• Jakuchu, le pieux laïc
    https://www.franceculture.fr/emissions/lart-est-la-matiere/jakuchu-le-pieux-laic

    Arg, un seul mois d’exposition et une émission radio qui passe bien après. #parisianisme
    Cependant je découvre ce peintre et ses peintures sur soie exceptionnelles qu’aucune photographie ne peut rendre.

    Depuis le 15 septembre et jusqu’au 14 octobre, le Petit Palais a présenté, grâce aux prêts exceptionnels des collections impériales du Japon, l’ensemble de trente rouleaux suspendus de soie, intitulé D_ō"_shokusai-e « Le Royaume coloré des êtres vivants » réalisé par Itō Jakuchū entre 1757 et 1766 environ. Peintre actif au milieu de l’ère Edo (XVIIIe siècle), Jakuchū est un artiste plébiscité au Japon pour la finesse de son pinceau et l’éclat de ses couleurs. Cette série, qui n’a jusqu’alors été exposée qu’une seule fois hors du Japon (à la National Gallery of Art de Washington en 2012) est considérée comme le chef-d’œuvre de sa vie. En raison de la grande fragilité de ces œuvres, cette exposition a été présentée de manière exceptionnelle pendant un mois dans le cadre de la saison Japonismes 2018.

    Cette émission tente de percer les mystères de l’oeuvre d’Itō Jakuchū, véritable monument de la spiritualité au Japon, en compagnie de Manuela Moscatiello, responsable des collections japonaises au musée Cernuschi, le musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris, et de Christophe Leribault, directeur du Petit Palais.

    http://www.petitpalais.paris.fr/en/expositions/jakuchu-1716-1800


  • « Parce que nous ne sommes pas le troupeau de ces vingt seigneurs »

    Incarcéré depuis 4 mois suite au #G20 de #Hambourg, Fabio 19 ans, tient tête à la justice

    Arrêté lors des journées d’émeutes qui ont secoué le G20 de Hambourg les 7 et 8 juillet 2017, Fabio est accusé de jet de projectile et de rébellion. Il est incarcéré depuis 4 mois à la prison de #Billwerder et comparaissait le 7 novembre dernier devant le #tribunal pour mineur d’Altona à Hambourg. Nous reproduisons ici la déclaration qu’il a faite ce jour-là devant ses juges et qui contient plus de vérité, de sincérité et de justesse que tous les solipsismes inconséquents de procureurs.

    Les prochaines audiences de son procès auront lieu les 27 novembre et 7 décembre prochain.

    Madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs.

    Vous, aujourd’hui, vous êtes appelés à juger un homme. Vous l’avez appelé un « criminel agressif » et « irrespectueux de la dignité humaine ». Personnellement je ne prête aucune attention aux appellations que vous m’attribuez. Moi, je suis seulement un garçon de bonne volonté.

    Avant tout je voudrais dire que probablement ces messieurs les politiciens, ces messieurs les commissaires de police et ces messieurs les magistrats pensent qu’en incarcérant et arrêtant quelques jeunes cela puisse arrêter la contestation dans les rues. Probablement ces messieurs pensent que les prisons suffisent à éteindre les voix rebelles qui s’élèvent de partout. Probablement ces messieurs pensent que la répression arrêtera notre soif de liberté, notre volonté de construire un monde meilleur.

    Et bien ces messieurs se trompent. Et c’est l’Histoire qui leur donne tort.

    Parce qu’un nombre incalculable de garçons et de filles sont passés, comme moi, devant un tribunal comme celui-ci.

    En effet aujourd’hui c’est à Hambourg, hier à Gênes et encore avant à Seattle.

    Vous, vous essayez d’empêcher la propagation des voix de la révolte qui s’élèvent partout par n’importe quel moyen « légal », par n’importe quel moyen « procédurier ».

    Quoiqu’il arrive, peu importe la décision qui sera prise par ce tribunal, elle n’aura aucune influence sur notre protestation. Il y aura encore tout autant de garçons et de filles qui, portés par les mêmes idéaux descendront dans les rues d’Europe. Se préoccupant guère de ces prisons que dans un essoufflement, vous vous efforcez de remplir de prisonniers politiques.

    Mais venons-en donc à l’essentiel, madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineur.

    Venons-en donc à l’essentiel.

    Comme vous pouvez l’imaginer, je veux user de mon droit de ne pas faire de déclarations en rapport avec le fait spécifique pour lequel vous me poursuivez. Toutefois je voudrais porter l’attention sur les motivations qui poussent un jeune ouvrier d’une petite ville reculée des Pré-alpes orientales à venir à Hambourg.

    Pour manifester son propre désaccord avec le sommet du G20.

    G20. Rien que le nom a déjà en soi, quelque chose de pervers.

    Vingt hommes et femmes représentants des vingt pays les plus riches et les plus industrialisés du globe, s’asseyent autour d’une table. Ils s’asseyent tous ensemble pour décider de notre futur. Oui, j’ai bien dit ceci : le notre. Le mien, ainsi que celui de toutes les personnes assises aujourd’hui dans cette salle, tout comme celui des sept milliards de personnes qui habitent cette belle planète Terre.

    Vingt hommes décident de notre vie et de notre mort.

    Évidemment, la population n’est pas invitée à ce joli banquet. Nous, nous ne sommes que le stupide troupeau des puissants de la Terre. Spectateurs totalement soumis de ce théâtre où une poignée de personnes tiennent entre leurs mains l’humanité toute entière.

    Moi, madame la juge, j’ai beaucoup pensé avant de venir à Hambourg.

    J’ai pensé à monsieur Trump et à ses États-Unis d’Amérique qui sous le drapeau de la démocratie et de la liberté s’érigent comme les gendarmes du monde entier. J’ai pensé aux nombreux conflits déclenchés par le géant américain aux quatre coins de la planète. Du Moyen-Orient à l’Afrique. Tout ceci pour s’accaparer du contrôle de telle ou telle ressource énergétique. Peu importe si ceux qui meurent, ce sont toujours les mêmes : civils, femmes et enfants.

    J’ai pensé aussi à monsieur Poutine. Nouveau tsar de Russie, qui dans son pays viole systématiquement les droits de l’Homme et se moque de toute opposition.

    J’ai pensé aux Saoudiens et à leurs régimes fondés sur la terreur avec qui nous, les occidentaux nous faisons des affaires en or.

    J’ai pensé à Erdogan qui torture, tue et emprisonne ses opposants.

    J’ai pensé aussi à mon pays, où à coup de lois-décret chaque gouvernement supprime sans trêve les droits des étudiants et des travailleurs.

    En bref, les voici les protagonistes du somptueux banquet qui s’est tenu à Hambourg en juillet dernier. Les plus grands va-t’en-guerre et assassins que le monde contemporain connaisse.

    Avant de venir à Hambourg j’ai pensé aussi à l’inégalité qui frappe, aujourd’hui, de plein fouet notre planète. Cela me semble presque évident de répéter qu’en effet 1% de la population la plus riche du monde possède la même richesse que les 99% le plus pauvre. Cela me semble presque évident de répéter que les quatre-vingt cinq hommes les plus riches du monde possède la même richesse que 50% de la population la plus pauvre. Quatre-vingt cinq hommes contre trois milliards et demi. Ces quelques chiffres suffisent à donner une idée.

    Ensuite, madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs, avant de venir à Hambourg j’ai pensé à ma terre : à #Feltre. Le lieu où je suis né, où j’ai grandi et où je veux vivre. La citadelle médiévale qui est sertie comme une gemme dans les Pré-alpes orientales. J’ai pensé aux montagnes qui, au crépuscule, se teignent de rose. Aux magnifiques paysages que j’ai la chance de voir depuis ma fenêtre. A la beauté qui traverse ce lieu.

    Puis, j’ai pensé aux fleuves de ma belle vallée, violés par les entrepreneurs qui veulent les concessions pour y construire des centrales électriques, sans se préoccuper des dommages pour la population et pour l’écosystème.

    J’ai pensé aux #montagnes, frappées par le #tourisme_de_masse ou devenues lieu d’entraînements militaires.

    J’ai pensé à ce magnifique endroit où je vis, qui est en passe d’être bradé à des hommes d’affaires sans scrupules, exactement comme d’autres vallées à chaque coin de la planète, où la beauté est détruite au nom du #progrès.

    Dans la lignée de toutes ces pensées, j’ai donc décidé de venir manifester à Hambourg. Pour moi, venir ici était un devoir avant d’être un droit.

    J’ai trouvé cela juste de m’opposer à ces politiques scélérates qui sont en train de pousser le monde vers le gouffre.

    J’ai trouvé cela juste de me battre pour que quelque chose soit au moins un peu plus humain, digne et équitable.

    J’ai trouvé cela juste d’aller dans la rue pour répéter que la population n’est pas un troupeau et qu’elle doit être consultée dans les choix.

    Le choix de venir à Hambourg a été celui d’une prise de parti. Le choix d’être du côté de ceux qui demandent des droits et contre ceux qui veulent leurs en enlever. Le choix d’être du côté de tous les oppressés du monde et contre les oppresseurs. Le choix de combattre les puissants, grands et petits, qui utilisent le monde comme si c’était leur jouet et qui ne se soucient pas du fait que c’est toujours la population qui en fait les frais.

    J’ai fait mon choix et je n’ai pas peur s’il doit y avoir un prix à payer injustement.

    Néanmoins il y a autre chose que je voudrais vous dire, que vous me croyiez ou non : je n’aime pas la violence. Mais j’ai des idéaux et pour ceux-ci j’ai décidé de me battre.

    Je n’ai pas fini.

    Dans une époque historique où partout dans le monde s’érigent de nouvelles frontières, se déroule du nouveau fil barbelé, se dressent de nouveaux murs des Alpes à la Méditerranée, je trouve cela merveilleux que des milliers de jeunes, de chaque coin de l’Europe, soient disposés à descendre ensemble dans les rues d’une seule et même ville pour leur propre futur. Contre chaque frontière. Avec comme seule intention commune, le fait de rendre le monde meilleur par rapport à comment nous l’avons trouvé.

    Parce que madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs, parce que nous ne sommes pas le troupeau de ces vingt seigneurs. Nous sommes des femmes et des hommes qui voulons avoir le droit de disposer de notre propre vie.

    Et pour cela nous combattons et nous combattrons.

    https://lundi.am/fabio-hambourg
    #résistance #justice #injustice #frontières #destruction #richesse #pauvreté #inégalités #centrales_hydroélectriques #violence

    #beau

    ping @_kg_

    • Zurück auf Los

      Der Prozess gegen den G20-Gegner Fabio V. muss wohl von vorn beginnen. Das ist ärgerlich, aber nicht zu ändern.

      Elf Prozesstage sind abgehandelt, rund ein Dutzend Zeugen gehört, unzählige Beweise gesichtet worden – und kurz vor Schluss stellt sich heraus: Es war wohl alles umsonst. Der Prozess gegen den jungen Italiener Fabio V., der sich bei einer Anti-G20-Aktion des schweren Landfriedensbruchs schuldig gemacht haben soll, droht zu platzen. Die Vorsitzende Richterin ist hochschwanger. Nun hat sie sich krankgemeldet, weitere Termine können vorerst nicht angesetzt werden. Bald wird die Frau in den Mutterschutz verabschiedet, wie es dann weitergeht, war bis Redaktionsschluss offen. Womöglich muss der Prozess unter einem anderen Richter komplett neu aufgerollt werden.

      Zurück auf Los. Hätte man das nicht verhindern können?

      Kritik gab es an der Verteidigung: Sie habe den Prozess mit immer neuen Anträgen unnötig in die Länge gezogen, um sich über die Ziellinie des Mutterschutzes zu retten. Denn die Richterin schien zu einer Verurteilung zu tendieren. Zwar nur zu einfachem, nicht zu schwerem Landfriedensbruch, aber eben nicht zu einem Freispruch. Ist also die Verteidigung schuld an diesem unbefriedigenden Ende und dem Mehraufwand, der nun droht? Mitnichten. Es ist ihr gutes Recht, Anträge zu stellen. Nicht wenigen von ihnen wurde stattgegeben.

      Aber war es nicht zu vermeiden, eine schwangere Richterin einzusetzen? Das System lässt bei der Richterauswahl wenig Spielraum. Strafprozesse ausländischer Jugendlicher werden nach Tatort vergeben. Fabio V.s Richterin ist für jenen Altonaer Ortsteil zuständig, in dem V. festgenommen wurde. Dass Richter nicht willkürlich benannt werden, schützt vor Einflussnahme.

      Und warum kann sich nicht ein neuer Richter auf Basis der bereits erhobenen Beweise einarbeiten und dann urteilen? In Strafprozessen gilt die Prämisse: Alle Beweise müssen unmittelbar gewürdigt werden, damit nichts verfälscht wird.

      Das alles ist aufwendig. Es macht das abrupte Ende dieses Prozesses zum Ärgernis. Aber es ist notwendig und richtig.

      https://www.zeit.de/2018/10/g-20-prozess-gegner-fabio-v-neubeginn

      G-20-Prozess gegen Fabio V. geplatzt

      Hamburg. Der Prozess gegen den italienischen G-20-Gegner Fabio V. vor dem Amtsgericht Hamburg-Altona ist geplatzt. Am 3. ­April hat das Gericht die Aussetzung des Verfahrens beschlossen, teilten die Verteidiger von Fabio V., Gabriele Heinecke und Arne Timmermann, am Dienstag gegenüber junge Welt mit. Damit sei »endgültig, dass das Verfahren neu aufgerollt werden muss«. Ende Februar war der Prozess wegen Schwangerschaft der Richterin unterbrochen worden. Fabio V. war am 7. Juli 2017 bei einer Demonstration im Industriegebiet Rondenbarg festgenommen worden, saß viereinhalb Monate in Untersuchungshaft. Ihm wird keine konkrete Tat vorgeworfen, sondern nur die Anwesenheit bei der Demo. Fabio V. ist nach Italien zurückgekehrt. Einen Hinweis des Gerichts, ob und wann das Verfahren neu beginnen kann, gebe es nicht, teilten seine Anwälte mit.

      https://www.jungewelt.de/artikel/330548.g-20-prozess-gegen-fabio-v-geplatzt.html


  • The Everyday Consumption of “#Whiteness”: The #Gaikokujin-fū (Foreign-Like) Hair Trend in Japan

    In feminist literature, the beauty and the fashion industries have at times been criticized for being one of the means through which women are objectified.1 Likewise, Critical Race Studies have often pinpointed how the existence of a global beauty industry has the effect of propagating Eurocentric beauty ideals.2 Throughout this article I aim to explore the complicated ways in which beauty and racialized categories intersect in Japan through an analysis of the female-targeted hair trend of the gaikokujin-fū (foreigner-like) hair.

    Essentialism is what prompts us to divide the world into two, “us” versus “them,” negating all that is in between the two categories or even changes within the categories themselves. Although this binary thinking has been subject to criticism by various disciplines, such as Critical Race Studies and Postcolonial Studies, it is still among the dominant ways in which human relations are performed in Japanese society. The essentialistic opposing duality between Foreignness and Japaneseness has been constructed in post-war Japan through widespread discourses known by the name nihonjinron (lit. the theories on the Japanese).3 Even though it could be understood as a powerful reply to American racism towards the Japanese, nihonjinron only confirms stereotypes by reversing their value, from negative to positive. Moreover, these theories have had the effect of emphasizing Japanese racial and cultural purity through the alienation and exoticization of the other, most often represented by the white “Westerner”4 (obeijin, seiyōjin, hakujin).

    The ambivalent exoticism that surrounds the foreigner (gaikokujin) has made it possible for racialised categories and consumerism to intersect in the archipelago. The beauty industry is particularly susceptible to the segmentation between “self” and “other,” and the global white hegemony has a certain influence over it. However, as Miller rightly observes, dominant beauty standards in Japan are equally influenced by local values of “Japaneseness.”5 Torigoe goes even farther: in her essay, she positions whiteness as a power relation and through her analysis she demonstrates how white women are constructed as Others in Japanese media representations, thus creating “a racial ladder that places Japanese people on top.”6 The link between whiteness and widespread beauty practices has been criticized also in studies of the neighbouring country of Korea, with scholars arguing that cosmetic surgeries in the country are successful only if they enhance the body’s natural “Koreanness.”7

    My aim in this paper is to tackle the capitalistic commercialization and fetishization of whiteness in contemporary Japan. As it will become clear throughout the analysis, the Japanese beauty industry is creating a particular image of whiteness that is suitable to the consumers’ needs and desires: this toned-down, less threating way of becoming “foreigner-like” is marketed as an accessory that far from overriding one’s natural features, is instrumental in accentuating and valorizing them. Investigating the peculiar position of this beauty trend, which has been affected by the influence of the two contrasting hegemonic discourses of white supremacy and the purity/superiority of the Japanese race, might be helpful in shedding some light on the increasingly complicated ways the concept of race is being constructed in a setting that has been often considered “other” to the Eurocentric gaze.

    Whiteness and the Global Beauty Industry

    Beauty is an important practice in our daily life, and as such it has been at the center of animated discussions about its social function. Seen as one of the practices through which gender is performed, it has been put into scrutiny by feminist literature. The approach used to analyze beauty has been dualistic. On the one hand, the beauty and fashion industries have been criticized for being among the reasons of women’s subordination, depriving them financially8 and imposing on them male normative standards of beauty.9 On the other, it has been cited as one of the ways in which female consumers could express their individuality in an oppressive world.10

    The increasingly globalized beauty and fashion industries have also been subjects of criticism from the viewpoint of Critical Race Studies. It is not uncommon to hear that these industries are guilty of spreading Eurocentric tastes, thus privileging pale-skinned, thin women with light hair.11 The massive sale of skin-whitening creams in Asia and Africa as well as the creation of new beauty standards that privilege thinness over traditionally preferred plump forms are often cited to defend this argument. At the same time, there have been instances in which this denouncing of Eurocentrism itself has been charged guilty of the same evil. Practices such as plastic surgery in South Korea and Japanese preference for white skin have been often criticized as being born out of the desire to be “Western”: these analyses have been contested as simplistic and ignoring the cultural significance of local standards of beauty in shaping beauty ideals.12

    Answers to these diatribes have not been yet found.13 It is nonetheless clear that beauty practices articulate a series of complex understandings about gender and race, often oscillating between particularisms and universalisms. Throughout this article I would like to contribute to this ongoing discussion analyzing how pre-existing notions of race and gender intersect and are re-shaped in a newly emerging trend aptly called gaikokujin-fū (foreigner-like) hair.

    Us/Others in Japan: The Essentialization of the Foreign
    Japan and the tan’itsu minzoku

    It is not uncommon to hear that Japan is one of the most ethnically homogenous countries in the world. In Japanese, the locution tan’itsu minzoku (single/unique ethnic group, people, nation), was often used as a slogan when comparing the archipelago with significantly multi-ethnic countries such as the USA.14 The notion of Japan as a mono-ethnic country is being starkly criticized in recent years:15 minorities such as the zainichi Koreans and Chinese who have been living in the country since the end of the second world war, the conspicuous populations of foreign immigrants from Asia and Latin America, as well as mixed-race people, who were thought of as a social problem until these last ten years,16 have been making their voices heard. In the following paragraphs, I will trace how the idea of a racially homogeneous Japan was constructed.

    The word minzoku (ethnic group, people, nation) first appeared in the Japanese language in the Taishō Period (1912-1926), as an alternative to the term jinshū (race).17 The concept of race did not exist prior to the Meiji period (1868-1912), when it was introduced by scholars as one of the ideas from the “West” that would have helped Japan become a modernized nation.18 It could be argued that while the opening up of Japan after the sakoku period was not the first time that the Japanese government had to interact with people of different racial features,19 it was the first time that the idea of racial hierarchies were introduced to the country. Japanese scholars recognized themselves to be part of the ōshoku jinshū (“yellow race”), hierarchically subordinate to the “white race.”20 With rising nationalism and the beginning of the colonization project during the Taishō period, the need arose for a concept that could further differentiate the Japanese people from the neighboring Asian countries such as the newly annexed Taiwan and Korea:21 the newly created minzoku fit this purpose well. Scholar Kawai Yuko compared the term to the German concept of Volk, which indicates a group whose identity is defined by shared language and culture. These traits are racialized, as they are defined as being “biological,” a natural component of the member of the ethnic group who acquires them at birth.22 It was the attribution of these intrinsic qualities that allowed the members of the naichi (mainland Japan) to be assigned in a superior position to the gaichi (colonies). Interestingly, the nationalistic discourse of the pre-war and of the war period had the double intent of both establishing Japanese supremacy and legitimizing its role as a “guide” for the colonies grounding it in their racial affinities: unlike the conquerors from Europe, the Japanese were of similar breed.

    These hierarchies were ultimately dissociated from the term minzoku after the end of the Second World War, when it was appropriated by Leftist discourse. Opposing it to ta-minzoku (multiethnic nation or people)23

    that at the time implied divisions and inequalities and was perceived as a characteristic of the Japanese Empire, Left-leaning intellectuals advocated a tan’itsu minzoku nation based on equality. The Leftist discourse emphasized the need of the “Japanese minzoku” to stand up to the American occupation, but the term gradually lost its critical nuance when Japan reached economic prosperity and tan’itsu minzoku came to mean racial homogeneity as a unique characteristic of Japanese society, advocated by the Right.24

    Self-Orientalism

    The term minzoku might have “lost his Volk-ish qualities,”25 but homogeneity in Japan is also perceived to be of a cultural nature. Sociologists Mouer and Sugimoto26 lament that many Japanese people believe to be the carriers of an “unique” and essentialized cultural heritage, that renders them completely alien to foreigners. According to the two scholars, the distinctive qualities that have been usually (self-)ascribed to Japanese people are the following: a weak individuality, the tendency to act in groups, and the tendency to privilege harmony in social situations.27 Essentialized “Japaneseness” is a mixture of these psychological traits with the products of Japanese history and culture. The perception that Japaneseness is ever unchanging and a cultural given of each Japanese individual was further increased by the popularity of the nihonjinron discourse editorial genre, which gained mass-media prominence in the archipelago after the 1970s along with Japan’s economic growth.28 Drawing on Said’s notion of Orientalism,29 Miller states that “in the case of Japan, we have to deal […] with the spectacle of a culture vigorously determined to orientalize itself.”30 According to Roy Miller, Japan has effectively constructed Japaneseness through a process of self-othering, which he refers to as self-Orientalism. The nihonjinron publications were very much influenced by cultural anthropologist Ruth Benedict’s highly influential “The Chrysanthemum and the Sword,” published in 1946. Benedict’s study of the “Japanese people” is based on the assumption that the USA and Japan are polar opposites where the former stands for modernity and individualism whereas the latter is characterized by tradition and groupism.31

    Japanese anthropologists and psychoanalysts, such as Nakane and Doi32 further contributed to the study of Japaneseness, never once challenging the polar opposition between the “Japanese” and the “Westernerners.”

    It would seem contradictory at first for a large number of people in Japan to have this tendency to think and consume their own culture through stereotypes. However, Iwabuchi draws attention to the fact that Japan’s self-Orientalism is not just a passive acceptance of “Western” values but is in fact used to assert the nation’s cultural superiority. It remains nonetheless profoundly complicit with Euro-American Orientalism insofar that it is an essentializing and reifying process: it erases all internal differences and external similarities.33 This essentialization that Japan is capitalizing on proves fundamental for the “West,” as it is the tool through which it maintains its cultural hegemony.

    Images of the Foreigner

    Images of the foreigner are not equal, and they form an important node in the (self-)Orientalistic relations that Japan entertains with the rest of the world. An essentialized view of both the Euro-American and Asian foreigner functions in different ways as a counterweight to the “we-Japanese” (ware ware Nihonjin) rhethoric.

    In the Japanese language, gaikokujin (foreigner) refers to every person who doesn’t have the same nationality as the country she/he lives in.34 The term gaikokujin does not have racial connotations and can be used to effectively describe anyone that is not a Japanese citizen. However, the racially-charged related term gaijin35 refers especially to the “white” foreigner.36 Written very similarly to gaikokujin, the word gaijin actually has a different origin and the double meaning of “foreigner” and “outsider.” The word carries strong implications of “othering,” and refers to the construction of the Europe and America as other to the young nation-state in the Meiji period, during which knowledge was routinely imported from the “West.”37 Thus, gaijin and the representation of foreigners-as-other came to reflect the dominant hierarchies of nineteenth-century “Western” knowledge.38

    Putting every white-skinned individual in the same category functions as a strategy to create the antithetical “West” that is so important as a marker of difference in self-Orientalism: it serves to create an “Other” that makes it possible to recognize the “Self.”39 At the same time, it perpetuates the perception of whiteness as the dominant position in America and Europe. In her analysis on the use of foreigner models in Japanese advertisements, Creighton notes that representation of gaijin positions them both as a source of innovation and style and as a potential moral threat.40

    This splitting is not uncommon when dealing with representations of the Other. What generates it is the fetishistic component that is always present in the stereotype.41 Bhabha argues that this characteristic allows the Other to be understood in a contradictory way as a source of both pleasure and anxiety for the Non-Other. Stuart Hall draws on Bhabha’s theories to state that the stereotype makes it so that this binary description can be the only way in which is possible to think of the Other–they generate essentialized identities.42 In the Japanese context, the gaijin, fulfilling his role as a racially visible minority,43 is thus inscribed in the double definition of source of disruption and person to admire (akogare no taishō).

    Whiteness in the Japanese Context

    Akogare (admiration, longing, desire) is a word that young women44 in Japan often use when talking about the “white, Western” foreigner. Kelsky explains that the word indicates the longing for something that is impossible to obtain and she maintains that “it is a rather precise gloss […] of the term “desire” in Lacanian usage. […] Desire arises from lack and finds expression in the fetish. The fetish substitutes the thing that is desired but impossible to obtain.”45 Fulfilment of this unattainable desire can be realized through activities such as participation in English conversation classes and engaging in conversation with “Western” people.46 The consumption of “Western” images and representations as well as everyday practices associated with the Euro-American foreigner could also be considered a fetish that substitutes the unattainable object of desire. In this sense, the gaikokujin-fū hairstyle trend might be for the producers one such way of catering to young Japanese women’s akogare for the “Western” world.

    Gaikokujin-fū is inextricably connected to gaijin, “white” foreigners. For instance, the Hair Encyclopedia section of the website Hotpepper Beauty reports two entries with the keyword gaikokujin-fū: gaikokujin-fū karā (foreigner-like color) and gaikokujin-fū asshu (foreigner-like ash). The “color” entry states the following:

    Gaikokujin-fū karā means, as the name suggests, a dye that colors the hair in a tint similar to that of foreigners. The word “foreigner” here mostly stands for people with white skin and blond hair that are usually called “American” and “European.”47

    Similarly, the “ash” entry explains the following:

    The coloring that aims for the kind of blond hair with little red pigments that is often found among Americans is called gaikokujin-fū asshu.

    Asshu means “grey” and its characteristic is to give a slightly dull (dark?) impression. It fits well with many hairstyles ranging from short cuts to long hair, and it can be done in a way to make you look like a “western” hāfu (mixed race individual).

    It is clear from these descriptions that the term gaikokujin-fū is racially charged. What hairdresser discourse is trying to reproduce is a kind of hair color associated with America and Europe’s Caucasian population. They are selling “whiteness.”

    Writing from the viewpoint of multicultural England, Dyer writes that the study of the representation of white people is important because “as long as white people are not racially seen and named, they/we function as a human norm.”49 White discourse is ubiquitous, and it is precisely this unmarked invisibility that makes it a position of dominance. The representation of people belonging to minority groups is inevitably marked or tied to their race or skin color, but Caucasians are often “just people.” At the base of white privilege there is this characteristic of universality that is implied in whiteness.

    The marked positioning of the white foreigner in Japanese society would seem an exception to this rule. Torigoe, while acknowledging that the Japanese media “saturated [her] with images of young white females as the standard of beauty,”50 analyzes in her article how white beauty actually embodies values such as overt sexual attractiveness that would be considered deviant or over the top by standard societal norms.51 Likewise, Russell points to the scrutiny that the bodies of the white female woman receive on Japanese mass media, dominated by a male gaze. White females become subject to the sexual curiosity of the Japanese male, and being accompanied by one of them often makes him look more sophisticated and competitive in a globalized world.52 As the most easily, less controversially portrayed Other through which Japanese self-identity is created, the white individual is often subject to stereotyping and essentialization. Russell notes this happening in both advertisement and the portrayal of white local celebrities, that assume even “whiter” characteristics in order to better market their persona in the Japanese television environment.

    However, it is my opinion that we must be careful to not be exceedingly uncritical of the marginality that Caucasians are subject to in Japanese society. I argue that whiteness is in an ambiguous position in the Japanese context: it would be wrong to say that in the archipelago white people do not benefit from the privileges that have accompanied their racialization up to the present times. The othering processes that whites are subject to is more often than not related to them being brought up and representing a different culture than to their racial difference.54 The word hakujin (lit. white person) is barely used in everyday conversation, whereas it is more common to hear the term kokujin (lit. black person): white people are not reduced to their racial characteristics in the same way as black people might be.55 Whiteness might not be the completely hegemonic in the Japanese context, but the country does not exist in a vacuum, and its standards have been influenced by the globally hegemonic white euro-centric values to some extent.

    To reiterate, white people in the Japanese archipelago experience the contradictory position of being a visible minority subject to reifying “othering” processes while at the same time reaping many of the benefits and privileges that are usually associated with the color of their skin. They are socially and politically located at the margins but are a hegemonic presence in the aesthetic consciousness as an ideal to which aspire to. In the following sections, I will expand on gaikokujin’s ambiguous location by looking at the ways in which whiteness is consumed through the gaikokujin-fū hairstyle trend.

    Producing Whiteness: Selling gaikokujin-fū Hair
    Creating the “New”

    In order to understand the meanings shaping the catchphrase gaikokujin-fū, I have used a mixture of different approaches. My research began by applying the methods of Visual Analysis56 to the latest online promotional material. I have tried to semiotically analyze the pictures on the websites in relation to the copywriting. In addition, I have complemented it with fieldwork, interviewing a total of seven hairdressers and four girls aged from 20 to 2457 in the period between April and June 2017. It was while doing fieldwork that I realized how important social networking is for the establishment of contemporary trends: this is frequently acknowledged also in the press by textually referencing hashtags.58 Instagram is a very important part of Japanese girls’ everyday life, and is used both as a tool for self-expression/self-promotion as well as a compass to navigate the ever-growing ocean of lifestyle trends. Japanese internet spaces had been previously analyzed as relatively closed spaces created and accessed by predominantly Japanese people, and this had implications on how online discourses about races were carried on.59 However, being a predominantly visual medium, Instagram also functions as a site where information can, to a large extent, overcome language barriers.

    The gaikokujin-fū hashtag counts 499,103 posts on Instagram, whereas 381,615 pictures have been tagged gaikokujin-fū karā.60 Most of them are published by professional whose aim is to publicize their work, and it is not uncommon to find pricing and information for booking in the description.

    Scrolling down the results of the Instagram search, it is easy to notice the high number of back and profile shots; what the hairdressers are trying to show through these pictures is their hairdressing skills. By cutting out the face they are putting the hair itself at the center of the viewer’s attention and eliminating any possibility of identification. The aim here is to sell “whiteness” as an object. The trendsetters are capitalizing on a term (gaikokujin-fū) that has already an appealing meaning outside the field of hair coloring, and that is usually associated with the wider desire or longing (akogare) for “Western” people, culture and lifestyle.

    To the non-initiated, the term gaikokujin-fū might indicate anything that is not “Japanese like” such as curly hair, or blonde hair. However, it became clear when speaking to my hairdresser informants that they only used the term referring to the ash-like coloring. Professionals in the field are reclaiming it to define a new, emerging niche of products that only started appearing a couple of years ago.61 In doing so, Japanese hairdressers are creating a new kind of “whiteness” that goes beyond the “Western” cultural conception of white as blonde and blue-eyed, in order to make it more acceptable to Japanese societal standards. In fact, fair hair is considered extremely unnatural.62 The advantage that ash brown hair has over blonde is the relatively darker shade that allows consumers to stand out without being completely out of place.63

    However, gaikokujin-fū hair comes at a cost. All of my informants told me during the interviews that the colors usually associated with this trend involve dyes have a blue or green base, and are very difficult to recreate on most people of the East Asia whose naturally black hair has a red base. The difficulty they experienced in reproducing the Ash (asshu) and Matt colors on Japanese hair constituted a fundamental charm point for hair technicians, and precisely because of this being able to produce a neat ash coloring might be considered synonymous with keeping on pace with the last technology in hair dying. The Wella “Illumina Color”64 series came out in September 2015, while Throw,65 a Japanese-produced series of hair dyes that eliminate the reddish undertones of Japanese black hair, went on sale very recently in June 2016.66 Another Japanese maker, Milbon, released its “Addichty Color”67 series as recently as February 2017. The globally dominant but locally peripheral whiteness has been “appropriated” and domesticated by Japanese hairdressers as a propeller of the latest trends, as a vital tool in creating the “new.”

    To summarize, the technological developments in hair dyes certainly gave a big push to the popularizing of the gaikokujin-fū hairstyle trend. Moreover, in a very chicken-and-egg-like fashion, the technological advancing itself was at the same time motivated by the admiration and desire towards Euro-American countries. However, this desire for “Westerness” does not entail adopting whiteness in its essentialized “purest” form,68 as that would have negative implications in the context of Japanese society. Rather, Japanese trendsetters have operated a selection and chosen the variant of whiteness that would be different enough to allow the creation of the “latest” while minimizing its more threatening aspects.
    Branding the “New”

    In the previous section I mentioned the fact that most of pictures posted on the social network Instagram serve to amplify and diffuse existing values for consumption, and constantly refer to a set of meanings that are generated elsewhere reifying them. Throughout this section I will examine the production of these values through the branding of the aforementioned hair dye brands: Wella’s “Illumina Color,” THROW, and Milbon’s “Addichty Color.”

    Wella’s “Illumina Color” offers an interesting case study as it is produced by an American multinational brand. Comparing the Japanese website with the international one, it is clear that we have before our eyes a prime example of “glocalization.”69 While on the international webpage70 the eye-catch is a picture of a white, blue-eyed blonde woman that sports an intricate braided hairstyle with some purplish accents in the braid, the Japanese71 version features a hāfu-like72 young woman with long, flowing straight dark brown hair. The description of the product also contains the suggestive sentence “even the hard and visible hair typical of the Japanese [can become] of a pale, soft color.” The keywords here are the terms hard (katai) and soft (yawaraka). Hardness is defined as being a characteristic typical of the Japanese hair texture (nihonjin tokuyū) and it is opposed to the desired effect, softness. The sentence implies by contrasting the two terms that softness is not a characteristic of Japanese hair, and the assumption could be taken further to understand that it is a quality typical of the “foreign.” Perhaps unsurprisingly, the international webpage contains no such reference and instead vaguely praises the hair dye’s ability to provide a light color. The visuals of the latter are consistent with Dyer’s definition of whiteness.

    Unlike Wella, Milbon and beauty experience are Japanese companies, and their products ORDEVE Addichty and THROW are only geared to the Japanese marketplace. Milbon’s ORDEVE Addichty dye series is the most recent of the two. The product’s promotional webpage is almost entirely composed of pictures: the top half features 14 moving pictures, two for each of the seven colours available. The pictures slide in a way that shows the customer all the four sides of the model’s bust up, and each one of the girls is holding a sign with the name of the product. To the center left, we see a GIF image with the name of the brand in the roman and Japanese alphabet, accompanied by the catchphrase hajimete mitsukaru, atarashii watashirashisa (“I found it for the first time, a new way of being myself”), that slides into another text-filled picture that explains the concepts behind the branding.

    Occidental-like (ōbeijin) voluminous hair with a shine (tsuya) never seen before. This incredible feeling of translucence (tōmeikan) that even shows on your Instagram [pictures], will receive a lot of likes from everybody. Let’s find the charm of a freer myself with Addichty color!

    The red-diminishing dyes are here associated with both physical and ideological characteristics identified as “Western,” like the “feeling of translucence” (tōmeikan)73 and “freedom” (jiyū). The word tōmeikan is a constant of technical descriptions of gaikokujin-fū and it is generally very difficult for the hairdressers to explain what does it mean. My hairdresser informant N. quickly explained to me that having translucent hair means to have a hair color that has a low red component. Informants H. and S., also hair professionals, further explained that translucency is a characteristic typical of hair that seems to be semi-transparent when hit by light. While in the English-speaking world it would certainly be unusual to positively describe somebody’s hair as translucent, tōmeikan is a positive adjective often used as a compliment in other different contexts and it indicates clarity and brightness. In fact, the Japanese Daijisen dictionary lists two definitions for translucent, the second of which reads “clear, without impurities.”74 It is perhaps in relation to this meaning that the melanin-filled black core of the Japanese hair is considered “heavy” (omoi) and strong. Reddish and lighter brown colors are also defined in the same way. What is more, even hair colors at the other end of the spectrum can be “muddy”(nigori no aru): blonde hair is also described as such.75 It is clear that while tōmeikan is a quality of “occidental hair,” it is not a characteristic of all the shades that are usually associated with whiteness.

    In the last sentence, “freedom” is linked to charm (miryoku) and the individual. These three concepts are also very often associated with the foreigner. The freedom of the gaijin is a freedom from social constraints and from the sameness that pervades dominant representations of Japaneseness.76 Individualism is further emphasized by the pronoun “myself,” which in the original Japanese is a possessive pronoun to the word “charm” (miryoku). As a word, miryoku has an openly sexual connotation, and because of this it might be linked to the concept of “foreignness.” As Torigoe found out in her analysis of Japanese advertisements, white women are often represented as a sexualized counterpart to the more innocent Japanese woman.77 Gaikokujin-fū hair offers customers the possibility to become closer to obtaining this sexiness, that distances the self from the monotone standards of society.

    Of the three, THROW is possibly the most interesting to analyze, mostly because of the huge quantity of content they released in order to strengthen the brand image. In addition to the incredibly detailed homepage, they are constantly releasing new media contents related to gaikokujin-fū coloring on their “THROW Journal.”78

    The “story” page of the website serves as an explanation of the brand identity. It is a vertically designed page heavy on images, possibly designed to be optimally visualized in mobile devices such as smartphones and tablets. The first image that the viewer encounters is that of a girl whose brown hair is flowing in the wind, which results in some strands covering the features of her pale-white face. This makes it hard to understand her nationality and makes it so that all the attention is focused on the light, airy qualities of the hair. As I said before, “lightness” (karusa) is associated to translucency and is one of the characteristics at the center of the marketing of gaikokujin-fū. This picture very clearly renders those sensations in a way that is very pleasant to the eye and indeed invites consumption.

    Under the picture we find a very short narration that complements it. In bigger characters, the words dare de mo nai, watashi ni naru, that roughly translates as “I’ll become a myself, that is nobody else.” Here again we find an emphasis on individuality and difference. Scrolling down, we find the following paragraph written in a smaller font:

    I leave my body to the blowing wind.

    My hair is enveloped in light, and is filled by the pleasant air.

    What I needed was this [facial] expression.

    I got rid of what I did not need, and refreshingly freed my mind.

    Gracefully, freely.

    I should just enjoy myself more.79

    Unlike the tagline in the Addichty webpage, THROW’s brand identity is here described in ideological terms only. Once again, “freedom” is the central theme, and is associated with a sensation of freshness (kaze, “the wind”; also, the onomatopoeia sutto, here rendered as “refreshingly”). The image of release is further emphasized by the fact that “I” of this text is in close contact with nature: her skin feels the wind, she is shrouded in light and breathes pure air. But what is the subject being released from? The fourth and the last line would suggest that she is being trapped by social constraints, something akin to the Freudian super-ego, that somehow renders her unable to enjoy herself for what she really is. My literal translation of the sixth line makes it hard to understand the hedonistic implications of its meaning: what the original Japanese implies is not simply that she should “have fun,” but she should be finding pleasure in what she is and not what she is expected to be. It is perhaps strange to the eyes of the Euro-American observer accustomed to the discourse of white supremacy that the consumption of whiteness comes with an invitation to spontaneity. The whiteness being sold here is certainly perceived in a radically different way from the Eurocentric “West,” where it is associated with self-constraint.80 It is being marketed to the Japanese public in a way that reminds the portrayal of minorities in the white-dominated world,81 and that makes it particularly appealing to the archipelago’s consumers.

    Listening to the producers’ interviews, it becomes clear for them that the red pigments of the hair, as a symbol of this self-Orientalistically represented “Japaneseness” are represented as a further constraint. Producer Kimura Naoto speaks of a “liberation from redness for the women who hate it”;82 fellow member of the production team Horiuchi brings up the ever-present desire in Japanese women to “become like foreigners,”83 but neither of the two explains the connection between the deletion of red pigments from the hair and the possibility of becoming foreigner-like. It is perhaps this lack of an explicit connection in an explanation from an expert that makes it perceived as an “obvious truth.” In fact, nobody seems to refer to the fact that red undertones are common overseas as well, not to mention the existence of redheads in predominantly Caucasian regions. By hiding these facts, the red pigments are constructed as something that is peculiarly Japanese and juxtaposed to the exclusively foreign blue pigments, further contributing to the essentializing of the gaikokujin that propels self-Orientalism.

    Consuming Whiteness: Gaikokujin-fū and Everyday Life

    To understand the ways that gaikokujin-fū was being interpreted and consumed I conducted fieldwork for two months (April-June 2017) in Tokyo. Engaging in participant observation proved to be relatively easy, since superficial conversation about beauty trends is one of the most common ways that young women around my age use to socialize. Most of my peers were very quick to react every time I lightly introduced the subject. However, due to the perceived “lightness” of the topic, not many people showed to be willing to talk prolongedly about it. This prompted me to supplement the fieldwork with semi-structured interviews I conducted with four people aged 20-22.

    The general reaction to the gaikokujin-fū buzzword was one of recognition–the existence of the trend was acknowledged both by people who were actually familiar with it as well as by others who were not really interested but had seen the phrase and recognized a more general idea behind it. As the reader might expect after having gone through the previous chapter, consumers of gaikokujin-fū hair all brought up the difficulties they had in obtaining the desired results. When I first contacted K., a 23-year-old university student in Tokyo, she told me to wait till the following week for the interview since she had an appointment to dye her hair of an ash-like color. Seven days later, I was surprised to see that her hair had not changed much. Turns out that her virgin hair was a very difficult base to work with: having never bleached it, it proved to be very resistant to blue-green dyes. Dying the hair of an ash-like color would have been impossible as the naturally red pigments of the hair would have completely nullified the effect.

    Whiteness as Empowerment, Whiteness as Difference

    K. was nonetheless very accommodating and answered my questions very enthusiastically. To her, the word gaikokujin had indeed a very positive meaning, and she specifically associated it to difference. My informant used a very harsh word when talking about her fellow Japanese: to her, Japanese style equals mass-production. Her image of Japan was perfectly congruent with those described by Mouer and Sugimoto in their critique of Nihonjinron. “Ordinary” Japanese girls were, in her opinion, the cutesy and quiet girls with straight black hair and bangs covering their foreheads. Why did she feel attracted to gaikokujin-fū in the first place? K. felt that the “traditional” Japanese image was constraining, and she had both very physical and empirical reasons (she does not like face with bangs) as well as a specific ideological background. It is worth nothing here that K. has had since her childhood a very strong akogare towards “Western countries”: she has studied English since she was a small child and is now studying Italian, which led her to spend a year abroad in the University of Venice. Moreover, she attended a very liberal protestant high school in Tokyo, where students were allowed to dye their hair and had no obligation to wear the school uniform. She herself stated that the liberal environment she was brought up in had a huge influence on her view of the world and thus she did not feel the need to “conform.” K. speaks from a privileged position that allowed her to glimpse a “different” world, in which she is promised freedom. In a similar fashion to the representations I analysed in the previous chapter, “Western” foreign becomes a symbol of liberation from the societal constraints of a traditionalistic society.

    The liberating qualities of the akogare towards the essentialized “Western” foreign have been brought up in previous research as a space for young women to astray themselves from the hierarchies of everyday life. The link between freedom and diversity was indeed particularly strong in K., who feels somehow “oppressed” by certain aspects of society. However, this is far from being a universal mode of consumption: in fact, the other three girls never even mentioned anything ideological. To S., a 22-year-old girl I met while studying in Tokyo two years ago, dying her hair of an ash-like hue was an act genuinely finalized to the enhancement of her beauty: she thought the color made her face look brighter. While she too stated during the interview that foreigners are viewed as cool and fashionable, she did not allude to a desire to “become” one nor she mentioned any ideological values associated with them that she emphasized with. In her everyday practice, whiteness is consumed as a tool regardless of its hegemonic signified. Informants A. and H. talked about the trend in a similar way. H. initially dyed her hair because she liked how cute ash hair looked on her favourite model, and had little more to say other than that. Her friend A., who recently graduated from a fashion school, confessed that in her environment standing out was more the rule than a subversive act. Her ash phase was brief and followed by even more explosive hues such as blue and pink. S., A., and H., were very much less conscious of their ways of consumption, but, as French theorist Michel de Certeau argues,84 it is precisely the aimlessness of their wandering that make their practices subvert the hegemony established by the global white supremacy. Having gaikokujin-fū hair is one of the strategies that Japanese women have at their disposition to attain beauty, and while it is trendy, it is far from being superior to different styles. Whiteness becomes an accessory that enhances the natural beauty of the self, and it is not employed to override one’s original racial features but rather to enrich them through the display of individuality. Under this light, it is possible to see the consumption of foreign-like hair as an unconscious tentative of overcoming the racialized barriers that might generate uncanny feelings in the eyes of the “white” spectator.

    Subdued Subversion and the Ambiguities of Consumption

    There are however at least two factors that complicate the consumption of gaikokujin-fū hair, making it a multifaceted and complex process. Firstly, during my interview with K. we discussed the differences between this and other fashion trends that tend to refuse the stereotypical sameness of the constructed Japanese image. K. suggested the existence of an even more individualistic trend–Harajuku–style fashion. The Harajuku district of Tokyo is famous world-wide for hosting a wide range of colourful subcultures,85 which my interviewee described with terms such as dokusouteki (creative) and yancha (mischievous). Harajuku fashion is individuality taken to such a level in which it becomes even more openly contestant of society. S. described these subcultures as referencing the image of “an invented fantasy world, completely out of touch with reality.” The gaikokujin-fū hair colour is indeed a way to break out of the “factory mould,” but it is a relatively tame way of doing it as it is the consumption of a domesticized otherness. As I also pointed out during the analysis of the production processes, the aesthetics of the trend are largely shaped in relation to societal norms and purposely do not excessively break out of them. Especially in its darker tones, foreign-like ash hair is visually closer (albeit chemically harder to obtain) than platinum blonde, and it is precisely in these shades that the hue is being consumed by girls like K. and S.

    Furthermore, one could say that Gaikokujin-fū hues can at times be experimentations instrumental to the formation of one’s identity. H. and S. both explained that they tried out ash dyes as a phase, only then to move on to something that they thought better reflected their own selves. In both cases, that meant going back to their natural black color and to darker tones. H., in particular, after spending her three years of freedom in university experimenting with various hues, finally concluded in her fourth and final year that natural black hair was “what suits Japanese people best.”. After trying out the “Other” and recognizing it as such, her identification acted as what Stuart Hall might have called a suture between her as an acting subject and the discursive practices of “Japaneseness.”86 As “foreignness,” and whiteness as one of its variants, cannot be easily conceived outside the dominant self-Orientalistic discourses, even gaikokujin-fū is inevitably bound to the essentialized “Japaneseness” of the Nihonjinron. This is only worsened by the fact that foreign-like hair colors are a product in the beauty market: they need to be marketed to the consumers, and this necessitates simplification. Essentialization and the reinforcement of self-Orientalism are the high prices that one must pay for the consumption of the other, and constitute a big limitation of its subversive power.

    Conclusion

    I have attempted to analyse the ways in which whiteness is produced and consumed in Japan, a country with significant economic and cultural power that does not have a significant Caucasian population. I have chosen as the topic a feature of the human body that is usually considered peripherical to the construction of racialized categories, and I have attempted to demonstrate how it becomes central in the production of an occidentalistic image of “whiteness” in the Japanese Archipelago.

    What this trend helps us to understand is the complexities and multiplicities of whiteness. By shedding some light on the way that hairdressers in Japan construct and sell the gaikokujin-fū trend we become aware of the fact that an aspect such as hair color that we do not usually pay much attention to in relation to this racialized category can be central when the same is consumed in a different setting. It is significant that what is being marketed here it is a slightly different paradigm from the Eurocentric or conventional idea of “white” people, that sees at its center blonde-haired, fair-skinned people with blue or green eyes: whiteness is mitigated and familiarized in order to make it more desirable to wider audiences. Its localized production and its consumption as a disposable accessory might be taken as challenging to the global dominance of Caucasian aesthetic.

    Acting in the (locally) ambiguous field of racial representations,87 hairdressers in Japan are creating their own whiteness, one that is starkly defined by what is socially acceptable and what is rejected.88 It thus becomes apparent the fact that racialized categories are nothing but discourses, constantly morphing in relation to time and space. The existence of a different whiteness created by and for the use of people who are not considered as belonging to this racialized category creates conflict with the discourse of a global, hegemonic whiteness by demonstrating its artificiality and construction.

    However, the use of the word gaikokujin inevitably generates ambivalent meanings. The trend becomes linked to the discourse of “foreignness” and the desires associated with it. Eventually, it ends up reproducing the essentialist and reifying stereotypes that are creating through the occidentalistic (and self-Orientalistic) practices of nihonjinron. The trend potentially reinforces the “us/them” barriers that are at the basis of essentialistic thought by juxtaposing the desired “foreign hair” as a polar opposite of the more conservative and traditional “Japanese hair.”

    To reiterate, gaikokujin-fū might be subversive on the global scale, but it is nonetheless an expression of the oppressive mainstream on the local level, as it restates notions of difference and exclusivity that form the basis for social exclusion of phenotypically alien foreigners. Unfortunately, the practices of marketing necessitate simplifications, and makes it is hard to achieve what I believe would be the most subversive action: the elimination of these reifying barriers. It is imperative that we start to think about ways to talk about race and culture in a non-essentializing manner while maintaining an anti-white-centric stance.

    Although the problem of essentialization cannot be resolved by looking at representation only, by looking at how the product is effectively consumed in everyday life we might find that these semi-conscious practices already offer some hints on how to overcome the barriers that reification builds around us. It is indeed true that consumers answer to the “call” of the marketers, and that they identify themselves to some extent with the images of racialized whiteness created by the beauty industry. However, what the interviews revealed is that often times the link between image and product is broken in the immediacy of consumption. By using whiteness as an accessory, some of the consumers open up a space in which they contest the seriousness and rigidity of racialized categories–a space that allows hybridity to exist.


    http://zapruderworld.org/journal/archive/volume-4/the-everyday-consumption-of-whiteness-the-gaikokujin-fu-foreign-like-
    #corps #beauté #femmes #géographie_culturelle #japon #cheveux #identité #altérité #orientalisme #blancheur #hakujin #blancs #représentation


  • Cette photo d’un Palestinien protestant contre le blocus de Gaza est devenue virale
    Al HuffPost Maghreb - Par Salma Khouja - 25/10/2018
    https://www.huffpostmaghreb.com/entry/cette-photo-dun-palestinien-protestant-contre-le-blocus-de-gaza-est

    PALESTINE - Une photo déjà iconique. Alors qu’un groupe de palestiniens protestait contre le blocus maritime de la bande de Gaza, le 22 octobre dernier, le photographe de l’agence de presse turque Anadolu, Mustafa Hassouna, saisit les affrontements opposant les manifestants aux soldats de l’armée israélienne. Parmi les photos de Mustafa Hassouna, l’image ci-dessous, d’A’ed Abu Amro, 20 ans, devient virale.

    Interrogé par Al Jazeera, le jeune homme se dit surpris de la viralité de cette photo. “ Je ne vais pas à des manifestations pour pour me faire prendre en photo, mais cela m’encourage à continuer de manifester”, dit-il, précisant qu’il “manifeste toutes les semaines, et toujours accompagné de son drapeau. “Mes amis se moquent de moi, me disent que ce serait plus facile de jeter des pierres sans mon drapeau à la main, mais je m’y suis habitué (...) Si je meurs, je veux être enroulé dans ce drapeau. Nous réclamons notre droit au retour, et manifestons pour notre dignité et celle des générations à venir ”.

    Liberté guidant le peuple

    Largement partagé sur les réseaux sociaux, la photo n’a pas manqué de rappelé une célèbre toile à de nombreux internautes, qui comparent la photo au tableau de Delacroix, “La Liberté guidant le peuple” :


  • Un sculpteur hitlérien débarque à Roubaix Ce 20 Octobre 2018 au musée La piscine
    http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/1024-un-sculpteur-hitlerien-debarque-a-roubaix
    https://seenthis.net/messages/729692

    Comment célébrer un artiste pro-nazi en toute discrétion ? Voilà le défi du Musée de La Piscine et de la ville de Roubaix qui s’apprêtent à inaugurer la reconstitution de l’atelier d’Henri Bouchard le 20 octobre 2018 dans sa toute nouvelle extension. Sculpteur Vichyste officiel, militant de la politique culturelle du Reich, il se proposait « d’assainir les Beaux-arts » contre le complot d’une « organisation occulte et internationale de marchands ».


    Le musée roubaisien La Piscine[1] _inaugure son extension à 8 millions d’euros afin d’y reconstituer l’atelier parisien d’Henri Bouchard. Vous n’y couperez pas. L’évènement sera couvert par le Journal des Arts, France Culture fête la réouverture avec une semaine spéciale à Roubaix, La Voix du Nord et France 3 _ se préparent à l’évènement. Mais personne pour évoquer le passé de l’artiste. Car il y a un hic : comment célébrer un artiste antisémite qui chantait les louanges de la politique culturelle hitlérienne sans passer soi-même pour un antisémite ?

    Le Hic
    Henri Bouchard (1875-1960) fut un artiste raciste, antisémite, membre du Groupe bien-nommé « Collaboration », une organisation d’intellectuels militant pour un européisme nationaliste et autoritaire. À la fin de l’année 1941, Bouchard part en goguette en compagnie d’autres artistes[2] français pour l’Allemagne nazie, à dix kilomètres du camp de Buchenwald, et quatre ans après l’exposition Art dégénéré à Munich ; terme inventé par le régime nazi pour interdire l’art moderne à la faveur d’un « art héroïque ». À son retour, Bouchard publie dans la revue {L’illustration} (7 fév. 1942) un éloge de « la vie presque féerique que le gouvernement du Reich sait faire à ses artistes ». Au moment même où le gouvernement de Vichy interne les premiers juifs (déc. 1941) et organise le premier convoi vers un camp de la mort (27 mars 1942).

    Henri Bouchard est membre de la Corporation des arts graphiques et plastiques chargée « d’encadrer les artistes » et leurs « bonnes mœurs » considérées comme « insuffisamment rigides ».[3] Ce comité ne se borne pas à définir l’artiste et l’œuvre d’art dans des discussions mondaines interminables, il impose aux marchand.e.s l’aryanisation des galeries tenues par des juif.ve.s[4]. Dans une note écrite de la main d’Henri Bouchard adressée au ministre de l’éducation Abel Bonnard[5], le sculpteur propose d’« assainir les #Beaux-Arts » en sapant l’influence d’une « organisation occulte et internationale de marchands »[6]. Entendez par là : les juif.ve.s et les Francs.Maçon.ne.s. Donc, Bouchard participe activement à la réalisation en France du modèle « féerique » qu’était selon lui la politique culturelle allemande. Il fut même membre du comité d’honneur de l’exposition du sculpteur officiel nazi #Arno_Brecker à Paris en 1942.

    Noyer le poison collaborationniste
    Il est une chose d’organiser une exposition temporaire avec des artistes collaborationnistes dans une perspective historique et critique. Il en est une autre de sanctifier et patrimonialiser un artiste par la reconstitution de son atelier. Après-guerre, il est reconnu #collabo par le Front national des arts présidé par Picasso. Comment alors la com’ officielle de La Piscine va-t-elle louvoyer ? Et ce, l’année de la mort de Claude Lanzmann et de la panthéonisation de Simone Veil ?

    La recette est simple : détourner le regard du visiteur et du journaliste. Garnissez d’ateliers à destination du jeune public. Montez en neige « le rôle fondamental » du Groupe de Roubaix, groupe informel d’artistes du Nord des années 1946 à 1970 miraculeusement entrés dans l’histoire de l’art local. Incorporez trois expositions temporaires. Pour la couleur : Di Rosa et son art modeste – « musée des Roubaisiens » oblige. Pour le piquant, L’Homme au mouton de Pablo Picasso, « réalisé dans l’émotion ressentie par Picasso après l’exposition Arno Breker organisée à Paris par le gouvernement de Vichy en 1942 ». Puis versez une larme de mémoire aux victimes avec Alberto Giacometti, « Portrait d’un héros  » de la Résistance, à savoir Henri Rol-Tanguy. Enfin, incorporez la purée obtenue d’un émincé d’Henri Bouchard préalablement paré. Il sera fondu dans le reste.

    De cette façon il ne reste plus qu’à insister sur la forme des œuvres bouchardiennes, plutôt que sur le fond[7]. Selon le directeur du musée Bruno Gaudichon, l’atelier de Bouchard est « un atelier intact et vivant où l’on trouve encore les outils. » Il serait « le seul atelier complet de cette génération »[8]. dont il faudrait conserver gestes et techniques. Mais rien de tout cela n’est vrai. Non seulement à la période d’Henri Bouchard, les techniques sont bien plus variées et ne se bornent pas à sa pratique académique. Surtout, ce savoir faire n’a pas disparu. L’atelier est tout au plus représentatif d’une conception classique de la sculpture, tout comme l’est déjà la collection du musée, réunie par la bourgeoisie locale à une autre époque.

    La fierté de la bourgeoisie roubaisienne
    L’arrivée de l’atelier de Bouchard n’a aucune justification patrimoniale en dehors de la conservation des reliques d’une certaine classe sociale : celle d’héritiers des grandes familles industrielles textiles à la foi chrétienne chevillée au porte-monnaie. Les #sculptures de Bouchard en traduisent esthétiquement l’apologie du travail dans la soumission, l’acceptation d’un ordre social de droit divin. La représentation de ses paysans au travail, ses vendangeurs, et autres semblent incarner la parole de Saint Paul : « J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation et je sais vivre dans l’abondance ». Les sculptures de Bouchard incarnent la théologie du grand patronat du Nord, celui-là même qui négocia avec le gouvernement de Vichy la sauvegarde de ses usines. Comme l’avoue Jacques-Yves #Mulliez, « resté fidèle au Maréchal ». Gâté par l’âge, le parent de la famille #Auchan ne cachait pas l’antisémitisme congénital de sa famille : « Quant à cette affaire d’antisémitisme, il s’agissait d’un #antisémitisme d’avant-guerre, social, de familles ».[9]

    L’Histoire a déjà rendu son verdict concernant Henri Bouchard. Comme le disait Simone Veil : « Au fond, en montrant que tous les Français avaient été des salauds, ceux qui l’ont été vraiment avaient très bonne conscience puisqu’ils l’étaient comme les autres. C’était précisément l’argument des #néo-vichystes dès le lendemain de la guerre ! » . Rejouer son procès n’a aucune pertinence aujourd’hui. Hormis, comme le fait le conservateur de La Piscine, pour faire diversion : éviter le débat sur la #politique_culturelle de la ville de Roubaix, sur les élu-es qui se sont succédé et l’ont menée depuis la décision de créer ce Musée, sur la sociologie du pouvoir local, et la servilité du milieu artistique roubaisien. C’est ce que nous appréhenderons dans un prochain épisode...

    M.R.

    [1]Pour une histoire du musée voir La Brique N°26 (mars-avril 2011) : Le musée de la Piscine : un certain goût pour Vichy.

    [2]P. Belmondo, H. Bouchard, A. Derain, C. Despiau, C. van Dongen, A. Dunoyer de Segonzac, O. Friesz, R. Legueult, R. Oudot, M. de Vlaminck, L. Lejeune.

    [3]Voir Michèle Lefrançois : Paul Landowski : l’œuvre sculptée, page 44.

    [4]« Les associations professionnelles de marchands d’art après 1945 : lobbying et modernisation à Paris et à New York », revue Le Mouvement social, Julie Verleine, 2013.

    [5]Abel Bonnard : ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse sous Vichy, engagé dans la politique de #collaboration franco-allemende dès l’été 1940. Membre d’honneur du Groupe Collaboration, il prône « une vision musclée de la #Révolution_nationale. »

    [6]H. #Bouchard, Note à #Abel_Bonnard du 20 avril 1942, Archives nationales, F17 13 368.

    [7]Pour une critique esthétique voir La brique n°28 (juillet- août 2011) : L’art de réécrire l’histoire

    [8]« Un artiste qui a flirté avec les #nazis va être mis en valeur à #Roubaix », Le Monde, 14 juin 2008.

    [9]La Voix du Nord, 7 avril 2011.


  • La #passion_du_monde

    « La Passion du Monde » anime le parcours et l’oeuvre de Elisée Reclus, géographe et anarchiste français (1830-1905). Le film de #Nicolas_Eprendre fait le portrait d’une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction. Les photographies de Nadar nous transmettent un regard plein de bonhomie et d’acuité. La voix de Carlo Brandt donne vie à des pages qui mêlent poésie et humour, pensée scientifique et politique. Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographes), dressent tour à tour la figure d’un homme qui nous est proche,et dont les analyses font échos aux nôtres en ce début de 21 siècle.

    https://rutube.ru/video/ce25efad21e1675e31526834fc641d87
    #Reclus #Elisée_Reclus #géographie #anarchisme #géographie_anarchiste #film #documentaire #votation #droit_de_suffrage #obéissance #vote #trahison #suffrage #agir #ruisseau #eau #Terre #géographie #Kenneth_White #marche #marche_méditative #fleuves #frontière #commune_de_Paris #Bakunine #Fédération_jurasienne #exil #Lugano #anarchisme #esclavage #Suisse #cartographie #Charles_Perron #paysage #justice #droit

    Reprise de cette citation de Reclus sur les #frontières :

    Frontières = « lignes artificielles imposées par la violence, la guerre, l’astuce des Rois et sanctionnées par la couardise des peuples... »

    Extrait de L’homme et la terre (vers min.45) :

    « L’homme vraiment civilisé aide la terre au lieu de s’acharner brutalement contre elle. Il apprend, aussi, comme artiste. A donné au #paysage qui l’entoure plus de charme, de grâce, ou de majesté. Devenu la conscience de la Terre, l’homme digne de sa mission assume par cela-même une part de responsabilité dans l’#harmonie et la #beauté de la #nature environnante. »

    Kenneth White, min. 47’22 :

    « Le mot #monde a chez lui un sens autre que socio-politique. En général, quand on dit le monde aujourd’hui, ça veut dire le monde socio-politique. Chez lui ça veut dire ’un espace où vivre pleinement’. C’est un sens très ancien du monde. (...) Sa géographie universelle c’est d’un côté un panorama puissant et poétique de la Terre, mais c’est aussi une idée du monde. Il a une idée, une conception du monde. (...) »

    Kenneth White cite Reclus, tiré d’une lettre à un ami vers la fin de sa vie :

    « Vous me dites que mon poème n’est pas réalisable, que c’est un rêve. Ou bien nous pouvons réaliser ce rêve pour la société toute entière. Dans ce cas, travaillons avec énergie. Ou bien nous ne pouvons le réaliser que pour un petit nombre, et dans ce cas là, travaillons encore et toujours ».

    ping @reka

    • Toutes ces frontières ne sont que des lignes artificielles imposées par la violence, la guerre, l’astuce des rois… Elisée Reclus (1868)

      Les gouvernants, les dirigeants, les « décideurs » organisent aujourd’hui la distinction, le tri, le choix entre des individus qui subissent de plein fouet les horreurs, qu’elles soient la conséquence des guerres, ou celle de conditions sociales et économiques désastreuses, du Capitalisme qui submerge la planète, des États qui font « survivre » leurs peuples sous le joug, etc.

      Le vocabulaire sert aujourd’hui à légitimer un distinguo totalement arbitraire et « amoral » entre réfugiés et migrants, attribuant aux premiers un condescendant intérêt car ceux-là fuient les horreurs de la guerre et aux seconds un mépris non dissimulé, car eux ne fuient leurs pays d’origine que pour des raisons économiques et/ou sociales : la pauvreté et la misère dans lesquelles leurs Etats et leurs patronats les ont plongés ! Pourtant c’est un fait : les mêmes causes, partout, produisent les mêmes effets !

      Les guerres et les armements profitent en premier lieu aux capitalistes qui en font un commerce juteux pendant que les peuples, toujours en premières lignes, en payent le prix fort. Les frontières qui servent de paravents aux turpitudes nationalistes et aux exactions des Etats quand ceux-ci se permettent d’imposer à leurs peuples les pires des conditions d’existence… Les classes dirigeantes qui ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts au détriment de leurs congénères dès lors que c’est le portefeuille qui leur sert de référent « patriotique ». Et, au bout du bout, à côté de la question préoccupante de l’afflux de réfugié-e-s qui s’éloignent de ces terres de mort et de malheur, c’est les discours de haine, de racisme, de xénophobie qui servent d’exutoire dans une ambiance de fascisme, ici cocardier.

      Pour nous anarchistes, à côté des réponses immédiates concernant l’accueil et la prise en charge des réfugié-e-s, réponses à caractère uniquement humanitaire, nous devons faire valoir que les causes des guerres et les multitudes de morts et de malheurs qui les accompagnent, que tout cela est la conséquence directe des systèmes inégalitaires qui régissent l’Humanité : Capitalisme, profits, divisions de la société en classes, Etats qui usurpent le pouvoir des peuples, frontières qui séparent les individus, les divisent, les opposent et nient l’Humanité.

      Ni patrie, ni frontières !
      Pour le communisme libertaire, l’internationalisme
      la solidarité, la liberté de circulation et le fédéralisme !!!

      http://infosetanalyseslibertaires.org/index.php/2016/03/18/toutes-ces-frontieres-ne-sont-que-des-lignes-artificiell

    • Élisée Reclus, la passion du monde

      Le film de Nicolas Eprendre fait le portrait d’une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction. Les photographies de Nadar nous transmettent un regard plein de bonhommie et d’acuité. La voix de Carlo Brandt donne vie à des pages qui mêlent poésie et humour, pensée scientifique et politique. Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographe), dressent tour à tour la figure d’un homme qui nous est proche, et dont les analyses font échos aux nôtres en ce début de 21è siècle.



      http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/37082_1


  • Loin de la terre promise

    Venus d’#Amérique_latine, des milliers de travailleurs et travailleuses récoltent les #fruits et #légumes de #Provence. Parfois confrontés à des employeurs malhonnêtes, certains ouvriers s’organisent.

    « En France, plus personne veut bosser dans l’#agriculture ! » Appuyé contre son tracteur sous le soleil écrasant de la fin d’été, L., maraîcher bio entre #Arles et #Avignon, se désole de la #pénurie de #main-d’œuvre française. Dans cette plaine fertile des #Bouches_du_Rhône, c’est le constat amer que font la plupart des agriculteurs. « Les Français, ils ne tiennent pas le coup ! » renchérit un de ses collègues. La solution : des #ouvriers_étrangers, bosseurs et pas exigeants.

    Après les Espagnols, les Portugais et les Marocains, ce sont des milliers de #travailleurs_sud-américains qui viennent dans le Sud de la France via des entreprises d’#intérim espagnoles comme #Terra_Fecundis, #Laboral_Terra ou #Eurofirm. Créées par des notables de la région de Murcia, Alicante ou Valence, dans le sillage de la crise du BTP de 2008 en Espagne qui a mis des milliers d’ouvriers sur le carreau, elles envoient dans toute l’Europe des travailleurs « en provenance de pays à faible coût », comme elles le mettent en avant auprès des agriculteurs.

    Des nouveaux travailleurs pas chers

    Côté agriculteurs, tout est facilité : même si le salaire horaire doit être désormais le même que celui des Français (lire ci-dessous), les boîtes d’intérim payent les cotisations sociales espagnoles, moins chères d’environ 10%. Entre l’exploitant et les travailleurs, aucun contrat individuel, mais une « commande » collective est passée auprès des entreprises espagnoles qui leur « livrent » les travailleurs en bus. L’agriculteur n’a plus qu’à régler la facture. Leur période d’embauche est calquée sur les besoins et les aléas de la production : ils sont donc révocables à tout moment.

    « Ce système arrange tout le monde ! constate Béatrice Mesini, sociologue. A la fois les agriculteurs qui ont tout à y gagner mais aussi les travailleurs eux-mêmes, qui sont très contents de pouvoir toucher 7,50 euros de l’heure pour vivre et rembourser leurs dettes au lieu de 3,50 à 5,50 euros en Espagne et encore moins chez eux en Amérique du Sud. »

    Des #abus et de la #surexploitation

    « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours. » Sifrid

    Mais à quel prix ? Sous-déclaration des heures de travail, conditions de #logement déplorables, retenues démesurées sur le #salaire (la nourriture, les frais de santé, etc.)… Les accusations sont nombreuses. Rencontré à Beaucaire, Sifrid, Equatorien, raconte son arrivée en France en 2006, via Terra Fecundis (TF) : « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours et parfois on n’était payés que plusieurs mois plus tard, dénonce le quadragénaire, le visage tanné par le soleil. En plus, ils prélèvent une somme pour les transports, pour le logement, pour tout ! Ils ne payent pas ­légalement ! »

    André Fadda, du syndicat CGT intérim 13, le confirme : « Dans le #travail_détaché, la première infraction qu’on note, tous secteurs confondus, c’est les amplitudes #horaires qui ne sont jamais respectées, dénonce-t-il. Ils peuvent parfois travailler jusqu’à 200, voire 250 heures par mois. »

    Des pratiques épinglées par la #justice

    La justice française s’est penchée sur le cas de ces entreprises espagnoles. En 2011, une information judiciaire pour #homicide involontaire est ouverte au Tribunal de Tarascon, à la suite de la #mort par #déshydratation d’#Iban_Elio_Granda_Maldonado, un travailleur TF. Aucune mesure n’a été prise à ce jour et la procédure s’éternise.

    A l’été 2017, la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille ouvre une #enquête pour « #dissimulation_d’activité » et « #fraude_au_détachement ». Rien n’en est encore ressorti. D’ailleurs, sur les 3000 contrôles effectués en 2016 dans des #exploitations_agricoles, seules 329 entreprises ont été déclarées en #infraction. TF brouille les pistes : elle reste injoignable à son siège espagnol de Murcia et son adresse française à Châteaurenard nous mène vers l’appartement d’un de ses salariés, qui confirme qu’il n’y a plus de bureaux ici depuis trois ans.

    Les pratiques douteuses de ces entreprises ont attiré l’œil de la Mutuelle sociale agricole (MSA) et de l’Inspection du travail dont les contrôles sont de plus en plus fréquents. Sont ciblés ceux faisant appel aux prestations de TF, Laboral Terra, etc. Ennuyés par ces contrôles, les agriculteurs commencent à se montrer réticents aux services de ces sociétés. Un exploitant ayant souhaité rester anonyme témoigne : « Parfois, j’embauche quelques Equatoriens. Avant, je le faisais via Terra Fecundis mais maintenant, je passe par un groupement d’employeurs de droit français : au moins, on ne risque plus une descente de gendarmes. »

    Lassés d’être considérés comme des « négriers » et des « esclavagistes », des exploitants visités en viennent à mettre dehors les journalistes de manière musclée : « Vous voyez la porte là ? Eh ben, vous la prenez. Basta, on en a marre de lire des conneries sur notre dos. » D’autres, un peu plus enclins à la discussion, finissent par confier leur désarroi : « On sait qu’il y a des pratiques anormales, mais nous on est réglo et ça se passe très bien. Et puis ils sont là pour bosser ! » Ceux-ci ont cessé de « se faire livrer » par Terra Fecundis et recrutent désormais leurs #saisonniers en direct.

    S’organiser pour se faire respecter

    Petit à petit, les Sud-Américains qui ont acquis la nationalité espagnole contournent le détachement et passent par #Réagir, un groupement d’employeurs agricoles départemental. Sous la serre, Manuel, Johana, Maula, Rolando et Gloria, en pleine plantation du fenouil, ne regrettent pas d’avoir quitté TF : « Ici au moins, nos heures supplémentaires sont payées et les jours fériés et les dimanches majorés. » Un cadre qui plaît aussi à leur employeur qui souligne que « le paiement des charges en France ouvre le droit à une couverture sociale et à une #mutuelle ».

    Pourtant, même là, la situation est loin d’être idéale et ne garantit pas toujours de meilleurs traitements au quotidien… Blanca (le prénom a été changé à la demande de la personne ndlr ) travaille dans une entreprise française de conditionnement de fruits et légumes dans la région d’Avignon : « Je travaille trois jours et demi par semaine mais entre 5h du matin et 19h, avec des pauses. Dans l’entreprise, on nous a dit qu’on ne pouvait pas travailler plus de 48h par semaine ! lance cette mère de famille en riant un peu jaune. Mais bon, moi ça m’arrange pour les enfants. »

    Même si très peu d’entre eux parlent le français, ces travailleurs commencent à connaître leurs droits et des formes d’organisation collective émergent. La #solidarité est forte : des #cagnottes sont montées pour aider certains à payer des frais médicaux, des tournois de volley sont organisés pour souffler, se retrouver… Et en profiter pour s’échanger des contacts de boulot. Lassé de se « faire voler par les entreprises espagnoles », Peters, ancien saisonnier de TF, a monté sa propre entreprise pour mettre directement les travailleurs et les agriculteurs en lien : « Comme je parle bien français, à force je connaissais les employeurs et ils faisaient directement appel à moi. Je me suis lancé. »

    De leur côté, Santiago et Nelly sont cofondateurs d’une toute récente association, #Latinos_Sin_Fronteras, à Beaucaire : « On ne veut pas être vus que comme des machines à travailler. On est aussi des musiciens, des peintres, et on veut promouvoir notre culture, explique Santiago. « On voudrait aussi proposer des cours de français », rajoute Nelly. Julien Sanchez, le maire (FN) de #Beaucaire, n’a pas l’air très disposé à les aider dans leurs démarches. Mais la dynamique est lancée et entre deux matches de volley, certains soufflent que malgré les pressions, ils aimeraient monter un syndicat…

    Le #détachement : une politique européenne

    Pensé à l’origine pour favoriser la circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, le détachement est mis en place en 1996 à travers une directive qui précise qu’un travailleur détaché est « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement ». Accusé de favoriser le « #dumping_social », le texte est amendé en 2017 en proposant d’établir l’égalité de rémunération et de règles salariales entre travailleurs détachés et locaux, tout en maintenant le règlement des #cotisations_sociales dans le pays d’origine. Il limite aussi la durée du détachement à douze mois et compte « protéger les travailleurs de la fraude et de l’exploitation ».

    Ces règles ont été entérinées en juillet 2018 par une nouvelle directive. « Pour l’Europe, c’est un système de win win win ! explique la sociologue Béatrice Mesini. A la fois pour le pays d’origine, pour le pays récepteur et pour le pays de mise à disposition. Tout le monde est gagnant et c’est pour ça que ça marche. »

    En Europe, le nombre de #travailleurs_détachés a augmenté de 45% entre 2010 et 2014, passant de 1,3 à 1,9 million, contre 600 000 en 2007. Le Ministère du travail français en recensait 516 101 en 2017, soit deux fois plus qu’en 2016, alors qu’en PACA, dans le secteur agricole, ils étaient 67 357 à venir ramasser des fruits et légumes, soit 7,4% de l’emploi salarié régional


    https://lecourrier.ch/2018/10/07/loindelaterrepromise-france
    #travailleurs_étrangers #travail #exploitation #maraîchage
    cc @isskein


  • Ama est un film sans parole qui raconte une histoire que chacun peut interpréter à sa manière, selon son propre vécu, tout est suggéré, rien n’est imposé. J’ai voulu mettre dans ce film ma plus grande douleur en ce monde. Pour qu’elle ne soit pas trop crue je l’ai enrobée de grâce. Pour qu’elle ne soit pas trop lourde je l’ai plongée dans l’eau. Je dédie ce film à toutes les femmes du monde.

    [Julie Gautier]
    https://www.youtube.com/watch?v=bdBuDg7mrT8




  • « Je ne suis pas féministe, mais... »

    Cet abécédaire, long entretien filmé de #Christine_Delphy avec Sylvie Tissot, explore en 26 lettres les concepts clefs de la théorie féministe (Genre, Travail domestique…) tout en revenant sur les épisodes de la vie de Delphy, ses rencontres et les événements historiques auxquels elle a participé. Il figure, avec le film Je ne suis pas féministe mais…, dans un coffret DVD. Nous souhaitons aujourd’hui le rendre accessible en intégralité au plus grand nombre. Le voici, de A comme Amitié à Z comme Zizi, qui rythmera, en feuilleton, le cours de votre été.

    http://lmsi.net/-Je-ne-suis-pas-feministe-mais,201-

    #féminisme #vocabulaire #mots #terminologie #film #dictionnaire

    • Bon, c’est plus pratique, alors je fais le taf de tout compiler.

      A comme Amitié
      Qu’est-ce que le féminisme a à voir avec l’amitié, et même avec l’amour ? Si le féminisme désenchante certaines relations, notamment les relations hétérosexuelles, il naît à la faveur de rencontres, joyeuses, intenses et créatrices. C’est ce dont témoigne Christine Delphy dans la première lettre, qui fait écho aux liens (entre sœurs, entre féministes, entre générations, souvent d’accord mais pas toujours) à l’origine de ce projet.
      https://vimeo.com/190077328

      B comme Beauvoir
      Dans une émission enregistrée en 1985, Christine Delphy, née pendant la seconde guerre mondiale, est invitée avec Simone de Beauvoir, auteure du Deuxième sexe publié en 1949, pour discuter de leur engagement féministe. Simone de Beauvoir fait partie des rencontres qui ont compté dans la trajectoire de Delphy et son soutien a été crucial pour les militantes du MLF. Comment s’est fait ce croisement de générations, ce passage de relais, et quelle forme exactement a pris ce soutien ?
      https://vimeo.com/191829142

      C comme Communautarisme
      Qu’est-ce que le communautarisme ? Ou plutôt de quoi parle-t-on quand on brandit le spectre du « communautarisme » ? Analyse d’un mot piège qui, comme l’« intégration », permet tout simplement de ne pas parler de racisme et d’incriminer ses victimes.
      https://vimeo.com/192669431

      D comme Désengagement
      Les contradictions font partie de l’expérience de toutes les féministes : être en couple et subir l’inégalité dans la répartition des tâches domestiques, avoir des enfants et s’éloigner des modes de vie alternatifs, etc. Que faire de ces contradictions et nous rendent-elles moins féministes ?
      https://vimeo.com/197268717

      E comme Enfant
      Le désir d’enfant n’a rien de naturel, mais l’obligation d’en avoir, pour une femme tout particulièrement, est très sociale.
      https://vimeo.com/198319954

      F comme Famille
      La famille, en distribuant des rôles à chacun et chacune de ses membres, crée des hiérarchies. Christine Delphy raconte comment elle a pris conscience dès l’enfance des inégalités entre les hommes et les femmes.
      https://vimeo.com/199863783

      G comme Genre
      Il est souvent reproché aux mouvements féministes et homosexuels d’abolir la différence des sexes, voire le sexe tout court. Les femmes et les hommes sont-ils si différents, et le cas échéant est-ce la nature ou le conditionnement social qui explique ladite différence ? C’est pour poser ces questions, et y répondre, que les féministes se sont emparées des concepts de sexe biologique, de sexe social, et de genre.
      https://vimeo.com/200877823

      H comme Harcèlement
      Christine Delphy revient ici sur l’affaire Anita Hill / Clarence Thomas, et plus largement sur les affaires de harcèlement sexuel et leur traitement, aux Etats-Unis et en France. L’occasion de déboulonner quelques clichés sur « le puritanisme américain » et la « culture française de la séduction »… et de souligner le déni français en la matière, et l’indigence des politiques publiques.
      https://vimeo.com/202398537

      I comme IVG
      Christine Delphy revient ici sur la rédaction, la publication et l’impact du « Manifeste des 343 » pour le droit à disposer de son corps, dont elle fut l’une des principales initiatrices.
      https://vimeo.com/205679327

      J comme Joie et Rabat-Joie
      Manque d’humour, autoritarisme, mocheté... Les féministes font face à de constantes stigmatisations, dont elles doivent toujours se défendre. Et avant tout, « elles n’aiment pas les hommes ». Comment comprendre ce lieu commun ?
      https://vimeo.com/207696763

      K comme Kilo
      Derrière les injonctions pesant sur les femmes (être mince sans l’être trop, sexy mais sans "faire pute"), se cache l’idée que leur corps doit toujours rester désirable et accessible aux hommes.
      https://vimeo.com/207696890

      L comme Libéralisme
      « Comment articulez-vous la lutte féministe à la lutte des classes ? Et d’ailleurs êtes-vous vraiment anti-capitalistes ? » : telles sont les questions auxquelles les féministes sont souvent sommées de répondre. Christine Delphy revient sur sa trajectoire politique et les relations conflictuelles qu’elles a entretenues avec les représentants auto-proclamés de la classe ouvrière.
      https://vimeo.com/208708456

      M comme Militant
      Christine Delphy revient sur l’amitié singulière que certains hommes militants portent aux féministes : soutien à la cause mais efforts soutenus pour la cadrer, et rappeler inlassablement aux femmes qu’elles ne sauraient, sans eux, s’émanciper correctement.
      https://vimeo.com/208709972

      N comme Non Mixité
      Le fait de se réunir entre elles, sans hommes, a permis aux militantes du MLF de respirer, de libérer leur parole, de mieux se comprendre, de réaliser leur commune condition et de réfléchir aux moyens de lutter. Delphy analyse ici comment la remise en question de la non mixité, parfois par les femmes elles-mêmes, peut relever d’un sentiment d’infériorité intériorisé.
      https://vimeo.com/212714658

      O comme Outre-Atlantique
      Dans ses analyses critiques des discours en France, Delphy montre que les États-Unis apparaissent souvent comme le grand repoussoir, notamment quand il s’agit de leurs luttes progressistes contre les discriminations.
      https://vimeo.com/215490856

      P comme Parité
      « J’étais bien pour les résultats de la parité, mais pas avec les argumentaires essentialistes ». Christine Delphy défend ici les politiques de parité homme femme au nom du principe simple de « l’action positive », affirmative action, connue – et décriée – en France sous le nom de « discrimination positive ».
      https://vimeo.com/215490901

      Q comme Questions féministes
      Fondatrice avec Simone de Beauvoir de la revue Questions féministes, parue entre 1977 et 1980, puis de Nouvelles questions féministes, qui parait depuis 1981, Christine Delphy a consacré de nombreuses années à l’animation et à l’organisation de ce travail collectif, à la fois scientifique et militant. Une double identité souvent mal acceptée...
      https://vimeo.com/217254245

      R comme Religion et engagement féministe
      Christine Delphy revient ici sur la loi de 2004 interdisant le voile dans les écoles publiques, une loi qu’elle qualifie de « loi d’exclusion », d’inspiration « néo-colonialiste ». L’occasion d’interroger aussi une « laïcité » trafiquée, et la singulière injonction à « s’habiller comme tout le monde ».
      https://vimeo.com/218672199

      R comme Religion et oppression des femmes
      Christine Delphy critique ici les tendances anti-religieuses qui se sont manifestées dans les campagnes « anti-voile », et plus largement l’idéalisme qui consiste à se focaliser sur des « idéologies » plutôt contre des « structures sociales ».
      https://vimeo.com/217909564

      S comme Sexe
      Le féminisme matérialiste et son indispensable analyse des mécanismes de domination sont-ils incompatibles avec les approches queer et l’attention qu’elles accordent aux formes individuelles de subversion ? Celles-ci nous font-elles forcément oublier les mécanismes structurels d’oppression ? Comment tenir compte, alors, des subjectivités, des désirs, des pratiques sexuelles ou des parcours identitaires qui – du changement de sexe pour les personnes trans au sexe tarifé par les travailleuses du sexe, en passant par le SM – suscitent de vifs débats chez les féministes ? Faut-il simplement les défendre comme des droits humains fondamentaux, faut-il les investir d’une signification politique ? Déclinée en 4 moments, la lettre S apporte une contribution à ces débats qui ne peuvent progresser qu’à condition d’affirmer un soutien résolu aux personnes discriminées et stigmatisées, et de donner la priorité aux alliances et aux espaces de rencontre plutôt qu’à l’exclusion.

      S comme Sexe et pouvoir
      Abolir le genre est l’horizon d’émancipation du féminisme matérialiste. Christine Delphy reproche à la théorie queer de l’abandonner, mais aussi d’occulter la dimension de pouvoir, tout particulièrement dans le domaine de la sexualité, où se déploie aussi la domination masculine.
      https://vimeo.com/228474271

      S comme Sexe tarifé
      Y a-t-il quelque chose de spécifique dans les relations de pouvoir qui se déploient dans la prostitution ? Christine Delphy revient sur un des ressorts de sa position abolitionniste : la volonté de soustraire la vie sexuelle et amoureuse des femmes aux relations de dépendance. Mais quelles sont les solutions concrètes ? Et si l’on veut « punir », comment le faire sans pénaliser les prostituées ?
      https://vimeo.com/226949098

      S comme Changement de sexe
      Moins travaillé par Christine Delphy que la question de la prostitution, le débat sur la question trans est abordé ici à travers l’articulation avec la question du genre et de son abolition. Les obstacles que rencontrent les transexuel-le-s pour changer de sexe, l’opprobre qu’ils et elles encourent pour questionner le caractère « naturel » des catégories « homme » ou « femme », n’ont-ils rien à voir avec ce que combat le féminisme ?
      https://vimeo.com/223011288

      S comme Hétéro-sexualité
      Christine Delphy revient sur l’évolution de sa position sur l’institution de l’hétérosexualité. Elle évoque le rôle des hétérosexuelles dans le mouvement féministe, regrettant qu’elles n’aient pas davantage compris que la répression de l’homosexualité était partie prenante de l’oppression des femmes, hétéros aussi.
      https://vimeo.com/219745359

      T comme Travail domestique - Mode de production domestique
      Le féminisme matérialiste qu’ont développé Christine Delphy, Colette Guillaumin et d’autres, met au coeur de l’analyse l’exploitation spécifique des femmes : pas seulement sur le marché du travail, mais aussi dans la sphère domestique. Christine Dephy explique ici la révolution théorique consistant, en dépit des résistances des marxistes mais avec certains outils du marxisme, à penser les femmes comme une classe.
      https://vimeo.com/225763092

      T comme Travail domestique et Famille
      Qu’est-ce qu’est exactement le travail domestique ? Pas seulement une liste de tâches – ce qu’on associe communément au travail ménager. C’est un travail effectué pour autrui, les hommes, et de façon non rémunérée, gratuite. Le féminisme matérialiste développe une nouvelle vision de la famille hétérosexuelle, où s’instituent des rapports de pouvoir. Cette analyse reste d’une grande pertinence aujourd’hui : même actives professionnellement, les femmes sont toujours tenues d’effectuer ce travail d’entretien du foyer.
      https://vimeo.com/223763647

      U comme Universalisme
      Dans son livre Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française, Christine Delphy évoque la prétention très singulière des élites françaises à faire de leur pays une incarnation de l’universel et de l’universalisme, et souligne ce que cette prétention comporte d’arrogance – et souvent de racisme et de sexisme.

      V comme Viol
      Reprenant l’expression du journaliste Jean-François Kahn déclarant que l’« affaire DSK » était tout au plus « un troussage de domestique », Christine Dephy coordonne en 2011 un recueil de textes qui analysent le traitement médiatique de cette affaire en France. Elle revient ici sur le classisme, le racisme et le sexisme qui se sont exprimés à cette occasion, assimilant notamment le viol au libertinage. Elle explique aussi que l’accord entre Nafissatou Diallo et Dominique Strauss-Kahn suite au procès civil est, contrairement à ce qu’on affirmé les élites françaises, un aveu de culpabilité de ce dernier.
      https://vimeo.com/229813360

      W comme Wittig
      Christine Delphy revient ici sur la difficile acceptation de son homosexualité à la fin des années 50 et dans les années 60, notamment au sein de sa famille, puis sur les réactions suscitées, au sein du MLF, par la fondation du premier groupe non mixte de lesbiennes. Elle raconte enfin les formes de discriminations qu’elle a subies tout au long de sa carrière au CNRS.
      https://vimeo.com/236219888

      XY comme Différence des sexes
      L’idée d’une différence irréductible est l’argument ultime pour contrer ou relativiser les demandes d’égalité : les hommes et les femmes seraient par nature différents, et donc nécessairement conduits à occuper des rôles différents dans la société. Christine Delphy réfute ici ce faux argument.
      https://vimeo.com/237636887





  • Charente-Maritime : le cercle noir observé dans le ciel pourrait être une #fourmilière volante - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2018/08/16/charente-maritime-le-cercle-noir-observe-dans-le-ciel-pourrait-etre-une-fou

    Contacté également, pour Christophe Boucher, animateur de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) à l’Espace nature de Rochefort, il s’agirait d’une fourmilière volante :

    Quand un site arrive à saturation, les fourmis doivent trouver un autre territoire pour fonder une nouvelle colonie", analyse-t-il. Un processus équivalent à celui des abeilles


  • Fusillade à Beaune : les deux auteurs présumés interpellés, le mobile raciste retenu
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/08/10/fusillade-a-beaune-les-deux-auteurs-presumes-interpelles-le-mobile-raciste-r

    Deux hommes, soupçonnés d’être à l’origine des tirs qui ont blessé sept jeunes dans la nuit du 29 au 30 juillet à Beaune (Côte-d’Or), ont été interpellés dans les Bouches-du-Rhône et placés en garde à vue vendredi 10 août au soir, a annoncé le parquet de Dijon dans un communiqué.

    Ils sont soupçonnés de « tentative d’assassinat, violences aggravées par (…) notamment la circonstance que les faits ont été commis en raison de l’appartenance à une soi-disant race, religion ou ethnie, réelle ou supposée, injures publiques à caractère racial, menaces de mort à caractère racial », a précisé le parquet. (...)

    #Beaune #crimeraciste

    • Les auteurs présumés de l’attaque raciste de Beaune ont été arrêtés
      11 août 2018 Par Jérôme Hourdeaux
      https://www.mediapart.fr/journal/france/110818/les-auteurs-presumes-de-l-attaque-raciste-de-beaune-ont-ete-arretes

      Douze jours après la fusillade, c’est la première fois que le ministère public reconnaît le caractère raciste de cette attaque, pourtant dénoncé dès les premières heures par les victimes. Ce vendredi se tenait justement sur les lieux du drame, dans le quartier Saint-Jacques de Beaune, un rassemblement en soutien aux victimes organisé par les familles, rejointes par de nombreuses associations, comme la LDH, le CCIF, l’UJFP, SOS Racisme ou encore la Licra.

    • « Les gens ont très peur »
      « Ici tout le monde se connaît, on est comme une famille », explique Abdelhamid El Ghezali, le père de l’une des deux victimes les plus gravement touchées. Le rassemblement permet « à tous les voisins de se parler, pour rétablir la confiance, parce que les gens ont très peur ». Encore hospitalisé à Dijon, le fils de 24 ans de M. El Ghezali « a été touché un peu partout, au dos, à la tête… Il a été opéré du poumon, du foie, des reins », raconte son père.

      Le parquet a indiqué à plusieurs reprises ne privilégier « aucune piste » entre « règlement de compte », « acte de vengeance » ou « action à caractère raciste », dans l’attente des résultats de l’enquête. SOS-Racisme avait de son côté dénoncé une « sous-estimation systématique » par la justice « de la dimension raciste des agressions contre les personnes ».

      « Ce n’est pas parce que des jeunes se font tirer dessus dans un quartier, comme on dit, que ce sont des délinquants », a insisté vendredi 10 août le président de l’association SOS-Racisme, Dominique Sopo, présent vendredi soir à Beaune.

      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/08/10/beaune-150-personnes-rassemblees-en-soutien-aux-victimes-de-la-fusillade_534


  • [Flowmap] Marine trafic around UK | Alasdair Rae

    Cartographie des données AIS 2015 (expéditions) sur le Royaume-Uni (via la Marine Management Organisation) joliment représentées sur un fond bathymétrique, sont proposées par type de flux (pêche, etc.) à différentes échelles. Lire et voir la suite ici : http://www.statsmapsnpix.com/2018/08/watching-ships-go-by-uk-marine-traffic.html

    #flowmap #maritime #routes #UK


  • mulliez : Une place dans les grands projets parisiens Eric Treguier - 3 Juillet 2018 - chalenge

    Sur ces quatres appels d’offres, le plus gros, le plus visible aussi, c’est sans conteste le chantier de la Gare du Nord. Les Lillois du groupe #Mulliez sauront, dans quelques jours, sinon dans quelques heures, s’ils emportent le morceau face au des autres finalistes, spécialistes eux aussi de l’immobilier commercial : Apsys et Altaréa-Cogédim. Pour la foncière nordiste, c’est l’opération qui ferait basculer son modèle et fera entrer #Ceetrus dans le monde des grands de l’aménagement urbain. L’ex-Immochan deviendrait alors un animateur de lieux, et plus seulement le gestionnaire des magasins des marques du groupe (Pimckie, Norauto, Auchan, Leroy-Merlin…). Ce qu’il a été pendant 40 ans. Il s’agit d’un budget de plusieurs centaines de millions d’euros et qui vise à rénover la première gare parisienne, qui a déjà eu un coup de lifting entre 2014 et 2017, et à la préparer pour 2024, c’est à dire pour les Jeux olympiques. Avec ses architectes du cabinet Valode & Pistre, les Nordistes ont conçu une toiture végétalisée et à des innovations sur la mobilité qui pourrait, selon des spécialistes, leur permettre de décrocher le chantier...


    Derrière ce gros projet, Ceetrus devrait annoncer dans les prochains jours deux autres dossiers sur lesquels elle a été sélectionnée en short-list, avec là encore, de bonne chances d’être retenue. Il s’agit de l’ex-usine de pompage d’eau de Seine dite « Usine d’#Auteuil », dans le 16ème arrondissement, un ensemble de 3500 m² (deux halles et un bâtiment annexe) qu’il faut réhabiliter, dans le cadre de l’appel à projets «  Réinventer #Paris  », et qu’il faut densifier avec des commerces et des logements. Ceetrus est aussi finaliste sur un autre chantier : l’#Hôtel-Dieu. C’est le plus ancien hôpital de la capitale, en plein cœur de #Paris, à deux pas de Notre-Dame. Il a déjà été en partie attribué, l’an dernier, mais il reste une partie non négligeable (environ 17 000 m²) à restructurer. La présélection de Ceetrus montre sa détermination à se battre face à de nombreux concurrents pour ce projet situé dans un quartier parmi les plus prisés de la capitale. La foncière a aussi été présélectionnée, avec deux autres concurrents, pour construire trois passerelles au-dessus de la Seine, et en faire des lieux de passage et d’animation, dans le cadre de «  Reinventing Cities  »…

    Enfin, le groupe a aussi été retenu sur un dernier appel d’offre, ultra-parisien s’il en est : le déménagement des réserves du #Centre_Pompidou. Le musée national d’Art moderne (#MNAM) du Centre Pompidou, au coeur de Paris, cherche en effet 30000 mètres carrés en #Ile-de-France à l’horizon 2025 pour des espaces de stockage, d’exposition et de recherche. Car il est confronté à un problème de stockage de ses 120 000 œuvres. Et il cherche activement à pouvoir les stocker à moins de 45 minutes des tuyauteries de #Beaubourg. «  On pourrait très bien imaginer que ces réserves puissent être accueillies sur notre pôle d’exposition de 12000 m² de notre projet #EuropaCity, à #Gonnesse, dans le Val d’Oise. Nous avons ce qu’il faut pour cela...  » se plait à espérer Benoit Lheureux, directeur général de la foncière présidée par Vianney Mulliez, fils d’un cousin germain du fondateur du groupe nordiste. Il faut dire que pour le moment, son projet a été stoppé en rase campagne. En mars dernier, le tribunal de Cergy-Pontoise avait annulé la ZAC créant Europacity. Depuis, l’Etat et l’agence Grand Paris Aménagement ont fait appel, mais la candidature d’Europacity comme Réserve de Beaubourg ressemble beaucoup à un dernier espoir pour relancer ce #méga-projet de plusieurs milliards, créé il y a maintenant une dizaine d’années et financé par les chinois du groupe #Wanda et… la famille Mulliez.

    #Gare #auchan #centre_commercial #centres_commerciaux #Auchan_dégage #les_hagards_du_Nord #immobilier #carambouille




  • Images en lutte - Cinquante après, un nouveau pavé.
    http://strabic.fr/Images-en-lutte-mai-68-Philippe-Artieres-Eric-de-Chassey

    Le catalogue Images en lutte est donc le produit du nouveau tournant de l’historiographie soixante-huitarde, celle qui institutionnalise l’événement, qui le réintègre dans l’histoire de l’État et de ses institutions prestigieuses. Ainsi, dans la préface de l’ouvrage, le directeur actuel de l’école, Jean-Marc Bustamante, se permet donc de dire « [l’exposition] révèle ainsi la place unique et le rôle essentiel que les Beaux-Arts de Paris tiennent dans notre pays depuis des siècles […] », quand ce qui s’est fait en ses murs en 1968 s’est fait essentiellement contre l’institution ringarde qu’était l’école des Beaux-Arts de Paris à l’époque. Avant d‘ajouter, concernant la période actuelle : « L’art s’y transmet plus qu’il ne s’y enseigne, et un bon artiste-enseignant est comme un guide accompagnateur qui livre au passage sa propre lecture du monde. »

    Or, on conviendra aisément à la lecture de ce même livre que les pratiques collectives vigoureuses des ateliers populaires, du Salon de la Jeune Peinture, de Supports/Surfaces sont aux antipodes de cette vision individualisée de la « transmission » de la pratique artistique.

    Lassant, ce désir de recentrer le propos sur le prestige du nom amène les exposants et auteurs de ce catalogue à faire perdurer un phénomène d’éclipse qui aurait pu être corrigé à l’occasion de ce cinquantenaire. Par exemple, quand près de trois cent pages sont consacrées à l’atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts de Paris, à peine treize lignes évoqueront les autres ateliers, la moitié d’entre elles étant dédiées à l’atelier populaire de l’école des Arts décoratifs de Paris. Ce sont pourtant au moins une trentaine d’ateliers qui ont été actifs dans le seul printemps 1968, présentant un certain nombre de principes et modes d’organisation similaires pour une production d’au moins une centaine de modèles supplémentaires… Sans compter sur les dizaines d’ateliers de sérigraphie militants dans la période dont traite l’exposition. L’immensité de ce corpus, partie prenante de la « culture visuelle de l’extrême-gauche (1968-1974) », dont certaines affiches sont heureusement présentes dans le catalogue, aurait mérité qu’on lui consacre un peu plus que quelques légendes.

    #Mai_68 #atelier_populaire #culture_visuelle #mémoire #Beaux_arts_(école) #récupération


  • http://desordre.net/bloc/vie/reprise/2014/08/nuages.htm

    Il n’a pas fait beau du tout il y a quatre ans dans les Cévennes et cela tombait presque bien parce que j’étais fort occupé cette année là à photographier des Time lapses pour un petit projet de film (dont je ne retrouve plus la trace dans ce foutu désordre)

    #retour_au_desordre

    • Ca y est, je viens de retrouver le petit film d’une vingtaine de minutes en question (en fait quand je ne trouve plus rien dans mon foutoir il semble que le moteur de recherche de Seenthis soit le plus efficace des moyens de retrouver quelque chose dans le Désordre , pourvu que je l’ai signalé, ici une recherche sur le mot time lapse , quand on y pense ce n’est pas rien Seenthis, non seulement c’est un réseau social bio mais en plus il y a un moteur de recherche avec lequel on peut retrouver des trucs enfuis dans le Désordre ! )

      http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/bouquets/027.htm

      Et je viens de regarder à nouveau ce petit film, ma reconnaissance envers Jean-Luc Guionnet est éternelle, sans sa musique gracieusement prêtée ici, je ne sais pas si on pourrait regarder plus de deux minutes ce petit film.

    • Et je suis en train de travailler sur un texte que l’on m’a commandé dans lequel je parle justement de ces étoiles, précisément observées depuis cette même fenêtre, c’est encore un sacré brouillon :

      Et pour celles et ceux qui se disent que cela valait bien la peine de mettre en garde contre la contemplation d’un paysage si la fenêtre est, en fait, ouverte sur la nuit, entrebâillée, alors je dois préciser que la vue de cette fenêtre est encore plus fascinante la nuit donc, que de jour, à la fois pour la masse sombre du Mont Lozère se dessinant contre le ciel noir, bleu de Prusse foncé, mais aussi pour la nuit étoilée dans les Cévennes, nombreux sont les admirateurs de ciels étoilés qui viennent dans les Cévennes pour assouvir leur passion ― c’est bien simple ces lieux, déserts le reste de l’année, voient leur population décupler, on n’est plus chez soi, début août, pendant les nuits les plus propices, avec l’affluence de celles et ceux venus contempler les Perséides ―, parce que c’est plus ou moins le dernier endroit en France où l’on peut profiter de tant de beauté sans être importunés par la pollution lumineuse des villes.

    • Überfließende Himmel verschwendeter Sterne...
      Ciels (au pluriel) débordants (über+fließen=comme un récipient dont le contenu liquide coule par-dessus les bords) ; ce n’est pas la saturation statique qui est soulignée, mais le mouvement de ce qui s’échappe en dehors du cadre [c’est pour cela que tes images m’ont évoqué ce début de poème de Rilke : ici se sont les trois cadres superposés de ta fenêtre, du champ délimité par ton objectif et de l’horizon qui sont débordés par la course d’éléments naturels qui leur échappent complètement ; ce que tu vois n’est qu’une image-prétexte fugace faisant référence (elle amorce, suggère, rappelle) à l’infini monstrueux (?) hors champ].
      d’étoiles perdues : j’adopte ta traduction pour « perdues », même si elle n’est pas tout à fait correcte ; verschwenden, c’est « gaspiller », mais à l’origine ce mot disait juste que quelque chose disparaissait (cf. verschwinden), ce qui est le cas ici, mais avec cette petite notion de umsonst (« pour rien ») ; « évanescent » est trop mièvre et incomplet, « perdues » a une dimension tragique plus saisissante qui convient mieux à ce que tu mets en scène.
      Pardonne-moi ces précisions sémantiques (qui ruinent, soi dit en passant, la sérénité linguistique des bilingues), mais Rilke vaut bien ces détours (ton œuvre aussi !)

    • @nepthys il me semble qu’en français le mot de saturation contient un peu du débordement (qui est effectivement la traduction très littérale de über et fliessen , mais justement il me semble que c’est un peu trop littéral et pas très beau pour le coup.

      Et effectivement, je préfère perdues à gâchées pour les raisons que tu soulignes justement.

      Donc, je propose : « ciels saturés d’étoiles perdues ».

      Nous devrions inviter @laurent3 dans cette conversation.

      Rilke vaut bien ces détours


      Rilke vaut TOUS les détours

    • je ne peux te suivre dans ce petit détour-là : la saturation renvoi à la limite, le débordement au dépassement de la limite (ce que je trouve d’ailleurs beau dans ton travail)
      « ciels débordants » conserve la charge picturale du texte allemand (imagine une urne céleste dont s’échapperaient tous les éléments... cela renvoie même à l’idée d’une galaxie spirale qui les crache à la ronde...)
      Donc, je maintiens : ciels débordants d’étoiles perdues
      Bon appétit ! (je crois que Rilke est content de nous, assis sur son étoile)

    • Alors les expositions. Et bien je crois que ma dernière exposition personnelle (ouverte à tout public) date d’il y a vingt ans, en 98, dans le cadre du mois off de la photo, où j’avais exposé dans le sous-sol de l’Union locale de la CGT du XIXème arrondissement, sans doute une de mes plus belles expositions, une vingtaine de personnes s’était pressée au vernissage et je peux douter un peu qu’il y ait eu d’autres visites pendant le mois, coût de l’opération, tirages et cadres, une brique. Dit comme ça, cela paraît un échec retentissant et pourtant il s’est passé une très belle chose pendant cette exposition, en effet la secrétaire de l’Union locale m’a appelé très gentiment pour me demander la permission qu’une réunion de camarades comme elle avait dit puisse avoir lieu dans la salle d’exposition parce que l’union locale manquait de place, un soir, elle m’assurait qu’ils et elles feraient très attention, je lui ai rappelé que j’étais leur hôte et non le contraire et qu’ils et elles faisaient bien ce qu’elles voulaient dans leurs locaux. Deux ou trois jours plus tard j’ai reçu un nouveau coup de téléphone de la même secrétaire m’expliquant que les camarades avaient trouvé l’exposition intrigante et qu’ils et elles aimeraient bien organiser une soirée débat dans laquelle je pourrais parler de mon travail. Il y avait une trentaine de personnes, des chips et du vin rouge et je crois que je n’ai jamais eu un public aussi captif que ce jour-là, c’était extrêmement émouvant.

      Et il y a trois ans mon ami Eric Loillieux qui était à l’époque professeur d’arts plastiques dans un collège à Laon avait monnayé avec moi l’échange d’un service technique qu’il m’a rendu (une formation complète sur le logiciel Modul8 que j’utilise pour les projections-spectacles) contre le fait de venir accrocher une exposition dans son collège (son idée que la plupart de ses élèves ne verraient sans doute pas d’autres expositions de toute leur vie par la suite et qu’il fallait qu’ils et elles en voient au moins une). Cette exposition était, de façon involontaire de ma part une véritable rétrospective et je garde un souvenir comblé de ma rencontre de toutes les classes de ce collège ! En revanche très peu d’adultes ont vu cette exposition. En revanche le directeur du collège a acheté une des œuvres qui est désormais accrochée dans le grand hall de ce très grand collège (ce qui n’est pas la moindre de mes fiertés)

      Ta question me fauche complètement, elle me fait réaliser que je ne fais plus le moindre effort pour tenter d’exposer ou faire connaître mon travail de plasticien. Et comme je ne fais presque plus d’images depuis la fin du Désordre l’année dernière, je crois que tout ceci est derrière moi.

      J’imagine que la même chose, peu ou prou, va se produire avec mes textes et que je vais pouvoir consacrer ma retraite prochaine à l’étude de la contrebasse dans les Cévennes, ce sont les sangliers, mes premiers voisins, qui vont être contents.

    • J’imagine que la même chose, peu ou prou, va se produire avec mes textes et que je vais pouvoir consacrer ma retraite prochaine à l’étude de la contrebasse dans les Cévennes

      J’ai découvert ton travail dans le désordre :-) c’est...remarquable et d’une étonnante diversité. Bravo ! Je comprends ton envie de passer à autre chose et profiter d’une douce retraite. :-)