• Proposition de traduction en français :

      Marina Glezer : Je suis reconnaissante d’avoir avorté à 18 ans.
      Reconnaissante de ne pas avoir eu un enfant à 22 ans.
      ( G. Ballerini ) c’est malheureux
      C’est malheureux pour vous de juger mal mon avortement
      quand un homme, qui n’a aucune idée de ce que c’est d’avoir un ovaire,
      ce qu’il n’a pas, ou ce que c’est que de donner naissance à un enfant,
      tu viens me dire que j’ai fait quelque chose de mal,
      et que je subis des conséquences très graves pour avoir avorté
      Une femme qui a avorté sur trois meure dans des conditions inhumaines
      parce qu’elle a décidé de ne pas avoir un enfant
      et nous devons faire face à une partie de la société,
      qui comme vous, tente de cacher que les gouverneurs
      doivent légiférer pour tous les citoyens pour tout le monde
      et aussi faire une loi qui défende nos droits
      comme l’avortement légal, sûr et libre
      pour qu’il n’y ait plus de femmes qui meurent
      et c’est là que la defense de la vie commence
      parce que celui qui transmet la vie et celui qui va donner naissance à une vie,
      moi meme j’en suis, a la responsabilité en vers cet enfant pour toute la vie.
      ( G. Ballerini ) la science définit où commence le début de la vie...
      Vous penser exister ou ne pas exister en tant qu’homme
      dans cette composition de la famille ?
      Non monsieur, c’est anachronique ce vieux discours
      et ne venez pas à moi en invoquant l’église
      et mettre ton rosaire sur mes ovaires !
      c’est grâce à cela que dans le monde
      il y a des gens qui pensent comme vous
      et qu’il y a des femmes qui meurent.
      Ce n’est pas les embryons avortés qui meurent.
      Des femmes meurent ! Des femmes invisibles que vous ne voyez pas
      que je vais aider aux villages à suivre des cours
      d’alphabétisation et des ateliers de théâtre.
      Ces femmes vous ne les voyez pas.
      Des filles de 11 ans qui deviennent des femmes enceintes
      des adolescentes âgés de 15 ans qui tombent enceintes
      et qui ne veulent pas avoir d’enfants.
      Il n’y a pas d’état ! il y a un état absent qui ne régit pas !
      Pour eux c’est normal de mourir à 11 ans
      par ce qu’on ne s’est pas faite avortée
      parce qu’à 11 ans on pense faire quelque chose de mal !
      Mais vous, les gens qui réfléchissez,
      vous devriez concidérer ça comme un problème de santé publique
      C’est une dette de la démocratie ! c’est une dette de la démocratie !
      C’est un droit humain !
      C’est pourquoi les associations sont au coeur de la société civile
      Elles ont le droit à l’avortement ! C’est une dette de la démocratie !
      [Sous] Videla, Etchecolatz, Massera, les gens disparaissaient,
      on volait les bébés et tout ça aussi au nom de l’Église.

      N.B : Je ne suis pas hispanophone ni très bon en espagnol mais c’est plus ce que j’en ai compris via les outils de traduction automatiques vers l’anglais. Il y a surement pleins de coquilles.

      Edit : Corrections apportées suite au retour de @simplicissimus


  • Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris »
    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/08/09/droit-a-l-avortement-en-argentine-ce-vote-est-une-honte-les-senateurs-n-ont-

    Symbole de la victoire de l’Eglise : avant même le vote des sénateurs, une messe a été célébrée en grande pompe dans la cathédrale de Buenos Aires, réunissant des milliers de « provida ». Des slogans dénonçant la « complicité » de l’Eglise catholique avec la dictature militaire (1976-1983) ont cependant fusé dans le camp des foulards verts, symbole du droit à l’IVG, quand un chapelet géant est soudain apparu, flottant dans le ciel, au-dessus du Congrès. « L’Eglise ne s’émouvait pas quand la dictature torturait une femme enceinte », affirmait le panneau d’un jeune manifestant.

    La loi fixe un délai d’un an après un rejet pour qu’un nouveau projet soit réexaminé par le Parlement. Reste à savoir si les partis politiques seront prêts à faire de l’IVG un des thèmes de leur campagne électorale.

    Bravo les cathos, vous pouvez envoyer votre argent pour récompensé vos curés.

    #IVG #catholicisme #gynocide #féminicide #racisme (car ce sont les femmes racisés qui sont le plus exposé à la mort via des avortements clandestins) #culture_du_viol


  • Three women stabbed by masked group at anti-abortion protest in Chile

    Three women who were protesting in favour of free, safe and legal abortion have been stabbed in Chile.

    The women and a police officer were attacked by a masked group of people wearing hoods in the capital of Santiago on Wednesday.

    The individuals received medical attention but their injuries were not life-threatening. One of the women was injured in the stomach and the two others in the legs.

    Around 40,000 women descended on the city to march, holding signs reading: “Women marching until we are free” and “The rich pay for it, the poor bleed out.”

    People who attended the protests said anti-abortion extremists are responsible for the stabbings but no suspects have been arrested.

    Ale Silva, a resident of Santiago who is pro-abortion, told Newshub the group were men from a far-right group.

    “It very easily could have been me or any of my friends. They were targeted because they were women and were marching, as it so usually happens... pro-lifers stabbing people, the irony,” she said.

    She claimed the Chilean media ignored the attack – the country’s chiefly right wing media initially did not cover the stabbings.

    While a small far right group known as the Social Patriot movement claimed responsibility for the counter-protest, they denied being involved in the stabbings.

    They instead attributed the violence to “anarcho-feminists”.

    A spokesperson for Mesa de Accion por el Aborto – one of the groups leading the struggle for access to free abortion in the country – branded the stabbings “terrorism”.

    “This is terrorism. I don’t want to call it any other way. When a group wants to intimidate another to keep them from expressing their ideas freely,” Macarena Castaneda said.


    https://www.independent.co.uk/news/world/americas/santiago-anti-abortion-women-stabbed-chile-protest-a8469786.html
    #avortement #Chili #it_has_begun #IVG #anti-avortement #résistance #manifestation #femmes #droits_des_femmes



  • #LIDIA_LIDIA : Pourquoi ne considérons-nous pas la violence faite aux femmes et aux filles comme du terrorisme ?
    https://tradfem.wordpress.com/2018/07/26/pourquoi-ne-considerons-nous-pas-la-violence-faite-aux-femmes-et-

    Avec un accès mondial toujours croissant à Internet et aux médias sociaux, la communication entre les pays, même les plus reculés, est devenue une réalité quotidienne pour la plupart des gens. Cette communication en temps réel signifie que la discrimination, l’injustice et la violence, qui ont été cachées, tolérées, institutionnalisées et même défendues comme faisant partie de nos cultures pendant des siècles, sont aujourd’hui de plus en plus publiques et apparemment moins tolérées.

    Mais malgré cette prise de conscience accrue et une certaine réaction, la violence envers les femmes et les filles reste une menace mondiale : la moitié de l’humanité devrait être féminine, mais 117 millions de femmes et de filles «  manquent à l’appel  » (sont mortes) à cause de la discrimination, de l’injustice systémique et d’un manque de droits humains sous le régime patriarcal. Le Fonds des Nations Unies pour la population signale que cela représente plus de décès en tout que le bilan de la Première et de la Seconde Guerres mondiales.

    Selon la Global Terrorism Database (GTD), 171 personnes sont décédées à la suite d’attaques terroristes en 2015. En comparaison, dans seulement 20 pays européens cartographiés par Eurostat en 2015, 1014 femmes et jeunes filles sont mortes de féminicides, soit près de six fois plus. En 2016, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a publié un rapport sur la lutte contre la violence faite aux femmes, qui révélait des chiffres alarmants : 43 600 femmes et jeunes filles ont été tuées en 2012 par un membre de leur famille ou un partenaire intime. La même année, 11 133 personnes ont été victimes du terrorisme dans le monde entier. La violence faite aux femmes et aux filles façonne la société telle que nous la connaissons, mais les gouvernements locaux et internationaux ne la traitent toujours pas comme une crise nécessitant des mesures particulièrement urgentes, contrairement au terrorisme.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2018/07/19/dont-consider-violence-women-girls-terrorism

    #terrorisme #féminicide #violences_masculines #avortement #patriarcat



  • Victoire pour les militants antiavortement en Californie Sébastien Blanc - 27 Juin 2018 - Le Devoir

    https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/531138/victoire-judiciaire-pour-les-militants-antiavortement-de-californie

    La Cour suprême des États-Unis a offert mardi une importante victoire aux opposants à l’avortement en donnant tort à la Californie qui impose à des centres anti-IVG d’informer les femmes enceintes de leur droit à se faire avorter ailleurs.

    Une telle loi viole la Constitution, ont jugé les cinq juges conservateurs de la haute cour, dans une décision très attendue. Les quatre magistrats progressistes minoritaires ont, eux, exprimé séparément leur désaccord.

    Ce dossier concerne les « centres de crise de la grossesse » gérés par des groupes chrétiens et conservateurs. Il en existe plusieurs centaines en Californie.

    Sous le prétexte d’assister et de conseiller des femmes qui ne souhaitaient pas tomber enceintes, ces lieux, où on peut trouver du personnel en blouse blanche ou du matériel d’échographie obstétricale, tentent en fait de les convaincre à tout prix de ne pas avorter.

    « Fausses cliniques » 
Parfois qualifiés de « fausses cliniques », ces centres sont notamment accusés de faire croire aux femmes qu’elles pourront bénéficier de diverses options médicales, y compris d’une IVG.

    La Californie a imposé à ces organismes privés d’informer les femmes qu’elles pouvaient bénéficier d’une IVG ou d’une contraception gratuites ou à bas prix dans d’autres centres, subventionnés par l’État.

    La loi californienne oblige aussi ces lieux d’accueil à informer clairement leur clientèle s’ils sont habilités à exercer la médecine et s’ils disposent de praticiens sur place.

    De telles exigences « transforment purement et simplement » le message que souhaitent transmettre les centres de crise de la grossesse, a dénoncé dans l’arrêt le juge ultraconservateur Clarence Thomas, nommé à la Cour suprême par le président George Bush père.

    Dans une opinion de désaccord, écrite au nom du camp progressiste de la Cour, le magistrat Stephen Breyer établit une comparaison avec d’autres États qui imposent des restrictions au droit à l’avortement.

    « Si un État peut légalement obliger un médecin à dire à une femme qui cherche à avorter qu’il existe des services d’adoption, pourquoi ne serait-il pas possible, comme en l’espèce, d’exiger d’un conseiller médical qu’il informe une femme sur l’existence de soins prénatals ou de possibilités d’avortement ? » a interrogé le juge Breyer.

    Les militants pro-vie, c’est-à-dire opposés au droit à l’interruption volontaire de grossesse, avaient porté plainte contre la loi californienne de 2015, d’inspiration démocrate, assurant qu’elle violait leur liberté de conscience protégée par le premier amendement de la Constitution. Mardi, ils ont célébré leur victoire.

    « La Californie ne peut plus forcer les centres de crise de la grossesse à transmettre un message qui va directement à l’encontre de leurs croyances religieuses et de leur mission consistant à sauver des vies », s’est félicité Mat Staver, président de l’organisation conservatrice Liberty Counsel.

    À l’opposé, les défenseurs du droit à l’avortement redoutaient que la décision de la Cour suprême n’encourage les organisations pro-vie à recourir à des informations médicales erronées et à des tactiques trompeuses pour faire progresser leur cause.

    NARAL, organisation qui lutte contre les restrictions au droit à l’avortement, a regretté que la décision ait été adoptée de justesse grâce au juge conservateur Neil Gorsuch, nommé par M. Trump, après que le Sénat, à majorité républicaine, eut refusé durant près d’un an de confirmer un candidat nommé par l’ex-président démocrate Barack Obama.

    « Les dégâts causés par le gouvernement Trump à notre justice et à nos droits vont durer des générations », a déploré NARAL, appelant à continuer le combat pour sauvegarder Roe v. Wade, l’arrêt qui a légalisé l’avortement en 1973 dans tous les États-Unis.

    La décision mardi de la Cour suprême est appelée à avoir des répercussions au-delà des frontières de la Californie, tandis que le pays connaît une poussée antiavortement depuis que Donald Trump est à la Maison-Blanche.

    #femmes #avortement #USA #Californie

    • Ce pays s’enfonce dans les ténèbres décidément. Monter une fausse clinique, se faire passer pour des soignants, et désinformer par omission assumée, ce serait donc légitime et vouloir empêcher de tels agissements, ce serait aller à l’encontre de la constitution...
      Les manuels d’utilisation du moindre appareil électroménager est désormais assorti de toutes les préventions imaginables, simplement parce qu’un juge a donné raison à des utilisateurs absurdes (ne mettez pas votre chat dans le four pour le sécher...), mais là, on trompe les patientes volontairement, et ce serait légal et juste.


  • Des dizaines de milliers d’Argentines défilent pour légaliser l’avortement ats/mh - 5 Juin 2018 - RTS
    http://www.rts.ch/info/monde/9623368-des-dizaines-de-milliers-d-argentines-defilent-pour-legaliser-l-avorteme

    Des dizaines de milliers de femmes, munies d’un foulard vert, ont défilé dimanche et lundi à Buenos Aires, en Argentine, en faveur d’un projet de loi pour légaliser de l’avortement.
    « Le fait que l’avortement soit passé en Irlande, dans un pays catholique comme l’Argentine, cela donne espoir », s’enthousiasme une lycéenne de 16 ans. « Mais en Irlande, observe-t-elle, l’Eglise est restée en retrait du débat ».

    Le choix des parlementaires
    En Argentine, pays du pape François, l’Eglise est fortement mobilisée et s’inquiète car les enquêtes d’opinion penchent pour la légalisation. Ce n’est cependant pas l’opinion publique qui vote, mais des parlementaires « nettement plus conservateurs », déplore Liz Ramirez, une enseignante de 30 ans.

    Le projet de loi sera soumis à la Chambre des députés le 13 juin. Si le texte est approuvé, il sera examiné par la Chambre haute, où les sénateurs des provinces sont généralement soumis à l’autorité des gouverneurs en place, dont la majorité ne veut pas se mettre l’Eglise à dos.

    #Femmes #Argentine #Avortement #eglise #droit_des_femmes #droits_humains



  • Plébiscite historique des Irlandais en faveur de l’avortement

    #femmes #genre #Irlande #votations #avortement #IVG

    Et comme l’a écrit ma collègue Myriam Hussay-Holzschuch sur twitter :

    Au-delà de la victoire (🔥✊🏻). De la nécessité de l’écriture inclusive. Les Irlandaises - celles qui ont souffert et lutte, celles qui sont mortes - ont été effacées de ce titre.

    https://twitter.com/MHoussayH/status/1000319718023204865
    #écriture_inclusive

    • Qu’attendez-vous de plus du Monde que ce mépris persistant ? Par ailleurs, il y a une autre obscénité dans ce titre, pire encore sans doute : l’Irlande n’a pas voté « en faveur » de l’avortement, mais en faveur du « droit à l’avortement » ce qui n’est pas pareil.

      Mais le droit et la justice, le Monde s’en bas la sous-ventrière de toutes façons


  • Irish Times exit poll projects Ireland has voted by landslide to repeal Eighth Amendment
    https://www.irishtimes.com/news/politics/irish-times-exit-poll-projects-ireland-has-voted-by-landslide-to-repeal-
    https://www.irishtimes.com/image-creator/?id=1.3508860&origw=1440

    Ireland has voted by a landslide margin to change the constitution so that abortion can be legalised, according to an exit poll conducted for The Irish Times by Ipsos/MRBI.

    The poll suggests that the margin of victory for the Yes side in the referendum will be 68 per cent to 32 per cent – a stunning victory for the Yes side after a long and often divisive campaign. See here for liveblog coverage of events across Friday in the referendum vote.

    #irlande #droits_humains #droit_des_femmes #avortement


  • Sally Rooney · An Irish Problem · LRB 24 May 2018

    https://www.lrb.co.uk/v40/n10/sally-rooney/an-irish-problem

    An Irish Problem
    Sally Rooney writes about the abortion referendum

    In 1983, a referendum was held in Ireland to establish a constitutional right to life for embryos and foetuses. Abortion was not legal in Ireland at the time; it never has been. The referendum was the result of a campaign by conservative religious groups aimed at preventing any future legislation permitting abortion in any but the most extreme, life-threatening circumstances. The Eighth Amendment passed, gaining 67 per cent of the vote. On 25 May, another referendum will be held on whether to repeal that amendment. This one won’t pass so easily – if it passes at all.

    #droits_humains #droit_des_femmes #avortement #irlande


  • Ce que les hommes disent de l’IVG | Singulier masculin
    https://singuliermasculin.wordpress.com/2018/05/23/ce-que-les-hommes-disent-de-livg

    Et voilà ce que devient l’avortement dans la bouche des hommes : « aller au terme » de toute #grossesse est la règle, et « ne pas y aller » est une exception reconnue, mais encadrée et conditionnée par divers critères. C’est ici seulement que les #femmes entrent en scène, mais sans liberté aucune et dans une passivité totale : un droit va leur être reconnu généreusement par la société des hommes.es. (Admirez la trace inclusive correcte…).

    Voilà, le discours masculin neutre est planté. il n’est pas nécessaire d’en entendre davantage. C’est un discours de déni et de manipulation. L’#avortement est une constante de l’histoire humaine, malgré toutes les interdictions. La pratique ne s’est pas accrue avec la #légalisation partielle. Par contre, des vies de femmes ont été sauvées et des circonstances d’angoisse et de précarité et de risque sanitaire leur ont été épargnées. Ces simples faits sont disqualifiés d’entrée par le discours masculin neutre.

    Les hommes ne peuvent aucunement sentir ce qu’il en est de porter la conception et la première vie, ils ignorent ce que signifie « d’aller à son terme » durant de long mois et, s’ils savent un peu ce que c’est un accouchement pour y avoir assisté de loin, ils avouent le plus souvent qu’ils ne voudraient pas vivre cette épreuve. Face à l’événement d’une grossesse, ils ne peuvent aucunement sentir ce qu’il en est de ne pas la souhaiter et ensuite d’en décider de manière responsable et éthique, en son for intérieur, d’une interruption ou non, ils ne peuvent aucunement savoir ce qu’il en est de partager ce type de dilemme avec diverses personnes au sein d’une institution. Et pourtant, ils se piquent de vous expliquer ce qu’il faut en penser.


  • Una revista alemana describe un infierno de violaciones a mujeres y abortos en los campos de fresas onubenses

    “Acosadas, insultadas y violadas, eso es cotidiano para miles de mujeres que trabajan en los campos de tomates y fresas de España”… Así se inicia el reportaje que la revista alemana Correctiv ha realizado en los campos de fresa de Huelva y en el quedescribe un auténtico infierno para las trabajadoras del campo onubense procedentes de Marruecos.

    https://huelvadecidesufuturo.wordpress.com/2018/05/12/una-revista-alemana-describe-un-infierno-de-violacio
    #Espagne #travail #exploitation #agriculture #fraises #femmes #viols #Huelva #avortement #migrations #saisonniers #migration_circulaire #saisonnières

    signalé par @isskein sur FB

    • @isskein qui signale aussi :

      Des mains délicates pour des fraises amères

      À l’ouest de la communauté autonome d’#Andalousie, la province de Huelva s’est spécialisée depuis les années 80 dans la culture de la fraise. Aujourd’hui, plus de 7000 hectares de serre sont cultivés sur d’anciennes pinèdes publiques. Le cycle de production commence à la fin de l’été par la stérilisation des sols au bromure de méthyle. En octobre, les fraisiers qui ont grandi dans le froid des pépinières de Castilla y León, sont transplantés à Huelva. Ils produisent dès la fin du mois de décembre et jusqu’en juin des fraises qui seront exportées dans toute l’Europe. Il s’agit d’une culture hydroponique, le sol des serres n’apporte aucun élément nutritif aux plants. Cette production intensive dépend donc des multinationales qui fournissent les plastiques, les engrais et les pesticides indispensables à ce mode de culture. Même les plants viennent d’ailleurs. La plupart des agriculteurs cultivent la #fraise_Camarosa, une variété créée par une université californienne et dont la plantation suppose de payer des royalties à hauteur de 1800 euros par hectare et par an.

      https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2008-3-page-34.htm

    • Et @isskein qui signale aussi :
      Les fruits de la frontière

      En partant de deux zones de production intensive de fraises situées, l’une en Andalousie et l’autre au nord du #Maroc, cet article vise à montrer les relations entre les stratégies d’implantation et d’organisation de la production des secteurs fraisicoles et les politiques migratoires et de régulation économique, relations qui sont à l’origine de la dynamique des marchés globaux. Plus précisément, il s’agit de montrer la manière dont l’intégration subordonnée évoquée plus haut s’est déclinée à l’échelle régionale au sein de la chaîne globalisée des fruits rouges, comment cela a abouti à l’embauche d’ouvrières marocaines des deux côtés du détroit et quel rôle la frontière joue dans la profitabilité de ces deux enclaves. On s’intéressera aux écarts entre annonces libérales et réalités politiques aussi bien en matière migratoire qu’économique.

      https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2018-1-page-31.htm

    • Recherche im Original

      Vergewaltigt auf Europas Feldern

      Sexuell belästigt, beleidigt, vergewaltigt – das ist der Alltag für tausende Erntehelferinnen in Europa. Sie ernten Tomaten und Erdbeeren, die in deutschen Supermärkten als „sicher und nachhaltig“ verkauft werden. Doch die Verantwortlichen kommen ungestraft davon. In einer monatelangen Recherche in Spanien, Marokko und Italien hat BuzzFeed News diese Missstände aufgedeckt.

      https://www.buzzfeed.com/de/pascalemueller/vergewaltigt-auf-europas-feldern

    • De jornaleras a esclavas sexuales en los campos de fresas de Huelva: la verdad oculta

      En las fincas de frutas de la provincia andaluza impera la ley del silencio. Decenas de mujeres marroquíes cuentan que sus encargados las chantajean con dejarlas sin trabajo si no mantienen con ellos relaciones sexuales. Casi nadie denuncia por temor al despido. EL ESPAÑOL habla con varias de ellas. «O cedes y callas, o te echan», dice una.


      https://www.elespanol.com/reportajes/20180518/jornaleras-esclavas-sexuales-campos-huelva-verdad-oculta/308220340_0.html
      #esclavage_sexuel #esclavage_moderne #prostitution #viols

    • Exploitation salariale et sexuelle dans la récolte des fraises en #Andalousie

      Pour protéger les #saisonnières_marocaines, il faudrait assurer leur #égalité_de_droit avec le reste des travailleurs et travailleuses et c’est justement ce que le #programme_de_migration_temporaire empêche, en articulant intentionnellement les rapports de sexe, les asymétries de classe, et la précarisation juridique des étrangers.


      https://blogs.mediapart.fr/juana-moreno-nieto-emmanuelle-hellio/blog/050718/exploitation-salariale-et-sexuelle-dans-la-recolte-des-fraises-en-an
      #exploitation_sexuelle #viols #Espagne #saisonniers #saisonnières #travail_saisonnier #discriminations

    • Le goût amer des fraises d’Espagne

      Depuis 2006, des milliers de Marocaines passent trois à cinq mois à trimer dans les plantations de Huelva, où elles sont souvent exploitées voire harcelées. Celles qui témoignent craignent pourtant de perdre un revenu indispensable.

      Les ferrys en provenance de Tarifa défilent dans le port blanc de Tanger, aux pieds de l’ancienne médina. Venus d’Espagne, les touristes descendent en minishort, casquette sur la tête et valises à roulettes à bout de bras. Dix minutes plus tard, une cinquantaine de Marocaines, vêtues de djellabas et de foulards de couleur, débarquent avec des montagnes de bagages et de grands sacs à carreaux remplis de vêtements, couvertures, appareils électroniques et chocolats.

      Pendant leurs trois à cinq mois passés en Espagne, ces femmes ont cueilli des fraises, « l’or rouge » de Huelva (sud-ouest), loin de leurs familles. « Chaque jour, sauf le dimanche, pendant six heures et demie, on porte les cagettes, on y met les fraises que l’on a cueillies, puis on les ramène au frigo », explique Hayat, Marocaine de 42 ans qui laisse depuis onze ans ses deux enfants chez leur père le temps de son contrat en Espagne. « J’ai le même chef depuis 2007. Il est correct et nous paie à temps », affirme l’ouvrière agricole, qui revient au Maroc avec 34 000à 39 000 dihrams en poche, soit entre 3 100 et 3 600 euros pour la période. Un salaire conséquent pour cette femme de la campagne d’Agadir, où elle a l’habitude de ramasser des légumes pour 55 dirhams (5 euros) par jour.

      Pour gagner cette somme, nécessaire à leur subsistance, les 17 000 saisonnières recrutées cette année, toutes mères de famille de la campagne marocaine, ont dû trimer. Epuisées par la cueillette, elles dorment à six dans la même chambre d’un préfabriqué fourni par l’employeur. « Nous achetons ce que nous mettons dans notre ventre », résume Hayat, qui dit porter trois à quatre cagettes de 5 kilos en même temps. « C’est tellement lourd », se plaint l’une d’entre elles en montrant ses poignets lacérés. D’autres femmes ont mal au dos à force d’être courbées toute la journée. « Heureusement, nous avons des réductions sur les frais de médecins et de pharmacie », assure Hayat. Encore faut-il que les saisonnières soient au courant et fassent les démarches pour profiter de leurs droits dans un pays où elles ne maîtrisent pas la langue.
      « Tout était faux »

      Début juin, dix saisonnières ont osé parler de harcèlement et d’agressions sexuelles. Révoltée, l’une d’entre elles, Fatiha (1), raconte sa désillusion depuis l’Espagne, où elle attend le procès. « On nous a vendu un rêve : quinze jours de formation, 37 à 40 euros par jour, un bon logement… A l’arrivée, tout cela était faux », s’énerve cette Marocaine de 34 ans, recrutée pour la première fois. Depuis qu’elle a témoigné, son mari a demandé le divorce. La plupart des saisonnières ne se risquent pas à parler, de peur de ne pas être rappelées l’année suivante. Certaines évoquent timidement des cas de harcèlement au travail. « Le pointage quotidien des caisses ramenées est stressant. Les chefs râlent et sont parfois irrespectueux. Ils nous mettent beaucoup de pression pour travailler vite. Si on ne remplit pas l’objectif de productivité par jour, ils nous renvoient à la maison », décrit Amina, mère de famille qui fait l’aller-retour depuis 2007. « Au début, les chefs nous ont dérangées. Mais nous avons été patientes car nous avons des enfants à nourrir. Maintenant, ils nous laissent tranquilles », explique l’ouvrière de 37 ans.

      Au lendemain de leur dernier jour de travail, les femmes qui arrivent à Tanger en milieu d’après-midi ont hâte de rentrer chez elles. « Je prends le bus directement pour Agadir », lance Amina en traînant ses valises le plus vite possible. Le visage encadré par son voile blanc, les traits tirés, elle doit encore passer la nuit dans le bus pour retrouver son fils et sa fille qu’elle n’a pas vus depuis cinq mois.« J’ai l’habitude que mes enfants me manquent », glisse Khadija (1), une autre travailleuse des fraises, d’un ton amer.

      Etre mère d’un enfant de moins de 18 ans est l’un des critères fixés par l’Anapec, l’agence marocaine de l’emploi qui gère le recrutement. Une façon de s’assurer qu’elles rentrent au pays une fois leur contrat terminé. Seules les femmes qui viennent aussi de milieu rural et qui ont entre 18 et 45 ans peuvent postuler dans le cadre de la convention bilatérale, dite « win-win », signée par le Maroc et l’Espagne en 2006.

      « Des femmes dociles »

      D’un côté, ce programme de « migration circulaire » répond aux besoins économiques espagnols et permet à l’Union européenne de contrôler les flux migratoires. De l’autre, il apporte des devises et participe au développement du Maroc. La première année, 1 800 femmes ont été envoyées dans les champs de fraises espagnols, avec un taux de fuite de 50 %. Sur les 17 000 ouvrières de 2009, 4,5 % ne sont pas retournées au Maroc.

      Après un creux à 2 100 femmes lors de la crise économique espagnole, leur nombre a redécollé cette année, selon Chadia Arab, géographe chargée de recherche au CNRS et auteure de Dames de fraises, doigts de fée (2018, En toutes lettres). « Ce programme est déséquilibré. S’il soutient financièrement des femmes vulnérables, souvent analphabètes, pas une seule n’a été accompagnée pour créer son entreprise au Maroc, constate la chercheuse, qui a vu défiler les cas de harcèlement au travail pendant son enquête. Ce système veut des femmes dociles, rentables, peu chères, malléables et silencieuses. Elles se taisent et s’adaptent aux exigences des patrons afin d’être sûres de retravailler l’année suivante. » Et d’ajouter : « Tous les employeurs ne respectent pas le contrat. Certains ont installé des caméras de surveillance, d’autres ne garantissent pas le transport pour faire les courses, ni de logements salubres ou des jours de formation. »

      Des dérapages sûrement dus à la disparition, en 2012, des médiateurs de la Fondation pour les travailleurs étrangers à Huelva (Futeh) qui venaient contrôler sur le terrain. L’affaire des plaintes à Huelva a mobilisé les associations marocaines et espagnoles. « Nous allons ouvrir ce dossier et demander au gouvernement marocain l’amélioration des conditions de recrutement et de travail, comme l’accès à des congés, au chômage et à une assurance », revendique la présidente de la Fédération marocaine des ligues des droits des femmes, Latifa Bouchoua. Même sans ces améliorations, les « dames des fraises » souhaitent retourner en Espagne l’année prochaine. « Comme au Maroc, le travail est dur. Mais ici, il est bien payé », tranche Amina.


      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/04/le-gout-amer-des-fraises-d-espagne_1664190

    • Contrataciones en origen y el monocultivo global de la fresa

      Proteger a estas mujeres exige asegurar su igualdad de derechos con el resto de trabajadores y trabajadoras, que es justamente lo que el programa de contratación en origen impide, articulando desigualdades de género, clase, origen y precarización jurídica, así como cuestionar el modelo productivo de la fresa.

      Las insostenibiilidades del actual sistema agroalimentario son múltiples y generalmente las relacionamos con su impacto medioambiental, sus efectos nocivos sobre la salud o la destrucción de las producciones y modos de vida campesinos. No obstante, las violencias que se ejercen sobre la mano de obra que trabaja en condiciones de gran precariedad en los campos de la agricultura global forman parte estructural de este sistema aunque queden, a menudo, invisibilizadas.

      Estas últimas semanas, hemos visto romperse el pacto de silencio existente en torno a las condiciones de vida y trabajo de las temporeras extranjeras en el sector de la fresa en Huelva. La publicación a finales de abril de un reportaje denunciando las violaciones y abusos sexuales sufridos por trabajadoras marroquíes del sector ponía en el punto de mira el sistema de contrataciones en origen, erigido durante años como modelo ejemplar de «migración ordenada» por las instituciones españolas, marroquíes y europeas.

      A principios de junio, unas cien jornaleras marroquíes, apoyadas por el SAT (Sindicato Andaluz de Trabajadores), intentaron denunciar en los juzgados incumplimientos del contrato y abusos sexuales en una empresa de Almonte. En solo dos días, el empleador organiza el retorno del conjunto de trabajadoras de su finca a Marruecos, aún cuando sus contratos no habían finalizado. El objetivo, evitar que pudieran ratificar sus denuncias ante la inspección de trabajo el lunes siguiente. Sin embargo, una parte importante de las trabajadoras resiste y se niega a embarcar en los autobuses. Las redes sociales y medios locales retransmiten lo que está ocurriendo y se logra detener el traslado de las trabajadoras al puerto de Algeciras.

      Esta situación, en la que ante una tentativa de denuncia las trabajadores son "devueltas” a Marruecos ilustra especialmente bien la tendencia autoritaria del mercado de trabajo en el sector fresero y del sistema de contrataciones en origen que lo organiza.

      Como en ocasiones anteriores, las asociaciones de productores denuncian una campaña de desprestigio contra el sector, minimizan lo que consideran “prácticas aisladas” de ciertos individuos e incluso basculan la responsabilidad sobre las propias víctimas, acusándolas de mentir y relacionándolas con la prostitución.

      En estos fértiles terrenos para los estereotipos sexistas y racistas (Martin Díaz 2002), nos parece muy importante insistir en que no se trata de hechos aislados ni fortuitos, sino que el programa de contratación en origen desarrollado para responder a las necesidades del monocultivo de fresa, es la causa principal de la vulnerabilidad de estas temporeras frente a todo tipo de abusos. Es el régimen migratorio, puesto al servicio del capitalismo agroalimentario global y su alianza con el patriarcado y el racismo, lo que explica la situación de las jornaleras marroquíes en la agricultura onubense.

      La provincia de Huelva es la principal zona de producción de fresas extra-tempranas en Europa. Su vocación exportadora y la utilización de todo tipo de insumos (variedades patentadas de fresas, plásticos para invernaderos, agroquímicos...) insertan al sector en una cadena agroalimentaria dominada por las grandes empresas transnacionales que producen los insumos agrícolas y controlan la distribución de la fruta en los mercados europeos, acumulando la mayor parte de los beneficios. La dependencia de los productores agrícolas frente a estos actores globales, junto a la gran cantidad de mano de obra necesaria para recolectar la fresa, hacen que el mantenimiento del costo del trabajo a la baja constituya una estrategia fundamental para los productores a fin de asegurar la rentabilidad del sector y aumentar el margen de beneficios.

      En este contexto de búsqueda de una mano de obra flexible, barata y que no se organice para exigir mejoras laborales, debe entenderse la instauración de un sistema de contrataciones en origen totalmente feminizado desde el año 2000. A partir de 2006, se institucionaliza el programa de contrataciones con Marruecos que contará con cuantiosas subvenciones de la Unión Europea, y ello a pesar de su dimensión utilitarista, la precariedad laboral y jurídica que impone a las trabajadoras y el carácter sexista de la selección.

      En efecto, al Estado español y a la Comisión Europea poco ha parecido importarles el carácter discriminatorio que establece la contratación de mujeres pobres con hijos menos de 14 años a su cargo para garantizar el retorno a su país de origen al final de la campaña.

      Además, el sistema de contrataciones en origen establece una cautividad jurídica y material sobre las temporeras que constituye la base de su desprotección. Primero, porque los permisos de residencia y trabajo de estas trabajadoras están vinculados a un territorio, a un sector de actividad y a un empleador concreto, lo que supone que las temporeras no tienen derecho a cambiar de trabajo. Igualmente, su retorno la temporada siguiente depende de la voluntad del empleador. Ello instituye una dependencia absoluta de las trabajadoras ante el empresariado y reduce enormemente su capacidad para negociar las condiciones laborales o denunciar cualquier forma de abuso pues si pierden o renuncian a sus empleos, ya de por si valiosos debido a la diferencia salarial existente con Marruecos (equivalente a 6,3 euros por jornal) pierden, además, el derecho a trabajar legalmente en el Estado español. Las alternativas para aquellas que no acepten las condiciones ofertadas son claras y poco alentadoras, quedarse de manera irregular en el Estado español o regresar a Marruecos sin posibilidad de volver a acceder a un contrato.

      Segundo, porque el hecho de que las temporeras residan en las fincas agrícolas permite ejercer un control sobre la vida privada de las temporeras, como muestra el hecho de que estas trabajadoras vean a menudo limitadas sus salidas nocturnas a fin de garantizar su productividad en el trabajo o que se les lleguen a retener los pasaportes para evitar lo que en el sector se consideran “fugas”, es decir, el abandono del programa. Asimismo, este modelo residencial dificulta su contacto con la población local y el aprendizaje del español, vías fundamentales para hacer valer sus derechos. En contraste, este sistema resulta de gran utilidad para los productores pues les permite de poseer trabajadoras “en stock” y ajustar diariamente el tamaño de su plantilla a las necesidades del cultivo.

      Por todo esto, para proteger a estas mujeres se hace imprescindible asegurar su igualdad de derechos con el resto de trabajadores y trabajadoras, que es justamente lo que el programa de contratación en origen impide, articulando desigualdades de género, clase, origen y precarización jurídica, así como cuestionar el modelo productivo de la fresa, paradigmático de una agricultura globalizada, que induce a que los eslabones más débiles de la cadena, las trabajadoras, carguen con todas las insostenibilidades y violencias de un sistema que beneficia al gran capital y sus alianzas patriarcales.

      https://www.eldiario.es/ultima-llamada/Contrataciones-origen-monocultivo-global-fresa_6_786781317.html

    • Les femmes de #Huelva se mobilisent contre l’exploitation sociale et sexuelle dans les champs de fraises

      Dimanche 19 juin, plus de 2000 personnes ont manifesté à Huelva au cri de Fresas si, pero con derechos (« des fraises : oui. Mais avec des droits ! »). Cette irruption des travailleuses fait suite aux révélation et dénonciations récentes (mais malheureusement pas nouvelles) des viols et des abus sexuels – mais plus largement des mauvaises conditions de travail – que les travailleuses marocaines venues ici pour la récolte des fruits rouges endurent. Durant la manifestation, un système en particulier était dénoncé : le recrutement en origine et la manière dont il organise la vulnérabilité sociale et sexuelle des travailleuses.

      Les conditions de vie et de travail des femmes migrantes marocaines dans les champs de fruits rouges à Huelva sont connues – parfois dénoncées – depuis au moins 10 ans. C’est donc moins les nouvelles révélations par deux journaux allemands sur les « viols dans les champs » que la mobilisation forte des femmes qui a suivie qui explique le fort écho médiatique qu’ont pris ces faits les dernières semaines. Motivées notamment par des plaintes déposées auprès de la justice espagnole dans un contexte où ce n’est pas la norme, mais aussi par la libération de la parole des femmes en Espagne (mouvements #cuéntalo et #yosítecreo), celles-ci ont donc défilé dimanche dernier pour exprimer leur soutien aux travailleuses migrantes marocaines et critiquer plus largement le système d’exploitation des étranger·ère·s qui sous-tend la production de fruits rouges dans la région.
      Depuis les années 1990 en effet, l’économie et l’espace de la région de Huelva s’organisent autour de la production de fruits rouges destinés à l’exportation – des fraises notamment, mais aussi des framboises, des mûres et des myrtilles. On compte aujourd’hui, pour les seules fraises, 7000 ha de serres et plus de 300 000 tonnes exportées chaque année. Or, pour pouvoir produire aux prix les plus bas et être compétitifs à l’exportation, la région dépend, depuis les années 2000 de l’importation périodique d’une main d’œuvre migrante flexible et à bas prix, provenant aujourd’hui principalement du Maroc . Comme le souligne José Antonio Brazo Regalado, responsable du SAT a Huelva, cette production se base donc sur une précarisation de la main d’œuvre, qui elle-même se fonde sur une triple discrimination : être ouvrière, être femme, être migrante.

      « Dans ce système, le journalier est déchiqueté. La journalière encore plus, et la migrante, encore davantage » José Antonio Brazo Regalado

      « Des fraises oui, mais avec des droits ! »

      Le 19 juin, la manifestation organisée par le SAT a ainsi rassemblé plus de 2000 personnes, dont de nombreuses femmes rassemblées en tête du cortège et alternant slogans féministes, en faveur de l’ouverture des frontières, et contre les violences sexuelles. Outre le SAT, le mouvement du 8M était aussi présent en nombre ainsi que de nombreuses personnes simplement solidaires après les dénonciations récentes. La manifestation rassemblait aussi plusieurs journalières espagnoles et marocaines. Preuve des dommages en cascade du patriarcat, plusieurs marocaines marchaient le visage caché par un foulard pour ne pas pouvoir être reconnues par leur famille. Au moins l’une d’entre elle ayant été reniée par son mari (resté au Maroc) à la suite de la diffusion d’images la montrant dénonçant les violences sexuelles subies.

      C’est une enquête de deux médias allemands, Correctiv et Buzzfeed qui a récemment rappelé les coulisses des fraises de Huelva. En rencontrant plusieurs travailleuses de la région, les journalistes ont pu en exposer le coût social. Dénonçant les « viols dans les champs », les journalistes insistaient notamment sur le fait qu’alors que tout le monde « a entendu » parler de la situation (et que par exemple, le taux d’avortement de la région de Palos de la Frontera monte en flèche durant la saison de récolte), ce problème est tu et que le travail des organisations syndicales et associatives présentes pour prévenir les viols et poursuivre les violeurs est quasi-inexistant. Et les procès très rares. Cette fois-ci les choses ont été différentes. À partir de fin mai, les paroles se sont libérées et une, puis plusieurs plaintes, ont été déposées dans différentes entreprises, par des femmes (marocaines et espagnoles) pour dénoncer les violences sexuelles que leur font subir les chefs et les contremaitres. Avec l’aide du SAT, d’autres plaintes ont aussi été déposées pour dénoncer, de manière plus générale, les conditions de travail et le harcèlement professionnel constant que subissent ces travailleuses durant la récolte. Derrière ces dénonciations, une cible particulière : le système de « recrutement en origine » qui organise depuis le début des années 2000 le travail temporaire agricole à Huelva.
      Organiser la vulnérabilité des femmes au profit des entreprises

      Les contrats en origine sont l’un des piliers de la production industrielle de fruits rouges d’exportation andalouse. Chaque année à Huelva, aux côtés des journalier·ère·s espagnoles et des migrant·e·s sans-papiers se déplaçant avec leur valise au fil des récoltes espagnoles[1], on trouve depuis 2001 plusieurs milliers de travailleur·euse·s migrant·e·s (notamment Marocaines) recruté·e·s à travers ce système. Cette année, le SAT explique qu’il y a 15 000 contrats en origine sur les 70 000 personnes travaillant à la récolte à Huelva. Pourtant, malgré les discours sur les migrations « éthiques » ou « ordonnées » qui justifient ce système (qui a inspiré l’UE dans sa gestion des migrations temporaires de travail et des migrations circulaires), les épisodes récents montrent une nouvelle fois que ces contrats, visant à fournir une main d’œuvre docile et peu chère à l’industrie, construisent la vulnérabilité des travailleuses. Comme l’ont montré différentes chercheuses[2] (dont l’une d’elle, Chadia Arab, a d’ailleurs récemment publié une tribune sur le sujet) le contrat en origine permet de s’assurer de la disponibilité de la main d’œuvre au plus bas prix tout en s’assurant que celle-ci ne restera pas.

      Au plus bas prix d’abord car l’ensemble du système favorise la vulnérabilité et l’acceptation de conditions de travail difficiles. Disséminées dans les champs de fraises, et logées par l’employeur sur les parcelles, il est très difficile pour les femmes de s’organiser ou de rencontrer des acteurs externes et ainsi de sortir de leur dépendance au contremaître. De plus, comme les contrats sont nominatifs (et assortis d’une période d’essai de 10 jours), les travailleuses sont incitées à la docilité sous peine d’être licenciées (alors que – bien que le transport soit supposément à la charge de l’employeur – elles ont parfois engagé des frais pour venir), de se voir proposer moins de journées de travail, ou de ne pouvoir être réembauchées l’année suivante… Enfin, alors que les travailleuses ne touchent en moyenne que 36€ pour une journée de travail selon le SAT (au lieu des 40,36€ prévus par la convention collective – déjà très basse), il arrive aussi que celles-ci ne soient payées en entier que le jour de leur départ.

      C’est l’autre versant du contrat en origine : le séjour des travailleuses est conditionné au travail, et tout est fait pour s’assurer qu’elles ne resteront pas. D’abord, le retour est compris dans le contrat (qui lui même ne peut être fait qu’en origine) et conditionne les potentielles réembauches la saison suivante. Ensuite, pour diminuer les risques de « fugue », les employeurs embauchent des marocaines originaires de régions rurales (donc souvent peu éduquées) et avec au moins un enfant mineur – et donc des attaches fortes – au Maroc. Le critère de genre se fonde ainsi à la fois sur un stéréotype naturaliste (les femmes seraient plus délicates[3]) et sur un calcul stratégique cynique (les mères retourneront vers leurs enfants).

      Des femmes forcées à monter dans les bus pour empêcher leurs témoignages

      Les principales organisations de producteur et de syndicats ont donc beau jeu de répondre que les viols doivent certes être évités, mais qu’ils ne sont pas représentatifs de la réalité des champs de fraises et qu’ils ne seraient que « des cas très isolés », ou de rendre obligatoire des formations sur les enjeux de genre pour les chefs et contremaîtres (même si c’est sans doute utile). La question en réalité n’est pas vraiment de savoir combien de pourcents de femmes sont violées dans les champs chaque année (d’abord parce que c’est toujours trop), elle est plutôt de comprendre que le dispositif du recrutement en origine ainsi construit permet et facilite les violences sexuelles et les violations des droits des travailleuses migrantes. De manière plus générale, cette recherche d’un « travail sans le travailleur »[4] qui fait de ce dernier un simple facteur de production que l’on pourrait mobiliser temporairement, à volonté, avant de le remettre « à sa place », ne peut se faire qu’au prix d’une mise en danger des droits de celui-ci.

      Un dernier épisode a participé à la vigueur de la mobilisation et est ainsi symptomatique de la manière dont ce dispositif porte en lui la vulnérabilité de celles qu’il vise. Alors que le SAT avait coordonné une plainte de plus de 100 travailleuses de l’entreprise Doñana1998 (Almonte) pour harcèlement professionnel et pour dénoncer leurs conditions de vie, l’entreprise s’est retournée contre les quelques 400 travailleuses et a tenté de les faire rentrer au Maroc au plus vite, les faisant monter dans des bus de retour en arguant officiellement de la fin de la saison… Une mobilisation rapide du SAT devant l’inspection du travail a permis de prévenir que celles-ci soient effectivement renvoyées au Maroc, et de dénoncer la séquestration et l’expulsion forcée de ces femmes visant à empêcher leur témoignage. On voit bien là encore comment le retour « inclus » (et forcé) dans le contrat renforce là encore la vulnérabilité des travailleuses importées…


      https://medialibre.info/echanges-partenariats/les-femmes-de-huelva-se-mobilisent-contre-lexploitation-sociale-et-sexu

      #résistance #manifestation #solidarité

    • « La fraise est dure, mais la liberté est douce ». L’expérience migratoire des saisonnières marocaines en Espagne

      Comment se déroulent l’arrivée et le séjour des migrants temporaires ? Comment se vit cette condition de migrant provisoire, la condition de #guest_worker selon la terminologie en vigueur, invité à travailler mais à ne pas s’installer dans la société d’accueil ? Nous verrons à partir d’un cas très particulier, celui des saisonnières marocaines recrutées pour la production de la fraise dans la province de #Huelva en Espagne, que le vécu de cette migration est marqué par une certaine ambivalence. Les ouvrières dont il est question ici sont recrutées pour des courtes durées. Pour garantir leur retour au pays, une fois la saison finie, on choisit des mères de jeunes enfants.

      https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2013-4-page-59.htm
      cc @isskein


  • Abortion question divides rural Ireland as referendum looms | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2018/may/09/ireland-abortion-referendum-divides-county-roscommon

    There are far more than three billboards outside Roscommon, and their opposing messages indicate an intensifying battle for undecided voters in the historic referendum on abortion this month.

    On the roads into this quiet town in the middle of rural Ireland, it is impossible to miss the laminated placards fixed to lamp-posts. Some have one from each camp, vying for the attention of passersby in a polarised campaign in which voters have to make a binary choice between yes and no.

    #irlande #droits_des-Femmes #droits_humains #avortement



  • Avant la loi Veil, le coup d’éclat des 343 « salopes »
    https://www.franceculture.fr/histoire/avant-la-loi-veil-le-coup-declat-des-343-salopes
    #IVG / 40 ans après la loi Veil, un droit encore à défendre.

    Un appel de 343 femmes. Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. Le Manifeste des 343


    http://berth.canalblog.com/archives/2018/04/06/36283238.html#utm_medium=email
    #avortement #histoire #manifeste #Berth


  • Continuons d’en parler | Lilith, Martine et les autres
    https://blogs.radiocanut.org/lilithmartineetlesautres/2018/03/30/continuons-den-parler

    Il y a des sujets qui restent tabous. L’interruption volontaire de grossesse est de ceux-là : en France, une femme sur trois est concernée et pourtant l’intervention est souvent vécue en silence et dans la culpabilité. Une nouvelle fois, nous ouvrons les micros à celles qui écrivent, militent et travaillent pour libérer la parole. Dans cette émission, Nathalie Carron-Lanzl nous présente son livre « Une femme sur trois » et Léa, Valérie et Marine du Planning Familial de Villeurbanne nous expliquent les missions et luttes du mouvement. Parce qu’il est malheureusement encore d’actualité de rappeler que l’avortement est un droit et l’éducation à la sexualité une nécessité. Durée : 55 min. Source : Radio (...)

    https://blogs.radiocanut.org/lilithmartineetlesautres/files/2018/03/continuonsdenparler.mp3


  • La cléricalisation des pays de l’Est Nina Sankari - 24 Mar 2018 - Investig’Action
    https://www.investigaction.net/fr/la-clericalisation-des-pays-de-lest

    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques. Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État.
    Remarques préliminaires
    J’utilise des informations trouvées dans des publications diverses comme : articles, rapports et analyses en provenance aussi bien de centres académiques comme Research Gate ou Academia et de différents sites gouvernementaux ou spécialisés dans ces thématiques que de sites des ONG etc. L’information ne manque pas. Mais si on regarde de plus près, on peut noter certains déficits :
    1. La plupart des informations sont fournies par les institutions et centres religieux représentant un intérêt religieux.
    2. Même les sources qui se disent neutres ou objectives sont souvent financées par des institutions favorisant la religion (ex. PEW Research Centre) et par conséquent l’objectivité de leurs publications est discutable.
    3. Les deux groupes de sources analysent volontiers la religiosité des populations (quelle que soit la fiabilité des statistiques présentées), mais les politiques concrètes des États qui sont à l’origine du processus de cléricalisation sont absentes de l’analyse.
    4. Il est extrêmement difficile de trouver des chiffres sur le financement des Églises par des États.

    Dans cette situation, pour présenter le processus de cléricalisation des pays de l’Est, j’ai choisi des critères d’analyse suivants :
    1. Le passé clérical « pré-communiste » comme facteur facilitant la cléricalisation.
    2. Les relations Église – État actuelles dans les lois : Constitution, Concordat, loi sur l’éducation, sur le financement de l’Église par l’État et loi blasphème.
    3. Les droits reproductifs des femmes.
    En face d’un nombre écrasant de publications représentant la voix religieuse, je salue l’œuvre de l’IRELP qui apparaît comme une rare organisation à mener la recherche dans le camp opposé à la cléricalisation des pays de l’Europe et du monde.

    Les Églises – les vrais vainqueurs de la transition qu’on a appelée « démocratique »
    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques.

    Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État. Les pays déclarés athées, avec des institutions religieuses dominées autrefois par l’État, sont entrés sur la voie de la cléricalisation de la vie politique, socio-économique et culturelle. Cette cléricalisation se réalise dans tous ces pays par l’alliance du trône et de l’autel, une alliance entre l’institution religieuse dominante du pays et la droite (aussi bien conservatrice que populiste). Ce n’était pas ce que beaucoup d’habitants de la région avaient espéré. Le rôle accru de l’Église détruisant dès le début les libertés démocratiques (liberté de conscience, de parole, d’expression dans les medias, l’art et la science) et les droits humains, les droits des femmes en première place.

    La reconstruction du modèle clérico-national ou #national-fasciste
    Dans tous les pays de la région, les attaques des institutions religieuses contre le modèle laïque se multiplient, quelle que soit la religion imposée. L’Église catholique, très active dans la de-sécularisation de la région, est le vrai vainqueur de ce changement et on pourrait lui attribuer un rôle dans la modification de la carte de l’#Europe. Il faut noter aussi un effort constant de la part des autorités religieuses de lier la religion au nationalisme (appelé #patriotisme).
    L’Église catholique y excelle particulièrement bien. Un bon Polonais (Slovaque, Croate, Hongrois ou Slovène) c’est un bon catholique. Par contre, un #athée est un traître à la patrie. « Un Polonais c’est un catholique, l’exception, c’est un juif », disait déjà au début des années 90 le #cardinal_Glemp. La deuxième partie de cette constatation semble d’ailleurs ne plus être d’actualité. Ne parlons pas des athées, mais que sont alors les #protestants, les #orthodoxes, les #musulmans (descendants des Tartars vivant en Pologne depuis des siècles) ? En cherchant leur identité dans le passé de « l’indépendance » de l’ère pré-communiste, les pays de la région la trouvent souvent dans le passé fasciste. Par exemple dans la Slovaquie du Père Tiso, en Roumanie sous la Garde de fer, dans la Croatie de Pavelic ou dans la Hongrie d’Horthy.

    Pour illustrer cette thèse, prenons l’exemple de la Slovaquie et de son divorce « de velours » avec la Tchéquie. Pendant sa visite, un an avant l’accession de la Slovaquie à l’Union européenne, le pape Jean-Paul II a dit : « Dans un proche avenir, votre pays deviendra membre à part entière de la Communauté européenne. Chers et bien aimés, apportez à la construction de la nouvelle identité de l’Europe la contribution de votre riche tradition chrétienne ! » Appelant les Slovaques à être les soldats de la « bataille pour l’âme de l’Europe », il les a invités à aider à « ré-évangéliser un continent laïc à partir de l’Est ». Mais pour cela, le Vatican avait besoin de séparer la #Slovaquie de son partenaire moins favorable à la cléricalisation – la #Tchéquie fortement athéisée. Après la « révolution de velours » à la fin de 1989, la Slovaquie était à la recherche de son passé en tant que nation indépendante. Elle l’a trouvé : l’État slovaque fasciste de 1939-1945 du Père Tiso. 

    De même en #Croatie, où la mobilisation nationale-catholique tout au long des années 90 était énorme et continue à l’être aujourd’hui, même si elle se concentre sur d’autres sujets (lutte contre les droits des femmes, droits des personnes #LGBTQ, éducation laïque etc.), cette mobilisation supposait l’écriture d’une nouvelle version de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (comme d’ailleurs dans d’autres pays de la région), réhabilitant les #oustachis comme des « patriotes » anticommunistes. De nouveau, ce phénomène trouvera l’appui de #Jean-Paul-II dont les voyages apostoliques en Croatie provoqueront une euphorie catholico-patriotique, surtout son voyage de 1988, marqué par la béatification de Mgr Alojzije Stepinac, l’Archevêque de Zagreb durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le processus de sa canonisation a été arrêté suite à de nombreuses protestations, dont celle des intellectuels et celle de l’Église orthodoxe serbe qui s’est opposée avec virulence à la canonisation de #Stepinac considéré par les Serbes comme un criminel de guerre impliqué dans le régime fasciste des Oustachis.

    En Pologne, la situation historique est différente, étant donné que les autorités pendant la période de la Sanacja (gouvernement d’« assainissement » national de Pilsudski) ont réussi à délégaliser le Camp national radical fasciste en 1934 et à le détruire avant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, la Pologne réécrit son histoire aussi, en glorifiant les « soldats maudits » comme des héros nationaux (soldats d’extrême droite qui vont combattre les Allemands et les Soviétiques). À partir de l’année 2011, le 1er mars est devenu une fête nationale en #Pologne, pour célébrer le souvenir des soldats de cette résistance clandestine anticommuniste. Cependant, ce souvenir oublie la brutalité inouïe avec laquelle ils ont tué des milliers d’hommes et de femmes, et des centaines d’enfants. Beaucoup d’entre eux ont eu le seul malheur d’être juifs, biélorussiens, ukrainiens ou slovaques. L’Église polonaise participe aux messes célébrées à leur intention. Et le bras de fer du nationalisme catholique polonais, le Camp national radical, délégalisé en 1934 par Pilsudski, a été à nouveau légalisé au nom de la démocratie en 2002.

    Relations Église – État dans les pays “post-communistes”
    Aujourd’hui, le niveau d’ingérence religieuse dans la sphère publique diffère selon le pays, la Pologne étant le leader indiscutable de la cléricalisation, un pays où l’Eglise catholique domine l’État. Par contre, la République tchèque est un vrai « cancre » car la population y reste majoritairement athée (Tableau 1)
    Tableau 1 : Relations Église – État dans les pays “post-communistes” membres de l’UE


    Slovaquie : Traité sur la clause de conscience rejeté

    Si on regarde la première colonne, tous les pays « ex-communistes » (à l’exception de la Pologne) ont la séparation de(s) Église(s) et de l’État ou la « laïcité » (le sécularisme) ou la neutralité qui sont inscrites dans la Constitution. En ce qui concerne la Pologne, les évêques polonais se sont opposés à ce que le terme “séparation” ou “laïcité” ou “neutralité de l’État” soient inscrits dans la #Constitution de 1997. Il a été remplacé par le terme d’autonomie mutuelle, ce qui ne peut être interprété autrement que la perte par l’État de sa souveraineté, réduite désormais à l’autonomie. Mais il serait faux de penser que dans tous les autres cas, la Constitution garantit le caractère laïque ou neutre de l’État. Par exemple, en Lituanie, la Constitution parle du caractère laïc de l’éducation publique uniquement (ce qui n’empêche pas d’avoir des cours de religion à l’école). La Slovaquie ou la Slovénie ont le sécularisme inscrit dans la Constitution, mais cela ne les empêche pas non plus d’organiser des cours de religion à l’école publique ou de financer les Églises.

    Ce qui compte le plus, c’est la colonne 4 sur le concordat. Parce que si le concordat (ou les concordats ou autres accords avec le Vatican) est signé, le caractère laïque de l’État, même formellement déclaré dans la Constitution, devient une constatation dépourvue de sens. Et parmi tous les États « ex-communistes » membres de l’UE, seule la Tchéquie n’a pas signé un tel accord et n’a toujours pas réglé la question des restitutions de nombreux biens ecclésiastiques confisqués par le régime précédent. En 2002, Prague a signé un tel accord avec le Vatican mais cet accord a été rejeté par le Parlement, la pomme de discorde reste toujours le problème des restitutions des biens de l’Église. L’ex-dissident et président à l’époque, Vaclav Havel, s’en est plaint : quarante ans de communisme et vingt ans de consumérisme ultralibéral ont fait de ce pays “la première société réellement athée sans ancrage moral”.

    Et c’est là en partie que réside le problème de la cléricalisation galopante dans les pays de l’Est. Elle se fait avec le consentement des élites politiques et intellectuelles, le plus souvent de droite mais de gauche aussi. Dans les années 90, on voyait tous les jours le Premier Ministre polonais Oleksy, dirigeant de l’Alliance de la Gauche Démocratique, agenouillé inlassablement à l’église et le Président Aleksander Kwaśniewski légitimait son pouvoir en se promenant avec Jean Paul II dans sa papamobile. L’icône de l’opposition démocratique en Pologne, Adam Michnik, affirmait à plusieurs reprises dans ses longs articles qu’il n’y a pas d’autre morale pour un Polonais que la morale catholique. Une autre icône, le professeur Karol Modzelewski a refusé de signer la liste des athées et #agnostiques en Pologne (montrer le support à un coming out est difficile) par obligation de « défendre la substance de la science en Pologne ». Les intellectuels polonais n’ont pas eu ce réflexe de leurs collègues croates de protester contre la glorification de bourreaux des Soldats Maudits. Ce n’est que maintenant que les élites polonaises se réveillent quand le pouvoir autocratique pour lequel ils ont pavé le chemin menace leur position.

    Les femmes – les grandes perdantes de la transformation
    En général, dans les pays de l’Est au début de la transformation démocratique, les femmes disposaient librement de leur corps. L’IVG, à l’exception de la Roumanie, était légal et gratuit. Due à un niveau technologique bas, la contraception a été succincte mais accessible. Dans certains pays il y avait des cours d’éducation sexuelle à l’école. Sous pression des institutions religieuses, leurs droits se trouvent attaqués ou détruits. Le droit à l’IVG étant un critère symbolique du droit de la femme à l’autodétermination, le tableau 2 montre la situation de l’IVG dans les pays « #ex-communistes ». 

    Si dans la plupart de pays de l’Est membres de l’UE, à l’exception de Pologne, l’IVG reste légale, les tentatives d’y restreindre l’accès se multiplient dans tous les pays. Cela concerne même la Roumanie, le seul pays de ce groupe où les femmes ont gagné les droits reproductifs après la chute du régime de Ceaușescu. Des restrictions se font souvent par la barrière économique (ex. Estonie) ou l’IVG, donc l’avortement à la demande, de la femme est légal mais coûte cher. Dans la plupart des pays il y des restrictions pour les mineures qui doivent se présenter avec leurs parents. Un autre problème concerne l’instauration de consultations médicales obligatoires pour recevoir l’autorisation. Les tentatives les plus graves visant à restreindre ou détruire ce droit viennent de l’Église catholique (Slovaquie, Lituanie, Croatie, Slovénie). La Pologne constitue un exemple #morbide d’un pays où l’Église traite les droits des femmes comme son #butin_de_guerre et où l’IVG est interdit. Mais même dans les cas prévus par la loi (danger pour la vie et la santé de la mère, du #fœtus et en cas d’un rapport sexuel criminel), on refuse dans les faits aux femmes la possibilité de pratiquer l’avortement. Seuls les projets visant à restreindre encore plus ou à interdire complètement l’avortement sont pris en considération par le Parlement actuel. Le leader du parti Droit et Justice est allé jusqu’à exiger qu’une femme porte une grossesse avec l’enfant non-viable juste pour pouvoir le baptiser.

    Table 2. L’avortement dans les pays “post-communistes” membres de l’UE

    Conclusions
    La chute du mur de Berlin a eu de multiples conséquences, entre autre, la disparition du monde bipolaire. Comme le camp « ex-communiste » était, du moins en théorie, basé sur la philosophie matérialiste et formellement dirigé par des athées qui voyaient – à juste titre – les institutions religieuses comme des ennemis du système, celles-là ont pris leur revanche après le changement dit démocratique. Mais les institutions religieuses, par définition antidémocratiques et alliées à la droite conservatrice, n’ont pu que cheminer vers la destruction des libertés civiles, des droits humains et le démontage de la démocratie. L’intelligentsia de la région, désireuse de devenir la classe moyenne, a abandonné les peuples et trahi les femmes, en pavant le chemin aux régimes non démocratiques ou d’une démocratie “illibérale” (terme inventé par Orban). Le processus de la désécularisation et de cléricalisation successive menace non seulement cette région mais en fait l’Europe entière. L’éducation soumise à la pression religieuse vise à produire des citoyens et citoyennes incapables de développer une pensée critique. Une solidarité internationale des libres penseurs s’impose plus que jamais pour pouvoir contrer les politiques liberticides. Nous avons aussi besoin de renforcer notre efficacité concernant l’augmentation de nos capacités à mener des recherches, produire des analyses et les promouvoir.
     
    Conférence de Nina Sankari à l’IRELP (Institut de Recherche La Libre Pensée) http://www.irelp.fr

    #église #Athéïsme #état #liberté #Démocratie #capitalisme #religiosité #statistiques #cléricalisation #pré-communisme #post-communisme #Education #Constitution #Concordat #blasphème
    #femmes #féminisme #sexisme #racisme #culture_du_viol #travail #viol #violence #histoire #droits_des_femmes #avortement #ivg #misogynie #union_européenne #pape #mur_de_berlin


  • #Argentine : la rue pousse pour la légalisation de l’avortement
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230318/argentine-la-rue-pousse-pour-la-legalisation-de-l-avortement

    Dans la manifestation du 8 mars 2018 à Buenos Aires. © Reuters / Marcos Brindicci Depuis le 20 mars, les députés argentins débattent d’un droit à l’avortement « légal, sûr et gratuit ». C’est la septième fois en treize ans que le texte est à l’agenda du Congrès. Mais cette fois, l’ébullition des mouvements sociaux laisse penser que le texte pourrait aboutir.

    #International #avortement #droit_des_femmes #Mauricio_Macri


  • Sénégal : un feuilleton TV pour le droit des femmes | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/077164-000-A/senegal-un-feuilleton-tv-pour-le-droit-des-femmes

    A l’écran comme en dehors, toute l’équipe du film s’implique quotidiennement contre les #violences_faites_aux_femmes. Des émissions radio de libre servent de relais à la série et dans les villages, des projections publiques réunissent les familles. La plupart des actrices sont devenues des ambassadrices de la cause des #femmes et tentent de sensibiliser leur entourage.

    #sensibilisation #contraception #avortement #ivg #avortement_clandestin #viol



  • Irish abortion referendum: Vote to be held in May - BBC News

    http://www.bbc.com/news/world-europe-42868035

    The Irish government has agreed to hold a referendum at the end of May on whether to reform the country’s near-total ban on abortion.

    The vote will decide whether to repeal a constitutional amendment that effectively bans terminations.

    Currently abortion is only allowed when a woman’s life is at risk, but not in cases of rape, incest or fatal foetal abnormality.

    Prime Minister Leo Varadkar has said that he will campaign for reform.

    #irlande #avortement #droit_des_femmes #droits_humains


  • En #Pologne, « on assiste à une régression des #droits_des_femmes »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/170118/en-pologne-assiste-une-regression-des-droits-des-femmes

    Un projet de libéralisation du droit à l’IVG a été retoqué par le Parlement polonais, tandis que le parti au pouvoir propose un durcissement de la loi, déjà l’une des plus restrictives d’Europe. De nombreuses manifestations sont prévues aujourd’hui dans tout le pays. Entretien avec la philosophe et féministe Agata Czarnacka.

    #International #avortement #PiS #Plateforme_civique


  • En #Allemagne, une nouvelle ligne de tension sur l’#avortement

    Une doctoresse vient d’être condamnée pour avoir affiché sur son site web qu’elle pratiquait l’interruption volontaire de grossesse. Dans ce pays, où l’avortement n’est dépénalisé que sous certaines conditions, la crispation monte d’un cran auprès du corps médical et des professionnels du #planning_familial.


    https://www.lacite.info/politiquetxt/avortement-allemagne
    #IVG #it_has_begun #femmes