• Centenaire de l’armistice : au lendemain de la guerre, la cause féministe recule - LCI
    https://www.lci.fr/france/centenaire-de-l-armistice-contre-toute-attente-au-lendemain-de-la-guerre-la-caus

    Entre 1914 et 1918, les femmes participent à l’effort de guerre prenant la place de leur mari ou de leurs fils partis au front. Si la mémoire collective retient l’idée d’une période particulièrement émancipatrice, le bilan de ces quatre années s’avère nettement moins positif. Bien au contraire.
    10 nov. 18:14 - Audrey LE GUELLEC

    Une femme aux cheveux courts abandonnant le corset et affirmant son indépendance. Si l’image de « la Garçonne » comme symbole d’une Grande Guerre émancipatrice pour les femmes est dans les esprits, la réalité est plus nuancée. A la veille de la Grande Guerre, la lutte pour l’obtention des droits politiques est prioritaire pour les organisations féministes. « Déjà à l’époque, on assistait à de nombreux congrès internationaux », explique Françoise Thébaud, spécialiste de l’histoire des femmes, soulignant que contrairement aux idées reçues, il existait bel et bien un féminisme organisé avant 1914. « Des militantes françaises, allemandes, britanniques, américaines ou hollandaises se réunissaient dans ces fameux congrès au cours desquels, elles ont affirmé leur pacifisme tout d’abord mais aussi qu’elles avaient des droits. » C’est le fameux mouvement de la première vague féministe qui court des années 1850 à 1945 en Europe et aux États-Unis.
    Mais à compter du 2 août 1914, la plupart des hommes en âge de travailler est mobilisée, laissant le pays aux mains des femmes. Alors qu’une société nouvelle s’organise, le féminisme perd de son élan. « La guerre est une rupture puisque dans chaque pays on arrête de revendiquer et de considérer les sœurs des pays alliés comme des sœurs de combat », explique l’historienne.

    Que se passe-t-il pendant la guerre ?

    En véritables combattantes de l’arrière, les femmes remplacent peu à peu les hommes partout, des champs aux usines en passant par le foyer. « Ce serait faux de dire que la guerre a mis les femmes au travail parce qu’elles représentaient déjà plus d’un tiers de la population active avant 1914. Néanmoins, dans le secteur industriel et commercial, il y a une forte croissance du travail féminin et il y a surtout un transfert du secteur à main d’œuvre féminine vers des secteurs plus mixtes comme la métallurgie, la mécanique, la chimie », souligne la spécialiste s’appuyant sur l’exemple des usines de guerre où la main d’œuvre est formée d’environ un quart de femmes surnommées les munitionnettes. Tandis que des secrétaires de mairie remplacent les maires mobilisés, des enseignantes remplacent leurs homologues masculins dans les classes de garçons.

    Dans les foyers, les femmes incarnent désormais les « chefs de famille » puisqu’elles sont chargées de pourvoir aux besoins et à l’éducation des enfants, grâce à une mesure temporaire permettant au juge de leur donner procuration. Parallèlement, la séparation massive des couples pendant la Grande Guerre suscite une importante correspondance, incitant maris et femmes à une sorte d’introspection. « Parler de soi, de ses sentiments et même de ses désirs sexuels », détaille l’historienne, évoquant une « écriture proche du journalisme ».

    Une seule revendication concrétisée après-guerre

    « Regardez ce que les femmes ont été capables de faire, elles méritent des droits », diront les militantes à la fin de la guerre dont on commémore le 100e anniversaire. La question du droit de vote des femmes revient dès la fin 1917.

    Pourtant, la seule avancée demeure un décret de 1924 qui invite les lycées de jeunes filles à ouvrir des classes de baccalauréat. Objectif ? Permettre la poursuite d’études, en entrant à l’université. « Ne pas devenir ce qu’était leur mère en somme », résume Françoise Thébaud. Et de détailler : « Qu’attend-on d’une jeune bourgeoise avant 14 ? Qu’elle se marie et qu’elle devienne une maîtresse de maison, une mère de famille et s’occupe éventuellement avec des œuvres charitables. » L’accès aux études peut, éventuellement, lui ouvrir d’autres horizons. Mais peu seront concernées.

    Le vœu pieux du droit de vote
    La guerre a plutôt été un frein, dans l’obtention de droits qui semblaient presque acquis parce qu’une société qui sort d’une guerre est une société en deuil, traumatisée.Françoise Thébaud, historienne

    Au lendemain de la première guerre mondiale, le droit à la contraception, déjà évoqué au début du siècle, fait son retour. Mais au plus mauvais moment. Cette revendication « va être stoppée net par la loi de 1920 qui interdit la contraception », souligne Sylvie Chaperon, spécialisée dans l’histoire du féminisme. Il faut repeupler la France. « Ce texte va permettre de persécuter le mouvement, d’arrêter les leaders et de censurer leur presse », détaille l’historienne.

    Deux autres revendications d’avant-guerre vont rester vaines. La première concerne la modification du code civil napoléonien qui fait de la femme mariée une mineure juridique soumise à son mari. Il faudra attendre 1938 pour que l’incapacité civile de la femme mariée soit supprimée. S’agissant du droit de suffrage des femmes, il faudra attendre 1944 pour que ce droit soit obtenu malgré une première loi française pour le droit de vote des femmes proposée en 1919, puis rejetée par le Sénat en 1922. « La France apparaît extrêmement réactionnaire ou en retard malgré les nombreux débats sur le sujet dans l’entre-deux guerres », souligne Françoise Thébaud. Selon elle, la guerre a « plutôt été un frein, dans l’obtention de droits qui leur semblaient presque acquis à la veille de la guerre parce qu’une société qui sort d’une guerre est une société en deuil, traumatisée. »

    A la fin de la guerre, les discours sont contradictoires. « On dit aux femmes ‘il faut rendre la place aux hommes qui reviennent du front, votre devoir c’est de repeupler le pays’. Mais en même temps il y a un réel besoin de main d’œuvre, » explique Françoise Thébaud. S’enclenche alors une féminisation du secteur tertiaire, de nombreuses femmes quittant des métiers traditionnellement féminins pour devenir factrices, conductrices de tramways ou encore employées de banque. « D’ailleurs, la figure de la femme au travail devient la femme du tertiaire, l’employée. C’est la première guerre mondiale qui permet ça », souligne l’historienne, avant d’ajouter. « Pour le milieu ‘petit Bourgeois’, c’est important aussi que le tertiaire se féminise parce qu’il est accepté socialement que ces filles deviennent des employés. Travailler comme employée de banque c’est plus respectable que comme ouvrière. »

    Des modifications s’opèrent également en dehors du monde du travail, dans la sphère privée. Une récente thèse qui s’intéresse au retour des soldats dans les foyers souligne notamment une augmentation des divorces. « Cela peut être considéré comme un rattrapage car il était difficile de divorcer pendant la guerre, mais ce qui est vraiment nouveau après-guerre c’est que les demandes émanent des hommes, qu’ils accusent leur femme d’adultère. » Ainsi, en 1918, 59% des divorces sont prononcés aux torts de la femme.

    #backlash #femmes #historicisation


  • Quand la fécondité repart à la hausse

    https://orientxxi.info/magazine/quand-la-fecondite-repart-a-la-hausse,1889

    Quand la fécondité repart à la hausse

    De l’#Égypte à la Jordanie · La transition démographique dans la plupart des pays arabes semblait acquise. Le nombre d’enfants par femme diminuait régulièrement. Or voici qu’il repart à la hausse, un phénomène rare quelles que soient les sociétés. Les raisons sont multiples, complexes et bouleversent les idées reçues.

    Françoise de Bel-Air > 6 juin 2017

    #démographie #égypte


  • Eugénie Bastié : « Après #MeToo, il y a un climat détestable de suspicion généralisée entre les sexes »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-24-septembre-2018


    #backlash
    Odile Fillod partage :

    Hier matin, Eugénie Bastié était invitée sur France Inter pour parler du livre dans lequel elle fustige le mouvement #MeToo. Cette catholique conservatrice revendiquée, dont le militantisme suit consciencieusement le chemin tracé par le Vatican (anti-féministe, anti-"theorie du genre", anti-ABCD de l’égalité, pour une « écologie intégrale », etc), lancée dans l’arène médiatique en 2013 par le magazine Causeur, avait signé en avril dans ce dernier un vibrant appel : « Peggy Sastre, contre #balancetonporc, que nos luttes convergent ! ». En l’occurrence, leur point de convergence fondamental est ce qui motivait la tribune de Peggy Sastre & co : la croyance en une asymétrie naturelle du désir avec, en gros, d’un côté les hommes animés d’une pulsion sexuelle « par nature offensive et sauvage » se déclenchant à la vue du corps des femmes, et de l’autre les femmes animées du désir d’être désirées, attendant qu’un homme manifeste leur désir pour elles (c’est pourquoi il faudrait défendre la « liberté d’importuner » des hommes, qui serait « indispensable à la liberté sexuelle »). Bastié ne fait comme tant d’autres qu’afficher sans le savoir la pauvreté de sa propre sexualité, que son ignorance de la réalité biologique lui permet de prendre pour une généralité. Je la plains sincèrement de n’avoir jamais connu « l’équivalent de l’érection intempestive »... Verbatim d’un extrait de son itw :
    Léa Salamé : « Je comprends pas en quoi c’est incompatible de vouloir à la fois une liberté sexuelle et une sécurité sexuelle. Pourquoi c’est incompatible ? »
    Eugénie Bastié : « Moi, ce qui m’a marqué dans le discours de Natalie Portman, c’est cette idée... Enfin, c’est un peu son... Comment dire... Quand elle dit faisons la révolution du désir, je veux désirer, je veux afficher mon désir et en même temps que ce désir, finalement, ne suscite rien chez l’autre, et que ce désir ne... enfin... C’est la dimension complètement narcissique de cette... de cette.... de cette injonction. Finalement l’autre ne compte pas, il n’y a que ’moi moi moi’ qui expose mon désir, sans me soucier des conséquences que ça peut avoir sur l’autre. Et je pense, c’est ce que j’essaie d’expliquer dans le livre, qu’il y a une asymétrie du désir masculin et féminin et qu’en effet, la manière dont les hommes désirent et regardent le corps de la femme n’est pas la même que la manière dont les femmes désirent et regardent le corps des hommes. »
    Léa Salamé : « Pourquoi ? »
    Eugénie Bastié : « Parce que, il y a une asymétrie du désir. Par exemple, il n’y a pas l’équivalent de l’érection intempestive chez les femmes. Elle existe chez les hommes. [...] Non mais je veux dire, le corps des femmes affecte le regard des hommes, c’est une donnée. La question, c’est... évidemment, il faut empêcher ce regard, qui peut être concupiscent, de devenir un acte d’agression, c’est tout le travail de la civilisation, mais je pense qu’on peut pas effacer cette asymétrie radicale, au départ. »
    A écouter sur

    • Rappelons que la croyance affichée par Eugénie Bastié en une asymétrie naturelle fondamentale entre femmes et hommes en matière de désir sexuel (voir mon post précédent), avec les conséquences qu’elle en tire, est malheureusement largement partagée.
      Pour Bastié, cette « asymétrie radicale » a notamment pour conséquence la nécessité d’un côté d’apprendre aux hommes à « civiliser » la présumée concupiscence naturelle envahissante les poussant volontiers à l’agression, et d’autre part d’apprendre aux femmes à « se soucier des conséquences sur l’autre » - en clair, apprendre aux femmes à être pudiques, et à défaut leur faire comprendre qu’il est de leur responsabilité de soulager les hommes de l’excitation qu’elles ont causé chez eux, ou tout au moins leur apprendre à accepter sans « se victimiser » les initiatives que cela déclenche chez eux (d’ailleurs, « une main aux fesses n’a jamais tué personne », rappelle-t-elle si finement et si utilement).
      Pour Franck Ramus, membre du Conseil Scientifique de l’Education (on en frémit, mais ce n’est heureusement pas au titre de ses opinions sur ce sujet-là qu’il a été sollicité), c’est à peu près la même chose. Partant du principe que « les garçons et les filles ont des prédispositions différentes (en particulier en ce qui concerne la sexualité et la violence) », il appelle à fournir « aux hommes et aux femmes une éducation spécifique à ce sujet et en partie différenciée » : « Par exemple, éduquer les hommes 1) à mieux connaître leurs désirs sexuels, les conditions qui les déclenchent, les conséquences possibles, et les moyens de les gérer efficacement ; 2) à mieux connaître les biais cognitifs qui peuvent les conduire à mal interpréter les signaux des femmes ; et 3) les instruire de manière très explicite sur le fait qu’aucune pulsion sexuelle ne peut justifier de passer outre un consentement [...]. Symétriquement, éduquer les femmes d’une part sur les désirs sexuels des hommes et les conditions qui les déclenchent, d’autre part sur les signaux qu’elles émettent (volontairement ou pas) et la manière dont ils peuvent être interprétés (à tort ou à raison) par les hommes [...] »

      http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/ecueils-debat-differences-cognitives-cerebrales-sexes
      #victimes_bashing

    • J’ai le droit d’inventer le tag #érection_intempestive ? :-)))

      Ce qui est très frustrant quand on donne la parole à certain·e·s, c’est qu’on se dit qu’on devrait tous passer un permis d’émettre des pensées complexes et ne pouvoir parler dans le poste qu’à la condition d’avoir son permis. Et on pourrait même instituer un permis à point... comme ça, les Zemmour et cie pourraient enfin être dispensés de s’exprimer...

    • Les pauvres, en effet ! Le seul truc rassurant, c’est que Bastié a l’air gêné aux entournures, cette pauvre jeune femme qui attend qu’on la regarde pour désirer quelqu’un. J’aurais envie de lui prêter mon vibro (je l’ai très très peu utilisé, c’est pour ça que j’en parle à l’aise) pour lui faire découvrir que les meufs aussi, ça peut être on-off ! Et encore moins besoin d’être amoureuse. Merde, y’a une femme sur deux qui ne se masturbe pas, il y a encore plus de femmes qui ignorent être dotées d’un clitoris que d’hommes qui savent où c’est, c’est la misère ! Et c’est une misère qui est organisée pour mettre à disposition les femmes aux hommes. Alors leur nature humaine à deux balles... qu’ils s’en fassent des boules de geisha !


  • South Korean women fear acid attacks in backlash over rights protests
    https://www.telegraph.co.uk/news/2018/09/02/south-korean-women-fear-acid-attacks-backlash-rights-protests/?WT.mc_id=tmg_share_tw

    The organisers of the largest women’s rights protests South Korea has ever witnessed say they have been forced to hide their identities after threats of acid attacks and the risk of losing their jobs in a backlash against an unprecedented wave of female-led activism.

    In a rare interview, the group, which calls itself ‘Women’s March For Justice’, told The Telegraph that “we are ridiculed and even fired from our jobs because we speak out … women can only survive by maintaining their anonymity because Korean society is run by men.”

    The traditionally conservative society of Asia’s fourth largest economy has seen snowballing protests against sexist behaviour since the start of the year after a female public prosecutor went public with allegations of workplace sexual harassment, adding a Korean voice to the global #MeToo movement.

    “On the day of the protest there were men who were live streaming the event on the internet by shooting videos of the protestors’ faces … There were people on the internet claiming that they will attack the protests with acid, and these men formed an online live chat groups to organise themselves,” said the group behind the event.

    “There was even a case where a man followed a protester to the house screaming why she was taking part in such protests.”


  • #MeToo : le retour de bâton médiatique… dans les pages de L’Obs

    http://www.slate.fr/story/165545/hommes-apres-metoo-dossier-lobs-masculinite-retour-baton-mouvement-feministe-e

    #backlash

    Les fameux hashtags ont été lancés en octobre 2017 (le mouvement Me Too, lui, existe depuis 2007). Cela fait donc dix mois, durée suffisante pour que tout être pourvu d’un cerveau puisse entreprendre une phase d’introspection. Autrement dit, depuis octobre, tout homme se sentant concerné aurait eu le loisir de se mettre enfin à réfléchir sur lui-même, de prendre conscience de ses privilèges, de réaliser qu’il a, d’une façon ou d’une autre, contribué à cette gigantesque entreprise de maltraitance des femmes.

    Il semble déjà assez aberrant que tant d’hommes aient dû attendre l’éclosion des hashtags et la prolifération de reportages dans les médias (une prolifération éphémère, comme un effet de mode) pour réaliser qu’autour d’eux, partout, tout le temps, des femmes vivaient en insécurité parce qu’elles étaient traitées comme des êtres inférieurs et/ou des objets sexuels. Mais admettons. Admettons que, par inattention, ils n’aient rien vu jusque-là (« Je ne m’étais jamais rendu compte », m’a dit un proche, un peu penaud). #MeToo et #BalanceTonPorc étaient justement là pour les aider à ouvrir enfin grand les yeux sur ce problème dont ils sont la cause.

    Dix mois après, il est temps de faire le bilan, non ? Le dossier de L’Obs est parfaitement représentatif de l’avancée (ou de la non-avancée) des opérations. Quatre pages de reportage sur un camp proposant aux hommes d’« explorer leur masculinité », durant un stage de deux jours (dont, au passage, la non-mixité ne dérange personne alors qu’elle crée la polémique ailleurs), c’est très bien, parce que la pensée masculiniste doit être combattue.

    Mais quel est l’effet de ce reportage au sein d’un tel dossier ? Détourner une nouvelle fois les yeux des problèmes du quotidien. Pour un homme, lire un article sur des types qui vivent nus dans la forêt en scandant des psaumes à la gloire de leur masculinité, c’est finalement assez rassurant. On se dit que ces types sont fêlés, que leurs femmes n’ont pas de bol, et puis on tourne la page sans se poser de question sur soi-même. Pourquoi le faire, puisqu’on est forcément moins extrême que ces mecs ?

    • Il y a une petite partie sur les #incels et la prétendue #misère_sexuelle

      Rien que la notion de « misère sexuelle » pose problème, comme l’expliquait Daphnée Leportois dans un article publié sur Slate peu après le massacre perpétré par Minassian. Sur Twitter, suite à sa lecture de l’article d’Eva Illouz, qui l’a scandalisée à juste titre, une utilisatrice résumait les choses en quelques mots : « La misère sexuelle n’existe pas, c’est la nostalgie de la domination sur les corps féminins ». On parle bien de la perte de ce que les hommes considéraient comme un acquis, et qu’ils vivent mal de voir leur échapper.


  • Quel avenir pour #MeToo après les accusations contre Asia Argento ? - La Parisienne
    http://www.leparisien.fr/laparisienne/actualites/accusations-contre-asia-argento-metoo-ce-sont-des-milliers-de-femmes-20-0

    « L’arroseuse arrosée. On ne se méfie jamais assez des marchands de vertu, des donneurs et des donneuses de leçons. » Voilà comment l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert a réagi ce lundi matin aux accusations d’agressions sexuelles portées contre l’actrice italienne Asia Argento, l’une des principales dénonciatrices du producteur américain Harvey Weinstein.

    Ce lundi, le New York Times (NYT) a révélé que la quadragénaire, fer de lance du mouvement #MeToo, avait versé près de 400 000 dollars à l’acteur Jimmy Bennett pour réparer le traumatisme d’une relation sexuelle qu’ils auraient eue en 2013. Le jeune homme n’avait alors que 17 ans et l’actrice était de 20 ans son aînée.

    « C’est accablant parce que ça va affaiblir la parole de toutes les autres victimes #Metoo. Comment peut-on se présenter en justicière quand on se sait coupable ? », s’est encore interrogée Françoise Laborde, membre du CSA et du réseau Pour les femmes dans les médias (PFDM).

    LIRE AUSSI >Asia Argento, une porte-voix dans la tourmente

    A cette question, toutes les militantes féministes et dénonciatrices d’agressions sexuelles et de harcèlement, que Le Parisien a interrogées ce lundi, ont la même réponse. Sans se prononcer sur l’éventuelle culpabilité d’Asia Argento, toutes assènent qu’« une victime d’agression sexuelle, de viol ou de harcèlement n’est pas parfaite ! ».

    Noémie Renard, auteure d’« En finir avec la culture du viol » (Les Petits Matins, 2018), le résume ainsi : « On peut être à la fois victime et agresseur […] Comme Asia Argento aurait été violente, on estime qu’elle n’a pas pu subir d’agressions, ça n’a aucun sens. »
    « Personne ne peut avoir une vie irréprochable »

    « Il y a un empressement quasi-jubilatoire à se saisir de cette affaire pour tenter d’enterrer le mouvement MeToo », relève Alice Coffin. La co-fondatrice du collectif féministe La Barbe se dit « écœurée » par les réactions de certaines personnalités et estime que « cette affaire est un outil supplémentaire donné à ceux qui opposaient déjà une résistance acharnée à #MeToo ». La militante dénonce par ailleurs de « classiques tentatives de déstabilisation d’un mouvement ».

    Sous couvert d’anonymat, l’une des quatre élues EELV qui avaient accusé l’ancien député écologiste Denis Baupin de harcèlement et d’agressions sexuelles en 2016 confirme au Parisien l’existence d’un tel « mécanisme » : « Dès qu’on commence à parler, on va chercher tous nos écarts ». Celle qui devrait répondre dans les prochaines semaines à des accusations de diffamation se rappelle avoir « très vite vu des gens nous accuser de vouloir faire un coup politique, d’être des manipulatrices ». Et de confirmer : « Personne ne peut avoir une vie irréprochable mais ça n’autorise pas qu’on nous harcèle ou qu’on nous agresse. »

    De son côté, Sandra Muller, journaliste qui a lancé #balancetonporc, le pendant français de #MeToo, n’hésite pas à pointer du doigt un « système Weinstein » qui ferait tout pour étouffer les scandales.

    « Cette affaire tombe bien pour décrédibiliser ces femmes qui dérangent. Briser le silence coûte cher », estime Sandra Muller, nommée – parmi d’autres femmes — comme personnalité de l’année par le Time Magazine pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel. Selon la Française établie à New York, « ils vont essayer de démonter le mouvement au fur et à mesure, mais ça ne marchera pas ! ».
    « Continuer à faire exister le combat »

    Même son de cloche pour Alice Coffin qui considère l’affaire Asia Argento comme un « épiphénomène » qui va simplement « épuiser un peu plus les militantes féministes ». Ces dernières « devront redoubler d’énergie pour continuer à faire exister le combat ».

    Mais Asia Argento « n’est pas l’unique représentante de ce mouvement, rappelle toutefois Noémie Renard. #MeToo, ce ne sont pas seulement des stars de cinéma, ce sont des milliers de femmes. On ne peut pas remettre en cause leur témoignage. »

    #backlash

    • https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2323115-20180821-affaire-asia-argento-violences-sexuelles-question-pouvoir

      « Les gens vont utiliser cette histoire pour discréditer le mouvement. Ne les laissez pas faire. » Tarana Burke, la fondatrice du mouvement #MeToo, a réagi lundi aux révélations du New York Times sur l’argent versé par Asia Argento au jeune homme qui l’accuse d’agression sexuelle.

      « Nous sommes tous des humains imparfaits et nous devons tous être tenus responsables de notre comportement », estime Tarana Burke au sujet de l’actrice italienne, devenue une figure de proue du mouvement après ses accusations contre Harvey Weinstein.

      « J’ai toujours dit que le mouvement #Metoo était pour tout le monde, poursuit Tarana Burke, y compris ces jeunes hommes courageux qui parlent maintenant. On sera toujours bouleversés quand on entend les noms de nos personnes préférées en lien avec des affaires de violences sexuelles, sauf si on commence à parler moins des individus et davantage du pouvoir.
      « Les violences sexuelles sont une affaire de pouvoir et de privilège »

      « Les violences sexuelles sont une question de pouvoir et de privilège, estime-t-elle encore. Cela ne change pas si leur auteur est votre actrice, activiste ou professeur préféré, quel que soit son genre. »Elle a dit espérer qu’« à mesure que d’autres vont parler, en particulier des hommes, on se prépare à de difficiles conversations sur le pouvoir et l’humanité, le privilège et le préjudice. C’est moins un problème de crime et de châtiment que des blessures et de comment les prévenir. »

      L’actrice Rose McGowan, autre accusatrice d’Harvey Weinstein et figure de #MeToo, a dit avoir le cœur brisé après les révélations du New York Times, tout en appelant à la « mesure ». L’avocat d’Harvey Weinstein a lui dénoncé « l’hypocrisie » d’Asia Argento.

    • https://www.20minutes.fr/arts-stars/people/2322983-20180820-affaire-asia-argento-bien-certains-vont-jeter-affaire-den

      Ce n’est malheureusement ni le premier, ni le dernier dossier de la sorte qui sortira. J’ai toujours prôné la dénonciation avec #Balancetonporc, et non la délation et l’anonymat. Or, là, c’est une source non identifiée qui a envoyé les documents au New York Times, qui plus est de manière cryptée. En plein procès Weinstein. Après l’arrestation pour possession de drogue de Rose McGowan puis les mails échangés entre le producteur et une victime de viol, nous entrons dans une nouvelle ère là. Constituer des dossiers va être le nouveau jeu. Weinstein a lancé des enquêtes sur toutes les femmes qui l’accusent, près de 100.
      Quelles conséquences pour le mouvement, faut-il qu’il se renouvelle ?

      J’ai du mal à me dire qu’Asia Argento se serait engagée comme elle l’a fait, si elle avait fait quelque chose de mal, qu’elle avait quelque chose à se reprocher. Mais le mouvement #MeToo et #Balancetonporc, ce n’est pas seulement elle, qui est d’ailleurs peu connue aux Etats-Unis, c’est aussi Rose McGowan, Alyssa Milano, etc. Bien sûr, certains vont se jeter sur l’affaire pour dénigrer tout le mouvement. Il ne faut pas leur donner plus de crédit que ça, ces 5 % sont ceux qui font le plus de bruit, et parfois de mal, car ils veulent garder le pouvoir et l’utiliser sur qui bon leur semble. Ceux qui vont crucifier Asia Argento sont les mêmes qui demandaient de ne pas condamner trop vite Weinstein​, d’attendre son procès.


  • Le transracialisme existe-t-il? (et pourquoi serait-il moins accepté que la transidentité?) | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/165422/transracialisme-etre-blanc-se-sentir-profondement-noir-ou-inversement-acceptat

    « L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine »

    On retrouve le même type de critiques s’agissant des personnes transgenres, dans une frange minoritaire des milieux féministes, qui reprochent aux femmes transgenres de pouvoir « choisir » leur sexe sans avoir vécu l’oppression qui va avec (alors que l’identité de genre est bien plus souvent présentée comme une nécessité intérieure, et non un choix, par les personnes trans elles-mêmes). Au Royaume-Uni, quand les conservateurs britanniques ont soutenu une réforme du changement d’état civil pour les personnes trans passant par une simple déclaration, nombre de ces Terf, pour « trans exclusionary radical feminists », se sont insurgées, dénonçant une ruse pour leur piquer des places sur les listes électorales. « L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine », ont tonné une dizaine de femmes du Labour, indiquant que 300 d’entre elles avaient quitté le parti à cause de ces nouvelles règles.

    En France, ces positions ont moins d’audience dans les milieux féministes, mais elles existent, par exemple sous la plume d’une des figures du Mouvement de libération des femmes (MLF), Christine Delphy : « L’identité n’est pas quelque chose que l’on se forge tout seul, c’est quelque chose qui vous est imposé. [...] Je pense que là-dedans il y a une négation de la réalité du genre, qui est quelque chose de social, et pas quelque chose de sexuel ou biologique. Et une négation de l’oppression des femmes », faisait valoir en mars la philosophe et sociologue dans l’émission « Vieille Branche » (à partir de 52’06) :

    @aude_v ca pourrait t’interessé.

    • Si la transidentité est mieux acceptée (même si tout est relatif) dans les milieux féministes que le transracialisme, c’est peut-être aussi parce qu’il n’y a jamais vraiment eu, au fond, de « classe des femmes » solidairement unie contre la « classe des hommes », comme il y a eu une solidarité des Noirs contre l’oppression des Blancs. Parce que femmes et hommes ne peuvent vivre séparément, et ne l’ont jamais complètement fait, tandis qu’il a existé des quartiers complètement ségrégés, où Noirs et Blancs étaient séparés. Et parce que par conséquent une femme transgenre ou un homme transgenre ne peut être regardé –du moins par les femmes féministes– comme un « traître à sa classe », au même titre qu’un Noir ou un Blanc qui « passe » de l’autre côté pourrait l’être, à cause de cette histoire.

      Ici ca me semble faux, car les hommes ont de nombreuses occasions de vivre loin des femmes (monastères, contexte millitaire, contexte le pouvoir, de religion) alors que les femmes en non-mixité restent toujours sous la coupe d’un homme, par exemple les nonnes sont toujours dominées par les prêtres qui les violent massivement d’ailleurs.
      L’article oublie les communauté lesbiennes et le village de Umojia par exemple. Si il y a si peu d’exemple c’est parceque les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour que l’idée même de vivre sans eux ai l’air impossible, en effacant la mémoir, comme ici par exemple ou les expérience de communautées de femmes sont purement et simplement niées.

    • Peut-être qu’Arnaud Gauthier Fawas n’est pas blanc, selon une définition « génétique » ou « héréditaire » très américaine de la chose, mais puisqu’il est perçu comme tel la plupart du temps, il bénéficie largement des « privilèges » qui vont avec, c’est-à-dire qu’il n’écope pas des discriminations dont souffrent en France les personnes perçues comme arabes ou noires. Peut-être a-t-il déjà vécu du racisme lié à son ascendance libanaise, mais cette raison paraît un peu faible pour compenser le fait qu’il y a bien quatre hommes perçus comme blancs sur le plateau d’Arrêt sur images…

      Pareil pour les privilèges masculins...

      Qu’en serait-il si chacun et chacune pouvait avoir entièrement la capacité à s’autodéfinir, sans trop de lien, ou un lien seulement faible, avec la réalité perçue et la réalité sociale vécue ? Telle est la question que pose le geste d’Arnaud Gauthier Fawas, dont les implications ne sont pas sans difficultés. Au Brésil, les débats autour des quotas pour les citoyens et citoyennes noires de peau ont commencé à s’envenimer le jour où certains ont remarqué que davantage de personnes claires de peau postulaient.

      Au Brésil, c’est différent. J’ai vu des Brésilien·nes se définir comme blanc·hes alors que je les dirais métissées (et en France un flic les définirait comme « à contrôler » ou non-blanc·hes, ce qui est le truc le plus important). Il y a une petite classe riche blanche, presque tout le monde est métissé dans la classe moyenne et en-dessous il y a les personnes noires qui sont traitées comme telles et c’est ça qui fait la différence. (Je caricature mais la race au Brésil est assez congruente avec les hiérarchies socio-éco.) Il est donc assez facile à la population métissée de faire les transfuges. La malhonnêteté sur le fait qu’on a bénéficié ou bénéficie de privilèges ouvre la porte à l’impossibilité de faire des politiques pour les personnes qui n’ont pas le choix de ne pas se faire traiter comme de la merde. (Ex de mauvaise foi : @mona racontait que Sarko se définissait comme issu d’une famille modeste parce qu’il mangeait du saumon sous plastique au lieu de l’acheter à la coupe.)

      Mais le regard sur la transidentité dans les milieux progressistes et féministes est très différent de celui sur le « transracialisme ». Même si les personnes transgenres font l’objet d’une exclusion encore très forte au niveau social, les milieux progressistes et féministes prônent plutôt tolérance et compréhension à leur égard.

      Et de la complaisance aussi, rien qu’un peu. Par exemple, arriver à faire appeler les meufs essentialistes/opposées à l’auto-détermination/à la présence de femmes trans en milieu féministe (mélanger les trois dans un shaker alors que ça ne veut pas dire la même chose) sous l’insulte de TERF par la petite journaliste blanche que je suppose hétérote, c’est le genre de complaisance dont bénéficie cette partie des mouvement trans qui prône l’auto-détermination et chie sur les besoins (de sécurité, notamment) des femmes cis.

      la même critique vaudrait alors pour les personnes trans, qui sont nombreuses, comme Caitlyn Jenner, à se délecter de longues robes et de talons hauts, réflexe qu’on peut comprendre simplement avec un peu d’humanité, puisque cet amour des signes féminins découle tout simplement du fait qu’ils leur ont été interdits pendant longtemps.

      « Bonjour, je m’appelle Aude et je sais pourquoi beaucoup de trans sont super genrées. » Bravo ! En fait, non, pas toutes, pas plus que les meufs cis, et il n’y a aucune bonne raison. Mais c’est l’été, il fait chaud, on comprend.

      Comme dit plus haut, certaines personnes métisses sont très fières de se revendiquer noires, car elles s’inscrivent dans cette histoire de luttes, retournant le stigmate en un atout de fierté. Qu’on puisse leur dérober ceci leur paraît parfaitement insupportable. Le genre semble relever par contraste d’une dimension plus intime. « La race me semble engager davantage d’emblée des communautés et des relations socio-politiques », suggère Magali Bessone.

      Ben non, on est nombreuses à percevoir notre sexe comme une caractéristique pas importante montée en épingle socialement ! Mais oui, ça appelle à retrouver le sens de la solidarité entre meufs.


  • #MeToo : le retour de bâton médiatique… dans les pages de L’Obs | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/165545/hommes-apres-metoo-dossier-lobs-masculinite-retour-baton-mouvement-feministe-e

    Un dossier spécial du dernier numéro de L’Obs interroge la condition des hommes après la libération partielle de la parole des femmes. Au lieu de s’inquiéter de leur bien-être, il aurait fallu se demander pourquoi ils n’avaient pas avancé d’un pouce.

    #domination_masculine #backlash #masculinité #déni #metoo #alliés


  • Un siècle avant Weinstein, les femmes dominaient Hollywood | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/158509/hollywood-dirige-femmes-annees-1920

    « Si ceci est un monde d’hommes, Hollywood est une ville de femmes, une ville d’Amazones modernes dirigées par de belles et astucieuses femmes qui, de leur trône de glamour, déploient via celluloïd leurs standards aux quatres coins de la Terre. Professionnellement, financièrement, socialement, elles dominent Hollywood, et donc l’industrie du cinéma. »

    Ces mots ne viennent pas d’une dystopie féministe pour ados. Non, ils ont été écrits dans un article intitulé « La Bataille des Sexes » du très sérieux magazine de cinéma Picture-Play… en 1934. C’est ainsi que commence cette histoire, comme une parenthèse en début de phrase, comme un moment enchanté et rare durant lequel les femmes avaient le pouvoir.

    Un système égalitaire

    Au début du siècle, en Amérique, si le théâtre, en tant que forme dominante de spectacle et de divertissement, était bien un monde d’hommes, le cinéma, lui, était une marge. Il n’était pas une profession « respectable ». Il n’était pas pris au sérieux. Les femmes, comme les juifs, y trouvaient donc un refuge, un lieu où elles et ils pouvaient s’exprimer, pratiquer des métiers dont elles et ils auraient été écartés d’emblée en raison de leur religion ou de leur sexe.

    En photo dans les pages du magazine Photoplay d’octobre 1916, Margery Ordway y était devenue « cadreuse aussi nonchalamment que d’autres filles seraient devenues sténographe, infirmière ou femme au foyer ». Citée par Lizzy Frank dans son essai Script Girls, la scénariste Beulah Marie Dix, créditée de dix films sur la seule année 1917, expliquait le fonctionnement d’Hollywood à ses débuts :

    « C’était très informel à cette époque. Il n’y avait pas de syndicats. Personne sur le plateau ne faisait ce pourquoi il avait été engagé. J’ai fait figurante, j’ai accroché des lumières et tous ceux qui ne faisaient rien réécrivaient les notes du réalisateur sur le scénario… J’ai passé aussi beaucoup de temps dans la salle de montage. »


    Beulah Marie Dix | Book news via Wikimedia

    Le système était égalitaire : la moitié des films sortis entre 1911 et 1925 étaient écrits par des femmes. Les deux sexes travaillaient côte à côte, sans discrimination. Celles qui le voulaient y arrivaient et obtenaient devant et derrière la caméra les métiers de pouvoir qu’elles ne trouvaient pas ailleurs, dans « ce monde d’hommes », productrice, réalisatrice, monteuse, costumière, scénariste, décoratrice et bien sûr actrice.

    « Pourquoi devrais-je être nerveuse ? J’ai vu des hommes avec moins de cerveau que moi s’en tirer très bien », répondait Cleo Madison à un journaliste avant de prendre les rennes de son premier film en tant que réalisatrice après être devenue une star en tant qu’actrice.
    La Française Alice Guy-Blaché, après avoir débuté comme secrétaire de Louis Gaumont, était par exemple capable, quelques années après avoir émigré aux États-Unis en 1907, de former en 1910 son propre studio (Solax) où, en tant que présidente et réalisatrice en chef, elle supervisait la production de près de 300 films et réalisait elle-même plus d’une vingtaine de longs-métrages.

    Lois Weber, elle, après avoir réalisé des films pour le bureau new-yorkais de Gaumont, s’installait à Los Angeles où elle ne tardera pas à devenir, en 1916, la réalisatrice la mieux payée du studio Universal. Dès l’année suivante, elle formait sa propre société de production pour traiter les sujets sociaux qui lui tenaient à coeur comme l’avortement (Where are my children ?), la peine de mort (The People vs. Joe Doe), la pauvreté (The Blot) ou l’addiction aux drogues (Hop, The Devil’s Brew).

    C’était à ses côtés, comme son assistante, que débutait Frances Marion, une jeune actrice et mannequin, autrefois dessinatrice publicitaire et correspondante de guerre, qui ne rêvait en fait que de raconter des histoires. À ses côtés, elle apprendra les rouages et mécanismes d’un système qui n’était pas encore tout à fait une industrie.

    Ce seront son amitié et sa parfaite alchimie avec la plus grande star de l’époque, Mary Pickford, qui scelleront son destin. L’actrice fera de sa meilleure amie sa scénariste attitrée et exclusive et propulsera sa carrière. Pour elle, Marion écrira vingt films entre 1912 et 1933, dont certains qu’elle dirigera elle-même. Au milieu des années 1920, à seulement 35 ans, Frances Marion gagnait déjà 3.000 dollars par semaine (l’équivalent de 40.000 dollars aujourd’hui) et beaucoup n’hésitait pas à attribuer le succès du studio MGM à ses seules prouesses, à une époque où l’on parlait à peine de « scénarios » et où les films étaient construits au jour le jour en suivant une feuille de route plus ou moins détaillée.

    « Contrairement à l’assertion que les femmes font tout en leur pouvoir pour contrecarrer les progrès des autres femmes, j’ai trouvé que c’était toujours celles de mon propre sexe qui m’avaient donné un coup de main quand j’en avais besoin »

    Frances Marion, scénariste

    Son influence était telle qu’elle pouvait en une scène transformer la vie d’une actrice. Marie Dressler, actrice de Vaudeville, qu’on disait finie et démodée, lui devait, par exemple, les plus belles années de sa carrière. Marion avait interviewé l’actrice en 1911 et ne l’avait jamais oubliée. En écrivant rien que pour elle des rôles sur-mesure (dans Min & Bill, qui lui vaudra un Oscar, ou Emma), Frances Marion fera de la vieille actrice sexagénaire, qui vivait dans une grande pauvreté une quinzaine d’années plus tôt, la star la mieux payée d’Hollywood au début des années 1930.

    « Je dois mon succès aux femmes. Contrairement à l’assertion que les femmes font tout en leur pouvoir pour contrecarrer les progrès des autres femmes, j’ai trouvé que c’était toujours celles de mon propre sexe qui m’avaient donné un coup de main quand j’en avais besoin », disait-elle.

    Aussi à l’aise dans le cinéma muet que dans le parlant, elle était la première femme à décrocher un Oscar du meilleur scénario, pour Big House en 1930, inventant même le sous-genre du film de prison et une grande partie de ce qui est, aujourd’hui, considéré, via des films comme Les Evadés ou Luke La Main Froide, comme des clichés. Cette année-là, ses films étaient nommés dans sept des huit catégories !

    Extrait de The Big House | warnerarchive

    Elle en gagnera un second deux ans plus tard pour The Champ, le mélodrame souvent référencé comme le premier grand film de boxe, un film qui installera, pour longtemps, le combat sur le ring comme une métaphore de l’adversité de la vie, celle que l’on retrouvera plus tard dans Rocky, Raging Bull ou Million Dollar Baby.

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    Une catégorie « homme » aux Oscars créée par galanterie

    De l’or, Greta Garbo en a elle-aussi gagné beaucoup. L’immigrée suédoise, qui ne parlait pas un mot d’anglais à son arrivée aux États-Unis en 1925, devenait, une décennie plus tard, la star la mieux payée d’Hollywood. Au prix d’amères négociations qui la virent menacer de retourner en Suède et de déclencher une grève, la jeune femme, seulement âgée de 24 ans, obtenait de la MGM une augmentation de son salaire hebdomadaire de près de 1300% ! Six ans plus tard, ayant réalisé avec succès, contrairement à de nombreuses autres actrices européennes, le passage du muet au parlant, elle gagnait la somme record de 270.000 dollars par film, loin devant John Gilbert, son amant devant et derrière la caméra, dont la voix, trop aiguë, ruinera la carrière à l’arrivée du parlant.

    « Il est indéniable que les femmes dirigent Hollywood et qu’elles continueront de diriger tant qu’elles choisiront le divertissement pour leur famille »

    Samuel Goldwyn, fondateur de Goldwyn Pictures

    « Il est indéniable que les femmes dirigent Hollywood et qu’elles continueront de diriger tant qu’elles choisiront le divertissement pour leur famille et tant qu’elles continueront de constituer la grande majorité du public des cinémas », expliquait, en 1935 dans le magazine New Movie, Samuel Goldwyn, fondateur de Goldwyn Pictures.

    Pour le producteur, les femmes constituaient en effet plus de 70% de son audience. En 1934, un article de Screenland estimait même ce chiffre à 82%. Entre 1932 à 1938 (avec une parenthèse en 1934), c’étaient donc Marie Dressler, Shirley Temple, Janet Gaynor, Joan Crawford, Greta Garbo, qui étaient les stars les mieux payées d’Hollywood. Loin derrière, leurs homologues masculins.

    Le phénomène était tel que les premiers Oscars ne créeront deux catégories distinctes pour les acteurs et actrices que par galanterie pour ces messieurs, comme une forme de discrimination positive. Sans cette séparation, les Joan Crawford et Greta Garbo se seraient réparti l’ensemble des trophées. En 1936, par exemple, devant les performances exceptionnelles de Katharine Hepburn, Merle Oberon, Bette Davis ou Claudette Colbert, l’Académie était obligé de créer une sixième nomination pour les actrices tout en enlevant une pour les acteurs. Et les trois perdants ce soir là avaient joué dans le même film (Les Révoltés du Bounty) !
    Et la parenthèse enchantée se referma

    Évidemment, tout ceci était teinté d’un grand cynisme. Derrière le laconique et presque émancipateur titre de son édito, « Les Femmes dirigent Hollywood », Samuel Goldwyn ne se faisait pas grand défenseur de la cause féministe. Seule la cause capitaliste comptait. Une simple histoire d’offre et de demande, en fait. Tant mieux pour le salaire des femmes, autrices et actrices, tant pis pour les clichés misogynes.

    « En quoi les goûts cinématographiques différent entre les hommes et les femmes ?, demandait-il. Principalement dans le fait que les femmes sont des idéalistes et les hommes des réalistes. Les femmes sont plus intéressées par l’émotion que par les situations dramatiques qui donnent naissance à cette émotion. Elles voient les films avec leur “coeur” tandis que les hommes les voient avec leur “esprit”. »

    Après tout, ça restait un monde d’hommes. Et à mesure que les dollars commençaient à affluer de Wall Street, ils reprenaient le contrôle, relayant ces pionnières, Zoe Akins, Jeanie Macpherson, Beulah Marie Dix, Lenore Coffee, Anita Loos, June Mathis, Bess Meredyth, Jane Murfin, Adela Rogers St. Johns, Sonya Levien, Salka Viertel, aux notes de bas de pages de l’histoire d’Hollywood.

    Frances Marion, elle, après avoir publié en 1937 la première bible du scénariste « How to Write and Sell Film Stories », abandonnait ce métier qui lui avait tout donné, la fortune, le pouvoir et une liberté créative inégalée, mais qui, désormais, ne lui offrait plus rien. Dans ce nouveau système, être scénariste, c’était « écrire dans le sable avec le vent soufflant », disait-elle à propos de ce qui était devenu, pour de bon, une industrie avec le producteur en son centre. Un homme. Toujours.

    Alors, une décennie plus tard, aux réunions de la Guilde des réalisateurs, le présentateur commençait toujours son discours par un « Gentlemen and Miss Lupino », l’ex-actrice reconvertie, désormais bien seule.

    Quant à Greta Garbo, que le magazine Photoplay appelait en 1932, « une menace mortelle pour les acteurs-stars », elle abandonnait le cinéma en 1941. Avec la guerre approchant, le public n’en avait plus que pour les personnalités réconfortantes comme Mickey Rooney ou Bing Crosby, pour les héros virils et patriotes comme Humphrey Bogart, Roy Rogers et John Wayne.

    Le monde était fait pour les hommes. Désormais, Hollywood aussi. La parenthèse s’était refermée. Très violemment.

    #invisibilisation #femmes #historicisation #cinema #backlash #guerre

    • « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

      Simone de Beauvoir


  • Condamnée pour avoir protégé des salariées victimes de harcèlement sexuel
    http://www.ugict.cgt.fr/ugict/presse/condamnee-pour-avoir-protege-des-salariees-victimes-de-harcelement-sexuel

    Par une décision en date du 4 mai 2018, la médecin du travail Karine Djemil vient d’être condamnée par l’ordre des médecins à 6 mois d’interdiction d’exercice dont trois fermes, pour avoir donné des soins médicaux à plusieurs femmes harcelées sexuellement dans le cadre de leur travail. Source : UGICT CGT


  • « Libération sexuelle » : Quand la domination masculine s’est réinventée | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/05/10/liberation-sexuelle-quand-la-domination-mascul

    Dans mes recherches sur la pornographie dans les années 80, avant Internet, j’ai interrogé un des hommes qui publiaient le magazine porno canadien Rustler. Il disait que ce qui faisait le mieux vendre leur magazine, c’était les photos de femmes à genoux devant un homme en train de lui faire une fellation. Pour lui, c’était le symbole même du fait que les femmes étaient soumises aux hommes, et que si les hommes aimaient ces photos, c’était une sorte de revanche contre le mouvement féministe. C’était son explication, et je pense qu’elle comporte un fond de vérité. La pornographie est devenue pour les hommes un moyen symbolique pour ravaler les femmes à un statut inférieur à eux. Le mouvement féministe a affirmé l’autonomie et l’égalité des femmes, mais la pornographie dit que cette égalité est impossible. Cette infériorisation pornographique pose la question des rapports hommes-femmes, mais elle pose aussi la question du racisme. Le statut des NoirEs, dans la pornographie, c’est un statut d’animal : un homme noir, c’est un étalon. Cette animalisation, qui est une forme d’infériorisation, s’applique aussi aux femmes dans la vie quotidienne. En France, un sexe de femme, ça s’appelle une chatte. Ces comparaisons animales sont légion lorsqu’il est question des femmes et des NoirEs, parce qu’un animal ne saurait être égal à un homme. Un homme blanc a le pouvoir et le droit de dresser un animal, de même qu’il a le pouvoir de dresser une femme ou unE NoirE. Il y a tout un imaginaire masculin d’infériorisation et de subjugation des femmes, des NoirEs et des Asiatiques etc. Et seuls les hommes blancs échappent à cette animalisation.

    Interessant interview, ce passage me fait pensé très fort aux cris d’indignation de nombreux hommes ( y compris ici) au sujet du tag #balancetonporc des hommes qui ont certainement déja utilisé au moins une fois "chatte, chienne, moule, morue, poule.... ou chicks, srew, drake, scorpie, lou pour les non francophones" mais ces hommes sont indignés qu’on ose dire porc au sujet d’agresseurs sexuels. Ces hommes préfereraient qu’on dise "séducteur" puisque la réponse de la plus part des hommes y compris ceux qui se prétendent alliés (Usule, le mecspliceur) à #balancetonporc a été de se donner des conseil de séduction comme si les violences sexuelles était un problème de séduction !

    #animalisation #sexualité #domination_masculine #pornographie #prostitution #viol #culture_du_viol #backlash #féminisme


  • Sexisme à l’école, silence dans les rangs - L’Express
    https://www.lexpress.fr/education/sexisme-a-l-ecole-le-grand-tabou_2005156.html

    Partout, dans les établissements scolaires, les filles sont victimes de violences sexistes. Dans un mutisme assourdissant.

    Une ado de 15 ans plaquée contre le mur des toilettes du lycée professionnel Gallieni de Toulouse et victime d’attouchements de la part de trois agresseurs. Des élèves de terminale du lycée Camille Pissarro de Pontoise (Val d’Oise) qui, parce qu’elles seraient trop court-vêtues, doivent affronter des camarades masculins hilares, mimant des actes pornos et les injuriant sans retenue - « sale pute », « gros cul », « t’es bonne »...

    La vidéo d’une toute jeune fille ayant des rapports sexuels avec deux garçons qui circule de téléphone en téléphone, sans le consentement bien sûr de l’intéressée, auprès de ses pairs du lycée d’Alembert, dans le XIXe arrondissement parisien. Ce « tu suces ? » jeté au visage d’une élève du lycée Jacques-Prévert, à Savenay, près de Nantes, pour avoir eu l’"audace", encore une fois, de porter une jupe avec des chaussettes hautes et des souliers à talons. Mais aussi, parce que désormais le sexisme prend de nouvelles formes, des garçons qui refusent de s’asseoir à côté de leurs homologues féminines au collège Versailles de Marseille...

    LIRE AUSSI >> N’abandonnons pas les filles

    Ces anecdotes, glanées à travers toute la France, sont très loin d’être des cas isolés. Et les établissements cités ci-dessus ne sont pas forcément les plus « difficiles » ou les plus laxistes en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.
    « Si les parents savaient... »

    Parmi eux, beaucoup, comme le lycée d’Alembert par exemple, ont même le mérite de dénoncer haut et fort ce qui se cache ailleurs. Mais voilà, entre l’accès à la pornographie - facilité par Internet, les smartphones et les tablettes -, la violence et le harcèlement pratiqués à grande échelle sur les réseaux sociaux, les stéréotypes de genre intégrés dès le plus jeune âge et, enfin, le développement de la radicalité religieuse dans certains établissements, c’est bien toute l’Education nationale qui doit faire face à une très inquiétante situation.

    #discrimination #misogynie #sexisme #viol #culture_du_viol #violence_masculine #sexisme_d'etat #violences_sexuelles #mixité #harcelement_sexuel #école #éducation #deni #backlash #pornographie #prostitution #enfance #harcelement #facebook #snapchat #slut_shaming #grossophobie

    • Article nauséabond qui sous couvert de dénoncer la violence sexuelle désigne l’adversaire à abattre ...

      Les « grands frères »

      A la lecture de ce récit d’une très grande force, il est possible de discerner trois « types de filles » : les « ultraféminines » au maquillage et aux tenues très sexuées ; celles qui, au contraire, reprennent les codes vestimentaires et verbaux des garçons, qui parlent dru et cru et s’habillent en jeans ou en joggings ; et celles qui portent le voile... Bon nombre de ces dernières mettent en avant leur libre choix.

      Mais Bernard Ravet, cet ancien proviseur de Marseille, qui a dénoncé dans un récent livre l’influence de l’extrémisme (Principal de collège ou imam de la République ?, éd. Kero), n’est pas si certain de cette liberté revendiquée et évoque même une forme de pression exercée par les grands frères qui se battent pour que les jeunes filles n’enlèvent leur voile qu’une fois à l’intérieur de l’école et pas devant la grille. Il y a aussi ces certificats médicaux qui fleurissent quand, en sport, vient le temps de la natation. Pour lui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de certificats de complaisance pour échapper à la piscine et aux maillots de bain. « Il m’est arrivé de contacter plusieurs fois les médecins en question pour obtenir des explications, mais je me suis heurté à chaque fois au secret médical », explique Bernard Ravet.

      En 2005, alors qu’il était à la tête du collège Versailles de la cité phocéenne, il demande aux enseignants de remplir un questionnaire destiné à préparer la venue d’inspecteurs généraux, envoyés par le ministère de l’Intérieur. Thème de leur visite : « l’incidence de la montée des communautarismes sur les relations garçons-filles et les problèmes de mixité ». Les réponses que L’Express a pu se procurer sont édifiantes : « insultes particulièrement crues », « jugements péremptoires de la part des garçons sur les habitudes vestimentaires des filles », « propos injurieux dès qu’une fille se met en jupe », « très rares relations amoureuses voire même amicales », « certains estiment que le traitement cruel des femmes dans certains pays est normal si c’est leur religion », « certains élèves peuvent avoir du mal à accepter les remarques d’un professeur femme »...

      C’était il y a treize ans, mais Bernard Ravet doute que la situation ait évolué favorablement. « Récemment, une maman d’élève évoquait le cas de ce gamin de maternelle qui refusait de prendre la main d’une maîtresse parce que c’était une femme... », soupire l’ancien proviseur. Des faits difficiles à évoquer par les enseignants qui craignent d’être taxés de « racistes » par les uns ou de faire, malgré eux, le jeu des extrêmes. Faut-il pour autant s’interdire de parler et abandonner certaines de ces élèves à leur sort ?


  • Un autre homme est possible | Un podcast à soi
    https://www.arteradio.com/son/61659963/un_podcast_soi_ndeg8_un_autre_homme_est_possible

    Comment réfléchir à sa masculinité ? A l’heure des combats féministes et du mouvement #MeToo, comment se construisent les identités masculines ? Quels stéréotypes de genre pèsent sur les hommes ? Quels rapports de domination existent entre eux ? À l’inverse des masculinistes qui cherchent à retrouver une virilité perdue, comment déconstruire ses pratiques de domination, ses injonctions intériorisées à la virilité ? C’est ce que j’ai cherché à comprendre dans ce podcast. Parce qu’interroger les masculinités est un enjeu féministe, une pratique nécessaire pour faire changer les rapports de domination. Durée : 47 min. Source : Arte (...)

    https://download.www.arte.tv/permanent/arteradio/sites/default/files/sons/02unautrehommeestpossible_hq_fr.mp3


  • Pour Rose McGowan, Karl Lagerfeld est un « dinosaure misogyne » - La Parisienne
    http://www.leparisien.fr/laparisienne/actualites/people/pour-rose-mcgowan-karl-lagerfeld-est-un-dinosaure-misogyne-17-04-2018-766

    « Si vous ne voulez pas qu’on vous tire la culotte, ne devenez pas mannequin ! Rejoignez plutôt l’union des Ursulines. Il y aura toujours une place pour vous au couvent. Ils recrutent même ! » avait lâché Karl Lagerfeld au magazine Numéro à propos du mouvement #MeToo qui dénonce le harcèlement et les violences sexuelles.

    Des propos qui ont mis hors d’elle Rose McGowan, très engagée dans le mouvement né des suites de l’affaire Weinstein puisqu’elle avait été la première à avoir affirmé publiquement avoir été violée par le producteur. L’actrice de 44 ans a donc répondu au directeur artistique de Chanel via les réseaux sociaux.
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    En légende d’une photo postée sur Instagram où elle pose aux côtés d’une bonne soeur, l’actrice américaine née en Italie a écrit : « Karl Lagerfeld s’en prend au mouvement #MeToo : « Si vous ne voulez pas qu’on vous tire la culotte, devenez bonne soeur ». Karl, j’ai vu vos propos dégoûtants hier soir. Je me suis sentie sale. Ce matin, j’ai rencontré soeur Irène et je me suis sentie légère. Je suis certaine que soeur Irène vous pardonnera d’être un dinosaure misogyne mais moi, je pense que vous être une âme méchante, étriquée et noire et je ne vous pardonnerai pas. Vous avez fait tellement d’argent grâce aux complexes des femmes, il est temps pour vous de disparaitre dans le coucher de soleil misogyne ». Un message accompagné du hashtag « Boycott Chanel ».

    « J’en ai ras le bol »

    Dans une interview livrée au magazine de mode Numero le mois dernier, le créateur avait donné son avis sur le mouvement #MeToo : « J’en ai ras le bol. Et puis je ne mange pas de porc. Ce qui me choque, c’est que toutes ces starlettes ont mis vingt ans à se rappeler les événements ».

    Le créateur a surenchéri en expliquant : « J’ai lu quelque part qu’il fallait maintenant demander aux mannequins si elles étaient à l’aise lorsqu’elles posaient. C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres : à partir de ce moment-là, en tant que créateur, vous ne faites plus rien ».

    C’est pas que cet ordure de Lagerfeld m’interesse mais je relève ce qu’il dit du "créateur" et de sa nessessité à traiter les models comme du bétail pour faire de lard. Comme si une vrai création devait obigatoirement comporter de la violences misogyne pour avoir de l’interet.
    Lagerfild n’est pas cannibal, il ne mange pas de porc, mais son boulot c’est de nourrir les porcs avec la haine des femmes.

    #violophilie #mode #créateur #grand_homme #misogynie #masculinité #masculinisme #backlash #femmes


  • Autodafécebook. De l’#interdiction des #livres sur Facebook et de l’inquisition de certaines formes instrumentales de viralité.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/03/de-linterdiction-des-livres-sur-facebook-et-de-linquisition-de-l
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01bb09f9ae7d970d-600wi

    Ni les plateformes qui instrumentalisent la #viralité sur la base de nos courroux artificiels, ni nous-mêmes qui trop souvent condamnons sans voir et rejetons sans savoir, ne sommes prêts à assumer collectivement cette #responsabilité, et en un sens c’est assez heureux, car le gouvernement d’un peuple de 2,5 milliards de voisins entassés dans une promiscuité de chaque instant ne serait pas vraiment très sain.

    Puisqu’il est à peu près certain que jamais les plateformes ne renonceront à instrumentaliser cette viralité qui est le paradigme premier de leur modèle d’affaire, puisqu’il est également certain qu’il faudra encore beaucoup de temps pour que le design attentionnel en vienne à intégrer des perspectives éthiques « by default », alors il faut nous éduquer à ces grammaires du pulsionnel qui font de la viralité une forme de partage qui ne vise rien d’autre que la reproduction de sa propre et formidable inertie en se nourrissant d’une hystérisation qu’elle secrète elle-même. Nous éduquer donc à ces grammaires du pulsionnel, et s’efforcer d’y éduquer nos proches. Ou nous en éloigner avec eux par différents moyens.

    • Je comprend pas que le texte finisse par une pétition. Est-ce qu’on le trouve sur fesse-bouc ce texte qui semble très viral vu qu’il est deja 8 fois sur seenthis. L’appel a la censure je désapprouve clairement. Etrangement en france l’appelé au boycott est censuré. Dire ce qui pose problème dans le livre c’est une chose différente de le faire interdire.
      #backlash #zuckerberk

    • Sérieux, vous avez déjà vu une pétition changer quoi que ce soit ? Accuser les rézosocios est une façon commode de se défausser sur le fond.

      C’est Milan qui a décidé de retirer ce livre, pas fesse-bouc. L’autrice a aussi décidé de laisser tomber ses personnages malgré le soutien de son éditeur.

      D’accord, Milan c’est pas grand chose, par rapport à Nathan par exemple, mais on ne peut pas dire qu’ils se défendent sérieusement, même — ou surtout — « dans un contexte où il semble impossible d’avoir un débat serein ».

      Ben oui, ils auraient pu se poser la question avant.

      (Je précise quand même parce que j’ai posté un peu vite qu’évidemment il n’est pas question de cautionner a priori des méthodes d’intimidation sur des individus mais d’interroger les choix et explications toujours pas convaincants de la maison d’édition. Pour moi il s’agit moins d’une question de censure que d’un choix éditorial pas complètement assumé, en bien ou en mal, après coup.)


    • Oui en même temps les croisés c’était des bouchers intégristes catholiques.
      Je découvre Emil Duport un pubard fasciste qui veut rajeunir les milieux anti-ivg et militants misogynes, ses sites mensongers qui ciblent les jeunes, son détournement des slogans, imagerie et vocabulaire féministe, son influence dans les médias...

      Je découvre aussi le DHI organisme vaticanesque dirigé par 12 évêques les plus rétrogrades et misogynes qui soient. Je découvre aussi les enterrements de fœtus sans l’accord des femmes et parfois organisé par les hôpitaux eux mêmes !

    • C’est moi qui te remercie pour les infos sur ce DHI qui part en guerre contre les femmes et les homos.
      Le docu est vraiment interessant et assez indispensable pour toute personne qui se préoccupe de la liberté d’avorté. Ca donne une idée des luttes qui nous attendent et de qui sont les ennemis, quels sont leurs méthodes sournoises et de quels moyens énormes ils disposent.

      Pour les catho entre le viol industriel des enfants et la mise en esclavage des nonnes, ces ordures de cléricaux devraient allé se cacher dans les catacombes. Il est claire que cette organisation n’a qu’un seul objectif : faire de la terre un enfer.

    • https://www.youtube.com/watch?v=1VN3sp8wpPA

      Plus de quatre décennies après la loi Veil (1975), le droit à l’avortement subit une offensive concertée en Europe, menée par une nouvelle génération de militants, maîtres en communication et en pétitions.Dans les pays de l’Est, de la Pologne à la Hongrie, il a reculé sous l’égide de gouvernements ultraconservateurs, tandis qu’en Italie, sous l’influence de l’Église, 70 % de gynécologues « objecteurs de conscience » refusent désormais de pratiquer l’IVG – légale depuis quarante ans –, privant les femmes de la liberté à disposer de leur corps. En France, une petite légion d’activistes pro-life, avec à sa tête un jeune publicitaire, porte le combat sur le terrain culturel auprès des 15-35 ans, au travers des médias et des réseaux sociaux. Entre séduction et désinformation, leur campagne mêle conservatisme et style pop, reprenant pour mieux les détourner la terminologie des féministes. Fédérés et remarquablement organisés, ces soldats antiavortement exercent en outre un puissant lobbying à Bruxelles. Qui se cachent derrière ces croisés modernes, qui mutualisent leurs pernicieuses méthodes de persuasion et invoquent les atteintes aux droits de l’homme et la liberté de choix (de vivre) dans leur guerre contre l’IVG ?


  • #MeToo : à force de « mais », on n’avance pas | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/158344/metoo-mouvement-general

    MAIS il faut faire attention. MAIS ça va trop loin. MAIS les réseaux sociaux ne doivent pas être un tribunal populaire. MAIS il faut laisser la justice faire son travail. MAIS il y a des femmes qui mentent. MAIS il y a des femmes qui se victimisent. MAIS il y a des hommes qui sont persécutés. MAIS la séduction.

    Arrivée au point « séduction », en général, je sucre mon café avec un comprimé de valium, en me demandant si je vis sur la même planète que les personnalités qui se répandent dans les médias, toutes pétries d’inquiétudes face aux hordes féministes qui terrorisent le pays.

    Sur ma planète à moi, ça ne va pas trop loin : ça ne va nulle part

    Il ne se passe rien. Je cherche des exemples d’hommes dont la vie professionnelle et personnelle aurait été ébranlée par des accusations, mensongères ou pas. Je n’en vois aucun. Quel homme a été cloué au pilori du féminisme vengeur ?

    Prenons les cas les plus connus sur lesquels on prétend que les féministes enragées, comme moi, s’acharnent : la promo du dernier film de Woody Allen s’est bien passée, Roman Polanski devrait être un personnage du prochain film de Tarantino, Bertrand Cantat est en tournée (le 29 mai prochain il sera à l’Olympia et c’est déjà complet), Gérald Darmanin est toujours ministre de la République, Nicolas Hulot n’a pas perdu un point dans les sondages de popularité et reste le politique le plus apprécié des Français, le journaliste de LCP, Frédéric Haziza, qui était accusé d’agression sexuelle, a réintégré son poste et son accusatrice a démissionné, la cagnotte « Free Tariq Ramadan » a dépassé les 100.000 euros en quelques jours.

    Dans les médias, je ne peux citer qu’un cas où il s’est passé quelque chose. Patrice Bertin, célèbre voix de France Inter, mis en cause par plusieurs journalistes pour harcèlement et tentative de viol, est parti en retraite anticipée en novembre dernier. Je ne vais pas me prononcer sur ces cas, au demeurant forts différents les uns des autres. J’aimerais simplement qu’on se rende compte du décalage entre un discours général du « ça va trop loin » et le réel.

    À LIRE AUSSI Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski... Comment juger l’œuvre des artistes visés par #MeToo ?
    Vous savez où est Harvey Weinstein ?

    Quand on nous dit que ça va trop loin, on se fout tout bonnement de notre gueule. Vous savez où est Harvey Weinstein ? En Arizona, où il se fait des hôtels et des restaurants de luxe. On pense qu’il est aussi allé se dorer les poils du cul dans un centre qui traite les problèmes d’addiction, The Meadows (les prairies), où a également séjourné Kevin Spacey. Ça se trouve ils se sont fait des apéros sympas au bord de la piscine.

    Photo officielle tirée du site de la clinique The Meadows.

    Je crois que j’ai rarement assisté à un tel décalage entre un discours et le réel. Ça me rappelle la campagne électorale de Jacques Chirac en 2002, la manière dont il avait martelé sans cesse le mot « insécurité », qui était une nouveauté lexicale, et même « sentiment d’insécurité », réussissant à créer une impression de danger qui, peu de temps avant, était inexistante.

    Mais les détracteurs du mouvement #MeToo n’ont pas seulement décorrélé l’impression générale de la situation concrète. Ils ont enterré le mouvement grâce à un magnifique tour de passe-passe qui a consisté à déplacer des questions sociétales sur le terrain judiciaire en évoquant la présomption d’innocence, et sur le terrain moral en évoquant le puritanisme. Chapeau bas.

    Ce faisant, ils ont réussi à faire oublier le plus important. Si des centaines de milliers de femmes ont parlé, ce n’était pas pour faire condamner par le tribunal d’internet des centaines de milliers d’hommes. D’abord, ce ne sont pas les pires histoires qui ont été racontées. Ensuite, l’écrasante majorité n’a pas donné de nom. Il s’agissait de montrer la réalité massive des agressions sexuelles, que ce problème concernait tout le monde et méritait une prise de conscience collective. Ce qui comptait, ce n’était pas les noms mais le nombre.
    On a dit quoi ?

    On a parlé de cette sensation étrange que nos corps ne nous appartiennent pas vraiment, que n’importe qui s’autorise à les toucher, à les commenter, à les juger

    Comment peut-on s’approprier son propre corps quand on nous répète que ce qui est constitutif de lui, comme la cellulite ou les règles, est dégoûtant ? Il a fallu attendre 2016 pour populariser un peu la véritable forme du clitoris. On nous dit encore des trucs comme « il faut souffrir pour être belle » –et est-ce que ça, ça ne parasite pas aussi complètement notre rapport au corps ? Et le consentement, combien de fois je n’ai pas été pleinement consentante ? Est-ce qu’on ne peut l’être qu’à moitié ? On parle de tout ça, on s’interroge, on se questionne. Et en face, on nous répond quoi ? « Elles veulent changer la fin du Carmen de Bizet. » À un tel niveau d’incompréhension, j’ai du mal à croire à un simple malentendu.
    Ce dont #MeToo témoignait, c’est qu’être une femme en 2018 ce n’est pas être l’égale d’un homme

    Et cette inégalité fondamentale est protéiforme.

    C’est être perçue comme un objet sexuel, c’est être discréditée, ne pas avoir la même liberté de déplacement dans l’espace public, ne pas être prise au sérieux au travail, être moins écoutée, moins payée, se taper les tâches ménagères, c’est appartenir encore et toujours à la sphère privée et être au service des autres parce que nous sommes là pour rendre leur vie plus douce. Et c’est, quand on tente de sortir de ces cases, se trimballer le sentiment d’être une imposture vivante, de perpétuellement devoir quelque chose à quelqu’un, de n’être pas à la hauteur, soumise au jugement permanent de la société.

    À LIRE AUSSI En 2017, la Women’s March était une réaction ; en 2018, elle est une révolution

    Être une femme, c’est ne pas s’appartenir pleinement. Face à tout ça, un homme qui réécrit la fin de Carmen, je m’en contrecarre le cul.
    On s’épuise... et parfois je me demande si ce n’est pas un peu fait exprès

    Mais polémiquer dessus, je reconnais que c’était une excellente diversion. À chaque « fake news » sur « les féministes », il faut que l’on perde du temps et de l’énergie à rétablir les choses, à expliquer que non, il n’y a pas une internationale vaginale qui exigerait de brûler toutes les copies de Blow-up ou que désormais les parents doivent s’échanger des exemplaires de la Belle au bois dormant sous le manteau sous risque d’être arrêtés par une milice féministe. Alors, on est là, on reste calmes, on répète que les oeuvres questionnent la société, et qu’à l’inverse, on a le droit de les questionner, de les analyser, de les décortiquer. Que critiquer, ce n’est pas censurer.

    Et on s’épuise à ça. Et parfois, je me demande... si ce n’est pas un tout petit peu fait exprès.

    Un peu comme le botté en touche des « il faut laisser la justice faire son travail ». C’est pratique ça, la justice doit faire son travail. Mais un mouvement, ce ne sont pas des cas particuliers alignés les uns derrière les autres. Ce mouvement dit quelque chose de notre société, et ce n’est pas la justice qui va changer la société. La justice s’occupe du cas particulier, le reste, l’addition de ces cas, c’est notre problème à tous. À nous de regarder la somme en face.

    Tous ces arguments qui suivent le « MAIS » sont une vaste mascarade.

    À LIRE AUSSI Quand la presse américaine écrit l’histoire, la nôtre choisit la réaction…

    Arrêtez de vous cacher derrière l’institution judiciaire ou la peur de la censure pour ne surtout pas réfléchir à tous les comportements au quotidien qui ne vont pas, à toutes les inégalités qu’on accepte et qu’on nourrit, à tous les stéréotypes qui font passer pour acceptable ce qui ne devrait pas l’être.

    #backlash #sexisme #misogynie #domination_masculine #masculinisme #féminisme


    • Wanna here the real story of how I became a professional developer? I actually was a freelancer after working at that non-profit, I took the developer job because the medical bills piled up. And stayed because they never went away.

      It’s hard for me to admit, I know it’s hard for a lot of people. I know there are others working as developers for the health insurance or to support their families. Even James Damore, who became infamous for his claim women are less represented in tech because we are less interested in it, admits as much in a CNN interview:

      “part of the reason so many men go into tech is because it’s high paying, I know of many people in Google who weren’t necessarily passionate about it but it would provide for their family and so they still worked there”

      If I won the lottery would I still code? I would, but it would not be like work. It would be projects I enjoyed. And it would be fewer hours.

      […]

      Over the past decade it has worn me down. I have regular painful migraines triggered by working long hours. I have the beginnings of arthritis in my neck. I’ve tried standing desks, balance board desks, treadmill desks, special diets, exercising more before and after work. Doctors, physical therapists, massage therapists of every stripe. I’ve spent thousands and thousands of dollars. I’ve hidden it because I was afraid it would make me unemployable. I’ve worked those long hours in intense pain. I’m not sure desk jockeying for these kind of hours is good for anyone, it certainly wasn’t good for me.

      #travail #passion #santé #États-Unis #argent

      I also have to say that there is a toll to the constant backlash against women in tech. […] And reading the reaction to it on websites I frequented and from people I once counted as friends was very hard. I can’t pretend this didn’t contribute to being demoralized.

      #femmes #informatique #sexisme #backlash #inégalité


  • Agression sexuelle : la journaliste qui avait porté plainte contre Frédéric Haziza quitte LCP
    http://www.liberation.fr/france/2018/02/18/agression-sexuelle-la-journaliste-qui-avait-porte-plainte-contre-frederic

    Selon une information de la Lettre de l’audiovisuel, la journaliste de la Chaîne parlementaire LCP-AN Astrid de Villaines qui avait porté plainte pour agression sexuelle (pour des faits remontant à 2014) contre Frédéric Haziza, a remis sa démission vendredi à la présidence de la Chaîne parlementaire, alors que l’animateur de l’émission Questions d’info a repris l’antenne début janvier. « J’aurais préféré partir dans d’autres circonstances, mais le contexte était trop pesant » a expliqué à l’AFP la journaliste, qui a présenté sa démission faute d’obtenir une rupture conventionnelle après sept ans passés à LCP. Marie-Eve Malouines, la présidente de la Chaîne parlementaire a expliqué sur Twitter qu’un accord n’était « pas possible » car LCP est comptable « comptable de l’argent public ». Elle a également précisé qu’elle « regrette beaucoup ce départ subit ».


  • Grèce : Trois #femmes sous l’#austérité
    http://www.cadtm.org/Grece-Trois-femmes-sous-l

    « Les cafés, les bars et les restaurants sont les seuls endroits où vous pouvez trouver du boulot actuellement. Mais les annonces sont humiliantes », explique Piereta. Parfois, les employeurs/euses indiquent rechercher une employée « jeune et attirante ». « Si une femme n’est ni jeune ni attirante aux yeux de l’employeur, elle aura beaucoup de difficultés à trouver du travail dans ce domaine », déplore-t-elle.

    "Si une femme n’est ni jeune ni attirante aux yeux de l’employeur, elle aura beaucoup de difficultés à trouver du travail comme serveuse."

    Cela fait maintenant trois ans que Piereta travaille comme serveuse : « Il y a un modèle standard que les patron•nes suivent, ici. On nous promet 300 euros par mois pour cinq jours de travail par semaine. Et puis ces cinq jours se transforment rapidement en six. Et puis on commence à parler des difficultés financières de l’établissement et on réduit petit à petit ton salaire. Un jour, tu atteins tes limites et tu t’en vas. Ils trouvent une autre fille. C’est un cercle sans fin. »

    #exploitation


    • Pourtant, dans les sociétés occidentales, l’oppression raciale nait du fonctionnement même du mode de production capitaliste (et des institutions qui l’accompagnent). C’est pour cela qu’on parle de « racisme institutionnel » : le #racisme sert à justifier et légitimer le traitement inégal et discriminatoire dont sont victimes différents groupes de personnes. Les mentalités, les préjugés et les représentations racistes sont la conséquence d’un traitement discriminatoire, en même temps qu’ils favorisent la reproduction de ces discriminations.

      #discrimination #domination #capitalisme

    • Oui, c’est marrant quand on regarde en arrière, le chemin qu’on a parcouru depuis « SOS racisme ».
      Là, je viens de claquer (discrètement) la porte d’un groupe fort innocent de Facebook portant sur les vieilles devantures françaises. J’aime bien les vieilles boutiques défraichies, surtout les art déco.

      Là, je voulais juste partager le fait que l’enseigne du « négre joyeux » allait enfin être déboulonnée. Faut dire qu’en plus plus du nom, il y a une délicate fresque qui souligne le propos d’une manière sans équivoque : le bon vieux temps des colonies et de l’esclavage.
      Je me disais que si j’étais noir⋅e et que je devais passer tous les jours devant cette chose, ça me ferait probablement quelque chose. Peut-être que si nous étions dans une société qui a tordu le cou au racisme, peut-être que cela ne serait que le rappel de ce que la civilisation occidentale a de plus pouilleux. Mais il se trouve que nous sommes dans une société où être noir⋅e, c’est encore se bouffer du racisme à la louche chaque jour de son existence… et donc, juste non !

      De toute manière, c’est dans ce sens que le déboulonnage de cette enseigne a été décidé.
      Quand j’ai lu les réactions des autres membres (et plus particulièrement l’absence de réaction de ceux qui auraient pu, éventuellement, partager ma sensibilité), je me suis rendue compte, que globalement, nous avons régressé depuis « Touche pas à mon pote » et que je n’ai plus rien envie de partager avec cette pensée moisie du #mépris et de la #domination, même pas le partage de photos de vieux magasins…

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_N%C3%A8gre_joyeux

    • Le pire, dans cette anecdote, c’est l’absence de réaction comme s’il était devenu honteux de défendre des thèses anti-racistes. Ou est-ce que la lepenisation des esprits commence à porter ses fruits ? On aurait donc peur de défendre des idées progressistes ? D’être un « blanc complexé » ? Vaudrait-il mieux être un supprémaciste décomplexé ?

      A propos de l’enseigne « Au Nègre joyeux »

      À la demande du groupe communiste, le 26 septembre 2017, le conseil de Paris décide de décrocher l’enseigne. Après restauration, elle est destinée à être conservée au musée Carnavalet, dédié à l’histoire de Paris.

      source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_N%C3%A8gre_joyeux

      Et c’est ce que méritait cette enseigne non pour y être cachée mais pour mettre en lumière toute la charge historique qu’elle véhicule.

    • @sombre , à tes hypothèses, j’aimerais en ajouter une autre, plus optimiste : ce qu’on voit est peut-être ce que les anglophones appellent le backlash (le ressac en français ?), le retour de manivelle, l’écho, la réaction, la rançon du succès...

      C’est peut-être parce que, petit à petit, ces opinions anti-racistes sortent des cercles spécialisés et sont de plus en plus exposées au grand public (même mal), dans les grand médias, que forcément, ce grand public peu habitué à se voir attaqué là dessus, se défend, et se défend mal en puisant de vieux arguments moisis facile à contrer.

      Si je suis optimiste, je vois ça comme les derniers soubresauts desespérés de personnes acculées qui ne savent pas comment s’en sortir, avant d’ici quelque temps (encore quelques années ? une génération ?) qu’elles reconnaissent qu’elles avaient tort...

      Je vois beaucoup ça en ce moment, avec l’ #appropriation_culturelle par exemple, ou avec les questions ayant trait au #genre : il faut accepter que ces idées ne sont pas évidentes au premier abord et qu’elles vont créer de la réaction avant, peut-être, de finir par être comprises...

      #backlash

    • C’est peut-être parce que, petit à petit, ces opinions anti-racistes sortent des cercles spécialisés et sont de plus en plus exposées au grand public (même mal) ...

      Ces idées et les polémiques qu’elles font naître sont surtout instrumentalisées par les politiques qui eux sont relayés par des médias aux ordres, politiques eux mêmes accrédités par les lobbies économiques qui ont vampirisé les médias. Alors dans ce cas, si on ne s’instruit pas un minimum sur la question en dehors des discussions de comptoirs virtuels (ou pas), c’est sûr, la fabrique de l’opinion a de beaux jours devant elle.


  • « #Avortement, les femmes décident ! » Un droit explosif !
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/avortement-les-femmes-decident-un-droit-explosif/7400584

    Les politiques néo-libérales sont une #misère pour les #corps des #femmes et se tournent contre leur autonomie ! Elles s’attaquent de manière globale à leur autodétermination de leur capacité reproductive, surtout par la désagrégation de l’État social et la #privatisation des services de santé.

    Avoir un enfant est devenu un privilège pour les riches dans la Grèce des mémoranda. Des dilemmes impossibles sont imposés aux parents par les mesures d’#austérité inhumaines imposées comme nous le savons, par la Commission Européenne et ses alliés.

    Beaucoup de femmes surtout pauvres, jeunes, immigrées, réfugiées… des femmes, même sans enfants, qui souhaiteraient rester enceintes au moins pour une première fois sont réellement forcées d’arrêter leur grossesse pour des raisons purement économiques.

    Réduction spectaculaire des naissances, augmentation du nombre d’avortements, parfois dans des conditions très précaires et dangereuses, (bien que officiellement l’avortement est légal depuis 1986) contrôle prénatal inadéquat, augmentation des embryons morts… voilà les conséquences tragiques de ces politiques de coupes des dépenses pour la santé. En plus, le démantèlement du système public de santé, la fermeture d’hôpitaux, la réduction du personnel (surtout féminin), tout cela combiné aux privatisations de ces services désormais payants, en rendent l’accès très difficile.

    En Grande-Bretagne, un autre exemple pernicieux de l’austérité : Une nouvelle législation a été adoptée qui ne permet l’attribution des prestations (à partir de 2017) qu’aux familles à seulement deux enfants. S’il y a un 3ème enfant, la seule façon d’accéder aux prestations sera de démontrer que l’enfant est né à cause d’un viol de la mère. C’est atroce ! La mère doit signaler le viol, faire face à un tribunal et avoir la preuve du viol pour accéder aux prestations. Il s’agit essentiellement d’une loi qui pénalise les femmes pauvres qui ont plus de 2 enfants.


  • James Damore, Google, and the YouTube radicalization of angry white men
    https://www.theguardian.com/technology/2017/aug/13/james-damore-google-memo-youtube-white-men-radicalization
    Damore became an ‘alt-right’ hero after Google fired him over his views on women. Did Google-owned YouTube play a role in reinforcing those ideas?

    cf. https://seenthis.net/messages/621798#message621942

    #genre #internet #jamesdamore #googlegendergate #backlash


  • Sur les campus américains, la lutte contre les agressions sexuelles vire à la paranoïa | Slate.fr
    http://m.slate.fr/story/148629/campus-americains-lutte-agressions-sexuelles

    Une centaine de procès de ce genre ont été initiés ces dernières années. En 2016, un étudiant de l’université Washington and Lee en Virginie a obtenu des dommages et intérêts de la part de sa fac apres avoir ete expulsé pour agression sexuelle. Une fille l’avait accusé de viol, mais le contexte était très ambigü : elle avait de nouveau couché avec lui après l’agression présumée, et leurs communications électroniques étaient restées amicales. La personne en charge de l’enquête pour le campus avait récemment fait un exposé sur ce qu’on appelle le « gray rape » (« viol gris ») : le concept controversé selon lequel un rapport sexuel que l’on regrette après coup, dont on n’est pas bien sûr qu’on voulait tout à fait, peut être considéré comme un viol.

    • Cet article en fait des tonnes pour deux ou trois cas qui sont j’en suis sur tres bien défendus par le systheme judiciaire américain. Il y a des cas de fausses accusation, mais il a aussi le fait que les agresseur.euse.s nient presque toujours les faits, y compris face aux preuves. L’article ne donne aucune statistique pour voire si cette paranoïa est justifié. Y a t’il vraiment une augmentation des dénonciations d’agression sexuelle dans les facs et dans leur répression par les facs ? Du coup le texte donne des armes aux masculinistes, agresseur.euse.s sexuels et dominant.e.s en propageant la notion de « gray rape » ou en faisant croire qu’il y aurait une augmentation des fausses accusations.
      #backlash #instrumentalisation #culture_du_viol #viol #université

    • Tu as raison, l’article est très superficiel dans sa présentation des faits.

      Je trouve intéressante cette possibilité pour les établissements américains de sanctionner sans attendre. Cela donne l’impression d’inverser l’injustice. Mais injustice toujours.

      Mais comme tu le dis, peu de données ni d’études pour étayer la réflexion.

    • Je pense pas que le viol ou les agressions sexuelles puissent être tolere dans le règlement d’une école ou n’importe quelle institution. En cas de viol, vu que c’est un crime et non un délit il doit y avoir à mon avis un proces obligatoirement mais pour les délits ( agressions sexuelles, vols, agression physique, harcelement...) il me semble que les établissement prennent leurs dispositions depuis toujours. Le droit américain doit être different mais Ca m’étonnerait qu’il ne fasse pas de distinction entre délits et crimes.
      Si on t’accuse d’un délit à tord et que tu es viré de la fac pour Ca tu peu contesté la décision au tribunal (aux USA en France ça m’étonnerait) mais Ca veux pas dire que c’est un probleme généralisé d’injustice. Aussi va savoir combien de ces hommes qui sont reconnus accusés a tords par les institutions sont juste des agresseurs avec de bons avocats qui sont parvenus à renversé la situation a leur aventage. A part Ca je trouve tout de même tres bien que les hommes se soucient enfin un peu de commetre des agressions sexuelles et des viols. jusqu’ici c’était uniquement aux femmes de faire avec la peur du viol, la peur d’être violé et de restreindre leurs libertés. Là peut être que dans certaines facs aux USA les hommes commences a avoir peur de violer, peur de commetre des viols et des agressions sexuelles. C’est tres bien que cette nouvelle peur s’installe chez les hommes et s’efface chez les femmes, pourvu que ça continue dans ce sens et que les hommes apprennent a respecte les limites posé par les femmes.

      Le probleme avec ces cas de prétendues fausses accusations, c’est que au lieu de focalisé les hommes sur la nécessité pour eux d’apprendre à ne pas violer et a ne pas agressé, ce qu’ils sont loin de savoir et de vouloir savoir, ce genre d’anecdote leur permet de se victimisé, de detruire les avancées pour les femmes et de retablir la domination masculine.

    • Je partage totalement ton point de vue.

      Je me souviens d’un film où toute l’intrigue reposait sur une fausse accusation de viol par une gamine, prise au sérieux par tout le monde, l’accusé ayant sa vie gâchée pour quelques années, jusqu’au dénouement où la gamine revient sur ce qu’elle a dit. Mais il s’agissait bien d’une fausse accusation, le film nous le montre dès le début. Et il s’agissait donc bien d’une erreur judiciaire. A l’époque, j’étais jeune, et j’étais totalement choqué par l’injustice. Avec le recul, je suis tout autant choqué par ce film, mais par le choix d’en faire une histoire et d’en faire des tonnes, au point de nous faire accepter que pour éviter de telles injustices, il faut évidemment systématiquement s’assurer que la parole des femmes est vraie, au prix de souffrances démultipliées pour toutes celles qui ont effectivement été violées. Les deux injustices sont insupportables.

      La difficulté du viol n’est pas totalement spécifique en terme de jugement par l’institution. Il s’agit très souvent de juger parole contre parole, et pour avoir été contraint de vivre de tels jugements, l’injustice n’est vraiment pas évidente à éviter. Ou en tout cas, ce sentiment de n’être qu’une montagne de viande baladée et soupesée par l’institution judiciaire... est vraiment difficile à vivre.

    • Il est connu (et même l’article en parle un peu) que le fait que des textos amicaux soient échangés, et même que des relations sexuelles soient répétées par la suite, n’empêche pas que le premier rapport ait été un viol. Pourtant ici c’est presque systématiquement utilise pour discréditer la victime...


  • The Handmaid’s Tale, la #série #politique de l’année
    http://lvsl.fr/the-handmaids-tale-serie-politique-de-lannee

    L’épisode 7 « The Other Side » où l’on suit l’épopée de Luke en fuite vers le Canada est l’occasion d’aborder un autre thème d’actualité : celui des #réfugiés. L’épisode nous fait retracer tout le parcours d’un réfugié : les motifs du départ, l’inquiétude pour ses proches, les multiples dangers, les passeurs, la terreur… jusqu’à l’arrivée. On ne souhaite alors qu’une chose à Luke : qu’il soit effectivement accueilli. On comprend alors que l’unique différence entre ces héros et ceux que l’on brutalise dans la réalité, chez nous, est que les premiers sont originaires des Etats-Unis. En plein débat sur l’accueil, cette plongée dans la vie d’un réfugié est salutaire, elle permet de rappeler le type d’horreurs que ces gens fuient. Lorsque Moira parvient elle aussi à rejoindre le Canada (épisode 10), Bruce Miller paraît esquisser ce à quoi devrait ressembler une politique d’accueil digne dans un pays développé : gentillesse, nourriture, douche, papiers, téléphone prépayé, quelques centaines de dollars, carte d’assurance maladie, habits…

    #patriarcat