• #Sanitari_per_Gaza Emilia-Romagna mappa i rapporti economici tra la Regione e il gruppo #teva
    https://radioblackout.org/2026/07/sanitari-per-gaza-emilia-romagna-mappa-i-rapporti-economici-tra-la-re

    Sanitari per Gaza Bologna ci racconta di un loro progetto che, insieme a #BDS, nel contesto della campagna di boicottaggio TEVA, si concentra su una mappatura degli #appalti pubblici vinti dall’azienda. Teva è la più grande azienda per fatturato israeliana, complice del genocidio in corso e che beneficia direttamente dell’occupazione in Cisgiordania. È una grande […]

    #Blackout_Inside #L'informazione_di_Blackout #Boicottaggio_Israele #emilia_romagna
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/2026_06_25_2026.06.25-09.00.00-SanitariBolo.mp3

  • LE BOYCOTT CULTUREL contre ISRAËL est LÉGITIME ! LE CAS de NADAV LAPID avec EYAL SIVAN
    27 juin 2026 - Paroles D’Honneur
    https://www.youtube.com/watch?v=nt4h2wi8EgU

    00:00 Intro
    02:09 Presentation d’Eyal Sivan
    05:27 Le boycott culturel qu’est ce que s’est ?
    06:51 Les critiques du boycott culturel
    08:15 L’affaire Nadav Lapid
    14:42 Nadav Lapid : Courage ou lâcheté ?
    17:18 Les palestiniens peuvent-ils parler ?
    22:54 Le boycott n’est pas une censure !
    24:05 L’establishment de la culture contre le boycott
    25:41 LE CINÉMA EST POLITIQUE !
    27:45 Déligitimer les déligitimateurs
    30:10 Le cinema français face au boycott
    33:30 Les véritables raisons du boycott de Lapid
    41:11 Soutenir ou pas la société civile palestinienne

    #BDS

  • Bitar (le modéré, grand admirateur du journal modéré « Le Monde ») versus Salhab

    Karim Emile Bitar : "🎥 "Que le plus grand artiste dissident israélien, œuvrant inlassablement à dénoncer les dérives fascistes et colonialistes de son gouvernement, soit amené à se retirer d’un festival français doit nous alerter et nous mobiliser au-delà de cette aberration" / X
    https://x.com/karimbitar/status/2064333439524815005

    rayya badran ريّا بدران sur X : "Bien. Voilà donc la réponse du cinéaste libanais Ghassan Salhab (prise d’écran de son compte insta) :"
    https://x.com/rayyabadran/status/2064336030539342076

    « Pour tous ceux qui s’offusquent, ressassant à souhait qu’un boycott est une logique d’exclusion, d’assignation : le boycott culturel ne consiste pas en une censure basée sur le contenu des œuvres, il s’intéresse aux moyens de production et de diffusion de ces œuvres. Il en a été ainsi pour le boycott culturel de l’Afrique du Sud.

    _Le dernier film de Nadav Lapid, Oui, n’y échappe pas. Une part du financement du film provient de Israel film fund, dont les fonds proviennent de la municipalité de Tel-Aviv, du ministère de la Culture israélien, de l’Israeli Film Council et de ses propres capitaux.

    _Loin donc d’être une entité indépendante, comme présentée dans un récent article du journal Le Monde. Le même Nadav Lapid était bel et bien présent au dernier festival du cinéma Israélien qui a entre autres pour partenaire l’ambassade d’Israël en France — et dont l’ambassadeur a « honoré par sa présence le festival », dixit la page officielle du festival.

    De plus, le film Oui a obtenu deux prix aux Ophir de 2025, prix décernés chaque année par l’Académie israélienne du cinéma et de la télévision.

    _Aussi critique soit-il, Nadav Lapid n’est en rien en rupture avec cet Etat-apartheid, qu’il qualifie pourtant lui-même de génocidaire. Et quand il préconise, pour ne pas dire prétend à un débat, qu’il l’initie d’abord et avant tout avec les cinéastes palestiniens, les premiers concernés tout de même, loin des médias et tout autre projecteur pour commencer._ »

  • Le boycott culturel est un acte politique
    lapalestinesauveralecinema | 8 juin 2026 | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/lapalestinesauveralecinema/blog/080626/le-boycott-culturel-est-un-acte-politique

    La polémique autour de la présence du réalisateur israélien Nadav Lapid à la prochaine édition du Festival international de cinéma de Marseille (FID) a été présentée dans les colonnes du Monde comme un affrontement entre partisans du dialogue et tenants de la menace et de la censure. Pire, comme une campagne menée contre un réalisateur israélien sur le simple fait de sa nationalité.

    Nous voulons dans ce texte rectifier des affirmations mensongères mais aussi proposer une lecture politique de cette polémique. Car le récit qui en est fait jusqu’à maintenant occulte, encore une fois, la véritable question en jeu : celle de la légitimité du boycott culturel comme moyen d’action politique.
    (...)
    C’est donc dans ce contexte qu’apprenant cette invitation faite à Nadav Lapid d’être membre du jury ou présent pour animer une masterclass ou une signature (les propositions n’ont jamais été complètement clarifiées par le FID lui-même), plusieurs cinéastes et programmateur·rices décident de retirer leurs œuvres de la programmation estimant que les conditions de leur participation n’étaient pas compatibles avec leurs convictions politiques et avec les espaces qu’ils souhaitent créer pour la réception de leurs oeuvres, et c’est leur droit le plus strict. (lire ici leur texte)
    (...)
    Contrairement à ce qui est avancé, Nadav Lapid n’est pas mis en cause en raison de sa nationalité israélienne. Redisons-le donc fermement : le boycott culturel ne vise pas les artistes en raison de leur nationalité ni de leurs opinions personnelles. Ce qui est en débat ici c’est la réalité de son inscription dans des dispositifs institutionnels et politiques de l’état israélien. Réduire cette question à une attaque contre un individu permet donc encore une fois d’éluder le véritable enjeu qui concerne les institutions, les financements et les dispositifs de représentation culturelle liés à un État ainsi que les liens et le rôle que les cinéastes entretiennent avec eux. Revenons encore une fois sur des faits : le dernier film de Nadav Lapid, Oui, a été soutenu par le Israeli Film Fund, l’équivalent du CNC israélien, financé par l’État. Présenté au Festival de Cannes en 2025 comme une co-production israélienne, il a également concouru aux Ofirs, les principales récompenses du cinéma israélien. Par ailleurs, Nadav Lapid a choisi de participer à plusieurs reprises au Festival du Film Israélien de Paris, manifestation soutenue notamment par l’ambassade d’Israël et ouverte cette année encore par un discours de l’ambassadeur israélien en France.
    (...)

    #BDS

  • Il porto di Gioia Tauro è al centro del traffico d’armi verso Israele. Il ruolo del colosso #Msc

    Il 18 marzo la Guardia di Finanza e l’Agenzia delle dogane del terminal calabrese hanno bloccato e messo sotto ispezione otto container sospetti, dopo le segnalazioni fatte il 13 e il 15 marzo da Linda Maggiori, autrice del nostro dossier “La flotta del genocidio”. I carichi fanno parte di una partita più grande di acciaio balistico partito dall’India: nelle bolle il destinatario reale non compare ma un filo ben visibile conduce al distretto militare industriale israeliano di Ramat Hasharon

    Il porto di Gioia Tauro, uno dei principali hub di transhipment (di smistamento) del Mediterraneo, è nel vortice di un traffico globale di acciaio balistico proveniente dall’India e diretto in Israele.

    Il 18 marzo la Guardia di Finanza e l’Agenzia delle dogane di Gioia Tauro hanno bloccato e messo sotto ispezione otto container sospetti, dopo le segnalazioni fatte il 13 e il 15 marzo da chi scrive. Queste ultime si basano sulle informazioni date dalla campagna #No_harbour_for_genocide, confermate dai siti di tracking e rilanciate poi dal movimento #Bds (Boicottaggio disinvestimento e sanzioni) e dalla testata Pressenza.

    Gli otto container arrivati a Gioia Tauro fanno parte di una partita più grande di 23 carichi di acciaio balistico partiti dall’India tra dicembre e gennaio su quattro diverse navi cargo della compagnia #Mediterranean_shipping_company (Msc). I porti di transhipment sono appunto Gioia Tauro e il Pireo di Atene, da dove i #container dovrebbero essere trasbordati su altre navi e dirigersi poi nell’#Hadaron_terminal del porto di #Ashdod, in Israele. Il ruolo di Msc in questa storia è preponderante visto che non solo le navi sono tutte sue ma anche i terminal: sia l’Hadaron sia il #Medcenter_container_terminal di Gioia Tauro sono entrambi nelle mani del gruppo di #Gianluigi_Aponte.

    Nella città calabrese l’ispezione ha per il momento confermato l’origine indiana dell’acciaio, prodotto dall’acciaieria #RL_Steels_&_Energy Ltd, che nel suo sito vanta apertamente una “partnership duratura con le aziende della difesa israeliane”.

    La stessa azienda a novembre 2025, come rivelato da On The Ditch, aveva spedito 125 tonnellate di acciaio per uso militare alla fabbrica di armi #Imi_systems, di proprietà di #Elbit_system, che si trova a Ramat Hasharon in Israele. Queste nuove spedizioni, secondo le informazioni di No harbour for genocide, sarebbero ugualmente dirette verso il distretto militare industriale di #Ramat_Hasharon.

    Ma nelle bolle di carico, in mano alle Dogane di Gioia Tauro, il destinatario reale non compare. Si legge solo il nome di #Banyan_group_international (#Bgi), una società intermediaria, di consulenza strategica, con uffici in Israele, India e Stati Uniti, che ha come mission quella di facilitare i rapporti commerciali tra aziende indiane e israeliane, specialmente nel settore bellico e che in questo caso agisce anche come nome di copertura per le aziende clienti.

    Il contesto è quello di un accordo commerciale e militare tra India e Israele e un traffico di armi sempre più in crescita, all’interno del quale il Paese del Sud-Est asiatico compra armi ad alta tecnologia da Israele vendendogli in cambio materie prime e acciaio balistico. Il traffico tra questi due Paesi è destinato ad aumentare anche in virtù del nuovo accordo di fornitura di armi siglato nel febbraio 2026.

    Nel frattempo rispetto a Gioia Tauro la deputata Stefania Ascari del Movimento 5 stelle ha presentato un’interrogazione urgente al governo, mentre la sua collega Anna Laura Orrico, accompagnata da Beppe Marra, referente regionale Usb, si è recata nel porto al momento dell’ispezione incontrando funzionari della Guardia di Finanza e dell’Agenzia delle dogane. “Ci hanno detto che le barre d’acciaio (quadrate e tonde) saranno sottoposte a una perizia tecnica per capire se si tratta di acciaio balistico a uso militare, dual use o unicamente civile. Nel caso in cui si accerti che l’utilizzo sia militare, si potrebbe procedere a sequestro”, spiega Orrico.

    Se ciò avvenisse sarebbe uno dei rari casi di sequestro di armamenti in transito. Come da mesi denunciamo con l’inchiesta che ha preso la forma del dossier “La flotta del genocidio”, i transiti di armi in Italia non solo si sono sempre svolti senza richiedere alcuna autorizzazione all’Unità per le autorizzazioni dei materiali di armamento (Uama), ma senza che nessuna autorità li sequestrasse, sebbene fossero diretti verso Paesi dalle condotte in palese violazione della legge 185 del 1990 che all’articolo 6 vieta esplicitamente l’export e il transito di armi verso Paesi che violano il diritto umanitario e le convenzioni internazionali.

    Nel porto di Gioia Tauro intanto la mobilitazione cresce, con presidi e conferenze stampa organizzate dai sindacati Usb e Orsa e dagli attivisti di Bds. Mentre nel Pireo il sindacato dei portuali Enedep ha già dichiarato il rifiuto di caricare e scaricare i container di acciaio balistico diretti in Israele.

    https://altreconomia.it/il-porto-di-gioia-tauro-e-al-centro-del-traffico-darmi-verso-israele-il
    #Gioia_Tauro #port #Italie #Calabre #armes #commerce_d'armes #Israël #Inde #résistance

  • Des dattes des colonies israéliennes illégales écoulées en Europe sous des étiquettes palestiniennes pour contourner le boycott
    https://french.presstv.ir/Detail/2026/02/19/764382/Dattes-des-colonies-vendues-sous-%C3%A9tiquette-palestinienne---le-sc

    Une part importante des dattes vendues sur le marché européen serait introduite sous des étiquettes dissimulant leur véritable origine, selon certains médias et des associations de consommateurs.

    La croissance rapide du commerce mondial des dattes et la complexité des chaînes d’approvisionnement suscitent des débats sur la traçabilité des produits et la transparence des étiquettes.

    En cette période où Israël est particulièrement boycotté dans le monde musulman en raison de la guerre génocidaire à Gaza, il est avancé que des stratagèmes d’étiquetage seraient utilisés pour contourner le boycott de la population musulmane en Europe. Le marché mondial des dattes, dont la valeur devrait atteindre 32,7 milliards de dollars en 2025, devrait croître pour atteindre 34,5 milliards de dollars en 2026, avec un taux de croissance annuel moyen de 6,14 %. Ce marché pourrait atteindre 55,58 milliards de dollars d’ici 2034.

    • Les entreprises israéliennes seraient accusées de masquer la véritable origine de ces dattes (territoires occupés) lors de leur exportation. Le secteur parle de « blanchiment de dattes », consistant à commercialiser ces produits avec des étiquettes d’origine différentes. Ces dattes seraient parfois présentées comme originaires des Pays-Bas, du Maroc, des Émirats arabes unis ou de la Palestine.

      Certains producteurs sur le terrain affirment que les dattes des colonies seraient mélangées via des intermédiaires dans la chaîne d’approvisionnement palestinienne. Il est également allégué que certains commerçants enregistreraient plus de produits que déclaré officiellement, comblant la différence avec des dattes issues des colonies, qui seraient ensuite exportées sous étiquette palestinienne, usurpant ainsi l’identité palestinienne pour écouler des produits des colonies israéliennes.

      Les experts appellent les consommateurs européens à vérifier attentivement l’origine des dattes lors de leurs achats, en demandant plus de transparence sur les produits sans indication claire d’origine, ceux passant par des pays intermédiaires ou porteurs d’étiquettes régionales vagues. Par ailleurs, le secteur agricole israélien traverserait une de ses pires crises, impacté par les boycotts internationaux déclenchés par la guerre à Gaza et les difficultés logistiques, ce qui expliquerait le recours accru à ces pratiques frauduleuses pour maintenir leurs parts de marché en Europe.

      #BDS

  • Le conseil d’éthique de Paris-Saclay appelle à rompre avec les universités israéliennes
    Nicolas Chevassus-au-Louis | 4 février 2026 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040226/le-conseil-d-ethique-de-paris-saclay-appelle-rompre-avec-les-universites-i

    (...) Sans réelle tradition politique enracinée, Paris-Saclay connaît cependant, à partir de juin 2024, des mobilisations d’étudiant·es et personnels en soutien à la Palestine. La présidence est interpellée sur les propos ahurissants, mêlant messianisme et justification génocidaire, du président de l’université de Tel-Aviv (Israël). La présidence choisit alors de saisir Poléthis, son conseil chargé de « proposer aux chercheurs un accompagnement en termes de veille éthique ».

    Mais Poléthis décide de ne pas s’en tenir à cette saisine et s’interroge sur le partenariat avec les universités israéliennes dans leur ensemble. Plusieurs mois de travail plus tard, après l’audition d’un spécialiste du droit international, un avis s’élabore, charpenté en deux points dûment argumentés. Le premier est le constat qu’Israël viole de multiples manières le droit international.
    Une décision votée largement

    Le second point est que les universités israéliennes ont « joué un rôle actif dans le développement de systèmes d’armement et de doctrines militaires, juridiques et diplomatiques pour justifier la colonisation et l’annexion illégale des terres occupées, pour rationaliser le nettoyage ethnique et les exécutions extrajudiciaires des Palestiniens autochtones, enfin pour développer des outils informatiques pour l’armement, les cyberattaques, la surveillance, le renseignement, la propagande ».

    La conclusion coule de source : « Il existe un risque identifié de non-conformité entre les pratiques et comportements des universités israéliennes et les principes éthiques universitaires. » D’où la recommandation de suspendre, le temps d’un « examen approfondi », tous les partenariats avec les universités israéliennes. CQFD.

    On n’avait jamais rien lu d’aussi implacablement précis parmi les nombreux textes appelant à suspendre les liens académiques avec Israël. Et cet avis n’est pas une opinion parmi d’autres : il a été adopté (huit voix pour, aucune contre et quatre abstentions) par un conseil dont la majorité des membres sont nommés par la présidence ou les conseils centraux de l’université.

    « Selon notre règlement, il suffit qu’un seul des membres demande un vote à bulletin secret pour qu’il soit mis en œuvre. Aucun des membres du conseil ne l’a demandé et nous avons voté à main levée », rapporte un membre de Poléthis. Un des arguments qui a emporté la conviction est celui du parallèle si asymétrique avec la Russie, avec laquelle tous les liens académiques ont été rompus dans les semaines suivant l’invasion de l’Ukraine. (...)

    #BDS

  • Israeli agricultural exports face looming ‘collapse’ as world rejects products over Gaza genocide

    Israeli farmers warn the country’s agricultural export industry is facing a looming “collapse” due to international opposition to the Gaza genocide. Recent reports show the impact of boycotting Israel, and why the Israeli ’brand’ may never recover.

    By Jonathan Ofir January 19, 2026 – Mondoweiss
    https://mondoweiss.net/2026/01/israeli-agricultural-exports-face-looming-collapse-as-world-rejects-prod

    In recent months, Israel’s public broadcaster aired several reports on Israel’s massive problem in exporting fruits, particularly to European markets.

    Put out by Kan 11, the reports indicate what the growers themselves describe as a looming “collapse,” unwittingly testifying to the importance of the continuing international boycott of Israel.

    Now Israel finds itself alongside Russia in the “alliance of the boycotted,” one report from the public broadcaster says. It’s hard to identify a single party responsible for this state of isolation, but Europe is a big part of the story.

    “They don’t want our mangos,” a mango farmer tells Kan 11 in one of the reports. “In Europe, they talk to us only if they’re missing something. Only then do they buy from us. If they have an alternative, they avoid it.” (...)

    #BDS

  • Quds News Network - La chaîne de restaurants israélienne Boker Tov, connue pour s’être approprié des plats palestiniens, ferme sa dernière succursale en Belgique après les boycotts liés au génocide de Gaza
    19 Janvier 2026
    http://qudsnen.co/post?id=67100&slug=israeli-restaurant-chain-boker-tov-known-for-appropriatin

    Anvers (QNN) - La chaîne de restaurants israélienne Boker Tov a fermé sa dernière succursale en Belgique et s’est déclarée en faillite, à la suite de campagnes de boycott soutenues liées au génocide perpétré par Israël à Gaza. Le dernier établissement a fermé ses portes à Anvers, marquant la fin de la présence de la marque dans le pays après des années d’appropriation culturelle et de pertes financières croissantes.

    Cette fermeture intervient après des mois de pression publique, de manifestations et de campagnes en ligne visant la chaîne pour son soutien ouvert à Israël pendant le génocide à Gaza. Boker Tov est devenu une cible fréquente des appels au boycott alors que les images des massacres de civils, des destructions et de la famine à Gaza se répandaient dans le monde entier. Les militants ont critiqué la chaîne pour avoir normalisé et défendu le génocide israélien tout en tirant profit de la situation en Europe.

    Boker Tov a été lancé en 2020 pendant la pandémie de COVID-19 et s’est rapidement développé dans toute la Belgique. À son apogée, il comptait quatre succursales à Anvers, Gand et Bruxelles. La chaîne commercialisait des plats palestiniens tels que le houmous, le falafel, le shakshuka, le shawarma et le knafeh, tout en les présentant comme de la cuisine israélienne.

    Pendant le génocide à Gaza, le restaurant a publié plusieurs messages sur les réseaux sociaux exprimant son soutien explicite à Israël et aux soldats israéliens. Ces messages ont été publiés alors que les forces israéliennes menaient des attaques brutales contre des civils, des hôpitaux, des camps de réfugiés et des convois humanitaires. Le contenu a immédiatement suscité des réactions négatives, notamment des critiques massives, l’annulation de contrats de restauration et des appels organisés au boycott.

    Les propriétaires, Tom Sas et Sharon Printz, ont affirmé que les fermetures résultaient de ce qu’ils ont qualifié d’« antisémitisme » et de sentiment anti-israélien. Ils ont déclaré avoir reçu des messages haineux et des menaces, tout en invoquant l’augmentation des coûts de sécurité et d’assurance, qui rendaient l’exploitation de plus en plus difficile. Les membres du personnel ont également signalé avoir été victimes de harcèlement quotidien à la fin de l’année 2023.

    Les tentatives pour limiter les dégâts ont échoué. L’entreprise a essayé de changer d’image, de réduire les symboles israéliens et de redécorer ses intérieurs, mais la pression publique a continué. La succursale de Gand a fermé en septembre 2025, et un établissement d’Anvers a ensuite été mis en vente. Même la visite du Premier ministre belge Bart De Wever dans une succursale d’Anvers, où il a condamné ce qu’il a qualifié d’antisémitisme, n’a pas permis d’inverser la tendance financière.

    Cette fermeture s’inscrit dans le cadre d’un mouvement de boycott plus large en Belgique. Plus de 300 institutions culturelles et au moins 875 artistes se sont publiquement joints aux appels au boycott des entités israéliennes, invoquant les crimes de guerre et le génocide documentés contre les Palestiniens à Gaza. Pour de nombreux militants, Boker Tov est devenu un symbole d’appropriation culturelle et de complicité politique, ce qui fait de son effondrement un élément d’un changement plus large de l’opinion publique à travers l’Europe.

    #BDS

    • Après avoir été confrontée à des messages de haine et à un boycott, la chaîne alimentaire israélienne Boker Tov, basée à Anvers, ferme ses portes
      Avshalom Halutz - 16 h 49 • 18 janvier 2026 IST - Haaretz
      https://www.haaretz.com/world-news/europe/2026-01-18/ty-article/.premium/after-facing-hate-and-boycott-antwerp-based-israeli-food-chain-boker-tov-closes/0000019b-d162-db88-a7df-d36e50a40000

      À son apogée, la petite chaîne comptait quatre restaurants à travers la Belgique et avait même publié un livre de cuisine très populaire. Lorsque l’association avec Tel Aviv est devenue « trop controversée », les propriétaires ont même envisagé de changer la décoration intérieure et le nom.

      Il y a quelques années à peine, la cuisine israélienne, mélange de plats de la diaspora juive, d’influences moyen-orientales et d’interprétations de chefs locaux, connaissait un succès mondial.

      Des restaurants ont ouvert leurs portes dans des emplacements de choix en Europe et aux États-Unis, les livres de cuisine se sont vendus comme des petits pains et les convives habitués aux couverts ont découvert le plaisir de manger du houmous avec du pain pita. Mais la guerre à Gaza et les critiques croissantes à l’égard des actions d’Israël dans le monde entier ont transformé le falafel israélien en une sorte de pomme pourrie. (...)

  • L’historien Vincent Lemire interdit de se rendre en Israël
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/12/l-historien-vincent-lemire-interdit-de-se-rendre-en-israel_6661478_3210.html

    Le Collège de France se met en grève par solidarité !

    L’historien français Vincent Lemire, qui a critiqué ouvertement les opérations israéliennes dans la bande de Gaza, a été interdit de voyager en Israël, où il devait se rendre pour une série de séminaires et de rencontres universitaires, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de l’intéressé, lundi 12 janvier.

    Professeur d’histoire à l’université Paris-Est Gustave-Eiffel et spécialiste du conflit israélo-palestinien, Vincent Lemire a notamment dirigé le centre de recherche français à Jérusalem de 2019 à août 2023.

    Il a dénoncé publiquement à plusieurs reprises la situation humanitaire désastreuse de la population et des otages israéliens à Gaza ces deux dernières années, réclamant notamment des sanctions contre Israël. M. Lemire, qui devait s’envoler dimanche pour Tel-Aviv, a reçu le 7 janvier un courriel de l’autorité de l’état civil et de l’immigration lui notifiant son interdiction d’entrer en Israël, sans fournir d’explications.

    • Salut, c’est bien toi qui a écrit Le Collège de France se met en grève par solidarité ! comme ce que pourait faire le college de France si il réagissait bien... mais pas une phrase que tu as tiré d’une info ailleurs ?? juste pour confirmation :) merci

    • Tu as aussi le cas de cet universitaire juif américain il y a quatre jours : Jewish American academic denied entry to Israel for being a ‘left-wing anarchist’
      https://www.timesofisrael.com/jewish-american-academic-denied-entry-to-israel-for-being-a-leftwing-

      A Jewish American man who had a three-year Israel residency visa was recently refused entry to the country by immigration authorities on the recommendation of the police for being a “left-wing anarchist” and for “nationalistic crime activity.”

      Despite the allegations made by the Population and Immigration Authority (PIBA) and the police, neither provided evidence when informing the individual, who spoke with The Times of Israel on condition of anonymity, that he would not be allowed to re-enter the country.

      PIBA, a department of the Interior Ministry, also did not state how it defines “anarchist” or “nationalistic crime activity” for the purposes of evaluating entry rights into Israel.

    • Israel Bars Entry to French Historian Over Alleged ’anti-Zionist’ Views - Israel News
      https://www.haaretz.com/israel-news/2026-01-11/ty-article/.premium/israel-bars-entry-to-french-historian-over-alleged-anti-zionist-views/0000019b-aea2-da2a-abdf-eebbb7020000

      He also blames European governments for remaining silent in the face of Israel’s actions.

      “We’ve arrived at this absurd and scandalous situation: an Israeli soldier who may have committed war crimes in Gaza enters France freely and without any checks whatsoever,” he said. “A French academic, who has worked for 25 years with dozens of Israeli colleagues, who has never participated in or called for a boycott, and who has had several of his books translated into Hebrew, is being turned away and boycotted by Israel despite being invited by the French Ministry of Foreign Affairs.”

      #bouffons

    • @gonzo @raphael4
      ironie amère, mais ironie pas anodine. L’article de Joseph Confavreux dans Mediapart pose des questions intéressantes :
      https://www.mediapart.fr/journal/international/120126/israel-boycotte-l-universitaire-vincent-lemire-avant-de-changer-d-avis

      Vincent Lemire, professeur d’histoire à l’université Gustave-Eiffel, paraît certes combatif mais aussi sidéré du refus. « Je n’ai jamais boycotté Israël et pourtant Israël a décidé de me boycotter », explique-t-il.

      Contrairement à d’autres universitaires spécialistes du Proche-Orient, il ne prône pas le boycott académique d’Israël et ne participe pas au mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), même s’il ne s’y est jamais opposé et s’il a appelé à des sanctions contre Israël en août. [...]
      Vincent Lemire, professeur d’histoire à l’université Gustave-Eiffel, paraît certes combatif mais aussi sidéré du refus. « Je n’ai jamais boycotté Israël et pourtant Israël a décidé de me boycotter », explique-t-il.

      Contrairement à d’autres universitaires spécialistes du Proche-Orient, il ne prône pas le boycott académique d’Israël et ne participe pas au mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), même s’il ne s’y est jamais opposé et s’il a appelé à des sanctions contre Israël en août.
      [...]
      S’il est un acteur en vue du débat public sur le conflit israélo-palestinien depuis le 7-Octobre, Vincent Lemire n’a pourtant jamais dévié d’une ligne de crête fondée sur la défense des principes du droit international, en condamnant vigoureusement aussi bien les massacres du Hamas que les crimes contre l’humanité commis à Gaza par l’armée d’Israël, puis en employant, dans un second temps, les termes de « nettoyage ethnique » et de « guerre génocidaire ».

      Cette interdiction en dit plus sur le raidissement d’Israël que sur les positions publiques du professeur d’histoire, même si une passe d’armes sur les réseaux sociaux avait opposé cet automne Vincent Lemire à l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka.

      D’autant qu’on peut s’interroger sur le fait que cette interdiction, en rupture avec l’autorisation accordée en 2025, puisse avoir été motivée par le sentiment que les analyses de Vincent Lemire, qui a accompagné la délégation d’Emmanuel Macron dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh en octobre, aient contribué à peser sur la décision française de reconnaître l’État palestinien en septembre. « Est-ce la première application de mesures de rétorsion suivant la reconnaissance par la France d’un État palestinien ou un changement de paradigme plus profond ? Je n’en sais rien », répond le chercheur.
      [...]
      Pour le professeur d’histoire, « cette intimidation fait partie d’une stratégie délibérée ». « En me visant, le but est d’inquiéter tous mes collègues, précisément parce que je suis un modéré. Si cela peut m’arriver à moi, alors cela peut arriver à n’importe qui. Le but est de pousser les universitaires qui travaillent sur Israël et la Palestine à s’autocensurer. »
      [...]
      A posteriori, cette interdiction réinterroge le processus ayant conduit à l’annulation d’un vaste colloque sur la Palestine et l’Europe prévu en novembre au Collège de France. Bien que cette censure se soit faite sous la pression du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, elle a été mise en œuvre et en musique par l’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, un spécialiste de la Bible dont le terrain de recherche se situe également en Israël et en Cisjordanie.

      Si les autorités israéliennes peuvent empêcher l’entrée en Israël d’un universitaire dont elles contestent les positions publiques, peuvent-elles aussi faire pression pour que d’autres chercheurs se conforment à leurs desiderata au risque, sinon, de se voir interdire de poursuivre leurs travaux ?

      On se souvient de l’article de Blast montrant que comment les réseaux d’universitaires favorables à Israël avaient fait remonter l’information et mobiliser les soutiens à Israël dans le gouvernement français, Aurore Bergé et Philippe Baptiste, dont la pression a fait annuler ce colloque. L’article mentionnait aussi l’action d’un cabinet d’avocats aidant à la mise en forme des arguments justifiant cette censure.
      https://seenthis.net/messages/1146075#message1146077
      Il faut évidement rapprocher cela du modus operandi du réseau AIPAC aux USA ou à Bruxelles, naguère bien documenté dans un reportage sur Orient XXI (https://orientxxi.info/enquete-sur-les-reseaux-d-influence-israeliens-a-bruxelles,2876). Mais aussi d’un article récent (décelbre ?) sur l’action juridique du ministère de la propagande israélien auprès des tribunaux en France (https://www.mediapart.fr/journal/international/121225/israel-files-l-enquete-qui-revele-l-ingerence-israelienne-dans-les-tribuna)

  • Allianz et Aviva retirent leur assurance à Elbit Systems après des manifestations pro-palestiniennes
    Les militants affirment que la pression exercée par les activistes montre que l’action directe « donne des résultats »
    Par Fleur Hargreaves | 24 décembre 2025 15:47 | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/news/allianz-and-aviva-drop-elbit-systems-insurance-after-palestine-protes

    Selon les militants, les compagnies d’assurance Allianz et Aviva auraient mis fin à leur couverture du fabricant d’armes israélien Elbit Systems.

    Les militants pro-palestiniens ont déclaré mardi que les deux assureurs ne fournissaient plus de polices à Elbit Systems après des mois d’actions directes et de manifestations. La campagne a été initialement organisée par le groupe Palestine Action en octobre 2024, avant d’être interdite en tant que groupe terroriste en juillet.

    Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action, a déclaré à Novara Media que « cette victoire témoigne de la puissance de l’action directe et illustre également pourquoi Palestine Action a été interdite », ajoutant qu’« elle a été interdite parce qu’elle était efficace pour perturber l’industrie de l’armement israélienne ».

    Les groupes militants Defend Our Juries et Prisoners for Palestine, qui s’opposent à l’interdiction de Palestine Action et à l’emprisonnement de ses militants, ont déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux que cette évolution démontrait que « l’action directe donne des résultats ».

    Selon les militants, la couverture d’assurance d’Allianz pour Elbit Systems a pris fin le 1er novembre, tandis que l’assurance responsabilité civile professionnelle d’Aviva pour UAV Engines Ltd, une filiale d’Elbit, a pris fin le 7 septembre.

    #BDS

  • Le Département et la Région suspendent leur coopération avec le Mucem à Marseille
    Par Victor Tillet | Publié le 12/12/25
    https://www.laprovence.com/article/culture-loisirs/16297158671168/le-departement-et-la-region-suspendent-leur-cooperation-avec-le-mucem-a-

    Dénonçant respectivement « l’importation du conflit » israélo-palestinien et « le diktat antisémite », Martine Vassal et Renaud Muselier ont annoncé sur X cette décision. Elle fait suite à la rupture du partenariat entre le musée national et Digital Realty.

    C’est le début d’une tempête autour du Mucem. Ce jeudi 11 décembre, le musée national annonçait la rupture de son partenariat avec un de ses mécènes : l’entreprise américaine Digital Realty, qui exploite quatre centres de données à Marseille. Et est par ailleurs associée à la compagnie israélienne d’immobilier Mivne Real Estate, qui porte de son côté des projets dans des colonies israéliennes situées en Cisjordanie et dans le Golan syrien. La coalition de collectifs marseillais « Divest from Digital Realty » l’accuse ainsi de soutenir la colonisation de ces territoires.

    En marge de cette annonce, Ariel Kenig, responsable des mécénats au Mucem, justifiait ainsi la fin du partenariat entre le Mucem et Digital Realty : « Cette décision a pour but de permettre au musée de poursuivre ses missions de service public et d’accueil des artistes dans un contexte apaisé. » Sauf que quelques heures plus tard, dans la soirée de jeudi, la sphère politique a vite mis à mal cette quiétude recherchée.
    Sur le réseau social X, Renaud Muselier et Martine Vassal ont annoncé chacun à leur tour la suspension de toute coopération avec le Mucem. Premier à dégainer, le président de la Région écrivait : « Quelle tristesse pour ce musée dont je fus le président du jury… La paix durable au Proche-Orient doit être l’objectif commun, et cette décision est une soumission au diktat antisémite ! Dès lors, la Région Sud suspend toute coopération potentielle avec cet établissement. »

    De son côté, la présidente du Département et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, pointait : « Quand le militantisme antisémite s’infiltre dans l’un des emblèmes de Marseille. Importer le conflit du Proche-Orient au Mucem est insupportable et inadmissible. Le Département et la Métropole suspendent toute collaboration . » (...)

    • Victoire : le Mucem ne renouvelle pas son partenariat avec Digital Realty, complice de la colonisation israélienne en Palestine
      12/12/25
      https://www.bdsfrance.org/victoire-le-mucem-ne-renouvelle-pas-son-partenariat-avec-digital-realty

      (...) La campagne BDS France accueille avec une grande satisfaction l’annonce d’une victoire importante obtenue après plusieurs mois de mobilisation de la part de collectifs militants et associatifs, écologiques et d’artistes : le Mucem – Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, à Marseille – ne renouvellera pas en 2026 son partenariat de mécénat avec le géant étasunien des data centers, Digital Realty, mis en cause pour sa complicité avec la colonisation israélienne. (...)

      #BDS

    • – Je pense que la critique du génocide israélien, ainsi que la mise en scène d’un soutien hystérique à Israël, sont désormais les marqueurs les plus nets de la fracture politique entre la gauche et la droite (et la bourgeoisie barbarisée). Même plus que l’opposition entre soutiens et opposants aux « grands hommes artistes » accusés de violer des femmes. Donc la radicalisation des imputations d’antisémitisme à chaque fois qu’il s’agit d’Israël, ça va devenir industriel.

      – Mais au-delà, je me demande à quel point ça n’est pas ici un élément de la culture war de la droite contre toutes ces institutions (musées, centres culturels, associations…) qu’elle accuse d’être un peu trop « woke » à son goût. Le Mucem promeut une vision de la Méditerranée qui ne correspond vraiment pas au bon gros suprémacisme françaouis et anti-islam qui fleurit par ailleurs dans la région. Son approche critique de l’histoire coloniale scandalise régulièrement la droite nostalgique de l’Empire.

      Sur TripAdvisor, la lecture des mauvaises notes est un vrai bonheur : ça te me dénonce le marxisme culturel qui critique la colonisation (qui n’est pas un crime, je te le rappelle, contrairement à ces Européens qui pratiquent l’àpoilisme hippie).

      The typical discourse of cultural Marxism against the colonizing company of Europe, truffled in some interesting detail, but an eye to the bundle, an exhibition completely dedicated to naturism! Not to the “natural spaces” as we thought when we entered the room but “naturist spaces”, that is, hippie communities of people who go in balls. It was going into the room and out. I suppose it will be a phenomenon of great importance in the development of Mediterranean culture and in my ignorance I cannot see it.

      Our visit was the day after the opening of the Olympic Games. We were on notice. We were not surprised at all to see this display of moral and artistic decline in a France lost to the cause.

      Je me demande donc à quel point cette imputation soudaine d’antisémitisme, ça n’est pas un moment pratique, tout à fait trumpien, pour régler ses comptes avec un musée qui devrait un peu plus célébrer l’œuvre civilisatrice de la colonisation française tout autour de la Méditerranée.

    • Ce racisme est pas « simplement » pro-israélien. Il a ici plus qu’ailleurs ses propres raisons d’être anti Arabe. Marseille, c’est une « ville arabe » (oui, elle est aussi juive, corse, comorienne, etc.). Ce que vilipendent droite et extrême droite (autant dire département et région), pendant que d’autres, Arabes ou pas, apprécient Marseille aussi pour son arabité, ou/et la place prise par des minorités (d’écart en écart, la dernière en date, de plus en plus visible, pourrait être dite queer d’allure).

      Quant au superbe Mucem, c’est vrai qu’il a quelque de gauche, et de national. C’est l’étalon du musée de la pédagogie à la papa, au risque de rester fermé à la création et à la pensée en train de se faire. L’été dernier, pénultième muséification de Di Rosa, de l’art issu et inspiré du populaire, avec sa touche locale, ancrée et... paternelle (les appelants à canards fabriqués par le père pour l’étang de Thau). Oui, ça se veut pas colonial, un peu écolo, anti-discrimination. la charte Netflix, mais comme à l’époque où Netflix avait pas les budgets d’HBO et ne pouvait que se faire doubler.

      Pour sa part, la ville avait monté, hors les murs, sur le Vieux Port, une expo qui documentait les rafles et destructions de 1943 que j’avais aimé.
      https://www.marseille.fr/mairie/les-vieux-quartiers-apres-destruction

      Avec un musée national, des feuilletons en prime time, la CGA CGM, des vedettes du show biz, Marseille reste "la verrue de l’Europe" (©NSADP) ?

      #Marseille #diktat_pro_israélien

    • A Marseille, le MuCEM lâché par plusieurs collectivités territoriales, sur fond de conflit israélo-palestinien
      https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/16/le-mucem-lache-par-plusieurs-collectivites-territoriales-sur-fond-de-conflit

      La région #PACA, le département des Bouches-du-Rhône et la #Métropole_Aix-Marseille-Provence protestent contre la rupture par le musée d’un contrat avec un mécène, #Digital_Realty, accusé d’avoir des activités liées aux colonies en Cisjordanie. Une prise de position qui prend un tour politique à quelques mois des élections municipales.

      Siégeant au conseil d’administration du MuCEM sans voix délibérative, les collectivités ne sont pas des financeurs de premier plan de l’établissement, dont le budget s’élève à 22 millions d’euros. Elles font valoir, pour justifier leur prise de position, leur participation financière à hauteur de 40 % lors de la construction du musée et, depuis son ouverture, une aide de 550 000 euros en dix ans de la région et la mise à disposition des panneaux d’affichage électronique de la Métropole valorisée à hauteur de 100 000 euros. (...) Pour les observateurs marseillais, la #droite locale chercherait avant tout à reconquérir une communauté juive phocéenne de plus en plus courtisée par le Rassemblement national sur fond de montée de l’antisémitisme. Ni Renaud Muselier, président du conseil régional de PACA, ni Martine Vassal, présidente du département et de la Métropole, ni la mairie de Marseille n’ont donné suite à nos sollicitations.

      (...) Face à l’escalade [des actions de scandalisation de ce mécénat], la direction de l’établissement a interrogé Digital Realty sur la nature de ses intérêts dans les territoires palestiniens. Elle a aussi saisi le ministère de la culture, sa tutelle, qui lui a confirmé que les activités de cette société américaine ne contreviennent pas à la charte de mécénat des musées nationaux.

      [...]
      Le musée et son mécène ont fini par acter la fin de leur partenariat. « Cette décision vise à ce que le musée poursuive ses missions de service public dans un contexte apaisé », fait savoir un représentant de Digital Realty France. Le calcul, il est vrai, est rapide : si le soutien financier de la société américaine – environ 100 000 euros par an – n’est pas négligeable, il reste marginal au regard des 22 millions de budget de l’établissement. De son côté, Digital Realty, qui a déjà investi 400 millions dans quatre centres de données à Marseille, et prévoit d’en créer un cinquième pour un investissement de 300 millions d’euros, a préféré couper court à une polémique susceptible de ternir son image et de peser sur ses affaires.

      [...]

      ... la direction du MuCEM a répondu au CRIF : il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’une « décision conjointe » du musée et du mécène. « Elle n’est ni unilatérale, ni brutale, ni idéologique », surligne Pierre-Olivier Costa, rappelant que, depuis huit mois, les activités du musée sont régulièrement interrompues par des militants, « sans d’ailleurs que le CRIF ne s’en soit ému à l’époque ».
      « Comme vous le voyez, ajoute le président du MuCEM, nous n’avons en rien cédé à la pression venant de groupes d’activistes. » Mais lorsque artistes et chercheurs menacent de boycotter le musée, ce dernier n’a pas d’autre choix. « Nous touchons là au cœur même de la mission qui est la nôtre : faire dialoguer artistes, chercheurs et publics dans la sérénité, la sécurité et la confiance. »

      https://justpaste.it/dhosb

      #Mucem #mécénat #RN #français_juifs #élections

  • La tentative de pénalisation de l’appel au boycott des produits israéliens en échec
    Par Patrick Zahnd, professeur de droit international, et Ghislain Poissonnier, magistrat. | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/ghislain-poissonnier-et-patrick-zahnd/blog/081225/la-tentative-de-penalisation-de-l-appel-au-boycott-des-produits-isra

    Fin de la saga Baldassi. La décision est passée quelque peu inaperçue, mais elle n’en demeure pas moins importante. Le 4 novembre 2025, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rendu un arrêt de rejet qui met un terme à la saga Baldassi, du nom de l’une des douze personnes poursuivies pénalement pour avoir appelé au boycott des produits israéliens dans des supermarchés en Alsace.

    La décision est passée quelque peu inaperçue, mais elle n’en demeure pas moins importante. Le 4 novembre 2025, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rendu un arrêt de rejet qui met un terme à la saga Baldassi, du nom de l’une des douze personnes poursuivies pénalement pour avoir appelé au boycott des produits israéliens dans des supermarchés en Alsace.

    L’arrêt du 4 novembre 2025 a rejeté le pourvoi formé par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), les associations Avocats sans frontières et France-Israël, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme et la Chambre de commerce France-Israël contre un arrêt de la cour d’appel de Paris du 14 mars 2024. Cet arrêt d’appel avait relaxé des militants boycotteurs du chef de provocation publique à la discrimination en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion. Il est désormais définitif.

    Voilà l’honneur des défenseurs du droit international et de la justice dans le cadre du conflit israélo-palestinien rétabli. Pour bien comprendre la saga Baldassi, il faut cependant revenir en arrière.

    Tout commence au ministère de la Justice, où Michèle Alliot-Marie, alors Garde des Sceaux, entend, pour des raisons politiques, montrer sa proximité avec le CRIF et les promoteurs de l’État d’Israël. Le 12 février 2010, la ministre fait adopter une circulaire demandant aux procureurs de la République de poursuivre les personnes qui appellent au boycott des produits israéliens, car leur discours constituerait un appel à la discrimination. Une atteinte directe aux libertés publiques, puisque l’appel au boycott de produits a toujours constitué un mode de protestation pacifique de la société civile face à des questions politiques. La pénalisation à la française de l’appel au boycott constitue d’ailleurs un cas unique en Europe. (...)

    #BDS

  • Israël autorisé à l’Eurovision-2026, plusieurs pays annoncent leur boycott
    Publié le : 04/12/2025 Par : FRANCE 24
    https://www.france24.com/fr/europe/20251204-israel-autorise-eurovision-2026-espagne-irlande-pays-bas-annoncen

    Israël pourra participer à la prochaine édition de l’Eurovision à Vienne en mai, « une large majorité » des membres de l’Union européenne de Radio-Télévision (UER) ayant estimé jeudi 4 décembre qu’il n’était pas nécessaire de voter sur la question, déclenchant instantanément des annonces de boycott de plusieurs pays.

    Les diffuseurs de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Irlande et de la Slovénie ont immédiatement annoncé qu’ils ne participeront pas à l’édition 2026, sur fond de critiques de la guerre à Gaza et de controverse autour du soutien public massif aux candidats israéliens lors des précédentes éditions.

    D’autres boycotts pourraient être annoncés, comme celui du diffuseur islandais RUV, qui prévoit une décision « mercredi ». Les diffuseurs ont peu de jours pour se décider, la liste finale des participants devant être présentée « avant Noël », selon l’UER. (...)

    #Eurovision #BDS #Viva_España

    • Jean-Noël Barrot
      @jnbarrot
      8:06 AM · 5 déc. 2025
      https://x.com/jnbarrot/status/1996838623342125172

      Non au boycott d’Israël au concours de l’Eurovision.

      Jamais la France ne s’engagera dans la voie du boycott d’un peuple, de ses artistes ou de ses intellectuels. Tout s’y oppose dans l’âme et la tradition de notre pays, celle de l’humanisme des Lumières : par la culture, chacun apprend à comprendre l’autre et se retrouve dans ce qu’il y a de plus universel en lui, son humanité. Y a t il meilleur moyen de cultiver la paix ?

      Je me réjouis que l’Eurovision n’ait pas cédé aux pressions, et que la France ait contribué à empêcher un boycott d’Israël dans cette enceinte. Je regrette profondément que plusieurs chaînes de télévision européennes aient fait un autre choix.

      J’appelle au refus catégorique de l’obscurantisme promu par les tenants du boycott dans les salles de spectacles comme dans les universités. Faudrait-il, par opposition à la politique d’un gouvernement, pousser la bêtise jusqu’à interdire les romans de David Grossman, les films d’Amos Gitaï, les concerts d’Avishai Cohen et de Daniel Barenboïm ?

      Assumons sans fard les différends politiques et les désaccords gouvernementaux, si profonds soient ils. Mais laissons la poésie, le cinéma et la musique rapprocher les êtres. Ne laissons pas la brutalisation du monde s’emparer des consciences et dresser les peuples les uns contre les autres. Opposons lui les armes de l’esprit.

      #Honte

    • Rappelé par Rima Hassan : [14 septembre 2023] La suspension de la coopération culturelle avec les artistes du Mali, du Niger et du Burkina Faso suscite l’indignation du monde de la culture en France, dont le titre initial (révélé par l’URL) était : *Le Ministère des Affaires étrangères interdit aux scènes culturelles subventionnées toute collaboration avec les artistes du Mali, du Niger et du Burkina Faso_
      https://www.lemonde.fr/culture/article/2023/09/14/le-ministere-des-affaires-etrangeres-interdit-aux-scenes-culturelles-subvent

      Sidération dans le spectacle vivant, où la crise qui sévit entre la France et le Niger, le Mali et le Burkina Faso vient de s’inviter sur un territoire artistique qui n’en demandait pas tant. « Sur instruction du ministère de l’Europe et des affaires étrangères », les établissements culturels subventionnés ont appris qu’ils devaient « suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso ».

      Ce message, expédié par les directions générales des affaires culturelles (DRAC) aux structures culturelles qui dépendent de ses services (centres dramatiques et chorégraphiques nationaux et scènes nationales) a transité par le secrétariat du ministère de la culture. Les mesures préconisées sont radicales : « Tous les projets de coopération qui sont menés par vos établissements ou vos services avec des institutions ou des ressortissants de ces trois pays doivent être suspendus, sans délai, et sans aucune exception. Tous les soutiens financiers doivent également être suspendus, y compris via des structures françaises, comme des associations par exemple. De la même manière, aucune invitation de tout ressortissant de ces pays ne doit être lancée. A compter de ce jour, la France ne délivre plus de visas pour les ressortissants de ces trois pays sans aucune exception, et ce jusqu’à nouvel ordre. »

  • #Palestine au #Collège_de_France : la protestation de #François_Héran

    _Titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France, François Héran rend publique la lettre qu’il a adressée à son administrateur, Thomas Römer, à propos de l’#annulation du #colloque sur la Palestine de son collègue #Henry_Laurens._

    Paris, 9 novembre 2025

    Lettre à #Thomas_Römer,
    administrateur du Collège de France

    Cher Thomas,

    Malgré mon nouveau statut de retraité, tu as bien voulu m’inclure parmi les destinataires de ton message sur l’annulation du colloque de notre collègue Henry Laurens. Je t’en remercie.

    En lisant ton message envoyé à la presse, je découvre que, loin d’être l’apanage du #wokisme, la #cancel_culture peut aussi inspirer l’administration du Collège. Il fallait du courage pour donner des leçons d’#objectivité et d’#intégrité_scientifique à Henry Laurens, qui compte seulement à son actif quelques dizaines d’ouvrages sur la question d’Orient et les affaires de Palestine. Notre collègue, à l’évidence, ne maîtrise pas les enjeux du débat dans un domaine aussi brûlant.

    Il était bon de rappeler aussi qu’en la matière, les partis pris d’un hebdomadaire bien connu pour son traitement rigoureux des faits ont plus de #légitimité qu’un professeur occupant sa chaire depuis vingt-deux ans. On se demande comment ce dernier a osé inviter à son colloque un ancien chef de la diplomatie de l’UE ou un ancien premier ministre, aux côtés d’intervenants capables d’exprimer un large éventail de savoirs et d’opinions, alors qu’il était si simple d’inviter uniquement des intervenants validés par la #Licra.

    Ton message me suggère qu’une révision du règlement intérieur du Collège s’impose de toute urgence :

    Les professeurs qui souhaitent traiter de questions d’#actualité dans des colloques, des cours ou des séminaires risquant de donner lieu à #controverses, devront désormais soumettre la liste des participants à l’autorisation de l’administrateur.

    1. Ils devront également s’assurer de l’assentiment du ministre de la Recherche. Si l’on objecte que la détention d’un doctorat d’informatique ne donne aucune légitimité à intervenir dans des questions de science politique ou d’orientalisme (selon le principe de la séparation des ordres posé en d’autres temps par Pascal), on rappellera dûment aux professeur-es qu’il n’y a pas de plus haute autorité qu’un tweet ministériel.
    2. Le recrutement des professeur-es sera désormais soumis au tribunal de l’opinion publique et médiatique, selon une procédure à déterminer.
    3. Le règlement intérieur proclamera dans son préambule que la notion d’« #engagement », jadis inhérente au libre exercice de la recherche, est désormais désuète. Elle sera donc bannie du Collège. Il faudra effacer de la mémoire de notre institution toute référence aux grands intellectuels, littéraires ou scientifiques, qui se sont aventurés à sortir de la « #neutralité » telle qu’elle est strictement définie dans ton message et dans celui du ministre. On veillera aussi à tenir compte de cet impératif dans la préparation du 500e anniversaire de la fondation du Collège.

    Ces modifications du règlement contribueront, je n’en doute pas, à défendre le Collège. La fable se trompe : mieux vaut la prospérité du Chien que l’indépendance du Loup.

    En te renouvelant, cher Thomas, mes meilleures salutations,

    In dubio pro libertate
    François Héran*

    –-

    Post Scriptum : l’argumentaire du colloque

    Ayant choisi de rendre publique ma lettre à l’administrateur du Collège de France, j’ajoute l’argumentaire du colloque, qui a été transmis à l’ensemble des professeurs. Comme à l’accoutumée chez Henry Laurens, c’est de la science historique de haut niveau, précise et rigoureuse. Pas une ligne, pas un mot, qui justifie le soupçon d’antisémitisme.

    Avec l’ouverture de la « question d’Orient » dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, la Palestine, qui dispose du statut particulier de Terre sainte, devient le lieu névralgique des relations internationales européennes. Durant les décennies qui précèdent la Grande Guerre, les luttes d’influence entre les puissances européennes se multiplient, chacune se présentant comme la protectrice d’une communauté religieuse. Alors que la France et la Russie étendent respectivement leur influence sur les catholiques et les orthodoxes, les Anglais se présentent comme les protecteurs des juifs en Palestine. C’est dans ce cadre que s’inscrit le mouvement sioniste.

    Si la France se voit reconnaître une primauté d’influence à l’issue des guerres balkaniques, les Britanniques profiteront de l’alliance nouée avec le mouvement sioniste lors de la Première Guerre mondiale pour s’arroger un mandat sur la Palestine. La période du mandat britannique est essentielle pour la mise en place des acteurs contemporains que sont le mouvement national palestinien et le mouvement sioniste. Pris dans une double obligation entre les uns et les autres, les Britanniques sont dans l’incapacité de trouver une solution politique satisfaisante pour les deux parties, que ce soit un État palestinien unitaire, une division en cantons ou un partage territorial. Ils doivent ainsi faire face à une révolte palestinienne, puis à une révolte juive. Non sans arrière-pensées, ils délèguent le dossier à l’ONU qui, avec le vote du plan de partage de novembre 1947, provoque une guerre entre Arabes et sionistes, puis, après le 15 mai 1948, une guerre israélo-arabe.

    Dans ce conflit de longue durée, les Européens s’identifient largement à l’État d’Israël. Dans les années 1950 et 1960, la France et l’Allemagne lui fournissent les armements qu’il demande, mais la priorité pour l’État hébreu est d’obtenir l’aide militaire américaine, qui ne devient substantielle qu’après la guerre de juin 1967.Après cette guerre, les « discussions à quatre » voient un rapprochement des positions de la Grande-Bretagne et de la France sur la nécessité d’un retrait des territoires occupés contre une reconnaissance de l’État d’Israël, mais la question de la prise en compte du facteur palestinien reste ouverte.

    S’ouvre ainsi un dialogue euro-arabe. Ce dernier mènera à la résolution de Strasbourg de 1975, appelant Israël à se retirer des territoires palestiniens occupés et à reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien, puis à une nouvelle déclaration en 1977 appelant à la création d’une patrie pour le peuple palestinien, et marquant pour la première fois l’opposition européenne à la construction de colonies israéliennes dans les territoires occupés. L’étape la plus importante demeure la déclaration de Venise du 13 juin 1980, qui parle de solution juste et préconise l’intégration de l’OLP dans les discussions de paix.

    Deux niveaux d’action sont à considérer. Le premier est celui de la politique propre à chaque État, le second est celui de l’action collective de la Communauté, devenue Union européenne, le tout étant pris dans le jeu complexe des relations transatlantiques. De fait, la présence de l’Union est forte dans le domaine économique, aussi bien par le traité d’association UE-Israël, qui fait de l’État hébreu le premier partenaire commercial de l’Union, que par le financement des institutions palestiniennes à partir du processus d’Oslo. Néanmoins, l’Europe n’est que simple observatrice des négociations du processus d’Oslo, et si le « quartet » des années 2000 lui reconnaît un rôle, c’est dans un cadre impuissant à faire accepter une solution politique satisfaisante.

    L’Europe est ainsi prise entre le poids de son héritage colonial et impérial, son identification culturelle avec Israël, la charge représentée par sa culpabilité dans la destruction des juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale, l’importance de ses relations économiques, technologiques et scientifiques avec l’État hébreu, la montée de l’indignation d’une partie de son opinion publique, marquée par l’accusation d’apartheid et aujourd’hui de génocide dans la guerre de Gaza.

    La question est de savoir si les États européens vont, dans leur grande majorité, reconnaître l’État palestinien et exercer des pressions envers l’État hébreu, en particulier dans le domaine de l’économie, ou s’il s’agit là plutôt de faux-semblants destinés à masquer une impuissance, voireune adhésion, liées à leurs héritages historiques et à leurs engagements géopolitiques. Il n’en reste pas moins que l’Europe, dans sa globalité, est un des grands théâtres d’affrontements du conflit israélo-palestinien, en particulier dans les opinions publiques. En un sens, c’est une bonne part de l’identité européenne qui est en jeu, aussi bien dans l’interprétation de son passé que dans la définition de son identité à venir.

    ––––

    Adage juridique latin : Dans le doute, pour la liberté
    *
    François Héran explique l’immigration à Bruno Retailleau

    https://blogs.mediapart.fr/francois-heran/blog/101125/palestine-au-college-de-france-la-protestation-de-francois-heran-0

    #censure #France

    • Annulation d’un colloque sur la Palestine : lettre du conseil académique de « #Jewish_Voice_for_Peace »

      Plus de 120 universitaires représentant le Conseil académique de l’organisation américaine Jewish Voice for Peace expriment leur #inquiétude et leur #indignation face à l’#annulation par le Collège de France du colloque « Palestine et Europe ». « Lorsqu’une institution aussi prestigieuse se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque de perdre son #indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant. »

      –-

      À Thomas Römer, administrateur du Collège de France
      et Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur
      Le 10 novembre 2025

      Le Conseil académique de Jewish Voice for Peace* écrit pour exprimer son inquiétude et son indignation face à l’annulation par le Collège de France du colloque « Palestine et Europe », sur la base d’#attaques_médiatiques infondées et de #pressions exercées par le ministère français de l’Éducation.

      Nous comprenons que l’annulation du symposium, prévu depuis plusieurs mois, n’est intervenue qu’après la publication d’un article dans l’hebdomadaire conservateur français #Le_Point, le 7 novembre, qualifiant à tort le symposium de promoteur de l’#antisémitisme, ce qui a incité le ministre de l’Enseignement supérieur, #Philippe_Baptiste, à l’annuler, ce qu’il a fait. De plus, la justification fournie pour cette décision recherchait le recours à l’excuse fallacieuse de « garantir la rigueur scientifique », bien qu’aucune preuve n’ait été fournie à l’appui de cette affirmation. En effet, comme cela s’est déjà produit auparavant, cette justification s’avère être un bouclier pour commettre une #injustice, en censurant de manière injuste la #recherche_scientifique légitime et les conférences consacrées à sa diffusion.

      En tant que plus de 120 universitaires issus de diverses disciplines représentant le Conseil académique de Jewish Voice for Peace*, nous représentons un large éventail de domaines académiques liés aux études juives et l’histoire de l’antisémitisme, y compris les études sur le génocide. Nous nous opposons à toute forme d’antisémitisme, comme nous nous opposons à toutes les formes de racisme. Nous rejetons également tous les efforts visant à utiliser l’ accusation d’antisémitisme à des fins de censure ou pour supprimer des points de vue sur Israël et la Palestine qui devraient être entendus et discutés. L’accusation d’antisémitisme doit être réservée à toutes les occasions où elle est véritablement méritée. Mais l’utilisation fallacieuse et spécieuse de cette accusation pour mettre fin à des travaux universitaires légitimes et à un débat ouvert non seulement sape sa force morale, mais sert les objectifs de la censure. Au contraire, nous vous exhortons à défendre les principes largement partagés de la #liberté:universitaire : la publication et la diffusion des travaux universitaires, la libre recherche dans les #universités et le #débat_public dans les sociétés démocratiques.

      Nous connaissons bien les travaux universitaires des participants cités dans le projet de symposium et attestons de la grande qualité de leurs recherches universitaires et de leurs présentations publiques : leurs publications répondent aux normes les plus élevées en matière de #rigueur_académique, d’ #impartialité et d’#érudition. Il n’y a aucune preuve d’antisémitisme dans le programme qui a été publié, et toute allégation contraire repose sur une fausse représentation de ces universitaires et de leurs travaux. Les participants sont issus de certaines des plus prestigieuses universités d’Europe, où leurs travaux universitaires ont été entièrement examinés et approuvés. Le programme du symposium reflète à juste titre l’état actuel des discussions universitaires et des débats publics sur #Gaza et #Israël/#Palestine de manière plus générale. Nous vous exhortons à ne pas supprimer les discussions universitaires sur des questions d’#intérêt_public, même lorsque les passions s’exacerbent. Seul un engagement en faveur d’une vie intellectuelle ouverte et fondée sur des preuves peut permettre de replacer ces questions dans leur juste perspective et servir à la fois les objectifs universitaires et un débat public éclairé.

      Nous attirons votre attention sur les calomnies proférées par la LICRA, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Non seulement cette organisation mène une campagne diffamatoire contre le symposium , mais elle est depuis longtemps considérée comme un groupe dont la crédibilité scientifique est très limitée, concentrant ses efforts sur des campagnes visant à attiser les peurs et à enflammer la haine anti-arabe/musulmane/palestinienne. Le ministère de l’Enseignement supérieur et le Collège de France ne devraient pas se laisser influencer par un groupe dont les références scientifiques sont manifestement faibles et dont les objectifs sont polémiques, diffamatoires et incendiaires, sapant ainsi les critères mêmes des normes intellectuelles appliquées dans les universités françaises les plus prestigieuses. De plus, les établissements d’enseignement ont l’obligation, en période de tensions politiques exacerbées, d’acquérir et de diffuser des connaissances, de prendre en considération un large éventail de points de vue et de créer les conditions propices à un débat et à un jugement publics éclairés. Le #colloque que vous avez annulé proposait précisément cela.

      Lorsqu’une institution aussi prestigieuse que le Collège de France se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque non seulement de perdre son #indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant pour les universités qui luttent pour maintenir leurs normes internes et leurs procédures d’autogestion en ces temps de plus en plus autoritaires.

      Soyons clairs : la décision d’annuler cet événement important est un acte de censure, qui permet aux propos arbitraires et incendiaires circulant dans les médias de servir de base à une décision qui aurait dû être, et qui devrait être aujourd’hui, selon toute norme raisonnable, de soutenir le symposium et ses objectifs. Lorsque des sujets « sensibles » sont ouvertement abordés et débattus par le public, les points de vue scientifiques peuvent être affinés et diverses perspectives peuvent être ouvertement discutées et débattues. La communauté universitaire internationale s’est traditionnellement appuyée sur le Collège de France pour maintenir ces normes, malgré les demandes croissantes des groupes politiques et des responsables gouvernementaux. C’est ni plus ni moins que son #autonomie très admirée qui est en jeu, une autonomie qui a inspiré les collèges et les universités du monde entier. Nous appelons donc le Collège de France à maintenir ses principes les plus élevés et à revenir sur sa décision, afin de permettre au symposium de se dérouler avec son programme publié et important.

      Nous demandons également au ministère français de l’Enseignement supérieur de revoir le processus qui a conduit à une décision aussi malavisée, privilégiant une opinion publique incendiaire et mensongère au détriment de critères scientifiques. Cette décision aurait dû refléter l’autonomie de l’université. Le refus de modifier le jugement scientifique ou professionnel en réponse à une intervention extérieure aurait défendu cette autonomie et reflété à la fois les normes scientifiques du Collège et son attachement à la liberté académique et à la liberté de recherche.

      –-

      *Le Conseil académique de Jewish Voice for Peace est un réseau de chercheurs qui se consacrent à la promotion de la vision et des valeurs de JVP https://www.jewishvoiceforpeace.org. Forts de notre engagement commun en faveur des valeurs juives progressistes et de la libération de la Palestine, nous organisons des actions de solidarité avec la lutte pour la liberté du peuple palestinien dans les milieux éducatifs et universitaires. Nous mettons à profit nos compétences en tant que chercheurs, éducateurs et écrivains pour développer une analyse critique de la censure contemporaine sur la Palestine. Nous nous opposons à l’utilisation de l’accusation d’antisémitisme pour censurer ou criminaliser les discours critiques à l’égard du traitement réservé aux Palestiniens par l’État d’Israël. Nous défendons les droits du travail, la liberté académique et les droits d’association dans l’enseignement supérieur et confirmons les valeurs fondamentales de Jewish Voice for Peace.

      https://blogs.mediapart.fr/jewish-voice-peace-conseil-academique/blog/111125/annulation-dun-colloque-sur-la-palestine-lettre-du-conseil-academiqu
      #ESR #recherche #science #enseignement_supérieur

    • Comment le Collège de France en est venu à annuler un colloque scientifique sur la Palestine

      La décision de suspendre l’événement, prise le 9 novembre par l’administrateur de l’établissement, crée un précédent. Des universitaires dénoncent le rôle joué par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui aurait contribué à faire du colloque un « #événement_politique ».

      Pourquoi un colloque universitaire consacré à la Palestine a-t-il été annulé au Collège de France ? La question est posée après la décision prise par l’administrateur de l’établissement de déprogrammer un événement intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait se tenir les 13 et 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris).

      Les motivations ayant conduit à cette décision radicale – du jamais-vu depuis le Second Empire, quand le cours d’Ernest Renan fut « suspendu jusqu’à nouvel ordre » par l’empereur Napoléon III, le 26 février 1862 – interpellent dans leur enchaînement. A en croire Thomas Römer, l’administrateur du Collège de France, elle s’est imposée « en réaction à la polémique entourant la tenue » de l’événement.

      La « polémique » a démarré avec un article du Point, publié le 7 novembre. Sous le titre « Un colloque propalestinien à haut risque », le média formule l’hypothèse de « deux journées à tendance pro-Hamas ». La liste des intervenants « ne laiss[ant] aucune place au doute », « le colloque sera propalestinien, antisioniste et décolonial », décrète l’hebdomadaire. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), interrogée, y voit même un cas d’« entrisme pur et simple ».

      « Foire antisioniste »

      Dès sa parution, l’article est posté sur X par la Licra, qui annonce « saisir » le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, car il s’agit d’un « colloque antisioniste » et d’un « dévoiement » du Collège de France. Le 8 novembre, sur Europe 1, la vice-présidente de la ligue, l’avocate Galina Elbaz, décrit les intervenants comme des « personnalités très sulfureuses qui ont toutes eu des prises de position qui flirtaient avec l’#apologie_du_terrorisme ». Une « #foire_antisioniste » où se seraient retrouvés « défenseurs du #Hamas, militants de #BDS [Boycott Désinvestissement Sanctions], éditorialistes d’#Al-Jazira », insiste la Licra.

      Ces accusations, qui insistent sur le financement du #Carep par des fonds qataris et l’accusent d’œuvrer en sous-main pour les #Frères_musulmans, indignent Salam Kawakibi, le directeur exécutif du centre de recherche. « Nous ne sommes ni des agents du Qatar ni des Frères musulmans, déclare-t-il. Nous sommes financés par un fonds privé, et nous dépendons de l’#Arab_Center_for_Policy_Studies, le plus prestigieux think tank arabe basé à Doha et qui compte des antennes à Washington, Beyrouth, Amman, Tunis, Madrid et Paris. » Le fondateur du centre, Azmi Bishara, vient plutôt de la gauche laïque. Le conseil d’orientation du Carep Paris est dirigé par Denis Bauchard, un diplomate respecté à la retraite, ayant été ambassadeur, notamment en Jordanie et au Canada.

      Le Carep a également été accusé par Le JDD d’avoir choisi à dessein le 13 novembre, qui coïncide avec le 10e anniversaire des attentats du Bataclan et des terrasses, à Paris, et du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-saint-Denis). La date a en réalité été proposée par l’administration du Collège de France.

      Dans un communiqué annonçant l’annulation de l’événement, dimanche 9 novembre, Thomas Römer a tenu à rappeler la « stricte neutralité de l’établissement au regard des questions de nature politique ou idéologique ». En tant que « responsable de la sécurité des biens et des personnes, ainsi que de la sérénité des événements », il explique par ailleurs n’avoir d’autre choix que de renoncer « face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque ».

      Le Collège de France a indiqué au Monde, mardi 11 novembre, que le colloque « ne contrevenait pas aux règles générales en matière de #liberté_académique », mais a souligné que « la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs », ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement. « La violence des mises en cause sur les réseaux sociaux nous a fait craindre des risques liés à d’éventuels débordements aux abords et au sein de l’amphithéâtre », ajoute-t-on.

      Henry Laurens, coorganisateur du colloque au titre du Collège de France, est l’historien français le plus reconnu sur le Proche-Orient. Contacté par Le Monde, il a souhaité s’en tenir à son « devoir de réserve et aux strictes règles de la collégialité ». Des proches le disent très affecté par les accusations d’antisémitisme portées par plusieurs polémistes. Une source interne au Collège de France estime que « l’annulation du colloque est désastreuse : elle a causé plus de bruit et de dommages que n’en aurait causé sa tenue ».
      « Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient », juge, à l’inverse, Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des juifs de France, qui se félicite que le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche se soit « largement fait écho du fait que cela dépassait le cadre usuel pour la #recherche_publique ». Dès l’annonce de l’#annulation du colloque, dans un tweet, le ministre, Philippe Baptiste, a en effet salué une « décision responsable d’une institution qui doit symboliser l’excellence du savoir (…) et, pour cela, être le lieu du débat dans toute sa #pluralité, ouvert à tous les courants de pensée ».

      « Je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat »

      M. Baptiste n’a pas été un simple spectateur dans cette affaire. Au lendemain de la publication de l’article du Point, il a adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, que Le Monde s’est procurée. Dès les premières lignes, M. Baptiste considère que ce colloque fait l’objet d’une « vive #polémique ». « Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique », acte-t-il. Avant de mettre en garde M. Römer : « Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer. »
      Conscient que son statut de ministre « dans un Etat de droit » lui interdit d’empêcher la tenue d’une manifestation scientifique, Philippe Baptiste poursuit d’une phrase sibylline : « C’est mon rôle de le faire respecter [le code de l’éducation et le principe de liberté académique], et ce y compris dans le contexte de ce colloque, bien que je sois personnellement en profond désaccord avec l’angle retenu par celui-ci. »

      L’entourage du ministre assure au Monde que « c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque » et qu’il n’y a eu « aucune pression » exercée par M. Baptiste. « Un événement comme celui-ci, avec la visibilité qu’il avait acquise au fil des jours, était porteur de risques de troubles à l’ordre public », justifie-t-on sans préciser sous quelle forme auraient pu avoir lieu ces troubles. C’est par « un écosystème de chercheurs, dont certains se sont émus du programme », ajoute-t-on, que le ministre a été informé, le 6 novembre, de la tenue de ce colloque.

      Selon nos informations, un groupe d’universitaires appelé « réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », structure fédérative associant huit universités et des associations dont la Licra, a produit de nombreux échanges entre les 8 et 10 novembre. Dans cette boucle qui compte des dizaines de membres de sensibilité plutôt pro-israélienne, on affirme que « certains collègues ont lâché la rampe et ne font plus aucune distinction entre leur expertise scientifique et leur #militantisme », qu’ils ont « pris l’habitude de se servir de leurs diplômes et de l’autorité morale qui en émane pour faire passer ce qui est tout bonnement de l’ordre de la #propagande [propalestinienne] ».

      On y évoque aussi la nécessité de prendre des « mesures coercitives pour les faire rentrer dans le cadre ». Enfin, on y raille le débat de clôture du colloque du Carep, qui prévoyait des prises de parole de l’ancien chef de la diplomatie française Dominique de Villepin, de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, et de l’ex-haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell.

      « Accablant »

      Historienne et politiste, directrice de recherche au CNRS, Stéphanie Latte Abdallah devait intervenir au cours de l’une des tables rondes sur « Le sionisme comme projet européen d’expansion coloniale ». Elle confie être « choquée » par cette annulation et balaie tout caractère univoque dans les exposés prévus. « Il s’agit d’un colloque qui a un sujet scientifique, la Palestine et l’Europe, et des intervenants qui sont les meilleurs spécialistes de cette question, explique-t-elle. Les choix scientifiques relèvent des libertés académiques et non de la décision d’un ministre. En revanche, quand un colloque clairement politique est organisé au Sénat, le 10 novembre, par l’organisation israélienne #Elnet, financée par le gouvernement de Nétanyahou, cela ne semble poser de problème à personne. » Un autre intervenant, qui préfère garder l’anonymat, ironise : « Faudra-t-il aussi, à chaque colloque sur Israël, inviter un chercheur présentant le point de vue palestinien ? »

      Quant au panel de clôture, « il était bien séparé de la dimension purement scientifique », précise Mme Latte Abdallah. « Faire intervenir Dominique de Villepin, Josep Borrell et Francesca Albanese était un acte conclusif politico-diplomatique, centré sur des questions de #droit_international par des figures qui le portent, en plein génocide, dans un contexte où il nous oblige plus encore », décrit-elle en soulignant que « tout se passe comme si, au lieu de faire respecter le droit international, il était au contraire devenu une cible et quelque chose de dangereux ».

      Parmi les universitaires, plusieurs dénoncent une censure. D’après le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, « tout cela est vraiment accablant ». « Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir. »

      Alors que le colloque était programmé depuis plusieurs mois, les organisateurs s’étonnent d’un tel revirement. « Sous couvert de garantir la #scientificité, le ministre justifie ainsi une intervention politique dans le champ de la recherche, en contradiction avec sa mission première : protéger la liberté académique », écrivent dans un communiqué, le 10 novembre, les responsables de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France et le Carep.

      Appel à la démission

      Cette annulation va « créer un précédent dangereux : il suffira désormais d’un article polémique ou d’un tweet ministériel pour censurer un colloque jugé “sensible”. Accuser ces chercheurs d’antisémitisme ou de militantisme revient à disqualifier sans fondement leurs travaux, pourtant validés par leurs pairs et publiés dans les revues scientifiques les plus prestigieuses, alertent-ils. La recherche n’a pas vocation à être équilibrée politiquement : elle doit reposer sur la compétence, la méthode et la probité intellectuelle. »

      « C’est le ministre qui a transformé ce colloque en événement politique, et c’est une première, observe l’une des intervenantes, qui souhaite taire son nom. Cela brouille toute possibilité d’une réflexion scientifique, équitable et compréhensive. On voit monter ce côté trumpiste, c’est comme une restriction de notre périmètre de recherche, alors même qu’il y a une énorme incompréhension du conflit et un manque de culture générale et de connaissance de l’histoire. »

      L’association France Universités, qui réunit les chefs d’établissement, indique avoir découvert « avec stupeur » cette annulation. Dans un communiqué daté du 10 novembre, elle exprime son incompréhension et une « vive inquiétude » à l’égard des libertés académiques. Près d’un millier de chercheurs, enseignants, étudiants ont signé une pétition dénonçant « la volonté délibérée d’empêcher la recherche académique sur Israël-Palestine, dès lors qu’elle contrevient aux cadres intellectuels portés par les soutiens à la politique israélienne », qu’ils jugent « extrêmement préoccupante ». Demandant une « réponse à la hauteur des enjeux », ils appellent à la démission de Philippe Baptiste.

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/11/11/comment-le-college-de-france-en-est-venu-a-annuler-un-colloque-scientifique-

    • Annulation du colloque « La Palestine et l’Europe » au Collège de France : « Cette interdiction ouvre la voie à une ère de censure institutionnelle »

      Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 300 universitaires, parmi lesquels Jean-François Bayart, Judith Butler et Pierre-Cyrille Hautcœur, s’élève contre l’annulation de l’événement. Ils y voient une « atteinte sans précédent à la liberté académique ».

      N ous, membres de la communauté scientifique, chercheurs, enseignants, étudiants et citoyens attachés à l’indépendance du savoir, exprimons notre profonde inquiétude face à l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », initialement prévu au Collège de France.
      Cette décision, prise à la suite d’un article polémique et de pressions directes exercées par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, constitue une atteinte sans précédent à la liberté académique en France. Sous prétexte de garantir l’intégrité scientifique, le ministère a légitimé une intervention politique dans le champ de la recherche, en contradiction avec sa mission première : protéger l’indépendance des universitaires et la pluralité des approches scientifiques.

      Issus d’universités prestigieuses telles que l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse), la School of Oriental and African Studies de Londres, l’université d’Amsterdam, l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Centre national de la recherche scientifique, à Paris, ou la Queen Mary University of London, les intervenants ont été injustement discrédités, sur la base d’amalgames et d’accusations infondées. Leur compétence, leur rigueur et la reconnaissance internationale de leurs travaux ne sauraient être effacées par des campagnes de dénigrement.
      Des principes mis en péril
      La recherche n’a pas vocation à plaire ni à se conformer à un « équilibre politique » dicté par le pouvoir. Elle repose sur la méthode, la critique, le débat argumenté, des principes aujourd’hui mis en péril. En confondant évaluation scientifique et contrôle idéologique, cette interdiction ouvre la voie à une ère de censure institutionnelle, où des calomnies médiatiques suffiraient à bâillonner la réflexion universitaire.

      Nous refusons que la France suive cette pente. Nous refusons que le Collège de France devienne le réceptacle d’une telle dérive. Nous affirmons que la mission des universités et des institutions de recherche n’est pas de conforter le pouvoir, mais d’éclairer la société.
      Nous appelons le Collège de France à revenir sur sa décision et à garantir la tenue de ce colloque dans le respect de la liberté intellectuelle. Nous appelons le ministère à honorer son devoir de protection de la recherche, non à en devenir le censeur. Et nous appelons la communauté scientifique tout entière, en France et en Europe, à défendre fermement le principe fondateur de toute science : le droit de penser librement.
      ¶Parmi les signataires : Michel Agier, anthropologue, directeur d’études EHESS ; Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po ; Frédéric Bauden, professeur à l’université de Liège ; Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID (Genève) ; Sophie Bessis, historienne ; Karim Emile Bitar, enseignant à Sciences Po ; Judith Butler, professeure distinguée à l’université de Californie ; Bernard Chazelle, professeur à Princeton ; Delphine Dulong, professeure à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; François Héran, professeur honoraire au Collège de France ; Pierre-Cyrille Hautcœur, directeur d’études à l’EHESS ; Michel Kaplan, président honoraire de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; Catherine Mayeur-Jaouen, professeure d’histoire contemporaine à Sorbonne Université ; Maurice Sartre, professeur honoraire à l’université de Tours. Liste complète des signataires à retrouver ici : https://docs.google.com/document/d/1p3GSo7mWGeE_0kWoqF_PcYMicwkzm9wK/edit

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/11/interdiction-du-colloque-la-palestine-et-l-europe-au-college-de-france-cette

    • Colloque annulé au Collège de France : les manœuvres d’universitaires pro-Israël

      L’interdiction du colloque « Palestine et Europe » qui devait se tenir au Collège de France les 13 et 14 novembre suscite de nombreuses réactions. Entre stupéfaction et dénégation, le temple du savoir vacille. Comment une telle décision, portant une si grave atteinte à la liberté académique et d’enseignement a-t-elle été prise ? Le Collège de France et son administrateur ont fait l’objet de pressions orchestrées notamment par un collectif d’avocats, en coordination avec un réseau de chercheurs, le #RRA (#Réseau_de_recherche_sur_le_racisme_et_l’antisémitisme), qui a largement échangé par courriels pour parvenir à ses fins. Nous avons pu consulter ces échanges, dont la lecture révèle une entreprise coordonnée de délégitimation, de délation et d’influence.

      « Nous avons adressé un courrier à l’administrateur du Collège de France, plus copie au ministre de l’Enseignement, hier par e-mail. J’imagine que notre courrier et toutes les autres initiatives ont permis cette annulation. Bravo à tous. #Déborah_Journo »

      Par ce mail triomphal, l’avocate Déborah Journo s’enorgueillit d’avoir contribué à l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe », coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études de Paris (Carep Paris), qui devait se dérouler au Collège de France les 13 et 14 novembre et qui vient d’être déprogrammé par Thomas Römer - l’administrateur de ce prestigieux établissement.

      Le message de l’avocate est adressé à une centaine d’universitaires, regroupés sous le nom de RRA, Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme. Cette structure a été créée en 2019 et a son siège et sa direction à l’université de Picardie. Elle se présente comme un « dispositif contractuel » regroupant « des unités de recherche rattachées à différents partenaires » publics et privés. La plaquette énumère : « Universités, CNRS, associations, institutions publiques ou privées. » Ce RRA se propose de fédérer « les unités de recherche et laboratoires », de renforcer « les synergies » et d’organiser des colloques. Sa direction revendique environ 500 membres, qui communiquent beaucoup entre eux.

      Dans la boucle de mails, des membres du réseau jubilent après l’interdiction du colloque du Collège de France :

      « Je ne boude pas le plaisir de voir ce colloque annulé », lâche une chercheuse (#Danielle_Delmaire, de l’université de Lille).

      « Bravo... j’ose espérer que cela puisse nous servir au sein de nos établissements pour faire jurisprudence. Vaillamment », ajoute une autre, tout aussi satisfaite (#Véronique_Benzaken, Paris-Saclay).

      D’autres encore espèrent que la punition fera office d’avertissement : « L’idée d’inviter des politiques dans un colloque académique – fût-il orienté, malfaisant et non pluraliste – tentera moins de personnes. » (#Paul_Audi, Paris-Descartes).
      Lobby

      Pour bien comprendre ce qui se joue dans ces échanges, il faut remonter au 7 novembre dernier.

      Ce jour-là, l’hebdomadaire Le Point publie un article de son rédacteur en chef #Erwan_Seznec dénonçant la tenue, « au Collège de France », de ce que ce magazine appelle un « colloque propalestinien à haut risque », qui « réunira », selon Seznec, « des personnalités aux positions radicales ».

      L’article provoque une nouvelle panique morale dans le monde politique et médiatique, mais aussi universitaire : au sein du groupe RRA, on perçoit le colloque comme « un autre signe du basculement progressif dans la légitimation et la banalisation des actions antijuives sous couvert d’antiracisme et d’anticolonialisme » - dixit le politologue retraité Pierre-André Taguieff.

      Ce samedi 8 novembre, l’avocate Déborah Journo explique aux universitaires du RRA qu’elle écrit au ministre de l’enseignement pour « dénoncer ce colloque au sein d’un établissement public sous sa tutelle ». Le colloque est annulé et, deux jours plus tard, l’avocate se félicite de l’efficacité de son action.

      Déborah Journo est avocate, elle déclare sur LinkedIn « consacrer l’essentiel de [son] activité à des actions de lobbying auprès du gouvernement, des institutions, des ONG ». Elle est également signataire d’une tribune publiée en août dernier, et sobrement titrée : « Non, il n’y a pas de génocide à Gaza. » Après le 7-Octobre, elle a fondé l’association Actions Avocats, qui mène des actions de lobbying ou des actes juridiques notamment pour défendre « toutes les victimes du racisme, de l’antisémitisme et du terrorisme ».

      Le Collège de France, temple du savoir et de la rigueur scientifique, aurait-il été influencé par l’action de l’avocate lobbyiste ? C’est en tout cas ce dont se targue l’intéressée.

      Rappelons qu’officiellement, c’est au nom de la « sérénité des débats » et du « respect de l’intégrité scientifique » que le colloque qui devait se tenir les 13 et 14 novembre a été annulé par l’administrateur du Collège de France Thomas Römer.

      Pour le chercheur à l’origine du colloque, Henry Laurens, c’est bien « la question de la liberté académique qui est en jeu ». Il exprime des réserves quant à la possibilité de pouvoir encore l’exercer à l’avenir : « Il y a déjà un colloque qui est prévu sur Gaza avec mon collègue Didier Fassin. Au mois de décembre, on verra pour ce colloque-là. »

      #Dénigrement

      Les membres du groupe d’universitaires constitué autour de RRA tiennent des propos dénigrants et calomniateurs à l’égard de leurs collègues investis dans les études autour de la Palestine. Paul Audi écrit par exemple :

      « Personnellement je crois ces gens capables de tout. Il y a un an j’ai fait une émission de radio face à Henry Laurens, et je l’ai vu accumuler des contre-vérités et des mensonges en s’abritant derrière son “autorité”. C’était ahurissant. Ce professeur n’est pas autre chose qu’un militant. »

      Le sérieux méthodologique des enseignants et chercheurs ainsi incriminés est sans cesse remis en cause. Ils sont accusés d’être avant tout des militants, au mieux négligents sur le plan scientifique, au pire antisémites. « De Didier Fassin à Henry Laurens et quelques autres, académo-militants qui occupent le terrain, le Collège de France est en passe de devenir le Collège de la France antijuive », écrit très sérieusement #Pierre-André_Taguieff.

      « Il ne faut pas se tromper de sujet. Il faut avoir balayé le programme de ce colloque […] pour mesurer à quel point il n’a rien à voir avec le périmètre académique et pourquoi il s’agit effectivement d’un meeting », estime quant à lui l’historien Emmanuel Debono.

      Délation, fichage, calomnies : la chasse est ouverte

      Dans ce climat d’insultes et de dénigrement, certains échanges entre universitaires les mieux gradés laissent apparaître une véritable #chasse_aux_sorcières visant les chercheurs travaillant sur les questions palestiniennes, au-delà du seul cas du colloque au Collège de France.

      Le samedi 8 novembre 2025, le directeur de Sciences Po Strasbourg, Emmanuel Droit, s’inquiète de l’invitation, dans son IEP, de la chercheuse Stéphanie Latte Abdallah. Ne pouvant, dit-il, « pas faire grand-chose en interne », il écrit à son réseau afin d’obtenir des informations qui lui serviraient à prévenir la présidence de l’université de Strasbourg contre cette historienne et anthropologue : « Que savez-vous à propos de Stéphanie Latte-Abdallah ? [...] Si jamais vous avez des infos sur cette chercheuse du CNRS me permettant d’alerter la présidence de l’Unistra, je vous en serai reconnaissant. »

      Les réponses aux relents nauséabonds ne tardent pas : « Clairement militante pro-palestinienne étant elle-même d’origine palestinienne Tte sa production universitaire est là-dessus Ses interventions aussi » (#Régine_Waintrater, Paris-Cité).

      La qualité de chercheuse de Stéphanie Latte Abdallah est également attaquée dans ce climat calomniateur qui règne dans le groupe RRA : « Elle fait toutes ces déclarations douteuses dans les médias, clairement pas scientifiques, a-historiques et non vérifiées », écrit #Évelyne_Chayes (CNRS).

      Enfin l’initiateur de cette traque, #Emmanuel_Droit, répond : « Merci oui en faisant des recherches, je viens de voir qu’elle n’a que le mot génocide à la bouche.... »

      Un informateur confie à Blast que ces personnes, importantes au sein de la hiérarchie du monde universitaire, exercent une influence considérable, capable de museler les voix contestataires : « Ils ont beaucoup de pouvoir. Ils ont beaucoup de moyens d’intimider les autres. Donc, il y a beaucoup de gens qui se taisent par #peur. » De plus, « ils ne veulent pas que tout ce qui est relatif à la reconnaissance du génocide puisse être audible », analyse une autre source.

      Un autre encore nous indique que « sous une apparence et des valeurs républicaines et de laïcité, il se joue beaucoup d’ostracisme et un double discours qui s’est envenimé après le 7 octobre en soutenant Israël mais sans jamais le revendiquer vraiment ».

      Dans une autre boucle de mails, un historien propose de constituer, avec l’aide du réseau RRA, des fiches sur les intervenants du colloque annulé sur la Palestine : « Je souhaite constituer un petit groupe de volontaires pour travailler sur l’épluchage des bios de ces intervenants. Il faut du pédigrée et du verbatim, et constituer la revue de presse accablante que cet aréopage mérite. Merci de me contacter si vous souhaitez réfléchir et mettre en œuvre, rapidement, ce travail de salubrité publique. Bien à vous, Emmanuel Debono. »

      Connivences politiques

      Plusieurs membres du RRA se félicitent en outre d’avoir influencé la position de ministres dans une décision aussi sensible que celle de l’annulation du colloque prévu au Collège de France.

      L’une de ces membres, #Déborah_Levy, écrit ainsi le 9 novembre : « Les ministres Aurore Bergé et Philippe Baptiste, prévenus depuis jeudi dernier (les alertes que vous faites remonter ici sont donc précieuses), ont demandé à l’administrateur du Collège de France d’annuler ce colloque, eu égard au risque élevé de trouble à l’ordre public et afin de garantir la sécurité des personnes. »

      À plusieurs reprises, les liens de proximité et de courtoisie entre ces universitaires et l’exécutif apparaissent au fil des échanges. Le 1er novembre, #Isabelle_de_Mecquenem (université de Champagne-Ardenne) évoque ainsi « une invitation à échanger avec le ministre de l’Enseignement supérieur », avant de préciser que la rencontre n’aura finalement pas lieu en raison de « l’instabilité politique ».

      À la lecture des échanges, une inquiétude sourde de voir leur #responsabilité engagée dans la décision d’interdire le colloque apparaît chez certains membres du RRA : « Chers amis, Aucun d’entre nous n’est responsable de l’annulation du colloque. A ma connaissance, en tout cas, nous n’avons pas demandé une telle chose. Comme beaucoup d’autres, nous avons fait état de notre effarement devant la programmation d’un meeting politique au Collège de France, où il ne faisait aucun doute que les échanges “scientifiques“ annoncés étaient de la poudre aux yeux. Albanese ? Villepin ? Peut-être en invitée surprise aurions-nous vu monter à la tribune Rima Hassan… »

      On retiendra de cette histoire qu’un colloque organisé avec et par des personnalités et des scientifiques confirmés et respectés, tels que Salam Kawakibi - directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris - ou encore Henry Laurens, a pu être interdit entre autres sous la pression d’un #lobbying d’universitaires aux positions ouvertement favorables au gouvernement d’Israël.

      D’autre part, cet événement confirme la volonté d’empêcher la tenue de manifestations scientifiques consacrées à l’histoire de la Palestine, lorsqu’elles ne sont pas agréées par les milieux pro-israéliens. Plus grave encore, les participants font l’objet de manigances et malveillances susceptibles d’affecter leur carrière universitaire.

      La LDH, (Ligue des droits de l’Homme) dans un communiqué publié hier soir, résumait la situation en ces termes : « Cette décision interroge sur l’exercice de la liberté académique et la nécessaire diffusion auprès des citoyens du travail scientifique. (...) Les chercheurs doivent pouvoir librement, indépendamment de toutes pressions directes ou indirectes, organiser des événements scientifiques sur le thème, sous le format et les modalités qui leur paraissent appropriés. »

      Contactée ce mardi 11 novembre au sujet de l’implication du RRA dans l’annulation du colloque, #Céline_Masson, la directrice de la structure universitaire, n’a pas souhaité répondre à nos questions : elle a tenu à préciser que le RRA n’avait aucun lien avec l’annulation du colloque.

      https://www.blast-info.fr/articles/2025/colloque-annule-au-college-de-france-les-manoeuvres-duniversitaires-pro-i

    • Le colloque scientifique sur la Palestine connaît un succès inédit en ligne

      Annulé par le Collège de France, l’événement consacré à la relation entre la Palestine et l’Europe se tient les 13 et 14 novembre dans les locaux du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris, devant un public très nombreux, mais à distance.

      Entrera ? N’entrera pas ? Sur un trottoir parisien, jeudi 13 novembre à 8 h 15, une cinquantaine de personnes patientent dans une file d’attente devant le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep). Les locaux sont exigus, 35 places maximum, et tout le monde ne pourra pas y pénétrer, prévient un agent de sécurité. Par petits groupes, on se questionne, pour savoir qui dispose ou non d’une invitation nominative pour assister au colloque scientifique « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines ».

      Les entrées se font au compte-goutte. Arrive Henry Laurens, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, suivi de plusieurs intervenants. A quelques exceptions près, tous sont des chercheurs représentant des institutions universitaires prestigieuses à Londres, Madrid, Amsterdam, Montréal, Rome ou encore Bruxelles.
      L’incompréhension se lit sur les visages, l’inquiétude aussi. Comment le Collège de France a-t-il pu en venir à annuler cette rencontre académique ? Comment ce lieu du savoir ouvert à tous a-t-il pu « se refermer comme une huître sous la pression d’un article du Point puis du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ? », interroge un couple de retraités, dans la file d’attente.
      « Conditions dégradées »
      L’administrateur de l’établissement, Thomas Römer, avait annoncé l’annulation de l’événement, le 9 novembre, « face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour » – tels que « d’éventuels débordements aux abords et au sein de l’amphithéâtre », avait-on précisé au Monde. Dans un courrier adressé le 8 novembre à M. Römer, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, avait confié être « personnellement en profond désaccord avec l’angle retenu » par le colloque tout en rappelant l’« entière responsabilité » de l’administrateur s’il décidait de le maintenir.
      L’événement a lieu malgré tout, ces 13 et 14 novembre, mais « dans des conditions très sensiblement dégradées, au regard, notamment, de la taille de la salle, par rapport à celles initialement prévues », a convenu le juge du tribunal administratif de Paris, saisi en référé de cette annulation par plusieurs collectifs de chercheurs et associations, le 12 novembre. Du fait de cette réorganisation dans un autre lieu et de la transmission des échanges en visioconférence, il a estimé que les libertés académique, d’expression et de réunion n’étaient pas atteintes, rejetant ainsi les pourvois formés contre le Collège de France.

      « Bienvenue dans la seule salle parisienne qui a osé accueillir ce colloque », démarre Salam Kawakibi, le directeur exécutif du Carep, co-organisateur de l’événement. Le petit auditoire, qui se tient pour partie debout, est décuplé à distance, plus de 500 personnes suivant les échanges en direct sur YouTube.
      En guise d’introduction, le chercheur en sciences politiques évoque un souvenir remontant à 2002, à Alep, en Syrie : « J’organisais à l’Institut français un colloque scientifique sur la pensée religieuse et la réforme dans le monde musulman. C’était l’époque où le pouvoir autoritaire de Bachar [Al-Assad, l’ex-président syrien] était à son apogée, voulant surveiller les respirations avant même les idées. Pourtant, le colloque a eu lieu. Les agents de sécurité sont venus, ils ont posé des questions, ont pris des notes, fait leur rapport. Mais personne n’a empêché le colloque avant qu’il ne commence. »
      « Droit de penser sans tutelle »
      En France, en 2025, « certains imaginent la recherche comme un débat télévisé », regrette le chercheur : « Ils n’ont pas compris que la science ne cherche pas l’équilibre entre les opinions mais la vérité (…). Nous revendiquons, le droit de penser sans tutelle, de discuter sans permission et de chercher sans peur. On peut interdire les colloques mais on ne peut pas interdire les questions. »
      « Malgré les pressions, les censures, le colloque se tient et nous ne pouvons que nous en féliciter », souligne l’ex-ambassadeur Denis Bauchard, président du conseil d’administration du Carep, avant de lancer les travaux, avec un exposé d’Henry Laurens. « Nous sommes en train de vivre une atteinte en règle contre les libertés académiques et l’indépendance de la recherche, renchérit auprès du Monde Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po et vice-président du conseil d’administration du Carep. On est dans un moment incroyable, où l’on juge de la recherche à partir de traits qui sont prêtés à certains chercheurs de façon mensongère, au lieu de juger un travail sur la qualité et la rigueur scientifique de ce qui est produit. Aujourd’hui nous n’allons pas parler de “la Palestine”, mais de “la relation entre l’Europe et la Palestine”. Et c’est un vrai sujet de recherche qui a été très peu pratiqué. »
      Josep Borrell, ex-haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, dont l’intervention est prévue en clôture des échanges, confie également sa « surprise » : « En Espagne, on ne peut pas imaginer qu’un ministre dise à une université ce qu’elle doit faire ou pas. »

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/11/13/annule-le-colloque-scientifique-sur-la-palestine-connait-un-succes-inedit-en

    • La justice valide l’annulation du colloque du Collège de France, et c’est grave

      Le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours contre l’annulation du colloque sur la Palestine et l’Europe qui devait se dérouler au sein du prestigieux établissement. Une décision dangereuse, fondée sur des éléments douteux, qui catalyse la mise en danger des libertés académiques.

      MercrediMercredi 12 novembre au soir, le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours référés-liberté formés contre l’annulation du colloque intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait se tenir au Collège de France jeudi 13 et vendredi 14 novembre.

      Trois jours plus tôt, dimanche 9 novembre, l’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, a décidé d’annuler le colloque, dont le programme et les intervenants étaient connus et annoncés depuis des mois, « en réaction à la polémique » initiée par un article du Point publié le 7 novembre.

      Le 8 novembre, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, s’était fendu d’une lettre d’une tartufferie rare adressée à Thomas Römer, prétendant à la fois défendre les libertés académiques comme des « principes fondamentaux de notre État de droit » tout en intervenant contre ces dernières. Il faisait part de son « désaccord avec l’angle retenu » et regrettait « l’impact durable » que l’organisation de ce colloque serait « susceptible d’avoir sur l’image de l’institution ».

      De son côté, le juge des référés a estimé que dans la mesure où les organisateurs de l’événement ont réussi à le maintenir aux mêmes dates dans un nouveau lieu – en l’occurrence les locaux exigus du Centre arabe de recherches et d’études politiques (Carep), co-organisateur de l’événement, à Paris –, « il n’est pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression, à la liberté de se réunir et à la liberté académique de nature à justifier l’intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures ».
      « Un inadmissible coup porté aux libertés académiques »

      Les dizaines d’intervenants venus des quatre coins du monde, qui avaient organisé leur emploi du temps pour être présents à Paris et dont les déplacements et frais de séjour étaient déjà payés pour une somme totale avoisinant les 50 000 euros, n’ont en effet pas été privés de parole.

      « Mais il est inexact de dire que le colloque a pu se tenir, juge l’avocat Raphaël Kempf, qui avait été saisi par des organisateurs et des participants pour déposer un recours contre cette annulation et a décidé de saisir le Conseil d’État. Un colloque comme celui-ci, ce n’est pas seulement des communications, c’est aussi des échanges, des rencontres, des discussions. Par définition, la science naît de ces moments de dialogues et de débats. Or, ceux-ci ne sont pas possibles dans une salle avec une jauge de trente-cinq personnes, réduite encore par la nécessité de mettre des caméras pour diffuser le colloque en direct. »

      Celui-ci aurait dû avoir lieu dans l’amphithéâtre Marguerite-de-Navarre du Collège de France, qui peut accueillir plus de 460 personnes et dispose de dispositifs de traduction simultanée, nécessaires pour un colloque à dimension internationale.

      Pour Raphaël Kempf, « cette décision est une prime à l’ignorance et une incitation à la censure » et « constitue un inadmissible coup porté aux libertés académiques, au débat d’idées et à la possibilité de diffuser les résultats de la recherche académique ».

      Deux éléments interrogent particulièrement la décision du tribunal administratif de valider l’annulation. Le premier est la défense produite par le Collège de France, fondée essentiellement sur des graffitis vus dans la rue quinze jours avant l’ouverture du colloque et sans lien avec ce dernier.

      L’établissement avait alors déposé une plainte, que Mediapart a pu consulter, pour « dégradation ou détérioration légère d’un bien par inscription, signe ou dessins » après avoir découvert, le 3 novembre, « des graffitis mentionnant le conflit entre Israël et la Palestine, mentionnant aussi deux noms de professeurs tel que [Henry] Laurens, titulaire de chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, et [Patrick] Boucheron, titulaire de chaire histoire des pouvoirs en Europe occidentale XIIIe et XVIe siècle, évoquant ses thèmes durant leurs cours. On y retrouve aussi des phrases mentionnant “Hamas Tueurs Violeur” [sic] ».

      Le gardien de la paix qui enregistre la plainte précise ensuite : « aucune violence [n’]a été commise envers ces deux professeurs » ; « aucun harcèlement n’a été commis envers ces deux professeurs » ; « aucune autre dégradation n’a été commise ».

      Si l’historien Patrick Boucheron n’avait rien à voir avec le colloque sur la Palestine et l’Europe, Henry Laurens, un des meilleurs historiens du Proche-Orient en France, en était l’organisateur. On se retrouve donc dans la situation ubuesque où des tags visant un professeur au Collège de France aboutissent à l’annulation du colloque que celui-ci devait organiser…

      Rappelons pour mémoire l’indignation inverse qui avait traversé la France lorsque des tags désignant des enseignants accusés d’islamophobie étaient apparus sur les murs de l’université de Grenoble. Ici, non seulement ces attaques sur les murs d’une institution académique n’ont suscité aucune indignation, mais elles ont abouti à la silenciation de celui qui en était victime.

      Le second élément est l’implication dans l’affaire du collectif Actions Avocats, une association fondée « pour lutter contre la recrudescence des actes antisémites en France, lutter contre l’apologie du terrorisme et pour la libération des otages encore entre les mains de l’organisation terroriste Hamas ».

      Ce collectif avait écrit le 8 novembre au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, pour lui faire part de « sa vive préoccupation concernant le colloque ».

      Actions Avocats rappelait dans cette lettre le fait que « la France a officiellement adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) qui précise notamment que la “négation du droit à l’autodétermination du peuple juif” ou “l’application de standards différents à Israël” peuvent constituer des formes contemporaines d’antisémitisme ».

      Rappelons que cette définition est très controversée et que le juriste états-unien Kenneth Stern, qui a pourtant contribué à la forger, juge désormais que « loin de faciliter la lutte simultanée contre l’antisémitisme et contre les préjugés dogmatiques visant Israël, la tentative de censurer toute critique d’Israël la rend plus difficile ».

      Dans une boucle d’e-mails d’un groupe d’universitaires appelé « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », Déborah Journo, présidente d’Actions Avocats, écrit : « Nous avons adressé un courrier à l’administrateur du Collège de France + copie au ministre de l’enseignement hier par e-mail. J’imagine que notre courrier et toutes les autres initiatives ont permis cette annulation. Bravo à tous. »

      L’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, n’ayant pas répondu à nos sollicitations, la chaîne qui a abouti à cette annulation demeure incertaine. Pression médiatique organisée par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et Le Point ? Rôle de ce « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme » outillé juridiquement par l’association Actions Avocats ? Pression liberticide du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche dans sa lettre adressée à Thomas Römer ? Ou initiative personnelle de ce dernier, ainsi qu’il l’a laissé entendre devant les professeurs du Collège de France réunis lundi 10 novembre dans l’urgence ?

      Un autre doute émerge : le Germano-Suisse Thomas Römer, bibliste et grand spécialiste de l’Ancien Testament, a-t-il pu agir par crainte que ses recherches en Israël et en Cisjordanie soient compromises s’il laissait ce colloque se tenir en l’état dans sa prestigieuse institution ?
      « Un précédent d’une extrême gravité »

      Sa décision, lourde de conséquences, a, quoi qu’il en soit, fait réagir non seulement un collectif de prestigieux universitaires, qui estime que « cette interdiction ouvre la voie à une censure institutionnelle », mais aussi une partie des professeur·es du Collège de France, qui juge que cette annulation « crée un précédent d’une extrême gravité ».

      « Bien que conscients des pressions qui pesaient sur sa tenue et des responsabilités administratives qui en découlent, nous regrettons cette décision qui fait prévaloir, de façon disproportionnée, les questions de sécurité sur le respect de la liberté académique, objet de menaces croissantes en de nombreux endroits du monde », écrivent ainsi les quatorze professeur·es.

      L’annulation de ce colloque, remplacé par des communications à huis clos au goût d’ersatz, fait aussi rejaillir d’anciennes querelles, notamment celles qui ont opposé les islamologues et « djihadologues » François Burgat et Gilles Kepel, encore vives alors que la France se souvient, ce 13 novembre, des attentats de Paris et de Saint-Denis commis il y a tout juste dix ans.

      L’article du Point a ainsi mis directement en cause François Burgat, sans lien avec le colloque, mais qui fut directeur du Carep. En avril, ce centre de recherche, indépendant mais financé par des fonds publics qataris, avait apporté son soutien à ce directeur de recherche émérite au CNRS, alors que celui-ci était jugé pour apologie du terrorisme à la suite d’un message sur X où il affirmait avoir « infiniment plus de respect et de considération pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël ». Des faits pour lesquels le tribunal d’Aix-en-Provence l’a relaxé fin mai.

      Quant au « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », où l’on retrouve les noms de Pierre-André Taguieff, de l’historien Emmanuel Debono ou encore d’Emmanuel Droit, directeur de Sciences Po Strasbourg, il relaye dans ses échanges d’e-mails l’obsession ancienne de Gilles Kepel, relayée par la chercheuse aux thèses complotistes et farfelues Florence Bergeaud-Blackler sur l’entrisme des Frères musulmans en France.

      Le colloque y est présenté comme une offensive frériste destinée à faire vaciller l’université française. « Les Frères et leurs collaborateurs ont un objectif précis : ils veulent administrer le chaos ; […] donc dans l’ordre a. semer la zizanie dans les démocraties occidentales ; b. profiter du chaos pour gagner du terrain en termes de pouvoirs », assure une maître de conférences en psychologie membre de ce réseau.

      Reprenant la rhétorique également présente dans le rapport très controversé commandé par le ministère de l’intérieur sur les Frères musulmans, elle explique encore que l’université est investie « comme terrain fertile principal pour semer la zizanie par exemple entre collègues, entre étudiants, au sein des directions et décanats de facs ».

      Mais outre ces rejeux de querelles plus médiatiques qu’académiques déjà anciennes, l’annulation du colloque s’inscrit évidemment dans les effets de long terme du massacre du 7-Octobre et de l’anéantissement de Gaza.

      L’article du Point a ainsi dénoncé un colloque qui risquait de se muer en « deux journées à tendance pro-Hamas ». Il pointait notamment la présence, parmi les modérateurs, de l’anthropologue Véronique Bontemps, en précisant qu’elle avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour « apologie du terrorisme ».

      Signalée par des collègues sur la plateforme Pharos pour avoir relayé sur une liste interne un tract de Solidaires étudiant-e-s appelant, le 8 octobre 2023, au « soutien indéfectible à la lutte du peuple palestinien dans toutes ses modalités et formes de lutte », cette chercheuse avait dû effectivement s’en expliquer devant sa hiérarchie.

      Le fait qu’elle ait condamné les massacres de civils dans deux messages suivants et pris ses distances avec le communiqué du syndicat n’avait pas empêché une convocation dénoncée par nombre de chercheurs.

      « Après deux ans de génocide, on a l’impression d’être revenus au point de départ : c’est-à-dire que le simple fait de parler de la Palestine peut vous valoir des accusations d’apologie du terrorisme. À ce sujet, Le Point a écrit que j’avais fait l’objet d’une procédure disciplinaire du CNRS pour “apologie du terrorisme”, sans préciser que j’avais été blanchie de cette accusation », explique-t-elle aujourd’hui à Mediapart.

      L’état des libertés académiques, notamment quand il est question de la Palestine, sera tout bientôt de nouveau à l’ordre du jour puisque, le 16 décembre, doit se tenir, toujours au Collège de France, une journée d’études intitulée « Politics and Poetics on the Ruins of Gaza » (« Politique et poésie sur les ruines de Gaza »), organisée par le professeur Didier Fassin.

      Le titulaire de la chaire « Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines » assure à Mediapart qu’il a reçu « l’assurance de l’administrateur du Collège de France qu’il ne sera[it] pas annulé » même s’il ne doute pas que son colloque fera « l’objet d’attaques et de pressions ».

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/131125/la-justice-valide-l-annulation-du-colloque-du-college-de-france-et-c-est-g

  • Cyclisme : malgré le changement de nom à venir, le co-sponsor Premier Tech se retire de l’équipe Israel-Premier Tech
    Publié le 07/11/2025 19:14
    https://www.franceinfo.fr/sports/cyclisme/cyclisme-malgre-le-changement-de-nom-a-venir-le-co-sponsor-premier-tech-s

    Le groupe canadien Premier Tech a annoncé, vendredi 7 novembre, qu’il se retirait avec effet immédiat de l’équipe cycliste Israel Premier-Tech, jugeant « insoutenable » de continuer à parrainer cette formation secouée par la mobilisation de militants propalestiniens. « Après de multiples discussions avec la direction de l’équipe et une prise en compte de toutes les circonstances pertinentes, Premier Tech a pris la décision de se retirer en tant que co-sponsor en titre de l’équipe, le tout avec effet immédiat », a annoncé le groupe dans un communiqué. L’entreprise était partenaire de l’équipe cycliste depuis 2022. (...)

    #BDS

  • Décoloniser la musique classique, un devoir de justice
    Adam Laloum > 31 octobre 2025 > Orient XXI
    https://orientxxi.info/magazine/decoloniser-la-musique-classique-un-devoir-de-justice,8622

    Le 6 novembre 2025, l’Orchestre philharmonique d’Israël et son chef titulaire se produisent à la Philharmonie de Paris. Or la formation classique est un soutien actif de la politique de l’État génocidaire. Le pianiste Adam Laloum, musicien classique juif et antisioniste, explique pourquoi il faut déprogrammer ce concert. (...)

    #BDS

  • Number of Cases of Academic Boycott Against Israeli Researchers Has Tripled Over Last Year
    Lior Dattel 12:55 AM • October 27 2025 IST
    https://www.haaretz.com/israel-news/2025-10-27/ty-article/.premium/number-of-cases-of-academic-boycott-against-israeli-researchers-has-tripled-over-last-year/0000019a-2290-dcd3-abdb-aafe45ba0000

    More than 1,000 incidents of academic boycotts have been recorded over the last two years. ’The government should have defended Israeli science,’ said the President of Tel Aviv University. ’Despite this, we haven’t gotten any assistance from it’

    Over the two years since the war in the Gaza Strip began in October 2023, there have been roughly 1,000 such academic boycotts against Israelis. However, senior academics stated that the situation is now worse than it has been at any previous point over the last two years. Yet, the government isn’t doing anything.

    “Research in Israel – one of the country’s strategic assets – is in danger of collapsing,” one said, echoing a concern voiced by many.

    Senior academics said their universities are looking into forging alternative ties with lower-level institutions in Eastern Europe and Asia if Israeli research is pushed out of Western Europe. They fear that Israeli researchers may be forced to move overseas if they want to avoid harm to their work and their professional development.

    They are also worried about the drop in research funding due to the exclusion of Israeli researchers from overseas projects. “It seems as if there is an organized effort to make Israeli research disappear from the map, but the government isn’t doing anything,” one said.

    “We’re in the worst situation, from the standpoint of the academic boycott, that we have been in at any time over the last two years,” added Prof. Ariel Porat, president of Tel Aviv University. “We’re still hoping the situation will improve now that the war has ended, but the hostility toward Israel hasn’t gone away.”

    “We saw a rise in the number of academic boycotts even during the period of negotiations over the cease-fire, and even after the war ended,” added Prof. Milette Shamir, Tel Aviv University’s deputy president for international affairs. “In the United States, there are a lot of faculty members who still refuse to maintain working relations with Israeli researchers.”

    “And in Europe, the situation is even worse,” she added. “There, the boycott is expanding fast. The main victims are younger researchers. This is long-term damage.”

    Prof. Daniel Chamovitz, who is president of Ben-Gurion University and chairman of the Association of University Heads, said that “colleagues overseas estimated it will take Israel a decade to repair our relationship with European universities.”

    Over the last two years, roughly 40 overseas universities have announced that they are ending cooperation with Israeli institutions either completely or partially. Some of these cases stem from decisions by faculty senates rather than university administrations.

    To date, the Association of University Heads has recorded more than 1,000 incidents of boycotts by institutions, professional associations, research groups, or individual researchers over the last two years. That is three times the total as of a year ago.

    The list of incidents is compiled from reports by Israeli researchers who have encountered refusals to cooperate with them or invite them to conferences, whether by other researchers, universities, research institutes or professional associations; refusals by overseas researchers to come to Israel; the cessation of student exchange programs; refusals to conduct peer reviews; delays in the publication of articles; or antisemitic comments aimed at them.

    But in reality, the scope of the problem far exceeds the number of reports. As one senior academic noted, "the universities only count overt statements or actions against Israelis. But the hidden boycott of Israel is much broader.

    “Israeli researchers have been badly hurt, especially the younger ones, but people don’t say to their faces that it’s because of the government’s policies or the war,” he continued. “We’ve seen a decline in the scale of research grants from abroad, which stems from the fact that more and more researchers overseas are excluding Israelis from their research.”

    Prof. David Harel, president of the Israel Academy of Sciences and Humanities, said that “many of the boycotts have a covert character, and we may never really know how much damage they caused. But they will affect Israeli research funding for years to come.”
    ’The government isn’t doing its duty’
    In the absence of adequate action by the government, the Association of University Heads in Israel set up an action committee a year and a half ago. The committee’s job is to collect reports of academic boycotts and then try to fight them by hiring overseas lawyers, appealing to universities and professional associations and engaging in public diplomacy.
    This activity may have contributed to the European Union’s decision not to oust Israel from its Horizon Europe research program, a vital oxygen line for Israeli research. The committee is headed by Prof. Emmanuel Nahshon, who has formerly served as deputy director of the Foreign Ministry and Israel’s ambassador to Belgium and Luxembourg.
    Nevertheless, the action committee employs only a handful of workers and receives no government funding. And it is facing off against massive forces driven by the BDS campaign, faculty unions and student unions throughout Europe.

    “The government should have defended Israeli science exactly the way it is supposed to defend other Israeli interests,” Porat said. “Despite this, we haven’t gotten any assistance from it – not funding for legal battles nor a public diplomacy budget.”

    “Israel is facing demands by some countries to oust us from the Horizon agreement, and I would have expected that the Foreign Ministry would at least work with European countries to keep Israeli science in Europe and prevent its collapse,” he continued. “Instead, they are settling the score with us over our protests against the judicial overhaul.”

    “Universities shouldn’t have to explain to the government why it has an interest in the existence of strong, world-beating science,” Porat added. “We’re talking about damage to the country’s fortitude and security – to everything that makes Israel the Start-Up Nation – due to the harm to research. Unfortunately, the government isn’t doing its duty on this issue, either.”

    Another academic said, “We’ve heard from government representatives that they deliberately won’t help us, because we’re leftists.”

    According to a report on Israel’s Channel 12 television in August, at a meeting on this issue between senior academics and Foreign Ministry Director General Eden Bar Tal, the latter said, “Academia is left-wing; you’ve brought this on yourselves. You want our help? You’re the guilty parties.” The Foreign Ministry didn’t deny that report, but insisted that it is taking action on the issue.

    “One of the arguments at our disposal used to be Israel’s academic freedom, which was considered high by international standards and was as great as that which exists in other countries in Europe,” Chamovitz said. "That helped us ground our legal arguments about Israeli universities’ independence in the face of organizations that claimed we’re an arm of the government.

    “But if academic freedom in Israel is undermined, nothing will help us,” he added, referring to the government’s efforts to gain control over the Council for Higher Education.

    Israel is one of the most prominent participants in the Horizon Europe research program. That program is the largest research program in the world, with a budget of 95 billion euros for the years 2021 to 2027. But Israeli researchers said the number of Israelis winning research grants from the program has dropped over the past year in comparison to previous years.

    In July, the European Commission debated ending Israel’s participation in the prestigious program, but the discussion ended without a decision to do so, thanks to pressure from Germany and Italy.

    “It’s impossible to overstate the damage that would be caused to Israel if we were ousted from the Horizon program,” Shamir said. “Israeli science can’t exist on the funding the government allocates.”

    Academics said the government doesn’t even take action over extreme cases involving violent incidents on overseas campuses, antisemitic actions and statements or threats against lecturers.

    On October 15, a few days after the cease-fire began and the living hostages came home, the University of Amsterdam informed its faculty that it stood behind a faculty board’s decision to refuse to engage in any future cooperation with Israel.

    The university’s deans of the faculty wrote that they had “evidence of genocide” in Gaza and charged that Israel doesn’t obey international law. Moreover, they wrote, Israeli research institutes have ties with the Israeli government, and they can’t rule out the possibility that these ties have contributed to human rights violations in Gaza.

    According to a report by the Association of University Heads’ action committee in March, the largest number of boycott incidents reported between October 2024 and February 2025 was in America (70). But since then, there has been a decline in such incidents in America and a rise in Europe.

    During that same period, there were 45 incidents in Spain (a rise of 125 percent compared to the period between October 2023 and October 2024), 40 each in Britain and Holland (increases of 60 percent and 100 percent, respectively) and 69 in Belgium (a 50 percent increase). Incidents were also reported in Italy, Canada and other countries.

    In other words, more incidents were reported during the first half of the war’s second year than during its entire first year. All of these cases involved overt boycotts.

    “We don’t delude ourselves that all the universities that severed ties with Israeli universities will come back to us immediately because the war has ended,” Chamovitz said. “In the meantime, every Israeli university is reexamining its existing ties and looking into forging new ones with other overseas institutions.”

    #BDS

  • Tourisme dans les colonies israéliennes en Cisjordanie : Airbnb et Booking visés par une plainte de la Ligue des droits de l’Homme
    Publié le 16 octobre 2025 l’HUmanité
    https://www.humanite.fr/monde/airbnb/colonisation-la-ldh-saisit-la-justice-contre-airbnb-et-ses-logements-loues-

    Suite logique des révélations du quotidien britannique The Guardian en février dernier, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déposé, jeudi, à Paris, une plainte contre Airbnb et Booking.com pour complicité et recel aggravé de crimes de guerre, en proposant des logements dans les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.

    « Ces multinationales, en offrant leurs services et leurs prestations, permettent et facilitent, tant directement qu’indirectement, la création (…) et l’extension des colonies israéliennes » et « en tirent des profits...

    #BDS

  • Europa League - Les supporters du Maccabi Tel Aviv interdits de déplacement à Aston Villa
    Publié le 16-10-2025 à 20h25 à Birmingham, Royaume-Uni - La DH/Les Sports+
    https://www.dhnet.be/dernieres-depeches/2025/10/16/europa-league-les-supporters-du-maccabi-tel-aviv-interdits-de-deplacement-a-as

    Aston Villa ne pourra pas accueillir de supporters du Maccabi Tel Aviv lors du prochain duel entre les deux équipes en Europa League le 6 novembre, a communiqué le club de Youri Tielemans et Amadou Onana jeudi.

    Au Royaume-Uni, le Safety Advisory Group (SAG) a décidé de ne pas autoriser la présence de supporters israéliens à Villa Park pour des raisons de sécurité, suite à la guerre à Gaza et le risque de protestations.

    L’année dernière, des incidents avaient déjà éclaté avant et après la rencontre entre l’Ajax Amsterdam et le Maccabi aux alentours du stade et dans le centre-ville. Cinq hommes ont écopé de six mois de prison pour des faits de violence sur des supporters israéliens.

    Le mois dernier, des mouvements de protestation ont également eu lieu en Grèce à l’occasion du déplacement du Maccabi Tel Aviv au PAOK Salonique.

    #BDS

  • Les organisateurs de l’Eurovision reportent la décision sur Israël à décembre
    Mon, Oct 13, 2025 09:39 PM - Info3
    https://info3.com/europe/249062/text/short/les-organisateurs-de-leurovision-reportent-la-decision-sur-israel-a-decembre

    Les organisateurs de l’Eurovision Song Contest ont reporté une décision sur la participation d’Israël à la compétition de l’année prochaine, suite au récent cessez-le-feu à Gaza. L’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) avait prévu un vote spécial le mois prochain au milieu de menaces de boycott croissantes de plusieurs pays, mais la question sera désormais abordée lors de son assemblée générale régulière en décembre.

    Dans un communiqué publié lundi, l’UER a déclaré que son conseil exécutif, qui s’est réuni le 13 octobre, a décidé que la question nécessitait une discussion ouverte et en personne parmi ses membres. « À la lumière des développements récents au Moyen-Orient, le conseil a convenu de placer la question de la participation d’Israël à l’ordre du jour de son assemblée générale d’hiver ordinaire plutôt que de tenir une session extraordinaire au préalable », a indiqué l’organisation. (...)

    #BDS

  • Basket : Barcelone refuse l’accès à sa salle pour le club israélien de l’Hapoël Jérusalem
    AFP | Le 08/10
    https://rmcsport.bfmtv.com/basket/basket-barcelone-refuse-l-acces-a-sa-salle-pour-le-club-israelien-de

    Alors que l’Hapoël Jérusalem est à la recherche d’une salle pour s’entrainer avant son match d’Eurocoupe contre Manresa la semaine prochaine, le FC Barcelone a refusé la demande du club israélien.

    Le club de basket du FC Barcelone a rejeté la demande de l’Hapoël Jérusalem de s’entrainer dans sa salle la semaine prochaine, ont indiqué mercredi des sources du club espagnol à l’AFP. L’équipe israélienne voulait s’entrainer dans le Palau Blaugrana avant son match d’Eurocoupe du 15 octobre contre un autre club espagnol, le Baxi Manresa. Le refus du club catalan est motivé par des raisons logistiques car Barcelone a besoin de sa salle au même moment pour sa section handball.

    Selon les sources de l’AFP, la protection de l’ordre public entre aussi en jeu dans cette décision. « Nous ne voulons avoir aucun problème », ont t-elles expliqué, après les manifestations qui ont eu lieu en Espagne en raison de la guerre à Gaza, notamment lors du Tour d’Espagne cycliste.
    L’Espagne prône la cause palestinienne

    Un autre club espagnol, Valence, doit aussi affronter un club israélien, l’Hapoël Tel-Aviv, en Euroligue le même jour. Le mouvement propalestinien BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël) a appelé à l’annulation du match d’Euroligue, menaçant d’organiser une manifestation s’il était joué.

    #BDS #Viva_España

  • L’équipe Israel Premier Tech va changer de nom, qui ne mentionnera plus Israël (communiqué)
    ParAFP – Mis à jour 06/10/2025 - Eurosport
    https://www.eurosport.fr/cyclisme/lequipe-israel-premier-tech-va-changer-de-nom-qui-ne-mentionnera-plus-israel-communique_sto23228781/story.shtml

    L’équipe cycliste Israel Premier Tech, dont la présence dans le peloton est fortement contestée par des militants propalestiniens, a annoncé lundi dans un communiqué qu’elle allait changer de nom, « s’écartant de son identité israélienne actuelle ».
    (...)
    La direction de l’équipe a alors évoqué une réflexion en cours, qui a abouti lundi. « Avec un engagement indéfectible à l’égard de nos coureurs, de notre personnel et de nos précieux partenaires, la décision a été prise de renommer l’équipe, s’écartant ainsi de son identité israélienne actuelle », a annoncé IPT, qui évoque une étape « essentielle pour garantir l’avenir de l’équipe ».
    « A l’égard de la saison 2026, Sylvan Adams a choisi de prendre du recul par rapport à son implication quotidienne et ne s’exprimera plus au nom de l’équipe, se concentrant plutôt sur son rôle de président du Congrès juif mondial
     », ajoute le communiqué.

    #BDS