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    L’Internet Society vient de vendre le registre .org à un
    fond de pension tenu par ses anciens dirigeants...
    ...ou : « mais pourquoi la gestion d’un bien commun comme les TLD est il fait sur le modèle commercial ??? »

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  • La #révolte contre l’extraction des #gaz_de_schiste en #Ardèche : L’attachement au #territoire comme enjeu politique

    Décembre 2010. On fête la fin de l’année dans les foyers ardéchois. On ne songe pas que la spéculation et les tensions sur le marché de l’énergie, qui sont à l’origine des projets d’exploitation des gaz de schistes un peu partout dans le monde, puissent avoir des conséquences directes dans ce coin préservé autour de Villeneuve de Berg. Et pourtant, c’est bien sûr l’Ardèche que la compagnie Schuepbach a jeté son dévolu, en signant en mars 2010 un Permis exclusif de recherche (PER) avec le ministre de l’Environnement de l’époque, Jean-Louis Borloo, sans aucune forme de concertation, à l’insu de la population locale. Ce n’est que l’un des 61 PER signés à cette époque, principalement répartis dans le Sud-Est de la France et le Bassin Parisien. Même si des mouvements similaires se sont développés, notamment au Québec, il est difficile de retrouver l’élément déclencheur du soulèvement contre ce permis d’exploration en Ardèche, dont l’ampleur ne pouvait être présagée.

    Les premiers à s’être mobilisés et qui, d’ailleurs ne s’attendaient pas à se retrouver si nombreux, se sont vite sentis « dépassés » par la force du mouvement |1|. Beaucoup se sont levés d’un seul bloc pour exprimer un refus radical de tels projets. Très vite, les réunions d’information font salles combles et des collectifs naissent dans chaque village. Le non au gaz de schiste emporte l’adhésion du plus grand nombre, au-delà de clivages politiques traditionnels. La révolte s’organise : autocollants, t-shirts, affiches, mais aussi échange de réflexions et construction collective. Christophe Tourre, du collectif 07, se plaît à rappeler le dicton « En Cévennes, les révoltes peuvent être comme les crues : elles peuvent être soudaines et terribles |2| ». Cette mobilisation « explosive », selon les termes des militants, réanime le passé de révolte des Cévennes, des camisards aux maquisards. Le 26 février 2011, plus de 15 000 personnes se rassemblent dans une grande manifestation à Villeneuve-de-Berg, relayée par la presse nationale : du jamais vu, même lors de la réforme des retraites de 2010, dernière illustration en date des grands rassemblements dans la région. Il faut dire que de nombreuses personnes venues de la France entière et des collectifs découvrent l’existence des permis en France.

    Pourtant, dans de nombreuses régions concernées par des permis d’exploration similaires, la mobilisation n’a pas été aussi fulgurante et massive. Il faut comprendre l’émotion, la colère qui a entraîné les débuts de cette mobilisation. Le fait de ne pas avoir été consulté ni prévenu, dans une région traditionnellement méfiante face au pouvoir central, y est sans doute pour quelque chose et a été vécu comme un dénigrement et une violence injuste de la part des gouvernants. Mais toutes les agressions ne mènent pas à la révolte : la crise et le chômage ébranlent les bases de notre modèle social de manière fatale, les inégalités explosent, sans que des mouvements sociaux puissent véritablement s’en saisir. On note souvent la faiblesse numérique du mouvement des Indignés ou des militants contre le nucléaire en France, malgré l’opinion plutôt favorable à leur égard. Mais pour les militants interrogés, le gaz de schiste apparaît comme « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Il faut lever la tête et se révolter. Quitte à inventer un moyen pacifique de bloquer des camions. Car cette fois-ci, c’est la vie du territoire qui est en jeu.

    Cet élan nous a interpellés, nous chercheurs en sciences humaines et sociales (géographie-tourisme, architecture- aménagement, philosophie) qui travaillons autour des questions de territoire et d’habiter. Nous avons voulu comprendre ce qui a fait l’ampleur de cette révolte et ce dont elle témoigne à plus long terme. Sous le nom de l’équipe Echolocate |3| (Lucinda Groueff, Brice Julien, Claire Revol) nous nous sommes rendus en Ardèche en août 2011 en tant qu’observateurs pour mieux comprendre les ressorts de la mobilisation ardéchoise contre les gaz de schistes.

    L’ampleur de cette mobilisation et le constat d’une affection certaine portée à ce territoire par ses habitants, nous a motivés pour mobiliser nos outils professionnels et approfondir des intuitions. L’équipe s’affranchit d’un cadre scientifique préétabli pour expérimenter une approche hybride et sensible, laissant place à l’affect et à la rencontre. Ainsi nous proposons un regard sur la mobilisation ardéchoise qui entremêle références en sciences sociales et expériences individuelles. Nous avons mené des entretiens filmés avec des habitants – parfois militants – et des explorations du territoire également enregistrées. Nous travaillons à la réalisation de textes et d’un web-documentaire pour éclairer ces événements à l’aide des connaissances de nos disciplines et nos passions. L’approche filmique nous permet de nous saisir et de témoigner des dimensions émotionnelles de la mobilisation chez les habitants. Le croisement de méthodologies diverses témoigne d’une volonté de comprendre, en tant que citoyens, au-delà du seul cadre de la démarche scientifique.

    Une chose nous a frappés, c’est que cette révolte, cette lutte, n’est pas identifiée par ses protagonistes comme un conflit social où se distinguent des rapports sociaux, et où l’on combat pour des idées abstraites : il s’ancre dans un territoire et il est une lutte pour le territoire. « Dans les raisons qui font que cela a fonctionné, il y a le fait que les gens se sont sentis agressés par rapport à quelque chose dont ils sont très proches : leur terre, leur territoire |4| », analyse Michel Mariton, porte-parole du collectif 07, et président de l’Association Viginature qui avait mené d’autres combats environnementaux sur la commune de Lagorce. « C’est une agression contre la vie au pays » |5| inédite, nous dit Jean-Louis Chopy (également porte-parole du collectif 07). Ce constat se retrouvera chez plusieurs personnes interrogées : c’est l’attachement au territoire qui est le moteur de la révolte. Mais la défense du territoire n’est pas ici comprise dans un sens identitaire où le « nous » se retrouve face au « eux » des personnes ou des acteurs jugés extérieurs. De même, se défendre contre l’exploitation des gaz de schistes n’est pas s’exempter de risques environnementaux qui sont la conséquence de modes de vie que tous partagent. Autrement dit, il est impossible de considérer ce mouvement comme la seule expression du syndrome NIMBY (Not In My BackYard – j’accepte l’extraction des gaz de schistes pour subvenir à mes besoins en énergie mais pas chez moi) ou d’un attachement au territoire seulement conservateur.

    L’attachement au territoire qui impulse ce mouvement permet d’envisager le territoire |6|, dans sa globalité, comme un bien commun à soigner et à prendre en charge, en particulier pour ce qui est de ses ressources naturelles (eau) et de l’énergie. Ainsi, la mobilisation forge une légitimité pour les habitants à organiser ce qui relève de ces ressources communes, l’appropria
    tion du territoire de vie par ses habitants pouvant être porteuse d’une dimension révolutionnaire, comme le décrit le géographe marxiste David Harvey s’inspirant du droit à la ville de Henri Lefebvre |7|. Ce qui mobilise dans une telle lutte, au-delà de motifs idéaux (le combat environnemental, les valeurs démocratiques), c’est une appropriation du territoire qui repose sur un attachement.
    L’« explosion » du mouvement et sa structuration

    La construction du collectif 07

    Une véritable « explosion ». C’est ainsi que l’on nous a décrits le début de ce mouvement. Au départ, il y a des personnes d’horizons divers, tous militants, mais il est bien difficile de discerner qui a tiré la sonnette d’alarme en premier. « L’alerte a été l’envoi d’un article de Cap 21, de Corinne Lepage, qui faisait le compte rendu de la situation à l’échelle internationale |8| » se souvient Jean-Louis Chopy, l’un des porte-parole du collectif 07 contre les gaz de schiste, qui est aussi président de la Frapna Ardèche |9|. Pour Guillaume Vermorel, également investi dans le collectif 07, c’est par les réseaux militants d’Europe Écologie Les Verts que l’information est parvenue. Pour Claude Pradal, maire de Villeneuve de Berg, c’est un article paru dans la revue Sciences et avenir. Si différentes forces politiques, syndicales et associatives étaient en présence, toutes se sont accordées pour que le mouvement soit une fédération citoyenne, car cette forme particulière semblait être la seule qui puisse lui convenir. L’information se diffuse d’abord sur internet et dans ces réseaux militants. Puis une première réunion d’information a lieu le 26 janvier 2011 à Saint-Sernin (07), rassemblant plus de 800 personnes. Des réunions d’information sont organisées dans chaque village, et touchent beaucoup de personnes (selon le collectif 07, environ 20 000).

    Au départ, c’est surtout la technique de la fracturation hydraulique et ses effets qui sont expliqués à l’aide de power-points. Puis des extraits du film Gazland de Josh Fox, enquêtant sur les effets néfastes sur la santé et l’environnement de l’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis depuis dix ans, et dont les images chocs éveillent les consciences. Une version courte de vingt minutes est ensuite créée, avec des sous-titres et des doublages pour faciliter la compréhension des personnes qui ne lisent pas assez vite ou qui sont loin des écrans dans les salles, souvent combles. L’information se relaie rapidement, des pancartes et des banderoles fleurissent au bord des routes. Sur internet, de nombreux blogs |10| apparaissent ainsi que des vidéos explicatives sur la fracturation hydraulique, les textes juridiques et leur application administrative. En particulier les vidéos de Guillaume Vermorel, l’un des porte-parole du mouvement, enseignant dans le domaine des énergies renouvelables, donc technicien et pédagogue, sont très regardées. Des collectifs se créent au rythme des réunions, dans chaque village. Il faut insister sur le fait que les initiateurs du mouvement ont été surpris de l’ampleur du mouvement et que l’organisation du mouvement s’est faite petit à petit, en essayant de trouver une forme qui puisse contenir cette prolifération de collectifs et les maintenir rassemblés : cette organisation est issue de la discussion collective des militants, à partir de la « base ».

    Ces collectifs locaux se regroupent donc au sein d’un collectif plus large, le « collectif 07 stop au gaz de schiste », qui adopte dès le départ un fonctionnement horizontal : il n’y a pas de leader du mouvement mais un simple porte-parolat, et les décisions ne sont pas prises par des dirigeants, elles sont discutées collectivement. Chaque collectif, association ou parti politique qui s’inscrit dans le collectif 07 est représenté par deux personnes dans chaque réunion mensuelle. Les collectifs de chaque village adhèrent, ainsi que des partis politiques et des associations. Le mot d’ordre est d’emblée « stop au gaz de schiste. Ni ici, ni ailleurs. Ni aujourd’hui, ni demain ». En effet, le collectif 07 ne réclame pas seulement l’abrogation des permis qui concerne son territoire mais de tous les permis en France. Il s’oppose sans distinction à toute forme d’exploitation des hydrocarbures de roche-mère qui nécessiteraient la stimulation de la roche lors de leurs extractions, et pour lesquels on retrouve les mêmes risques quel que soit le nom de la technique utilisée. Au-delà du simple « non au gaz de schiste », il se porte en faveur d’un débat participatif sur la question énergétique (débat qui reste inédit au niveau national) et de l’encouragement des énergies renouvelables. La solidarité avec les autres territoires, au niveau national ou international, fait aussi partie de ce positionnement |11|. Dès le début, des liens sont créés avec des collectifs qui agissent en France, notamment à travers la coordination nationale des collectifs, et avec des collectifs à travers le monde, en particulier avec le Québec, qui connaît aussi une forte mobilisation contre l’exploitation des gaz de schiste. Un réseau de collectifs émerge aussi au niveau de la région Rhône-Alpes. Il s’agit avant tout de connaître la situation dans d’autres régions, et parfois d’élaborer des actions communes.

    Le rôle principal du collectif 07 est de centraliser les informations pour mutualiser les moyens. À cet effet, un site internet est créé, géré par Christophe Tourre. Celui-ci contient des documents pédagogiques et explicatifs, les communiqués du collectif 07, des articles, des revues de presse locale, nationale et internationale, l’annonce des événements à venir dans les agendas… Il émerge directement du fonctionnement du collectif 07. La liste de diffusion, auquel chacun peut souscrire, permet de livrer les dernières informations ou de faire passer des alertes. C’est cette information efficace qui a permis au collectif 07 de rassembler environ 20 000 personnes lors d’une grande manifestation à Villeneuve de Berg, un mois seulement après la première réunion d’information, le 26 février 2011. Cette réussite montre l’ampleur et la force du mouvement, car un tel rassemblement était inédit dans la région, si l’on compare avec des mouvements bien suivis comme celui contre la réforme des retraites en 2010. Nous chercherons à comprendre plus loin ce qui fédère au-delà des clivages politiques traditionnels.

    L’activité du collectif n’est pas seulement celle des réseaux du web, même si Internet a un rôle important dans la recherche d’informations, la centralisation et la diffusion : le mouvement s’ancre dans le territoire. Aux banderoles s’ajoutent d’autres supports de communication : les collectifs créent des t-shirts, des badges, des autocollants, des tracts, des affiches… qui sont fortement visibles et très vite diffusés. On croise fréquemment des voitures qui arborent ces symboles de la lutte et qui invitent à s’informer. Le collectif crée son identité visuelle : logo avec le masque à gaz, et les couleurs reprises sur tous les supports : noir (qui rappelle les hydrocarbures) et bleu, car le cœur de la bataille, au-delà du problème énergétique, est la préservation de la ressource en eau. Et surtout, il correspond à une dynamique collective : des réunions des collectifs locaux (dans chaque village) se déroulent à un rythme souvent hebdomadaire, recréant ce que les aînés avaient connu sous le nom de veillées. Chacun peut s’investir dans la vie du collectif local, alors que le collectif 07 regroupe des référents pour les prises de décisions communes, en particulier pour la trésorerie qui a nécessité la création d’une association de gestion. Le collectif 07 tient une permanence physique et téléphonique dans un local à Largentière, qui est un li
    eu d’information et de diffusion des tracts et autres supports d’information.

    Au niveau du collectif 07, les compétences diverses sont convoquées au sein de commissions qui travaillent sur des dossiers et mutualisent les informations. Les référents, qui sont de simples membres des collectifs, s’investissent s’ils ont le temps et les connaissances nécessaires. Ce sont des personnes qui ont des compétences proches d’un niveau expert, qui font avant tout un travail de recherche d’informations spécialisées et de synthèse, et qui transmettent des informations qui peuvent avoir un rôle dans la stratégie du mouvement. C’est ainsi qu’une contre-expertise a pu s’organiser, par exemple avec la commission scientifique, qui regroupe des géologues, hydrologues, chimiste, et autres personnes susceptibles de comprendre les documents techniques. Il en est de même pour la commission juridique, composée de juristes, qui élabore la stratégie juridique et décrypte les procédures administratives, tout en assurant la veille auprès des administrations pour obtenir les dernières informations relatives aux permis. La commission communication élabore les supports d’information. Il y a également des commissions action, finance, réunions publiques et permanences qui gèrent la vie des collectifs.

    Enfin, la commission vigilance-information-alerte (VIA) et Pyramides |12| ont formé des militants pour bloquer les camions s’ils arrivaient. Cette idée a émergé très vite car dès le départ les militants ont perçu que la lutte traditionnelle, telle la manifestation ou la pétition, ne suffirait pas à protéger le territoire de manière effective. Après quelques fausses alertes et canulars, il a fallu organiser un système fiable et efficace reposant sur un maillage du territoire par des référents et des pyramides d’appel pour vérifier l’information et lancer l’alerte. Le blocage des camions (qu’ils soient de prospection ou qu’ils transportent les foreuses) est l’arme brandie par le collectif pour empêcher les forages. Même s’ils sont autorisés par le parlement et le gouvernement, les forces de l’ordre ne pourraient être envoyées sans frais face à un blocage fortement soutenu par la population. En effet, si le mouvement est par principe non violent, cela ne le rend pas pour autant moins déterminé. La non-violence est l’une de ses principales forces, car elle est en cohérence avec sa dimension citoyenne : il s’agit de peser dans l’exercice du pouvoir par les institutions, être en mesure d’avoir un poids politique. Le mouvement acquiert une certaine légitimité politique, car il a un fort ancrage dans la population, sans pour autant être porté par une structure sociale reconnue, telle le syndicat. Comment s’est constituée cette légitimité politique ?

    Le choix d’un mouvement citoyen

    Le fonctionnement du collectif 07 a été décidé au fil de sa construction, mais il est le fruit d’une réflexion, d’une stratégie délibérée de la part de ses créateurs : il s’agit de permettre l’adhésion et l’investissement du plus grand nombre dans une expérience collective forte, en testant les difficultés de la « démocratie horizontale |13| » qui implique des modes de fonctionnement nouveaux, décentralisés. Dans la démocratie horizontale, la décision ne s’effectue pas par des chefs nommés, même s’ils sont représentatifs, elle est discutée par tous. Aucune organisation membre (par exemple un parti ou un syndicat) ne peut faire valoir son pouvoir face aux autres organisations, le mouvement n’est pas hiérarchisé. Les difficultés inhérentes à ce type d’organisation (lenteur de la prise de décision dans les cas d’urgence, longueur des débats) sont contrebalancées par la robustesse d’un mouvement qui n’a pas de chef, qui accueille et rassemble des personnes de sensibilités diverses réunies autour d’une même cause. Ce qui est perdu en efficacité (la discussion et la prise de décision collective, le consensus réclament du temps) est gagné en audience auprès de la population, car une confiance s’établit. Cela court-circuite la communication des instances pyramidales et centralisées que sont l’État et les grands groupes pétroliers.

    Il est intéressant de voir comment ce mouvement s’est construit par rapport aux instances traditionnelles du pouvoir. Le mouvement est animé par une grande méfiance des membres du collectif à l’égard de la réponse politique, en particulier celle du pouvoir législatif et du gouvernement. La communication de ce dernier est systématiquement décryptée et remise en question. Chaque annonce gouvernementale est perçue comme une tentative de démobiliser la population plutôt que d’apporter une réponse à ses préoccupations, et de gagner du temps pour élaborer une contre-attaque |14|. Dès le départ, c’est le déni démocratique qui soulève les foules, autant que les risques environnementaux : le premier communiqué du collectif 07, datant du 23 février 2011, critique la réponse politique du pouvoir exécutif qui se limite à la création d’une commission d’enquête. En effet, le 4 février 2011, la ministre de l’Environnement, Madame Kosciusko-Morizet, a confié au Conseil général de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies et du Conseil général de l’Environnement la mission d’éclairer le gouvernement sur « les enjeux du développement potentiel de ces éventuelles ressources, sur l’encadrement environnemental approprié à cet éventuel développement et sur les actions prioritaires à conduire |15| ». Le collectif 07 dénonce la posture des grands corps des Mines et des Ponts et Chaussées, mandatés pour mener la commission d’enquête par la ministre, et qui « ont l’habitude de travailler dans l’opacité la plus grande |16| » sans que les citoyens et les membres de la société civile, ou les élus locaux soient consultés. Il dénonce également la création de cette commission qui intervient après la délivrance des permis et sans remettre en question leur délivrance : « Des explications techniques des uns et des autres ne suffiront pas à faire taire notre colère. Vous avez court-circuité le débat au début du projet. Nous ne sommes pas dupes et imaginons très bien la conclusion de la mission |17| ».

    Par la suite, le projet de loi présenté par le gouvernement début avril 2011, qui prévoyait d’interdire la seule technique de la fracturation hydraulique a été analysé comme une réponse inadaptée au problème et une tentative de « noyer le poisson » ou d’« emberlificoter |18| » la population, alors qu’une loi est censée être porteuse d’une légitimité et d’une justice. Il est vrai que le gouvernement communique sur le fait qu’il a résolu le problème, en faisant voter une loi contre la fracturation hydraulique, technique utilisée pour les forages de roche-mère, alors qu’un article autorise les explorations scientifiques et que le terme de fracturation hydraulique n’est pas juridiquement défini. Seuls les indu
    striels déclarant qu’ils utilisent la fracturation hydraulique se verront retirer leurs permis. Après promulgation de la loi le 14 juillet et remise des rapports des industriels précisant les techniques qu’ils comptaient employer deux mois après, seuls trois permis sont abrogés sur les soixante-quatre qui sont recensés sur toute la France, ceux précisément localisés dans les zones de plus forte contestation, dans les Cévennes. Il est bien difficile de ne pas voir une stratégie politique visant à étouffer la contestation sous l’application de la loi, alors que la plupart des médias titrent sur la fin des permis gaz de schiste. Face à la complexité des rouages du pouvoir, et du poids des lobbies, le collectif 07 privilégie la bataille sur le terrain à la bataille juridique : c’est ainsi que le système VIA devient de plus en plus important pour le mouvement, avec un objectif simple : être en mesure de bloquer les camions physiquement. L’attente créée par la loi a permis de jeter un certain flou et de démobiliser quelque peu les Ardéchois. Mais le succès des mobilisations de l’automne (par exemple, le 23 octobre 2011, on compte 6 000 participants à Barjac, encore concerné par un permis), impulsées par l’annonce de Total qui compte faire un recours administratif contre l’abrogation de son permis, témoigne que le mouvement perdure. La population se méfie des propos rassurants des dirigeants grâce à l’audience qu’a su créer le collectif 07, qui pousse à la réflexion sur les instances du pouvoir et de son exercice.

    D’autre part, si la mobilisation s’est construite contre le gouvernement et tous les représentants des instances du pouvoir central, elle n’est pas l’émanation de l’opposition dans le jeu politique traditionnel. La mobilisation s’est construite en fédérant des sensibilités diverses, pas forcément « de gauche ». Si ce mouvement n’a pas été pris en charge par les instances traditionnelles de la démocratie (partis, syndicats), c’est aussi parce qu’il est le reflet d’une crise démocratique aux multiples facettes. On pourrait dire qu’il est traduction française de mouvements comme les Indignés, qui remettent en question le pouvoir représentatif et sa perméabilité aux lobbies financiers. C’est pour cela que le collectif s’est positionné comme étant apolitique, car il ne se reconnaît pas dans le fonctionnement traditionnel des partis. Il cherche à rassembler au-delà des étiquettes. De nombreux militants n’ont d’ailleurs jamais fait partie de mouvements auparavant. L’idée d’un mouvement citoyen était donc la condition pour rassembler un grand nombre de personnes dans la mobilisation et de permettre à chacun d’être acteur du mouvement. La plupart des personnes interrogées disent avoir consacré beaucoup de temps au mouvement, ce fort investissement étant souvent motivé non seulement par la cause mais aussi par l’émulation collective. Les participants disent avoir éprouvé une certaine joie, celle d’être ensemble et de travailler à une cause commune, d’apprendre sur le monde et de développer leurs propres capacités d’initiative.

    Toutefois, les collectifs ne se méfient pas de tous les pouvoirs politiques : ils travaillent en partenariat avec les élus locaux, y compris ceux de droite (même si ceux-ci ont parfois bien du mal à expliquer leur positionnement). Les conseillers régionaux et généraux ont apporté leur soutien, y compris lors des débats sur la loi. Ils apportent une aide financière pour les collectifs, en particulier en finançant la création d’un poste pour un animateur-administrateur du mouvement en automne 2011 à la faveur d’une coordination régionale des collectifs. Les élus locaux se trouvent ainsi renforcés dans leur position politique locale, après avoir été contrariés de ne pas avoir été consultés pour de tels projets, alors qu’ils travaillent à l’avenir de leurs communes, et que certaines responsabilités comme l’approvisionnement en eau potable leur échoient pleinement. Ce sont les premiers à avoir pris des arrêtés contre les forages et, alors que la compagnie Schuepbach les attaque au tribunal administratif pour excès de pouvoir, le collectif 07 organise une manifestation à Villeneuve de Berg, le 7 avril 2011, intitulée « touche pas à mon maire ! » pour les soutenir, avec grand succès. Les élus se regroupent dans un « collectif des maires » de toutes orientations politiques confondues, représenté par Hervé Ozil, maire de Lagorce, qui adhère au collectif 07. Les élus sont solidaires du mouvement, et les conflits communaux quotidiens étant mis entre parenthèses, ils sont soutenus par la population.

    À la faveur de la lutte contre les gaz de schiste, un rapport beaucoup plus direct et coopératif se crée entre la population et les élus locaux. L’attachement et la défense du territoire apparaissent comme un argument plus fort que les idéaux et les débats des partis politiques ; ils sont aussi plus tangibles : dans ce sens, la mobilisation permet de renforcer l’idée du politique comme soin de la cité, du territoire en commun. Claude Pradal, maire de Villeneuve de Berg, constate que la mobilisation apporte à la vie politique de la commune, non dans le sens de débats clivant mais dans la volonté de résoudre un problème ensemble : « ça a soudé les gens, ils avaient un objectif commun et c’est ça qui est important. Ils savent que ceux qui sont à la tête des collectifs sont de toutes sensibilités, le problème c’est le gaz de schiste |19| ». À la méfiance des représentants du pouvoir d’État central répond donc un pouvoir politique local fondé sur la coopération.
    Une convergence portée par l’attachement au territoire comme bien commun

    L’impulsion de la mobilisation. Un rassemblement pour le territoire

    Après avoir décrit les principales caractéristiques et rapidement retracé l’historique du mouvement, il est important de s’intéresser aux enjeux qui ont permis au mouvement de naître, d’emporter l’adhésion d’individus et de créer une dynamique de rassemblement au-delà de groupes traditionnellement constitués et de réseaux militants établis. La piste que nous proposons renvoie à l’attachement au territoire, cet attachement, dont il faut définir les contours et la traduction quotidienne, permettant d’entrevoir une nouvelle donne politique dans le rapport de la population à son territoire.

    En cherchant les raisons d’une telle ferveur citoyenne s’exprimant dans le combat contre les gaz de schiste en Ardèche, de nombreuses personnes interrogées ont vu dans l’histoire de la région un terreau pour la mobilisation actuelle. L’histoire protestante |20| en est souvent évoquée comme le socle, de même que la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Mais il est difficile de soutenir que c’est cet esprit résistant qui se serait transmis jusqu’aux générations actuelles et dont la révolte contre les gaz de schiste serait une résurgence. En effet, l’Ardèche a connu un fort exode rural dans la seconde moitié du XXe siècle, avant d’accueillir de nombreux néoruraux. L’attachement à l’Ardèche n’est pas lié à une origine commune, des « racines », mais il est lié à cette vie que l’on y construit par ses choix. En effet, rester ou venir s’installer en Ardèche est souvent l’objet d’un choix délibéré et déterminé étant donné la rareté des emplois, et les personnes qui s’y installent le font souvent parce qu’elles apprécient particulièrement ce cadre de vie et ce paysage. De ce point de vue, les références historiques du passé de révolte, de même que certains événements-clés (Mai 68, le Larzac, etc.) constituent une aide à la mobilisation et une justification par les valeurs de résistance qui sont évoquées.

    Pourtant, il ne faudrait pas penser non plus que l’on aurait affaire à une population soudée et univoque, à une communauté unie déjà constituée. Le mouvement est hétérogène : il rassemble des individus ne partageant parfois ni les mêmes convictions, ni les mêmes réseaux. Comment le mouvement a-t-il pu rassembler au-delà de clivages pourtant bien ancrés et qui peuvent donner lieu à des conflits (entre chasseurs et écologistes par exemple, ou entre agriculteurs et riverains) ? Il semble là encore que c’est le fait d’habiter un espace commun, de partager le même « coin » qui permette d’aller au-delà de ces clivages et de rassembler. Ainsi, le mouvement est le résultat d’une convergence autour de la défense du territoire habité, qui fonde ainsi le sentiment subjectif d’appartenance au collectif.

    Cette défense du territoire peut-elle s’apparenter à un simple phénomène NIMBY, comme on le trouve dans d’autres territoires offrant une certaine qualité de vie ? Il est vrai que l’Ardèche est souvent décrite par les personnes interrogées comme une sorte de « paradis vert », un coin « préservé » de la pollution, et que les forages sont perçus comme une destruction de ce cadre privilégié, d’autant plus pour des personnes ayant consenti à des efforts pour venir s’installer. Les conflits environnementaux sont une traduction de cette défense du territoire. Par exemple, de 1985 à 1990, le combat contre l’installation d’une ligne à haute tension en Basse Ardèche avait porté ses fruits, et est à l’origine de l’association Viginature, très active dans le combat contre les gaz de schistes. De même de 2002 à 2007 des militants écologistes ont réussi à s’opposer à un projet de centre de stockage de déchets ultimes sur la commune de Rochecolombe. Plutôt que de considérer cette réaction comme un simple égoïsme, il faut voir la dynamique collective potentielle que permet la prise de conscience d’un territoire à protéger. Les luttes sociales, par exemple pour les droits sociaux (vacances, salaires, retraites, etc.), se sont toujours appuyées sur la volonté d’améliorer et de transformer la situation d’un groupe précis à une époque donnée. Au-delà d’une simple défense de son propre pré carré, il faut donc comprendre ce que permet d’envisager cette mobilisation en défendant le territoire comme un bien commun. Ce qui suppose d’approfondir, ce qui sera l’objet de notre travail, les tenants et les aboutissants de cet attachement au territoire.

    Les biens communs comme enjeux politiques

    Avant d’être un combat pour des idées, le combat contre les gaz de schiste est donc un combat pour le territoire, et l’attachement à ce territoire en est le ressort puissant. Est-ce que ce ressort pourrait être mobilisé pour réaliser un changement politique dans la gestion des biens communs |21| et la nécessité d’une gestion décentralisée de la politique énergétique ? C’est ce que nous voudrions essayer de mesurer.

    En effet, la perspective de l’exploitation des gaz de schiste met bien en avant la fragilité des ressources naturelles communes et de leur appropriation. En particulier pour la question de l’eau. La perspective de voir les nappes phréatiques polluées, bien commun par excellence, par une industrie qui nécessite beaucoup d’eau par ailleurs, a été un déclencheur de la mobilisation, dans une région karstique où l’eau est rare. Un bien commun, selon la définition de Ricardo Petrella |22|, est caractérisé par le fait que l’on ne peut le substituer à une autre ressource, ce qui est bien le cas de l’eau, à la différence des hydrocarbures. Il faut donc le partager et fixer ses modalités d’utilisation, ce qui peut provoquer des conflits d’usage. Mais au-delà d’un bien à partager, c’est un bien engageant une responsabilité collective, c’est-à-dire pour lequel les habitants se sentent convoqués et investis d’une tâche. L’énergie au sens large peut aussi figurer comme un bien commun dont la responsabilité est collective. Les citoyens expriment leur légitimité à discuter à l’échelle locale des projets pour le moment décidés à l’échelle nationale. Ce qui suppose d’aller au-delà de la simple décentralisation pour développer une gestion coopérative du pouvoir. La transition énergétique ne peut se passer de cette impulsion citoyenne, et pas seulement dans sa dimension éducative (les bonnes pratiques) : il s’agit de contraindre au changement des puissances économiques habituées à composer avec le régime démocratique représentatif.

    Pour l’instant, seuls des signaux de cette nouvelle donne politique sont visibles et se sont mis en place à la faveur de la mobilisation. Nous voulons chercher à en prendre une mesure plus précise. Les pouvoirs locaux ont compris qu’il fallait saisir cette opportunité pour la transition énergétique. Le 18 novembre 2011, le Conseil général de l’Ardèche a organisé des Assises départementales de l’énergie pour faire un premier tour d’horizon de la question. D’autres projets territoriaux comme le projet Prospective énergétique sur les territoires ruraux ardéchois (PETRA) visent l’appropriation de la question énergétique par la population locale. Tout l’enjeu consiste donc à maintenir la fédération que recouvre le collectif 07 pour de tels projets. Et au-delà de la question de l’énergie, il s’agit de la question globale de la gestion des biens communs, en particulier de l’eau. Puisque le rassemblement se construit sur l’attachement au territoire, celui-ci doit être mobilisé dans les projets pour que les citoyens soient associés aux prises de décisions de leurs gouvernants.

    http://mouvements.info/la-revolte-contre-lextraction-des-gaz-de-schiste-en-ardeche-lattachemen
    #résistance #lutte #France #biens_communs #commons #collectif_07

  • #Eric_Piolle sur France inter

    Le maire écologiste de Grenoble est l’invité d"Eric Delvaux à l’occasion de la parution aux éditions Les liens qui libèrent de son livre « Grandir ensemble. Les villes réveillent l’espoir ».

    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-du-week-end/l-invite-du-week-end-20-octobre-2019
    #Grenoble

    –----------

    Quelques extraits :

    « C’est à l’échelle des villes qu’on peut allier #justice_sociale et #justice_environnementale, qui fait défaut à l’échelle nationale ».

    « Pour relever le défi de justice sociale et environnementale, il faut cultiver ensemble des #biens_communs, garantir des sécurités pour chacun »

    « Les habitants du territoire quels qu’ils soient, c’est des habitants légitimes pour travailler sur des budgets participatifs, pour aménager un morceau de quartier, pour s’entraîner à la #démocratie_locale »
    –-> « Le gouvernement Macron nous a attaqués au tribunal pour notre dispositif de #votation_citoyenne parce qu’il était ouvert aux + de 16 ans, parce qu’il était ouvert à tous les résidents quel que soit leur statut par rapport aux listes électorales et parce que les élus, c’était le troisième argument, ne pouvaient pas se déposséder de leur capacité de décision ».

    ping @karine4

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

    –-----

    des info plus détaillées sur le numéro 1 déjà sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/784730

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • Bienvenue dans l’anthropocosme
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/bienvenue-dans-lanthropocosme

    Pour Joi Ito (@joi), le fameux pionnier du web devenu directeur du Media Lab du MIT, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, et ce n’est même plus l’anthropocène : il suggère le terme « anthropocosme » (anthropocosmos) pour décrire une « époque au cours de laquelle l’activité humaine est considérée comme ayant une influence (...)

    #A_lire_ailleurs #Débats #Enjeux #Gouvernance #biens_communs #espace

  • Mais ?! Mais ?! À part la courte intro (bigup Stallman !) les 3 articles qui célèbrent la culture de + en + partagée du #Libre sont... payants !?!
    « On pourrait avoir du libre presque partout » ... bah pas chez Politis visiblement ?

    On pourrait pas déjà partir du pré-requis que tout ce qui vient du bien commun et/ou du libre, du bénévolat, doit d-facto être accessible à tou-te-s ?
    Merdre !
     ?

    #Paywall ? Dossier / Enfin (le) libre ! | Politis - https://www.politis.fr/dossiers/enfin-le-libre-450

    • Complément :
      Juste une précision vu le nombre de journalistes sur [twitter] : non je ne remets pas en cause le fait que tout travail mérite salaire, sinon j’aurais tagué @emanach
      Je remets en cause des choix de fonctionnement économique, je remets en cause le pillage des ressources libres
      Je remets en cause le fait d’inféoder la transmission des savoirs à la possession de richesse
      Je remets en cause la fausse inquiétude de voir le populisme monter quand on tient si peu compte de l’Educ Pop, et qu’on l’appauvrit, in fine, au lieu de l’enrichir...
      Pour le reste, concernant le journalisme et autres activités de transmission des savoirs, le bénévolat est un choix individuel et JAMAIS je ne reprocherai à une personne, bien souvent pauvre, de ne pas faire ce choix.
      Je combats des idées, des réflexes parfois, pas des gens.

    • Merci de me glisser dans la conversation.
      Il n’y a pas de bonne règle qui pourrait s’appliquer à tous les cas particuliers. C’est bien le problème.

      Que l’on vende des choses produites en commun me choque parfois (par exemple s’il y a une souscription pour faire un documentaire ou un livre, il semble souhaitable qu’ensuite celui-ci soit diffusé en Creative commons) et parfois pas (les logiciels libres utilisés dans une application web qui sera vendue à un client... qui s’en servira lui-même pour capter d’autres clients à son job).

      Dans le second cas, c’est le mode d’existence même de l’économie du logiciel libre... qui a une externalité positive qui est de permettre l’existence même du logiciel libre. Dans le premier, c’est souvent une incompréhension de la construction des communs (manque de connaissance sur l’usage des licences, voire application du parapluie juridique).
      Elinor Ostrom disait toujours : « Chaque commun est un cas particulier »... je le pense également.

    • Le Libre n’est pas incompatible avec un coût.
      C’est vrai que c’est souvent le cas, mais aucune licence libre n’interdit de vendre le bien (logiciel, art, texte…). [Et la chaîne pourrait vite être brisée si les redistributeurs suivants repassaient le prix à 0]
      C’est un peu la notion de « prix libre ».

      Contraposée : une licence qui imposerait le « Non Profit », n’est pas considérée comme libre. Les licences CC type NC par exemple.

      La FSF en parle d’ailleurs
      https://www.gnu.org/philosophy/selling.fr.html

      La distribution de logiciels libres est une chance de rassembler des fonds pour le développement. Ne la laissez pas passer !

      #licence #libre #logiciel_libre

  • Privatisations : la République en marché - #DATAGUEULE 88
    https://www.youtube.com/watch?v=1hYR2o1--8s

    Tout doit disparaître... surtout les limites ! Depuis 30 ans, les privatisations, à défaut d’inverser la spirale de la dette, déséquilibrent le rapport de force entre Etat et grandes entreprises à la table des négociations. Infrastructures, télécoms, BTP, eau ... les géants des marchés voient leur empire s’élargir dans un nombre croissant de secteurs vitaux. Cédant le pas et ses actifs au nom de la performance ou de l’efficacité, sans autre preuve qu’un dogme bien appris, la collectivité publique voit se dissoudre l’intérêt général dans une somme d’intérêts privés ... dont elle s’oblige à payer les pots cassés par des contrats où elle se prive de ses prérogatives. Mais comment donc les agents de l’Etat ont-ils fini par se convaincre qu’il ne servait à rien ?

  • La tragédie des communs était un mythe | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/billets/la-tragedie-des-communs-etait-un-mythe

    Décembre 1968 : le biologiste américain Garrett Hardin (1915-2003) publie l’un des articles les plus influents de l’histoire de la pensée environnementale1. Il décrit, dans la revue Science, un mécanisme social et écologique qu’il nomme la « tragédie des communs ». Le concept va rapidement faire florès, tant au sein des cercles académiques que des médias, des milieux écologistes, des administrations, du personnel politique. Les uns et les autres y trouvent une justification scientifique à une gestion étatique ou (surtout) à une privatisation des ressources et des écosystèmes. Or, le recul historique et l’avancée des connaissances nous montrent aujourd’hui ce raisonnement pour ce qu’il est : une vue de l’esprit, déconnectée des réalités concrètes et biaisée par une vision très idéologique du monde social.

    L’une des raisons de ce succès tient, au moins au départ, à la conclusion binaire de Hardin. Elle peut en effet être invoquée à la fois par les partisans de l’intervention étatique et par ceux prônant un recours privilégié au marché. Néanmoins, avec l’essor du néolibéralisme comme école de pensée et force sociopolitique, la « tragédie des communs » va être rapidement simplifiée sous la forme d’un plaidoyer pour la seule propriété privée.

    Dans les années 1980 et 1990, le récit du pâturage hardinien est populaire au sein des administrations américaines, des institutions internationales et des firmes promouvant les privatisations et le « free-market environmentalism ». Le raisonnement est appliqué aux ressources forestières, aux bassins hydriques, aux terres agricoles, mais aussi à l’atmosphère ou aux ressources marines, auxquels il s’agit d’étendre des logiques d’appropriation passant par la privatisation ou la création de marchés de droits d’usage.

    Une pensée malthusienne

    Ce qui a aussi été perdu de vue en route, c’est le but que visait Hardin dans son article de 1968. Celui-ci est un biologiste, mais avant tout un militant fervent de la cause néomalthusienne. Son article vise surtout à dénoncer le mécanisme irrépressible qui pousserait les individus à se reproduire sans frein, jusqu’à détruire les ressources naturelles. Dans sa métaphore, les bêtes que les éleveurs rajoutent sans cesse au pâturage, ce sont aussi… les enfants de ces mêmes éleveurs, qui ponctionnent toujours plus les richesses communes. Et c’est pourquoi il recommandait, là aussi, deux solutions : soit un contrôle de l’État sur la reproduction humaine, soit la création de « droits à enfanter » monétisables et échangeables. Un mélange d’État coercitif et d’idéologie de marché caractéristique de cette pensée de guerre froide que fut la (soi-disant) « tragédie des communs ».

    #Communs #Garrett_Hardin

  • Une trottinette partagée a une durée de vie de 28 jours
    https://www.liberation.fr/planete/2019/03/07/une-trottinette-partagee-a-une-duree-de-vie-de-28-jours_1713419

    Aux Etats-Unis, l’usage des véhicules partagés est bien en-dessous du seuil de rentabilité pour leurs opérateurs.

    Selon la newsletter Oversharing qui a analysé les données publiques à Louisville dans le Kentucky, la durée de vie d’une trottinette électrique partagée est de 28 jours. Par ailleurs, sa vitesse moyenne est inférieure à 9 km/h pour des distances parcourues de moins de 3 kilomètres par trajet. En moyenne, une trottinette roule 227 kilomètres avant d’être mise hors (...)

    #trottinette #écologie #marketing

  • #Briançon, capitale des #escartons (1343-1789)

    Signée en 1343, la « #Grande_Charte_des_Libertés » entérinait l’#autonomie du territoire des Escartons, entre #Piémont et #Briançonnais. 675 ans avant que des militants n’y accueillent des migrants, ces vallées transalpines défendaient déjà une organisation basée sur l’#entraide et la #solidarité.

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/une-histoire-des-micro-etats-44-briancon-capitale-des-escartons-1343-1
    #Les_Escartons #histoire #Hautes-Alpes #république_des_Escartons #élevage #commerce #passage #alphabétisme #alpage #biens_communs #communaux #communauté #forêt #propriété_collective #corvées #entretien_du_territoire #solidarité #escarton #répartition_des_impôts #Italie #France #périphérie #Dauphiné #Royaume_de_France #liberté #impôts #monnaie #justice #Traité_d'Utrecht #frontières #ligne_de_partage_des_eaux #frontières_nationales #frontières_nationales #rencontre #nostalgie

    Anne-Marie Granet-Abisset, minute 30’35 :

    « 1713 est une date capitale pour le fonctionnement de l’Escarton, parce que c’est une décision liée à un traité qui est prise très loin, à Utrecht, et qui va décider de ce qui apparaît comme une zone de périphérie, une zone des marges, et donc, dans les négociations, la France ce qui lui paraît important, c’est la #vallée_de_Barcelonnette, et laisse au Duc de Savoie, ce qu’on va appelé les #vallées_cédées, c’est-à-dire l’escarton de Valcluse, Pragelato, l’#escarton_de_Château-Dauphin, et l’#escarton_de_Oulx. C’est le début de ce qui va être une évolution qui démarre au 18ème, mais qui va s’accentuer au 19ème, où la frontière va se marquer. ça va casser ce qui faisait la force d’un territoire qui fonctionnait de façon presque autonome, en tout cas qui fonctionnait dans une organisation, ce qui ne veut pas dire qu’ils s’aimaient tous, mais en tout cas ils s’entendaient tous pour défendre leurs intérêts. C’est aussi le moment où les militaires arrivent et vont redessiner la frontière : on partage, on dessine, on installe des fortifications en un temps où la frontière va se marquer. »

    Colette Colomban :

    "Puisqu’on va pour la première fois, en Europe, penser les frontières à partir de limites géographiques. Donc on va placer la frontière sur la ligne de partage des eaux, ce qui correspond à la volonté du #Pré_Carré_de_Vauban, c’est-à-dire, délimiter le territoire, les frontières de la France, de façon la plus régulière possible afin qu’elle soit plus facile à défendre et éviter ainsi des bouts de territoires qui s’enfoncent trop en territoire ennemi et beaucoup plus difficiles à défendre. On va du coup border des frontières à des cours d’eau, à des limites de partage des eaux. Les cols qui jusqu’alors étaient vraiment des passages, là deviennent des portes, des fermetures, des frontières. Mongenèvre se ferme à ce moment-là. Il faut imaginer que ça a été vraiment vécu comme un traumatisme, ce traité d’Utrecht, avec vraiment une #coupure de #liens familiaux, de liens amicaux, de liens commerciaux.

    Anne-Marie Granet-Abisset, minute 39’35 :

    Il y a une redécouverte des Escartons, parce que la charte est revenue dans la mairie de Briançon en 1985. Et dans ce cadre-là, les Escartons ont servi de légitimité pour refonder à la fois une #mémoire et une histoire qui a commencé d’abord du point de vue patrimonial, on a mis une association sur les anciens escartons, et puis maintenant, d’or en avant, les escartons sont même les noms de la recréation du Grand briançonnais qui reprend le Queyra, le Briançonnais, mais qui adhèrent des territoires qui ne faisaient pas partie de des anciens escartons. On est en train de reconstituer, en utilisant ce qui a été une avance sur l’histoire... on re-fabrique, on re-bricole une histoire en mettant en avant ce qui était la tradition, c’est-à-dire l’habitude d’#autonomie, la façon de s’auto-administrer, la volonté de garder la maîtrise du territoire, en même temps avec véritablement l’idée de fonctionner avec les vallées qui étaient les anciennes Vallées cédées. Donc les Escartons vont devenir un élément qui caractérise et qui redonne une #fierté à ces territoires considérés, pendant longtemps et notamment au 19ème, comme des territoires enclavés, comme des territoires arcaïques. Ces territoires ont souffert de cette vision qu’ils ont d’ailleurs totalement intégrée et qui fait que, les Escartons étaient un moyen de réaffirmer leur avance sur l’histoire. Leur avance sur l’histoire c’est le fait de constituer un territoire transfrontalier, qui fonctionne comme une région des Alpes à l’intérieur d’une Europe qui serait une Europe des régions"

    Gérard Fromm, 46’20 :

    "Ici on a été une zone de passage, beaucoup d’Italiens sont venus, ont passé le col de Mongenèvre et sont venus s’installer en France à une période où la vie était difficile en Italie. Donc il y a beaucoup de familles qui sont d’origine italienne. On est ici une zone de passage depuis longtemps. On est une zone de migration, donc, naturellement, on a retrouvé un certain nombre de choses. Les Italiens de l’autre côté, beaucoup parlent français, et puis il y a une culture qui est identique : regardez les églises, les clochers ont la même forme, les peintures murales dans les églises ont les mêmes origines. On a vraiment une continuité. Ces éléments-là font qu’aujourd’hui on a d’ailleurs une proximité avec nos amis italiens. On ne se rend pas compte, on est un peu au bout du monde pour les Français, sauf que leur bout du monde il est beaucoup plus loin... les Italiens c’est la porte à côté. Des Briançonnais vont à Turin, Turin c’est à une heure et quart d’ici. Aujourd’hui on a d’ailleurs une proximité avec nos amis italiens dans le cadre des programmes européens, mais aujourd’hui aussi par exemple avec les problèmes des migrants, ce sont des problèmes qu’on partage avec les communes de l’autre côté. On travaille en permanence avec les Italiens.

    Elsa Giraud, guide conférencière et historienne, 49’13 :

    « C’est le milieu dans lequel on vit, qui peut être un milieu hostile, qui est un milieu qui nécessite des connaissances, une habitude. Et si les Escartons sont nés et ont perduré pendant des siècles, c’est parce que nous sommes dans un territoire de passage, parce que nous sommes dans un territoire où on a des populations et des ressources différentes d’un côté et de l’autre. Donc il fallait des passages, des migrations saisonnières pour vivre dans ces montagnes qui ne vous nourrissent pas l’hiver, pour aller en plaine, pour échanger les produits d’un versant et de l’autre de la montagne. Et le point commun c’est ce besoin de se déplacer, de migrer. La géographie et le climat font qu’on est obligé de s’entraider et venir au secours de celui qui est en pleine montagne. Ici, si on ne connaît pas la montagne, en plein hiver on ne passe pas, on y reste. »

    #hostile_environment #environnement_hostile #entraide

    #tur_tur

    #ressources_pédagogiques

  • The Highest Bidder Takes It All: The World Bank’s Scheme to Privatize the Commons

    The Highest Bidder Takes It All: The World Bank’s Scheme to Privatize the Commons details how the Bank’s prescribes reforms, via a new land indicator in the #Enabling_the_Business_of_Agriculture (#EBA) project, promotes large-scale land acquisitions and the expansion of agribusinesses in the developing world. This new indicator is now a key element of the larger EBA project, which dictates pro-business reforms that governments should conduct in the agricultural sector. Initiated as a pilot in 38 countries in 2017, the land indicator is expected to be expanded to 80 countries in 2019. The project is funded by the US and UK governments and the Bill and Melinda Gates Foundation.

    The EBA’s main recommendations to governments include formalizing private property rights, easing the sale and lease of land for commercial use, systematizing the sale of public land by auction to the highest bidder, and improving procedures for #expropriation. Countries are scored on how well they implement the Bank’s policy advice. The scores then help determine the volume of aid money and foreign investment they receive.

    Amidst myriad flaws detailed in the report is the Bank’s prescription to developing countries’ governments, particularly in Africa, to transfer public lands with “potential economic value” to private, commercial use, so that the land can be put to its supposed “best use.” Claiming that low-income countries do not manage public land in an effective manner, the Bank pushes for the privatization of public land as the way forward. This ignores the fact that millions of rural poor live and work on these lands, which are essential for their livelihoods while representing ancestral assets with deep social and cultural significance.

    The Highest Bidder Takes It All is released as part of the Our Land Our Business campaign, made up of 280 organizations worldwide, demanding an end to the Enabling Business of Agriculture program.


    https://www.oaklandinstitute.org/highest-bidder-takes-all-world-banks-scheme-privatize-commons
    #Banque_mondiale #privatisation #terres #commons #communs #rapport #agriculture #industrie_agro-alimentaire #agro-business #land_grabbing #accaparement_des_terres #réformes #aide_au_développement #développement #commodification #économie #marchandisation #valeur_économique #néo-libéralisme

    signalé par @fil
    cc @odilon

  • Narrativas de la crisis socioecológica en el Antropoceno
    https://www.cetri.be/Narrativas-de-la-crisis

    En medio de la crisis ecológica y el calentamiento global, se ha expandido el uso del concepto « Antropoceno » para caracterizar nuestra época. Al mismo tiempo, las imágenes del fin pueblan diversas advertencias, análisis y pronósticos referidos al devenir de la humanidad en un futuro más o menos próximo. En ese contexto, han emergido tres respuestas : la que pone el acento en el colapso civilizatorio, la que busca salidas capitalistas-tecnocráticas y la que impulsa diferentes formas de resistencia (...)

    #El_Sur_en_movimiento

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Environnement, Agriculture & luttes pour la terre, #Biens_communs, Nueva (...)

    #Agriculture_&_luttes_pour_la_terre #Nueva_Sociedad

  • Terre comuni. Percorsi inediti nelle proprietà collettive del Trentino

    C’è stato un periodo nel corso della storia in cui il Trentino era governato da un plurale ed estremamente diversificato sistema di governo del territorio, in cui le comunità locali godevano di ampi spazi di autonomia nella gestione di beni di interesse collettivo come prati, boschi, aree coltivate, torrenti.

    La sopravvivenza di queste comunità in contesti ambientali così ostili come quelli montani dipendeva da un’attenta e oculata gestione di queste risorse. Tale sistema ha consentito di preservare nel tempo sino ai giorni nostri i delicati equilibri socio-ambientali dei versanti trentini grazie alla definizione di principi impliciti di sostenibilità ambientale, che i cinque itinerari qui proposti intendono svelare.

    Anche se il territorio è molto mutato, continuano oggi ad esistere le istituzioni depositarie di quelle antiche usanze: le proprietà collettive. Qual è l’attualità di queste istituzioni in un mondo radicalmente trasformato? Che cosa possiamo apprendere da questo secolare sistema di gestione sostenibile del territorio?

    Mappe, fotografie, racconti, statuti: attraverso questi strumenti il libro invita all’esplorazione delle terre comuni del Trentino, suggerendo cinque itinerari inediti. Su queste tracce il viaggiatore è introdotto al territorio delle proprietà collettive, cogliendo spunti e suggestioni per approfondire lo stretto legame tra una società, un territorio e le sue istituzioni locali.


    http://www.professionaldreamers.net/?p=2780
    #biens_communs #commons #propriété_collective #Alpes #Trentino #italie #livre

  • Accès géographique | Gallica

    https://gallica.bnf.fr/html/und/images/photos-SG/acces-geographique

    Voilà une excellente nouvelle !

    La #Société_de_géographie a été fondée à Paris en 1821 avec pour buts de concourir aux progrès de la géographie et d’encourager les voyages de découvertes dans les contrées encore inconnues. Une bibliothèque est prévue dès l’origine et s’enrichit au fil des années d’une documentation considérable reçue par don ou échange : récits de voyage, revues de géographie, cartes et atlas, notes et carnets d’explorateurs et, dans le dernier quart du siècle, photographies. C’est en effet dans la décennie 1875-1885 que la photographie va prendre toute sa place dans les collections. Les premiers dons importants et spontanés de photographies d’explorateurs ou de voyageurs arrivent à la bibliothèque suscitant l’intérêt de ses dirigeants. La Société de géographie sollicite alors, sous l’impulsion de son bibliothécaire James Jackson, les dons de photographies à caractère géographique. En quelques années plusieurs milliers de photographies sont reçues et constituent l’embryon d’une collection qui ne cessera de croître au cours des décennies.

    Le département des Cartes et Plans de la BnF est depuis 1942 dépositaire des collections de la Société de géographie. Le fonds iconographique compte environ 145 000 photographies, prises entre 1850 et 1950 dans le monde entier. L’intérêt de cette collection, où se croisent la géographie, l’histoire, l’ethnologie, l’archéologie ou l’architecture est à la fois documentaire et esthétique, comme en témoignent certains grands noms de la photographie : Felice Beato, Désiré Charnay, Timothy O’Sullivan, Marc Ferrez ou Aimé Civiale. La numérisation de ce fonds est en cours depuis 2007 et permet de mettre en ligne chaque année plusieurs milliers d’images sur Gallica et #Gallica intra muros.

    On y trouve même des documents sur ma ville en Norvège !

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6903876p?rk=21459;2

    « Plan de la ville d’Arrendal en Nortwege, dans la province de Christiania : [dessin peut-être par Louis Boudan ?]

    #géographie #photographie #cartographie #sources_ouvertes #biens_communs #archives

  • #privatisations : une rente perpétuelle et sans risque pour le privé
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190418/privatisations-une-rente-perpetuelle-et-sans-risque-pour-le-prive

    C’est un programme de privatisation calqué sur celui imposé par la Troïka à l’Europe du Sud que prépare le gouvernement. Aéroports Le port du Havre. © Dr régionaux, ports, barrages, tout ce qui constitue des actifs stratégiques, des monopoles naturels, des #biens_communs est appelé à être dilapidé. Sous couvert de modernité, le gouvernement rétablit la rente perpétuelle pour le privé.

    #France #Economie #Adam_Smith #Aéroports_de_Paris #Agence_française_des_participations #Autoroutes #Française_des_jeux #Vinci

  • #Saison_brune

    Dans Saison brune, #Philippe_Squarzoni tisse un récit inédit, qui entremêle analyses scientifiques et interviews de spécialistes, considérations personnelles et hommages au cinéma, enquête politique et essai engagé.

    Le #livre est découpé en six chapitres. Les trois premiers sont précédés de trois interludes portant sur les commencements d’une oeuvre. Les trois derniers sont suivis de trois interludes sur les fins.

    Les deux premiers chapitres sont consacrés aux aspects scientifiques du réchauffement : le fonctionnement du climat, la description de l’effet de serre, l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère durant l’époque moderne. Mais aussi l’expertise menée par le GIEC, l’attribution du réchauffement aux activités humaines, les différents scénarios d’augmentation des températures à venir, les risques d’effets de seuil, les risques de rétroactions positives.

    Dans les deux chapitres suivants, Philippe Squarzoni alterne entre l’examen des conséquences à venir du #réchauffement_climatique (fonte des glaciers, montée des eaux, multiplication des tempêtes, risques de sécheresse dans certaines régions...) et les questionnements du narrateur et de sa compagne face à cette situation inédite. Que faire à un niveau individuel ? Que faire quand ce qui est en cause est la production d’énergie, l’industrie, les transports, le bâtiment, l’agriculture ? Par où, par quoi commencer ? Nécessaire mais dérisoire, sans proportion par rapport à l’ampleur de ce qu’il faudrait accomplir, le niveau individuel semble largement insuffisant.

    Dans les deux derniers chapitres, Squarzoni élargit son questionnement et examine les possibilités de réduction des émissions et les différents scénarios énergétiques qui s’offrent à nos sociétés (énergies renouvelables, nucléaire, progrès technologiques, maîtrise de l’énergie...).
    Entre les insuffisances des unes, et les faux espoirs des autres, il décrit une alternative possible qui permettrait d’éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Et les choix politiques, les modèles de société, que ces scénarios impliquent. Une porte s’ouvre. Saurons-nous la franchir ?

    Saurons-nous inventer une civilisation plus sobre capable de prendre en compte les questions écologiques ? Nos sociétés sauront-elles éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique, tout en préservant la liberté et la démocratie ?

    Dans un album chargé de nostalgie, qui est probablement le plus personnel de ses livres politiques, Philippe Squarzoni livre un essai qui donne à espérer, mais reste très pessimiste sur la réalisation de cet espoir au vu de la nature de la crise, de l’ampleur des changements à accomplir, et du fonctionnement de nos sociétés.


    https://www.editions-delcourt.fr/special/saisonbrune
    #BD #bande_dessinée #changement_climatique #climat #effondrement #collapsologie #nucléaire #énergie #climatoscepticisme #climategate #ressources #sobriété_énergétique #efficacité_énergétique #croissance #économie_verte #technologie #capitalisme #Léon_Bourgeois #solidarisme #protocole_de_kyoto #transports #permis_d'émission #finance #biens_communs #dette_écologique #responsabilité #transition #transition_écologique #démocratie #libéralisme_politique #éolienne #énergie_solaire #énergie_éolienne #charbon #pétrole #accumulation #sobriété #modération #bien-être #dépassement_global

  • Les vélos en libre-service, une double « tragédie des communs »
    http://theconversation.com/les-velos-en-libre-service-une-double-tragedie-des-communs-92638

    Un système avec stations fixes comme celui des Vélib’ oblige les individus à considérer l’espace public comme une ressource rare et « rivale » (une borne de stationnement occupée par un Vélib’ ne peut l’être par un autre). Les vélos en free floating modifient cette perception en faisant de l’espace une ressource en apparence « abondante », puisque n’importe quel coin de trottoir devient un point de stationnement potentiel.

    Les villes qui ont expérimenté les vélos en free floating connaissent généralement des désordres semblant donner raison à Hardin

    #vélo #urban_matter #biens_communs

  • « La force et la puissance du thème des communs viennent de sa dimension pluridisciplinaire » - Institut de recherche pour le développement (IRD)
    https://www.ird.fr/ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/la-force-et-la-puissance-du-theme-des-communs-viennent-de-sa-dimension-pluridisc

    La notion de #communs quant à elle, fait d’abord référence aux travaux d’Elinor Ostrom. Politologue et économiste américaine décédée récemment, elle est la seule femme à avoir reçu le prix Nobel en sciences économiques 3 pour ses travaux sur les « commons ». Ses travaux ont majoritairement porté sur les ressources naturelles. Il ne s’agit plus de biens ici, mais de construits sociaux. Elinor Ostrom a travaillé sur ce qu’elle appelle des « pools communs de ressources ». Il peut s’agir d’un lac, d’une forêt ou d’une pêcherie, et donc être constitué de plusieurs unités de ressources. Dans un lac, par exemple, on trouve plusieurs poissons et dans une forêt plusieurs arbres. Il est donc possible de prélever des unités de ressources. Cela devient des communs, dès lors que se mettent en place des modes de gouvernance spécifiques. Ceux-ci sont initiés par une communauté d’usagers de ce « pool ». Cette dernière s’autogouverne alors, initie des règles pour définir les moyens, de prélèvement, de gestion, de contrôle, de sanction pour donner cette forme d’organisation sociale appelée « commun » à des fins de préservation de la ressource mais aussi de la communauté. Elinor Ostrom montre comment et dans quelles conditions l’organisation collective par une communauté d’usagers régule le pool commun de ressources, pour le rendre durable, sans conduire à sa surexploitation et à sa dégradation. Ses recherches ont montré par exemple que la reconnaissance du droit des communautés à gérer des aires protégées, comme une forêt, en fonction des règles établies par elle-même, offrait souvent une protection de l’aire plus importante que quand elles étaient imposées par une autorité supérieure. Dans nombre de cas, l’organisation ainsi mise en place s’avère bien plus efficace que celle mue par la propriété privée exclusive et par le marché. Cette approche bouleverse nos schémas de pensée et nos dogmes.

    #biens_communs

  • La tragédie des communs était un mythe
    https://lejournal.cnrs.fr/billets/la-tragedie-des-communs-etait-un-mythe

    La propriété commune d’une ressource conduit nécessairement à la ruine de celle-ci, concluait en 1968 un biologiste dans la revue Science. Son article, « La tragédie des communs », a façonné les raisonnements économiques et politiques de ces dernières décennies. L’historien Fabien Locher nous expose les enjeux de ce débat et en souligne les limites dans le cadre d’une pensée de l’environnement.

    • (...) d’ajout en ajout, le pâturage est surexploité et finalement détruit. Même s’ils sont conscients de la catastrophe à venir, explique Hardin, les éleveurs sont pris dans une logique inexorable, qui les conduit à détruire la ressource qui les fait vivre. Jusqu’au bord de l’abîme, ils ont intérêt à tirer profit de l’ajout d’une nouvelle bête. Si le biologiste a choisi le terme de « tragédie », c’est pour insister sur cette idée d’enchaînement inéluctable, comme dans la tragédie grecque.

      La conclusion est sans appel : il y a incompatibilité entre la propriété commune d’une ressource et sa durabilité. Pour éviter la destruction, assène Hardin, il n’y a que deux solutions : soit la diviser en parcelles possédées par des acteurs individuels, soit la faire gérer par une administration supérieure. C’est la propriété privée ou l’État.

      Ce qui fait penser aux recherches de mathématiciens sur le modèle HANDY :

      La fin du monde : la faute à qui ?
      Dror Warschawski, Le Courrier (Genève), le 6 mai 2014
      https://seenthis.net/messages/254232

      #inégalité #modèle #mathématique #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

      Donc à jouter à la compilation :
      https://seenthis.net/messages/499739

      La remise en cause du raisonnement :

      D’abord, parce qu’il se fonde sur une modélisation très peu crédible des acteurs. En effet, le raisonnement ne tient que si l’on suppose qu’on a affaire à des éleveurs n’agissant qu’en fonction d’un intérêt individuel étroit, réduit au gain financier. Ces mêmes éleveurs, on les dirait aussi privés de langage, car ils sont incapables de communiquer pour créer des formes d’organisation régulant l’exploitation du pâturage. Cela renvoie à une erreur historique et conceptuelle grossière de Hardin. Il confond en effet ce qu’il appelle des « communs » (commons) avec des situations de libre accès où tout le monde peut se servir à sa guise. Or, le terme de « communs » recouvre tout autre chose : il désigne des institutions grâce auxquelles des communautés ont géré, et gèrent encore aujourd’hui, des ressources communes partout dans le monde, et souvent de façon très durable.

      L’autre raison cachée de Hardin :

      Celui-ci est un biologiste, mais avant tout un militant fervent de la cause néomalthusienne. Son article vise surtout à dénoncer le mécanisme irrépressible qui pousserait les individus à se reproduire sans frein, jusqu’à détruire les ressources naturelles. Dans sa métaphore, les bêtes que les éleveurs rajoutent sans cesse au pâturage, ce sont aussi… les enfants de ces mêmes éleveurs, qui ponctionnent toujours plus les richesses communes.

      #libre_accès #néomalthusienne #Garrett_Hardin

  • Ce qui est en partage
    http://www.laviedesidees.fr/En-partage.html

    À l’occasion de la parution du Dictionnaire des biens communs, Marie Cornu s’interroge sur le concept de biens communs et ses usages. Si elle est intrinsèquement pluridisciplinaire, la notion renvoie aussi à une multiplicité d’expériences sociales qui se vivent comme autant de ripostes au modèle actuel de la propriété.

    Essais & débats

    / #commun, propriété

    #Essais_&_débats #propriété

  • Pesticides, nitrates.... la qualité de l’eau française se dégrade encore et toujours - LCI
    http://www.lci.fr/societe/ufc-que-choisir-pesticides-nitrates-la-qualite-de-l-eau-robinet-se-degrade-encor

    La qualité de l’eau en France ne cesse de se détériorer. Les états généraux de l’alimentation qui se tiennent jusqu’au mois de novembre doivent théoriquement permettre d’aboutir à la construction d’un meilleur rapport de force entre gros industriels et petits producteurs. L’association de consommateurs UFC-Que choisir a profité de l’occasion pour lancer ce mardi 17 octobre une campagne d’alerte intitulée « S. Eau S », pour dénoncer les dérives de l’agriculture intensive. Toujours plus rare et polluée, l’eau des rivières et des nappes phréatiques est dans un « état calamiteux », a affirmé dans un rapport publié ce mardi l’l’UFC-Que Choisir, qui incrimine des « décennies d’#agriculture productiviste » et « l’inaction des pouvoirs publics ».

    #eaux #biens_communs

  • L’environnement, nouvelle frontière du capitalisme, par Marc Laimé (Les blogs du Diplo, 13 octobre 2017)
    http://blog.mondediplo.net/2017-10-13-L-environnement-nouvelle-frontiere-du-capitalisme

    Les orientations du projet de loi de finances 2018 dans le domaine de l’environnement signent symboliquement les contours du « monde nouveau » que M. Emmanuel Macron déclare vouloir porter sur les fonts baptismaux. Accentuant des dérives initiées il y a une dizaine d’années, le projet que dessinent ces mesures est bien celui d’une financiarisation de tous les actifs naturels, préalable incontournable à la poursuite effrénée d’une « croissance » mortifère.
    par Marc Laimé, 13 octobre 2017

    #eau #biens_communs #environnement (financiarisation de l’) #fiscalité_affectée

  • Dépasser le capitalisme par le Commun | Association Autogestion
    https://autogestion.asso.fr/depasser-le-capitalisme-par-le-commun

    Les luttes récentes sont toutes marquées par la revendication du droit à l’usage et à l’accès. Il s’agit du droit à des ressources essentielles à la vie (eau, énergies, nature…), du droit au travail et à l’accès à l’outil productif, du droit à des ressources immatérielles, à la santé et à l’éducation. Ces revendications se heurtent de plein fouet à la propriété – privée comme étatique – qui transforme les ressources à la base de ces droits fondamentaux en capital lucratif et aliénable.

    Ces dernières années nous ont montré combien le compromis n’est plus guère possible entre ces droits humains et l’existence même d’un capital qui décide l’orientation des investissements et des emplois. Non seulement le capitalisme n’est plus capable de porter le développement de la société, mais il est entré dans une phase où il détruit plus qu’il ne crée. Il n’y a plus aujourd’hui de possibilité d’aménagement du capitalisme ou de phase transitoire. Chaque lutte sociale ou écologique entre en contradiction avec le maintien du capitalisme tout en dessinant son dépassement.

    Pour que l’humanité garantisse sa survie, l’usage et l’utilité sociale doivent supplanter le profit et la rétribution du capital. L’entreprise et l’échange ne peuvent être exclus plus longtemps du champ démocratique. L’évolution exponentielle des connaissances et des moyens de circulation des informations objectivent la nécessité de la mise en commun de la décision.

    #Communs #Anticapitalisme

  • Le Comité invisible et les Communs : pourrons-nous encore être « amis » ? – – S.I.Lex –
    https://scinfolex.com/2017/08/31/le-comite-invisible-et-les-communs-pourrons-nous-encore-etre-amis

    Par Lionel Maurel.

    Très beau texte qui permet à la fois de mieux comprendre les communs comme processus social et de critiquer les formules à l’emporte pièce du Comité invisible.

    Sur tous ces points – et bien d’autres – le livre est indéniablement précieux. Mais c’est pourtant une profonde sensation de malaise qui m’a étreint lorsque je l’ai refermé. Car si en apparence l’ouvrage – comme A nos amis le faisait déjà – met constamment en avant le concept « d’amitié » (en affichant l’objectif de « frayer des chemins » ou « d’organiser des rencontres » entre des « mondes amis fragmentés »), il constitue avant tout une expression particulièrement acerbe d’inimitiés, frappant à peu près toutes les composantes du mouvement social. Communistes, syndicalistes, négristes, écologistes, féministes, municipalistes, acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, militants de la Transition : tout le monde y passe successivement, dans un esprit d’excommunication – j’emploie le mot à dessein – traquant la moindre compromission avec le système économique et politique comme motif de disqualification définitive. Ironiquement, les auteurs critiquent la tendance (hélas bien réelle…) des cercles militants à s’entre-déchirer (« Chaque groupuscule s’imagine gratter quelques parts du marché de la radicalité à ses rivaux les plus proches en les calomniant autant qu’il est possible. »), mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le Comité Invisible tombe aussi complètement dans ce travers avec ce livre. Or le mouvement des Communs n’échappe pas à ce petit jeu de massacre et c’est ce qui me pousse à écrire sur Maintenant, parce qu’il me semble que de telles attaques appellent une réponse que je n’ai pour l’instant lue nulle part.

    Elle [Elinor Ostrom] insiste par contre sur un point, passé sous silence par le Comité invisible alors qu’il est essentiel : celui de l’importance, en tant que facteur de réussite, de l’auto-organisation et de l’auto-détermination des groupes qui gèrent des Communs, (les mots « self-organization » et « self-governance » reviennent ainsi constamment dans l’ouvrage). Elle constate en effet dans ses observations que, dans les hypothèses où des autorités extérieures ne laissent pas suffisamment d’autonomie aux communautés pour établir des règles adaptées à chaque situation particulière, la gestion en commun échoue quasi systématiquement. Et symétriquement, au sein même des communautés, elle remarque que les modèles hiérarchiques sont moins efficaces et que le succès des groupes est conditionné au fait que l’ensemble des membres puissent prendre part aux délibérations concernant les règles à établir et leur mise en oeuvre. Il y aurait d’ailleurs ici un point de rencontre possible avec la tradition anarcho-libertaire dans laquelle s’inscrit le Comité invisible, notamment via la question de l’auto-gestion. Mais leur positionnement est en réalité si extrême que le simple emploi de termes comme « économie », « gouvernance », « gestion » ou « administration » suffit à leurs yeux à disqualifier la démarche.

    #Communs #Lionel_Maurel #Comité_invisible