• L’État « Big Brother » britannique est déjà là – nous ne nous en rendons simplement pas encore compte
    Jonathan Cook | 16 juillet 2026 | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/opinion/an-unpalatable-truth-big-brother-state-already-here-we-just-do-not-re

    Alors que les immigrés, les musulmans et la gauche servent commodément de boucs émissaires pour les échecs de l’État, nos droits sont progressivement érodés sous prétexte de nous protéger contre ces épouvantails.

    À quel moment peut-on affirmer qu’une société est passée d’une démocratie libérale, aussi imparfaite soit-elle, à un régime autoritaire ? Y a-t-il un moment où l’on se rend soudain compte que le changement s’est produit ? L’autoritarisme annonce-t-il son arrivée ?

    Ou s’agit-il d’un processus qui se déroule progressivement, où les freins au pouvoir exécutif sont démantelés petit à petit jusqu’à ce que le cours des choses ne puisse plus être inversé ?

    Le glissement vers l’autoritarisme est-il quelque chose qui ne peut être compris qu’après coup, lorsque toutes les occasions d’enrayer cette dérive ont été manquées ?

    Et comment admettre que nous avons été privés de nos libertés les plus fondamentales et les plus chères – celles d’expression, de réunion et de manifestation – alors que nous ne sommes plus libres de nous exprimer, de nous réunir ou de manifester ?

    La vérité difficile à avaler, c’est que la Grande-Bretagne est déjà bien engagée sur cette voie. Et si vous n’avez pas conscience du séisme qui se produit, c’est peut-être parce que – comme on peut s’y attendre lorsque l’autoritarisme frappe à la porte – les premières voix à être étouffées sont justement celles qui tirent la sonnette d’alarme.

    Des médias détenus par des milliardaires et par l’État – les acteurs qui, à une époque de mécontentement populaire croissant, ont le plus à gagner du renforcement du pouvoir exécutif et de la mise au silence de la dissidence – n’ont aucune raison de mettre en lumière les ténèbres qui s’installent.

    Un gouvernement prétendument travailliste, sous la houlette de Keir Starmer, dont le mandat touche à sa fin, a largement préparé le terrain pour l’avènement de ce nouveau climat politique inquiétant.
    Ce sont précisément les références de Starmer en tant qu’avocat spécialisé dans les droits humains qui ont fourni à l’État britannique le prétexte dont il avait besoin pour mener une attaque sans précédent contre les libertés pour lesquelles les générations précédentes se sont battues.

    Rien n’indique que ses successeurs, qu’il s’agisse d’une nouvelle figure de proue au sein du Parti travailliste partisan du génocide ou du parti Reform de Nigel Farage, hostile aux immigrés, changeront de cap.
    La logique qui pousse la Grande-Bretagne vers l’autoritarisme n’est pas seulement dictée par les politiciens, mais aussi par un establishment britannique qui a besoin de faire passer sa complicité dans le génocide et les guerres illégales à l’étranger, et de trouver des boucs émissaires faciles – les immigrés – à blâmer pour ses échecs sur le plan intérieur.

    Le rôle des principaux partis politiques, qui dépendent de donateurs milliardaires également propriétaires des médias grand public, est de renforcer ces discours.

    L’État de surveillance
    C’est la ministre de l’Intérieur de Starmer, Shabana Mahmood, qui a imprudemment exprimé le plus clairement la vision de l’État britannique quant à notre avenir.
    Dans un discours prononcé en janvier, elle a exposé son ambition de tirer parti des nouvelles avancées en matière d’intelligence artificielle pour créer un État de surveillance « Big Brother » tout-puissant et omniscient, tel que l’avait prédit George Orwell dans son roman dystopique 1984.
    Mahmood a même comparé cet avenir au « panoptique » – une référence à la prison parfaite imaginée par le philosophe du XVIIIe siècle Jeremy Bentham : une tour de guet centrale (l’État) entourée d’un cercle de cellules dotées de fenêtres où les détenus (le public) seraient visibles à tout moment.

    Bentham avait compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’un contrôle physique. Comme il l’avait observé, le sentiment d’être constamment observé constituerait un « nouveau moyen d’exercer un pouvoir de l’esprit sur l’esprit ». Les détenus surveilleraient eux-mêmes leur comportement pour éviter toute sanction.

    Le successeur de Starmer, Andy Burnham, serait désireux de conserver Mahmood comme figure clé de son gouvernement. Mais il ne s’agit pas ici d’un simple ministre.
    Mahmood est le symptôme d’un malaise plus profond, et non sa cause. L’architecture des nouveaux systèmes de contrôle, ainsi que l’érosion des libertés et des traditions culturelles qui les soutenaient, étaient déjà bien avancées lorsqu’elle a été nommée au ministère de l’Intérieur.
    Quiconque tiendra les rênes du pouvoir dans les mois et les années à venir pourra exploiter au maximum ces pouvoirs existants, puis les étendre encore davantage.

    Une fois que l’esprit d’autoritarisme s’est installé, il devient de plus en plus difficile de le faire rentrer dans son coffret. Seule une protestation de masse concertée peut rappeler à l’État où réside le pouvoir ultime. Et c’est précisément ce type de protestation qui est diabolisé et criminalisé, étape par étape.

    Procès politique
    S’il est possible d’identifier un moment précis où le nouvel autoritarisme est sorti de l’ombre, c’était il y a une quinzaine d’années. C’est à ce moment-là que l’État a lancé sa campagne de longue haleine contre Julian Assange pour le diffamer et l’incarcérer.
    Le fondateur de la plateforme de dénonciation WikiLeaks avait provoqué la fureur des États-Unis et de leur fidèle acolyte britannique en publiant des détails sur des crimes de guerre en Afghanistan et en Irak que les deux pays voulaient garder secrets.

    Ce n’était probablement pas une coïncidence si, à l’époque, Starmer était à la tête du Crown Prosecution Service et effectuait des allers-retours répétés pour rencontrer les plus hauts responsables judiciaires de Washington. Contrairement aux protocoles, les comptes rendus de ces discussions ont été détruits par ses collaborateurs.
    Nous ne saurons jamais quelles instructions Starmer a reçues des États-Unis concernant Assange. Mais un indice potentiel a survécu à la destruction ultérieure – et hautement irrégulière – par le service de Starmer de la correspondance entre les procureurs britanniques et suédois datant de cette période.

    L’un des rares e-mails qui ont survécu est révélateur. Il montre que la Suède envisageait d’abandonner l’enquête sur Assange faute de preuves, alors qu’il s’était réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres, craignant ce qui l’attendait.
    Les collaborateurs de Starmer, qui étaient censés jouer le rôle d’arbitres neutres entre la Suède et l’équipe juridique d’Assange, ont déclaré avec colère aux Suédois : « Ne vous avisez pas de faire marche arrière !!! »
    Dans un autre e-mai, le même responsable du CPS a déclaré à ses homologues suédois : « Ne croyez surtout pas que cette affaire soit traitée comme une simple procédure d’extradition de plus. »

    Plus tard, avec la complicité active du Royaume-Uni et de ses tribunaux, les États-Unis ont dévoilé leur véritable jeu. Washington a engagé une procédure d’extradition sous le prétexte absurde qu’Assange s’était rendu coupable d’« espionnage » en publiant des détails sur ses crimes de guerre.
    Assange a été enfermé pendant des années dans une prison de haute sécurité à Londres, souvent dans l’impossibilité de rencontrer ses avocats, sa santé se détériorant, sur la base d’une accusation forgée de toutes pièces et ouvertement politique.

    Il s’agissait là d’une attaque terrifiante et sans précédent contre le droit des journalistes à publier des preuves des agissements répréhensibles de l’État dans l’intérêt général. Et pourtant, les médias détenus par des milliardaires ont à peine pu réprimer leurs bâillements.

    Une réalité inversée
    Les dix années d’abus subis par Assange et le piétinement de ses droits juridiques ont eu un double effet.
    Premièrement, cela a établi un précédent très visible dans lequel l’État de droit a été renversé. Les rôles de victime et d’agresseur ont été inversés.
    Assange, qui avait publié des preuves irréfutables des crimes de guerre commis par les États-Unis et le Royaume-Uni, était celui qui se trouvait derrière les barreaux. Les responsables britanniques qui avaient approuvé et dissimulé ces crimes ont non seulement échappé à la justice, mais ont également eu toute latitude pour traquer et diffamer Assange.

    C’est le fil conducteur depuis lors, alors que l’État britannique a intensifié ses restrictions à la liberté d’expression et de manifestation, le massacre des Palestiniens par Israël servant souvent de terrain d’essai pour légitimer cette nouvelle répression.

    Au cours de la seconde moitié des années 2010, Jeremy Corbyn – le prédécesseur de Starmer à la tête du Parti travailliste – s’était retrouvé, avec ses partisans, vilipendé sans ménagement comme « antisémite ».
    Pourquoi ? Parce qu’ils avaient tenté d’attirer l’attention sur les agissements criminels d’Israël – un signe avant-coureur de ce qui allait suivre, alors qu’Israël se livrait à ce que les experts juridiques, les spécialistes de l’Holocauste, les organisations de défense des droits de l’homme et les enquêteurs des Nations unies ont tous qualifié de génocide à Gaza.

    Dans une démocratie qui fonctionne correctement, ceux qui ont calomnié Corbyn et d’autres détracteurs d’Israël auraient été définitivement discrédités.
    Au lieu de cela, les responsables britanniques – ces mêmes responsables qui se rendent complices des crimes actuels d’Israël en lui expédiant des armes, en effectuant des vols de surveillance pour guider les campagnes de bombardements israéliens contre les civils de Gaza et en lui offrant une couverture diplomatique – ont simplement intensifié la campagne de diabolisation.

    Alors que des millions de Britanniques descendaient dans la rue, le gouvernement Starmer – et l’État britannique qui le soutient – s’est non seulement empressé de les qualifier d’antisémites, mais a également radicalement réécrit les textes de loi pour criminaliser l’opposition au génocide perpétré par Israël.

    Le groupe d’action directe Palestine Action, qui ciblait les usines d’armement israéliennes opérant sur le sol britannique, a été interdit en tant que groupe « terroriste » assimilé à Al-Qaïda et à l’État islamique.

    Brandir des pancartes pour protester contre le génocide, comme l’ont fait des milliers de citoyens britanniques respectables, est devenu un « soutien au terrorisme », passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans.

    La réalité a une fois de plus été inversée.
    La Grande-Bretagne continue de soutenir activement le terrorisme d’État israélien.
    Mais ce sont ceux qui ont tiré la sonnette d’alarme – ceux qui tentaient d’empêcher ces livraisons, ceux qui s’opposaient à la complicité britannique dans le terrorisme d’État israélien, ou ceux qui étaient simplement consternés par l’atteinte aux droits fondamentaux de manifester – qui ont été arrêtés et inculpés pour terrorisme.
    Parallèlement, des documents montrent qu’Elbit Systems continue de bénéficier d’un accès illimité aux responsables du gouvernement britannique.

    « Fausses informations »
    Deuxièmement, en stigmatisant et en isolant Assange pour avoir publié des détails sur les crimes de guerre commis par les États-Unis et le Royaume-Uni, l’État britannique a pu établir sa propre fausse distinction entre le « bon » et le « mauvais » journalisme – une distinction que les médias détenus par des milliardaires n’ont pas manqué de reprendre à leur compte.

    Assange, dont la plateforme indépendante WikiLeaks avait mis Washington et Londres au pied du mur pour leurs crimes de guerre, avait ainsi fait honte aux médias traditionnels pour leur refus d’en faire autant.
    Il a révélé à quel point les journalistes des grands groupes, qui dépendent de leur accès aux riches et aux puissants pour obtenir des informations, se rendent complices des méthodes secrètes et irresponsables par lesquelles l’État exerce son pouvoir.

    Les médias ne sont pas des chiens de garde ; ce sont des chiens de salon, représentant les intérêts de la classe des milliardaires.

    L’État britannique – et ses services de sécurité – ont clairement fait savoir qu’ils ne toléreraient pas des médias véritablement indépendants ou critiques susceptibles de dévoiler leurs hypocrisies ou de les traduire en justice.

    En réponse, les médias détenus par des milliardaires n’ont pas seulement laissé Assange tomber. Ils se sont joints au gouvernement pour affirmer en chœur que les médias indépendants colportaient soit des « fausses informations » soit qu’ils servaient d’« agents du Kremlin » diffusant de la « désinformation ».

    Ils ont amplifié la pression exercée par les politiciens sur les plateformes de réseaux sociaux, le nouveau jouet des milliardaires, afin qu’elles renforcent leurs algorithmes pour occulter les journalistes indépendants et contrecarrer ces nouveaux concurrents dangereux dans la lutte pour la vérité.

    De même, les médias grand public ont applaudi la décision du gouvernement d’interdire Russia Today, la chaîne d’information de l’État russe. Il est rapidement devenu pratiquement impossible pour le public britannique d’entendre la version russe des événements dans les médias grand public, alors que la Grande-Bretagne et les États européens préparaient le terrain pour une confrontation permanente avec Moscou.

    L’Union européenne a imposé une interdiction encore plus draconienne – confirmée ce mois-ci par la Cour de justice de l’UE – qui érige en infraction pénale la diffusion de toute information relayée par RT et d’autres médias interdits, même si celle-ci s’avère avérée. Cette loi a pour objectif supposé de « protéger l’ordre public et la sécurité ».
    Ces dernières semaines, deux éminents commentateurs américains, Cenk Uygur et Hasan Piker, se sont vu refuser l’entrée au Royaume-Uni en raison de leurs critiques à l’égard d’Israël. Cenk Uygur devait prendre la parole lors d’un débat à l’université d’Oxford.

    Le renversement des Lumières
    Dans ce nouveau climat autoritaire, la vérité est définie comme tout ce que l’État veut que ses citoyens sachent. Parallèlement, la désinformation – la « propagande russe » ou « l’antisémitisme »– correspond à tout ce que ces mêmes États insistent pour que leurs citoyens n’entendent pas.

    Il s’agit là d’un renversement éhonté de 350 ans de Lumières occidentales, avec leur croyance professée tant dans la primauté de la raison que dans la nécessité de soumettre les idées à l’épreuve du débat et de l’examen critique.

    Désormais, ce qui importe n’est plus ce qui est dit, mais uniquement qui le dit.

    Et sans surprise, les médias occidentaux, détenus par des milliardaires, ont adhéré à ce nouveau régime. Après tout, leur voix – qui représente les intérêts des super-riches – est assurée d’être entendue.
    Il n’est donc pas étonnant que ces mêmes médias privilégiés aient continué à accepter docilement leur exclusion de Gaza par Israël alors que se déroule le plus grand crime de l’histoire moderne – même aujourd’hui, au milieu d’un soi-disant cessez-le-feu qu’Israël ne cesse de violer.

    Car ce qui importe, c’est qui est autorisé à s’exprimer : Israël, et non les Palestiniens de Gaza, que ce qu’Israël dise soit vrai ou, comme c’est invariablement le cas, un mensonge.
    Conformément à ce principe, les médias détenus par des milliardaires n’ont pratiquement pas pipé mot alors qu’Israël massacrait les journalistes de Gaza en nombre sans précédent – en tuant davantage que lors des deux guerres mondiales, de la guerre du Vietnam, des guerres de Yougoslavie et de la guerre en Afghanistan réunies.

    La vie des journalistes palestiniens – tout comme les reportages qu’ils ont dû réaliser seuls sous les bombardements israéliens – ne compte pour rien dans les médias occidentaux en raison de leur identité.
    Le génocide – ce phénomène – a été effacé de la liste des crimes, car c’est nous – l’Occident – qui contribuons à sa perpétration.

    Le Comité pour la protection des journalistes, qui aurait fait face à une levée de boucliers de la part des milieux politiques et des donateurs, a abandonné l’année dernière son Indice mondial de l’impunité annuel – qui mesurait les pays où les journalistes sont assassinés en toute impunité – après qu’il est apparu clairement qu’Israël serait en tête du classement.

    Aujourd’hui, ce même comité est accusé de céder à ces pressions en semant des doutes sur la définition de ce qu’est un journaliste à Gaza — des doutes qui ne feront qu’encourager Israël, qui prétend que les journalistes palestiniens, voire tous les Palestiniens, sont des terroristes déguisés.

    Il faut réécrire le « qui » parce que le « quoi » ne peut être nié.
    La même situation se déroule au Royaume-Uni, où des journalistes britanniques indépendants ont été placés en détention à l’aéroport ou ont vu leur domicile perquisitionné à l’aube par la police antiterroriste pour avoir tenu des « propos répréhensibles » au sujet du génocide de Gaza et de la complicité britannique dans celui-ci. Eux aussi risquent jusqu’à 14 ans de prison.

    Cela a envoyé un message effrayant aux autres journalistes, ceux qui ne bénéficient pas de la protection d’un mécène milliardaire ou de l’État, quant à ce qu’il est possible de dire.

    Un autoritarisme rampant
    Rien de tout cela ne se limite, ni ne se limitera, à Gaza. Le renversement des valeurs des Lumières, comme cela devrait désormais apparaître clairement, s’inscrit dans un projet politique bien plus vaste visant à normaliser et à ancrer cet autoritarisme rampant.

    L’interdiction de Palestine Action et des manifestations avec pancartes a ouvert la voie à l’État britannique pour qualifier tout opposant – qu’il dénonce ses violations de la loi ou conteste son droit de dicter la vérité – de criminel ou de partisan du terrorisme. Un précédent a été établi, désormais entériné par les tribunaux britanniques, qu’il sera difficile de renverser.

    L’État dispose de nombreux outils, dont certains sont déjà mis en œuvre, là encore sans que les « chiens de garde » médiatiques détenus par des milliardaires ne s’en émeuvent.

    L’un des plus puissants est le « débanking » : il consiste à exclure du système financier les individus ou les groupes qui remettent en cause le discours sur l’autorité morale et juridique des États occidentaux, les condamnant ainsi à une sorte d’isolement qui leur rend presque impossible toute existence dans le monde occidental moderne.

    Il convient de noter, une fois encore, qu’Assange et WikiLeaks ont été parmi les premières victimes de l’utilisation de l’exclusion bancaire comme arme politique. Washington a imposé des sanctions fin 2010, peu après que WikiLeaks eut révélé les crimes de guerre américains et britanniques en Afghanistan et en Irak, coupant ainsi la quasi-totalité de ses revenus provenant de donateurs.

    Des sanctions – que certains qualifient de « peine de mort financière » – ont déjà été imposées à plusieurs juges et membres du personnel de la Cour pénale internationale suite à la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour crimes contre l’humanité commis à Gaza.

    L’experte juridique de l’ONU Francesca Albanese, qui s’est particulièrement illustrée en dénonçant la complicité occidentale dans le génocide perpétré par Israël, a également été exclue du système bancaire.

    En Grande-Bretagne, les associations caritatives palestiniennes et islamiques sont depuis longtemps confrontées à de sévères restrictions quant à leur capacité à fonctionner financièrement, généralement sous prétexte qu’elles pourraient acheminer des dons vers des groupes interdits.

    Mais cette pratique s’est progressivement étendue aux organisations de solidarité avec la Palestine grand public et aux particuliers pris dans le tourbillon de l’interdiction de Palestine Action.

    Dans un développement encore plus inquiétant, bien que prévisible, la Lloyds Bank a désormais retiré ses services bancaires au Canary, une publication de gauche dont les critiques à l’égard de la mainmise des grandes entreprises sur le Parti travailliste sont depuis longtemps une épine dans le pied de la bureaucratie du parti. Le Canary ne peut plus payer son personnel, et son activité journalistique est menacée.
    Il s’agit du même Canary que le projet « Labour Together », dirigé par Morgan McSweeney – qui a propulsé Starmer au pouvoir au nom de l’aile droite du Parti travailliste, favorable aux milliardaires et aux énergies nucléaires –, avait très tôt identifié comme une menace. Son mantra aurait été : « Détruisons le Canary, sinon c’est le Canary qui nous détruira. »

    Comme l’explique le journaliste d’investigation Paul Holden dans son livre The Fraud, qui documente les opérations secrètes et illégales de « Labour Together », McSweeney a failli réussir à détruire le Canary. Il a créé un groupe artificiel, Stop Funding Fake News, qui a fait pression sur les annonceurs pour qu’ils boycottent la publication.

    Labour Together, sous la direction du successeur de McSweeney, Josh Simons, allait ensuite lancer une campagne de dénigrement contre Holden et le dénoncer aux services de sécurité britanniques comme un prétendu agent du Kremlin.

    Comme une mauvaise pièce, Simons a refait surface, cédant cette fois son siège de Makerfield à Andy Burnham pour lui permettre de revenir à Westminster. Simons est désormais l’un des conseillers politiques de Burnham.

    Représailles politiques
    Cette attaque systématique contre le droit de contrôler l’action de l’État britannique s’est également étendue à la profession juridique.
    Le mois dernier, Dan Kovalik, avocat américain spécialisé dans les droits de l’homme et professeur très respecté, a été interpellé à l’aéroport de Liverpool par la police antiterroriste et interrogé au sujet de ses critiques de la politique étrangère occidentale à Gaza et en Iran.

    Fahad Ansari, avocat britannique spécialisé dans les droits de l’homme, a été interpellé par la police l’année dernière à son retour au Royaume-Uni après des vacances en famille en Irlande, en vertu de l’annexe 7 de la loi draconienne de 2000 sur le terrorisme.

    Les appareils électroniques des deux hommes ont été saisis, malgré leurs protestations selon lesquelles cette mesure était illégale et violait le secret professionnel entre avocat et client.

    La détention d’Ansari semble constituer un acte flagrant de représailles politiques et d’intimidation. Il avait déposé des recours juridiques contestant une décision du ministère de l’Intérieur de 2021 visant à étendre l’interdiction du Hamas à sa branche politique. Le Hamas n’a jamais lancé d’opération militaire en Grande-Bretagne.

    Pour ce recours, Ansari avait réuni un groupe d’experts afin de faire valoir que cette extension de l’interdiction – souhaitée de longue date par Israël – avait un effet dissuasif profond sur le travail des avocats, des universitaires, des organisations de défense des droits de l’homme et des journalistes chargés de documenter et de débattre des crimes israéliens à Gaza.

    Cinq experts juridiques de l’ONU ont écrit pour protester contre la violation des droits d’Ansari en tant qu’avocat, avertissant que « de telles mesures menacent de criminaliser, de stigmatiser et d’avoir des effets dissuasifs à l’encontre des avocats et des associations juridiques menant des activités légales dans les domaines de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme ».

    C’est précisément là où le bât blesse. Le harcèlement des avocats est une caractéristique, et non un accident, du nouvel autoritarisme britannique.

    Une victime encore plus visible de cette nouvelle offensive contre la profession juridique est le très respecté avocat Rajiv Menon.
    Il a travaillé sur certaines des affaires les plus importantes de l’époque moderne en matière de droits de l’homme, dénonçant les défaillances et les abus de pouvoir de l’État dans le cadre du meurtre de l’adolescent noir Stephen Lawrence, de la mort de près de 100 supporters de football de Liverpool à Hillsborough, et des 72 victimes de l’incendie de la Grenfell Tower.
    Il fait actuellement l’objet d’une procédure pour outrage à la cour après avoir prononcé une plaidoirie finale en janvier qui a convaincu un jury de ne pas condamner six prévenus de Palestine Action pour aucun des chefs d’accusation retenus contre eux par l’État britannique. En 2024, ces six personnes avaient mené une action contre une usine Elbit.

    Il s’agirait de la première fois qu’un avocat soit poursuivi pour outrage à la cour à la suite d’une plaidoirie finale. Garden Court Chambers, où Menon exerce depuis trois décennies, a déclaré que cette procédure avait provoqué « une onde de choc au sein de la profession juridique ».
    Le cabinet a mis en garde contre un effet dissuasif considérable sur les avocats, qui pourraient se montrer plus réticents à mener une défense vigoureuse, en particulier dans les procès à forte connotation politique, par crainte de représailles.

    Tout cela doit être replacé dans le contexte des mesures tout aussi sans précédent prises par le gouvernement pour éroder le principe juridique fondamental que constitue le droit à un procès devant un jury.

    Les États autoritaires ne tolèrent aucune restriction significative à leur capacité d’imposer leur volonté. Les avocats et les jurés dotés d’un esprit indépendant constituent justement un tel frein.

    La criminalisation de la contestation
    Mais l’attaque la plus soutenue menée par l’État britannique a peut-être porté sur les droits de manifestation et de réunion, rendant de plus en plus risqué le fait d’exprimer une opinion dans l’espace public.

    Depuis que quelque deux millions de personnes sont descendues dans la rue pour s’opposer à l’invasion illégale de l’Irak par la Grande-Bretagne en 2003, de nouveaux moyens ont été recherchés pour restreindre la capacité des citoyens ordinaires à faire entendre leur voix contre les abus du pouvoir gouvernemental et étatique.

    Une législation récente autorise la police à interdire des manifestations au motif qu’elles sont « trop bruyantes » ou qu’elles provoquent un « grave sentiment de malaise ». La notion de « perturbation » a été redéfinie pour inclure désormais toute entrave à une activité quotidienne. Les manifestations peuvent être interdites si elles ont un impact « cumulatif ».

    Ce sont là des caractéristiques inhérentes à toute manifestation. Les manifestations de masse contre l’attaque illégale de la Grande-Bretagne contre l’Irak étaient bruyantes, perturbatrices et répétées – tout comme l’ont été les marches contre la complicité de la Grande-Bretagne dans le génocide perpétré par Israël à Gaza.

    En jugeant de la légalité d’une manifestation selon ces critères sélectifs et largement subjectifs, l’État a donné à la police une marge de manœuvre considérable pour décider quelles manifestations doivent être criminalisées et lesquelles sont autorisées. Il n’est donc guère surprenant que la police concentre actuellement ses efforts sur les marches contre le génocide, qui mettent en lumière la complicité britannique dans les crimes d’Israël.

    La technologie de reconnaissance faciale – mise au point par Israël contre les Palestiniens – est également déployée, normalisant ainsi l’État panoptique tant apprécié par Mahmood.
    Où tout cela mène-t-il ? La réponse réside dans un nouveau texte de loi qui a été adopté à la hâte par le Parlement sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur.

    La loi sur la sécurité nationale (menaces d’État) confère à l’État des pouvoirs sans précédent pour interdire des groupes, comme il l’a fait avec Palestine Action, mais désormais sans avoir à prétendre disposer de preuves d’une menace terroriste.

    Le ministre de l’Intérieur peut procéder à une telle désignation de manière unilatérale, sans aucun contrôle parlementaire, simplement en affirmant que le groupe est un acteur étatique étranger « hostile » qui représente une menace pour la sécurité nationale ou la sécurité publique.
    Mahmood a déjà agi ainsi avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui constitue de fait l’armée iranienne.

    De plus, toute personne qui collabore avec un groupe interdit ou qui en tire un « avantage matériel » – notion définie comme incluant « des informations » – est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans. Cela inclut le fait d’exprimer son soutien au groupe ou de partager des informations fournies par celui-ci.
    Le simple fait d’organiser un événement au cours duquel une personne exprime son soutien à ce groupe pourrait exposer son organisateur à des poursuites, tout comme la publication sur les réseaux sociaux d’un contenu que l’État britannique qualifie de « sujet de discussion » d’un État étranger hostile – que ces informations soient vraies ou non.

    Interdiction de la recherche de la vérité
    Une fois de plus, il s’agit d’une atteinte aux valeurs les plus fondamentales des Lumières.
    Dans la loi sur la sécurité nationale, seule compte l’identité de la personne qui transmet l’information, et non la nature de cette information ni sa véracité. Il n’existe aucune défense fondée sur l’intérêt général, telle que la dénonciation d’actes criminels commis par l’État britannique ou ses alliés.

    Il n’y a aucune exemption pour les journalistes, les avocats, les universitaires ou les organisations de défense des droits humains. Il leur sera impossible d’accomplir la partie la plus essentielle de leur travail : dénicher des informations, confronter les affirmations d’une partie à celles de l’autre, et permettre au public de déterminer la vérité.
    Si le Hamas est déclaré « acteur étranger hostile », ce qui semble pratiquement certain, les journalistes se verront interdire de recueillir des informations sur les victimes palestiniennes auprès du ministère de la Santé de Gaza ou de s’entretenir avec les médecins sur place. Pourquoi ? Parce que le gouvernement du Hamas dirige le ministère de la Santé et les hôpitaux.

    Pire encore, il serait impossible pour les journalistes de se rendre à Gaza pour enquêter sur les crimes israéliens – ce qui ravira Israël –, car une telle visite devrait être organisée par l’intermédiaire du gouvernement du Hamas. Le faire reviendrait à risquer 14 ans de prison.

    Il en ira de même pour les reportages en provenance d’Iran ou de Russie, si le ministre de l’Intérieur en décide ainsi.

    La seule exception apparente concernera les journalistes ayant obtenu au préalable l’autorisation du gouvernement britannique.
    Cela devrait garantir que seuls les journalistes les plus dociles, avides d’accès, appartenant à des médias d’État ou détenus par des milliardaires, pourront interagir avec des acteurs étrangers « hostiles » – d’une manière dont l’État britannique peut être sûr qu’elle servira au mieux ses intérêts.

    En vertu de cette nouvelle loi, la recherche de la vérité, et potentiellement la vérité elle-même, seront criminalisées.

    Au cœur du panoptique
    La loi sur la sécurité nationale systématise toutes les autres évolutions que nous avons relevées précédemment. Elle donne carte blanche à l’État pour criminaliser quiconque examine de près ou remet en cause son autorité morale ou juridique.

    Qui devrait s’indigner face à cette monstrueuse attaque législative contre le droit de rechercher la vérité, de demander des comptes à l’État, de jouer un rôle de garde-fou contre les abus de pouvoir ?
    Si les médias détenus par des milliardaires faisaient l’une de ces choses, les organes de presse mèneraient la riposte. Or, ils restent pour la plupart silencieux – parce qu’ils ne font rien de tout cela.
    Ce sont les journalistes indépendants, les commentateurs, les avocats et les militants des droits humains qui seront éliminés un par un, envoyant ainsi un message à tous les autres pour qu’ils fassent profil bas.

    Privés d’informations fiables et d’un examen critique des actions de l’État britannique, les citoyens, espère-t-on, deviendront plus ignorants, plus dociles, plus passifs, tandis que leurs droits leur seront progressivement retirés.

    À mesure que la crise climatique s’intensifie, que les guerres pour les ressources s’accélèrent, que l’austérité s’aggrave chez nous, le doigt ne sera pas pointé vers les véritables coupables – les super-riches, leurs médias et l’État à leur solde –, mais vers les premières victimes de l’Occident : celles et ceux qui fuient les guerres que nous avons déclenchées, un climat de plus en plus instable provoqué par notre surconsommation, et la pénurie de ressources résultant de siècles de pillage colonial.

    Alors qu’on nous encourage à blâmer « les immigrés », ou « les musulmans », ou « la gauche », ou « ceux qui haïssent Israël », l’État se précipite pour ériger un échafaudage de contrôle afin de se protéger avant que nous ne prenions conscience de la supercherie.
    Le temps presse sur tous les fronts. L’absence d’urgence à résoudre ces crises ne tient pas au fait qu’elles n’existent pas, mais à ce que notre passivité a été orchestrée. La vérité, c’est que nous sommes déjà dans le Panoptique, et que nos esprits sont déjà profondément conditionnés à l’obéissance.

    #Big_Brother chez les Britanniques pareil qu’en France .

  • Bernard Arnault impose sa « blacklist » de médias aux cadres de LVMH - LA LETTRE
    https://www.lalettre.fr/fr/entreprises_luxe-et-conso/2024/09/18/bernard-arnault-impose-sa-blacklist-de-medias-aux-cadres-de-lvmh,110307222-

    Dans un mail, le PDG de LVMH dresse une liste de sept médias auxquels les dirigeants du groupe ont une interdiction absolue de parler sous peine de licenciement. La Lettre dévoile ce document interne envoyé aux membres du Comité exécutif.

    C’est pas de la censure. C’est du leadership. De la libre entreprise. De l’innovation ! Du concentré de self-made-man.

  • Windows 11 Specs and System Requirements | Microsoft
    https://www.microsoft.com/en-us/windows/windows-11-specifications


    Pourquoi je n’utiliserai Windows 11 que dans des situations exceptionnelles et très spécifiques.

    These are the minimum system requirements for installing Windows 11 on a PC. If your device does not meet these requirements, you may not be able to install Windows 11 on your device and might want to consider purchasing a new PC.

    O.K. allez vous faire f...

    Toutes mes machines aussi vieilles qu’elles soient fonctionnen très bien et je ne les échangerai pas seulement parce votre nouveau système d’exploitation (le terme francais est bien choisi, éh oui !) essaye de m’y contraindre. Aujourd’hui il y a des alternatives à tout.

    Internet connection and Microsoft account

    Windows 11 Pro for personal use and Windows 11 Home require internet connectivity and a Microsoft account during initial device setup.

    Switching a device out of Windows 11 Home in S mode also requires internet connectivity. Learn more about S mode here.

    For all Windows 11 editions, internet access is required to perform updates and to download and take advantage of some features. A Microsoft account is required for some features.

    Alors là, excusez-moi mais je ne jouerai pas votre jeux en me laissant espionner. Je ne louerai pas vos softs et je me partagerai plutôt avec mes amis les frais pour des NAS interconnectés que de vous confier mes données afin de vous permettre de fouiller mes archives pour des choses qui ne vous regardent pas. Nextcloud n’est pas parfait mais ce système libre fait tout dont nous avons besoin à la base.

    Je continuerai par contre à me servir de logiciels hautement spécialisés qui exigent l’utilisation de votre dernier système d’exploitation. Le monde n’est pas parfait, alors je ferai tout pour que ces situations soient de plus en plus rares et je partagerai avec chacune et chacun le savoir faire qui me permet de vous écarter presque partout

    C’est bien vous qui avez déclaré cette guerre contre vos concurrents et utilisateurs à la fois.

    Vous voulez savoir pourquoi j’ai envie de vous le dire ? J’ai passé des années de ma vie à résoudre des problèmes pour lesquels vous êtes responsables mais n’avez jamais développé des solutions. J’ai traîné dans vos forums de MVS exploités où on n’apprend pas des solutions à vos problèmes mais des « workaround » pour les contourner. J’ai vu trop de thèses et travaux de bachelor avalées par vos traitements de texte qui ne les ont jamais recraché et j’ai supporté vos utilisateurs dans leur désespoir dans lequel vous les avez plongé par l’impossibilité de sortir de votre jardin surveillé et entouré de murs plus hauts et rigides que le mur de Berlin.

    Aujourd’hui vous essayez de nous enfermer parmi des murs encore plus insurmontables, alors je vous traite comme les stasis que vous êtes : Je passe à côté de votre mur parce que je sais accéder par des portes et itinéraires que vous ne contrôlez pas au territoire que vous monopolisez encore.

    Pour terminer voici la dernière strophe d’une chanson de quelqu’un qui vit de votre côté de l’atlantique :

    Masters of War
    Written by : Bob Dylan (1963)
    https://www.bobdylan.com/songs/masters-war-mono

    And I hope that you die
    And your death’ll come soon
    I will follow your casket
    In the pale afternoon
    And I’ll watch while you’re lowered
    Down to your deathbed
    And I’ll stand o’er your grave
    ’Til I’m sure that you’re dead

    Vous voyez, nous partageons un terrain d’entente. Le message est clair. Il n’y a pas de malentendu.

    https://www.youtube.com/watch?v=xMxm8lRm4Cc



    #Microsoft #système_d_exploitation #LINUX

  • Le Sénat donne son feu vert à l’activation à distance des caméras ou micros des téléphones - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/politique/le-senat-donne-son-feu-vert-a-lactivation-a-distance-des-cameras-ou-micro

    Cette disposition du projet de loi Justice porté par Éric Dupond-Moretti, qui concerne certaines enquêtes, a été votée mercredi soir malgré l’opposition de la gauche.

    Par Le Parisien avec AFP
    Le 8 juin 2023 à 06h24

    https://www.youtube.com/watch?v=6ZYAdjLHt8s

    Le Sénat a donné mercredi soir son feu vert à une disposition controversée du projet de loi Justice autorisant le déclenchement à distance des caméras ou micros des téléphones dans certaines enquêtes, malgré l’opposition de la gauche. L’article 3 du projet de loi du garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, examiné en première lecture par les sénateurs, apporte plusieurs modifications à la procédure pénale.

    L’une d’elles cristallise les inquiétudes de la gauche, d’avocats et d’associations. Elle prévoit d’autoriser le déclenchement à distance des ordinateurs et autres appareils connectés, à l’insu des personnes visées, avec deux finalités différentes. D’une part, la géolocalisation en temps réel pour certaines infractions. D’autre part, l’activation de micros et caméras pour capter son et images, qui serait elle réservée aux affaires de terrorisme, et de délinquance et criminalité organisées.

    L’Observatoire des libertés et du numérique (OLN) a dénoncé une « surenchère sécuritaire » permettant de transformer tout objet connecté en potentiel « mouchard ».

    La gauche a tenté sans succès de supprimer totalement ou partiellement des dispositions jugées « disproportionnées ». C’est « la porte ouverte à une surveillance généralisée », a affirmé l’écologiste Guy Benarroche.

    « Ces techniques sont déjà appliquées », a souligné le ministre, mais elles nécessitent la pose de balises ou de micros et caméras, ce qui comporte des risques pour les enquêteurs. La disposition est « entourée de garanties importantes », a-t-il ajouté. Sa mise en œuvre devra en particulier être approuvée par un juge.
    Quid des journalistes, avocats, magistrats ?

    Contre l’avis du ministre, le Sénat a adopté un amendement du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau qui prévoit de limiter la possibilité de recourir à la géolocalisation aux infractions punies d’au moins dix ans d’emprisonnement, contre cinq ans dans le texte initial.

    La gauche aurait souhaité aller plus loin, notamment dans la protection explicite des journalistes, au même titre que le seront avocats, magistrats ou parlementaires.

    L’article 3 du projet de loi prévoit par ailleurs, entre autres mesures, d’étendre les perquisitions de nuit pour les crimes les plus graves.

    Le Sénat a encore adopté un amendement du gouvernement permettant de prolonger, sous certaines conditions, les délais de l’enquête préliminaire.

    Un projet de loi porté par le garde des sceaux et non par le ministre de l’intérieur. Voilà qui en dit long sur la conception de la justice de ce pouvoir.

    Quand on voit la criminalisation des opposants et les pratiques de barbouzes déjà en œuvre, on sait à quoi s’en tenir. On remarquera la liste des profils qui échappent officiellement aux dispositif, ainsi que le champ des amendements portés par la gauche.

    Toujours plus loin dans la surveillance de masse.

    #surveillance_numérique #big_brother #contrôle_social #surveillance_algorithmique #criminalisation_des_opposants #espionnage

  • Israel stops its nighttime ’mapping’ raids, but constant surveillance of Palestinians continues
    Amira Hass | Jun. 17, 2021 | 9:26 PM - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-stops-its-mapping-raids-but-constant-surveillance-of-palest

    In stopping this army practice, fewer West Bank residents will wake up to find that armed Israeli soldiers have broken into their homes. But tracking and monitoring is a central component of Israel’s control over the Palestinians

    The military’s nightly raids on West Bank homes to collect intelligence – a practice to which the army put an end this week – are just one of the many tactics Israel uses to track, monitor and gather information about the Palestinians. The methods are legion, and the agencies perpetrating what could be called “permanent espionage directed at all Palestinians” are numerous and diverse. Ending the invasive and aggressive method of “mapping,” as the military calls it, is definitely welcome. Fewer people, including numerous children, will awake in fright at night, to a break-in by armed soldiers enjoying the power they wield or hiding their own fears behind pointed guns, barking orders in broken Arabic.

    But even without these searches, the many-armed espionage apparatus used against Palestinians continues and will continue to operate. Information gathering, surveillance and monitoring are a central axis of Israeli control over the Palestinian people, in Israel proper and in territories conquered in 1967; they are disciplinary tools.

    Their purpose is to make Palestinians obey and resign themselves to a Jewish takeover of most of their lands in the West Bank, in East Jerusalem and Israel proper. It is to acclimatize them to being concentrated in enclaves of limited self-rule in the West Bank and Gaza, or into detached neighborhoods in Jerusalem or overcrowded towns in Israel, land that has been expropriated over many years and allocated to Jewish communities. When required, when Palestinians show they will not obey or this, surveillance and monitoring are used to intimidate and punish – through arrests, trials and imprisonment by military and civilian courts.

    There are some methods of surveillance and information gathering that appear to be innocent, such as the meticulous monitoring of everything written and said in Palestinian media. There is also the close monitoring of social media, a treasure trove for any intelligence agency, even when following public discourse, rather than hacking an account.

    But most of the other methods are invasive and aggressive. Some are physically violent; the violence of others is derived from the very asymmetrical power relations and from a will to exploit Palestinian weakness for the benefit of the rule of Israel and its Jewish population. This includes the use of collaborators at all levels, wiretapping, obliging people to carry biometric identity documents, summons by the Shin Bet to a “conversation.” There is also the Shin Bet interrogation of detainees, with or without the use of torture; detentions for the sake of gathering information or incrimination (such as the arrest of fishermen in Gaza or of minors in villages where demonstrations against settlements are held); the use of stool pigeons in prison cells, the use of psychologists, Middle East experts or terror experts to get Palestinian prisoners to talk; placing cameras at checkpoints and surveillance drones and balloons above towns and villages and using face-identification technology.

    There are also “natural” methods of collecting intelligence or conducting surveillance, which are part and parcel of the relation between occupier and occupied, as determined by the Oslo Accords. These include “friendly” questioning at Civil Administration offices, regular meetings and talks between senior Israeli officials and representatives of the Palestinian Authority, questioning at border crossings and a demand for extensive information when requesting travel permits – mainly for medical purposes. Israel’s control over the population registry provides the army with a gigantic database, covering all Palestinians in the West Bank and Gaza.

    It’s not just state institutions – such as the army, the Shin Bet security service and the office of the Coordinator of Government Activities in the Territories and its branches, the Civil Administration and liaison offices – that deal with this constant espionage. Private agencies, which have multiplied in recent years, also engage in it. It’s the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center; the Regavim non-profit, which monitors every shack, sheep pen or terrace that Palestinians build in 60 percent of the West Bank (in what is called Area C); Palestinian Media Watch; NGO Monitor and various settler groups. It is certain that all these organizations – official and unofficial alike – share the information they gather through their own tracking and monitoring.

    When the commander of Central Command, Maj. Gen. Tamir Yadai, says that the army can forgo home invasions for mapping purposes because it has advanced technological alternatives, one can believe him. But it’s very likely that the army would not have relinquished this method without the efforts of NGOs. These include the obstinacy of Breaking the Silence, which published information on these raids even before a report on this issue came out, and the legal action taken by attorneys Michael Sfard and Hagai Benziman who represented that organization, as well as the Yesh Din and Physicians for Human Rights NGOs.

    The nighttime raids are also a means of intimidation, another brick in the structure of dominance. The army and Shin Bet will surely find it easy to label Palestinians as “suspects” in order to continue breaking into their homes at night. The concession doesn’t really hurt the system.

    The reality of life under supervision, surveillance and information gathering, meant to discipline and regulate domination, is not an Israeli invention. The 18th century British legal scholar and philosopher Jeremy Bentham built a model of an efficient prison called a panopticon, an all-seeing instrument. This is an architectural model in which prisoners live in illuminated cells (rather than dungeons), under constant surveillance by their jailers, who are located in towers overhead. The prisoners can’t see their jailers, but knowing they are present keeps them disciplined.

    Bentham expanded his model to include hospitals, factories and schools, assuming that their efficiency would benefit society. Philosopher Michel Foucault analyzed the panopticon model as a mechanism of power, which allows one to understand the conduct of societies in the liberal-capitalist age, as well as the covert and overt techniques of oppression used by the sovereign against large groups of people.

    Ordinary liberal-capitalist societies have democratic measures that moderate the invasiveness of aggressive surveillance mechanisms and try to limit the number of people affected. But it cannot happen in a fundamentally non-democratic reality, as the Israeli occupation is. The panopticon, the sophisticated prison Israel has built, is the essence of the Palestinian reality.

    #Big_brother_is_watching_you

  • Frontex Twitter Account Assessment Paper :

    Un document qui date de très probablement de 2015, moment dans lequel Frontex réfléchit les avantages et inconvénients d’avoir un compte twitter.

    * Preliminary note *

    It is clear that a significant part of discussions about Frontex does not take place in mainstream media. There is a large quantity of Tweets, blogs, online fora and discussions dedicated either directly to Frontex or to the wider topic of migration. Politicians and activists communicate regularly about Frontex without us being aware of it or being able to influence it. For a signific ant share of young people information gained online is the only source of information. According to Shaefer (2014) over 90% of US and some 75% of European journalists use social media as the primary source of information for breaking stories. As many corporate crises have proved in the past 3 years, Twitter is increasingly proving to be an invaluable tool for PR crisis management as it allows putting our side of the story not only in real time, but also directly to the concerned target audiences. By ignoring social media we will not make it go away. There is little doubt we should have a better picture of what is said ‘out there’ about Frontex and that we should start reaching out to those audiences we have virtually no contact with.

    Dans cet assessment, il y a une section dédiée aux #target_groups (p.4) :

    où figurent dans les "Frontex critics" : #Frontexit, #Migreurop, les #Verts, #Die_Linke, #No_Borders, #Panopticon et des non-spécifiées "migrants associations"

    Parmi les menaces que Frontex voit dans cette stratégie liée aux réseaux sociaux :

    “Insufficient and irregular engagement due to lack of dedicated staff to manage response to criticism could damage Frontex reputation”

    https://fragdenstaat.de/en/documents/9317-microsoft-word-twitter-strategy

    –-> document qui fait partie de la requête du 20.12.2020 ”Frontex Social Media Guidelines” :
    https://fragdenstaat.de/en/request/frontex-social-media-guidelines

    #réseaux_sociaux #surveillance #twitter #Frontex #migrations #big_brother #image #réputation

    ping @etraces

  • L’âge du capitalisme de surveillance : vers un capitalisme et une surveillance sans limites ? | InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/2021/01/20/lage-du-capitalisme-de-surveillance-vers-un-capitalisme-et-une-surveil
    /assets/images/logo_ia.png

    Nous sommes non seulement dépossédés de nos données, mais plus encore de leurs croisements et traitements. Les calculs dont nous sommes l’objet créent une asymétrie de pouvoirs parce qu’ils ne nous sont jamais rendus !

  • In Chongqing, the world’s most surveilled city, residents are happy to trade privacy for security | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/tech/policy/article/3031390/chongqing-worlds-most-surveilled-city-these-residents-are-happy-trade

    As of 2019 #Chongqing had about 2.58 million #surveillance cameras covering 15.35 million people, meaning about 168 cameras per 1,000 people and even higher than the number in Beijing, according to an analysis published in August by Comparitech, a website providing research on tech services.

    #Chine

  • Edward #Snowden publie ses Mémoires : « Nous – moi, vous, nous tous – étions trop naïfs »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/13/edward-snowden-publie-ses-memoires-nous-moi-vous-nous-tous-etions-trop-naifs

    L’ancien sous-traitant de l’agence américaine du renseignement, qui a révélé, en 2013, le vaste système de surveillance établi par les Etats-Unis dans le monde, raconte son parcours de lanceur d’alerte dans « Mémoires vives » (Le Seuil), à paraître en France le 19 septembre. Extraits.

    Bonnes feuilles. Etant donné le caractère américain de l’infrastructure des communications mondiales, il était prévisible que le gouvernement se livrerait à la surveillance de masse. Cela aurait dû me sauter aux yeux. Pourtant, ça n’a pas été le cas, principalement parce que les autorités américaines démentaient si catégoriquement se livrer à ce genre de choses, et avec une telle vigueur, dans les médias ou devant les tribunaux, que les quelques sceptiques qui leur reprochaient de mentir étaient traités comme des junkies complotistes.

    #Edward_Snowden #surveillance #big_brother

  • • L’app Notes censure les titres manuscrits qui contiennent des jurons


    Il est assez sidérant de voir qu’un fabriquant d’ordinateur veille contrôler l’usage qui en est fait. On avait pourtant été habitué à ce qu’en achetant un logiciel comme Word de Microsoft, on ne puisse plus avoir accès à ce que l’on avait écrit si l’on ne payait pas la mise à jour (et désormais l’abonnement). Il y avait aussi Amazon qui efface à distance les livres achetés. On redira encore et toujours l’importance des logiciels et systèmes d’exploitation libres… Sans négliger, non plus, le cahier et le crayon à papier…

    https://www.igen.fr/ios/2019/08/lapp-notes-censure-les-titres-manuscrits-qui-contiennent-des-jurons-109251

    #censure #contrôle #GAFA #Apple #big_brother

  • Un micro caché dans Monsieur Cuisine Connect, le robot cuiseur connecté vendu par Lidl
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/06/13/un-micro-cache-dans-le-monsieur-cuisine-connect-de-lidl_5475859_4408996.html

    Le Monsieur Cuisine Connect, que les consommateurs s’arrachent, est équipé d’un micro. Sans que les acheteurs en soient informés.

    A aucun moment l’acheteur n’est prévenu. Et pourtant, l’appareil Monsieur Cuisine Connect, commercialisé en France par l’enseigne LidL depuis le 3 juin, est équipé d’un micro. Cet appareil de cuisine connecté, robot de cuisine à bas coût fabriqué en Chine, a connu un énorme succès à son lancement, avec des scènes de cohue à l’ouverture des magasins. Le site spécialisé Numerama a révélé jeudi 13 juin, en s’appuyant sur le décorticage de deux Français, Alexis Viguié et Adrien Albisetti, l’existence d’un micro dans ce robot cuiseur.

    Une information qu’a confirmée Michel Biero, directeur des achats de Lidl France, à BFM-TV. « Lorsque les développeurs ont lancé Monsieur Cuisine, il était prévu que l’appareil soit pilotable par la voix et éventuellement par Alexa », le système d’intelligence artificielle d’Amazon. A ce stade, cette fonctionnalité n’est pas proposée par le robot. Le micro est « totalement inactif » et il est impossible pour Lidl de l’activer à distance, a expliqué M. Biero.

    Ce dernier n’a cependant pas exclu l’apparition de cette fonctionnalité, en précisant que si la marque décidait d’implémenter la commande vocale, les utilisateurs devraient donner leur accord préalable. D’autant que l’appareil semble avoir été conçu avec cette fonctionnalité en tête : le micro est parfaitement fonctionnel et placé contre un petit trou percé à la surface de la coque en plastique de l’appareil.
    Un appareil mal protégé contre le piratage

    Par ailleurs, comme le dévoile Numerama, le fonctionnement de l’appareil repose sur une tablette équipée d’une ancienne version du système d’exploitation Android, dont la dernière mise à jour de sécurité date d’octobre 2017, ce que confirme Lidl. Or, tout appareil connecté doit être mis à jour régulièrement : chacun de ces « patchs » de sécurité le protège contre de potentiels piratages.

    Le micro a donc beau être désactivé, la sécurité de la tablette n’est, quant à elle, pas assurée. Des pirates pourraient par exemple exploiter ses failles pour activer le micro, et écouter les conversations des propriétaires de l’appareil.

    « Les risques de piratage existent mais comme sur n’importe quel appareil tablette ou téléphone », minimise Michel Biero. En réalité, une tablette équipée de la dernière mise à jour d’Android est bien plus protégée que celle présente dans les Monsieur Cuisine Connect. Même si tous les spécialistes de la sécurité informatique s’accordent à le dire : aucun système n’est inviolable.

    Au début de 2019, Google avait été critiqué pour un problème similaire : son système d’alarme Nest Secure, commercialisé depuis 2017, était en fait équipé d’un micro, sans que les utilisateurs en soient informés. Ils l’avaient découvert en février, quand Google avait annoncé une mise à jour permettant de commander le système par la voix.

  • The wire, Tarentaize sur écoute - Numéro Zéro
    http://lenumerozero.lautre.net/The-wire-Tarentaize-sur-ecoute

    La municipalité Perdriesque se veut à la pointe de la Smart City, design, ultra-connectée et surveillée. Les start-up de la cité du design sont donc mises à l’honneur avec ce nouveau projet digne de Georges Orwell. Son petit nom c’est SOFT pour Saint-Étienne Observatoire des Fréquences du Territoire. On croirait presque à un dispositif de défense de nos droits, type Observatoire international des prisons. Rien à voir.
    Pour la première fois en France, une vingtaine de capteurs sont installés dans l’espace public, dissimulés dans des lampadaires ou des panneaux de signalisation. Ils n’enregistreront pas les voix (pour l’instant) mais détecteront les bruits « suspects » et donneront l’alerte. L’objectif affiché est de prévenir les keufs en cas de cris ou de coups de feu. Une fois de plus, la lutte contre le terrorisme sert de prétexte à une plus grande surveillance de nos vies. Un agent sera dédié à l’écoute des alertes pour confirmer à l’oreille si les bruits décelés sont bien suspects. On redoute la confirmation par vidéosurveillance qui risque de pousser encore plus loin la réduction de nos libertés privées. L’expérimentation de six mois risque d’aller plus loin par la suite et déployée sur toute la ville.

    #big_brother #surveillance

  • Droit à l’erreur : loi pour un État au service d’une société de confiance (ESSOC) | Le portail des ministères économiques et financiers
    https://www.economie.gouv.fr/droit-erreur

    Le droit à l’erreur, qu’est-ce que c’est ?
    Le droit à l’erreur repose sur un a priori de bonne foi : la charge de la preuve est inversée, il reviendra à l’administration de démontrer la mauvaise foi de l’usager.
    C’est la possibilité pour chaque Français de se tromper dans ses déclarations à l’administration sans risquer une sanction dès le premier manquement. Chacun doit pouvoir rectifier - spontanément ou au cours d’un contrôle - lorsque son erreur est commise de bonne foi.
    Le droit à l’erreur n’est toutefois pas une licence à l’erreur : il ne s’applique ni aux récidivistes ni aux fraudeurs. Le droit à l’erreur n’est pas non plus un droit au retard : les retards ou omissions de déclaration dans les délais prescrits n’entrent pas dans son champ d’application.

    En principe bientôt disponible sur le site https://oups.gouv.fr

    (et on notera au passage la présence massive de #big_brother sur un site gouv.fr : fonts.googleapis.com, facebook.net, doubleclick.net aka Google marketing plateform, xiti.com... 17 trackeurs au total !)

    #droit_a_l_erreur #administration #tracking

  • Du panneau #publicitaire au crime #humanitaire en passant par les #smartcities de nos maires :

    Au départ je voulais juste vous transmettre cette petite action #antipub sympatoche :
    Résistance à l’Agression Publicitaire
    [1 CLIC QUI RÉSISTE] « On a installé une page spéciale sur notre serveur. Cliquer sur le lien pour supprimer une adresse MAC aléatoire des nouveaux capteurs d’audience de la RATP et SNCF (et rafraîchir la page pour en supprimer d’autres) :-D »
    –-> https://antipub.org/retency.html

    Cette action fait suite à l’expérimentation lancée gare Saint Lazare en vue d’utiliser les panneaux publicitaires sous forme d’écrans à des fins de comptage des passants via des capteurs détectant les adresses MAC de leurs smartphones.
    Article ici : http://maisouvaleweb.fr/face-aux-panneaux-publicitaires-numeriques-devons-affirmer-dimension-c

    Dans un commentaire une personne souligne, qu’une adresse MAC n’est pas « juste » un simple numéro. Elle peut donner accès à énormément de données personnelles. La réponse qui lui est faite développe un aspect que je ne connaissais pas : la (non) position de la CNIL sur le sujet :

    L’analyse juridique proposée dans la première partie de l’article est incomplète et pourrait conduire à une conclusion erronée, comme quoi la collecte d’adresse MAC sans consentement serait conforme au droit dès lors que cette adresse serait anonymisée à court délai et que les personnes concernées pourraient s’opposer à cette collecte.

    Cette erreur de l’auteur semble s’expliquer du fait qu’il a pris pour argent comptant les interprétations du droit données par la CNIL dans ses décisions, comme si la CNIL était neutre et seule bouche de la loi.

    Or, la CNIL n’est pas du tout neutre, et notamment pas sur cette question où elle a une position singulière, critiquable d’un point de vue tant politique que juridique.

    Le traitement d’adresses MAC est encadré juridiquement par le RGPD mais aussi, depuis plus longue date, par la directive 2002/58 (liens en bas de commentaire). Or, cette directive n’a été que très mal transposée en France, comme un peu partout ailleurs dans l’UE. Du coup, la CNIL est depuis très mal à l’aise à l’idée d’appliquer cette directive, car elle ne sait pas jusqu’où elle peut l’interpréter pour se donner davantage de pouvoir. Or, de façon classique, la CNIL étant terrorisée à l’idée d’être sanctionnée par le Conseil d’Etat si elle abuse de ses pouvoirs, elle préfère ne rien faire, lâchement.

    La suite du commentaire et ses réponses sont tout aussi intéressantes : http://maisouvaleweb.fr/face-aux-panneaux-publicitaires-numeriques-devons-affirmer-dimension-collective-donnees-personnelles/#comment-55246

    Résistance à l’agression Publicitaire avait fait un dossier inquiet en 2014 : « Les caméras publicitaires, pur fantasme ?  »
    https://antipub.org/dossier-les-cameras-publicitaires-pur-fantasme

    Reporterre a aussi fait un article sur le sujet des panneaux publicitaires : https://reporterre.net/Les-panneaux-publicitaires-numeriques-envahissent-l-espace-public-et-nos

    Il se trouve que c’est justement par ce biais, de la récupération des données en toute « politesse » (je te ponctionne un peu d’identité contre un peu de réseau) que sont actuellement conçues les villes du futur, les #smartcities et que des décideurs politiques font des choix sans anticiper le moins du monde (ou parfois si, à des fins policière) ce que cela induit pour les populations qui seront concernées...

    Horreur. Le temps d’aller vérifier une donnée, je tombe sur cette info relevée par Olivier Tesquet sur twitter :

    L’entreprise israélienne Cellebrite, spécialisée dans l’extraction de données (ils auraient aidé Apple à déverrouiller l’iPhone de l’auteur de l’attentat de San Bernardino en 2016) a identifié un nouveau marché porteur : les demandeurs d’asile.
    Selon un slide de Cellebrite présenté au Maroc, 77% des réfugiés arrivent à destination sans papiers d’identité... mais 43% d’entre eux possèdent un smartphone. Pourquoi la police aux frontières n’aurait-elle pas toute latitude pour fouiller dedans ?

    Source : https://privacyinternational.org/feature/2776/surveillance-company-cellebrite-finds-new-exploit-spying-asylu
    Suite du thread : https://twitter.com/oliviertesquet/status/1113816301435224064

    #publicité #data #données_personnelles #big_brother #traçabilité #identité #numérique

  • Reconnaissance faciale : la surveillance au coin de la rue
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/reconnaissance-faciale-la-surveillance-au-coin-de-la-rue

    Que met-on en oeuvre comme technologies pour la reconnaissance faciale aujourd’hui ? Le visage deviendra-t-il une nouvelle empreinte digitale ? Quels sont les différents champs d’application pour les logiciels de reconnaissance faciale ? Faut-il voir la reconnaissance faciale d’un mauvais œil ?

    #algorithme #CCTV #facial #vidéo-surveillance #surveillance #MinorityReport

  • Ne jamais éteindre son téléphone : une nouvelle approche à la culture de la sécurité - IAATA
    https://iaata.info/Ne-jamais-eteindre-son-telephone-une-nouvelle-approche-a-la-culture-de-la-29

    Si une culture de la sécurité traditionnelle ne nous protège pas comme avant, comment nous adapter ? Eh bien, je n’ai pas de réponses, mais pour commencer je dirais : connaissez votre réseau et connaissez votre modèle.

    Dans le cas de l’exemple de toute à l’heure : quittez le bar à minuit, rentrez chez vous et mettez le téléphone sur votre table de chevet. Contrôlez les applications que vous contrôlez habituellement avant d’aller dormir et mettez votre réveil à 10h. Retournez au bar sans téléphone. Réveillez vous à 10h du matin et contrôlez votre messagerie Signal. Ramenez-vous en cours ou demandez à un amis de voyager avec votre Navigo et n’utilisez pas de technologie chez vous pendant qu’il le fait. Tenez-vous en à votre modèle. N’éteignez jamais le téléphone.

    Vous pouvez aussi manipuler votre réseau, mais cela est beaucoup plus difficile. Ne pas utiliser de smartphone de manière générale et abandonner toute activité sociale sur internet – cela demande une motivation sérieuse. Connaître votre modèle de données et s’assurer qu’il apparaisse ordinaire est plus facile.

    Certaines des anciennes règles s’appliqueront encore : ne pas parler du crime à côté d’appareil munis de microphones, ne pas se vanter après des actions qui ont eu du succès, etc. D’autres règles, comme « éteindre le téléphone quand on organise des actions illégales », doivent être changées, puisque leur métadonnée paraît trop inhabituel. Personne d’autre déconnecte son téléphone. Nous devenons suspects quand nous le faisons.

    https://iaata.info/home/chroot_ml/ml-toulouse/ml-toulouse/public_html/local/cache-vignettes/L192xH200/arton2943-071d2.jpg?1544625751

    #téléphone #mobilité #technologie #big_brother #données

    • Ne pas utiliser de smartphone de manière générale et abandonner toute activité sociale sur internet – cela demande une motivation sérieuse.

      C’est pas si difficile. Et quand tu accèdes à FB ou autre que par ton ordi fixe, tu peux le laisser allumer très souvent de toute façon, donc quand tu fais des activités ailleurs à l’extérieur ça ne change rien à ce qu’ils voient des connexions.

  • #Loi_Blanquer : Ce que la #confiance veut dire...

    « L’#école_de_la_confiance » c’est le slogan préféré de JM Blanquer , celui qui a été utilisé pour justifier sa politique tout au long de ses 18 mois de présence au ministère de l’éducation nationale. C’est encore le nom de son projet de loi sur l’école qui devrait bientôt arriver devant le Parlement. La confiance c’est, selon le Larousse, « le sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose ». Mais le projet de loi de JM Blanquer redéfinit le terme et sa portée. Il éclaire du coup le véritable projet du ministre. L’école de la confiance c’est celle de la mise au pas des enseignants.

    L’article 1 de la loi Blanquer

    L’école de la confiance a déjà pris de sérieux coups depuis le phénomène #pasdevagues. Les enseignants ont largement témoigné de l’absence de confiance de l’institution à leur égard. Un sentiment bien rendu en retour. On croyait d’ailleurs le slogan enterré mais le ministre n’a pas hésité à l’utiliser à nouveau, juste avant que les lycéens apportent à leur tour un net démenti...

    Le projet de loi « pour une école de la confiance » commence par un premier article qui porte sur « l’engagement de la communauté éducative ». Comme d’autres articles de ce texte, il cache bien son jeu.

    L’article 1 du projet de loi demande d’insérer un article L. 111-3-1 dans le Code de l’éducation ainsi rédigé : « Art. L. 111-3-1 - Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. »

    Un mot pour révoquer facilement

    Apparemment c’est une simple déclaration philosophique dont on peut se demander ce qu’elle fait dans un projet de loi. Mais l’étude d’impact du projet de loi, un document obligatoire fourni par le ministère aux députés, éclaire singulièrement ce que JM BLanquer appelle la confiance.

    « Le Gouvernement souhaite inscrire, dans la loi, la nécessaire protection de ce lien de confiance qui doit unir les personnels du service public de l’éducation aux élèves et à leurs familles. Compte tenu de son importance, il serait en effet déraisonnable de s’en tenir à une simple consécration jurisprudentielle », explique l’étude d’impact.

    « Les dispositions de la présente mesure pourront ainsi être invoquées, comme dans la décision du Conseil d’Etat du 18 juillet 2018 précédemment mentionnée, dans le cadre d’affaires disciplinaires concernant des personnels de l’éducation nationale s’étant rendus coupables de faits portant atteinte à la réputation du service public ».

    L’arrêt en question avait annulé la décision d’une cour administrative d’appel qui était revenue sur une décision de révocation d’un enseignant. Il s’agissait d’un professeur de Montceau-les -Mines coupable et condamné avec sursis pour agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans. Pour chasser cet enseignant du métier , le Conseil d’Etat a argué de « l’exigence d’exemplarité et d’irréprochabilité qui incombe aux enseignants dans leurs relations avec des mineurs, y compris en dehors du service » et de l’importance de l’atteinte portée « à la réputation du service public de l’éducation nationale ainsi qu’au lien de confiance qui doit unir les enfants et leurs parents aux enseignants du service ».

    Faire taire les profs sur les réseaux sociaux

    Exploitant cette affaire très particulière, le projet de loi Blanquer exploite cet arrêt dans un tout autre domaine. Il ne s’agit plus de délinquant sexuel condamné mais de n’importe quel prof. Il ne s’agit plus de la violation perverse de la relation pédagogique mais du lien d’obéissance au ministre. En s’appuyant sur cet article et cette évocation de la confiance, le ministre veut pouvoir sanctionner ce qu’il n’arrive pas à punir actuellement.

    L’étude d’impact donne des exemples. « Il en ira par exemple ainsi lorsque des personnels de la communauté éducative chercheront à dénigrer auprès du public par des propos gravement mensongers ou diffamatoires leurs collègues et de manière générale l’institution scolaire. Ces dispositions pourront également être utilement invoquées par l’administration dans les cas de violences contre les personnels de la communauté éducative ou d’atteintes au droit au respect de leur vie privée, notamment par le biais de publications sur des réseaux sociaux ».

    La confiance c’est la soumission

    Ainsi toute critique portée par un enseignant sur l’institution pourrait être légalement sanctionnée par une #révocation. Ce que poursuit le ministre c’est la généralisation du #devoir_de_réserve qui concerne aujourd’hui les seuls cadres du système éducatif ou des cas bien particuliers. Les violences tout comme la diffamation sont déjà punis par la loi. Le devoir de réserve peut être invoqué pour des enseignants qui feraient campagne contre l’institution (et non contre un responsable politique). Or la liberté de parole des enseignants est nécessaire à l’exercice du métier. Ils doivent éthiquement privilégier l’intérêt de l’élève avant celui de l’institution. Ils doivent pouvoir exercer librement un droit de critique sur le fonctionnement de l’institution. Celle-ci d’ailleurs le leur demande quand il s’agit des programmes par exemple.

    On mesure le glissement que permettrait le passage de cet article. JM Blanquer inscrit cet article pour permettre une systématisation des #sanctions et faire en sorte que les #enseignants se taisent, notamment sur les réseaux sociaux, dernier espace de #liberté.

    Cet article autoritaire, qui ferait des enseignants une catégorie spéciale de sous-fonctionnaires, montre à quel point le mot confiance est un piège. Si, pour Orwell, « la liberté c’est l’esclavage », pour l’auteur de ce projet de loi, la confiance c’est la #soumission.

    François Jarraud


    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/12122018Article636801966942543096.aspx
    #censure #éducation #France #réseaux_sociaux #école

    • https://dijoncter.info/?un-fonctionnaire-ca-ferme-sa-gueule-ou-ca-demissionne-828

      Imaginons qu’un professeur soit amené avec sa collègue enseignant l’allemand, à encadrer une sortie d’élèves, pour étudier au cinéma le film intitulé" Le jeune Karl Marx" ; très vite, il serait amené à évoquer la liberté d’expression, censée être garantie constitutionnellement : l’œuvre s’ouvre en effet sur cette scène insolite où le philosophe et économiste est interpellé par la police d’État alors qu’il se trouve en plein comité de rédaction, le seul crime qu’il est censé avoir commis étant d’avoir participé à un journal contestataire. Cela provoquait l’ire du roi de Prusse.
      Un an plus tard, en 2019, la réalité rejoint la fiction : ce même enseignant prend connaissance de la convocation de Sophie Carrouge pour crime de lèse-majesté (une tribune somme toute inoffensive à l’encontre du président-mandaté du moment). Il apprend aussi - dans les mêmes jours, d’ailleurs - que son ministère a prévu de nouvelles mesures statutaires lui imposant un bâillon à lui ainsi qu’aux milliers d’autres enseignants, sous couvert de renforcement de leur « devoir de réserve » . Sommes nous dans une république bananière ? Dans la Tunisie de Ben Ali ? Non, en France en 2019, où il apparaît légitime de remettre en cause, en toute décontraction, des droits constitutionnels, au nom d’un contrat de travail avec le meilleur des employeurs : l’État.
      Le voilà, par la force de décrets ministériels, dans une situation de sujétion accrue qu’on déguisera au mieux en loyauté à l’égard de la République, au pire en ce qu’on nommera, ce qui ne manque pas de sel ni d’ironie, une « école de la confiance ». (c’est le nom du projet de loi comportant le bâillon en question).
      Pour peu qu’il se rende au Panthéon avec ses élèves, devra-t-il encore rendre hommage à Voltaire ou à quelque autre incitateur de révoltes, qui se sont illustrés contre des institutions vermoulues à l’autoritarisme grossier ? Devrait-on souhaiter, que l’enseignant, comme n’importe quel militaire ou gendarme soumis à sa hiérarchie, soit coopté et jugés honorable que s’il est un fonctionnaire inféodé à tel ou tel gouvernement de passage ? Celui du moment perd chaque jour davantage en crédibilité et légitimité (pour ne rien dire de sa cote de séduction, en chute libre), se crispant toujours davantage sur ses pouvoirs régaliens ; où en est-il, en cherchant à faire taire le moindre professeur de province rédigeant quelques lignes sur un site à la fréquentation confidentielle ? Se met-il sérieusement en tête de traquer quelque « ennemi intérieur » ? Le porte-parole du gouvernement de passage, affolé - et opportuniste - va même jusqu’à qualifier les mouvements de résistance actuels d’ entreprises « factieuses ».

      La liste des « factieux »

      Sont ainsi stigmatisés tous les opposants à la verticalité problématique de la cinquième république désirée par De Gaulle, s’imposant toujours à nous alors qu’elle n’a de cesse de démontrer les excès de l’exécutif : elle à chaque fois chaque fois instrumentalisée par le roitelet du moment (pour cinq ans), lequel est relayé par le moindre de ses petits clones locaux dans chaque institution, chacun se faisant alors une gloire d’être la courroie de transmission de l’insanité d’en haut.
      Seront alors décrétés « Factieux » tous ceux qui osent prendre la parole ou agir hors de la mise-au -pas de la mise « en marche » : ceux qui viennent au secours des sans-papiers, les citoyens qui s’engagent dans une contestation actives, ceux qui alertent l’opinion publique des démolitions programmées des services publics par les réformes qu’on fait passer à coups de matraques, ceux qui remettent en question la dégradation systématique et organisée des services publics (organisée par ceux qui veulent les démanteler pour mieux les vendre aux copains et coquins du privé), et même désormais ceux qui défendent leurs propres élèves contre les algorithmes aveugles ou les matraques sus-citées.
      « Factieux », ceux qui s’indignent de l’annulation de l’ISF, ou du fait qu’on leur tire dessus à bout-portant avec des flash-balls, sans sommation.
      « Factieux » tous ceux qui méprisent la start-up nation et la considèrent aussi has been que Giscard.
      « Factieux » tous ceux qui défendent le véritable esprit républicain et démocratique, qui ne se limitera certes pas à un malheureux vote de barrage dont certains se sont fendus pour éviter Le Pen. Ceux qui réclament des référendums d’initiative populaire, voire une constituante, pour une sixième République : « Factieux. »
      Cela commence à en faire beaucoup, de factieux, beaucoup de citoyens qui prennent encore la parole. Il va falloir recruter encore davantage au ministère de l’intérieur, à défaut d’augmenter le nombre de professeurs, lesquels auraient l’heur d’enseigner la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui consacre la liberté d’expression comme un droit imprescriptible, l’article 11 dispose : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi". Les enseignants doivent-ils être traités tels des parias de la République au point qu’ils devraient s’acquitter d’une allégeance absolue à tel chef temporaire de l’exécutif et ses divers valets-exécutants zélés dans tels obscurs bureaux ? Entendu que le devoir de réserve en classe favorise l’auto-détermination de l’élève, sans la biaiser ou la fausser, est-ce à dire que le citoyen qu’est d’abord le professeur, doit désormais s’interdire toute prise de position sociale, éthique, syndicale ou politique hors de ses heures de cours ? Les intimidations feutrées prononcées à l’encontre de Sophie Carrouge doivent alerter tous les citoyens.

      La liberté de la fermer

      Le libéralisme économique cherchant à tout s’assujettir – jusqu’aux institutions de la République, même le temps de mandats – est tout de même bien tenté de s’accommoder , ce qu’il fait du reste de plus en plus, d’une dérive autoritaire, de moins en moins temporaire– l’état d’urgence théorisé par le nazi Carl Schmitt pouvant à l’occasion être fort utile pour faire taire toutes les voix discordantes. Mais bien plus retorses qu’une censure par trop directe, les propensions à susciter de l’auto-censure s’imposent discrètement, par les divers raffinements de l’intimidation, les assignations administratives, le recours à toutes les chaînes de commandement ou à toute autre injonction symbolique ; le tout s’autorisant à peu de frais de grands noms ronflants : on ose évoquer « la démocratie » (même si on l’a rabougrie au seul rite masochiste du vote), tout en évoquant bien entendu la nécessité de l’ « ordre » et de la « sécurité » - - ce qui ne manque pas de s’accorder, sans trop de peine, de fait, avec un discours échevelé sur les libertés civiques, notamment celle d’expression - elle pourra à l’occasion permettre de prendre la défense des « journalistes » de BFM.
      De toute manière, Michel Foucault le relevait déjà dans un texte ironisant à l’encontre de ceux qui ne détectent pas les subtilités prises par les formes de contrôle modernes : « il faut se faire une représentation bien inversée du pouvoir pour croire que nous parlent de liberté toutes ces voix qui, depuis tant de temps, dans notre civilisation, ressassent la formidable injonction d’avoir à dire ce qu’on est, ce qu’on a fait, ce dont on se souvient et ce qu’on a oublié, ce qu’on cache et ce qui se cache, ce à quoi on ne pense pas et ce qu’on pense ne pas penser. Immense ouvrage auquel l’Occident a plié des générations pour produire ‑ pendant que d’au­tres formes de travail assuraient l’accumulation du capi­tal – l’assujettissement des hommes ».
      L’accumulation du capital, lui, en effet, se porte bien. Par contre, la question de savoir si nous pouvons encore nous exprimer librement se pose de nouveau avec acuité, à l’heure où des agents de l’État voient leurs droits constitutionnels mis en danger par leurs tutelles administratives et managériales. Nous sommes bel et bien à l’époque du fichage des manifestants, des arrestations préventives sans fondement juridique, de la violence physique opposée aux lycéens contestataires qui prendraient un peu conscience de ce qui les attend, et de l’utilisation des leviers institutionnels pour procéder à des intimidations à l’encontre de tout citoyen un tant soit peu engagé.
      Il semblerait que la seule liberté d’expression qui soit alors concédée consisterait à laisser des avis sur Tripadvisor ou tel ou tel produit chez Amazon ; et encore, peut-être cela devra-t-il fait sous pseudo ? Que de tristes sires se livrent par ailleurs à des insultes racistes ou à d’autres tombereaux d’immondices fascisantes sur le net - cela semble par contre largement toléré, bien davantage, du moins, que les manifestations citoyennes récentes qui ont le heur de tancer le statu quo néo-libéral. Il sera loisible de les faire passer pour des ennemis internes du pacte républicain- - comme si ceux qui entraient en insurrection contre la véritable république française n’étaient pas tous ceux qui se cachent derrière leurs fonctions administratives ou leurs insignes pour se mettre au service de l’oligarchie démantelant les services publics de ce pays. Qu’une clique arguant de son mandat pour procurer des cadeaux fiscaux trouve en effet dans son sillage tout un ensemble d’opportunistes n’est pas si étonnant ; que ceux-ci profitent à ce point de l’aubaine pour renforcer encore la dérive managériale hiérarchique autrefois constatée chez France Télécom et La Poste, cela suscite d’abord notre étonnement, puis tout simplement notre mépris. Nous retournons enseigner Voltaire, Marx et Beaumarchais à nos élèves, en essayant de ne pas mourir de honte à la place de tous ceux qui n’en éprouvent plus depuis longtemps (de la honte).

    • #Loi_sur_l’école : les débats se déportent un peu plus sur la droite

      L’examen du projet de loi « pour une #école_de_la_confiance », porté par le ministre de l’éducation nationale, a débuté le 11 février. La tonalité conservatrice des débats sur l’#uniforme, le #drapeau ou la restriction de la #liberté_d’expression des enseignants est manifeste.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/loi-sur-l-ecole-les-debats-se-deportent-un-peu-plus-sur-la-droite?onglet=f

  • Leave no dark corner - ABC News (Australian Broadcasting Corporation)
    http://www.abc.net.au/news/2018-09-18/china-social-credit-a-model-citizen-in-a-digital-dictatorship/10200278

    China is building a digital dictatorship to exert control over its 1.4 billion citizens. For some, “social credit” will bring privileges — for others, punishment.

    #big_brother #surveillance_de_masse #surveiller_et_punir #panoptique #Chine

  • Tous fichés ? Comment Twitter permet le fichage politique de la population 9.août.2018 /- Les Crises
    https://www.les-crises.fr/tous-fiches-comment-twitter-permet-le-fichage-politique-de-la-population

    Nous avons largement démonté hier l’étude préliminaire, puis aujourd’hui l’étude finale comportant d’énormes failles méthodologiques du EU DisinfoLab sur l’affaire Benalla.

    Beaucoup de personnes ont parlé de cette étude depuis plusieurs jours, discutant son bien-fondé ou non, mais bien peu se sont arrêtés sur un fait extrêmement problématique pour les libertés publiques.

    En effet, l’EU DisinfoLab a, par le biais de Nicolas Vanderbiest, réalisé une étude sur les tweets liés à l’affaire Benalla. Nous laisserons aujourd’hui les conclusions de côté pour nous intéresser à la question des outils utilisés.
    I. Visibrain, ou Big Brother à la maison
    II. Que prévoient les conditions d’utilisation Twitter ?
    III. Quand EU DisinfoLab joue avec Big Brother
    IV. “Et c’est le drame…” : la diffusion des données personnelles
    V. Le fichage politique (mais pas que) par EU DisinfoLab
    VI. Communication de EU DisinfoLab
    VII. Position de EU DisinfoLab quant aux données sensibles
    VIII. Le CNRS aurait aussi fiché les opinions politiques de près de 200 000 personnes !
    IX. Réglementation et Discussion
    X. Plainte

    I. Visibrain, ou Big Brother à la maison
    Comme on l’a vu, dès le 23 juillet, Nicolas Vanderbiest a sorti une première analyse sur son blog – plutôt orientée communication : Affaire Benalla sur les réseaux sociaux : où la résurrection des partis de l’opposition (archive). On y voit quelques chiffres, qui rejoignent ses tweets :


    . . . . . . .

    #Libertés_publiques #Propagande #Visibrain #Big_Brother #Twitter #benalla
    #EU_DisinfoLab #ong Nicolas_Vanderbiest