• Les Roums, citoyens d’Istanbul
    https://visionscarto.net/les-roums-citoyens-d-istanbul

    L’évocation de « la Ville », en grec i Poli (η Πόλη), nous mène directement à Istanbul… Les hellénophones orthodoxes ont prospéré sur les rives du Bosphore depuis des milliers d’années. Dans l’historiographie grecque, l’Empire byzantin est présenté comme l’apogée de la culture hellène, et la continuité revendiquée par la communauté roum (communauté des Grecs d’Istanbul) durant toute la période ottomane a contribué à perpétuer le visage cosmopolite de cette gigantesque agglomération. La naissance de la République en (...) #Billets

    • Trois termes quotidiennement employés se traduisent par « Grec » en français, et les catégories de pensée de la langue grecque permettent d’introduire une distinction entre culture et origine géographique. Le terme ellinas (έλληνας) désigne tous ceux qui se sentent dépositaires de cette culture grecque, vivant aussi bien sur le territoire national grec qu’ailleurs. Chypriotes grecs, Grecs d’Istanbul, Grecs de la diaspora, etc. La traduction juste serait plutôt « Hellènes » que « Grecs » si l’imaginaire français, nourri d’études classiques, n’y associait pas une connotation antique.

      Dans le contexte de la communauté d’Istanbul, l’usage du terme #elladitis (#ελλαδίτης, « Helladique ») est fréquent. Le mot désigne les « Grecs » (ou « Hellènes ») qui habitent sur le territoire national grec afin de les distinguer des Grecs de la communauté. Le terme #romios (#ρωμιός) est utilisé pour désigner les « Grecs d’Istanbul », c’est-à-dire les #Roums. Aussi bien employé en grec qu’en turc (rûm), il désigne donc les « citoyens turcs, orthodoxes de langue grecque » (l’emploi du terme remonte à la période ottomane, les Roums, chrétiens orthodoxes de l’Empire assimilés aux « Romains »). Les Roums sont les garants de la continuité de la romiosini, branche de l’hellénisme épanouie dans le cadre de la ville d’Istanbul. L’existence de cette terminologie spécifique atteste d’une distinction nette dans les esprits.

  • Repenser l’art et la culture à l’ère du COVID-19 : un bouillonnement d’idées
    https://visionscarto.net/repenser-art-et-culture-ere-covid

    Nous présentons une carte qui recense, de manière non exhaustive, des projets artistiques et culturels de toutes sortes, surgis en réaction à la crise sanitaire du Covid-19. Cette carte est née en mars 2020 de l’initiative commune de plusieurs artistes. Elle a d’abord été produite sous la forme d’une carte interactive qui a évolué au fur et à mesure des apports des divers collectifs. Puis est née une « carte dérivée », adaptée pour l’impression en grand format et l’affichage sur des murs ou des panneaux - (...) #Billets

  • À Terni, un quartier dédié aux femmes
    https://visionscarto.net/terni-quartier-dedie-aux-femmes

    Texte : Cristina Del Biaggio Géographe, Université Grenoble Alpes et Laboratoire Pacte Photos : Alberto Campi Photojournaliste, membre du collectif de journalistes indépendants We Report Au cours de l’été 2020, nous avons été amené·es, le photographe Alberto Campi et moi-même, à parcourir la région des Apennins, de Milan à Naples. La ville de Terni, située à une centaine de kilomètres au nord de Rome, a été l’une de nos étapes parmi celles qui nous ont le plus marqué. Je tenais à voir le lieu ou fût jadis (...) #Billets

  • À Cape Town, le musée du District Six
    https://visionscarto.net/musee-district-six

    En 2008, en marge d’un reportage sur les luttes pour le logement en Afrique du Sud, j’avais pu visiter le phénoménal « Musée du District Six ». Un musée communautaire, fondé et animé par les ancien·nes habitant·es de ce quartier de la ville du Cap. Le district avait été déclaré « quartier blanc » dans les années 1960, puis rasé après l’éviction en 1982 de ses résident·es, pour beaucoup des « Malais du Cap », vers les plaines côtières éloignées d’une trentaine de kilomètres. Aujourd’hui, le musée lance un appel au (...) #Billets

  • Une carte textuelle de la frontière alaskaine
    https://visionscarto.net/carte-textuelle-alaska

    Une carte est une représentation symbolique d’un territoire physique. Si la « carte cartographique » représente un territoire au moyen d’une relation iconographique, ce n’est pas le cas d’une carte comme celle présentée ci-dessus. Purement textuelle, cette carte interroge la représentation linguistique d’un territoire aux extrêmes orthogonaux de la précision et de l’illisibilité. L’évaluation de la qualité des artefacts de référence est, conventionnellement, fondée sur la facilité d’utilisation. La personne (...) #Billets

  • Spectacularisation d’une France parcourue et de l’identité mobile. Un film de Seb Coupy « L’image qu’on s’en fait » sur la sémiotique des panneaux autoroutiers patrimoniaux.
    https://neotopo.hypotheses.org/3271

    L’identité de la France revisitée, ou plutôt interrogée, par des images fabriquées en série de terroirs, de hauts-lieux, de sites remarquables, de territoires tels que les parcs naturels régionaux. Images exposées d’espaces parcourus à...

    #Billets #ExploreNeotopo #Neotopo_vous_signale

  • En Palestine, trois formes d’accaparement du territoire
    https://visionscarto.net/accaparement-en-palestine

    Colonisation, occupation, annexion, ces trois façons de s’approprier l’espace et le territoire d’autrui reposent sur des dispositifs différents mais complémentaires, l’un pouvant préparer le terrain et les conditions d’application de l’autre. En fait, exploiter, opprimer et contrôler sont des pratiques généralement concomitantes. Trois lieux emblématiques dans les Territoires palestiniens occupés illustrent ces subtils processus d’accaparement, dont les traces sont parfaitement détectables dans le paysage (...) #Billets

  • La cartographie, outil de lutte des peuples autochtones
    https://visionscarto.net/cartographie-lutte-autochtones-malaisie

    Pour prouver aux juges que la forêt est nécessaire à leur existence, des communautés pratiquent la cartographie participative et recensent leurs lieux de culture, de cueillette, d’habitation et de culte. Une façon, aussi, de se rendre visibles et de s’émanciper d’un État qui les infantilise. par Aude Vidal Au bout d’une heure de piste entre les plantations de palmiers à huile, nous voilà enfin sur une route goudronnée, au milieu de la forêt. Les panneaux avertissent de possibles passages d’éléphants et (...) #Billets

    • Kampung Peta a été l’un des premiers territoires cartographiés. Les villageois·es jakun ont ainsi pu tenir tête à la direction du parc national, qui souhaitait les priver de l’accès à une partie de leurs terres. La situation est plutôt favorable, d’après Jef, les juges étant souvent convaincu·es du bon droit des communautés autochtones. La victoire de Kampung Peta a été obtenue entre autres grâce aux efforts des villageois·es pour établir la carte de leurs terres traditionnelles. Machang, un homme de presque 50 ans qui vit d’une parcelle d’hévéas louée à sa sœur, a participé à cette initiative. Comme lui, une vingtaine de personnes du village ont arpenté les terres, GPS à la main, d’une pointe à l’autre des collines qui délimitent la vallée de l’Endau. Elles ont répertorié chaque lieu sacré, chaque tombe et chaque trace de terres cultivées (un jardin abandonné, un arbre fruitier) sur un carnet papier en notant la description du lieu sur une page, et les coordonnées GPS en regard sur l’autre. D’autres ont entré les informations dans un système d’information géographique (SIG). Machang garde un souvenir ému de cette aventure : « Jef est mon maître, ce mec est un génie ! »

  • Corona et autres pestes
    https://visionscarto.net/corona-et-autres-pestes

    Modern Man in the Making, un ouvrage majeur d’Otto Neurath, a été publié en 1939. Entièrement illustré avec des Isotype, le livre propose un panorama de l’histoire de l’humanité. Dans le premier chapitre « Passé et présent », une série de quatre graphiques montre comment les êtres humains ont réussi à se débarrasser de la peste. Comment ne pas faire le lien avec la façon dont nous cherchons à contenir la pandémie de coronavirus ? Au XIVe siècle, la peste noire a détruit les familles et les contacts humains, (...) #Billets

  • Toujours pas de vols de #rapatriement pour les #employées_de_maison migrantes

    Le retour des travailleurs étrangers doit se faire selon un mécanisme qui respecte leurs droits, selon l’Organisation internationale du travail.

    Les premières opérations de #rapatriement de #travailleuses_migrantes devaient débuter hier, avaient annoncé les autorités libanaises. Un avion devait venir d’Addis-Abeba pour ramener chez elles des employées de maison éthiopiennes particulièrement touchées par la crise libanaise économico-financière et davantage fragilisées par la #pandémie de #coronavirus. Mais l’opération n’a pas eu lieu. Selon l’ambassade d’Éthiopie, ce vol n’était toujours pas programmé. « Nous n’avons pas encore annoncé de date », se contente de dire à L’Orient-Le Jour le consul d’Éthiopie, Aklilu Tatere. Mais du côté de la Sûreté générale, on indique que « l’Éthiopie n’aurait pas trouvé d’avion » pour rapatrier les travailleuses éthiopiennes en situation de grande #vulnérabilité coincées au Liban. « L’opération pourrait avoir lieu d’ici à deux jours », estime le porte-parole de la Sûreté générale, le général Nabil Hannoun, précisant que « la décision revient aux autorités éthiopiennes ». Car le rôle de la SG, en cette période exceptionnelle, est de donner le feu vert aux ambassades, après s’être assurée de l’identité des travailleuses migrantes, dont une grande partie est en situation irrégulière. « Nous régularisons leur situation sans contrepartie financière pour leur permettre de quitter le pays, à la condition qu’elles ne fassent pas l’objet d’une plainte judiciaire », affirme le responsable.

    Les coûts exorbitants du #retour

    Dans ce cadre, de nombreuses employées de maison éthiopiennes, philippines, bangladaises ou d’autres nationalités se pressent aux portes de leurs consulats, dans une volonté de quitter le pays du Cèdre. Même chose du côté des travailleurs étrangers, ouvriers, pompistes, éboueurs… Car travailler au Liban ne leur convient plus. Avec la dépréciation de la #livre_libanaise et la #paupérisation des employeurs libanais, leurs salaires fondent comme neige au soleil. Payées dans la monnaie nationale depuis la pénurie de dollars, alors que la promesse d’embauche était basée sur un #salaire en #dollars, les employées de maison touchent désormais le tiers, voire le quart de leur salaire initial. Et puis les #transferts_d’argent sont de plus en plus difficiles. Une situation à laquelle vient s’ajouter la crise du coronavirus, qui a mis des milliers de travailleuses au #chômage, #femmes_de_ménage ou #employées_domestiques. L’AFP rapporte le cas de Sophia notamment, une travailleuse domestique éthiopienne sous contrat, renvoyée et jetée dans la rue sans salaire, sans valise, sans passeport et qui n’a qu’un but désormais : rentrer chez elle. Alors, elle attend une promesse de rapatriement devant l’ambassade d’Éthiopie à Hazmieh, comme nombre de ses compatriotes. Or il est de notoriété publique que nombre de pays voient d’un mauvais œil le retour de leur #main-d’œuvre qui viendrait grossir les rangs des chômeurs en ces temps de crise mondiale.

    L’ambassade des Philippines a déjà rapatrié 618 employées de maison depuis le mois de décembre 2019, selon le vice-consul des Philippines, Edward Chan. La crise financière battait déjà son plein, et près de 2 000 demandes de rapatriement avaient été déposées, principalement des travailleuses non documentées qui avaient fui le domicile de leur employeur. « La pandémie de Covid-19 a interrompu le processus », regrette-t-il. Aujourd’hui, de nouveaux défis se posent, liés au #prix prohibitif des #billets_d’avion. « Affréter un charter coûterait une fortune, sachant que le billet Beyrouth-Manille coûte aujourd’hui entre 1 200 et 2 300 dollars », affirme M. Chan à L’Orient-Le Jour, précisant que « le consulat apporte un soutien financier aux travailleuses philippines pour leur permettre de rentrer chez elles ».

    Pour un #retour_volontaire et non forcé

    Une autre question se pose. Que deviendront les plaintes auprès des autorités libanaises des travailleuses domestiques victimes d’abus, de mauvais traitements ou de non-paiement de leurs salaires et qui décident de quitter le Liban ?

    Si le consulat philippin assure un ferme suivi des dossiers de ses ressortissantes auprès du ministère du Travail, sauf en cas de désistement, de nombreuses employées de maison migrantes n’auront jamais gain de cause, malgré les #abus dont elles ont été victimes.

    C’est la raison pour laquelle l’Organisation internationale du travail insiste pour que le retour des travailleurs migrants du Liban, et plus particulièrement des employées de maison, se déroule selon un mécanisme qui respecte leurs #droits. « Il faut d’abord que ce retour soit volontaire et non forcé. Car la travailleuse doit avoir le #choix entre trouver un autre emploi sur place ou partir, au cas où l’employeur n’aurait plus les moyens de respecter ses engagements », affirme la porte-parole de l’OIT, Zeina Mezher. « Il est aussi impératif que le rapatriement des travailleuses étrangères du Liban, touchées par la double #crise_économique et sanitaire, ne soit pas un prétexte pour les délester de leurs droits », ajoute-t-elle. D’autant plus que celles qui désirent quitter le pays sont généralement les plus vulnérables. Pour avoir fui un employeur abusif, elles sont souvent sans documents d’identité. « D’où la nécessité, précise la porte-parole, que l’employeur assume la responsabilité du billet d’avion comme prévu par le contrat de travail, même lorsque son employée a quitté le domicile. » Une réponse qui vient en marge d’une réunion virtuelle destinée à identifier les problèmes de la main-d’œuvre migrante au Liban en ces temps exceptionnels, organisée hier par l’OIT et l’OIM (Organisation internationale des migrations) et qui a réuni tous les acteurs locaux et internationaux, dans le but d’y apporter une réponse globale.

    https://www.lorientlejour.com/article/1218891/toujours-pas-de-vols-de-rapatriement-pour-les-employees-de-maison-mig
    #employé_domestique #employé_de_maison #migrations #femmes #crise_sanitaires #covid-19 #femmes_migrantes #Liban #Ethiopie #Philippines #Bangladesh #remittances #travail_domestique #travailleuses_domestiques

    ping @isskein @_kg_ @tony_rublon @thomas_lacroix

    • « Je veux rentrer au Soudan, je peux à peine manger à ma faim ! »

      Terrassés par la crise, des Soudanais tentent l’improbable traversée vers Israël.

      La crise économique et financière qui secoue le Liban impacte de plus en plus les travailleurs étrangers qui, avec la fermeture de l’aéroport en mars dernier, se retrouvent prisonniers dans un pays devenu trop cher pour eux et où ils voient leurs revenus fondre parallèlement à la chute libre de la livre face au billet vert.

      La forte dépréciation monétaire et l’explosion du chômage ont même provoqué un phénomène inédit à la frontière libano-israélienne, sous étroite surveillance, rapporte l’AFP sous la plume de Bachir el-Khoury à Beyrouth et Rosie Scammell à Jérusalem, en précisant que depuis début mai, au moins 16 Soudanais ont été interpellés alors qu’ils tentaient de traverser de nuit cette zone à hauts risques, gardée par les soldats de la Finul et de l’armée.

      Le dernier en date avait été retrouvé mercredi dernier par des soldats israéliens, caché dans une canalisation d’eau. Il a été interrogé par l’armée israélienne, avant d’être renvoyé de l’autre côté de la frontière, indiquent les deux auteurs.

      Des deux côtés, on s’accorde toutefois à dire que ces récentes tentatives de franchissement sont uniquement motivées par des considérations financières.

      « Selon l’enquête préliminaire », elles « ne revêtent aucune motivation sécuritaire ou d’espionnage », confirme une source de sécurité libanaise, sous le couvert de l’anonymat.

      La semaine dernière, l’armée libanaise avait découvert à la frontière le corps criblé de balles d’un Soudanais, tué dans des circonstances non élucidées à ce jour. Au cours des dernières semaines, elle avait procédé à plusieurs interpellations de Soudanais tentant de rallier Israël.

      À peine de quoi manger

      « Je veux rentrer au Soudan car la vie est devenue très chère ici. Je peux à peine manger à ma faim », déplore Issa, 27 ans, employé dans un supermarché de la banlieue sud de Beyrouth.

      Son salaire mensuel de 500 000 livres vaut désormais moins de 100 dollars, contre 333 avant la crise.

      Plus de 1 000 Soudanais se sont inscrits auprès de leur ambassade à Beyrouth dans l’espoir d’être rapatriés, sur les quelque 4 000 vivant au Liban, selon Abdallah Malek, de l’Association des jeunes Soudanais au Liban, cité par l’agence de presse.

      Ceux qui optent pour une tentative de départ vers l’État hébreu auraient des proches ou des connaissances au sein de la communauté soudanaise en Israël. Selon des informations récoltées par l’armée israélienne, il s’agit notamment d’employés du secteur de la restauration, qui ont organisé leur fuite via les réseaux sociaux.

      Protection humanitaire

      Impossible de déterminer le nombre exact ayant réussi à franchir la frontière pour s’installer en Israël. Un, au moins, Mohammad Abchar Abakar, est en détention depuis plusieurs mois après son arrestation en janvier par l’armée israélienne. L’ONG « Hotline pour les réfugiés et migrants » s’est mobilisée pour obtenir sa libération fin avril. Elle n’a pas encore pu le voir en raison de la pandémie de Covid-19.

      « Il nous a dit qu’il voulait demander l’asile », dit la porte-parole de cette ONG, Shira Abbo. Là encore, les chances de réussite sont maigres : ces dernières années, Israël a accordé le statut de réfugié à... un seul Soudanais, sur une communauté estimée à 6 000 personnes. La majorité d’entre eux ont une demande d’asile en cours d’étude depuis des années, qui leur permet de travailler provisoirement. Environ un millier ont obtenu un statut alternatif de « protection humanitaire ».

      La plupart des Soudanais en Israël ont commencé à affluer en 2007, empruntant une route là aussi périlleuse via le Sinaï égyptien. Longtemps poreuse, cette frontière a depuis été renforcée par l’État hébreu. Aujourd’hui, Mme Abbo déplore le refoulement des travailleurs interceptés par l’armée israélienne. « Si quelqu’un affirme vouloir demander l’asile, il doit au moins avoir la possibilité de rencontrer des spécialistes dans la prise en charge de ce type de population », dit-elle.

      Avec l’absence de la moindre relation entre les deux pays voisins, il n’existe évidemment aucune coopération bilatérale sur ce dossier.

      https://www.lorientlejour.com/article/1223224/-je-veux-rentrer-au-soudan-je-peux-a-peine-manger-a-ma-faim-.html
      #réfugiés #réfugiés_soudanais #faim #alimentation #nourriture

    • #Beyrouth  : les travailleuses domestiques veulent rentrer chez elles

      Souvent indécentes, les conditions de vie et de travail des employées domestiques migrantes au Liban se sont encore aggravées avec la crise économique qui ravage le pays. Cette crise a en effet poussé de nombreux employeurs et employeuses à abandonner leurs domestiques, sans argent ni papiers, devant l’ambassade du pays dont elles/ils sont originaires. Mais l’explosion du 4 août à Beyrouth renforce l’urgence de la situation pour ces migrant·es, en grande majorité des femmes, qui demandent juste à pouvoir rentrer chez elles/eux.

      Il existe environ 250.000 travailleuses domestiques au Liban, venues de pays asiatiques et africains dans l’espoir de gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de leur famille restée au pays. Ne relevant pas du Code du travail, ces personnes sont soumises au système de la kafala  : elles sont «  parrainées  » par un·e employeur/euse qui en est donc légalement responsable. Bien souvent, cela revient à avoir son passeport confisqué, mais aussi, dans de nombreux cas, à ne pas recevoir son salaire et à subir des abus. Dans un rapport de 2019 consacré à «  l’exploitation des travailleuses domestiques migrantes au Liban  », Amnesty International dénonce «  des atteintes graves et systématiques aux droits humains imputables aux employeurs.  » L’organisation pointe notamment «  des horaires de travail journaliers indécents, l’absence de jours de repos, le non-versement ou la réduction de leur salaire, la confiscation de leur passeport, de graves restrictions à leur liberté de mouvement et de communication, le manque de nourriture, l’absence de logement convenable, des violences verbales et physiques, et la privation de soins médicaux. Des cas extrêmes de travail forcé et de traite des êtres humains  » ont également été rapportés.

      Les conditions de vie et de travail des employées domestiques migrantes se sont encore aggravées avec la crise économique qui a frappé le Liban dès 2019. Cette crise du secteur financier, qui a eu comme résultat de dévaluer la livre libanaise et de provoquer une inflation évaluée à 56,6 % en mai, a durement frappé les classes moyennes. Appauvries, ces familles n’ont plus les moyens de payer le salaire d’une domestique. Dans bien des cas, ces femmes ont juste été abandonnées par leur employeur/euse, sans argent et sans régularisation de leur situation pour pouvoir partir, tout cela en pleine pandémie de

      Une situation aggravée par l’explosion

      L’explosion du port de Beyrouth le 4 août dernier ne fait que rendre la situation des travailleuses domestiques encore plus désespérée. «  Les employeurs n’ont plus les moyens. La plupart étaient pauvres avant les multiples problèmes économiques et sanitaires suivis de l’explosion massive  », explique Dipendra Uprety, fondateur du groupe de mobilisation This is Lebanon. «  Les travailleuses migrantes n’ont pas été payées depuis des mois. Et si elles l’ont été, c’est en livres libanaises, ça n’a désormais aucune valeur. Elles travaillent 14 heures par jour pour [l’équivalent de] 30 dollars par mois [environ 25 euros, ndlr].  »

      Pour qu’une travailleuse puisse partir du pays, la Sûreté Générale [organisme sous l’autorité du ministère de l’Intérieur et des Municipalités] doit contrôler les conditions de départ de celle-ci auprès de son employeur/euse, un processus qui prend habituellement entre deux et trois mois. De nombreuses migrantes sont aussi bloquées au Liban sans papiers depuis des mois et parfois des années. Deux solutions s’offrent alors à elles  : payer des amendes astronomiques et partir après avoir obtenu un laissez-passer, ou se retrouver en prison dans des conditions dramatiques. Sans compter le prix du billet, entre 400 et 700 dollars [entre 340 et 590 euros environ, ndlr] selon les pays d’origine.
      Abandonnées à la rue

      «  Il s’agit d’un moment terrible pour les travailleuses domestiques  », raconte Farah Salka, directrice exécutive du Mouvement Anti-Raciste (ARM). «  Cette année a été très dure pour tout le monde au Liban… Si vous imaginiez un cauchemar, vous ne pourriez pas imaginer ça. Et maintenant, vous pouvez multiplier les dommages par dix pour les travailleuses domestiques. Elles demandent juste à rentrer chez elles  ! Elles sont encore sous le choc de l’explosion, comme nous. Certaines ont disparu, certaines sont mortes, les autres sont parfois blessées, et elles ne reçoivent aucun soutien pendant cette crise. Et au milieu de ce chaos, elles sont abandonnées à la rue. C’est devenu une scène commune à Beyrouth  : des centaines de migrantes à même le sol, sans abri.  »

      Les employé·es et volontaires d’ARM passent leurs journées à traiter des cas, traduire, assister administrativement, financièrement, médicalement, et lever des fonds pour permettre aux migrantes en possession de papiers de payer leur billet. «  Il faut une armée pour gérer tout ça, tout relève de l’urgence, ajoute Farah Salka. Elles sont à un stade où elles se fichent de leurs droits, de l’argent qui leur est dû. Elles veulent juste laisser ce cauchemar derrière elles et partir. Et je vais être honnête, n’importe où est mieux qu’ici.  »

      Un groupe d’activistes éthiopiennes, Egna Legna Besidet, est aussi sur le terrain, surtout depuis le début de la crise économique. L’une des membres, Zenash Egna, explique qu’elle n’a plus de mots pour décrire la situation  : «  La vie des travailleuses migrantes n’est pas bonne au Liban. Déjà avant la crise économique, la pandémie et l’explosion, on secourait des femmes battues, violées, qui s’enfuyaient sans papiers et sans argent. Tout ça a juste augmenté, c’est terrible. Le monde doit savoir quel enfer c’est de vivre sous le système de la kafala.  » En ligne, de nombreux témoignages de femmes désespérées abondent. Devant leur consulat, des Kényanes ont aussi manifesté, demandant à leur pays de les rapatrier.

      https://www.youtube.com/watch?v=KuhBhNRjxp4&feature=emb_logo

      «  Il est temps pour nous de partir  »

      Une domestique nigériane appelée Oluwayemi, 30 ans, a confié à axelle son calvaire personnel. Arrivée en juin 2019 au Liban, elle raconte avoir été traitée comme une esclave par ses employeurs/euses. «  Puis ils m’ont renvoyée de la maison, sans argent et sans passeport. Ils m’ont juste dit «  Pars  ». Avec la crise économique, tout est pire au Liban. Je pense qu’il est temps pour nous de partir. L’explosion a tué des domestiques nigérianes, d’autres ont été blessées, les maisons ont été détruites. J’ai eu tellement peur, je veux que l’on m’aide et que je puisse retourner dans mon pays. Je veux que l’on m’aide, vraiment, parce que je ne veux pas retourner au Nigeria et devenir une prostituée, ou une voleuse. Je veux que mon futur soit beau, je veux monter mon propre commerce. Je prie pour que l’on m’aide.  »

      Une autre domestique nigériane qui souhaite rester anonyme raconte qu’elle a été jetée de chez son employeur sans argent, téléphone, vêtements ou papiers après sept mois d’abus physiques. Elle a également plaidé pour recevoir de l’aide, insistant sur le fait qu’il n’y a plus rien au Liban pour les travailleuses migrantes  : «  Il n’y a pas d’argent, pas de travail, pas de nourriture. Je veux partir.  »
      Faire pression pour faciliter le retour des migrantes

      Pour que la situation se débloque, il faudrait que les pays d’origine et la Sûreté Générale se mettent d’accord pour faciliter le retour des ressortissantes bloquées au Liban. «  On doit mettre la pression sur les consulats et les ambassades pour qu’ils prennent enfin la situation au sérieux. La Sûreté Générale doit supprimer ses enquêtes, exempter les travailleuses de leurs amendes et approuver leur départ avec des laissez-passer pour celles qui n’ont pas leurs papiers, explique Farah Salka. Mais aussi, on a besoin d’argent, de tellement d’argent pour payer les billets d’avion. C’est inimaginable.  »

      Pour Dipendra Uprety, le mot à appliquer est «  amnistie  »  : «  Des efforts ponctuels ne peuvent pas répondre aux besoins. La seule solution possible est que la Sûreté Générale accorde une amnistie générale à ces femmes, ce qui équivaudra à des centaines de milliers de documents de voyage temporaires. L’argent commence à affluer maintenant pour les billets d’avion, la nourriture et les soins médicaux, mais les travailleurs sociaux ne sont pas assez nombreux pour répondre à tous les besoins [notamment en termes d’hébergement, ndlr].  »
      Dépasser le racisme

      Au-delà de l’urgence de la situation, le racisme est toujours bien présent dans les mentalités libanaises, même après l’explosion. Ainsi, la liste des personnes mortes et disparues est toujours incomplète  : les noms et visages des victimes étrangères non occidentales ne sont tout simplement pas mentionnés. Un texte publié par l’ARM le 13 août dit que  : «  Ce n’est pas un hasard. Les travailleurs migrants et les réfugiés sont systématiquement déshumanisés et marginalisés au Liban, dans la vie comme dans la mort.  »

      Selon Farah Salka, le Liban devrait se préparer à changer  : «  J’espère qu’aucune nouvelle femme ne viendra en tant que travailleuse domestique avant qu’on ne répare tout ça. J’espère que le Liban sera prêt, parce que c’est horrible. Si nous n’apprenons pas maintenant, je ne sais pas quand ou si nous pourrons apprendre.  »

      https://www.axellemag.be/beyrouth-les-travailleuses-domestiques-veulent-rentrer-chez-elles

  • Leibniz, un philosophe du graphisme
    https://visionscarto.net/leibniz-un-philosophe-du-graphisme

    La vie intellectuelle de Leibniz fut incroyablement prolifique et créative. Un sujet l’intéressa en particulier : la création d’un langage universel. Mais de quoi s’agit-il précisément ? Qu’entendait le philosophe allemand par « langage » et que signifiait pour lui le mot « universel » ? Ce sont les deux questions que je propose d’examiner ci-dessous. un texte de Charles Gautier Chercheur en Sciences du langage, enseignant à l’ESAD Pyrénées Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) affirmait qu’en une journée il (...) #Billets

  • Ne pas mourir comme des chiens
    https://visionscarto.net/ne-pas-mourir-comme-des-chiens

    Les luttes se croisent et se ressemblent, comme celles des Kurdes et des gilets jaunes. Le même combat pour la liberté et l’égalité sociale rencontre la même répression. La dessinatrice Mamoste Dîn nous fait découvrir le camp autogéré d’exilé.es kurdes de Lavrio en Grèce. Dans un subtil va-et-vient entre la Grèce et la France, entre les histoires personnelles et les combats politiques des activistes kurdes et de la jeune Judith, venue documenter leur quotidien, nous partageons un moment de la vie du camp (...) #Billets

  • Cartografia di un disastro: la sanità pubblica in Italia e l’emergenza coronavirus
    https://visionscarto.net/cartografia-di-un-disastro

    La pandemia di coronavirus sta mettendo a dura prova il servizio sanitario in Italia. Nelle aree più colpite – in particolare la Lombardia – si fa fatica sia a fornire un ricovero adeguato ai malati più gravi sia, di conseguenza, a prendere in cura altre patologie. E se è vero che una crisi di questa portata è di per sé difficilmente gestibile attraverso le strutture ordinarie, oltre che improvvisa, è anche vero che la situazione è aggravata da disastrose politiche di riduzione e di (...) #Billets

  • Cartographie d’un désastre : la santé publique en Italie face au coronavirus
    https://visionscarto.net/hopital-et-coronavirus-en-italie

    La pandémie du coronavirus soumet le système de santé italien à rude épreuve. Dans les régions les plus touchées – en particulier en Lombardie – il est difficile de fournir un accueil adapté aux malades les plus atteint·es, et par conséquent, de les prendre également en charge pour d’autres pathologies. Une crise de cette ampleur est en soi difficile à gérer pour des structures ordinaires, plus encore quand elle est aussi soudaine. Mais la situation est aussi aggravée par les politiques désastreuses de (...) #Billets

    • sur le même sujet, surmortalité masculine dans 3 régions d’Italie du nord (Lombardie, Vénétie, Émilie-Romagne) cartes par municipalités, pour les moins de 65 ans et les plus de 65 ans.

      Patterns of COVID-19 related excess mortality in the municipalities of Northern Italy | medRxiv
      https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.11.20097964v1

      Abstract
      The Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) spatial distribution in Italy is inhomogeneous, because of its ways of spreading from the initial hotspots. The impact of COVID-19 on mortality has been described at the regional level, while less is known about mortality in demographic subgroups within municipalities. We aimed to describe the excess mortality (EM) due to COVID-19 in the three most affected Italian regions, by estimating EM in subgroups defined by gender and age classes within each municipality from February 23 to March 31, 2020. EM varied widely among municipalities even within the same region; it was similar between genders for the ≥75 age group, while in the other age groups it was higher in males. Thus, nearby municipalities may show a different mortality burden despite being under common regional health policies, possibly as a result of policies adopted both at the regional and at the municipality level.

  • #Aires_d'accueil dans l’Ain (01)
    https://visionscarto.net/aires-d-accueil-dans-l-ain-01

    Reprenons notre tour de France des « aires d’accueil des gens du voyage ». Régulièrement je vous ferai visiter le système « d’accueil » français, département par département, et je préfère vous prévenir tout de suite : ça pique ! Données et récit : William Acker Aujourd’hui, je vous propose une halte dans le département de l’Ain (01), qui illustre particulièrement le décalage entre les visées attendues de l’accueil, telles qu’exposées dans les textes législatifs, et leur mise en application au niveau local. Si la (...) #Billets

    / Aires d’accueil

  • Sémantique de « l’accueil des gens du voyage »
    https://visionscarto.net/semantique-de-l-accueil

    En France, depuis le début des années 1990 et la loi Besson I, les préfectures doivent établir un schéma départemental de mise en œuvre des dispositifs d’accueil des « gens du voyage », obligatoires pour les communes de plus de 5 000 habitant·es. Publiées tous les cinq ou six ans, ces bibles de la « gestion des gens du voyage » étaient relativement succinctes à leur création, se limitant alors à la question du stationnement. Avec la loi Besson II, en 2000, elles ont évolué et les schémas élaborés pour la période (...) #Billets

    / #Aires_d'accueil

  • Cartographie et subjectivité chez Alexander von Humboldt
    https://visionscarto.net/humboldt-carto-subjective

    En scrutant minutieusement les différentes cartes réalisées par Alexander von Humboldt, on remarque certaines particularités, des mentions qui, à priori, n’auraient pas lieu de s’y trouver tant elles témoignent de la subjectivité de l’auteur. Ce sont pourtant ces précisions mêmes qui, à ses yeux, faisaient office de preuve de véracité. Elles permettent également de comprendre que le géographe assumait pleinement la relativité du savoir scientifique. par Laura Péaud Maîtresse de conférences en géographie à (...) #Billets

  • J’imagine l’école idéale
    https://visionscarto.net/ecole-college-ideal

    Un cabinet d’architecture invite des élèves à dessiner le plan du collège ou de l’école idéale. Pour ce nouveau défi du concours de cartographie imaginaire de 2019, proposé par l’association « Cartographier au collège » d’Olivier Godard et Marie Masson, les élèves ont imaginé le collège ou l’école où il ferait bon vivre et travailler. Avec leur autorisation, nous reproduisons ici les projets et textes de nos architectes en herbe. Travaux des collégien·nes : Camille Vittu, Lyzie Rodriguez, Isis Leprovost, (...) #Billets

  • ISOTYPE... des images à lire
    https://visionscarto.net/isotype-des-images-a-lire

    Paru en 1939, l’ouvrage Modern Man in the Making d’Otto Neurath est illustré selon la méthode Isotype. Si son schématisme graphique, propre aux publications des années 1940-1960, nous semble aujourd’hui familier, la façon dont y est traitée l’information témoigne d’une remarquable inventivité en matière de communication visuelle. par Nepthys Zwer Avec Modern Man in the Making (L’homme moderne en devenir), Otto Neurath (1882-1945) répond à une commande de l’éditeur new-yorkais Alfred A. Knopf qui (...) #Billets

  • Toponymic Contestations Surrounding the Mama Ngina Waterfront Park, Mombasa, Kenya
    https://neotopo.hypotheses.org/2920

    By Melissa Wanjiru-Mwita – Post-Doctoral Fellow at Department of Geography and Environment, University of Geneva. On 20th October, 2019, the annual Mashujaa Day (Heroes’ Day) celebration was held at the recently renovated Mama Ngina Drive,...

    #African_Neotoponymy_Observatory_in_Network #Billets #ExploreNeotopo #Toponobservations

  • À la recherche de la maison de Farouk (dans le Golan occupé)
    https://visionscarto.net/la-maison-de-farouk

    De-Colonizer est un centre de recherche alternatif sur la Palestine/Israël visant à apporter à un large public de nouvelles connaissances et de nouveaux outils de recherche. Son but est de proposer, à partir d’exemples concrets, une lecture des réalités socio-politiques différente de celle de la narration israélienne officielle. L’équipe a ainsi réalisé la carte Colonialism in destru(a)ction, qui montre toutes les localités détruites en Palestine et en Israël depuis le début de l’immigration sioniste (à (...) #Billets

  • Les olives amères de Palestine
    https://visionscarto.net/les-olives-ameres-de-palestine

    Chaque année, aux mois d’octobre et de novembre, a lieu la récolte des olives en Palestine. À l’occasion de la cueillette, la violence de certains colons israéliens à l’égard des paysan·nes redouble d’intensité. Pour protéger un tant soit peu les familles de ces agressions, des bénévoles de la terre entière viennent les assister. Cette saison, la violence a eu pour cible les bénévoles mêmes. Voici quelques éléments pour tenter de comprendre une situation très problématique. par Johanna Schreiner L’olive en (...) #Billets

  • Sous un gilet jaune, il y a... Liliane
    https://visionscarto.net/sous-un-gilet-jaune-il-y-a-7

    Suite de notre petite radioscopie de la France qui se réveille, avec une série de portraits sans retouche de #gilets_jaunes. Aujourd’hui : Liliane. 7. Liliane Je suis à la retraite depuis 2010. Après 43 années de travail, je perçois 1197 euros nets mensuels. Depuis 9 ans, j’ai bénéficié de moins de 10 euros d’augmentation ! Mon loyer est de 450 euros. Le coût de la vie est monté en flèche : essence, électricité, gaz... Par conséquent : je ne vis pas, je survis. Le 17 novembre 2018, je m’apprête à fêter (...) #Billets

    / gilets jaunes