• Les banques françaises financent massivement la déforestation de l’Amazonie
    https://disclose.ngo/fr/article/les-banques-francaises-financent-massivement-la-deforestation-de-lamazonie

    Les banques françaises ont fourni plus de 743 millions d’euros à des géants de l’agroalimentaire responsables de la déforestation au Brésil. En tête de ces établissement : la BNP Paribas. Lire l’article

  • Trouble Fait  : La disparition secrète des sanctions et l’effondrement de l’UE
    Le suicide organisé de l’euro

    Rarement dans l’histoire on aura vu un suicide collectif de cette ampleur et on pourrait admirer sa brillante exécution, s’il n’était pas involontaire.
    Un système douteux, des dirigeants débiles, de l’égo mal placé, une irresponsabilité générale… tous ces ingrédients on conduit à pourrir l’approvisionnement énergétique de l’Europe et à multiplier le prix de celle qui nous reste par 10, pour le plus grand plaisir des intermédiaires.

    https://www.youtube.com/watch?v=-o1j3s13SK0

    Les conséquences économiques en cascade réveillent le risque d’un éclatement de l’Euro plus concret que jamais.
    Alors nos gestionnaires de l’année, arborant des visages pâles et des caleçons marrons, retirent discrètement leurs sanctions en espérant désenclencher le bouton d’autodestruction, sur lequel ils ont si vaillamment tambouriner ces derniers mois.

    00 :00 Intro
    00 :53 L’effondrement économique de l’UE
    14 :28 Des critiques contre les sanctions
    17 :53 La disparition des sanctions
    29 :42 L’inévitable récession de 2023
    37 :00 Le risque d’éclatement de l’Euro
    49 :07 Conclusion.

    #euro #bce #économie #ue #union_européenne #suicide #énergie #gaz #charbon #électricité #suicide #approvisionnement_énergétique #banques #réalité #crise #ukraine #sanctions

  • Le marché du crédit carbone est en croissance Le Devoir - Ian Bickis - La Presse canadienne à Toronto
    Les banques s’intéressent de plus en plus au marché du crédit carbone.

    Ces crédits compensatoires peuvent aussi être utilisés par le nombre croissant d’entreprises qui ont fait voeu de carboneutralité.

    Comme il est encore impossible de réduire complètement les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises se fient au crédit carbone afin d’atteindre leur objectif de carboneutralité. Malgré le scepticisme ambiant sur l’efficacité du système, les banques veulent se placer pour un rôle de courtier.


    George Frey Agence France-Presse Comme il est encore impossible de réduire complètement les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises se fient au crédit carbone afin d’atteindre leur objectif de carboneutralité.

    Par exemple, la Banque de Montréal a acheté l’été dernier Radicle Group, un développeur de crédits carbone qui aide les organisations à mesurer et à réduire leurs émissions. En septembre, Valeurs Mobilières TD a annoncé la création de l’unité Services-conseils en carbone. L’entreprise a aussi investi 10 millions $ dans le projet Terres boréales piloté par Conservation de la nature Canada.

    « On a assisté au cours de la période s’étendant des derniers 12 à 18 mois à une plus grande intégration du marché du carbone, signale le directeur général des Services-conseils en carbone, Andrew Hall. Nous constatons que sa croissance a été très, très rapide. Je m’attends à ce que cette tendance se poursuive. »

    De son côté, la Banque canadienne impériale de commerce cherche à établir les fondations, avec d’autres institutions bancaires, d’une nouvelle plateforme technologique pour le marché volontaire du carbone nommée Carbonplace.

    La Banque Royale du Canada avait lancé dès 2008 « ses capacités mondiales de négociation de droits d’émission de gaz à effet de serre ». Selon elle, le crédit carbone représente une part importante de toutes les transactions commerciales. Ce marché devrait connaître une forte croissance.

    Le projet Carbonplace couvre une grande variété de projets pouvant aller des cuisinières moins polluantes jusqu’à la préservation des tourbières. La valeur des échanges a dépassé 1 milliard $ US en 2021, un volume modeste comparativement aux systèmes existants, comme celui en place en Europe qui gère plusieurs centaines de milliards de dollars.

    Le marché volontaire du carbone pourrait atteindre 50 milliards $ d’ici 2030, prédit la firme de consultants McKinsey . L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, parlait l’an dernier d’une échelle de 100 milliards $ d’ici la fin de la décennie.

    M. Carney est actuellement envoyé spécial des Nations unies pour le financement de l’action climatique. Il a été l’un des personnages importants derrière la création du groupe de réflexion Taskforce on Scaling Voluntary Carbon Markets en 2020, dont les objectifs étaient de proposer des solutions à l’accroissement de la demande.

    En mars, le groupe a changé son nom pour Integrity Council for the Voluntary Carbon Market. Il porte son attention davantage sur la crédibilité du marché que sur sa croissance.
     
    Selon la Banque Royale, la normalisation sera importante pour renforcer la crédibilité et piloter la croissance. La Banque TD, quant à elle, donne encore sa confiance aux quatre normes de vérification déjà en place depuis des années et en ses propres capacités d’analyser un projet.

    « Nous serons très sélectifs pour déterminer avec qui nous ferons affaire. Nous allons nous assurer d’utiliser les meilleurs registres disponibles », soutient Amy West, directrice générale et cheffe mondiale chez Solutions ESG de Valeurs mobilières TD.

    Elle ajoute que l’institution concentrera ses efforts sur des secteurs qu’elle connaît bien en Amérique du Nord. Elle espère insuffler de la confiance et de la transparence dans le système.

    Des opposants  
    Le concept même de marché volontaire du carbone n’a pas que des partisans.

    « Fondamentalement, cela légitime et autorise l’extraction permanente des carburants fossiles », déplore Kate Ervine, professeure agrégée à l’Université Saint Mary’s en Nouvelle-Écosse.

    Selon elle, les entreprises qui présentent des projets compensatoires ne sont pas nécessairement fiables, notamment sur le plan des résultats financiers ou environnementaux. Ce système d’échange est une source de distraction de ce qui est réellement urgent : une réduction directe des gaz à effet de serre.

    « Les banques qui s’intéressent à ce marché veulent procurer à leurs clients un instrument dont elles pourront tirer profit. Cela n’a rien à voir avec les changements climatiques. »

    Le groupe Greenpeace n’a jamais caché son opposition au marché volontaire. Le responsable canadien de la campagne Nature et alimentation, Shane Moffatt, parle même de « greenwashing » à son sujet. « C’est un obstacle aux réductions des émissions », souligne-t-il.

    Le système ne trouve grâce à ses yeux que si des entreprises de bonne foi font de sérieux efforts de réduction, mais qu’elles sont aux prises avec des problèmes à court terme. Sinon, ce n’est qu’une simple panacée.

    Mais les banques en semblent bien conscientes. Ainsi, l’Alliance bancaire zéro émission nette, qui regroupe de nombreuses institutions internationales et canadiennes, dit que les crédits compensatoires ne doivent être utilisés que dans les endroits où les solutions ne sont pas possibles d’un point de vue technique ou financier.

    Ils ne sont qu’un moyen complémentaire pour atteindre la carboneutralité.

    « On n’atteindra pas la carboneutralité sans les crédits compensatoires de carbone. Ce système ne sera pas efficace tant qu’il ne sera pas mis en place de façon permanente. Il doit être complémentaire, mesurable, vérifiable et transparent », déclare Levent Kahraman, cochef des Marchés mondiaux, chez Marché des capitaux BMO.

    #inflation #taxes #greenwashing #banques #McKinsey #climat #écologie bancaire #changement_climatique #crédit_carbone

    Source : https://www.ledevoir.com/societe/769741/le-marche-du-credit-carbone-est-en-croissance

  • La Compil’ de la Semaine
    https://www.les-crises.fr/la-compil-de-la-semaine-70

    Chaque semaine, nous vous proposons notre Compil’ de la Semaine : une sélection de dessins de presse à la fois drôles et incisifs, ainsi que des vidéos d’analyse participant à l’indispensable travail d’auto-défense intellectuelle. Bonne lecture et bon visionnage à toutes et à tous ! Dessins de Presse Vidéos INFLATION, GRANDE DISTRIBUTION : ENQUÊTE SUR […]

    #Miscellanées #Compil_de_la_Semaine #Miscellanées,_Compil_de_la_Semaine

  • Téléphonie, paiements, transports : un document montre la fragilité de la Suisse face à un éventuel black-out Didier Kottelat, avec Pierre Nebel
    https://www.rts.ch/info/suisse/13327003-telephonie-paiements-transports-un-document-montre-la-fragilite-de-la-s

    Comme d’autres pays, la Suisse se prépare à un hiver difficile sur le front de l’approvisionnement énergétique. En cas de pénurie d’électricité voire de black-out, les trains continueront-ils de rouler ? Et pourra-t-on encore téléphoner, surfer sur internet, retirer de l’argent au bancomat ou payer ses courses par carte ? Tour d’horizon.

    C’est une petite musique qui monte : la Suisse n’est pas à l’abri de mesures de rationnement d’électricité, voire de coupures de courant de plusieurs heures. Face à la crise énergétique qui menace, le président de la Commission fédérale de l’électricité (ElCom) Werner Luginbühl, il y a un peu plus de deux semaines, a même invité les ménages à acheter des bougies et à faire des réserves de bois de chauffe.


    La Confédération veut à tout prix éviter ce scénario catastrophe. Mais en même temps, elle se prépare à toutes les éventualités. Le 17 mai dernier, sous l’égide de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), elle a donc convié à Berne les représentants des infrastructures critiques de la Suisse, de Swisscom aux CFF, en passant par les banques, les grands distributeurs et les fournisseurs d’électricité.

    Objectif de la rencontre : coordonner les efforts des entreprises les plus importantes du pays afin de maintenir les services essentiels à la population et à l’économie en cas de pénurie d’électricité. Nos collègues de la radio alémanique SRF ont obtenu le procès-verbal de la réunion. Celui-ci révèle certaines fragilités, notamment dans le domaine des télécommunications, du trafic de paiement et des transports.

    LES TÉLÉCOMMUNICATIONS
    A l’ère de l’omniprésence du smartphone, un éventuel black-out bouleverserait le quotidien de la population. Il suffit d’une coupure de courant d’une heure environ pour que les réseaux de téléphonie mobile de tous les opérateurs du pays cessent d’émettre, apprend-on dans ce document. Les antennes sont en effet pourvues de batterie, mais cette alimentation de secours ne permet pas de tenir plus de 60 minutes.

    En dernier recours, la Confédération prévoit des délestages cycliques pour tous les consommateurs et entreprises, à l’exception de quelques infrastructures jugées essentielles (hôpitaux, services de secours et de sécurité, ...). On imagine ainsi des coupures de courant de quatre heures toutes les huit à douze heures. « Le temps d’alimentation (entre deux coupures) ne suffit pas à recharger les batteries des antennes. Il en résultera des pannes », affirme le représentant de Swisscom.

    La vulnérabilité du réseau de téléphonie mobile est qualifiée de « choquante » par un participant de la table ronde : « Un black-out peut survenir très rapidement. Et sans communication, la société est confrontée à d’énormes problèmes. » "L’Office fédéral de la communication est en train d’examiner dans quelle mesure des prescriptions supplémentaires sont nécessaires" pour limiter ce risque, répond l’OFPP. Pour l’heure, on en reste toutefois au stade des discussions.

    En matière de données, le réseau semble davantage résistant. Les centres de calcul pourraient tenir au moins 72 heures grâce à des génératrices diesel. Celles-ci pourraient ensuite être réalimentées, de quoi, en théorie, maintenir internet. Mais pour le citoyen lambda, il y a un hic. « C’est clair que si, chez vous, votre routeur n’est pas alimenté en énergie, vous n’aurez pas non plus accès aux données internet », note le porte-parole de Swisscom Christian Neuhaus.

    LE TRAFIC DE PAIEMENT
    Autre sujet évoqué lors de la réunion : le trafic de paiement. Alors que les Suissesses et les Suisses sont toujours plus nombreux à payer quasi exclusivement par carte bancaire ou grâce à leur smartphone, la crise énergétique pourrait marquer le grand retour du cash. Si les systèmes électroniques venaient à être paralysés, la population n’aurait en effet d’autre choix que de se rabattre sur les bons vieux billets de banque.

    Le premier défi pour les banques serait alors de faire fonctionner les bancomats, qui ont besoin d’électricité. Il s’agirait ensuite d’assurer l’approvisionnement en billets des distributeurs, qui seraient sans doute pris d’assaut. La question de la sécurité des clients est également centrale, note Martin Hess, un responsable de l’Association suisse des banquiers, qui insiste sur la nécessaire coopération des banques avec leurs « partenaires d’infrastructure ».

    Quant aux guichets, ils pourraient devoir fermer en cas de black-out. « Il existe des situations dans lesquelles les banques sont invitées à fermer leurs portes pour protéger l’argent de leurs clients. C’est pourquoi la Confédération recommande aux citoyens de garder des billets en petites coupures pour les achats de première nécessité durant quelques jours », relève Martin Hess.

    LES TRANSPORTS
    La question des transports publics est également mentionnée lors de la rencontre du 17 mai. Les CFF disposent de ressources électriques propres, mais cela ne leur permet pas de poursuivre le service en cas de black-out. En cas de panne généralisée, le représentant de l’ancienne régie fédérale évalue l’autonomie énergétique du système ferroviaire à une heure environ. Juste de quoi ramener les trains en gare et ne pas laisser les passagers en rade.

    UN SYSTÈME FRAGILE
    Il n’est évidemment pas certain que le scénario du pire envisagé par la Confédération se réalise cet hiver. Pourtant, pour la première fois depuis bien longtemps, il n’est plus totalement exclu. Les réflexions en cours mettent en tous les cas en évidence la fragilité du système, l’interconnexion des différents acteurs économiques ainsi que l’importance critique des infrastructures de communication et de l’approvisionnement en carburant.

    #énergie #électricité #gaz #téléphones #smartphones #télécommunications #transports #argent #cartes_bancaires #banques #cash #internet

  • Grèce : l’Europe arrête la surveillance d’un pays toujours en #crise

    Ce samedi 20 août, la Grèce en a fini avec douze ans de surveillance européenne. Cette décennie, marquée par un choc d’austérité sans précédent, laisse le pays démoralisé et dévitalisé. PIB, #endettement, banques, emploi… aucun des problèmes de la crise grecque n’a été résolu. Mais l’Europe ne veut plus entendre parler de la Grèce.

    Martine Orange / Mediapart / 20 août 2022 à 10h49

    Ce 20 août, la #Grèce en aura fini avec douze ans de surveillance européenne. La #Commission_européenne a décidé fin juin que le contrôle étroit imposé à Athènes depuis 2010 n’était plus justifié, après le remboursement par anticipation de la dernière tranche d’emprunt (1,58 milliard de dollars) au FMI par le gouvernement grec fin avril. « Après douze ans […], un chapitre difficile pour notre pays s’achève, s’est félicité le ministre des finances grec, Chrístos Staïkoúras. La Grèce revient à une normalité européenne et ne sera plus une exception dans la zone #euro. »

    En dépit des assurances du premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis (droite conservatrice), les Grec·ques peinent à croire à un retour à la normale. Ils n’arrivent pas à effacer cette décennie 2010, synonyme d’effondrement, d’appauvrissement, de régression et parfois d’humiliation. Et il faudra sans doute des dizaines d’années avant que le pays se relève de la stratégie de choc austéritaire qui lui a été imposée et qui a engendré des dégâts considérables.

    La Commission européenne feint d’ignorer le problème. Dans une lettre de son vice-président, Valdis Dombrovskis, et du commissaire à l’économie, Paolo Gentiloni, elle souligne que le gouvernement grec a respecté la plupart des engagements pris. C’est bien là l’essentiel, à ses yeux. Pour le reste, elle n’a aucune envie de s’étendre sur le sujet : depuis la fin du troisième plan de #sauvetage européen en 2018, tout est fait pour oublier la Grèce.

    Pas plus que les Grecs les Européens n’ont pourtant oublié la crise grecque. Elle reste un traumatisme dans la construction européenne. C’est le moment où l’Union a changé de nature. D’une réunion de pays librement associés, elle est devenue une assemblée de #créanciers et de débiteurs. #Bruxelles s’est alors arrogé, sans contrôle, des pouvoirs de coercition, pour imposer ses règles et ses vues, au nom de la défense de la monnaie unique et de l’intégrité de la zone euro. Le précédent a frappé tous les esprits. Une dynamique d’adhésion et de soutien s’est cassée, peut-être de façon irrémédiable.

    Lors de son dernier voyage à Athènes, en octobre 2021, l’ancienne chancelière allemande Angela #Merkel, considérée en Grèce comme la principale responsable de la gestion de la crise grecque, a tenté quelques mots d’excuse. Confessant que cela avait été « le moment le plus difficile de son mandat », elle a dit avoir conscience « des contraintes et des défis auxquels les Grecs avaient été confrontés » pendant les années d’austérité imposées au pays.

    Avant elle, le Fonds monétaire international (#FMI), embarqué dans cette affaire comme membre de la fameuse #troïka chargée de superviser les plans de rigueur imposés à la Grèce, avait rédigé plusieurs rapports sur le dossier. Ses conclusions étaient sans appel : les programmes, reposant sur des modèles erronés et faussés, ont été un échec pour la Grèce. Plus que redresser le pays, ils avaient surtout servi à sauver les #banques allemandes et françaises, qui s’étaient engagées sans discernement après la création de l’euro en 2000, relevaient les auteurs. Jamais l’institution n’aurait dû accepter d’y être associée, jamais plus elle ne devrait participer à pareil projet, concluaient-ils.

    La Banque centrale européenne, autre membre de la troïka, n’a jamais donné les conclusions de cette expérience. Elle a juste fait savoir qu’elle ne s’y prendrait plus de la même manière. Quant à la Commission européenne, elle n’a tiré aucune leçon, pas même sur le fonctionnement opaque et antidémocratique de l’Eurogroupe, dénoncé avec vigueur par l’ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis. Pour elle, la Grèce, c’est de l’histoire ancienne.

    Un bilan accablant

    Personne, il est vrai, n’a envie de revendiquer le bilan tant il est accablant. Le PIB du pays, qui s’élevait à 355,9 milliards de dollars en 2008, est tombé à 216, 2 milliards de dollars en 2021, soit une chute de 39 %. Du jamais-vu dans un pays appartenant à une zone économique développée. Loin d’avoir été résorbé, l’endettement public s’est encore aggravé : il représentait 110 % du PIB en 2012 ; il dépasse désormais les 200 %. Mais ce qui était un problème à l’époque pour l’Europe ne semble plus l’être : l’État dégage désormais un excédent budgétaire suffisant pour rembourser ses créanciers.

    Cela s’est fait au prix d’une destruction de tout l’État social. Les services publics, à commencer par les hôpitaux, l’école, l’université, ont été démantelés. Le droit du travail a été mis à sac, comme toutes les protections sociales. Le salaire minimum a été quasiment divisé par deux. Plus de quinze réformes des retraites se sont enchaînées pour faire baisser les pensions de plus de 30 %. Tout ce qui était intéressant à privatiser l’a été, sans regarder aux conséquences : avec retard, la Commission européenne se mord aujourd’hui les doigts d’avoir sous-estimé la stratégie d’expansion chinoise et d’avoir laissé le Chinois Cosco Shipping prendre le contrôle du port du Pirée.

    Dans le même temps, les réformes fiscales sont toujours sur la liste d’attente : les grandes fortunes, les armateurs, tout comme l’Église orthodoxe, grand propriétaire foncier, restent les champions de l’évasion fiscale. Mais le sujet, semble-t-il, ne fait pas partie des priorités européennes.

    Certes, le chômage a baissé. Alors qu’il avait atteint plus de 27 % dans les années 2015-2016, il n’est plus que de 12,5 %. Mais c’est au prix d’une précarisation de l’emploi et surtout d’un exode massif de la population. Démoralisé·es, ne se voyant aucun avenir, quelque 500 000 jeunes , surtout les mieux formé·es, ont quitté leur pays au cours de la dernière décennie. La Grèce est désormais le pays de la zone euro qui compte la proportion la plus élevée (22 %) de personnes âgées de plus de 65 ans.

    Une économie tombée dans une trappe de pauvreté

    Selon les modèles mis en avant, Athènes était censée renouer avec la croissance et combler ses retards à partir de 2019. L’arrêt de l’économie mondiale provoqué par la crise du Covid a bouleversé toutes les prévisions : faute d’entrées touristiques, l’économie grecque s’est à nouveau effondrée. Mais tout devait se rétablir cette année. À la fin de 2021, le FMI prévoyait une croissance autour de 6 % et la Commission européenne autour de 3-4 % pour 2022-2023 : la guerre en Ukraine, la flambée des prix de l’énergie viennent à nouveau perturber tous les plans.

    En juin, l’inflation a atteint 12,1 %, son plus haut niveau depuis novembre 1993. Essence, électricité, logements, transports , alimentation… les ménages grecs n’arrivent plus à suivre : leur salaires sont trop bas. La vie quotidienne devient de plus en plus difficile. Quant aux vacances, elles sont devenues un luxe presque inaccessible.

    En début d’année, le gouvernement avait fait adopter un programme d’aide de 6,5 milliards d’euros qui se révèle insuffisant. Début mai, il a approuvé une revalorisation du salaire minimum de 50 euros pour le porter à 713 euros brut par mois. Mais le compte n’y est toujours pas, selon les syndicats. Ils demandent que le salaire minimum atteigne au moins 825 euros par mois. Et même à ce niveau-là, il n’aura toujours pas retrouvé son niveau d’avant 2008.

    Pour de nombreux économistes, la Grèce est piégée dans une trappe de pauvreté, avec des emplois sous-qualifiés, précarisés et mal payés. La crise de la dette a encore amplifiée cette tendance. Encouragé par les experts de la Commission, les gouvernements successifs ont tout mis en œuvre pour favoriser le développement du tourisme : c’est la source la plus facile et rapide pour assurer des rentrées d’argent dans le pays. Le secteur est plus que jamais le principal moteur de l’économie grecque. Alors que les Européen·nes et les Américain·es se bousculent en Grèce cet été, le gouvernement s’attend à une année record, dépassant largement les 13 milliards d’euros de l’an dernier. Mais cet argent ne se reconvertit pas dans le reste de l’économie.

    Faiblement industrialisée avant la crise de la dette, la Grèce a accumulé encore plus de retard depuis. Le taux d’investissement y est un des plus bas d’Europe. À la différence des tous les membres de la zone euro, il a stagné pendant toute la dernière décennie. Faute de débouchés et de demande. Mais faute aussi de crédits. Le système bancaire grec est toujours malade des impayés et des crédits non remboursés. Le problème demeure à peu près au même stade qu’il y a dix ans : le volume des mauvaises créances n’a presque pas diminué et tourne autour de 30 %. Une majorité des petites et moyennes entreprises qui forment le tissu économique du pays sont considérées en faillite ou en quasi-faillite.

    Oublier la Grèce

    Les plans européens et les interventions de la #BCE étaient pourtant censés aider à l’assainissement des banques grecques. Dans les faits, la Banque centrale s’est contentée de les couper du système bancaire et financier européen, afin qu’elles ne contaminent pas l’ensemble. À charge pour elles de résoudre le problème comme elles l’entendaient.

    L’incapacité des banques grecques à assurer le financement de l’économie risque de peser durablement pour le développement du pays. D’autant que le gouvernement, même s’il en avait l’envie — ce qui est loin d’être acquis — n’est pas en mesure d’apporter son soutien. Bien qu’il se finance officiellement sur les marchés, son sort est lié au programme de rachats de titres de la BCE. C’est elle qui assure le financement indirect de l’État. Ce qui n’empêche pas la Grèce d’avoir les taux d’intérêt les plus élevés de la zone euro, à plus de 3 %.

    Dans le cadre des programmes de relance et de soutien lancés au moment de la crise sanitaire, la Grèce est devenue l’une des plus grands bénéficiaires de l’argent européen. Elle doit recevoir 17,8 milliards d’euros de garantie et 12 milliards de prêt. Elle est aussi une des premières allocataires des plans climat et de l’économie numérique. À grand renfort de publicité et de déclarations, le premier ministre annonçait à la mi-2021 le lancement du programme « Grèce 2.0 ». Grâce aux fonds européens, le pays allait changer de modèle et entrer de plain-pied dans l’économie de demain.

    La guerre en Ukraine, la montée de l’inflation, les tensions sociales paraissent avoir amené le gouvernement à réduire ses ambitions. Il ne parle plus de changer de modèle. Il semble au contraire chercher à perpétuer certaines pratiques de l’ancien : les modalités de distribution d’aides et de financements apportés par l’Europe ont été dessinées de telle sorte qu’elles ne bénéficient qu’aux grandes entreprises, y compris étrangères, qui ne représentent qu’une partie très faible de l’économie. Toutes les PME, elles, semblent tenues à l’écart.

    À ce stade, la Commission européenne, censée contrôler le bon déroulement de ses programmes, n’a pas réagi. Mais cela paraît désormais une habitude quand il s’agit de la Grèce, quel que soit le sujet. Bruxelles n’a rien à dire sur les conditions d’accueil et les traitements réservés aux réfugié·es qui arrivent sur les côtes grecques. Pas plus qu’elle ne semble se soucier des pratiques d’espionnage contre des député·es et des eurodéputé·es d’opposition réalisées par les services de sécurité intérieure. Le même silence entoure toutes les mesures adoptées par ce gouvernement très à droite qui porte atteinte à la liberté des universités, à la liberté d’expression et des médias. La Grèce figure maintenant en queue de peloton des pays démocratiques en matière de liberté de la presse.

    Cet effondrement démocratique, qui a accompagné le choc d’austérité, semble laisser indifférente l’Europe. Officiellement, la Grèce fait toujours partie de la zone euro : l’intégrité de l’Union et de sa monnaie a été maintenue. Mais hormis la monnaie, c’est comme si Athènes était sortie.

    Martine Orange

    https://www.mediapart.fr/journal/international/200822/grece-l-europe-arrete-la-surveillance-d-un-pays-toujours-en-crise

    #dette #zone_euro
    #austérité #Europe #économie

  • Norvégiennes et Norvégiens viennent de se faire plumer de 170 milliards d’euros au 1er semestre 2022
    https://www.lessentiel.lu/fr/story/le-plus-gros-fonds-souverain-au-monde-a-perdu-170-milliards-d-euros-au-1e
    Le plus gros fonds souverain a perdu 170 milliards d’euros au 1er semestre
    Le fonds souverain de la Norvège a perdu quelque 1 680 milliards de couronnes (170 milliards d’euros) au premier semestre, plombé en particulier par les valeurs technologiques.

    Alimenté par les revenus pétroliers de l’État norvégien, l’énorme bas de laine a essuyé un rendement négatif de 14,4% sur les six premiers mois de l’année, voyant sa valeur tomber à 11 657 milliards de couronnes fin juin. « C’est, en pourcentage, le deuxième plus gros recul semestriel » de l’histoire du fonds, abondé depuis 1996, « et le plus gros recul en couronnes », a noté le chef du fonds, Nicolai Tangen, lors d’une présentation.

    Depuis le début de l’année, les marchés ont été chahutés par la hausse des taux d’intérêt, une inflation élevée à cause notamment de l’envolée des prix de l’énergie, et la guerre en Ukraine, autant de facteurs qui alimentent les craintes de récession. Ce sont principalement les investissements en actions qui ont pesé sur les performances du fonds avec une perte de 17%.

    Pénalisé par la sortie de la pandémie de Covid-19, le secteur technologique a, à lui seul, généré une perte de quelque 414 milliards de couronnes (-28%) pour le fonds, entraîné vers le bas par des géants comme Meta, la maison-mère de Facebook, Amazon, Apple et Microsoft. Seule exception, les valeurs énergétiques ont pris 13%, dopées par la flambée des cours.

    Un rebond cet été
    Les actions représentaient 68,5% du portefeuille fin juin. Le fonds norvégien est présent au capital de quelque 9 300 entreprises et contrôle environ 1,3% de la capitalisation boursière mondiale. Les placements en obligations (28,3% des actifs) ont perdu 9,3% tandis que les investissements dans l’immobilier non coté (3% du portefeuille) ont gagné 7,1%.

    Actif encore marginal (0,1% des investissements), les projets d’énergies renouvelables non cotés en Bourse ont aussi accusé une perte de 13,3%. L’ensemble de ces investissements est réalisé hors de Norvège, plus gros exportateur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, afin de ne pas surchauffer l’économie nationale.

    Si les performances financières du premier semestre ont été mauvaises, le fonds a repris des couleurs cet été grâce au rebond des Bourses : mercredi, selon le compteur qui tourne en direct sur le site de la banque centrale norvégienne, il pesait plus de 12 300 milliards de couronnes.

    #vol #escroquerie #finances #banques #spéculation #capitalisation #bourses #retraites par #capitalisation #retraites #économie #pauvreté #inégalités

  • Pays-Bas : … Sur quoi débouchera le mouvement de colère des agriculteurs ?
    https://www.rtbf.be/article/pays-bas-soutenu-par-des-organisations-complotistes-sur-quoi-debouchera-le-mouv

    Jusqu’où ira la colère des agriculteurs aux Pays-Bas ? Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte évoquait jeudi soir sur Twitter des « actions dangereuses » auxquelles il demandait aux agriculteurs de « mettre fin ».

    Les actions des agriculteurs ont en effet pris une nouvelle tournure ces derniers jours : jeudi ils ont bloqué des routes importantes du centre et de l’est du pays avec des ballots de foin enflammés, du sable, du fumier mais aussi des déchets. https://www.rtbf.be/article/plan-azote-aux-pays-bas-les-agriculteurs-toujours-en-colere-bloquent-une-autoro. Dont des déchets amiantés.


    La présence d’amiante et le risque accru d’accident pour les automobilistes ont mené le Premier ministre néerlandais à commenter, sur Twitter : « les manifestations d’un petit groupe d’agriculteurs sur les autoroutes hier et ce matin sont inacceptables. Mettre sauvagement les autres en danger, endommager nos infrastructures et menacer les gens qui aident à déblayer est au-delà de toutes les limites ». Mark Rutte poursuit : « ces actions dangereuses doivent s’arrêter. Il y a de nombreuses manières d’exprimer votre mécontentement dans la légalité ».

    . . . . . .

    La source de la colère : le « Plan azote » néerlandais
    La colère des agriculteurs a éclaté lorsque la Ministre chargée de la Nature et de l’azote, Christianne van der Wal, a communiqué le "plan azote" du gouvernement néerlandais.

    L’azote est un fertilisant indispensable pour les cultures : on le trouve dans le lisier et le fumier, fertilisants naturels. Ou dans les engrais chimiques, les engrais dits « azotés ». Mais épandus en trop grande quantité, l’usage de ces fertilisants en arrive à altérer la biodiversité, la qualité des eaux de rivière notamment. Et ils libèrent un gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote qui contribue au changement climatique.

    Ce sont les grandes exploitations d’élevage intensif qui sont les plus grandes émettrices d’azote, comme les grandes porcheries intensives, nombreuses aux Pays-Bas : le pays de 17 millions d’habitants compte 12 millions de porcs. Les Pays-Bas, deuxième exportateur agricole au monde après les Etats-Unis, sont un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en Europe – et d’azote en particulier.

    Le gouvernement néerlandais, par son plan, a pris la mesure du dérèglement climatique et du déclin de la biodiversité. Mais ce faisant, il impose au secteur agricole un changement drastique : réduire de 40% les émissions d’azote des fermes, ce qui impliquerait une baisse de 30% du bétail.

    La baisse des émissions doit même atteindre 70% dans 131 zones, là où les fermes se situent à proximité d’une zone classée "Natura 2000" : cette baisse revient à fermer des exploitations. D’où la colère d’un secteur déjà en mal de rentabilité et sous pression depuis des années.

    Mais cette colère prend donc une tournure qui inquiète les autorités néerlandaises.

    Sorties de route
    Ce n’est pas la première fois que les agriculteurs en manifestation épandent du fumier, font paître leurs vaches dans les parterres du parlement ou bloquent les routes avec leurs tracteurs.
    Mais le déversement actuel de détritus et d’obstacles sur les routes a déjà provoqué 4 accidents, l’un d’eux ayant coûté la vie à un motard, au mois de juin. Et il devient plus difficile de trouver une société pour déblayer des monticules, d’abord parce que certains contiennent de l’amiante, mais aussi parce que les gérants de ces sociétés appréhendent d’éventuelles répercussions de ce nettoyage : selon une enquête de la télévision néerlandaise NOS, un petit groupe d’agriculteurs radicaux se communique les numéros de téléphone des entreprises de déblaiement et multiplie les appels d’intimidations.

    Intimidation aussi de la Ministre qui a communiqué « Plan azote » gouvernemental. Un homme a été interpellé pour avoir circulé avec un camion tagué d’un message menaçant. Le message mentionnait les noms de Pim Fortuyn et de Theo van Gogh flanqués de leurs dates de mort, deux Néerlandais assassinés dans les années 2000. Et sous leurs noms, celui de la ministre avec un point d’interrogation en guise de date.
    . . . . .
    #Pays_Bas #Hollande #agriculteurs #paysans #agriculture #manifestation #pollution #police #violence #violences_policiéres #manifestations #wef #davos #répression #alimentation #globalisation_4.0 #klaus_schwab #économie

  • #Suisse : Panne momentanée des services bancaires comme Postfinance ou Twint RTS - asch
    https://www.rts.ch/info/suisse/13147816-panne-momentanee-des-services-bancaires-comme-postfinance-ou-twint.html

    De nombreuses pannes de services bancaires, paiement par carte comme services en ligne, ont été signalées dans toute la Suisse samedi à la mi-journée. Le dérangement a été de courte durée, puisqu’autour de 14h00, la situation était revenue à la normale.

    De nombreuses pannes ont été signalées dans tout la Suisse sur le site « allestörungen » https://allestörungen.ch , PostFinance, Twint et Visa en tête. Les pannes concernant UBS se concentraient avant tout en Suisse allemande.

    Les services d’UBS et de Raiffeisen ainsi que la société de crédit Visa semblaient également perturbés. Cette panne a bloqué le paiement par carte dans les commerces, les paiements en ligne et l’accès aux bancomats et à l’e-banking.

    Sur Twitter, PostFinance a informé qu’elle subissait « un dérangement technique », dont la cause est inconnue. Autour de 14h00, Postfinance a annoncé la résolution du problème.

    #banques #économie #distributeur #guichet #dématérialisation #argent #cartes_bancaires #bug

    • Echtzeit-Problem- und -Störungsüberwachung
      https://allestörungen.ch

      Wir informieren dich, wenn bei deinen Lieblingsdiensten eine Störung auftritt.

      PostFinance, Swisscom , Visa, Twint, Playstation_Network, Instagram, Sunrise_UPC, Salt, Sunrise, UBS, Whatsapp, Youtube, Call_of_Duty, Snapchat, Disney+, Raiffeisen, GMX, Twitter, Klarna, Apex Legends, EA, Quickline, Roblox, Google, The_Elder_Scrolls_Online, Kik, LinkedIn, Netflix, Fifa, Facebook, Rainbow Six, SRF, Spotify, Steam, Fortnite, Reddit, Ubisoft_Connect, Discord, Zattoo, Credit_Suisse, Gmail, GTA-5, Tinder, Twitch, Facebook_Messenger, TikTok, Valorant, Dead_By_Daylight, Hauptseite, Insights, Professionelle_Dienstleistungen, Impressum, Unternehmen, Methodik, Teste_unsere_Apps, Google_Play, App_Store, Ookla® Brands, Speedtest.net® , Soziale Medien, Twitter, Facebook, Rechtliches, Datenschutz, Zugänglichkeitserklärung, Nutzungsbedingungen, Kontakt, Allgemeine_Anfragen, Medienanfragen, Downdetector Enterprise Verkaufsanfragen

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  • Allemagne : un problème de terminal bancaire oblige des milliers de clients à payer en liquide depuis mardi r Florence Grandon - France3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/allemagne-un-probleme-de-terminal-bancaire-oblige-des-m

    Des clients qui laissent leurs courses à la caisse, la scène est récurrente dans de nombreux magasins Outre-Rhin. Depuis mardi, un problème logiciel empêche certains terminaux bancaires de fonctionner et contraint des milliers de clients à payer en liquide leurs courses.

    Samedi, jour de courses à Kehl en Allemagne pour de nombreux Strasbourgeois. Si vous êtes concernés, armez-vous de patience... et d’argent liquide. De nombreux terminaux bancaires sont hors-service depuis mardi 24 mai Outre-Rhin.

    En cause, un bug survenu après la mise à jour d’un logiciel sur certains terminaux de l’entreprise américaine Verifone. Le modèle précis touché par la panne est principalement vendu en Allemagne. D’où une panne présente presque uniquement Outre-Rhin.

    Les magasins DM, Edeka, Rossman, Aldi Nord et Netto sont concernés. Mais à Kehl, les désagréments semblent limités à quelques enseignes (Aldi Süd, le plus présent dans la région, n’est pas concerné).

    Une chaîne de droguerie concernée
    Une mère et sa fille sortent d’un DM vendredi, elles ont pu payer en carte bancaire, « après un message d’erreur à la caisse, il a fallu passer à la caisse 5, et là ça a marché normalement », expliquent-elles.

    Sabine, une cliente occasionnelle originaire de Bischheim a eu elle aussi la mauvaise surprise mercredi déjà. « Les vendeuses m’ont expliqué que le bug datait du matin-même. Il y avait une caisse où le paiement par carte restait possible. Heureusement, parce que je vais à Kehl une fois tous les deux mois faire le plein de litière pour chats, entre autre, et j’y laisse à chaque fois plus de 60 euros, et je n’ai jamais autant de liquide sur moi ! »

    Un autre client a dû attendre plus de 20 minutes, mercredi, à la caisse d’un autre DM, « parce qu’une cliente a fait une scène. Elle a reproché aux vendeuses de n’avoir pas écrit sur la porte que le terminal bancaire ne marchait pas, expliquant très énervée que retirer de l’argent lui coûterait trop cher. Elle a fini par partir en laissant ses courses », raconte Richard, lui même étonné de voir sa carte refusée. Il a cru à un problème isolé et a payé en liquide.

    Dans ce tweet : " « Vous voulez payer par carte ? Ce n’est pas possible aujourd’hui », ont du entendre certains clients d’Edeka, Rossmann and Co depuis mardi" :

    Sur le net, beaucoup d’Allemands parlent d’un « retour au Moyen-Âge », alors que traditionnellement, il y a quelques années encore, ils étaient nombreux à préférer payer en liquide. Lors du passage à l’euro en 2002, le billet de 500 euros avait été édité d’abord à la demande de l’Allemagne. Mais la pandémie a accéléré d’un coup les contacts « sans liquide » (bargeldlos). Une solution digitale reste encore possible : le paiement par QR Code, qui n’a pas besoin de s’effectuer via ces terminaux.

    Tweet mi-énervé, mi-amusé de Landgans : « c’est sûr que c’est bête quand on n’arrive pas à payer avec sa carte. Mais c’est encore plus bête, quand le distributeur automatique de province est en réparation jusque mi-juin. » :

    L’entreprise Verifone a demandé aux commerçants de laisser les terminaux branchés sans les éteindre pour éviter la mise à jour automatique. Elle va essayer d’organiser au plus vite un échange d’appareil pour aider ses clients à sortir de ce problème. Mais une solution immédiate et générale semble impossible. Il va falloir s’armer de patience... et de liquide donc, c’est plus sûr.

    #Allemagne #banques #économie #distributeur #guichet #dématérialisation #argent #cartes_bancaires #bug

    • Ca ne doit pas trop les déranger.
      Car contrairement à la France, où ne peut pas se passer les CashPay, sans contact, CB, VIsa et autres moyens de paiements, les allemands utilisent bcp l’argent liquide.
      Il est tres commun de remettre un billet de 200 euros à la caisse d’un supermarché. Tout le monde a plein de liquide sur lui. C’était les premiers opposants à la suppression du billet de 500.

      Communément, un distributeur auquel tu demandes 50 euros va te donner 1 billet de 50 en Allemagne, tandis qu’en France, ca sera des plus petites coupures. C’est pour illustrer comme ils trouvent cela normal d’avoir des grosses sommes sur eux.

    • Voici une série des entrées détaillés sur Twitter concernant des problèmes de #certificat, ainsi que des remarques sarcastiques sur des considérations #conspirationnistes, que ce soit en rapport avec la guerre en Ukraine ou d’autres spéculations.

      Au temps où les #psyops pullulent, un dysfonctionnement aussi grave entraîne inévitablement des #rumeurs, d’autant plus s’il n’y a pas des réactions compétentes (au contraire !) de la part des #médias pour éclaircir de manière satisfaisante les faits concernants.

      https://twitter.com/jwildeboer/status/1530227390286290944

      https://threadreaderapp.com/thread/1530227390286290944

      “One single type of #payment terminal (the Verifone H5000), a rather old platform, officially announced End of Life 2018 with some sort of support until 2023, brought down big parts of card payment all over Germany as one of the embedded certificates expired unnoticed on Tuesday. ...”

  • Goldman Sachs donne un coup de fouet à son activité en France Le Figagaro - Danièle Guinot
    https://www.lefigaro.fr/societes/goldman-sachs-donne-un-coup-de-fouet-a-son-activite-en-france-20220516

    La banque américaine a fait de Paris l’un de ses hubs paneuropéens. Elle a multiplié par quatre ses effectifs et emménage dans un nouvel immeuble.

    Goldman Sachs ouvre un nouveau chapitre de son histoire à Paris. La banque américaine aménage ce lundi dans un nouvel immeuble entièrement rénové avenue Marceau, à quelques mètres seulement de la place de l’Étoile et de l’Arc de triomphe. Ces locaux luxueux de 9 000 m2 sur six étages, bien plus vastes que les précédents, symbolisent les nouvelles ambitions de la firme en France, où elle a ouvert son premier bureau il y a trente-cinq ans. « Cet espace s’inscrit dans la stratégie du groupe d’accroître sa présence en France et en Europe », souligne la banque d’affaires. En quelques années, elle aura multiplié par quatre ses effectifs parisiens, passant d’une centaine de personnes en 2015 à plus de 400 dans les prochains mois. Les rangs pourraient continuer à s’étoffer, car le nouvel immeuble peut accueillir jusqu’à 500 banquiers.


    . . . . .
    La suite, payante.

    #Goldman_Sachs #EnMarche vers l’#Argent des #retraites françaises #Paris #finance #banques #économie #ue #capitalisme #dette #europe #banksters #economie #bce #multinationales #lobbying #international

  • #Vomir #Canada : D’ici 2028, les vaches laitières devraient pouvoir mettre bas sans être enchaînées Julie Vaillancourt - Radio Canada
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1871152/vaches-laitieres-enchainees-agriculture

    Au Canada, la majorité des vaches laitières sont élevées en stabulation entravée, ce qui implique qu’elles mettent souvent bas, enchaînées, dans des stalles trop petites pour elles. Ça pourrait changer : les experts recommandent maintenant de leur donner plus de liberté de mouvement pour améliorer leur bien-être.


    Il manque d’espace dans les stalles régulières pour que les vaches mettent bas à leur aise. Photo : Radio-Canada

    La scène est désolante aux yeux du profane : une vache, la chaîne au cou, qui met bas dans sa stalle, souvent trop petite pour lui permettre de se mouvoir avec agilité. L’animal tente de se retourner pour voir son veau, mais son carcan métallique l’entrave partiellement ; le producteur laitier doit apporter le nouveau-né en face de sa mangeoire pour que la vache puisse enfin le lécher.

    Une action plus fréquente au Québec qu’ailleurs au Canada, car c’est dans la province qu’on retrouve le plus de fermes en stabulation entravée, un système où chaque vache garde toute sa vie une place fixe dans l’étable, enchaînée à une barre d’attache.


    Un des principes les plus importants, pour le vétérinaire Edwin Quigley, est que les vaches doivent faire le plus possible d’exercice. Photo : Radio-Canada

    Pour le vétérinaire Edwin Quigley, qui pratique dans la région de Chaudière-Appalaches, le fait que 72 % des vaches de la province vivent ainsi (contrairement à la moyenne canadienne de 44 %) est consternant. “Des vaches attachées dans un espace de quatre pieds par six à l’année longue et qui ne changent pas de place, il manque quelque chose.”

    Ce “quelque chose”, c’est la liberté de mouvement, beaucoup plus présente en stabulation libre, une façon d’élever les bovins laitiers dans des espaces à aire ouverte. Avec ce modèle, les vaches disposent de logettes individuelles où elles vont manger ou se reposer à leur guise, sans jamais être immobilisées de force.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en stabulation entravée, la prévalence de blessures aux jarrets chez l’animal est de 56 % comparativement à 47 % en stabulation libre, de 43 % pour les blessures aux genoux comparativement à 24 % en stabulation libre.

    Conséquence, entre autres, d’une surface de couchage souvent trop abrasive en comparaison avec la litière de plus de 15 centimètres d’épaisseur qu’on retrouve régulièrement dans les étables en stabulation libre.

    Quant aux 33 % de blessures au cou en stabulation entravée, elles trouvent évidemment leur source dans le port constant de la chaîne.


    Au Canada, les vaches qui passent leur vie dans des stalles entravées ont plus de blessures qu’avec d’autres systèmes d’élevage. Photo : Radio-Canada

    Le “Code de pratique pour le soin et la manipulation des bovins laitiers”, un outil de référence à l’intention des producteurs laitiers canadiens, est actuellement en révision, puisque la dernière mouture date de 2009.

    Nous avons obtenu la version préliminaire du nouveau code, dont l’élaboration sera terminée d’ici la fin de l’année. Elle propose dorénavant de loger les vaches laitières au pâturage ou en stabulation libre afin qu’elles aient la possibilité de se mouvoir davantage. Quant au vêlage, les producteurs devraient obligatoirement permettre aux vaches de mettre bas en stabulation libre d’ici 2028, s’il n’en tient qu’aux experts canadiens qui se penchent présentement sur la question.

    https://fr.scribd.com/document/566235947/Code-de-pratique-pour-le-soin-et-la-manipulation-des-bovins-laitiers#down

    Ce serait la moindre des choses aux yeux d’Edwin Quigley, qui supervise présentement l’agrandissement de l’étable d’un de ses clients, Dave Kelly, un producteur laitier de Saint-Nazaire-de-Dorchester, dans la région de Chaudière-Appalaches.


    Dave Kelly, producteur laitier, veut améliorer le bien-être de ses vaches et collabore avec son vétérinaire pour changer les choses. Photo : Radio-Canada

    M. Kelly tente d’améliorer le bien-être de ses vaches à la mesure de ses moyens. “Il y a des gens qui pensent qu’on utilise les vaches comme des machines, moi, je ne suis pas d’accord avec ça, mais il faut qu’elles soient bien dans ce qu’elles ont à faire, c’est important.”

    Au programme chez lui, des travaux de construction pour bâtir une section où ses vaches pourront mettre bas en stabulation libre : un enclos de groupe où les vaches auront le loisir de bouger à leur guise pendant le vêlage sans être gênées par l’étroitesse de leurs stalles ou, pire encore, leurs chaînes.


    En stabulation, la litière disposée sur le sol rend la surface plus confortable et aide à éviter l’abrasion. Photo : Radio-Canada

    Un virage pris par de plus en plus de producteurs laitiers du Québec qui, massivement, convertissent leurs troupeaux à l’élevage en stabulation libre pour l’ensemble de leurs opérations, et non uniquement le vêlage. “On fait du rattrapage, soutient Daniel Gobeil, président des Producteurs de lait du Québec.”

    “Des vaches attachées toute leur vie, on tend à éliminer ces pratiques-là. On est à la croisée des chemins en termes de bien-être animal”, conclut-il.

    #chaînes #beurk #boycott #alimentation #sirop_d'érable #assiette #malbouffe #agriculture #élevage #élevage #alimentation #vaches #viande #agrobusiness #lait #agro-industrie #quelle_agriculture_pour_demain_ #violence #torture #capitalisme

    • Monsieur trudeau, vous êtes une honte pour la démocratie ! Veuillez nous épargner votre présence Christine Anderson, députée européenne (Allemande) au Parlement européen

      Après parlé avec des parlementaires européens lors de sa visite officielle de deux jours à Bruxelles, la parole a été donnée à la députée allemande Christine Anderson qui a interpellé le Premier ministre canadien, disant qu’il ne devrait pas pouvoir s’exprimer au Parlement européen.

      Anderson a accusé Trudeau d’admirer ouvertement la dictature de base chinoise et a appelé le Premier ministre pour avoir piétiné “les droits fondamentaux en persécutant et en criminalisant ses propres citoyens en tant terroristes simplement parce qu’ils osent s’opposer à son concept pervers de démocratie”.

      le Canada est passé du statut de symbole du monde moderne à celui de « symbole de la violation des droits civils » sous la « chaussure semi-libérale » de Trudeau.

      Elle a terminé son discours en disant à Trudeau qu’il était « une honte pour toute démocratie. Veuillez nous épargner votre présence.
      https://www.youtube.com/watch?v=vtnfcVAZB6I


      Le député croate Mislav Kolakusic a également dénoncé Trudeau pour avoir violé les droits civils des Canadiens qui ont participé aux manifestations du « Freedom Convoy ». Lors de son propre discours cinglant devant ses collègues parlementaires européens, Kolakusic a déclaré à Trudeau que ses actions en promulguant la loi sur les urgences étaient « une dictature de la pire espèce ».
      Trudeau s’est assis et a écouté Kolakusic informer le premier ministre que de nombreux Européens l’ont vu « piétiner des femmes avec des chevaux » et bloquer « les comptes bancaires de parents célibataires ».
      L’eurodéputé roumain Christian Terhes a également refusé d’assister au discours de Trudeau aux autres membres de l’UE.

      Source :
      https://thecanadian.news/vous-etes-une-honte-un-depute-allemand-interpelle-trudeau-en-face-lors
      https://twitter.com/lemairejeancha2/status/1507033759278940161
      https://vk.com/wall551774088_43985?z=video640533946_456239116%2Fa7ea5429d710b84557%2Fpl_post_55

      NDR Cette députée allemande est de droite, mais la vérité ne fait pas de politique.

       #canada #justin_trudeau #trudeau la #violence #contrôle_social #police #dictature #violences_policières #violence_policière #répression #violence #maintien_de_l'ordre #brutalité_policière #manifestation #violences_policieres

    • Salaire mirobolant et logement de fonction : le train de vie princier du directeur du Fresnoy à Tourcoing Pierre Leibovici
      https://www.mediacites.fr/lu-pour-vous/lille/2022/03/24/salaire-mirobolant-et-logement-de-fonction-le-train-de-vie-princier-du-di

      Les angles morts, Quelques obscurcissements, Prolongations… Le titre de ces romans signés Alain Fleischer était-il prémonitoire ? Il résonne en tout cas avec le rapport publié, vendredi 18 mars, par la Chambre régionale des comptes des Hauts-de-France sur l’association Le Fresnoy — Studio national des arts contemporains, dont il est le directeur.


      Ouvert au public en 1997, l’imposant bâtiment du Fresnoy, situé dans le quartier du Blanc Seau à Tourcoing, abrite une école supérieure d’art ainsi qu’un lieu de représentation et de production (cinéma, danse, photo, arts numériques). L’établissement, imaginé dès 1987 par l’artiste Alain Fleischer à la demande du ministère de la Culture, est aujourd’hui mondialement reconnu. Trente-cinq ans plus tard, et malgré son âge de 78 ans, il n’a toujours pas lâché le bébé.

      Un salaire brut de 91 000 euros
      « Le cinéaste », « l’auteur », « le photographe, le plasticien » : le parcours d’Alain Fleischer est fièrement détaillé sur le site Internet du Fresnoy, qui lui consacre une page entière. « L’ambassadeur du Fresnoy », ajoute la Chambre régionale des comptes dans son rapport : « il en est pilote stratégique, notamment pour l’évolution vers le projet de StudioLab international [un programme de collaboration entre artistes et scientifiques], il initie les grands partenariats et exerce les fonctions de responsable pédagogique ».

      « Le montant de sa rémunération ne s’appuie pas sur son contrat de travail »
      Pour remplir ces missions, Alain Fleischer bénéficie d’un confortable salaire de 91 000 euros bruts par an, soit 7 600 euros bruts par mois. Un montant stable sur la période allant de 2016 à 2019, sur laquelle se sont penchés les magistrats financiers, mais qui interroge : « le montant de sa rémunération ne s’appuie sur aucun élément présent dans son contrat de travail qui date de plus de 30 ans, pas plus que des avenants ultérieurs dont le dernier date, en tout état de cause, de 2002 ». La Chambre demande donc instamment une révision du contrat de travail du directeur et sa validation par le conseil d’administration de l’association.

      Un immeuble pour logement de fonction
      Dans la suite de leur rapport, les magistrats recommandent aussi que le conseil d’administration valide la mise à disposition d’un logement de fonction pour Alain Fleischer. Ou plutôt d’un « immeuble d’habitation », peut-on lire sans plus de précisions. Ce bâtiment, ainsi qu’un autre d’une surface de 11 000 m2, est la propriété de la région Hauts-de-France, principal financeur du Fresnoy.

      Quelle est la valeur de l’avantage en nature consenti à l’association et à son directeur ? Difficile à dire : la dernière évaluation, réalisée en 2002, tablait sur un coût de 455 823 euros par an. Un montant sans doute bien plus élevé vingt ans plus tard, d’autant que la région prend à sa charge les travaux et la majeure partie de l’entretien des bâtiments. « Une réévaluation de la valeur de ces biens immobiliers qui figurent dans les comptes de l’association serait nécessaire », acte la Chambre régionale des comptes.

      Gouvernance à clarifier
      Autre recommandation adressée au studio d’art contemporain : la clarification de la gouvernance de l’association. À l’heure actuelle, un conseil d’administration cohabite avec une assemblée générale. Mais les deux instances, dont les missions diffèrent, sont composées des mêmes membres : 10 membres de droit et 14 personnalités qualifiées. Pour mettre fin à cette « confusion », les magistrats appellent donc l’association à revoir ses statuts.

      Cette dernière recommandation vaut aussi pour la rémunération de certains membres du conseil d’administration. Car, d’après la Chambre régionale des comptes, « des membres du conseil d’administration, du fait de leurs fonctions et qualités professionnelles et artistiques, peuvent être amenés à remplir le rôle de commissaire de certaines expositions du Fresnoy ou à effectuer des missions de représentation, donnant lieu à versement d’émoluments ». Et de conclure, en des termes toujours policés, que l’association devrait réviser ses statuts « par souci de sécurité juridique ».

      Sollicité à l’issue de l’audit des magistrats financiers, le président de l’association, Bruno Racine, s’est engagé à suivre toutes leurs recommandations et à mettre à jour les statuts dans un délai de six mois. « Cette révision permettra de préciser les modalités de recrutement du directeur », a-t-il affirmé. Écrivain et haut-fonctionnaire, aujourd’hui âgé de 70 ans, Bruno Racine a toutes les raisons de prêter attention aux recommandations de la Chambre régionale des comptes : il a un temps été conseiller-maître à la Cour des comptes.

      #Fresnoy #Tourcoing #argent #fric #art #art_press #claude_leveque @legrandmix #art_contemporain pour #bobo #ruissèlement #ruissellement #photographie #guerre_aux_pauvres

    • Énergie : au Royaume-Uni, même les pommes de terre deviennent trop chères LePoint.fr
      https://www.msn.com/fr-fr/finance/other/%C3%A9nergie-au-royaume-uni-m%C3%AAme-les-pommes-de-terre-deviennent-trop-ch%C3%A8res/ar-AAVqibD?ocid=msedgdhp&pc=U531#

      Durant des siècles, les pommes de terre ont été, par excellence, l’aliment de base des populations pauvres. Faciles à cultiver, peu chères à l’achat et nourrissantes, elles étaient l’élément de base ? sinon le seul - de populations entières. À tel point qu’au XIXe siècle, l’apparition du mildiou en Irlande ? une maladie qui anéantit presque totalement la culture de la pomme de terre ? provoqua une famine ? et la mort de près d’un million de personnes.

      Par les temps qui courent, cependant, la pomme de terre semble perdre son avantage auprès des populations dans le besoin. En effet, selon The Guardian, https://www.theguardian.com/business/2022/mar/23/food-bank-users-declining-potatoes-as-cooking-costs-too-high-says-icela de plus en plus de personnes ayant recours aux banques alimentaires refusent les pommes de terre, ne pouvant se permettre la dépense énergétique nécessaire à la longue cuisson de ces dernières.

      Une inflation record en 30 ans
      « C’est incroyablement inquiétant », a expliqué le gérant d’une chaîne de supermarchés low cost sur la BBC. « Nous entendons parler de certains utilisateurs de banques alimentaires qui refusent des produits tels que les pommes de terre et d’autres légumes-racines parce qu’ils n’ont pas les moyens de les faire bouillir », détaille-t-il, parlant de « la crise du coût de la vie » comme du « plus important problème intérieur » au Royaume-Uni.

      Outre-Manche, le coût de la vie continue d’augmenter rapidement, rapporte The Guardian. L’inflation a atteint 6,2 % en février, selon les chiffres de l’Office for National Statistics, une première depuis trente ans. Elle est alimentée par la hausse du coût de l’essence et du diesel et d’un large éventail de produits de nourriture aux jouets et jeux. En 2021, l’inflation spécifique aux produits alimentaires a été de 5,1 % au Royaume-Uni.

      #pauvreté #prix de l’#énergie #spéculation #capitalisme #marché_libre-et_non_faussé #électricité #spéculation #alimentation #banques_alimentaires #pommes_de_terre

  • Poutine le tchékiste - AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2022/02/28/poutine-le-tchekiste

    Par Emmanuel Droit HISTORIEN

    Pour s’extraire des explications qui attribuent l’invasion de l’Ukraine à la « folie » de Vladimir Poutine, il apparaît essentiel, si nous voulons comprendre son action, de la réinscrire dans un éthos profondément imprégné par le tchékisme, une idéologie de l’action, de la discipline et du service de l’État qui s’enracine dans l’expérience de la guerre civile de la Russie post-tsariste.

    Au moment où une large partie du champ politico-médiatique se penche sur la psychologie de Vladimir Poutine et avance la thèse de la folie (de Libération au Un en passant par le premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui parle de « folie des grandeurs ») pour expliquer l’invasion de l’Ukraine, il me paraît essentiel, pour sortir de l’aporie des explications psychologisantes, de mettre en avant son habitus tchékiste – ce que la journaliste Anna Politkovsakaïa, assassinée en 2006, qualifiait de style du « monologue de type militaire ».

    Sans tomber évidemment dans l’excès inverse de surdéterminer la trajectoire existentielle de Poutine en le présentant comme un simple produit idéologique de la défunte Union soviétique, une possible clé de compréhension de son action réside dans son ancrage dans un éthos idéologique qui a constitué la colonne vertébrale des services de sécurité soviétique depuis la naissance de la Tchéka en 1917, à savoir le tchékisme.

    Qu’est-ce que le tchékisme ?
    Le tchékisme est une idéologie de l’action, de la discipline et du service de l’État qui s’enracine historiquement dans l’expérience fondatrice de la guerre civile qui ravagea la Russie post-tsariste. Il est l’enfant d’une violence politique rapidement transformée en socle de valeurs d’ordre, de morale, de sécurité et en une culture mémorielle héroïsant la figure du fondateur de la Tchéka Félix Dzerjinski qui de santé fragile mourut d’épuisement en 1926.

    Cette matrice tchékiste née dans les entrailles de la Révolution bolchévique fut ensuite transférée après 1945 dans les démocraties populaires sous la forme d’un éthos socio-professionnel commun qui servit notamment d’idéologie de remplacement en RDA au patriotisme. Elle peut se résumer d’une formule qu’on prête à Djerzinski selon laquelle un tchékiste, c’est un « homme à la tête froide, au cœur chaud et aux mains propres ».

    Ce portrait idéal d’une figure de la vérité et de l’action se doit de garder les « mains propres ». C’était une manière, à l’époque communiste, d’évacuer complètement à travers cette formule euphémisée la terreur de masse dont les premiers tchékistes soviétiques furent les agents et qui fut appliquée à une moindre échelle en Europe centrale et orientale entre 1945 et le début des années 1950.

    Le tchékiste est donc un officier de police incorruptible, discipliné, de grande valeur, rayonnant dans sa pureté idéologique et agissant pour la sécurité de l’État. Or, Vladimir Poutine fut un tchékiste et le resta au-delà du traumatisme de l’effondrement de la RDA, dont il fut un témoin privilégié alors qu’il était en poste à Dresde en novembre 1989.

    L’habitus tchékiste de Poutine
    L’histoire de Vladimir Poutine est donc inextricablement liée à celle de l’URSS et de la police politique. Cette part de tchékisme, qu’il ne faut pas confondre avec une quelconque nostalgie du communisme de type soviétique, Poutine l’a mise en avant dès les premiers mois qui suivirent sa nomination comme premier ministre à la fin des années 1990. Lorsqu’il déclencha la seconde Guerre de Tchétchénie en manipulant une prétendue attaque terroriste et qu’il endossa pour la première fois les habits du chef de guerre, son recours à un langage direct, pour ne pas dire crû – il promettait en 1999 d’aller « buter les terroristes jusque dans les chiottes » – relève de cet éthos tchékiste : un tchékiste n’est pas un homme politique qui négocie, un tchékiste agit.

    Depuis une vingtaine d’années, Poutine n’a cessé de développer un intérêt particulier pour la réécriture de l’histoire russe, au sein de laquelle le tchékisme occupe une place de choix. Celle-ci se manifeste non seulement dans le rapport à l’Ukraine mais aussi dans cette instrumentalisation sélective de l’héritage soviétique : Poutine déteste Lénine qui est accusé d’avoir créé l’Ukraine moderne et Gorbatchev qui a contribué à détruire la puissance russe alors que dans le même temps, il encense Djerzinski et rappelle le rôle positif de Staline dans la Grande Guerre patriotique.

    Dans un premier temps, dans la nouvelle configuration post-communiste, la Tcheka, son fondateur et l’ensemble des polices politiques communistes d’Europe de l’Est firent l’objet d’une entreprise de dénonciation et de démolition la plus matérielle qui soit, symbolisée par la destruction de la statue en l’honneur de Dzerjinski devant la Loubianka en août 1991. Au tout début de la transition démocratique, l’Europe centrale et orientale tout comme l’URSS partagèrent cette ivresse de liberté et ce besoin de décoloniser l’histoire contemporaine, comme l’illustre le remarquable travail de l’ONG Mémorial, aujourd’hui dissoute par Poutine.

    Or, très rapidement, une divergence commença à se creuser, aboutissant à créer aujourd’hui un véritable fossé mémoriel, pour l’heure insurmontable, entre l’Europe post-socialiste et la Russie (à laquelle on peut ajouter la Biélorussie). Au moment où l’Europe réunifiée cherchait progressivement à faire partager les mémoires tragiques du XXe siècle en plaçant en 2009 sur un pied d’égalité l’horreur des crimes nazis et communistes, la Russie et la Biélorussie n’ont eu de cesse depuis une dizaine d’années de commémorer la figure de Dzerjinski et de promouvoir une mémoire officielle de la Tcheka. Ainsi, parallèlement à la valorisation de la Grande Guerre patriotique, Poutine contribua à mettre en place un culte des héros tchékistes destiné à surmonter le traumatisme de l’effondrement de l’État soviétique.

    Cette dissymétrie peut paraître a priori anecdotique à l’aune du basculement dans une guerre ouverte entre la Russie et l’Ukraine, mais elle illustre bien le processus de divergence à l’œuvre entre une Europe libérale et démocratique d’un côté et une Russie engagée sur la voie de l’autoritarisme et l’expansionnisme depuis le début des années 2000.

    Ainsi, le plaidoyer de l’écrivain antifasciste Jorge Semprun prononcé en avril 2005 au théâtre national de Weimar à l’occasion du 60e anniversaire de la libération du camp de concentration de Buchenwald en faveur d’un partage des mémoires tragiques semble déjà appartenir à une autre époque, celle d’une « Europe heureuse » où la convergence avec une Russie sur la voie de la démocratisation était encore envisagée et ardemment souhaitée en Occident.

    Poutine, l’entrepreneur de mémoire tchékiste
    Vladimir Poutine n’est pas seulement un tchékiste de formation. En tant que Premier ministre ou président de la Fédération de Russie, il s’est transformé en entrepreneur de la mémoire tchékiste en s’appuyant sur ce que l’on pourrait appeler un « Poutine collectif », c’est-à-dire un ensemble de collaborateurs proches qui relaient cette culture mémorielle.

    L’une de ses premières mesures en tant que chef du gouvernement fut d’avoir restauré la plaque commémorative à l’effigie de Youri Andropov dans les bâtiments centraux de la Loubianka. L’entreprise de renaissance institutionnelle du tchékisme s’accompagna d’une réhabilitation de la mémoire de Dzerjinski et de la police politique soviétique. Traumatisé par l’effondrement de l’URSS, une partie des élites politiques issues du socialisme tardif propagèrent dans les médias et sur Internet une sorte de « loi de l’histoire » : la Russie n’est forte que lorsque les services de sécurité sont puissants et centralisés. S’ils s’affaiblissent, alors c’est la survie même de la Russie qui est en jeu.

    Ce type d’arguments ne laissa pas indifférent une partie de la société post-soviétique traumatisée par les années 1990. Celle-ci était a posteriori attachée au souvenir d’un principe d’autorité qui prévalait sous le communisme et qui semblait avoir été emporté par la révolution néolibérale et capitaliste. Les paroles d’anciens citoyens soviétiques « ordinaires » tirées des bruits de la rue et des conversations de cuisine et saisies par Svletlana Alexievitch illustrent la profondeur du traumatisme de la transition socio-économique brutale et de la crise de l’État russe au début des années 1990.

    Le retour de la figure du tchékiste s’effectua selon différents canaux et dans différents champs. Les deux principaux furent sans surprise ceux de la culture (littérature et cinéma) et de la politique. Aleksander Mikhaylov, ancien chef du service de presse du FSB, écrivit des romans d’espionnage à succès vantant les exploits des espions soviétiques. Vasily Stavistky, ancien responsable des relations publiques du FSB entre 1999 et 2001, publia une série de recueils de poèmes allant jusqu’à vanter la force spirituelle des services de sécurité. La dimension spirituelle du FSB telle qu’elle était véhiculée par V. Stavitsky était en complète rupture avec le militantisme athée des tchékistes soviétiques.

    Dans le champ cinématographique, le film Countdown réalisé en 2004 par Yevgeni Lavrentyev fut tourné avec le soutien du FSB et plus précisément avec les conseils de son directeur adjoint Vladimir Anisimov. Il mettait en scène un complot visant à discréditer les services de renseignement russes dans le contexte de la seconde guerre de Tchétchénie. Suivirent d’autres films exaltant les valeurs tchékistes comme Code Apocalypse et Liquidation, sortis successivement en 2006 et 2007. Le FSB contribua aussi à produire des films documentaires mettant en avant sa capacité à démasquer les espions occidentaux. Dans Les espions, le réalisateur Marmontov mit en lumière l’activité d’espionnage des Britanniques. En 2008, Plan Caucase défendait l’idée que les États-Unis étaient derrière la première guerre de Tchétchénie.

    Sur le plan politique, Poutine a multiplié ces dernières années les gestes symboliques qui participent du discours présentant Dzerjinski comme un héros national. En septembre 2014, il a signé un décret autorisant une unité d’élite de la police de Moscou à porter le nom de Dzerjinski. Celle-ci était appelée à intervenir sur l’ensemble du territoire de la Russie et plus précisément dans le Caucase du Nord.

    Elle portait depuis 1994 le nom de Division Opérationnelle Indépendante. Ce changement symbolique était justifié par le fait que le nom de Dzerjinski était associé à « l’héroïsme et au courage, à la force et à la bravoure démontrés par le personnel dans les combats menés pour défendre la patrie et les intérêts de l’État dans le contexte de conflits armés. » Le ministère de l’Intérieur russe Vladimir Kolokoltsev participa à la cérémonie au cours de laquelle il attacha un ruban en l’honneur de Dzerjinski sur la bannière de cette unité spéciale. Il insista dans son discours sur la continuité de l’esprit qui caractérisait cette division.

    Dans ce champ, le pouvoir est même soutenu par le parti communiste russe. En septembre 2014, à l’occasion du 137e anniversaire de la naissance de Dzerjinski, des militants avaient brièvement dressé sur la place de la Loubianka une statue en plâtre du fondateur de la Tcheka. Dès 2002, lors d’une visite dans le village natal de Dzerjinski, l’ancien chef du FSB, Nicolai Patrouchev, avait promis qu’un jour la statue de « Félix le Fer » reviendrait sur la place de la Loubianka.

    Cette « promesse » fut suivie en 2003 d’une première tentative formulée par l’ancien maire de Moscou, Youri Loujkov. Ce dernier suggéra l’organisation d’un référendum local au sujet de la réinstallation de la statue. Inquiet pour sa réélection, Loujkov espérait marquer des points au niveau de l’électorat tout en se faisant bien voir par Poutine. La tenue de la consultation fut finalement reportée sine die, dans la mesure où le Kremlin considéra à l’époque ce projet comme « inopportun ».

    Le parti communiste relança le projet de Loujkov en 2015 en démarrant une campagne de pétition en faveur de la tenue d’un référendum. Il obtint rapidement un nombre suffisant de signatures mais renonça finalement à déposer la demande auprès de la commission électorale de la ville de Moscou en raison du coût excessif de l’organisation du vote. Selon l’institut de sondage indépendant Levada, une enquête de 2015 avait montré que 51% des Moscovites étaient favorables au retour de la statue, 25% y étaient opposés et 24% n’avaient pas d’avis sur le sujet.

    Deux ans plus tard, Guennadi Ziouganov, le chef du parti communiste demanda à nouveau à Vladimir Poutine de rétablir la statue de Dzerjinski sur la place Loubianka de Moscou, arguant du rôle décisif joué par le fondateur de la police politique soviétique dans la création et l’établissement de l’URSS : « Nous sommes convaincus que le retour du monument à l’homme qui est devenu un symbole d’honnêteté et d’abnégation contribuerait à la formation de repères moraux de valeur dans notre société[1]. »

    Depuis le début de l’ère Poutine, l’État continue de commémorer le « Jour des Tchékistes » et à l’occasion du 100e anniversaire de la Tcheka, un nouvel insigne d’honneur fut même présenté sur le site internet du FSB. Une telle politique illustre la volonté du Kremlin d’établir une continuité historique entre l’URSS et la Russie post-soviétique. La Tcheka est présentée comme une institution qui a protégé les citoyens soviétiques et qui d’une certaine manière rappelle que la sécurité représente un élément clef indispensable à la continuité de l’État.

    En décidant, à l’occasion du 90e anniversaire de celui-ci en 2017, de rendre une visite « surprise » mais médiatisée à son ancien chef du renseignement soviétique en RDA, Lazar Matzeev, le message de Vladimir Poutine est clair : cet hommage vient s’inscrire dans une logique de restauration de la puissance de l’État russe, de manière à montrer que la page du « trou noir » des années 1985-2000 est définitivement tournée.

    À côté de Vladimir Poutine, l’actuel directeur du FSB, Alexandre Bortnikov, endosse publiquement l’habit d’entrepreneur de mémoire, s’inscrivant dans la tradition de Iouri Andropov consistant à défendre dans l’espace public le visage « humaniste » des services de sécurité.

    Le 19 décembre 2017, il avait donné une interview au journal Rossiïskaya Gazeta à l’occasion du centenaire des services de sécurité russes. L’entretien était intitulé « Le FSB met les points sur les i » et visait à déconstruire une série de « légendes noires ». Tout en reconnaissant les « excès » des organes de sécurité dans les années 1930, Alexandre Bortnikov entendait assumer pleinement l’héritage soviétique du renseignement russe et défendre la culture du secret : « Renoncer au terme de tchékiste, c’est comme reléguer aux oubliettes toute une génération de nos prédécesseurs. » Il construisait une ligne de continuité entre la Tcheka et le FSB en écartant l’héritage tsariste de l’Okhrana.

    Une telle posture débouche sur la production d’un discours anhistorique présentant les missions et les conditions d’exercice des services de sécurité, et surtout elle permet de souligner la nécessité de se défendre face aux opérations de déstabilisation qui seraient conduites par les services secrets étrangers. En mobilisant le thème classique de la forteresse assiégée, Alexandre Bortnikov inscrit la Russie poutinienne dans un héritage tchékiste qui lui permet de dresser un parallèle entre la période de la guerre civile au cours de laquelle des « puissances étrangères ont porté atteinte à notre Patrie » et les menaces actuelles qui pèseraient sur la sécurité russe.

    Bortnikov développait donc dans cet article un discours conspirationniste reposant sur l’idée que la « destruction de la Russie reste pour certains une idée obsessionnelle ». Il n’hésitait pas à produire un discours mensonger sur « les efforts faits par la Grande-Bretagne et les États-Unis pour pousser Hitler à étendre la guerre vers l’Est. » En insistant sur le rôle clé du FSB dans la défense des frontières, il cherchait à toucher une corde sensible de la société russe. L’expression qu’il utilise – « la frontière est sous clé » – illustre cette volonté de refonder l’identité russe post-soviétique autour d’une idéologie de la fermeture.

    La Russie post-soviétique n’est pas la seule à réhabiliter l’héritage tchékiste. La Biélorussie a conservé de nombreuses traces du passé tchékiste. Le point culminant du pays (345m de haut) porte le nom de Dzerjinski (Dzyarhzhynskaya Hara) depuis 1958 et il ne fut pas débaptisé après l’indépendance en 1991. Dans la région de Minsk, une ville continue à porter le nom de Dzerjinski tout comme une subdivision territoriale biélorusse (le raïon).

    À une cinquantaine de kilomètres de Minsk, au milieu de la forêt de pins de Naliboki, à proximité du village de Piatylavitchy qui abrite la « coopérative agricole de la patrie de Dzerjinski », le président Loukachenko a fait reconstruire de toutes pièces la demeure de la famille Dzerjinski et l’a érigée en musée. Inaugurée en octobre 2004, une semaine avec les élections présidentielles, en présence du chef du FSB Nikolaï Patrouchev, ce manoir-musée propose une version édulcorée de la vie du fondateur de la Tchéka. Djerzinski est présenté comme une source d’inspiration pour le pays, un idéaliste, un homme qui a rétabli l’ordre dans le pays et qui s’est engagé pour les millions d’enfants orphelins après la guerre civile.

    Au final, loin de sombrer dans la folie, Vladimir Poutine fait apparaître au grand jour sa véritable nature, celle d’un tchékiste décidé quoi qu’il en coûte à restaurer la puissance russe en manipulant l’histoire, en feignant de négocier et en violant le droit international de la manière la plus brutale.

    Depuis près de vingt ans, il a produit un discours politique et mémoriel valorisant l’héritage tchékiste de la Russie contemporaine en évacuant la dimension criminelle et communiste des services de sécurité.

    Aujourd’hui, avec l’invasion de l’Ukraine, Poutine agit comme un tchékiste et justifie cette action comme un tchékiste. Ce que l’on perçoit comme une perte de contact avec la réalité – les références à un génocide ou au nazisme pour discréditer les responsables politiques ukrainiens – n’est en fait que l’expression de cette culture tchékiste du repli sur soi, de l’action militaire et d’un vaste complot destiné à menacer la Russie.

    Emmanuel Droit
    HISTORIEN, PROFESSEUR D’HISTOIRE CONTEMPORAINE À SCIENCES PO STRASBOURG

  • 90 Years Ago: The End of German Hyperinflation | Mises Institute
    https://mises.org/library/90-years-ago-end-german-hyperinflation

    11/15/2013Thorsten Polleit
    On 15 November 1923 decisive steps were taken to end the nightmare of hyperinflation in the Weimar Republic: The Reichsbank, the German central bank, stopped monetizing government debt, and a new means of exchange, the Rentenmark, was issued next to the Papermark (in German: Papiermark). These measures succeeded in halting hyperinflation, but the purchasing power of the Papermark was completely ruined. To understand how and why this could happen, one has to take a look at the time shortly before the outbreak of World War I.

    Since 1871, the mark had been the official money in the Deutsches Reich. With the outbreak of World War I, the gold redeemability of the Reichsmark was suspended on 4 August 1914. The gold-backed Reichsmark (or “Goldmark,” as it was referred to from 1914) became the unbacked Papermark. Initially, the Reich financed its war outlays in large part through issuing debt. Total public debt rose from 5.2bn Papermark in 1914 to 105.3bn in 1918.1 In 1914, the quantity of Papermark was 5.9 billion, in 1918 it stood at 32.9 billion. From August 1914 to November 1918, wholesale prices in the Reich had risen 115 percent, and the purchasing power of the Papermark had fallen by more than half. In the same period, the exchange rate of the Papermark depreciated 84 percent against the US dollar.

    The new Weimar Republic faced tremendous economic and political challenges. In 1920, industrial production was 61 percent of the level seen in 1913, and in 1923 it had fallen further to 54 percent. The land losses following the Versailles Treaty had weakened the Reich’s productive capacity substantially: the Reich lost around 13 percent of its former land mass, and around 10 percent of the German population was now living outside its borders. In addition, Germany had to make reparation payments. Most important, however, the new and fledgling democratic governments wanted to cater as best as possible to the wishes of their voters. As tax revenues were insufficient to finance these outlays, the Reichsbank started running the printing press.

    From April 1920 to March 1921, the ratio of tax revenues to spending amounted to just 37 percent. Thereafter, the situation improved somewhat and in June 1922, taxes relative to total spending even reached 75 percent. Then things turned ugly. Toward the end of 1922, Germany was accused of having failed to deliver its reparation payments on time. To back their claim, French and Belgian troops invaded and occupied the Ruhrgebiet, the Reich’s industrial heartland, at the beginning of January 1923. The German government under chancellor Wilhelm Kuno called upon Ruhrgebiet workers to resist any orders from the invaders, promising the Reich would keep paying their wages. The Reichsbank began printing up new money by monetizing debt to keep the government liquid for making up tax-shortfalls and paying wages, social transfers, and subsidies.

    From May 1923 on, the quantity of Papermark started spinning out of control. It rose from 8.610 billion in May to 17.340 billion in April, and further to 669.703 billion in August, reaching 400 quintillion (that is 400 x 1018) in November 1923.2 Wholesale prices skyrocketed to astronomical levels, rising by 1.813 percent from the end of 1919 to November 1923. At the end of World War I in 1918 you could have bought 500 billion eggs for the same money you would have to spend five years later for just one egg. Through November 1923, the price of the US dollar in terms of Papermark had risen by 8.912 percent. The Papermark had actually sunken to scrap value.

    With the collapse of the currency, unemployment was on the rise. Since the end of the war, unemployment had remained fairly low — given that the Weimar governments had kept the economy going by vigorous deficit spending and money printing. At the end of 1919, the unemployment rate stood at 2.9 percent, in 1920 at 4.1 percent, 1921 at 1.6 percent and 1922 at 2.8 percent. With the dying of the Papermark, though, the unemployment rate reached 19.1 percent in October, 23.4 percent in November, and 28.2 percent in December. Hyperinflation had impoverished the great majority of the German population, especially the middle class. People suffered from food shortages and cold. Political extremism was on the rise.

    The central problem for sorting out the monetary mess was the Reichsbank itself. The term of its president, Rudolf E. A. Havenstein, was for life, and he was literally unstoppable: under Havenstein, the Reichsbank kept issuing ever greater amounts of Papiermark for keeping the Reich financially afloat. Then, on 15 November 1923, the Reichsbank was made to stop monetizing government debt and issuing new money. At the same time, it was decided to make one trillion Papermark (a number with twelve zeros: 1,000,000,000,000) equal to one Rentenmark. On 20 November 1923, Havenstein died, all of a sudden, through a heart attack. That same day, Hjalmar Schacht, who would become Reichsbank president in December, took action and stabilized the Papermark against the US dollar: the Reichsbank, and through foreign exchange market interventions, made 4.2 trillion Papermark equal to one US Dollar. And as one trillion Papermark was equal to one Rentenmark, the exchange rate was 4.2 Rentenmark for one US dollar. This was exactly the exchange rate that had prevailed between the Reichsmark and the US dollar before World War I. The “miracle of the Rentenmark” marked the end of hyperinflation.3

    How could such a monetary disaster happen in a civilized and advanced society, leading to the total destruction of the currency? Many explanations have been put forward. It has been argued that, for instance, that reparation payments, chronic balance of payment deficits, and even the depreciation of the Papermark in the foreign exchange markets had actually caused the demise of the German currency. However, these explanations are not convincing, as the German economist Hans F. Sennholz explains: “[E]very mark was printed by Germans and issued by a central bank that was governed by Germans under a government that was purely German. It was German political parties, such as the Socialists, the Catholic Centre Party, and the Democrats, forming various coalition governments that were solely responsible for the policies they conducted. Of course, admission of responsibility for any calamity cannot be expected from any political party.”4 Indeed, the German hyperinflation was manmade, it was the result of a deliberate political decision to increase the quantity of money de facto without any limit.

    What are the lessons to be learned from the German hyperinflation? The first lesson is that even a politically independent central bank does not provide a reliable protection against the destruction of (paper) money. The Reichsbank had been made politically independent as early as 1922; actually on behalf of the allied forces, as a service rendered in return for a temporary deferment of reparation payments. Still, the Reichsbank council decided for hyperinflating the currency. Seeing that the Reich had to increasingly rely on Reichsbank credit to stay afloat, the council of the Reichsbank decided to provide unlimited amounts of money in such an “existential political crisis.” Of course, the credit appetite of the Weimar politicians turned out to be unlimited.

    The second lesson is that fiat paper money won’t work. Hjalmar Schacht, in his 1953 biography, noted: “The introduction of the banknote of state paper money was only possible as the state or the central bank promised to redeem the paper money note at any one time in gold. Ensuring the possibility for redeeming in gold at any one time must be the endeavor of all issuers of paper money.”5 Schacht’s words harbor a central economic insight: Unbacked paper money is political money and as such it is a disruptive element in a system of free markets. The representatives of the Austrian School of economics pointed this out a long time ago.

    Paper money, produced “ex nihilo” and injected into the economy through bank credit, is not only chronically inflationary, it also causes malinvestment, “boom-and-bust” cycles, and brings about a situation of over-indebtedness. Once governments and banks in particular start faltering under their debt load and, as a result, the economy is in danger of contracting, the printing up of additional money appears all too easily to be a policy of choosing the lesser evil to escape the problems that have been caused by credit-produced paper money in the first place. Looking at the world today — in which many economies have been using credit-produced paper monies for decades and where debt loads are overwhelmingly high, the current challenges are in a sense quite similar to those prevailing in the Weimar Republic more than 90 years ago. Now as then, a reform of the monetary order is badly needed; and the sooner the challenge of monetary reform is taken on, the smaller will be the costs of adjustment.

    1.See here and in the following H. James, “Die Reichbank 1876 bis 1945,” in: Fünfzig Jahre Deutsche Mark, Notenbank und Währung in Deutschland seit 1948, Deutsche Bundesbank, ed. (München: Verlag C. H. Beck, 1998), pp. 29 – 89, esp. pp. 46 – 54; C. Bresciani-Turroni, The Economics of Inflation, A Study of Currency Depreciation in Post-War Germany (Northampton: John Dickens & Co., 1968 [1931]); also F.D. Graham, Exchange, Prices, And Production in Hyper-Inflation: Germany, 1920 – 1923 (New York: Russell & Russell, 1967 [1930]).
    2.To be sure: It is a “400” with 18 zeros: 400,000,000,000,000,000,000. In American and French nomenclature, it is “quintillion,” in English and German nomenclature one would speak of “trillion,” or a “thousand billion” times 1,000. In this article, the American nomenclature will be used throughout.
    3.For further details see Bresciani-Turroni, Economics of Inflation, chap. IX, pp. 334–358.
    4.H.S. Sennholz, Age of Inflation (Belmont, Mass.: Western Islands, 1979), p. 80.
    5.H. Schacht, 76 Jahre meines Lebens (Kindler und Schiermeyer Verlag, Bad Wörishofen, 1953), pp. 207-208. My translation.
    Author:
    Thorsten Polleit

    Dr. Thorsten Polleit is Chief Economist of Degussa and Honorary Professor at the University of Bayreuth. He also acts as an investment advisor.

    #Allemagne #histoire #finance #nazis #banques #néolibéralisme

  • Le mythe Hjalmar Schacht | L’histoire contemporaine à l’ère numérique
    https://histnum.hypotheses.org/2360

    « Hjalmar Schacht, le banquier d’Adolf Hitler, était un génie », 20minutes.fr, interview de l’économiste Jean-François Bouchard, propos recueillis par Céline Boff1.
    http://m.20minutes.fr/economie/1563175-hjalmar-schacht-banquier-adolf-hitler-genie


    Hitler et Schacht pour l’inauguration des travaux du nouveau bâtiment de la Reichsbank

    À l’occasion de la parution d’un livre sur Hjalmar Schacht, 20minutes.fr a publié une interview de son auteaur, Jean-François Bouchard. Le contenu de cette interview montre que – sans préjuger de ce qu’il y a dans le livre de Bouchard, que je n’ai pu encore lire – l’auteur cède à une forme de mythe – « Schacht, génie des finances » -, sans se soucier d’aucune sorte de sources primaires ou des ouvrages précédemment publiés sur Schacht.

    Voici une revue des éléments les plus contestables de cette interview, sur la base de la biographie de Schacht que j’ai publiée en 20093.

    Petit rappel sur Hjalmar Schacht
    Hjalmar Schacht est un banquier privé puis un banquier central qui a occupé des postes importants pendant l’entre-deux-guerres en Allemagne : commissaire à la monnaie du Reich (1923), président de la Reichsbank (la banque centrale allemande jusqu’en 1945) de 1924 à 1930 sous la République de Weimar puis de 1933 à 1939 sous le IIIe Reich et enfin ministre de l’Économie d’Hitler de 1934 à 1937. Arrêté à la suite du complot manqué contre Hitler en juillet 1944, puis maintenu en détention par les Alliés, il est jugé et relaxé par le tribunal militaire international de Nuremberg puis passe au travers de longues procédures de dénazification. Après 1950, il fonde une banque d’investissement, exerce des fonctions de conseillers (dont l’Iran, évoquée dans l’interview de 20minutes.fr) et a une discrète mais réelle activité politique en Allemagne. Il meurt en 1970.

    Une iconographie de la victime

    Commençons par la photographie choisie par 20minutes.fr. Schacht, de profil, est assis sur le banc des accusés, lors d’une séance du tribunal militaire de Nuremberg à l’occasion du procès des grands criminels de guerre. On n’y voit pas les autres accusés, dont Göring, par exemple. C’est une photographie assez typique de Schacht à Nuremberg : la plupart des prises de vue du banquier central le montrent en train de se démarquer des autres accusés. Elle illustre très bien sa stratégie (réussie) de défense au procès de Nuremberg. La photo choisie par 20minutes.fr, tout comme, d’ailleurs, celle de la couverture du livre de Bouchard, est donc une accréditation implicite du discours victimaire de Schacht4, très présent dans son autobiographie5.

    Pourtant, il existe de nombreuses prises de vue où l’on voit Hjalmar Schacht et Hitler ensembles (celle que j’ai choisie pour ce billet par exemple, qui est loin d’être la moins flatteuse) rappelant qu’il a été dignitaire du régime nazi. Les photographies font montre d’un choix éditorial clair, celui de la réhabilitation d’un dignitaire du IIIe Reich.

    La non-mention de l’antisémitisme de Schacht

    Schacht, victime ? Un comble, pour un ancien ministre d’Hitler, qui, s’il n’a jamais apprécié les pires excès de la politique antisémite du régime, en a pour autant cautionné les premiers pas législatifs. Il a même été à l’initiative des lois de Nuremberg de 1935, même s’il n’en a pas maîtrisé la rédaction. Bouchard, dans cette interview – mais peut-être le fait-il dans son livre -, ne mentionne pas cet antisémitisme6.

    Pourtant, pour comprendre comment le régime nazi a pu être mis en place, analyser l’antisémitisme des conservateurs qui se sont alliés, en janvier 1933, aux nazis et aux militaires, est fondamental. Dans la mise en place du IIIe Reich, la responsabilité de ces conservateurs est gigantesque. Ils ont fait Hitler.

    Si l’on suit notamment Ian Kershaw7, la NSDAP (le parti nazi) au moment de son accession au pouvoir est un parti en perte de vitesse. Entre les élections de l’été 1932 et celles de l’automne suivant, les nazis ont perdu deux millions d’électeurs. La stratégie d’alors de von Papen, chancelier du Reich jusqu’à l’arrivée de Schleicher en décembre 1932, est de multiplier les élections pour assécher financièrement les nazis. Stratégie qui a failli marcher… jusqu’au moment où les conservateurs, dont von Papen, mécontents de Schleicher (chancelier en décembre 1932 et janvier 1933), en changent. Ce qui se joue alors dans les salons de la présidence de la République de Weimar autour du président du Reich von Hindenburg, de son fils, de von Papen et de quelques autres conservateurs et nazis et qui amène, le 30 janvier 1933, Hitler à la chancellerie est d’abord le fait des conservateurs.

    Et au cours de ce mois de janvier 1933, l’antisémitisme, parfois latent, parfois ouvert, de ces conservateurs est fondamental. S’ils n’avaient pas été antisémites, il n’y aurait pas eu mis en place d’un gouvernement dirigé par Hitler et reposant, en tout cas jusqu’en 1934, sur une alliance entre nazis, conservateurs et militaires. S’ils n’avaient pas été antisémites, s’allier aux nazis aurait été impossible.

    C’est pour cette raison que, dans ma biographie, j’ai développé ce sujet. Prenons l’exemple d’un discours d’octobre 1933 sur Martin Luther : Schacht y trace une lignée directe entre le Réformateur Martin Luther et Adolf Hitler, sur la base des deux ouvrages antisémites de Luther et d’éléments économiques. Ce discours n’a pas été commandé par les nazis, il est de l’initiative propre de Schacht. Parler du banquier central sans parler de son antisémitisme est une erreur.

    Des affirmations hasardeuses

    L’interview de Bouchard véhicule des affirmations qui sont de l’ordre du mythe et ont été démontées par les historiens depuis de nombreuses années. Un simple exemple : Schacht aurait remis sept millions de chômeurs au travail en cinq ans. C’est une affirmation lapidaire, peut étayée et qui omet de nombreux éléments.

    Cette phrase sous-entend que l’Allemagne s’est remise de ses turbulences économiques sous le IIIeReich. Le petit détail qu’omet Bouchard est que ce retour à une économie plus saine a commencé sous la République de Weimar. Si la terrible politique de déflation du chancelier Brünning (1930-1932) a obtenu des résultats très mitigés, elle a donné à ses successeurs des marges de manœuvre qui ont leur ont permis, dès décembre 1932, de commencer une politique de grands travaux et d’amorcer un recul du chômage avant l’arrivée au pouvoir de Hitler.

    Bouchard, en outre, sur-estime incroyablement le rôle de Schacht. La politique de grands travaux, qui est une continuation de celle de Weimar, et la politique de réarmement – qui repose en partie sur une politique menée sous Weimar dès ses débuts – sont d’abord des politiques nazies soutenues par l’armée. Avant le retour de Schacht à la Reichsbank, Hitler, en conseil des ministres, avait été très clair : tout pour l’armée !

    Le rôle de Schacht a néanmoins été déterminant, sur deux plans : le financement du réarmement (le rôle de la Reichsbank) et l’obtention de matières premières nécessaires à ce réarmement (le rôle conjoint de la Reichsbank et du ministère de l’Économie). Vous remarquerez que l’on parle ici de réarmement et non d’autoroutes et de barrages, contrairement à ce qui est dit dans l’interview de Bouchard qui n’évoque pas le réarmement, ce qui revient à exclure l’essentiel de l’activité économique du IIIe Reich.

    Sur le premier plan, le défi a été double : trouver de l’argent (12 milliards de Reichsmarks pour les premières années du IIIe Reich) et cacher les modalités du financement aux partenaires de l’Allemagne. La solution de ce double défi a été la création de la Metallurgische Forschungsgesellschaft mbh (MEFO Gmbh). Fondée en mai 1933, mais active seulement à partir du mois de décembre suivant, cette société au capital négligeable a émis des bons à échéance de trois mois que les entreprises participant aux grands travaux – pendant quelques semaines à la fin de 1933 – puis, surtout, au réarmement dès janvier 1934 recevaient comme paiement. On les a appelé les bons MEFO. C’est à ces bons que l’on fait souvent implicitement référence quand on parle du génie des techniques de Schacht.

    Ces bons ont été garantis par les signatures de l’État et de la Reichsbank. Une fois arrivés à échéance, les entreprises qui les avaient encaissées les apportaient à leur banque, qui était autorisée, encouragée voire forcée8 à les prendre en réserve. Ils ont été renouvelés tous les trois mois, jusqu’en 1938.

    De ces techniques « géniales », il faut dire deux choses : d’une part, elles s’insèrent dans un moment où les innovations techniques des banques centrales sont assez nombreuses9, d’autre part, ces bons ont fini par « rentrer à la maison », c’est-à-dire à la Reichsbank.

    La Reichsbank, à partir de 1938, doit accepter ces bons MEFO et délivrer des Reichsmarks en échange. On assiste alors à une explosion des réserves de la Reichsbank. Ces réserves sont des contreparties, des garanties de la monnaie en circulation : si elles augmentent, la masse monétaire aussi. Si la masse monétaire grossit trop, il y a un risque d’hyperinflation. Schacht qui a participé à la lutte contre l’hyperinflation en 1923 en a ainsi risqué une nouvelle. Ce risque est pris consciemment : dans l’esprit de Schacht, il s’agissait de forcer l’État, garant comme la Reichsbank des bons MEFO, à rembourser en prenant sur son budget. Pour Schacht, les bons MEFO étaient une anticipation sur les revenus futurs de l’État allemand, c’est-à-dire une technique dite de « pré-financement ».

    Hitler et les dignitaires nazis en ont décidé autrement. Au moment où Schacht, à l’automne 1938, pense tenir Hitler « à la gorge », le chancelier a, depuis un an, fait le choix de la guerre, ce qui peut aussi être vu comme une forme radicale de lutte contre l’inflation. Schacht doit alors quitter la Reichsbank, en janvier 1939. Bien sûr, la décision d’aller à la guerre – dont le fameux protocole Hossbach atteste qu’elle date au moins de l’automne 1937 – ne s’est pas faite en fonction des risques d’inflation, mais l’ensemble des problèmes rencontrés dans le domaine économique et financier y a participé (en plus de l’idéologie nazie, fondamentalement violente.).

    Schacht a aussi participé au réarmement en travaillant particulièrement sur l’approvisionnement en matières premières. C’est pour cela qu’il a été nommé ministre de l’Économie et mis en place le « Nouveau plan ». Les aspects financiers et monétaires de l’approvisionnement étant tellement importants, il était logique que ce soit le président de la Reichsbank qui en soit chargé. Le Nouveau plan est un ensemble pas toujours très lisible de mesures favorisant la gestion, la répartition et l’approvisionnement en matières premières, dont la rareté mettait en danger le réarmement.

    D’un point de vue extérieur, cela impliquait un usage de l’endettement externe de l’Allemagne et de traités dits de compensation commerciale (ou accords de clearing) qui incluaient de fait la création de monnaies externes, distinctes du Reichsmark officiel qui ne pouvait être converti en devises (contrôle des changes). Très complexe, d’une certaine manière très créatif, le système mis en place par Schacht et peu évoqué dans l’interview de Bouchard permet la bonne marche du réarmement et un approvisionnement correct en matières premières pour le réarmement. En jouant avec les déséquilibres commerciaux, ce système permet aussi à l’Allemagne de s’attacher commercialement une partie des pays d’Europe centrale et orientale.

    Bouchard décrit une politique heureuse et réussie qui a permis de remettre au travail sept millions d’Allemands et aurait dû faire de l’Allemagne – si elle était restée pacifique – la première puissance en 1940. Mais il oublie d’une part que la politique monétaire de Schacht et de la Reichsbank était en train de mener à une catastrophe inflationniste comme je l’ai expliqué plus haut, d’autre part que l’approvisionnement en matières premières de l’Allemagne a eu un coût que les Allemands ont dû payer.

    Ils ont dû le payer dès les années 1930. La correspondance nourrie (et hostile) entre Schacht et le ministre de l’Agriculture, Walter Darré10, nous rappelle que les Allemands ont eu faim, sous le IIIe Reich, très faim. On ne peut parler de famine, mais on peut avancer que les années 1935 et suivantes ont été marquées par une disette. Cet échange de lettres évoque des arbitrages en faveur de matières premières pour le réarmement aux dépens de la nourriture et du fourrage. Les soldats de la Reichswehr puis Wehrmacht n’étaient pas suffisamment nourris en 1935 et 1936 (pas assez de graisse, notamment). On trouve de la viande, importée en urgence du Brésil courant 1935, qui arrive « verte et puante » sur les marchés allemands. Les Berlinois ont dû se passer d’œufs pendant les jeux olympiques de 1936 pour que les étrangers présents dans la capitale à cette occasion n’en manquent pas. C’est une tout autre image de la politique économique et monétaire de Schacht qui se dessine ici, très loin du cliché du succès supposé du Nouveau Plan. Ce qui a permis au Allemands de tenir, c’est le discours nationaliste agressif du régime, la propagande.

    Enfin, le dernier point que Bouchard oublie est que le Nouveau Plan n’a pas tenu toutes ses promesses. L’économie – comme annexe de l’armée et moteur du réarmement – est coincée en 1936. D’où le fait que Göring finisse par obtenir le pouvoir dans le domaine économique et le passage du Nouveau Plan de Schacht au Plan de 4 ans rédigé par Hitler et mis en œuvre par Göring, qui devait assurer l’(impossible) autarcie de l’économie allemande.

    C’est d’ailleurs le seul point où je rejoins Bouchard : l’aveuglement politique de Schacht face à Göring et surtout à Hitler, très bien décrit par le résistant Hans Bernd Gisevius au procès de Nuremberg11. Ce qui est surprenant, c’est que cette bêtise politique n’ait pas mis à rude épreuve l’avis global de Bouchard sur la personnalité de Schacht – j’y reviendrai plus bas.

    Des périodes nettement plus intéressantes que celles évoquées dans l’interview

    Ce qui est étonnant aussi dans cette interview, ce sont les événements-clés cités par Bouchard. Outre les années 1930, très largement abordées dans ce billet jusqu’ici, il y a aussi 1923, lorsque Schacht a été commissaire à la monnaie du Reich, 1924 – il parle de la manière dont Schacht a « enfumé » les Alliés -, et 1929. Je suppose que, pour 1924 et 1929, il parle des comités Dawes et Young. Ces deux comités ont essayé de mettre en place un système de paiement des Réparations que devaient l’Allemagne aux Alliés au titre des traités de paix et de son statut de vaincu. À titre temporaire pour le plan Dawes, théoriquement à titre définitif pour le plan Young, mais abandonné dès 1931.

    Or, de mon point de vue, d’une part il n’y a pas d’arnaque, d’autre part il y a des éléments beaucoup plus intéressants – mais nettement moins sexys à citer dans une interview – à considérer en 1924 et dans les années qui suivent 1929 (1933-1934 particulièrement).

    Il n’y a pas eu d’arnaque, car Schacht a toujours été clair sur ses intentions, car le système mis en place par le plan Dawes a bien fonctionné. Celui mis en place par le plan Young, prévoyant pourtant un allègement des paiements, mais commençant en pleine crise économique, n’a pas tenu. Toutefois, les Puissances anglo-saxonnes étaient peu favorables aux Réparations, dès 1919, qui profitaient surtout à la France et n’ont pas vu d’un mauvais œil leur fin.

    Les Réparations, l’arbre cachant la forêt de l’endettement privé externe de l’Allemagne

    Là ou l’on peut parler d’arnaque, c’est sur le plan des dettes privées extérieures du Reich. Or Bouchard ne les évoque pas dans cette interview, il préfère se cantonner à des dates plus connues du grand public, mais foncièrement moins intéressantes pour le biographe de Schacht que je suis. Or, la Reichsbank a mis en place en 1933-1934 un système de paiement contraignant ses créanciers externes à payer en Reichsmarks plutôt qu’en devises – les dettes devaient être payées en francs, dollars, sterling… Mais l’Allemagne vivant alors dans un régime de contrôle des changes, elle a forcé ses créanciers soit à réinvestir en Allemagne (et donc à aider au réarmement) soit à revendre leurs titres de créance sur un second marché à bas coût. L’Allemagne a ainsi pu les racheter à bas coûts. Dans certains cas, l’Allemagne a conclu des accords bilatéraux permettant le remboursement de ces dettes privées en échange d’un excédent de sa balance commerciale qui devait lui permettre d’obtenir des devises. La France a, par exemple, sacrifié son commerce au profit du remboursement de ces dettes privées.

    Commissaire à la monnaie du Reich

    La date de 1923-1924 est aussi interprétée par Bouchard dans le sens d’une sorte de mythe mais sans rapport aux archives. En 1923, lorsque Schacht devient commissaire à la monnaie du Reich, il n’applique pas son plan contre l’hyperinflation, mais un plan du gouvernement, négocié avec les parlementaires allemands par, notamment, l’éternel rival de Schacht, Hans Luther (ministre des finances, chancelier du Reich et, de 1930 à 1933, président de la Reichsbank). Schacht le dit lui-même dans ses mémoires : l’essentiel de son travail a été de répondre au téléphone pour répandre la conviction que la future monnaie, le Rentenmark, sera stable.

    L’année 1924, celle de la collaboration Reichsbank – Banque d’Angleterre
    Une fois à la tête de la Reichsbank, les relations qu’il engage avec la Banque d’Angleterre sont passionantes. Il est imposé à la tête de la Reichsbank, après le décès subit de son prédécesseur, par le gouvernement et le président socialiste de la République de Weimar12, Friedrich Ebert, contre l’avis du conseil d’administration de la banque centrale. Or, la première chose que veut Schacht, c’est pouvoir agir avec l’accord de la Banque d’Angleterre et de son gouverneur, Montagu Norman. Ils se rencontrent le 1er janvier 1924, se mettent d’accord pour faire échouer la France dans ses tentatives de mise en place d’un séparatisme monétaire de la Rhénanie allemande, et Norman approuvent les plans de mise en place d’une banque destinée à accumuler de l’or afin de passer du Rentenmark au Reichsmark, c’est-à-dire d’une monnaie garantie sur la terre, à une monnaie garantie sur l’or. Peut-on vraiment parler d’arnaque alors que ce plan a été réalisé avec (et grâce) au soutien de la Banque d’Angleterre ?

    L’après-guerre de Schacht, une période complexe

    Autre point évoqué dans l’interview de Bouchard sur lequel j’aimerais revenir : la carrière de Schacht après Nuremberg et la procédure de dénazification dont il est sorti sans sanctions en 1950. Schacht a mené trois types d’activités : une activité bancaire privée, une activité de conseil international, une activité politique.

    Les trois sont reliées. En politique, Schacht conteste la politique de son ancien disciple, Blessing, à la tête de la Bundesbank, et entrevoit, par le biais de la politique monétaire, la possibilité d’un rôle de l’Allemagne pour le développement des pays du Sud. Dans le domaine bancaire, la banque qu’il fonde est une banque d’aide au développement. Dans le domaine du conseil international, il conseille des chefs d’États de pays non-alignés (Nasser et Mossadegh par exemple).

    Est-ce que ceci fait de Schacht quelqu’un qui avait une vraie vision du développement ? C’est oublier le passé pro-colonial de Schacht. À l’issue de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prive l’Allemagne de ses colonies, qui sont ainsi partagées pour l’essentiel entre le Royaume Uni et la France sous couvert d’un mandat de la Société des Nations. Schacht, pendant toute l’entre-deux-guerres, a poussé l’Allemagne à tenter de récupérer ses colonies et a obtenu le soutien des associations colonialistes allemandes13.

    La vision de Schacht du développement après 1945 n’est, du coup, pas vraiment neutre. Elle est à la croisée de certaines idées déjà présentes chez lui dans l’entre-deux-guerres : redonner un rôle international prédominant à l’Allemagne et obtenir la plus grande marge de manœuvre vis-à-vis des Anglo-Saxons et de l’Europe occidentale (c’est-à-dire la France). La vision du développement de Schacht ne place pas au premier plan les pays du Sud, mais l’Allemagne. C’est une vision germano-centrée, impériale (découlant de l’Empire allemand) du développement, cohérente avec les regrets de Schacht quant à la perte des colonies allemandes.

    La personnalité de Schacht
    Enfin, il y a la personnalité de Schacht. Bouchard cède au descriptif classique de la personnalité de Schacht. Pourtant, d’autres sources attestent d’une personnalité bien différente, nettement moins flatteuses : le journal de Friedrich von Hassell, conservateur allemand, et les notes des psychiatres et psychologues de Nuremberg.

    Pour Bouchard, Schacht fut un patriote, se consacrant à l’État aux dépens de sa carrière privée, incorruptible. Patriote, Schacht l’était certainement : il plaidait en faveur d’une Mitteleuropa allemande et « neutre ». Mais ce patriotisme incluait aussi d’exclure les Juifs de la vie culturelle allemande, l’a aveuglé politiquement, le poussant à confondre compromis et compromission, et l’a poussé à favoriser la fin de la démocratie en Allemagne, entre 1930 et 1933.

    Le point important que j’aimerais soulever ici est politique. Schacht, dans les années 1930, n’a pas fait la différence entre compromis et compromission. Ne voulant plus faire de compromis avec la démocratie, il a préféré la compromission avec les forces d’extrême-droite se réunissant à Bad Harzburg en 1931 – allant à cette occasion jusqu’à accuser la Reichsbank et le gouvernement de trahison -, puis en cautionnant la NSDAP dès 1932 – malgré un programme économique officiel qu’il ne cautionnait pas – et en participant activement au régime nazi de 1933 à 193914.

    Doit-on oublier tout ceci parce qu’il a participé à résorber le chômage dans les années 1930 ? Doit-on oublier que cette résorption du chômage s’est faite à un prix, la Seconde Guerre mondiale, car elle reposait sur le réarmement massif de l’Allemagne (et non sur la construction d’autoroutes ou de barrage comme l’affirme Bouchard) ? C’est à ces questions qu’il faut répondre, plutôt que de perpétuer le mythe éculé et sans intérêt d’un « génie des finances ».

    Je me pose enfin la question suivante : en quoi 20minutes.fr gagne-t-il quoi que ce soit à interroger un tel auteur sans apporter la contradiction, ne serait-ce qu’en interviewant aussi un historien spécialiste de la période pour obtenir un avis sur le livre ?

    Note : on ne prononce pas « Yalmar Charte » comme indiqué dans l’article, le « j » de « Hjalmar » étant muet. C’est un prénom d’origine danoise, Schacht étant né dans un territoire allemand devenu danois en 1919 et d’une famille dont certains ascendants étaient danois. [↩]
    Bouchard, Jean-François, Le Banquier du diable, éditions Max Milo, 2015. Les éléments de biographies données sur Jean-François Bouchard sont ténus : haut fonctionnaire, il semble avoir travaillé pour l’intégration de pays de l’Est de l’Europe dans l’Union européenne, puis pour le FMI en Afrique. [↩]
    Clavert, Frédéric, Hjalmar Schacht, financier et diplomate : 1930-1950 (Bruxelles : PIE – Peter Lang, 2009). Deux autres biographies méritent d’être mentionnées : Wilmots, André, Hjalmar Schacht (1877-1970). Grand Argentier d’Hitler (Le Cri, 2001) – parfois énervante par son manque de rigueur, mais délivrant un point de vue international très intéressant et Kopper, Christopher, Hjalmar Schacht. Aufstieg Und Fall von Hitlers Mächtigstem Bankier (München : Hanser Wirtschaft, 2006), de très bonne qualité, mais qui n’arrive pas à sortir d’un point de vue strictement allemand à un moment où les banques centrales s’internationalisent. [↩]
    Une autre biographie de Schacht, celle de John Weitz, a fait le choix d’une iconographie similaire. Et l’aspect critique de cette biographie est tout aussi anémique : Weitz, John, Hitler’s Banker Hjalmar Horace Greeley Schacht (Little, Brown and Company, 1997). [↩]
    Schacht, Hjalmar, 76 Jahre Meines Lebens (Kindler und Schiermeyer Verlag, 1953). Traduit en Français sous le titre Mémoires d’un magicien. [↩]
    Alors même qu’un livre entier est consacré à ce sujet : Fischer, Albert, Hjalmar Schacht Und Deutschlands « Judenfrage » : Der « Wirtschaftsdiktator » Und Die Vertreibung Der Juden Aus Der Deutschen Wirtschaft (Böhlau, 1995). [↩]
    Kershaw, Ian, Hitler Tome 1 : 1889-1936 Hubris et Tome 2 : 1936-1945 Nemesis (W. W. Norton & Company, 1999 et 2001). [↩]
    Les lois bancaires de décembre 1934 modifient le statut des banques. Les réserves en liquidité qu’elles doivent conserver sont nettement augmentées et des bons type MEFO sont légalement autorisées comme « liquidités ». Les banques, ne trouvant pas nécessairement assez de liquidités à mettre en réserve, étaient donc de fait quasi forcées d’accepter les bons MEFO. [↩]
    passage tumultueux et de facto à l’étalon de change or, procédures d’open market, création des services statistiques, coopération internationale avec la création de la Banque des Règlements Internationaux en 1930 [↩]
    Disponible aux archives militaires de Freiburg [↩]
    Témoignage dans l’ensemble plutôt favorable à Schacht. Ce qui contredit l’affirmation de Bouchard sur le fait que Schacht a été bizarrement relaxé à Nuremberg : la stratégie de l’accusation états-unienne qui est de voir le départ de la course à la guerre en novembre 1937 au moment où Schacht est en train de perdre ses fonctions une à une et le fait qu’elle se soit reposée sur le témoignage de Gisevius, ami de Schacht, contre Göring sont les deux causes de cet acquittement qui, ensuite, agit comme sorte de jurisprudence pendant la procédure de dénazification de Schacht. [↩]
    À cette époque, Schacht a une réputation de « libéral de gauche » et est membre-fondateur d’un parti de centre-gauche qui a aussi été celui de Max Weber à la fin de sa vie [↩]
    Schacht vantait la bonne administration des colonies allemandes contre la mauvaise administration française, ignorant le génocide des Hereros au passage [↩]
    Avec quelques activités de résistance à partir de 1937, il faut également le rappeler. C’est au titre de ces activités qu’il a été dénazifié sans sanction aucune. [↩]

    #Allemagne #histoire #finance #nazis #banques

  • Trudeau vows to freeze anti-mandate protesters’ bank accounts - BBC News
    https://www.bbc.co.uk/news/world-us-canada-60383385

    Trudeau vows to freeze anti-mandate protesters’ bank accounts

    15.2.2022 - Canadian Prime Minister Justin Trudeau has taken the unprecedented step of invoking the Emergencies Act to crack down on anti-vaccine mandate protests.

    Mr Trudeau said the scope of the measures would be “time-limited”, “reasonable and proportionate” and would not see the military deployed.

    With no need for court orders, banks can freeze personal accounts of anyone linked with the protests.

    Hundreds of demonstrators remain in Canada’s capital city.

    On Sunday, law enforcement cleared anti-mandate protesters at the Ambassador Bridge in Windsor - a critical pathway for Canada-US trade - after a week-long stalemate.

    What began as a rally against a new rule that all truckers must be vaccinated to cross the US-Canada border, or quarantine upon return, has grown into a broader challenge to all Covid health restrictions.

    “This is about keeping Canadians safe, protecting people’s jobs,” Mr Trudeau told a news conference on Monday.

    He said the police would be given “more tools” to imprison or fine protesters and protect critical infrastructure.

    Mr Trudeau told reporters the legislation would be applied temporarily and in a highly specific manner.

    Critics have noted that the prime minister voiced support for farmers in India who blocked major highways to New Delhi for a year in 2021, saying at the time: “Canada will always be there to defend the right of peaceful protest.”

    Mr Trudeau’s invoking of the Emergencies Act comes as demonstrations across Canada enter their third week.

    Deputy Prime Minister Chrystia Freeland said at Monday’s news conference that banks would be able freeze personal accounts of anyone linked with the protests without any need for a court order.

    Vehicle insurance of anyone involved with the demonstrations can also be suspended, she added.

    Ms Freeland said they were broadening Canada’s “Terrorist Financing” rules to cover cryptocurrencies and #crowdfunding platforms, as part of the effort.

    Anti-vaccine mandate protests have entered their third week

    “It’s all about following the money,” she said.

    She spoke after hackers released details of what they said were 93,000 donations for the truckers totalling $8.4m (£6.2m) to the crowdfunding platform GiveSendGo.

    The Emergencies Act, passed in 1988, requires a high legal bar to be invoked. It may only be used in an “urgent and critical situation” that “seriously endangers the lives, health or safety of Canadians”. Lawful protests do not qualify.

    Speaking on Monday, Canada’s Justice Minister David Lametti argued these conditions had been met.

    But the Canadian Civil Liberties Association disagreed, warning that the move “threatens our democracy and our civil liberties”.

    Ottawa protest leader Tamara Lich dismissed Mr Trudeau’s move, telling AP News: “There are no threats that will frighten us. We will hold the line.”

    Ontario Premier Doug Ford, a Conservative, said he supported the federal government.

    But the premiers of Quebec, Manitoba, Alberta and Saskatchewan said the emergency powers were not needed in their regions.

    Before Mr Trudeau’s announcement, Quebec Premier Francois Legault said invoking the Emergencies Act could “throw oil on the fire”.

    Will Trudeau succeed?

    Analysis by Jessica Murphy, BBC News, Toronto

    Under growing pressure to bring the disruptive protests to an end - be it from the White House or increasingly frustrated Canadians - Prime Minister Justin Trudeau has entered uncharted territory with the decision to invoke the never-before-used 1988 Emergencies Act, the country’s most powerful tool for when it is facing a national emergency.

    The powers announced by Mr Trudeau go into effect immediately - but his government has to present it to the House of Commons and the Senate within a week and needs a green-light or the proclamation would be revoked.

    All main Canadian federal political party leaders have said it’s time for the protests - which have had an impact on supply chains, the national economy and the country’s relations with the US - to end.

    But they aren’t all necessarily on board with Mr Trudeau’s unprecedented move.

    Conservative leader Candice Bergen voiced concern it could inflame the situation.

    The support of NDP leader Jagmeet Singh may give Mr Trudeau enough votes to pass it through the House - though the Senate could still be a hurdle.

    Protests are ongoing in various parts of the country.

    In Ottawa, the nation’s capital, between 400 to 500 trucks have been parked in the city centre for 18 days.

    Protesters have also been blockading border crossing at Coutts, Alberta, and Emerson, Manitoba.

    On Monday, Alberta police arrested 11 people and seized a cache of guns and other weapons.

    Weekend protests have also taken place in cities including Toronto and Winnipeg.

    #Canada #covid-19 #banques #rébellion #vaccination #transport

  • #1996 : Hold-up à #Moscou

    En 1996, #Boris_Eltsine, malade et détesté, brigue un second mandat à la présidence de la Fédération de #Russie. Face à lui, un candidat communiste, #Guennadi_Ziouganov, porté aux nues par les oubliés de la #transition_post-soviétique. Crédité en début de course d’à peine 3 % des intentions de vote, #Eltsine parvient pourtant contre toute attente à se faire réélire avec près de 54 % des voix. Comment a-t-il pu gagner cette bataille que tous pensaient perdue d’avance ?
    Pour l’emporter, Eltsine s’est engagé dans une #campagne impitoyable au #budget abyssal, dans laquelle le #Kremlin, les #médias, les #hommes_d'affaires russes et les puissances occidentales ont uni leurs forces pour que la Russie « ne retourne pas en URSS ». De #pactes incongrus en escroqueries à grande échelle, ici avouées sans ambages, ce film de Madeleine Leroyer scille entre film noir et tragi-comédie shakespearienne. Archives rares, animations et témoignages, notamment de Tatiana Diatchenko, fille et conseillère d’Eltsine, de l’ancien vice-Premier ministre Anatoli Tchoubaïs de l’oligarque déchu Sergueï Pougatchev ou encore de l’ancien président du FMI, Michel Camdessus, nous entraînent dans les coulisses ahurissantes d’un moment crucial qui a scellé le destin de la Russie et, par ricochet, celui du monde.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/64207_1
    #film #film_documentaire #documentaire
    #libéralisation #anti-communisme #campagne_électorale #Tatiana_Diatschenko #Mikhail_Fridman #Alpha_Bank #banques #privatisation #pillage #oligarques #oligarchie #Anatoli_Tchoubaïs #Bill_Clinton #Clinton #FMI #Guennadi_Ziouganov #Dick_Morris #Dick_Dresner #vote_ou_perd #prêts_contre_actions #obligations_d'Etat #corruption

  • L’Angleterre honore Licoricia of Winchester, femme d’affaires juive du 13e siècle Par Cnaan Liphshiz
    https://fr.timesofisrael.com/langleterre-honore-licoricia-of-winchester-femme-daffaires-juive-d

    Winchester, une ville située à proximité de Londres qui a longtemps été la capitale de l’Angleterre, prévoit de rendre hommage à une femme juive qui avait excellé dans ses affaires tout en élevant quatre enfants jusqu’à son meurtre en 1277.

    La statue de bronze et grandeur nature de Licoricia of Winchester a été créée par le célèbre artiste britannique Ian Rank-Broadley, a fait savoir jeudi l’édition londonienne du Jewish Chronicle.


    Un modèle initial de Licoricia of Winchester qui sera dévoilé dans la ville au Royaume-Uni au mois de février 2022. (Crédit : The Licoricia of Winchester Appeal/Facebook via JTA)

    Usurière, Licoricia avait prêté de l’argent à des rois, dont le roi Henry III et la reine Eleanor. A une époque d’antisémitisme virulent – sa mort avait précédé l’expulsion, en 1290, des Juifs d’Angleterre de seulement 13 années – elle avait été emprisonnée de manière répétée avant d’être assassinée dans des conditions mystérieuses à Winchester.

    Elle s’était mariée à deux reprises.

    Les liens entretenus par Licoricia avec Winchester remontent à 1234. Sa statue devrait être installée, le 10 février, dans une rue dorénavant connue sous le nom de Jewry Street, où elle avait vécu et où elle était morte. L’œuvre la représente en train de tenir la main de son plus jeune fils, Asser, qui tient de son côté une petite toupie.

    « Le message, de manière plus large, est que nous tirons tous des bénéfices de la participation, d’égal à égal, des femmes dans notre société de manière. Cela rappelle aussi le fait que comme elle était juive, elle était persécutée à cette époque », a expliqué Rank-Broadley au Jewish Chronicle.

    Sur le monument figure une inscription : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », tirée du Lévitique et écrite en anglais et en hébreu.

    Aucun portrait de Licoricia n’aurait traversé les âges et Rank-Broadley s’est donc inspiré, pour son visage, de sa fille et de son petit-fils qui sont eux-mêmes juifs, a-t-il confié au Chronicle.

    Asser était le fils de Licoricia, né de son deuxième mariage à un riche Juif, lui-même divorcé, qui s’appelait David of Oxford. Une décennie après sa mort, il avait été emprisonné au château de Winchester alors que le roi d’Angleterre tentait de taxer les Juifs.

    Elle avait eu trois enfants avec son premier mari, Abraham of Kent, avant le décès de ce dernier, en 1244.

    Après la mort de son premier époux, Licoricia avait été emprisonnée à la Tour de Londres jusqu’à ce qu’une part des biens de son époux ait été versée à la couronne. Cet argent devait financer la reconstruction de l’abbaye de Westminster, selon les chercheurs qui se sont penchés sur l’histoire de la famille.

    Les corps sans vie et blessés au couteau de Licoricia et de sa domestique avaient été retrouvés en 1277. Ces meurtres n’avaient jamais été résolus.

    #Femme #finance #usure #argent #angleterre #spéculation #capitalisme #banque #banques #affaires #amour

  • Die Wirecard-Connection deutscher Behörden | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Die-Wirecard-Connection-deutscher-Behoerden-6261779.html?seite=all

    Suite à la lecture de cet aricle l’envie me prend de déménager à Palerme ou Naples. Là bas on est sans doute davantage à l’abri de la mafia qu’à Berlin. En plus il fait meilleur temps dans le Mezzogiorno qu’à Berlin où on n’est même plus récompensé par de vrais hivers pour les longues périodes pluvieuses de l’automne.

    09.11.2021 von Rainer Winters „Failed State Germany“ - Kommentar und Hintergrund

    Cambridge Analytica, Wirecard, Glencore, Bosch, Credit Suisse, Kolping, UBS, M.M. Warburg, Facebook, HSBC, Deutsche Bank - ohne Whistleblower wie Christopher Wylie oder Karsten vom Bruch wären die epochalen Skandale rund um diese Unternehmen nicht ans Tageslicht gekommen.

    Die eindrucksvolle Liste wäre beliebig erweiterbar, doch erweckt sie den Anschein, dass nur Firmen auf der Anklagebank sitzen. Dabei dürfte die Liste mit Trägern staatlicher Aufgaben ebenso lang ausfallen. Kraftfahrtbundesamt, US-Army, Südwestrundfunk (SWR), Kreisverwaltung Bad Segeberg, FBI, Andrej Babis, Behörden, Minister, Beamte aller Art sind kaum besser als die von ihnen verfolgten Unternehmen. Auch das zeigen regelmäßige Hinweise mutiger Whistleblower wie Daniel Hale, Ole Skambraks, John Kiriakou oder Margit Herbst.

    In der Reihe großer Skandale nimmt der Fall des Dax-Unternehmens Wirecard eine besondere Stellung ein. Kaum ein anderer deutscher Skandal hat je so viele Verfehlungen von staatlich Verpflichteten offengelegt.

    Wie schon der Untersuchungsausschuss des Deutschen Bundestages zum NSA-Skandal muss der Untersuchungsausschuss zu Wirecard im Großen und Ganzen als gescheitert bezeichnet werden. Nicht zuletzt, weil Bundeskanzleramt, Geheimdienste und Ministerien Wissen und Beteiligung bis heute effektiv vertuschen.

    In moderater Manier attestiert die Financial Times dem designierten Bundeskanzler Olf Scholz, er habe „während des Wirecard-Skandals bei der Arbeit geschlafen“, an Scholz scheine „nichts Negatives hängen zu bleiben“.

    Ein paar hierarchische Ebenen unter dem Bundeskanzleramt scheinen auch diverse Staatsanwaltschaften auf der ganzen Linie zu versagen. Das Online-Magazin The Pioneer mutmaßt, die Staatsanwaltschaft München habe sich „in ihre Vision von der Wirklichkeit verrannt“.
    Hochproblematischer Schulterschluss

    Nun mag ja der Fisch immer vom Kopfe her stinken, im Falle Wirecards aber müffelt die halbe Republik. Am Drama rund um den Finanzkonzern Wirecard zeigt sich, welch unerträgliche Gesinnungsgemeinschaft deutsche Behörden zusammen mit Deutschlands Finanz- und Wirtschaftselite verfestigt haben.

    Der hochproblematische Schulterschluss ist ein demokratiegefährdender Cocktail mit bislang unbekannter Ausprägung von Demokratieverachtung. Auch ein Untersuchungsausschuss im Bundestag konnte nicht darüber hinwegtäuschen, dass die gebildeten Strukturen an mafiöse Spektren erinnern: Hochorganisiert und strukturell schädlich.

    Jährlich erwirtschaften Deutschlands Top-Konzerne Milliardenumsätze mit fragwürdigen Methoden. Steht das große Geld generell nicht selten im Verruf, kriminell zu sein, erwartet man zumindest von Politik und Staat Rechtschaffenheit. Die Wahrheit ist flächendeckend eine andere. Das Beispiel: Fast alle staatlichen Stellen, die mit der Kontrolle des Finanzgebarens von Wirecard beauftragt waren, sind auf miserable Art involviert.

    Bundesregierung, Bundesfinanzministerium (BMF), Bundesjustizministerium (BMJV), Geheimdienste, Bundeskriminalamt (BKA), oberste Bundesbehörden, Wirtschaftsprüfer, DAX-Konzerne, sie alle sitzen in einem Boot, in der Krähen den anderen zwar kein Auge aushacken, die kleinen von ihnen aber - so wie die DPR - gefressen werden.

    Der Bundestagsabgeordnete Hans Michelbach sagt: „Die Tatsache, dass sich ehemalige Minister, Staatssekretäre, ein ehemaliger Polizeichef und ein aktiver Berliner Politiker von Wirecard einspannen ließen, macht mich sprachlos.“ Der Herausgeber der Berliner Zeitung, Michael Maier, sagt im Kontext Wirecard, so etwas erwarte man vielleicht in Sizilien, aber nicht in Bayern. Mafiöses Gebaren?

    In geradezu konzertierter Aktion wird die Presse bekämpft, beschattet, denunziert, angeklagt, wenn sie über die Machenschaften berichtet.

    Nur dank der Robustheit einer ausländischen Medieninstitution, der britischen Financial Times (FT), wird Deutschland bewusst, wie korrupt ihre obersten Behördenvertreter sind. Die Zeitung hat wunderbar beschrieben, wie sich hierzulande die Politik- und Finanzelite entlarvt.

    Die Hartnäckigkeit ihres Investigativ-Reporters Dan McCrum spielte eine zentrale Rolle bei der Aufklärung. Er wurde deswegen in Deutschland massiv angegriffen. Das ist ein Lehrstück für sich.
    Die Hintergründe

    Beginnen wir im Bundestag. Es gab einen Untersuchungsausschuss, der am 22. Juni seinen Abschlussbericht an Bundestagspräsident Dr. Wolfgang Schäuble übergab.

    Die Oppositionsparteien beantragten ihn, die Vertreter der Großen Koalition (KoGroKo) enthielten sich, wollten ihn tendenziell verhindern. Die FT zitiert das Ausschussmitglied Danyal Bayaz, den Moment festhaltend, als Deutschlands Behörden sich auf die Seite von Kriminellen stellten und gegen Journalisten und Marktteilnehmer ermittelten, die kritische Fragen stellten.
    Output deutscher Medien = Fehlanzeige

    Natürlich wäre es die Aufgabe deutscher Journalisten gewesen, allen voran der öffentlich-rechtlichen ARD und ZDF, über die Verfehlungen Wirecards und aller beteiligten Behörden zeitnah zu berichten. Dass sie jahrelang zu offensichtlichem Unrecht schwiegen, ist eine Kapitulation des deutschen Pressewesens.

    Dagegen erklärte der für Wirecard-Berichte federführende Journalist der FT seine journalistische Hartnäckigkeit im Mai damit, dass es „so himmelschreiend war, dass wir es mit einem kriminellen Unternehmen zu tun hatten“. Sechs Jahre lang hatte Dan McCrum mit seiner Zeitung investigativ recherchiert.

    Der organisierten Behörden- und Finanzlandschaft fiel nichts Besseres ein, als den Botschafter der Nachricht von der Justiz verfolgen zu lassen. McCrum berichtet, dass [Wirecard] die Klage persönlich an seine Privatadresse lieferte. Es war, als würden sie sagen: „Übrigens, wir wissen, wo Sie wohnen“, so McCrum.

    Bereits 2015 hatte er zusammen mit seinen Kollegen John Reed, Stefania Palma und dem heute noch aus Frankfurt berichtenden Olaf Storbeck über Unstimmigkeiten in der Wirecard-Bilanz hingewiesen.

    Deutschlands Politiker verfolgen die nationale und internationale Medienberichterstattung sehr genau. Selbst in Landtagen gibt es einen Dienst, der allen Mitarbeitern täglich eine Presseschau zusammenstellt.

    Deutschen Behörden scheint es egal zu sein, was ausländische Medien über ein deutsches Top-Unternehmen schreiben. Sie verlassen sich lieber auf deutsche Medien, in Momenten, wenn selbst Kai Diekmann, ehemaliger Chefredakteur der Bildzeitung, über eine Agentur für Wirecard tätig wird. Informationsinsel Deutschland.
    Input aus Großbritannien: Der Zatarra Report

    2016 fassen britische Shortseller in Sherlock Holmes Manier zusammen, was alles bei Wirecard faul ist. In ihrem 101 Seiten starken Zatarra Report (vgl dazu Bundesfinanzministerium 2020, PDF, S.4) steht zum Beispiel, dass der Geschäftsführer von Wirecard Technologies, M. B. zusammen mit J. P. S. zwei Schweizer Firmen inkorporierte. S., der im Mittelpunkt einer laufenden Untersuchung stehe, die Beihilfe und Anstiftung in mehreren Fällen von Geldwäsche, illegalen grenzüberschreitenden Transaktionen, Veruntreuung und gewerbsmäßigem Betrug beinhalte.

    Obwohl die Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (BaFin) den Report liest, lässt sie die Kritik an Wirecard im Sande verlaufen. Einer der Shortseller, Fraser Perring, wird selber angeklagt, und erst vier Jahre später wird die Anklage fallen gelassen. Zu oft werden in Deutschland die Botschafter geköpft, und die Feldherren geschont.

    Seit 2003 machte Wirecard Geld mit E-Payment-Funktionen für internetbasierte Glückspiel- und Pornoseiten. Kaum verwunderlich im Puffland Deutschland, in dem Massenpuffs wie das Pascha in Köln durch wohlwollende Gesetzgebung florieren und gedeihen, ermöglicht durch die „christlichen“ Parteien CDU und CSU und ihren willfährigen Partner SPD.

    Der Sachverständige Kilian Kleinschmidt nannte Wirecard ein Finanzierungsdarknet für (Einf. d. A. libysche) Milizen und Dienste. Solche Unternehmen befinden sich in Deutschlands Top 30 Aktienunternehmen, mit solchen Unternehmen arbeitet das BKA zusammen, mit solchen Unternehmen machen Banken wie die Commerzbank oder die Deutsche Bank Geschäfte?
    Input von Deutschlands kriminellen Banken Commerzbank und Deutsche Bank

    Nachdem Medien 2019 von ihren Recherchen berichten, schreibt eine Aktienanalystin der Commerzbank an ihre Kunden: „Gestern hat der Serientäter Dan McCrum, Journalist bei der ansonsten renommierten FT, einen weiteren negativen Artikel über Wirecard veröffentlicht.“ Und weiter: „Wir sind eigentlich mehr besorgt über [die] offensichtliche aktive Beteiligung der FT an der Marktmanipulation als über die Vorwürfe an das Unternehmen. Wir glauben, dass die Aufsichtsbehörden dies ernsthaft untersuchen müssen.“

    So macht die Commerzbank Geld? Journalisten werden als Serientäter dargestellt. Wie die Großfinanz wünscht, so springt das Hündchen Staatsanwaltschaft auf den Zug und ermittelt gegen die Medien, nein, einen Journalisten.

    Und so weiter und so fort. Ein damaliges Aufsichtsratsmitglied der Deutschen Bank schreibt an den inzwischen inhaftierten Wirecard-Chef Markus Braun: „habe übrigens 3x wirecard aktien gekauft letzte woche, macht diese zeitung fertig!!“, gefolgt von einem Smiley.

    Das Handelsblatt zitiert das entlarvende Sprachbild, auch andere Zeitungen berichten, was der frühere Deutsche-Bank-Aufsichtsrat Braun als Maßnahme gegen die Financial Times vorschlägt.

    Als großer Aktionär der Deutschen Bank sieht die Fondsgesellschaft Deka in dem Aufsichtsratsmitglied ein „Reputationsrisiko“. Der Mann verlässt die Bank und seitdem müssen sich Journalisten fürchten.

    Ganz als ob kein öffentliches Interesse an dem Berichteten besteht, geht ein Aufsichtsratsmitglied der Deutschen Bank gegen veröffentlichende Medien vor, so gegen das Handelsblatt, die Financial Times oder das Internetportal Zackzack. Kolumbianische Zustände, in denen Journalisten nicht auf Demonstrationen angegriffen werden, sondern dezent und kostenintensiv von Vertretern der White Collar-Branche. So kann man Medien zum Schweigen bringen, und dazu, dass sie erst gar nicht mehr berichten.

    Commerzbank, Staatsanwaltschaft, systemimmanenter Terror Deutschlands. McCrum ist fassungslos. Das Fraud Magazin berichtet über seine Angst, die der deutsche Staat im Zusammenspiel mit Deutschlands Finanzelite bei ihm auslösen:

    Ich dachte nicht, dass ich jemals nach Deutschland reisen könnte, sonst würde ich verhaftet werden.
    McCrum

    Das Magazin schreibt weiter: Twitter-Spam-Accounts behaupteten, er habe die Artikel geschrieben, die Wirecard belasten, weil seine Frau für einen Konkurrenten arbeite. Wirecard schien entschlossen zu sein, seinen und den Ruf seiner Frau zu zerstören.
    Vom britischen Input bis zum Bonner Bafin-Knall

    Dass der Ruf der deutschen Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (BaFin) kaputt ist, ist nur eine der Lehren des Wirecard-Dramas. Als der Nachfolger für Bafin-Boss Felix Hufeld feststeht, lästert die FT, Deutschlands Finanzaufsichtsbehörde wirke eher wie ein gealterter Zwergspitz (sic Pomeranian) als ein dynamischer Rottweiler. Eine Anspielung auf den Zweck eines Zwergspitzhundes, der in England als Spielzeughund gilt, aus Pommern bzw. Deutschland kommt und zudem das Lieblingstier der deutsch-englischen Königin Victoria war. Victoria war zu 50 Prozent deutsch.

    Felix Hufeld muss die Bafin verlassen, als die Nachrichten in der Welt sind, dass sich eine nicht geringe Anzahl Mitarbeiter an Wirecard-Aktien bereicherte, dass mindestens ein Mitarbeiter sein Insiderwissen versilberte, während die Behörde ihre Aufsichtsfunktion gegen Wirecard gen Null runterfuhr. Dass die Bafin Fraser Perring anklagen und verfolgen ließ, obwohl seine Hinweise von Nutzen waren.

    Und vor allem dass der Vorwurf des Bilanzbetrugs bekannt war, man aber nur ein Leerverkaufsverbot verhängte. Das Magazin Finance schreibt, Berliner Rechtsanwälte würden im Auftrag von Wirecard-Investoren eine Sammelklage gegen die Bafin und die DPR wegen Staatshaftung vorbereiten.

    In einem Moment, wo sich die Verantwortlichen in Deutschlands Finanzaufsicht mit Vorwürfen von Strafvereitelung (§ 258 StGB) und anderen Amtsdelikten konfrontiert sehen, wo die EU-Kommission die Wertpapieraufsichtsbehörde ESMA beauftragt, die Rolle der deutschen Finanzaufsicht zu überprüfen, wo die FT den Spielzeugcharakter deutscher Behörden herausstellt, propagandiert Hufeld, seine frühere Behörde gehöre zu den besten Aufsichtsbehörden der Welt. Globales Gelächter und ein Knall.

    Der Abgang Hufelds wird als Bonner Knall in Erinnerung bleiben, als sich in den Hallen der Bafin die geballte Blockadeenergie entlud, die sich unter Hufeld angestaut hatte.
    Bundeskriminalamt schleust Wirecard ein

    Von Bonn nach Wiesbaden sind es knappe 90 Minuten. Hier sitzt die nächste Behörde, die keine gute Figur macht. Die Beschreibung dieser Behörde gelingt einfach, denn sie trägt den Namen Kriminalamt als Amtsbezeichnung. Das Bundeskriminalamt (BKA) arbeitet mit der Bafin zusammen, vor allem wenn es um die Zuständigkeiten des BKA wie bei Geldwäsche geht.

    Man sollte erwarten, dass das BKA vor drei Jahren von der Bafin informiert worden war, nachdem die Bonner von der Finanzakteurin Fahmi Quadir informiert wurden, dass Wirecard eine gigantische Geldwaschmaschine ist. Angeblich verfolgte die Bafin den Hinweis nicht weiter. Da Hufelds Paradebehörde aber detaillierte Informationen zur Verfügung standen, dürften ihre Mitarbeiter mit an Sicherheit grenzende Wahrscheinlichkeit auch das BKA informiert haben.

    Sofern das BKA die Informationen vorliegen hatte, stellt sich die Frage, warum auch diese Behörde nicht reagierte. Eine mögliche Antwort findet sich bei den von Wirecard ausgegebenen Kreditkarten. Das BKA ließ sich von Wirecard bestechen? Verdeckte Ermittler des BKA wurden mit kostenlosen Wirecard-Kreditkarten versorgt.

    Kaum vorzustellen, dass BKA-Mitarbeiter dieses anvertraute Dax-Unternehmen auf Geldwäsche hin überprüfen. Anstatt dem Verdacht auf Geldwäsche nachzugehen, vertraute die Machtelite lieber dem neuen Aushängeschild Deutschlands, und klagte stattdessen Journalisten und den Überbringer der schlechten Nachricht an.

    Der Sonderermittler des Bundestagsuntersuchungsausschusses, Wolfgang Wieland, beziffert die Quote aller für Strafrechtssachen eingesetzten Kreditkarten auf ein Drittel. Wirecard konnte so die Umsätze der verdeckten Ermittler einsehen. Die Tagesschau berichtet über einen erfreuten Wirecard-Vorstand: „dann sehe ich wenigstens, was über das Konto läuft“.

    Laut Medienberichten wählte das BKA die Wirecard-Bank aus, um mit Hilfe von Kreditkarten Verdächtige zu überwachen. 2014 habe sich ein BKA-Beamter mit folgendem Anliegen an Wirecard gewandt: "Wir würden einer Zielperson gerne eine originalverschweißte mywirecard-VISA als „Geschenk“ geben, damit diese die Karte fleißig nutzt. […]"

    Sobald die auf Überwachung gesetzte Karte eingesetzt werde, werde ein entsprechender Datensatz mit den Informationen unmittelbar an die Strafverfolgungsbehörde gesandt. Da die Zielperson sehr misstrauisch sei, müsse ihr diese Karte originalverpackt übergeben werden.

    Das BKA kooperierte seit 2013 mit derjenigen Firma, die sie überwachen sollte. Dass das BKA auf FT-Anfrage keine Stellung nahm, obwohl es dazu gemäß Pressegesetz verpflichtet ist, spricht Bände. Auch dieses Amt ist nicht sauber.
    Kaum richtig drin, schon draußen - die DPR

    Nicht sauber zu sein, dagegen wehrt sich unterdessen die Deutsche Prüfstelle für Rechnungslegung (DPR). Im englischen Sprachraum heißt die DPR auch FREP. Ihr Chef Edgar Ernst schimpft über die Politik. Die Bafin habe die Bilanzbetrugsvorwürfe „niedrig gehängt“, und dann seiner Stelle mit gerade mal 15 Mitarbeitern die große Aufgabe übertragen, komplexe forensische Prüfungen durchzuführen.

    Diese Beauftragung erfolgte erst 2019, obwohl da längst zahlreiche Hinweise vorgelegen hatten. Eine Rekapitulation. 1999 wird Wirecard gegründet, 2003 verdient die Firma Geld an Glücksspiel und Pornos. 2008 gibt es Hinweise auf Unregelmäßigkeiten. 2016 zirkuliert der Zatarra-Report. 2017 berichtet das Manager-Magazin über intransparente Bilanzierungen. 2019 legt die FT nach.

    BMF, Bafin und BMJV wissen sehr wohl von Wirecard und deren vermuteten Bilanzfälschungen, beide kennen die „Personalstärke“ der DPR. Laut Bericht der Frankfurter Allgemeinen (FAZ) konnte die DPR einen von 15 Mitarbeitern für die Prüfung abstellen. Eine Prüfung, die 16 Monate dauern sollte.

    Ernst sagt der FAZ, mit der DPR habe niemand gesprochen. Es scheint, BMF und BMJV nehmen die DPR als Trumpfkarte, um Medien und Öffentlichkeit einen Happen hinzuschmeißen, damit sie Ruhe geben. Als das BMJV der DPR den Vertrag kündig, sieht sich Ernst als „Bauernopfer“.

    Die FT berichtet, Ernst habe gesagt, das Budget der DPR sei bewusst klein gehalten worden, um die finanzielle Belastung der deutschen Unternehmen, die die Stelle finanzieren, zu begrenzen.
    Wieviel Input in Bundesministerien?

    Überhaupt BMJV - und BMF . Die beiden Bundesministerien werden von Ministern der SPD geleitet. Nun sagt der Bundesrechnungshof, beide hätten das Verfahren der Bilanzkontrolle „zu keiner Zeit“ kritisch überprüft, obwohl „Zuständigkeitsprobleme“ bekannt gewesen seien.

    Das Ministerium von Bundesfinanzminister und Kanzlerkandidat Olaf Scholz habe außerdem nicht nachgehalten, ob die Bafin ihre Instrumente ausschöpfe. Die Bafin sei dem Anspruch des Gesetzgebers nicht gerecht geworden, als integrierte Allianzaufsicht zu wirken. Eine fast zurückhaltend diplomatische Insinuierung.

    Bundestagsmitglied Jens Zimmermann beklagt die geringe Kooperationsbereitschaft der Regierung. Jetzt gehts um die Geheimdienste. Der Bundesnachrichtendienst sitzt in Berlin, untersteht direkt Kanzlerin Merkel. Sonderermittler Wieland stellt fest, dass auch der BND Kreditkarten von Wirecard nutzte. Und noch mehr.

    Der ehemalige Staatssekretär im Bundeskanzleramt für Geheimdienste, Klaus-Dieter Fritsche, CSU, ist Sicherheitsberater von Wirecard. Im Untersuchungsaussschuss bestätigt er, seine guten Kontakte in Regierungs- und Geheimdienstkreise seien doch nützlich gewesen. Er habe gemeinsam mit Mitgliedern des Wirecard-Vorstands Termine im Kanzleramt wahrnehmen können, worauf sich Kanzlerin Merkel „höchstpersönlich“ bei einer China-Reise für den Konzern einsetzte. Ja mei.

    Welche Mitglieder der Bundesregierung zu welchem Zeitpunkt involviert waren, wird noch vor der kommenden Bundestagswahl thematisiert, so lautete die Hoffnung…
    Viel Input durch Bundesnachrichtendienst

    Die Zeitung Junge Welt berichtete, Fritsche habe zu Protokoll gegeben, er selbst habe auf die Arbeit der Finanzaufsicht Bafin vertraut und keinen Grund gesehen, sich nicht für Wirecard zu engagieren. Oben verlässt sich auf unten, unten auf oben, und keiner schaut ins Eingemachte - außer vielleicht Whistleblower, aber die werden kaltgestellt.

    Der Vertraute von Korruptions-Kanzler Helmut Kohl (CDU), Geheimdienstkoordinator Bernd Schmidbauer, sagt im Ausschuss, im Zusammenhang von Wirecard verschweige er lieber Informationen, die die nationalen Sicherheitsinteressen Deutschlands gefährden können. Er sei als Teil eines Rings von Senior-Experten aus der Geheimdienstwelt gegenüber Wirecard Chef Jan Marsalek aktiv geworden.

    Schmidbauer berichtet, Wirecard habe ein besonderes Interesse am Bundestagsmitglied Fabio De Masi gehabt. In Finanzkreisen gilt de Masi als kritisch. Anlässlich der Luxemburg Leaks bezeichnete er die Verbindung von Regierungen der Europäischen Union (EU) und internationalen Konzernen wie Apple und Google als Komplizenschaft. Die Bundesländer würden versuchen, Unternehmen und Vermögende mit schlechter Personalausstattung bei Betriebsprüfungen anzulocken.

    Schmidbauer sagte der Zeitung Die Welt, er habe De Masi „nicht ausspioniert“. Schmidbauer gibt zum Besten, es gäbe noch weit mehr Zeugen als ihn, „dann müssten ganze Armeen mit ihren Generälen in Berlin vor dem Ausschuss erscheinen.“ Die Bundesregierung legt Unterlagen vor, schwärzt aber wesentliche Passagen.

    Laut Medienberichten sagt ein ex-Vorstandsmitglied von Wirecard aus, Wirecard-Chef Marsalek habe von ihr „einen kompletten Jahresdatensatz der Wirecard-Geschäftspartner zur Weiterleitung an den BND angefordert und erhalten“. Wirecard, BND, Kanzlerin Merkel, eine Wirecard-Connection.
    Nebulöses Interesse des österreichischen Bundesamtes für Verfassungsschutz und Terrorismusbekämpfung (BVT)

    Etwas unklarer dagegen das Interesse des österreichischen Bundesamtes für Verfassungsschutz und Terrorismusbekämpfung (BVT). Warum hat der BVT im Zusammenhang mit Wirecard ein Interesse an De Masi? Laut Bericht der Berliner Zeitung legen vorliegende Akten nahe, dass das BVT hinter De Masi her war.

    Die Zeitung schreibt: „Im Original-Chat der Ex-BVT Agenten Martin W. und Egisto O. hatte W. von O. gefordert, den Lebenslauf De Masis an Schmidbauer zu schicken, worauf dieser entgegnet haben soll: ’Ist schon passiert.’ De Masi sagte dieser Zeitung: ’Ich habe bis heute keine Antwort auf meine Aufforderung an den österreichischen Innenminister bekommen, die Vorgänge umfassend aufzuklären.’ Die Bundesregierung behauptet, über keine Erkenntnisse zu den Vorgängen um Martin W. und Egisto O. zu verfügen und sich auch nicht um solche Erkenntnisse zu bemühen! Das ist an sich schon ein Skandal!“

    Die Rolle Österreichs ist ein eigenes Kapitel, die den Umfang dieses Artikels übersteigt. Geheimdienste unterstützen die Spiele der Machteliten und sie erschweren jegliche Aufklärungsversuche enorm. Die Korruptionsjägerin Eva Joly schreibt in ihrem Buch „Im Auge des Zyklons“, ihre Ermittlungen als zuständige Untersuchungsrichterin im Fall Elf-Aquitaine-Leuna hätten ergeben, dass Elf mehr als 50 Millionen Deutsche Mark an einen Mittelsmann zahlte, der Kontakte zum BND pflegte.

    Doch obwohl die deutsche Justiz alle Trümpfe in der Hand hatte, sei nichts geschehen. Bis heute nicht. In der laut Guardian größten Betrugsuntersuchung in Europa seit dem Zweiten Weltkrieg ging es um 200 Millionen Britische Pfund für politische Gefälligkeiten, Mätressen, Schmuck, Kunstwerke, Villen und Wohnungen. Auch die deutsche Justiz hat ihren Anteil an der staatsversagenden Wirecard-Connection.
    Nachrichtendienstliche Außenstelle Wirecard?

    Die Verstrickungen von Wirecard, den Geheimdiensten und explizit dem Bundeskanzleramt lässt die Hypothese zu, dass Wirecard zu einer Art nachrichtendienstlicher Außenstelle aufgebaut werden sollte. Parallel wird man von Seattle bis Berlin nicht müde, den chinesischen Tech-Konzern Huawei zu verteufeln, weil dieser in der chinesischen nachrichtendienstlichen Infrastruktur eine wesentliche Rolle spielt.

    Dass umgekehrt Wirecard möglicherweise ein Baustein in der nachrichtendienstlichen Infrastruktur Deutschlands war, hängt man natürlich tief. Erst als zu viele Skandale ans Licht kamen, wurde dieser Teil der Infrastruktur wieder fallen gelassen.
    Die Rolle der Ermittler 1: Die Staatsanwaltschaften

    Bis die für Wirecard zuständige Staatsanwaltschaft München ihre diversen Anklagen fallen ließ, dauerte es mitunter vier Jahre. 18 Monate lang verfolgte der Staat Deutschland den britischen Shortseller Fraser Perring. Erst Mitte 2020 wurde die Anklage fallen gelassen.

    Der Kollege von Perring, der Shortseller Matthew Earl, präsentierte der Staatsanwaltschaft München 2019 konkrete Hinweise auf Geldwäschegeschäfte. Im Untersuchungsausschuss sagt Earl: „Es war ein seltsames Treffen, die Atmosphäre frostig“. Das Manager-Magazin berichtet, man habe ihn behandelt „wie den Staatsfeind Nummer eins“.

    Irgendwann sei der Staatsanwältin ein Licht aufgegangen. Sie habe gesagt: „Du lieber Himmel, das ist ein Dax-30-Unternehmen“. Und Earl: „Ganz genau, und das ist Ihr Problem“, so die Zeitung. Natürlich hätte dieselbe Staatsanwaltschaft längst gegen Wirecard, gegen die Bafin oder das BKA ermitteln können. Aber nein, man kennt sich, man schätzt sich, man hackt sich gegenseitig kein Auge aus? Es könnte den eigenen Job kosten, zumal die Staatsanwaltschaften dem Justizministerium unterstehen.

    Stattdessen erwirkt die Behörde lieber einen Strafantrag wegen Marktmanipulation gegen Hinweisgeber. Die FT schildert, wie nach der Veröffentlichung des Zatarra-Reports auch ihr Reporter Dan McCrum überwacht wurde, eben weil er über den Report berichtete.

    Die Süddeutsche Zeitung berichtet über die Aussage einer Wirecard-Sprecherin, der Konzern habe „niemals die Überwachung einzelner Personen durch Detektive beauftragt - auch nicht von Herrn McCrum noch anderer Journalisten“. In Konzernkreisen hieß es, eine von Wirecard beauftragte Forensik-Beratung hätte damals einmalig von sich aus und ohne Absprache Personen beschattet, so die Zeitung.

    Wer es am Ende war, ist ja egal. Festzuhalten gilt, wie die Behörden (hier im Zusammenspiel mit Wirecard) die Presse einschüchtern. Zwar ließ die Staatsanwaltschaft auch die Geschäftsräume von Wirecard durchsuchen, aber erst im Juni 2020, als schon 12 Jahre lang Nachrichten über Fehlverhalten im Umlauf waren.

    Ob nun, da die Würfel gefallen sind, die Staatsanwaltschaften anfangen, ihre Arbeit zu machen, darf bezweifelt werden. Den Beteiligten bei der Staatsanwaltschaft droht selber eine Anklage wegen Strafvereitelung im Amt. Selbiges gilt womöglich für die Staatsanwaltschaft Frankfurt, die erst jetzt, im Jahre 2021, ein Ermittlungsverfahren gegen die Bafin eröffnete. Jeder ermittelt gegen jeden, Deutschland kaputt.
    Die Rolle der Ermittler 2: Wirtschaftsabschlussprüferaufsichtsstelle APAS

    Die Aufgabe von Staatsanwaltschaften ist die Prüfung für den Staat, ob der Staat wegen Rechtsbruch Anklage erheben will. Eine andere Bundesbehörde prüft, ob Wirtschaftsprüfer wie die der TOP 4 aus EY, PricewaterhouseCoopers (PwC), Deloitte oder KPMG ihre Aufgaben rechtskonform ausführen. Die Abschlussprüferaufsichtsstelle APAS ist die Wirtschaftsprüferaufsicht in Deutschland, und Bundeswirtschaftsminister Peter Altmeier untergeordnet. Laut dpa wurde APAS-Chef Ralf Bose fristlos gekündigt.

    Denn Bose wird vorgeworfen, dass er illegal mit Wirecard-Aktien just in dem Moment handelte, als seine Behörde die Wirtschaftsprüfergesellschaft EY in Hinblick auf Wirecard überprüften. Da EY vorgeworfen wird, ebenfalls nicht rechtskonform gearbeitet zu haben, ermittelt die APAS gegen EY. Staatsanwaltschaften ermittelten gegen die Bafin, APAS gegen EY, der Untersuchungsausschuss gegen Geheimdienste und das Bundeskanzleramt: Das Wirecard-Drama legt in der Tat systemisch-staatliche Strukturen offen, in dem der Staat selber zum Angeklagten wird.

    Auch die Weigerung der APAS, dem Wirecard-Insolvenzverwalter Michael Jaffé die benötigten Dokumente zur Verfügung zu stellen, gehört da hinein. APAS und Bundeswirtschaftsminister Altmeier verweigern die Herausgabe mit der Begründung, die Öffentlichkeit würde sonst erfahren, wie die APAS arbeitet. Mafia-Prinzipien?

    In diesem Zusammenhang muss auch die Frage gestellt werden, warum die Staatsanwaltschaften nicht bereits 2008 oder 2016 gegen Wirecard ermittelten? Oder warum sie nicht gegen den neuen APAS-Chef und Bundeswirtschaftsminister Altmeier ermitteln. Streng genommen müsste auch gegen die Staatsanwaltschaft München wegen Verdacht auf Amtsvereitelung ermittelt werden.
    Die Rolle der Ermittler 3: Financial Intelligence Unit (FIU)

    Der nächste Kandidat ist die Financial Intelligence Unit (FIU) in Köln. Ermittelt das BKA noch bis 2017 in Sachen Geldwäsche, fällt diese Aufgabe nun der Zentralstelle für Finanztransaktionsuntersuchungen oder auch Financial Intelligence Unit (FIU) zu. Das Bundesinnenministerium unter Karl Ernst Thomas de Maizière (CDU) gibt die Aufgabe an Wolfgang Schäubles (CDU) Bundesfinanzministerium. ZDF zoom berichtet, dass es hier keine kriminelle Expertise gibt.

    Ein Hauptgrund, warum Deutschland selbst für Italiens Mafia zum Geldwäscheparadies geworden ist. Geschätzt werden in Deutschland jährlich 100 Milliarden Euro dreckiges Geld gewaschen.

    Markus Herbrand von der FDP-Bundestagsfraktion und Mitglied im Bundestagsfinanzausschuss stellt mit seiner Fraktion diverse Anfragen zur Arbeit der FIU, und merkt: „Da stimmt etwas nicht.“ Merkels Bundesregierung blockierte - mal wieder. Mit Täuschungen schafft man 16 Jahre Bundeskanzlerschaft am Stück.

    Die Kanzlerin steht nicht nur für die Förderung von Prostitution auf deutschem Boden, sondern insbesondere auch für weltweit geschätzte Geldwäsche. So wendet sich die FDP an die Strafverfolgungsbehörden der Länder, weil die Bundesregierung blockiert. Die Strafverfolgungsbehörden geben zur Antwort, dass sie von der FIU zu spät und zu schlecht informiert werden, um die Geldwäsche zu unterbinden.

    Bundesfinanzminister Olaf Scholz (SPD) hat es so arrangiert, dass die Mitarbeiter der FIU nicht den erforderlichen Zugriff auf Daten erhalten, um Geldwäsche überhaupt nachgehen zu können. Der ZDF-zoom-Report erzeugt den Eindruck, dass die FIU eine Schattenbehörde ist. Im Juli 2020 durchsucht die Staatsanwaltschaft Osnabrück die FIU. Der Vorwurf auch hier: Strafvereitelung im Amt.

    Staatsanwaltschaften ermitteln gegen die Bafin, APAS gegen EY, der Untersuchungsausschuss gegen Geheimdienste, Bundesminister und Bundeskanzlerin und dann die Staatsanwaltschaft gegen die FIU. Und Staatsanwaltschaften ermitteln gegen Journalisten, die den Fall erst ins Rollen bringen.
    Die Rolle der Wirtschaftsprüfergesellschaften EY und KPMG

    Bei so viel Sand im Getriebe lastet die größte Kritik, neben Wirecard natürlich, an der Bundesregierung. Diese gab sich unberührbar und kündigte an, die Regeln für Wirtschaftsprüfer zu verschärfen. Unter den TOP 4 hatte vor allem EY schlecht ausgesehen.

    Die APAS leitet 2019 ein Vorermittlungsverfahren gegen EY ein, welches 2020 in ein förmliches Berufsaufsichtsverfahren überführt wird, nachdem ein anderer TOP 4 Wirtschaftsprüfer, KPMG seinen Prüfbericht vorlegt. KPMG bestätigt, dass ein EY Mitarbeiter bereits 2016 innerbetrieblich vor einem Betrug warnte. Finance berichtet, der Hinweis sei versandet.

    Zehn Jahre bestätigt EY mehr oder weniger die Bilanzen von Wirecard. 2007 fertigte (bitte das e streichen) EY ein Sondergutachten an, und selbst 2017, also nach dem Zatarra-Report attestiert EY Wirecard ein „clean audit“. Erst 2020, als Staatsanwaltschaften längst ermittelten, verweigert EY das Testat für die Bilanz des Vorjahres. Im Februar 2021 wird EY-Chef Hubert Barth ausgetauscht.

    Der Whistleblower, der sich an die Financial Times wandte, um das Betrugssystem Wirecard offenzulegen, Pav Gill aus Singapur, sagt der FT, dass EY der externe Ermöglicher für Wirecard war, zusammen mit den fuchtelnden Behörden in Deutschland ("flailing regulatory agencies"). In Deutschland zumindest ist der Ruf von EY stark beschädigt.
    Ein Hoch auf Dan McCrum und Pav Gill

    Pav Gill hatte anfangs nicht gedacht, dass der gesamte Wirecard-Konzern „verseucht“ ist ("deseased"), sondern nur der asiatische Firmenteil, für den er als Anwalt eingestellt wurde.

    Ebenso verhält es sich mit dem Staat Deutschland? Hier geht es nicht um Einzelfälle, einzelne Ämter oder gar Mitarbeiter. Der Staat zeigt sich bis in höchste Ämter korrupt, vertuschend, ein wahrhafter failed state - mit weißem Kragen und Jackett. Am Ende ist es fast egal, ob innerhalb der Finanzsäule APAS, Bafin oder BMF die Hauptschuld tragen. Zu viele Beteiligte spielen regelmäßig schmutzige Spiele. Ebenso innerhalb der Innenpolitiksäule mit BMI, BKA oder auf Länderebene. Selbst die Justizvorinstanzen „Staatsanwaltschaften“ müssen sich viel Kritik gefallen lassen.

    Fassungslos über die Reaktionen der deutschen Behörden, war für den erfahrenen Journalisten McCrum das Überraschendste, „wie gewillt Leute in Deutschland waren, die Fragen zu ignorieren, obwohl sie mit Beweisen konfrontiert wurden“ ("how willing people were to ignore these questions").

    Die Behörden hatten eindeutige Fingerabdrücke vorliegen, und sie behandelten sie mit Misstrauen. In der Beschwerde gegen mich sagten sie, dass es so aussah, als ob das Teil der Verschwörung zur Manipulation des Aktienkurses war. Kein guter Versuch, die Aufsichtsbehörden darauf aufmerksam zu machen, was vor sich ging.
    Dan McCrum

    Das Fraud Magazin zitiert McCrum, er sei erleichtert, dass die Wirecard-Geschichte ihr offensichtliches Ende gefunden habe, aber er sei immer noch frustriert, dass es sechs Jahre investigativer Berichterstattung brauchte, um an diesen Punkt zu gelangen.

    Bei jeder Geschichte dachten wir [bei der Financial Times], das ist es. Diese Geschichte wird die Leute endlich zur Einsicht bringen. Aber das tat sie nicht, weil die deutschen Behörden uns effektiv dämonisiert hatten.
    Dan McCrum

    Für die Financial Times mag die Geschichte zu Ende sein, für Deutschland ist sie noch immer ein Prüfstein für eine resiliente Demokratie. Ein Hoch auf Dan McCrum und Pav Gill, denn sie haben viel für Deutschland getan.

    #Allemagne #capitalisme #criminalité #banques #politique

  • Quand les banquiers d’affaires viennent à manquer

    Il n’y a pas que dans la restauration ou le bâtiment que la main-d’œuvre fait défaut. Depuis la crise sanitaire, les banques rencontrent elles aussi des difficultés de recrutement. Le problème est particulièrement criant dans les banques d’affaires, qui peinent toutes à embaucher et à retenir les talents. « La tension est extrêmement forte », confirme Bertrand Thimonier, président fondateur d’Adviso Partners, une société de conseil en cessions, acquisitions ou levées de fonds. « On redoute de devoir refuser des dossiers », ajoute un banquier.

    De fait, l’activité dans les banques d’affaires n’a jamais été aussi forte : alors que les marchés actions sont au plus haut, les introductions en Bourse se multiplient. Et, surtout, 2021 est une année record en matière de fusions et acquisitions. Or, après les confinements, un nombre non négligeable de jeunes banquiers en quête de sens (plus de 15 %, selon certains observateurs) ont renoncé aux salaires confortables de la banque d’affaires pour une vie . . . . .

    La suite payante, mais est ce bien nécessaire : https://www.lefigaro.fr/conjoncture/quand-les-banquiers-d-affaires-viennent-a-manquer-20211103

    #banques #finance #économie #banque #dette #crise #europe #capitalisme #économie #politique #monnaie #paradis_fiscaux #pauvreté #bce #finance #traders #blockchain #économie #trading #capitalisme #spéculation

  • Les banques désormais obligées d’ouvrir un compte aux femmes
    https://www.midilibre.fr/2021/10/28/les-banques-desormais-obligees-douvrir-un-compte-aux-femmes-ca-nous-a-paru

    Le Sénat vient d’entériner la loi visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle. Elle prévoit, entre autres, l’obligation pour les banques d’ouvrir un compte bancaire à une femme à son nom pour percevoir son salaire, pension de retraite ou prestation sociale. Et échapper ainsi à l’emprise d’un conjoint violent pour conquérir son autonomie financière. Les explications d’Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault et membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. 
    . . . .
    Mais dans quel cas une banque pouvait-elle refuser l’ouverture d’un compte à une femme ? 
    En France, il y a un non dit. Les gens qui bénéficient de minimas sociaux comme les ex-interdits bancaires ne sont pas des gens qui vont épargner, boursicoter ou thésauriser. Ils n’intéressent pas les banques. Après trois ou quatre refus, ils doivent se rendre à la Banque de France qui ordonne à un établissement de leur ouvrir un compte. Les « pauvres » sont répartis. Avant on faisait appel à la Poste, c’est une banque publique. C’est plus compliqué aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons voulu baliser le parcours vers l’autonomie financière.


    Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault, membre du Haut conseil à l’égalité.

    Cela concerne combien de personnes ?
    C’est difficile à quantifier. Il s’agit de plusieurs centaines de milliers de femmes. On s’est rendu compte que c’est tout sauf un phénomène mineur. Nous pensions au départ qu’il s’agissait de compte joint avec double chéquier et double carte bancaire.

    L’obligation est la même pour les prestations sociales et pensions de retraite ?
    Il ne fallait pas s’intéresser qu’aux femmes engagées dans la vie active. Mais aussi celles qui sont à la retraite et mères au foyer. Les femmes qui subissent des violences à la retraite, c’est un fléau, elles sont plus isolées socialement qu’une femme qui travaille.
    . . . . . .
    #Femmes #Banques #revenus #Pauvres

  • Perquisitions dans le milieu de la drogue, 64 arrestations : « Nous estimons la production à une tonne de cocaïne par semaine à Bruxelles »
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_perquisitions-dans-le-milieu-de-la-drogue-64-arrestations-nous-estimons-

    Une soixantaine de personnes ont été arrêtées au cours de 114 perquisitions visant un important réseau d’importation de #cocaïne qui ont été effectuées mardi matin, dès 5h00, principalement en région bruxelloise mais également, et notamment, dans la région d’Anvers, en Brabant wallon et en quelques lieux de Flandre et de Wallonie, a annoncé mardi en fin de journée Frédéric Van Leeuw, procureur fédéral lors d’une conférence de presse. De plus, 6 laboratoires d’extraction de cocaïne ont été découverts, principalement à #Bruxelles et dans sa périphérie.


    Il s’agit de la plus importante série de perquisitions depuis celle de mars dernier réalisée à la suite du décryptage de messages cryptés via le logiciel SKY ECC, installé sur des cryptophones employés pour communiquer dans le milieu criminel.

    C’est de plus la 3e vague d’arrestations en une semaine, actions auxquelles s’ajoutent des actions des parquets locaux comme celui d’Anvers lundi.

    Des pièces d’or
    « Le dossier d’aujourd’hui porte sur une organisation criminelle soupçonnée d’être active dans le trafic de cocaïne, entre l’Amérique du Sud et l’#Europe », a précisé Eric Jacobs, directeur de la police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles. « Un groupe de criminels situés en Belgique, principalement à Bruxelles, organise la réception de la cocaïne, son extraction et son reconditionnement dans des laboratoires belges. Nous estimons la production à une tonne de cocaïne par semaine à Bruxelles et en périphérie. Après ce reconditionnement, des courriers assurent la distribution vers le reste de l’Europe ».

    Les policiers ont confisqué plus d’un million en liquide et une importante quantité de pièces d’or. Des voitures et objets de luxe, notamment des #montres - qui constituent un nouveau moyen d’écoulement d’importantes sommes d’argent - ont été saisis, de même que des tonnes de produits imprégnés de cocaïne, 300 m3 de tabac et du matériel technique comme des #drones, des moteurs de propulsion de sous-marin pour la plongée. Il n’y a pas eu d’incidents.

    Avant l’opération de ce jour, plus de 350 kg de cocaïne via l’arrestation de courriers, 9 tonnes de cannabis, 32 tonnes d’engrais imprimés de cocaïne et plus de 2000 litres de #déchets_chimiques ont été saisis.

    Au total, 455 arrestations et près de 2000 personnes ont été identifiées en lien avec le dossier SKY ECC. 77 tonnes de cocaïne ont été saisies cette année. 

    Une filière de blanchiment est organisée, notamment à destination des #paradis_fiscaux .

    « La criminalité organisée internationale voire mondiale est manifestement très implantée en Belgique », a souligné Eric Snoeck, directeur général à la police judiciaire fédérale. « Nous savions déjà que le port d’#Anvers est le premier port européen d’importation de la cocaïne ». La région de Bruxelles apparait aujourd’hui comme le deuxième lieu d’activité de ce réseau.

    #criminalité_organisée #criminalité_internationale #criminalité

  • #Liban. Une « République des #ONG », au profit de qui ?
    https://orientxxi.info/magazine/Liban-La-Republique-des-ONG

    […] avec la crise, le soutien aux Libanais est désormais perçu comme nécessaire à la stabilité du pays du Cèdre par les principaux bailleurs de fonds. La crise humanitaire n’est plus seulement celle des réfugiés ; elle s’étend à la population tout entière, et met les donateurs face à une situation inédite : une crise humanitaire non pas causée par une guerre ou une catastrophe naturelle, mais par l’indigence de la caste politique corrompue au pouvoir.

    D’où une contradiction : le système d’aide internationale vient renflouer ceux-là mêmes qui sont responsables de la catastrophe.

    • […] le fait que l’aide demeure une des rares sources restantes de #devises étrangères dans le pays est susceptible d’en faire un objet d’accaparation par la classe politique.

      Une étude récente de Thomson Reuters estime déjà que 250 millions de dollars (211,6 millions d’euros) d’aide humanitaire de l’#ONU ont été perdus auprès des #banques (affiliées à des factions politiques) qui appliquent des taux défavorables — soit plus de la moitié d’un programme interagences intitulé Lebanon one-unified inter-organisational system for e-cards (Louise), à destination des réfugiés syriens.

      De même, près de la moitié des 23 millions de dollars (19,47 millions d’euros) du programme d’assistance mensuelle du PAM dont bénéficient près de de 105 000 Libanais a été « avalée » par des banques du Liban. Le choc pour les bénéficiaires est d’autant plus flagrant que les agences de l’ONU ont réussi à sécuriser auprès de ces mêmes banques des comptes en dollars pour rémunérer leurs propres équipes. Plusieurs sources du rapport informent qu’en tout, entre un tiers et la moitié de l’argent envoyé par l’ONU au Liban aurait été accaparé par les banques depuis les débuts de la crise économique.

      Un rapport de Synaps paru en juin 2021 tire la sonnette d’alarme : si les donateurs ne décident pas ensemble de lignes rouges claires et inamovibles eu égard aux concessions qu’ils refusent de faire auprès du régime libanais, l’argent de l’humanitaire deviendra la cible d’une élite prédatrice qui cherche à aspirer jusqu’au dernier dollar disponible. Pour ce faire, cette #élite pourrait mettre en place des mesures de surveillance et de contrôle du secteur de l’aide : obligation d’enregistrement des organisations humanitaires auprès du gouvernement, de transfert à travers certaines institutions financières, d’opérations de change passant par la banque centrale (avec un taux plus bas que celui du marché noir)… La de l’aide humanitaire, déjà rampante comme on l’a vu avec les distributions de kits d’hygiène et de nourriture par les partis ou les organisations politisées au cours de la pandémie pourrait infiltrer virtuellement toutes les couches de la chaine humanitaire, du carburant et du pharmaceutique à la logistique et aux secteurs de la construction et de la sécurité. Dès lors, les organisations internationales seraient prises en étau, soumises à des tactiques d’intimidation de la part des leaders politiques et contraintes à embaucher du personnel politiquement affilié, au risque d’être exclues.

    • Si le secteur de l’aide est devenu pourvoyeur d’emplois pour certains Libanais, on ne peut nier qu’il ne participe de cette nouvelle « tectonique des classes »7 où le passage de la pauvreté à la classe moyenne et supérieure dépend d’un facteur unique : les salaires en « fresh money ». Dans ce contexte délétère, un emploi rémunéré en dollars représente le Graal, alors que la livre libanaise poursuit sa descente aux enfers. Le fait qu’une partie de ces emplois soient localisés dans le secteur humanitaire et souvent l’apanage d’un personnel d’expatriés — ou de Libanais cosmopolites, multilingues et éduqués à l’étranger — ne fait qu’exaspérer tensions et frustrations à l’heure où les aides distribuées en livres aux bénéficiaires voient leur valeur fondre à toute allure.

      Cette polarisation sociale est particulièrement visible dans certains quartiers de Beyrouth tels que Gemmayze, Mar Mikhael ou Badaro où, alors que se diffusent de nouvelles formes très visibles de pauvreté, un vent d’animation et de festivité souffle sur les bars, les cafés et les restaurants qui ont rouvert depuis la fin du confinement. Les salaires versés en dollars jouent assurément un rôle dans la reprise de cette consommation et la formation de bulles de richesse dans les quartiers huppés de la capitale.