• Bienvenue en #Géozarbie

    #Enclaves, territoires prêtés, zones disputées, #micro-États, île fantasmée... il existe dans le monde quantité de petits bouts de terre aux frontières ou statuts bizarres ! Mêlant anecdotes loufoques et grands moments de l’Histoire, Bienvenue en Géozarbie nous fait découvrir 10 lieux où l’ubuesque se dispute à l’absurde !

    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-022365/bienvenue-en-geozarbie

    #géographie #géographie_politique #frontières #absurdité #série #arte #vidéo #ressources_pédagogiques #Absurdistan

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    Le Mont blanc n’est pas en France

    Saviez-vous que l’île de la Conférence est administrée à égalité de temps par deux pays, la France et l’Espagne ? Que la principauté d’Arbézie, à cheval sur la frontière franco-suisse, est… un hôtel-restaurant ? Ou que la France possède des territoires à Jérusalem ?
    Ce sont ces bizarreries géographiques que nous raconte #Olivier_Marchon dans ce livre étonnant qui rassemble des dizaines d’histoires de ce type, des plus tragiques au plus loufoques : de petits morceaux de terre, enclavés, disputés, au statut à part, parfois étrange, qui chacun à leur manière racontent la grande histoire…

    https://www.editionspoints.com/ouvrage/le-mont-blanc-n-est-pas-en-france-olivier-marchon/9782757895757
    #livre

    ping @reka

  • L’émergence des « cités gitanes » dans les années 1960 : une politique de #peuplement racialisée
    https://metropolitiques.eu/L-emergence-des-cites-gitanes-dans-les-annees-1960-une-politique-de-

    Dans les années d’après-guerre, des dispositifs spécifiques sont créés pour loger des populations catégorisées comme « #Tsiganes » ou « d’origine nomade ». Au nom de la différence culturelle qui leur est assignée, ces opérations conduisent à reléguer ces groupes hors des centres urbains, dans des conditions de #logement souvent précaires. À la fin des années 1950 et dans le courant des années 1960, des dispositifs de #relogement d’un nouveau genre sont développés en France en direction de populations désignées #Terrains

    / #bidonville, #race, #racisme, logement, #Roms, Tsiganes, peuplement, relogement, #histoire

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_mouchard.pdf

  • Bidonvilles de Montpellier : des gros bras incendient, le préfet expulse, le maire se tait - Rapports de Force
    https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/bidonvilles-de-montpellier-des-gros-bras-incendient-le-prefet-expuls

    Incendies volontaires à répétition, hommes rodant cagoulés avec des armes, coups de feu tirés en l’air, insultes, depuis cet été, les actes délictueux visant plusieurs bidonvilles se sont multipliés aux dires de leurs habitants et d’associations. Les expulsions préfectorales aussi. Le nouveau préfet de l’Hérault qui ne fait pas mystère de sa volonté de supprimer les bidonvilles reste par contre silencieux à propos des intimidations que leurs habitants disent subir.

    • Incendies criminels et bulldozers de la préfecture : les bidonvilles de Montpellier harcelés
      https://revolutionpermanente.fr/Incendies-criminels-et-bulldozers-de-la-prefecture-les-bidonvil

      Dès sa nomination, il se trouve un allié de choix lorsqu’il rencontre Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier. Les deux hommes s’entendent à merveille et ont la même priorité : "on se l’est dit les yeux dans les yeux. Il faut nettoyer la ville". Dans ce contexte, le préfet exprime aussi sa volonté de démanteler tous les bidonvilles de Montpellier, c’est-à-dire 15 sites qui comptent presque 1000 personnes.

      Loin d’une quelconque considération pour les habitants de ces camps qui vivent parfois dans des conditions d’insalubrité dramatiques, l’objectif du préfet consiste à faire régner l’ordre et chasser les populations stigmatisées. Les démantelements et expulsions se font alors même que tous les dispositifs d’hébergement d’urgence de Montpellier sont saturés depuis des mois, que le 115 ne propose pas plus de 4 ou 5 places pérennes aux 250 personnes qui appellent chaque jour. Des familles, des femmes enceintes, des personnes en situation de handicap, des femmes victimes de violences, personne n’est pris en charge par le 115 faute de places.

      « La semaine dernière encore, j’ai du expliquer à une enfant de 12 ans qu’elle dormirait dans la rue cette nuit. On a passé l’été à voir des familles avec des gosses de moins de 10 ans qui dorment dehors. » témoigne Lucas, travailleur social au SAMU Social.

      Cette saturation des dispositifs d’aide sociale n’empêche pas le préfet de jeter des gens à la rue par dizaine. Le 31 août, il joint les actes à la parole et expulse les deux camps du Mas Rouge, se servant comme prétexte d’un incendie ayant eu lieu début août. Près de 150 personnes dont plusieurs dizaines de mineurs se retrouvent à la rue. Des gens qui travaillent, des enfants scolarisés, des familles qui vivent là depuis des années sont prévenus la veille qu’ils seront expulsés le lendemain matin.

      Le même jour, un autre camp prenait feu, au niveau du Zénith. Une semaine après, le 8 août, ce camp est à son tour détruit à grands coups de bulldozers et ses habitants expulsés, dans des scènes de chaos dénoncées par les associations. Encore une fois, les habitants ont été prévenus la veille seulement. La mairie, propriétaire du terrain, a complètement laissé faire et s’est même opposée à la demande de suspension de l’expulsion.
      Comble de l’horreur, l’opération s’est faite dans une telle violence et une telle précipitation que la SPA a retrouvé plusieurs cadavres d’animaux domestiques écrasés par les pelleteuses.

      Hugues Moutouh, lui, justifie avec un cynisme puant sa politique inhumaine au micro de la Gazette de Montpellier : « C’est évident que si vous évacuez les gens et que vous laissez intactes les roulottes et les cahutes, c’est sûr qu’ils reviennent dans les semaines qui suivent. Donc il faut détruire. »

      Dans la réalité, ces familles se retrouvent souvent sans aucune solution et doivent dormir sur le trottoir. « Avant-hier, j’ai rencontré deux familles qui ont été expulsés, et qui dorment depuis près des rives du Lez. Six enfants scolarisés qui ne peuvent plus aller au collège et à l’école, des parents désespérés qui ne savent pas quoi faire. » nous explique Lucas.

      L’horreur de la situation a encore grimpé d’un cran entre mardi et mercredi.
      Mardi, le 115 a reçu des appels de familles vivant sur des camps qui signalaient le passage d’hommes cagoulés, armés de barres de fer, venus les menacer "d’être les prochains". Vers 5 heures du matin, un autre camp a été victime d’un incendie. S’il n’y a pas encore de preuves formelles de l’origine criminelle, un motard a été aperçu près du camp quelques minutes avant le début du sinistre.

      De plus, Metropolitain révélait hier dans la journée une autre tentative d’incendie criminel dans un autre camp, la même nuit, la aussi perpétré par un motard..
      Les habitants des bidonvilles font également état de nombreuses intimidations, coups de feu tirés devant les campements pendant la nuit, menaces reçues. La situation est déjà dramatique et se dégrade, avec la complicité silencieuse de la préfecture et de la mairie.

    • Delafosse est membre de l’équipe de campagne Hidalgo. C’est leur boulot de jouer le discours humano / travail social tout en faisant performer la rente foncière et le commerce, ce qui exige l’emploi de la police (et si il le faut d’hommes de main dans un cadre extra légal : ici, les incendies, ça marche, ils sont suivis d’expulsion « pour le bien des habitants »). La confiance n’est guère de mise.

      edit l’article de rapports de forces est du 17/9, la déclaration du maire du 21/9

    • Sinon, oui, le camp du Mas rouge était situé à un endroit très particulier : entre le quartier Port Marianne (le nouveau quartier très chic de Montpellier, qui continue de s’étendre vers la mer, Odysseum (le grand centre divertissement/commercial), et surtout le prochain quartier Cambacérès, sur lequel la métropole mise beaucoup, et en bordure duquel il y a déjà la toute nouvelle gare TGV de Montpellier (140 millions d’euros tout de même).

      J’ai cerclé le camp du Mas rouge en bleu, on voit qu’il est immédiatement adjacent à la zone rouge foncée du futur quartier Cambacérès :

      (Après, ça ne prouve rien, mais oui c’est un camp dont l’emplacement est particulièrement sensible en plein dans des quartiers en plein développement et plutôt chics.)

    • Bidonvilles expulsés à Montpellier : la politique « bulldozer » du préfet détruit tout sur son passage, NEJMA BRAHIM
      https://www.mediapart.fr/journal/france/220921/bidonvilles-expulses-montpellier-la-politique-bulldozer-du-prefet-detruit-

      Au cours des derniers mois, à Montpellier, plusieurs bidonvilles ont été touchés par des incendies, puis évacués sur décision du préfet de l’Hérault, sans préavis, réduisant à néant le travail social mené par les associations auprès des populations vivant sur place. Après la dernière évacuation, jugée « illégale » par les associations, le préfet a pointé du doigt les habitants, déclarant qu’ils ne vivaient « que de rapines et d’agressions ».

      Montpellier (Hérault).– Devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, Cosmin reste d’abord silencieux, attentif au discours de l’un de ses amis. Vendredi 17 septembre, ils sont une trentaine de jeunes adultes, accompagnés de leurs enfants et de divers représentants du monde associatif, à s’être déplacés place du Marché-aux-Fleurs pour dénoncer l’évacuation du bidonville Zénith 2, dans lequel ils vivaient depuis plusieurs années. « À Montpellier, les Roms sont expulsés par le feu », lâche d’emblée Sophie Mazas, avocate et présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de l’Hérault, tandis que les anciens habitants du bidonville acquiescent de la tête.

      Cosmin s’écarte de la foule, le regard vide. « J’ai tout perdu dans l’incendie », raconte-t-il en sortant son smartphone de la poche de son jean. La vidéo qui s’enclenche montre des caravanes en feu, dont la sienne et celle de son beau-frère. Plusieurs hommes courent et crient dans tous les sens, sans pouvoir empêcher les flammes de tout emporter sur leur passage. « Après l’expulsion, on n’a eu aucun hébergement. Rien du tout. Le 115 n’arrête pas de nous dire qu’ils n’ont pas de place. Ça fait cinq jours qu’on est à la rue, avec femme et enfants, sous la pluie », poursuit-il, incapable de maîtriser les larmes qui lui montent aux yeux. Il s’isole, inquiet que sa famille puisse le voir ainsi.


      L’incendie au bidonville du Zenith 2, à Montpellier, filmé par un habitant. © NB.

      « Hier, il a beaucoup plu. On a dû dormir par terre, dehors. Nos vêtements étaient tout mouillés », complète Clauda, l’épouse de Cosmin, entourée de leurs quatre enfants. Près d’eux, la sœur de Cosmin, ainsi que son mari Viktor, trois enfants, disent être dans la même situation. « Notre voiture a brûlé dans l’incendie du camp, et ce qu’il restait de nos affaires a été détruit pendant l’expulsion. On ne comprend pas : pourquoi certains ont eu une place en hôtel et pas nous ? », interroge le jeune couple, suppliant qu’on leur trouve une solution d’hébergement. Leurs enfants, scolarisés, n’ont pas pu se rendre à l’école depuis l’évacuation du Zénith 2, le 8 septembre. « Les miens ont aussi raté l’école depuis l’évacuation », témoigne un trentenaire venu réclamer une solution pérenne « pour tout le monde ». Lui et sa famille ont perdu leur « baraque », détruite lors de l’expulsion, et sont depuis hébergés à l’hôtel. « Mais pour combien de temps ? »

      Si on n’a rien d’ici mardi, on quittera Montpellier.
      Cosmin, un habitant expulsé du Zénith 2

      Selon plusieurs associations, la moitié des personnes occupant le bidonville a été mise à l’abri. « Le reste des personnes s’est rabattu soit sur un ancien bidonville, soit sur un nouveau. Quatre nouveaux bidonvilles se sont constitués depuis les évacuations du Mas Rouge [le 31 août dernier] et du Zénith 2 », souligne Catherine Vassaux, directrice d’Area, association qui intervient, en lien avec les services de l’État, sur les bidonvilles de Montpellier depuis cinq ans. Au total, 250 personnes vivaient sur les deux bidonvilles. Certaines auraient, selon elle, également trouvé refuge chez des proches ayant obtenu un logement ou un hébergement en hôtel, créant ainsi une sur-occupation des lieux. « 65 personnes appellent chaque jour le 115 et n’obtiennent pas de solution. D’autres ont lâché l’affaire, comme la famille de Cosmin. »

      Une « casse » du travail social

      Vendredi soir, sur le parking situé près du cimetière au niveau du Zénith, Cosmin et ses proches (2 familles et 12 personnes au total) décident d’appeler de nouveau le 115, en vain. C’est ici qu’ils dorment depuis plusieurs jours, trouvant refuge sous l’abri de bus lorsqu’il pleut trop fort. « Cet après-midi, j’ai demandé à une famille installée sur un terrain tout près si nous pouvions rester avec eux pour la nuit. Ils ont accepté, mais c’est temporaire. Si on n’a rien d’ici mardi, on quittera Montpellier », lâche le père de famille, désabusé. Depuis l’évacuation du Zénith, Cosmin ne s’est plus rendu sur le chantier de BTP où il travaillait.


      Clauda, Cosmin, Eleonora et Viktor, entourés de leurs enfants, sur un parking près du Zenith. © NB.

      Pour les associations présentes sur le terrain, ces évacuations – menées sans concertation avec les acteurs locaux et les populations vivant sur place – ne font que « renforcer » la précarité des habitants. Christian Paillard, président de la LDH Montpellier, dénonce une décision « brutale » et une solution « non viable », conduisant à une perte de confiance chez les personnes suivies depuis plusieurs années. Sans compter celles et ceux qui ont simplement disparu, sans doute partis se reconstruire ailleurs. Selon Antoine, co-secrétaire départemental du syndicat Solidaires, de nombreux projets encore en cours au moment de l’évacuation, tels que la création d’une maison commune [type MJC – ndlr] ou la « sanitation » des lieux, ont été mis à mal.

      Pour justifier l’évacuation du Zénith 2, le préfet de l’Hérault a mis en avant des raisons de sécurité et d’hygiène, et, en toile de fond, la non-insertion des populations vivant dans ce bidonville. En conférence de presse, il évoque une « situation de danger révélée par la survenance mardi 31 août dernier d’un incendie particulièrement grave dont l’origine tient vraisemblablement à la grande vétusté des installations électriques et à des comportements à risque de la part des habitants, comme l’entreposage de détritus à proximité immédiate des habitations et le stockage sans aucune précaution de bonbonnes de gaz » et ajoute que l’action de l’État « n’est pas d’organiser des villages de Roms dans l’agglomération de Montpellier ».

      Est-ce qu’en vivant de rapines et d’agressions, on démontre sa bonne insertion sociale ?
      Le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh

      Interrogé sur la brutalité des événements, sans prise en compte du calendrier fixé par les associations en accord avec la ville et les autorités de l’État dans le cadre de la stratégie de résorption des bidonvilles baptisée « Territoire zéro bidonville », Hugues Moutouh rétorque : « Il faut être efficace. J’aimerais que le monde associatif vous donne des chiffres sur l’insertion. Je remarque que 49 personnes sur 75 [interrogées par les services de préfecture – ndlr] sont connues des services de police et de justice (...). Est-ce que les mineurs sont scolarisés ? Très peu. Y a-t-il une véritable insertion professionnelle ? La réponse est non. Y a-t-il des phénomènes de délinquance ? La réponse est oui. Est-ce qu’en vivant dans un bidonville, en vivant de rapines et d’agressions, on démontre non seulement sa bonne insertion sociale mais d’autre part la capacité de faire vivre sa famille sur le territoire national ? »

      [L’Intervention du préfet de l’Hérault à la suite de l’évacuation du bidonville Zenith 2] est un discours extrêmement stigmatisant, réagit Damien Nantes, coordinateur régional de Médecins du monde. On parle de personnes qui vivent dans des situations d’extrême précarité, je ne nie pas qu’il puisse y avoir des systèmes de débrouille. Mais certains sont connus des services de police pour avoir simplement pratiqué la mendicité. Le préfet fait une généralisation scandaleuse et véhicule quelque chose de l’ordre du préjugé. » Christian Paillard y voit quant à lui un « important retour en arrière sur l’image des Roms ». « Il interprète les chiffres pour dire que le travail socioculturel réalisé par les associations ne va pas assez vite. Il ne peut pas tenir de tels propos en étant un représentant de l’État », déplore le président de la LDH Montpellier.

      Au Mas Rouge, tous les enfants étaient scolarisés, 70 % des adultes avaient un emploi et 80 % avaient des droits santé ouverts.
      Damien Nantes, coordinateur régional de Médecins du monde

      « Sur quoi se base le préfet pour donner ces chiffres ?, interroge Damien Nantes. Il a envoyé la police aux frontières au Zénith 2 la veille de l’évacuation. Ont-ils des services sociaux que l’on ne connaît pas ? C’est un peu surréaliste. » Toutes les associations agissant sur le terrain s’accordent à dire qu’une majorité d’enfants vivant au Mas Rouge et au Zénith 2 sont scolarisés. « L’accompagnement social des personnes, construit sur cinq ans, fonctionnait sur tous les plans. Au Mas Rouge, tous les enfants étaient scolarisés, 70 % des adultes avaient un emploi et 80 % avaient des droits santé ouverts, ce qui est favorable à la santé de tout le monde », détaille Damien Nantes. « On avait un rapport de confiance avec les services de l’État, on se sent trahis. Le préfet mène une politique bulldozer et une casse du travail social », constate, amère, la directrice d’Area.

      Une plainte déposée auprès du procureur après plusieurs incendies et menaces

      Si le préfet affirme que « toutes les conditions légales étaient réunies pour qu’[il] décide de l’évacuation du campement du Zénith », évoquant des décisions de justice qui datent de 2 ou 3 ans, les associations jugent l’évacuation « illégale » et pointent le rôle ambigu de la ville, propriétaire des lieux, qui a démenti le fait d’avoir demandé l’expulsion de ce bidonville. « Quel est le rôle de la mairie dans tout ça ? Elle aurait pu bloquer l’expulsion jusqu’à la dernière minute mais ne l’a pas fait », note Christian Paillard. « Le maire a clairement dit qu’il continuerait à s’opposer [au préfet] de manière bilatérale, mais pas frontale », complète son camarade Antoine. Dans un communiqué, la ville affirme qu’elle « n’a pas formulé de demande d’expulsion de bidonvilles [au sujet du Mas Rouge et du Zénith 2 – ndlr] et demeure extérieure à ces opérations initiées par la préfecture, en application d’une décision de justice et sur la base d’une demande formulée sous le précédent mandat ».

      Notre orientation politique n’a pas été prise en compte.
      Une source proche du dossier à la ville

      L’avocate Me de Foucauld, qui envisage de déposer plusieurs recours pour contester la légalité de ces évacuations, assure de son côté que la décision de justice visant l’expulsion du Zénith 2 datait en réalité de 2013, ce que confirme une source proche du dossier à la ville. « L’expulsion a un statut juridique central, qui suppose que le propriétaire du terrain saisisse justice, que celle-ci se prononce et que le préfet exécute la décision de justice. Ici, la préfecture s’est appuyée sur une demande d’évacuation remontant à plus de six ans. Pour nous, le Zénith 2 et le Mas Rouge n’étaient pas des bidonvilles où il y avait un critère d’urgence : des chantiers étaient en cours et des subventions avaient été versées aux associations. Notre orientation politique n’a pas été prise en compte », relève cette même source, qui redoute que le préfet poursuive les évacuations avec l’aide de la procédure d’urgence et de mise en danger d’autrui.

      Samedi 18 septembre, avenue Nina-Simone, à l’est du centre-ville de Montpellier, une jeune fille se glisse entre les arbres pour rejoindre le campement en contrebas. Cheveux tirés en arrière, tee-shirt rose et grand sourire, elle prend place sur une chaise près d’Elvis* et d’autres proches. Face à eux, les corps carbonisés de leurs caravanes, véhicules et affaires personnelles, détruits dans l’incendie qui a touché le camp le 16 septembre au petit matin. « En six ans de vie ici, on n’a jamais connu d’incendie comme ça », souffle le trentenaire, qui souligne qu’en trois semaines des « feux » ont touché différents bidonvilles. « C’est bizarre. » Le groupe indique que la caravane ayant pris feu était inhabitée et que l’hypothèse d’un problème électrique ne tient pas. « On est sortis de nos caravanes à 4 h 30, on a vu les flammes et on a entendu des coups de feu près du camp. Puis on a vu une voiture blanche s’éloigner. C’était un avertissement », poursuit Elvis.

      C’est là l’autre grande inquiétude des habitants et associations : depuis plusieurs semaines, sur différents campements, les habitants ont constaté des tentatives d’intimidation de la part de personnes extérieures, souvent tard le soir. « Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, les habitants du Zénith disent avoir vu des personnes cagoulées et armées braquer des projecteurs sur le camp et tirer en l’air. Dans la nuit du 3 au 4 septembre, il y a eu un épisode similaire avec la présence d’un scooter et d’un camion blanc, et des hommes qui ont tiré de nouveau en l’air. Au bidonville de Saporta, un homme s’est aussi présenté un fusil à la main le 13 septembre », énumère Me de Foucauld, avocate des familles. Selon elle, la police se serait déplacée à chaque fois après avoir été prévenue par les habitants. « À ce jour, quatre personnes ont porté plainte à la suite de ces événements », ajoute l’avocate, qui a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Montpellier, que Mediapart a pu consulter. Nous n’avons pas pu confirmer auprès du parquet de Montpellier, à l’heure où nous publions cet article, qu’une enquête a été ouverte.

      On a quitté notre pays, la Roumanie, pour avoir une meilleure vie ici.
      Elvis*, un habitant du bidonville de Nina-Simone

      À Nina-Simone, beaucoup sont encore en état de choc. « J’habitais au Mas Rouge et ma caravane avait déjà brûlé là-bas. Maintenant, avec cet incendie, j’ai de nouveau tout perdu », confie une habitante âgée d’une quarantaine d’années, les cheveux tressés et les vêtements teintés de rouge vif. « On vit dans la peur, lance un autre. On a quitté notre pays, la Roumanie, pour avoir une meilleure vie ici, offrir un avenir à nos enfants, qui sont d’ailleurs tous scolarisés. Mais depuis le changement de préfet, il n’y a que des problèmes. » Pourtant, ils l’assurent, ils cohabitent en harmonie avec le voisinage, qui leur a apporté, après l’incendie, nourriture, vêtements et réconfort. L’un des voisins a même été l’un des premiers à avoir alerté les pompiers lorsque le feu a pris.

      Dans un renfoncement, au milieu des baraques, Maria* et Simona*, toutes deux la vingtaine, se disent « fatiguées ». Depuis l’incendie, elles ne dorment plus. « Ça brûle partout, c’est fait exprès ? », interroge la première. « On va aller où, si on est expulsés d’ici ?, s’inquiète la seconde tout en s’asseyant pour allaiter son bébé. Ce serait trop difficile de devoir partir avec les enfants. » La veille, les agents de la préfecture sont venus, disent-elles, leur rendre visite pour un recensement. Un « relevé d’identité pré-expulsion », explique Me de Foucauld. Selon nos informations, le préfet de l’Hérault aurait accordé un délai de trois semaines pour décider d’une éventuelle expulsion de Nina-Simone. « On a tellement peur d’être les prochains », conclut Elvis.

    • Mairie de Montpellier : pas de Valls avec les bulldozers préfectoraux
      https://lundi.am/Mais-Le-premier-juillet-2021-est-publie-au-Journal-Officiel-le-decret-du-30
      Le pedigree du préfet de l’Hérault fraîchement installé m’interpellait il y a 2 mois dans un précédent billet d’arno :
      https://seenthis.net/messages/923918
      https://lepoing.net/troisieme-incendie-dun-campement-rom-en-moins-de-deux-mois
      #bidonville #chasse_aux_pauvres

  • La mémoire au coin du #bidonville
    https://metropolitiques.eu/La-memoire-au-coin-du-bidonville.html

    Dans le roman Rue des Pâquerettes, Mehdi Charef propose une mémoire des bidonvilles à hauteur d’enfant. Cette mémoire montre à la fois les effets néfastes de la ségrégation et de la précarité, et les ressources invisibles que recèle cet espace pour s’en sortir. Publié en 2018 dans la collection « Littératures » des éditions Hors d’atteinte, Rue des Pâquerettes s’inscrit dans la lignée des textes et films que Mehdi Charef a consacrés aux bidonvilles et cités de transit de l’après-guerre en France, #Commentaires

    / #littérature, bidonville, #Nanterre, #enfants

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_delon3.pdf

  • MapLab: Putting Slums on the Map - Bloomberg

    https://www.bloomberg.com/news/newsletters/2021-07-28/maplab-putting-slums-on-the-map

    The United Nations estimates that more than 1 billion people live in slums around the world. Yet the geography of slum living has long been poorly defined. From the favelas of Brazil to shack dwellings outside of Paris, these areas are depicted on official maps as empty polygons labeled “informal zones” or “areas of development” — if they’re even labeled at all, reports Tony Frangie Mawad in CityLab this week. Here’s more from Tony on why that matters — to the world and to him personally — and how that’s changing:

    #cartoexperiment #cartographie #slums #bidonvilles

  • #A_Lua_Platz - #Prendre_place

    En #Seine-Saint-Denis, des années durant, des familles roumaines cherchent des lieux où vivre. Devenus compagnons de route lors de luttes contre les expulsions, nous fabriquons ce film ensemble, comme autant de maisons ouvertes. Cheminant de villages quittés en bidonvilles, squats et cités, l’intimité de leurs récits se confronte à une banlieue en constante mutation. Des grands ensembles jusqu’au Grand Paris, leurs trajectoires retissent une histoire commune, celle de solidarités habitantes refusant la relégation.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/54367_1

    #SDF #sans-abris #France #hébergement #Roms #115 #logement #bidonville #expulsions #Roumanie #Roumains #rénovation_urbaine #travail #habitat #relogement #La_Courneuve #campement_du_Samaritain #OQTF #village_d'insertion #squat #domiciliation #police #droit #logements_vacants #intégration #Platz #collectif_Samaritain #film #documentaire #film_documentaire

  • États d’Urgence, Une histoire spatiale du continuum colonial français - Léopold Lambert | Premiers Matins de Novembre Éditions
    https://www.pmneditions.com/product/etats-d-urgence-une-histoire-spatiale-du-continuum-colonial-francais-le

    Une histoire spatiale du continuum colonial français - Léopold Lambert
    €18.00

    États d’Urgence, Une histoire spatiale du continuum colonial français - Léopold Lambert

    Préfaces de Nacira Guénif-Souilamas et de Anthony Tutugoro

    Loi contre-révolutionnaire par excellence, l’état d’urgence lie les trois espaces-temps de la Révolution algérienne de 1954-1962, l’insurrection kanak de 1984-1988 et le soulèvement des quartiers populaires en France de 2005.
    Cet ouvrage revient en détails sur chacune de ces trois applications ainsi que celle, plus récente de 2015 à nos jours, en tentant de construire des ponts entre chacune. Dans cette étude, l’auteur utilise le concept de continuum colonial tant dans sa dimension temporelle que géographique. En son sein circulent notamment un certain nombre d’officiers militaires et hauts fonctionnaires coloniaux, mais aussi des populations immigrées et des révolutionnaires.

    Architecte de formation, l’auteur ancre sa lecture dans la dimension spatiale de l’état d’urgence en liant aussi bien les camps de regroupement en Algérie, la ville blanche de Nouméa, les commissariats de banlieues françaises, que la Casbah d’Alger, les tribus kanak ou encore les bidonvilles de Nanterre.

    336 pages
    Sortie nationale 30 avril 2021
    Précommandes ouvertes !

    #colonialisme #Algérie #Kanaky #histoire_coloniale

  • Slum dwellers international

    SDI is a network of community-based organisations of the urban poor in 32 countries and hundreds of cities and towns across Africa, Asia and Latin America. In each country where SDI has a presence, affiliate organisations come together at the community, city and national level to form federations of the urban poor. These federations share specific methodologies, which are enumerated below.

    In its organisational form SDI consists of a Secretariat, a coordinating team, a Board and a Council of Federations. The Secretariat has an administrative and management function. It is accountable to a Board and a Council of Federations made up of nominated grassroots leaders from affiliated Federations. The Board also nominates a Coordinating team that serves as an executive, responsible for overseeing the implementation of SDI programmes.

    SDI is committed to supporting a process that is driven from below. The Secretariat facilitates, and sometimes resources, horizontal exchange and information sharing programmes amongst member Federations. It also seeds precedent-setting projects. These exchange programmes and projects have a “political” dimension, to the extent that they are geared towards catalyzing change processes at all levels, from informal community-based institutions to formal institutions of the state and the market.

    Since 1996, this network has helped to create a global voice of the urban poor, engaging international agencies and operating on the international stage in order to support and advance local struggles. Nevertheless, the principal theatre of practice for SDI’s constituent organisations is the local level: the informal settlements where the urban poor of the developing world struggle to build more inclusive cities, economies, and politics.

    https://sdinet.org
    #slum #bidonville #association #ressources_pédagogiques

  • Les « #instant_cities » – Villes réimaginées sans histoire, sans avenir

    Le thème des « instant cities », ces villes bâties du jour au lendemain, revient dans les débats des urbanistes et architectes, inspirés par l’expérience des campements et autres zones à défendre (ZAD). L’anthropologue #Michel_Agier nous entretient du sujet dans un texte publié sur le site AOC : https://aoc.media/opinion/2020/09/28/utopie-dystopie-non-fiction-faire-ville-faire-communaute-3-3

    #Utopie, #dystopie, #non-fiction#Faire_ville, faire communauté

    Le thème des « instant cities », ces villes bâties du jour au lendemain, revient dans les débats des urbanistes et architectes d’aujourd’hui, inspirés par l’expérience des #campements et autres #ZAD. La ville est ré-imaginée sans histoire et sans avenir, comme marquée d’abord par l’#immédiateté, l’#instantanéité et la #précarité. Des réflexions qui rejoignent celles de l’ethnologue qui se demande ce que « faire ville » veut dire, elles permettent de penser la ville en se libérant de la contrainte du réel et du présent, comme le font le plus librement les fictions post-catastrophe.

    Avec la montée des #incertitudes et des formes de vie précaires dans toutes les régions du monde et plus particulièrement dans les contextes migratoires, le thème des instant cities (villes « instantanées », bâties « du jour au lendemain ») revient dans les débats des urbanistes et architectes d’aujourd’hui, et peuvent aider à penser la ville de demain en général. Le thème est ancien, apparu dans les années 1960 et 1970, d’abord avec l’histoire des villes du #far_west américain, nées « en un jour » et très vite grandies et développées comme le racontent les récits de #San_Francisco ou #Denver dans lesquels des migrants arrivaient et traçaient leurs nouvelles vies conquises sur des espaces nus.

    À la même époque, des architectes anglais (Peter Cook et le groupe #Archigram) s’inspiraient des lieux de #rassemblements et de #festivals_précaires comme #Woodstock pour imaginer des villes elles-mêmes mobiles – une utopie de ville faite plutôt d’objets, d’images et de sons transposables que de formes matérielles fixes. Troisième forme desdites instant cities, bien différente en apparence, celle qui est allée des villes de l’instant aux « #villes_fantômes », à l’instar des utopies graphiques des #villes_hors-sol construites en Asie, dans le Golfe persique et au Moyen-Orient principalement, sur le modèle de #Dubaï.

    Nous sommes aujourd’hui dans une autre mise en œuvre de ce modèle. En 2015, la Cité de l’architecture et du patrimoine montrait l’exposition « Habiter le campement » qui réincarnait très concrètement le concept à travers les rassemblements festivaliers (la « ville » de trois jours du festival #Burning_Man aux États-Unis), mais aussi les campements de #yourtes pour les #travailleurs_migrants, les #campings et #mobile_homes pour touristes et travellers, ou les #camps-villes pour réfugiés. Allant plus loin dans la même démarche, le groupe #Actes_et_Cité publie en 2018 l’ouvrage La ville accueillante où, inspirées de l’expérience du « #camp_humanitaire » de la ville de #Grande-Synthe, différentes solutions d’espaces d’#accueil sont étudiées (quartiers d’accueil, squats, campements aménagés, réseau de maisons de migrants, etc.), leur rapidité de mise en œuvre (quelques semaines) et leur coût réduit étant des critères aussi importants que leur potentiel d’intégration et d’acceptation par la population établie.

    On pourrait encore ajouter, pour compléter ce bref tour d’horizon, le géant suédois du meuble #Ikea qui, après une tentative d’implantation dans le marché des abris pour camps de réfugiés en association avec le HCR dans les années 2010-2015, a lancé en 2019 « #Solarville », un projet de #Smartcity fondé sur l’architecture en bois et l’énergie solaire.

    L’idée de la #table_rase permet de penser la ville en se libérant de la contrainte du réel et du présent, comme le font le plus librement les fictions post-catastrophes.

    Le point commun de toutes ces expériences d’instant cities est leur ambition de réduire, voire de supprimer l’écart entre le #temps et l’#espace. Immédiateté, instantanéité et #précarité de la ville, celle-ci est ré-imaginée sans histoire et sans avenir. Sans empreinte indélébile, la ville se pose sur le sol et ne s’ancre pas, elle est associée à la précarité, voire elle-même déplaçable. Ce seraient des villes de l’instant, des #villes_présentistes en quelque sorte. Dans tous les cas, l’idée de la table rase, image du rêve extrême de l’architecte et de l’urbaniste, permet de penser la ville en se libérant de la contrainte du réel et du présent, comme le font le plus librement les #fictions_post-catastrophes. Dans leur excentricité même, ces images et fictions dessinent un horizon de villes possibles.

    C’est cette ville à venir que j’aimerais contribuer à dessiner, non pas pourtant à partir de la table rase de l’architecte, mais à partir de l’ethnographie d’une part au moins du présent. Un présent peut-être encore marginal et minoritaire, et donc hors des sentiers battus, quelque chose d’expérimental pour reprendre le mot très pragmatique de Richard Sennett, peu visible encore, mais qui a toutes les chances de s’étendre tant il sait répondre à des besoins croissants, dans cet avenir qui nous inquiète.

    C’est dans un « #présent_futuriste » que j’ai trouvé quelques éléments de réponse, un futur déjà là, quelque peu anachronique donc, mais aussi inédit, tout à fait décentré de la ville historique, notamment européenne, à laquelle nous nous référons encore trop souvent pour penser l’universalité des villes. Je me suis familiarisé avec la vie quotidienne des zones de #marges ou frontières, de #borderlands, et avec celles et ceux qui les habitent ou y passent. Rien d’exotique dans cela, rien d’impossible non plus, ce sont des lieux quelconques réinvestis, détournés, occupés pour un temps plus ou moins long, des déplacements et des attachements plus ou moins profonds aux lieux de résidence, de passage ou de refuge, et ce sont des événements – politiques, catastrophiques ou artistiques, prévus ou fortuits – créateurs d’échanges, éphémères ou non, et nous faisant occuper et donner un sens à des lieux parfois inconnus. Ces formes sociales, ces moments partagés, toutes ces situations rendent les espaces fréquentés plus familiers, partagés et communs, même sans en connaître le devenir.

    Loin d’être exceptionnelle, cette expérience de recherche m’a semblé expérimentale et exemplaire d’un certain futur urbain. Cela résonne avec les propos des urbanistes rebelles qui pensent comme #Jane_Jacob ou #Richard_Sennett un urbanisme pratique – ou « pragmatique », dit lui-même Sennett, qui ancre depuis longtemps sa réflexion dans l’#homo_faber, dans le faire de l’humain. Il faut, écrit-il, « placer l’homo faber au centre de la ville ». C’est ce que je ferai ici, en poursuivant cette interrogation sur le faire-ville dans sa double dimension, qui est de faire communauté, créer ou recréer du commun, et de faire la ville, c’est-à-dire l’inventer et la fabriquer.

    Une écologie et une anthropologie urbaines sont tout à inventer pour le monde à venir.

    C’est un présent futuriste fait d’étranges établissements humains : des armatures flexibles, modelables à volonté, des murs transparents, des cubes réversibles ou transposables. Curieusement, ces lieux font d’emblée penser à une ville mais précaire et #démontable, ce sont des #agglomérations_temporaires dont la matière est faite de murs en toile plastifiée, de charpentes en planches, en tubes métalliques ou en branchages, de citernes d’eau en caoutchouc, de canalisations et latrines en prêt-à-monter, prêt-à-défaire, prêt-à-transporter.

    Les lumières de la ville sont intermittentes et blafardes, fournies par des moteurs électrogènes mis en route à chaque nouvelle arrivée (fruit d’un désordre ou d’une catastrophe), devenue elle-même prévisible tout comme ses conséquences techniques – ruptures dans les flux et les stocks d’énergie, de nourriture ou de services. Les va-et-vient incessants de camions blancs bâchés emmènent des grandes quantités de riz, de boulgour et de personnes déplacées. Parfois, sur quelques terrains vagues, d’autres enfants jouent au football, ou bien des adultes inventent un terrain de cricket.

    À partir de la matière première disponible dans la nature (terre, eau, bois de forêt) ou de la matière résiduelle de produits manufacturés disponible (planches, palettes, bâches plastifiées, toiles de sac, feuilles métalliques d’emballage, plaques de polystyrène), des habitants bricolent et pratiquent une #architecture_adaptative, réactive, avec les moyens du bord, comme ailleurs ou autrefois une architecture des #favelas ou des #bidonvilles. Des maisons en pisé côtoient d’autres constructions en tissus, carton et tôle. Cette matérialité est en constante transformation.

    Malgré la surprise ou la perplexité qu’on peut ressentir à l’énumération de ces étranges logistiques urbaines, ce n’est pas de la fiction. Ce sont mes terrains d’#ethnographie_urbaine. On y verra sans doute une #dystopie, un mélange cacophonique de prêt-à-monter, de #récupérations et de #bricolages, j’y vois juste l’avenir déjà là, au moins sur les bords, dans un monde certes minoritaire (en Europe au moins), frontalier, à la fois mobile et précaire, mais terriblement efficace et qui a toutes les chances de s’étendre. #Ville_en_kit serait le nom de ce modèle qui viendrait après celui de la ville historique et rejoindrait, « par le bas », celui de la ville générique, dont il serait l’envers moins visible.

    Une écologie et une anthropologie urbaines sont tout à inventer pour le monde à venir, nous n’en connaissons encore presque rien si ce n’est qu’elles seront marquées par une culture de l’#urgence, du présent et de l’#incertitude, organisant et meublant des espaces nus ou rasés ou abandonnés, pour des durées inconnues. Ce qui est marquant est la répétition du #vide qui prévaut au premier jour de ces fragiles agglomérations, mais aussi la résurgence rapide de la #vie_sociale, de la #débrouille_technique, d’une #organisation_politique, et de la quête de sens. Cette ville en kit semble plus périssable, mais plus adaptable et « résiliente » aussi que la ville historique, qu’il nous faut donc oublier. Celle-ci était délimitée dans des enceintes visibles, elle était en dur, elle se développait de plus en plus à la verticale, avec ses voies goudronnées vite saturées de véhicules et de bruits. Cette ville historique maintenant implose, pollue et expulse les malchanceux au-delà de ses limites, mais elle continue de fournir le modèle de « la ville » dans le monde. Pourtant, le modèle s’écarte des réalités.

    On peut s’interroger sur le caractère utopique ou dystopique des #imaginaires_urbains qui naissent de l’observation des contextes dits « marginaux » et de leur permanence malgré leurs destructions répétées partout. Faut-il opposer ou rapprocher une occupation de « ZAD », une invasion de bidonvilles et une installation de migrants sans abri devenue « #jungle », selon le pourquoi de leur existence, toujours spécifique, ou selon le comment de leur processus, toujours entre résistance et adaptation, et les possibles qu’ils ont ouverts ? Si ces établissements humains peuvent être considérés, comme je le défends ici, comme les tout premiers gestes d’un processus urbain, du faire-ville dans son universalité, alors il convient de s’interroger sur ce qu’ils ouvrent, les décrire en risquant des scénarios.

    Ce partage d’expériences suppose une prise de conscience de l’égalité théorique de toutes les formes urbaines.

    Comment passe-t-on de cette #marginalité qui fait #désordre à de la ville ? Une pensée concrète, une #architecture_an-esthétique, un #habitat_minimal, évolutif, peuvent rendre #justice à ces situations et leur donner une chance d’inspirer d’autres expériences et d’autres manières de faire ville. Je reprends là en partie quelques-uns des termes de l’architecte grec et français #Georges_Candilis (1913-1995), pour qui l’observation directe, au Pérou, dans la périphérie de Lima, au début des années 70, d’un processus d’installation et construction d’une « #invasión » fut un choc. Dans la nuit, « des milliers de personnes » avaient envahi un terrain vague « pour construire une nouvelle ville », l’alerta son collègue péruvien.

    C’est moins l’invasion elle-même que la réaction de l’architecte européen qui m’intéresse ici. Longtemps collaborateur de Le Corbusier, Candilis a ensuite passé des années à concevoir, en Europe essentiellement, des très grands ensembles à bas prix, pour « les plus démunis ». Il voit dans le mouvement d’invasion urbaine à Lima un « raz de marée populaire », devant lequel les autorités cèdent et qui va « construire une maison, une ville, sans matériaux ni architectes, avec la seule force du Plus Grand Nombre et le seul espoir de survivre ». Le deuxième jour de l’invasion, sous les yeux de l’architecte devenu simple témoin, les maisons commencent à s’édifier avec des matériaux de récupération, des quartiers se forment et les habitants (« y compris les enfants ») votent pour désigner leurs responsables. « J’assistais émerveillé, écrit Candilis quelques années plus tard, à la naissance d’une véritable “communauté urbaine” », et il évoque, enthousiaste, « l’esprit même de la ville ».

    Je ne pense pas qu’il ait voulu dupliquer en France ce qu’il avait vu à Lima, mais certainement s’inspirer de ses principes. Il exprimait l’intense découverte que cet événement avait représentée pour lui, et surtout le fait que le faire-ville passe par un événement, qui est l’irruption d’un sujet citadin, porteur de l’esprit de la ville et faiseur de communauté urbaine. C’est ce sujet citadin et cette communauté urbaine qui font la ville et qui permettent de penser à nouveaux frais le modèle des instant cities, en le renversant sur lui-même en quelque sorte, contre l’idée qu’il puisse naître hors-sol et qu’il puisse produire des villes fantômes qui attendront leur peuplement.

    Ce partage d’expériences, pour devenir systématique et efficace sans être du mimétisme ni du collage formel, suppose une prise de conscience de l’égalité théorique de toutes les formes urbaines, que j’ai rappelée au tout début de cette réflexion. C’est une démarche qui ne demande ni exotisme ni populisme, mais une attention à ce qu’il y a de plus universel dans le #faire-ville, qui est une énergie de #rassemblement et de #mise_en_commun, dont la disparition, à l’inverse, engendre les étalements diffus et les ghettos qu’on connaît aussi aujourd’hui.

    https://formes.ca/territoire/articles/les-instant-cities-villes-reimaginees-sans-histoire-sans-avenir
    #villes_instantanées #urban_matter #urbanisme #présent #passé #futur

  • L’Etat et les #Roms : de la #stigmatisation à la #négation_des_droits. En réponse au préfet #Leschi

    Par le Comité de soutien aux habitants roms de Bobigny

    L’#expulsion du #bidonville des #Coquetiers à #Bobigny, en #Seine-Saint-Denis, a abouti à un désastre. Des quatre-vingts enfants scolarisés du terrain, seuls huit vont encore à l’école aujourd’hui. Familles séparées, dispersées aux quatre coins de #France, bébés et vieillards malades jetés à la rue, formations professionnelles interrompues brutalement, voilà le bilan de cette expulsion qui se voulait « exemplaire ».

    A la journaliste de France Info qui l’interrogeait ce mardi sur ce bilan, #Didier_Leschi, préfet délégué à l’Egalité des chances, répondait en insistant sur les moyens inédits déployés pour cette opération. Certes, de l’argent, on en a dépensé : 320 000 euros d’argent public, brandis comme une médaille. Ce n’est pas faute d’avoir lésiné sur les moyens, disait le préfet désemparé. Mais vous comprenez, avec les Roms, on a affaire à « une sociologie qui nous échappe ».

    Tout est là. Imputer l’échec de l’opération à la « sociologie » des #Roms, c’est dire, une fois de plus, que les Roms sont différents, et que c’est cette différence consubstantielle qui met, qui mettra toujours, en échec nos tentatives pourtant généreuses, pourtant bienveillantes, pour les « aider ».

    Avec les Roms, disait Didier Leschi, « on ne sait pas faire ».

    C’est dommage, parce que les Roms des Coquetiers, eux, dans leurs baraques en bois, ils ne se débrouillaient pas si mal.

    Mugurel, par exemple. Ses deux enfants étaient scolarisés et il était depuis deux ans élu délégué des parents au conseil d’école. Mugurel travaillait pour de vrai, avec un vrai contrat, à Aulnay. Mugurel venait d’ailleurs de recevoir une proposition de logement social à Bobigny.

    Mugurel, on l’a expulsé du terrain où il vivait. Sa situation, ses efforts d’intégration ? Aucun intérêt.

    On a proposé à Mugurel une chambre d’hôtel à Hardricourt, à 60 km… Il se lève tous les matins à 4h pour partir à 6h accompagner ses enfants à l’école avant de prendre le chemin de son travail. Bien sûr, s’il perd son travail, il pourra dire adieu à son logement social. Combien de temps va-t-il encore tenir ?

    On aurait aussi pu aller rencontrer Habibe, la maman de Dragan. Habibe, c’est une femme énergique, qui a appris le français aux cours du soir de l’école. Elle servait même d’interprète aux intervenants, sur le terrain. Son fils Dragan est rentré en septembre en CAP.

    Aujourd’hui, Habibe, son mari et son fils se retrouvent à Belfort. Exit le CAP qui aurait permis à Dragan d’avoir un métier, de devenir un contribuable comme les autres.

    Et Abel, Adelin et Lola, les trois cousins qui venaient chaque jour au collège, qui avaient appris à parler français, à lire, à écrire ? Pourtant, ça n’a pas toujours été facile avec les autres élèves. Venir à l’école, quand on est un enfant rom, c’est aussi se heurter au rejet de certains enfants, et même de certains adultes. Mais ils sont venus chaque jour. Abel voulait être policier, Lola voulait être coiffeuse. La maman d’Abel et Adelin venait à chaque réunion parents-profs. Les parents avaient à cœur d’acheter la photo de classe, avec leurs petits moyens.

    Aujourd’hui, ces trois enfants dorment dans des camionnettes, bien loin du collège. On leur avait bien proposé une solution de relogement, mais on avait séparé la famille. Lola et ses parents sont arrivés dans une chambre sans eau, sans électricité, avec trois couvertures pour sept personnes. Et il n’y avait pas de classe d’accueil au collège, là-bas. Lola ne pouvait pas poursuivre sa scolarité.

    Finalement, ils ne se débrouillaient pas si mal, ces gens. Ils ne demandaient pas grand-chose. Une inscription à l’école pour leurs enfants, comme tout le monde. Le ramassage de leurs ordures ménagères, comme tout le monde. Du travail, comme bien d’autres avant eux. Du travail, l’école, un minimum d’hygiène, le droit de tenter sa chance comme tout un chacun… c’est cela, une sociologie qui nous échappe ?

    Non, à vrai dire, rien ne nous échappait.

    Si l’objectif avait été d’accompagner ces familles, de trouver des solutions pour de vrai, on n’aurait pas procédé de cette façon. On n’aurait pas sommé des familles, le lundi après-midi, de prendre le premier train du mardi pour une destination inconnue, en abandonnant l’école du petit, les études du grand, le travail du père, les grands-parents par-dessus le marché, et en jetant à la rue 60 % des habitants du terrain, avec leurs bébés, sous la pluie et sous les quolibets des CRS. La méthode employée ne pouvait mener qu’à l’échec. Cette expulsion était simplement une obsession du préfet Galli et une promesse de campagne du candidat Stéphane de Paoli à la mairie de Bobigny. Elle n’avait pas « vocation à » aider les familles, seulement à s’en débarrasser.

    Trop de familles roms en Ile-de-France, dans des zones déjà sinistrées par le chômage, certes. Des bidonvilles insalubres et dangereux pour leurs habitants, certes. Des solutions pouvaient, devaient être proposées, c’est vrai. Mais il aurait fallu anticiper, accompagner les familles, les préparer à un changement de vie et d’environnement, ne pas les disperser, ne pas briser leurs efforts d’intégration. Et surtout, il aurait fallu faire avec elles, en partant de ce qu’elles avaient déjà construit. Pas les traiter, encore et toujours, comme des objets qui seraient incapables d’agir par eux-mêmes.

    Qu’est ce que cela coûtait d’attendre la fin de l’année scolaire, de laisser les enfants finir leur année, et surtout de laisser aux intervenants le temps d’accompagner véritablement, de trouver des places en apprentissage ailleurs en France, de laisser à tous le temps de se projeter dans un avenir nouveau ? Pourquoi cette absurde précipitation qui a tout détruit, qui a plongé ces familles dans des complications inextricables ?

    Peut-être aurait-il fallu les rencontrer, ces gens. Prendre le temps de leur parler, au-delà du « diagnostic », réduit à la collecte de quelques données administratives. Mais c’est sans doute inenvisageable… pensez donc, aller parler d’égal à égal avec des gens dont la « sociologie » nous échappe à ce point !

    Les démarches entreprises pour faire évoluer la situation des familles roms en France n’ont pas vocation à fonctionner tant qu’elles reposeront sur cet éternel préjugé que pour les Roms, c’est différent, qu’on ne peut pas parce qu’ils ne veulent pas. Tant qu’on refusera de considérer les Roms comme des migrants du travail, on ira à l’échec. On continuera à orchestrer une chasse au Rom, une chasse coûteuse pour l’Etat et désastreuse pour les familles. Nous, qui les avons accompagnés pendant plusieurs années, nous savons qu’ils ne demandent rien de plus, rien d’autre que ce que nous demandons chaque jour à la vie. Ils ne sont pas substantiellement différents.

    Il n’y a pas de culture de la misère, pas de culture de la saleté ni de la mendicité ; seulement les affres de la misère et de l’exclusion, seulement des choix qu’on fait quand on n’a pas le choix. Ce ne sont pas les pauvres qu’il faut combattre mais bien la pauvreté. Comment peut-on avoir encore besoin d’énoncer cette évidence en 2014 ?

    Tant que nous considérerons les Roms comme une sous-catégorie d’hommes, tant que nous resterons convaincus que nous ne pouvons pas agir avec eux, tant que nous leur refuserons le statut de sujets, nous donnerons aux préfets et aux élus toute latitude pour tuer dans l’œuf les efforts d’intégration des Roms. Nous leur permettrons, comme aujourd’hui, d’entretenir et d’aggraver la misère aux frais de l’Etat. Et certes, il y a là quelque chose qui nous échappe.

    https://www.ldh-france.org/letat-les-roms-stigmatisation-negation-droits
    #droits

  • La Ville monde

    Mars 2016, faisant face à l’arrivée massive de réfugiés dans sa ville, Grande-Synthe, le Maire crée le premier camp UNHCR de France. Idéaliste et déterminé, l’architecte qui a conseillé à sa conception essaye de convaincre les acteurs de projeter ce lieu comme un quartier, mais sa pensée se cogne sans cesse à la réalité du terrain. De l’emménagement du camp à sa destruction, le réalisateur suit l’expérience dans toute sa complexité, ses espoirs, ses impasses, témoignant du rêve des uns devenu cauchemar des autres.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/53160

    #film #film_documentaire
    #migrations #asile #réfugiés #camp #campement #Grande-Synthe #Damien_Carême #camp_de_la_Linière #Cyrill_Hanappe #architecture #Utopia_56 #impensé #temporaire #urbanité #espace_public #ordre_républicain #France #dignité #sécurité #risques #drapeau #transit #identification #Afeji #urgence_humanitaire #Calais #jungle #bidonville #CAO #passeurs #ville_accueillante #quartiers_d'accueil #police #participation #incendie

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    1’32’15 : Maire de Mythilène (Grèce)

    « Mon très cher maire, toutes les municipalités ont besoin de joindre leurs forces, et grâce à de petites constructions, elles pourront supporter cette charge, qui peut être modeste, et si nous travaillons tous ensemble, elle peut même devenir bénéfique pour nos petites communes »

  • A l’approche de la trêve hivernale, les expulsions de bidonvilles s’accélèrent
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/26/a-l-approche-de-la-treve-hivernale-les-expulsions-de-bidonvilles-s-acceleren

    Ce que l’on voit d’abord, c’est la boue. Une boue terne et visqueuse dans laquelle les pieds s’enfoncent et que des morceaux épars de carton ou de moquette épongent vainement, le long du chemin qui marque l’entrée du bidonville.Ici, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dissimulées sur un terrain vague entre le vélodrome municipal et le bâtiment des Archives nationales de Pierrefite, environ quatre cents personnes, Roms de Roumanie, vivotaient depuis deux ans jusqu’à leur expulsion, jeudi 22 octobre. Quelque quatre-vingts baraquements avaient été construits avec des matériaux de récupération, souvent des lattes de palettes et des planches de bois aggloméré, clouées entre elles. Au fil du temps, une décharge à ciel ouvert s’était constituée en limite de terrain où, parfois contre rétribution financière, des artisans déversaient leurs gravats et autres encombrants.
    Quelques jours avant l’opération d’évacuation, menée par la préfecture, les familles faisaient part de leur inquiétude. « Où je vais aller avec mes enfants ? On va faire comment avec la pandémie et le froid ? Ici, j’ai ma caravane », expliquait Ana (le prénom a été modifié), une Roumaine de 36 ans, arrivée en France il y a dix ans. « Si on se retrouve à la rue, les gens vont croire qu’on propage le Covid », ajoutait son mari, en France depuis vingt ans.
    Le couple a cinq enfants, tous nés sur le territoire. Lorsque nous les rencontrons, à l’occasion d’une maraude sanitaire de Médecins du monde (MDM), ils font état de difficultés à scolariser les plus jeunes qui, entre les changements de lieu de vie au gré des expulsions et le confinement, n’ont pas mis un pied à l’école depuis près d’un an. Ana a eu beau se présenter aux services de la ville avec une lettre de MDM attestant qu’elle vit dans la commune, celle-ci aurait refusé de scolariser ses enfants, en violation manifeste de la loi. Dans une autre baraque, un peu plus loin, une dame fait état des mêmes difficultés.
    « Avec le démantèlement, les familles devront tout recommencer, la domiciliation, la scolarisation, le suivi médical… », regrette Adeline Grippon, « coordinatrice banlieues » pour MDM. Alertée de l’imminence d’une expulsion, la majorité des habitants du bidonville avaient déguerpi jeudi matin, partis vraisemblablement vers d’autres lieux de squat. « Il restait une trentaine de personnes à qui la préfecture a dit qu’elle enverrait des SMS s’il y a de la place au 115 », rapporte Manon Fillonneau, déléguée générale du Collectif national Droits de l’homme (CNDH) Romeurope. Depuis plusieurs semaines, les démantèlements de bidonvilles connaissent une accélération importante, alors que le confinement, puis la prolongation, jusqu’au 10 juillet, de la trêve hivernale leur avaient porté un coup d’arrêt. « Avant la prochaine trêve hivernale [qui entre en vigueur le 1er novembre], les mairies et les préfectures veulent faire le ménage », remarque Mme Grippon.
    D’après les données compilées par l’observatoire interassociatif des expulsions collectives des lieux de vie informels – et sans comptabiliser celles des campements de migrants du littoral du Pas-de-Calais et du Nord –, il y a eu vingt et une expulsions en juillet, dix-sept en août, onze en septembre et dix-neuf depuis le début du mois d’octobre. Pour cette dernière période, cela représente plus de 2 400 personnes délogées, des Moldaves, des Roumains, des Bulgares, des Albanais, des Soudanais, des Guinéens, des Ukrainiens, des Tchadiens… Une politique qui suscite d’autant plus la critique qu’elle intervient en pleine crise sanitaire. « Pendant le confinement, il y a eu des mesures spécifiques avec le prolongement de la trêve hivernale ou l’installation de points d’eau dans les bidonvilles, rappelle Mme Grippon. Là, on a l’impression qu’on est revenu aux pratiques d’avant le Covid, alors que le Covid est bien là. » « Dans le contexte sanitaire actuel, c’est totalement irresponsable de mener des expulsions sans solution d’hébergement stable », renchérit Mme Fillonneau.

    #Covid-19#migrant#migration#france#expulsion#camp#bidonville#sante#vulnerabilite#confinement#logement#mesuresanitaire

  • 17 octobre 2020, on commémore aussi le couvre feu du 17 octobre... 1961

    A ce sujet, #Georges_Azenstarck (1934-2020) vient de mourir. Photographe pour l’Huma, il avait documenté la vie des pauvres et des ouvriers, mais aussi la nuit du #17_octobre_1961, manifestation d’Algériens contre le couvre feu !!!

    Sous les ordres de #Maurice_Papon, la police parisienne a tué des dizaines d’Algériens, dont beaucoup furent jetés à la Seine. C’était il y a 59 ans, dans Paris, le massacre de civils le plus sanglant depuis la Commune. Pendant 30 ans les rares témoins ont essayé de rompre l’omerta organisée par les États français et algériens, par les partis de droite et d’extrême droite et certains partis de gauche.

    Azenstarck, le photographe qui a témoigné contre Maurice Papon
    Chloé Leprince, France Culture, le 8 septembre 2020
    https://histoirecoloniale.net/Le-photographe-George-Azenstarck-temoin-majeur-du-17-octobre-1961

    Dans ce documentaire de Faiza Guène et Bernard Richard, produit en 2002, il décrit sa soirée passée avec son collègue photographe à « L’Huma », les cadavres qu’il voit depuis le balcon du journal, qui s’entassent en contrebas dans la rue, du côté du Rex, “comme des sacs à patates”. Il décrit aussi les Algériens que la police traîne par le col, vifs ou morts, et ce camion qu’on appelait encore “panier à salade”, qui stationne une grosse dizaine de minutes sous sa fenêtre et lui masque la vue. Lorsque le camion remettra le moteur, les cadavres entassés auront disparu. Les tirs se sont tus, Azenstarck descend en trombe, il tente de photographier ce policier qui, seau d’eau à la main, tente en vain de nettoyer le sang sur le trottoir. On l’empêche assez vite de mitrailler. Mais ses pellicules de la soirée du 17 octobre 1961 serviront a posteriori à étayer la réalité : on a bien massacré des Algériens dans les rues de Paris ce soir-là.

    Mémoire du 17 Octobre 1961 (Bernard Richard et Faïza Guène, 2002, 17 minutes)
    https://www.youtube.com/watch?v=xVGT19qOUBA

    Le témoignage du photographe, ainsi que ses tirages, sont d’autant plus précieux qu’il s’est d’abord agi de planches contact : ni le 18 octobre 1961 ni les jours qui suivront, l’Humanité ne publiera les images de Georges Azenstarck. En 2011, il montre ses photos et parle de leur disparition mystérieuse du siège de l’Humanité, au début du film de la plasticienne Ariane Tillenon :

    17 octobre 1961 : "50 ans après, je suis là" (Ariane Tillenon, 2011, 15 minutes)
    https://www.youtube.com/watch?v=8pzuDOmELdY

    #France #Paris #racisme #Algériens #FLN #guerre_d'Algérie #manifestation #violence_policière #L'Huma #17octobre1961 #immigration #bidonvilles #colonialisme #police #pogrom_policier #massacre #histoire #violences_policières #impunité #torture

  • Covid-19 : en Inde, les scientifiques dénoncent les « spéculations » sur l’immunité collective
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/28/covid-19-en-inde-les-scientifiques-denoncent-les-speculations-autour-de-l-im

    dès le mois de juillet, plus de la moitié des Indiens résidant dans les « slums » surpeuplés, où certains prédisaient une hécatombe, avait déjà rencontré le coronavirus responsable du Covid-19, sans développer la maladie pour la plupart d’entre eux. Le TIFR estime que Bombay s’achemine vers l’immunité collective, car d’ici à décembre 2020 ou janvier 2021, « 75 % des gens des bidonvilles et 50 % des autres » devraient avoir développé des anticorps. NITI Aayog, de son côté, s’attend à ce que « 80 à 85 % » de la population indienne soient contaminés à terme, si les gestes barrières ne sont pas respectés. Parmi les hypothèses avancées pour expliquer la très grande proportion de cas asymptomatiques constatée sur le terrain, les experts évoquent la jeunesse (plus de deux Indiens sur trois ont moins de 35 ans) et la grande résistance aux virus en général, du fait des conditions sanitaires souvent déplorables qui règnent dans le pays.(...)Le jeune trentenaire vit à Dharavi, l’un des plus grands bidonvilles d’Asie avec un million d’habitants en temps ordinaire, 700 000 en ce moment, du fait du retour des travailleurs journaliers dans leur village natal. Seuls 3 123 cas positifs y ont été détectés en tout et pour tout, d’après le dernier pointage réalisé le 26 septembre, tandis que le recensement des morts s’établit à 281 morts – dont plus de la moitié au mois de mai.
    « C’est pure spéculation que de prétendre à l’immunité collective, d’autant qu’en Inde le niveau de transparence des données est sujet à caution. Même si la réponse immunitaire des Indiens au coronavirus semble plus élevée qu’ailleurs, le concept est très suspect et n’a aucune valeur scientifique réelle, puisqu’on ignore à partir de quel seuil l’immunité collective serait atteinte, ni combien de temps dure l’immunité une fois que l’on a guéri », met en garde Prabhat Jha, épidémiologiste d’origine indienne à l’université de Toronto.

    Ancien professeur au National Institute of Immunology de Delhi, Satyajit Rath précise quant à lui que la détection d’anticorps n’est pas un gage d’immunité : « Elle indique simplement que le patient a été précédemment exposé au virus et donne une indication, si elle est répétée, sur la vitesse de propagation de l’épidémie. » En réalité, ajoute-t-il, l’immunité collective « n’est pas un niveau à partir duquel le virus cesse de se propager, mais le niveau qui sera constaté le jour où il aura cessé de se répandre ». Elle relève donc d’une observation « a posteriori » et ne doit pas être considérée comme un outil prédictif.

    A Delhi et Pune aussi, le sujet intéresse les chercheurs. En juillet et en août, l’Indian Council of Medical Research (ICMR) et le National Centre for Disease Control (NCDC) ont conduit des campagnes de tests sérologiques dont les résultats, là encore, ont de quoi surprendre. En plein cœur de l’été, il ressort que 29 % des habitants de la capitale et 50 % de ceux de la ville industrielle du Maharashtra, l’une des plus touchées par le Covid-19, avaient des anticorps.En se basant sur les résultats d’une autre étude sérologique de l’ICMR menée partout en Inde, entre le 11 mai et le 4 juin 2020, Geevan Pappachan, chercheur au Centre for Socio-Economic and Environmental Studies de Cochin, calcule que 60 % des Indiens seraient contaminés d’ici à la mi-février 2021, 70 % à la mi-mars et 80 % début avril. Des scores qui le laissent « très sceptique, compte tenu du manque de transparence des travaux de l’ICMR ».Dimanche, le ministre indien de la santé, Harsh Vardhan, a mis en garde ses compatriotes, en rappelant que l’immunité collective était « loin d’être atteinte ». « Si les gens n’ayant pas encore rencontré le SARS-CoV-2 étaient protégés, on n’enregistrerait pas, à Pune et Bombay, autant de nouveaux cas chaque jour, comme actuellement. En outre, personne n’est sûr de rien concernant le risque de réinfection », pointe Srinath Reddy, président de la Public Health Foundation of India. S’ajoute à cela le fait que les tests sérologiques détectent « environ 10 % de faux positifs, parce que certains individus développent des anticorps contre d’autres coronavirus que celui qui déclenche le Covid-19 ». Enfin, soulignent les scientifiques, la contagion risque de s’envoler à nouveau, dès que les mesures de confinement seront entièrement levées et que les Indiens recommenceront à voyager.

    #Covid-19#migrant#migration#inde#migrationinterne#sante#circulation#immunitecollective#religion#bidonville#test#reinfection

  • Une histoire des HLM en banlieue populaire - Métropolitiques
    https://www.metropolitiques.eu/Une-histoire-des-HLM-en-banlieue-populaire.html

    Historien de l’immigration, Cédric David est l’auteur d’une thèse sur les politiques du logement social à Saint-Denis (1950-1990). Il analyse dans cet entretien l’émergence des catégorisations et des discriminations ethno-raciales dans les HLM, en lien avec les contraintes politiques et économiques qui pèsent sur les bailleurs sociaux.

    Propos recueillis par Mariana Tournon et Janoé Vulbeau.


    Les Francs-Moisins, Saint-Denis (Olivier2000/Wikipedia, CC BY-SA 1.0)

    Pour commencer, pouvez-vous rappeler les contours de votre recherche qui propose une histoire du logement social en banlieue ouvrière des années 1940 aux années 1990 ?

    Au début des années 2000, j’ai entamé un premier travail sur la question des bidonvilles, majoritairement peuplés d’immigrants [1] coloniaux et étrangers, et sur leur résorption à Saint-Denis, au nord de Paris, durant les années 1960-1970 (David 2002). Durant cette période, seuls 5 à 10 % des étrangers de région parisienne y vivaient (Blanc-Chaléard 2016, p. 228-231). Pourtant la résorption des bidonvilles est devenue un prisme déformant de l’histoire urbaine de la seconde moitié du XXe siècle, s’insérant dans une série de lieux communs simplistes ou erronés : « les immigrés sont passés du bidonville au HLM », « des grands ensembles ont été construits pour loger les immigrés », ou encore « le regroupement familial instauré à partir de 1974 a précipité la crise des grands ensembles » en faisant « fuir les classes moyennes blanches ». Les recherches récentes montrent que ces récits stigmatisants masquent des discriminations instituées, notamment en direction des familles algériennes (Cohen 2020). Elles montrent aussi que, pour comprendre l’histoire des relations entre logement social et immigration, on ne peut se contenter d’une chronologie binaire opposant les Trente Glorieuses à la crise sociale et urbaine qui a suivi.

    Pour réexaminer cette histoire, j’ai étudié dans ma thèse les pratiques

    #HLM #discrimination #immigration #racialisation #Saint-Denis #quartiers populaires #bidonvilles

  • Les voix de la « Jungle » – Histoires de #réfugiés au camp de #Calais

    Les « écrivains de Calais » ont fui des pays déchirés, laissant derrière eux des êtres chers, leurs rêves d’enfants, des racines. Après de longs parcours, une lande transformée en campement est devenue leur foyer. Dépossédés de leur image, transformés en objets de méfiance, ils voulaient être entendus.

    Ce livre leur donne la parole, leur permet de raconter leurs histoires, de revendiquer une humanité. Dans ce recueil cru et puissant, ils nous livrent leurs trajectoires de vie depuis leur enfance et évoquent ce qui les attend après Calais. Leurs chroniques à la première personne sont autant de témoignages précieux. Par ces voix multiples, par ces souvenirs croisés se dessine un tableau d’une « jungle » différente : une communauté forte malgré les #violences, et une #solidarité ignorant les frontières.

    De quoi tenter de saisir pleinement l’étendue de ce que les réfugiés ont enduré, leurs épopées tragiques ou grisantes, leurs peurs et leurs forces, puis les difficultés du quotidien ici, dans le plus grand #bidonville d’Europe, et enfin leur vie d’après et leurs espoirs pour l’avenir. Vecteur d’informations, ce livre est aussi un outil de formation pour ceux qui souhaitent comprendre et pour ceux qui sont amenés à accompagner des migrants dans leurs parcours.

    Illustrées de photographies et de dessins, parsemées de poèmes, ces pages nous montrent le visage humain de la crise migratoire.

    https://assolaguillotine.wordpress.com/2020/06/02/les-voix-de-la-jungle-histoires-de-refugies-au-camp-de-c
    #campement #livre #asile #migrations #France

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  • How Asia’s biggest slum contained the coronavirus - BBC News
    https://www.bbc.com/news/world-asia-india-53133843

    Not surprisingly Dharavi is a place where migrant low-cost skilled labour has thrived for decades. After the lockdown, an estimated 150,000 of them left the place for their native villages after their workplaces shut and earnings dried up. Residents have pawned their gold, depleted their savings and been pushed into debt. “It was a very harsh containment. It killed the economy of Dharavi,” says Vinod Shetty, a lawyer who runs a non-profit called Acorn India, which works in the slum. “People are living hand to mouth. They are not getting work inside our outside the slum.” In other words, the trade-off between lives and livelihood has been harsh.
    The next challenge, agrees Mr Dighavkar, is to slowly open up the factories so that people can go back to work, and ensure that people continue to wear masks and follow all procedures.

    #Covid-19#migrant#migration#inde#sante#bidonville#inde#travailleurmigrant#migrantinterne#confinement#mesuresanitaire

  • l’histgeobox : « Bidonville » de Nougaro, une plongée poétique dans un quotidien sordide .
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2020/06/bidonville-de-nougaro-une-plongee.html

    En 1931, dans un article consacré aux habitats précaires de Tunis et publié dans la Voix du Tunisien, un médecin évoqua des "maisons de bidons". Le terme bidonville s’impose véritablement dans la langue française au début des années 1950. Il sert alors à désigner un quartier de Casablanca. Dans une thèse consacrée à cette ville (1968), André Adam écrit : « Mais je crois bien qu’il [bidonville] est né en Afrique du Nord et probablement au Maroc. Je ne serais même pas étonné que ce soit à Casablanca, où il supplanta le mot “gadoueville”, attesté vers 1930, mais qui n’eut pas de succès. »
    Au départ, le mot est donc un nom propre, puis le terme « se généralisera par la puissance évocatrice de sa clarté sémantique (la ville de bidons) » et s’affirmera « en tant que catégorie stigmatisée de la ville contemporaine. » (source A)

    * Qu’est-ce qu’un bidonville ?

  • Communiqué de l’Association Mémoire Vive/Memória Viva à l’occasion de la projection du film « Le bateau en carton » de José Vieira à la FNASAT le 17/12/2013

    Ce film établi un certain parallèle entre les parcours d’immigration des portugais et algériens dans les années 60 avec celle des roms roumains aujourd’hui.

    D’un bidonville à l’autre, les histoires se ressemblent et l’Histoire (celle qui dit avoir un grand « H ») semble se répéter pour ceux qui ne peuvent que chercher ailleurs ce qu’ils ne peuvent acquérir « chez eux ».

    https://www.memoria-viva.fr/nous-nous-souvenons-des-annees-de-boue

    #immigration #bidonville #roms #portugais #algériens

  • Espaço e Economia: Revista Brasileira de Geografia Econômica dedica esta edição especial à primeira parte do Dossiê Coronavírus.

    A geopolítica do COVID-19 [Texto integral]
    La #géopolitique du COVID-19
    The geopolitics of COVID-19
    La geopolítica de COVID-19

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    Denis Castilho
    Um vírus com DNA da globalização: o espectro da perversidade [Texto integral]
    Un virus avec le DNA de la #mondialisation : le spectre de la perversité
    Un virus con ADN de la globalización: el espectro de la perversidad
    A virus with DNA from globalization: or the specter of perversity
    #globalisation

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    Roberto Montemerli
    Os desafios da Itália na emergência do coronavírus [Texto integral]
    Os desafios da Itália na emergência do Coronavírus
    Il sfide il Italia in emergenza di coronavirus
    Los desafíos de Italia en la emergencia del coronavirus
    Italy’s challenges in the emergence of the Coronavirus
    Les défis italiens face à l’émérgence de la Covid-19
    #Italie

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    Miriam Hermi Zaar e Manuel-Blas García Ávila
    El Covid-19 en España y sus primeras consecuencias [Texto integral]
    O Covid-19 na Espanha e suas primeiras consequências
    La Covid-19 en Espagne: premiers conséquences
    The Covid-19 in Spain and its first consequences

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    Maricarmen Tapia e Jerónimo Bouza.
    Lo que la pandemia deja al descubierto. El COVID-19 en España [Texto integral]
    Lo que la pandemia deja al descubierto. El COVID-19 en España
    O que a pandemia revela. El COVID-19 na Espanha.
    What the pandemic reveals. The COVID-19 in Spain.
    Révélations de la pandémie. La #Covid-19 en #Espagne

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    Lucas Pacheco Campos e Tuíla Lins
    Pandemia à Portuguesa: um relato sobre o Covid-19 em Portugal [Texto integral]
    Pandémie à portugaise: témoignage sur le Covid-19
    Pandemia à portuguesa: un informe sobre Covid-19 en Portugal
    Portuguese Pandemic: an account of Covid-19 in #Portugal

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    Gaudêncio Frigotto
    Empresários mais ricos do Brasil: a ignorância, o cinismo e a ganância que matam [Texto integral]
    Empresários mais ricos do Brasil: a ignorância, o cinismo e a ganância que matam
    Los empresarios más ricos de Brasil: ignorancia, el cinismo y la avaricia que matan
    Les entrepreneurs les plus riches du #Brésil : l’#ignorance, le #cynisme et l’#avidité qui tuent
    Richest businessmen in Brazil: ignorance, cynicism and greed that kill.

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    Jorge Luiz Barbosa
    Por uma quarentena de direitos para as favelas e as periferias! [Texto integral]
    Pour une #quarantaine de droits pour les #bidonvilles et les #périphéries !
    ¡Por una cuarentena de derechos para los barrios bajos y las periferias!
    For a quarantine of rights for the slums and the peripheries!

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    Oséias Teixeira da Silva
    O salto ainda mais mortal que o da mercadoria e a pandemia do coronavírus. [Texto integral]
    El salto aún más mortal que el de la mercancía y la pandemia de coronavirus.
    Le saut encore plus mortel que celui de la marchandise et la pandémie de la Covid-19
    The leap even more deadly than that of merchandise and the coronavirus pandemic

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    Heitor Soares de Farias
    O avanço da Covid-19 e o isolamento social como estratégia para redução da vulnerabilidade [Texto integral]
    O avanço da Covid-19 e o isolamento social como estratégia para redução da vulnerabilidade
    L’avancement du Covid-19 et l’#isolement_social en tant que stratégie pour la réduction de la #vulnérabilité
    El avance de Covid-19 y el aislamiento social como estrategia para reducir la vulnerabilidad.
    The advancement of Covid-19 and social isolation as a strategy to reduce vulnerability

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    Cláudio Luiz Zanotelli e Ednelson Mariano Dota
    A questão da desigualdade territorial municipal no Espírito Santo face à pandemia do coronavirus e a importância da existência de um Estado de bem estar social em defesa da sociedade. [Texto integral]
    La question de l’#inégalité_territoriale des communes de l’état de l’#Espírito_Santo au Brésil face à la pandémie de coronavirus et l’importance d’un État social en défense de la société.
    The issue of municipal territorial inequality in Espírito Santo in the face of the coronavírus pandemic and the importance of the existence of a welfare state in defense of society
    La cuestión de la desigualdad territorial municipal en Espírito Santo frente a la pandemia de coronavirus y la importancia de la existencia de un Estado de bienestar en defensa de la sociedad.

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    José Borzacchiello da Silva e Alexsandra Maria Vieira Muniz
    Pandemia do Coronavírus no Brasil: Impactos no Território Cearense [Texto integral]
    Conoravirus Pandemic in Brazil: Impacts in the Territory of Ceará
    Pandémie de Coronavirus au #Brésil : Répercussions chez le #Territoire_de_Ceará
    Pandemia de coronavirus en Brasil: impactos en el territorio Cearense

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    Eveline Algebaile e Floriano José Godinho de Oliveira
    A superação do capitalismo em questão: com que prática, em qual direção? [Texto integral]
    A superação do capitalismo em questão: com que prática, em qual direção?
    La superación del capitalismo en cuestión: ¿con qué prácticas, en qué dirección?
    Le dépassement du #capitalisme en question : avec quelles pratiques, et dans quelle direction ?
    Overcoming capitalism in question: with which practices, in which direction?


    https://journals.openedition.org/espacoeconomia/10071

    Il y a des revues qui sont rapides...

    #coronavirus #revue #covid-19

    ping @fil @simplicissimus

  • #Roms. « Ils vont mourir de #faim, pas du #coronavirus », s’alarment les associations

    Manque de nourriture, pas d’accès à l’eau : la situation sociale et sanitaire des 19 000 personnes vivant dans des #bidonvilles s’aggrave. « La vie est encore plus dure depuis le coronavirus », témoigne Tarzan. Habitants et bénévoles des associations venant en aide à la communauté rom se sentent complètement délaissés.

    « La vie est encore plus dure depuis le coronavirus. » Habitant dans une caravane à Toulouse, Tarzan est inquiet pour son avenir et celui de ses enfants. Lui qui s’est débrouillé jusqu’à présent grâce à la revente de ferraille, se voit désormais contraint d’arrêter. « Je ne peux plus travailler, ni acheter à manger pour ma famille. Et mes petits ne vont plus à l’école », déplore le père de famille. Il ne s’est pas aventuré en dehors du terrain depuis trois semaines.
    Un manque de volonté des élus

    Depuis le confinement, la situation sanitaire des 19 000 personnes vivant dans des bidonvilles s’aggrave. Ils manquent de tout. « En matière d’aide alimentaire, les premières semaines, c’était dramatique, affirme Clémentine Sinquin, déléguée générale du Collectif national droits de l’homme Romeurope. Les gens avaient très faim, l’aide n’était pas structurée. » Désormais, la distribution alimentaire s’organise un peu partout sur le territoire, à l’exception de certaines zones. À Bordeaux, par exemple, « il y a une véritable crise alimentaire, alerte Jean-Luc Tari, responsable de la mission bidonvilles de Médecins du monde (MDM). Environ 500 personnes, parmi lesquelles il y a des enfants et des femmes enceintes, n’ont plus rien à manger. Les gens vont mourir de faim, pas du coronavirus ».

    Mais les autorités politiques locales ne bronchent pas, regrette le militant, qui fustige le manque de volonté des élus. La situation reste aussi tendue à Toulouse, Nantes et dans plusieurs départements d’Île-de-France, dont les Hauts-de-Seine.

    À l’échelle nationale, il aura fallu plusieurs semaines pour que les associations aient enfin des informations. Une instruction ministérielle du 27 mars, adressée aux préfets, indique les mesures à prendre pour protéger les plus démunis. Sans écrire une seule fois le mot « bidonville »… Le passage sur l’eau s’adresse visiblement plus aux personnes isolées et à la rue qu’aux familles des terrains. « Près de 80 % des personnes vivant en bidonville n’ont pas accès à l’eau, dénonce Clémentine Sinquin. Sans eau, les populations ne peuvent pas boire, se laver les mains, cuisiner, etc. C’est donc impossible de respecter les mesures d’hygiène et de prévention. » Le réseau militant rappelle que l’État et les collectivités locales ont des obligations envers ces populations. « À Stains, le point d’eau du cimetière qui permettait à 220 personnes d’avoir de l’eau est aujourd’hui fermé, les gens restent sans solution », regrette-t-elle.
    Tous attendent des mesures fortes

    Informer les populations face aux risques épidémiques, c’est le travail harassant des associations, qui organisent des maraudes sanitaires. À Toulouse, Geneviève Molina, médecin et membre de MDM, est sur le front : «  Nous allons sur le terrain pour alerter sur le virus, expliquer les gestes barrières, mais également fournir des attestations à ces populations très anxieuses face aux risques de propagation du virus. Le surpeuplement, la grande promiscuité et le manque d’hygiène sont des conditions très difficiles. » « Il faut tout faire pour mettre en place une veille sanitaire. Si le Covid-19 se répand sur un bidonville ou un squat, ça sera une catastrophe », prévient-elle.

    Les habitants et bénévoles se sentent complètement délaissés. « Si une personne est contaminée, que fait-on ? demande Liliana Hristache, de l’association Rom Réussite, à Montreuil. Rien n’est prévu pour pouvoir mettre des familles entières en isolement. Et si une maman est seule, avec ses enfants, comment agir ? J’aimerais bien que l’État réagisse. » Tous attendent des mesures fortes pour affronter la crise sanitaire. « Il n’y a toujours pas de maraudes de prévention de l’épidémie dans une grande partie de l’Île-de-France, tandis qu’une personne est décédée du coronavirus dans un squat dans le Val-d’Oise », alerte Clémentine Sinquin. La crise du coronavirus a déjà convaincu des Roms de quitter la France.

    À Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’annonce du confinement a vidé deux campements. Et deux autres, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), ont connu un scénario identique.

    https://www.humanite.fr/roms-ils-vont-mourir-de-faim-pas-du-coronavirus-salarment-les-associations-
    #France

    signalé par @isskein

    ping @karine4

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    J’ajoute à la métaliste coronavirus et faim :
    https://seenthis.net/messages/838565