#bhasan_char

  • Le #Bangladesh veut-il noyer ses #réfugiés_rohingyas ?

    Confronté à la présence sur son territoire d’un million de réfugiés musulmans chassés de Birmanie par les crimes massifs de l’armée et des milices bouddhistes, Dacca envisage d’en transférer 100 000 sur une île prison, dans le golfe du Bengale, menacée d’inondation par la mousson. Ce projet vient relancer les interrogations sur le rôle controversé de l’Organisation des Nations unies en #Birmanie.
    Dans les semaines qui viennent, le gouvernement du Bangladesh pourrait transférer plusieurs milliers de réfugiés rohingyas, chassés de Birmanie entre 2012 et 2017, dans une #île du #golfe_du_Bengale menacée de submersion et tenue pour « inhabitable » par les ONG locales. Préparé depuis des mois par le ministère de la gestion des catastrophes et des secours et par la Commission d’aide et de rapatriement des réfugiés, ce #transfert, qui devrait dans un premier temps concerner 350 familles – soit près de 1 500 personnes – puis s’étendre à 7 000 personnes, devrait par la suite être imposé à près de 100 000 réfugiés.

    Selon les agences des Nations unies – Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et Organisation internationale pour les migrations (OIM) –, plus de 950 000 s’entassent aujourd’hui au Bangladesh dans plusieurs camps de la région de #Cox’s_Bazar, près de la frontière birmane. Près de 710 000 membres de cette minorité musulmane de Birmanie, ostracisée par le gouvernement de #Naypidaw, sont arrivés depuis août 2017, victimes du #nettoyage_ethnique déclenché par l’armée avec l’appui des milices villageoises bouddhistes.

    Les #baraquements sur #pilotis déjà construits par le gouvernement bangladais sur l’#île de #Bhasan_Char, à une heure de bateau de la terre ferme la plus proche, dans le #delta_du_Meghna, sont destinés à héberger plus de 92 000 personnes. En principe, les réfugiés désignés pour ce premier transfert doivent être volontaires.

    C’est en tout cas ce que les autorités du Bangladesh ont indiqué aux agences des Nations unies en charge des réfugiés rohingyas. Mais l’ONG régionale Fortify Rights, qui a interrogé, dans trois camps de réfugiés différents, quatorze personnes dont les noms figurent sur la liste des premiers transférables, a constaté qu’en réalité, aucune d’entre elles n’avait été consultée.

    « Dans notre camp, a déclaré aux enquêteurs de Fortify Rights l’un des délégués non élus des réfugiés chargé des relations avec l’administration locale, aucune famille n’accepte d’être transférée dans cette île. Les gens ont peur d’aller vivre là-bas. Ils disent que c’est une île flottante. » « Île qui flotte », c’est d’ailleurs ce que signifie Bhasan Char dans la langue locale.

    Les réfractaires n’ont pas tort. Apparue seulement depuis une vingtaine d’années, cette île, constituée d’alluvions du #Meghna, qui réunit les eaux du Gange et du Brahmapoutre, émerge à peine des eaux. Partiellement couverte de forêt, elle est restée inhabitée depuis son apparition en raison de sa vulnérabilité à la mousson et aux cyclones, fréquents dans cette région de la mi-avril à début novembre. Cyclones d’autant plus redoutés et destructeurs que l’altitude moyenne du Bangladesh ne dépasse pas 12 mètres. Selon les travaux des hydrologues locaux, la moitié du pays serait d’ailleurs submergée si le niveau des eaux montait seulement d’un mètre.

    « Ce projet est inhumain, a confié aux journalistes du Bangla Tribune, un officier de la marine du Bangladesh stationné dans l’île, dont l’accès est interdit par l’armée. Même la marée haute submerge aujourd’hui une partie de l’île. En novembre1970, le cyclone Bhola n’a fait aucun survivant sur l’île voisine de Nijhum Dwip. Et Bhasan Char est encore plus bas sur l’eau que Nijhum Dwip. » « Un grand nombre de questions demeurent sans réponses, observait, après une visite sur place en janvier dernier, la psychologue coréenne Yanghee Lee, rapporteure spéciale de l’ONU pour la situation des droits de l’homme en Birmanie. Mais la question principale demeure de savoir si cette île est véritablement habitable. »

    « Chaque année, pendant la mousson, ont confié aux enquêteurs de Human Rights Watch les habitants de l’île voisine de Hatiya, une partie de Bhasan Char est érodée par l’eau. Nous n’osons même pas y mettre les pieds. Comment des milliers de Rohingyas pourraient-ils y vivre ? » Par ailleurs, la navigation dans les parages de l’île est jugée si dangereuse, par temps incertain, que les pêcheurs du delta hésitent à s’y aventurer. Les reporters d’un journal local ont dû attendre six jours avant que la météo devienne favorable et qu’un volontaire accepte de les embarquer.

    À toutes ces objections des ONG, d’une partie de la presse locale et de plusieurs agences des Nations unies, le gouvernement bangladais répond que rien n’a été négligé. Une digue, haute de près de trois mètres et longue de 13 km, a été érigée autour de l’enclave de 6,7 km² affectée à l’hébergement des Rohingyas. Chacune des 120 unités de logement du complexe comprend douze bâtiments sur pilotis, une mare et un abri en béton destiné à héberger 23 familles en cas de cyclone et à recevoir les réserves de produits alimentaires. Conçus, selon les architectes, pour résister à des vents de 260 km/h, les abris pourront aussi être utilisés comme salles de classe, centres communautaires et dispensaires.

    Construit en parpaings, chaque bâtiment d’habitation contient, sous un toit de tôle métallique, seize chambres de 3,5 m sur 4 m, huit W.-C., deux douches et deux cuisines collectives. Destinées à héberger des familles de quatre personnes, les chambres s’ouvrent sur une coursive par une porte et une fenêtre à barreaux. Un réseau de collecte de l’eau de pluie, des panneaux solaires et des générateurs de biogaz sont également prévus. Des postes de police assureront la sécurité et 120 caméras de surveillance seront installées par la marine.

    Compte tenu des conditions de navigation très difficiles dans l’estuaire de la Meghna et du statut militarisé de l’île, la liberté de mouvement des réfugiés comme leur aptitude à assurer leur subsistance seront réduites à néant. « Bhasan Char sera l’équivalent d’une prison », estimait en mars dernier Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch.
    Aung San Suu Kyi n’a pas soulevé un sourcil

    Aucun hôpital n’est prévu sur l’île. En cas d’urgence, les malades ou les blessés devront être transférés vers l’hôpital de l’île de Hatiya, à une heure de bateau lorsque le temps le permet. Faute de production locale, la quasi-totalité de l’alimentation devra être acheminée depuis le continent. La densité de population de ce complexe dont les blocs, disposés sur un plan orthogonal, sont séparés par d’étroites allées rectilignes, dépassera, lorsqu’il sera totalement occupé, 65 000 habitants au kilomètre carré, soit six fois celle du cœur de New York.

    On le voit, ce « paradis pour les Rohingyas », selon le principal architecte du projet, Ahmed Mukta, qui partage son activité entre Dacca et Londres, tient davantage du cauchemar concentrationnaire submersible que du tremplin vers une nouvelle vie pour les réfugiés birmans du Bangladesh. Ce n’est pourtant pas faute de temps et de réflexion sur la nature et la gestion du complexe. L’idée de transférer les réfugiés birmans sur Bhasan Char circulait depuis 2015 parmi les responsables birmans. À ce moment, leur nombre ne dépassait pas 250 000.

    Alimentés depuis 1990 par un chapelet de flambées de haine anti-musulmanes que le pouvoir birman tolérait quand il ne les allumait pas lui-même, plusieurs camps s’étaient créés dans la région de Cox’s Bazar pour accueillir les réfugiés chassés par la terreur ou contraints à l’exil par leur statut spécial. Musulmans dans un pays en écrasante majorité bouddhiste, les Rohingyas se sentent depuis toujours, selon l’ONU, « privés de leurs droits politiques, marginalisés économiquement et discriminés au motif de leur origine ethnique ».

    Le projet s’était apparemment endormi au fond d’un tiroir lorsqu’en août 2017, après la véritable campagne de nettoyage ethnique déclenchée par Tatmadaw (l’armée birmane) et ses milices, près de 740 000 Rohingyas ont fui précipitamment l’État de Rakhine, (autrefois appelé Arakan) où ils vivaient pour se réfugier de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, auprès de leurs frères, exilés parfois depuis plus de vingt-cinq ans. En quelques jours, le nombre de Rohingyas dans le district de Cox’s Bazar a atteint un million de personnes et le camp de réfugiés de Kutupalong est devenu le plus peuplé de la planète.

    Nourrie par divers trafics, par le prosélytisme des émissaires islamistes, par la présence de gangs criminels et par l’activisme des agents de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) à la recherche de recrues pour combattre l’armée birmane, une insécurité, rapidement jugée incontrôlable par les autorités locales, s’est installée dans la région. Insécurité qui a contribué à aggraver les tensions entre les réfugiés et la population locale qui reproche aux Rohingyas de voler les petits boulots – employés de restaurant, livreurs, conducteurs de pousse-pousse – en soudoyant les policiers et en acceptant des salaires inférieurs, alors qu’ils ne sont officiellement pas autorisés à travailler.

    Cette situation est d’autant plus inacceptable pour le gouvernement de Dacca que Cox’s Bazar et sa plage de 120 km constituent l’une des rares attractions touristiques du pays.

    Pour mettre un terme à ce chaos, le gouvernement de Dacca a d’abord compté sur une campagne de retours volontaires et ordonnés des Rohingyas en Birmanie. Il y a un an, 2 200 d’entre eux avaient ainsi été placés sur une liste de rapatriement. Tentative vaine : faute d’obtenir des garanties de sécurité et de liberté du gouvernement birman, aucun réfugié n’a accepté de rentrer. Le même refus a été opposé aux autorités en août dernier lorsqu’une deuxième liste de 3 500 réfugiés a été proposée. Selon les chiffres fournis par le gouvernement birman lui-même, 31 réfugiés seulement sont rentrés du Bangladesh entre mai 2018 et mai 2019.

    Les conditions, le plus souvent atroces, dans lesquelles les Rohingyas ont été contraints de fuir en août 2017 et ce qu’ils soupçonnent de ce qui les attendrait au retour expliquent largement ces refus. Selon le rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU remis au Conseil des droits de l’homme le 8 août 2019 [on peut le lire ici], les Rohingyas ont été victimes, un an plus tôt, de multiples « crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

    Selon ce document, « la responsabilité de l’État [birman – ndlr] est engagée au regard de l’interdiction des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, ainsi que d’autres violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

    Le rapport précise que « la mission a établi une liste confidentielle de personnes soupçonnées d’avoir participé à des crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, dans les États de Rakhine, kachin et shan depuis 2011. Cette liste […] contient plus d’une centaine de noms, parmi lesquels ceux de membres et de commandants de la Tatmadaw, de la police, de la police des frontières et des autres forces de sécurité, y compris de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, ainsi que les noms de représentants des autorités civiles, au niveau des districts, des États et du pays, de personnes privées et de membres de groupes armés non étatiques. […] La liste mentionne aussi un grand nombre d’entités avec lesquelles les auteurs présumés de violations étaient liés, notamment certaines unités des forces de sécurité, des groupes armés non étatiques et des entreprises ».

    On comprend dans ces conditions que, rien n’ayant changé depuis cet été sanglant en Birmanie où Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, n’a pas levé un sourcil devant ces crimes, les Rohingyas préfèrent l’incertain chaos de leur statut de réfugiés à la certitude d’un retour à la terreur. Et refusent le rapatriement. Ce qui a conduit, début 2018, la première ministre bangladaise Sheikh Hasina à sortir de son tiroir le projet de transfert, en sommeil depuis 2015, pour le mettre en œuvre « en priorité ».

    Près de 300 millions de dollars ont été investis par Dacca dans ce projet, destiné dans un premier temps à réduire la population des camps où la situation est la plus tendue. Selon le représentant du gouvernement à Cox’s Bazar, Kamal Hossain, les opérations de transfert pourraient commencer « fin novembre ou début décembre ».

    Au cours d’une récente réunion à Dacca entre des représentants du ministère des affaires étrangères du Bangladesh et des responsables des Nations unies, les officiels bangladais auraient « conseillé » à leurs interlocuteurs d’inclure Bhasan Char dans le plan de financement de l’ONU pour 2020, sans quoi le gouvernement de Dacca pourrait ne pas approuver ce plan. Les responsables des Nations unies à Dacca ont refusé de confirmer ou démentir, mais plusieurs d’entre eux, s’exprimant officieusement, ont indiqué qu’ils étaient soumis « à une forte pression pour endosser le projet de Bhasan Char ».

    Interrogé sur la possibilité d’organiser le transfert des réfugiés sans l’aval des Nations unies, le ministre bangladais des affaires étrangères Abul Kalam Abdul Momen a répondu : « Oui, c’est possible, nous pouvons le faire. » La première ministre, de son côté, a été plus prudente. En octobre, elle se contentait de répéter que son administration ne prendrait sa décision qu’après avoir consulté les Nations unies et les autres partenaires internationaux du Bangladesh.

    L’un de ces partenaires, dont l’aide en matière d’assistance humanitaire est précieuse pour Dacca, vient de donner son avis. Lors d’une intervention fin octobre à la Chambre des représentants, Alice G. Wells, secrétaire adjointe du bureau de l’Asie du Sud et du Centre au Département d’État, a demandé au gouvernement du Bangladesh d’ajourner tout transfert de réfugiés vers Bhasan Char jusqu’à ce qu’un groupe d’experts indépendants détermine si c’est un lieu approprié. Washington ayant versé depuis août 2017 669 millions de dollars d’aide à Dacca, on peut imaginer que cette suggestion sera entendue.
    Les « défaillances systémiques » de l’ONU

    Les Nations unies sont pour l’instant discrètes sur ce dossier. On sait seulement qu’une délégation doit se rendre sur l’île les jours prochains. Il est vrai que face à ce qui s’est passé ces dernières années en Birmanie, et surtout face à la question des Rohingyas, la position de l’ONU n’a pas toujours été claire et son action a longtemps manqué de lucidité et d’efficacité. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Certes l’actuel secrétaire général, António Guterres, a réagi rapidement et vigoureusement au sanglant nettoyage ethnique qui venait de commencer en Birmanie en adressant dès le 2 septembre 2017 une lettre au Conseil de sécurité dans laquelle il demandait un « effort concerté » pour empêcher l’escalade de la crise dans l’État de Rakhine, d’où 400 000 Rohingyas avaient déjà fui pour échapper aux atrocités.

    Mais il n’a pu obtenir de réaction rapide et efficace du Conseil. Il a fallu discuter deux semaines pour obtenir une réunion et 38 jours de plus pour obtenir une déclaration officielle de pure forme. Quant à obtenir l’envoi sur place d’une équipe d’observateurs de l’ONU en mesure de constater et dénoncer l’usage de la violence, il en était moins question que jamais : la Birmanie s’y opposait et son allié et protecteur chinois, membre du Conseil et détenteur du droit de veto, soutenait la position du gouvernement birman. Et personne, pour des raisons diverses, ne voulait s’en prendre à Pékin sur ce terrain.

    En l’occurrence, l’indifférence des États membres, peu mobilisés par le massacre de Rohingyas, venait s’ajouter aux divisions et différences de vues qui caractérisaient la bureaucratie de l’ONU dans cette affaire. Divergences qui expliquaient largement l’indifférence et la passivité de l’organisation depuis la campagne anti-Rohingyas de 2012 jusqu’au nettoyage ethnique sanglant de 2017.

    Incarnation de cette indifférence et de cette passivité, c’est-à-dire de la priorité que le système des Nations unies en Birmanie accordait aux considérations politiques et économiques sur la sécurité et les besoins humanitaires des Rohingyas, Renata Lok-Dessallien, la représentante de l’ONU en Birmanie depuis 2014, a quitté ses fonctions en octobre 2017, discrètement appelée par New York à d’autres fonctions, en dépit des réticences du gouvernement birman. Mais il était clair, à l’intérieur de l’organisation, qu’elle n’était pas la seule responsable de cette dérive désastreuse.

    Dans un rapport de 36 pages, commandé début 2018 par le secrétaire général et remis en mai dernier, l’économiste et diplomate guatémaltèque Gert Rosenthal, chargé de réaliser un diagnostic de l’action de l’ONU en Birmanie entre 2010 et 2018, constate qu’en effet, l’organisation n’a pas été à son meilleur pendant les années qui ont précédé le nettoyage ethnique d’août 2017 au cours duquel 7 000 Rohingyas au moins ont été tués, plus de 700 000 contraints à l’exil, des centaines de milliers d’autres chassés de leurs villages incendiés et enfermés dans des camps, le tout dans un climat de violence et de haine extrême [le rapport – en anglais – peut être lu ici].

    Selon Gert Rosenthal, qui constate des « défaillances systémiques » au sein de l’ONU, nombre d’agents des Nations unies ont été influencés ou déroutés par l’attitude de Aung San Suu Kyi, icône du combat pour la démocratie devenue, après les élections de 2015, l’alliée, l’otage et la caution des militaires et du clergé bouddhiste. C’est-à-dire la complice, par son silence, des crimes commis en 2017. Mais l’auteur du rapport pointe surtout la difficulté, pour les agences de l’ONU sur place, à choisir entre deux stratégies.

    L’une est la « diplomatie tranquille » qui vise à préserver dans la durée la présence et l’action, même limitée, de l’organisation au prix d’une certaine discrétion sur les obligations humanitaires et les droits de l’homme. L’autre est le « plaidoyer sans concession » qui entend faire respecter les obligations internationales par le pays hôte et implique éventuellement l’usage de mesures « intrusives », telles que des sanctions ou la menace de fermer l’accès du pays aux marchés internationaux, aux investissements et au tourisme.

    À première vue, entre ces deux options, le secrétaire général de l’ONU a fait son choix. Après une visite à Cox’s Bazar, en juillet 2018, il affirmait qu’à ses yeux, « les Rohingyas ont toujours été l’un des peuples, sinon le peuple le plus discriminé du monde, sans la moindre reconnaissance de ses droits les plus élémentaires, à commencer par le droit à la citoyenneté dans son propre pays, le Myanmar [la Birmanie] ».

    Il reste à vérifier aujourd’hui si, face à la menace brandie par Dacca de transférer jusqu’à 100 000 réfugiés rohingyas sur une île concentrationnaire et submersible, les Nations unies, c’est-à-dire le système onusien, mais aussi les États membres, choisiront le « plaidoyer sans concession » ou la « diplomatie tranquille ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/131119/le-bangladesh-veut-il-noyer-ses-refugies-rohingyas?onglet=full

    #réfugiés #asile #migrations #rohingyas #Bangladesh #camps_de_réfugiés

    ping @reka

    • Bangladesh Turning Refugee Camps into Open-Air Prisons

      Bangladesh Army Chief Gen. Aziz Ahmed said this week that a plan to surround the Rohingya refugee camps in #Cox’s_Bazar with barbed wire fences and guard towers was “in full swing.” The plan is the latest in a series of policies effectively cutting off more than 900,000 Rohingya refugees from the outside world. The refugees have been living under an internet blackout for more than 75 days.

      Bangladesh is struggling to manage the massive refugee influx and the challenges of handling grievances from the local community, yet there is no end in sight because Myanmar has refused to create conditions for the refugees’ safe and voluntary return. But fencing in refugees in what will essentially be open-air prisons and cutting off communication services are neither necessary nor proportional measures to maintain camp security and are contrary to international human rights law.

      Humanitarian aid workers reported the internet shutdown has seriously hampered their ability to provide assistance, particularly in responding to emergencies. The fencing will place refugees at further risk should they urgently need to evacuate or obtain medical and other humanitarian services.

      Refugees told Human Rights Watch the fencing will hinder their ability to contact relatives spread throughout the camps and brings back memories of restrictions on movement and the abuses they fled in Myanmar.

      The internet shutdown has already hampered refugees’ efforts to communicate with relatives and friends still in Myanmar, which is critical for gaining reliable information about conditions in Rakhine State to determine whether it is safe to return home.

      The Bangladesh government should immediately stop its plans to curtail refugees’ basic rights or risk squandering the international goodwill it earned when it opened its borders to a desperate people fleeing the Myanmar military’s brutal campaign of ethnic cleansing.

      https://www.hrw.org/news/2019/11/26/bangladesh-turning-refugee-camps-open-air-prisons
      #internet #barbelés #liberté_de_mouvement

  • UN envoy fears ’new crisis’ for Rohingya Muslims if moved to remote Bangladesh island

    A United Nations human rights investigator on #Myanmar has voiced deep concern at Bangladesh’s plan to relocate 23,000 Rohingya refugees to a remote island, saying it may not be habitable and could create a “new crisis”.

    https://www.abc.net.au/news/2019-03-12/un-envoy-fears-new-crisis-for-rohingya-muslims/10890932
    #réfugiés #îles #île #Bangladesh #rohingya #réfugiés_rohingya #asile #migrations #Birmanie

    • Polly Pallister-Wilkins signale sur twitter (https://twitter.com/PollyWilkins/status/1105366496291753984) le lien à faire avec le concept de #penal_humanitarianism (#humanitarisme_pénal)

      Introducing the New Themed Series on Penal Humanitarianism

      Humanitarianism is many things to many people. It is an ethos, an array of sentiments and moral principles, an imperative to intervene, and a way of ‘doing good’ by bettering the human condition through targeting suffering. It is also a form of governance. In Border Criminologies’ new themed series, we look closer at the intersections of humanitarian reason with penal governance, and particularly the transfer of penal power beyond the nation state.

      The study of humanitarian sentiments in criminology has mainly focused on how these sensibilities have ‘humanized’ or ‘civilized’ punishment. As such, the notion of humanism in the study of crime, punishment, and justice is associated with human rights implementation in penal practices and with normative bulwark against penal populism; indeed, with a ‘softening’ of penal power.

      This themed series takes a slightly different approach. While non-punitive forces have a major place in the humanitarian sensibility, we explore how humanitarianism is put to work on and for penal power. In doing so, we look at how muscular forms of power – expulsion, punishment, war – are justified and extended through the invocation of humanitarian reason.

      In the following post, Mary Bosworth revisits themes from her 2017 article and addresses current developments on UK programmes delivered overseas to ‘manage migration’. She shows that through an expansion of these programmes, migration management and crime governance has not only elided, but ‘criminal justice investment appears to have become a humanitarian goal in its own right’. Similarly concerned with what happens at the border, Katja Franko and Helene O.I. Gundhus observed the paradox and contradictions between humanitarian ideals in the performative work of governmental discourses, and the lack of concern for migrants’ vulnerability in their article on Frontex operations.

      However, in their blog post they caution against a one-dimensional understanding of humanitarianism as legitimizing policy and the status quo. It may cloud from view agency and resistance in practice, and, they argue, ‘the dialectics of change arising from the moral discomfort of doing border work’. The critical, difficult question lurking beneath their post asks what language is left if not that of the sanctity of the human, and of humanity.

      Moving outside the European territorial border, Eva Magdalena Stambøl however corroborates the observation that penal power takes on a humanitarian rationale when it travels. Sharing with us some fascinating findings from her current PhD work on EU’s crime control in West Africa, and, more specifically, observations from her fieldwork in Niger, she addresses how the rationale behind the EU’s fight against ‘migrant smugglers’ in Niger is framed as a humanitarian obligation. In the process, however, the EU projects penal power beyond Europe and consolidates power in the ‘host’ state, in this case, Niger.

      Moving beyond nation-state borders and into the ‘international’, ‘global’, and ‘cosmopolitan’, my own research demonstrates how the power to punish is particularly driven by humanitarian reason when punishment is delinked from its association with the national altogether. I delve into the field of international criminal justice and show how it is animated by a humanitarian impetus to ‘do something’ about the suffering of distant others, and how, in particular, the human rights movement have been central to the fight against impunity for international crimes. Through the articulation of moral outrage, humanitarian sensibilities have found their expression in a call for criminal punishment to end impunity for violence against distant others. However, building on an ethnographic study of international criminal justice, which is forthcoming in the Clarendon Studies in Criminology published by Oxford University Press, I demonstrate how penal power remains deeply embedded in structural relations of (global) power, and that it functions to expand and consolidate these global inequalities further. Removed from the checks and balances of democratic institutions, I suggest that penal policies may be more reliant on categorical representations of good and evil, civilization and barbarity, humanity and inhumanity, as such representational dichotomies seem particularly apt to delineate the boundaries of cosmopolitan society.

      In the next post I co-wrote with Anette Bringedal Houge, we address the fight against sexual violence in conflict as penal humanitarianism par excellence, building on our study published in Law & Society Review. While attention towards conflict-related sexual violence is critically important, we take issue with the overwhelming dominance of criminal law solutions on academic, policy, and activist agendas, as the fight against conflict-related sexual violence has become the fight against impunity. We observe that the combination of a victim-oriented justification for international justice and graphic reproductions of the violence victims suffer, are central in the advocacy and policy fields responding to this particular type of violence. Indeed, we hold that it epitomizes how humanitarianism facilitates the expansion of penal power but take issue with what it means for how we address this type of violence.

      In the final post of this series, Teresa Degenhardt offers a discomforting view on the dark side of virtue as she reflects on how penal power is reassembled outside the state and within the international, under the aegis of human rights, humanitarianism, and the Responsibility to Protect-doctrine. Through the case of Libya, she claims that the global north, through various international interventions, ‘established its jurisdiction over local events’. Through what she calls a ‘pedagogy of liberal institutions’, Degenhardt argues that ‘the global north shaped governance through sovereign structures at the local level while re-articulating sovereign power at the global level’, in an argument that, albeit on a different scale, parallels that of Stambøl.

      The posts in this themed series raise difficult questions about the nature of penal power, humanitarianism, and the state. Through these diverse examples, each post demonstrates that while the nation state continues to operate as an essential territorial site of punishment, the power to punish has become increasingly complex. This challenges the epistemological privilege of the nation state framework in the study of punishment.

      However, while this thematic series focuses on how penal power travels through humanitarianism, we should, as Franko and Gundhus indicate, be careful of dismissing humanitarian sensibilities and logics as fraudulent rhetoric for a will to power. Indeed, we might – or perhaps should – proceed differently, given that in these times of pushback against international liberalism and human rights, and resurgent religion and nationalism, humanitarian reason is losing traction. Following an unmasking of humanitarianism as a logic of governance by both critical (leftist) scholars and rightwing populism alike, perhaps there is a need to revisit the potency of humanitarianism as normative bulwark against muscular power, and to carve out the boundaries of a humanitarian space of resistance, solidarity and dignity within a criminology of humanitarianism. Such a task can only be done through empirical and meticulous analysis of the uses and abuses of humanitarianism as an ethics of care.

      https://www.law.ox.ac.uk/research-subject-groups/centre-criminology/centreborder-criminologies/blog/2019/03/introducing-new

    • Most Rohingya refugees refuse to go to #Bhasan_Char island – Xchange survey

      Nearly all Rohingya refugees asked about relocating to a silt island in the Bay of Bengal refused to go, a new survey reveals.

      According to a new report published by the migration research and data analysis outfit Xchange Foundation, the vast majority of their respondents (98.4%) ‘categorically refused’ to go to Bhasan Char, while 98.7% of respondents were aware of the plan.

      From the over 1,000 respondents who expressed their opinion, concerns were raised about their safety, security and placement in a location further from Myanmar.

      Decades long limbo

      The findings obtained by the recent Xchange Foundation Report entitled ‘WE DO NOT BELIEVE MYANMAR!,’ chart the protracted living conditions and uncertain future of almost three quarters of a million recent Rohingya refugees living in Cox’s Bazar region of Bangladesh. Accumulated together with previous generations of Rohingya, there are approximately 1.2m living across over a dozen camps in the region.

      This is the sixth survey carried out by the Xchange Foundation on the experiences and conditions facing Rohingya refugees.

      The region has been host to Rohingya refugees for just over the last three decades with the recent crackdown and massacre by the Myanmar military in August 2017 forcing whole families and communities to flee westward to Bangladesh.

      While discussions between the Bangladeshi and Myanmar government over the repatriation of recent Rohingya refugees have been plagued by inertia and lukewarm commitment, the Bangladeshi government has been planning on relocating over 100,000 Rohingya refugees to the silt island of Bhasan Char in the Bay of Bengal. This process was expected to take place in the middle of April, according to a Bangladeshi government minister.

      State Minister for Disaster and Relief Management Md Enamur Rahman, told the Dhaka Tribune ‘Prime Minister Sheikh Hasina has instructed last week to complete the relocation 23,000 Rohingya families to Bhashan Char by Apr 15.’

      Is it safe?

      Numerous humanitarian organisations including Human Rights Watch, have expressed their concerns over the government’s proposals, saying there are few assurances that Rohingya refugees will be safe or their access to free movement, health, education and employment will be secured.

      HRW reported in March that the Bangladeshi authorities had issued assurances that there wouldn’t be forcible relocation but that the move was designed to relieve pressure on the refugee camps and settlements across Cox’s Bazar.

      The move would see the relocation of 23,000 Rohingya families to a specially constructed complex of 1,440 housing blocks, equipped with flood and cyclone shelter and flood walls. The project is estimated to have cost the Bangladeshi government over €250 million.

      To prepare the island, joint efforts of British engineering and environmental hydraulics company HR Wallingford and the Chinese construction company Sinohydro, have been responsible for the construction of a 13km flood embankment which encircles the island.

      When asked by the Xchange survey team one Male Rohingya of 28 years old said, ‘We saw videos of Bhasan Char; it’s not a safe place and also during the raining season it floods.’ An older female of 42 said, ‘I’m afraid to go to Bhasan Char, because I think there is a risk to my life and my children.’

      https://www.youtube.com/watch?v=DM8wlvLddnw

      Threat of flooding

      Bhasan Char or ‘Thengar Char,’ didn’t exist 20 years ago.

      The island is understood to have formed through gradual silt deposits forming a island around 30km from the Bangladeshi mainland. Until now, human activity on the island has been very minimal with it being largely used for cattle and only reachable by a 3.5 hour boat trip.

      But, the island is subject to the tides. It is reported that the island loses around 5,000 square acres of its territory from low to high tide (15,000 – 10,000 acres (54 square kilometres) respectively).

      This is worsened by the threat of the monsoon and cyclone season which according to HRW’s testimony can result in parts of the island eroding. This is recorded as being around one kilometre a year, ABC News reports.

      Golam Mahabub Sarwar of the Bangladeshi Ministry of Land, says that a high tide during a strong cyclone could completely flood the island. This is exemplifed by the 6 metre tidal range which is seen on fellow islands.

      New crisis

      The UN Envoy Yanghee Lee has warned that the Bangladesh government goes through with the relocation, it could risk creating a ‘new crisis’.

      Lee warned that she was uncertain of the island was ‘truly habitable’ for the over 23,000 families expected to live there.

      The Special Rapporteur to Myanmar made the comments to the Human Rights Council in March, saying that if the relocations were made without consent from the people it would affect, it had, ‘potential to create a new crisis.’

      She stressed that before refugees are relocated, the United Nations, ‘must be allowed to conduct a full technical and humanitarian assessment’ as well as allowing the beneficiary communities to visit and decide if it is right for them.

      https://www.newsbook.com.mt/artikli/2019/05/07/most-rohingya-refugees-refuse-to-go-to-bhasan-char-island-xchange-survey/?lang=en

    • Rohingya Refugees to Move to Flood-Prone Bangladesh Island

      Thousands of Rohingya living in Bangladesh refugee camps have agreed to move to an island in the #Bay_of_Bengal, officials said Sunday, despite fears the site is prone to flooding.

      Dhaka has long wanted to move 100,000 refugees to the muddy silt islet, saying it would take pressure off the overcrowded border camps where almost a million Rohingya live.

      Some 740,000 Rohingya fled Myanmar in August 2017 in the face of a military crackdown, joining 200,000 refugees already in makeshift tent settlements at Cox’s Bazar.

      Relocations begin soon

      Bangladesh’s refugee commissioner, Mahbub Alam, said officials overseeing the relocation would be posted to #Bhashan_Char_island in the next few days.

      Approximately 6,000-7,000 refugees have expressed their willingness to be relocated to Bhashan Char, Alam told AFP from Cox’s Bazar, adding that “the number is rising.”

      He did not say when the refugees would be moved, but a senior Navy officer involved in building facilities on the island said it could start by December, with some 500 refugees sent daily.

      Bangladesh had been planning since last year to relocate Rohingya to the desolate flood-prone site, which is an hour by boat from the mainland.

      Rights groups have warned the island, which emerged from the sea only about two decades ago, might not be able to withstand violent storms during the annual monsoon season.

      In the past half-century, powerful cyclones have killed hundreds of thousands of people in the Meghna river estuary where the island is located.

      Rohingya leaders would be taken to Bhashan Char to view the facilities and living conditions, Alam said.

      Safety facilities built on the island include a 9-feet (3 meter) high embankment along its perimeter to keep out tidal surges during cyclones, and a warehouse to store months’ worth of rations, he added.

      Overcrowding in camp

      Rohingya father-of-four Nur Hossain, 50, said he and his family agreed to relocate to #Bhashan_Char after they were shown video footage of the shelters.

      “I have agreed to go. The camp here (at Leda) is very overcrowded. There are food and housing problems,” the 50-year-old told AFP.

      There was no immediate comment from the U.N., although Bangladeshi officials said they expect a delegation would visit the island in the next few weeks.

      https://www.voanews.com/south-central-asia/rohingya-refugees-move-flood-prone-bangladesh-island

    • Bangladesh : des réfugiés rohingyas acceptent de partir sur une île

      Des milliers de Rohingyas vivant dans des camps de réfugiés au Bangladesh ont accepté de partir pour une île isolée du golfe du Bengale, ont annoncé dimanche les autorités, en dépit des risques d’inondations.

      Dacca a depuis longtemps fait part de son intention de transférer 100.000 réfugiés musulmans rohingyas des camps de réfugiés surpeuplés, près de la frontière birmane, vers un îlot de vase boueux et isolé du golfe du Bengale.

      Le gouvernement du Bangladesh y voit une solution pour résoudre le problème des camps de réfugiés surpeuplés où vivent près d’un million de Rohingyas.

      Environ 740.000 Rohingyas ont fui la Birmanie pour le Bangladesh en 2017 pour échapper à une répression militaire massive. Ils ont rejoint les quelque 200.000 réfugiés vivant déjà dans le district bangladais frontalier de Cox’s Bazar (sud-est).

      Le commissaire bangladais aux réfugiés, Mahbub Alam, a indiqué que des fonctionnaires seront détachés, dans les prochains jours, afin de superviser cette installation.

      « Environ 6.000 à 7.000 réfugiés ont déjà exprimé leur volonté d’être réinstallés à Bhashan Char », a déclaré Alam à l’AFP depuis Cox’s Bazar, affirmant que « leur nombre est en augmentation ».

      Il n’a cependant pas donné de chiffres sur le nombre de réfugiés qui seront ainsi déplacés.

      Selon un officier supérieur de la marine qui participe à la construction d’installations sur l’île, cette opération pourrait débuter en décembre et environ 500 réfugiés seraient envoyés quotidiennement sur cette île située à une heure de bateau de la terre ferme la plus proche.

      Des groupes de défense des droits affirment que Bhashan Char est susceptible d’être submergée lors des moussons.

      Au cours des cinquante dernières années, de puissants cyclones ont fait des centaines de milliers de morts dans l’estuaire de la rivière Meghna, où l’île se situe.

      Des responsables rohingyas seront conduits à Bhashan Char afin d’y découvrir les installations et leurs conditions de vie, a affirmé M. Alam.

      Des responsables locaux ont assuré qu’une digue de trois mètres a été construite autour de l’île pour la protéger de la montée des eaux en cas de cyclone.

      Nur Hossain, un réfugié rohingya, père de quatre enfants, a déclaré que sa famille et lui ont accepté de partir pour Bhashan Char après avoir vu des images vidéo des abris.

      « Le camp ici (à Leda) est très surpeuplé. Il y a des problèmes de nourriture et de logement », a déclaré à l’AFP cet homme de 50 ans.

      L’ONU n’a jusqu’à présent pas fait de déclaration à ce sujet. Des responsables bangladais ont cependant déclaré qu’une délégation des Nations unies se rendra sur l’île au cours des prochaines semaines.

      https://www.courrierinternational.com/depeche/bangladesh-des-refugies-rohingyas-acceptent-de-partir-sur-une

    • Rohingya: il Bangladesh vuole trasferirli su un’isola sperduta e pericolosa

      Le violenze dell’esercito del Myanmar avevano costretto centinaia di migliaia di Rohingya a rifugiarsi in Bangladesh nel 2017. E quando ancora un rientro nelle loro terre d’origine sembra lontano, Dacca cerca di mandarne 100 mila su un’isola remota e pericolosa nel Golfo del Bengala

      Non sono bastate le violenze dell’esercito del Myanmar e degli estremisti buddisti, che nell’agosto 2017 hanno costretto centinaia di migliaia di Rohingya a rifugiarsi in Bangladesh. E non bastano neanche le condizioni precarie in cui vivono nei fatiscenti campi profughi gestiti da Dacca. Il dramma di questa popolazione, che secondo le Nazioni Unite è una delle minoranze più perseguitate al mondo, non sembra avere fine.

      La scorsa settimana il governo del Bangladesh ha annunciato che alla fine di novembre inizierà il trasferimento di 100 mila rifugiati Rohingya a Bhasan Char, una remota isola nel Golfo del Bengala. Per le autorità questa mossa sarebbe necessaria a causa del «disperato sovraffollamento» nei campi di Cox’s Bazar, una città al confine con la ex-Birmania, che ora ospita oltre 700 mila sfollati. Ma la scelta della nuova collocazione ha sollevato una serie di preoccupazioni per la salute e la sicurezza dei Rohingya che verranno trasferiti.

      Rohinghya in Bangladesh: l’isola in mezzo al nulla

      Yanghee Lee, relatore speciale delle Nazioni Unite sulla situazione dei diritti umani in Myanmar, che ha visitato l’isola nel gennaio 2019, ha espresso seri dubbi e preoccupazioni sul fatto che «l’isola sia davvero abitabile». Bhasan Char, infatti, è soggetta frequentemente ad inondazioni e cicloni. Lee ha anche avvertito che «un trasferimento mal pianificato e senza il consenso degli stessi rifugiati, creerebbe una nuova crisi per i Rohingya».

      Il governo di Dacca ha spiegato che tutte le ricollocazioni a Bhasan Char saranno rigorosamente volontarie e che oltre 7 mila rifugiati hanno già accettato di trasferirsi. Non sappiamo, però, se questi Rohingya siano effettivamente consapevoli dell’isolamento e della pericolosità del contesto in cui andranno a vivere. L’isola, infatti, è a ore di navigazione dalla terraferma e le condizioni del mare non sono delle migliori. Durante il periodo dei monsoni i pochi residenti sono bloccati in mezzo alle acque per lunghi periodi.

      Rohingya a rischio sussistenza

      Sebbene le autorità abbiano migliorato le infrastrutture a Bhasan Char, per cercare di contrastare i rischi di inondazioni e costruito più di 1.400 edifici per ospitare gli sfollati, l’isola non ha un adeguato sistema di agricoltura e le attività commerciali sono quasi inesistenti. Inoltre vanno aggiunte le difficoltà per quanto riguarda l’istruzione e la sanità. Problematiche già presenti nei campi di Cox’s Bazar, che nei mesi scorsi avevano anche lanciato l’allarme del radicalismo islamico.

      Nell’ultimo periodo, infatti, nelle strutture dove hanno trovato rifugio i Rohingya scappati dal Myanmar sono proliferate centinaia di scuole coraniche gestite da Hefazat-e-Islam, un gruppo estremista locale fondato nel 2010, che in passato ha organizzato numerose proteste di piazza. Questa organizzazione, finanziata da alcuni Paesi del Golfo, ha di fatto riempito il vuoto educativo imposto da Dacca, che ha vietato alla minoranza musulmana di frequentare gli istituti locali.

      Chi sono i Rohingya e perché sono perseguitati

      I Rohingya sono un popolo invisibile. Di fede musulmana, dall’ottavo secolo vivono nel Nord-Ovest del Myanmar, ma non vengono considerati ufficialmente un’etnia dal governo. Proprio per questo non hanno alcun diritto e la maggior parte di loro non ha cittadinanza nel paese guidato dal premio Nobel per la pace Aung San Suu Kyi. Senza il diritto di avere cure mediche e istruzione, non possono possedere nulla e non possono avere più di due figli.

      Si è tornato a parlare della loro drammatica situazione nell’agosto di due anni fa, a causa delle persecuzioni dei militari birmani, che li hanno costretti ad un esodo nel vicino Bangladesh. Le poche testimonianze di prima mano arrivate in quei giorni del 2017 parlavano di brutalità inaudite e quotidiane: centinaia di morti, stupri, mine, sparizioni, villaggi dati alle fiamme e torture.

      Rohingya: il difficile ritorno in Myanmar

      Negli ultimi due anni, il governo del Myanmar ha negato la sua colpevolezza per le atrocità commesse e ha vietato alle organizzazioni e agli osservatori internazionali, incluso il relatore speciale delle Nazioni Unite Lee, di accedere nello stato Rakhine, dove la maggior parte dei Rohingya viveva prima dello spargimento di sangue del 2017.

      Proprio per queste ragioni, un ritorno in sicurezza in patria per la popolazione musulmana sembra, per ora, molto difficile. Lo stesso Lee, a settembre, ha dichiarato che il Paese della Suu Kyi «non ha fatto nulla per smantellare il sistema di violenza e persecuzione contro i Rohingya».

      https://www.osservatoriodiritti.it/2019/10/31/rohingya-myanmar-bangladesh-perseguitati