• Des lobbys au menu - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Des-lobbys-au-menu

    C’est un court ouvrage mais qui rend compte d’une recherche très ambitieuse sur l’influence des entreprises agroalimentaires sur le débat et les politiques publiques en France. Cette influence se déploie dans trois dimensions avec trois outils privilégiés. Les think tanks investissent le champ scientifique, les organisations de représentations d’intérêt les instances étatiques, les fondations d’entreprise la société civile.

    Dans le lot cette interview :
    https://www.youtube.com/watch?v=_vHa_a8Mjak

    #recension #livre #recherche #sociologie #alimentation #agroalimentaire #industrie #lobby #lobbying #Aude_Vidal

  • “Il y a des crimes climatiques, donc il y a des criminels”- Entretien avec Mickaël Correia
    https://www.frustrationmagazine.fr/correia

    Entre la canicule « Total énergies 1 » et la canicule « Total énergies 2 » (nous reprenons cette idée trouvée sur les réseaux sociaux de nommer les épisodes caniculaires du nom des responsables du réchauffement climatique) nous avons rencontré Mickaël Correia dont le dernier livre, Criminels Climatiques, met un uppercut à l’écologie bourgeoise du « tous responsables, tous les petits gestes comptes » en montrant le visage de ceux à cause de qui nous suffoquons. Journaliste issu de médias indépendants, Mickaël Correia propose une écologie du rapport de force, qui désigne des responsables et propose donc des leviers d’actions autre que le désespoir ou la complaisance : deux positions généralement tenus par la partie aisée de la population. Grâce à ses travaux, on sait désormais que la révolution sera écologique (...)

  • Un pays démocratique ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-pays-democratique

    Eduardo Galeano, l’auteur uruguayen des Veines ouvertes de l’Amérique latine, avait inventé le terme de démocrature pour mettre un nom sur ces régimes issus des urnes mais dont le caractère démocratique est plutôt faible. Si cette critique était celle d’un peuple de gauche ou d’intellectuel·les particulièrement exigeant·es en matière de démocratie, elle est aujourd’hui évidente aux yeux de tou·tes. Donald Trump a sérieusement mis à mal aux USA le fonctionnement de l’État et la qualité du débat public, renforçant les clivages entre Républicain·es et Démocrates, rendant acceptable le mensonge et les propos violents. Jair Bolsonaro, le président brésilien élu, porte de sérieux coups aux droits humains et aux valeurs démocratiques. Rodrigo Duterte aux Philippines a bien été élu et il a sagement fini en 2022 un mandat qui n’était plus renouvelable. Non sans avoir normalisé pendant six ans les exécutions sommaires et les meurtres d’opposant·es.

    #démocratie (de basse intensité) #élections #représentativité #Aude_Vidal

  • Fin de partie ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Fin-de-partie

    Si la crise sanitaire due au Covid-19 était un marathon, on peut tenter d’imaginer comment les autorités françaises l’auraient couru.

    […]

    C’est chacun·e sa gueule et un nez à l’air vaut bien une vie, à entendre les philosophes moraux du clan anti-masque. La nouvelle doxa est partagée par l’extrême droite, le gouvernement d’extrême centre, les libertariens US (4) et des camarades de gauche qu’on avait connu mieux inspiré·es. Le ministre de l’engorgement optimal de l’hôpital, magnanime, invite néanmoins celles et ceux à qui ça chante à porter un masque pour se protéger (sans préciser qu’il faut dans ce cas un FFP2, sinon ça ne sert à rien) faute d’être protégé·e par les autres.

    #Aude_Vidal #covid #santé #réduction_des_risques #masques

  • Recension de « La conjuration des ego , d’Aude VIDAL, publiée sur le blog Les Ruminant.e.s | « TRADFEM
    https://tradfem.wordpress.com/2022/04/04/recension-de-la-conjuration-des-ego-daude-vidal-publiee-sur-le-bl

    Le féminisme est une lutte pour toutes les femmes et contre toutes les violences – physiques, psychologiques, verbales – qu’exercent les hommes sur les femmes. Il est incompatible avec les nombreux privilèges dont bénéficient les hommes du fait de leur domination. Que cette domination soit consciente ou pas, de nombreuses études démontrent que la vie commune hétérosexuelle bénéficie aux hommes qui profitent du travail domestique de leur compagne. Cette situation d’exploitation plus ou moins acceptée permet aux hommes de mieux réussir que les femmes dont le temps de travail et le salaire sont réduits. Les femmes, rendues dépendantes économiquement, sont plus facilement victimes de l’accaparement de leurs corps par les hommes qui profitent ainsi de services sexuels, domestiques ou reproductifs.

    Si les hommes peuvent s’approprier et dominer les femmes, c’est parce que les individus sont socialisés selon qu’ils naissent avec une vulve ou un pénis. L’homme est socialisé de telle manière qu’il pense légitime de s’approprier les femmes. Les femmes sont socialisées de façon à accepter leur asservissement. Cette différenciation binaire des sexes est socialement construite. La société divise les individus selon les deux catégories sexuelles – mâle ou femelle – auxquelles elle assigne un genre masculin ou féminin. Personne n’échappe à ces assignations binaires, elles nous façonnent et nous les intégrons malgré nous. Être une femme, c’est subir cette assignation. Puisque le genre est un fait social, une expérience collective, alors on « ne peut être une femme, quelle que soit sa naissance et son vécu, que quand on est perçue et traitée comme une femme dans la société, quand on a en partage cette expérience avec les autres membres de la classe des femmes. » (p. 53)

    C’est pour cela qu’exercer sa liberté individuelle en se définissant non-binaire ou transgenre n’apporte aucune liberté aux autres femmes. D’autant que, comme l’explique l’autrice, la personne qui s’auto-identifie à un genre revendique un genre socialement construit par et pour une société patriarcale. Les non-binaires eux-mêmes tiennent à un pronom plus qu’à un autre. C’est pourtant cette assignation des genres qui doit être combattue collectivement, dans la dimension institutionnelle mais aussi intime.

    #féminisme #identités

  • Le Piège identitaire - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-Piege-identitaire

    un ouvrage critique des tendances de la gauche à servir les besoins de reconnaissance des minorités tout en abandonnant toute prétention à lutter contre l’organisation socio-économique qui permet l’exploitation des travailleurs et travailleuses. Résumé comme ça, le livre semble rejoindre le lot de ces nombreuses imprécations moqueuses et convenues contre les « racialisateurs », les féministes post-modernes ou les poses de la bourgeoisie de gauche dans l’espace public. Mais l’exercice est bien plus subtil et cette publication, traduite et légèrement adaptée au contexte français de 2022 par Patrick Marcolini (1), est une réussite. Car il ne s’agit pas pour l’auteur de déclarer la nullité des demandes des groupes sociaux minorisés (femmes, personnes non blanches, LGBT, etc.) mais de les articuler à une critique sociale plus large et vigoureuse, celle d’un capitalisme en roue libre, qui ne rencontre plus guère d’opposition dans les sociétés européennes.

    […]

    Mais, contrairement à la vieille gauche avec ses fronts tellement secondaires qu’ils sont à vrai dire sommés de disparaître, Bernabé refuse de jouer la lutte des classes contre les luttes pour la reconnaissance, tant le symbolique et le matériel sont imbriqués : il est « difficile de séparer les questions de représentation et de redistribution, parce que les discriminations fondées sur le genre, la couleur de peau, l’orientation sexuelle sont fréquemment liées à l’exploitation économique » et à des violences bien matérielles. Parmi les activistes de la « diversité », il en crédite certain·es qui réussissent cette articulation (c’est possible, je citais ici quelques chantiers féministes qui ont pris à bras le corps ces questions), sans perdre trop de temps à conspuer les autres. Car dans l’impasse actuelle, il n’identifie pas seulement l’impuissance de la gauche à remettre en cause un ordre économique toujours plus dur et inégalitaire. Il s’inquiète surtout d’une montée du fascisme qui profite de chaque posture aux accents moralisateurs et bienveillante envers les minorités pour faire polémique et se poser en défense de la majorité opprimée ou en seule critique libre du « système » : « Le pire est que la plupart des gens ne perçoivent pas cette instrumentalisation hypocrite de la diversité. Ils y voient juste de la discrimination positive, ce qui finit par se retourner contre les groupes minoritaires eux-mêmes ». Tout en donnant à l’extrême droite une image subversive. Le peuple de gauche, coincé dans l’ornière néolibérale, ne semble avoir pour seule alternative que l’indignation.

    #recension #identité #social #politique #Daniel_Bernabé #Aude_Vidal

  • La part du feu - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/La-part-du-feu

    Est-ce là un débat pour spécialistes ? Ou un choix de société ? Le modèle de sparing est écocentré, ce qui le rend plutôt sympathique. C’est le modèle vegan. C’est aussi un modèle très favorable aux classes dominantes. Car c’est bien sûr chez les ploucs du monde entier, les ruraux occidentaux et les peuples autochtones du Sud, que ces surfaces seront protégées, y compris par la coercition. Quand bien même, dans le cas des peuples autochtones, ils ne seraient nullement responsables de la dégradation infligée au reste de la planète par la société industrielle.

    […]

    L’agroécologie, et particulièrement son versant paysan, sont un modèle de société plus tenable socialement que la concentration des richesses de l’agro-industrie. Intensive en main d’œuvre, répondant aux besoins alimentaires plus qu’aux prix des marchés, elle fait aussi la preuve de son intérêt écologique.

    #sharing #sparing #environnementalisme #conservation #industrie #écologie #agroécologie #Aude_Vidal

  • L’élevage entre deux feux - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/L-elevage-entre-deux-feux

    La viande est en passe de devenir le énième emblème identitaire, marqueur de francité ou de progrès social. La droite rance réagit au quart de tour quand il est question de végétarisme. L’annonce de menus végétariens sans possibilité de choix dans les écoles lyonnaises avait déclenché une véritable panique morale, quand bien même la mesure avait été mise en place par la mairie de droite avant la victoire d’EELV, pour fluidifier la circulation dans les cantines par temps de Covid. À les entendre, c’est Mozart qu’on assassine, les enfants pauvres qu’on prive de subsistance, les éleveurs qu’on condamne à un suicide certain.

    Cette droite est désormais suivie par le candidat communiste pour qui la tradition française et la qualité de la nourriture se confondent en une devise ternaire : « Viande, fromage, vin (avec modération). » Exit les patates du gratin dauphinois, les haricots du cassoulet, les pommes de la tarte Tatin, le populo veut de la barbaque et du frometon, la gauche va leur en donner !

    […]

    Et en face d’un gloubi-boulga identitaire qui nous éloigne des vraies questions sur notre alimentation (comment produire sans pourrir le milieu, produire pour répondre aux besoins de tout le monde), la cause animale avance sous divers faux nez, incarnant la rectitude morale. Entendons-nous bien, je ne remets pas en question les choix éthiques des animalistes et je les trouve très vertueux. Mais les justifications écologiques et politiques sont à la peine.

    […]

    En deux lignes : les prairies sur lesquelles paissent les herbivores ont beaucoup d’avantages en matière de biodiversité (qui peut être plus riche que dans la forêt tempérée) et de climat car leurs rotations avec les cultures permettent de se passer d’engrais de synthèse, produits à base de pétrole et qui rejettent un gaz à effet de serre hyper puissant, le protoxyde d’azote. Réunir de nouveau élevage et polyculture, ça implique aussi une baisse de moitié de la consommation de produits d’origine animale, donc plein de bons plats végétariens et végétaux.

    #Aude_Vidal #alimentation #agriculture #élevage #viande #animaliste #écologie #biodiversité #polyculture

  • Trois BD pour parler d’agriculture
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Trois-BD-pour-parler-d-agriculture

    La bande dessinée documentaire a le vent en poupe depuis quelques années, et l’agriculture fait partie de ses centres d’intérêt. Trois ouvrages ont abordé récemment les questions agricoles, de diverse manière.

    #agriculture #BD #bande_dessinée #recension #livre #écologie #genre #Aude_Vidal

    • 00:07 Introduction
      02:29 Présentation de l’auteur
      05:10 Pourquoi avoir écrit Terre et Liberté
      12:10 Libéralisme et capitalisme
      14:31 La sphère privée, idée centrale du libéralisme
      20:31 Conception de la liberté avant la modernité

      Qu’est-ce que le libéralisme ? le concept de liberté libérale ? ses fondements et ses implications politiques ? Comment rompre avec cet imaginaire et pourquoi renouer avec la quête d’autonomie ?

      Sous l’idéal d’émancipation comme arrachement à la nature, Aurélien Berlan décèle la vieille aspiration aristocratique à la délivrance : le désir de mener une vie déchargée des tâches pénibles de la vie quotidienne. Injustice sociale et désastre écologique apparaissent ainsi indissociables, puisque se délivrer des nécessités vitales implique à la fois l’exploitation des autres et celle de la nature.

      https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2021-10-15/e45f326f-f3b3-f4ea-0562-dcea19b051c3.mp3

      00:03 Introduction
      00:46 Justification de la conception de liberté moderne et individualisation des citoyens modernes
      07:58 La liberté libérale comme espace vide d’entraves et des autres
      12:31 Hypocrisie de la liberté libérale qui présuppose l’esclavage
      15:22 Le concept libéral dans le marxisme, l’absence de contraintes naturelles grâce à la technique
      20:32 La quête de délivrance des nécessités de la vie comme conception des dominants et comme reprise de fantasmes religieux

      Quels fondements matériels à la liberté moderne ? son lien avec la notion de délivrance des autres ? avec quelles contradictions ? Pourquoi des courants politiques comme le marxisme embrassent la quête de liberté moderne ?

      Travaillée par les changements structurels des sociétés modernes, la notion de liberté se voit de plus en plus comme délivrance des autres et des limites terrestres. L’industrialisation qui voit le jour en Angleterre se charge de répondre à ces aspirations de délivrance. On y retrouve alors des courants politiques antagonistes (capitalisme/ marxisme) s’y référer pour mieux convaincre les masses qu’un nouveau monde advient. Ce discours n’est pas nouveau et puise dans les religions.

      https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2021-10-15/c39e1e2b-a6c4-f53e-0e6b-6c7f0a8e71bd.mp3

      00:04 Introduction
      00:35 Conceptions industrialistes de la liberté chez les libéraux et les socialistes
      03:41 Libéraux et socialistes anti-industriels
      04:44 La critique culturelle, réaction à l’industrialisation en Allemagne
      09:00 Différentes oppositions à l’industrialisation
      14:58 La dichotomie progressiste/ réactionnaire
      22:23 Qu’est-ce que l’autonomie ?

      La quête de délivrance est-elle partagée par tou·te·s à l’ère industrielle ? Quelle est la définition du progrès à cette époque ? Que signifie l’autonomie ?

      Alors que la social-démocratie et le capitalisme épousent l’ère industrielle, la soustraction des nécessités matérielles de la vie semble être un horizon atteignable. Les forces productives et la technique seront le moteur de cette délivrance. Pour autant des dissensus font jour sur la possibilité d’être délivré des nécessités politiques. En opposition au déferlement industriel qui touche toutes les puissances européennes d’avant-guerre, on retrouve le développement des mouvements anarchistes, mais également nationalistes et volkisch en Allemagne. Leurs aspirations contradictoires et les guerres qui viennent finiront par brouiller la définition du mot « progrès ».

      https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2021-10-15/3c6448df-0be3-f83b-36d2-56f06452198d.mp3

      00:07 Introduction
      01:41 Inspirations écoféministes
      04:14 Quelles formes de vie collectives ? Quelles dépendances
      07:09 L’importance de l’accès à la terre
      11:44 La récupération fallacieuse du mot liberté
      20:06 Dépendances personnelles ou impersonnelles
      24:50 Résumé de fin
      27:50 Clôture

      Quelles perspectives pratiques de la liberté en tant que quête d’autonomie ? Ses relations avec l’écoféminisme ? Quelle relation entre autonomie et accès à la terre ?

      Il est tentant de percevoir l’autonomie comme un appel à se soumettre à la nécessité, réactivant la quête d’un salut jusqu’alors défendu par les religions. Aurélien Berlan, nous rappelle que l’autonomie est avant tout une manière de subvenir à ses propres besoins collectifs comme individuels. La liberté est alors un choix sur les réponses matérielles à apporter à un besoin. C’est une stratégie pour échapper aux pouvoirs structurels et impersonnels de l’époque moderne (salariat, société de consommation, médias de masse). Le libre accès à la terre est une condition à cette liberté puisqu’elle est la seule à fournir les ressources matérielles accessibles aux groupes humains qui l’habitent. Cette idée de la liberté renoue avec des luttes paysannes, féministes et populaires d’hier et aujourd’hui.

      https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2021-10-15/fd1058ab-03a6-e4b7-f3fe-987c32d53075.mp3

      #Aurélien_Berlan #livre #recension #Aude_Vidal #autonomie #liberté #philosophie #libéralisme #délivrance #subsistance #terre_et_liberté

  • Covid : la liberté des un·es aux dépens de celle des autres
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Covid-la-liberte-des-un-es

    La restriction des libertés, elle, s’intensifie à chaque prétexte. Mais c’est peu de dire que ce sujet est mal porté par le mouvement anti-pass. D’abord parce que la confusion est de mise quand on parle de politique « sanitaire » et qu’on met dans le même panier Big Pharma et des précautions qui ne tiennent qu’à la bonne volonté de chacun·e, critique de la société industrielle et malthusianisme.

    Justement, le couvre-feu pour raisons « sanitaires » dans les Antilles françaises a été remplacé par un couvre-feu sécuritaire. Un glissement qui n’a rien d’extraordinaire : à Singapour, il y a plus d’un an que l’appli anti-Covid locale sert à résoudre des affaires de droit commun. Nous y sommes donc, en commençant par les anciennes colonies, mais comment désormais faire front commun, après les convergences avec les libertariens et l’extrême droite au sujet des mesures « sanitaires », après la haine déversée sur celles et ceux qui osent dire que la violence et le mépris de l’État s’expriment d’autant mieux sur les sujets coloniaux ou post-coloniaux ? Pour recoudre cette déchirure, il faudra redonner tout son sens à la notion de liberté.

    #covid #politique_sanitaire #liberté #auto-organisation #anti-pass #anti-sanitaire #Aude_Vidal

  • « On vote avec son portefeuille », ou pas | Aude Vidal
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/On-vote-avec-son-portefeuille

    Pour ne pas vous quitter sur une note sombre, je finirai sur ça : quitte à socialiser autant d’argent pour manger, le collectif Pour une Sécurité sociale de l’alimentation propose de le faire dans un nouveau cadre, non-étatique. Il s’agirait d’abonder à une caisse commune par des cotisations sur le travail, chacun·e selon ses moyens et à chacun·e selon ses besoins. Source : Écologie politique

  • Lumières obscurantistes ? | Aude Vidal
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Lumieres-obscurantistes

    Les déclarations d’égalité ne sont pas l’apanage d’une Révolution française bourgeoise. Plus tard, alors que la France se sclérosait dans son glorieux héritage, des auteurs comme Frantz Fanon et Édouard Glissant réinventaient l’universalisme, à partir de l’égale dignité de chacun·e et non de sa vision franco-franchouillarde, provinciale et étriquée de « ses » Lumières à elle. Source : Écologie politique

  • Lumières obscurantistes ou Lumières radicales ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Lumieres-obscurantistes-ou-Lumieres-radicales

    Il m’arrive parfois de fatiguer de la politique à hauteur de nombril de mes camarades féministes et racisé·es en lutte contre le racisme. Telle qui n’a pas de mots assez durs envers le racisme dont elle est victime fait preuve d’une indignation sélective et reste aveugle au sort réservé aux migrant·es, réfugié·es et apatrides qui n’ont pas les privilèges qu’accorde sa position sociale et sa nationalité. La colère, aussi justifiée soit-elle, n’est pas toujours bonne conseillère, n’entraîne pas forcément une vision globale et généreuse, encore moins un engagement au service de cette égalité de conditions entre les habitant·es de cette petite planète.

    S’il me faut choisir entre l’universalisme provincial et ignorant à la française ou une politique des identités post-traumatiques, je préfère partir en courant. Heureusement, il est d’autres voies, comme celles qu’explore la philosophe espagnole Marina Garcés dans Nouvelles Lumières radicales. L’autrice commence par appeler « projet de modernisation » l’industrialisme, le capitalisme, le colonialisme et le réductionnisme qui constituent des éléments majeurs de notre culture européenne :

    #obscurantisme #esprit_des_Lumières #critique #Aude_Vidal

  • Une santé publique « sous toutes les latitudes » ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Une-sante-publique-sous-toutes-les-latitudes

    Nous peinons à imaginer l’impact que peut avoir le simple fait de tomber malade et de rester alité·e dans un pays sans couverture médicale ni protection sociale qui assure le revenu des malades jusqu’à leur rétablissement. Nous ignorons les épisodes les plus graves de la pandémie, la vulnérabilité particulière des peuples autochtones d’Amazonie, les cadavres laissés à la rue en Bolivie ou en Équateur, les mort·es enterré·es en catimini dans des fosses communes au Pérou, le chaos en Inde. Le monde s’arrête à notre porte, aux 100 000 morts françaises.

    […]

    Outre le mensonge flagrant, le chef de l’État a une vision très étroite de « sous toutes les latitudes » car en même temps qu’il tord brutalement le bras de ses administré·es pour les vacciner, il contribue à priver le reste du monde de ce vaccin qui n’a que des avantages. Une action juridique est en cours auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour demander une suspension des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins Covid. Les USA de Joe Biden ont accepté de soutenir cette demande mais l’action piétine. Quels sont les pays qui font obstacle à cette action de santé publique globale ? Ils sont en rouge sur la carte.

    #covid-19 #vaccin #brevet #communs #internationalisme #Aude_Vidal

  • Covid-19, une pandémie si moderne ?
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Une-pandemie-si-moderne

    Lors du premier confinement, beaucoup ont pu être choqué·es par une méthode de protection des populations si archaïque. Se mettre en quarantaine, se confiner, c’est bien le sort commun de l’humanité.

    […]

    Or, depuis plus d’un an, les discours écologistes radicaux semblent ignorer tout cela. C’est une myopie regrettable car si la crise sanitaire a été l’occasion d’un déferlement technologique sans précédent, ni le confinement, ni le port du masque ne sont propres à nos sociétés industrielles. À l’instar des libertarien·nes US et des individus des sociétés libérales bien campés sur leur droit à la jouissance quoi qu’il arrive aux autres, beaucoup trop d’anti-tech ont critiqué sans discernement des outils très low-tech de protection des populations, les mettant dans le même sac que d’autres dimensions bien plus politiques de la gestion de la crise sanitaire (la concentration des pouvoirs, la répression inéquitable, les arbitrages douteux entre vie sociale et économie, les échanges à distance et la numérisation de nos vies, etc.).

    […]

    Le vaccin est une autre différence majeure d’avec les épidémies des sociétés préindustrielles. Son économie, ses risques au regard d’une évaluation exceptionnellement courte, ses bénéfices et notre incapacité collective à le proposer aux pays du Sud pourraient faire l’objet de débats. Mais avec qui ? Avec celles et ceux pour qui il était vital de conspuer le port du masque et le principe du confinement ?

    […]

    Il me semble plus facile de critiquer l’autoritarisme du pass vaccinal quasi-obligatoire quand on a défendu des techniques immémoriales et éprouvées de protection des personnes que quand on n’a rien proposé d’autre que le déni et la mauvaise foi.

    #Aude_Vidal #covid #santé #vaccin #pass_vaccinal #Histoire #maladie_infectieuse

  • Féminisme : se ressaisir des questions économiques - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Feminisme-se-ressaisir-des-questions-economiques

    Une très bonne courte synthèse de la partie matérielle/économique des problèmes des femmes, à partir de publications la plupart récentes :
    – Le genre du capital de Céline Bessière et Sibylle Gollac
    – Pour une théorie générale de l’exploitation de Christine Delphy
    – Le Retour des domestiques de Clément Carbonnier et Nathalie Morel
    – Le soin, le sale, le service, ou l’importance des mots, de Geneviève Fraisse

    Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises féministes, il n’y a que des questions à discuter, des choix qui peuvent être interrogés et parfois des propos regrettables. Aujourd’hui j’ai envie de mettre l’accent sur un chantier qui a été un peu délaissé mais qui semble resurgir. Cela ne signifie pas qu’il soit plus important que d’autres qui ont plus été au centre de nos préoccupations ces dernières années. Au contraire, tout s’imbrique, la réalité matérielle est une conséquence des représentations genrées et des injonctions sexistes, les violences sexuelles se nourrissent des violences économiques. Mais ces questions économiques se rappellent à notre attention

    #Aude_Vidal #féminisme #femmes #inégalité #féminisme_matérialiste #économie #politique #impôts #AAH #couple

  • La prévention et la responsabilité, c’était nous - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/La-prevention-et-la-responsabilite-cetait-nous

    Comparaison entre les écolos radicaux et au final leur cible pollueurs en voiture « et qui assument », les deux utilisant les mêmes arguments.

    « Oui mais au final personne n’est tombé malade. » En effet, il est possible que personne ne tombe malade suite à ce séminaire. Mais cela désavoue-t-il feue notre vision du risque et du principe de précaution ? La dernière fois que j’ai regardé, c’est les élites productivistes qui étaient riscophiles, qui se satisfaisaient que des catastrophes nucléaires aient eu lieu ailleurs mais pas en France pour prédire que ça n’arriverait jamais chez nous (quand bien même nous avons fait l’expérience d’incidents mineurs et très nombreux). Ces hommes bourgeois qui nous gouvernent ont été élevés dans des milieux protégés, ils ont bénéficié toute leur vie d’une belle assurance (matérielle et morale), ils prennent des risques dont ils sont les derniers à subir les éventuelles conséquences. Ils chient depuis des décennies sur le principe de précaution et moquent les craintes excessives des écologistes – quand bien même elles finissent inéluctablement par être justifiées et quand bien même l’« heuristique de la peur » qui les fonde serait bien plus fine que les caricatures qui en sont faites.

    […]

    Ce principe de précaution ne semble plus une vision partagée de l’écologie politique. Dans les milieux écologistes que je fréquente, cette dernière année nous avons annulé des rencontres, nous en avons organisé certaines avec un niveau élevé de réduction des risques et d’autres sans aucun geste de précaution (ni aération, ni port du masque, densité de participant·es élevée). Nous n’étions visiblement pas tou·tes sur la même ligne. Sans surprise, ce sont les endroits où aucune mesure n’a été prise qui ont contaminé leurs participant·es, pas les autres. À ma connaissance personne n’en est mort·e directement, il n’a été question que de sales crèves, de semaines passées au lit, de toux qui durent des semaines, d’isolement et de dépression. Et de contribution à la circulation d’une maladie qui a tué plus de 100 000 personnes dans le cours d’une année, soit deux fois plus que la pollution de l’air. On s’en fout ? On s’en fout, disent certain·es, ces personnes sont majoritairement vieilles et elles ont eu une belle vie (manière de dire qu’elles sont désormais improductives). Maintenant c’est aux enfants et aux jeunes qu’il faut penser et ils doivent apprendre la liberté absolue de rester le nez à l’air même si papi doit en crever. Qu’importe que ce qui fait notre humanité, ce soit le soin aux personnes vulnérables. On a trouvé des restes humains qui montrent que des groupes préhistoriques s’encombraient de vieux inutiles qui marchaient avec difficulté mais aujourd’hui, jusque dans les discours écologistes, la vie de ces personnes semble de trop.

    […]

    J’entends bien que les comportements puérils sont une réaction à une gestion autoritaire, vexatoire, violente, inhumaine, cynique, inéquitable, monarchique et pour toutes ces raisons peu efficace de la crise sanitaire. Mais nous n’avons pas à entrer dans un jeu qui justifie l’autoritarisme de papa Macron. Quand on ne souhaite pas être infantilisé·e, le meilleur moyen est justement de ne pas se comporter comme un enfant (dès qu’on ne nous enferme plus chez nous, c’est le retour des sans masque dans le métro et les lieux publics fermés, comme si nous ne comprenions que la trique). Le meilleur moyen est de s’administrer soi-même, de reconquérir son autonomie. J’ai la faiblesse de penser que celle-ci ne peut être que collective. Et qu’elle passe par une information de qualité, par la délibération et par la prise en compte dans nos arbitrages des plus fragiles d’entre nous, économiquement, physiologiquement et psychologiquement, sans postuler que nous sommes tou·tes un membre de la petite bourgeoisie protégée, en parfaite santé et dans la force de l’âge.

    #principe_de_précaution #démocratie_sanitaire #santé #covid #Aude_Vidal

    • Ou quand le principe de précaution devient une #opinion.

      Ce principe de précaution ne semble plus une vision partagée de l’écologie politique. Dans les milieux écologistes que je fréquente, cette dernière année nous avons annulé des rencontres, nous en avons organisé certaines avec un niveau élevé de réduction des risques et d’autres sans aucun geste de précaution (ni aération, ni port du masque, densité de participant·es élevée). Nous n’étions visiblement pas tou·tes sur la même ligne. Sans surprise, ce sont les endroits où aucune mesure n’a été prise qui ont contaminé leurs participant·es, pas les autres. À ma connaissance personne n’en est mort·e directement, il n’a été question que de sales crèves, de semaines passées au lit, de toux qui durent des semaines, d’isolement et de dépression. Et de contribution à la circulation d’une maladie qui a tué plus de 100 000 personnes dans le cours d’une année, soit deux fois plus que la pollution de l’air. On s’en fout ? On s’en fout, disent certain·es, ces personnes sont majoritairement vieilles et elles ont eu une belle vie (manière de dire qu’elles sont désormais improductives). Maintenant c’est aux enfants et aux jeunes qu’il faut penser et ils doivent apprendre la liberté absolue de rester le nez à l’air même si papi doit en crever. Qu’importe que ce qui fait notre humanité, ce soit le soin aux personnes vulnérables. On a trouvé des restes humains qui montrent que des groupes préhistoriques s’encombraient de vieux inutiles qui marchaient avec difficulté mais aujourd’hui, jusque dans les discours écologistes, la vie de ces personnes semble de trop. Surnuméraires, les vioques. Adios les boomers (je précise que lors du séminaire des septuagénaires acceptent de se mettre en danger par négligence ou politesse). Sous prétexte de prioriser la jeunesse, on sacrifie la vieillesse (et les gros·ses et les immunodéprimé·es et les malades chroniques, etc.). Et l’on parle de confiner les vieux, tiens, comme si c’était simplement faisable de confiner les vieux mais aussi leurs soignant·es, les familles de leurs soignant·es, sans réinventer la léproserie. Sans laisser des personnes mourir d’isolement et comme si se priver de leur compagnie était moins rude que de se contraindre à mettre un bout de tissu sur sa gueule.

    • Incroyable comme cette pandémie a fait dériver à droite (ou pire) un ensemble de gens qui se prétendaient de « gauche », humanistes etc. L’écologisme radical attire trop de monde qui a pour seule boussole des appels à la « Nature » (fantasmée), c’était donc assez prévisible qu’une partie finisse par avoir des idées fascisantes en tête.

      Ayant fréquenté quelques militants écolos à une époque, cela me rappelle qu’ils avaient une idée toute singulière de l’hygiène (en général, je ne parle pas d’hygiène corporelle, je ne voudrais pas participer au cliché des écolos crados) et de la sécurité sanitaire, le tout teinté de discours anti-science primaires (évidemment contre les vaccins). Je les ai perdu de vue depuis mais je ne serais pas étonné qu’ils soient devenus des Jean Moulin du masque.

  • Les mérites de l’exemplarité
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Les-merites-de-l-exemplarite

    Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais… Alors que la situation sanitaire qui s’impose à nous depuis plus d’un an requiert des changements de comportement importants et que changer est difficile (même quand les efforts demandés sont moindres, c’est en soi un effort que d’acquérir de nouvelles habitudes), les personnes qui prétendent la gérer nous imposent le spectacle de leur incapacité à adopter elles-mêmes les comportements auxquels elles nous contraignent avec plus d’autoritarisme que jamais.

    #politique #exemplarité #santé #pédagogie #morale #Aude_Vidal

    • Paragraphe génial:

      En s’accordant des passe-droits aux règles sanitaires, ceux qui prétendent nous gouverner ne font pas que normaliser leur non-respect aux yeux de chacun·e, ils rendent en outre désirable le fait de les outrepasser. Car la course à la distinction est féroce et si ne pas respecter des procédures de réduction des risques est perçu comme un privilège, alors ce non-respect gagne en prestige (quand bien même dans un monde idéal il devrait signaler un incivisme et une bêtise crasseuses) et devient une manière d’affirmer un statut social élevé… ou dont on aimerait qu’il le fût. C’est ce qui peut arriver de pire à la mobilisation générale pour la sauvegarde d’un bien commun, faire des entorses un signe extérieur de prestige.

    • Tiens, j’en ai une bien bonne.
      Comme j’ai refusé l’invitation de me rendre à un cabaret d’une centaine de personnes avec concerts et banquets dans une ferme des environs de Toulouse, j’ai le droit à un cuisant « Comme toi tu as peur tu n’es pas allée au cabaret, alors que moi je n’ai pas peur, j’y suis allé. » Cela revient à un affrontement stupide et soldatesque masculiniste, puisque pour combattre l’adversaire (rappelle toi que nous sommes en guerre) il faut bien sûr « être téméraire » et non pas peureux ou peureuse. Combattre ainsi, sans peur et sans reproche en jouant à celui qui sera le plus viril, pour démontrer et s’assurer d’être un homme, un vrai, celui qui va au front et porte le masque sur l’oreille. Or, confondre un virus (qui tue surtout les hommes) avec un adversaire simiesque en lui faisant le coup du « j’ai pas peur » et je te le montre en frappant sur ma poitrine pour te faire fuir Oh grand méchant virus c’est juste pitoyable. Du coup je trouve excellent le paragraphe sur les couilles de macron le gorille.

    • Oui mais … tu sais que l’on se pose toujours la question du « Pourquoi les pauvres votent à droite » et donc celles également sous tendues par cette société de compétition individuelle seraient de l’ordre de « Pourquoi toutes les femmes ne sont pas féministes ? » ou « Pourquoi les dominés adoptent les comportements des dominants ? »
      et donc « Comment la fraternité viriliste des dominants va faire perdurer le covid dans toute la société ? »
      #culture_covid

  • La liberté de boire des coups
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/La-liberte-de-boire-des-coups

    Dans ce monde idéal, vu l’état des savoirs sur les contaminations en plein air, nous ne serions pas tenu·es de porter un masque au milieu de la forêt comme c’est le cas dans la plupart des départements, les terrasses des cafés et des restaurants seraient déjà rouvertes. Mais il ne serait pas non plus imaginable d’en ouvrir dans à peine un mois les intérieurs, soit des endroits non-essentiels où il est techniquement impossible de porter le masque. Et les restrictions ne porteraient pas sur la liberté des personnes, un bien précieux auquel il est grave de toucher (William Dab, un expert en matière de prévention sanitaire, le rappelait en juin dernier) mais sur des activités, arbitrant entre leur nécessité et leur niveau de risque.

    Cette réouverture des restaurants, dans un pays où la circulation du virus est encore très élevée et le nombre de personnes hospitalisées proche des niveaux du pic du printemps 2020, est-elle une victoire de la liberté et de l’esprit français que le monde nous envie ? Ou simplement une de ces mesures qui privilégient l’économie aux dépens de nos vies et que le gouvernement est bien content de nous accorder parce qu’on a besoin de lâcher du lest et envie de lâcher des ronds ?

    Antoine Perraud notait que la chanson d’HK et les Satimbanks, « Danser encore », qui donne le la de danses impromptues fleurissant spontanément dans les rues des villes, se trouve « sur une ligne de crête discutable » : « recentrement nombriliste ou (...) sédition inclusive ? »

    #covid #santé #politique #petit-bourgeois #bar #restaurant #Aude_Vidal

  • Décroissance ou barbarie
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Decroissance-ou-barbarie

    À quoi donc ressemble la une du mensuel pour produire un tel effet ? « Indigénistes, décolonialistes, racialistes… » « Basta ! », dit la pancarte d’un personnage représentant la Terre. Est-ce Minute, Valeurs actuelles, L’Express ou Marianne ? Non, c’est le « journal de la joie de vivre » qui tente un élargissement de sa cible à la fachosphère, rejoignant dans le concert national(iste) une extrême droite jadis isolée mais désormais rejointe par les plus grands esprits du pays, de la gauche républicaine à la droite la plus moisie

    #La_Décroissance #racisme #facho #nationalisme #extrême-droite #Aude_Vidal

  • Que sait-on de la chanson « Danser encore », devenue hymne contre les restrictions sanitaires ?
    par Anaïs Condomines et Vincent Coquaz | Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/que-sait-on-de-la-chanson-danser-encore-hymne-contre-les-restrictions-san

    Plusieurs rassemblements pour la réouverture des lieux culturels et contre le confinement ont été organisés au son de « Danser encore ». Un succès qui étonne jusqu’à ses auteurs, le groupe HK & les Saltimbanks, déjà derrière le célèbre « On lâche rien ».

    Au milieu des voyageurs dans le hall, quelques notes de trombone résonnent, bientôt rejointes par plusieurs chanteurs et danseurs éparpillés dans la foule. Ce jeudi 8 avril, gare de l’Est à Paris, une cinquantaine de personnes s’adonnent à un flashmob, comme on en a vu tant. Sauf que celui-ci se tient en pleine pandémie et entend justement dénoncer les restrictions sanitaires en cours. La plupart des participants ne portent d’ailleurs pas de masque et ne respectent pas les mesures de distanciation.
    https://www.youtube.com/watch?v=GN5B27zT29Y

    La chanson Danser encore – c’est son titre – dénonce les mesures prises par le gouvernement et prône la désobéissance civile : « Et quand le soir à la télé, monsieur le bon roi a parlé, venu annoncer la sentence, nous faisons preuve d’irrévérence mais toujours avec élégance », peut-on ainsi entendre. « Auto-métro-boulot-conso, auto-attestation qu’on signe, absurdité sur ordonnance, et malheur à celui qui pense, et malheur à celui qui danse », poursuivent les paroles, qui évoquent la « résistance » et épinglent des « mesures autoritaires » : « Chaque relent sécuritaire voit s’envoler notre confiance, ils font preuve de tant d’insistance pour confiner notre conscience. »

    Cette chanson ne date pas du 8 avril. D’ailleurs, elle n’a pas uniquement été entonnée dans le hall de la gare de l’Est. En fait, on la retrouve à de très nombreuses reprises ces derniers mois, lors d’autres flashmobs ou regroupements en extérieur. Le 4 mars, la même scène avait déjà lieu cette fois-ci à la gare du Nord. Ainsi qu’à Marseille, fin février, puis en mars à Lille, à La Rochelle et au Jardin des plantes à Paris. Et en avril à La Chapelle-en-Vercors ou encore dans l’Yonne, où les chanteurs se sont vêtus à la mode médiévale et ont dansé dans la forêt d’Avallon. Le titre dépasse même les frontières puisqu’on en retrouve la trace à Zurich début avril, et à Bruxelles, le 10 avril.

    Ces reprises font l’objet de vidéos, partagées sur les réseaux sociaux, qui rencontrent un franc succès, principalement sur YouTube et sur Facebook, où certaines comptent quelques centaines de milliers de partages et plusieurs millions de vues. Les commentaires sont généralement élogieux : « Mamie de 72 ans, il est 1h30 du matin je m’éclate, peut-on lire sous une vidéo sur les flashmobs. Je vis seule depuis un moment, j’aime la danse pour l’avoir pratiqué longtemps. […] J’en ai pleuré de bonheur de voir tous ces gens ensemble heureux. » Certains dénoncent toutefois « l’irresponsabilité » des personnes qui participent sans masque ni distanciation physique à ces événements.

    Il est difficile de remonter la piste d’un seul organisateur, les différents événements semblant relever d’initiatives locales. Lors des deux flashmobs organisés dans les gares parisiennes, on peut toutefois reconnaître l’un des principaux chanteurs, ce qui suggère une coordination en équipe et en amont. « J’ai reconnu des visages de gilets jaunes mais il y avait des personnes opposées au masque, des intermittents du spectacle. Bref, un drôle de mélange », analyse un vidéaste de la chaîne Media investigation, présent au rassemblement gare de l’Est et interrogé par le Parisien. « Les gens présents étaient plus de gauche », avancent plusieurs participantes. « Je l’ai appris par le bouche-à-oreille. C’était plutôt le ras-le-bol qui nous rassemblait que l’opposition au masque, qui n’est toutefois pas pratique pour chanter », raconte l’une d’elles au quotidien.

    « Cris de colère »

    Leur principal point commun est donc le titre interprété, Danser encore. Derrière cette chanson devenue hymne, une institution de la musique populaire : HK & les Saltimbanks, formé par le chanteur roubaisien Kaddour Hadadi. Leur On lâche rien est scandé dans les manifestations depuis plus de dix ans, des défilés syndicaux aux gilets jaunes. En 2012, leur morceau rythmait même la campagne du NPA et du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

    Danser encore pourrait bien connaître un destin comparable : posté en décembre, le clip officiel comptabilise déjà plus de quatre millions de vues cumulées sur YouTube et Facebook. Sans compter celles de toutes les reprises et détournements. Le morceau a par ailleurs été mis à disposition gratuitement sur le site du groupe.

    « Pour l’instant, sur les chiffres et sur les reprises, Danser encore c’est dix fois plus important qu’On Lâche rien… estime même Kaddour Hadadi. Ce qui est impressionnant avec cette chanson, c’est qu’elle déborde du cadre syndical, du cadre militant. J’ai des gens qui m’écrivent pour me dire “C’est ma mère qui m’a envoyé ta vidéo !” Il y a des reprises dans de tout petits villages, c’est génial. »

    « Les deux morceaux ont un point commun : c’est des cris de colère, qui sont sortis d’un coup, en un seul jet, raconte le chanteur. Des fois, on bosse sur une chanson pendant une semaine, un mois. Là non. Danser encore, elle est née pendant le deuxième confinement, avec ce débat autour d’essentiel et non-essentiel. On avait un spectacle qu’on ne pouvait pas jouer, on ne pouvait pas faire notre métier alors qu’on juge que les artistes sont essentiels. Et ce morceau, c’était un exutoire. Dans la foulée, on a fait une vidéo, qui était toute buguée. On a balancé ça sans aucune prétention. Mais malgré ça, elle a tout de suite fait un million de vues, donc on a compris qu’il se passait un truc. »

    « Etat d’urgence culturel et social »

    Lors de ses actions publiques, le groupe milite pour la réouverture des lieux culturels en jouant le morceau devant des théâtres occupés par exemple. Ils évoquent ainsi un « état d’urgence culturel et social » : « Vous nous verrez sans doute dans les prochaines semaines continuer à chanter et à danser dans les rues ou sur les places publiques, peut-on lire sur leur page Facebook. Certain·es pourront considérer cela comme de la désobéissance, mais l’idée pour nous est avant tout d’être fidèles à notre nature profonde : nous sommes des saltimbanques, c’est ce que nous aimons faire, ce que nous savons faire, ce que nous pensons être essentiel. […] Evidemment, lors de chacun de nos bals de rues, nous demandons aux gens de prendre soin d’eux, de leurs voisin·es en respectant les règles élémentaires et de bon sens ; chacun·e se montrant ensuite responsable pour soi-même. »

    Fin mars, HK & les Saltimbanks a relayé un clip réalisé « par le collectif Inter hôpitaux de Rennes en collaboration avec le syndicat CGT du CHU de Nice » d’une version qui s’intitule Soigner encore et qui appelle à « sauver l’hôpital public français ». On y voit plusieurs personnalités, comme l’actrice Corinne Masiero ou les humoristes Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré. Plus récemment, le groupe s’est aussi dit « solidaire avec les restaurateurs et toutes les professions qui veulent qu’on les laisse travailler ».

    HK a également relayé des événements de la coordination Santé Libre. Celle-ci prétend représenter 30 000 médecins (tout en refusant de s’expliquer sur ce chiffre) et est à l’origine d’un protocole de « traitement précoce » du Covid-19 qui repose sur des bases scientifiques hasardeuses, dénoncé par les syndicats de médecins. Inversement, la coordination Santé libre publie sur son site plusieurs vidéos montrant des gens faire une séance de sport, en extérieur, sur la chanson Danser encore, à Sarlat (Dordogne). La gynécologue Violaine Guérin (collectif Laissons les médecins prescrire, coordination Santé libre), qui apparaît dans le documentaire Hold-Up, est présente et mène la séance d’étirements. Le nom de cette action (où les participants respectent la distanciation physique) ? « Sport sur ordonnance ».

    « J’y vois d’abord des performances artistiques »

    « J’assume ce que je fais, pas ce que font les autres. Quand ils m’ont contacté, j’ai trouvé l’initiative “sport sur ordonnance” géniale, se souvient Kaddour Hadadi. C’était à un moment où on ne savait même pas s’il fallait ou si on avait le droit de sortir. Et j’ai vu des moments simples et partagés. Après je suis pas médecin, et j’ai pas signé une alliance politique ou scientifique avec eux ! Il faut aussi comprendre que quand il y a des mesures autoritaires, prises par un président épidémiologiste, et plus de débat sur rien, avec des contradictions et des reniements, la confiance s’évapore. Donc il y a des discours alternatifs qui émergent. La source de tout ça, c’est le manque de débat et de démocratie. »

    « Personnellement quand je vois les reprises, j’y vois d’abord des performances artistiques, et je trouve ça formidable. J’imagine que d’autres personnes, avec d’autres points de vue, voient autre chose », poursuit le chanteur. « J’ai même vu que des gens essayaient de nous rapprocher de l’extrême droite. Heureusement, nous, on a notre parcours, et tout le monde sait qu’on est des artistes engagés et ancrés à gauche. »

    Pour éviter toute récupération malveillante de sa chanson, HK & les Saltimbanks a fixé « trois conditions », comme un « socle de valeurs communes minimales pour pouvoir danser ensemble » : « Les valeurs antiracistes, la non-violence et pas d’utilisation par les partis politiques. » Contrairement à 2012, le nouvel hymne de HK & les Saltimbanks ne pourra donc pas rythmer les meetings de la prochaine présidentielle.

    • Depuis plusieurs semaines je vois un engoument pour cette chanson et les flashmobs que HK incite à faire un peu partout, et j’ai un très gros problème avec ça. Pas exactement avec la chanson en elle-même et encore moins avec l’envie de légèreté des gens mais avec ce qu’en fait l’auteur et ce qu’elle devient, à savoir l’hymne des anti-masques, et ce n’est pas pour rien. Libération a fait cet article de fact-checking ci-dessus, mais je le trouve un peu court : sur la page Facebook de HK beaucoup de commentaires qui pointent le probleme de risque sanitaire, l’absence de masques, etc. sont retirés ou invisibilisés. Les appels pour les flashmobs ( https://www.facebook.com/hksaltimbanks/posts/10158538038784398 & https://www.facebook.com/hksaltimbanks/posts/10158521534479398 ) conseillent « de ne rien faire qui pourrait vous valoir un P.V » ce qui n’a rien à voir avec une précaution pour la santé et il met en avant des vidéos qui lui sont envoyées de rassemblements sans masques. Pire ce matin je suis tombée sur une vidéo de gens qui ont fait des « happenigs » dans les rames de metro en se mettant ostensiblement sans masque à chanter face aux voyageurs masqués... Elle a été retirée depuis ( https://twitter.com/ValKphotos/status/1386225183334277121 )
      Et là où j’arrive vraiment vraiment à saturation c’est que cet appel à « danser encore » me parvient de partout, même de proches politisés qui savent les réels risques du covid (ou du moins je le croyais) et même de personnes qui bossent dans la santé.
      J’ai essayé plusieurs fois de m’exprimer sur le sujet ( https://twitter.com/ValKphotos/status/1384921635615084549 ou https://twitter.com/ValKphotos/status/1384775023601360898 ou plus longuement ici https://twitter.com/ValKphotos/status/1381207878321778689 ) mais évidemment à mon petit niveau ça change rien. Sauf que autant je n’irai pas faire chier des mouvements spontanés, autant là on est sur une construction et un discours politiques hyper confusionnistes qui font passer la liberté pour un besoin de joie immédiate et la joie pour un acte de subversivité suprême et merde, ça va pas du tout.
      Au moment où la gauche, celle que j’ai en idéal, devrait se rassembler pour faire de l’éduc pop à fond sur l’aérosolisation et la prévention, distribuer des masques, exiguer des filtres hepa et des FFP2, mettre en place des réseaux de solidarité, voire, amha, œuvrer pour une grève générale qui mettrait à l’abri les plus fragiles et forceraient les plus riches à rendre le fric qu’ils se font sur notre dos, bah non, je vois bien que les revendications qui prennent le dessus sont pour « ré-ouvrir », « avoir le droit de travailler », « avoir le droit de respirer librement ». Pour la plus grande joie du patronat et de son gouvernement idéal... Parce que c’est clairement pas avec ces gentilles danses que les lois liberticides et les réformes économiques vont être retirées...
      Et on est plein a regarder tout ça en se demandant quand est-ce qu’on va enfin pouvoir se déconfiner... et dans quel monde ?

    • Malheureusement, j’ai l’impression que le « laissez nous faire ce qu’on veut » est devenu le véritable horizon politique (illusoire) de beaucoup de personnes se disant vaguement « de gauche » (en fait, des libertariens, et plus ou moins proto-fascistes en s’affirmant de plus en plus comme validistes). Des années de dépolitisation, des années aussi de recul de la culture scientifique au sein de la gauche et des milieux militants en général, plus qu’un recul même, un rejet des connaissances scientifiques et une emprise grandissante des « sciences » et médecines alternatives (avec l’anthroposophie très souvent à la manœuvre en arrière plan) et voilà où on en est. Les discours autour de moi c’est « il n’y a qu’à augmenter le nombre de lits en réa » (ça c’est pour le côté « de gauche », un peu bourgeois quand même, comme s’il fallait embaucher du personnel d’entretien supplémentaire pour pouvoir un peu plus saloper) et « comment contourner les règles sanitaires et faire ce que je veux ? » (ça c’est le côté de droite, bon certes, beaucoup de règles sont contestables...), sans jamais se poser de questions sur le contexte sanitaire, la réalité du virus et ses impacts. Les Jean Moulin du masque sont maintenant de plus en plus nombreux et ils chantent dans les gares, sûrs d’eux et bientôt applaudis par le Medef.

    • La pandémie est devenue une question de foi . Et c’est un énorme problème  : on ne peut pas réellement argumenter ou discuter avec quelqu’un qui parle de foi . Ce n’est pas le terrain de la science ou de l’éducation.

      Et on est dirigé par des gens qui font des paris, ce qui n’a aussi rigoureusement rien à voir avec la santé publique.

      Donc, les gens ne croient plus en la maladie, ils préfèrent les gourous et les charlatans.

    • Ajout de deux textes à lire suite à tous ces malaises de revendications libéro-travaillistes mais aussi la publication d’un texte confus (je reste polie) sur Paris-Luttes.info :

      Pourquoi je ne vais pas danser encore - basse-chaine.info - https://basse-chaine.info/?Pourquoi-je-ne-vais-pas-danser-encore-512
      Lettre à propos de ReinfoCovid -
      IAATA , seenthisé par @monolectehttps://seenthis.net/messages/915407 (merci @rastapopoulos pour le ping)

  • Les Émotions de la Terre - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Les-Emotions-de-la-Terre

    Le récit d’Albrecht est simple comme un film hollywoodien, bien trop simple. Et il est en fin de compte faux. « À qui profitent in fine l’exploitation de ces mines à ciel ouvert et l’écrêtage des montagnes pour extraire le charbon ? » À l’humanité, bien entendu, riches et pauvres communiant dans leur contentement d’avoir de l’électricité, et non aux compagnies multinationales de l’énergie qui se sont battues contre la prise de conscience du changement climatique et qui se battent encore contre des mesures politiques volontaristes pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre des pays les plus responsables du changement climatique. Il faudra attendre la page 163 pour entendre parler de « rapports sociaux pathologiques » (un peu, oui) et la page 166 pour qu’il soit enfin question du capitalisme.

    […]

    Quand à l’anarchisme… si c’était une absence de considération pour les rapports de pouvoir dans le monde social, pourquoi pas, seulement voilà, l’anarchisme combat ces rapports d’abord en les dévoilant, tandis qu’Albrecht les nie.

    […]

    Cette allusion à la biodynamie est complétée par une présentation sommaire de la pensée de Rudolf Steiner, expert en tout (agronomie, architecture, médecine, pédagogie et bien sûr philosophie) et maître à penser d’un mouvement parfois qualifié de sectaire qui livre le même gloubi-boulga indigeste sur les émotions, la connexion avec les énergies de la nature, etc.

    […]

    Le dernier chapitre, le plus « politique », multiplie les erreurs et les imprécisions et continue à fatiguer la lectrice de bonne volonté. Une seule réflexion intéressante dans tout le livre, celle de la taille idéale d’une communauté politique.

    […]

    Maigre récolte pour trois cents pages, et rien sur une question assez proche, celle de la technique et du degré de complexité à partir duquel une technique dégrade le rapport des humains entre eux et avec la nature.

    #recension #Aude_Vidal #Glenn_Albrecht #livre #solastalgie #écologie #apolitique

  • Comment demander pardon
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Comment-demander-pardon

    Nous sommes nombreuses à devoir vivre avec le souvenir d’agressions ou d’abus restés impunis et qui n’ont donné lieu, au mieux, qu’à des excuses merdiques qui ont sûrement été l’occasion pour leurs auteurs de se faire briller l’ego une fois de plus mais nous laissent, à nous, un goût amer. Parce que derrière l’évidence de cette figure imposée (on demande pardon) il y a souvent une incompréhension de ce qui se joue et un refus d’aller jusqu’au bout de la démarche.

    #pardon #excuses #réparation #Aude_Vidal

  • Le Retour des domestiques - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-Retour-des-domestiques

    Cette mesure n’est pas seulement non-redistributive, elle est anti-redistributive puisqu’elle ne redistribue que dans la mesure d’une dépense qui dépend de la disposition à payer. Ce boom des emplois domestiques, faiblement qualifiés, est dû en partie à des politiques publiques directes et en partie à un contexte qui est celui de la montée des inégalités de revenu en France depuis les années 1990. L’emploi n’a cessé de se polariser, avec la création d’emplois qualifiés et d’emplois peu qualifiés et peu rémunérés pendant que sont détruits des emplois du milieu. Et cela est particulièrement marqué pour les femmes ; tandis que celles qui ont les moyens recourent aux services de celles qui n’ont pas de meilleures opportunités professionnelles, l’égalité femmes-hommes ne progresse pas, elle est seulement atténuée dans certaines classes. Cette polarisation encourage l’emploi domestique et tous types de services : ils coûtent moins cher en valeur absolue comme en valeur relative puisque les revenus des consommateurs ont augmenté.

    #livre #recension #Aude_Vidal #service #domestique