• L’assassinat de Mehdi Kessaci, un crime politique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/l-assassinat-de-mehdi-kessaci-un-crime-politique_6653984_3232.html

    L’alerte d’Amine Kessaci, qui, après la mort de son jeune frère, exhorte l’Etat à « comprendre qu’une lutte à mort est engagée », doit être entendue. Outre celles et ceux qui tombent sous les balles, c’est bien l’Etat de droit, la paix civile et la démocratie qui sont dans le viseur des « narcos ».

    [le] narcotrafic (...) fait vivre 200 000 personnes, dégage un chiffre d’affaires annuel estimé autour de 5,5 milliards d’euros et approvisionne en cocaïne 1,1 million d’usagers (...)

    #drogues #crime_organisé #narcotrafic #narco_terreur

    • « Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que mon frère Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du narcotrafic », Amine Kessaci, Militant écologiste, fondateur de l’Association Conscience
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/amine-kessaci-militant-ecologiste-non-je-ne-me-tairai-pas-je-dirai-et-repete

      Hier [le 18 novembre], j’ai enterré mon frère. Mon cœur n’est que blessure. La douleur m’éparpille. Mais elle n’effrite pas ma lucidité. Nous ne sommes dupes de rien. J’entends les belles paroles, les discours soudain volontaires. Je vois les postures de ceux qui prennent des mines affligées et demain continueront leur route comme si de rien n’était, parce que pour eux la vie des autres n’est rien et que seul compte le manège de leurs propres vanités. Je vois sans les lire la foule des commentaires de tout un chacun qui croit savoir mais ne sait rien.
      Parce que sa mort ne doit pas être recouverte par les sables de l’indifférence et de l’oubli. Mille fois j’écrirai son nom et je ferai face à ses assassins. Je serai le gardien de sa mémoire. Non, je ne me tairai pas.

      Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du #narcotrafic. Son emprise. Je dirai la lâcheté des commanditaires des crimes. Je dirai la dérive folle de ceux qui exécutent des contrats, brisent des vies et souillent leur âme à jamais. Je dirai pour trouer le silence comme eux trouent les corps de nos proches. Je dirai les carences de l’Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées.

      Un jour du mois d’août, la #police m’a demandé de quitter ma ville et de fermer les locaux de l’Association Conscience parce que j’étais ciblé. Sans m’en dire plus. Les semaines ont passé, sans m’en dire plus. Devant mon insistance à savoir, et parce que les menaces ne se tarissaient pas, on m’a accordé une protection policière, mais sans l’étendre aux miens. Pourtant, qui ignorait que ma famille avait déjà payé un tribut de sang ? Comment ne pas savoir que ma famille pouvait être touchée ?

      Il est temps d’agir

      Alors maintenant j’entends les discours. Mais qui rendra ses enfants assassinés à ma mère ? Le premier tombé, Brahim [dont le corps a été retrouvé le 29 décembre 2020], repose à Alger. Le second, Mehdi, avait 20 ans. Il a été touché en plein thorax par ses assassins. Il n’était coupable que d’être mon frère. Qui me rendra nos jeux, ses moqueries, sa tendresse, son soutien ?

      On me parle de crime d’avertissement. Mais un crime n’est jamais un avertissement. Le sang versé l’est pour toujours, et a plongé ma famille dans l’infini de la mort. On nous frappe pour nous briser, pour nous domestiquer, pour nous asservir. Voici ce que font les trafiquants : ils tentent d’annihiler toute résistance, de briser toute volonté, de tuer dans l’œuf tout embryon de révolte pour étendre leur pouvoir sur nos vies.

      Face à un tel ennemi, l’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’Etat ?

      Hier, j’ai enterré mon frère, et aujourd’hui je parle. Je parle et je ne me tairai pas parce que ma mère m’a appris à ne pas baisser la tête. Je parle, depuis mon deuil, depuis l’épicentre de ma souffrance, pour demander justice pour les miens, mais aussi pour toutes les autres victimes. Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis. Je parle parce que je veux que mille voix s’épanouissent. Que notre révolte face au narcotrafic soit durable, et collective. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple.

      Amine Kessaci, frère de Brahim et de Mehdi, militant écologiste, fondateur en 2020 de l’Association Conscience.

    • Narcotrafic : aux obsèques de Mehdi Kessaci, à Marseille, « la réalité, c’est qu’on a tous peur », Par Gilles Rof 
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/aux-obseques-de-mehdi-kessaci-a-marseille-la-realite-c-est-qu-on-a-tous-peur

      L’enterrement du jeune frère du militant Amine Kessaci a eu lieu, mardi 18 novembre, sous haute protection. Tout en affichant leur esprit de résistance, ceux qui osent dénoncer le trafic de stupéfiants s’avouent tétanisés par cet assassinat.


      Des habitants de la cité de Frais-Vallon se rendent à la mosquée pour la prière organisée pour Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Hommes du RAID masqués et armés de fusils d’assaut, équipes de déminage, berlines blindées pour accompagner la famille et un dispositif policier bouclant totalement la cité de Frais-Vallon (13e arrondissement) puis le cimetière de Saint-Henri (16e) dans le nord de #Marseille. Les obsèques de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, ont pris, mardi 18 novembre, une allure irréelle. Le déploiement inédit de forces de l’ordre pour un enterrement, la tension venant se mêler à la douleur des proches : tout au long de la journée, les circonstances ont rappelé à quel point l’assassinat, jeudi 13 novembre, de cet homme de 20 ans constitue une première en France.

      Encore étudiant en BTS banque dans un lycée du centre-ville, se préparant à repasser le concours de fonctionnaire de police, Mehdi Kessaci n’avait, selon le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, « rien à voir avec le narcotrafic ». Après quelques jours d’enquête, l’hypothèse d’un crime visant Amine Kessaci à travers son jeune frère reste la piste privilégiée par la justice. « Un crime d’intimidation », selon le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui constituerait un « point de bascule » dans l’ampleur prise par les réseaux de trafic de stupéfiants en France.

      Des amis de la famille, des habitants de la cité où les Kessaci ont des attaches, des élus, des militants écologistes et des associatifs qui œuvrent dans les quartiers populaires de Marseille : devant la mosquée de Frais-Vallon, bloc de béton brut encerclé de barres d’immeubles, chacun se faufile, en début d’après-midi, au milieu des véhicules de police. Les responsables du petit lieu de culte sortent des tapis de prière à l’extérieur, ouvrent une salle annexe pour les non-musulmans. Les mots sont rares, formulés à voix basse. « Qu’on soit venus là est déjà un acte de résistance… Bien sûr qu’on a la trouille. On n’a pas envie d’être la prochaine cible », lâche la présidente d’une association des quartiers nord, connue pour son franc-parler et qui, pour une fois, requiert l’anonymat.


      Sur le lieu où a été assassiné Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      « Les gens sont estomaqués et la réalité, c’est qu’on a tous peur. Se dire qu’en parlant de ce qui se passe d’anormal dans nos quartiers, tu peux y passer, cela freine évidemment », souffle Nassurdine Haidari. A 47 ans, ce militant multicarte est engagé chez Les Ecologistes, dans les luttes décoloniales comme dans le combat contre les ravages du trafic de drogue. « Aujourd’hui, le plus dur à gérer, c’est le sentiment d’impuissance », ajoute-t-il.

      Gilet pare-balles

      Amine Kessaci, qui, ces dernières semaines, vivait sous protection policière à l’extérieur de la ville, n’était pas apparu publiquement depuis l’assassinat de son frère. Ceux qui ont pu lui parler à son retour à Marseille racontent un « homme dévasté », qui « s’interroge sur son combat ». A cette heure-là, personne ne savait encore qu’il prendrait la parole, mercredi, dans une tribune au Monde, dans laquelle il affirme vouloir continuer de « lutter » et incite chacun à s’exprimer parce que « le silence est l’abri de nos ennemis ».

      Blouson en jean masquant à peine son gilet pare-balles, visage marqué par la douleur, soutenu par ses proches et encadré par les policiers qui ne le quittent plus depuis la mort de Mehdi, il monte les quelques marches qui mènent à la mosquée, sans pouvoir prendre le temps de saluer les présents. La violence du narcotrafic vient, alors qu’il a 22 ans à peine, de lui arracher un second frère. Après Brahim, son aîné assassiné en 2020, celui pour la mémoire de qui il se bat depuis.

      L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, avec laquelle il a fait campagne pour les élections européennes de 2024, est là, l’ancienne secrétaire d’Etat à la ville et au plan Marseille en grand, Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance), aussi. Elle accompagne Laurent Carrié, le conseiller territoires du président de la République, Emmanuel Macron, venu à la demande de ce dernier. Ce haut fonctionnaire connaît bien Amine Kessaci. Il l’a souvent croisé lorsqu’il était préfet à l’égalité des chances à Marseille, d’octobre 2021 à août 2023. Une période où la ville a connu un nombre inédit de #narchomicides – 49 en 2023 –, dont le meurtre de Socayna, jeune étudiante touchée par une balle perdue alors qu’elle était dans sa chambre. « A cette époque, l’émotion était déjà très forte. Mais, là, un cap est passé », estime l’envoyé du chef de l’Etat.

      A l’heure où l’imam lance la prière au défunt à Frais-Vallon, la nouvelle qu’un homme vient d’être abattu de plusieurs balles dans le quartier des Olives, à quelques kilomètres, sidère les présents. C’est le troisième meurtre en plein jour à Marseille, depuis octobre.

      Enquête délocalisée

      Dans cette journée de deuil pour la famille Kessaci et tous ses soutiens, l’Etat a tenu à afficher sa présence. A Marseille, par la protection ostensible des obsèques, sous le commandement direct de la préfète de police déléguée, Corinne Simon. A Paris, en accélérant la nomination, qui doit être officialisée mercredi 19 novembre en conseil des ministres, selon la Lettre A, du nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, ancien gendarme, jusqu’alors préfet du Grand Est. Et en décidant de délocaliser l’enquête sur le meurtre de Mehdi Kessaci.


      Devant le cimetière Saint-Henri, où est enterré Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Les investigations, ouvertes des chefs de « meurtre en bande organisée avec préméditation » et « associations de malfaiteurs en vue de commettre un crime », sont désormais confiées au parquet de Paris et à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Une manière d’afficher politiquement et judiciairement l’importance donnée à l’affaire, alors que, à Marseille, certains proches d’Amine Kessaci et lui-même, dénoncent le fait que sa famille n’avait pas bénéficié, ces dernières semaines, de mesures de protection malgré les menaces qui pesaient sur lui.

      Depuis l’assassinat du jeune Mehdi, le ministère de l’intérieur aurait décidé la mise sous protection d’une dizaine de personnes, connues pour leurs prises de parole ou leurs actions contre le narcotrafic. Des figures du militantisme marseillais assurent également avoir reçu des autorités le conseil appuyé d’éviter les déclarations publiques « pendant quelque temps ».
      Jeudi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la justice, Gérald Darmanin, doivent se rendre à Marseille. Une double visite que la ville espère depuis le meurtre de Mehdi Kessaci, qualifié par le maire, Benoît Payan (divers gauche), de « défi lancé à la France ».

      Marche blanche et action de l’Etat

      Les larmes aux yeux à la sortie du cimetière Saint-Henri, l’écologiste Michèle Rubirola, première adjointe, souligne la responsabilité globale de l’Etat dans la situation vécue par sa ville. « Les options sécuritaires ne suffiront pas à gagner la guerre contre le narcotrafic. Il faut aussi porter des politiques sociales et sanitaires pour répondre à une jeunesse qui a l’impression de ne plus avoir d’avenir et des consommateurs de drogue qu’on laisse en errance », insiste l’ex-maire de Marseille.
      Militant historique de la lutte contre le mal-logement, compagnon de l’aventure de l’Après M, ce fast-food transformé en lieu de solidarité, Fathi Bouaroua souligne, lui aussi, la nécessité d’une action au plus haut niveau. « Nous ne sommes plus face à de simples dealeurs. Ces gens-là osent se confronter directement à l’Etat. Leur message, c’est : “Sachez que vous ne pouvez pas passer de l’autre côté, nous dénoncer et collaborer avec la police contre nous.” Amine a peut-être été un peu trop seul dans son combat. S’opposer à ce genre de menaces nécessite un autre type de moyens », plaide-t-il.

      Sur les réseaux sociaux, il a incité ceux qui veulent montrer leur soutien au militant écologiste à acheter son livre Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde, 224 pages, 20 euros). En attendant la marche blanche, qui doit se dérouler samedi 22 novembre à l’appel de Conscience, l’association créée par Amine Kessaci. « Les gens arriveront-ils aussi à mobiliser ?, interroge, troublé, Mohamed Bensaada, fondateur du syndicat des quartiers populaires de Marseille et militant de La France insoumise. J’ai peur que cette violence qui nous terrifie aujourd’hui devienne juste la norme pour les jeunes générations. Mais, si nous nous taisons, vivre ne vaudra pas la peine. »

      Sur le rond-point Claude-D’Arcy, là même où a été abattu Mehdi Kessaci, des gerbes de fleurs commencent à s’amonceler. L’une d’elles porte un ruban marqué d’un court message : « Notre affaire à tous. »

    • C’est « marrant » ça faisait quelques jours que je passais des heures à lire des trucs sur les mafias actuelles en France (après avoir lu des heures sur les mafias des années 30 aux USA la semaine dernière), et donc forcément sur la DZ Mafia :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/DZ_Mafia

      Notamment parce que c’est eux qui à priori tente de raquetter le rappeur SCH, et ce pourquoi il vit à Paris sous protection, et ce pourquoi il a été ciblé par un assassinat (qui a tué son directeur commercial), l’année dernière.
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/marseille-assassinat-du-proche-du-rappeur-sch-extorsion-dune-discotheque-

      Et donc pour les deux frères d’Amine Kessaci tués :
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/derriere-le-meurtre-de-mehdi-kessaci-la-piste-mamine-redoutable-chef-de-l

      #DZ_Mafia #France #Marseille #narcotrafic #mexicanisation #cartels

    • Une "mafia" sans omerta (la poukave est un attribut du trafic de dope là où, suite aux Carbonari la mafia s’est fondée sur le secret), un cartel sans contrôle de la production (il y a des tentatives sur les drogues de synthèse), et, centralisent, un imaginaire de film de gangsters. Une organisation qui privilégie l’embauche de petites mains intérimaires ou auto-entrepreneurs pour préserver un noyau qui est le sous produit de la guerre de territoires, constitutive de ce type de commerce (au moins avant l’ubérisation de la vente) et de l’archipel carcéral.
      L’autodésignation comme mafia (reprise de Mocro Mafia pour exprimer une ambition de grandeur) est par essence contradictoire avec l’idée même de mafia qui est et doit rester une société secrète, celle des héroïques https://fr.wikipedia.org/wiki/%27Ndrangheta, celle qui défend sa chose https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosa_nostra ; des « bons à rien » https://fr.wikipedia.org/wiki/Yakuza ; ou comme les triades, à la fois opposées au régime et inféodées aux patrons de l’économie, les Triades, autre société secrète https://fr.wikipedia.org/wiki/Triades_chinoises). Le marketing publicitaire vient renforcer l’intimidation.

      Certes issues de territoires spécifiques (les Quartiers Nord), ces sociétés commerciales relèvent avant tout de l’atomisation des relations capitalistes, et non d’anciennes formes communautaires de contrôle social (famille, clan, village). L’histoire est passée par là. Et il n’y a ici aucun contre modèle, tout au plus un miroir tendu (cf la hype vouée aux friqués de Dubaï, dont certains trafiquants importants).

      https://seenthis.net/messages/1137633
      https://seenthis.net/messages/1090030

      Sous couvert de lutte anti carcérale, il s’agissait avec les attaques de prison d’avril dernier de répandre la panique, des matons au directeurs de taules. C’était d’abord pour conserver aux huiles de cette société des marges organisationnelles à l’intérieur des prisons. Sans doute aussi en vue d’élargir le recrutement à davantage de main d’œuvre qualifiée (une entreprise se jauge à sa réputation). Tel est du moins mon avis, n’en déplaise à LM ou Contre attaque qui aimeraient légitimement être les contemporains de luttes contre la prison et font mine (?) de ne pas savoir ce que c’est que de risquer sa liberté, voire sa peau pour 2000 balles, sans même connaître, le plus souvent, ses employeurs (on est dans un schéma inverse des mafia, féodalité qui repose sur l’"honneur" dont il faut faire preuve dans une chaine de relations interpersonnelles hiérarchisées).

      https://seenthis.net/messages/1109775

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaques_de_2025_contre_des_prisons_françaises#cite_ref-TF1_1-1

      Par ailleurs, même sans jouer à follow the money, il suffit de regarder dans divers quartiers, y compris dans des petits bleds de province, le nombre de boutiques diverses sans chiffre d’affaires apparent pour se dire que le blanchiment, c’est pas juste du bitcoin et du paradis bancaire.
      Comme la paix sociale dépend des emplois (aussi risqués soient-ils), et surtout des revenus (aussi faibles soit-ils) qui ruissellent depuis les trafics de drogue, ça devrait pas cesser.

      Sauf que des protagonistes ont décidément pris la confiance, jusqu’à dépasser les bornes (la logique des territoire de deal cède le pas), créant un immense trouble à l’ordre public (innombrables exécutions, victimes "collatérales, et maintenant meurtre d’intimidation sur personne sans lien avec leur activité). Les cartes vont être rebattues par le gérant du Casino, c’est annoncé. Évidemment pas au point de revenir sur la prohibition des drogues. Voilà une série promise à de nombreuses saisons.

      edit quant aux pratiques d’extorsions dans le rap amoureux du fric, des extraits de « L’Empire », dans les coulisses criminelles d’une industrie aux chiffres vertigineux
      https://seenthis.net/messages/1143488

    • A Dubaï, les luxueux appartements des « narcos » dans le viseur de la coopération judiciaire
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/a-dubai-les-luxueux-appartements-des-narcos-dans-le-viseur-de-la-cooperation

      En visite aux Emirats arabes unis, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a dévoilé une liste de biens immobiliers que les autorités locales ont saisis à la demande de la France.

      Les visites diplomatiques de Gérald Darmanin aux #Emirats_arabes_unis, en tant que garde des sceaux, sont l’objet d’un rituel immuable : la remise à son homologue d’une « liste » recensant les criminels français en cavale, dont Paris espère l’extradition. Mercredi 19 novembre, sans déroger à cette tradition, Gérald Darmanin a remis une sélection d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés, à la portée semblable à celle des affiches « Wanted » du Far West américain. Mais c’est d’un autre listing qu’est venue la nouveauté. Celui-ci détaille une quarantaine de biens immobiliers appartenant aux « narcos » ayant élu domicile à #Dubaï, et dont la saisie a été actée par les autorités locales.

      Postant sur le réseau social X un bref compte rendu de son déplacement, Gérald Darmanin se félicitait de cette première, précisant qu’il avait « transmis une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine » aux autorités émiraties, « en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies ». Ce volet immobilier avait déjà été amorcé lors de la précédente visite du ministre, en janvier. Vanessa Perrée, alors directrice de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, était du voyage. Cette magistrate, dont le nom a désormais été proposé par Gérald Darmanin pour diriger le futur Parquet national anticriminalité organisée, avait sensibilisé ses interlocuteurs sur la question des confiscations et des saisies. Restait à fournir les détails opérationnels.

      Comme le permet la loi sur le narcotrafic, promulguée en juin, la saisie des avoirs criminels peut être réalisée avant même la condamnation définitive des prévenus. C’est en exportant le concept de « taper au portefeuille » des trafiquants du haut du spectre qu’a été lancé ce processus, sans pour autant que soit encore clarifié le devenir des biens en question, parfois situés dans les gratte-ciels les plus iconiques de Dubaï.

      « Coopération fructueuse »

      Si des résultats rapides sont attendus au sujet des « narcos » dont les noms ont été livrés à la police locale (il est habituel que quelques arrestations ponctuent le retour du ministre, comme un gage de bonne foi), la réalisation du diptyque « interpellation - extradition » n’est pas toujours fluide. Il a ainsi fallu s’y reprendre à deux fois, après une première remise en liberté, avant de faire revenir en France en juin, sous une lourde escorte policière, Abdelkader Bouguettaia, dit « Bibi », importateur présumé de larges quantités de cocaïne via le port du Havre et résidant à Dubaï depuis 2019. Après avoir quitté subrepticement cette ville, c’est finalement au Maroc, en mars 2024, qu’avait été cueilli Félix Bingui, dit « Le Chat », cadre dirigeant du clan marseillais Yoda, désormais emprisonné à Vendin-Le-Vieil (Pas-de-Calais).

      En dépit de ces circonvolutions, les relations diplomatiques se sont réchauffées depuis quelques années. Au-delà des voyages réguliers des ministres en exercice, l’installation, en avril 2024, d’un magistrat de liaison, a permis de faciliter le dialogue avec les Emirats, et de limiter les incompréhensions. « Depuis 2020, il y avait eu zéro extradition, et cette année, on en a recensé 14 en dix mois, c’est une coopération fructueuse », souligne-t-on à la chancellerie. Les gains en termes d’image sur la scène internationale, notamment pour ne plus apparaître comme une oasis tranquille pour criminels en cavale, participent à ce changement de paradigme côté émirati. Pour preuve, le prince héritier en personne a participé aux rencontres avec la délégation française.

      Mais ce déplacement, qui a coïncidé avec la réunion d’urgence organisée mardi par Emmanuel Macron sur le narcotrafic, s’inscrit aussi dans un moment politique particulièrement sensible au sujet de la lutte contre les trafics de stupéfiants et aux violences qui y sont corrélées. Une semaine après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, sont attendus jeudi à Marseille. La ville figure, sans surprise, comme l’un des principaux ports d’attache des narcotrafiquants ayant misé sur les luxueux appartements surplombant Dubaï pour y réinvestir l’argent du crime.

    • D’autres voix autorisées

      Trafic de stupéfiants : « L’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer le phénomène », Jean-Baptiste Perrier, Professeur de droit
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/trafic-de-stupefiants-l-approche-exclusivement-penale-si-necessaire-soit-ell

      Les récentes violences liées au trafic de stupéfiants rappellent, une fois encore, que la France se trouve confrontée à un phénomène qui ne relève plus de la seule délinquance de rue, mais d’ une dynamique criminelle profondément enracinée.
      L’assassinat, le 13 novembre, du frère du militant écologiste Amine Kessaci et la fusillade, dans la nuit du 15 au 16 novembre, touchant un garçon de 12 ans à Grenoble – ne sont pas des faits isolés. Ils témoignent au contraire d’une aggravation inquiétante du phénomène : extension géographique des réseaux, rajeunissement des acteurs impliqués, banalisation de l’usage des armes , menaces sur les magistrats et le personnel pénitentiaire , montée en puissance des logiques de représailles et des actes d’intimidation.

      Pourtant, depuis plusieurs années, les chercheurs spécialisés et les acteurs des milieux associatifs alertent sur une transformation structurelle du trafic de stupéfiants (qu’il convient de nommer pour ce qu’il est, en évitant tout terme qui renverrait à une image populaire séduisante [raté : le populaire plus ou moins jeune est repu d’un imaginaire de films de gangsters, apte à le régurgiter, vaguement]). L’offre de stupéfiants se diffuse toujours plus largement, tirée par une économie criminelle souple, agile, qui sait tirer parti du numérique et, plus encore, des vulnérabilités sociales. Ce constat est étayé par de nombreux rapports : en août, l’Office anti-stupéfiants alertait sur un véritable « tsunami blanc » de cocaïne [c’est plutôt une submersion, mais utiliser ce terme serait dangereux à d’autres égards], le nombre de consommateurs ayant presque doublé en quatre ans, et la France est devenue « sans zone blanche » ; c’est-à-dire que le trafic de drogue s’étend désormais sur tout le territoire, des métropoles aux zones rurales.

      Face à cette aggravation du phénomène, la réponse française demeure hélas centrée sur la répression : la loi du 13 juin 2025 ne fait que durcir les outils existants, alors que son intitulé même reconnaît que le pays serait déjà tombé dans le « piège du narcotrafic ».

      Cette orientation répressive n’est pas illégitime , et la lutte contre la criminalité organisée implique d’appréhender et de punir les auteurs, mais elle a montré depuis longtemps ses limites. Alors qu’un rapport du Sénat évoquait, en mai 2024, une « menace existentielle », la réponse est à l’évidence insuffisante : l’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer un phénomène qui s’alimente de facteurs économiques, sociaux ou encore éducatifs.

      Des travaux en criminologie ont en effet montré que l es marchés illicites, au premier rang desquels le trafic de stupéfiants, prospèrent lorsque les services publics et les perspectives pour la jeunesse reculent. [ pas question de renoncer pour si peu !] Le chômage massif des jeunes, la déscolarisation, le sentiment d’abandon sont autant d’interstices dont le crime organisé profite, en promettant des #revenus faciles (mais souvent illusoires) ainsi qu’un sentiment d’#appartenance que d’autres institutions ne parviennent plus toujours à offrir. La lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé ne peut donc ignorer ces dimensions : elle doit s’inscrire dans une approche pluridisciplinaire et de long terme.

      Une conférence de consensus

      Il ne s’agit pas d’être naïf, en pensant pouvoir éradiquer ce phénomène, ni de renoncer à l’outil répressif, mais de comprendre qu’il est absolument nécessaire d’agir simultanément sur plusieurs leviers : sécuritaire, mais aussi social, économique ou encore sanitaire . Le sujet doit être sorti de l’urgence permanente pour être inscrit dans une stratégie nationale et cohérente.

      Pour cela, l’organisation d’une conférence de consensus apparaît plus nécessaire que jamais. Une telle démarche, éprouvée pour d’autres politiques publiques [les retraites ? la santé publique ? l’école ?], permettrait de dépasser les postures partisanes et de réunir autour d’une même table chercheurs, pouvoirs publics, élus locaux, magistrats, policiers, associations de terrain, travailleurs sociaux, experts en santé publique ou encore [la rustine démocratique des] familles de victimes.

      L’objectif serait d’élaborer un diagnostic commun, d’évaluer rigoureusement les mesures existantes et de proposer un plan stratégique de long terme, tant pour la répression que pour la prévention, pour renforcer les dispositifs éducatifs, pour sécuriser les quartiers, en somme pour faire reculer les réseaux criminels en faisant avancer le lien social.

      La lutte contre le trafic de stupéfiants exige désormais de dépasser les logiques de court terme pour élaborer une politique véritablement intégrée, articulant prévention, sécurité, justice et action sociale. La crise est profonde et le point de basculement est probablement atteint, mais rien n’est irréversible. Un sursaut collectif s’impose pour dépasser l’illusion du tout-sécuritaire et affronter ce défi dans toute sa complexité humaine, sociale et territoriale.

      Jean-Baptiste Perrier est professeur à Aix-Marseille Université et doyen de la faculté de droit et de science politique. Spécialiste des questions de justice pénale, il a dirigé l’Institut de sciences pénales et de criminologie d’Aix-en-Provence et il est également président de l’Association française de droit pénal.

      #territoires #social

    • De nouveau pour dire que la répression ne suffit pas, et cette fois qu’il faudrait en finir avec celle de l’usage de cannabis, sans pour autant remettre en cause une répression des autres drogues prohibées (ainsi efficacement recentrée), répression qui est pourtant la condition native des organisation criminelles, d’illégalismes plus ou moins saumâtres.

      « Il est temps de mettre en œuvre une politique globale envers toutes les drogues, qui associe pleinement santé publique et ordre public », Bernard Basset, Médecin spécialiste en santé publique, Amine Benyamina, Professeur de psychiatrie et d’addictologie
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/il-est-temps-de-mettre-en-uvre-une-politique-globale-envers-toutes-les-drogu

      L’assassinat de sang-froid à Marseille du frère d’un militant associatif contre l’emprise du narcotrafic dans la ville a suscité l’horreur et témoigne des risques que fait courir à la société française la diffusion des méthodes brutales des #cartels de la drogue. La réponse répressive est indispensable et urgente, mais elle ne saurait être la seule pour lutter efficacement contre un phénomène qui se nourrit aussi de l’absence d’une politique cohérente de #santé_publique.

      La réunion contre le narcotrafic convoquée dans l’urgence mardi 18 novembre par le président de la République est révélatrice d’une approche uniquement centrée sur la répression, et dont on peut constater depuis un demi-siècle les limites sur le long terme. En effet, les professionnels de santé en ont été exclus.

      Il est légitime et indispensable de lutter vigoureusement contre l’emprise progressive des entreprises mafieuses sur les quartiers et, au-delà, sur son essaimage sur tout le territoire. Mais cette action de la police et de la justice s’accompagne à tort de l’idée que la répression est aussi le seul levier qui doit être employé contre les consommateurs. Cette logique normative et mécaniciste doit être évaluée, au-delà de toute considération morale, à l’expérience de ses échecs depuis des décennies. La diffusion des #drogues_illégales défie les coups de menton prétendument volontaristes et l’idée que seule la répression des consommateurs peut venir à bout du problème.

      En matière de stupéfiants, les objectifs d’une politique de santé sont souvent présentés à tort comme complaisants envers l’usage des drogues. Ce n’est jamais le cas car les professionnels de l’#addictologie ont une claire conscience de l’importance des risques et des dommages pour les personnes et pour leur entourage. Mais prévenir les usages et aider les usagers à sortir de leur dépendance sont des œuvres de longue haleine pour lesquels les a priori doivent céder la place concrètement et intellectuellement à la science et aux expériences évaluées.

      Salles de consommation supervisées

      Notre pays a longtemps été exemplaire en ce domaine avec une politique de #réduction_des_risques et des dommages qui s’est progressivement mise en place dans le contexte dramatique du début de l’épidémie de VIH. Il s’agit d’une réussite spectaculaire sur le plan sanitaire, mais aussi pour l’ordre public car la mise à disposition des #produits_de_substitution a mis fin aux braquages de pharmacies par les personnes en état de manque, qui faisaient la une des journaux dans les années 1980. La recherche d’efficacité, le pragmatisme et le courage politique des responsables d’alors devraient nous inspirer aujourd’hui.

      Depuis vingt ans, on assiste à un recul de la politique de santé – quand ce n’est pas simplement un abandon –, ce qui suscite l’étonnement voire l’incompréhension de nos collègues étrangers. L’exemple le plus frappant est celui des #salles_de_consommation_supervisées (appelées « haltes soins addictions ») dont les évaluations scientifiques et administratives sont clairement positives, mais dont la diffusion sur le territoire se heurte à la démagogie et à la stigmatisation des personnes dépendantes. Pourtant, il est clairement établi qu’elles contribuent aussi à la tranquillité publique et qu’elles offrent, pour une partie des utilisateurs, une issue à la dépendance.

      Les professionnels de l’addictologie et de la santé publique sont regardés avec condescendance quand ils demandent que la politique de lutte contre les drogues repose sur la prise en compte rationnelle des risques et des dommages pour chacun des produits. Il ne s’agit pas uniquement d’une préoccupation de rationalité de santé publique, mais aussi d’un souci de mieux employer les forces de répression contre les trafics les plus dangereux.
      C’est pourquoi la répression de la consommation de #cannabis est non seulement inefficace, mais affaiblit la lutte contre des drogues plus dangereuses et aux mains de réseaux criminels sans pitié. La #légalisation_du_cannabis est une option que d’autres pays ont déjà retenue, qui rapporte aux finances publiques et qui présente bien moins de risques pour la santé que l’#alcool qui est porté aux nues. Cette proposition ancienne ne doit pas être vue comme provocatrice, mais comme une opportunité pour les forces de répression de se consacrer au combat contre le cœur le plus inquiétant du trafic.

      Je suis un peu largué, et si il y a bien un retour de l’héro, je vois pas bien comment l’explosion de la conso de diverses drogues de synthèse (diversification causée par une loi qui n’est pas exclusivement celle du profit : vendre avant que le produit soit considéré comme une drogue prohibée) ou la conso de coke pourraient voir leurs dangers réduits sans dépénalisation (qui ne se fera pas dans des salles de conso).

      #usagers_de_drogues #prohibition_des_drogues

    • Assassinat de Mehdi Kessaci : les enquêteurs demeurent prudents, la piste d’un cadre de la DZ Mafia étudiée
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/22/assassinat-de-mehdi-kessaci-les-enqueteurs-demeurent-prudents-la-piste-d-un-

      La signature du plus puissant groupe de narcotrafiquants marseillais – la #DZ_Mafia – est une piste qui semble s’imposer à ce stade. Un profil serait même privilégié, selon l’édition du Parisien du 20 novembre : celui d’Amine O., l’un des leaders de la DZ Mafia, emprisonné depuis mars à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse. C’est depuis sa cellule qu’il aurait pu commanditer cet assassinat.

      Amine O., aussi surnommé « Mamine », ou « Jalisco », est bien connu des enquêteurs marseillais, mais aussi des magistrats de la juridiction nationale contre la criminalité organisée, à Paris, qui pilote désormais ce dossier sensible. Une note blanche du service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée documentant les activités de la DZ Mafia, datée d’octobre 2024, détaille que « Mamine », dont les photos anthropométriques montrent un regard déterminé, une moustache épaisse et une barbiche, des cheveux ramenés en catogan, est connu pour sa « capacité de recrutement rapide d’équipes “à tiroir” pour la DZ Mafia », et constitue une « pièce maîtresse dans cette organisation criminelle ».
      Cet homme de 31 ans, qui a grandi dans la cité des Micocouliers, dans le 14e arrondissement de Marseille, fut essentiellement condamné, au début de son ascension criminelle, entre 2013 et 2016, pour violences aggravées, vols aggravés ou association de malfaiteurs. Depuis 2020, et plus encore ces trois dernières années, ses incriminations judiciaires, dans des affaires d’#assassinats_ciblés particulièrement sauvages, accompagnent la montée en puissance de la DZ Mafia. C’est un triple meurtre, remarquable de violence, qui connecte « Mamine » à la famille Kessaci…

      A la fin décembre 2020 et début janvier 2021, trois corps sont retrouvés, carbonisés, dans des voitures incendiées et abandonnées. Il s’agit de trois amis, considérés comme des figures montantes du trafic de stupéfiants. L’un d’entre eux, découvert gisant dans une Audi S3 en flammes, est un jeune homme âgé de 22 ans nommé Brahim Chabane. Il est le demi-frère d’Amine Kessaci, qui avait fondé depuis quelques mois à peine l’association Conscience, engagée sur le terrain de l’écologie comme de la lutte contre les trafics de drogues. Amine O. est poursuivi pour assassinat et, à l’époque, placé sous mandat de dépôt.

      Pourquoi n’a-t-il pas fait partie de la première sélection de détenus installés dans la « narcoprison » de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), dès la fin juillet ? « Comme il y a déjà 21 détenus de la DZ Mafia à Vendin, l’idée était de ne pas y reconstituer toute la tête de réseau, mais, au contraire, de répartir sur les deux sites les principaux », explique un responsable de l’administration pénitentiaire.

      « Les commanditaires sont dans nos prisons », a affirmé, vendredi, en marge de la présentation de son plan « zéro portable », le garde des sceaux, Gérald Darmanin, au sujet de l’assassinat de Mehdi Kessaci. Il a aussi souligné que « l’administration pénitentiaire n’avait rien à se reprocher » concernant la gestion du cas Amine O.

    • https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/marseille-les-nouvelles-cibles-du-narcotrafic-5904452

      Le journaliste Xavier Monnier, spécialiste du milieu criminel marseillais, nuance la dimension ethnique : « Il faut faire attention à avoir une lecture trop ethnique… au sein de la DZ Mafia comme du groupe Yoda, vous avez des Français d’origine comorienne, italienne, corse, algérienne, tunisienne. » Il rappelle que la DZ Mafia est née et organisée depuis la prison, fruit d’une décennie d’évolution : « On est face à l’aboutissement d’une chrysalide criminelle et là, on affronte l’éclosion. »

      Xavier Monnier qui avait donc fait une grosse enquête sur la DZ Mafia avant ce crime :
      En vidéo déjà lié https://seenthis.net/messages/1137633
      Et en écrit aussi en 3 articles :
      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 1 : Terreur sur Marseille
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-1-terreur-sur-marseille-h

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 2 : La prison comme berceau et quartier général
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-2-la-prison-comme-berceau

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 3 : La nouvelle ère du narcocapitalisme
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-3-la-nouvelle-ere-du-narc

      Et sa réaction au dernier meurtre
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/marseille-don-quichotte-contre-les-moulins-des-narcos-yTR7NfaRR12EFEpXFK9

    • Bruno Mangin, pharmacien : « Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, n’ajoutons pas de la honte à leur souffrance »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/25/bruno-mangin-pharmacien-les-consommateurs-de-drogue-portent-deja-une-culpabi

      Depuis plusieurs jours, les propos d’Emmanuel Macron visant les consommateurs « bourgeois des centres-villes » accusés de financer le narcotrafic ont suscité bien des réactions. La mobilisation de cette rhétorique est inquiétante : loin d’éclairer les enjeux, elle renforce de vieux préjugés à l’égard des consommateurs de drogues et conduit la lutte contre le narcotrafic dans une impasse politique et opérationnelle. Réduire un phénomène aussi complexe à un mécanisme de culpabilisation individuelle revient à nier la réalité des déterminants sociaux et des responsabilités publiques.

      Oui, sans clientèle, il n’existe pas de marché. C’est l’évidence. Mais réduire la question du narcotrafic à une équation morale et individuelle – faute, culpabilité, responsabilité personnelle – revient à masquer l’essentiel. La consommation ne peut être dissociée du contexte social, économique et politique qui la rend possible ou supportable. Pointer les usagers du doigt, c’est détourner le regard des causes profondes sur lesquelles, collectivement, nous refusons d’agir.

      Notre société est en proie à une perte de repères, à une inquiétude face à l’avenir, à une montée de l’isolement et à un effritement du lien social. Le vertige écologique, la fragilisation économique et l’injonction permanente à la performance touchent toutes les catégories sociales. Ce que l’on demandait autrefois à la communauté, on le demande désormais aux individus. C’est dans ce vide que les conduites addictives deviennent les palliatifs fragiles qui permettent de rester debout face à un réel devenu trop lourd. La question n’est pas seulement de savoir qui consomme, mais ce qui, dans notre organisation sociale, rend ces usages attractifs, nécessaires ou tolérables.

      L’histoire nous l’a appris : la « #guerre_contre_la_drogue », déclarée il y a plus de cinquante ans [aux Etats-Unis] par Richard Nixon, est un échec mondial. Des milliards dépensés, des vies brisées, sans jamais parvenir à la réduction durable des trafics ou de la disponibilité des produits. Le constat est clair : la seule répression ne modifie ni les marchés ni les logiques d’usage. En revanche, elle fragilise les plus vulnérables, aggrave les risques et éloigne des dispositifs de prise en charge.

      Explications simplistes

      Les données issues des organismes publics, dont l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, montrent que les usages évoluent, s’étendent et se diversifient. Elles documentent une progression globale tout en soulignant des différences selon les âges, les produits et les contextes.

      Ces éléments invitent à analyser, à comprendre, à débattre, plutôt qu’à désigner des coupables simplifiés. S’agissant des jeunes, les indicateurs suggèrent une évolution contrastée, mais il serait imprudent d’en déduire des conclusions causales. Leur mal-être augmente, leur rapport au monde change, mais rien ne permet d’affirmer ce qui relie ou distingue ces tendances. La responsabilité publique oblige à dépasser les explications simplistes et à repenser nos politiques à l’aune de réalités complexes, où la détresse sociale, existentielle et économique joue un rôle déterminant.

      Face à cela, les réponses politiques demeurent fragmentées. Les débats sur la légalisation du cannabis ou les haltes soins addictions sont trop souvent caricaturés, réduits à des slogans qui empêchent toute réflexion sérieuse. Cette caricature, devenue réflexe, produit de fait une absence de débat démocratique. Pourtant, la légalisation, expérimentée dans de nombreux pays, contribue à affaiblir les réseaux criminels, réduire les violences et mieux contrôler les substances. De même, les haltes soins addictions – évaluées officiellement – démontrent leur efficacité sanitaire, sociale et sécuritaire. Malgré cela, leur déploiement reste marginal, sans stratégie nationale.

      La lutte contre le narcotrafic nécessite une coordination réelle entre l’Etat, garant du cadre régalien, et les collectivités territoriales, au contact des réalités sociales. Sans articulation entre justice, police, prévention, santé publique, action sociale et politiques de jeunesse, aucune stratégie ne peut produire d’effets durables. C’est cette coopération – et non la désignation de boucs émissaires – qui permettra d’agir sur les causes, protéger les populations et réduire l’emprise des réseaux.

      Débat sur la légalisation

      A l’approche des élections municipales, il appartiendra aux candidates et candidats d’assumer leurs responsabilités : proposer des politiques locales qui ne se limitent pas à la seule sécurité, mais qui intègrent prévention, accompagnement social, soutien économique, réponses sanitaires structurées et vision politique cohérente. Ignorer cette dimension, c’est condamner les territoires à des solutions inopérantes.

      L’urgence est claire : cesser d’opposer morale et santé publique, prévention et répression, usagers et non-usagers. Lutter efficacement contre le narcotrafic exige une stratégie globale : fermeté contre les réseaux criminels, mais aussi courage face aux réalités sociales, économiques et politiques qui nourrissent la demande. Cela suppose d’ouvrir enfin un débat sérieux sur la légalisation, de déployer des haltes soins addictions dans toutes les grandes villes et de reconnaître l’usager non comme un coupable, mais comme un citoyen dont la santé et la dignité doivent être protégées. Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, et il est inutile d’ajouter de la honte à leur souffrance.

      Si nous voulons réduire le narcotrafic, ni la stigmatisation ni les proclamations ne seront suffisantes. Si nous voulons avancer, nous devons nous occuper de ceux qui souffrent, cesser de les accuser et contribuer à soigner une société qui vacille. Une société adulte ne se contente pas d’indignation ou de simplification. Elle regarde la réalité, elle l’affronte, elle construit. C’est cela que nous devons à nos concitoyens, à nos jeunes, à nos territoires et à notre démocratie.

      Bruno Mangin, pharmacien à Nîmes et président de l’association Ekko, qui œuvre pour la prise en charge des personnes en situation d’addiction et pour la prévention des conduites addictives.

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe -Disponible jusqu’au 05/04/2026
      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027444/narcotrafic-le-poison-de-l-europe

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. En retraçant l’histoire de ce narcotrafic d’un type nouveau, cette captivante enquête montre combien l’ultralibéralisme contemporain lui permet de prospérer.

      « le débat ne prend pas en compte la place du système financier », estime Roberto Saviano
      https://seenthis.net/messages/1151976

      La richesse d’une nation
      https://seenthis.net/messages/1151911

      #narcotrafic

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe (2/2)
      La faiblesse des États
      https://www.arte.tv/fr/videos/118270-000-A/narcotrafic-le-poison-de-l-europe-2-2

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas et la Belgique ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. Ce second volet retrace la patiente enquête des polices européennes pour frapper le narcotrafic à sa tête. Une victoire temporaire, puisqu’il s’est reconstitué aussitôt, ailleurs et avec d’autres…

      pas mal de blabla, et pas que.
      découvre qu’en raison de ce commerce, le port de Rotterdam a été robotisé (le narcotrafic se dirige vers des ports moins équipés : Anvers n’a pas atteint la capacité de scanner tous les conteneurs ; le Havre est loin de tout ça, etc.)
      #cocaïne #Europe #mondialisation #commerce_mondial #marché_mondial #Dubaï #corruption #encrochat (hacké par la gendarmerie française) #sky_ECC (corrompue grâce à une demande d’actualisation policière)

  • « Tuer des civils sans défense ’pour le plaisir’ » : ce que l’on sait de l’enquête sur des « safaris humains » à Sarajevo lors de la guerre de Bosnie
    https://www.franceinfo.fr/societe/justice/tuer-des-civils-sans-defense-pour-le-plaisir-ce-que-l-on-sait-de-l-enquet

    « Hostel » à Sarajevo, la réalité n’a rien à envier au film d’horreur. Voici encore un élément pour soutenir l’hypothèse que les riches sont des êtres inhumains.

    16.11.2025 par Linh-Lan Dao - De nombreux étrangers sont soupçonnés d’avoir payé pour tirer sur des civils assiégés à Sarajevo, en Bosnie, dans les années 1990. La justice italienne a ouvert une enquête.

    Un loisir macabre. L’ex-maire de Sarajevo Benjamina Karic a annoncé vendredi 14 novembre, sur Instagram,(Nouvelle fenêtre) avoir adressé une demande d’information au parquet de Bosnie-Herzégovine, concernant sa plainte déposée trois ans plus tôt au sujet de « safaris humains » menés par de riches touristes étrangers lors du siège de la capitale bosnienne, entre 1992 et 1995. Cette affaire « fait l’objet d’une enquête internationale et [est] présente dans les médias mondiaux », se félicitait la femme politique bosnienne vendredi, évoquant une information judiciaire ouverte par le parquet de Milan.

    Trente ans après la fin de la guerre des Balkans(Nouvelle fenêtre), la justice italienne soupçonne plusieurs ressortissants étrangers d’avoir payé des membres de l’armée serbe pour tirer sur des habitants de Sarajevo, dont des enfants. Ces « touristes de guerre » fortunés pouvaient débourser jusqu’à 100 000 euros par jour(Nouvelle fenêtre), selon une plainte adressée au parquet de Milan par le journaliste et écrivain italien Ezio Gavanezzi. Voici ce que l’on sait de ces sinistres excursions, survenues lors d’un siège qui a fait 11 500 victimes civiles.
    Plusieurs enquêtes ouvertes

    Le procureur milanais Alessandro Gobbis, spécialisé dans la lutte antiterroriste, a ouvert une enquête contre X pour « homicide volontaire aggravé par la cruauté et des motifs abjects ». Les enquêteurs cherchent à identifier les ressortissants italiens ayant « payé ’pour jouer à la guerre’ et ’tuer des civils sans défense ’pour le plaisir’ » à Sarajevo et dans d’autres villes assiégées pendant le conflit, rapportait lundi La Repubblica(Nouvelle fenêtre). Sollicité par franceinfo, le parquet italien n’a pas donné suite.

    L’enquête a été ouverte après une plainte déposée par Ezio Gavanezzi, datée du 28 janvier. Dans une interview à ce quotidien italien(Nouvelle fenêtre), le journaliste explique avoir mené ses propres investigations pendant un an et demi, accumulant preuves et témoignages, avant de remettre un rapport de dix-sept pages à la justice transalpine. Dans cet exposé des faits, réalisé avec l’aide de son avocat Nicola Brigida et de l’ex-magistrat Guido Salvini, le journaliste dresse le portrait et le mode opératoire de ces « tireurs d’élite du week-end », qu’il estime à « au moins une centaine ».

    La plainte cite notamment un rapport pénal de l’ancienne maire de Sarajevo Benjamina Karic. L’édile bosnienne avait porté plainte auprès du parquet local en 2022, dans le sillage du documentaire slovène Sarajevo Safari(Nouvelle fenêtre). « A ma connaissance, le procureur n’a pas encore pris de décision quant à la suite de la procédure », a déclaré Benjamina Karic dans sa demande d’information, adressée jeudi au parquet de Bosnie-Herzégovine. Outre-Atlantique, la représentante et militaire pro-Trump Anna Paulina Luna a déclaré le même jour sur X(Nouvelle fenêtre) avoir ouvert une enquête afin de rechercher d’éventuels participants américains.
    Des excursions organisées par une agence serbe

    Le rapport d’Ezio Gavanezzi, dont le quotidien Il Giornale(Nouvelle fenêtre) a pris connaissance, s’appuie sur l’interrogatoire d’un prisonnier serbe, ayant officié comme accompagnateur sur une excursion meurtrière. Ce témoignage est rapporté au journaliste italien par un certain Edin Subasic, ancien agent du renseignement bosnien. Parmi les cinq « chasseurs » accompagnés par le volontaire serbe de Belgrade à Sarajevo, trois Italiens sont identifiés : un homme originaire de Milan, un autre de Turin et le troisième, propriétaire d’une clinique privée spécialisée en chirurgie esthétique à Trieste.

    Les trajets s’effectuaient « en avion depuis Trieste [nord de l’Italie], puis en hélicoptère et en véhicule depuis la Serbie, à travers la zone de guerre, jusqu’à Sarajevo ». Vêtus de tenues de camouflage, les « chasseurs » réalisaient des allers-retours en fourgonnette en moins de 72 heures, sous couvert de « mission humanitaire ». Ainsi, ils franchissaient sans encombre les points de contrôle en Croatie et Bosnie jusqu’à Pale, en banlieue de Sarajevo, « où résidaient les officiers de l’armée serbe ».

    Des propos qui font écho à ceux du pompier américain volontaire John Jordan, entendu en 2007 lors du procès de l’ancien général serbe Dragomir Milosevic devant le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Selon une transcription(Nouvelle fenêtre) de sa prise de parole, publiée sur un site d’actualité croate(Nouvelle fenêtre), John Jordan avait repéré « des étrangers (...) conduits vers des positions de tireurs d’élite par des locaux » dans plusieurs quartiers de Sarajevo contrôlés par l’armée serbe et à Mostar, dans le Sud-Ouest bosnien. Vêtus d’un « mélange de vêtements civils et militaires », les visiteurs se distinguaient par leur façon de se déplacer et leurs armes, différentes de celles portées par les locaux. « Quand un type arrivait avec un fusil comme ça, on aurait dit qu’il allait chasser l’ours dans la Forêt-Noire, pas se battre dans les rues des Balkans », avait relaté John Jordan.

    Selon le rapport d’Ezio Gavanezzi, cité par Il Giornale, les excursions étaient organisées par une sorte d’agence de voyages, reposant sur « l’infrastructure de l’ancienne compagnie aérienne serbe de vols charters et touristiques Aviogenex [fermée depuis 2015], qui possédait une succursale à Trieste ». Cette agence fixait une grille de prix selon les victimes, allant des femmes et des vieillards, qui pouvaient être tués gratuitement, jusqu’aux enfants, cibles les plus chères. Les victimes n’étaient pas tuées sur le coup, mais grièvement blessées en attendant que les secours arrivent, pour être à leur tour touchés.
    Des tireurs riches, en quête « d’adrénaline »

    Quel est le profil des tireurs ? « On ne parle pas seulement de quelques psychopathes, il s’agit de beaucoup, beaucoup de personnes de différentes nationalités qui payaient l’équivalent du prix actuel d’un appartement trois pièces à Milan pour participer à ces ’safaris’. Des gens riches et puissants, bien insérés dans la société, avec d’immenses ressources à disposition », décrit Ezio Gavanezzi dans un entretien à La Libre Belgique(Nouvelle fenêtre). Auprès de La Repubblica(Nouvelle fenêtre), le journaliste italien évoque des participants liés aux milieux d’extrême droite.

    Toutefois, « je pense qu’il n’y avait aucune motivation [politique], juste l’envie de ressentir l’adrénaline de tirer sur des humains », avance-t-il auprès de La Libre Belgique, après avoir analysé les profils des tireurs avec une criminologue. « C’était du pur amusement », tranche Ezio Gavanezzi, décrivant « un tourisme systématique » avec des safaris organisés « chaque week-end » durant les trois années de siège. Le journaliste évoque des difficultés au moment de recueillir la parole de ses sources : « La peur les empêchait de s’exprimer parce que les ’clients’ de ces ’safaris humains’ sont vraiment nombreux et sont encore pour la plupart vivants. »

    La grande majorité des participants venait d’Italie du Nord, et ils seraient aujourd’hui âgés de 65 à 82 ans, précise le journaliste auprès de Ouest-France(Nouvelle fenêtre). Ces hommes, qui « voulaient tuer des gens et rentrer chez eux impunis », avaient pour point commun une passion pour les armes et pour la chasse. Outre l’Italie, ces « chasseurs » venaient de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, voire du Canada et des Etats-Unis, selon l’auteur.
    Des services de renseignement informés dès 1993

    L’ancien agent du renseignement bosnien Edin Subasic, une des sources du journaliste italien, assure avoir alerté, fin 1993, « les responsables du Sismi [ancien service de renseignement militaire italien] à Sarajevo, car il y avait des indices laissant penser que des groupes de touristes, composés de tireurs d’élite et de chasseurs, partaient de Trieste », selon un extrait de l’échange, cité par Le Parisien(Nouvelle fenêtre).

    Quelques mois plus tard, les renseignements transalpins confirment que Trieste est bien la ville de départ. Pour autant, ceux-ci ne livrent « aucune information supplémentaire concernant la répétition de ce safari à Sarajevo », ni ne communiquent « les noms des chasseurs » ou des « organisateurs ». « Nous ignorons si des arrestations ont eu lieu », soutient Edin Subasic.

    Selon l’ex-espion, les services secrets bosniens avaient eu vent de ces safaris fin 1993. « Les Bosniaques disaient que des gens, du camp d’en face, payaient des emplacements de chasse. Ils prenaient un plaisir sadique à tirer sur tout ce qui bouge, y compris enfants et animaux. Je supposais que c’était plutôt de riches Serbes. C’était un bruit qui courait, mais on n’avait pas de preuves. » L’ex-officier Michel Goya a également entendu parler de ces emplacements de chasse en 1993, alors qu’il opérait à Sarajevo comme Casque bleu au sein de la force de maintien de la paix des Nations unies, témoigne-t-il auprès du Point(Nouvelle fenêtre).

    #assassins #nantis #sélection #extrême_droite

  • Qui a tué Charlie Kirk ?
    https://x.com/DavidFosterVlog/status/1984552204863488200
    Le monde de Charlie Kirk.fut aussi bizarre que sa mort.

    David Foster @DavidFosterVlog
    I think Josh Hammer is a liar. Charlie was waking up. All these people saying he still supported isreal...what say you

    Candace Owens
    https://candaceowens.com/videos/?tag=Podcast%20Episodes

    ehemalige TP-USA-Sprecherin und gute Freundin von Charlie Kirk

    Explications de Mathias Bröckers

    JFK, MLK, RFK, CK – Was steckt hinter der Ermordung von Charlie Kirk ?
    https://overton-magazin.de/hintergrund/politik/jfk-mlk-rfk-ck-was-steckt-hinter-der-ermordung-von-charlie-kirk

    Gage Skidmore, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

    15.11.2025 von Mathias Bröckers - Wird der Fall Charlie Kirk unter “Aktenzeichen K” der ungeklärten politischen Morde der USA landen?

    Anfang Okotober hatte ich (MAGA vs.MIGA – von JFK bis Charlie Kirk) festgehalten, dass die Ermittlungen des Attentats auf den konservativen Aktivisten und Gründer von “Turning Point USA” Charlie Kirk nach den klassischen Vertuschungsmustern politischer Morde in den USA ablaufen. Mit einem verrückten/verwirrten/radikalen Einzeltäter, einem sofortigen offiziellen Narrativ und der Ausschaltung oder Diffamierung jeder Kritik an der Beweiskraft der Indizien.

    Als nach dem Mord an John F. Kennedy recherchierende Journalisten und Autoren zu den offensichtlichen Lücken und Ungereimtheiten der offiziellen Untersuchung laut wurden, empfahl die CIA in einem Rundschreiben an ihre Büros gegen diese Kritik publizistisch vorzugehen und ein bis dahin relativ unschuldiges Wort – “Verschwörungstheorie” – als Kampfbegriff in der psychologischen Kriegsführung einzusetzen. Mit dieser Methode wird seitdem im öffentlichen Diskurs standardmäßig gearbeitet wenn es darum geht, Zweifel an offiziellen Narrativen auszuschalten und Kritiker als unseriös/verlogen/bösartig erscheinen zu lassen. Von den Morden an JFK, MLK, RFK über 9/11 bis Covid war das so zu beobachten. Wie jetzt, nach 9/10, mit dem Mord an Charlie Kirk und dem angeklagten Einzelschützen Tyler Robinson.

    Anders als bei den Schüssen auf JFK in Dallas 1963 waren an der Utah Valley Universität (UVU) aber nicht nur der Textilunternehmer Zapruder mit seiner Super-8-Kamera, sondern über 3.000 mit Smartphones ausgestattete Zeugen anwesend. Außerdem schauten zahlreiche Überwachungskameras ununterbrochen auf die UVU-Gebäude, von denen das FBI bisher aber nur Aufnahmen einer nach dem Schuss auf einem Dach weglaufenden Gestalt veröffentlicht hat, bei der es sich um den 22-jährigen Tyler Robinson handeln soll.

    Wie der mit der angeblichen Tatwaffe, einem vom Großvater stammenden Mauser-Gewehr aus dem Ersten Weltkrieg, das später in einem Waldstück gegenüber der Uni gefunden wird, auf das Dach kam, in Stellung ging und abdrückte, ist merkwürdigerweise nicht auf den gezeigten Bildern zu sehen, genauso wenig wie beim Weglaufen der Gestalt ein Gewehr. Stattdessen wird auf einen am Tatort gefundenen Schraubenzieher mit Robinsons Fingerabdrücken verwiesen, mit dem er das Schießeisen auf dem Dach demontiert haben soll. In einem Wäldchen gegenüber der Uni wird dann der in ein Handtuch eingewickelte Karabiner gefunden – wieder zusammengebaut, ohne Schraubenzieher (?) – mit Munition des Kalibers 30.06.

    Solche Munition wird zur Großwildjagd verwendet und hat auf 150 Meter massive Durchschlagskraft, bei Charlie Kirk indes nur eine kleine Eintrittswunde hinterlassen, weil das Rückgrat dieses “Mannes aus Stahl” das Geschoss angeblich aufgehalten hat. Der offizielle Autopsiebericht zu diesem Wunder liegt noch nicht vor. Dafür aber seit letzter Woche eine vom Gericht erlassene “Gag-Order”, die sämtlichen Zeugen der Tat und allen am Verfahren Beteiligten verbietet, sich darüber zu äußern oder zu publizieren – um die Jury im Vorfeld nicht zu beeinflussen.

    Da sich Tyler Robinson keinen Strafverteidiger genommen hat, wurden ihm Pflichtverteidiger zugeordnet – vom Generalstaatsanwalt (!), der andere Pro-Bono-Angebote von qualifizierten Anwälten nicht weiterleitete. Was ist von einem Prozess zu erwarten, bei dem die Ankläger sich die Verteidiger selbst aussuchen und 3.000 Zeugen zum Schweigen verurteilt sind, selbst wenn sie möglicherweise Entscheidendes gesehen, gehört, gefilmt haben? Ein ordentliches Ermittlungs- und Strafverfahren wohl kaum – und wie die Nicht-Ermittlungen des FBI zeigen, ist ein solches offenbar auch nicht erwünscht.

    Wie die Regierung Johnson 1963 ff. mit der “Einzeltäter”-Legende Lee Harvey Oswald/Motiv: “Kommunist”, sehr gut in den Vietnam-Krieg ziehen konnte, passt der Regierung Trump der “lone gunman” Tyler Robinson/Motiv:”Woke-Antifa-Aktivst”, bestens ins politische Konzept, gegen alles was “links” ist vorzugehen. Weshalb das Weiße Haus zwar den 14. Oktober zum nationalen “Charlie Kirk Gedenktag” ausrief, an weiteren Ermittlungen aber keinerlei Interesse hat und die (damals wie heute) willfährigen Großmedien die offenen Widersprüche und Fragen des offiziellen Narrativs ignorieren: “Weiter gehen, hier ist nichts zu sehen!”, bzw. nur von den “üblichen Verdächtigen” und das sind: Staatsfeinde, Verschwörungstheoretiker, Antisemiten, Extremisten.
    Merkwürdiges Verhalten

    Doch 2025 waren nicht nur viel mehr Kameras am Tatort als 1963, es existieren auch viel mehr Möglichkeiten, Bilder und Dokumente der Öffentlichkeit bekannt zu machen: die “Verdächtigen” haben Reichweite. Und dass die Großmedien die Merkwürdigkeiten und Hintergründe dieses politischen Mords und der Ermittlungen seit Wochen heftig beschweigen, verhindert nicht, dass sie bekannt werden und nicht nur ein bisschen Staub aufwirbeln, sondern mittlere Erdbeben auslösen, wie jetzt im konservativen Lager die Debatte “America First!” und/oder “Israel First!”.

    Dasselbe Problem also, über das Charlie Kirk in den letzten Monaten mit seinen Spendern und Beratern in Clinch geraten war, weil er diese Frage bei seinen Events mit Kritikern das Gazakriegs wie dem jüdischen Comedian Dave Smith oder dem populären konservativen Moderator Tucker Carlson diskutierte. Und das weiterhin tun wollte, auch wenn Großspender ihm deshalb Millionenbeträge entzogen und Israels Präsident ihm noch viel mehr Geld in Aussicht gestellt haben soll, wenn er weiter auf seinem christlich-zionistischem Kurs bleibt. Was Charlie verweigerte. Und sich sogar herausnahm, die Ereignisse des 7. Oktober und die weitere US-Unterstützung des Gazakriegs in Frage zu stellen.

    Ob er ein Angebot bekommen hat, “das man nicht ablehnen kann”, wissen wir nicht, wenn dem so war, müsste man Bibi Netanjahu, der am Tag nach dem Attentat sofort und ungefragt verkündete, dass Israel mit dem Mord nichts zu tun habe, in einem Mafia-Thriller als Paten der “Kosher Nostra” ins Bild setzen, bei der vorauseilenden Händewaschung in Unschuld.

    Die zahlreichen Indizien und Hinweise auf die Lückenhaftigkeit des FBI-Narrativs vom Einzeltäter Tyler Robinson, das auf veröffentlichten Videos zu sehende merkwürdige Verhalten des Security-Teams und der engsten Mitarbeiter direkt nach dem Anschlag, die Videos möglicher weiterer Schützen, die Abwesenheit lokaler Polizei, der Abtransport des Opfers nicht im Rot-Kreuz-Wagen zum nächsten, sondern im Privat-SUV zu einem weiter entfernten Hospital und viele weitere Merkwürdigkeiten, die Candace Owens, ehemalige TP-USA-Sprecherin und gute Freundin von Charlie Kirk, auf ihrem Podcast seit Wochen zusammenträgt – all das macht deutlich, dass wir es hier nicht mit der Tat eines einsamen Irren zu tun haben, sondern mit einer verdeckten Operation, einer Verschwörung zum politischen Mord.

    Dass bei der Ermittlung eines Mords an einem einflussreichen politischen Akteur nicht nur die Polizei, sondern auch auch Geheimdienst hinzugezogen wird, um mögliche Verbindungen des vermeintlichen Täters zu verdächtigen Organisationen im In- und Ausland zu checken, scheint eine Selbstverständlichkeit. Nicht so im Fall Charlie Kirk, wo FBI-Direktor Kash Patel – in unserem Thriller der Polizeichef mit dem irren Blick – dem Direktor des “National Counterterrorism Center” Joe Kent Kompetenzüberschreitung vorwirft, weil er die Ermittlungsakten des FBI studiert hat.

    Das ist mehr als ein typischer Revierkampf von Behördenchefs und in dem mit Ungereimtheiten gespickten Fall derart merkwürdig, dass auch die “New York Times” (archived) nicht umhin kam, darüber zu berichten:

    Mr. Patel was troubled that Mr. Kent had gone through F.B.I. material related to the case, according to the people knowledgeable on the matter. Mr. Kent’s efforts were a topic at a White House meeting that included Mr. Patel, Mr. Kent and his direct superior, Ms. Gabbard. Top Justice Department officials, Vice President JD Vance and the White House chief of staff, Susie Wiles, were also there, according to several of the people who spoke to The New York Times about the matter.

    Nach diesem Spitzentreffen im Weißen Haus kam es dann zu einem lauwarmen gemeinsamen Statement, dass man weiterhin “unter jeden Stein” schauen will. Da sind sich die Direktorin der Geheimdienste Tulsi Gabbard, der FBI-Chef und Vizepräsident Vance ganz einig. “Bitte weiter gehen, hier ist nicht zu sehen!” Schon gar keine Verbindungen, Beeinflussungen oder Mittäterschaft von fremden oder einheimischen Mächten. Keine Islamisten, keine Russen und selbstverständlich keine Israelis – keine Spur. Die zweite gerichtliche Anhörung des Angeklagten, die am 30. Oktober erfolgen sollte, wurde jetzt auf Mitte Januar verschoben. Bis dahin: Redeverbot für alle Beteiligten und Zeugen!

    Doch die “üblichen Verdächtigen” (siehe oben) geben keine Ruhe, bloggen, streamen und podcasten unermüdlich weiter und sorgen von der MAGA-Basis bis hoch ins Weiße Haus für Spannungen. Um das Vermächtnis von Charlie Kirk und die Außenpolitik der Republikaner nach Trump, die Unvereinbarkeit von MAGA mit MIGA und die Forderung nach Abkehr von der “Israel First!”-Politik, die bei Charlie Kirks Debatten seit dem Gazakrieg von TP-USA-Anhängern immer häufiger laut geworden waren. Und auch ihn persönlich – aus christlich-moralischen wie aus national-politischen Gründen – zunehmend überzeugte und kritisch gegenüber dem Kurs der Trump-Regierung werden ließ. Sowie gegenüber seinen Sponsoren, die ihn unter Druck setzten, um ihn politisch auf Pro-Israel-Kurs und theologisch bei den Dogmen des evangelikalen Zionismus zu halten.
    Geopolitik mit dem Alten Testament: Christlicher Zionismus

    Diese Anfang des 20. Jahrhunderts entstandene Ideologie und Bewegung, die die Rückkehr der Juden in das Land Israel als Erfüllung biblischer Prophezeiung und Vorbote der Wiederkunft Christi betrachtet, wäre über den Status einer unbedeutenden protestantischen Sekte kaum hinaus gekommen, wäre sie nicht vom britischen Imperium entdeckt und gefördert worden, um Christen für die aktuelle Kolonialpolitik – die Ansiedelung von Juden in der britischen Kolonie Palästina – zu gewinnen. Im selben Jahr wie die Balfour Deklaration dieses Vorhaben verkündet, 1917, erscheint bei der ehrwürdigen Oxford University Press die “Scofield Reference Bible” und beschert dem Verlag erstmals einen Millionenseller. Mit ihrer wörtlichen Interpretation alttestamentarischer Endzeitprophezeiungen ist die kommentierte Bibelauslegung des amerikanischen Anwalts und “wiedergeborenen” Predigers Cyrus Scofield bis heute Grundlagenwerk der Sekte. Ihre Überzeugung, dass erst nach dem großen Armageddon und der Zerstörung des Tempels in Jerusalem der Messias wiederkommt, wird indes damals wie heute nicht aus religiösen Gründen, sondern zur Rechtfertigung und Propagierung geopolitischer Ziele instrumentalisiert.

    Durch Spenden republikanischer, evangelikaler und zionistischer Geldgeber war TP-USA zu einer millionenschweren Organisation geworden und ihr Gründer Charlie Kirk zum bedeutendsten Influencer der amerikanischen Rechten. Solange er als charismatischer “Evangelist” das christlich-zionistische Dogma verbreitete – und die Christen unter 30 für die Kolonialpolitik des Imperiums ideologisch bei der Stange hielt – war Charlie Kirk der golden boy der US-Konservativen und Israels.

    Bis er die Frage stellte, warum es an der schwer befestigten Grenze in Gaza, die er persönlich besucht hatte, 20 Stunden dauerte, bis am 7.Oktober die Eindringlinge der Hamas gestoppt wurden – und darauf bestand, dass diese Frage gestellt und eine Debatte über die US-Finanzierung des Kriegs geführt werden muss.

    Dazu hatte er auf einem TP-USA Großevent im Juli den populärsten konservativen Journalisten des Landes, Tucker Carlson, auf die Bühne geholt. Vor seinem Auftritt, so berichtete Carlson, hätte er dem Freund wegen des Konflikts mit den Großspendern angeboten, Israelkritik bei seiner Rede auszublenden, doch Charlie hätte den Kopf geschüttelt und mit “No, Tucker, go!” zur freien Rede aufgefordert. In einem privaten Chat mit Mentoren, Pastoren und dem TP-USA-Team hatte er zuvor bekundet, dass ihm keine Wahl bleibt, die “Israel-First!”-Linie aufzugeben, auch wenn er dafür mit den “üblichen Stereotypen” diffamiert wird – und Carlson und andere israelkritische Konservative auch bei künftigen Großevents einladen werde. Der Wortführer der konservativen GenZ war also dabei, die jungen MAGA-Republikaner – ohne deren Stimmen Trump nie Präsident geworden wäre – wieder auf das nationale “America First!”- Versprechen einzuschwören, das Trump mit seiner globalistischen, interventionistischen Neocon-Politik gebrochen hatte.

    In unserem Mafia-Thriller hat also nicht nur der zionistische Clanchef Bibi einen Grund, einen gefährlichen Abweichler und “Verräter” zu beseitigen, sondern auch Donald als Pate der Republikaner ein Motiv, den populären Führer der Parteijugend (und potentiellen Nachfolger!?) zu stoppen, bevor dieser die künftige Ausrichtung der ganzen Partei umkrempelt und die rechten Jungwählern von “America First 2.0” überzeugt: MAGA ohne MIGA.

    Über ein Motiv hinaus verfügen beide Paten zudem, wie bei Mafiabossen selbstverständlich, über die Mittel und Möglichkeiten, öffentliche Hinrichtungen als verdeckte Operationen durchführen zu lassen. Die Detektive im Fall Kirk müssen auf dem Weg der Wahrheitsfindung also nach Spuren von zwei mächtigen Clans und deren Spezialisten für solche “Hit-Jobs” suchen, sowie auch in Erwägung ziehen, dass bei der Vor- und Nachbereitung möglicherweise arbeitsteilig gearbeitet wurde. Also zum Beispiel Ausschau halten nach einem James Jesus Angleton-artigen Doppelagenten in der CIA, der nicht nur gegen den expliziten Willen von Präsident Kennedy – siehe Ken McCarthy: “JFKs and RFKs Secret War Against Zionist Extremism” – die nukleare Bewaffnung Israels betrieb, sondern auch den späteren Präsidentenmord-Sündenbock Lee Harvey Oswald unter Kontrolle hatte.

    Weil es mit Sicherheit sehr schwer sein wird, einen Täter wie “The Ghost” – so der Titel von Jefferson Morley`s Angelton-Biographie – zu fassen zu kriegen, scheint es eher wahrscheinlich, dass künftig die Liste der ungeklärten politischen Morden – JFK, RFK, MLK – um ein CK ergänzt werden muss. Und die “magische Kugel”, deren Durchschlagskraft Präsident Kennedy tötete und dem vor ihm sitzenden Gouverneur fünf Wunden beibrachte, noch um ein weiteres wundersames Geschoss, Kaliber 30.06, ergänzt werden muss, das Elchen oder Bären den Schädel zertrümmert, bei Charlie Kirk aber nur ein unscheinbares Loch im Hals verursacht hat.

    Bürgerkrieg im rechten Lager

    Zwar nur mit Verbalattacken doch ebenfalls mit schwerem Kaliber ist unterdessen im gesamten konservativen Lager ein interner Bürgerkrieg um die “MAGA und/oder MIGA”-Frage ausgebrochen, wo dem von Trump-Wählern allseits geschätzten Tucker Carlson jetzt das Etikett “gefährlichster Antisemit des Landes” angehängt wird. Weil er Nick Fuentes, den jungen Hardcore-Nationalisten, zu einem Talk eingeladen hat, der mit seinem Podcast und Millionen Fans jahrelang gegen Charlie Kirk als zu immigrantenfreundlich, zu schwulenfreundlich und zu israelfreundlich polemisiert hatte.

    Die “Hysterie”, so Glenn Greenwald, die darüber im rechten Lager mit Forderungen nach Ausschluss, Ausgrenzung und Zensur von Tucker Carlson ausgebrochen ist, hat ihre Wurzeln aber weniger in dem inhaltlich kaum skandalösen Gespräch, sondern in der anti-interventionistischen, israelkritischen Haltung, die Tucker Carlson bei seinen Auftritten und Sendungen explizit vertritt. Ebenso wie die Forderung nach Offenlegung der Klienten und Kontakte des Agenten/Zuhälters/Geldwäschers Jeffrey Epstein und seiner Mossad/MI 6/CIA-Verbindungen – Whitney Webbs hervorragende Recherche des Falls “Eine Nation unter Erpressung” ist unlängst auf deutsch erschienen – die Trump und sein heutiger FBI-Chef von der Biden-Regierung noch einforderten, um sie dann gemeinsam unter den Teppich zu kehren.

    Dass Tucker Carlson diese Verbindungen bei der TP-USA-Großveranstaltung mit Charlie Kirk ansprach, hat nach den Recherchen von Max Blumenthal auf The Grayzone zu dem Eklat mit seinen zionistischen Großspendern geführt. Ein Riss, der mittlerweile durch die ganze republikanische Partei inklusive der mächtigen “Heritage”-Stiftung geht. America First vs. Israel Frist ist die Frontlinie in diesem Bruderkrieg der US-Konservativen, dem Kampf um die Ausrichtung der Partei in der Post-Trump-Ära. Und um das Festhalten an der Strategie des Britischen Empire, auch im 20. Jahrhundert Christen für imperiale, koloniale Projekte zu mobilisieren, mit der christlich-zionistischen Scofield-Bibel in der Hand.

    Weil Charlie Kirk dabei war, sich von den Dogmen dieser Ideologie zu verabschieden, gärt unter dem politischen auch ein religiöser Konflikt. Insofern mangelt es unserem Italo-Krimi, auch wenn er im Mormonenstaat Utah spielt, nicht an fragwürdigen “Geistlichen”, die “Im Namen des Herrn” aktiv werden. Oder wegschauen. So führte dann eine kurze Bemerkung von Candace Owens, dass Charlie seit einiger Zeit die katholische Messe besuchte und überlegte zum Katholizismus zu konvertieren, zu einem Aufschrei seiner Pastoren bei TP-USA über diesen “Nonsens!” und ausführliche Beteuerungen, dass Charlie Kirk theologisch bis zum Ende treu auf seiner christliche-zionistischen Linie geblieben wäre. Zum Katholischen hätte er nur wegen der “schönen Architektur” der Kirchen geneigt.
    Die “Candace Intelligence Agency” ermittelt

    Solche “kleinen Lügen”, so Candace Owens, die als feuriger Pitbull der alternativen Ermittlungen nicht locker läßt, hätten sie erst richtig neugierig gemacht und mittlerweile zu dem Verdacht gebracht, dass Charlie möglicherweise von seinen eigenen Leuten hintergangen wurde und es um eine Übernahme der TP-USA-Organisation geht. Weshalb auch das von Charlie Kirk einige Wochen vor seiner Ermordung angeordnete Audit über die Finanzströme, und -Abflüsse des 100-Millionen-Betriebs bis heute nicht stattgefunden hätte.

    Nach der goldenen “Follow The Money”-Regel kriminalistischer Recherche hätten die Detektive in diesem Fall somit außer den Mossad und/oder CIA-Motiven hier noch eine dritte Spur zu verfolgen, was außer Candace aber niemand tut.

    Nachdem die langjährige Mitarbeiterin von Charlie Kirk wegen ihrer israelkritischen Haltung bei dem rechten Outlet “Daily Wire” gefeuert worden war, startete sie vor zwei Jahren im Netz ihre eigene Show “Candace”, mit der sie in den letzten Monaten bis auf Platz 1 der politischen Podcasts vorgestoßen ist. Und damit nicht nur ihren Ex-Chef bei “Daily Wire”, Ben Shapiro, sondern auch alle anderen konservativen Kommentatoren abgehängt hat. Nicht weil sie mit wilden “Verschwörungstheorien” nur “Klicks generiert”, sondern weil sie die blinden Flecken des offiziellen Narrativs benennt, die richtigen Fragen stellt und authentisch ist. Und bei ihren Standpunkten bleibt, auch wenn die üblichen Schmähungen gegen sie jetzt nicht mehr aus dem linken Lager kommen, sondern aus dem eigenen von rechts. Hier ist die aktuelle “Trutherin” Nr. 1 mit dem jüdischen anti-zionistischen Comedian Dave Smith im Gespräch – zum Stand der Dinge und der Ermittlungen ihrer “CIA” (Candace Intelligernce Agency).

    Würde der Angeklagte Tyler Robinson dasselbe Schicksal erleiden wie 1963 Lee Harvey Oswald und vor Beginn einer Gerichtsverhandlung ums Leben kommen, müsste das “Aktenzeichen K” der ungeklärten politischen Morde in den USA um den Fall Charlie Kirk bereichert werden. Da ein lebender Oswald angesichts der fragwürdigen Beweise samt “magischer” Kugel damals gute Chancen auf einen Freispruch gehabt hätte, kann bei der nebulösen Beweiskette des FBI auch der junge Robinson durchaus hoffen, der Todesstrafe zu entkommen.

    Die zehn Minuten nach den Schüssen auf John F. Kennedy im 6. Stock des Schulbuchgebäudes entdeckte “Tatwaffe” wurde vor Ort von drei Detektiven der Dallas Police und dem Chef der Mordkommission anhand des Schriftzugs als “Mauser 7.65” identifiziert. Sie mutierte dann zwei Tage später zu einer “Mannlicher-Carcano 6.5”, dem von Oswald unter falschem Namen für 19,95 im Versandhandel erworbenen Schießprügel der italienischen Infanterie, dem in Italien nachgesagt wird, dass man wegen seiner Ungenauigkeit den Krieg verloren habe. (vgl. M.B. – JFK Straatsstreich in Amerika, S. 123 f. ).

    Wenn das Geschoss aus Robinsons großväterlichem Mauser-Karabiner tatsächlich von Charlie Kirks stählerner Natur aufgehalten wurde und als Beweisstück Nr. 1 dem Gericht präsentiert wird, rückt der Angeklagte einer Verurteilung sehr nahe. Machtgeile Paten samt ihrer Killertrupps wären aus dem Schneider. Aus dem Mafia-Thriller müsste dann das Psycho-Drama werden, wie “Wokeness” einen schüchternen jungen Mann derart motivieren und radikalisieren kann, dass er zum kaltblütigen Mörder wird. Doch über eine solche Evolution ist bisher wenig bis nichts bekannt, die persönliche Geschichte Tyler Robinsons eine black blox und das gerichtliche Redeverbot sorgt dafür, dass es so bleibt. “Bitte weitergehen, hier ist nichts zu sehen!”

    Dieser Artikel erschien bereits auf der Website von Mathias Bröckers.

    Mathias Bröckers

    Mathias Bröckers ist Autor und freier Journalist. Seine Werke „Die Wiederentdeckung der Nutzpflanze Hanf“ (1993), „Verschwörungen, Verschwörungstheorien und die Geheimnisse des 11.9.“ (2002) und „Wir sind die Guten – Ansichten eines Putinverstehers“ (2014) wurden internationale Bestseller. Er lebt in Berlin und Zürich und bloggt auf broeckers.com

    #USA #assassinat #droite #MAGA #Israël #Palestine

  • TRAFIC, #EXTORSION, #CORRUPTION : COMMENT LA #DZ_MAFIA MENACE LA FRANCE

    Depuis son irruption en 2023, la DZ Mafia est devenue en quelques années l’une des organisations criminelles les plus influentes en France. Entre règlements de compte, trafic de #stupéfiants, extorsions, mise en coupe réglée d’artistes et de commerces, le groupe a fracassé la scène médiatique, policière et judiciaire. Au point d’avoir suscité la création d’un #parquet_national_de_lutte_contre_le_crime_organisé (#Pnaco) pour enrayer son expansion.
    Blast a plongé dans les entrailles de cette bande qui a fait entrer le Milieu dans une nouvelle ère. Une ère mafieuse, où le #narcocapitalisme affronte les institutions.

    https://www.youtube.com/watch?v=Y6CmUBUBMoU


    #mafia

  • A Mayotte, la police aux frontières provoque des naufrages de bateaux et la mort de migrants venus des Comores
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/16/a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-au

    Extrait d’une vidéo de communication montrant un entraînement de la police, diffusée en décembre 2024 sur le compte LinkedIn du directeur territorial de la police nationale à Mayotte. Patrick Longuet / LinkedIn

    https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/2509-mayotte/linkedin.mp4

    Il est environ 4 heures du matin, ce 15 juillet, quand Zoubert (les personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) approche la côte ciselée de Sada, dans le sud-ouest de Mayotte. Parti dix heures plus tôt de l’île de Ndzouani (anciennement Anjouan), aux Comores, l’homme de 25 ans a pris place dans un kwassa-kwassa, un bateau de pêche de moins de 10 mètres de long, pour rejoindre l’archipel français de l’océan Indien. Zoubert y a grandi et veut y retrouver sa mère. Il a fait route sans encombre jusqu’à l’entrée du lagon, par-delà la barrière de corail, l’ultime étape d’une traversée de près de 70 kilomètres, empruntée chaque année par des milliers de candidats à l’exil.

    L’arrivée est imminente pour lui et les 26 passagers de l’embarcation. Un kilomètre à peine les sépare du rivage. Mais c’est compter sans la vigilance des autorités françaises, occupées à surveiller les eaux du lagon. Zoubert et trois autres occupants du kwassa rapportent avoir alors été victimes d’un abordage violent. Selon leur récit, un bateau de la police aux frontières (PAF) serait volontairement entré en collision avec le leur, provoquant la chute à l’eau de plusieurs personnes, le tout sans sommation ni avertissement. « Les policiers devaient nous sauver, pas nous tuer », dénonce Zoubert, qui dit avoir vu une adolescente et un vieil homme se noyer.

    Sollicité, le parquet de Mamoudzou, chef-lieu du département, confirme la mort d’une jeune femme et d’une personne âgée. Mais, d’après les données publiques compilées par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Sud océan Indien, responsable de la coordination des secours, sept autres personnes, outre les deux corps récupérés, auraient disparu en mer.

    • L’URL est plus explicite sur le titre

      a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-aux-frontieres-accusee-de-provoquer-des-naufrages-de-bateaux-de-migrants_6641347_3224.html

      #france_2025

    • L’information a été remontée aux autorités quelques heures après le naufrage. Interrogé sur ces bilans pour le moins différents, le parquet n’a pas donné suite.

      Les témoignages de rescapés confirment pourtant l’ampleur du drame. Celui d’Ahamada, par exemple. Cet homme de 24 ans voyageait avec son neveu et sa nièce. Il affirme avoir vu le petit garçon de 4 ans, dont il avait la responsabilité, tomber dans l’eau à la suite du choc puis couler sans qu’il ait pu lui porter assistance. « C’est vraiment ignoble, insiste-t-il. Ils sont arrivés par l’arrière. Notre pilote a cru qu’il pouvait encore s’enfuir car nous n’étions pas loin de la plage. C’est à ce moment-là qu’ils nous sont rentrés dedans. S’ils nous avaient laissés [accoster], ils auraient pu nous interpeller sans tuer des gens. »

      Un autre élément a surpris Zoubert ce jour-là. D’après lui, il n’y avait que deux policiers à bord de la vedette, en l’occurrence le Murène, un semi-rigide de 12 mètres de long, propulsé par deux moteurs de 300 chevaux, capable de monter à une vitesse de plus de 40 nœuds. « Après nous avoir heurtés, ils ont fait marche arrière jusqu’à une distance de 30 mètres et ils nous ont regardés, se souvient-il. L’embarcation s’est déchirée, tout le monde est tombé à l’eau. Et ils sont restés entre dix et quinze secondes sans réagir. »

      Sadik, un Comorien de 22 ans, se rappelle lui aussi n’avoir vu que deux policiers, « un homme et une femme » ; « des Blancs », d’après lui. Selon nos informations, les vedettes utilisées par la PAF embarquent toujours au moins trois personnes en journée, quatre la nuit. « Quelle organisation peut-on avoir à deux ?, s’interroge un militaire de la gendarmerie maritime, sous le couvert de l’anonymat. Par nuit noire, si le pilote regarde l’écran radar, il ne regarde pas la mer. Et si ça se passe mal, ils ne peuvent pas grand-chose. » Interrogé sur ce point précis, le parquet n’a pas donné suite.
      Surveillance jour et nuit

      Une information judiciaire a été ouverte pour « homicides et blessures involontaires aggravées ». Un homme présent à bord du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’immigration irrégulière aggravée ». Le 16 juillet, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, a dénoncé lors d’une conférence de presse « l’attitude des filières d’immigration clandestine, qui sont les premières responsables de ce drame ».

      Ainsi va la vie de Mayotte… A 8 000 kilomètres de l’Hexagone, c’est aujourd’hui la frontière française la plus exposée à l’immigration irrégulière. Entre 100 000 et 200 000 personnes sans papiers se trouveraient sur l’archipel. En 2024, plus de 22 000 hommes et femmes, mais aussi enfants, ont été placés dans le centre de rétention de Petite-Terre, en vue d’être expulsés, la plupart vers les îles comoriennes voisines, qu’ils avaient quittées, eux aussi, à bord de kwassa.

      Face à ce phénomène, la France a installé un réseau de radars maritimes sur tous les pourtours du lagon. Surtout, huit puissants semi-rigides de la gendarmerie et de la PAF, appelés des « intercepteurs », sont chargés de surveiller nuit et jour les eaux territoriales. En 2024, 493 embarcations, transportant 6 764 personnes, ont ainsi été interceptées en mer selon des chiffres de la préfecture. L’année précédente, 661 kwassa avaient été interceptés.

      « Notre objectif est de porter assistance, de mettre les passagers à l’abri à terre et, après, on entre dans le canevas habituel de la procédure administrative », affirme un haut gradé de la gendarmerie nationale, désireux de rester anonyme. « On ne fait que porter secours, assure, à son tour, le préfet François-Xavier Bieuville, interrogé en juin. Ce n’est pas pertinent de mettre en danger les personnes qui sont sur un bateau. »

      Le récit du naufrage du 15 juillet partagé par Zoubert et trois autres passagers ne correspond pas à cette présentation… Et cette affaire n’a rien d’un cas isolé. Au terme de près d’un an d’enquête, Le Monde, ses partenaires du média d’investigation Lighthouse Reports et de plusieurs médias – français, britannique et allemand – ont recueilli une vingtaine de témoignages similaires et eu accès à diverses enquêtes judiciaires et administratives à même de documenter la récurrence d’interventions dangereuses au large de Mayotte. Des cadres du ministère de l’intérieur confirment le recours à ces pratiques d’interception agressives.

      Alors que, dans la Manche, le gouvernement français a annoncé, cet été, un changement de doctrine d’intervention pour autoriser l’arraisonnement en mer des bateaux de migrants en route vers le Royaume-Uni – jusque-là prohibée au bénéfice du secours en mer –, cette enquête révèle les risques inhérents à de telles manœuvres et leurs conséquences mortelles à Mayotte, où elles sont mises en œuvre, loin des regards, depuis au moins une vingtaine d’années.
      Interceptions dangereuses

      D’après les données publiques du Cross Sud océan Indien, au moins 477 migrants sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un bilan issu de 860 opérations d’assistance en mer coordonnées par le Cross sur la période auprès d’embarcations de migrants, et dans lequel les circonstances entourant les drames ne sont pas précisées.

      Avec une moyenne de 30 morts par an, ce bilan traduit néanmoins la dangerosité inhérente aux trajets effectués en kwassa. D’après notre décompte, fondé sur des données publiques ainsi que des dossiers judiciaires, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon, entre 2007 et 2025, à la suite d’une interception. Sollicités pour réagir aux éléments réunis dans cette enquête, le ministère de l’intérieur, la préfecture et le parquet de Mamoudzou n’ont pas donné suite.

      « A Mayotte, on a une posture beaucoup plus agressive que dans la Manche, reconnaît pourtant un cadre du secrétariat d’Etat à la mer, lui aussi soucieux de demeurer anonyme. Mayotte est soumise à des flux migratoires permanents qui déstabilisent l’île. Nécessité fait loi. C’est un peu cynique mais c’est comme ça. Et puis, le risque médiatique et politique est sans commune mesure. A Mayotte, si dix personnes meurent, il n’y a pas de sujet. »

      Le souvenir de ces événements tragiques reste confiné au cœur des bidonvilles, dans la mémoire de leurs habitants. Il suffit d’interroger les Comoriens présents sur l’île pour que les récits d’interceptions dangereuses affluent. Youssouf, 25 ans et en situation irrégulière, a effectué une traversée sept fois des Comores vers Mayotte entre 2013 et 2024, au gré des expulsions dont il a fait l’objet. La dernière fois, il a « cru mourir ». Le semi-rigide de la police « tournait autour [d’eux] et faisait des vagues », se souvient-il. Le kwassa est percuté. Une personne tombe à l’eau, avant d’être récupérée, saine et sauve.

      Nishka, un autre Comorien établi dans le sud de l’île de Grande-Terre, raconte avoir subi une tentative d’interception en 2023. « Le bateau de la police a fait des vagues, puis on a chaviré, dit-il. On était tout près de la plage. J’ai nagé jusqu’à la terre, je me suis caché. Je ne sais pas s’il y a eu des morts. » Abdellah, 24 ans, du quartier de Tsoundzou, à Mamoudzou, explique, pour sa part, comment une vedette de la police a tourné plusieurs fois autour du kwassa qui l’amenait vers Mayotte, une nuit de novembre 2021. « De l’eau est entrée dans le bateau. On était pétrifiés, des gens se pissaient dessus. »

      « J’ai vu des choses que je ne pensais jamais voir, confie encore Mohammed. C’est gravé dans ma mémoire. » De 2019 à 2023, ce trentenaire a œuvré comme passeur entre Ndzouani et Mayotte, avant de raccrocher. Fin 2022, il participe à une escouade de trois kwassa partis de Ndzouani. Ces derniers sont à l’entrée du lagon quand une vedette de la PAF entreprend de stopper l’un d’eux, soulevant des vagues jusqu’à provoquer son naufrage. Mohammed et ses passagers sont témoins de la scène avant de poursuivre leur route. Impossible, pour lui, de dire ce qu’il est advenu des naufragés.
      « Une formation de trois semaines, au mieux »

      Au cours de notre enquête, six fonctionnaires, issus des ministères de l’intérieur et des armées, en poste entre 2008 et 2024 à Mayotte, ont reconnu, tout en exigeant l’anonymat, le recours routinier à des pratiques dangereuses. Un haut gradé de la gendarmerie admet ainsi que les intercepteurs « coupent la route » des kwassa et vont jusqu’à « taper leur proue ». « C’est pour qu’ils s’arrêtent parce qu’ils sont en danger », justifie un gendarme en évoquant la manière dont ses collègues ont pris l’habitude de « créer une vague artificielle, en faisant des mouvements en S, pour alourdir [d’eau] le kwassa », quitte à prendre le risque qu’il chavire. « Cela représente 0,05 % des cas », minimise un autre gendarme, établi pendant dix ans à Mayotte.

      « Quand on navigue à 45 nœuds [83 kilomètres à l’heure], la nuit, une route d’interception devient nécessairement une route de collision », considère pourtant un autre militaire. Un point de vue partagé par un cadre des affaires maritimes, en poste pendant près de quinze ans à Mayotte, selon lequel la police ne peut que se mettre hors la loi : « Il faut aller vite, monter jusqu’à l’écho [l’endroit où le kwassa a été repéré par le radar], éteindre les feux, ce qui est contraire au règlement international de l’abordage en mer. » Le fonctionnaire fustige, par ailleurs, l’absence de « culture maritime » chez certaines unités de la PAF : « Ils suivent une formation de trois semaines, au mieux, et après ils partent en compagnonnage sur les intercepteurs. »

      Dans les bilans officiels, rien ne transparaît de la récurrence d’accidents. « La plupart du temps, ça se passe bien. On a quelques refus d’obtempérer », témoigne ainsi le maréchal des logis chef Moudri, interrogé lors d’une patrouille de la gendarmerie maritime, au mois de juin. « A Mayotte, il y a très peu de morts », soutient Jean-François Carenco, ministre délégué chargé des outre-mer de 2022 à 2023.

      « L’accidentologie est quasi nulle autour des interceptions, les forces de l’ordre ont l’habitude et le souci d’assurer la sécurité en mer, insiste un magistrat ayant officié plusieurs années dans l’archipel. A chaque fois qu’un accident arrive, c’est le kwassa qui vient volontairement percuter le navire de police ou de gendarmerie dans une démarche de refus d’obtempérer. » L’un de ses collègues magistrats a une autre interprétation : « Personne n’enquête véritablement, se lamente-t-il. La seule autorité qui pourrait prendre des suites à ce sujet, ce serait le parquet. Et il ne le fait pas. »

      Farid Djassadi, un Comorien de 31 ans, ne comprend pas pourquoi les policiers ayant percuté le kwassa sur lequel il avait embarqué le 10 novembre 2019 ne sont pas inquiétés par la justice. Voilà bientôt six ans qu’une instruction a été ouverte pour blessures involontaires, au lendemain de l’accident dont il a été victime. Ses jambes ont été broyées et déchiquetées par les hélices d’un semi-rigide de la PAF. Seul le conducteur du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier » et « refus d’obtempérer ».

      Farid Djassadi voulait rejoindre Mayotte pour améliorer son sort, celui de son épouse et de ses trois enfants. Ce soir-là, à la nuit tombée, le kwassa approche de l’îlot Mtsamboro, au nord-ouest de Mayotte. Les dix-huit passagers aperçoivent un intercepteur de la PAF, le Makini, à l’entrée du lagon. En dépit des sommations des policiers, « le pilote du kwassa ne voulait pas s’arrêter, on n’était pas loin des côtes mahoraises », se souvient Farid Djassadi. A l’entendre, la vedette de la police a alors percuté « plusieurs fois » le kwassa sur le côté. « Les policiers criaient : “Arrêtez-vous !”, “Eteignez le moteur !” J’ai voulu me déplacer et je me suis mis debout. Le bateau de la police a percuté par le côté le kwassa et je suis tombé à l’eau. »

      Dans un procès-verbal transmis au magistrat instructeur en décembre 2019, les gendarmes, saisis de l’enquête, évoquent les « mouvements de vague » provoqués par les policiers « afin d’obliger le pilote du kwassa à stopper les machines ». « La victime, pensant que les deux bateaux vont se heurter à hauteur de la position qu’elle occupe, se lève et est déséquilibrée par la vague entrant dans le kwassa, écrivent-ils. La victime passe par-dessus bord. »

      Alors qu’il est à l’eau, la vedette de police lui passe dessus, le blessant aux jambes. Six autres passagers confirment ces circonstances lors de leurs auditions. L’enquête révélera en outre que le permis de navigation du Makini avait expiré depuis février 2018 et qu’aucun des quatre policiers membres d’équipage n’avait le brevet de capitaine 200, pourtant indispensable pour conduire une embarcation si puissante.

      A l’hôpital de Mamoudzou, Farid Djassadi est amputé des deux jambes. Une plaie s’étend aussi du haut de son crâne jusqu’à son arcade sourcilière gauche, nécessitant une greffe de peau. « Moralement, ça ne va pas », dit-il pudiquement, six ans après les faits. En situation irrégulière à Mayotte, il souffre de douleurs chroniques. Il n’a pas revu ses enfants restés aux Comores et leur mère est morte. Il espère une réparation qui ne vient pas.
      « Tous feux éteints »

      Ce n’est pas la première fois que le Makini est mis en cause dans une collision tragique. Quelques mois avant l’accident de Farid Djassadi, la même vedette de la PAF avait été impliquée dans le naufrage d’un autre kwassa. Deux passagers avaient alors péri noyés : Nousroi S., âgée d’une dizaine d’années, et Ali S., un trentenaire. Une troisième personne avait été portée disparue.

      Si les policiers ont nié avoir percuté le kwassa et mettent en cause les manœuvres dangereuses du passeur, plusieurs rescapés ont livré, lors de leurs auditions, des récits bien différents. Ainsi, une jeune fille, Soumaila M., a déclaré que c’est « la vedette de la PAF [qui] était à l’origine de la collision avec [la] barque alors que le pilote tentait d’échapper à l’interception ».

      Dans son ordonnance de renvoi du passeur devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou du 31 août 2020, le juge d’instruction mentionne l’hypothèse selon laquelle « la vedette d’interception [a] percuté le kwassa à l’arrière ». Mais il l’écarte de ses conclusions, considérant que la « trace » repérée à l’avant de la vedette de police pouvait seulement « correspondre à la mise à couple des deux bateaux ». « Ce sont bien les manœuvres d’évitement du kwassa constituées par les accélérations et virements soudains de bord qui provoquent l’entrée d’eau et le naufrage », affirme le magistrat.

      Depuis, le pilote a été condamné à cinq ans de prison. Dans son ordonnance, le magistrat instructeur regrettait néanmoins qu’il « n’existe à ce jour, au sein de la police, tant au plan local que national, aucune directive écrite portant doctrine d’emploi sur la question – que l’on peut pourtant estimer essentielle – de l’interception en mer ».

      Les interrogations sur ce sujet sont anciennes. En 2008, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNCDS, l’actuel Défenseur des droits) s’inquiétait déjà des méthodes des policiers en mer après une collision ayant entraîné la mort d’une mère et de son enfant, ainsi que huit disparitions, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007 : entre 30 et 40 personnes avaient pris place sur un kwassa. Dans le lagon, une vedette de la PAF les détecte à la jumelle et décide de s’approcher par l’arrière, feux éteints, « pour ne pas être repérée ». Une pratique habituelle, diront les fonctionnaires à la CNCDS. En pleine nuit, ils percutent l’embarcation surchargée, provoquant la chute à l’eau de ses occupants.

      Dans son avis, la Commission condamne la technique employée de « recherche à la dérive tous feux éteints », contraire aux règles internationales de navigation. Elle « recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes qui aboutissent à la mise en danger d’êtres humains, notamment de femmes et d’enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d’homicide involontaire ». Un vœu resté sans effet.

      Par Raphaëlle Aubert, Maud Jullien (Mayotte, Lighthouse Reports), Julia Pascual (Mayotte), Jack Sapoch (motion design Lighthouse Reports) et Tomas Statius (Mayotte, Lighthouse Reports)
      Publié aujourd’hui à 06h55, modifié à 15h08

  • Stop Netanyahu Before He Gets Us All Killed

    via https://diasp.eu/p/17700907

    We could soon see several nuclear powers pitted against each other and dragging the world closer to nuclear annihilation.

    https://www.commondreams.org/opinion/netanyahu-war-on-iran

    Jeffrey D. Sachs & Sybil Fares
    Jun 16, 2025, Common Dreams

    For nearly 30 years, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu has driven the #Middle_East into war and destruction. The man is a powder keg of violence. Throughout all the wars that he has championed, Netanyahu has always dreamed of the big one: to defeat and overthrow the Iranian Government. His long-sought war, just launched, might just get us all killed in a nuclear Armageddon, unless Netanyahu is stopped.

    #Netanyahu’s fixation on war goes back to his extremist mentors, Ze’ev Jabotinsky, Yitzhak (...)

    • (... #Netanyahu’s fixation on war goes back to his extremist mentors, Ze’ev Jabotinsky, Yitzhak) Shamir, and Menachem Begin. The older generation believed that Zionists should use whatever violence–wars, #assassinations, terror–is needed to achieve their aims of eliminating any Palestinian claim to a #homeland.

      The founders of Netanyahu’s political movement, the Likud, called for exclusive Zionist control over all of what had been British Mandatory Palestine. At the start of the British Mandate in the early 1920s, the #Muslim and #Christian Arabs constituted roughly 87% of the #population and owned ten times more land than the Jewish population. As of 1948, the Arabs still outnumbered the Jews roughly two to one. Nonetheless, the founding charter of #Likud (1977) declared that “between the Sea and the Jordan there will only be Israeli sovereignty.” The now infamous chant, “from the River to the Sea,” which is characterized as anti-Semitic, turns out to be the anti-Palestinian rallying call of the Likud.

      Israel’s war on Iran is the final move in a decades-old strategy. We are witnessing the culmination of decades of extremist #Zionist manipulation of US foreign policy.

      The challenge for Likud was how to pursue its maximalist aims despite their blatant illegality under international law and morality, both of which call for a two-state solution.

      In 1996, Netanyahu and his American advisors devised a “Clean Break” strategy . They advocated that Israel would not withdraw from the Palestinian lands captured in the 1967 war in exchange for regional peace. Instead, Israel would reshape the Middle East to its liking. Crucially, the strategy envisioned the US as the main force to achieve these aims—waging wars in the region to dismantle governments opposed to Israel’s dominance over Palestine. The US was called upon to fight wars on Israel’s behalf.

      The Clean Break strategy was effectively carried out by the US and Israel after 9/11. As NATO Supreme Commander General Wesley Clark revealed, soon after 9/11, the US planned to “attack and destroy the governments in seven countries in five years—starting with Iraq, then Syria, Lebanon, Libya, Somalia, Sudan, and Iran.”

      The first of the wars, in early 2003, was to topple the Iraqi government. Plans for further wars were delayed as the US became mired in Iraq. Still, the US supported Sudan’s split in 2005, Israel’s invasion of Lebanon in 2006, and Ethiopia’s incursion into Somalia that same year. In 2011, the Obama administration launched CIA operation Timber Sycamore against Syria and, with the UK and France, overthrew Libya’s government through a 2011 bombing campaign. Today, these countries lie in ruins, and many are now embroiled in civil wars.

      Netanyahu was a cheerleader of these wars of choice–either in public or behind the scenes–together with his neocon allies in the U.S. Government including Paul Wolfowitz, Douglas Feith, Victoria Nuland, Hillary Clinton, Joe Biden, Richard Perle, Elliott Abrams, and others.

      Testifying in the U.S. Congress in 2002, Netanyahu pitched for the disastrous war in Iraq, declaring “If you take out Saddam, Saddam’s regime, I guarantee you that it will have enormous positive reverberations on the region.” He continued, “And I think that people sitting right next door in Iran, young people, and many others, will say the time of such regimes, of such despots is gone.” He also falsely told Congress, “There is no question whatsoever that Saddam is seeking, is working, is advancing towards to the development of nuclear weapons.”

      The slogan to remake a “New Middle East” provides the slogan for these wars. Initially stated in 1996 through “Clean Break,” it was popularized by Secretary Condoleezza Rice in 2006. As Israel was brutally bombarding Lebanon, Rice stated:

      “What we’re seeing here, in a sense, is the growing – the birth pangs of a new Middle East and whatever we do we have to be certain that we’re pushing forward to the new Middle East not going back to the old one.”

      In September 2023, Netanyahu presented at UN General Assembly a map of the “New Middle East” completely erasing a Palestinian state. In September 2024, he elaborated on this plan by showing two maps: one part of the Middle East a “blessing,” and the other–including Lebanon, Syria, Iraq, and Iran–a curse, as he advocated regime change in the latter countries.

      Israel’s war on Iran is the final move in a decades-old strategy. We are witnessing the culmination of decades of extremist Zionist manipulation of US foreign policy.

      The premise of Israel’s attack on Iran is the claim that Iran is on the verge of acquiring nuclear weapons. Such a claim is fatuous since Iran has repeatedly called for negotiations precisely to remove the nuclear option in return for an end to the decades of US sanctions.

      Since 1992, Netanyahu and his supporters have claimed that Iran will become a nuclear power “in a few years." In 1995, Israeli officials and their US backers declared a 5-year timeline. In 2003, Israel’s Director of Military Intelligence said that Iran will be a nuclear power “by the summer of 2004.” In 2005, the head of Mossad said that Iran could build the bomb in less than 3 years. In 2012, Netanyahu claimed at the United Nations that “it’s only a few months, possibly a few weeks before they get enough enriched uranium for the first bomb.” And on and on.

      This 30-year-plus pattern of shifting deadlines has marked a deliberate strategy, not a failure in prophecy. The claims are propaganda; there is always an “existential threat.” More importantly, there is Netanyahu’s phony claim that #negotiations with Iran are useless.

      #Iran has repeatedly said that it does not want a nuclear weapon and that it has long been prepared to negotiate. In October 2003, Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei issued a fatwa forbidding the production and use of nuclear arms—a ruling later officially cited by Iran at an IAEA meeting in Vienna in August 2005 and referenced since as a religious and legal barrier to pursuing nuclear weapons.

      Even for those skeptical of Iran’s intentions, Iran has consistently advocated for a negotiated agreement supported by independent international verification. In contrast, the Zionist lobby has opposed any such settlements, urging the US to maintain sanctions and reject deals that would allow strict #IAEA monitoring in exchange for lifting sanctions.

      In 2016, the Obama Administration, together with the UK, France, Germany, China, and Russia, reached the Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) with Iran—a landmark agreement to strictly monitor Iran’s nuclear program in exchange for sanctions relief. Yet, under relentless pressure from Netanyahu and the Zionist lobby, President Trump withdrew from the deal in 2018. Predictably, when Iran responded by expanding its uranium enrichment, it was blamed for violating an agreement that the US itself had abandoned. The double-standard and propaganda is hard to miss.

      On April 11, 2021, Israel’s Mossad attacked Iran’s nuclear facilities in Natanz. Following the attack, on April 16, Iran announced that it would increase its uranium enrichment further, as bargaining leverage, while repeatedly appealing for renewed negotiations on a deal like the JCPOA. The Biden Administration rejected all such negotiations.

      At the start of his second term, Trump agreed to open a new negotiation with Iran. Iran pledged to renounce nuclear arms and to be subject to IAEA inspections but reserved the right to enrich uranium for civilian purposes. The Trump Administration appeared to agree to this point but then reversed itself. Since then, there have been five rounds of negotiations, with both sides reporting progress on each occasion.

      The sixth round was ostensibly to take place on Sunday, June 15. Instead, Israel launched a preemptive war on Iran on June 12. Trump confirmed that the US knew of the attack in advance, even as the administration was speaking publicly of the upcoming negotiations.

      Israel’s attack was made not only in the midst of negotiations that were making progress, but days before a scheduled UN Conference on Palestine that would have advanced the cause of the two-state solution. That conference has now been postponed.

      Israel’s attack on Iran now threatens to escalate to a full-fledged war that draws in the US and Europe on the side of Israel and Russia and perhaps Pakistan on the side of Iran. We could soon see several nuclear powers pitted against each other and dragging the world closer to nuclear annihilation. The Doomsday Clock is at 89 seconds to midnight, the closest to nuclear Armageddon since the clock was launched in 1947.

      Over the past 30 years, Netanyahu and his US backers have destroyed or destabilized a 4,000-km swath of countries stretching across North Africa, the Horn of #Africa, the Eastern #Mediterranean, and Western #Asia. Their aim has been to block a Palestinian State by overthrowing governments supporting the Palestinian cause. The world deserves better than this extremism. More than 170 countries in the UN have called for the two-state solution and regional stability. That makes more sense than Israel bringing the world to the brink of nuclear #Armageddon in pursuit of its illegal and extremist aims.

      #Sionisme #Israel #États-Unis #Palestine

  • Var : un homme tue son voisin tunisien par balles et diffuse des vidéos racistes
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/06/01/var-un-homme-tue-son-voisin-tunisien-par-balles-et-diffuse-des-videos-racist

    Le mis en cause a également blessé, samedi soir, un autre voisin, de nationalité turque. Il a « diffusé avant et après son passage à l’acte deux vidéos sur son compte d’un réseau social au contenu raciste et haineux », a fait savoir le procureur.

    Dans Var matin :

    Samedi soir, un habitant de Puget-sur-Argens a tué un voisin par balle avant d’en blesser un autre. Traqué par le GIGN, il s’est rendu dimanche matin. Le crime pourrait avoir été motivé par la haine des étrangers.

    https://archive.ph/SZlO7

    Le tir sportif, c’est le culte des #armes_à_feu. C’est l’exutoire du #virilisme.
    #assassinats_racistes

  • “Les pilotes de drones voient très bien la personne qu’ils vont tuer, jusqu’au dernier moment”
    https://www.nouvelobs.com/monde/20250409.OBS102519/les-pilotes-de-drones-voient-tres-bien-la-personne-qu-ils-vont-tuer-jusqu

    Série Après avoir raconté le conflit en Ukraine du point de vue des drones, Isabelle Dufour, directrice des études stratégiques à Eurocrise, explique, dans cette deuxième partie du grand entretien qu’elle a accordé au « Nouvel Obs », comment ces appareils volant sans pilote changent la mécanique de la guerre.

    Pour aller plus loin
    La une du 29 mai 2025

    Edition de la semaine Ukraine : la guerre des drones

    Ils ont changé la face des combats entre Kiev et Moscou. Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, les drones, jusqu’alors marginaux dans les conflits, se sont imposés comme une arme majeure. Au point de constituer une « révolution », comme l’observe Isabelle Dufour, directrice des études stratégiques à Eurocrise, dans la première partie du grand entretien qu’elle a accordé au « Nouvel Obs ». Une révolution dont on peine encore à imaginer l’ampleur et les conséquences sur la conduite de la guerre, sur les soldats eux-mêmes et sur l’avenir de l’armement. Dans ce deuxième volet de « Drones de guerre », l’experte raconte comment ces appareils volant sans pilote bouleversent l’art de la guerre.
    Que changent les drones à la manière de faire la guerre ?

    Isabelle Dufour Enormément de choses, parce qu’ils ont investi tous les secteurs du combat, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Usage par usage, on peut certes trouver des filiations : en Syrie en 2014, l’organisation Etat islamique utilisait de petits drones pour larguer des grenades, dans le Haut-Karabakh en 2023, lors de la guerre opposant l’Arménie à l’Azerbaïdjan, on voyait des [Bayraktar] TB2 turcs effectuer des missions semblables à celles pour lesquelles les Ukrainiens les utilisaient au début de l’invasion russe. Et, si on remonte plus loin, on se souvient des drones américains pilotés depuis les Etats-Unis et effectuant des frappes en Afghanistan. Mais, pour la première fois en Ukraine, non seulement les drones sont utilisés de façon massive et systématique, mais tous les usages sont explorés en même temps et dans une évolution constante. C’est donc la guerre dans son ensemble qui est affectée.

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    Commençons alors par le combat terrestre.

    Les fantassins sont aujourd’hui sous la menace constante des petits drones FPV (First Person View) qui les traquent jusqu’à une vingtaine de kilomètres derrière la ligne de front. Même si beaucoup de ces missions sont kamikazes, un drone à 400 dollars contre un soldat russe, ça reste une bonne affaire… La conséquence est l’obligation faite aux fantassins de s’enterrer. Bien sûr, l’artillerie obligeait déjà à se cacher, mais on pouvait espérer, sous un couvert ou dans une zone rocailleuse, passer inaperçu. Aujourd’hui, c’est impossible. Il faut donc creuser des abris et en protéger les ouvertures pour éviter que les drones entrent dans le tunnel. Même chose dans les bâtiments : comme on l’a vu aussi avec les Israéliens à Gaza, un petit FPV entre facilement dans un hangar ou une maison. Cela complique énormément la vie des fantassins, même entre deux offensives.

    A lire aussi
    Présentation du drone Bayraktar TB2, lors de célébration de l’indépendance de l’Ukraine, le 24 août 2021, à Kiev.

    Récit Le drone de combat turc Bayraktar : les ailes militaires d’Erdogan

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    Et qu’en est-il de l’artillerie ?

    Là, l’apport des drones est surtout la reconnaissance. L’artillerie n’a pas toujours une vision très précise de ce qu’elle peut viser comme cible. Je rappelle juste qu’un Caesar français par exemple – un camion équipé d’un canon de 155 mm – peut tirer jusqu’à 40 kilomètres, ce qui n’est pas tout près, et doit souvent le faire sur la base de renseignements qui peuvent être flous et rarement en temps réel. Les drones Orlan, côté russe, font très bien ce travail de reconnaissance : ils ne sont pas très grands, volent à une hauteur qui les rend accessibles seulement à des systèmes de défense à longue portée très coûteux (alors que l’appareil vaut autour de 100 000 dollars). Ils permettent d’identifier des cibles, mais aussi, ce qui est très utile pour l’artillerie, de voir si le tir a tapé là où il fallait, s’il y a les dégâts voulus ou s’il faut rectifier le tir ou changer les munitions. Tout cela est très précieux et renforce l’efficacité.
    Qu’en est-il du combat mécanisé, des chars, etc. ?

    Les chars sont devenus très vulnérables. Et d’ailleurs, cela a donné lieu à des spectacles assez cocasses, si j’ose dire. On a vu les Russes recouvrir leurs véhicules de plaques de métal blindé. Outre que cela les faisait ressembler à des tortues, les chars étaient alourdis, parfois gênés dans leur liberté de tir à cause d’une tourelle limitée dans ses mouvements. On a aussi vu des filets de pêche montés sur le char grâce à des tiges en métal pour éviter la projection de drones kamikazes. Inutile de dire que ces parades ne fonctionnent qu’un temps…
    Et l’aviation ? Parce qu’à vous entendre, on se dit qu’il n’y a plus besoin d’avions pilotés. Ne serait-ce que parce qu’ils coûtent extraordinairement cher, même par rapport au drone le plus coûteux…

    Un avion coûte très cher, en effet, et on peut le perdre. Les pilotes coûtent très cher aussi à former. Et il est vrai que certains secteurs du combat aérien risquent d’être remplacés un jour par les drones. Par exemple, ce qu’on appelle le Close Air Support, le soutien aérien rapproché, où les aéronefs interviennent juste au-dessus des troupes au sol. Ce sont des missions très risquées car se déroulant dans des zones couvertes par de nombreux systèmes de surveillance. Dans ces situations, les drones pourraient être très intéressants.

    Néanmoins, les avions pilotés ont encore des avantages : la vitesse et la capacité à délivrer de grosses quantités d’explosifs. Lâcher une bombe de 800 kilos avec effet de blast fait plus de dégâts que des FPV qui portent une charge de 15 kilos, et qui, même si plusieurs interviennent en même temps, laissent le temps aux soldats de se disperser. Les Russes préfèrent encore les avions pilotés qui tirent des missiles à longue distance pour viser les villes et infrastructures ukrainiennes. Les drones ne peuvent pas encore lancer les missiles au design spécial qui permettent par exemple de pénétrer un bunker grâce à une double charge – la première qui explose pour percer le mur et la deuxième à l’intérieur.
    Photo, extraite d’une vidéo diffusée par le service de presse du ministère russe de la Défense le 2 avril 2025, montrant des soldats russes avant le lancement d’un drone vers des positions ukrainiennes.

    Photo, extraite d’une vidéo diffusée par le service de presse du ministère russe de la Défense le 2 avril 2025, montrant des soldats russes avant le lancement d’un drone vers des positions ukrainiennes. RUSSIAN DEFENSE MINISTRY PRESS SERVICE VIA AP/SIPA
    Mais pourquoi y a-t-il encore besoin de pilotes dans ces avions ? Pourquoi ne pas les manier à distance ou ne pas laisser faire une intelligence artificielle (IA) qui travaille en autonomie ?

    Pour ce qui est du pilotage à distance, se pose le problème du temps de latence. Si vous utilisez une liaison satellitaire, ce qui est nécessaire au-delà d’une centaine de kilomètres, il faut compter 1 à 2 secondes de latence, le temps que le signal monte jusqu’au satellite et redescende. C’est énorme car quand on pilote un avion de combat, il faut réagir très vite : la cible peut apparaître au dernier moment, il est nécessaire de pouvoir effectuer une manœuvre évasive en un dixième de seconde.

    Pour ce qui est d’un pilotage par l’IA, se pose un autre problème : la complexité de l’environnement. Même si, dans le Rafale chargé de la dissuasion nucléaire par exemple, il existe un radar de suivi de terrain qui peut vous faire voler à moins de 100 mètres de hauteur, en suivant le relief, sans que vous n’ayez à faire quoi que ce soit, il y a tout le reste à prendre en compte : le surgissement d’une menace impromptue et la nécessité d’adapter la mission au dernier moment. Là, le pilote demeure le meilleur recours : il est une sorte de multi-capteurs, capable de prendre en compte un nombre de paramètres encore inaccessible à l’informatique. Face à de l’imprévu – une forêt défeuillée par exemple –, le pilote va se poser des questions que la machine ne peut pas se poser : est-ce normal ? Pourquoi ces traces d’incendie au sol ? Cela suggère-t-il un départ fréquent de tir d’artillerie ? Aujourd’hui, plus qu’à l’IA à proprement parler – c’est-à-dire de modèles auto-apprenants et capables de décisions autonomes –, les systèmes existants ont recours à des algorithmes très complexes qui permettent déjà plein de choses : identifier une cible, aller seuls vers une cible programmée (donc ne plus émettre ni recevoir de données, ce qui les rend beaucoup moins détectables)…
    Dans la marine, il semble aussi que l’usage des drones soit de plus en fréquent…

    Oui, ce sont vraiment tous les secteurs de la guerre qui sont affectés, c’est pourquoi je parle de « révolution ». Dans le domaine maritime – un milieu complexe à maîtriser –, il existe deux types de drones : des drones sous-marins (qu’on appelle des UUV : Unmanned Underwater Vehicles) et des drones de surface (USV : Unmanned Surface Vehicles). Dans ce conflit, ce sont surtout les seconds qui sont utilisés. Ils servent essentiellement, pour les Ukrainiens, à harceler la flotte russe : un tiers de la flotte russe en mer Noire aurait été touchée par un de ces engins. Dans cette zone, la Russie a dû réarticuler son dispositif pour s’adapter à cette menace, et ce, dès l’automne 2022.
    Si toutes les armées sont concernées par les drones, que cela change-t-il à la guerre globalement ?

    J’aimerais bien le savoir… Trop de changements se produisent à des niveaux tactiques pour savoir ce qui changera vraiment aux niveaux opératif et stratégique. Mais il s’agit d’un changement majeur, qui impactera la façon dont on conçoit les opérations. Plusieurs armées ont déjà créé, à différents niveaux, des branches dédiées spécifiquement aux drones.

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    Alors, sérions les questions. Pour commencer, diriez-vous que les drones permettent de faire plus de victimes ?

    C’est très difficile à dire. Les tapis de bombes de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale étaient une boucherie : les drones permettent-ils de les éviter ? Peut-être… Mais on pourrait tout aussi bien soutenir que ce qu’on voit en Ukraine, en termes de morts et de blessés, est inédit depuis 1945 et que les drones y sont pour quelque chose. Disons simplement qu’il est dans la nature de la guerre de faire beaucoup de victimes. Si vous n’infligez pas beaucoup de pertes à votre ennemi, c’est que vous échouez.
    Autre manière d’aborder la question : voit-on apparaître avec les drones de nouveaux traumas, tant pour ceux qui en sont les victimes que pour ceux qui les pilotent (on se souvient des soldats américains qui supportaient très mal de tuer depuis le Nouveau-Mexique, et par écran et joystick interposés, des combattants en Afghanistan) ?

    Encore une fois, c’est difficile à dire tant les syndromes de stress post-traumatique sont répandus parmi les soldats ukrainiens, comme la plupart du temps dans les guerres d’ailleurs. Néanmoins, on observe des troubles particuliers chez les pilotes de drones qui n’utilisent plus des écrans mais des casques immersifs et se projettent presque littéralement sur l’ennemi. Ils voient très bien la personne qu’ils vont tuer, jusqu’au dernier moment, et elle-même regarde souvent la caméra. Dans le cas d’explosif lâché, il arrive souvent que, une fois la charge lancée, quand il n’est plus possible de rien faire, le soldat visé crie, lève ou joigne les mains. Il a beau être un ennemi, quand vous voyez cela vingt fois, cela produit des effets. Là où le tireur d’élite – et encore moins l’opérateur d’artillerie – ne voit rien et où le fantassin qui tire au fusil de plus près peut décider au dernier moment d’épargner sa cible, ce qui arrive assez souvent.

    Il faut ajouter à cela que les opérateurs de drones FPV sont eux-mêmes particulièrement ciblés par l’adversaire. Les Russes se sont fait une spécialité de détecter les émissions d’ondes électromagnétiques émises par la liaison entre l’opérateur et son drone, ce qui leur permet de le localiser et de le cibler par l’artillerie ou en envoyant un drone ou des snipers.

    Quant aux fantassins, le fait de vivre sous la menace permanente des drones, même loin derrière la ligne de front, même dans un milieu censément protecteur, produit un stress nouveau et extrême. D’autant que le fait d’être poursuivi par un drone est une situation cauchemardesque. Par ailleurs, il faut noter que l’explosion n’est pas la seule menace : depuis un an, des drones dits « Dragon » dispersent par exemple de la thermite qui brûle les positions, notamment sous couvert forestier. Et puis les soldats ne sont pas les seuls visés : depuis l’automne 2024, les Russes « chassent », comme ils disent, les civils, notamment du côté de Kherson.
    Autre changement : la multiplication des drones nécessite-t-elle de nouvelles compétences dans les armées ?

    Bien sûr. Il faut former des pilotes. Aux Etats-Unis, le premier réflexe a été de recruter des gamers. S’ils avaient les aptitudes, on s’est vite aperçu qu’on ne pouvait pas se passer d’une formation militaire plus globale : faire la guerre, ce n’est pas jouer. Beaucoup de programmes ont donc été développés en Ukraine, et de nombreux centres de formation créés. Quant aux Russes, on sait qu’ils ont recruté une ancienne championne de tir pour former les fantassins et leur apprendre à tirer sur les drones au fusil.
    Isabelle Dufour, directrice des études stratégiques à Eurocrise, sur le plateau de Public Sénat, le 18 mars 2025.

    Isabelle Dufour, directrice des études stratégiques à Eurocrise, sur le plateau de Public Sénat, le 18 mars 2025. CAPTURE ÉCRAN PUBLIC SÉNAT
    Et pour la fabrication de ces drones. Hormis ceux qui sont importés, est-ce qu’il a fallu créer une filière industrielle ?

    Dès le début de la guerre, la société civile ukrainienne s’est organisée, par des systèmes de collecte et de sponsoring, pour fournir ses forces armées en nourriture, matériel etc. C’est valable aussi pour les drones : des levées de fonds sont régulièrement organisées pour acheter des pièces ou des appareils.

    Pour ce qui est de la fabrication, l’Ukraine avait les compétences industrielles nécessaires, notamment dans les secteurs aéronautique et mécanique ; il ne faut jamais oublier que les chars soviétiques étaient fabriqués à Kharkiv. Il y a en Ukraine des ingénieurs qui savent concevoir et fabriquer, des ouvriers qui savent souder, qui peuvent bidouiller un réservoir à partir d’une bouteille en plastique ou profiter d’une imprimante 3D pour produire des composants. Cette qualité humaine de base – qui nous manque terriblement en France, soit dit en passant – leur a permis de produire des drones en quantité. Cette continuité entre le civil et le militaire explique aussi l’extraordinaire rapidité avec laquelle évoluent les drones et les systèmes qui permettent de s’en protéger. On a vu des gens fabriquer des brouilleurs en récupérant des systèmes électroniques à droite à gauche. Cette guerre est une guerre de l’adaptation permanente, les armées innovent et s’adaptent en continu, parfois à l’échelle de quelques semaines et très localement, eu égard à l’autonomie dont bénéficient les régiments ukrainiens qui ont souvent leur propre réseau d’entreprises qui les alimentent en matériel.

    Cela a une conséquence inédite : si les différents modèles de drones ont un design commun, les variations sont innombrables. On peut y voir un avantage : l’innovation est constante, adaptée au terrain et aux usages. Mais cela rend compliquée la mise à l’échelle et, plus embêtant, une planification globale à la fois matérielle et stratégique.
    On pourrait parler, du côté ukrainien, de « start-upisation » de la guerre ?

    On peut le dire comme ça. Mais demeure la question de savoir si c’est efficace. On peut se contenter de constater que, jusqu’à maintenant, ils ont tenu avec cette organisation très décentralisée et agile, et peut-être grâce à elle. Mais c’était face à une armée russe qui, pendant longtemps, a été très mauvaise. Aujourd’hui que l’armée russe s’est beaucoup améliorée, je me demande où en est l’armée ukrainienne. Elle a perdu beaucoup de cadres intermédiaires très bien formés, et, de ce fait, les états-majors ne se sont pas renouvelés. Ce qui a sans doute affaibli leur capacité à planifier des campagnes opératives, contrairement aux Russes.

    L’autonomie des unités empêche parfois les Ukrainiens d’avancer ensemble, de manière coordonnée. On a vu des unités quitter des positions de leur propre chef, contre l’avis de leur commandement, parce qu’un officier estimait que c’était la bonne à chose à faire. Quant aux drones, ils aident les Ukrainiens à tenir, c’est manifeste, mais ils participent aussi à cette fragmentation : à peu de frais, une unité peut trouver le moyen de faire quelque chose, alors pourquoi ne le ferait-elle pas ? Si on peut faire reculer l’ennemi de 2 kilomètres, pourquoi ne pas le faire ? Du point de vue de l’efficacité tactique, le système ukrainien fonctionne, mais sur plan stratégique, c’est plus contestable.
    Dernier changement apporté par le drone à l’art de la guerre : ils permettent de produire des images qui, semble-t-il, sont très utiles à la propagande…

    Là encore, cet usage n’est pas réellement nouveau : certaines wilayas (« provinces ») de l’organisation Etat Islamique, par exemple, avaient déjà des équipes dédiées au recueil d’images par drones. Le conflit russo-ukrainien a repris cet usage, à une échelle bien plus vaste, mais il n’y a pas là de rupture à proprement parler. Les vidéos, souvent captées par les combattants eux-mêmes et diffusées via des canaux spécialisés (en général sur Telegram), sont innombrables, des deux côtés.

    #Guerre #Drones #Ukraine

    • Dans ma jenuesse je les ai encore rencontré, les tueurs allemands du front de l’Est et les GIs de Vietnam en mission de repos à Berlin, tous des hommes fort déagréables qui ont exercé une influence négative sur leur environnement, leurs familles et toute la société.

      Thomas Harlan a tourné à Paris le portrait d’un tueur nazi, Alfred FIlbert de qui émanait le même stream of consciouness ou plutôt l’inconscient omniprésent dans les familles.

      Wundkanal / Notre nazi
      http://www.thomasharlan.com/filme/wundkanal-notre-nazi

      L’Ukraine et la Russie souffriront encore pendant plusieurs générations de cet héritage obscure qui pourrit la vie de gens. Cela est vrai pour toutes les sociétés dont la politique se sert des guerres pour atteindre ses objectifs. Ainsi l’État d’Israel ne ressemblera plus jamais à l’image du refuge paisible pour les juifs du monde que ses propagandistes on réussi à communiquer pendant longtemps.

      Le problème est connu chez les assassins professionnels mais personne n’y a encore trouvé de solution.

      On trouve ces observation dans le manuel du tueur officiel de Dave Grossmann qui en a fait une belle affaire.

      On Killing
      https://en.wikipedia.org/wiki/Dave_Grossman_(author)

      Grossman’s first book, On Killing: The Psychological Cost of Learning to Kill in War and Society , is an analysis of the psychological processes involved with killing another human being. In it, he claims that most people have a phobia-level response to violence, and that soldiers have to be specifically trained to kill. He details some of the physical effects that violent stresses produce on humans, ranging from tunnel vision, changes in sonic perception, and post-traumatic stress disorder. Robert Engen, in a paper for the Canadian Military Journal critiquing On Killing, criticized Grossman’s works, saying that “although On Killing and On Combat form an excellent starting point, there are too many problems with their interpretation for them to be considered the final word on the subject.” Grossman’s response to Engen, printed in the same journal, attempted to address the criticisms by arguing that SLA Marshall’s findings that man is not by nature a killer, even after having doubt cast on their methodology, have borne out in further scientific studies and real world experience, and furthermore, “have been the cornerstone of military and police training for over a half century.” "On Killing" has been cited over 3300 times, noted by Google Scholar.

      In Stop Teaching Our Kids to Kill : A Call to Action Against TV, Movie and Video Game Violence, Grossman argues that the techniques used by armies to train soldiers to kill are mirrored in certain types of video games. He claims that playing violent video games, particularly light gun shooters of the first-person shooter-variety (where the player holds a weapon-like game controller), train children in the use of weapons and, more importantly, harden them emotionally to the task of murder by simulating the killing of hundreds or thousands of opponents in a single typical video game. He has repeatedly used the term “murder simulator” to describe first-person shooter games.

      His third non-fiction book, On Combat: The Psychology and Physiology of Deadly Conflict in War and in Peace , is an extension of his first, listing coping strategies for dealing with the physiological and psychological effects of violence for people who kill people in their line of work (soldiers and police officers).

      #assassins #génocide #pédagogie #forces_armées

  • Israeli Occupation Forces Assassinate Journalist, His wife and Daughter in Deir al-Balah
    April 24, 2025 | Palestinian Centre for Human Rights
    https://pchrgaza.org/israeli-occupation-forces-assassinate-journalist-his-wife-and-daughter-in-

    (...) According to PCHR’s documentation, on Wednesday, 23 April 2025, an Israeli warplane fired a missile at journalist Sa’id Amin Abu Hasanein (42) , targeting and killing him, his wife, Asmaa’ Jihad Abu Hasanein and their 15-year-old daughter, Sarah, while they were walking on al-Bee’ah Street, central Deir al-Balah. Hasanein worked in sound engineering and audio mixing at Al-Aqsa Voice Radio in Gaza.

    With this crime, the number of journalists killed by IOF since 07 October 2023 has risen to 212, according to Gaza’s Government Media Office. This war has taken a record toll since the recording of journalist fatalities started in 1992. Among those killed were 13 female journalists. Meanwhile, the majority of journalists were killed in Israeli warplane and drone airstrikes, and the remaining were shot dead by Israeli snipers. Most journalists were killed alongside their families in targeted attacks on their homes, while others were killed in indiscriminate bombings throughout the ongoing genocide. Some journalists were directly targeted and killed while others were killed on duty. Additionally, 194 journalists have been injured under various circumstances during the aggression. Moreover, a large number of social media activists have been targeted by the IOF, who systematically incite against them and threaten to kill them if they do not remain silent. (...)

    #Génocide

  • Humanitarian agencies reject IDF claim Gaza medic killings caused by ‘professional failures’

    The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2025/apr/21/humanitarian-agencies-reject-idf-claim-gaza-medic-killings-caused-by-pr

    Humanitarian agencies reject IDF claim Gaza medic killings caused by ‘professional failures’

    UN, Palestinian Red Crescent and civil defence service condemn lack of accountability after Israeli investigation
    Bethan McKernan in Jerusalem
    Mon 21 Apr 2025

    The UN’s humanitarian agency, the Palestine Red Crescent Society (PRCS) and Gaza’s civil defence service have rejected the findings of an Israeli military investigation that concluded the killings of 15 Palestinian medics and rescue workers in Rafah last month were caused by “professional failures”.

    Eight PRCS paramedics, six members of the civil defence rescue agency and one employee of Unrwa, the UN agency for Palestinian refugees, were carrying out two rescue missions when they were shot and killed by Israeli troops in southern Gaza in the early hours of 23 March.

    #Gaza
    #Palestine
    #meurtres
    #Israël

  • Un #syndicaliste de la #Confédération_paysanne #assassiné en #Corse
    https://reporterre.net/Un-syndicaliste-de-la-Confederation-paysanne-assassine-en-Corse

    Le 17 mars, un paysan syndicaliste a été assassiné sur sa ferme, près d’Ajaccio. Âgé de 55 ans, Pierre Alessandri défendait corps et âme la paysannerie, en tant que secrétaire général de la Via Campagnola, ou Confédération paysanne corse. Il s’était par ailleurs illustré comme « lanceur d’alerte dans l’affaire des fraudes aux subventions [agricoles] européennes » sur l’île de Beauté, précise l’association de lutte contre la corruption Anticor.

    « Plusieurs pistes sont exploitées […] pour déterminer le mobile de [cet] acte criminel qui a manifestement fait l’objet d’actes préparatoires », a déclaré le procureur de la République d’Ajaccio, qui évoque « trois coups de feu tirés dans le dos ». En avril 2019 déjà, la distillerie de ce fabricant d’huiles essentielles avait été détruite dans un incendie criminel. Une enquête pour « assassinat » a été confiée à la gendarmerie.

    Dans un communiqué, l’association Anticor déplore une « tragédie » s’inscrivant « dans un climat de pratiques mafieuses et corruptives qui gangrènent le territoire corse ». La Confédération paysanne s’est quant à elle dite « sous le choc, empreinte d’une immense tristesse » : « Nous sommes dans l’incompréhension et la colère. Les paysan·nes et responsables syndicaux ne peuvent être ainsi pris pour cible. »

  • Un agriculteur tué par balles à Sarrola-Carcopino
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/un-agriculteur-tue-par-balles-a-sarrola-carcopino-31240
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/v4E6GtJjT70Pv_2lpZv3wdInuoc/930x620/regions/2025/03/18/u-activite-agricole-mandriolu-00-00-26-15-67d94a5b7d4a8

    Grièvement blessé par balles aux environs de 19h, ce lundi 17 mars, sur la commune de Sarrola-Carcopino, le décès de Pierre Alessandri a été prononcé dans la soirée au centre hospitalier d’Ajaccio.

    Âgé de 55 ans, l’homme se trouvait sur son exploitation, située dans le hameau d’U Mandriolu, lorsqu’il a été atteint « d’au moins un tir certain porté dans [son] dos » indique le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe. Une communication du parquet hier, peu de temps après les faits, parlait de « possiblement trois coups de feu tirés dans [son] dos ».
    (...)
    Producteur d’huiles essentielles depuis 1993 sur ses terres du Mandriolu, au pied du Mont Gozzi, Pierre Alessandri était membre depuis plus de 20 ans du syndicat agricole Via Campagnola. Entre 2007 et 2013, il avait même siégé aux côtés de la majorité à la chambre d’agriculture de Corse-du-Sud.

    Jeudi 13 mars, il était présent à la dernière assemblée générale de Via Campagnola. Sur ses réseaux sociaux, ce mardi 18 mars, le syndicat arbore désormais un carré noir en guise de photo de profil et de bannière, signe de deuil.

    En avril 2019, la distillerie de Pierre Alessandri, alors secrétaire général de Via Campagnola, avait été la cible d’un incendie. L’intégralité du hangar agricole avait été ravagé par les flammes, détruisant plusieurs engins et le matériel de distillation d’huiles essentielles de l’agriculteur. La piste privilégiée était alors « celle d’une réaction violente » liée à ses positions syndicales, indiquait l’alors procureur de la République d’Ajaccio, Eric Bouillard. (...)

    • Un agriculteur corse abattu sur son exploitation : combattre pour l’intérêt général ne devrait pas couter la vie aux lanceurs d’alerte - Anticor
      https://www.anticor.org/2025/03/18/un-agriculteur-corse-abattu-sur-son-exploitation-combattre-pour-linteret-ge

      Le 17 mars 2025, #Pierre_Alessandri, agriculteur corse, a été tué par trois balles dans le dos alors qu’il se trouvait sur son exploitation, à Sarrola-Carcopino. Il était l’un des lanceurs d’alerte dans l’affaire des fraudes aux subventions européennes en #Corse.

      Dès 2016, #Anticor avait signalé de possibles détournements des #subventions_européennes aux exploitations agricoles, ce qui avait déclenché l’ouverture d’une enquête.

      Une ordonnance de renvoi concernant plusieurs hauts fonctionnaires pour détournement de fonds publics et recel de cette infraction a été rendue dans cette affaire le 24 septembre 2024 dernier et une audience correctionnelle devrait se tenir prochainement.

      Ces faits potentiels, d’une extrême gravité, ont pu être mis en lumière grâce au courage de lanceurs d’alerte, parmi lesquels Pierre Alessandri.

      Si l’enquête pour déterminer les contours de la mort de Pierre Alessandri est toujours en cours, l’agriculteur avait déjà fait l’objet de menaces en raison de son engagement pour l’intérêt général et le bien commun.

      En 2019, il avait déjà été victime d’un incendie volontaire sur l’un de ses hangars de stockage.

    • En avril 2019 :

      Le scandale des fraudes agricoles s’étend en Corse | Mediapart | 28 avril 2019
      https://www.mediapart.fr/journal/france/280419/le-scandale-des-fraudes-agricoles-s-etend-en-corse

      Le scandale des fraudes aux aides agricoles européennes est en train de prendre un tour dramatique en Corse. Dans la nuit du vendredi 26 avril au samedi, un incendie a détruit la distillerie d’huiles essentielles exploitée par Pierre Alessandri, le responsable du syndicat agricole #Via_Campagnola (#Confédération_paysanne), à Sarrola-Carcopino, au nord d’Ajaccio.

      Le procureur de la République d’Ajaccio a ouvert une enquête judiciaire pour incendie criminel commis en réunion, confiée à la gendarmerie. Cet incendie trouve vraisemblablement son origine dans les positions prises par Via Campagnola lors de la récente campagne électorale pour les élections des chambres d’agriculture. Ce syndicat minoritaire a en effet dénoncé les fraudes aux aides européennes avec fermeté, comme Mediapart s’en était déjà fait l’écho.

      https://justpaste.it/fq5q9

    • Communiqué de Via Campagnola sur la qualification de « lanceur d’alerte » (notamment par Anticor cité plus-haut)
      https://www.facebook.com/syndicat.viacampagnola/posts/9617607304985941

      Via Campagnola

      CUMUNICATU
      Aiacciu, u 4 di aprile di u 2025

      "NON" Pierre Alessandri n’était pas un "lanceur d’alerte”, occurrence répétée dans les journaux et médias.

      [ ] Le 13 octobre 2004, Pierre Alessandri fonde le syndicat Via Campagnola Corse-du-Sud et en devient le secrétaire général (président). Trois ans plus tard, en 2007, il en devient également le porte-parole. Depuis cette date, chaque fois que Pierre Alessandri a pris la parole, il l’a fait a titre syndical, conformément à nos statuts, qui exigent de défendre les intérêts des agriculteurs corses.

      La défense des agriculteurs est un travail ardu, mais si notre syndicat s’est souvent élevé contre certaines dérives inhérentes a notre métier, ni notre président ni notre syndicat n’ont JAMAIS dénoncé des individus nommément. Un syndicat d’agriculteurs digne de ce nom n’est pas CONTRE ceux qu’il est censé défendre.

      Des agriculteurs, il en reste peu.. très peu. Que nous ayons, sur des problématiques précises et variées, des points de vue différents de ceux d’autres syndicats agricoles : c’est un fait. Que nous puissions être "contre" des agriculteurs : JAMAIS. Nous sommes bien trop peu nombreux pour nous permettre ce luxe et bien trop respectueux, depuis toujours, des autres pour agir de la sorte.

      Depuis plusieurs années, notre syndicat, et plus particulièrement notre représentant Pierre Alessandri, avons été trainé dans la boue en sous-entendant que des exploitants avaient été directement mis en cause dans certaines affaires. Ceci est faux. D’autres l’ont peut-être fait, mais pas nous.

      L’État et son administration n’ont jamais eu besoin de quiconque pour connaitre les dérives qu’ils orchestrent avec talent depuis des décennies et les conséquences qui en découlent pour les Corses.

      Nous n’avons jamais souhaité réagir a ces allégations mensongères, car nous pensions naïvement que ceux-là mêmes qui les colportent finiraient par comprendre leur erreur. Nous pensions naïvement que de telles énormités ne pouvaient être ni répétées ni même crues.

      Mais plus c’est gros, plus ça passe !

      Pierre était un homme courageux, mais son courage ne doit pas servir a ceux qui n’en ont pas a masquer leur lâcheté, leurs errances, leurs incompétences ou leur soif de "gros titre". En Corse, plus qu’ailleurs, les mots ont un sens et la perversion des mots : des conséquences...

      Non, Pierre n’était pas un lanceur d‘alerte. Un lanceur d’alerte est une personne qui dénonce les dérives d’un système auquel elle appartient ! Pierre n’a jamais fait partie d’aucune administration qui lui aurait permis de connaitre les « dossiers » des agriculteurs, mais surtout, Pierre a pu s’opposer, mais n’a jamais en aucun cas dénoncé quiconque !

      Nous demandons donc instamment aux médias (qui pervertissent la vérité pour la rendre plus appétissante), aux imbéciles de tout bord et de tout genre, aux naïfs qui pensent savoir... de se taire définitivement et de permettre a Pierre, a ses amis, a ses compagnons de lutte syndicale, mais surtout a sa famille, d’avoir la paix.

      Pour le bureau - Présidence de Haute-Corse
      Laetitia SIMEONI

  • Italie : peut-on faire #justice sur les #crimes contre les migrants ?

    Les #procès contre les #passeurs de migrants se sont récemment multipliés en Italie. Mais les suspects ne sont souvent accusés que d’être des passeurs. Les charges d’#enlèvement, d’#assassinat, d’#extorsion ou de #violence_sexuelle ne s’appliquent pratiquement jamais. Les principaux trafiquants ne sont généralement pas arrêtés, ni inculpés. Ceux qui le sont relèvent du « menu fretin ». Que révèlent ces procès sur les crimes commis contre les migrants entre l’Afrique et l’Europe ?

    En octobre 2022, #Ghebremedin_Temeschen_Ghebru, un ressortissant érythréen aujourd’hui âgé de 37 ans, a été arrêté par #Interpol à l’aéroport international d’Addis-Abeba, alors qu’il embarquait sur un vol à destination de l’Australie. Il a été extradé vers l’Italie, accusé d’être un membre d’une organisation criminelle de #trafic_de_migrants. Il a été notamment accusé d’être un « #hawaladar ». Le #hawala est un système de transfert d’argent informel et non tracé, par lequel, dans ce cas, les paiements effectués par les parents des personnes kidnappées sont envoyés aux trafiquants, puis à leurs divers intermédiaires tout au long du voyage vers l’Europe.

    Cette affaire et celle d’un autre trafiquant présumé originaire d’Érythrée, connu sous le nom de #Welid, extradé aux Pays-Bas une semaine seulement avant Ghebru, ont été résolues grâce à une équipe conjointe de coopération internationale, mise en place en 2018 et impliquant les autorités judiciaires et policières d’Italie et des Pays-Bas, ainsi que celles du Royaume-Uni, de l’Espagne, d’#Europol et, depuis 2022, de la #Cour_pénale_internationale (#CPI). L’équipe se concentre sur la lutte contre la traite des êtres humains et les crimes contre les migrants en #Libye.

    Le procès de Ghebru a débuté en 2023 et se déroule devant la Cour d’assises de Catane, où les premières victimes de son réseau organisé présumé ont été débarquées. L’accusé a été libéré de prison après le premier ré-interrogatoire, qui n’a trouvé aucun motif pour le #crime_d’association, à savoir la participation à une association, organisation ou bande criminelle, sur lesquels les mesures préventives étaient basées. Ghebru est donc retourné en Australie, où il vit et travaille, explique son avocat Michele Calantropo à Justice Info.

    Au cours des deux dernières années, le tribunal a entendu deux témoins à charge. Le prévenu devait comparaîtra ce 3 mars mais, n’ayant pu obtenir de visa, l’audience a été reportée. La défense prévoit de faire comparaître une dizaine de témoins. Calantropo estime que le procès se terminera en 2025. Le bureau du procureur a refusé de commenter ce dossier.

    « Il n’est pas coupable de tous les crimes », assure Calantropo. En 2017, au moment des écoutes téléphoniques sur lesquelles se base l’affaire, l’accusé a séjourné à Dubaï pendant quatre mois, où il « travaillait comme consultant et comptable pour une société d’import-export, discutant avec des clients et des fournisseurs sur les paiements de fournitures, il n’y a pas un seul contact avec les trafiquants », affirme l’avocat. Calantropo ajoute qu’il a déposé tous les documents de la chambre de commerce de Dubaï concernant la société pour laquelle travaillait Ghebru et que nombre de ses témoins témoigneront également à ce sujet.

    Une série d’affaires : les opérations « #Glauco »

    Le procès en cours n’est que le dernier d’une opération beaucoup plus vaste, connue sous le nom de « Glauco ». Tout a commencé avec le tragique naufrage de 2013 lors duquel 300 migrants ont trouvé la mort au large de l’île italienne de Lampedusa. L’enquête criminelle qui en a résulté a abouti à la condamnation de six passeurs et à l’émission de mandats d’arrêt européens et internationaux à l’encontre d’autres membres du réseau criminel qui opérait en Érythrée, en Éthiopie, en Libye et dans de nombreux pays européens. Dirigée par l’équipe de la direction antimafia du parquet de Palerme, cette opération a donné lieu à trois autres séries d’#arrestations au cours des années suivantes. La dernière en date a été l’opération « Glauco 4 », en 2020, au cours de laquelle une douzaine d’autres personnes ont été appréhendées dans plusieurs villes d’Italie.

    Les hommes arrêtés ont été accusés de traite et de trafic de migrants depuis des pays africains vers des centres de détention libyens, puis vers l’Italie et leur destination finale. Les migrants souhaitent rarement rester en Italie et espèrent se rendre dans des pays d’Europe du Nord, comme la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les hommes sont soupçonnés d’avoir géré des #transferts_d’argent vers des comptes à Dubaï dans le cadre du système hawala, par le biais de Postepay, Moneygram ou Western Union.

    Dans les documents officiels, Ghebru est également mentionné comme faisant partie, et soupçonné de diriger, le même réseau international, mais au moment des arrestations, il était toujours en fuite. Le procureur qui travaille sur cette enquête a confirmé les faits lors d’une précédente interview avec Justice Info, mais a préféré ne pas faire de commentaires à ce stade : avec d’autres membres de l’équipe antimafia de Palerme, il a été placé sous protection policière depuis l’automne dernier, après avoir reçu des milliers de menaces pour avoir inculpé l’actuel vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, d’enlèvement et de manquement à son devoir pour son refus de laisser accoster en Italie un bateau de sauvetage de migrants de l’ONG Open Arms, avec 147 personnes à bord, en 2019. Salvini, qui était ministre de l’Intérieur au moment des faits, a été acquitté en décembre 2024.

    À ses débuts, le procès des personnes arrêtées lors de l’opération « Glauco » a semblé présager des grandes lignes de celui de Ghebru. Le premier ré-interrogatoire n’a trouvé aucun motif pour le crime de participation à une association criminelle, et la plupart des hommes ont pu être libérés pendant que la procédure se poursuivait devant la cour d’assises de Catane. Sur les 14 personnes arrêtées, selon les médias italiens à l’époque, deux ont fait l’objet d’une procédure distincte. Ils ont opté pour un procès abrégé, procédure où il n’y a pas de présentation de preuves mais où le juge étudie le dossier et prononce une peine plus rapide et réduite.

    Parmi les 12 personnes restantes, il y avait dix Erythréens, un Ethiopien et un Soudanais. Le 5 décembre 2023, les juges ont déclaré sept hommes coupables en première instance et ont acquitté les trois autres. Les peines ont été fortement réduites, passant de plusieurs années requises par l’accusation, à une fourchette de 10 à 18 mois. Selon le verdict, trois d’entre eux ont été condamnés uniquement pour les délits liés à l’hawala, deux pour délits financiers et trafic et deux autres pour trafic. Les avocats de la défense ont fait appel et le verdict en appel est attendu pour le 6 mars 2025. Il n’y a pas de victimes dans cette affaire.

    Giuseppina Massaiu s’occupe de la défense de trois de ces hommes. Elle explique à Justice Info que ses clients ne sont pas coupables et qu’ils ont toujours rejeté le chef d’accusation de trafic de migrants : « Ils le considèrent comme diffamatoire », ajoute-t-elle. Selon elle, l’accusation n’a pas pris en compte le fait que toute aide, pour entrer en Italie ou pour transférer de l’argent, peut être apportée par solidarité, « la solidarité envers un parent, une connaissance, quelqu’un de la même région ». « Ce devoir social est culturellement très présent dans leur communauté. Par exemple, il y a des cas de migrants qui arrivent en Italie sans papiers ni argent et qui ont besoin de recevoir des virements de leur famille. Et dans le cas des migrants enlevés et détenus par des trafiquants libyens, ce sont les membres de la famille qui paient car, sinon, leurs proches resteraient indéfiniment dans les centres de détention libyens. » L’enquête qui a conduit aux arrestations de « Glauco 4 », puis à l’#extradition de Ghebru, s’est appuyée sur des écoutes téléphoniques, ce que les deux avocats de la défense ont contesté. « De cette manière, les accusations restent assez superficielles », affirme Massaiu.

    Poursuivre du « menu fretin » ?

    Au cours de la dernière décennie, l’Italie a connu peu de procès pour des #crimes contre les migrants qualifiés de #traite_d’êtres humains, d’enlèvements, de violence et extorsion dans les prisons libyennes. Le plus célèbre est le verdict prononcé en 2017 à l’encontre d’#Osman_Matammud, un ressortissant somalien reconnu coupable d’enlèvement à des fins d’#extorsion, de #meurtres et de #violences_sexuelles commises lors de la gestion de « camps de transit » en Libye. Mais la grande majorité des personnes jugées sont accusées du seul trafic de migrants.

    « La tendance est que les trafiquants les plus importants ne sont pas ciblés, ce qui amène les autorités à s’en prendre aux plus petits, car il est difficile de mener des enquêtes dans d’autres pays », note Stefano Zirulia, professeur de droit pénal à l’université de Milan. « Pour montrer au public qu’elles font quelque chose, et parce qu’elles se concentrent principalement sur le territoire et les eaux italiens, les autorités appliquent les lois italiennes, qui sont très strictes et peuvent même être appliquées à ces individus qui n’ont rien fait ou presque. » Zirulia explique que s’il existe un crime distinct de traite d’êtres humains, qui est plus complexe et exige un objectif d’exploitation, en Italie le trafic de migrants est codifié dans l’article 12 de la loi consolidée sur l’immigration, qui « exige seulement de commettre des actes visant à faciliter l’entrée d’un étranger sans papiers ».

    À la suite de l’adoption par l’Union européenne, en 2002, du « #Pacte_sur_les_facilitateurs », à la suite des attentats du 11 septembre 2001, rappelle Zirulia, tous les pays européens ont dû « criminaliser toute forme d’aide à l’entrée irrégulière ». Depuis lors, l’Italie a vu les gouvernements se succéder pour alourdir les peines afin de donner l’impression de s’attaquer aux trafiquants, ce qui a conduit le pays à avoir certaines des peines les plus sévères pour le trafic, selon Zirulia, qui peuvent aller jusqu’à plus de 20 ans de prison. Selon Zirulia, « la #criminalisation généralisée du trafic, telle qu’elle est pratiquée, risque de mettre en péril les #droits_fondamentaux des migrants : le #droit_à_la_vie lorsqu’ils sont en danger et doivent être secourus, et le droit de demander l’asile ».

    Un large éventail d’actes peut tomber sous le coup de cette loi. « Tout ce qui se passe en Libye peut également entrer dans cette définition et, d’autre part, les personnes qui sont elles-mêmes victimes d’un trafic illicite tombent également sous le coup de cette loi. Parfois, ce sont les migrants qui dirigent le bateau dans la dernière ligne droite parce que, tout simplement, ils ont été placés là et qu’il n’y a personne d’autre qui sache le faire, ou ils utilisent un GPS », explique Maria Crippa, chercheuse postdoctorale au département de droit “Cesare Beccaria” de l’université de Milan. La procédure habituelle, explique-t-elle, consiste pour la police à recueillir les déclarations des migrants lors de leur débarquement et à leur demander qui les a amenés là. « Ce n’est pas toujours facile de comprendre si les personnes qu’ils désignent sont affiliées à une organisation ou si elles sont aussi des victimes. »

    Selon un rapport compilé par le collectif Arci Porco Rosso, en 2024, 106 migrants ont été arrêtés pour trafic, soit un pour 600 arrivées. La majorité a été arrêtée juste après le débarquement. Plusieurs ONG qui assistent les migrants en mer ont également été accusées de trafic au fil des ans.

    « En Italie, nous n’avons pas de pouvoir discrétionnaire : si le procureur dispose d’informations, il doit engager des poursuites. Mais dans la pratique, il est possible de choisir les chefs d’accusation à retenir », note Crippa, ajoutant que la grande majorité des affaires vont devant la justice pour trafic de migrants et pour crime d’association, à savoir la participation à organisation criminelle. Ces principes permettent aux autorités d’appliquer plus facilement les lois italiennes à des actes commis à l’étranger et, en cas de verdict de culpabilité, ils peuvent également montrer la dimension plus large du crime.

    Toutefois, cette stratégie d’application de l’article sur le trafic « a des conséquences sur les personnes inculpées, c’est-à-dire le menu fretin ou les victimes elles-mêmes, et sur les faits qui leur sont reprochés », souligne Crippa. « Par conséquent, les condamnations sont, dans la majorité des cas, prononcées pour complicité, et tout l’aspect lié à la traite des êtres humains et aux crimes contre la personne est perdu. » Alors que la traite des êtres humains est un crime contre la personne, le trafic est légalement considéré comme un crime contre l’intégrité des frontières du pays, rappelle Crippa.

    Pour Stella Arena, avocate de l’Association italienne pour les études juridiques sur l’immigration, avec cette #loi, « le procès pénal est devenu un moyen de contrôler les flux migratoires ».

    Pas de coopération avec la Libye

    En Italie, aucune condamnation n’a encore été prononcée à l’encontre de ressortissants libyens pour des crimes commis contre des migrants. « Il y a un problème de responsabilité pour ceux qui sont au sommet du système, qui sont typiquement libyens », explique Crippa. Elle ajoute que le problème est que les autorités italiennes ne peuvent pas se rendre physiquement à Tripoli pour arrêter ces personnes, leur seul moyen étant d’émettre un mandat d’arrêt international et de compter sur les Libyens pour faire le reste. « Tant que cette situation politique se poursuit en Libye, il est clair qu’un accord, ne serait-ce que pour rassembler des preuves, n’est pas possible, alors imaginez pour une demande d’extradition. » Une option serait d’arrêter un suspect dans un pays tiers qui l’extraderait, mais aucune information publique ne permet de savoir si l’Italie a émis des mandats d’arrêt internationaux contre des Libyens.

    Le débat national sur les crimes contre les migrants s’est intensifié après qu’Osama Najim, un criminel de guerre libyen présumé recherché par la CPI, a été arrêté par la police italienne le 19 janvier 2025, avant d’être relâché et renvoyé à Tripoli deux jours plus tard par le gouvernement, en violation de son obligation de coopérer avec la Cour basée à La Haye. Son arrestation et sa libération ont également suscité un débat sur les liens étroits entre Rome et Tripoli. « Nous l’avons vu avec l’affaire Najim, il n’y a pas de réelle volonté d’agir pour stopper les réseaux d’exploitation de la migration », estime Zirulia. Selon lui, les réseaux de trafic de migrants, contrairement à l’organisation verticale de la mafia, sont le plus souvent organisés horizontalement et peuvent être étroitement liés aux appareils d’État. « C’est donc très difficile de réfléchir à la manière de démanteler sa direction. Ce n’est peut-être pas la bonne question, mais nous devons certainement nous demander ce que nous pouvons faire pour cibler les individus qui ont un pouvoir de décision. »

    Au manque de volonté politique et à la difficile coopération avec la Libye s’ajoute un autre obstacle : une vieille lacune de la loi italienne en matière de crimes internationaux. Rome n’a toujours pas intégré l’ensemble des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans son code pénal et ne peut donc pas exercer de compétence universelle. En conséquence, « elle perd tout l’aspect des crimes contre l’humanité, de sorte que l’interrelation concernant l’utilisation des migrants comme ressource économique par les milices, comme marchandises à échanger, comme ressource pour maintenir le pouvoir militaire, n’est plus prise en compte », déplore Crippa.

    Omer Shatz, directeur juridique de l’ONG Front-Lex, affirme que la responsabilité des crimes commis contre les migrants ne devrait pas concerner uniquement les trafiquants et les autorités libyennes. Depuis des décennies, les gouvernements italiens ont signé des accords avec leurs homologues de Tripoli, qui incluent le contrôle libyen des flux migratoires. Shatz affirme que les autorités italiennes et européennes, y compris l’agence européenne des frontières Frontex, sont également responsables de l’interception de plus en plus fréquente des bateaux de migrants par des gardes libyens ou tunisiens, et donc de « l’alimentation du commerce du viol, de la torture, de l’extorsion et de la rançon que les familles paient » pour libérer leurs proches des centres de détention en Libye.

    L’avocat international critique le fait que la CPI ait rejoint l’équipe conjointe en 2022, laissant apparemment les poursuites de ces crimes aux mêmes autorités nationales, y compris italiennes, qui n’ont pas les moyens d’aller plus haut dans la chaîne de décision. Alors que la CPI a inclus les crimes contre les migrants dans son enquête sur la Libye, Shatz pense que les autorités italiennes et européennes devraient également faire l’objet d’une enquête en tant que coauteurs des crimes. « Ce sont les acteurs les plus responsables, et c’est pour eux que la CPI a été créée. »

    https://www.justiceinfo.net/fr/142227-italie-peut-on-faire-justice-crimes-contre-migrants.html
    #migrations #réfugiés #3_octobre_2013 #opération_Glauco

  • … les parents de la fillette ont dénoncé aussi bien l’inertie de l’éducation nationale – contre laquelle il n’y aura aucune poursuite pénale à la suite d’une indemnisation – que le manque d’investigations des autorités, une première plainte ayant été classée alors qu’Evaëlle était encore vivante. « On a alerté tous ceux qu’on pouvait en tant que parents d’élèves », a souligné la mère.

    #déshumanisation #harcèlement #enfance #suicide #souffrance_a_l'école #déni_politique #laches #assassins #sadisme_éducatif #violences #france_2025
    #systémisme

    Je l’écris avec d’autant plus de tristesse et de rage que toujours rien ne bouge. Car je me suis moi même heurtée au mur de déni de l’institution lorsque, parent, j’ai dénoncé les humiliations et violences physiques sur des petits dont j’avais été témoin. C’était une prof de maternelle en fin de carrière, qui laissée seule avec 25 gamins avait sombré méchante et acariâtre, sa spirale de violence happait les unes et les autres autant durant les siestes que les sorties, frappant, insultant, et toute l’institution l’a alors protégé.

    Envie d’un contrepoint de tags salvateurs

    #courage #empathie #réhumaniser #douceur #apprendre_les_autres #s'entraider #politique_du_vivre_ensemble #reconnaitre_ses_émotions #consolation

  • « Le capitalisme libéral est devenu mafieux » : notre émission spéciale avec #Roberto_Saviano

    Dans « #Giovanni_Falcone », l’écrivain documente le « courage » du juge assassiné par la mafia en 1992. Invité d’« À l’air libre », il évoque l’ampleur du narcotrafic et juge qu’il faut « légaliser » les drogues. Il alerte : en France, l’extrême droite aussi peut arriver au pouvoir.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/070225/le-capitalisme-liberal-est-devenu-mafieux-notre-emission-speciale-avec-rob

    #interview #solitude #Italie #crime_organisé #capitalisme #bitcoin #capitalisme_criminel #capitalisme_financiarisé #blanchissement_d'argent #banques #capitalisme_libéral #mafia #drogue #cocaïne #économie #Europe #France #épidémie_de_cocaïne #Corse #argent #grande_distribution #légalisation_de_la_drogue #corruption #juges #magistrature #séparation_des_pouvoirs #Giorgia_Meloni

    A partir de la minute 14’00 : question sur la présence mafieuse en France... Saviano dit ne pas comprendre comment ça se fait qu’alors qu’en France sont présentes les plus grandes mafias du monde, on en parle pas...

  • Viols sur mineurs à Bétharram : les mensonges de Bayrou pour défendre une institution catholique | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050225/viols-sur-mineurs-betharram-les-mensonges-de-bayrou-pour-defendre-une-inst

    Des prêtres et des surveillants du pensionnat Notre-Dame-de-Bétharram, près de Pau, sont visés par une centaine de plaintes. Malgré l’ampleur du scandale, François Bayrou, qui y a scolarisé ses enfants, jure qu’il ignorait tout. Plusieurs documents et témoignages recueillis par Mediapart prouvent le contraire.

    David Perrotin et Antton Rouget

    5 février 2025

  • Affaire Pélicot : les #zones_d’ombre du #procès

    Le #verdict est tombé jeudi 19 décembre après trois mois et 17 jours d’un procès aussi médiatisé qu’insoutenable. L’ensemble des 51 prévenus de l’affaire tentaculaire des viols de Mazan a été reconnu coupable. Les peines de prison vont de 3 à 20 ans, la plus lourde étant pour #Dominique_Pélicot, qui avait commis et supervisé tous les viols de #Gisèle_Pélicot, sous l’#emprise de #produits_chimiques qui plongeaient la victime dans un #état_comateux. Pourtant, il reste de nombreuses zones d’ombre dans cette affaire, qui sont loin d’être résolues. Des questions auxquelles le procès n’a pas donné de réponse.

    Dominique Pélicot, prédateur depuis les années 1990

    Dominique Pélicot s’est présenté durant toute l’#audience comme un paisible retraité qui aurait « dérapé » sur ses vieux jours. L’homme est pourtant mis en cause pour le #viol et l’#assassinat d’une femme, et dans plusieurs autres affaires de viols et d’#agressions_sexuelles depuis les années 1990. Dans ces affaires, qui ne sont pas toutes formellement attribuées à Pélicot, le mode opératoire est identique : l’agresseur a pris rendez-vous auprès d’#agences_immobilières sous un #faux_nom et il est passé à l’acte dans l’agence ou dans un appartement.

    Dès 1991, #Sophie_Narme, âgée de 23 ans, est retrouvée nue, tuée après avoir été violée dans l’appartement qu’elle devait faire visiter à un client. Autre affaire en février 1994 à Vannes : Danielle H., 28 ans, agente immobilière, est bâillonnée, ligotée et violée. Quelques jours plus tard à Valenciennes, Céline L. âgée de 26 ans et agente immobilière est violée par un client.

    En septembre 1995, Céline D. est violée à Rambouillet, dans les Yvelines. Puis, c’est à Berre-l’Etang, dans les Bouches-du-Rhône, que Christine G. est retrouvée morte, dans son agence, en mai 2000. Enfin, en mars 2004, l’agression de Françoise L., également dans son agence, est interrompue par un témoin.

    En 1999, E. B., agente immobilière de 19 ans subit une tentative de viol très violente de la part de Dominique Pélicot, qui l’a droguée avec de l’#éther et menacée avec une arme. La victime parvient à s’échapper. Un ADN a été relevé dans le cadre de cette affaire. Il matche en 2010 : Dominique Pélicot !

    L’information est alors transmise au tribunal judiciaire de Meaux, où rien ne se passe. Plus aucun juge n’est saisi de cette enquête, un #non-lieu avait été rendu en 2001. Malgré la concordance de l’ADN, l’enquête n’est pas relancée, alors qu’elle aurait pu mettre un terme aux agissement de Pélicot.

    Le dossier sera finalement rouvert après l’affaire de Mazan. Lors d’une confrontation réalisée plus de 20 ans après les faits, Pélicot évoque une « chamaillerie » avec la victime. Il euphémise, mais reconnaît tout de même les faits. Il aura fallu attendre deux décennies et la médiatisation de Mazan pour que la justice enquête sérieusement…

    Le 30 juillet 2010, Pélicot est interpellé dans un centre commercial de Seine-et-Marne

    Il a été surpris en train de filmer sous les jupes des clientes, avec une caméra miniature cachée dans un stylo. C’est exactement pour les mêmes faits qu’il tombera en septembre 2020. Pourtant, en 2010, l’enquête n’est pas poussée plus loin. Il écope seulement d’une amende de 100 € dans le cadre d’une composition pénale. Une sanction légère et discrète, qui lui permet de tout cacher à son épouse. « Si j’avais été au courant, peut-être que j’aurais gagné 10 ans de ma vie », a regretté Gisèle Pelicot.

    Pendant le procès des viols de Mazan, le juge a refusé catégoriquement que ces différentes affaires passées et que les enquêtes toujours en cours soient évoquées, alors qu’elles sont cruciales pour aborder la personnalité de Pélicot, qui a donné à la Cour l’image d’un retraité sans antécédents.

    De nombreux auteurs de viols filmés restent dans la nature

    Les vidéos et écrits retrouvés par les enquêteurs indiquent que, au minimum, entre 70 et 80 hommes ont abusé de Gisèle Pelicot. Seuls 50 ont été jugés et condamnés. Pire, des éléments laissent à penser que tout n’a pas été filmé et que d’autres viols auraient pu être commis ailleurs, en-dehors du domicile conjugal, comme sur des aires d’autoroute. Cela veut dire que plus de 30 suspects n’ont pas été identifiés, et ont donc échappé à la justice. Qui sont-ils ? Pourquoi n’ont-ils pas été retrouvés ?

    Le #site_internet cité dans le dossier est crucial

    Il a servi de vivier de recrutement, et se nommait #Coco.gg. C’est sur ce site qu’un forum entier baptisé « #À_son_insu » comportait des propositions de viols sous #sédation, de la part de Pélicot mais pas uniquement.

    Ce site a été créé en 2003, et la justice le considère comme un repaire pour les pédophiles et les prédateurs sexuels sur internet. Les accusés, qui prétendaient au procès avoir été piégés par Pélicot, ont menti : personne n’arrivait sur Coco.gg par hasard.

    Le site d’informations judiciaires « Le club des juristes » lie le site à des faits de « pédocriminalité, de proxénétisme, de prostitution, de viols, de vente de stupéfiants, de guet-apens, voire d’homicides » et évoque de très nombreuses plaintes liées à ce site, concernant au total plus de 23.000 faits, au préjudice de 480 victimes entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024. En trois ans seulement.

    Une enquête internationale a finalement abouti à la fermeture de Coco.gg le 25 juin 2024, à la demande de la juridiction nationale en charge de la lutte contre la criminalité organisée du parquet de Paris. Juste avant le procès de Dominique Pélicot. Ce site était une mine d’information, et il est aujourd’hui clôturé. Les administrateurs du site n’ont pas répondu aux demandes de la juge dans l’affaire de Mazan. Des données sont-elles conservées quelque part ? Pourquoi la justice ne va-t-elle pas les chercher ?

    Des complicités médicales ?

    Pélicot n’a jamais expliqué comment il s’était procuré une telle quantité de #somnifères très puissants, sur une durée aussi longue, pour droguer son épouse. Il fallait pourtant des #ordonnances régulières pendant une décennie et hors normes en terme de quantité. Le #médecin du mis en cause a refusé d’être entendu par la juge, et n’a pas été poursuivi.

    Par ailleurs, pendant 10 ans, Gisèle Pélicot a fait état de pertes de mémoire, d’angoisses, d’inflammations gynécologiques… Ses proches la trouvaient perdue et épuisée, elle avait maigri de 10 kilos. Elle a passé de nombreux examens, sans que personne, jamais, ne soupçonne son calvaire. Comment est-ce possible ? S’agit-il d’une #négligence totale ou de #complicités dans le #corps_médical ? Au moins un des condamnés exerçait comme infirmier, et les enquêteurs ont retrouvé dans ses recherches en ligne les mots clés : « inceste », « soumission » et « young ».

    Des victimes non identifiées

    Non seulement tous les auteurs n’ont pas été retrouvés, mais toutes les victimes non plus. Parmi les 20.000 photos exhumées, d’autres femmes apparaissent, inconscientes et droguées. « Faute de moyens et de temps », l’enquête s’est arrêtée là selon la justice. Pourtant, Dominique Pélicot a pu se vanter d’avoir violé d’autres femmes auprès de ses coaccusés.

    Parmi les victimes identifiées, la fille de l’accusé Caroline, qui apparaît endormie dans des sous-vêtements inconnus, parties intimes apparentes, lumière allumée. A-t-elle été sédatée, violée ? Dominique Pélicot a nié durant le procès, alors qu’il avait par le passé demandé à ses petites-filles de soulever leur robe contre des bonbons, et que son petit-fils a depuis déposé plainte pour agressions sexuelles. Dans le cas de Caroline comme pour d’autres, la justice n’est pas allée chercher plus loin.

    Un réseau ?

    La plupart des accusés ont prétendu avoir rencontré Pélicot par hasard, en surfant sur le site #Coco, et ne pas le connaître, ni se connaître entre eux. La vraie nature des liens entre accusés n’a pas été réellement interrogée. Pourtant, plusieurs condamnés ont échangé par téléphone. Pourquoi ? Une chose est sûre, pendant le procès, plusieurs accusés se retrouvaient, discutaient et mangeaient ensemble pendant les pauses.

    Dans les années 1980 dans l’Yonne, l’affaire Dunand, concernant un vaste réseau de criminels séquestrant et torturant des jeunes filles de l’aide sociale à l’enfance, avait été clôturé de façon troublante par la justice. Le principal responsable, Claude Dunand, avait purgé une peine relativement clémente et était mort en 2021, emportant tous ses secrets dans sa tombe. Le procureur d’Auxerre avait déclaré que l’affaire avait « été sabotée ».

    https://contre-attaque.net/2024/12/28/affaire-pelicot-les-zones-dombre-du-proces
    #justice
    #procès_de_Mazan

  • The brutal truth behind Italy’s migrant reduction : beatings and rape by EU-funded forces in Tunisia | Global development | The Guardian
    https://www.theguardian.com/global-development/2024/sep/19/italy-migrant-reduction-investigation-rape-killing-tunisia-eu-money-kei
    Reportage à Sfax

    “nine in 10” of all African female migrants arrested around Sfax had experienced sexual violence or “torture” by security forces.

    Il y a 100.000 migrants bloqués à Sfax, espérant passer en Europe. L’article indique que Kaïs es Saïd, tout en les vouant aux gémonies et donc en lachant sa police sur eux, cultive ce nombre comme une menace pour forcer l’Europe à payer

    Using patrol boats provided by Europe, Tunisia’s maritime national guard has prevented more than 50,000 people crossing the Med this year, prompting the steep fall in numbers reaching Italy that so piqued Starmer’s interest this week. “Tunisia is being paid to become Europe’s coastguard,” says Amami.

    It is a well-remunerated role, seemingly for its president too. It is claimed that £127m as part of a wider migration and development deal was transferred directly to Saied. Asked for clarification, the European Commission says the payment followed Tunisia meeting “mutually agreed conditions”.

    There are also questions about why no EU human rights impact assessment into Tunisia was commissioned before the pact was announced. Similarly, why it has avoided parliamentary oversight.

    Emily O’Reilly, the EU ombudsman, says it is inconceivable the EU had no idea the police were repeatedly abusing migrants. “They would not be unaware of the situation in Tunisia.”

    Even so, no apparent attempt has been made to suspend payments to Tunis.

    Next month O’Reilly publishes the result of her inquiry into the agreement, findings likely to raise fresh questions over its integrity.

    A European Commission spokesperson says about reports of abuses by the national guard: “The EU remains engaged to improve the situation on the ground.”

    A person walking through the desert
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    A figure walks through the Tunisian desert in Nefta, near the Algerian border. Long journeys by migrants are often ended in squalid camps. Photograph: Stefanos Paikos
    Documents indicate payments have already been made to the national guard. Circulated last December, an action plan indicates that £21m has been “delivered” for patrol vessels, training and equipment for the maritime national guard.

    Reports suggest the EU is already planning to extend funding up to £139m over the next three years to Tunisia’s security forces.

    The Tunisian authorities have rejected the Guardian’s allegations as “false and groundless”, saying that their security forces operate with “professionalism to uphold the rule of law on our territory, while fully observing international principles and standards”.

    A statement says Tunisian authorities “spared no efforts” to meet migrants’ basic needs, combat criminal networks that “exploit vulnerability” and tackle irregular migration by complying with international human rights law.

    #Tunisie #viols #migrants #migrantes #assassinats

    • Les méchants, ce ne seraient pas ceux qui proposent de l’argent contre la mise en place de camps de rétention. Les méchants, seraient ceux qui appliquent ces plans, et dont on dit qu’ils demandent de l’argent pour continuer à appliquer ces plans, parce qu’en fait, les camps sont toujours plus grands et toujours plus inhumains, et que les maintenir coûte toujours plus cher.

      Ceux qui pensent que des camps en lisière de l’Europe pourront résoudre quoi que ce soit sont des criminels. On le sait. On a mis les mots qui conviennent à l’encontre d’un des directeurs de Frontex. Et il faudrait le faire pour tous les directeurs de Frontex. Que plus personne n’ose prendre la tête de cette institution odieuse.

    • Lyra McKee was an investigative journalist from Belfast. She was killed whilst observing a riot in Derry, Northern Ireland in April 2019. She was 29. In her 2017 TED talk she spoke movingly of the moment she came out to her mum. ‘Don’t tell me there’s no hope,’ she said. Her family are still campaigning for #Justice4Lyra. The first three lines are taken from the traditional song The Croppy Boy.


      https://en.wikipedia.org/wiki/Lyra_McKee

      –-

      Was early, early in the spring
      When all the birds did sweetly sing
      They changed their notes from tree to tree*
      And sang their song like they were free

      Last night beneath a rising moon
      Orpheus sang and played his tune
      The sirens sank without a scream
      And there was peace in my dream
      But like a wren caught in a thorn
      I woke crying in the morn
      I knew I’d never hear the like
      Of the song he sang in the night

      There was a girl who lived in shame
      She thought that she was all to blame
      Prayed for her sin to be undone
      Until one night she told someone
      And like a sparrow in a storm
      She came flying in the morn
      She filled her lungs and her voice rang
      And there was peace where’er she sang

      Once upon a tiny screen
      In a place we’ve never been
      A siren screams, a bullet sounds
      A sparrow falls to the ground
      Once there was an open heart
      Now there is a broken heart
      Once there was a raging storm
      Soon a hatchling will be born

      Was early, early in the spring
      All the birds did sweetly sing
      They changed their notes from tree to tree
      And they sang for Lyra McKee

      #chanson #musique #Lyra_McKee #assassinat #journaliste #musique_et_politique #Irlande_du_Nord #The_Young'uns

  • #Massacre_de_Thiaroye et la mention « #Mort_pour_la_France »

    Depuis quelques jours, nous assistons à une tempête médiatique suite à l’octroi de la mention « Mort pour la France » pour six ex-#prisonniers_de_guerre assassinés à Thiaroye par l’armée française. Un décryptage me paraît indispensable.

    J’ai souvent regretté que les médias ne s’emparent pas de ce fait historique ou donnent la parole à des personnalités qui n’y connaissaient pas grand chose. Avec l’octroi de la mention "Mort pour la France" pour seulement six hommes et une dépêche AFP, ce fut l’emballement dont j’aurais pu me réjouir si son contenu n’avait pas véhiculé des inexactitudes. En premier lieu, évoquer l’attribution de la mention "Mort pour la France à titre posthume" est un regrettable #pléonasme. Avez-vous vu des vivants réclamer cette mention ?

    La dépêche, reprise par je ne sais combien de médias, évoque une "révolte" alors qu’ils ont réclamé leur dû avant de quitter le camp de Thiaroye et ce chiffre de 1300 rapatriés (chiffre officiel) alors qu’ils étaient plus de 1600. Puis "des #troupes_coloniales et des gendarmes français avaient tiré sur ordre d’officiers de l’#armée_française sur des tirailleurs rapatriés qui réclamaient leurs arriérés de solde". Les archives consultables sont très claires. Les tirailleurs "sénégalais" du service d’ordre n’ont pas pu tirer puisque leurs fusils n’étaient pas chargés et les gendarmes ont eu un rôle mineur. Le massacre a été perpétré par des armes automatiques dont des automitrailleuses commandées par des officiers. L’#ordre_de_tirer a été donné par le lieutenant-colonel #Le_Berre. Ce dernier a été sanctionné. Amnistié en 1947 comme les condamnés, le motif de sa sanction a été caviardé à tort. En avril 2023, le ministère m’a autorisée à me rendre au SHD, avec un laboratoire spécialisé, pour tenter de lire les lettres. Au prétexte d’une instruction complémentaire, le RDV programmé a été annulé et finalement, en avril 2024, le cabinet de la Secrétaire d’État m’a annoncé que je n’étais pas autorisée à faire cette opération de "désoccultation" alors que le rapporteur public du Conseil d’État, Alexandre Lallet, a suggéré dans ses conclusions du 4 octobre 2019 : "Par conséquent, la description des faits reprochés au lieutenant-colonel A, si elle n’avait pas été occultée, aurait été à notre avis communicable et l’administration pourrait accepter que soit déployé un dispositif technique de révélation des mentions originales, sans qu’on puisse l’y contraindre juridiquement".
    J’y vois là une nouvelle tentative d’#obstruction à la manifestation de la #vérité sur un #crime_colonial commis. Cet officier a peut-être outrepassé les ordres en faisant venir des automitrailleuses qui n’ont rien à voir avec une opération de maintien de l’ordre.

    La genèse de la liste des six

    En 2013, ne parvenant pas à trouver des documents et notamment des circulaires afin de connaître les droits de ces rapatriés, j’ai alerté le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lorientais comme moi, qui a sollicité le SHD (service historique de la Défense). Le 22 novembre 2013, j’ai reçu une réponse du ministre avec, dans une note de bas de page cette indication "quelques dossiers individuels conservés à Caen par la division des archives des victimes des conflits contemporains qui ont pu être identifiés comme concernant des victimes des événements de Thiaroye". C’est ainsi que j’ai pu obtenir les six dossiers. Ne possédant pas les noms de ces victimes, je n’aurais jamais pu les trouver sans cette intervention. Quelque temps plus tard, j’ai reçu la circulaire du 4 décembre 1944 qui fait croire que les rapatriés avaient perçu l’intégralité des soldes.

    Le contenu des dossiers

    Contrairement à ce que prétend le ministère des armées comme indiqué dans Le Monde Afrique Le massacre de Thiaroye, enjeu politique entre le Sénégal et la France (lemonde.fr), "dont les dossiers, en possession du Service historique de la défense, mentionnent qu’ils sont décédés à la suite du massacre de Thiaroye", il n’y a aucune mention du massacre. Bien au contraire. Dans le dossier #N'Gour_N'Dour, on trouve un courrier daté du 26 mai 1952 avec : "décédé le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Dakar) au cours d’une rébellion du détachement, n’est pas Mort pour la France". Sur des dossiers de décès est effectivement estampillé "N’a pas droit à la mention Mort pour la France".

    Dans un autre courrier daté du 31 août 1951, le commandement supérieur des forces terrestres d’AOF écrit au Gouverneur du Sénégal que "le tirailleur N’Gour N’Dour est décédé au camp de Tiaroye, le 1er décembre 1944, jour de la #répression dans ce camp d’une mutinerie fomentée par les tirailleurs rapatriés de France". Il arrive de découvrir des propos ubuesques comme ce rapport provenant du DIC (Dépôt des Isolés coloniaux) de Dakar : "Aucun décès n’étant survenu parmi les militaires du service d’ordre, la mort du soldat de 2e classe #Ibrahima_N'Diaye ne peut donc être considérée comme survenue en service commandé". C’est un argumentaire incompréhensible et un non sens.

    Récemment j’ai saisi la justice administrative pour obtenir les archives du DIC de Dakar et le ministère invariablement répond que ces archives n’existent pas ou plus. Pourtant on en trouve mais que pour montrer le fait de rébellion et de mutinerie.

    Ces six dossiers existent au SHD vraisemblablement parce que les familles ou l’administration ont réclamé des explications.

    Dans le dossier de #M'Bap_Senghor, le plus volumineux avec les courriers de son fils Biram que j’ai pu ainsi retrouver, on trouve une demande d’enquête par le ministre Hernu et son chef de cabinet Serge Daël (que j’ai rencontré alors qu’il était président de la CADA). Il n’y a pas eu d’enquête car le département de la Défense a prétendu qu’il n’y avait pas de dossier.

    Thiaroye n’est qu’une succession de #mensonges pour camoufler l’#ignominie.

    L’octroi de la mention "Mort pour la France"

    Le dernier courrier de Biram Senghor demandant la mention "Mort pour la France" à l’ONaCVG date de janvier 2023, il n’a eu aucune réponse et il s’apprêtait à saisir le tribunal judiciaire, seul compétent et non la justice administrative. Mais le 18 avril 2023, les conseillers de la secrétaire d’État Patricia Mirallès, m’annoncent que le gouvernement réfléchit à une loi mémorielle et que les victimes de Thiaroye sont reconnues "Mort pour la France", c’est acquis. Ils m’ont demandé les cotes des dossiers. J’ai tout de suite informé Biram Senghor mais il n’a reçu aucun courrier, RIEN. J’ai évidemment demandé des explications à cette annonce non suivie d’effet. Pour moi, il y avait urgence. Il a fallu attendre le 8 juillet 2024, lendemain des législatives, pour recevoir enfin de l’ONaCVG, un courriel avec l’octroi de la mention pour cinq des victimes et avec une précision importante, la signature de la décision collective. J’ai réclamé la liste des cinq noms et cette décision collective. Je n’ai reçu que la liste non pas de cinq mais de six noms. J’ai signalé que le SHD possède un feuillet nominatif de contrôle (FNC) au nom de #Fara_Gomis qui prouve qu’il est décédé le 1er décembre 1944 et j’ai adressé un acte de décès d’un autre rapatrié. J’ai mentionné également que les trois condamnés morts durant leur détention doivent obtenir la mention "MPF". Ils sont bien décédés des suites de la guerre et n’ont pas été amnistiés. En parallèle, depuis des années je réclame au ministère, la liste des rapatriés et des victimes avec les archives du DIC de Dakar.

    Je dois comprendre que l’annonce officielle a été retardée pour l’inscrire dans un chemin mémoriel, une communication voulue par l’Elysée. Mais ont-ils pensé au seul descendant d’une victime âgé de 86 ans ? Cela donne un goût amer.

    Les conséquences de la mention "Mort pour la France" dans le cas du massacre de Thiaroye

    Je ne connais pas de situation similaire dans l’histoire militaire contemporaine avec la mention "Mort pour la France" attribuée par l’État français suite à une #exécution_extrajudiciaire commise par ce même État.

    En octobre 2023, j’ai été reçue par la direction des Affaires criminelles et des grâces comme en 2014. Les conseillères du Garde des Sceaux ont clairement indiqué qu’en cas d’officialisation de la mention "#MPF", le ministre pourra saisir la commission d’instruction de la Cour de cassation afin de faire aboutir le procès en révision pour les 34 condamnés. Cette mention "MPF" peut être considérée comme un élément nouveau.

    Le ministère pourra t-il et osera t-il refuser une #indemnisation à Biram Senghor dont le père a bien été assassiné et qui, du fait du #mensonge_d'Etat, a perdu tous ses droits. Comment évaluer un tel préjudice ?

    M’Bap Senghor désormais reconnu "Mort pour la France" repose dans une #fosse_commune. Je me demande si l’État français n’a pas obligation à faire des test ADN pour identifier son corps afin qu’il repose dans une sépulture individuelle à son nom.

    En tant qu’historienne qui avait, dès 2014, transmis au ministère et au président Hollande la synthèse de mes travaux faisant état du massacre prémédité, je veux comprendre comment la DMPA (Direction de la mémoire du patrimoine et des archives) a pu mettre en place trois panneaux réitérant le mensonge d’État alors que le ministère possédait les mêmes documents qu’en 2024.

    La décision d’attribuer la mention "Mort pour la France" n’a pu se faire qu’avec des documents qui prouvent qu’ils ne sont pas des mutins alors que les archives consultables montrent la rébellion armée, la #mutinerie, les revendications illégitimes. Le ministère ne peut plus prétendre que ces #archives n’existent pas ou plus ou ont été perdues ou détruites. Une enquête interne s’impose afin de voir au plus près l’origine de ces dysfonctionnements.

    Il va falloir procéder à la fouille des fosses communes et des tombes du cimetière. Le Sénégal a tout pouvoir pour le décider. Le ministère des armées a mentionné, pour un rapport de l’assemblée nationale, que des #tombes in mémoriam avaient été construites sur trois fosses communes, information gravée dans le marbre de notre République. Pour la DMPA (devenue DPMA puis DMCA), l’Islam interdit d’exhumer des corps. C’est leur credo, tout faire pour ne pas connaître l’étendue du massacre.

    L’octroi de la mention "MPF" est une petite avancée dans une étendue de renoncements, de manque de courage politique et de #racisme. Il n’y aurait pas eu d’#affaire_Thiaroye - qui rappelle l’affaire Dreyfus - si ces soldats avaient été des métropolitains blancs.

    Puisque le 15 août le président Macron ne pourra donc pas annoncer l’octroi de la mention "Mort pour la France", il peut annoncer que le Garde des Sceaux (qui est toujours ministre) a saisi la Cour de Cassation, qu’il y aura réparation et que le ministère des Armées a versé au SHD toutes les archives sans exception et que je pourrais lire les lettres du motif de la sanction. Ces décisions sont du ressort de l’État français.

    Je signale par ailleurs que le ministère des Armées et l’ONaCVG, par un jugement du 24 juin ont injonction à me transmettre dans les deux mois les documents qui prouvent que les disparus nommés sur les plaques du "#Tata " de #Chasselay inaugurées en janvier 2022 par Geneviève Darrieussecq, devenue vice-présidente de la Commission défense, sont bien inhumés dans cette nécropole militaire. Le ministère a d’abord fait croire à des recherches génétiques. Thiaroye c’est un massacre commis par l’armée française avec l’impossibilité de nommer les victimes (sauf 6) et à Chasselay c’est un massacre commis par l’ennemi allemand. Si je ne reçois pas ces documents, nous serons confrontés à une #imposture_mémorielle.

    https://blogs.mediapart.fr/armelle-mabon/blog/010824/massacre-de-thiaroye-et-la-mention-mort-pour-la-france
    #Thiaroye #assassinat #massacre #massacre_de_Tiaroye #Sénégal #France #mémoire #histoire

  • List of United States presidential assassination attempts and plots
    https://en.m.wikipedia.org/wiki/List_of_United_States_presidential_assassination_attempts_and_plots

    Après tout il y en a moins que je pensais.

    Presidents assassinated
    Abraham Lincoln
    James A. Garfield
    William McKinley
    John F. Kennedy

    Presidents wounded
    Theodore Roosevelt
    Ronald Reagan
    Donald Trump

    A propos de l’attentat de John Warnock Hinckley, Jr. contre R.R.

    Hinckley was immediately arrested, and later said he had wanted to kill Reagan to impress actress Jodie Foster.

    Taxi Driver a fait des émules.

    Nos amis américains sont fascinés par les attentats.

    How many Roman Emperors were Assassinated
    https://rome.us/roman-emperors/how-many-roman-emperors-were-assassinated.html

    Il y a eu 36 empereurs assassinés en 439 ans à Rome contre seulement 4 présidents en 98 ans aux USA, 8 contre 4 en cent ans. Si on prend la fréquence des attentats réussis comme indice pour la stabilité de l’état on peut conclure que la fin de l’empire états-unien n’est pas aussi proche comme certains aimeraient bien ;-)

    Emperor, Year of Death, Duration on the Throne, Age at Death, Type of Assassination, Succeeded by
    Emperor

    Gaius (Caligula) 41 AD 4 years 28 Assassinated Claudius
    Claudius 54 AD 13 years 63 Likely poisoned Nero
    Galba 69 AD <1 year 70 Assassinated Otho
    Vitellius 69 AD <1 year 54 Executed Vespasian
    Domitian 96 AD 15 years 44 Assassinated Nerva
    Commodus 192 AD 15 years 31 Assassinated Pertinax
    Pertinax 193 AD 86 days 66 Assassinated Didius Julianus
    Didius Julianus 193 AD 66 days 61 Assassinated Septimius Severus
    Geta 211 AD 3 years 22 Assassinated by Caracalla -
    Caracalla 217 AD 19 years 29 Assassinated Macrinus
    Macrinus 218 AD 1 year 55 Executed Elagabalus
    Elagabalus 222 AD 4 years 18 Assassinated Alexander Severus
    Alexander Severus 235 AD 13 years 26 Assassinated Maximinus Thrax
    Maximinus Thrax 238 AD 3 years 65 Assassinated Gordian I & II
    Pupienus and Balbinus 238 AD <1 year 70 and 60 Joint rule Gordian III
    Gordian III 244 AD 6 years 19 Murdered Philip the Arab
    Gallienus 268 AD 15 years 50 Assassinated Claudius Gothicus
    Aurelian 275 AD 5 years 60 Assassinated Tacitus
    Tacitus 276 AD 1 year 75 Likely assassinated Florianus
    Florianus 276 AD <1 year uncertain Assassinated Probus
    Probus 282 AD 6 years 38 Assassinated Carus
    Carinus 285 AD 2 years 29 Assassinated Diocletian
    Numerianus 284 AD 1 year uncertain Likely assassinated -
    Licinius 324 AD 16 years 60 Executed -
    Severus II 307 AD <1 year uncertain Likely assassinated -
    Constans I 350 AD 13 years 27 Assassinated -
    Gratian 383 AD 16 years 24 Assassinated Magnus Maximus
    Valentinian II 392 AD 17 years 21 Likely assassinated -
    Eugenius 394 AD 2 years uncertain Executed Theodosius I
    John the Illicit 425 AD 2 years uncertain Executed Theodosius II
    Valentinian III 455 AD 30 years 35 Assassinated Petronius Maximus
    Petronius Maximus 455 AD <1 year 57 Stoned by mob Avitus
    Avitus 456 AD 1 year uncertain Likely forced suicide Maiorianus
    Maiorianus 461 AD 4 years 44 Beheaded Libius Severus
    Anthemius 472 AD 5 years 56 Beheaded Olybrius
    Nepos 480 AD 5 years uncertain Assassinated Romulus Augustulus

    Catégorie:Empereur romain assassiné
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Empereur_romain_assassin%C3%A9

    Après il n’y a eu plus que Romulus Augustulus qui n’a pas été assassiné.
    https://en.m.wikipedia.org/wiki/Romulus_Augustulus

    Romulus Augustus (c. 465 – after 511[b]), nicknamed Augustulus, was Roman emperor of the West from 31 October 475 until 4 September 476. Romulus was placed on the imperial throne while still a minor by his father Orestes, the magister militum, for whom he served as little more than a figurehead. After a rule of ten months, the barbarian general Odoacer defeated and killed Orestes and deposed Romulus. As Odoacer did not proclaim any successor, Romulus is typically regarded as the last Western Roman emperor, his deposition marking the end of the Western Roman Empire as a political entity. The deposition of Romulus Augustulus is also sometimes used by historians to mark the transition from antiquity to the medieval period.

    #USA #président #politique #histoire #assassinat

  • Balle dans la tête, photos… Révélations sur le meurtre d’un SDF par un policier à Bobigny
    https://www.20minutes.fr/faits_divers/4099784-20240704-balle-tete-photos-revelations-meurtre-sdf-policier-bobign
    https://img.20mn.fr/_LYgUW-QS1Wp5BxL7Y_LqCk/1444x920_un-agent-de-police-ici-a-bordeaux-le-9-fevrier-2024-illustration

    Sept balles, dont deux dans le dos, et une dans la tête. Selon nos informations, l’autopsie du corps d’Amar, SDF de 32 ans tué samedi dernier à Bobigny (Seine-Saint-Denis), témoigne d’un véritable acharnement de la part du policier qui a tiré avec son arme de service. Des révélations qui viennent mettre à mal les explications du fonctionnaire de 27 ans, affecté à la direction de l’ordre public et de la circulation, qui a assuré en garde à vue avoir agi en état de légitime défense.

    Contacté par 20 Minutes, Me Yassine Bouzrou, l’avocat qui représente la famille du vendeur à la sauvette de cigarettes, « privilégie l’hypothèse d’un crime raciste, notamment compte tenu des termes qu’il a employés pour qualifier la victime durant ses auditions devant les enquêteurs ».