• L’expérience du Presidio #No_Borders à #Vintimille, été 2015

    Du 15 juin au 30 septembre 2015, à l’initiative d’un groupe de migrant.e.s et de « solidaires » européen.ne.s, un campement permanent s’est organisé à la frontière italo-française pour dénoncer la mise en place de pratiques de contrôle et de refoulement systématiques. Photos : Stefano Vitale.

    Du 6 au 8 juin 2015, à l’occasion du G7 en Allemagne, les accords de Schengen ont été suspendus et des contrôles systématiques réintroduits aux frontières internes de l’Union. Ces mesures ont particulièrement concerné les frontières entre l’Italie, dont les côtes et les îles du sud font l’objet d’une arrivée massive de migrant.e.s, et ses voisins communautaires, la France et l’Autriche. Des centaines de migrant.e.s – en provenance pour la grande majorité du Soudan, de l’Érythrée, de la Somalie et de la Syrie – qui remontaient la péninsule soit vers l’Allemagne et les pays scandinaves, soit vers la France et le Royaume-Uni, se sont ainsi retrouvé.e.s bloqué.e.s à différentes étapes de leur trajectoire.

    Au début de l’été, après une semaine de fermeture des frontières, quelques 800 personnes ont ainsi été bloquées à la gare Tiburtina à Rome, 500 à la gare centrale de Milan, une centaine à la gare de Bolzano et entre 100 et 250 personnes à la gare de Vintimille. Dans chaque ville, les autorités locales ont mis en place des centres d’accueil d’urgence à l’intérieur ou à proximité des gares, tandis que différents groupes et associations ont organisé des actions de solidarité avec les migrant.e.s.

    Le 15 juin, l’Allemagne et l’Autriche ont réintroduit les accords de Schengen, rétablissant le transit dans les gares de Rome, Milan et Bolzano et permettant ainsi le passage de dizaines de migrant.e.s chaque jour. La situation à la frontière franco-italienne s’est avérée plus complexe. Si les autorités françaises ont affirmé (le 13/06) n’avoir jamais suspendu les accords de Schengen, la police a pourtant mis en place des contrôles systématiques aux frontières avec l’Italie dès le début de l’année 2015, contrôles qui perdurent jusqu’à aujourd’hui.

    Ces contrôles se déroulent en particulier à la gare de Menton Garavan, premier arrêt des trains TER reliant Vintimille à Nice[1]. Ils sont effectués sur la totalité des trains et des wagons, sans pour autant concerner tou.te.s les passager.e.s : seul.e.s les « non blanc.he.s » sont ciblé.e.s[2]. Les migrant.e.s obligé.e.s de quitter le train sont transféré.e.s dans une structure temporaire[3] située à côté du poste frontière du Pont St. Louis, sur la route de moyenne corniche appelée frontiera alta par les italien.ne.s. Ils et elles sont ensuite refoulé.e.s vers l’Italie[4] – y compris des mineur.e.s isolé.es, situation dénoncée comme illégale par la police italienne – via le poste frontière du Pont St. Ludovic situé sur la route de bord de mer (frontiera bassa)[5]. Les migrant.e.s sont ainsi prise.e.s dans un système circulaire qualifié de « manège » (la Giostra) par les activistes No Borders sur place.

    La gestion de cette situation a mis à jour cet été la forte tension qui régnait entre les autorités de part et d’autre de la frontière. Tandis que les autorités françaises accusaient les pouvoirs publics italiens d’omettre sciemment d’identifier les migrant.e.s contrairement aux règles du traité de Dublin, les autorités italiennes dénonçaient les déséquilibres générés par ce même traité et exigeaient la mise en place d’un système de quotas au niveau de l’Union Européenne. Les tensions ont été telles que les pouvoirs publics italiens en sont venus à menacer (le 16/06) de fournir à tou.te.s les migrant.e.s des permis de séjour temporaires leur permettant de traverser les frontières au sein de l’espace Schengen, comme ils l’avaient fait lors de la « crise des tunisiens » en 2011.

    C’est dans ce contexte, et à partir de la mobilisation d’un groupe de migrant.e.s dénonçant la Giostra qui les empêchaient de passer la frontière pourtant officiellement ouverte, que le presidio (la « permanence ») No Borders de Vintimille s’est mis en place à l’été 2015. Il s’est installé devant le poste frontière du Pont Saint Ludovic : non pas à un point de passage pour les migrant.e.s, mais à l’endroit où elles.ils atterrissaient lorsqu’elles.ils étaient refoulé.e.s par la police française.

    Naissance du presidio No Borders

    Le 11 juin 2015, un groupe de migrant.e.s refoulé.e.s a résisté à son transfert forcé vers le centre d’accueil d’urgence dressé à l’intérieur de la gare de Vintimille, refusant de quitter la zone frontalière du Pont St. Ludovic. Environ 80 migrant.e.s ont ainsi passé deux jours retranché.e.s sur les rochers au bord de la route, manifestant leur intention de ne pas quitter les lieux avant qu’une solution politique soit trouvée pour leur permettre de passer la frontière. Dès le début, la Croix Rouge Italienne, Médecins du monde et de nombreu.x.ses habitant.e.s de la région ont fourni des biens de première nécessité aux migrant.e.s retranché.e.s – couvertures, tentes et nourriture en particulier. Le 13 juin, la police italienne a de nouveau tenté de transférer les migrant.e.s, cette fois-ci en collaboration avec la Croix Rouge, mais cette tentative s’est à son tour soldée par un échec : la plupart des migrant.e.s ont refusé ce transfert, menacé de faire une grève de la faim et se sont à nouveau retranché.e.s sur les rochers (seul.e.s les quelques femmes et enfants qui étaient présent.e.s ont accepté d’être transféré.e.s dans le centre). C’est ce deuxième acte de résistance qui peut être considéré comme le moment fondateur du presidio.

    Dans les jours qui ont suivi, des activistes italien.ne.s et français.e.s[6] ont rejoint les migrant.e.s mobilisé.e.s et contribué à organiser la permanence avec eux. L’une des premières organisations à s’être installée de façon permanente et sans autorisation (à la différence de la Croix Rouge) a été le collectif Eat the Rich, cantine sociale anarchiste de Bologne. D’autres associations italiennes ont également très vite manifesté leur solidarité, comme la Communauté San Benedetto al Porto ou Music for Peace, de Gênes. Du côté français, des associations de Menton comme Amnesty International, de Nice comme l’ADN, Habitat et Citoyenneté, la Fédération des Musulmans du Sud, Fraternité du Savoir, Au cœur de l’espoir, et d’autres associations de la Vallée de la Roya sont intervenues pour soutenir le campement, comme l’ont fait nombre d’habitant.e.s de la région à titre individuel.

    Pour les militant.e.s ayant rejoint le site, il s’agissait de développer un lieu qui soit à la fois un campement d’accueil auto-géré et une plateforme pour dénoncer le manque de réponses politiques de la part de l’Union Européenne face à la question des migrant.e.s.

    Les 25 et 26 juin, des manifestations de solidarité ont été organisées au poste frontière du Pont St. Ludovic. Celles-ci ont été le point de départ de ce que les militant.e.s No Borders ont appelé la « bulle », sorte d’espace en suspension précaire et transitoire, lieu de répit et d’action pour les migrant.e.s. Les tentes se sont multipliées, les premières douches ont été installées et un panneau solaire a même été fabriqué pour permettre aux migrant.e.s de charger leur téléphone portable.

    Constitué au début de quelques tentes disposées sur les rochers, le presidio s’est installé à la fin du mois de juin sur le parking d’à côté, qui mène à la plage dite Balzi Rossi, du nom du hameaux touristique de Vintimille où elle se trouve. Il s’est ensuite rapidement étendu jusque sous le pont de la voie ferrée, où les tentes ont été transférées, des douches et des sanitaires installés, et des points de récolte de vêtements, de draps et de couvertures organisés. Une cuisine a vu le jour ainsi que le « point connecté » du campement – des postes Internet, des ordinateurs et des multiprises pour les téléphones – à côté d’un bâtiment abandonné (anciennement occupé par des bureaux de l’agence italienne du tourisme) que les militant.e.s ont finalement ouvert et investi à partir du mois d’août. Au centre de la permanence, un espace destiné à accueillir les assemblées, les rencontres et les projections s’est progressivement doté de chaises, de fauteuils et de canapés.

    Shebab et solidaires : la vie au sein du presidio.

    Tout au long des mois de juillet-août, on a compté plus de 250 migrant.e.s sur le site ainsi qu’une trentaine de militant.e.s No Borders. Ces dernier.e.s se réfèrent aux migrant.e.s mobilisé.e.s en les appelant shebab (« les jeunes » en arabe) et se désignent quant à elles.eux comme des « Européen .ne.s solidaires » (solidali europeani) de leur lutte.

    En plus de fournir un abri sûr, de la nourriture, des services d’hygiène, des habits, le presidio proposait aux migrant.e.s des informations juridiques, des indications géographiques, des aides linguistiques et des contacts avec des militant.e.s, des avocat.e.s et des associations de l’autre côté de la frontière – tout en dénonçant la mise en place d’un réseau de passeurs, lié à la criminalité locale organisée[7], et en empêchant ces derniers d’entrer dans le campement.

    Un passage collectif de la frontière a été organisé dans la nuit du 9 au 10 août, lorsqu’une centaine de migrant.e.s ont emprunté le train TER depuis la gare de Vintimille. Tou.te.s seront arrêté.e.s à Menton et conduit.e.s dans la zone de rétention au poste frontière, face auquel s’est organisé une manifestation de soutien.

    Au delà de ces actions de solidarité, trois activités ont structuré le quotidien du camp pendant ses trois mois d’existence : les manifestations à la frontière, la surveillance des opérations de refoulement, et les actions d’information autour de la situation des migrant.e.s.

    D’abord, pendant plusieurs semaines, shebab et solidaires ont manifesté tous les jours à 17h en bord de route face au campement. La cadence de ces manifestations est ensuite devenue hebdomadaire, bloquant régulièrement le passage de la frontière.

    Ensuite, des opérations de veille, appelées screening ou copwatching (« surveiller la police »), ont été organisées pour garder un œil sur la situation des personnes détenues au poste frontière Saint Louis (frontiera alta) en attente d’être refoulées vers Vintimille. Ces opérations ont notamment permis de les dénombrer et de documenter la durée et les conditions de leur détention : selon les rapports des militant.e.s, entre 20 et 55 personnes sont simultanément détenues pendant une période de temps qui n’est pas censée dépasser quatre à six heures mais qui se prolongerait dans certains cas jusqu’à plusieurs jours, pendant lesquels les migrant.e.s. seraient également privés d’eau, de soins et de nourriture. Cette activité a également permis de relever l’existence d’un deuxième « circuit de refoulement » reliant la frontière franco-italienne aux régions du sud de la péninsule – des groupes de migrant.e.s déjà réadmis sur le territoire italien auraient ainsi été transférés depuis le poste frontière de Vintimille vers les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CARA) de Bari, dans les Pouilles, et Crotone, en Calabre.

    Enfin, un certain nombre d’activités (projections de films, concerts, repas…) ont été organisées sur le site du presidio dans le but de le faire connaître et de débattre des enjeux qu’il souhaitait, mettre en avant. Le collectif du presidio a ainsi invité des groupes ou associations « solidaires » à présenter leur travail, comme le groupe NoTav de la Vallée de Susa (Piémont), ou le groupe NoTendaBis de la vallée voisine de la Roya. Deux « week-end ouverts » ont été organisés du 24 au 26 juillet et du 11 au 13 septembre, autour d’assemblées publiques et d’ateliers thématiques (sur les pratiques de la police française, sur la convergence des luttes entre migrant.e.s et solidaires, sur les modalités d’action notamment à la gare de Vintimille, etc.) Une assemblée publique a également été organisée le 8 août à la gare de Vintimille. Enfin, deux cortèges dans la ville de Vintimille, le 20 juin et le 4 octobre, ont marqué le début et la fin de l’expérience de la permanence.

    L’intention des acteur.trice.s impliqué.e.s dans la permanence était donc double. Il s’agissait d’abord de soutenir la démarche de « résistance » mise en œuvre par les migrant.e.s afin de dénoncer les incohérences dans la gestion des frontières internes et de réclamer une réponse de la part de l’Union Européenne. Mais il s’agissait également d’inventer un lieu d’accueil des migrant.e.s auto-géré, alternatif et critique à l’égard du système d’accueil institutionnel existant. Cette double démarche n’a pas toujours été facile à gérer : conjuguer les impératifs de l’accueil et de la contestation, de la discrétion et de la visibilité a pu s’avérer très complexe[8]. Les militant.e.s du presidio se sont souvent retrouvé.e.s tiraillé.e.s entre la volonté de ne pas réduire leur rôle à celui d’une solidarité « matérielle », pour ne pas risquer de reproduire des dynamiques d’assistance ou de charité, et la crainte de ne pas nuire aux migrant.e.s, déjà vulnérables.

    Fin de la permanence : « Vintimille partout »

    Le campement a été démantelé le 30 septembre. L’opération a débuté très tôt le matin ; les militant.e.s et migrant.e.s se sont à nouveau retranché.e.s sur les rochers, sans parvenir à sauver quoi que ce soit du campement : tentes, meubles, couvertures, denrées alimentaires, tout a été détruit.

    Malgré le caractère brutal de l’opération, cette issue était néanmoins attendue. En effet, le maire de Vintimille, Enrico Ioculano (centre-gauche), avait plusieurs fois demandé aux autorités compétentes le démantèlement de la permanence : selon lui, les actions du collectif portaient atteinte à l’image de la ville, qui vit largement du tourisme français. Par ailleurs, dans les semaines précédant le démantèlement, différents épisodes – dont une plainte pour viol déposée par une « solidaire » italienne contre un migrant – avaient contribué à rendre la situation autour du presidio plus tendue.

    Les activités des militant.e.s. No Borders ne s’étaient pas non plus déroulées sans que des réponses policières se mettent en place[9]. Suite à la manifestation en soutien aux migrant.e.s détenus la nuit du 9 août, par exemple, trois militants français seront mis en garde à vue et dix-sept militant.e.s italien.ne.s identifiés. D’autres militant.e.s français.es et italien.ne.s ont été placé.e.s en garde à vue ou en détention préventive suite à des opérations de screening au poste frontière du Pont St. Louis. Côté italien, durant les trois mois d’existence du presidio, les militant.e.s No Borders ont fait l’objet de huit interdictions de présence sur le territoire de la ville de Vintimille d’une durée de trois ans (foglio di via) et d’une vingtaine de plaintes.

    Dans l’après-midi du 30 septembre, un accord a été trouvé, notamment grâce à la médiation de l’Évêque de Vintimille et à l’intervention de l’avocate Alessandra Ballerini[10], experte en droit de l’immigration. Les migrant.e.s ont accepté de rejoindre le centre d’accueil de la Croix Rouge, à condition de ne pas donner leurs empreintes digitales. Les militant.e.s ont quant à elles.eux obtenu la garantie de ne pas être accusé.e.s d’autre chose que d’occupation illégale de terrains et d’immeubles[11].

    Depuis le démantèlement de la permanence, les militant.e. s No Borders ont avant tout cherché à faire connaître l’expérience du presidio à un public plus large : des manifestations de solidarité ont notamment été organisées dans différentes villes – dont Rome, Turin, Gênes et Milan – dans les jours qui ont suivi le démantèlement. Celui-ci ne devait pas signifier la fin de l’expérience : il fallait à présent porter « Vintimille partout », Ventimiglia ovunque, faire connaître la réalité de la situation à la frontière, faire progresser la contestation des politiques de restriction de la circulation des migrant.e.s, poursuivre la surveillance des pratiques de contrôle à la frontière et de pénalisation des migrant.e.s.

    Il est encore difficile de dresser un bilan de l’expérience du presidio de Vintimille. Si l’organisation du campement a bel et bien permis de créer une alternative auto-gérée au système institutionnel d’accueil, de faire connaître la situation des migrant.e.s à cette frontière interne à l’Union Européenne, et d’en dénoncer la gestion incohérente et violente, on peut se demander si elle a effectivement contribué à une « politisation » de la question à l’échelle européenne, telle qu’elle était revendiquée par les migrant.e.s refoulé.e.s mobilisé.e.s. Par ailleurs, même si les « solidaires » du presidio et les associations qui les ont soutenus provenaient aussi bien de France que d’Italie, la situation a souvent été cadrée d’un point de vue médiatique et du discours politique comme relevant d’une faiblesse nationale (le système d’accueil italien), voire locale. Toutefois, née sur la frontière et « dans » la frontière, l’expérience du presidio restera un épisode emblématique de la fermeture des frontières européennes durant l’été 2015.

    [1] Tout l’été, des contrôles systématiques ont également été effectués à la gare de Nice.

    [2] Quatre associations françaises, dont Amnesty International France et le Gisti, ont saisi le Conseil d’État en dénonçant ces contrôles comme des contrôles au faciès, mais l’ordonnance du Conseil de l’Etat du 29 juin 2015 les a jugés conformes à la loi.

    [3] Selon les militant.e.s No Borders, cette structure préfabriquée pourrait abriter une dizaine de personnes et les migrant.e.s présent.e.s sont souvent deux ou trois fois plus nombreu.x.ses. Souvent, en raison de leur nombre, les migrant.e.s seraient retenu.e.s dans une enceinte à l’extérieur de la structure, sans aucun abri.

    [4] Au delà des mesures contenues dans le règlement de Dublin II concernant les demandeur.se.s d’asile qui auraient été identifié.e.s et enregistré.e.s dans un pays de l’Union Européenne, les refoulement de la France vers l’Italie ont lieu en conformité avec les accords franco-italiens de Chambéry. Ces accords permettent – dans ce cas à la France – de refouler vers l’Italie tous les migrant.e.s qui seraient entré.e.s sur le territoire français à travers une frontière italienne même en l’absence de procédures d’identification ou de tout autre enregistrement sur le territoire italien. Dans ce cas, les autorités française envoient aux autorités italiennes une demande de réadmission, à laquelle ces dernières répondent positivement en fonction des places disponibles pour l’accueil des refoulé.e.s. Selon les témoignages des militant.e.s No Borders quand elles.ils ne sont pas réadmis.es en Italie, les migrant.e.s sont tout simplement relâché.e.s en territoire français sans autre information.

    [5] Selon un article paru dans Le Monde le 11 août, qui fait référence à des sources internes à la préfecture des Alpes Maritimes, après un pic de 1 548 migrants la première semaine de juin, le nombre de contrôles auraient oscillé entre 450 et 720 personnes par semaine, et deux tiers de ces migrant.e.s auraient fait l’objet d’une réadmission en Italie.

    [6] Les trajectoires et les motivations des militant.e.s sont différentes. La plupart sont âgé.e.s entre vingt et trente ans, et viennent de différentes régions de l’Italie. Des personnes plus âgées résidant dans la région s’engagent également dans la vie quotidienne du presidio.

    [7] Par ailleurs, un certain nombre d’activistes italien.ne.s de la région sont ou ont été par le passé engagé dans des luttes locales contre la criminalité organisée, historiquement enracinée dans cette partie de la Ligurie.

    [8] Les rapports entre « shebab » et « solidaires » se veulent « égalitaires » et « paritaires » au sein de la permanence, mais le choix des modalités de mobilisation révèle souvent une disparité entre ces deux groupes. Les interventions des « solidaires » qui succèdent aux assemblées publiques de la permanence, systématiquement traduites en italien, français et arabe, en témoignent. Lors de l’assemblée générale du dimanche 26 juillet, par exemple, une discussion s’est engagée sur ce que certain.e.s « solidaires » appellaient une « perception d’agressivité » que pourraient avoir notamment les chauffeurs transitant par la route lors des manifestations au poste frontière. Ce type de manifestation engage entre autre l’utilisation d’objet en métal ou de cailloux afin de produire du bruit, en les frappant par exemple sur les barrières métalliques positionnées au poste frontière. Les militant.e.s appelle ce type de manifestation une battitura (battage). À la fin de l’assemblée, et après s’être réuni.e.s entre elles.eux, les migrant.e.s, ont décidé de ne pas appliquer cette méthode de manifestation le soir comme il était pourtant prévu de le faire.

    [9] Des mesures restrictives avaient également touché les bénévoles d’autres associations investies dans la solidarité avec les migrant.e.s bloqué.e.s à Vintimille, et notamment une ordonnance émise le 8 août par la mairie de Vintimille interdisant toute distribution de nourriture aux migrant.e.s par des acteurs autres que les opérateurs de la Croix Rouge, sous peine d’une amende de deux cents euros.

    [10] Les deux étaient prêts à intervenir sur les lieux, puisque le soir même une rencontre publique était prévue à l’initiative de l’évêque et à la présence de militant.e.s No Borders et de l’avocate Ballerini. À cette rencontre, l’évêque de Vintimille, qui avait à plusieurs reprises manifesté son soutien aux migrant.e.s et militant.e.s du presidio, avait également invité le maire de la ville qui avait quant à lui décliné l’invitation.

    [11] Il s’agit de vingt militant.e.s : onze de nationalité italienne, huit de nationalité française et un de nationalité mexicaine. Un autre « solidaire », de nationalité bosniaque, qui préparait les repas au sein de la permanence, a été arrêté : accusé d’avoir effectué des cambriolages dans le nord de l’Italie en 2012, un mandat d’arrêt international avait été lancé à son encontre.

    http://mouvements.info/lexperience-du-presidio-no-borders-a-vintimille-ete-2015
    #Presidio_No_Borders #campement #solidarité #asile #migrations #réfugiés #frontières #Italie #France

    –-> je mets ici pour archivage, l’article est sorti en 2016

  • #Espagne : les migrants inconnus des cimetières du détroit de #Gibraltar

    Selon le décompte de plusieurs ONG andalouses, entre 6 700 et 8 000 personnes sont mortes en tentant la traversée de la mer Méditerranée entre le Maroc et l’Espagne, ces trois dernières décennies. Des tombes mais aussi des plaques à la mémoire de ces migrants morts en mer parsèment les cimetières qui bordent le détroit de Gibraltar.

    De Tarifa, on aperçoit facilement les côtes marocaines. En ce mois de juin, le vent souffle avec sa force et sa régularité habituelle. Les voiles aux couleurs vives des kitesurf flottent dans un ciel d’un bleu intense.

    La petite ville située tout au bout de la péninsule ibérique a des allures de station balnéaire. Mais ses habitués savent-ils que le vieux fort à l’entrée du port est un centre de détention pour les migrants entrés de façon irrégulière sur le territoire espagnol ? Qui sait que c’est sur la plage de Los Lances, à la pointe de la péninsule, qu’en novembre 1988 le premier corps d’un migrant marocain a été rejeté par la mer ?

    Une visite au petit cimetière sur les hauteurs de la ville offre un autre regard sur Tarifa. Les sépultures sont simples, blanches, fleuries et se logent dans des niches, comme bien souvent en Andalousie. Un seau d’eau à la main, des habitants viennent enlever le sable et la poussière qui s’accumulent sur les tombes de leurs proches.

    En regardant vers les niches en hauteur, on découvre les tombes d’hommes et de femmes qui ont perdu la vie en traversant le détroit dans la clandestinité. « Immigrant du Maroc, 7 mars 2001 » : quatre plaques funéraires portent cette inscription. Un peu plus loin, deux autres portent la même mention mais sont datées de 2009. Enfin, une simple plaque déposée dans une niche porte une inscription encore plus administrative : « cadavre non identifié. 3ème chambre du tribunal d’Algésiras. Décision provisoire 47/2017 ».

    En 2018, selon l’APDHA, 1064 personnes ont perdu la vie en tentant la courte mais périlleuse traversée vers l’Europe. La plupart de ces victimes sont rapidement identifiées, car, lorsque se produit un naufrage, les survivants connaissent souvent l’identité de ceux qui n’ont pas réussi à gagner le rivage. Mais il y a aussi les anonymes, ceux dont les corps sont alors enterrés sans noms, en Espagne.

    En continuant la visite du cimetière de Tarifa, d’autres stèles attirent l’attention. Celles-ci portent des noms aux consonances peu espagnoles : Esther Adawale, Nigéria, 24 février 2003. Hope Ibrahim, Nigéria, 19 avril 2005. Yacouba Koné, Côte d’Ivoire, 17 avril 2013. Dans ces tombes reposent des migrants qui ont été identifiés par la police judiciaire espagnole mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas été rapatriés vers leurs pays d’origine.

    José Maria Perez, un membre actif de la paroisse locale, raconte que ces tombes reçoivent les visites périodiques de « chrétiens et de musulmans » et que « de l’autre côté du détroit, on connaît l’existence de ces sépultures ».

    Miguel Delgado, en charge de l’aide aux migrants à l’archevêché de Cadix (dont dépend la commune de Tarifa), organise, lui, chaque 1er Novembre une cérémonie œcuménique à la mémoire des immigrants morts dans les eaux du détroit.

    Fidèle au message de l’église catholique sur le sujet des migrations, il réclame « un passage sûr pour ceux qui veulent émigrer en Europe et dont l’Europe a besoin ». Pour sensibiliser ses paroissiens et l’opinion publique, chaque deuxième mercredi du mois, dans plusieurs villes de part et d’autres du détroit (Cadix, Barbate, Tarifa, Algésiras, Ceuta, Tanger, Tétouan, Melila etc…) son association organise des « rondes du silence » qui réunissent des personnes de tous horizons derrière un seul mot d’ordre « solidarité avec les immigrants ».

    Chaque année, pour la journée internationale des migrants, il se rend sur la plage de Tarifa pour une prière publique qui réunit militants, habitants et parfois quelques surfeurs.

    A 25 kilomètres de Tarifa, dans le port de Barbate, l’apparition de corps de migrants sans vie sur les rivages n’est pas non plus inédite. Dans le cimetière, les mêmes tombes blanches nichées sur les murs révèlent les histoires des disparus du détroit.

    Là aussi, des emplacements sont marqués par un simple numéro ou une mention « inconnu », ainsi qu’une date. Les plus anciennes de ces tombes de migrants anonymes datent de 2002, les plus récentes de 2019. Là encore, des corps non identifiés. Et une plaque à la mémoire « des victimes du détroit ».

    Mais dans une des allées, une tombe se distingue des autres. Celle de Samuel Kabamba, un enfant originaire de la RD Congo âgé de 5 ans. Son histoire a provoqué une grande émotion dans cette région du sud de l’Espagne et bien au delà.

    Fin janvier 2017, son corps a été retrouvé sans vie sur une plage proche du petit port de pêche andalou. Celui de sa mère, Véronique, est rejeté par la mer 15 jours plus tard sur les côtes algériennes.

    La découverte du corps du petit garçon a provoqué l’indignation des associations de défense des migrants et de Gabriel Delgado qui a organisé une veillée funèbre le 1er février sur la plage où il s’était échoué. Une centaine de personne sont venues prier et lancer des fleurs à la mer. L’affaire s’est médiatisée faisant écho à celle du petit Alan Kurdi, cet enfant syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie en septembre 2015.

    Début mars, les autorités espagnoles ont autorisé le père du petit garçon à se rendre en Espagne. Un test d’ADN a confirmé que le petit Samuel était bien son fils. Le père de famille a organisé l’enterrement de son fils à Barbate, le 10 mars.

    Ce jour-là, l’église était pleine à craquer. Les habitants de Barbate sont venus en nombre, le petit Samuel repose désormais parmi eux. Chaque jour, des femmes fleurissent sa tombe « car ses proches sont loin, il faut bien que quelqu’un s’occupe de lui » confie une vieille dame.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/18435/espagne-les-migrants-inconnus-des-cimetieres-du-detroit-de-gibraltar
    #cimetière #morts #décès #migrations #réfugiés #asile #cadavres #identification #mourir_en_mer

  • Australian detention centre in #Port_Moresby is worse than Manus; worse than prison

    Refugee advocates have growing concerns regarding the conditions at the high security detention centre annexed to the Bomana prison.

    Information about the newly opened Bomana detention centre indicates that conditions at the centre are as bad as those in the first months of the opening of the Lombrum detention centre on Manus.

    The fifty-two men are being held in separate fenced compounds within the detention centre, unable to move freely between compounds. Like the early days on Manus Island, asylum seekers are forbidden to communicate between compounds. There are no phones and no means of communication with the asylum seekers being detained; they are cut off from family and any legal support.

    PNG immigration has been unable, or unwilling, to facilitate individual visits to any of the asylum seekers. They are unable to confirm that visiting is even possible.

    These conditions are worse than prison and are straight out of the Australian government’s play-book on punitive immigration detention.

    “The conditions at Bomana are intolerable. It is clear that the detention of asylum seekers in PNG is still being controlled by Australia. The Bomana detention centre is breaching the constitutional rights of asylum seekers being held there,” said Ian Rintoul, spokesperson for the Refugee Action Coalition.

    “Reports indicate that medications are being withheld, and that men who have self-harmed are being held at police lock-ups for up to 24 hours before getting medical or mental health treatment.”

    “Bomana is a return to the most barbaric detention conditions for people who have committed no crime. Many of those being held in Bomana have never even had a refugee assessment. Like Australia, the PNG government is unable to return so-called ‘negatives’ to Iran or Pakistan. They should be freed.

    “Detention at Lombrum was found to be unlawful by the PNG Supreme Court in 2016. Yet, Australia is again pushing PNG into establishing a regime of indefinite detention. The brutality has to stop.”

    For more information contact Ian Rintoul 0417 275 713

    http://www.refugeeaction.org.au/?p=7955
    #Australie #rétention #détention_administrative #réfugiés #asile #migrations

  • #Appel_de_Vézelay pour l’#accueil des migrants

    Je relaie l’appel international de Vézelay rédigé par des habitants du village de #Vézelay_dans_l'Yonne, adressé aux autres villages européens, pour l’accueil de deux migrants par commune, et ajoute au fur et à mesure qu’elles me parviennent les traductions en anglais, allemand, italien, espagnol... A relayer sans modération.


    https://blogs.mediapart.fr/pascale-fautrier/blog/200819/appel-de-vezelay-pour-laccueil-des-migrants

    #migrations #asile #réfugiés #villes-refuge
    ajouté à la métaliste :
    https://seenthis.net/messages/759145

  • Habasha
    En discutant hier soir avec un réfugiés érythréen, et en parlant de sa sortie du pays pour aller au Soudan... il m’a dit :

    "Au #Soudan, tout le monde nous appelle « #habasha ». Habasha sont les personnes d’Érythrée et d’Ethiopie. Si la police t’identifie comme un Habasha, il te demande de l’argent en te menaçant de te renvoyer en Erythrée si tu ne paies pas. Habasha sont les personnes qui ne parlent pas arabe. Tu as donc intérêt, dès que tu arrives au Soudan à apprendre l’arabe, si tu ne le sait pas".

    #terminologie #vocabulaire #mots #migrations #asile #réfugiés
    ping @sinehebdo @reka

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    #Habesha peoples

    Habesha peoples: Ge’ez: ሐበሻ /Habesha/ or /Abesha/ ((rarely Habeshat: Ge’ez: ሐበሻይት), or rarely used exonyms like “Abyssinian people,” "Aithiops: Greek: Αἰθίοψ," “Cushites: Hebrew: כאשיטאס‎, [not the be confused with the larger group — Cushitic Peoples — that includes but is not limited to Habeshas],” or "al-Ḥabaš (al-Habash): Mehri-Arabic: الهباش‎/al-Ḥabaši (al-Habashi): Mehri-Arabic: الحبشي‎ ~ ‘incense gatherers’ ~”. Habesha (Ge’ez: ሐበሻ) ) is a common term used to refer to both Ethiopians and Eritreans as a whole [24][25]. Certain definitions considered the Ethiosemitic-speaking and Agwa-speaking Cushitic peoples inhabiting the highlands of Ethiopia and Eritrea as the core ethnic groups that historically constituted the pan-ethnic group Habesha peoples, while this notion is only partially accepted.[26] They historically include a linguistically, culturally and ancestrally related ethnic groups, conservatively-speaking mostly from the Ethiopian Highlands[27] Members’ cultural, linguistic, and in certain cases, ancestral origins trace back to the Kingdom of Dʿmt, the Kingdom of Aksum, among other kingdoms that preceded or made up the Ethiopian Empire in the Horn of Africa.[28] Some Scholars have classified the Tigrayans and the Amhara as Abyssinians proper under an ultra-neo-conservative theory postulated by a few scholars and political parties but not widely accepted by the general public or by most indigenous scholars of the region.[29][24][30][31][32]

    https://en.wikipedia.org/wiki/Habesha_peoples
    #Abyssinie #Abyssins

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    Not black, but Habasha : Ethiopian and Eritrean immigrants in American society

    In this article, I examine the identity choices of Ethiopian and Eritrean immigrants of Amhara, Tigrayan and Tigrinya ethnicity within the context of the larger debate on how non-white immigrants are being incorporated into American society. I argue that these immigrants resist racialization even while their actions and attitudes potentially reinforce America’s racial divide. They implicitly challenge American racial categories by thinking of themselves as Habasha, which they view as a separate non-black ethno-racial category that emphasizes their Semitic origins. Meanwhile, they often distance themselves from American blacks through pursuing transnational connections, producing Habasha spaces, displaying the attributes of a ‘model minority’ and preserving Habasha beauty through endogamy. By remaining relatively isolated within their ethnic communities in Washington, DC, which is the focus of this study, they may succeed in differentiating themselves from American blacks, but they are not likely to join the American mainstream on a par with whites.

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/01419870.2011.598232

  • Watching the clothes dry: How life in Greece’s refugee camps is changing family roles and expectations

    On the Greek Islands where refugees face long waiting times and a lack of adequate facilities, women are being pushed to the margins of camp society as children are deprived of education and safe places to play. While governments and the EU fail to provide satisfactory support, and NGOs fight to fill the gaps, how can we stop a generation of women and girls with high hopes of independence and careers from being forced back into domestic roles?

    “The days here are as long as a year.

    “In the camp I have to wash my clothes and dishes with cold water in the cold winter, and I have to watch my clothes dry because I lost almost all of my dresses and clothes after hanging them up.

    “As a woman I have to do these jobs – I mean because I am supposed to do them.”

    The boredom and hopelessness that Mariam* describes are, by now, common threads running through the messy, tragic tapestry of stories from the so called “migrant crisis” in Greece.

    Mariam is from Afghanistan, and had been studying business at university in Kabul, before increasing violence and threats from the Taliban meant that she was forced to flee the country with her husband. Soon after I met her, I began to notice that life in camp was throwing two distinct concepts of herself into conflict: one, as a young woman, ambitious to study and start a career, and the other, as a female asylum seeker in a camp with appallingly few facilities, and little freedom.

    While Mariam felt driven to continue her studies and love of reading, she could not escape the daily domestic chores in camp, a burden placed particularly on her because of her gender. I was familiar with Mariam the student: while managing the Alpha Centre, an activity centre run by Samos Volunteers, I would often come across Mariam sitting in a quiet spot, her head bent over a book for hours, or sitting diligently in language classes.

    The other side of her was one I rarely saw, but it was a life which dominated Mariam’s camp existence: hours and hours of her days spent cooking, cleaning, mending clothes, queuing for food, washing dishes, washing clothes, watching them dry.
    Women as caregivers

    Mariam’s experience of boredom and hardship in the camp on Samos is, unfortunately, not uncommon for any person living in the overcrowded and squalid facilities on the Greek islands.

    Many, many reports have been made, by newspapers, by Human Rights organisations such as Amnesty International, and NGOs such as Medécins Sans Frontières (MSF). All of them speak, to varying degrees, of the crushing boredom and despair faced by asylum-seekers in Greece, the dreadful conditions and lack of resources, and the mental health implications of living in such a situation. MSF describes the suffering on the Aegean islands as being on an “overwhelming scale.”

    While these issues apply indiscriminately to anyone enduring life in the island camps – and this undoubtedly includes men – there have been reports highlighting the particular hardships that women such as Mariam have to face while seeking asylum in Greece. In a 2018 report, “Uprooted women in Greece speak out,” Amnesty International comments on the additional pressures many women face in camp:

    The lack of facilities and the poor conditions in camps place a particularly heavy burden on women who often shoulder the majority of care responsibilities for children and other relatives. The psychological impact of prolonged stays in camps is profound. Women spoke of their anxiety, nightmares, lack of sleep and depression.

    The article recognises how much more likely women are than men to take on a caregiving role, an issue that is not unique to asylum-seeking populations. According to a report titled ‘Women’s Work’ released in 2016 by the Overseas Development Institute, women globally do on average over three times more unpaid work than men – work including childcare and domestic chores. This is across both ‘developed’ and ‘developing’ countries, and demonstrates inequality on a scale far beyond refugee and migrant populations.

    However, as Amnesty points out, it is not the perceived roles themselves which are the issue, but rather the glaring lack of facilities in camps – such as lack of food, ‘horrific’ sanitary conditions, and poor or non-existent washing facilities, as well as significant lack of access to education for children, and waiting times of up to two years. All of these factors exacerbate the gender divides which may or may not have been prevalent in the first place.

    The expectation for women to be primary caregivers was something I particularly noticed when running women’s activities on Samos. There was a stark difference between the daily classes – which would fill up with men attending alone, as agents distinct from their families in camp – and the women-only sessions, where accompanying children were almost always expected, and had to be considered in every session plan.

    The particular burden that I noticed so starkly in Mariam and many other women, was a constant battle to not be pushed to the margins of a society, which she desperately wanted to participate in, but had no opportunity to do so.

    Beyond lack of opportunities, many women speak of their great fear for themselves and their children in camp. Not only does a lack of facilities make life harder for people on the move, it also makes it incredibly dangerous in many ways, putting the most vulnerable at a severe disadvantage. This issue is particularly grave on Samos, where the camp only has one official doctor, one toilet per 70 people, and a gross lack of women-only bathrooms. This, alongside a volatile and violent environment – which is particularly dangerous at night – culminates in a widespread, and well-founded fear of violence.

    In an interview with Humans of Samos, Sawsan, a young woman from Syria, tells of the agonising kidney stones she experienced but was unable to treat, for fear of going to the toilet at night. “The doctor told me you need to drink a lot of water, but I can’t drink a lot of water, I am afraid to go outside in the night, is very dangerous,” she explained to my colleague.

    As Amnesty International reported last year, “women’s rights are being violated on a daily basis” in the Greek island hotspots. Their report features a list of ten demands from refugee women in Greece, including “full access to services,” “safe female only spaces,” and “livelihood opportunities.” All of these demands not only demonstrate a clear lack of such services currently, but also a real need and desire for the means to change their lives, as expressed by the women themselves.

    I remember the effect of this environment on Mariam, and the intense frustration she expressed at being forced to live an existence that she had not chosen. I have a vivid memory of sitting with her on a quiet afternoon in the centre: she was showing me photos on her phone of her and her friends at university in in Kabul. The photos were relatively recent but seemed another world away. I remember her looking up from the phone and telling me wearily, “life is so unexpected.”

    I remember her showing me the calluses on her hands, earned by washing her and her husband’s clothes in cold water; her gesturing in exasperation towards the camp beyond the walls of the centre. She never thought she’d be in this position, she told me, performing never ending domestic chores, while waiting out her days for an unknown life.

    Stolen childhoods

    Beyond speaking of their own difficulties, many people I approached told me of their intense concern for the children living in camps across Greece. As Mariam put it, “this situation snatches their childhoods by taking away their actual right to be children” – in many inhumane and degrading ways. And, as highlighted above, when children are affected, women are then far more likely to be impacted as a result, creating a calamitous domino effect among the most vulnerable.

    I also spoke to Abdul* from Iraq who said:

    The camp is a terrible place for children because they are used to going out playing, visiting their friends and relatives in the neighbourhood, and going to school but in the camp there is nothing. They can’t even play, and the environment is horrible.”

    Many asylum-seeking children do not have access to education in Greece. This is despite the government recognising the right of all children to access education, regardless of their status in a country, and even if they lack paperwork.

    UNHCR recently described educational opportunities for the 3,050 5-17 year olds living on Greece’s islands, as “slim.” They estimate that “most have missed between one and four years of school as a result of war and forced displacement” – and they continue to miss out as a result of life on the islands.

    There are several reasons why so many children are out of school, but Greek and EU policies are largely to blame. Based mistakenly on the grounds that people will only reside on the islands for brief periods before either being returned to Turkey or transferred to the mainland, the policies do not prioritise education. The reality of the situation is that many children end up waiting for months in the island camps before being moved, and during this time, have no access to formal education, subsequently losing their rights to play, learn, develop and integrate in a new society.

    In place of formal schooling, many children in camps rely on informal education and psychosocial activities provided by NGOs and grassroots organisations. While generally doing a commendable job in filling the numerous gaps, these provisions can sometimes be sporadic, and can depend on funding as well as groups being given access to camps and shelters.

    And while small organisations try their best to plug gaps in a faulty system, there will always, unfortunately, be children left behind. The ultimate result of Greek and EU policy is that the majority of children are spending months in limbo without education, waiting out their days in an unsafe and unstable environment.

    This not only deprives children of formative months, and sometimes years, of education and development, it can also put them at risk of exploitation and abuse. Reports by the RSA and Save the Children state that refugee children are at much higher risk of exploitation when they are out of school. Save the Children highlight that, particularly for Syrian refugee girls, “a lack of access to education is contributing to sexual exploitation, harassment, domestic violence and a significant rise in forced marriages”.

    There have also been numerous cases of children – often unaccompanied teenage boys – being forced into “survival sex,” selling sex to older, predatory men, for as little as €15 or even less, just in order to get by. The issue has been particularly prevalent in Greece’s major cities, Athens and Thessaloniki.

    While all children suffer in this situation, unaccompanied minors are especially at risk. The state has particular responsibilities to provide for unaccompanied and separated children under international guidelines, yet children in Greece, especially on Samos, are being failed. The failings are across the board, through lack of education, lack of psychological support, lack of appropriate guardians, and lack of adequate housing – many children are often placed in camps rather than in external shelters.

    This is a particular issue on Samos, as the designated area for unaccompanied minors in the reception centre, was not guarded at all until recently, and is regularly subject to chaos and violence from other camp residents, visitors or even police.

    Many refugee children in Greece are also at risk of violence not only as a result of state inactions, but at the hands of the state itself. Children are often subject to violent – and illegal – pushbacks at Greece’s border with Turkey.

    There have been multiple accounts of police beating migrants and confiscating belongings at the Evros river border, with one woman reporting that Greek authorities “took away her two young children’s shoes” in order to deter them from continuing their journey.

    The Council of Europe’s Committee for the Prevention of Torture and Inhuman or Degrading Treatment or Punishment (CPT) spoke out earlier this year, criticising treatment in Greek camps and detention facilities, stating that conditions were “inhuman and degrading.” They have called for an end to the detention of children with adults in police facilities, as well as the housing of unaccompanied minors in reception and identification centres, such as the hotspot on Samos.

    Smaller organisations are also making their voices heard: Still I Rise, a young NGO on Samos providing education for refugee children, has just filed a lawsuit against the camp management at the refugee hotspot, for their ill treatment of unaccompanied minors. The organisation states:

    We are in a unique position to witness the inhumane living conditions and experiences of our students in the refugee hotspot. With the support of Help Refugees, we gathered evidence, wrote affidavits, and build a class action on behalf of all the unaccompanied minors past and present who suffered abuse in the camp.

    After witnessing the many failings of the camp management to protect the unaccompanied minors, the NGO decided to take matters into their own hands, raising up the voices of their students, students whose childhoods have been stolen from them as they flee war and persecution.
    “Without love I would give up”

    Every day on Samos, I worked with people who were battling the ever-consuming crush of hardship and boredom. People came to the activity centre to overcome it, through learning languages, reading, socialising, exercising, teaching and volunteering. They demonstrated amazing commitment and perseverance, and this should not be forgotten in the face of everything discussed so far.

    Nadine*, a young woman from Cameroon whose help at the centre became invaluable, told me that she ‘always’ feels bored, and that “the worst is a closed camp,” but that she has managed to survive by teaching:

    I teach the alphabet and sounds, letters for them to be able to read. I teach adult beginners, it’s not easy because some of them didn’t go to school and they are not able to write in their own language. So it’s hard work, patience and love because without love I would give up.”

    The perseverance demonstrated by Nadine, Mariam, and other women like them, is extraordinary. This is not only considering the challenges they had to confront before even reaching Greece, but in the face of such adversity once reaching the EU.

    Those refugees who are most vulnerable – particularly women and children, but also the silent voices of this article, those who are disabled, LGBTQ+ or otherwise a minority – are being pushed to the margins of society by the despicable policies and practices being inflicted on migrants in Greece. Refugees and migrants are being forced to endure immense suffering simply for asking for a place of safety.

    Yet despite everything, even those at the most disadvantage are continuing to fight for their right to a future. And while I know that, especially in this climate, we need more than love alone, I hang onto Nadine’s words all the same: “without love I would give up.”

    https://lacuna.org.uk/migration/watching-the-clothes-dry-how-life-in-greeces-refugee-camps-is-changing-fa
    #femmes #asile #migrations #réfugiés #rôles #Samos #Grèce #attente #tâches_domestique #lessive #marges #marginalisation #ennui #désespoir #détressse #déqualification #camps #camps_de_réfugiés #liberté #genre #cuisine #soins #caregiver #santé_mentale #fardeau

    #cpa_camps

  • #Serco slammed over profits drive at arms trade show while trying to evict asylum seekers fleeing war

    The firm evicting hundreds of asylum seekers from their homes has been condemned over plans to exhibit at a controversial arms trade show.

    Serco, which holds the Home Office contract to house about 300 people in Glasgow, has dozens of defence contracts around the world.

    The private multinational will be touting for business at DSEI 2019 next month in London’s ExCeL arena.

    Serco sparked controversy over plans to change locks on the homes of unsuccessful asylum seekers, with hundreds facing homelessness in the coming weeks.

    Many tenants fled conflict to seek sanctuary in Scotland. But despite protests and live legal challenges, Serco has started evictions.

    DSEI is a bi-annual event that brings together hundreds of firms with military delegations.

    Serco is a major partner of the Ministry of Defence and provides services for Tornado and Typhoon fighter jets, among other contracts.

    Both aircraft have been used by a Saudi-led coalition accused of scores of war crimes in the civil war by proxy in Yemen.

    Serco’s website says the firm has 70 defence contracts in the UK and Europe alone, including with the Belgian armed forces.

    It also has contracts with the Australian navy and Australian defence force, and last year won an £18million training contract with the US army.

    The website claims Serco has “breadth and depth of expertise across all military environments, including space, maritime, land, and air”.

    Last year its operating profit rose 40 per cent to £80.5million.

    The Scottish Human Rights Commission was last month given leave to intervene in a legal challenge against evicting asylum seekers denied the right to stay in the United Kingdom.

    The case – Ali v Serco and the Home Secretary – opposes Serco’s Glasgow lock change programme and argues that eviction would be unlawful without a court order.

    It was dismissed in April but is now being appealed.

    Graham O’Neill of the Scottish Refugee Council said: “In Glasgow, Serco are contracted to provide housing to thousands of highly vulnerable people who have fled war and terror across the world, in countries such as Syria, Iran and Eritrea.

    “That they are attending the arms fair while actively evicting this marginalised group, despite live legal proceedings, indicates that they value defence and immigration contracts and profit over people.”

    Labour MP Paul Sweeney said: “That Serco seeks to profit from conflict while earning income from the refugees displaced by those very conflicts throws into sharp focus the mercenary exploitation of unscrupulous capitalism.

    “It’s a crass move that will stick in the throats of the thousands of Glaswegians who stand shoulder to shoulder with the asylum seekers Serco is throwing out on the street.”

    Campaign Against the Arms Trade in Scotland added: “This exposes the ruthless business model of Serco. We will be at DSEI protesting this gross hypocrisy.”

    At least 38 companies with bases in Scotland are also attending DSEI 2019.

    They include arms firms Chemring, Leonardo MW and Raytheon, whose smart bombs made in Fife have been linked to alleged war crimes in Yemen.

    A Serco spokesman said it would have “a small stand” at the event, to promote its “civil space business”.

    https://www.dailyrecord.co.uk/news/scottish-news/asylum-seeker-eviction-firm-serco-18955574
    #privatisation #asile #migrations #armes #armement #commerce_d'armes #DSEI #salon_de_l'armement #Londres

    ping @visionscarto @daphne @albertocampiphoto @marty

  • La navigatrice et sauveteuse en mer Pia Klemp refuse la médaille de la ville de Paris !!! – Blog YY
    http://blogyy.net/2019/08/20/la-navigatrice-et-sauveteuse-en-mer-pia-klemp-refuse-la-medaille-de-la-ville

    « Paris, je t’aime. Je t’aime pour tous les gens libres et solidaires qui vivent en ton sein. Des gens qui se battent pour la liberté chaque jour, debout, bras dessus bras dessous, distribuant des couvertures, de l’amitié et de la solidarité. Je t’aime pour ceux qui partagent leur logement, leur amour et leurs luttes chaque jour, sans se soucier de la nationalité des personnes ni de savoir si elles ont des papiers ou pas.

    Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée, parce que nos équipages « travaillent quotidiennement à sauver des migrants dans des conditions difficiles ». Simultanément votre police vole les couvertures de gens contraintes de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d’asile. Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l’intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil.

    Paris, je ne suis pas une humanitaire. Je ne suis pas là pour « aider ». Je suis solidaire à tes côtés. Nous n’avons pas besoin de médailles. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs décidant qui est un « héro » et qui est « illégal ». En fait, il n’y a pas lieu de faire cela, car nous sommes tous égaux.

    Ce dont nous avons besoin, c’est de liberté et de droits. Il est temps de dénoncer les honneurs hypocrites et de combler le vide par la justice sociale. Il est temps que toutes les médailles soient lancées comme des fers de lance de la révolution !

    Papiers et logements pour toutes et tous !
    Liberté de circulation et d’installation ! »

    Pia KLEMP, 20 août 2019

    #merci

  • #WISH (Welcome, Integration & Support Hub for Refugees and Asylum Seekers in Europe)

    WISH (Welcome, Integration & Support Hub for Refugees and Asylum Seekers in Europe) is a ESC project launched in October 2018 after the CEV General Assembly. The aim of the project is to create an online platform (WISH) mapping the initiatives that offer support to migrants in Europe. This will enable refugees and asylum seekers to find sources of support and assistance, and will help the various European volunteering initiatives to provide better information and to facilitate communication between themselves and the people they wish to help.


    https://www.europeanvolunteercentre.org/wish

    #cartographie #solidarité #asile #migrations #réfugiés #Europe #bénévolat

    ajouté à cette métaliste sur la cartographie des initiatives en solidarité aux migrants :
    https://seenthis.net/messages/797864

  • #métaliste des #cartes qui localisent des initiatives en #solidarité avec les #migrants/#réfugiés en #Europe (et au-delà), y compris les initiatives cartographiques qui ne sont plus mises à jour :

    Comment aider les migrants près de chez vous ?
    https://seenthis.net/messages/406293

    Refugees map :
    https://seenthis.net/messages/467420

    Refugees welcome map :
    https://seenthis.net/messages/474982

    Plateforme asile :
    https://seenthis.net/messages/500861
    #Suisse

    Welcome map :
    https://seenthis.net/messages/504229
    #Paris

    Refugee support map :
    https://seenthis.net/messages/537070

    Initiativen
    https://seenthis.net/messages/555825
    #Allemagne

    Sursaut citoyen :
    https://seenthis.net/messages/590863
    https://seenthis.net/messages/771840
    #France

    Welcome #Grenoble map :
    https://seenthis.net/messages/759636

    #WISH (Welcome, Integration & Support Hub for Refugees and Asylum Seekers in Europe)
    https://seenthis.net/messages/797865

    #asile #migrations #cartographie #cartes_interactives #visualisation

  • #Frontex : repousser à tout prix

    Frontex, l’agence européenne de garde-frontières, suscite la controverse. A plusieurs reprises, elle s’est retrouvée sous le feu des critiques en raison de violations des #droits_humains aux #frontières_extérieures de l’UE. Ces méfaits, commis par des gardes-frontières à l’encontre de personnes en quête de protection, étaient connus de l’agence, comme l’attestent des documents internes.

    Dissuader, repousser, s’isoler – telle pourrait être la devise de l’Europe quand il s’agit de garder ses frontières, quitte à bafouer les droits humains. Aux frontières extérieures de l’UE, chaque jour draine son lot de violence, de misère et de mort. Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côte, jouent à cet égard un rôle central.

    Récemment, des médias ont fait état d’un recours excessif à la force et de maltraitances à l’encontre des personnes cherchant protection aux frontières extérieures de l’UE. Ces informations ne surprennent pas : cela fait des années que des rapports signalent des refoulements à la frontière et d’autres violations des droits humains. L’OSAR condamne fermement ces violations massives des #droits_fondamentaux, qui privent les personnes en quête de protection d’une procédure d’asile. Or, demander l’asile est un droit humain et celui-ci s’applique à toute personne, peu importe comment elle est entrée dans le pays.
    Implication de la Suisse

    De par sa participation à Frontex, la Suisse est co-responsable des événements déplorables aux frontières extérieures de l’UE. Elle devrait mettre à profit sa coopération avec Frontex afin de promouvoir le respect des droits humains et d’établir des priorités en la matière. La Suisse doit œuvrer en faveur d’une surveillance des frontières conforme aux droits humains et de l’instauration de possibilités de recours en cas de violation. Il s’agit en effet de mettre en place un mécanisme de recours indépendant sur le plan institutionnel, qui soit facilement accessible aux victimes et qui soit en mesure de prendre des décisions juridiquement contraignantes. Dans les cas de décès survenus dans le cadre d’opérations de Frontex, des enquêtes doivent impérativement être ouvertes.

    En tant que membre de Schengen/Dublin, la Suisse est étroitement liée à la politique migratoire de l’UE. Depuis, 2009, elle est par ailleurs directement impliquée financièrement et opérationnellement dans Frontex. Le Corps suisse des gardes-frontières participe à des programmes de formation, à l’élaboration d’analyses de risques et à des opérations aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Chaque année, une quarantaine de membres du Corps suisse des gardes-frontières sont déployés aux frontières extérieures de l’Europe. Des fonctionnaires suisses travaillent pour Frontex en Grèce, en Italie, en Bulgarie, en Croatie et en Espagne. L’année dernière, les gardes-frontières suisses, les policiers cantonaux et les employés du Secrétariat d’État aux migrations ont ainsi totalisé près de 1 500 journées d’intervention. Par ailleurs, la Suisse a apporté en 2018 un soutien financier à Frontex pour un montant total d’environ 14 millions de francs, soit environ six fois plus qu’il y a dix ans.
    Frontex : un développement incontrôlé

    Frontex a été créée en 2004 pour assurer et faciliter la coordination des opérations et soutenir les contrôles aux frontières. L’agence surveille et contrôle les frontières extérieures de l’UE en déployant des unités de police européennes. Ces dernières années, Frontex n’a cessé d’étendre ses activités aux frontières, devenant l’instrument central de la politique de repoussoir européenne. En mai 2019, elle a lancé sa première opération en dehors de l’UE, en Albanie. Frontex a connu une croissance massive et continue de croître. Au moment de sa création, son budget s’élevait à six millions d’euros. D’ici 2021, il devrait augmenter de 1,6 milliard d’euros. Le nombre de collaborateurs de Frontex travaillant pour la protection des frontières devrait à l’avenir passer de 1 500 à 10 000. Parallèlement, Frontex gagne en indépendance vis-à-vis des États membres de l’UE. Ainsi, ses fonctionnaires seront désormais autorisés à effectuer des contrôles aux frontières et à collecter des données personnelles de manière indépendante. L’OSAR estime que cette évolution est préoccupante. Frontex évolue en effet dans un domaine délicat en matière de droits humains. Or, elle n’est soumise à aucun contrôle indépendant quant au respect des droits humains et n’offre aucun recours en cas de violation.

    https://www.osar.ch/news/archives/2019/frontex-repousser-a-tout-prix.html
    #Suisse #externalisation #asile #réfugiés #contrôles_frontaliers

    La #contribution suisse à Frontex :

    En tant que membre de Schengen/Dublin, la Suisse est étroitement liée à la politique migratoire de l’UE. Depuis, 2009, elle est par ailleurs directement impliquée financièrement et opérationnellement dans Frontex. Le Corps suisse des gardes-frontières participe à des programmes de formation, à l’élaboration d’analyses de risques et à des opérations aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Chaque année, une quarantaine de membres du Corps suisse des gardes-frontières sont déployés aux frontières extérieures de l’Europe. Des fonctionnaires suisses travaillent pour Frontex en Grèce, en Italie, en Bulgarie, en Croatie et en Espagne. L’année dernière, les gardes-frontières suisses, les policiers cantonaux et les employés du Secrétariat d’État aux migrations ont ainsi totalisé près de 1 500 journées d’intervention. Par ailleurs, la Suisse a apporté en 2018 un soutien financier à Frontex pour un montant total d’environ 14 millions de francs, soit environ six fois plus qu’il y a dix ans.

    #budget

    ping @albertocampiphoto @daphne @i_s_ @isskein

  • Réflexion | Quand l’illogisme supplante les principes, rien n’est joué ! Nouveau jugement sur l’Érythrée
    https://asile.ch/2019/08/19/reflexion-quand-lillogisme-supplante-les-principes-rien-nest-joue-nouveau-juge

    Est-il plus grave d’envisager de commettre un délit que de le perpétrer ? Le 17 avril 2019, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a octroyé le statut de réfugié à une ressortissante érythréenne soupçonnée par le régime d’Asmara d’avoir aidé deux amies à sortir illégale- ment du pays et de vouloir elle-même fuir le pays. Cette simple […]

  • @_kg_ a commenté, via un mail qu’elle m’a envoyé, l’article que j’ai écrit avec @i_s_ pour Plein Droit :
    Le couteau suisse des politiques migratoires
    https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2019-2-page-5.htm

    Voici le commentaire de @_kg_ :

    Vous parlez des pressions pour quitter le territoire ou passer à la clandestinité ; disparition. En Allemagne, surtout en #Bavière avec le concepte AnkER-Zentrum ça semble la même stratégie - jusque que ça mène de plus en plus vers le suicide. « They play a mind game. [ ] If you stay at the camp you’ll get mental problem » me disait un interviewé. Un suicide, une attente, une annonce pendant quelques jours que à #Regensburg (pas officiel) et un autre suicide le mois passé...

    #Anker-Zentrum #suicide #santé_mentale #réfugiés #asile #migrations #Allemagne #Anker-Zentrum #anker (#ancrage) #centres_d'ancrage (on pourrait ainsi traduire de manière très directe).

    –--------

    Sur seenthis, d’autres articles mentionnes ce type de centres :
    Press Release on the Protest in #Ellwangen March 14, 2019


    https://seenthis.net/messages/767185

    Stop security guard and police violence ! Justizwatch on the Bamberg police raid of Dec 11, 2018
    https://seenthis.net/messages/745447

    Dans les centres pour exilés, la réalité des #violences_policières
    https://seenthis.net/messages/708964#message708964

    ping @isskein

  • A Palerme, une docteure traque les preuves de la torture sur les migrants
    https://www.mediapart.fr/journal/international/170819/palerme-une-docteure-traque-les-preuves-de-la-torture-sur-les-migrants

    À l’hôpital universitaire de Palerme, la docteure Antonietta Lanzarone a ouvert depuis un an une consultation dédiée aux migrants ayant subi des tortures afin de leur délivrer un certificat médical qu’ils peuvent ajouter à leur demande d’asile. Ils y trouvent une écoute dont ils ont rarement pu bénéficier auparavant.

    #ASILE #migrants,_libye,_droit_d’asile,_Sicile,_tortures,_Italie

  • Peut-on contrôler les contrôles de #Frontex ?

    À la veille des élections européennes, Bruxelles s’est empressée de voter le renforcement de Frontex. Jamais l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes n’a été aussi puissante. Aujourd’hui, il est devenu presque impossible de vérifier si cette autorité respecte les #droits_fondamentaux des migrants, et si elle tente vraiment de sauver des vies en mer. Mais des activistes ne lâchent rien. Une enquête de notre partenaire allemand Correctiv.

    Berlin, le 18 juin 2017. Arne Semsrott écrit à Frontex, la police des frontières de l’UE. « Je souhaite obtenir la liste de tous les bateaux déployés par Frontex en Méditerranée centrale et orientale. »

    Arne Semsrott est journaliste et activiste spécialisé dans la liberté de l’information. On pourrait dire : « activiste de la transparence ».

    Trois semaines plus tard, le 12 juillet 2017, Luisa Izuzquiza envoie depuis Madrid une requête similaire à Frontex. Elle sollicite des informations sur un meeting entre le directeur de l’agence et les représentants de l’Italie, auquel ont également participé d’autres pays membres de l’UE. Luisa est elle aussi activiste pour la liberté de l’information.

    Cet été-là, Arne et Luisa sont hantés par la même chose : le conflit entre les sauveteurs en mer privés et la #surveillance officielle des frontières en Méditerranée, qu’elle soit assurée par Frontex ou par les garde-côtes italiens. En juillet dernier, l’arrestation de la capitaine allemande Carola Rackete a déclenché un tollé en Europe ; en 2017, c’était le bateau humanitaire allemand Iuventa, saisi par les autorités italiennes.

    Notre enquête a pour ambition de faire la lumière sur un grave soupçon, une présomption dont les sauveteurs parlent à mots couverts, et qui pèse sur la conscience de l’Europe : les navires des garde-frontières européens éviteraient volontairement les secteurs où les embarcations de réfugiés chavirent, ces zones de la Méditerranée où des hommes et des femmes se noient sous nos yeux. Est-ce possible ?

    Frontex n’a de cesse d’affirmer qu’elle respecte le #droit_maritime_international. Et les sauveteurs en mer n’ont aucune preuve tangible de ce qu’ils avancent. C’est bien ce qui anime Arne Semsrott et Luisa Izuzquiza : avec leurs propres moyens, ils veulent sonder ce qui se trame en Méditerranée, rendre les événements plus transparents. De fait, lorsqu’un bateau de réfugiés ou de sauvetage envoie un SOS, ou quand les garde-côtes appellent à l’aide, les versions diffèrent nettement une fois l’incident terminé. Et les personnes extérieures sont impuissantes à démêler ce qui s’est vraiment passé.

    Luisa et Arne refusent d’accepter cette réalité. Ils sont fermement convaincus que les informations concernant les mouvements et les positions des bateaux, les rapports sur la gestion et les opérations de Frontex, ou encore les comptes rendus des échanges entre gouvernements sur la politique migratoire, devraient être accessibles à tout un chacun. Pour pouvoir contrôler les contrôleurs. Ils se sont choisi un adversaire de taille. Ce texte est le récit de leur combat.

    Frontex ne veut pas entendre le reproche qui lui est fait de négliger les droits des migrants. Interviewé par l’émission « Report München », son porte-parole Krzysztof Borowski déclare : « Notre agence attache beaucoup d’importance au respect des droits humains. Il existe chez Frontex différents mécanismes permettant de garantir que les droits des individus sont respectés au cours de nos opérations. »

    En 2011, au moment où les « indignados » investissent les rues de Madrid, Luisa vit encore dans la capitale espagnole. Ébranlé par la crise économique, le pays est exsangue, et les « indignés » règlent leurs comptes avec une classe politique qu’ils accusent d’être corrompue, et à mille lieues de leurs préoccupations. Luisa se rallie à la cause. L’une des revendications phares du mouvement : exiger plus de transparence. Cette revendication, Luisa va s’y vouer corps et âme. « La transparence est cruciale dans une démocratie. C’est l’outil qui permet de favoriser la participation politique et de demander des comptes aux dirigeants », affirme-t-elle aujourd’hui.

    Luisa Izuzquiza vit à deux pas du bureau de l’organisation espagnole Access Info, qui lutte pour améliorer la transparence dans le pays. Début 2014, la jeune femme tente sa chance et va frapper à leur porte. On lui donne du travail.

    En 2015, alors que la population syrienne est de plus en plus nombreuse à se réfugier en Europe pour fuir la guerre civile, Luisa s’engage aussi pour lui venir en aide. Elle travaille comme bénévole dans un camp de réfugiés en Grèce, et finit par faire de la lutte pour la transparence et de son engagement pour les réfugiés un seul et même combat.

    Elle ne tardera pas à entendre parler de Frontex. À l’époque, l’agence de protection des frontières, qui siège à Varsovie, loin du tumulte de Bruxelles, n’est pas connue de grand monde. Luisa se souvient : « Frontex sortait du lot : le nombre de demandes était très faible, et les réponses de l’agence, très floues. Ils rédigeaient leurs réponses sans faire valoir le moindre argument juridique. »

    L’Union européenne étend la protection de ses frontières en toute hâte, et l’agence Frontex constitue la pierre angulaire de ses efforts. Depuis sa création en 2004, l’agence frontalière se développe plus rapidement que toute autre administration de l’UE. Au départ, Frontex bénéficie d’un budget de 6 millions d’euros. Il atteindra 1,6 milliard d’euros en 2021. Si l’agence employait à l’origine 1 500 personnes, son effectif s’élève désormais à 10 000 – 10 000 employés pouvant être détachés à tout moment pour assurer la protection des frontières. Frontex avait organisé l’expulsion de 3 500 personnes au cours de l’année 2015. En 2017, ce sont 13 000 personnes qui ont été reconduites aux frontières.

    Il est difficile de quantifier le pouvoir, à plus forte raison avec des chiffres. Mais l’action de Frontex a des conséquences directes sur la vie des personnes en situation de détresse. À cet égard, l’agence est sans doute la plus puissante administration ayant jamais existé au sein de l’UE.

    « Frontex a désormais le droit de se servir d’armes à feu »

    Et Frontex continue de croître, tout en gagnant de plus en plus d’indépendance par rapport aux États membres. L’agence achète des bateaux, des avions, des véhicules terrestres. Évolution récente, ses employés sont désormais habilités à mener eux-mêmes des contrôles aux frontières et à recueillir des informations personnelles sur les migrants. Frontex signe en toute autonomie des traités avec des pays tels que la Serbie, le Nigeria ou le Cap-Vert, et dépêche ses agents de liaison en Turquie. Si les missions de cette administration se cantonnaient initialement à l’analyse des risques ou des tâches similaires, elle est aujourd’hui active le long de toutes les frontières extérieures de l’UE, coordonnant aussi bien les opérations en Méditerranée que le traitement des réfugiés arrivant dans les États membres ou dans d’autres pays.

    Et pourtant, force est de constater que Frontex ne fait pas l’objet d’un véritable contrôle parlementaire. Le Parlement européen ne peut contrôler cette institution qu’indirectement – par le biais de la commission des budgets, en lui allouant tout simplement moins de fonds. « Il faut renforcer le contrôle parlementaire, déclare Erik Marquardt, député vert européen. L’agence Frontex a désormais le droit de se servir d’armes à feu. »

    En Europe, seul un petit vivier d’activistes lutte pour renforcer la liberté de l’information. Tôt ou tard, on finit par se croiser. Début 2016, l’organisation de Luisa Izuzquiza invite des militants issus de dix pays à un rassemblement organisé à Madrid. Arne Semsrott sera de la partie.

    Aujourd’hui, Arne a 31 ans et vit à Berlin. Une loi sur la liberté de l’information a été votée en 2006 outre-Rhin. Elle permet à chaque citoyen – et pas seulement aux journalistes – de solliciter des documents officiels auprès des ministères et des institutions fédérales. Arne travaille pour la plateforme « FragDenStaat » (« Demande à l’État »), qui transmet les demandes de la société civile aux administrations concernées.

    Dans le sillage du rassemblement de Madrid, Arne lance une « sollicitation de masse ». Le principe : des activistes invitent l’ensemble de la sphère publique à adresser à l’État des demandes relevant de la liberté de l’information, afin d’augmenter la pression sur ces institutions qui refusent souvent de fournir des documents alors même que la loi l’autorise.

    Arne Semsrott crée alors le mouvement « FragDenBundestag » (« Demande au Parlement »), et réussit à obtenir du Bundestag qu’il publie dorénavant les expertises de son bureau scientifique.

    « J’étais impressionnée qu’une telle requête puisse aboutir à la publication de ces documents », se souvient Luisa Izuzquiza. Elle écrit à Arne pour lui demander si ces expertises ont un lien avec la politique migratoire. Ils restent en contact.

    Les journalistes aussi commencent à soumettre des demandes en invoquant la liberté d’informer. Mais tandis qu’ils ont l’habitude de garder pour eux les dossiers brûlants, soucieux de ne pas mettre la puce à l’oreille de la concurrence, les activistes de la trempe de Luisa, eux, publient systématiquement leurs requêtes sur des plateformes telles que « Demande à l’État » ou « AsktheEU.org ». Et ce n’est pas tout : ils parviennent même à obtenir que des jugements soient prononcés à l’encontre d’institutions récalcitrantes. Jugements auxquels citoyennes et citoyens pourront dorénavant se référer. Ce sont les pionniers de la transparence.

    En septembre 2017, Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott finissent par conjuguer leurs efforts : ils demandent à obtenir les positions des bateaux d’une opération Frontex en Méditerranée.

    Ce qu’ils veulent savoir : les équipes de l’agence de garde-côtes s’appliqueraient-elles à tourner en rond dans une zone de calme plat ? Éviteraient-elles à dessein les endroits où elles pourraient croiser des équipages en détresse qu’elles seraient forcées de sauver et de conduire jusqu’aux côtes de l’Europe ?

    Frontex garde jalousement les informations concernant ses navires. En prétextant que les passeurs pourraient échafauder de nouvelles stratégies si l’agence révélait trop de détails sur ses opérations.

    Frontex rejette leur demande. Les activistes font opposition.

    Arne Semsrott est en train de préparer une plainte au moment où son téléphone sonne. Au bout du fil, un employé de Frontex. « Il m’a dit que si nous retirions notre demande d’opposition, il se débrouillerait pour nous faire parvenir les informations qu’on réclamait », se rappelle Arne.

    Mais les deux activistes ne se laissent pas amadouer. Ils veulent qu’on leur livre ces informations par la voie officielle. Pour tenter d’obtenir ce que l’employé de l’agence, en leur proposant une « fuite », cherchait manifestement à éviter : un précédent juridique auquel d’autres pourront se référer à l’avenir. Ils portent plainte. C’est la toute première fois qu’une action en justice est menée contre Frontex pour forcer l’agence à livrer ses informations.

    Pendant que Luisa et Arne patientent devant la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, le succès les attend ailleurs : Frontex a inscrit à sa charte l’obligation de respecter les droits fondamentaux des migrants.

    Une « officière aux droits fondamentaux » recrutée par Frontex est censée s’en assurer. Elle n’a que neuf collaborateurs. En 2017, l’agence a dépensé 15 fois plus pour le travail médiatique que pour la garantie des droits humains. Même l’affranchissement des lettres lui a coûté plus cher.

    Mais la garante des droits humains chez Frontex sert quand même à quelque chose : elle rédige des rapports. L’ensemble des incidents déclarés par les équipes de Frontex aux frontières de l’Europe sont examinés par son service. Elle en reçoit une dizaine par an. L’officière en fait état dans ses « rapports de violation des droits fondamentaux ». Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott vont tous les recevoir, un par un. Il y en a 600.

    Ces documents offrent une rare incursion dans la philosophie de l’agence européenne.

    Au printemps 2017, l’officière aux droits fondamentaux, qui rend directement compte au conseil d’administration de Frontex – lequel est notamment composé de membres du gouvernement allemand –, a ainsi fait état de conflits avec la police hongroise. Après avoir découvert dix réfugiés âgés de 10 à 17 ans dans la zone frontalière de Horgoš, petite ville serbe, les policiers auraient lancé leur chien sur les garçons. L’officière rapporte que trois d’entre eux ont été mordus.

    La police serait ensuite entrée sur le territoire serbe, avant d’attaquer les membres du petit groupe à la matraque et en utilisant des sprays au poivre. Quatre réfugiés auraient alors été interpellés et passés à tabac, jusqu’à perdre connaissance. Frontex, qui coopère avec la police frontalière hongroise, a attiré l’attention des autorités sur l’affaire – mais peine perdue.

    Ce genre de débordement n’est pas inhabituel. L’année précédente, l’officière rapportait le cas d’un Marocain arrêté et maltraité le 8 février 2016, toujours par des policiers hongrois, qui lui auraient en outre dérobé 150 euros. Frontex a transmis les déclarations « extrêmement crédibles » du Marocain aux autorités hongroises. Mais « l’enquête est ensuite interrompue », écrit la garante des droits de Frontex (lire ici, en anglais, le rapport de Frontex).

    Ses rapports documentent d’innombrables cas de migrants retrouvés morts par les agents chargés de surveiller les frontières, mais aussi des viols constatés dans les camps de réfugiés, ou encore des blessures corporelles commises par les policiers des pays membres.

    Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott décident de rencontrer l’officière aux droits fondamentaux : elle est allemande, elle s’appelle Annegret Kohler et a été employée par intérim chez Frontex. Sa prédécesseure est en arrêt maladie. Luisa écrit à Annegret Kohler.

    Et, miracle, l’officière accepte de les rencontrer. Luisa est surprise. « Je croyais qu’elle était nouvelle à ce poste. Mais peut-être qu’elle n’a tout bonnement pas vérifié qui on était », dit la jeune femme.

    La même année, en janvier, les deux activistes se rendent à Varsovie. Les drames qui assombrissent la Méditerranée ont fait oublier Frontex : à l’origine, l’agence était surtout censée tenir à l’œil les nouvelles frontières orientales de l’UE, dont le tracé venait d’être redéfini. C’est le ministère de l’intérieur polonais qui offre à l’agence son quartier général de Varsovie, bien loin des institutions de Bruxelles et de Strasbourg, mais à quelques encablures des frontières de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Russie.

    Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott ont rendez-vous avec Annegret Kohler au neuvième étage du gratte-ciel de Frontex, une tour de verre qui domine la place de l’Europe, en plein centre de Varsovie. C’est la première fois qu’ils rencontrent une employée de l’agence en chair et en os. « La discussion s’est avérée fructueuse, bien plus sincère que ce à quoi je m’attendais », se rappelle Luisa.

    Ils évoquent surtout la Hongrie. Annegret Kohler s’est cassé les dents sur la police frontalière de Victor Orbán. « Actuellement, je me demande quelle sorte de pression nous pouvons exercer sur eux », leur confie-t-elle au cours de la discussion.

    Luisa ne s’attendait pas à pouvoir parler si ouvertement avec Annegret Kohler. Celle-ci n’est accompagnée d’aucun attaché de presse, comme c’est pourtant le cas d’habitude.

    En réponse aux critiques qui lui sont adressées, Frontex brandit volontiers son « mécanisme de traitement des plaintes », accessible aux réfugiés sur son site Internet. Mais dans la pratique, cet outil ne pèse en général pas bien lourd.

    En 2018, alors que Frontex avait été en contact avec des centaines de milliers de personnes, l’agence reçoit tout juste dix plaintes. Rares sont ceux qui osent élever la voix. Les individus concernés refusent de donner leur nom, concède Annegret Kohler au fil de la discussion, « parce qu’ils craignent d’être cités dans des documents et de se voir ainsi refuser l’accès aux procédures de demande d’asile ».

    Qui plus est, la plupart des réfugiés ignorent qu’ils ont le droit de se plaindre directement auprès de Frontex, notamment au sujet du processus d’expulsion par avion, également coordonné par l’agence frontalière. Il serait très difficile, toujours selon Kohler, de trouver le bon moment pour sensibiliser les migrants à ce mécanisme de traitement des plaintes : « À quel stade leur en parler ? Avant qu’ils soient reconduits à la frontière, à l’aéroport, ou une fois qu’on les a assis dans l’avion ? »

    Mais c’est bien l’avion qui serait le lieu le plus indiqué. Selon un rapport publié en mars 2019 par les officiers aux droits fondamentaux de Frontex, les employés de l’agence transgresseraient très fréquemment les normes internationales relatives aux droits humains lors de ces « vols d’expulsion » – mais aussi leurs propres directives. Ce document précise que des mineurs sont parfois reconduits aux frontières sans être accompagnés par des adultes, alors qu’une telle procédure est interdite. Le rapport fustige en outre l’utilisation des menottes : « Les bracelets métalliques n’ont pas été employés de manière réglementaire. La situation ne l’exigeait pas toujours. »

    La base juridique de l’agence Frontex lui permet de suspendre une opération lorsque des atteintes aux droits de la personne sont constatées sur place. Mais son directeur, Fabrice Leggeri, ne considère pas que ce soit nécessaire dans le cas de la Hongrie. Car la simple présence de l’agence suffirait à dissuader les policiers hongrois de se montrer violents, a-t-il répondu dans une lettre adressée à des organisations non gouvernementales qui réclamaient un retrait des équipes présentes en Hongrie. Sans compter qu’avoir des employés de Frontex sur place pourrait au moins permettre de documenter certains incidents.

    Même une procédure en manquement lancée par la Commission européenne contre la Hongrie et un jugement de la Cour européenne des droits de l’homme n’ont rien changé à la position de Frontex. Les lois hongroises en matière de demande d’asile et les expulsions pratiquées dans ce pays ont beau être contraires à la Convention européenne des droits de l’homme, l’agence n’accepte pas pour autant d’interrompre ses opérations sur place.

    Et les garde-frontières hongrois se déchaînent sous l’œil indifférent de Frontex.

    Surveiller pour renvoyer

    Le débat sur les sauvetages en Méditerranée et la répartition des réfugiés entre les pays membres constitue une épreuve de vérité pour l’UE. Les négociations censées mener à une réforme du système d’asile commun stagnent depuis des années. Le seul point sur lequel la politique européenne est unanime : donner à Frontex plus d’argent et donc plus d’agents, plus de bateaux, plus d’équipements.

    Voilà ce qui explique que l’UE, un mois avant le scrutin européen de mai 2019, ait voté en un temps record, via ses institutions, une réforme du règlement relatif à la base juridique de Frontex. Il aura fallu à la Commission, au Parlement et au Conseil à peine six mois pour s’accorder sur une ordonnance longue de 245 pages, déterminante pour les questions de politique sécuritaire et migratoire. Rappelons en comparaison que la réforme du droit d’auteur et le règlement général sur la protection des données, deux chantiers si ardemment controversés, n’avaient pu être adoptés qu’au bout de six ans, du début des concertations à leur mise en œuvre.

    « Au vu des nouvelles habilitations et du contrôle direct qu’exerce Frontex sur son personnel et ses équipements, il est plus important que jamais de forcer l’agence à respecter les lois », affirme Mariana Gkliati, chercheuse en droit européen à l’université de Leyde. « Petit à petit, le mandat des officiers aux droits fondamentaux s’est élargi, mais tant qu’ils n’auront pas à leur disposition suffisamment de personnel et de ressources, ils ne seront pas en mesure de remplir leur rôle. »

    Frontex récuse cette critique.

    « Le bureau des officiers aux droits fondamentaux a été considérablement renforcé au cours des dernières années. Cela va de pair avec l’élargissement de notre mandat, et il est bien évident que cette tendance ne fera que s’accroître au cours des années à venir, déclare Krzysztof Borowski, porte-parole de l’agence. Le bureau prend de l’ampleur à mesure que Frontex grandit. »

    Mais le travail des officiers aux droits fondamentaux s’annonce encore plus épineux. Car Frontex s’efforce de réduire le plus possible tout contact direct avec les migrants aux frontières extérieures de l’Europe. En suivant cette logique : si Frontex n’est pas présente sur place, personne ne pourra lui reprocher quoi que ce soit dans le cas où des atteintes aux droits humains seraient constatées. Ce qui explique que l’agence investisse massivement dans les systèmes de surveillance, et notamment Eurosur, vaste programme de surveillance aérienne.

    Depuis l’an dernier, Frontex, non contente de recevoir des images fournies par ses propres satellites de reconnaissance et par le constructeur aéronautique Airbus, en récolte aussi grâce à ses drones de reconnaissance.

    Eurosur relie Frontex à l’ensemble des services de garde-frontières des 28 États membres de l’UE. De concert avec l’élargissement d’autres banques de données européennes, comme celle de l’agence de gestion informatique eu-Lisa, destinée à collecter les informations personnelles de millions de voyageurs, l’UE met ainsi en place une banque de données qu’elle voudrait infaillible.

    Son but : aucun passage de frontière aux portes de l’Europe – et à plus forte raison en Méditerranée – ne doit échapper à Frontex. Or, la surveillance depuis les airs permet d’appréhender les réfugiés là où la responsabilité de Frontex n’est pas encore engagée. C’est du moins ce dont est persuadé Matthias Monroy, assistant parlementaire du député de gauche allemand Andrej Hunko, qui scrute depuis des années le comportement de Frontex en Méditerranée. « C’est là que réside à mon sens l’objectif de ces missions : fournir aux garde-côtes libyens des coordonnées permettant d’intercepter ces embarcations le plus tôt possible sur leur route vers l’Europe. »

    Autre exemple, cette fois-ci dans les Balkans : depuis mai 2019, des garde-frontières issus de douze pays de l’UE sont déployés dans le cadre d’une mission Frontex le long de la frontière entre l’Albanie et la Grèce – mais côté albanais. Ce qui leur permet de bénéficier de l’immunité contre toute poursuite civile et juridique en Grèce.

    Forte de ses nouvelles habilitations, Frontex pourrait bientôt poster ses propres agents frontaliers au Niger, en Tunisie ou même en Libye. L’agence collaborerait alors avec des pays où les droits humains ont une importance quasi nulle.

    Qu’à cela ne tienne : Luisa Izuzquiza va tout faire pour suivre cette évolution, en continuant à envoyer ses demandes d’information au contrôleur Frontex. Même s’il faut le contrôler jusqu’en Afrique. Et même si le combat doit être encore plus féroce.

    Mais de petits succès se font sentir : en mars 2016, l’UE négocie une solution avec la Turquie pour endiguer les flux de réfugiés en mer Égée. La Turquie se chargera de bloquer les migrants ; en contrepartie, l’UE lui promet des aides de plusieurs milliards d’euros pour s’occuper des personnes échouées sur son territoire.

    Cet accord entre l’UE et la Turquie a suscité de nombreuses critiques. Mais peut-être faut-il rappeler qu’il ne s’agit pas d’un accord en bonne et due forme, et que l’UE n’a rien signé. Ce que les médias ont qualifié de « deal » a simplement consisté en une négociation entre le Conseil de l’Europe, c’est-à-dire les États membres, et la Turquie. Le fameux accord n’existe pas, seul un communiqué officiel a été publié.

    Cela veut dire que les réfugiés expulsés de Grèce pour être ensuite acheminés vers la Turquie, en vertu du fameux « deal », n’ont presque aucun moyen de s’opposer à cet accord fantôme. Grâce à une demande relevant de la liberté de l’information, Luisa Izuzquiza est tout de même parvenue à obtenir l’expertise juridique sur laquelle s’est fondée la Commission européenne pour vérifier, par précaution, la validité légale de son « accord ». Ce qui s’est révélé avantageux pour les avocats de deux demandeurs d’asile ayant déposé plainte contre le Conseil de l’Europe.

    Luisa Izuzquiza et Arne Semsrott auront attendu un an et demi. En juillet dernier, l’heure a enfin sonné. Dans la « salle bleue » de la Cour de justice européenne, à Luxembourg, va avoir lieu la première négociation portant sur le volume d’informations que Frontex sera tenue de fournir au public sur son action.

    Il y a quelques années, Frontex rejetait encore les demandes relevant de la liberté de l’information sans invoquer aucun argument juridique. Ce jour-là, Frontex se présente au tribunal avec cinq avocats, secondés par un capitaine des garde-côtes finnois. « Il s’agit pour nous de sauver des vies humaines », plaide l’un des avocats à la barre, face au banc des juges, dans un anglais mâtiné d’accent allemand. Et justement, pour protéger des vies humaines, il est nécessaire de garder secrètes les informations qui touchent au travail de Frontex. L’avocat exige que la plainte soit rejetée.

    Après la séance de juillet, la Cour a maintenant quelques mois pour statuer sur l’issue de l’affaire. Si les activistes sortent vainqueurs, ils sauront quels bateaux l’agence Frontex a déployés en Méditerranée deux ans plus tôt, dans le cadre d’une mission qui n’existe plus. Dans le cas d’une décision défavorable à Frontex, l’agence redoute de devoir révéler des informations sur ses navires en activité, ce qui permettrait de suivre leurs mouvements. Mais rien n’est moins vrai. Car la flotte de Frontex a tout bonnement pour habitude de couper les transpondeurs permettant aux navires d’indiquer leur position et leur itinéraire par satellite.

    Mais c’est une autre question qui est en jeu face à la cour de Luxembourg : l’agence européenne devra-t-elle rendre des comptes à l’opinion publique, ou pourra-t-elle garder ses opérations sous le sceau du secret ? Frontex fait l’objet de nombreuses accusations, et il est très difficile de déterminer lesquelles d’entre elles sont justifiées.

    « Pour moi, les demandes relevant de la liberté de l’information constituent une arme contre l’impuissance, déclare Arne Semsrott. L’une des seules armes que les individus peuvent brandir contre la toute-puissance des institutions, même quand ils ont tout perdu. »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/160819/peut-controler-les-controles-de-frontex
    #frontières #migrations #réfugiés #asile #sauvetage #Méditerranée #mer_Méditerranée #droits_humains #pouvoir #Serbie #Nigeria #Cap-Vert #externalisation #agents_de_liaison #Turquie #contrôle_parlementaire

    ping @karine4 @isskein @reka

  • #Strasbourg, #Hôtel_de_la_Rue

    Fin juillet 2019, dans une banlieue de Strasbourg, des personnes sans abri s’installaient dans un bâtiment vide appartenant à la ville. Il s’agit de l’un des 65 000 #logements_vacants qui se trouvent sur le territoire de l’Eurométropole [1]. C’est un « squat » de plus, donc, dans un pays où 3 millions de logements sont vacants, soit 8,4% du parc immobilier national, alors que 143 000 personnes sont sans domicile [2]. En France, en 2018, 566 personnes sans abri sont mortes du fait qu’elles (sur-)vivaient dans la rue.

    https://visionscarto.net/strasbourg-hotel-de-la-rue
    #occupation #squat #logement #hébergement #sans-abrisme #sans-abri #asile #migrations #réfugiés #France #campement

    Un billet de @nepthys à lire sur @visionscarto

    ping @karine4 @reka

  • Ventimiglia : sempre più caro e pericoloso il viaggio dei migranti al confine Italia-Francia

    Confine Francia-Italia: migranti fermati, bloccati, respinti

    I respingimenti sono stati monitorati uno ad uno dagli attivisti francesi del collettivo della Val Roja “#Kesha_Niya” (“No problem” in lingua curda) e dagli italiani dell’associazione Iris, auto organizzati e che si danno il cambio in staffette da quattro anni a Ventimiglia per denunciare gli abusi.

    Dalle 9 del mattino alle 20 di sera si piazzano lungo la frontiera alta di #Ponte_San_Luigi, con beni alimentari e vestiti destinati alle persone che hanno tentato di attraversare il confine in treno o a piedi. Migranti che sono stati bloccati, hanno passato la notte in un container di 15 metri quadrati e infine abbandonati al mattino lungo la strada di 10 km, i primi in salita, che porta all’ultima città della Liguria.

    Una pratica, quella dei container, che le ong e associazioni Medecins du Monde, Anafé, Oxfam, WeWorld e Iris hanno denunciato al procuratore della Repubblica di Nizza con un dossier il 16 luglio. Perché le persone sono trattenute fino a 15 ore senza alcuna contestazione di reato, in un Paese – la Francia – dove il Consiglio di Stato ha stabilito come “ragionevole” la durata di quattro ore per il fermo amministrativo e la privazione della libertà senza contestazioni. Dall’inizio dell’anno i casi sono 18 mila, scrive il Fatto Quotidiano che cita dati del Viminale rilasciati dopo la richiesta di accesso civico fatta dall’avvocata Alessandra Ballerini.

    Quando sia nato Sami – faccia da ragazzino sveglio – è poco importante. Più importante è che il suo primo permesso di soggiorno in Europa lo ha avuto a metà anni Duemila. All’età di 10 anni. Lo mostra. È un documento sloveno. A quasi 20 anni di distanza è ancora ostaggio di quei meccanismi.

    A un certo punto è stato riportato in Algeria – o ci è tornato autonomamente – e da lì ha ottenuto un visto per la Turchia e poi la rotta balcanica a piedi. Per provare a tornare nel cuore del Vecchio Continente. Sami prende un foglio e disegna le tappe che ha attraversato lungo la ex Jugoslavia. Lui è un inguaribile ottimista. Ci riproverà la sera stessa convinto di farcela.

    Altri sono in preda all’ansia di non riuscire. Come Sylvester, nigeriano dell’Edo State, vestito a puntino nel tentativo di farsi passare da turista sui treni delle Sncf – le ferrovie francesi. È regolare in Italia. Ha il permesso di soggiorno per motivi umanitari, oggi abolito da Salvini e non più rinnovabile.

    «Devo arrivare in Germania perché mi aspetta un lavoro come operaio. Ma devo essere lì entro ottobre. Ho già provato dal Brennero. Come faccio a passare?», chiede insistentemente.

    Ventimiglia: le nuove rotte della migrazione

    Il flusso a Ventimiglia è cambiato. Rispetto ai tunisini del 2011, ai sudanesi del 2015, ma anche rispetto all’estate del 2018. Nessuno, o quasi, arriva dagli sbarchi salvo sporadici casi, mostrando plasticamente una volta di più come la cosiddetta crisi migratoria in Europa può cambiare attori ma non la trama. Oggi sono tre i canali principali: rotta balcanica; fuoriusciti dai centri di accoglienza in Italia in seguito alle leggi del governo Conte e ai tagli da 35 a 18-21 euro nei bandi di gare delle Prefetture; persone con la protezione umanitaria in scadenza che non lavorano e non possono convertire il permesso di soggiorno. Questa la situazione in uscita.

    In entrata dalla Francia si assiste al corto circuito del confine. Parigi non si fida dell’Italia, pensa che non vengano prese le impronte digitali secondo Dublino e inserite nel sistema #Eurodac. Perciò respinge tutti senza badare ai dettagli, almeno via treno. Incluse persone con i documenti che devono andare nelle ambasciate francesi del loro Paese perché sono le uniche autorizzate a rilasciare i passaporti.

    Irregolari di lungo periodo bloccati in Italia

    In mezzo ci finiscono anche irregolari di lungo periodo Oltralpe che vengono “rastrellati” a Lione o Marsiglia e fatti passare per nuovi arrivi. Nel calderone finisce anche Jamal: nigeriano con una splendida voce da cantante, da nove mesi in Francia con un permesso di soggiorno come richiedente asilo e in attesa di essere sentito dalla commissione. Lo hanno fermato gli agenti a Breil, paesotto di 2 mila anime di confine, nella valle della Roja sulle Alpi Marittime. Hanno detto che i documenti non bastavano e lo hanno espulso.

    Da settimane gli attivisti italiani fanno il diavolo a quattro con gli avvocati francesi per farlo rientrare. Ogni giorno spunta un cavillo diverso: dichiarazioni di ospitalità, pec da inviare contemporaneamente alle prefetture competenti delle due nazioni. Spesso non servono i muri, basta la burocrazia.

    Italia-Francia: passaggi più difficili e costosi per i migranti

    Come è scontato che sia, il “proibizionismo” in frontiera non ha bloccato i passaggi. Li ha solo resi più difficili e costosi, con una sorta di selezione darwiniana su base economica. In stazione a Ventimiglia bastano due ore di osservazione da un tavolino nel bar all’angolo della piazza per comprendere alcune superficiali dinamiche di tratta delle donne e passeurs. Che a pagamento portano chiunque in Francia in automobile. 300 euro a viaggio.

    Ci sono strutture organizzate e altri che sono “scafisti di terra” improvvisati, magari per arrotondare. Come è sempre stato in questa enclave calabrese nel nord Italia, cuore dei traffici illeciti già negli anni Settanta con gli “spalloni” di sigarette.

    Sono i numeri in città a dire che i migranti transitato, anche se pagando. Nel campo Roja gestito dalla Croce Rossa su mandato della Prefettura d’Imperia – l’unico rimasto dopo gli sgomberi di tutti gli accampamenti informali – da gennaio ci sono stabilmente tra le 180 e le 220 persone. Turn over quasi quotidiano in città di 20 che escono e 20 che entrano, di cui un minore.

    Le poche ong che hanno progetti aperti sul territorio frontaliero sono Save The Children, WeWorld e Diaconia Valdese (Oxfam ha lasciato due settimane fa), oltre allo sportello Caritas locale per orientamento legale e lavorativo. 78 minori non accompagnati da Pakistan, Bangladesh e Somalia sono stati trasferiti nel Siproimi, il nuovo sistema Sprar. Il 6 e il 12 luglio, all’una del pomeriggio, sono partiti due pullman con a bordo 15 e 10 migranti rispettivamente in direzione dell’hotspot di Taranto. È stato trasferito per errore anche un richiedente asilo a cui la polizia ha pagato il biglietto di ritorno, secondo fonti locali.

    Questi viaggi sono organizzati da Riviera Trasporti, l’azienda del trasporto pubblico locale di Imperia e Sanremo da anni stabilmente con i conti in rosso e che tampona le perdite anche grazie al servizio taxi per il ministero dell’Interno: 5 mila euro a viaggio in direzione dei centri di identificazione voluti dall’agenda Europa nel 2015 per differenziare i richiedenti asilo dai cosiddetti “migranti economici”.
    A Ventimiglia vietato parlare d’immigrazione oggi

    A fine maggio ha vinto le elezioni comunali Gaetano Scullino per la coalizione di centrodestra, subentrando all’uscente Pd Enrico Ioculano, oggi consigliere di opposizione. Nel 2012, quando già Scullino era sindaco, il Comune era stato sciolto per mafia per l’inchiesta “La Svolta” in cui il primo cittadino era accusato di concorso esterno. Lui era stato assolto in via definitiva e a sorpresa riuscì a riconquistare il Comune.

    La nuova giunta non vuole parlare di immigrazione. A Ventimiglia vige un’ideologia. Quella del decoro e dei grandi lavori pubblici sulla costa. C’è da completare il 20% del porto di “Cala del Forte”, quasi pronto per accogliere i natanti.

    «Sono 178 i posti barca per yacht da 6,5 a oltre 70 metri di lunghezza – scrive la stampa del Ponente ligure – Un piccolo gioiello, firmato Monaco Ports, che trasformerà la baia di Ventimiglia in un’oasi di lusso e ricchezza. E se gli ormeggi sono già andati a ruba, in vendita nelle agenzie immobiliari c’è il complesso residenziale di lusso che si affaccerà sull’approdo turistico. Quarantaquattro appartamenti con vista sul mare che sorgeranno vicino a un centro commerciale con boutique, ristoranti, bar e un hotel». Sui migranti si dice pubblicamente soltanto che nessun info point per le persone in transito è necessario perché «sono pochi e non serve».

    Contemporaneamente abbondano le prese di posizione politiche della nuova amministrazione locale per istituire il Daspo urbano, modificando il regolamento di polizia locale per adeguarsi ai due decreti sicurezza voluti dal ministro Salvini. Un Daspo selettivo, solo per alcune aree della città. Facile immaginare quali. Tolleranza zero – si legge – contro accattonaggio, improperi, bivacchi e attività di commercio abusivo. Escluso – forse – quello stesso commercio abusivo in mano ai passeurs che libera la città dai migranti.

    https://www.osservatoriodiritti.it/2019/07/24/ventimiglia-migranti-oggi-bloccati-respinti-francia-situazione/amp
    #coût #prix #frontières #asile #migrations #Vintimille #réfugiés #fermeture_des_frontières #France #Italie #danger #dangerosité #frontière_sud-alpine #push-back #refoulement #Roya #Vallée_de_la_Roya

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    Quelques commentaires :

    Les « flux » en sortie de l’Italie, qui entrent en France :

    Oggi sono tre i canali principali: rotta balcanica; fuoriusciti dai centri di accoglienza in Italia in seguito alle leggi del governo Conte e ai tagli da 35 a 18-21 euro nei bandi di gare delle Prefetture; persone con la protezione umanitaria in scadenza che non lavorano e non possono convertire il permesso di soggiorno. Questa la situazione in uscita.

    #route_des_Balkans et le #Decrét_Salvini #Decreto_Salvini #decreto_sicurezza

    Pour les personnes qui arrivent à la frontière depuis la France (vers l’Italie) :

    In entrata dalla Francia si assiste al corto circuito del confine. Parigi non si fida dell’Italia, pensa che non vengano prese le impronte digitali secondo Dublino e inserite nel sistema Eurodac. Perciò respinge tutti senza badare ai dettagli, almeno via treno. Incluse persone con i documenti che devono andare nelle ambasciate francesi del loro Paese perché sono le uniche autorizzate a rilasciare i passaporti.
    (...)
    In mezzo ci finiscono anche irregolari di lungo periodo Oltralpe che vengono “rastrellati” a Lione o Marsiglia e fatti passare per nuovi arrivi.

    #empreintes_digitales #Eurodac #renvois #expulsions #push-back #refoulement
    Et des personnes qui sont arrêtées via des #rafles à #Marseille ou #Lyon —> et qu’on fait passer dans les #statistiques comme des nouveaux arrivants...
    #chiffres

    Coût du passage en voiture maintenant via des #passeurs : 300 EUR.

    Et le #business des renvois de Vintimille au #hotspot de #Taranto :

    Il 6 e il 12 luglio, all’una del pomeriggio, sono partiti due pullman con a bordo 15 e 10 migranti rispettivamente in direzione dell’hotspot di Taranto. È stato trasferito per errore anche un richiedente asilo a cui la polizia ha pagato il biglietto di ritorno, secondo fonti locali.

    Questi viaggi sono organizzati da #Riviera_Trasporti, l’azienda del trasporto pubblico locale di Imperia e Sanremo da anni stabilmente con i conti in rosso e che tampona le perdite anche grazie al servizio taxi per il ministero dell’Interno: 5 mila euro a viaggio in direzione dei centri di identificazione voluti dall’agenda Europa nel 2015 per differenziare i richiedenti asilo dai cosiddetti “migranti economici”.

    –-> l’entreprise de transport reçoit du ministère de l’intérieur 5000 EUR à voyage...

  • Témoignage | “Depuis que nous ne sommes plus à l’Étoile, ça va mieux psychologiquement”
    https://asile.ch/2019/08/12/temoignage-depuis-que-nous-ne-sommes-plus-a-letoile-ca-va-mieux-psychologiquem

    Le 29 mars 2019, un jeune homme de 18 ans, Ali Reza, originaire d’Afghanistan, se suicidait au foyer de l’Étoile, à Genève. Une mort qui a suscité une grande vague d’émotion, tant au sein de la communauté afghane qu’auprès de toutes celles et tous ceux qui accompagnent les requérants mineurs non accompagnés (RMNA) et jeunes […]

  • Vidéo : du #Brésil au #Canada, la nouvelle route de l’exil africain

    On la surnomme « la route de la mort ». Chaque année, des milliers de migrants en quête d’une vie meilleure traversent dix pays, du Brésil au Canada. Ils viennent de Cuba, du Venezuela, d’Haïti, mais aussi, plus récemment, d’Afrique ou d’Asie. Et chaque année, cette route tue, souvent dans l’indifférence générale. Durant cinq mois, nos reporters ont suivi le périple de la Congolaise Rosette et de sa famille sur cette route de tous les dangers. Reportage exceptionnel d’une durée de 36 minutes.


    https://www.france24.com/fr/20180413-video-reporters-doc-bresil-canada-nouvelle-route-exil-africain-mi
    #Afrique #asile #migrations #réfugiés #fermeture_des_frontières #détour #itinéraires_migratoires

    –-> je mets ici pour archivage, et pour compléter cette métaliste sur les #routes_migratoires :
    https://seenthis.net/messages/796636

  • Rwanda to receive over 500 migrants from Libya

    Rwanda and Libya are currently working out an evacuation plan for some hundreds of migrants being held in detention centres in the North African country, officials confirmed.

    Diyana Gitera, the Director General for Africa at the Ministry of Foreign Affairs and Cooperation told The New Times that Rwanda was working on a proposal with partners to evacuate refugees from Libya.

    She said that initially, Rwanda will receive 500 refugees as part of the commitment by President Paul Kagame in late 2017.

    President Kagame made this commitment after revelations that tens of thousands of different African nationalities were stranded in Libya having failed to make it across the Mediterranean Sea to European countries.

    “We are talking at this time of up to 500 refugees from Libya,” Gitera said, without revealing more details.

    She however added that the exact timing of when these would be brought will be confirmed later.

    It had earlier been said that Rwanda was ready to receive up to 30,000 immigrants under this arrangement.

    Rwanda’s intervention came amid harrowing revelations that the migrants, most of them from West Africa, are being sold openly in modern-day slave markets in Libya.

    The immigrants are expected to be received under an emergency plan being discussed with international humanitarian agencies and other partners.

    Gitera highlighted that the process was being specifically supported by the African Union (AU) with funding from European Union (EU) and the United Nations High Commission for Refugees (UNHCR).

    The proposal comes as conflict in war-torn North African country deepens.

    The United Nations estimates almost 5,000 migrants are in detention centres in Libya, about 70 per cent of them refugees and asylum seekers, most of whom have been subjected to different forms of abuse.

    This is however against the backdrop of accusations against the EU over the plight of migrants.

    Already, thousands of the migrants have died over the past few years while trying to cross the Mediterranean Sea to European countries where they hope for better lives.

    Human rights groups have documented multiple cases of rape, torture and other crimes at the facilities, some of which are run by militias.

    Rwanda hopes to step in to rescue some of these struggling migrants in its capacity.

    The Government of Rwanda has been generously hosting refugees for over two decades and coordinates the refugee response with UNHCR, as well as providing land to establish refugee camps and ensuring camp management and security.

    Generally, Rwanda offers a favourable protection environment for refugees.

    They have the right to education, employment, cross borders, and access to durable solutions (resettlement, local integration and return) is unhindered.

    Camps like Gihembe, Kigeme, Kiziba, Mugombwa and Nyabiheke host thousands of refugees, especially from the Democratic Republic of Congo and Burundi where political instabilities have forced people to leave their countries.

    https://www.newtimes.co.rw/news/rwanda-receive-over-500-migrants-libya
    #Libye #évacuation #Rwanda #asile #migrations #réfugiés #union_africaine #plan_d'urgence #UE #EU #externalisation #Union_européenne #HCR #UNHCR

    via @pascaline

  • Berne identifie les réfugiés grâce à leur portable

    Le Secrétariat d’Etat aux migrations contrôle l’identité des requérants d’asile grâce aux données de leur téléphone, ce que dénonce une organisation d’aide aux réfugiés.

    Nombreux sont les requérants d’asile qui ne peuvent pas prouver leur identité. Dans le cadre d’un projet pilote, le Secrétariat d’Etat aux migrations (#SEM) a contrôlé les téléphones mobiles et les ordinateurs portables des réfugiés pour vérifier leur identité. « Une atteinte à la vie privée », dénonce l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR)

    Le SEM a examiné 565 appareils et leurs données de novembre 2017 à mai 2018, sur une base volontaire de requérants d’asile arrivés dans les centres de Chiasso (TI) et de Vallorbe (VD). Dans 15% des cas, des informations utiles sur l’identité ou l’#itinéraire des réfugiés ont été trouvées. Le porte-parole du SEM Daniel Bach a confirmé l’existence d’un rapport interne sur ce projet pilote, comme l’ont rapporté samedi des journaux du groupe Tamedia.

    Base volontaire

    Daniel Bach s’est contenté d’expliquer que les résultats du projet pilote ont montré que ces contrôles « peuvent fournir des informations complémentaires importantes sur l’origine et l’identité des requérants d’asile ainsi que sur l’itinéraire de leur voyage ». Le porte-parole a souligné que les fouilles des téléphones mobiles et ordinateurs portables avaient été effectuées sur une base volontaire et que la protection des données personnelles avait été garantie à tout moment.

    Selon lui, jusqu’à trois quarts des demandeurs d’asile en Suisse ne peuvent prouver leur identité avec des papiers d’identité officiels. Dans certains pays, il n’y a pas d’acte de naissance et les gens n’ont pas de papiers d’identité. Les passeports des réfugiés sont aussi souvent confisqués en cours de route par des trafiquants ou d’autres groupes criminels. Les personnes sauvées en mer peuvent aussi avoir perdu leurs papiers d’identité en cours de périple.

    L’OSAR critique

    L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) a vivement critiqué ce projet pilote de contrôle systématique des #données_téléphoniques et informatiques privées des demandeurs d’asile. « On ne sait pas si les autorités vont pas utiliser ces données à d’autres fins que la seule vérification de l’identité », s’interroge la porte-parole de l’OSAR Eliane Engeler à l’agence Keystone-ATS.

    « Du point de vue de la #protection_des_données, ce projet est hautement contestable et implique une atteinte draconienne à la #vie_privée des personnes concernées », dénonce-t-elle. « Le droit pénal réglemente de manière très restrictive la fouille des données des téléphones portables. Les smartphones de criminels présumés ne peuvent être analysés qu’en cas de violations graves de la loi et de suspicion justifiée », souligne-t-elle.

    Base juridique nécessaire

    Pour sa part, le porte-parole du SEM estime qu’une base juridique n’est nécessaire que pour tous les contrôles qui ne sont pas effectués avec l’assentiment du requérant d’asile. Un projet d’évaluation des données des réfugiés est actuellement en cours d’examen au Parlement. Selon les journaux Tamedia, la commission des institutions politiques (CIP) du Conseil national doit prendre une décision prochainement.

    En juin 2018, la CI du Conseil des Etats avait soutenu par 9 voix contre 1 une initiative parlementaire de l’UDC. Celle-ci demandait que les autorités puissent contrôler les téléphones mobiles des requérants d’asile si c’est le seul moyen pour établir leur identité. Avec ce feu vert, la commission du Conseil national a ainsi pu élaborer un projet concret.

    https://www.letemps.ch/suisse/berne-identifie-refugies-grace-portable
    #smartphone #téléphone_portable #Suisse #surveillance #contrôle #réfugiés #asile #migrations

    ping @etraces

  • Parce que les mots sont importants, mais parfois aussi ce qui est ajouté avant et après les mots. Dans ce cas des #guillemets... autour du mot réfugiés.
    Entre guillemets, que diable veut bien dire le Courrier international par là ?
    Qu’il s’agit de réfugiés, mais... en réalité, vous savez...

    Nouveau sauvetage pour l’Ocean Viking, Richard Gere en soutien aux « réfugiés » de l’Open Arms

    D’ailleurs, plus loin dans l’article on reprend les propos de Salvini (et voilà que les guillemets semblent bien à un automatisme qui, hélas, ressemble fort à une caisse de résonance des politiciens)...

    - « Clandestins non identifiés » -

    Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, qui a fait éclater jeudi la coalition populiste en Italie et mène déjà campagne en vue de probables élections à l’automne, a adressé un courrier au gouvernement de la Norvège, dont le navire Ocean Viking bat pavillon.

    Notez bien qu’on met en sous-titre et entre guillemets (ah, tiens, aussi !) le mot #Clandestins_non_identifiés (c’est pour toi, cela, @sinehebdo !)...

    On met tout entre guillemets (et du coup dans le même paquet), désormais, les termes inventé d’un ministre de l’intérieur fasciste et le terme qui désigne des personnes en quête de protection internationale car ils fuient guerres, famines et autres catastrophes...

    https://www.courrierinternational.com/depeche/nouveau-sauvetage-pour-locean-viking-richard-gere-en-soutien-
    #réfugiés #asile #migrations #mots #terminologie #vocabulaire

    ping @reka

  • #Chatila, toute la misère du monde - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2018/12/16/chatila-toute-la-misere-du-monde_1695306

    Dans le camp de Chatila, à Beyrouth, en novembre 2018. Créé en 1949 pour accueillir les réfugiés palestiniens, le camp accueille aujourd’hui les victimes des autres tragédies de la région ou les travailleurs migrants de pays lointains.

  • Halfway round the world by plane: Africa’s new migration route

    Migrants using traditional routes from Africa to Europe often fail to reach their destinations. Smugglers now offer new options, such as taking migrants to faraway countries by plane.
    In early July, Mexico’s authorities reported that the number of African migrants in the country had tripled. According to government figures, around 1,900 migrants, most of them from crisis-ridden countries like Cameroon and the Democratic Republic of Congo, are now in Mexico. Their destination? The United States of America.
    The journey by plane of some of these migrants began halfway across the world in Uganda. In a garden bar in the Ugandan capital #Kampala sits a 23-year-old Eritrean man who could soon be one of them. For security reasons, he does not want to give his name. He fled the brutal military service in Eritrea last September. According to human rights organizations, military service in Eritrea can mean years of forced labor. “I do not believe that anything will change in Eritrea soon; on the contrary,” he said. Many young Eritreans see their futures overseas.


    https://www.dw.com/en/halfway-round-the-world-by-plane-africas-new-migration-route/a-49868809
    #Afrique #détour #détours #asile #migrations #réfugiés #routes_migratoires #itinéraires_migratoires #USA #Mexique #Etats-Unis #fermeture_des_frontières #Erythrée #Corne_de_l'Afrique #Ouganda
    via @isskein
    ping @reka