• „Becoming Chinese“: Wie Alltagsroutinen aus China zum neuen Lifestyle werden
    https://www.berliner-zeitung.de/panorama/becoming-chinese-wie-alltagsroutinen-aus-china-zum-neuen-lifestyle-

    6.03.2026 von Ellen Schuldes - Zwischen Tradition, Trend und Lebensgefühl verbreiten sich in den sozialen Medien zurzeit neue Routinen für ein bewussteres Leben. Sie stammen aus China.

    Unter dem Titel „Becoming Chinese“ verbreiten sich in den sozialen Medien zurzeit zahlreiche Videos und Reels. Der Trend ist auch hierzulande populär und zeigt Menschen ohne direkten kulturellen Bezug zu China, die Normen, Traditionen und Alltagsroutinen der chinesischen Kultur in ihren eigenen Lebensstil übernehmen.

    Dabei geht es vor allem darum, traditionelle chinesische Gewohnheiten in den eigenen Alltag zu integrieren.

    Der Hintergrund: Die Menschen versuchen, einen bewussteren Lebensstil zu führen, und vermuten diesen in den alltäglichen Gewohnheiten des riesigen ostasiatischen Landes, dessen Image sich zuletzt stark gewandelt hat.

    Besonders die Generation Z verspricht sich vom „Becoming Chinese“-Trend mehr Ausgeglichenheit. Dabei geht es weniger um den Alltag als um das eigene Erscheinungsbild.

    „Becoming Chinese“: Alte Tradition als neue Inspiration

    So wird beispielsweise morgens auf nüchternen Magen ein Glas warmes Wasser mit Zitrone getrunken. Beim Frühstück wird Warmes serviert, wie man es auch in China macht. Das soll den Magen entlasten und ihn bereits zu Beginn des Tages schonen. Kein Wunder also, dass morgens häufig nun Congee auf dem Teller landet, ein weich gekochter Reisbrei, der in vielen Teilen Asiens und besonders in China verbreitet ist.

    @jasmineflowerable Viral Chinese apple beauty tea 🍎🍵 Popularized by Chinese actress Zhao Lusi, this Traditional Chinese Medicine blend focuses on replenishing fluids, nourishing the blood, and supporting dull, dry, or sallow-looking skin over time ✨ Ingredients: - 1 medium apple (sliced) - 4 large red dates (pitted) - 10 dried longan - 5g goji berries - 5g dwarf lilyturf - 5 slices astragalus root Would you add this to your daily routine? 🍎 . . . #tcm #traditionalchinesemedicine #beautytea #chinesetea #clearskin ♬ 오리지널 사운드 민스 - Min’s

    Auch die inzwischen im Westen bekannte Gojibeere wird mit heißem Wasser aufgegossen und als Tee getrunken. In China gilt sie als „Beere des Glücks“, deren regelmäßiger Verzehr Wohlbefinden fördern und zu einem langen Leben beitragen soll.

    Und mal wieder feiert in diesem Zusammenhang auch die Traditionelle Chinesische Medizin ein fröhliches Comeback. So wird etwa empfohlen, die Füße auch zu Hause warm zu halten, da dies nach traditioneller Auffassung zur Gesundheit beitragen soll.

    Das Bedürfnis nach mehr Balance und Wohlbefinden scheint in der jungen Generation zu wachsen. Doch fördert der Trend tatsächlich mehr Ausgeglichenheit oder lediglich einen neuen Drang zur Selbstoptimierung?

    Wenn Ernährung zur Medizin wird

    Einen Lebensstil zu verfolgen, der Körper und Seele guttut, ist ja grundsätzlich eine gute Idee. Viele junge Menschen nehmen ihren Tagesablauf jedoch als schnelllebig und wenig ausgeglichen wahr. Hieraus entsteht möglicherweise eine Sehnsucht nach alternativen Lebensweisen, mehr Achtsamkeit und bewussteren Gewohnheiten.

    Der Bezug zur Traditionellen Chinesischen Medizin kommt dabei nicht von ungefähr und ist sicherlich auch nicht neu. Die chinesische Ernährung gilt häufig als gesünder als die deutsche, da sie in der Regel fettärmer ist und auf viel Gemüse, Reis sowie schonende Zubereitungsarten setzt. Nahrung wird nicht nur zum reinen Genuss verzehrt, sondern auch als Medizin betrachtet. Im Gegensatz zur oft symptomorientierten westlichen Schulmedizin betrachtet die Traditionelle Chinesische Medizin den Menschen ganzheitlich – als Einheit von Körper, Geist und Seele.

    Neben all den vermeintlichen Vorteilen gibt es jedoch auch Kritik. So wird etwa angemerkt, dass mit dem Trend „Becoming Chinese“ eine Kultur, die zuvor nicht als besonders angesagt galt, nun romantisiert und zugleich für das eigene „Personal Branding“ in den sozialen Medien genutzt wird. Darunter versteht man den bewussten Aufbau der eigenen Person als Marke, um Expertise, Werte und Persönlichkeit sichtbar zu machen.

    Während viele Deutsche ihren Tag noch immer mit Käsetoast oder kaltem Joghurt beginnen, begrüßen andere den Trend als neue Alternative für ein bewussteres und gesünderes Leben.

    Ob kurzlebiger Trend oder langfristige Inspiration, deutlich wird jedoch, dass viele junge Menschen nach neuen Wegen zu mehr Ausgeglichenheit suchen.

    #Chine #culture #médecine_traditionnelle_chinoise #MTC #iatrocratie

  • #Récits des eaux et des rives


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    Cette enquête repose sur des rencontres. Celle des
    habitants et habitantes du Diois et de la vallée de la Drôme avec les peuples des eaux, celle d’artistes et de chercheur.es, notamment Caroline Fontana, documentariste sonore formée à l’ethnologie, Yann Degruel, dessinateur, bédéiste, Samuel Pinjon, doctorant en géographie, et Sabine Girard, chercheuse en géographie et habitante d’un village au bord de la rivière Drôme.

    Le récit à plusieurs voix qui vous en est proposé a été présenté une première fois avec la carte des Récits des eaux et des rives lors de la nuit des Rhapsodes de l’université des terrestres le 4 juillet 2025, puis au monastère de Sainte-Croix le 2 octobre dans le cadre d’un séminaire de recherche sur la gouvernance de l’eau coordonné par Sabine Girard.

    Caroline Fontana

    "En 2022, le territoire a connu un niveau de sécheresse historique. Dans le Diois, où je vis depuis 2010, un grand incendie a ravagé la forêt de la commune de Romeyer et 300 hectares ont été brûlés en 1 semaine. Il a été l’incendie le plus important sur le territoire depuis 30 ans. En août, l’usage de l’eau pour l’irrigation a été drastiquement restreint.

    Cet été 2022, au sein du potager collectif dont je fais partie, nous nous sommes questionnés sur la pérennité de notre activité, nos droits d’eau étant quasi inexistants, sur la façon dont on pourrait cultiver avec moins d’apport en eau, mais aussi sur notre impact sur la rivière dont le débit avait rarement été aussi faible.

    La situation était tendue : pour les agriculteurs et agricultrices qui s’inquiétaient de leur avenir mais aussi entre voisins et voisines, l’un pointé du doigt parce qu’il arrose beaucoup trop son potager, l’autre parce qu’il remplit une piscine privée. Cette année-là, j’ai ressenti une vulnérabilité face à la raréfaction de l’eau et j’ai perçu à quel point les questions entourant le partage de l’eau pouvaient être sensibles.

    Je me suis souvenue alors du récit de Sjoerd Wartena, décrivant son arrivée au début dès les années 70 à Vachère-en-Quint, petite commune dont la source coulait très peu l’été. Une génération plus tôt, des ouvrages avaient été mis en place pour capter les petites sources de chaque village et des réseaux pour acheminer leurs eaux. Certains ici ont connu un temps où « l’eau ne coulait pas sur l’évier ». Ma première intention a été d’aller entendre les témoignages de cette époque."

    Samuel Pinjon

    "En 2022, la fenêtre de mon appartement grenoblois s’ouvrait sur les contreforts du Vercors où les arbres ternis semblaient griller sur pieds. Comme Caroline, de la fumée me parvenait aussi d’un incendie, celui-ci se situait sur les contreforts de Chartreuse.

    J’étais en stage de fin d’études à la Direction Départementale de l’Isère dans le cadre d’un master sur l’eau. Mon rôle était d’élaborer une vision stratégique à l’échelle départementale. Au quotidien, la « gestion de crise » occupait la majorité du temps de mes collègues de service alors que l’on était dans une période de congés où l’effectif était réduit. L’horizon qui se profilait, pour cet été comme pour les autres, était constitué d’arrêtés préfectoraux, de restrictions en eau et de leurs inévitables dérogations. Les remèdes faisaient appel à la sobriété des usagers et au déploiement de technologies de suivi et de contrôle des consommations.

    L’injonction principale était celle de l’adaptation à une nouvelle condition, le changement climatique et à la modernisation.

    L’impréparation des Services de l’Etat à ce type d’évènements, amenés pourtant à se répéter, et les difficultés matérielles que j’observais m’ont questionné. D’abord sur les orientations et les choix politiques qui étaient à l’origine de cela. Puis, sur les échelles, les types d’actions, les modes d’organisations et les modèles politiques qui seraient susceptibles de proposer autre chose. Enfin, sur le sous-bassement culturel que nous entretenons avec le monde dans lequel vivons."

    Caroline Fontana

    "En aout 2023, lors de l’écriture de ce projet, je rencontre un technicien rivière, Olivier Bielakoff, qui réalisait une étude sur la rivière proche de mon lieu de vie. Quand je l’interrogeais sur ses pratiques de gestionnaire de rivières, il me répondait par des questions : Faut-il gérer la rivière ? Pourquoi intervenir ? Comment caler son geste ?

    C’était le premier écho de cette façon de voir que je rencontrai par la suite dans de nombreux discours, et que je pourrais résumer par l’affirmation que « la nature se débrouille bien toute seule ».

    Olivier m’avait conseillé la lecture du livre Le chemin des pierres qui parle, qui retrace la venue des indiens kogis de Colombie dans le Haut Diois. Il rend compte du regard qu’ils ont porté sur le territoire et du diagnostic qu’ils ont fait sur sa santé. Les Kogis perçoivent le territoire comme un corps vivant, où les rivières symbolisent le sang. L’eau n’est pas considérée comme un élément autonome mais à la source de la communication entre les différents éléments d’un territoire. « L’eau c’est la mère, c’est elle qui organise la vie, il faut l’écouter pour qu’elle nous guide ».

    Ces voix lointaines ont eu beaucoup d’écho ici car d’autres voix s’élevaient aussi alors pour dire que l’eau n’est pas un objet inerte, qu’elle n’est pas seulement une ressource à aménager, à gérer, mais qu’elle est un élément fondamental de notre être au monde.

    La crise climatique et écologique que nous traversons remet en question nos pratiques et nos modes de vie, mais aussi nos façons de voir. Cette période de basculement m’a semblé particulièrement propice pour questionner les multiples liens que tissent l’eau, le territoire et ses habitants et habitantes. Quel est l’incidence de ces liens sur les manières de prendre soin et de gérer collectivement l’eau ? Les relations aux eaux étaient ainsi le cœur du projet."

    Samuel Pinjon

    "Définir un sujet de recherche peut-être aussi long que mener la recherche elle-même. Il est lié à des opportunités, des contextes, des motivations personnelles.

    Mon idée initiale, s’appuyant sur mes premières observations, était d’étudier, ce que j’appelais alors des « alternatives ». Je dis cela car la question de la qualification des mouvements que j’observais reste un enjeu fort, difficile à stabiliser.

    Par alternatives, je désigne des actions ou des propositions qui viennent se confronter à la culture dominante de l’eau. Celle des politiques de modernisation. Ces politiques modernisatrices de l’eau portent ce que certains appellent un dualisme, au sens où elles considèrent l’Eau et la Société comme des entités séparées, avec la domination de la seconde sur la première. L’eau est déconnectée et invisibilisée de la terre où habitent les sociétés humaines. La seule manière pour elle d’être valorisée est soit d’être une ressource, à économiser à tout prix, soit de s’écouler dans un paysage dit « naturel ».

    Les alternatives auxquelles je m’intéresse sont initiées par différentes personnes, qui ont en commun, dans leurs activités quotidiennes, de chercher à remettre en contact l’eau, la terre et la société. Dans mon travail de thèse, j’enquête sur les relations qu’elles entretiennent avec l’eau. J’interroge les pratiques et les infrastructures qu’elles développent et analysent en quoi elles diffèrent s de celles de la logique de modernisation. Ces différences s’expriment notamment par l’importance données à des connaissances empiriques à l’utilisation des sens."

    Sabine Girard

    "Une quatrième protagoniste entre alors en scène dans ce récit d’enquête : Emilie Belmont. C’est elle qui a cristallisé la rencontre entre Caroline, Samuel et moi.

    Emilie est chargé de mission à la communauté de communes du Diois. Pascal que l’on vient d’entendre est son élu en charge de l’eau. Elle a été recrutée pour organiser le transfert de compétences eau potable des communes vers l’intercommunalité.

    Le Diois est un territoire hyper- rural avec moins de 10 habitants au km2. Chaque village, voir chaque hameau et il y en a plus de cinquante, a sa propre source, son captage et son réservoir. Il faut plus de 450 kilomètres de tuyaux pour alimenter cet habitat dispersé. Mais très peu de gens sont présents pour s’en occuper et les municipalités ont des finances très limitées pour entretenir les infrastructures. Du coup, tous les habitants et habitants ont l‘habitude de mettre la main à la pâte, pour nettoyer le réservoir, débroussailler le captage, pour repérer une fuite ou la réparer. Le bénévolat est très répandu. Habitants, habitantes et élus s’auto-organisent pour maintenir ce service public de qualité.

    Les élus Diois sont vent-debout contre le transfert de compétence. Ils voient d’un mauvais œil la délégation de décisions aussi importantes. Que fera un technicien basé à Die quand un canal cassera au fond de la vallée de la Roanne, à plus d’une heure de route ? Qui sera là pour lui indiquer derrière quels arbres passent telle conduite et au pied de quel pierre trouver la vanne ? De combien le prix de l’eau risque-t-il d’augmenter ? Les habitants et les habitantes prendront ils encore autant soin de l’eau s’ils ne participent plus à l’entretien des infrastructures ?

    Emilie s’inquiète. Y aura-t-il vraiment un gain de sécurité et d’efficacité dans ce contexte particulier ? Des savoirs et des savoirs faire ne sont-ils pas en train de se perdre ? Que deviendra tout cet engagement bénévole ? Elle aurait besoin d’avis extérieurs. Elle sollicite alors des chercheurs en sciences sociales, Samuel et moi, mais aussi Caroline."

    Caroline Fontana

    "J’ai commencé à enquêter dans le Diois en bénéficiant de la connaissance du terrain d’Emilie Belmont.

    Le choix des témoins était celui de personnes qui par leur histoire, leur lieu de vie, leur activité, ont une sensibilité particulière à l’eau. J’ai été aussi guidée par deux thématiques que nous souhaitions creuser :

    Comment les habitants et les habitantes se sont organisés de longue date pour trouver, aménager et partager l’eau, que ce soit l’eau potable dans les petites communes, celle de canaux d’irrigations, ou encore à l’échelle du bassin versant de la Drôme ;

    Comment les représentations et les façons de voir autour de l’eau changent et amènent de nouvelles pratiques, en particulier pour retenir l’eau sur les territoires en associant des animaux et des végétaux.

    A chaque fois que c’était possible, j’ai interrogé les personnes sur le terrain, là où sont situées les sources, les captages, les réservoirs, les rivières, les gours, les cascades, les zones humides, les canaux, les mares, les jardins, les terres cultivées. Sur leur lieu de travail, leur lieu de vie, leur lieu d’observation, les personnes sont plus enclines à montrer ou à signaler des détails auxquels elles ne penseraient pas sinon, puisqu’on est pour elles dans le domaine de l’évidence, ce que Sabine nomme "les invisibles". C’est aussi sur le terrain qu’on peut recueillir les émotions liées à la remémoration d’histoires passées."

    Samuel Pinjon

    "Les méthodes de recherche se réinventent fortement ces dernières décennies, au frottement de différentes disciplines.

    En géographie, notre objectif principal est de montrer des dynamiques et leurs articulations à différentes échelles. Nous sommes attirés par les méthodes ethnographiques, qui prêtent une attention toute particulière aux pratiques quotidiennes, aux réalités vécues. Mais nous avons du mal à capter et restituer les processus qui allient l’intellect, les affects et les engagements du corps et des sens. C’est ce qui m’a intéressé dans l’approche de Caroline.

    Dans mon travail de thèse, j’enquête sur les mouvements alternatifs autour de l’eau, en articulant deux approches. Une approche classique par entretiens semi-directifs des principaux protagonistes, pour obtenir des informations précises. Et une approche immersive consistant à observer des pratiques in situ, à tisser des relations de confiance avec les personnes, à repérer les jeux entre acteurs et actants. Je réalise ainsi un suivi au long cours de « ce qui est en train de se faire ».

    Mais je bute sur des limites. Il n’est pas aisé, avec sa casquette de chercheur de se faire très oublier lors des observations. Il est délicat de mettre en œuvre des dispositifs d’enregistrements de pratiques sans être trop intrusif.

    Pour ces raisons, il me semble que la récolte de témoignages et de récits, comme Caroline l’entreprend est très complémentaire à ma façon de faire."

    Caroline Fontana

    "A partir de cette enquête de terrain, il s’agissait de rapporter des récits recueillis ça et là sur le territoire. Le choix de restituer une pluralité d’histoires plutôt qu’un montage unitaire qui les aurait tous englobés était celui de l’ouverture : je ne voulais pas refermer ou clore une histoire mais aborder ce sujet de la relation aux eaux à travers de multiples éclairages.

    Il était aussi important pour moi que ces prises de paroles soient situées sur le territoire car elles sont le plus souvent liées au lieu de vie des témoins. D’où le choix de la cartographie , qui propose des extraits des récits, l’accès aux récits entiers, mais aussi des captations de scènes de vie.

    Les cartes sont aussi, à leurs différents niveaux, habitées par des extraits d’enregistrements et de compositions audio naturalistes de Bernard Fort pour donner une présence sensible à l’eau. Les histoires et situations sont illustrées, mises en perspectives par le regard d’un auteur dessinateur, Yann Degruel."

    Sabine Girard

    "Yann est dessinateur. Il est venu mettre en perspectives les histoires et les situations, mais aussi peupler ce qui est parfois un support froid de connaissances des géographes : la carte.

    Mais que représenter ? et comment ?

    Notre première intuition, pour décaler le regard, a été d’effacer les repères habituels : les routes et les villes pour laisser toute sa place au chevelu hydrographique, même dans ses plus petites ramifications. Nous avons rappelé les noms chantants de toutes ces eaux. Au spectateur attentif de tacher maintenant de se déplacer autrement, en se rappelant là, une confluence, ici, une courbe en angle droit du cours d’eau, et ailleurs la naissance d’un vallon. Nous avons ajouté les reliefs et entités naturelles marquant le paysage, le Glandasse, la Servelle de Brette, le cirque d’Archiane.

    Comment ensuite donner à voir les invisibles ?

    Il y a d’abord les différents peuples des eaux, des rivières, des mares, des veines, sur terre et sous terre, minuscules ou géants, minéral ou organique. Le massif karstique et ses connections mystérieuses, le figuier sauvage et ses racines de 120 mètres, l’apron et le chabot, l’agrion mercure et l’alyte accoucheur, les coleps hirtus et les gallionella.

    Et puis il y a ceux qui habitent nos imaginaires. La Drôme se fait dragon quand elle dévore les flancs des montagnes. La terre se met à boire toute l’eau, tel un ogre assoiffé, quand vient la sécheresse.

    Des êtres hybrides incarnent par ci par là les nouvelles alliances entre les hommes et les castors, pour rendre l’eau à la terre.

    Trois niveaux de cartes et de sons nous ont paru ainsi nécessaires, pour embrasser d’un regard le territoire ou bien s’attarder sur les détails des lieux, des milieux, des ambiances."

    Samuel Pinjon

    "Dans son récit, Sylvain Thevenet met en avant quelque chose d’essentiel, la joie de redécouvrir sa puissance d’agir.

    Lorsque l’on parle « d’alternatives », on peut identifier différentes composantes : des éléments matériels, pratiques et infrastructures et des éléments idéels, visions du monde et imaginaires. Plus tard dans son récit, Sylvain évoque la construction de mares et de baissières, plantées de haies, pour retenir l’eau dans ses terres. Ce sont des infrastructures hybrides, humaines et plus qu’humaine. L’imaginaire de Sylvain est embarqué vers un futur davantage désirable.

    Dans ce courant qui se dit « régénératif », on est en rupture avec l’idée d’une adaptation au changement climatique subie, faites de modernisation, technologies, sobriété.

    L’approche régénérative suggère au contraire qu’il est possible de récréer de l’abondance localement, en réactivant des processus naturels, part des aménagements légers, soit par soi-même, soit en alliance avec d’autres êtres.

    Les hommes et les femmes ne sont plus condamnés à être des protecteurs-contemplateurs de la nature ou des extracteurs-pollueurs. Ils et elles peuvent prendre part activement dans les cycles des eu et du vivant, ce qui marque une réconciliation avec une condition humaine.

    Ces aménagements peuvent également être entrepris en coopération avec les castors, si on leur reconnait une place en tant qu’habitant et aménageur du territoire. Ils ont la capacité à créer des mondes désirables pour eux, pour les humains et de nombreux autres êtres, face aux sécheresses récurrentes.

    Nous avons décidé de poursuivre la quête de récit en commun, Caroline et moi. Nous mènerons les futures rencontres conjointement et « à nos deux manières », mêlant récolte de récits de vie et entretiens semi-directifs. Nous espérons mieux resituer et mieux restituer la complexité des enjeux, des parcours et des facteurs de motivation des individus à s’engager pour porter des imaginaires et des pratiques différentes autour des eaux et des mondes qu’elles constituent.

    https://www.labandesonore.fr/projects/RecitsDeLeau
    #cartographie #visualisation #carte_interactive #carte_sonore #son #beau #cartographie_sensible #eau #rivière

    ping @visionscarto

  • Le dernier berger de Sabugueiro - Concours « Et pourtant elles tournent 2 » - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/127602-000-A/le-dernier-berger-de-sabugueiro

    https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/WAK6ffaeWdJCw533Zv3LeU/1920x1080?type=TEXT&watermark=true

    Dinis vit à Sabugueiro, un village de la Serra da Estrela, au Portugal. Ce jeune lycéen veut devenir berger. Chaque week-end et pendant ses vacances scolaires, il emmène son troupeau dans la montagne, dont il goûte le silence, la beauté, et où il éprouve un puissant et rare sentiment de liberté.

  • Loire Sentinelle ― une exploration scientifique et sensible du fleuve
    https://www.natexplorers.fr/loire-sentinelle

    Le rapport public « Loire Sentinelle : un fleuve, une santé », à sa mesure, fait la synthèse de trois années d’enquête menées au fil du fleuve, des sources à l’estuaire.

    À travers sa publication, nous souhaitons partager de nouvelles connaissances sur l’état de santé de la Loire, de même que les recommandations et pistes d’action qui les accompagnent. Deux versants d’un même fleuve et d’une même santé y sont explorés : la biodiversité, par l’étude de l’ADN environnemental ; la contamination plastique, par l’étude des microplastiques.

    #rapport #fleuve #loire #beau

  • Clare Torry — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Clare_Torry

    En 2004, elle a poursuivi en justice Pink Floyd et EMI pour des royalties non perçues, basées sur sa contribution à The Great Gig in the Sky qui constituerait des droits de coauteurs, avec Richard Wright.

    À l’origine, elle avait été payée £30 de l’heure pour son travail de studio le dimanche. En 2005, cependant, un règlement amiable a été trouvé à la Haute Cour de justice d’Angleterre et du Pays de Galles en faveur de Clare, bien que les limites n’aient pas été fixées. Les éditions de The Dark Side of the Moon voient dès lors le nom de Clare Torry dans les crédits, juste à côté de celui de Richard Wright, pour sa participation à la création de The Great Gig in the Sky. Le DVD live P*U*L*S*E, sorti en 2006, montre, quant à lui, le crédit Wright/Vocal composition by Clare Torry pour le morceau The Great Gig in the Sky.

    https://www.youtube.com/watch?v=2PMnJ_Luk_o


    #Improvisation en une seule prise (1973)
    #femme #invisibilisation #musique #beau

  • Strandbeest evolution 2025

    Strandbeest Evolution 2025 provides an update on the evolutionary development, which is going on since 1990.. Every spring I go to the beach with a new beast. During the summer I do all kinds of experiments with the wind, sand and water. In the fall I grew a bit wiser about how these beasts can survive the circumstances on the beach. At that point I declare them extinct and they go to the bone yard.

    https://www.youtube.com/watch?v=ANhA94ZqnEQ

    #beau #theo_jansen #strandbeest

  • Jeanne Added - Look At Them | Philharmonie de Paris

    Le morceau “Look At Them” réinterprété par les enfants sous le regard admiratif de Jeanne Added, autrice compositrice et interprète pop issue du conservatoire.

    https://philharmoniedeparis.fr/fr/tadaa/series/chanme/jeanne-added-look-them

    Zaho de Sagazan - La symphonie des éclairs | Philharmonie de Paris
    https://philharmoniedeparis.fr/fr/tadaa/series/chanme/zaho-de-sagazan-la-symphonie-des-eclairs
    https://www.youtube.com/watch?v=HGX9XB9hrxc

    Le groupe de six jeunes musiciens qui interprète la Symphonie des éclairs est composé d’un piano, une batterie, un basson, un violon, un violoncelle et une chanteuse. Ils ont répété durant toute une année scolaire avec l’aide de leur enseignante en musique ainsi qu’avec Robin Cavaillès, auteur des arrangements. Ils se lancent enfin dans la conclusion de leur travail acharné : interpréter cette magnifique chanson devant l’artiste qui l’a écrite, Zaho de Sagazan !

    #chant #beau

  • L’art Noir à Pompidou
    https://laviedesidees.fr/L-art-Noir-a-Pompidou

    Dans quelle mesure le Centre Pompidou a-t-il accompagné la reconnaissance de la création africaine et diasporique ? Anne Lafont retrace cette lente conquête de visibilité au cœur de l’institution muséale française, des années 1980 à l’exposition Paris Noir en 2025.

    #Arts #négritude #art_contemporain #Entretiens_écrits #beaux-arts

  • Ma mère est plus écolo que vos COP! - revue Ouvrage
    https://www.revue-ouvrage.org/mere-plus-ecolo

    Ma mère, qui a élevé six enfants sans gaspiller.
    Ma mère, qui a cuisiné pour huit, dix, pour douze, pour quatorze si besoin, toujours dans la dignité, jamais dans l’excès.
    Ma mère, qui a récupéré les vêtements de mes grands frères pour m’habiller.
    Ma mère, qui a réparé, cousu, lavé, recousu encore.
    Ma mère, qui faisait de l’écologie sans jamais l’appeler comme ça.
    Ma mère, qui pratiquait la sobriété, la solidarité, la décence, pas par mode, mais par nécessité.
    Ma mère, elle a fait de la décroissance avant qu’on invente le mot.
    Ma mère, elle a pratiqué l’économie circulaire sans subvention, sans conférence COP, sans ONG.
    Ma mère sait que le gaspillage est une ingratitude envers la terre… et envers Allah.

    Et qu’on ne vienne pas lui expliquer aujourd’hui, avec un air condescendant de petit écolo bobo, que pour sauver la planète il faut trier ses ordures et rouler à vélo.
    Ma mère n’a pas pollué le monde.
    Ma mère n’a pas bombardé l’Irak.
    Ma mère n’a pas financé des guerres en Afrique.
    Ma mère n’a pas participé à la destruction du climat.
    Elle a résisté. Elle a soigné. Elle a fait avec peu.

    #écologie #lutte_de_classe #bobo #luttes_décoloniales

  • #La_Clusaz : #victoire définitive, la #montagne ne sera pas déboisée pour des #canons_à_neige

    « Le peuple de la #forêt de la #Colombière peut souffler », s’est réjoui le collectif #Fier-Aravis

    La victoire est désormais définitive pour les associations et citoyens engagés dans la lutte contre le projet de #retenue_d’eau_collinaire du #plateau_de_Beauregard censée approvisionner des canons à neige. L’État a décidé de ne pas faire appel de la décision de #justice annulant l’autorisation de construction de la retenue.

    Après plus de 5 ans de combat, c’est une victoire totale pour tous les habitants, associations et élus qui s’opposaient au déboisement du plateau de #Beauregard. Parmi eux : les associations requérantes France Nature Environnement Haute-Savoie, FNE AURA, Mountain Wilderness, La Nouvelle Montagne, LPO AURA-Haute-Savoie, Fédération de pêche de la Haute-Savoie.

    « Le peuple de la forêt de la Colombière peut souffler », s’est réjoui le collectif Fier-Aravis.

    Il était impliqué dans la lutte pour protéger la montagne du projet de retenue d’eau de la municipalité de La Clusaz. Au cœur des #Aravis (#Haute-Savoie), ce cratère de 148 000 m³ dans la montagne (l’équivalent de 60 piscines olympiques et d’une surface au sol de 5 terrains de foot) aurait détruit 8ha de bois abritant 58 espèces protégées et risquait d’assécher la #tourbière remarquable de Beauregard, classée #Natura2000.

    Sur les 150 000 m3 d’#eau stockées, 2/3 devait servir aux canons à des fins d’#enneigement_artificiel. Face à cet #accaparement de l’#eau_potable, de nombreux collectifs, dont Extinction Rebellion Annecy, La Cluzad et Sauvons le Plateau de Beauregard de la Destruction – la Clusaz, s’étaient fortement mobilisés.

    Après une première occupation du bois en novembre 2021, une #ZAD s’était perchée en haut des arbres qui risquaient d’être abattus pour les protéger en septembre 2022, jusqu’à ce que la justice tranche en leur faveur.

    « En tout, la justice nous a donné quatre fois raison. Comme quoi, ce projet est bien illégal depuis le début », a pointé le collectif Fier-Aravis auprès de La Relève et La Peste

    L’#arrêté déclarant cette retenue d’#utilité_publique avait été rendu caduque par le tribunal administratif de Grenoble en octobre 2022. L’audience du #recours sur le fonds a eu lieu le mardi 17 juin 2025. Dans ses conclusions, la rapporteure a préconisé l’annulation totale de l’arrêté d’autorisation de la retenue.

    Hier, la Préfecture a déclaré que l’État ne va pas faire appel de la décision du tribunal sur le fonds, rendant la victoire totale pour toutes les personnes impliquées dans le collectif « #Sauvons_Beauregard ».

    « Les mobilisations fonctionnent ! s’est réjouie Valérie Paumier sur les réseaux sociaux. Nous sommes encore dans un état de droit ! »

    Une magnifique démonstration de l’alliance inestimable entre occupation de terrain, pédagogie sur les communes concernées et luttes juridiques pour protéger les communs de nos territoires.

    De son côté, le collectif Fier-Aravis a déclaré rester vigilant. La Clusaz a été retenue comme site hôte olympique pour les J0230.

    https://lareleveetlapeste.fr/la-clusaz-victoire-definitive-la-montagne-ne-sera-pas-deboisee-pou

    #déboisement

  • Lecture d’un extrait du livre « Des obus, des fesses et des prothèses » d’Arno Bertina

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/des-obus-des-fesses-et-des-protheses-d-arno-bertina

    Dans un hôtel près de Tunis, quelques années après la révolution, des femmes en convalescence après des opérations de chirurgie esthétique, leurs corps et leurs visages recouverts d’hématomes et de bleus, côtoient des rescapés de la guerre en Libye, gravement blessés, mutilés, défigurés. Ces femmes augmentées (en guerre contre elle-même, l’acceptation de leur physique) se confrontent à ces hommes diminués. « La chirurgie n’est pas une façon d’éteindre le feu qu’allume en nous le regard des autres, c’est sans doute la trace de cette violence. » Le récit se forme autour de plusieurs personnages, dans la multiplicité des voix qui se font écho, dont le face-à-face souligne une même fragilité : celle d’exister dans le regard et le désir des autres. « Des grimaces, de la laideur, des corps qui se contorsionnent, qui hurlent en essayant de sourire ».

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Voix, #Regard, #Beauté, #Corps, #Guerre, #Tunisie (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_des_obus_des_fesses_et_des_prothe_ses_arno_bertina.mp4

    http://www.editions-verticales.com/fiche_ouvrage.php?rubrique=3&id=502

  • Deuxième #rapport Le #sexisme dans la #publicité française
    (sorti en 2023, ici pour archivage)

    Résistance à l’Agression Publicitaire (R.A.P.) publie le deuxième rapport de son Observatoire de la Publicité Sexiste intitulé Le sexisme dans la publicité française, 2022-2023. Ce rapport fait suite à une première version publiée en 2021 et montre que les mauvaises pratiques constatées à l’époque restent de mise, voire se renforcent. L’autorégulation publicitaire est un échec : la publicité française contribue à perpétuer les stéréotypes et les injonctions de genre les plus ridicules et les plus violentes.

    De mars 2022 à mars 2023, R.A.P. a mis en ligne un formulaire permettant aux citoyen·nes de dénoncer et documenter des #publicités_sexistes subies dans leur quotidien. En un an, sur 285 contributions provenant de toute la France, 87 % ciblent le genre féminin. L’analyse précise de ces contributions montre que les techniques et les mises en scène observées entre 2019 et 2020 restent utilisées par le secteur publicitaire. Les secteurs d’activité les plus représentés sont ceux de l’#habillement et de la #parfumerie (55 %) ainsi que l’#hygiène et la #beauté (18,5 %) qui constituent à eux seuls presque trois-quart des publicités jugées sexistes dans l’échantillon. Cette prédominance annonce déjà le rôle de l’esthétisme et de l’apparence dans le « #publisexisme ».

    L’ensemble des #stéréotypes et #injonctions_sexistes véhiculés par la publicité est majoritairement propagé par les #images, quoique des #slogans sexistes continuent d’être diffusés. Des #femmes_sexualisées, y sont représentées dans des postures de #séduction et/ou de #soumission. Elles y apparaissent en général comme mises à nues, fragmentées, infantilisées, érotisées, et réduites à être traités comme des objets plutôt que comme des sujets, Les #corps représentés répondent aux mêmes #normes_discriminantes (#minceur, #blanchité, #jeunesse, #épilation) et/ou irréalistes (par l’emploi de mannequins et le recours systématique à la #retouche_photographique) que précédemment. Quand, parfois, des corps moins normés sont représentés, c’est pour être soumis à de semblables traitements sexualisants. Les #hommes restent dans le rôle du sachant, fort et protecteur. Autres éléments, le modèle du #couple est systématiquement hétéronormé et le partage des tâches toujours aussi genré.

    Face à ces #abus persistants, le rapport conclut que les mesures censées réguler l’industrie publicitaire sont insuffisantes : mentions légales, chartes de bonne conduite et instances d’ « autorégulation » échouent à filtrer ou contrebalancer ces campagnes. C’est pourquoi R.A.P. préconise la création d’une autorité indépendante, dotée de réels pouvoir de régulation ; l’inscription de l’interdiction du sexisme publicitaire dans la loi ; l’#interdiction de la #représentation_des_corps (entiers ou morcelés, humains ou humanoïdes, réalistes ou caricaturés) en publicité. « Face à un publisexisme qui se perpétue et s’accommode de toutes les chartes ou comités d’éthique, il nous faut des lois. Si la publicité prétend nous transmettre des informations sur des produits, ce sont les produits qu’elle doit montrer », déclare Jeanne Guien, porte parole de R.A.P.

    https://antipub.org/rapport-sexisme-dans-la-publicite-francaise-2
    #France

  • HAUNTED WATERS. THE CHEMICAL COCKTAIL BAR

    A growing collection of contaminated waters from around the world, submitted by activists, scientists, swimmers, citizens, and friends. Each water is haunted by a multitude of ‘spirits’ telling stories that speak of the past, of decisions made by those in power, of struggles, accidents, wars, greed, and action.

    Pollution, contamination, forever chemicals… What have we done?! OMG! I need a glass...

    Welcome to the Haunted Waters Bar—a growing collection of contaminated waters. Here, you’ll find a menu featuring a variety of water samples from around the world, submitted by activists, scientists, swimmers, citizens, and friends. Some samples come from lakes, rivers, and the sea, while others are filled from the tap. While they may all look similar, each water is haunted by a multitude of ‘spirits’ telling different stories—stories that speak of the past, of decisions made by those in power, of struggles, accidents, wars, greed, and action.

    Chemicals in water are not unlike ghosts – they haunt and alter beings and places, are often invisible to the naked eye, relate to historic injustice, and are trapped in places they were not meant to be. The complexity of chemical cocktails hinders research on their negative impact on health and environment. The destruction of ecosystems and disruption of communities conjures these eerie beings into existence; the spirits have awakened!

    Scientists at the JRC Water Quality Lab are on a mission to analyse the “haunted” waters through mass spectrometry & chromatography and identify specific substances and their concentrations. While the Lab focuses on analysis, the Bar offers a space for symbolism, synthesis and stories. Here, many different spirits are brought together to echo hydro-social relations taking place over space and time. Relations that are symptomatic of the post-natural era we live in. Like any bar, it’s also a space for sharing stories, socialising, and, of course, drinking. Some waters (think: spirits & chemical cocktails) are safe to consume, with concentrations of chemical substances within governmental safety limits. However, others are so contaminated that they pose serious health hazards and are forbidden to order. These waters remain trapped on the shelf for years to come.

    The contaminating substances in themselves are neither only good nor only bad. Pharmaceuticals can be life-saving, PFAS might offer unique technical possibilities and pesticides allow us to sustain our (industrialised) agricultural practices. These chemicals were never intended to end up in our water, yet a lot of them do and will continue doing that. The moment they enter the aquatic environment is when they turn into ‘contaminants’ and ‘spirits’.

    They haunt our planetary waters - seas, lakes, rivers, groundwater, and even our own bodies, as evidenced by the presence of PFAS in top EU officials’ blood (European Environmental Bureau, 2024).[i] The pollutants defy borders, hitchhiking the hydrological cycle that connects all living beings.

    These spirits have diverse origins: agriculture, industrial production, pharmaceutical industry, consumer products, mining, oil spills, and war. Their pervasive presence is a major global environmental problem because it can lead to the degradation of aquatic ecosystems, posing serious health risks to both humans and nonhumans and increasing the likelihood of diseases, including cancer, infertility and neurological impacts (Bondy & Campbell, 2018, p. 4). They are chemicals and poisons; the product of neglect, of industrialised capitalism, but they are also messengers and a feral force.

    Literary theorist Sladja Blazan (2021) notes that the sighting of a ghost exposes the entanglements of horror and history, and “the way the past makes cultural demands on us we have difficulty fulfilling.”

    They are here, and not leaving any time soon. They have come to demand attention and action.

    How do we live with haunted waters?
    Concept

    What happens when technologies and their unintended consequences become so ubiquitous that it is difficult to define what is ‘natural’ or not?
    — Nicolas Nova & Disnovation.org (2022)

    Life in our times entails an apparent dissolution of the strict separation of things; the natural is tied to the unnatural, the human to the nonhuman. As ecological processes become increasingly shaped by human activity and its deposits, the ‘natural’ emerges as an inaccurate concept to describe the world around us.[ii] At the same time, an uncanny eeriness emerges; sunbathing reminds us of global warming, breathing city air of pollution, drinking water of contamination.

    Clean water is fundamental for life on Earth. Yet every year, the chemical, physical and biological contamination of our waters continues. These unseen anthropogenic substances are haunting our experience by altering and estranging homes and bodies, creating an eerie unfamiliarity. The classical image of the unseen, uncanny haunter are the ghosts, spirits, and spectres.

    Horror is becoming the environmental norm.
    — Sara L. Crosby (2014, p. 514)

    To explore water quality, its material, cultural, political and spiritual occurrence links to an interpretation of water beyond the hydrologic cycle, in which water flows are merely objects of study and technical manipulation. For Linton et al. (2022) the approach we have towards water should rather be guided by the hydrosocial cycle “a socio- natural process by which water and society make and remake each other over space and time”. By making and remaking each other water and society are hybrids, in which the relationship is constituting rather than connecting.

    The contaminants emerge within this interplay as boundary teasing feral entities, hitchhiking the hydrosocial cycle and remaking it from within. The chemicals were made by humans, for humans, yet the moment they enter the water, ownership and control over them is lost. They turn into spirits, not passive but with an agency of their own, often at cross purposes with human ones. They turn into an obscurity between categories - less an object than an event, less a term than a relation, less an individual than a multitude.

    It is easy to demonise such spirits, especially if they cause health issues that might lead to suffering and death. And yet, they carry important lessons born of our time of looming socio-ecological catastrophes.

    The writer Avery F. Gordon (2008) examines how ghosts and haunting can be understood as expressions of unresolved social tensions, traumas, and injustices. “But haunting, unlike trauma, is distinctive for producing a something-to-be-done”(p.XVI). Drawing on the concept of haunting from Gordon, seeing the contaminants as spirits becomes a way to prompt us to look beyond chemistry and turn to history - what underlying traumas and hardships might be carried by these entities? What cycles of harm and injustice are being perpetuated by these spirits? What are their demands?

    Water contamination is not just a technical or scientific issue but a manifestation of broader social and economic inequalities embedded within our systems. The haunting presence of pollutants is a legacy of industrialisation, colonisation, and exploitation that continue to shape our contemporary world.

    There are numerous examples: the tourism industry and large-scale agriculture around the Mar Menor Lagoon in Spain led to an ecosystem collapse in 2016, when several species were pushed to the brink of extinction. In 2014, governmental officials of Flint, Michigan, decided to change the water supply from Detroit water to the Flint River to save money during a financial crisis. The dangerous levels of lead in the river though rather led to a public health crisis, killing at least 12 people. In the Central Andes of Peru, the mercury used in the illegal gold mining has serious effects on plant and animal life, causing oxidative stress in fish and retard growth in plants.

    Capitalism runs and thrives on the production of such spirits, its profit-driven motives often take precedence over environmental and human health concerns. These spectral contaminants are revealing unresolved and ongoing societal and ecological violence, which is also disproportionately affecting marginalised communities. From this perspective, addressing water contamination requires more than just technical solutions or regulatory measures; it necessitates a fundamental transformation of our socio-economic systems.

    The haunted water flows not just through rivers and oceans, but through the very veins of our interconnected world, permeating and connecting all bodies of water, linking human and non-human bodies in a web of relationality. We take a sip; it flows through us and onwards into the world - things that before felt distant and remote suddenly are close and intimate. By acknowledging how water binds us to the world and each other, we can begin to cultivate a deeper sense of responsibility and reverence for the Earth and all its inhabitants. This kind of awareness emerges when we meet the spirits. They carry a lesson of interdependence that could potentially catalyse a shift in our relationship with the waters. Through this lesson, the terrifying entities reveal their benevolent nature and their power to inspire awe.

    The ‘myth-of-the-end-of-myth’ managed to become the foundational myth of modernity.
    — Dorin Budușan (2023, p. 49)

    Numerous critiques of modernity identify the rise of science, secularisation, industrialisation, and capitalism as factors responsible for the disenchantment of the world, since these are processes that prioritise rationality, efficiency, and material gain over spiritual or mystical experiences. Yet have modern Western societies really been disenchanted by the rise of science and rationalism? These spirits, born out of modernity, are ‘un-puring’ nature/culture, while at the same time re-enchanting the world in an obscure and horrific way.

    Might the break-down of the human-nonhuman divide, which destabilises the distinction
    between humans and nature and the distinction between humans and technology, not also
    destabilise the distinction between the material and the spiritual, the natural and the supernatural,
    the sceptical and the superstitious?
    — Nils Bubandt (2018, p. 7-8)

    Could modern spirits challenge the ‘profit-driven, disenchanting & dividing’ way of thinking that gave rise to them? Could they help us (re)spiritualise science, and connect to a deeper, interconnected worldview? The world is vibrant, teeming with countless forces, each shaping and echoing the other in mysterious ways. It is full of spirits!
    Context

    Through “The gems of water” project at the JRC, the scientific project officer Caterina Cacciatori and her colleagues are sending out water monitoring tools to local citizens around the world to monitor and collect information on chemical contamination present in water.

    The starting point of our art-science collaboration with Caterina was to compare these water monitoring tools to ghost hunting tools, and the local citizens & scientists to ghost hunters. By drawing parallels between pollutants trapped in bodies of water to ghosts/spirits, we invited the hunters to reflect on what it means to live on a haunted planet. The analogy proved to be a good opening also in conversation with other scientists and policymakers during our residency at the JRC.

    Throughout the last year we were learning about chemical contamination and “The Gems of Water”. Caterina and her colleague Giulio Mariani invited us on a few occasions into the Lab, introducing us to their work and demonstrating how they use incredibly precise and weird looking liquid/gas chromatography machines and mass spectrometry tools to find out the chemical composition of water samples. We also met up virtually with the first “The gems of water” pilot partners activists from Coral Conservation in Costa Rica, who are investigating the rivers Sixaola, Estella and Carbón for content and concentrations of pesticides from surrounding banana monocultures. The activists were worried that the pesticide run-off would eventually threaten corals in the ocean and were frustrated with the banana Industry, which has been infamous for its labour conditions, violent history and chemical use. The industry has a considerable environmental impact and the used pesticides used cause health issues including sterility and cancer to the ones exposed.

    The samples collected by the activists will eventually be analysed at the JRC for around 250 compounds. Yet they contain much more than that. These samples carry with them also emotions, traumas, fear and anger which can’t be analysed scientifically. We got interested in sharing the stories behind the pollution, telling of their origin, effects, as well as, how people are coping with them.

    Therefore, together with Caterina, we came up with the idea of creating a “ghost hunting probe kit” to gather stories about contaminated bodies of water from people involved in “The Gems of Water” project. We constructed a prototype and brought it to Ispra, where feedback from Mateusz Tokarski, who coordinates projects on citizen engagement, from Adriaan Eeckels, head of JRC’s SciArt project, and Caterina gave us insights on how to revise the toolkit. Then on, the toolkit idea transformed and took two tracks - a web submission & workshop.

    Water and story collection

    Inspired by the engagement of citizens and willing to make story sharing more accessible, we created a web submission form through which anyone could (and still can!) share their ‘ghost story’ and is invited to send a water sample to us. The bottles of water and the stories form the content of the Haunted Waters Bar.

    Haunted Waters, the workshop

    In 2023, we were invited by curator Johanna Janßen to hold a workshop at Galerie Im Turm in Berlin, for the exhibition “Pole der Unzugänglichkeit” – conceptions of (extra)terrestrial worlds between reality and fiction”. We took the opportunity to develop methods of personifying (or “ghostifying”) the spectral contaminants, which was an idea originally conceived during our residency and meant to be done via the tool kit. It turned into a ‘Haunted Waters Workshop’ for exploring different contaminants through creative writing and drawing.

    In the workshop, participants were equipped with printed articles and paper excerpts detailing various chemicals found (in very low concentrations) in Berlin’s tap water, including PFAS, lead, nitrates, microplastics and pharmaceutical residues. Following this informational session and a sip of water from the tap, we underwent a hypnotic visualisation exercise. We ventured into the network of our blood vessels to encounter the spirits associated with these chemicals. We followed these ethereal entities through time, exploring both the recent past and a distant future. The hypnotic session prompted participants to imagine details of each spirit, contemplating their origins, desires, fears, and envisioning their appearances. The participants then drew the contaminants, shared their stories and reflected on what they can teach us about our own existence.

    The workshop closed with a discussion, during which the curious observation was made that a few of the stories of contaminants were actually inner self-portraits. The participants were projecting their own feelings; fears, confusions and hopes of living on a damaged planet into the spirits, giving the exercise an introspective twist.

    The event marked an inspirational turn for us, we felt drawn to the act of letting the spirits flow through our bodies and be met as mirrors of our anxieties, leading up to the idea of creating a Haunted Waters Bar. The drawings made during the workshop were later on used as a reference to create animated spirit portraits for the bar.
    Scientific Background

    The Gems of Water:

    The scientific background of the artwork is based on “The Gems of Water” activity carried out in the framework of the Blue Health project (Cacciatori et al., 2023). “The Gems of Water” supports the engagement work of the UN-World Water Quality Alliance. The activity involves citizens through a co-creative approach in the definition of a local water quality concern, design of a monitoring strategy and sample collection and extraction. Samples collected and extracted by citizen groups are processed at the JRC Water Quality Lab facility and data are shared with participants. The water quality monitoring kits use a technology (the Stir Bar Sorptive Extraction) which allows for wide-screening of around 250 compounds, which include pesticides, pharmaceuticals and industrial compounds. The method provides quantitative and qualitative information about the chemicals in bodies of water around the world, which can be used to further investigate water quality. The activity has been successfully piloted in Costa Rica, while the exercise is on-going in Kenya and Romania.

    New chemicals, cocktails and the need for stronger regulations:

    The environmental impact of chemicals is a rapidly growing concern, with approximately 10 million new compounds produced yearly (1,000 p/h) (Daley, 2017). Unfortunately, research on their impacts on human and ecosystem health lags due to underfunding, leading to the approval of chemicals for commercial use, with unknown environmental consequences.

    The “cocktail effect” occurs when seemingly harmless concentrations of single substances combine, posing health risks. A European Environment Agency report ‘Chemicals in European waters’ (EEA, 2018, p. 56) notes that the detection of several hundred chemicals at low concentrations in a single freshwater sample is common and the level of risk that that might present is insufficiently understood. Current safety assessments focus on individual substances, leaving a significant protection gap in regulations.

    As global chemical production grows (Persson et al., 2022, p. 1512) and the number of chemicals in use around the world multiplies (Wang et al., 2020, p. 2575), urgent action is needed to implement robust chemical regulations to safeguard us and the wider environment. The challenge extends to addressing the biodiversity crisis (Schneider, 2020), emphasising the critical role of more “ghost hunters”—those monitoring, modelling, and reporting—to render the world of contaminants visible. Only then can policies and regulations be appropriately targeted, ensuring a healthier and safer future for all the living.

    REFERENCES

    European Environmental Bureau & ChemSec (2024, Jan 13). High-level European Politicians Polluted by PFAS. European Environmental Bureau (accessed: 2024, May 28) https://eeb.org/high-level-european-politicians-polluted-by-pfas

    Bondy, Stephen C. & Campbell, Arezoo (2018). Water Quality and Brain Function. International Journal of Environmental Research and Public Health, 15(1) doi:10.3390/ijerph15010002

    Blazan, Sladja (ed.) (2021). Haunted Nature: Entanglements of the Human and the Nonhuman. Palgrave MacMillan.

    Nova, Nicolas & disnovation.org (2022). A Bestiary of the Anthropocene: Hybrid Plants, Animals, Minerals, Fungi, and Other Specimens. Set Margins.

    Linton, Jamie & Budds, Jessica (2014). The hydrosocial cycle: Defining and mobilizing a relational-dialectical approach to water. Geoforum, volume 57, 170-180. doi:10.1016/j.geoforum.2013.10.008

    Crosby, Sara L. (2014). Beyond Ecophilia: Edgar Allan Poe and the American Tradition of Ecohorror. ISLE: Interdisciplinary Studies in Literature and Environment, 21(3). doi:10.1093/isle/isu080

    Gordon, Avery (2008). Ghostly Matters: Haunting and the Sociological Imagination. University of Minnesota Press. New edition, Introduction to the New Edition, XV-XX.

    Budușan, Dorin (2023). It Fell From The Stars: Alternative Cosmogonies from the Second World. Amsterdam.

    Bubandt, Nils (ed.) (2018). A Non-secular Anthropocene: Spirits, Specters and Other Nonhumans in a Time of Environmental Change. More-than-Human. AURA Working Papers, Volume 3, 2-18.

    Barad, Karen (2006). Meeting the Universe Halfway: Quantum Physics and the Entanglement of Matter and Meaning. Duke University Press. doi:10.1215/9780822388128

    Viveiros de Castro, Eduardo (2007). The Crystal Forest : Notes on the Ontology of Amazonian Spirits. Inner Asia, 9(2), 153-172. doi:10.1163/146481707793646575

    European Commission, Joint Research Centre, Cacciatori, C., Mariani, G., Carollo, A. (2023). The gems of water : how to become a gem of water? : an illustrated guide for citizen engagement under the UNEP GEMS/Water programme. Publications Office of the European Union. doi:10.2760/334925

    Daley, Jason (2017, February 3). Science Is Falling Wouefully Behind in Testing New Chemicals. Smithsonian Magazine. (accessed: 2024, May 28) https://www.smithsonianmag.com/smart-news/science-falling-woefully-behind-testing-new-chemicals-180962027

    European Environment Agency (EEA) (2018). Chemicals in European waters: Knowledge developments. Publications Office of the European Union, 56. doi:10.2800/265080

    Persson, L.; Carney Almroth, B. M.; Collins, C. D.; Cornell, S.; de Wit, C. A.; Diamond, M. L.; Fantke, P.; Hassellöv, M.; MacLeod, M.; Ryberg, M. W.; Søgaard J. P.; Villarrubia-Gómez, P.; Wang, Z.; Hauschild, M. Z. (2022). Outside the Safe Operating Space of the Planetary Boundary for Novel Entities. Environmental Science & Technology, 56(3), 1510-1521. doi:10.1021/acs.est.1c04158

    Wang, Z.; Walker, G. W.; Muir, D. C. G.; Kakuko, N. (2020). Toward a Global Understanding of Chemical Pollution: A First Comprehensive Analysis of National and Regional Chemical Inventories. Environmental Science & Technology, 54(5), 2575-2584. doi:10.1021/acs.est.9b06379

    Schneider, Julie (2020, January 23). Chemical pollution, a key driver of the biodiversity crisis. Chemtrust. (accessed: 2024, May 28) https://chemtrust.org/biodiversity_strategy

    Bennet, Jane (2010). Vibrant Matter: A Political Ecology of Things. Duke University Press. doi:10.2307/j.ctv111jh6w

    [i] The European Environmental Bureau and ChemSec have identified toxic substances in the blood of top Brussels politicians — part of a campaign to push for an EU-wide ban on the chemicals despite heavy industry pushback.

    [ii] As Timothy Morton, N. Katherine Hayles and many with them have argued. Cf. Morton, Timothy (2007). Ecology without Nature: rethinking environmental aesthetics. Harvard University Press. doi:10.2307/j.ctv1n3x1c9; Hayles, N. Katherine (2023, July 10). The End of Being Human: Evolution in the age of Machines. IAI News. (accessed: 2024, May 28) https://iai.tv/articles/the-end-of-being-human-auid-2536

    https://nonhuman-nonsense.com/hauntedwatersproject
    #eau #contamination #eaux_hantées #esprits #pouvoir #luttes #guerres #accidents #chimie #récit #histoires #photographie #technologie #environnement #modernité #mythe #non-humain #nature #chimie
    #beau
    via @reka

  • Triomphe du « beauf », par Élie Guéraut & Laélia Véron (Le Monde diplomatique, août 2025)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2025/08/GUERAUT/68622

    On pourrait croire que ce mot dessine un clivage entre la gauche (qui traiterait ses adversaires de « beaufs ») et la droite (dont certains représentants revendiqueraient le terme). Or deux livres récents, Beaufs et barbares, de Houria Bouteldja (La Fabrique, 2023), et Ascendant beauf (Seuil, 2025), de Rose Lamy, reviennent sur cette catégorie pour en interroger la charge méprisante et tenter, chacune à leur manière, de la réhabiliter afin de (re)construire des alliances de classe favorables à la gauche.

    L’article qui suit étant censé critiquer cette posture. Quelqu’un l’a vu quelque part ?

    #paywall #beauf #Laélia_Véron #Élie_Guéraut

    • (...) dès ses débuts, le « beauf » peut déborder le #populaire et appartenir à la (petite) bourgeoisie économique. Ce qui le caractérise, c’est une distance aux cultures scolaire et savante ainsi qu’aux mondes intellectuels qui les portent. Il se tourne au contraire vers un consumérisme de masse, voire étale sa richesse de manière ostentatoire. Ainsi, l’ancien président français Nicolas Sarkozy - lorsqu’il se moquait du « sadique ou de l’imbécile » qui a mis La Princesse de Clèves au programme d’un concours de la fonction publique ou quand il rencontrait le pape accompagné de l’humoriste Jean-Marie Bigard - a largement été qualifié de « beauf » par certains journalistes, par exemple dans les colonnes de L’Humanité (2). Aujourd’hui, on peut se demander si des figures politiques contemporaines de premier plan comme MM. Javier Milei ou Donald Trump ne correspondent pas, elles aussi, à cette vision du « beauf ». Incarnations idéal-typiques de la « fragilisation des liens entre culture savante et classes supérieures (3) », tous deux mettent en scène une distance maîtrisée à la culture légitime dans le cadre d’une communication politique populiste.

      [...]

      De manière plus générale, la réhabilitation de l’étiquette « beauf » fait l’impasse sur le problème politique suivant : que faire lorsque des personnes de classes populaires ont des comportements qui ne relèvent pas de simples pratiques culturelles, mais de rapports de domination, voire de violence, vis-à-vis d’autres groupes dominés, tels que des propos ou actes sexistes et racistes ? Faudrait-il ne pas les dénoncer par crainte d’être taxé de mépris de classe ? Autre difficulté : la représentation caricaturale des classes populaires en tant que « beaufs » tend à rétrécir leur univers culturel à des pratiques consuméristes normées par l’industrie culturelle de masse. Un tel raccourci tend à figer les classes populaires dans un imaginaire de désir uniquement orienté vers les standards du capitalisme marchand et à sanctuariser ainsi les rapports sociaux existants, tout en faisant fi des tentatives historiques de création de contre-cultures populaires liées à des projets de transformation sociale (telles qu’elles ont pu exister au sein de mouvements d’éducation populaire souvent liés à des institutions, comme le Parti communiste français).

      En définitive, les usages de la notion de « beauf » mêlent, le plus souvent, deux critiques, sociale et morale. S’il ne faut certes pas évacuer la question morale (il n’est ni juste, ni d’ailleurs politiquement efficace, de faire preuve d’un mépris culturel afin de disqualifier des groupes sociaux « ennemis » ou jugés comme tels), la seule condamnation du mépris culturel peut oblitérer la compréhension des conditions sociales de production de ce mépris. En outre, sur le plan politique, il faut être capable de reconnaître que les pratiques culturelles peuvent être critiquées et faire l’objet d’un travail d’appropriation et de transformation (qui se mène de fait dans le monde associatif, les médias, le champ artistique, etc.). La culture n’est pas seulement un espace de jeux de distinction sociale, mais aussi un terrain de luttes politiques.

      #classes_populaires #culture

    • Personnellement je ne me retrouve que moyennement dans ce texte, ou alors je le trouve maladroit, parce que justement je n’applique pas, personnellement, l’insulte « beauf » aux classes populaires (sinon : évidemment ce serait du mépris de classe assez transparent), mais aux personnes des classes aisées qui adoptent volontairement des comportements qu’ils supposent plaire aux classes populaires.

      La dernière fois que j’ai utilisé le terme « beauf réjoui » sur Seenthis, c’est pour Macron, en train de faire dans le populisme pro-bagnole et anti-écolo.

      L’article répète : « dans les représentations communes, la catégorie de “beauf” est bien liée au populaire, même si elle le déborde partiellement », mais les seuls « beaufs » explicitement nommés dans l’article sont :
      – Cyril Hanouna
      – Nicolas Sarkozy
      – Javier Milei et Donald Trump
      – François Bégaudeau.
      Des gens qui ne « débordent » pas que « partiellement » du « populaire »…

      D’où mon souci avec cet article : il me semble qu’il y a désormais une importante seconde (troisième ?) étape dans cette utilisation du terme beauf, justement basé sur le refus d’attribuer aux classes populaires, ni même aux petits bourgeois, le qualificatif de « beauf ». Le terme est alors utilisé pour dénoncer justement l’attitude des élites économiques, médiatiques, politiques, qui singent ce qu’ils pensent plaire au populaire. Les beaufs sont alors non pas les classes populaires, mais les riches qui croient que, pour plaire aux pauvres, il faut « faire beauf ».

      L’article dit bien que cette réduction ad beaufitude des classes populaires est méprisante et basée sur une idée fausse. Mais il faudrait alors expliciter que justement, ce qu’on qualifie alors de « beauf », c’est l’attitude des puissants à adopter ce qu’ils croient être une culture populaire qui serait beauf (ie : vaguement illétrée, raciste et sexiste). Le « beauf », alors, c’est justement celui qui, depuis une situation aisée, met en scène son propre mépris de classe. Le beauf, c’est Macron à deux doigts d’adopter l’accent parigot pour dire qu’« on aime la bagnole », histoire de plaire à ceux qui, toujours selon lui, « ne sont rien ».

      Par ailleurs, l’article continue à focaliser l’utilisation du qualificatif « beauf » sur le rapport à la culture (opposition entre « “beaufs” et goûts légitimes »). Avant tout de même de poser la question : « que faire lorsque des personnes de classes populaires ont des comportements qui ne relèvent pas de simples pratiques culturelles, mais de rapports de domination, voire de violence, vis-à-vis d’autres groupes dominés », débordant donc de la question culturelle, mais en restant focalisé sur les classes populaires. Or, justement, c’est bien là que se niche l’utilisation du terme « beauf » aux personnes citées plus haut (Hanouna, Sarkozy, Trump), qui ne surgit pas parce que ces gens afficheraient une vulgarité de goûts, mais bien parce que leur « faire beauf » est uniquement consacré à la promotion d’un agenda réactionnaire, et que si on les qualifie de « beauf », c’est parce qu’ils orientent leur populisme uniquement sur un axe raciste, sexiste, homophobe…

  • Les beaux yeux (France)
    https://www.visionscarto.net/les-beaux-yeux

    Les beaux yeux (France) Titre : Les beaux yeux, quelque part dans le 13e arrondissement de Paris Photo : Philippe Rekacewicz, juillet 2025 Mots-clés : #photographie #paris #poésie #France Géolocalisation : 48.829339 N, 2.348100 E Licence : creative commons CC BY-NC-ND 19/48.829339/2.348100 Elle a les yeux beaux

    Et elle a les yeux bleus

    Et elle a les yeux beaux bleus

    Et elle a les yeux bleus beaux Paul Éluard, l’amoureuse, 1926. Les beaux yeux... Derrière la (…) #Photothèque

  • #Journal du regard : Juillet 2025

    https://liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-juillet-2025

    https://www.youtube.com/watch?v=mTHeSbx37gI

    Chaque mois, un film regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ». Jorge Luis Borges, Fictions

    (...) #Journal, #Vidéo, #Architecture, #Art, #Écriture, #Voix, #Sons, #Mémoire, #Paysage, #Ville, #Journal_du_regard, #Regard, #Dérive, #Paris, #Photographie, #Jardin, #Danse, #Création, #Charmatz, #Tillmans, #Beaubourg, #Été, (...)

  • L’art pour l’or
    https://laviedesidees.fr/L-art-pour-l-or

    Comment l’art acquiert-il une valeur marchande ? Avant même le marché de la revente et des stratégies spéculatives, deux historiennes se concentrent sur le « premier marché ». Le moment décisif où l’œuvre quitte l’atelier, et que l’artiste fixe son prix et touche son public.

    #Économie #Arts #marché #peinture #beaux-arts
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250723_fabiani.pdf

  • François Besse, un flamboyant rebelle si discret
    https://lundi.am/Francois-Besse-un-flamboyant-rebelle-si-discret

    Bandit d’honneur, Robin des Bois moderne, nouvel Arsène Lupin, ennemi public n°1 français, Roi de la cavale, Lieutenant de Mesrine, les surnoms et superlatifs n’ont pas manqué pour qualifier François Besse au parcours unique dans le grand #banditisme. S’il fait partie des hors-la-loi les plus célèbres du XXe siècle, son parcours, tel qu’il est généralement relaté, se cantonne bien souvent à certains moments marquants et laisse de côté ses #révoltes, ses inspirations et ses aspirations libertaires, ses combats contre les #QHS, sa solidarité avec les prisonniers en lutte, sa haine de la société et de ses injustices. C’est tout un versant politique implicitement présent ou explicitement revendiqué qui est oublié. Or, c’est celui-ci qui donne tout son sens et une dimension à ses incroyables exploits, lorsqu’il a maintes fois défié la police, l’État et les banques.

    ce que ne dit sans doute pas l’article, variante autour de la reconnaissance particulière due à qui prend les armes pour prendre l’argent là où il est (où il était), que ce soit en prison, parmi les policiers, ou dans la société, c’est que le braquage de banques, des vols à main armée et non des cambriolages, fut une pratique de masse dans les années 70.
    en raison des mesures de protection comme de la spécialisation de sections policières, le phénomène commence décroître durant les années 80, pour ensuite quasiment s’éteindre, laissant place à des vols à main armée en supérettes, stations service, etc. quand ce n’est pas hors des circuits légaux les mieux protégés où de l’argent liquide circule (drogue, mode, spectacle, travail et commerce au noir, ...), cf. le Omar de Wire, bien ultérieur à ces attaques de banques (qui raréfiées se sont muées en des opérations plus militarisées encore sur des transports de fonds).

    c’est aussi l’époque d’un mot d’ordre oublié qui a alors cours dans l’Europe de l’après-68 : "jamais plus sans fusil"

    #beau_comme_une_barricade #argent #cash #braquage #prisons

  • #Corps de rêve : quand l’#extrême_droite dicte les #normes_esthétiques

    Corps tonique, mince, reproductif et blanc : de la tradwife aux réseaux sociaux, comment l’extrême droite tente d’imposer une esthétique réactionnaire et hygiéniste.

    En mars dernier, les images de la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, posant devant des prisonniers vénézuéliens déportés vers un centre pénitentiaire du Salvador, sont devenues virales. Look glamour. Maquillage prononcé. Longue chevelure ondulée. Rolex, pantalon slim et tee-shirt moulant. L’image de ce corps parfait exposé devant des hommes non-blancs, torse nu, mis en cage, est apparue comme le symbole du modèle de féminité qui domine les politiques néoréactionnaires.

    Les langages et les images des industries de la #mode et de la beauté s’adaptent très bien à l’atmosphère culturelle produite par l’extrême droite dans le monde occidental. Au-delà de l’obsession de la #minceur, des prescriptions esthétiques âgistes, toute une #culture_du_corps eugéniste et autoritaire s’immisce dans les modes de consommation de la beauté et du bien-être.

    De la tradwife à la chanteuse country

    Elle circule dans les médias populaires, amplifiée par les algorithmes, dans le luxe, ou les sphères politiques, artistiques. L’univers #Maga aux États-Unis la recycle ad nauseam. De la #tradwife à la chanteuse country, jusqu’aux tendances « #girlboss », les idées réactionnaires sont incarnées par une #esthétique_corporelle genrée aisément identifiable : corps tonique, mince ; cheveux raides, longs (idéalement blonds) ; peau blanche ; maquillage prononcé ; chirurgie esthétique ; efficience productive et reproductive (le corps qui produit des richesses est aussi celui qui enfante).

    Cette conception hygiéniste, raciste, classiste et transphobe de la #féminité s’affirme contre un modèle repoussoir : celui du corps improductif de la #femme de gauche – « fauchée » (#broke), « laide » (#ugly), « pas rasée » (#female_armpit_hair) – pour reprendre les termes d’un musicien conservateur sur Fox News. Le corps des « femmes laides » décrivant finalement l’ensemble du corps politique situé à gauche, moche, non-blanc, sale et pauvre.

    Cette esthétique réactionnaire agressive n’est pas exclusive à l’Amérique blanche. On se rappelle les sorties, en France, contre « la gauche sale et débraillée qui crie partout », visant à disqualifier la Nupes. Les propos sur les « punks à chiens » sur les bancs situés à gauche de l’Assemblée nationale, ou encore sur la « ménopause » d’une politicienne féministe médiatique…

    Véhicules idéologiques

    Ces discours implicitement ou explicitement genrés sont compatibles avec l’esthétique « filtre » des réseaux sociaux qui les imposent massivement. Ils ringardisent un activisme intersectionnel de type #nappy, anti-grossophobie ou body-positif, qui refuse que la différence conduise à une existence recluse, où on ne s’expose pas publiquement, où on ne peut ni s’aimer ni l’être en retour.

    Cette « #déchettisation » de la différence trouve dans la #représentation du corps des #femmes son terrain d’expression favori, faisant de la mode, des tutos maquillage, des vidéos de fitness ou de lifestyle des véhicules idéologiques redoutablement efficaces, jouant sur notre image sociale et nos désirs.

    Qui rêve de mourir sans famille, sans ami·es, entouré de chats ? D’être moche, démuni et sale ? Ces questions peuvent apparaître ridicules, mais elles nourrissent un système de représentations affectives et genrées qui est un des fonds de commerce de l’extrême droite. Il faut s’y opposer avec énergie. Et réveiller les puissances libératrices du difforme, de l’inassimilable, de l’improductif, des monstres et autres figures impures et merveilleuses, dans la formation d’#imaginaires et de pratiques anti-autoritaires, vivantes et féroces.

    https://www.politis.fr/articles/2025/05/corps-de-reve-quand-lextreme-droite-dicte-les-normes-esthetiques
    #esthétique #beauté #hygiénisme #âgisme #genre #idéologie