces discours ont installé une réalité parallèle. »
    La « guerre cognitive » menée par Moscou a, elle aussi, participé de ce mouvement, note Edwin Bendyk, journaliste et politologue, président du conseil d’administration de la Fondation de défense de la démocratie Stefan-Batory. « Les Russes attaquent la société polonaise à différents niveaux, par la peur que suscite une guerre si proche de nous, à notre frontière, aussi bien que par les incursions de drones ou les sabotages, comme par la désinformation », décrit-il. Cette désinformation porte régulièrement sur les réfugiés ukrainiens. Par le biais de faux comptes sur les réseaux sociaux, de faux sites Internet ou d’images produites par l’intelligence artificielle, elle tente de faire croire à l’opinion polonaise que ce sont les agressions commises par les Ukrainiens qui se multiplient. Comme lorsque, à la fin de juillet, des photos d’un homme menotté, censé représenter un Ukrainien arrêté après avoir violé et torturé une Polonaise, se sont mises à circuler à grande échelle, avant que la police en démente formellement la véracité.
    En 2022, l’élan de solidarité politique et sociale des Polonais envers les réfugiés ukrainiens a d’abord été massif, même de la part du parti Droit et justice (PiS) – au pouvoir entre 2015 et 2023 –, pourtant à la pointe dans la lutte contre l’immigration. Mais, bien que, depuis, le soutien militaire et diplomatique à Kiev n’ait jamais faibli, les élections législatives de 2023 et la présidentielle de 2025 ont vu, chez les politiques de droite et d’extrême droite, « une recrudescence des discours xénophobes, généralement construits autour de l’idée que les réfugiés ukrainiens représenteraient un poids économique insupportable », remarque Edwin Bendyk.
    Il ajoute que l’afflux de réfugiés qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie, même s’il a été en partie compensé par le retour dans leur pays de nombreux hommes ukrainiens ayant choisi d’aller se battre, a créé une situation propice à ce genre de manipulation.
    Le nouveau président de la République, Karol Nawrocki, proche du PiS, répète ainsi qu’il faudrait réserver l’allocation d’aide aux réfugiés aux Ukrainiens qui travaillent. De manière plus directe, le député et ancien vice-ministre Janusz Kowalski, membre du PiS, a déclaré au début de juillet : « Les Ukrainiens pillent le budget polonais, et ensuite ils partent en vacances. Qu’ils y restent ! » Un discours encore amplifié à l’extrême droite par les partis Confédération Liberté et indépendance et Confédération de la couronne polonaise.« Toutes les études montrent que, loin de profiter du système, les Ukrainiens apportent beaucoup à l’économie polonaise », corrige Edwin Bendyk. C’est le cas, en particulier, du rapport publié le 1er octobre par le think tank Deloitte et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui estime l’apport des réfugiés ukrainiens à 2,4 points de produit intérieur brut (PIB) polonais, et relève que la part des revenus des ménages réfugiés provenant du travail est de 87 %.
    La confrontation des chiffres et des déclarations politiques montrent que les causes de la recrudescence des attaques contre les réfugiés sont en partie artificielles, jugent Myroslava Keryk comme Edwin Bendyk. Ce que les politiques ont contribué à créer, pourront-ils pour autant le défaire ? Edwin Bendyk l’espère, qui note qu’un « apaisement » s’est produit en septembre, avec beaucoup moins de cas d’agressions recensés. Il y voit la conséquence d’une forme de « prise de conscience » de la part de la majorité de centre droit.
    Le premier ministre, Donald Tusk, « a lui aussi longtemps joué avec les peurs des Polonais. Bien sûr, il n’a rien fait pour accroître l’hostilité. Mais il sentait que les arguments de la droite prenaient, et il a voulu se montrer ferme, notamment en durcissant les conditions d’accueil des réfugiés », rappelle le journaliste. Mais la multiplication des agressions durant l’été a changé la donne, estime-t-il. « Je crois qu’il s’est rendu compte qu’on courait à la catastrophe. Depuis lors, lui et ses ministres sont beaucoup plus stricts dans leurs discours, de même qu’ils ont incité la police à agir plus fortement, ce qui a payé », conclut Edwin Bendyk, qui se montre toutefois d’un optimisme très relatif pour la suite.La campagne des élections législatives de l’automne 2027 est déjà engagée, avec d’autant plus d’intensité, et de risques de débordements verbaux, que, selon beaucoup de sondages, le PiS pourrait l’emporter, allié avec l’extrême droite.

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  • France : Paris ouvre un canal de discussion avec les Taliban pour expulser des Afghans - InfoMigrants
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    France : Paris ouvre un canal de discussion avec les Taliban pour expulser des Afghans
    Par La rédaction Publié le : 08/10/2026
    La France a entamé des discussions avec les Taliban pour « faciliter » l’expulsion vers l’Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière, a appris mercredi l’AFP auprès d’une source diplomatique. Cette-ci précise qu’il s’agit d’une « démarche nécessaire pour assurer la sécurité des Français ».
    La France a engagé des discussions « techniques » avec les Taliban afin de faciliter le renvoi en Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière présentant une « menace » à la sécurité des Français, a appris mardi 7 octobre l’AFP d’une source diplomatique et d’une source informée du dossier. « À l’instar d’autres pays européens, un dialogue technique a été initié avec les Taliban afin de faciliter l’éloignement direct vers l’Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière représentant une menace à l’ordre public », a déclaré la source diplomatique, qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet. Et de préciser : « C’est une démarche nécessaire pour assurer la sécurité des Français ».
    Elle a souligné que ces discussions « ne remet[tent] pas en question » la position française sur l’Afghanistan. La France n’entretient plus de relations diplomatiques avec les Taliban depuis leur retour au pouvoir en août 2021, et son ambassade à Kaboul demeure fermée.
    Mais aux côtés de l’Allemagne, de la Belgique ou encore de la Suède, elle fait partie d’une vingtaine de pays de l’Union européenne favorables à une accélération des renvois d’Afghans en situation irrégulière, notamment ceux condamnés pour leur participation à des trafics ou à des violences contre les personnes.
    Les Taliban cherchent à renforcer leur présence à l’internationale
    Les autorités talibanes, qui ne sont pas reconnues officiellement par l’Union européenne, cherchent de leur côté à renforcer leur présence internationale.
    Cet été, Berlin avait ainsi annoncé avoir autorisé l’entrée sur son territoire de représentants du gouvernement taliban pour traiter exclusivement de questions « techniques » liées aux expulsions d’Afghans vers leur pays d’origine. Si le gouvernement allemand ne reconnaît pas non plus officiellement le régime des fondamentalistes religieux, il négocie néanmoins avec eux pour faciliter les expulsions vers Kaboul, notamment en bénéficiant de leur aide pour l’établissement de documents administratifs.
    Le ministère allemand des Affaires étrangères, critiqué, avait pris soin de préciser que ces représentants, soumis à un contrôle de sécurité, n’étaient « pas des diplomates accrédités en Allemagne ». En clair, cette ouverture ne constituait pas une normalisation des relations diplomatiques. Le ministre de l’Intérieur Alexandre Dobrindt avait déclaré fin juillet que les expulsions vers l’Afghanistan ne se limiteraient plus aux seuls criminels et « terroristes potentiels ». D’autres déboutés de l’asile sont donc susceptibles d’être renvoyés vers Kaboul.
    Interrogé par l’AFP sur l’éventuelle venue en France de représentants du régime fondamentaliste afin de faciliter les procédures d’expulsion, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas répondu. La source diplomatique n’a, elle, pas souhaité préciser le nombre d’Afghans susceptibles d’être concernés.
    Des représentants en France ? Une source proche du dossier en France évoque toutefois un volume important, « des centaines » de personnes potentiellement visées par ces mesures. « Les modalités concrètes sont en cours d’étude », a par ailleurs indiqué la source diplomatique. En juin, une réunion à Bruxelles entre responsables européens et représentants talibans avait aussi suscité de vives critiques d’organisations de défense des droits humains et d’élus de gauche au Parlement européen. Ceux-ci dénonçaient tout contact avec un régime qui a imposé, depuis son retour au pouvoir, une interprétation rigoriste de la loi islamique et privé les femmes et les filles de droits fondamentaux.
    Déchues de leurs droits, les Afghanes sont exclues de nombreux emplois ainsi que de la plupart des lieux publics, tandis que l’accès à l’enseignement est interdit aux filles au-delà de 12 ans. Selon l’Unesco, quelque 2,4 millions de jeunes Afghanes sont aujourd’hui privées d’enseignement secondaire. En 2024, les Taliban ont imposé de nouvelles restrictions aux femmes afghanes, leur interdisant de chanter, de réciter de la poésie et même de lire à voix haute en public. Parallèlement à ces démarches visant les Afghans sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), Paris affirme maintenir son soutien à la population afghane, en particulier aux femmes.La France continue d’acheminer une aide humanitaire via les ONG et les agences des Nations unies présentes sur le terrain. Elle accueille également des Afghanes et Afghans menacés dans leur pays au titre du droit d’asile."Depuis 2015, la France est devenue l’un des principaux pays d’accueil des réfugiés afghans, dans le sillage de la crise syrienne, des politiques de fermeture au nord de l’Europe et de l’effondrement du régime afghan", relevait en juin 2025 Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii). « Avec plus de 100 000 Afghans présents en 2024, cette migration s’est imposée comme un phénomène massif, récent, inattendu par son ampleur », ajoutait-il. L’Allemagne compte pour sa part environ 450 000 ressortissants afghans sur son territoire, selon sa diplomatie.

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  • « Les gens ici sont comme des bombes à retardement » : dans le nord de la Grèce, les conditions de vie difficiles du camp de Sintiki - InfoMigrants
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    « Les gens ici sont comme des bombes à retardement » : dans le nord de la Grèce, les conditions de vie difficiles du camp de Sintiki
    Par La rédaction Publié le : 25/09/2026
    En Grèce, plusieurs incidents ont eu lieu cet été dans le camp de Sintiki, dans le nord du pays. Des tensions ont éclaté entre des migrants désespérés par plus d’un an d’enfermement et les forces de l’ordre. Les exilés ont aussi dénoncé leurs conditions de détention dans une lettre.Depuis le début de l’année, les émeutes se multiplient dans le centre de Sintiki, dans le nord de la Grèce. La dernière en date, début septembre, était la quatrième de cet été. Les migrants enfermés dans ce camp - présenté par la Grèce comme un « projet pilote » pour l’Europe - s’en sont pris aux forces de l’ordre.Le 22 août par exemple, « un groupe d’individus a jeté des pierres sur les forces de police, causant des dégâts dans l’établissement. Ils ont également coupé la clôture en grillage et 41 personnes se sont échappées », dont 17 ont pu être ensuite arrêtées, avait alors expliqué le ministère."D’importants dégâts ont été constatés", selon le groupe public de radio-télévision grec ERT, qui a évoqué des incidents à « l’intensité inédite » ayant nécessité l’envoi en renfort d’un peloton de police anti-émeute depuis Thessalonique.
    « Trois des quatre secteurs de l’établissement ont été détruits » par les heurts, selon Yiannis Kounios, président du syndicat de police de la région de Serres. Ainsi aujourd’hui, les centaines de migrants détenus à Sintiki vivent dans un quart du camp.Quelques jours plus tard, le 26 août, après de nouveaux incidents, des migrants enfermés dans ce centre situé à la frontière avec la Bulgarie, ont dénoncé à travers une lettre ouverte leurs conditions de vie. Selon eux, « certains envisagent le suicide »."Nous sommes emprisonnés depuis plus de 12 mois (...) Les gens ici sont comme des bombes à retardement", écrivent-ils. « Dans chaque caravane, il y a plus de 15 personnes et seulement quatre ou cinq lits. Nous sommes plus de 300 personnes et nous partageons 4 salles de bains et 3 robinets. Les climatiseurs ne fonctionnent pas. Nous sommes écrasés, physiquement, psychologiquement et moralement », ajoutent-ils encore.
    Des conditions de vie dénoncées aussi par un autre exilé joint par InfoMigrants. « On se croirait en prison. Je n’aurais jamais imaginé que l’Europe soit comme ça. Cet endroit ressemble plus à la Libye », racontait à InfoMigrants Zahir, un Soudanais dont le prénom a été modifité, qui était détenu à Sintiki, en septembre 2025."Les eaux usées sont à ciel ouvert, ce qui nous attire les insectes et les poux. Nous avons contacté l’administration pour nous plaindre, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Le plus dur, c’est de vivre dans la peur constante de notre sort. On nous répète sans cesse : « Vous n’êtes pas les bienvenus », et que notre destin est l’expulsion ou l’emprisonnement. Quand on demande quoi que ce soit, on nous répond : « Retournez d’où vous venez », ou bien on tergiverse en disant : « On s’en occupera demain », et les jours passent sans même qu’on nous adresse la parole", ajoutait-il.
    La médecin et ancienne députée de gauche Afroditi Stambouli alerte quant à elle sur les maladies de peau et les infections dont souffrent ces migrants alors que, selon elle, les conseillers juridiques ne sont pas autorisés à pénétrer dans l’enceinte du centre. « Les conditions d’hygiène sont lamentables », s’émeut-elle auprès de l’AFP. « La nourriture est distribuée une fois par jour et il n’y a pas de réfrigérateur pour la conserver, pas de machine à laver, pas de produits de nettoyage », précise-t-elle.Interrogé par l’AFP, un gardien rencontré après son service n’est pas étonné du désespoir de ces exilés. « Que sont-ils censés faire ? Ils ont atteint un point de rupture », admet-il.
    Au sein de ce camp, les quelque 300 à 500 migrants, principalement égyptiens, qui patientent depuis de longs mois sont désespérés car détenus ici suite au rejet de leur demande d’asile. Ils font l’objet d’un arrêté d’expulsion, mais ne peuvent être renvoyés en raison d’obstacles dressés par les autorités, notamment égyptiennes, selon le média grec Ekhathimerini.Pour les personnes en provenance du Bangladesh, mais aussi d’Égypte et du Pakistan, le taux d’acceptation des demandes d’asile est inférieur à 1%, selon des sources du ministère grec de la Migration et de l’Asile. Et à cette attente interminable, il faut ajouter les conditions géographiques du site : « C’est au fond d’un ravin. En hiver, la température descend jusqu’à -10 °C et jusqu’à 45 °C en été. Personne ne peut y survivre, surtout enfermé pendant autant de mois », selon le chef de la communauté du village voisin de Promachonas, Spyros Leonidas.
    Le centre de Sintiki est situé à environ 40 km de Serres, « une distance impossible à parcourir à pied, et à 108 km du bureau compétent pour l’asile à Thessalonique ». « Privés de moyens de transport et d’aide financière, même pour leurs besoins de déplacement les plus élémentaires, les demandeurs d’asile sont plongés dans le désespoir et l’isolement », dénonçait en mars 2026 l’Equal Legal Aid, un collectif d’aide juridique pour les migrants dans le nord de la Grèce.
    De son côté, interrogé sur la situation dans le camp en août dernier, le ministre des Migrations, Thanos Plevris, a décrit Sintiki comme un modèle de lutte contre l’immigration et a estimé que les conditions y étaient « excellentes »."Sintiki était un projet pilote que nous avons mené dans le but de contribuer à réduire les arrivées et à augmenter les retours", a-t-il déclaré à Open TV en août. « Ce sont les détenus qui détruisent tout » parce qu’ils ne veulent pas être enfermés, a-t-il récemment soutenu sur la chaîne publique ERT. « Ce que nous leur disons, c’est que vous serez détenus jusqu’à votre expulsion. L’expulsion n’est pas facile, elle nécessite la coopération d’autres États », a-t-il aussi reconnu.

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  • En Suède, l’extrême droite impute sa défaite à l’immigration
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    En Suède, l’extrême droite impute sa défaite à l’immigration
    Enregistrant leur premier revers depuis 1988, les Démocrates de Suède alimentent un discours conspirationniste, accusant l’opposition d’avoir organisé une forme de « grand remplacement » électoral afin d’empêcher la victoire de la droite aux élections législatives.
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    Jeudi 17 septembre, quatre jours après le scrutin législatif du 13 septembre en Suède, tous les bulletins avaient enfin été dépouillés. Si le résultat est serré – avec quelque 50 000 voix séparant les deux blocs sur plus de 6,7 millions exprimées –, l’opposition de centre-gauche, composée des Sociaux-démocrates, du Parti de la gauche, des centristes et des Verts, arrive en tête. Elle rassemble 49,5 % des votes et 176 mandats de députés. Les Modérés (conservateurs), les Chrétiens-démocrates, les Libéraux et les Démocrates de Suède (extrême droite) doivent se contenter de 48,8 % des voix et 173 sièges au Parlement.
    A gauche, les tractations en vue de la formation d’un gouvernement ont commencé, sous l’égide de la cheffe de file des sociaux-démocrates, Magdalena Andersson. Etant donné les lignes rouges présentées par les différents partis avant le scrutin, les négociations s’annoncent longues et compliquées. Réputée pour son intransigeance, Mme Andersson, ministre des finances de 2014 à 2021, puis cheffe du gouvernement entre novembre 2021 et octobre 2022, va devoir faire preuve de souplesse.
    A droite, l’heure est au bilan. Si les trois partis de la coalition gouvernementale au pouvoir depuis 2022 – les conservateurs, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux – progressent, les Démocrates de Suède (SD), qui soutenaient le gouvernement sans y participer, enregistrent leur premier revers depuis la création de la formation d’extrême droite en 1988. Ils n’obtiennent que 17,5 % des voix (contre 20,5 % en 2022), se classant derrière les Modérés (19,8 %).
    Sans même prendre le temps d’analyser ce repli, les dirigeants du parti nationaliste, ainsi que plusieurs polémistes de la droite conservatrice, ont immédiatement pointé du doigt les immigrés, jugés responsables de cette défaite, allant même jusqu’à dénoncer une forme de « grand remplacement » électoral, qui compromettrait toute victoire de la droite à l’avenir.Lors du dernier débat télévisé entre les leaders des partis, le 11 septembre, le patron des SD, Jimmie Akesson, avait déjà émis l’hypothèse que « l’immigration musulmane [serait] déterminante » pour le scrutin, alimentant l’idée d’une conspiration. Sans la nommer, il accusait la gauche d’avoir « acquis un pouvoir politique en Suède grâce à l’immigration en provenance des pays musulmans ».
    Depuis la publication des premiers résultats du scrutin, l’argument est repris en boucle à droite de l’échiquier politique. « Si nous perdons, ce sera parce que nous avons accordé la nationalité à plus de 200 000 personnes et qu’ils ont voté pour la gauche », a réagi le député SD Tobias Andersson, le 14 septembre, reprochant à ses anciens alliés de la coalition gouvernementale de ne pas avoir voulu suspendre l’accès à la nationalité dès l’automne 2022. Dans un entretien au journal Svenska Dagbladet, jeudi 17 septembre, il va même jusqu’à contester le fait que « les élections aient été complètement libres » dans des quartiers où la gauche l’emporte avec plus de 90 % des voix.
    Sur une radio locale, l’ancien parlementaire d’extrême droite Kent Ekeroth s’est, lui, emporté contre le « bétail électoral importé de l’étranger », responsable selon lui de la défaite de son parti. Le député conservateur Fredrik Kärrholm n’est pas en reste : « L’immigration en Suède n’a pas seulement entraîné une hausse de la criminalité, des problèmes sociaux et du chômage : aujourd’hui, le gouvernement, qui avait commencé à résoudre ces problèmes avec succès, a été évincé par les urnes à cause de cette même immigration », écrit-il dans le magazine britannique The Spectator, en dénonçant « des résultats qui auraient rendu jaloux [l’ancien président irakien] Saddam Hussein [1937-2006] ».
    Pour alimenter ce discours, les représentants de la droite et de l’extrême droite se réfèrent à l’enquête menée à la sortie des urnes auprès de 13 000 personnes, qui montre que 48 % des électeurs nés en Suède ont voté pour l’opposition, contre 67 % des immigrés originaires de pays non européens. Une tendance particulièrement marquée dans les zones défavorisées du royaume, à forte population immigrée. Ainsi, à Malmö, 95 % des électeurs du quartier de Rosengard ont donné leur voix aux Sociaux-démocrates et au Parti de la gauche, tandis qu’à Rinkeby, au nord-ouest de Stockholm, les deux partis ont remporté 90 % des votes.
    « C’est bien la démographie qui pose un problème général à la droite », en concluait l’ancien député conservateur Hanif Bali, interrogé sur la chaîne SVT le 14 septembre. Une analyse qui omet de rappeler certaines vérités, comme le fait que la gauche a souvent été la seule à faire campagne dans ces quartiers, ou que certains ont pu être offensés par les propos de Jimmie Akesson, venu voter à Rinkeby, où il a déclaré que « la Suède ne devrait pas ressembler à [ce quartier]. »La mise en cause du vote des Suédois nés à l’étranger a aussi le mérite, pour les Démocrates de Suède en particulier, d’occulter d’autres grandes tendances de ce scrutin. A commencer par le repli du parti dans la région de Scanie, au sud du pays, bastion historique des SD. Si le parti nationaliste y reste en tête dans 18 des 33 communes, il recule dans l’ensemble des municipalités de la région, perdant plus de 27 000 voix depuis le scrutin de 2022.
    Selon les politistes, ces scores peuvent s’expliquer en partie par l’abstention des sympathisants SD, à l’issue d’une campagne où l’immigration et l’insécurité ont été éclipsées par d’autres thèmes comme la santé et l’école. La perspective de voir l’extrême droite siéger cette fois au gouvernement, en cas de victoire de la majorité sortante, ainsi que le rejet d’une politique migratoire dont certains estiment qu’elle est allée trop loin, ont pu aussi inciter des électeurs de droite, qui avaient voté pour les nationalistes lors du précédent scrutin, à revenir vers les partis traditionnels, alors même que le discours des SD s’est radicalisé pendant la campagne. Par ailleurs, d’après l’enquête à la sortie des urnes, l’extrême droite a reculé de sept points auprès des électeurs de 18 à 21 ans et n’obtient que 15 % de leurs votes.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#extremedroite#election#politiquemigratoire#sante#droit#immigration#asile

  • Accord « one in one out » : une « dégradation de l’état de santé » des migrants renvoyés en France - InfoMigrants
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    Accord « one in one out » : une « dégradation de l’état de santé » des migrants renvoyés en France
    Par Julia Dumont Publié le : 15/09/2026
    Dans un récent rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les conséquences des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique, le Samusocial a alerté sur les violences physiques et psychologiques observées chez les exiles renvoyés en France dans le cadre de l’accord « one in one out ».
    Des violences physiques (œdèmes, douleurs, ecchymoses, lésions), mais aussi psychologiques, ou encore des conditions de détention dégradées subies au Royaume-Uni. C’est ce qu’ont décrit aux équipes du Samusocial de Paris au moins 26 exilés, sur les 90 reçus en consultation par l’organisation entre le 22 janvier et le 7 juin 2026.Dans un rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les conséquences des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique, publié le 1er juillet dernier, les équipes de la Mission migrants du Samusocial de Paris ont alerté sur « une dégradation importante de l’état de santé physique et psychique des personnes transférées au titre de l’accord [franco-britannique] ’one in one out’ » conclu en août 2025.
    La Mission migrants du Samusocial de Paris a été chargée par l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France du suivi médical des personnes renvoyées dans le cadre de cet accord durant les huit jours qui suivent leur retour.
    À partir d’octobre 2025, les équipes du Samusocial ont commencé à recevoir en consultation au Centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de La Villette, dans le nord de Paris, des migrants renvoyés en France depuis le Royaume-Uni dans le cadre de l’accord. Un public de jeunes hommes, majoritairement originaires d’Iran, d’Afghanistan, du Soudan ou encore d’Érythrée.Après la fermeture du CAES de la Villette, en mai 2026, les exilés renvoyés du Royaume-Uni ont été envoyés au CAES de La Boulangerie, dans le 18e arrondissement de Paris. « Ce changement de site s’est accompagné d’une augmentation progressive des flux, avec deux arrivées hebdomadaires d’environ 50 personnes chacune », détaille le rapport d’enquête.
    L’analyse des données de consultations du Samusocial dans ce centre a mis en évidence « des faits de violences physiques ou psychologiques, ou encore des conditions de détention particulièrement dégradées (enfermement prolongé dans l’obscurité, couchage à même le sol, etc.), en lien explicite avec la mise en œuvre de l’accord franco-britannique ».Selon les informations transmises à la commission d’enquête par le Samusocial, « les faits de violences se seraient majoritairement passés dans les centres de rétention au Royaume-Uni, ainsi qu’au cours des transferts aériens ». Des agents de sécurité ou des forces de police britanniques seraient donc impliqués.Les consultations font aussi état de souffrances psychiques qui tiennent notamment au manque d’information données aux personnes sur leur avenir."Absence d’information claire sur la durée de leur rétention et sur les modalités de leur transfert", « violences verbales et physiques », « incohérences ou un manque de visibilité concernant les différentes étapes de leur parcours administratif », « impossibilité fréquente d’informer leurs proches de leur situation », liste le Samusocial.
    Les exilés sont également reçus en consultations pour de nombreux troubles psychiques liés à leur situation tels que l’hypervigilance, des attaques de panique, des cauchemars, des idées suicidaires...
    Le quotidien britannique The Guardian a interrogé le Home office sur ces accusations de mauvais traitements. « Nous prenons très au sérieux le bien-être des personnes renvoyées en France. Les migrants ont régulièrement accès à des soins de santé pendant leur détention et toute personne inapte au voyage ne sera pas renvoyée », leur a répondu un porte-parole du ministère. « Les prestataires doivent respecter des normes strictes en matière de dignité et de respect tout au long de la procédure d’éloignement », a ajouté le Home office. En juillet 2025, l’accord « expérimental » "one in one out" d’un an a été signé entre la France et le Royaume-Uni. Il prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile. En juin dernier, le ministre français délégué à l’Europe Benjamin Haddad avait annoncé sa prolongation jusqu’en octobre 2026. Fin mai, juste avant cette annonce, on comptait alors 783 réadmissions en France pour 736 admissions légales au Royaume-Uni, selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France (DGEF). Les associations d’aide aux migrants sur le littoral dénoncent cet accord depuis sa signature. Elles soulignent que les mesures pour entraver les traversées des migrants les poussent à prendre de plus en plus de risques et des routes qui allongent leur parcours pour échapper aux contrôles. Depuis début janvier, au moins 16 personnes ont péri dans la Manche en essayant de rejoindre l’Angleterre, selon un décompte réalisé par InfoMigrants

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#accordmigratoire#routemigratoire#asile#readmission#sante#politiquemigratoire

  • Belgique : les recteurs des grandes universités se disent « consternés » par le refus d’accueillir 13 étudiants de Gaza
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/14/belgique-les-recteurs-des-grandes-universites-se-disent-consternes-par-le-re

    Belgique : les recteurs des grandes universités se disent « consternés » par le refus d’accueillir 13 étudiants de Gaza
    Dans un communiqué lundi, dix recteurs et rectrices ont dénoncé le « marchandage politique indigne » dont ces étudiants, ayant pourtant obtenu des bourses d’études, se retrouvent à leurs yeux les victimes.
    Le Monde avec AFP
    Les recteurs des grandes universités de Belgique se sont dits lundi 14 septembre « consternés » par le refus du gouvernement d’accueillir 13 Palestiniens de Gaza, ayant pourtant obtenu des bourses d’études. Cette situation de blocage qui dure depuis des mois, dénoncée déjà par des ONG, a pris une tournure politique avec l’étalage au grand jour des divergences au sein de la coalition au pouvoir en Belgique.Le ministre des affaires étrangères belge, le centriste Maxime Prévot, plaide pour accueillir les 13 étudiants chercheurs. Mais il s’est heurté, vendredi en conseil des ministres, au refus d’un de ses partenaires de coalition, la N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie – Alliance néo-flammande, conservateurs flamands), parti du premier ministre, Bart De Wever, selon une source gouvernementale.
    Dans un communiqué lundi, les dix recteurs et rectrices représentant les plus grandes universités du pays, Louvain, Bruxelles, Gand et Anvers, ont dénoncé le « marchandage politique indigne » dont ces étudiants se retrouvent à leurs yeux les victimes. Ils ont affirmé « prendre acte avec consternation de l’absence persistante de décision » permettant l’accueil de personnes pourtant sélectionnées « à l’issue de procédures particulièrement exigeantes », « sur la base de leurs mérites académiques et ayant exprimé leur volonté de retourner ensuite dans leur pays, afin de contribuer à sa reconstruction ».Selon plusieurs ONG, quelque 1 500 Palestiniens attendent actuellement dans la bande de Gaza de pouvoir rejoindre la Belgique, au titre notamment du regroupement des familles après le droit au séjour reconnu à l’un des membres exilés.
    Mais les évacuations du territoire en guerre avec Israël ne se font qu’au compte-gouttes. Et dans le cas des étudiants boursiers, ONG et universités accusent les autorités belges d’« un manque de volonté politique », avec la mise en place d’« obstacles », tels que l’obligation d’aller déposer en personne une demande de visa dans un poste diplomatique belge à Jérusalem ou au Caire. « C’est inhumain ! », a dénoncé le Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11), une ONG.
    Sollicitée par l’AFP, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’asile et de la migration belge, a insisté sur l’importance de se présenter physiquement dans un consulat ou une ambassade, pour permettre de « vérifier l’identité et les documents, afin que nos services sachent qui peut entrer dans notre pays ». « Lorsque la Belgique fait une exception pour un groupe spécifique, la question se pose inévitablement de savoir pourquoi cette même exception ne s’appliquerait pas à toutes les autres personnes qui, en raison de la guerre, de persécutions ou d’autres circonstances, ont du mal à rejoindre un poste diplomatique », a-t-elle affirmé dans un communiqué. Sans mettre en cause directement la N-VA, Maxime Prévot a, de son côté, dénoncé « un chantage », à la table du conseil des ministres, le sort des étudiants gazaouis ayant été mis en balance, selon lui, avec plusieurs dossiers migratoires controversés, dont l’exigence de fermeté de la part de la droite sur le renvoi d’Afghans non admis au séjour.

    #Covid-19#migration#migrant#belgique#gaza#palestine#asile#etudiant#sante#droit

  • La #Finlande inaugure une #clôture de 200km à la frontière avec la #Russie pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires

    La Finlande a inauguré, lundi, une clôture de 200 kilomètres, érigée par tronçons le long de sa #frontière avec la Russie, afin de dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les migrants pour la déstabiliser.

    La Finlande et la Russie partagent une frontière longue de 1 340 kilomètres. Pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires pour la déstabiliser, Helsinki a inauguré un nouveau tronçon de clôture de 200km le long de cette frontière.

    Ce pays nordique a fermé sa frontière de 1 340 kilomètres avec la Russie en décembre 2023, après l’arrivée de plus de 1 300 migrants dépourvus de visa. En avril 2025, Helsinki a indiqué que cette frontière resterait fermée jusqu’à nouvel ordre. « En prolongeant la validité de la loi sur la sécurité des #frontières, nous veillerons à ce que les autorités frontalières disposent de pouvoirs suffisants pour agir de manière préventive et efficace dans les cas les plus graves de migration instrumentalisée », avait détaillé la ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen.

    La situation à cette frontière est calme depuis lors, avec seulement quelques cas isolés de franchissement illégal.

    Dans son rapport de l’année 2025 coréalisé avec le European Migration Network (EMN) et publié en juin dernier, le service finlandais de l’immigration soulignait que les chiffres de demandes de protection internationales étaient restés bas dans le pays.

    « Le nombre de demandeurs d’asile arrivant en Finlande a continué de baisser en 2025. L’année dernière, 2 549 demandes d’asile au total ont été déposées (contre 2 948 en 2024) », peut-on y lire.

    « Aujourd’hui, la situation est calme mais tendue et nous ne savons vraiment pas ce que demain nous réserve », a déclaré à l’AFP Mari Rantanen. Elle s’exprimait dans le sud-est de la Finlande, près du poste-frontière de Nuijamaa, dont les activités ont cessé il y a près de trois ans.

    Toutefois, « les choses peuvent changer très rapidement, c’est pourquoi nous devons être parfaitement préparés », a-t-elle ajouté. La ministre était à côté d’un tronçon de la clôture en #fil_barbelé, haute de 4,5 mètres, installée dans des zones stratégiques et équipée de caméras ainsi que de capteurs.

    « #Guerre_hybride »

    En 2023, la Finlande avait accusé la Russie de lui livrer une « guerre hybride » en orchestrant l’arrivée de ressortissants de pays tiers à sa frontière, des allégations que le Kremlin a rejetées.

    Ces événements étaient survenus quelques mois seulement après que la Finlande avait mis fin à des décennies de non-alignement militaire en rejoignant en avril 2023 l’Otan.

    « Il s’agit d’un élément de notre dispositif de #sécurité_frontalière et cela nous aide pour la #surveillance mais permet aussi, si nécessaire, d’empêcher les gens de pénétrer sur le territoire finlandais », a expliqué Mari Rantanen.

    Ce « projet d’infrastructures d’une ampleur exceptionnelle » a impliqué environ mille propriétaires terriens et des centaines d’entreprises, selon les gardes-frontières finlandais.

    « La meilleure solution pour la gestion des foules »

    Des clôtures similaires ont été érigées en #Lettonie, en #Lituanie et en #Pologne, le long de leurs frontières avec la #Biélorussie, ainsi qu’en #Estonie, à sa frontière avec la Russie, afin de freiner le passage des migrants.

    Ces travaux ont coûté à la Finlande 356 millions d’euros et le montant annuel nécessaire à la maintenance est évalué à entre deux et trois millions d’euros, selon Erkki Matilainen, un responsable des gardes-frontières.

    Bien que la #technologie des #drones ait fait des progrès considérables, une clôture frontalière reste « considérée comme la meilleure solution pour la gestion des foules », a-t-il jugé.

    La semaine dernière, le gouvernement finlandais a proposé de prolonger d’un an, jusqu’au 31 décembre 2028, la #loi_sur_la_sécurité_aux_frontières, une mesure provisoire permettant aux gardes-frontières de refouler les demandeurs d’asile dans certaines circonstances.

    Cette disposition peut être appliquée par périodes d’un mois dans des zones délimitées si la souveraineté et la sécurité nationale de la Finlande sont considérées comme menacées.

    Des experts estiment que cette loi contrevient aux engagements internationaux de la Finlande en matière de #droits_humains ainsi qu’à sa Constitution. Un fait assumé par l’exécutif.

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/73532/la-finlande-inaugure-une-cloture-de-200km-a-la-frontiere-avec-la-russi
    #murs #barrières_frontalières #migrations #réfugiés #asile #refoulements #coût #prix

  • L’immigration au cœur des élections suédoises - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73606/limmigration-au-coeur-des-elections-suedoises

    Manifestation à Varsovie, à l’appel de l’extrême droite souverainiste pour protester contre l’immigration, le jour des célébrations de la fête nationale ukrainienne, le 24 août 2025. (Image d’illustration) Crédit : Adrien Sarlat / RFI
    par RFI Publié le : 11/09/2026
    Ces dernières années, la Suède a opéré l’un des revirements les plus radicaux en Europe en matière d’immigration. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le gouvernement, allié au parti d’extrême droite les Démocrates de Suède, revendique une hausse de plus de 60% des retours. Le parti anti-immigration se place en deuxième position dans les intentions de vote à quelques jours des législatives.
    Mais cette fois, ils veulent entrer au gouvernement, et la droite leur ouvre la porte en cas de victoire. Un reportage à Stockholm d’Ottilia Férey. En Pologne, le sentiment anti-ukrainien se répand, jusqu’à provoquer des agressions physiques contre les réfugiés. Un sentiment exploité par l’extrême droite qui joue sur la polémique autour des massacres de Volhynie et attise la haine contre le million d’Ukrainiens réfugiés dans le pays à un an des législatives. Adrien Sarlat à Varsovie.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#extremedroite#election#immigration#asile#pologne#ukraine#sante#politiquemigratoire

  • Législatives suédoises : le secteur de la santé, qui dépend des étrangers, très inquiet par la montée de l’extrême droite - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73562/legislatives-suedoises--le-secteur-de-la-sante-qui-depend-des-etranger

    Législatives suédoises : le secteur de la santé, qui dépend des étrangers, très inquiet par la montée de l’extrême droite
    Par La rédaction Publié le : 09/09/2026
    Les Suédois voteront pour les élections législatives dimanche. D’après les sondages, le parti d’extrême droite pourrait faire son entrée au gouvernement pour la première fois. Une perspective qui inquiète le secteur de la santé dont le fonctionnement repose sur la présence de médecins et soignants immigrés.L’inquiétude grandit dans le secteur de la santé en Suède. À la veille des élections législatives du 13 septembre, le durcissement de la politique migratoire dans le pays, et la possible entrée de l’extrême droite au gouvernement, est source de préoccupations dans les hôpitaux et les centres de soins.
    « Je suis la seule ici aujourd’hui à être née en Suède. Les autres sont nés à l’étranger », a déclaré Johanna Bjorkman, infirmière au sein du groupe hospitalier NU, dans la ville de Trollhättan, au sud du pays. « Sans eux, aucune opération n’aurait pu avoir lieu », a-t-elle confié à l’AFP devant la salle d’opération du service de cardiologie. Trois des quatre médecins travaillant au sein de l’unité de cardiologie - sur les vingt que compte le service - sont nés à l’étranger.
    À l’échelle nationale, ils sont même 37% des médecins spécialistes nés à l’étranger, selon l’Association suédoise des collectivités locales et des régions (SKR). Un pourcentage qui monte à 53% en ce qui concerne les aides-soignants.Mais suite à un afflux massif de demandeurs d’asile en Suède en 2015, les gouvernements successifs, tant de gauche que de droite, ont durci les règles en matière d’asile et d’immigration.Le 13 juillet, une nouvelle loi est entrée en vigueur en Suède permettant de retirer les titres de séjour aux migrants qui ne mènent pas une « vie honnête ». Concrètement, les autorités suédoises pourront refuser ou retirer un permis de séjour en raison du comportement de son détenteur (travail dissimulé, la fraude fiscale ou sociale, des liens avec des organisations criminelles, l’endettement, les perturbations à l’ordre public...)
    En plus de cette loi, une autre réforme migratoire est entrée en vigueur : les étrangers ayant obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire dans le pays ne peuvent plus prétendre à un titre de séjour pour résidence permanente.Un mois avant, le Parlement suédois avait aussi adopté une loi obligeant les fonctionnaires de plusieurs agences publiques à signaler les personnes sans-papiers à la police, malgré les critiques de la société civile.Originaire d’Iran, Javid, arrivé en Suède dans les années 1980 a ressenti ce virage politique. « Le ton s’est durci en Suède, et le débat est devenu très polarisé », a-t-il déclaré à l’AFP. Les deux filles de son neveu, âgées de 21 et 24 ans, ont été expulsées, alors qu’elles vivaient en Suède depuis huit ans et suivaient une formation d’infirmières.Cette affaire - les « expulsions d’adolescents » - avait provoqué cet hiver un tollé dans le pays : des personnes arrivées en Suède mineures avec leurs parents ont été expulsées à 18 ans parce qu’elles ne remplissaient pas les critères de résidence ou les critères de revenus.
    Les médecins et les infirmiers spécialisés ont souvent un salaire suffisamment élevé pour satisfaire aux nouvelles conditions de revenus imposées par la Suède pour l’obtention d’un permis de travail, mais ce n’est souvent pas le cas des aides-soignants ou encore des accompagnants de personnes âgées.Selon Javid, de telles politiques amènent les parents travaillant dans le secteur de la santé à se demander s’ils doivent rester dans le pays lorsque leurs enfants sont expulsés.Bjorn Jarbur, directeur de l’hôpital NU de Trollhättan, a indiqué à l’AFP qu’au moins un employé avait quitté son poste après l’expulsion de son enfant.Pour ce professionnel de santé, la perte de collègues compétents est problématique à l’heure où le manque de personnel qualifié est criant. « Aujourd’hui, ce n’est pas l’argent qui constitue le facteur limitant [dans les hôpitaux], mais la difficulté à trouver des employés possédant les compétences dont nous avons besoin », a alerté Bjorn Jarbur. « Si, par exemple, nous avions pu recruter davantage d’infirmières, nous aurions pu disposer de plus de lits disponibles ».
    Lors des dernières élections suédoises de 2022, la coalition du Premier ministre Ulf Kristersson est arrivée au pouvoir grâce à une alliance avec les Démocrates de Suède (SD), un parti d’extrême droite, anti-immigration, en s’engageant à lutter contre l’immigration et la criminalité.À l’approche des élections législatives, les sondages d’opinion montrent que la santé est la principale préoccupation des électeurs. Depuis des mois, les sondages laissent présager une victoire de l’opposition de centre-gauche menée par les sociaux-démocrates, mais l’écart s’est réduit ces dernières semaines. Si finalement le bloc de droite sortant remporte les élections législatives, l’extrême droite suédoise pourrait faire son entrée au gouvernement pour la première fois. Ulf Kristersson a annoncé sa volonté de former un gouvernement comprenant le parti SD. Jusqu’à présent, ce mouvement d’extrême droite soutenait la coalition gouvernementale sans y participer directement.

    #Covid-19#migration#migrant#suede#sante#politiquemigratoire#vieillissement#extremedroite#asile#immigration

  • Manche : au Royaume-Uni, des militants d’extrême droite cagoulés manifestent à Portsmouth et à Douvres contre les arrivées de migrants - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73516/manche--au-royaumeuni-des-militants-dextreme-droite-cagoules-manifeste

    Manche : au Royaume-Uni, des militants d’extrême droite cagoulés manifestent à Portsmouth et à Douvres contre les arrivées de migrants
    Par La rédaction Publié le : 07/09/2026
    Des activistes cagoulés d’extrême droite ont tenté dans la nuit de dimanche à lundi d’entraver le débarquement de migrants à Portsmouth dans le sud de l’Angleterre. La veille, d’autres militants avaient déjà manifesté contre les arrivées de migrants à Douvres, plus à l’est du pays. Des centaines de manifestants anti-immigration se sont rassemblés dans la nuit du dimanche 6 septembre au lundi 7 septembre à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre. Ils tentaient d’empêcher le transfert vers des centres d’accueil de migrants arrivés dans le port de la ville, en fin de journée dimanche, sur un mega boat. L’embarcation était partie de Jobourg, dans le Cotentin, en Normandie.
    Les militants d’extrême droite, dont beaucoup étaient habillés en noir et avaient le visage masqué, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias britanniques, ont bloqué pendant plusieurs heures les routes menant à la marina d’Eastney à Portsmouth, tandis que des policiers équipés de boucliers anti-émeutes formaient un cordon de sécurité autour d’autocars destinés au transport des migrants. Les militants ont été dispersés « vers 4h00 du matin (03h00 GMT) », selon la police locale.
    Downing Street a condamné « sans réserve » ces évènements, a indiqué un porte-parole du Premier ministre travailliste Andy Burnham. Un autre porte-parole - du ministère britannique de l’Intérieur - a condamné « le comportement intimidant et brutal » de ces activistes. « Le droit de manifester pacifiquement est fondamental pour notre démocratie, mais il ne doit jamais franchir la ligne menant au désordre », a-t-il ajouté.
    L’influenceur et militant d’extrême droite, Tommy Robinson, a largement relayé sur X des vidéos de ces manifestants anti-migrants. On y voit des hommes encercler des bus à bord desquels se trouvent les migrants en chantant « Send them back ! » ("Renvoyez-les !"). Les arrivées à Portsmouth, dans cette région du sud de l’Angleterre, sont extrêmement rares, les bateaux de migrants traversant généralement la Manche plus à l’est, où la distance entre les côtes françaises et britanniques est la plus courte. Les autorités locales redoutent donc l’ouverture d’une nouvelle route migratoire, plus à l’ouest des itinéraires habituels. « Il est extrêmement inquiétant de voir une traversée illégale de migrants aussi loin à l’ouest », a réagi sur X le député conservateur local Joe Robertson. « Nous devons savoir exactement ce qui s’est passé et si les passeurs utilisent de nouvelles routes pour ces grands bateaux pneumatiques », a-t-il ajouté. « Portsmouth n’est pas équipé pour accueillir et prendre en charge » les migrants s’ils devaient arriver en nombre à l’avenir, a également alerté la responsable chargée de superviser la police dans le Hampshire, Donna Jones. « Le gouvernement doit garantir la sécurité de la côte sud du Royaume-Uni pour éviter que cela ne se reproduise », a-t-elle ajouté dans un communiqué transmis à l’AFP.
    La veille, samedi, un rassemblement anti-migrants avait également eu lieu à Douvres, bloquant le port pendant plusieurs heures. Derrière ces deux rassemblements figure un groupe baptisé « Patriot Platform », initié notamment par Daniel Thomas, dit Danny Tommo, proche du militant Tommy Robinson. Cette manifestation de dizaines de personnes masquées, opposées aux traversées de la Manche par des migrants, a interrompu pendant quelques temps le trafic des ferries reliant la France et le Royaume-Uni. Douvres est un port qui relie le sud de l’Angleterre au nord de la France. C’est aussi là que sont débarqués les migrants ayant traversé la mer depuis Calais et sa région. Les autorités portuaires ont ajouté que les manifestants bloquaient « toutes les voies » d’accès et de sortie du terminal.
    Paul King, un élu local du parti anti-immigration Reform UK, a déclaré avoir été informé qu’il s’agissait d’une « manifestation pour arrêter les bateaux ». Les gouvernements britanniques successifs ont tous promis de juguler les traversées clandestines, un sujet devenu hautement inflammable et qui a largement alimenté ces dernières années l’essor de Reform UK, qui a exploité sans relâche la question.
    Selon des chiffres publiés fin août par les autorités britanniques, les demandes d’asile ont reculé de 21% au Royaume-Uni entre fin juin 2025 et fin juin 2026, à leur plus bas niveau depuis 2022, tandis que les arrivées de migrants sur de petits bateaux ont reculé de 23%

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#extremedroite#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante#asile

  • En Suède, malgré les discours anti-immigration, le service public reste dépendant de la main-d’œuvre étrangère
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/08/en-suede-malgre-les-discours-anti-immigration-le-service-public-reste-depend

    En Suède, malgré les discours anti-immigration, le service public reste dépendant de la main-d’œuvre étrangère
    Alors que tous les grands partis défendent une politique migratoire restrictive et veulent limiter l’arrivée des réfugiés, avant les élections législatives du 13 septembre, les communes et les régions n’ont jamais eu autant besoin des personnes nées à l’étranger pour pallier le manque de travailleurs.
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    Allongé dans son fauteuil médicalisé, Stig (son prénom a été changé) a envie de parler. Le vieil homme souffre de la maladie d’Alzheimer. Dans sa tenue bleue, Mudather Elfaki Ali lui répond doucement en lui caressant le visage. D’origine soudanaise, l’aide-soignant est employé depuis 2017 à la maison de retraite de Nattsländan, dans le quartier résidentiel de Bunkeflostrand, à Malmö. Il est arrivé en Suède en 2014, à 24 ans. A Khartoum, il avait fait des études d’économie et de science politique. « Mais je devais vite trouver un travail. Ma famille à la maison comptait sur moi. » Alors, après avoir appris des rudiments de suédois, Mudather Elfaki Ali a accepté le premier emploi qu’on lui proposait. Il ne le regrette pas : ses collègues de la maison de retraite lui ont donné les clés pour comprendre le pays dont il est désormais citoyen et parle la langue.
    Parmi les 48 salariés de l’établissement, « entre 60 % et 70 % » sont nés à l’étranger, selon la directrice, Anna Gyllensjö. Beaucoup sont des réfugiés. « Ils viennent de Syrie, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan, mais aussi d’Erythrée ou du Cameroun », énumère Mme Gyllensjö. Dans un contexte où le secteur a de plus en plus de mal à recruter, « nous ne pourrions pas fonctionner sans nos collègues nés à l’étranger », ajoute-t-elle.
    Nattsländan n’est pas une exception en Suède. Pourtant, le sujet est à peine abordé dans la campagne avant les élections générales du dimanche 13 septembre. Le plus souvent, l’asile est débattu sous le prisme de l’échec de l’intégration, justifiant les restrictions adoptées depuis 2015, qui se sont intensifiées dans le cadre de la coalition entre la droite libérale conservatrice et de l’extrême droite, au pouvoir depuis 2022.
    La majorité sortante met en garde contre une victoire de l’opposition et le « nouveau chaos migratoire » qui pourrait suivre, citant l’Espagne du socialiste Pedro Sanchez et son plan de régularisation des sans-papiers. « Un exemple édifiant », écrivaient le premier ministre, Ulf Kristersson, et son ministre de l’immigration, Johan Forssell, dans une tribune publiée début août, dans le quotidien Svenska Dagbladet. En face, la patronne des sociaux-démocrates, Magdalena Andersson, se montre inflexible : si son parti arrive au pouvoir, pas question de revenir en arrière sur la plupart des réformes adoptées depuis quatre ans, dont certaines avec le soutien de sa formation.
    Des réformes qui ont mené à une chute des arrivées dans le royaume scandinave. En 2025, 6 735 personnes seulement ont déposé une demande d’asile dans le pays (hors Ukrainiens), soit le chiffre le plus bas enregistré depuis le début des statistiques, en 1985. Le nombre de permis de travail accordés pour la première fois a baissé de moitié depuis 2022. Quant aux départs, ils ont augmenté de plus de 50 %. Mais derrière la rhétorique anti-immigration et la politique qui compte désormais parmi les plus restrictives d’Europe, se cache une autre réalité : jamais les services publics du pays n’ont été aussi dépendants des immigrés, qui représentent environ 20 % de la population. D’après les statistiques de l’Association des collectivités territoriales suédoises (SKR), 22 % des employés des communes (chargés notamment des écoles et de l’accueil des personnes âgées) et 16 % des employés des régions (responsables de la santé) sont nés à l’étranger. Des chiffres en très forte hausse depuis 2014 et 2015, années au cours desquelles sont arrivés 260 000 demandeurs d’asile.
    Certaines professions sont particulièrement concernées : 53 % des aides-soignants non diplômés, 39 % des agents de restauration et 37 % des auxiliaires de puériculture dans les crèches et maternelles du pays sont nés à l’étranger, comme 37 % des médecins spécialistes et 46 % des dentistes. Chez Ambea, l’un des plus gros opérateurs de maisons de retraite dans les pays nordiques et le propriétaire de Nattsländan à Malmö, Nina Thoren Forsanker, responsable de la stratégie en matière de compétence et de diversité, explique : « Dès 2015, nous avons lancé une coopération avec les services de l’immigration. Nous avons embauché des demandeurs d’asile avant même qu’ils obtiennent leur statut de réfugié. Beaucoup avaient déjà suivi une formation dans la santé. C’était du gagnant-gagnant. »
    Au sein de l’Association des collectivités territoriales suédoises, Bodil Umegard déplore le manque de nuance dans le débat public. « Il faut, bien sûr, s’attaquer aux problèmes qui existent, mais il est important aussi de souligner que de nombreux immigrés s’intègrent bien, suivent des études et trouvent un emploi, et qu’ils jouent un rôle essentiel pour répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée des communes et des régions. » Elle rappelle que « c’est uniquement grâce aux personnes nées à l’étranger que la population active va augmenter les dix prochaines années ». Car, comme de nombreux pays européens, la Suède vieillit, et sa natalité a plongé en 2025 à son niveau le plus bas depuis les premières statistiques en 1751, avec 1,42 enfant par femme.
    C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le mécontentement des communes qui, à l’automne 2025, ont été autour de 200 (sur 290) à refuser de collaborer avec les autorités pour accélérer les départs volontaires d’immigrés. A l’origine du mouvement, le maire de Jokkmokk, 4 700 âmes (dont 13 % ont vu le jour à l’étranger), a expliqué que sa commune, située sur le cercle polaire, avait besoin de chacun de ses habitants. Pour justifier les restrictions, la droite et l’extrême droite mettent en avant les chiffres du chômage : 16,4 % des immigrés sont sans emploi, contre 6,2 % des personnes nées en Suède. Le 1er janvier, la prime au retour est passée de 10 000 à 350 000 couronnes (de 900 à 31 500 euros). Selon les services de l’immigration, seulement 725 personnes en ont fait la demande.
    Dessin d’un résident de la maison de retraite de Nattsländan, à Malmö (Suède), le 4 septembre 2026.
    Professeur associé à l’université Johns Hopkins de Bologne, Peo Hansen, spécialiste des migrations, constate « un décalage croissant entre le débat national, monopolisé par la question du coût de l’immigration et de l’échec de l’intégration, et la réalité locale des communes et des régions, responsables de la gestion de pans entiers de l’Etat-providence ». Il cite une étude de l’université de Linköping, dans laquelle 82 % des municipalités estiment que l’accueil des réfugiés contribue positivement à leur développement.
    A plus de 900 kilomètres au nord de Stockholm, Boden, 29 000 habitants, en fait partie, même si sa maire sociale-démocrate, Béatrice Öman, dit « avoir du respect pour les différences » entre le nord du pays, qui a du mal à recruter, et les communes du sud, qui font face à un chômage élevé et aux problématiques liées à l’exclusion. Boden, au contraire, a besoin de main-d’œuvre. La compagnie Stegra est en train d’y construire la première usine européenne d’acier décarbonée, tandis que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) va y placer un groupement tactique multinational. Le secteur du bâtiment est sous pression, comme les services publics.
    Si elle défend la ligne de son parti, qui s’est engagé à mener une politique migratoire « stricte », l’édile peste contre des réformes qui ont conduit à l’expulsion de 20 % du personnel d’une des maison de retraite de la commune, soit une vingtaine d’employés qui ont perdu leur titre de séjour. Mme Öman critique aussi la décision du gouvernement d’augmenter le salaire minimum requis pour l’obtention d’un permis de travail, fixé à 33 390 couronnes par mois depuis le 1er janvier. « C’est une remise en cause de notre modèle fondé sur les négociations collectives entre les syndicats et le patronat, qui permet de prendre en compte les réalités locales », dit-elle. Le 1er juillet, une nouvelle loi est entrée en vigueur, qui relève le niveau de suédois exigé pour le personnel des maisons de retraite. Interrogée sur son impact, la directrice de Nattsländan à Malmö, Mme Gyllensjö, remarque que son établissement n’a pas attendu la réforme pour agir, loin des polémiques

    #Covid-19#migrant#migration#suede#immigration#politiquemigratoire#sante#care#asile#vieillissement

  • EU-Turkey agreement: Ten years later, what consequences?
    ▻https://migreurop.org/article3615.html

    Ten years ago, on 18 March 2016, the European Union signed an agreement with #Turkey that has since become emblematic of the #Externalisation of European borders to third countries. This policy has had documented consequences in terms of deaths and human rights violations at the EU’s external borders, particularly in the Aegean Sea and on the islands that became “hotspots”. But what consequences did this agreement create for migrants in Turkey? In this article, Turkish sociologist Didem Danış (…) #Country_analyses

    / Turkey, #Union_Européenne, Externalisation, #Asile

    ▻https://gocarastirmalaridernegi.org/tr
    ▻https://harita.kent95.org/istanbul
    ▻https://aa.com.tr/en
    ▻https://www.goc.gov.tr/gecici-koruma5638

  • Royaume-Uni : les demandes d’asile ont reculé de 21% en un an dans le pays, au plus bas depuis 2022 - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73376/royaumeuni--les-demandes-dasile-ont-recule-de-21-en-un-an-dans-le-pays

    Royaume-Uni : les demandes d’asile ont reculé de 21% en un an dans le pays, au plus bas depuis 2022
    Par La rédaction Publié le : 28/08/2026
    Les demandes d’asile ont reculé de 21% au Royaume-Uni entre fin juin 2025 et fin juin 2026, atteignant leur plus bas niveau depuis 2022. Parallèlement, le nombre de demandeurs d’asile hébergés en hôtels a diminué de moitié en un an, a indiqué le Home Office.
    Entre fin juin 2025 et fin juin 2026, les demandes d’asile ont reculé de 21% au Royaume-Uni, atteignant leur plus bas niveau depuis 2022, selon des chiffres officiels publiés jeudi 27 août.
    Au total, 85 891 personnes ont demandé l’asile au Royaume-Uni sur cette période, contre 108 585 l’année précédente, et 40% de ces demandes proviennent de personnes arrivées dans le pays en traversant la Manche sur de petites embarcations, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique.
    Ces arrivées sont par ailleurs en baisse de 23% sur la même période, avec 33 000 personnes ayant réussi la périlleuse traversée. « Ce gouvernement est en train de rétablir le contrôle de nos frontières et l’équité du système migratoire », s’est félicitée dans un communiqué la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, reconduite à son poste par le nouveau Premier ministre Andy Burnham, entré en fonction en juillet. Depuis l’arrivée du Labour au pouvoir à l’été 2024, « le nombre de dossiers de demande d’asile a diminué, le nombre de demandeurs d’asile hébergés dans des hôtels est en baisse, les arrestations pour travail illégal atteignent des niveaux records et les expulsions ainsi que les retours sont en nette augmentation », a-t-elle insisté.
    Le nombre de demandeurs d’asile hébergés dans des hôtels, sujet hautement sensible dans le pays, a baissé de moitié, à 16 021, soit son niveau le plus bas depuis 2022 et la publication de ces données.
    Il avait atteint un plafond de 56 018 personnes en 2023. Le Royaume-Uni connaît régulièrement des manifestations devant ces hôtels, qui ont parfois dégénéré en violences et émeutes, sur fond de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.
    Le gouvernement britannique s’est engagé à cesser d’héberger des demandeurs d’asile dans ce type d’établissements d’ici 2029. Il prévoit à la place de les installer dans des bases militaires, une initiative qui suscite des résistances locales.
    Comme les conservateurs avant eux, les travaillistes ont annoncé plusieurs mesures visant à réduire l’immigration. Une réforme, visant notamment à durcir le droit d’asile, est actuellement en cours d’examen au Parlement. Selon les chiffres publiés jeudi, entre juin 2025 et juin 2026, 42 394 personnes ont obtenu le statut de réfugié ou une autre forme d’autorisation de séjour, à la suite d’une décision initiale sur leur demande d’asile, un chiffre en baisse de 21% sur un an. Ces chiffres sont publiés le même jour qu’un rapport de la Commission sur l’égalité et les droits humains (EHRC), instance officielle indépendante du gouvernement, qui déplore les « manquements majeurs » des autorités en matière de respect des droits humains des migrants. Elle a attribué la note la plus basse au gouvernement sur cet aspect et dénonce des reculs concernant les dispositifs de protection contre la pauvreté et de soutien à l’intégration des migrants, à rebours des recommandations de l’ONU.
    « Le gouvernement britannique a mis fin à son programme d’insertion professionnelle des réfugiés après moins de deux ans », reproche notamment l’organisation. « Parallèlement, il a également abrogé cette année son obligation légale de venir en aide aux demandeurs d’asile menacés de tomber dans la pauvreté », ajoute le EHRC. « Lorsque le gouvernement ne parvient pas à protéger les droits d’un groupe, il met en péril les droits de tous », a déclaré Mary-Ann Stephenson, la présidente du EHRC.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#asile#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante#droit

  • Les arrivées se poursuivent en Crète, plusieurs centaines de migrants débarquent en quelques jours - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73315/les-arrivees-se-poursuivent-en-crete-plusieurs-centaines-de-migrants-d

    Les arrivées se poursuivent en Crète, plusieurs centaines de migrants débarquent en quelques jours
    Par La rédaction Publié le : 26/08/2026
    Plus de 500 migrants sont arrivés en Crète en l’espace de deux jours, entre mardi et mercredi. Depuis plus d’un an, la Crète et l’îlot de Gavdos, en face des côtes libyennes, sont devenues la principale porte d’entrée des demandeurs d’asile en Grèce.Les arrivées de migrants ont été nombreuses ces derniers jours sur l’île grecque de Crète, en mer Égée. Mercredi 26 août, 81 migrants répartis sur deux embarcations ont été secourus par les services de recherche et secours en mer, a indiqué à InfoMigrants le ministère grec des Affaires maritimes.
    La veille, mardi, ce sont 452 personnes qui avaient déjà été ramenées sur les côtes de la Crète à la suite de huit opérations de sauvetage en mer, toujours selon le ministère.Quelques jours plus tôt, entre le vendredi 21 et le samedi 22 août, près de 200 personnes avaient déjà été secourues au large de la Crète au cours de deux opérations de sauvetage. Lors de la première opération, « un véhicule aérien sans pilote de Frontex avait repéré une embarcation transportant 43 ressortissants étrangers à environ 20 milles nautiques [37 km, ndlr] au sud de Gavdos. Les personnes à bord [avaient] été secourues par un navire de Frontex et acheminées vers le port de Paleochora », en Crète.
    Une deuxième opération avait suivi peu après dans la même zone, pour secourir deux autres embarcations transportant au total quelque 88 étrangers. « Un navire de la force européenne a été là aussi mobilisé et les migrants secourus et acheminés vers Paleochora », avait alors détaillé l’agence de presse ANA. Lundi 24 août, le ministère grec des Migrations a indiqué que les personnes arrivées récemment en Crète devaient être transférées « de manière strictement proportionnée » vers des centres d’accueil sur les îles de Lesbos et Samos, en mer Égée.
    « Il n’y aura aucune charge supplémentaire pour les îles concernées », a voulu rassurer le ministère, face aux inquiétudes des autorités locales des deux îles, soulignant que ce transfert « s’effectue exclusivement » pour les besoins « d’identification, de screening et de contrôle » des demandeurs d’asile avant leur possible transfert vers d’autres structures en Grèce continentale. Malgré ces assurances, une réunion à huis clos s’est tenue dimanche à Mytilène, chef-lieu de Lesbos, sous l’égide du maire de l’île, a rapporté le site d’information local Sto Nissi. En tout, quelque 400 migrants étaient attendus à Lesbos et Samos dimanche 23 août.
    Depuis plus d’un an, la Crète et l’îlot proche de Gavdos, en face des côtes libyennes, sont devenues la principale porte d’entrée des demandeurs d’asile en Grèce. Selon le Haut-Commissariat des réfugiés à l’ONU (HCR), plus de 11 500 migrants, principalement du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh, sont arrivés en Crète depuis le début de l’année. Or, l’île ne dispose que d’une structure d’hébergement provisoire pour les demandeurs d’asile. Le ministère des Migrations a promis la création d’un centre d’accueil prochainement.

    #Covid-19#migration#migrant#grece#crete#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#asile

  • A #Gorizia continuano i respingimenti e i richiedenti asilo vivono nascosti lungo l’#Isonzo

    Dati inediti del ministero dell’Interno ottenuti da Altreconomia fotografano i punti di frontiera terreste del nostro Paese, tra respingimenti informali in Friuli e riammissioni passive dalla Francia. Siamo tornati a Nord-Est, dopo la tappa di Udine, per documentare la situazione al confine con la Slovenia. Chi vorrebbe fermarsi incontra barriere burocratiche che lo costringono all’invisibilità. Per Gianfranco Schiavone un tale sistema ostile, confuso e informale è la solita e spregiudicata “strategia della dissuasione”

    Rasheed (nome di fantasia) parla un’inglese fluente e ha i modi affabili di chi è abituato a stare a contatto con il pubblico. Conosce anche il francese e il fiammingo, oltre al turco e al pashtun, perché ha vissuto gli ultimi sei anni a Bruxelles. Potrebbe essere uno dei tanti studenti internazionali che ha scelto una capitale europea per farsi un’esperienza. Ma non è così.

    “La mia vita era in Belgio. Ho frequentato lì le scuole, ho i miei amici, avevo un lavoro fisso: l’Afghanistan è un luogo che mi è estraneo, non posso tornarci”, racconta in estate di fronte alla questura di Gorizia. Lui ha già manifestato la propria volontà di chiedere la protezione internazionale e sta dando indicazioni ad alcuni connazionali.

    È arrivato in Europa a 16 anni, da solo. Il rigetto della sua richiesta d’asilo è stata una doccia fredda: arrivato come minore e seguiti tutti i passaggi necessari, era perfettamente integrato e aveva un contratto a tempo indeterminato come cassiere in un supermercato. Ha scelto l’Italia perché la sua migliore amica è di qui e gli ha detto che la famiglia l’avrebbe aiutato in caso di bisogno.

    All’inizio Rasheed ha provato a fare domanda alla questura di Udine perché, a detta di un suo conoscente, dava esiti favorevoli a chi proviene dall’Afghanistan. Ma i giorni di attesa si sono accumulati (come abbiamo raccontato qui) e dopo un mese ha deciso di cambiare città. “Sono fortunato -riesce a dire ridendo-. Il primo giorno che sono arrivato alla questura di Gorizia eravamo solo in quattro o cinque, non come ora, e quindi ci hanno fatto entrare subito”.

    A pochi metri una quarantina di uomini è assiepata davanti al cancello. Un ufficiale fa entrare poche persone al giorno ma l’attesa media, anche in momenti affollati come questo, è circa di due settimane, comunque di molto inferiore a quella di Udine.

    La storia di Rasheed, però, avrebbe potuto prendere una strada drasticamente differente. La frontiera terrestre friuliana, territorio d’ingresso o di transito per le persone migranti, è teatro di respingimenti sistematici, caso unico in questi termini per l’Italia. Secondo i dati del Dipartimento di pubblica sicurezza ottenuti da Altreconomia tramite accesso civico generalizzato, a Gorizia nel corso del 2025 sono stati infatti 1.454 e nei primi tre mesi del 2026 già 224. A questi si legano gli “irregolari rintracciati”, come li chiama il Viminale, che sono stati 2.291 nel 2025 e 593 fino a marzo di quest’anno. A Trieste, invece, nel 2025 ci sono stati 784 respinti a fronte di 1.579 rintracciati. Un totale in tutto il Friuli-Venezia Giulia, considerando anche la quota irrisoria del settore di Tarvisio, di 3.884 rintracciati e 2.241 respinti: il 57,7% è stato allontanato.

    Il respingimento è una procedura legalmente attuabile a determinate condizioni nei confronti di chi non dispone dei requisiti per l’ingresso, escluso chi chiede asilo. Può avvenire solo alle frontiere esterne o alle interne dove sono stati temporaneamente ripristinati i controlli, come avvenuto appunto al confine con la Slovenia, ma anche con la Francia dove però non ne sono stati registrati. Nei settori di Bardonecchia (TO) -dove si trova Oulx- e di Ventimiglia (IM), che hanno visto il numero più alto di rintracci (rispettivamente 7.509 e 7.110), il ministero ha segnalato molte “riammissioni passive”, ovvero le operazioni di polizia che consistono nel riportare in Italia chi avrebbe attraversato irregolarmente il confine interno sulla base di accordi bilaterali. Nel 2025 a Ventimiglia sono state ben 9.282, mentre a Bardonecchia 5.126. Gli agenti italiani di questi due zone, invece, avrebbero riammesso in Francia un totale di 574 persone.

    Per quanto riguarda la Slovenia si conferma che questo tipo di attività non è mai stato efficiente, come già raccontato da Altreconomia: se tra dicembre 2022 e marzo 2023 Lubiana aveva accolto 23 richieste di riammissione (su 190 presentate), nell’intero 2025 ne ha accettate solo otto.

    “Noi non abbiamo mai visto nel corso dell’ultimo anno un solo provvedimento di respingimento -evidenzia Gianfranco Schiavone, presidente del Consorzio italiano di solidarietà di Trieste-. Il respingimento è un atto amministrativo, quindi dovrebbe essere scritto, motivato e notificato. Può essere impugnato anche se è immediatamente esecutivo. Non sono dunque legali, come chiunque può ben capire, dei respingimenti ‘di fatto’ di cui è impossibile accertarne in giudizio la legittimità come, ad esempio, se sia stato applicato a persone non respingibili”.

    In questa categoria rientra chi ha una vulnerabilità, è minore, intende chiedere asilo o non può comunque essere respinto o espulso nel Paese di origine perché proveniente da luoghi pericolosi, quale è il caso degli afgani. Sotto quest’ultimo punto, difatti, il Dipartimento di pubblica sicurezza ha rifiutato di condividere i dati aggregati in merito allo Stato di provenienza o al genere, adducendo che fosse per “tutela dei dati sensibili o investigativi/giudiziari, garantendo anche l’esigenza di rendere il dato in modo immediato per evitare che subisca interpretazioni”. A quali interpretazioni possano mai essere soggetti rimane un mistero.

    Schiavone rileva poi che,almeno dall’inizio del 2025 sono aumentate le persone che definisce “in orbita”, ovvero chi come Rasheed riceve un diniego in un altro Paese europeo e si trova a ricominciare il suo percorso in Italia perché non ha dove altro tornare. “Chiudere e inasprire: il nuovo Patto per la migrazione e l’asilo è entrato in vigore a giugno ma è stato preceduto da un atteggiamento ostile de facto e questi sono gli effetti”.

    Chi ne è vittima si affianca a chi proviene dalla rotta balcanica, sfaccettando ulteriormente il fenomeno migratorio. Ricorda anche che i numeri del ministero non rappresentano la realtà: secondo i dati raccolti dalle associazioni che si occupano di assistenza a chi arriva sul territorio di Trieste, nel 2025 sono stati registrati poco meno di 10mila nuovi ingressi e dunque gli “intercettati” circa solo il 15%.

    Per Schiavone, comunque, l’Italia rimane un Paese poco desiderabile, una seconda o terza scelta: “I richiedenti asilo sanno che in Italia regna una grande confusione, i tempi per presentare e poi per l’esame delle domande sono lenti, si può abbastanza facilmente rimanere senza accoglienza ma invisibili e lavorare in nero anche se quasi sempre in condizioni di grave sfruttamento. Per quanto ciò sia paradossale per un numero crescente di richiedenti queste pessime condizioni di partenza stanno diventando delle ragioni che fanno scegliere un Paese come l’Italia ”.

    E il disagio, anche a Gorizia, non manca. Rasheed racconta che, in attesa di un posto in accoglienza, vive con altri 25 nella cosiddetta “jungle”, un insediamento informale sulla sponda dell’Isonzo. Stuoiette, teli, tende e fornelletti per cucinare, fuori dagli occhi della città. “Non ho detto alla mia amica che dormo in strada. Per lei sto in albergo”, confessa il ragazzo. Si tocca la schiena e rivela un taglio, frutto di un’operazione a cui ha dovuto sottoporsi a causa di una ferita infertagli durante la rotta e non curata tempestivamente. Gli stranieri a Gorizia si vedono solo davanti agli uffici dell’immigrazione o alla stazione, dove pochi volontari portano beni di prima necessità a chi transita.

    Il fine ultimo delle nuove normative per Schiavone è, al solito, quello di liberarsi delle persone mettendole in condizioni di vita difficili e facendo sì che siano loro stesse a lasciare la procedura e a disperdersi nella marginalità. E sottolinea che le lungaggini delle questure -tutt’altro che isolate sul territorio italiano- sono già parte da tempo di questa “tattica spregiudicata di dissuasione”.

    L’obiettivo delle istituzioni sembra quello di lasciare meno tracce possibili: “Viviamo in un curioso e incredibile contesto nel quale la Pubblica amministrazione rifugge dalle formalità previste da ogni procedura amministrativa operando nella più assoluta informalità. E lo si fa perché diversamente emergerebbero prove inconfutabili di scelte illegittime e ingiustificabili”.

    In questo caos orchestrato non si possono distinguere città in cui le procedure funzionino meglio che in altre; piuttosto, è la presenza della società civile a fare la differenza. Udine e Trieste, ad esempio, hanno un monitoraggio attento e continuo, laddove invece a Gorizia è più carente. E per le persone migranti non cambia “solo” la qualità della vita, magari grazie a mense o alloggi dedicati. “Abbiamo bisogno di associazioni indipendenti che si spingano oltre l’azione caritatevole -conclude Schiavone-. Se non sei informato su quali sono i tuoi diritti e su come entrare nella violenta realtà italiana facendoli valere, puoi anche riuscire a trovare da mangiare o un posto letto precario ma rimarrai sempre invisibile. Per questa ragione sottolineo sempre che l’aiuto caritatevole senza tutela dei diritti non è affatto una scelta neutra ma è uno strumento di potere per non modificare la situazione”.

    ▻https://altreconomia.it/a-gorizia-continuano-i-respingimenti-e-i-richiedenti-asilo-vivono-nasco
    #migrations #réfugiés #asile #frontière_sud-alpine #expulsions #renvois #refoulements #Italie #Slovénie #dissuasion #stratégie_de_la_dissuasion #frontières_intérieures #frontière_terrestre #Tarvisio #réadmissions #réadmissions_passives #accords_bilatéraux #migrerrance #SDF

  • L’accord de migration entre l’Italie et l’Albanie : un #échec et d’une #cruauté sans nom

    La #délocalisation du traitement des demandes d’asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la #sécurité, la #liberté et les #droits_humains de ces personnes, souligne #Amnesty_International dans un #rapport publié quelques semaines seulement après les événements de Ceuta qui ont mis en lumière les dangers des politiques migratoires de l’Union européenne (UE) axées de longue date sur l’exclusion et le confinement.

    Le rapport intitulé "Italy : Extraterritorial migration detention and human rights obligations" (▻https://www.amnesty.org/en/documents/eur30/1365/2026/en) se penche sur l’accord de 2023, portant sur la création en Albanie de deux centres de détention gérés par les autorités italiennes, qui a conduit au transfert forcé de plusieurs centaines de personnes devant subir une détention, nombre d’entre elles n’ayant pas la possibilité de bénéficier d’une assistance juridique. Les conditions de vie sur place et le coût humain désastreux des politiques de délocalisation migratoire de l’Italie ont poussé plusieurs personnes à s’automutiler ou à tenter de se suicider.

    « La délocalisation de la détention vise en définitive à dissuader et à tenter de se soustraire à la fois aux responsabilités liées à la prise en charge des personnes migrantes et à l’obligation d’accorder l’asile à celles qui en ont besoin. L’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie montre une fois de plus le coût inévitable de cette approche en ce qui concerne les droits humains, a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.

    « Juste avant l’entrée en vigueur de l’accord, Amnesty International avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences néfastes qu’il aurait inévitablement sur les droits des personnes en détresse en mer et de celles transférées en Albanie. De toute évidence, ces craintes se sont concrétisées. »

    Amnesty International estime que ses conclusions doivent servir d’avertissement à l’UE quant aux conséquences désastreuses des politiques migratoires qui cherchent à s’appuyer de plus en plus sur des pays situés en dehors de ses frontières pour gérer les migrations, au détriment de la mise en place de voies sûres et légales.
    Une cruauté inutile

    Entre octobre 2024 et janvier 2025, l’Italie a mené trois opérations en mer et a procédé au transfert forcé de 74 personnes directement depuis les eaux internationales vers l’Albanie, en vertu de cet accord. À la suite de nombreuses décisions de la justice italienne annulant les mandats de placement en détention visant ces personnes, l’Italie a mis fin aux transferts vers l’Albanie depuis la haute mer.

    Cependant, en mars 2025, le gouvernement italien a modifié l’accord afin d’autoriser la détention en Albanie d’hommes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie. En conséquence, au cours des 15 derniers mois, plusieurs centaines d’hommes (plus de 500 selon certaines sources), pour la plupart racisés, ont été transférés de force vers le centre de détention albanais de Gjadër.

    Entre le 11 avril et le 16 mai 2025, 42 faits graves ont été recensés au centre de Gjadër, dont au moins deux tentatives de pendaison, une manifestation au cours de laquelle trois personnes ont été blessées par des éclats de verre, ainsi que divers cas d’automutilation.

    Le gouvernement italien a fait obstacle au suivi indépendant de la mise en œuvre de l’accord, notamment en restreignant le contrôle parlementaire et en contournant les procédures législatives ordinaires. Comme l’accès et le contrôle des observateurs·trices indépendants des droits humains sont limités, on ignore en grande partie ce qui se passe dans les centres de détention albanais.
    Bien que les personnes détenues en Albanie relèvent de la juridiction italienne, leur éloignement géographique de l’Italie, associé à un accès limité à des avocat·e·s, aux tribunaux et à d’autres garanties, compromet considérablement l’exercice des droits de solliciter l’asile et d’accéder à la justice.

    Un avocat interrogé par Amnesty International a expliqué qu’il n’avait pas pu rencontrer son client avant l’audience et qu’il n’avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense. Selon lui, les procès-verbaux des audiences d’asile montrant que des personnes interrogées répondaient par monosyllabes indiquaient qu’elles avaient été intimidées.

    « Les personnes détenues en Albanie sont traumatisées, ce qui est tout à fait compréhensible. Certaines ont peut-être traversé le désert, été arrêtées et maltraitées en Libye, survécu à la traversée en mer à bord d’embarcations impropres à la navigation, puis, après avoir été interceptées par les autorités italiennes, ont passé plusieurs jours à effectuer le trajet jusqu’en Albanie. D’autres, transférées depuis des centres de détention en Italie, sont arrachées à leur vie, laissant derrière elles leur entourage et leurs réseaux de soutien, et doivent soudainement faire face à un nouvel environnement et à de nouveaux contrôles et formalités administratives, le tout dans une situation d’isolement. Ce qu’ils sont contraints de subir est intolérable et inutilement cruel », a déclaré Eve Geddie.
    Atteintes à l’état de droit

    Les tribunaux italiens et la Cour de justice de l’UE ont estimé que les règles et pratiques italiennes relatives aux demandes d’asile déposées par des ressortissant·e·s de pays désignés par l’Italie comme « sûrs » (ce qui entraîne un traitement accéléré de ces demandes) étaient incompatibles avec le droit applicable de l’UE et ne prévoyaient pas de garanties suffisantes pour les demandeurs·euses.

    Malgré les décisions répétées des tribunaux italiens ordonnant la libération des personnes placées en détention en Albanie, le gouvernement italien a poursuivi la mise en œuvre de l’accord. Il a tenté de limiter le contrôle des tribunaux quant à la désignation des « pays sûrs » en recourant à des dispositions de la législation destinées aux situations d’urgence, sans justifier les atteintes à l’état de droit.

    Des personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie et déjà détenues dans ce pays ont également été soumises à des transferts extraterritoriaux illégaux, en dehors du cadre prévu par le droit national et européen.

    « Il est absolument clair que le modèle italo-albanais est impossible à mettre en œuvre dans le respect des obligations de l’Italie en matière de droits humains. Cela doit servir de signal d’alerte afin que l’UE gèle définitivement tout projet [1] visant à étendre le recours à la délocalisation de la détention et à d’autres outils d’externalisation », a déclaré Eve Geddie.

    « Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre fin à l’accord avec l’Albanie, mettre en œuvre des solutions autres que la détention des personnes migrantes qui, aux termes du droit international, doit rester une mesure de dernier recours, et garantir à toutes les personnes en quête de protection internationale l’accès à une procédure d’asile efficace et non discriminatoire ainsi qu’à un accueil digne sur le territoire italien. Tous les réfugié·e·s et migrant·e·s devraient pouvoir bénéficier de garanties juridiques efficaces et d’un contrôle indépendant. »
    Complément d’information

    L’accord entre l’Italie et l’Albanie est entré en vigueur le 23 février 2024 pour une durée de cinq ans au terme de laquelle il sera automatiquement renouvelé. Le gouvernement italien aurait alloué plus de 670 millions d’euros à son fonctionnement jusqu’en 2028.

    Le ministère italien de l’Intérieur ayant rejeté à plusieurs reprises les demandes d’accès pour Amnesty International à ces centres de détention en Albanie, invoquant des raisons de sécurité et d’ordre public, nos recherches s’appuient sur la correspondance échangée avec le ministère de l’Intérieur, l’examen de documents judiciaires, les informations échangées au sein du réseau de la société civile Tavolo Asilo e Immigrazione, les rapports de parlementaires et de médiateurs·trices, et sur des entretiens menés avec des agences des Nations unies et deux avocats représentant des personnes détenues à Gjadër.

    ▻https://www.amnesty.be/infos/actualites/italie-albanie-migration-deal
    #migrations #asile #réfugiés #Italie #Albanie #détention_administrative #rétention #transfert_forcé #assistance_juridique #conditions_de_vie #automutilation #tentatives_de_suicide #suicide #justice #Gjadër #Etat_de_droit #traumatisme

    –-
    ajouté à la métaliste sur l’accord Italie-Albanie :
    ►https://seenthis.net/messages/1043873

  • Les centres de rétentions italiens en Albanie « mettent en péril la sécurité, la liberté et les droits » des migrants, selon Amnesty International - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73236/les-centres-de-retentions-italiens-en-albanie-mettent-en-peril-la-secu

    Les centres de rétentions italiens en Albanie « mettent en péril la sécurité, la liberté et les droits » des migrants, selon Amnesty International
    Par Romain Philips Publié le : 21/08/2026
    Alors que depuis le vote par l’Union européenne du pacte asile et migration l’Italie ne cesse de vanter son accord avec l’Albanie, un rapport d’Amnesty international publié ce 20 août dénonce un système opaque qui « met en péril la sécurité, la liberté et les droits humains » des personnes retenues.
    Depuis l’adoption du pacte asile et migration – qui rend possible pour les États membres l’ouverture de « hubs de retour » dans des pays tiers – le 12 juin dernier, la Première ministre italienne Giorgia Meloni ne cesse de vanter le « modèle albanais » de centres de retour.
    Avec la crise de Ceuta qui a vu affluer plus de 70 000 migrants dans l’enclave espagnole en 24 heures, la dirigeante italienne a réitéré sa volonté de construire des centres similaires, mais en Afrique cette fois. Mais pour Amnesty international, qui a publié un rapport ce jeudi 20 août sur les centres en Albanie, le pacte asile et migration est un « signal d’alerte » pour l’Union européenne et non un exemple. Il « met en péril la sécurité, la liberté et les droits humains » des demandeurs d’asile, estime l’organisation de défense des droits humains.
    Amnesty international dénonce tout d’abord les conditions de détention dans le centre de Gjader. Si initialement il devait concerner uniquement des demandeurs d’asile venant de pays réputés sûrs et interceptés dans les eaux internationales, une loi adoptée en 2025 a changé la donne. En mars, le gouvernement italien a modifié la loi afin d’utiliser le centre de Gjader pour détenir également des ressortissants étrangers de sexe masculin faisant l’objet d’une mesure d’expulsion en Italie, autorisant ainsi leur transfert forcé depuis des centres de rétention en vue d’une expulsion situés en Italie vers Gjader. Ainsi, près de 600 personnes - originaires notamment d’Afrique du Nord, du Bangladesh, de Côte d’Ivoire et de Gambie – ont été transférées dans ce centre. Et ce dans des conditions pouvant faire craindre « qu’elles puissent constituer des actes de torture ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Les concernés « demeuraient attachées avec des liens en velcro tout au long du trajet » de parfois plus de 24 heures. Et dans d’autres cas, « des personnes n’avaient pas été informées qu’elles étaient conduites à Gjader, mais il leur avait été dit qu’elles se rendaient vers d’autres centres de rétention dans le sud de l’Italie », note le rapport.
    « Les personnes détenues en Albanie sont traumatisées. Certaines ont peut-être traversé le désert, été arrêtées et maltraitées en Libye, survécu à la traversée en mer à bord d’embarcations impropres à la navigation, puis, après avoir été interceptées par les autorités italiennes, ont passé plusieurs jours à effectuer le trajet jusqu’en Albanie. D’autres, transférées depuis des centres de détention en Italie, sont arrachées à leur vie, laissant derrière elles leur entourage et leurs réseaux de soutien, et doivent soudainement faire face à un nouvel environnement et à de nouveaux contrôles et formalités administratives, le tout dans une situation d’isolement. Ce qu’ils sont contraints de subir est intolérable et inutilement cruel », a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.
    Et une fois en Albanie, les exilés vivent dans des conditions carcérales. Le rapport décrit des cellules de quatre hommes avec uniquement une « table sous-dimensionnée », un espace extérieur « dépourvu de sièges ou de tout autre mobilier » et un accès « extrêmement limité aux espaces permettant une interaction sociale ».De ce fait, 11 avril et le 16 mai 2025, 42 « incidents critiques » ont été recensés, dont au moins deux tentatives de pendaison, une manifestation ayant conduit au bris d’une vitre blessant trois personnes, et divers incidents d’automutilation. Et la gestion de ces centres se passe dans l’opacité, dénonce Amnesty qui s’est vu refuser trois fois sa demande de visite des centres albanais. Pour les organisations de la société civile, le seul moyen d’accéder aux infrastructures se fait via la participation aux visites conduites par des parlementaires. Mais, depuis avril 2025, le ministère de l’Intérieur a imposé des restrictions aux parlementaires visitant les centres et exige désormais que les personnes les accompagnant soient employées fonctionnellement par leur bureau.Et sans moyen propre accordé au défenseur des droits pour enquêter sur ce centre, toute surveillance, du fait de l’éloignement géographique des centres, est complexe.
    Une extraterritorialité à l’origine d’une « zone grise juridique », regrette l’ONG. Le 9 mai 2025, cinq ressortissants égyptiens ont été expulsés via un vol affrété par Rome. Ils ont donc été escortés à travers le territoire albanais. Sauf qu’une telle procédure,"qui a impliqué de sortir les ressortissants égyptiens du centre de détention de Gjader et de les faire transiter par le territoire albanais", n’est pas prévue par l’accord ou la loi."L’absence de cadre juridique pour ce type d’opérations pourrait créer une zone grise, dans laquelle le traitement réservé aux personnes concernées pendant le transfert, ou leur capacité à accéder à des recours — y compris un recours contre l’expulsion elle-même — ne pourrait faire l’objet d’aucun contrôle", dénonce Amnesty.
    Des zones grises notamment dues au fait que les personnes détenues en Albanie relèvent de la juridiction italienne. Mais leur éloignement géographique de l’Italie, associé à un accès limité à des avocats, aux tribunaux et à d’autres garanties, « compromet considérablement l’exercice des droits de solliciter l’asile et d’accéder à la justice ». Un avocat interrogé par l’ONG a raconté qu’il « n’avait pas pu rencontrer son client avant l’audience et qu’il n’avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense ».
    Ces faits inquiètent d’autant plus l’ONG que l’Italie, avec l’entrée en vigueur du pacte asile et migration le 12 juin, a fait savoir qu’elle souhaitait reprendre le traitement des demandes d’asile dans les centres albanais. « Cela doit servir de signal d’alerte afin que l’UE gèle définitivement tout projet visant à étendre le recours à la délocalisation de la détention et à d’autres outils d’externalisation », a estimé Eve Geddie.
    Le projet albanais est aussi vivement critiqué en Italie, notamment pour son coût par rapport au bilan de quelques centaines de migrants accueillis. Selon les estimations, l’accord avec l’Albanie aurait coûté quelque 74 millions d’euros pour la création des centres. Et « le gouvernement aurait provisionné plus de 670 millions d’euros jusqu’en 2028 pour financer la mise en œuvre de l’accord ».

    #Covid-19#migration#migrant#italie#albanie#sante#santementale#droit#hubderetour#externalisation#asile

  • Aktivistin zur GEAS-Umsetzung in Bayern: „Infrastruktur für Abschiebungen am Fließband"
    ▻https://www.borderline-europe.de/dramen/aktivistin-zur-geas-umsetzung-bayern-%E2%80%9Einfrastruktur-f%C3%B

    Der Münchner Flughafen erhält ein neues Abschiebeterminal, das künftig zwei Charterabschiebungen und 100 Einzelrückführungen täglich ermöglichen soll. Katharina Grote vom Bayerischen Flüchtlingsrat warnt im Interview, das Terminal biete die Infrastruktur für Abschiebungen „am Fließband", sobald Deutschland alle Instrumente des GEAS voll ausschöpft, zudem sollen Asylsuchende künftig in der ehemaligen JVA Ingolstadt im Außengrenzverfahren untergebracht werden.

  • En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/11/en-malaisie-les-refugies-rohingya-frappes-par-une-vague-de-haine-sont-devenu

    En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    Par Dinh Tiên (Bangkok, correspondance)
    Quand il est dehors, Farooq reste sur ses gardes. « Les Rohingya ne se sentent plus en sécurité lorsqu’ils sortent. On réfléchit avant chaque déplacement », dit le jeune homme de 26 ans, réfugié en Malaisie depuis 2024, qui ne donne que son prénom. Devenue indésirable aux yeux d’une partie de la population, la communauté rohingya subit une xénophobie sans précédent dans un pays autrefois accueillant.
    « Salaud », « Parasite », « Quitte le pays », énumère Farooq. Sur les réseaux sociaux, insultes et menaces affluent dans les messages privés de ce militant rohingya, peuple musulman apatride et originaire de l’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie. Sous un de ses posts sur Facebook, en date du 5 août, dénonçant les persécutions du régime birman, des internautes donnent raison aux militaires birmans, accusés de crimes contre l’humanité et de génocide ; d’autres traitent les Rohingya de « rats », d’« intrus », de « voleurs » ou de « terroristes ». Farooq figure parmi les plus de 126 000 Rohingya enregistrés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Malaisie. Beaucoup ont fui des décennies de persécutions en Birmanie, notamment lors de l’exode massif de 2017. Première communauté de réfugiés du pays, ils seraient en réalité près du double en Malaisie, selon les observateurs. « Face à cette extrême violence, tout le monde a peur », résume le jeune homme, depuis Kuala Lumpur.
    Nourrie par la désinformation, cette vague de haine s’est emballée au mois de mai. Pendant l’Aïd-el-Adha, les Rohingya ont été accusés sur les réseaux sociaux de pratiques insalubres lors du Qurban, le sacrifice rituel des animaux. A ensuite circulé une vieille rumeur : ils chercheraient à « prendre le contrôle » de Selayang, au nord de Kuala Lumpur.La Malaisie accueille d’autres ethnies de Birmanie – Chin, Kachin, Karen, Môn… –, ainsi que des réfugiés du Pakistan, de Syrie, du Yémen, fuyant les guerres et les persécutions. Or, « quand une autre communauté est impliquée dans une action délictueuse, ce sont les Rohingya qui sont pointés du doigt, dénonce Farooq. Nous sommes systématiquement tenus responsables de l’ensemble des problèmes attribués aux réfugiés. » Les données officielles sont pourtant loin d’étayer l’image d’une criminalité généralisée : selon la police, seuls 89 Rohingya ont été impliqués dans des affaires criminelles depuis 2024, soit 0,02 % de l’ensemble des crimes recensés en Malaisie.
    Début juin, une pétition en ligne réclamant « l’expulsion des Rohingya » au premier ministre, Anwar Ibrahim, a recueilli près de 500 000 signatures en quelques jours. Malgré son retrait, la haine continue de pulluler : la fille d’un responsable politique a comparé les Rohingya à des « singes », le tabloïd Kosmo ! a qualifié leur installation en Malaisie de « cancer ». Quelques élus ont même appelé « à la démolition de [leurs] habitations », rapporte l’ONG Fortify Rights. Fin juillet, à Penang, des Rohingya ont été chassés de leur campement. Une centaine d’entre eux, parmi lesquels des femmes et des enfants, a rejoint le HCR, à Kuala Lumpur, le 27 juillet. La police les a embarqués, avant de les libérer deux jours plus tard : tous avaient des documents du HCR valides. Le 29 juillet, Anwar Ibrahim a annoncé que la Birmanie, avec laquelle il dit entretenir de « bonnes relations », avait accepté le retour de 5 000 Rohingya. Tollé des ONG : dans l’Etat Rakhine (ex-Arakan), dont les Rohingya sont originaires, les combats font rage entre l’armée d’Arakan, une guérilla ethnique, et les forces régulières, toutes deux accusées d’exactions à l’encontre des Rohingya. Le 5 août, le gouvernement a tempéré son annonce : aucun retour n’aura lieu si « leur vie est menacée ».
    La militante rohingya Sharifah Shakirah y voit un calcul politique. « Les Rohingya ont toujours servi de boucs émissaires. Les responsables politiques les utilisent quand ils en ont besoin pour leurs propres intérêts. » Or, Anwar Ibrahim est fragilisé : son bloc, Pakatan Harapan, vient d’essuyer de lourds revers électoraux au Johor puis au Negeri Sembilan, alors que des législatives se tiendront en 2028. Les Rohingya sont une cible facile : la Malaisie n’a pas signé la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Même enregistrés auprès du HCR, les Rohingya n’ont pas de véritable statut légal. « Ils vivent à la merci des autorités », fustige Sharifah Shakirah.
    Aslam Abd Jalil, maître de conférences à l’université de Malaisie, parle lui aussi de récupération : « Anwar a utilisé la question du renvoi de 5 000 Rohingya dans le cadre de sa campagne. » Mais l’opposition, souligne-t-il, exploite aussi le sujet pour dénoncer le manque de fermeté du gouvernement. Sharifah Shakirah s’indigne des créateurs de contenu qui gagnent en visibilité en filmant les réfugiés ou en se moquant de leurs enfants. Un responsable de l’opposition aurait, selon elle, consacré 1 million de ringgits (211 000 euros) à rémunérer des influenceurs pour alimenter cette campagne anti-Rohingya.« L’attention est détournée des défaillances de l’Etat pour se porter sur les réfugiés », analyse Aslam Abd Jalil. Dans une société polarisée par les appartenances ethniques, il voit dans cette hostilité un paradoxal « facteur d’unification ». « Certains comparent les Rohingya aux sionistes, comme s’ils étaient venus de l’extérieur pour prendre progressivement possession du territoire. Ils deviennent des souffre-douleur sur lesquels la population déverse son ressentiment. »
    Accusés de propager le Covid-19, les Rohingya avaient déjà subi une vague de haine pendant la pandémie, en 2020-2021. Elle avait fini par refluer. « C’est pire aujourd’hui », estime le chercheur. Plusieurs écoles accueillant des enfants rohingya ont fermé. Des familles ont été expulsées, des travailleurs ont perdu leur emploi et des propriétaires refusent de leur louer des logements. « Des enfants restent cloîtrés chez eux parce que leurs parents ont peur qu’ils soient harcelés, ajoute Sharifah Shakirah. On traumatise une nouvelle génération de Rohingya, alors que leurs familles étaient venues en Malaisie pour trouver un peu de sécurité. »
    L’époque semble lointaine où, en 2016, l’ancien premier ministre Najib Razak participait à un rassemblement en solidarité avec les Rohingya, au nom de la défense de musulmans persécutés en Birmanie. « La Malaisie a souvent tenu un discours hypocrite : sur la scène internationale, elle affirme défendre les Rohingya et réclamer justice pour les crimes commis en Birmanie. Mais sur son territoire, elle ne les protège ni ne les soutient vraiment », accuse John Quinley, de Fortify Rights. Farooq, lui, a fui les persécutions en Birmanie, puis les camps surpeuplés du Bangladesh après avoir été menacé par un groupe armé. Il espérait trouver un peu de répit en Malaisie, mais se sent désormais « impuissant » : « Notre crime, c’est d’être nés rohingya. »

    #Covid-19#migrant#migration#malaisie#rohingya#asile#droit#sante#stigmatisation#refugie

  • Le Rwanda dit discuter avec des pays européens pour recevoir en transit des migrants expulsés - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72984/le-rwanda-dit-discuter-avec-des-pays-europeens-pour-recevoir-en-transi

    Le Rwanda dit discuter avec des pays européens pour recevoir en transit des migrants expulsés
    Par La rédaction Publié le : 10/08/2026
    Des « discussions préliminaires » sont en cours entre Kigali et des États européens pour que le Rwanda serve de pays de transit à des migrants expulsés d’Europe, a annoncé le gouvernement rwandais qui n’a pas précisé les pays avec qui il discutait. « Nous avons entamé des discussions préliminaires avec certains pays européens, mais rien n’a encore été décidé », a indiqué vendredi 7 oaût à l’AFP la porte-parole du gouvernement rwandais Yolande Makolo. Même si la porte-parole n’a pas précisé de quels pays il s’agissait, cela montre que le Rwanda se montre enclin à devenir un pays de transit pour les migrants expulsés d’Europe. Questionnée jeudi sur la radio rwandaise Royal FM au sujet d’un accord spécifique avec l’Italie - pays qui dispose déjà d’un accord avec l’Albanie -, Yolande Makolo avait répondu qu’il n’y avait « pas d’accord » à ce sujet, mais des « discussions ».
    Depuis plusieurs années, le Rwanda dispose du centre de transit de Gashora. Il accueille les migrants évacués de Libye dans le cadre d’un programme onusien appelé « Mécanisme de transit d’urgence » (ETM). Mis en place par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) en 2019, ce programme vise à évacuer les publics vulnérables des centres de détention libyens, de les installer dans le centre rwandais, puis de les transférer dans un pays occidental – où leur dossier d’asile est accepté.
    C’est ce dispositif qui est mis en avant par la porte-parole. « L’une des idées dont nous discutons concerne le (centre) de transit d’urgence que nous avons à Gashora » (est), où des milliers de migrants bloqués en Libye avaient été envoyés à partir de 2019 et dont beaucoup sont partis, permettant de sauver « de nombreuses vies », a-t-elle expliqué. Dans un tel lieu, des « familles » pourraient « recevoir des soins médicaux, suivre une forme de formation, se reposer », a plaidé Yolande Makolo. Et d’ajouter : « C’est aussi là que les demandes d’asile sont traitées » et ces personnes « peuvent soit retourner dans leur pays d’origine si c’est sûr et si elles le souhaitent, soit être réinstallées dans d’autres pays ».
    Ce n’est pas la première fois que le Rwanda se prépare à potentiellement accueillir des migrants expulsés d’Europe. Un accord d’externalisation de l’asile avait déjà été conclu entre le pays africain et le Royaume-Uni en 2022. Mais face à de nombreuses contestations judiciaires, il avait rapidement tourné au fiasco puis avait été abandonné par le gouvernent de Keir Starmer. Les choses pourraient être bien différentes aujourd’hui étant donné que le Parlement européen a approuvé, en juin, un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile, incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords afin d’installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union, suscitant des inquiétudes de défenseurs de droits humains. Une poignée d’États européens - le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas – ont déjà signifié qu’ils étudiaient la possibilité de tels accords avec une dizaine de pays, dont le Rwanda.

    #Covid-19#migrant#migration#rwanda#UE#expulsion#politiquemigratoire#asile#externalisation#transit#HCR#sante#droit

  • A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/07/a-thetford-dans-l-est-de-l-angleterre-troisieme-nuit-de-manifestations-viole

    A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force.
    Le Monde avec AFP
    Des dizaines de personnes se sont attaquées à des logements où ils pensaient que vivaient des demandeurs d’asile, lors de manifestations anti-immigration qui ont eu lieu, jeudi 6 août, pour le troisième soir d’affilée à Thetford, dans l’est de l’Angleterre, selon la police locale. Selon la même source, les manifestants s’en sont aussi pris à la police. Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force proche de Thetford, ville de quelque 25 000 habitants.
    « Pendant trois nuits d’affilée, un groupe de personnes a franchi la ligne de ce qui est acceptable », a déclaré vendredi à la BBC le chef de la police du Norfolk, Paul Sanford. Il a confirmé que « certaines » des maisons visées hébergeaient des demandeurs d’asile. « Nous avons été obligés, à deux ou trois reprises, d’escorter les résidents hors de ces logements pour assurer leur sécurité », a-t-il ajouté.
    Selon le Guardian, une liste de logements dont les propriétaires ont signé un contrat avec le gouvernement pour héberger des demandeurs d’asile avait préalablement circulé en ligne. Deux hommes d’une quarantaine d’années ont été arrêtés jeudi soir, soupçonnés de trouble à l’ordre public en état d’ivresse, et d’incitation à la haine raciale lors d’un incident survenu la veille.
    La police de Norfolk a dépêché des renforts sur place. Dans un communiqué, elle a aussi affirmé avoir fait face à des manifestants « physiquement agressifs », un agent ayant été touché par une pierre tandis qu’une policière a été « gravement mordue ». Elle a imposé des mesures de sécurité aux manifestants, dont l’obligation de retirer tout élément masquant leur visage sur demande de la police.
    Des témoins ont dit à la BBC avoir vu environ 200 personnes lancer des œufs et des pierres contre des maisons mercredi, scandant « We want them out » (« Nous voulons qu’ils partent »). Le ministère de l’intérieur a, dans un communiqué, « fermement condamné les comportements observés à Thetford, y compris les attaques contre les policiers en première ligne ». Le député travailliste du district, Terry Jermy, a jugé ces scènes « profondément préoccupantes ». Mais il a aussi exhorté le gouvernement à mettre fin au « secret et à la confusion » entourant les projets d’hébergement de demandeurs d’asile sur d’anciennes bases militaires.
    Le Royaume-Uni a connu ces dernières années plusieurs violentes manifestations racistes, sur fond de montée du parti d’extrême droite Reform UK. Les dernières en date ont eu lieu à Belfast, en Irlande du Nord, en juin. Lors de celles-ci des familles ont été obligées de quitter leurs logements menacés par des feux allumés par les manifestants.

    #Covid-19#migrant#migration#angleterre#asile#demandeurdasile#sante#hebergement#violence#sante

  • Depuis 2022, plus de 1 000 migrants ont été poursuivis pour « entrée illégale » au Royaume-Uni - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72953/depuis-2022-plus-de-1-000-migrants-ont-ete-poursuivis-pour-entree-ille

    Depuis 2022, plus de 1 000 migrants ont été poursuivis pour « entrée illégale » au Royaume-Uni
    Par La rédaction Publié le : 07/08/2026
    Selon les données du Home Office obtenues par The Guardian, entre les mois de juillet 2022 et janvier 2026, 1 109 migrants ont fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire britannique dont 628 arrivés à bord d’un small boat.Plus de 1 000 personnes ont été condamnées pour « entrée illégale au Royaume-Uni » entre juillet 2022 et janvier 2026, a rapporté le média britannique The Guardian, jeudi 6 août. Les données obtenues auprès du Home Office font état de 1 109 migrants ayant fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire, dont 628 sont arrivés à bord d’un small boat. Parmi ces derniers, 296 ont été filmés par des drones de surveillance en train de diriger un canot pneumatique. Le Home Office a instauré l’infraction « d’entrée illégale » en 2022 afin de dissuader les migrants de monter à bord de canots ou de camions pour se rendre clandestinement au Royaume-Uni.Selon le Guardian, « cette décision avait été largement condamnée à l’époque, car la Convention relative au statut des réfugiés stipule que les personnes en quête d’asile ne doivent pas être criminalisées en raison de leur mode de transport, celles-ci n’ayant souvent pas la possibilité de se déplacer légalement d’un pays dangereux vers un pays sûr ».
    D’autre part, seuls 12 migrants ont été condamnés pour le délit « d’aide à l’entrée illégale », après avoir piloté les canots pneumatiques à bord desquels elles étaient arrivées. Ces personnes ont souvent été identifiées par la justice britannique comme ayant « la main sur la barre ». Mais « avoir la main sur la barre » ne signifie pas toujours être passeur. Il existe de nombreuses raisons de piloter un small boat : certains migrants ont de l’expérience en navigation, d’autres ont accepté de piloter en échange d’un passage à prix réduit, d’autres affirment se relayer à la barre ou avoir piloté sous la contrainte.
    Le 23 juillet, Basir Ramatullah, 21 ans, de nationalité afghane, a été condamné à deux ans de prison par la Cour d’assises de Canterbury pour avoir piloté un canot. L’homme avait été arrêté le lendemain de la traversée de la Manche, le 3 mai, par la police du Kent, d’après le tabloïd britannique Daily Express. Les agents l’auraient identifié grâce à des images enregistrées par drone durant la traversée. En communiquant sur la condamnation du jeune Afghan, le Home Office a en effet dévoilé des images prises par drone l’identifiant à bord.
    L’avocate du jeune homme avait soutenu que celui-ci n’avait pas choisi de piloter l’embarcation. Il aurait endossé ce rôle après qu’un trafiquant, qui barrait le bateau, a sauté par-dessus bord et que le compagnon de ce dernier a « renoncé » à le contrôler, a-t-elle expliqué au tribunal. L’organisation Captain Support UK qui a accompagné des centaines de personnes incarcérées dans le cadre d’affaires d’entrée illégale sur le territoire, précise que toutes les personnes arrêtées avaient demandé l’asile au Royaume-Uni quelques heures avant leur interpellation."Nous constatons directement l’impact négatif de ces poursuites sur les personnes concernées et sur leurs familles. Nous appelons de toute urgence le gouvernement à cesser d’emprisonner les personnes en situation de déplacement. Personne ne devrait être incarcéré pour avoir cherché la sécurité et une vie meilleure", estime un de leur porte-parole cité par le Guardian.
    Par ailleurs, le Royaume-Uni a également adopté, en début d’année, une nouvelle infraction relative au délit de « mise en danger d’autrui » lors des traversées illégales de la Manche - dans le cadre de la loi de 2025 sur la sécurité aux frontières, l’asile et l’immigration.Elle a aussi pour but de décourager les candidats à l’exil qui acceptent parfois de prendre les commandes d’un bateau sous la menace des passeurs ou bien en échange d’une réduction du prix de leur passage.Chan Mathok Atak, 19 ans, originaire du Soudan, accusé d’avoir piloté un mega boat le 23 juillet entre Berck-sur-Mer et les côtes britanniques, a été placé en détention provisoire et comparaîtra pour ce chef d’accusation devant la Cour de la Couronne de Canterbury le 24 août 2026.En juin, deux hommes ont été les premiers à être emprisonnés pour ce crime, chacun écopant d’une peine de plus de deux ans. C’était alors la première fois que deux personnes, sans lien avec des réseaux de passeurs, étaient condamnées à des peines de prison au Royaume-Uni sous ce chef d’accusation. En moins de deux mois, sept pilotes de petites embarcations ont été condamnés à un total de 14 ans de prison via cette nouvelle infraction, selon une communication du Home Office parue le 23 juillet. Depuis le 1er janvier, plus de 14 500 personnes ont rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la mer, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025

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  • Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72948/rome-et-kigali-discutent-dune-possible-externalisation-au-rwanda-des-p

    Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie
    Par RFI Publié le : 07/08/2026
    Deux jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de financer une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des 27 sur Ceuta, la porte-parole du gouvernement rwandais a confirmé qu’un tel projet était à l’étude entre l’Italie et le Rwanda.
    Quelques jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de mettre en place une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne (UE) à travers le développement d’un réseau européen de « hubs de retour » dans des pays tiers financés par l’UE, le Rwanda a affirmé, jeudi 6 août, être en discussion avec l’Italie à ce propos.
    « Nous sommes toujours en discussion », a ainsi affirmé la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, sur les antennes de la radio nationale Royal FM. Selon elle, les points à l’étude concernent notamment l’expérience acquise par Kigali en la matière, notamment grâce au mécanisme de transit d’urgence de Gashora - un programme mis en place en 2019 dans le cadre duquel le Rwanda accueille des migrants évacués de Libye -, le délai d’examen de leur dossier d’asile, ainsi que celui de leur départ vers d’autres pays.
    Le 4 août dernier lors une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’UE en visioconférence pour évoquer la crise migratoire de Ceuta, Rome avait effectivement appelé Bruxelles à financer des centres migratoires externalisés, situés hors de l’espace Schengen, où seraient délocalisées les procédures d’asile et de retours de migrants.S’inspirant d’un accord de ce type déjà passé par l’Italie avec l’Albanie, la proposition envisageait d’en conclure d’autres avec plusieurs pays africains dont l’Ouganda, le Ghana et le Rwanda.
    Si le projet entre les deux pays devait se concrétiser, il viendrait s’ajouter aux différents accords migratoires déjà conclus par Kigali, notamment avec le Royaume-Uni en 2022 - avant que Londres ne l’abandonne deux ans plus tard - et avec les États-Unis, en 2025, en vue de l’accueil temporaire de personnes expulsées par Washington

    #Covid-19#migrant#migration#italie#rwanda#UE#externalisation#asile#politiquemigratoire#sante#droit#crisemigratoire

  • Luxembourg : des Syriens manifestent devant les services de l’immigration - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72705/luxembourg--des-syriens-manifestent-devant-les-services-de-limmigratio

    Luxembourg : des Syriens manifestent devant les services de l’immigration
    Par Maïa Courtois Publié le : 30/07/2026
    Des dizaines de Syriens ont manifesté mercredi midi devant la Direction de l’immigration, dans la capitale du Luxembourg. Il s’agit de leur cinquième manifestation contre les délais de traitement de leurs dossiers d’asile ou de regroupement familial qui ne cessent de s’allonger. Le tout dans un contexte tendu, après les révélations sur un vaste réseau de fraude au sein des services de l’immigration début juillet.Plusieurs dizaines de demandeurs d’asile syriens se sont réunis, ce mercredi midi, face au bâtiment de la Direction de l’immigration, dans la capitale du Luxembourg. Les manifestants revendiquaient l’accélération du traitement des dossiers d’asile et du regroupement familial. Mais aussi une facilitation d’octroi des permis de travail et la fin des « mauvais traitements » de l’administration, liste l’organisation SoriiaLina, à l’initiative du rassemblement.
    « Ces délais vont à l’encontre de la loi, qui prévoit un traitement en six mois, et jusqu’à 21 mois maximum. Or, beaucoup de gens attendent depuis plus longtemps que ça. Cela détruit leur vie. Ils ne peuvent pas étudier, pas travailler, ni quitter le pays », expose Mohammad Harer, membre de SoriiaLina, auprès d’Infomigrants. Ce Syrien de 29 ans, travaillant dans le monde des affaires pour une société états-unienne au Luxembourg, anime depuis 2024 avec une vingtaine d’autres personnes ce collectif de soutien aux populations exilées dans le pays -Syriens, Palestiniens, Angolais, Soudanais...

    Le rassemblement de ce mercredi a duré une heure environ, d’après la presse luxembourgeoise. « Nous étions près de 120 personnes », rapporte Mohammad Harer. Si la plupart des manifestants étaient des hommes adultes, une jeune fille de 15 ans, Maha Barkel, a pris la parole devant le bâtiment des services de l’immigration. (...)
    Ces évocations de « négligence » et « corruption » font directement référence à une affaire qui a récemment entaché l’image des services de l’immigration luxembourgeoise. Deux agents de la Direction générale de l’immigration au Luxembourg ont été suspendus, mardi 7 juillet, après une série de perquisitions. Ceux-ci sont impliqués dans un vaste réseau de fraude à l’immigration, pour lequel une vingtaine de personnes sont inculpées. Le réseau aurait permis à plus de 200 personnes d’obtenir un titre de séjour au Luxembourg grâce à des documents falsifiés. Entre autres : des faux diplômes, de faux certificats de langue, mais aussi des contrats de travail ou certificats de domiciliations fictifs. La liste des accusations est donc lourde : corruption, trafic d’influence, blanchiment, faux et usage de faux, escroquerie à subvention, trafic illicite de migrants, et infractions à la loi sur la libre circulation des personnes et l’immigration.
    Le grand public a découvert cette affaire début juillet au moment de la communication du parquet : mais le dossier d’instruction a en réalité été ouvert par la justice luxembourgeoise dès l’été 2023. Au total, cinq agents de la Direction générale de l’immigration du Luxembourg ont été, à ce jour, suspendus de leur fonction. « Cela a démontré qu’il y a des problèmes dans ces services. La corruption est l’un des problèmes qu’il y avait dans ce ministère. Et dans l’administratif, ils ne sont pas efficaces du tout », regrette Mohammad Harer. Malgré leur mobilisation, SoriiaLina n’a jamais décroché de rendez-vous avec le ministère à ce jour. En 2026, seuls 84 Syriens ont déposé une demande d’asile au Luxembourg, ce qui représente 14 % des demandes, selon les statistiques officielles. Ils n’étaient que sept en juin. Le Luxembourg reçoit entre 2 000 et 2 600 demandes d’asile chaque année, depuis 2022. Pourtant, les délais de traitement sont très longs. Pour cette raison, depuis février 2025, la communauté syrienne s’est déjà mobilisée à six reprises au Luxembourg. Dont une fois devant la Cour de justice de l’Union européenne, indique Mohammad Harer. « Il ne s’agit pas simplement d’une attente, mais d’une punition systématique due à une bureaucratie paralysante », estime l’organisation SoriiaLina. La dernière manifestation en date menée, avant celle de ce mercredi, avait eu lieu en février 2026. (...)
    En 2025, les autorités luxembourgeoises ont mis en moyenne plus de 13 mois pour délivrer ou refuser le statut de réfugié aux demandeurs d’asile. Ce temps d’attente augmente ces dernières années, a alerté en début d’année la presse luxembourgeoise, notamment les médias Virgule et Le Quotidien. En 2021 et 2022, cette moyenne plafonnait à 10 mois. Le gel temporaire des examens des demandes d’asile de Syriens constitue l’un des facteurs explicatifs de la situation actuelle. À la chute du gouvernement de Bachar al-Assad en décembre 2024, plusieurs États membres avaient suspendu ces examens, le temps de revoir leur procédure. À ce moment-là, 864 demandes d’asile émanant de réfugiés syriens étaient en cours de traitement, selon l’Intérieur luxembourgeois. L’association luxembourgeoise Passerell avait alors dénoncé une suspension qui promettait de « faire traîner les décisions d’asile indéfiniment ».
    De fait, leur reprise se fait au compte-goutte depuis l’été 2025. Début 2026, 550 Syriens attendaient encore une décision concernant leur demande d’asile, selon le média Virgule. Le gouvernement promettait de finir le traitement de ces demandes retardées « d’ici l’automne 2026 ». Léon Gloden, le ministre des Affaires Intérieures, a confirmé lors d’une question parlementaire que les Syriens, depuis ce dégel, ne bénéficient plus automatiquement du statut de réfugié : « On ne peut plus affirmer qu’il existe en Syrie une situation sécuritaire qui se soit détériorée au point de justifier l’octroi d’un statut de protection internationale au seul motif que la personne est originaire de ce pays. » "Depuis le changement de régime avec le départ de Bachar el-Assad, j’ai reçu une réponse négative concernant ma demande de protection internationale, mais je suis toujours là", a confié Abdulhamid Abouhouran, 28 ans, employé en CDI comme pizzaiolo et participant à la manifestation de mercredi, à L’Essentiel. « Tous les six mois, je dois arrêter de travailler pendant un mois, pour refaire une demande au service de l’immigration. Les demandes de quitter le territoire succèdent aux nouvelles autorisations de travail. Rien n’est clair et on attend toujours des réponses plus fermes. C’est pourquoi nous avons manifesté ce mercredi. On est bien intégrés et on a construit notre vie, ici : on demande juste un peu d’humanité »

    #Covid-19#migration#migrant#luxembourg#syrie#asile#refugie#droit#protection#sante#politiquemigratoire

  • Un mois pour explorer les archives visionscarto.net août 2025— août 2026

    Je profite de l’été pendant lequel nous somme un peu moins actifs pour proposer un petit voyage quotidien au cœur de la « bibliothèque » de la plateforme collective de visionscarto.net

    Jour 1 :
    Le cri de Blessing Matthew : enquête sur les morts des frontières
    ►https://www.visionscarto.net/le-cri-de-blessing-matthew-enquete
    #frontières #mourir_aux_frontières #migration #asile

    par Cristina Del Biaggio

    Blessing Matthew venait de franchir la frontière italo-française. Le 7 mai 2018, en tombant dans la Durance, elle aurait hurlé trois fois « Help me ! » sans que les forces de l’ordre présentes sur place ne lui portent secours. Sa sœur nous a confié que Blessing « continuera de hurler » tant que justice ne sera pas faite. La frontière, ce matin-là, a crié.


    La tombe de Blessing Matthew

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    La petite équipe de visioncarto s’agrandit, et nous hébergeons, outre les publications indépendantes de textes et de cartes, de nouveaux projets scientifiques, artistiques et militants :

    Les actes du symposium de cartographie sensible et expérimentale qui s’est déroulé à l’université de Wageningen en septembre 2025
    ▻https://www.visionscarto.net/experimental-mapping-symposium-and-workshop

    L’ensemble de contributions, fruit des recherches menées dans le cadre du projet ERC Embodied Ecologies par le département des sciences sociales de Wageningen aux Pays-Bas,
    Embodied Ecologies project, tablee of contents
    ►https://www.visionscarto.net/the-embodied-ecologies-project

    Le travail du collectif Reading in Gaza qui documentent les destructions par l’armée israélienne des lieux de lecture et d’écriture dans la bande de Gaza.
    Reading in Gaza : table des matières
    ▻https://www.visionscarto.net/reading-in-gaza-accueil

    L’initiative carto artistique cARTo :
    Voyage en cartes sensibles
    ►https://www.visionscarto.net/voyage-en-cartes-sensibles