• Breaking: #Canada Announces That Its Border Wall Is Already Finished | The Inertia
    https://www.theinertia.com/comedy/canada-announces-border-wall-finished

    In incredible news out of Canada, officials have happily announced that the country easily finished its own border wall in the past 21 days while everyone was distracted by the U.S. government shutdown. And it was a simple solution: one of the snowiest countries in the world used its overabundance of frozen water to create a border wall spanning nearly 4,000 miles from the shores of British Columbia in the west to New Brunswick in the east. The purpose? Keep weed-puffing, hard-drinking Americans seeking better times out of the country.

    “For years, Americans have crossed our borders to bypass repressive laws and governments in their own country, simply to have a better time, be it the drinking age limit or, more recently, to smoke weed legally,” announced Canadian Prime Minister Justin Trudeau. “Well, those benefits are for our citizens.”

    #mur #etats-unis

    Editor’s Note: If you didn’t figure out this was #satire within the first few sentences, shoot us a note and we’ll send someone to hit you over the head with a frying pan immediately.


  • USA : Le débat sur le mur éclipse d’autres problèmes à la frontière américaine Elliot Spagat et Colleen Long - Associated Press à San Diego - 5 Janvier 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/544912/le-debat-sur-le-mur-eclipse-nombre-d-autres-problemes-a-la-frontiere

    À Washington, tout tourne autour du mur. À la frontière avec le Mexique, ce n’est pourtant qu’une partie de l’histoire.

    Les autorités frontalières se débattent avec des installations obsolètes mal équipées pour faire face à l’augmentation croissante du nombre de familles de migrants, ce qui entraîne le relâchement au quotidien d’immigrants dans la rue. Le système judiciaire d’immigration est tellement encombré que certains attendent des années avant que leurs affaires ne soient résolues et manquent de fonds pour des services de base comme celui d’un traducteur en personne.


    Photo : Daniel Ochoa de Olza Associated Press Une femme se promène sur le flanc mexicain de la clôture frontalière qui sépare San Diego, aux États-Unis, et Tijuana, au Mexique.

    Une augmentation du nombre d’enfants malades arrivant à la frontière pèse aussi lourdement sur les ressources en santé.

    Malgré tout, le débat à Washington a porté presque exclusivement sur les 5 milliards de dollars de financement réclamés par le président Donald Trump pour un mur. Les autres propositions en cours de discussion maintiendraient le financement du reste du département de la Sécurité intérieure aux niveaux existants.

    « Le mur est un outil. Malheureusement, même s’il est construit tout au long de la frontière, il ne résoudra pas tous les problèmes », a souligné Victor M. Manjarrez, ancien chef des patrouilles frontalières avec plus de 20 ans d’expérience, et aujourd’hui professeur à l’Université du Texas-El Paso.

    Le président Trump a laissé entendre que les migrants ne prendraient pas la peine de venir s’il parvenait à ses fins avec le mur frontalier, ce qui rendrait d’autres enjeux d’immigration moins problématiques. Des murs et des clôtures couvrent actuellement environ un tiers de la frontière — principalement construits sous le gouvernement du président George W. Bush — et M. Trump souhaite les prolonger et les fortifier. Toutefois, la sous-traitance, la conception et la construction de nouveaux systèmes de murs dotés de technologies de pointe pourraient prendre des années.

    M. Trump a rencontré vendredi les leaders du Congrès américain qui ont déclaré que le président prévenait que la paralysie budgétaire pourrait durer encore « des années ». Le président a dit plus tard qu’il envisagerait d’utiliser le pouvoir exécutif pour construire un mur à la frontière.

    « Vous pouvez appeler cela une barrière, vous pouvez appeler ça comme vous voulez », avait déclaré M. Trump un jour plus tôt, accompagné de représentants de travailleurs à la frontière. « Mais essentiellement, nous avons besoin de protection dans notre pays. Nous allons y arriver. Les gens de notre pays le veulent. »

    Dans le même temps, la Chambre a adopté un projet de loi jeudi soir visant à financer le gouvernement sans les 5 milliards souhaités par M. Trump, la nouvelle présidente démocrate Nancy Pelosi qualifiant le mur « d’immoral ».

    Des familles qui ne veulent pas échapper à la capture
    Le débat néglige d’importants goulots d’étranglement dans le système d’immigration alors que de plus en plus de familles et d’enfants voyageant seuls se présentent aux autorités pour demander l’asile, au lieu d’essayer d’échapper à la capture, comme presque tout le monde le faisait il y a quelques années. Dans certains cas, des migrants escaladent la barrière frontalière existante et recherchent des agents pour se rendre.

    L’arriéré des tribunaux d’immigration a plus que doublé pour atteindre 1,1 million de cas depuis peu avant l’entrée en fonction de M. Trump, selon Transactional Records Access Clearinghouse de l’Université de Syracuse. Les familles et les enfants comptent maintenant pour environ six sur 10 arrestations par des patrouilles frontalières, mais il n’y a qu’environ 3300 lits de détention pour les familles et le nombre d’enfants non accompagnés pris en charge par le gouvernement a considérablement augmenté sous l’administration Trump.

    Les migrants ayant traversé la frontière sont bloqués dans des cellules de détention à court terme pendant plusieurs jours et le nombre d’enfants migrants malades a atteint des sommets. Deux enfants sont morts en détention.

    En outre, le mur fera peu pour résoudre le problème des visas échus — lorsque des immigrants arrivent dans le pays légalement et y restent après l’expiration de leurs papiers. Selon les autorités, il y a eu près de 740 000 séjours prolongés après l’échéance d’un visa au cours d’une période récente de 12 mois.

    Et les agents frontaliers continuent de composer avec un nombre croissant d’enfants et de familles. Les responsables disent qu’ils interceptent environ 2000 personnes par jour, dont plus de 60 pour cent sont des enfants et des familles, une proportion plus grande que pendant plusieurs périodes sous le président Barack Obama. Ils ont relayé 451 cas à un fournisseur de soins de santé du 22 au 30 décembre, plus de la moitié des enfants.

    Des responsables « dépassés » par les événements
    David Aguilar, chef de la police des frontières de 2004 à 2010 et ancien commissaire par intérim aux douanes et à la protection des frontières, a soutenu que les agences responsables de la détention à long terme en immigration avaient besoin de fonds supplémentaires pour pouvoir intervenir immédiatement après l’interpellation à la frontière. Il dit croire que les responsables sont « dépassés » par le sort de tous les enfants et de toutes les familles traversant la frontière, ce qui est très différent de la situation des années 1990 et 2000.

    « Les données démographiques et les flux à la frontière sud sont très différents de ceux observés lors de la construction des murs d’origine… en 2006 et 2008 », a-t-il déclaré.

    M. Trump a augmenté de façon importante le nombre de juges de l’immigration, mais Ashley Tabaddor, présidente de l’Association nationale des juges de l’immigration, a fait valoir que le personnel de soutien était insuffisant. Environ une semaine avant le « shutdown » au gouvernement fédéral, on a dit aux juges que les tribunaux étaient à court d’argent pour de nombreux traducteurs en personne et que, par conséquent, ils devraient les joindre par téléphone. Une audience qui aurait généralement duré trois minutes s’étalerait sur une vingtaine de minutes.

    #murs #inefficacité #USA #Mexique #migrants #frontières #barrières_frontalières #absurdité #réalité #Etats-Unis #barack_obama #george_w_bush #donald_trump


  • Mick Mulvaney in 2015 : Trump’s views on border wall ’simplistic,’ ’absurd and almost childish’

    “The fence is an easy thing to sell politically,” #Mulvaney said. “It’s an easy thing for someone who doesn’t follow the issue very closely to say, ’oh, well that’ll just solve everything, build the fence.”

    https://edition.cnn.com/2018/12/21/politics/mulvaney-on-trump-in-2015/index.html
    source : https://twitter.com/madsen34geog/status/1080852014022709248

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    #Nancy_Pelosi: “A wall is an immorality. It’s not who we are as a nation. And this is not a wall between Mexico and the United States that the president is creating here. It’s a wall between reality and his constituents.” Via CBS.

    https://twitter.com/kylegriffin1/status/1080987215285628929

    #murs #inefficacité #symbole #symbolique #USA #Mexique #Trump #résistance #frontières #barrières_frontalières #citations #simplisme #absurdité #infantile #réalité #moralité #immoralité #Etats-Unis


  • Du bon usage des barbelés. Pourquoi la gauche éprouve tant de mal à admettre que les frontières tuent

    Dans une récente interview à la revue Ballast, le philosophe et économiste #Frédéric_Lordon aborde la question des #violences infligées aux migrantes et aux migrants en concluant qu’il est illusoire de lutter pour la #liberté_de_circulation. Lui plaide pour des frontières « plus intelligentes ». Au passage, il met en cause le journaliste indépendant Olivier Cyran, accusé de tenir sur le sujet des positions déraisonnables. Dans un contexte de forte mobilisation sociale et de vive confusion politique, ce dernier se saisit de cette perche pour questionner le rapport de la #gauche aux frontières et la stratégie périlleuse de sa principale composante, la #France_insoumise.

    Dans L’Homme qui n’a pas d’étoile, de King Vidor, il y a cette scène où un éleveur de bétail conseille au cow-boy solitaire joué par Kirk Douglas d’utiliser du fil de fer barbelé. En entendant ce mot, le héros se raidit, ses traits se durcissent. « Qu’est-ce qui ne va pas ? », demande l’éleveur. Et Kirk de lui répondre sèchement : « Je n’aime pas ça, ni celui qui s’en sert. »

    On repensait à cette réplique, l’autre jour, en voyant les images de soldats américains en train de dérouler sur les rives du Rio Grande des kilomètres de bobines de barbelé concertina – variante autrement plus redoutable, avec ses lames de rasoir conçues pour trancher jusqu’à l’os, que le gros barbelé à pointes inventé en 1874 par un fermier prospère de l’Illinois [1].

    C’est le même modèle qui borde la rocade menant au port de Calais, où il couronne un tentaculaire lacis de clôtures et de détecteurs à rayonnement infra-rouge. Dans le Pas-de-Calais, sa fonction consiste à stopper les saute-frontière et, s’ils insistent, à leur infliger des lacérations que les médecins sur place comparent à des blessures de guerre.

    Aux Etats-Unis, l’actuelle débauche de barbelés visait la « caravane des migrants », cette marche d’environ cinq mille personnes parties du Honduras début octobre à la recherche d’une meilleure vie dans le Premier monde. Les trimardeurs et les grandes voyageuses n’avaient pas encore atteint Mexico, à mille bornes du point frontière nord-américain le plus proche, que déjà Donald Trump dépêchait ses troupes à leur rencontre en annonçant, la bave littéralement aux lèvres, qu’elles avaient l’ordre de tirer dans le tas au premier jet de pierre – comme à Gaza, mais au Texas.

    Un spectre hante la gauche : le « No border »

    On s’est surpris à y repenser encore, par ricochets, en parcourant le très long entretien accordé à Ballast par Frédéric Lordon. Au cours de cet exercice en trois volets, consacré en sa partie centrale à valider la stratégie d’accès au pouvoir de la France insoumise, l’économiste hétérodoxe s’attaque entre autres à la question des migrantes et des migrants, en laissant entendre que les violences qu’ils et elles endurent feraient l’objet d’une attention excessive ou trop moralisante de la part d’une partie de la gauche.

    La « pensée militante » serait mieux employée à se fondre dans la « dynamique à gauche » incarnée avec prestance par Jean-Luc Mélenchon qu’à bassiner tout le monde avec nos histoires de barbelés, de duvets confisqués par la police et de centres de rétention qui débordent, puisque, souligne Lordon, « il ne devrait pas être nécessaire de dire qu’au premier chef, ce qui est insoutenable, c’est le sort objectif fait aux migrants. Car d’abord ce devrait être suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire. »

    Dans le champ de mines à fragmentation de la « vraie » gauche, la voix de Frédéric Lordon ne compte pas pour du beurre. Ses analyses sur la crise de 2008 ou sur le garrottage de la Grèce ont permis à des milliers de cancres en économie dans mon genre d’y voir plus clair sur le fonctionnement des banques, des institutions qui les gavent et des calamités qu’elles provoquent. Quand il passe à la débroussailleuse les fausses évidences du « système des prescripteurs » et raille leur « radicale incapacité de penser quoi que ce soit de différent », on boit volontiers du petit lait.

    Mais les efforts d’imagination qu’il mobilise pour concevoir des alternatives à l’ordre économique dominant ne paraissent plus de mise quand il s’agit des frontières. À rebours de la hardiesse qui l’avait conduit par exemple à appeler à la fermeture de la Bourse, Lordon prêche sur ce sujet la conservation de l’existant et sa répugnance pour les « No border », appellation qu’il s’abstient de définir, mais sous laquelle il semble ranger les quelques effronté.e.s qui, considérant la criminalité d’État instituée par les frontières, oseraient mettre en doute leur bien-fondé intrinsèque.

    Nous sommes quelques-uns en effet à considérer que les frontières physiques – non pas celles qui se volatilisent devant les capitaux et les marchandises, mais celles qui repoussent, blessent ou tuent les voyageurs sans visa au moyen d’un nombre toujours croissant de policiers, de garde-côte, de mercenaires, de fichiers d’empreintes digitales, de capteurs biométriques, de détecteurs de chaleur humaine ou de systèmes de surveillance satellitaire – ne constituent pas nécessairement l’horizon indépassable de la condition humaine, et qu’il y a lieu peut-être d’envisager leur démontage.

    Policiers à la cool et frontières intelligentes

    Chacun l’aura remarqué, ce point de vue n’occupe pas une place écrasante dans le débat public. S’il inspire un certain nombre d’actions militantes courageuses et salutaires, il ne bénéficie d’aucune espèce de visibilité dans le champ médiatique, politique ou intellectuel. En fait il n’est même jamais énoncé, encore moins discuté.

    D’où notre étonnement de voir Lordon s’en emparer brusquement pour s’efforcer de le disqualifier davantage, comme s’il y avait péril en la demeure. À ses yeux, remettre en cause la légitimité des frontières, c’est dégringoler tête en avant dans un « néant de la pensée » – le mien, en l’occurrence, puisque je me retrouve nommément visé dans ce passage.

    Les frontières, nous enseigne-t-il, ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont, point barre. Elles peuvent d’ailleurs « prendre des formes extrêmement variées, des plus haïssables [...] jusqu’à de plus intelligentes. » Comment s’y prendre pour améliorer le QI d’une clôture ou d’une patrouille de Frontex, Lordon ne le précise pas – c’est sans doute, là aussi, « suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire ».

    On se contentera de prendre pour acquis que les frontières intelligentes font de bien belles choses, qu’elles « encouragent même circulation et installation, mais n’abandonnent pas pour autant l’idée d’une différence de principe entre intérieur et extérieur ». On est ravi de la nouvelle et on voudrait bien les connaître, ces murs de qualité qui allient gentillesse et attachement aux principes éternels.

    En quoi elle consiste au juste, la « différence de principe entre intérieur et extérieur », Lordon ne le précise pas non plus, mais on ne jurerait pas qu’elle n’ait rien à voir avec ces quinze migrants qui viennent de mourir de faim et de soif à bord d’un canot qui dérivait depuis douze jours au large des côtes libyennes. Ou avec ce sans-papiers guinéen forcé par un agent de la Police aux frontières de Beauvais de se mettre à genoux et de lui lécher ses chaussures.

    Mais attention, nous avertit le philosophe : le problème viendrait surtout de ces énergumènes qui voudraient détruire les frontières et jeter le barbelé avec l’eau du bain. « C’est de la problématisation pour “On n’est pas couché” ou pour C-News. En matière d’institutions, “pour ou contre”, c’est la pire manière de poser les questions », décrète-t-il, et là encore, c’est mézigue dont les oreilles sifflent.

    Ses remontrances font suite à une série de remarques que j’avais postées sur le réseau Twitter, puis remises en ligne ici-même, en réaction épidermique [2] à diverses prises de position sur le sujet, y compris celles, en effet, de Frédéric Lordon, détaillées précédemment sur son blog et révélatrices à mes yeux du fond de sauce mélenchonien qui englue les synapses de la gauche.

    Le différend qui nous oppose sur la question des frontières le conduit, dans un autre passage de son interview, à se demander quelles substances je consomme lorsque j’écris mes trucs. C’est une question légitime. J’avoue m’être parfois posé la même à son sujet, moins pour ses idées que pour ses tournures de phrase sophistiquées, cette fameuse « Lordon’s touch » qui procure à ses lecteurs un mélange unique de ravissement et de maux de tête. On devrait peut-être s’échanger les 06 de nos fournisseurs.

    Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous »,
    dites « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous »

    En lui répondant ici, je me plie à un exercice inconfortable. Lordon est une figure de la vie intellectuelle française, chercheur au CNRS et auteur prolifique, dont la sphère d’influence est sans commune mesure avec celle d’un journaliste précaire qui place ses piges où il peut et ne se connaît pas d’autres compétences que de faire du reportage au ras du sol. Nous ne jouons pas dans la même catégorie. Rien qu’à l’idée d’écrire à la première personne, je baille nerveusement. Mais puisque Lordon me fait l’honneur de me rabrouer avec insistance, en m’attribuant le rôle de repoussoir au service de sa démonstration, prenons cela comme un cadeau et profitons-en pour tâcher de tirer les choses au clair.

    Comme dit la chanson, « on lâche rien, on lâche rien ». Pourtant nous vivons une époque où on lâche beaucoup, au contraire, et même de plus en plus. Au cours de ces dernières années, par épluchages successifs, le périmètre de la gauche n’a cessé de se ratatiner. Quantité de références que l’on croyait l’apanage des tromblons réactionnaires ont percé son épiderme idéologique, nation, patrie, armée, police et fanion bleu-blanc-rouge n’y sont plus des cibles, mais des fétiches. « Oui, j’aime mon pays, oui, j’aime ma patrie ! Et je suis fier d’avoir ramené dans nos meetings le drapeau tricolore et la Marseillaise », proclame Jean-Luc Mélenchon [3].

    On lâche tout, on lâche tout, et c’est là que Lordon jaillit pour nous enjoindre de lâcher plus encore. L’internationalisme hérité de l’histoire du mouvement ouvrier, sans parler du rudimentaire principe de solidarité entre les abimé.e.s de ce monde, ne seraient plus que des breloques bonnes à remiser sur un napperon en dentelle. Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous », dites plutôt « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous ».

    À quoi s’ajoute que la question des frontières est devenue au fil de ces derniers mois un redoutable sac à embrouilles, débordant sur d’autres épineuses questions, liées notamment aux choix stratégiques de la France insoumise.

    Au point où on en est, ce n’est peut-être pas du luxe de le vider, ce sac, et de démêler un peu les désaccords, non-dits et quiproquos qui s’y sont accumulés, non par goût pour la chamaille, mais dans l’espoir d’éviter que « No border » devienne irrémédiablement un gros mot.

    Du mauvais côté de la barrière

    Pour cela, un retour sur les épisodes précédents s’impose. Fin septembre, trois médias classés plutôt à gauche – Politis, Regards et Mediapart – publient conjointement un « manifeste pour l’accueil des migrants » signé par cent cinquante « personnalités ». À partir d’un tableau succinct, pour ne pas dire sommaire, du bain de xénophobie où clapotent les décideurs politiques de France et d’Europe, leur texte se borne à affirmer que « la liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité ». Pas de quoi se rouler par terre, mais, dans le contexte de sa parution, ce bref rappel à un principe de décence élémentaire fait l’effet d’une bulle d’oxygène.

    Il intervenait quelques jours après la décision du gouvernement Macron d’interdire à l’Aquarius, alors le dernier navire de sauvetage encore actif en Méditerranée, d’accoster en France et d’y débarquer les cinquante-huit rescapés recueillis à son bord. C’est qu’il est inconcevable, pour les start-uppers en chef de la nation, de déroger à leur politique de non-assistance aux naufragés, l’un des rares sujets sur lesquels les membres de l’Union européenne n’ont eu aucun mal à se mettre d’accord. On est déjà bien assez occupé à traquer les migrants sur notre territoire et à leur administrer un luxe inouï d’épreuves et de brutalités en tous genres pour se soucier d’en accueillir d’autres, surtout quand ils ont le mauvais goût d’être encore en vie. Le droit d’asile, dorénavant, ce sera au fond de l’eau ou dans les camps libyens.

    Deux semaines plus tôt, des hommes, des femmes et des enfants naufragés près des côtes maltaises avaient lancé un appel de détresse aux secours italiens, qui firent la sourde oreille. Plus de cent personnes seraient mortes noyées, tandis que les « garde-côte » libyens, une milice de rabatteurs opérant en sous-traitance pour l’UE, ramenaient les survivants dans les geôles de Tripoli. Externaliser la protection de nos frontières maritimes méridionales vers un pays en ruines dominé par des clans mafieux a ceci d’immensément commode que nul ne se formalisera du sort qui les attend là-bas – la faim, les viols et les tortures passeront inaperçues. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit.

    Quand, le 19 septembre, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) sonne une nouvelle fois l’alarme en qualifiant de « cauchemardesques » les conditions de détention dans les camps libyens, personne à Rome, Paris ou Berlin ne bronche. Un mois plus tôt, le décompte de l’Organisation mondiale pour les migrations (OMI) évaluant à dix-sept mille le nombre de morts en Méditerranée depuis 2014 – estimation basse – n’avait pas non plus soulevé d’émotions particulières.

    Opération guillemets pour les « forces de progrès »

    Entre parenthèses : à l’heure où j’écris ces lignes, on apprend que l’Aquarius, immobilisé dans le port de Marseille, ne reprendra plus la mer. Pourquoi ? Parce qu’après après avoir été privé de son pavillon panaméen sur intervention de l’Italie et avec la complicité des autres pays européens, le navire de sauvetage a échoué à se trouver un pays d’attache.

    Alors que le plus pourri des cargos poubelle peut battre pavillon sans la moindre difficulté, on s’arrange pour refuser ce droit à un bateau dont la fonction consiste à secourir des naufragés. Pestiféré, l’Aquarius, pour la seule raison qu’il sauve des vies. Que pareille obscénité se déroule sous nos yeux sans que nul ne moufte en dit long sur l’accoutumance de nos sociétés à la noyade de masse comme outil de gestion des flux migratoires.

    Dans un tel contexte, tout ce qui peut nuire aux intérêts des maîtres de la forteresse me paraît bon à prendre. Je précise, à toutes fins utiles, que je n’ai rien à vendre à Politis, Regards ou Mediapart, que les défendre n’est pas mon affaire et que, d’ailleurs, je n’ai pas non plus signé leur manifeste.

    D’abord, parce que je dispose d’autres moyens pour m’impliquer. Ensuite, parce que ces grandes pétitions par voie de presse, indexées sur la notoriété de leurs premiers signataires, se passent fort bien de mes services. Mais je me serais bien gardé de dissuader quiconque de le faire.

    On le savait bien, de toute façon, que cette initiative serait sans effet concret sur le calvaire des migrant.e.s, hors ou au sein de nos frontières – on est peut-être borné, mais pas idiot. Cela n’a pas non plus échappé aux associations qui l’ont signée, dont l’Auberge des migrants, Roya citoyenne, le Baam, Utopia 56, le Gisti, la Cimade, la Fasti, les coordinations de sans-papiers et d’autres encore.

    Si ces collectifs, dont l’existence n’est jamais mentionnée par Frédéric Lordon, ont jugé bon malgré tout de s’associer au texte, c’est probablement qu’ils lui reconnaissaient quelque utilité. Celui par exemple de faire entendre un autre son de cloche que le fracas des macronistes, vallsistes, ciottistes, lepénistes et éditorialistes. Personnellement, je cherche encore le coton-tige miracle qui m’ôtera du coin de l’oreille la voix de ce type de Valeurs Actuelles, François d’Orcival, invité permanent des « Informés » de France Info et incarnation chevrotante de la hargne migranticide, exhortant Emmanuel Macron à ne surtout pas céder au « chantage à l’émotion » des survivants de l’Aquarius. Ce genre de son, à force de tourner en boucle sur toutes les antennes, ça vous colle au pavillon comme un furoncle.

    Mais le principal intérêt du texte, du moins aux yeux des personnes engagées sur le terrain, c’est qu’il semblait offrir l’occasion aux diverses chapelles de la gauche de se retrouver sur un dénominateur commun : l’urgence de mobiliser leurs forces pour ne plus laisser les gens mourir noyés ou fracassés aux pieds de nos forteresses. De cesser de tortiller et de mettre de côté les bisbilles pour faire de cette question-là une priorité commune. Mais c’était encore trop demander.

    Au lieu de fédérer les « forces de progrès », avec guillemets de rigueur, l’initiative aboutit en fait à creuser un peu plus l’une de ses lignes de fracture les plus béantes. D’un côté, le gros de la gauche non-mélenchoniste, allant du groupuscule hamoniste jusqu’au NPA en passant par le PCF, ainsi qu’un large éventail de syndicalistes, de militantes et de responsables associatifs, tous signataires du texte ; de l’autre, la France insoumise, repliée sur son hégémonie, qui refuse de le signer et érige ce rejet en ligne officielle du parti.

    L’internationalisme, c’est has been, braillons plutôt la Marseillaise

    Pour justifier leur rebuffade, les théoriciens de la FI vont déployer un argumentaire contrasté, où la vexation de n’avoir pas été consultés par les auteurs du manifeste se mêle au reproche de ne point y voir nommément accusé Emmanuel Macron, comme si la responsabilité de ce dernier dans la situation décrite n’allait pas de soi.

    On daube aussi sur la présence parmi les signataires de Benoît Hamon, preuve putative de leurs accommodements avec les reliefs carbonisés du Parti socialiste, comme s’ils étaient encore en capacité de nuire, et comme si Mélenchon, revenu d’un PS dont il fut membre pendant trente-deux ans, était le mieux placé pour donner dans ce domaine des leçons de savoir-vivre.

    On voudrait nous enfumer qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Quand Lordon, dans son entretien, fustige longuement une opération de « retournement de veste en loucedé », d’« autoblanchiment symbolique » et d’« unanimité morale », on lui concède volontiers qu’il y a parfois des jonctions surprenantes. À preuve, la manifestation des Gilets jaunes du 1er décembre, soutenue par la France Insoumise, une partie du NPA, Attac, les cheminots de Sud-Rail, le Comité Adama et Frédéric Lordon lui-même, mais aussi par Marine Le Pen, les Patriotes et l’Action française.

    Quoi que l’on pense de cette juxtaposition insolite, on peut supposer que la présence d’un ex-hiérarque socialiste sur les Champs-Élysées ce jour-là n’aurait pas posé à Lordon un problème insurmontable. La question est donc : pourquoi serait-elle rédhibitoire dans un cas et pas dans l’autre ?

    En fait, la position de la FI est surtout d’ordre stratégique. Dans un espace politique de plus en plus imbibé de fachosphère, les stratèges du parti estiment que faire campagne sur des thèmes susceptibles de braquer une partie de l’électorat – immigration, racisme, islamophobie, sexisme, violences policières, etc – ruinerait leurs chances de victoire. Remporter des scrutins imposerait d’y aller mollo sur les sujets qui fâchent et de mettre le paquet sur le « social », entendu comme un moyen de ramener dans le bercail de la gauche les brebis égarées à l’extrême droite.

    En juin dernier, François Ruffin avait théorisé cette mission pastorale dans un article du Monde diplomatique. Racontant sa campagne électorale victorieuse de 2017 dans sa circonscription de la Somme, ravagée par la précarité et les délocalisations, il y explique que ce n’est pas avec du vinaigre que l’on attire les sympathisants de Marine Le Pen. « Maintenant, à leur chute économique et sociale il faudrait ajouter une autre condamnation : politique et morale. Qu’ils votent FN, se reconnaissent dans un parti ostracisé, et leur exclusion en sera légitimée. La double peine. »

    L’ostracisme dont serait victime le FN ne saute pas aux yeux, les chefferies éditoriales ayant plutôt tendance à lui cirer les bottillons, mais on comprend bien l’idée de la main tendue. « Le FN, je l’attaquais peu, poursuit-il. Comment des gens qui vont mal, socialement, économiquement, croiraient-ils que Mme Le Pen ou son père, qui n’ont jamais gouverné le pays, sont responsables de leurs malheurs ? Le FN se combat en ouvrant une autre voie aux colères, à l’espoir. En offrant un autre conflit que celui entre Français et immigrés [4]. »

    Quadriller serré, ratisser large

    Combattre le racisme consisterait donc à le balayer sous le tapis et à n’endosser que les revendications jugées peu ou prou lepéno-compatibles. Le cas de Ruffin démontre qu’une telle stratégie peut en effet s’avérer ponctuellement gagnante. Elle présente néanmoins un inconvénient, celui de devoir expliquer aux populations issues de l’immigration post-coloniale que leurs préoccupations particulières, liées aux diverses déclinaisons du racisme d’État, ne font pas partie des thématiques sociales retenues comme pertinentes par le parti et doivent donc être sacrifiées à la bonne cause.

    Le soutien inconditionnel et tonitruant apporté par la FI aux Gilets jaunes, et cela dès les premiers jours, quand l’imbrication de l’extrême droite dans le mouvement ne pouvait guère être ignorée, s’inscrit dans cette même hiérarchie des priorités. On ne s’offusquera pas qu’au milieu de la détresse sociale des fins de mois invivables, des Dupont-Lajoie sonnent la chasse au migrant.e.s, ou que des grandes gueules locales imposent la « baisse des charges » ou la « diminution de l’assistanat » dans le cahier de doléances du mouvement, du moment que l’occasion se présente d’aller chanter la Marseillaise avec son cœur de cible.

    Mais on ne peut durablement gagner sur les deux tableaux. Comme le suggère la récente défaite de la candidate FI à l’élection législative partielle d’Évry, dans l’ancienne circonscription de Manuel Valls, où l’abstention a atteint le niveau stratosphérique de 82 %, le message ne suscite pas forcément l’enthousiasme dans l’électorat populaire racisé. Ruffin a eu beau se rendre sur place pour instruire les habitant.e.s des HLM que leur « bulletin [était] un enjeu pour la patrie », la pêche aux voix, cette fois, n’a pas fonctionné.

    Appliquée à la question migratoire, cette stratégie périlleuse contraint la FI à marcher sur des œufs. D’un côté, elle doit tenir compte de la présence en son sein d’individus sincèrement acquis à la cause du droit d’asile, comme Danielle Obono, qui s’est âprement battue à l’Assemblée nationale contre la loi Asile et immigration, ou comme nombre de militants ici ou là. De l’autre, elle doit donner des gages aux électeurs alléchés par l’extrême droite qu’il ne saurait être question d’ouvrir les frontières comme ça à n’importe qui, pensez donc.

    C’est là que la figure du « No border » se révèle d’une irrésistible utilité. Pour se sortir de la position délicate où les place l’initiative de Politis-Regards-Mediapart, Jean-Luc Mélenchon et ses amis vont accuser ses initiateurs de vouloir démolir les frontières, ce patrimoine-de-l’humanité-que-nous-chérissons-tant. Un passage dans le manifeste va leur en fournir l’occasion : « Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. »

    On pourrait pinailler sur sa formulation, mais le constat est juste. N’importe quel exilé à la rue vous le confirmera : l’État a beau lui construire des barrières électrifiées, le traquer avec un détecteur à battements cardiaques ou l’empêcher à coups de tonfa de se poser sur un bout de trottoir, tant qu’il respire il continuera de se glisser par un trou de souris. Les frontières tuent, mutilent, séparent, mais elles ne dissuadent pas les candidats au voyage de tenter leur chance. Pour prétendre le contraire, il faut vraiment ne rien connaître au sujet.

    Toute la misère du monde dans la tête

    Mais, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon s’indigne : affirmer qu’elles n’ont pas l’efficacité qu’on leur attribue « revient à dire que les frontières ne sont plus assumées. Ce n’est pas du tout notre point de vue. Nous croyons au bon usage des frontières. »

    La suite est de toute beauté : « Notre rapport aux frontière n’est pas idéologique. Il est concret dans un monde où celles-ci n’ont cessé d’exister que pour le capital et les riches et où nous avons l’intention de les rétablir contre eux. Disons-le clairement, nous ne sommes pas d’accord pour signer à propos d’immigration un manifeste “no border”, ni frontière ni nation. Nombre de nos amis les plus chers qui ont signé ce texte disent à présent n’avoir pas repéré cette phrase que les rédactions “no border” ont su placer. »

    Il faut relire ce passage lentement pour en apprécier le numéro de patinage artistique : invoquer la lutte contre « le capital et les riches » pour justifier le maintien d’un dispositif qui sert surtout à stopper les pauvres.

    Par souci de conférer un semblant de logique à cette acrobatie, on assimilera ensuite les initiateurs du manifeste, décrits par ailleurs comme vendus à la macronie (ou, variante, à l’oligarchie), à des anarchistes échevelés qui planquent de la dynamite dans leurs tiroirs. Edwy Plenel, patron de Mediapart et ancien comparse moustachu d’Alain Minc et de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde, et qui sur le tard en a surpris plus d’un par ses prises de positions plutôt dignes, mais pas farouchement révolutionnaires pour autant, a dû s’en sentir tout ragaillardi. François Ruffin n’a pas fait tant de politesses quand il a déclaré sur France Info le 13 septembre : « On ne peut pas dire qu’on va accueillir tous les migrants, ce n’est pas possible. »

    Voilà encore le genre de fausse évidence que, pour paraphraser Chomsky, on met trois secondes à balancer et une demie heure à démonter. D’abord, c’est qui, « tous les migrants » ? Faut-il entendre : tous les migrants du monde et de la galaxie ? Tous ceux qui se noient à nos portes ? Tous ceux qui n’en sont pas encore mais qui, dans un coin de leur tête, caressent l’idée qu’un de ces jours ils iraient bien eux aussi faire un petit tour sur les Champs-Élysées ? Croit-il que la planète entière attend dans les starting-blocks de se précipiter en France, sa « patrie », comme il l’appelle ? Sur invitation de qui, de ces hérétiques « No border » qui auraient squatté l’Élysée ? Et que veut dire « on ne peut pas », si l’on s’abstient de préciser tout ce que l’on peut, et tout ce que l’on doit ?

    Mais les esprits ont déjà été si bien préparés en amont pour recevoir ce genre de poncif épongé à gauche comme à droite – à commencer par le fameux « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » de Michel Rocard – que nulle objection ou demande de précision ne lui a été opposée, en tout cas par le préposé de France Info. L’« unanimisme moral » qui inquiète tant Frédéric Lordon ne triomphe pas toujours, apparemment.

    http://lmsi.net/Du-bon-usage-des-barbeles
    #violence #border_violence #frontières #mourir_aux_frontières #frontières_intelligentes #smart_borders #murs #ouverture_des_frontières #fermeture_des_frontières #barrières_frontalières #migrations #asile #réfugiés


  • Dieser Zaun stoppt niemanden - weil keiner kommt

    In der Flüchtlingskrise baute Österreich eine Sperranlage an der Grenze zu Slowenien. Drei Jahre später laufen noch immer Soldaten Streife an diesem Zaun. Die Zahl der ertappten Migranten: überschaubar.

    Man könnte das Gras wachsen hören, in der Geister-Zeltstadt von #Spielfeld an Österreichs Südgrenze zu Slowenien. Totenstill ist es in den Riesenzelten für Tausende Menschen, die seit drei Jahren hier stehen, leerstehen.

    Grashalme sprießen durch die Ritzen im Asphalt unter einem Zeltdach. Die Holzplankenböden mit Hunderten Liegen wurden längst abgebaut. Wie auch die elektronischen Anzeigetafeln, die einst den Weg zum nächsten Dixi-Klo wiesen. In den blauen Containerbüros neben den Zelten und meterhohen Sperrgittern lagern kaum benutzte Computer und Fingerabdruckscanner. Denn der erwartete Ansturm der Migranten ist bisher ausgeblieben.

    Die sattgrünen Hänge hoch, am Graßnitzberg über Spielfeld, ragen rostende Pfosten aus der Erde. Hier auf Holger Hagens Weingut wollte der Staat Österreich ein Stück Grenzzaun befestigen. Der Winzer jedoch wollte das nicht. Und so kommen seither Abend für Abend junge Wehrpflichtige zur Lücke im Zaun, zur Nachtwache. Sie bauen olivgrüne Zelte auf und machen Feuer, tratschen und rauchen, frieren und wachen. Bloß Migranten tauchen keine auf. Nicht ein einziger.

    Das war einmal anders: Im Oktober 2015 stand das 1000-Einwohner-Örtchen Spielfeld im Zentrum der Flüchtlingskrise - als Durchgangsstation für Zehntausende Migranten auf ihrem Weg über die Balkanroute ins „Gelobte Land“: Merkels Bundesrepublik. Menschen aus dem Treck durchbrachen Absperrungen, passierten teils unregistriert die Grenze. Eisenbahnstrecken und Straßen mussten gesperrt werden, einige Migranten verließen das provisorische Flüchtlingslager, campierten im Freien und verbrannten Klamotten, weil ihnen so kalt war. Gerüchte über Plünderungen gingen um in Spielfeld; keines erwies sich als wahr.

    Man müsse nun „so rasch wie möglich an einer Festung Europa bauen“, forderte Österreichs damalige Innenministerin Johanna Mikl-Leitner von der konservativen ÖVP. Und die rot-schwarze Wiener Regierung rüstete auf. Sie ließ am Übergang Spielfeld eine zentrale Kontrollstelle errichten: das sogenannte Grenzmanagementsystem mit Gittern, Zelten, Containern, Scannern. Links und rechts neben der Station rammten Arbeiter und Soldaten Pfosten in die Erde. Und befestigten einen Grenzzaun aus Maschendraht: mindestens 2,50 Meter hoch, fast fünf Kilometer lang, quer über die Hügel und Weinberge.

    Der Zaun von Spielfeld sollte die Migranten kanalisieren. Verhindern, dass sie über die grüne Grenze kommen, sie zur Kontrollstelle zwingen. Er war ein Novum: die erste Sperranlage zwischen zwei EU-Staaten, die zum Schengenraum ohne Binnengrenzen gehören.

    „Der Zaun, der passt schon so“

    Aber als der Zaun Anfang Februar 2016 einsatzbereit war, da war er de facto schon wieder überflüssig. Denn es kamen kaum noch Flüchtlinge. Das Innenministerium in Wien räumte auf SPIEGEL-Anfrage ein: „Am Grenzzaun Spielfeld wurden keine illegal Einreisenden aufgegriffen.“

    Trotzdem sagt Reinhold Höflechner: „Der Zaun, der passt schon so“. Der Bürgermeister der Gemeinde Straß, zu der Spielfeld gehört, glaubt: „Er schreckt Schlepper ab.“ Und: „Gerade entwickelt sich eine neue Route über den Balkan. Da sind Tausende unterwegs, die könnten bei uns von der Tür stehen.“ Höflechner ist ÖVP-Mitglied, wie Mikl-Leitner und der jetzige Bundeskanzler Sebastian Kurz. Dessen Regierung hält fest an der Sperranlage: „Die Infrastruktur beim Grenzmanagement in Spielfeld wird aufgrund der aktuellen Lageentwicklungen entlang der Balkanrouten derzeit nicht abgebaut“, schreibt das Innenministerium. Geführt wird es von Herbert Kickl von der rechten FPÖ.

    Und so steht der Drahtzaun noch immer da. Er durchschneidet die Landschaft, trennt Nachbarn und zwei befreundete Staaten mitten in Europa voneinander. Vielen auf dem Graßnitzberg missfällt das. „A Bledsinn is’ des“, sagt eine ältere Weinbäuerin. „An Zaun hat’s net amal beim Tito ’gebn.“ Selbst in dunkelsten Phasen des Kalten Krieges verzichteten die Grenzwächter des sozialistischen Jugoslawien auf einen Eisernen Vorhang.

    2018 laufen hier österreichische Soldaten Streife. An diesem Morgen gehen ein älterer und ein junger Uniformierter den Grenzpanoramaweg ab, wo für Wanderer einige Tore im Zaun offen stehen. Migranten habe man keine gesehen, bloß Touristen, sagt der Ältere. Im Süden nichts Neues.

    Der kleine Grenzübergang an der Landstraße beim Graßnitzberg, den die beiden Soldaten hüten sollen, ist während der Patrouillengänge unbewacht. Dann können Autos völlig unkontrolliert hinein nach Österreich. Wie auch mittags, wenn die Wächter zum Essen fahren.

    „Die Politiker wollten diesen Zaun, damit sich bestimmte Wählergruppen sicher fühlen“, sagt Winzer Holger Hagen. „Aber was bringt eine Grenze, wenn halbmotivierte Soldaten im Wachhäuschen herumsitzen und sogar Lieferwägen mit verdunkelten Scheiben durchwinken, wenn die ein österreichisches Kennzeichen haben?“ Seine rumänischen Mitarbeiter oder andere Grenzgänger mit osteuropäischen Autonummern würden öfter gestoppt, erzählt Hagen. Wohl dem Schlepper, der das richtige Nummernschild hat.

    Der Zaun ist an mehreren Stellen nicht ganz dicht. Auch auf den Grundstücken des steirischen Naturschutzbundes sowie des Anwohners Helmut Strobl klaffen Lücken. „In einem Europa, das immer freizügiger wurde, nun wieder Grenzen zu schließen, ist traurig“, sagt Strobl, der einst selbst für die ÖVP Politik machte. „So entfremden wir uns von unseren slowenischen Nachbarn.“

    Teurer Spaß für die Steuerzahler

    „Diese Maßnahme ist nicht gerechtfertigt und unverhältnismäßig“, erklärt das slowenische Innenministerium. Es gebe heute kaum illegale Migration von Slowenien nach Österreich, und Österreichs innere Sicherheit sei erst recht nicht gefährdet.

    Rund 160 Kilometer grüne Grenze zu Slowenien werden bis heute vom österreichischen Militär überwacht: mit Fußstreifen, motorisierten Patrouillen und Wärmebildkameras. 160 bis 170 Soldaten sind laut FPÖ-Verteidigungsminister Mario Kunasek im sogenannten Assistenzeinsatz. Die Kosten für den Einsatz betragen rund 20 Millionen Euro pro Halbjahr, und in den ersten sechs Monaten 2018 wurden genau zehn illegale Einreisende aufgespürt. Macht zwei Millionen Euro pro Kopf.

    Spielfeld ist ein teurer Spaß für die Steuerzahler. Den Zaun mietete die Landespolizeidirektion zuerst für rund 331.000 Euro - um ihn dann dem Hersteller für 168.000 Euro abzukaufen. Rund 3 Millionen Euro verschlang laut Innenministerium der Aufbau des gesamten „Grenzmanagementsystems“. Laufende Kosten: etwa 1,7 Millionen pro Jahr.

    Im Juni war zumindest einen Tag lang mal richtig was los an der Kontrollstelle - wegen Kickl und Kunasek. Unter dem Motto „Pro Borders“ beorderten die FPÖ-Minister rund 500 Polizisten, 200 Soldaten und Männer der Spezialtruppe „Puma“ nach Spielfeld, um den Stopp von Migranten zu simulieren. Die Eindringlinge wurden von Polizeischülern dargestellt, die am Maschendraht rüttelten und so taten, als ob sie über die Grenze kommen wollten. Ein Panzer rollte an, Hubschrauber stiegen in die Luft, Hunde bellten. Und die Grenzschützer taten so, als würden sie die Migranten stoppen, registrieren und teils wieder nach Slowenien abschieben.

    Ehrengäste applaudierten, TV-Kameras filmten - und Kickl sprach in die Mikrofone: „Diese Übung soll ein ganz klares Signal in die Welt hinaus senden und zeigen, dass unsere Abwehr funktioniert.“ Später fanden Journalisten heraus: Das Manöver kostete über eine halbe Million Euro Steuergeld.

    Nicht ein einziger Migrant an der Sperranlage gefasst

    Sloweniens Regierung hat es vergrätzt. „Die Darstellung von Massenankünften illegaler Migranten von slowenischer auf die österreichische Seite wird unvermeidlich einen sehr negativen Effekt in Slowenien haben“, hatte sie schon zur Ankündigung erklärt. Die Übung helfe keinesfalls den Beziehungen der beiden Länder und der gemeinsamen Arbeit in der Flüchtlingspolitik. Und die minimale Zahl der Zurückweisungen von Österreich - 39 im gesamten Jahr 2017 - zeige: Slowenien hat seine Schengen-Außengrenze zu Kroatien im Griff.

    Nun ist es wieder einsam in Spielfelds Geister-Zeltstadt. Doch im Winter wird sich etwas rühren: die Motoren der hier aufgestellten Heizgeräte. Denn wenn es kalt ist, müssen die leeren Zelte beheizt werden, erzählt ein Polizeisprecher: „Weil sonst das Material kaputt gehen würde.“

    http://www.spiegel.de/politik/ausland/oesterreich-grenzzaun-kostet-millionen-nur-fluechtlinge-kommen-nicht-a-12405
    #efficacité #inutilité #asile #migrations #réfugiés #Autriche #frontières #fermeture_des_frontières #Slovénie #frontière_sud-alpine (même si en réalité la Slovénie fait partie des Alpes... à voir comment penser ce territoire) #grillages #grillage #barrières_frontalières

    Autour du #prix et du #coût :

    Spielfeld ist ein teurer Spaß für die Steuerzahler. Den Zaun mietete die Landespolizeidirektion zuerst für rund 331.000 Euro - um ihn dann dem Hersteller für 168.000 Euro abzukaufen. Rund 3 Millionen Euro verschlang laut Innenministerium der Aufbau des gesamten „Grenzmanagementsystems“. Laufende Kosten: etwa 1,7 Millionen pro Jahr.

    Petit résumé sur twitter par @twentyone_miles :

    It costs Austria over €3 million per month to police the border with Slovenia. In the first half of 2018, Austrian soldiers picked up 10 refugees at this border

    https://twitter.com/twentyone_miles/status/1069742294478270469


  • Avakov: Ukraine’s wall along Russian border nearly half complete

    Ukraine has built almost half of its 2,300-kilometer wall on the border with Russia, Interior Minister Arsen Avakov said on Nov. 24 during his visit to the border checkpoint in Kharkiv Oblast.

    “The project has been extended until 2021,” Avakov said. “The budget plan for the 2019 allocates Hr 400 million ($14.4 million) for it. But the head of the Border Guard Service hopes to receive additional funds.”

    The Kharkiv section of the Ukrainian-Russian wall has been almost completed with only 20 kilometers left, according to Avakov. The works will continue on the border sections in Sumy and Luhansk oblasts. It includes fortifications with a barbed wire fence, two-meter deep anti-tank trenches, 17-meter-high watchtowers, 40 border checkpoints as well as equipment with motion sensors, border security closed-circuit television (CCTV) and alarm systems.

    Overall, 47 percent of the 2,300-kilometer wall has been built, the minister said.

    In addition, starting from January, Ukraine has launched the biometric control system for Russian passport holders at all border-crossing checkpoints.

    Former Prime Minister Arseniy Yatsenyuk, who is running for president in the upcoming March presidential elections, joined Avakov on the trip to the border in Kharkiv Oblast on Nov. 24.

    The ambitious project known as the European Wall was announced by then-Prime Minister Yatsenyuk in 2014 in the wake of the Russian military intervention in the Donbas. Ukraine lost control over parts of Luhansk and Donetsk oblasts and 400 kilometers that border with Russia. The wall was designed to protect Ukraine from further attacks on its territory as well as to stop illegal flow of weapons from Russia.

    In the aftermath of the EuroMaidan Revolution that drove pro-Russian President Viktor Yanukovych from power on Feb. 22, 2014, Kremlin incited mass anti-government demonstrations in eastern Ukraine and occupied Crimean peninsula. In Donetsk and Luhansk, protesters “declared independence” from Ukraine which escalated into an armed conflict between Ukrainian forces and Kremlin-backed forces. In April 2014, pro-Russian protesters took over the Kharkiv administration and “declared independence from Ukraine” but the Ukrainian government managed to retain control over the region.

    The construction of the wall, however, halted due to lack of funding and a corruption scandal.

    In 2015-2017, the Border Guard Serviced received Hr 800 mln ($28.8 million) — less than a quarter of the total cost of the project estimated at over Hr 4 billion ($147.6 million).

    In November 2017, the National Anti-Corruption Bureau arrested eight people on embezzlement charges. NABU detectives found that the officials of the Border Guard Service in cahoots with local contractors had siphoned off Hr 16.68 million ($600,800) from the Project Wall funds.


    https://www.kyivpost.com/ukraine-politics/interior-minister-ukraines-wall-along-russian-border-nearly-half-complete.

    #Ukraine #Russie #murs #frontières #barrières_frontalières


  • PRE-ORDER: Build the Wall (#MAGA building blocks toy)

    We are pleased to announce the launch of a brand new line of toys: MAGA building blocks! This set comes with more than 100 pieces including President Trump in a MAGA hard hat!

    A mob of 10,000 Central American migrants is marching through Mexico and heading toward El Paso, Texas. Mexican border agents attempted to stop them at the Mexican border, but to no avail.

    We understand why they want to flee Honduras and live and work in America. After all, we are the greatest nation on earth.

    In the interest of national security, however, we cannot allow just anyone and everyone to cross our borders. While there are good people attempting to enter our nation, there are also gangs, criminals, and terrorists. Everyone who wants to enter our country must enter legally for the safety of all.

    The wall must be built. The wall will keep America safe and strong. Only then will we be able to help those in need.

    We are pleased to announce the launch of a brand new line of toys: MAGA building blocks! This toy makes a great Christmas gift for your kids and grandkids!

    101 Pieces
    Includes President Trump figurine w/ a MAGA hard hat!


    https://keepandbear.com/products/build-the-wall
    #légo #enfants #enfance #jeu #jeux #murs #frontières #barrières_frontalières #fermeture_des_frontières


  • Arizona border residents speak out against Donald Trump’s deployment of troops

    Residents from Arizona borderland towns gathered Thursday outside the Arizona State Capitol to denounce President Donald Trump’s deployment of at least 5,200 U.S. troops to the U.S.-Mexico border.

    The group of about a dozen traveled to Phoenix to hold the event on the Arizona State Capitol lawn. The press conference took place as a caravan of migrants seeking asylum continues to move north through Mexico toward the United States.

    “The U.S. government response to asylum seekers has turned to military confrontation,” said Amy Juan, a member of the Tohono O’odham Nation, who spoke at the event on the Arizona State Capitol lawn.

    “We demand an end to the rhetoric of dehumanization and the full protection of human rights for all migrants and refugees in our borderlands.”

    Juan and her group said many refugees confronted by military at the border will circumvent them by way of “dangerous foot crossings through remote areas.”

    “Already this year, hundreds of remains of migrants and refugees have been recovered in U.S. deserts,” Juan said. “As front-line border communities, we witness and respond to this tragedy firsthand.”

    While she spoke at a lectern, others held a sign saying, “Troops out now. Our communities are not war zones.”

    As the press conference unfolded, the Trump administration announced a plan to cut back immigrants’ ability to request asylum in the United States.

    Those from Arizona borderland towns are also concerned that border communities, such as Ajo, the Tohono O’odham Nation, Arivaca and others, may see an increased military presence.

    “I didn’t spend two years in Vietnam to be stopped every time I come and go in my own community,” said Dan Kelly, who lives in Arivaca, an unincorporated community in Pima County, 11 miles north of the U.S.-Mexico border.

    A major daily hiccup

    Many border-community residents complain the current law enforcement presence, absent the new U.S. troops, creates a major hiccup in everyday life.

    “Residents of Arivaca, Ajo, the Tohono O’odham Nation, they are surrounded on all sides by checkpoints. They are surrounded on all sides by border patrol stations. Every time they go to the grocery store, they pass a border patrol vehicle,” said Billy Peard, an attorney for ACLU Arizona.

    Juan says she gets anxiety from these checkpoints because she has been stopped and forced to get out of her car while federal agents and a dog search for signs of drugs or human smuggling.

    Juan calls the fear of these type of situations “checkpoint trauma.”

    “It’s really based upon their suspicions,” she said of authorities at checkpoints. “Even though we are not doing anything wrong, there’s still that fear.”

    Many of those speaking at Thursday’s event accused the federal government of racial profiling, targeting Latino and tribal members. They said they are often subjected to prolonged questioning, searches, and at times, harassment.

    “A lot of people can sway this as a political thing,” Juan said. “But, ultimately, it’s about our quality of life.”


    https://eu.azcentral.com/story/news/politics/border-issues/2018/11/08/arizona-border-residents-speak-out-against-trumps-troop-deployment/1934976002
    #murs #barrières_frontalières #résistance #asile #migrations #réfugiés #frontières #USA #Etats-Unis

    • In South Texas, the Catholic Church vs. Trump’s Border Wall
      A charismatic priest and the local diocese hope to save a 120-year-old chapel near the Rio Grande.

      Around the Texas border town of Mission, Father Roy Snipes is known for his love of Lone Star beer, a propensity to swear freely and the menagerie of rescue dogs he’s rarely seen without. At 73, Father Roy, as he’s universally known, stays busy. He says around five masses a week at Our Lady of Guadalupe Church in downtown Mission, and fields endless requests to preside over weddings and funerals. Lately, he’s taken on a side gig: a face of the resistance to Trump’s “big, beautiful” border wall.

      “It’ll be ugly as hell,” said Snipes. “And besides that, it’s a sick symbol, a countervalue. We don’t believe in hiding behind Neanderthal walls.”

      For Snipes, Trump’s wall is no abstraction. It’s set to steal something dear from him. Snipes is the priest in charge of the La Lomita chapel, a humble sandstone church that has stood for 120 years just a few hundred yards from the Rio Grande, at the southern outskirts of Mission. Inside its walls, votive candles burn, and guestbooks fill up with Spanish and English messages left by worshippers.

      Snipes belongs to the Oblates of Mary Immaculate, the congregation of priests that built the chapel in 1899. Nearly 40 years ago, he took his final vows at La Lomita, which was named for a nearby hillock. At sunset, he said, he often piles a couple canines into his van and drives the gravel levee road that leads to the chapel, where he prays and walks the dogs. Local residents worship at La Lomita every day, and as a state historical landmark, it draws tourists from around Texas. For Snipes, the diminutive sanctuary serves as a call to humility. “We come from a long line of hospitable, humble and kind people, and La Lomita is a reminder of that,” he said. “It’s the chapel of the people.”

      If Trump has his way, the people’s chapel will soon languish on the wrong side of a 30-foot border wall, or be destroyed entirely. Already, Border Patrol agents hover day and night at the entrance to the 8-acre La Lomita property, but Snipes thinks a wall would be another matter. Even if the chapel survives, and even if it remains accessible via an electronic gate in the wall, he thinks almost all use of the chapel would end. To prevent that, the Roman Catholic Diocese of Brownsville, which owns La Lomita, is fighting in court to keep federal agents off the land — but it’s a Hail Mary effort. Border residents have tried, and failed, to halt the wall before.

      Here’s what the La Lomita stretch of wall would look like: As in other parts of Hidalgo County, the structure would be built on an existing earthen river levee. First, federal contractors working for Customs and Border Protection (CBP) and the U.S. Army Corps of Engineers would cut away the levee’s sloped south half and replace it with a sheer concrete wall, about 15 feet high, then top the wall with 18-foot steel bollards. In total, the levee wall and metal fencing would reach more than three stories high. Longtime border activist Scott Nicol has called the proposed structure a “concrete and steel monstrosity.”

      And it doesn’t end there. The contractors would also clear a 150-foot “enforcement zone” to the south, a barren strip of land for patrol roads, sensors, camera towers and flood lights. Because La Lomita stands well within 150 feet of the existing levee, activists fear the historic structure could be razed. In an October online question-and-answer session, CBP responded vaguely: “It has not yet been decided how the La Lomita chapel will be accommodated.” The agency declined to answer questions for this story.

      This month, Congressional Democrats and Trump are feuding over further funding for the wall, but the administration already has the money it needs to build through La Lomita: $641 million was appropriated in March for 33 miles of wall in the Rio Grande Valley. In October, the Department of Homeland security also invoked its anti-terrorism authority to waive a raft of pesky environmental and historic preservation regulations for a portion of that mileage, including La Lomita’s segment. No contract has been awarded for the stretch that would endanger the chapel yet, so there’s no certain start date, but CBP plans to start construction elsewhere in Hidalgo County as soon as February.

      Unlike in Arizona and California, the land along the Rio Grande — Texas’ riverine border — is almost entirely owned by a collection of farmers, hobbyist ranchers, entrepreneurs and deeply rooted Hispanic families who can truly say the border crossed them. Ninety-five percent of Texas borderland is private. That includes #La_Lomita, whose owner, the diocese in #Brownsville, has decided to fight back.

      Multiple times this year, court filings show, federal agents pressed the diocese to let them access the property so they could survey it, a necessary step before using eminent domain to take land for the wall. But the diocese has repeatedly said “no,” forcing the government to file a lawsuit in October seeking access to the property. The diocese shot back with a public statement, declaring that “church property should not be used for the purposes of building a border wall” and calling the wall “a sign contrary to the Church’s mission.”

      The diocese is also challenging the government in court. In a pair of recent court filings responding to the lawsuit, the diocese argues that federal agents should not be allowed to enter its property, much less construct the border wall, because doing so would violate both federal law and the First Amendment. It’s a legalistic version of Snipes’ claim that the wall would deter worshippers.

      “The wall would have a chilling effect on people going there and using the chapel, so in fact, it’s infringing or denying them their right to freedom of religion,” said David Garza, the Brownsville attorney representing the diocese. “We also don’t believe the government has a compelling interest to put the wall there; if they wanted to put technology or sensors, that might be a different story.”

      It’s a long-shot challenge, to be sure. Bush and Obama already built 110 miles of wall in Texas between 2008 and 2010, over the protests of numerous landowners. But this may be the first time anyone’s challenged the border wall on freedom-of-religion grounds. “I’ve been looking for the needle in the haystack, but a case of this nature, I’m not aware of,” Garza said. A hearing in the case is set for early January.

      When I visited the Mission area in November, Father Snipes insisted that we conduct our interview out on the Rio Grande at sunset. Two of his dogs joined us in the motorboat.

      As we dawdled upriver, watching the sky bleed from to red to purple, Snipes told me the story behind something I’d seen earlier that day: a trio of wooden crosses protruding from the ground between La Lomita and the levee. There, he said, he’d buried a llama and a pair of donkeys, animals who’d participated in Palm Sunday processions from his downtown church to La Lomita, reenactments of Christ’s entry into Jerusalem. The animals had carried Jesus. So close to the levee, the gravesites would likely be destroyed during wall construction.

      As the day’s last light faded, Snipes turned wistful. “I thought the government was supposed to protect our freedom to promote goodness and truth and beauty,” he lamented. “Even if they won’t promote it themselves.”

      https://www.texasobserver.org/in-south-texas-the-catholic-church-vs-trumps-border-wall
      #Eglise #Eglise_catholique


  • Trump border wall construction underway in #Chihuahuita in Downtown #El_Paso

    Construction of the border wall in the Chihuahuita neighborhood of Downtown El Paso continued Wednesday beneath the Stanton Street International Bridge. The U.S. Border Patrol announced Friday that the new wall would replace existing fencing south of Downtown El Paso and that construction would begin Saturday as part of President Donald Trump’s executive order authorizing construction of the U.S.-Mexico border wall.
    The wall starts in Chihuahuita and continues east for four miles. Chihuahuita is El Paso’s oldest neighborhood, with about 100 people currently living in the area. The southern boundary of the neighborhood is the border fence separating El Paso from #Juárez.

    The existing fence will be removed, and an 18-foot-high steel bollard wall will be constructed in its place. The construction project is expected to be completed in late April. The estimated cost for the project is $22 million.


    https://eu.elpasotimes.com/story/news/2018/09/26/trump-border-wall-construction-underway-downtown-el-paso-texas/1437573002
    #murs #barrières_frontalières #frontières #mexique #usa #Etats-Unis

    • Border Wall Gate Construction Begins Friday

      Construction of several border wall #gates along the Rio Grande Valley border is set to begin Friday.

      U.S. Customs and Border Protection and the Army Corps of Engineers awarded a contract to #Gideon_Contracting LLC in early October.

      The agencies approved over $3.5 million for the San Antonio-based company, which is set to install the first seven border wall gates and includes options for four additional gates.


      http://www.krgv.com/story/39562919/border-wall-gate-construction-begins-friday

    • TPWD: Border wall will be built on #Bentsen State Park property in Mission

      The Texas Parks and Wildlife Department has confirmed the border wall will be built on #Bentsen_State_Park property in Mission.

      The department wrote several letters to Customs and Border Protection on their concerns on the border wall, even suggesting an alternative design.

      According to Josh Havens, spokesperson for Texas Parks and Wildlife he says since the federal government has federal domain over the park, construction will go as planned.

      Bentsen State Park is considered to be one of the top bird watching destinations in Texas.

      “At first, we came for three or four days. Last year, we came for seven and this time we are coming for eight days,” said Charles Allen, who has been visiting the park for several years now.

      Allen says the border wall would be a setback for the park.

      “It would really be a disaster for the plants and the butterflies and for people who come to visit,” stated Allen.

      CBP announced the construction of the border wall on the IBWC levee earlier this month.

      The levee stretches through Mission and lies on park property.

      “The federal government has confirmed with us that the initial six miles, I believe, of the construction of the wall is going to go across the levee that is at Bentsen Rio Grande Valley State Park,” said Havens.

      According to Havens, the construction will split the park into two, separating the main visitor center from the rest of the park.

      CBP plans to clear out 150 feet south of the levee for the construction, according to Havens.

      “The native plants here have some purpose either a butterfly or several butterflies, or moths or some other birds or other larger animals,” said Allen.

      Havens says they are aware of the ecological importance the vegetation of the park has and is planning to work with CBP on minimizing the vegetation loss.

      Still park visitors feel there should be something else done to protect the park.

      “I hate to see them tear this park in half can there be other way to be done? I’m sure there are options,” mentioned Larry McGuire, a winter Texan who visits the park.

      According to Havens, it is way too early to tell if the park will close after the construction of the border wall.

      They will have to gauge visitation after construction to determine that.


      https://valleycentral.com/news/local/tpwd-border-wall-will-be-built-on-bentsen-state-park-property-in-miss


  • 5200 troops. 23 apprehensions. In. ONE. Year.

    In fiscal 2018, the average Border Patrol agent apprehended 23 migrants. All year.

    9 of them would’ve been kids and family members, leaving 14 single adults, all year. One per agent, every 26 days.

    And now, at great expense, 5,200 active-duty soldiers are headed to the border.

    75% less migrants since 2000. Nearly 5X more Border Patrol agents since 1992. The buildup has happened already, and the migrant flow has ebbed. Adding soldiers is unnecessary.

    https://twitter.com/adam_wola/status/1057063320770002944

    #murs #efficacité #inefficacité #USA #Etats-Unis #statistiques #frontières #barrières_frontalières #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #statistiques #chiffres
    ping @reka


  • Barrières controversées aux #postes-frontières secondaires tessinois

    Des barrières sont en voie d’installation à plusieurs postes-frontières secondaires entre le Tessin et l’Italie. Fruits d’un compromis entre le canton et la Confédération, elles ne font pas l’unanimité.

    La pose de barrières à six de ces passages qui ne sont plus surveillés en permanence intervient après une période d’essai de six mois de #fermeture_nocturne, entre 23 heures et 5 heures du matin, qui avait été mise en place pour lutter contre les #braquages.

    Pour le Conseil fédéral, l’expérience menée en 2017 n’avait pas permis de conclure à une baisse de la criminalité. Il a cependant accepté que, selon les circonstances, ces petites frontières puissent être temporairement bouclées.

    Mais au sud des Alpes, certains ont le sentiment que Berne ménage davantage les susceptibilités italiennes que les intérêts du Tessin. C’est le cas de la conseillère nationale de la Lega et vice-syndique de Chiasso Roberta Pantani, qui avait demandé une fermeture nocturne durable.
    « Berne a peur des mesures de rétorsion de l’Italie »

    « Les problèmes majeurs ont surtout été posés par l’Italie qui disait que la fermeture était contraire à l’accord de Schengen », souligne-t-elle. « Mais pour nous, il s’agissait seulement de rétablir une certaine habitude de fermeture la nuit. C’est la première chose. Et la seconde, c’est que peut-être que le Conseil fédéral ne connaît pas très bien la situation du Tessin, où il a peur des mesures de rétorsion de l’Italie. »

    Mais de simples barrières, comme à l’entrée des parkings, suffiront-elles à repousser des malfaiteurs ? Pour Ornello Rusconi, patron d’une station d’essence à deux pas de la douane de San Pietro où sera installée une barrière, c’est toujours bon à prendre. Il a subi une quinzaine de braquages ces dernières années et l’entrée de son magasin est désormais verrouillée, sécurisée par des barreaux et une caméra de surveillance. Il est impossible d’entrer sans contrôle facial préalable.
    « Une mesure supplémentaire bienvenue »

    Pour lui, la décision constitue une bonne nouvelle : « En cas de besoin, le passage est bloqué et les autos ne peuvent plus passer », relève-t-il. « Si quelqu’un veut sortir, il doit s’arrêter ou trouver une alternative. Ou casser la barrière, mais l’infraction est grave. Si la route est barrée, il faut trouver une autre voie. C’est une mesure supplémentaire bienvenue », dit le commerçant.

    D’autres habitants de la région se montrent plutôt sceptiques. « Celui qui a envie d’entrer pour commettre un méfait ne va pas s’arrêter devant une barrière », juge un père de famille dont l’entourage a déjà subi des cambriolages à répétition. « Dans les faits divers, on lit que ce sont même des bandes professionnelles qui viennent ; ce n’est certainement pas une barrière qui va les arrêter. La frontière est vraiment ouverte ; il n’y a pas qu’un seul passage, la zone de frontière est partout. »
    L’objectif est de fermer rapidement ces frontières

    Reste à savoir quand la décision d’abaisser ces barrières - qui sont en cours d’installation - sera prise. Interpellée, la direction des gardes-frontière à Berne a répondu par un « no comment » à la RTS.

    Le département tessinois du Territoire, chargé de leur pose, fait savoir de son côté qu’un groupe de travail réunissant police et gardes-frontière planche actuellement sur les critères qui permettront « de boucler rapidement » ces frontières secondaires.

    https://www.rts.ch/info/regions/autres-cantons/9944416-barrieres-controversees-aux-postes-frontieres-secondaires-tessinois.html
    #frontières #rematérialisation_des_frontières #Schengen (fin de -) #criminalité #barrières_frontalières #Tessin #Suisse #Italie #fermeture_des_frontières #frontière_sud-alpine

    signalé par @bce_106_6, que je remercie


  • Afghan, Pakistani forces clash over border fence

    Afghan and Pakistani border forces engaged in an armed clash over building a fence along the #Durand_Line on Sunday, local officials in southern Kandahar province said.

    Kandahar police spokesman, Zia Durani, told Pajhwok Afghan News that Pakistani forces tried this afternoon to fence a part of the Durand Line in Shorabak district of Kandahar, but Afghan border forces prevented their move.

    He said Pakistani forces in response attacked the Afghan forces and the clash was still underway. No one has so far been hurt in the battle. However, Pakistan closed down the friendship gate in #Spin_Boldak.

    A day earlier, Kandahar police chief, Gen. Abdul Raziq, said they had stopped Pakistan from fencing the Durand Line.

    He said that Pakistan started fencing the Durand Line in the southern region of the country but they stopped them.

    “Two weeks back, Pakistani forces started installation of fence on the border between Spin Boldak and #Shorabak districts of #Kandahar but border forces removed the fence and prevented them from doing so,” Raziq added.

    A year back, Afghan and Pakistani forces engaged in heavy clashes over fence installation in #Luqman and #Jahangir areas of Spin Boldak district and both the sides suffered casualties.

    Luqman and Jahangir areas are located in the zero point area of the border and they belong to Spin Boldak district.

    Pakistan forces last year conducted a population registration process in the two areas and claimed the areas belonged to Pakistan, but Afghan forces prevented them.

    The Afghan forces’ interference last year led to a fierce clash that continued for several hours, with both sides sustaining heavy casualties.

    After the clash, Afghanistan port with Pakistan was closed for 23 days that caused millions of afghanis losses to traders.


    https://www.pajhwok.com/en/2018/10/14/afghan-pakistani-forces-clash-over-border-fence
    #Pakistan #Afghanistan #murs #barrières_frontalières #frontières #disputes_frontalières

    #Ligne_durand:


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Durand


  • The UK Border Regime

    Throughout history, human beings have migrated. To escape war, oppression and poverty, to make a better life, to follow their own dreams. But since the start of the 20th century, modern governments have found ever more vicious ways to stop people moving freely.

    The UK border regime includes the razor wire fences at #Calais, the limbo of the asylum system, and the open #violence of raids and deportations. Alongside the #Home_Office, it includes the companies running databases and detention centres, the media pushing hate speech, and the politicians posturing to win votes. It keeps on escalating, through Tony Blair’s war on refugees to Theresa May’s “#hostile_environment”, spreading fear and division.

    This book describes and analyses the UK’s system of immigration controls. It looks at how it has developed through recent history, the different actors involved, and how people resist. The aim is to help understand the border regime, and ask how we can fight it effectively.


    https://corporatewatch.org/new-book-the-uk-border-regime
    #livre #frontières #régime_frontalier #UK #Angleterre #limbe #barrières_frontalières #externalisation #France #renvois #expulsions #déportations #résistance #migrations #asile #réfugiés #détention_administrative #rétention #privatisation


  • Donald Trump urged Spain to ’build the wall’ – across the Sahara

    Spanish foreign minister says US president advised tactic to stem migration across the Med.

    Donald Trump suggested the Spanish government tackled the Mediterranean migration crisis by emulating one of his most famous policies and building a wall across the Sahara desert, the country’s foreign minister has revealed.

    According to Josep Borrell, the US president brushed off the scepticism of Spanish diplomats – who pointed out that the Sahara stretched for 3,000 miles – saying: “The Sahara border can’t be bigger than our border with Mexico.”

    #murs #Trump #Europe #Sahara #barrières_frontalières #désert_du_Sahara


  • Finland considers building border wall to block wild boars from Russia

    Finland is considering the construction of a wall on the Finnish-Russian border to prevent wild boars that can bring the African swine fever to Finland, media reports said on Monday.

    Sirpa Thessler, a senior official at the Finnish Natural Resources Agency, told public broadcaster Yle that the agency would figure out how long the wall could be and consider also the ecological impact of such a wall and the repercussions on other animals.

    The investigation has been ordered by the Ministry for Agriculture and Forestry of Finland and should be completed by the end of the year.

    The highly contagious disease has reached some Russian areas that border on Finland. It is no danger to people though.

    Finland has stepped up prevention measures to keep the swine pest out of Finland. Hunting of wild boars has been encouraged and pork production farms have been required to install additional fences if pigs are kept outdoors during summer.

    The swine pest can also be transferred via food carried by travelers. Finland has campaigned in ports with posters against meat products brought in by tourists. There are no formal customs controls for passengers entering Finland, except directly from Russia.

    “Even one sausage brought from the infected area can be fatal,” Katri Levonen, a senior official at the Ministry of Agriculture told the newspaper Maaseudun Tulevaisuus.

    She explained the infection spreads with long leaps via food, while the spreading based on direct contact with animals progresses slowly.

    Finnish officials and the pork industries were alarmed about the news that the swine fever had reached Belgium last week.

    The most western reported infection before Belgium had been the Czech Republic. Levonen said the leap from the Czech Republic to Belgium must have been with food. The infection of the Czech Republic had resulted as wild boars had been able to open a waste container, she said.

    Jukka Rantala, the production animal ombudsman of the Organization of Finnish Agricultural Producers, told Maaseudun tulevaisuus that detection of African swine fever can cause the pork exports to a standstill.

    “Much pork would remain a burden for the European market. Problems are to be expected on the European pork market,” Rantala said.

    http://www.xinhuanet.com/english/2018-09/18/c_137474704.htm
    #Finlande #murs #barrières_frontalières #Russie #frontières #sangliers #faune #infections #santé #peste_porcine

    Et pour une fois il ne s’agirait pas, en tout cas c’est ce qu’ils reportent, de bloquer les humains, mais des animaux, des sangliers en particulier...


  • Before the Trump Era, the “Wall” Made In Arizona as Political Performance

    “Trump’s Wall” illustrates the US obsession with ever-greater militarization of the Mexican border, independently of the actual numbers of unauthorized crossings. Yet these debates began revolving around the slogan “Build The Wall” long before the rise of Trump. Between 2010 and 2013, the activities of a coalition of activists, politicians and Arizona security experts had already legitimized recourse to a “wall”. Border-security debates thus concern more than mere control of border crossings. More crucially, they structure local and national political life in accordance with the interests and agendas of the political players whom they bring together.

    The Governors of California and Arizona reacted unevenly to President Trump’s announcement on April 4th, 2018, that National Guard soldiers were to be sent to the Mexican border1 to reinforce the Border Patrol and local police. Doug Ducey, Republican Governor of Arizona, displayed his enthusiasm: “I’m grateful today to have a federal administration that is finally taking action to secure the border for the safety of all Americans” 2. Jerry Brown, Democrat Governor of California, was more circumspect. He insisted upon the limits of such a measure: “”This will not be a mission to build a new wall […] It will not be a mission to round up women and children or detain people escaping violence and seeking a better life. […] Here are the facts: There is no massive wave of migrants pouring into California3”. These contrasting reactions illustrate the US rift over migration and border-security issues. To the anti-migrant camp, the border is insufficiently secured, and is subject to an “invasion4”. For opponents of the border’s militarization, this deployment is futile.

    On the anti-migrant side, between 2010 and 2013, Republican state congressmen in Arizona set up a unified Committee to gather all the political players who demanded of President Obama that he increases militarization of the border5. This included Sheriffs and Arizona State ministers—but also a breeders’ organization, the border Chambers of Commerce, militiamen who patrol the desert, and Tea Party groups. In May 2011, this Committee launched a fundraising drive dubbed “Build the Border Fence”. They portrayed cross-border migration as a threat to the public, consecrated the “Fence” as a legitimate security tool, and, seeking to force the hand of the Federal Government, accused it of failing in its duty to protect. Examining this mobilization prior to Trump’s election enables illustrating how militarization and the debates around it came to acquire legitimacy—and therefore to shed light on its current crystallization around the rhetoric of the “Wall”. This article will, first, briefly describe stages in the performative militarization of the border within which this political mobilization is embedded. It then presents three stages in the legitimization of the “Wall”, drawing on pro-“Border Wall” activism in Arizona.

    #Militarization by One-Upmanship

    Parsing differences over migration debates in the United States requires situating them within the framework of the long-term political performance of militarization of the border. The process whereby the border with Mexico has become militarized has gone hand in hand with the criminalization of unauthorized immigration since the 1980s-6. In the border area, militarization is displayed through the deployment of technology and surveillance routines of transborder mobility, both by security professionals and by citizen vigilantes7. The construction of “fences”8 made the borderline visible and contributed to this policy of militarization. The Trump administration is banking on these high-profile moments of wall-construction. In doing so, it follows in the footsteps of the G.W.Bush administration through the 2006 Secure Fence Act, and California Republicans in the 1990s. This is even while the numbers of unauthorized crossings are at historically low levels9, and federal agencies’ efforts are more directed towards chasing down migrants within the US. At various stages in the development of this policy, different players, ranging from federal elected officials through members of civil society to the security sector, local elected officials and residents, have staged themselves against the backdrop of the territory that had been fenced against the “invaders”. They thereby invest the political space concerned with closing this territory,against political opponents who are considered to be in favor of its remaining open, and of welcoming migrants. The latter range from players in transborder trade to religious humanitarian and migrant rights NGOs. Border security is therefore at the core of the political and media project of portraying immigration in problematic and warlike terms. Beyond controlling migrants, the issue above all orbits around reassuring the citizenry and various political players positioning themselves within society-structuring debates.
    Why Demand “Fences”?

    First and foremost, Arizona’s pro-fence players package transborder mobility as a variety of forms of violence, deriving from interpretation, speculation and—to reprise their terms—fantasies of “invasion”. In their rhetoric, the violence in Mexico has crossed the border. This spillover thesis is based on the experience of ranchers of the Cochise County on the border, who have faced property degradations since the end of the 1990s as a result of migrants and smugglers crossing their lands. In January 2013, the representative of the Arizona Cattlemen Association struck an alarmist tone: “Our people are on the frontline and the rural areas of our border are unsecured10”. The murder of an Association member in March 2010 was cited as evidence, swiftly attributed to what was dubbed an “illegal alien11”.

    “Border security also reflects domestic political stakes.”

    Based on their personal experiences of border migration, the pro-fence camp has taken up a common discursive register concerning the national stakes tied to such mobility. As Republican State Senator Gail Griffin explains, they express a desire to restore public order over the national territory, against the “chaos” provoked by these violent intrusions:

    “People in larger communities away from the border don’t see it as we do on the border but the drugs that are coming in though my backyard are ending up in everybody’s community in the State of Arizona and in this country. So it’s just not a local issue, or a county issue or a state issue, it’s a national issue 12.”

    In their view, the threat is as much to public order as it is to national identity. These fears denote a preoccupation with the Hispanization of society and cultural shifts affecting a nation that they define as being “Anglo-Saxon”. When the Build the Border Fence fundraising drive was launched on July 27, 2011, for example, Representative Steve Smith pronounced himself “horrified” by a development that he called “Press 2 for Spanish” in telephone calls. He also condemned the lack of integration on the part of Mexican migrants:

    “If you don’t like this country with you, you wanna bring your language with you, your gangfare with you, stay where you were! Or face the consequences. But don’t make me change because you don’t want to13.”

    Finally, border security also reflects domestic political stakes. It is a variable in the political balance of power with the federal government to influence decisions on immigration policy. Arizona elected representatives condemn the federal government’s inefficiency and lay claim to migration decision-making powers at the state-level. The “fence” is also portrayed a being a common sense “popular” project against reticent decision-making elites.
    “Fences”—or Virtual Surveillance?

    Control of the border is already disconnected from the border territory itself, and virtual and tactical technologies are prioritized in order to manage entry to the US. “Fences” appear archaic compared to new surveillance technologies that enable remote control. In the 2000s, the “virtualization” of border control was favored by the Bush and Obama administrations. Since 2001-2002, it has been embedded in the strategic concept of “Smart Borders” within the North American Free Trade Agreement (NAFTA). This aims to filter authorized migration through programs that grant expedited- and preregistered-entry to US ports of entry, and through the generalization of biometric technologies. This strategy also rests upon integrating leading-edge technologies, such as the Secure Border Initiative (SBI) program that was in place from 2006 to 2011. At the time, the border area (including South-West Arizona) acquired watchtowers equipped with cameras and radar. Fences are, moreover, costly—and the financial and human costs of the construction, guarding and upkeep of these fences raise doubts over the benefits of such infrastructure. These doubts are expressed at security-technology fairs, where security professionals and industrialists gather14. There, the “fence” is ultimately understood as being a marginal control technology.

    Regardless, pro-fence activism in Arizona grants a key role to those military and police who help legitimate the recourse to “fences”. In particular, they draw on such models of securitization as the California border, that has been gradually been sealed since 1991, as well as, since 2006-07, the triple-barrier of Yuma, in South-West Arizona. Sheriff Paul Babeu, an ex-military National Guardsman who erected the “fences” in Yuma, assesses that they provide a tactical bonus for Border Patrol agents in smuggling centers, urban areas and flatlands15. Mainly, Arizona security professionals articulate their defense of the “fence” within the pursuit of personal political agendas, such as Republican sheriffs who are both security and political professionals.

    Attacking the Federal Government for Failure to Protect

    The spread of the pro-fence narrative largely rests upon widely-covered events designed to symbolize the process of militarization and to call for federal intervention. The materiality of “fences” elicits easy media coverage. The pro-fence camp are well aware of this, and regularly stage this materiality. During such public events as the 4thof July national holiday, they erect fake wooden fences on which they encourage participants to write “Secure the Border”. These pro-fence political players also seek out media coverage for their public statements.

    “Republicans consecrate Arizona as their laboratory for immigration and border security policy.”

    Such media as Fox News follow their activities to the extent of turning pro-fence events into a regular series. On August 25, 2011, on the Fox News program On The Record, presenter Greta Van Susteren invited Republican Representative Steve Smith and publicized the fundraising drive using visuals drawn from the initiative’s website 16. The presenter framed the interview by gauging that Arizona parliamentarians had “got a grip on things to get the White House’s attention”. At no point was Steve Smith really challenged on the true cost of the fence, nor on opposition to the project. This co-production between the channel’s conservative editorial line and the pro-fence narrative enables the border area to be presented as a warzone, and amplifies the critique of the federal government.

    This staging of the debate complements lobbying to set up direct contact with federal decision-makers, as well as legal actions to pressure them. Pro-barrier activists in Arizona thus set out plans to secure the border, which they try to spread among Arizona authorities and federal elected officials-17. Sheriff Paul Babeu, for instance, took part in consultations on border security conducted by Senator John McCain and Presidential candidate Mitt Romney. By passing repressive immigration laws and mobilizing Arizona legal advisors to defend these laws when they are challenged in court, Republicans consecrate Arizona as their laboratory for immigration and border security policy.
    Twists and Turns of “Build The Wall”

    Portraying transborder mobility as a “problem” on the local and, especially, the national levels; Legitimizing a security-based response by promoting the “fence” as only solution; And accusing the federal government of failing to protect its citizens. These are the three pillars of “The Fence”, the performance by pro-fence activists in the early 2010s. These moves have enabled making militarization of the border and the “Build The Wall” trope banal. Its elements are present in the current state of the discourse, when Donald Trump resorts to aggressive rhetoric towards migrants, touts his “Wall” as the solution, and stages photo-ops alongside prototypes of the wall—and when he accuses both Congress and California of refusing to secure the border. The issue here has little to do with the undocumented, or with the variables governing Central American migration. It has far more to do with point-scoring against political opponents, and with political positioning within debates that cleave US society.


    https://www.noria-research.com/before-the-trump-era-the-wall-made-in-arizona-as-political-performan
    #performance #performance_politique #spectacle #murs #barrières #barrières_frontalières #USA #Etats-Unis #Arizona #surveillance #surveillance_virtuelle #sécurité

    signalé par @reka


  • Biennale Venezia: muri protagonisti dell’esposizione di Architettura

    Mentre il governo italiano chiude i porti alle ong per lo sbarco di migranti alzando così una barriera immaginaria in mezzo al mediterraneo, quattro padiglioni della Biennale di Architettura di Venezia invitano i visitatori a riflettere su muri e confini. Un’esplicita critica all’attuale momento politico mondiale, segnalato da chiusure e separatismi.

    Freespace è il titolo scelto dalle architette irlandesi Yvonne Farrell e Shelley McNamara per parlare di libertà, generosità ed etica per arrivare alla valorizzazione degli spazi collettivi, senza tralasciare la rappresentazione politica che determinano le scelte nell’architettura. Secondo McNamara «dobbiamo essere consapevoli delle questioni politiche, l’architettura ha una profonda agenda sociale che ha una vasta portata politica».

    Partendo da questo principio, i padiglioni di Brasile, Stati Uniti, Germania e Israele hanno portato alla Biennale la loro ricerca basata sulla rappresentazione e percezione di muri, barriere e confini. Se in un momento della storia i muri erano indispensabile all’umanità per poter difendersi, oggi sono archetipi di conflitti e intolleranza.
    Biennale Venezia 2018: il muro nell’identità brasiliana

    Il viaggio tra interpretazioni ed esplorazioni, anche immaginarie, di muri e confini inizia dal padiglione brasiliano. A fare da cornice alla mostra Muros de Ar (Muri d’aria), si incontra una grande sala bianca dove sono state appese dieci gigantesche mappe suddivise per temi che attraverso la grafica mettono in relazione i problemi del paese con l’ambiente stesso.

    Attraverso la ricerca collettiva, i curatori Gabriel Kozlowski, Laura González Fierro, Marcelo Maia Rosa e Sol Camacho invitano a riflettere sulle condizioni archetipiche dei muri per il Brasile. Per i curatori «il muro è un elemento dell’architettura, della cultura e dell’identità brasiliane e la sua trasposizione si oppone all’omogeneizzazione, all’intolleranza e all’estremismo delle reclusioni».

    Le contraddizioni tra confine e divisione è vista alla luce del giorno nel paese verdeoro, dove la barriera sociale fra ricchi e poveri è sempre più evidente. Questa zona di confine costringe un’intera popolazione a vivere in uno stato di mancanza permanente di diritto.

    A dimostrazione di questo ci sono i dati l’istituto di ricerca Ipea. Soltanto nel 2016 più di 60 mila persone sono state assassinate nel paese e la maggior parte delle vittime sono giovani dai 15 ai 19 anni, neri e abitanti delle favelas.

    I dati rafforzano il pensiero di Ian Bremmer, presidente di Eurasia Group e professore della New York University, che durante un incontro a San Paolo a ottobre del 2017 aveva dichiarato che i governi dei paesi ricchi non daranno una risposta efficace all’aumento della disuguaglianza e che tensioni sociali e la violenza rafforzeranno i processi di esclusione e costruzione di muri, reali o virtuali.

    Oltre il muro di Trump alla Biennale di Venezia

    Su filone del pensiero di Bremmer si trova la mostra Dimensions of citizenship presentata dal padiglione degli Stati Uniti. Curata da Niall Atkinson, Ann Lui, Mimi Zeiger, l’esposizione si interroga sul significato della cittadinanza al giorno d’oggi, quando alcuni governi, compreso quello statunitense, limitano questo diritto. Per il team di curatori «è urgente che l’architettura agisca come uno strumento per comprendere, modellare e immaginare ciò che significa essere un cittadino oggi».

    Fra le opere della mostra, l’istallazione Mexus di Estudio Teddy Cruz + Fonna Forman ha riempito le parete di una delle sale del padiglione con una serie di fotografie intitolate La Nazione contro la Natura. Le immagini evidenziano una zona di confine fra Messico e Stati Uniti dove scorrono otto bacini fluviali che fanno una divisione geologica fra i due paesi.

    Arte e Biennale: 29 anni dopo la caduta del Muro

    Se gli Stati Uniti si sono interrogati sul senso della cittadinanza ai nostri giorni, la Germania ha fatto i conto con la propria storia. Ha presentato un’esposizione in cui il muro è mostrato come un’ombra oscura del passato, che deve essere ricordato perché non succeda più. Unbuilding Walls, curata da Marianne Birthler e dallo studio Graft, impressiona subito.

    Nella sala centrale del padiglione, l´istallazione di Alexander Lubic e cfk architetti riprende un muro alto, tagliato a pezzi, percorribile fra gli spazi vuoti. La parte davanti è dipinta di nero, mentro sul retro ci sono informazioni sui progetti costruiti nel 1989 lungo la striscia della morte che separava le due Germanie. L’istallazione gioca anche con la luce, proiettando sul pavimento l’ombra nera del muro frammentato, un chiaro richiamo al periodo buio del nazismo.

    Nelle due sale adiacenti, sei schermi fissi alle parete, messi uno accanto all’altro riprendendo l’impostazione di un muro, proiettavano la video-installazione Wall of Opinions. Ad ogni schermo un frammento di video documentava le testimonianze di persone che vivono in luoghi dove i muri esistono e fanno da barriera sociale, politica e immigratoria. Ad esempio, il muro che separa la Palestina da Israele, il muro di Trump che divide gli Stati Uniti dal Messico, quello della Corea del Nord e Sud e quello che fa da frontiera fra Unione Europea e Ceuta.
    Biennale di Architettura: Terra Santa, coesistenza tra culture

    Anche Israele ha portato il suo muro alla Biennale di Architettura. Statu Quo: Structures of Negotiation, curata da Ifat Finkelman, Deborah Pinto Fdeda, Tania Coen-Uzzielli, Oren Sagiv indaga sul delicato equilibrio coabitativo nei luoghi santi che spesso diventano luoghi di conflitti.

    Attraverso un percorso tra luoghi sacri invita a riflettere sulla coesistenza e le fragili regole di convivenza tra culture diverse che convivono in Terra Santa. L’architettura in questo caso è vista come un agente attivo per il mantenimento dell’equilibrio della regione, diventato molto complicato dopo 1948, l´anno in cui scoppiò la guerra con la Palestina.

    Subito all’ingresso è possibile vedere un modello materico della Chiesa del Santo Sepolcro dipinta di azzurro, bianco, giallo e marrone, dove ogni colore rappresenta una religione diversa. Nel piano superiore una video-installazione attende il pubblico. Nel video si vede il ponte in legno – che ricorda un tunnel – per Mughrabi, unica entrata al tempio per i non musulmani. Impressiona lo sguardo di una donna in un frame del video.

    #murs #art #Venise #biennale #frontières #barrières_frontalières

    @isskein y est, si j’ai bien compris!


  • El Gobierno desempolva un convenio de hace 26 años para expulsar a 116 migrantes

    La operación, de carácter extraordinario, se basa en un pacto que España y Marruecos firmaron en 1992.

    La Policía Nacional ha devuelto a Marruecos a los 116 subsaharianos que este miércoles saltaron la valla de Ceuta. Únicamente permanecen en España los dos menores que participaron en la entrada. El Gobierno ha recurrido para repatriarlos a un convenido firmado en 1992 por los entonces ministros del Interior de ambos países, José Luis Corcuera y Driss Basri, que contemplaba la expulsión en menos de 10 días de los ciudadanos de terceros países que entraran ilegalmente en España desde Marruecos. En sus 26 años, el acuerdo solo se había aplicado de manera excepcional.

    Firmado tras un repunte de la llegada de pateras a las costas andaluzas a comienzo de los noventa, en sus primeros 13 años en vigor el convenio sirvió para expulsar únicamente a 114 migrantes. En 2006, el Gobierno de José Luis Rodríguez Zapatero intentó reactivarlo, pero sin éxito. Tampoco lo logró Jorge Fernández Díaz, ministro del Interior del PP, quien en 2014 llegó a plantear a Marruecos su aplicación solo a aquellos que lograran saltar la valla de “forma violenta”. Desde entonces, se había utilizado en contadas ocasiones y, siempre, con un número de extranjeros muy inferior al de este jueves.

    Fuentes policiales destacan que las reticencias de Rabat a admitir ciudadanos de terceros países por esta vía había convertido su aplicación en excepcional. En los últimos años se aplicaba únicamente a los no marroquíes que arribaban en patera a las Islas Chafarinas, un archipiélago de soberanía española situado a 27 millas náuticas de Melilla y a 1,9 de la costa de Marruecos, en las que solo hay un destacamento militar español.

    La decisión de reactivar el acuerdo de Corcuera más allá de estas pateras la tomó el Ejecutivo de Pedro Sánchez el pasado 26 de julio, después de que más de 600 inmigrantes lograran saltar la valla de Ceuta. Los ministros del Interior y Asuntos Exteriores, Fernando Grande-Marlaska y Josep Borrell, respectivamente, solicitaron entonces a Marruecos que permitiera la entrega de, al menos, una parte de este numeroso grupo, pero Rabat rechazó la propuesta, según detallan fuentes de Interior conocedoras de aquellos contactos. Marruecos sí se comprometió a aplicar el convenio si se volvía a producir un salto masivo, como el que finalmente se produjo este miércoles otra vez en Ceuta. España inició entonces los contactos, pero las autoridades del país magrebí volvieron a mostrar reticencias. Grande-Marlaska entró en contacto esa misma tarde con sus interlocutores magrebíes para desatascar la situación.

    Los responsables de la Comisaría General de Extranjería y Fronteras desplegaron entonces un amplio dispositivo para cumplimentar los trámites en pocas horas. Los migrantes fueron trasladados de 10 en 10 desde el Centro de Estancia Temporal de Inmigrantes (CETI) de Ceuta a dependencias policiales para tramitar el expediente de devolución de forma exprés. Tras tomarles la filiación, se les entregaba la orden de expulsión en presencia de un abogado. De allí, pasaban a los calabozos para su posterior traslado en vehículos a la frontera. Interior ha marcado distancias con las polémicas devoluciones en caliente, en las que no se produce ninguna de estas circunstancias y que ya han costado una condena del Tribunal Europeo de Derechos Humanos de Estrasburgo. Portavoces del ministerio recalcaban que “ninguno” de los 116 inmigrantes ahora devueltos a Marruecos solicitó asilo durante este trámite.
    España pagará los gastos

    Fuentes del equipo de Grande-Marlaska reconocen que el procedimiento habitual es que la devolución se haga directamente con el país de origen. Sin embargo, el acuerdo ahora esgrimido contempla la posibilidad de que regresen al país desde el que han cruzado la frontera, pese a que no sean oriundos de allí. “La clave es que han entrado por Marruecos”, recalcan estas fuentes. El convenio recoge que España se hace cargo tanto de los gastos de transporte a Marruecos como, posteriormente, desde allí a sus países de origen.

    Interior recalca que la entrada de los ahora devueltos se produjo de forma “ilegal y violenta” tras arrojar cal viva, ácido y excrementos a los guardias civiles que custodiaban la frontera. Siete agentes y cinco migrantes resultados heridos. “Legalmente, su situación es muy distinta de los que se les rescata en el mar”, recuerdan desde el ministerio. En el caso del auxilio de las pateras, la normativa internacional establece la obligación de los servicios de salvamento de llevar a los rescatados al puerto seguro más cercano.

    https://elpais.com/politica/2018/08/23/actualidad/1535027599_502354.html

    Je mets ici un autre message pour alimenter le tag #walls_don't_work #efficacité #murs #barrières_frontalières #frontières #les_murs_ne_marchent_pas

    ... même si, une fois passé le mur, les autorités marocaines ont procédé au #renvois #expulsions #push-backs des exilé·es qui avaient réussi à passer le barrage...

    #Ceuta #Melilla #Espagne #Maroc


  • Illusion cartographique au Nord, barrière de sable à l’Est : les #frontières mouvantes du #Sahara_occidental
    http://journals.openedition.org/espacepolitique/2644

    C’est entre 1981 et 1987 que l’Etat marocain entreprend, avec l’aide de techniciens français, la fortification militaire de lignes de dunes dans une perspective défensive. La fin des années 1970 est alors marquée par des combats violents entre les Forces armées marocaines (FAR) et le Front Polisario, qui agit dès 1976 depuis des bases arrière algérienne et mauritanienne. La prise pour cible du territoire marocain (hors de la zone controversée) et l’occupation ponctuelle de Tan Tan par les indépendantistes (opération « Houari Boumédiene ») sont vécues côté marocain comme un affront et renforcent l’idée d’un nécessaire mur de sécurisation pour protéger les centres névralgiques du Sahara, à savoir les villes, les oasis, les mines de phosphate de Bou Craa et les sources de la Saguia al Hamra (Mohsen-Finan, 2004). Entreprise à la faveur d’un renversement du rapport de forces sur le terrain par les FAR, la fortification de dunes s’étale sur plusieurs années

    #cartographie #Maroc


  • This European Border Is Still Open. But for How Long?

    The border between Austria and Slovenia runs through Armin Tement’s backyard. Literally.

    Not that you would know it. Neat rows of vines march up and down the valley like military columns with no regard for a frontier laid down by man, why here, no one can quite remember. The Slovene wine workers speak German. The Austrians speak Slovenian, or at least try.

    As for the wine, well, says Mr. Tement, 32, “it tastes exactly the same on both sides.”

    When Mr. Tement’s family started making wine back in the 19th century, there was no border here. The region of Styria, straddling what is now southeastern Austria and northeastern Slovenia, was part of the Hapsburg Empire.

    When the empire was broken up after World War I, Upper Styria became Austrian and Lower Styria became part of Yugoslavia — until the 1990s, when that country, too, was broken up and Slovenia gained its independence.

    The border, a hundred years old this year, was briefly eliminated by advancing Nazi armies, then heavily policed during the Cold War, before vanishing in all but name when Slovenia joined the European Union’s passport-free travel zone in 2007.

    “It was a great moment,” recalled Janez Valdhuber, 53, a winemaker on the Slovenian side. To celebrate, he grabbed his young children, climbed the steep vineyard opposite his house to the top where the border runs, and unfurled a European flag.

    The interrogations at the border stopped, and Mr. Valdhuber’s car trunk was no longer searched when entering Austria.

    But some worry Europe’s open borders might slowly be closing again, one checkpoint at a time.

    This month, Germany announced that at its Bavarian border, it would turn back asylum seekers registered in other European Union countries, a move reintroducing a hard border of sorts with Austria.

    Austria, now run by a conservative government in coalition with the far right, threatened to do the same on its southern border with Italy, Europe’s busiest north-south trade route. And as if to demonstrate its resolve, Austria briefly resurrected checkpoints at the Brenner Pass this month.

    The border at Spielfeld, an Austrian town with barely 1,000 inhabitants, became a stop on the migrant route in 2015, and for a few traumatic weeks that year, tens of thousands of refugees came through.

    Since then, Austrian soldiers have returned.

    They ride in military jeeps along the “Wine Route,” a winding country road that zigzags back and forth across the border. They have built a fence along a small border stretch near Spielfeld and set up makeshift checkpoints in the hills — only sporadically manned, but there — on otherwise deserted lanes.

    No one here reports having seen any refugees in more than two years, and so far the border checks are relatively rare.

    But this month, the Austrian military and police staged a high-profile military exercise, simulating another mass arrival of migrants.

    A platform was set up for the photographers. Two Black Hawk helicopters circled overhead. Two hundred students from the police academy were enlisted as “refugees.” Later, the defense ministry released a video.

    “It feels a bit like we’re backsliding into the old days,” said Marko Oraze, a member of Austria’s Slovene-speaking minority who runs the Council of Carinthian Slovenes.

    Mr. Oraze lives in Austria but gets his car fixed in Slovenia. Many of his friends commute across the border every day.

    “More and more of them are stopped at the border on their way to work,” he said.

    Some in Spielfeld applaud the tougher stance taken by Austria.

    “It’s about time,” said Walpurga Sternad, who runs a restaurant with her husband near the highway connecting Austria and Slovenia. “They should just close all the borders in Europe, go back to what we used to have,” she said, as a group of friends nodded in approval.

    Ms. Sternad remembers the day in October 2015, when some 6,000 migrants poured over the border in Spielfeld, filling the motorway and spilling into her own front yard. “It was scary,” she said. “So many people. They kept coming.”


    https://www.nytimes.com/2018/07/24/world/europe/austria-slovenia-border-migrants-spielfeld-schengen.html#click=https://t.co/YWlazq9xGU
    #frontières #asile #migrations #réfugiés #Autriche #Slovénie #fermeture_des_frontières #Schengen (fin de -) #militarisation_des_frontières #armée #frontière_sud-alpine

    • Anti-immigration mood drives fear of racist profiling on EU borders

      Europe’s passport-free area under pressure as calls grow for tougher migrant controls.

      Police spot checks have become a part of Fahad’s annual summer holiday when driving through the snow-topped mountains of southern Bavaria.

      “This usually happens,” said the Kuwaiti father of three, when his silver people-carrier with his wife and children was stopped by German border officers in the idyllic Alpine town of #Kiefersfelden.

      Fahad and his family had to wait for more than half an hour at the border post, until they were given a pass to drive from Austria into Germany. During the FT’s three-hour stay at the checkpoint, non-white drivers made up about 70 per cent of cars selected for further checks. Fahad was one of a few drivers with beards, while others included women wearing headscarves and motorists who at first sight did not look like white Europeans. All were waved through once their IDs were checked, vehicle boots searched and luggage examined.

      Racial profiling at Europe’s internal borders is forbidden under EU law. But with a fresh wave of anti-immigrant governments calling for tougher controls on migrant movements, there are concerns that non-white people will come under increasing suspicion when travelling in the continent.

      Europe’s passport-free Schengen zone — an area made up of 26 European states that abolished passport control at their mutual borders — has buckled under twin pressures: Europe’s biggest influx of refugees since the second world war, and a growing number of anti-immigrant governments pushing to crack down on irregular migration flows. “There is such a fear that Schengen won’t survive that countries are being given the discretion to do whatever they can to keep it alive,” said Elizabeth Collett, director of the Migration Policy Institute Europe think-tank.

      Although the number of migrants entering the EU has dropped dramatically since the height of the migration crisis in 2015, emergency powers still allow border controls across 20,000km inside the Schengen zone. Kiefersfelden, a popular skiing destination, has become one of Schengen’s pinch points: it is home to one of three emergency police controls along Germany’s 820km border with Austria.

      Every car travelling on the A12 autobahn through Kiefersfelden must pass a police border stop where officers select vehicles for extra spot checks. The cars that are picked are sent to a tented zone, where drivers and passengers must show valid ID documents.

      Border police said they are told to look for signs of undocumented migrants and people smugglers crossing into Germany from Austria. So far this year, an average of 900 illegal migrants per month have been detained on the Austro-German border, down from 1,120 per month in 2017.

      As racial profiling is outlawed, it is the responsibility of European governments to ensure their police forces carry out checks at random. Rainer Schafer, spokesman for the federal police overseeing the Kiefersfelden controls, said race and ethnicity “can be among the indicators” officers look for when deciding to pull over a vehicle for extra checks.

      “But there are no rules that we just pick out the people who look like they are coming from Africa,” he said. Other factors include registration plates (Italian or eastern European plates draw officers’ attention), blacked-out windows, and the number of passengers, he said.

      Police checks in Bavaria are expected to intensify after the region’s conservative local government last month requested tougher migration controls.

      Horst Seehofer, Germany’s interior minister, has also called on the government to break two decades of EU-wide co-operation on migration and unilaterally send people away at Germany’s internal borders. Observers fear that other Schengen countries, like Austria, could in turn erect their own emergency border controls — and that the EU’s principle of free movement of people is at risk of becoming a privilege enjoyed only by white Europeans.

      A report from La Cimade, a French non-governmental organisation, found French border police “systematically check the identity documents of people who do not have the right skin colour” on inbound trains from Italy.

      Inga Schwarz, a researcher at the University of Freiburg, said Europe’s internal border crossings are becoming “increasingly racialised spaces, constructed not only by border guards profiling according to race, but also by European citizens who witness these racialised control practices”.

      In Kiefersfelden, the majority of the non-white drivers selected for checks were tourists in people-carriers and expensive cars — mostly from the Gulf — and were waved through in less than 15 minutes. Uruj, a 27-year-old teacher from Kuwait, her husband and young daughter waited for nearly an hour in their white Mercedes.

      Although they had valid visa documents, police took away their passports and only permitted the family to continue to their holiday destination in Austria once they had obtained a car seat for their three-and-a-half-year-old daughter, Wafah. Uruj, who was wearing a pink headscarf, said, “I don’t think they liked the look of us.”


      https://www.ft.com/content/fac891a6-93f9-11e8-b67b-b8205561c3fe?segmentid=acee4131-99c2-09d3-a635-873e61754
      #contrôles_frontaliers #profiling #Allemagne #Autriche #contrôle_au_faciès

    • Réfugiés : la #Slovénie veut toujours plus de #barbelés sur sa frontière avec la #Croatie

      Les autorités slovènes se veulent rassurantes : la sécurité des frontières est assurée et personne n’a d’information sur l’éventuelle réouverture massive de la « #route_des_Balkans ». Pourtant le nouveau gouvernement ne semble pas avoir l’intention d’infléchir la politique migratoire de son prédécesseur et songerait même à étendre les barbelés qui coupent la Slovénie de son voisin croate.

      Par Charles Nonne

      La question des réfugiés semble ces dernières semaines avoir déserté le débat public en Slovénie. Le contrat de coalition signé le 28 août 2018, lapidaire, dédramatise : « Nous élaborerons une stratégie migratoire exhaustive, basée sur la coopération intergouvernementale. Nous protègerons les frontières de l’espace Schengen avec davantage d’efficacité et nous démonterons les obstacles techniques [barrières et panneaux] dès que les circonstances le permettront. »

      Pourtant, les passages de la frontière se poursuivent, notamment dans la région de la Bela Krajina, au sud-est du pays, où la rivière Kolpa sépare Slovénie et Croatie. Selon la police de Novo Mesto, entre le 1er janvier et le 31 septembre 2018, plus de 2400 ressortissants étrangers auraient illégalement franchi la Kolpa, soit douze fois plus qu’en 2017.

      Fin septembre, en marge d’un déplacement dans le centre régional de Črnomelj, le nouveau ministre de l’Intérieur, Boris Poklukar, avait affirmé vouloir maintenir les barrières en l’état, tout en garantissant que la police était préparée à une augmentation des passages frontaliers. Pour la maire de Črnomelj, Mojca Čemas Stjepanovič, « pour le moment, la sécurité est garantie et nous n’avons aucune raison de nous inquiéter. » Dans les communes les plus exposées, le gouvernement a promis l’érection de nouveaux « obstacles techniques » : sur les 670 kilomètres de frontière slovéno-croate, plus de 160 sont parcourus par des barbelés et 56 par de véritables barrières.

      En Slovénie, c’est notamment les tensions à la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie qui préoccupent. Si le gouvernement se prépare à plusieurs scénarios, il affirme n’avoir « aucune information laissant penser à une augmentation prochaine des flux », indique le ministre Boris Poklukar. Au nord, l’Autriche a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne diminuerait pas la surveillance de sa frontière lors des six prochains mois.

      Au-delà du strict contrôle frontalier, d’autres questions divisent : des inquiétudes pèsent notamment sur la possible installation de centres d’accueil, comme à Debeli Rtič, sur la côte slovène, et à Brežice, à 40 kilomètres de Zagreb. La directrice du bureau gouvernemental pour la prise en charge de l’intégration des migrants, Mojca Špec Potočar, a tenu à indiquer qu’« il n’y [aurait] aucune installation permanente de réfugiés. »

      La question secoue également les rangs de la coalition : l’ancienne ministre de l’Intérieur, Vesna Györkös Žnidar, « faucon » régulièrement critiqué par les défenseurs des droits de l’homme, vient de claquer la porte de son parti, le Parti du centre moderne (SMC) de l’ancien Premier ministre Miro Cerar, en raison de désaccords profonds sur les questions migratoires.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Slovenie-le-gouvernement-poursuit-lentement-le-renforcement-de-sa
      #fermeture_des_frontières #murs #barrières_frontalières



  • Inside Palmer Luckey’s Bid to Build a Border Wall

    Palmer Luckey—yes, that Palmer Luckey, the 25-year-old entrepreneur who founded the virtual reality company Oculus, sold it to Facebook, and then left Facebook in a haze of political controversy—hands me a Samsung Gear VR headset. Slipping it over my eyes, I am instantly immersed in a digital world that simulates the exact view I had just been enjoying in real life. In the virtual valley below is a glowing green square with text that reads PERSON 98%. Luckey directs me to tilt my head downward, toward the box, and suddenly an image pops up over the VR rendering. A human is making his way through the rugged sagebrush, a scene captured by cameras on a tower behind me. To his right I see another green box, this one labeled ANIMAL 86%. Zooming in on it brings up a photo of a calf, grazing a bit outside its usual range.

    The system I’m trying out is Luckey’s solution to how the US should detect unauthorized border crossings. It merges VR with surveillance tools to create a digital wall that is not a barrier so much as a web of all-seeing eyes, with intelligence to know what it sees. Luckey’s company, Anduril Industries, is pitching its technology to the Department of Homeland Security as a complement to—or substitute for—much of President Trump’s promised physical wall along the border with Mexico.


    https://www.wired.com/story/palmer-luckey-anduril-border-wall

    #Palmer_Luckey #murs #frontières #barrières_frontalières #complexe_militaro-industriel #surveillance #technologie #migrations #asile #réfugiés #détection #Lattice #Anduril
    via @isskein


  • Contemporary Israeli Anarchism: A History

    Our anonymous interlocutor traces the prehistory and development of contemporary Israeli anarchism, touching on the origins of punk and the animal rights movement in Israel and presenting a critical analysis of the trajectory of Anarchists Against the Wall. He concludes by reflecting on the function of nonviolence rhetoric in the conflict between Israel and Palestine. We strongly recommend this interview to anyone interested in the Israel/Palestine conflict or, for that matter, in the strategic challenges of formulating an anarchist opposition in adverse conditions.


    https://crimethinc.com/2013/11/11/contemporary-israeli-anarchism-a-history
    #Israël #résistance #anarchisme #Palestine #non-violence


  • Video shows Palestinians from Gaza cut border fence, enter Israeli territory
    Haaretz.com | Palestinians report six wounded, one seriously, by live fire at protests near border. Israeli army says it shot toward Palestinians who tried to damage fence
    Jack Khoury and Yaniv Kubovich May 05, 2018 6:31 PM
    https://www.haaretz.com/israel-news/video-shows-palestinians-from-gaza-cut-fence-enter-israeli-territory-1.6054
    https://youtu.be/X4Z0noNhI2Q

    In the video, several Palestinians are seen approaching the fence and shouting, with one shouting “God is with us, we are crossing the fence.” The young man goes on to encourage the others to damage the fence and cross through it.

    The Israel Defense Forces said Friday that it had thwarted two attempts by protesters to damage the fence and cross into Israeli territory. The protesters turned back after troops arrived, the army said.

    Attempts by Palestinians in Gaza to cross into Israeli territory continued on Saturday, the IDF spokesman said.


  • http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/70-multitudes-70-printemps-2018

    Derrière ce #bloody_paywall se cache un excellent article de Yann Moulier Boutang que je copie-colle ici sans vergogne excessive, grâcieusement offert par quelque dysfonctionnement inopiné d’un agrégateur de flux rss.

    C’est assez clinique comme analyse et au delà de s’élever contre les futurs lois contre l’immigration, ça a le mérite supérieur de démontrer que cette politique est juste stupide, démonstration qui n’est finalement pas inutile.

    Je ne mets pas en citation pour éviter le rapetissement d’un texte inaccessible autrement

    Misère du monde ou misère des politiques migratoires  ?

    Pour repousser une régularisation massive (de quelques dizaines de milliers de sans-papiers), Michel Rocard, loin d’être le plus bête ou le plus pusillanime des hommes politiques de la gauche française, avait lâché la célèbre bourde  : «  Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.  » Pourquoi une bourde  ? Parce que la misère du monde n’a pas la force physique et mentale de quitter son pays d’origine. Seuls ceux qui en veulent affrontent l’exil. Gérard Collomb, avec son projet de loi sur l’asile et l’immigration, vient de cumuler à peu près toutes les erreurs qu’on peut commettre en matière de migrations internationales  : les termes dans lesquels il a posé les débats, les catégories (donc les différenciations qu’il entend introduire), les solutions prônées, les résultats, le ton, la méthode, les propositions, tout est bon à jeter au cabinet, comme on dit chez Molière. La Présidence Hollande s’était enlisée dans le grotesque projet de déchéance de nationalité. Visiblement la leçon n’a pas été tirée.

    Gérard Collomb peut se consoler sur un point  : il est aussi nul que ses prédécesseurs de gauche et de droite passés, que les Insoumis, centristes, marinistes et autres philippotistes futurs . Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Les associations qui connaissent le terrain depuis plus d’un demi-siècle, quelques intellectuels pourtant conseillers ou soutiens d’Emmanuel Macron, comme Jean Pisan-Ferry, ont émis un timide «  Non possumus  ». Le Défenseur des droits, Jacques Toubon ; a mis les pieds dans le plat courageusement. Yann Moix a remis l’ancien maire de Lyon à sa place. Pour le reste, les critiques ou propositions de l’opposition interne ou externe au gouvernement ont été d’une rare insanité, y compris celles qui se réclament d’un «  peu plus de tendresse dans un monde de brutes  », confondant migrations et chocolat (Lindt)  !

    Demandez à n’importe quel expert réel en matière de migrations internationales en France et ailleurs1 (pas ces jeunes conseillers de l’administration aux dents acérées mais aux idées courtes). Tous ont souligné le niveau lamentable du débat. Il y a de quoi enrager  : répétez dix fois, vingt fois que s’abriter derrière la distinction entre réfugiés politiques, qu’on pourrait admettre, et migrants économiques, qu’il faudrait châtier et renvoyer séance tenante «  chez eux  », est une ânerie  ; quand le problème à traiter est celui des réfugiés économiques, vous verrez réapparaître ce distinguo éculé, qui est réaffirmé avec un mélange insupportable de naïveté et de morgue.

    Tuez-vous à rabâcher méthodiquement depuis cinquante ans, que le durcissement des conditions d’accès au permis de séjour est à la fois injuste et parfaitement inefficace. Mieux, démontrez que le système lui-même de permis de travail est une forme de travail forcé et d’esclavage temporaire moderne (y compris par une thèse de 500 pages De l’esclavage au salariat, 1998, PUF), vous aurez toujours l’inertie des gratte-papier et des officiers de police administrative qui opposent aux droits fondamentaux de la personne, l’application de la énième circulaire ou pire, la haïssable pratique de l’état de fait  : couper l’eau aux migrants puis la rétablir quand on a été désavoué par le Conseil d’État, à hauteur d’auges à cochons, gazer les couvertures de sans-abri, laisser mourir de froid des adolescents qui se lancent dans la traversée des cols des Alpes. On peut comprendre la rage qui saisit toute personne qui a vaguement une âme. Mais la rage contre des abrutis ou des canailles de petite volée n’est rien à côté de celle, métaphysique et purement intellectuelle, qui saisit le chercheur quand il voit un gouvernement s’asseoir sur tout élément de savoir rationnel.

    Prenons le grand argument de l’équilibre (à la française sans doute  ?) de la loi en gestation

    Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

    Les Tartuffes français de l’asile après avoir temporisé tout ce qu’ils pouvaient pendant 6 ans annoncent, avec un sérieux passablement comique, être prêts post festum à accueillir 150 000 réfugiés estampillés «  pur jus  », alors que l’Allemagne en a déjà reçu plus d’un million. Certes, la France peut trouver encore plus pingre qu’elle, du côté des Magyars, des Polonais et des pauvres Tchèques, dont on aurait pu penser que leur histoire ne les conduirait pas à une telle déchéance morale. Mais alors, que le coq gaulois étatique ne se dresse par sur ses ergots ni ne bombe le torse de la leçon. Seuls les humanitaires des associations nous sauvent de la honte nationale et européenne.

    Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an. Son refus d’accueillir un sang neuf la condamne au suicide démographique. Avis à l’Autriche, à la République Tchèque  ? Quant à la Pologne, la dégringolade de son taux de fertilité conduit ses hiérarques, obsédés par un nationalisme du XVIIIe siècle, à vouloir revenir sur le peu d’espace concédé à l’avortement.

    Mais il faut ajouter au manque risible de pertinence, la parfaite idiotie de ramer à contre-courant et à contretemps. La croissance économique repart dans toute l’Union Européenne. Chacun sait que pour le marché du travail banal et peu payé, ces centaines de milliers de migrants prêts à travailler n’importe où constituent une aubaine prodigieuse, ce que l’Allemagne a compris trois bonnes années avant la France. En revanche, les réfugiés politiques plus qualifiés, mieux dotés en argent, sont susceptibles d’entrer en concurrence avec les couches plus élevées de la main-d’œuvre. L’extrême droite, comme dans les années 1930, rejointe par ce qui reste des Républicains, pourrait ne pas tarder à réclamer des quotas pour protéger l’emploi «  qualifié-de-souche  ».

    Le réalisme censé équilibrer «  en même temps  » la générosité de l’asile n’est pas plus réaliste que l’asile concédé à dose homéopathique n’est humaniste et généreux.

    Demeure une question  : ce n’est pas faute d’avoir été avertis que les gouvernements répètent à satiété les mêmes erreurs. Sont-ils purement et simplement bêtes et incompétents  ? Ce serait trop simple. Nous avons suffisamment approché des hauts fonctionnaires de l’administration de la «  chose migratoire  » pour pouvoir avancer une autre explication. Les migrations internationales constituent pour eux un double défi culturel, à la fois pour le concept de souveraineté dont ils sont les produits défraîchis et pour la notion même de politique.

    Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet. Quant au migrant, il n’est pas un pur produit de la réglementation, alors que la réglementation en revanche réagit aux mouvements des migrants et cherche à l’assujettir à des impératifs économiques ou bien à s’en servir symboliquement pour des motifs purement électoraux. Casser du migrant (clandestin, sans papiers, terroristes), ça paie toujours.

    L’administration d’État se trouve donc confrontée au fait migratoire et au système migratoire, produit de l’interaction des mouvements humains, des réglementations mais aussi de toutes les variables instables qui rentrent dans l’équation (les catastrophes politiques, climatiques, le regroupement familial, les pressions économiques, les organisations communautaires). La mondialisation troue la souveraineté  : l’économique en est l’exemple toujours cité, mais les migrations humaines minent encore plus l’espace dévolu à la politique et à l’administration car, contrairement au marché, elles mettent en jeu des valeurs inconditionnelles que n’aime pas la loi «  nationale  » et encore moins la circulaire administrative.

    Pourtant, il est rigoureusement impossible de mélanger les ordres. La vie, le respect des personnes, la priorité des enfants et des femmes, sont des valeurs inconditionnelles. Aucune raison d’État ne peut avoir raison contre ces valeurs. Elles sont d’un autre ordre, dirait Pascal et approuverait Ricœur. La désobéissance civique est un impératif catégorique. Le respect de cette loi-là pose des problèmes mais pas ceux qu’on croit  : pas celui de l’assujettissement provisoire, dans une «  morale de provision  », de ces valeurs à la raison d’État, encore moins à la raison raisonnable appuyée sur les sophismes comme le passage à la limite  : mais si tout le monde désobéit... En fait, c’est à la politique de s’ajuster au corset de cette inconditionnalité. Le politique ne devrait s’aventurer sur ce terrain miné qu’avec une grande prudence et une humilité extrême. Et c’est ce bât-là qui blesse la haute fonction publique.

    Comme le «  gros animal  » de l’État n’a pas l’habitude de cet état de prudence, d’humilité, de modestie vis-à-vis de quelque chose qui le dépasse (quoi de plus étranger à l’État souverain qui régit un territoire que cette prétention des hommes sur la planète de traverser les pays, de changer de «  souverain  »  ?), il faut que d’autres organes se chargent de le lui rappeler (Cour Constitutionnelle, le Conseil d’État) et à défaut les associations.

    Ce serait évidemment à l’Union Européenne de rappeler à l’ordre les États membres, mais on voit que cela supposerait qu’elle en finisse avec le concept de souveraineté illimitée.

    Alors souhaitons à Emmanuel Macron de l’audace, encore de l’audace, fédéraliste pour l’Union  ; ce n’est pas avec la loi Collomb que le groupe de Visegrad va être mis au pas.

    Le projet de loi Collomb

    – Pénalisation croissante  : les migrants obligés de laisser leurs empreintes dans les «  hotspots  » des pays d’entrée (Grèce, Italie, Espagne) seront mis en centre de rétention dès leur arrivée en France  ; la durée de rétention administrative passera de 45 jours à 135 jours  ; le franchissement non autorisé des frontières extérieures de l’espace Schengen sera puni d’un an de prison  ; les déboutés de l’asile ne pourront plus demander d’autre titre de séjour.

    – Accélération des procédures  : 90 jours pour déposer une demande au lieu de 120 jours aujourd’hui  ; 15 jours pour déposer un recours au lieu de 30 jours aujourd’hui  ; la décision pourra être prise par ordonnance, sans entretien avec le migrant  ; le recours ne sera plus suspensif dans les cas de «  procédure accélérée  »  ; les personnes pourront alors être expulsées du territoire sans délai.

    Cf. www.lacimade.org/decryptage-projet-de-loi-asile-immigration

    1 Pensons à Catherine Withold de Wenden, Patrick Weil, Jean-Pierre Garson, Roxane Silberman, Patrick Simon ou François Héran par exemple.

    • #misère #asile #migrations #réfugiés #loi_asile #France #valeurs #souveraineté #Etat-nation

      Je mets en relief ici un passage sur la #catégorisation #catégories :

      Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

      Et la question liée aux #préjugés sur l’ #afflux et l’#invasion :

      Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an.

      #idées-reçues

      Et pourquoi, même les #murs et #barrières_frontalières ne marchent pas ?

      Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet.

      et #merci à @philippe_de_jonckheere