• Facebook a déjoué une campagne de propagande en français
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/11/28/facebook-a-dejoue-une-campagne-de-propagande-en-francais_5389576_4408996.htm

    Des comptes Facebook et Instagram, fermés le 4 novembre, postaient des messages liés à la politique et à la société françaises. Un rapport donne les détails de leur activité.
    […]
    En parallèle, le réseau social a fourni la liste des comptes Facebook et Instagram supprimés à une équipe d’experts, le DFR Lab, financé par le think tank américain Atlantic Council, avec qui la société de Mark Zuckerberg a noué un partenariat pour analyser les opérations de propagande. Celui-ci a publié, mercredi 28 novembre, un rapport à ce sujet écrit par les analystes Ben Nimmo et Camille François, dont Le Monde a obtenu copie.

    Le texte donne des informations plus précises sur l’étendue et l’activité des comptes ayant diffusé des messages problématiques en français sur Facebook et Instagram. Les deux auteurs du rapport du DFR Lab précisent toutefois d’emblée qu’ils n’ont pu récupérer qu’un « aperçu » de l’opération. Les comptes ayant été immédiatement supprimés par Facebook, les chercheurs se sont contentés d’analyser des « traces » gardées automatiquement en mémoire sur divers sites et sur des moteurs de recherche. Un travail « d’archéologue », forcément partiel.

    Au total, six pages Facebook et une dizaine de comptes Instagram postaient des messages ou des images en français. Tous formaient un seul et unique réseau, piloté par un ou plusieurs individus. Ils brassaient des thèmes variés, mais beaucoup abordaient, à intervalles réguliers, des questions sociales ou politiques. Trois se faisaient passer pour des femmes noires ; un autre postait des contenus liés aux femmes et à la mode musulmanes ; un compte était consacré au football ; d’autres prétendaient être un trotskiste, un militant nationaliste ou un citoyen engagé dans l’écologie. Les deux comptes Facebook semblaient, selon les éléments recueillis par le DFR Lab, aborder essentiellement des problématiques féministes.

    • Le rapport mentionné dans l’article

      #TrollTracker: Glimpse Into a French Operation – DFRLab – Medium
      https://medium.com/dfrlab/trolltracker-glimpse-into-a-french-operation-f78dcae78924

      A network of inauthentic Facebook and Instagram accounts impersonated French-speaking users whose posts ranged from soccer and fashion tips for Muslim women to attacks on French President Emmanuel Macron, in a manner similar to the Russian troll operation which targeted the United States from 2014 through 2018, according to traces of their activity left online.

      Facebook removed the accounts from its platform for “coordinated inauthentic behavior,” meaning these pages, which posed as organizations and individuals from different parts of the political spectrum or focused on opposite sides of a debate, were centrally operated. Most of the accounts were focused on building their audiences among French users, suggesting that this was an operation in its early stages.
      […]
      Before the November 13 announcement, Facebook shared the names of 11 French-language Instagram accounts, which the company identified as “inauthentic” with @DFRLab.
      Three of the accounts posed as African women: @une_camerounaise_fiere, @femme_combattante, and @moonlight_en_france. One, @football_et_france, posed as a football fan group focused on encouraging the “Ultras” across all clubs. A more political account, @france__rouge, posed as a Trotskyist, while another, @espoir_de_france, posed as a nationalist.
      Of the rest, @action_verte focused on environmental issues, @les_femmes_musulmanes on Muslim women and fashion, and @contre_guerre on conflict, especially in Africa. @la_voix_etranger and @france_pour_tous engaged on immigration issues.
      In its November 13 update, Facebook provided screenshots from two Facebook pages, named “fée-ministr” and “la France libre.” Those screenshots showed posts promoting feminist messages.
      […]
      More than half of them followed substantially more accounts than they had followers, a strong indication that they were not having great impact yet, and were actively building their audience. Many of these accounts routinely used “audience building” hashtags such as #follow4follow or #like4like, encouraging French users to engage with their content.

      In total, the French-language Instagram accounts had a little under 70,000 followers, half of that number being driven by the most-followed account in this network, @les_femmes_musulmanes. According to Facebook’s update, around 65,000 users followed at least one of the Facebook pages. This does not appear to have been a massively effective operation: nonetheless, the set is of interest as it illustrates the latest themes and techniques used by actors to target French users with coordinated inauthentic behavior online.


      Accounts following, and followed by, the accounts in question. (Source: data from Instagram, via online caches. These are therefore only estimates, as those caches may not reflect recent counts.)
      […]

      Conclusions
      Facebook determined that this network was one of “coordinated inauthentic activity.” There is insufficient evidence to provide a firm attribution to the Russian Internet Research Agency; the accounts certainly behaved like troll factory accounts, but such behavior is not confined to Russian information operations.

      The accounts did not appear to have particular impact. Other than @les_femmes_musulmanes, none achieved a significant following. Their audience-building strategies suggest that the operation was in its early stages; their followings suggest that it still had some way to go.

      While the content was largely innocuous, and even positive in some cases (quotes of famous French poets, empowering images), the fact that it was posted by a coordinated inauthentic network, and included strongly political messages, suggests that this was an attempt to gain influence and, potentially, push divisive and inflammatory messages to these audiences at a later stage.

    • On notera, que des mots contenant "russ" figurent 10 fois dans le rapport (une onzième occurrence est dans les propositions d’autres sujets à suivre à la fin du document), dont 2 dans l’introduction et 2 dans la conclusion, le reste indiquant :
      • pour rappeler que la Russie a déjà pratiqué ce genre d’opération et rappeler les thèmes préférés de cette intervention (2)
      • pour redire que la façon de procéder pour gonfler son audience ressemble à celui de la ferme à trolls russe
      • pour mentionner qu’une image utilisée contenait un mot en russe (3 occurrences, dont une dans la légende de l’image)

    • Enfin, l’article du Monde a déjà été relayé deux fois ici,
      • le 28/11 par un compte sans abonné ni abonnement et dont c’est le seul message
      • le 29/11 par un récent membre, probablement enseignant, qui a posté 48 messages depuis le premier le 23/10 et jamais étoilé de billets

  • (2) Les puissants partenaires de #DisinfoLab – et leurs effets… #DisinfoGate
    https://www.les-crises.fr/2-les-puissants-partenaires-de-disinfolab-et-leurs-effets

    Nous reprenons aujourd’hui nos analyses sur la galaxie DisinfoLab, qui va nous emmener assez loin… Vous pouvez relire la première partie est ici. L’affaire prenant de l’ampleur, nous avons vraiment besoin de votre soutien. Dans un premier temps, vous pouvez nous le témoignez d’une façon très simple et rapide : en vous abonnant à notre […]

    #Désinformation #désinformation

    • Rappels
      Un associé de poids
      Des partenaires dans la lutte contre la désinformation “légèrement” orientés
      Synthèse des partenaires et financeurs
      Médiatisation express et insubmersibilité
      Toujours sur le pont !
      Qui c’est le plus fort – pour le lobbying avec l’OTAN ?
      Une ONG bien en Cour auprès des Gouvernements
      Un ambitieux plan de Développement
      Le projet initial : “Disinfo FabLab”
      En conclusion
      . . . . . .

      #Twitter a ainsi donné 125 000 $ à une association créée – au mieux – 45 jours auparavant, par 3 personnes, et quasiment sans compétence majeure pour le traitement de données de masse.

      Ils sont décidément très forts en lobbying.

      Et puis vint ensuite la Fondation Open Society de Georges #Soros qui leur a donné 25 000 $ pour réaliser un suivi des “phénomènes de désinformation pendant la campagne législative italienne de mars 2018” :


      Les élections ayant eu lieu le 4 mars 2018, la campagne a eu lieu en janvier et surtout février ; on imagine que la Fondation a probablement payé l’association à ce moment, donc là encore, quelques semaines après sa création. Le rapport est là et, bien sûr, on retrouve dedans l’incontournable “écosystème russe”, et une étude de corrélation particulièrement révoltante quand elle est réalisée ainsi, car très manipulatrice :

      #Atlantic_Council #Italie

  • Nestlé et la fin de l’ère Brabeck 20 Mai 2017 - Franklin Frederick - InvestigAction
    http://www.investigaction.net/nestle-et-la-fin-de-lere-brabeck

    « Trois phénomènes d’une considérable importance politique ont défini le XXème siècle : la progression de la démocratie, l’augmentation du pouvoir des entreprises et le déploiement massif de la propagande par les entreprises dans le but de maintenir leur pouvoir à l’abri de la démocratie. » (Alex Carey)

    Le jeudi 6 avril 2017, Peter Brabeck-Letmathe, 72 ans, a assisté pour la dernière fois à l’assemblée générale de Nestlé en tant que Président de son conseil d’administration. Il a travaillé 50 ans pour Nestlé, dont 20 ans en tant que Président du conseil d’administration. Il est indéniable que Brabeck est un homme intelligent et un brillant stratège, toujours prêt à défendre ses idées sur la place publique. Il a été si souvent vu dans des films et dans les médias en général qu’il est devenu une sorte de célébrité parmi les P.D.G. Il fait probablement partie des Autrichiens de notre époque les plus connus au monde, tout comme son compatriote Arnold Schwarzenegger, avec qui il a beaucoup en commun. Leurs opinions économiques et politiques semblent s’inspirer directement de celles de l’École autrichienne d’économie qui est née à Vienne à la fin du XIXème siècle. Selon l’économiste Michael Hudson, l’École autrichienne d’économie a fait brusquement son apparition comme « une manière de riposter aux réformes socialistes. En s’opposant aux règlementations publiques et aux nationalisations, l’École autrichienne d’économie a créé un univers parallèle dans lequel l’État apparait seulement comme étant un fardeau (…). » (1) 

    L’un et l’autre, en leur qualité respective (Peter Brabeck en tant que P.D.G. de Nestlé et membre du Conseil d’administration de plusieurs autres sociétés ; Arnold Schwarzenegger en tant que gouverneur de Californie), ont fait tout leur possible pour protéger le monde contre ce fléau qu’est l’État-providence, défendre les sociétés privées contre les réglementations étatiques et traquer l’intérêt commun où qu’il puisse être, tout en prêchant l’évangile de la privatisation comme garantissant le relèvement de l’économie, si ce n’est de la civilisation même. Cependant, contrairement à Schwarzenegger, Peter Brabeck eut une influence plus grande et plus durable sur l’économie et la société de manière générale. Il est donc important d’examiner de plus près l’héritage qu’il a laissé. 

    L’une des principales réussites de Brabeck fut la création du Water Resources Group (WRG), une sorte de groupe de réflexion, de lobby, et d’organisation de développement ayant pour but de promouvoir les partenariats public-privé dans le secteur de l’eau. Il est Président du conseil d’administration de WRG et, jusqu’à présent, rien ne laisse à penser qu’il va également se retirer de cette fonction. Le WRG a été fondé par Nestlé, Coca-Cola, Pepsi Co et SAB Miller, les géants de l’industrie de l’eau en bouteilles. D’autres membres puissants et influents en font partie, qui ne sont pas directement liés à l’industrie de l’eau embouteillée, telle la Société financière internationale (SFI), organisation membre du Groupe de la Banque Mondiale et dont l’activité consiste à conseiller les sociétés du secteur privé dans leurs projets. Philippe Le Houérou, P.D.G. de la SFI, est vice-président du conseil d’administration du WRG. La Direction du développement et de la coopération (DDC) est également membre du WRG. Manuel Sager, le chef de la DDC, fait partie du Conseil des gouverneurs du WRG, tout comme les P.D.G. de Coca-Cola et PepsiCo. 

    Le WRG fournit à Peter Brabeck le cadre institutionnel idéal pour intensifier sa politique de privatisation de l’eau. Les entreprises d’embouteillage d’eau, dont Nestlé, ont évidemment beaucoup d’avantages à tirer de la privatisation de l’eau ainsi que du démantèlement des services publics de l’eau. Grâce à sa puissance économique et politique, le WRG peut user de son influence sur les gouvernements du monde entier. En plus de cela, on oublie souvent les relations importantes du WRG : en 2015, le géant de l’industrie brassicole AB Inbev a fait l’acquisition de SABMiller, qui est membre du WRG. AB Inbev appartient à l’Empire de l’helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann, première fortune du Brésil et deuxième fortune de la Suisse d’après le magazine FORBES. L’Empire économique de Lemann s’étend jusqu’au cœur des États-Unis et de l’Amérique latine. 

    Autre réussite d’importance, les relations de travail étroites que Brabeck a noué entre Nestlé et l’armée. Dans les années 70 et 80 du siècle dernier, Nestlé s’est trouvée confrontée à une très grande menace pour son image de marque et ses pratiques : la campagne « Nestlé tue les bébés » menée par des groupes issus des sociétés civiles européenne et américaine. Pour venir à bout de ce problème, Nestlé a recruté Raphael Pagan, officier des renseignements américains, qui fut chargé de développer des stratégies afin de « combattre » les critiques émanant des sociétés civiles. À ce moment-là, Brabeck n’était pas encore le P.D.G. de Nestlé, mais cette expérience a semble-t-il été couronnée de succès depuis que Brabeck lui en a donné une nouvelle dimension. Lorsqu’il était P.D.G. de Nestlé, Brabeck a embauché John Hedley, un ancien agent du MI6, en tant que chef de la sécurité chez Nestlé. Ce dernier a organisé une opération d’infiltration de mouvements issus de la société civile suisse qui se montraient critiques à l’égard de Nestlé, et particulièrement d’une organisation du nom d’ATTAC. En 2011, Nestlé a organisé son propre forum international de « Création de Valeur Partagée » en partenariat avec « l’Atlantic Council », une organisation de grandes sociétés proches de l’OTAN. Nestlé États-Unis a prévu un programme spécial pour l’emploi des anciens militaires. Voici ce que l’on peut lire sur leur site : 
    « Nestlé est fière d’offrir de nombreuses opportunités aux vétérans de l’armée américaine, en leur permettant de mettre à contribution leurs formations et compétences exceptionnelles au sein des différentes sociétés opérationnelles de notre organisation. » (2) 

    L’existence de liens étroits entre des sociétés transnationales et les services de renseignements de l’armée ou l’armée en général n’est pas propre à Nestlé. Mais, contrairement à la plupart des autres sociétés transnationales (STN), Peter Brabeck fut parmi les premiers à se lancer dans ce type de coopération. Les raisons en sont simples : les STN et le secteur financier sont les principales forces motrices des politiques néo-libérales, cette forme extrême et profondément antidémocratique du fondamentalisme de droite du marché. Les privatisations sont l’un des principaux outils politiques du projet des néo-libéraux, ce qui en réalité signifie transformer les biens communs en profits privés et qui, par définition, ne va pas vraiment attirer le soutien de la population…En conséquence, les politiques néo-libérales se heurtent forcément à la résistance du peuple et ne peuvent être appliquées que par l’utilisation de la violence ou de la duperie. Les services de renseignements de l’armée sont capables de fournir des informations sur la façon dont la société civile s’organise contre la mainmise des entreprises sur les ressources naturelles et l’appropriation de la démocratie par celles-ci, et ainsi, grâce à ces importants moyens, permettent aux entreprises de sauvegarder leur pouvoir. De plus, la plupart des ressources naturelles essentielles aux STN se trouvent dans les pays du Sud où coopérer avec l’armée peut être bien utile lorsqu’il s’agit de combattre les gouvernements et peuples locaux s’ils tentent d’utiliser leurs ressources naturelles pour leur propre développement, ce que l’establishment néo-libéral considère comme le crime suprême. C’est ce qui se passa au Chili lorsque Salvador Allende fut élu et que son gouvernement entreprit la nationalisation de certaines ressources naturelles du Chili dans l’objectif de développer le pays, au détriment des profits des multinationales. La première réaction du puissant establishment international fut alors de déclarer une guerre économique contre le Chili et, lorsque cela ne suffit pas, d’entreprendre un coup d’État sous la conduite du Général Augusto Pinochet. Il s’ensuivit une guerre contre le peuple chilien pendant plusieurs années durant lesquelles des milliers d’individus furent assassinés ou portés disparus. Du point de vue des néo-libéraux, ce fut une réussite : Pinochet a effectivement mis en œuvre tout un programme néolibéral au niveau du gouvernement. Peter Brabeck a eu l’occasion de voir de très près les actions de Pinochet : il se trouvait au Chili. Il a commencé sa carrière chez Nestlé au Chili à ce moment précis. Il a dû être impressionné par les mesures prises par Pinochet concernant l’opposition du peuple aux politiques de privatisation. 

    Cependant, il n’est pas toujours possible d’avoir recours ouvertement à la violence pour appliquer des politiques impopulaires. Le projet néolibéral a alors recours à la duperie en tentant de dissimuler les véritables objectifs de ses politiques et de convaincre le peuple qu’il œuvre en réalité dans son propre intérêt. Ainsi, les sociétés privées qui tentent d’imposer la privatisation des services publics par le biais, par exemple, de l’Accord sur le Commerce des Services (ACS), se sont baptisées les « Très Bons Amis des Services ». (3) Peter Brabeck qualifie la manière dont Nestlé procure des « effets positifs sur le long terme pour les actionnaires et la société » de « Création de Valeur Partagée ». L’eau en tant que bien commun est notre plus précieuse valeur partagée et celle-ci est clairement menacée par les politiques de privatisation de Brabeck. 

    Le projet néo-libéral essaie avant tout de rester secret. Selon un classement des « informations les plus censurées » établi par « Project Censored » (« Projet Censuré », une initiative visant à dénoncer et lutter contre la censure de l’information), l’information selon laquelle « la moitié de la richesse mondiale est détenue par 1 % de la population » fut la plus censurée de l’année 2015. Cette année (en 2017), 1 % de la population détient plus de la moitié de la richesse mondiale. Seulement 8 hommes possèdent effectivement l’équivalent de ce que la moitié de la population mondiale possède (5). Ceci nous indique clairement ceux à qui profitent réellement les politiques néo-libérales et les privatisations. Toujours en 2015, la « résistance du peuple à l’appropriation de l’eau par les sociétés privées » fut l’information qui occupait la 4ème place de ce même classement. (6) 

    Le fait de s’emparer de l’eau et de la privatiser concorde avec l’accumulation des richesses par les 1 % les plus riches, catégorie à laquelle appartient Peter Brabeck (et une réalité que ce dernier s’efforce de dissimuler). Il est également parvenu à faire taire la plupart des ONG suisses politiquement engagées, conscient que les débats et critiques concernant Nestlé en Suisse (son pays d’origine) pourraient nuire fortement à l’image de marque de Nestlé. 

    La retraite de Peter Brabeck, la fin de l’ère Brabeck, coïncide toutefois avec la fin du projet néo-libéral lui-même. Sa crédibilité a été érodée, ses réels objectifs dévoilés. Partout dans le monde, des mouvements de résistance se développent et, l’un après l’autre, chaque pays rejette fermement les politiques néo-libérales. Il vaut peut-être mieux que ceux qui fêtaient la fin de la Pink Tide (« Marée Rose ») en Amérique Latine, durant laquelle des gouvernements progressistes en Argentine, en Bolivie, en Équateur, au Paraguay, au Brésil et au Venezuela prirent le pouvoir politique, regardent ce qui est en train de se dérouler à nouveau sur ce continent. En Équateur, le peuple a élu Lenin Moreno, candidat soutenu par le Président Rafael Correa ; en Argentine, le président Macri, qui après son élection appliqua des politiques néo-libérales entraînant une hausse de la pauvreté en seulement quelques mois, est à présent confronté à une très forte opposition émanant du peuple et à une grève générale qui a paralysé tout le pays. Ce qu’a accompli Macri en Argentine jusqu’à présent n’est pas ce que l’on peut qualifier de réussite et, au grand désarroi de la classe néo-libérale, il est peu probable qu’il sera réélu. Au Brésil, où il a fallu un coup d’Etat parlementaire afin que les néo-libéraux puissent appliquer tout un programme et se lancer dans la privatisation des biens publics, le gouvernement illégitime du président Michel Temer est en pleine dislocation. Et, malgré la campagne menée par la presse traditionnelle contre l’ancien président Lula, c’est ce dernier qui a obtenu dans tous les sondages le plus de soutien de la part du peuple pour remporter les élections. Au Venezuela, malgré une guerre économique semblable à celle déclarée contre le président Allende au Chili et une campagne menée par la presse internationale contre le gouvernement vénézuélien, la politique selon laquelle les ressources naturelles du pays sont utilisées au profit du peuple continue d’être fièrement appliquée et ses résultats, notamment ses programmes d’alphabétisation ou de logement, sont impressionnants. Cependant, dans la situation actuelle, les résultats concrets et positifs obtenus grâce à des politiques différentes de celles du crédo néo-libéral doivent être minimisés ou complètement ignorés par la presse traditionnelle, le principal allié du néo-libéralisme. Il n’en reste pas moins que les signes des temps sont manifestes et que le projet néo-libéral est arrivé à sa fin. 

    Le successeur de Peter Brabeck chez Nestlé ne sera pas en mesure de faire autant que ce que Brabeck lui-même a fait pour le projet néo-libéral. Et il devra être beaucoup plus prudent face aux critiques émanant des mouvements issus de la société civile car, au final, c’est nous, le peuple, qui déciderons de la place que Nestlé et lui-même pourront occuper à l’avenir. 

    Source : Investig’Action

    Notes :
    (1) Lire Michael Hudson, “J is for Junk Economics”
    (2) https://recruitmilitary.com/Nestle
    (3) http://www.world-psi.org/en/psi-special-report-really-good-friends-transnational-corporations-agreeme
    (4) http://projectcensored.org/1-half-of-global-wealth-owned-by-the-1-percent 
    (5) https://www.oxfam.org/en/pressroom/pressreleases/2017-01-16/just-8-men-own-same-wealth-half-world
    (6) http://projectcensored.org/4-popular-resistance-to-corporate-water-grabbing

    #Eau #Nestlé #Brabeck-Letmathe #Arnold Schwarzenegger #privatisation #Ecole_autrichienne_d_économie #Water_Resources_Group #WRG #Coca-Cola #Pepsi #SABMiller #SFI #Philippe_Le_Houérou #Manuel_Sager #DDC #démantèlement_des_services_publics #AB_Inbev #Atlantic_Council #néo_libéralisme #Biens_Communs #Chili #ACS #Brésil #Argentine

    Nestlé, l’eau, antérieurement publié sur SeenThis

    https://seenthis.net/messages/593729

    https://www.youtube.com/watch?v=qrgtbgjMfu0


    https://seenthis.net/messages/516663

    https://seenthis.net/messages/132395

    https://seenthis.net/messages/86468

    https://seenthis.net/messages/86445

    https://seenthis.net/messages/17692

  • U.S. and Russia Agree on Steps to Combat ISIS in Syria - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2016/07/16/world/middleeast/us-and-russia-agree-on-steps-to-combat-isis-in-syria.html

    MOSCOW — The United States and Russia announced a tentative deal on Friday to coordinate airstrikes against the Islamic State and the Nusra Front , Al Qaeda’s affiliate in Syria.

    [...]

    Mr. Kerry made clear that defeating the Nusra Front was a major American priority.

    “So if some critic is criticizing the United States or Russia for going after Al Nusra, which is a terrorist organization, because they’re good fighters against Assad, they have their priorities completely screwed up,” Mr. Kerry said. “The fact is that Nusra is plotting against countries in the world. What happened in Nice last night could just as well come from Nusra or wherever it came from as any other entity. Because that’s what they do.”

    [...]

    The United States has carried out occasional strikes against what have been described as senior Qaeda figures in Syria. But it has refrained from systematic attacks against the Nusra Front, whose ranks are heavily Syrian, including many who left less extreme rebel groups because Nusra was better armed and financed.

    • Dans un article écrit quelques heures auparavant, le « think tank » financé par les dictateurs du Golfe arabo-persique disait ceci :
      http://www.nytimes.com/2016/07/15/world/middleeast/john-kerry-vladimir-putin-syria-plan.html

      Faysal Itani, a senior fellow at the #Atlantic_Council, was also critical of the proposed military coordination with the Russians. He said that combined attacks against Nusra would effectively end the Syrian opposition, cementing Mr. Assad’s grip on power and enraging most Syrians.

    • Rapport au Sénat étasunien de l’envoyé spécial d’Obama, Brett H. McGurk (fin juin 2016)
      http://www.foreign.senate.gov/imo/media/doc/062816_McGurk_Testimony.pdf

      In Syria, as ISIL is losing territory in the east, its terrorist rival – Jabhat al-Nusra – is gaining ground in the west, putting down roots in Idlib province along the Turkish border. Nusra is establishing schools and training camps, recruiting from abroad, launching major military operations, and enjoying a sophisticated on-line presence, all the while providing safe haven for some of al Qaida’s most experienced terrorists. With direct ties to Ayman al Zawahiri,
      Osama Bin Laden’s successor, Nusra is now al Qaida largest formal affiliate in history.

      Traduit ici, http://www.slate.fr/story/121139/victoire-irak-syrie-terrorisme-europe

      « [Le Front] #al-Nosra implante des écoles et des camps d’entraînements, recrute depuis l’étranger, mène des opérations militaires d’envergure et jouit d’une présence sophistiquée sur le Web, tout en offrant un refuge à certains terroristes d’#al-Qaida parmi les plus expérimentés. [Il entretient aussi] des liens directs avec Ayman al-Zawahiri, l’héritier de Ben Laden. » Ce qui en fait, pour reprendre la formule de M. McGurk, « la plus grande filiale officielle d’al-Qaida de l’histoire. »