• Estonia plans 600 eastern border bunkers as Baltic Defense Line advances

    Estonia aims to install up to 600 concrete bunkers along its eastern land border as part of the joint #Baltic_Defense_Line with Latvia and Lithuania.

    The Estonian Center for Defense Investments (ECDI) and Latvia’s Ministry of Defense have launched a public procurement for the bunkers. The total cost is estimated at €60 million, with about €30 million allocated for this year, ECDI spokesperson Krismar Rosin said.

    Elements for the first 28 bunkers have already arrived, nine of which have been installed in Southeastern Estonia. The ECDI plans to continue installation of the bunkers in both the southeast and northeast.

    “The first Baltic Defense Line bunkers have been delivered, and installation is proceeding gradually in Southeastern and Northeastern Estonia,” ECDI deputy director Asko Kivinuk said.

    “The experience gained gives us the confidence to move forward with the larger-scale procurement,” he added.

    Estonia has also deployed all acquired barriers to pre-deployment areas and is continuing work on the defense line’s anti-tank ditches. The ECDI aims to complete the Baltic Defense Line at its currently planned scale by the end of 2027.

    The initiative is designed to halt a potential military attack right at the eastern borders of Estonia, Latvia and Lithuania.

    https://news.err.ee/1609946612/estonia-plans-600-eastern-border-bunkers-as-baltic-defense-line-advances
    #bunkers #frontières #Estonie #pays_Baltes
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  • Balkans : les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des migrants

    Officiellement, les frontières des Balkans sont fermées et tellement bien gardées que les exilés ne tenteraient presque plus de les franchir. Mais dans les faits, les migrants sont surtout devenus indétectables et entièrement à la merci des passeurs prêts à tout pour maximiser leurs gains. Un reportage à retrouver en entier dans l’émission Accents d’Europe sur RFI.

    Personne ne sait combien d’exilés empruntent actuellement la route des Balkans, notamment parce que la plupart évitent les camps officiels où ils sont identifiés. Shaheer, un jeune Afghan de 21 ans, préfère lui la « jungle » d’Obrenovac, au sud de Belgrade.

    « J’espère qu’on va finir par me laisser entrer en Hongrie. Ce n’est pas une vie ici, c’est dangereux. On doit se cacher de la police, des gens. Aujourd’hui, il y a un type d’ici, un Serbe, qui m’a frappé. Il m’a dit : ’Dégage, tu n’as rien à faire ici’. On doit toujours fuir. Ça me rend fou, littéralement », témoigne le jeune homme qui vit dans la rue depuis un mois et demi, n’ayant plus d’argent pour poursuivre son périple vers l’Union européenne.

    Sur la route des Balkans, les prix flambent depuis l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen et le déploiement des gardes-frontières de l’agence européenne Frontex dans le pays. Les trafiquants font leur pub ouvertement sur TikTok et sont aussi prêts à tout - même aux pires exactions - pour maximiser leurs profits.

    Les #risques pris par les sans-papiers se matérialisent dans les #cimetières

    « Dans les Balkans, les gangs sont surtout tenus par des Afghans, tandis qu’en Libye, ils le sont par des Libyens. Mais le système est le même : ils kidnappent, torturent, violent, brisent les os et envoient des vidéos aux familles pour leur réclamer des rançons de 3 000 ou 4 000 euros. Une fois que les familles ont payé, les personnes sont libérées. Les transferts se font par Western Union ou MoneyGram », détaille Silvia Maraone, une humanitaire italienne basée de longue date en Bosnie-Herzégovine.

    Dans les Balkans, les risques toujours plus grands pris par les sans-papiers se matérialisent concrètement dans les cimetières. Les tombes portant l’inscription « N. N. », pour « Nomen nescio » ("Nom inconnu", en latin), se multiplient dans ceux qui se trouvent près des frontières. Régulièrement sollicitée par des familles de disparus, l’ONG serbe KlikAktiv a lancé l’année dernière un projet pour tenter de les identifier. « Des dizaines de personnes sont mortes noyées dans la rivière Drina, entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, personne n’en parle et ces victimes sont mal identifiées », déplore Milica Svabic, membre de l’ONG.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69006/balkans--les-consequences-dramatiques-de-la-fermeture-des-frontieres-s
    #migrations #réfugiés #Balkans #route_des_Balkans #décès #mourir_aux_frontières #identification #violence
    ping @6donie

  • Board of Peace, 30 anni dopo Dayton@0
    https://radioblackout.org/podcast/board-of-peace-30-anni-dopo-dayton

    “Ci siamo detti: pianifichiamo un castrofico successo“. Così Jared Kushner, intervenuto sul palco di Davos dopo che il suocero Donald #Trump aveva firmato la fondazione del Board of Peace, ha commentato l’immagine della ‘new #Gaza‘, compresi grattacieli futuristici sul lungomare per il “turismo costiero”, hub di trasporti e infrastrutture energetiche, da costruire sulle macerie della […]

    #Balcani #estrattivismo #genocidio #movimento_studentesco
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/01/bop_normalizzarelacrisi.mp3

  • #barattolo. Storie di vita e di resistenza
    https://radioblackout.org/2026/01/barattolo-storie-di-vita-e-di-resistenza

    “Ogni sabato e ogni domenica si tiene un mercato delle pulci in #via_Carcano, in un angolo lontano della periferia settentrionale di Torino fra il cimitero monumentale e un centro di raccolta di rifiuti urbani. Il mercato – controllato dall’associazione Vivibalon – garantisce la sopravvivenza di persone che appartengono alle classi sociali più povere della […]

    #L'informazione_di_Blackout #balon
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/01/2026-01-13-migliaccio-barattolo.mp3

  • Macerie su Macerie – PODCAST 12/01/25 – Storie di straccivendoli a #torino e a #milano
    https://radioblackout.org/podcast/macerie-su-macerie-podcast-12-01-25-storie-di-straccivendoli-a-torino

    Maurizio Marrone torna all’attacco nella sua decennale battaglia contro il mercato di carabattole, il cosiddetto “suk” . Un continuo repulisti che non lo vede solo, ma a cui hanno partecipato tutti i partiti di potere della città, sin da quando quello che è ora in via Carcano veniva tenuto ogni domenica in Piazza della Repubblica […]

    #balon #cuoco #portapalazzo #riqualificazione #suk
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/01/macerie12gen25.mp3

  • Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69028/route-des-canaries--chute-de-plus-de-60-des-arrivees-de-migrants-dans-

    Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025
    Par Leslie Carretero
    En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries, contre près de 47 000 en 2024. Soit une baisse de 62% sur un an, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Cette chute des arrivées dans l’archipel espagnol s’explique par un renforcement des contrôles sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest à la faveur d’accords signés avec l’Espagne. Après deux années de records d’arrivées consécutifs aux Canaries, les flux migratoires vers l’archipel espagnol se sont considérablement taris en 2025. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, un peu plus de 17 700 migrants sont arrivés aux Canaries en 2025, contre près de 47 000 en 2024 et près de 40 000 en 2023. Ainsi entre 2024 et 2025, la baisse constatée est de 62%.
    Cette forte chute s’explique par le renforcement des accords conclus entre l’Union européenne et la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc, les trois principaux pays de départ de pirogues ces dernières années. En 2024, l’UE a multiplié les visites en Afrique pour signer de nouveaux partenariats et ainsi tenter d’enrayer les départs de migrants vers l’archipel espagnol. Un an plus tard, les effets de ces accords ont commencé à se faire sentir.
    Depuis 2023, la Mauritanie est le premier lieu de départ des migrants d’Afrique de l’Ouest arrivés dans l’archipel espagnol.
    Depuis plus de 20 ans, Nouakchott reçoit pourtant des sommes conséquentes de l’Espagne et de l’UE pour la gestion des migrants. Pour la période 2022-2027, l’allocation de l’UE s’élevait à 12,5 millions d’euros. Mais les récentes arrivées massives ont poussé les Vingt-Sept à augmenter les financements. Ainsi en mars 2024, un nouvel accord signé entre l’UE et la Mauritanie a permis d’allouer une enveloppe de 200 millions d’euros au pays saharien. L’été suivant, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a effectué une visite à Nouakchott afin de signer un autre accord migratoire avec la Mauritanie - et la Gambie. En échange, les autorités mauritaniennes se sont engagées à durcir la législation locale sur l’immigration clandestine.
    Depuis le début de l’année 2025, la Mauritanie mène une politique répressive envers les migrants subsahariens qui se trouvent dans le pays en attendant de prendre la route de l’Atlantique pour rejoindre les Canaries. De très nombreux migrants ont raconté les arrestations arbitraires jusque dans la rue ou sur les lieux de travail des exilés. Les personnes ont ensuite été expulsées vers les frontières du pays, et notamment la ville de Rosso, au Sénégal, qui a vu débarquer en quelques semaines des milliers d’exilés. Entre janvier et avril 2025, la Mauritanie a ainsi intercepté plus de 30 000 migrants, avaient indiqué des sources gouvernementales en mai. Et lors d’une rencontre tenue à Madrid le 17 octobre, l’Espagne et la Mauritanie ont annoncé avoir déjoué 3 500 tentatives de migration irrégulière en 2025 sur le sol mauritanien.
    Le Sénégal aussi, second pays de départ vers les Canaries, a reçu, en octobre 2024, une aide de 30 millions d’euros de la part de l’UE pour lutter contre l’immigration clandestine. La Commission européenne finance déjà un projet de 5,75 millions d’euros visant à renforcer la capacité des forces de sécurité sénégalaises pour lutter contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et le trafic de migrants.Cet accord, comme celui avec la Mauritanie, a commencé à porter ses fruits en 2025 : au premier trimestre, les forces sénégalaises ont interpellé plus de 1 900 personnes qui tentaient de prendre la mer, « dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » avait indiqué en septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.
    Le Maroc, quant à lui, a reçu en décembre 2024 une enveloppe de 2,5 millions d’euros afin de renforcer ses capacités en matière de surveillance des frontières, de mieux contrôler les points d’entrée, de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et de protéger le sud de l’Europe des flux migratoires venus de ce pays du Maghreb. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros - dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 - pour aider le Maroc dans sa lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette chute de 62% des arrivées de migrants aux Canaries en 2025 accompagne logiquement une baisse générale de 42,6% des arrivées irrégulières sur tout le sol espagnol (36 775 en 2025 contre 64 019 en 2024). Mais un autre archipel, celui des Baléares, a lui connu une recrudescence des arrivées. En 2025, près de 7 400 personnes sont arrivées sur ce territoire espagnol, contre 5 900 en 2024. Soit une hausse de 24,5%. « Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière », racontait en octobre à InfoMigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.
    La route qui part de l’Algérie vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG Caminando Fronteras dans un rapport publié fin décembre. Cette hausse des départs vers cet archipel se traduit par un plus grand nombre de morts. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025, contre 517 en 2024.
    À l’inverse, les décès vers les Canaries ont chuté. Caminando Fronteras dénombre 1 906 morts et disparus sur la route atlantique. En 2024, l’ONG avait décompté 9 757 décédés ou disparus dans la même zone maritime. Soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#baléares#mauritanie#routemigratoire#senegal#algerie#migrationirreguliere#sante

  • Balkans : les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69006/balkans--les-consequences-dramatiques-de-la-fermeture-des-frontieres-s

    Balkans : les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des migrants
    Par RFI Publié le : 05/01/2026
    Officiellement, les frontières des Balkans sont fermées et tellement bien gardées que les exilés ne tenteraient presque plus de les franchir. Mais dans les faits, les migrants sont surtout devenus indétectables et entièrement à la merci des passeurs prêts à tout pour maximiser leurs gains. Un reportage à retrouver en entier dans l’émission Accents d’Europe sur RFI.
    Personne ne sait combien d’exilés empruntent actuellement la route des Balkans, notamment parce que la plupart évitent les camps officiels où ils sont identifiés. Shaheer, un jeune Afghan de 21 ans, préfère lui la « jungle » d’Obrenovac, au sud de Belgrade."J’espère qu’on va finir par me laisser entrer en Hongrie. Ce n’est pas une vie ici, c’est dangereux. On doit se cacher de la police, des gens. Aujourd’hui, il y a un type d’ici, un Serbe, qui m’a frappé. Il m’a dit : ’Dégage, tu n’as rien à faire ici’. On doit toujours fuir. Ça me rend fou, littéralement", témoigne le jeune homme qui vit dans la rue depuis un mois et demi, n’ayant plus d’argent pour poursuivre son périple vers l’Union européenne.
    Sur la route des Balkans, les prix flambent depuis l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen et le déploiement des gardes-frontières de l’agence européenne Frontex dans le pays. Les trafiquants font leur pub ouvertement sur TikTok et sont aussi prêts à tout - même aux pires exactions - pour maximiser leurs profits.
    « Dans les Balkans, les gangs sont surtout tenus par des Afghans, tandis qu’en Libye, ils le sont par des Libyens. Mais le système est le même : ils kidnappent, torturent, violent, brisent les os et envoient des vidéos aux familles pour leur réclamer des rançons de 3 000 ou 4 000 euros. Une fois que les familles ont payé, les personnes sont libérées. Les transferts se font par Western Union ou MoneyGram », détaille Silvia Maraone, une humanitaire italienne basée de longue date en Bosnie-Herzégovine. Dans les Balkans, les risques toujours plus grands pris par les sans-papiers se matérialisent concrètement dans les cimetières. Les tombes portant l’inscription « N. N. », pour « Nomen nescio » ("Nom inconnu", en latin), se multiplient dans ceux qui se trouvent près des frontières. Régulièrement sollicitée par des familles de disparus, l’ONG serbe KlikAktiv a lancé l’année dernière un projet pour tenter de les identifier. « Des dizaines de personnes sont mortes noyées dans la rivière Drina, entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, personne n’en parle et ces victimes sont mal identifiées », déplore Milica Svabic, membre de l’ONG.

    #Covid-19#migrant#migration#balkans#bosnieherzgovine#migrationirreguliere#routemigratoire#sante#mortalite

  • Balkans : nos treize héros et héroïnes de l’année 2025

    Cette année, nos héros sont souvent des collectifs, comme ceux des parents des victimes des tragédies de Kočani, en Macédoine du Nord, ou de Cetinje, au Monténégro, ou comme les féministes croates de fAktiv, mais il y a en a beaucoup d’autres et même, venu de Turquie, un Pikachu que l’on a vu brandir le drapeau de la révolte en Serbie et bien d’autres endroits...

    Lire l’article sur le site Le Courrier des Balkans
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Balkans-nos-treize-heros-et-heroines-de-l-annee-2025

    #balkans

  • La vicenda drammatica di tre uomini partiti dal Sudan e rimasti congelati in Bosnia

    In fuga dal conflitto nel Paese, erano in viaggio lungo la rotta balcanica per raggiungere la Germania. A pochi chilometri dalla frontiera croata hanno iniziato a non camminare più. Tra ritardi nelle cure e ricoveri posticipati, hanno subito l’amputazione di gambe e dita delle mani. Attivisti e Ong chiedono di farli spostare in un centro di cure specializzato e di non riportarli nel campo di confinamento di Lipa.

    Hanno deciso di partire di notte e di passare dalle montagne per evitare di essere avvistati dalla polizia. Le giacche e le scarpe che indossano sono quelle che i volontari distribuiscono a Bihać a chi sta attraversando la rotta. È la prima volta che provano quel viaggio, il “game”, per lasciarsi alle spalle la Bosnia ed Erzegovina e riuscire a entrare in Croazia, Unione europea. Il loro obiettivo è arrivare in Germania.

    Si chiamano Omar (40 anni), Elias (34) e Fadel (24) e sono i tre uomini sudanesi che venerdì 12 dicembre hanno subito un’amputazione delle gambe e, in due casi, anche quella delle dita delle mani dopo essere rimasti congelati mentre provavano ad attraversare a piedi il confine croato.

    Il loro viaggio è di almeno due anni, in fuga dal Sudan, passando da Libia, Turchia e Grecia, e successivamente percorrendo a piedi Macedonia, Montenegro e infine la Bosnia, dove si sono fermati al campo di transito di Lipa, nel cantone Una Sana, a 35 chilometri dalla Croazia.

    A pochi chilometri dalla frontiera, i tre hanno iniziato a sentirsi male, al punto da decidere di abbandonare la “missione” e provare a tornare indietro, al campo di confinamento di Lipa. Il processo di congelamento però è ormai in corso e in breve tempo nessuno di loro è più in grado di camminare. La polizia bosniaca li trova immobili, sdraiati nella neve. Alle mani solo uno dei tre ha ancora un guanto. L’ambulanza arriva e li trasporta nell’ospedale più vicino, nella città di Bihać. Inspiegabilmente però non vengono ricoverati: per quattro giorni i tre vengono trasportati a Bihać dalla polizia del campo, a 28 chilometri, per ricevere le cure e poi la sera riportati a Lipa, dove le condizioni igienico-sanitarie sono pessime per chiunque e chi vi transita dorme in container con altre sei persone.

    Solo al quarto giorno scatta l’emergenza. I medici di Bihać non sono in grado di fornire le cure adeguate e Omar, Elias e Fadel vengono portati all’ospedale di Sarajevo che però li rifiuta perché pieno. L’ambulanza li trasporta quindi nella città di Tuzla, a quasi 300 chilometri da Bihać. Tutto tempo che viene sottratto alle cure e quando finalmente i tre arrivano in ospedale la cancrena è in uno stato troppo avanzato e i medici dicono che non c’è più niente da fare se non l’amputazione degli arti.

    L’attivista bosniaco Nihad Suljić, fondatore dell’associazione DjelujBa!, da otto anni impegnato ad aiutare le persone in transito sulla rotta balcanica, segue da vicino tutta la vicenda. Neanche lui sa spiegarsi perché le autorità abbiano deciso di posticipare il trasporto a Tuzla e cosa sarebbe successo se si fosse intervenuti prima. Ripensando a quelle ore ricorda di aver pregato in tutti i modi possibili i medici di evitare l’amputazione e trovare un’altra soluzione, ma i dottori gli hanno detto che a quel punto dell’infezione non c’era più nulla da fare.

    Da dieci giorni Omar, Elias e Fadel sono ancora in ospedale: nessuno di loro cammina più ed Elias e Fadel non possono mangiare in autonomia. “Una cosa ora è certa -spiega Nihad Suljić ad Altreconomia– i tre non possono in nessun modo tornare all’interno di Lipa o di un altro campo per migranti dove le condizioni igieniche sono terribili. In questo momento devono poter restare per almeno altre due settimane in ospedale e poi, quando staranno meglio, in una casa di cura in cui possano passare i prossimi quattro mesi per riprendersi ed evitare ulteriori complicazioni e infezioni. Per renderlo possibile -aggiunge- serve prima di ogni altra cosa il permesso ufficiale delle autorità bosniache per farli rimanere nel Paese. Successivamente ci sarà la casa di cura e poi, si spera, le protesi”.

    La retta della struttura che potrebbe accoglierli tra qualche settimana è di 600 euro al mese a testa. I primi trenta giorni verranno offerti dal direttore della residenza, che dopo aver letto la notizia sui giornali si è reso disponibile ad accoglierli, ma gli altri tre saranno a carico dell’associazione di Nihad, DjelujBa!. Per le protesi invece i costi aumentano a 10.000 euro ciascuno, anche questi finanziati dall’associazione e dalle donazioni di privati. Per quest’ultimo intervento il presidente dell’organizzazione non governativa Iscos -attiva sulla rotta balcanica- Giancarlo Pederzolli, auspica che i tre possano essere trasportati, attraverso un corridoio umanitario, in un istituto di cura d’eccellenza, come il Centro protesi di Budrio in Emilia-Romagna. Ma questo difficilmente sarà possibile. Aprire un corridoio umanitario per dare loro una possibilità legale e sicura di arrivare in Italia o in Germania è difficilissimo perché creerebbe un precedente che evidentemente le istituzioni europee non intendono aprire. “In passato ci abbiamo già provato con un caso simile ma non ha funzionato”, commenta Nihad.

    Nel 2019 infatti un ragazzo siriano si era ritrovato nella stessa situazione di Omar, Elias e Fadel. Anche a lui le gambe erano andate in cancrena durante il viaggio a piedi verso la Croazia ed erano state amputate. In quel contesto Nihad aveva tentato di ottenere i documenti per farlo viaggiare regolarmente ma non era stato possibile. E, una volta impiantate le protesi, il ragazzo aveva ripreso il suo viaggio forzatamente illegale ed era alla fine riuscito ad arrivare in Austria a piedi.

    “Proveremo comunque in tutti i modi a farli viaggiare regolarmente -specifica l’attivista- anche se la vedo molto difficile, soprattutto in una situazione come questa dove nessuno di loro ha parenti nell’Unione”.

    Le famiglie di Omar, Elias e Fadel sono infatti ancora in Sudan, dove dal 2023 è in corso una sanguinosissima guerra civile che le Nazioni Unite hanno definito “la più grande crisi umanitaria”, con più di 150.000 persone morte e 12 milioni di sfollati. Anche i quattro figli di Omar e i sette figli di Elias sono rimasti nel Paese. L’idea era quella di arrivare per primi in Germania e poi farli venire attraverso la pratica del ricongiungimento familiare, per evitargli il viaggio pericoloso. Quando Omar ripensa ai mesi passati in Libia commenta: “Quello che abbiamo vissuto qui è comunque molto meglio di ciò che abbiamo visto e provato nei centri di detenzione di Tripoli”.

    L’Organizzazione mondiale per le migrazioni (Oim), attiva dentro Lipa, offre come unica soluzione alle persone che si trovano nel campo quella di tornare in patria con un supplemento economico e il biglietto aereo pagato. Ma, anche volendo, per Omar, Elias e Fadel tornare ora in Sudan, con il conflitto in corso, sarebbe impossibile.

    La situazione al confine croato è così da anni. A metà dicembre abbiamo dato la notizia di un uomo morto dentro il campo di Lipa, dopo un pushback, a cui le guardie avevano negato assistenza. Il lavoro stesso di Nihad insieme a quello di altri collettivi, tra cui Sos Balkan Route, Lungo la rotta balcanica e Carovane migranti, non si limita ai vivi che provano innumerevoli volte il “game”, subendo la violenza della polizia croata nei respingimenti e le condizioni climatiche impervie del viaggio, ma anche alle famiglie di chi resta e si chiede, a chilometri di distanza, che fine abbia fatto il figlio partito mesi prima e di cui non si hanno più notizie. Solo negli ultimi tre anni sul territorio bosniaco ci sono stati circa cento morti, principalmente annegati nelle acque della Drina, il fiume che separa la Serbia dalla Bosnia. “Con l’International Commission on Missing Persons (Icmp) e altri volontari e attivisti, come l’italiano Marcello Girone Daloli, cerchiamo i corpi di chi è scomparso e di riconoscerne l’identità attraverso il Dna -racconta Nihad- questo non ridà alle famiglie i loro figli ma gli permette di poter chiudere quel cerchio di attesa. L’ultima persona di cui si sono perse le tracce è un ragazzo afghano scomparso lo scorso novembre”.

    Dal loro letto di ospedale, Omar, Elias e Fadel dicono di stare meglio. Nihad va a trovarli tutti i giorni, imbocca Elias e Fadel e li aiuta a bere e a lavarsi. Una ragazza bosniaca che ha perso la gamba a causa in un incidente d’auto è passata a salutarli. Una visita che, racconta l’attivista, li incoraggia ad avere più speranza.

    https://altreconomia.it/la-vicenda-drammatica-di-tre-ragazzi-partiti-dal-sudan-e-rimasti-congel
    #route_des_balkans #Bosnie #Balkans #réfugiés #migrations #réfugiés_soudanais #blessure #amputation #hypothermie #montagne #Croatie #frontières #Bihac #Lipa #accès_aux_soins

  • Manger la Hess, une poétique culinaire
    https://lundi.am/Manger-la-Hess-une-poetique-culinaire

    Comment manger en temps de crise, pour presque rien voire rien du tout ? Le poète Yoann Thommerel mène l’enquête auprès des fauché.es de Seine-Saint-Denis. Au gré des rencontres fortuites et des invitations, cela donne Manger low cost (éditions Nous) à la fois livre de recettes, manuel de survie et livre de poésie sur la Hess. « La Hess ? C’est quand chez toi y a tellement rien dans le frigo que même les prisonniers mangent mieux. Ou si tu préfères, des fois c’est tellement la Hess que t’as même pas de frigo. » On apprendra entres autres comment préparer une pizza en prison, comment cuisiner les fanes, comment rôtir un niglo (hérisson), l’art de se gaver à l’œil dans les vernissages, ou les règles d’or pour voler sans stress au Monoprix.

    La France qui a faim - Le don à l’épreuve des violences alimentaires, Bénédicte Bonzi
    https://lafrancequiafaim.fr
    https://seenthis.net/messages/1037652

    100 recettes nouvelles à base de miettes de pain, 1943

    #low_cost #livre #texte_choral #hess_5_étoiles #alimentation #argent #précarité #cuisine #manger #parler #accueil #commensalité #langage #mineurs_isolés #hospitalité_à_la_française #exil #clafoutis_aux_orties #pâtes_à_la_mie_de_pain #mollica #cueillette #vol #vol_alimentaire #freegan #ville #prison #recettes #canon_francais vs #communisme_déjà_là #aide_alimentaire #tri #restos_du_coeur #étudiants #domination #peur_de_manquer #organisation_de_la_rareté #sécurité_sociale_alimentaire

    • Mange ta peine - Recettes du prisonnier à l’isolement, MOBEN & Gaëlle HOARAU, Collection Cahiers, Postface de Jacky Durand
      https://leseditionsduboutdelaville.com/?page_id=1691

      « En prison, manger équilibré st essentiel à la santé mais surtout au moral. Ces recettes sont gourmandes et faciles à réaliser, même avec des moyens limités. Elles
      sont la poésie de mon quotidien que je veux avant tout partager avec les personnes qui vivent seules, à l’écart. J’aimerais que ce livre contribue à briser les idées reçues sur la prison et les personnes qui s’y trouvent. » Moben

      Les 77 recettes réunies dans ce livre ont été imaginées en prison, dans son coeur profond : une cellule d’isolement. Au même titre que la pratique physique du yoga ou l’entretien quotidien de ses facultés mentales, l’art de cuisiner est devenu pour Moben un moyen de survie.
      Dans ce livre, il partage trucs et astuces pour cuisiner dans des conditions extrêmes, dedans comme dehors. Ses recettes sont l’occasion d’évoquer anecdotes et analyses documentant la prison et les solidarités qui s’y nouent autour de la nourriture. Un livre de cuisine qui s’attache autant à remplir les ventres qu’à nourrir la riche pensée critique qui s’élabore derrière les murs.
      Moben a passé onze années en régime d’isolement pour tentative d’évasion. Mange ta peine est son premier livre. Il en a réalisé les illustrations.

      « Sa force, son talent, son inventivité : faire bon avec peu, faire mijoter un peu de soi parmi une communauté de destins carcéraux. » Jacky Durand, chroniqueur culinaire, reporter tout terrain et romancier.

      Moben, transféré dans un quartier de haute sécurité pour avoir écrit un livre de recettes en prison
      https://www.streetpress.com/sujet/1766057561-moben-transfere-quartier-haute-securite-ecrit-livre-cuisine-

      Ce matin d’octobre, Moben, détenu de longue peine au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure (03), voit débarquer une équipe de surveillants dans sa cellule. Ils fouillent. Ils ne cherchent ni téléphone ni drogue. Rien à voir avec les opérations lancées par le ministre de la Justice Gérald Darmanin quelques semaines plus tôt. Les équipes locales de sécurité pénitentiaire cherchent un livre.

      [...]

      Par mail, la direction interrégionale justifie la saisie du livre dans la cellule de Moben à son éditeur en listant plusieurs articles du code pénitentiaire, et conclut : « Ainsi, lorsqu’une personne détenue souhaite qu’un de ses écrits soit publié par une maison d’édition, il convient au préalable qu’elle obtienne l’accord du directeur interrégional territorialement compétent. » Selon un agent pénitentiaire de Moulins-Yzeure, il n’est pourtant pas rare de voir des personnes détenues écrire des livres en détention et de les voir publiés alors qu’ils sont encore incarcérés.

      Elle lui reproche également « [sa] volonté et [sa] capacité à communiquer, pendant plusieurs semaines, avec des personnes à l’extérieur en contournant les règles de contrôle de l’administration pénitentiaire »

      #DPS #balluchonnage #Condé-sur-Sarthe #QLCO #quartier_de_lutte_contre_la_criminalité_organisée

  • Graves

    Illegalized travelers from Asia and Africa, fleeing toward destinations in Europe, hide on train roofs, in theundercarriages of buses and trucks, or inside containers and refrigerated cargo holds in order to avoid bordercontrols, police patrols, fences, and other material or symbolic barriers—as well as the deportation anddetention. They seek passage through karst terrain and minefields, or through weaponized landscapes, forests,mountains, and numerous rivers. Some are lost while they look, wait and hope for their chance to finally crossanother border. Their premature, violent deaths are the result of contemporary bordering, racialized exclusionand persecution.Many of those that die at the borders are never found (disappearaed). If death is reported to authorities or bodies are found,a series of different procedures are carried out, after which the deceased are either repatriated or, asstipulated by law, laid to rest in graves in local cemeteries within the municipalities where they are found.These graves are among the few local material traces of the lives, escapes, and deaths of people who opposedand confronted the borders that were closed for them.

    Graves of those who died along borders and because of borders are, if we speak about Croatia and neighbouring countries, scattered along roads, places of persecution, and those very borders. Often invisible, located at the margins of cemeteries, marked in various ways, with different materials or not at all, solitary or clustered together, often anonymous, these burial sites are markers of lives cut short, violent borders, and posthumous marginalization. Maintained, with permanent tombstones or simply modestly decoratedwith flowers or other tokens of care, these graves can also be places of coming together, thoughtfulness, andmourning.

    Documenting and mapping those graves belong to a broader effort of tracing border deaths, a work done mainly through a transnational network of activists, scholars and others who work with and around those material traces, as a way of defying the persistenterasure of migrants’ lives, and demonstrating the brutalities of the contemporary European border regime.Mapping the graves is not just a documentary method that could eventually help families, community members,local communities, activists, and researchers, while the practice also supports acts of commemoration andpursuits of justice. Spatial representation of death enhances our perception of geographies of violence, death causes, losses,and traces, while the accompanying categorizations, where “unknown” is prevalent or among the most frequentdesignations, point not only to the features of these traces, but also to their opacity.

    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-grobovi-p?locale=en

    Map of Grave Locations

    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-lokacija-grobova-p?locale=en

    Map of Causes of Death


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-uzoraka-smrti-p?locale=en

    Map of Grave Inscriptions


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-imena-na-grobovima-p?locale=en

    Map of Grave Markers


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-oznake-na-grobovima-p?locale=en

    Map of Grave Markers Materials


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-materijala-nadgrobnih-obiljezja-p?locale=en

    Cartographic Assemblage: The River and Borders


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-kolaz-rijeka-i-granice-p?locale=en

    #tombes #Balkans #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #cartographie #visualisation #cimetières #route_des_balkans

    ping @reka @6donie

  • #Macédoine_du_Nord : ce petit pays des #Balkans où les migrants vulnérables font une courte pause dans leur exil vers l’Europe (1/3)

    La Macédoine du Nord est un territoire de transit pour les exilés arrivés en Grèce souhaitant rejoindre l’Europe de l’Ouest. L’#asile y existe, mais il est rarement accordé dans ce petit pays hors de l’Union européenne. Dès lors, ce sont les profils les plus vulnérables - personnes blessées, familles, adolescents isolés - qui demandent l’asile. Le plus souvent, juste pour avoir quelques semaines de #répit avant de reprendre la route.

    Il se tient droit entre deux rangées de containers, vêtu d’un t-shirt blanc imprimé d’images de satellites et de cosmonautes, dans la grisaille d’octobre. Lal Mohammad, 25 ans, vient de faire enregistrer ses empreintes biométriques et celles de sa femme dans le centre de transit de Vinojug, tout au sud de la Macédoine du Nord, à la frontière avec la Grèce. Leur petite fille de 3 ans, Asra, boit un verre de jus de pomme assise sur un banc, amusée par la présence d’un chat errant à côté d’elle. La famille s’est déclarée demandeuse d’asile il y a un mois de cela, dès son entrée sur le territoire macédonien.

    Après une tentative de passage infructueuse par l’Evros, frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, cette famille afghane a atteint le sol hellénique après 4 jours et 4 nuits en mer. Tous trois ont passé plusieurs jours dans le camp fermé de #Thessalonique avant d’être transférés vers un second camp proche de la frontière macédonienne. "Là, on nous a dit que [pour avoir un rendez-vous pour demander l’asile], il nous faudra attendre un an et demi… Nous ne voulions pas attendre tout ce temps. Alors nous nous sommes rendus dans la forêt [marquant la frontière entre la Grèce et la Macédoine du Nord, ndlr] pour tenter le "game"" - surnom donné par les exilés aux tentatives de passages de frontières.

    Interceptée par la police macédonienne, la famille a été placée dans le centre de transit de Vinojug, l’unique centre à l’entrée du pays. Là, leur premier interlocuteur a été #Frontex, déployée depuis l’été 2023 dans le pays, surtout à la frontière avec la Grèce. Comme pour tous les exilés interceptés dans cette zone, deux choix se sont offerts à eux : soit opérer un "retour volontaire" côté grec, soit se déclarer demandeur d’asile.

    "J’ai demandé de l’aide à #ChatGPT : qu’est-ce que je dois faire ?"

    Pour Lal Mohammad, pas d’hésitation : avec sa femme et sa fille de 3 ans, pas question de faire demi-tour pour retenter une nouvelle fois le "game" dans la #forêt. Mais le passeur - qui a tout intérêt à ce que les exilés ne fassent aucune pause dans leur parcours, pour toucher plus vite la somme d’argent débloquable à chaque étape (4 000 euros pour aller de la Turquie à la Grèce, 800 euros pour aller de Macédoine en Serbie, selon le père de famille) - exerçait pourtant sur lui une forte pression.

    "Il nous harcelait, nous appelait tous les jours, en nous disant : "Revenez en Grèce". Moi je lui répondais : "Je ne vais pas fuir ne t’inquiète pas, l’argent est là, moi j’ai un enfant et une femme, je ne peux pas revenir comme ça” ; puis j’ai éteint mon portable pendant quelques jours". Le père de famille confie sa détresse : "J’ai même demandé de l’aide à ChatGPT : ’Qu’est ce que je dois faire, le passeur m’appelle tous les jours et je ne sais pas quoi faire ?’ ChatGPT m’a dit d’en parler aux responsables du centre".

    Demander l’asile ici à Vinojug signifie rester un mois dans ce centre de transit aux allures fantomatiques. On y circule entre les containers grisâtres hébergeant des bureaux d’associations, dont plusieurs ont quitté les lieux depuis des années. Les affiches sur leurs portes sont décomposées par le temps. Érigé en 2015 lors du pic d’arrivées, ce centre de transit est désormais marqué par ses infrastructures délaissées : immenses tentes d’ONG, jeux pour enfants, hangars...

    Au fond du campement s’alignent des containers abritant des chambres de 6 lits superposés. Vides pour la plupart. Ce jour-là, seule une dizaine de personnes est présente sur le campement. 320 exilés y ont défilé, au total, dans les trois premières semaines d’octobre. Dans les sanitaires au sol humide, une fuite d’eau fait entendre un bruit de gouttes en continu.

    Seulement 149 demandes d’asile enregistrées en 2025

    Au bout du mois écoulé ici, les empreintes biométriques sont relevées, comme pour Lal Mohammad et sa famille en ce jour d’octobre. Une camionnette de la police embarque dès le lendemain le groupe de demandeurs d’asile déclarés pour les transférer à #Skopje, la capitale. Là, tous seront hébergés dans l’unique centre pour demandeurs d’asile du pays, situé à #Vizbegovo, dans la banlieue.

    "J’espère que nous poursuivrons bientôt notre voyage", confie Lal Mohammad. Car le père de famille ne compte pas réellement rester en Macédoine du Nord. Il veut simplement un moment de répit pour sa famille sur une route de l’exil éprouvante.

    La Macédoine du Nord est en effet avant tout un pays de #transit, sur la route des Balkans. Un petit territoire d’à peine deux millions d’habitants mais stratégique : cerné par la Grèce, la Bulgarie, la Serbie, le Kosovo et l’Albanie, il ne se trouve pas dans l’UE ni dans Schengen et constitue la voie principale depuis la Grèce pour rejoindre la Serbie, puis de là, l’Europe de l’Ouest.

    En 2024, 4 055 personnes originaires de 35 pays ont été enregistrées au centre de Vinojug. Or, on ne comptait que 307 demandeurs d’asile cette année-là, selon les chiffres de la Macedonian Young Lawyers Association, spécialisée dans l’accompagnement des demandeurs d’asile. Dont 131 enregistrées à Vinojug.

    En 2025, le chiffre promet même d’être en deçà : depuis le début de l’année, 149 demandes ont été enregistrées. En majorité des Syriens (46 personnes), suivis des Népalais, Irakiens, Turcs, Afghans et Egyptiens. Certains vont au bout de la procédure mais combien, comme Lal Mohammad, comptent en réalité récupérer un peu - du repos, un téléphone, de l’argent ou de la santé - , avec un toit sur la tête, avant de poursuivre leur route vers la Serbie ou le Kosovo ?

    "Personne ne veut rester en Macédoine du Nord"

    Deux jours plus tard on retrouve Asra, la petite de 3 ans, assise sur un chemin caillouteux à quelques dizaines de mètres du centre pour demandeurs d’asile de Vizbegovo. Vêtue d’un t-shirt "I love my mum", elle fronce les sourcils sous ses bouclettes de cheveux châtains, concentrée à agripper des pierres une par une. Et à les jeter tour à tour, aussi loin que possible.

    "Ne jette pas sur la route, Asra !" Debout à ses côtés, Mohamad Azim, un adolescent de 16 ans, veille sur la petite. Le jeune Afghan la couve du regard puis s’agenouille auprès d’elle en ouvrant ses bras. Les traits froncés d’Asra s’évanouissent alors en un grand sourire. Contre le sweat vert à capuche de l’adolescent, elle se blottit avec force.

    Mohamad Azim a fait la rencontre d’Asra, de son père Lal Mohammad et de sa mère au centre de Vinojug. Comme eux, le jeune Afghan s’est déclaré demandeur d’asile. Mais comme eux aussi, "mon but, ce n’est pas de rester ici. Personne ne veut rester en Macédoine du Nord. Si c’était possible, je partirai tout de suite en Serbie". L’adolescent a demandé l’asile pour avoir un temps de répit. Car il reste marqué par la zone frontalière éprouvante, les nuits en forêt, le froid, la pluie. "Nous n’avions pas de quoi manger ni de quoi boire. On se nourrissait des quelques raisins que l’on trouvait".

    Lui aussi a subi les pressions du passeur pour avoir fait ce choix de la pause. "Il m’appelait sans cesse pour me dire : ’Qu’est ce que vous foutez là, revenez en Grèce, je ferai en sorte que vous traversiez de nouveau cette frontière pour aller en Serbie’". Tout en gérant cette pression, le jeune homme a pris le temps de réfléchir et de revoir ses plans : il n’envisage plus à l’Italie, mais la Suisse pour finir son parcours d’exil et y demander une protection.
    L’arrêt obligatoire des blessés

    D’autres personnes s’arrêtent simplement à Vizbegovo parce que leur corps ne leur permet plus d’avancer. Ainsi Mohamed, 25 ans, originaire du Maroc, est coincé là depuis un mois à cause d’un problème à la jambe. "J’ai quitté la Turquie en juin. J’étais seul et j’ai découpé la bâche arrière d’un camion avec un couteau pour y entrer en espérant rejoindre la Grèce. Une fois arrivé en Grèce, j’ai sauté pour descendre pendant que le camion roulait, ce qui m’a valu une fracture à la jambe droite."

    Aidé par un groupe de jeunes, il a poursuivi son chemin pour passer la frontière macédonienne avec cette jambe cassée. Intercepté et amené au centre de transit de Vinojug, il y rencontre la Croix-Rouge... Qui le transporte immédiatement à l’hôpital de Skopje. "J’ai subi une opération, on m’a posé un plâtre et depuis ma jambe s’est un peu améliorée. Je marche avec une béquille. Mais je veux continuer mon chemin. J’attends juste que ma jambe guérisse."

    Le centre pour demandeurs d’asile de Vizbegovo, de 90 places, a été rénové ces dernières années grâce à un financement de 700 000 euros de la banque de développement du Conseil de l’Europe, contracté avec l’#OIM. Si le centre paraît en bon état à l’extérieur - InfoMigrants n’a pas été autorisé à le visiter - et que les autorités assurent qu’un médecin y assure des visites régulières, les conditions à l’intérieur n’y sont pas toujours satisfaisantes, selon les exilés rencontrés.

    "La nourriture est insuffisante ici, avec un seul repas par jour, servi à midi - pour nous maintenir en vie", soupire Mohamed. Un fait corroboré par un autre jeune Afghan de 17 ans, Kayum Arubi, qui déclare : "Le centre n’est pas très propre et la nourriture, servie une fois par jour, est mauvaise".

    Pour celles et ceux qui vont au bout de la procédure d’asile, le résultat est décevant presque systématiquement. "Malheureusement, la plupart des décisions sont négatives. Le demandeur d’asile a 30 jours pour soumettre un recours auprès de la cour administrative", explique Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service (JRS), qui accompagne les demandeurs d’asile dans ces démarches. Si ce premier recours n’aboutit pas, il est toujours possible de s’en référer à la Haute cour administrative de Skopje. Mais si le refus est définitif, la personne a 20 jours pour quitter le territoire.
    Mariam*, l’une des deux seules réfugiées de Macédoine du Nord : "ici, je n’ai besoin de personne"

    Ainsi, les protections internationales délivrées ces dernières années se comptent littéralement sur les doigts d’une main. En 2024, suite à une mission en Macédoine du Nord, les rapporteurs du Comité contre la Torture, organisation des Nations unies, s’inquiétaient de ne recenser que 3 personnes sous protection subsidiaire vivant dans le pays en 2023, tandis que zéro statut de réfugié n’avait été délivré entre 2016 et 2023. Le pays n’étant pas dans l’UE - bien que sa demande soit en cours -, les critères de l’asile y sont moins stricts et scrutés qu’ailleurs.

    Deux ans plus tard en 2025, on ne compte en Macédoine du Nord que 5 personnes réfugiées - à savoir deux femmes, l’une Congolaise et l’une Syrienne et leurs enfants respectifs -, ainsi que deux 2 personnes sous protection subsidiaire (un Afghan, un Marocain) vivant dans le pays. La troisième personne qui avait réussi à obtenir une protection subsidiaire, un mineur isolé syrien, a quitté le pays. Idem pour un Afghan qui avait obtenu le statut de réfugié.

    Mariam*, 30 ans, est l’une de ces exceptions vivant à Skopje. Après avoir accouché en Grèce, cette Syrienne a traversé la frontière avec la Macédoine du Nord en 2018 alors qu’elle allaitait encore sa fille. Un peu comme Mohamed des années après elle, c’est la dangerosité du passage de frontière qui a stoppé son parcours. Entre la Grèce et la Macédoine, "la police a braqué ses projecteurs sur notre groupe. Tout le monde s’est enfui autour de moi. J’ai commencé à courir moi aussi en portant ma fille, mais je suis tombée dans un trou et je me suis cassé la jambe". En arrivant au centre de transit de #Vinojug, c’est l’association JRS qui la prend sous son aile et la transfère à l’hôpital de Skopje pour la soigner.

    Toutes les années qui ont suivi, JRS l’aide dans ses démarches d’asile et de logement, jusqu’à ce que Mariam obtienne le statut de réfugiée. L’ONG assure encore aujourd’hui un suivi de sa situation. La Croix-Rouge a pu, de son côté, lui trouver du travail chez eux, puis dans un restaurant, et lui prodiguer des cours de macédonien - un vrai défi pour Mariam, qui est analphabète. Aujourd’hui, sa fille a 9 ans. Elle est scolarisée et apprend le macédonien, avec moins de difficultés grâce à son jeune âge. Quant à la jambe de Mariam, après toutes ces années, "j’ai encore des broches... Je dois les faire retirer bientôt", glisse la Syrienne.

    Même si Mariam rencontre encore des difficultés pour apprendre la langue et pour subvenir aux besoins de sa fille avec son maigre salaire, elle l’assure : "Ici, c’est mieux qu’en Grèce. Là-bas, j’avais toujours peur. Je ne me sentais jamais à l’aise. Ici, j’ai des amis macédoniens que je vais voir et qui viennent me voir, je travaille et je n’ai besoin de personne."

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67779/macedoine-du-nord--ce-petit-pays-des-balkans-ou-les-migrants-vulnerabl
    #route_des_Balkans #migrations #réfugiés #IOM

    • En Macédoine du Nord, la zone grise entre « #retours_volontaires » et expulsions déguisées vers la #Grèce (2/3)

      Dans la zone frontalière de la Macédoine du Nord, voisine de la Grèce, les migrants interceptés en arrivant dans ce pays des Balkans se voient offrir l’option du "retour volontaire" par la police macédonienne. Les témoignages recueillis sur place indiquent que la pratique - légale et encadrée sur le papier - navigue dans une zone grise où elle se transforme parfois en expulsions déguisées.

      Un chat roux bondit sur le capot de la voiture de la police aux frontières macédoniennes garée au beau milieu de l’allée centrale. Le félin bâille, s’étire de tout son long, s’assied pour contempler ce qui l’entoure. À l’intérieur du véhicule, un agent surveille d’un air blasé les agissements d’un groupe de jeunes tout juste arrivés ici, dans le centre de transit de Vinojug. Quelques mètres plus loin, un collègue observe lui aussi distraitement le groupe, l’œil davantage attiré par l’écran de son téléphone portable.

      Agglutinés dans l’ouverture de la porte du conteneur qui abrite leurs lits superposés, ces quatre jeunes tout juste arrivés de Grèce posent mille questions à la fois à qui veut bien les entendre. "Où se trouve Skopje [la capitale macédonienne] ?", "Si nous décidons d’aller là-bas, que va-t-il se passer ? Y a-t-il un camp ouvert là-bas ? Combien de temps ça prend pour nous y transférer ?" "Et si la police décide de nous renvoyer vers la Grèce, où est-ce qu’ils nous amèneront ?", s’enquièrent-ils.

      Arrivés hier soir dans ce centre fermé situé dans la petite ville frontalière de Gevgelija au sud de la Macédoine du Nord, ces jeunes sont plein d’incertitudes. Aux exilés venus de Grèce, interceptés et placés dans le centre de Gevgelija par la police aux frontières, deux choix se présentent. Soit demander l’asile pour rester en Macédoine du Nord et être transférés au centre pour demandeurs d’asile de la capitale, Skopje. Soit opérer un "retour volontaire" vers la Grèce.

      "Si nous retournons en Grèce et que la police nous arrête, nous serons emprisonnés pendant deux ans... Et puis dans la zone frontalière il y a des mafias qui pourraient nous kidnapper, nous avons peur", craint un des jeunes du groupe, Raheem, 19 ans, originaire du Caire en Egypte. Retourner en arrière pour s’en remettre une nouvelle fois aux passeurs et tenter un passage sans encombre ne lui semble pas le meilleur calcul.

      "Nous voulons juste être tranquilles et en sécurité... Si notre tranquillité passe par le retour en Grèce, qu’il en soit ainsi. Si notre tranquillité passe par un déplacement dans la capitale à Skopje, qu’il en soit ainsi", hésite-t-il.

      Le lendemain, nous apprenons que Raheem et les autres du groupe ont tous été ramenés en Grèce par la police. Y a-t-il vraiment eu un choix éclairé et informé ? Tous ces jeunes sans exception étaient-ils vraiment "volontaires" ? Mais surtout : qu’est-ce qu’un "retour volontaire" ?
      Les retours volontaires se font "à l’oral, sans documents à signer"

      En théorie, comme le définit l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il s’agit du "retour assisté ou autonome vers le pays d’origine, de transit ou un pays tiers, sur la base du libre arbitre du retourné". Mais en pratique, en Macédoine du Nord, il s’agit d’une zone grise. Qui se décide uniquement à l’oral, s’installe dans un contexte de manque d’informations, et s’apparente parfois à un refoulement à chaud (ou "pushback") illégal.

      Contacté par Infomigrants, le ministère de l’Intérieur macédonien fournit sa définition de la procédure : "si ils ne sont pas demandeurs d’asile, si ils ne souhaitent pas postuler au programme AVRR (retour volontaire assisté et réintégration) de l’OIM, et si ils ne souhaitent pas rester au centre de transit de Gevgelija pour bénéficier d’une aide, ils sont libres de partir et nous savons qu’ils retournent en Grèce".

      Dans les premières années qui ont suivi le pic migratoire de 2015 et la création du centre de transit de Vinojug à Gevgelija, "la police ne laissait pas le choix et refoulait des groupes", observe Jasmin Redjepi, responsable de l’ONG Legis. En 2022 encore, le réseau Border Violence Monitoring publiait des cas documentés de pushbacks avec vidéos et localisations à l’appui. Qu’en est-il en 2025 ? "Aujourd’hui, la pratique a changé, il s’agit maintenant du choix des personnes", assure Jasmin Redjepi. Mais tout se fait à l’oral : "Il n’y a pas de document écrit à signer ou quoi que ce soit. La Grèce ne les empêche pas d’entrer en Macédoine, la Macédoine renvoie en Grèce : c’est une sorte de situation informelle entre les deux pays. C’est la même chose au nord, entre la Serbie et la Macédoine".

      Selon le responsable associatif, le déploiement en avril 2023 dans la zone frontalière sud de Frontex, l’agence européenne de protection des frontières, a fait évoluer positivement la pratique. "Désormais, quand quelqu’un veut rester ici et demander l’asile, son premier entretien se déroule avec Frontex qui indique ensuite à la police macédonienne : "Laissez-le au centre". Avant, il n’y avait que la police macédonienne, c’était bien plus arbitraire".

      L’analyse est partagée par les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA), qui rappellent que "ces centres de transit demeurent dans une situation juridique peu définie : ils sont placés sous un régime de "gestion de crise" qui dure depuis 2015, donc les gens à l’intérieur ont eux aussi un statut légal peu défini" - donc peu protecteur. "Ce sont des no man’s land, sous aucune juridiction", confirme Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service. "Donc personne ne peut y émettre des documents, signer ou mettre un tampon".
      Sur un simple message du passeur, "les jeunes s’enfuient d’ici la nuit"

      Le "retour volontaire" est l’option très majoritairement retenue pour les exilés débarqués dans ce centre fermé de Vinojug, à la frontière. Mais pourquoi les exilés préféreraient-ils un retour vers la Grèce plutôt qu’un transfert vers la capitale et son centre ouvert pour demandeurs d’asile, à partir duquel il est aisé de partir vers la proche Serbie ?

      D’abord, à cause de la pression mise par les passeurs. Ceux-ci ont tout intérêt à ce que les exilés ne fassent aucune pause sur leur parcours, pour toucher plus vite la somme d’argent débloquable à chaque étape réussie. Or, être transféré de Vinojug vers la capitale Skopje prend du temps : souvent 30 jours d’attente. Mieux vaut donc, pour le business, que les migrants reviennent quelques centaines de mètres en arrière, tentent à nouveau le coup, passent sans encombres et atteignent plus vite la frontière serbe. "Il y a même des passeurs qui ont des stratégies : ils envoient un premier groupe en sachant qu’il va se faire intercepter, pour faire diversion et faire passer un second groupe derrière", évoque Jasmin Redjepi, de l’ONG Legis.

      C’est aussi l’analyse du ministère de l’Intérieur, qui détaille à Infomigrants : "ceux qui sont interceptés par la police macédonienne reçoivent immédiatement l’ordre des passeurs de retourner en Grèce, pour se rendre à nouveau au lieu de rassemblement, l’hôtel Hara, situé à environ 1,5 km, où un nouveau groupe est formé et où ils tentent à nouveau d’être passés clandestinement. Le paiement de l’activité de passeur ne sera effectué par la personne que lorsqu’elle sera arrivée du point A au point B, ce qui signifie qu’elle dispose d’un nombre illimité de tentatives pour être introduite clandestinement sur le territoire de notre pays. C’est pourquoi les personnes retournent volontairement en Grèce."

      De fait : de nombreux exilés acceptent la reconduite. Certains "s’enfuient" même de Vinojug avant que la police n’organise le trajet retour en fourgonnette. Car dans ce centre de transit fermé, les allées et venues sont contrôlées. "Par contre la nuit, ce n’est pas contrôlé. Souvent les jeunes s’enfuient de Vinojug la nuit. En passant au-dessus des grillages", glisse Jasmina, une autre membre de l’ONG Legis opérant au sein du centre de transit. Cette femme énergique aux cheveux rouges et au sourire doux semble connaître tous les secrets du centre, après plusieurs années d’expérience ici. Elle détaille : "Ils partent dès qu’ils reçoivent un message du passeur. Celui-ci leur indique de se rendre à telle ou telle localisation, juste de l’autre côté".

      e l’autre côté des grillages en effet, c’est la "green line" : la zone frontalière, couverte de quelques champs et d’herbes hautes. À l’horizon, la forêt et le paysage montagneux. La Grèce et son premier village, Idoméni, est toute proche. Une équipe d’InfoMigrants y avait d’ailleurs recueilli début octobre le témoignage d’une policière grecque, qui le reconnaissait : "Parfois ce sont les mêmes personnes qui retraversent, celles qui ont déjà été refoulées par la Macédoine du Nord".

      "Ces jeunes, on les retrouve ensuite 4, 5 fois de suite ici, dans le centre de transit", abonde Jasmina. Lorsqu’on lui demande son avis sur ce fonctionnement cyclique, la salariée se contente de hausser les épaules en un grand soupir.
      "Je ne voulais pas aller en Grèce les trois premières fois ! Ce sont les policiers qui me ramenaient"

      Reste que certains exilés résistent aux pressions des passeurs et ne sont en aucun cas "volontaires" pour retourner en arrière. C’est le cas de Mohammad Azim, 16 ans, qui a évité les appels "incessants" du trafiquant qu’il a payé - "Il me disait : ’Qu’est ce que vous foutez là, revenez en Grèce, je ferai en sorte que vous traversiez de nouveau cette frontière pour aller en Serbie”. Mais Mohammad Azim est fatigué de ces agissements. "Les passeurs ne font rien, on ne les voit jamais... On les paie mais je ne sais même plus pourquoi on les paie : c’est nous qui prenons tous les risques."

      Ce jeune homme assure donc avoir déclaré aux autorités, dès sa première interception, vouloir rester en Macédoine du Nord. Pour autant, la police aux frontières ne l’a laissé vraiment s’installer à Vinojug qu’au bout de la... quatrième tentative. À chaque fois, "les policiers macédoniens m’arrêtaient au passage de la frontière, ils m’envoyaient au centre de Gevgelija... Puis ils m’embarquaient avec un autre groupe de migrants qui était là dans ce centre pour nous ramener en Grèce", assure-t-il. Une expulsion, donc.

      Interrogé sur ces pratiques, le Crisis Management Centre (l’organe public régional qui régit le centre de Vinojug) nous renvoie vers le ministère de l’Intérieur, "parce qu’ils sont responsables de la procédure des retours volontaires". Du côté de Frontex, on nous invite également à nous adresser à l’Intérieur et on nous indique que "Frontex n’a pas reçu d’informations concernant le retour de demandeurs d’asile en Grèce." Sollicité par Infomigrants, l’Intérieur abonde : "nous n’avons reçu aucun signalement de ce type, ni de la part des autorités locales, ni de Frontex, ni des ONG".

      L’adolescent de 16 ans montre une camionnette blanche qui passe juste à cet instant sur la route derrière lui. "C’était dans ce genre de véhicules. Ça sert aux policiers pour mettre quasiment 10 personnes dedans. Ça s’est répété trois fois".

      Pourquoi n’a-t-il pas été refoulé, cette quatrième fois ? Difficile de le dire. Certains exilés croient savoir que cela dépend du nombre de places dans le centre de transit, ou des capacités de transfert vers Skopje. D’autres évoquent des décisions purement arbitraires. Quoi qu’il en soit : "On peut qualifier cette situation de pushback, surtout si cela se déroule loin de nos regards et que nous n’en sommes pas avertis", reconnaît et s’inquiète Jasmin Redjepi.
      Refoulé 8 fois d’affilée

      Bien que la présence de Frontex ait fait évoluer positivement les choses, il semble donc que cette pratique du refoulement vers la Grèce se poursuive. Moins systématiquement, plus discrètement. Mais tout aussi illégalement : un refoulement à chaud est contraire au droit car il empêche tout examen de la situation individuelle de la personne.

      Mohammad Azim a 16 ans. Or cette situation de minorité n’a jamais été prise en compte. Dans son rapport sur l’année 2024, les avocates de MYLA regrettaient déjà qu’il n’existe en Macédoine "rien pour les mineurs isolés, pas de procédure formelle de protection ni d’évaluation de l’âge" et que de manière générale "les migrants n’ont pas accès à un recours efficace contre l’expulsion informelle”.

      Rafiullah, un Afghan de 21 ans rencontré au centre pour demandeurs d’asile en banlieue de Skopje, raconte lui aussi avoir été refoulé... Huit fois d’affilée. Il doute même du nombre exact : "C’est seulement la 8ème ou la 9ème fois que l’on m’a enfin dit : "OK, tu peux rester ici".

      Or, Rafiullah affirme qu’il l’avait déclaré aux autorités dès la première interception : "Je voulais rester en Macédoine du Nord. Car je savais que si je demandais l’asile ici, à Gevgelija, après un mois on m’aurait transféré à Skopje. Et qu’une fois à Skopje, je pouvais aller facilement en Serbie".

      Maintenant qu’il a pu rester sur le territoire et rejoindre la capitale, le jeune homme n’a qu’une hâte : rejoindre l’Europe de l’Ouest, lui qui a un cousin travaillant dans une entreprise en France. Souriant, les yeux pétillants, il s’enquiert : "Est-ce que les Français sont plus bienveillants ? Ici, les gens dans les Balkans sont racistes : on me regarde toujours bizarrement comme ça" - il fronce les sourcils, la mine fermée, puis éclate de rire - "J’ai du mal à comprendre pourquoi".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/67838/en-macedoine-du-nord-la-zone-grise-entre-retours-volontaires-et-expuls
      #renvois #expulsions #refoulements #push-backs

    • Interrogés, détenus comme témoins : en Macédoine du Nord, les conséquences sur les exilés de la lutte contre les passeurs (3/3)

      La lutte contre les passeurs est un enjeu stratégique en Macédoine du Nord, tant pour ce pays de transit sur la route des Balkans que pour l’Union européenne. Mais elle n’est pas sans revers : les personnes migrantes et les ONG témoignent notamment d’interrogatoires et de détentions arbitraires, sans cadre légal.

      Des dizaines et des dizaines de voitures s’entassent à l’entrée du centre de transit de Vinojug, au sud de la Macédoine du Nord. Un camion de marchandises dévoile, sous sa bâche, des montagnes de cageots. Un chien errant passe. Tous ces véhicules ont été saisis ces derniers mois par la police aux frontières macédonienne, lors des interceptions de groupes d’exilés tentant de franchir la frontière depuis la Grèce. Non loin de là, les reliefs du territoire grec dessinent l’horizon.

      "99%" des exilés qui passent dans cette zone frontalière le font grâce à un réseau de passeur, affirme le ministère de l’Intérieur macédonien, sollicité par InfoMigrants. L’Intérieur se dit tout à fait informé des lieux-clés : "lorsqu’ils arrivent en Grèce, ils reçoivent des instructions et sont envoyés vers un lieu de rassemblement situé près de la frontière, sur le territoire grec, près d’Evzoni, appelé Hôtel Hara, à environ 1,5 kilomètre" de Gevgelija, précise le ministère. Là, au pied de ce fameux hôtel tout simple, en bord de route, bordée d’une station-essence décrépie et de tables de pique-nique sous abri, "les passeurs les attendent et les conduisent à pied de manière illégale pour traverser le territoire macédonien."

      La lutte contre les passeurs en Macédoine du Nord, pays de transit pour les exilés souhaitant rejoindre l’Europe occidentale, est un enjeu national. Mais aussi et surtout européen - bien que ce petit pays des Balkans ne fasse pas partie de l’UE. Frontex y est déployé depuis avril 2023. Tout récemment, du 13 au 17 octobre, des experts de l’OLTIM (Office français de lutte contre le trafic illicite de migrants) sont venus former des policiers macédoniens sur la lutte contre les trafiquants. La formation est délivrée dans la cadre de "la coopération renforcée entre la France et le Royaume-Uni", précise le communiqué.

      Cette lutte active n’est pas sans conséquence sur les droits des exilés. À l’intérieur du centre de Vinojug, quatre jeunes hommes viennent d’arriver dans la nuit. "Le passeur m’a dit au téléphone : "Marche dans la forêt, et tu trouveras une voiture. Et dans trois ou quatre jours tu seras en Italie"", raconte l’un d’eux, Mohamed, un Soudanais de 21 ans. "Nous sommes restés deux jours dans la forêt sans manger, sous la pluie... Et il n’y avait pas de voiture", soupire-t-il.

      Les jeunes avaient formé un groupe de huit dans cette forêt. Mais ils ne sont désormais plus que quatre. Car après l’interception dans la nuit de leur groupe, "la police nous a amenés dans ce centre, a pris nos empreintes, a confisqué nos documents grecs et nos téléphones", racontent-ils. Puis quatre d’entre eux ont été emmenés à plus de deux heures de voiture de là, à Skopje, la capitale. Pour être entendus comme témoins au tribunal. Les quatre restés ici, l’air perdu, ne savent pas pourquoi, quand ils rentreront, ce qu’il va advenir d’eux-mêmes et de leurs effets personnels.
      Détenu comme témoin : la procédure "hors de tout cadre légal" en vigueur en Macédoine du Nord

      Ce transfert à Skopje pour être entendus comme témoins est une procédure inédite en Europe qui s’applique là en Macédoine du Nord. Systématiquement, une partie d’un groupe d’exilés intercepté est transféré à Skopje dans le centre de rétention de Gazi Baba (appelé "centre d’accueil pour les étrangers", en réalité un centre de détention pour ceux qui sont en irrégularité administrative). Le temps d’être présentés devant un juge. Non pas en qualité de prévenus ; mais bien de simples témoins.

      "C’est totalement illégal", dénonce Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service (JRS). "C’est une situation qui n’est pas inscrite dans la loi. Le procureur donne des instructions orales à la police de détenir les personnes pour qu’elles témoignent contre les passeurs", expliquent les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA).

      "La détention arbitraire de migrants en situation irrégulière au centre de détention de Gazi Baba, qui doivent être présentés devant le tribunal pénal pour faire une déposition, reste préoccupante", épinglait déjà en octobre 2024 un rapport de la Commission européenne. Sollicité également sur ce sujet, le ministère de l’Intérieur n’a, à l’heure où nous écrivons ces lignes, pas répondu à nos questions sur ce point.

      De plus, parmi les quatre jeunes transférés à Skopje ce jour-là, se trouvaient deux mineurs, selon la base de données commune aux associations à Vinojug, et à la police aux frontières. "Nous avons longtemps mené un plaidoyer pour qu’il n’y ait plus de mineurs dans ce centre de détention", expliquent les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA). "Je passe mon temps à dire aux autorités que si elles veulent un jour intégrer l’Union européenne, il faut mettre fin à la détention administrative des enfants", insiste aussi Mitko Kiprovski.

      Cette pratique de la détention en tant que témoins s’est néanmoins améliorée. "Les années passées, les gens étaient détenus pour une plus longue période et la situation était pire", souligne Teodora Kjoseva Kostadinovska, de la Macedonian Young Lawyers Association. La période de détention en tant que témoin pouvait alors durer plusieurs semaines voire plusieurs mois.

      "Désormais, surtout en 2025, la situation s’est améliorée. Les gens sont détenus un ou deux jours. Ce qui n’est toujours pas légal, bien sûr", affirme Teodora Kjoseva Kostadinovska. En cas de jours non-ouvrés, les exilés peuvent rester jusqu’à 3 ou 4 jours en détention, précise de son côté Mitko Kiprovski.
      "La seule façon de sortir est de demander l’asile"

      Au-delà du fait qu’elle s’effectue hors de tout cadre légal, cette détention a des conséquences sur le parcours des exilés. Il est impossible de demander l’asile avant l’audience : “le dépôt d’une demande d’asile n’est autorisé qu’après que les témoignages de ces personnes devant le procureur dans le cadre des procédures engagées contre les passeurs ont été entendus", explique le rapport 2024 de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA).

      Enfin, après l’audience, les ONG expliquent que les personnes n’ont d’autre choix que de déposer une demande d’asile pour sortir de Gazi Baba. "La seule façon légale de sortir de détention est de faire une demande d’asile orale et ainsi d’être transféré au centre d’accueil pour demandeurs d’asile", en périphérie de Skopje, explique Mitko Kiprovski.

      MYLA a constaté aussi cette situation en 2024 à partir d’un groupe : "certains d’entre eux ont été transférés au centre d’accueil pour étrangers et, après avoir témoigné dans le cadre des procédures pénales engagées contre les passeurs, ils ont été libérés après avoir déposé une demande d’asile."

      Mais dans la pratique, ce qu’il se passe après est parfois aléatoire. Il arrive que les gens "soient laissés et partent dans des directions inconnues", indique Mitko Kiprovski. D’autres fois, les exilés sont ramenés au centre de transit de Vinojug. C’est le cas des quatre jeunes interrogés ce jour-là, qui ont rejoint, deux jours plus tard, les quatre restés à Vinojug. Tout de suite après, la police aux frontières les a reconduits sur le territoire grec, dans le cadre du "retour volontaire" qui s’applique là-bas - en réalité une zone grise frôlant parfois avec le refoulement illégal.
      "On m’a mis la pression" : des interrogatoires à l’intérieur même du centre de transit

      Rafiullah a l’allure droite, l’aisance et le sens de la tchatche des serveurs, lui qui a travaillé à ce poste dans un restaurant à Ankara, en Turquie, pendant trois mois, avant d’arriver en Grèce puis en Macédoine du Nord. L’anglais parfait, aussi. Le turc aussi : il l’a appris pendant ses mois à Ankara. Au total, ce jeune Afghan de 21 ans manie parfaitement cinq langues - en Afghanistan, il a suivi une formation de langues. "Je crois que plus j’apprends des langues, plus mon cerveau est capable d’en assimiler de nouvelles facilement", songe-t-il en souriant. Par conséquent, dans le centre de Vinojug, "j’aidais tout le monde, je faisais l’interprète".

      Mais cette faculté lui a attiré des ennuis "à cause ça, on me prenait pour un passeur". Déjà, le jeune homme a été dans le radar des autorités pour avoir tenté de passer huit fois d’affilée la frontière. "À chaque fois on me voyait avec un groupe différent. C’est aussi pour ça qu’on me prenait pour un passeur, je crois. La première fois, on ne m’a rien dit, les fois suivantes à chaque fois : pourquoi tu es avec ce groupe, tu es passeur ?"

      Debout dans son sweat à capuche vert aux côtés de Rafiullah, un autre jeune Afghan, Mohammad Azim, âgé de 16 ans, explique la logique : "quand tu essaies une fois et que tu échoues, que tu es reconduit en Grèce, le passeur te prend comme repère. Il te met avec quelques nouvelles personnes et te dit : "maintenant que tu sais comment ça fonctionne, c’est toi qui vas pouvoir les guider, et leur acheter un ticket de bus". De nombreux exilés tentent de monter dans un bus public qui se rend de Gevgelija à Skopje, très surveillé par la police.

      Rafiullah n’a pas choisi de passer huit fois : il assure avoir été refoulé contre son gré, lui qui voulait entrer dans le système d’asile pour être transféré à Skopje. Toujours est-il que la neuvième fois - il ne sait toujours pas pourquoi -, les autorités l’ont laissé s’installer à Vinojug... Non sans lui faire subir, cette fois, un véritable interrogatoire de police à l’intérieur même du centre de transit. "J’ai été interrogé par quelqu’un de la police, dans une salle en préfabriqué, tout seul. L’agent de police me demandait “tu es le passeur ? tu as aidé le passeur, non ?”. Il me mettait la pression, il me faisait croire que les autres m’avaient dénoncé comme tel."

      Pour rappel, "ces centres de transit demeurent dans une situation juridique peu définie", soulignent les avocates de MYLA. "Ils sont placés sous un régime de "gestion de crise" qui dure depuis 2015, donc les gens à l’intérieur ont eux aussi un statut légal peu défini". "Ce sont des no man’s land, sous aucune juridiction", confirme Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service. "Donc personne ne peut y émettre des documents, signer ou mettre un tampon". Le cadre juridique de ce type d’interrogatoires, et l’accès à un droit à la défense, pose donc problème.

      Rafiullah explique à cet agent qu’il n’a fait qu’essayer de traverser comme les autres. "Je lui répondais que je n’avais rien à voir avec le passeur, que je savais qu’ils n’avaient rien contre moi, que moi je voulais rester ici en Macédoine. Après ça, ils m’ont laissé repartir dans le centre".

      Le jeune homme ne sera plus refoulé et bien enregistré comme demandeur d’asile à Vinojug. Mais "depuis cet interrogatoire, je n’ai plus jamais joué les interprètes. Je fermais ma bouche. Je ne parlais plus qu’anglais dans le centre". Un mois plus tard, il a été transféré au centre pour demandeurs d’asile de Skopje.
      À 16 ans, 10 mois de prison pour aide au passage

      C’est de ce centre situé en périphérie de la capitale, face à une lande à l’abandon et des toits en brique emmenant le regard vers les montagnes au loin, que sort ce midi-là, cigarette à la main, Kayum Aryoubi. D’emblée, il adresse un signe de la main. Son visage encore adolescent du haut de ses 17 ans, avec ses yeux ronds et ses grains de beauté autour d’une courte barbe, s’éclaire d’un sourire. Sur son k-way gris clair, au dos, il est écrit "A step forward" ("Un pas en avant").

      Le jeune homme est loin d’avoir eu un parcours insouciant. Il a quitté l’Afghanistan, avec un oncle, à l’âge de 10 ans. Toutes ces années, ils ont vécu en Turquie, puis en Grèce. Il y a onze mois de cela, tous deux ont franchi la frontière macédonienne : l’oncle a réussi à passer mais Kayum, lui, a été intercepté par la police. "On se trouvait dans un bus" - ce fameux bus public qui rejoint Skopje depuis Gevgelija - "quand la police nous a trouvés", commence l’adolescent. "Dans ce bus il y avait un Turc qui travaillait avec les passeurs. Mais ce Turc m’a dénoncé moi comme étant lié aux passeurs".

      Après une nuit au centre de transit de Vinojug, Kayum Aryoubi a été transféré à Skopje pour comparaître devant un tribunal. "Le Turc a témoigné contre moi. J’ai été condamné à 10 mois de prison". Il avait alors 16 ans.

      L’adolescent est incarcéré dans la prison de Kumanovo, au nord du pays, pour purger sa peine d’aide au passage. "C’était très violent”, souffle le jeune homme qui se dit traumatisé par son incarcération. "Les détenus étaient maltraités par les gardiens de cette prison, moi y compris. Je vivais dans une petite cellule avec 4 autres personnes". Les quatre étaient des prisonniers de droit commun macédoniens. "C’est là que j’ai appris le macédonien. Mais c’était très dur de vivre avec des gens de ce pays."

      À la fin de sa peine, on le transfère pour un mois à Gazi Baba, le centre de rétention pour étrangers. Les conditions au quotidien y sont meilleures, assure-t-il. Mais le jeune homme sombre mentalement. Il y a appris, il y a quinze jours, le décès de sa sœur et de ses deux frères dans un affrontement entre les Taliban et les Pakistanais. "Je me suis blessé avec un rasoir quand j’ai appris ça", confie-t-il en dévoilant, sur son torse, de longues cicatrices encore rouges. "Je voulais sortir de là. Et j’étais tellement triste que je ne savais pas ce que je faisais."

      Depuis trois jours, Kayum a été libéré de Gazi Baba et est hébergé en tant que demandeur d’asile déclaré dans ce centre ouvert de Skopje. Aujourd’hui, il veut partir en Serbie dès que possible. C’était son objectif depuis le début de son entrée sur le territoire macédonien. Mais pour ce faire, il a besoin d’un téléphone. Il y a onze mois, "quand j’ai été arrêté par la police macédonienne, ils m’ont pris mon téléphone. J’avais aussi 500 euros sur moi. Ils m’ont tout pris et ne me les ont jamais rendus", glisse-t-il.

      Le jeune homme espère un jour rejoindre la France pour y demander protection. "Obtenir l’asile y est moins difficile pour les Afghans", croit-il, "et j’ai des amis qui sont là-bas".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/67859/interroges-detenus-comme-temoins--en-macedoine-du-nord-les-consequence
      #criminalisation_de_la_migration #passeurs #détention #détention_arbitraire

  • En Macédoine du Nord, la zone grise entre « retours volontaires » et expulsions déguisées vers la Grèce (2/3) - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67838/en-macedoine-du-nord-la-zone-grise-entre-retours-volontaires-et-expuls

    En Macédoine du Nord, la zone grise entre "retours volontaires" et expulsions déguisées vers la Grèce (2/3)
    Par Maïa Courtois Publié le : 31/10/2025 Dernière modification : 02/11/2025
    Dans la zone frontalière de la Macédoine du Nord, voisine de la Grèce, les migrants interceptés en arrivant dans ce pays des Balkans se voient offrir l’option du "retour volontaire" par la police macédonienne. Les témoignages recueillis sur place indiquent que la pratique - légale et encadrée sur le papier - navigue dans une zone grise où elle se transforme parfois en expulsions déguisées.
    Un chat roux bondit sur le capot de la voiture de la police aux frontières macédoniennes garée au beau milieu de l’allée centrale. Le félin bâille, s’étire de tout son long, s’assied pour contempler ce qui l’entoure. À l’intérieur du véhicule, un agent surveille d’un air blasé les agissements d’un groupe de jeunes tout juste arrivés ici, dans le centre de transit de Vinojug. Quelques mètres plus loin, un collègue observe lui aussi distraitement le groupe, l’œil davantage attiré par l’écran de son téléphone portable.
    Agglutinés dans l’ouverture de la porte du conteneur qui abrite leurs lits superposés, ces quatre jeunes tout juste arrivés de Grèce posent mille questions à la fois à qui veut bien les entendre. "Où se trouve Skopje [la capitale macédonienne] ?", "Si nous décidons d’aller là-bas, que va-t-il se passer ? Y a-t-il un camp ouvert là-bas ? Combien de temps ça prend pour nous y transférer ?" "Et si la police décide de nous renvoyer vers la Grèce, où est-ce qu’ils nous amèneront ?", s’enquièrent-ils.Arrivés hier soir dans ce centre fermé situé dans la petite ville frontalière de Gevgelija au sud de la Macédoine du Nord, ces jeunes sont plein d’incertitudes. Aux exilés venus de Grèce, interceptés et placés dans le centre de Gevgelija par la police aux frontières, deux choix se présentent. Soit demander l’asile pour rester en Macédoine du Nord et être transférés au centre pour demandeurs d’asile de la capitale, Skopje. Soit opérer un "retour volontaire" vers la Grèce."Si nous retournons en Grèce et que la police nous arrête, nous serons emprisonnés pendant deux ans... Et puis dans la zone frontalière il y a des mafias qui pourraient nous kidnapper, nous avons peur", craint un des jeunes du groupe, Raheem, 19 ans, originaire du Caire en Egypte. Retourner en arrière pour s’en remettre une nouvelle fois aux passeurs et tenter un passage sans encombre ne lui semble pas le meilleur calcul. (...)
    Le lendemain, nous apprenons que Raheem et les autres du groupe ont tous été ramenés en Grèce par la police. Y a-t-il vraiment eu un choix éclairé et informé ? Tous ces jeunes sans exception étaient-ils vraiment "volontaires" ? Mais surtout : qu’est-ce qu’un "retour volontaire" ?
    En théorie, comme le définit l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il s’agit du "retour assisté ou autonome vers le pays d’origine, de transit ou un pays tiers, sur la base du libre arbitre du retourné". Mais en pratique, en Macédoine du Nord, il s’agit d’une zone grise. Qui se décide uniquement à l’oral, s’installe dans un contexte de manque d’informations, et s’apparente parfois à un refoulement à chaud (ou "pushback") illégal. Contacté par Infomigrants, le ministère de l’Intérieur macédonien fournit sa définition de la procédure : "si ils ne sont pas demandeurs d’asile, si ils ne souhaitent pas postuler au programme AVRR (retour volontaire assisté et réintégration) de l’OIM, et si ils ne souhaitent pas rester au centre de transit de Gevgelija pour bénéficier d’une aide, ils sont libres de partir et nous savons qu’ils retournent en Grèce".
    Dans les premières années qui ont suivi le pic migratoire de 2015 et la création du centre de transit de Vinojug à Gevgelija, "la police ne laissait pas le choix et refoulait des groupes", observe Jasmin Redjepi, responsable de l’ONG Legis. En 2022 encore, le réseau Border Violence Monitoring publiait des cas documentés de pushbacks avec vidéos et localisations à l’appui. Qu’en est-il en 2025 ? "Aujourd’hui, la pratique a changé, il s’agit maintenant du choix des personnes", assure Jasmin Redjepi. Mais tout se fait à l’oral : "Il n’y a pas de document écrit à signer ou quoi que ce soit. La Grèce ne les empêche pas d’entrer en Macédoine, la Macédoine renvoie en Grèce : c’est une sorte de situation informelle entre les deux pays. C’est la même chose au nord, entre la Serbie et la Macédoine".
    Selon le responsable associatif, le déploiement en avril 2023 dans la zone frontalière sud de Frontex, l’agence européenne de protection des frontières, a fait évoluer positivement la pratique. "Désormais, quand quelqu’un veut rester ici et demander l’asile, son premier entretien se déroule avec Frontex qui indique ensuite à la police macédonienne : "Laissez-le au centre". Avant, il n’y avait que la police macédonienne, c’était bien plus arbitraire".
    L’analyse est partagée par les avocates de la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA), qui rappellent que "ces centres de transit demeurent dans une situation juridique peu définie : ils sont placés sous un régime de "gestion de crise" qui dure depuis 2015, donc les gens à l’intérieur ont eux aussi un statut légal peu défini" - donc peu protecteur. "Ce sont des no man’s land, sous aucune juridiction", confirme Mitko Kiprovski, avocat et chargé de plaidoyer de l’ONG Jesuit Refugee Service. "Donc personne ne peut y émettre des documents, signer ou mettre un tampon". Le "retour volontaire" est l’option très majoritairement retenue pour les exilés débarqués dans ce centre fermé de Vinojug, à la frontière. Mais pourquoi les exilés préféreraient-ils un retour vers la Grèce plutôt qu’un transfert vers la capitale et son centre ouvert pour demandeurs d’asile, à partir duquel il est aisé de partir vers la proche Serbie ?
    D’abord, à cause de la pression mise par les passeurs. Ceux-ci ont tout intérêt à ce que les exilés ne fassent aucune pause sur leur parcours, pour toucher plus vite la somme d’argent débloquable à chaque étape réussie. Or, être transféré de Vinojug vers la capitale Skopje prend du temps : souvent 30 jours d’attente. Mieux vaut donc, pour le business, que les migrants reviennent quelques centaines de mètres en arrière, tentent à nouveau le coup, passent sans encombres et atteignent plus vite la frontière serbe. "Il y a même des passeurs qui ont des stratégies : ils envoient un premier groupe en sachant qu’il va se faire intercepter, pour faire diversion et faire passer un second groupe derrière", évoque Jasmin Redjepi, de l’ONG Legis.
    C’est aussi l’analyse du ministère de l’Intérieur, qui détaille à Infomigrants : "ceux qui sont interceptés par la police macédonienne reçoivent immédiatement l’ordre des passeurs de retourner en Grèce, pour se rendre à nouveau au lieu de rassemblement, l’hôtel Hara, situé à environ 1,5 km, où un nouveau groupe est formé et où ils tentent à nouveau d’être passés clandestinement. Le paiement de l’activité de passeur ne sera effectué par la personne que lorsqu’elle sera arrivée du point A au point B, ce qui signifie qu’elle dispose d’un nombre illimité de tentatives pour être introduite clandestinement sur le territoire de notre pays. C’est pourquoi les personnes retournent volontairement en Grèce."
    De fait : de nombreux exilés acceptent la reconduite. Certains "s’enfuient" même de Vinojug avant que la police n’organise le trajet retour en fourgonnette. Car dans ce centre de transit fermé, les allées et venues sont contrôlées. "Par contre la nuit, ce n’est pas contrôlé. Souvent les jeunes s’enfuient de Vinojug la nuit. En passant au-dessus des grillages", glisse Jasmina, une autre membre de l’ONG Legis opérant au sein du centre de transit. Cette femme énergique aux cheveux rouges et au sourire doux semble connaître tous les secrets du centre, après plusieurs années d’expérience ici. Elle détaille : "Ils partent dès qu’ils reçoivent un message du passeur. Celui-ci leur indique de se rendre à telle ou telle localisation, juste de l’autre côté".
    De l’autre côté des grillages en effet, c’est la "green line" : la zone frontalière, couverte de quelques champs et d’herbes hautes. À l’horizon, la forêt et le paysage montagneux. La Grèce et son premier village, Idoméni, est toute proche. Une équipe d’InfoMigrants y avait d’ailleurs recueilli début octobre le témoignage d’une policière grecque, qui le reconnaissait : "Parfois ce sont les mêmes personnes qui retraversent, celles qui ont déjà été refoulées par la Macédoine du Nord". "Ces jeunes, on les retrouve ensuite 4, 5 fois de suite ici, dans le centre de transit", abonde Jasmina. Lorsqu’on lui demande son avis sur ce fonctionnement cyclique, la salariée se contente de hausser les épaules en un grand soupir.
    Reste que certains exilés résistent aux pressions des passeurs et ne sont en aucun cas "volontaires" pour retourner en arrière. C’est le cas de Mohammad Azim, 16 ans, qui a évité les appels "incessants" du trafiquant qu’il a payé - "Il me disait : ’Qu’est ce que vous foutez là, revenez en Grèce, je ferai en sorte que vous traversiez de nouveau cette frontière pour aller en Serbie”. Mais Mohammad Azim est fatigué de ces agissements. "Les passeurs ne font rien, on ne les voit jamais... On les paie mais je ne sais même plus pourquoi on les paie : c’est nous qui prenons tous les risques." Ce jeune homme assure donc avoir déclaré aux autorités, dès sa première interception, vouloir rester en Macédoine du Nord. Pour autant, la police aux frontières ne l’a laissé vraiment s’installer à Vinojug qu’au bout de la... quatrième tentative. À chaque fois, "les policiers macédoniens m’arrêtaient au passage de la frontière, ils m’envoyaient au centre de Gevgelija... Puis ils m’embarquaient avec un autre groupe de migrants qui était là dans ce centre pour nous ramener en Grèce", assure-t-il. Une expulsion, donc.
    Interrogé sur ces pratiques, le Crisis Management Centre (l’organe public régional qui régit le centre de Vinojug) nous renvoie vers le ministère de l’Intérieur, "parce qu’ils sont responsables de la procédure des retours volontaires". Du côté de Frontex, on nous invite également à nous adresser à l’Intérieur et on nous indique que "Frontex n’a pas reçu d’informations concernant le retour de demandeurs d’asile en Grèce." Sollicité par Infomigrants, l’Intérieur abonde : "nous n’avons reçu aucun signalement de ce type, ni de la part des autorités locales, ni de Frontex, ni des ONG".
    L’adolescent de 16 ans montre une camionnette blanche qui passe juste à cet instant sur la route derrière lui. "C’était dans ce genre de véhicules. Ça sert aux policiers pour mettre quasiment 10 personnes dedans. Ça s’est répété trois fois". Pourquoi n’a-t-il pas été refoulé, cette quatrième fois ? Difficile de le dire. Certains exilés croient savoir que cela dépend du nombre de places dans le centre de transit, ou des capacités de transfert vers Skopje. D’autres évoquent des décisions purement arbitraires. Quoi qu’il en soit : "On peut qualifier cette situation de pushback, surtout si cela se déroule loin de nos regards et que nous n’en sommes pas avertis", reconnaît et s’inquiète Jasmin Redjepi.
    Bien que la présence de Frontex ait fait évoluer positivement les choses, il semble donc que cette pratique du refoulement vers la Grèce se poursuive. Moins systématiquement, plus discrètement. Mais tout aussi illégalement : un refoulement à chaud est contraire au droit car il empêche tout examen de la situation individuelle de la personne. Mohammad Azim a 16 ans. Or cette situation de minorité n’a jamais été prise en compte. Dans son rapport sur l’année 2024, les avocates de MYLA regrettaient déjà qu’il n’existe en Macédoine "rien pour les mineurs isolés, pas de procédure formelle de protection ni d’évaluation de l’âge" et que de manière générale "les migrants n’ont pas accès à un recours efficace contre l’expulsion informelle”.
    Les allées et venues au centre fermé de transit de Vinojug sont contrôlées en journée. Mais la nuit, certains passent par-dessus les grillages pour rejoindre les localisations données par les passeurs dans la zone frontalière. Ces deniers n’hésitent pas à les mettre sous pression pour éviter l’attente d’un transfert vers la capitale.
    Maintenant qu’il a pu rester sur le territoire et rejoindre la capitale, le jeune homme n’a qu’une hâte : rejoindre l’Europe de l’Ouest, lui qui a un cousin travaillant dans une entreprise en France. Souriant, les yeux pétillants, il s’enquiert : "Est-ce que les Français sont plus bienveillants ? Ici, les gens dans les Balkans sont racistes : on me regarde toujours bizarrement comme ça" - il fronce les sourcils, la mine fermée, puis éclate de rire - "J’ai du mal à comprendre pourquoi".

    #Covid-19#migrant#migration#macedoine#serbie#grece#balkans#routemigratoire#refoulement#politiquemigratoire#frontiere#UE#sante#droit

  • Hommage à Erik Marchand, passeur de musiques entre la Bretagne et les Balkans - Le Courrier des Balkans
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Hommage-a-Erik-Marchand-passeur-de-musiques-entre-la-Bretagne-et-


    https://www.courrierdesbalkans.fr/IMG/webp/1200x680.webp

    Grand voyageur, Erik commence à arpenter les #Balkans à la fin des années 1980, découvrant des pays qui s’ouvrent tout juste aux visiteurs étrangers, comme l’Albanie et la Roumanie, mais aussi la Yougoslavie en train de se disloquer dans le sang. Erik, qui parlait parfaitement le roumain et fort correctement le serbo-croate, composa même une chanson dans cette langue, évoquant le siège et la destruction de Vukovar.

    ERIK MARCHAND, BOJAN Z & COSTICA OLAN
    https://www.innacor.com/2017/05/06/erik-marchand-bojan-z-costica-olan

    Erik Marchand, la voix éternelle de la Bretagne s’est éteinte
    https://www.rmn.bzh/erik-marchand-la-voix-eternelle-de-la-bretagne-s-est-eteinte

    https://www.youtube.com/watch?v=1ScYE6WpL5I


    Danse bretonne : Dañs fisel à Gourin avec #Erik_Marchand et Youenn Lange en hommage à Maudez Kerjean
    #Kreizh_Breizh_Akademi #khan_ha_diskan #clarinette #Bretagne

  • #balon. La sinistra sgombera gli abusivi, la destra mira al ghetto di via Carcano
    https://radioblackout.org/2025/10/balon-la-sinistra-sgombera-gli-abusivi-la-destra-mira-al-ghetto-di-vi

    Negli ultimi mesi la repressione nei confronti degli abusivi che ogni sabato cercano di ricavarsi uno spazio per vendere abiti, scarpe, oggetti raccolti durante la settimana, si è fatta sempre più dura.Cacciati dalla scalinata del ponte Carpanini, si sono ricavati uno spazio lungo la Dora, costantemente monitorato dai vigili urbani, che ogni sabato, ogni volta […]

    #L'informazione_di_Blackout #barattolo #poveri #straccivendoli
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/10/2025-10-28-balon-migliaccio.mp3

  • Aux frontières de l’Europe, un arsenal technologique contre les migrants

    "L’Union européenne déploie à ses frontières des technologies civiles et militaires pour bloquer les flux migratoires. De la Pologne à la Serbie, enquête sur le complexe techno-industriel qui érige la « forteresse Europe »."

    – Épisode 1/5 : En #Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la #forêt primaire
    – Épisode 2/5 : À Madrid, au Salon mondial de la #sécurité aux frontières, le #showroom des #technologies de #surveillance
    – Épisode 3/5 : Dans les #Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile
    – Épisode 4/5 : En #Italie, une #fouille intégrale des #téléphones
    – Épisode 5/5 : En #Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les #drones et les #gangs

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-aux-frontieres-de-l-europe-un-arsenal-technologique-contre-les-mig
    #externalisation #militarisation_des_frontières #technologie #migrations #réfugiés #Europe #Trieste #route_des_Balkans #complexe_militaro-industriel
    #podcast #audio

    ping @reka @isskein @karine4

    • Épisode 1/5 : En Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la forêt primaire

      La forêt de Białowieża est l’une des dernières forêts primaires d’Europe, préservée de l’action humaine depuis près de 12 000 ans. Mais son visage a radicalement changé depuis 2021, lorsque le Bélarus, un pays voisin de la Pologne et allié de la Russie, a créé une crise migratoire.

      Le Bélarus a entrepris de délivrer des visas à des familles venant d’Afrique et du Moyen-Orient, pour les acheminer jusqu’à Minsk, la capitale bélarusse. De là, les autorités bélarusses poussaient les exilés vers la Pologne.

      En réponse, la Pologne a entrepris d’ériger un mur à travers la forêt : une immense barrière de métal, longue de 190 kilomètres, haute de cinq mètres, protégée par trois rangées de barbelés, des caméras, des drones et des hélicoptères.

      “Il y a 5 300 caméras, le mur, des soldats, et un système de détection : si quelqu’un touche le mur, nous sommes avertis immédiatement de ce qu’il se passe”, explique Katarzyna Zdanowicz, la porte-parole des gardes frontières pour la région de Białowieża.

      On a parfois l’impression que la frontière sépare aussi deux manières de comprendre la situation. D’un côté, les activistes, qui parlent de femmes, d’enfants, et de familles qui fuient la guerre. De l’autre, le gouvernement Polonais qui dénonce une “menace” migratoire ; le premier ministre Donald Tusk va jusqu’à parler d’une “guerre hybride” dont les munitions seraient les personnes exilées envoyées sur son territoire. En conséquence, la Pologne a autorisé les gardes frontières à utiliser des armes à feu contre les réfugiés en juillet 2024. En mars 2025, le pays a carrément suspendu le droit des exilés à demander l’asile en arrivant dans le pays. Toute personne interceptée sur le territoire est systématiquement refoulée vers le Bélarus.

      Les militants sur place dénoncent des violations régulières des droits humains à l’encontre des exilés, perpétrés par les gardes frontières bélarusses, mais aussi polonais.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-pologne-un-mur-de-190-kilometres-a-travers-la-foret-primaire-7597265

      #murs #barrières_frontalières #Grupa_Granica #Belarus #caméras #caméras_de_surveillance #détection #Biélorussie #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #menaces #menace_migratoire #guerre_hybride #décès #mourir_aux_frontières #gardes-frontières #armes_à_feu #refoulements #push-backs #Krynki #drones

    • Épisode 2/5 : À Madrid, au #Salon_mondial_de_la_sécurité_aux_frontières, le #showroom des technologies de surveillance

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience à Madrid, lors du #World_Border_Security_Congress.

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception : pas le droit de photographier, pas le droit d’enregistrer avec un micro, et une liberté de circuler très relative. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience dans la capitale espagnole, lors du World Border Security Congress, le salon mondial de la sécurité aux frontières, qui réunit les acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance et de la répression de l’immigration. L’événement est tout simplement interdit aux journalistes : il nous faut nous faire accréditer par une ONG pour pouvoir y accéder, et découvrir les dernières innovations technologiques en matière de surveillance des frontières.

      Se pensant loin des micros de la presse, #Hans_Leijten, le directeur exécutif de #Frontex, livre un discours extrêmement dur :

      “Laissez-moi être clair : dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de repas gratuit, expose-t-il. La coopération ne fonctionne pas à sens unique. Si un pays veut bénéficier des fonds européens, alors il doit répondre aux demandes de l’Union européenne. Cela veut dire qu’il doit accepter les protocoles de réadmission, renforcer ses contrôles aux frontières, et combattre les réseaux de passeurs”.

      Ce salon, intitulé ’Patrouiller la périphérie’, incarne aussi le plan européen consistant à “externaliser les frontières”, c’est-à-dire à s’implanter dans les pays voisins de l’Union pour y stopper l’immigration avant qu’elle atteigne son territoire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/a-madrid-au-salon-mondial-de-la-securite-aux-frontieres-le-showroom-des-

      #régimes_d'exception #intelligence_artificielle #AI #IA #industrie_de_l'armement #surveillance_mobile #usage_dual #complexe_militaro-industriel #adaptation #façonner_le_monde #business #patrouiller_la_périphérie #gestion_des_frontières

      –-

      –-> citation, voilà ce que dit Hans Leijten dans le salon intitulé « Patrouiller la périphérie », à partir de la min 4,45 :

      « Si nous voulons de la stabilité et du contrôle, alors nous devons construire les mécanismes de sécurité, et pas seulement à nos frontières, mais aussi loin, au-delà. Cette approche a porté ses fruits en Europe, dans les Balkans, où nous avons utilisé une combinaison de gestion des frontières, d’engagement politique et de traités commerciaux qui ont donné de bons résultats »

    • Épisode 3/5 : Dans les Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile

      En s’appuyant sur l’idée “d’externalisation des frontières”, l’Union européenne justifie sa présence dans les pays hors de l’Union européenne, pour y stopper l’immigration avant même que celle-ci n’atteigne son territoire.

      "Tout ce qui concerne la migration en #Bosnie-Herzégovine est payé par l’Union européenne ou les États membres, explique la chercheuse #Nidžara_Ahmetašević, spécialisée dans la migration. Par exemple, la semaine dernière, l’Union européenne a donné des drones pour les gardes frontières. La semaine précédente, elle a donné des voitures."

      Ces #financements proviennent notamment des #Fonds_de_Pré-Accession, des fonds d’aide au développement dont la vocation initiale est d’aider les pays voisins de l’Europe à atteindre un niveau de développement économique suffisant pour devenir des partenaires commerciaux, voire pour intégrer l’Union. En se penchant sur le détail des transactions, on découvre qu’une vaste partie des financements servent en réalité à financer des infrastructures de contrôle de la migration.

      Mais en déployant des technologies de type militaire chez ses voisins aux régimes politiques instables, l’Union européenne risque de créer des situations conflictuelles : ces technologies prévues contre la migration peuvent se retourner contre la société civile.
      Nous nous sommes rendus en Serbie, où les étudiants manifestent depuis plusieurs mois contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić. En novembre 2023, le gouvernement de Vučić a déployé une arme nouvelle contre des exilés, dans le nord du pays : un canon à son. En mars 2025, ce même canon à son a, d’après plusieurs témoignages, été utilisé contre les étudiants. “La Serbie est un laboratoire pour tester les technologies aux frontières terrestres, exopse Mila Bajić, de l’association SHARE. Puisque la Serbie ne fait pas partie du territoire européen, il n’y a pas de loi européenne pour encadrer les pratiques, tel que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, et les demandes d’accès aux informations publiques ne fonctionnent pas. Le gouvernement peut donc agir sans rien révéler.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/dans-les-balkans-des-technologies-contre-les-migrants-qui-se-retournent-

      #externalisation_des_frontières #Balkans #route_des_Balkans #développement #aide_au_développement #intégration_européenne #drones #test #laboratoire #Serbie #frontières_terrestres #canon_à_son #armes_sonores #barrière_acoustique

      –-

      sur les #murs_sonores, voir aussi :
      La Grèce allonge son mur et le fortifie avec un #mur_acoustique...
      https://seenthis.net/messages/920711
      #mur_sonore

      et aussi :
      –> La police serbe a déjà utilisé des #armes_sonores sur des migrants
      https://seenthis.net/messages/1104712

    • Épisode 4/5 : En #Italie, une fouille intégrale des #téléphones

      L’arsenal technologique déployé aux frontières a plusieurs missions, formalisées dans les documents de la Commission européenne : détecter, contrôler, et surveiller. En Italie, dans la ville portuaire de Trieste, ces technologies ont un impact immédiat pour la vie des exilés.

      D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, les policiers fouillent de manière quasi-systématique les téléphones des exilés lorsque ceux-ci effectuent leur demande d’asile.

      “Ce qu’ils font, c’est qu’ils lisent vos messages sur #WhatsApp, ils regardent vos photos, ils regardent votre historique de recherche, explique Smaïl, qui a fui le Pakistan il y a plusieurs années et vient en aide aux exilés à Trieste après avoir réussi lui-même à régulariser sa situation. S’ils voient que vous avez cherché “Milan”, ils vous disent : “Tu as cherché des informations sur Milan, alors pars à Milan”. Il y a même des gens qui m’ont dit qu’ils avaient effacé toutes les données sur leur téléphone, mais que la police a trouvé les informations quand même. S’ils font ça, c’est parce qu’ils trouvent qu’en tant que cité frontalière, ils en font déjà assez, alors ils cherchent des excuses pour renvoyer ceux qui demandent l’asile.

      Ce que décrit Smaïl ressemble point par point au logiciel #Le_Kiosk, développé par l’entreprise israélienne #Cellebrite, dont nous avons pu avoir une démonstration au cours du Salon Mondial de la Sécurité aux Frontières. En 2019, la France a annoncé équiper pas moins de 500 commissariats avec le #logiciel Le Kiosk. Ces technologies de surveillance rendent le parcours migratoire toujours plus complexe. Pourtant, les chiffres montrent que les entrées dans l’Union ne baissent pas ; en revanche, les routes sont de plus en plus dangereuses. “Vouloir stopper le mouvement des humains, c’est comme se battre contre la nature, contre la mer : les gens circulent, ils doivent trouver des moyens de passer”, regrette Smaïl.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-italie-une-fouille-integrale-des-telephones-3950382
      #smartphones #Trieste #danger #parcours_migratoire

    • Épisode 5/5 : En Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les drones et les gangs

      A ce stade de l’enquête, une question continuait de nous tarauder : comment, avec tout cet arsenal pour protéger les frontières, expliquer que les entrées illégales dans l’Union européenne continuent ?

      Un paradoxe nous apparaît à la fin de cette tournée des pays des Balkans : les drones, logiciels de surveillance, caméras thermiques et autres équipements, ne sont peut-être pas essentiels pour comprendre la réalité de la migration. Au bout de trois jours passés à #Bihac, dans le nord de la #Bosnie, on comprend déjà beaucoup de la réalité de ce petit village, dernière étape avant l’entrée dans l’Union européenne : sur la place principale, il y a des exilés qui ont été refoulés la veille, qui se reposent pendant la journée, et dont tout le monde sait qu’ils vont retenter leur chance le soir-même. Et puis, il y a ces visages de gens qui ne partent pas, pendant 6 mois, 1 an : eux, ce sont les passeurs. Ici, tout le monde les connaît, ils se baladent dans la rue principale avec leurs clients, dans l’impunité la plus totale. Petit à petit, ces passeurs se sont structurés en réseau ; ces réseaux sont devenus des gangs.

      Nous nous sommes entretenus avec Ali, un passeur qui vit à la frontière entre la Bosnie et la Croatie depuis bientôt huit ans. La première fois que nous l’avons rencontré, c’était à un arrêt de bus. Il faisait presque 40°, le soleil cognait fort, et Ali venait de récupérer un groupe d’Afghans qu’il s’apprêtait à faire traverser. Il avait un pull noir à manches longues. Il a accepté de relever une de ses manches pour nous montrer son bras - lacéré par des cicatrices, du poignet jusqu’à l’épaule.

      “Ils nous ont torturés, raconte-t-il. Ils ont appelé mes parents, ils leur ont dit : “envoyez de l’argent !”. Ils nous ont tout fait. Mais crois-moi, après ça, les cicatrices font de toi quelqu’un de respecté dans le milieu.”

      Comment les passeurs arrivent-ils à déjouer les caméras thermiques, les drones, les patrouilles ? Ali ne nous donnera pas tous ses secrets, mais il laisse en deviner quelques-uns.

      “Je connais les horaires, l’heure à laquelle les gardes frontières font leur ronde, l’heure à laquelle ils sont dans la ville, détaille Ali. Mais il faut aussi s’en remettre à la chance.Tu crois que les caméras et les senseurs pourront m’arrêter. Laisse-moi te dire quelque chose : tu viens de l’Union européenne. Il y a des caméras de surveillance dans toutes les rues, dans tous les magasins. Est-ce que ça empêche les voleurs ? Non, jamais.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-bosnie-rencontre-avec-un-passeur-entre-les-drones-et-les-gangs-839123
      #passeurs

  • trouve la remarque fort pertinente — c’est même peut-être la seule chose pertinente qu’elle ait entendu sur le sujet : « Les peintres de la fin du XIXᵉ s’inquiétaient de l’émergence d’une nouvelle technologie : la photographie, qui représentait mieux qu’eux le réel. On a vu que cela avait poussé nombre d’entre eux vers des territoires inconnus, extrêmement créatifs, novateurs ; est-ce que dans ce sens ChatGPT ne pourrait pas aussi pousser les écrivains vers des continents nouveaux ? », balance le journaliste de France Cul’ (1) face à des intervenant·e·s et des auditeurices émerveillé·e·s.

    Bon sang mais c’est bien sûr ! Sans la photographie nous n’aurions possiblement jamais eu d’impressionnisme, d’expressionnisme, de cubisme, de fauvisme, d’abstraction et tutti quanti, ou en tout cas cela aurait mis beaucoup plus de temps à arriver — ou à revenir, les « Arts premiers » (sic) ayant déjà tâté de toutes ces expériences, mais on ne peut pas tout à fait exclure que ce fut alors pour d’autres raisons, voire par défaut ou par dépit. Bref, les peintres de l’Occident moderne se seraient cantonné·e·s à une version standardisée du « réel », et l’intérêt d’une œuvre se serait mesuré à la capacité qu’avait l’artiste de copier le plus fidèlement possible la scène qu’iel avait sous les yeux. C’est la photographie qui a forcé les Arts plastiques à sortir de l’académisme et du profond ennui dans lesquels ils s’enfonçaient.

    Eh bien là c’est pareil, non ? Laissons l’intelligence artificielle s’occuper de rédiger les textes « bien dans les clous », les bluettes, les romans de gare, les collections Harlequin, les SAS, les cucuteries à la Paulo Coelho, à la Katherine Pancol à la Éric-Emmanuel Schmitt, bref, tous les nanars ronronnants et parfaitement interchangeables — qui ont une raison d’être, pourquoi pas, mais que n’importe quel algorithme même un peu concon est capable de recracher à la perfection tellement rien ne dépasse.

    Laissons ChatonGPT et consorts librement écrire toutes les choses normalisées qu’ils veulent écrire — ce qu’ils font d’ailleurs mieux que 99 % d’entre nous — et partons en quête d’approches et de formes nouvelles, explorons, déstructurons, explosons tout, soyons dadas (2) !

    Avec un peu de chance c’est seulement maintenant que nous sommes à dix ou douze minutes de la fin du monde que la Révolution textuelle peut commencer.

    –---------------------
    (1) Quentin Lafay.
    (2) Mais en respectant l’orthographe, la grammaire et la conjugaison sinon ça insupporte Mamie Nicole.

  • #BALLAST • L’abécédaire de #James_C_Scott
    https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-james-c-scott/#footnote_0_118443

    il y a un peu plus d’un an, on appre­nait la mort de l’#an­thro­po­logue James C. Scott. Cela fai­sait une quin­zaine d’an­nées que le public fran­çais avait décou­vert son œuvre, enta­mée pour­tant dès les années 1980 en langue anglaise. Tenant, à l’ins­tar de Pierre #Clastres, Marshall #Sahlins ou David #Graeber, d’une anthro­po­lo­gie par­fois qua­li­fiée d’« anar­chiste », Scott n’a ces­sé de remettre en cause les #grands_récits_évo­lu­tion­nistes, l’é­vi­dence et la dési­ra­bi­li­té de l’#État, tout en décryp­tant ses logiques et ses effets sur la #struc­ture_des_socié­tés_humaines, du #néo­li­thique à nos jours. Aux méca­nismes de la #domi­na­tion, qui n’est jamais aus­si féroce que cen­tra­li­sée et bureau­cra­tique, il oppose ain­si les visages mul­tiples de la résis­tance, ses formes sou­ter­raines comme les plus érup­tives. Si sa pen­sée aura été constante et lim­pide, sa tra­jec­toire n’est pas sans ambi­guï­té — en témoigne une col­la­bo­ra­tion avec la CIA en Birmanie durant ses années étu­diantes. D’« avant-garde » à « Zomia », 26 entrées pour décou­vrir un pilier des études subalternes.

  • #BALLAST • Les #Soulèvements de la Terre : « Bâtir un #front_commun des #périphéries »

    https://www.revue-ballast.fr/les-soulevements-de-la-terre-batir-un-front-commun-des-peripheries

    « Contre les #méga-bassines, les #carrières de sable, les coulées de #béton et les #spéculateurs_fon­ciers, nous vou­lons pro­pa­ger les gestes de #blo­cage, d’occupation et de désarmement, pour démanteler les filières toxiques » lit-on au dos d’un livre orange — Premières secousses. Leur auteur ? Les Soulèvements de la Terre. Depuis sa créa­tion en 2021, le mou­ve­ment a agré­gé à son ancrage éco­lo­giste une cam­pagne contre Bolloré, des actions pour la Palestine ou, plus récem­ment, un sou­tien affir­mé au mou­ve­ment du 10 sep­tembre. Parmi ces mul­tiples fronts, l’un d’entre eux, plus dis­cret, fait pour­tant figure de socle : la lutte pour et avec le #monde_pay­san. C’est ce que nous explique J. membre de la coor­di­na­tion agri­cole des Soulèvements dans cet entre­tien. Si #éco­lo­gie_anti-impé­ria­liste et libé­ra­tion #pay­sanne sont insé­pa­rables, le #mili­tant des Soulèvements rap­pelle que c’est sur le ter­rain, c’est-à-dire « dans le conflit », qu’il convient de les faire tenir ensemble.

  • Un corps et 19 survivants découverts dans une embarcation à la dérive au large de Majorque - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66502/un-corps-et-19-survivants-decouverts-dans-une-embarcation-a-la-derive-
    https://scd.infomigrants.net/media/resize/my_image_small/8cfc8646c1fd8bbc952f17e73dbbcee88549195b.jp

    Un corps et 19 survivants découverts dans une embarcation à la dérive au large de Majorque
    Par La rédaction Publié le : 21/08/2025
    Au moins un corps et 19 exilés survivants ont été retrouvés à bord d’une embarcation au large de Majorque. Le bateau était à la dérive depuis près d’une semaine et trois personnes sont encore recherchées.L’alerte a été donnée après qu’un migrant subsaharien qui se trouvait à l’eau a été secouru par un navire privé vers 10h30 mercredi. Ce dernier a été conduit à Portopetro, au sud-est de Majorque, et une opération de secours a été lancée puisque que celui-ci a indiqué qu’il faisait route à bord d’une embarcation avec plus de 20 personnes.
    Quelques heures plus tard, à 13h55, le bateau qui avait chaviré après avoir passé six jours à la dérive a été localisé à environ 5km au sud de Majorque. À bord se trouvaient encore onze personnes vivantes et un corps. Sept autres personnes ont été secourues en mer à proximité.
    Une fois les survivants ramenés à terre, les secours ont confirmé avoir pris en charge une personne décédée et 19 autres. Parmi elles, trois personnes – dont un homme de 21 ans et deux femmes de 28 et 19 ans – ont été emmenées à l’hôpital de Manacor. Un autre homme, dans un état grave, a lui été transféré à l’hôpital de Son Espases. Les autres ont été pris en charge sur place.
    Selon les témoignages des rescapés, 23 personnes étaient à bord de l’embarcation. Trois exilés ont sauté à l’eau en voyant la terre à l’horizon et sont toujours portés disparus.Ce naufrage intervient alors que les arrivées d’embarcations aux Baléares ont explosé ces dernières semaines. Si la migration irrégulière vers l’Espagne a globalement diminué cette année, les arrivées aux Baléares ont augmenté de 170% au cours des six premiers mois de cette année, selon les données officielles.
    Au total, 4 323 migrants sont arrivés aux îles Baléares entre le 1er et le 15 août, soit une augmentation de 77% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué le ministère de l’Intérieur.
    Les autorités affirment aussi que le nombre de bateaux, provenant principalement d’Algérie, a plus que doublé. « Il s’agit du drame humanitaire de l’immigration clandestine arrivant dans nos îles », a réagi Marga Prohens, la présidente du gouvernement des iles Baléares. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas permettre que des personnes continuent de jouer avec leur vie en mer. Nous devons combattre par tous les moyens les mafias qui jouent sur leur désespoir et agissent dans les pays d’origine et de transit. La politique migratoire ne peut se limiter à créer des espaces pour ceux qui arrivent ».
    Et malgré la distance bien plus courte à parcourir par rapport à la route des Canaries, cet itinéraire migratoire reste extrêmement dangereux. Depuis le début de l’année, le nombre de corps retrouvés sur les côtes insulaires liés à l’immigration irrégulière a augmenté. Au 7 juillet, 37 corps avaient été localisés, dont 14 à Majorque, 2 à Minorque, 7 à Ibiza et 14 à Formentera, affirme la télévision locale IB3.De son côté, l’ONG Caminando Fronteras évalue à 328 le nombre de morts sur la route algérienne via la Méditerranée occidentale. Un chiffre qui compte également les personnes décédées en route vers les côtes sud-est de la péninsule

    #Covid-19#migrant#migration#baleares#majorque#routemigratoire#sante#mortalite

  • Bosnia Erzegovina, materie critiche e appetiti neocoloniali
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Bosnia-Erzegovina/Bosnia-Erzegovina-materie-critiche-e-appetiti-neocoloniali-239441

    Grazie ad un enorme affare minerario, la Bosnia Erzegovina ha attratto il più importante investimento estero della sua storia recente. Lo stato continua a promuovere “l’estrattivismo verde”, pur non essendo capace di proteggere le proprie risorse naturali e la popolazione dagli effetti dannosi dei progetti minerari

    • Grazie ad un enorme affare minerario, la Bosnia Erzegovina ha attratto il più importante investimento estero della sua storia recente. Lo stato continua a promuovere “l’estrattivismo verde”, pur non essendo capace di proteggere le proprie risorse naturali e la popolazione dagli effetti dannosi dei progetti minerari

      A solo un anno dall’apertura della miniera di #Rupice e dai primi ricavi derivanti dalla lavorazione e dall’esportazione dei minerali estratti, la compagnia britannica #Adriatic_Metals ha deciso di vendere l’intero capitale azionario del complesso minerario di Vareš alla società canadese Dundee Precious Metals (DPM) per 1,25 miliardi di dollari.

      Oltre alla valutazione dei guadagni sul mercato dei metalli, la decisione dei vertici di Adriatic Metals con ogni probabilità è legata ad enormi perdite subite dopo la distruzione della rete ferroviaria di Jablanica. Le alluvioni dello scorso anno hanno infatti provocato l’interruzione delle principali vie di comunicazione nell’area, in precedenza utilizzate per l’esportazione dei minerali estratti.

      Ad accomunare le due aziende coinvolte in questa transazione “storica” sono anche altri progetti controversi avviati nei Balcani occidentali.

      L’azienda canadese DPM è nota per i suoi progetti “d’oro” in Serbia, ma anche per la forte resistenza della popolazione locale che denuncia il prosciugamento delle sorgenti e la distruzione dell’area boschiva di Homolje, nell’est del paese. In questa zona, la DPM da anni ormai sta esplorando i grandi giacimenti d’oro nella località di Čoka Rakita .

      Come nel caso di Vareš, anche in Serbia gli ambientalisti si sono impegnati per salvare la straordinaria biodiversità e le fonti di acqua potabile in un’area, come quella di Homolje, dove le risorse naturali dovrebbero essere protette dalla legge per evitare le conseguenze dannose dell’attività esplorativa ed estrattiva.

      Nel frattempo, entrambe le compagnie minerarie vanno avanti con i loro progetti, nonostante le molteplici critiche e denunce.
      Il progetto Vareš

      Se da un lato gli analisti evidenziano le potenziali criticità normative e geopolitiche nell’implementazione del nuovo progetto della Dundee Precious Metals in Bosnia Erzegovina, dall’altro l’azienda vede questo affare come un passo strategico per un’ulteriore crescita. Per la DPM, il progetto Vareš è un’opportunità straordinaria per aumentare la produzione di oro, attività per cui la compagnia canadese è conosciuta in tutto il mondo.

      Uno studio pubblicato nell’aprile di quest’anno – commissionato dalla DPM in conformità alle norme canadesi sulla pubblicazione dei dati relativi ai progetti minerari – prevede che la miniera di Vareš rimanga attiva per quindici anni producendo circa 168mila once equivalenti d’oro (GEO) all’anno. È previsto anche un ampliamento di attività esplorativa, attualmente circoscritta ad un’area di 4.400 ettari.

      Sin dall’inizio il progetto Vareš è stato accompagnato da polemiche. In un primo momento, la popolazione aveva accolto con entusiasmo l’annuncio di una rivitalizzazione definitiva della vecchia miniera che per decenni, insieme all’acciaieria, ha fornito linfa vitale a questo piccolo comune della Bosnia centrale.

      Le autorità hanno dichiarato lo sfruttamento di argento, piombo, zinco e oro a Vareš un progetto di interesse nazionale, presentando Adriatic Metals come un’azienda capace di salvare uno dei comuni più poveri della Bosnia Erzegovina.

      D’altra parte, gli attivisti locali da anni evidenziano gli effetti negativi del progetto, rilevati già nella prima fase esplorativa, sulla qualità dell’acqua potabile a Vareš e nel vicino comune di Kakanj. Gli ambientalisti denunciano anche la distruzione di una foresta durante i preparativi per l’attività estrattiva nella miniera di Rupice.

      L’ong Bankwach, che monitora gli investimenti nel settore energetico e i loro effetti sulle comunità locali, in un commento pubblicato nel luglio 2023 si chiede perché le ambasciate di Gran Bretagna, Norvegia e Stati Uniti a Sarajevo – i cui rappresentanti si sono recati a Vareš per ribadire il loro sostegno al progetto minerario – “facciano orecchie da mercante” e perché la Banca europea per la ricostruzione e lo sviluppo (BERD) continui a tacere di fronte alle conseguenze disastrose che il progetto comporta per l’ambiente e per la comunità locale.

      È chiaro quindi che il nuovo proprietario della miniera di Vareš, oltre ad un’attività redditizia, ha ereditato anche una moltitudine di problemi riguardanti le autorizzazioni, le procedure di cambio di destinazione d’uso dei terreni, le denunce e le critiche avanzate da attivisti e organizzazioni.

      Nonostante la questione dell’utilizzo delle proprietà dello stato non sia mai stata risolta, la leadership della BiH sembra pronta a scendere a compromessi e a sostenere in maniera incondizionata investimenti esteri. Una dinamica che, in ultima analisi, rischia di danneggiare un’azienda, come Dundee Precious Metals, che si è pubblicamente impegnata a rispettare i principi ambientali, sociali e di governance.
      Resistenza ambientalista vs opportunismo politico

      Alla fine del 2024, a seguito di una segnalazione presentata dall’azienda idrica di Kakanj – che ha denunciato un forte aumento della concentrazione di cadmio in un fiume che fornisce acqua potabile alla popolazione locale – è stata annullata l’autorizzazione rilasciata ad Adriatic Metals per lo sfruttamento minerario. Il permesso è stato revocato in modo da poter sciogliere alcune perplessità sull’utilizzo dei terreni non inclusi nell’area estrattiva della miniera di Rupice.

      Tuttavia, una decina di giorni dopo, l’autorizzazione è stata rinnovata, grazie al tempestivo intervento del ministero dell’Energia, delle Miniere e dell’Industria della Federazione BiH. I responsabili dei danni causati alle risorse idriche non sono mai stati identificati.

      In precedenza, la Corte costituzionale della Bosnia Erzegovina aveva sospeso la decisione con cui il governo della Federazione BiH – violando la legge sul divieto temporaneo di uso dei beni statali – aveva consentito alla compagnia britannica di “utilizzare temporaneamente”, o meglio di disboscare 7,24 ettari di terreno forestale di proprietà statale.

      Adriatic Metals non solo non ha rispettato la decisione della Corte costituzionale, ma – come denuncia la Direzione per le foreste del cantone di Zenica-Doboj – ha abbattuto illegalmente un’altra foresta demaniale, estesa su una superficie di 3000 metri quadrati nell’area di Vareš. Nermin Nikšić, primo ministro della Federazione BiH, ha reagito definendo gli alberi distrutti “una foresta brulla e inutile” che avrebbe messo a repentaglio un investimento allettante.

      Il Comitato della Convenzione di Berna, reagendo alla denuncia sporta dall’attivista Hajrija Čobo, ha esortato la Bosnia Erzegovina a sospendere l’attività esplorativa ed estrattiva a Vareš fino a quando non verranno accertate le accuse contenute nella denuncia.

      Nel documento presentato da Hajrija Čobo si afferma che nell’area data in concessione ad Adriatic Metals si trova una foresta vergine ricca di biodiversità, che rappresenta un habitat unico di numerose alghe, pesci e crostacei e un’importante rotta migratoria per gli uccelli. Un ecosistema che, secondo l’attivista, rischia di essere gravemente danneggiato da un progetto minerario, come quello di Vareš, che comporta la deforestazione e l’inquinamento dell’acqua, dell’aria e del suolo.

      Nella risposta fornita dal governo della Federazione BiH, tutte le accuse relative alla violazione delle disposizioni della Convenzione di Berna sono state respinte come errate e infondate. La Bosnia Erzegovina ha scelto di ignorare la Convenzione di Berna e il progetto Vareš è proseguito senza intoppi.

      Nel frattempo, Adriatic Metals ha intentato una causa per diffamazione contro Hajrija Čobo, ben presto però decidendo di ritirarla.

      I boschi lungo le sponde dei fiumi Trstionica e Bukovica, in particolare una foresta vergine che si estende sui pendii del rilievo interessato dalle attività minerarie, costituiscono il fulcro del progetto del parco naturale Trstionica-Boriva.

      Anche se il consiglio comunale di Kakanj, già nell’autunno del 2023, aveva deciso all’unanimità di istituire un’area protetta, devono ancora essere completate diverse procedure riguardanti le analisi, la stesura della documentazione e la definizione dei migliori modelli di gestione.

      Gli attivisti che si battono per proteggere questo particolare ecosistema sperano che la creazione di un parco naturale possa fermare il progetto di espandere le attività minerarie nell’area di Vareš. A sfavore agli ambientalisti, oltre ai mega-affari conclusi di recente, gioca però il fatto che in questa zona è già stata avviata la ricerca per esplorare altri giacimenti minerari potenzialmente redditizi, compresi alcuni depositi di cromo.
      Le voci critiche

      Un altro aspetto problematico è che Vareš viene presentato come un’area mineraria attraente, capace di soddisfare gli appetiti neocoloniali. Così si crea un clima che permette agli investitori stranieri di portare avanti indisturbati i propri progetti, ignorando le critiche fondate e i danni ambientali, ben evidenti, che queste attività lasciano in eredità alle generazioni future in Bosnia Erzegovina.

      “La miniera di metalli preziosi più promettente del sud est Europa, quella di Vareš, anziché diventare un pilastro della sovranità economica della BiH, è stata trasformata in un laboratorio che genera guadagni per un’azienda straniera, con canoni demaniali minimi e un caos legale totale”, denuncia Boris Britvar, noto architetto bosniaco-erzegovese.

      “L’accordo è stato siglato nonostante la miniera non sia prevista dal piano urbanistico federale né tanto meno da quello cantonale, rendendo così il progetto estrattivo privo di qualsiasi fondamento giuridico. Le istituzioni avrebbero dovuto reagire, però l’intero sistema giudiziario è stato ridotto ad un osservatore passivo oppure ad un complice attivo”, sottolinea Britvar.

      Il Regolamento europeo sulle materie prime critiche incoraggia ulteriormente l’attività esplorativa legata ai minerali strategici e prevede diversi meccanismi per accelerare le procedure per ottenere i permessi necessari. Gli ambientalisti temono che, considerando l’atteggiamento delle élite politiche locali, l’intera area dei Balcani occidentali possa diventare una cava di materie prime per il raggiungimento degli obiettivi della “transizione verde”.

      “Questo è molto preoccupante, anche perché in Bosnia Erzegovina le procedure sono già veloci. Si tende ad ignorare l’opinione pubblica e l’atteggiamento delle comunità locali, tutto avviene in modo segreto, secondo uno schema ormai consolidato. Ci vogliono dieci, quindici, talvolta anche vent’anni per aprire una miniera nei paesi UE, proprio per via delle procedure per ottenere i permessi e della necessità di includere l’opinione pubblica. Nel nostro paese, invece, questo processo è molto più breve”, spiega l’attivista Majda Ibraković per il progetto PULSE.

      Ibraković cita il caso della miniera di Vareš, aperta a soli sette anni dall’avvio delle ricerche, ma anche l’esempio di Majevica, dove l’opinione pubblica a lungo è rimasta all’oscuro dell’attività esplorativa nell’area di Lopare.

      L’attivista evidenzia anche alcune decisioni sbagliate prese dalle istituzioni della BiH dopo la guerra, creando così le condizioni per un assetto politico favorevole a “eminenze grigie e investitori controversi”.

      “Ci dobbiamo preoccupare di un accordo commerciale, sottoscritto dalla Bosnia Erzegovina già nel 1995 e successivamente ratificato. Il cosiddetto Energy Charter Treaty protegge certi investimenti e investitori. Oggi diversi paesi europei si stanno ritirando da questo trattato dannoso”, spiega Ibraković. “Dopo la guerra, la Bosnia Erzegovina ha adottato anche una legge sugli investimenti esteri, spianando così la strada a privatizzazioni deleterie e un’ulteriore svendita delle nostre risorse”.

      Anche l’attivista Anes Podić è dello stesso parere.

      “Negli ultimi trent’anni, i nostri beni sociali e naturali sono stati oggetto di continui saccheggi. Prima hanno distrutto le nostre aziende, poi tutto il resto. In questo contesto, la normativa in materia di concessioni svolge un ruolo molto importante essendo concepita in modo da agevolare un processo decisionale lontano dagli occhi e senza alcun coinvolgimento dell’opinione pubblica. Stiamo svendendo le nostre risorse senza ottenere nulla in cambio”, ha dichiarato Podić a OBCT.

      Per l’architetto Boris Britvar, il modo in cui è stata concepita la legislazione nazionale in materia di concessioni – che si traduce in un atteggiamento servile nei confronti degli investitori stranieri – la dice lunga sull’effettiva sovranità della Bosnia Erzegovina, come ben dimostra anche il caso di Vareš.

      “La Bosnia Erzegovina non guadagnerà un soldo bucato con questo accordo stratosferico. Volendo fare un confronto, secondo l’organizzazione Eko Akcija, nella Repubblica Democratica del Congo, dilaniata da guerre, la legge prevede che lo stato detenga una quota del 20% di ogni progetto minerario [avviato sul suo territorio]. Se Vareš si trovasse in Congo, questa compravendita frutterebbe allo stato oltre quattrocento milioni di marchi [poco più di duecento milioni di euro]. La Bosnia Erzegovina invece riscuote canoni demaniali miseri, pari a 3,9 marchi per tonnellata di minerale, una delle imposte sugli utili più basse d’Europa”, denuncia l’architetto.

      “Anziché di uno sviluppo, come lo presentano le istituzioni e i media allineati, si tratta di un colonialismo economico legittimato dal consenso interno. Il paese è stato derubato per l’ennesima volta, con tanto di sorrisi dei politici, titoli sugli ‘investimenti esteri’ e silenzio delle istituzioni. [...] Quando qualcuno nel cantone di Zenica-Doboj vi dice che la Bosnia Erzegovina è uno stato sovrano, mostrategli la miniera di Vareš”, conclude Britvar.

      #extractivisme #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #investissement #terres_rares #extractivisme_vert #Vareš #Dundee_Precious_Metals (#DPM) #résistance #Balkans

  • Portugal’s Barroso #lithium mine project faces villagers’ ire

    An ancient farming village in the Portuguese mountains is fighting plans for an opencast lithium mine right on its doorstep.

    The lithium would be used for electric car batteries and is described by the mining company as critical for Europe’s transition to green energy.

    Portugal’s lithium reserves are considered central to Europe’s increasing demand for electric cars, but the villagers say it doesn’t justify ruining their way of life.

    “It would destroy everything,” says Aida Fernandes, as she looks across the valley where four opencast pits would border the village of Covas do Barroso in northern Portugal.

    Aida, like generations before her, farms cattle in this lush, unspoilt region which has UN Food and Agricultural Heritage status for its landscape and farming traditions.

    She deftly manoeuvres a tractor-load of brushwood which she’s spent the afternoon cutting from common land owned jointly by the community. Next she spreads the springy branches across the floor of the barn for bedding for her cattle.

    Common land is key to a dispute over plans for a new opencast mine - the Barroso Lithium Project - which would produce enough lithium for 500,000 electric car batteries a year over its 14-year operational life.

    But three quarters of the mine depends on accessing lithium deposits found in rocks on common land in the area, with the majority owned by the village.

    Aida is president of the Baldios - or common land association - which has rejected international mining company Savannah Resource’s financial offer to lease the land currently used for forestry and pasture.

    The European Union is keen to reduce its dependence on mines in China, Africa and South America for lithium and other raw materials needed for the green energy transition.

    The Barroso mine could be one of the first large-scale mines to supply battery grade lithium within Europe and in May Portugal’s Environment Agency gave Savannah Resources, which is based in London, the conditional go-ahead.

    They had revised their original proposals and agreed to changes such as not taking water from the local river. They must also build a new road to avoid the villages and fill in the opencast pits when mining there is finished.

    But opposition is still strong and Aida says that at the meetings they’ve had, “There isn’t anyone who’s in favour.” She says that in spite of the changes, “this is not good for us or for the environment” and they will fight on.

    If an agreement isn’t reached the Portuguese government could expropriate the land.

    Savannah also wants to buy private land from people like Maria Loureiro, who farms at the other end of the village. She grows olive trees and has cows which trot past us with bells jingling around their necks.

    “We’re not for sale, we don’t want to sell,” she tells me. She resents the offers of compensation and royalties for the area. “If I sold my land, what would I do?” she asks. She would also lose access to pasture on the common land if the mine went ahead.

    This is echoed by Fernando Queiroga, mayor of the municipality of Boticas, which includes the village of Covas do Barroso. He says that even if people are compensated for the duration of the mine they “will never go back to producing agricultural products again because in the meantime they’ll leave or they’ll just give up farming”.

    He’s finalising a legal challenge to the conditional approval of the project. “If the national courts don’t give us our answer, we’ll appeal to the European Court,” he says.

    The parish council of Covas do Barroso and the common land association have also lodged their own legal cases in an attempt to block the project.

    Dale Ferguson, the Australian interim CEO of Savannah Resources, says they’ve “listened to the community” and have made changes but concedes that “there always is some level of impact”.

    He believes the mine is “really critical for the energy transition for Europe”. He admits though, that with legal challenges, “the courts will make those ultimate decisions but we respect everybody’s rights and everybody’s opinions”.

    Portugal’s Secretary of State for Energy and Climate, Ana Fontoura Gouveia, is backing the Barroso mine and further exploitation of lithium in Portugal. She says the mine will bring new jobs and funding through royalties to the area. The legal action, she claims, is simply part of the democratic process.

    But does she see this as a test case for the rest of Portugal and Europe? “I see it as a best practice case and we are keen to show that you can do mining in Europe in the 21st Century with the highest standards and to the benefits of local populations,” she says.

    The rest of Europe will be watching the outcome closely, as pressure grows across the continent to open new mines for raw materials needed for the green transport and energy of the future.

    https://www.bbc.com/news/world-europe-67135047

    #résistance #montagne #mines #extractivisme #voitures_électriques #Covas_do_Barroso #Barroso_Lithium_Project #Baldios #communaux #terres_communales #transition_énergétique #Savannah_Resources #eau #Boticas #Dale_Ferguson #terres_rares

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    on en parle aussi ici :
    Au Portugal, un projet minier qui laissera « l’équivalent d’un immeuble de 8 étages de déchets toxiques » fait polémique
    https://seenthis.net/messages/1130608
    signalé par @simplicissimus

  • Mines, Memory, and Migration on Bosnia’s Perilous Border

    For refugees and migrants trying to reach the EU from Bosnia, leftover landmines and border violence haunt the journey.

    The Rodriguez family peers into the lens under the harsh lighting of Havana International Airport. Stretching out his arm, Josue, dressed in a sharp light grey jacket and white shirt, takes a selfie with his wife, Adriana, and their two toddlers to document their final hours in Cuba. Though their faces are partially obscured by masks — as per the COVID-19 travel rules in May 2022 — all four appear to be smiling. Half a year later, thousands of miles away, they would be running panicked through dense Balkan forests, praying that the ground would not explode underneath their feet.

    In 2021, the world was still emerging from post-pandemic lockdowns and international travel remained limited, but in Cuba an exodus was beginning. Amid nationwide protests prompted by electricity blackouts and shortages of food and medicine, with anger compounded by decades of political repression, people were forsaking the country. Official statistics estimate that more than one million Cubans left during the 2021-2023 period, but some analysts put the figure even higher. Adriana had studied communications at university but abandoned dreams of being a journalist, unable to bear the prospect of producing propaganda for the government. “Cuba is a prison,” she says by video call from Spain. “I didn’t study for five years to tell lies.”

    Unlike most asylum seekers who usually enter Europe from the Mediterranean, the Rodriguezes were able to skip a few steps. Using a Schengen area transit visa, the family flew via Zurich into Serbian capital Belgrade, assisted by a now-defunct visa-free regime that allowed Cubans to stay in the country for up to 90 days. In 2023, Cuban nationals lodged more than 4,500 asylum applications in the European Union. Upon landing, the family requested asylum and were transferred to a nearby refugee camp. They waited several months for an interview, and their daughter started to learn some Serbian words. “We were ready to stay,” Josue said, “but one day, people in the camp told us that we had 15 days to leave the country.”

    Believing Serbia’s favorable policy toward Cubans was ending, the Rodriguez family joined a group of their compatriots and headed for the border, where they paid a local fisherman to carry them across the Drina River in a wooden boat and into Bosnia. They headed up to the northwestern frontier town of Bihać with a new destination — Spain. This would necessitate a series of attempts to clandestinely cross the 570-mile Croatian border, a practice now universally referred to by migrants as “the game.” But in the early stages of the game, they had not yet been told about the minefields littering their path.

    Aladin Bajraktarević from the Bosnia and Herzegovina Mine Action Center (BHMAC) strides into the hotel breakfast room in Bihać and starts laying out A4 printouts of maps, announcing: “You are six kilometers [3.7 miles] from the nearest mine!”

    It’s April 2025, and Bajraktarević points to aerial shots of villages ringed by red blotches signifying minefields. His next photo features a prominent red blotch — blood seeping out from a flock of sheep that had wandered over a mine. “When I show the maps during presentations on landmine awareness, sometimes people don’t listen.” The next photo he places on the table shows a mangled human corpse. “When I show them these, they pay attention. I tell them, ‘Your kids can end up like this.’”

    According to BHMAC, the last recorded landmine-related fatality in the Una Sana canton was in 2009, and the victim was a deminer. Since the end of the war in 1995, at least 615 people have been killed by landmines. BHMAC suspects there are at least 20,000 mines in Una Sana, a region stretching across the northwestern frontier with Croatia. Bakrajtarević has a team of 20 deminers, but recruiting new members is a struggle. The low monthly salary of around 700 euros ($790) for a scout, Bajraktarević says, is less than the waitresses serving breakfast earn.

    In the 1990s, this region was the scene of fierce battles between multiple armies, and years of shifting frontlines have bequeathed the landscape with a deadly legacy: the country’s highest concentration of landmines near residential areas. But it is in the deep forests and high mountain passes spanning the Bosnian-Croatian border that conceal many more. After the war, this landscape was an underutilized migration route, but in 2016, EU leaders sought to prevent hundreds of thousands of people from crossing from Greece to Western and Northern Europe. Militarized borders and violent pushbacks along the EU border slowly shifted the migration flow westward, and irregular arrivals into Bosnia jumped from around 755 in 2017 to more than 24,000 in 2018.

    Towns around Bosnia’s northern border with Croatia became epicenters for migrants, media, and humanitarian organizations. Maps were distributed, warning those crossing the border about the risk of landmines. In the spring of 2021, a Pakistani man was killed and several members of his group injured after walking into a minefield in Saborsko, a small town in Croatia several miles from the Bosnian border. No migrants have been reported killed by landmines in Bosnia, but Bajraktarević and his team regularly find scattered clothes and other detritus strewn around the minefields. Anecdotally, hunters tell him they see migrants entering forests, followed by sounds of muffled explosions. “Dead or Missing in the Balkans,” a Facebook group run by locals and volunteers, contains countless pleas from people whose loved ones were last seen leaving Bosnia, “going for a game.”

    The Rodriguezes were advised to follow a route into Croatia that ended near a church, some ruined buildings, and a bus stop. The progress was relatively easy until the first landmine sign plunged the group into dread. Still, they pressed on, walking all night until finally crossing the border where they were promptly captured by Croatian police. “They arrested us and made us sit in a completely sealed van for hours in the sun. They wouldn’t let us feed the children or let them go to the bathroom,” Adriana recalls.

    She also explains that the Croatian police searched their belongings and confiscated their telephones. “I confronted them and asked for it back, I was crying because we were going to get lost. Then a female officer put her face right next to mine and told me to leave or she’d hit me. I was holding my one-year-old baby in my arms.”

    Without any means of navigation, the Cubans were left stranded on the mountainside. “They just stood there yelling at us: ‘Go to Bosnia, go to Bosnia.’ I was afraid we would never find our way back.”

    Again, they walked through the woods under the signs warning of mines. “We saw many blankets, towels, empty water bottles, and clothes,” Adriana remembers. “I can’t say exactly where the minefield began or ended because we only saw signs on the trees, and they didn’t indicate the limits, like ‘it starts here’ or ‘it ends here.’ I’ve never felt so scared.”

    Fortunately, they encountered Nedžad, a local businessman, who was hunting in the forest. “They were exhausted, lost, with small kids in their arms,” he told us when we met up on the hilltops outside Bihać. Nedžad, who preferred not to give his surname, hosted the family for a few days while they regained their strength. A former soldier who spent the war fighting on various frontlines in the immediate area, he thought the family was lucky. “They had walked straight through the minefield.”
    Nedzad, a local businessman and veteran from the 1990s war in Bosnia, walks along the edge of a mine-suspected area near Lipa migrant camp (Maryam Ashrafi)

    A Moroccan asylum seeker now living in Italy sends us a video of his passage out of Bosnia a few years prior. Sunlight filters through the trees on which hang bright red signs with skulls and crossbones. Between heavy breathing, the man narrates in the Darija dialect of Arabic: “We arrived in Croatia, walking through paths of death,” he says. “May God protect and make it easy for each person walking these paths. I do not know if the Croats will take this video away or it will remain. Please God make it easy on us, please we are in the middle of the Croatian forest. We are in the middle of mines. Please God make it easy on us.”

    At a Bihać restaurant adorned with hunting paraphernalia, Ermin Lipović scrolls through photos of the bruised and battered migrants who emerge from confrontations with the Croatian border guards. Some cradle broken arms in slings, others lie motionless on stretchers with head stabilizers. Often, migrants pushed back from Croatia become stranded in the mine-riddled forests and may alert the police, who in turn will call Lipović to guide them to safety. In his fifties, wiry and alert, Lipović leads the local branch of the Mountain Rescue Service and braves harsh terrain and extreme weather to attend to lost hikers, farmers trapped under tractors and paragliders caught in tree branches. Since 2018, migrants are increasingly among the lost.

    “Sometimes you see mothers and fathers with little children,” Lipović shakes his head. “They have milk in their backpack and it’s frozen solid. No thermal clothing, nothing. Every time you go up the mountain, you don’t know who you will meet. I go quietly. Sometimes the smuggler says, ‘Don’t come here.’ I say, ‘OK, you’re going to Croatia, but please go that way instead!’

    Lipović thinks it probable that some have died from triggering landmines deep in the forest. “You have people here buried without a name,” he says, gesturing to the other side of Bihać. There the town’s main cemetery features a section for migrants with a dozen simple gravestones inscribed with the letters NN (from the Latin nomen nescio, or “I do not know the name”).
    In a corner of the Bihać cemetery, several tombstones for migrants and people found dead near the border are marked with the letters “NN” (Maryam Ashrafi)

    We drive southeast out of Bihać toward the largely uninhabited hamlet of Lipa. It was here in December 2020 that people were seen running from clouds of black smoke after the tented settlement hastily established to house migrants was incinerated in an unexplained fire. Months before, Europe’s biggest refugee camp on the Greek island of Lesbos had also gone up in flames. Its replacement — an isolated, heavily surveilled Closed Controlled Access Centre — would herald the EU’s new model of quasi-detention facilities for asylum seekers. In November 2021, local and EU officials opened Lipa amid great fanfare, with the regional head of the International Organization for Migration (IOM), Laura Lungarotti, announcing: “Today we are turning a tragedy into an opportunity.”

    Lipa lies at the end of a two-mile-long dirt track, with rows of metal warehouses and shipping containers dotted along a windswept hilltop surrounded by barbed wire fencing. The European Commission financed the construction of the camp with an initial €1.7 million ($1.9 million) with member states also contributing an additional €500,000 ($570,000) for a small detention facility inside. Sixteen miles away from the nearest town, Lipa is in the middle of nowhere or, to use a Bosnian term, a vukojebina — “a place where the wolves fuck.”

    We saw no wolves, though bears and lynx are known to roam nearby. A note written in Arabic and Farsi stuck on a portacabin at the camp’s entrance warns migrants of the hunting season in the surrounding hills. More arresting are the other signs a few hundred yards away behind the camp. Poking out of the trees, bright red and square, with a prominent skull and crossbones and white capital letters screaming “MINES!”

    The signs were placed there by Bajraktarević’s colleagues from the national demining agency. He says that BHMAC deem it a “mine suspected area,” meaning that there is a possibility that mines or unexploded ordnance may be present. Despite this, Bajraktarević says they have not been contacted by any authority or international organization since to completely clear the area.

    We were allowed into Lipa by the state Ministry of Security under the strict instructions that we did not take any photos or speak to any of the migrants inside. After a terse exchange in Bosnian with the camp manager, our friendly but nervous minder announced: “What I have to tell you is that I am not allowed to tell you all the information.”

    During our brief tour around the facilities, we learned that Lipa has the capacity for 1,500 single male asylum seekers but was currently 10% full. The nationalities included Moroccans, Algerians, Afghans, Palestinians, Egyptians, Syrians, Libyans, and Pakistanis. On average, people stay for 10 days with access to basic services: food, showers, hygiene items, and a visiting doctor. Curiously for such an isolated facility, there is no public transport connection and migrants are obliged to use private taxis, the same ones that also drive migrants to the Croatian border for grossly inflated fees. It is also common for those without funds to walk to the camp, crossing over terrain that the state demining agency believes may contain mines.

    “It’s a business, not just for smugglers but for taxi drivers,” says a humanitarian worker in Bihać, whose organization opposed the location of the camp from the beginning. “They pay 50 euros [$58.26] each for a taxi to Lipa from the border, they fit as many as they can. Everyone is using the opportunity to get money from them.”

    Landmine awareness sessions are conducted “from time to time,” according to our minder as “this area is potentially infested with mines.” “They could be there, but it is not 100%,” he continued, adding: “But it never happened over here that somebody stepped on a mine and activated it. We all know where those landmines, maybe, are. We know where the biggest fights happened during the war, so we’re not going there.”

    In a statement to Inkstick, the spokesperson for the EU delegation in Sarajevo, Ferdinand Koenig, said that the territory of the Lipa camp was confirmed as mine-free prior to its establishment and that this one was of the essential conditions demanded by the EU before committing to financing.: “In the vicinity of Lipa, there are zones which are classified as ‘suspected but not confirmed dangerous areas’ for mines,” Koenig added “The ongoing presence of marked warning signs several hundred meters from the camp serves as a precautionary measure to protect migrants and local communities, and this marking is regularly maintained and verified, including through periodic checks, by BHMAC.”

    Though Lipa is managed by Bosnian authorities, the IOM was the primary implementing agency involved in its establishment. In a statement to Inkstick, IOM spokesman Francois Lhoumeau said: “To ensure accuracy, IOM cross-checked the BHMAC digital platform, which provides real-time updates on mine-suspected zones in the country. The platform confirms that there are no mine-contaminated areas in the immediate surroundings of TRC Lipa.”

    When we stood behind the camp, the Suspected Mines app told us we were less than two miles from a mine. Lhoumeau also said: “Prior to the opening of TRC Lipa, BHMAC informed IOM that a limited number of signs would be installed as a precautionary measure. It is important to note that the actual mined area is located significantly farther north and does not pose a direct threat to either the residents or staff operating within the TRC Lipa perimeter.”

    Given their similarity, it is difficult to know the difference between signs that have been laid “as a precautionary measure” and those that warn of known minefields. But contradiction was a common theme throughout our inquiries. Many times, we were told with extreme confidence in one breath that an area had no mines, only to be told seconds later that if there are mines then there are not many, or if there are then they are probably inactive.

    Šuhret Fazlić, the former mayor of Bihać, whose tenure coincided with the establishment of Lipa, flatly denies the area is — or ever was — mined. “I am not aware of the signs,” he says, “but if they are there then it is because of the possibility that some unexploded ammunition could be there. Or there is a theoretical possibility that there are mines in some areas, so they [BHMAC] put up the signs to release themselves of the responsibility.”

    Back at Lipa, we managed to invite a middle-aged Algerian man outside for a brief chat. He wouldn’t comment much on the camp conditions or treatment by staff but hinted at tensions inside. “You have to watch your back, even the one sleeping next to you.” He confirmed that landmine awareness sessions are given. “They told us this area near Croatia is full of bombs.” Yet, like most migrants on the route, he is not blessed with many alternative options when his sole aim is to cross the border.

    Threats of a much higher order of magnitude are presented by the Croatian border guards, who have been accused in multiple journalistic and NGO reports of theft, destruction of property, intimidation, physical abuse including use of batons, tasers and knives, and sexual assaults, including against women and minors. “Some of them hit you and take your mobile phone,” the Algerian man explains. “Some of them treat you good, just leave you on the border, and tell you to go, but the majority — no good.”

    A Croatian interior ministry spokesperson told Inkstick that their officials maintain excellent cooperation with BHMAC and “the exchange of data and information on dangerous areas is an integral part of our cooperation and is ongoing.” Despite this, migrants apprehended by Croatian forces are routinely forced back into Bosnia, including to areas still rife with unexploded ordnance. If some still had possession of the phones, they could download an app developed by the UNDP called “Mine Suspected Areas,” which provides a map showing proximity to minefields. Reviews are generally negative, with users reporting bugs, inaccuracies, and incompatibility with iPhones.

    In one village near Velika Kladuša, where mine warning signs protrude from woods next to back gardens, the app suddenly blasts a warning tone. But when we conduct a site visit with BHMAC, while heavily armored deminers lumber around minefields nearby, the app stays silent. Bajraktarevic looks at the phone and frowns, admitting: “It’s not 100% accurate.”

    Up in the green undulating hills outside Velika Kladuša on Bosnia’s farthest northwestern tip, the stillness in the air is enforced by abandonment. Residential houses are shuttered and driveways empty, the families having long left for opportunities across Europe — Bosnia records one of the world’s highest per capita emigration rates, with around 1.7 Bosnians living outside the country. Among the fields stand dilapidated wooden barns and decaying concrete outhouses where migrants huddle before or after embarking on “the game.” In the squares of tiny towns and villages, groups of pushed-back migrants gather to figure out their next move.

    In Vrnograč we meet Abdikadir, a young Somali resting with his fellow travelers fresh back from an unsuccessful game and waiting for a ride back to Lipa. He was aware of minefields on the way to Croatia because he saw them: “Yeah, there are a lot of signs, but we have the leader, he knows the way.” With little power to choose on which path they are taken, Abdikadir suggests that smugglers may be forging routes through the minefields precisely to avoid detection. “If the smugglers see police, they will run into the forest.”

    In a nearby settlement, Ibrahim Džanić leans on the gate outside his bright green house, which stands atop a valley staring across into Croatia. A retired Lego factory worker, he spends his days admiring his sun-dappled lawn among the apple blossom, tending to his rows of hives, making honey, and contentedly listening to the “beautiful music” of the bees. But in recent years, the tranquil air has been punctured by screams at night. Džanić points towards a field. “Over there, that’s where they throw them in the river,” he frowns. “You see them walking past soaking wet.”

    Just as the locals have become used to the slow rhythm of rural life, and the presence of wartime landmines underfoot, the overbearing presence of their neighbor’s border guards, and their violent ejections of migrants have become a grim routine.

    “I see them when they patrol,” Džanić says. “They used to jump out of their car and run toward me, and then after a while they realized I’m just an old man walking my dog.” He narrows his eyes. “Gaza, Ukraine — I don’t watch the news anymore. The world comes past my door.”

    In 2021, after several weeks spent monitoring the forests, a team of journalists captured high-definition footage of masked Croatian border guards conducting illegal pushbacks of migrants into Bosnia, striking them with batons, and forcing them into a river. The Croatian government insisted it was an isolated incident and announced the suspension of three officers, only for them to be soon reinstated. With little enforcement by EU officials and without any obvious effective mechanism to prevent rights violations, villagers report that the border violence is business as usual. One farmer, who gave his name as Husejn, still sees bedraggled migrants returning from unsuccessful border crossing attempts. This year there are less, though in previous times there might be hundreds a day passing through.

    “They don’t deport them normally, they just leave them in the forest,” he says, looking over at a patch of freshly planted trees in the near distance. Our Suspected Mines app informs us we are half a mile away from a mine. “They bring them all the way there, beat them up, and break their phones. We can hear when they are screaming and begging for help. We couldn’t listen to that anymore. Can you imagine that someone brings you to some forest, does that to you and you have no idea what’s happening? Imagine what you can hear and how that feels.”

    Husejn has his own experience of negotiating perilous borders, having been stranded behind enemy Serb lines in the 1990s with the only way to cross back to base through a minefield. “I thought, either I get out of here, or I’m done.” Thanks to his Yugoslav People’s Army training, he identified the zigzag pattern of the trip wires and gingerly stepped through to safety. When he and his family returned after the war, the farmland was laced with mines. But Husejn took a proactive approach. “I found those mines, put them in the ground, lit a fire, and blew them up,” he chuckles mischievously. “Then the police came around and said, ‘You can’t do that.’”

    Husejn is skeptical whether migrants may encounter the same risks, speculating that the landmines around his house may no longer be active after 30 years of rain and snow and being pushed deeper underground, but he worries for other countries where they are being freshly laid. “Countries like Ukraine, they will have to go through what we did.”

    In 2023, fueled by raging conflicts in Syria, Afghanistan, and Ukraine, 5,757 casualties of landmines and explosive remnants of war (ERW) were recorded, 84% of them civilians. In 2025, citing security concerns stemming from shared borders with Russia, the governments of Finland, Estonia, Latvia, Lithuania, and Poland announced they would withdraw from the Ottawa Convention, an international treaty that aims to eliminate anti-personnel landmines.

    According to officials, at the start of 2025 around 1.6% of Bosnia was deemed “mine suspected,” down from 8.2% in the late 1990s. They estimate that to clear the remaining 800 kilometers (497 miles) in the next decade, around €30 million (around $34.9 million) will be required — a very tall order in the age of competing foreign policy concerns and punishing aid cuts. Meanwhile, Croatian officials say they intend to be declared mine-free in 2026.

    Through its military operation EUFOR, the EU supports Bosnia’s armed forces in demining and landmine awareness training. It is also one of the largest international donors for mine action, contributing more than €46 million ($54 million) of support for efforts including mine clearance and victim assistance. Other individual member states have also provided bilateral funding. But the figure is dwarfed by the amount allocated to border migration management, which, according to EU spokesperson Koenig, is nearly €150 million ($176 million) since 2018 alone. Meanwhile, in 2024, the EU recorded approximately one million asylum claims for the second year in a row.

    For its part, the Rodriguez family’s second attempt at leaving Bosnia was difficult. “My daughter saw trees and began to cry,” Adriana recalls.

    Over a six-week period, the Rodriguezes would walk back and forth across the Bosnian minefields three times. On their fourth try, they made it to Spain, where they now have a third child. But even safely settled, years on, the memories linger.

    “If I’m driving at night and all I can see is the countryside, I get very anxious. My chest hurts, my hands tingle, and I have trouble breathing. I feel like I’m on my way to crossing the border all over again,” Adriana says. “But we had no choice. It was that or return to Cuba.”

    https://inkstickmedia.com/mines-memory-and-migration-on-bosnias-perilous-border

    #mines_anti-personnel #migration #réfugiés #route_des_Balkans #Balkans #Bosnie #violence #frontières

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    ajouté à la métaliste sur la question de la présence de #mines_anti-personnel sur la #route_des_Balkans et les dangers pour les migrants qui essaient les traverser en passant par les #forêts...
    https://seenthis.net/messages/1130082

  • [Oregon, États-Unis] Toutes les #Caméras sont des flics
    https://nantes.indymedia.org/posts/151239/oregon-etats-unis-toutes-les-cameras-sont-des-flics

    Rose City Counter-Info 3 août 2025 Le 25 juillet, le FBI a mené une descente matinale sur une maison à Portland et kidnappé une personne âgée de 24 ans sur des accusations fédérales reliées à une manifestation au bâtiment de l’ICE. Iel encourt 20 ans de prison prétendument pour avoir…

    #balances #Journalisme_aux_ordres #Répression #Ici_et_partout #Global