• L’Ukraine face à la génération Azov
    https://revue21.fr/article/ukraine-face-generation-azov

    De part et d’autre du Hub 4308, ce café épuré au sol de béton ciré et tables de designers où Beyrouth m’a donné rendez-vous, de jeunes hommes robustes, à la barbe longue, comme lui, pianotent sur leurs MacBook tandis que des jeunes femmes à la pointe de la mode discutent en sirotant des matcha lattes ; dans un coin, un petit groupe concentré s’applique à reproduire les gestes de la cérémonie du thé tout comme au Japon. Il y a aussi Anna Vriadnik, l’éditrice de Plomin, qui, plus tôt, m’a guidée entre les portants de merchandising en pointant un t-shirt floqué d’un soldat d’Azov sous les traits du célèbre Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich. Le Hub 4308, appelé ainsi « pour éviter la censure de Meta » – les chiffres évoquent АЗОВ, Azov en cyrillique – est un « lieu public, pop et stylé », dit-elle, qui permet à tous de contribuer au financement de la brigade. « Azov n’a pas d’ambition politique, ponctue Beyrouth en hochant du menton vers les passants. Nous sommes des soldats. Ce qui nous concerne, c’est la guerre et la défense de notre pays. De toute façon, ce serait interdit par la loi martiale. La preuve, c’est que des gens de tous bords nous rejoignent. »

    Quatre ans de guerre, des mobilisations massives et le calcul pragmatique de jeunes recrues – préférant intégrer volontairement une unité d’élite plutôt que d’être arrêtés et conscrits d’office – ont profondément bouleversé la composition de ces deux formations au destin étroitement lié. De fait, qu’il s’agisse du 1er corps Azov ou du 3e corps d’armée, le même son de cloche résonne un peu partout : « Même des antifascistes les ont rejoints ! » m’assure Michael Dark, un activiste engagé auprès des syndicats anarchistes étudiants.

    #Ukraine

    • comme il faut s’inscrire et recevoir de la pub... ci-bas, il manque les photos.

      Écrit par Iris Lambert
      10 juillet 2026

      Il y a dix ans, c’était un sulfureux noyau paramilitaire, amalgame de hooligans, d’ultranationalistes et de néonazis engagés contre Poutine. Aujourd’hui, ses fondateurs dirigent des unités d’élite au sein de l’armée ukrainienne et de la garde nationale, que les volontaires de tout bord rejoignent en masse pour combattre la Russie. Des régiments high-tech qui cultivent une image à la fois guerrière et cool, et dont les idées droitières percolent dans toute la société. Jusqu’au sommet de l’État.

      Droit dans ses rangers, « Sashko » examine le pneu de notre voiture et déclare, formel : « Crevé. » [balèze le gars] Le flanc de caoutchouc n’a pas résisté aux assauts de l’asphalte défoncé, creusé par les contractions de l’hiver et les drones qui hantent l’arrière-pays de Kharkiv, au fin fond de cette Ukraine orientale blessée, usée par le froid et la peur. Par chance, Sashko – son nom de guerre – connaît un mécanicien établi au coin de la rue, au bout de ce petit village taillé dans la brique et la tôle du côté d’Izioum. C’est ici qu’il vient se reposer des atrocités de la ligne de front, aujourd’hui repoussée à plusieurs dizaines de kilomètres, où il se bat comme sergent de l’unité d’assaut du 3e corps d’armée ukrainien – une réalité « hardcore », dit-il simplement en s’enfonçant derrière un portail de fer tavelé par la rouille.

      Au travers de sa cagoule, on ne distingue que le fragment d’un tatouage qui lui barre l’arête du nez. Se découvrir peut être dangereux dans ces contrées – surtout pour un volontaire étranger venu de Finlande. Deux pistolets et un poignard ballottent à sa taille. Un chiot, prénommé Lipton, s’est hissé sur ses genoux de colosse tandis que sa voix cagneuse, économe en confessions, fend le silence pour justifier sa présence si loin de chez lui. Voilà deux ans qu’il est arrivé pour combattre la « Russie terroriste » qui menace également son pays. Il n’a pas choisi cette unité par hasard. Il croise ses gants de combat et me lance : « La corruption est omniprésente dans l’armée. Moi, je voulais servir dans une véritable force ukrainienne, sous le commandement d’Andriy Biletsky. La guerre est toujours une affaire de politique. Et nous, nous sommes un mouvement politique : celui des vrais nationalistes ukrainiens. »

      Bon père de famille ultranationaliste

      Le visage de l’homme dont parle Sashko est l’un des plus reconnaissables d’Ukraine – et sans doute l’un des plus redoutés du Kremlin. Ses yeux clairs fixent les passants du haut d’immenses affiches étalées de part et d’autre du territoire, appelant les volontaires à rejoindre ce corps d’armée devenu, au fil des batailles, l’une des formations les plus respectées du pays. Tantôt présenté en bon père de famille, tantôt en simple civil sous un slogan le décrivant comme un « commandant compatissant », Andriy Biletsky, 46 ans, doit pourtant sa notoriété à un tout autre passé. Militant ultranationaliste dès les années 2000, fondateur du sulfureux « #bataillon_Azov » avant de prendre la tête du 3e corps d’armée, il est depuis longtemps l’une des figures favorites de la propagande de Vladimir Poutine, brandie comme pièce à conviction de la prétendue « nazification » de l’#Ukraine que le président russe clame vouloir purger par salves de missiles balistiques. Une accusation qui n’a pas empêché le commandant Biletsky et ses proches de se muer en icônes de la résistance, dont l’influence et l’héritage trouble pourraient bien sculpter, en creux, le visage de l’Ukraine de demain.

      Depuis le sillon de terre qui court le long de la maison de Sashko, les voix de ses frères d’armes l’interrompent soudain dans son récit : notre voiture est réparée, et il est temps pour lui de retourner à l’entraînement. Le conflit ne tolère pas de répit. « On tient près de cent cinquante kilomètres de ligne de front, assure-t-il en reposant Lipton au sol. On va au contact en menant des opérations d’assaut efficaces, grâce à nos équipements de pointe. » L’homme déplie son corps immense, palpe ses flancs pour vérifier son attirail et s’excuse de devoir repartir si tôt. Tandis qu’il s’éloigne à pas de géant, ses semelles soulevant des volutes de poussière, il plisse les yeux et assure, ferme et serein : « Ne t’inquiète pas, on est des durs. Notre brigade est la meilleure ! »

      L’académie des drones

      À près de six cents kilomètres de là, c’est précisément cette réputation d’élite qui attire chaque semaine davantage de recrues à la Killhouse Academy, dissimulée derrière les hauts murs dévorés par le lierre d’une usine désaffectée dans les marges de Kyiv. Penchés sur des écrans d’ordinateur, les muscles raidis par la concentration, quelques apprentis s’efforcent, joystick en main, de piloter une ribambelle de petits drones au travers de pneus, de cerceaux et de vieux bidons métalliques empilés dans ce vaste hangar réhabilité. Lancés en avril 2024 par le corps d’armée d’Andriy Biletsky, ces entraînements « accessibles dès l’âge de 15 ans pour les civils avec l’autorisation des parents » ont déjà permis à « près de 6 000 personnes de se former », s’enthousiasme « Tokyo », surnommée ainsi pour sa vague ressemblance au personnage culte de La Casa de papel et déjà instructrice malgré ses 26 ans.

      C’est que « les drones, c’est l’avenir… jusqu’à ce que la guerre nucléaire éclate », lâche, fataliste, un commerçant fauché qui envisage de rejoindre l’unité, déjà forte de plusieurs dizaines de milliers de soldats – pour des raisons de sécurité, les chiffres exacts ne peuvent être divulgués. Un peu plus loin, deux combattants amputés à la recherche d’une réaffectation, stabilisés par leurs prothèses, fument des cigarettes dans le vacarme des générateurs. Des soldats de tous bords viennent ici « pour apprendre auprès des meilleurs », confie, franchement admiratif, un officier des forces spéciales Omega, une autre unité d’élite.

      En quelques jours, ils découvrent comment monter de A à Z ces engins FPV – pour first-person view, en raison de la minuscule caméra embarquée qui donne au pilote l’illusion d’être à bord –, comment les manier, puis comment y fixer « 700 grammes de charge explosive pour en faire des drones kamikazes », déroule Tokyo, comme de rien, avec ses airs de gameuse et son anglais fauché. Originaire de Lviv, près de la frontière polonaise, elle voulait avant tout rejoindre « une brigade qui sait pour quoi elle se bat et des commandants qui prennent soin de leurs gars ». Une image que Biletsky et ses fidèles auront mis près de douze ans à forger.

      La nation ukrainienne doit diriger les nations blanches du monde dans la dernière croisade contre les sous-humains.
      Andriy Biletsky, en 2007

      Leur ascension prend racine à quelques stations de métro de là. À Kyiv, sur la place de l’Indépendance, dite Maïdan, une mer de drapeaux jaune et bleu frémit comme une prière dans le vent. « Leur claquement est le murmure des héros qui continuent de nous parler », glissent ceux qui viennent panser la mémoire des milliers de combattants tués depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle, le 24 février 2022.

      L’air, grisant et triste, est chargé d’autres fantômes. Entre novembre 2013 et février 2014, là où s’étend aujourd’hui ce mémorial à ciel ouvert, des citoyens de tous bords déferlent comme une marée pour contester la décision du président prorusse, Viktor Ianoukovitch, de substituer un partenariat économique avec Moscou à un accord d’association avec l’Union européenne. Au milieu de la foule, des hooligans et des membres des groupuscules d’extrême droite – l’Assemblée sociale-nationale, Tryzoub, Sitch 14, Patriotes d’Ukraine –, tous légataires des convulsions identitaires qui avaient secoué le pays au moment de son indépendance au tournant des années 1990, prennent position, barres de fer et cocktails Molotov en main, face aux Berkout. Cette police militaire, qui brutalisait les manifestants à coups de matraque avant de mobiliser ses snipers, trouve en eux une résistance organisée : le Secteur droit.

      De cette alliance des ultras et des intellectuels patriotes naît une force horizontale et alouvie, bien décidée, selon ses militants, à arracher aux nostalgiques de l’empire bolchevique tout ce que ce dernier a pillé, écrasé, terni, saccagé de l’identité ukrainienne. Après la victoire de l’Euromaïdan et la fuite de Ianoukovitch le 22 février 2014, le Parlement passe une loi sur la libération des « détenus politiques ». Parmi eux, on retrouve Andriy Biletsky, détenu sans jugement depuis vingt-huit mois par le gouvernement déchu pour « vol avec violence et brigandage » – des accusations « politiquement motivées », clame-t-il. Et aussi l’idéologue aux inclinaisons racialistes, voire carrément néofascistes, avec qui il pilotait les Patriotes d’Ukraine : Oleg Odnorozhenko. En 2007, sur le site de l’organisation, Biletsky affirmait que « la nation ukrainienne doit être une communauté basée sur la race et le sang », puis que sa « mission historique » est de « diriger les nations blanches du monde dans la dernière croisade » contre « les sous-humains dirigés par les Sémites ».

      Soleils noirs et croix gammées

      Odnorozhenko, sombre et volubile, aujourd’hui revenu à ses activités d’historien traumatisé par les réécritures soviétiques du passé, exhale encore la ferveur qui les animait alors : « Le jour même de notre libération, nous avons commencé à nous organiser pour libérer nos régions du contrôle par les agents russes. Nos structures nationalistes avaient déjà des composantes paramilitaires. Nous savions qu’une guerre serait inévitable. C’est comme ça que, de manière fluide et logique, les Patriotes d’Ukraine sont devenus Azov. » Propulsés par l’annexion de la Crimée et les soulèvements chaperonnés par la Russie dans le Donbass, au printemps 2014, ces centaines de volontaires tisonnent leur rancœur et montent à l’assaut des séparatistes appuyés par l’armée russe.

      Le bataillon Azov, unité d’hommes en noir fiers et agités empruntant leur nom à la mer voisine, vient alors suppléer une armée régulière à bout de souffle, cette « vieille machine délabrée de l’ère post-soviétique », crache presque Oleksiy Kovzhun, qui, dès le départ, s’attelle à lisser l’image du groupe. Il faut dire que, dans ses rangs, d’étranges symboles ont attiré l’œil du Kremlin : des emblèmes SS – soleils noirs et croix gammées – s’étirent sur les corps et les drapeaux des combattants, et des runes inversées typiques des insignes néonazis sont brandies en emblèmes du mouvement. Les porte-parole tentent de convaincre le monde qu’il s’agit en fait d’un monogramme des lettres I et N pour « Idée de Nation », mais Kovzhun, en communicant professionnel, flaire vite le danger : « J’ai rencontré les gars d’Azov à Marioupol, juste après qu’ils ont eu libéré la ville, en juin 2014. C’était une sacrée bande. Je leur ai dit : les gars, vous avez un problème de réputation, laissez-moi vous aider avec ça ! »

      Transformer les codes esthétiques

      Le conseiller en communication d’Azov sait y faire : espiègle et provocateur sous son chapeau de feutre, il méprise la bienséance compassée des « gauchistes libéraux », vogue volontiers – pas toujours sobre – dans les cabarets de drag-queens, savoure autant Billie Eilish que de vieux 33 tours pressés dans l’Allemagne des années 1930, et se délecte de voir les yeux de ses interlocuteurs se noyer dans la confusion. Depuis une terrasse ombragée de Kyiv, dans la cour intérieure d’un immeuble où se dresse également, sans que personne n’y prête attention, une immense volière à corbeaux, il déroule sa stratégie : « On a créé le tout premier service de relations presse d’Azov. D’abord, on a travaillé à transformer les codes esthétiques, parce que rien ne collait : il y avait des vieux bedonnants en uniforme parfaitement repassé et boutonné, et des jeunes d’une vingtaine d’années en t-shirt, couverts de tatouages douteux. » Mais alors, que comprendre de cette iconographie aux airs d’apologie de crimes contre l’humanité ? « Que les gars d’Azov disposent d’un humour mordant ! Les Russes les traitent de nazis, eux répondent : Très bien ! » balaie Kovzhun, pas effrayé par les contorsions. Un ange passe.

      L’affaire est pourtant jugée suffisamment sérieuse pour que le Congrès américain vote en juin 2015 un amendement prohibant les livraisons d’armes et les formations à destination d’Azov. Entre-temps, le bataillon s’est transformé en régiment et a été intégré à la garde nationale ukrainienne, sous la supervision du ministère de l’intérieur, dans l’administration du président Porochenko élu après la fuite de Ianoukovitch. À l’époque, le poste est occupé par un proche de Biletsky, Arsen Avakov.

      En interne, les cadres continuent à instaurer des règles et de la doctrine. Malgré les sanctions imposées par les États-Unis, ils bénéficient du savoir-faire de vétérans américains conciliants qui les guident pour incorporer les standards de l’Otan à leurs pratiques. Et surtout, ajoute Oleksiy Kovzhun avant de filer sur sa trottinette électrique, « nous avons instauré deux documents programmatiques : la Prière et le Décalogue ». Soit l’équivalent des Dix Commandements pour les combattants, hérités des partisans radicaux, clandestins et controversés de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN).

      Traditions cosaques

      Au tournant des années 1930, tentant de tenir tête, d’un côté, à l’écrasement de l’identité ukrainienne par la Pologne et, de l’autre, aux exactions de masse orchestrées par Moscou – dont 3 à 5 millions de morts pendant la campagne d’extermination par la famine de l’Holodomor entre 1932 et 1933 –, les dirigeants de l’OUN s’organisent pour défendre une Ukraine indépendante. En 1940, l’organisation se divise, quelques mois avant la rupture du pacte germano-soviétique. Sous l’impulsion de Stepan Bandera, partisan d’une lutte insurrectionnelle, les militants de la faction OUN-B finissent par tendre la main au IIIe Reich et collaborent activement aux pogroms nazis avant de faire eux-mêmes l’objet d’une féroce répression – les deux frères de Bandera mourront à Auschwitz.

      Dans l’entre-deux-mondes ouvert avec les tranchées du Donbass en 2014, les penseurs d’Azov, agrégés autour d’un certain Mykola « Kruk » Kravchenko, idéologue central du mouvement et mort au combat en 2022, ont ainsi puisé dans les traditions cosaques réactivées par l’OUN avant d’être élevées en nationalisme de combat, mélancolique et résistant – et qui, arc-bouté sur son besoin d’exister face au bulldozer russe, s’accommode des compromissions passées de ses héros. Leurs faits d’armes sont enseignés lors de formations jamais rassasiées de rituels mi-païens mi-straight-edge-punk, au cours desquelles les combattants célèbrent une nouvelle société ukrainienne, fraternelle et conservatrice, pour qui, dit le premier commandement du Décalogue, « il faudra vaincre ou périr ».

      Loup empaillé

      Pour certains cadres d’Azov, ce combat idéologique doit dépasser le front et s’appliquer à « former la jeunesse pour lui inculquer une vision du monde nationaliste », raconte Serhii Filimonov, aujourd’hui commandant du bataillon Da Vinci Wolves. Joint en visio, il apparaît barricadé dans des conteneurs enfouis sous la terre du côté de Pokrovsk, déambulant dans son baraquement sans un regard pour le loup empaillé, coiffé d’une casquette de garde-frontière russe, qui trône au détour d’un couloir. Dès 2016, cet ancien ultra du club de foot Dynamo Kyiv, « engagé pour la protection des animaux, du patrimoine historique et de la langue ukrainienne », devenu star de cinéma sous la direction d’Oleg Sentsov dans son film Rhino, projeté à la Mostra de Venise en 2021, participe à l’élaboration de la branche civile d’Azov dans la capitale. Bientôt transformée en véritable formation politique sous le nom de Corps national, officiellement dirigée par Andriy Biletsky, elle avait clairement pour objectif – « comme tout parti politique », insiste Filimonov – « de conquérir le pouvoir par les urnes ».

      Ainsi, démissionnaires de leurs fonctions militaires pour se consacrer au militantisme, la loi ukrainienne interdisant le cumul, des cadres d’Azov se mobilisent à nouveau autour d’une idée de la nation racialiste – « ethnique », dans leur propre terminologie – à laquelle les étrangers pourraient éventuellement « s’assimiler », précise l’idéologue Oleg Odnorozhenko. Ils prônent également, sur le plan économique, une version du marché libre qui s’opposerait à « tout ce qui est de gauche et centralisé », et préfèrent une alliance avec les pays baltes, au sein du projet dit « Intermarium », aux institutions de Bruxelles. Ce volet est notamment piloté par la philosophe Olena Semenyaka, secrétaire internationale du Corps national et ancienne élève d’Alexandre Douguine, le célèbre théoricien moscovite d’extrême droite, grand promoteur de l’impérialisme russe, avec qui la rupture sera consommée après l’annexion de la Crimée en 2014.

      Soirées ciné et combat au couteau

      Inlassablement, les activistes nationalistes organisent dans leur QG des soirées cinéma, des formations au combat au couteau, ou encore des clubs lecture autour de textes spécialement traduits « pour aider à penser les effets de la guerre sur notre identité. Avec par exemple les ouvrages d’Ernst Jünger [soldat de la Wehrmacht et fervent défenseur du nationalisme allemand, pourtant opposant d’Adolf Hitler, ndlr] », sourit doucement Anna Vriadnik, de la maison d’édition Plomin, en haussant le ton pour se faire entendre par-dessus les bruits de percolateur dans un coffee-shop de Kyiv. Du côté des lettres françaises, elle invite, admirative, ses lecteurs à se plonger dans « les mémoires de Dominique Venner », ancien de l’OAS et héraut des thèses de la Nouvelle Droite, qui s’est donné la mort d’une balle dans la tête au pied de l’autel de Notre-Dame de Paris, en 2013, pour crier son angoisse face au « péril du grand remplacement ».

      Ces activités culturelles et sportives devaient permettre, pierre après pierre, d’édifier un « État dans l’État », comme l’espérait Mykola « Kruk » Kravchenko. Mais la greffe peine à prendre : si Biletsky était parvenu en 2014 à se faire élire député indépendant, les Ukrainiens n’ont accordé aux candidats du Corps national – coalisés au sein d’une liste nationaliste – que 4 % des suffrages lors des élections locales de 2020.

      Comme un tigre

      Avachi dans son fauteuil, les pieds croisés sur son bureau dans les locaux du Snake Island Institute, son think tank spécialisé en paradiplomatie avec les institutions américaines, Vladislav Sobolevsky joue à faire virevolter son couteau à cran d’arrêt. Il revoit les embuscades tendues du côté de Brovary, l’encerclement d’Irpin et les cadavres de la rue Yablonska à Boutcha, ces corps de civils exécutés par les Russes dans les premiers jours de l’invasion. « Ça a été des jours très durs, mais je crois que c’était le moment le plus fort de ma vie. Toute la nation s’est levée et s’est battue comme un tigre », s’émeut-il. Le 24 février 2022, à 3 h 48 du matin, des colonnes de blindés russes percent les frontières ukrainiennes saisies par la rigueur de l’hiver. À l’est, au nord, le retentissement des missiles qui s’écrasent fige les corps dans la nuit. Déjà, la capitale est menacée.

      Les jours qui suivent, Sobolevsky ne dort presque pas. Cet ancien chef d’état-major d’Azov devenu militant du Corps national, accompagné de ses anciens frères d’armes rompus aux batailles du Donbass, épaule sa mitrailleuse et sort « défendre Kyiv ». Spontanément, il prend donc, derrière Andriy Biletsky, le commandement d’une nouvelle unité de volontaires, d’abord baptisée Azov-Kyiv avant de graduellement devenir la 3e brigade d’assaut, puis le 3e corps d’armée aujourd’hui, agrégeant d’autres unités aux parcours distincts. Le régiment originel, quant à lui, ferraille sur le front est, du côté de Marioupol, sous la direction de Denys Prokopenko, dit « Redis », un homme taiseux qui se refuse à toute interview et apparition publique.

      Odeurs de sang et de soufre

      Bientôt, un déluge de feu s’abat sur eux. Les trottoirs sont jonchés de corps brûlés, la quasi-totalité de Marioupol est rasée, et des colonnes de fumée n’en finissent plus de noircir le ciel de la ville, impuissant témoin du carnage de milliers de civils – entre 8 000 et 22 000 selon les sources. Totalement assiégées, les unités d’Azov sont forcées de se replier dans les entrailles de l’aciérie d’Azovstal, où l’odeur du sang se mélange à celle du soufre emmagasiné sous les hauts fourneaux. Là, Tetiana Tepliuk sent son cœur « se solidifier comme de la pierre ». Alors âgée de 69 ans, cette infirmière engagée auprès d’Azov depuis 2015 survit « comme un robot » dans le labyrinthe souterrain privé de tout, y compris d’outils et de médicaments, obligeant les chirurgiens à amputer les blessés au couteau ou aux ciseaux d’usine.

      Au même moment, à Kyiv, Vladislav Sobolevsky et les autres gradés de l’armée craignent de « peu à peu perdre le contact avec Marioupol et Azovstal ». Par chance, « nos services de renseignement ont repéré une faille dans la défense aérienne des positions russes, ce qui nous a permis d’établir un itinéraire pour acheminer du ravitaillement », rembobine-t-il. Volant de nuit et à basse altitude, des hélicoptères « traversent plus de cent kilomètres de positions ennemies » et atteignent enfin l’aciérie, où ils déversent « des hommes, des armes antichars et des antennes Starlink ». De quoi retransmettre en direct le siège, et montrer au monde entier « que les soldats d’Azov ne sont pas des terroristes », se félicite le commandant. Quelques jours plus tard, cet assaut télévisé qui aura permis de conquérir les cœurs ne s’arrête que pour faire entrer les défenseurs dans un autre cercle de l’enfer : le 17 mai 2022, souffle Tetiana Tepliuk, « un ordre est donné de nous rendre et de partir en captivité ».

      Essorés de tristesse

      Quatre ans plus tard, juchées sur le terre-plein central de la rue Ivan Mazepa, à Kyiv, une dizaine de jeunes femmes aux profils sombres brandissent des pancartes de carton usé appelant à la « libération des défenseurs d’Azovstal ». Ce sont les mères, les sœurs, les compagnes des 700 soldats d’Azov toujours détenus par la Russie. Derrière elles, la cathédrale de la Dormition tire ses bulbes dorés vers le ciel luminescent, tandis que le carillon de ses cloches se mélange aux cris des klaxons lancés par le cortège de soutien à la manifestation. Un col clérical noir et blanc dépasse parfois sous l’uniforme de quelques soldats. Sur le côté, le regard dissimulé par ses lunettes de soleil, Evgenia espère voir apparaître le nom de son frère dans la liste des prisonniers qui doivent être échangés dans les semaines à venir. En quatre ans, elle n’a jamais eu d’autres nouvelles de lui qu’un « article dans la presse russe annonçant sa condamnation à des années de prison ». Là, dit-elle, unie aux autres proches essorés de tristesse, « il est parfois plus facile d’attendre sans savoir ».

      « Obtenir le retour des combattants d’Azov est une bataille en soi. Pour les Russes, leur valeur symbolique est immense, particulièrement depuis la bataille de Marioupol », prévient Nestor Barchuk, responsable des relations internationales et du plaidoyer pour les prisonniers de guerre chez Azov. Le premier échange d’envergure, en septembre 2022, en donne la mesure : deux cents membres de la brigade sont alors remis à l’Ukraine en contrepartie de l’oligarque ukrainien prorusse Viktor Medvedtchouk. Ce jour-là, leur leader Denys « Redis » Prokopenko, élevé au rang de héros de la résistance ukrainienne, retrouve lui aussi la liberté. Mais l’obstacle dépasse la seule dimension politique. « Depuis que la Cour suprême russe a désigné notre unité comme une organisation terroriste, nos soldats sont privés du statut de prisonniers de guerre. Pourtant, nous faisons officiellement partie de l’armée ukrainienne et cette décision est en contradiction avec les conventions de Genève », souligne Nestor Barchuk.

      « Je n’étais plus qu’un sac d’os »

      Face à eux, l’ennemi se déchaîne. Tetiana Tepliuk, l’ancienne infirmière d’Azov faite prisonnière, se souvient surtout « des yeux des jeunes femmes criant de faim ». Et puis des gémissements de ses camarades « attachés au mur et torturés dans la pièce juste à côté [d’elle] » dans le centre d’Olenivka, dans l’oblast occupé de Donetsk. Peut-être a-t-elle entendu ceux de Dmytro Morozov, un autre ancien soldat d’Azov, qui me raconte des séances de sévices « de plus de cinq ou six heures en continu, pour obtenir des aveux forcés », les peaux brûlées par les Russes « pour effacer les tatouages », et la propagande balancée en continu dans les haut-parleurs de la prison. Blessé par des shrapnels avant sa détention, ses plaies s’infectent : « Quand on m’a libéré, je pesais quarante kilos. Je n’étais plus qu’un sac d’os. »

      La nuit du 28 au 29 juillet 2022, des explosions ravagent le baraquement 200 de la prison d’Olenivka, où avaient été transférés uniquement des combattants d’Azov. Selon les autorités ukrainiennes et plusieurs enquêtes internationales, elles auraient été orchestrées par les forces russes. Cinquante-trois prisonniers meurent sur le coup ; soixante-quinze autres, brûlés ou mutilés, agonisent sous le regard d’abord impassible des geôliers. « À mes yeux, le but était de tuer le plus grand nombre possible de combattants d’Azov », souffle Tepliuk.

      Ils sont nés au sein des milieux nationalistes, mais les qualifier de néonazis revient à adopter le cadrage russe.
      Le politiste américain Francis Fukuyama

      « La bataille de Marioupol a été une véritable bascule : nous avons été contraints de plaider activement à l’étranger pour nos prisonniers de guerre, et cela a marqué le début de nos campagnes internationales », me raconte « Beyrouth », ainsi surnommé en raison de sa thèse de doctorat portant sur « la place du religieux dans le conflit israélo-arabe ». Le crâne lisse et la barbe longue, le chef adjoint de la communication stratégique d’Azov déroule dans un phrasé technique, précis, les étapes de la réhabilitation du groupe aux yeux du monde : « Il y a d’abord eu une rencontre entre les femmes de détenus et le pape François, au Vatican. Nous avons compris que, pour contrer la propagande russe, si puissante, nous devions cibler certains cercles : les politiciens, les diplomates, mais aussi les chercheurs. Par exemple, l’université de Stanford pilote un programme appelé le Mapping Militants Project où ils collectent des informations sur les groupes terroristes du monde entier. Et Azov se trouvait là, entre Al-Qaïda et les talibans. »

      Il rit, puis enchaîne : « On a pu rencontrer les étudiants de Stanford lors d’une conférence à laquelle participaient aussi Michael McFaul, l’ancien ambassadeur des États-Unis à Moscou, et Francis Fukuyama. » Ce dernier, conquis, se dit alors « fier de les soutenir ». Face au tollé qui suit, le politiste superstar tranche : « Ils sont nés au sein des milieux nationalistes ukrainiens, mais les qualifier de néonazis revient à adopter le cadrage russe de ce qu’ils représentent aujourd’hui. » Et, ainsi, les efforts finissent par payer : le 11 juin 2024, le département d’État américain annonce publiquement la levée des interdictions de transfert d’armes à destination d’Azov. En avril 2025, le régiment devient le 1er corps de la garde nationale, supervisant ainsi plusieurs autres brigades.

      Pop et stylé

      De part et d’autre du Hub 4308, ce café épuré au sol de béton ciré et tables de designers où Beyrouth m’a donné rendez-vous, de jeunes hommes robustes, à la barbe longue, comme lui, pianotent sur leurs MacBook tandis que des jeunes femmes à la pointe de la mode discutent en sirotant des matcha lattes ; dans un coin, un petit groupe concentré s’applique à reproduire les gestes de la cérémonie du thé tout comme au Japon. Il y a aussi Anna Vriadnik, l’éditrice de Plomin, qui, plus tôt, m’a guidée entre les portants de merchandising en pointant un t-shirt floqué d’un soldat d’Azov sous les traits du célèbre Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich. Le Hub 4308, appelé ainsi « pour éviter la censure de Meta » – les chiffres évoquent АЗОВ, Azov en cyrillique – est un « lieu public, pop et stylé », dit-elle, qui permet à tous de contribuer au financement de la brigade. « Azov n’a pas d’ambition politique, ponctue Beyrouth en hochant du menton vers les passants. Nous sommes des soldats. Ce qui nous concerne, c’est la guerre et la défense de notre pays. De toute façon, ce serait interdit par la loi martiale. La preuve, c’est que des gens de tous bords nous rejoignent. »

      Quatre ans de guerre, des mobilisations massives et le calcul pragmatique de jeunes recrues – préférant intégrer volontairement une unité d’élite plutôt que d’être arrêtés et conscrits d’office – ont profondément bouleversé la composition de ces deux formations au destin étroitement lié. De fait, qu’il s’agisse du 1er corps Azov ou du 3e corps d’armée, le même son de cloche résonne un peu partout : « Même des antifascistes les ont rejoints ! » m’assure Michael Dark, un activiste engagé auprès des syndicats anarchistes étudiants.

      La coolitude de droite

      En permission entre deux déploiements au front, « Franz » abonde en ce sens : « On va pas se mentir, Azov c’est quand même un peu de droite, mais j’ai des amis gays et de gauche qui se sont engagés avec nous – ils ne le crient peut-être pas sur tous les toits, mais y a pas de problèmes. » Lui a grandi en France, fait des études de marketing et passé deux ans à la section culture de la mairie d’Avignon avant de se décider à prendre les armes. Il loue « leur professionnalisme » adoubé par les capitales européennes – au point d’être invités au salon mondial de l’armement Eurosatory, en Île-de-France. Et vante « l’absence de hiérarchie : on se tutoie tous, c’est pas vieux et rigide comme les unités soviétiques ». Au fond, il y voit aussi un peu de cool – de quoi alimenter son Instagram où il se déclare « From Côte d’Azur to Côte d’Azov ».

      Il ne s’agit pas là d’un hasard : « Nous avons compris que nous devions investir le champ de la culture, des livres, du cinéma », m’explique Beyrouth. Avec Oleksiy Kovzhun, qui veut « faire des t-shirts Azov assez cool pour que les adolescents les portent, comme ceux de Metallica », ils puisent dans ce que les artistes du monde entier ont fait de mieux pour penser leurs campagnes de recrutement : « Il y a un peu plus d’un an, on a fait un court-métrage, intitulé Polemos, inspiré du Septième Sceau d’Ingmar Bergman. On a aussi une pièce de théâtre en préparation, à partir de l’Odyssée, et un film pour l’année prochaine. Le responsable de ce projet est même allé à Cannes. »

      « Mentalité start-up »

      Sur ce plan, le 3e corps d’armée n’est pas en reste. La filiation des deux unités se repère aussi à leur avant-gardisme en miroir. Au mois de mai 2026, les cinémas du pays ont accueilli le film Killhouse, réalisé par Lubomir Levitsky, et dont le personnage principal est un soldat de l’unité d’Andriy Biletsky – ce qui aura permis à l’organisateur du raid héliporté d’Azovstal, Vladislav Sobolevsky, d’y faire un petit caméo pour son plus grand plaisir. D’après « Alice », responsable du recrutement du 3e corps d’armée, le succès tient aussi à la « mentalité start-up » qui irrigue son unité.

      En bon reflet de l’époque, la jeune femme férue de yoga, qui a grandi en Europe et se pensait jusque-là « pacifiste », jongle avec les mots workflow, optimize, process, innovation, et la nécessité, pour toujours progresser, de penser « out of the box », hors des sentiers battus. Puisqu’il s’agit d’un corps de volontaires, et non d’une unité où les conscrits ont été intégrés d’office, chacun « vient comme il est », avec ses compétences et ses envies, et participe à la création d’une « nouvelle culture militaire » faite pour les « cool kids ». Car après tout, malgré la guerre, « il s’agit toujours de vivre et de s’amuser ».

      Mais la mort rôde, irrémédiablement. À six cents kilomètres de Kyiv, sur la colline Kremenets juste à la sortie d’Izioum, Anton se tord les mains. En contrebas, la ville-garnison semble asphyxiée par une interminable toile scintillante, tressée de milliers de filets de pêche tendus sur de hauts pylônes de bois sec. Ils protègent les habitants de la « kill zone » des drones FPV qui plongent en kamikazes sur les usines, sur les routes, sur les soldats et parfois même sur les enfants. Assis sur le rebord du monument de l’Assaut, un mastodonte de béton élevé à la gloire des soldats de l’Armée rouge tombés contre l’Allemagne nazie, Anton ne tremble pas lorsque, tout près de nous, les échos assourdissants des bombes planantes déchirent le ciel sans trêve. C’est ici qu’il se sent bien.

      Du rap militaire

      Ancien combattant d’infanterie du côté de Bakhmout face aux milices russes de Wagner – elles-mêmes cofondées par le néonazi Dmitri Outkine –, il se souvient de missions « à la Call of Duty » et de patrouilles de reconnaissance si dures qu’il continue de se demander « si le froid sous la peau s’en ira un jour ». Il a bien tenté, il y a quelques mois, de quitter l’armée, mais la sévérité des effets du stress post-traumatique a rendu son retour à la vie civile impossible. Le service de soutien du 3e corps d’armée décide alors de le réintégrer dans ses rangs, tout en lui interdisant le port d’armes. Anton ne tarit plus d’éloges pour ses supérieurs qui lui ont offert un refuge, ainsi que pour son ami « Kucher » qui, attentif à ses talents de rappeur, le pousse à écrire de la musique « pour le prochain album de l’armée ».

      « AB3 Music est le tout premier et unique label de musique militaire ! » se félicite Kucher en faisant défiler sur son iPhone les images de leur dernier clip. L’idée, iconoclaste, leur est venue naturellement : « Au début, nous avons demandé à des artistes d’écrire des chansons sur leur perception de la guerre. On a ensuite négocié avec leurs maisons de disques pour que l’argent des streams soit directement reversé au 3e corps d’armée. C’est comme ça qu’on a sorti le premier album, Epoxa, sur toutes les plateformes, Deezer, YouTube, etc. Pour le prochain, on produira tout en interne, avec les talents des soldats ! » Au-delà d’un simple moyen de collecter des fonds, Kucher, qui a longtemps traîné « dans le milieu des groupes indie » et organise aujourd’hui des concerts avec des artistes du label, y voit surtout un « service de soutien psychologique pour les combattants ». Mais aussi, rappelle-t-il avec sérieux, une façon de « produire de la musique ukrainienne de qualité pour les prochaines générations ». Car il ne s’agit pas seulement « de se battre les armes à la main sur le front, mais aussi de contrer l’influence des Russes et les effets de leur colonisation sur notre identité ».

      Mysticisme païen et pratique de la prière

      Ce combat pour la survie de la langue et de la culture ukrainiennes, qu’Azov menait seul hier et que beaucoup voyaient comme une périlleuse croisade identitaire, est devenu sous les bombes russes un enjeu existentiel, source inépuisable d’inspiration et de fierté. Et sur ce terrain, les nationalistes se sont mués en éclaireurs : dans le 1er corps Azov comme dans le 3e corps d’armée – tous deux composants d’un « même écosystème des nationalistes ukrainiens », dit Oleksiy Kovzhun –, des soldats dits khorunzhi sont chargés d’encadrer les troupes et de veiller à la préservation des traditions, comme c’était déjà le cas au temps des cosaques. Ils sont formés au sein du khorunzha service, où ils suivent « des conférences sur l’histoire ukrainienne et la préservation des traditions », détaille Vladislav « Dotsent » Dutchak, la moustache débonnaire et la carrure solide. Face à une assemblée de jeunes recrues avachies dans des poufs aux couleurs vives, cet ancien professeur de philosophie à l’université, devenu responsable de ces enseignements chez Azov, mime les gestes essentiels aux rituels nationalistes qui empruntent au mysticisme païen, tout en flambeaux, marches nocturnes, poings serrés sur le torse et drapeaux dans le vent.

      « On enseigne aussi la pédagogie militaire, les études religieuses, la conflictologie, les pratiques de la Prière et le Décalogue des nationalistes ukrainiens », m’énumère-t-il, jovial et pédagogue. Tout un programme façonné à partir des enseignements du khorunzhi originel, Mykola « Kruk » Kravchenko, l’ancien idéologue du mouvement qui rêvait de voir advenir la révolution conservatrice, fidèle compagnon de route d’Andriy Biletsky dans ses entreprises politiques. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, ce système de formation longtemps circonscrit à Azov a progressivement essaimé : Vladislav « Dotsent » Dutchak multiplie les interventions dans « d’autres unités des forces armées ukrainiennes, de la garde nationale, des gardes-frontières, de la police et des troupes aéroportées ».

      « Combat contre l’ennemi intérieur »

      Mais la mue ne s’arrête pas aux casernes. En juin 2025, le cabinet des ministres confie ainsi les clés de l’Institut de la mémoire nationale à Oleksandr Alfyorov. Ancien attaché de presse de Biletsky à l’époque du Corps national, khorunzhi des premières heures au sein d’Azov et historien de formation suivi par plus d’un demi-million d’abonnés sur YouTube, il se félicite d’avoir déjà « renommé des dizaines de milliers de rues ». Il travaille également à l’édification d’un panthéon consacré aux « grandes figures ukrainiennes ». L’élan nationaliste gagne jusqu’aux plus hautes sphères de l’État : début juin 2026, le président Volodymyr Zelensky – dont une partie de la famille a été assassinée au cours de la Shoah – assistait à Kyiv à la réinhumation d’Andriy Melnyk, l’un des dirigeants historiques de l’OUN, dans le nouveau cimetière militaire national. Suscitant préoccupations et condamnations venues d’Israël et de Pologne.

      Côté jeunesse, l’organisation Centuria, adossée au 3e corps d’armée, s’est donné pour mission « d’entraîner et de préparer une nouvelle génération d’Ukrainiens » afin de « façonner dans la société une manière de penser juste et consciente », déroule « Danil ». Le jeune homme de 24 ans au verbe mystique, déjà vétéran, supervise la branche locale de l’organisation et forme tous ceux qui, « dès l’âge de 16 ans », souhaitent « reprendre le flambeau ». Car les fronts de la lutte sont multiples, dit-il : chacun doit se préparer à mener « combat contre l’ennemi extérieur, celui qui se trouve hors de nos frontières », mais aussi « contre l’ennemi intérieur », qui rôde « dans la tête de chacun » et empêche le peuple ukrainien de « cultiver sa propre fierté ». En attendant de pouvoir officiellement prendre les armes, les membres de Centuria patrouillent, observent, s’attaquent parfois aux trafiquants de drogue et, comme toute organisation paramilitaire qui se respecte, maintiennent l’ordre – ou du moins l’idée qu’ils s’en font. Ils se forment aussi à la « médecine tactique » pour pouvoir « être prêts » à porter secours le plus rapidement possible lorsque les Russes s’en prennent aux civils.

      Missile de croisière

      Dans les wagons du métro de Kyiv filant vers l’est de la ville, la nuit n’en finit plus de se faire sentir. Les épaules lasses et les cernes creusés, les passagers se frôlent, attentifs et solidaires, partageant en silence l’infinie tristesse des heures passées. La veille, dans la nuit du 13 au 14 mai 2026, les sirènes ont résonné beaucoup et longtemps, bien plus que d’ordinaire, alors que le ciel se striait de missiles. Les explosions se sont succédé, et personne n’a dormi. En sortant à la station Kharkivska, entourée d’immenses barres de HLM soviétiques, il me faut encore marcher quelques mètres avant de voir l’éperon de débris sur lequel s’affairent les pompiers.

      Serrés les uns contre les autres, agglutinés dans leurs vestes Adidas, quelques adolescents sidérés filment les corps qui apparaissent peu à peu sous les décombres d’un bâtiment effondré. Perçant la défense antiaérienne, un missile de croisière russe est venu frapper le bas de l’immeuble, pulvérisant les vies de vingt-quatre personnes, dont trois enfants. Dès l’impact, les vétérans du 3ᵉ corps d’armée et quelques membres de Centuria se sont organisés pour prodiguer les premiers secours, se plaçant ainsi en première ligne de la « protection du peuple ukrainien » – comme les militants nationalistes le faisaient déjà au temps de l’Euromaïdan et du Donbass. En douze ans, eux n’ont pas changé. C’est le monde autour.

    • Utiliser un mail bidon style yopmail.com marche aussi… et merci pour le partage  ; je sors d’une expo à Arles censée décrire la vie des ukrainiens pendant la guerre, en fait une grosse moitié des photos étaient de militaires. Aucune signe polémique en évidence, mais dès qu’on scrute un peu mieux, quelques symboles nazis discrets sur les uniformes…

  • Le sport, instrument de « #soft_power » pour les forces de l’ordre
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/08/10/le-sport-instrument-de-soft-power-pour-les-forces-de-l-ordre_6275113_3224.ht

    Avec ses cinq médaillés aux Jeux olympiques – l’or pour Kauli Vaast en surf ; l’argent pour Anastasiia Kirpichnikova (1 500 m nage libre) et Camille Jedrzejewski (tir au pistolet à 25 m) ; le bronze pour Sébastien Patrice et Maxime Pianfetti (sabre par équipe) – et un espoir, Gabriel Tual, qualifié, vendredi 9 août, pour la finale du 800 m, la #police nationale tire les bénéfices d’une politique récente, motivée à la fois par la promotion de la pratique sportive en son sein et d’évidentes considérations de #communication.

    Longtemps contraints de suivre une scolarité à l’école de gardiens de la paix, les #sportifs de haut niveau de la police ne bénéficiaient que d’aménagements très limités au long de leur carrière pour espérer s’entraîner au niveau requis pour briller dans les compétitions internationales, gage de cohésion interne, d’émulation mais aussi de retombées en matière d’image pour l’institution. Les #athlètes paralympiques, eux, étaient tout bonnement exclus du système, les critères d’aptitude physique au concours de gardien de la paix ne leur permettant pas de postuler. Fin 2022, la mission sport de l’institution met en place un nouveau dispositif en collaboration avec l’Agence nationale du sport. Désormais, les athlètes peuvent être recrutés comme contractuels après avoir reçu une simple formation de policiers réservistes, maniement de l’arme de service compris – sans doute une formalité pour Camille Jedrzejewski, médaille d’argent au tir au pistolet à 25 m et bénéficiaire du dispositif.

    « Nous souhaitons donner à nos champions les meilleures conditions possibles pour éviter la précarité financière qui touche beaucoup de sportifs de haut niveau et leur permettre de s’entraîner pour performer et offrir des médailles à la France », explique la commissaire divisionnaire Rachel Costard, cheffe de la mission sports de la police nationale et ancienne compétitrice d’athlétisme et de volley-ball. Son adjoint, le commandant Jean-François Briand, n’a pas bénéficié des mêmes conditions que les soixante-six athlètes de l’équipe police nationale (et huit pour les Jeux paralympiques) engagée en 2024 dans vingt-quatre disciplines : après avoir participé aux épreuves de kayak à l’occasion des #JO de Barcelone, en 1992, il a passé le concours de gardien de la paix tout en continuant à s’entraîner, sans dispositif d’aide spécifique.

    Au-delà des « médailles offertes » au pays, aligner des sportifs de haut niveau constitue un puissant vecteur de communication pour l’institution, à grand renfort de tweets, de vidéos postées sur les réseaux sociaux, d’interviews. Ce n’est pas un hasard si les « policiers » athlètes consacrent quasi exclusivement leurs périodes de réserve obligatoires, une trentaine de jours par an, à assurer la promotion de la police dans des salons. Pas un seul, du reste, qui n’oublie de mentionner son « appartenance » à la police nationale.

    La #gendarmerie l’a bien compris. Elle a envoyé onze athlètes à ces Jeux olympiques ou plutôt des « sportifs de haut niveau de la défense-gendarmerie », leur dénomination officielle dans l’institution. Dès la première semaine, cette équipe a pu revendiquer cinq médailles, dont deux en or, remportées par la maréchale des logis Manon Apithy-Brunet, en sabre individuel, et l’adjudante Clarisse Agbégnénou, en judo par équipe. Mais aucun de ces sportifs n’est gendarme d’active. Ils appartiennent à un corps de soutien, le mythique #bataillon_de_Joinville.

    Avant la disparition du service militaire, environ 21 000 sportifs appelés sont passés par cette unité, dont les plus grands noms du sport français : Yannick Noah, Zinédine Zidane, Jacques Anquetil… Disparu en 2002 avec la conscription, le bataillon renaît en 2014 pour constituer « l’armée des champions ». C’est d’ailleurs l’armée qui, de longue date, accapare les places sur les podiums. Avec son réservoir de deux cent trente « sportifs de haut niveau de la défense », y compris les gendarmes, l’institution peut aligner cent six athlètes pour les Jeux de Paris, parmi lesquels vingt-huit pour les épreuves paralympiques, dans vingt disciplines. « Terriens », marins et aviateurs totalisent ainsi 35 % des titres remportés par la France, soit dix-neuf médailles dont trois en or : en canoë monoplace slalom pour l’aviateur Nicolas Gestin, en judo et en escrime pour les gendarmes Clarisse Agbégnénou et Manon Apithy-Brunet.

    Tout comme les autres corps d’#armée, la gendarmerie propose des contrats à des athlètes de haut niveau pour une durée initiale de deux ans, renouvelable. Elle leur assure un salaire et leur permet de se concentrer pleinement sur leur sport. En contrepartie, ces sportifs s’engagent à valoriser l’image de leur armée de rattachement, en participant à différents événements, parfois à des compétitions militaires. « Les athlètes partagent avec nous certaines valeurs, l’esprit d’équipe, le courage, le dévouement, ce qui correspond totalement à ce que l’on souhaite mettre en avant », explique-t-on du côté de la gendarmerie. Des « stages d’aguerrissement » permettent également d’acculturer les athlètes au fonctionnement militaire. Dans certains cas, des échanges de compétences plus précis peuvent se mettre en place. Le tireur Jean Quiquampoix, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Tokyo, a, par exemple, travaillé avec des tireurs du #GIGN.

    En plus d’un accompagnement au fil de leur carrière sportive, les athlètes peuvent aussi trouver une potentielle suite à leur #carrière. Un dispositif de reconversion est accessible après quatre années de contrat. Le nageur Hugues Duboscq, double médaillé de bronze en 100 m et 200 m brasse, a pris sa retraite sportive en 2012, avant de rejoindre la gendarmerie. Il a pu intégrer une unité de plongeurs au Havre (Seine-Maritime).

    L’archère Lisa Barbelin, 24 ans, médaillée de bronze du tir à l’arc individuel, a rejoint la gendarmerie en septembre 2020. « C’est assez simple, si je n’avais pas intégré la gendarmerie, je n’aurais pas pu poursuivre la carrière sportive que j’ai eue, encore moins en continuant mes études, estime-t-elle. On ne s’en rend pas compte, mais le sport de haut niveau est extrêmement précaire. Vous pouvez gagner une récompense puis plus rien pendant quatre ans. Il n’y a pas de sécurité financière possible. » Mais son salaire, indexé sur la solde de son grade de maréchale des logis, aux alentours de 2 000 euros, exige des contreparties. « Je dois m’assurer d’offrir une juste visibilité à la gendarmerie, ce que je fais facilement puisque je suis très fière et reconnaissante d’en faire partie. Ils comprennent très bien ma situation, mes besoins, et font preuve d’une grande flexibilité pour m’accompagner », assure-t-elle.

  • Brèves de presse :mastodon:
    https://mastodon.social/@Brevesdepresse/112206146845075636

    Le président de la commission d’enquête sur la TNT, le macroniste Quentin #Bataillon est allé critiquer Y.Barthès chez C.Hanouna après avoir auditionné les 2 animateurs.

    Francois Malaussena malopedia
    https://piaille.fr/@malauss/112206076218354093

    Pour un quart d’heure de célébrité, ce député vend son intégrité et jette aux orties l’impartialité qu’exige sa fonction de président de la commission d’enquête. Il devrait être sanctionné, et, a minima, démis de ce poste. https://t.co/nAHm4HyRPu

    #indépendance #crétins_malfaisants

  • #Belgique, la police se met aussi à la #violence contre les carnavaleux
    Plusieurs blessés après l’intervention musclée de la police pour faire cesser le Carnaval sauvage
    https://bx1.be/categories/news/plusieurs-blesses-apres-lintervention-musclee-de-la-police-pour-faire-cesser-le-

    Ce samedi, se tenait la dixième édition du Carnaval sauvage à Bruxelles qui a réuni près de 1.800 personnes, selon nos confrères de Bruzz. Durant la soirée, la police est intervenue et a arrêté la fête violemment selon plusieurs témoins.

    La rassemblent festif a débuté dans les Marolles, place du Jeu de Balle et a pris ensuite la direction de Tour et Taxis où un grand feu a été allumé “dans une ambiance festive et bon enfant”, nous raconte Louis Buyse, un carnavalier. Vers 22h, les choses auraient dérapé.


    Plusieurs témoins, présents sur place, affirment que la police a voulu mettre fin aux festivités avec un dispositif particulièrement important. Une autopompe et du gaz lacrymogène ont été utilisés pour disperser la foule.

    Contactée, la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles explique que le rassemblement n’était pas autorisé et que pour des raisons de sécurité, il a été décidé d’éteindre le feu et de disperser la foule pour mettre fin à l’activité et rétablir l’ordre public. “Un message a été diffusé via le micro de l’arroseuse présente pour annoncer l’intervention. Des projectiles ont été lancés vers les policiers. Il a été fait usage de gaz”. Elle indique par ailleurs que deux policiers ont été blessés et un véhicule a été endommagé.

    Coups de bouclier et de matraque
    Certains dénoncent aussi des coups donnés par la police. “Avec mes amis, on s’est retrouvés à l’arrière de la foule qui se pressait pour partir du site. Les policiers nous encerclaient, ils étaient derrière nous et à notre droite, ainsi qu’une autopompe. Les policiers ont commencé à donner des coups de bouclier et de matraque, j’ai moi-même reçu un coup dans le dos”, affirme Louis.

    Parmi ses amis, trois ont reçu des coups à la tête. “Une amie a eu plusieurs points de suture sur le crâne. Une autre a aussi du aller à l’hôpital et a plusieurs jours d’arrêt de travail. Et un troisième ami a également eu la main cassée. Il est aujourd’hui dans le plâtre”, rapporte-t-il. Les quatre amis vont porter plainte.


    Sophie Fonfec était à Tour et Taxis samedi soir. Sur Facebook, elle raconte : “Ne marchant pas assez vite, l’un des policiers s’est mis alors à me taper le crâne avec son bouclier et sa matraque. J’ai commencé à saigner, et je suis tombée au sol, blessée et en état de choc”, avant de poursuivre : “C’était une action d’une violence inouïe. Injustifiée. Nous étions sur le départ, pacifistes, et voilà comment agis la police dans la zone de Bruxelles.”

    #carnaval

    • Strépy-Bracquegnies : 6 morts et 27 blessés, deux personnes interpellées, ce qu’on a appris lors de la conférence de presse
      https://www.rtbf.be/article/strepy-bracquegnies-6-morts-et-27-blesses-deux-personnes-interpellees-ce-qu-on-

      Ce dimanche à l’aube une voiture a foncé dans la foule à Strépy, alors que se déroulait le ramassage des Gilles. Il y a 6 décès et 27 blessés, dont 10 dans un état grave, ont confirmé les autorités en milieu de matinée.

      Le bourgmestre de La Louvière Jaques Gobert a d’abord pris la parole. Il a indiqué que, à l’issue du rondeau de 11 heures, les festivités du carnaval seront arrêtées. Il a également fait état des nombreux messages de solidarité reçus. Il a par ailleurs indiqué que le Roi se rendrait sur place vers 16 heures, accompagné de la ministre de l’Intérieur, du gouverneur de la province et du ministre -président Elio Di Rupo.

    • Pascal Praud dénonce les tortures du bataillon nazi Azov contre les Ukrainiens attachés, dénudés et fouettés
      https://lemediaen442.fr/pascal-praud-denonce-les-tortures-du-bataillon-nazi-azov-contre-les-ukr

      Ce 21 mars dans L’Heure des Pros, Pascal Praud voulait dénoncer des images qui circulent sur tous les réseaux sociaux (voir vidéo ci-dessous, attention images choquantes) où l’on peut voir des soldats ukrainiens du bataillon nazi Azov attacher à un poteau un père et sa fille — les femmes ne sont pas épargnées —, les fouetter, certains sont dénudés.

      https://rumble.com/vy1fr1-pascal-praud-dnonce-les-tortures-du-bataillon-nazi-azov.html
      La vidéo sur Rumble, le lien ci dessus

      Ces Ukrainiens ont eu le malheur de ne pas vouloir faire la guerre, de s’y opposer — tout simplement inadmissible pour les soldats ukrainiens. Les victimes sont prises en exemple, exhibées comme des bêtes de foire, humiliées devant leurs enfants, lynchées sur la place publique, afin que ceux qui regardent en prennent de la graine. Des images que BFMTV et autres médias se gardent bien de dénoncer. Nous saluons Pascal Praud de faire exception dans cet océan de rétention d’informations.

      L’analyste politique Mathieu Slama souhaite-t-il analyser pourquoi une avenue porte le nom du collaborateur nazi Stepan Bandera dans la ville de Lvov en Ukraine, pourquoi les tombes juives sont détruites à coups de battes de baseball, pourquoi le bataillon nazi Azov est intégré à la garde nationale de l’Ukraine, placé sous le commandement du ministère de l’Intérieur d’Ukraine et intégré à la Force de défense territoriale ukrainienne par l’état-major ukrainien, pourquoi les nazis fouettent un père et sa fille attachés à un poteau ? Nous lui souhaitons bonne chance pour se dépatouiller dans tout ce merdier qui pue le nazisme à la gloire d’Adolf Hitler.

      Face à ces images horribles, on s’étonne de voir Mathieu Slama, pensant certainement faire l’unanimité sur le plateau, ne pas condamner les actes des néonazis d’Azov avec fermeté. L’analyste politique est plutôt porté à accuser Poutine de faire de la propagande avec des faits réels. Élisabeth Lévy — heureusement assise — se voit presque accusée, en dénonçant les néonazis, d’être une sous-fifre du Kremlin.

      #Ukraine #bataillon_azov #nazisme #violence #mathieu_slama

    • P&O Ferries : des Indiens payés 2,38 dollars de l’heure pour remplacer l’équipage britannique licencié, dénonce un syndicat Belga
      https://www.rtbf.be/article/po-ferries-des-indiens-payes-238-dollars-de-l-heure-pour-remplacer-l-equipage-b

      La compagnie britannique de ferries P&O Ferries, qui assure des liaisons entre plusieurs pays européens et le Royaume-Uni, a engagé des Indiens pour remplacer les 800 personnes qu’elle a licenciées avec effet immédiat, et ne les paye que 2,38 dollars (2,2 euros) de l’heure, dénonce mardi le syndicat britannique RMT.

      Ce syndicat représente une grande partie des 800 travailleurs licenciés. Les remplaçants de ces derniers seraient payés sous le salaire minimum britannique, dénonce RMT, qui parle d’"exploitation choquante". Il appelle le gouvernement à réagir.

      Le salaire minimum horaire au Royaume-Uni pour les travailleurs et travailleuses à partir de 23 ans est établi à 8,91 livre sterling. P&O ne paierait que 1,8 livre. Les compagnies maritimes enregistrent souvent leurs navires dans d’autres pays, afin d’échapper à la législation sur le salaire minimum. Certains bateaux de P&O battent ainsi pavillon chypriote.

      L’entreprise a annoncé la semaine dernière qu’elle devait réduire ses coûts pour survivre. Les services sont interrompus depuis les licenciements.
      #esclavage #mondialisation #angleterre #P&O #P&O_Ferrie #navires

    • En conflit avec P&O Ferries, Londres impose un salaire minimum
      https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/en-conflit-avec-p-o-ferries-londres-impose-un-salaire-minimum-2009

      LONDRES, 28 mars (Reuters) - Le Royaume-Uni a annoncé lundi qu’il obligerait les exploitants de ferries accostant au Royaume-Uni à payer un salaire minimum alors que les efforts s’intensifient pour que P&O Ferries renonce au licenciement surprise de 800 salariés et à leur remplacement par une main d’œuvre moins onéreuse.


      La compagnie maritime, détenu par la société portuaire Dubaï DP World, s’apprête à enfreindre la loi en remplaçant des salariés par du personnel intérimaire moins payé, après avoir perdu 100 millions de livres l’année dernière en raison des restrictions liées à la pandémie de COVID-19.
      Le gouvernement a condamné cette initiative et a exhorté l’entreprise à revenir sur sa décision au moment où les Britanniques sont confrontés à une hausse de l’inflation et des impôts.
      Alors que P&O a indiqué que ses nouveaux équipages gagneraient quelque 5,50 livres par heure, Grant Shapps, le ministre britannique des Transports, a annoncé un projet de loi « vouant à l’échec » le plan du directeur général de P&O, Peter Hebblethwaite.
      Ce projet de loi prévoit de porter dès le mois prochain à au moins 9,50 livres - le minimum national - le salaire de la plupart des salariés des opérateurs de ferries opérant à partir des ports britanniques. (Reportage de Kate Holton ; version française Dina Kartit, édité par Jean-Michel Bélot)

  • #Anne_Morelli : Sur la guerre en Ukraine : « Il n’y pas de place pour des avis divergents »
    https://www.investigaction.net/fr/anne-morelli-sur-la-guerre-en-ukraine-il-ny-pas-de-places-pour-des-a

    Historienne et professeure à l’ULB, spécialiste de la critique historique appliquée aux médias, Anne Morelli a publié l’ouvrage de référence « Principes élémentaires de propagande de guerre » https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_propagande_de_guerre
    . Nous l’interrogeons sur la propagande de guerre appliquée au conflit ukrainien. Le rejet de la responsabilité sur l’autre partie que l’on peut apercevoir ces derniers jours dans les médias correspond à un des dix principes édictés dans son livre. Elle affirme que la diabolisation de l’adversaire, dont la parole est sans cesse décrédibilisée, ne permet pas de comprendre le conflit.

     

    Nos médias donnent toute la responsabilité à Poutine. Pourquoi n’examinent-ils pas les conséquences des actions qui ont précédé dans le camp occidental, à savoir celles des États-Unis, de l’Europe et des dirigeants ukrainiens ?
    On est dans une situation où il n’y a pas de place pour les divergences. Je suis sidérée de voir à l’ULB des affiches « Sauver l’Ukraine », « Poutine assassin ! » et d’autres messages de ce type. C’est la première fois que je vois des étudiants se positionner comme ça dans un conflit militaire. Il faut souligner que l’Ukraine à des armes, et ces armes ne sont pas arrivées toutes seules. On arme l’Ukraine depuis 2014 et le gouvernement lance régulièrement ses armes contre les « indisciplinés » des territoires que l’on appelle « prorusses ».

    Lorsqu’en #Yougoslavie, des territoires comme la #Croatie et le #Kosovo ont fait sécession, on a applaudi. Les pays occidentaux les directement ont soutenus. Par exemple, l’Allemagne ou le Vatican ont tout de suite reconnu l’indépendance de la Croatie alors qu’on était occupé à dépecer un pays qui jusque-là était uni. Mais quand c’est l’inverse, comme c’est le cas ici avec notre ennemi qui soutient une autonomie, là on dit que c’est scandaleux. On a un deux poids deux mesures flagrant. Imaginez si demain les Basques, les Catalans ou les Flamands voulaient leur autonomie. Est-ce qu’on applaudirait ?

    On ne comprend pas très bien ce qui a poussé la Russie à attaquer l’Ukraine, sauf à considérer que Poutine est un fou furieux qui veut dominer le monde. Une dépêche de l’AFP, reprise par de nombreux médias, évoque pourtant ce que Moscou reproche à Kiev : génocide au Donbass, présence de néonazis et prétentions atomiques de Zelensky… Mais l’AFP précise que ce sont des « accusations folles ». Vraiment ?  
    La #diabolisation de l’ennemi, c’est un principe de base de la propagande de guerre, assez continu. Napoléon était fou. Le Kaiser, Saddam Hussein, Milosevic et Khadafi l’étaient aussi. Et Poutine est fou bien entendu. Nous, nous avons la chance d’avoir des dirigeants qui sont tous sains d’esprit tandis que de l’autre côté, ce sont tous des fous furieux. C’est élémentaire comme principe de propagande de guerre.

    Pourtant, la question des #néonazis est bien réelle. Le #Bataillon_Azov, ce n’est pas des enfants de choeur, ce sont des néonazis. Il faut aussi rappeler qu’une partie des Ukrainiens se sont solidarisés de l’Allemagne nazie. Il y a une partie de la population qui a combattu les nazis, mais une partie qui a soutenu le #génocide des juifs et toutes les atrocités.

    Quand Poutine dit « On va lutter contre les fascistes ukrainiens », la Russie sait de quoi elle parle. Là aussi, la propagande occidentale a fait oublier que c’est l’ex-URSS qui a le plus collaboré à la défaite de l’Allemagne nazie. C’était tout à fait évident pour la population belge en 1945. Mais depuis, la propagande a fait ses effets à travers notamment les productions d’Hollywood, des films comme Il faut sauver le soldat Ryan et une multitude d’autres.

    Comment développer un mouvement pacifiste dans ces conditions et quel rôle pouvons-nous jouer ?
    C’est très difficile pour l’instant. Ça correspond au dixième principe, si on pose des questions au moment de la guerre c’est déjà aller trop loin. On vous considère pratiquement comme un agent de l’ennemi.

    Si on demande « Est-ce que des gens du Donbass n’ont pas le droit, comme ceux du Kosovo, d’avoir leur indépendance ? », on est suspecté d’être un agent de Poutine. Non, j’aime pas du tout Poutine. Mais j’ai pas envie d’une information qui est si partisane, pas envie d’une information qui est finalement celle de l’OTAN !

    Que faire alors ? J’ai été plusieurs fois invitée à des chaines de télévision et quand j’ai demandé de projeter la carte de 1989 en Europe pour montrer qui avance ses pions vers l’autre, curieusement on m’a dit que ce n’était finalement pas nécessaire que j’intervienne.

    Je pense que dans une situation de forte propagande comme maintenant, notre voix est inaudible.

    Il faut pourtant voir qui encercle qui. Ce sont les troupes de l’OTAN qui encerclent la Russie et pas l’inverse. Récemment, pour une manifestation contre la guerre, il n’y avait que quelques personnes. Depuis la guerre en Irak jusqu’à maintenant, il y a eu un certain découragement du mouvement pacifiste. Quand on voit les énormes manifestations qu’il y a eu par exemple en Grande-Bretagne et en Italie, ça n’a pas empêché les gouvernements d’y aller malgré les réactions populaires contre la guerre.

    Vous disiez dans une interview à La Libre Belgique que pour Biden « La Chine étant un trop gros morceau, s’attaquer à la Russie via l’OTAN apparaît plus accessible ». La réalité d’une guerre USA-Russie n’est-elle pas exagérée ?
    Je ne pense pas que Biden va la faire lui-même, il a promis à son électorat de ne plus envoyer des troupes étasuniennes directement au front. Mais d’une part, il envoie des militaires dans des pays qui étaient autrefois dans l’orbite soviétique comme les pays baltes, la Pologne, etc. Et d’autre part, il espère faire faire la guerre contre la Russie par les pays européens. Dans ce cas-là, Biden n’aura pas à se confronter à son opinion publique. Et au contraire, il obtiendra une réputation de courageux par rapport à l’ennemi. Je ne suis qu’une historienne, mais je pense que Biden essaiera de faire faire la guerre par les autres. Les Ukrainiens ont d’ailleurs déjà reçu énormément de matériel militaire.

    #propagande #manipulation #médias #histoire #cartographie #journalisme #politique #racisme #guerre #censure #ukraine #presse #ukraine #otan #etats-unis #géopolitique #énergie #allemagne #gaz #nucléaire

  • The Assassination of Human Rights Activist Marielle Franco Was a Huge Loss for Brazil — and the World
    https://theintercept.com/2018/03/16/marielle-franco-assassination-brazil-police-brutality

    But did you know that Brazil may actually lead the entire world in police brutality? Despite having 120 million fewer citizens than the U.S., Brazil had a staggering 4,224 people die at the hands of police in 2016. That number represents a 26 percent surge over the previous year.

    This is an international human rights crisis. This is an egregious scandal.

    #Brésil #violences_policières #meurtres #Marielle_FRanco

    • Dans ses derniers messages, elle dénonçait spécifiquement le 41ème Bataillon de Police Militaire qui est en train d’acquérir le surnom de #bataillon_de_la_mort

      Batalhão da PM denunciado por Marielle é o que mais mata no Rio - 15/03/2018 - Cotidiano - Folha
      https://www1.folha.uol.com.br/cotidiano/2018/03/batalhao-da-pm-denunciado-por-marielle-e-o-que-mais-mata-no-rio.s

      Policiais do Rio estão matando mais. Após uma queda de 2007 a 2013, o número de homicídios decorrentes de oposição à intervenção policial está de volta a patamares anteriores à gestão de Beltrame (2007-2016). No ano passado, 1.124 pessoas foram mortas pela polícia no estado.

      Desde que foi fundado, esse batalhão responde sozinho entre os 41 batalhões existentes por 12% de todas as mortes em decorrência de oposição a intervenção policial. Entidades de direitos humanos denunciam há anos o comportamento dos policiais desse batalhão. A vereadora Marielle somava-se a esse coro, mas não se dedicava exclusivamente a isso.

      Death squad - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/Death_squad#Brazil

      The “Death Squads” active under the rule of the military dictatorship continue as a cultural legacy of the Brazilian police.

      (pas d’entrée spécifique au Brésil dans la version WP[fr], un (bref) article sur WP[pt] un peu moins détaillé que le paragraphe en anglais
      https://pt.wikipedia.org/wiki/Esquadrão_da_Morte_(Brasil) )
      #escadron_de_la_mort.

    • #Statistiques comparées d’assassinats policiers en #France vs. #UK, #Allemagne, #USA, #Brésil :

      Les policiers français ont abattu 18 personnes en 2017
      Ivan du Roy, Ludo Simbille, Basta, le 10 janvier 2018
      https://seenthis.net/messages/658589

      C’est le Brésil qui bat tous les records avec 3320 personnes tuées lors d’une intervention policière (en 2015), selon l’Atlas de la violence édité par le Forum brésilien de la sécurité publique. Soit, rapporté à la population française, l’équivalent de 1106 personnes tuées par la police en une année !

      #Violence_policière #Violences_policières #brutalité_policière #Assassinats_policiers #police

    • Marielle Franco, #crime_politique

      Le ministre brésilien de la Sécurité publique, Raul Jungmann, a confirmé vendredi ce que beaucoup soupçonnaient : des hommes politiques locaux sont impliqués dans l’assassinat, le 14 mars dernier, de la militante féministe Marielle Franco à Rio de Janeiro. Le responsable n’a voulu donner aucun nom, mais la presse locale et certains élus ont désigné trois députés locaux de l’Etat de Rio de Janeiro, tous appartenant au parti du président conservateur, Michel Temer, le MDB (Mouvement démocratique brésilien). Les trois élus sont actuellement détenus pour leur rôle dans un vaste réseau de corruption dans les transports.

      Auraient-ils voulu se venger de Marielle Franco et de son parti, le PSOL (Parti socialiste et liberté), qui avaient dévoilé ces affaires et les turpitudes des trois élus ? Les spéculations vont bon train dans la presse brésilienne. Ou alors l’assassinat de la conseillère municipale aurait-il eu pour but d’intimider les militants progressistes de Rio et d’ailleurs, dans l’objectif de mettre fin à la contestation de la militarisation meurtrière des favelas ? Marielle Franco constituait en effet une cible idéale pour les secteurs de l’oligarchie traditionaliste brésilienne : féministe, socialiste, noire, lesbienne, issue et restée proche des milieux populaires ! Tout ce qui est honni par une classe sociale ultraconservatrice, souvent raciste et d’obédience évangélique, qui a le vent en poupe depuis l’éviction contestée de la présidente Dilma Roussef, du Parti des travailleurs, en 2016.

      Depuis lors, la violence à l’encontre des activistes est montée en flèche, surtout parmi ceux qui se mobilisent pour l’accès à la terre, dont la propriété est très fortement concentrée au Brésil : selon la Commission pastorale de la terre (CPT), 70 militants ont été abattus en 2017, dont 52 en lien avec des conflits fonciers.

      Les agressions physiques touchant des élus de premier plan, elles, seraient plutôt inédites au Brésil, a contrario de ce qui se passe en Colombie et au Mexique. L’assassinat de Marielle Franco et les tirs à balles réelles essuyés par la caravane de l’ancien président Lula, en campagne dans le pays en mars dernier, laissent craindre le pire pour l’avenir.

      Après avoir démis de ses fonctions Dilma Rousseff pour une argutie comptable et emprisonné Lula sans preuves, la droite dure ne semble plus connaître de limites. Les élections présidentielles des 7 et 28 octobre prochains permettront-elles de balayer ce sombre horizon violent et rétrograde ? Rien n’est moins sûr. Il est peu probable que la justice, souvent aux ordres, permette au combattant historique du Parti du travail, donné favori dans les sondages, de rester candidat depuis sa cellule de Curitiba. Et aucun prétendant décent ne semble à ce jour en mesure de réunir une majorité des suffrages. Au contraire, Jair Bolsorano, député d’extrême droite, arriverait même en tête. Mais à deux mois du scrutin, un sursaut est toujours possible.


      https://lecourrier.ch/2018/08/13/marielle-franco-crime-politique

  • Jean Jules Joseph, un soldat créole - Dimanche 29 Mai 22h45 | Accueil
    http://www.franceo.fr/emission/jean-jules-joseph-un-soldat-creole/diffusion-du-29-05-2016-22h35

    L’écrivain Daniel Picouly, part sur les traces de son grand-père martiniquais, dont le destin fut bousculé par la #Grande_Guerre. S’envolant pour la Martinique, il cherche à en apprendre plus sur cet aïeul tellement admiré. Né en 1893, Jean Jules Joseph Picouly a rejoint la métropole en pleine Première Guerre mondiale. Pour alimenter son enquête, Picouly rencontre plusieurs spécialistes, parmi lesquels l’écrivain Raphaël Confiant, auteur du « #Bataillon_créole », et les historiens Léo Elisabeth et Sabine Andrivon-Milton. Portée par les illustrations du dessinateur Jean-Denis Pendanx, cette plongée ultra-marine est une occasion, au-delà de l’histoire personnelle du romancier, de se pencher sur les réalités de la société martiniquaise pendant le premier conflit mondial.

    #Martinique #Outremer #guerre #histoire

  •  » [Manipulations par nos médias] Flash Ukraine : la chute d’une statue de Lénine à Kharkiv (et l’ignominie…)
    http://www.les-crises.fr/chute-statue-de-lenine-a-kharkiv

    Une statue de Lénine est démontée à Kharkiv, événement immédiatement repris par nos médias.

    Nous allons nous intéresser plus particulièrement aux termes utilisés par notre presse pour décrire qui sont ces manifestants :

    ...

    chez le Monde, on nous parle de « nationalistes opposés à l’influence de Moscou » qui ont fait chuter la statue et on nous montre un court montage vidéo plutôt festif

    ...

    Le Parisien :
    Là on y va carrément, mode décomplexé à la BHL : on nous parle de « militants pro-européens ».

    ...

    Et maintenant voici les mêmes faits, mais avec d’autres angles de vue :

    ...

    une bande d’hooligans, associée à des membres du bataillon néonazi Azov sont venus mettre en scène la chute de la statue, sous les caméras de journalistes, américains entre autres, et ont découragé tout contre-manifestant de s’exprimer, par leur spécialité : la violence.

    Quant aux chants, ce sont des chants ultranationalistes, avec beaucoup d’obscénités en direction des Russes.

    Il n’y a donc aucun mouvement spontané,tout a été organisé, les activistes venant d’autres villes.

    De plus, durant tous les faits, la police était présente mais n’est pas intervenue, sur ordre du ministre de l’Intérieur, qui au contraire a exprimé son soutien aux néonazis.

    Et ce n’est pas la première fois qu’Avakov le fait, il a déjà à plusieurs reprises cité en exemple le bataillon Azov, disant que ce sont des héros de la Nation, mais nous reviendrons là dessus dans un autre billet, tellement il y en a à dire.

    Comment donc notre presse a pu qualifier de “manifestants nationalistes et/ou pro européens” des ultra-néonazis ???

    #presse #Ukraine #bataillon_Azov #néonazis