• « On assiste à une perte de pouvoir des designers face au marketing » - Digital Society Forum
    https://digital-society-forum.orange.com/fr/les-actus/1189-on-assiste-a-une-perte-de-pouvoir-des-designers-f

    Vous écrivez que vous ne vouliez pas céder à cette « panique attentionnelle ». Mais il y a quand même une vraie anxiété qui s’exprime, un même sentiment de dépossession. Est-ce qu’on sait, au vu des études, des recherches, s’il est fondé ?

    Comme dirait la chercheuse américaine danah boyd … « c’est compliqué » . Je ne dis pas ça pour faire une pirouette, mais parce qu’elle pointe depuis le début une ambiguïté. On a l’impression que ces outils, par des techniques diverses et variées, transforment nos relations — alors qu’à mon avis, ce qui est transformé, c’est le fait que ces outils amènent de nouvelles possibilités sociales. Si les enfants restent sur Facebook et Messenger pendant des heures, ce n’est pas parce que tel bouton est devenu plus efficace — c’est surtout parce qu’ils cherchent à discuter avec des copains avec qui ils ne peuvent pas discuter autrement.
    Derrière la panique morale sur la façon dont on utilise nos outils, il y a une panique sociale, qui se focalise sur les bons et les mauvais comportements. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de cas d’abus, de harcèlement. Mais il ne faut pas tout pathologiser. Une méta-étude américaine montrait que l’impact des réseaux sociaux sur le bien-être des adolescents était grosso modo le même que celui de manger des patates…

    Vous relativisez donc l’impact de ces dispositifs de captation d’attention ?

    On ne connaît pas le réel impact des technologies déployées, car il y a peu d’études disponible sur la question. Nous nous étions fixés comme objectif de produire un label de l’attention. Mais nous nous sommes aperçus que c’était impossible, principalement parce qu’on ne sait pas bien ce qui marche, et comparativement à quoi. Comment mesurer l’impact des trois petits points de Facebook Messenger, sur deux heures de conversation, par rapport à l’impact émotionnel de cette conversation ?
    Je pense qu’on survalorise beaucoup ces dispositifs, en partie parce que les départements marketing leur donnent beaucoup d’importance.
    Pour le marketing web traditionnel, faire passer le nombre de gens qui cliquent sur une newsletter de 0,001 % à 0,003 % , c’est une énorme victoire. Or ça veut dire que 99,999 % de gens qui ne cliquent pas ! Il faut rester mesuré sur l’efficacité réelle de ces techniques.

    Vous critiquez beaucoup l’influence des métriques utilisées par le marketing…

    Les métriques du marketing, qui se focalisent sur des résultats très immédiats, de quelques points d’engagement de quelques utilisateurs, ont pris une importance démesurée. La pratique de l’A/B testing , qui s’est démultipliée dans les entreprises numériques, en est un exemple frappant. Dès que vous introduisez une nouvelle petite fonction, vous la testez sur cent utilisateurs. Et vous regardez si c’est l’ancienne ou la nouvelle qui fonctionne le mieux. Ce sont ces techniques qui ont validé des opérations de capture très immédiates de l’attention : les trois petits points sur Facebook qui indiquent que quelqu’un est en train d’écrire, le « validé » qui indique que quelqu’un a vu votre message…
    Or cela détruit la fonction même du designer. Les équipes marketing peuvent faire elles-mêmes leurs choix de design, faire valider par les utilisateurs ce qui marche ou pas, selon des métriques très immédiates, centrées sur ce qui permet d’impliquer les gens au plus vite. Ce que cela montre, au fond, c’est la perte de pouvoir du design et de la montée de métriques très opérationnelles et marketing.

    Donc paradoxalement, votre étude du design de l’attention vous conduit à dire que les designers n’ont pas tant de pouvoir que ça ?

    Oui c’est ça. Et je pense que c’est un problème. Les designers amènent la question du respect de l’usager. Ils ne sont pas là pour fabriquer uniquement un produit marketing, ils imbriquent le rapport aux sciences sociales, l’expérience client et la diversité des utilisateurs. Or si le designer est chassé, l’éthique qu’il apporte l’est en même temps. Il y a là un enjeu important, sur la place de la conception et la façon dont elle est complètement instrumentalisée par le marketing. Et ça pose des problèmes à très court terme.

    La question de l’attention pose donc la question des modèles économiques utilisés : elle ne se résume pas à une question d’interface à améliorer.

    #Attention #Econolie_attention #Design #Design_ethique


  • A Pigovian Tax On People’s Attention
    https://hackernoon.com/a-pigovian-tax-on-peoples-attention-23e2c75eab63?source=rss----3a8144eab

    Back in the late 1990s, the web looked pretty much like the Wild West; anyone could grab a piece of digital land, put a name on it and start catching the attention of millions of users at the time, with a very lean team of people.This is how it started when the Netscape team, after having released their browser, made it available to millions of people in, at the time, nascent web. Netscape later IPOed and made clear to the world, that the Web was much more than just a few computers connected.Ever since new entrants have learned to dominate the scene, yet, over the years one thing has become clear.The most important asset on the web is people’s attention. Thus, web companies learned how to grab it, manipulate it, until the Web became a meme machine.If there is one thing our brain is good (...)

    #economics #attention-economy #negative-externality #pigovian-tax #facebook


  • Rétro-design de l’attention : limites, angles morts et autres propositions
    http://www.internetactu.net/2019/01/25/retro-design-de-lattention-limites-angles-morts-et-autres-propositions

    Dans le cadre de la réflexion que nous avons menée dans le groupe de travail Rétro-design de l’attention, il y a des questions que nous n’avons pas abordées (parce que dans le temps imparti, nous ne pouvions pas tout traiter). Les manques et angles morts sont nombreux. À l’inverse, bien (...)

    #Articles #Enjeux #attentionbydesign #économie_de_l'attention #retrodesign


  • Toujours intéressant les professions de foi : ici celle de Netflix, chapitre « Competition ».
    https://www.netflixinvestor.com/ir-overview/long-term-view/default.aspx

    We compete for a share of members’ time and spending for relaxation and stimulation, against linear networks, pay-per-view content, DVD watching, other internet networks, video gaming, web browsing, magazine reading, video piracy, and much more. Over the coming years, most of these forms of entertainment will improve.

    If you think of your own behavior any evening or weekend in the last month when you did not watch Netflix, you will understand how broad and vigorous our competition is. [sic, flippant.]

    We strive to win more of our members’ “moments of truth”. Those decision points are, say, at 7:15 pm when a member wants to relax, enjoy a shared experience with friends and family, or is bored. The member could choose Netflix, or a multitude of other options.

    (…)

    Video piracy is a substantial competitor for entertainment time in many international markets. [Et merci bien.] It is free and offers very broad selection. Were video piracy to become easy, reliable, and socially acceptable, it could become our largest competitor. Global music revenues have been falling for 15 years due to large scale music piracy. Great inexpensive services like Netflix will hopefully help prevent video from following the decline of music.

    #industrie_culturelle en guerre pour capter des parts du marché mondial de l’#attention, du #divertissement et des plate-formes de #SVOD pour lutter contre le #téléchargement_illégal ou #piratage — qu’il est loin le temps où l’on réfléchissait à une licence globale.

    Comme le disait @calimaq je ne sais plus où, le rêve de licence globale a pour l’heure été réalisé par le privé, Netflix et autres GAFAM.


  • Rétro-design de l’attention : une responsabilité sans responsabilisation
    http://www.internetactu.net/2019/01/18/retro-design-de-lattention-une-responsabilite-sans-responsabilisation

    Dans le traitement de la question attentionnelle, les acteurs qui l’exploitent, renvoie toujours l’utilisateur à sa propre responsabilité. Si les écrans semblent les boucs émissaires idéaux de tous les troubles attentionnels, reconquérir sa liberté cognitive, elle, relève toujours de la seule responsabilité de l’usager. Qu’importe si une multitude de développeurs (...)

    #Articles #Enjeux #attentionbydesign #design #économie_de_l'attention #retrodesign


  • Rétro-design de l’attention : dépasser le temps
    http://www.internetactu.net/2019/01/15/retro-design-de-lattention-depasser-le-temps

    Le premier constat et la première piste sur laquelle nous avons travaillé dans le cadre du groupe de travail retro-design de l’attention animé par la Fing s’est intéressé aux limites de la réponse que proposent les plateformes à la question attentionnelle : celle d’apporter aux utilisateurs des outils de mesure et (...)

    #Articles #Services #attentionbydesign #économie_de_l'attention #retrodesign


  • Rétro-design de l’attention : c’est compliqué !
    http://www.internetactu.net/2019/01/14/retro-design-de-lattention-cest-complique

    « C’est compliqué ! » La formule – célèbre – est facile. Dans le travail que nous avons lancé à la Fing depuis un an pour aborder la question attentionnelle, nous pensions que le design serait un angle intéressant pour observer et faire levier sur les transformations induites par le numérique. (...)

    #Articles #Débats #attentionbydesign #économie_de_l'attention #retrodesign


  • Two companies soon to control one fifth of global content spend
    https://www.ampereanalysis.com/blog/40493941-7f03-467d-9b90-723752e04499

    Following the massive mergers of Comcast/Sky and Disney/Fox, one in every five dollars spent on content worldwide will now be spent by these two entities alone. And this concentration of spend becomes even more stark when focusing purely on the US - the proportion of US content spend controlled by Comcast/Sky and Disney/Fox jumps to nearly two in five content dollars.

    Once the dust has settled from the mergers, overall spend on content will be almost even between the two new companies. By Ampere’s estimates, the combined projected content spend between the two is set reach $43bn – with Disney/Fox spending $22bn per year on originated and acquired content and Comcast/Sky spending $21bn by the end of 2018. This is more than the combined outlay of the next ten largest content spenders in the US including OTT platforms Netflix and Amazon.

    To some extent, the increasingly level of consolidation is a reaction to the increasing power of online video platforms. Companies such as Netflix and Amazon continue to invest significantly in content, a trend which shows no signs of slowing down. We expect Netflix to spend over $8bn on a P&L basis by the end of 2018, and the streaming giant has repeatedly stated it will continue to increase its content budget. Prior to the recent mergers, Netflix was on course to catch and overtake the top Hollywood studios in terms of content spend - however, in light of the two new combined entities, Netflix would now be required to nearly triple its spend to achieve this.

    This added financial might for the incumbent broadcast and studio groups helps strengthen both entities’ positions in the global market, as well as adding protection against the rising strength of online video. Each entity controls an increasingly vast library of original content ready to be exploited through direct-to-consumer offers. Disney has already indicated it will stop licencing content to Netflix in favour of its own direct to consumer offer, a service which will have even greater appeal with the addition of Fox assets. 

    However, one other implication of this consolidation is the effect it could have on independent producers. With a shrinking number of content acquirers in the market, the competition for rights diminishes – this in turn will impact the indie sector’s ability to negotiate favourable deals.

    #industrie_culturelle #attention


  • Why Should Everyone Invest In 2019 (Attention, Engineers)
    https://hackernoon.com/engineer-invest-2019-ac0794469c31?source=rss----3a8144eabfe3---4

    As we have just started 2019, 🎉 we have another perfect opportunity to review our lives, opportunities, values, and expectations.Source: https://dilbert.com/strip/2018-12-31Despite being a tech addict (DevOps, Blockchain), my path presented me several ways of approaching life and the knowledge I have gained. At some point, I noticed that there is something that professors at my university are not teaching that would turn us into more independent persons. Money. In particular, I became very interested in the investments world, as it allows you to generate money using the money. If you don’t invest your money, it will never increase. You will likely spend, give it away or save it (and possibly spend it in a short-term wish). Now, you could be asking yourself:Why should we care about (...)

    #stock-market #business #investing #attention-engineers #engineering


  • Comment réguler l’exploitation de notre attention ? | InternetActu
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2018/12/27/comment-reguler-lexploitation-de-notre-attention

    Dans Les marchands d’attention (The Attention Merchants, 2017, Atlantic Books, non traduit), le professeur de droit, spécialiste des réseaux et de la régulation des médias, Tim Wu (@superwuster), 10 ans après avoir raconté l’histoire des télécommunications et du développement d’internet dans The Master Switch (où il expliquait la tendance de l’industrie à créer des empires et le risque des industries de la technologie à aller dans le même sens), raconte, sur 400 pages, l’histoire de l’industrialisation des médias américains et de la publicité de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. En passant d’une innovation médiatique l’autre, des journaux à la radio, de la télé à l’internet, Wu tisse une très informée histoire du rapport de l’exploitation commerciale de l’information et du divertissement. Une histoire de l’industrialisation des médias américains qui se concentre beaucoup sur leurs innovations et leurs modèles d’affaires, c’est-à-dire qui s’attarde à montrer comment notre #attention a été convertie en revenus, comment nous avons été progressivement cédés à la logique du #commerce – sans qu’on n’y trouve beaucoup à redire d’ailleurs.

    La compétition pour notre attention n’a jamais cherché à nous élever, au contraire

    Tout le long de cette histoire, Tim Wu insiste particulièrement sur le fait que la #capture_attentionnelle produite par les médias s’est faite par-devers nous. La question attentionnelle est souvent présentée comme le résultat d’une négociation entre l’utilisateur, le spectateur, et le service ou média qu’il utilise… mais aucun d’entre nous n’a jamais consenti à la capture attentionnelle, à l’#extraction de son attention. Il souligne notamment que celle-ci est plus revendue par les médias aux annonceurs, qu’utilisée par les médias eux-mêmes. Il insiste également à montrer que cette #exploitation vise rarement à nous aider à être en contrôle, au contraire. Elle ne nous a jamais apporté rien d’autre que toujours plus de contenus insignifiants. Des premiers journaux à 1 cent au spam publicitaire, l’exploitation attentionnelle a toujours visé nos plus vils instincts. Elle n’a pas cherché à nous élever, à nous aider à grandir, à développer nos connaissances, à créer du bien commun, qu’à activer nos réactions les plus instinctives. Notre exploitation commerciale est allée de pair avec l’évolution des contenus. Les journaux qui ont adopté le modèle publicitaire, ont également inventé des rubriques qui n’existaient pas pour mieux les servir : comme les faits divers, les comptes-rendus de procès, les récits de crimes… La compétition pour notre attention dégrade toujours les contenus, rappelle Tim Wu. Elle nous tourne vers « le plus tapageur, le plus sinistre, le plus choquant, nous propose toujours l’alternative la plus scandaleuse ou extravagante ». Si la publicité a incontestablement contribué à développer l’économie américaine, Wu rappelle qu’elle n’a jamais cherché à présenter une information objective, mais plutôt à déformer nos mécanismes de choix, par tous les moyens possibles, même par le mensonge. L’exploitation attentionnelle est par nature une course contre l’éthique. Elle est et demeure avant tout une forme d’exploitation. Une #traite, comme disait le spécialiste du sujet Yves Citton, en usant volontairement de ce vocabulaire marqué au fer.

    Wu souligne que l’industrie des contenus a plus été complice de cette exploitation qu’autre chose. La presse par exemple, n’a pas tant cherché à contenir ou réguler la publicité et les revenus qu’elle générait, qu’à y répondre, qu’à évoluer avec elle, notamment en faisant évoluer ses contenus pour mieux fournir la publicité. Les fournisseurs de contenus, les publicitaires, aidés des premiers spécialistes des études comportementales, ont été les courtiers et les ingénieurs de l’#économie_de_l’attention. Ils ont transformé l’approche intuitive et improvisée des premières publicités en machines industrielles pour capturer massivement l’attention. Wu rappelle par exemple que les dentifrices, qui n’existaient pas vraiment avant les années 20, vont prendre leur essor non pas du fait de la demande, mais bien du fait de l’offensive publicitaire, qui s’est attaquée aux angoisses inconscientes des contemporains. Plus encore que des #ingénieurs de la demande, ces acteurs ont été des fabricants de #comportements, de mœurs…

    • Elle ne nous a jamais apporté rien d’autre que toujours plus de contenus insignifiants. Des premiers journaux à 1 cent au spam publicitaire, l’exploitation attentionnelle a toujours visé nos plus vils instincts. Elle n’a pas cherché à nous élever, à nous aider à grandir, à développer nos connaissances, à créer du bien commun, qu’à activer nos réactions les plus instinctives.


  • VIDEO. Climat : « On n’est jamais trop petit pour faire une différence » : le discours fort de Greta Thunberg
    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop24/video-climat-on-n-est-jamais-trop-petit-pour-faire-une-difference-le-di

    Son discours a fait le tour du monde. À tout juste 15 ans, Greta Thunberg a bousculé les délégués présents à la COP24 - qui s’est tenue à Katowice en …