#auto-organisation

  • Un entretien sur l’occupation de Capitol Hill à Seattle
    « Une forme politique issue de la lutte »

    Viewpoint Magazine

    https://lavoiedujaguar.net/Un-entretien-sur-l-occupation-de-Capitol-Hill-a-Seattle-Une-forme-po

    Il y a quelques jours, Viewpoint Magazine s’est assis, le 13 juin, avec P, un militant basé à Seattle, pour une conversation approfondie sur l’histoire et la dynamique actuelle de la Zone autonome de Capitol Hill (CHAZ), les défis à venir et les leçons à tirer. Les réponses ont été légèrement modifiées pour tenir compte des développements récents.

    Pour comprendre ce qui se passe dans la CHAZ, sur laquelle tant de choses ont déjà été écrites et dites, je pense qu’il faut d’abord commencer par la façon dont nous sommes arrivés à cette situation. La CHAZ est née directement d’une confrontation directe de neuf jours avec le département de police de Seattle, dans le quartier est de Pine Street, tout près du parc Cal Anderson. C’est le fait qu’elle se soit tenue là — dans ce quartier, dans cet espace — qui a rendu la CHAZ possible.

    Je ne pense pas que les gens aient réalisé que la protestation elle-même allait devenir la forme politique. En d’autres termes, je pensais qu’une fois les tensions apaisées, les gens tiendraient des assemblées générales pour décider de la suite des événements. Cependant, les gens se sont passionnément attachés à cet espace et à ce conflit particulier. (...)

    #États-Unis #Seattle #auto-organisation #police #BlackLivesMatter #George_Floyd #revendications #Kshama_Sawant #Amazon #exploitation #1999 #Rémi_Fraisse #assassinats #Keeanga-Yamahtta_Taylor

  • Attending a Protest | Surveillance Self-Defense
    https://ssd.eff.org/en/module/attending-protest

    Now, more than ever, citizens must be able to hold those in power accountable and inspire others through the act of protest. Protecting your electronic devices and digital assets before, during, and after a protest is vital to keeping yourself and your information safe, as well as getting your message out. Theft, damage, confiscation, or forced deletion of media can disrupt your ability to publish your experiences. At the same time, those engaging in peaceful protest may be subject to search or arrest, or have their movements and associations mapped. — <a href="https://my.framasoft.org/u/rouge-glace/?4N1k_w&quot; (...)

    #auto-défense #auto-organisation #geek #informatique #luttes #partage_collegues #securité

    • Le texte de l’appel :

      Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

      Nous n’avons plus peur des mots pour désigner la réalité de ce qui opprime nos sociétés. Pendant des décennies, « capitalisme » était devenu un mot tabou, renvoyé à une injonction sans alternative, aussi évident que l’air respiré – un air lui-même de plus en plus infecté. Nous mesurons désormais que le capitalocène est bien une ère, destructrice et mortifère, une ère d’atteintes mortelles faites à la Terre et au vivant. L’enjeu ne se loge pas seulement dans un néolibéralisme qu’il faudrait combattre tout en revenant à un capitalisme plus « acceptable », « vert », « social » ou « réformé ». Féroce, le capitalisme ne peut pas être maîtrisé, amendé ou bonifié. Tel un vampire ou un trou noir, il peut tout aspirer. Il n’a pas de morale ; il ne connaît que l’égoïsme et l’autorité ; il n’a pas d’autre principe que celui du profit. Cette logique dévoratrice est cynique et meurtrière, comme l’est tout productivisme effréné. Se fédérer, c’est répondre à cette logique par le collectif, en faire la démonstration par le nombre et assumer une opposition au capitalisme, sans imaginer un seul instant qu’on pourrait passer avec lui des compromis.

      Mais nous ne sommes pas seulement, et pas d’abord, des « anti ». Si nous n’avons pas de projet clé en mains, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à théoriser, penser mais aussi pratiquer des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines. Nous avons besoin de les mettre en commun. C’est là d’ailleurs ce qui unit ces expériences et ces espérances : les biens communs fondés non sur la possession mais sur l’usage, la justice sociale et l’égale dignité. Les communs sont des ressources et des biens, des actions collectives et des formes de vie. Ils permettent d’aspirer à une vie bonne, en changeant les critères de référence : non plus le marché mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la compétition mais le commun. Ces propositions sont solides. Elles offrent de concevoir un monde différent, débarrassé de la course au profit, du temps rentable et des rapports marchands. Il est plus que jamais nécessaire et précieux de les partager, les discuter et les diffuser.

      Nous savons encore que cela ne suffira pas : nous avons conscience que la puissance du capital ne laissera jamais s’organiser paisiblement une force collective qui lui est contraire. Nous connaissons la nécessité de l’affrontement. Il est d’autant plus impérieux de nous organiser, de tisser des liens et des solidarités tout aussi bien locales qu’internationales, et de faire de l’auto-organisation comme de l’autonomie de nos actions un principe actif, une patiente et tenace collecte de forces. Cela suppose de populariser toutes les formes de démocratie vraie : brigades de solidarité telles qu’elles se sont multipliées dans les quartiers populaires, assemblées, coopératives intégrales, comités d’action et de décision sur nos lieux de travail et de vie, zones à défendre, communes libres et communaux, communautés critiques, socialisation des moyens de production, des services et des biens… Aujourd’hui les personnels soignants appellent à un mouvement populaire. La perspective est aussi puissante qu’élémentaire : celles et ceux qui travaillent quotidiennement à soigner sont les mieux à même d’établir, avec les collectifs d’usagers et les malades, les besoins quant à la santé publique, sans les managers et experts autoproclamés. L’idée est généralisable. Nous avons légitimité et capacité à décider de nos vies – à décider de ce dont nous avons besoin : l’auto-organisation comme manière de prendre nos affaires en mains. Et la fédération comme contre-pouvoir.

      Nous n’avons pas le fétichisme du passé. Mais nous nous souvenons de ce qu’étaient les Fédérés, celles et ceux qui ont voulu, vraiment, changer la vie, lui donner sens et force sous la Commune de Paris. Leurs mouvements, leurs cultures, leurs convictions étaient divers, républicains, marxistes, libertaires et parfois tout cela à la fois. Mais leur courage était le même – et leur « salut commun ». Comme elles et comme eux, nous avons des divergences. Mais comme elles et comme eux, face à l’urgence et à sa gravité, nous pouvons les dépasser, ne pas reconduire d’éternels clivages et faire commune. Une coopérative d’élaborations, d’initiatives et d’actions donnerait plus de puissance à nos pratiques mises en partage. Coordination informelle ou force structurée ? Ce sera à nous d’en décider. Face au discours dominant, aussi insidieux que tentaculaire, nous avons besoin de nous allier, sinon pour le faire taire, du moins pour le contrer. Besoin de nous fédérer pour mettre en pratique une alternative concrète et qui donne à espérer.

      Dès que nous aurons rassemblé de premières forces, nous organiserons une rencontre dont nous déciderons évidemment ensemble les modalités.

      #le_monde_d'après #convergence #résistance #convergence_des_luttes #se_fédérer #détresse #impuissance #diffraction #guerre_sociale #inégalités #capitalisme #capitalocène #néolibéralisme #égoïsme #autorité #profit #productivisme #collectif #alternative #alternatives #bien_commun #commun #commons #partage #solidarité #marché #concurrence #compétition #rapports_marchands #affrontement #auto-organisation #autonomie #démocratie #brigades_de_solidarité #mouvement_populaire #fédération #contre-pouvoir #alternative

  • Bernard Friot : “Nous avons des intellectuels de gauche qui se pensent anticapitalistes, qui le sont au sens de leur militance, mais qui écrivent le récit dont la bourgeoisie a besoin“ Première partie - FRUSTRATION

    Partie 1
    https://www.frustrationmagazine.fr/nous-avons-des-intellectuels-de-gauche-qui-se-pensent-anticapita

    Partie 2
    https://www.frustrationmagazine.fr/si-la-bourgeoisie-est-la-classe-dirigeante-cest-parce-quelle-dir

    On a tous quelque chose en nous de communiste. Et même que ce quelque chose réside dans des institutions que nous connaissons très bien, dont la plupart du temps nous nous félicitons de leur existence. Lesquelles ? Le statut de la fonction publique et le régime général de la sécurité sociale, bien sûr ! C’est ce que nous explique de manière évidente non sans une certaine pugnacité l’économiste et sociologue du travail Bernard Friot, que nous avons rencontré. En plein mouvement social historique contre la réforme des retraites et de débats parlementaires cette semaine, il nous semblait plus que nécessaire de dialoguer avec lui, qu’il nous insuffle ce “Désir de communisme” face au “rouleau compresseur du capitalisme néolibéral”, concrétisé dans son dernier livre co-écrit avec Judith Bernard. L’occasion de se demander pourquoi la question du travail, si centrale pourtant, est si peu ou mal abordée à gauche et même au sein de la gauche dite “radicale”, comment retrouver un second souffle de mobilisation face à la régression des retraites, et qu’est-ce qu’apporte le mouvement des Gilets jaunes au combat social ?

    #Bernard_Friot #interview #travail #capitalisme #communisme #retraite #sécurité_sociale #salaire #qualification_personnelle #auto-organisation #autogestion

  • Entretien avec Françoise Vergès | Radio Informal
    http://www.rybn.org/radioinformal/antivirus

    À propos d’inégalités invisibilisées, de normalité du confinement, de vulnérabilités et de racisme, de solidarité et d’auto-organisation comme contre-pouvoir, d’intersectionalité des luttes, de la métaphore du bateau négrier. Durée : 57 min. Source : Pi-node

    www.rybn.org/radioinformal/antivirus/audio/ANTIVIRUS18-FrancoiseVerges.mp3

  • « Ces territoires jouent le rôle de boucs émissaires » (20+) Michel Kokoreff - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/04/21/ces-territoires-jouent-le-role-de-boucs-emissaires_1785978


    A Villeneuve-la-Garenne, le 20 avril. Photo Geoffroy van der Hasselt. AFP

    Pour le professeur de sociologie Michel Kokoreff, la police cultive une forme d’impunité dans les quartiers populaires, plus visible encore durant l’épidémie.

    Quel regard portez-vous sur la situation dans les banlieues depuis le début du confinement ?

    Il y a de la révolte dans l’air. D’un côté, on sait bien que ces territoires cumulent les difficultés sociales, à commencer par la pauvreté. Le Covid est un puissant révélateur des inégalités dans les quartiers populaires. La désertification médicale est un fait depuis longtemps dénoncé. L’exercice de métiers de première ligne (caissières, livreurs, ambulanciers, infirmiers…) accroît la vulnérabilité des travailleurs. Ce qui explique que la Seine-Saint-Denis serait la plus touchée par la surmortalité. D’un autre côté, la focalisation des contrôles dans les quartiers populaires (y compris à Paris intra-muros ou dans d’autres villes) a conduit à une surreprésentation des contraventions dans ce contexte. Dès le début du confinement, la Seine-Saint-Denis a concentré à elle seule 10 % de l’ensemble des amendes. A cet égard, la question du respect du confinement est une fausse piste. Les chiffres montrent très bien que les mesures ne sont pas moins respectées en Seine-Saint-Denis que dans le département voisin des Hauts-de-Seine. Cet argument vise surtout à légitimer les interventions rugueuses et stigmatiser à nouveau les populations de ces quartiers populaires, qui jouent le rôle de boucs émissaires en temps d’épidémie.

    Plusieurs incidents ont éclaté ces derniers jours. Faut-il craindre une contagion ?

    Ce n’est pas sûr. Les conditions d’un débordement général ne me semblent pas réunies, vu le contexte. Au lieu d’agiter le spectre des révoltes de 2005, il faudrait plutôt s’interroger sur l’immobilisme des politiques publiques et la fonction sociale de ces territoires dans le gouvernement de la peur. Aux difficultés structurelles, comme la pauvreté, s’ajoutent les difficultés conjoncturelles liées au Covid-19, la saturation des hôpitaux, la surveillance, les contrôles. Dans certains quartiers, la police continue de se comporter comme une armée de réserve coloniale. Cette culture de l’impunité n’est pas nouvelle, mais elle apparaît plus visible en temps de confinement. En décembre 2015, quand l’état d’urgence a été décrété, certains services de police judiciaire ont profité de l’effet d’aubaine pour perquisitionner et interpeller dans des conditions exceptionnellement garanties par la loi. On a vu toute une série d’interventions qui n’avaient aucun lien avec les attentats terroristes. Aujourd’hui, le risque est exactement le même avec l’état d’urgence sanitaire. Et ce n’est pas propre aux « banlieues ».

    Avez-vous noté des changements dans les quartiers populaires depuis 2005 ?

    La physionomie de certains quartiers a profondément changé. Des dizaines de milliards ont été investis dans les opérations de rénovation urbaine. L’exemple le plus emblématique est celui de Clichy-sous-Bois, d’où est originaire le réalisateur Ladj Ly. Pour son film les Misérables, il n’a pas pu tourner une partie des scènes sur place car le quartier avait été entièrement rénové. Mais en dehors des conditions de vie souvent plus dignes, rien n’a vraiment changé. La situation sociale des familles ne s’est pas arrangée. Le chômage des moins de 25 ans est toujours trois à quatre fois supérieur au niveau national. Et l’expérience des discriminations ethniques et raciales n’a jamais été aussi prégnante. Face à la désaffection des services publics, au retrait de l’Etat, face à ses options répressives, à la stigmatisation, à l’islamophobie, les religions d’un côté, les trafics de l’autre semblent plus structurants de l’organisation sociale.

    Quel est l’impact du confinement sur l’économie parallèle ?

    A part la rupture des stocks, un sursaut d’énergie, un désir de vengeance, difficile de répondre. Le trafic constitue une sorte de filière professionnelle qui redistribue les ressources. Cette économie de survie est doublée d’une économie symbolique. Les avantages ne sont pas seulement financiers. Beaucoup d’enquêtes de terrain montrent que participer aux réseaux de trafic, c’est être quelqu’un. Dans les représentations, ni l’école ni le travail légal ne permettent d’accéder à cette reconnaissance. Le business exerce ainsi son emprise sur les plus jeunes. Je suis frappé par la reproduction des schémas. Chaque génération veut éviter les impasses de la précédente mais reste soumise aux mêmes contraintes et aux mêmes risques. Comme le marché s’agrandit, que l’offre est plus forte, que rien n’est vraiment fait pour ses quartiers au plan social, la spirale est sans fin, la chute programmée.

    Comment sortir de cette situation ?

    Il faut la dénoncer, mais aussi changer de regard. Par exemple, en mettant davantage en avant les initiatives qui voient le jour dans plusieurs cités, de la région parisienne à Marseille. Face aux carences de l’Etat et à l’envoi des policiers, de nombreux collectifs se déploient pour faire des courses, livrer à domicile, venir en aide aux personnes âgées ou isolées, aux familles qui ont faim. A Clichy-sous-Bois, cinquante palettes de nourriture ont été distribuées pendant huit jours à des centaines de personnes. Tous les acteurs de ces quartiers ont financé cette action solidaire - les dealers inclus. Plus largement, de nombreuses prises de position militantes donnent une visibilité aux dérives observées aujourd’hui et exigent des changements en matière de logement, d’emploi, d’école, de vie démocratique. Rapporter la situation actuelle à des causes structurelles sans pour autant ignorer les capacités d’auto-organisation dans ces quartiers et ses appels, la voie est étroite mais vitale politiquement face à ce sujet complexe.

    #quartiers_populaires #police #gouverner_par_la_peur
    #auto-organisation #solidarité #pratiques_sociales

    • Confinement : en Seine-Saint-Denis, un taux de verbalisation trois fois plus important qu’ailleurs
      https://www.liberation.fr/france/2020/04/26/confinement-en-seine-saint-denis-un-taux-de-verbalisation-trois-fois-plus

      Avec plus de 41 000 contraventions ces dernières semaines, le département francilien affiche des statistiques largement supérieures à la moyenne nationale. Des écarts qui soulèvent des questions sur les modalités d’intervention policière.

      Confinement : en Seine-Saint-Denis, un taux de verbalisation trois fois plus important qu’ailleurs
      Depuis le début du confinement, le taux de verbalisation en Seine-Saint-Denis frôle le triple de la moyenne nationale. Selon les derniers chiffres obtenus par Libération, le département totalisait samedi 41 103 contraventions pour 242 259 contrôles, soit un taux de verbalisation de 17%. Au niveau national, ce taux est seulement de 5,9% (915 000 contraventions pour 15,5 millions de contrôles). En clair, la proportion de personnes contrôlées qui sont verbalisées est trois fois plus importante en Seine-Saint-Denis que sur le reste du territoire.

      Interrogé mercredi à l’Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement, Christophe Castaner a lui-même brandi en exemple le département dionysien pour illustrer l’absence supposée de laxisme de la police dans les quartiers populaires. « Il n’y a pas de quartiers dans lesquels nos forces de sécurité intérieure n’interviendraient pas » , a tonné le ministre de l’Intérieur en entretenant la confusion entre contrôles et verbalisations.

      « Densité importante »

      Les derniers chiffres recueillis par Libé témoignent surtout de fortes disparités régionales. Si l’omniprésence policière est plus criante à Paris (1 104 060 contrôles, soit quasiment un contrôle pour deux habitants), le taux de verbalisation apparaît en revanche beaucoup plus faible dans la capitale (6,25%). Un taux bien inférieur à ceux constatés dans les Hauts-de-Seine (8,7%), le Val-de-Marne (13,7%) et surtout en Seine-Saint-Denis (17%).

      Ce nombre élevé de #contraventions n’a pas échappé à la procureure du département. « Au début du confinement, on atteignait plus de 900 verbalisations par jour » , souligne Fabienne Klein-Donati, qui note toutefois une « diminution progressive » des contraventions quotidiennes, dont le nombre est tombé à moins de 400 ces derniers jours. Parmi les explications structurelles susceptibles de justifier un tel écart avec la moyenne nationale, la magistrate évoque « une population très jeune », « une densité très importante » et « un habitat qui rend difficile de rester chez soi à plusieurs ». « Les jeunes ont été beaucoup verbalisés, notamment en bas des immeubles, parfois plusieurs fois , précise Klein-Donati. Mon parquet a dû gérer de nombreux délits de réitération. De surcroît, le trafic de stupéfiants n’a pas cessé. »

      Flou

      Mais ces éléments suffisent-ils à expliquer une telle différence entre Paris et sa petite couronne ? Pour Sébastian Roché, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des questions de police, « les comportements ne peuvent expliquer à eux seuls une amplitude aussi importante dans les taux de verbalisation. C’est nécessairement une approche policière différente qui génère de tels écarts ».

      Le chercheur pointe aussi l’absence de transparence dans les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur, données qui ne sont même pas disponibles dans le cadre du contrôle parlementaire de l’état d’urgence sanitaire. Une opacité constitutive selon lui d’un « grave déficit démocratique » . A ce flou sur les chiffres, il faut ajouter celui qui entoure les contrôles de police et de gendarmerie. « A la différence des verbalisations, qui sont systématiquement enregistrées dans un logiciel, il n’existe aucun outil pour mesurer les contrôles, dont on ignore comment ils sont comptabilisés » , poursuit Sébastian Roché.

      Contacté par Libération, le ministre de l’Intérieur admet des taux de verbalisation différents d’un département à l’autre mais réfute toute stigmatisation territoriale. « Nous ne considérons pas que le confinement ne serait pas respecté en Seine-Saint-Denis, ni dans les quartiers , insiste un conseiller de Christophe Castaner. Au contraire, et le ministre l’a dit à plusieurs reprises publiquement. » Mais affirmer que la population de Seine-Saint-Denis respecte bien les règles alors que le taux de verbalisation y est trois fois supérieur, n’est-ce pas assumer que les contrôles sont discriminatoires dans ce département ?

      #confinement #contrôles_policiers #amendes

    • À la Cantine des pyrénées, c’est pas sûr qu’il y ait besoin de monde pour aider en ce moment, la disponibilité est grande et les précautions sanitaires adoptées contraignantes. À moins peut-être de s’occuper des nombreuses récup de bouffe (commerce divers, amaps, Rungis) qui alimentant la confection de repas, à la Cantine des pyrénées et ailleurs). À voir avec eux. En tout cas ça vaut le coup de passer, c’est une expérience politique superbe. Ils ont, par exemple, organisé dès le début de l’épidémie la distribution de milliers de masques aux soignants de Tenon qui ’en avaient pas.

      En revanche, pour qui aurait trois sous disponibles, il y a un appel à soutien financier
      https://seenthis.net/messages/837667

      Pour mémoire, avant d’être expulsée, la #cantine fut d’abord dans un immeuble occupé
      https://seenthis.net/messages/294140

      Un #livre : La Cantine des Pyrénées en lutte
      http://editionsrepas.free.fr/editions-repas-livre-la-cantine-des-pyrenees-en-lutte.html

      #Cantine_des_Pyrénées #auto-organisation #luttes #solidarité #militance #Brigades_de_solidarité_populaire

    • Premier bilan de la Cantine des Pyrénées pendant le confinement

      Bonjour à toutes et à tous,

      Il y a trois semaines nous avons lancé un appel à dons, voici un premier retour sur l’action de la Cantine depuis le confinement, ou encore : voilà où passe votre argent.

      La fermeture de l’atelier Cantine le 14 mars, en même temps que les autres lieux de restauration, a été une décision lourde à prendre. Nous avons pris du recul pour réfléchir à une réouverture avec une organisation différente exposant le moins possible les personnes qui font vivre le lieu.

      Face à une situation exceptionnelle : nous avons donc opté pour un format de distribution gratuite et inconditionnelle de produits alimentaires et d’hygiène de première nécessité, 7 jours sur 7, en fonctionnant avec des équipes réduites.
      La question du financement est centrale en ce moment. Nous n’avons plus aucune des rentrées d’argent habituelles. Nous avons demandé une suspension de loyer à notre bailleur afin de dégager de la trésorerie pour les achats les plus urgents.

      Nous avons décidé d’appeler à la solidarité du plus grand nombre.

      Nous avons choisi de privilégier les dons monétaires plutôt que matériels afin de centraliser les achats, et de ne pas provoquer plus de déplacement que nécessaire, dans l’idée de ne pas mettre en danger celles et ceux désirant nous aider.
      La réponse à cet appel est d’une ampleur qui nous surprend encore et nous donne encore plus de forces chaque jour pour continuer notre action. Preuve que la solidarité est vivante et en bonne santé malgré tout.

      Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, nous avons reçu 22 000 euros de dons, que cela soit directement sur notre compte en banque, via la plateforme Helloasso (lien en bas du mail) ou la plateforme Kisskissbankbank. Cette solidarité, incroyable pour nous, est à la hauteur des besoins que nous rencontrons chaque jour. Nous avons pour l’heure, sur les 4 semaines d’ouverture, dépensé 10000 euros en denrées alimentaires, contenants à distribuer aux personnes qui en ont besoin, produits d’hygiène, essence pour le camion, Ces dépenses continuent d’augmenter …. Nous pouvons compter sur l’aide précieuse, entre autres, des cuisiniers et des bénévoles de la protection civile qui fournit chaque jour de 80 à 120 sacs repas que nous pouvons distribuer à la soixantaine de personnes (des sans-domiciles, des sans-papiers, des personnes âgées, des personnes avec des pépins de santé, des familles, des gens qui bossaient sans être déclaré) qui se présente chaque jour à la Cantine. Ce nombre est malheureusement en constante augmentation.
      Nous nous préparons à ce que cette crise ne s’arrête pas au déconfinement et plus que jamais nous avons besoin de votre soutien pour continuer ce que nous avons entrepris ici : répondre collectivement à l’urgence que vivent de plus en plus de personnes.

      Merci à vous toutes et tous qui avez participé, à toutes celles et ceux qui nous soutiennent sans pouvoir participer financièrement mais nous soutiennent par leurs encouragements, par leurs prêt de voiture, les lavages de torchons, les bouches à oreilles, et ci-dessous un merci particulier aux restaurateur·ices, associations, …….

      Nous attendons avec une immense impatience de réouvrir dans des conditions plus habituelles afin de partager un bon repas avec vous. Prenez soin de vous !

      Merci à toutes les personnes qui se sont proposées pour assurer les distributions et la logistique. Merci à l’Atelier Fratelli, au salarié·e·s et bénévoles de la Protection Civile, aux AMAP des Hauts de Belleville et Gambetta , à l’Association Autremonde pour le camion et l’accès au local, à Vaisselle Vintages-Options pour le prêt de camion, La Mutinerie, Le Faitout et Rond pour la proposition de prêt de chambre froide, au personnel soignant de l’Hôpital Trousseau AP-HP, à l’Agence du Don en Nature, aux Brigades de Solidarité Populaire de Place des Fêtes et celle du 20ème, à l’équipe du Carrefour City de la rue des Pyrénées, le bistrot Quartier Rouge, le Le Dorothy, BMG Cycles sport, les Marmoulins, la ferme les jardins de l’oppidum à Grizy, La Tete dans les Masques, toutes celles qui nous ont apporté des masques maison. A toutes et tous les donateur·ices des différentes cagnottes, et une pensée et des mercis par milliers pour Le Zorba.

      Si vous souhaitez soutenir financièrement nos activités pendant le confinement :
      - https://www.helloasso.com…/les-pieds-…/formulaires/4/widget
      - notre IBAN (le plus rapide pour nous)
      titulaire du compte : les pieds sur la table
      IBAN FR76 1027 8060 4900 0206 6220 111
      BIC : CMCIFR2A

  • Qu’est-ce qu’il nous arrive ?
    Beaucoup de questions et quelques perspectives
    par temps de coronavirus

    Jérôme Baschet

    https://lavoiedujaguar.net/Beaucoup-de-questions-et-quelques-perspectives-par-temps-de-coronavi

    Il n’est sans doute pas faux de dire que le Covid-19 est une maladie du Capitalocène et qu’il nous fait entrer de plain-pied dans le XXIe siècle. Pour la première fois sans doute, il nous fait éprouver de façon tangible la véritable ampleur des catastrophes globales des temps à venir.

    Mais encore faut-il tenter de comprendre plus précisément ce qu’il nous arrive, en ce qui concerne tant l’épidémie provoquée par le SARS-CoV-2 que les politiques sanitaires adoptées pour l’endiguer, au prix d’une stupéfiante paralysie de l’économie ; car on ne peut, sans ces préalables, espérer identifier les opportunités qui pourraient s’ouvrir dans ces circonstances largement inédites. La démarche n’a cependant rien d’assurée. Pris dans le tourbillon d’informations chaque jour plus surprenantes ou déconcertantes que suscite l’événement, on titube. On n’en croit parfois ni ses yeux ni ses oreilles, ni nul autre de ses sens. Mieux vaut admettre que bien des certitudes vacillent. Bien des hypothèses aussi. Mais il faut bien commencer à tenter quelque chose, provisoirement et partiellement, en attendant que des élaborations collectives mieux assurées ne prennent le relais. (...)

    #Capitalocène #maladie #capitalisme #Covid-19 #Yuval_Harari #peste #épidémies #Amérique #colonisation #Anthropocène #zoonoses #Davos #Brésil #Mexique #États-Unis #Chine #Europe #France #Asie #Trump #Bolsonaro #López_Obrador #EZLN #zapatistes #Macron #FMI #auto-organisation

    • « nous avons décidé de nous organiser ensemble, déterminés à vivre dignement et par tous les moyens nécessaires. »

      Nous, membres de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion, réquisitionnons plusieurs bâtiments des villes de Paris et Toulouse, depuis plus de 9 années. Ces bâtiments sont nos maisons, où depuis peu, se « confinent » plus de 250 personnes, dont plus de 60 familles avec enfants. Sans logements, souvent sans papiers, pauvres et précaires, pris dans le labyrinthe des institutions, nous avons décidé de nous organiser ensemble, déterminés à vivre dignement et par tous les moyens nécessaires.

      La pandémie qui traverse actuellement le pays nous frappe de plein fouet. Nous, les sans-droits, les personnes sans papiers, ceux qui ne savent ni lire ni écrire, ceux qui galèrent en foyers, en CRA ou en prisons, ceux qui continuent à risquer leurs vies au travail, les oubliés de la rue ou des HLM : nous tous et toutes, les pauvres, sommes conscients que nous serons les grands perdants du jeu de l’unité nationale. Les quelques mesures d’urgences fièrement annoncées ainsi que leurs grands discours ne sont que des cache-misères, qui ne correspondent en rien à la réalité de l’urgence sanitaire et sociale. Tout le monde sait que nous sommes ceux qui allons manger ce virus en pleine gueule.

      Nos vies ont basculé le premier jour du confinement, ce 17 mars 2020. Nous avions peu, maintenant nous n’avons plus rien. On survivait, maintenant on crève de faim. Les fermetures brutales des réseaux d’aides alimentaires, des cabinets d’avocats, des écoles, des cabinets médicaux, des bureaux d’aides sociales nous plongent dans des situations de grande détresse et nous rendent encore plus démunis. Alors de fait, nous sommes obligés de nous exposer, que l’on soit en malades ou en bonne santé, sujets à risques ou âgés. Aller chercher les devoirs à l’école car sans ordinateur ni imprimante ; sortir faire des courses quotidiennement car sans revenus qui nous permettent de voir plus loin ; sortir pour récupérer quelques vivres distribués par les réseaux d’entraide, courir après les petits boulots non déclarés, voilà à quoi nos quotidiens sont contraints, tout ça dans la peur de subir la police, ses contrôles et ses violences auxquelles nous sommes trop habitués. Nos enfants prennent encore plus de retard sous nos yeux impuissants : abandonnés des suivis pédagogiques et du soutien scolaire. Nos corps se meurtrissent encore un peu plus sans possibilité d’accès aux soins. Mal-logés et mal-nourris, nous ne pouvons compter que sur ceux pour qui la solidarité n’est pas un “élément de langage et de communication”, dépendants de leurs possibilités d’action au jour le jour.

      Il est clair que nous ne vivons pas le même confinement que vous et que ceux qui décident en haut lieu. (...)

      #auto-organisation

  • Lettre d’un soignant à ceux qui nous gouvernent – ACTA
    https://acta.zone/lettre-dun-soignant-a-ceux-qui-nous-gouvernent

    Vos politiques néolibérales, telles que vous les poursuivez depuis plusieurs années, ont abouti à cela (pour ne parler que du secteur médical). Avant le coronavirus déjà, et bien plus avec lui, il faudra que nous parvenions un jour à estimer le nombre de morts qui vous est dû. Vous pourrez alors vous préparer à en payer le prix, celui des criminels. Car votre monde est un crime organisé : le travail casse et tue, les patrons encaissent, les flics jouent les hommes de main, les politiques entérinent ça en droit. Et, tout en écrasant le secteur de la santé (coupes budgétaires, gestion managériale, objectifs de rentabilité, suppressions de poste et de matériel), vous nous confiez la précieuse mission d’agir en recycleur du capitalisme : assurer la reproduction de la force de travail en réparant les corps broyés pour les remettre à votre disposition sur le marché du travail. Nous le savons, et détestons trop souvent notre travail. Tiraillés entre l’envie profonde de prendre soin des autres, et le refus catégorique de répondre à vos missions. Entre le désir d’accompagner les patients parfois en détresse, et la course au temps et à l’argent qui nous est imposée. Et vous, vous savez pertinemment notre impuissance face à vos politiques assassines. Car s’y opposer signifie tout bloquer ; et tout bloquer, c’est inévitablement mettre en danger celles et ceux qui ont besoin de soins. On ne peut que tristement constater à quel point la grève massive des services d’urgences de ces derniers mois n’a abouti à rien (sans jamais bien sûr remettre en question le courage et la détermination de celles et ceux qui l’ont menée). Imaginez la rage de les voir vanter le mérite et l’abnégation des soignants en cette période de crise, du haut de leur hypocrisie.

    #colère

  • Tout commence ici et maintenant

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Tout-commence-ici-et-maintenant

    À celles et ceux de Commercy,

    Jusqu’à présent le capitalisme n’a vacillé qu’en raison de ses crises de développement interne, de ses flux de croissance et de décroissance. Il a progressé de faillite en faillite. Jamais nous n’avons réussi à le faire tomber, si ce n’est en de très brèves occasions où le peuple a pris en main sa propre destinée.

    Ce n’est pas jouer les prophètes que de l’affirmer : nous sommes entrés dans une ère où la conjoncture historique est favorable à l’essor du devenir humain, à la renaissance d’une vie ivre de liberté.

    C’en est assez des murs de lamentations ! Trop d’hymnes funèbres minent en sourdine le discours anticapitaliste et lui donnent un arrière-fond de défaite.

    Je ne nie pas l’intérêt d’observatoires du désastre. Le répertoire des luttes s’inscrit dans la volonté de briser la mondialisation financière et d’instaurer une internationale du genre humain. Je souhaite seulement que viennent s’y ajouter les avancées expérimentales, les projets de vie, les apports scientifiques dont la poésie individuelle et collective jalonne trop discrètement ses territoires. (...)

    #Vaneigem #Commercy #Commune #capitalisme #devenir_humain #internationale #poésie #subjectivité #insurrection #terre #finance #État #autodéfense #auto-organisation #zapatistes #EZLN #Rojava #autoconstruction #permaculture #école #Gilets_jaunes

  • La renaissance de l’humain est la seule croissance qui nous agrée

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/La-renaissance-de-l-humain-est-la-seule-croissance-qui-nous-agree

    Les coups de boutoir que la liberté porte à l’hydre capitaliste, qui l’étouffe, font fluctuer sans cesse l’épicentre des perturbations sismiques. Les territoires mondialement ponctionnés par le système du profit sont en butte à un déferlement des mouvements insurrectionnels. La conscience est mise en demeure de courir sus à des vagues successives d’événements, de réagir à des bouleversements constants, paradoxalement prévisibles et inopinés.

    Deux réalités se combattent et se heurtent violemment. L’une est la réalité du mensonge. Bénéficiant du progrès des technologies, elle s’emploie à manipuler l’opinion publique en faveur des pouvoirs constitués. L’autre est la réalité de ce qui est vécu quotidiennement par les populations.

    D’un côté, des mots vides travaillent au jargon des affaires, ils démontrent l’importance des chiffres, des sondages, des statistiques ; ils manigancent de faux débats dont la prolifération masque les vrais problèmes : les revendications existentielles et sociales. Leurs fenêtres médiatiques déversent chaque jour la banalité de magouilles et de conflits d’intérêts qui ne nous touchent que par leurs retombées négatives. (...)

    #conscience #réalités #mensonge #dévastation #violence #La_Boétie #vie_quotidienne #souveraineté #capitalisme #explosion #Mirbeau #autonomie #auto-organisation #autodéfense #offensive #insurrections #écologistes #utopie #Gilets_jaunes #Chili #zapatistes #Rojava #Catalogne #Iran

    • Pour information, dans le mail qui accompagnait ce texte.

      A toutes et à tous,

      Je prépare l’édition d’un petit livre intitulé Textes et entretiens sur l’insurrection de la vie quotidienne, qui doit paraître aux éditions Grevis, en avril 2020. J’ai ajouté à ces interventions, qui vont de novembre 2018 à août 2019, des remarques susceptibles de contribuer aux débats et aux luttes en cours en France et dans le monde.

      La date tardive de parution du livre m’a suggéré de diffuser dès maintenant sur les réseaux sociaux ces propos sur la renaissance de l’humain. Leur lecture peut être utile avant la comédie étatique des élections municipales françaises, et en raison des flux et des reflux insurrectionnels où la moindre initiative d’individus et de collectivités, animés par la redécouverte de la vie et du sens humain, revêt une importance croissante.

      Libre à vous d’en faire (ou non) l’usage qui vous plaira.
      #raoul_vaneigem #vaneigem

  • Contre le système, le régime et le pouvoir en Algérie

    Nedjib Sidi Moussa

    https://lavoiedujaguar.net/Contre-le-systeme-le-regime-et-le-pouvoir-en-Algerie

    Intervention pour la rencontre « Transition indépendante pour une Algérie libre et démocratique » organisée le 26 avril à Paris par l’association Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA).

    Depuis le 22 février, pour la dixième semaine consécutive, le peuple est massivement sorti dans les rues d’Algérie pour exiger le départ du système, du régime, du pouvoir... Et la détermination de la population est aussi importante que le flou entourant ces trois notions, tout comme les moyens à employer pour parvenir à ce but.

    Si la fin ne justifie pas toujours les moyens, il existe néanmoins « une interdépendance dialectique » entre les deux. C’est pourquoi il nous revient de préciser, dans la libre confrontation des idées, tant les méthodes à utiliser que l’objectif à atteindre. (...)

    #Algérie #système #Bouteflika #Gaïd_Salah #chute #armée #Kabylie #manifestants #transition #auto-organisation

  • L’Algérie est au bord de l’éclosion

    Mohammed Harbi et Nedjib Sidi Moussa

    https://lavoiedujaguar.net/L-Algerie-est-au-bord-de-l-eclosion

    Le surgissement populaire du 22 février constitue une rupture majeure dans notre histoire comme dans celle du Maghreb. Il s’agit de la consolider et d’élargir le champ des possibles. Aujourd’hui, les Algériens ont remporté une première victoire.

    Notre tâche prioritaire est de tirer la leçon du soulèvement d’octobre 1988 et d’éviter à nouveau le « détournement du fleuve », à savoir la confiscation de la souveraineté populaire qui est à l’origine de l’autoritarisme sous sa forme actuelle.

    Nous sommes devant une nouvelle crise du régime mais le peuple algérien a déjà tranché. Le FLN a vécu, le cinquième mandat aussi. L’annonce du président, ce 11 mars 2019, ne fait qu’entériner cet état de fait.

    Ici et là, des alternatives politiciennes sont proposées par les démocrates au nom du changement. Mais les intérêts des classes populaires sont rarement pris en considération. Or, ce sont elles qui vivent le plus intensément l’humiliation, les abus du pouvoir et la hogra. (...)

    #Algérie #soulèvement #FLN #autoritarisme #corruption #auto-organisation #autonomie #émancipation

  • « Make Amazon pay » : entretien avec Anton Kramer sur les luttes et la logistique à Leipzig.
    http://www.platenqmil.com/blog/2017/12/19/make-amazon-pay---entretien-avec-anton-kramer-sur-les-luttes-et-la-logis

    Emblème du rêve capitaliste d’un monde sans crispations ni frictions, Amazon est l’une des plus grandes firmes existantes. Cet entretien avec Anton Kramer, militant d’une alliance de solidarité avec les travailleurs.se.s en lutte au sein de l’entreprise, revient sur le parcours de mobilisation construit depuis plusieurs années à Leipzig, dans le nord-est de l’Allemagne. Il éclaire notamment le rôle politique de la logistique dans les transformations de la production, de l’échange et de la consommation de marchandises, et indique selon quelles modalités penser aujourd’hui une opposition aux processus transnationaux parties prenantes de la domination. L’exposition des formes d’action et types d’organisation mis en place souligne l’importance pour des militant.e.s de s’implanter sur un tel lieu de travail et d’y établir des liens durables avec les travailleurs.se.s et les syndicalistes

    #Amazon #travail_précaire #ubérisation #auto-organisation

  • En Espagne, les femmes de chambres s’organisent pour en finir avec le « sale boulot »
    https://information.tv5monde.com/terriennes/en-espagne-les-femmes-de-chambres-s-organisent-pour-en-finir-a

    Les touristes internationaux ne les remarqueront sans doute pas. Elles sont les petites mains de l’industrie du tourisme de masse. Invisibles, ou presque. Les femmes de chambre, maillon incontournable de la prestation offerte au client d’hôtel, effectuent des tâches difficiles et peu valorisées. 

    En Espagne, la détérioration des conditions de ce travail éreintant a poussé Las Kellys, acronyme de « Las que limpian » (celles qui nettoient), à se regrouper et créer un collectif de revendication. Fondée en novembre 2016 à Barcelone, l’association Las Kellys dispose de huit relais à l’échelle espagnole. Outre Madrid, elles sont présentes dans plusieurs points névralgiques du tourisme ibère : Benidorm, Cádiz, Fuerteventura, La Rioja, Mallorca ou encore Lanzarote...

    Si c’est à Barcelone, première ville touristique de la péninsule (19 millions de visiteurs en 2017) qu’a émergé ce mouvement, comme d’autres avant, les Kellys déploient une stratégie multi-polaire. La bataille légale se mène de manière parallèle, aux portes des parlements régionaux et des Cortes espagnoles (chambre des députés et sénat), à Madrid. C’est dans la capitale espagnole que se joue par exemple la reconnaissance des maladies spécifiques à ce travail laborieux.

    #femmes #féminismes #femmes_en_lutte #travail_des_femmes #précaires #auto-organisation #Espagne

  • Marcha Estudiantil «Contra la violencia machista»
    https://www.youtube.com/watch?v=YJoMm1uCT74

    Este miércoles 16 de mayo, la Confederación de Estudiantes de Chile (CONFECH) convocó a una marcha contra la violencia de género hacia la mujer, tras una serie de denuncias de abusos y acosos sexuales en centros estudiantiles por parte de estudiantes y académicos. 150 mil personas se movilizaron sólo en Santiago.

    #femmes #féminismes #femmes_en_lutte #Chili #sexisme #violences_contre_les_femmes #éducation_non_sexiste #autonomie #auto-organisation

  • Au Chili, en ce mois de mai 2018, une vague féministe des étudiantes contre les violences machistes
    https://information.tv5monde.com/terriennes/au-chili-en-ce-mois-de-mai-2018-une-vague-feministe-des-etudia

    Une marche historique rassemblant plus de 150000 personnes à Santiago, la capital et plus de 200000 à travers tout le pays ; en ce froid mercredi de mai 2018 (l’automne au Chili), les Chiliennes se sont retrouvées pour dénoncer les abus sexuels et exiger une éducation non sexiste, un cri massif à l’unisson ; avec des slogans comme « les filles ne devraient jamais avoir peur d’être intelligentes », « éducation non sexiste pour qu’ils arrêtent de nous tuer » ou « non au harcèlement sexuel et à l’impunité ».

    
Plus de 40 assemblées féministes-étudiantes ont appelé à cette première marche, dont les protagonistes étaient seulement des femmes ; les hommes pouvaient venir, mais en marge, pour s’occuper des circuits et sécuriser les parcours. Et manifester leur soutien ou leur admiration sur les réseaux sociaux. Comme celui ci : « Mes respects à toutes les camarades qui se mobilisent au Chili contre la violence masculine et pour une éducation non sexiste. Tous les progrès qui peuvent être réalisés aujourd’hui seront le fondement d’un avenir plus juste. Jusqu’à la victoire, je serai toujours votre compagnon »

    #femmes #féminismes #femmes_en_lutte #Chili #sexisme #violences_contre_les_femmes #éducation_non_sexiste #autonomie #auto-organisation

  • Au Kenya, une « mini-république de femmes » contre les violences et les mutilations
    http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2018/03/12/au-kenya-une-mini-republique-de-femmes-contre-les-violences-et-les-m

    « Nous sommes très heureuses de vivre ici parce que nous sommes libres. Personne n’est là pour nous imposer des restrictions, nous avons le pouvoir », sourit Nepi Lelegweny. Regard tranquille, dents du bonheur, elle est la doyenne du village, du haut de ses 42 ans. Autour d’elle se sont rassemblées à l’ombre d’un grand acacia quelques-unes des vingt-six femmes qui forment cette communauté atypique.

    Il y a vingt-cinq ans, quelques pionnières ont fondé ce village à quelques kilomètres de la bourgade d’Archers Post, à plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi, pour fuir le sort que leur réservait leur propre communauté.

    Comme leurs cousins masai, les Samburu pratiquent l’excision comme préalable au mariage, traditionnellement arrangé dès le plus jeune âge. Dans cette région pauvre et isolée, les jeunes filles quittent très tôt l’école – l’anglais et le swahili, enseignés dès le primaire au Kenya, ne sont presque pas parlés dans le village. Les femmes sont réduites à leur rôle de mère et très peu considérées. Au sein des foyers, racontent-elles, les violences sont banales.

    #femmes #auto-organisation #communautés #Afrique #violences_sexistes

  • Travail, pâtes, riz, ça suffit !
    http://www.platenqmil.com/blog/2018/05/16/travail-pates-riz-ca-suffit

    L’Assemblée des précaires de l’éducation est née en septembre 2016 suite à la mobilisation contre la Loi travail mais elle ne prend sa forme actuelle qu’à l’automne 2017, lorsque ses membres décident d’appeler à une journée de grève du personnel non-titulaire de l’Éducation Nationale le 5 avril dernier.

    A partir du mois d’avril la rencontre avec la mobilisation étudiante et lycéenne contre le projet de loi Blanquer/Vidal, ainsi que la lutte des cheminots contre la réforme de la SNCF, nous a amené à nous questionner sur notre place en tant que précaires de l’Éducation Nationale sur le marché du travail. Constatant que la précarisation du travail est devenue la norme, à laquelle peu de secteurs peuvent échapper, nous avons décidé de rallier la mobilisation en cours.

    Nous faisons partie de cette assemblée mais c’est à partir de nos expériences de travail personnelles que nous écrivons cet article. Nous travaillons au quotidien dans l’Éducation Nationale, nous en vivons les contradictions, entre la nécessité de travailler pour gagner sa croûte et le rôle de contrôle social que nous incarnons.

    Nous participons aussi au mouvement social en cours. Ce sont donc nos expériences au sein de ce dernier qui nourrissent, en plus de notre quotidien de travailleuses précaires de l’éducation, ce texte.

    #précarité #mouvement #auto-organisation #enquête_militante

  • #Quilombos. Communautés d’esclaves insoumis au #Brésil

    Au Brésil, dès le XVIe siècle, des esclaves noirs se libèrent et fondent des #communautés_marronnes, appelées quilombos. Ces #républiques_libres et auto-organisées repoussent les nombreuses attaques des colons et deviennent, pour plusieurs siècles, le symbole de la #résistance aux régimes esclavagistes.
    Loin d’être isolés, les quilombos conservent des liens forts avec les esclaves restés prisonniers, mais aussi avec les paysans, les taverniers ou les colporteurs. Malgré leurs différences de taille – celui de #Palmares a compté des milliers de membres –, de mode d’organisation, d’origine ethnique – on y trouve aussi des Indiens, des métis, des Européens en rupture de ban… –, de pratiques culturelles et de système économique, ils constituent tous des territoires autonomes au mode de #vie_communautaire.
    Ce livre, écrit par l’un des meilleurs spécialistes brésiliens, retrace l’histoire des quilombos. En décrivant les conditions de leur naissance et de leur multiplication dans de nombreuses régions du Brésil, la vie de leurs habitants et leurs combats, il nous permet de comprendre leur résistance au temps et la persistance de leurs descendants à lutter pour leurs droits, encore aujourd’hui.


    https://www.lechappee.org/collections/dans-le-feu-de-l-action/quilombos
    #esclavage #colonialisme #esclaves_insoumis #livre #histoire #auto-gestion #auto-organisation #esclavagisme #autonomie

  • « Surtout ne pas trahir les sien.ne.s et prendre l’argent de l’ennemi » : rencontre avec deux jeunes de 18 ans, habitants et militants du 93.
    http://www.platenqmil.com/blog/2017/10/23/surtout-ne-pas-trahir-les-siennes-et-prendre-largent-de-lennemi---rencon

    A la veille de la manifestation qui se tiendra samedi 28 octobre à Bobigny, nous publions cet entretien inédit en français, réalisé par des camarades d’Infoaut avec Yanis et Isaa [1]. Agés de 18 ans, Yanis et Isaa sont les deux jeunes qui ont lancé l’appel à manifestater le samedi 11 février 2017 à Bobigny pour demander Justice pour Théo. Grâce au bouche à oreille, aux réseaux sociaux, et à la présence de quelques rappeurs du quartier contactés via Facebook, la manifestation a réuni plusieurs milliers de personnes - en grande partie des habitant.e.s des quartiers, mais aussi des militant.e.s des alentours. L’atmosphère très tendue et la présence provocatrice de la police ont déclenché des affrontements de plusieurs heures.
     
    Cette conversation a été l’occasion de revenir sur différents thèmes : le lourd héritage du passé colonial, les discriminations scolaires, le travail militant dans les quartiers populaires et, bien évidemment, la lutte contre la police. Avec l’accord de Yanis et Isaa, nous avons choisi de féminiser cet entretien en réponse à l’offensive réactionnaire menée en ce moment-même contre la promotion de l’écriture épicène.

    #Luttes #Quartiers #Théo #violences_policières #auto-organisation #manifestation #toctoc ?

  • En campagne sans trêve | À propos du mouvement « La France insoumise » | Jean-Luc Mélenchon
    http://melenchon.fr/2017/05/28/en-campagne-sans-treve

    J’utilise souvent ce blog pour poster au fil des évènements des observations sur la vie du mouvement que nous avons constitué avec « La France insoumise ». Je ne dis pas que ce soit un sujet qui passionne les observateurs. Ce n’est pas très important. Mais je me désole de voir que le contenu théorique de ce type de question ne retienne pas l’intérêt de ceux qui se sentent concernés par les discussions sur la forme que doit prendre une organisation politique de nos jours, en général, et dans notre famille, héritière du « mouvement ouvrier », en particulier. En ai-je lu, pourtant, des dissertations sur la « crise de la forme parti » !!!!! À présent, devant un fait concret et une tentative concrète de passer a l’acte du dépassement, ne surnagent que quelques papiers ici ou là, quasi tous animés par l’esprit de règlement de compte qui anime toute la « petite gauche » qui accable notre action de sarcasme pontifiants. Mais pourtant « elle tourne » !

    Car la Convention nationale du mouvement « la France insoumise » qui a ratifié notre liste de candidatures aux élections législatives a pris place dans un moment particulièrement porteur de la vie de notre mouvement. Beaucoup ne s’en sont pas rendues compte, mais ce fut un événement que de voir passer à 500 000 le nombre des personnes déclarant leur appui au mouvement. Cela s’est produit entre les deux tours de l’élection présidentielle, alors même que je n’étais plus candidat, dans un élan que je crois politiquement significatif.

    J’ai déjà montré ici, sur ce blog, à de nombreuses reprises, pourquoi et comment le mouvement n’est pas et ne sera jamais un parti politique. Il est un lieu de rassemblement où chaque personne décide individuellement et au coup par coup du niveau de son engagement et de sa participation effective aux diverses tâches et campagnes qui sont proposées. Dans les faits, tout repose évidemment sur la plate-forme internet qui permet ce que l’on appelle « l’horizontalité ». Pour ma part, je n’aime guère ce terme. D’abord parce qu’il sous-entend souvent une opposition à la verticalité qui est parfois tout simplement incontournable dans l’organisation d’une action. Ensuite, parce que les connexions rendues possibles par une telle plate-forme vont dans tous les sens ; elles sont par définition polymorphes. C’est-à-dire qu’elles ne sont ni exclusivement du haut vers le bas ni du bas vers le haut mais dans tous les sens de sorte que la notion même de haut et de bas, comme dans l’univers matériel… dépend de la position de l’observateur.

    Pour mieux souligner la singularité de l’objet, je veux plutôt appeler ici à réfléchir sur ce que ce type de mouvement a en commun avec le fonctionnement des partis politiques. Un certain nombre de fonctions qui semblaient propres à un parti s’accomplissent aussi en son sein : coordination des actions, appel à mobilisation, fournitures de matériel et de documents, universités populaires et ainsi de suite. Mais toutes ces fonctions donnaient lieu à une répartition parfois très soupesée des responsabilités. Elles fournissaient la raison d’être même de l’organisation du parti et de l’existence de postes de permanents politiques. Tout cela, désormais, est accompli par la plate-forme sans produire aucune sorte de ces bureaucraties intermédiaires hier encore indispensables à la marche ordinaire de la vie quotidienne.

    De la même manière, les processus de « démocratie interne » sont également à l’œuvre. Mais dans le mouvement, on s’efforce de ne jamais en faire un sujet de conflictualité interne. Il n’y a donc pas de « majorité », de « minorités », pas de plateformes concurrentes, pas d’orientation générale opposée les unes aux autres. Autrement dit : le mouvement se soucie d’abord d’être inclusif et collectif davantage que formellement « démocratique », sachant à quelles violences et dérives conduisent les soi-disant pratiques « démocratiques » organisées par les règlements intérieur des partis traditionnels. Le mouvement n’a qu’une référence idéologique commune a tous ses membres : le programme. C’est une autre manière de dire qu’ils se définit par son action, par ce qu’il compte faire dans la société s’il en a le pouvoir. De la sorte, le contenu de ce programme détermine le mode d’existence de cette organisation et son unique objet : l’action. Ou plus justement dit : les actions, au pluriel. Car il s’agit de mener des campagnes pour des objectifs lié au programme.

    Pour l’instant, comme cela est bien normal pour un mouvement fondamentalement inscrit dans la logique de la démocratie politique, les campagnes sont des campagnes électorales. Mais demain, elles redeviendront des campagnes sur des thèmes précis comme la sortie du nucléaire, la lutte pour la paix, contre la pauvreté et ainsi de suite. Ou bien des mobilisations en appui à des actions organisées par d’autres et dont les objectifs sont aussi les nôtres ; je pense aux actions sur le climat ou celle du type du samedi 20 mai contre Montsanto. Demain encore, le programme restera toujours l’objet central du mouvement. En effet, les 40 livrets thématiques qu’il a engendrés sur tant de sujets sont remis en chantier par ceux qui les animent avec la participation de toutes les personnes que cela intéressera. Et de même avec les « ateliers législatifs » qui permettent aux citoyens de préparer la mise en forme de projet de loi des diverses propositions du programme.

    Il me semble qu’un but essentiel du nouveau mode de fonctionnement est d’évacuer aussi définitivement que possible les enjeux de pouvoir. Ils pourrissent en effet la vie des partis en transformant toute question en un objet de conflits et de délimitation des influences. Bien sûr, toutes les pratiques que je viens d’évoquer sont encore très largement inexplorées et restent pour beaucoup tracées en pointillés. Je crois que c’est en marchant que nous ferons le chemin, selon l’expression bien connue. C’est à ce prix que nous pourrons le plus étroitement ressembler à la société que nous voulons représenter et mettre en mouvement elle-même. Car on ne doit pas oublier que le moyen doit préfigurer la fin : la révolution citoyenne. En ce sens, l’objet de l’action ce n’est pas le « développement du mouvement » mais l’augmentation de la capacité d’auto-organisation de la société ! C’est à cette question de l’auto-organisation que nous devons maintenant réfléchir avec soin. Il s’agit de se donner les moyens de les dépister quand ils existent pour les soutenir et les répandre. Il s’agit donc aussi de les déclencher quand c’est possible. Mais c’est une autre histoire que celle-ci.

    #auto-organisation

    • La plateforme, c’est un petit peu comme SeenThis : il faut que ce soit hébergé, il faut que ce soit maintenu... il faut que ça évolue.. et y-a forcément un « qui paie ». Et nous les utilisateurs, on en fait ce qu’on veut, enfin, c’est c’qu’on croit :-D
      Sauf que l’hébergeur, le mainteneur, peuvent en faire ce qu’ils veulent, le jour où ils le veulent. Et là, la FI, elle est hébergée chez des gens... des startupers si je ne m’abuse, ça n’est pas forcément rassurant. C’est un premier sujet, celui de la forme ?

      Quant à la façon donc la FI court-circuite... Pour suivre Mélenchon (avec un E) depuis 2005, et avoir eu des échos de la façon donc le PG a été repris en main par les apparatchiks habituels, avec les mêmes phénomènes d’ostracisation du « sang neuf » non-coutumier des appareils, j’avoue que la transformation, je la trouve intéressante. Même si oui, t’étais sortant·e et tu te disais que c’était naturel d’être à nouveau candidat·e, juste ça te fait râler d’être remplacé par un•e gugus tiré·e au hasard. C’est un second sujet, celui du pouvoir ?

      Je suis consterné comme toi par la façon dont tous, là, ils veulent se présenter. C’est chouette. Ils sont tous là sur la photo, avec leur sigle, et leur bilan (boite à rires, y-a pas beaucoup de ces sigles à pouvoir présenter un bilan national glorieux en ce qui concerne l’écologie ou le social...). Un dernier sujet, celui de... comment le désigner... celui de « combien de clônes pour les mêmes idées » ?

      Merci d’avoir ouvert la discussion sur ce sujet.

    • C’est à ce prix que nous pourrons le plus étroitement ressembler à la société que nous voulons représenter et mettre en mouvement elle-même. Car on ne doit pas oublier que le moyen doit préfigurer la fin : la révolution citoyenne. En ce sens, l’objet de l’action ce n’est pas le « développement du mouvement » mais l’augmentation de la capacité d’auto-organisation de la société ! C’est à cette question de l’auto-organisation que nous devons maintenant réfléchir avec soin. Il s’agit de se donner les moyens de les dépister quand ils existent pour les soutenir et les répandre. Il s’agit donc aussi de les déclencher quand c’est possible. Mais c’est une autre histoire que celle-ci.

      Merci à @biggrizzly d’avoir mis en ligne cet extrait fort intéressant.
      Après avoir participé au rassemblement des Glières en Hte Savoie des résistants d’hier et d’aujourd’hui, j’ai eu envie de rencontrer des partisans de la FI lors d’une réunion avec le candidat de ma circoncription. Et je fus agréablement surprise de la diversité des participant-e-s tous regroupé-e-s autour du programme « l’avenir en commun » et de notre représentant. Le paysan du coin nous avait tous réunis, de la documentaliste du lycée, au jeune informaticien qui s’était chargé de la communication, à l’éducateur d’une prison en Suisse pour l’affichage, jusqu’aux travailleur-euses dans l’industrie de la vallée dont une jeune musulmane qui m’a gentiment proposé de m’accompagner lors d’une distribution de tracts dans les immeubles de ma localité.
      J’ai ressenti une énorme convivialité et cette capacité à s’auto-organiser autour de notre courageux candidat (militant anti gaz de schiste et pour un éco-socialisme) car dans la vallée de l’Arve pro-Fillon nous n’avons presque aucune chance d’être au second tour. Et je n’ai qu’une hâte c’est de retrouver ces vrais gens chaleureux qui partagent mes valeurs lors de notre prochain débat public pour la transition écologique.
      Ceci est ma première expérience politique « militante » et je suis un peu consternée par vos réactions précédentes négatives, désabusées, un peu trop du domaine de « l’intellect », sur le mouvement de La France insoumise.

    • @marielle : rien ni personne n’est à l’abri de la critique, et c’est tant mieux. Comme je le dis rapidement ci-dessus, les expériences passées démontrent que la politique, dans notre environnement institutionnel, c’est un truc qui a du mal à ne pas retrouver les défauts de la professionnalisation de son personnel, et ce côté « féodalisant » particulièrement rebutant. Il y a un phénomène de rareté des postes qui induit des comportements de nuisibles dont même les plus progressistes ne parviennent à se défaire (PG, EELV, ... pour ne pas citer le PCF...). Et je suis certain que le moment où les « cadres » de la FI seront brocardés pour avoir ostracisé tel ou telle nouveau venu·e n’est pas bien loin.

      Ceci dit, profitons de ce moment. Que ce soit ton expérience ou celle du Yéti sur son blog, ces élections législatives « à la mode FI » sont ce qui se fait de plus réjouissant depuis bien longtemps.