#autogouvernement

  • Pour une nouvelle nuit du 4 août (ou plus)

    Jérôme Baschet

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-une-nouvelle-nuit-du-4-aout-ou-plus

    Ah, ça oui ! Il faut le reconnaître. Il nous a émus, Manu. Il nous a entendus ; il faut dire qu’avec les cotons-tiges grands comme des poutres que les infirmières lui avaient préparés, ça a dû bien lui déboucher les pavillons. Et, vous vous rendez compte, tout ce qu’il a fait depuis qu’il est président, c’était pour nous. Il nous aime tellement ! C’est pour nous qu’il avait augmenté la CSG, réduit les APL, augmenté la taxe carbone, etc. Pour notre bonheur, par amour pour nous. Et quand il nous accablait de son mépris, c’était aussi par amour. Pour nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes.

    D’ailleurs, la preuve : il nous aime tellement qu’il a compris que le paquet de cacahuètes annoncé par le premier ministre, la semaine dernière, ce n’était vraiment pas assez. Alors là, d’un seul coup, il en a mis quatre sur la table, des paquets de cacahuètes. Pour qu’on comprenne enfin combien son amour pour nous est immense. (...)

    #gilets_jaunes #Macron #abolition_des_privilèges #ISF #zapatistes #Chiapas #Commercy #autogouvernement


  • Lettre à celles et ceux « qui ne sont rien », depuis le Chiapas rebelle

    Jérôme Baschet

    https://lavoiedujaguar.net/Lettre-a-celles-et-ceux-qui-ne-sont-rien-depuis-le-Chiapas-rebelle

    On l’entend partout ces jours-ci : c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et là où beaucoup s’affligeaient de ne voir que le marécage stagnant d’une majorité dite silencieuse et passive ont surgi mille torrents impétueux et imprévisibles, qui sortent de leur cours, ouvrent des voies inimaginables il y a un mois encore, renversent tout sur leur passage et, malgré quelques dévoiements initiaux, démontrent une maturité et une intelligence collective impressionnantes. C’est la force du peuple lorsqu’il se soulève, lorsqu’il reprend sa liberté. C’est une force extraordinaire et ce n’est pas pour rien que l’on invoque tant 1789, mais aussi 1793 et les sans-culottes. Ami·e·s gilets jaunes, vous avez déjà écrit une page glorieuse de l’histoire de notre pays. Et vous avez déjà démenti tous les pronostics d’une sociologie compassée sur le conformisme et l’aliénation du grand nombre.

    Mais qu’est-ce donc que ce « peuple » qui, d’un coup, se réveille et se met à exister ? Rarement comme aujourd’hui le mot aura paru aussi juste, même à ceux d’entre nous qui pourraient le juger périmé, parce qu’il a trop souvent servi à capturer la souveraineté au profit du Pouvoir d’en haut, et qu’il peut aujourd’hui faire le jeu des populismes de droite ou de gauche. (...)

    #gilets_jaunes #peuple #intelligence_collective #Chiapas #zapatistes #rébellion #autogouvernement


  • Adieux au #capitalisme. #Autonomie, société du #bien_vivre et multiplicité des mondes

    Il est temps de rouvrir le futur. Et d’engager résolument la réflexion sur ce que peut être un #monde_libéré de la #tyrannie_capitaliste. C’est ce que propose ce #livre, en prenant notamment appui sur les expérimentations sociales et politiques accumulées par l’insurrection et les communautés zapatistes, une « #utopie_réelle » de grande envergure.
    Pratiquer une #démocratie_radicale d’#autogouvernement et concevoir un mode de construction du #commun libéré de la forme #État ; démanteler la logique destructrice de l’expansion de la #valeur et soumettre les activités productives à des choix de vie qualitatifs et collectivement assumés ; laisser libre cours au #temps disponible, à la #dé-spécialisation des activités et au foisonnement créatif des #subjectivités ; admettre une véritable #pluralité des chemins de l’#émancipation et créer les conditions d’un véritable #échange_interculturel : telles sont quelques-unes des pistes qui dessinent les contours d’un #anticapitalisme non étatique, non productiviste et non eurocentrique.
    En conjuguant un effort rare de projection théorique avec une connaissance directe de l’une des expériences d’autonomie les plus originales et les plus réflexives des dernières décennies, #Jérôme_Baschet s’écarte des vieilles recettes révolutionnaires dont les expériences du XXe siècle ont montré l’échec tragique. Il propose d’autres voies précises d’élaboration pratique d’une nouvelle manière de vivre.


    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Adieux_au_capitalisme-9782707177230.html
    #livre #zapatisme #Etat-nation #productivisme #résistance #alternatives


  • Un mundo donde quepan muchos mundos
    peintures zapatistes du Chiapas

    Jérôme Baschet et Rocío Martínez

    https://lavoiedujaguar.net/Un-mundo-donde-quepan-muchos-mundos-peintures-zapatistes-du-Chiapas

    exposition du 1er juin au 28 juillet 2018
    galerie salle principale
    28, rue de Thionville
    75019 Paris

    Depuis le soulèvement armé du 1er janvier 1994 et son intempestif ¡Ya basta ! — coup d’arrêt à la séculaire domination des peuples indiens autant que défi à la toute-puissance du néolibéralisme triomphant —, les rebelles zapatistes du Chiapas n’ont pas cessé d’inventer de nouvelles formes de lutte et de faire croître dans leurs territoires d’autres manières de vivre qu’ils dénomment « autonomie ». En complète sécession vis-à-vis des institutions de l’État mexicain et se préservant autant qu’il est possible des logiques de marchandisation qui progressent partout, cette expérience constitue l’une des utopies réelles les plus remarquables qu’il soit donné de découvrir aujourd’hui sur une planète livrée à la dévastation et à la déshumanisation. (...)

    #zapatistes #autogouvernement #exposition #Paris


  • Es la hora de los pueblos

    Georges Lapierre et Luna

    http://lavoiedujaguar.net/Es-la-hora-de-los-pueblos

    C’est l’heure des peuples ou de nos peuples, affirme le Congrès national indigène, c’est vite dit et pourtant… Comme si nous nous trouvions au début d’une aventure, sur la ligne d’un départ, nous ne savons pas encore où cela va nous mener, cette entrée dans l’action, ce commencement à être, cette affirmation de ce que nous sommes, de ce que nous aimons, de ce que nous voulons, de nos désirs, de nos souhaits : se mettre en mouvement, les premiers pas, la première parole, dans le sens où l’entendent les Kanak, le premier acte d’une aventure qui consiste à construire un autre monde, une alternative au capitalisme, un monde qui contiendrait d’autres mondes, d’autres vies, d’autres modes de vie. Il faut bien commencer, sans doute allons-nous trébucher au premier pas, pour nous relever ou pour ne pas nous relever. Nous n’avons pas une idée bien définie de ce que nous cherchons, ce n’est pas une idéologie qui nous anime, mais le refus d’être emportés par cette tourmente dévastatrice de toute forme de vie sociale qu’est devenu notre présent. (...)

    #Mexique #peuples_originaires #Conseil_indigène #autogouvernement #2018_élection_présidentielle


  • Cheràn-la-lumineuse
    paru dans CQFD n°144 (juin 2016)
    par Benjamin Fernández,
    illustré par Frédéric Gircour
    http://cqfd-journal.org/Cheran-la-lumineuse

    À première vue, Cherán ressemble à beaucoup de petites villes du Mexique, avec son clocher chapeautant une place centrale entourée de belles façades de style colonial et de rues pavées animées par les marchands. Mais cette commune du Michoacán, nichée au cœur d’une forêt de pins à plus de deux mille mètres d’altitude, n’est pas tout à fait comme les autres. Là où ailleurs la propagande rutilante des partis politiques s’étale sur les murs, on découvre ici des fresques aux couleurs chaleureuses en l’honneur d’un soulèvement populaire en cours. Le soir, les coins de rue accueillent des assemblées, et ce, depuis qu’il y a cinq ans, le clocher sonna le glas de la corruption et du crime.

    Le 15 avril 2011, la population s’est insurgée contre les trafiquants qui régnaient en maîtres sur cette région de montagnes et de forêts, chassant les hommes de main des cartels et leurs complices locaux : le maire et la police. Aujourd’hui, cette municipalité de 18 000 âmes est régie par ses seuls habitants. Elle est le premier gouvernement communal autonome libre de partis politiques reconnu par la plus haute instance juridique du Mexique.

    #Mexique #Cheràn #AutoGouvernement #Lutte #Révolution


  • Et dans les communautés zapatistes ?

    SCI Galeano, SCI Moisés

    http://lavoiedujaguar.net/Et-dans-les-communautes-zapatistes

    Mexique, février 2016.

    Aux compañer@s de la Sexta,
    À qui de droit,

    Compañeroas, compañeros et compañeras,

    Maintenant nous allons vous parler un peu de comment vont les communautés zapatistes où résistent et luttent les bases de soutien.

    Ce que nous allons vous relater maintenant vient des rapports des propres compañeras et compañeros zapatistes, responsables dans les villages, responsables de commissions (par exemple santé, éducation, jeunes, etc.), autorités autonomes et responsables organisateurs. (...)

    #Mexique #Chiapas #EZLN #zapatistes #autogouvernement #résistance


  • Entretien avec Janet Biehl
    Le Rojava : pauvre en moyens mais riche en esprit

    http://lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Janet-Biehl-Le

    Janet Biehl fut une collaboratrice du théoricien libertaire Murray Bookchin et sa compagne de 1987 à sa mort en 2006.

    Après ma visite au Rojava, au début de décembre 2014, le journaliste Cesur Milusoy m’a interviewée le 23 décembre.

    Janet, vous revenez juste d’un voyage au Rojava qui a duré plus d’une semaine. Comment vous et le groupe êtes-vous entrés au Rojava ? La frontière turque est fermée et l’État islamique contrôle beaucoup de territoire en Irak.

    Nous avons démarré d’Erbiln en Irak, et nous avons traversé la frontière à Semalka. Les organisateurs avaient arrangé le passage à l’avance. Une fois que nous étions arrivé•e•s, nous avons dû attendre quelques heures jusqu’à ce que quelqu’un passe un appel téléphonique. Alors nous avons traversé le Tigre et sommes entré•e•s au Djezîrê. (...)

    #Kurdistan #autogouvernement #Rojava #Syrie


    • Ce qui frappe dans certaines versions, c’est le lien entre l’idée de « commun » et celle d’« #autogouvernement », voire de #démocratie radicale, loin de l’État, de la représentation et des partis. Ainsi, un groupe d’activistes occupant et gérant le Théâtre Valle, à Rome, foyer de ce mouvement, a affirmé dans ses statuts que « le bien commun n’est pas un donné », car il naît « d’en bas et de la #participation active et directe des citoyens ». La célèbre écologiste indienne Vandana Shiva parle même d’une « démocratie des biens communs ».

    • Dommage, il n’est plus possible d’accéder à la totalité de l’article, seul 15% restent accessible aux non-abonnés.

      @monolecte
      Un essayiste anglophone, David Bollier , a récemment publié un essai en licence libre qui parle de #politique des biens communs, que je n’ai pas encore lu, mais dont la traduction française sera très bientôt mise en accès libre par l’éditeur. Cet essai vaut la lecture, à mon avis.

      http://www.bastamag.net/Les-communs-nous-offrent-davantage :

      Les communs offrent aux #commoneurs davantage de liberté, de pouvoir et de responsabilité que ne le font l’État et le marché – qui, au fond, nous invitent seulement à consommer, à voter occasionnellement et, parfois, à jouer les faire-valoir dans les processus décisionnels, qui souvent ont été largement accaparés par de grandes institutions éloignées des citoyens.

      Essai de David Bollier (adaptation française+version originale) :
      http://www.framablog.org/index.php/post/2014/02/03/livre-la-renaissance-des-communs-david-bollier
      http://www.eclm.fr/ouvrage-364.html
      http://wealthofthecommons.org/contents

      Les "versions" dont tu parles - basées sur l’auto-organisation, la démocratie (directe) - renvoient certainement aux pratiques de #commoners. Mais les peuples indigènes qui résistent pour préserver leur culture et leur milieu de vie (la forêt) sont naturellement des commoners ...

      Ainsi, un groupe d’activistes occupant et gérant le Théâtre Valle, à Rome, foyer de ce mouvement, a affirmé dans ses statuts que « le bien commun n’est pas un donné », car il naît « d’en bas et de la #participation active et directe des citoyens ». La célèbre écologiste indienne Vandana Shiva parle même d’une « démocratie des biens communs ».

      Très intéressant, cette idée selon laquelle s’il n’y a pas de participation (responsabilisation) venant "d’en bas" (les utilisateurs des biens communs eux-même ?), il n’y pas de biens communs. Analogie je suppose avec la participation volontaire des citoyens à la démocratie.

      « le bien commun n’est pas un XXXX donné » ? (XXXX : mot manquant).

    • Le terme « démocratie des biens communs » utilisé par Vandana Shiva est très parlant je trouve, étant donné que biens communs implique la possibilité de participation de chacun dans la gestion de ces biens ... Vandana Shiva faisait certainement allusion aux semences traditionnelles de l’Inde et aux expériences des « banques » de semences mises en place et gérées par les paysans indiens.

    • #biens_publics #biens_communs #usagers #commoneurs #participation_directe #coopération_sociale #construction_collective_de_sens

      Vous soulignez la différence entre « communs » et « biens publics » – une confusion largement répandue.

      La notion de « bien public » est un terme technique de la science économique, utilisé pour décrire des ressources difficiles à clôturer et à transformer en propriétés privées. Les économistes affirment ainsi que les biens publics sont « non excluables », c’est-à-dire qu’il est difficile d’empêcher les autres d’utiliser ces ressources. L’exemple classique est celui d’un phare, mais les jardins publics ou les bibliothèques sont également considérés comme des biens publics. Les économistes présupposent généralement que seul l’État est capable de produire et de gérer des biens publics – conçus comme des exceptions à la norme de la propriété privée.

      Mais les économistes ont tort de penser que ces traits seraient intrinsèques à certaines ressources. Ils ne se rendent pas compte que le terme de « bien public », dans sa définition même, exclut d’emblée la possibilité que des gens puissent s’autoorganiser pour gérer ces ressources. Ils présupposent que le « marché » et le « gouvernement » sont de manière évidente les seuls moyens possibles de gérer certaines ressources. Cette conception du monde ignore le rôle potentiel de l’assistance mutuelle, de la collaboration, et des relations sociales intersubjectives. L’histoire et le monde contemporain sont pourtant remplis d’exemples où des gens se sont associés pour gérer des terres agraires, des forêts, des pêcheries, des codes source de logiciel, des archives en ligne, des espaces publics et bien d’autres choses encore. Il s’agit de choix sociaux, parfaitement viables et réalistes.

      La confusion dont vous parlez provient parfois du fait que les gens envisagent les communs comme une collection d’objets ou de ressources – un parc, une bibliothèque, une place publique. Mais en fait, un commun requiert un certain degré de gestion collective et de collaboration. Techniquement parlant, un parc ou une bibliothèque, en tant que ressources, ne sont pas un commun. Mais dès lors que les usagers ordinaires – au-delà de l’administration – commencent à disposer d’un certain degré de participation directe à la gestion, de responsabilité et de redevabilité, alors un commun commence à prendre racine . En d’autres termes, il doit y avoir une forme ou une autre de coopération sociale et de construction collective de sens [5]. Le terme de « bien public », a contrario, ne s’intéresse pas à la « vie sociale » d’une ressource. Or, du point de vue des communs, les ressources n’existent que dans leur contexte social.

      http://www.blogapares.com/david-bollier-les-communs-aident-sortir-du-carcan-leconomie-neoliberale-


  • Rebeldía Zapatista
    La parole de l’EZLN

    sous-commandant insurgé Moisés

    http://lavoiedujaguar.net/Rebeldia-Zapatista-La-parole-de-l

    Nous sommes les femmes et les hommes zapatistes, rebelles en notre propre patrie, le Mexique, parce que nous sommes menacés de destruction, au même titre notre terre-mère, menacés sous terre et sur nos terres par les personnes mauvaises riches et par les mauvais gouvernants qui ne pensent qu’à convertir tout ce qu’ils voient en marchandises pour leur seul profit : ce sont les capitalistes néolibéraux.

    Ils veulent posséder tout.

    Ce sont des destructeurs, des assassins, des criminels, des violeurs. Ils sont cruels et inhumains ; ce sont des tortionnaires ; ils font disparaître les gens ; ce sont des corrompus qui concentrent tout ce que l’on peut imaginer de pire. Ils sont comme ça, ils n’ont rien à faire de l’humanité. Ils sont plutôt antihumains. (...)

    #Mexique #Chiapas #EZLN #revue-zapatiste #autogouvernement #anarchistes


  • L’Escuelita zapatiste et la contagion de l’autonomie
    Partager en touchant le cœur, apprendre en questionnant (III)

    Jérôme Baschet

    http://www.lavoiedujaguar.net/L-Escuelita-zapatiste-et-la,1150

    Difficultés du mandar obedeciendo

    Les manuels ne s’en tiennent nullement à une autosatisfaction de façade. Ils font au contraire une place notable aux difficultés rencontrées, aux erreurs commises et aux insuffisances des réalisations actuelles (tout particulièrement en matière de participation des femmes aux charges de gouvernement ). C’est leur grandeur et c’est un signe manifeste de la force actuelle du zapatisme.

    Parmi les erreurs mentionnées dans les manuels, l’une des plus graves concerne la commune autonome de San Andrés Sakamch’en de los Pobres, l’une des premières à s’être formée, dès 1995. Particularité unique, le conseil autonome a pu récupérer et défendre, malgré toutes les tentatives d’expulsion, l’édifice situé au centre de San Andrés et qui abritait auparavant la présidence municipale officielle. Cela a créé une situation singulière de coopération entre les deux autorités, autonome et officielle, mais aussi sans doute une sorte de rivalité symbolique pour démontrer la capacité du gouvernement autonome. (...)

    #Mexique #EZLN #autogouvernement #résistance


  • L’Escuelita zapatiste et la contagion de l’autonomie
    Partager en touchant le cœur, apprendre en questionnant (II)

    Jérôme Baschet

    http://www.lavoiedujaguar.net/L-Escuelita-zapatiste-et-la,1149

    L’EZLN a choisi de faire découvrir une réalité collective, celle de l’autonomie, sous une forme qui fait une place remarquable à la singularité individuelle. Durant l’Escuelita d’août 2013, il y avait près de mille trois cents élèves, près de mille trois cents familles, près de mille trois cents Votán, c’est-à-dire près de mille trois cents histoires différentes, du fait de la diversité des situations locales, de choix d’organisation différents selon les zones et les villages, ainsi que de la particularité des interactions entre chaque élève, sa famille et son Votán. Le rôle de ce dernier est particulièrement déterminant, au point que le communiqué qui lui est consacré le qualifie de « colonne vertébrale de l’Escuelita ». Outre sa fonction de « précepteur », il a aussi, comme son nom l’indique (Votán est à comprendre comme « gardien et cœur du peuple »), la charge de prendre soin de chaque élève, de veiller à ce qu’il ne manque de rien et soit à son aise (même si certains ont pu trouver le soin mis à exercer cette mission trop insistant, voire quelque peu intrusif). Une telle combinaison écarte ce qui pourrait rassembler à un statut spécifique d’enseignant, qui séparerait le domaine du savoir des autres aspects de la vie. (...)

    #Mexique #EZLN #zapatiste #autogouvernement