• Mon intérêt spécifique

    Publié par Lana sur son blog -Et en réalité, autiste-

    Une des plus grandes souffrances dans ma vie actuelle, c’est d’avoir perdu l’accès à mon intérêt spécifique. Et pourtant, je fais face à beaucoup de deuils et d’épreuves : la perte de mon travail, des violences médicales, de l’incompréhension de proches, le validisme un peu partout où on accepte que je sois autiste uniquement si je me conduis comme une alliste ou fait tout pour tendre vers ce but ultime d’avoir un cerveau qui ne s’éloigne pas de la norme, des démarches épuisantes, sans parler des douleurs permanentes, de la fatigue extrême, des crises autistiques, du découragement, des limites avec lesquelles négocier en permanence, des idées suicidaires et du manque de sommeil.

    https://blogschizo.wordpress.com/2026/07/26/mon-interet-specifique

    #Autisme, #Psychiatrie

  • #Autisme #Femmes #Sous-diagnostic

    « Je me suis pris un bus dans la tronche » : Maïtena Biraben diagnostiquée autiste à 57 ans - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/je-me-suis-pris-un-bus-dans-la-tronche-maitena-biraben-diagnostiquee-auti

    L’ancienne présentatrice du Grand Journal explique avoir été diagnostiquée autiste à 57 ans après 28 années de questionnements. Maïtena Biraben a tenu à témoigner de ce parcours douloureux, mais aussi sur le sous-diagnostic féminin.

    « Un bus dans la tronche ». L’animatrice Maïtena Biraben a annoncé ce lundi 30 mars avoir été diagnostiquée autiste à l’âge de 57 ans. « Et si Mesdames je vous disais que j’étais autiste ? Ça vous ferait bien marrer, hein ? Eh bah, moi, ça ne m’a pas du tout fait rire. C’était l’année dernière », attaque-t-elle dans une vidéo mise en ligne sur le site les réseaux sociaux de « Mesdames », son média destiné aux femmes de plus de 45 ans, créé en 2024.

    Ancienne présentatrice du « Grand Journal » de Canal +, la femme de télévision est revenue sur les questionnements qui l’ont amené à envisager cette piste, avant un parcours de diagnostic encadré par des professionnels.
    « Ça s’est brisé en moi »

    « Ça fait 28 ans que je cherche à comprendre ce qui dysfonctionne chez moi. J’ai toujours, toujours, toujours, toute ma vie, eu la sensation d’être différente, d’être à part. Et au fil des années qui ont passé. Pas enfant, pas ado, mais jeune adulte et adulte, j’avais le sentiment en permanence que je n’arrivais pas à rejoindre les autres. À rentrer en contact », explique-t-elle.

    Une prise de conscience a eu lieu lors d’un live organisé par « Mesdames », lorsqu’elle donne la parole à Florence, une femme en laquelle elle se reconnaît immédiatement : « Rien n’allait, mais tout était familier ». Tout bascule lorsqu’elle se présente et déclare qu’elle est autiste. « Ça s’est brisé en moi », assène l’ancienne présentatrice des « Maternelles ».

    Elle commence alors à lire de multiples publications en ligne. « Je me suis dit : Mais c’est ça. Je suis allée sur Internet, en français, en anglais, en allemand. J’ai cherché toutes les informations que je pouvais trouver sur l’autisme. J’étais fracassée. Tout ce que je lisais, tout ce que je trouvais comme information, me racontait, disait qui j’étais. Je me suis pris un bus dans la tronche », se remémore-t-elle.
    « Je pense que j’ai posé les questions que les autres ne se posaient pas »

    Ce diagnostic, posé après des tests avec une psychologue et validés par un psychiatre, a également permis d’établir qu’elle présentait un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et un haut potentiel intellectuel (HPI). Une reconnaissance qui a été salutaire pour la quinquagénaire : « Il me fait du bien. Il m’aide à me comprendre et à expliquer aux autres quelles sont mes limites ».

    À ceux qui estimeraient que cette neurodivergence serait incompatible avec quelqu’un « qui a fait 30 ans de télé », elle répond également : « Je pense que j’ai posé les questions que les autres ne se posaient pas et qui étaient importantes dans mon dysfonctionnement, dans ma manière de raisonner, dans ma manière de percevoir ».
    « On peut sortir de cet immense chagrin »

    À travers son témoignage, celle qui a présenté pendant 4 ans « La Matinale » sur Canal + veut également alerter sur le sous-diagnostic des femmes sur ce type de trouble. « L’autisme engendre un tel stress, une telle source d’angoisse qu’on meure en moyenne 16 à 18 ans avant les autres », souligne-t-elle.

    « C’est long d’obtenir des rendez-vous, de passer des tests. C’est un chemin qui est long et qui est assez douloureux parce qu’on ne sait pas où on est et on a envie qu’on nous dise tout de suite. (…) Ce qui est un soulagement, c’est quand on commence à comprendre, on peut commencer à discuter en famille, avec son mari, ses enfants. On peut en parler au bureau… (…) Ça m’a pris la tête, c’est douloureux, vraiment c’est pas drôle », insiste l’ancienne cheffe de file du « Supplément ».

    « Je sais que vous êtes très nombreuses à vous sentir incroyablement différentes et à vous sentir de plus en plus éloignées des autres. J’espère que je peux être un modèle pour vous, parce qu’on peut y arriver, on peut le faire et on peut sortir de cet immense chagrin qui consiste à ne jamais pouvoir rejoindre les autres », conclut-elle.

  • Zéro de conduite - À propos de : Par inadvertance. La « cuillère humaine » de #Fernand_Deligny
    https://laviedesidees.fr/Fernand-Deligny-Par-inadvertance

    Mais c’est plus généralement ce qu’on observe chez tous les enfants, et même chez tous les individus : derrière l’objet, défini par sa fonction historiquement et socialement instituée (qui ne se réalise qu’à condition que la chaîne opératoire de gestes soit correctement apprise), « persiste à préluder » la chose, définie cette fois par ses propriétés naturelles, physiques, indépendantes de toute fonction spécifique (auxquelles les autistes sont particulièrement sensibles) : « La cuillère “objet” est aussi quelqueCHOSE » (Deligny, p. 20), un « non-objet » (Chevrier, p. 142).

    « Persiste à préluder » : cette expression que Deligny aimait emprunter au psychologue Henri Wallon qu’il considérait comme son « maître », exprime une idée fondamentale de sa pensée comme de sa pratique : dans l’espèce humaine, le développement et l’acquisition des aptitudes culturelles et symboliques, même quand il « réussit », n’efface jamais les facultés naturelles et l’expérience asymbolique qui persistent à préluder envers et contre tout. La seconde nature n’efface jamais la première, qui coexiste avec elle et ne cesse d’y faire irruption ; ou pour le dire en termes spinozistes, « l’état de nature persévère sous ou à l’intérieur de l’état social » (Sévérac, p. 30). Alors que les théories marxistes affirmaient le primat de l’histoire et du social, rabattant toute nature ou essence immuable du côté de l’idéologie – Léontiev luttait à la fois contre la « conception biologisante du psychisme […] développée par Pavlov » et contre la pratique des tests de QI comme « base de l’orientation scolaire » (Sévérac, p. 23) –, les diverses contributions de ce volume rappellent opportunément l’originalité et la radicalité de cette position « naturaliste », qui conduit Deligny à réévaluer et à réinvestir, aux côtés des enfants autistes mutiques, sinon le problème de la nature humaine, du moins le nouage foncièrement problématique de ces deux natures.

    On ne croira donc pas que l’opposition de l’individu au sujet, ou de la chose à l’objet inaugure un nouveau dualisme, un fossé infranchissable entre le monde des enfants étrangers au langage et le monde des adultes saturés de symbolique – bref, que Deligny fasse jouer la nature contre la culture.

    Car toute la tentative de Deligny s’organise au contraire à partir de la coexistence nécessairement problématique, jamais garantie, de ces deux lignes de développement humain, biologique et culturelle. S’explique ainsi son attention aussi bien aux « dérapages du faire », comme lorsque l’enfant manie la cuiller comme un maillet, qu’à la persistance « de l’activité “pour rien”, hors langage, propre à l’humain aussi », dont témoigne l’intense rapport des enfants autistes aux choses et l’importance de leur « appareil à repérer » (Sévérac, p. 29-30). D’où l’intérêt d’apprécier, comme le font les différentes contributions du livre, non seulement l’importance des théories du développement bioculturel d’André Leroi-Gourhan, d’Henri Wallon ou d’Alexis Léontiev (que Deligny avait lus), mais aussi et surtout le rôle central des affects dans tous les désajustements et réajustements de l’activité, que les contributions proposent d’éclairer à partir de la philosophie et de la psychologie des affects de Spinoza et de Vygotski (que Deligny n’avait pas lus).

    #enfants #éducation #autisme #objet #chose #cuillère

  • La Différence invisible

    Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente. Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les #apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le #bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste #Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-la-difference-invisible/album-la-difference-invisible
    #livre #autisme #BD #bande-dessinée
    #invisibilité #diagnostic #différence

    • Couleur d’asperge. Le jour où j’ai découvert que j’étais asperger

      Comment vivre avec ses différences quand personne ne sait les expliquer ?

      Lusun n’est pas comme les autres. Elle déteste qu’on la touche, regarder les gens dans les yeux lui fait peur, le bruit la rend anxieuse et sa franchise maladroite pousse le monde à la considérer d’un œil curieux… À l’école, tout le monde la rejette et à la maison, elle communique difficilement… Petit à petit, des idées noires s’immiscent dans son esprit : elle ne correspond pas à la norme et c’est un mal dont elle est la seule responsable. Aucun mot n’est posé sur ses différences, aucune explication ne lui est donnée sur ses états d’âmes... Pour apprendre à comprendre qui elle est vraiment, devenir autonome et s’accepter, Lusun traverse les vingt premières années de son existence entre doutes, colères et tristesse. Parfois pourtant, elle accède à quelques moments de répits, des petits instants de joie offerts par sa famille, son meilleur ami Jérôme Bouton et son obsession pour le rubik’s cube. Elle reste toutefois instable jusqu’au jour où un diagnostic est posé sur sa situation : Lusun est Asperger. Enfin elle sait ! Enfin elle comprend ! Enfin ! Elle s’explique ses comportements décalés. Enfin ! Lusun peut être correctement accompagnée. Une nouvelle vie peut commencer.
      Témoignage autant qu’outil de compréhension Couleur d’asperge met en scène l’anxiété sociale provoquée par le syndrome d’Asperger. Cela dit, au fil de la lecture, il devient clair que le mal-être des personnes touchées par cette forme d’autisme n’est pas tant lié à ses symptômes qu’à un manque d’accompagnement et de compréhension. Drakja au scénario et Gery au dessin livrent dans les pages de leur première bande dessinée, un récit de fiction juste et réaliste inspiré de leurs vécus et parsemé d’histoires personnelles. Un roman graphique touchant, optimiste et chaleureux.

      https://www.glenat.com/vents-douest/couleur-dasperge-9782344035511

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d'Asperger
      où l’on peut lire :

      L’autisme reste difficile à définir. Sa classification fait l’objet de débats multidisciplinaires. Le syndrome d’Asperger (SA) écouter la prononciation françaiseⓘ, est généralement reconnu comme faisant partie des troubles du spectre de l’autisme (TSA), un ensemble de troubles neurodéveloppementaux présentant des caractéristiques proches et difficilement dissociables (d’où l’utilisation du terme « spectre de l’autisme »). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) distingue au sein de ce spectre, sous le qualificatif de « trouble envahissant du développement » dans la CIM-10, l’autisme infantile, le syndrome d’Asperger et l’autisme atypique. Ils sont caractérisés par des troubles de la communication et des interactions sociales qui créent une situation de handicap chez l’individu. Ils sont accompagnés de comportements et de centres d’intérêt restreints ou de comportements répétitifs. De nombreux points communs existent entre l’autisme dit « sévère » et le syndrome d’Asperger, qui sont considérés comme situés aux deux extrêmes du spectre de l’autisme[1]. L’autisme « typique » (autisme infantile, dit « autisme de Kanner ») se distingue du syndrome d’Asperger essentiellement par le retard dans l’apparition du langage. Par ailleurs, il peut y avoir un handicap intellectuel dans l’autisme typique, alors qu’il n’y en a pas dans le syndrome d’Asperger[2]. Parmi les troubles envahissants du développement (TED), l’autisme infantile et le syndrome d’Asperger réunissent les caractéristiques classiques de la triade autistique : difficultés de communication et d’interactions sociales, comportements répétitifs et intérêts restreints[

      Plusieurs questions relatives à l’identification et à la classification du syndrome d’Asperger restent en suspens. Il tend à ne plus être considéré comme une entité distincte, ce qui pose la question de son existence même[4], notamment en raison du doute sur la nécessité de le distinguer de l’autisme à haut niveau de fonctionnement[5],[6],[7],[8].

      La psychanalyste Maria Rhode[source insuffisante] rappelle que la distinction entre le syndrome d’Asperger et l’autisme est récente. Pour elle, chaque personne avec Asperger est unique et l’Asperger pourrait constituer un spectre autistique à lui tout seul[9]. La Classification internationale des maladies (CIM-10) publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1993 s’interroge déjà sur la validité nosologique de ce syndrome[Att12 1]. La 4e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) fait figurer le syndrome d’Asperger au sein des « troubles envahissants du développement »[10]. La dernière édition (DSM-5), publiée en 2013, élimine le diagnostic du syndrome d’Asperger pour l’intégrer au sein d’un nouveau diagnostic de « troubles du spectre de l’autisme », et attribue une échelle de sévérité (sévère, moyen ou modéré)[11]. La CIM-11 reprend cette formulation habituellement traduite « troubles du spectre de l’autisme », comportant l’ensemble des niveaux de fonctionnement intellectuel et de capacité de langage[12]. Le nouvel item diagnostique correspondant au syndrome d’Asperger est renseigné sous le nom de « trouble du spectre de l’autisme sans trouble du développement intellectuel et avec une légère ou aucune altération du langage fonctionnel »
      Malgré l’élimination du diagnostic de ce syndrome, le nom de « syndrome d’Asperger » reste utilisé dans la culture populaire et les médias. L’élimination du syndrome d’Asperger dans les classifications officielles suscite des critiques, et des approbations[15]. Certaines personnes concernées voient dans cette élimination une attaque à leur identité, une communauté forte de personnes se dénommant elles-mêmes « Aspies » s’étant développée au cours des années 2000[15]. D’autres craignent que le diagnostic de TSA échappe aux personnes antérieurement diagnostiquées « Asperger »[15]. En faveur de l’élimination du syndrome d’Asperger, le diagnostic de TSA est vu comme plus inclusif, et en faveur de la neurodiversité, l’élément « Asperger » étant jugé élitiste[15]. Plus récemment, une controverse relative au passé de Hans Asperger et au contexte de création de cette entité diagnostique fournit d’autres arguments en faveur de l’abandon de cette dénomination[16].

      Donc, oui, dans ce domaine de la psychiatrie, ça bouge continuellement.
      De plus, le terme « Asperger » a permis à toute une communauté de s’identifier en tant que tel. Ça non plus, ça ne va pas faciliter toutes ces tâches d’éclaircissement par rapport à ce" trouble du spectre de l’autisme " (TSA), il n’y a pas si longtemps appelé « trouble envahissant du développement » (TED).

      On peut aussi lire cette autre page avec profit :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Asperger

  • Atouts & Handicap

    Bienvenue sur Atouts & Handicap, le podcast qui donne de la hauteur à votre politique handicap !

    #Laurène_Majada, consultante formatrice chez Atouts & Handicap, a toujours rêvé d’enregistrer un podcast.

    Dès son arrivée au sein d’Atouts & Handicap, elle commence à enregistrer la première saison du podcast Atouts & Handicap.

    Dans ses podcasts, Atouts & Handicap souhaite donner la parole à des personnes qui se disent « bien dans leurs baskets professionnelles » :

    - Quels sont leurs parcours ?
    - Comment le regard sur leur handicap a-t-il évolué ces dernières années ?
    - Quels outils ont-ils mis en place pour s’épanouir professionnellement ?

    Dans la Saison 1 du podcast d’Atouts & Handicap, Laurène explore le sujet des troubles Dys au travail à travers des interviews ou en solo pour approfondir certaines thématiques.

    Dans la saison 2 elle explore l’autisme au travail : comprendre les réalités de ce trouble, identifier les freins, mais surtout mettre en lumière les compétences et la richesse de ces profils atypiques.

    https://webapp.audiomeans.fr/e/podcast-mania/atouts-and-handicap-82f6aabd
    #podcast #audio
    #autisme #travail

  • Être une personne autiste dans le monde académique

    Une personne autiste est une personne connaissant un #développement_neurologique différent. Ce développement n’est ni meilleur ni pire que celui de la population « neurotypique », mais simplement différent. Selon les sources que je trouve (notamment l’OMS), l’autisme concernerait 1 % de la population mondiale, même si les difficultés de diagnostic tendaient à sous-estimer ce chiffre1. Ce n’est pas une maladie, un déficit, un trouble, ou un handicap. Cependant, la construction de la société étant calquée sur les besoins de la population majoritaire, cela peut induire quelques #décalages, à l’instar des personnes gauchères devant s’adapter dans un monde de personnes droitières 2. Ainsi, la principale difficulté des personnes autistes consiste à s’adapter constamment. C’est pourquoi je ne parle pas de #handicap, dans le sens où cela est contextuel : en changeant le contexte, les difficultés autistiques (d’adaptation) s’estompent.

    Une #adaptation et un décalage, pouvant conduire au #burn-out

    Si on devait donner une définition de l’autisme, il est caractérisé traditionnellement dans la littérature, et notamment au sein du DSM-53 comme 1) des difficultés dans la #communication et les #interactions_sociales  ; 2) des caractères intérêts restreints des centres d’intérêts  ; 3) des particularités sensorielles, en particulier une hyper ou ou hyposensibilité au bruit, à la lumière, etc. Cependant, il me semble nécessaire de déconstruire cette vision «  pathologisante  ». En effet, on le sait, les études médicales, qui relèvent de personnes humaines, font l’objet de biais, conscients ou inconscients, comme le montre l’histoire médicale4. Dans le cas de l’autisme, une partie de la recherche s’était lancée dans le biais d’étudier sous le prisme de #déficit, notamment en comparaison à une norme, celle des neurotypiques. Et en effet, en cherchant des déficits, on en trouvait, faisant un bais de confirmation, et permettant de justifier d’autres recherches en ce sens.

    Déficit de #communication ou incompréhension mutuelle ?

    Un exemple flagrant de cette «  approche déficitaire  » est celui de la communication. Les autistes sont souvent présentés comme ayant un déficit de communication. Or, c’est faux. Dans un article publié en 2012, Damian Milton5 montre le « problème de #double_empathie », c’est-à-dire une difficulté réciproque de compréhension entre autistes et neurotypiques, du fait de styles de communication et de #sociabilisation différents. Si on devait dresser une analogie, imaginons deux personnes, l’une parlant japonais et l’autre parlant italien, et dont chacune ignore tout de la langue de l’autre. Ces personnes vont essayer de communiquer, difficilement, et des quiproquos pourraient survenir, ce qui peut mener à des #incompréhensions. Elles viennent de milieux culturels distincts, ce qui entraine une différence dans leur mode de communication (la langue), mais aussi dans la manière d’agir (en parlant plus ou moins fort, en coupant ou non la parole, etc). Pourtant, cela ne viendrait pas à l’idée de dire que l’autre se retrouve en déficit de communication.

    L’exemple illustre une #communication_verbale, mais aussi la #communication_non_verbale. Si les personnes autistes ont des difficultés à comprendre le non-verbal, par exemple les expressions du visage de personnes neurotypiques, la réciproque s’applique aussi6,7. Ces études, et d’autres montrent que les personnes autistes avaient plus de facilité à comprendre les intentions d’autres personnes autistes. Elles mettaient particulièrement de l’avant leur capacité à capter des intentions implicites ou du non-verbal. De plus, elles montraient qu’elles excellaient davantage que des duos mixtes (autiste et non-autiste) dans cette tâche. De fait, la difficulté ne se situe pas dans la communication en tant que telle, ou du cliché du « manque d’empathie », mais dans l’#échange entre deux groupes ayant des modalités de communication différentes, avec une incompréhension mutuelle8. À titre d’exemple, si le « small talk » consiste à discuter de la pluie et du beau temps, il constitue un puissant fluidifiant social entre personnes neurotypiques. Cela peut toutefois s’avérer épuisant, ou contraire d’ennuyer, pour un cerveau autiste, qui prendra plus de plaisir à discuter en profondeur de sujets spécifiques9.

    Cependant, si on veut aller plus loin, du fait de la nécessité de s’adapter à un mode majoritaire de communication qui ne sont pas le sien, les personnes autistes ont développé une #capacité_d’adaptation importante, à travers une « # intellectualisation  », c’est-à-dire en analysant et en explicitant un mode de communication qui n’est pas le sien, ont poussé les autistes à une forme de «  #camouflage_social  »10, c’est-à-dire à un #masquage de comportements dans une logique d’adaptation 11 (cela n’est pas sans rappeler la métaphore théâtrale d’Ervin Goffman), au prix d’une #énergie_mentale importante.

    Une meilleure attention aux systèmes et #détails

    Comme évoqué en introduction, on doit concevoir l’autisme comme un développement différent, incluant aussi un certain nombre de « points forts » utiles dans une logique capitaliste et productiviste. Parmi elles, on trouve « l’ #hypersystémisation » 12, qui correspond à la capacité de faire attention aux détails, mais également aux schémas récurrents. Cela donne un avantage dans une prise de décision plus cohérentes13, en se basant sur des critères objectifs (caractéristiques techniques d’un objet par exemple), plutôt que des effets de contexte (une marque, etc.). Toute personne autiste ou connaissant une personne autiste connait cela, avec des comparaisons systématiques et poussées des caractéristiques d’un produit avant son achat par exemple.

    Cette attention aux détails permet également de proposer des procédés optimisés, puisque réfléchis dans les moindres détails. Cette attention aux détails, couplée à un « #hyperfocus », permet une concentration accrue, loin d’une concentration « rigide ». Elle permet de voir de nouvelles perspectives. C’est le cas de Temple Grandin, qui a s’est intéressée à la sensibilité des animaux, permettant d’améliorer conditions d’abattage des animaux14. Cela peut s’appliquer concrètement dans la correction d’un texte. Au lieu de simplement dire « revois ta copie », sans préciser ce qui peut poser problème et donc avec une forte composante implicite, une personne autiste va proposer, via une communication directe, d’indiquer les points de changement, gagnant en efficacité.

    Je pourrais également mentionner un autre avantage que présente cette approche hypersystémique se traduit par sensibilité face à l’#injustice. En effet, on peut voir l’injustice comme une incohérence dans un système, et elle génère un inconfort dans le cerveau autistique (augmentant le #cortisol). Du coup, ce dernier va devoir y remédier pour assurer le respect des règles. En corollaire, les personnes autistes se montrent, pour cette raison évoquée, plus honnêtes. Elles ont donc tendance à moins mentir, tricher ou camoufler une erreur15, et donc à mieux respecter les règles et les délais. Cela s’observe même si cela entraine parfois une franchise sans fioriture, énonçant simplement les faits16. Cette sensibilité à la #justice et à l’#équité revêt, à mon sens, une importance particulière, entre autres en terme d’#intégrité_professionnelle.

    Quand la machine s’emballe : le #burn-out_autistique

    Du fait du développement neuronal, le cerveau autiste est soumis à une #surcharge chronique (du fait de l’adaptation sociale permanente et de la #sensibilité aux détails même insignifiant de l’environnement), qui, bien qu’anodine pour la plupart des personnes neurotypiques, nécessite une quantité de ressources importantes pour le cerveau autiste. Par exemple, avec l’#hypersensibilité, l’environnement sensoriel quotidien (bruits de fond, odeurs, lumières, mouvements visuels…) peut constituer une agression continue pour le système nerveux17. Dans ce contexte, le cerveau va traiter avec une intensité égale ces informations (votre collègue vous parlant est traité de la même manière que le tic tac de l’horloge), mobilisant donc une énergie mentale importante. Les interactions sociales peuvent aussi s’avérer couteuses, comme nous l’avons évoqué précédemment, à travers un travail constant d’observation, d’analyse, et d’adaptation aux attentes sociales, cherchant à anticiper de manière permanente les réactions d’autrui. L’attention et le traitement aux détails peuvent constituer un atout. Cependant, ils consomment également beaucoup d’énergie mentale, même pour des tâches simples. Cette consommation d’énergie peut augmenter dans un contexte instable, multitâche ou bruyant, bref, où les détails s’accumulent.

    Ces microévènements mènent à une #hypervigilance_cognitive, que le cerveau va chercher à compenser (une exposition sensorielle, pour éviter les « faux pas sociaux »). Cela va mener à une réaction chimique18, en sécrétant de l’#adrénaline et du cortisol (les deux hormones du stress et de l’anxiété), qui servent à faire face à un danger. Dans un cerveau humain typique, une fois la menace écartée, le taux de ces hormones descend et le corps retrouve dans un état de repos. Dans un cerveau autistique, cette boucle de régulation fonctionne de façon plus sensible et est davantage sollicitée, restant dans un état de vigilance même lorsque la situation ne le justifie plus19. Afin de faire face à cette situation, les personnes autistes vont chercher à maitriser leur environnement, pour réduire la pression stressante. Elles peuvent réduire les stimulus sensoriels, pratiquer des « activités régulatrices » stabilisant le système nerveux et relançant la régulation (par exemple jouer de la musique ou s’adonner à d’autres loisirs), correspondant aux « intérêts et activités restreintes » de la définition du DSM. Si on veut prendre une métaphore, on peut penser qu’une barre d’énergie mentale existe. Cette quantité varie. Certains facteurs prennent de l’énergie (l’hypervigilance cognitive), qui ne pourra pas être allouée à autre chose, et d’autres facteurs aident à « recharger les batteries »20.

    Parfois, et pour différentes raisons, ce travail de régulation n’a pas lieu, par exemple à cause d’un contexte ne le permettant pas, avec des effets délétères sur la #santé_mentale. Le cerveau va alors progressivement s’intoxiquer avec un trop-plein de cortisol (qui se révèle être neurotoxique), qui, à grande quantité, agit sur le cerveau et attaque certaines structures clés (impact sur la mémoire, le sommeil, sur la régulation sensorielle et émotionnelle, impossibilité d’obtenir un repos régénérateur) : c’est le burn-out autistique 21. Ces effets incluent une incapacité fonctionnelle, c’est-à-dire qu’une personne souhaitant agir (contrairement à une dépression) n’a plus les moyens internes. Elle manque de ressources énergétiques, cognitives et biologiques. Le cerveau ne contrôle plus rien, car il est saturé, comme si un ordinateur se figeait, du fait d’une RAM utilisée complètement en raison du grand nombre de logiciels ouverts. Plus concrètement, cela se traduit par différents symptômes22 : une #fatigue significative sur le plan mental et physique, un #retrait dans les #relations_interpersonnelles principalement, mais également une réduction importante des capacités à avoir des #relations_sociales, des difficultés à mener des activités quotidiennes, une difficulté à maintenir le camouflage social, à se reposer, à contrôler ses #émotions et son adaptation à l’environnement sensoriel. Bref, une perte de fonctions exécutives. Le plus pernicieux dans ce phénomène est que cela est le fruit de micro-accumulations, et il est difficile de se rendre compte du phénomène, d’autant plus lorsqu’on a été habitué à compenser depuis l’enfance : à l’instar de la goutte d’eau faisant déborder le vase, c’est l’évènement de trop, même minime qui déclenchera ce burn out, et pour lequel on se rendra compte généralement que trop tard - si l’énergie mentale est présente pour arriver à conscientiser cela à temps. À l’instar d’un burn out professionnel, le seul moyen de s’en sortir est donc le #repos, en éliminant ces déclencheurs, afin de faire baisser le taux de cortisol dans le cerveau.

    La principale difficulté de l’autisme est donc de s’adapter constamment à un environnement, de manière consciente et énergivore, tout en ne s’épuisant pas au point d’arriver au bout des capacités physiologiques. De fait, si « handicap » de l’autisme est, c’est celle d’une gestion d’un #stress constant et plus ou moins diffus.

    Et le monde académique ?

    Lorsque l’on parle d’autisme et de travail, on pense rapidement à la #RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé, un document ouvrant le droit à des aménagements de la part de l’employeur) et aménagement de postes de travail. Je ne souhaite pas forcément aborder par cette approche, parce qu’on évalue l’autisme d’une part que sous l’angle médical (une difficulté à pallier), et sous une approche individuelle («  adapter une personne au monde du travail  »). De même, les besoins de chaque autiste sont différents, même s’il existe de grandes tendances, et je ne pourrais pas être exhaustif. Comme j’essaye de démontrer dans mon billet, le problème se situe au niveau systémique23. On le sait, un aménagement fait pour un handicap peut profiter collectivement, d’où ma volonté de sortir d’une approche individualiste pour initier une réflexion en vue d’un changement global. À titre d’exemple, les bateaux des trottoirs (l’abaissement pour arriver au niveau de la route) servent tant aux personnes en fauteuil roulant qu’aux parents avec une poussette ; l’absence de musique dans les magasins (pour répondre aux difficultés sensorielles des personnes autistes) bénéficie au bien-être collectif ; la transcription d’une vidéo, servant aux personnes ne pouvant pas entendre ce média, bénéficie à tout le monde, par exemple pour lire en diagonale en quelques minutes les informations essentielles plutôt que regarder pendant des heures des vidéos de MOOC (cet exemple fonctionne également pour les messages vocaux) ; les logiciels de correction d’orthographe tant aux dyslexiques qu’à ceux apprenant le français et les personnes fatiguées faisant des fautes d’inattention.

    Ainsi, je vais vous donner quelques exemples d’éléments de vie courante dans la vie académique. Je montrerai comment un « décalage » peut s’avérer onéreux pour un cerveau autiste. Ensuite, je proposerai des pistes de réflexion pour réduire cet écart, et donc favoriser l’inclusion.

    Une série de #micro-agressions générant une fatigue générale

    Du point de vue de l’aménagement du poste de travail, l’aménagement s’effectue principalement sur le plan organisationnel. En effet, les aménagements, je parle de ce qui me concerne, diffèrent pour chaque personne, bien que je retrouve une similitude en discutant avec d’autres universitaires autistes. Concernant les aménagements matériels, je les ai déjà : casque antibruit, bouchons d’oreilles, lunettes de soleil, etc. Bref, ce ne sont pas des dépenses mirobolantes pour du matériel, que j’ai d’ailleurs payé de ma poche.

    Prenons une journée typique de travail. Le matin, je prends les transports en heure de pointe, et donc bondés. J’arrive au laboratoire, et je rejoins mon bureau, partagé avec d’autres. Je commence à faire mes lectures, là, quand une collègue arrive et discute avec mon cobureau, m’interrompant dans ma réflexion, et dont la reprise me demandera de l’énergie et de la concentration. J’essaie de me concentrer, mais un rayon de lumière qui gêne : je me lève pour fermer le volet. Je décide de faire une pause et je consulte mes courriels : je dois mettre à jour le site du colloque, en devant écrire telle ou telle indication pour les intervenants, je m’exécute. J’ai ensuite une réunion avec l’équipe de recherche, où nous discutons des prochaines étapes du projet de recherche. Vient l’heure de manger, et je discute (small talk) avec mes collègues. En début d’après-midi, je prépare mes candidatures aux postes de MCF, ma réflexion se porte sur les éléments importants devant être présentés. Ensuite, je dois aller donner cours, en amphi ou en TD. Finalement, je rentre, à nouveau en heure de pointe .

    Dans cet exemple, on voit une série de microdéclencheurs, bien qu’ils soient minimes, qui entament la « barre d’énergie mentale » et sont éprouvants une fois cumulés. Et comme l’indique Florence Demourant dans le podcast Atout et Handicap (https://webapp.audiomeans.fr/e/podcast-mania/atouts-and-handicap-82f6aabd), à la fin de la journée, personne nous félicitera pour avoir survécu jusque-là. Durant les phases de transport, les #stimulations_sensorielles (bruits, essayer de ne pas tomber dans le bus) et la #promiscuité (essayer de ne pas toucher les gens) sont d’autant de microdéclencheurs. Une fois arrivé au bureau, on voit une série d’interruptions, tant sonore (la discussion) que visuelle (l’arrivée d’une personne, le rayon de soleil). On voit également des interruptions dans le fil de pensée (discussions, courriels) dont la remise au travail consomme cette barre d’énergie. Une consommation de l’énergie mentale existe également en faisant un travail de sociabilisation (réunion, discussion de la pause). Finalement, la partie enseignement, est une partie éprouvante, car elle implique de nombreuses compétences : physique, comme parler de manière didactique pendant 1 h à 2 h devant des étudiants et rester intéressant, en assurant le « show » ; sensoriel, en gérant le brouhaha de l’amphithéâtre, de vigilance, pour voir les mains qui se lèvent ; social, en scrutant les visages pour comprendre l’ennui ou l’interrogation. Une fois le travail terminé, il faut pourtant continuer de vivre, et enchainer avec les activités de la vie quotidienne. Lorsque je pars en colloque ou sur le terrain, cela est démultiplié : je dois gérer la sortie de ma routine et de mes repères familiers (couteuse pour le cerveau autistique), la fatigue des transports et du voyage, les imprévus (ils surviennent souvent, notamment avec les retards de train), la concentration nécessaire pour écouter les conférences (la partie la plus intéressante !), puis sociabiliser (souvent en anglais, donc énergivore). Cette énergie mentale utilisée pour survivre à mon environnement, c’est d’autant qui ne sera pas consacrée pour réfléchir, analyser, rédiger : bref, réaliser mon travail pour lequel je suis payé.

    Gérer une barre d’énergie mentale au quotidien : des aménagements pour aider ?

    Tout l’enjeu de l’autisme consiste à gérer cette #barre_d’énergie. Il faut essayer de conserver suffisamment d’énergie pour les tâches « coûteuses ». L’adaptation du poste de travail peut se traduire par la mise en place d’un lieu calme, sans passage, sans distraction potentielle (sonnerie de téléphone, panneau « ne pas déranger »), avec un aménagement concernant l’intensité lumineuse (volets, etc.) par exemple24, se traduisant, de facto, par un bureau individuel. Dans un contexte de tension sur les ressources immobilières à l’université, cela n’est pas forcément envisageable (bien que pouvant imaginer des systèmes de rotation avec d’autres personnes en télétravail). Une alternative serait d’augmenter le recours au télétravail, ce qui permettrait de réduire les stimulations sensorielles et les interruptions, et qui est une pratique de plus en plus répandue depuis la pandémie de Covid (malgré un retour en arrière que l’on peut déployer), ainsi qu’à des horaires « souples » permettant d’éviter les heures de pointe25. Si cela semble évident dans le métier d’enseignant-chercheur, où la liberté d’organisation s’applique généralement, cela n’est pas forcément vrai : par exemple, au CNRS, le télétravail n’est autorisé qu’au bout de 6 mois de contrat, dans une limite de deux jours par semaine. Gageons que, sous la pression de la « génération Z » et de la prise en compte des problématiques organisationnelles (parentalité, etc.), on assiste à une transformation de la culture « présentéiste » pour aller vers plus de souplesse. Dans le cadre de déplacements, on peut considérer cela en mettant en place de « temps calmes » au sein du programme (et tant pis pour le repas de gala !), ou pour les organisateurs de colloques, la mise en place de « pièces de repos » sans stimulis sensoriels26. Cela peut aussi se traduire par l’organisation du travail au quotidien : par exemple, pour éviter le multitasking, épuisant tout le monde au passage, notamment par la multiplication des responsabilités dans le monde académique, j’organise mes journées « en bloc » cohérents, permettant de m’adonner à une tâche sans distraction. Je peux ainsi me consacrer pleinement sur telle ou telle tâche (rédiger, lire, faire de l’administratif ou préparer un cours), et cela me permet de m’organiser en fonction d’activités impondérables énergivores (enseigner, une grosse réunion, etc.), et en réduisant le coût mental de switcher entre différentes activités. Ce sont des aménagements simples, organisationnels, pouvant être utiles à tous, et pouvant être mis en place de manière abordable financièrement.

    Les implicites sociaux

    Concernant les implicites sociaux, le monde académique en est truffé, avec de nombreux non-dits, avec des codes que l’on se doit de maitriser. Désolé de mettre les pieds dans le plat, mais cela contribue, à mon sens, à entretenir un entre-soi. Il permet de distinguer ceux qui connaissent les codes des autres27 : cela va des éléments à mettre sur son CV analytique, la structure d’un article et la manière de répondre à un reviewer, aux stratégies de publication et de carrière. Au-là des éléments structurels de l’académique, l’université est bourrée d’implicites, allant sur certaines procédures administratives (pas forcément écrite, ou différente de ce qui est noté dans le règlement intérieur), certaines responsabilités non formalisées, les jeux de pouvoir au sein des laboratoires avec des conflits interpersonnels, etc. Si personne ne peut servir de mentorat, si aucun guide officiel n’existe (des guides officieux existent pour le CV analytique et les recrutements pour palier un manque), difficile de deviner les règles, et il est facile de voir ceux qui ont pu bénéficier de bons conseils des autres. Je pense qu’il est important d’expliciter ces règles implicites. Cela revient à une réflexion d’organisation systémique du monde académique. D’abord, cela permettrait d’aider les personnes autistes, mais aussi les personnes venant pas des milieux sociaux académiques (donc ceux qui ne sont pas des enfants de), et d’intégrer les enseignants-chercheurs internationaux (n’ayant pas forcément les codes de la culture académique française) en tenant en compte l’interculturalité. Car finalement, ce n’est rien de plus que l’explicitation des codes d’une culture, la culture universitaire, permettant un plus grand accès, cassant la reproduction sociale et une forme de mandarinat (ceux bénéficiant des conseils pertinents de ceux devant se « débrouiller »). De même, l’université est souvent présentée comme une organisation horizontale et «  entre pairs  » et avec une forte place à la discussion, mais est en réalité une organisation avec une hiérarchisation implicite très forte (entre ceux ayant ou non un doctorat, titulaire / contractuel, chercheurs /enseignants-chercheurs / personnel d’appui, recherche « fondamentale » ou recherche « appliquée », ceux sortant de certaines universités « prestigieuses » et ceux d’universités « de proximité », etc.)28, avec souvent des jeux de pouvoir (et d’égo), très importants, pouvant générer des tensions et impacter l’organisation collective d’un laboratoire de fait de mésententes, et conflits29. Là encore, une communication explicite (sans implicite, ni ambigüité ou sous-entendus), assertive et directe permettrait de fluidifier les rapports sociaux et de gagner du temps, tant pour les neurotypiques que pour les autres.

    Conclusion : un changement systémique ?

    Être une personne autiste, dans le monde académique30, n’est pas quelque chose de forcément aisé. Si ces aménagements sont envisageables, malgré un contexte de réduction de moyens du monde académique, je vois cependant un problème de fond : du fait de la pression croissante pour les postes, face à deux candidats avec des profils scientifiques et de compétences similaires, le choix se portera certainement vers la personne non autiste, car certainement perçu comme «  plus performant  ». Cela pose un problème majeur, car cela perpétue une vision stakhanoviste du fonctionnement académique, et plus globalement de notre société capitaliste contemporaine, où on voue un certain culte à la performance, où un « biais de survivant »31 s’observe, où restent ceux qui sont le mieux adaptés aux règles du jeu du système32.

    Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de sortir d’une vision étroite de l’organisation du travail, pour apporter une plus grande souplesse et une plus grande adaptation33, et où, je pense, l’autisme est un véritable atout. En effet, en réglant les problèmes de communication, en rendant plus explicite l’implicite, cela permettrait non seulement d’aider les personnes autistes, mais également d’inclure une plus grande diversité sociale de personnes au sein de l’ESR, permettant de sortir d’un entre soi. L’hypersensibilité permet d’éprouver les limites du système. L’ESR connaît particulièrement ce phénomène, avec une dégradation des conditions de travail34 et les personnes neurotypiques peuvent aussi faire un burn-out : ainsi, les personnes autistes sont les canaris de la mine, permettant de lever une alerte sur des conditions pas forcément tenable à long terme d’un point de vue collectif. Nous devons admettre que l’on ne peut pas se montrer performant tout le temps, que l’on peut vivre des hauts et des bas, et qu’on peut s’adapter pour répondre à cette réalité physiologique : nous sommes des humains, pas des machines. À mon sens, nous devons absolument remettre de la #vulnérabilité au sein de nos organisations, au-delà de l’autisme et du handicap, en sortant de la performance absolue et en embrassant une véritable approche du #care. Enfin, si les intérêts restreints peuvent être reprochés aux personnes autistes, je pense que c’est, au contraire, c’est une force, donnant une capacité à être plus efficace, à voir des choses que d’autres ne voyant pas, à apprécier faire des tâches que d’autres rechignent. Ainsi, nous l’avons vu, pour certaines tâches, être autiste peut être un avantage, notamment dans des tâches d’analyse ou dans une volonté de rechercher le vrai, ce qui est quand même des compétences attendues en recherche… Ainsi, comme j’ai essayé de faire passer comme message dans ce billet, être autiste n’est pas un handicap, mais une autre manière de penser, et parfois de manière très (voir plus efficace) sur un certain nombre de points : ça serait un gâchis humain pour la recherche et le monde académique de ne pas tirer partie de cette force.

    Je pense qu’il est nécessaire, au delà d’un discours performatif convenu et plein de bon sentiments, d’intégrer réellement et concrètement au sein des organisations une certaine diversité. Cette diversité pourrait comprendre une diversité de neurodéveloppement, et de groupes sociaux, que cela soit d’origine sociale, culturelle, ou de diversité de genre et d’orientation sexuelle. Cela permettrait de multiplier les perspectives sur une même problématique, et d’apporter des solutions créatives, originales et pertinentes. Intégrer la diversité, en proposant ainsi des changements contextuels et systémiques, permettrait également de sortir de l’approche pathologisante et individuelle que l’on voit souvent au sein des « missions handicaps » des organisations ou de l’approche d’une « fausse visibilité », souvent symbolique et de façade, des politiques de diversité et d’inclusion35, en adoptant une approche plus politique et plus cohérente avec la visée d’émancipation collective dont se targue certains universitaires. Cela permettrait de proposer une perspective d’amélioration et d’inclusion collective, plutôt qu’une approche de compensation individuelle. Je pense que la prise en compte des besoins des personnes autistes, et des autres minorités qui doivent être inclus dans la recherche, permettrait d’initier des réflexions sur d’autres manières de faire de la recherche, tant dans l’organisation du travail, que des axes de recherche ou des méthodes d’enseignement36.

    –—

    Pour aller plus loin

    Le dépliant « T’as pas l’air autiste » pour lutter contre quelques idées reçues.
    Comprendre l’autisme, Association francophone des femmes autistes, Thérapie autisme, avec un travail de vulgarisation d’articles scientifiques ;
    Guide de survie pour personne non autiste vivant avec une personne autiste par l’AFFA.
    L’émission radio « Le mythe du geek autiste », épisode 1 et épisode 2.
    Le projet Atypie Friendly visant à intégrer la neurodiversité (pas seulement l’autisme) à l’université. Voir également le pendant helvétique, avec Autism&Uni et à l’échelle européenne ;
    Violentomètre autistique ;
    L’émission Regards Autisme : les Irlandais en première ligne
    Le collectif « Universitaires autistes » permettant de partager des expériences entre pair⋅es concerné⋅es. Me contacter pour avoir le lien du Discord.

    En effet, de nombreuses populations sont sous-détectées, notamment les femmes, du fait d’une manifestation différente. Étant donné que l’autisme est un «  spectre  », avec différentes configurations possibles et donc différentes manifestations, cela rend également plus ardu la tâche. Voir cet article montrant les différences. ↩︎

    si vous saviez la difficulté à trouver des outils, pourtant simples, et à un prix correct adaptés aux gauchers : ouvre-boites, ciseaux, etc. ↩︎

    5ᵉ édition du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux », édité par l’Association américaine de psychiatrie. ↩︎

    Cette histoire nous apprend que le dosage de certains médicaments a été calibré pour une population d’hommes blancs adultes. On prend maintenant progressivement (enfin !) en compte les particularités des femmes et des populations non occidentales ↩︎

    MILTON, Damian E.M., 2012. On the ontological status of autism : the ‘double empathy problem’. Disability & Society [en ligne]. octobre 2012. Vol. 27, n° 6, pp. 883‑887. [Consulté le 30 juillet 2025]. DOI 10.1080/09687599.2012.710008. Disponible à l’adresse : http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09687599.2012.710008 ↩︎

    EDEY, Rosanna, COOK, Jennifer, BREWER, Rebecca, JOHNSON, Mark H., BIRD, Geoffrey et PRESS, Clare, 2016. Interaction takes two : Typical adults exhibit mind-blindness towards those with autism spectrum disorder. Journal of Abnormal Psychology [en ligne]. octobre 2016. Vol. 125, n° 7, pp. 879‑885. [Consulté le 30 juillet 2025]. DOI 10.1037/abn0000199. Disponible à l’adresse : https://doi.apa.org/doi/10.1037/abn0000199 ↩︎

    BREWER, Rebecca, BIOTTI, Federica, CATMUR, Caroline, PRESS, Clare, HAPPÉ, Francesca, COOK, Richard et BIRD, Geoffrey, 2016. Can Neurotypical Individuals Read Autistic Facial Expressions  ? Atypical Production of Emotional Facial Expressions in Autism Spectrum Disorders. Autism Research : Official Journal of the International Society for Autism Research. février 2016. Vol. 9, n° 2, pp. 262‑271. DOI 10.1002/aur.1508. ↩︎

    Si j’étais provocateur, je dirais : les neurotypiques ont-ils finalement des problèmes de communication, en ne comprenant pas les autistes ? Un exemple flagrant est qu’un neurotypique va généralement supposer la présence de sous-entendus. Croyez-moi, devoir reformuler chaque phrase pour éviter tout sous-entendu et toute mauvaise interprétation, alors qu’une compréhension littérale suffirait à saisir l’intention initiale du texte, est épuisant. ↩︎

    Et franchement, vous préférez encore une inième discussion sur votre week-end ou la météo, ou un séminaire improvisé sur tel ou tel concept pendant votre pause café  ? J’ai fait mon choix, et étant curieux, je préfère apprendre de nouvelles choses, avoir de nouvelles perspectives, initier de nouvelles lectures, plutôt que de savoir que votre activité du week-end. ↩︎

    Une relectrice, m’indique que ce travail de performation sociale s’inscrit également pour les personnes racisées, et d’autres groupes minorisées, voir notamment l’ouvrage Survivre au taf de Marie Dasylva (2022, éditions Daronnes). ↩︎

    Exemple : dans un contexte où je suis gênée, j’ai tendance à sourire, plus par gêne. Mais pour éviter qu’on pense que je me moque de quelqu’un, je dois réfréner ce sourire. ↩︎

    BARON-COHEN, Simon, ASHWIN, Emma, ASHWIN, Chris, TAVASSOLI, Teresa et CHAKRABARTI, Bhismadev, 2009. Talent in autism : hyper-systemizing, hyper-attention to detail and sensory hypersensitivity. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences. 27 mai 2009. Vol. 364, n° 1522, pp. 1377‑1383. DOI 10.1098/rstb.2008.0337. ↩︎

    FARMER, George D., BARON-COHEN, Simon et SKYLARK, William J., 2017. People With Autism Spectrum Conditions Make More Consistent Decisions. Psychological Science. août 2017. Vol. 28, n° 8, pp. 1067‑1076. DOI 10.1177/0956797617694867. ↩︎

    Certes, je conçois, améliorer les conditions d’abattage n’est pas forcément une bonne chose en soi, dans le sens, où, in fine, les animaux sont abattus pour être mangé, et où la vraie preuve d’humanité serait justement de les laisser vivre. Mais ceci est un autre débat. ↩︎

    Ce qui, malheureusement, pose un certain nombre de problèmes, avec une plus grande prévalence de cas de VSS. À titre d’exemple, 9 femmes autistes sur 10 sont victimes de VSS, contre 1 femme sur trois dans la population générale. ↩︎

    Ce qui peut parfois dérouter dans un contexte social de communication neurotypique où on va parfois chercher à euphémiser ou à recourir à «  des petits mensonges  » afin de fluidifier les relations sociales. ↩︎

    Cette vidéo illustre bien le phénomène. ↩︎

    DEMOURANT, Florence, [sans date]. Burn out autistique [en ligne]. Disponible à l’adresse : https://www.therapie-autisme.com/_files/ugd/569338_e7ac5e29b8284d1b96996d4c0b64bd5d.pdf ↩︎

    Exemple : des personnes passant dans la rue en criant, c’est un shoot de cortisol. Une personne passant à l’improviste, un autre shoot. C’est rien, mais cumulé sur une journée, cela fait beaucoup. ↩︎

    On entend plus généralement parler de la « théorie des cuillères », mais dont je trouve moins parlante que la métaphore de la barre d’énergie, me faisant plus penser à un jeu vidéo. ↩︎

    RAYMAKER, Dora M., TEO, Alan R., STECKLER, Nicole A., LENTZ, Brandy, SCHARER, Mirah, DELOS SANTOS, Austin, KAPP, Steven K., HUNTER, Morrigan, JOYCE, Andee et NICOLAIDIS, Christina, 2020. “Having All of Your Internal Resources Exhausted Beyond Measure and Being Left with No Clean-Up Crew” : Defining Autistic Burnout. Autism in Adulthood. 1 juin 2020. Vol. 2, n° 2, pp. 132‑143. DOI 10.1089/aut.2019.0079. ↩︎

    HIGGINS, Julianne M, ARNOLD, Samuel Rc, WEISE, Janelle, PELLICANO, Elizabeth et TROLLOR, Julian N, 2021. Defining autistic burnout through experts by lived experience : Grounded Delphi method investigating #AutisticBurnout. Autism [en ligne]. novembre 2021. Vol. 25, n° 8, pp. 2356‑2369. [Consulté le 1 août 2025]. DOI 10.1177/13623613211019858. Disponible à l’adresse : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613211019858 ↩︎

    La critique n’est pas nouvelle : voir notamment Déconstruire le validisme académique : pour une accessibilité structurelle ↩︎

    C’est pourtant une recommandation standard : voir là, là, là ou là. ↩︎

    Cela peut sembler évident, mais ça ne l’est pas. ↩︎

    De quoi compléter le guide « Pour des colloques inclusifs » ? Cela consiste simplement à prévoir une salle en retrait, loin de l’agitation et du brouhaha du colloque, avec une lumière douce/tamisée au besoin (typiquement : les volets entrouverts). Wikimédia Belgique a initié quelques réflexions sur le sujet. ↩︎

    BOURDIEU, Pierre, 1979. La distinction : critique sociale du jugement. Paris : Éditions de Minuit. Le Sens commun. ISBN 9782707302755. ↩︎

    Voir Dans les coulisses de la science. Techniciens, petites mains et autres travailleurs invisibles de Françoise Waquet (CNRS Éditions, 2022) ou DUBOIS, Sébastien, 2016. La stratification dans le monde académique comme ordre statutaire  : une proposition wébérienne : Annales des Mines - Gérer et comprendre [en ligne]. 11 mars 2016. Vol. N° 123, n° 1, pp. 35‑45. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.3917/geco1.123.0035. Disponible à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-gerer-et-comprendre-2016-1-page-35.htm?ref=doi ; ↩︎

    Une illustration d’un propos direct et sans fioriture d’une personne autiste voyant un dysfonctionnement systémique, une incohérence entre l’énoncé et les faits, et cherchant à résoudre sans arrière pensé un problème. ↩︎

    Il manque des études concernant la part de personnes autistes dans l’ESR. J’ai le sentiment qu’il y a malgré tout une certaine neurodiversité, mais en absence d’étude pour quantifier, cela reste un ressenti. ↩︎

    Même si, avouons-le, dans ma position de jeune chercheur, diplômé du doctorat, je suis privilégié, ayant réussi à surmonter les difficultés durant mon parcours scolaire. Heureusement, ces dernières années, apparaissent des initiatives, à l’instar de Atypie Friendly, afin de rendre plus inclusive l’université. Voir également ce billet cet article, parlant du point de vue des étudiant⋅es : MICHAUD, Valérie et GOUPIL, Georgette, 2021. Trouble du spectre de l’autisme et études postsecondaires  : points de vue d’intervenants des services d’aide aux étudiants. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [en ligne]. 3 novembre 2021. Vol. 37, n° 3. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.4000/ripes.3439. Disponible à l’adresse : https://journals.openedition.org/ripes/3439 . ↩︎

    Et s’il existe des postes pour travailleurs handicapés, avoir accès est un véritable parcours du combattant, encore plus difficile que le parcours «  classique  ». ↩︎

    Voir ce billet, reprenant ce constat : OIRY, Ewan, DELHOUME, Fran et CODELLO, Pénélope, 2025. Neurodivergence au travail, pourquoi une approche strictement médicale ne suffit pas. The Conversation [en ligne]. 3 février 2025. [Consulté le 4 août 2025]. Disponible à l’adresse : http://theconversation.com/neurodivergence-au-travail-pourquoi-une-approche-strictement-medica ↩︎

    À défaut de statistiques, voir Enseignants-chercheurs : un grand corps malade Dominique Glaymann (2025, éditions Le bord de l’eau) ou Comment l’université broie les jeunes chercheurs d’Adele Combes (2022, éditions Autrement) dressant un tableau édifiant de la situation. ↩︎

    Avec le risque de faire du tokénisme, c’est-à-dire que l’inclusion ne soit que symbolique, et pas une volonté réelle de diversification. ↩︎

    DUMONTEIL, Julie, 2022. Enseignants autistes  : l’aboutissement d’un parcours inclusif  ? Éducation et socialisation [en ligne]. 2022. Vol. 65. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.4000/edso.20398. Disponible à l’adresse : https://journals.openedition.org/edso/20398 ↩︎

    https://justin.missaghiehponcet.eu/carnet/20250804.html

    #autisme #ESR #recherche #université

  • Risk of Parkinson Disease in Individuals With Autism Spectrum Disorder

    Question Is there an association between autism spectrum disorder (ASD) and future risk of Parkinson disease (PD)?

    Findings In this cohort study, among the 2 278 565 individuals born in Sweden from 1974 through 1999 and followed up through December 2022, PD occurred in 438 of 2 226 611 individuals without ASD (0.02%) and 24 of 51 954 individuals with ASD (0.05%). After adjusting for sex, depression and antidepressant use, antipsychotic exposure, socioeconomic status, and parental mental illness or PD, ASD remained consistently associated with increased risk of PD.

    Meaning These findings suggest a potential shared etiology between neurodevelopmental disorders and PD, warranting increased awareness of long-term neurological conditions in individuals with ASD.

    https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/article-abstract/2834684

    #parkinson #santé #autisme

    via @freakonometrics

  • RFK Jr.’s autism study to amass medical records of many Americans [22 avril]
    https://www.cbsnews.com/news/rfk-jr-autism-study-medical-records

    Autism evaluations are being canceled over fears about a national registry [1er mai]
    https://www.statnews.com/2025/05/01/autism-registry-fears-hurt-diagnosis-screening-parents-cancel-autism-evalu

    People with autism and parents of autistic kids are asking clinicians to erase their diagnoses and cancelling appointments with medical professionals, according to interviews conducted in recent days at an international autism conference. 

    Amy Esler, a pediatric psychologist at the University of Minnesota, said she has heard of similar cancellations from peers across the country through the International Collaboration for Diagnostic Evaluation of Autism network, which includes more than 20 major autism care and research centers such as Vanderbilt University Medical Center. Families seeking a pre-diagnosis evaluation from the University of North Carolina TEACCH Autism Program have removed themselves from the waitlist, according to Hannah Morton, a UNC psychiatry professor. Multiple organizations declined to comment about the issue.

    #autisme #tsa #rfkjr

  • Autism Spectrum Disorder (ASD) : Barriers and Pathways in Formal and Self-Diagnosis

    Hi, I’m Alice. You’re already on my CodeBerg page, and you can find my Mastodon profile here.

    I spend my days working for a (non-GPT-based) AI company, managing their data science team. I’ve worked in the game industry for years as the head of data, and I’ve worked in data & business analytics in general for many years. I have a computer science degree and finished a few years of psychology coursework prior to that. When I’m not at work, I queer it up online, rant about capitalism, and advocate for data privacy.

    As of writing, I think I’m currently most famous for a gif of a farting cat. Maybe this will change that, but knowing the internet, probably not.

    I’m autistic, or at least, I’m very likely autistic. I’ve been trying off-and-on to get a formal diagnosis for a few years now.

    When I was quite young, I had some speech difficulties and saw a speech therapist for them. Growing up, friends often joked that I was a robot or alien, due to my social interactions, flat affect, and specific interests. Ah, kids; their comments cut deep. When I was older, I was just a little “off”, “odd”, or “peculiar”. It wasn’t until well into my adult life that the topic of autism came up one night, at a bar with some friends. I took some online quiz on my phone. The quiz was like, “You’re Autistic! Lol”. We started discussing the validity of online quizzes as a few other friends took the same test. All-but-one of them got results of “You’re probably not Autistic”. It got a little awkward, and the conversation changed topics.

    Over then next weeks, I took a lot of online tests, and they all pointed the same direction—I was likely autistic.

    I didn’t do much of anything with that information for a while, just kept it tucked away in the back of my mind, where it could gnaw at me.

    Some months later, after moving to and settling down in the UK, I started looking into getting a formal diagnosis. After searching around and calling places, I eventually found an autism center that was accepting people and got myself on a waiting list. Then COVID got worse, and the clinic paused its services. I looked for another, but no one was offering diagnostic services (especially for adults). I eventually got an email that the clinic was closing permanently and I was no longer wait-listed.

    Fast-forward some months, and I’m living back in the USA, getting re-settled in. I ask my new doctor about formal diagnosis options, and he agrees that I’m likely autistic. After a few weeks he gives me a referral to the University of Washington Autism Center. I try for a month or so to get a response from them, and eventually someone contacts me to let me know that they’d be happy to see me if I have a formal diagnosis. After some questions, the lady informs me that they don’t offer adult diagnostic services anymore, but that I’m welcome to get another referral after I get a formal diagnosis.

    So there I was, years after starting my journey towards a formal diagnosis, with zero progress towards my goal.

    That’s when I started really researching the validity of self-diagnosis, which is what this project is all about.

    There are no ads, deals, or sponsors behind this project; it is 100% my own opinions and research.

    –-> les ressources dans la suite sur la page web :

    https://codeberg.org/alicewatson/asd-self-dx/src/branch/main
    #autisme #diagnostic #auto-diagnostic #ressources #trouble_du_spectre_de_l'autisme (#TSA)

  • Origine, diagnostic, prises en charge : le point sur les troubles du spectre autistique - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=f15aRSnnY3s

    Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) touchent environ 700 000 personnes en France, dont 100 000 jeunes.
    Longtemps mal compris, l’autisme est désormais vu comme un trouble du neurodéveloppement, avec des avancées majeures en génétique et neurosciences.

    Dans cette vidéo, Boris Chaumette, psychiatre et chercheur, explique ce que l’on sait aujourd’hui de l’autisme, comment le diagnostic est posé et quelles sont les nouvelles approches de prise en charge.

    📌 Au programme :
    ⏱️ 00:00 - Introduction
    ⏱️ 02:00 - L’histoire de l’autisme : Du trouble de la relation au trouble du neurodéveloppement
    ⏱️ 06:30 - Vaccins et autisme : La fausse théorie démystifiée
    ⏱️ 10:00 - Les avancées scientifiques : Comprendre l’autisme par la génétique et les neurosciences
    ⏱️ 14:00 - Neurodéveloppement : Qu’est-ce que c’est ?
    ⏱️ 17:30 - Autisme et autres troubles : Dyslexie, dyspraxie et troubles de l’attention
    ⏱️ 20:00 - Diagnostic précoce : Repérer les signes à temps
    ⏱️ 23:00 - Prise en charge des enfants autistes : Thérapies et traitements
    ⏱️ 26:00 - Scolarisation et inclusion des enfants autistes : Les défis actuels
    ⏱️ 27:30 - Conclusion : L’avenir de l’accompagnement des TSA et la neurodiversité

    #autisme #santé #recherche

  • #Autismes, les combats d’une vie

    Par Jérôme Sandlarz. LSD nous plonge dans le quotidien chaotique de familles aux prises avec l’autisme. À leurs côtés, soignants, éducateurs et chercheurs nous éclairent sur l’histoire de ce #handicap, ses prises en charge et l’état actuel des connaissances scientifiques.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-autismes-les-combats-d-une-vie
    #autisme #podcast #audio #enfance #adultes #école #adolescence #inclusion_scolaire

  • C.D.C. Will Investigate Debunked Link Between Vaccines and Autism - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2025/03/07/health/vaccines-autism-cdc-rfk-jr.html

    In pursuing the study, the C.D.C. is defying the wishes of the chairman of the Senate Health Committee, Senator Bill Cassidy, who said this week that further research into any supposed link between vaccines and autism would be a waste of money and a distraction from research that might shed light on the “true reason” for a rise in autism rates.

    “It’s been exhaustively studied,” Mr. Cassidy, a doctor, said during the confirmation hearing for Dr. Jay Bhattacharya, President Trump’s nominee to lead the National Institutes of Health. “The more we pretend like this is an issue, the more we will have children dying from vaccine-preventable diseases.”

    While Dr. Bhattacharya said he is “convinced” from the existing research that there is no link between vaccines and autism, he suggested more research might assuage the fears of nervous parents. Mr. Kennedy’s backers, and allies of his “Make America Healthy Again” movement, lauded the administration’s decision.

    Asked in an interview about the C.D.C.’s plans to re-examine whether autism is connected to vaccination, Xavier Becerra, health secretary to President Joseph R. Biden Jr., said, “All I’ll say is that C.D.C. can do many things. They can walk and chew gum, but I would hope C.D.C. is being used to help us get a grip on measles before another life needlessly dies, perishes.”

    The rate of autism diagnoses in the United States is undeniably on the rise. About 1 in 36 children have one, according to data the C.D.C. collected recently from 11 states, compared with 1 in 150 children in 2000. Researchers attribute most of the surge to increased awareness of the disorder and changes in how it is classified by medical professionals. But scientists say there are other factors, genetic and environmental, that could be playing a role, too.

    “There are so many promising leads for the cause or causes of autism,” Dr. Paul Offit, a pediatrician specializing in infectious diseases at the Children’s Hospital of Philadelphia, said in an email Friday. “Vaccines aren’t one of them. Given that there are limited resources from the C.D.C., this is a sad day for children with autism.”

    #Vaccins #Autisme #Anti-science #Etats-Unis

  • Une veste tranquille

    « Dans un foyer spécialisé du Jura suisse, Roman, jeune adulte autiste, apprend la #foresterie avec Xaver, pédagogue à la douceur réfléchie. À cause, on le devine, d’un événement qui a lieu pendant son tournage, le film organise de discrets flash-forward qui entrelacent l’initiation humaine et professionnelle de Roman et sa première expérience du deuil. Très tôt, #Ramòn_Giger insère dans son portrait filmé le dialogue qu’il engage avec le jeune homme, qui s’exprime via un système d’#alphabet_manuel et une Interprète. »– Comment faire le film ? – En me racontant sans préjugé, lui répond Roman. – Qu’est-ce qu’un préjugé ? – Quand on ne me considère que comme un autiste." Comment, donc, faire un portrait qui inclue à la fois le handicap et son entour, ou son au-delà ? Faire simplement le portrait d’un « #homme_total » que Roman appelle de ses vœux ? Non seulement le jeune homme semble souvent frustré de ne pas parvenir à parler directement, mais durant ses fréquentes #crises_de_panique, la #communication devient impossible. Véritable exercice d’humilité, Eine ruhige Jacke s’offre en creux comme la « #veste_tranquille » dont le jeune homme dit qu’elle l’aiderait à s’apaiser. Il gagne par surcroît des propositions de mise en scène de celui qu’il filme, quand il s’empare de la caméra pour transmettre ce qu’il ressent sans le biais de la traduction."

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/33192_0

    #film #film_documentaire #documentaire #Suisse #autisme

  • Enhanced rationality in autism spectrum disorder

    Challenges in social cognition and communication are core characteristics of autism spectrum disorder (ASD), but in some domains, individuals with ASD may display typical abilities and even outperform their neurotypical counterparts. These enhanced abilities are notable in the domains of reasoning, judgment and #decision-making, in which individuals with ASD often show ‘enhanced rationality’ by exhibiting more rational and bias-free decision-making than do neurotypical individuals. We review evidence for enhanced rationality in ASD, how it relates to theoretical frameworks of information processing in ASD, its implications for basic research about human irrationality, and what it may mean for the ASD community.

    https://www.cell.com/trends/cognitive-sciences/fulltext/S1364-6613(21)00125-X

    #rationalité #autisme #neuroatypie #raisonnement #jugement #prise_de_décision
    via @freakonometrics

    • je pense quand même qu’il y a un soucis (le protocole n’est pas clairement expliqué) : les autistes ont du mal à extraire l’information importante, et sont facilement distraits par du « bruit ambiant »... Prendre des décisions dans une « expé » devant un ordinateur qui pose des questions, c’est facile. En conditions réelles, c’est bien plus dur. Pour ma part, je magasine presque exclusivement en ligne à cause de ça : j’ai beaucoup de mal à analyser le « bruit » des vendeurs, qui me noient sous de l’information que je ne veux pas, et qui me font prendre des décisions non-rationnelles. Je pense que le marketing a des effets désastreux sur les TSA (ASD) précisément parce que ce bruit (intentionnel des vendeurs) les empêche d’agir de manière rationnelle (encore plus qu’une personne neurotypique).

  • #Steve_Silberman : The forgotten history of autism

    Decades ago, few pediatricians had heard of autism. In 1975, 1 in 5,000 kids was estimated to have it. Today, 1 in 68 is on the autism spectrum. What caused this steep rise? Steve Silberman points to “a perfect storm of autism awareness” — a pair of doctors with an accepting view, an unexpected pop culture moment and a new clinical test. But to really understand, we have to go back further to an Austrian doctor by the name of Hans Asperger, who published a pioneering paper in 1944. Because it was buried in time, autism has been shrouded in misunderstanding ever since. (This talk was part of a TED2015 session curated by Pop-Up Magazine: popupmagazine.com or @popupmag on Twitter.)

    https://www.youtube.com/watch?v=_MBiP3G2Pzc


    #autisme #vidéo #tedx #prévalence #santé_publique #Leo_Kanner #diagnostic #épilepsie #stigmatisation #honte #Lorna_Wing #histoire #Judith_Guld #Hans_Asperger #continuum #dons #handicaps #traits_autistiques #spectre_de_l'autisme #critères #Rain_Man #tests #neurodiversité

    via @freakonometrics

  • Drapeaux Verts et Rouges. #Dépistage précoce dans le #Trouble_du_Spectre_de_l’Autisme pour enfants de 0 à 3 ans

    Dans le domaine du Trouble du Spectre de l’Autisme (#TSA), l’importance d’un diagnostic précoce est reconnue au niveau international. En effet, plus tôt le #diagnostic est formulé, plus tôt l’enfant et sa famille peuvent bénéficier d’une intervention appropriée. L’intervention précoce, contrairement à celle qui arrive plus tard, a un impact majeur sur le développement de l’enfant et sur la qualité de vie du système familial. Cet instrument naît de l’exigence d’impliquer de manière active et directe les professionnels et les volontaires qui opèrent dans le domaine de la petite enfance, dans le dépistage précoce de ces comportements particuliers qui pourraient conduire à un diagnostic de TSA.
    Drapeaux Verts et Rouges n’est pas un instrument de diagnostic, mais un guide à l’observation, qui a pour but de faciliter la communication avec la famille et avec les professionnels qui s’occuperont, si nécessaire, d’approfondir l’aspect diagnostique. Le manuel a le double but de faciliter l’observation de l’enfant, au moyen de fiches agiles à administrer, et d’aider à communiquer ce qui a été observé de manière objective et efficace, grâce à la fiche récapitulative, jointe, qui aide à mettre en évidence d’éventuelles priorités de discussions. Le choix des comportements à observer a été effectué après avoir consulter différents articles sur les signes précoces des TSA.

    https://www.fondazioneares.com/edizioni/catalogo-completo-edizioni-ares/collana-strumenti-di-lavoro-online/campanelli-dettagli-f

    #autisme #screening #screening_précoce #manuel #enfants

  • Des gènes, des #synapses, des #autismes. Un voyage vers la diversité des personnes autistes. Un voyage vers la #diversité des personnes autistes

    Plus de 650 000 en France, près de 80 millions dans le monde : c’est le nombre de personnes qui pourraient être concernées par l’autisme.
    Ce livre expose, pour la première fois, les découvertes du généticien Thomas Bourgeron, chercheur à l’Institut Pasteur. Ses travaux ont révolutionné notre compréhension de l’autisme en démontrant sa part #génétique. Cet ouvrage réunit le bilan des immenses progrès scientifiques dans la connaissance de l’autisme aujourd’hui.
    Avec son équipe, l’auteur nous emmène dans une enquête passionnante, au cœur de l’ADN, à la recherche des gènes associés à l’autisme (ou plutôt à la diversité des personnes autistes !). Grâce à la génétique, Thomas Bourgeron a identifié dans l’autisme le rôle majeur des synapses, ces zones permettant la communication entre les neurones.
    L’auteur propose une approche de l’autisme reposant avant tout sur des données scientifiques solides. Il défend aussi l’idée qu’il faut travailler avec les personnes autistes et leurs proches pour développer de nouvelles pistes d’accompagnement personnalisé, pour améliorer leur qualité de vie et leur autonomie.

    https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/genetique/des-genes-des-synapses-des-autismes_9782415003906.php

    #autisme #livre

  • La si dérangeante réalité des handicapéEs…
    https://www.questionsdeclasses.org/la-si-derangeante-realite-des-handicapees

    Depuis 2 semaines, le Twitter de l’éduc que je suis semble fortement secoué par une campagne menée par le CUSE, dont je fais partie, ses alliéEs et les personnes handicapées, qui militent pour la scolarisation de touTEs les élèves – notamment handicapéEs – dans l’école publique.

    Le CUSE (Collectif une seule école), le CLHEE (collectif luttes et handicap pour l’égalité et l’émancipation) et handi-social ont dénoncé les appels validistes pour une grève et une manifestation nationales pour dire « non à une inclusion systématique et forcée » et les demandes de plusieurs autres organisations syndicales à ouvrir des places en #IME, alors que ce sont des lieux dénoncés par l’ONU comme des lieux de ségrégation et de maltraitance régulière des enfants handicapéEs, qui n’y suivent quasiment aucun enseignement et restent donc en marge de l’école.
    [...]

    – « je connais quelqu’unE qui travaille dans le handicap » (IME, dispositif #Ulis, etc.)

    Variante : « nous, on connaît la réalité du terrain ».

    Changement pour adopter une posture non validiste : personne ne peut savoir à la place des personnes handicapées ce dont elles ont besoin et ce qu’elles souhaitent. Ni les professionnelLe ni même les proches.

    Il est indispensable d’écouter la parole des handicapéEs qui sont alléEs dans ces structures, et non des professionnelLEs qui parlent à leur place, font à leur place et adoptent par là des postures d’emprise et de domination.

    – « leur place est en IME, avec des professionnels spécialisés et formés pour ça ».

    Variante : « je ne suis pas sûre qu’il y ait de l’intérêt à ce que ces handicapéEs soient à l’école »

    Là encore, on décide, du haut de notre validisme et à leur place, où doivent « être placéEs » les handicapéEs. Et ceci, sans savoir ce qui se passe en IME (et pour cause, peu de communication vers l’extérieur de la part de ces établissements, mais les handicapéEs en parlent et dénoncent les maltraitances et le manque d’enseignements).

    – « on n’a pas choisi d’enseigner à des handicapéEs »

    Propos extrêmement dérangeant, qui voudrait que l’on choisisse à qui l’on enseigne… Aujourd’hui les valides, demain les élèves sans difficultés, ensuite les personnes blanches, et ensuite les garçons ?

    Posture non validiste : on a choisi d’enseigner, et d’enseigner à touTEs les jeunes.

    – « les handicapéEs sont un danger pour les autres » (systématiquement sont sortis des témoignages qui associent sans honte #handicap et violence, qui ne forment en aucun cas l’ordinaire des handicapéEs à l’école).

    Variante : « les handicapéEs font (tout le temps) des crises ».

    Non, la violence ou la « crise » n’est pas une caractéristique inhérente au handicap. On peut écouter les témoignages d’handicapéEs expliquant pourquoi elles/ils ont eu des accès de violence : c’est la maltraitance, l’absence de prise en compte de leurs besoins et de leur sensibilité, qui ont conduit à ces moments de violence.

    – « les autistes sont ingérables ».

    Jugement de valeur, jugement tranché et essentialisant, qui réduit l’enfant, l’élève, à son #autisme. Non, un enfant n’est pas ingérable en soi. Ce sont les conditions d’accueil qui ne lui sont pas favorables, c’est l’institution qui ne sait pas s’adapter pour l’accueillir.

    #école #école_inclusive #enseignants #grève #profs_réacs

    • @Some_Writer_Cat
      https://twitter.com/Some_Writer_Cat/status/1744032292551446912

      Dites vous que le chef de service dun IMPRO (IME pour ado en gros) m’a hurlé dessus jusqu’à ce que je fasse une crise autistique parce que je voulais respecter ma convention de stage et m’a enfoncé en disant qu’il trouvait ça ahurissant qu’on m’ait laissé à l’école au lieu de m’envoyer en IME et qu’il en revenait pas que je sois en L3 et pas en ESAT.
      Imaginez maintenant comment ce type traité les ados de son IMPRO.
      Une collègue de L3 nous a aussi rapporté que dans son grand IME parisien, pointure en ABA, il y avait une salle de punition pour les enfants désobéissant et qu’on leur faisait faire des exercice du type « faire des maths pendant 1 heures sans secouer les mains (comportement inadaptés tout ça) et si les mains secouent zou on recommence à 0 jusqu’à ce que le jeune y arrive ».
      Des exercices pour briser les jeunes et proche de la torture maid bon, les IME c’est bien hein.
      Une autre collègue rapportaient que dans son IME, il fallait montrer 0 émotions devant les enfants et être le plus robotique possible, parce que les émotions perturbent les autistes.
      Mais encore une fois, les IME c’est cool.

      #IMPRO -> #ESAT

    • @MrKeatingreboot
      https://twitter.com/MrKeatingreboot/status/1743927891044245731

      Quand la lutte de #FO consiste à demander des places en institution, que c’est le projet de @gouvernementFR
      (des centaines d’ouvertures d’IME prévus), une idéologie partagée avec l’ED & au bénéfice des asso’ patronales qui gèrent les IME, peut-être qu’on se trompe de camp. 🤔
      Quand bien même on se foutrait du droit des enfants handiEs, des travailleureuses medico-sociales organisent-iels une journée de grève pour revendiquer la baisse des effectifs dans les classes !?
      Même sur le plan strictement syndical, aucun sens : des #AESH vont perdre leur taf !

    • Une grève contre l’inclusion ou pour les droits des élèves en situation de handicap ?
      https://www.cafepedagogique.net/2024/01/18/une-greve-contre-linclusion-ou-pour-les-droits-des-eleves-en-situat

      Si la FSU, CGT Éduc’action, et Sud #éducation appellent à une grève unitaire le 1er février prochain, la Fnec FP-FO – signataire de l’appel à la grève à cette date, a aussi déposé un préavis de grève pour le 25 janvier. « Face aux propos inadmissibles et méprisants de la ministre, la FNEC FP-FO appelle les personnels à être en grève et à manifester sous les fenêtres de Mme Oudéa-Castéra jeudi 25 janvier pour défendre l’École publique, pour revendiquer la création de postes nécessaires, en particulier dans les établissements sociaux et médico-sociaux, pour exiger un vrai statut et un vrai salaire pour les AESH » écrit le syndicat dans un communiqué.

      Loin d’être une mobilisation initiée par les propos de la ministre sur la scolarité de ses enfants dans un établissement privé, le choix de la date coïncide avec un appel à la grève datant du 12 janvier dernier. Une mobilisation prévue contre « l’inclusion systématique et les problèmes qu’elle pose » explique Frédéric Volle, secrétaire général. « Tous les élèves qui peuvent être accueillis à l’école doivent l’être dans de bonnes conditions, avec des AESH. Nous demandons aussi que les élèves qui bénéficient d’une notification MDPH pour effectuer leur scolarité dans des établissements spécialisés puissent trouver une place. Attal avait reconnu qu’il manquait 23 000 postes dans ces établissements. On bafoue les droits de ces élèves ». Un appel à la grève qui suscite émoi et indignation chez de nombreuses parents et personnalités dont l’un des membres du Conseil national consultatif des personnels handicapés, Florian Deygas. Frédéric Volle se défend d’être contre l’inclusion des élèves en situation de handicap. Selon lui, cette grève, c’est au contraire l’occasion « de rappeler et de réaffirmer les droits de ces enfants à bénéficier d’une scolarité adaptées à leurs besoins ».

      #FO

      edit
      Ecole inclusive : alertes sur un système qui craque
      https://seenthis.net/messages/1040363

  • Astropierre sur X 
    https://twitter.com/astropierre/status/1725195001817149669

    Le mythe des #vaccins provoquant l’#autisme reste très partagé sur les RS. Cette idée des vaccins causant l’autisme a particulièrement tourné pendant la pandémie du #COVID19 mais revient régulièrement depuis. Voici donc quelques informations sur toute cette histoire. #thread 1/21

    Ce mythe commence vraiment en 1998 lorsqu’une étude, menée par le médecin britannique A. #Wakefield, publiée dans la revue scientifique The Lancet (et rétractée depuis), évoque un lien entre autisme et le vaccin ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole).

  • Maternophobie
    https://www.youtube.com/watch?v=SbvdX5OGuzQ

    Ce programme vidéo expose le mécanisme des placements abusifs d’enfants autistes et le désenfantement des mères qui cherchent à protéger leur enfant victime d’abus sexuels, sur la foi d’expertises psychanalytiques obscurantistes, en contradiction radicale avec les données acquises de la science et les recommandations de la HAS.

    Réalisé et produit par Sophie Robert pour Ninsun Project et Océan Invisible Productions.

    INVITES

    Me Sophie Janois, avocate spécialisée en droit de la santé
    Pr Christophe Lançon, professeur de psychiatrie, hôpital de la Conception à Marseille
    Illel Kieser, psychologue spécialisé dans la protection des enfants victimes de violences sexuelles
    Caroline Colombel, mère divorcée
    Véronique Gropl, mère d’un adolescent autiste
    Maud Lacroix, mère d’un enfant autiste, présidente de l’association Petits Bonheurs

    #femmes #maternophobie #autisme #violences_sexuelles #handicap #france_2023 #syndrome_munchausen #syndrome_alienation_parental #psychanalyse #gardiens_de_la_morale #mères #mere_autonome

    merci à @jacotte

  • Conférence de Josef Schovanec : Nos intelligences multiples, le bonheur d’être différent. - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=W0kT2lBhC44

    Joseph Schovanec est un écrivain, un philosophe mais aussi un militant pour la dignité des personnes avec autisme.
    Il est diagnostiqué autiste seulement à l’âge de 22 ans. Il est également docteur et chercheur en philosophie et sciences sociales.
    Il donne de nombreuses conférences et des formations dans le domaine de l’autisme. Connu pour sa voix particulière, son sens de l’humour, sa politesse, sa franchise et sa logique, il témoigne souvent, lors de ces rencontres, sur ce qu’il vit et observe en tant que « personne avec autisme ».

  • Troubles du spectre de l’autisme et
    scolarisation à l’école régulière
    Informations à l’intention du corps enseignant sur les
    troubles, les mesures de différenciation pédagogique et la
    compensation des désavantages

    https://os.zhdk.cloud.switch.ch/tind-tmp-edudoc/93c123da-5410-412f-9eb2-80b8b8b6bb9c?response-content-dispositi

    si tu cherches des infos sur l’#autisme, préfère de loin les sites suisses, nettement plus de documentation pertinente tu trouveras. cf https://autisme.ch

    Fiches d’information pour les enseignant·es sur https://www.csps.ch/fr/Thmes-et-projets/Projets/Besoins-ducatifs-particuliers-et-intgration/page34525.aspx

  • “You don’t look autistic”: On stereotypes and late diagnosis

    What is it like to be autistic? And why are a growing number of women receiving late diagnoses for autism? After spending most of her life not knowing she was autistic, our writer describes her experience of being neurodivergent. In this honest and original piece, she explores the discrimination she faces because of preconceptions, stereotyping and a lack of adequate support.

    https://lacuna.org.uk/equality/autistic-stereotypes-late-diagnosis-2
    #diagnostic #santé #maladie #stéréotypes #autisme #femmes #femmes_autistes #autisme