• Carnet de bord d’Attac au FSM 2026 à Cotonou

    Malgré les incertitudes sur son maintien, la 17e édition Forum Social mondial a bien lieu à Cotonou, au Bénin, du 6 au 9 août 2026. La délégation d’Attac France fait ici le récit de ces journées de rencontres, formations, débats… qui permettent à des milliers de personnes venues du monde entier de se rencontrer dans une démarche altermondialiste.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/14/fsm-2026-a-cotonou-les-mouvements-sociaux-du-monde-sorganisent-pour-participer-au-grand-rendez-vous-mondial-des-altermondialistes/#comment-75353

    #benin

  • FSM 2026 à Cotonou : la marche d’ouverture prévue aujourd’hui n’aura pas lieu !

    Le gouvernement du Bénin a finalement décidé de ne pas autoriser la tenue du FSM à Cotonou

    Ronald Cameron, responsable de la rédaction

    Dans un revirement inattendu, les autorités béninoises ont indiqué qu’elles n’autorisaient pas la tenue du Forum social mondial 2026 à Cotonou, prévu cette semaine du 4 au 8 août. Le Secrétariat technique d’organisation du FSM 2026 avait indiqué par communiqué hier que la marche d’ouverture était reportée. Le Secrétariat technique d’organisation et le Conseil international du FSM l’ont confirmé lors de la réunion extraordinaire qui s’est tenue aujourd’hui.

    Accès interdit à l’université et refoulement des caravanes aux frontières

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/14/fsm-2026-a-cotonou-les-mouvements-sociaux-du-monde-sorganisent-pour-participer-au-grand-rendez-vous-mondial-des-altermondialistes/#comment-75317

    #benin

  • « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71572/retours-volontaires-de-loim--pres-de-500-migrants-rapatries-de-libye-e

    « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine
    Par La rédaction Publié le : 27/05/2026
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 500 migrants en Libye ont été rapatriés vers le Bénin, le Pakistan et le Bangladesh via un « retour volontaire » cette semaine.
    Au total, 496 migrants ont été rapatriés dans leur pays via un « retour volontaire » organisé par l’Organisation internationale des migrations (OIM) ces sept derniers jours. Pour cela, trois vols ont été affrétés. Le premier est parti de la ville de Sabha, à quelques 600 km au sud de Tripoli. De cette région désertique, 151 migrants ont été rapatriés vers Cotonou, au Bénin, et Accra, au Ghana.
    Le second vol concernait 174 exilés. Ils ont quitté Tripoli en direction d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Et enfin, le dernier avion est parti de Benghazi avec pour destination Dhaka, la capitale du Bengladesh, avec 171 migrants à son bord.Un soutien médical et de protection a permis à tous les bénéficiaires de recevoir des retours sûrs", assure l’organisation onusienne.
    Ces dernières opérations témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.
    En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains. La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. En novembre 2025 par exemple, un Camerounais racontait son calvaire en Libye : « Ce pays ne connaît pas les droits de l’Homme, il n’y a aucun respect pour les personnes noires. Nous sommes considérés comme des animaux ».
    Et dans les geôles libyennes, les migrants vivent l’enfer. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient. Ma famille n’avait pas d’argent, alors ils m’ont frappé et m’ont arraché un ongle, puis j’ai perdu connaissance. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite », témoignait de son côté un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.
    Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne aussi de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » (VHR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées sont originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM.Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent et violeur au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mali#niger#nigeria#rapatriement#retourvolontaire#benin#pakistan#bangladesh#sante#routemigratoire#OIM

  • RADIO KALAKUTA 13/04/2026
    https://radioblackout.org/podcast/radio-kalakuta-13-04-2026

    Playlist : MANU BIBANGO-AFRICA BOOGIE KOFFI OTTYTANA BEBLI-DOKA VEWONYI DD-AGBEMENYAWO GEGROIRE LAWANI-HABE YTA JOURIAS-ADOME NYUETO TIDIANE KONE’ & ORCHESTRE POLYRITHMO -DJANFA MAGNI HONORE’ AVOLONTO & ORCHESTRE POLYRYTHMO-TI NIN LON PICOBY BAND D’ABOMEY-MI MA KPE DJI PIERRE ANTOINE-KALABULEY WOMAN THE SAHARA ALL STARS-TAKE YOUR SOUL TUNJI OYELANA-OLOTI WILLIAM ONYEABOR-BODY AND SOUL SGUN BUCKNOR-TOU KILLING ME THE MARTINS […]

    #BENIN #JERK_FUNK #Lagos #TOGO
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/RADIO-KALAKUTA-13042026.mp3

  • « Comme si mes ancêtres me parlaient depuis l’océan » : au Sénégal, les Afro-Américains en « pèlerinage »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/27/comme-si-mes-ancetres-me-parlaient-depuis-l-ocean-au-senegal-les-afro-americ

    « Comme si mes ancêtres me parlaient depuis l’océan » : au Sénégal, les Afro-Américains en « pèlerinage »
    L’île de Gorée, « symbole de la traite négrière » selon l’Unesco, accueille près de 100 000 personnes par an. Parmi elles, le nombre de touristes américains, à la recherche de leurs origines, est en hausse.
    Par Jules Crétois (Dakar, correspondance)
    « Mes ancêtres ont sans doute été ici ! » IShowSpeed, Darren Jason Watkins Jr. de son vrai nom, star des réseaux sociaux avec 50 millions d’abonnés sur YouTube, est habitué aux cabrioles et aux défis sportifs. Mais à la Maison des esclaves de Gorée, au Sénégal, à une demi-heure de Dakar en bateau, il fait comme tout le monde : il suit le guide.L’influenceur américain, en tournée africaine depuis fin décembre 2025, découvre, ce 20 janvier, les cellules dans lesquelles s’entassaient, au XVIIIe siècle, enfants, femmes et hommes, les fers qui les entravaient et la fameuse porte dite du « voyage sans retour », une petite ouverture dans la bâtisse sur l’océan, que les esclaves empruntaient pour ne jamais revenir.
    Il n’est pas du tout certain que les ancêtres de IShowSpeed soient passés par Gorée. Si les guides locaux assurent que le lieu a occupé une place centrale dans la traite, son importance réelle est discutée. « La Maison des esclaves n’a joué qu’un rôle mineur dans la traite des Noirs », lit-on sur le site de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. La plupart des 12 à 17 millions de personnes déplacées de l’Afrique vers les Amériques, entre le XVIe et le XIXe siècle, partaient des actuels Angola, Bénin et Ghana. Mais personne ne nie le poids symbolique du site sénégalais.
    Entrée au Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture en 1978, Gorée est décrite par l’institution comme une « île mémoire », une « terre de pèlerinage pour toute la diaspora africaine » et revêt, pour la « conscience universelle », le « symbole de la traite négrière ». L’endroit où se fait la reconnaissance du crime. Le pape Jean-Paul II l’a visité en 1992, le président Barack Obama et sa famille en 2013.
    « Les Afro-Américains sont les plus émus lors de la visite. Beaucoup pleurent. La plupart ne déjeunent pas après le passage par la Maison… Pour eux, ça n’est pas une visite, c’est comme un pèlerinage », raconte Assane Camara, organisateur de tours avec l’agence Revina, qui cible particulièrement les Américains. « On les voit serrer les poings, d’autres commentent en live la visite sur les réseaux sociaux. Moi, j’ai peur qu’ils tapent les visiteurs blancs », abonde Oumar Sidibe, guide anglophone sur l’île depuis deux ans.
    Originaire de l’Etat américain de Géorgie, Jeanette Mitchell est venue plusieurs fois à Gorée depuis les années 2010. « La première fois, c’était comme si mes ancêtres me parlaient depuis l’océan…, se souvient la quadragénaire. L’esclavage, c’est toute notre histoire. Il fallait voir, il fallait sentir, mettre des images sur tout cela… » Depuis, elle accompagne des petits groupes d’Afro-Américains désireux, eux aussi, de faire le voyage. « Je vois bien, dit-elle, que pour les Sénégalais, cette histoire est importante, mais pas aussi fondamentale que pour nous. »
    Depuis plusieurs années, environ 100 000 personnes visitent annuellement la Maison des esclaves. La plupart d’entre eux sont des scolaires venus de tout le Sénégal. Mais « les Afro-Américains sont de plus en plus nombreux. C’est la grosse tendance. On en reçoit plusieurs chaque semaine », souligne Kaba Laye, employé à la Maison des esclaves. L’Agence sénégalaise de promotion touristique ne dispose pas de chiffres précis, mais confirme : « Ça augmente. »
    « Cette hausse est aussi concomitante avec le recours aux tests ADN, qui indiquent souvent aux Afro-Américains une part d’origines ouest-africaines », remarque Maceo Thomas, venu des Etats-Unis et installé au Sénégal après plusieurs voyages. « Un sentiment de connexion presque mystique traverse beaucoup de voyageurs », observe-t-il.
    Dans son livre Le Message (Autrement, 2025), le célèbre auteur noir américain Ta-Nehisi Coates raconte avoir été, lui aussi, « submergé par les pensées et les émotions » au Sénégal. « Devant Gorée, j’étais un pèlerin qui accomplissait un voyage ancestral. Je revenais à l’origine du temps, pas à ma naissance, mais à la naissance du monde moderne », écrit-il. « Nous avons droit à ce souvenir, nous avons le droit de choisir le rocher de Gorée, de le sacraliser, de verser des larmes devant lui, de pleurer ce qu’il représente (…). Gorée est le nom d’un site que mon peuple a déclaré sacré. »
    Sur le bateau qui relie Dakar à l’île, l’excitation et l’émotion des visiteurs des Etats-Unis les distinguent. Leur curiosité aussi. « Venir au Sénégal, c’est aller à Gorée, mais c’est aussi se connecter avec un tout », explique Jeanette Mitchell. « Un tout dont nous venons, mais qui s’est transformé ou perdu avec la traversée de l’océan », continue-t-elle, citant la découverte des tissus anciens comme le bogolan, le ceebu jën (plat à base de riz et de poisson) ou encore les différentes manières de se tresser pour les femmes.
    Gorée n’est pas le seul site mémoriel de la traite atlantique. En Gambie, la petite île de Kunta Kinteh, baptisée d’après le nom du héros du roman Racines (1976), de l’Américain Alex Haley, avec son fortin, témoigne de la place du fleuve Gambie dans le commerce des esclaves. Les autorités béninoises investissent, elles, dans le site de Ouidah, ville côtière et important point de commerce et d’embarquement d’esclaves. Le parcours mémoriel proposé aux visiteurs s’ouvre sur l’ancienne place des ventes aux enchères et se termine par la Porte du non-retour, un mémorial commémorant la déportation des esclaves. Un musée dédié à l’histoire de la traite est en construction.
    « Il faut être honnête, les Béninois travaillent mieux sur leur destination. Nous, on a tendance à considérer que l’existence du site de Gorée suffit, et qui veut vient », confie, sous couvert d’anonymat, un fonctionnaire sénégalais. « Nous travaillons sur une politique pour cibler cette population spécifique. Il y a des rencontres avec des partenaires, comme le Harlem Tourism Board [office de tourisme du quartier Harlem de New York] pour des voyages “retour aux sources” », se défend une source à l’Agence sénégalaise de promotion touristique. « La visite de IShowSpeed, ajoute-t-elle, a été un excellent coup de pub. »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#esclavage#memoire#benin#traite#sante

  • « Je reviens chez moi » : au Bénin, des afro-descendants en quête de lien avec leurs origines reçoivent un passeport
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/27/je-reviens-chez-moi-au-benin-des-afro-descendants-en-quete-de-lien-avec-leur

    « Je reviens chez moi » : au Bénin, des afro-descendants en quête de lien avec leurs origines reçoivent un passeport
    Depuis six mois, les personnes d’origine africaine peuvent demander la nationalité béninoise en ligne. Une centaine d’entre elles a déjà obtenu une nationalité provisoire.
    Par Judith Renoult
    Américains, Haïtiens, Français originaires de Guadeloupe ou de Martinique... et désormais aussi Béninois. Six mois après l’ouverture du portail My Afro Origins, une plateforme qui permet aux afro-descendants de demander la nationalité béninoise pour 100 dollars (quelque 85 euros), trente et une personnes ont reçu, lors de deux cérémonies le 27 décembre 2025 puis le 3 janvier à Cotonou, une attestation de nationalité en présence des ministres de la justice et des affaires étrangères du pays.
    Depuis l’adoption, en septembre 2024, d’une loi autorisant toute personne afro-descendante majeure résidant hors du continent africain à déposer une demande, plusieurs milliers de demandes ont été déposées. Un engouement qui a submergé les services dédiés, qui n’ont que quelques mois pour traiter les dossiers. D’après nos informations, une centaine d’attestations de nationalité a été délivrée, étape précédant l’attribution officielle.
    En juillet 2025, la chanteuse américaine Ciara, le rappeur haïtien Joseph Gabendy et l’entrepreneur français David Smeralda, directeur de Rolling Stones Africa, avaient été les premiers à obtenir ainsi la nationalité béninoise, donnant une publicité à l’initiative qui n’est pas sans rappeler « l’année du retour » lancée en 2019 au Ghana.
    « Je le vois comme un processus de réparation mentale et psychologique et un acte de réparation pour la lignée », explique Maryse Isimat-Mirin, enseignante et formatrice originaire de Guadeloupe. Pour cette militante de longue date du droit au retour des afro-descendants en Afrique, le déracinement des Africains réduits en esclavage est un « traumatisme » qui s’est transmis de génération en génération. Selon les Nations unies, plus de 15 millions de personnes ont été victimes de la traite transatlantique instaurée entre le XVIe et le XIXe siècle, entre le continent africain et les Amériques.
    « Ce qui est intéressant dans la démarche du Bénin, c’est qu’elle accueille tous les afro-descendants », souligne Mme Isimat-Mirin. Pour bénéficier de la nationalité béninoise, les intéressés doivent démontrer qu’un de leurs ascendants est né avant 1944 dans un « territoire de déportation dans le cadre du commerce triangulaire », selon les termes de la loi. Une fois la demande approuvée, le demandeur reçoit une attestation personnelle, faisant office de visa permanent. Après un délai de deux à trois ans, il doit se rendre dans le pays pour obtenir sa nationalité définitive.
    La simplicité de la démarche est saluée par les demandeurs, qui ont été confrontés à la difficulté des recherches plus approfondies sur leurs ancêtres. Mme Isimat-Mirin a retracé une partie de son arbre généalogique grâce à l’association CM98 – baptisée en référence à la marche du 23 mai 1998 en faveur de la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. « On peut se baser sur des archives comme les registres paroissiaux, explique-t-elle. Ils contiennent les noms attribués aux anciens esclaves lors de l’abolition en 1848. »
    Mais « ce n’est pas évident de tomber sur l’acte d’affranchissement de son ancêtre, sur lequel il est inscrit un prénom sans nom de famille, et parfois “né en Afrique, de mère inconnue”. Le lien est coupé avec le continent », déplore Georges-Emmanuel Germany, ancien bâtonnier de Martinique, qui a lui aussi récemment obtenu sa nationalité béninoise. Pour ce militant, aujourd’hui ambassadeur du Bénin pour la diaspora afro-descendante dans les Caraïbes, le droit au retour est une réponse à l’injustice ressentie face à l’histoire. « On se dit que nos ancêtres n’ont pas pu revenir en Afrique, mais que nous, on y retourne, explique-t-il. Donc, ils n’ont pas subi tout ça pour rien. »
    Certains néo-Béninois vivent déjà une partie de l’année dans le pays. C’est le cas de Kwakou Mansa, 52 ans, qui se présente comme un « Africain né en Guadeloupe ». Sa première visite au Bénin en 2015 lui a fait l’effet d’un « coup de foudre », raconte-t-il : « Je me suis vraiment senti connecté et chez moi. » Engagé aux côtés de M. Germany en faveur du droit au retour, il a participé à l’organisation de rencontres avec d’autres personnes intéressées en Guadeloupe. « Ici, on n’est pas discriminés, affirme-t-il. Quand je me présente, je dis que mes parents ont été arrachés d’ici et que je reviens chez moi, je me sens bien accueilli. » Ce sentiment de proximité, l’influenceuse Isaline ATL – elle n’a pas souhaité donner son nom – l’a également ressenti lorsqu’elle a découvert le pays en 2022 avec des amis. « Il y avait toujours quelque chose qui me rappelait la Martinique », se souvient-elle, reconnaissant une part d’« inexplicable ». Et c’est à Ouidah, d’où plus d’un million de captifs ont embarqué vers les Amériques pendant la traite transatlantique, qu’elle a vraiment pris conscience des liens historiques qui unissent les Antilles au Bénin.
    Après son installation à Cotonou, en 2024, l’Antillaise de 28 ans a engagé des recherches généalogiques, jusqu’à remonter à un ancêtre portant un nom fon, la langue véhiculaire employée au Bénin. Pour elle, l’obtention de la nationalité béninoise a été un « accomplissement » plutôt qu’une réparation. Depuis, elle participe à la promotion du dispositif. Dans l’une de ses dernières vidéos, elle explique la procédure au streameur américain IShowSpeed, en pleine tournée sur le continent et de passage au Bénin le 23 janvier.

    #Covid-19#migrant#migration#benin#diaspora#passeport#nationalite#retour#politiquemigratoire

  • Spike Lee, atout charme du Bénin pour attirer les afro-descendants
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/29/spike-lee-atout-charme-du-benin-pour-attirer-les-afro-descendants_6625214_32

    Spike Lee, atout charme du Bénin pour attirer les afro-descendants
    Le réalisateur américain et son épouse, Tonya Lewis Lee, ont été nommés ambassadeurs auprès de la diaspora aux Etats-Unis. Le gouvernement a également lancé une plateforme, « My Afro Origins », permettant de demander la nationalité béninoise.
    Par Sélène Agapé et Aby Faye
    Depuis son accession au pouvoir, en 2016, le président béninois, Patrice Talon, a fait de la politique mémorielle un levier de développement culturel et économique. Dans le cadre de cette stratégie, le conseil des ministres a annoncé, mercredi 23 juillet, la nomination du cinéaste américain Spike Lee et de son épouse, Tonya Lewis Lee, productrice et avocate, comme « ambassadeurs thématiques de la république du Bénin auprès de la diaspora afro-descendante des Etats-Unis d’Amérique ».
    Le gouvernement béninois estime que par ses actions, le couple a « profondément façonné le récit contemporain de la diaspora africaine ». Dans le cadre de leur mission, M. et Mme Lee contribueront « à sensibiliser, à favoriser le dialogue et à soutenir des initiatives promouvant la reconnexion culturelle et le devoir de mémoire », ajoute-t-il. Influent dans la communauté afro-américaine, le couple, marié depuis 1993, est connu pour ses engagements en faveur de la justice sociale et des droits civiques. De Malcolm X (1992) à BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan (2018), Spike Lee a réalisé et produit plusieurs films abordant l’identité noire et les inégalités. Il a par ailleurs retracé les origines de sa famille jusqu’au Cameroun et à la Sierra Leone. De son côté, Tonya Lewis Lee a notamment produit le documentaire She Runs the World (2025), sur le combat de l’athlète Allyson Felix pour la protection des mères dans le sport. La productrice, qui s’est rendue au Bénin en 2024, a aussi demandé la nationalité béninoise, selon Radio France internationale (RFI).
    Les époux Lee ne sont pas les premiers ambassadeurs choisis par le Bénin. En décembre 2024, le pays avait posé des jalons dans les Caraïbes en nommant l’ex-bâtonnier du barreau de Fort-de-France (Martinique), Georges-Emmanuel Germany, connu pour son engagement en faveur de la reconnaissance des afro-descendants antillais, ambassadeur chargé de la diaspora pour les Antilles.
    La nomination de Spike Lee et de Tonya Lewis Lee s’inscrit également dans le cadre du lancement, le 4 juillet, de la plateforme « My Afro Origins », qui permet aux afro-descendants de demander la nationalité béninoise. La création de ce portail fait suite à la promulgation, en septembre 2024, d’une loi permettant à toutes les « personnes qui, d’après leur généalogie, ont un ascendant africain subsaharien déporté hors du continent africain dans le cadre de la traite des Noirs et du commerce triangulaire », de soumettre une demande d’acquisition de nationalité, en présentant par exemple des documents d’état civil, de propriété ou des tests génétiques.
    « Cette initiative traduit la volonté du pays d’assumer sa responsabilité historique, de retisser les liens avec ses enfants dispersés à travers le monde et de faire de son territoire une terre d’accueil, de mémoire et d’avenir », indique le gouvernement béninois dans un communiqué. « Ce dispositif donne corps à une loi de justice et de reconnaissance. En ouvrant le chemin de la nationalité béninoise aux afro-descendants, nous honorons un principe fondamental : celui du droit au retour », explique le garde des sceaux, Yvon Détchénou.
    Le Bénin est historiquement l’un des pays au cœur du commerce triangulaire mis en place par les puissances européennes. Ouidah a été l’un des principaux ports d’exportation d’esclaves vers le continent américain. On estime à 25 millions, voire 30 millions, le nombre d’individus (hommes, femmes et enfants) déportés et vendus en tant qu’esclaves dans les différents réseaux de traite négrière, selon le projet de la « Route de l’esclave » de l’Unesco.
    La volonté du Bénin de retisser des liens avec sa diaspora et de s’ouvrir comme une terre d’accueil s’est par ailleurs traduite, samedi 26 juillet, par une cérémonie de remise d’attestations de nationalité à trois personnalités afro-descendantes : l’artiste haïtien Gabendy Joseph, le président du magazine Rolling Stone Africa, David Romuald Smeralda, et la chanteuse américaine Ciara.
    L’artiste de 39 ans, qui a découvert ses origines béninoises à travers un test ADN, a partagé son émotion sur les réseaux sociaux : « Cette année, à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine des Nations unies, j’ai eu l’honneur de recevoir la citoyenneté béninoise, devenant ainsi la première personne au monde à obtenir la nationalité dans le cadre de cette nouvelle initiative ! » L’interprète de Like a Boy et Level Up a été accueillie par le président Patrice Talon. « Je suis béninoise », a-t-elle conclu dans sa publication.
    Le Bénin n’est pas le premier pays d’Afrique de l’Ouest à vouloir attirer les afro-descendants. En 2019, le Ghana avait déjà lancé l’initiative « Year of Return », les invitant à « rentrer à la maison ». Une opération lancée pour la commémoration du 400e anniversaire du début de l’esclavage et plébiscitée par de nombreuses célébrités, comme l’acteur britannique Idris Elba (également citoyen sierra-léonais), la mannequin Naomi Campbell, les artistes américains Ludacris (détenteur de la nationalité gabonaise), Akon et Rick Ross, ou encore… le réalisateur Spike Lee.
    Un « mouvement » qui avait séduit les Afro-Américains mais aussi suscité des critiques, certains dénonçant un tourisme vidé de sa substance mémorielle. Le Bénin n’est pas exempt de reproches. Sur les réseaux sociaux, des internautes redoutent notamment une augmentation du coût de la vie.

    #Covid-19#migrant#migration#benin#etatsunis#diaspora#retour

  • Arrestation de responsables de la CSTB

    Nos camarades du Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine (SYNTRASESH), membre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes, nous transmettent ce comuniqué de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin :

    A propos de l’arrestation arbitraire des responsables de la CSTB

    Je salue le rejet collectif qu’ont affiché tous les travailleurs contre cet acte barbare du commissaire DDPR André Dah-Lokonon

    Le 1er mai 2025, les travailleurs du Bénin sous la direction la CSTB ont célébré l’évènement dans la rue comme d’habitude avant de se retrouver à la bourse du travail pour le traditionnel meeting marquant la fin de la commémoration. C’est sur les lieux que la police sous les ordres du Directeur Départemental de la Police Républicaine (DDPR) du Littoral monsieur André DAH-LOKONON a fait irruption avec sa troupe dans la cour de la bourse pour interrompre la poursuite des manifestations et disperser les participants avec des propos menaçants et provocateurs. Face à la protestation des manifestants, le directeur a donné l’ordre à ces agents d’entrer dans le bâtiment et d’aller jusque dans les bureaux de la confédération syndicale pour arrêter le Secrétaire Général de force ce que ses camarades n’ont pas accepté. Alors les agents de police sont entrés de force dans les bureaux en violentant et en blessant des travailleurs pour finalement arrêter des responsables syndicaux y compris le Secrétaire Général Nagnini KASSA MAMPO et son Adjoint. Au total 8 personnes ont été arrêtées et déportées à la brigade criminelle d’AGBLANGANDAN à AKPAKPA.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/08/11/lancement-du-processus-dorganisation-du-forum-social-mondial-2026-au-benin/#comment-66768

    #international #benin

  • #Biens_culturels en voie de #restitution

    Alors que sort en salle le #film_documentaire « #Dahomey », qui suit la restitution par la #France de vingt-six œuvres d’art au #Bénin, différentes équipes de recherche travaillent sur le retour des biens culturels africains à leurs communautés d’origine.

    Du fond de sa caisse en bois, dans laquelle les manutentionnaires aux gants blancs du musée du quai Branly-Jacques Chirac viennent de l’enfermer, la voix caverneuse de la statue anthropomorphe du roi Béhanzin, mi-homme mi-requin, s’interroge elle-même en langue fongbé, la langue du Bénin : « Reconnaîtrai-je quelque chose, me reconnaîtra-t-on ? » Aujourd’hui cette statue est un numéro, parmi les vingt-six œuvres que la France renvoie cette année-là (2021) par avion-cargo au pays qu’elle a colonisé de 1894 à 1958. La réalisatrice Mati Diop, née dans une famille franco-sénégalaise, est présente pour filmer cette première restitution officielle et accompagner les œuvres jusqu’au palais présidentiel de Cotonou, la capitale économique du pays, où des milliers de Béninois vont venir les découvrir, après cent trente ans d’absence.

    Le pillage a eu lieu en fait avant même la colonisation : de 1890 à 1892, des batailles font rage entre l’armée française et les troupes du roi Béhanzin, composées d’un tiers de combattantes, les « Agodjié », que les Français nomment « les Amazones ». Le 17 novembre 1892, sous les ordres du colonel Dodds, les Français entrent à Abomey, capitale de l’ancien royaume du Dahomey (actuel Bénin) où les palais royaux sont en feu : Béhanzin a déclenché l’incendie avant de prendre le maquis. Les militaires saisissent un grand nombre d’objets, dont trois grandes statues royales et quatre portes que Béhanzin et ses fidèles avaient enfouies dans le sol. Une petite partie sera donnée six mois plus tard, en 1893, au musée d’ethnographie du Trocadéro par le colonel Dodds, devenu général. Le reste sera écoulé sur le marché de l’art.
    Des appels à restitution depuis la fin du XIXe siècle

    La question de la restitution des œuvres aux pays africains, mais aussi aux autres anciennes colonies (Océanie notamment), n’est pas nouvelle. Les réclamations sont presque aussi anciennes que les spoliations elles-mêmes. L’une des premières demandes officielles émane sans doute de l’empereur Yohannes IV d’Éthiopie, lorsqu’il exige en 1880 la restitution de collections royales arrachées dans la forteresse de Maqdala en avril 1868. Ce joyau composé d’une coupole ornée des représentations des Apôtres et des quatre autres évangélistes, dérobé par un soldat britannique lors de l’attaque de la forteresse, trône toujours… au Victoria and Albert Museum, à Londres.

    Les appels à la restitution d’objets deviennent plus explicites au moment des indépendances, dans les années 1960. En 1970, l’Unesco adopte une convention qui établit notamment la légitimité du retour des biens culturels. En 1973, l’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution sur la restitution « prompte et gratuite » des œuvres d’art aux pays victimes d’expropriation, qui « autant qu’elle constitue une juste réparation du préjudice commis, est de nature à renforcer la coopération internationale ». Mais cette résolution est adoptée avec l’abstention des anciennes puissances coloniales… En 1978, le directeur général de l’Unesco lance un appel « pour le retour à ceux qui l’ont créé d’un patrimoine culturel irremplaçable » où il affirme avec force que « cette revendication est légitime ».

    « Mais, sur le terrain du droit, la colonisation a été qualifiée de “mission sacrée de civilisation” par le pacte de la Société des Nations en 1919 et aujourd’hui encore ne relève pas d’un fait internationalement illicite, en conséquence duquel pourrait être fixé un principe de réparation, rappelle le juriste Vincent Négri, à l’Institut des sciences sociales du politique1. La légalité internationale est ancrée sur une règle de non réactivité des traités internationaux, et aucune des conventions adoptées ne peut atteindre dans les rebours du temps les actes de dépossession des peuples pendant la période coloniale. »

    En France, c’est donc toujours le droit du patrimoine qui prévaut. En 2016, au gouvernement du Bénin qui réclamait la restitution, notamment du fait que « nos parents, nos enfants n’ont jamais vu ces biens culturels, ce qui constitue un handicap à une transmission transgénérationnelle harmonieuse de notre mémoire collective », le ministre des Affaires étrangères français adresse une fin de non-recevoir dans un pur langage administratif : « Les biens que vous évoquez sont inscrits parfois depuis plus d’un siècle au domaine public mobilier de l’État français, ils sont donc soumis aux principes d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité et d’insaisissabilité. En conséquence leur restitution n’est pas possible ».

    Aux revendications argumentées sur l’histoire, l’identité, la reconstitution des patrimoines, la mémoire, est donc opposé un argument asymétrique fondé sur le droit des collections publiques, déplore Vincent Négri. Un argument qui jusqu’ici n’a été levé que dans trois cas : pour les biens spoliés aux familles juives pendant la Seconde Guerre mondiale, pour les restes humains quand ils peuvent être identifiés et pour les biens culturels ayant fait l’objet de trafics illicites.

    Dans ce contexte, le discours prononcé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, par le président français Emmanuel Macron le 28 novembre 2017 fait date. En affirmant vouloir la « restitution temporaire ou définitive du patrimoine africain d’ici cinq ans », il introduit au sommet de l’État une parole dissonante. S’ensuit la commande d’un rapport aux universitaires Bénédicte Savoy, historienne de l’art française et Felwine Sarr, économiste sénégalais, qui dressent un état des lieux des spoliations et proposent un agenda de restitution, affirmant que plusieurs types de biens culturels africains peuvent nécessiter une restitution légitime : « Les butins de guerre et missions punitives ; les collectes des missions ethnologiques et “raids” scientifiques financés par des institutions publiques ; les objets issus de telles opérations, passés en mains privées et donnés à des musées par des héritiers d’officiers ou de fonctionnaires coloniaux ; enfin les objets issus de trafics illicites après les indépendances » .
    Vingt-six biens restitués : le premier petit pas de la France

    Les marchands d’art et certains conservateurs de musées tremblent, le débat est réanimé (et houleux) dans tous les pays européens, mais la France, après ce grand pas en avant, fait marche arrière. Elle ne s’engage pas dans une loi-cadre mais vote, en 2020, une « loi d’exception » pour restituer vingt-six biens culturels à la République du Bénin (choisis par la France) et un unique bien à la République du Sénégal (le sabre dit « d’El Hadj Omar Tall », du nom du chef de guerre toucouleur disparu en 1864). Vingt-six seulement, sur les milliers conservés en France, c’est peu ! D’autant que les Béninois n’ont pas eu leur mot à dire sur le choix des objets restitués, malgré leurs demandes répétées de voir notamment revenir le dieu Gou, exposé au pavillon des Sessions, au Louvre. « Pour passer de la “légitimité du retour” à un principe universel de “légalité des restitutions”, il faudra encore attendre », commente Vincent Négri… Mais les mentalités évoluent et de nombreux programmes de recherche et réseaux émergent pour identifier, cartographier ou documenter les biens culturels africains détenus dans les musées occidentaux. En France, Claire Bosc-Tiessé, directrice de recherches au CNRS, historienne de l’art africain et spécialiste de l’Éthiopie chrétienne entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, avait devancé le mouvement et demandé dès 2017 à être détachée à l’Institut national d’histoire de l’art pour se lancer dans un inventaire des collections africaines conservées dans les musées français.

    Avec la participation du musée d’Angoulême, la cartographie « Le monde en musée. Collections des objets d’Afrique et d’Océanie dans les musées français » est désormais accessible en ligne2. Outre l’inventaire, elle rassemble aussi « des éléments pour des recherches futures sur la constitution des collections et les processus d’acquisition, en indiquant les archives afférentes (inventaires anciens, carnets de voyage des acquéreurs, etc.) et en répertoriant, quand c’est possible, donateurs et vendeurs, explique Claire Bosc-Tiessé. En 2021, nous avons recensé près de 230 musées en France qui possèdent des objets africains et 129 des objets océaniens. Par exemple, on trouve des biens culturels du Bénin au musée du quai Branly, mais il y en a également dans soixante autres musées français ! »

    Au total, Claire Bosc-Tiessé estime à environ 150 000 le nombre de biens culturels africains dans les musées de France (à comparer aux 121 millions d’objets qu’ils détiennent), dont 70 000 sont au musée du quai Branly. Il suffit de glisser sa souris sur la carte de France pour tomber sur des trésors conservés , dans des lieux tout à fait confidentiels.

    Ces biens ne sont parfois même plus exposés, comme ceux conservés dans ce petit musée du Jura, à Poligny, (4 000 habitants), depuis longtemps fermé au public : pagaies de Polynésie, petit sac en filet de Nouvelle-Calédonie, collier en dents de mammifère marin des îles Marquises, ornement d’oreille masculin en ivoire (de cachalot ?, s’interroge la notice), lampe à huile à six becs d’Algérie, sont bien référencés sur le site internet de ces salles devenues virtuelles. Et ici comme ailleurs, c’est un véritable inventaire à la Prévert qui s’égrène, d’objets dont on ne sait s’ils ont été achetés ou volés, mais qui se retrouvent éparpillés aux quatre coins de la France.

    « Reconstituer l’histoire de ces objets, c’est raconter à la fois la colonisation et celle de la constitution des musées en France à la fin du XIXe siècle, explique Claire Bosc-Tiessé. Le musée d’ethnographie du Trocadéro (aujourd’hui musée de l’Homme) a envoyé dans les musées de province beaucoup de pièces qu’il possédait en double. Par ailleurs, les particuliers étaient souvent heureux, notamment à la fin de leur vie, de faire don au musée de leur ville natale des objets qu’ils avaient achetés, volés ou reçus en cadeau dans le cadre de leur vie professionnelle, qu’ils aient été missionnaires, médecins, enseignants, fonctionnaires ou militaires dans les colonies.

    À Allex, village de 2 500 habitants dans la Drôme, ce sont ainsi les missionnaires de la congrégation du Saint-Esprit qui, au XIXe siècle, ont rapporté de leurs campagnes d’évangélisation du Gabon, du Congo-Brazzaville et du Congo-Kinshasa quantité d’objets : amulettes ou effigies gardiennes de reliquaire du peuple fang au Gabon, statuettes anthropomorphes du peuple bembé au Congo, couvercle à proverbes du peuple hoyo en Angola… Tous ces biens culturels témoins de la vie quotidienne, des traditions et des croyances des populations africaines viennent de trouver place dans un musée local flambant neuf, ouvert en 2018. « Alors que le principe de la restitution semble faire l’unanimité en Afrique, la question du retour concret des biens suscite parfois des réticences dans les pays concernés », explique Saskia Cousin, anthropologue, responsable des programmes de recherche pluridisciplinaires ReTours3 et Matrimoines/Rematriation4, constitué chacun d’une vingtaine de chercheurs, artistes et opérateurs culturels internationaux.
    De la « restitution » au « retour »

    « La première réticence, alimentée par les marchands et les conservateurs occidentaux, consiste à dire que l’Afrique ne dispose pas d’institutions capables de conserver ses collections et de lutter contre le trafic illicite ». L’ouverture et la construction de musées un peu partout sur le continent sont autant de réponses à ces critiques. Rien qu’au Bénin, quatre musées sont en construction ! « Le deuxième problème soulevé est celui des coûts de ce retour, poursuit Saskia Cousin. Effectivement, la construction de musées se fait au moyen d’emprunts, contractés notamment auprès de la France. C’est la raison pour laquelle les pays concernés souhaitent développer le tourisme notamment de leurs diasporas. Le troisième problème est celui du devenir des biens. En bref, doivent-ils revenir au temple ou au musée ? C’est une question de souveraineté qui concernent les pays du retour, et surtout, les choses sont un peu plus compliquées que le laissent entendre les polémiques françaises ».

    D’une part, le retour aux espaces sacrés ne signifie pas l’interdiction au public ; d’autre part, la vision française d’un musée devant être vidé de toute vitalité et de toute sacralité est loin d’être universelle. « Ainsi, souligne Saskia Cousin, si les vingt-six objets restitués au Bénin l’ont été sous le titre de “Trésors royaux du Bénin”, expression empruntée au marché de l’art, et exposés sous vitrines, selon des critères bien occidentaux, de nombreux Béninois et notamment les princesses d’Abomey sont venus les honorer aux moyens de gestes et de chants ».

    Dans le film Dahomey, on voit l’artiste Didier Donatien Alihonou – sur l’affiche du film – converser avec le roi ancêtre Gbéhanzin. Pour lui, comme pour beaucoup, ces statues ne sont pas seulement des biens matériels, elles incarnent un héritage revenu, une force de retour, avec lesquelles il est enfin possible de se reconnecter. « Il faudrait cesser de penser cette question des retours seulement comme un arbitrage entre des pays qui formulent une demande de restitution et des États qui y répondent favorablement ou non, estime Claire Bosc-Tiessé. Il est d’ailleurs symptomatique que ce sujet au niveau gouvernemental soit confié au ministère de la Culture et à celui des Affaires étrangères, tandis que la recherche et l’enseignement sont laissés en dehors d’un débat rarement appréhendé sous l’angle scientifique. Il serait pourtant souhaitable de solliciter les chercheurs, afin de faire le récit de la façon dont ces œuvres sont arrivées sur le territoire, de la violence des captures peu prise en compte jusqu’ici, et donc écrire cette histoire occultée de la colonisation, et de le faire dans toute sa complexité. »

    Il serait temps aussi de déplacer la question de la « restitution » à celle du « retour », en prenant en compte le point de vue des populations et des États d’origine, complète Saskia Cousin. « Dans le cadre des programmes ReTours et Matrimoines/Rematriations, nous travaillons donc avec des chercheurs du Bénin, du Cameroun, du Mali, du Togo, du Sénégal et leurs diasporas, selon les méthodes inspirées de l’anthropologie collaborative. Par exemple dans le cas du Bénin, les mémoires sont essentiellement transmises par les “héritières”, des femmes qui héritent des savoirs, explique l’anthropologue. Nous les rencontrons et nous leurs présentons des photos ou des dessins de statues ou d’amulettes dont elles connaissent les noms, les usages et les panégyriques (discours à la louange de certaines personnes) associés. Dans les mondes féminins non francophones, cette mémoire est restée extrêmement vivante ».

    Dans le cadre du programme ReTours, une charte5 a été élaborée qui vise à considérer les musées et les espaces de conservation traditionnels comme complémentaires, légitimes et non exclusifs. L’enjeu est à la fois de faire reconnaître l’expertise des héritières et de faciliter l’accès des collègues du Sud aux ressources nécessaires à leurs enquêtes, y compris dans les pays du Nord : biens exposés, réserves, inventaires, dossiers d’œuvres, sources orales, etc. « Les musées belges, néerlandais et allemands sont très ouverts à l’accueil et à l’intégration des diasporas, des chercheurs et des héritiers concernés, c’est beaucoup plus compliqué en France où les musées veulent contrôler les récits relatifs à leurs collections », remarque Saskia Cousin.
    Un débat européen

    Outre la France, la question de la restitution anime tous les pays européens. Si en Angleterre le British Museum est le plus réticent, les musées universitaires de Cambridge, Oxford et Manchester ont rendu ou s’apprêtent à rendre des œuvres. En Belgique, un inventaire complet des objets d’art originaires du Congo, détenus par le musée de l’Afrique de Tervuren, a été réalisé. Et les Allemands ont largement entamé ce mouvement. Felicity Bodenstein, chercheuse en histoire de l’art au Centre André Chastel6, est à l’initiative du projet numérique « Digital Benin7 », qui documente les œuvres pillées dans l’ancien royaume du Bénin (actuel Nigeria, à ne pas confondre avec l’actuel Bénin, ancien Dahomey).

    À l’origine, ces œuvres ont été saisies par l’armée britannique lors d’une expédition punitive menée par 1 800 hommes en février 1897. À l’époque, les soldats prennent la capitale, Edo (aujourd’hui Benin City), au prix de lourdes pertes et mettent la main, de façon organisée ou individuelle, sur le trésor de l’Oba (le souverain).

    C’est ainsi que sont dispersés et en partie perdus plus de 5 000 « Bronzes du Bénin », dont des plaques en laiton fabriquées entre le milieu du XVIe et le milieu du XVIIe siècle. Représentant des individus, des symboles, des scènes de la cour, elles se retrouvent sur le marché de l’art puis en grande partie dispersées dans 136 musées de vingt pays, principalement en Angleterre et en Allemagne.

    À l’époque, contrairement à la France qui n’y consacrait que peu d’argent, les Allemands et les Anglais avaient une véritable politique d’achat de ce type d’objets pour leurs musées, explique Felicity Bodenstein. De plus, à la fin du XIXe siècle, chaque ville un peu importante en Allemagne créait son propre musée d’ethnographie, pour se montrer cosmopolite et ouverte sur le monde, notamment dans l’espoir de se voir désigner comme capitale de ce pays8. C’est ainsi que l’Allemagne s’est retrouvée avec dix fois plus d’objets africains que la France, qui fut pourtant présente bien plus longtemps sur ce continent avec ses colonies ». Le but du site web Digital Benin, réalisé par une équipe d’une douzaine de personnes, financé en partenariat avec le musée des Cultures et des Arts du monde de Hambourg et la fondation Siemens, est de relier les données de plus de 5 000 objets dont il fait l’inventaire et de les resituer dans une culture locale, de façon vivante, en mêlant archives visuelles et sonores, fixes et animées. Une partie du site, notamment la classification des objets, est en langue Edo, la langue vernaculaire du royaume dans lequel ils ont été élaborés puis pillés.

    Au-delà de ce site exemplaire, qu’en est-il de la politique de restitution des œuvres en Allemagne ? « La façon de procéder des Allemands est très différente de celle des français », explique Felicity Bodenstein, qui a commencé sa carrière de chercheuse dans ce pays, aux côtés de Bénédicte Savoy, à l’université technique de Berlin. « L’importance des collections qu’ils possèdent, mais aussi les questions très sensibles de mémoire liées à la Seconde Guerre mondiale font que le sujet des provenances est bien plus politique et inflammable en Allemagne qu’ailleurs en Europe ». En 2021, un accord national de restitution a donc été trouvé avec le Nigeria, à chaque musée ensuite d’élaborer son propre accord suivant les principes de l’État fédéral. Plusieurs centaines d’œuvres ont déjà été physiquement renvoyées par les musées au Nigeria.

    « Mais toutes les communautés d’origine, c’est du moins le cas pour le Bénin, ne souhaitent pas forcément récupérer toutes leurs œuvres, souligne l’anthropologue. Ils veulent surtout en retrouver la propriété et être associés au discours culturel et politique qui accompagne leur patrimoine. » Ainsi, lors des discussions pour l’ouverture au centre de la ville de Berlin du Humboldt Forum, immense musée qui prévoyait d’exposer une partie importante de cette collection de bronzes du Bénin, un débat très vif a permis de poser les bases d’une nouvelle façon de faire. L’espace d’exposition de ces objets est aujourd’hui cogéré avec les chercheurs et muséographes de Bénin City. Toutes les œuvres de Bénin City qui ont été identifiées ont d’abord été officiellement rendues au Nigeria qui les prête désormais à l’Allemagne, un écusson témoignant de ce processus étant apposé sur les vitrines d’exposition.

    En Allemagne toujours, une grande enquête collective, menée conjointement par l’université de Dschang et l’université technique de Berlin entre 2020 et 2023, intitulée « Provenances inversées9 », fait le point sur l’état du patrimoine camerounais pillé pendant la période coloniale : 40 000 objets qui font de l’Allemagne le premier pays détenteur d’œuvres camerounaises au monde ! « Il existe dans l’Allemagne contemporaine un “Cameroun fantôme” – pour reprendre le titre du célèbre ouvrage anticolonial de Michel Leiris, L’Afrique fantôme (1934) –, expliquent les auteurs de cette enquête, parmi lesquels Bénédicte Savoy. Malgré leur présence invisible (en Allemagne) et leur absence oubliée (au Cameroun), ces collections, qui sont aussi, du point de vue qualitatif, les plus anciennes et les plus variées au monde, continuent d’agir sur les sociétés qui les gardent ou les ont perdues ». L’objectif de l’enquête fut donc d’analyser et de publier les sources inédites permettant de confirmer cette présence massive. Et parallèlement d’aller à la rencontre, au Cameroun, des communautés privées de pièces matérielles importantes de leurs cultures respectives et de cerner, autant que faire se peut, les effets produits par cette absence patrimoniale prolongée.

    Le film Dahomey se termine par un débat organisé par la réalisatrice entre étudiants béninois, discutant de cette première rétrocession française. Premier pas ou insulte à leur peuple devant le peu d’objets revenus ? "Il était nécessaire de créer un espace qui permette à cette jeunesse de s’emparer de cette restitution comme de sa propre histoire, de se la réapproprier explique Mati Diop. Comment vivre le retour de ces ancêtres dans un pays qui a dû se construire et composer avec leur absence ? Comment mesurer la perte de ce dont on n’a pas conscience d’avoir perdu ?
    Dans l’attente d’une loi en France sans cesse reportée, les protagonistes de Dahomey soulignent l’urgence d’apporter une réponse à cette demande de restitution portée par tout un continent.

    https://lejournal.cnrs.fr/articles/biens-culturels-en-voie-de-restitution

    #oeuvres_d'art #art #décolonial #film #documentaire #Afrique #pillage #musées #colonisation #droit_du_patrimoine #patrimoine #identité #mémoire #visualisation #cartographie #retour

    ping @cede @reka

    • Le monde en musée. Cartographie des collections d’objets d’Afrique et d’Océanie en France

      Cette cartographie propose de faire mieux connaître les collections d’objets d’Afrique et d’Océanie en France afin de faciliter leur étude. Elle signale les fonds ouverts au public qu’ils soient publics ou privés, elle décrit rapidement l’histoire de la collection et donne quelques éléments sur son contenu. Elle indique l’état des connaissances et donne les informations pour aller plus loin.

      https://monde-en-musee.inha.fr

    • #ReTours (programme de recherche)

      Résumé du programme de recherche collaboratif financé par l’Agence Nationale de la Recherche / 15 chercheurs, 7 pays. (in english below) – présentation du projet ici

      Alors que la question de la restitution des collections africaines fait polémique en France et en Europe, le programme comparatif, diachronique et multiscalaire ReTours vise à déplacer l’enquête 1) de l’Occident aux pays africains concernés, 2) des questions de restitution aux problématiques du retour, 3) de la vision muséo-centrée aux rôles des diasporas et du tourisme, 4) des instances et autorités officielles du patrimoine aux lieux, récits et transmissions considérés comme marginaux, secondaires ou officieux.

      ReTours est un programme novateur tant dans ses objectifs de recherche critiques que par ses méthodes d’enquêtes et ses collaborations culturelles. Constitué d’un consortium international et pluridisciplinaire de 15 chercheurs, ReTours travaillera à partir du Bénin, du Cameroun, du Mali et du Sénégal et sur leurs diasporas.

      L’objectif du programme est de saisir les enjeux politiques, les rôles économiques, les usages sociaux du retour. Il s’organise à partir de trois axes qui sont autant de manières de désigner les biens culturels : 1) Géopolitique du patrimoine, autour des mobilisations pour ou contre la restitution des “oeuvres”, 2) Économies du retour et imaginaires du tourisme, à propos des dispositifs d’accueil notamment touristiques des “pièces muséales” ; 3) Appropriations et resocialisations autour des mémoires sociales, de l’agency des “choses” revenues, des transformations des significations et des créations contemporaines.

      https://retours.hypotheses.org

  • Digital Benin
    https://digitalbenin.org

    Administré par le MARKK (Museum am Rotherdaum. Kulturen und Künste der Welt) à Hambourg, le projet associe des historiens, des historiens de l’art, et des spécialistes des humanités numériques, pour reconstituer virtuellement le trésor royal du Bénin, pillé par les Britanniques lors de leur “expédition punitive” de 1897, soit plusieurs milliers de pièces actuellement dispersés dans plus de 130 institutions dans une vingtaine de pays, quasi exclusivement entre l’Europe et l’Amérique du Nord.
    Le site Internet propose également du matériel pédagogique, un répertoire de vocabulaire des désignations des types d’objets dans leur langue d’origine (typologie qui diffère parfois de celle des muséographies occidentales), et une collection d’enregistrements audio et vidéo d’histoire orale, dans une volonté de reconnecter cet ensemble numérique inédit avec la culture historique et vivante de Benin City.

    #musée_virtuel #webdoc #Bénin #colonisation #histoire_orale

  • Transatlantic slavery continued for years after 1867, historian finds

    Exclusive: Evidence found by Hannah Durkin includes ships landing in Cuba in 1872, and people held in Benin in 1873

    Historians have generally assumed that the transatlantic slave trade ended in #1867, but it actually continued into the following decade, according to new research.

    Dr Hannah Durkin, an historian and former Newcastle University lecturer, has unearthed evidence that two slave ships landed in #Cuba in 1872. One vessel, flying the Portuguese flag, had 200 captives aged from 10 to 40, and the second is believed to have been a US ship with 630 prisoners packed into its hold.

    Durkin said she found references in US newspapers from that year to the landings of these ships. “It shows how recently the slave trade ended. The thefts of people’s lives have been written out of history and haven’t been recorded.”

    Other newly discovered evidence includes an 1872 Hansard parliamentary record of a British politician challenging “assurances of the Spanish government that there had been no importation of slaves into Cuba of late years”.

    Durkin said that, while Spain officially ended its slave trade in 1867, she had come across an account by the explorer Sir Henry Morton Stanley, who had travelled to Benin and visited the slave port of Ouidah in 1873. He wrote of seeing 300 people locked in a barracoon, a slave pen, and noted that two slave ships had recently sailed from that port.

    Ouidah was the second-most important slave port in the whole of Africa, behind only Luanda, in Angola, Durkin said. “The region bore the European nickname ‘Slave coast’ for the vast numbers of people that were forcibly displaced from there between the mid-17th and mid-19th centuries. Almost 2 million people, around one in six of all enslaved people sent to the Americas, are estimated to have been transported from the Bight of Benin.”

    Although Stanley’s account had appeared in the New York Herald at the time, Durkin said it was another overlooked key piece of evidence that she unearthed. There had been rumours of later trade but this evidence supported findings by Cuban historians that trafficking continued into the 1870s.

    Recently digitised newspapers of the 19th century had been particularly revealing, she said: “Historians haven’t easily been able to consult those sources before, which is one reason why I was able to find so much.”

    The research will feature in her forthcoming book, Survivors: The Lost Stories of the Last Captives of the Atlantic Slave Trade. Drawing on previously unseen archival material, it tells the story of the #Clotilda, the last US ship of the Atlantic slave trade.

    She has identified most of the Clotilda’s 110 captives for the first time and tracked down their descendants. One of them had a previously unpublished 1984 interview with the grandson of Amey Greenwood Phillips that her family had kept. She had been a teenager when she was enslaved and put to work on an Alabama plantation.

    Durkin said: “Amey’s enslaver was a man named Greenwood. According to her grandson Percy Phillip Marino, Amey’s enslaver was a ‘good man’, but he hired out Amey to unidentified enslavers in another state who beat her. He retrieved Amey when he learned of the abuse, but the scars on her legs never healed.”

    Others told Durkin of the sexual violence to which their ancestors had been subjected. She found an account of a woman who had been enslaved at the age of 13. The horrors she endured included being made to sleep with African-American and Native American men so that she would have children – who could also be enslaved.

    Durkin said: “There’s a lot of evidence of a system in which the enslavers wanted to produce small enslaved children because that would make them richer.

    “Whether it’s sugar plantations of Cuba or the cotton plantations of the US south, wherever slavery took place, it was a barbaric system that completely dehumanised people.”

    Durkin’s research found that almost all the Clotilda survivors were Yoruba speakers from the same town in present-day south-west Nigeria, challenging previous conclusions that they were from a variety of locations in Benin and Nigeria.

    https://www.theguardian.com/world/2024/jan/04/transatlantic-slavery-continued-for-years-after-1867-historian-finds
    #esclavage #esclavage_transatlantique #histoire #Bénin

    ping @reka

    • Survivors: The Lost Stories of the Last Captives of the Atlantic Slave Trade

      This is an immersive and revelatory history of the survivors of the Clotilda, the last ship of the Atlantic slave trade, whose lives diverged and intersected in profound ways.

      The Clotilda docked in Mobile Bay, Alabama, in July 1860 – more than half a century after the passage of a federal law banning the importation of captive Africans, and nine months before the beginning of the Civil War. The last of its survivors lived well into the twentieth century. They were the last witnesses to the final act of a terrible and significant period in world history.

      In this epic work, Dr. Hannah Durkin tells the stories of the Clotilda’s 110 captives, drawing on her intensive archival, historical, and sociological research. Survivors follows their lives from their kidnappings in what is modern-day Nigeria through a terrifying 45-day journey across the Middle Passage; from the subsequent sale of the ship’s 103 surviving children and young people into slavery across Alabama to the dawn of the Civil Rights movement in Selma; from the foundation of an all-Black African Town (later Africatown) in Northern Mobile – an inspiration for writers of the Harlem Renaissance, including Zora Neale Hurston – to the foundation of the quilting community of Gee’s Bend – a Black artistic circle whose cultural influence remains enormous.

      An astonishing, deeply compelling tapestry of history, biography and social commentary, Survivors is a tour de force that deepens our knowledge and understanding of the Atlantic slave trade and its far-reaching influence on life today.

      https://harpercollins.co.uk/products/survivors-the-lost-stories-of-the-last-captives-of-the-atlantic-sla

      #livre

  • Rwanda announces visa-free travel for all Africans

    Rwanda announced Thursday that it will allow Africans to travel visa-free to the country, becoming the latest nation on the continent to announce such a measure aimed at boosting free movement of people and trade to rival Europe’s Schengen zone.

    President Paul Kagame made the announcement in the Rwandan capital, Kigali, where he pitched the potential of Africa as “a unified tourism destination” for a continent that still relies on 60% of its tourists from outside Africa, according to data from the United Nations Economic Commission for Africa.

    “Any African, can get on a plane to Rwanda whenever they wish and they will not pay a thing to enter our country” said Kagame during the 23rd Global Summit of the World Travel and Tourism Council.

    “We should not lose sight of our own continental market," he said. “Africans are the future of global tourism as our middle class continues to grow at a fast pace in the decades to come.”

    Once implemented, Rwanda will become the fourth African country to remove travel restrictions for Africans. Other countries that have waived visas to African nationals are Gambia, Benin and #Seychelles.

    Kenya’s President William Ruto announced Monday plans to allow all Africans to travel to the East African nation #visa-free by December 31.

    “Visa restrictions amongst ourselves is working against us. When people cannot travel, business people cannot travel, entrepreneurs cannot travel we all become net losers” said Ruto at an international summit in Congo Brazzaville.

    The African Union in 2016 launched an African passport with much fanfare, saying it would rival the European Union model in “unleashing the potential of the continent.” However, only diplomats and AU officials have been issued the travel document so far.

    The African Passport and free movement of people is "aimed at removing restrictions on Africans ability to travel, work and live within their own continent,” The AU says on its website.

    AU also launched the African Continental Free Trade Area, a continent-wide free trade area estimated to be worth $3.4 trillion, which aims to create a single unified market for the continent’s 1.3 billion people and to boost economic development.

    https://www.africanews.com/2023/11/03/rwanda-announces-visa-free-travel-for-all-africans

    #Afrique #Afrique_sub-saharienne #libre_circulation #Rwanda #migrations #liberté_de_circulation #Afrique #Gambie #Bénin

  • Les Bas-Reliefs des Bâtiments royaux d’Abomey
    https://www.fondation-zinsou.org/post/les-bas-reliefs-des-b%C3%A2timents-royaux-d-abomey

    Une des plus belles productions artistiques des peuples de la Côté occidentale d’Afrique est sans nul doute les bas – reliefs polychromes ornant les bâtiments de l’ancienne résidence royale du Dahomey à Abomey.

    Véritables monuments historiques, ces bas – reliefs rappellent les faits marquants de l’évolution des Fons ou plutôt Fon-nou (-nou, gens) qui, confinés au début sur le plateau d’Abomey, avaient étendu progressivement, à compter du règne d’Agadja, leur domination sur la majeure partie des territoires qui constituent la région méridionale de notre colonie du Dahomey.

    Sans entreprendre la réédition des traditions connues sur le formation et l’existence de l’ancienne royaume du Dahomey, il est utile, pour la meilleure compréhension de l’interprétation des bas – reliefs, de les résumer." Découvrez la suite en cliquant sur le lien du PDF

    #abomey #bénin

  • Plus de 90 Maliens rentrent chez eux en toute sécurité à bord d’un vol en provenance du Tchad | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/plus-de-90-maliens-rentrent-chez-eux-en-toute-securite-bord-dun-vol-en-provenan
    https://www.iom.int/sites/default/files/styles/highlights/public/press_release/media/sekou_coulibaly_0.jpg?itok=cIXLa-SH

    Plus de 90 Maliens rentrent chez eux en toute sécurité à bord d’un vol en provenance du Tchad. N’Djamena - L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a aidé 95 Maliens, dont 72 femmes et enfants, à rentrer chez eux depuis le Tchad, en coordination avec les gouvernements du Tchad et du Mali. Les migrants ont embarqué le 1er juin à bord d’un vol spécialement affrété dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire de l’OIM. Parmi les personnes qui ont bénéficié de l’aide au retour volontaire se trouvaient des personnes qui ont quitté le Mali dans l’espoir de rejoindre l’Europe mais qui se sont retrouvées bloquées au Tchad, ainsi que d’autres qui ont été plongées dans la précarité socioéconomique en raison de la COVID-19.Le Tchad est une importante plaque tournante de la migration africaine qui attire des centaines de milliers de personnes de tout le continent. Plus particulièrement dans le nord, des milliers de migrants se déplacent pour travailler dans les mines d’or artisanales ou traversent les frontières soit vers la Libye dans l’espoir de rejoindre l’Europe, soit depuis la Libye pour échapper à des expériences traumatisantes.
    Un récent rapport de l’OIM montre qu’entre août 2019 et septembre 2020, plus de 9 700 migrants se rendant en Libye depuis le Tchad ont été observés aux points de contrôle des flux dans le nord. Au cours de la même période, quelque 11 700 autres ont été observés se rendant vers le Tchad depuis la Libye.« Ces périples migratoires peuvent être très risqués car les itinéraires ne sont pas toujours sûrs et les migrants sont vulnérables aux mauvais traitements, notamment à l’exploitation du travail et à l’exploitation sexuelle », explique Jean-Claude Bashirahishize, responsable du programme de protection et d’aide aux migrants de l’OIM au Tchad.
    Confronté à un revenu de plus en plus faible et à des perspectives limitées, Sekou a décidé de vendre son équipement et de quitter le Mali dans l’espoir de rejoindre l’Europe.« J’ai des amis qui avaient fait le voyage et qui m’ont dit comment procéder. Je suis parti du Mali pour rejoindre le Niger, puis l’Algérie et enfin la Libye », raconte-t-il. « En Libye, j’ai payé 300 euros à un « coxeur » [passeur] qui m’a fait monter sur un bateau pneumatique. Mais le bateau s’est crevé en mer et les garde-côtes nous ont ramenés. Je me suis enfui à Benghazi où j’ai travaillé pendant quelques mois pour gagner un peu d’argent. Ensuite, je me suis rendu à Kufra, puis à Faya [nord du Tchad] et enfin à N’Djamena par la route. Quand je suis arrivé à N’Djamena, je n’avais plus rien ». Sekou a été orienté vers l’OIM par l’Ambassade du Mali au Tchad. L’OIM travaille en étroite collaboration avec le gouvernement tchadien depuis 2019 et les missions diplomatiques au Tchad pour élaborer un mécanisme d’orientation par lequel les migrants vulnérables peuvent être rapidement orientés vers des mécanismes de protection appropriés.
    « Les activités de protection et d’aide aux migrants de l’OIM, y compris l’aide au retour volontaire, garantissent que les migrants bloqués et vulnérables ont accès à des moyens sûrs et dignes pour rentrer chez eux s’ils le souhaitent, et pour retrouver leur famille », poursuit M. Bashirahishize. Le vol charter a été rendu possible grâce au Programme régional de développement et de protection en Afrique du Nord (RDPP-NA), un programme phare mis en œuvre en Afrique du Nord pour renforcer la protection des migrants vulnérables, et fournir une aide immédiate et directe telle que le retour volontaire et la réintégration.
    Le programme a aidé plus de 300 migrants bloqués au Tchad à rentrer chez eux en toute sécurité dans plus de 9 pays, dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone, depuis son lancement en 2019.
    À leur retour, les migrants éligibles peuvent bénéficier d’une aide à la réintégration qui peut comprendre un soutien psychosocial, des formations qualifiantes, une orientation ou une aide en nature pour monter des projets socioéconomiques individuels, collectifs ou communautaires.

    #covid-19#migrant#migration#tchad#benin#RDC#mali#niger#nigeria#senegal#sierraleone#OIM#retour#reintegration#protection#sante#psychosocial

  • En #Afrique, le retour des présidents à vie, par Tierno Monénembo (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/MONENEMBO/54360

    Le Bénin carbure à la contrebande, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, janvier 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/01/CESSOU/54506
    #Bénin #Togo #Nigéria #Pétrole #Energies
    #Afrique #Relations_Internationales

    Croissance sans réconciliation en Côte d’Ivoire, par Vladimir Cagnolari (Le Monde diplomatique, octobre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/CAGNOLARI/53965

    Le Tchad, puissance de circonstance, par Delphine Lecoutre (Le Monde diplomatique, juin 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/LECOUTRE/55774

    Au Burundi, les racines de la colère, par Pierre Benetti (Le Monde diplomatique, juin 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/BENETTI/53067

    L’Afrique du Sud lassée de ses libérateurs, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, juin 2017)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/CESSOU/57568

    Métamorphoses de la dette africaine, par Sanou Mbaye (Le Monde diplomatique, mai 2015)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2015/05/MBAYE/52950
    #Dette #Dette_publique

    L’Afrique francophone piégée par sa monnaie unique, par Sanou Mbaye (Le Monde diplomatique, novembre 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/MBAYE/50931

    #DataGueule S5E7 - Le Franc CFA : une monnaie de plomb IRL
    http://irl.nouvelles-ecritures.francetv.fr/datagueule-S5E7-1.html

    Une croissance économique inégale en Afrique de l’Ouest, par Cécile Marin (Le Monde diplomatique, novembre 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/afrique-francophone


    #Monnaie

    Choc pétrolier : les finances des producteurs africains dans le rouge. Par Martin Mateso
    http://geopolis.francetvinfo.fr/choc-petrolier-les-finances-des-producteurs-africains-dans-le-

    L’Angola au secours du Portugal, par Augusta Conchiglia (Le Monde diplomatique, mai 2012)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/CONCHIGLIA/47660
    #Cemac #Tchad #Angola #Portugal

    Cocktail meurtrier en Afrique centrale, par Gérard Prunier (Le Monde diplomatique, février 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/02/PRUNIER/54746

    La Corne de l’Afrique dans l’orbite de la guerre au Yémen, par Gérard Prunier (Le Monde diplomatique, septembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/PRUNIER/56229
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/PRUNIER/56230

    Transition à haut risque en République démocratique du Congo, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, décembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/CESSOU/56889

    "pour de nombreux observateurs congolais, la « communauté internationale » pratique une diplomatie à géométrie variable. « Du point de vue de Joseph Kabila, ces pressions relèvent d’une profonde injustice, dans la mesure où la plupart de ses voisins s’éternisent au pouvoir dans une relative impunité », relève une source diplomatique africaine (5).

    Le secrétaire d’État américain John Kerry a maintes fois mis en garde Kinshasa. Pour Washington, il s’agit de préserver des intérêts stratégiques et de ne pas se couper des jeunes Africains, à la fois nombreux (327 millions de 15-24 ans, 32 % de la population totale) et impatients. En août 2014, en marge du premier sommet États-Unis - Afrique à Washington, le chef de la diplomatie américaine a reçu M. Kabila et trois autres présidents en tête-à-tête pour évoquer la nécessité de respecter la limitation du nombre de mandats. Trois mois plus tard, le Burkinabé Blaise Compaoré était chassé du pouvoir par la rue après vingt-sept ans de présidence. En revanche, le Burundais Pierre Nkurunziza s’est fait réélire en juillet 2015 pour un troisième mandat, sans même changer la Constitution, en recourant à une répression massive. De son côté, M. Denis Sassou-Nguesso, au Congo-Brazzaville, a organisé en octobre 2015 un référendum constitutionnel, suivi en mars dernier de sa réélection, avec un score officiel de 60 % des voix. Contesté par l’opposition, le scrutin a été suivi d’une vague de répression."

    Omniprésence des intérêts étrangers en RDC, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, décembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/CESSOU/56890

    « Depuis 2003, plusieurs rapports du groupe d’experts des Nations unies sur les causes économiques du conflit dans l’est de la RDC (2) ont mis en lumière le lien entre les milices armées et l’exploitation, pour le compte de sociétés étrangères, de minerais stratégiques indispensables à la fabrication de certains appareils électroniques comme les téléphones portables. »

    Trafics d’influence en Afrique, par Anne-Cécile Robert (Le Monde diplomatique, janvier 2017)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/ROBERT/56968
    #Asie #Golfe #Mondialisation #Organisations_internationales #Multinationales

    "Le changement majeur pour l’Afrique contemporaine réside dans une diversification inédite de ses partenaires"

    "Multinationales et puissances étrangères, traditionnellement attirées par les matières premières, sont désormais séduites par la multiplication d’alléchants programmes d’investissement"

    "Grâce aux cours élevé des minerais et des produits de base au début du millénaire, l’Afrique a en effet bénéficié d’une manne suffisante pour entamer son désendettement et lancer de spectaculaires projets financés sur les marchés mondiaux"

    " les pays arabes souhaitent diversifier leurs économies, trop dépendantes du pétrole et du gaz [...]. Dans les années 2000, les États du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, ont pris part au mouvement d’accaparement des terres dans le but d’assurer leur sécurité alimentaire ou de s’inscrire dans la production d’agrocarburants "

    "si cette nouvelle géoéconomie confère des marges de manœuvre aux capitales africaines, leur fournissant des partenaires et des financements, elle demeure le fruit d’une insertion passive dans le concert mondial."

    "Pékin se voit désormais contraint de déroger à sa règle de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays hôtes. Cette réserve, qui contrastait avec le paternalisme des anciens colonisateurs, était plutôt bien perçue. Mais, comme toutes les puissances, la Chine doit protéger ses intérêts et ses expatriés."

    "En 2013, l’opération « Serval », au Mali, a conforté Paris dans son rôle de gendarme du continent. L’ancienne puissance coloniale n’oublie pas les intérêts de groupes tels que celui de M. Vincent Bolloré, souvent sollicité pour assurer la logistique de ses opérations."

    "Les organisations régionales [...] créent des zones de libre-échange sur les bons conseils des institutions financières internationales, mais se révèlent incapables de définir des politiques concertées de développement et une vision des intérêts continentaux. "

    "l’acheminement d’un conteneur du Kenya au Burundi coûte toujours plus cher que de la Belgique ou du Royaume-Uni vers Nairobi "

    Le #Maghreb entre autoritarisme et espérance démocratique, par Hicham Alaoui (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/11/ALAOUI/56776

    Les entreprises françaises défiées dans leur pré carré, par Olivier Piot (Le Monde diplomatique, avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/PIOT/57344
    #Economie_Statistiques #Statistiques #Traités_commerciaux_APE #Multinationales

    "Dans son dernier livre (13), Alain Deneault dissèque les mécanismes de « perversion du droit » utilisés par un fleuron français. Ses armes, selon ce professeur de sciences politiques à l’université de Montréal ? « La fixation des cours du pétrole et le partage des marchés ; la collaboration avec des régimes politiques officiellement racistes ; la corruption de dictateurs et de représentants politiques ; la conquête de territoires à la faveur d’interventions militaires ; la délocalisation d’actifs dans des paradis fiscaux ; la pollution de vastes territoires au point de menacer la santé publique... »"

    Dictature oubliée en #Guinée-Équatoriale. par Jean-Christophe Servant
    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/11/SERVANT/64011

  • France : en pleine épidémie de coronavirus, une aide-soignante béninoise menacée d’expulsion - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/28697/france-en-pleine-epidemie-de-coronavirus-une-aide-soignante-beninoise-

    Lydia Veyrat, une aide soignante béninoise employée en CDI dans un Ehpad, a reçu une obligation de quitter le territoire français. Le préfet de Savoie, où elle vit, estime qu’elle n’est pas assez intégrée à la société. Son avocat a déposé un recours hiérarchique devant le ministère de l’Intérieur et dénonce une « situation ubuesque ». A l’heure où les établissements médicaux français manquent cruellement de personnel pour faire face à l’épidémie de Covid-19, une aide-soignante béninoise, employée dans un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) d’Isère, est menacée d’expulsion. Lundi 23 novembre, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté le recours déposé par son avocat, Me Didier Besson.Lydia Veyrat, 37 ans, a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) après avoir lancé les démarches pour faire renouveler son titre de séjour auprès de la préfecture de Savoie, où elle vit.
    La préfecture estime que l’aide-soignante aurait dû déposer son dossier deux mois avant la fin de son titre de séjour. Mais cela n’a pas été possible. « Pour déposer mon dossier de renouvellement de titre de séjour, ça a été une galère. Mon rendez-vous a été annulé à cause de la crise sanitaire », explique Lydia Veyrat à InfoMigrants.
    Mais ce qui choque encore plus son entourage et ses collègues, c’est que le préfet a estimé que la jeune femme n’était « pas bien intégrée » dans la société française. « Il a également avancé que comme elle n’était pas en France depuis longtemps et qu’elle avait un fils de 19 ans au Bénin, le fait de lui refuser le séjour n’aurait pas d’implication sur sa vie de famille », détaille son avocat, joint par InfoMigrants. Mariée à un Français avec qui elle vivait depuis vingt ans au Bénin, Lydia Veyrat travaillait là-bas comme infirmière. En 2019, elle et son mari - alors gravement malade - ont décidé de venir s’installer en France. Mais son mari est mort en mars 2019 avant que le couple n’ait quitté le Bénin."Mme Veyrat a décidé de venir car elle avait la succession de son mari à régler. Elle s’est retrouvée en France avec un titre de séjour d’un an. La succession a pris du temps et du coup elle s’est mise à travailler à l’été 2019", explique Didier Besson.Lydia Veyrat a été rapidement engagée comme aide soignante à l’Ehpad de Pontcharra, en Isère. Elle y a effectué plusieurs CDD avant de signer un CDI en octobre dernier pour un emploi d’aide soignante à plein temps. Elle a donc connu la première vague de Covid dans cet établissement et, à ce titre, elle a reçu la « prime Covid » du gouvernement.

    #Covid-19#migrant#migration#france#benin#sante#personnelsoignant#expulsion#politiquemigratoire

  • Star Feminine Band dévoile un clip de grande classe
    https://pan-african-music.com/star-feminine-band-rew-be-me

    C’est sur le titre « Rew Be Me » que ces jeunes béninoises âgées de 10 à 17 ans ont choisi d’annoncer la sortie de leur premier album éponyme.

    Elles ont entre 10 et 17 ans, et pourtant ce sont déjà de vraies stars à la carrière bientôt internationale ! L’orchestre féminin fondé par André Balaguemon devrait bientôt se produire en Europe, notamment aux Trans Musicales de Rennes. Mais avant toute chose commençons par les présentations. Star Feminine Band est un groupe d’étudiantes qui défient le poids des traditions dans le nord du Bénin, avec un mélange inédit de rock garage, de psychédélisme, de highlife et de rumba congolaise, prouvant ainsi à la société qu’elles savent aussi bien jouer de la musique que les hommes.

    https://www.youtube.com/watch?v=i-zLyQ1vTj4

    Au nord du Bénin, le Star Feminine Band fait école
    https://pan-african-music.com/star-feminine-band-interview

    Un orchestre de femmes, ce n’est pas fréquent en Afrique. Mais quand ce ne sont que des jeunes filles qui tiennent guitare, clavier, basse, batterie, percussions, c’est encore moins fréquent. C’est le pari relevé par le Béninois André Balaguemon, natif de Dassa, vaste commune située au centre-est du pays. Après une longue expérience comme musicien au sein de multiples groupes, celui qui se définit comme homme-orchestre — il a commencé par la trompette, joue de la guitare, des claviers… — a choisi de devenir un médiateur culturel, afin d’utiliser la musique comme un vecteur pour promouvoir le changement des mentalités. En particulier le regard sur femmes, trop souvent astreintes à une condition définie par les canons de la tradition. C’est ainsi qu’après une première expérience, il a créé le Star Féminine Band, dont la fiévreuse et énergétique bande-son a su séduire Born Bad, label spécialisé dans les outsiders de la musique.

    #musique #Bénin #femmes #orchestre #Star_Feminine_Band

  • La #France acte la #restitution définitive d’objets d’art au #Sénégal et au #Bénin

    Le projet de loi dérogera exceptionnellement au principe d’inaliénabilité pour un sabre et 26 objets culturels pillés lors du sac du palais royal d’Abomey en 1892.

    Le Monde avec AFP Publié hier à 10h30, mis à jour hier à 10h45

    Temps de Lecture 2 min.
    A Dakar, le 17 novembre 2019, l’ancien premier ministre français Edouard Philippe remet au président sénégalais, Macky Sall, le sabre dit d’El-Hadj Oumar Tall, pour un prêt de longue durée avant une restitution définitive.

    La France va officialiser la restitution définitive, avec transfert de propriété, d’un sabre historique au Sénégal et, dans les prochains mois, de 26 objets du trésor des rois d’Abomey au Bénin. Le gouvernement a examiné, mercredi 15 juillet, le premier projet de loi permettant le transfert vers leur pays d’origine d’œuvres culturelles prises pendant la colonisation en Afrique. La volonté d’une refondation du partenariat culturel entre la France et le continent avait été affirmée par le président Emmanuel Macron dans son discours de Ouagadougou, le 28 novembre 2017.
    Lire aussi Au Sénégal, une visite d’Edouard Philippe sous le signe des armes

    Cette restitution définitive « correspond à un engagement très fort pris par le président de la République pour que la jeunesse africaine ait la possibilité d’accéder à son patrimoine, à son histoire, en Afrique », a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue du conseil des ministres. Elle est « l’un des enjeux essentiels pour une relation d’amitié nouvelle entre la France et l’Afrique ».

    Pour cela, le projet de loi autorise, « par une dérogation limitée au principe essentiel d’inaliénabilité applicable aux collections publiques françaises », le transfert au Bénin de la propriété de 26 objets pillés lors du sac du palais des rois d’Abomey par des troupes coloniales françaises en 1892. Ces totems et spectres, actuellement conservés au Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris, seront exposés dans un lieu public au Bénin.
    Lire aussi « La première œuvre qui est “restituée” à l’Afrique est un objet européen »

    Au Sénégal, la France restitue formellement un sabre que l’ex-premier ministre français Edouard Philippe avait symboliquement remis en novembre 2019 au président Macky Sall à Dakar.

    Cette arme est historiquement significative puisqu’elle a appartenu à l’entourage d’El-Hadj Oumar Tall, un chef de guerre et érudit musulman qui a conquis au XIXe siècle un immense territoire à cheval sur le Sénégal, la Guinée et le Mali, et a lutté contre l’armée coloniale française. « Dans les deux cas, le projet de loi prévoit un délai maximal d’une année pour la remise, par les autorités françaises, de ces œuvres », précise le gouvernement, qui n’a pas indiqué si de nouvelles œuvres allaient être restituées à d’autres pays, tels que la Côte d’Ivoire ou Madagascar.
    Recherches sur l’origine des œuvres

    Emmanuel Macron avait annoncé ces décisions fin 2018 sur la base d’un rapport des universitaires Bénédicte Savoy, du Collège de France, et Felwine Sarr, de l’Université de Saint-Louis au Sénégal, qui ont recensé 90 000 œuvres africaines dans des musées français.

    Les deux spécialistes y avaient posé les jalons d’une restitution à l’Afrique subsaharienne d’œuvres d’art transférées durant la colonisation, recensant des dizaines de milliers d’artefacts, dont beaucoup ont été pillés.
    Trois statues issues du pillage en 1892 du palais des rois d’Abomey par les troupes coloniales et conservés au Musée du quai Branly, à Paris.

    Mais leurs travaux ont été contestés par d’autres spécialistes et des musées comme le Quai Branly, qui dispose de la plus importante collection d’arts premiers. Leurs détracteurs se sont inquiétés d’une politisation du débat et de l’argument selon lequel toutes les œuvres en dépôt chez eux depuis la colonisation ont été malhonnêtement acquises ou pillées, et doivent être rendues. Ils avancent aussi l’argument de l’inaliénabilité des collections françaises, privilégiant la « circulation » des œuvres entre la France et l’Afrique, plutôt que des restitutions définitives avec transfert de propriété, sauf quand, comme c’est le cas pour les statues du palais royal d’Abomey, le pillage par des soldats français à la fin du XIXe siècle a été flagrant.
    Lire aussi Les dessous du retour manqué de la « couronne » de la reine Ranavalona III à Madagascar

    L’origine de certaines œuvres est inconnue, d’autres ont été achetées ou encore collectées lors de missions ethnologiques et religieuses dans des conditions sujettes à caution en raison des rapports de domination qui régissaient les relations coloniales. Pour en finir avec les incertitudes, les auteurs du rapport plaident pour donner des moyens à la recherche afin de lever le doute sur l’origine de ces œuvres quand c’est possible.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/16/la-france-acte-la-restitution-definitive-d-objets-d-art-au-senegal-et-au-ben