• Européennes : les banques refusent de prêter de l’argent à La France insoumise
    https://www.europe1.fr/politique/information-europe-1-europeennes-les-banques-refusent-de-preter-de-largent-a

    Selon nos informations, les Insoumis font face aux refus des banques de leur prêter de l’argent en vue des élections européennes, à quatre mois du scrutin. Un emprunt populaire pourrait être lancé.

    « On ne prête plus d’argent aux partis politiques. » Voilà ce qu’ont répondu en substance les banques à La France insoumise, sans aucun examen de son dossier. Pour financer sa campagne des européennes, la formation politique s’y était pourtant pris tôt, dès juillet dernier, en vue du scrutin du 26 mai prochain

    « Ça va nous bloquer ». « Ça alourdit le travail et surtout ça va nous bloquer », explique un cadre dirigeant du parti. Une seule banque a accepté d’examiner leur demande de prêt, pour un montant de quatre millions d’euros, soit la somme qui peut être remboursée par la Commission des comptes de campagne.

    Les militants déjà mis à contribution. Pour l’instant, les Insoumis peuvent compter sur leurs dotations publiques mais ils n’ont pas suffisamment de trésorerie avec dix à vingt réunions publiques par semaine. Ils sont obligés de trouver des salles gratuites, de demander aux militants d’héberger les candidats et de faire à manger. « On fait nos radins », ironise une candidate.

    Vers un emprunt populaire ? Si la seule banque qui étudie actuellement leur dossier leur dit non, ils pourraient imiter leurs amis espagnols de Podemos et lancer un emprunt populaire en vue de financer la campagne. Ils ont d’ores et déjà sollicité les adhérents et lancé une campagne de dons mais, comme le reconnaît un cadre insoumis, « chez nous, les dons ne vont pas être exponentiels ». Ils disent pouvoir récolter de 500.000 à 1 million d’euros au maximum.

  • Un #journaliste du « #Financial_Times » admet avoir caché la gravité de la crise en #2008
    https://www.nouvelobs.com/economie/20180909.OBS2050/un-journaliste-du-financial-times-admet-avoir-cache-la-gravite-de-la-cris

    « Tout ce dont j’avais besoin, c’était un photographe. Quelques clichés de tous ces #banquiers bien habillés, faisant la queue pour retirer leur argent, avec une légende explicative. Nous ne l’avons pas fait. »

    Dans une série d’articles parus ces derniers jours à l’occasion du dixième anniversaire de la crise bancaire de 2008, le journaliste du « Financial Times » John Authers retrace comment le quotidien économique de référence a couvert l’événement en temps réel. Dans un billet à part publié samedi 8 septembre, il se livre à une confession éclairante sur les dilemmes du journaliste en période de crise : « Il est temps pour moi d’admettre qu’un jour, j’ai délibérément dissimulé des informations importantes à mes lecteurs », écrit-il.

    #auto-censure

    • Je crois que ce qui me choque le plus c’est ça :

      Did you consider by not telling the whole story you directly contributed to the rise of populism (including #Brexit/#Trump) and potentially undermined what would have been a much better policy response to the financial crisis

      Réponse du gars : « No »

      Dégré zéro de l’éthique : la pensée utilitariste. Bravo... Et en revanche il dit que quand ça concernera les retraites par capitalisation il ne sera plus obligé de la boucler, ce qui pose deux questions :
      – qu’est ce qui l’obligeait à la boucler ? l’article en question en va pas trop titiller la question...
      – pourquoi est-ce que dans ce qu’il croit être la prochaine crise il ne la bouclera pas ? Parce que ça ne concerne pas système bancaire ? Parce qu’il sera proche de la retraite ?

      Vu sa posture utilitariste je pencherais pour la deuxième solution (mâtinée de la première parce qu’il semble vouer une espèce de culte au système bancaire).

  • La dette, l’arme française de la conquête de la Tunisie Éric Toussaint - 7 juillet 2016 - Orient XXI
    https://orientxxi.info/magazine/la-dette-l-arme-qui-a-permis-a-la-france-de-s-approprier-la-tunisie,1395

    Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la Tunisie a expérimenté à son détriment le mécanisme de la dette extérieure comme instrument de domination et d’aliénation de la souveraineté d’un État. Livrée pieds et poings liés à ses créanciers extérieurs, la régence de Tunis perdra son autonomie pour devenir un protectorat français.


    Avant 1881, date de sa conquête par la France qui la transforme en protectorat, la régence de Tunis, province de l’empire ottoman, disposait d’une importante autonomie sous l’autorité d’un bey. Jusqu’en 1863, elle n’emprunte pas à l’étranger : la production agricole assure bon an mal an l’indépendance alimentaire du pays. Mais avec l’accession au trône de Mohammed el-Sadik Bey (Sadok Bey) en 1859, l’influence des puissances européennes, en particulier de leurs banquiers, grandit. Le premier emprunt de la Tunisie à l’étranger cette année-là constituera une véritable arnaque qui débouchera dix-huit ans plus tard sur la conquête de la Tunisie par la France.

    Les banquiers parisiens, comme leurs collègues londoniens, disposent de liquidités abondantes et cherchent des placements à l’étranger plus rémunérateurs que chez eux. Quand, début 1863, le bey fait savoir qu’il souhaite emprunter 25 millions de francs, plusieurs banquiers et courtiers de Londres et de Paris proposent leurs services. Finalement, c’est Émile Erlanger qui emporte le « contrat ». Selon le consul britannique, il lui aurait proposé 500 000 francs afin d’obtenir son soutien. Erlanger, associé à d’autres, obtient également l’autorisation du gouvernement français de vendre à la bourse de Paris des titres tunisiens.

    Une escroquerie à grande échelle
    Selon un rapport établi en 1872-1873 par Victor Villet, un inspecteur français des finances, l’emprunt est une pure escroquerie. D’après le banquier Erlanger, 78 692 obligations tunisiennes sont émises, chacune d’une valeur nominale de 500 francs. L’emprunteur (la Tunisie) doit recevoir environ 37,7 millions de francs (78 692 obligations vendues à 480 francs, soit 37,77 millions) et rembourser à terme 65,1 millions. Selon l’enquête de Villet, Erlanger a prélevé un peu plus de 5 millions de francs de commission (soit environ 13 % du total), plus 2,7 millions détournés, certainement par le premier ministre du bey et le banquier. Donc, pour disposer de 30 millions, le gouvernement tunisien s’engage à rembourser plus du double (65,1 millions).

    Cet emprunt extérieur doit servir à restructurer la dette interne évaluée à l’équivalent de 30 millions de francs français. Il s’agit concrètement de rembourser les bons du trésor beylical ou « teskérés », ce qui est fait, mais les autorités en émettent de nouveau pour un montant équivalent. Victor Villet raconte : « En même temps que dans les bureaux du représentant de la maison Erlanger à Tunis on remboursait les anciens titres..., un courtier du gouvernement (M. Guttierez) installé dans le voisinage reprenait du public l’argent que celui-ci venait de recevoir, en échange de nouveaux teskérés émis au taux de 91 %. À la faveur de cette comédie de remboursement, la dette se trouva simplement... augmentée de 15 millions à peu près ».

    En moins d’un an, l’emprunt est dilapidé. Dans le même temps, l’État se retrouve, pour la première fois de son histoire, endetté vis-à-vis de l’étranger pour un montant très élevé. La dette interne qui aurait dû être remboursée par l’emprunt extérieur a été multipliée par deux. Le bey choisit, sous la pression de ses créanciers, de transférer la facture vers le peuple en augmentant de 100 % la mejba, l’impôt personnel.

    Des profits juteux grâce aux « valeurs à turban »
    La mesure provoque en 1864 une rébellion générale. Les insurgés accusent le gouvernement d’avoir vendu le pays aux Français. Le bey tente par la force d’extorquer un maximum d’impôts et d’amendes à la population. Son échec l’oblige à monter avec le banquier Erlanger un nouvel emprunt en mars 1865 d’un montant de 36,78 millions de francs à des conditions encore plus mauvaises et scandaleuses qu’en 1863. Cette fois, un titre de 500 francs vendu 480 francs en 1863 ne l’est plus qu’à 380 francs, à peine 76 % de sa valeur faciale. Résultat, l’emprunteur s’endette pour 36,78 millions, cependant il ne reçoit qu’un peu moins de 20 millions. Les frais de courtage et les commissions prélevées par le banquier Erlanger et ses associés Morpurgo-Oppenheim s’élèvent à 18 %, plus près de 3 millions détournés directement par moitié par les banquiers et par moitié par le premier ministre et ses associés. La somme à rembourser en 15 ans s’élève à 75,4 millions de francs.

    Les banquiers ont réalisé une très bonne affaire : ils ont prélevé à l’émission environ 6,5 millions de francs sous forme de commissions, de frais de courtage et de vol pur et simple. Tous les titres ont été vendus en quelques jours. Il règne à Paris une euphorie à propos des titres des pays musulmans (Tunisie, empire ottoman, Égypte), désignés comme les « valeurs à turban », les banquiers payant la presse pour publier des informations rassurantes sur les réalités locales.

    À la merci des créanciers
    Les nouvelles dettes accumulées au cours des années 1863-1865 mettent la Tunisie à la merci de ses créanciers extérieurs ainsi que de la France. Il lui est tout simplement impossible de rembourser les échéances. L’année 1867 est une très mauvaise année agricole. Pressé de se procurer des devises, le bey privilégie l’exportation des produits agricoles au détriment du marché intérieur, avec à la clef d’abord la disette dans plusieurs provinces de la régence, puis une épidémie de choléra.

    En avril 1868, sous la dictée des représentants de la France, le bey établit la Commission internationale financière. Le texte du décret du 5 juillet 1869 constitue un véritable acte de soumission aux créanciers. L’article 9, particulièrement important, indique très clairement que la Commission percevra tous les revenus de l’État sans exception. L’article 10, décisif pour les banquiers, prévoit qu’ils y auront deux représentants. L’une des tâches principales de la commission — la plus urgente — est de restructurer la dette. Aucune réduction de dette n’est accordée à la Tunisie. Au contraire, les banquiers obtiennent qu’elle soit portée à 125 millions de francs. C’est une victoire totale pour ces derniers, représentés par les délégués d’Alphonse Pinard et d’Émile Erlanger qui ont racheté en bourse des obligations de 1863 ou de 1865 à 135 ou 150 francs. Ils obtiennent grâce à la restructuration de 1870 un échange de titres quasiment au prix de 500 francs.

    Les autorités tunisiennes sont complices de ce pillage. Le premier ministre Mustapha Khaznadar, d’autres dignitaires du régime — sans oublier d’autres Tunisiens fortunés qui détenaient également des titres de la dette interne —font d’énormes profits lors de la restructuration.

    Indemnisés et largement satisfaits, Pinard et Erlanger se retirent alors de Tunisie. Émile Erlanger construit un empire financier, notamment grâce à ses opérations tunisiennes, met la main sur le Crédit mobilier de Paris et, quelques années plus tard, sur la grande agence de presse Havas. De son côté, Alphonse Pinard poursuit ses activités en France et dans le monde, participe à la création de la Société générale (l’une des trois principales banques françaises aujourd’hui) ainsi qu’à une autre banque qui s’est transformée au cours du temps en BNP Paribas (la principale banque française actuelle).

    Mise sous tutelle
    Depuis la conquête de l’Algérie à partir de 1830, Paris considère que la France a plus qu’un droit de regard sur la Tunisie. Encore faut-il trouver le prétexte et le moment opportun. Dans la région, l’Égypte a la priorité pour des raisons géostratégiques : la possibilité d’avoir un accès direct à l’Asie avec l’ouverture du canal de Suez entre la Méditerranée et la mer Rouge en 1869 ; l’accès à l’Afrique noire par le Nil ; la proximité de l’Orient par voie terrestre ; le potentiel agricole de l’Égypte ; la concurrence entre le Royaume-Uni et la France (celui des deux pays qui contrôlera l’Égypte aura un avantage stratégique sur l’autre).

    Lors du Congrès de Berlin en juin 1878 qui partage l’Afrique, tant l’Allemagne que l’Angleterre abandonnent à la France la Tunisie — qui ne présente aucun attrait pour l’Allemagne. Pour le chancelier allemand Otto von Bismarck, si la France se concentre sur la conquête de la Tunisie avec son accord, elle sera moins encline à récupérer l’Alsace-Lorraine. Le Royaume-Uni, qui donne la priorité à la Méditerranée orientale (Chypre, Égypte, Syrie…), voit aussi d’un bon œil que la France soit occupée à l’ouest en Tunisie.

    La diplomatie française n’a de cesse de provoquer un incident ou de trouver un prétexte qui justifie une intervention de la France. Le conflit entre la tribu algérienne des Ouled Nahd et les Kroumirs tunisiens est l’occasion de lancer une intervention militaire française de grande ampleur. Vingt-quatre mille soldats sont envoyés contre les Kroumirs. Le traité du 12 mai 1881 signé entre le bey de Tunis et le gouvernement français instaure un protectorat français en Tunisie. La leçon ne doit pas être oubliée.
    #Éric_Toussaint

    #Tunisie #dette #havas #Émile_Erlanger #diplomatie #Alphonse_Pinard #BNP_Paribas #banquiers #bourse

  • La fausse spontanéité des meetings de Macron dévoilée par une vidéo RTS - Marc Renfer - 14 Février 2017
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/8387956-la-fausse-spontaneite-des-meetings-de-macron-devoilee-par-une-video.html

    Angles minutieusement choisis lors de la diffusion, militants téléguidés en direct via un service de messagerie : une vidéo publiée sur internet décortique l’envers du décor des meetings du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron.

    https://www.youtube.com/watch?v=E9t08A3TylA


    « Lâchez des ’bravos’, des ’il a raison’, du spontané ! » "Je veux du ’Macron Président !’ et du ’On va gagner !’" Ces injonctions ont été reçues via la messagerie Telegram par les membres de la « Team ambiance » du mouvement politique d’Emmanuel Macron, et ce en plein meeting du candidat à la présidentielle française à Lyon le 4 février dernier.

    Les mots d’ordre reçus et repris par la « Team Ambiance » durant le discours d’Emmanuel Macron. [DR] 

    Cette « Team ambiance » - équipe constituée de militants dédiés à assurer un climat d’enthousiasme lors des rassemblements politiques - a été infiltrée par Christophe Geoffroy. https://twitter.com/Topper_Fr Ce Français de 38 ans a expliqué à la RTS avoir été « étonné par l’ambiance terriblement artificielle » qui se dégageait des meetings d’Emmanuel Macron, en particulier celui tenu à Lille à la mi-janvier.
    Après une rapide inscription sur la plateforme du mouvement « Les jeunes avec Macron », le « simple développeur informatique » comme il se définit lui-même, dit avoir été intégré à un groupe de discussion dédié au meeting de Lyon d’Emmanuel Macron.
    De son expérience en immersion, il a produit une vidéo publiée sur YouTube lundi, qui dévoile la façon dont les mots d’ordre reçus sur les smartphones sont repris religieusement par les militants au moment opportun.
    Les captures d’écran de la totalité des échanges ont été mises en ligne https://drive.google.com/drive/folders/0B-SDFn0qJMZsM0l6T2lyYVN1LWs par Christophe Geoffroy, où l’on découvre que les organisateurs, très satisfaits de la performance, annoncent que la « Team ambiance » est invitée à une soirée en boîte de nuit.
    S’il affiche son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, il assure avoir produit ce document pour dénoncer « des pratiques fortement discutables », et pas directement pour favoriser le candidat de la France insoumise.
    Contacté par e-mail, le mouvement En Marche ! n’a pas encore donné suite aux questions de la RTS au sujet de la vidéo et de ces pratiques.

    BONUS
    https://www.youtube.com/watch?v=jlGbjnctazQ

    #macron #emmanuel_macron #en_vedette #loi_macron #trucage #propagande #France #PS #Banquiers # truqueur (comme les autres)

  • Rappel des faits :
    –Islande, 2008, crise financière, grosses manifestations
    –Parmi les diverses initiatives militantes, la demande d’une nouvelle constitution, écrite par les citoyens
    –Après un moment d’hésitation, le Parlement accepte qu’un processus soit lancé :
    1) 1000 personnes sont choisies au hasard
    2) ces personnes définissent les valeurs de la nouvelle constitution
    3) 25 personnes sont élues pour faire un premier jet de constitution respectant ces valeurs
    4) pendant 4 mois, ces personnes rédigent une constitution, tout en consultant et en demandant conseil au reste de l’Islande et au reste du monde (via facebook !)
    –Ensuite, en 2012, le parlement fait voter ce texte qui est approuvé aux deux tiers !

    Et depuis ? Rien ! Cette constitution n’a toujours pas été adoptée...

    Existe-t-il une exception démocratique islandaise ?
    https://seenthis.net/messages/485325

    En 2016, nouveau scandale financier : le premier ministre est mêlé à l’affaire des Panama Papers et démissionne.

    « En #Islande, les mobilisations se font aussi sur des enjeux éthiques »
    https://seenthis.net/messages/531590

    De nouvelles élections legislatives sont prévues et un nouveau mouvement, entièrement indépendant des politiciens et des partis politiques, fait pression pour que les candidats qui se présentent s’engagent à faire ratifier la nouvelle constitution.
    Leur nouveau mot d’ordre : Can You Hear Us ?

    https://www.youtube.com/watch?v=JC0mZnJFhUg


    https://canyouhearus.is

    #Islande #Constitution #Démocratie #CanYouHearUs
    #recension

  • [CARTE] Les « banksters »

    Camarades cartographe, après avoir parlé du package cartography (R) qui permet de réaliser en série des cartes thématiques en lignes de code dans l’environnement de #R, je publie aujourd’hui pour la première fois une carte faite « à la main » sur tablette graphique. C’est le grand écart… Mais, il y a mille et une façons d’être cartographe et mille et une façons de concevoir une carte. A mi chemin entre art, sciences et techniques, la cartographie est une discipline aussi bien manuelle qu’intellectuelle. Elle relève autant de la géomatique, de l’analyse spatiale, que du dessin. Me voilà donc devenu cARTographe amateur…


    http://neocarto.hypotheses.org/1988
    #cartographie #visualisation #banques #banquiers

  • Un restaurateur francilien interdit l’entrée de son établissement aux #banquiers
    http://www.24presse.com/cp.php?id=9918370

    « Autorisé aux chiens. Interdit aux banquiers sous réserve d’un droit d’entrée de 70 000 euros ». Alexandre Callet, le jeune propriétaire des Écuries de Richelieu, restaurant gastronomique répertorié au Guide Michelin situé à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, savoure sa provocation.

    #bankster #argent

  • Union européenne : ceux qui ont écrasé les Grecs ont frayé la voie au FN
    David Pestieau

    Pour comprendre les causes profondes de la percée du Front national, nous devons toucher aux politiques appliquées par les partis traditionnels en France et en Europe. Nous devons aussi voir pourquoi l’Union européenne est responsable de la montée du FN et comment la remise en cause fondamentale de la politique de l’UE est aussi la seule manière de contrer le FN.
    http://ptb.be/sites/default/files/styles/primary_image/public/images/2015/12/11/fn.jpg?itok=GVivjzQM

    C’était il y a un an, à la veille du Nouvel An, avant les attentats et la crise des réfugiés. Le célèbre économiste #Thomas_Piketty signait une tribune « 2015 : quels chocs pour faire bouger l’Europe ? » [1] où il écrivait : « Le plus triste, dans la crise européenne, est l’entêtement des dirigeants en place à présenter leur politique comme la seule possible, et la crainte que leur inspire toute secousse politique susceptible d’altérer cet heureux équilibre. (…) Alors, quels chocs pourraient permettre de faire bouger les lignes en 2015 ? Il y a, en gros, trois possibilités : une nouvelle crise financière ; un choc politique venant de la gauche ; ou bien un choc politique venant de la droite. Les dirigeants européens actuels devraient avoir l’intelligence de reconnaître que la deuxième possibilité est de loin la meilleure : les mouvements politiques qui prospèrent aujourd’hui à la gauche de la gauche, comme #Podemos en Espagne ou #Syriza en Grèce, sont fondamentalement internationalistes et proeuropéens. Plutôt que de les rejeter, il faudrait au contraire travailler avec eux pour formuler les contours d’une refondation démocratique de l’UE. Faute de quoi, on risque fort de se retrouver avec un choc autrement plus inquiétant, venu de la droite : compte tenu du mode de scrutin, il est tout à fait possible que le FN emporte des régions lors des régionales de décembre 2015. » 

    Un an plus tard, nous connaissons le résultat. L’expérience grecque anti-austérité de gauche a été écrasée avec le diktat du 13 juillet, malgré que le peuple s’était exprimé totalement dans un sens contraire, à la fois lors des élections du 25 janvier et du référendum du 6 juillet. Elle a montré que, dans cette Union européenne, sous la garde de la main de fer de Merkel et des kilos de pactes et de traités qui instituent la politique d’austérité, il n’y a aucune latitude pour plier, ou même adapter prudemment, l’obsession de l’austérité. La volonté des peuples de pouvoir avoir une politique sociale et qui s’attaque aux plus riches pour sortir de la crise a été simplement interdite par l’establishment européen.

    De #Juncker à #Merkel, de Dijsselbloem à Hollande, l’unité a été scellée pour prolonger le calvaire grec en imposant un troisième mémorandum encore plus étouffant. Un diktat qui résonnait aussi comme un gigantesque avertissement aux autres peuples d’Europe : « ne sortez pas des clous, sinon nous allons vous écraser ».

    Et, en dépit de leurs cris effarouchés d’aujourd’hui sur la montée du Front national en France, tous ces dirigeants sont responsables du choc venu de la droite annoncé par Piketty. Car, en bouchant la voie de l’alternative à gauche, ils ont créé les conditions pour que les gens cherchent à l’extrême droite une solution à leur désespoir. Pire : la politique de l’Union européenne a créé les conditions pour le renouveau du Front national, ce parti fasciste du 21e siècle.

    21 avril 2002 - décembre 2015 : qu’ont-ils fait en 13 ans contre l’austérité ?

    Il y a 13 ans, le 21 avril 2002, la France avait déjà vécu un choc : Jean-Marie Le Pen se qualifiait au second tour des élections présidentielles, écartant le candidat du PS Lionel Jospin. Dans les jours qui ont suivi, des centaines de milliers de jeunes sont descendus dans les rues pour faire barrage à l’extrême droite, dans ce qui a été appelé le « nécessaire grand front républicain ». Et le président de droite Chirac a été élu avec un score de 82 %. Beaucoup de promesses ont été faites.

    On allait lutter contre le chômage, les banlieues pourraient sortir de leur misère, on allait s’attaquer à la « fracture sociale »… Mais rien de tout ça n’est venu. La vague d’austérité, de précarisation de l’emploi (le fameux CPE) et de privatisations a déferlé en France comme ailleurs en Europe, soutenue par toutes les grandes familles traditionnelles européennes, libérales, sociales-démocrates et conservatrices.

    En 2007, #Sarkozy s’est hissé au pouvoir en reprenant une grande partie du discours du FN. L’identité nationale, la France garante des valeurs chrétiennes, le nettoyage des banlieues au karcher ont été les leitmotivs de Sarkozy qui s’est vanté, au soir de sa victoire, d’avoir réduit Le Pen père à 8 %. En « oubliant » qu’il avait amplifié, élargi et banalisé le discours du FN, qu’il a contribué à lui faire gagner la bataille des idées, qu’il a œuvré à la « lepénisation des esprits ».

    Mais la démagogie de Sarkozy le « moralisateur du capitalisme » de 2008 s’est écrasée sur la réalité sociale. À l’issue de son mandat, en 2012, le chômage était passé de 8 à 9,4 %, bien plus encore chez les jeunes. Et ce, en ayant retardé l’âge de départ en retraite, supprimé des centaines de milliers d’emplois dans la fonction publique, travaillé main dans la main avec Angela Merkel pour faire aboutir le traité d’austérité européen #TSCG… Le tout, en diminuant les impôts sur les plus riches. Ce qui lui a valu son surnom de « président des riches ».

    Hollande : la « dernière chance » qui déçoit

    Puis est venu #Hollande. Pour faire échec à la montée du Front de gauche en 2012, sa rhétorique a viré toujours plus à gauche. Hollande a été jusqu’à promettre dans sa campagne électorale la révision du Pacte de stabilité. Avec son discours « mon ennemi, c’est la finance », une « dernière chance » a été donnée par beaucoup d’électeurs à la sociale-démocratie pour montrer qu’elle ferait les choses autrement que la droite.

    Or Hollande n’a pas touché à une virgule du Pacte de stabilité et a appliqué les programmes d’austérité européens, reprenant à Sarkozy son rôle dans le duo avec Merkel. Fin 2014, le Premier ministre Manuel Valls confirmait l’objectif de 50 milliards d’euros d’économies à réaliser « en trois ans ». « Tous les acteurs publics sont concernés, » a-t-il déclaré. De cette manière, Hollande continuait la politique antisociale de Nicolas Sarkozy, tout en continuant à transférer de nouveaux cadeaux fiscaux aux plus grandes entreprises.
    Hollande a même fait rentrer au gouvernement, comme ministre de l’Économie, un haut représentant de la finance (celle qu’il prétendait pourtant combattre) : Emmanuel Macron, ex-banquier d’affaires chez Rothschild & cie. Celui-ci a fait passer la fameuse loi Macron, qui prévoit d’élargir le travail du dimanche, le travail de nuit, facilite les licenciements, affaiblit considérablement les syndicats, prépare la privatisation des transports… La loi s’est aussi attaquée aux petits indépendants (grandes surfaces ouvertes le dimanche, fin des protections pour les taxis, coiffeurs…). Ceux du CAC-40 (les 40 plus grandes sociétés de la Bourse de Paris) et le MEDEF (la FEB française) ont applaudi des deux mains les mesures du gouvernement Valls. Résultat : le chômage a passé la barre des 10 %[2] et les inégalités ont continué à exploser. Il y a ainsi eu plus de 700 000 chômeurs supplémentaires en trois ans.

    Entre une droite qui court après l’extrême droite et une sociale-démocratie qui se dit de gauche, mais mène une politique de droite, tous les ingrédients sont là pour créer une confusion politique totale. D’abord par une désaffection politique majeure des classes populaires : 50 % n’ont pas voté le 6 décembre, dont 59 % des ouvriers, 65 % des moins de 25 ans et 66 % des inactifs. Ensuite, le FN apparaît, pour beaucoup de ceux qui vont quand même voter, comme la seule alternative qui brise le consensus austéritaire des deux grands partis traditionnels. Cependant, l’analyse doit être plus profonde si on veut aller à la racine des causes du succès du FN.

    Le mépris du peuple et la démocratie bafouée

    Autre date clé de l’histoire politique française : le 29 mai 2005. Ce soir-là, les résultats du référendum sur la Constitution européenne s’affichent sur les écrans de télévision : 55 % des Français rejettent un traité qui coule dans le marbre l’austérité néo-libérale. Pourtant, la presque totalité des grands partis traditionnels et une grande partie des médias ont milité pour le « oui ». Les commentaires d’après référendum affichent le mépris d’une élite politique envers un peuple qui « n’a pas compris ». Cela ne provoque aucune remise en cause de la politique de l’Union européenne (la Constitution étant aussi rejetée aux Pays-Bas quatre jours plus tard). Au contraire, deux ans plus tard, le texte à peine modifié revient sous le nom de « Traité de Lisbonne » et est adopté sans débat ni référendum. Une gifle aux millions de Français qui avaient fait entendre leur voix en 2005.

    Le cas français n’est d’ailleurs pas unique en Europe. Ainsi, en Irlande, le gouvernement va même faire revoter le peuple trois fois jusqu’au moment où il répond « correctement » à la question posée.

    Et en Grèce, le référendum convoqué le 6 juillet dernier sur les mesures imposées par la Troika européenne est sans appel : 61 % des Grecs votent contre. Pourtant, bien que, selon la Constitution grecque, le résultat d’un référendum ait la même valeur qu’une loi adoptée par le Parlement, le Parlement grec se voit obligé, le mercredi 15 juillet, d’accepter l’essentiel de ces mesures sous la menace du diktat de l’Union européenne de Merkel, Hollande et consorts.

    Tout cela témoigne de l’autoritarisme d’une Union européenne qui écarte les votes démocratiques qui ne l’arrangent pas, qui prend des décisions essentielles au sein d’organes non élus, comme la Banque centrale européenne ou l’Eurogroupe. La colère latente gronde dans toute l’Europe contre cette Union européenne de l’entre-soi, où la Table ronde des Industriels (regroupant les grandes multinationales) et Business Europe décident en réalité des axes essentiels de la politique. Et, en France, contre les privilégiés du CAC-40, comme les milliardaires Liliane Bettencourt et Bernard Arnault.

    Comment ne pas s’étonner, devant cette hypocrisie, qu’une partie de la population ne suive pas les appels à défendre les Hollande et Sarkozy de ce monde et tombe dans les griffes d’une Marine Le Pen qui prétend, elle, incarner le peuple ?

    Comme l’écrit The Guardian ce 9 décembre : « La dynamique commune (en Europe) apparaît comme l’interaction de l’insécurité financière et du détachement des élites gouvernementales de leur population. De Paris à Varsovie, les politiciens du centre technocratique professionnel sont perçus comme une caste à part avec ses privilèges, isolée de l’anxiété provoquée dans leur électorat par les turbulences économiques et les changements démographiques. »[3]

    La concurrence de l’Union européenne entre les travailleurs, substrat du poison raciste

    Deux autres éléments essentiels de la politique de l’Union européenne alimentent le substrat du Front national : la concurrence entre travailleurs érigée en principe cardinal et la politique de guerre et de conquête des grandes puissances européennes.

    En dépit des déclarations, l’Union européenne n’est pas dans son essence un projet coopératif entre les peuples. Au contraire : les politiques économiques des traités européens visent à mettre en concurrence les pays de l’Union entre eux dans une spirale vers le bas.
    Des tableaux socio-économiques comparatifs sont établis pour inciter voire obliger les États à s’en prendre aux « coûts salariaux » trop élevés (avec, du coup, une baisse du pouvoir d’achat), contre « les rigidités du marché du travail » (lisez ultra-flexibilisation et précarisation du travail), contre « l’intervention des États et le non-respect des principes de concurrence » (lisez libéralisation et privatisation des services publics). Durant des mois, les Allemands ont été montés contre « les Grecs paresseux » qui « profitent de l’Union ». Les Belges, Français et Néerlandais ont eux été sommés de rattraper la locomotive allemande en bloquant leurs salaires et en introduisant leurs « mini-jobs ».

    D’autre part, avec la directive sur les travailleurs détachés de l’Union européenne, les travailleurs de la construction et du transport routier ici ont vu des travailleurs polonais, roumains et bulgares venir travailler sur les chantiers pour des salaires de misère, sans aucune obligation de leurs patrons de verser des salaires et d’accorder des protections sociales et des conditions de travail égales à celles des travailleurs résidents ici.

    En posant le tabou qu’on ne peut pas toucher au 1 % le plus riche et en organisant la concurrence, l’Union européenne alimente le substrat sur lequel le poison du racisme et de la division peut se propager.

    Immigration et réfugiés : toujours plus de guerres et de murs

    La politique étrangère de grandes puissances européennes comme la France est aussi à remettre en cause. Elle crée toutes les conditions pour alimenter le racisme.

    D’une part, les guerres menées par les États-Unis, mais aussi par la France, provoquent « à retardement » la venue de centaines de milliers de réfugiés en Europe (voir notre article « Les réfugiés syriens, irakiens ou afghans sont le miroir à retardement de nos guerres » https://lc.cx/4wTZ). Mais l’immigration est aussi provoquée par d’autres décisions de l’Union européenne, comme, par exemple, les politiques climatiques décidées à la #COP21 à Paris.

    Le refus obstiné d’avoir un programme réellement ambitieux pour le climat, le refus d’adopter comme objectif une limite maximale d’1,5°C pour le réchauffement et celui de ne pas financer à hauteur suffisante les programmes de soutien au Sud (surtout en matière de transfert de technologies) pour réaliser la transition aux énergies renouvelables est aussi à la base de la venue de dizaines de milliers de réfugiés climatiques aujourd’hui, et surtout demain.

    D’autre part, l’Union européenne construit des murs toujours plus hauts autour, mais aussi à l’intérieur de l’Europe, comme en Hongrie, Slovénie et même en Autriche, validant en réalité les programmes de l’extrême droite qui désignent l’immigré comme l’ennemi intérieur. Au lieu d’intégrer les populations qui fuient les conséquences des politiques de « nos » gouvernements dans leur pays, les réfugiés sont mis en quarantaine de la société. Dans des camps fermés, voire même dans une « jungle » comme à #Calais, où les autorités françaises laissent pourrir une situation inhumaine, au lieu d’offrir un accueil décent à ceux qui fuient une misère indescriptible. Ainsi sont créées les conditions pour des tensions grandissantes avec les habitants voisins.

    La politique actuelle de l’Union européenne crée toutes les conditions pour le nationalisme

    Comme nous l’avions écrit dans Comment osent-ils ? La crise, l’#euro et le grand hold-up (de #Peter_Mertens), la continuation de la politique actuelle de l’Union européenne ne peut mener qu’à l’autoritarisme (comme on l’a vu en Grèce) ou au nationalisme (comme on le voit aujourd’hui en France). Et nous assistons aujourd’hui aux deux.
    Aussi, on ne peut combattre le nationalisme du Front national de Le Pen en défendant l’autoritarisme de l’Union européenne et en ne s’en prenant pas aux racines de sa politique.

    Car, si l’on interdit, comme l’Union européenne le fait, des politiques qui touchent les privilèges des plus riches, il ne reste qu’à s’en prendre aux plus faibles. Il n’y a pas de troisième voie. S’il n’y a jamais d’argent pour des nouveaux logements publics, on crée la base pour que ceux d’en bas se battent entre eux pour ceux qui existent. Si l’on coupe dans les budgets de l’enseignement, des services publics et de la vie associative, on crée toutes les conditions pour le repli sur soi et les tensions d’aujourd’hui et de demain.

    Remettre en cause la politique antisociale, antidémocratique et guerrière de l’Union européenne est une condition indispensable pour la reconquête des classes populaires.

    Une autre est évidemment de dévoiler la nature profonde du Front national derrière sa démagogie sociale. Et on ne peut le faire que si on rejette réellement le néo-libéralisme, qui se cache aussi dans le programme FN.

    Le FN : remplacer l’austérité made in Union européenne par une austérité made in France

    Car, en effet, le FN reprend en paroles des termes propres aux traditions de gauche. Il critique la mainmise des multinationales sur l’économie, les taxes qui étranglent citoyens et petits entrepreneurs, l’Europe qui impose l’#austérité à la France...

    Mais, si l’on examine les mesures proposées dans le programme du FN, autant le vague domine le volet social, autant il est précis quand il s’agit de l’immigration. Pour tout ce qui concerne l’emploi et la réindustrialisation de la France, il n’y a que des formules, aucune proposition concrète (et même, il veut réduire le nombre de fonctionnaires, ce qui est loin d’être une mesure créatrice d’emploi).

    Par contre, le thème omniprésent est ce que le FN appelle la « priorité nationale ». Celle-ci implique que les citoyens de nationalité française auraient plus droit que les autres à la sécurité sociale et aux services publics, ainsi qu’à l’emploi. Le piège est que, contrairement à l’image que cela veut renvoyer, cette mesure est avant tout une manière de favoriser l’austérité : plutôt que de pointer le manque d’emploi, de logement, de places en crèche, etc., le FN veut en priver une partie de la population, et donc justifier la #pénurie. C’est d’autant plus le cas que le FN est très dur vis-à-vis des chômeurs et allocataires sociaux, et compte s’en prendre durement à ceux-ci, Français ou non. D’une part, il fait donc semblant de protéger les « pauvres » français contre les autres, mais, d’autre part, il compte bien traiter tous les défavorisés comme des « parasites » - à l’instar d’un #Bart_De_Wever. Ainsi, dans plusieurs villes dirigées par le FN, les tarifs de cantine scolaire ont explosé pour les familles précaires et les subventions ont diminué – quand elles n’ont pas disparu – pour les associations d’aide aux personnes les plus pauvres.

    L’#immigré comme cible est un moyen d’épargner les #banquiers et grands patrons qui ont profité de la crise pour s’enrichir. Le FN reprend ainsi de nombreuses propositions propres à la droite ultralibérale : on parle d’« alléger le coût du travail », de diminuer le pouvoir des #syndicats, de réduire le nombre de logements sociaux, d’offrir des cadeaux fiscaux aux entrepreneurs, etc. Et, quand il semble vouloir s’en prendre aux grandes entreprises, « les 50 plus fortes capitalisations boursières, fleurons des entreprises françaises, devront affecter 15 % de leur résultat net en réserve spéciale de réindustrialisation », c’est en réalité pour la forme, car le programme stipule bien que ce sera « sans incidence sur leur rentabilité » et que les sommes seront « restituées » au terme d’une période de 5 ans.

    Malgré des déclarations qui semblent anti-système, le programme du FN est une version nationaliste du libéralisme. Le discours sur « la France d’abord » vise à rallier les travailleurs et petits indépendants français derrière un programme qui servira le 1 %... français.
    C’est d’ailleurs dans cette optique que des responsables FN ont mené récemment une opération de séduction vis-à-vis du monde patronal. Ainsi, #Christophe_Boudot, tête de liste FN en Auvergne-Rhône Alpes, s’est félicité d’une rencontre avec #Jean_Dominique_Senard, président du groupe Michelin, et a déclaré fièrement que « le FN est l’ami de l’entreprise ».

    En ce qui concerne la fiscalité, l’#ISF, l’impôt sur la fortune, doit passer à la trappe pour le parti de Marine Le Pen qui veut le « fusionner » avec la taxe foncière. Pas étonnant quand on sait que la famille Le Pen est elle-même soumise à l’ISF. La famille tient sa fortune de l’héritage du magnat du béton Hubert Lambert, que Jean-Marie Le Pen a touché en 1985. Les membres de la famille continuent de bénéficier de ce patrimoine à travers de sociétés civiles immobilières. Comme l’a écrit #Jean_Marie_Le_Pen dans la brochure « Droite et démocratie économique » : « Mieux vaut hériter de bons chromosomes conduisant à la richesse, plutôt que de faibles chromosomes qui vous font perdre le magot légué. » 

    Finalement, le FN ne peut se présenter comme anti-système que parce qu’il trompe sur la nature du système. Il pointe du doigt les immigrés, l’Europe et les pays étrangers. Mais c’est bien l’élite économique française qui a contribué à la construction de cette Europe, ce sont les grands patrons français qui exercent un lobbying acharné pour des traités #ultralibéraux qui précarisent les travailleurs, menacent la sécurité sociale et donnent tout le pouvoir aux multinationales. Mais le 1 % des plus riches Français, c’est le grand absent des discours du FN, ce 1 % qui s’enrichit notamment par l’exploitation des travailleurs sans-papiers, dont certaines entreprises bien françaises, comme le géant de la construction Vinci.

    C’est là que se situe la grande ligne de fracture : entre une élite économique qui s’enrichit toujours plus et la majorité de la population qui craint toujours plus pour son avenir. Et, dans cette situation, le #FN n’offre qu’un discours qui divise les gens. Et propose en réalité, à la place d’une austérité made in Union européenne, une austérité made in France.

    Contre l’Europe de la concurrence et de l’inégalité et contre le FN

    Nous savons qu’en ces temps de crise, des gens peuvent devenir de plus en plus aigris. Beaucoup voient que le monde ne tourne pas rond, ce qui peut produire le meilleur, dans la recherche d’alternatives, ou le pire, avec des solutions nationalistes et simplistes.
    La gauche authentique doit pouvoir transformer positivement cette colère. Pas en cherchant un consensus avec ceux, dans l’Union européenne, qui ont frayé la voie au FN, mais, au contraire, en osant désigner les responsables de la crise sociale dans laquelle l’Union européenne s’enfonce depuis sept ans : le 1 % le plus riche. Celui des Arnault, Bettencourt et Albert Frère de ce monde.
    La gauche ne doit pas s’unir pour se mettre à la remorque de politiques de droite, comme le fait le #PS d’#Hollande et #Valls, mais bien pour avoir une vraie politique de gauche, qui combatte pied à pied la politique actuelle de l’Union européenne.

    « La concurrence et la chasse au profit sur le libre marché sont la base de l’Union européenne. Elles sont gravées dans les textes de base de l’Union. Elles pourrissent et étouffent tout, écrivions Peter Mertens et moi-même en 2011 dans Comment osent-ils ?. Nous ne devons pas rhabiller de neuf cette construction de la concurrence ni donner une nouvelle couche de peinture aux déséquilibres. Nous avons besoin d’autres fondations. La coopération et la solidarité doivent remplacer la concurrence et l’inégalité. Cela suppose une tout autre Europe. »

    Ces mots nous semblent plus actuels que jamais. Dans cette #Union_européenne, il n’y a pas place pour une politique basée sur la coopération, la solidarité, les investissements équilibrés et le développement régional. Si une Europe répondant aux besoins des gens doit grandir, elle ne peut le faire qu’en remettant en cause les fondements de l’Union européenne. Autrement, soit l’Union s’enfoncera dans l’autoritarisme croissant, soit toute l’Union éclatera et les tensions nationalistes du début du 20e siècle referont leur entrée dans ce jeune 21e siècle. 

    Comme l’écrivait Antonio Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Faisons en sorte, ensemble, que les monstres soient arrêtés à temps pour aider à construire un nouveau monde.
     
    [1] Tribune Libération 29 décembre http://www.liberation.fr/futurs/2014/12/29/2015-quels-chocs-pour-faire-bouger-l-europe_1171435
    [2] Le 3 décembre dernier, on apprenait que le chômage atteignait son plus haut niveau depuis 1997, avec plus de 10 % de la population active concernée.
    [3] As Le Pen rises Europe’s liberal dream is disappearing in front of our eyes, Rafel Behr, The #Guardian 9 decembre.

    Origine de l’article : http://ptb.be/articles/union-europeenne-ceux-qui-ont-ecrase-les-grecs-ont-fraye-la-voie-au-fn

  • #Banques et #banquiers (1/5)

    Cette semaine, Histoire vivante revient sur la pire #crise_financière depuis le krach de 1929. La #crise de 2008 qui s’est abattue sur les Etats-Unis et l’Europe a entraîné une #crise_économique mondiale.

    Dimanche 15 mars 2015, vous pouvez découvrir sur RTS Deux : « Nature, le nouvel eldorado de la finance », un documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac (France, 2015).

    http://www.rts.ch/docs/histoire-vivante/6603181-banques-et-banquiers-1-5.html
    #Histoire_vivante #argent #finance #économie
    cc @franz42

  • La déconnexion des élites
    Comment internet dérange l’ordre établi
    Une enquête de Laure Belot
    http://ladeconnexiondeselites.fr

    Le fait est que cette #société est déjà la nôtre. #Ordinateur ou #smartphone en main, les citoyens s’informent, s’expriment, achètent, se financent en court-circuitant les #intermédiaires classiques. Des secteurs économiques entiers sont bousculés. Cette accélération du monde laisse sur le bord de la route une élite dépassée : des #énarques, des #intellectuels, des #politiques, des #chercheurs, des #banquiers, des #chefs_d’entreprise ne saisissent pas les nouveaux usages qui sont en train de balayer les habitudes et les normes. #Internet a contrecarré l’ordre établi. Le pouvoir change de mains.

    Quel avenir nous réservent ces nouveaux acteurs ? Jusqu’où a-t-on le droit d’analyser nos données personnelles ? Qui pose les limites dans ce monde, où quelques groupes privés surpuissants sont déjà plus influents que nombre d’États ? Qui pense ce monde qui vient ?

    Enquête pionnière et passionnante, La Déconnexion des élites nous dévoile cette révolution qui nous concerne tous. Et raconte un monde qui avance comme une fusée.

    #livre

    • En tout cas, la tournure du titre indique déjà clairement une manière de voir les choses.

      Personnellement, je ne dirais pas que « les élites sont déconnectées », comme si en général les élites étaient à la masse et que des non-élites (blanches comme neige) s’emparaient de je-ne-sais-quoi. Mais plutôt qu’une partie des anciennes élites change et est remplacée par une autre élite, qui compose un nouvel ordre établi, avec toujours les mêmes pouvoirs, mais tenus par d’autres, organisés différemment.

  • L’Union Européenne a le droit de limiter les #bonus des #banquiers (en espérant que cela soit validé).
    http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/L-Union-Europeenne-a-le-droit-de-limiter-les-bonus-des-banquiers-2014-11-2

    C’est une épine dans le pied du #Royaume-Uni que vient de planter Niilo Jääskinen, avocat général à la Cour de #justice de l’Union européenne (#CJUE). Le magistrat a annoncé, jeudi 20 novembre, que selon lui, la réglementation européenne limitant les bonus des banquiers par rapport à leur rémunération fixe est valide.

    #finance #ue #banque

  • Les banquiers, tricheurs par culture
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/19/les-banquiers-tricheurs-par-culture_4526122_3234.html

    Une grande banque internationale avait accepté de mettre à la disposition des universitaires 128 de ses employés, issus de tous les secteurs – banque privée, gestion du risque, traders, ressources humaines – et de tous les niveaux. A une condition : conserver l’anonymat (la suite lui donnera raison). La cohorte, qui avait en moyenne 11,5 ans d’expérience dans le secteur, était scindée en deux. A tous était posée une série de questions identiques portant sur leur bien-être, suivie de sept questions distinctes. Le premier groupe se voyait interrogé sur son identité professionnelle (dans quelle banque travaillez-vous ? quelle est votre fonction ?…) ; le second, sur des sujets autres (quel est votre loisir favori ? combien d’heures regardez-vous la télévision chaque jour ?…).

    Les affaires sérieuses pouvaient commencer. Les cobayes étaient invités à lancer dix fois une pièce et à noter le résultat. Ennuyeux et banal ? Pas tant que ça, car le jeu était intéressé, avertissaient les chercheurs. Chaque lancer retombant côté « face » rapportait 20 dollars ; « pile », au contraire, ne rapportait rien.

    Tricher ? La tentation était grande. Les joueurs n’étaient pas observés. Un résultat hors de la norme pouvait aisément être attribué au facteur chance. Un, peut-être deux, mais pas dix ou vingt… Que pensez-vous qu’il advint ? L’échantillon de contrôle reporta un taux de 51,6 % de lancer « gagnant », « ce qui n’est pas significativement différent de 50 % », indiquent les chercheurs. Qui concluent que les banquiers ne sont pas malhonnêtes par nature.

    En revanche, dans l’échantillon placé dans des conditions professionnelles, la pièce tomba du bon côté dans 58,2 % des cas. Ce qui, cette fois, n’a plus rien de normal. En considérant que personne ne triche contre son intérêt, le calcul de probabilité estime à 26 % le taux de tricheurs dans le groupe étudié.

    (…)

    « Les normes et règles informelles en vigueur dans le monde de la banque privilégient les valeurs matérielles et poussent ainsi à une attitude malhonnête », concluent les chercheurs.

    Ça fait un joli exercice à bâtir pour un sujet d’examen en probabilités élémentaires…

  • #Israël : tristes #législatives et #prostitution #médiatique !

    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1602

    La question palestinienne : sans surprise !

    Les israéliens votent à droite, et il ne faut pas dire que c’est un choix #capitaliste ou argentier. Faute de subir l’accusation d’ #antisémitisme, il ne faut même pas parler des #banquiers qui soutiennent les parfaits « #Kiboutz ». Vivre avec un #climat de #guerre éternelle, en planifiant des attaques préventives contre l’ #Iran, le #Liban, en exécutant des individus isolés ou sans penser aux #enfants et même des #humanitaires venant aider les palestiniens, telle la réalité politique israélienne...