• Les #outils_numériques de l’#humanitaire sont-ils compatibles avec le respect de la #vie_privée des #réfugiés ?

    Pour gérer les opérations humanitaires dans le camp de réfugiés syriens de #Zaatari en #Jordanie, les ONG ont mis en place des outils numériques, mais l’#innovation a un impact sur le personnel humanitaire comme sur les réfugiés. Travailler sur ce camp ouvert en 2012, où vivent 76 000 Syriens et travaillent 42 ONG, permet de s’interroger sur la célébration par le monde humanitaire de l’utilisation de #nouvelles_technologies pour venir en aide à des réfugiés.

    Après plusieurs années d’observation participative en tant que chargée d’évaluation pour une organisations non gouvernementales (ONG), je suis allée plusieurs fois à Amman et dans le camp de Zaatari, en Jordanie, entre 2017 et 2018, pour rencontrer des travailleurs humanitaires de 13 organisations différentes et agences de l’Onu et 10 familles vivant dans le camp, avec l’aide d’un interprète.

    Le camp de Zaatari a été ouvert dès 2012 par le Haut Commissariat aux Réfugiés pour répondre à la fuite des Syriens vers la Jordanie. Prévu comme une « #installation_temporaire », il peut accueillir jusqu’à 120 000 réfugiés. Les ONG et les agences des Nations Unies y distribuent de la nourriture et de l’eau potable, y procurent des soins et proposent un logement dans des caravanes.

    Pour faciliter la #gestion de cet espace de 5,2 km2 qui accueille 76 000 personnes, de très nombreux rapports, cartes et bases de données sont réalisés par les ONG. Les #données_géographiques, particulièrement, sont collectées avec des #smartphones et partagées via des cartes et des #tableaux_de_bord sur des #plateformes_en_ligne, soit internes au camp comme celle du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), soit ouvertes à tous comme #Open_Street_Map. Ainsi, grâce à des images par satellite, on peut suivre les déplacements des abris des réfugiés dans le camp qui ont souvent lieu la nuit. Ces #mouvements modifient la #géographie_du_camp et la densité de population par zones, obligeant les humanitaires à modifier les services, tel l’apport en eau potable.

    Les réfugiés payent avec leur iris

    Ces outils font partie de ce que j’appelle « l’#humanitaire_numérique_innovant ». Le scan de l’#iris tient une place à part parmi ces outils car il s’intéresse à une partie du #corps du réfugié. Cette donnée biométrique est associée à la technologie de paiement en ligne appelée #blockchain et permet de régler ses achats au #supermarché installé dans le camp par une société jordanienne privée. Avant l’utilisation des #scanners à iris, les réfugiés recevaient une #carte_de_crédit qu’ils pouvaient utiliser dans divers magasins autour du camp, y compris dans des #échoppes appartenant à des réfugiés.

    Ils ne comprennent pas l’utilité pour eux d’avoir changé de système. Nour*, une réfugiée de 30 ans, trouvait que « la #carte_Visa était si facile » et craint de « devenir aveugle si [elle] continue à utiliser [son] iris. Cela prend tellement de temps : “ouvre les yeux”, “regarde à gauche”, etc. ». Payer avec son corps n’a rien d’anecdotique quand on est réfugié dans un camp et donc dépendant d’une assistance mensuelle dont on ne maîtrise pas les modalités. Nisrine, une autre réfugiée, préférait quand « n’importe qui pouvait aller au supermarché [pour quelqu’un d’autre]. Maintenant une [seule] personne doit y aller et c’est plus difficile ». Sans transport en commun dans le camp, se rendre au supermarché est une contrainte physique pour ces femmes.

    Le principal argument des ONG en faveur du développement du scan de l’iris est de réduire le risque de #fraude. Le #Programme_Alimentaire_Mondial (#Pam) contrôle pourtant le genre de denrées qui peuvent être achetées en autorisant ou non leur paiement avec la somme placée sur le compte des réfugiés. C’est le cas par exemple pour des aliments comme les chips, ou encore pour les protections hygiéniques. Pour ces biens-là, les réfugiés doivent compléter en liquide.

    Des interactions qui changent entre le personnel humanitaire et les réfugiés

    Les effets de ces #nouvelles_technologies se font aussi sentir dans les interactions entre le personnel du camp et les réfugiés. Chargés de collecter les #données, certains humanitaires doivent régulièrement interroger des jeunes hommes venant de zones rurales limitrophes (qui forment la majorité des réfugiés) sur leur hygiène ou leurs moyens de subsistance. Cela leur permet de créer des #indicateurs pour classer les réfugiés par catégories de #vulnérabilité et donc de #besoins. Ces interactions sont considérées par les réfugiés comme une intrusion dans leur espace de vie, à cause de la nature des questions posées, et sont pourtant devenues un des rares moments d’échanges entre ceux qui travaillent et vivent dans le camp.

    Le #classement des ménages et des individus doit se faire de manière objective pour savoir qui recevra quoi, mais les données collectées sont composites. Difficile pour les responsables de projets, directement interpellés par des réfugiés dans le camp, d’assumer les choix faits par des logiciels. C’est un exercice mathématique qui décide finalement de l’#allocation de l’aide et la majorité des responsables de programmes que j’ai interrogés ne connaissent pas son fonctionnement. Le processus de décision est retiré des mains du personnel humanitaire.

    Aucune évaluation de la #protection_des_données n’a été réalisée

    La vie privée de cette population qui a fui la guerre et trouvé refuge dans un camp est-elle bien protégée alors que toutes ces #données_personnelles sont récoltées ? Le journal en ligne The New Humanitarian rapportait en 2017 une importante fuite de données de bénéficiaires du Pam en Afrique de l’Ouest, détectée par une entreprise de protection de la donnée (https://www.thenewhumanitarian.org/investigations/2017/11/27/security-lapses-aid-agency-leave-beneficiary-data-risk). En Jordanie, les #données_biométriques de l’iris des réfugiés circulent entre une banque privée et l’entreprise jordanienne qui exploite le supermarché, mais aucune évaluation de la protection des données n’a été réalisée, ni avant ni depuis la mise en œuvre de cette #innovation_technologique. Si la protection des données à caractère personnel est en train de devenir un objet de légalisation dans l’Union européenne (en particulier avec le Règlement Général sur la Protection des Données), elle n’a pas encore été incluse dans le #droit_humanitaire.

    De la collecte de données sur les pratiques d’hygiène à l’utilisation de données biométriques pour la distribution de l’#aide_humanitaire, les outils numériques suivent en continu l’histoire des réfugiés. Non pas à travers des récits personnels, mais sur la base de données chiffrées qui, pense-t-on, ne sauraient mentir. Pour sensibiliser le public à la crise humanitaire, les équipes de communication des agences des Nations Unies et des ONG utilisent pourtant des histoires humaines et non des chiffres.

    Les réfugiés eux-mêmes reçoivent peu d’information, voire aucune, sur ce que deviennent leurs données personnelles, ni sur leurs droits en matière de protection de données privées. La connexion Internet leur est d’ailleurs refusée, de peur qu’ils communiquent avec des membres du groupe État Islamique… La gestion d’un camp aussi vaste que celui de Zaatari bénéficie peut-être de ces technologies, mais peut-on collecter les #traces_numériques des activités quotidiennes des réfugiés sans leur demander ce qu’ils en pensent et sans garantir la protection de leurs données personnelles ?

    http://icmigrations.fr/2020/01/16/defacto-015-01

    #camps_de_réfugiés #numérique #asile #migrations #camps #surveillance #contrôle #biométrie #privatisation

    ping @etraces @reka @karine4 @isskein

  • #Meghan_Murphy : La prostitution est déjà déstigmatisée et cela fait partie du problème.
    https://tradfem.wordpress.com/2020/02/05/la-prostitution-est-deja-destigmatisee-et-cela-fait-partie-du-pro

    La semaine dernière, Marylène Lévesque, 22 ans, a été assassinée par un homme de 51 ans, Eustachio Gallese. Lévesque se livrait à la prostitution, pour un « salon de massage » de Québec, où des hommes la payaient pour du sexe. La Montreal Gazette signale que Gallese avait été interdit de cet établissement pour avoir été violent avec d’autres femmes qui y travaillaient. C’est pourquoi Marylène Lévesque a accepté de le rencontrer dans une chambre d’hôtel.

    En 2004, Gallese avait été condamné à perpétuité pour avoir tué une compagne, Chantale Deschênes, qu’il a battue à coups de marteau, puis poignardée au visage et à la poitrine. Gallese aurait recouvert son cadavre d’une couette, puis a écrit sur le mur de sa chambre « Plotte un jour, plotte toujours » avant de se rendre à la police. Gallese avait des antécédents de violence conjugale, et avait été condamné pour agression contre une ex-partenaire en 1997.

    En raison de sa bonne conduite en prison, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a ramené le risque de récidive de Gallese d’« élevé » à « modéré » (NDT : « sauf dans des rapports intimes avec des femmes »), puis lui a accordé une libération conditionnelle de jour dans un foyer de réinsertion en mars dernier.

    Mais selon la Montreal Gazette, la visite de femmes prostituées était un élément autorisé du « plan de réinsertion sociale » de Gallese, approuvé par la Commission des libérations conditionnelles du Canada. Même si celle-ci avait reconnu qu’il ne pouvait pas avoir de relations intimes sécuritaires avec des femmes, il a été déterminé que Gallese devait pouvoir « satisfaire ses besoins sexuels ».

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2020/01/31/prostitution-is-already-destigmatized-and-its-not-helping
    #récidive #justice_patriarcale #système_prostitutionnel #violences_masculines #besoins_sexuels

  • Le commerce par Internet est un désastre écologique
    https://reporterre.net/Le-commerce-par-Internet-est-un-desastre-ecologique

    De manière générale, le numérique contribue largement à la catastrophe écologique. Ce secteur émet autant de CO2 que le transport aérien. Le e-commerce y prend sa part. Il pousse à la surconsommation : une véritable « fièvre acheteuse » qui donne l’illusion que le monde se trouve à sa portée, au bout de l’écran tactile. Avec internet, « des besoins artificiels » apparaissent, nourris par des comportements anti-écolos comme ceux des « serial returners ». Au Royaume-Uni, près de 30 % des acheteurs en ligne commandent plus de produits qu’ils n’en ont besoin, avant de retourner les articles non désirés après essayage. Les taux de retour des ventes sur internet sont deux à quatre fois plus élevés que dans les magasins physiques. Ce qui accroît les livraisons mais aussi le gaspillage.

    #gaspillage #pollution #environnement #climat #black-friday #besoins-artificiels #consumerisme

  • « Nous avons atteint le stade suprême du consumérisme » (Razmig Keucheyan, Libération, 27.09.19)
    https://www.liberation.fr/debats/2019/09/27/razmig-keucheyan-nous-avons-atteint-le-stade-supreme-du-consumerisme_1754

    Pour Marx, le #capitalisme repose sur une double logique : le #productivisme et le #consumérisme, qui sont étroitement imbriqués. On produit des #marchandises toujours nouvelles, qui sont déversées sur le marché afin d’être consommées. Et ainsi de suite à l’infini. Marx a compris que pour soutenir cette logique dont dépend le profit, le capitalisme doit périodiquement générer des #besoins_artificiels. Cette #théorie_des_besoins, il l’utilise pour développer sa critique de l’#aliénation. Dans les sociétés capitalistes, les individus sont aliénés parce que leurs besoins authentiques sont ensevelis sous des faux besoins. Mais il l’emploie aussi pour comprendre le lien entre le capitalisme et la nature, montrant que la prolifération de besoins artificiels induit un épuisement des #ressources et des #pollutions multiples.
    […]
    Les objets qui nous entourent sont partie prenante des rapports de force politiques. Accroître la durée de vie des biens est une manière de contrecarrer le productivisme et le consumérisme. […] Etendre la garantie favorise la réparation et donc l’inscription des objets dans le temps : 80 % des objets sous garantie sont rapportés pour être réparés lorsqu’ils tombent en panne. Ce chiffre tombe en dessous de 40 % dès lors que celle-ci arrive à échéance. Si l’on veut diminuer la quantité de biens en circulation, afin de soulager l’environnement et nos subjectivités, la garantie est un levier puissant.
    […]
    Tout au long des XIXe et XXe siècles, des courants majoritaires du mouvement ouvrier et des gauches ont été productivistes. Le développement des forces productives devait donner lieu à un accroissement du niveau de vie des classes populaires, et par là même les faire entrer dans la modernité. Il y a une critique rétrospective un peu facile des Trente Glorieuses qui passe sous silence le fait que, dans les pays du Nord en tout cas, les #inégalités ont été stabilisées, si ce n’est réduites. Mais il est clair que le bilan écologique des sociétés d’après-guerre, de part et d’autre du rideau de fer, est assez catastrophique. L’aggravation de la crise environnementale impose une hybridation des mouvements écologistes et anticapitalistes.

  • L’écart se creuse entre les besoins et les offres de places de réinstallation pour les réfugiés

    Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, s’est déclaré aujourd’hui préoccupé par l’écart croissant entre le nombre de réfugiés ayant besoin d’une réinstallation et les places offertes par les gouvernements à travers le monde.

    Dans son rapport 2019 sur les besoins prévus de réinstallation dans le monde (Projected Global Resettlement Needs 2019 report, en anglais) présenté à Genève lors de sa réunion annuelle sur le sujet, le HCR montre que le nombre de réfugiés en attente d’une solution dans des pays tiers atteindrait 1,4 million en 2019 selon les prévisions, tandis que le nombre de places de réinstallation dans le monde est tombé à seulement 75 000 en 2017. Sur la base de ces chiffres, il faudrait 18 ans pour que les réfugiés les plus vulnérables à travers le monde soient réinstallés.

    « Au Niger où je me trouvais la semaine dernière seulement, j’ai vu combien la réinstallation permet littéralement de sauver des vies et ce, grâce à un dispositif innovant qui permet d’évacuer vers le Niger des réfugiés libérés d’épouvantables conditions en Libye pour les réinstaller ensuite dans de nouveaux pays. Nous avons besoin de davantage de places de réinstallation pour que ce programme perdure et de voir dans tous les États une transposition massive de ce type d’objectif commun et de détermination afin de relever les défis qui se posent au monde aujourd’hui », a déclaré Filippo Grandi.

    L’augmentation des possibilités de réinstallation offertes aux réfugiés dans des pays tiers est l’un des objectifs clés d’une nouvelle approche globale des crises de réfugiés approuvée en septembre 2016 par les 193 États Membres des Nations Unies dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, ainsi que l’un des axes majeurs du nouveau Pacte mondial sur les réfugiés qui sera présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies d’ici la fin 2018.

    « La réinstallation n’est pas seulement une essentielle bouée de sauvetage pour certains des individus les plus vulnérables de la planète, c’est aussi un moyen concret pour les gouvernements et les communautés de mieux partager la responsabilité de la crise mondiale des déplacements. Nous avons d’urgence besoin que de nouveaux pays viennent rejoindre les rangs des États de réinstallation et que ces derniers trouvent des moyens pour élargir leurs propres programmes », a encore déclaré Filippo Grandi.

    Trente-cinq pays font aujourd’hui partie du programme de réinstallation du HCR, contre 27 États en 2018. Selon le rapport, des réfugiés de 36 nationalités relevant de 65 opérations menées dans différents pays du monde ont aujourd’hui besoin d’une réinstallation. Les réfugiés originaires de Syrie et de République démocratique du Congo représentaient deux tiers des dossiers de réinstallation présentés par le HCR en 2017.

    Le HCR exhorte les pays à accueillir davantage de réfugiés de différents pays et opérations qui présentent d’impérieux besoins en matière de protection internationale et à s’engager à les accueillir durablement. À l’heure actuelle, seulement 14 des 25 États de réinstallation reçoivent des réfugiés provenant de plus de trois opérations de réinstallation. Le HCR appelle également les États à réserver au moins 10 % des places offertes aux cas graves et urgents présentés par le HCR.

    Plus de 250 délégués gouvernementaux et représentants d’ONG, d’universités, d’entreprises privées et de réfugiés participent aux consultations tripartites annuelles du HCR sur la réinstallation qui se tiennent cette semaine à Genève et constituent le premier forum sur les problèmes en matière de réinstallation à travers le monde.

    http://www.unhcr.org/fr/news/press/2018/6/5b32163ca/lecart-creuse-besoins-offres-places-reinstallation-refugies.html
    #réinstallation #asile #migrations #réfugiés #places_de_réinstallation #monde #statistiques #chiffres #monde #besoins

    #rapport :
    Projected Global Resettlement Needs 2019


    http://www.unhcr.org/5b28a7df4

    @_kg_ Tu peux montrer dans ton mémoire que la réinstallation... une solution pendant la crise indochinoise, aujourd’hui, ne marche plus ! Ce qui, aussi cause les problèmes de blocages dans les pays de transit.
    (regarde tout ce fil de discussion, sur la réinstallation)

    • What Next for Global Refugee Policy? Opportunities and Limits of Resettlement at Global, European and National Levels

      Only a small minority of refugees worldwide currently has access to resettlement programmes. In this present crisis in global refugee policy, resettlement is nonetheless a promising approach to dealing with refugee situations. The Policy Brief analyses the state of play as regards the resettlement system in Germany, Europe and at global level, as well as the development and implementation of alternative admission pathways such as humanitarian programmes and private sponsorship schemes. Based on this analysis, the Policy Brief discusses whether resettlement is an alternative or addition to territorial asylum and how alternative pathways can fit into the mix of available admission procedures, and it presents recommendations for action in regard to developing resettlement policy.

      https://www.svr-migration.de/en/publications/resettlement
      #Allemagne

    • The EU has started resettling refugees from Libya, but only 174 have made it to Europe in seven months

      Abdu is one who got stuck. A tall, lanky teenager, he spent nearly two years in smugglers’ warehouses and official Libyan detention centres. But he’s also one of the lucky ones. In February, he boarded a flight to Niger run (with EU support) by the UN’s refugee agency, UNHCR, to help some of those stranded in Libya reach Europe. Nearly 1,600 people have been evacuated on similiar flights, but, seven months on, only 174 have been resettled to Europe.

      https://www.irinnews.org/special-report/2018/06/26/destination-europe-evacuation

    • US Sets Refugee Admissions at Historic Low

      The United States will cap the number of refugee admissions in the coming year at 30,000, President Donald Trump announced Thursday, an anticipated move by his administration that refugee advocates had lobbied against in recent weeks.

      The refugee ceiling for the 2019 fiscal year will be the lowest in the history of the program, which in recent years saw 60,000 to nearly 90,000 refugees arrive in the country annually.

      “We are troubled by this decision to further limit America’s role in offering protection to those who need it most,” said Kay Bellor, vice president for programs at Lutheran Immigration and Refugee Service (LIRS), one of the leading resettlement agencies in the country. “The United States is capable of far more than this.”

      For three decades, the U.S. was the leading resettler of refugees the United Nations determined could not safely stay in their country of asylum, or return to their home country. Canada and Australia trailed at a sizable distance until Trump took office.

      He and his cabinet implemented a series of policy decisions that chipped away at the country’s refugee program, cutting the cap from 110,000 during the last year of President Barack Obama’s tenure, to 45,000 in 2018, and now to 30,000 for the fiscal year that began Oct. 1.

      Trump insisted that additional security measures were needed for refugees, and added extra vetting for those from certain countries. Since then, the number of arrivals dropped. In FY 2018, the U.S. accepted 22,491 refugees — less than half of the proposed ceiling.

      Evidence-based data does not support the idea that there is an increased security risk posed by refugees selected for resettlement to the U.S.

      Before the State Department announced its intent to resettle a maximum of 30,000 refugees this fiscal year, advocates lobbied lawmakers on Capitol Hill to push for 75,000.

      The required consultation between Congress and Secretary of State Mike Pompeo on Monday was unsuccessful in budging the Trump administration on the cap.

      The regional allocations for FY 2019, according to Thursday’s presidential determination, are:

      Africa — 11,000

      East Asia — 4,000

      Europe and Central Asia — 3,000

      Latin America/Caribbean — 3,000

      Near East/South Asia — 9,000

      https://www.voanews.com/a/us-sets-refugee-admissions-at-historic-low/4600218.html

  • « Si vous êtes dépressif et anxieux, vous n’êtes pas une machine avec des pièces défectueuses. Vous êtes un être humain avec des besoins insatisfaits. | « PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2018/01/27/si-vous-etes-depressif-et-anxieux-vous-netes-pas-une-machi

    Alors qu’est-ce qui se passe vraiment ? J’ai rencontré des spécialistes en sciences sociales partout dans le monde – de São Paolo à Sydney, de Los Angeles à Londres – et j’ai commencé à voir une image inattendue émerger. Nous savons tous que tout être humain a des #besoins physiques élémentaires : nourriture, eau, hébergement, air propre. Il apparaît que, de la même manière, tous les êtres humains ont certains besoins psychologiques élémentaires. Nous avons besoin de sentir que nous avons notre place. (« We need to feel we belong. ») Nous avons besoin de sentir que notre valeur est reconnue. (« We need to feel valued ») Nous avons besoin de sentir que nous sommes bons à quelque chose. Nous avons besoin de sentir que nous avons un futur sûr. Et il y a des indices croissantes que notre culture ne répond pas à ces besoins psychologiques pour beaucoup de gens – peut-être pour la majorité des gens. Je continue à découvrir que, de toutes sortes de manières différentes, nous sommes devenus déconnectés de choses dont nous avons vraiment besoin, et que cette profonde déconnexion mène l’épidémie de #dépression et d’anxiété tout autour de nous.

    #société

    • La plupart des personnes dépressives et anxieuses que je connais sont dans les 87% qui n’aiment pas leur travail. J’ai commencé à creuser autour de ce point, pour voir s’il existait des preuves que cela puisse être lié à la dépression. Il est apparu qu’une percée avait été faite sur cette question dans les années 1970s, par un scientifique australien nommé Michael Marmot. Il voulait enquêter sur les causes du stress au travail, et il pensait avoir trouver le laboratoire idéal pour trouver la réponse : la haute fonction publique britannique, basée à Whitehall. Une petite armée de bureaucrates était divisées en 19 différentes strates, depuis les directeurs généraux d’administration au sommet, jusqu’aux dactylos. Ce qu’il voulait savoir, au début, c’était : qui a la plus grande probabilité d’avoir une attaque cardiaque liée au stress – le grand chef au sommet, ou quelqu’un en-dessous de lui ?

      Tout le monde lui disait : tu perds ton temps. Evidemment, c’est le chef qui va être le plus stressé parce qu’il a le plus de responsabilités. Mais quand Marmot a publié ses résultats, il a montré que la vérité est exactement à l’opposé. Plus un employé est bas dans la hiérarchie, plus hauts sont ses niveaux de stress et la probabilité qu’il fasse une attaque cardiaque. Alors il voulut savoir : pourquoi ?

      Et après deux années supplémentaires passées à étudier les fonctionnaires, il finit par découvrir le facteur le plus important. Il apparait que si vous n’avez pas de contrôle sur votre travail, vous avez une plus grande probabilité de devenir stressé – et, c’est crucial, dépressif. Les êtres humains ont un besoin inné de sentir que ce qu’ils font, jour après jour, a un sens. Quand vous êtes contrôlé, vous ne pouvez donner une signification à votre travail.

      Alors la dépression de beaucoup de mes amis, même ceux ayant une belle situation – mais qui passent la plupart de leurs heures éveillées à se sentir contrôlés et pas appréciés – commençait à ne plus ressembler à un problème avec leurs cerveaux, mais un problème avec leurs environnements. Il y a, comme je l’ai découvert, beaucoup de causes de dépression comme celle-ci. Cependant, mon enquête ne visait pas juste à trouver les raisons pour lesquelles nous nous sentons si mal. Le cœur de ma démarche était de trouver comment nous pourrions nous sentir mieux – comment nous pourrions trouver des antidépresseurs réels et durables qui fonctionnent pour la plupart d’entre nous, au-delà des boîtes de comprimés qu’on nous a offerts comme le seul item sur le menu pour les dépressifs et les anxieux. Je continuais à penser à ce que le Dr Cacciatore m’avait appris – nous devons traiter les problèmes profonds qui causent toute cette détresse.

      #travail (tout le monde déteste le)

  • La banalité de l’échange. Entretien avec Paola Tabet
    https://gss.revues.org/1227?lang=fr

    Dans cet entretien, l’anthropologue revient sur le parcours théorique et personnel qui l’a amenée à forger le concept d’échange économico-sexuel. Elle insère cette notion dans l’ensemble de ses travaux sur la division sexuelle du travail, la gestion de la reproduction, les interventions sur la sexualité des femmes. Elle revient également sur les usages de la notion d’échange économico-sexuels, les limites qu’il y a à l’utiliser principalement en ce qui concerne ce qu’on appelle le travail sexuel, et la difficulté à penser les échanges économico-sexuels comme un continuum. Le travail de Paola Tabet apparaît ainsi comme un ensemble d’outils théoriques et politiques dont l’objectif est de comprendre et de déconstruire les rapports sociaux de sexe et les fondements de la domination masculine.

    #féminisme

    • De ce point de vue, ton travail rejoint ce qui est appelé dans la dernière enquête sur la sexualité en France une vision différentialiste de la sexualité : une sexualité masculine qui serait plus proche d’une pulsion naturelle et une sexualité féminine de l’ordre des sentiments…
      Évidemment la vision différentialiste de la sexualité n’est pas la mienne. Je ne partage aucunement une vision différentialiste, la vision selon laquelle « par nature » les hommes auraient plus besoin de sexualité que les femmes et les femmes tendraient à une sexualité plutôt de relation, etc. C’est une idéologie qui sert à justifier la domination, entre autres, sexuelle des hommes : ils auraient « naturellement » plus besoin de sexe que les femmes. Donc les femmes doivent le leur donner. C’est une idéologie que entre autres est acceptée par une partie des femmes comme le montre l’enquête récente sur la sexualité en France (Bajos, Ferrand, Andro, 2008) : « la naturalisation des besoins sexuels masculins établit leur caractère irrépressible et justifie pour les femmes [...] l’enjeu d’y répondre pour conforter la relation ». Ce qui tend à rendre acceptable et on peut dire « normal » le fait de subir une sexualité imposée. Et statistiquement les femmes qui « considèrent que les hommes ont par nature plus de besoins sexuels que les femmes, reconnaissent accepter davantage des rapports sans en avoir envie ». Il me semble aussi que ça permet aux femmes d’accepter les différences économiques et de pouvoir (et l’échange économico-sexuel). Une idéologie qui fonde la différence dans la nature est bien pratique pour les dominants.

      #misère_sexuelle #male_entitlement #besoins_sexuels_masculins #sexage #prostitution #mariage #hétéro-patriarcat

    • Je dirais pour le moment que les échanges économico-sexuels sont à la fois et plus et moins contestés. C’est une situation très complexe et en mouvement. En ce qui concerne le mariage, la situation paraît assez floue. Les mariages sont très instables. L’indépendance économique des femmes, leur travail hors de la famille, permet une révolte par rapport à une sexualité qu’on leur impose ou qu’on leur demande dans le mariage. On le voit dans des enquêtes récentes aussi aux États-Unis. La moitié des mariages se brisent : c’est important. Et aux États-Unis et ailleurs le nombre de personnes restant célibataires augmente tout le temps.
      C’est vrai qu’il y a des choses qui bougent, mais d’une façon ou d’une autre il y a encore un pouvoir masculin bien installé. Il y a la situation économique des femmes avec, on le sait, la persistance d’un clivage assez important dans les possibilités d’accès aux postes les mieux rémunérés et généralement réservés aux hommes… Cela vaut pour les classes intellectuelles, pour les classes moyennes. Et aussi pour les femmes des classes pauvres et surtout les immigrées : il y a justement encore des différences importantes de salaire, d’accès au travail, de risques de chômage, le cantonnement dans des métiers de service.
      Le mariage est, et surtout a été, l’endroit de la reproduction. L’échange économico-sexuel n’est pas un choix : c’est ce qui est donné par une structure sociale dans laquelle le mari gagne plus, a plus de biens, de pouvoir, de prestige… La preuve, ce sont les situations plus ou moins catastrophiques lors d’une séparation. Aux États-Unis (et ailleurs) une grande majorité des hommes divorcés ne paient plus un an après, la pension alimentaire fixée par le juge, même s’il y a des enfants. Comment ne pas voir le mariage comme le terrain de l’échange ? Plus d’échange, plus d’argent. Et, de fait, celles qui sont pénalisées (souvent lourdement pénalisées) dans les séparations ceux sont les femmes qui se retrouvent avec moins d’argent et les enfants sur le dos.

      #divorce

    • Dans la société africaine, celles qu’on appelle les « femmes libres » en Afrique francophone, « free women » en Afrique anglophone, ont été périodiquement remises dans le mariage par la violence : par exemple au Ghana et au Nigeria, dans les années 1930 et après, dans les années 1960-70 par exemple, elles sont à plusieurs reprises emprisonnées et données comme épouses à moitié prix (« second hand wives ») à tout homme qui voulaient les prendre et les empêcher de poursuivre leurs activités répréhensibles (les femmes libres ne participaient pas uniquement à des formes de sex work, elles pouvaient aussi être des commerçantes). Toute femme devait en fait être sous le contrôle d’un homme. Et elles essaient sans arrêt d’y échapper. Ce sont clairement des formes de résistance.
      Les lois contre la prostitution dans la Chine populaire des années 1950. Comme le raconte le beau livre de Gail Hershatter (1997) sur la prostitution à Shanghai, les prostituées sont d’abord internées dans des centres de redressement et après, à leur sortie, elles sont rendues à leurs maris ou, si elles étaient célibataires, les institutions essaient de les donner en mariage.
      Il faudrait avoir plus d’études sur ces différentes formes d’interventions et sur la résistance des femmes. Une résistance qui peut prendre beaucoup de formes comme cellede sortir du mariage en prenant la fuite, même plusieurs fois, et comme souvent aujourd’hui, les migrations. C’est pour cela que je parlais dans mon livre de l’histoire des « femmes libres » africaines, des prostituées d’Afrique et d’autres continents, comme de l’histoire, difficile et complexe, d’une résistance.

      #résistance #backlash #historicisation

  • L’élève (handicapé), l’auxiliaire de vie scolaire et l’enseignant

    1/ Handicap : Hollande promet des CDI pour les auxiliaires de vie scolaire (AFP)
    http://www.liberation.fr/societe/2016/05/19/handicap-hollande-promet-des-cdi-pour-les-auxiliaires-de-vie-scolaire_145

    Le gouvernement communique sur la promesse que les #AVS-I (en statut précaire) vont devenir des #AESH (avec un statut et une formation reconnue) :

    « A terme, ce seront 50.000 professionnels (en équivalents temps-plein) qui seront disponibles, avec une plus grande continuité d’intervention auprès des élèves, et de véritables perspectives pour leur formation »

    2/ Auxiliaire de vie scolaire et en CDD depuis 6 ans, je suis une travailleuse précaire (L’Obs)
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1517828-auxiliaire-de-vie-scolaire-et-en-cdd-depuis-6-ans-je-suis-

    Des déclarations qui ne sont rien d’autre que de la poudre aux yeux pour Elsa Galataud, AVS depuis six ans. Elle raconte son quotidien et les difficultés auxquelles elle est confrontée.
    […]
    Lorsque je suis devenue AVS, j’ai signé un contrat d’AESH (Accompagnants des élèves en situation de handicap). Il s’agit d’un CDD d’un an minimum qui se transforme en CDI s’il est reconduit six ans de suite.
    Depuis, je suis à 80%, c’est-à-dire que je travaille environ 32 heures par semaine, pour un salaire de 930 euros par mois. Comment vivre avec une telle somme quand on a deux enfants à charge ? C’est tout simplement impossible. Mon quotidien ressemble donc à un parcours du combattant. Et malgré mes efforts, je suis toujours à découvert.
    Ce CDD qui s’éternise m’oblige aussi à faire une croix sur beaucoup de choses : achat d’un appartement, prêt bancaire… Ces privilèges, je n’y ai pas droit.
    […]
    Les annonces récentes de François Hollande n’ont fait que confirmer mon sentiment. Il a affirmé que les CUI deviendraient obligatoirement des AESH au bout de deux ans. Mais ce n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux : il veut faire baisser le taux de chômage, sans se préoccuper de nos salaires.

    3/ Handicap à l’école : l’envers du décor (L’instit’humeurs)
    http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2016/05/21/handicap-a-lecole-lenvers-du-decor.html

    Le principalement changement, avec la loi de 2005, a été l’installation de rampes d’accès pour les fauteuils de handicapés moteurs dans les écoles où il n’était pas trop cher de se mettre aux nouvelles normes. Pour le reste, c’est comme si on s’était contenté de dire aux instits : « Voilà, vous allez avoir dans vos classes plus d’élèves en situations de handicap, des situations très diverses, des handicaps très différents, mais vous n’allez pas être formés pour les accueillir, ni sur la spécificité des handicaps, ni sur les adaptations pédagogiques à faire, on vous allouera avec parcimonie des accompagnants pour aider les élèves en question, mais ces auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne seront pas formés non plus, ils auront un statut bâtard, un salaire misérable ; les intervenants médico-sociaux (médecins, psychologues, éducateurs, spécialistes divers) ne partageront pas avec vous leur expertise (ne comptez pas sur une information ou une formation de leur part) ni ne considéreront la votre, ne vous diront que ce qu’ils veulent sur l’élève (secret médical oblige). Il vous arrivera parfois d’avoir deux, trois, quatre élèves en situation de handicap, et bien sûr 25 autres et pour tous, vous avez liberté d’action, mais obligation de réussite ».

    Depuis 10 ans, j’ai eu dans ma classe des enfants autistes ou à troubles autistiques divers, des enfants TED (Troubles envahissants du développement), des dyslexiques, des dyspraxiques, des dysorthographiques, des dysphasiques, des dyscalculiques, des déficients auditifs, des troubles bipolaires, des troubles sévères de l’attention, d’autres encore pour lesquels je n’ai jamais réussi à savoir quel diagnostic avait été posé par la toute-puissante #MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Je n’ai jamais eu une seule heure de formation, personne ne m’a dit comment m’y prendre, quelles étaient les particularités de ces enfants, les recherches sur lesquelles je pouvais m’appuyer pour leur proposer quelque chose de cohérent et d’adapté.

    #éducation #handicap #scolarisation #inégalités #inclusion #élèves #besoins_éducatifs_particuliers

  • #Pauvreté en #Bosnie-Herzégovine : le retour de la #faim

    Pour se nourrir, de plus en plus de citoyens de Bosnie-Herzégovine n’ont pas d’autre ressource que les #soupes_populaires. Alors que la demande ne cesse d’augmenter, les moyens accordés pour subvenir aux #besoins_alimentaires des couches de la société les plus menacées diminuent.


    http://www.courrierdesbalkans.fr/articles/pauvrete-en-bosnie-herzegovine-le-retour-de-la-faim.html
    #alimentation

    • Ce qui est subtil (comme avec le covoiturage marchand et d’autres pratiques) c’est que l’usage, le droit d’#usage peut servir d’appui à un comportement de #propriétaire. Un #locataire peut ainsi payer en partie son #loyer, ou davantage, en louant son logement. Que cela soit induit par la logique sociale ou que ça relève d’un comportement quasi forcé (éviter l’éviction, expulsion). Quitte à prendre dans certains cas des risques avec des contrôles CAF (perte d’allocation), ou avec un bailleur qui peut tirer partie de ce comportement pour tenter de résilier le bail.
      Il y a en matière d’habitat un continuum extrêmement différencié des usages, de l’hébergement/entraide, plus ou moins provisoire, une pratique diffuse mais massive qui contribue si bien à « régler » le mal logement, à la vie de rentier en passant par toutes sortes de situations.

      #rente #propriété #moeurs

    • La mairie de Paris fait la guerre aux sous-locations de HLM
      http://www.europe1.fr/consommation/la-mairie-de-paris-fait-la-guerre-aux-sous-locations-de-hlm-2387091

      Sous-louer son #HLM ? La mairie de Paris répond non. La capitale vient de signer une charte avec des #sites_internet pour tenter de mieux #identifier les personnes qui profitent de ces logements à loyers modérés pour se faire de l’argent.

      Un loyer payé « en liquide ». Pendant leurs vacances ou même à l’année, certains locataires de HLM parisiens sous-louent leur logement. Florence a habité ainsi un logement HLM à Paris, près de la place d’Italie. Le bénéficiaire était parti vivre à l’étranger et c’est son fils, étudiant et vivant aussi à l’étranger, qui s’occupait de tout : « Il avait tout finalement des gestes d’un propriétaire, quelqu’un qui vous accueille, vous fait visiter le logement », raconte-t-elle à Europe 1. Florence payait son loyer une fois « tous les 3-4 mois », « en liquide, dans une enveloppe ». Ce n’est que « plus tard » qu’elle se rend compte du « statut HLM » de l’appartement.
      Une pratique qui s’étend. Si le phénomène est encore marginal, il a tendance à se développer par le biais des sites de location internet. « Les bailleurs sociaux de la ville de Paris nous indiquent que c’est un phénomène en augmentation avec un nombre de contentieux pour #occupation_anormale de logements sociaux qui se développe », rapporte Ian Brossat, adjoint au logement de la mairie de Paris. « Quand on est locataire d’un logement social, on ne le transforme pas en business », rappelle-t-il.
      Le site d’annonces immobilières Particulier à particulier (#PAP) et le #Bon_Coin, site de petites annonces gratuites ont ainsi accepté de collaborer avec la mairie de Paris. Ils rappelleront à l’ordre leurs clients et signaleront les annonces litigieuses. Le site Airbnb qui propose des annonces de locations saisonnières a, pour sa part, refusé de signer la charte.

      Le vertueux ajoint au logement #PCF de la Ville se garde bien d’évoquer parmi les "occupations anormales" les pauvres qui sous-louent ponctuellement pour survivre, payer le loyer (et pas « faire du business »), les #colocs officieuses qui sont dans cette ville comme dans d’autres une des voies d’accès au logement parmi les moins impraticables, les #hébergement plus ou moins d’urgence avec partage des frais qui répondent tant bien que mal à la rareté organisée que l’on oppose aux #besoins sociaux. L’article ne dit pas si la Ville dénoncera (par logiciel interposé ?) ses RSAtes et autres allocataires à la CAF.

      Patauger à loisirs dans cette gauche de merde, puis asphyxier d’un coup de chasse d’eau facho ?

      #Plus_belle_la_vie. #morale #politique

    • Un géographe, une anthropologue et un chercheur en informatique ont transmis à Mediapart leur étude exhaustive sur le phénomène « Airbnb » en France. Nous présentons leurs données ville par ville et rue par rue à Paris. Résultat ? Nouveaux marchands de sommeil, fraude aux impôts, multipropriétaires qui s’enrichissent grassement et font flamber les prix des loyers : les pouvoirs publics sont à la peine.

      http://www.mediapart.fr/journal/france/310715/comment-airbnb-squatte-la-france

      #carte #rente

      #paywall, du coup je sais pas si, à part le conventionnel discours de gauche (tenu dans l’accroche ci-dessus) cette étude s’intéresse aux fauchés qui n’arrivent pas à payer leur loyers, leur emprunt, ou leurs charges et qui utilisent ce machin pour atténuer la pauvreté, si l’étude citée permet ou pas d’évaluer le poids d’une telle minorité. Disposer d’un bail locatif conduit des #locataires à utiliser leur appart’ comme un #propriétaire. Au risque de perdre celui-ci (résiliation du bail) et de se voir couper des allocs ou imputer des indus par la CAF, là ou les proprios ne risquent qu’un redressement fiscal.
      #tourisme #profit #précarité.

  • Basic needs unmet for #UK asylum-seekers

    LONDON, 1 October 2014 (IRIN) - Last month, a quiet announcement from UK Home Secretary Theresa May dashed the hopes of thousands of asylum seekers in the UK. A court ruling in April had criticized the very low level of support it gives to those seeking asylum and had given her four months to show how she had calculated that it would cover their needs. The Home Office duly did its sums, but announced that the amount to be paid would not increase.

    http://www.irinnews.org/report/100679/basic-needs-unmet-for-uk-asylum-seekers

    #Angleterre #réfugiés #asile #accueil #migration #besoins_essentiels

    • Les dotations sont des usines à gaz qui présupposent que quelques-uns décident pour tous les autres de qui leur est nécessaire.
      Or, pour avoir assez observé mes congénères, j’ai compris que nous n’avons pas les mêmes besoins, priorités ou mode de vie.

      Exemple d’une dotation simple : les logements sociaux. Ils sont attribués en fonction de la taille de la famille à l’instant t. Il s’agit d’une formule qui attribue des m² par personne. Il s’agit d’un modèle nucléaire où il est considéré comme normal qu’un couple dorme dans la même pièce. C’est aussi un modèle où les télétravailleurs n’existent pas. Et où on ne reçoit pas d’amis. Et la dotation ne fonctionne pas tout au long de la vie : les gens divorcent, les enfants naissent et partent, ça ne prévoit pas de pièce en plus si on désire soigner un parent... Bref, c’est un cadre contraignant et normatif.

      Pour la nourriture, autre exemple vital, on ne prend, là non plus, guère en compte les nombreuses variations culturelles et familiales : dans mon coin du Gers, par exemple, les gens considèrent souvent que la viande, ça donne des forces et c’est surtout du bœuf et du porc. Le canard et le poulet ne sont pas vraiment considérés comme de la viande. Les restaurants exotiques ne durent pas longtemps, car les gens sont conservateurs dans leurs habitudes alimentaires. Du coup, il est difficile de trouver des ingrédients seulement même d’autres régions de France dans les points de vente. Dans un système de dotation alimentaire décidé collectivement, la tendance serait à l’uniformisation. Je pense qu’obtenir du simple beurre salé serait une aventure...

      Et ça fait un peu soviétique, tout ça : la contrainte extérieure et non l’adhésion, le libre choix réel.

      Je crois plus à des structures simples et lisibles qui autorisent l’autonomie comportementale. Dans tout système complexe, comme une société humaine, par exemple, la modification des conditions du choix permet l’émergence de nouveaux comportements, de nouvelles tendances par les acteurs eux-mêmes, très loin du dirigisme.

      Dans notre structure actuelle, les comportements égoïstes, prédateurs et compétitifs sont valorisés et récompensés : on obtient donc des structures sociales où émergent les comportements individualistes, tout simplement.

      C’est cela, pour moi, le grand avantage d’un Revenu universel garanti : chacun sait qu’il pourra subvenir à ses besoins, indépendamment de tous ses autres choix. Un seul levier. Mais d’infinies possibilités émergentes : les choix que chacun fera en étant libéré de la nécessité vont créer de nouvelles tendances, dont la plupart sont à peu près imprévisibles aujourd’hui.

      Je parlais avec un gars qui trouvait l’idée irréaliste vue de Paris, où la vie est tellement chère qu’il lui faut 3000 €/mois, pour vivre correctement.
      Là, je lui demande si, ayant sa subsistance assurée de toute manière, il aurait choisi le même métier, déjà, et si ensuite, il aurait été obligé de l’exercer à Paris.
      Et bien sûr, la réponse est non.
      Donc sa contrainte principale saute parce qu’elle n’a plus lieu d’exister en dehors de la contrainte économique du marché de l’emploi et des talents.

      Maintenant, on recule d’un pas... si cet homme n’a plus besoin de vivre à Paris où tout est si cher, combien n’ont plus besoin non plus d’aller à Paris où il y a les bons salaires et où tout est si cher parce que tout le monde doit y aller ?
      Du coup, est-ce que Paris reste un endroit désirable où tout le monde doit aller parce que tout le monde y est ?
      Et alors, est-ce que Paris continue à avoir vocation à être aussi cher, si ce n’est plus le passage obligé de la concentration économique ?

      Et ainsi de suite...

    • Parallèle avec #Marinaleda : chacun y est pourvu en matos pour faire sa maison, s’engage à participer à sa construction, et y vit quasi gratos (15 euros par mois).
      En même temps, comme il faut bouffer, tout le monde bosse à la coopérative agricole (6h30/jour aux champs ou 8h/jour à la conserverie de légumes).
      Il y a donc à la fois une dotation en ressources (dont logement) et un revenu assurés, mais pas entièrement inconditonnels car obligation de participer au maintien des ressources (et je vois mal comment ça serait possible autrement tout en restant autonomes).
      ça reste ce faisant un modèle municipal (non étatique) et non industriel (si on fait exception de la stérilisation à la chaîne des bocaux de légumes).

    • Je suis trop anar pour la démocratie qui n’est jamais que la dictature de la majorité et l’écrasement des minorités. C’est pour cela que je crois à des règles générales très simples et peu nombreuses, qui créent donc facilement le consensus et l’intériorisation (rouge, tu t’arrêtes, vert, tu passes, ça marche, ça marche pas, tout est OK, attention danger) et à des applications locales. Des structures et des rapports de force émergent forcément à partir du substrat réglementaire de départ, mais elles seront diverses et foisonnantes selon les communautés humaines où elles se développeront. Dans un phénomène d’ émergence , l’autonomie locale permet le foisonnement de solutions... tout l’inverse de la mondialisation au forceps où des milliards de gens sont invités (fermement) à tous adopter le même mode de vie.

      Le foisonnement revient à ce que j’appelais : la démocratie avec ses pieds. Sur l’ensemble des configurations sociales émergentes, il y en aura forcément quelques-unes qui vont mieux te convenir... pas forcément chez toi.
      En fait, chez toi devient moins le bout de terre sur lequel tu es vissé comme une bernacle que l’endroit où tu peux vivre d’une manière qui te convient... ce qui est fort pratique pour diluer ce fâcheux esprit de propriété, en passant.

    • L’échelle était la commune, dans un sens assez large. Mais le bled s’est dilué sous l’effet de l’individualisme de masse, magma anonyme qui sécrète étonnemment une grande conformité de comportements.
      Le problème du bled, c’est que c’est aussi la dimension parfaite du ressentiment, des guerres de clans et des règlements de compte.

      En gros, sur ma commune de 200 péquins, c’est plutôt le côté poissonnier du village d’Astérix qui ressort alors qu’à l’échelle du bassin d’habitation, environ 5000 habitants, on a une assez bonne masse critique pour avoir une diversité de public et de points de vue, avec des groupes émergents mais fluides qui se créent et se défont au gré des projets communs.
      Finalement, les cantons, les communautés de commune avaient la bonne dimension, mais c’est déjà en train d’être noyé dans une obligation de fusion pour arriver à une masse critique de plus de 10 000 habitants où le vivre-ensemble disparait.

      Je vois que dans mon bled, les élections ont ravivé des guerres de clans qui se creusent avec les mois au lieu de s’apaiser, et que la nouvelle majorité profite de son pouvoir pour écraser et nier la minorité.
      Je vois aussi qu’il est bien chiant d’être proprio dans cette configuration, parce que tu te retrouves piégé comme un connard dans un environnement hostile, au lieu d’être libre de rejoindre une communauté plus conforme à ton mode de vie et ta pensée.

      Il y a moins de passions à vif quand tu sais que tu as toujours une porte de sortie.

    • Déjà, le bled de 2000 habitants, ce n’est pas trop mal : tout le monde se connait au moins de vue et on peut toujours changer de trottoir pour ne pas croiser les cons. Disons que tu as facilement accès aux gens intéressants sans devoir forcément te cogner les boulets... bon équilibre.

      Après, les désirs sont très formatés actuellement par la TV et la pub. Lesquelles nous vendent en permanence la petite maison avec le ligne qui sèche au soleil. Mais dans les pratiques et les vécus, nous n’aimons pas tous la même chose. À l’usage, je ne supporte pas du tout l’habitat dense, mais la maison à la cambrousse n’a pas d’intérêt pour moi (pas très potagère, malgré mes efforts). Une maison de village assez insonorisée avec une terrasse serait plus adaptée, au final, à mon mode de vie.

    • @aude_v Je pense qu’on devrait combiner ça avec un droit à cultiver le lopin de ceux qui n’utilisent pas le leur, à équilibrer avec d’autres types de #bricole pour que personne ne se sente lésé.
      Pour a part j’ai tendance à penser que tout terrain proche d’une habitation et non cultivé est « gâché », si on le met en perspective avec la tension mondiale sur le foncier agricole et l’#accaparement.

  • Autonomie, « post-travail », biens communs et paysannerie
    (parce-que ce commentaire de @rastapopoulos http://seenthis.net/messages/262461#message263284 méritait un post à part)

    À propos de #biens_communs, ce week-end on a revu un couple de nos connaissances qu’on avait pas vu depuis un baille, et dans notre conversation on a parlé d’accès aux terrains mais aussi de leurs voyages en Europe de l’est. Et de mettre les deux en rapports était assez saisissant.

    En fait ces dernières années ils sont allés plusieurs fois vers la Bosnie et le Monténégro avec leur fille, en camionnette retapée. Et là-bas, partout où ils sont allés, les gens n’ont pas de travail ou très peu. Mais ça reste très rural y compris dans les grandes villes. Et les gens ont à peu près tous un toit, un bout de terrain, des légumes, des poules, des cochons. Régulièrement ce couple cherchait un endroit où garer leur véhicule pour dormir sans déranger, mais à chaque fois qu’ils demandaient à quelqu’un pour être poli, ils finissaient toujours par se faire inviter chez les gens, à manger, etc. Et le lendemain ils partaient avec une poche de légumes et de pains alors qu’ils n’avaient rien demandé. Les gens n’ont pas de travail mais ils arrivent à manger et même à offrir des choses aux gens de passage.

    Chez nous, on a encore un peu de #travail, on a trois ordis par foyer, mais à moins de faire partie du haut du panier, on a aucun toit à nous, aucun terrain, aucun moyen de se nourrir sans argent et donc sans travail (ou sans voler).

    L’ère post-travail (au sens capitaliste) devra avoir une grande part de #ruralité, sinon je ne vois pas comment on peut parler d’#émancipation individuelle. Pour pouvoir être socialement progressiste, il ne faut pas être en train de se monter les uns sur les autres pour subvenir à nos #besoins_de_base.

    À nous de travailler (hihi) pour que le fait de revenir en arrière matériellement sur certains points, ne signifie pas revenir à l’ensemble d’une époque passée avec ses mauvais côtés sociaux inégalitaires. L’Histoire (et donc y compris l’histoire des conditions matérielles d’existence) n’est pas linéaire.

    #autonomie #convivialité #paysannerie

    Je repense à un reportage qui était passé sur arte je crois (je ne retrouve plus l’extrait) sur les chômeurs espagnols qui retournaient dans les zones rurales et y reconstruisaient comme ils pouvaient une autonomie. L’un d’entre eux disait en gros « aujourd’hui tu peux traverser l’Europe en avion pour 30 euros et tout le monde voit ça comme un progrès, mais tu ne peux plus te loger, et pas grand monde ne voit ça comme une régression ».
    Peut-être que l’Espagne de demain ressemblera par endroits à certains coins des Balkans d’aujourd’hui...

    et Ivan Illich http://seenthis.net/messages/199193 qui disait en son temps :

    Nous devons et, grâce au progrès scientifique, nous pouvons édifier une société post-industrielle en sorte que l’exercice de la créativité d’une personne n’impose jamais à autrui un travail, un savoir ou une consommation obligatoire.

    Il est devenu difficile d’imaginer une société simplement outillée, où l’homme pourrait parvenir à ses fins en utilisant une énergie placée sous contrôle personnel. Nos rêves sont standardisés, notre imagination industrialisée, notre fantaisie programmée. Nous ne sommes capables de concevoir que des systèmes hyper-outillés d’habitudes sociales, adaptés à la logique de la production de masse. Nous avons quasiment perdu le pouvoir de rêver un monde où la parole soit prise et partagée, où personne ne puisse limiter la créativité d’autrui, où chacun puisse changer la vie.

    Une société équipée du roulement à bille et qui irait au rythme de l’homme serait incomparablement plus efficace que toutes les sociétés rugueuses du passé et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent.

    Une société conviviale est une société qui donne à l’homme la possibilité d’exercer l’action la plus autonome et la plus créative, à l’aide d’outils moins contrôlables par autrui. La productivité se conjugue en termes d’avoir, la convivialité en termes d’être. Tandis que la croissance de l’outillage au-delà des seuils critiques produit toujours plus d’uniformisation réglementée, de dépendance, d’exploitation, le respect des limites garantirait un libre épanouissement de l’autonomie et de la créativité humaines.

  • « Pour vraiment contrôler les frontières, il faudrait un policier tous les 100 mètres »

    Les dernières semaines ont été marquées par deux drames qui ont bouleversé l’Europe : le naufrage de Lampedusa qui a fait plus de 360 morts et le décès de près de 100 migrants, au Niger. Directrice de recherche au CNRS, affectée au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) à Paris, et spécialiste des questions migratoires, #Catherine_Wihtol_de_Wenden décrypte la mécanique des #flux_migratoires en #Afrique.

    Pourquoi les pays européens et africains n’arrivent-ils pas à mettre un terme à des tragédies commes celles de Lampedusa ou du Niger ?

    On croit qu’en contrôlant les frontières cela va résoudre les choses. Mais si on veut vraiment contrôler, il faut mettre un policier tous les 100 mètres. Or on oublie que la majorité des migrants n’arrivent pas illégalement en Europe et encore moins par la mer. La plupart viennent avec des documents en règle, comme étudiants, travailleurs saisonniers ou touristes et restent ensuite en situation irrégulière.

    Que faudrait-il faire ?

    Il faudrait d’abord plus de volonté politique. Aujourd’hui, on ne parle migrations ni au G8 ni au G20. La gestion ne se fait plus que par l’opinion, à coups de sondages. Or il faut ouvrir les frontières à plus de catégories de gens, car nous sommes dépendants démographiquement et économiquement de l’#immigration. Il faut permettre de voyager tant aux très qualifiés qu’aux peu qualifiés. Les pays ne disent jamais qu’ils ont besoin de ces derniers. Il faut aussi développer la #mobilité_pendulaire. Beaucoup de gens du Maghreb aspirent à ce genre de vie. Mais pour cela, il faut ouvrir l’accès aux titres de séjour de longue durée et à la double nationalité.

    Pourquoi y a-t-il toujours en Afrique cette envie d’émigrer ?

    Les gens qui partent sont issus de pays où l’âge médian est de 25 ans et où la population est de plus en plus scolarisée et urbaine. Mais elle n’a pas de #travail. Du coup, elle est branchée toute la journée sur la télévision, les téléphones portables, et n’a pas de sentiment d’avenir, y compris dans les Etats qui ne sont pas si pauvres.

    Il y a aussi un sentiment de « risque » permanent, environnemental, sanitaire ou politique. Au Maroc, plus de 50 % des jeunes veulent partir à l’étranger. Contrairement aux idées reçues, le développement n’est pas un facteur de stabilisation. Ce ne sont jamais les plus pauvres qui partent, sauf en cas de catastrophe.

    Comment une personne prend-elle la décision de partir ?

    Souvent, il s’agit d’un jeune qui habite la campagne. Il va d’abord à la ville. Il voit que ses amis ont accès à la monétarisation de l’économie. Cela lui crée des #besoins qu’il ne peut assouvir facilement : montre, ordinateur, téléphone, etc. Et très vite, il y a une dépendance à la #migration.

    Dans certaines régions, on sait que la migration crée la migration. Sur les 400 milliards de dollars (296 milliards d’euros) envoyés chaque année par les migrants dans leur pays d’origine, environ 15 % sont pour l’Afrique. Les familles sont très favorables au départ. Elles réunissent de l’argent, mettent en contact avec les passeurs. Depuis les années 1990, les gouvernements ont par ailleurs compris qu’ils avaient intérêt à laisser sortir les gens. Il est donc très facile d’aller chercher un passeport.

    La traversée de la #Méditerranée ne fait-elle toujours pas peur ?

    Non, il n’y a pas d’hésitations. En général, les #passeurs logent les migrants dans des baraquements en attendant que la mer soit bonne. La plupart des gens ont droit à trois tentatives. Il suffit qu’un seul réussisse pour que tous les autres pensent qu’ils ont leur chance. Beaucoup se disent : « Si je ne meurs pas en mer, je suis de toute façon mort chez moi. »

    Comment les #réseaux_de_passeurs se sont-ils construits ?

    On trouve parmi eux beaucoup de « ratés » du passage. Des gens qui ont échoué plusieurs fois. Ils ont pu être reconduits dans leur pays d’origine ou dans un pays par lequel ils avaient transité. Là ils sont devenus des spécialistes du voyage. Les passeurs peuvent aussi être en uniforme. Beaucoup de douaniers sont corrompus. Mais on trouve aussi beaucoup de #pêcheurs qui ont perdu leur travail et ont vu là une opportunité lucrative.

    Combien coûte une traversée de la Méditerranée ?

    Entre 3 000 et 4 000 euros. Cela peut être les réserves d’une famille entière. Cela coûte moins cher quand le passeur n’emmène pas la personne jusqu’en Europe et qu’elle s’arrête en route, pour travailler et gagner de l’argent. C’est ainsi que des pays comme la Tunisie, la Turquie ou la Mauritanie sont devenus malgré eux des pays d’immigration « sas », avec toute une population qui ne sait plus très bien si elle veut rester ou continuer la route. C’est dans ce contexte que le #Maroc a annoncé, il y a peu, une grande opération de régularisation.

    Quelles sont les principales routes migratoires du continent ?

    Pour l’Afrique de l’Ouest, il y a deux voies. La première passe par #Nouadhibou, en #Mauritanie. Ceux qui l’empruntent espèrent aller jusqu’au Maroc pour franchir la frontière de l’enclave espagnole de #Ceuta et #Melilla. L’autre voie passe plus à l’est, par le #Niger (#Agadez). De là, les migrants entrent en #Libye. Certains tentent de rejoindre l’île italienne de #Lampedusa, tandis que d’autres préfèrent faire le tour par la #Grèce.

    Pour l’Afrique de l’Est, les Somaliens, les Erythréens passent surtout par le #Soudan, qui est aussi un pays d’émigration, avant de gagner la Libye ou l’#Egypte. Enfin, il y a ceux qui se dirigent directement vers le #Yémen ou les #pays_du_Golfe.

    Ces routes ont-elles évolué récemment ?

    Oui, car elles sont de plus en plus contrôlées. Jusqu’au début des années 2000, l’un des principaux points de passage était le détroit de Gibraltar. Mais depuis l’arrivée de #Frontex et de #SIVE , cet endroit est devenu très verrouillé. Les gens ont donc rallongé leurs trajets. Les #Sénégalais, qui migraient avant vers l’#Espagne en passant par la #Mauritanie puis le Maroc, font désormais des milliers de kilomètres pour passer par les #îles_Canaries. L’autre voie de contournement est la #Turquie. Beaucoup de gens se concentrent désormais à #Istanbul avant de tenter leur chance. Cela fait de très longs voyages, de quelques mois à plusieurs années.

    Ce #verrouillage des frontières a-t-il modifié les migrations intra-africaines ?

    Non, pas particulièrement. L’Afrique a ses propres pôles migratoires où le facteur d’attractivité qui prévaut est le dynamisme économique. C’est le cas de l’Afrique du Sud, du Nigeria, du Maroc, et, plus récemment, de l’Angola. Ce sont des pays qui demandent beaucoup de main-d’oeuvre, notamment dans le tourisme, la construction ou l’agriculture. La seule chose qui a évolué, c’est que le Golfe est devenu la troisième zone de migration au monde. Beaucoup d’Africains s’y rendent. Il est relativement facile d’y accéder. Mais les droits y sont très peu protégés et il n’y a pas de possibilité de regroupement familial.

    Quel a été l’impact des « #printemps_arabes » ?

    Cela a engendré un pic, car des points de passage traditionnels comme #Zarzis, sur la côte tunisienne, n’étaient plus contrôlés comme du temps de Ben Ali. Pour autant, ceux qui sont partis avaient, pour la plupart, déjà le projet de migrer. Les « printemps arabes » n’ont pas donné envie de migrer à toute la population, au contraire. Ce qui a changé, en revanche, c’est la façon dont sont appliqués les #accords_bilatéraux que l’#Italie avait signés avec la Tunisie et la Libye. Il y a moins de zèle de la part des nouveaux régimes car ces accords sont mal vus par leurs opinions.

    Y a-t-il une évolution des profils des migrants ?

    Oui et non. Certains pays comme le Cameroun fournissent traditionnellement plutôt des élites. Le Sénégal et l’Egypte envoient, eux, plutôt des flux mixtes, tandis que le Mali et la Mauritanie laissent partir une main-d’oeuvre moins qualifiée. Mais il y a aussi de plus en plus de pays du Sahel ou de la Corne de l’Afrique qui sont des viviers de migrants. C’est en partie lié à l’évolution des transports, à la multiplication des réseaux de passeurs et aux conflits. L’autre nouveauté, c’est la #féminisation_des_flux et l’arrivée de #mineurs.

    Les vieux schémas migratoires de l’Afrique vers l’ancienne puissance coloniale sont-ils en train de changer ?

    En partie. Les flux traditionnels vers l’Europe continuent, mais les schémas migratoires se sont diversifiés pour aller, par exemple, vers des pays qui se découvrent riches, comme l’Angola. La carte des conflits a aussi beaucoup changé. Plus de 15 millions d’Africains se sont installés dans un autre pays du continent, en 2010, et un Africain sur deux migre aujourd’hui vers un pays qui n’est pas en Europe.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/27/pour-vraiment-controler-les-frontieres-il-faudrait-un-policier-tous-les-100-

    #migration #frontière #politique_migratoire #pêcheurs_tunisiens

  • Holy Sh-t ! Without Saying a Word This 6 Minute Short Film Will Make You Speechless

    La surconsommation désigne un niveau de #consommation situé au-dessus de celui des #besoins normaux ou d’une consommation moyenne.

    Image provenant du film #Samsara : Samsara est un mot tibétain qui signifie la roue de la vie, un concept à la fois intime et vaste, qui définit l’âme de chacun.

    vidéo Sur la #surconsommation
    http://www.trueactivist.com/gab_gallery/holy-sh-t-without-saying-a-word-this-6-minute-short-film-will-make-you

    http://envibio.files.wordpress.com/2012/10/samsara.jpeg?w=800

    Mais il y a aussi le film :
    http://envi2bio.com/2012/11/20/samsara

    #viande #industrialisation_de_la_nourriture #surpoids #supermarché #opération_chirurgicale