• [C&F] Des bananes au pétrole, théâtre et actualité
    https://newsletter.cfeditions.com/2026_01_09_bananas.html

    Bonjour,

    Au nom de C&F éditions, je vous adresse nos meilleurs vœux pour 2026. Une année qui commence sous de nombreux symboles dystopiques… alors nous vous souhaitons de cultiver votre fleur qui pousse à l’intérieur pour gagner en force et énergie afin de résister, imaginer, aimer.

    Parmi les surprises de cette semaine, il y a évidemment l’enlèvement d’un président-dictateur, sous un prétexte risible de surcroît. Il n’est pas le seul en ce monde, et imaginez que les États puissants décident d’enlever ainsi celui ou celle qui ne leur plaît pas dans n’importe quel pays. Les expériences précédentes d’interventions soi-disant pour installer la démocratie de l’extérieur nous ont montré que les suites pouvaient être bien pire encore.

    Pourtant, cet interventionnisme ne date pas des dernières années… c’est ce que nous montre la pièce de théâtre Bananas (and kings) de Julie Timmerman.

    Bananas (and kings)

    « C’est effectivement LE moment où sortir ce livre, qui rencontre l’actualité d’une manière stupéfiante.

    1954. Arbenz, président du Guatemala élu démocratiquement pour rendre leurs terres aux indiens, est victime d’une guerre sans merci orchestrée par la CIA au profit des compagnies bananières états-uniennes, et obligé de fuir, humilié et traqué.

    Maduro n’est pas Arbenz, loin de là, mais ils sont tous deux victimes du mépris du droit international, de l’ingérence des États-Unis dans les affaires des pays qu’ils considèrent comme leur arrière cour, protégeant avant tout leurs intérêts privés, l’or jaune des bananes ou l’or noir du pétrole… »

    Julie Timmerman

    Le livre est chez l’imprimeur… mais vous pouvez d’ores et déjà le commander pour le recevoir le jour de la sortie des presses.

    Bananas (and kings)
    Julie Timmerman
    13 x 19,5 cm. - 128 p. – Collection Théâtre, 4
    Version imprimée – 16 € – ISBN 978-2-37662-103-4
    janvier 2026

    En savoir plus - Bananas (and kings)

    #Bananas #Julie_Timmerman #Théâtre

  • « Bananas (and Kings) » : du régime de bananes à la république bananière, la nouvelle pièce de Julie Timmerman
    https://www.franceinfo.fr/culture/spectacles/theatre/bananas-and-kings-du-regime-de-bananes-a-la-republique-bananiere-la-nouve

    Article rédigé par Jacky Bornet
    France Télévisions - Rédaction Culture
    Publié le 15/09/2020 12:35
    Mis à jour le 20/10/2020 13:25
    Temps de lecture : 5min

    Julie Timmerman dans sa pièce « Bananas (and Kings » (Pascal Gely)
    Une histoire de l’Amérique centrale, vue sous l’emprise de l’industrie agro-alimentaire de 1871 à nos jours : une succession de régimes bananiers.
    Après la grande réussite de Un démocrate, sur le théoricien de la propagande, Edward Bernays (1891-1995), Julie Timmerman, autrice, metteuse en scène et comédienne, poursuit son travail sur les manipulations de masses. Sa nouvelle pièce, Bananas (and Kings), est jouée jusqu’au 1er novembre au Théâtre de la Reine blanche à Paris, puis partira en tournée. En raison du couvre-feu depuis le 17 octobre, les horaires ont changé (voir en bas de page).
    Au cœur du sujet : le renversement en 1954 du président élu guatémaltèque Árbenz, suite à la propagande et l’intervention étatsunienne réclamée par l’industrie agro-alimentaire locale. Instructif et drôle, politique et engagé, historique et contemporain : Bananas rue dans les brancards.
    République bananière

    Si vous voulez connaître l’origine de l’expression « république bananière », qui désigne un régime politique corrompu, allez voir Bananas (and Kings). Vous saurez tout, en vous amusant, avec l’assurance d’un beau moment de théâtre. Durant ses recherches pour Un démocrate, Julie Timmerman avait découvert l’histoire du coup d’Etat de 1954 au Guatemala orchestré par la CIA pour renverser le président Jacobo Árbenz Guzmán. Edward Bernays y avait participé en sous-main, et elle a voulu creuser cet épisode qui pèse toujours sur le destin d’un pays, et de toute l’Amérique centrale, pris en otages par l’industrie bananière.

    Anne Cressent, Julie Timmerman, Jean-Baptiste Verquin et Mathieu Desfemmes, dans « Bananas (and Kings) » de Julie Timmerman. (Pascal Gely)
    Elle met au jour l’histoire d’un pays, et des ses voisins, manipulés par des intérêts économiques au détriment du peuple, depuis l’arrivée d’un colon aux dents longues en 1871, jusqu’au renversement d’Árbenz. Plus qu’une leçon d’histoire, une pièce enlevée, qui tient de bout en bout grâce à un texte fort et à des choix de mise en scène originaux, exigeants et prenants. Sur un sujet déduit de sa pièce précédente, Julie Timmerman se renouvelle tout en restant fidèle à elle-même, signe de sa créativité et de son talent, de conteuse et de dramaturge.
    Minimaliste, sophistiqué et pour tous

    Si Bananas ressuscite cette histoire peu connue, elle résonne avec le monde contemporain : corruption, lobbying, manipulation de masse, fake news, pesticides… sont toujours à l’œuvre aujourd’hui. La pièce vise ces « rois sans couronne » qui font le jour et la nuit des politiques. La grande force de Julie Timmerman est de transcrire sur scène ces enjeux avec un sens du récit épique qui emporte le spectateur au fil d’une fresque étendue sur une centaine d’année.

    Le dispositif scénique minimaliste (budget oblige) est néanmoins sophistiqué, avec quatre comédiens et comédiennes aux prestations remarquables qui endossent à eux seuls 43 rôles ! Et l’on n’y voit goutte, tant la magie opère. Avec le choix de faire jouer des personnages masculins par des comédiennes, renouant ainsi, à l’envers, avec le théâtre élisabéthain ou Nô. L’on ne perd jamais le fil, grâce à la cohérence d’un texte qui dépasse le didactisme par une dramaturgie au souffle irrésistible. De rares vidéos, bruitages et musiques, totalement justifiés et envoûtants, participent du spectacle.

     Jean-Baptiste Verquin et Anne Cressent, dans « Bananas (and Kings) » de Julie Timmerman. (Pascal Gely)
    Indispensable

    Julie Timmerman, à la tête de la compagnie Idiomécanic Théâtre, éblouit par une telle maîtrise, où un texte dûment documenté et écrit, est transfiguré par des comédiens inspirés et sa mise en scène, épaulée par la dramaturge Pauline Thimonier, la scénographe Charlotte Villermet et le compositeur Benjamin Laurent. Au côté de l’autrice sur scène, Anne Cressent, Mathieu Desfemmes et Jean-Baptiste Verquin sont tour à tour machiavéliques, burlesques, clownesques, pathétiques, fantomatiques… Car des spectres et les mythes habitent aussi Bananas, tout comme le peuple indien, qu’ils invectivent en s’adressant au public, ainsi impliqué, interpellé par la scène.

    Instructive, spectaculaire, rythmée et distractive, la pièce Bananas décrypte notre monde contemporain en revisitant le passé. Elle recoupe le propos du formidable documentaire d’Hubert Sauper, Epicentro, sur l’histoire propagandiste de Cuba, récemment sorti en salles. Une pièce remarquable qui arrive sur scène à un moment si difficile pour le spectacle vivant. Julie Timmerman comble tous les espoirs et vérifie sa nécessité vitale.

    L’affiche de « Bananas (and Kings) » de Julie Timmerman au théâtre de la Reine blanche, à Paris, du 9 septembre au 31 octobre. (Dominique Hamot)

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Bananas (and kings) de Julie Timmerman
    https://www.journal-laterrasse.fr/bananas-and-kings-de-julie-timmerman

    Second volet du diptyque conçu par Julie Timmerman et les siens autour de la démocratie, Bananas (and kings) retrace l’histoire phénoménale de la United Fruit Company en Amérique centrale. Une fresque palpitante, remarquablement orchestrée, qui interroge le naufrage du politique assujetti aux diktats du profit.

    En exposant le parcours du neveu de Freud Edward Bernays (1891-1995), pionnier des techniques de manipulation de masse, Un Démocrate (2016), premier volet du diptyque consacré à la démocratie, illustrait une assertion de Noam Chomsky : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est aux régimes totalitaires. » C’est ce même Edward Bernays qui a justifié le coup d’état au Guatemala en 1954 contre le président réformiste Jacobo Arbenz, dont le projet politique entravait les intérêts de la United Fruit Company. Le second volet du diptyque resserre la focale sur ce coup d’état, et retrace l’histoire de la première multinationale de l’industrie agroalimentaire. Fondée en 1899, devenue en 1989 la Chiquita Brands International, la United Fruit Company s’est approprié les ressources, les infrastructures et les terres d’Amérique centrale, asservissant les peuples autochtones, empoisonnant les sols et les hommes. Ce qui convainc dans ce théâtre minutieusement documenté, c’est qu’il ne ressemble en rien à une leçon d’histoire ou une conférence illustrée. Il est au contraire orchestré comme une fiction captivante qui traverse le temps et les continents au fil d’épisodes marquants, finement révélateurs et joyeusement incarnés, malgré la violence glaçante des faits qui ne manque pas de surgir.

    Jubilation et efficacité de l’écriture

    Cette jubilation de l’écriture, qui s’appuie magnifiquement sur les effets artisanaux du théâtre et sur les pouvoirs du jeu, instille de la force et du souffle dans cette vaste et cruelle épopée. Les politiques ici deviennent des clowns grotesques et monstrueux, une indienne maya devient fantôme tenace ouvrant vers un monde inconnu. Surtout, les personnages principaux, et notamment les deux dirigeants de la firme qui se sont succédés, demeurent ancrés dans leur humanité voire leurs fragilités. Quatre comédiens – Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Jean-Baptiste Verquin et Julie Timmerman – interprètent plus de quarante personnages. Le déroulé limpide, vif et rythmé évite le piège du didactisme, comme celui du commentaire. Les faits, rien que les faits, et le théâtre qui les transmet à sa manière singulière, humble et efficace. La démonstration est éclatante. « Rien ne se perd, tout se gagne », placardisons la mauvaise conscience, et la partie peut continuer. L’histoire amène-t-elle à désespérer du politique ? Mais non, dans notre France démocratique, votons, agissons !

    Agnès Santi

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Théâtre : à Paris, quatre pièces pour ici et maintenant
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/09/23/theatre-a-paris-quatre-pieces-pour-ici-et-maintenant_6053291_3246.html

    revendiquant l’héritage de Brecht, elle propose un spectacle radicalement engagé, une « machine pour armer les peuples » contre les désastres économiques, écologiques et humains. Pour parler d’aujourd’hui, Julie Timmerman part d’hier : elle remonte à la fondation de la multinationale américaine, qui développa la culture de la banane, d’abord au Costa Rica, à la fin du XIXe siècle, puis dans d’autres pays d’Amérique centrale ou du Sud, la Colombie, le Nicaragua, le Guatemala…
    Peu à peu, « la Pieuvre », comme on appelle la United Fruit Company, étend son empire et son emprise sur les peuples et les gouvernements. Bananas (and Kings) insiste sur Jacobo Arbenz, élu président du Guatamela en 1951, et renversé par un coup d’Etat en 1954 parce qu’il avait tenté d’exproprier en partie la United Fruit Company et de redistribuer les terres à des paysans. La lutte pour la démocratie est un des chevaux de bataille de Julie Timmerman : son précédent spectacle (Un démocrate) abordait déjà ce thème. Au théâtre de La Reine Blanche, elle est sur scène, avec trois autres comédiens. Tous endossent plusieurs rôles. Le rythme est soutenu, le jeu expressif, la mise en scène carrée : tout est mis en œuvre pour faire passer un message

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Au cœur de la République bananière - Sceneweb
    https://sceneweb.fr/bananas-and-kings-la-nouvelle-creation-de-julie-timmerman

    En juin 1954, le gouvernement Arbenz au Guatemala est renversé par un coup d’état organisé par la CIA pour le stopper dans ses réformes agraires qui gênent la prospérité de la United fruit company. Le directeur de la CIA, Allen Dulles est aussi actionnaire de la firme américaine. Julie Timmerman raconte avec minutie l’histoire de cette multinationale fondée en 1899 par Minor Keith qui va conquérir l’Amérique centrale, pour devenir la plus importante entreprise bananière du monde. Une success story américaine bâtie sur le pillage des terres des indiens, jusqu’à ce coup d’état qui fait basculer le Guatemala dans 36 ans de guerre civile.

    Corruption, lobbysme, pollution des terres agricoles…autant de thématiques qui résonnent avec l’actualité. En deux heures, Julie Timmerman décrypte l’histoire de cette firme avec un sens aigu de la narration. C’est fouillé – par moment un peu didactique – mais au fur à mesure que l’on entre dans la psychologie machiavélique des personnages, on est transporté par l’énergie du plateau.

    Julie Timmerman a travaillé quatre ans pour écrire cette pièce qu’elle met en scène dans l’esprit d’un cabaret brechtien incarné par quatre comédiens incarnant 43 rôles dans une scénographie légère et mobile de Charlotte Villermet qui permet de passer des grandes forêts d’Amérique centrale aux bureaux de la compagnie à Boston en une fraction de seconde. Aux côtés de Julie Timmerman et de Anne Cressent, on retrouve Jean-Baptiste Verquin et Mathieu Desfemmes (déjà présents dans Un démocrate). Leur jeu clownesque dans la dernière partie du spectacle quand ils caricaturent la puissance américaine est époustouflant.

    Avec Bananas (and kings) Julie Timmerman démontre comment la démocratie est confisquée aux citoyens par le pouvoir des multinationales, comment le monde économique libéral pilote la classe politique, c’est édifiant. Elle se place dans la lignée des grandes pièces épiques et politiques du répertoire comme La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht ou Un ennemi du peuple d’Ibsen. Un spectacle utile, engagé, qui lance avec brio la saison 2020/2021 du Théâtre de la Reine blanche.

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Cambrai : « Bananas And Kings », un siècle de bananes pour une intox édifiante
    https://www.lavoixdunord.fr/1111950/article/2021-12-10/cambrai-bananas-and-kings-un-siecle-de-bananes-pour-une-intox-edifiante

    Dans le deuxième volet de son diptyque sur la manipulation en démocratie, l’autrice, metteuse en scène et comédienne Julie Timmerman met le spectateur en position de témoin face à l’un des plus grands scandales de l’exploitation alimentaire industrielle.

    Si vous avez l’occasion, il faut vraiment aller voir les deux pièces de Julie Timmerman sur la propagande. Des trucs de mise en scène par sa compagnie Idiomecanic Theâtre.
    Sinon, il y a toujours le livre "Un démocrate" qui réunit autour de sa pièce sur Edward bernays un dossier sur la propagande et des illustrations des étudiant.es de l’Ecole Estienne
    https://cfeditions.com/bernays

    #Julie_Timmerman #Un_démocrates #Bananas

  • « Bananas (and kings) », Julie Timmerman : Le rire anti-trust par Gilles Costaz | Politis
    https://www.politis.fr/articles/2020/09/bananas-and-kings-julie-timmerman-le-rire-anti-trust-42348

    Très bel article dans Politis sur le travail politique et théâtral de Julie Timmerman. J’ai vu la pièce qui réussit à parler d’une situation dramatique sans ennuyer. Jeu d’acteur + mise en scène inventive, une belle soirée assurée.

    Et pour continuer le plaisir, n’hésitez pas à vous plonger dans "Un démocrate" (https://cfeditions.com/bernays).

    Jeune metteuse en scène et créatrice de la compagnie Idiomécanic Théâtre, Julie Timmerman ne cache pas ses intentions. En exergue de son nouveau spectacle, Bananas (and kings), elle écrit : « Qu’en est-il de nos démocraties à l’heure où les multinationales ont un tel pouvoir ? Que nous reste-t-il pour lutter contre la confiscation de notre pouvoir de citoyens ? C’est le rôle du théâtre de traquer la matrice [de la mainmise des grands groupes états-uniens sur l’économie], de la disséquer et d’exposer ses entrailles, pour armer les peuples contre elle. » Elle fait donc une forme de théâtre politique, mais limite les déclarations d’intention aux documents de communication. Sur scène, ses pièces ne sont pas discoureuses, elles dénoncent à coups de sketchs percutants, retrouvant la forme un peu disparue de l’agit-prop que pratiquaient les révolutionnaires russes et qu’ont reprise des artistes comme Erwin Piscator ou Dario Fo. Pour cette artiste, le théâtre affirme sa puissance de plaisir par le filtre pamphlétaire.

    Julie Timmerman avait déjà frappé un grand coup avec Un démocrate, écrit, mis en scène et joué à partir de 2016. Ce spectacle eut un tel retentissement qu’il continue de tourner en France. Il y avait là un gros lièvre de levé : Edward Bernays, l’un des inventeurs de la propagande moderne, l’Austro-Américain qui établit le mécanisme de la manipulation des masses. Ce parfait « démocrate », qui n’avait rien à se reprocher puisqu’il était rarement hors la loi, donna aux managers et aux hommes politiques les clés pour vendre tout ce qu’il était possible de vendre : du tabac, des produits de consommation, l’altruisme des discours et l’oppression des peuples démunis.

    Des chercheurs et des réalisateurs ont eux aussi sorti de l’oubli – récemment – ce sinistre Bernays, mais Julie Timmerman a beaucoup contribué à mettre au jour cette page d’histoire, car son spectacle repose sur une longue enquête faite en dialogue avec des sources états-uniennes. C’est d’ailleurs une maison d’édition numérique à caractère universitaire, C&F Éditions, qui a choisi d’éditer la pièce et de la faire suivre d’un dossier composé d’études sur celui qui fut le maître de la propagande dans la sphère libérale.

    La nouvelle pièce de Julie Timmerman, Bananas (and kings), naît de la précédente. Dans le premier texte, il était question rapidement du rôle de la United Fruit Company dans le coup d’État ourdi par la CIA au Guatemala en 1954, quand les États-Unis étaient parvenus à mettre fin à la réforme agraire de ce pays pour rétablir leur pouvoir commercial sur le colossal marché des fruits. Le texte, joué à présent à la Reine-Blanche, avant de tourner dans un certain nombre de villes de la banlieue parisienne et des régions, se concentre sur la banane et ses enjeux quasi mafieux.

    Ah, la banane, fruit délicieux, facile à cultiver et à exporter, alors d’un exotisme aisé à amplifier, et auquel on peut même ajouter une connotation sexuelle (ce qui, pour dire vrai, ne figure guère dans le spectacle) ! En fait, c’est moins un fruit qu’un tiroir-caisse à l’échelon mondial. Ce que conte Julie -Timmerman, dans une -succession chronologique mais avec la férocité allègre de la satire, c’est l’histoire de cette United Fruit Company, plus puissante qu’une armée en marche. Au Guatemala surtout, mais avec des réseaux qui agissent à travers les deux -Amériques.

    Les tableaux qui s’enchaînent donnent à voir les patrons voyous du groupe (disons plutôt gang-sters, c’est Chicago à Wall Street) mettant en place leur stratégie de rouleau compresseur, les petites mains qui font le sale travail, les réticents et les opposants vite rétamés, un effarant successeur du premier PDG et les élus guatémaltèques broyés tour à tour par le même pouvoir olympien.

    Allez, allez, mangez des bananes ! Ne prenez pas celles des paysans qu’on étouffe, mais celles du trust qui s’empare tranquillement de leurs terres ! Elles vont devenir d’un beau bleu, comme les pesticides qui s’y sont infiltrés et comme les hommes qui les cueillent et meurent parfois d’avoir respiré ce venin bleuté. Et toute personne qui n’applaudit pas aux méthodes de l’United Fruit Company est un communiste !

    Mais nous sommes au théâtre, sur une scène qui pourrait être dans la rue ou dans une cour d’usine, ou à un cabaret de l’histoire où l’on rêverait de voir en nombre les classes dites laborieuses. On est là pour se venger de l’injustice en riant. Dans ce style, Julie Timmerman déploie un savoir-faire qu’elle dit brechtien. Il y a de ça, en effet. Les dessins sont brossés à gros traits et les affrontements claquent comme les lanières d’un fouet. On ne peut pas se tromper sur les méchants ! Mais il y a là une épaisseur historique qui est propre à la compagnie Idiomécanic. Même réécrits, souvent tournés à la farce (farce glaçante, bien sûr), les épisodes sont vrais, contiennent des paroles et des textes qui ont vraiment été dits ou publiés.

    Les quatre interprètes jouent un grand nombre de rôles, sans en rester à leur genre. Julie Timmerman elle-même termine en homme humilié et en statue de la Liberté parodique. Elle associe étonnamment punch et sensibilité. Anne Cressent s’intègre au jeu pamphlétaire avec une forte dimension dramatique souterraine. Mathieu Desfemmes et Jean-Baptiste Verquin manifestent ensemble et séparément un art de jouer les crapules qui les situe haut dans le guignol politique. De même qu’Apollinaire disait : « Que la guerre est jolie ! », on osera dire qu’ainsi croquée cette ignominie est fort réjouissante.

    Bananas (and kings), théâtre de la Reine-Blanche, Paris, 01 40 05 06 96. Jusqu’au 1er novembre. Puis aux Rencontres Charles-Dullin (Orly, Fresnes, Le Kremlin-Bicêtre) et en tournée jusqu’au 27 mai. À lire : Un démocrate, Julie Timmerman, C&F éditions.

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate #Bananas_and_kings #C&F_éditions

  • Whole Foods Will Drop Prices On Monday, #Amazon Says In Detailing New Grocery Strategy

    Amazon is cutting the prices of #bananas, butter, organic eggs, and other best-selling staples at Whole Foods’ 470 stores, promising customers lower costs and targeting the grocer’s “Whole Paycheck” nickname. The online giant also says its Amazon Prime members will get special prices and perks.

    http://www.npr.org/sections/thetwo-way/2017/08/25/546130559/whole-foods-will-drop-prices-on-monday-amazon-says-detailing-new-grocery-strate
    #agriculture #prix #beurre #œufs #oeufs

    Je ne savais pas qu’il y avait un lien si direct entre Amazon et la vente de #produits_agricoles...
    cc @odilon @reka