• David Cayla - Le marché contre la société Enregistrée ce 6 Mars 2019
    Face à la politique néolibérale d’Emmanuel Macron – Comment sauvegarder un l’Etat Social
    http://www.amis.monde-diplomatique.fr/article6499.html

    https://www.amis.monde-diplomatique.fr/IMG/mp3/190306davidcayla.mp3

    Depuis la fin des années 1970, les politiques économiques menées en France et dans le monde entendent construire une société régie non plus par les interventions du pouvoir politique encadré par des institutions sociales, mais par des marchés censés être auto-régulateurs, supervisés par des autorités techniques détachés du corps social et œuvrant en dehors de tout contrôle démocratique (banques centrales indépendantes, autorités de régulation de la concurrence, etc.).

    La marche forcée vers cette société de marché pose néanmoins d’importants problèmes. En premier lieu, loin de garantir l’efficacité, elle entraine de profonds déséquilibres économiques qui menacent l’environnement et la survie des créateurs de richesse. En second lieu, elle tend à détruire les institutions sociales traditionnelles qui permettent la coopération humaine en créant un environnement fondé sur les rivalités individuelles.

    #Audio #Radio #économie #libéralisme #néolibéralisme #efficacité économique #David_Cayla #Diplo

    • Les laboratoires de la haine – Enquête sur la face cachée du frontisme municipal - Hacene Belmessous paru aux éditions Demopolis.
      Ce sera le mercredi 20 mars à 20 heures, à la MRES, 23, rue Gosselet à Lille
      https://www.amis.monde-diplomatique.fr/article6425.html

      Le Front National/Rassemblement National dirige depuis mars 2014 onze villes françaises. Contrairement à la première expérience frontiste de gestion municipale (1995-2001 à Toulon, Marignane, Orange et Vitrolles) où son action était, tant localement que nationalement, observée par de nombreux acteurs sociaux (médias, associations et partis de gauche), on constate qu’il agit aujourd’hui sans contrôle. Or qu’observe-t-on dans les deux villes de notre enquête sociale (Beaucaire dans le Gard et Mantes-la-Ville dans les Yvelines) ? L’emprise de l’idéologie différentialiste avec en arrière-plan une stratégie de gestion de l’espace public nourrie à la préférence nationale, rappelons que la loi interdit cette pratique, a fait de ces deux communes des laboratoires de la haine. Car le frontisme municipal y agit méthodiquement, sûr de sa force politique – ses opposants sont inaudibles – et de sa pleine capacité à maltraiter impunément tous ceux qu’il cible, de fait, comme indésirables : les arabes, les musulmans, les partisans de la politique de la ville, les militants du social, les journalistes scrupuleux, les défenseurs du vivre-ensemble, etc. À l’échelle locale, le leadership frontiste remet en cause le fonctionnement de la démocratie. Pendant ce temps, l’État, comme sa représentation locale, ferme les yeux, considérant que cette expérience désastreuse qui a pourtant cassé par son fonctionnement toute vitalité dé- mocratique dans ces deux communes, ne serait qu’un mauvais moment à passer.


  • Vingt-cinq ans d’insurrection zapatiste :
    « C’est une forme de démocratie réelle, radicale »

    https://lavoiedujaguar.net/Vingt-cinq-ans-d-insurrection-zapatiste-C-est-une-forme-de-democrati

    Le 1er janvier 1994, jour d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), commençait le soulèvement zapatiste dans le sud du Mexique. Communes autonomes, conseils de bon gouvernement, assemblées régionales, propriété collective des terres : Jérôme Baschet revient pour Rapports de force, site d’information pour les mouvements sociaux, sur cette expérience longue de vingt-cinq ans.

    Les zapatistes ont montré qu’une autre voie de transformation radicale était possible. C’est celle qu’ils dénomment autonomie et qui associe autogouvernement populaire et formes de vie autodéterminées. Elle ne demande qu’à croître partout où la dévastation provoquée par l’hydre capitaliste se fait de plus en plus flagrante et où toutes les solutions traditionnelles ont montré leurs limites ou leurs impossibilités. Cet esprit de l’autonomie n’est peut-être pas si éloigné de ce qui s’exprime dans les courants les plus novateurs des gilets jaunes, tels qu’on peut les voir à l’œuvre notamment dans la récente Assemblée des assemblées convoquée, fin janvier, à Commercy.

    #Mexique #zapatistes #Jérôme_Baschet #entretien #démocratie #révolution #rébellion #autonomie


  • « Gilets jaunes » : Philippe fait sauter le préfet et réhabilite le lanceur de balles de défense | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180319/gilets-jaunes-philippe-fait-sauter-le-prefet-et-rehabilite-le-lanceur-de-b

    Édouard Philippe a reproché à la hiérarchie policière parisienne d’avoir fléchi face aux demandes d’interdiction ou de suspension de l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD). Du fait « de la polémique sur le LBD », « des consignes inappropriées ont été passées pour réduire son usage », a-t-il soutenu.

    Avant le mouvement des gilets jaunes, le préfet Michel Delpuech n’était pas un chaud partisan de l’usage de LBD. Fin 2017, il avait même annoncé au Défenseur des droits avoir « pris la décision d’interdire » cette arme « dans les opérations de maintien de l’ordre au regard de sa dangerosité et de son caractère inapproprié dans ce contexte ».

    (…) 14 500 balles en caoutchouc ont été tirées du 17 novembre 2018 au 5 février 2019. Les détachements d’action rapide (DAR), unités créées par le ministre de l’intérieur début décembre, ont utilisé à eux seuls près de 80 % de ces munitions.

    On doit déduire des déclarations du premier ministre qu’il encourage désormais les forces de l’ordre à étendre l’usage du #LBD. Édouard Philippe a annoncé, lundi, vouloir « renforcer la fermeté » de la doctrine du maintien de l’ordre.

    • En résumé, le gouvernement est très mécontent parce que la police, en tous cas ses chefs, cherchent à limiter le niveau de violence déployée.
      IL FAUT TAPER ! c’est ça qu’on vous a demandé.

      Ou, comment le gouvernement s’emploie à durcir sa police et à en chasser les " républicains " qui s’y trouveraient encore. Ça commence à ressembler à un appel à la guerre civile…

      « Gilets jaunes » : le préfet de police limogé, des manifestations interdites dans certains quartiers
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/18/gilets-jaunes-les-manifestations-dans-certains-quartiers-interdites-en-cas-d

      Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, lundi 18 mars, que le préfet de police de la préfecture de Paris, Michel Delpuech, serait relevé de ses fonctions dès le conseil des ministres de mercredi. Il sera remplacé par l’actuel préfet de Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement. Une décision prise deux jours après une manifestation de « gilets jaunes » particulièrement violente, au cours de laquelle de nombreux commerces des Champs-Elysées ont été dégradés. Lundi, M. Philippe a regretté que « des consignes inappropriées aient été passées [samedi] pour réduire l’usage » des lanceurs de balles de défense (LBD).

      Invité du « 20 Heures » de France 2, M. Philippe a insisté, mettant en avant la responsabilité de la préfecture de police de Paris : « La stratégie de maintien de l’ordre que nous avions élaborée après le 1er décembre [manifestation de “gilets jaunes” qui avait été marquée par une éruption de violences] n’a pas été mise en œuvre dans des conditions satisfaisantes. » « Une forme de consigne a été passée pour que ne soient pas utilisés les LBD (…). On a constaté beaucoup moins de tirs [de LBD], beaucoup moins de capacité de projection de nos forces de l’ordre, beaucoup moins de mobilité », a-t-il déploré, précisant que cette consigne ne venait « pas du gouvernement ». Le premier ministre a certifié que la démission du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, n’avait pas été envisagée.

      « Il n’est pas normal qu’une stratégie définie par le ministre au nom du gouvernement puisse être aménagée » à son insu, a déclaré, de son côté, M. Castaner, sur LCI. « Je sais où, je sais qui » a passé des consignes différentes, a-t-il affirmé, jugeant « nécessaire » que des responsables policiers soient démis de leurs fonctions.

      Lors de son point de presse, qui s’est tenu en fin d’après-midi, Edouard Philippe a également annoncé que les manifestations dans les quartiers les plus touchés par les violences seront interdites lorsque l’exécutif aura connaissance de la participation « d’éléments ultras ». Il a cité le secteur des Champs-Elysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse. En cas de manifestation, « nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements », a-t-il prévenu.


  • Villeneuve-d’Ascq Manifestation dans la galerie Auchan V2 contre le projet EuropaCity porté par la famille Mulliez Cédric Gout - 16 Mars 2019 - La voix du Nord
    http://www.lavoixdunord.fr/553180/article/2019-03-16/manifestation-dans-la-galerie-auchan-v2-contre-le-projet-europacity-por

    Ce samedi matin, plusieurs collectifs de défense de l’environnement ont mené une action dans la galerie V2 pour dénoncer le projet de méga-centre commercial appelé EuropaCity.

    Ce samedi, Vianney Mulliez, président de Ceetrus, le nouveau nom d’Immochan, fêtait ses 56 ans. Les collectifs opposés au projet EuropaCity ont profité de la journée internationale de mobilisation pour le climat pour lui souhaiter un bon anniversaire. Ils ont mené une action dans la galerie Auchan V2, pour dénoncer ce projet de méga centre commercial alliant loisirs, tourisme et espaces hôteliers que le groupe Mulliez veut faire naître sur pas moins de 300 hectares de terres agricoles à proximité de Gonesse (Val d’Oise).

    #auchan #mulliez #immochan #immobilier_commercial #centres_commerciaux #europacity #des_grands_projets..._inutiles #agriculture #urbanisme #triangle_de_gonesse #terres #gonesse #ecologie #climat #centre_commercial #Ceetrus #immobilier #grande_distribution #destruction #vianney_mulliez


  • Filmspotting : Nachrede auf Klara Heydebreck | Deutsche Kinemathek
    https://www.deutsche-kinemathek.de/de/besuch/veranstaltungskalender/nachrede-auf-klara-heydebreck-eberhard-fechner

    A voir - avec un peu de chance le cinéma Arsenal montrera une copie 16mm de ce film documentaire remarquable et émouvant. C’est le récit d’une vie de femme à Berlin entre 1896 et 1969. Pour les non-berlinois y a la copie youtube.

    https://www.youtube.com/watch?v=-1qH6wQurSQ

    25.3.2019 19:00 - Kino Arsenal (BRD 1969, Regie: Eberhard Fechner)

    Die einstündige Produktion, gedreht auf 16mm-Material, fällt durch die üblichen Formatraster der Fernsehsender und Kinoprogramme, so dass diese Wiederaufführung eine seltene Gelegenheit der Wiederbegegnung mit diesem stilbildenden Frühwerk Eberhard Fechners bedeutet.

    Arsenal, Kino 2, Eintritt: 8 Euro

    https://de.wikipedia.org/wiki/Klara_Heydebreck

    Für einen Dokumentarfilm zum Thema Selbstmord, für den er nach eigenen Angaben kein Drehbuch geschrieben hatte, sondern sich von den Rechercheergebnissen leiten lassen wollte, besuchte Eberhard Fechner die Berliner Polizei und griff zufällig den Todesfall Klara Heydebrecks unter mehreren an diesem Tag gemeldeten heraus. Er suchte Kontakt zu ihrer Familie, den Nachbarn und ehemaligen Arbeitskollegen sowie den mit ihrem Tod befassten Dienststellen. Die Familie überließ ihm den Nachlass Klara Heydebrecks; aus diesen Dokumenten und Interviews mit den Personen, die Klara gekannt hatten, entstand der Ende 1969 erstmals ausgestrahlte Dokumentarfilm Nachrede auf Klara Heydebreck. Blick auf ein unter- und fehleingeschätztes Leben. Durch die Auswertung des Nachlasses und die Befragung des Umfelds konnten die sozialen und wirtschaftlichen Rahmenbedingungen einer Frau dargestellt werden, die sich dem herrschenden Frauenbild wohl nicht anpassen wollte, in ihrem Umfeld wegen ihrer kulturellen Interessen auf Unverständnis stieß und schließlich völlig vereinsamte. Die am Anfang des Films gestellte Frage, warum Klara ihr Leben beendet hatte, musste dabei offenbleiben

    SELBSTMORD : Schikane des Teufels - DER SPIEGEL 38/1970
    http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-44906627.html

    Diesen Dokumentar-Epilog hat Fechner mit zeitgeschichtlichen Aspekten ergänzt. Aus Lohnstreifen’ Rentenbescheinigungen und Arbeitslosen-Papieren errechnete er beispielsweise die finanzielle Bilanz dieses einfachen Lebens:

    In 57 Jahren hat Klara Heydebreck 129 000 Mark verdient, 2263 Mark pro Jahr.

    Als die Feuerwehr Ihren Leichnam im Krankenhaus „abgeladen“ hatte (so eine Pflegerin), waren noch 6,49 Mark auf Ihrem Konto. Die Kripo registrierte den Vorgang Heydebreck — einen von 13 000 westdeutschen Selbstmordfällen im Jahr — unter dem Aktenzeichen AZ KapAr 483/69.

    „Einsamkeit“, so hatte Klara Heydebreck einst an ihre Schwester geschrieben, „kann sehr schön sein. Doch Mangel leiden an lebensnotwendigen Dingen ist eine Schikane des Teufels.“
    Solchen Leidenswegen ist das Fernsehen schon dann und wann nachgegangen. Fechners Reportage ist anders: Ihre Anteilnahme, Ihre Eindringlichkelt ist wahrlich eine Stunde vor dem Bildschirm wert.

    Eberhard Fechner (1926 - 1992)
    https://de.wikipedia.org/wiki/Eberhard_Fechner

    Fechner war ein begnadeter Interviewer. So interviewte er um 1975 die vier damals noch lebenden Mitglieder der Comedian Harmonists und um 1979–81 für seine Dokumentation Der Prozeß mehrere Zeugen und Angeklagte des Majdanek-Prozesses. Ähnlich wie Claude Lanzmann verstand er es, durch geduldiges Zuhören und Nachfragen auch sehr persönliche, kontroverse und tief verborgene Erinnerungen seiner Interviewpartner hervorzulocken. Daneben übernahm er immer wieder auch Aufgaben als Schauspieler in Fernsehfilmen.

    Site web sur Eberhard Fechner
    https://web.archive.org/web/20170920124604/http://www.eberhardfechner.de

    La collection Eberhard Fechner à l’Akademie der Künste Berlin
    https://archiv.adk.de/bigobjekt/39883

    #Allemagne #Berlin #Wedding #Grüntaler_Straße #histoire #film #femmes #suicide #auf_deutsch


  • Study finds a potential risk with self-driving cars: failure to detect dark-skinned pedestrians - Vox
    https://www.vox.com/future-perfect/2019/3/5/18251924/self-driving-car-racial-bias-study-autonomous-vehicle-dark-skin

    If you’re a person with dark skin, you may be more likely than your white friends to get hit by a self-driving car, according to a new study out of the Georgia Institute of Technology. That’s because automated vehicles may be better at detecting pedestrians with lighter skin tones.

    The authors of the study started out with a simple question: How accurately do state-of-the-art object-detection models, like those used by self-driving cars, detect people from different demographic groups? To find out, they looked at a large dataset of images that contain pedestrians. They divided up the people using the Fitzpatrick scale, a system for classifying human skin tones from light to dark.

    The researchers then analyzed how often the models correctly detected the presence of people in the light-skinned group versus how often they got it right with people in the dark-skinned group.

    The study’s insights add to a growing body of evidence about how human bias seeps into our automated decision-making systems. It’s called algorithmic bias.

    The most famous example came to light in 2015, when Google’s image-recognition system labeled African Americans as “gorillas.” Three years later, Amazon’s Rekognition system drew criticism for matching 28 members of Congress to criminal mugshots. Another study found that three facial-recognition systems — IBM, Microsoft, and China’s Megvii — were more likely to misidentify the gender of dark-skinned people (especially women) than of light-skinned people.


  • Saint Cacatov C’est Pierre qui s’y colle, avec Flo.

    Aujourd’hui, Mercredi 13 Mars, c’est la Saint Cacatov.
    Saint Cacatov est le saint patron des Gilets Jaunes qui cherchent de nouvelle manières, créatives, d’exprimer aux forces de l’ordre, qu’ils en ont . . . .

    mais alors, un cacatov, qu’est ce que c’est ?

    http://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/98495/134597/podcast_134597_y4g5s.mp3


    . . . . . . . .

    Source : https://audioblog.arteradio.com/blog/98495/podcast/134597/saint-cacatov#
    et bien sur : https://www.campuslille.com/index.php/entry/la-rupture-est-consommee-c-est-l-heure-de-l-mettre

    La rupture est consommée / C’est l’heure de l’mettre !

    Ça y est. Le point de non-retour est atteint. La rupture est consommée. Désormais les contradictions du capitalisme, dans notre pays, ont touché au but : le camp de ceux d’en bas n’a plus rien à voir avec celui de ceux d’en haut…

    En haut on continue de plus belle à accélérer le rythme de la casse sociale, du mépris de classe qui va avec, et de la répression, ce qui fait du macronisme un fascisme new look. En bas, on désapprouve, on désobéit, on désapprend. On se situe sur un ailleurs. On ignore le pouvoir. Et ça, c’est ce qui peut lui arriver de pire.

    Ben oui… C’est l’heure de l’mettre !

    (En plus des sonorités venues d’en bas, ce mercredi vous retrouverez notre « ¼ d’heure en Palestine ». Il y sera question de ceci : https://www.lemelies.fr/film/femmes-palestiniennes-en-resistance)

    L’heure de l’mettre

    #Gilets_jaunes #giletsjaunes #résistance #répression #france #maintien_de_l'ordre #violences_policières #police #en_vedette #luttes #caca #audio #radio


    • On ne se regroupe plus sur ce qui nous unit, mais sur ce qui nous désunit, ce qui nous fait nous haïr entre nous. Le pouvoir nous a fait nous mettre des barrières entre nous, la distinction bourgeoise s’exprime pleinement au moment de mettre des gens dans des cases. C’est plus pratique avec internet qui n’oublie rien, qui garde en mémoire toutes les conneries qu’on a pu dire. On en arrive à legitimer l’aggression et l’harcelement entre nous.



  • #Australie : les #aborigènes spoliés pourront être indemnisés

    La Haute Cour d’Australie a jugé mercredi que les aborigènes spoliés de leurs terres devaient être indemnisés en particulier pour la « #perte_culturelle » et la « #souffrance_spirituelle » endurées, une décision qui pourrait déclencher une série de procès dans le pays. La Haute Cour a jugé que les peuples #ngaliwurru et #nungali, du #Territoire_du_Nord, avaient le droit d’être indemnisés après avoir été privés de leurs #terres par le gouvernement régional qui y a bâti, notamment, des infrastructures. Elle a également rejeté un appel du gouvernement contre un précédent jugement, qui avait déterminé que les aborigènes devaient être indemnisés non seulement pour la valeur des terres perdues, mais également pour « la perte culturelle ».

    https://www.ledevoir.com/monde/549792/australie-les-aborigenes-spolies-pourront-etre-indemnises
    #indemnisation #justice #spoliation #peuples_autochtones



  • Élections thaïlandaises : l’illusion de la démocratie
    https://www.cetri.be/Elections-thailandaises-l-illusion

    Cinq ans après le coup d’État qui a installé la junte militaire au pouvoir et après plusieurs reports d’élections, les Thaïlandais se rendront aux urnes le 24 mars prochain. Un signal fort salué depuis l’étranger, mais sans pour autant garantir un rétablissement de la démocratie et une transformation du pays. Les enjeux sont en effet plus complexes qu’il n’y paraît… Deux événements majeurs ponctueront l’année 2019 en #Thaïlande : le scrutin législatif du printemps et le couronnement du jeune monarque Maha (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, Thaïlande, #Election, #Autoritarisme, #Homepage_-_Actualités_à_la_une, #Analyses, Le Sud en (...)

    #Le_Sud_en_mouvement



  • AUTOSTOP
    http://carfree.fr/index.php/2019/03/12/autostop

    Voici une contribution d’Ivan Illich et Jean Robert à un symposium sur les libertés du #Vélo à Berlin durant l’été 1992. Nous voulons raconter une #histoire qui reflète un non-sens Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Autopartage #Fin_de_l'automobile #Marche_à_pied #Vie_sans_voiture #autopartage #économie #ivan_illich #mexique #piétons #société #transport


  • L’Algérie est au bord de l’éclosion

    Mohammed Harbi et Nedjib Sidi Moussa

    https://lavoiedujaguar.net/L-Algerie-est-au-bord-de-l-eclosion

    Le surgissement populaire du 22 février constitue une rupture majeure dans notre histoire comme dans celle du Maghreb. Il s’agit de la consolider et d’élargir le champ des possibles. Aujourd’hui, les Algériens ont remporté une première victoire.

    Notre tâche prioritaire est de tirer la leçon du soulèvement d’octobre 1988 et d’éviter à nouveau le « détournement du fleuve », à savoir la confiscation de la souveraineté populaire qui est à l’origine de l’autoritarisme sous sa forme actuelle.

    Nous sommes devant une nouvelle crise du régime mais le peuple algérien a déjà tranché. Le FLN a vécu, le cinquième mandat aussi. L’annonce du président, ce 11 mars 2019, ne fait qu’entériner cet état de fait.

    Ici et là, des alternatives politiciennes sont proposées par les démocrates au nom du changement. Mais les intérêts des classes populaires sont rarement pris en considération. Or, ce sont elles qui vivent le plus intensément l’humiliation, les abus du pouvoir et la hogra. (...)

    #Algérie #soulèvement #FLN #autoritarisme #corruption #auto-organisation #autonomie #émancipation


  • Allègements décidés par le législateur : les compensations aux collectivités se réduisent comme peau de chagrin
    https://www.banquedesterritoires.fr/allegements-decides-par-le-legislateur-les-compensations-aux-co

    Les #compensations versées par l’État aux #collectivités_territoriales pour les #exonérations d’#impôts_locaux décidées par la loi dépassent, cette année, les 2 milliards d’euros. Cette coquette somme est pourtant loin de couvrir le manque à gagner que le secteur public local a à déplorer. Un rapport de Bercy, auquel Localtis a eu accès, fait le point.

    #finances_locales


  • Profession : chargeur de trottinettes, dernier-né des petits boulots de l’ubérisation
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/09/profession-chargeur-de-trottinettes-dernier-ne-des-petits-boulots-de-l-uberi

    Yacine, 39 ans, est chargeur de trottinettes, ou « juicer » – juice signifie électricité en argot anglais. Un nouveau petit boulot de l’ubérisation – la mise en relation, par des plates-formes numériques, de clients et d’indépendants – apparu en France à l’été 2018, quand des sociétés (sept aujourd’hui) ont commencé à semer leurs trottinettes électriques en libre-service dans les villes. Depuis novembre 2018, Yacine travaille pour l’entreprise américaine Lime, la marque au citron. Il n’est pas salarié, mais autoentrepreneur. Il ne reçoit pas de fiche de paie, mais une rémunération journalière qui dépend du nombre de trottinettes collectées dans la journée, rechargées à son domicile la nuit et redéployées au petit matin.

    Yacine n’a pas de patron, si ce n’est l’algorithme de l’application Lime sur son smartphone. C’est l’appli qui donne la marche à suivre : où trouver les trottinettes, où les replacer, combien elles rapportent (entre 5 et 6 euros l’unité). C’est aussi elle qui lui attribue une note de satisfaction dont dépend le nombre maximal de trottinettes qu’il est autorisé à recharger chaque jour. Un couac, un retard, et ce plafond baisse. La paye aussi.

    #Travail #Uberisation #Jobs_à_la_con #Autoentrepreneur #Néomanagement #Algorithmes

    • lemonde.fr
      Profession : chargeur de trottinettes, dernier-né des petits boulots de l’ubérisation
      Stéphane Lauer éditorialiste au « Monde »
      8-11 minutes

      Économie
      Où va le travail ?

      Avec le déploiement des trottinettes électriques en libre-service dans les villes, un nouvel emploi est apparu : celui de « juicer », ou chargeur de trottinettes.

      Par Aurélie Collas Publié le 09 mars 2019 à 08h40 - Mis à jour le 09 mars 2019 à 08h40

      Lecture 5 min.

      Article réservé aux abonnés
      Yacine est « juicer », ou chargeur de trottinettes électriques, à Paris.
      Yacine est « juicer », ou chargeur de trottinettes électriques, à Paris. CYRIL ABAD POUR "LE MONDE"

      A bord de sa camionnette blanche, Yacine quitte Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, pour rejoindre le centre de la capitale. Il est 14 heures, jeudi 21 février, et sa journée de travail commence : six heures de chasse aux trottinettes que les usagers ont laissées à moitié déchargées, ici ou là, au détour d’une rue. Six heures à tourner dans les artères de la ville comme un poisson dans un bocal. Saint-Michel, Raspail, Saint-Germain, puis encore Saint-Michel, Châtelet, Rivoli…

      Yacine, 39 ans, est chargeur de trottinettes, ou « juicer » – juice signifie électricité en argot anglais. Un nouveau petit boulot de l’ubérisation – la mise en relation, par des plates-formes numériques, de clients et d’indépendants – apparu en France à l’été 2018, quand des sociétés (sept aujourd’hui) ont commencé à semer leurs trottinettes électriques en libre-service dans les villes. Depuis novembre 2018, Yacine travaille pour l’entreprise américaine Lime, la marque au citron. Il n’est pas salarié, mais autoentrepreneur. Il ne reçoit pas de fiche de paie, mais une rémunération journalière qui dépend du nombre de trottinettes collectées dans la journée, rechargées à son domicile la nuit et redéployées au petit matin.

      Yacine n’a pas de patron, si ce n’est l’algorithme de l’application Lime sur son smartphone. C’est l’appli qui donne la marche à suivre : où trouver les trottinettes, où les replacer, combien elles rapportent (entre 5 et 6 euros l’unité). C’est aussi elle qui lui attribue une note de satisfaction dont dépend le nombre maximal de trottinettes qu’il est autorisé à recharger chaque jour. Un couac, un retard, et ce plafond baisse. La paye aussi.
      Etudiants ou salariés en quête d’un complément de revenu
      Yacine vient de récupérer deux trotinnettes à recharger.
      Yacine vient de récupérer deux trotinnettes à recharger. CYRIL ABAD POUR "LE MONDE"

      A voir les cernes dissimulés dans l’ombre de sa casquette, le boulot est éreintant. « On finit tard le soir, on commence tôt le matin, raconte ce père de trois enfants. Et puis c’est physique. Les trottinettes pèsent 20 kg. Je me suis musclé depuis que je fais ça ! »

      Ses efforts, dit-il, sont « récompensés » chaque matin, lorsqu’il reçoit son dû. Quarante trottinettes – son plafond actuel – rapportent à Yacine autour de 200 euros par jour, auxquels il faut soustraire les charges : l’amortissement du camion (acheté 3 500 euros), l’assurance, l’essence, l’électricité, les cotisations… A la fin du mois, il lui reste environ 1 800 euros.

      A 15 heures, l’application indique une trottinette déchargée sur un trottoir entre le pont des Arts et le pont du Carrousel. Yacine cherche à se garer, ne trouve qu’un arrêt de bus, met ses feux de détresse. Il risque une contravention, mais pas le choix. Le stationnement gênant fait partie des risques du métier dont il doit endosser l’entière responsabilité : « Si je ne fais pas ça, je ne travaille pas. » Arrivé au lieu indiqué, Yacine scanne le code de la trottinette. 5,80 euros dans la tirelire.

      Direction ensuite le boulevard Raspail, où deux trottinettes ont les batteries à plat. La première lui passe sous le nez : un autre « juicer » est en train de la monter dans son fourgon. La seconde a déjà filé. La concurrence entre chargeurs est de plus en plus forte à mesure que leur nombre s’accroît.

      « Ce job permet de travailler dehors, d’être libre de son temps, de ne pas avoir de patron »

      Mais Yacine reste positif. « Faut pas se mentir, il n’y a pas que des inconvénients », assure-t-il. A 17 heures, de passage sur les quais, il sourit en contemplant les monuments longeant la Seine : « Voilà, c’est mon bureau ! » Yacine aime Paris et conduire. « Ce job permet de travailler dehors, d’être libre de son temps, de ne pas avoir de patron », explique-t-il.

      Son CV accumule les expériences d’autoentrepreneur : marchand, gérant d’un food truck, conducteur de taxi… En novembre 2018, lorsqu’il a entendu parler de l’activité de « juicer », il était au chômage. « C’est venu au bon moment, dit-il. Au début, Lime payait sept euros la trottinette. Je gagnais bien, j’envisageais de me développer, de prendre quelqu’un. » Mais loi de l’offre et de la demande oblige, le prix a baissé. « Sept euros, c’était honnête. Cinq euros, c’est juste. Je pense chercher autre chose. »

      En réalité, peu de chargeurs de trottinettes vivent de cette activité. Beaucoup sont étudiants ou salariés à la recherche d’un complément de revenu. C’est le cas de Yazid, gardien d’immeuble. « Je fais ça quand je peux, quand je vois quelques trottinettes le soir dans le quartier, raconte-t-il. Je prends ma voiture, j’en mets cinq dans le coffre et les branche dans le salon. » Montant du gain : 25 à 30 euros par nuit. « Ça évite d’être dans le rouge. »
      « Je ne pense pas qu’on puisse en vivre »

      « Au début, c’était amusant, comme lorsqu’on cherche des Pokémon dans le jeu Pokémon Go ! », explique Jason. Sauf que cet étudiant n’a pas trouvé de « nid » (zone de dépôt) près de chez lui pour replacer les trottinettes le matin. Il a laissé tomber au bout d’un mois.

      Anis, un chômeur de 22 ans, conclut, à l’issue de trois mois d’expérience, à une « super arnaque » : « Une fois payés la location du camion, du local pour charger les trottinettes, le plein d’essence, il ne restait quasiment rien des 100 euros que j’avais gagnés dans la journée. »
      Chaque nuit, sur le parking de son immeuble à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), Yacine recharge dans son camion plus de 40 trottinettes.
      Chaque nuit, sur le parking de son immeuble à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), Yacine recharge dans son camion plus de 40 trottinettes. CYRIL ABAD POUR "LE MONDE"

      « Cette activité ne me choque pas tant qu’elle reste un job d’étudiant, estime Grégoire Leclercq, cofondateur de l’Observatoire de l’ubérisation. Le problème, c’est quand on la propose à des gens qui cherchent un revenu décent. Là, on les piège. D’abord, parce qu’à l’exception d’une minorité qui industrialise l’activité, je ne pense pas qu’on puisse en vivre. Ensuite, parce que ces personnes n’ont pas la protection sociale qu’offre un contrat de travail. »

      « Toutes les sécurités constitutives du droit du travail n’existent pas pour ces gens-là »

      Pas de mutuelle, pas de chômage, pas de congés payés, pas de salaire minimum, pas d’indemnisation en cas de maladie ou d’accident du travail… « Toutes les sécurités constitutives du droit du travail n’existent pas pour ces gens-là », renchérit Karim Amellal, auteur de La Révolution de la servitude (Demopolis, 2018). Pour les sociétés du secteur, le recours à des indépendants permet de disposer d’une main-d’œuvre à moindre coût. Contacté, Lime n’a pas donné suite à nos sollicitations.

      Il est 20 heures. Dans le centre de Paris, le trafic des livreurs Deliveroo à vélo et des chauffeurs privés bat son plein. Yacine s’arrête à Châtelet et fait le bilan. Il a trente-deux trottinettes dans son camion. Il arrivera à atteindre les quarante en en ramassant quelques-unes sur le chemin du retour. Chez lui, il lui faudra une bonne demi-heure pour installer les branchements électriques. Puis il se réveillera à 4 h 30 pour déposer les trottinettes avant 7 heures dans Paris… et ainsi de suite, jusqu’à trouver une activité plus rentable.

      Le secteur, en tout cas, va continuer à se développer : un huitième opérateur vient d’annoncer, jeudi 7 mars, le déploiement de huit cents trottinettes à Paris, et d’autres sociétés devraient encore suivre.

      Aurélie Collas


  • Authorized requests to #s3 bucket
    https://hackernoon.com/authorized-requests-to-s3-bucket-6c64ba02f60c?source=rss----3a8144eabfe3

    Protected S3 buckets, protected filesThis notebook shows the finished product of adding basic permissioning to an S3 bucketWe use basic auth which is an HTTP protocol for simple auth on web-accessible files. https://en.wikipedia.org/wiki/Basic_access_authenticationBasic auth isn’t very secure — however, we pair this with HTTPS and restrict access to the s3 bucket.Set up some python stuffIn [1]:import requests; import jsonAccess secure endpoint without authfirst were gonna try to access this file without any credentialsIn [2]:url = ’https://d17nii79zr8aom.cloudfront.net/success.json'resp = requests.get(url)resp.contentOut[2]:’Unauthorized’Next we add basic auth paramsAccess secure endpoint with auth!In [3]:user, password = ’user’, ’pass’resp = requests.get(url, (...)

    #cybersecurity #aws #authentication #jupyter-notebook


  • Permission-based #authorization in ASP.NET Core with AuthorizationPolicyProvider
    https://hackernoon.com/permission-based-authorization-asp-net-core-with-authorizationpolicyprov

    Photo by Oluwaseun Duncan on PexelsThere are various approaches to implement dynamic permission-based authorization; In this post I want to implement Custom AuthorizationPolicyProvider to simplify permission-based authorization mechanism in ASP.NET Core.IntroductionAccording to the authorization infrastructure in ASP.NET Core, you can use the following piece of code to apply claim-based authorization with custom permission claim-type:services.AddAuthorization(options => options.AddPolicy("View Projects", policy => policy.RequireClaim(CustomClaimTypes.Permission, "projects.view")););And you can use it like below:[Authorize("View Projects")]public IActionResult Index(int siteId) return View();This approach is integrated and very simple and (...)

    #security #aspnetcore #aspnet-development #aspnet


  • How Virtual Reality Can Help You Take Customers From Competitors
    https://hackernoon.com/how-virtual-reality-can-help-you-take-customers-from-competitors-9c68268

    Virtual Reality is like dreaming with your eyes openThough the technology recently gained global accolades, it had been around since long. Initially adopted by the US army, followed by a few more brands, however, Virtual Reality was never accepted on a mass level for user engagement.With technology having so much potential and scope, the primary expertise lies in understanding the way it can be utilized to meet objectives. Be it user engagement or attaining new audience, virtual reality can indeed be a key ingredient to boost your customer experience. An early adopter of the technology will have a greater competitive advantage in grabbing the attention of potential customers.The Virtual Reality Market is Set to be HugeAccording to a report shared by statista, the Virtual Reality market (...)

    #augmented-reality #customer-experience #branding #virtual-reality


  • How #augur Will Change the World.
    https://hackernoon.com/how-augur-will-change-the-world-e44546196293?source=rss----3a8144eabfe3-

    Photo by Vlad Busuioc on UnsplashAround every 10 years, a revolution takes place. Augur is one of these revolutions. You may think it’s a simple prediction market protocol, where you can bet on the outcome of an event, but it’s much more than that.Augur is a decentralized prediction market protocol based on the #ethereum platform. In a prediction market, you can bet on the outcome of future events and be rewarded if you chose the right outcome. Augur uses “The Wisdom of the Crowd” from predictors on the platform to create real-time predictive data that’s often times more accurate than the leading experts.Now that you know what’s Augur, let’s look at what’s so interesting about it. Take for example Jeremy. Jeremy lives in Africa, he has a little farm, but the problem is that he lives in place (...)

    #prediction-markets #blockchain #cryptocurrency


  • Enfants de djihadistes : « Nos dirigeants et nos concitoyens doivent comprendre que leur retour est inéluctable », Marie Dosé, Henri Leclerc
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/08/enfants-de-djihadistes-nos-dirigeants-et-nos-concitoyens-doivent-comprendre-

    Quelque 70 enfants localisés au Kurdistan attendent d’être rapatriés en France. Ils sont des victimes de la guerre et des choix de leurs parents, rappellent les avocats Marie Dosé et Henri Leclerc.

    Tribune. A l’heure où nous écrivons, une centaine d’enfants français, majoritairement âgés de moins de 6 ans, sont détenus dans les camps de Roj et de Al-Hol, au Kurdistan syrien. Certains, qui y sont nés, n’ont que quelques mois, d’autres y ont déjà passé les deux tiers ou la moitié de leur vie après avoir été arrachés à leurs familles en France.
    Ces dernières semaines, le nombre de femmes et d’enfants détenus dans le camp de Al-Hol est passé de 10 000 à 33 000, et vingt-neuf enfants, dont des nourrissons, sont morts sous la pluie, dans la boue et le froid glacial, après que leurs familles ont fui le dernier réduit de l’organisation Etat islamique (EI).

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a constaté à la toute fin du mois de janvier que les enfants étaient tous atteints d’hypothermie au moment de leur décès, a fait part de sa plus extrême préoccupation quant à la situation sanitaire et humanitaire dans ce camp où tout manque : l’eau, les vivres et les soins les plus élémentaires.

    Des victimes
    Sa déléguée en Syrie, Elizabeth Hoff, parle de conditions « déchirantes », quand les Nations unies ont admis une situation « critique » et que les rapports successifs de l’Unicef, alarmants, anticipent une aggravation de la situation, au regard de l’afflux prévisible de familles fuyant le califat en ruine. Enfin, quand ils ne meurent pas, ces enfants présentent sur le visage et le corps de graves signes de mutilations consécutifs à des éclats d’obus ou de roquettes.

    Aussi est-il de la dernière urgence de considérer ces enfants pour ce qu’ils sont : des victimes. Ils n’ont en effet demandé ni à naître en Syrie ni à être conduits dans cet enfer. Mais peut-on encore parler d’urgence quand il est à craindre que tout soit déjà trop tard ?
    Les autorités françaises s’obstinent en effet à refuser de les rapatrier, probablement par crainte de la réaction d’une opinion publique mal ou sous-informée. Il faut savoir en effet que, depuis le début de la guerre, par l’entremise d’ONG ou de passeurs, 84 enfants ont pu rentrer chez eux, en France. Leurs mères, qui ont fui l’EI et ont pu rejoindre la Turquie, ont toutes été livrées à la France, en application d’un protocole négocié entre les deux pays, où elles ont aussitôt fait l’objet d’une prise en charge judiciaire.

    Quant aux enfants, tous ont été immédiatement pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance et placés dans des familles d’accueil spécialement formées à ce genre de circonstances. Suivis avec beaucoup d’attention et d’humanité par des éducateurs spécialisés, des psychologues et des psychiatres, ils apprennent peu à peu à se reconstruire. De retour chez nous – chez eux –, ils retrouvent leurs familles et font connaissance avec leurs grands-parents, leurs oncles et tantes : ils sont sauvés du pire.

    Violation de la Convention des droits de l’enfant

    Début février, 70 enfants identifiés et localisés au Kurdistan syrien devaient être rapatriés par le gouvernement français. Pourtant celui-ci, sans fournir la moindre explication ou justification, a décidé de faire marche arrière.
    Le président de la République lui-même ne s’est exprimé qu’à une seule reprise sur le sort de ces enfants, il y a déjà dix-huit mois de cela, assurant alors que leur situation serait examinée au « cas par cas ». Depuis, cette déclaration n’a été suivie d’aucun effet : aucun rapatriement n’a été effectué. Moyennant quoi, en les abandonnant à leur sort dans une zone où aucune ONG n’est présente, ni Médecins sans frontières, ni Médecins du monde, et en les exposant directement à un risque de mort presque certaine, l’inertie et le silence de la France la rendent coupable de violation de la Convention internationale des droits de l’enfant, dont elle fut signataire dès 1989.

    Même le président de la République tchétchène, Ramzan Kadyrov, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a rien d’un parangon de démocratie, a déclaré que les enfants, de fait, étaient innocents, et que « personne ne leur [avait] demandé où ils voulaient naître ».
    La Russie a récemment rapatrié deux cents femmes et enfants, de même que le Maroc et les Etats-Unis ont fait revenir leurs propres ressortissants. Au demeurant, voilà un an que les Kurdes n’ont de cesse d’exhorter la France à rapatrier ses enfants et leurs mères. Nous posons donc cette question : la République française ne peut-elle pas faire, sinon mieux du moins aussi bien que Ramzan Kadyrov, Vladimir Poutine, Mohammed VI et Donald Trump ?

    L’Etat doit faire preuve d’humanité et de responsabilité
    Il est temps que nos dirigeants, mais aussi nos concitoyens, comprennent que le retour de ces enfants est inéluctable. Dans les semaines et peut-être les jours qui viennent, les Kurdes n’auront plus les moyens ni même la possibilité de continuer à porter le fardeau de ce désastre, a fortiori depuis que les forces américaines ont décidé de se retirer du secteur, ouvrant la voie à une offensive turque dont les Kurdes ont tout à craindre.
    Ils ne deviendront des « bombes à retardement », suivant cette expression machinale ressassée un peu partout, que si la France les abandonne à leur sort en Syrie, là où ils ne tarderont plus à faire figure de proie idéale pour les innombrables groupuscules terroristes. Alors seulement, nous pourrons parler de « bombes à retardement ».
    Comment la France peut-elle rester sourde à ce drame ? Comment peut-elle rendre de si jeunes enfants comptables des mauvais choix de leurs parents ? La France est-elle devenue si peu forte, si peu rayonnante, si peu soucieuse de ses valeurs qu’elle refuse de sauver ses propres enfants ?

    Il est temps que des voix s’élèvent, que ce gouvernement cesse de tergiverser, que le président de la République fasse preuve, certes d’humanité, mais plus encore de sens des responsabilités, et qu’un terme soit mis à un silence qui ne fait que nourrir les ressentiments les plus rétrogrades et les plus contraires à son histoire.


  • Leçons du mouvement des Gilets jaunes, Badiou
    https://drive.google.com/file/d/1VGECYnlh_LgRRwKvtgd_uSU7liyudQvm/view

    La conséquence de tout cela est que la bourgeoisie française — son oligarchie dominante, les actionnaires du CAC 40 — ne peut plus entretenir à son service, sur le même pied qu’avant, notamment avant la crise de 2008, une classe moyenne politiquement servile. Cette classe moyenne a été en effet le support historique à peu près constant de la prééminence électorale des diverses droites, prééminence dirigée contre les ouvriers organisés des grandes concentrations industrielles, lesquels étaient tentés par le communisme entre les années vingt, et, justement, les années 1980-1990.
    D’où la levée actuelle d’une part importante, et populaire, de cette classe moyenne, qui a le sentiment d’être abandonnée, contre Macron, qui est l’agent de la « modernisation » capitaliste locale, ce qui veut dire : serrer partout la vis, économiser, austériser, privatiser, sans les égards, qui existaient encore il y a trente ans, pour le confort des classes moyennes, en échange de leur consentement au système dominant.

    Où l’on vérifie que « le plus grand penseur français » (Aude Lancelin) se montre apte à dégouter du marxisme voire de toute théorisation tout lecteur un tant soit peu attentif qui se refuse à définir le soulèvement Gilets jaunes comme une mobilisation des « classes moyennes », fussent-elles « populaires ».
    Je vais pas égrener ici le genre de « catégories sociales » qui sont au coeur de ce soulèvement, du cariste à l’aide soignante, de l’infirmière aux intérimeuses. Juste signaler, par exemple, que seule l’idéologie autorise à considérer globalement les #auto_entrepreneurs comme des patrons (de qui ?!, à combien ?).

    #idéologie #Bad_You !! #shame #classes_moyennes #Gilets_Jaunes #marxisme_fossile

    • Une version reçue par mel, histoire de ne pas avoir besoin d’un compte gougueule

      Leçons du mouvement des « gilets jaunes » - Alain Badiou —

      Que faut-il penser, ce qui s’appelle penser, et non courir en aboyant, de la contradiction, violente, durable, entre le mouvement des gilets jaunes et les autorités de l’Etat, conduites par le petit président Macron ?
      J’ai dit fermement, dès le tour final des élections présidentielles, que je ne me rallierai jamais ni bien entendu à Marine Le Pen, capitaine de l’extrême-droite parlementaire, ni à Macron, qui montait ce que j’ai appelé « un coup d’Etat démocratique », au service pseudo-réformateur du grand capital.

      Aujourd’hui, je ne change évidemment rien à mon jugement sur Macron. Je le méprise sans aucune retenue. Mais que dire du mouvement des gilets jaunes ? Je dois avouer qu’en tout cas, dans ses débuts, l’année dernière, je n’y ai rien trouvé, que ce soit dans sa composition, ses affirmations ou ses pratiques, qui soit à mes yeux politiquement novateur, ou progressiste.

      Que les raisons de cette révolte soient nombreuses, et qu’à ce titre on puisse considérer le mouvement comme légitime, je l’accorde sans hésiter. Je connais la désertification des zones rurales, le triste silence des rues abandonnées dans les villes petites, et même moyennes ; l’éloignement continu, pour des masses de gens, des services publics, du reste peu à peu privatisés : dispensaires, hôpitaux, écoles, bureaux de poste, gares de la SNCF, téléphone. Je sais qu’une paupérisation, d’abord rampante, puis accélérée, affecte des populations qui, il y a quarante ans encore, bénéficiaient d’un pouvoir d’achat en progression quasi continue. Il est certain que les formes nouvelles de la fiscalité, son aggravation, peuvent apparaître comme une des causes de cette paupérisation. Je n’ignore nullement que la vie matérielle de familles entières devient un casse-tête, notamment pour de nombreuses femmes, du reste très actives dans le mouvement des gilets jaunes
      En résumé : il y a en France un très fort mécontentement de ce qu’on peut nommer la partie laborieuse, majoritairement provinciale, et aux revenus modérés, de la classe moyenne. Le mouvement des gilets jaunes est une représentation significative, en forme de révolte active et virulente, de ce mécontentement.

      Les raisons historico-économiques de cette levée sont, pour qui veut bien les entendre, parfaitement claires. Elles expliquent du reste pourquoi les gilets jaunes renvoient le début de leurs malheurs à il y a quarante ans : en gros, les années quatre-vingt, début d’une longue contre-révolution capitalo-oligarchique, appelée à tort « néo-libérale » alors qu’elle était libérale tout court. Ce qui veut dire : retour à la sauvagerie du capitalisme du XIXe siècle. Cette contre-révolution venait en réaction aux dix « années rouges » — grosso modo de 1965 à 1975 —, dont l’épicentre français fut Mai 68 et l’épicentre mondial la Révolution Culturelle en Chine. Mais elle fut considérablement accélérée par l’effondrement de l’entreprise planétaire du communisme, en URSS, puis en Chine : plus rien, à échelle mondiale, ne s’opposait à ce que le capitalisme et ses profiteurs, singulièrement l’oligarchie trans-nationale des milliardaires, exercent un pouvoir sans limites.
      Bien entendu, la bourgeoisie française a suivi le mouvement contre-révolutionnaire. Elle en a même été une capitale intellectuelle et idéologique, avec les agissements des « nouveaux philosophes », qui ont veillé à ce que l’Idée communiste soit partout pourchassée, non seulement comme fausse, mais comme criminelle. De nombreux intellectuels, renégats de Mai 68 et du maoïsme, ont été de consciencieux chiens de garde, sous des vocables fétiches et inoffensifs, comme « liberté », « démocratie », ou « notre république », de la contre-révolution bourgeoise et libérale.

      Cependant, la situation de la France, peu à peu, des années quatre-vingt à aujourd’hui, s’est dégradée. Ce pays n’est plus ce qu’il a été pendant les « trente glorieuses » de la reconstruction d’après-guerre. La France n’est plus une puissance mondiale forte, un impérialisme conquérant. On la compare couramment, aujourd’hui, à l’Italie, voire à la Grèce. La concurrence la fait reculer partout, sa rente coloniale est au bout du rouleau et demande, pour être maintenue, d’innombrables opérations militaires en Afrique, coûteuses et incertaines. En outre, comme le prix de la force de travail ouvrière est bien plus bas ailleurs qu’en France, par exemple en Asie, les grandes usines sont toutes peu à peu délocalisées vers l’étranger. Cette désindustrialisation massive entraîne une sorte de ruine sociale qui s’étend de régions entières, comme la Lorraine et sa sidérurgie ou le Nord des usines textiles et des mines de charbon, jusqu’à la banlieue parisienne, du coup livrée à la spéculation immobilière sur les innombrables friches laissées par des industries en perdition.

      La conséquence de tout cela est que la bourgeoisie française — son oligarchie dominante, les actionnaires du CAC 40 — ne peut plus entretenir à son service, sur le même pied qu’avant, notamment avant la crise de 2008, une classe moyenne politiquement servile. Cette classe moyenne a été en effet le support historique à peu près constant de la prééminence électorale des diverses droites, prééminence dirigée contre les ouvriers organisés des grandes concentrations industrielles, lesquels étaient tentés par le communisme entre les années vingt, et, justement, les années 1980-1990. D’où la levée actuelle d’une part importante, et populaire, de cette classe moyenne, qui a le sentiment d’être abandonnée, contre Macron, qui est l’agent de la « modernisation » capitaliste locale, ce qui veut dire : serrer partout la vis, économiser, austériser, privatiser, sans les égards, qui existaient encore il y a trente ans, pour le confort des classes moyennes, en échange de leur consentement au système dominant.

      Les gilets jaunes, arguant de leur bien réelle paupérisation, veulent qu’on leur paie de nouveau ce consentement au prix fort. Mais c’est absurde, puisque précisément le macronisme est le résultat du fait que l’oligarchie, premièrement a moins besoin du soutien des classes moyennes, dont le financement était coûteux, depuis que le danger communiste a disparu ; et deuxièmement n’a plus les moyens de se payer une domesticité électorale de la même envergure qu’autrefois. Et que donc, il faut aller, sous couvert de « réformes indispensables » vers une politique autoritaire : une nouvelle forme du pouvoir d’Etat servira de support à une « austérité » juteuse, étendue du peuple des chômeurs et des ouvriers jusqu’aux couches inférieures de la classe moyenne. Et ce pour le profit des vrais maîtres de ce monde, à savoir les actionnaires principaux des grands groupes de l’industrie, du commerce, des matières premières, des transports et de la communication.

      Dans le Manifeste du Parti communiste, écrit en 1848, Marx examinait déjà ce type de conjoncture, et parlait, au fond, avec précision, de ce que sont aujourd’hui nos gilets jaunes. Il écrivait ceci : La classe moyenne, les petits fabricants, les détaillants, les artisans, les paysans combattent la Bourgeoisie, parce qu’elle compromet leur existence en tant que classe moyenne. Ils ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservateurs  ; qui plus est, ils sont réactionnaires  ; ils demandent que l’histoire fasse machine arrière.
      Ils le demandent aujourd’hui d’autant plus âprement que la bourgeoisie française n’est plus en état, vu le tour pris par le capitalisme mondialisé, de soutenir et encore moins d’augmenter leur pouvoir d’achat. Les gilets jaunes « combattent la Bourgeoisie », comme le dit Marx, c’est vrai. Mais ils le font pour restaurer un ordre ancien et périmé, et non pour inventer un nouvel ordre social et politique, dont les noms ont été, depuis le XIXe siècle, « socialisme », ou, surtout, « communisme ». Car pendant presque deux siècles, tout ce qui n’était pas peu ou prou défini selon une orientation révolutionnaire était très justement considéré comme relavant de la réaction capitaliste. Il n’y avait, en politique, que deux grandes voies. Nous devons absolument revenir vers cette conviction : deux voies, en politique, deux seulement, et jamais une poussière « démocratique » de pseudo tendances, sous la houlette d’une oligarchie qui se déclare « libérale ».
      Ces considérations générales nous permettent de revenir aux caractéristiques concrètes du mouvement des gilets jaunes. Ses caractéristiques en quelque sorte spontanées, celles qui ne sont pas dues à des interventions extérieures au courant principal de la levée, sont en réalité « réactionnaires », comme le dit Marx, mais en un sens plus moderne : on pourrait appeler la subjectivité de ce mouvement un individualisme populaire, rassemblant des colères personnelles liées aux formes neuves de la servitude aujourd’hui imposée à tous par la dictature du Capital.

      C’est la raison pour laquelle il est faux de dire, comme le font certains, que le mouvement des gilets jaunes est intrinsèquement fasciste. Non. Le fascisme organise de façon le plus souvent très disciplinée, voire militarisée, des motifs identitaires, nationaux ou racialistes. Il y a dans la présente levée inorganisée – comme l’est toujours la classe moyenne urbaine — et de ce fait même individualiste, des gens de toutes sortes, de tous métiers, qui se pensent souvent, et sincèrement, comme démocrates, qui en appellent aux lois de la République – ce qui, aujourd’hui en France, ne mange pas de pain. A vrai dire, chez la grande majorité d’entre eux, les convictions proprement politiques sont flottantes. Mais à considérer le mouvement — encore une fois tel qu’il se donne dans sa « pureté » initiale – à partir de ses rares aspects collectifs, mots d’ordre, énoncés répétés, je n’y vois rien qui me parle, m’intéresse, me mobilise. Leurs proclamations, leur désorganisation périlleuse, leurs formes d’action, leur absence assumée de pensée générale et de vision stratégique, tout cela proscrit l’inventivité politique. Je ne suis certes pas conquis par leur hostilité à toute direction incarnée, leur crainte obsessionnelle de la centralisation, du collectif unifié, crainte qui confond, comme le font tous les réactionnaires contemporains, démocratie et individualisme. Rien de tout cela n’est de nature à opposer au très odieux et misérable Macron une force progressiste, novatrice et victorieuse au long cours.
      Je sais que les adversaires de droite du mouvement, notamment chez les intellectuels renégats, les ex-révolutionnaires devenus les chantres du pouvoir policier dès lors que l’oligarchie et l’Etat leur assurent des tribunes pour leur bavardage libéral – accusent le soulèvement « gilets jaunes » d’antisémitisme ou d’homophobie, ou encore de « danger pour notre République ». Je sais aussi que s’il existe des traces de tout cela, elles sont le résultat, non d’une conviction partagée, mais d’une présence, d’une infiltration active, de l’extrême-droite dans un mouvement désorganisé au point qu’il est vulnérable à toutes les manipulations imaginables. Mais enfin, ne nous voilons pas la face : Divers indices, notamment des traces évidentes de nationalisme à courte vue, d’hostilité latente aux intellectuels, de « démocratisme » démagogique dans le style crypto-fasciste de « le peuple contre les élites », et de confusion dans les discours, doivent inciter quiconque à être prudent dans toute appréciation trop globale de ce qui se passe aujourd’hui. Acceptons de voir que les ragots des « réseaux sociaux » tenant lieu, pour la majorité des gilets jaunes, d’information objective, la conséquence en est que circulent partout dans le mouvement des pulsions complotistes aberrantes.

      Un proverbe d’autrefois dit que « tout ce qui bouge n’est pas rouge ». Et pour le moment, du « rouge », dans le mouvement des gilets, qui certes « bouge », il n’est pas question : je ne vois, outre le jaune, que du tricolore, toujours un peu suspect à mes yeux.
      Bien sûr, les ultragauches, les anti-fafs, les dormeurs éveillés de nuit-debout, ceux qui sont toujours à l’affût d’un « mouvement » à se mettre sous la dent, les vantards de « l’insurrection qui vient », célèbrent les proclamations démocratiques (en fait, individualistes et à courte vue), introduisent le culte des assemblées décentralisées, s’imaginent refaire bientôt la prise de la Bastille. Mais ce sympathique carnaval ne peut m’impressionner : il a conduit partout, depuis dix ans et plus, à de terribles défaites, payées très chères par les peuples. En effet, les « mouvements » de la dernière séquence historique, de l’Egypte et du « printemps arabe » à Occupy Wall Street, de ce dernier à la Turquie des grandes places, de cette Turquie à la Grèce des émeutes, de la Grèce aux indignés de tous bords, des indignés à Nuit Debout, de Nuit Debout aux Gilets Jaunes, et bien d’autres encore, semblent très ignorants des lois réelles et implacables qui gouvernent aujourd’hui le monde. Passés les grisants mouvements et rassemblements, les occupations de toutes sortes, ils s’étonnent que la partie soit si dure, et que toujours on échoue, voire même qu’on a, chemin faisant, consolidé l’adversaire. Mais la vérité est qu’ils n’ont même pas constitué le début d’un antagonisme réel, d’une autre voie, à portée universelle, au regard du capitalisme contemporain.

      Rien n’est plus important, dans le moment actuel, que d’avoir présentes à l’esprit les leçons de cette séquence des « mouvements », gilets jaunes compris. On peut les résumer en une seule maxime : un mouvement dont l’unité est strictement négative, ou bien échouera, donnant le plus souvent une situation pire que celle qui sévissait à son origine, ou bien devra se diviser en deux, à partir du surgissement créateur, en son sein, d’une proposition politique affirmative qui soit réellement antagonique à l’ordre dominant, proposition soutenue par une organisation disciplinée.

      Tous les mouvements des dernières années, quelle que soit leur localisation et leur durée, ont suivi une trajectoire pratiquement similaire et en vérité catastrophique :
      –- unité initiale constituée strictement contre le gouvernement en place. C’est le moment qu’on peut dire « dégagiste », de « Moubarak dégage » à « Faire la fête à Macron »
      –- unité maintenue par un mot d’ordre complémentaire lui-même exclusivement négatif, après un temps de bagarres anarchiques, quand la durée commence à peser sur l’action de masse, mot d’ordre du genre « à bas la répression », « à bas les violences policières ». Le « mouvement », alors, faute de contenu politique réel, ne se réclame plus que de ses blessures ;
      –- unité défaite par la procédure électorale, quand une partie du mouvement décide d’y participer, une autre non, sans qu’aucun contenu politique véritable ne soutienne ni la réponse positive, ni la négative. Au moment où j’écris ces lignes, la prévision électorale ramène Macron à ses scores antérieurs au mouvement des gilets, le total de la droite et de l’extrême droite à plus de 60%, et le seul espoir de la gauche défunte, la France Insoumise, à 7%.
      –- D’où : venue au pouvoir, par les élections, de pire qu’avant. Soit que la coalition déjà en place les remporte, et ce de façon écrasante (ce fut le cas en Mai 68 en France) ; ou qu’une formule « nouvelle » en fait étrangère au mouvement et fort peu agréable soit victorieuse (en Egypte, les frères musulmans, puis l’armée avec Al Sissi ; Erdogan en Turquie) ; ou que les gauchistes en parole soient élus mais capitulent aussitôt sur le contenu (Syriza en Grèce) ; ou que l’extrême droite soit à elle seule victorieuse (le cas de Trump aux USA) ; ou qu’un groupe issu du mouvement s’acoquine avec l’extrême droite pour s’installer dans le fromage gouvernemental (le cas italien, avec l’alliance du mouvement cinq étoiles et des fascistoïdes de la ligue du nord). Remarquons que ce dernier cas a ses chances en France, si parvient à fonctionner une alliance d’une organisation prétendument venue des « gilets jaunes » et de la secte électorale de Marine Le Pen.

      Tout cela parce qu’une unité négative est hors d’état de proposer une politique, et sera donc en définitive écrasée dans le combat qu’elle engage. Mais pour proposer un au-delà de la négation, encore faut-il identifier l’ennemi, et savoir ce que signifie de faire réellement autre chose que lui, absolument autre chose. Ce qui implique a minima une connaissance effective du capitalisme contemporain à échelle mondiale, de la place décadente qu’y occupe la France, des solutions de type communiste concernant la propriété, la famille (l’héritage) et l’Etat, des mesures immédiates mettant en route ces solutions, comme aussi un accord, venu d’un bilan historique, des formes d’organisation appropriées à ces impératifs.

      Pour assumer tout cela, seul une organisation ressuscitée sur des bases nouvelles peut rallier, en quelque sorte au futur, une partie des classes moyennes en déroute. Il est alors possible, comme l’écrit Marx, que [la classe moyenne] agisse révolutionnairement, par crainte de tomber dans le Prolétariat  : ils défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels  ; ils abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat.

      Il y a là une indication précieuse, qui autorise une conclusion partiellement positive, mais sur un point essentiel : il existe sans doute une gauche potentielle du mouvement des gilets jaunes, une très intéressante minorité : celle que constituent ceux des activistes du mouvement qui, en fait, découvrent qu’il faut penser leur cause au futur et non au présent, et inventer, au nom de ce futur, leur ralliement à autre chose que leurs revendications statiques sur le pouvoir d’achat, les taxes, ou la réforme de la constitution parlementaire.
      On pourrait dire alors que cette minorité peut constituer une part du peuple réel, soit le peuple au sens où il porte une conviction politique stable, incarnant une voie réellement antagonique à la contre-révolution libérale.

      Bien sûr, sans incorporation massive des nouveaux prolétaires, les gilets jaunes ne peuvent représenter, tels quels, « le peuple ». Ce serait le réduire, ce peuple, à la nostalgie de la partie la plus démunie de la classe moyenne pour son statut social en perdition. Pour être, aujourd’hui, en politique, « le peuple », il faut que la foule mobilisée comporte un contingent fort et central du prolétariat nomade de nos banlieues, prolétariat venu d’Afrique, d’Asie, d’Europe de l’Est, d’Amérique latine ; il faut qu’elle affiche des signes clairs de rupture avec l’ordre dominant. D’abord dans les signes visibles, comme le drapeau rouge à la place du tricolore. Ensuite dans ce qui est dit, comme des tracts et des banderoles porteurs de directives et d’affirmations antagoniques à cet ordre. Ensuite encore, dans les exigences minimales qu’il faut clamer, par exemple l’arrêt total des privatisations et l’annulation de toutes celles qui ont eu lieu depuis le milieu des années quatre-vingt. Il faut avoir comme idée maîtresse le contrôle collectif sur tous les moyens de production, tout l’appareil bancaire, et tous les services publics (santé, éducation, transports, communication). Bref, le peuple politique ne peut se contenter, pour exister, de rassembler quelques milliers de mécontents, fussent-ils, ce que je crois, cent mille, et de réclamer d’un Etat — déclaré par ailleurs, à juste titre, détestable — qu’il veuille bien vous « considérer », organiser pour vous des référendums (lesquels, par exemple ?), entretenir quelques services de proximité et remonter un peu votre pouvoir d’achat en diminuant vos impôts.

      Mais passées les exagérations, les rodomontades, le mouvement des gilets jaunes peut être très utile dans l’avenir, comme le dit Marx : du point de vue de son futur. Si en effet nous nous tournons vers cette minorité d’activistes du mouvement des gilets jaunes qui, à force de se réunir, d’agir, de parler, ont compris en quelque sorte de façon intuitive qu’il leur fallait acquérir une vision d’ensemble, à échelle mondiale comme française, de ce qui est la source véritable de leur malheur, à savoir la contre-révolution libérale ; et qui par conséquent sont prêts à participer aux étapes successives de la construction d’une force de type nouveau ; alors, ces gilets jaunes, pensant à partir de leur futur ; contribueront sans aucun doute à l’existence, ici, d’un peuple politique. C’est pourquoi nous devons leur parler, et s’ils y consentent, organiser avec eux des réunions où se constitueront les premiers principes de ce qu’on peut appeler, ce qu’on doit appeler pour être clair, même si le mot est devenu, ces trente dernières années, à la fois maudit et obscur, un communisme, oui, un communisme nouveau. Comme l’expérience l’a montré, le rejet de ce mot a aussi bien donné le signal d’une régression politique sans précédent, celle-là même contre se lèvent, sans trop le savoir, tous les « « mouvements » de la dernière période, y compris ce qu’il y a de meilleur dans les « gilets jaunes » : les militants qui espèrent un nouveau monde.
      Pour commencer, ces nouveaux militants soutiendront ce que je crois être indispensable : créer, partout où on le peut, des grandes banlieues aux petites villes désertées, des écoles où les lois du Capital et ce que veut dire les combattre au nom d’une orientation politique totalement différente, soient enseignées et discutées de façon claire. Si au-delà de l’épisode « gilets jaunes contre Macron blanc », mais porté par ce que cet épisode avait au futur de meilleur, un tel réseau d’écoles politiques rouges pouvait voir le jour, le mouvement, par son indirecte puissance d’éveil, s’avèrerait avoir eu une véritable importance.


  • Rémi Bordes, un ethnologue au Népal
    https://www.franceculture.fr/emissions/jai-deja-connu-le-bonheur/remi-bordes-un-ethnologue-au-nepal

    « Je suis entré une première fois au Népal un peu par hasard, ne sachant tout à fait ce que j’allais y chercher." Rémi Bordes

    Pas encore écouté mais je suis en train de lire le livre (édité par le producteur de l’émission).
    #Népal #anthropologie #audio

    http://rf.proxycast.org/1394978290636169216/18148-28.01.2018-ITEMA_21570011-0.mp3