#bérengère_stassin

  • SAVOIE. Chambéry : « Avec le cyberharcèlement, les victimes ne disent souvent rien »
    https://www.ledauphine.com/societe/2020/02/20/chambery-avec-le-cyberharcelement-les-victimes-ne-disent-souvent-rien

    Maître de conférences à l’université de Lorraine et spécialiste des questions de cyberharcèlement, Bérengère Stassin était au Manège ce mercredi. Elle y intervenait dans le cadre d’une journée dédiée à cette question sensible. Explications avec elle sur les formes que prend ce harcèlement 2.0 et sur les façons de le combattre.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Conférence > Sexisme et violence sexuelle en contexte numérique : quel état des lieux ? | L’aire d’u
    https://www.lairedu.fr/media/video/conference/sexisme-et-violence-sexuelle-en-contexte-numerique-quel-etat-des-lieux

    Bérengère Stassin, maîtresse de conférences en Sciences de l’information et de la communication, Centre de recherche sur les médiations, Université de Lorraine.

    Cette conférence a pour objectif de présenter les caractéristiques du sexisme et de la violence sexuelle exercés à l’encontre des femmes en contexte numérique, et plus globalement, du cyberharcèlement. Ce dernier prend différentes formes : moqueries, insultes, dénigrement, menaces de viol ou de meurtre, ou encore pornodivulgation (publication d’images intimes sans le consentement de la personne qu’elles représentent, de photos volées ou truquées, de vidéos à caractère sexuel réalisées parfois sous la contrainte, etc.).

    Ces violences frappent partout, à tout âge et dans tous les milieux : à l’école, à l’université, dans le monde du travail, dans celui des médias et du cinéma – comme en témoigne le mouvement #metoo – en politique, dans le sport de haut niveau, mais aussi dans la sphère privée et conjugale. Les victimes sont donc aussi bien des collégiennes (cf. l’affaire Mila) que des enseignantes (cf. Stéphanie de Vanssay), des militantes féministes (cf. Marion Seclin), des journalistes (cf. Nadia Daam) ou des célébrités (cf. Adele). Les moyens de prévenir ces violences se multiplient, les langues se délient, des plaintes sont déposées, des procès ont lieu. Mais cette violence « en ligne » fait autant de dommages que la violence « hors ligne ». Elle laisse des traces qui ne sont pas seulement numériques et qui impactent durablement la vie des victimes.

    #Bérengère_Stassin #Féminisme #Cyberharcèlement

  • Bérangère Stassin : (cyber)harcèlement, sortir de la violence à l’école et sur les écrans – Des avenues et des fleurs
    https://blogs.letemps.ch/dunia-miralles/2021/06/24/berangere-stassin-cyberharcelement-sortir-de-la-violence-a-lecole-et-sur-les-ecrans/amp

    Dans son livre (Cyber)harcèlement, sortir de la violence à l’école et sur les écrans, paru chez C&F Editions, Bérengère Stassin explique et décortique, d’une manière accessible à chacun, les mécanismes des différents types de violences tout en nous en donnant les définitions. Elle explique également les conséquences physiques et psychologiques qu’engendrent ces agressions sur le court et le long terme. Ce livre a été pensé comme un ouvrage de synthèse, une revue des faits d’actualités qui dès lors qu’on les analyse, se montrent éclairants sur le mécanisme des phénomènes de violence et de harcèlement et de la manière dont cela continue hors de l’école. Il est aussi question des actions préventives et éducatives menées au sein de différents établissements scolaires.

    Ce livre vous permettra de reconnaître les exactions que votre enfant subit peut-être à l’école ou que vous pouvez subir vous-même dans le cadre d’une association, de votre travail, d’une activité sportive ou autre… L’ouvrage, édité en France, donne des adresses valables pour l’Hexagone mais, à la fin de cet article, j’insérerai quelques liens d’associations qui apportent un soutien aux victimes, surtout aux plus jeunes, qui sont confrontées à ce problème, hélas, en expansion.

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin

  • Cyberharcèlement – Publictionnaire
    http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/cyberharcelement

    Un article de Bérengère Stassin dans Le Publictionnaire sur le Cyberharcèlement.

    Selon le dictionnaire Le Robert, le cyberharcèlement est un « harcèlement pratiqué par voie électronique, notamment sur les réseaux sociaux ». Le phénomène est lié au développement de l’Internet et à la démocratisation de l’équipement informatique, mais connaît véritablement un essor avec l’arrivée du web 2.0 et des téléphones portables dotés de caméra et d’appareil photo au début des années 2000. À cette époque, les premiers travaux académiques cherchant à comprendre et caractériser cette nouvelle forme de violence se développent également. Ils placent surtout la focale sur les adolescents, car si les médias sociaux et les smartphones leur permettent de poursuivre, le soir, les échanges et les jeux initiés dans la cour de récréation, ils leur permettent aussi de poursuivre les brimades exercées à l’encontre d’un·e camarade. Des élèves victimes de harcèlement scolaire se retrouvent alors victimes de cyberharcèlement. Le harcèlement, qu’il ait lieu en contexte scolaire, familial ou professionnel, renvoie à des violences verbales, psychologiques, physiques ou sexuelles qui sont exercées de manière répétée à l’encontre d’une personne dans une configuration où les forces sont déséquilibrées et l’intention de nuire est avérée. En procédant par analogie, il est possible d’avancer que le cyberharcèlement se fonde sur des cyberviolences répétées à l’encontre d’une personne dans une configuration similaire. Cela invite alors à s’interroger sur la nature de ces cyberviolences, mais également sur la dimension répétitive et intentionnelle d’un harcèlement en ligne. La répétition des violences et l’intention de nuire ne s’appréhendent pas toujours facilement en contexte numérique et peuvent être provoquées par le fonctionnement intrinsèque au web et par les publics tantôt captifs, tantôt ciblés, tantôt opportunistes des sites et des médias sociaux qui se font le théâtre des violences.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Covid-19 : des médecins lorrains pro-vaccins, victimes de cyberharcèlement
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/vosges/epinal/covid-19-medecins-lorrains-pro-vaccins-victimes-cyberha
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/T1BxDg4EH9WsPK-ZmOglBbdVsrk/930x620/regions/2021/01/06/5ff5d09ebc11c_tete_de_mort-5145216.jpg

    La chercheuse Bérengère Stassin, maîtresse de conférence à l’Université de Lorraine est spécialisée dans le cyber-harcèlement.
    Elle a publié un ouvrage consacré à ce phénomène dans le milieu scolaire. Le déferlement de violence verbale sur une cible s’appelle le flaming que l’on pourrait traduire par : salve d’insultes. Le but est de saturer la zone de commentaire d’un blog afin de créer une controverse interminable jusqu’à rendre toute discussion impossible.

    Bérengère Stassin pointe aussi du doigt la logique des algorithmes qui, à partir d’une image consultée, d’un mot-clé ou de la visite d’un site, enferment l’internaute dans ses convictions et abolissent tout esprit critique en lui faisant des propositions identiques dans le même champ d’intérêt.
    Une minorité active

    Pour le médecin attaqué, les complotistes et autres harceleurs sont l’arbre qui cache la forêt.
    La majorité des internautes lit ses messages mais reste silencieuse pour éviter d’alimenter la machine haineuse. Ce que confirme la chercheuse.

    Le contenu du web est produit par 10% des internautes, 90% se contentent de consommer.

    Bérengère Stassin, maîtresse de conférence. Université de Lorraine

    Education et empathie

    Les discours de haine sont punis par la loi mais la chercheuse estime que la solution passe par l’éducation aux médias.
    Un esprit critique cela se construit dès le plus jeune âge et s’entretient. Le rôle de l’institution scolaire est à ce titre indispensable. Elle prône aussi une culture de l’empathie. De son côté le médecin harcelé partage avec ses confrères la même conviction : cette tempête s’éteindra d’elle-même avec les effets de la vaccination et la disparition du virus de la Covid-19.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Violences scolaires : où le harcèlement commence‑t‑il ?
    https://www.paris-normandie.fr/id172537/article/2021-03-10/violences-scolaires-ou-le-harcelement-commence-t-il

    Bérengère Stassin, Université de Lorraine

    Bousculades, insultes, détérioration de matériel, crachats dans l’assiette à la cantine, publication de photos intimes sur les réseaux sociaux, telles sont les brimades que subissent de manière répétée 700 000 enfants et adolescents. Touchant environ 10 % des élèves en France, le harcèlement scolaire peut avoir d’importantes conséquences sur ses victimes, des troubles du sommeil à la phobie sociale, en passant par l’anxiété et la dépression, voire, chez les plus fragiles, des conduites suicidaires.

    Alors que la plupart des pays européens ont mis en place depuis plusieurs décennies des actions de prévention, notre Éducation nationale ne s’est véritablement penchée sur ce problème qu’au début des années 2010. Suite à la quatrième journée de mobilisation nationale début novembre, retour sur la prise de conscience de ce problème.
    Un processus de répétition

    Les premières définitions du harcèlement scolaire sont proposées dans les années 1970 par deux psychologues scandinaves : Anatol Pikas et Dan Olweus. Le premier qualifie cette forme de violence entre pairs de mobbing, terme anglais formé à partir du verbe to mob (attaquer, assaillir) et renvoyant à the mob (la foule), alors que le second choisit le terme bullying, formé à partir du verbe to bully (maltraiter, tyranniser) et renvoyant à la figure du bully (la brute, le tyran).

    Derrière cette simple différence terminologique se cachent deux approches d’un même phénomène :

    une approche contextuelle et groupale pour Pikas qui considère que c’est la pression que le groupe de pairs exerce sur ses différents membres qui les pousse à s’en prendre violemment à un camarade ;

    une approche individualisante et psychologisante pour Olweus qui considère que c’est l’impulsivité, l’agressivité, voire la perversité, d’un individu qui le conduit, seul ou en groupe, à la violence.

    C’est le terme bullying – et plus particulièrement school bullying – qui s’est imposé dans la plupart des pays anglo-saxons et qui a été traduit en France par « harcèlement scolaire ». Au Québec, on parle plutôt d’« intimidation », réservant le terme « harcèlement » à la violence entre adultes (Bellon, Gardette, 2018).

    La définition olweusienne fait aujourd’hui consensus :

    « Un élève est victime de harcèlement lorsqu’il est soumis de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le blesser ou le mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. Il s’agit d’une situation intentionnellement agressive, induisant une relation d’asservissement psychologique, qui se répète régulièrement. »

    Pour que l’on puisse parler de harcèlement, la violence doit donc relever d’une intention de nuire, s’inscrire dans un processus de répétition (un acte isolé et ponctuel ne peut être considéré comme du harcèlement) et dans une relation asymétrique (l’agresseur exerce une domination physique ou psychologique). Elle doit aussi provoquer chez la victime un sentiment d’insécurité et une blessure psychique.
    Le poids du groupe

    La répétition est cependant une question délicate, car tout dépend du « seuil de tolérance » qui varie d’une personne à l’autre. Les conséquences peuvent être plus importantes chez un élève harcelé au cours d’un seul trimestre que chez un élève ayant subi des brimades tout au long d’une année, voire durant toute sa scolarité.

    Concernant la « relation asymétrique », si elle peut être rendue possible par le tandem harceleur-harcelé, elle résulte tout de même le plus souvent d’un phénomène de groupe : un élève est ciblé par un groupe composé d’un meneur et de suiveurs. Il peut parfois recevoir de l’aide ou du soutien de la part d’un défenseur, mais, sous la pression du groupe, ce dernier peut se désolidariser.

    De même, il existe un certain nombre d’observateurs extérieurs qui « voient mais ne disent rien », généralement par peur des représailles. L’élève cible se retrouve donc seul contre tous et devient un véritable bouc émissaire sur lequel les autres se défoulent.

    S’il y a quelques années encore, les victimes trouvaient un peu de répit une fois qu’elles sortaient de l’école, il n’est pas rare aujourd’hui que leurs agresseurs les poursuivent en dehors des temps et des lieux scolaires, par le biais des smartphones et des réseaux sociaux.
    Du harcèlement au cyberharcèlement

    Tout comme la violence « hors ligne », la violence « en ligne » prend différentes formes : usurpation d’identité, violence verbale (insultes, moqueries), violence sexuelle (envoi de photos choquantes ou diffusion non consentie de photos intimes), agressions physiques filmées et partagées sur les réseaux sociaux.

    Bien que la continuité entre harcèlement scolaire et cyberharcèlement ne soit pas toujours systématique, les agresseurs et les victimes sont tout de même souvent impliqués « hors ligne » et « en ligne » (dans 30 à 70 % des cas, selon les études).

    En contexte numérique, on retrouve les « suiveurs » qui participent aux méfaits en likant, partageant ou commentant les contenus, ainsi que les « témoins passifs », qui en prennent connaissance, mais restent silencieux. D’autres parties prenantes font également leur apparition, rendant l’analyse du phénomène plus complexe (Bellon, Gardette, 2017) :

    des élèves harcelés qui se servent de leurs compétences informatiques pour se venger de leurs harceleurs alors qu’ils ne riposteraient jamais « hors ligne » ;

    des élèves qui ne sont pas harcelés mais qui se servent de leurs compétences informatiques pour venger les victimes et punir les harceleurs ;

    des élèves qui se désinhibent et se métamorphosent derrière leur écran et se livrent à des actions qu’ils s’interdiraient totalement par ailleurs ;

    tous ceux qui publient ou relayent un contenu par mégarde, par inadvertance, ou sur le feu de l’action, sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences de leur « clic » (« liker, c’est déjà harceler », comme le soulignait le slogan de la deuxième journée de mobilisation nationale contre le harcèlement scolaire).

    À ces quatre « profils » s’ajoutent aussi des personnes qui participent aux attaques – en relayant ou commentant les contenus – mais qui sont pourtant totalement extérieures à l’établissement scolaire de la victime et de ses agresseurs, voire qui ne les connaissent même pas. Cependant, de manière générale, la cyberviolence est avant tout une violence de proximité, exercée par des camarades de classe, par des ami·e·s ou par des ex petit·e·s-ami·e·s de la victime.
    Une prise de conscience récente

    Le harcèlement scolaire est longtemps resté englobé dans les débats sur la violence scolaire en général. Ce n’est qu’au début des années 2010, suite aux enquêtes de victimation réalisées par Éric Debarbieux et révélant que 10 % des élèves sont victimes de violences répétées de la part de leurs pairs, que les pouvoirs publics prennent conscience de la nécessité d’agir.

    Différentes actions sont dès lors mises en place : organisation des premières assises sur la prévention du harcèlement en mai 2011 ; lancement de la première campagne d’information et mise en place d’une ligne d’écoute téléphonique nationale et gratuite (3020) en 2012 ; création d’un site Internet ministériel proposant des ressources aux enseignants et aux parents ; lancement du concours académique « Non au harcèlement » en 2013.

    La lutte contre le harcèlement scolaire est inscrite dans la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République :

    « la lutte contre toutes les formes de harcèlement sera une priorité pour chaque établissement d’enseignement scolaire. Elle fera l’objet d’un programme d’actions élaboré avec l’ensemble de la communauté éducative, adopté par le conseil d’école pour le premier degré et par le conseil d’administration dans les établissements publics locaux d’enseignement (EPLE). Ce programme d’actions sera régulièrement évalué, pour être amendé si nécessaire ».

    Des campagnes de prévention

    En 2015, le dispositif « Ambassadeurs Lycéens », plaçant les élèves au cœur de la prévention, est créé et une journée de mobilisation nationale est instaurée. Sa quatrième édition s’est donc tenue le jeudi 8 novembre 2018 et avait pour slogan « Une photo c’est perso, la partager c’est harceler ». Elle sensibilisait, cette année, au revenge porn et à la diffusion non consentie de photos intimes.

    Différentes actions de prévention peuvent bien sûr être réalisées par les établissements scolaires et plus particulièrement par le Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Ce dernier peut s’appuyer sur différents partenaires extérieurs, comme les associations, la police et la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les parents d’élèves.

    Cependant, la prévention ne peut à elle seule endiguer le phénomène, car il ne suffit pas d’être informé d’un risque pour l’éviter ou de dénoncer un comportement pour qu’il soit abonné. L’éducation à l’esprit critique, l’éducation aux médias sociaux, l’éducation à l’empathie, le développement des compétences émotionnelles et psychosociales des élèves, le renforcement de l’estime de soi ou encore l’autodéfense sont aussi des armes efficaces pour lutter contre le harcèlement scolaire et son prolongement numérique.

    Enfin, des études ont montré que le climat scolaire et l’atmosphère générale qui règnent au sein d’une classe ou d’un établissement influencent la qualité des relations entre élèves. Une classe qui se caractérise par un mauvais climat a plus de chance de voir émerger en son sein des situations de harcèlement et de cyberharcèlement. L’amélioration du climat scolaire est donc également un levier d’action pour réduire ces formes de violence.The Conversation

    Bérengère Stassin, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, membre du CREM, Université de Lorraine

    Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Covid-19 : des médecins lorrains pro-vaccins, victimes de cyberharcèlement
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/vosges/epinal/covid-19-medecins-lorrains-pro-vaccins-victimes-cyberha
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/T1BxDg4EH9WsPK-ZmOglBbdVsrk/930x620/regions/2021/01/06/5ff5d09ebc11c_tete_de_mort-5145216.jpg

    La chercheuse Bérengère Stassin, maîtresse de conférence à l’Université de Lorraine est spécialisée dans le cyber-harcèlement.
    Elle a publié un ouvrage consacré à ce phénomène dans le milieu scolaire. Le déferlement de violence verbale sur une cible s’appelle le flaming que l’on pourrait traduire par : salve d’insultes. Le but est de saturer la zone de commentaire d’un blog afin de créer une controverse interminable jusqu’à rendre toute discussion impossible.

    Pour la chercheuse, cette technique est favorisée par l’anonymat des internautes. Il engendre le passage à l’acte car il est donne un sentiment d’impunité. La bonne foi ne protège pas des violences verbales et les réseaux sociaux sont parfois pavés de mauvaises intentions.

    Il y a bien un discours de haine présent sur internet comme d’ailleurs dans le PMU du coin.

    Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication

    Bérengère Stassin pointe aussi du doigt la logique des algorithmes qui, à partir d’une image consultée, d’un mot-clé ou de la visite d’un site, enferment l’internaute dans ses convictions et abolissent tout esprit critique en lui faisant des propositions identiques dans le même champ d’intérêt.
    Une minorité active

    Pour le médecin attaqué, les complotistes et autres harceleurs sont l’arbre qui cache la forêt.
    La majorité des internautes lit ses messages mais reste silencieuse pour éviter d’alimenter la machine haineuse. Ce que confirme la chercheuse.

    Le contenu du web est produit par 10% des internautes, 90% se contentent de consommer.

    Bérengère Stassin, maîtresse de conférence. Université de Lorraine

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin #Vaccins

  • Bérengère Stassin, (cyber)harcèlement. Sortir de la violence, à l’école et sur les écrans
    https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/22022

    En France, 5 à 6 % des élèves du premier et du second degré sont victimes de harcèlement scolaire. C’est par ce chiffre éloquent que débute l’ouvrage de Bérengère Stassin, où l’auteure investigue les transformations du phénomène en lien avec l’émergence du cyberharcèlement. Elle apporte une contribution essentielle aux réflexions dans ce domaine, en nous livrant tout d’abord une synthèse de la littérature existante sur le sujet de la violence entre enfants, longtemps invisibilisé, ainsi qu’une définition précieuse du harcèlement scolaire, de la cyberviolence et du cyberharcèlement – dont elle étudie l’ensemble des manifestations. Si le harcèlement scolaire commence à faire l’objet de recherches en sciences humaines et sociales dans les années 1970, ce n’est qu’à l’aube des années 2010 qu’il devient un problème public. En effet, son prolongement via les médias sociaux attire l’attention des pouvoirs publics tandis que l’on découvre les chiffres des premières enquêtes de victimation. Par la richesse des exemples mentionnés, les chapitres I à III balayent un certain nombre de mythes et apportent un lot de résultats marquants. Non, le harcèlement et la cyberviolence ne sont pas qu’une affaire de jeunes, qui prendrait magiquement fin à l’issue du lycée : la violence se poursuit dans l’enseignement supérieur et dans le monde professionnel. Et elle n’affecte pas de la même manière les différents groupes sociaux, se colorant notamment d’une dimension genrée et d’une homophobie qu’il convient de prendre en compte. Une fois ces constats dressés, une partie conséquente du livre (chapitre IV) se consacre à un inventaire des moyens de lutte à disposition des acteurs de la prévention. S’appuyant sur les outils de l’éducation aux médias et à l’empathie, l’auteure montre la nécessité d’impliquer directement les jeunes dans ce processus, nous invitant aussi à dépasser les discours technicistes et catastrophistes en rappelant la richesse et la diversité de leurs activités en ligne.

    Cherchant à établir si les violences en ligne ne sont « qu’un “vieux vin […] dans une nouvelle bouteille” » (p. 91), l’auteure de l’ouvrage astucieusement nommé (cyber)harcèlement, situe à la fois le phénomène dans une logique de rupture et de continuité avec le harcèlement scolaire. D’un côté, les cyberviolences apparaissent comme le prolongement logique de rapports de sociabilité préexistants, constituant la trace d’une violence entre jeunes que personne ne voulait voir. Mais par les canaux de diffusion originaux qu’elle emprunte (smartphones, médias sociaux…), cette violence se prolonge en dehors du temps scolaire et pénètre le lieu du foyer, qui pouvait autrefois constituer un espace de répit et de repos. Reprenant à son compte le concept de chambre d’écho, Bérengère Stassin montre aussi très bien et à travers plusieurs cas concrets l’amplification démesurée des phénomènes violents que le web peut parfois induire.

    Pour lutter contre le harcèlement et le cyberharcèlement à l’école, Bérengère Stassin passe en revue les outils de l’éducation à l’empathie, couplés à ceux de l’éducation aux médias et à l’information. S’attachant à décrypter le rôle des émotions dans le déclenchement des violences, elle déconstruit l’image de tyran tout-puissant associée à la figure du bully (p. 136) : « Bien qu’il renvoie l’image de quelqu’un de fort et sûr de lui, le meneur souffre souvent, de par son histoire personnelle, d’une faille narcissique et d’une faible estime de lui-même ». Ses agissements sont liés à son incapacité de se mettre à la place d’autrui, et ceux des suiveurs, motivés par la peur des sanctions normatives exercées par le groupe. C’est dans le cas de ces derniers que la marge de manœuvre des équipes éducatives est la plus grande, certains d’entre eux pouvant changer de comportement une fois repérés. Le choix de conclure son ouvrage par un volet consacré à l’éducation aux médias dénote le caractère engagé et émancipatoire des recherches conduites par Bérengère Stassin, qui mobilise une approche compréhensive des cultures juvéniles. Après avoir souligné les nombreux risques des médias sociaux, elle rappelle la richesse des usages développés par les jeunes en ligne : le prolongement d’une sociabilité entre pairs et l’acquisition d’une forme d’autonomie, la recherche d’informations et d’apprentissages, la prescription et la création culturelles, ou encore la construction identitaire via l’appartenance à des communautés etc. Pour la chercheuse, « il ne s’agit donc pas de condamner les pratiques des adolescents ou le manque de recul que certains peuvent avoir, mais de renforcer leurs compétences numériques et de leur apprendre à publier et à partager de l’information de manière réfléchie et responsable » (p. 150).

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin #C&F_éditions

  • Edition Briey | Cyberharcèlement : « On peut tous un jour en être témoin »
    https://www.republicain-lorrain.fr/edition-briey/2020/03/12/cyberharcelement-on-peut-tous-un-jour-en-etre-temoin

    Dans le cadre de ses actions sur la parentalité, la MJC de Jœuf organise la conférence « Cyberharcèlement à l’école, comment le combattre ? ». Bérengère Stassin, maître de conférences à l’Université de Nancy, donnera notamment des conseils pour éviter d’être, un jour, victime de ces attaques.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • [3 questions à] Bérengère Stassin : lauréate du prix du livre FIC 2020 | Factuel
    http://factuel.univ-lorraine.fr/node/13489

    Bérengère Stassin est maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT Nancy-Charlemagne de l’Université de Lorraine et co-responsable de l’équipe Pixel du Crem. Ses travaux portent principalement sur les communautés de savoir en ligne et le cyberharcèlement et elle anime le carnet de recherche en accès libre Cyberviolence & Cyberharcèlement. En 2019, elle est l’auteure d’un ouvrage remarqué, (cyber)harcèlement. Sortir de la violence, à l’école et sur les écrans (C&F Éd.) ; en 2020, elle obtient le prix du Livre cyber dans la catégorie Cybercriminalité décerné par le Forum international de la cybersécurité (FIC), qui lui a été remis le 29 janvier 2020 à la Chambre de commerce de Lille par Corinne Thiérache, avocate et présidente du jury.

    En outre, j’ai à cœur de poursuivre mes activités de diffusion auprès d’un public plus large que je mène sur mon blog, Cyberviolence & Cyberharcèlement, et par le biais du média en ligne The Conversation France. Je travaille aussi à la rédaction d’une notice sur le cyberharcèlement qui sera publiée en libre accès sur le Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics.

    Mais, pour le moment, j’espère surtout que le prix du FIC contribuera à mieux faire connaître aux éducateurs, aux parents et au grand public ce phénomène d’envergure et les actions à mettre en œuvre pour lutter contre. C’est la raison pour laquelle je fais mon possible pour répondre aux sollicitations – qu’elles proviennent des médias, du milieu éducatif ou d’ailleurs – pour partager mes connaissances sur le sujet.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Bérengère STASSIN, enseignante chercheuse : Journée nationale de lutte contre le harcélement scolaire
    https://www.francebleu.fr/emissions/les-experts-de-france-bleu-lorraine/sud-lorraine/thematique-expert-du-jour-24

    Podcast de France Bleue Lorraine avec Bérengère Stassin

    En France, 700 000 enfants scolarisés dans le primaire, au collège ou au lycée sont victimes de harcèlement. Nous en parlons avec Bérengère Stassin, Maître de Conférence à l’Université de Lorraine.

    Le harcèlement, d’une certaine manière, a toujours existé. Je pense même qu’il existe depuis que l’école existe. Ce qui change aujourd’hui, en 2019, c’est la question du cyberharcèlement. C’est le fait que les violences qui sont exercées dans la cour de récré, pendant les cours ou pendant les temps scolaire, poursuivent désormais les victimes à la maison.

    Avant on était protégé une fois sorti de l’école, une fois rentré à la maison. Aujourd’hui, à partir du moment où les enfants sont dotés d’un smartphone, il n’est pas rare que les brimade se poursuivent par SMS et surtout via les réseaux sociaux

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Violences_scolaires #Podcast

  • Bérengère Stassin, (Cyber)harcèlement
    https://journals.openedition.org/lectures/38358

    La réflexion de l’autrice pour « sortir de la violence, à l’école et à l’écran » s’articule autour de quatre chapitres dans lesquels elle décrit les phénomènes de harcèlement scolaire, de cyberviolence, de cyberharcèlement puis analyse les moyens de lutte contre ces fléaux à l’école. De grandes questions structurent le propos : harcèlement et cyberharcèlement sont-ils toujours liés ? Existe-t-il un profil type des agresseur/se·s et des victimes ? Quelles conséquences la cyberviolence a-t-elle sur les harcelé·e·s et leur(s) harceleur/se(s) ? De quels moyens dispose l’école pour endiguer ces violences ?

    Grâce à de nombreuses citations de chercheur/se·s, Bérengère Stassin montre que la définition du cyberharcèlement ne fait pas consensus dans la littérature scientifique : il est parfois défini comme l’envoi numérique de contenus violents, d’autres fois ce sont les critères propres au harcèlement appliqué à l’espace numérique qui sont mis en avant (p. 93). En prenant appui sur le slogan « Liker, c’est déjà harceler »10, l’autrice explique qu’en ligne, la fragmentation des actions peut conduire à la répétition : un contenu est posté, liké par d’autres jeunes, partagé et commenté à de multiples reprises. Même si chaque internaute n’a effectué qu’une seule action, chacune est un nouveau coup pour la victime. La répétition peut naître de l’exhumation de publications anciennes, qui sont autant d’éléments constitutifs de l’identité numérique d’un individu. L’exemple de Mennel lors de son passage dans The Voice atteste que la pérennité des contenus et des traces numériques peut aboutir, des mois plus tard, à des situations de cyberviolence ou de cyberharcèlement, et compromettre des ambitions personnelles11.

    Les compétences émotionnelles sont nécessaires à la socialisation d’un individu et lui permettent de s’adapter à son environnement et de développer sa sensibilité aux autres. Dans les situations de harcèlement les émotions jouent un rôle, aussi bien pour l’agresseur/se, les suiveur/se·s, la victime que les témoins. Éduquer à l’empathie, travail de fond qui doit être répété en classe et à la maison, permet de développer une bonne estime de soi et un goût pour les autres. À l’étranger, ces méthodes ont déjà fait la preuve de leur efficacité18.

    L’EMI, quant à elle, permet d’éveiller l’esprit critique, de former les élèves aux différentes sources d’information, de maîtriser leur identité numérique, de les amener à être des protagonistes réfléchi·e·s de l’usage du numérique (notamment en termes de publication). L’EMI est préconisée par le ministère de l’Éducation nationale pour faire des élèves des acteurs/trices responsables du web et de la lutte contre les cyberviolences.

    Bérengère Stassin propose ici une synthèse accessible à tous/toutes. Dans le cadre plus spécifique de l’école, c’est un livre qui trouvera toute sa place dans les CDI et qui peut, au travers des nombreux exemples actuels, servir de base à des activités pédagogiques pour parler, décortiquer et lutter contre le fléau du (cyber)harcèlement.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Violences_scolaires #C&F_éditions

  • Les émotions, une clé de la lutte contre le harcèlement scolaire
    https://theconversation.com/les-emotions-une-cle-de-la-lutte-contre-le-harcelement-scolaire-122

    Qu’il prenne la forme de moqueries, de gestes menaçants ou d’humiliations en ligne, le harcèlement scolaire se caractérise par des intentions agressives et une récurrence des violences. Il s’agit avant tout d’un phénomène de groupe : un « meneur » s’en prend à une cible à l’aide des « suiveurs » qu’il a réussi à fédérer, le plus souvent sous le regard de témoins « passifs » qui renforcent son sentiment de toute-puissance et d’impunité.

    Des travaux de psychologues et de pédopsychiatres montrent que les émotions jouent un rôle prépondérant dans cette dynamique. Chaque partie prenante du harcèlement est traversée par un état émotionnel particulier.

    On observe en général un manque d’empathie du côté du harceleur meneur, qui parfois n’éprouve ni remords ni culpabilité. La personne harcelée peut souffrir de difficultés à identifier ou exprimer ses émotions (alexithymie) et donc à réagir. Cela conforte alors le harceleur dans son idée qu’il a affaire à un être faible et le pousse à réitérer les attaques. Les suiveurs, eux, ont peur d’être exclus du groupe de pairs et les témoins passifs craignent des représailles.

    Alors que le ministère de l’Éducation nationale a fait de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité de la rentrée 2019, prévoyant la diffusion de bonnes pratiques auprès des personnels ainsi qu’une information des élèves, il est important de considérer ce facteur émotionnel, au-delà du contexte socio-économique et du climat scolaire.

    Présentation de mises en situation permettant de développer l’empathie et les compétences émotionnelles des élèves pour lutter contre une violence qui fait environ chaque année 700 000 victimes.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Harcèlement_scolaire #Empathie #Emotions

  • Violences scolaires : où le harcèlement commence‑t‑il ?
    https://theconversation.com/violences-scolaires-ou-le-harcelement-commence-t-il-107074

    Différentes actions de prévention peuvent bien sûr être réalisées par les établissements scolaires et plus particulièrement par le Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Ce dernier peut s’appuyer sur différents partenaires extérieurs, comme les associations, la police et la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les parents d’élèves.

    Cependant, la prévention ne peut à elle seule endiguer le phénomène, car il ne suffit pas d’être informé d’un risque pour l’éviter ou de dénoncer un comportement pour qu’il soit abonné. L’éducation à l’esprit critique, l’éducation aux médias sociaux, l’éducation à l’empathie, le développement des compétences émotionnelles et psychosociales des élèves, le renforcement de l’estime de soi ou encore l’autodéfense sont aussi des armes efficaces pour lutter contre le harcèlement scolaire et son prolongement numérique.

    Enfin, des études ont montré que le climat scolaire et l’atmosphère générale qui règnent au sein d’une classe ou d’un établissement influencent la qualité des relations entre élèves. Une classe qui se caractérise par un mauvais climat a plus de chance de voir émerger en son sein des situations de harcèlement et de cyberharcèlement. L’amélioration du climat scolaire est donc également un levier d’action pour réduire ces formes de violence.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Harcèlement_scolaire

  • Blog Stéphane Bortzmeyer: Fiche (Cyber) harcèlement
    https://www.bortzmeyer.org/cyber-harcelement.html

    Auteur(s) du livre : Bérengère Stassin
    Éditeur : C&F Éditions
    978-2-915825-94-7
    Publié en 2019
    Première rédaction de cet article le 27 octobre 2019

    Le sujet du harcèlement dans l’enseignement est douloureux mais il est quand même nécessaire de l’étudier. Il ne se réduit pas au cyberharcèlement, et il n’est même pas sûr que le cyberharcèlement soit si différent que cela du harcèlement classique, comme l’indique le titre de ce livre, qui met « cyber » entre parenthèses. En outre, ce sujet se prête au sensationnalisme, et les articles sur quelques cas spectaculaires masquent souvent la réalité du phénomène. On peut donc féliciter l’auteure d’avoir abordé le sujet sous un angle plus scientifique, en s’appuyant sur des faits, et en étudiant le phénomène sous tous ses aspects, afin de mieux pouvoir le combattre.

    C’est d’autant plus important que les exagérations et les approximations qui sont fréquentes lorsqu’on parle du cyberharcèlement ont souvent des but cachés. Par exemple, les politiciens français dénoncent souvent l’anonymat sur l’Internet comme étant lié au harcèlement, et réclament son abolition, alors que Bérengère Stassin fait remarquer que, dans la plupart des affaires de harcèlement scolaire, la victime sait parfaitement qui sont ses harceleurs. Mais la vérité ne compte pas quand on veut faire passer une nouvelle loi.

    Et, si les médias et les autorités parlent si souvent du cyberharcèlement (et très peu du harcèlement tout court), c’est que cela sert aussi à diaboliser les outils de communication modernes, qui les concurrencent. On voit ainsi des campagnes de sensibilisation anxiogènes, qui ne présentent l’Internet que comme un outil de harcèlement.

    Revenons au livre. L’auteure commence par recadrer le problème dans l’ensemble des phénomènes de harcèlement à l’école, malheureusement fréquents. (Elle fait aussi remarquer que les cas les plus dramatiques, se terminant parfois par un suicide de la victime, font parfois oublier qu’il existe un harcèlement de masse, pas aussi grave mais beaucoup plus fréquent.) Le harcèlement scolaire a été étudié depuis longtemps par les spécialistes, même s’il n’existe évidemment pas de solution miracle. Le harcèlement massif est difficile à mesurer car il consiste en beaucoup de micro-agressions. Chaque agresseur a l’impression de ne pas avoir fait grand’chose, alors que c’est leur nombre qui fait la gravité du phénomène. Et le harcèlement est inégalement réparti entre les genres, les filles en étant plus souvent victimes.

    Comme toutes les activités humaines, le harcèlement s’est ensuite adapté à l’Internet et diverses formes de cyberharcèlement sont apparues, que l’auteure passe en revue en détail avec, pour chacune, ce que dit la loi. Mais la presse et les politiciens, toujours prêts à diaboliser le nouveau système de communication, ont rapidement entonné le discours « c’est la faute d’Internet et des écrans, les jeunes étaient mieux avant », quitte à inventer les faits, comme dans l’affaire du soi-disant Momo challenge. La réalité est pourtant bien assez grave comme cela, et plusieurs personnalités ont dénoncé publiquement le cyberharcèlement dirigé contre elles, par exemple Marion Seclin ou Nadia Daam. Ces trois premiers chapitres du livre sont difficiles à lire, car parlant de choses extrêmement douloureuses (même si les agresseurs les considèrent toujours avec légèreté) mais indispensables, pour avoir une idée claire du phénomène. Le livre détaille notamment les nombreuses études qui ont été faites, analysant les motivations des harceleurs (inutile de rappeler que comprendre, ce n’est pas excuser, n’est-ce pas ?)

    Une fois qu’on a étudié le harcèlement, reste à lutter contre lui. C’est l’objet du dernier chapitre. Au moins, maintenant, le problème est nommé et reconnu (ce n’était pas le cas il y a cent ans.) L’État s’en empare, le ministère fait des campagnes, et sensibilise, plusieurs associations sont actives (comme l’APHEE, Marion, la main tendue ou e-Enfance, cette dernière étant spécialisée dans la lutte contre le cyberharcèlement et, au passage, le livre contient énormément d’URL de ressources utiles pour lutter contre le harcèlement).

    Le livre ne fournit bien sûr pas de solution simple et magiquement efficace. Il liste de nombreuses initiatives, de nombreux endroit où trouver des informations et des idées. Les personnes impliquées dans la lutte contre le harcèlement, les enseignant·e·s par exemple, y trouveront des armes contre ces affreuses pratiques. Ne manquez pas également de visiter le blog de l’auteure.

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Stéphane_Bortzmeyer #Cyberharcèlement

  • (cyber)harcèlement - Doc pour docs
    http://docpourdocs.fr/spip.php?article643

    D’ailleurs, quel professeur(e) documentaliste n’a jamais été interpellé(e) par son ou sa chef d’établissement au sujet d’un problème de violence en ligne commis par un ou plusieurs élèves de l’établissement ? A qui n’a-t on jamais demandé, dans l’urgence, de prévoir une ou plusieurs interventions avec une classe pour armer les élèves à mieux vivre un problème semblable ?
    Pour réagir à toutes ces situations nous menons une veille régulière sur le sujet. Mais c’est un travail long… Et nous avons parfois besoin d’une bonne remise à niveau sur le sujet !
    Le livre de Bérengère Stassin, (cyber)harcèlement , est le livre idéal pour découvrir ou se remettre à jour sur toutes les questions de violence en ligne. Indispensable pour les professeurs documentalistes, il sera aussi utile pour les personnels de direction et les CPE concernés par ce sujet. Très accessible, il se lit avec facilité et permet de préciser et de structurer les concepts en lien avec la violence en ligne. Plus encore, le livre propose des pistes pédagogiques et éducatives en prévention des situations de harcèlement.

    Enfin, l’ouvrage offre de pistes institutionnelles et pédagogiques d’intervention et de prévention du cyberharcèlement. Le rôle des partenariats associatifs ainsi que des instances comme le CESC (comité d’éducation à la santé et la citoyenneté) sont précisés. L’auteure relève la nécessaire formation aux compétences psycho-sociales et notamment la formation aux émotions individuelles et collectives notamment dans le cadre du parcours éducatif de santé. Enfin elle souligne et développe le rôle de l’EMI pour renforcer les compétences numériques, informationnelles, médiatiques et communicationnelles des adolescents.
    (cyber)harcèlement est donc un ouvrage à la fois extrêmement précis, documenté et exhaustif sur le sujet des cyberviolences…. Une lecture indispensable !

    Pour vous faire une idée plus précise de son ouvrage, nous avons demandé à l’auteure de répondre à quelques questions. Nous la remercions d’avoir accepté...

    4. Comment pensez-vous que nous pouvons en tant qu’enseignants, et plus précisément professeurs documentalistes, prévenir cette violence ?

    Il faut envisager le harcèlement et le cyberharcèlement comme les deux faces d’une même pièce et les combattre par les mêmes dispositifs et notamment par des dispositifs éducatifs. Dans mon livre je parle de l’éducation à l’empathie, car les émotions jouent un rôle prépondérant dans ces phénomènes. Il faut apprendre aux élèves à verbaliser leurs émotions, mais aussi à reconnaître celles des autres, à se mettre à leur place. Je parle aussi de l’éducation aux médias et à l’information, qui vise, entre autres, à apprendre aux élèves à gérer leur présence en ligne, à comprendre le fonctionnement des médias sociaux, mais aussi à identifier la nature des messages et à faire preuve d’esprit critique. L’enjeu est de leur faire prendre conscience qu’une information compromettante circulant, en ligne ou hors ligne, à l’encontre de tel ou tel camarade n’est peut-être qu’une simple rumeur visant à lui nuire et qu’il n’est probablement pas nécessaire de la relayer ou de la « liker ». Le professeur documentaliste a bien évidemment un rôle clé à jouer dans ces éducations et notamment dans le renforcement de la culture informationnelle et numérique des élèves. En outre, pour travailler sur les émotions, la tolérance, la différence, certains documentalistes mettent en place des ateliers de bibliothérapie. C’est aussi une belle piste à creuser.

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin #C&F_éditions

  • De nouvelles formes de refus violent de l’égalité | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/13/de-nouvelles-formes-de-refus-violent-de-legalite

    « En France, sept cent mille élèves sont victimes de harcèlement scolaire… ». Il ne s’agit pas d’une somme de cas individuels ou de pratiques marginales. Des brimades nouvelles s’ajoutant à d’autres formes de subordination des enfants

    Bérengère Stassin aborde les conséquences du harcèlement scolaire, la nécessité à « reconnaître l’enfant harcelé comme une victime, à ne pas minimiser sa souffrance et encore moins à lui faire porter la responsabilité et à le culpabiliser », les stratégies d’adaptation négatives les conduites auto-agressives, l’enfermement dans le silence, l’isolement, le suicide…

    Elle parle aussi des affaires de sexting et de revenge porn auxquelles de jeunes filles sont confrontées, de la naissance des rumeurs. Elle conclut le chapitre par les stratégies d’adaptation positives comment passer de victime à acteur et actrice de la lutte contre le harcèlement et plus généralement dans la vie…

    Il ne faut pas oublier que les premières violences – dont les violences sexuelles – exercées sur les enfants le sont par des adultes du proche entourage, dont les parents.

    Reste qu’il ne faut négliger aucune des modifications possibles dans les procès d’éducation, permettant de construire l’empathie, la solidarité, l’autonomie, les compétences et les goûts – ici plus particulièrement du numérique – et d’encourager les expériences, les pratiques plus émancipatrices, tant au niveau collectif qu’au niveau individuel.

    De ce point de vue, le livre permet à la fois de connaître les formes prises par la cyberviolence, de comprendre ce phénomène, de nommer et de rendre public des éléments dont les victimes ne sont en rien responsables, d’agir sur des usages et des signes de « reconnaissance », de dégager des pistes de construction sociale de soi…

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Sciences sur la Place 2019 : Bérengère Stassin nous parle du (cyber)harcèlement. | Factuel
    https://factuel.univ-lorraine.fr/node/12147

    Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT Nancy Charlemagne et membre du Centre de recherche sur les médiations (Crem), Bérengère Stassin nous raconte la genèse de son livre et préconise des solutions pour pallier les violences qui s’exercent par le biais des smartphones et des médias sociaux.
    Pourquoi j’ai écrit ce livre

    « J’ai écrit ce livre pour synthétiser les connaissances que nous avons aujourd’hui, grâce à la littérature scientifique, sur le phénomène de cyberharcèlement scolaire, pour montrer que cette nouvelle forme de violence impacte l’identité numérique des victimes, mais aussi des agresseurs, du fait des traces numériques laissées par les contenus publiés en ligne. J’ai également voulu présenter les différents acteurs de la lutte contre le (cyber)harcèlement et les dispositifs éducatifs qui peuvent être mobilisés dans le cadre de cette lutte ».
    De l’identité numérique aux actes malveillants

    « Ma thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication (en 2015) en est le point de départ. Intitulée « Médiations documentaires et médiations identitaires dans une communauté de savoir en ligne : le cas de la blogosphère infodoc », elle questionne la finalité de cet outil de médiation qu’est le blog : un partage d’expériences et de savoirs , des liens qui se tissent peu à peu entre les blogueurs qui finissent par former un tout dynamique, une communauté en ligne. Au sein de cette blogosphère, les acteurs valorisent leurs compétences et leur expertise, construisent leur identité et leur réputation numériques ».

    « Un jour, je suis intervenue dans un lycée pour parler de l’identité numérique et des réseaux sociaux. À l’issue de cette intervention et face aux problèmes exposés par les élèves (insultes en ligne, publication d’images compromettantes), l’idée m’est venue d’étudier les différentes formes de cyberviolence scolaire et donc d’étudier l’identité numérique au prisme de cette nouvelle violence. Je me suis appuyée sur de nombreux faits relatés par les médias et sur des témoignages de victimes publiés sur les médias sociaux. J’ai montré aussi que cette violence frappe partout et dans tous les milieux : à l’université, entre étudiants ou à l’encontre des enseignants, dans le monde professionnel, dans l’espace public et dans les relations conjugales.
    Les clés pour sortir de la (cyber)violence

    « Lorsque sexisme, discrimination physique, racisme, homophobie se révèlent au grand jour et conduisent à des situations dramatiques inacceptables, il est essentiel de mettre en place des solutions pour dépasser ces phénomènes. Aujourd’hui, différents dispositifs éducatifs sont développés au sein de l’école : l’éducation aux médias et à l’information, l’éducation à l’esprit critique, l’éducation à l’empathie. Les enjeux sont multiples : apprendre aux élèves à verbaliser leurs émotions, à mieux se connaître, à se mettre à la place de l’autre, à dépasser les stéréotypes et les préjugés, à réfléchir avant de publier ou de relayer un contenu, à prendre conscience que derrière l’écran, il n’y a pas qu’une machine, mais des êtres humains ».

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • De nouvelles formes de refus violent de l’égalité | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/13/de-nouvelles-formes-de-refus-violent-de-legalite

    Le cyberharcèlement, « la nouvelle bouteille que constituent Facebook, Twitter, Instagram et autre Snapchat ne donne-t-elle pas au vieux vin un nouvel arôme, un nouveau goût… ? ». Pour l’autrice c’est entre autres la « dimension répétitive » qui fait la différence entre le harcèlement traditionnel et le cyberharcèlement. Il convient d’interroger ce dernier « au prisme de la réputation et de l’identité numérique ». Bérengère Stassin indique qu’il n’y a pas de consensus sur la définition du cyberharcèlement, que la question de la répétition est difficile à appréhender. Elle parle d’abolition de frontières, « Cette abolition des frontières et la chambre d’écho que constituent les médias sociaux donnent au harcèlement une nouvelle audience… », de vitesse et de viralité, de pérennité des traces numériques, de banalisation des actes sous couvert de l’humour.

    Je souligne les paragraphes sur les question de « réputation », de nuisance à l’image et à la « réputation » de la victime, du cadre maintenu de la différence (de la double morale en particulier en matière de sexualité) qui s’attache aux filles et aux garçons, des gains de « popularité » au sein des médias sociaux (pour moi, une forme très fétichisée des relations sociales), de l’identité numérique et du rôle des algorithmes, de la construction volontaire d’une « meute », du rôle des « camarades de classe » et des réseaux « amicaux », de l’anonymat et de la désinhibition (le sentiment que l’on peut agir en toute impunité), des clichés liés au genre ou à la sexualité…

    Dans le dernier chapitre Bérengère Stassin propose des pistes pour lutter contre le harcèlement et le cyberharcelement à l’école. Elle insiste sur les dispositifs éducatifs que « sont l’« éducation à l’empathie » et l’« éducation aux médias et à l’« information » » et aborde les différent·es acteurs et actrices de la prévention. Elle parle, entre autres, d’empathie, de « compétences émotionnelles », de socialisation et de sensibilité aux autres, de conscience et d’inconscience, de dispositifs ludiques, du théâtre de l’opprimé d’Augusto Boal, du jeu des trois figures de Serge Tisseron, d’estime de soi, de parcours éducatif de santé, d’éducation aux médias et à l’information (voir chez le même éditeur, le récent livre de Marion Carbillet, Hélène Mulot : A l’école du partage Les communs dans l’enseignement : jecoute-mal-un-sot-qui-veut-que-je-craigne/ ), du fonctionnement des géants du web…

    « Le harcèlement et le cyberharcèlement ne forment bien souvent que les deux faces d’une même pièce. Ils doivent donc être appréhendés ensemble et peuvent être combattus par l’éducation à l’empathie, à l’esprit critique, à l’intelligence des traces, aux médias et à l’information, mais aussi par le développement des compétences psychosociales et émotionnelles : apprendre à exprimer ses émotions pour mieux reconnaître celles des autres, apprendre à se respecter soi-même pour mieux respecter l’autre ».

    Je ne pense pas que l’éducation suffise pour éradiquer les violences, à l’école comme ailleurs. Il faut s’attaquer aux conditions matérielles (et leurs dimensions idéelles) générant les dominations, la compétition, la méritocratie, l’inégalité, les carcans dans lesquels les adultes enferment les enfants et les violences qu’iels exercent directement sur elles et eux, les heurts entre individus soi-disant entrepreneurs/entrepreneuse de soi, l’absence de solidarité, l’individualisation égoïste différente des procès d’individuation, les hiérarchies sexuelles et/ou racistes, l’omniprésence des GAFAM (collecte de données et revente, dictature des algorithmes…), le fétichisme des outils, l’immédiateté opposée à la réflexion, le fantasme de reconnaissance (like)…

    Il ne faut pas oublier que les premières violences – dont les violences sexuelles – exercées sur les enfants le sont par des adultes du proche entourage, dont les parents.

    Reste qu’il ne faut négliger aucune des modifications possibles dans les procès d’éducation, permettant de construire l’empathie, la solidarité, l’autonomie, les compétences et les goûts – ici plus particulièrement du numérique – et d’encourager les expériences, les pratiques plus émancipatrices, tant au niveau collectif qu’au niveau individuel.

    De ce point de vue, le livre permet à la fois de connaître les formes prises par la cyberviolence, de comprendre ce phénomène, de nommer et de rendre public des éléments dont les victimes ne sont en rien responsables, d’agir sur des usages et des signes de « reconnaissance », de dégager des pistes de construction sociale de soi…

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Violence_scolaire