• Une enquête sur les usages populaires du Jardin Levat
    https://www.primitivi.org/Une-enquete-radiophonique-sur-les-usages-populaires-du-jardin-Levat

    Depuis plusieurs années, à la faveur de l’ouverture du Jardin Levat, les habitants du quartier de la Belle de Mai à Marseille ont renoué un dialogue avec la terre, et sont venus y enraciner une part d’eux-mêmes. Ce documentaire sonore de Gaël Marsaud et Joachim Gatti est une immersion dans l’intimité de ce jardin. Durée : 55 min. Source : Primitivi

    https://www.mixcloud.com/Jardin_Levat/jardin-levat

  • Une enquête sur les usages populaires du Jardin Levat, Gaël Marsaud et Joachim Gatti | Mixcloud
    https://www.mixcloud.com/Jardin_Levat/jardin-levat


    Depuis plusieurs années, à la faveur de l’ouverture du Jardin Levat, les habitants du quartier de la Belle de Mai à #Marseille ont renoué un dialogue avec la terre, et sont venus y enraciner une part d’eux-mêmes.

  • Communiqué unitaire et des personnels de l’#université_d'angers contre les #attaques d’#extrême_droite (22.03.2022)

    Cher‧es collègues,

    Depuis quelques semaines, les actes racistes, antisémites et fascistes se développent au sein même de notre #Université, du fait notamment d’étudiant‧es organisé‧es dans des #groupuscules d’extrême droite. Des #croix_gammées ont été taguées dans des toilettes, des autocollants racistes sont collés sur plusieurs de nos campus, un #collage géant « L’immigration tue » revendiqué par le mouvement nationaliste et identitaire #RED (#Rassemblement_des_étudiants_de_droite) est apparu dans la nuit de jeudi à vendredi sur le campus de #Belle_Beille, et ce jeudi 17 mars plusieurs étudiants de cette mouvance ont distribué un #tract infamant, raciste, sexiste et LGBTphobe à #Saint-Serge. Certains de ces actes touchent directement des enseignant‧es : des cours ont été interrompus par des remarques de soutien aux candidats d’extrêmes-droites, des enseignant‧es sont pris‧es à partie sur les #réseaux_sociaux par des étudiant‧es dévoilant leur nom et contenus de cours, et des médias d’extrême-droite attaquent nommément des collègues et leurs recherches liés aux #études_de_genre et à l’#intersectionnalité. Le contexte national d’élection présidentielle et d’exacerbation des discours racistes et violents y est pour beaucoup. Les discours de Blanquer et Vidal contre un soi-disant « islamo-gauchisme » des personnels de l’#ESR aussi. Le contexte local du déroulement du Mois du genre est également à prendre en compte : l’extrême-droite ne supporte pas que nos recherches documentent les inégalités et les dominations.

    Nous avons une pensée particulière pour toutes celles et tous ceux qui sont directement visés par ces attaques. Tous et toutes ensemble devons être vigilant‧es : nous ne laisserons aucun de ces autocollants, tags ou tracts avoir droit de cité au sein de notre université. Nous les effacerons systématiquement. Les discours racistes, sexistes, homophobes ne sont pas des opinions, ce sont des #délits. Les responsables de ces actes s’exposent donc à des #poursuites_judiciaires.

    Le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche doit être le lieu où toutes et tous peuvent trouver leur place sans avoir peur d’une agression qu’elle soit verbale ou physique. Notre université doit permettre à tous et toutes, quelles que soient ses appartenances de genre ou ses origines ethniques, d’étudier, travailler, faire de la recherche. Notre communauté universitaire doit être un rempart contre les projets politiques nauséabonds, réactionnaires et fascistes.

    Nous invitons toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à participer aux activités du Mois du genre tout le long du mois de mars et de la Semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui commence lundi 21 mars à l’UA.

    Communiqué signé Snesup-FSU, Snasub-FSU, Sud Education 49, ainsi que des personnels de l’Université d’Angers engagés contre l’extrême-droite.
    (reçu via une mailing-list)

    #racisme #antisémitisme #fascisme #France #sexisme #homophobie #étudiants #Angers #facs

  • Wordle Is a Love Story - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/01/03/technology/wordle-word-game-creator.html

    The word game has gone from dozens of players to hundreds of thousands in a few months. It was created by a software engineer in Brooklyn for his partner.

    J’adore les “belles histoires”

    Josh Wardle, a software engineer in Brooklyn, knew his partner loved word games, so he created a guessing game for just the two of them. As a play on his last name, he named it Wordle.

    But after the couple played for months, and after it rapidly became an obsession in his family’s WhatsApp group once he introduced it to relatives, Mr. Wardle thought he might be on to something and released it to the rest of the world in October.

    On Nov. 1, 90 people played.

    On Sunday, just over two months later, more than 300,000 people played.

    It’s been a meteoric rise for the once-a-day game, which invites players to guess a five-letter word in a similar manner as the guess-the-color game Mastermind. After guessing a five-letter word, the game tells you whether any of your letters are in the secret word and whether they are in the correct place. You have six tries to get it right.

    #Wordle #belle_histoire #Jeu

  • Rosa Luxemburg’s Berlin - EXBERLINER.com
    https://www.exberliner.com/features/history/rosa-luxemburg-s-berlin/#page=1


    Da hat der Exberliner gute Arbeit gemacht. Inhaltlich und persönlich kommt man Rosa Luxemburg durch seinen Artikel nicht näher, aber die Topgraphie und Zeitablauf sind gut beschrieben. Und dann könnte man kritisieren, dass der eine wunderbare Openstreetmap-Karte enthält, die Links zu den einzelnen Stationen aber zu Google Maps führen? WIeso? Was soll ser Scheiß? Bekommt der Exberliner dafür etwa Geld?

    “Berlin has made the most unfavourable impression on me.” It is 1898 and Rosa Luxemburg has just arrived in the capital of the German Empire. She describes it in a letter as: “cold, tasteless, massive – a real barracks; and the dear Prussians with their arrogance, as though every one of them had swallowed the cane with which one had once been beaten...” Fair to say it isn’t love at first sight, but Luxemburg stays here until the bitter end.

    Für unsere Stadtführung von Bedeutung sind ihre

    Wohnungen, zunächst in Berlin
    #Cuxhavener_Straße 2, im #Hansaviertel am Rande des Tiergartens nahe den Stadtbahn-Bahnhöfen #Bellevue und #Tiergarten

    ab 16. August 1899
    #Wilhelm-Hauff-Straße 41 (R.L. schreibt Hauffstr.41 ) in #Friedenau

    24. Oktober 1899
    #Wielandstraße 23, 2. Stockwerk, Balkon

    August 1902 bis 1911
    #Cranachstraße 53 oder 58, 2. Stockwerk
    http://www.friedenau-aktuell.de/stra%C3%9Fen-pl%C3%A4tze/cranachstra%C3%9Fe nennt die Hausnummer 53, das Eckhaus an der Beckerstraße, andere Quellen sprechen von der Hausnummer 58

    ab 1911
    #Biberacher_Weg (vor 1878 bis 1960 #Lindenstraße) 2 in #Südende – 5 Zimmer, Küche, Haushälterin Gertrud Zlottko und Katze

    Der Exberliner erwähnt noch das Frauengefängnis #Barnimstraße 10 (www.barnimstrasse.de) in #Friedrichshain welches RL ab dem 18.2.1915 ein Jahr lang „bewohnt“. Das Urteil lautet auf 14 Monate für „Aufforderung zum Ungehorsam gegen Gesetze und Anordnungen der Obrigkeit“ wegen ihrer Frankfurter Rede vom 26. September 1913, die später unter dem Titel Militarismus, Krieg und Arbeiterklasse gedruckt wird. Nach drei Monaten in Freiheit beginnt im Juli 1916 ihre „Sicherungsverwahrung“ aufgrund einer Verurteilung nach dem Schutzhaft-Gesetz. Erst am 9.11.1918 kommt sie in Breslau aus dem Gefängnis frei und erreicht einen Tag später Berlin.

    https://www.openstreetmap.org/node/6982962072
    Sie arbeitet und schläft in der Druckerei der Zeitung Rote Fahne #Königgrätzer_Straße Ecke #Möckernstraße. Dieses Gebäude wurde durch die alliierten Bombenangriffe im Frühjahr 1945 zerstört.

    Am 11.1.1919 findet sie bei Dr. Alfred Bernstein in der #Blücherstraße 13 in #Kreuzberg Zuflucht.

    Am 12.1.1919 begibt sie sich gemeinsam mit Karl Liebknecht in ein Versteck in #Neukölln und später nach #Wilmersdorf in die #Mannheimer_Straße 43. Die Wikipedia spricht von einer Wohnung Mannheimer Straße 27 . Dort werden beide denunziert, am 15.1.1919 von Paramilitärs verhaftet.

    https://www.openstreetmap.org/way/564397058
    https://de.wikipedia.org/wiki/N%C3%BCrnberger_Stra%C3%9Fe_(Berlin)#Eden-Hotel
    Sie werden in das Eden-Hotel an der Kreuzung #Budapester_Straße / #Kurfürstenstraße / #Nürnberger_Straße gebracht, gefoltert und ermordet.
    Budapester Straße 35, bis 21.4.1925 Kurfürstendamm 246/247
    https://www.openstreetmap.org/way/25539413

    Rosa Luxemburgs Leiche wird gegen Mitternacht in den #Landwehrkanal in der Nähe der heutigen #Lichtensteinbrücke und des #Rosa-Luxemburg-Steg geworfen.
    https://www.openstreetmap.org/way/579947221#map=19/52.50909/13.34315
    Karl Liebknecht wird als „unbekannter Toter“ den Behörden übergeben.

    #Berlin #Geschichte #Politik #Revolution #Kommunismus #Stadtführungen

  • En #Guadeloupe, l’#eau_courante, potable, est devenue un luxe

    En Guadeloupe, des milliers d’habitants vivent au rythme des « #tours_d’eau », des #coupures programmées, ou n’ont tout simplement pas d’eau au robinet depuis plusieurs années. Les habitants subissent des coupures prolongées, même en pleine pandémie de Covid-19. Face à la catastrophe sanitaire, les pouvoirs publics sont accusés d’#incurie. Premier volet de notre série.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/120721/en-guadeloupe-l-eau-courante-potable-est-devenue-un-luxe
    #eau_potable #eau_de_robinet #eau

    by @wereport photos @albertocampiphoto

  • Existe-t-il un rire à la française ? - Ép. 1/4 - Histoire du rire
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/histoire-du-rire-14-existe-t-il-un-rire-a-la-francaise

    Existe-t-il un rire à la française ? Le 10 novembre 1894 paraît le premier numéro de l’hebdomadaire « Le Rire » : quel titre ! Le journal justifie son choix : "Le Rire a pensé que son titre était le meilleur des programmes et il remplacera les promesses habituelles – qu’il tiendra sans avoir besoin de les faire – par une proposition de nature à plaire à ses lecteurs". Le journal lance un appel à contributions avec les deux thèmes favoris des humoristes : « L’AD-MI-NI-TRA-TION : cette inépuisable source de gaîté et notre belle-mère à tous ». Administration et belle-mère seraient-elles les deux mamelles d’un rire à la française ? (Xavier Mauduit)

    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2021/03/df80e040-ca4f-4ee6-b988-8412b4b62449/838_cdh_2903.webp

    #radio #audio #podcast #rire #humour

  • Opinion | John Lennon Told Them ‘Girls Don’t Play Guitar.’ He Was So Wrong. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/12/17/opinion/liverbirds-john-lennon.html

    It’s hard to say what, exactly, was in the water in Liverpool in the early 1960s that wound up producing the Merseybeat sound and hundreds of groups of varying success. Four teenagers caught the scene by surprise and found screaming fans at every turn. Their names were Mary, Sylvia, Pam and Val.

    It wasn’t only their sound that turned heads. They were The Liverbirds, Britain’s first all-female rock ’n’ roll band. Sitting down with surviving members Mary McGlory and Sylvia Saunders, you’d never know these two exceedingly charming Scouse (that means they come from Liverpool) matriarchs rocked a tour with The Rolling Stones. Lent their instruments to The Kinks. Rolled joints for Jimi Hendrix.

    John Lennon himself told them that girls don’t play guitar. Well, John, they did. Imagine that.

    #Musique #Liverbirds #Belles_histoires

  • Aides aux auteurs, de quoi payer la blague (à tabac) pendant un mois :(
    J’ai reçu ça :

    Mesure de soutien au pouvoir d’achat des artistes auteurs : vous êtes #éligible

    Une aide financière visant à soutenir le #pouvoir_d'achat des artistes auteurs a été mise en place par le Gouvernement. Nous vous informons que vous y êtes éligible.
    Le montant de l’aide dont vous êtes bénéficiaire s’élève à 63,08 €.

    Le versement du montant dont vous êtes bénéficiaire interviendra courant décembre

    Revenus de 8 750 euros pour 2018, 2122 euros de cotisations sociales, sans vacances ni chômage, et je vais percevoir 63€ d’aides du gouvernement pour Noël 2019 ? c’est même pas le prix du PQ ou pire, des frais administratifs de cette campagne médiatique de « #soutien_aux_auteurs » et à la « #création_française ».

    #honte #mépris #belle_jambe #mesure_de_rien #charité #élection_piège_à_con #Agessa

  • Lawrence Ferlinghetti is still revolutionary at age 100 – Alternet.org
    https://www.alternet.org/2019/03/lawrence-ferlinghetti-is-still-revolutionary-at-age-100

    Poet, retail entrepreneur, social critic, publisher, combat veteran, pacifist, poor boy, privileged boy, outspoken socialist and successful capitalist, with roots in the East Coast and the West Coast (as well as Paris), Ferlinghetti has not just survived for a century: He epitomizes the American culture of that century.

    Specifically, he has been a unique protagonist in a national drama: the American struggle to imagine a democratic culture. How does the ideal of social mobility affect notions of high and low, Europe and the New World, tradition and progress? That struggle of imagination underlies the art of Walt Whitman and Duke Ellington, Emily Dickinson and Buster Keaton. It also underlies a range of American issues, from the segregation of public schools to the reality of human-caused climate change. Those political issues involve our interbreeding of the highbrow and the vulgarian in a supercharged process whose complexities defy simplifying terms like “culture wars.”

    The founder of the San Francisco landmark City Lights bookshop rang in the turn of his very own century as his adopted city—he’s originally from New York—celebrated “Lawrence Ferlinghetti Day,” one of many centennial celebrations held throughout March in his honor.

    Truthdig Editor in Chief Robert Scheer, who once worked at City Lights and has been a lifelong friend of Ferlinghetti, writes about the city’s festivities, “Lawrence turns 100 today and poetry owns the Barbary Coast in a wild romp of readings at bars, galleries, and other watering holes in North Beach around Broadway and Columbus where City Lights Bookstore still stands as the best rebuke to the slick mindlessness of capitalist culture that now overwhelms Ferlinghetti’s once beloved bohemian San Francisco.”

    #Lawrence_Ferlinghetti #Belle_personne #City_lights

  • #Notre-Dame-des-Landes : invitation à nous rejoindre
    https://fr.squat.net/2019/03/23/notre-dame-des-landes-invitation-a-nous-rejoindre

    Pour un jour ou pour toujours, sur la ZAD de Notre Dame des Landes ! Ce mardi 12 mars 2019 vers 7h, les milices du capital sont revenues à plusieurs centaines sur la ZAD NDDL pour démolir les reconstructions de Lama Traqué (anciennement fâché puis sacré) et de Youpi II. L’hélico de la gendarmerie est […]

    #Bellevue #expulsion #La_Grée #Lama_faché #Le_Rosier #potager #Wardine

  • Les agents des impôts aux premières loges du ras-le-bol fiscal , Benoît Floc’h, Le Monde
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/27/les-agents-des-impots-aux-premieres-loges-du-ras-le-bol-fiscal_5402530_3224.

    Les agents des impôts aux premières loges du ras-le-bol fiscal
    Selon la direction générale des finances publiques, 250 incidents se sont produits dans des #centres_des_impôts depuis le début du mouvement des « #gilets_jaunes ».

    Le ras-le-bol fiscal, ce sont les agents des impôts qui en parlent le mieux. Eux qui sont quotidiennement confrontés à cette colère sourde, qui s’est manifestée de manière spectaculaire avec le mouvement des « gilets jaunes ». « On le ressent constamment, presque tous les jours », constate Laurent Hutin, représentant syndical Solidaires finances publiques. Pour ce contrôleur des impôts, qui travaille à Cambrai (Nord), le ras-le-bol fiscal a pris le visage de « cette petite mémé qui pleurait dans mon bureau, il y a quelques mois, parce qu’elle n’arrivait plus à payer ses impôts ». « Je n’avais jamais vu ça, soupire-t-il. On essaie de se blinder, mais la souffrance des gens, ça désarçonne… »

    Les Français, qui détiennent le record d’Europe de la pression fiscale, ne veulent plus de taxes. Et pour que le message soit bien clair, certains « gilets jaunes » ont joint le geste à la parole en s’en prenant physiquement aux centres des impôts. Selon les chiffres transmis au Monde par Bercy, 250 incidents se sont produits en France depuis le début du mouvement, fin octobre. Cela va « des #dégradations de serrures à la pose de murs devant les entrées, plus quelques cas d’#incendies de poubelles et vitres brisées », détaille Bercy. Solidaires, le premier syndicat du secteur, en a dénombré « 136, dont 55 avec des dégradations matérielles importantes ».

    Cela couvait depuis longtemps

    Le 17 décembre, le centre des impôts de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a été vandalisé : des vitres ont été brisées et un feu a été allumé. « Dix impacts de jets de pierre ou de coups de masse » ont été relevés sur la devanture, a constaté France Bleu Pays de Savoie. A Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), « une balle de foin pourri » a été placée devant l’entrée du bâtiment, a relaté La Dépêche. Des actions plus violentes avaient eu lieu à Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône), Castres (Tarn) ou Falaise (Calvados)…

    Mais, en réalité, cela couvait depuis longtemps. « Le mouvement des “gilets jaunes” met sur la place publique un sentiment que l’on ressentait depuis longtemps », explique Laurent Hutin. Les agents des impôts sont aux premières loges, surtout lorsqu’ils sont à l’accueil, pour observer les affres du « consentement à l’#impôt ».
    « Oui, on le vit, le ras-le-bol fiscal, témoigne Sophie, en poste dans la région parisienne, qui souhaite conserver l’anonymat. Les gens disent qu’ils ne veulent plus d’impôts. Or, c’est notre métier de les recouvrer… » D’où cette colère à laquelle ils sont parfois confrontés.
    Même si certains contribuables font la part des choses : « On est le réceptacle d’une rancœur, mais pas la cible, relativise Sylvain, fonctionnaire en Corse. Le ras-le-bol fiscal, il existe, mais il n’est pas dirigé contre nous. On nous dit “on paie trop d’impôt, mais vous êtes logés à la même enseigne que nous…’’ »

    Subtilités byzantines de la #fiscalité

    Pour Sylvain, la complexité administrative accroît considérablement l’exaspération de citoyens considérant déjà qu’ils sont trop taxés. « J’ai en mémoire le cas d’une personne, raconte-t-il, qui avait obtenu gain de cause [après une réclamation]. Mais elle ne comprenait pas le courrier qu’on lui avait envoyé… Les gens ne comprennent plus le langage de l’administration. C’est frappant chez les jeunes : ils ne comprennent rien à ce qu’on leur dit. »

    Mais, au-delà du langage, c’est surtout la complexité même de la fiscalité qui pollue les relations entre fonctionnaires et contribuables. « Ce sont les #impôts_locaux les plus compliqués à comprendre, déplore Yves Peyras, contrôleur des finances publiques à Toulouse. Selon que vous disposez d’une douche ou d’une baignoire, vous ne payerez pas le même montant de taxe sur votre logement… »
    Sur ce point, la volonté du gouvernement de supprimer progressivement la #taxe_d’habitation devrait satisfaire ceux qui se perdent dans les subtilités byzantines de la #fiscalité_locale… Même si cette annonce a, elle aussi, embrouillé les contribuables. C’est ce qu’Arlette Crouzet, responsable du service des impôts des particuliers Grenoble-Chartreuse, a expliqué à Olivier Dussopt, le 19 novembre, lors d’une visite du secrétaire d’Etat. Elle évoque « beaucoup de réactions épidermiques. Certaines personnes avaient compris qu’elles auraient droit à une exonération à 100 % d’un coup. D’autres avaient bien saisi qu’elles n’auraient droit qu’à un tiers cette année, mais elles ont vu leur taux augmenter à cause des collectivités locales… Bref, les agents ont dû faire face à des entretiens parfois délicats et même houleux. Il y avait un gros décalage entre ce que les gens entendaient dans les médias et ce que nous étions alors en mesure de leur expliquer . »

    Trop d’impôts, trop complexes, et « il y a toujours des gens révoltés contre l’injustice de la fiscalité », note Sandrine, contrôleuse qui travaille dans le Val-d’Oise. L’image du « président des riches » qui réduit l’impôt sur la fortune mais augmente la contribution sociale généralisée (#CSG) des #retraités a visiblement fait des ravages dans les trésoreries…

    « Rendre l’accueil sur place pénible »

    De multiples restrictions administratives nourrissent également ce ras-le-bol qu’un rien suffit à faire déborder. « Les personnes âgées ne comprennent pas qu’elles ne puissent plus payer par chèque », même si ce n’est plus financièrement pénalisé, relate par exemple Yves Peyras, le contrôleur de Toulouse, également représentant syndical Solidaires.

    L’impossibilité de payer en espèces pour des sommes inférieures à 300 euros est visiblement un sujet. Lors de la visite de M. Dussopt en Isère, la question est très vite arrivée dans la discussion qu’il a eue avec les responsables des services : « Avec la baisse de la taxe d’habitation, on a une recrudescence de gens qui viennent payer en liquide. Mais comme ce moyen de paiement est aujourd’hui interdit au-dessus de 300 euros, cela pose problème », a relevé Philippe Vasseur, responsable de la trésorerie de Saint-Martin-d’Hères.
    La crispation a semble-t-il été aiguë : « A cause du paiement en numéraire, a complété Philippe Leray, directeur départemental des finances publiques, on était au bord de la révolution au centre Rhin-et-Danube. Mais c’est un problème général dans le département et ça, on ne l’avait pas vu venir… »

    Il y a plus grave. Selon les agents interrogés, dans le souci de prendre le tournant du numérique et de faire des économies, Bercy voudrait que les usagers perdent l’habitude de venir dans les centres des impôts au profit des démarches en ligne. Concrètement, cela implique de « rendre l’#accueil sur place pénible , explique Sylvain. L’an passé, par exemple, la direction a fait enlever toutes les chaises de la salle d’attente… Mais chez nous, on reçoit beaucoup de personnes âgées, donc on a demandé à ce qu’elles soient réinstallées. »

    En revanche, lorsque son tour est arrivé, il faut se remettre debout, et le rester. « On les reçoit à la chaîne, poursuit l’agent corse, sur des sièges où l’on est mi-assis mi-debout. Mais c’est tellement inconfortable que personne ne s’en sert. Des voltigeurs, une tablette accrochée au bras, comme chez Orange, passent des uns aux autres et essaient de traiter ce qu’ils peuvent. »

    « Temps d’entretien mesuré »

    La direction générale des finances publiques « récuse formellement que des consignes ont été données pour forcer les gens à être debout ou limiter la durée des entretiens », indique-t-on à Bercy. L’administration centrale assure qu’elle ne privilégie aucun « moyen de contact » par rapport à d’autres. Le cabinet de M. Darmanin rappelle que celui-ci veut « augmenter le nombre de points de contacts physiques de 30 % ».

    Reste que le témoigne de Sylvain n’est pas isolé. La situation est comparable à Toulouse. Ou dans le Val-d’Oise : « Il y a quelques années, on recevait encore les gens dans des bureaux, rappelle Sandrine. On prenait le temps de leur expliquer. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. On les reçoit debout pour que ça aille plus vite et qu’ils ne reviennent pas. Enfin, nous, on est assis et eux restent debout. On a pour consigne que l’entretien ne dépasse pas cinq minutes. On les incite à faire leurs démarches sur Internet. Mais là, du fait de la fracture numérique, vous perdez un quart des gens. »

    A Cergy, dans le même département, le dispositif est même un peu plus sophistiqué : « Notre temps d’entretien, explique Myriam Lebkiri, secrétaire départemental de la CGT, est mesuré automatiquement par un outil informatique : le gestionnaire de fil d’attente. Quand le temps est écoulé, ça passe au rouge. Quand on reçoit des #étrangers, qui ne maîtrisent pas le français, leur dire au bout de quelques minutes qu’ils doivent aller sur Internet, ça n’a aucun sens. Or, ces gens ont besoin de leur #avis_de_non-imposition : c’est le sésame pour obtenir leurs prestations, leur titre de séjour, la cantine des enfants, etc. »

    Toutes ces tracasseries rendent la communication difficile. « Quand ils viennent aux impôts, poursuit Mme Lebkiri, les gens pleurent, s’énervent… L’accueil du public est de plus en plus compliqué et on est de plus en plus tiraillé entre ce qui nous semble juste et ce que l’on nous demande de faire. » Sophie donne un exemple : « Certains attendent une heure, relate l’agente en région parisienne, et quand on les reçoit, on se rend compte que leur problème est complexe. Alors, on leur dit qu’ils doivent prendre rendez-vous… Les gens ne sont pas contents, mais on ne peut plus faire autrement… »

    Frustration des agents

    « Les gens ne comprennent pas que l’on soit injoignable au téléphone », constate Yves Peyras, qui invoque, comme d’autres le manque de personnels. « Allez sur Google Maps et regardez les commentaires associés à mon centre des impôts. Vous verrez… » Certains, en effet, sont sans ambiguïté : « C’est très dur de les avoir au téléphone, peste l’un. Ah, les impôts ! Ils adorent qu’on leur passe de l’argent, mais n’aiment pas qu’on leur pose des questions ou que l’on aille les voir… » Mais de nombreux autres témoignages évoquent un « service téléphonique efficace et très sympathique ».

    Pas sûr que cela suffise à remonter le moral des troupes, passablement affecté si l’on en croit les agents des impôts contactés. Beaucoup de fonctionnaires expriment de la frustration : « On n’est plus en mesure de remplir nos missions fiscales », déplore M. Peyras. Le contrôleur évoque le retard qui s’accumule dans le traitement des courriels. Un autre prévient : « Les collègues sont très consciencieux et l’administration compte là-dessus. Mais là, le seau est percé de partout et on n’arrive plus à accomplir toutes nos missions correctement. Par exemple, on ne fait presque plus de contrôle fiscal allégé : on prend pour argent comptant ce que nous déclarent les gens… Le régime des #autoentrepreneurs n’est plus du tout contrôlé chez nous. »
    Rien de tel, pourtant, que le sentiment que certains passent entre les gouttes du fisc pour nourrir… le ras-le-bol fiscal. Là encore, l’administration centrale dément en bloc, en mettant notamment en avant la dernière loi sur la lutte contre la #fraude_fiscale. « C’est une priorité qui ne subit aucun fléchissement », assure-t-on à Bercy.

    • Quel que soit le sujet, la presse pousse son agenda de prescription. Et si on doit parler des GJ, il faut que cela aille dans le sens du vent : les impôts sont trop élevés, les taxes sont trop nombreuses, les impôts sont trop élevés et vraiment les GJ, quelque part, l’ISF, ils sont contre eux aussi, et tiens d’ailleurs, on ne va pas parler des salaires, hein, ni de hausse de productivité, on va parler jusqu’à plus soif des impôts trop élevés.

      Ou on va à nouveau parler djihadisme et antisémitisme, puis on va parler sexisme et racisme, et ça va être tellement mignon que tout le monde va oublier combien ceux qui font cela sont habituellement teigneux avec les faibles et respectueux avec les puissants le reste du temps.

      On ne va pas parler des choses qui fâchent et qui sont trop compliquées : le partage de la valeur, l’évasion fiscale, les lobbys, non, on n’en parle pas. Pourtant, là aussi, il y a quelques records d’Europe à citer pour la France...

    • Oui, vous avez raison, on peut tous se fâcher des conneries monumentales et de la ligne politique de L’imMonde (la thèse rebattue de la #révolte_anti-fiscale), on peut aussi passer au tamis les énoncés de l’ennemi et y trouver d’autres perles qui rendent compte d’une situation dont on aurait pas aisément connaissance autrement, dont on voit comment ils émergent (au moins partiellement) dans le #discours_public_autorisé.

      Avoir du mal à obtenir un avis de #non_imposition a des conséquences matérielles dramatiques en matière de droits sociaux (et le Monde, pernicieux ?, de citer ici un « étranger » comme si les « aides sociales » leur étaient réservés. Privilégier l’administration à distance, la #taylorisation des services, c’est bien des soucis, et voilà que ça apparaît, voilé, dans la presse de régime.
      Cette vague de contestation, ces forces collectives qui se matérialisent le font aussi dans un contexte de #dématérialisation de la gestion des populations (ni bureaux, ni accueil).

    • @biggrizzly le mde c’est #la_voix_de_son_maitre mais j’espère bien qu’on va continuer à parler de sexisme ou de racisme et même d’attaques des centres des impots, non mais ! voila encore une excuse bidon qui n’empêche en rien de faire AUSSI des articles sur des lois que l’assemblée ou le sénat font passer actuellement en se foutant éperdument de la population, de parler salaires, licenciements, prison, droit de manifester etc.

      Les choix éditoriaux sont politiques mais tout est lié et le ferment de révolte des GJ est enfin commun aux oublié·es d’un bout à l’autre de la france pour les unir dans une #convergence_des_luttes.
      De quoi se plaignent les politiques de tout bord qui rêvaient pourtant bien de cette fameuse union nationale à récupérer à coup de je_suis_machin ou je_fais_du_foot voire jai_des_couilles … Je commençais à fatiguer de voir les gauchistes/syndicalistes/et même anarchomoncul cramponnés à leurs théories sur ce qu’il faudrait faire ou dire, en pleine réunionite pour compter la monnaie de leur silence. Sais-tu combien de fois les militant·es de telle spécificité ce sont retrouvé·es berné·es ces dernières années par des lois fourre-tout qui les empêchaient de fait de les contrer ?
      Un article comme celui-ci je le prends avec joie, c’est toujours ça, le blocage des centres des impôts a commencé et ce sera aussi le blocage des usines ou des banques si il le faut. Ceux qui n’ont rien et dont on a écrasé la gueule toute leur vie n’ont aussi pas grand chose à perdre et illes tapent là où est le nerf de la guerre et tant mieux.
      Et pour les médias, the most effective way to do it is to do it.

    • @touti : je suis totalement en phase avec ton point de vue, et comme d’autres fois, ma concision a évacué toute complexité. Je faisais cette remarque en lien avec le tag #belles_âmes initié par @aude_v et qui permet de suivre toutes ces instrumentalisations de ce qui nous est cher, instrumentalisations qui permettent de perpétuer le pire, sous couvert de s’apitoyer sur des sujets dont les mêmes #belles_âmes se foutent la plupart du temps.

      Oui, cet article évoque des choses importantes, et je les lis moi aussi avec étonnement et plaisir. Mais malgré tout, la voix de son maître ne peut pas s’empêcher de tirer la couverture là où il souhaite, à créer des causalités qui n’existent pas mais qui arrangent l’agenda des puissants. On va parler de l’antisémitisme, mais ce sera pour discréditer les GJ, on va parler de services publics en déshérence, mais ce sera pour dire qu’il y a trop d’impôts et de taxes et que ça crée du malheur chez les petites gens. Parfois, je trouve que le prix à payer pour entendre parler de choses qu’on désespérait de voir exister dans les médias de prescription est très élevé, parce que la conclusion que tout le monde retient en définitive est qu’il y a trop d’impôts. Et le gvt en toute décontraction va pouvoir agir dans le sens demandé par la majorité, il va baisser les impôts... (des plus riches).

      Ceci dit, je suis comme toi, je suis aux anges de constater cette convergence. Mais, le gouffre entre ceux qui convergent et les autres me semble de plus en plus grand. Si tu ne t’informes que par les médias de prescription, désormais, tu ne vois qu’une seule chose au 20h : les boutiques qui perdent de l’argent, les grandes surfaces qui perdent de l’argent, le chômage technique de telle ou telle petite boite. Tout le reste, la Réunion qui brûle, les rond-points bloqués, tu n’en entends pas parler (ah si, tu entends parler des GJ racistes, des GJ sexistes, des GJ nazis, des GJ antisémites et des GJ voleurs). Tu ne vois que les côtés négatifs. Et tu te dis que « vivement que ça s’arrête ».

    • Le prélèvement à la source, une réforme à hauts risques, Benoît Floc’h et Virginie Malingre
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/27/le-prelevement-a-la-source-une-reforme-a-hauts-risques_5402599_823448.html

      Alors que la crise des « gilets jaunes » a remis en lumière la question du pouvoir d’achat, certains redoutent l’effet psychologique de la réforme.

      C’est la #réforme qui ne peut plus être repoussée. Le 1er janvier 2019, le #prélèvement_à_la_source entrera en vigueur et trente jours plus tard, les contribuables découvriront sur leur fiche de #salaire ce qu’il leur reste pour vivre une fois l’#impôt_sur_le_revenu soustrait. Depuis des mois, Bercy se prépare à cette échéance à hauts risques. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, n’a pas le droit à l’erreur, tant le sujet est politiquement inflammable.

      A l’Elysée, on mesure les risques, mais on affirme que « tout a été fait pour que la réforme se réalise dans les meilleures conditions ». « Nous sommes prêts, assure M. Darmanin au Monde. Il y aura sans doute des erreurs, mais certainement moins que dans l’ancien système de l’impôt “à la papa”, qui en a généré 3 millions en 2018 ! Les agents des finances publiques seront là pour les résoudre, ils font un travail formidable. » Quant au sentiment de gagner moins que pourraient avoir les Français en découvrant leur rémunération nette fin janvier, après retenue de l’impôt, l’exécutif veut croire que le travail de pédagogie effectué suffira à l’empêcher.

      La relation avec l’administration et le pouvoir d’achat sont deux écueils potentiellement déflagratoires, comme l’a notamment montré ces dernières semaines la mobilisation des « gilets jaunes ». Emmanuel Macron le sait. Au lendemain de son élection, il avait d’ailleurs décidé de repousser d’un an la mise en place du prélèvement à la source, initialement prévue pour janvier 2018. Fin août, le chef de l’Etat avait envisagé de la reporter une nouvelle fois, jugeant que les garanties apportées par Bercy n’étaient pas suffisantes.

      Au risque politique, s’ajoute un risque économique. Que les Français aient le sentiment de toucher moins d’argent, qu’ils décident en conséquence de moins consommer et cela pourrait se traduire directement dans les chiffres de l’activité, laquelle donne déjà des signes de ralentissement. « Il y aura un impact psychologique, en termes de pouvoir d’achat et de consommation », prévient le sénateur (LR) d’Eure-et-Loir Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. Une mise en garde que le gouvernement ne peut négliger, alors qu’il a construit le budget 2019 avec une hypothèse de croissance de 1,7 % et que l’Insee mise désormais sur 1,3 %.

      Gains de trésorerie
      « Darmanin risque sa peau sur cette affaire », juge un macroniste de la première heure. On ne pourra en tout cas pas lui reprocher d’avoir ménagé sa peine. Dès qu’il en a l’occasion, le ministre issu de la droite plaide pour le prélèvement à la source. Il martèle qu’il ne s’agit pas d’une réforme de l’impôt sur le revenu, mais seulement de son mode de collecte. Dorénavant, l’impôt sera prélevé directement par l’employeur sur le salaire ou la caisse de retraite sur la pension. « Le prélèvement à la source est une façon plus simple de payer son impôt, a-t-il tweeté le 20 décembre. Nous sommes l’un des derniers pays à ne pas l’avoir mis en œuvre. »

      Bercy multiplie également les arguments pour convaincre que non seulement la réforme n’entraîne pas de perte de pouvoir d’achat, mais que, en plus, elle génère des gains de trésorerie. Notamment pour les contribuables mensualisés, qui sont aujourd’hui prélevés le 15 du mois et qui, à partir de janvier, le seront mécaniquement à la fin du mois, rappelle souvent Gérald Darmanin. « Elle permettra de nombreux gagnants en trésorerie et améliorera le quotidien de tous ceux qui connaissent des changements de situation familiale ou professionnelle », assure-t-il. Quant à ceux qui bénéficient de #crédits_d’impôt (services à la personne, frais de garde d’enfant, investissement locatif, etc.), ils percevront 60 % de cet avantage dès le 15 janvier, a décidé l’Elysée en septembre. Soit un transfert de 5 milliards d’euros.

      Par ailleurs, note le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, « les contribuables concernés par le prélèvement à la source sont très minoritaires, puisque 57 % des Français ne payent pas d’impôt sur le revenu, et que, parmi ceux qui le payent, 60 % sont déjà mensualisés ». Pour ces derniers, le fait de payer l’impôt sur douze mois, plutôt que sur dix – comme c’est le cas actuellement –, représente le principal atout de la réforme. C’est en tout cas ce que montre la dernière enquête Elabe sur ce thème, réalisée les 18 et 19 décembre. La même étude accrédite d’ailleurs l’image d’une réforme populaire : 68 % des Français y sont favorables.

      « Une affaire de perception »
      Néanmoins, au sein de la majorité parlementaire, son entrée en vigueur inquiète. « Jusqu’aux retraites, on n’a que des réformes impossibles, surtout le prélèvement à la source », juge un député LRM qui a l’oreille du président. Plusieurs élus évoquent l’enchaînement des mesures, qui brouille leur lisibilité. Pour le député LRM du Rhône Bruno Bonnell, « l’impact du prélèvement à la source n’est pas clair, il va masquer plus ou moins les baisses de cotisations de fin octobre ». « Mais en janvier, ajoute-t-il, il y aura la prime de fin d’année que certaines entreprises verseront, et, en février, la prime d’activité… Donc des plus et des moins, rien d’évident en perception ». Or, comme le dit un conseiller à l’Elysée, « la politique, c’est d’abord une affaire de perception » .

      L’administration fiscale a été mise sous pression, pour éviter au maximum les problèmes techniques. Depuis des mois, de nombreux tests ont été effectués, dont certains avaient donné des résultats calamiteux, comme l’avait révélé Le Parisien début septembre, quand Emmanuel Macron doutait de l’opportunité de mener à terme cette réforme.

      Mais, à en croire l’exécutif, tout serait réglé. « La préfiguration n’a pas révélé d’erreurs », indique-t-on dans l’entourage de Gérald Darmanin. Huit millions de fiches de paie tests ont été envoyées depuis octobre, manière de préfigurer le dispositif et d’acclimater les contribuables. Le ministre compare souvent la mise en œuvre du prélèvement à la source au « bug de l’an 2000 », quand le monde entier craignait que la transition d’un millénaire à l’autre ne fasse dérailler les systèmes informatiques. Il n’en fut rien.

      Certains syndicats se montrent moins affirmatifs. Solidaires finances publiques, le premier syndicat du secteur, appréhende l’arrivée des « #tiers_collecteurs » dans le circuit de l’impôt sur le revenu : les entreprises ou les caisses de retraite, notamment. « Quand vous multipliez les intervenants, vous multipliez les risques : les bugs peuvent venir d’ailleurs que de l’administration, estime Anne Guyot-Welke, sa porte-parole, mais ce sont nos services qui seront rendus responsables. » Et le ministre.

    • Effectivement, le passage en force du prélèvement mensuel obligatoire fait que beaucoup de personnes envisagent de fermer leur compte en banque et de rendre leur carte de crédit.
      Sans fric, pas de financiers, pas de banquiers.

      Le #holdup du gouvernement ne passe pas inaperçu, obliger chacun·e à donner un blanc seing mensuel sur son compte bancaire alors que dans le même temps les services publics sont sacrifiés avec les hopitaux en premier, ça risque de faire très mal, il n’y a qu’une dictature qui semble avoir été prévue au programme pour résoudre le conflit qui en résultera. Ces politiques sont complètement tarés.

  • Gérard Noiriel : « Les “#gilets_jaunes” replacent la question sociale au centre du jeu politique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/27/gerard-noiriel-les-gilets-jaunes-replacent-la-question-sociale-au-centre-du-

    Historien et directeur d’études à l’EHESS, Gérard Noiriel a travaillé sur l’#histoire de l’immigration en France

    les « #professionnels_de_la_parole_publique » ont été particulièrement nombreux à s’exprimer sur le sujet.

    Je pense que le mouvement des « gilets jaunes » peut être rapproché de la manière dont Emmanuel Macron a été élu président de la République, lui aussi par surprise et sans parti politique. Ce sont deux illustrations du nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés, et que Bernard Manin appelle la « démocratie du public » dans son livre Principe du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, 1995).

    Les « gilets jaunes » qui bloquent les routes en refusant toute forme de récupération politique s’inscrivent confusément dans le prolongement du combat des #sans_culottes en 1792-1794, des #citoyens_combattants de février 1848, des #communards de 1870-1871 et des #anarcho_syndicalistes de la #Belle_Epoque.

    Ce qui frappe, dans le mouvement des « gilets jaunes », c’est la diversité de leurs profils, et notamment le grand nombre de femmes, alors qu’auparavant la fonction de porte-parole était le plus souvent réservée aux hommes. La facilité avec laquelle ces leaders populaires s’expriment aujourd’hui devant les caméras est une conséquence d’une double démocratisation : l’élévation du niveau scolaire et la pénétration des techniques de communication audiovisuelle dans toutes les couches de la société.

    Les luttes antifiscales ont toujours joué un rôle extrêmement important dans l’histoire populaire de la France. L’Etat français s’est définitivement consolidé au début du XVe siècle, quand #Charles_VII a instauré l’impôt royal permanent sur l’ensemble du royaume. Dès cette époque, le rejet de l’impôt a été une dimension essentielle des luttes populaires. Mais il faut préciser que ce rejet de l’impôt était fortement motivé par le sentiment d’injustice qui animait les classes populaires, étant donné qu’avant la Révolution française, les « privilégiés » (noblesse et clergé), qui étaient aussi les plus riches, en étaient dispensés. Ce refus des injustices fiscales est à nouveau très puissant aujourd’hui, car une majorité de Français sont convaincus qu’ils payent des impôts pour enrichir encore un peu plus la petite caste des ultra-riches, qui échappent à l’impôt en plaçant leurs capitaux dans les paradis fiscaux.

    « L’autre fois, il a dit qu’on était des #poujadistes. J’ai été voir dans le dico, mais c’est qui ce blaireau pour nous insulter comme ça ? » Ce témoignage d’un chauffeur de bus, publié par Mediapart le 17 novembre, illustre bien ce #rejet_populaire.

    J’ai analysé, dans la conclusion de mon livre, l’usage que le candidat Macron avait fait de l’histoire dans son programme présidentiel. Il est frappant de constater que les classes populaires en sont totalement absentes. Dans le panthéon des grands hommes à la suite desquels il affirme se situer, on trouve Napoléon, Clémenceau, de Gaulle, mais pas Jean Jaurès ni Léon Blum. Certes, la plupart de nos dirigeants sont issus des classes supérieures, mais jusque-là, ils avaient tous accumulé une longue expérience politique avant d’accéder aux plus hautes charges de l’Etat ; ce qui leur avait permis de se frotter aux réalités populaires.

    J’ai publié un livre sur le massacre des Italiens à Aigues-Mortes, en 1893, qui montre comment le mouvement spontané des ouvriers français sans travail (qu’on appelait les « trimards ») a dégénéré au point de se transformer en pogrom contre les saisonniers piémontais qui étaient embauchés dans les salins. Je suis convaincu que si les chaînes d’information en continu et les smartphones avaient existé en 1936, les journalistes auraient pu aussi enregistrer des propos xénophobes ou racistes pendant les grèves. Il ne faut pas oublier qu’une partie importante des ouvriers qui avaient voté pour le Front populaire en mai-juin 1936 ont soutenu ensuite le Parti populaire français de Jacques Doriot, qui était une formation d’extrême droite.

    Issus des milieux populaires, ils sont brutalement sortis de l’ombre. Leur vie a été bouleversée et ils ont été valorisés par les nombreux journalistes qui les ont interviewés ou filmés. Beaucoup d’entre eux vont retomber dans l’anonymat si le mouvement se donne des porte-parole permanents. Ce qui risque d’affaiblir la dimension populaire de la lutte, car il y a de grandes chances que ces représentants soient issus de la classe moyenne, c’est-à-dire des milieux sociaux ayant plus de facilité pour s’exprimer en public, pour structurer des #actions_collectives.

  • https://rebellyon.info/Le-jeudi-25-octobre-2018-la-Chambre-d-19722

    La Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lyon reconnait qu’il y a des indices graves, ou concordants, et elle renvoie le dossier devant les juges d’instruction en leur demandant la mise en examen des deux responsables de la police, l’ancien directeur départemental de la sécurité publique Albert Doutre et l’ex-préfet du Rhône Jacques Gerault pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle », « privation de liberté illégale » et « entrave concertée à la liberté d’expression et de manifestation » lors de la nasse géante place Bellecour le 21 octobre 2010.

    #2010 #lyon #bellecour #nasse #justice #long

  • A quand des mines de cobalt en Belledonne ?

    Vous êtes pour les véhicules électriques, les éoliennes, la dématérialisation, les médias numériques ou les panneaux solaires ? Mais êtes-vous pour l’ouverture de mines de cobalt en Belledonne ? à propos de la prise en charge des saloperies générées par l’extraction des métaux rares indispensables aux nouvelles technologies vendues comme « vertes », ça fait longtemps que l’Isère, la France, l’Occident ne font pas « leur part ». A quand un peu de cohérence ?

    Lire la suite sur :

    https://www.lepostillon.org/A-quand-des-mines-de-cobalt-en-Belledonne.html

    #TransitionMonCul #Terresrares #Pollutionnumérique

  • En apprenant qu’EDF va ouvrir une gigantesque piscine à Belleville sur Loire, pour y accueillir des milliers de tonnes de combustible nucléaire encore tout chaud, nos concitoyens ont de quoi être surpris.

    https://blogs.mediapart.fr/benjamin-dessus/blog/190218/belleville-sur-loire-la-consequence-de-la-faillite-de-la-doctrine-du
    https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-la-grande-pagaille
    https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/dechets-nucleaires-edf-confirme-un-projet-de-nouvelle-piscine-de-stocka
    https://www.franceinter.fr/societe/y-aura-t-il-une-piscine-de-stockage-des-dechets-nucleaires-a-belleville-

    Sécurité nucléaire/procès Perrine Goulet-Greenpeace :
    http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/09/13/la-centrale-nucleaire-de-belleville-sous-surveillance-renforcee_5185
    https://www.lejdc.fr/nevers/environnement/2018/02/13/la-deputee-perrine-goulet-favorable-au-projet-d-entreposage-de-dechets-nucleai
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Piscine_de_stockage_de_combustible_nucl%C3%A9aire#Surveillance_et_s%C3
    https://reporterre.net/IMG/pdf/pngmdr_2016-2018.pdf
    https://www.huffingtonpost.fr/2018/03/22/ne-pas-se-poser-de-questions-et-tirer-lidee-choc-dune-deputee-lrem-fa
    http://www.lcp.fr/actualites/intrusions-dans-des-centrales-nucleaires-une-deputee-lrem-defend-la-possibilite-
    https://www.greenpeace.fr/espace-presse/greenpeace-france-porte-plainte-contre-deputee-perrine-goulet-incitation-

    #déchets_nucléaires
    #piscine_nucléaire
    #Belleville_sur_Loire
    #La_Hague
    #Perrine_Goulet
    #Greenpeace
    #shoot_to_kill

  • How One Houston Suburb Ended Up in a Reservoir - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2018/03/22/us/houston-harvey-flooding-reservoir.html

    Three days after Hurricane Harvey made landfall in August, rising storm water inside Barker Reservoir inundated a vast majority of the 721 homes in Canyon Gate.

    Because Barker is normally a dry, green space, most homeowners in the neighborhood had no clue that their properties were inside an area susceptible to flooding during extreme storms.

    In response to major floods that devastated Houston, the United States Army Corps of Engineers built Barker in the 1940s to protect the downtown area.

    Barker was designed to hold 19,330 acres of flooded land — almost half the size of Washington, D.C. But the government acquired about 12,000 acres of that footprint and left the rest as private property.

    For years, this swath of prairie land remained untouched. But as the Houston area began to grow rapidly in the 1980s, developers started transforming the private land into residential neighborhoods like Canyon Gate, which is a gated community.

    No one wanted to tell the developers that you can’t develop because it’s in a reservoir,” said Charles Irvine, a lead lawyer in a class-action lawsuit against the federal government. “Everyone knew, but nobody wanted to do anything.
    […]
    A Fort Bend County planning map from 1997 warned that Canyon Gate was “_adjacent to the Barker Reservoir” and “subject to extended controlled inundation.

    But few homeowners knew about it, and most, like Ms. Micu, had not acquired flood insurance before Hurricane Harvey because Canyon Gate lies outside the 100-year floodplain — an area that has a one in 100 chance of flooding in a single year.

    #crue_centennale #écrêtement_de_crue
    #belle_histoire (avec infographies dynamiques)

  • Convoi #ZAD solidarité Grèce mai 2018
    https://nantes.indymedia.org/articles/40497

    On vous l’a déjà annoncé : cette année le camion zad partira... #de la zad ! Pour soutenir la solidarité mais également pour renforcer les liens avec la lutte contre le projet d’aéroport à Kastelli, #en Crête (accaparement des terres au profit de Vinci, impliquant la destruction de plus de 200 000 oliviers) http://blogyy.net/2018/01/18/solidarite-avec-la-lutte-contre-le-projet-daeroport-de-kastelli-en-crete) Collecte permanente sur la #ferme de #bellevue, zad de Notre Dame des Landes.

    #Resistances #-ismes #tout #genres #_anarch-fémin #libérations #nationales #- #nddl #Resistances,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,libérations,nationales

  • ‘Frost Boy’ in China Warms Up the Internet, and Stirs Poverty Debate - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/13/world/asia/frozen-boy-china-poverty.html

    BEIJING — On a bitterly cold morning this month, Wang Fuman, 8, set out for school as he usually did, walking 2.8 miles through mountains and streams until he reached the warmth of his third-grade classroom.

    When Fuman arrived two hours later, his classmates erupted in laughter. The freezing temperatures had covered his hair, eyebrows and eyelashes with frost, making him look like a snowman. His cheeks were chapped and bright red.

    Fuman’s teacher at the Zhuanshanbao primary school, in the southern province of Yunnan, snapped a photograph and posted it on WeChat, a popular Chinese messaging app. Soon, the boy became an internet sensation, hailed by commenters as a symbol of the raw determination of rural residents, who make up about 43 percent of China’s population .

    The state-run media called him “frost boy” and “ice boy.”

    #Chine #Médias_sociaux #Belles_histoires

  • Le glaive ou le pont ? Le masculin et le pouvoir de vie | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-1-page-75.htm

    Les hésitations et les tergiversations de Freud, puis les confirmations par Lacan de ses choix les plus contestables, ont conduit la plus grande partie des psychanalystes à enfermer les hommes et les femmes dans des postures immuables. Le masculin serait condamné à sempiternellement représenter et incarner la loi, à se dresser en travers d’un féminin réduit à une pure affectivité. Corrélativement le père aurait pour mission principale de trancher le lien avec l’enfant, que la mère voudrait toujours empêcher d’exister. Monique Schneider nous montre que l’œuvre de Freud permet une autre lecture, à travers laquelle il existe une possibilité, pour le masculin et le paternel, de sortir des apories de la loi avec un grand L ou de l’institution avec un grand I, qui sont souvent les meilleurs prétextes pour ne rien changer aux rapports sociaux.
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    Inscrire le pouvoir de vie dans le masculin revient, si on respecte le code freudien, à introduire une dimension officiellement placée en territoire féminin. Un féminin qui, dans le sillage de L’Homme Moïse, serait à situer du côté du « sensible » auquel initie la mère, alors que le masculin, sous l’égide du père, commanderait l’accès au « nouveau règne de la spiritualité (Geistigkeit) ». Le passage d’un règne à l’autre constituerait le grand « progrès » (Fortschritt) de la civilisation. La construction de l’idée de paternité est elle-même emportée dans un certain nombre de mutations. Or la pensée psychanalytique actuelle a tendance à envisager les mutations sous l’angle de la dégradation. Nous assisterions, selon certains, à une perte des repères – perte due en particulier aux nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques médicales –, à une « désymbolisation ». Dans cette perspective, la symbolisation attenante au régime actuel, attribuant au père une fonction essentiellement séparatrice, devrait être regardée comme une symbolisation adéquate, fondée sur la nature des choses et sur une droite différenciation du partage sexué. C’est ce postulat qu’il s’agira, dans un premier temps, de remettre en question, pour questionner les processus de symbolisation et de désymbolisation qui président à l’édification des repères psychanalytiques. L’impact des nouvelles techniques médicales pourra alors se trouver réenvisagé.

    #psychanalyse #sexisme #misogynie #freud #symbole #fraternité

    • Freud voit dans le tabou de la belle-mère l’expression indirecte du tabou portant sur la mère : « aux îles Salomon, l’homme, une fois marié, ne doit plus voir sa belle-mère ni lui parler. Lorsqu’il la rencontre, il feint de ne pas la connaître et se met à courir aussi vite que possible pour se cacher [1][1] S. Freud, Totem et tabou, Payot, 1951, p. 25. ».
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      Dans une autre ethnie, se trouve souligné l’évitement symbolique qui doit être mis en place entre gendre et belle-mère : « aucun d’eux ne doit prononcer le nom de l’autre [2][2] Ibid. ». Le champ symbolique lui-même doit s’organiser autour de l’évitement portant sur une nomination. Dans Malaise, Freud dénudera le recours à une opération forclusive agissant au moment où s’effectue le « progrès culturel » : l’opération consistant à « se détourner » (Abwendung) de la mère ; le champ sensoriel-olfactif s’organisant autour du maternel et du féminin dans son ensemble sera alors forclos. Dans les cultures commandées par un tel tabou, le détournement ne consistera donc pas seulement à abandonner le sensible ou l’imaginaire pour promouvoir le symbolique, mais à procéder à l’effacement ou à la « mise à l’écart » (Beseitigung) du féminin-maternel [3][3] C’est ce processus que la démarche de W. Granoff accompagne....
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      Comment la psychanalyse va-t-elle se situer par rapport à cet interdit qui travaille le champ des représentations culturelles ? L’option lacanienne s’inscrit dans la droite ligne de cet héritage basé sur l’interdiction en soutenant : « il n’y a pas à proprement parler, dirons-nous, de symbolisation du sexe de la femme [4][4] J. Lacan, Les Psychoses. Le Séminaire III, Seuil, 1981,... ». Le blanc s’inscrivant ainsi dans le champ symbolique va se doubler d’une mise en garde concernant, non plus la représentation du féminin, mais l’éventuelle interrogation féminine sur ce qui spécifie le continent dit noir. Lacan décourage ainsi un tel projet d’investigation : « devenir une femme et s’interroger sur ce qu’est une femme sont deux choses essentiellement différentes. Je dirai même plus – c’est parce qu’on ne le devient pas qu’on s’interroge, et jusqu’à un certain point, s’interroger est le contraire de le devenir [5][5] Ibid., p. 200. ».
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      Une telle prise de position délivre-t-elle la leçon psychanalytique sur la question ? Tant s’en faut, puisque, essentiellement dans les orientations prises initialement, Freud propose une lecture beaucoup plus critique des prescriptions culturelles ; il voit dans cet interdit de regard imposé aux femmes l’une des raisons du malaise culturel : « l’éducation interdit aux femmes de s’occuper intellectuellement des problèmes sexuels pour lesquels elles ont pourtant le plus vif désir de savoir, elle les effraie en leur enseignant que cette curiosité est antiféminine [6][6] « La Morale sexuelle “civilisée” et la maladie nerveuse... ».

      #belle_mères

    • Par rapport à ce truc du pont pour sois disant trouvé une virilité-masculinité positive ou acceptable me semble tout aussi misogyne que l’idée que tout est penis-épée et que les femmes ont un désir de penis, font des enfants-penis ou sont phalliques. L’idée du texte c’est qu’il existe une virilité-masculinité cool qui serait dans l’échange (d’ou le pont) au lieu de la guerre (épée). Sauf que l’article dit que ce pont est en fait un échange des femmes. Alors ca veut dire que l’épée c’est le traitement des femmes comme de la viande et le pont c’est l’échange des femmes entre les hommes comme du bétail. Ce qui est fantastique avec la psychanalyse c’est de présenté l’échange des femmes comme un truc cool ou enviable qui ferait une virilité-masculinité plus acceptable que la première. Pourtant traiter les femmes comme de la viande qu’on découpe ou comme du bétail qu’on échange ca reste moralement inacceptable, inégalitaire et toxique. Peut etre que le bétail peut s’en sortir un peu mieux que la viande au moin temporairement, mais on sais bien que le bétail est simplement en sursis avant d’être débité à coup d’épée.