• Musiques actuelles, musiques masculines - Yves Raibaud - AquileTube : Peertube Aquilenet.fr
    https://tube.aquilenet.fr/w/jedbZfvbASwQ5U9JgwgH2r

    Comme le sport, la musique a un genre. L’entre-soi masculin et l’exclusion des femmes dans l’économie des musiques actuelles en est l’exemple. Yves Raibaud montre comment des aides et des subventions publiques profitent majoritairement à des groupes de musiciens hommes qui y trouvent une prime à la professionnalisation. Toute l’économie de ce secteur fonctionne par cooptation genrée, recréant et diffusant ad libitum les stéréotypes de la masculinité, en direction d’un large public. L’auteur plaide au minimum pour une distribution égalitaire des ressources publiques dans ce domaine d’activité professionnelle.

    #UPB #université_populaire #Yves_Raibaud #musiques_actuelles #musique #femmes #hommes #inégalité #sociologie #genre

    • Super Conf, il parle à un moment de Adèle Heanel qui risque de se prendre le backlash d’avoir osé dénoncé un agresseur sexuel et voila ce que je trouve comme info ce matin :

      Affaire Adèle Haenel : la garde à vue de Christophe Ruggia annulée
      https://www.mediapart.fr/journal/france/151021/affaire-adele-haenel-la-garde-vue-de-christophe-ruggia-annulee
      –— Adèle Haenel qui ne voulait pas porté plainte se retrouve à devoir subir des interrogatoires de 21h, des confrontations au bout de la nuit et voila le résultat ....
      A mon avis la société à pas fini de lui faire payé l’affront d’avoir dénoncer un agresseur sexuel masculin.
      #backlash

    • La notion de lèse-majesté doit vraiment être examinée comme paradigme de ce backlash de + en + systématique à l’égard des femmes qui témoignent de leurs agressions. Dans un monde formaté par la pornographie et par le voyeurisme infligé aux femmes célèbres, le fait d’avoir commis de tels actes est maintenant perçu comme moins pire que le fait pour les agresseurs d’en être accusés.

    • C’est du lèse-couillons plutot que lèse-magesté, les hommes n’ont jamais apprecié qu’on dévoile au grand jour le complot qu’ils ourdissent entre eux contre les femmes (cf la maison des hommes).

      L’idée que la nouveauté en art serait une methode pour déclassé les personnes dominées m’a semblé interessante. Apparement c’est Geneviève Sellier qui as forgé cette idée par rapport au ciné de la nouvelle vague. Les femmes et les personnes racisées ont plus de mal à pouvoir tourner des films ou enregistrer de la musique, mais certaines et certains y arrivent à force, mais un peu en retard en moyenne vu les difficultées à se faire remarqué et prendre au sérieux par ce milieu. Une fois que des femmes ou des personnes racisées parviennent à émergé et se faire reconnaitre, les hommes s’organisent pour déclassé le mouvement et ces artistes, faire de la nouveauté qui sera difficile à investir pour les femmes et personnes racisées. En fait c’est probablement le fait qu’il y ai des femmes dans le ciné pré-nouvelle vague qui a dégouté les macho qui voulaient faire leurs films de queutards entre zobs, et ca les a motivé pour faire un truc nouveau car ce qui est féminin c’est nul et il faut niquer les femmes et les jetter hors de la maison des hommes.

    • 86 percent of Black artists in the UK experience barriers to progression, says new survey · News ⟋ RA
      https://ra.co/news/76213

      UK organisation Black Lives In Music (BLIM) has published a damning report on racism and discrimination in the modern music industry.

      2000 people responded to the survey, which launched in March. Those surveyed reported a range of discriminatory acts, barriers to progression based on their ethnicity, income inequalities and more. Here are some key findings:
      • 86 percent of all Black music creators agree that there are barriers to progression. This rises to 89 percent for Black women and 91 percent for Black creators who are disabled.

      • 88 percent of all Black music professionals agree that there are barriers to progression.

      • Three in five (63 percent) Black music creators have experienced direct or indirect racism in the music industry, and more (71 percent) have experienced racial micro-aggressions.

      • 35 percent of all Black music creators have felt the need to change their appearance because of their race or ethnicity, rising to 43 percent for Black women.

      • 38 percent of Black music professionals earn 100 percent of their income from music compared to 69 percent of white music professionals.

  • « Les écarts d’âge homme/femme dans les castings irritent une critique de plus en plus attentive à leur signification sociale … »

    Pourquoi on n’ira pas voir le film Eiffel avec Romain Duris et Emma Mackey
    https://www.numero.com/fr/cinema/eiffel-romain-duris-emma-mackey-sexisme

    En tête du box-office cette semaine, le film français Eiffel a beau être d’une ambition monumentale, il nous donne surtout envie de monter dans les tours. Et ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un énième biopic…

    Il faut l’avouer : la bande-annonce d’Eiffel de Martin Bourboulon, avec ses gros plans sur la majestueuse tour parisienne en construction et ses acteurs en costumes presque aussi monumentaux que la Dame de fer, s’avère vertigineuse. Comme ses premières images mirobolantes, le biopic à 23,4 millions d’euros sur l’inventeur Gustave Eiffel a séduit les spectateurs, puisque, d’après Le Film Français, il a attiré la matinée de sa sortie, ce mercredi 13 octobre, plus de 1610 curieux. Une prouesse par temps de pandémie qui place le film en tête du box-office hexagonal, devant Le Dernier duel de Ridley Scott, Julie (en 12 chapitres) et tous les autres long-métrages qui étaient très attendus cette semaine.

    Le problème c’est que si l’on apprécie particulièrement Romain Duris et Emma Mackey, l’héroïne rock de Sex Education, l’idée de les voir réunis à l’écran pour vivre une folle liaison ne nous réjouit pas vraiment. Dans cette histoire romancée de Gustave Eiffel, l’ingénieur centralien français se lance dans un projet pharaonique pour l’Exposition universelle de 1889 qui aura lieu à Paris. Il veut construire une tour « haute de plus de mille pieds » en forme de A (comme amour), symbole phallique et dominant s’il en est, pour impressionner celle qui le passionna dans sa jeunesse et qu’il retrouve enfin. Nous sommes en 1887 et Eiffel, âgé de 55 ans à ce moment-là, est incarné par Romain Duris, qui en a 47. L’objet de son affection est, pour sa part, joué par Emma Mackey qui n’a que 25 printemps. On vous laisse imaginer, s’il s’agit de son amour de jeunesse, l’âge qu’elle avait lors de leur première rencontre, sans doute celui d’une adolescente donc. Dans la vraie vie, l’inventeur de génie à l’égo aussi surdimensionné que sa création et celle qui l’aimantait, Adrienne Bourgès, n’avaient que neuf ans d’écart. Et non pas plus de vingt, comme dans cette version romancée.

    Ce choix de casting agace d’autant plus qu’il est devenu systématique et ce même après #MeToo et les plaintes des actrices de plus 40 ans sur leur manque d’opportunités. On continue de donner des rôles de compagnes d’hommes de 50 ou 60 ans à des comédiennes de 20 ou 30 ans, comme si passé la ménopause, les femmes n’intéressaient plus personne. Si on s’attarde sur les sorties cinématographiques récentes, James Bond (Daniel Craig, 53 ans) craque pour Léa Seydoux (36 ans) dans les dernières aventures de l’agent 007. La même Léa Seydoux sera à l’affiche, le 29 décembre prochain, d’une adaptation de Philip Roth par Arnaud Desplechin, Tromperie. Et, quelle chance, l’actrice y entretiendra une relation avec Denis Podalydès, fringant jeune homme de 58 ans.

    Vous en voulez encore ? On pourra bientôt, en 2023, se délecter d’un nouveau film de Ridley Scott, Kitbag, dans lequel Jodie Comer (Killing Eve) incarnera Joséphine de Beauharnais, la compagne de Napoléon (interprété par Joaquin Phoenix). Historiquement, l’Impératrice avait 6 ans de plus que son illustre époux alors que Jodie Comer a presque 20 ans de moins que le héros du Joker (2019). Les casteurs et les cinéastes n’ont donc absolument aucune justification, autre que leur propres « daddy issues », pour continuer à nous abreuver de leurs remakes à peine déguisés et peu inspirés de Lolita qui n’excitent plus personne à part eux.

  • #COVID-19 : Les femmes et les jeunes plus touchés par la dépression | santé log
    https://www.santelog.com/actualites/covid-19-les-femmes-et-les-jeunes-plus-touches-par-la-depression

    C’est la première étude à analyser l’impact mondial en santé mentale de la pandémie de COVID-19. Les chercheurs ont mené une revue systématique de la littérature et des données d’enquêtes de population publiées entre janvier 2020 et janvier 2021.

    Les 48 études éligibles ont permis d’avoir la prévalence des troubles dépressifs ou anxieux représentatifs en population générale dans les différents pays, avant et pendant la pandémie. La méta-analyse indique que :
     
    – l’augmentation du taux d’infection au COVID-19 et les mesures de restrictions sont directement associées à une prévalence accrue des troubles dépressifs majeurs et des troubles anxieux.

    – en l’absence de pandémie, il y aurait eu 193 millions de cas de trouble dépressif majeur soit 2.471 cas pour 100.000 habitants dans le monde en 2020 ; or 246 millions de cas soit 3.153 pour 100.000 soit une augmentation de 28% (soit 53 millions de cas supplémentaires ont été recensés durant la période ;

    – plus de 35 millions des cas supplémentaires concernaient des femmes, vs 18 millions chez des hommes.

    – en l’absence de pandémie, il y aurait eu 298 millions de cas de troubles anxieux, mais en fait environ 374 millions de cas soit une augmentation de 26% (76 millions de cas supplémentaires) ont été recensés ; près de 52 millions des cas supplémentaires concernaient des femmes, vs environ 24 millions chez des hommes.
     
    Les jeunes ne sont pas épargnés : ils sont fortement touchés par les troubles dépressifs majeurs et les troubles anxieux. La prévalence supplémentaire de ces troubles culmine chez les 20-24 ans (1.118 cas supplémentaires de trouble dépressif majeur pour 100.000 et 1.331 cas supplémentaires de troubles anxieux pour 100.000) puis diminue avec l’âge.
     
    « Les fermetures d’écoles et des restrictions limitant la capacité d’interaction sociale des jeunes, contribuent à expliquer que les jeunes soient également plus durement touchés par les troubles dépressifs majeurs et les troubles anxieux pendant la pandémie" .
     
    Les femmes non plus : les femmes restent toujours plus susceptibles d’être plus touchées par les conséquences sociales et économiques de la pandémie, soulignent les auteurs. Des responsabilités supplémentaires notamment familiales, ont tendance à leur revenir, et les femmes restent toujours plus susceptibles d’être victimes de violence domestique.

    Ce fardeau des troubles dépressifs et anxieux pendant la pandémie met en évidence l’impact de la #pandémie sur la #santé_mentale dans le monde. Il est donc urgent de renforcer aussi les systèmes de santé mentale.
     
    Les auteurs appellent donc à une action urgente des décideurs politiques pour renforcer ces systèmes de santé, à l’échelle mondiale afin de répondre à la demande accrue liée à la pandémie et mieux se préparer aux épidémies futures.

    Source : Global prevalence and burden of depressive and anxiety disorders in 204 countries and territories in 2020 due to the COVID-19 pandemic - The Lancet
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02143-7/abstract

    • Les femmes ont du supporter leurs conjoint pendant les confinements, ca se comprend facilement qu’elles soient dépressives depuis. En tout cas cela ne sera pas pris en compte par le corps médicale, les souffrances des femmes, ca ne compte pas, seul la fonctionnalité de leur uterus importe et l’état de leur moral est encore moins important car plus les femmes souffrent plus les hommes en tirent des bénéfices et du plaisir.
      #backlash #depression #femmes

  • Des misogynies rebelles | Joy Press et Simon Reynolds
    https://lmsi.net/Des-misogynes-rebelles

    Au départ, Sex revolts a été imaginé comme une enquête sur la misogynie – la masculinité dérangée et dérangeante – au sein du rock et des styles voisins de musique populaire. Mais notre périmètre s’est rapidement élargi pour embrasser d’autres aspects des questions de genre, tels qu’ils se manifestaient, amplifiés, dans la musique pop et ailleurs. Source : Les mots sont importants

  • Le Monde
    Logistique, hôtellerie, bâtiment… A travers l’Europe, la grande pénurie de main-d’œuvre
    par Eric Albert (Londres, correspondance), Jules Thomas, Emeline Cazi, Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale) et Clément Guillou.

    Les entreprises du Vieux Continent peinent à recruter. Au-delà des conséquences logistiques et matérielles qu’il provoque, le phénomène transfère progressivement le pouvoir de négociation vers les salariés.

    Avec la reprise économique au printemps, déconfinement oblige, Andrew Baxter explique ne pas avoir eu le choix : « J’ai dû augmenter le salaire de ma cinquantaine de chauffeurs routiers de 20 %, simplement pour les garder. » Le directeur général d’Europa Worldwide, une entreprise britannique de logistique, n’avait jamais vu ça en vingt-sept ans de carrière. « Sans la hausse du salaire, ils seraient partis ailleurs. » Avec les heures supplémentaires, la plupart d’entre eux gagnent désormais autour de 50 000 euros par an.

    De l’autre côté de la Manche, au Meurice, le palace parisien, recruter du personnel en cuisine relève aujourd’hui de la mission impossible. « D’habitude, nos petites annonces sur notre site attirent les candidats. Mais en ce moment, on ne reçoit pas de CV, raconte Amel Ziani Orus, sa directrice des ressources humaines. On a fait appel à trois cabinets de recrutement et aucun n’a réussi à nous proposer un CV. »

    Les petites annonces débordent de partout
    Drôle de période économique. Côté pile, le marché de l’emploi n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie : le chômage dans l’Union européenne restait de 7,1 % en juin, un demi-point au-dessus de décembre 2019, soit quand même 800 000 demandeurs d’emploi supplémentaires. Même constat au Royaume-Uni, où le chômage était de 4,7 % d’avril à juin, en hausse de presque un point. Rien de catastrophique par rapport à l’ampleur du choc de la pandémie, mais a priori pas une situation propice aux difficultés de recrutement.

    Et pourtant, côté face, partout à travers le continent – et le phénomène est le même aux Etats-Unis –, les entreprises font face à de sévères pénuries de main-d’œuvre. Dans l’hôtellerie et la restauration, le transport, la manutention, le BTP, l’industrie, l’aide à domicile, la santé, le nettoyage, les commerces ou encore l’informatique, il n’y a aujourd’hui pas assez de candidats.

    Sur le site de recrutement Indeed, les petites annonces débordent de partout : en Italie, leur nombre est 30 % au-dessus de son niveau d’avant la pandémie ; en Allemagne et au Royaume-Uni de 22 % ; aux Pays-Bas de 19 % ; en France de 9 %. Seule l’Espagne, plus dépendante du tourisme international et où le soutien du gouvernement à l’économie a été plus limité, n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant 2020.

    Même constat tiré par StepStone, un groupe qui possède des sites de recrutement dans toute l’Europe. En Allemagne, il parle de « Jobwunder » (« le miracle de l’emploi »), avec des demandes particulièrement fortes dans le commerce et le transport routier.

    En France, les petites annonces dans l’hôtellerie et la restauration ont doublé depuis le début de l’année. « Dans le secteur de la cuisine, qui était déjà sous forte tension, c’est dramatique, explique Alain Jacob, fondateur du cabinet de recrutement AJ Conseil, spécialisé dans l’hôtellerie-restauration. Du jamais-vu depuis vingt-huit ans que le cabinet existe. On ne trouve pas en quantité ni en compétence. On n’a jamais eu si peu de réponses à nos offres d’emploi. Les candidats sont dans l’indécision. Ils disent qu’ils verront en septembre. »

    Les cartes du marché de l’emploi rebattues
    La pénurie est telle qu’elle risque parfois d’étouffer la reprise économique. Au Danemark, 21 % des grandes entreprises affirment avoir dû renoncer à des commandes faute de main-d’œuvre, selon une enquête, en juin, du quotidien danois Berlingske. En Suède, certains restaurants ont dû revoir à la baisse leur menu et leurs horaires d’ouverture.

    Explication : la pandémie est venue complètement rebattre les cartes du marché de l’emploi. Avec la fermeture de secteurs entiers pendant les différents confinements, les salariés ont eu le temps de se remettre en cause. Et éventuellement d’aller monter leur propre projet ailleurs. « Certains sont allés ouvrir leur restaurant à Marrakech ou au Portugal, poursuit Mme Ziani Orus, du Meurice. Les employés sont jeunes, ils ne veulent pas rester à ne rien faire, même en étant payés. »

    En Allemagne, le syndicat de l’alimentation et de l’hôtellerie estime qu’un employé sur six a quitté le secteur, soit 275 000 employés en moins à l’échelle nationale
    D’autres en ont profité pour changer de métier, lassés d’horaires à rallonge et de conditions de travail très difficiles. En Allemagne, le syndicat de l’alimentation et de l’hôtellerie estime qu’un employé sur six a quitté le secteur, soit 275 000 en moins à l’échelle nationale. Selon Dehoga, l’organisation patronale de la filière, ils auraient été attirés particulièrement par les secteurs de la logistique (Amazon) et du commerce (Aldi, Lidl), qui visent spécifiquement les employés de l’hôtellerie et dont le travail a explosé avec le boom de l’e-commerce.

    Pierre Bard peut se frotter les mains. Ce chef de rang dans une brasserie du centre de Paris, 38 ans, affirme recevoir « une vingtaine d’offres par jour, ça vient de tous les côtés ». Ce marché de l’emploi fou est aussi une conséquence de l’ultraflexibilité demandée aux salariés. « Ces dernières années, à Paris, ça fonctionne beaucoup avec les extras, explique-t-il. Il y a très peu de CDI depuis que les cafés sont tous passés en location-gérance. L’intermédiaire doit verser chaque mois un gros loyer et rogne sur les salaires, les congés payés… Il y a donc beaucoup de rotations des effectifs. Dans ma brasserie, il doit trouver quatre serveurs pour le mois prochain. »

    Conséquences en cascade
    A cette situation extrêmement tendue dans toute l’Europe, le Royaume-Uni ajoute le casse-tête du Brexit. Suivant les estimations, entre un demi-million et 1,3 million d’Européens sont partis pendant la pandémie, préférant se confiner dans leur pays d’origine. Beaucoup ne sont pas rentrés, voire ne le peuvent pas : depuis le 1er janvier, il faut un visa de travail pour travailler outre-Manche, sauf à avoir obtenu un permis de résidence avant cette date.

    Jayson Perfect dirige les 121 pubs de l’entreprise Liberation Group présente dans le sud-ouest de l’Angleterre et les îles Anglo-Normandes. « Le Brexit et la pandémie représentent une tempête parfaite. Aujourd’hui, je cherche des chefs, des sous-chefs, des commis… »

    Le manque de main-d’œuvre a des conséquences en cascade. Faute de petites mains pour cueillir les récoltes, les agriculteurs peinent à fournir leurs produits. Faute de chauffeurs routiers, ils ne trouvent pas de transporteurs. « Il devient rare de recevoir des livraisons complètes, il manque presque toujours quelque chose à ce qu’on a commandé », continue M. Perfect. Le Royaume-Uni fait actuellement face à une pénurie de poulets, et l’enseigne Nando’s a dû fermer une cinquantaine de restaurants pendant une semaine. « On ne trouve plus de panais, j’ai dû les retirer du menu », ajoute M. Perfect.

    Le problème vient aussi de l’alternance confinement-déconfinement, un « stop and go » difficilement gérable. « Quand le confinement a été levé, on ne savait absolument pas quelle serait la demande. Est-ce qu’on allait devoir servir deux fois plus ou deux fois moins qu’avant la pandémie ? » La réponse a finalement été deux fois plus, ce qui l’a obligé à passer des commandes en urgence, renforçant les difficultés logistiques.

    Plusieurs mois avant de retrouver l’équilibre
    En France, où le chômage structurel est fort, la situation est moins tendue. Mais même dans les Hauts-de-France, région historiquement touchée par la crise de l’emploi, Pôle emploi est parfois obligé de ramener les employeurs à la raison.

    « Quand une entreprise recrute, elle a peur de se tromper, analyse Pascal Dumont, directeur de la stratégie et des relations avec les élus à Pôle emploi Hauts-de-France. Elle met donc un maximum de garde-fous. Mais plus elle en met, plus elle exclut des candidats potentiels. Nous, on leur demande : quelles sont les compétences essentielles pour travailler chez vous ? Il faut ramener l’entreprise à la juste exigence. »

    Certains secteurs, comme l’e-commerce, ont connu une forte accélération, qui ne disparaîtra pas ; d’autres secteurs ont tous rebondi de façon synchrone, avec les déconfinements
    Simple problème passager qui va se résorber avec la fin de la pandémie ou tournant économique structurel ? « Ce sont plus des goulets d’étranglement que de vraies pénuries », relativise Pawel Adrjan, économiste qui travaille pour Indeed. La pandémie a eu un double effet, analyse-t-il : certains secteurs, comme l’e-commerce, ont connu une forte accélération, qui ne disparaîtra pas ; d’autres secteurs ont tous rebondi de façon synchrone, avec les déconfinements. « Tous les employeurs se sont mis à recruter en même temps », explique M. Adrjan. Il faudra donc plusieurs mois pour que l’offre et la demande retrouvent un certain équilibre.

    Nicolas Bouzou, économiste qui dirige le cabinet d’études Asterès, parie au contraire sur un changement durable. « Historiquement, les guerres et les épidémies sont les deux grands chocs qui changent une société. Je crois que beaucoup de tendances qu’on observe actuellement vont durer : la volonté des gens de se rattraper et d’aller plus au restaurant va coïncider avec les salariés de ce secteur qui veulent au contraire changer de vie, par exemple. »

    Vers un transfert du pouvoir de négociation
    Pour Sebastian Dettmers, directeur général du site de recrutement StepStone, la pandémie vient accentuer un phénomène qui avait déjà commencé avant l’apparition du Covid-19. « Ce que nous connaissons actuellement n’est que le début d’une pénurie mondiale de travailleurs qualifiés. Des changements démographiques vont impacter le marché du travail. » La population vieillissante en Europe et la baisse de la natalité vont progressivement réduire le nombre d’actifs. A l’autre bout du monde, la démographie chinoise ne croît plus, ce qui va réduire le stock de main-d’œuvre bon marché.

    Dans ces circonstances, l’Europe est peut-être sur le point de voir un profond basculement économique : le transfert du pouvoir de négociation vers les travailleurs, après quatre décennies de salaires réduits et d’érosion des conventions collectives. Le phénomène est lent et ne concerne pas tous les domaines, loin de là, mais un secteur comme le BTP, déjà en tension avant la pandémie, connaît aujourd’hui une véritable guerre du recrutement.

    « Il y a des profils introuvables comme les chauffagistes, les frigoristes ou encore les chefs d’équipe espaces verts, explique Béatrice Vermot, consultante en recrutement pour l’antenne lyonnaise du cabinet Praxion. On ne les trouve pas sur Pôle emploi. On fait de l’approche directe, on va les chercher chez les concurrents ou sur les réseaux sociaux. » C’est sur LinkedIn que tout se passe. « On a plusieurs abonnements. On repère les profils “ouverts aux opportunités” et on envoie un mail. Mais il faut pouvoir leur offrir une meilleure rémunération, ou alors une évolution professionnelle : qu’ils deviennent chef d’équipe ou travaillent pour une grande entreprise qui permet des évolutions importantes. Ça n’est même pas une question de salaire, car les entreprises sont prêtes à payer 40 000 euros brut pour des CAP, BEP, BAC pro. »

    Pour attirer des candidats, les entreprises peuvent activer d’autres leviers que le salaire : selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 27 % des entreprises rencontrant des difficultés de recrutement recourent à des changements dans le temps de travail, la durée du contrat ou l’organisation du travail. « Il faut entendre ce à quoi aspire le candidat, explique Pierre Lamblin, directeur des études à l’Association pour l’emploi des cadres. Il aspire à un cadre de travail où il peut s’épanouir, notamment avec la possibilité de télétravailler, et à trouver du sens dans ce qu’il fait. »

    Poussée d’inflation « possible »
    Dans ce contexte, partout en Europe, les salaires commencent à progresser. Au Royaume-Uni, ils ont fait un spectaculaire bond de 8,8 % en juillet (sur un an), mais en corrigeant de l’effet de base (le mois de juillet 2020 était catastrophique), le Bureau britannique des statistiques estime la progression autour de 4,2 %, ce qui reste significatif. En Allemagne, une étude de StepStone d’octobre 2020, en pleine pandémie, indiquait que la moitié des employeurs anticipait une hausse des salaires.

    Ce frémissement n’est pour l’instant guère perceptible en France. Selon la Dares, le salaire mensuel de base n’a augmenté que de 1,4 % au deuxième trimestre (en glissement annuel), mais il mesurait une période où les restrictions sanitaires étaient encore fortes, et le chiffre n’empêche pas de vraies poussées salariales sectorielles.

    De quoi favoriser une poussée d’inflation ? « A moyen terme, c’est une vraie possibilité. Mais ça ne me traumatise pas du tout si on a une inflation de 4 % ou 5 %, indique Nicolas Bouzou. Beaucoup de pays ont connu ça sans que ça ne pose de problème. » Après des décennies de prix au plancher, cela représenterait quand même un profond changement d’équilibre économique.

    • Les couteux DRH se lamentent de façon obscène :

      Je cite : « Ça n’est même pas une question de salaire, car les entreprises sont prêtes à payer 40 000 euros brut pour des CAP, BEP, BAC pro. »

      alors que le plus souvent, ils offrent moins que le smic pour ces qualifications.

      On comprends qu’en affirmant des trucs pareils, les futurs candidats se méfient et le postulent pas.

    • Des professions principalement occupées par les hommes (on me dira qu’il y a les serveuses pour la restauration, mais l’article parle du recrutement en cuisine ou il y a peu de femmes). C’est « étrangement » pas dans les secteurs de l’éducation, ni dans le domaine médicale ni dans l’administration qu’on va recruté. RAF des soins aux malades, aux vieilleux et aux enfants, ce qui est important c’est d’aller au resto.
      #backlash #domination_masculine #boys_club

    • Meg, dans une phrase, ça évoque la santé, le nettoyage et les commerces aussi (mais ensuite l’article ne développe que l’hotellerie/restauration et le BTP) :

      Dans l’hôtellerie et la restauration, le transport, la manutention, le BTP, l’industrie, l’aide à domicile, la santé, le nettoyage, les commerces ou encore l’informatique, il n’y a aujourd’hui pas assez de candidats.

    • De mon côté, pour le domaine qui est le mien, l’informatique, je confirme, il n’y a pas de candidats pertinents qui postulent à nos offres d’emploi. Tout simplement. Depuis le début de l’année, on a même supprimé la mention du salaire en la remplaçant par un « rémunération selon l’expérience ». Les candidats qui postulent sont des demandes d’alternances, quand l’offre précise un temps plein avec une expérience minimale. Et donc, pour le cas particulier de l’informatique, qui est différent de la restauration, du BTP ou de la santé, j’imagine qu’il s’agit tout à la fois d’une absence de volonté de bouger pour les personnes en poste, d’une forte demande par les très grosses boites et les startups (les deux étant capables de proposer des salaires illimités), et enfin, des écoles de formation à l’informatique qui sont défaillantes... les débutants sont décevants, je n’ai jamais autant stoppé de périodes d’essais que cette année.

    • Nicolas Bouzou, économiste qui dirige le cabinet d’études Asterès, parie au contraire sur un changement durable. « Historiquement, les guerres et les épidémies sont les deux grands chocs qui changent une société. Je crois que beaucoup de tendances qu’on observe actuellement vont durer : la volonté des gens de se rattraper et d’aller plus au restaurant va coïncider avec les salariés de ce secteur qui veulent au contraire changer de vie, par exemple. »

      #Nicolas_Bouzou est un expert, il écrit régulièrement dans la presse française (Le Figaro, Les Échos, L’Express, L’Opinion) et dans la presse étrangère (Financial Times, Le Temps). Et sa gueule de con s’affiche régulièrement dans les talk-show et à la rentrée sur Europe1
      https://twitter.com/nbouzou/status/1430180174868492294

      Je suis très heureux de vous retrouver à partir de la semaine prochaine chaque lundi, mercredi et vendredi, à 7h15 sur Europe1 pour défendre le développement économique, le progrès social et la liberté.

      Un article de notre expert dans L’Express (5/8/21).
      https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/nicolas-bouzou-pour-en-finir-avec-la-penurie-de-main-d-oeuvre_21

      Nous sommes nombreux à en avoir fait l’expérience pendant ces vacances : être servi dans un restaurant par une très jeune personne, qui prend la commande trente minutes après notre arrivée, qui apporte l’addition trente minutes après le café et sait à peine utiliser le terminal Carte bleue. Hors de question de râler, nous sommes en vacances, follement heureux de retourner au restaurant et on ne saurait reprocher son inexpérience à un jeune qui travaille l’été. Un débutant ne mérite pas un blâme mais un bon pourboire ! Ce qui est inquiétant, c’est le problème sous-jacent que révèle cette anecdote.

      Déjà, la formation continue doit inciter les salariés à se former prioritairement en vue de travailler dans des métiers en tension. En effet, beaucoup de nos concitoyens utilisent leur compte personnel de formation (CPF) pour prendre des cours de poterie ou de macramé. C’est fort sympathique, mais la France a aujourd’hui davantage besoin de serveurs de restaurants et de chaudronniers que de potiers. Il faudrait que les branches professionnelles et les régions puissent abonder beaucoup plus facilement les CPF, un excellent outil en soi, à la condition que les salariés suivent des formations économiquement pertinentes. L’assurance-chômage doit également, dans sa politique d’indemnisation, mieux intégrer les besoins de l’économie française.

      Franchement, entre Pôle emploi et la formation continue, on a parfois l’impression que la communication passe aussi bien que sur les lignes téléphoniques transatlantiques dans les années 1930. La dégressivité des indemnisations chômage pour les plus hauts revenus, entrée en vigueur ce 1er juillet, est une excellente chose. Il n’y a aucune raison que les plus hauts salaires de ce pays ne soient pas fortement incités à reprendre un emploi, même si ce n’est pas celui de leurs rêves. C’est au fond une question de solidarité. Néanmoins, cette politique punitive (mais justifiée) est insuffisante. Il faut aller plus loin en mettant en place des formations d’un haut niveau de qualité pour les demandeurs d’emploi prêts à travailler dans un secteur en tension. Tous au travail, pour soigner les séquelles économiques de la pandémie !

      En plus des pourboires de Mr Bouzou et ton pass sanitaire, tu vas pouvoir retourner au restaurant ! Mais apparemment, ce sera pour faire la plonge.
      Marre de l’assistanat, maintenant il faut venir en aide au Medef !
      https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-charline-vanhoenacker/le-billet-de-charline-vanhoenacker-13-avril-2020
      https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15275-13.04.2020-ITEMA_22324166-1.mp3

       

    • Chez les comiques, je demande Geoffroy Roux de Bézieux. (GRB pour les intimes et la gerbe pour les autres.)
      D’après le président du Medef, pour « tous les patrons » qu’il a vus, « le sujet numéro un, ça n’est plus la pandémie, c’est le recrutement ».
      https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/emploi-vu-les-difficultes-de-recrutement-il-y-aura-forcement-des-augment

      Pour résoudre en partie les problèmes de recrutement, le Medef soutient la réforme de l’assurance chômage, dont il demande l’application prévue le 1er octobre. Celle-ci « devrait faire revenir vers l’emploi un certain nombre de salariés », a souligné Patrick Martin. « Dans le système (actuel), il y a un certain nombre de paramètres qui permettent d’alterner des périodes de travail et des périodes de chômage en gagnant à peu près autant que si vous travailliez à plein temps », a expliqué Geoffroy Roux de Bézieux, estimant que « le système est mal conçu ».

      « Ce n’est pas la seule raison (aux problèmes de recrutement) : il y a des problèmes de mobilité géographique - déménager pour trouver un travail c’est compliqué -, des problèmes de formation professionnelle, d’adaptation entre la formation et le besoin des entreprises... On ne va pas pointer que la réforme du chômage mais c’est une des raisons et cette réforme est nécessaire », a insisté le président du Medef.


      https://twitter.com/GeoffroyRDB/status/1430218794656571395

      Mon interview dans Le Figaro à paraître demain : « il faut mettre un terme au « quoi qu’il en coûte », il faut réserver le soutien public à ceux qui en ont encore besoin ».

      Les petits secrets de Geoffroy de Bézieux, le patron du Medef. Un article de Capital.fr digne du meilleur de la presse people.
      https://photo.capital.fr/son-manoir-breton-sa-taupe-a-bercy-les-petits-secrets-de-geoffroy-de-b

      [2 Extraits] :

      Sa taupe à Bercy. Il n’aime pas qu’on l’interroge là-dessus. Sa soeur cadette, Laure, est, depuis un an, à la tête du département juridique du ministère de l’Economie et des Finances. Laure Bédier – elle est, par ailleurs, l’épouse de l’ancien directeur général délégué de Carrefour, Jérôme Bédier – donne-t-elle des infos à son frère ? “Absolument pas, il n’y a aucun conflit d’intérêts !”, tranche ce dernier.

      C’est dans ce vaste manoir donnant sur l’Atlantique que cet habitant de Neuilly se réfugie les week-ends. A son image, il est rugueux. “L’hiver, quand les vagues claquent, on se croirait à bord d’un bateau !”, nous confie Valérie Pécresse, amie intime des Roux de Bézieux et habituée des lieux (elle possède un pied-à-terre à La Baule, non loin, où elle fête ses anniversaires chaque 14 juillet, souvent en compagnie de Geoffroy et de son épouse Sabine). A l’intérieur, le décor austère est rehaussé par de grandes toiles représentant des scènes marines. Dans le parc, on peut apercevoir quelques blockhaus.” Il en a transformé un en cabane de jardin”, nous renseigne Franck Louvrier, autre invité régulier et ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. GRB y entrepose ses canoës. Le weekend, il fait son footing le long des sentiers du littoral ou se rend au club de tennis du Croisic. “Une année, mon fils aîné a joué contre lui, mais Geoff roy ne lui a pas laissé un seul point !”, relate sa voisine, l’ex-ministre très conservatrice Christine Boutin. Cet ancrage breton lui vient de sa femme, originaire de La Baule.

    • Ah ! l’inusable #stage_de_macramé ! Ça fait bien 40 ans qu’il est cité comme étant l’unique demande de formation, fort sympathique au demeurant, de beaucoup de nos concitoyens

      Rituellement invoqué longtemps avant l’existence du CPF, en fait, dès l’origine c-à-d la loi de 1971 (loi Delors) sur la Formation Professionnelle Continue.

      Ça ne me rajeunit pas, tiens !

    • En demande de formation, il y a hélas beaucoup trop de « médecines parallèles », voire de grosses daubes new age claquées au sol qui fleurent bon la secte. Avec le coaching et les formations « deviens développeur info en une semaine »… en gros, le problème, c’est qu’on a besoin de formations longues diplomantes, mais qui sortent des budgets/critères des organismes de gestion, donc, reste des thunes pour des formations courtes, pas forcément qualifiantes et probablement reconnues par personne.

  • Ou peut-être une nuit : retours critiques | by Leïla | May, 2021 | Medium
    https://medium.com/@leilla/ou-peut-%C3%AAtre-une-nuit-retours-critiques-fd3c08902aa7

    Les mots choisis, “exclusivement, jamais”, ne faisaient pas simplement de moi une anomalie statistique mais une aberration ; une experte tenait un discours qui annihilait la possibilité même de l’existence de mon vécu. Être ramenée à une parole inaudible par un podcast qui s’efforce justement de briser le silence qui entoure l’inceste, ça tient du tragicomique. Moi qui, lors des premiers épisodes, pensais envoyer le lien vers la série à ma mère… je me suis retrouvée dans l’impossibilité de le faire par peur d’être ramenée encore une fois à une minimisation de ce que j’avais vécu.

    • Si j’ai eu de la haine quotidienne et des souhaits de vengeance pendant des années, cela fait longtemps que ce n’est plus le cas. Mais je crois que, s’il avait été adulte, ou en situation de pouvoir sur moi par ailleurs, mes sentiments auraient sans doute plus difficilement évolué dans cette direction. Quand, en tant que victime, on parle de son inceste, on marque aussi de la honte sociale de l’inceste la personne qu’on nomme comme notre agresseur. Et si je n’avais pas à porter cette honte si longtemps, et si j’aimerais pouvoir m’en débarrasser définitivement, je n’ai aucune envie qu’elle change de camp. Qu’on lui fasse honte ne me soulagera pas de la mienne. Il me semble que le risque que nommer puisse entraîner de la violence est un frein plus grand quand il s’agit de nommer quelqu’un du même âge ou de plus jeune que soi.

    • Pourquoi je dis que ça fait des dégâts psychiques, de penser l’amour et la domination comme mutuellement exclusifs, y compris dans le cadre de l’inceste ? Du côté des victimes, la plupart d’entre elles seront amenées, au cours de leur vie amoureuse et sexuelle, à revivre de la violence. Ce n’est pas juste une condamnation à la répétition de schéma : c’est aussi qu’on vit dans un monde violent entre humain·e·s traumatisé·e·s. Sans pour autant s’y résigner, on peut s’attendre, à des degrés divers, au surgissement de la violence dans les relations. Donc, une personne victime d’inceste qui a intégré ce discours, une personne qui croirait que l’amour et la violence sont mutuellement exclusifs, serait condamnée à relire chacune de ses relations dans laquelle de la violence émergerait comme n’ayant, finalement, pas contenu d’amour. Le genre de pensées, puis d’émotions que ça peut entraîner tendent à ajouter une forte douleur morale aux dégâts déjà importants causés par les violences en elles-mêmes (qu’il s’agisse des violences premières ou de la répétition par la suite, d’ailleurs). “En fait il ne m’aimait pas, je me suis fait avoir depuis le départ” est une pensée qui conduit à miner la confiance d’une personne dans ses ressentis (“tous ces moments où j’ai cru reconnaître et vivre de l’amour dans la relation, je me trompais”) et dans sa capacité de décision. Cela invite l’idée qu’il y a des personnes qui feraient semblant d’aimer mais qu’on est pas capables de détecter (“si je ne sais pas distinguer ce qui est de l’amour ou pas, suis-je condamné·e à vivre dans la peur de me tromper à nouveau ?”). Cela entretient donc un rapport au monde emprunt de méfiance ainsi que de l’hypervigilance, deux symptômes récurrents suite à des expériences d’abus traumatisantes.

  • REHABILITATION DES HOMMES VIOLENTS : EFFICACE OU POUDRE AUX YEUX ?

    Une synthèse admirable de Francine SPORENDA, diffusée sur le site RÉVOLUTION FÉMINISTE

    A propos de la question de l’abolition de l’institution carcérale, des féministes ont vanté un modèle carcéral suédois qui serait exemplaire car basé sur la réhabilitation des criminels, et ont affirmé que cette réhabilitation des criminels mise en oeuvre en Suède réduisait significativement les violences masculines.

    Que le modèle carcéral suédois obtienne de bons résultats pour la criminalité économique, c’est fort possible. Mais les statistiques de viols pour la Suède ne confirment pas l’assertion ci-dessus qui repose sur l’idée reçue selon laquelle les pays scandinaves seraient des sociétés égalitaires. Pour la criminalité sexuelle, dont les motivations sont très différentes de celles de la criminalité économique, les chiffres suédois n’indiquent pas que la réhabilitation des agresseurs ait un impact constatable sur ces violences.

    Je rappelle ces chiffres : la Suède est le 6ème pays dans le monde pour le nombre de viols, le nombre de viols enregistrés en 2019 est de 8 581, soit 85,8 pour 100 000 habitants. Pour la France, il est en 2017 de 24,4 pour 100 000 habitants (en 2019, il a pu augmenter un peu) soit 3,5 fois plus de viols pour la Suède (1). (...)
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2021/05/23/rehabilitation-des-hommes-violents-efficace-ou-poudre
    #violenceconjugale #thérapie #complicité

    • Je suis pas croyante dans la justice réparatrice et je pense beaucoup de mal de la notion de pardon, mais ce texte me semble caricatural et ne sert qu’a renforcé des positions sans prendre au sérieux les arguments du camps adverse. Ce passage par exemple est très faible :

      Si les féministes avaient adopté ce point de vue « tout ou rien »—qu’il ne fallait rien attendre de l’Etat, de la loi et de la justice et avaient renoncé à lutter pour les faire évoluer, nous n’aurions pas obtenu le droit de travailler ou d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation du mari, pas le droit de gérer nos biens propres et de disposer de notre salaire, pas le droit de nous inscrire en faculté sans autorisation maritale, pas le droit de voter et d’être élues, ni le viol ni le viol conjugal ne seraient reconnus comme crimes, nous n’aurions pas obtenu le droit à l’avortement et à son remboursement, etc.

      #viol #culture_du_viol #justice #prison #femmes #violences_masculines #backlash

    • "Si les féministes avaient adopté ce point de vue « tout ou rien »—qu’il ne fallait rien attendre de l’Etat, de la loi et de la justice et avaient renoncé à lutter pour les faire évoluer..."
      C’est pourtant le pseudo-argument que j’ai longtemps vu une certaine gauche dogmatique servir aux femmes qui ont lutté pour arracher à l’État de premières réformes en matière de droits des femmes. Si cela semble parodique, c’est peut-être que cette attitude jusqu’auboutiste l’était, non ?...

  • INÉGALITÉS SOCIALES : LA BOMBE VA-T-ELLE EXPLOSER ?

    https://www.youtube.com/watch?v=LscJ9nzBaHw

    La crise sanitaire exacerbe et fait exploser les inégalités. C’est le constat fait par cet ouvrage, « L’explosion des inégalités : classes, genre et générations face à la crise sanitaire », paru aux éditions de l’Aube.

    En bouleversant l’ordre social, le confinement a remis sur la table la question des inégalités et des injustices sociales. Pendant que certains métiers sont déclarés essentiels et font l’objet d’ordonnances destinées à « assouplir le code du travail », d’autres, les « non-essentiels », cessent leur activité. Dans ces secteurs, les contrats précaires, les femmes et les jeunes sont surreprésentés.

    Ceux qui vivent en résidence étudiante, en HLM, en milieu rural ainsi que les retraités se retrouvent parfois en situation d’isolement. Les plus chanceux peuvent télétravailler depuis leurs résidences secondaires. Les inégalités de genre se sont accrues également. À la maison, les femmes reprennent en main les tâches domestiques. Un peu comme si nous étions revenus avant les années 1970.

    Pour en parler, Le Média a eu le plaisir de recevoir Anne Lambert, sociologue, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (INED), et co-auteure de l’ouvrage.

    Il est question entre autre de l’opportunisme des hommes qui ont profité du confinement pour réassigné les femmes aux taches ménagères et domestiques. #backlash #domination

  • « Non, il n’y a pas de culture du viol à Sciences Po »
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/il-n-y-a-pas-de-culture-du-viol-a-sciences-po-20210504
    ENTRETIEN - Bénédicte Durand, administratrice provisoire de Sciences Po, défend le dispositif de lutte contre les violences sexistes et sexuelles mis en place par l’établissement.

    « Il n’y a pas de système particulier à notre institution qui protégerait ou qui couvrirait des actes criminels » explique Bénédicte Durand, administratrice provisoire de Sciences Po. Damien Grenon

    Nommée administratrice provisoire après la démission de Frédéric Mion, Bénédicte Durand a pris les commandes de Sciences Po le 10 février dernier.

    LE FIGARO. - Comment avez-vous réagi face à l’ampleur de l’« affaire #Sciencesporcs » ?

    Bénédicte DURAND. - Il y avait un besoin de dire sa révolte face à aux agressions sexuelles. Que cette colère ait été dite sur les réseaux sociaux de la part d’une population jeune qui s’exprime parfois de manière radicale, voire disproportionnée au regard de la réalité des violences sexistes et sexuelles à Sciences Po, ne m’a pas étonnée. Cette poussée de colère, je l’ai entendue. J’ai entrepris un tour des sept campus afin de rencontrer les étudiants et d’identifier les moyens de transformer cette colère en actions. Cela suppose un retour au calme, un diagnostic précis, une prise en charge par l’institution des victimes qui se seraient exprimées de manière anonyme sur les réseaux.

    –------
    Sans surprise le gouv à nommé une masculiniste à la tête de science po. Elle ne sais pas ce qu’est la culture du viol, elle ne s’adresse qu’aux etudiants et pas aux étudiantes qu’elle traite de menteuses. Aujourd’hui va être voté la décriminilisation automatique des viols, mais c’est un non sujet, ca intéresse strictement que les victimes.

    #sciencePo #culture_du_viol #violophilie #déni #backlash

    • https://www.village-justice.com/articles/projet-loi-pour-confiance-dans-institution-judiciaire-quelles-sont-

      Que prévoit le projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire ?

      Le garde des Sceaux a présenté et défendu plusieurs projets de loi depuis son arrivée au ministère de la Justice en juillet 2020. Mais la réforme présentée en Conseil des ministres le 14 avril 2021 revêt une importance particulière, puisqu’elle correspond particulièrement à ce qu’Éric Dupond-Moretti avait annoncé sur le perron de la Chancellerie lors de la passation de pouvoirs.
      Le Village de la Justice vous propose ici une synthèse des principales mesures qui vont être soumises aux débats parlementaires. Vous trouverez les versions initiales des projets de lois en fin d’article.

      EcouterReadSpeaker webReader : Ecouter

      Un sondage IFOP faisait déjà état il y a deux ans, de ce qu’à peine un Français sur deux déclarait faire confiance à la Justice. Le projet de loi ordinaire et le projet de loi organique qui vont être discutés prochainement sont bâtis selon quatre axes, autour de cette notion de confiance.
      1. Mieux faire connaître le fonctionnement de la Justice grâce aux procès filmés

      Les réactions avaient été contrastées lorsque le garde des Sceaux avait évoqué dans la presse [1], son souhait relatif à l’enregistrement et à la diffusion des audiences.

      Cette volonté « de faire entrer la justice dans le salon des particuliers » [2] trouve une concrétisation dans l’article 1er du projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire. Le texte propose la création d’un article 38 quater dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, en vue d’instaurer un nouveau régime d’autorisation pour filmer les procès, à côté de celui permettant la constitution des archives historiques de la Justice.

      Motif d’intérêt public. – Les audiences pourraient être filmées pour « un motif d’intérêt public », sans qu’il puisse s’agir, du moins pour l’instant, de l’intérêt médiatique de l’affaire. Le motif pédagogique est privilégié, ce qui explique que la diffusion ne devrait pas se faire sans être accompagnée d’explications sur le fonctionnement de la Justice, pour montrer sa diversité, décrypter ses « codes », etc. Il pourra aussi s’agir d’un enregistrement/diffusion en raison de l’intérêt de l’audience pour les débats juridiques (source : Chancellerie).

      Audiences concernées et consentement.– Toutes les audiences pourront être concernées : civiles, pénales, etc., publiques et non publiques. On notera que par dérogation à l’article 11 du Code de procédure pénale, il pourra aussi s’agir des audiences intervenant au cours d’une enquête ou d’une instruction.

      Pour éviter notamment le sensationnalisme, des régimes spécifiques sont prévus : consentement exprès à la captation et l’enregistrement pour les audiences non publiques, occultation systématique des éléments d’identification de toutes les personnes filmées (parties, magistrats, avocats, etc.) avant la diffusion des images. Les personnes concernées pourront néanmoins décider de lever le floutage. La diffusion, intégrale ou partielle, ne pourra se faire qu’après que l’affaire ait été définitivement jugée, aucun élément d’identification des personnes enregistrées ne pouvant plus être diffusé après un certain délai (droit à l’oubli après 5 ans à compter de la première diffusion et 10 ans à compter de l’autorisation d’enregistrement). Les droits étant accordés pour un projet déterminé, il ne devrait pas y avoir de cession.

      La version initiale du projet de loi prévoyait que le choix des audiences se ferait selon un process de double autorisation : proposition/autorisation par la Chancellerie (Direction des Services judiciaires) et validation par la juridiction concernée. Il est néanmoins encore trop tôt pour connaître les modalités de la diffusion (fréquence, groupe ou chaîne retenu, etc.).

      À la suite de l’avis du Conseil d’État, le texte déposé à l’Assemblée nationale a été modifié : Il est désormais envisagé que les conditions et modalités d’application, notamment l’autorité compétente au sein des juridictions pour décider l’enregistrement de l’audience, soient précisées par décret en Conseil d’État.

      2. Le renforcement des droits de citoyens et l’amélioration des procédures pénales

      De nouvelles réformes du Code de procédure pénale sont à prévoir. Au programme : la durée de l’enquête préliminaire et l’accès au dossier de l’enquête, le secret professionnel des avocats (secret de la défense), la détention provisoire et le jugement des crimes (majorité au sein des cours d’assises et généralisation des cours criminelles).

      > Régime de l’enquête préliminaire

      Éric Dupond-Moretti l’avait affirmé en juillet dernier : « Je veillerai à ce que les enquêtes préliminaires restent préliminaires et ne soient pas éternelles, comme c’est, hélas, parfois le cas. (...) Il convient de trouver un juste équilibre entre l’efficacité de l’enquête et le principe du contradictoire sans lequel la justice n’est rien ». Engagement tenu, au moins pour partie.

      Durée de l’enquête préliminaire. – En 2020, 3 % des enquêtes préliminaires étaient ouvertes depuis plus 3 ans. Avec la réforme, la durée de l’enquête préliminaire serait encadrée : pas plus de 2 ans à compter du premier acte d’enquête (y compris en flagrance), avec une prolongation possible pendant un an par le procureur de la République si les investigations le justifient. Après trois ans, le parquet déciderait normalement, en opportunité (classement sans suite, ouverture d’une information judiciaire ou poursuites juridictionnelles ou alternatives).

      Contradictoire. – Il s’agit de permettre au procureur de la République de donner à tout moment aux personnes concernées (personne mise en cause, à la victime ou à leurs avocats) la possibilité d’accéder au dossier, lorsqu’il l’estime opportun (si « cette décision ne risque pas de porter atteinte à l’efficacité des investigations »). Une copie du dossier pourra donc être remise, avec la possibilité de formuler des observations et des demandes d’actes.

      Ce sera un droit pour les personnes interrogées (garde-à-vue ou audition libre) et/ou ayant fait l’objet d’une perquisition depuis au moins un an, ainsi que pour les personnes ayant été publiquement présentées dans des médias comme coupables de faits faisant l’objet de l’enquête (sauf si la personne est à l’origine des révélations). La communication peut être différée pour 6 mois par le parquet (1 an en criminalité et délinquance organisée), avec un recours hiérarchique après 1 mois de silence. La communication peut être seulement partielle.

      > Secret de la défense

      Pour « restaurer le secret professionnel des avocats » ainsi qu’il l’avait également annoncé en juillet 2020, le garde des Sceaux présente un projet de loi comportant des mesures relatives au renforcement du « secret professionnel de la défense ».

      Article préliminaire du CPP. – Le projet de loi prévoit l’intégration du secret professionnel de la défense au sein de l’article préliminaire du Code de procédure pénale, avec la formulation suivante : « Le respect du secret professionnel de la défense est garanti au cours de la procédure dans les conditions prévues par le présent code ».

      Perquisitions, écoutes et fadettes. – Les perquisitions et les écoutes ne pourraient être mises en place que s’il existe des « raisons plausibles de soupçonner » que l’avocat concerné aurait commis ou tenté de commettre l’infraction faisant l’objet de la procédure. Spécifiquement en ce qui concerne les documents saisis au cours d’une perquisition, la décision du juge des libertés et de la détention (JLD) sur la contestation formulée par le bâtonnier pourrait à l’avenir faire l’objet d’un recours suspensif, dans les 24 heures de la décision du JLD, devant le premier président de la cour d’appel. Le placement sur écoute d’un avocat ne pourrait être décidé que par le JLD, par ordonnance motivée, y compris dans le cadre de l’instruction préparatoire. Les réquisitions de connexion feraient enfin l’objet d’un régime propre aux avocats, en étant soumises à l’autorisation préalable du JLD.

      À noter : dans sa résolution du 12 mars 2021, le CNB a demandé que soit mis en place un groupe de travail interprofessionnel réunissant des magistrats, avocats, enquêteurs et techniciens de la téléphonie, afin d’étudier la faisabilité d’une plateforme téléphonique permettant l’interruption automatique d’une écoute et d’un enregistrement lorsqu’un client, placé sur écoute, émet ou reçoit un appel ou un message pour ou de son avocat (CNB, Résolution portant sur les dispositions relatives au secret professionnel de l’avocat dans l’avant-projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire, AG du 12 mars 2021).

      > Jugement des crimes

      Quatre principales mesures sont prévues pour moderniser le dispositif actuel et améliorer les délais d’audiencement aux assises (entre 13 mois et 3 ans aujourd’hui) et réduire la durée des audiences.

      Audience préparatoire criminelle. – On notera d’abord le projet d’instaurer une audience préparatoire criminelle (sorte de mise en état) : après audition de l’accusé(e) par le président de la cour d’assises, ce dernier, le procureur et l’avocat discuteront en chambre du conseil, afin notamment « de rechercher un accord sur la liste des témoins et experts qui seront cités à l’audience et sur leur ordre de déposition ».

      Minorité de faveur. – Le projet de loi prévoit de rétablir la « minorité de faveur », afin de respecter la souveraineté populaire en première instance : la condamnation ne pourrait survenir qu’avec au moins 7 voix sur 9 (au lieu des 6 actuelles, donc une majorité de 4 jurés si on enlève les 3 magistrats du décompte)

      Cours criminelles départementales. – À compter du 1er janvier 2022, les cours criminelles pourraient être généralisées, sans attendre la fin de l’expérimentation. Pourquoi ? Un bilan d’ores et déjà positif et le besoin d’un vecteur législatif, tandis qu’il n’y en aura pas d’autre dans l’année à venir. Côté bilan, il a en effet été constaté une réduction entre 6 et 8 mois des délais d’audiencement, la bonne qualité des débats, le maintien de l’oralité (taux d’appel (21 %) inférieur à celui des cours d’assises (32 %), pour des peines identiques en quantum moyen) [3]

      Avocat assesseur (expérimentation). – Pour les cours criminelles départementales et les cours d’assises, le projet de loi prévoit également l’expérimentation de la présence d’un avocat honoraire en tant qu’assesseur (une des raisons du projet de loi organique), afin de faciliter la tenue des audiences et de mêler plusieurs expériences professionnelles dans la composition des juridictions criminelles. Des garanties quant à l’indépendance et l’expertise des avocats sont envisagées, de manière équivalente à celles prévues pour les magistrats à titre temporaire.
      3. Redonner du sens à la peine et à la détention

      La formule est désormais assez classique dans les réformes pénales, mais elle conserve… tout son sens.

      Crédits de peine automatiques. – Le projet de loi prévoit la suppression de l’automaticité des crédits de réduction de peine, aussi illisible qu’incompréhensible pour les citoyens. Ils ne seraient désormais accordés qu’en cas de preuves suffisantes de bonne conduite ou d’efforts sérieux de réinsertion, avec une liste non exhaustive prévue par le texte (réussite à un examen, apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, activité de travail, thérapie, indemnisation des victimes, etc.). Cette décision serait prise par le juge d’application des peines pour les personnes écrouées à partir du 1er janvier 2023.
      À noter également, la généralisation des aménagements en fin de peine (libération sous contrainte), sauf pour certaines infractions, afin de limiter les effets des « sorties sèches ».

      Détention provisoire. – Le principe reste celui de la détention provisoire exceptionnelle. Le caractère subsidiaire en est renforcé par une incitation des magistrats à privilégier l’assignation à résidence avec surveillance électronique (ARSE) : après 8 mois d’incarcération ou en cas de rejet d’une demande de mise en liberté, une motivation sur l’absence de recours à l’ARSE sera imposée. Dans certains cas, le refus de l’ARSE ne pourrait être justifié qu’en cas d’impossibilité liée à la personnalité ou à la situation matérielle de la personne. On notera également une saisine systématique du SPIP après le premier renouvellement de la détention provisoire, pour évaluation de la faisabilité de l’ARSE.

      Statut pour les détenus qui travaillent. – Le projet de loi propose la création d’un régime spécifique de contrat de travail et d’ouverture des droits sociaux aux personnes incarcérées, adapté naturellement aux contraintes de la détention. Le but est non seulement de favoriser la réinsertion en permettant aux personnes détenues de « raccrocher » plus facilement à une situation normale de travail en liberté et d’améliorer les conditions de travail en détention. L’enjeu est également d’embellir l’image du travail pénitentiaire à l’extérieur, pour attirer des entreprises et pouvoir proposer des activités intéressantes pour les personnes détenues (compétences utiles et employabilité).
      4. Restaurer relations citoyens et accompagnement par professions du droit

      Avec ce quatrième et dernier axe de la future « loi Dupond-Moretti », il est question d’offrir aux citoyens des garanties quant à l’exercice des professions juridiques, notamment réglementées. Le rapport de l’IGJ de décembre 2020 constatait en effet, s’agissant de la discipline des professions du droit et du chiffre, des règles anciennes, hétérogènes, mal connues, peu efficaces, sans compter une démographie qui a sensiblement changé depuis 10 ans.

      Codes de déontologie et traitement des réclamations. – Le but est de mieux protéger les particuliers (clients et public), en leur permettant de mieux faire connaître les règles grâce à la création de codes de déontologie par les professions concernées et d’accorder de nouveaux droits aux particuliers quant à leurs réclamations : organisation de circuits pour garantir leur traitement, possibilité d’organiser des conciliations, saisine directe de l’instance disciplinaire en l’absence de suite.

      Juridictionnalisation de la discipline. – De nouveaux pouvoirs seraient aussi donnés aux instances disciplinaires : mise en demeure, injonction, astreinte. Cette réforme serait accompagnée d’une modification de l’échelle des sanctions (amende par ex.). Surtout, l’instance disciplinaire deviendrait, notamment pour les avocats, une juridiction composée de professionnels et d’un magistrat (échevinage).

    • Sciences Po : n’en déplaise aux semeurs de haine
      Bénédicte Durand, administratrice provisoire de Sciences Po, réagit aux attaques contre l’institution, regrettant que l’école soit désignée comme responsable de tous les maux de la société.
      https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sciences-po-n-en-deplaise-aux-semeurs-de-haine_2148970.html

      Cette semaine, sur les murs de Sciences Po, la haine a pris le visage de la violence, du racisme et de l’antisémitisme. La tentative d’intimidation et la noirceur de ces inscriptions nous rappellent clairement à la vocation de notre université : l’apprentissage, la connaissance, le débat.

      À Sciences Po, 14 000 étudiants de plus de 160 nationalités, de toutes origines et religions, choisissent de construire ensemble le monde qui vient. Nos professeurs les y préparent en leur proposant de confronter avec humilité leurs arguments et ainsi dépasser leurs propres interprétations. Voilà la réponse la plus digne qu’une université de Sciences Humaines et Sociales, de rang international, doit donner à l’ignorance et à la bêtise. C’est celle que nous continuerons de donner, sans relâche, librement.

      Depuis plusieurs semaines, Sciences Po affronte l’une des crises les plus douloureuses de son histoire. Face aux révélations des agissements intolérables d’un homme et grâce à la libération de la parole, nous avons mis la défense des victimes de toutes les violences au coeur de notre avenir avec plus d’engagement encore. Nous avons d’ores et déjà lancé un important travail de transformation de nos dispositifs de lutte contre ces violences et de remise à plat de nos pratiques en matière de déontologie.
      Sciences Po est devenue une cible

      Jour après jour, nous tentons de tirer les leçons de cette crise et acceptons d’entendre tous les questionnements concernant nos pratiques. Nous comprenons parfaitement que l’ambition d’excellence exige le devoir d’exemplarité. Nous travaillons à réformer notre gouvernance, à démocratiser nos fonctionnements collectifs, à faire preuve de davantage de transparence.

      Mais sachons aussi reconnaitre le chemin déjà parcouru par notre université : la qualité de la production scientifique de nos enseignants chercheurs, l’attractivité de nos formations que les étudiants et recruteurs plébiscitent, l’ouverture sociale et le nouveau pacte de démocratisation, que la réforme des admissions en première année engage avec détermination.

      Aujourd’hui, bien au-delà des critiques légitimes, Sciences Po est devenue une cible, un objet politique, symbolique et responsable de tous les maux de la société française. Les dernières semaines ont vu se multiplier des attaques personnelles inacceptables, teintées d’idéologie ou nourries de combats politiques. La critique des élites a muté en chasse aux sorcières, nourrissant la brutalisation du débat public, loin de toute nuance et de toute honnêteté intellectuelle.
      LIRE AUSSI >> Sciences Po : « Nous ne nous reconnaissons pas dans la caricature qui est faite »

      Nous saurons faire face aux caricatures, aux faux procès et maintenant aux menaces. Et forte du travail de toutes celles et de tous ceux qui la servent avec une probité et un engagement remarquables, Sciences Po surmontera la crise et poursuivra sa route. Celle d’une université traversée par les débats de société et bien déterminée à les faire vivre, en son sein, dans le respect de la pluralité et de la liberté. « Une société ne peut sans grand dommage se passer d’une institution indépendante, vouée à la réflexion désintéressée et au jugement critique en même temps qu’à la diffusion du savoir acquis », écrivait René Rémond dans les dernières pages de son livre (1) consacré à son expérience à la direction d’une grande université en crise. C’était il y a 50 ans, une autre crise, une autre France, un monde révolu et pourtant une mission de l’Université inchangée. C’est la nôtre. N’en déplaise aux semeurs de haine.

      Toute cette haine contre les violeurs et les institution qui les protègent c’est un scandale.

  • Précarité étudiante : les jeunes femmes plus touchées que les hommes
    EXCLUSIF. Deux études sur la jeunesse que nous révélons montrent que les jeunes femmes sont majoritaires (67%) dans les distributions alimentaires. Elles sont aussi plus nombreuses à exprimer un profond mal-être. Mais pourquoi ? Explications.

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    #pay_wall si qq’un·e peu franchir le mur et libéré cet article j’approuverai !
    #sexisme #discrimination #femmes #pauvreté #covid

    • https://www.leprogres.fr/societe/2021/04/27/la-precarite-etudiante-touche-davantage-les-jeunes-femmes

      La crise sanitaire n’a pas épargné les jeunes. Et encore moins les jeunes femmes. C’est ce que montrent deux études, l’une menée par l’association Co’p1-Solidarités étudiantes, l’autre par l’Ifop.

      Relayées par nos confrères du Parisien, ces enquêtes réalisées auprès de 2 800 personnes au total, se sont basées sur les bénéficiaires présents lors des distributions alimentaires et sur l’état d’esprit des 16-28 ans.

      Les résultats ? « Les femmes seraient touchées de manière plus brutale, à la fois sur le plan financier et psychologique », déplore le quotidien parisien. Celles-ci sont davantage présentes (67%) aux distributions solidaires et vivent « très mal » les conséquences de la pandémie, qu’il s’agisse de se projeter pour leur avenir ou d’isolement social.
      Un coût de la vie plus élevé

      En 2019, le syndicat étudiant Unef estimait déjà dans une enquête que le coût de la vie était 118,68% plus élevé pour les femmes dans l’enseignement supérieur, par rapport aux hommes.

      Dans les colonnes du Parisien, l’association Co’p1-Solidarités étudiantes, à l’initiative de distributions solidaires, reconnaît avoir adapté les paniers lors des dons.

      Pour les femmes, on sait que les dépenses en produits d’hygiène, comme les rasoirs, les shampoings ou encore les protections hygiéniques pèsent plus dans le budget. Qu’il y ait autant de femmes, cela est tout de même surprenant et pose des questions.

      Ulysse Guttman-Faure, cofondateur de Co’p1 dans Le Parisien.
      La fichue taxe « rose »

      Plusieurs raisons expliquent ces inégalités. D’une part, la crise sanitaire a eu un impact sur l’emploi des étudiants : « Un jeune sur deux qui travaillait avant l’épidémie a perdu son emploi. Or, les jeunes femmes travaillent dans des secteurs où il y a eu plus d’arrêts comme le tourisme, l’hôtellerie ou la restauration. A temps partiel et en CDD, elles n’ont pas pu toucher de chômage partiel », explique la sociologue Anne Lambert.

      Mais hors temps de crise déjà, comme le révélait l’enquête de l’Unef, les étudiantes doivent dépenser plus pour les frais médicaux et les dépenses indispensables. Qu’il s’agisse de matériel scolaire, de produits hygiéniques ou même de coupes chez le coiffeur, les produits et services sont plus chers pour les femmes que pour les hommes. Une « taxe rose » que dénoncent régulièrement les syndicats étudiants.

      Sur les quatre catégories que sont l’habillement, les sous-vêtements, le coiffeur et l’épilation/rasage, l’enquête de l’Unef calcule ainsi que les étudiantes doivent dépenser 200 euros de plus par an pour des dépenses courantes identiques.

      Enquête de l’Unef relayée par LCI
      La précarité menstruelle, mais pas que

      Certes, le gouvernement a annoncé en février une mesure importante pour s’attaquer à la précarité menstruelle, qui touche près d’un tiers des étudiantes en France : à la rentrée prochaine, des protections périodiques seront gratuites dans les universités. Mais la fragilité économique que subissent les étudiantes dépasse ce volet.

      Pour dénoncer cette précarité, plus dévastatrice encore avec la pandémie, les associations et syndicats ont donc appelé à la mobilisation le 1er mai prochain.

    • Précarité étudiante : les jeunes femmes plus touchées que les hommes

      EXCLUSIF. Deux études sur la jeunesse que nous révélons montrent que les jeunes femmes sont majoritaires (67%) dans les distributions alimentaires. Elles sont aussi plus nombreuses à exprimer un profond mal-être. Mais pourquoi ? Explications.

      Devant la Maison des initiatives étudiantes, à Paris. Nombreuses sont les jeunes femmes à se rendre aux distributions de denrées alimentaires. /LP/Philippe Lavieille

      https://www.leparisien.fr/resizer/VTr0nTPTTTiRbyc14_lSF5EMGSw=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/IWEF75ZCCFEITKZB2H53Y35KJU.jpg

      Le 27 avril 2021 à 06h03

      Un coup d’œil aux files d’attente de jeunes en difficulté qui se multiplient aux quatre coins des villes suffit à prendre la mesure du phénomène. C’est dur d’avoir 20 ans à l’heure de la crise du Covid-19. Mais avoir 20 ans et être une jeune femme est encore plus difficile. C’est en tout cas l’enseignement principal de deux études menées sur la jeunesse que nous vous dévoilons.

      La première, celle de l’association étudiante Co’p1-Solidarités étudiantes, menée en partenariat avec la fondation Panthéon-Paris 1 Sorbonne auprès de 1222 étudiants, s’attache à dresser le profil des bénéficiaires présents dans les distributions alimentaires à destination des jeunes. La deuxième, celle de l’Ifop (l’Institut français d’opinion publique), menée auprès de 1506 personnes de 16 à 28 ans, sonde leur état d’esprit après un an de crise sanitaire.

      Les produits d’hygiène pèsent dans le budget

      La conclusion est sans appel : les femmes seraient touchées de manière plus brutale, à la fois sur le plan financier et psychologique. Elles sont très majoritaires (67 %) dans les distributions alimentaires. Elles disent aussi souffrir davantage de difficultés à se projeter et du manque d’interactions sociales. D’après l’Ifop, 27 % des jeunes femmes « vivent très mal » les répercussions éventuelles de la crise sur leurs capacités à se projeter (contre 18 % chez les hommes). Par ailleurs, 39 % d’entre elles « vivent très mal » le fait de ne plus sortir et 31 % « vivent très mal » l’isolement social.

      « Elles vivent mal le présent et ont peur de l’avenir. Ce sont les victimes invisibles de la crise, alerte l’ancienne ministre et actuelle représentante de la France auprès de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) Muriel Pénicaud, à l’initiative de ce dernier sondage dans le cadre des Etats généraux de la jeunesse. C’est préoccupant : sur toutes les questions, la situation est plus dégradée pour elles. Ce sujet devrait être une priorité de l’action de la société civile. »

      A Co’p1-Solidarités étudiantes, association fondée par des étudiants de Paris 1, ce phénomène a interpellé les bénévoles dès l’essor des distributions en septembre 2020. « On a essayé d’adapter nos paniers aux femmes. Pour elles, on sait que les dépenses en produits d’hygiène, comme les rasoirs, les shampoings ou encore les protections hygiéniques pèsent plus dans le budget. Qu’il y ait autant de femmes, cela est tout de même surprenant et pose des questions », estime Ulysse Guttman-Faure, cofondateur de Co’p1.

      Elles travaillaient dans le tourisme ou l’hôtellerie

      Comment, de fait, expliquer cette surreprésentation ? D’après le livre « l’Explosion des inégalités ; classes, genre et générations face à la crise sanitaire » des sociologues de l’Institut national d’études démographiques (Ined) Anne Lambert et Joanie Cayouette-Remblière, paru le mois dernier, les raisons sont multiples, à la fois liées à l’impact direct de la crise, à l’éducation, au marché de l’emploi.

      « Un jeune sur deux qui travaillait avant l’épidémie a perdu son emploi. Or, les jeunes femmes travaillent dans des secteurs où il y a eu plus d’arrêts comme le tourisme, l’hôtellerie ou la restauration. A temps partiel et en CDD, elles n’ont pas pu toucher de chômage partiel », décrypte Anne Lambert.

      Par ailleurs, les femmes oseraient davantage aller demander de l’aide. « Les études sur la pauvreté montrent que les femmes sont plus promptes que les hommes à aller chercher des ressources en dehors du foyer », poursuit Anne Lambert. D’autant qu’un certain nombre d’entre elles sont déjà mères et à la tête de familles monoparentales.

      Enfin, elles anticipent des contraintes d’insertion sur le marché du travail, sources d’angoisse. « Elles savent qu’à compétences égales, elles seront moins facilement recrutées que les hommes lors de la reprise. » C’est le paradoxe français, selon Anne Lambert. « Crise ou pas crise, les femmes sont plus diplômées mais elles sont moins recrutées en CDI en sortie d’étude ».

      #inégalités

    • J’ai une autre explication : dans une société fondamentalement patriarcale, les familles ont tendance à plus aider les garçons. Les efforts consentis sont encore souvent significativement plus importants pour les garçons quand les filles doivent plus souvent batailler et s’assumer seules.

      Je me souviens d’un copain de cité U qui avait le room service assuré par sa mère : une fois par semaine, elle venait ramasser le linge sale, apporter le propre et les courses, faire le ménage. Des dépenses et des tâches que les autres doivent assumer, et plus particulièrement les filles. Les garçons sortaient plus, fumaient plus : je trouvais qu’ils avaient généralement plus d’argent et de temps disponible pour le non essentiel que les filles. Et aussi pour leurs études.

      Je doute que cela ait beaucoup changé.

    • Non seulement ca change pas mais ca empire si on en croi cette double étude auquel le parisien fait référence. Même celles qui aurons leurs diplôme seront embauché au rabais dans des secteurs déclassés car féminisés.

  • Parce qu’elle dénonce la culture du viol dans l’équitation, Amélie Quéguiner est poursuivie en diffamation
    https://www.madmoizelle.com/parce-quelle-denonce-la-culture-du-viol-dans-lequitation-amelie-queguin

    « On se demande pourquoi on fait tout ça. Moi, mon histoire est réglée, je vis avec, ce que je fais c’est pour faire entendre les autres, pour que mon sport avance. Et quand on voit que ça n’avance pas, c’est décourageant. »

    Au téléphone, la voix d’Amélie Quéguiner laisse entendre sa grande détermination. En dénonçant les violences sexuelles qu’elle a subies enfant, la cavalière ne s’attendait sûrement pas à se retrouver attaquée en diffamation par sa propre fédération sportive… Elle va pourtant devoir se présenter devant le tribunal de Périgueux le 28 avril suite à la plainte déposée par Serge Lecomte, président de la Fédération française d’équitation (FFE).

  • Backlash - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2021/03/23/backlash

    Ils sont stupéfaits. Ils ouvrent leur grands yeux d’enfants innocents, entre eux, partout, pour s’étonner qu’on ne puisse plus bien rigoler comme ils disent.
    On les connait, on les a subis, ceux qui regardent leurs potes, qu’ils aient 12, 17, 25 ou 50 ans et se jettent sur vous, vous embrassant de force.
    Le pire est que vous n’êtes même pas assez importante pour que votre consentement compte ou pas. Ils regardent leurs potes en vous embrassent, en vous tripotant, en vous agressant parce que vous ne valez pas mieux qu’un objet transitionnel entre mecs, pour passer un bon moment entre mecs, pour rigoler entre mecs.
    On ne peut plus rigoler disent-ils. C’est vrai qu’on a rigolé. J’ai rigolé des agressions subies « haha il est trop con Sébastien », la gerbe à la bouche.
    Une femme ne gagne jamais. Elle est furieuse ? C’est une connasse coincée. Elle rit ? C’est une salope.

    total #toctoc

    Les journalistes ne cessent de me demander « alors c’est bien ca a changé depuis #metoo ». Oui ca a changé puisqu’on a un homme accusé de deux viols au ministère de l’intérieur.
    Ca a changé puisqu’on démissionne pour du homard mais pas pour un viol.
    Ca a changé puisque désormais des hommes peuvent assumer avoir agressé en plein plateau télé et se plaindre de ne plus pouvoir le faire.
    Ca a changé puisqu’on en appelle à la connivence virile pour être soutenu.

    • réponse de lola lafon sur instagram
      https://www.instagram.com/p/CMJsa_Vg92p/?igshid=1bms22d940jh8

      Quelle sale idée. Celle de publier la lettre d’un violeur en une. Aujourd’hui. Quelle consternante idée de remettre la balle au centre entre une victime et son agresseur : un partout. Une pleine page c’est le pouvoir. Le langage c’est le pouvoir et ça, il maîtrise, le violeur. Il a lu des livres féministes. Il a fait des études. Il sait dire.
      A elle, on laisse le flou du « ressenti ». A lui, l’analyse sociologique, psychologique. Comme c’est original.
      Aux victimes, les collages dans la rue. Ces collages arrachés, discutés, estimés trop ceci et pas assez cela.
      Aux violeurs, les unes officielles.
      Quelle banalité, cette lettre. On est des milliers à l’avoir reçue, cette lettre. Des milliers à avoir dû, après avoir été violées, endosser le rôle de celle qui écoute, qui est sommée de « comprendre » pourquoi le viol a eu lieu. Celle qui doit se partager en deux après avoir été écrasée.
      Lettre qui pleurniche et qui insinue, quand même, qu’il y a des raisons au viol.
      Sache le, @Libé, recevoir une lettre de son violeur, ça brouille tout dans la tête de la victime. Ça, n’importe quel psy, n’importe quel avocat, flic, n’importe qui d’habitué à recevoir les plaintes pour viol conjugal, le confirmera.
      Les lettres rationalisent. Elles expliquent. Subrepticement, elles mettent deux discours à égalité. Sache le, @Libé, cette lettre ressemble en tous points à celle que j’ai reçue après.
      La lettre que j’ai reçue, #Libé, m’a tenue au silence pendant deux ans. J’ai pris cher. Cher à entendre qu’il m’aimait trop, c’était pour ça. Qu’il était malheureux c’était pour ça. Que la société l’avait mal éduqué, c’était pour ça. Que sa vie était détruite.
      Cher à entendre les autres, autour de moi, compter les points :
      peut être que vous devriez discuter
      peut être que c’est un malentendu
      tu ne vas quand même pas l’envoyer en prison ?

      Aujourd’hui, je pense à celles qui ne sont pas sorties du silence et qui viennent de s’y voir renvoyer. Ce choix « courageux » ne l’est pas, pas plus qu’il n’est novateur.
      C’était l’ordre des choses et il est en train de se casser la gueule. Et c’est réjouissant et beau et inéluctable. Aujourd’hui, on est le #8Mars.

    • explication de Valérie rey robert :
      https://threadreaderapp.com/thread/1368863126133878784.html

      Puisque cela n’est pas clair pour tout le monde, essayons d’expliquer pourquoi publier la lettre d’un violeur est une mauvaise idée (thread).
      – Toutes les raisons qui poussent un homme à violer sont développées depuis de nombreuses années par les féministes. Son point de vue situé n’apporte rien.
      – L’auteur ne consacre par une ligne à s’excuser, sa lettre est consacrée à sa défense. C’est une lettre habile, bien foutue, perverse puisqu’il y explique que
      1. c’est la relation (entre lui et la victime qui a causé le viol, quasi inéluctable)
      2. c’est sa socialisation comme homme qui l’a fait violer. c’est le passage le + pervers puisqu’il dit in fin à chaque homme qui lit « allons tu sais que ca pourrait t’arriver.. c’est banal, on fait tous ca... »
      3. c’est le fait qu’il soit lui même une victime de viol.
      Il fait d’une possibilité un déterminisme absolu, définitif.
      Quand on a des regrets (jamais exprimé dans ce texte), on va voir la police, pas un grand quotidien national.
      Pourquoi publier cette lettre ? vous le dites @libe vous vouliez « complexifier » le débat alors que ce type ne fait que reciter son bréviaire féministe mais il semble que la parole d’un violeur soit + complexe que celle d’une féministe.
      Parce que vous vous vautrez vous même dans la culture du viol, en supposant que c’est étonnant qu’un violeur sache bien écrire et formuler sa défense (parce que c’est une lettre pour préparer sa défense ni + ni moins).
      vous avez offert un boulevard à une peine minime pour ce type s’i lest jugé et vous savez quoi ? ca va marcher. la justice prendra en compte ses regrets « si sincères », sa « demarche courageuse » alors qu’on est juste face à un pervers en toute puissance.
      ca m’attriste à un point..
      Peut-on publier des propos de violeurs, de sexistes ? pas sans un contexte, pas sans analyser les dits propos. pas sans offrir au lectorat des pistes de compréhension du texte.
      Pourquoi un violeur veut il être publié dans libé ? Qu’est ce que ca dit de lui ? pourquoi ce besoin ?
      Enfin je rappelle que ce garçon n’est pas jugé (la question serait -peut-être- différente s’il l’était). Là cette lettre va aussi participer à sa défense, elle sera servie à son dossier (sans aucun doute positivement).

    • Secret @jjalmad sur twitter
      https://threadreaderapp.com/thread/1368830181088051205.html

      Je vais revenir sur un autre aspect de la publication de la lettre en Une par @libe.

      Quand on juge un homme pour viol, même s’il reconnaît les faits, c’est toujours extrêmement compliqué d’appréhender sa sincérité, sa « prise de conscience », la réalité de l’empathie pour sa victime.
      Et pourtant au tribunal, on dispose du détail des récits des faits et donc on peut voir si il paraît dire la vérité sur tout, ou minimise etc.

      On dispose aussi de ses auditions à différents moments, d’expertise psychiatrique et psychologique, du récit détaillé de la victime sur son comportement notamment après les faits (a t il nié, s’est il excusé, a t’il continué de paraître dans les lieux qu’elle fréquente, etc etc)

      Et même là c’est compliqué de faire la part entre sincérité, minimisation par calcul ou mécanisme de défense psy (sachant qu’une prise de conscience peut entraîner un effondrement dépressif donc oui il y a des mécanismes de défense), ou carrément stratégie de défense intéressée et froid calcul parce que face à des preuves très solides on a capté que reconnaître est mieux pour escompter une mince peine.

      On peut aussi imaginer qu’un agresseur qui reconnaît et s’excuse auprès de sa victime espère que ça la dissuaderait de déposer plainte.

      Bref. Même en ayant tout le détail de l’affaire, des expertises, du recul sur les faits et l’évolution de l’agresseur c’est archi compliqué de se faire une idée.
      Et il n’est pas rare que nous ayons des appréciations différentes entre collègues et/ou avec les jurés.
      Du coup publier cette lettre, telle que, sans confrontation plus avant à la réalité des faits, de son comportement, sans recul ni vérification, c’est encore une fois partir du principe que dès lors qu’il le dit, c’est que c’est sincère.

      Je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle de la légèreté avec laquelle cette lettre est publiée, et les vérifications et recoupements que ne vont pas manquer de faire des journalistes avant de publier le récit d’une victime.

      J’y vois en plus un biais de classe énorme : il s’exprime bien, a une belle plume, manie tous les codes et discours féministes. Donc ça passe, et c’est réinterprété comme un truc forcément puissant dérangeant, sincère etc.

      J’ajoute que du côté de la victime c’est pareil, les ressentis et attentes évoluent. On peut avoir une victime soulagée de la reconnaissance des faits initialement, qui est très affectée ensuite en se rendant compte que l’auteur minimise ou quoi.

      Donc vraiment ici non seulement la publication de cette lettre n’apporte absolument rien à la compréhension des mécanismes du viol, mais se vautre dans une analyse simpliste à base de « il le dit donc c’est intéressant en soi même sans vérification et mise en perspective critique » et « la victime est ok à l’instant T donc ça me dédouane de toute analyse et précautions vis à vis d’elle ».
      Bah non en fait.

    • La parole des violeurs et ce que la presse en fait

      « Libération » a exprimé « son profond regret » en réaction aux protestations contre la publication d’une tribune d’un jeune homme reconnaissant un viol conjugal. Au-delà de la polémique, ce choix pose une vraie question journalistique sur la couverture médiatique des violences sexuelles.

      https://blogs.mediapart.fr/lenaig-bredoux/blog/090321/la-parole-des-violeurs-et-ce-que-la-presse-en-fait

  • L’affaire Chénier. Sommaire
    Publié le 07/07/2019 par Malaises dans la lecture
    https://malaises.hypotheses.org/1003

    La publication d’une lettre ouverte par des agrégatifs⋅ves de Lettres à propos d’un poème de Chénier au programme du concours a suscité des réactions et réponses qui se sont quelque peu multipliées sur une période de deux ans. Les textes se répondent généralement et sont tous en ligne : nous en proposons donc un sommaire pour une meilleure lisibilité. Celui-ci sera actualisé si de nouveaux textes sont publiés.

    https://www.youtube.com/watch?v=itAiliOWewc

    #littérature #culture_du_viol #backlash #inversion_patriarcale

  • Coincés dans Zoom (4/4) : pourquoi allons-nous y rester ?
    http://www.internetactu.net/2020/12/18/coince-dans-zoom-44-pourquoi-allons-nous-y-rester

    Alors que nous voilà plus ou moins déconfinés, notre expérience de Zoom est appelée à s’alléger. Pas si sûr !… Car même si la seule évocation de son nom vous provoque des crises d’urticaire, il est probable que Zoom soit là pour rester. Pourquoi allons-nous devoir nous habituer à cohabiter avec ce nouvel « ogre » de nos télévies ? L’avenir de Zoom : la vidéosurveillance de notre intimité ? Si l’on en croit nombre d’articles parus sur le sujet, l’avenir des services de visioconférence s’annonce comme une (...)

    #Zoom #algorithme #CCTV #biométrie #vidéo-surveillance #GigEconomy #panopticon #surveillance #télétravail #travail (...)

    ##visioconférence

  • La « misandrie » : une hostilité édentée
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/la-misandrie-une-hostilite-edentee

    La frénésie qui entoure la publication des livres d’Alice Coffin et de Pauline Harmange, accusées de nourrir une condamnable « misandrie », témoigne d’une grande fébrilité quant à l’énonciation des luttes antisexistes dans le champ médiatique. Une panique massive dont la disproportion interroge.

    Qu’une femme puisse publiquement envisager une vie où elle choisit de réduire les influences masculines, qu’elle refuse de conditionner la formulation de son engagement au confort des hommes, est vécu comme une inacceptable menace à leur position hégémonique. En réalité, cette panique semée par un discours féministe renouvelé n’est que la traduction de la crainte de perdre une position centrale trop peu questionnée.

    Étiqueter ce discours du label de la « misandrie » comme s’il était possible de dresser un parallèle avec les forces misogynes est intellectuellement inepte. La misogynie est le fruit d’un système structuré contre les femmes, et ses mots font écho à des violences aussi concrètes que documentées. Par conséquent, les discours sexistes s’inscrivent dans un continuum dont l’aboutissement est le féminicide.

    De tous temps, les revendications féministes ont scandalisé la société majoritaire avant de finalement revêtir une apparence acceptable. Dès lors que l’on conteste l’ordre établi, il est impossible de créer le consensus.

    Or, il n’y a pas d’oppression sans pouvoir. Les hommes ne sont pas opprimés du fait de leur genre. La condition masculine n’a jamais été un désavantage qui puisse conduire à un traitement structurellement défavorable. Ni Alice Coffin, ni Pauline Harmange, ni aucune femme ne disposent du pouvoir de produire un rapport de force menaçant au point d’infléchir un système millénaire.

    Albert Memmi parlait de « racisme édenté » pour désigner la possible hostilité que pourraient éprouver des minorités contre des membres du groupe dominant. C’est une haine dépourvue de toute force, car elle est portée par des personnes qui n’ont pas le pouvoir social d’administrer un traitement discriminatoire aux personnes qu’elle vise. Du fait de dynamiques similaires, la prétendue misandrie des féministes n’est en rien comparable au patriarcat qui conditionne l’intégralité des relations sociales actuelles et qui s’insinue dans tous les rapports humains, à tous les niveaux de la société.

    Dans un tel contexte, on ne peut que comprendre que des femmes décident de préserver leurs espaces personnels et mentaux des discours et actes qui sont la caisse de résonnance de la condition subalterne qu’elles dénoncent.

    #misandrie #misogynie #domination_masculine #masculinisme #féminisme #backlash

  • François Bégaudeau : « Il n’y a jamais de désir personnel »

    « Mon texte, “L’Affaire Pauline”, est une étude de cas. Le cas Pauline. Je pars du plus simple : le conflit entre le désir (spontané) et l’ordre (répressif), ici incarnés par une adolescente et son père. Après, je complique, avec l’idée qu’il n’y a jamais de désir personnel. On est toujours sous l’emprise d’un désir. Ici, Pauline préfère l’emprise de son désir (aller danser) à l’emprise de son père. La vraie question, ce n’est pas de savoir si on est libre ou pas. C’est celle de la qualité du désir.

    Je suis un spinozien du dimanche, mais la liberté me paraît secondaire là-dessus. Le consentement au désir est quelque chose de très paradoxal et de très obscur. Le désir nous prend bien avant qu’on puisse y consentir. Quand j’ai un désir de gâteau au chocolat, le désir me prend, sans me demander mon consentement. Le désir est toujours une capture. C’est ça qui nous embête, dans nos sociétés qui croient tant au libre-arbitre.

    Il ne faut pas perdre de vue non plus qu’on est dans une société où s’exerce un “capitalisme de la séduction”, comme dit Michel Clouscard. Est-ce que les injonctions à consommer sont en train de stimuler un désir ? J’aime trop le mot désir pour l’utiliser dans ce cas. Peut-être vaudrait-il mieux dire que ce capitalisme crée des pulsions, même si je n’aime pas créer d’un côté des mots propres et de l’autre des mots sales.

    Par ailleurs, on peut constater que le désir d’aller danser est très standardisé, conditionné par une industrie du divertissement. Cela n’invalide pas forcément ce qu’il y a de beau dans ce désir : danser. L’important, je crois, ce n’est pas de chercher un désir libre, parce que ça n’existe pas, mais un désir singulier. Peut-être ce que Deleuze appelle les devenirs.

    La littérature est intéressante pour dire ça. Je me moque un peu de l’approche psychosociale, mais ça m’intéresse beaucoup en réalité. Tout ce qui se tient à la jonction entre la pscyhologie et la sociologie est intéressant, parce que nous sommes à la fois des sujets psychologiques et sociaux. Après, pour montrer que nos affects sont très largement socialisés, il faut la jouer fine. Rentrer dans le détail des micro-conditionnements sociaux de la psyché. S’intéresser aux individus. C’est bien, c’est l’échelle de la littérature, l’échelle individuelle. Nous, les romanciers, on n’est pas trop mauvais sur l’individu. Enfin, je l’espère.
    Vis ma « vie de moche » : François Bégaudeau s’attaque à la dictature de la beauté

    Bien sûr, il faut parfois surveiller ce qu’on dit publiquement, si on ne veut pas se faire lyncher sur les réseaux sociaux. J’en suis autant effrayé que quiconque. Pas par la perspective d’une censure généralisée, à laquelle je ne crois pas, mais par le déploiement de la bêtise : quand on fait primer la morale sur la pensée, quand le premier geste consiste à juger, à dire “c’est bien” ou “c’est mal” sans passer par l’élucidation. Des instances de censure se mettent en place dans le cinéma et là où il y a de l’argent. Mais pour ce qui est de la littérature, je garde le bel optimisme du minoritaire.

    Si Philip Roth s’est vu reprocher des représentations sexistes du désir, par des féministes américaines, c’est parce qu’il a le grand défaut d’avoir été très lu et exposé, mondialement. Moi, je ne me sens pas du tout surveillé dans la littérature : tout le monde s’en fout de la littérature. Donc on peut vraiment écrire ce qu’on veut. On peut explorer la notion de consentement, par exemple, sans avoir peur de se faire flinguer. D’ailleurs j’aime une certaine crudité dans les scènes de sexe, je ne suis pas pudique là-dessus.

    J’adore Bataille, Guyotat, ou le dernier livre de Guiraudie (“Ici commence la nuit”). La question, c’est l’intérêt d’en faire – pour le roman, pour le lecteur. Les métaphores lourdes me semblent poser un problème, donc pour ma part j’aime réduire le sexe à des gestes, en behaviouriste. Quand on raconte un rapport sexuel, on a intérêt à ce que ça ne soit pas génial. Et je reste toujours un peu elliptique, au bout du compte. Avec la conviction, comme le dit la dernière phrase de mon texte, qu’“on n’en a jamais fini avec le désir”. »

    Propos recueillis par Grégoire Leménager

    Bel exemple de domination masculine que ce concept de Désir en phallosophie. Ici la seule femme mentionné est une ado fictive qui n’a qu’un prénom et qui n’incarne pas l’autorité d’un paterfamillias, tandis que 100% des références littéraires sont 100% mâles.
    Ca m’épate toujours de voire la facilité avec laquelle les femmes sont comparée à des gâteaux au chocolat ou des chemisiers #objectification tandis que des (s)pinoziens du (di)manche se tripotent sur la notion du consentement en répétant comme des péroquets ce que leur dictent leurs paires.

    #phallosophie #phallosophe #manspreading #boys_club #domination_masculine #culture_du_viol #male_gaze #patriarche #consentement #désir #inversion_patriarcale

    • J’avais pas vu que l’intervention de ce phallo fait partie d’un dossier « Comment désirer après #MeToo ? » qui est un bel exemple de #backlash

      Le désir, ce « lutin espiègle qui nous joue des tours », comme disait Lacan , connaît-il ses derniers soubresauts ? En 1998, dans « les Particules élémentaires », Michel Houellebecq notait : « Pour que la société fonctionne, pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. » Les hommes, surtout les femmes, semblent en train d’achever cette hydre à fantasmes formatés par l’imagerie capitaliste. En guise de flèche mortelle, un hashtag : #MeToo. Les affaires Weinstein , Polanski ou Matzneff ont rebattu les cartes du Tendre et mis au cœur du jeu la notion de consentement. Retour à l’ordre moral, pour les uns ; révolution, pour les autres. Elan vital, sauvage, le désir obéit aujourd’hui à de nouvelles lois. Lui qui repose sur le manque – à l’origine, désir signifie « absence d’un astre » – se trouve confronté à la surabondance. En un clic, il peut être exaucé. Et alors qu’il s’épanouit dans la transgression, n’étouffe-t-il pas dans une société débarrassée de nombreux tabous ? Quatorze écrivains se sont penchés sur le sujet dans « les Désirs comme désordre » (Editions Pauvert), recueil de textes aux accents étrangement plus politiques qu’érotiques. Six d’entre eux évoquent pour « l’Obs » cet obscur objet de la pensée et ses métamorphoses.

      La page d’acceuil ne met en valeur que les points de vue émis par les hommes, il faut cliqué sur le dossier pour voire que 3 femmes ont été aussi invités à répondre à la question, mais celles qui ont été élus ont aussi un discours sexistes.

      Aurélien Bellanger : « Avec Houellebecq, la partouze est apparue comme un idéal démocratique »

      Blandine Rinkel : « Le désir s’éprouve dans l’ambigu »

      François Bégaudeau : « Il n’y a jamais de désir personnel »

      Camille Laurens : « Domestiquer le désir me semble l’effet d’un puritanisme excessif »

      Laurent Binet : « Le désir de désordre est un désir de justice »

      Maria Pourchet : « La guerre des sexes a périmé trop vite la guerre des classes »

      Coté femmes on a droit à la promotion de la zone grise, la comparaison #metoo = puritanisme et l’opposition de la lutte des classes et des violences sexuelles faites aux femmes sur leur lieux de travail.

  • "No bra" rejeté, "crop top" qui divise, débardeurs acceptés : l’avis contrasté des Français sur la tenue des lycéennes
    https://www.marianne.net/societe/education/no-bra-rejete-crop-top-qui-divise-debardeurs-acceptes-lavis-contraste-des-

    Les « hauts avec décolleté plongeant » suscitent là aussi une forte opposition, avec 62% de Français favorables à une interdiction, le clivage entre les générations étant moins marqué concernant ce choix vestimentaire.

    Le clivage… Où je me rends compte que l’alt-right françaouis, omnubilée par le « décolleté plongeant », n’a aucune idée de ce que signifie « cleavage ».

  • Cycle Lire Hocquenghem : I - Ouverture de Co-ire ; II - L’Education antisexuelle ; Mickaël Tempête
    http://www.trounoir.org/?Lire-Hocquenghem

    Dans les débats actuels portant sur les défenses latentes ou manifestes de la pédophilie par le militant homosexuel Guy Hocquenghem dans les années 1970, les confusions, les mensonges, les dénis et les idées lumineuses qu’ils transportent, ont le mérite, même si Hocquenghem y perd des plumes, de rouvrir des plaies mal cicatrisées du mouvement de libération sexuelle. Le collectif des Grenades l’accuse donc de complicité théorique avec la pédocriminalité et de défendre la prédation pédophile dans ses textes, dans ses interviews et dans son militantisme visant à abaisser l’âge de la majorité sexuelle [2]. On a eu droit comme pièces à conviction des phrases extraites de leur contexte (historique et politique) mais aussi de leur structure argumentative (ce qui me semble le plus grave). Or pour lire Hocquenghem sur l’enfance il faut comprendre deux choses : la première, qui le distingue d’écrivains évoquant leur désir pour les mineurs, est qu’il parle depuis sa position d’adolescent, en tant que sujet désirant. Il a entretenu une relation amoureuse et charnelle avec son professeur de philosophie au lycée, et c’est ainsi qu’il faut entendre cette phrase régulièrement exploitée à tort contre lui : « Il y a des enfants qui adorent les vieillards, y compris sexuellement. » ; la deuxième chose c’est qu’il s’inscrit dans une façon de vivre son homosexualité en fuyant la gloriole identitaire et à l’encontre de toute intégration républicaine. La première a pour conséquence d’ouvrir le débat sur la possibilité ou non du consentement sexuel de l’enfant, la deuxième de nous obliger à rester aux aguets des ruses de la captation normative de nos désirs. Ce qui l’intéresse donc c’est l’énonciation d’un désir depuis le territoire de l’enfance et le système dans lequel ce désir est prit dans une reterritorialisation adulte. Nous arrivons au point crucial du conflit : que serait une libération sexuelle qui s’arrêterait à la frontière qui sépare ces deux territoires ? Interroger la possibilité d’un continuum de désir entre un enfant et un adulte, voilà ce qui lui est reproché car pouvant entretenir ce que l’on appelle la « culture du viol ».

    #Guy_Hocquenghem

    • https://lundi.am/Lire-Hocquenghem
      Terreur anale à paraître chez Libertalia en 2021
      https://www.editionslibertalia.com/catalogue/poche/paul-b-preciado-terreur-anale

      En plein Mai 68, alors que les pavés volent et que les barricades brûlent, les pédés, les gouines et les trans ne trouvent pas leur place parmi les militants de gauche. La FHAR d’abord, puis les Gouines rouges et les Gazolines vont élaborer la critique la plus audacieuse et la plus pertinente du discours de transformation sociale de la gauche aussi bien communiste que socialiste. Le sujet politique de la gauche, diront-ils, est un corps viril et productif, hétérosexuel et blanc. Les héros de la gauche avaient fixé leurs limites : pas de pédés, pas de gouines, pas de travestis, pas de sodomie, pas de drogues, juste l’alcool, leur masculinité et leurs meufs. Et si on changeait l’esthétique du genre et la politique sexuelle de la gauche, si on lui donnait une bonne dose de transféminisme, un peu de bonne musique, quelques boas à plumes et quelques milligrammes d’œstrogènes ?
      En partant d’une lecture de Guy Hocquenghem et de Monique Wittig, le philosophe Paul B. Preciado se demande ce qui se passerait si la gauche était capable de mettre au centre de son projet politique la révolution sexuelle et du genre. Loin d’être une enquête historique, cet essai prolonge et radicalise les hypothèses révolutionnaires de 68 pour réfléchir à la mutation sexuelle et de genre contemporaine.

      https://seenthis.net/messages/738897
      The Cocky Bitches - TV’s Ok
      https://thecockybitches.bandcamp.com/track/tvs-ok

      Lipstick smeared, and I’m so queer
      Just a beautiful dreamer, a well hung pleaser
      Dom sub role play, TVs OK
      Down in the alley, he said his name was Sally
      The man in the boat is keeping a tally
      You’re a lovely screamer
      Dom sub role play, TVs OK
      Hello, daddy daddy daddy daddy
      I’ma a beautiful dreamer
      Lipstick queer and I like it smeared
      Meet me at the gravitron, we can get it on
      I have a queen penis, let no man come between us
      Dom sub role play, TVs OK
      Hello, daddy daddy daddy daddy
      I’ma a beautiful dreamer
      Dom sub role play, TVs OK

    • On a eu droit avec cette affaire des Grenades à une succession d’articles abjects dénués d’argument, se contentant de déployer le mot ’pédophilie’ par-ci par-là en le laissant fonctionner en roue libre dans l’imaginaire collectif (outre les Grenades, on peut citer l’ancien collaborateur de Michel Rocard et sociologue Frédéric Martel [5]). Il y a des mots comme ça qui semblent se passer d’appareil critique et de mise en perspective, d’arguments, d’exemples et de mise en contexte politique et philosophique. Et le pire n’a maintenant plus qu’à prendre sa place dans les marécages des commentaires facebook. Qu’aujourd’hui on ne trouve plus, à gauche, une capacité à questionner et à refuser radicalement, l’école, la psychiatrie, la prison, la famille (et le dressage parental) ne signifie certainement pas une avancée, bien au contraire.

      CONTRE-PANTHÉONADE ET MÉMOIRE DU CONFLIT

      Alors, faut-il brûler le camarade Hocquenghem ou faut-il le sauver ? La question ne repose pas tant sur la nécessité ou la légitimité d’attribuer une plaque commémorative au militant Guy Hocquenghem, que de s’interroger sur ce besoin partagé par le plus grand nombre de glorifier des individualités, des héros et des héroïnes du militantisme, ou plutôt de les séquestrer dans une mémoire lourde et vidée de sa substance subversive (une « panthéonade » dirait Verlaine), au lieu d’actualiser les potentialités fortes d’un moment politique qui a cherché à tout révolutionner sur son passage, y compris les sujets sensibles. La réponse est nette : la figure de Hocquenghem est rétive à toute consécration, ce n’est pas le collectif des Grenades qui lui a réglé son compte, c’est la façon dont lui-même s’est créé une position résolument irrécupérable car trop entachée par ses idées impures, négatives et antisociales qu’il a toujours assumées. Et c’est une chance pour la pensée hocquenghemienne de s’être rendu à ce point inaliénable/irrécupérable. Pour qui connaît le parcours politique et philosophique de Guy Hocquenghem pressentait déjà qu’un tel moment aller finir par arriver. Cela fait déjà un bout de temps que lorsque l’on mentionne Hocquenghem, ses livres les plus « compromettants » concernant l’enfance ont fini par être soigneusement rangés dans l’espace refoulé de nos étagères mentales, à savoir : Co-Ire, Album systématique de l’enfance (co-écrit avec René Schérer), Les petits garçons (roman prenant position à l’intérieur de l’Affaire du Coral), et plusieurs de ses articles parus dans Libération. Ces livres en question ont souvent été retirés des bibliothèques et les éditeurs ont préféré éviter de renouveler leurs tirages.

      La polémique n’est pas nouvelle puisqu’elle eut déjà lieu dans les années 1970. Maintenant il nous faut nous poser la question de savoir si nous préparons le prochain refoulement collectif sur la pédophilie en traquant les monstres et en les enfermant loin de la société (méthode carcérale), ou si on reprend avec patience et sincérité la difficile exploration/remise en question de ce que peut vouloir dire une sexualité de l’enfance. En 2001, la philosophe Geneviève Fraisse (ancienne du MLF) exprimait ceci dans les colonnes de l’Humanité : « Je dois dire, que nous avons, nous les féministes, vécu dès le début ce débat de manière contradictoire - c’est ce qui me rend peut-être les choses plus faciles aujourd’hui. D’un côté, nous étions totalement actrices du mouvement d’émancipation et de libération sexuelle ; de l’autre, on se posait, naturellement, la question des limites : quelle libération laisser aux enfants vis-à-vis de leur propre sexualité, que dire et que leur montrer de la nôtre ? Nous nous sommes tous posé ces questions. Et nous vivions très mal le fait que des camarades - le courant de recherche autour de Co-ire, de Guy Hocquenghem - répondent : ’Enfants et adultes peuvent avoir une sexualité en commun’. Ils ne disaient pas ’Emparons-nous de la sexualité des enfants’, mais ils défendaient la représentation d’une sexualité commune adulte-enfant. Or c’était impossible à admettre pour nous autres femmes, qui savions ce qu’une telle vision signifiait pour les petites filles... Il n’y avait donc pas, dès l’origine, une conception unique de la libération sexuelle, mais des points de vue différents, des tensions, à l’intérieur d’un même combat. C’est ce que j’appelle les contradictions de l’intérieur : c’est parce qu’on était toutes et tous d’accord pour dénoncer les contraintes pesant sur la sexualité que ces tensions se manifestaient. » Les relations de pouvoir propres à une relation adulte-enfant ne doivent effectivement pas être écartées au nom d’une libération de la sexualité, et le système de l’enfance qu’analysent Hocquenghem et Schérer dans Co-ire peut nous aider, en partie, à réfléchir leur articulation en posant simplement la question : quel imaginaire social entoure et structure le monde de l’enfance ? Et à partir de là, quelles entreprises de prédation peuvent en découler ? L’ambiguïté féroce que Co-ire ajoute à cette question, et qui rend si difficile le dialogue avec les mouvances féministes et queer, c’est la recherche d’un continuum de désir viable entre un enfant et un adulte. Le problème dans le débat actuel serait d’empêcher à nouveau cette possibilité sans chercher à en complexifier les termes. On ne peut pas se contenter de faire le procès cinquante ans plus tard d’une conflictualité interne à notre société que les mouvements homosexuels et féministes de l’époque avaient choisi de faire remonter à la surface. Il faut également questionner ce que refoule et cache une société dont les recherches porno sur youporn sont en majorité teen et beurette, mais qui montre toujours le pédophile comme un monstre à abattre froidement et la femme arabe comme une amazone indomptée. Il faut bien s’y résoudre : les désirs refoulés d’une société accouchent de monstres qui disent l’horrible vérité à son propos. Une société profondément pédophile fait du pédophile l’ennemi absolu.

      #histoire vs #Backlash_néocon

      Je crois que cette personne aux cheveux clairs est un enfant victime de viol. Mais il ne le sait pas encore et ne l’a pas compris par la suite. Déclaration relue par Saint-Pierre de Joseph Staline, avant le procès posthume de G.H, 2012. Source : Valeurs Actuelles.

    • mais... c’est complétement de la merde ça :

      Ce qui l’intéresse donc c’est l’énonciation d’un désir depuis le territoire de l’enfance et le système dans lequel ce désir est prit dans une reterritorialisation adulte. Nous arrivons au point crucial du conflit : que serait une libération sexuelle qui s’arrêterait à la frontière qui sépare ces deux territoires

      En fait c’est résolu ce débat là. Il n’y a pas de sexe possible entre un enfant et un adulte.

    • Eh, Tintin, fait pas mine de croire qu’il s’agit de défendre nawak sous couvert de liberté. Tu sais fort bien que je suis un autoritaire :) Donc, respire un bon coup, bois de l’eau, et lis les deux articles quand tu te sentira de le faire au lieu d’en parler sans savoir. On en reparle (ou pas).

    • Eh @colporteur on va rester dans les termes du débats, je ne vais pas te demander d’oublier un peu ton expérience d’ado, je ne vais pas non plus te conseiller de prendre tes pilules et d’aller marcher, juste : qu’est-ce que tu réponds quand je dis que, dès l’intro, ce texte escamote, en utilisant le conditionnel, les apologies réelles, indiscutables, de notre cher intellectuel pas dans coincé dans l’idéologie dominante, the one and only : #Guy_hocqhenghem ? Et que par là, comment avoir confiansse dans ce nid de serpents théorique que tu nous présente, qui a causé énormément de dommages ? Et que, pourquoi diable aller plus loin, puisque que ce genre de négationnisme, à part l’insupporter, je ne vois pas trop ce qu’il y à faire ? Eh bah voilà ce que tu réponds : rien. Rien de rien. Ce n’est visiblement pas ton problème. Ton problème est plus grand que ces jérémiades devenues idéologie tellement dominante qu’on arrive toujours pas à défaire certaines lois sur l’âge du consentement, que Foucault et Hocqueghem ont poussées, portées, depuis leur position so contestataires , so minoritaires, so normaliens de l’ombre, collège de france de l’obscur, penseurs du trou noir : c’est le mot. De grands opprimés, les pédophiles et leurs soutiens, on connait la chanson hein... heureusement que tu es là pour continuer à porter les torches dans la caverne... Bon mine de rien cette discussion me fatique, et je n’ai pas envie de la poursuivre. Dernier message donc, j’ai dit ce que j’avais dire.

    • Il existe d’autre expériences de sexualité ado/adulte que celles caractérisés par la domination, l’agression, le viol. Ce type est fidèle à un premier amour (celui de ses 14 ans) depuis lequel il a interrogé la notion de consentement. Cette notice est pas si nulle :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Hocquenghem

      Après des années de lutte pour le mariage et l’adoption homosexuel.le.s, ces histoires de sexualité totalement indifférente à la reproduction, on y comprend strictement plus goutte dès que cela dépasse les enjeux de la contraception et de l’avortement. Et on se convainc que les luttes émancipatrices ou les points de vue critiques d’hier ont eu pour fonction de renforcer la domination (Cf Michéa, Onfray, etc). Banalités de droite dont les expressions les plus claires sont la nouvelle lutte pour le bien des enfants à la Qanon ou l’emploi répété du terme judéo-pédophile.
      C’est pas les positions morales qui tiennent chez beaucoup lieu de politique (l’émergence de ça, signe de la fin de la gauche, ou des difficultés de l’égalité, on peut la dater de sos race, 1984) qui vont dissiper ces confusions ou aider à piger quoi que ce soit.

    • Une partie de la gauche libertaire considère que l’abolition du statut de mineur permettrait de répondre aux violences sexuelles âgistes. Le raisonnement un peu résumé consiste à dire que sans catégorisation adulte-enfant, non seulement on facilite la « puissance d’agir » des jeunes mais en plus on expulse la notion de pédophilie et d’inceste, pour encourager la liberté dans les rapports amoureux et sexuels contre la morale puritaine, familialiste, âgiste. Qu’en pensez-vous ?

      D.D. – C’est un raisonnement qu’il est très difficile de contrer, les pro-pédophiles contestant tous les arguments en brandissant la responsabilité délétère de la morale sociale opposée à la libéralisation de la sexualité avec des enfants. Ce discours pro-pédophilie a coûté la vie à des tas d’adultes, anciens enfants ‘partenaires’ sexuels de pédophiles et qui n’ont pas supporté l’expérience dépersonnalisante et déshumanisante d’être un objet sexuel. Il faut être très clair à ce sujet : ni en France, ni ailleurs, je n’ai jamais lu, jamais entendu, jamais rencontré quelqu’un qui pouvait témoigner que la sexualité qu’il avait vécu enfant était sans conséquence néfaste sur sa vie adulte. Les bibliothèques sont pleines de témoignages allant dans le sens radicalement contraire. Même les enfants ayant grandi dans les années soixante-dix dans des milieux sociaux libertaires et intellectuellement favorables à la pédophilie témoignent de l’horreur rétrospective d’être le « partenaire » sexuel d’un adulte. Les pro-pédophiles sont de mauvaise foi et mentent ; il faut garder cela en tête.

      https://christinedelphy.wordpress.com/2021/01/11/viol-incestueux-et-on-ose-encore-dire-que-nous-ne-savions

  • #Backlash : l’inévitable retour de bâton – Egalitaria
    https://egalitaria.fr/2020/03/23/backlash-linevitable-retour-de-baton

    La rhétorique anti-féministe est solidement ancrée ; elle ne varie pas d’une époque à une autre. De tous temps, les #femmes aspirant à l’#égalité ont été accusées de vouloir détruire les hommes, la #famille, l’amour, le sexe, la paix dans le monde (sacré pouvoir qu’on leur confie là). Qu’elles demandent le droit de vote ou le droit de pouvoir avorter, elles ont à chaque fois été accusées de nourrir des velléités de vengeance et de destruction.

    La citation de l’évangéliste américain Pat Robertson, en 1992, est à cet égard devenue culte : « Le #féminisme est un mouvement politique socialiste et anti-famille, qui encourage les femmes à quitter leurs maris, à tuer leurs enfants, à pratiquer la sorcellerie, à détruire le capitalisme et devenir lesbiennes ».

    #sorcières

  • « C’est sidérant de mépris » : ce que les acteurs du mouvement social pensent du nouveau gouvernement
    https://www.bastamag.net/Remaniement-Castex-Darmanin-Dupont-Moretti-Bachelot-Pompili-reforme-retrai

    Une fin de non-recevoir radicale à la demande d’égalité qui parcourt la société. Avec un nouveau ministre de l’Intérieur accusé de viol, un garde des sceaux qui a affiché des positions résolument anti-féministes, une ministre du Travail qui inquiète les syndicats, un ministre de l’Education décrédibilisé ou le retour en grâce des « réformateurs » de l’hôpital public, la composition du nouveau gouvernement ne passe pas. Les nominations de Eric Dupont Moretti au ministère de la #Justice, et de Gérald Darmanin au (...) #Décrypter

    / #Politique, Santé , Justice, #Education, #Climat, A la une

    #Santé_

  • Blog AFFRANCHIE, 10 JUIN

    "Si tu es comme 99.9% des français, alors l’acronyme « TERF » ne te dira rien du tout. A juste titre, puisqu’il s’agit d’un terme anglais qui ne veut rien dire en français. Les femmes qualifiées de « TERFs » sont supposées être des féministes radicales qui excluent les personnes trans. Sauf que ce que les nord-américains appellent « féminisme radical » n’est autre que le féminisme français lambda. Du moins, tant que les néo-libéraux n’ont pas encore fini leur travail de sape.

    Pires que des nazis, pires que des violeurs d’enfant, pires que Macron (oh !) les TERFs sont sexistes, religieuses, de droite, racistes mais aussi féministes radicales de gauche. Comment est-ce possible ? Chut. Ne réfléchis pas trop. Elles tuent des personnes trans en respirant, c’est tout ce qu’il te faut savoir. Alors si tu en croise une, contente toi de lui expliquer comment tu souhaites la voir mourir. Bravo, te voilà progressiste.

    Les « TERFs » sont en fait simplement des féministes qui ne pensent pas qu’il est possible de changer de sexe ou que les stéréotypes sexistes soient innés, le fruit d’un cerveau sexué. Cette position implique donc qu’elles ne croient pas qu’un homme qui se prétend femme en soit une et vice versa. Bon, dans les faits, non seulement les féministes n’excluent pas les femmes qui s’identifient comme trans mais le terme « TERF » est utilisé à tort et à travers au sujet de n’importe quelle femme qui n’avale pas la soupe non-binaire et les pénis qui vont avec. (...)"

    https://www.affranchie.fr/post/la-chasse-aux-terfs #féminisme #TERFS #genre inné #néo-libéraux #transgenrisme #backlash

  • Comment l’industrie du plastique tente de réhabiliter le tout-jetable avec la pandémie
    https://www.bastamag.net/tout-jetable-comment-resister-offensive-propagande-lobby-plastique-unique-

    Les industriels du plastique repassent à l’offensive contre l’interdiction de leurs produits jetables, comme les sacs. Le plastique serait plus efficace contre le coronavirus, prétendent ses fabricants sur la foi de leurs propres rapports, démentis par des études scientifiques indépendantes. Face à ce lobbying, l’Union européenne tient bon... pour l’instant. Le plastique jetable revient en force. Les ventes de masques en polypropylène, de gants, de flacons de gel hydroalcoolique, et la pratique du (...) #Résister

    / Pollutions , #Société_de_consommation, #Enquêtes, #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Recyclage, A la (...)

    #Pollutions_
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/covid19_vestiaires_v050520.pdf
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/document.pdf
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/2eb778_9d8ec284e39b4c7d84e774f0da14f2e8.pdf

  • « Avec le confinement, les hommes affrontent les tâches domestiques »
    https://usbeketrica.com/article/avec-le-confinement-les-hommes-affrontent-ce-qu-ils-ont-longtemps-esqui


    C’est mignon comme article, mais je trouve que ça met sous le boisseau le rapport de #domination qui permet cette exploitation dégueulasse des #femmes. Parce que dans un rapport inégalitaire, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a des gagnants et que, confrontés justement à ce que les #inégalités structurelles leur permettent habituellement d’esquiver, les hommes confinés vont — plus que jamais — ressentir l’intérêt de préserver un statut quo qui leur est plus que favorable → #backlash.

    Ont-elles seulement le choix ? Les magasins restent ouverts, on leur fait miroiter des primes : elles savent que nous avons besoin d’elles. Le minimum serait que leurs employeurs assument leurs responsabilités en matière de santé physique et psychique de leurs salarié·e·s. Ce n’est pas le cas, comme l’ont dénoncé certains syndicats. Dans des secteurs comme les douanes ou les transports, les employés ont usé de leur droit de retrait pour obtenir que des mesures de sécurité soient mises en place. Dans la distribution, les caissières n’ont pas de tradition de mobilisation, elles subissent donc, en prenant le risque quotidien de la maladie.

    Or, avec la pandémie, nous avons pris conscience de ce que leur travail était non seulement nécessaire mais vital, littéralement. Il ne faudra pas l’oublier et réclamer après le confinement une amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation de leur rémunération. Quand on pense aux profits gigantesques que les grands groupes commerciaux réalisent grâce à la crise, il ne paraît pas aberrant d’exiger d’eux qu’ils les redistribuent sous forme d’augmentations de salaire pérennes. Ce sera à l’État de le leur imposer.

    • Belle fauxculsserie ce titre ! Pour rappel depuis 25 ans les hommes ont réduit leur participation aux tâches ménagères de 5 minutes par jour (grâce au lave-vaisselle). Les femmes ont réduit la leur en abandonnant la couture (tâche délégué aux femmes pauvres dans les zones franches et vêtements jetables) et en cuisinant des plats préparés industriels (vive les lasagnes de cheval findus-comigel-spangero).