• http://www.liberation.fr/france/2018/06/22/le-pretre-qui-a-gifle-un-bebe-suspendu-par-son-diocese_1661203
      Selon nos informations, il ne pourra plus célébrer de baptême ou de mariage.
      Après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux, où l’on voit un prêtre gifler un bébé lors d’un baptême, le diocèse de Meaux a décidé de suspendre le prêtre de toute célébration, de tout baptême et de mariage.

      La vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux depuis le 20 juin, montre une scène de baptême où un prêtre, qui s’exprime en français, gifle un bébé en train de pleurer. Elle a été vue et commentée plusieurs centaines de milliers de fois en quelques heures, suscitant émotion et commentaires indignés. Elle a également été reprise par de nombreux médias français et étrangers, sans qu’aucun ne précise ni le lieu ni le contexte.

      Que s’est-il passé ? La scène se déroule lors d’un baptême, qui a eu lieu le 17 juin, dans une église de Seine-et-Marne. Et non en Martinique, ou en Belgique, comme on a pu le lire sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

      Contactée par CheckNews, la chargée de communication du diocèse indique avoir été informée hier soir du fait que le prêtre officiait dans leur circonscription. Toujours selon elle, le prêtre s’est excusé auprès de la famille après l’incident, et l’enfant a bel et bien été baptisé.

      Le diocèse parle aujourd’hui d’un geste « explicable, mais pas excusable » : « Un baptême, c’est long et le bébé criait beaucoup », assure la chargée de communication, tout en rappelant l’âge du prêtre, 89 ans.

      Des mesures conservatoires ont été prises, cet après-midi, pour que le prêtre soit suspendu de toute célébration, baptême et mariage. Ces mesures lui imposent également de ne plus intervenir dans la collégiale de Champeaux, dont il était recteur.

      La famille sera reçue par le prêtre référent du secteur en fin de journée. « On veut que cette maman puisse s’exprimer », ajoute le diocèse, qui assure vouloir se montrer « très ferme avec le prêtre ». Ce dernier, qui ignorait encore tout de la polémique jusqu’à jeudi soir, sera-t-il sanctionné ? « L’évêque et son conseil travaillent sur des mesures conservatoires. »

  • « J’ai décidé de me faire baptiser. Nue. » Solidaire - Iman Ben Madhkour - 28 Décembre 2016
    http://solidaire.org/articles/j-ai-decide-de-me-faire-baptiser-nue

    Nous sommes en 2016 et, lors des baptêmes d’étudiants à la VUB, les étudiantes se font toujours intimider sur le plan sexuel. Le sexisme est d’ailleurs un problème qui sévit dans toute la société. Il est temps de remettre en question les normes dominantes sur le rôle de la femme.


    Il y a quatre ans, je débarquais à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) comme jeune étudiante en sociologie. Pour moi, faire des études signifiait repousser ses limites, faire des choses dont on ne se serait pas cru capable, se mettre en quête de son identité réelle. Bien vite, j’ai été attirée par les cercles d’étudiants et leur folklore, ainsi que par leur « liberté de pensée ». 

    J’ai décidé de me faire baptiser. Nue. L’idée sous-jacente – tout le monde est égal quel que soit son contexte social, économique ou culturel – était quelque chose dans lequel je pouvais me retrouver. Dans la réalité, l’idéal de l’égalité entre homme et femme ne collait vraiment pas car, en tant que femme, on m’évaluait différemment d’un homme. Après le baptême, nous sommes sorties avec un petit groupe de bleues et on nous a adressé des remarques du genre : « Tiens, voilà celle avec ses beaux nichons ! » 

    Ces derniers jours, il y a eu beaucoup de réactions à un article sur le sexisme dans les milieux étudiants qui est paru dans le journal étudiant de la VUB De Moeial. Un article dont l’écriture a demandé du courage, car on sait que les réactions ne seront pas toujours positives. Mais, aujourd’hui, cela a lancé un débat qui, espérons-le, remettra en question les normes et valeurs en vigueur à propos du rôle de la femme dans la société. 

    Dominant (m), dominée (f)
    Les modèles de rôle pour les hommes et les femmes nous sont inculqués dès la maternelle. On nous en imprègne par les médias, le cinéma, la télévision et la publicité. Cela s’exprime différemment selon les endroits. Dans un quartier populaire, on vous sifflera peut-être ouvertement en pleine rue. Dans notre université, c’est en « tout honneur » que l’ancien doyen Willem Elias – après ses déclarations contestées qui justifiaient le viol après une plainte pour intimidation sexuelle – a pu présenter sa démission en tant que doyen et qu’il continue toujours à donner cours aujourd’hui. 

    À la maison, les femmes assument toujours le plus gros des tâches ménagères. Au travail, en Belgique, pour exactement les mêmes tâches, les femmes touchent toujours 9 % de moins que les hommes. Et, dans les cercles étudiants aussi, les modèles de rôle du séducteur dominant à la grande gueule (m) face au modeste et soumis objet de son désir (f) sont parfois renforcés par d’objectivantes élections de miss, des séances de baptême humiliantes et des traditions festives avec attouchements à la clé. La question n’est donc pas de savoir ce qui ne tourne pas rond dans la vie du cercle en soi – ce n’est d’ailleurs pas le cas – mais bien de savoir si l’on se penche suffisamment sur le contexte social et sociétal du sexisme. 

    Quelle (in)égalité ? 
    Ce n’est pas en élisant un « gigolo de l’année » en plus d’une « salope de l’année » lors des baptêmes étudiants qu’on va résoudre le fait que les femmes aujourd’hui gagnent moins que les hommes, exercent moins souvent des fonctions à responsabilités, bref, qu’elles ne sont pas perçues socialement comme les égales des hommes. Si, dans la mentalité dominante, la femme est systématiquement présentée comme un objet de désir, cela n’aidera pas, dans la vie à l’université, d’humilier de la même façon hommes et femmes. L’impact sera en effet bien plus sévère pour une femme que pour un homme, parce qu’elle subit ce genre d’humiliation dès sa plus tendre enfance. 
    Le sexisme ne se rencontre pas que dans les cercles étudiants, mais dans toutes les couches de la société, et il s’agit d’un problème structurel. Le sexisme divise la société en mettant en concurrence des personnes aux salaires différents. La reproduction (inconsciente) du sexisme au sein de nos cercles étudiants, de l’université et de la société, légitime à cet égard l’inégalité structurelle. 

    Un glissement des valeurs
    Le fait qu’il y a un aussi grand débat autour du sexisme est un signe positif. Celui ou celle qui a peur de ce débat au point de détruire des magazines présentant des articles critiques (une partie de l’édition de De Moeial avec l’article en question a été détruite par des inconnus) devrait peut-être s’interroger sur ce qu’il ou elle vient chercher dans une université qui, parmi ses principales valeurs, compte une culture du débat ouverte. Qu’un article paraisse aujourd’hui sur des phénomènes par lesquels le sexisme se reproduit dans notre société est la preuve que nos valeurs et normes sont en train de subir un glissement. Grâce au développement de la connaissance, les fausses idées et les préjugés ont fait place à la libre pensée. En tant que membres de la communauté universitaire, embrassons donc ces idées au lieu de nous figer sur nous-mêmes dès que nos (mauvaises) traditions sont remises en question. 

    Si votre but est de remettre en question les normes de la société, il faut vous attendre à une certaine résistance. Demandez donc ce qu’il en est à la femme courageuse qui a collecté les témoignages sur le sexisme dans la vie des cercles et qui les a fait connaître. Nous ne devons cependant pas nous laisser intimider par ces réactions, mais continuer à lutter pour notre bon droit et notre égalité. Pour cela, il est nécessaire que les hommes et les femmes, les étudiants baptisés et non baptisés conjuguent leurs efforts. Soyons le berceau d’une société sans sexisme, où l’homme et la femme peuvent l’un et l’autre se dire des égaux. Ce ne sera possible que lorsque les étudiants seront disposés à modifier cette mentalité et à entreprendre activement des démarches en vue de rendre nos cercles, notre université ainsi que notre société plus égalitaires. 
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    _ Les faits
    Dans le journal estudiantin de la VUB, De Moeial, quatre étudiantes ont témoigné des intimidations sexuelles subies durant le baptême des bleus. Les histoires concernant des « lap dances » forcées, des simulations de viols et l’élection d’une « salope de l’année » ont provoqué pas mal de remous à la VUB et en dehors. Iman Ben Madhkour est présidente de Comac-VUB, la section locale du mouvement étudiant du PTB. Elle aussi, en son temps, s’est fait baptiser. Dans cette tribune, elle exprime l’espoir de voir le débat remettre en question les normes et valeurs sur le rôle de la femme dans notre société. _

    #VUB #Belgique #Dominant #dominée #Université #Baptéme #Vrije_Universiteit_Brussel #Sexisme #Résistance #Femmes #Egalité #Etudiantes #Willem_Elias #Miss #Nue #Comac

  • Le #baptême, ce rite de la #République
    http://www.lemonde.fr/famille-vie-privee/article/2014/11/15/le-bapteme-ce-rite-de-la-republique_4524049_1654468.html

    Les parrainages civils ne se substituent pas en nombre aux baptêmes religieux – certains, comme les parents de Chloé, choisissent d’ailleurs de baptiser leur enfant à la #mairie et à l’#église – mais ils accompagnent à coup sûr leur recul. En 2011, selon les chiffres de l’Eglise, 300 119 baptêmes ont été célébrés, soit 23 % de moins que dix ans auparavant, en 2001, et 35 % de moins qu’en 1991.

    #religion