• Espagne : un peu plus de 350 migrants interceptés en trois jours aux Baléares - InfoMigrants
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    Espagne : un peu plus de 350 migrants interceptés en trois jours aux Baléares
    Par La rédaction Publié le : 01/06/2026
    En trois jours, de vendredi à dimanche, 358 migrants ont été interceptés en mer Méditerranée, à proximité des Baléares espagnoles. La majorité des passagers étaient originaires d’Afrique du Nord. Du vendredi 29 au dimanche 31 mai, 358 migrants sont arrivés aux îles Baléares, en Espagne via la mer Méditerranée, ont indiqué les autorités locales. La majorité des passagers étaient originaires d’Afrique du Nord, mais plusieurs autres venus d’Afrique subsaharienne ont également été identifiés. Chronologiquement, vendredi, 91 personnes ont été localisées dans les eaux des îles Baléares sur six bateaux. Le lendemain, un canot avec cinq personnes à été secouru à 5h40 du matin. Une heure plus tard, les services maritimes et de secours ont localisé 31 autres migrants d’origine subsaharienne non loin de l’île de Cabrera. À 7h30 et 9h30 respectivement, deux nouveaux bateaux transportant au total 30 migrants, soit 15 dans chaque bateau, ont été aperçus au large des côtes de Formentera. Puis, les secours maritimes ont secouru 24 personnes à bord d’un bateau situé à neuf milles au sud de l’île de Cabrera. Dimanche, 177 migrants ont aussi été pris en charge notamment sur les îles de Cabrera, Majorque, Ibiza et Formentera, selon les autorités.
    Selon les données compilées par l’agence de presse espagnole EFE à partir des informations fournies par la délégation gouvernementale des Baléares et le ministère de l’Intérieur, 1 943 migrants sont arrivés aux Baléares depuis le début de l’année à bord de 101 bateaux. Sur l’ensemble de l’année 2025, le chiffre aussi était élevé : 7 321 personnes étaient arrivées aux îles Baléares à bord de 401 embarcations en provenance d’Algérie, soit une augmentation de 24,5 % par rapport à 2024, selon le ministère de l’Intérieur.
    La route des Baléares, depuis les côtes algériennes vers les îles espagnoles, n’est pas nouvelle mais elle s’est considérablement développée ces derniers mois. Elle reste hautement dangereuse. « Il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association espagnole Caminando Fronteras. Aux Baléares, l’été dernier, la présence de migrants dormant dehors aux alentours de la gare maritime a été un électrochoc pour de nombreux citoyens pour qui la situation migratoire s’est imposée dans le quotidien. Avant, la grande majorité des migrants venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens prennent place dans les embarcations. En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine. En 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes venant d’autres pays africains a atteint 70 %.
    Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025. Elles étaient moitié moins en 2024

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#baleares#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mediterranee

  • 17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne - InfoMigrants
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    17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne
    Par La rédaction Publié le : 24/04/2026
    Un naufrage au nord des côtes algériennes a entraîné la noyade d’au moins douze hommes et cinq femmes de nationalité somalienne, a déclaré jeudi l’ambassadeur somalien en Algérie. Le groupe, dont les familles ont alerté sur la disparition, cherchait à rejoindre l’Espagne.
    Un bateau a chaviré dans les eaux situées entre l’Algérie et l’Espagne causant la mort d’au moins 17 migrants somaliens, a déclaré jeudi 23 avril l’ambassadeur de Somalie en Algérie, rapporte l’agence de presse Associated Press.
    Parmi les victimes figurent douze hommes et cinq femmes. « J’ai été contacté par des parents qui cherchaient leurs enfants et voulaient savoir où ils se trouvaient », a rapporté l’ambassadeur Yusuf Ahmed Hassan aux médias somaliens.Suite à ces alertes, l’ambassadeur a contacté le ministère algérien des Affaires étrangères. Celui-ci l’a informé qu’un groupe d’exilés africains était décédé dans un naufrage au large de Bou Ismaïl, une province côtière du nord de l’Algérie. Le groupe cherchait, par cette traversée maritime périlleuse, à rejoindre les côtes espagnoles, porte d’entrée en Europe.
    L’ambassadeur somalien a indiqué s’être alors rendu dans cette ville située à environ 100 kilomètres à l’ouest d’Alger (proche de Tipaza, voire carte ci-dessus) tôt jeudi matin, vers 6 heures. « J’ai visité deux hôpitaux de la province et j’ai vu les corps », a-t-il confirmé.
    Déjà, le 11 mars, 33 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large d’Alger, selon des informations relayées par Francisco Jose Clemente Martin, un activiste espagnol qui suit de près les routes migratoires en Méditerranée centrale.
    En 2025, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Soit huit personnes par jour. Parmi les victimes recensées figuraient 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Ces chiffres se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent aussi les disparitions : pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    La route des Baléares, depuis les côtes algériennes vers les îles espagnoles, s’est considérablement développée ces derniers mois. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol, 1 900 migrants ont atteint l’archipel entre le 1er janvier et le 28 février 2026. Soit une hausse de 6 % par rapport à l’an dernier à la même période. Sur la route des Baléares, « les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association espagnole Caminando Fronteras. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025. Elles étaient moitié moins en 2024.
    Auparavant, la grande majorité des migrants arrivés aux Baléares venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens empruntent cet itinéraire, à mesure que d’autres se ferment en Méditerranée centrale (Libye, Tunisie) ou dans l’Atlantique (routes des Canaries). En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine. En 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes en provenance d’autres pays africains a atteint 70 %. Les migrants somaliens font partie de ceux qui entreprennent de plus en plus souvent de tels périples, poussés par l’insécurité, les opportunités économiques limitées et les conditions de sécheresse prolongée dans leur pays, explique Associated Press.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#baleares#somalie#routemigratoire#sante#mortalité#subsaharien

  • Espagne : l’enclave de Ceuta connaît une forte hausse des arrivées depuis le début de l’année 2026 - InfoMigrants
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    Espagne : l’enclave de Ceuta connaît une forte hausse des arrivées depuis le début de l’année 2026
    Par La rédaction Publié le : 28/04/2026
    Près de 2 000 personnes sont arrivées depuis le 1er janvier dans l’enclave espagnole de Ceuta, selon le ministère espagnol de l’Intérieur. Cela représente une hausse de 350 % par rapport à l’année dernière. Au moins 15 morts ont par ailleurs été recensés sur cette route sur la même période.
    C’est une hausse impressionnante. Depuis le début de l’année 2026, 1 968 migrants sont arrivés dans l’enclave espagnole de Ceuta par voie terrestre, contre 437 sur la même période en 2025, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur actualisés au 15 avril. Cela représente une hausse de 350 % sur cette route fréquentée par des nombreux jeunes Marocains mais aussi de plus en plus de Subsahariens. La pression sur cette frontière espagnole semble néanmoins baisser un petit peu ces dernières semaines. Seules 149 arrivées ont été recensées au cours des deux premières semaines du mois d’avril, selon le média local El Faro de Ceuta. Par ailleurs, au moins 15 personnes sont mortes depuis le début de l’année en tentant la traversée. Le dernier a été découvert lundi à Tarajal. Il s’agit du troisième corps retrouvé depuis le début du mois.
    Ces nombreuses arrivées compliquent une situation déjà très tendue dans le seul centre d’hébergement de ce territoire espagnol en Afrique du nord. Depuis le mois de février, plus de 1 000 personnes se trouvent dans ce centre prévu pour 512 places. « Une situation si extrême que des garages ont dû être transformés en chambres, ou que les personnes arrivant ont été laissées à attendre à l’entrée, dormant à même le sol », rapporte El Faro de Ceuta. Pour tenter de faire face à cette situation, les départs vers la péninsule des personnes arrivées plus tôt ont été accélérés.
    « La situation au centre a atteint un niveau critique », alertait déjà en février le syndicat infirmier SATSE dans un communiqué. Les exilés « sont entassés, plusieurs d’entre eux dorment sur le même matelas, dans un espace mal ventilé et mal éclairé, et présentant des conditions d’hygiène inacceptables » (sol sale jonché de mégots de cigarette et de reste de nourriture), déplorait l’organisation.
    Le Secrétariat général des commissions des travailleurs (CCOO) de Ceuta avait, lui aussi, tiré la sonnette d’alarme. Le syndicat avait estimé dans un communiqué que « le maintien de personnes dans ces espaces constitue une dégradation des normes fondamentales qui devraient régir un centre d’hébergement », tout en alertant sur les conditions de travail « extrêmement difficiles » du personnel du CETI - qui comprend notamment des travailleurs de la santé, du personnel soignant, des agents de sécurité privés, des services de cuisine et de restauration, des traducteurs, des services d’entretien et juridiques.
    Le centre pour mineurs est également saturé. Début février, plus de 350 jeunes étaient pris en charge dans la structure, qui ne dispose que de 81 places. Environ 65 % de ces mineurs isolés étaient logés dans des hébergements d’urgence.
    À Melilla, l’autre enclave espagnole en Afrique du nord, la situation reste stable avec peu d’arrivées, révèlent les chiffres officiels espagnols.En revanche, l’archipel des Baléares connaît également une forte influence, dans la continuité de l’an passé. Depuis le 1er janvier 2026, 1 318 personnes sont arrivées dans l’archipel. Elles étaient 1 104 à la même époque l’année dernière.
    Cette route qui relie l’Algérie à l’archipel espagnol situé au large de l’Andalousie, n’est pas nouvelle, mais le profil des migrants a changé. Avant, la grande majorité des exilés arrivés aux Baléares venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens prennent place dans les embarcations. En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine. En 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes en provenance d’autres pays africains a atteint 70 %.
    La forte affluence de migrants dans ces territoires peut s’expliquer en partie par la baisse significative de fréquentation que connaît la route des Canaries. Depuis le 1er janvier, 2 097 migrants sont arrivés aux Canaries après une périlleuse traversée de l’Atlantique, selon les derniers chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Soit une baisse de 80 % par rapport à la même période de l’année précédente, lorsque 10 515 exilés étaient arrivés dans l’archipel.
    Sur l’ensemble de 2025 déjà, les autorités espagnoles avaient enregistré une chute des arrivées aux Canaries de 62 % en comparaison de 2024, alors que ces dernières années l’archipel était la principale destination espagnole des migrants. Le renforcement des accords conclus entre l’Union européenne (UE) et la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc - les trois principaux pays de départ de pirogues vers les Canaries - pour tenter d’enrayer les traversées ont eu comme effet de renforcer les contrôles et d’augmenter les interceptions au large des côtes d’Afrique de l’ouest

    #Covid-19#migration#migrant#ceuta#espagne#frontire#migrationirreguliere#baleares#algerie#routemigratoire#sante

  • What Happens When a Whale Is Born ? | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/culture/the-lede/what-happens-when-a-whale-is-born

    Un récit fabuleux sur la naissance d’un cachalot et l’action de groupe pour permettre sa survie.

    For the next two hours, the whales remained bunched together. They seemed to be nudging the baby around, but what, exactly, was going on was hard to say from the vantage of the catamaran.

    The researchers spent almost two years analyzing the drone footage, applying machine learning in combination with good, old-fashioned field biology. Today, they released a pair of papers chronicling what happened that July morning, one in the journal Science, the other in Scientific Reports. Their findings suggest that the whales offered the calf’s mother a level of assistance that puts midwifery to shame.

    “I think it’s very enlightening to see another species working with such coöperation and care for their group,” Project CETI’s founder, David Gruber, who teaches biology at the City University of New York, told me. “Meanwhile, we do horrible things to each other. So there’s something to learn from them.”

    Sperm whales have the largest brains of any creature on Earth. (These can weigh up to twenty pounds.) They are also highly social animals. Females travel together in groups that may include anywhere from a few to a few dozen members, and they share child-rearing duties. Male calves remain with their group until they are about fifteen years old; after that, they lead solitary lives and approach female groups only to mate.

    #Cachalot #Baleine #Naissance

  • Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025 - InfoMigrants
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    Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025
    Par Leslie Carretero
    En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries, contre près de 47 000 en 2024. Soit une baisse de 62% sur un an, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Cette chute des arrivées dans l’archipel espagnol s’explique par un renforcement des contrôles sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest à la faveur d’accords signés avec l’Espagne. Après deux années de records d’arrivées consécutifs aux Canaries, les flux migratoires vers l’archipel espagnol se sont considérablement taris en 2025. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, un peu plus de 17 700 migrants sont arrivés aux Canaries en 2025, contre près de 47 000 en 2024 et près de 40 000 en 2023. Ainsi entre 2024 et 2025, la baisse constatée est de 62%.
    Cette forte chute s’explique par le renforcement des accords conclus entre l’Union européenne et la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc, les trois principaux pays de départ de pirogues ces dernières années. En 2024, l’UE a multiplié les visites en Afrique pour signer de nouveaux partenariats et ainsi tenter d’enrayer les départs de migrants vers l’archipel espagnol. Un an plus tard, les effets de ces accords ont commencé à se faire sentir.
    Depuis 2023, la Mauritanie est le premier lieu de départ des migrants d’Afrique de l’Ouest arrivés dans l’archipel espagnol.
    Depuis plus de 20 ans, Nouakchott reçoit pourtant des sommes conséquentes de l’Espagne et de l’UE pour la gestion des migrants. Pour la période 2022-2027, l’allocation de l’UE s’élevait à 12,5 millions d’euros. Mais les récentes arrivées massives ont poussé les Vingt-Sept à augmenter les financements. Ainsi en mars 2024, un nouvel accord signé entre l’UE et la Mauritanie a permis d’allouer une enveloppe de 200 millions d’euros au pays saharien. L’été suivant, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a effectué une visite à Nouakchott afin de signer un autre accord migratoire avec la Mauritanie - et la Gambie. En échange, les autorités mauritaniennes se sont engagées à durcir la législation locale sur l’immigration clandestine.
    Depuis le début de l’année 2025, la Mauritanie mène une politique répressive envers les migrants subsahariens qui se trouvent dans le pays en attendant de prendre la route de l’Atlantique pour rejoindre les Canaries. De très nombreux migrants ont raconté les arrestations arbitraires jusque dans la rue ou sur les lieux de travail des exilés. Les personnes ont ensuite été expulsées vers les frontières du pays, et notamment la ville de Rosso, au Sénégal, qui a vu débarquer en quelques semaines des milliers d’exilés. Entre janvier et avril 2025, la Mauritanie a ainsi intercepté plus de 30 000 migrants, avaient indiqué des sources gouvernementales en mai. Et lors d’une rencontre tenue à Madrid le 17 octobre, l’Espagne et la Mauritanie ont annoncé avoir déjoué 3 500 tentatives de migration irrégulière en 2025 sur le sol mauritanien.
    Le Sénégal aussi, second pays de départ vers les Canaries, a reçu, en octobre 2024, une aide de 30 millions d’euros de la part de l’UE pour lutter contre l’immigration clandestine. La Commission européenne finance déjà un projet de 5,75 millions d’euros visant à renforcer la capacité des forces de sécurité sénégalaises pour lutter contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et le trafic de migrants.Cet accord, comme celui avec la Mauritanie, a commencé à porter ses fruits en 2025 : au premier trimestre, les forces sénégalaises ont interpellé plus de 1 900 personnes qui tentaient de prendre la mer, « dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » avait indiqué en septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.
    Le Maroc, quant à lui, a reçu en décembre 2024 une enveloppe de 2,5 millions d’euros afin de renforcer ses capacités en matière de surveillance des frontières, de mieux contrôler les points d’entrée, de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et de protéger le sud de l’Europe des flux migratoires venus de ce pays du Maghreb. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros - dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 - pour aider le Maroc dans sa lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette chute de 62% des arrivées de migrants aux Canaries en 2025 accompagne logiquement une baisse générale de 42,6% des arrivées irrégulières sur tout le sol espagnol (36 775 en 2025 contre 64 019 en 2024). Mais un autre archipel, celui des Baléares, a lui connu une recrudescence des arrivées. En 2025, près de 7 400 personnes sont arrivées sur ce territoire espagnol, contre 5 900 en 2024. Soit une hausse de 24,5%. « Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière », racontait en octobre à InfoMigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.
    La route qui part de l’Algérie vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG Caminando Fronteras dans un rapport publié fin décembre. Cette hausse des départs vers cet archipel se traduit par un plus grand nombre de morts. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025, contre 517 en 2024.
    À l’inverse, les décès vers les Canaries ont chuté. Caminando Fronteras dénombre 1 906 morts et disparus sur la route atlantique. En 2024, l’ONG avait décompté 9 757 décédés ou disparus dans la même zone maritime. Soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là.

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  • Un corps et 19 survivants découverts dans une embarcation à la dérive au large de Majorque - InfoMigrants
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    Un corps et 19 survivants découverts dans une embarcation à la dérive au large de Majorque
    Par La rédaction Publié le : 21/08/2025
    Au moins un corps et 19 exilés survivants ont été retrouvés à bord d’une embarcation au large de Majorque. Le bateau était à la dérive depuis près d’une semaine et trois personnes sont encore recherchées.L’alerte a été donnée après qu’un migrant subsaharien qui se trouvait à l’eau a été secouru par un navire privé vers 10h30 mercredi. Ce dernier a été conduit à Portopetro, au sud-est de Majorque, et une opération de secours a été lancée puisque que celui-ci a indiqué qu’il faisait route à bord d’une embarcation avec plus de 20 personnes.
    Quelques heures plus tard, à 13h55, le bateau qui avait chaviré après avoir passé six jours à la dérive a été localisé à environ 5km au sud de Majorque. À bord se trouvaient encore onze personnes vivantes et un corps. Sept autres personnes ont été secourues en mer à proximité.
    Une fois les survivants ramenés à terre, les secours ont confirmé avoir pris en charge une personne décédée et 19 autres. Parmi elles, trois personnes – dont un homme de 21 ans et deux femmes de 28 et 19 ans – ont été emmenées à l’hôpital de Manacor. Un autre homme, dans un état grave, a lui été transféré à l’hôpital de Son Espases. Les autres ont été pris en charge sur place.
    Selon les témoignages des rescapés, 23 personnes étaient à bord de l’embarcation. Trois exilés ont sauté à l’eau en voyant la terre à l’horizon et sont toujours portés disparus.Ce naufrage intervient alors que les arrivées d’embarcations aux Baléares ont explosé ces dernières semaines. Si la migration irrégulière vers l’Espagne a globalement diminué cette année, les arrivées aux Baléares ont augmenté de 170% au cours des six premiers mois de cette année, selon les données officielles.
    Au total, 4 323 migrants sont arrivés aux îles Baléares entre le 1er et le 15 août, soit une augmentation de 77% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué le ministère de l’Intérieur.
    Les autorités affirment aussi que le nombre de bateaux, provenant principalement d’Algérie, a plus que doublé. « Il s’agit du drame humanitaire de l’immigration clandestine arrivant dans nos îles », a réagi Marga Prohens, la présidente du gouvernement des iles Baléares. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas permettre que des personnes continuent de jouer avec leur vie en mer. Nous devons combattre par tous les moyens les mafias qui jouent sur leur désespoir et agissent dans les pays d’origine et de transit. La politique migratoire ne peut se limiter à créer des espaces pour ceux qui arrivent ».
    Et malgré la distance bien plus courte à parcourir par rapport à la route des Canaries, cet itinéraire migratoire reste extrêmement dangereux. Depuis le début de l’année, le nombre de corps retrouvés sur les côtes insulaires liés à l’immigration irrégulière a augmenté. Au 7 juillet, 37 corps avaient été localisés, dont 14 à Majorque, 2 à Minorque, 7 à Ibiza et 14 à Formentera, affirme la télévision locale IB3.De son côté, l’ONG Caminando Fronteras évalue à 328 le nombre de morts sur la route algérienne via la Méditerranée occidentale. Un chiffre qui compte également les personnes décédées en route vers les côtes sud-est de la péninsule

    #Covid-19#migrant#migration#baleares#majorque#routemigratoire#sante#mortalite

  • Route des Canaries : pour éviter les contrôles, de nouveaux itinéraires encore plus dangereux

    La route migratoire vers les Canaries connait une nette mutation ces dernières semaines : pour éviter le renforcement des contrôles en #Mauritanie et au #Sénégal, les départs de #pirogues clandestines se font désormais de plus en plus depuis la #Guinée. Ce nouvel #itinéraire emprunté par les migrants, en allongeant la durée de la traversée, rend le trajet encore plus dangereux.

    La route migratoire vers les Canaries connait une nette #reconfiguration ces dernières semaines. Alors qu’habituellement les pirogues de migrants tentaient de rejoindre clandestinement les #îles_Canaries depuis le Sénégal, la Mauritanie ou encore le #Maroc, désormais, les départs se sont déplacés.

    Les embarcations de fortune se font de plus en plus depuis le Sud, en Guinée, a déclaré ce jeudi le délégué du gouvernement aux Canaries, Anselmo Pestana. Ce dernier insiste aussi sur le changement de route de certains migrants qui optent pour l’Algérie, dans le but d’atteindre l’Espagne via les Baléares.

    D’après le délégué, ces changements d’itinéraire opérés par les passeurs est du au renforcement des contrôles menés au Sénégal et en Mauritanie depuis le début de l’année.

    Cette nouvelle route guinéenne vers les Canaries s’avère cependant particulièrement dangereuse, puisqu’en allongeant la traversée, elle augmente également les risques de #naufrages et de #dérive des embarcations. Anselmo Pestana a ainsi mis en garde contre ce changement et exprimé son inquiétude face aux risques accrus pour les migrants.

    Sur la seule année 2024, l’ONG espagnole Caminando Fronteras a établi un bilan de 10 457 personnes mortes ou disparues en mer. Le bilan de ces « naufrages invisibles » est largement sous-estimé puisqu’un grand nombre d’embarcations disparaissent en mer sans que l’on ne retrouve jamais leur trace.

    Au cours de l’année 2024, 46 843 exilés, principalement en provenance d’Afrique de l’Ouest, ont atteint les îles Canaries. Du jamais vu pour l’archipel espagnol, qui fait face depuis plusieurs mois à une saturation de plus en plus importante de son système d’accueil.

    Des itinéraires plus lointains pour échapper aux contrôles

    D’après l’Agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes, Frontex, une baisse de 41% des arrivées de migrants irréguliers sur les îles Canaries a été enregistrée depuis le début de l’année. En novembre 2024, 7 338 arrivées ont été comptabilisées contre 445 en mai 2025. Le délégué du gouvernement aux Canaries, a souligné que le nombre d’arrivées est passé d’environ 19 100 personnes au premier semestre 2024 à 11 300 personnes pour la même période en 2025.

    Cette diminution notable est le résultat du renforcement des contrôles policiers au Sénégal et en Mauritanie, ainsi que des #accords de #coopération_bilatérale récents entre les autorités de ces pays et celles espagnoles pour endiguer les flux migratoires. Ces derniers mois, avec l’appui de la Garde civile et de la police nationale espagnoles, des opérations de démantèlement de réseaux de traite d’êtres humains se sont multipliées dans ces pays d’Afrique de l’Ouest. En avril 2024, la gendarmerie mauritanienne a notamment démantelé un vaste réseau, arrêtant 117 personnes et saisissant d’importantes quantités de matériel.

    Cependant, ces résultats sont trompeurs. Malgré les mois avec une plus faible activité, Frontex souligne que « la pression sur les îles Canaries reste élevée, supérieure à la moyenne des années précédentes, en raison de l’instabilité persistante au Sahel et du développement des réseaux de passeurs en Mauritanie ». La tendance à la baisse ne devrait donc pas se maintenir, souligne l’agence. D’autant que comme chaque année, l’amélioration des conditions météorologiques durant l’été, laisse présager une hausse des arrivées aux Canaries, particulièrement entre août et novembre.

    Et contrairement aux idées reçues, les chiffres officiels ne traduisent pas un ralentissement de la migration par la route atlantique mais plutôt une reconfiguration des voies migratoires vers l’Europe.

    Car pour éviter les contrôles, les réseaux mafieux de passeurs ont adapté leur stratégie en déviant les routes : les nouveaux épicentres des départs d’embarcations précaires et surchargées sont désormais localisés en Guinée, un pays moins surveillé.

    La #Guinée-Bissau est également un lieu de départ de plus en plus privilégié. Ses 200 km de côtes, difficiles à surveiller, en font un point de départ important, principalement via l’#archipel_des_Bijagos (88 îles) distant de plus de 1800 km des Canaries.

    Une #dangerosité des traversées exacerbée

    Cette nouvelle voie migratoire, du fait de son éloignement des Canaries, s’avère être beaucoup plus meurtrière.

    « Le risque est bien plus élevé pour la vie des personnes qui tentent de se rapprocher des Canaries, car elles essaient de s’éloigner de la côte » pour échappe aux contrôles a alerté le délégué du gouvernement aux Canaries. Il a précisé que ces traversées peuvent durer jusqu’à dix jours, ce qui multiplie les probabilités de naufrage des embarcations ainsi que les dérives en pleine mer. En partant de Guinée, les migrants se lancent dans une traversée de plus de 2 200 km jusqu’à #El_Hierro (Canaries), soit 750 km de plus qu’en partant depuis le Sénégal ou bien de Gambie. Les dangers en pleine mer sont donc considérablement accentués (vagues, pénuries d’eau et de nourriture, risque de panne, d’insolation).

    Les ONG alertent régulièrement sur les « #bateaux_fantômes », des embarcations qui errent en mer, dont les passagers ont parfois pu rentrer en contact avec les ONG mais dont le contact a été perdu. Les embarcations sont donc livrées à elles-mêmes, en pleine mer, à la merci des intempéries.

    « Il existe également un risque qu’elles se perdent dans l’océan Atlantique et aillent vers les Caraïbes ou le #Brésil » a-t-il précisé. Plusieurs pirogues parties des côtes ouest-africaines ont par le passé déjà été retrouvées en Amérique du Sud ou centrale.

    La tragédie survenue fin mai à La Restinga (îles Canaries), où un bateau parti de Guinée-Conakry a chaviré à quelques mètres du quai après plus de dix jours en mer, tuant quatre femmes et trois jeunes filles, illustre dramatiquement les conséquences de cet allongement des itinéraires.

    En ce qui concerne la route algérienne, le trajet n’est pas plus sûr. Des embarcations contenant des cadavres de migrants subsahariens ligotés ont récemment été découvertes aux #Baléares, signe que les itinéraires migratoires sont en constantes évolution. Une enquête est en cours.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/65427/route-des-canaries--pour-eviter-les-controles-de-nouveaux-itineraires-
    #mise_en_danger #migrations #réfugiés #route_atlantique #risques #contrôles_frontaliers #frontières #militarisation_des_frontières #accords_bilatéraux #mortalité #létalité #mourir_en_mer
    ping @6donie

  • Contrôles renforcés au Sénégal et en Mauritanie : la migration vers les Canaries chute, mais devient plus mortelle depuis la Guinée
    https://www.dakaractu.com/Controles-renforces-au-Senegal-et-en-Mauritanie-la-migration-vers-les-Can

    Contrôles renforcés au Sénégal et en Mauritanie : la migration vers les Canaries chute, mais devient plus mortelle depuis la Guinée
    Le renforcement des contrôles policiers au Sénégal et en Mauritanie a entraîné une baisse de 41 % des arrivées de migrants irréguliers aux îles Canaries au cours des six premiers mois de 2025, selon La Provincia. Cependant, cette diminution s’accompagne d’un déplacement inquiétant des points de départ, rendant la route migratoire beaucoup plus dangereuse.
    Les autorités espagnoles ont confirmé hier que les embarcations partent désormais de points plus éloignés et risqués, comme la Guinée-Conakry. Cette évolution augmente considérablement les risques pour les migrants qui tentent la traversée. Anselmo Pestana, délégué du gouvernement aux Canaries, a souligné que le nombre d’arrivées est passé d’environ 19 100 personnes au premier semestre 2024 à 11 300 pour la même période en 2025.
    Malgré la baisse des arrivées, le danger n’a pas diminué, bien au contraire. « Le risque est bien plus élevé pour la vie des personnes qui tentent de se rapprocher des Canaries, car elles essaient de s’éloigner trop de la côte et il existe également un risque qu’elles se perdent dans l’océan Atlantique et aillent vers les Caraïbes ou le Brésil », a alerté M. Pestana. Il a précisé que ces traversées peuvent durer jusqu’à dix jours, multipliant les probabilités de naufrage, d’autant plus que les embarcations tentent d’éviter les contrôles en s’éloignant des côtes africaines.
    Certaines pirogues ont été contraintes de se rapprocher de la terre ferme en raison du mauvais temps ou d’un manque de carburant. Elles sont alors interceptées et ramenées à leur point de départ. Ce déplacement des routes migratoires vers le sud est une conséquence directe du renforcement du contrôle policier dans les pays émetteurs traditionnels comme la Mauritanie et le Sénégal, grâce à la collaboration de la Garde civile et de la Police nationale espagnoles.
    Démantèlement de réseaux et coopération internationale
    Les opérations de renseignement et d’enquête ont permis le démantèlement d’organisations criminelles et de mafias, ainsi qu’une augmentation des interceptions d’embarcations renvoyées vers les côtes. Le samedi 21 juin, par exemple, les garde-côtes mauritaniens ont intercepté une pirogue avec 124 personnes à bord, dont 14 femmes et un enfant, partis du Sénégal et de Guinée, à 60 kilomètres de Nouakchott. Leur destination était les Canaries.
    Anselmo Pestana a également salué le démantèlement de bâtiments où les migrants étaient retenus avant de partir et l’arrestation de personnes impliquées dans des réseaux de trafic. Il a qualifié de « positive » l’évolution de la collaboration avec les autorités des pays concernés, espérant qu’elle se poursuive dans les prochains mois.
    Cependant, les récentes découvertes de cadavres de migrants subsahariens ligotés sur des embarcations arrivées aux Baléares depuis l’Algérie rappellent que les flux migratoires ne s’arrêtent pas. Ces drames montrent comment les réseaux criminels s’adaptent à la pression policière en déviant les routes vers des chemins encore plus périlleux.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#guinee#espagnol#routemigratoire#baleares#canaries#mortalite#sante#migrationirreguliere

  • Des cadavres de migrants découverts pieds et mains ligotés au large des Baléares
    https://www.dakaractu.com/Des-cadavres-de-migrants-decouverts-pieds-et-mains-ligotes-au-large-des-B

    Des cadavres de migrants découverts pieds et mains ligotés au large des Baléares
    Une enquête a été ouverte après la découverte au cours des dernières semaines de plusieurs cadavres de migrants ayant les pieds et les mains ligotés au large des îles Baléares, a-t-on appris lundi auprès de la Garde civile espagnole.Cette enquête, portant sur des faits d’homicide présumé, doit permettre d’identifier les victimes et de déterminer les circonstances de leur décès, a précisé à l’AFP une porte-parole de la Garde civile.
    Selon le quotidien régional El Diario de Mallorca, qui a révélé l’information, au moins cinq cadavres apparus les pieds et les mains attachés ont été récupérés depuis mi-mai par des bateaux de la Garde civile. D’après ce quotidien, le premier a été récupéré le 18 mai après avoir été repéré par un navire belge à l’ouest de Formentera, la plus petite des quatre îles formant cet archipel méditerranéen."Quelques jours plus tard, un autre corps est apparu dans des circonstances similaires, également dans les eaux de Formentera. Et cela s’est répété plusieurs fois au cours des dernières semaines", écrit le journal.
    Selon les enquêteurs cités par El Diario de Mallorca, ces migrants pourraient avoir été ligotés puis jetés à la mer durant leur traversée en direction de l’Espagne, peut-être après un différend avec leurs passeurs.

    #Covid-19#migrant#migration#baleares#mortalite#routemigratoire#sante#migrationirreguliere#violence

  • Sur la route migratoire entre l’Algérie et l’Espagne, une hausse effrayante des naufrages - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/61991/sur-la-route-migratoire-entre-lalgerie-et-lespagne-une-hausse-effrayan

    Sur la route migratoire entre l’Algérie et l’Espagne, une hausse effrayante des naufrages
    Par Marlène Panara Publié le : 31/12/2024 Dernière modification : 02/01/2025
    D’après l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 500 personnes sont mortes en 2024 sur la route migratoire menant de l’Algérie à la péninsule ibérique ou à l’archipel des Baléares. Des chiffres qui font de ce passage en mer Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries.
    Youssef* connaissait bien la mer. Le jeune Algérien de 26 ans a plusieurs fois été pêcheur, et était bon nageur. Il a aussi été saisonnier sur le littoral algérien. Cette nuit de fin novembre, lorsqu’il a embarqué avec 12 autres personnes dans un petit bateau à moteur sur une plage d’Alger pour gagner l’Espagne, « il avait conscience des risques qu’il prenait », assure sa cousine qui préfère garder l’anonymat. « Mais il avait tellement de copains qui étaient partis comme ça et qui avaient réussi … » Mais Youssef n’arrivera jamais à Alicante, sa destination. Après cinq kilomètres seulement en mer, son embarcation prend l’eau. S’ensuit une altercation avec le conducteur du bateau, qui finit par se renverser. « Tout le monde est tombé à l’eau, y compris une famille avec une enfant de 6 ans et un bébé », raconte sa cousine. Les gardes-côtes algériens sont prévenus, mais la localisation du naufrage n’est pas la bonne. Les naufragés, qui n’ont pas de gilet de sauvetage, attendent près de six heures en pleine mer. Youssef fait grimper la petite fille sur un bidon d’essence. Lorsqu’un groupe de jeunes, prévenus de leur départ, parvient finalement à les retrouver, il est trop tard. Le bébé et sa mère sont retrouvés morts. Youssef et deux autres passagers sont portés disparus.
    Ce naufrage est loin d’être un cas isolé. Sur cette route migratoire qui relie l’Algérie à l’Espagne, les drames sont « de plus en plus fréquents », et « des cadavres apparaissent sur la côte [espagnole] plusieurs jours après [...] que les secours ont été alertés », indique la Garde civile dans un document consulté par le média Levante. D’après le dernier rapport de l’ONG Caminando Fronteras publié le 26 décembre, au moins 517 personnes sont mortes sur cette voie en 2024. Elles étaient 464 en 2022, et 191 en 2021.
    Cette année aussi, 26 embarcations ont « totalement disparu » en mer, avec tous leurs passagers. Des chiffres qui font de ce passage en Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries. Empruntée depuis plusieurs années par les candidats à l’exil, cette voie s’est réellement consolidée depuis 2021, affirme Caminando Fronteras. Les passagers déboursent entre 2 000 et 4 000 euros, parfois plus, pour effectuer ce trajet à bord de petits bateaux à moteurs de 60 à 140 chevaux, totalement inadaptés à ce type de traversées en pleine mer. En 2024, 13 952 migrants ont été comptabilisés sur cette voie.
    Les candidats au départ embarquent depuis Oran, Mostaganem, Tipaza ou Alger et naviguent en direction du sud de la péninsule ibérique. Ils sont parfois secourus au large d’Almeria, Carthagène, Murcie ou Alicante. Mais depuis 2022, la route algérienne se déplace de plus en plus à l’est, en direction des îles Baléares, une zone moins surveillée. Le 29 décembre, 18 personnes ont atteint l’île de Formentera, et ont été rejointes par 74 migrants arrivés dans trois embarcations distinctes quelques heures plus tard. Depuis le 1er janvier 2024, 5 793 personnes au total ont débarqué aux Baléares, soit 154,3 % de plus que les 2 278 exilés arrivés dans l’archipel en 2023, d’après les chiffres de l’agence de presse espagnole EFE.
    Cet itinéraire, moins couvert par les secours, est tout aussi « périlleux », prévient Caminando Fronteras. « Les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée ».
    Sur cette voie, les profils des « harragas », littéralement « brûleurs de frontières », sont aussi plus vulnérables. Le rapport constate la présence régulière « d’adolescents qui voyagent seuls », et qui cherchent à rejoindre de la famille en Europe. « Pour beaucoup, en France », précise-t-on. Ces mineurs sont habituellement originaires d’Algérie, mais de plus en plus de jeunes subsahariens, syriens, ou palestiniens embarquent, eux aussi, depuis les côtes algériennes. D’après l’ONG espagnole, « près de 40 % des personnes qui s’engagent sur cette route maritime des Baléares proviennent désormais de pays autres que l’Algérie ».
    Les jeunes enfants accompagnés de leurs mères sont également de plus en plus nombreux. « Beaucoup d’entre eux étaient précédemment passés par la Libye et la Tunisie avant d’être refoulés dans le désert », précise l’association. Ces dernières années, les embarcations de fortune parties d’Algérie se remplissent souvent de familles entières. En octobre 2021, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) décrivait ce phénomène comme « une ’harga [migration en français]’ familiale inédite », qui trouve racine dans la morosité économique plombant le pays depuis 2014 et la chute du cours du pétrole.
    « En Algérie, il n’y a pas la guerre. Mais le chômage des jeunes, même diplômés, poussent la plupart à partir. Dans ce pays, si vous ne connaissez personne pour vous pistonner, vous n’avez pas d’avenir », explique la cousine de Youssef. « Et quand vous voyez que la plupart des gens que vous connaissez ont quitté le pays, sont heureux ailleurs et que vous, vous continuez à galérer malgré les années, partir devient votre seul objectif ». « Ici, même les jeunes avec un diplôme ne trouvent pas de travail, et ils s’ennuient », avait également confié en mai dernier Kenza, dont le frère originaire de Tizi Ouzou avait disparu en mer. « Hamza disait que la vie en Algérie, c’était fatigant. Alors quand il est entré à l’université de sociologie, il a rapidement fait des demandes de visa étudiant. À chaque fois, elles ont été refusées ». Youssef avait lui aussi d’abord envisagé de partir de chez lui « dans les règles », sur les conseils de sa famille. Le jeune homme avait fait des demandes de visa pour l’Union européenne, le Canada et le Royaume-Uni. Mais, comme Hamza, aucune ne lui a été accordée. Aujourd’hui, la mère de Youssef « pense qu’il est en prison en Espagne ». « On ne lui a pas dit ce qu’il s’était vraiment passé, car elle a une santé très fragile », confie sa cousine. Tous les jeunes du quartier, en revanche, ont appris la mort de Youssef et des autres passagers. « Le lendemain du drame, beaucoup embarquaient à leur tour dans un bateau ».

    #Covid-19#migrant#migration#sante#algerie#espagne#baleares#routemigratoire#mortalite#sante#jeunesse#mediterranee

  • Sur la route migratoire entre l’#Algérie et l’#Espagne, une hausse effrayante des #naufrages

    D’après l’ONG espagnole #Caminando_Fronteras, plus de 500 personnes sont mortes en 2024 sur la route migratoire menant de l’Algérie à la péninsule ibérique ou à l’archipel des #Baléares. Des chiffres qui font de ce passage en mer Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries.

    Youssef* connaissait bien la mer. Le jeune Algérien de 26 ans a plusieurs fois été pêcheur, et était bon nageur. Il a aussi été saisonnier sur le littoral algérien. Cette nuit de fin novembre, lorsqu’il a embarqué avec 12 autres personnes dans un petit bateau à moteur sur une plage d’Alger pour gagner l’Espagne, « il avait conscience des risques qu’il prenait », assure sa cousine qui préfère garder l’anonymat. « Mais il avait tellement de copains qui étaient partis comme ça et qui avaient réussi … »

    Mais Youssef n’arrivera jamais à Alicante, sa destination. Après cinq kilomètres seulement en mer, son embarcation prend l’eau. S’ensuit une altercation avec le conducteur du bateau, qui finit par se renverser. « Tout le monde est tombé à l’eau, y compris une famille avec une enfant de 6 ans et un bébé », raconte sa cousine. Les gardes-côtes algériens sont prévenus, mais la localisation du naufrage n’est pas la bonne. Les naufragés, qui n’ont pas de gilet de sauvetage, attendent près de six heures en pleine mer. Youssef fait grimper la petite fille sur un bidon d’essence.

    Lorsqu’un groupe de jeunes, prévenus de leur départ, parvient finalement à les retrouver, il est trop tard. Le bébé et sa mère sont retrouvés morts. Youssef et deux autres passagers sont portés disparus.

    Ce naufrage est loin d’être un cas isolé. Sur cette route migratoire qui relie l’Algérie à l’Espagne, les drames sont « de plus en plus fréquents », et « des cadavres apparaissent sur la côte [espagnole] plusieurs jours après [...] que les secours ont été alertés », indique la Garde civile dans un document consulté par le média Levante. D’après le dernier rapport de l’ONG Caminando Fronteras publié le 26 décembre, au moins 517 personnes sont mortes sur cette voie en 2024. Elles étaient 464 en 2022, et 191 en 2021.

    Cette année aussi, 26 embarcations ont « totalement disparu » en mer, avec tous leurs passagers. Des chiffres qui font de ce passage en Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries.
    La route des Baléares de plus en plus privilégiée

    Empruntée depuis plusieurs années par les candidats à l’exil, cette voie s’est réellement consolidée depuis 2021, affirme Caminando Fronteras. Les passagers déboursent entre 2 000 et 4 000 euros, parfois plus, pour effectuer ce trajet à bord de petits bateaux à moteurs de 60 à 140 chevaux, totalement inadaptés à ce type de traversées en pleine mer. En 2024, 13 952 migrants ont été comptabilisés sur cette voie.

    Les candidats au départ embarquent depuis Oran, Mostaganem, Tipaza ou Alger et naviguent en direction du sud de la péninsule ibérique. Ils sont parfois secourus au large d’Almeria, Carthagène, Murcie ou Alicante.

    Mais depuis 2022, la route algérienne se déplace de plus en plus à l’est, en direction des îles Baléares, une zone moins surveillée. Le 29 décembre, 18 personnes ont atteint l’île de Formentera, et ont été rejointes par 74 migrants arrivés dans trois embarcations distinctes quelques heures plus tard. Depuis le 1er janvier 2024, 5 793 personnes au total ont débarqué aux Baléares, soit 154,3 % de plus que les 2 278 exilés arrivés dans l’archipel en 2023, d’après les chiffres de l’agence de presse espagnole EFE.

    Cet itinéraire, moins couvert par les secours, est tout aussi « périlleux », prévient Caminando Fronteras. « Les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée ».

    Sur cette voie, les profils des « harragas », littéralement « brûleurs de frontières », sont aussi plus vulnérables. Le rapport constate la présence régulière « d’adolescents qui voyagent seuls », et qui cherchent à rejoindre de la famille en Europe. « Pour beaucoup, en France », précise-t-on. Ces mineurs sont habituellement originaires d’Algérie, mais de plus en plus de jeunes subsahariens, syriens, ou palestiniens embarquent, eux aussi, depuis les côtes algériennes. D’après l’ONG espagnole, « près de 40 % des personnes qui s’engagent sur cette route maritime des Baléares proviennent désormais de pays autres que l’Algérie ».

    Les jeunes enfants accompagnés de leurs mères sont également de plus en plus nombreux. « Beaucoup d’entre eux étaient précédemment passés par la Libye et la Tunisie avant d’être refoulés dans le désert », précise l’association.
    « Pas d’avenir »

    Ces dernières années, les embarcations de fortune parties d’Algérie se remplissent souvent de familles entières. En octobre 2021, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) décrivait ce phénomène comme « une ’harga [migration en français]’ familiale inédite », qui trouve racine dans la morosité économique plombant le pays depuis 2014 et la chute du cours du pétrole.

    « En Algérie, il n’y a pas la guerre. Mais le chômage des jeunes, même diplômés, poussent la plupart à partir. Dans ce pays, si vous ne connaissez personne pour vous pistonner, vous n’avez pas d’avenir », explique la cousine de Youssef. « Et quand vous voyez que la plupart des gens que vous connaissez ont quitté le pays, sont heureux ailleurs et que vous, vous continuez à galérer malgré les années, partir devient votre seul objectif ».

    « Ici, même les jeunes avec un diplôme ne trouvent pas de travail, et ils s’ennuient », avait également confié en mai dernier Kenza, dont le frère originaire de Tizi Ouzou avait disparu en mer. « Hamza disait que la vie en Algérie, c’était fatigant. Alors quand il est entré à l’université de sociologie, il a rapidement fait des demandes de visa étudiant. À chaque fois, elles ont été refusées ».

    Youssef avait lui aussi d’abord envisagé de partir de chez lui « dans les règles », sur les conseils de sa famille. Le jeune homme avait fait des demandes de visa pour l’Union européenne, le Canada et le Royaume-Uni. Mais, comme Hamza, aucune ne lui a été accordée.

    Aujourd’hui, la mère de Youssef « pense qu’il est en prison en Espagne ». « On ne lui a pas dit ce qu’il s’était vraiment passé, car elle a une santé très fragile », confie sa cousine. Tous les jeunes du quartier, en revanche, ont appris la mort de Youssef et des autres passagers. « Le lendemain du drame, beaucoup embarquaient à leur tour dans un bateau ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/61991/sur-la-route-migratoire-entre-lalgerie-et-lespagne-une-hausse-effrayan
    #mourir_en_mer #morts_en_mer #migrations #réfugiés #frontières #mourir_aux_frontières

    voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/1089939

  • Espagne : près de 100 migrants atteignent l’archipel des Baléares en une journée - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/62015/espagne--pres-de-100-migrants-atteignent-larchipel-des-baleares-en-une

    Espagne : près de 100 migrants atteignent l’archipel des Baléares en une journée
    Par La rédaction Publié le : 02/01/2025
    Quatre embarcations avec 98 exilés à bord ont rejoint les côtes d’Ibiza, Formentera et Majorque mercredi 1er janvier. En tout, près de 6 000 migrants sont arrivés aux Baléares en 2024, près de trois fois plus que l’an passé. Une route migratoire de plus en plus empruntée. Mercredi 1er janvier, 98 migrants à bord de quatre canots différents ont débarqué sur les îles Baléares, à l’est de la péninsule ibérique. Vers midi, la Garde civile locale a intercepté 20 personnes d’Afrique subsaharienne et une personne d’origine maghrébine qui arrivaient en bateau sur la plage de La Xanga, sur l’île d’Ibiza, rapporte la presse espagnole.
    Deux heures plus tard, une embarcation transportant 21 exilés d’origine maghrébine a été localisée dans la zone de Pilar de la Mola, au sud de Formentera. Un troisième bateau, avec à son bord 31 personnes d’origine nord-africaine, a lui aussi été intercepté au cours de la journée par la Garde civile dans la même zone.
    Dans la soirée, les secours maritimes espagnols sont venus en aide à 25 autres ressortissants d’Afrique subsaharienne, à bord d’un quatrième canot repéré à une vingtaine de kilomètres de Santa Ponça, au sud-ouest de Majorque.
    Depuis 2022, la route migratoire algérienne qui relie l’Algérie à l’Espagne se déplace de plus en plus à l’est, en direction des îles Baléares, une zone moins surveillée. Les arrivées y sont de plus en plus fréquentes. Le 29 décembre déjà, 18 personnes ont atteint l’île de Formentera, et ont été rejointes par 74 migrants arrivés dans trois embarcations distinctes quelques heures plus tard.
    Selon le décompte de l’agence de presse espagnole EFE, au cours de l’année 2024, au moins 5 924 exilés ont débarqué aux Baléares, contre 2 278 l’an passé, soit presque trois fois plus.
    Fin novembre, après l’arrivée de près de 300 personnes dans l’archipel, la police nationale, en charge de l’enregistrement des nouveaux arrivants dans les Baléares, s’était dite « débordée », rapportait le média Cronica Balear. L’augmentation des arrivées sur ces îles a d’ailleurs fait l’objet d’un débat au Sénat espagnol à la mi-novembre. « Au cours des sept derniers jours, près de 1 000 migrants ont atteint les côtes des îles Baléares, parmi lesquels des jeunes, des enfants et des femmes enceintes », avait alors déclaré le sénateur de l’archipel Miquel Jerez. « Les administrations locales ont atteint leurs limites, et sont seules et abandonnées », avait-il ajouté. En réponse, le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska avait assuré devant les parlementaires que cette route migratoire « ne s’était pas consolidée » cette année.
    Cet itinéraire, moins couvert par les secours, est cependant tout aussi « périlleux », prévient l’ONG Caminando Fronteras dans son dernier rapport publié le 26 décembre. « Les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association.
    D’après Caminando Fronteras, au moins 517 personnes sont décédées en 2024 sur la route algérienne, qui conduit aux Baléares et au sud de l’Espagne. Elles étaient 464 en 2022, et 191 en 2021. Cette année aussi, 26 embarcations ont « totalement disparu » en mer, avec tous leurs passagers. Des chiffres qui font de ce passage en Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries. Le rapport de Caminando Fronteras constate également la présence régulière « d’adolescents qui voyagent seuls », et qui cherchent à rejoindre de la famille en Europe. « Quand vous voyez que la plupart des gens que vous connaissez ont quitté le pays, sont heureux ailleurs et que vous, vous continuez à galérer malgré les années, partir devient votre seul objectif », a par exemple relaté auprès d’InfoMigrants la cousine de Youssef*, un jeune algérien de 26 ans porté disparu fin novembre, après le naufrage du canot sur lequel il avait pris place pour rejoindre l’Espagne depuis Alger. Ces mineurs sont habituellement originaires d’Algérie, mais de plus en plus de jeunes subsahariens, syriens, ou palestiniens embarquent, eux aussi, depuis les côtes algériennes. D’après l’ONG espagnole, « près de 40 % des personnes qui s’engagent sur cette route maritime des Baléares proviennent désormais de pays autres que l’Algérie ».

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#migrationirreguliere#algerie#espagne#baleares#mineur#subsaharien#syrie#palestinien#sante

  • Suivi du #droit_à_la_vie – Année #2024

    En 2024, 10 457 personnes sont mortes à la frontière occidentale euro-africaine.

    Notre rapport “Droit à la vie 2024” fait état de la période la plus meurtrière jamais enregistrée, avec des chiffres dévastateurs de 30 morts par jour en moyenne. Parmi les victimes figurent 421 femmes et 1 538 enfants et adolescents.

    La route de l’Atlantique, avec 9 757 morts, reste la plus meurtrière au monde. Les tragédies ont particulièrement augmenté sur la route mauritanienne, consolidant ce pays comme le principal point de départ vers les îles Canaries. La route algérienne, en mer Méditerranée, est la deuxième plus meurtrière selon nos registres, avec 517 victimes. Le #détroit_de_Gibraltar a coûté la vie à 110 personnes et 73 autres ont perdu la vie sur la #route_d’Alboran. En outre, 131 bateaux ont été perdus avec toutes les personnes à bord.

    L’omission du devoir de sauvetage et l’#externalisation des frontières et du sauvetage sont parmi les principales causes de l’augmentation du nombre de décès aux frontières de l’État espagnol

    Outre ces chiffres, le rapport Droit à la Vie 2024 dénonce les principales causes de cette augmentation des naufrages et des victimes. Parmi les causes principales, nous soulignons l’omission du devoir d’assistance, la priorisation du contrôle migratoire sur le droit à la vie, l’externalisation des frontières dans des pays sans ressources adéquates, l’inaction et l’arbitraire dans les sauvetages, la criminalisation des organisations sociales et des familles, ainsi que les situations d’extrême vulnérabilité qui poussent les migrants à se jeter à la mer dans des conditions très précaires.

    Les #femmes confrontées à la #violence_structurelle à la frontière

    Le rapport analyse également la situation des femmes lors des traversées migratoires, qui se font principalement dans des embarcations pneumatiques entre #Agadir et #Dakhla. En transit, ces femmes subissent des violences, des #discriminations, du #racisme, des #expulsions et des #violences_sexuelles, et sont contraintes de survivre dans des conditions extrêmes qui les poussent à la #mendicité, à la #prostitution et à des #emplois_précaires, tout en risquant d’être recrutées par des réseaux de trafiquants d’êtres humains.

    Un nombre croissant de femmes migrantes se déplacent en #pirogue depuis le #Sénégal, la #Gambie et la #Mauritanie pour échapper aux conflits et à l’impact du #changement_climatique dans les régions appauvries. On observe également une présence croissante de femmes sur la route des #Baléares en provenance d’Afrique centrale et occidentale, traversant la Libye et la Tunisie et subissant des violences, de l’#esclavage, des #féminicides raciaux et des #déplacements_forcés vers l’#Algérie.

    Le manque de protection des #enfants sur les routes migratoires

    Notre rapport fait état d’une augmentation du nombre d’enfants et d’adolescents sur les principales routes migratoires vers l’Espagne, qui continuent de souffrir d’un manque de protection et de garanties de la part des autorités. Ces mineurs sont traités comme des migrants plutôt que comme des enfants, et sont donc exposés au marketing politique et sont la cible de discours de haine, ce qui les expose à des situations dans lesquelles leurs droits sont violés.

    La situation est particulièrement critique aux #îles_Canaries, où des enfants non identifiés comme tels vivent avec des adultes dans des centres d’accueil, une réalité qui les expose à de graves dangers.

    Il reste difficile pour les familles de dénoncer et de rechercher leurs #enfants_disparus le long des routes migratoires

    Un autre aspect analysé dans le rapport Droit à la vie 2024 est la réalité des familles qui recherchent leurs proches #disparus à la frontière occidentale euro-africaine. Malgré quelques progrès dans la réception des plaintes et des exemples de bonnes pratiques, les obstacles à l’exercice de leurs droits restent nombreux, et les difficultés à prélever des échantillons d’ADN ou à déposer des plaintes sont particulièrement choquantes. Ces familles sont ainsi re-victimisées par un système qui les stigmatise et considère leurs proches comme des victimes de seconde zone. En l’absence de garanties pour l’exercice de leurs droits, les familles courent le risque de tomber entre les mains de bandes d’extorqueurs.

    Face à ces situations difficiles, les familles s’organisent en réseaux communautaires et se tournent vers la famille élargie pour surmonter les obstacles qui les empêchent de retrouver leurs proches. Chaque année, les familles à la recherche de leurs proches sont confrontées à un système de mort systématique aux frontières qui fait des milliers de victimes comme celles décrites dans ce rapport.

    https://caminandofronteras.org/fr/monitoreo/suivi-du-droit-a-la-vie-annee-2024
    #caminando_fronteras #rapport #route_Atlantique #Espagne #statistiques #chiffres #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #migrations #réfugiés #identification #disparitions #missing

    ping @6donie

  • Espagne : près de 300 migrants secourus aux Baléares, en trois jours - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/61472/espagne--pres-de-300-migrants-secourus-aux-baleares-en-trois-jours

    Espagne : près de 300 migrants secourus aux Baléares, en trois jours
    Par La rédaction Publié le : 29/11/2024
    Entre mercredi 27 et vendredi 29 novembre, 299 personnes, dont deux bébés, ont débarqué sur les îles Baléares. L’augmentation des passages sur cette route cette année alimente la colère des autorités locales, qui se disent « abandonnées » par Madrid.
    En cette fin d’année, les arrivées ne désemplissent pas aux Baléares. En trois jours, entre mercredi 27 et vendredi 29 novembre, 299 personnes ont débarqué sur ses îles. Très tôt ce matin, trois groupes de 8, 17 et 36 passagers, ont été secourus à Ibiza, Formentera et Cabrera. Parmi eux figurent trois enfants en bas âge, dont deux nourrissons. Ces sauvetages s’ajoutent aux 110 personnes débarquées dans l’archipel pour la seule journée de jeudi 28 novembre. Ces migrants sont arrivés par les îles de Cabrera, Formentera et Majorque. La veille encore, 128 exilés répartis dans six embarcations ont été secourus par les autorités espagnoles.
    Depuis le début de l’année, 5 165 migrants sont arrivés aux Baléares, contre 2 278 l’an passé, d’après un décompte de l’agence de presse EFE. La police nationale, en charge de l’enregistrement des nouveaux arrivants dans l’archipel, se dit « débordée », rapporte le média Cronica Balear. Le Conseil d’administration du Parc national de Cabrera a également partagé ses inquiétudes quant à ce qu’il définit comme « une arrivée massive de migrants » sur cette île.
    L’augmentation des arrivées aux Baléares a fait l’objet d’un débat la semaine dernière au Sénat. « Au cours des sept derniers jours, près de 1 000 migrants ont atteint les côtes des îles Baléares, parmi lesquels des jeunes, des enfants et des femmes enceintes », a déclaré le sénateur de l’archipel Miquel Jerez. « Les administrations locales ont atteint leurs limites, et sont seules et abandonnées », a-t-il ajouté.
    En réponse, le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a assuré devant les parlementaires que cette route migratoire « ne s’était pas consolidée » cette année. D’après lui, les démantèlements de réseaux de passeurs par les autorités espagnoles – en collaboration avec l’Algérie notamment – ont même permis de réduire les traversées potentielles de 40%. La grande majorité des migrants qui empruntent cette route migratoire sont algériens. Des Marocains, des Syriens et des Subsahariens embarquent de temps à autre à leurs côtés dans les petits bateaux à moteur utilisés pour cette traversée, dont les points de départ se situent le long de la côte algérienne.
    Beaucoup fuient le manque d’opportunités professionnelles. « Ici, même les jeunes avec un diplôme ne trouvent pas de travail, et ils s’ennuient », avait confié à InfoMigrants Kenza, dont le frère originaire de Tizi Ouzou a disparu en mer. « Hamza disait que la vie en Algérie, c’était fatigant. Alors quand il est entré à l’université de sociologie, il a rapidement fait des demandes de visa étudiant. À chaque fois, elles ont été refusées ». Mais cette traversée en mer Méditerranée reste très dangereuse. Les naufrages sont réguliers. Avec les tempêtes, les moteurs qui cassent et les naufrages, on estime aussi que 500 migrants perdent la vie sur cette route chaque année.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#baleares#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite#algerie

  • Espagne : deux corps de migrants retrouvés sur une plage près d’Almeria - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/61256/espagne--deux-corps-de-migrants-retrouves-sur-une-plage-pres-dalmeria

    Espagne : deux corps de migrants retrouvés sur une plage près d’Almeria
    Par La rédaction Publié le : 19/11/2024
    Les services de secours d’Andalousie ont indiqué avoir été contactés lundi par un homme qui avait retrouvé deux corps de migrants sur la plage d’El Ejido, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest d’Almeria, dans le sud de l’Espagne.
    Alors que les arrivées de migrants sont toujours nombreuses sur les côtes espagnoles, les drames migratoires se multiplient aussi. Lundi 18 novembre, deux nouveaux corps de migrants ont été découverts sur une plage d’El Ejido, à l’ouest d’Almeria, dans le sud du pays.
    C’est un passant qui a trouvé les dépouilles et a contacté les services de secours. Une enquête a été ouverte. Selon des sources proches de l’enquête citées par l’agence de presse EFE, les corps auraient passé plusieurs jours en mer avant d’être découverts. Il s’agirait d’exilés arrivés en Espagne en bateau.
    Lundi, les services de secours ont également signalé l’arrivée d’au moins deux bateaux dans la province d’Almeria, dont l’un comportant des blessés. La Croix rouge d’Almeria a également indiqué à EFE être intervenue pour assister trois groupes de 6,11 et 17 migrants à leur arrivées sur les côtes espagnoles.
    Près de 5 000 personnes arrivées aux Baléares. Les îles Baléares ont également connu des nombreuses arrivées ces derniers jours. Lundi, 129 migrants ont été interceptés à bord de sept bateaux qui se trouvaient à proximité ou qui étaient arrivés sur les îles d’Ibiza, Formentera et Cabrera.Ces sept embarcations et leurs passagers font grimper le bilan des arrivées depuis le début de l’année dans l’archipel des Baléares à 4 851 personnes arrivées à bord de 292 bateaux, selon le décompte de l’agence EFE.
    Ces chiffres ne doivent pas cacher la dangerosité de la traversée depuis les côtes d’Afrique du nord, notamment via la route dite « algérienne ». Des naufrages peuvent faire de nombreux morts mais certains exilés perdent aussi la vie en cours de traversée. Le 13 octobre dernier, trois corps ont été retrouvés dans un canot au large d’Almeria. Vingt neuf autres personnes se trouvaient à bord.
    Des sources policières estiment qu’environ la moitié des migrants arrivent à leur fin incognito sur cette route. L’autre moitié est recueillie en mer ou bien meurt noyée, car ce point de passage est dangereux. Mais avec les tempêtes, les moteurs qui cassent, les naufrages, on estime aussi que 500 migrants perdent la vie sur cette route chaque année.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#almeria#migrationirreguliere#routemigratoire#mortalite#sante#baleares#ibiza#formentera#cabrera#algerie

  • Espagne : les îles Baléares également concernées par l’afflux de migrants, plus de 580 personnes arrivées en 72 heures - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/59660/espagne--les-iles-baleares-egalement-concernees-par-lafflux-de-migrant

    Espagne : les îles Baléares également concernées par l’afflux de migrants, plus de 580 personnes arrivées en 72 heures
    Par Julia Dumont Publié le : 05/09/2024
    Comme les Canaries, les îles espagnoles des Baléares connaissent de fortes arrivées de migrants en cette fin d’été. Début septembre, plus de 580 personnes sont arrivées dans l’archipel en seulement trois jours. Mardi, un bateau a notamment accosté à Ibiza avec plus de 100 personnes à son bord, une première aux Baléares.
    L’été 2024 aura été marqué par une forte fréquentation des routes migratoires vers l’Espagne. Outre les Canaries qui connaissent des records d’arrivées, les Baléares ont également vu un nombre inédit de migrants débarquer sur les îles de cet archipel de Méditerranée ces dernières semaines.
    Début septembre, plus de 580 personnes sont arrivées à bord de 30 embarcations en seulement trois jours. Parmi ces arrivées, plus de 100 migrants sont notamment arrivés mardi sur un même bateau. Tous les exilés à bord étaient maghrébins, selon les médias locaux. Parmi eux se trouvaient deux femmes et un bébé.Une telle arrivée sur un même bateau est inédite aux Baléares. La précédente arrivée la plus importante avant celle-ci remonte au début du mois d’août, lorsqu’un bateau avec 58 personnes à bord avait été intercepté au large de l’île de Formeventura, indique El Mundo.
    Mercredi 4 août, ce sont neuf bateaux qui ont été comptabilisés au large des Baléares, comprenant 144 personnes en tout.
    « Jusqu’à présent, en 2024, au moins 3 203 immigrants sont arrivés aux îles Baléares à bord de 189 bateaux », a totalisé la Cronica Balear, notant que ce nombre « dépasse de loin les chiffres de l’année dernière ». « En 2023, 128 bateaux transportant 2 278 immigrants [avaient] atteint les îles », détaille le média local.
    Bien moins empruntée que la route des Canaries, la traversée en mer qui mène aux Baléares reste tout de même une option choisie par des milliers de migrants pour entrer dans l’Union européenne (UE). La grande majorité des migrants qui arrivent dans cet archipel sont algériens, suivis des Subsahariens.
    En 2023 déjà, ce passage en Méditerranée avait connu une augmentation de 46,7% des arrivées par rapport à la même période l’année précédente. La situation avait poussé les autorités à installer un centre d’accueil provisoire à Palma, à Majorque, d’une capacité de 300 places. Les arrivées actuelles mettent une nouvelle fois sous pression les structures d’accueil de l’archipel. Dès le mois d’août, un abri appartenant à l’Évêché de Majorque avait dû être ouvert pour accueillir des mineurs. En juillet, un étage d’une maison de retraite avait aussi été réquisitionné pour accueillir une quarantaine de nouveaux arrivants.
    À Majorque, si les autorités poussent les murs, elles déplorent dans le même temps le manque de soutien du gouvernement central. Le 16 juillet, l’Institut des Affaires sociales de Majorque (IMAS) a lancé un appel à Madrid pour pallier le manque de places. Laissée sans réponse, elle a été réitérée le 3 août dernier : en plus de places supplémentaires pour les mineurs, l’IMAS exige davantage de moyens financiers pour leur hébergement, et une réforme de la politique migratoire espagnole.
    « Il est essentiel que le gouvernement assume ses responsabilités et agisse de manière décisive, abonde un éditorial du média local Mallorca Diario. Il faut une stratégie globale qui comprend le renforcement des ressources de sauvetage et d’accueil sur toutes les îles, et l’amélioration des infrastructures d’accueil […] Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons faire face à cette crise humanitaire et garantir les droits et la dignité des migrants ».Les autorités des Baléares sont chargées de gérer l’hébergement des mineurs. Mais, dans cette région autonome, comme à Ceuta ou aux Canaries, les autorités ne parviennent plus à faire face au nombre d’arrivées.
    « Nous ne pouvons plus continuer à accueillir ces enfants dans des conditions décentes », a déclaré lors d’une conférence de presse jeudi la présidente du gouvernement des Baléares, Marga Prohens, à propos de l’accueil des mineurs étrangers non accompagnés.
    La dirigeante a indiqué que les structures d’accueil pour mineurs des Baléares présentaient un taux de suroccupation de 850 %, a rapporté le Mallorca Diario. « Formentera envoie déjà des mineurs vers d’autres îles et le Conseil de Majorque a déjà dû se tourner vers l’Évêché. Il n’y a pas non plus assez de professionnels pour ouvrir des espaces d’accueil dans des conditions de dignité », a-t-elle déclaré.
    Pour faire face à cette situation, le gouvernement des Baléares a appelé Madrid à l’aide. Le gouvernement central a proposé une réforme de la loi sur l’immigration qui obligerait les 17 régions qui composent l’Espagne à accepter une répartition obligatoire des mineurs. Mais la situation reste pour le moment bloquée car le parti conservateur espagnol PP et le parti d’extrême-droite Vox s’y opposent.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#baleares#routemigratoire#migrationirreguliere#mineur#sante

  • Espagne : des jeunes migrants se déclarant mineurs incarcérés pour avoir conduit des canots - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/55997/espagne--des-jeunes-migrants-se-declarant-mineurs-incarceres-pour-avoi

    Espagne : des jeunes migrants se déclarant mineurs incarcérés pour avoir conduit des canots
    Par Leslie Carretero Publié le : 22/03/2024
    En Espagne, les cas de jeunes migrants se disant mineurs enfermés dans les prisons du pays pour avoir piloté des canots se multiplient, à mesure que les arrivées irrégulières augmentent. Les adultes, eux aussi, subissent le même sort. Comme en Grèce et au Royaume-Uni, deux États qui incarcèrent également des exilés vus à la barre d’un canot, les associations et les militants espagnols estiment que le gouvernement se trompe de cible.
    B.C. a quitté la prison de Las Palmas, sur l’île de Grande Canarie, jeudi 14 mars. Le jeune Sénégalais de 17 ans, accusé par la justice d’être un passeur pour avoir conduit un canot de migrants, était incarcéré dans ce centre pour adultes depuis presque trois mois.
    Quelques heures plus tôt, le tribunal avait ordonné sa libération en raison de son âge. « Les conclusions [de l’examen] médico-légal » effectué sur B.C. ne permettent pas d’affirmer avec « certitude que le sujet est majeur », avait estimé le juge. Depuis son incarcération le 21 décembre 2023, le Sénégalais répétait inlassablement qu’il n’avait que 17 ans. Une photocopie de son acte de naissance transmis à l’administration n’avait pas suffi à mettre fin à son emprisonnement. Ni même un test médical qui avait conclu que « l’âge estimé du mineur présumé est compatible avec l’âge qu’il a mentionné ».
    L’ONU s’était emparé du sujet et avait exhorté le 11 mars les autorités espagnoles à libérer l’adolescent et à le traiter conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant. L’organisation avait rappelé qu’en cas de doute sur l’âge d’une personne se déclarant mineure, elle doit être prise en charge en tant qu’enfant.Après la décision du tribunal de Las Palmas, B.C. a été transféré dans un centre fermé pour mineurs sur l’île de Ténérife en attendant son procès. Comme ce garçon originaire du Sénégal, d’autres Subsahariens connaissent le même sort : arrivés aux Canaries à bord d’une pirogue surchargée, ils ont été accusés de piloter le canot, et n’ont pas été considérés comme des mineurs. Depuis, ils croupissent dans les prisons canariennes.
    (...) On peut aussi citer l’histoire d’A.G., emprisonné avec B.C. alors qu’il n’avait que 15 ans. Ce Sénégalais a passé un mois et demi derrière les barreaux avant qu’un juge de surveillance pénitentiaire ordonne son transfert vers un centre fermé pour mineurs et que des tests prouvent sa minorité. Alors, les jeunes étrangers seraient-ils de plus en plus nombreux à remplir les prisons espagnoles ? Difficile à affirmer en raison du manque de données sur le sujet, l’enfermement des mineurs étant interdit par la loi. Mais pour Daniel Arencibia, avocat en droit des étrangers, les affaires de ce type se multiplient. Il dit observer ces derniers mois une hausse des cas et regrette « beaucoup d’erreurs pour déterminer l’âge » d’un migrant. Cette recrudescence des emprisonnements s’explique, selon lui, par l’augmentation du nombre de mineurs débarqués en Espagne. « En 2020, il y avait moins de 400 mineurs aux Canaries. Aujourd’hui, ils sont plus de 5 000 », précise l’avocat. Un chiffre qui coïncide avec la hausse des débarquements en Espagne : on comptait en 2023, plus de 56 000 arrivées de migrants dans le pays, soit un bond de 82% par rapport à 2022. Parmi eux, près de 40 000 ont été enregistrés aux Canaries, une hausse de 154% par rapport à l’année précédente.
    Des peines différentes selon les provinces espagnoles Les jeunes ne sont pas les seuls à subir le même sort. Les migrants adultes aussi se voient désigner comme passeurs, pour avoir piloté leur embarcation. Et selon le lieu de leur arrestation, les peines diffèrent de plusieurs années, révèle une étude de Daniel Arencibia. Ce dernier a analysé plus de 200 condamnations portées contre des exilés dans les provinces espagnoles – sur les îles et sur la péninsule – les plus touchées par les arrivées irrégulières, du 1er janvier 2021 à aujourd’hui. Et le constat est sans appel : les migrants jugés aux Canaries écopent de peines plus lourdes pour les mêmes chefs d’accusation que dans les autres régions du pays. « Aux Baléares, ils sont condamnés à deux ans de prison, et aux Canaries à trois voire cinq ans », affirme l’avocat dans une interview accordée au média local Diario de Canarias. Pour avoir conduit une pirogue, et être poursuivi en tant que passeur, les exilés encourent jusqu’à huit ans de prison en Espagne. Une circulaire stipule cependant que dans le cas où la personne cherche également à obtenir une protection, une circonstance atténuante peut être appliquée et permet de réduire la peine. Daniel Arencibia a également découvert que le jugement pouvait être plus clément si le migrant renonce à son procès et se déclare donc coupable : dans ce cas, le Parquet réclame trois années de prison, en vertu de la circulaire évoquée précédemment. Dans le cas inverse, il demande sept ans d’emprisonnement. « Dans la province de Las Palmas [sur l’île de Grande Canarie, ndlr], 91% des accusés ont signé le document et accepte la peine de trois ans », renonçant à faire reconnaitre leur innocence. Rien d’étonnant pour l’avocat car, selon lui, les exilés n’ont d’autres choix : « Le migrant ne comprend pas la langue, a peur et on lui dit : ‘Si vous ne signez pas ce papier, vous ferez sept ans de prison au lieu de trois’ », résume-t-il. Comme en Grèce et au Royaume-Uni, deux États qui incarcèrent aussi des exilés vus à la barre d’un canot, les associations et les militants espagnols estiment que le gouvernement se trompe de cible. Les migrants emprisonnés « n’appartiennent pas à des mafias, ce sont de pauvres pêcheurs pour la plupart. Nous dépensons des millions pour mettre en prison des pêcheurs mais nous n’avons pas le budget nécessaire pour poursuivre ceux qui deviennent réellement millionnaires, au Maroc ou en Mauritanie », déplore l’avocat.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#canaries#baleares#mineur#prison#CIDE#droit#senegal#sante#grce#royaumeuni#pirogue

  • Les #baleines_à_bosse victimes des #vagues_de_chaleur_marine dans le Pacifique Nord
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/02/29/les-baleines-a-bosse-victimes-des-vagues-de-chaleur-marines-dans-le-pacifiqu

    Cette étude, bien que focalisée sur une espèce, donne des indices sur l’état de santé des #océans. « La #baleine est un bon indicateur de l’état de son #écosystème, explique Olivier Adam. Tout ce qui est en profondeur est difficile à observer, mais les cétacés sont faciles à comptabiliser, car ils sont obligés de remonter à la surface pour respirer. » Et si l’on en croit les résultats de l’étude, l’océan #Pacifique_Nord va mal. « Au rythme où ça va, il n’y a aucune raison qu’il reste des cétacés dans les océans d’ici quarante à cinquante ans, alerte le chercheur français. On assiste à l’#effondrement des océans en direct. »

    Pour les deux scientifiques, les conclusions à tirer sont claires : « Il est impératif de changer notre façon de gérer les océans. » Selon l’Australien, les mesures les plus efficaces seraient de « diminuer au maximum le réchauffement climatique, d’adapter le transport maritime là où les routes chevauchent l’habitat des baleines afin de réduire les collisions avec les navires, et de mieux réguler la pêche, en particulier la pêche au casier, pour éviter que les animaux ne s’empêtrent dans les lignes ». Pour le chercheur, il est impératif d’agir, car « notre survie dépend d’océans sains et productifs ».

  • Colonial Entanglements in Basel
    https://visionscarto.net/colonial-entanglements-in-basel

    Never having had direct colonies itself, Switzerland is not generally associated with colonialism. Yet with an increasing global mobilization around the issues of racial injustice and colonial systems of power, there is a renewed sense of urgency in analysing complicities in colonialism and slavery which go far beyond engaging in direct political and military imperialism. This interactive map shows how the history of Basel is interwoven with the history of colonialism. by Claske Dijkema (...) #Articles

  • #rappel La fête de LO pendant le week-end de la Pentecôte, à Presles (95)

    La fête se déroule à Presles le samedi 27 mai de 11 h à 23 h, puis sans interruption du dimanche 28 mai à 9 h au lundi 29 mai à 20 h.

    La carte est valable pendant les trois jours de la fête. Elle coûte 20 euros en prévente jusqu’au 24 mai au soir, 25 euros ensuite et sur place. L’entrée est gratuite pour les enfants de moins de 14 ans accompagnés.

    Pour obtenir à l’avance 20 % de réduction sur vos dépenses, des bons d’achat sont disponibles. Payés 4 euros, ils valent 5 euros pendant la fête.

    Cartes et bons d’achat sont disponibles auprès de nos militants et ici : https://fete.lutte-ouvriere.org/billetterie

    Train : gare de Presles-Courcelles (ligne H depuis la gare du Nord) – départ toutes les heures à partir de 6 h 34 – 38 minutes de trajet.

    Cars gratuits depuis le métro Saint-Denis-Université (ligne 13) : samedi 10 h à 17 h – dimanche 8 h à 17 h – lundi 8 h à 14 h. Retour : jusqu’à 23 h le samedi, 1 h 50 le dimanche, 20 h le lundi.

    Renseignements, programme, vente de cartes et bons : https://fete.lutte-ouvriere.org

    • Les présentations de livres à la fête cette année :

      – Guillaume Fondu, préfacier et traducteur, et Éric Sevault, éditeur : Les Carnets de la Révolution russe, de #Nikolaï_Soukhanov
      – Marc Plocki : pour la réédition des livres de #Maurice_Rajsfus, historien-militant
      – Marion Leclair et Alexia Blin : Les articles du New-York Daily Tribune de #Marx et #Engels
      – Rémi Adam : Vendus contre des obus, d’Alexeï Kozlov
      – Lucien Détroit, préfacier : Sur les piquets de grève, les femmes dans la grande grève des mines de l’Arizona de 1983, de #Barbara_Kingsolver
      – Henri Marnier, préfacier : Seuls les fous n’ont pas peur, de Georg Scheuer

      Au chapiteau des sciences :

      Samedi
      – Valérie Delattre : les grandes #épidémies de peste
      – Patrick Berche : les #pandémies virales contemporaines
      – Claire Mathieu : #ChatGPT
      – Paul Verdu : la diversité des couleurs de peau
      – Pierre-Olivier Lagage : le télescope spatial James Webb

      Dimanche
      – Vincent Mourre : les outils en pierre de nos ancêtres
      – Patrizia D’Ettorre : les #fourmis et leur monde d’odeurs
      – Olivier Lambert : quand les #baleines marchaient sur la terre ferme
      – François Desset : faire revivre les langues anciennes
      – Dalila Bovet : l’#intelligence des #oiseaux
      – Antoine Balzeau : une brève histoire des origines de l’humanité #préhistoire
      – Bahia Guellai : les enfants face aux #écrans

      Lundi
      – Roland Salesse : le cerveau cuisinier
      – Edwin Roubanovitch : la #musique à la #Préhistoire
      – Alain Riazuelo : l’aventure de la Terre
      #Étienne_Klein : la démarche scientifique
      – Michel Viso : les défis pour aller sur Mars

    • dans une campagne publicitaire lancée au début du mois. Sur l’une des photos, un sac réalisé avec Adidas est posé sur des documents. Certains internautes avisés avaient déchiffré les paragraphes de ces documents et y avaient retrouvé des similitudes avec un avis de la Cour suprême dans une affaire de pédopornographie. Une ultime provocation qui dépasse le stade du mauvais goût.

      WTF ! et là impossible de chez impossible de dire que c’était pas fait exprès, encore pire que l’ours si c’est bien le cas

  • Accusée d’abus, la directrice de l’école de ballet du Théâtre de Bâle est suspendue

    Après l’Académie de danse de Zurich, c’est au tour de l’Ecole de ballet de Bâle de se retrouver dans la tourmente. D’anciens élèves dénoncent les abus qu’ils y ont subis durant plusieurs années. Une enquête indépendante va être menée.

    La décision de suspendre la directrice a été prise par le comité directeur de l’école. « Suite aux accusations de harcèlement et d’insultes relayées par les médias, une enquête sera lancée afin de faire toute la lumière sur cette affaire », a indiqué mardi le comité directeur.

    Selon la NZZ am Sonntag et le média en ligne bâlois Bajour, plus de 30 anciennes élèves ont évoqué des humiliations et des insultes régulières lors de répétitions. Parfois à visage découvert, elles racontent les pressions et les humiliations systématiques subies durant leur formation.

    Dans certains cas, un comportement insultant de la part d’enseignants a aussi été rapporté : « Tu es trop grosse pour danser » ou « Je peux voir la graisse qui pend de tes collants ». Une élève a aussi témoigné : « Je pleurais régulièrement, j’espérais que l’on nous aiderait, mais personne ne s’engageait pour nous ».

    Troubles alimentaires, absence de règles, hospitalisation
    Des pressions excessives sur les performances auraient eu pour conséquence des fractures de fatigue et des troubles alimentaires. Des nombreuses jeunes femmes n’auraient plus eu leurs règles pendant leur formation. Une élève aurait même dû être hospitalisée, complètement amaigrie.

    L’école de ballet du Théâtre de Bâle est l’une des deux institutions en Suisse à proposer un apprentissage professionnel de danseuse et danseur classique avec certificat fédéral de capacité. L’autre est l’Académie de danse de Zurich, qui est également confrontée à des reproches similaires. La direction s’est depuis retirée et une enquête a été ouverte.

    Le canton de Bâle-Ville, qui a un devoir de surveillance envers les entreprises formatrices, déplore cette situation. Ulrich Maier, directeur de la formation professionnelle, s’en explique dans le 19h30 : « Nous n’avons pas eu connaissance des reproches, sinon nous aurions réagi plus tôt. »

    A ce jour, la directrice suspendue de l’Ecole de ballet de Bâle conteste les faits reprochés.

    Il faut repenser l’apprentissage de la danse
    Du côté de l’association suisse des professionnels de la danse, on admet que quelque chose doit changer dans cette formation. « La danse est un art de la scène, mais aussi un sport d’élite. Ces deux domaines sont concernés par la pression », explique Cyril Tissot, directeur de Danse Suisse. Pour lui toutefois, la performance et l’apprentissage sont deux domaines compatibles. « Ces méthodes doivent changer en allant vers le mieux et c’est possible », car l’apprentissage peut être une belle chose, conclut-il.

    Le Ballet de Berne est aussi confronté à des accusations d’abus. Plusieurs médias ont rapporté que des harcèlements sexuels s’y sont produits l’année dernière. Un collaborateur du ballet a été licencié. La direction des scènes bernoises a ouvert une enquête après avoir relativisé les reproches. Les résultats devraient être présentés mercredi.

    Source : https://www.rts.ch/info/suisse/13492523-accusee-dabus-la-directrice-de-lecole-de-ballet-du-theatre-de-bale-est-

    #violence #danse #harcèlement #Pressions #humiliations #ballet

    • Ecole de ballet de Bâle : « Ce qu’il me reste de plus fort de ces deux ans et demi, c’est la peur » Clément Bürge/Julie Conti/ Pierrik Jordan - RTS

      De graves abus ont été dénoncés cette semaine au sein de l’école de ballet du Théâtre de Bâle. Après avoir intégré l’école en 2011, Angèle en a été victime durant deux ans et demi. Face aux caméras de la RTS, elle raconte un enfer fait de violence, d’humiliations et de mise en danger de sa santé.

      Les scandales liés à des mauvais traitements n’en finissent plus dans le monde de la danse en Suisse. Après le Béjart Ballet Lausanne et l’Académie de danse de Zurich, la parole s’est libérée également cette semaine à Bâle, où 33 anciens et anciennes élèves de la Ballettschule Theater Basel (BTB) ont dénoncé les graves abus subis durant des années.
      C’est le cas d’Angèle, entrée à la BTB en 2011, et d’Ines, entrée en 2014, toutes deux à l’âge de 15 ans. Elles ont accepté de témoigner face aux caméras de la RTS des mauvais traitements qu’elles et leurs camarades subissaient au quotidien de la part des professeurs. Elles racontent aussi toute la pression mise sur le poids des danseuses, en particulier par la directrice.

      « Ma première année, je devais faire 1m68, et je suis tombée à 36 kilos sans vraiment le vouloir. C’était juste que j’étais très stressée, et j’avais perdu l’appétit », témoigne Inès dans le 19h30.

      Au théâtre « avec une boule dans le ventre »
      La peur et l’anxiété, c’est aussi ce qui a principalement marqué Angèle lors de son passage à la BTB. « Je me revois arriver au théâtre avec une boule dans le ventre. Parce qu’on savait qu’on pouvait se faire soit crier dessus et insulter, soit ridiculiser et humilier. Et il y avait cet espèce de harcèlement sur le poids pour certaines. C’était invivable. »

      Très souvent, elle excluait les gens des spectacles, parfois une semaine avant, quelqu’un qui avait travaillé dur pour répéter un rôle. Elle disait : je peux ne pas te mettre sur scène dans cet état physique, tu es horrible

      Cette peur pousse alors l’adolescente à ne plus s’alimenter, alors qu’elle est déjà très mince. « C’est une période où j’ai perdu 10 kilos en deux mois. Ils le voyaient forcément, j’étais en justaucorps toute la journée devant eux », expose-t-elle.

      « Deux camarades se sont inquiétées pour moi », se remémore-t-elle. Elles alertent une professeure, qui prévient la directrice. « J’ai eu un rendez-vous avec les deux. » Leurs conseils : « Mange quand même quelque chose le soir, mais juste un fruit ou un yogourt. Et mange devant tes camarades, parce qu’il ne faudrait pas les inquiéter. »

      Anorexie valorisée et récompensée
      Loin d’inquiéter ses enseignantes et ses enseignants, cette perte de poids ouvre au contraire des portes à la jeune danseuse. « J’ai eu des rôles, j’ai été récompensée pour ça. »

      La directrice va même jusqu’à l’inscrire au prestigieux Prix de Lausanne. Le concours se targue pourtant d’une politique exemplaire en matière de santé des artistes, avec des règles strictes pour lutter contre l’anorexie. Le comble : à cette époque, la directrice du BTB était également à la tête... du Prix de Lausanne.

      « Elle a tout organisé. Elle m’a fait voir un médecin pour signer un certificat médical pour l’inscription. J’étais déjà trop maigre, et le médecin a menti sans vergogne pour mettre un IMC plus haut, pour que ça passe. C’était juste avant que je quitte l’école », poursuit Angèle.

      L’école, elle la quitte pour l’hôpital, pour soigner son anorexie. « Ça m’a impacté pendant des années. J’ai eu un suivi pour le trouble alimentaire, mais ce n’est pas quelque chose qui se guérit rapidement ». Elle évoque également de la boulimie et de la dépression. « Finalement, les conséquences ont été presque plus longues que le temps passé là-bas... dans cet enfer. »

      Ines a terminé son cursus à #Bâle. C’est après être sortie de l’école qu’elle a pris conscience des maltraitances qu’elle a subies. Quant à Angèle, elle a quitté la #BTB et terminé sa formation en France. Toutes deux sont désormais danseuses professionnelles. Et elles ne veulent plus se taire.

      Emprise perverse des professeurs
      De la part de certains professeurs, Angèle évoque des « insultes très régulières » et des « corrections à coup de claques sur les cuisses, les fesses ou le dos ».

      Une fois, il m’a dit : « Tu es trop stupide pour danser, je vais te renvoyer chez tes parents, mais même eux ne voudront pas de toi »

      Elle décrit l’emprise particulièrement perverse de certains professeurs : « Il disait toujours : ’Je vous aime, et si je vous corrige, c’est que je crois en vous, sinon je ne perdrais pas mon temps’. D’un côté, je commençais à trouver trop dur, mais je me forçais à penser que j’avais de la chance parce que je me faisais corriger. »

      Source : https://www.rts.ch/info/regions/autres-cantons/13500484-ecole-de-ballet-de-bale-ce-quil-me-reste-de-plus-fort-de-ces-deux-ans-e

      #perversité #anorexie #boulimie #maltraitances #Suisse

  • Voices from an Archived silence

    A research exhibition on Basel’s colonial entanglements

    Although Switzerland did not have its own colonies, it was nevertheless involved in colonialism. University research in particular benefited from the imperial endeavours of the European colonial powers. In the service of science, the two Basel naturalists Fritz and Paul Sarasin brought exotic animals and plants, ethnological and archaeological objects as well as skulls and skeletons to Basel. The foundation was laid for one of the largest ethnological collections in German-speaking Europe.
    Vera Ryser and Sally Schonfeldt, based on Bernhard Schär‘s “Tropenliebe” study, searched the Basel archives for the legacy of the two naturalists and invited artists from Sri Lanka and Indonesia to examine the archive material from their perspective. The result is various independent artistic works, all of which activate voices that were not previously available in the archives. Deneth Piumakshi traveled to Sri Lanka after doing research in the Basel Archives and interviewed people in the villages where the Sarasins had researched over 136 years ago. Rahmat Arham, Julia Sarisetiati, Jimged Ary Sendy Trisdiarto and Angela Wittwer deal with resistance stories during the Indonesian colonial period. The duo Ryser+Schonfeldt asked themselves what the objects from Sri Lanka and Indonesia in the Basel collections convey about themselves and the different colonial contexts in which they are involved, if they could tell us their own story. Together, the total of ten artistic works create a visual world that shows the colonial connections between Sri Lanka, Switzerland and Indonesia around 1900 and negotiate in a contemporary way.
    The content of the exhibition corresponded to the premiere of the theatre Play „Wiederauferstehung der Vögel“ (Resurrection of the Birds) by the in-house author Thiemo Strutzenberger and was shown in parallel to the exhibition in Basel Theater. In addition, a public programme consisting of discussions with experts, artists and scientists examined the possibilities for dealing responsibly with the past from our present, focused specifically on Switzerland.

    https://denethpiumakshi.com/?page_id=122

    #exposition #Suisse #colonialisme #colonisation #Suisse_coloniale #colonialisme_suisse #art #art_et_politique #exotisme #Fritz_Sarasin #Paul_Sarasin #Sarasin #Bâle #Sulawesi #Sri_Lanka

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