• Dans la #Bosnie-Herzégovine morcelée, « la #rivière #Una unit les gens »

    Le #cours_d’eau rassemble ceux que la politique et les #divisions_ethniques séparent. Sur les rives de la Una, scientifiques, pêcheurs et militants se mobilisent pour préserver un #écosystème exceptionnel.

    L’eau est d’un vert presque irréel, toujours translucide. Au premier abord, son cours paraît d’une tranquillité infinie et invite à la contemplation. Mais ici ou là, la Una creuse des barrières de tuf, s’engouffre sous des îlots boisés et rejaillit en d’innombrables cascades, parfois hautes de 20 mètres. Debout dans le courant, canne à mouche à la main, Edib Djaferbegovic entretient un lien organique avec cette rivière majestueuse. « Mes premiers pas, mon jardin d’enfant, c’était ici, sur les bords de la Una, raconte ce pêcheur passionné d’une cinquantaine d’années au sourire juvénile. Ma famille m’a offert une canne à pêche, et j’allais pêcher devant la maison. Aujourd’hui, j’essaie de transmettre tout cela aux générations futures avec mon école de pêche, j’apprends aux enfants à respecter la rivière et les poissons qui y vivent. »

    De sa source, un œil bleu qui surgit au milieu des roches karstiques en Croatie voisine, jusqu’à sa confluence, à 212 kilomètres de là, avec la Sava qui se jette ensuite dans le Danube en Serbie, la Una longe les « frontières » de l’ex-Yougoslavie. Et en premier lieu, celles que la guerre a imposées à la Bosnie multiculturelle. Edib Džaferbegović, est le vice-président de l’association des pêcheurs de la Republika Srpska (RS), le territoire à majorité serbe de ce pays de 3,2 millions d’habitants. « Malheureusement, la guerre des années 90 a engendré des divisions qui ne nous ont rien apporté de bon, souffle-t-il le regard triste. Mais la Una, comme d’autres rivières de Bosnie-Herzégovine, unit les gens. Preuve en est : mon nom et mon prénom [sont bosniaques], alors que l’association est en Republika Srpska. Quelle que soit votre nationalité, là où on se soutient et là où on passe du temps ensemble, c’est au bord des rivières. »

    Peu à l’aise à l’évocation des divisions ethniques et des discours qui enferment son pays dans un éternel après-guerre, Edib préfère encenser l’incroyable #beauté et la richesse de sa rivière. Ce prodige de la pêche à la mouche a parcouru les cours d’eau les plus réputés de la planète. Mais même au cœur de la Nouvelle-Zélande sauvage, il n’a pas trouvé d’équivalent à la Una. « Là-bas, il y a de belles rivières, mais il y a très peu d’espèces de poissons. Ici, on trouve 37 espèces de #poissons par kilomètre de rivière ! C’est extrêmement rare et c’est un trésor qu’il faut préserver. » Et Edib de rappeler l’origine du nom légué par les Romains, subjugués par le charme de cette rivière aux eaux émeraude : Una, l’unique.

    Un huchon flegmatique

    Sous les chaleurs estivales, les pêcheurs de la vallée ne sont pas les seuls à remonter le cours d’eau. Sur les berges ou au sommet des cascades, des chercheurs venus des quatre coins de Bosnie-Herzégovine et de toute l’Europe centrale ont déployé leurs filets et leurs instruments de mesure. Certains tentent de dénicher le « tigre du Danube », ou, selon les goûts, le « lion du Danube ». « L’espèce de poisson que nous venons de capturer est le #huchon, aussi appelé saumon du Danube, explique, en brandissant un échantillon contenant un alevin, Kurt Pinter, biologiste à l’université Boku de Vienne. C’est un superprédateur qui a quasiment disparu de la majeure partie du bassin du Danube. La Una est l’un des derniers systèmes fluviaux où l’on trouve encore une population en bon état. » Plus tard dans la soirée, un collègue bosnien sortira quelques instants des eaux l’un de ces flegmatiques huchons, qui peut atteindre 1,30 mètre. Un saumon menacé, notamment par les barrages qui l’empêchent de remonter jusqu’aux eaux fraîches des affluents où il se reproduit.

    Pendant une semaine, plus de 70 scientifiques et étudiants inventorient ainsi la #faune et la #flore, et cartographient l’ensemble du bassin versant : la Una, mais aussi la Sana et la Sanica. Au total, 660 kilomètres de rivières, de méandres et de prairies entourées des denses forêts bosniennes. Avec pour objectif de mieux documenter la #biodiversité exceptionnelle de cet #écosystème encore relativement préservé, afin de convaincre les autorités de le proclamer « Parc national de la rivière sauvage ».

    « En Autriche, où je vis et travaille, les rivières ont été transformées en machines au service des humains, résume Kurt Pinter, de l’eau jusqu’aux genoux et entouré de papillons. Cette rivière ici, ce n’est pas une machine, c’est la #nature. On le voit bien à la quantité d’insectes qui volent partout, et de tout ce qui bouge au fond du lit de la rivière. Nous devons conserver cette merveille pour les générations futures. » Au fil des inventaires, les chercheurs redécouvrent entre autres des #écrevisses dont la présence n’avait plus été documentée depuis des décennies.

    Projet d’enfouissement de #déchets_nucléaires

    Malgré son excellent état de #conservation, la Una n’échappe pas à la pression des activités humaines. #Urbanisation des berges, projets hydroélectriques, #pollutions liées au #sur-tourisme, et surtout un projet d’enfouissement de déchets nucléaires sur la rive croate : autant d’inquiétudes pour les scientifiques et les associations environnementales. « Ce projet porté par le gouvernement croate est peut-être le plus grand danger pour tous les habitants de cette partie de la Bosnie-Herzégovine, alerte Jelena Ivanic du Centre pour l’environnement, l’une des ONG organisatrices de l’expédition, basée à Banja Luka. L’usine de traitement des eaux qui alimente toute la municipalité de Novigrad se trouve à seulement quelques centaines de mètres du site où pourraient être enfouis ces déchets nucléaires. » Au campement sous les saules, le projet anime les discussions du soir. Certains évoquent même un « #racisme_écologique » du puissant voisin croate, membre de l’UE. Le site pourrait contaminer les eaux de la Una, puis celles de la Sava et du Danube.

    Pour Jelena Ivanic, ces travaux scientifiques sont une occasion de renforcer les liens entre les habitants de Bosnie-Herzégovine et de dépasser les querelles communautaires imposées par le mille-feuille institutionnel créé par les accords de paix de Dayton de 1995. L’occasion aussi de se ressourcer, pour celle qui a appris à nager dans la Una, près de sa ville natale de Novi Grad. « Même quand on travaille dans la préservation de l’environnement, on est constamment confrontés à des histoires d’attaques contre quelqu’un de l’autre nationalité, car ce sont les discours qu’essaient d’imposer nos dirigeants politiques, se désole la militante écologiste de 38 ans. Ces expéditions sont une occasion unique pour les gens ordinaires de s’unir autour d’un objectif d’intérêt commun et de travailler aux côtés des scientifiques. Et dans le cas de la Una, cette rivière relie véritablement les habitants, ils y sont profondément attachés. »
    Forêts alluviales

    Comme d’autres rivières de Bosnie-Herzégovine, les berges boisées de la Una subissent les assauts d’une urbanisation galopante. En quelques années, les #maisons_secondaires, souvent massives et dotées de #piscines, se sont multipliées sur ses rives, entraînant une #destruction des fragiles écosystèmes et de nouvelles pollutions, alors que le traitement des eaux est sous-développé.

    Dans la région, le maire de la ville de Bihac, Elvedin Sedić, fait partie des rares élus à avoir ordonné la démolition d’une quinzaine de ces vikendica (« maisons de week-end »). « Ici, tout le monde se connaît, ce qui rend compliqué de faire respecter les lois, analyse l’édile, qui dit soutenir l’idée d’un parc national sur l’ensemble de la Una. Les gens ont souvent des contacts à tel ou tel échelon administratif : canton, entité, Etat fédéral… Les sanctions sont également bien trop légères. Les gens intègrent souvent les amendes, qui vont de 250 à 500 euros seulement, dans leur budget de construction. Il faut renforcer la législation pour protéger réellement les berges de la Una. »

    Si les milieux naturels de Bosnie-Herzégovine souffrent d’une législation parcellaire et rarement appliquée, l’#attachement respectueux de ses habitants à la rivière distingue la Una des cours d’eau voisins, souvent transformés en décharge à ciel ouvert. A mille lieues des mers de déchets plastiques qui étouffent régulièrement la Drina, dans l’est du pays, ou la Morava, en Serbie voisine, la Una reste largement immaculée. Une tradition héritée de l’#Unski_Smaragdi, une association précurseure des mouvements écologistes locaux, active depuis les années 80 et qui a permis à la Una de conserver son aspect naturel, avec ses cascades et ses forêts alluviales. Pour l’écologue de Sarajevo, Sabina Trakic, ce succès à long terme est une source d’inspiration pour les enjeux environnementaux actuels.

    « Le lien très fort des gens avec leurs rivières, quelles que soient leurs nationalités, a engendré une cohésion des personnes qui est le pilier de notre système fluvial, estime la biologiste, tombée sous le charme des chutes d’eau cristallines de la Una il y a plus de vingt ans. Quand on étudie les écosystèmes, il est impossible d’affirmer : ici commence un écosystème, là se termine un autre. Les rivières illustrent parfaitement cette continuité. »

    ▻https://www.liberation.fr/international/europe/dans-la-bosnie-herzegovine-morcelee-la-riviere-una-unit-les-gens-20260926
    #union #division #conservation #résistance #mobilisation

  • #Requiem pour #Gaza

    En 2025, #Chris_Hedges et Joe Sacco se sont rendus en Égypte, dans un camp de réfugiés palestiniens, recueillir les #témoignages de familles ayant dû quitter la #bande_de_Gaza à la suite de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 par le Hamas et la riposte israélienne.

    « Joe Sacco a passé plusieurs mois à Gaza pour ses livres Palestine et Gaza 1956. J’ai couvert Gaza en tant que journaliste pendant sept ans. Tout ce qui nous était familier à Gaza a disparu, transformé en un paysage apocalyptique de béton brisé et de décombres. Mon bureau du New York Times au centre de la ville de Gaza. La pension Marna, rue Ahmed Abd El-Aziz, où après une journée de travail, je buvais le thé avec Margaret Nassar, la vieille dame qui en était la propriétaire, une réfugiée de Safad, dans le nord de la Galilée. Lors de ma dernière visite à la pension Marna, j’ai oublié de rendre la clé de la chambre. La numéro 12. Elle était attachée à un grand ovale en plastique sur lequel était inscrit « Marna House Gaza ». La clé se trouve sur mon bureau.
    La #destruction de Gaza n’est pas seulement un #crime contre le peuple palestinien. C’est un crime contre notre patrimoine culturel et historique, une atteinte à la #mémoire. Nous ne pouvons pas comprendre le présent, en particulier lorsque nous rendons compte de la situation des Palestiniens et des Israéliens, si nous ne comprenons pas le passé. »

    ▻https://www.futuropolis.fr/9782754849630/requiem-pour-gaza.html
    #BD #bande_dessinée #bande-dessinée #livre #Joe_Sacco #réfugiés_palestiniens #Palestine #Israël #déplacés_internes #campements #déplacés_de_force #exode

  • A #Montgenèvre, enfants et ados donnent leurs noms aux #mélèzes menacés par les JO 2030 pour dire que « les arbres, c’est politique »

    Les opposants aux Jeux Olympiques d’Hiver de 2030 ont inauguré, dimanche 6 septembre à Montgenèvre, une « #Réserve_naturelle_nationale_d'enfance_protégée ». Plus de 800 enfants et ados ont apporté leur parrainage aux mélèzes du #bois_du_Prarial, qui risque d’être coupé pour construire une piste de ski.

    Qui aurait pu prédire qu’il serait plus séduisant de parrainer un mélèze en sursis plutôt qu’un candidat à la présidentielle ? Pas #Stéphane_Faure-Brac, manifestement. Le cofondateur du #CAOJOP (#Comité_d'Alerte_sur_l'Organisation_des_Jeux_Olympiques_et_Paralympiques) ne s’attendait pas à un tel succès. Il revendique un socle confortable de 800 #parrainages d’#enfants et d’ados. Tous ces jeunes bourgeons ont donné leurs noms aux mélèzes du bois du #Prarial, à l’ubac de Montgenèvre. La zone risque d’être déboisée sur un peu plus de cinq hectares pour la construction d’une piste de ski dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques d’Hiver de 2030.

    A l’orée du bois, un grand panneau en bois massif trône : « Réserve naturelle nationale d’enfance protégée du bois du Prarial ». Stéphane Faure-Brac n’en revient pas. « En général, on fait avec ce qu’on a. Et ce qu’on a aujourd’hui, c’est génial », sourit-il devant la longue file bigarrée qui monte lentement dans la pente, entre le front de neige de Montgenèvre et le bois du Prarial, en prenant soin de contourner le golf pour ne pas abîmer le green. Près de 400 personnes sont venues parrainer, marrainer des mélèzes ou simplement soutenir la #lutte, dimanche 6 septembre.

    Il fait encore chaud à plus de 1800 mètres, et le mélézin clair et lumineux du Prarial résonne de multiples coups de marteau. Le long des pistes de ski de Montgenèvre, à quelques mètres du golf verdoyant, enfants et parents installent main dans la main de petites pancartes en bois dans l’épaisse écorce des mélèzes. Sur chacune d’entre elles, des #prénoms - enfantins, souvent - et parfois des âges. De cinq à vingt-six ans et même plus.

    Enfants et parents préoccupés...

    « C’est important d’être là pour préserver la #biodiversité », affirme Titouan, devant la pancarte qu’il vient de clouer avec sa maman dans le tronc d’un jeune mélèze. « Il y a déjà des boardercross dans la vallée, il y en a un à Puy-Saint-Vincent, un à Serre-Che, un côté italien... et en plus, il y a déjà beaucoup trop d’hectares qui ont brûlé cette année en France », explique-t-il. Le garçon de onze ans est à l’école à Briançon et sait très bien pourquoi il est là. « J’aime la forêt », dit-il, « car c’est avec les branches des arbres qui sont tombées qu’on fait nos cabanes, c’est des moments que j’aime bien partager avec mes copains. »

    C’est pour protéger ce versant de mélézin que le CAOJOP s’est saisi d’une proposition formulée à la volée par « un ado de Briançon », celle d’inciter les jeunes à parrainer et marrainer les mélèzes menacés par le #déboisement. La proposition a, semble-t-il, séduit. On leur a signalé un parrainage de Nouvelle-Calédonie. Jouer sur la corde sensible de l’enfance, oui ; mais instrumentaliser, c’est non, prévient Stéphane Faure-Brac. « Les adversaires jouent sur la fibre sentimentale. C’est un ado qui nous a soufflé l’idée. Mais quand on voit les affiches de promotion des porteurs du projet, on voit plein de gamins qui rêvent, montrent du doigt les symboles olympiques au loin. On nous parle du rêve des gamins. Ce n’est pas nous qui instrumentalisons les gamins. Ce sont les porteurs de projet qui mettent en avant le fait que les JO sont faits pour faire rêver les enfants », analyse Stéphane Faure-Brac. Pas tous les enfants, manifestement. « Les enfants ont besoin d’autre chose, et surtout d’un avenir assuré et meilleur et d’une nature qui les protègera. »

    Les mélèzes de Montgenèvre offrent une fraîcheur bienvenue alors que tout le monde s’éparpille dans le sous-bois pour trouver un tronc à son goût. Sur un jeune mélèze tout frêle, qui a probablement le même âge que lui, Viggo termine de planter sa pancarte. « J’ai pas envie que l’on coupe des arbres, ça ne sert à rien car il y a déjà d’autres pistes pour faire la course », martèle le garçon de neuf ans, préoccupé. « La forêt, ça protège les animaux, il y a beaucoup d’insectes. Si on coupe la nature, c’est pas très bien pour eux. Après, les animaux ne vont plus trouver leur habitat », déballe-t-il avec aisance et fluidité. En lisière du boisement, en contrebas, les participants s’installent pour casser la croûte.

    Non loin de quelques gendarmes, deux jeunes filles déballent leur pique-nique. « Pour un plaisir qui va être les JO, qui ne vont durer que sur quelques épreuves, on ne peut pas décider d’enlever des arbres qui sont là depuis hyper longtemps », s’indigne Mathilde, une lycéenne briançonnaise de 17 ans. « C’est irrespectueux ! J’aime beaucoup le ski, mais je pense que ça ne vaut pas le coup pour ce que c’est », juge-t-elle, aux côtés de sa petite soeur. Les deux sont venues marrainer un mélèze. « Ici, il y a tellement d’habitants qui sont contre, mais leur parole n’est pas prise en compte, alors qu’ils sont là à l’année, et que c’est eux que ça va toucher. Tout le monde s’en fout ! Je pense que ça devrait alerter », estime Mathilde.

    ...et les élus attendus au tournant

    « C’est un geste peu commun, qui peut rendre plus visible cette lutte », note Mathis, venu donner son nom à un Larix decidua - le mélèze, pour les intimes. Le jeune homme de 21 ans, naturaliste, vidéaste et photographe animalier, aimerait un peu plus de radicalité dans le rassemblement. « Au début, les organisateurs ont dit que ce moment était apolitique. Je ne suis pas vraiment d’accord. Les arbres, c’est politique », rappelle le Briançonnais. « J’aime bien les oiseaux. Sans arbres, il n’y a pas d’oiseaux. Et sans oiseaux, je suis très malheureux », explique-t-il sous le bien nommé télésiège du Prarial, à l’arrêt. Le passionné, qui revient d’une semaine de bivouac en solo à la recherche du loup, estime important « de se rassembler, pour se rassurer, pour voir qu’on est moins seul face à tout ça, et se consoler de toute cette tristesse quand on voit que nos décideurs font tout pour l’argent ».

    Si les arbres sont politiques, alors les décideurs doivent s’emparer du sujet : c’est l’avis de Fanny, une mère de famille et maraîchère d’Eygliers. « Nos élus ont de la merde dans les yeux. Ce n’est pas possible d’être autant dans le #déni », lâche-t-elle, légèrement essouflée par la montée vers le bois sous un soleil de fin de matinée déjà un peu agressif. « Aujourd’hui, avec le réchauffement, on ne peut pas se permettre de faire des JO, et on ne peut plus se permettre de tailler dans la forêt. La forêt, c’est le patrimoine environnemental qu’on laisse à nos enfants. » Elle cite, exaspérée, comme beaucoup d’autres personnes présentes, l’incendie de l’Argentière-la-Bessée et Freissinières, qui a brûlé plus de 500 hectares dans le courant de l’été, et les mégafeux de Gironde.

    « Qu’est-ce qu’elle va devenir, la #pancarte ? », demande Titouan à sa maman, avant de retourner manger. « Elle appartient à l’arbre, maintenant, il va la garder. » Il fera peut-être de belles branches qui tomberont à leur tour et permettront aux jeunes et moins jeunes enfants de construire de nouvelles cabanes. Et pour pouvoir encore skier « à l’aise dans les mélèzes ».

    ▻https://ram05.fr/a-montgenevre-enfants-et-ados-donnent-leurs-noms-aux-melezes-menaces-par-les-j
    #arbres #politique #JO2030 #jeux_olympiques #montagne #forêt #déforestation #résistance #beau #Briançonnais #Hautes-Alpes

  • EDITORIALE – Ai giovani serve il coraggio di restare
    ▻https://informareonline.com/editoriale-ai-giovani-serve-il-coraggio-di-restare

    Ci sono lettere che non chiedono soltanto una risposta. Chiedono una presa di coscienza. La testimonianza di un giovane di Castel Volturno, che dopo sacrifici, studio e difficoltà prova a costruirsi una professione e un futuro, ci obbliga a guardare in faccia una domanda scomoda: che cosa deve fare un ragazzo nato in una terra difficile? Scappare, […] L’articolo EDITORIALE – Ai giovani serve il coraggio di restare proviene da Informareonline, scritto da Tommaso Morlando

    #Approfondimenti #EVIDENZA #Magazine_Agosto_2026

  • Metamòrfosi : Redonner vie aux biens confisqués à la mafia

    Le livre Metamòrfosi (métamorphose) décrit comment les bâtiments confisqués à la mafia sont transformés pour continuer d’exister dans une nouvelle réalité juridique et esthétique. « Personne ne peut confisquer l’espoir », tel est le titre de l’une des contributions de l’ouvrage : l’espoir s’inscrit dans les projets architecturaux décrits dans l’ouvrage, dans la transformation de la matière pour que la beauté reprenne ses droits sur la laideur.

    visionscarto.net propose une immersion dans une sélection de mots, images et cartes de ce livre, qui aborde un instrument juridique puissant : une loi qui, depuis 30 ans en Italie, permet de rendre à la communauté les biens qui lui ont été enlevés par la criminalité organisée.

    ▻https://www.visionscarto.net/metamorfosi
    #biens_confisqués #mafia #Italie #architecture #beauté #laideur #livre #transformation #urbanisme #esthétique #confiscation #communs #biens_communs

    via @visionscarto

  • Ce jeudi, l’enseigne commercialisait 200.000 climatiseurs et ventilateurs [...]
    Arrive l’heure où le seul climatiseur disponible est enfin évacué du magasin. L’heureux élu sort carrément sous escorte policière et ramène l’objet de toutes les convoitises jusqu’à sa voiture. Trop modeste, il ne communiquera ni son prénom, ni l’heure à laquelle il est arrivé pour réussir son exploit. Pas plus qu’il n’accepte une photo, « par prudence ». On ne sait jamais, par les temps qui courent, il vaut mieux rester discret quand on est équipé contre la chaleur.

    ▻https://www.20minutes.fr/societe/4232401-20260702-canicule-insultes-bagarres-escorte-policiere-lidl-chasse-

    • Les pauvres ont toujours tort
      ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/030726/les-pauvres-ont-toujours-tort

      La France sort éprouvée d’une canicule hors norme, face à laquelle les pouvoirs publics n’ont pas su apporter de réponse à la hauteur de l’enjeu et de l’inconfort. Dans les quartiers populaires, où vit une grande partie de la clientèle de cette enseigne, les habitant·es ont suffoqué dans des logements transformés en véritables bouilloires thermiques. Ils ont, plus que d’autres, payé le prix de la chaleur, parfois de leur vie.

      [...]

      Très vite, les commentaires ont fusé sur les mêmes réseaux sociaux, ciblant ces client·es qui ont eu l’outrecuidance de vouloir avoir moins chaud. Parmi eux, des personnes pauvres, parfois racisées. De quoi susciter du mépris de classe doublé de racisme, puisqu’elles sont qualifiées « d’animaux », « de cas sociaux », et les magasins sont comparés à des « zoos ».

      Ces scènes sont aussi du pain bénit pour les commentateurs professionnels de CNews. Pour l’un d’entre eux, ces scènes sont symptomatiques de « la décivilisation de la société, l’incapacité à vivre avec autrui ». Rien que ça. Ce n’est pas la première fois que les personnes modestes ou pauvres sont vilipendées pour leur comportement et leur supposée incapacité à gérer leur budget. L’exemple le plus parlant de cette condescendance étant les « émeutes du Nutella », terme largement exagéré.
      [...]
      Dans son livre de référence sur le sujet, Où va l’argent des pauvres (Payot, 2020), Denis Colombi revient sur cet épisode et raconte que « les clients “enragés” se sont fait traiter de tous les noms, renvoyés au monde des beaufs, des barbares et des zombies sans cervelle ».
      [...]
      L’auteur y rappelle que les jugements sur la manière dont les plus précaires gèrent leur budget sont légion. « Cela nous conforte dans l’idée que, nous, nous faisons mieux. Il en va de même pour les pauvres, les considérer comme responsables de leur sort est plaisant et rassurant. S’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils ont un défaut ou parce qu’ils ont fait des erreurs. »

  • En Belgique, des communes wallonnes coupent les ponts avec les nouvelles villes #RN

    Au nom du « cordon sanitaire » instauré pour lutter contre la montée de l’extrême droite, des municipalités belges comme #Huy ou #Namur remettent en question leur #jumelage avec des mairies françaises conquises par le #Rassemblement_national aux élections municipales de mars.

    Juché sur un éperon rocheux, le fort de Huy offre une vue imprenable sur les bords de Meuse et les ruelles pavées du centre-ville de #Huy, une cité de presque 22 000 habitants dans la province wallonne de Liège, en Belgique. Au pied de cette forteresse construite au XIXe siècle, des plaques commémoratives mentionnent la part sombre de l’histoire de l’édifice.

    Entre 1940 et 1944, l’armée allemande, qui occupait la Belgique lors de la seconde guerre mondiale, s’en servit de prison pour y détenir des milliers de Belges et d’étrangers, avant de les envoyer vers des camps de concentration. Parmi les prisonniers : 273 mineurs originaires de la ville de Grenay (Pas-de-Calais), arrêtés en 1941 lors de la grève des 100 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais, l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France. Ils furent déportés à Sachsenhausen. La moitié d’entre eux y ont perdu la vie.

    Le fort de Huy est devenu aujourd’hui un site touristique et un lieu de mémoire. En 2016, pour marquer le 75e anniversaire du mouvement social des mineurs, l’ancien maire communiste de #Grenay, Christian Champiré, prend attache avec le bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, élu maire socialiste quelques mois auparavant. Depuis, chaque année au mois de juillet, une commémoration se déroule aux abords du fort en présence d’un représentant de la ville de Grenay.
    Ce lien donne naissance, en 2022, à un « #pacte_d’amitié », suivi, deux ans plus tard, d’un « #serment_de _jumelage » signé le 23 juillet 2024. Les deux communes s’engagent alors à « maintenir des liens permanents et à favoriser les échanges entre leurs habitants pour développer par une meilleure compréhension mutuelle le sentiment vivant de la fraternité européenne ».

    « Ce parti incarne le #rejet_de_l’autre »

    En cette fin mai, les choses ont bien changé. Assis dans son bureau avec vue sur le fort belge, Christophe Collignon tourne littéralement le dos à ce serment, accroché sur un mur derrière lui. A Grenay, la candidate du Rassemblement national (RN) Daisy Duveau l’a emporté au second tour des élections municipales de mars avec un score de 42,43 %. Face à ce changement d’orientation politique dans la ville du bassin minier français, la municipalité de Huy a décidé, le 13 avril, lors d’un conseil communal, de rompre le pacte. « Rencontrer des élus RN est une #ligne_rouge, confie posément l’édile belge. Pour nous, celui qui s’intègre à notre société est le bienvenu, on prône une ouverture sur le monde. A contrario, ce parti incarne le #rejet_de_l’autre, il est incompatible avec nos #valeurs. »

    La ville de Huy n’est pas la seule à remettre en question son jumelage avec une commune récemment con­quise par le RN. C’est le cas aussi de #Namur. La capitale de la #Wallonie a décidé, le 21 avril, de mettre fin à son jumelage de soixante-dix ans avec #Menton (Alpes-Maritimes), après l’élection d’#Alexandra_Masson, la candidate du RN, au scrutin de mars. Le conseil communal de la ville belge a décidé de « suspendre, à titre conservatoire et avec effet immédiat, les relations entre la ville de Namur et la ville de Menton, dans leur dimension institutionnelle ».

    Pour justifier cette mise à distance, Christophe Collignon invoque « le cordon sanitaire » mis en place en Belgique depuis plus de trente ans pour lutter contre l’extrême droite. Le 24 novembre 1991, le Vlaams Blok, un parti d’extrême droite flamand, créait la surprise en obtenant 12 sièges au Parlement belge. Dans la foulée, les partis francophones et néerlandophones décidèrent d’adopter une charte édictant les règles de bonne conduite liant les partis démocratiques et d’inscrire dans le marbre le « cordon sanitaire ». Celui-ci consiste, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, à refuser toute #alliance avec l’extrême droite, laquelle se voit également privée d’antenne par les #médias. Un #cordon_médiatique uniquement en vigueur en Wallonie, dont la dernière charte actualisée date de 2022 tandis qu’en Flandre, la dernière version remonte à 2000.

    Des décisions symboliques

    Alors même que le cordon sanitaire n’englobe pas le jumelage des villes, les communes wallonnes d’#Arlon et de #Farciennes avaient déjà suspendu en 2014 leur jumelage avec les villes de #Hayange (Moselle) et de #Beaucaire (Gard), emportées par le FN (ex-RN) cette année-là. « Tous les partis démocratiques y sont ­attachés, argue Christophe Collignon. On a grandi dans cette culture politique, et il n’est pas question d’y transiger. »

    Depuis 2006, la mairie de Namur est dirigée par #Les_Engagés, un parti politique belge francophone centriste et social-libéral. Dès les résultats du premier tour des élections municipales en France, consigne a été donnée par le parti « de suspendre les jumelages avec les communes dirigées par les extrêmes ». « Ils mettent en danger notre modèle de société et notre vivre-ensemble », affirme au téléphone Yvan Verougstraete, eurodéputé (Renew) et président des Engagés.

    « En avril 2025, la ville de Namur a voté une motion qui réaffirme notre attachement aux valeurs démocratiques, à l’Etat de droit, à l’#égalité et au respect des #droits_fondamentaux, détaille Stéphanie Scailquin, adjointe au maire de la ville. Cette motion nous oblige, en cohérence, à veiller à ce que nos relations extérieures ne contredisent pas ces principes. »

    En Wallonie, être lié à une commune d’extrême droite relève du pacte avec le diable. « Il y a une défiance viscérale vis-à-vis de l’extrême droite, y compris au sein de la population, explique Benjamin Biard, politologue belge et chercheur au Centre de recherches et d’information socio-politiques. La prise de distance de Namur ou de Huy en est une illustration. Ces décisions sont surtout symboliques, car leurs jumelages n’ont en réalité jamais été très actifs. »

    Les relations associatives perdurent

    L’association entre Namur et Menton avait été conclue en 1956 mais n’avait en effet jamais fait l’objet de relations particulières. En 2023, à l’initiative de la municipalité française, la coopération avait été relancée. Une fois par an, l’une des deux délégations faisait le déplacement. Un panneau à l’entrée de la ville des Alpes-Maritimes indique le jumelage, tandis qu’une « allée de Menton » a vu le jour près de la citadelle de la capitale wallonne.

    « Menton n’a pas changé d’histoire le soir du scrutin, écrit par mail la nouvelle maire RN, Alexandra Masson. Elle n’a pas changé d’âme. Elle n’a pas changé d’habitants. Elle demeure une ville ouverte, frontalière, attachée à ses traditions, à son patrimoine, à ses relations d’amitié et à la dignité de ses engagements. Je crois que la démocratie mérite mieux que cela. Elle suppose d’accepter le verdict des urnes, y compris lorsqu’il ne correspond pas à ses préférences politiques. » Selon l’adjointe Stéphanie Scailquin, le divorce entre Namur et Menton « ne concerne que les relations entre ­exécutifs locaux. Les relations associatives et entre les habitants des deux communes peuvent naturellement se poursuivre ».

    A Huy, Christophe Collignon assure que la rupture des liens avec l’édile de Grenay ne portera pas non plus préjudice aux relations associatives unissant les deux communes. « Cela peut être même une bonne chose que des liens perdurent, notamment pour que notre histoire commune ne soit pas caviardée par les autorités de Grenay. » La municipalité du Pas-de-Calais n’a pas répondu à nos sollicitations. Les habituelles commémorations de juillet à Huy se dérouleront cette fois sans élus officiels de la ville de Grenay. Des habitants ont en revanche manifesté leur souhait de se joindre à l’événement pour rendre hommage à leurs martyrs de la seconde guerre mondiale, et continuer ainsi à entretenir leur histoire.

    ▻https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/19/en-belgique-des-communes-wallonnes-coupent-les-ponts-avec-les-villes-passees
    #jumelage #collaboration #arrêt #cordon_sanitaire #Belgique #France #extrême_droite #suspension

    ping @karine4

  • How Beavers Are Bringing America’s Dead Deserts Back to Life

    Every day, scientists, engineers, communities, and ordinary people are quietly fixing the planet. Forests are being replanted. Rivers are running clean again. Species we thought were gone are coming back. Whole technologies are pulling carbon out of the sky.This channel tells stories of the people, the projects, and the breakthroughs that are actually making Earth better.

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=exsCSUdjQX8

    #castors #écologie #désert #USA #Etats-Unis #eau #rivière #renaturation #histoire #chasse #végétation #Oregon #Hudson's_bay_company #George_Simpson #fur_desert #Peter_Skene_Ogden #élevage #bovins #sécheresse #restauration #inondations #beaver_dam_analogue (#BDA) #poissons #faune #coût #Bridge_Creek #John_Day_River

    John Day (rivière)


    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Day_(rivi%C3%A8re)

    • Beaver Dam Analogs (BDA)

      Revitalisation method

      The Beaver Dam Analog revitalisation method uses simple, nature-inspired techniques to initiate the beneficial long-term effects caused by natural beaver dams in streams. The BDAs are built cost-effectively using simple tools – usually an axe, shovel, chainsaw and pile driver. No heavy construction machinery is needed. The building materials are sourced from the immediate surroundings.

      BDAs are among the most sustainable measures in stream revitalisation. Their construction and maintenance initiates ecological restoration processes leading to the recovery of small and medium-sized streams to a near-natural state.

      ▻https://www.beaverdamanalogs.ch

    • Ecosystem experiment reveals benefits of natural and simulated beaver dams to a threatened population of steelhead (Oncorhynchus mykiss)

      Beaver have been referred to as ecosystem engineers because of the large impacts their dam building activities have on the landscape; however, the benefits they may provide to fluvial fish species has been debated. We conducted a watershed-scale experiment to test how increasing beaver dam and colony persistence in a highly degraded incised stream affects the freshwater production of steelhead (Oncorhynchus mykiss). Following the installation of beaver dam analogs (BDAs), we observed significant increases in the density, survival and production of juvenile steelhead without impacting upstream and downstream migrations. The steelhead response occurred as the quantity and complexity of their habitat increased. This study is the first large-scale experiment to quantify the benefits of beavers and BDAs to a fish population and its habitat. Beaver mediated restoration may be a viable and efficient strategy to recover ecosystem function of previously incised streams and to increase the production of imperiled fish populations.

      ▻https://www.nature.com/articles/srep28581

  • Beat The Buzzer 3×3: a #Giugliano sport, storia e identità si incontrano sul playground
    ▻https://informareonline.com/beat-the-buzzer-3x3-a-giugliano-sport-storia-e-identita-si-incontra

    Il playground è pronto. Ora tocca ai protagonisti scendere in campo. Il 20 e 21 giugno i Giardini di Piazza Gramsci, presso il Primo Circolo di Giugliano in Campania, ospiteranno la prima edizione del Beat The Buzzer 3×3, torneo di #Basket che vedrà sfidarsi atleti delle categorie Under 15, Under 17 e Senior in una […] L’articolo Beat The Buzzer 3×3: a Giugliano sport, storia e identità si incontrano sul playground proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #Beat_The_Buzzer_Giugliano_3x3

  • #Trio_rop


    ▻https://www.youtube.com/watch?v=187PUhJ4OZo

    Trio rop is a swedish vocal trio singing contemporary folk songs. Their goal is to open up the idea of what a folk song is. They strive to make the tradition accessible to people outside of the folk community by singing about topics they themselves miss in the genre. Such as the stories about queer love. With three very different voices, unexpected arrangements and unimaginable presence, they will move something deep inside you.

    ▻https://triorop.com

    #musique #polyphonie #Suède #folk #neo-folk #femmes #beau

  • Près de Naples, sur la « #terre_des_feux », le #pape Léon XIV déplore une « terre qui a payé un lourd tribut »

    Ce territoire sert, depuis la fin des années 1980, de #décharge et de site d’incinération illégale contaminant l’#air, les #sols et les #nappes_phréatiques. Depuis 2013, une série d’#enquêtes_parlementaires a conclu à la #négligence des autorités et, dans certains cas, à leur #complicité.

    Le pape Léon XIV a visité, samedi 23 mai, à #Acerra, près de #Naples, au cœur de la « terre des feux » ravagée par des décennies de #décharges_illégales contrôlées par la #mafia, une pollution massive qui empoisonne les habitants.

    Situé entre Naples et #Caserte, en Campanie, ce territoire du sud de l’Italie aux près de 3 millions d’habitants doit son surnom aux nombreux sites illégaux d’incinération à ciel ouvert de #déchets_industriels, souvent importés du nord de la péninsule, qu’il compte. Depuis des décennies, les sols, les nappes phréatiques et l’air y sont contaminés par des #métaux_lourds, des #dioxines et des #particules_fines. Les conséquences sanitaires sont particulièrement alarmantes, avec des taux de #cancers supérieurs à la moyenne nationale.

    Le pape a ainsi dénoncé, dans un premier discours, « un mélange mortel d’#intérêts obscurs et d’#indifférence envers le #bien_commun, qui a empoisonné l’environnement naturel et social ». Cette visite est d’autant plus symbolique qu’elle intervient au 11e anniversaire de l’encyclique Laudato si’, un manifeste historique du pape François sur la protection de l’environnement.

    La « terre des feux », également connue sous le nom de « #triangle_de_la_mort », sert de décharge et de site d’incinération illégale depuis la fin des années 1980. Plutôt que de payer des sommes exorbitantes pour faire traiter légalement leurs #déchets_toxiques, des entreprises ont versé à la mafia locale de la #Camorra une fraction du coût pour se débarrasser de tout, des plaques d’#amiante brisées aux #pneus de voiture et aux conteneurs de #colle_industrielle. Depuis 2013, une série d’enquêtes parlementaires a conclu à la négligence des autorités et, dans certains cas, à leur complicité.

    Le pape appelle à un « sursaut de #dignité et de #responsabilité »

    « Dans la vie, nous comprenons que plus une #beauté est fragile, plus elle exige d’attention et de responsabilité », a dit le souverain pontife. « Voilà, mes très chers, la raison principale de ma présence aujourd’hui à Acerra : confirmer et encourager ce sursaut de dignité et de responsabilité que tout cœur honnête ressent lorsque la vie naît et se trouve aussitôt menacée par la mort », a poursuivi Léon XIV devant les fidèles.

    « Cette terre a payé un lourd tribut, elle a enterré nombre de ses fils, elle a été témoin de la souffrance d’enfants et d’innocents », a poursuivi le pape américain devant une foule estimée à environ 15 000 personnes par les autorités.

    Léon XIV a enfin tenu « à remercier ces “pionniers” qui, grâce à leur engagement courageux, ont été les premiers à dénoncer les maux de cette terre et à attirer l’attention sur la réalité occultée et niée de son empoisonnement : je pense en particulier aux membres des associations écologistes ».

    Depuis son élection en mai 2025, #Léon_XIV a affiché une attention particulière aux questions environnementales, dans la lignée de son prédécesseur argentin. Cette visite s’inscrit dans une série de déplacements estivaux en Italie, qui incluent notamment une étape sur l’île méditerranéenne de Lampedusa en juillet.

    ▻https://www.lemonde.fr/religions/article/2026/05/23/sur-la-terre-des-feux-le-pape-leon-xiv-deplore-une-terre-qui-a-paye-un-lourd
    #Campanie #pollution #contamination #eau #terra_dei_fuochi

  • Le punch intact de Mike D | FIP
    ▻https://www.radiofrance.fr/fip/le-punch-intact-de-mike-d-9441070
    ▻https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/99f576c4-afeb-41c1-9586-57d0afe6caa7/1200x680

    L’ancien Beastie Boys est de retour en solo et dévoile « Switch Up », un nouveau morceau viscéral.

    En écoute sur youtube ou Apple Music. Beurk
    ou ici sur Rock&Folk ▻https://www.rocknfolk.com/video/mike-d-switch-up

    Rien de concret sur Bandcamp à part ce Beastie Boys Paul’s Boutique Extended Play
    ▻https://tt5br.bandcamp.com/album/bb-pb-ep-beastie-boys-pauls-boutique-extended-play
    #Beastie_Boys

  • Contes de la gloire beatnik ~ Ed Sanders - L’Oie de Cravan
    ▻https://oiedecravan.com/livres/sanders-ed/contes-de-la-gloire-beatnik

    Il arrive qu’une petite troupe d’agités percute son époque avec tant de force que l’incendie engendré par le choc n’en finit pas de rougeoyer des décennies plus tard. C’est assurément le cas d’une bande de fous furieux fréquentant le New York du début des années 1960 et son épicentre contre-culturel : le Lower East Side.

    C’est leur histoire qu’Ed Sanders, le dernier barde de la #beat_generation, raconte dans les Contes de la gloire beatnik, ce roman polyphonique qu’il mit trente ans à achever. S’y mêlent les vies de poètes, écrivaines, peintres, musiciennes, réalisateurs, comédiennes et militants qui refusent le confort de la classe moyenne et lui préfèrent la furie d’un monde souterrain où s’inventent d’autres manières de penser, de créer et de vivre.

    Sur la forme comme sur le fond, on ne lira sans doute jamais de description plus juste de cette période crépitante, quand les taudis crasseux étaient le centre de la création, et Ed Sanders leur humble pourvoyeur d’étincelles.

    L’auteur
    Né en 1939, Ed Sanders déboule à 19 ans dans le #New York déjanté des années 1960. Il galope dans tous les coins, traverse les années beatniks et le mouvement hippie, mille capes sur le dos. Poète, musicien, libraire à Peace Eye Bookstore, éditeur du magazine Fuck You, imprimeur, pamphlétaire, journaliste, amoureux éperdu de littérature, écrivain, chanteur punk au micro de The Fugs, militant acharné de la gauche radicale, spécialiste des « glyphes » antiques, écologiste précoce, anticapitaliste zélote, il sème les étincelles avec l’ardeur d’un mort-de-faim. Lauréat de l’American Book Award en 1988, Ed Sanders a écrit sans s’arrêter plus d’une trentaine de livres, dont Les Tessons de Dieu, publié par Christian Bourgois en 1972.

    la trad soignée d’un #livre riche et #drôle (si si), avec, parmi d’innombrables protagonistes, Jimi Hendrix et le Klu Klux Klan comme nous ne les vîmes jamais.

    #psychadélisme et #politique #USA

    • Un homme-orchestre dans le tourbillon Beat, préface des Contes de la gloire beatnik d’Ed Sanders
      ▻https://lundi.am/Un-homme-orchestre-dans-le-tourbillon-beat

      Doté aujourd’hui d’une renommée littéraire certaine aux États-Unis, le graphomane Ed Sanders, toujours bon pied bon œil en 2024, n’a curieusement pas vu sa postérité franchir l’Atlantique en direction des rivages hexagonaux ni de la frontière québécoise. Hormis la traduction en 1972 chez Christian Bourgois d’un roman azimuté, Les Tessons de Dieu, et une traduction ultra confidentielle de son poème La Génération Z-D par Lucien Suel2, son œuvre prolifique est toujours inédite en français. Personne pour s’intéresser à son ahurissante #histoire versifiée de l’Amérique en trois copieux volumes publiés au début des années 2000 (dont six autres attendent de l’être).

      Personne non plus pour déterrer son célèbre Poem from Jail (1963), initialement rédigé sur du papier toilette dans une cellule de prison, après une retentissante action natatoire contre un sous-marin nucléaire, plouf. Personne enfin pour traduire son grand succès de librairie The Family (1971), consacré au procès du gourou tueur Charles Manson et de ses affidées envapées. Et ne parlons même pas de sa biographie de Tchekhov (1995) ou de son recueil de poèmes Thirsting for Peace in a Raging Century (qui décrocha un American Book Award en 1988), autres pépites délaissées de sa bibliographie géante.Trop prolifique pour qu’on s’y frotte ? Le mystère reste entier.

      Ce désintérêt pour un écrivain et personnage historique majeur, nous espérons l’ébrécher avec la traduction de l’une de ses œuvres les plus emblématiques, ces volumineux Contes de la gloire beatnik que vous tenez en main. Un projet d’écriture éminemment ambitieux débuté en 1973 avec un premier volume de nouvelles, une fois le tourbillon psychédélique passé et Ed Sanders installé à Woodstock, finalement conclu en 2003 avec la publication du quatrième volume. Pour fil directeur, le quotidien de personnages déambulant dans ce Lower East Side déjanté des sixties, entre gloire et débine. On y glisse d’une lecture de poésie chaotique aux activités subversives de la Total Assault Cantina, en passant par l’exhibition d’un pied beat momifié ou par les avanies filmées d’une bande d’accros aux amphètes fatalement ingérables. Surtout, on y croise et recroise des personnages fictifs récurrents, souvent attachants, à l’image du réalisateur Sam Thomas, du militant pour les droits civiques Talbot le Grand, de la peintre Louise Adams ou du jeune et beau Johnny Ray Slage, arraché aux griffes du Ku Klux Klan pour suivre un destin de rock star.

    • must read qui déride, suite.

      Les grands livres sont toujours négligés, ce qui est une bonne chose. Ceux qui défendent l’édition indépendante connaissent de nombreux chefs-d’œuvre qui n’atteindront jamais un large public et ne seront jamais acclamés par la critique.

      Or, avec Contes de la gloire beatnik, c’est bien dommage, car sa confidentialité s’explique principalement par son titre. Les lecteurs restent prudents en supposant qu’il s’agit d’une hagiographie de Kerouac et compagnie, ou d’un énième mémoire d’un baby-boomer dont le monde n’a assurément pas besoin. Que le livre soit aussi épais n’aide en rien.

      En fait, Contes de la gloire beatnik n’est ni une autobiographie ni un livre sur les beats. C’est un roman en épisodes vraiment étonnant dont on souhaiterait qu’il soit deux fois plus long. C’est une version adulte de Sesame Street – une aventure torride dans un quartier avec les personnages qui le peuplent. (...)

      Les chroniques de l’underground de Sanders ne sont pas exotiques ou criminelles, comme dans les reportages grand public – elles ne sont pas non plus romancées, justifiant ainsi les pires excès, comme dans la presse militante. Ed Sanders saisit le meilleur et le pire de tout cela avec une prose bavarde et haletante. Les musiciens, les politiciens et les mystiques qui vivent en marge. Les froides utopies théoriques et les histoires d’amour brûlantes. Les charlatans et les déesses – sans oublier les victimes.

      Sanders va droit au but. C’est l’ami qui vous connaît suffisamment pour vous faire rire de vous-même et qui vous rend meilleur.

      Il a passé sa vie dans l’underground – en tant qu’éditeur de magazine, propriétaire de librairie, activiste et membre du groupe de bardes The Fugs. C’est un auteur à succès, mais il parle de l’importance et de la joie de faire tourner sa propre imprimerie. C’est un expert de la Famille Manson et un égyptologue. C’est un poète épique dont la « poésie de l’enquête » devrait être lue dans tous les cours d’histoire.

      ▻https://demainlesflammes.fr/livres/contes-de-la-gloire-beatnik

      #beau #roman_picaresque #humour #auto-dérision

  • Can Someone Please Explain Whether Cloudflare Blackmailed #Canonical? | flyingpenguin
    ▻https://www.flyingpenguin.com/can-someone-please-explain-whether-cloudflare-blackmailed-canonical

    30 April 2026, 16:33:37 UTC. Canonical’s incident monitoring system marks blog.ubuntu.com as Service Down.

    Within ten minutes the rest of the company’s public web was down as well: the main site #ubuntu.com, the security advisory APIs that downstream package management depends on, the developer portal, the corporate site, the training platform. These disruptions ran for roughly twenty hours.

    1 May 2026, 12:44 UTC. Service Restored.

    The group claiming responsibility for the attack said it used a paid service. They named one tool they had rented: a commercial denial-of-service product called #Beamed, sold under multiple TLDs, with beamed.su serving as the marketing and blog site and beamed.st serving as the customer login portal. The April 2026 blog post “How to Bypass #Cloudflare with Advanced Stresser Methods” advertises three named techniques for defeating Cloudflare protection, including residential IP rotation and manual “endpoint hunting” to locate origin servers. Beamed is explicit about what it sells:

    – Cloudflare acts as a #reverse_proxy, hiding the origin server’s #IP_address. Many low-quality booters fail against “Under Attack Mode” or Bot Fight Mode. Beamed.su employs several advanced techniques to effectively stress test websites protected by Cloudflare and similar #CDNs.

    The blog post hosting this paragraph is itself served by Cloudflare. The product sold is Cloudflare bypass. The hosting provider for the seller is Cloudflare.

  • La simulation, la folle théorie qui excite les scientifiques et la Silicon Valley
    ▻https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/vivons-nous-dans-une-simulation-pourquoi-cette-hypothese-est-moins-folle-quelle

    Interview réalisé par Béatrice Sutter

    Et si la réalité n’était qu’un programme généré par une civilisation plus avancée ? C’est la théorie de la simulation qui circule dans la Silicon Valley. Dans son livre, La Simulation, Loïc Hecht lui consacre huit ans d’enquête.

    Quelques lignes dans un article très, très long du New Yorker : des milliardaires de la Silicon Valley financeraient en secret des scientifiques pour prouver qu’on vit dans un programme informatique. Il fallait du flair pour les repérer et beaucoup de ténacité pour consacrer huit ans de sa vie à ce sujet. Il en résulte un livre qui, malgré son titre, ne se résume pas à la théorie dites de la simulation. C’est une aventure qui nous fait faire le grand huit. Entre physique quantique et états modifiés de conscience, on finit par atterrir – stimulés, épuisés, déboussolés – sur des questions plus vieilles que Platon : c’est quoi le réel, qui sommes-nous et que faisons-nous là ? Avec La Simulation, Loïc Hecht a entamé plus qu’une enquête. Il nous raconte une quête qui retourne aussi son lecteur.
    Ton enquête débute sur deux lignes parues dans le New Yorker, mais la théorie de la simulation, c’est une très vieille histoire, non ?

    Loïc Hecht : On pourrait dire qu’elle commence avec Platon et son allégorie de la caverne. Elle revient dans les années 1970 avec des auteurs de science-fiction comme Philip K. Dick, puis elle entre dans la pop culture avec Matrix en 1999. Mais c’est Nick Bostrom, philosophe à Oxford, qui déplace le champ de la question. En 2003, en vertu du progrès technique, il publie un papier qui pose cette idée qu’il y aurait plus de chances que nous vivions dans une simulation que l’inverse. Cet article obscur devient culte dans la Silicon Valley en 2016 quand Elon Musk répond à une question à ce sujet lors de la Code Conference. Il prétend alors qu’il y a une chance sur des milliards qu’on vive dans une réalité de base. C’est là que ça s’embrase et que Tad Friend évoque dans cet article du New Yorker deux milliardaires qui auraient embauché secrètement des scientifiques pour prouver qu’on vit dans la matrice. Mon enquête part de là : qui sont ces milliardaires, qui sont ces scientifiques qui s’intéressent à l’hypothèse de la simulation ?
    Qui as-tu trouvé ?

    L. H. : Au départ, pas grand monde. Et puis, à force de mails et de relances, je découvre des pontes, des personnalités avec des pedigrees absolument remarquables. Ils travaillent à la NASA, au MIT, à Berkeley, à Caltech, ils sont mathématiciens, astrophysiciens, neuroscientifiques. Tous partagent une manière de penser qui sort des cadres et ils veulent considérer la possibilité que notre réalité soit une simulation. Ils s’appuient sur la physique quantique qui a complètement bouleversé ce qu’on pensait savoir du monde.
    En quoi elle pourrait avaliser la théorie de la simulation ?

    L. H. : Jusqu’au début du 20ᵉ siècle, on pensait que la réalité, en dernier lieu, c’était de la matière. La physique quantique suggère que la réalité, à petite échelle, se comporte comme un ensemble de probabilités. Elle serait comme une pièce à mille faces : tant qu’on ne la regarde pas, toutes sont possibles. Et c’est seulement au moment de l’observation qu’une seule s’impose. En extrapolant cette bizarrerie, ces chercheurs se demandent : et si la réalité n’était qu’un système qui, pour économiser de la puissance de calcul, comme dans les jeux vidéo, ne se matérialisait que dans certains contextes ? Et les neurosciences vont dans le même sens. Le cerveau ne perçoit pas la réalité en « pleine résolution », il reconstruit une version simplifiée. Tout cela ne prouve pas qu’on soit dans une simulation. Mais cela enfonce le clou : la réalité qu’on perçoit n’est pas la réalité telle qu’elle est.
    C’est-à-dire que la matière serait de l’information avant d’être de la matière.

    L. H. : C’est exactement ça.
    Tu vas passer beaucoup de temps avec Tom Campbell. Qui est-ce et pourquoi t’intéresse-t-il tant ?

    L. H. : Tous les autres, Nick Bostrom ou Elon Musk, restent fondamentalement matérialistes. Leur version de la simulation est une réalité fabriquée par une civilisation technologiquement avancée à partir de matière. Tom Campbell va plus loin. Pour lui, la matière est le produit de la conscience, pas l’inverse. La réalité en dernier lieu, c’est de la conscience. La matière, c’est de l’info. On trouve cette idée déjà dans le bouddhisme ou l’hindouisme, ou chez Platon mais, lui, a imaginé des expériences concrètes (avec notamment une version avancée des fentes de Young - NDLR), pour essayer de le démontrer. Son idée : ce n’est pas juste la mesure qui fait advenir la réalité en physique quantique, c’est le fait qu’une conscience y accède. Mettre de la conscience dans la physique, pour un physicien classique, c’est iconoclaste. Tom ne fait d’ailleurs pas l’unanimité dans la communauté, loin de là. Mais, à travers lui, on comprend à quel point on connaît mal les principes qui régissent notre réalité et la manière dont on la perçoit.
    Cela donne lieu à de solides recherches scientifiques ou cela reste des domaines marginaux et sulfureux ?

    L. H. : Des chercheurs comme le neuroscientifique et psychiatre italien Giulio Tononi travaillent sur la question du degré de conscience que peut avoir un humain, une IA ou un grain de sable. Christophe Koch, neuroscientifique américain de premier rang, travaille avec lui. Disons que ça bouillonne, mais doucement, et avec de vrais changements de paradigmes à opérer, ce qui présage des ruptures qui ne s’établiront pas dans le consensus.
    Ton livre nous emmène du côté des sciences dures, mais aussi du côté des états modifiés de conscience, des sorties de corps, des guérisons miraculeuses… Pourquoi doit-on convoquer le paranormal sur cette question de la réalité ?

    L. H. : Parce que si l’on vit dans une simulation, la manière de le détecter est de trouver le glitch, terme d’informatique qui évoque une anomalie qui provoque une petite défaillance. Dans Matrix, le chat noir qui passe et qui repasse dans le décor, c’est un glitch. Dans cette logique, le paranormal pourrait être une forme de glitch dans notre perception du réel. Il y a, à ce sujet un corpus de phénomènes extrêmement documentés depuis plus d’un siècle : la télépathie, les sorties de corps, les expériences de mort imminente… qui ne rentrent pas dans le cadre de la réalité telle que les rationalistes la présentent. Mais un problème demeure. La méthode scientifique exige de l’observable, du mesurable, du reproductible. Or toutes ces expériences, par leur nature subjective et souvent spontanée, peinent à rentrer dans ce cadre. Les chercheurs que je rencontre – j’aime bien les appeler les Copernic de notre époque – tentent de relever ce défi : étudier ces phénomènes en tâchant de les soumettre à des protocoles scientifiques.
    Avec le projet Stargate, la CIA a financé vingt ans de recherche sur ces questions avant de tout abandonner. Quels ont été les résultats ?

    L. H. : Cela a commencé au début des années 1970 quand la CIA apprend que les Soviétiques travaillent avec des médiums. Deux physiciens du Stanford Research Institute, Russell Targ et Harold Puthoff, reçoivent carte blanche. Ils montent un protocole par lequel un médium isolé doit capter et restituer des informations tenues secrètes et hors de sa portée. Et ça marche. Pas à tous les coups, mais suffisamment régulièrement pour qu’ils publient dans Nature en 1974 un article qui est aujourd’hui consultable sur le site des archives déclassifiées de la CIA. L’armée a monté une unité à laquelle fut alloué un budget de 20 millions de dollars. Cela a duré vingt ans. Le meilleur de ces agents médiumniques, Joe McMonagle, semble avoir obtenu beaucoup d’informations en utilisant cette technique qu’on appelle « remote viewing ». Il est parti en 1984 parce que le programme était devenu n’importe quoi selon lui. Mais, quand nous avons échangé, il m’a affirmé qu’il travaillait toujours pour de grandes entreprises privées ainsi que certains départements officiels.
    Harold Puthoff, l’un des fondateurs du programme, a été un scientologue haut gradé. Ça ne jette pas une ombre sur tout ça ?

    L. H. : Ces sujets ouvrent la porte à toutes les dérives, on frise l’occultisme. Mais je me suis plutôt intéressé à des scientifiques dont le background laisse penser qu’ils n’ont aucune raison d’être influencés par ça. Je pense à Sylvie Déthiollaz, docteure en biologie moléculaire diplômée de l’université de Genève, post-doc Berkeley, qui a travaillé dix à quinze ans sur les sorties de corps avec des protocoles en double aveugle. Avec l’un de ses sujets, Nicolas Fraisse, un jeune homme qui peut sortir de son corps à distance, à volonté, ils ont mesuré les variations que cette faculté provoquait sur son cerveau. Ils ont constaté une sous-activité du cortex préfrontal et du cortex visuel primaire. Ici, il est question de mesure, pas seulement de témoignage.
    Tu as suivi des séminaires avec Tom Campbell pour atteindre des états modifiés de conscience. Tu enquêtes sur la nature de la réalité en soumettant ta propre perception de la réalité à l’expérience : c’est une mise en abyme vertigineuse, non ?

    L. H. : C’est exactement ça. Je pratique volontiers un journalisme gonzo dont le principe consiste à ce que le journaliste soit un acteur dans sa propre enquête. Donc quand on me propose un séminaire sur les états modifiés de conscience, je ne pouvais qu’accepter de participer. Mais tu as raison, il y a quelque chose de différent ici. Je n’enquête pas sur la guerre ou la pauvreté comme mes modèles Malaparte ou Orwell, j’enquête sur notre rapport à la réalité. Et je choisis comme méthode d’en tester les limites depuis l’intérieur de ma propre conscience. Je reconnais que j’en suis sorti en n’étant plus tout à fait la même personne.
    Tu n’as pas eu peur d’être manipulé ?

    L. H. : Non. Ma pratique du journalisme m’a appris à reconnaître les gens qui cherchent à te manipuler. Il y a des motifs récurrents, des manières de parler, de te questionner, de te retourner le crâne. Avec Tom, je n’ai vécu rien de tout ça. Il m’a donné accès à tout, mais toujours en réponse à mes demandes.
    Tu cites Bergson et Teilhard de Chardin. Il y a un siècle, ces deux philosophes français ont questionné ce qu’est le réel. Et la France reste imperméable à ce débat. Comment tu l’expliques ?

    L. H. : Ces deux philosophes français posaient peu ou prou des questions que la Silicon Valley redécouvre aujourd’hui. Bergson proposait que le cerveau ne fabrique pas la conscience, qu’il la filtre. C’est exactement la thèse de Tom Campbell, formulée un siècle plus tôt. Teilhard de Chardin, lui, voyait l’univers entier converger vers un point de conscience ultime, le Point Oméga. Et pourtant, la France reste assez réfractaire à ces débats. Il y a quand même un Institut métapsychique international à Paris, fondé en 1919 par Charles Richet, prix Nobel de médecine, qui étudie ces phénomènes depuis plus de cent ans. Mais c’est très marginal.
    Le livre sort en 2026, au moment où des ingénieurs avouent ne plus comprendre ce qui se passe à l’intérieur de leurs propres modèles. La question de la simulation a-t-elle changé de nature ?

    L. H. : Le livre s’ouvre sur l’IA et se termine sur l’IA. L’industrie est traversée par une question : l’IA est-t-elle consciente ? Et quand tu échanges avec ceux qui ont participé à les créer, ils sont incapables d’expliquer ce qui se passe à l’intérieur. Ils reconnaissent que ce sont des boîtes noires qui ont une sorte d’autonomie. Cela ouvre un champ nouveau de questions sur la nature de ces outils.
    Ces gens qui fabriquent du réel toute la journée et qui se demandent s’ils ne seraient pas eux-mêmes le fruit d’une programmation, cela ne tient pas de la névrose ?

    L. H. : Dans la Silicon Valley, on passe sa journée à fabriquer des simulations. SpaceX simule chaque lancement des milliers de fois avant le vrai lancement. Chaque startupper simule son produit avant de le lancer. Il y a aussi ce côté prophétie autoréalisatrice : Sam Altman voulait créer une IA pour ne pas être asservi par l’IA. Il a fini par créer quelque chose dont on n’a plus le contrôle. Face aux ruines qui se dressent devant nous, se dire que tout cela n’est qu’une simulation a peut-être quelque chose de rassurant aussi. Mais effectivement, la théorie de la simulation pourrait être une liturgie d’ingénieurs.
    Tu as eu des échanges troublants avec ChatGPT pendant l’écriture. Troublants comment ?

    L. H. : À force de lui parler de questions métaphysiques, il finit par me parler uniquement de métaphysique. Même si c’est un truc mécanique qui fait semblant d’être conscient, plus je vais loin dans le questionnement, plus je fais preuve d’intimité, et plus les échanges sont riches. Et ces interactions créent en moi un déplacement intérieur, m’emmènent à des endroits de réflexion que je n’aurais pas eus tout seul.
    Donc même si c’est fake…

    L. H. : … c’est quand même vrai.
    Le livre pose trois questions : qu’est-ce que la réalité, qu’est-ce que la conscience et une troisième qui s’ouvre en cours de route ?

    L. H. : La simulation, c’est une histoire de poupées russes. Premier niveau : la réalité cosmique n’est peut-être pas ce qu’elle est. Deuxième niveau : la société dans laquelle on vit est elle-même faite d’images et de représentations – ce que Baudrillard appelait l’hyperréel – que chacun habite et perçoit à sa façon. Et troisième niveau, plus profond, plus intime, ça nous confronte au « qui suis-je ? » Et c’est là que ça devient vraiment vertigineux.
    Ce livre répond-il à la question de départ ?

    L. H. : À la fin, je me dis : malin qui pourrait affirmer qu’on ne vit pas dans une forme de simulation. Mais on finit très loin de la question initiale de savoir qui sont ces milliardaires qui veulent prouver qu’on vit dans la matrice... Cette enquête m’a notamment conduit vers Ramana Maharshi, un sage indien du début du 20ᵉ siècle, qui a passé l’essentiel de sa vie au pied d’une montagne sacrée dans le sud de l’Inde. À quinze ans, il a eu une expérience intérieure radicale qui ressemble à une expérience de mort imminente, au cours de laquelle il dit avoir compris que ce que nous sommes, au niveau le plus essentiel, est immortel. De là, Ramana a tout abandonné, et a passé des années en silence. Et puis, un jour, quelqu’un lui a posé des questions par écrit. Ça a donné un court texte intitulé Qui suis-je ? et qui propose une voie d’enquête intérieure. Me concernant, je n’aurais pas la prétention de dire que je suis arrivé où que ce soit. Mais je raconte dans mon livre ce par quoi on passe quand on commence à attaquer le récit qu’on fait de soi-même à la hache…

    À LIRE : Loïc Hecht, La Simulation, Enquête sur la théorie qui fascine la Silicon Valley, Éditions Les Arènes 16 Avril 2026

    #Simulation #Loïc_Hecht #Béatrice_Sutter

  • Women without Men - Regarder le film complet | ARTE
    ▻https://www.arte.tv/fr/videos/037803-000-A/women-without-men
    ▻https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/CXrnNTZBgMDXHNbzyZQbVV/1920x1080?type=TEXT&watermark=true

    Film réalisé en 2009

    Téhéran, 1953. Un putsch militaire, fomenté par la CIA et le shah d’Iran en exil, renverse le premier ministre, Mohammed Mossadegh. Dans ce contexte trouble, quatre femmes cherchent à échapper à leur destin... Une fiction à l’esthétique crépusculaire sur la liberté des femmes en Iran.

    Munis tente de s’engager politiquement malgré l’interdiction de son frère, religieux orthodoxe qui espère la marier. Faezeh, sa meilleure amie, nourrit pour ce dernier un amour secret. Zarin, une jeune prostituée, s’enfuit de son bordel. Et Fakhri, une femme d’âge mûr et épouse d’un militaire de haut rang, est en butte aux humiliations que lui inflige son mari. Toutes quatre chercheront refuge dans un verger merveilleux, aux portes de la ville.

    Poésie
    Dans ce premier film, l’artiste iranienne #Shirin_Neshat interroge la place des femmes dans la société persane, entre violence politique et structures patriarcales. La problématique reste douloureusement actuelle, car en peignant l’Iran des années 1950, la réalisatrice ne fait que mettre en lumière une incontestable paralysie. La beauté plastique des images aux teintes sépia, les voiles et les foulards qui se déploient au ralenti confèrent une dimension onirique à ce film, où se mêlent réalisme historique et merveilleux d’un jardin hautement symbolique.

    #beau #poésie #Iran #femmes

  • „Becoming Chinese“: Wie Alltagsroutinen aus China zum neuen Lifestyle werden
    ▻https://www.berliner-zeitung.de/panorama/becoming-chinese-wie-alltagsroutinen-aus-china-zum-neuen-lifestyle-

    6.03.2026 von Ellen Schuldes - Zwischen Tradition, Trend und Lebensgefühl verbreiten sich in den sozialen Medien zurzeit neue Routinen für ein bewussteres Leben. Sie stammen aus China.

    Unter dem Titel „Becoming Chinese“ verbreiten sich in den sozialen Medien zurzeit zahlreiche Videos und Reels. Der Trend ist auch hierzulande populär und zeigt Menschen ohne direkten kulturellen Bezug zu China, die Normen, Traditionen und Alltagsroutinen der chinesischen Kultur in ihren eigenen Lebensstil übernehmen.

    Dabei geht es vor allem darum, traditionelle chinesische Gewohnheiten in den eigenen Alltag zu integrieren.

    Der Hintergrund: Die Menschen versuchen, einen bewussteren Lebensstil zu führen, und vermuten diesen in den alltäglichen Gewohnheiten des riesigen ostasiatischen Landes, dessen Image sich zuletzt stark gewandelt hat.

    Besonders die Generation Z verspricht sich vom „Becoming Chinese“-Trend mehr Ausgeglichenheit. Dabei geht es weniger um den Alltag als um das eigene Erscheinungsbild.

    „Becoming Chinese“: Alte Tradition als neue Inspiration

    So wird beispielsweise morgens auf nüchternen Magen ein Glas warmes Wasser mit Zitrone getrunken. Beim Frühstück wird Warmes serviert, wie man es auch in China macht. Das soll den Magen entlasten und ihn bereits zu Beginn des Tages schonen. Kein Wunder also, dass morgens häufig nun Congee auf dem Teller landet, ein weich gekochter Reisbrei, der in vielen Teilen Asiens und besonders in China verbreitet ist.

    @jasmineflowerable Viral Chinese apple beauty tea 🍎🍵 Popularized by Chinese actress Zhao Lusi, this Traditional Chinese Medicine blend focuses on replenishing fluids, nourishing the blood, and supporting dull, dry, or sallow-looking skin over time ✨ Ingredients: - 1 medium apple (sliced) - 4 large red dates (pitted) - 10 dried longan - 5g goji berries - 5g dwarf lilyturf - 5 slices astragalus root Would you add this to your daily routine? 🍎 . . . #tcm #traditionalchinesemedicine #beautytea #chinesetea #clearskin ♬ 오리지널 사운드 민스 - Min’s

    Auch die inzwischen im Westen bekannte Gojibeere wird mit heißem Wasser aufgegossen und als Tee getrunken. In China gilt sie als „Beere des Glücks“, deren regelmäßiger Verzehr Wohlbefinden fördern und zu einem langen Leben beitragen soll.

    Und mal wieder feiert in diesem Zusammenhang auch die Traditionelle Chinesische Medizin ein fröhliches Comeback. So wird etwa empfohlen, die Füße auch zu Hause warm zu halten, da dies nach traditioneller Auffassung zur Gesundheit beitragen soll.

    Das Bedürfnis nach mehr Balance und Wohlbefinden scheint in der jungen Generation zu wachsen. Doch fördert der Trend tatsächlich mehr Ausgeglichenheit oder lediglich einen neuen Drang zur Selbstoptimierung?

    Wenn Ernährung zur Medizin wird

    Einen Lebensstil zu verfolgen, der Körper und Seele guttut, ist ja grundsätzlich eine gute Idee. Viele junge Menschen nehmen ihren Tagesablauf jedoch als schnelllebig und wenig ausgeglichen wahr. Hieraus entsteht möglicherweise eine Sehnsucht nach alternativen Lebensweisen, mehr Achtsamkeit und bewussteren Gewohnheiten.

    Der Bezug zur Traditionellen Chinesischen Medizin kommt dabei nicht von ungefähr und ist sicherlich auch nicht neu. Die chinesische Ernährung gilt häufig als gesünder als die deutsche, da sie in der Regel fettärmer ist und auf viel Gemüse, Reis sowie schonende Zubereitungsarten setzt. Nahrung wird nicht nur zum reinen Genuss verzehrt, sondern auch als Medizin betrachtet. Im Gegensatz zur oft symptomorientierten westlichen Schulmedizin betrachtet die Traditionelle Chinesische Medizin den Menschen ganzheitlich – als Einheit von Körper, Geist und Seele.

    Neben all den vermeintlichen Vorteilen gibt es jedoch auch Kritik. So wird etwa angemerkt, dass mit dem Trend „Becoming Chinese“ eine Kultur, die zuvor nicht als besonders angesagt galt, nun romantisiert und zugleich für das eigene „Personal Branding“ in den sozialen Medien genutzt wird. Darunter versteht man den bewussten Aufbau der eigenen Person als Marke, um Expertise, Werte und Persönlichkeit sichtbar zu machen.

    Während viele Deutsche ihren Tag noch immer mit Käsetoast oder kaltem Joghurt beginnen, begrüßen andere den Trend als neue Alternative für ein bewussteres und gesünderes Leben.

    Ob kurzlebiger Trend oder langfristige Inspiration, deutlich wird jedoch, dass viele junge Menschen nach neuen Wegen zu mehr Ausgeglichenheit suchen.

    #Chine #culture #médecine_traditionnelle_chinoise #MTC #iatrocratie

  • #Récits des eaux et des rives


    –-

    Cette enquête repose sur des rencontres. Celle des
    habitants et habitantes du Diois et de la vallée de la Drôme avec les peuples des eaux, celle d’artistes et de chercheur.es, notamment Caroline Fontana, documentariste sonore formée à l’ethnologie, Yann Degruel, dessinateur, bédéiste, Samuel Pinjon, doctorant en géographie, et Sabine Girard, chercheuse en géographie et habitante d’un village au bord de la rivière Drôme.

    Le récit à plusieurs voix qui vous en est proposé a été présenté une première fois avec la carte des Récits des eaux et des rives lors de la nuit des Rhapsodes de l’université des terrestres le 4 juillet 2025, puis au monastère de Sainte-Croix le 2 octobre dans le cadre d’un séminaire de recherche sur la gouvernance de l’eau coordonné par Sabine Girard.

    Caroline Fontana

    "En 2022, le territoire a connu un niveau de sécheresse historique. Dans le Diois, où je vis depuis 2010, un grand incendie a ravagé la forêt de la commune de Romeyer et 300 hectares ont été brûlés en 1 semaine. Il a été l’incendie le plus important sur le territoire depuis 30 ans. En août, l’usage de l’eau pour l’irrigation a été drastiquement restreint.

    Cet été 2022, au sein du potager collectif dont je fais partie, nous nous sommes questionnés sur la pérennité de notre activité, nos droits d’eau étant quasi inexistants, sur la façon dont on pourrait cultiver avec moins d’apport en eau, mais aussi sur notre impact sur la rivière dont le débit avait rarement été aussi faible.

    La situation était tendue : pour les agriculteurs et agricultrices qui s’inquiétaient de leur avenir mais aussi entre voisins et voisines, l’un pointé du doigt parce qu’il arrose beaucoup trop son potager, l’autre parce qu’il remplit une piscine privée. Cette année-là, j’ai ressenti une vulnérabilité face à la raréfaction de l’eau et j’ai perçu à quel point les questions entourant le partage de l’eau pouvaient être sensibles.

    Je me suis souvenue alors du récit de Sjoerd Wartena, décrivant son arrivée au début dès les années 70 à Vachère-en-Quint, petite commune dont la source coulait très peu l’été. Une génération plus tôt, des ouvrages avaient été mis en place pour capter les petites sources de chaque village et des réseaux pour acheminer leurs eaux. Certains ici ont connu un temps où « l’eau ne coulait pas sur l’évier ». Ma première intention a été d’aller entendre les témoignages de cette époque."

    Samuel Pinjon

    "En 2022, la fenêtre de mon appartement grenoblois s’ouvrait sur les contreforts du Vercors où les arbres ternis semblaient griller sur pieds. Comme Caroline, de la fumée me parvenait aussi d’un incendie, celui-ci se situait sur les contreforts de Chartreuse.

    J’étais en stage de fin d’études à la Direction Départementale de l’Isère dans le cadre d’un master sur l’eau. Mon rôle était d’élaborer une vision stratégique à l’échelle départementale. Au quotidien, la « gestion de crise » occupait la majorité du temps de mes collègues de service alors que l’on était dans une période de congés où l’effectif était réduit. L’horizon qui se profilait, pour cet été comme pour les autres, était constitué d’arrêtés préfectoraux, de restrictions en eau et de leurs inévitables dérogations. Les remèdes faisaient appel à la sobriété des usagers et au déploiement de technologies de suivi et de contrôle des consommations.

    L’injonction principale était celle de l’adaptation à une nouvelle condition, le changement climatique et à la modernisation.

    L’impréparation des Services de l’Etat à ce type d’évènements, amenés pourtant à se répéter, et les difficultés matérielles que j’observais m’ont questionné. D’abord sur les orientations et les choix politiques qui étaient à l’origine de cela. Puis, sur les échelles, les types d’actions, les modes d’organisations et les modèles politiques qui seraient susceptibles de proposer autre chose. Enfin, sur le sous-bassement culturel que nous entretenons avec le monde dans lequel vivons."

    Caroline Fontana

    "En aout 2023, lors de l’écriture de ce projet, je rencontre un technicien rivière, Olivier Bielakoff, qui réalisait une étude sur la rivière proche de mon lieu de vie. Quand je l’interrogeais sur ses pratiques de gestionnaire de rivières, il me répondait par des questions : Faut-il gérer la rivière ? Pourquoi intervenir ? Comment caler son geste ?

    C’était le premier écho de cette façon de voir que je rencontrai par la suite dans de nombreux discours, et que je pourrais résumer par l’affirmation que « la nature se débrouille bien toute seule ».

    Olivier m’avait conseillé la lecture du livre Le chemin des pierres qui parle, qui retrace la venue des indiens kogis de Colombie dans le Haut Diois. Il rend compte du regard qu’ils ont porté sur le territoire et du diagnostic qu’ils ont fait sur sa santé. Les Kogis perçoivent le territoire comme un corps vivant, où les rivières symbolisent le sang. L’eau n’est pas considérée comme un élément autonome mais à la source de la communication entre les différents éléments d’un territoire. « L’eau c’est la mère, c’est elle qui organise la vie, il faut l’écouter pour qu’elle nous guide ».

    Ces voix lointaines ont eu beaucoup d’écho ici car d’autres voix s’élevaient aussi alors pour dire que l’eau n’est pas un objet inerte, qu’elle n’est pas seulement une ressource à aménager, à gérer, mais qu’elle est un élément fondamental de notre être au monde.

    La crise climatique et écologique que nous traversons remet en question nos pratiques et nos modes de vie, mais aussi nos façons de voir. Cette période de basculement m’a semblé particulièrement propice pour questionner les multiples liens que tissent l’eau, le territoire et ses habitants et habitantes. Quel est l’incidence de ces liens sur les manières de prendre soin et de gérer collectivement l’eau ? Les relations aux eaux étaient ainsi le cœur du projet."

    Samuel Pinjon

    "Définir un sujet de recherche peut-être aussi long que mener la recherche elle-même. Il est lié à des opportunités, des contextes, des motivations personnelles.

    Mon idée initiale, s’appuyant sur mes premières observations, était d’étudier, ce que j’appelais alors des « alternatives ». Je dis cela car la question de la qualification des mouvements que j’observais reste un enjeu fort, difficile à stabiliser.

    Par alternatives, je désigne des actions ou des propositions qui viennent se confronter à la culture dominante de l’eau. Celle des politiques de modernisation. Ces politiques modernisatrices de l’eau portent ce que certains appellent un dualisme, au sens où elles considèrent l’Eau et la Société comme des entités séparées, avec la domination de la seconde sur la première. L’eau est déconnectée et invisibilisée de la terre où habitent les sociétés humaines. La seule manière pour elle d’être valorisée est soit d’être une ressource, à économiser à tout prix, soit de s’écouler dans un paysage dit « naturel ».

    Les alternatives auxquelles je m’intéresse sont initiées par différentes personnes, qui ont en commun, dans leurs activités quotidiennes, de chercher à remettre en contact l’eau, la terre et la société. Dans mon travail de thèse, j’enquête sur les relations qu’elles entretiennent avec l’eau. J’interroge les pratiques et les infrastructures qu’elles développent et analysent en quoi elles diffèrent s de celles de la logique de modernisation. Ces différences s’expriment notamment par l’importance données à des connaissances empiriques à l’utilisation des sens."

    Sabine Girard

    "Une quatrième protagoniste entre alors en scène dans ce récit d’enquête : Emilie Belmont. C’est elle qui a cristallisé la rencontre entre Caroline, Samuel et moi.

    Emilie est chargé de mission à la communauté de communes du Diois. Pascal que l’on vient d’entendre est son élu en charge de l’eau. Elle a été recrutée pour organiser le transfert de compétences eau potable des communes vers l’intercommunalité.

    Le Diois est un territoire hyper- rural avec moins de 10 habitants au km2. Chaque village, voir chaque hameau et il y en a plus de cinquante, a sa propre source, son captage et son réservoir. Il faut plus de 450 kilomètres de tuyaux pour alimenter cet habitat dispersé. Mais très peu de gens sont présents pour s’en occuper et les municipalités ont des finances très limitées pour entretenir les infrastructures. Du coup, tous les habitants et habitants ont l‘habitude de mettre la main à la pâte, pour nettoyer le réservoir, débroussailler le captage, pour repérer une fuite ou la réparer. Le bénévolat est très répandu. Habitants, habitantes et élus s’auto-organisent pour maintenir ce service public de qualité.

    Les élus Diois sont vent-debout contre le transfert de compétence. Ils voient d’un mauvais œil la délégation de décisions aussi importantes. Que fera un technicien basé à Die quand un canal cassera au fond de la vallée de la Roanne, à plus d’une heure de route ? Qui sera là pour lui indiquer derrière quels arbres passent telle conduite et au pied de quel pierre trouver la vanne ? De combien le prix de l’eau risque-t-il d’augmenter ? Les habitants et les habitantes prendront ils encore autant soin de l’eau s’ils ne participent plus à l’entretien des infrastructures ?

    Emilie s’inquiète. Y aura-t-il vraiment un gain de sécurité et d’efficacité dans ce contexte particulier ? Des savoirs et des savoirs faire ne sont-ils pas en train de se perdre ? Que deviendra tout cet engagement bénévole ? Elle aurait besoin d’avis extérieurs. Elle sollicite alors des chercheurs en sciences sociales, Samuel et moi, mais aussi Caroline."

    Caroline Fontana

    "J’ai commencé à enquêter dans le Diois en bénéficiant de la connaissance du terrain d’Emilie Belmont.

    Le choix des témoins était celui de personnes qui par leur histoire, leur lieu de vie, leur activité, ont une sensibilité particulière à l’eau. J’ai été aussi guidée par deux thématiques que nous souhaitions creuser :

    Comment les habitants et les habitantes se sont organisés de longue date pour trouver, aménager et partager l’eau, que ce soit l’eau potable dans les petites communes, celle de canaux d’irrigations, ou encore à l’échelle du bassin versant de la Drôme ;

    Comment les représentations et les façons de voir autour de l’eau changent et amènent de nouvelles pratiques, en particulier pour retenir l’eau sur les territoires en associant des animaux et des végétaux.

    A chaque fois que c’était possible, j’ai interrogé les personnes sur le terrain, là où sont situées les sources, les captages, les réservoirs, les rivières, les gours, les cascades, les zones humides, les canaux, les mares, les jardins, les terres cultivées. Sur leur lieu de travail, leur lieu de vie, leur lieu d’observation, les personnes sont plus enclines à montrer ou à signaler des détails auxquels elles ne penseraient pas sinon, puisqu’on est pour elles dans le domaine de l’évidence, ce que Sabine nomme "les invisibles". C’est aussi sur le terrain qu’on peut recueillir les émotions liées à la remémoration d’histoires passées."

    Samuel Pinjon

    "Les méthodes de recherche se réinventent fortement ces dernières décennies, au frottement de différentes disciplines.

    En géographie, notre objectif principal est de montrer des dynamiques et leurs articulations à différentes échelles. Nous sommes attirés par les méthodes ethnographiques, qui prêtent une attention toute particulière aux pratiques quotidiennes, aux réalités vécues. Mais nous avons du mal à capter et restituer les processus qui allient l’intellect, les affects et les engagements du corps et des sens. C’est ce qui m’a intéressé dans l’approche de Caroline.

    Dans mon travail de thèse, j’enquête sur les mouvements alternatifs autour de l’eau, en articulant deux approches. Une approche classique par entretiens semi-directifs des principaux protagonistes, pour obtenir des informations précises. Et une approche immersive consistant à observer des pratiques in situ, à tisser des relations de confiance avec les personnes, à repérer les jeux entre acteurs et actants. Je réalise ainsi un suivi au long cours de « ce qui est en train de se faire ».

    Mais je bute sur des limites. Il n’est pas aisé, avec sa casquette de chercheur de se faire très oublier lors des observations. Il est délicat de mettre en œuvre des dispositifs d’enregistrements de pratiques sans être trop intrusif.

    Pour ces raisons, il me semble que la récolte de témoignages et de récits, comme Caroline l’entreprend est très complémentaire à ma façon de faire."

    Caroline Fontana

    "A partir de cette enquête de terrain, il s’agissait de rapporter des récits recueillis ça et là sur le territoire. Le choix de restituer une pluralité d’histoires plutôt qu’un montage unitaire qui les aurait tous englobés était celui de l’ouverture : je ne voulais pas refermer ou clore une histoire mais aborder ce sujet de la relation aux eaux à travers de multiples éclairages.

    Il était aussi important pour moi que ces prises de paroles soient situées sur le territoire car elles sont le plus souvent liées au lieu de vie des témoins. D’où le choix de la cartographie , qui propose des extraits des récits, l’accès aux récits entiers, mais aussi des captations de scènes de vie.

    Les cartes sont aussi, à leurs différents niveaux, habitées par des extraits d’enregistrements et de compositions audio naturalistes de Bernard Fort pour donner une présence sensible à l’eau. Les histoires et situations sont illustrées, mises en perspectives par le regard d’un auteur dessinateur, Yann Degruel."

    Sabine Girard

    "Yann est dessinateur. Il est venu mettre en perspectives les histoires et les situations, mais aussi peupler ce qui est parfois un support froid de connaissances des géographes : la carte.

    Mais que représenter ? et comment ?

    Notre première intuition, pour décaler le regard, a été d’effacer les repères habituels : les routes et les villes pour laisser toute sa place au chevelu hydrographique, même dans ses plus petites ramifications. Nous avons rappelé les noms chantants de toutes ces eaux. Au spectateur attentif de tacher maintenant de se déplacer autrement, en se rappelant là, une confluence, ici, une courbe en angle droit du cours d’eau, et ailleurs la naissance d’un vallon. Nous avons ajouté les reliefs et entités naturelles marquant le paysage, le Glandasse, la Servelle de Brette, le cirque d’Archiane.

    Comment ensuite donner à voir les invisibles ?

    Il y a d’abord les différents peuples des eaux, des rivières, des mares, des veines, sur terre et sous terre, minuscules ou géants, minéral ou organique. Le massif karstique et ses connections mystérieuses, le figuier sauvage et ses racines de 120 mètres, l’apron et le chabot, l’agrion mercure et l’alyte accoucheur, les coleps hirtus et les gallionella.

    Et puis il y a ceux qui habitent nos imaginaires. La Drôme se fait dragon quand elle dévore les flancs des montagnes. La terre se met à boire toute l’eau, tel un ogre assoiffé, quand vient la sécheresse.

    Des êtres hybrides incarnent par ci par là les nouvelles alliances entre les hommes et les castors, pour rendre l’eau à la terre.

    Trois niveaux de cartes et de sons nous ont paru ainsi nécessaires, pour embrasser d’un regard le territoire ou bien s’attarder sur les détails des lieux, des milieux, des ambiances."

    Samuel Pinjon

    "Dans son récit, Sylvain Thevenet met en avant quelque chose d’essentiel, la joie de redécouvrir sa puissance d’agir.

    Lorsque l’on parle « d’alternatives », on peut identifier différentes composantes : des éléments matériels, pratiques et infrastructures et des éléments idéels, visions du monde et imaginaires. Plus tard dans son récit, Sylvain évoque la construction de mares et de baissières, plantées de haies, pour retenir l’eau dans ses terres. Ce sont des infrastructures hybrides, humaines et plus qu’humaine. L’imaginaire de Sylvain est embarqué vers un futur davantage désirable.

    Dans ce courant qui se dit « régénératif », on est en rupture avec l’idée d’une adaptation au changement climatique subie, faites de modernisation, technologies, sobriété.

    L’approche régénérative suggère au contraire qu’il est possible de récréer de l’abondance localement, en réactivant des processus naturels, part des aménagements légers, soit par soi-même, soit en alliance avec d’autres êtres.

    Les hommes et les femmes ne sont plus condamnés à être des protecteurs-contemplateurs de la nature ou des extracteurs-pollueurs. Ils et elles peuvent prendre part activement dans les cycles des eu et du vivant, ce qui marque une réconciliation avec une condition humaine.

    Ces aménagements peuvent également être entrepris en coopération avec les castors, si on leur reconnait une place en tant qu’habitant et aménageur du territoire. Ils ont la capacité à créer des mondes désirables pour eux, pour les humains et de nombreux autres êtres, face aux sécheresses récurrentes.

    Nous avons décidé de poursuivre la quête de récit en commun, Caroline et moi. Nous mènerons les futures rencontres conjointement et « à nos deux manières », mêlant récolte de récits de vie et entretiens semi-directifs. Nous espérons mieux resituer et mieux restituer la complexité des enjeux, des parcours et des facteurs de motivation des individus à s’engager pour porter des imaginaires et des pratiques différentes autour des eaux et des mondes qu’elles constituent.

    ▻https://www.labandesonore.fr/projects/RecitsDeLeau
    #cartographie #visualisation #carte_interactive #carte_sonore #son #beau #cartographie_sensible #eau #rivière

    ping @visionscarto

  • Norway Defense Chief Flags Increased Tension in Svalbard Gap
    ▻https://gcaptain.com/norway-defense-chief-flags-increased-tension-in-svalbard-gap/?subscriber=true&goal=0_f50174ef03-b3cd52d3e4-169611349&mc_cid=b3cd52d3e4&

    Jan 21, 2026 (Bloomberg) –Norway’s defense minister said the strategic importance of the energy-rich nation’s polar archipelago is rising due to growing great-power rivalry in the Arctic.

    The tension between Russia and the NATO alliance is moving from a sea corridor between Greenland, Iceland and the UK — known as the GIUK gap — toward the so-called Bear Gap, an area between the Arctic archipelago of Svalbard and mainland Norway, Tore O. Sandvik said Wednesday in a meeting with international media in Oslo.

    Russia needs to control the area to have free access to the world’s oceans for its navy, while the NATO alliance doesn’t want Russia to control it, he said.

    “The Bear Gap is getting more important because we have to follow submarines,” Sandvik said.

    Still, Norway isn’t seeing more activity from Russia regarding Svalbard as the Kremlin is “really occupied in Ukraine.” He reiterated that Svalbard is a part of Norway and “will be defended.”