• "« La galère s’amuse » : quand la #radio escamote la #prison"
    http://syntone.fr/la-galere-samuse-quand-la-radio-escamote-la-prison

    En 2014 était créées au sein de la prison des #Baumettes, à Marseille, cinq histoires sonores qui détonnaient – et détonnent toujours – par rapport aux productions radiophoniques couramment réalisées en milieu carcéral. À l’occasion de leur mise en ligne intégrale sur le site de l’Oufipo et du démarrage de notre dossier radio et prison, retour sur Hey Jo, comment tu vois le problème ? , de #Radio_Baumettes.

    À écouter sur le site de l’#Oufipo
    http://oufipo.org/hey-jo

    Le premier épisode : "Imagine"
    http://oufipo.org/IMG/mp3/1-Hey%20Jo-Imagine_%20Episode%201-%204mn49s.mp3

    La radio en milieu carcéral
    http://oufipo.org/la-radio-en-milieu-carceral

    Longueur d’ondes aime à faire connaître la radio là où on ne l’attend pas. La douzième édition du festival de la radio et de l’écoute s’est intéressée à la radio en milieu carcéral. Avec pour invités #Elisa_Portier, reporter, réalisatrice et productrice, intervenante à la Maison d’arrêt des Baumettes, et #Nicolas_Frize, compositeur, qui accompagne depuis 1991 des détenus de la Maison centrale de #St-Maur à la formation aux métiers du son, à la numérisation d’archives sonores et à travers des ateliers de culture et de création musicale.

    http://oufipo.org/IMG/mp3/LDO%20Radio%20en%20milieu%20carc%C3%A9ral.mp3

    #radio_et_prison #création_sonore #audio


  • Les Baumettes, deux taules à angles morts - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/11/les-baumettes-deux-taules-a-angles-morts_1642700

    « Libération » s’est rendu dans la prison « historique » de Marseille, symbole de vétusté et d’inhumanité, qui fermera ses portes en juin, ainsi qu’aux Baumettes 2, inaugurées en 2017. Ce centre pénitentiaire, présenté comme « moderne et digne » mais déjà engorgé, est loin d’améliorer les conditions de vie des détenus et le travail des gardiens.

    Dans le jargon, on appelle ça un « moulon ». Dans les faits, cela signifie qu’un homme a été lynché à mort. C’est ainsi que Ramses Aly Elsayed, 21 ans, a perdu la vie en décembre dans la cour des Baumettes 2 (B2) à Marseille. Le premier homicide dans un établissement flambant neuf (lire page 19). On repense aux mots enthousiastes du directeur interrégional des services pénitentiaires lors de l’inauguration, en mai 2017 : « Les détenus vont changer de siècle. » C’est plutôt une mise à mort moyenâgeuse qui a été filmée en direct par les caméras de surveillance. Sans que personne ne soit en mesure de l’empêcher. Sans qu’elle ne suscite de réactions outragées. Sans qu’elle ne provoque de remise en cause interne. Exactement du même type que celles qui ont pu se dérouler par le passé dans les angles morts de la prison voisine et quasi ancestrale des Baumettes historiques (BH).

    Pour quelques mois encore, ce sont deux mondes qui se dressent côte à côte avec, d’une part, BH, prison mythique devenue le triste symbole de la vétusté et de l’inhumanité, qui fermera ses portes dans quelques semaines et, de l’autre, B2 « moderne et digne », fleuron de ces établissements rutilants censés remédier à la surpopulation. Autrement dit, les #Baumettes, bouillon de misère. Et les Baumettes coquettes. En enquêtant sur cette hydre bicéphale, Libération a voulu questionner la façon dont on incarcère, le poids de l’architecture sur le sens de la peine, les conséquences de la surpopulation sur la vie des détenus. Sur les pas du député Gauche démocrate et républicaine (GDR) des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville, nous sommes entrés dans le centre pénitentiaire afin de mieux en comprendre le fonctionnement et les difficultés. Comment peut-on encore y mourir en 2018 ? En parallèle, nous avons œuvré à découvrir ce qu’il est impossible de voir lors de la visite d’un élu : la peur derrière les portes ou le mal-être derrière les poignées de main. Plusieurs des témoins rencontrés hors visite officielle seront cités de manière anonyme.

    « Cache-misère » aux Baumettes historiques

    Au commencement, il y a cette situation géographique hors du commun qui pourrait passer pour une insolence de l’architecte : l’établissement a été construit dans les années 30, à proximité des calanques de Morgiou, dans un décor extérieur aussi grandiose que l’intérieur est aujourd’hui miséreux. Le directeur actuel, Guillaume Piney, récapitule : « Les Baumettes historiques ont pu accueillir jusqu’à 2 000 détenus, aujourd’hui ils sont moins de 600, tous condamnés. Ils sont dans des conditions mauvaises, disons qui ne correspondent pas aux standards acceptables… » Un euphémisme pour désigner un cauchemar long de quatre-vingts ans. Les Baumettes historiques fermeront leurs portes en juin - des transferts sont prévus vers d’autres établissements pénitentiaires de la région tels que Draguignan ou Aix-Luynes 2 - pour laisser place à Baumettes 3 (B3) à l’horizon 2021. Une façon de rayer l’abomination du paysage. Celle qui n’a cessé de susciter des constats alarmistes. Celle dont un surveillant disait dans Libé, en décembre 2012 : « C’est la pire prison que j’ai vue, et de très loin. La taule, c’est la taule : il n’y a rien de mieux pour casser un mec. Mais si, en plus, il débarque ici pour une première peine, c’est terrible. Ce n’est pas humain. »

    En 1991, le Comité de prévention de la torture dénonçait « un traitement inhumain et dégradant » des détenus. En 2006, le Conseil de l’Europe parlait « d’endroit répugnant » dont la rénovation « ne peut plus attendre ». En 2012, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, ressortait d’une visite profondément choqué par la crasse, les cafards et le délabrement. A tel point que fin 2012, le tribunal administratif de #Marseille condamnait l’Etat à faire des travaux de grande ampleur. « Ils n’ont pas été faits : ils ont juste rajouté des cloisons pour séparer les toilettes du reste de la cellule ou mis un coup de peinture par-ci, par-là », insiste Amid Khallouf, coordinateur sud-est de l’Observatoire international des prisons (OIP). « Du cache-misère », confirme Olivier, surveillant CGT, en poste depuis 1995.

    On le croit aisément en gravissant les escaliers décatis qui mènent au second étage du bâtiment A, où étaient initialement enfermés les détenus incarcérés pour des infractions à caractère sexuel. En haut, quelques mots sont inscrits au feutre noir sur un mur blanc : « J’aimerais être un corbeau, je suis mal dans ma peau. » Désormais, il ne reste plus que 37 détenus en attente de leur transfert vers le bâtiment B, « en moins mauvais état », selon le directeur. Pas de surveillant. Pas de vie. Pas de bruit. A part un léger écho de rap qui émane du bout de la coursive, il règne une ambiance de fin du monde. Lorsque Pierre Dharréville demande à s’entretenir avec un détenu, l’une des portes en bois s’ouvre sur ce qui relève davantage d’un cachot.

    Des couvertures sont disposées en guise de paravent pour masquer la vue depuis l’œilleton. Apparaît un homme de 19 ans, cheveux bruns bouclés, jogging gris et tee-shirt rayé, debout devant une plaque chauffante allumée qui fait office de calorifère. Un lit triple rappelle des temps où trois détenus étaient entassés dans ces 8 m2. « Comment se passe la vie en détention ? » questionne l’élu. « C’est dur », souffle le garçon aux traits adolescents expliquant qu’il dort avec sa veste tellement il a froid. « Vous pensez que ça sert à quelque chose ? » « Ça fait réfléchir à ce qu’il ne faut pas faire », réplique-t-il, bon élève. Quand il sortira, dans une semaine environ, il voudrait « travailler, avoir des enfants et une maison, comme tout le monde ». « Qu’est-ce qui est le plus dur ? » insiste Pierre Dharréville. « C’est de rester là. » La porte se referme.

    Cellule « cercueil » et « bains de sang »

    Avant la visite, Libération a pu entrer en contact par téléphone avec S., également incarcéré au bâtiment A avec les derniers Mohicans de cette taule d’un autre âge. Hors de la présence de la délégation, il parle plus librement. Désormais seul en cellule, il évoque « la peinture gonflée et les taches d’humidité », « les fils qui pendent partout et auxquels tu t’électrocutes ». Puis résume en quelques mots : « Les gens appellent ma cellule "le cercueil" parce que le plafond est arrondi comme dans un cercueil. » La référence n’est pas fausse tant les Baumettes sont le fruit d’une architecture moralisatrice et répressive héritée du XIXe siècle, qui forge les prisons comme un lieu d’expiation. S. ne cesse de dire qu’il « a peur », raconte les couteaux qui tournent « partout ». « C’est la prison la plus dangereuse que je connaisse et j’en ai fait quelques-unes, ajoute-t-il, d’une voix quasiment éteinte. Il y a eu des morts et des morts, elle est hantée. » Il a été témoin de « bains de sang » dans les douches collectives constellées de moisissures et surnommées « Apocalypse Now » tant elles sont devenues le lieu de règlements de comptes. Interrogée par Libération, une intervenante dans une association confirme la violence endémique : « J’ai rencontré des victimes de "moulons" dont un jeune homme avec une béquille. Il s’est pris un coup de couteau en promenade. Certains détenus restent tétanisés dans leur cellule, ne sortent plus, même pour prendre une douche. »

    Au tournant des années 90, l’arrivée des caïds des cités a profondément bouleversé les rapports hiérarchiques. Fini le temps où régnaient les grands noms du milieu phocéen : « Mémé » Guérini, Tany Zampa, Francis le Belge. « J’ai 60 ans. On était des hommes d’honneur. Aujourd’hui les jeunes de quartiers n’ont plus de loi ni de morale. Ils sont capables de vous tuer pour un rien », relate un ancien détenu « fiché au grand banditisme » contacté par téléphone. Il conserve le même souvenir cuisant de son passage aux Baumettes en 2011. « J’étais à l’isolement. J’ai vécu avec des détritus et des rats, les douches sur le palier. C’est un monde à part. Rien que l’odeur pestilentielle qui vous saisit… »

    De son côté, S. sera prochainement transféré vers le bâtiment B en attendant la fermeture de l’établissement. « Là-bas, ils se tuent pour un paquet de cigarettes. Des gens se balafrent tous les jours pour un rien », s’effraie-t-il. Quant aux conditions d’incarcération, elles n’y sont guère meilleures : « Les cellules sont complètement crasseuses. Je nettoie le sol, il y a des cafards. J’ai même trouvé des rats dans une poubelle, c’est écœurant, je n’ai jamais ressenti ça, ajoute-t-il. On est traité comme des animaux ici. Je comprends que les gens recommencent quand ils sortent. Moi, ce n’est pas uniquement ma liberté qu’ils m’ont enlevée, c’est tout le reste. »

    Aux Baumettes 2, « tout est compliqué »

    Désormais, tous les regards sont tournés vers les Baumettes 2, qui regroupent l’intégralité des services : l’unité de soin, les parloirs, la bibliothèque, la salle de sport… Depuis BH, on accède à l’avenir carcéral par un long tunnel en béton gris, sorte de voyage dans le temps qui s’achève dans un halo de lumière. Le contraste est saisissant : ici, les murs sont blancs et verts pomme, entourés de quelques timides bosquets. On entend des cris d’une fenêtre à l’autre, on voit les « yoyos » constitués de bouts de draps qui flottent au vent. L’intérieur exhale l’hôpital avec son sol en lino jaune, ses portes colorées et ses vastes coursives épurées. Même l’acoustique est différente : les bruits sont faibles, presque étouffés. Pierre Dharréville sourit en évoquant la série de science-fiction Trepalium qui met en scène une société où les chômeurs et les actifs sont séparés par un mur. Ici, on est censés être du « bon côté ».

    Lors de l’inauguration, l’ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a souligné qu’on « respecte la philosophie de la peine » : « Payer sa dette mais surtout avoir un temps pour se reconstruire pour revenir dans la société. » En filigrane, la célèbre phrase de Valéry Giscard d’Estaing : « La prison, c’est la privation de la liberté d’aller et venir et rien d’autre. » Pas l’effroi et la terreur, pas la privation de dignité, pas les cellules « cercueil ».

    Même les architectes des Baumettes nouvelle génération évitent d’employer le champ lexical de l’enfermement. Sur le site du projet, il est écrit : « L’air, l’espace et la lumière naturelle sont le fer de lance du parti architectural de ce projet. C’est une prison qui respire. » Il n’est pas certain que les détenus massés à deux dans 8 m2 soient du même avis… A B2, ils sont en effet 850 prévenus - c’est-à-dire en attente de leur procès - pour 573 places. Olivier, surveillant CGT, précise : « A l’origine, le principe de l’encellulement individuel devait prévaloir. Sauf que dès que ça a ouvert, les cellules étaient déjà doublées… » Le directeur, lui, a une formule qui résume bien la situation : « Une maison d’arrêt est un hôtel qui n’affiche jamais complet. » Ici, progrès notable, les douches sont dans les cellules. Celles-ci sont rutilantes avec étagères intégrées, lits superposés - à la place des lits simples - et un petit bureau au vernis jaune criard. Soit un style « camping-car » pour reprendre les termes d’Olivier. Mais, à deux détenus dans un espace aussi confiné, l’atmosphère devient étouffante. Il ne reste aucun endroit pour circuler, obligeant chacun à rester allongé sur son lit. Derrière une porte, D., avec ses lunettes rafistolées, son jogging bleu et son air perdu, explique à Pierre Dharréville que « ça se passe très mal ». « C’est le souk dans ma tête », lance-t-il en jetant un regard éperdu autour de lui. En larmes, il se désole : « Regarde comme c’est petit ! » Lors de la visite, Olivier précise : « Environ 30 % des détenus souffrent de problèmes psychiatriques. Ces gens n’ont pas leur place en prison. »

    Comme pour illustrer les statistiques, un jeune homme, l’air hagard derrière ses lunettes rondes, erre dans un couloir en attendant un rendez-vous médical. Il murmure qu’il est incarcéré avec de « faux détenus juste là pour la castagne ». Il y a aussi cet autre prisonnier devenu paranoïaque entre les murs : « Un détenu menace ma famille, il veut me tuer. Je suis observé dans ma cellule, on regarde tout ce que je fais tout le temps », dit-il. Tous les personnels interrogés dépeignent une prison « déshumanisée », « mal pensée ». « Certes, c’est neuf, il n’y a pas de bruit et tout est propre. Mais il n’y a plus de vie collective pour les surveillants. Et tout est compliqué, le moindre déplacement prend un temps fou. On a complètement perdu le côté humain des Baumettes historiques », déplore Olivier. Il n’y a qu’à voir la promenade sans table ni banc. Ou les nombreux sas de sécurité, les traversées infinies, les boutons qui ne répondent pas, les détenus qui poireautent de longues heures en salle d’attente. Une infirmière s’agace aussi : « On travaillait mieux aux Baumettes historiques, on était au cœur de la détention. Là on est en dehors, complètement coupés. Certes il n’y a pas de bruits de clés et de hurlements mais on ne sait plus ce qu’il se passe. »

    Certains lancent de sombres prophéties : à voir le délitement galopant des lieux, dans dix ans, B2 ne vaudra pas mieux que BH. Au gré de la visite, les malfaçons sautent aux yeux : des bassines au sol recueillent l’eau qui goutte, une porte en placo a été défoncée par un coup de poing, une large tache d’humidité s’étend au plafond. Et puis il y a toutes celles que l’on ne voit pas : pendant longtemps, les détenus n’ont pas eu d’eau chaude, il y a eu une inondation dans la salle informatique, une autre dans les parloirs dédiés aux familles, les serrures électriques tombent régulièrement en panne. « Il y a encore des problèmes d’eau chaude. On n’est pas entré dans une phase contentieuse avec le fabricant mais c’est complexe, explique Guillaume Piney, le directeur. C’est méritoire de vouloir faire de l’architecture moins carcérale mais là, ça pose quelques problèmes… » Des voix dénoncent plus prosaïquement l’utilisation de « matériaux de merde ». « Il a fallu changer toutes les cartes mères des ascenseurs parce qu’ils ont pris les premiers prix, explique Lyriane, surveillante CGT. On passe notre vie à attendre derrière les grilles. Tout est beaucoup plus long. » Une éducatrice souligne qu’elle met vingt minutes à atteindre son bureau depuis l’entrée, le temps de passer tous les sas, douze au total. Dans un courrier datant de mai 2017 que Libération a pu consulter, un avocat alertait le bâtonnier sur les multiples dysfonctionnements des parloirs au lendemain de l’ouverture : les détenus qui n’arrivent jamais à destination, le nombre insuffisant de places en salle d’attente et la pièce « conçue en dépit du bon sens ». Les conseils sont en effet enfermés avec leurs clients dans des boxes sans fenêtre « au détriment de toute règle d’hygiène et de sécurité ».

    Quant aux surveillants, ils ne sont pas suffisamment nombreux pour gérer à la fois les mouvements internes et le standard téléphonique pour les parloirs. « On est un peu en tension pour faire tourner les vieilles Baumettes et B2 mais cela devrait s’arranger », justifie Guillaume Piney. Le personnel semble plus sceptique. « On a une nouvelle structure mais on a gardé le fonctionnement de l’ancienne. Moi, j’ai vingt-cinq ans d’ancienneté, aujourd’hui, je dirais aux jeunes de se barrer, les pouvoirs publics n’ont rien compris », s’agace David, surveillant CGT. Tous décrivent un quotidien marqué par une hausse de la violence et les affres du sous-effectif. Lyriane, qui travaille en prison « depuis des décennies », parle d’une « nouvelle génération de détenus qui n’a plus le respect de l’uniforme », d’un jeu de « poker menteur » où elle « feint d’avoir de l’assurance » : « Un jour, en rentrant de la promenade, un détenu a foncé vers moi. Et là, j’ai pensé : "s’il me choppe à la carotide, c’est fini". Tous les agents sont isolés dans leur secteur. Si on utilise l’alarme, on sait bien que personne ne va arriver, on n’est pas assez nombreux. »

    Libération a pu lire le contenu d’un conseil de discipline qui retranscrit une scène presque banale. C’est le détenu E. qui raconte la promenade du 4 août 2017 au quartier hommes de la maison d’arrêt : « Ils me sont tombés à plusieurs dessus, j’ai été roué de coups, je n’ai rien compris. » D’après le compte rendu, deux détenus l’ont attendu dans un coin avant de lui porter un coup à la tête, puis « un enchaînement de coups de poings et de pieds ». Il a été entièrement déshabillé, frappé à nouveau au visage et traîné par terre par les cheveux. « Le détenu E. s’est ensuite présenté, nu, devant l’entrée de la cour pour pouvoir être évacué. » Ramses Aly Elsayed, quant à lui, ne s’est jamais relevé lorsqu’il a été tabassé en décembre.

    « Dans quel état les gens vont ressortir d’ici ? »

    Ce n’est peut-être pas un hasard si l’architecte a choisi de placer la statue de la « colère » - parmi celle des sept péchés capitaux qui ornent la façade - à côté de la porte de la prison. C’est cette étrange pythie qui accueille et salue le visiteur, celle qui verra partir Pierre Dharréville « avec beaucoup de questions ». « La situation des Baumettes historiques est profondément révoltante, c’est insupportable. La perspective qu’elles soient fermées est rassurante mais qu’on ait tenu jusque-là est indigne de la condition humaine. La vraie question, c’est le sens de la peine et ce qu’elle produit : dans quel état les gens vont ressortir d’ici ? »

    Bientôt, des murs tomberont et d’autres les remplaceront. BH disparaîtra pour laisser place aux Baumettes 3. « En 2022, l’intégralité du site, qui par sa capacité constituera le troisième centre pénitentiaire de France, sera rénovée, offrant ainsi des conditions de détention plus dignes et des conditions de travail améliorées pour le personnel pénitentiaire » , promet déjà la brochure du ministère.
    Julie Brafman Envoyée spéciale à Marseille Photos Olivier Sarrazin. Hans Lucas

    Très bon article. Les photos sont à voir dans l’article.
    #prison #administration_pénitentiaire


  • À défaut de pouvoir s’échapper de son quotidien, Samy a décidé de le raconter.
    https://www.prison-insider.com/testimonials/france-l-indignite-en-prison

    « J’ai perdu ma mère le 6 mai 2017, l’année où je suis rentré aux Baumettes. Je n’ai pas eu le droit de participer à ses obsèques. » Samy a 33 ans. Originaire de Nantes, il est incarcéré au centre pénitentiaire de #Marseille, initialement pour une affaire de stupéfiants. Aujourd’hui, il est seul en cellule. Une vieille cellule de 9m2 dans le bâtiment B des #Baumettes. Ceux qui l’ont croisé rapportent : « il est très maigre et souffre d’un pneumothorax. »

    #prison_insider


  • « Une prison digne d’une dictature » : un rapport épingle l’enfer des Baumettes à Marseille | Pierre Isnard-Dupuy
    https://www.bastamag.net/Une-prison-digne-d-une-dictature-un-rapport-epingle-l-enfer-des-Baumettes-

    En pleine grève des surveillants, l’ONG Confluences dévoile un rapport choc - dont Bastamag a eu la primauté - sur les atteintes aux droits humains dans le centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille. La promiscuité et les conditions sanitaires déplorables y entraînent violence, suicides, maladies, dégradation de la santé mentale des détenus et grèves de la faim. Typique de l’inhumanité des prisons à l’ancienne, le bâtiment historique doit être détruit et remplacé par Baumettes 3, installation moderne et digne selon les autorités. Sauf qu’à Baumettes 2, ouvert en mai, les conditions de détentions posent déjà de nouveaux problèmes. Source : Basta (...)



  • Publication de notes sur l’exécution du dernier condamné à mort en France
    http://www.enm.justice.fr/?q=actu-06decembre2016_Peine-de-mort-Robert-Badinter-remet-un-document-h

    L’ancien garde des Sceaux Robert Badinter remettra, ce mercredi 7 décembre, un document historique à l’ENM à l’occasion du 35e anniversaire de l’abolition de la peine de mort. (...)

    Le 9 septembre 1977, #Hamida_Djandoubi, reconnu coupable du meurtre de sa compagne, est guillotiné à la prison des #Baumettes, à Marseille. Désignée pour assister à l’#exécution, [la juge d’instruction] #Monique_Mabelly écrit, lorsqu’elle rentre chez elle, un témoignage saisissant de neuf pages dans lequel elle décrit les derniers moments de vie du condamné et fait notamment part de la « révolte froide » qu’elle a ressentie face à cette « vie (…) tranchée » en une seconde.

    Les notes
    http://www.enm.justice.fr/sites/default/files/publications/PV-derniere-execution-1977.pdf [#pdf]

    Le cortège se forme. Une vingtaine (ou une trentaine ?) de gardiens, les « personnalités ».
    Tout au long du parcours, des couvertures brunes sont étalées sur le sol, pour étouffer le bruit des pas.

    (...)

    Pendant un instant il est question de remplacer les menottes par la cordelette, mais on se contente de lui enlever les menottes, et le bourreau a ce mot horrible et tragique : « Vous voyez, vous êtes libre !... »

    (...)

    Maintenant il a compris que sa vie s’arrêterait quand il aurait fini de boire.

    (...)

    Cet homme va mourir, il est lucide, il sait qu’il ne peut rien faire d’autre que retarder la fin de quelques minutes. Et ça devient comme un caprice d’enfant qui use de tous les moyens pour retarder l’heure d’aller au lit !

    (...)

    Le condamné continue à boire son verre lentement, par petites gorgées.

    (...)

    Le verre est presque terminé et, dernière tentative, il demande une autre cigarette, une Gauloise ou une Gitane, car il n’aime pas celles qu’on lui a données.
    Cette demande est faite calmement, presque avec dignité.
    Mais le bourreau, qui commence à s’impatienter, s’interpose : « On a déjà été très bienveillants avec lui, très humains, maintenant il faut en finir. »

    (...)

    L’homme qui parlait, moins d’une minute plus tôt, n’est plus qu’un pyjama bleu dans un panier.

    #histoire #peine_capitale #guillotine



  • Dessin de la semaine : La #Suède ferme ses prisons
    http://fr.myeurop.info/2013/11/14/dessin-de-la-semaine-de-pinel-la-suede-ferme-ses-prisons-12562

    La Suède condamne ses prisons à la fermeture, faute de prisonniers. Alternative à l’incarcération, Stockholm privilégie les peines de probation depuis des années avec succès. Christiane Taubira voudrait faire de même, mais c’est sans compter les blocages au sein même de sa majorité.

    Les détenus incarcérés sont de moins en moins nombreux en Suède. lire la suite

    #INFO #France #Baumettes #Fleury #peine_de_probation #peine_de_substitution #prison_Suède #surpopulation_carcérale


  • Mystik : « La prison, c’est pas aussi marrant que dans les films »
    http://www.lepoint.fr/societe/mystik-la-prison-c-est-pas-aussi-marrant-que-dans-les-films-07-06-2013-16778

    J’étais dans une cellule à trois. Les six derniers mois, je les ai passés tout seul. J’étais en pleine écriture d’un livre. Je suis allé voir la direction maintes et maintes fois. L’autre qui voulait regarder un match de foot, l’autre qui voulait se masturber, c’était plus possible. J’ai été avec des gamins, des vieillards, des vendeurs de drogue, des braqueurs. C’était l’école du crime. J’ai vu un gamin de 18 ans condamné à six mois de prison. Alors qu’il aurait pu en faire trois et sortir, il a pas su gérer. Au final, il a pris 4 ans parce qu’il a déconné. Le rapport de la rue n’est pas à la hauteur de ce qui se passe aux Baumettes. La crasse dans les douches, les maladies... Tu te laves, tu vois passer un rat, puis un chat. Tout ça crée une tension. Elle est visible, palpable. Il faut tout le temps faire un travail avec soi-même. Il faut faire attention à ne pas se retrouver au mauvais moment, au mauvais endroit. J’ai vu des gens se faire balafrer. Maintenant, c’est derrière moi. J’ai plus qu’à prévenir les jeunes que la prison, c’est pas aussi marrant que dans les films. Ça dure plus longtemps que 1 h 30

    #prison #baumettes #mystik


  • Les prisons françaises et les suicides hebdomadaires.

    http://nitro-politic.overblog.com/les-prisons-fran%C3%A7aises-et-les-suicides-hebdomadaires

    Ce sont les établissements les plus récents qui enregistrent les taux de suicide les plus élevés, avec pour triste record, Lyon-Corbas (89/10000). Ce qui signifie tout simplement que l’état des locaux ne fait pas tout. La relation Humaine intra muros est essentielle.
    J’ai le souvenir d’une dame qui avait connu les Baumettes à l’été 2012 et qui était incarcérée dans une prison flambant neuve, se disait capable de faire les 400 kilomètres qui la sépare de Marseille à pied afin de retourner vivre avec les rats et les cafards à condition de regagner la chaleur des Baumettes.

    #prison #lyon #corbas #marseille #baumettes #suicides


  • La prison. Je n’ai jamais rien lu de plus touchant depuis De Profundis (Oscar Wilde)

    10-26 - Chapitre 3 - la suite - brunodesbaumettes.overblog.com
    http://brunodesbaumettes.overblog.com/10-12-chapitre-3-la-suite

    Je lui dis, combien ici, en prison, j’ai appris à me taire, surtout à ne rien dire, ou en dire le moins possible. Ici tout m’enferme. Je ne sais plus si je lui ai dit que cet enfermement, au bout du compte me va bien : qu’il me protège aussi.


  • Marseille : vaste chantier à la prison des Baumettes - Libération
    http://www.liberation.fr/societe/2013/03/08/marseille-vaste-chantier-a-la-prison-des-baumettes_887144

    Marseille : vaste chantier à la prison des Baumettes

    Rouille, peinture défraîchie, câbles électriques sectionnés, réfrigérateurs infestés de cafards : le chantier est vaste à la prison des Baumettes à Marseille.
    Bruits des perceuses et ponceuses font désormais partie du quotidien du centre pénitentiaire niché en creux de colline dans le sud de la cité phocéenne, à quelques kilomètres des calanques.
    La vétusté de la prison n’est pas un fait nouveau. Mais le rapport accablant de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation, paru en décembre, a mis un coup de projecteur sur des conditions de détention considérées comme « des violations graves des droits fondamentaux ».
    Les premiers coups de pinceaux ont été donnés à la mi-décembre, avant une visite début janvier de la garde des Sceaux Christiane Taubira.
    Force est de constater que l’imposante façade classée de la prison contraste avec l’état de décrépitude de l’enceinte des années 30.
    Dans les coursives, l’eau des pluies charrie des détritus. Les allées longeant la cour servent de dépotoir géant : des chaussures usées, des plateaux repas carottes-maïs qui viennent d’être projetés des fenêtres...

    « Les rats pourront se faire un festin », lance un surveillant.

    #prison #Baumettes


  • Prison des Baumettes : « A dix dans les douches, ça peut mal tourner »
    http://www.rue89.com/2013/03/03/prison-des-baumettes-dix-dans-les-douches-ca-peut-mal-tourner-240196

    Témoignage 03/03/2013 à 13h14
    Prison des Baumettes : « A dix dans les douches, ça peut mal tourner »
    Bruno des Baumettes | Ex-détenu

    Envoyer l’article par email
    Imprimer
    Réduire la taille du texte
    Augmenter la taille du texte
    Imprimer

    Salle de douche de la maison d’arrêt des hommes 1, Les Baumettes, Marseille (Gr&eacute ; goire Korganow pour le CGLPL)

    « – A propos, Bruno : je t’ai pris du tabac, je voulais voir le goût qu’il avait... il est plus fort que le mien !

    – OK, pas de soucis, sers-toi... »

    Dois-je lui permettre de faire de même avec toutes mes affaires ? Il vaut mieux pas que je m’énerve : de toute façon, ça n’arrangerait rien. Jean-Marie nous écoute. Il reste imperturbable. Il fait comme si de rien n’était, comme d’hab. Il lit son journal. C’est bientôt l’heure du déjeuner.
    La douche est aussi le fumoir
    Making of
    Bruno a vécu dans la « deuxième nord », une aile réservée aux détenus isolés : les pointeurs, les violeurs, les détraqués et autres y sont mis parce qu’ils ne peuvent pas, pour des raisons de sécurité, voire de vie ou de mort, être mélangés avec les autres détenus de droit commun.

    « Ce journal est dédié à tous mes compagnons grâce auxquels j’ai survécu dans le quartier des “Isolés” des Baumettes. Ceux qu’on traite de “pointeurs” – ces parias des prisons. Votre humanité m’a permis de tenir et d’exister. Merci à vous... »

    Nous avions publié sa première journée, ce post est le dernier publié sur son blog. Témoignage du quotidien matériel – scandaleux au point que le Conseil d’Etat est intervenu – et de ce que vit un prisonnier, ce prisonnier, Bruno. Blandine Grosjean

    Ce matin, j’ai eu un accrochage sévère avec Bébert, après qu’on soit revenu de la douche. Il venait de se faire alpaguer par Habib-l’assassin. Toujours pour du tabac, je crois.

    Ça a commencé là-bas, Bébert a eu la mauvaise idée d’y apporter quelques cigarettes pour Laïd et pour un autre détenu. Quelle idée de porter ses cigarettes jusque dans cette caverne !

    C’est vrai que dès potron-minet, les douches servent aussi de fumoir. Ça permet de patienter en attendant son tour. Le parfum du tabac et de l’humidité s’enroulent autour des serviettes : ça transpire jusqu’à puer.

    Au lieu de faire ça discrètement, Bébert distribue ses cigarettes aux yeux de tout le monde. Et dans ce monde-là, ce matin, il y avait Habib. Ça n’a pas manqué :

    « – Et à moi, tu m’en donnes pas ? !

    – Mais je les lui devais ces cigarettes, il m’en avait données, il fallait que je lui rende.

    – Oui, mais tu en as alors !

    – Mais non, je te dis que j’en ai plus, t’es sourd ou quoi ! »

    Sûrement Bébert considère-t-il qu’Habib est un peu sourd. Il ne lui parle pas : il lui gueule dessus. Il devrait se méfier. A plus de dix dans les douches, ce type de conversation peut mal tourner. Nous sommes collés les uns contre les autres : les gentils avec les méchants. Habib ne lâche rien : presque, il prendrait la douche avec Bébert pour un peu de tabac.
    Bébert l’a bien cherché

    Je me lave en me bouchant les oreilles. Je me dis même que Bébert l’a bien cherché. C’était de la provocation que d’amener des clopes jusqu’ici. Après la douche, il faut encore attendre que le surveillant vienne nous ouvrir. Habib courtise toujours Bébert. Bébert refuse toujours ses avances.

    En sortant, je les vois, l’un suivant l’autre. Bébert tente de semer Habib le long de la grande coursive, Habib continue à le pister comme un gibier ! Vu la différence de gabarit entre les deux bêtes, Bébert fait figure de menu fretin. Habib n’en fera qu’une bouchée. Précautionneusement, j’ai pris la travée d’en face. Je ne me mêle pas à la course. Le vide central nous sépare – le vide qui relie les étages. Le détour me va mieux.

    Quand je rejoins la porte de la cellule, Bébert et Habib montent déjà la garde. Je reste à distance. Il faut attendre que le geôlier vienne là aussi nous ouvrir. Ils ont dû négocier en chemin. De guerre lasse, Bébert finira par donner quelques clopes à Habib. Si ça valait la peine tout ça : de toute façon, il n’avait guère d’autre solution.

    #prison #baumettes #cglpl


  • Vers un numerus clausus en prison ?
    http://www.europe1.fr/France/Vers-un-numerus-clausus-en-prison-1373539

    Tout en se félicitant de la philosophie exposée par la ministre, les trois organisations ont estimé que « seule une véritable politique réductionniste permettrait de mettre un terme à la surpopulation et de garantir enfin le respect du principe de l’encellulement individuel ». « Au-delà des mots », elles ont dit attendre des « actes forts et courageux ».

    L’instauration d’un numerus clausus dans les établissements pénitentiaires, selon la règle un détenu = une place de prison quitte à limiter les entrées et favoriser les sorties, est un vieux débat de la politique pénale. Une proposition de loi socialiste soutenant ce projet avait été rejetée en 2010. La suppression des peine planchers promise par le gouvernement, recommandée dans la pratique des magistrats par la Chancellerie, n’a pas encore été votée.

    #prison #numerus_clausus #Baumettes #Taubira #OIP #SM


  • EXCLUSIF. Quand Taubira minimisait la situation des Baumettes - Le Point
    http://www.lepoint.fr/societe/exclusif-quand-taubira-minimisait-la-situation-des-baumettes-07-01-2013-1610

    EXCLUSIF. Quand Taubira minimisait la situation des Baumettes

    « (...) Dès lors le centre pénitentiaire des Baumettes ne méconnait pas les règles d’hygiène et de salubrité édictées par les articles D34 et D350 du code de procédure pénale. » Ces propos qui minimisent la situation dramatique de la prison des Baumettes en niant en substance le préjudice moral subi par un détenu émanent de la garde des Sceaux Christiane Taubira. Ceux-ci sont extraits d’un mémoire de défense adressé le 25 octobre dernier au tribunal administratif (TA) de Marseille, soit un mois avant la publication du rapport accablant de Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des prisons, sur l’état de déliquescence du centre pénitentiaire des Baumettes. Et quelques jours après la visite des enquêteurs !
    Le tribunal administratif doit alors juger en référé la requête d’un détenu de cette prison qui vise à faire condamner l’État français pour préjudice moral. Détail savoureux : dans son mémoire de défense, la ministre indique qu’une entreprise de dératisation intervient depuis le printemps 2012. Alors même que le conseil d’État a ordonné le début de ces opérations le 22 décembre dernier... Une réalité qui nous a, par ailleurs, été confirmée par plusieurs sources syndicales sur place.

    #prison #conditions_détention #Baumettes #justice


  • Conseil d’État : Ordonnance, 22 décembre 2012, section française de l’observatoire international des prisons et autres
    http://www.conseil-etat.fr/node.php?articleid=2795

    - le juge des référés du tribunal administratif de Marseille n’a ni dénaturé les faits, ni commis d’erreur de droit en jugeant qu’il ne résultait pas des pièces du dossier que les conditions de détention au sein du centre pénitentiaire des Baumettes méconnaissaient les stipulations de l’article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

    – il n’a ni dénaturé les faits, ni commis d’erreur de droit en considérant que la présence de rongeurs et d’insectes nuisibles et l’absence d’accès à l’eau potable ne constituaient pas des traitements dégradants et inhumains au sens de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

    #prison #baumettes #cglpl #conseil_d_etat


  • Marseille. Aux Baumettes, la vétusté, la crasse, le racket et la violence - francetv info
    http://www.francetvinfo.fr/marseille-aux-baumettes-la-vetuste-la-crasse-le-racket-et-la-violence_1

    Un budget hygiène en chute libre

    Réagissant à ces recommandations, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, affirme qu’un programme de restructuration viendra « répondre aux problèmes de vétusté » d’ici 2017. Jean-Marie Delarue relève toutefois que les travaux « consistent à détruire les bâtiments les moins dégradés » des Baumettes, notamment les plus récents réservés aux femmes, et laissent « intacte la maison d’arrêt des hommes ». Dans ses recommandations, il s’inquiète des coupes budgétaires (contestées par Christiane Taubira) entre 2011 et 2012 dans l’établissement : baisse des dotations initiales de 7,2%, des dépenses « d’hygiène et de propreté des détenus » de 58%, de la somme « fournitures et travaux » de 37%.

    La violence a elle aussi franchi la porte d’entrée, toujours marquée par des tirs de chevrotine datés de 2007. Souvent, « l’agression sanctionne celui qui ne veut ou ne peut plus payer », plutôt que tout lien avec la situation très médiatisée des quartiers nord, dont les habitants sont minoritaires aux Baumettes. « On a du mal à enquêter sur ce qui s’y passe », affirme à francetv info Benoît Vandermaesen, vice-procureur au tribunal de grande instance de Marseille et membre du syndicat de la magistrature.

    Avec « fatalité », le personnel « gère la détention comme il le peut », note Jean-Marie Delarue, soulignant que « les surveillants copinent beaucoup avec les détenus », pour préserver une certaine paix sociale. Un pari risqué qui conduit à d’autres situations ubuesques : « Nous avons découvert une cellule où un trou avait été creusé, suffisant pour y passer un téléphone dans la cellule voisine », raconte-t-il. « Les surveillants l’avaient remarqué et laissaient faire. » Peut-être parce qu’un autre problème des Baumettes est la pénurie d’activités proposées aux détenus. L’exigence de réinsertion assignée aux prisons par la loi pénitentiaire de 2009 attendra.

    #prison #baumettes #cglpl



  • PRISONS — Jean-Marie Delarue aux avocats : « N’hésitez pas à jouer votre rôle » - LexTimes.fr
    http://www.lextimes.fr/5.aspx?sr=1116#BjZA1B1viMb5bD1v.99

    Jean-Marie Delarue aux avocats : « N’hésitez pas à jouer votre rôle »

    Au lendemain de la publication de ses recommandations en urgence sur le centre pénitentiaire des Beaumettes à Marseille, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, reçu par le barreau parisien, est revenu sur la situation des prisons françaises et a exhorté les avocats à utiliser tous les moyens dont ils disposent

    #prison #CGLPL #Baumettes #avocat


  • Recommandations du Contrôleur général des lieux de privation de liberté relatives au centre pénitentiaire des Baumettes
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000026729330&dateTexte=&

    Il existe un fait incontestable. L’état matériel très dégradé du centre pénitentiaire est dans l’ensemble parfaitement connu. A l’issue de sa visite dans l’établissement à la fin de 1991, le Comité (européen) de prévention de la torture (CPT) notait, dans son rapport, que « les conditions de détention... laissaient fortement à désirer » (paragraphe 91) et que les « conditions d’hébergement dans les bâtiments A et B de Marseille-Les Baumettes ont fait l’objet d’une observation immédiate de la part de la délégation ». Il relevait notamment que « l’état général de ces cellules et de leur équipement était d’une vétusté avancée. Certaines d’entre elles étaient très sales, tout comme leur literie » (paragraphe 92). Il concluait, en particulier, que « soumettre des détenus à un tel ensemble de conditions de détention équivaut, de l’avis du CPT, à un traitement inhumain et dégradant ». Revenu sur place en 1996, le Comité donnait acte aux autorités de la réalisation de certains travaux, de la diminution de la population pénale, de l’augmentation de la fréquence des douches mais maintenait que les travaux de rénovation du centre pénitentiaire devaient bénéficier d’une « haute priorité » (rapport, paragraphe 93). De son côté, la délégation du Sénat, visitant la prison le 18 avril 2000, indiquait qu’une centaine de cellules étaient inoccupées « compte tenu de leur état de vétusté », que les bâtiments A et B sont vétustes et que « de nombreuses cellules ne comportent pas d’isolation des toilettes ». Enfin, le commissaire européen aux droits de l’homme se rend dans les locaux en septembre 2005 et se disait « choqué des conditions de vie observées... aux Baumettes ». « Le maintien de détenus en leur sein me paraît, ajoutait-il, être à la limite de l’acceptable et à la limite de la dignité humaine. »

    #prison #baumettes #cglpl




  • Casabianda, une prison Corse unique en Europe http://www.lien-social.com/spip.php?article1901&id_groupe=12

    Mais si Casabianda est un centre de détention qui ne ressemble à aucun autre – « Il est unique en Europe », s’enorgueillit le directeur –, c’est aussi parce que l’ambiance y est très différente des autres prisons.
    Extrêmement rigoureux sur l’observation du règlement intérieur et notamment la présence aux trois appels quotidiens, les personnels de Casabianda – tant les surveillants que les travailleurs sociaux – utilisent la menace de Borgo (ndlr, la prison de Bastia) pour rappeler aux détenus qu’il est des limites à ne pas dépasser. « Bien souvent, dans les parcours de détention, du fait de leur statut de « pointeur », certains sont victimes de brimades, voire pire. Avant de venir ici, la plupart d’entre eux étaient d’ailleurs à l’isolement afin d’être « protégés » des autres détenus. Arrivés ici, la perspective de retourner dans une prison classique suffit souvent à calmer les esprits », constate Jean-Baptiste Paoli, professeur des écoles au centre de détention depuis dix ans. Et de raconter comment dans sa classe, deux détenus qui en venaient aux mains, se sont immédiatement calmés en entendant leur prof prononcer « Borgo, Borgo ».

    #prison #casabianda #baumettes #bastoy