• Une société du tout-immunisé est-elle souhaitable ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/une-societe-du-tout-immunise-est-elle-souhaitable

    Se protéger oui, mais à quel prix ? Le philosophe italien Roberto Esposito est notre invité à l’occasion de la parution de "Immunitas : protection et négation de la vie" (Seuil, 2021), traduction d’un de ses ouvrages paru en 2002, où il se penche sur le lien entre "communauté" et "immunité". Roberto Esposito est professeur de philosophie auprès de l’ « Istituto italiano di Scienze Umane » à Florence et à Naples. Il est membre du Collège international de philosophie. Parmi ses publications, ont été (...)

    #biopolitique #COVID-19 #santé #surveillance

    ##santé

  • Le pouvoir : formes et logique , Séance 4 du séminaire « Scènes de la division politique », mardi 19 janvier 2021, par Bernard Aspe
    https://laparoleerrantedemain.org/index.php/2021/02/24/le-pouvoir-formes-et-logique

    De la biopolitique à l’économie

    Nous cherchons avant tout aujourd’hui à identifier la forme de pouvoir qui est en train de se dessiner, forme nouvelle peut-être, en tout cas nécessairement renouvelée par la situation. Il faudrait parler d’une phase métastable du pouvoir, qui peut donc donner lieu à diverses prises de forme. L’angle qui me paraît judicieux pour tenter d’anticiper ces prises de forme reste celui suggéré par Foucault avec son concept de « biopolitique ».

    Les spécialistes ont voulu nous avertir, et nous ont fait croire que, précisément parce qu’il semble que le concept de biopolitique est plus que jamais pertinent, il faut se garder de le mobiliser. Cela leur permet sans doute de continuer à vendre leur camelote éthique ou tout au moins d’assurer la spécificité de leur objet de recherche (tant il est vrai que le discours académique n’a jamais été aussi coincé entre les bons conseils pour la vie d’un côté et la rigueur affichée du discours de la science de l’autre.)

    En réalité, s’il y a un auteur qu’il faut relire aujourd’hui, c’est bien Foucault. Je voulais me concentrer sur les deux cours qu’il a donnés au Collège de France à la fin des années 1970, Sécurité, territoire, population (désormais STP) et Naissance de la biopolitique (désormais NB). Ces cours sont essentiels à plusieurs égards, on va le voir, mais ils révèlent aussi les limites de la méthode de Foucault, et plus précisément dans ce qui concerne son rapport au marxisme. Mais le concept de « biopolitique » apparaît quelques années avant, notamment à la fin de La Volonté de savoir (1976). Il est alors pris comme complément de l’anatomo-politique : celle-ci concerne les prises du pouvoir sur les individus, et la biopolitique renvoie avant tout aux prises du pouvoir sur les populations. Deux ans plus tard, dans le cours de 1978, le concept est bien présent, mais il est déjà tenu à distance. Et le cours de 1979, présenté tout d’abord comme une tentative de clarification du concept, va finalement être consacré à la gouvernementalité libérale et au néolibéralisme ; le terme même de « biopolitique » n’y sera presque pas utilisé. Dans les chapitres II et III de La Vie inséparée , Muriel Combes a noté que la biopolitique disparaît au moment où Foucault propose une généalogie du libéralisme entendu comme art de gouverner (voir notamment p. 42 sq. Dans ces chapitres, elle cerne de façon plus détaillée les déplacements qui s’opèrent pour Foucault entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, mais je retiens seulement ce point). Or cette généalogie du libéralisme est précisément entreprise au moment où se rejoue pour Foucault sa confrontation avec le marxisme.

    Pour ce qui concerne son rapport au marxisme, on peut dire qu’il est passé d’abord par un moment d’adhésion (années 1950, PCF). Puis il a développé un rapport polémique ( Les Mots et les choses ). Dans les années révolutionnaires, il envisage son travail comme complément à l’analyse de classes. Mais à la fin des années 1970, il s’agit de marquer l’irréductibilité de son champ d’analyse propre au regard du marxisme. Ce qui est à la fois une autre manière de prendre de la distance et une manière de défendre sa singularité d’auteur.

    Il y a bien une différence de méthode avec le marxisme, souvent soulignée dans les deux cours (de 1978 et 1979), telle que son approche se réclame d’une pensée des multiplicités, et non de la totalité ; de la stratégie, et non de la dialectique (NB, 44). Mais au-delà de cette différence de méthode, l’articulation à la part de vérité du marxisme, qu’il reconnaît par ailleurs, demeure hésitante.

    L’impression rétrospective qui s’en dégage est que le rapport à l’analyse marxiste n’a jamais été réglé. Et on peut juger significatif le fait que c’est après s’être rapproché au maximum du problème de l’articulation de son approche avec le marxisme, c’est-à-dire au moment où il fait la généalogie de l’économie, qu’il se détourne des recherches sur les formes modernes de pouvoir pour élaborer sa problématique de la subjectivation, essentiellement étayée par des textes antiques, au début des années 1980.

    Loin de moi l’idée qu’il s’agirait d’un renoncement : les problématiques développées à partir de Du gouvernement des vivants sont tout aussi essentielles, et ne doivent pas être lues comme un délaissement de la question politique. Elles peuvent être lues par exemple comme le développement du magnifique cours du 1 mars 1978 consacré aux « contre-conduites », et à leur articulation avec la gouvernementalité. Mais si Foucault délaisse, de façon tout de même assez spectaculaire, les questionnements relatifs au bio-pouvoir et au libéralisme, c’est qu’il ne parvient pas à sortir d’un embarras relatif à la manière dont son approche spécifique et singulière s’articule à l’analyse du capitalisme (c’est ce que suggère l’analyse proposée dans La vie inséparée). Il faut souligner que l’hésitation concerne au premier plan le concept de « biopolitique ». On peut même dire que la question tant discutée ces temps-ci du bon usage du terme « biopolitique » ne peut être réglée si l’on ne voit pas qu’il est avant tout, dans l’élaboration de Foucault, le révélateur d’une articulation incomplète avec l’analyse marxienne du capitalisme.

    C’est l’hésitation même de Foucault qui peut nous autoriser à réinscrire son travail à l’intérieur d’un marxisme renouvelé. En quoi cette articulation n’est-elle pas arbitraire ? Pour le montrer, il nous faut reprendre la manière dont Foucault, en faisant l’analyse du biopouvoir puis de la gouvernementalité libérale, fait aussi, dans le même mouvement, la généalogie de l’économie, et, plus précisément pour ce qui concerne cette séance, de la société envisagée comme son corrélat.

    #biopolitique #police #économie #libéralisme #libéralisme_autoritaire #Foucault #Muriel_Combes #Bernard_Aspe

    • Il ne suffit pas de dire que le biopouvoir sécuritaire prend en vue les populations, là où la discipline investirait avant tout les dispositions individuelles. Il faut surtout souligner que, dans le cadre du pouvoir sécuritaire, les populations sont envisagées comme des phénomènes naturels. Si le pouvoir disciplinaire assume le caractère artificiel de son modèle, le pouvoir sécuritaire s’appuie avant tout sur la naturalité des processus qu’il s’efforce de piloter. Il s’agit de suivre les processus pour pouvoir les canaliser (Foucault se réfère déjà, dans ce cours, au libéralisme : STP, 49-50). Il s’agit aussi de relever de grandes régularités, y compris là où on ne les attendait pas (dès le XVIIème siècle, on relève des constantes dans les taux de mortalité, les taux de natalité, mais aussi au niveau de la proportion de gens qui meurent d’accident chaque année dans une même ville, ou la proportion de suicides : STP, 76). Pour cela, il faut les connaître. La statistique – littéralement la science de l’État, savoir de l’État sur l’État (STP, 280-281, 323) va dès lors jouer un rôle essentiel.

      Le savoir statistique, le savoir scientifique d’une façon générale, va donner un type de prise nouveau sur les individus et les populations. Il ne s’agit plus avant tout de forcer l’obéissance ; il s’agit de trouver une accessibilité technique aux comportements diffus de la population. Il s’agit de connaître les processus (naturels) qui sont en tant que tels soustraits à la conscience des agents, et de dégager les régularités que ces agents produisent à leur insu (STP, 72-78). C’est ce qu’indique l’image de la « main invisible » d’Adam Smith : l’essentiel se joue « dans le dos de la conscience ». Le désir, en tant qu’il est insu, n’est dès lors plus ce qui doit être réprimé, ou contenu ; il est ce qui doit être connu et canalisé.

      #population #statistiques #pouvoir_sécuritaire

    • On a pu parler de « libéral-fascisme » au sujet de Trump ou de Bolsonaro, en entendant désigner un régime autoritaire et réactionnaire clairement ordonné au primat du développement de l’économie. Trump et Bolsonaro sont de fiers militants de la classe des capitalistes, qui s’appuient sur la mobilisation des forces populaires les plus réactionnaires d’un pays, à commencer bien sûr par sa police. Tout le danger vient de ce que, (...) ce n’est pas le pouvoir qui est l’expression d’un peuple, c’est le peuple qui est fabriqué par le pouvoir. Les peuples des USA ou du Brésil, mais bien sûr aussi le peuple français est depuis quatre décennies, depuis la désertion de l’espace politique antagonique, fabriqué comme un peuple réactionnaire. Il est préparé, pourrait-on dire, à la solution fasciste. Car le fascisme est toujours une option possible pour les militants de la classe des capitalistes.

      Notons que ce qui peut être infiniment utile pour la classe des capitalistes, c’est de disposer de solutions politiques autoritaires qui font appel à une forme de mobilisation subjective qui est celle de la politique révolutionnaire. Les fascistes comme Trump reprennent à leurs ennemis la visée d’une grande rupture, d’une grande transformation, et peuvent pour cette raison susciter l’enthousiasme révolutionnaire et s’appuyer sur l’expression d’un besoin de changement radical.

      #peuple #fascisme

  • Crise sanitaire : « Le soleil noir de l’exclusion » - Samuel Dock et Roland Gori
    https://justpaste.it/2ql6d

    Le couvre-feu se poursuit, sans fin, nul ne sait quand il cessera d’obscurcir le ciel du pays. Les lieux soutenant le lien social, la culture, le sens irriguant l’existence, demeurent clos, tandis que la détresse croît et les solitudes grandissent. Dans le silence politique qui accompagne ces mesures et consacre notre impuissance, des voix, de plus en plus nombreuses, sur les réseaux sociaux et dans la presse se font entendre. Elles ne réclament pas tant un changement de stratégie du gouvernement ou le retour au débat démocratique, mais le confinement, ou l’autoconfinement, des plus vulnérables.

    Les auteurs de ces prises de position ne manquent jamais de pragmatisme et proposent des « solutions » concrètes pour permettre l’isolement des vieux et des faibles pour lesquels ils s’expriment, dans une violence symbolique difficilement acceptable. Face à la crise que nous traversons, certes, l’imagination pourrait tous nous sauver.

    Cependant, est-ce faire preuve d’imagination que d’ostraciser toute une frange de la population au profit d’une idéologie ? De vanter les mérites d’une exclusion qui a conduit l’année dernière des milliers de personnes à souffrir et à mourir seules en Ehpad ? Doit-on encore accentuer un peu plus les logiques d’opposition qui saignent notre modernité tardive ?

    #biopolitique #fascisme

  • « Accepter de prendre des risques pour vivre une vie pleine, c’est préférer mourir plutôt que vivre indignement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/12/qu-est-ce-qui-est-plus-essentiel-que-de-pouvoir-decider-du-moment-de-sa-prop

    Accepter de prendre des risques – y compris celui de mourir – pour vivre une vie pleine, conviviale, épanouie, c’est d’une certaine manière préférer mourir plutôt que vivre indignement. C’est donc vouloir la mort plutôt qu’une vie rétrécie. Or ceux qui, en raison des souffrances, des handicaps et de la dépendance que provoquent la vieillesse ou la maladie, choisissent délibérément de mourir, que font-ils d’autre ? Il est incohérent de défendre le choix d’une vie qui inclut la mort d’un côté et de refuser la liberté de choisir celle-ci au terme d’une réflexion approfondie, conduisant à estimer sa vie « accomplie ».

    #biopolitique #paywall

    • Comment les plus âgés doivent-ils pouvoir gérer le risque lié à la pandémie due au coronavirus ? Le philosophe François Galichet défend le droit à vouloir la mort plutôt qu’une vie rétrécie.

      Tribune. La psychologue Marie de Hennezel, dans un vibrant plaidoyer (« Notre réaction au Covid-19 montre que plus on dénie la mort, moins on tolère le risque et l’incertitude », Le Monde du 8 janvier https://seenthis.net/messages/850474), défend le droit des plus âgés à « retrouver le sens des choses et aller droit à l’essentiel », et notamment à ne plus dénier la mort : « Plus on dénie la mort, moins on tolère le risque et l’incertitude. »

      Ce plaidoyer aura certainement fait sursauter tous ceux qui savent que Marie de Hennezel est une farouche adversaire de la liberté de mourir. Elle dénonce une politique qui « a voulu protéger les plus âgés en les infantilisant parfois, en les privant de leur libre choix de décider ce qui était essentiel pour eux ». Mais qu’est-ce qui est plus essentiel que de pouvoir décider du moment de sa propre mort ?

      Ce refus de l’infantilisation est effectivement attesté par de nombreuses enquêtes auprès des seniors. « Oui, je prends le risque, je préfère me sentir vivant et aller voir ma famille quitte à mourir, mais en restant libre. A notre âge, on veut profiter de ce qui nous reste. » Ils affirment préférer « vivre que durer » (« Covid-19 : “A notre âge, on veut profiter de ce qui nous reste” », Le Monde du 5 septembre 2020).

      Le refus de vivre indignement

      Accepter de prendre des risques – y compris celui de mourir – pour vivre une vie pleine, conviviale, épanouie, c’est d’une certaine manière préférer mourir plutôt que vivre indignement. C’est donc vouloir la mort plutôt qu’une vie rétrécie. Or ceux qui, en raison des souffrances, des handicaps et de la dépendance que provoquent la vieillesse ou la maladie, choisissent délibérément de mourir, que font-ils d’autre ? Il est incohérent de défendre le choix d’une vie qui inclut la mort d’un côté et de refuser la liberté de choisir celle-ci au terme d’une réflexion approfondie, conduisant à estimer sa vie « accomplie ».

      C’est pourquoi j’invite Marie de Hennezel à assumer son plaidoyer jusqu’au bout. Les personnes que j’ai accompagnées dans leur choix de mourir délibérément, comme celles qui détiennent les moyens de le faire, témoignent exactement des qualités qu’elle décrit chez les seniors.

      Lire aussi En temps de Covid-19, « les vieux entendent aussi décider de leur mort »

      Comme le montre l’enquête que j’ai menée auprès d’elles (dans mon livre Qu’est-ce qu’une vie accomplie ? , Odile Jacob, 2020, chapitre 5), « elles organisent leur vie autour de ce qui est pour elles essentiel ». Elles entretiennent « un autre rapport au temps » et jouissent de tous les bienfaits de la vie, parce qu’elles savent qu’elles peuvent en sortir si elle devient intolérable. Elles ont une relation plus sereine avec leurs proches, parce qu’elles sont certaines de n’être jamais un poids pour eux.

      Seul pays d’Europe à l’interdire

      Les sondages montrent que 96 % des Français sont favorables à une aide à mourir. L’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Autriche l’ont légalisée ou s’apprêtent à le faire, après la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse. La France sera bientôt le seul pays d’Europe à l’interdire, comme elle a été l’un des derniers à abolir la peine de mort.

      Lire aussi « La médecine des personnes âgées ne peut pas tourner indéfiniment le dos à la liberté et à la mort »

      Refuser l’aide à une mort délibérée, c’est entretenir le déni de la mort que Marie de Hennezel prétend combattre ; c’est en faire une fatalité et non une composante fondamentale de notre liberté, comme l’ont reconnu bien des philosophes : Platon, Sénèque, Montaigne, Hume, Nietzsche, Cioran, entre autres.

      Un projet de loi vient d’être déposé au Sénat pour légitimer enfin l’aide à mourir. Après tant d’occasions manquées, celle-ci sera-t-elle la bonne ?

      #vieux (et, par extension, #malades...) #loi_sur_la_fin_de_vie #aide_à_mourir #suicide_assisté #éthique #euthanasie

  • Biopolitique, rationalité scientifique et luttes anti-sanitaires à l’ère du coronavirus - Sortir du capitalisme
    http://sortirducapitalisme.fr/emissions/321-biopolitique-rationalite-scientifique-et-luttes-anti-sanitai

    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/biopolitiquecovid.mp3

    Une émission expérimentale d’analyse matérialiste critique des politiques sanitaires étatiques et des contestations anti-sanitaires en contexte épidémique à l’ère du coronavirus – avec Leuh Ki, bon connaisseur de ces questions et membre du collectif Agitations.

    L’émission (50 minutes) comporte :

    Une analyse critique de la biopolitique capitaliste de l’État français et du darwinisme social et du relativisme sanitaire des contestataires anti-masques ;

    Un appel à une biopolitique par en bas, basée sur un doute raisonnable (ni croyance, ni hyper-criticisme) quant aux recommandations issues du consensus relatif des médecins, et sur une volonté d’en finir avec un système capitaliste structurellement producteur de pandémies ;

    Une analyse matérialiste critique du rapport des gens (notamment en fonction de leur classe) aux savoirs médicaux (officiels et « alternatifs »), aux autorités médicales (y compris « alternatives ») et aux recommandations sanitaires officielles ;

    Une esquisse d’analyse matérialiste des contestations anti-sanitaires en France ;

    Une histoire matérialiste des luttes anti-sanitaires et des théories conspirationnistes en contexte épidémique (choléra, Ebola, SIDA), qu’il s’agit d’analyser comme des contestations politiques et sociales (quoique non-émancipatrices) et des théories critiques (bien qu’erronées) et non comme des manifestations d’irrationalité ; (...)

    #covid-19 #biopolitique #relativisme_sanitaire #audio

  • UN warns of impact of smart borders on refugees: ‘Data collection isn’t apolitical’

    Special rapporteur on racism and xenophobia believes there is a misconception that biosurveillance technology is without bias

    Robotic lie detector tests at European airports, eye scans for refugees and voice-imprinting software for use in asylum applications are among new technologies flagged as “troubling” in a UN report.

    The UN’s special rapporteur on racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance, Prof Tendayi Achiume, said digital technologies can be unfair and regularly breach human rights. In her new report, she has called for a moratorium on the use of certain surveillance technologies.

    Achiume, who is from Zambia, told the Guardian she was concerned about the rights of displaced people being compromised. She said there was a misconception that such technologies, often considered “a humane” option in border enforcement, are without bias.

    “One of the key messages of the report is that we have to be paying very close attention to the disparate impact of this technology and not just assuming that because it’s technology, it’s going to be fair or be neutral or objective in some way.”

    She cited the example of pushback against Donald Trump’s effort to build a wall between the US and Mexico. “You see that there isn’t a similar sense of outrage when digital technologies are deployed to serve the same function … if you actually look at some of the statistics, and if you look at some of the research, which I cite in my report, it turns out that border deaths have increased in places where smart borders have been implemented.”

    She also raised concerns about the ways in which humanitarian agencies are engaging with surveillance. The report notes that in Afghanistan, the UN refugee agency (UNHCR) requires returning refugees to undergo iris registration as a prerequisite for receiving assistance.

    While the UNHCR has justified the use of this technology as a way to prevent fraud, “the impact of processing such sensitive data can be grave when systems are flawed or abused”, the report said.

    Last year the UN’s World Food Programme partnered with Palantir Technologies, a data mining company, on a $45m (£34m) contract, sharing the data of 92 million aid recipients.

    “Data collection is not an apolitical exercise,” notes Achiume’s report, “especially when powerful global north actors collect information on vulnerable populations with no regulated methods of oversights and accountability.”

    Covid-19 has also accelerated “biosurveillance” – focused on tracking people’s movements and health. Biosurveillance has everyday uses, such as the “track and trace” app in the UK, but there are concerns about the regulation of large-scale data harvested from populations.

    One example is the “Covi-Pass”, a health passport developed by Mastercard and Gavi, a private-public health alliance, that is reportedly due to be rolled out across west Africa. The UN report highlighted the implications of such passports for freedom of movement, “especially for refugees”.

    Petra Molnar from the Refugee Law Lab in Toronto said it was clear that the pandemic was increasing digital rights violations. “State responses to the pandemic are exacerbating the turn towards biosurveillance, with refugees and people on the move acting as communities on which to test various interventions and fast-track tech development,” she said.

    Molnar, who contributed to the UN rapporteur’s report, has noted the dehumanising impact of some technologies on displaced people in her own research. One asylum seeker she spoke to in Belgium said the amount of personal data he’d given up made him feel, “like a piece of meat without a life, just fingerprints and eye scans”.

    “Our conversations with refugees and people crossing borders show how little attention is being paid to the lived experiences of people who are at the sharp edges of these high-risk technological experiments,” said Molnar.

    The intersection of technology and human rights violations were highlighted in a recent investigation into the European border agency Frontex, which allegedly witnessed pushbacks of migrants in the Aegean Sea via some of its assets, including drones.

    Konstantinos Kakavoulis from Homo Digitalis, a Greek organisation focused on digital rights, said technologies often outpaced the legal framework.

    “There is no clear regulation for the use of drones or body-worn cameras by the Greek police,” he said. “The police have signed a contract for the provision of a facial recognition software with Intracom Telecom, a Greek company, without receiving the opinion of the Greek data protection authority.”

    He added: “Apart from the insufficiency of legal safeguards, we also lack transparency; and this is not only remarkable, but highly problematic.”

    Achiume said that until the impact of surveillance technologies on human rights could be understood, use of such technologies should be halted. “Until we can understand and mitigate those harms, there should just be a moratorium on them.”

    https://www.theguardian.com/global-development/2020/nov/11/un-warns-of-impact-of-smart-borders-on-refugees-data-collection-isnt-ap

    #frontières #smart_borders #frontières_intelligentes #réfugiés #asile #migrations #technologie #politique #biopolitique #technologies_digitales #droits_fondamentau #droits_humains #surveillance #contrôles_frontaliers #neutralité #Palantir_Technologies #données #biosurveillance #Covi-Pass #Mastercard #Gavi #complexe_militaro-industriel #covid-19 #coronavirus #reconnaissance_faciale #Intracom_Telecom

    ping @karine4 @isskein @etraces @thomas_lacroix

  • Le vrai nom du « second confinement »
    https://lundi.am/Le-vrai-nom-du-second-confinement

    Le terme de « confinement » ne contribue en rien à décrire la situation qui est la nôtre depuis quelques jours ; il en alimente plutôt la confusion. En mettant en avant, comme un chiffon rouge, l’aspect sanitaire, ce terme est engagé, qu’on le veuille ou non, dans une stratégie de légitimation et de banalisation des manœuvres en cours qui nous empêche d’en penser les multiples strates et les conséquences que nous savons déjà durables. Il y a une épidémie, certes ; mais il y a surtout une multitude de manières d’y répondre ! et ce sont ces choix politiques qu’il est d’autant plus crucial de percevoir nettement qu’on essaye de les mettre sur le compte de la nécessité. A moins de cela, la politique sera toujours quelque chose que l’on subit, que l’on nous fait , et jamais une prise et un levier que l’on a en main. Et vus les temps qui courent à leur perte, on sera fait , tout simplement, comme des rats.

    Pour nommer cette situation où personne n’est confiné, mais où tout le monde est soumis à un principe de raisons suffisantes – dont la liste variable est édictée régulièrement par l’État – pour sortir de chez soi, où la circulation n’est pas tellement entravée mais doublée en continu de son motif crédible, de son attestation, il me semble que le nom d’« arraisonnement » est parfaitement adéquat. Il désigne précisément cela : une mise à la raison , le fait de n’avoir droit à l’existence qu’à mesure qu’on est capable de rendre des comptes, de donner ses raisons. « Vous n’avez rien à faire ici » – c’est la première phrase que j’entends aujourd’hui lors d’un contrôle au carrefour de Belleville.

    Arraisonnement est un vieux terme de marine, et il a tout d’abord été forgé dans des contextes sanitaires. Est arraisonné un navire que l’on suspecte d’être porteur d’une maladie : avant de le laisser entrer dans un port, on examine son équipage et sa cargaison, lesquels doivent rendre compte de leur caractère sain. Le médecin qui arraisonne le bateau lui fournit alors une attestation qui lui permet de circuler jusqu’aux dépôts, mais si un doute subsiste, si toutes les raisons d’être rassuré n’ont pas été données, alors le navire n’a pas le droit d’entrer au port (et c’est là qu’il est proprement confiné , mis en quinzaine ou en quarantaine). La seule différence avec notre situation, c’est que, pour nous, le moment du contrôle coïncide avec celui de la circulation : à tout moment un agent peut nous sommer de donner nos raisons d’être là. Comme à l’intérieur du carré de la gare Saint-Lazare, la pression des raisons se fait constante, courbe les dos, presse les pas, corrige les attitudes, édicte les suspicions.

    [...]Cette situation d’arraisonnement n’est pas liée à une « seconde vague », terme qui laisse croire que la fin de l’année apporterait du meilleur. L’arraisonnement étant sanitairement assez nul, il risque de s’inscrire dans un temps beaucoup plus long, de tassement relatif des courbes plus que de retombée.

    [...] Aux conséquences économiques de tout cela, qu’on annonçait déjà colossales après le printemps dernier, et qui serviront de portée inattaquable à la musique d’enterrement de l’austérité, vont s’ajouter les premières conséquences économiquement non négligeables et croissantes du réchauffement climatique.

    #arraisonnement #confinement #covid-19 #rat_race #politique #contrôle #biopolitique #état_d'exception #cybernétique

  • De la « responsabilité individuelle » (article du 26 juin dernier)

    Face à la crise sanitaire, qui sont les irresponsables ?
    https://www.telerama.fr/idees/face-a-la-crise-sanitaire-qui-sont-les-irresponsables-6642610.php

    Face à la crise sanitaire, qui sont les irresponsables ?

    Romain Jeanticou,
    Publié le 26/06/20

    Faire les bons gestes face au changement climatique, ne pas se relâcher face au virus… Le gouvernement ne cesse d’en appeler à la responsabilité individuelle. Pour mieux se dédouaner ?
    Des soignants appelés « à faire des sacrifices » (Emmanuel Macron, le 12 mars). Des patients hospitalisés accusés d’être « ceux qui n’ont pas respecté le confinement » (le préfet Didier Lallement, le 3 avril). Un déconfinement possible selon « le comportement des Français » (le ministre Olivier Véran, le 13 avril). Des vacances d’été corrélées aux « efforts des uns et des autres » (le secrétaire d’État Baptiste Lemoyne, le 1er mai)... Depuis plus de deux mois, la notion de responsabilité individuelle, brandie tantôt comme un devoir, tantôt comme une menace, joue un rôle considérable dans la gestion politique de la crise. Jusqu’à parfois laisser croire que la fin de l’épidémie ne dépend que de nous.

    Dans un premier temps, le gouvernement avait tâché de rassurer la population en l’incitant à poursuivre normalement ses activités. En mars, il a finalement fait appel aux changements d’attitudes des uns et des autres pour limiter la propagation du virus. « La panoplie du dispositif d’individualisation des responsabilités a été déployé, remarque le sociologue Jean-Baptiste Comby. D’abord par l’information pédagogique – spots, interventions télévisées –, puis par un arsenal coercitif – contrôles policiers, amendes. »

    Cette rhétorique des « bons gestes » à adopter, nécessaire dans l’urgence, le sociologue la connaît bien : dans son livre La Question climatique. Genèse et dépolitisation d’un problème public, il a étudié comment elle faisait peser le poids de la crise environnementale sur les citoyens. Jean-Baptiste Comby lui trouve les mêmes travers dans la crise sanitaire : « Il y a cette idée qu’il suffit de passer le message pour que les gens adoptent tous facilement les bons comportements, sans tenir compte du fait qu’ils ne sont pas tous exposés au message de la même manière, qu’ils le reçoivent différemment et qu’ils ne sont pas tous égaux pour l’appliquer. »

    Attendre de chacun qu’il réagisse comme les autres à une injonction, cela revient à considérer que les citoyens ont tous la même condition sociale, économique, culturelle. Des individus comme séparés de la société – une fiction, pour les sciences sociales. Prolongeant les travaux d’Émile Durkheim, le sociologue Jean-Claude Kaufmann a montré comment la liberté de vivre sa vie comme on l’entend, qui va de pair avec l’individualisation de nos sociétés contemporaines, s’articule nécessairement avec les différentes contraintes, restrictions et déterminismes sociaux qui nous entourent. On vit surtout sa vie… comme on le peut. Chacun ne peut agir qu’en fonction de ses capacités et comme tous les choix ne sont pas possibles pour tous, l’individu se retrouve personnellement mis en cause pour ses écarts de conduite.

    Un hiatus qu’analysait déjà Michel Foucault à la fin des années 70, dans son cours Naissance de la biopolitique : les savoirs médicaux, estimait-il, responsabilisent le patient au point parfois de lui reprocher ses mauvaises pratiques, sans tenir compte de son cadre social. Pourtant, se responsabiliser est aussi une question de moyens : tout le monde, selon son travail, son logement, sa situation familiale ou sa santé, n’a pas pu se confiner parfaitement. De la même manière que tout le monde ne peut avoir une alimentation équilibrée. Le sociologue Robert Castel parlait d’une « société duale », partagée entre ceux qui comprennent l’utilité de se protéger et sont en capacité de le faire, et les autres, fragilisés par cette exigence de responsabilisation.

    Ainsi, on a largement montré du doigt celles et ceux qui avaient fait des stocks de courses, prenaient l’air durant le confinement ou avaient quitté les grandes villes. « Derrière les comportements, il existe toujours des raisons d’agir et des calculs déterminant l’attitude à adopter, rétorque le sociologue Denis Colombi. Puisqu’on ne peut pas sortir autant que l’on veut, achetons plus que d’habitude. Derrière les sorties, il y a souvent la difficulté d’être enfermé avec des enfants dont il faut s’occuper. Dans les départs des grandes villes, il y a aussi le choix d’être près de ses proches, peut-être fragiles, ou de quitter un logement précaire. Il faut rappeler que ces décisions ont été prises dans un flou assez fort : le discours gouvernemental fut d’abord rassurant, minimisant la menace avant de prendre des mesures très strictes. On ne peut pas juger ces comportements individuels sans mettre en question la gestion de l’épidémie. »

    Sociologue et directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Denis Salles cite son homologue belge Guy Bajoit : « Les contraintes ne sont supportables et efficaces que si elles ont un sens légitime aux yeux des individus. Pourquoi ouvrir les commerces et pas les plages ? Les gouvernements ont à donner du sens à ces décisions pour les faire respecter, plutôt que d’utiliser la sanction. »

    Brandir la responsabilité à tout bout de champ, estime-t-il, c’est donner l’idée que l’on a entre nos mains la possibilité de résoudre le problème tout en faisant planer une menace si on ne le fait pas. « Vous êtes à la fois maître d’une solution et coupable. » Ce processus fait peser la responsabilité de l’issue de la crise sur les individus et stigmatise les comportements égoïstes tout en valorisant les comportements vertueux, poursuit le directeur de recherche de l’Inrae. Poussé à outrance par le néolibéralisme, ce système de pensée crée des irresponsables d’un côté et des héros de l’autre, par exemple les soignants qui font leur travail quotidien. »

    Cette notion est au cœur de la gouvernance néolibérale. L’avènement du néolibéralisme a été marqué par un transfert de responsabilités propres à l’État-providence – éducation, santé, sécurité, travail… – vers les individus et le secteur privé. Pour autant, observe la philosophe Émilie Hache (1), « le retrait apparent de l’État marque en réalité un interventionnisme encore plus fort mais déplacé » . Fini le rapport de dépendance, mais à l’inverse un système qui exige des individus qu’ils s’autonomisent et se responsabilisent.

    Dans le domaine de l’environnement comme dans celui de la santé, ajoute le sociologue Denis Salles, « l’invocation de la responsabilité semble être devenue une réponse systématique des sociétés modernes dans des situations de risques et d’incertitude qu’elles ont elles-mêmes engendrées » . Le chercheur a notamment étudié comment les politiques font de plus en plus appel au changement de pratiques individuelles, pour réguler les problèmes collectifs climatiques : consommer autrement, se déplacer autrement… Les fameux « bons gestes » .

    « L’idée est de faire assumer à chacun les conséquences de ses choix. » Désigné « entrepreneur de lui-même » , selon l’expression de Foucault, l’individu devient ainsi le premier responsable de sa trajectoire de vie, sur le plan professionnel ou économique. C’est cette idée qui sous-tendait l’injonction d’Emmanuel Macron à « traverser la rue » pour trouver un emploi, ou ses regrets devant le fait que « les gens ne s’en sortent pas » malgré le « pognon de dingue » mis dans les minima sociaux. De la même manière, l’individu serait aussi responsable de l’évolution de la crise climatique ou de celle du coronavirus.

    Bien sûr, il ne s’agit pas de nous décharger de toute responsabilité – pas question d’abandonner le recyclage de nos déchets ou le port du masque –, mais de rappeler que l’individu ne peut pas tout et que la responsabilité collective ne se fait pas à parts égales. Ainsi, cent multinationales produisent à elles seules 71 % des émissions planétaires de CO2 depuis 1988. « La responsabilisation dépend des responsabilités que l’on a », soulignait le philosophe Cornelius Castoriadis.

    Comment espérer contenir le changement climatique en s’intéressant davantage à nos gestes quotidiens qu’à notre modèle économique ? En analysant la couverture médiatique des questions environnementales, le sociologue Jean-Baptiste Comby s’est pourtant aperçu que l’accent était mis sur les conséquences du changement climatique et non sur ses causes. « Très majoritairement, les reportages incitent les citoyens à changer leurs comportements, relayant à leur manière la politique de l’État. On tient un discours de morale individuelle qui évacue la question de savoir quelles décisions politiques et mécanismes économiques sont à l’origine d’activités polluantes. »

    La focalisation actuelle sur les attitudes « irresponsables » des uns et des autres, dans les discours de nos représentants, dans les journaux télévisés ou dans les conversations de palier est-elle le signe que nous portons le même regard dépolitisé sur la crise sanitaire ? Parlons-nous davantage des règles de confinement et des gestes barrières que de la gestion des hôpitaux et de notre autonomie sanitaire ?

    Le processus politique de responsabilisation a atteint ses limites

    « Toute une partie de la population tient pour responsables le gouvernement et ses prédécesseurs pour leurs décisions et leurs incohérences, répond Jean-Baptiste Comby. Au point que des actions en justice ont déjà été introduites. La mise en accusation est bien plus forte et rapide que pour le climat. » Un constat partagé par Denis Salles, qui voit dans l’individualisation des responsabilités « une manière de se dédouaner de ses erreurs » mais ne croit pas pour autant que « la responsabilité politique dans cette crise sanitaire s’efface derrière la responsabilité des citoyens » .

    C’est la preuve, selon Jean-Baptiste Comby, que le processus politique de responsabilisation a atteint ses limites. « Cette crise arrive alors que s’intensifie la contestation du pouvoir, ce qui empêche une union nationale comme on a pu la connaître après des attentats. Dans ce climat anxiogène, la responsabilisation individuelle à outrance pourrait accentuer les crispations entre les uns et les autres en fonction de leurs attitudes. »

    Pour l’éviter, la philosophe Émilie Hache appelle à une « conception positive de la responsabilité morale », qui soit libératrice pour les individus. C’est ce que la philosophe féministe belge Isabelle Stengers appelle empowerment : le processus par lequel « chacun des membres d’un collectif acquiert, grâce aux autres et avec les autres, une capacité propre de penser, de sentir, de décider qu’il n’avait pas individuellement » . Une « responsabilité solidaire » , conclut le directeur de recherche de l’Inrae Denis Salles. « Dans un monde où existent à la fois toujours plus de science et toujours plus d’incertitude, lorsque l’on ne sait pas, mieux vaut chercher des solutions collectivement et les assumer collectivement. Étendre le périmètre de résolution du problème au-delà de l’individu, mais aussi au-delà des autorités. »

    #biopolitique

  • #Covid-19 et #capitalisme : le triomphe de la #biopolitique ? – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/coronavirus-capitalisme-biopolitique-foucault-agamben-esposito-marxisme

    La pandémie de Covid-19 débutée en 2019 constitue un événement total parce qu’elle incarne, à une échelle mondiale inédite, l’emboîtement de toutes les crises en cours et l’absence de toute issue prévisible à l’emballement catastrophique auquel nous assistons. Suscitant l’analyse et le pronostic, invitant à penser les ruptures à une époque qui les avait bannies de son horizon, la situation a, entre autres effets collatéraux, provoqué la prolifération frappante de la thématique biopolitique, qui s’était développée sur le terrain de la philosophie critique contemporaine au cours des dernières décennies. Les causes de ce succès sont multiples : en raison de son caractère savant autant que suggestif, de son extension indéfinie et de ses connotations futuristes, de son parfum critique et, bien sûr, d’une ascendance foucaldienne devenue critère de vraie radicalité, le terme semble le plus adéquat, sinon pour analyser les causes de la situation, du moins pour énoncer l’ampleur de ses enjeux.

    • Le paradoxe est à son comble si l’on ajoute que les notions de biopolitique et de biopouvoir élaborées par Foucault au milieu des années 1970[1] sont toujours restées en chantier : remodelant sans cesse ces catégories avant de les délaisser, il leur conféra le statut de pistes et d’esquisses d’une théorie de la société et de l’État qui se voulait avant tout une alternative à la critique de l’économie politique marxiste et à ses conséquences politiques. Congédiant les questions de l’organisation de la production et du conflit de classes, abandonnant les perspectives de l’égalité et de la révolution, Foucault abordait la réalité politique et sociale sous l’angle combiné de procédures de subjectivation et de dispositifs de gouvernementalité, œuvrant à même les corps et les populations.

      #ontologie #vitalisme #immunopolitique #Agamben (détruit autrement que précédemment ici) #Isabelle_Garo

  • Le « style tardif » de la #biopolitique. #Pandémie et #sélection – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/biopolitique-pandemie-covid-selection-brossat

    Mais il n’en est pas moins, dans les conditions où il demande au malade de rester chez lui ou, au contraire, l’encourage à se rendre à l’hôpital, l’agent d’une décision (d’un partage) où sont en jeu des questions de vie et de mort – où il statue sur le partage entre ceux que l’institution (l’hôpital comme figure de l’État ayant en charge la santé des sujets formant une population donnée, ici) prend en charge pour tenter de les faire vivre en dépit de la pandémie, de sauver et, à l’inverse, ceux qu’elle abandonne à leur destin (« surveillez votre température et, en cas de problèmes respiratoires, appelez votre médecin traitant »). Ce geste est bien celui d’une sélection puisque le médecin urgentiste va être conduit à ouvrir ou fermer les portes des unités de soin dédiées au covid en prenant en compte, outre les symptômes décrits, le profil général de la personne – les personnes âgées sont régulièrement invitées à rester chez elles, les pensionnaires des EHPAD y sont le plus souvent consignés.

    Il n’est donc pas exagéré, dès lors que sont en jeu des questions de vie et de #mort, de parler de fracture, un partage placé sous le régime du terrible et dont l’objet est la prise en charge du vivant par le pouvoir médical, la puissance étatique plus généralement.

    Ce partage sans appel n’est pas sans rappeler, quand même, dans la mesure précisément où le terrible en est le régime, la façon dont les pouvoirs traditionnels statuent sur la vie et la mort des sujets qui leur sont soumis, le droit du glaive, l’association indissoluble entre l’exercice du pouvoir et la mort – l’inscription de cet exercice dans un horizon de mort[4]. Le médecin des urgences qui assigne le patient infecté et en danger de mort à résidence, chez lui, sans accès aux soins, c’est quand même un peu la figure grise, sinistre, d’une souveraineté imprésentable qui, ici, tranche dans le corps commun non pas en faisant mourir, en faisant couler le sang, mais en pratiquant une sorte d’abandon actif, en laissant mourir par absence de soins.

    Ce geste dont la signification ne cesse, dans l’après-coup, de faire l’objet de tout un travail de camouflage et de maquillage, on le retrouve, sous une forme à peine moins brutale, dans l’opération du partage, au fort de l’épidémie, entre ceux-celles que les pouvoirs publics considèrent comme exposables envers et contre tout (ceux qui sont astreints à continuer à travailler, souvent sans protection, souvent en fonction de considérations où l’intérêt économique l’emporte sur celui de la vie commune, par opposition à ceux qui sont placés sous un régime général de retrait et de protection – celui du confinement.

    Dans les deux figures du partage ici évoquées, tout semble bien se passer comme si la fracture biopolitique n’était pas seulement ce qui survient au gré de circonstances catastrophiques imprévues, mais plutôt comme un inavouable principe dynamique de la prise en charge du vivant par les gouvernants dans nos sociétés. La production du geste du partage entre la fraction de la population dont le « droit à la vie » sera, envers et contre les circonstances désastreuses de l’épidémie, défendu et celle qui est abandonnée à son destin peut être interprétée de deux façons : en première approche, comme l’effet inopiné de la catastrophe face à laquelle l’autorité manifeste son incurie, débordée par les circonstances d’un fléau « trop grand pour elle », à la hauteur duquel elle échoue piteusement de se tenir. Mais le lecteur attentif de Foucault, notamment du chapitre V de La volonté de savoir, « Droit de mort et pouvoir sur la vie », sera porté à ausculter d’un peu plus près cette vérité se présentant comme factuelle. Certes, remarque Foucault, la relation du pouvoir à la mort se transforme profondément avec l’avènement des pouvoirs modernes. Ceux-ci ne mettent pas en jeu le droit de vie et de mort comme le fait, traditionnellement, le pouvoir souverain – droit de « faire mourir ou de laisser vivre ». En effet, explicite Foucault, sous un régime de pouvoir moderne, il s’agit de

    produire des forces, les faire croître, les ordonner plutôt que […] les barrer, les faire plier ou les détruire. Le droit de mort tendra dès lors à se déplacer ou du moins à prendre appui sur les exigences d’un pouvoir qui gère la vie et à s’ordonner sur ce qu’elles réclament[5].

    • Quand les plus hautes autorités de l’État ont eu recours en France à l’image de la guerre pour évoquer la lutte contre l’épidémie, il fallait donc l’entendre aussi de cette façon : c’est la guerre, l’ennemi viral a envahi notre territoire de façon telle que tout le monde, désormais, se trouve exposé au risque de la mort. Dans cette situation où il nous faut faire face à un danger vital, n’attendez pas de nous, les gouvernants, nous vous protégions tous autant que vous êtes et quelle que soit votre condition. C’est la guerre et il nous va donc falloir opérer des choix et consentir à des sacrifices. La définition des critères selon lesquels nous ferons ces choix et consentirons ces sacrifices nous appartient à nous seuls et ne saurait, bien sûr, être rendue publique et revendiquée – tant ce passage d’un régime du gouvernement des vivants à un autre suppose de contraventions et transgressions éthiques de ce qui demeure le saint Graal normatif et axiologique du discours démocratique et de l’universalisme humaniste et humanitaire qui demeurent nos tables de la loi…

      #laisser_mourir #société_d'abandon #ensauvagement

  • « Il faut s’adapter » - Barbara Stiegler
    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/NRF-Essais/Il-faut-s-adapter

    D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé, lui-même renforcé par l’injonction permanente à s’adapter au rythme des mutations d’un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l’évolution ? La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur (...)

    #technologisme #domination #GigEconomy #lutte #travail #biopolitique

  • Black Lives Matter protesters aren’t being tracked with Covid-19 surveillance tech. Not yet
    https://thecorrespondent.com/507/black-lives-matter-protesters-arent-being-tracked-with-covid-19-surveillance-tech-not-yet/569187644025-767f5154

    A video posted on Twitter sparked fears that Black Lives Matter protesters could be tracked down using Covid-19 contact-tracing technology. It’s a false alarm on this occasion, but without clear protections in place, the question is ‘when’ not ‘if’ our data is misused. Like many of the people who watched Minnesota Public Safety Commissioner John Harrington talk about how the city had begun analysing the data of people arrested at a Black Lives Matter protest and heard him say, “It’s contact (...)

    #santé #publicité #lutte #COVID-19 #métadonnées #technologisme #racisme #migration #géolocalisation #biopolitique #contactTracing #smartphone #Bluetooth #AarogyaSetu_ #algorithme #NHS #BlackLivesMatter #BigData #surveillance # (...)

    ##santé ##publicité ##_ ##OpenRightsGroup

  • We were told technology would end Covid-19 lockdowns, but the truth is there’s no app for that
    https://thecorrespondent.com/502/we-were-told-technology-would-end-covid-19-lockdowns-but-the-truth-is-theres-no-app-for-that/65780040876-d961f342

    In many countries, contact-tracing apps were presented as a precondition to end lockdowns. But our Track(ed) Together investigation reveals that many countries are struggling with the technology, turning instead to less high-tech solutions. Sam Aldridge was sceptical when she first heard about Australia’s contact-tracing app. The 30-year-old, who works at a design studio in the country’s second city Melbourne, was wary of her government’s track record of data breaches and concerned about how (...)

    #Apple #Google #Amazon #AmazonWebServices-AWS #AarogyaSetu_ #Android #Bluetooth #COVIDSafe_ #iPhone #QRcode #smartphone #TraceTogether #biopolitique #contactTracing #technologisme #consentement #métadonnées #BigData #COVID-19 #santé (...)

    ##santé ##bug

  • Een snelle uitweg uit de lockdown ? Niet met een app
    https://decorrespondent.nl/11291/een-snelle-uitweg-uit-de-lockdown-niet-met-een-app/5881817807250-64b9fcf8

    Het ene land na het andere land beloofde dit voorjaar een app om coronabesmettingen op te sporen. Maar in de praktijk schiet de technologie nog tekort. Daarom, terug van weggeweest : het vertrouwde, handmatige contactonderzoek. Toen Sam Aldridge voor het eerst hoorde over een app die nagaat met wie je allemaal in contact bent geweest, was ze sceptisch. De 30-jarige vrouw, die bij een ontwerpstudio in Melbourne werkt, de tweede stad van Australië, kende de slechte reputatie van de regering (...)

    #Apple #Google #Amazon #AmazonWebServices-AWS #AarogyaSetu_ #Android #Bluetooth #COVIDSafe_ #iPhone #QRcode #smartphone #TraceTogether #BigData #biopolitique #consentement #contactTracing #COVID-19 #métadonnées #technologisme (...)

    ##santé

  • Peur sur la ville : le marché des « safe cities »
    https://theconversation.com/peur-sur-la-ville-le-marche-des-safe-cities-138313

    À Nice, Marseille, Saint-Étienne ou encore Valenciennes, se développent des projets de « safe city », pendant sécuritaire de la « smart city ». Ce terme désigne des dispositifs numériques destinés à lutter contre les dangers de l’espace urbain : vidéosurveillance « intelligente », où l’analyse d’image s’appuie sur des algorithmes de détection de mouvements de foule, de violences, d’intrusion ; des plates-formes dites d’hypervision, comme à Dijon, permettant de gérer ensemble différents services municipaux dont (...)

    #Engie #Atos #Gemalto #Ring #Thalès #Airbnb #Amazon #Uber #algorithme #CCTV #smartphone #SmartCity #sonnette #biométrie #biopolitique #police #facial #métadonnées #reconnaissance #vidéo-surveillance #violence #BigData #mouvement #surveillance (...)

    ##LaQuadratureduNet

  • Crise du coronavirus : « La surveillance généralisée fait partie d’une logique de fabrication de vérité »
    https://www.marianne.net/societe/crise-du-coronavirus-la-surveillance-generalisee-fait-partie-d-une-logique

    Professeur de philosophie politique à l’université de Columbia, spécialiste de renom du philosophe Michel Foucault et auteur de « La Société d’exposition » (Le Seuil, 2020), Bernard E. Harcourt défend la pertinence des grilles d’analyse foucauldiennes pour décrypter la crise sanitaire. Marianne : L’œuvre de Michel Foucault comporte plusieurs concepts qui trouvent un remarquable écho dans la crise actuelle et la manière dont elle est gérée : on pense à la « biopolitique », à l’enfermement, à la discipline, (...)

    #algorithme #smartphone #biopolitique #contactTracing #manipulation #technologisme #consentement #COVID-19 #GAFAM #panopticon #santé (...)

    ##santé ##surveillance

  • Le surplus de subsistance |Bruno Latour, Revue Esprit
    https://esprit.presse.fr/actualites/bruno-latour/le-surplus-de-subsistance-42765

    Tout change s’il s’agit, non pas de maintenir ou d’accélérer la production pour avoir plus à redistribuer et le faire plus équitablement, mais d’assurer le maintien des conditions de subsistance de tous les participants nécessaires à l’habitabilité des humains.

    La crise sanitaire actuelle est d’une telle dimension qu’elle commence à donner une petite idée des crises à venir imposées par la mutation climatique1. Il y a de nombreuses manières d’aborder les liens entre ces deux événements majeurs, mais c’est aux rapports entre ce qu’exigent les gouvernements et ce que les sociétés considèrent comme acceptable que je voudrais m’intéresser ici. Il me semble qu’il faut aviver le contraste entre l’autorité dont dispose l’État pour imposer des mesures concernant la santé, au sens traditionnel du terme, et celle dont il disposerait s’il en venait à nous imposer des mesures drastiques pour notre santé, au sens élargi qu’impose l’écologie. La Covid-19 ne teste pas l’administration de la même façon que la mutation climatique – plus ancienne, plus massive, plus radicale. Si l’on a accepté pour un temps de multiplier les « gestes barrières » à la contagion d’un virus, je ne suis pas sûr que l’on soit prêt à accepter du même État l’imposition de gestes barrières pour favoriser la santé de la planète !

    De la biopolitique un à la biopolitique deux

    La probabilité pour que la crise sanitaire serve de répétition ou de « crash test » pour la mutation écologique paraît faible quand on compare les relations qu’entretiennent la société civile et l’administration – pour reprendre provisoirement des catégories trop générales. Quand il s’agit de santé et de protection de la vie, on bénéficie de plusieurs siècles derrière nous au cours desquels la société civile a pris l’habitude de s’en remettre à l’État et, en gros, malgré d’innombrables critiques, à lui faire confiance. D’ailleurs, sans l’État, sans l’appareil statistique, sans les capacités de mobilisation des ministères, sans la police ou même parfois sans l’armée, les populations ne sauraient pas comment se comporter devant une menace dont elles ne verraient même pas clairement les effets. Pour cette crise-là, et parce qu’il s’agit de maladie, le public accepte donc ce rapport relativement infantilisant de se trouver littéralement « dans la main de l’État ». La raison en est que la légitimité de son action s’est construite depuis très longtemps (depuis l’hygiène au XIXe siècle, la mise en place des vaccinations, etc.) et que la société civile a transféré ses connaissances et ses compétences à l’administration. D’où la docilité très relative avec laquelle le confinement a été accepté. On s’est retrouvée dans la biopolitique décrite par Michel Foucault avec un rapport plus ou moins filial à l’État pasteur qui gère, soigne et dirige ses « brebis »… (N’appelle-t-on pas, en Allemagne, Madame Merkel « Mutti » pour souligner ce rapport filial et presque maternel avec son administration ?)

    La situation est entièrement différente avec les questions dites écologiques. Là, c’est l’administration qui est souvent considérée comme un obstacle aux efforts encore timides de la société civile pour imaginer ce que peut vouloir dire une alternative écologique aux sociétés industrielles du passé. Il n’est pas question ici de volonté générale partagée entre l’administration et le public, puisque ni le public ni l’État ne partagent des conceptions communes sur ce qu’il convient de faire. Dans ce cas-là, le décalage est parfaitement clair entre une administration qui a su accompagner, après-guerre, la reconstruction, puis l’effort de modernisation ( ce qu’on a fort indûment appelé les « Trente Glorieuses »2), mais qui, déjà à partir des années 1980, a eu toutes les peines du monde à se situer dans l’immense mouvement de la globalisation où elle ne savait pas s’il fallait l’accélérer ou le ralentir3. Voilà un cas typique où le logiciel actuel de l’administration est en décalage avec la nouvelle tâche d’exploration nécessaire pour faire face à la mutation écologique. Par conséquent, chaque décision de l’État se trouve en conflit radical ou partiel avec les nécessités de la transition. Pour ces questions nouvelles, l’administration ne peut donc en aucun cas jouer le rôle de gestion paternelle et donner des directions fiables à ses « brebis »…

    #crise_sanitaire #écologie #subsistance #biopolitique #État #Bruno_Latour (...)

    • C’est... incroyable soit de malhonnêteté soit -ms je n’ose pas le penser, moi je suis une nobody de basse extraction- d’inculture !

      https://twitter.com/JustUnaDonna/status/1265348020448702465

      Quel géographe et / ou quel marxiste conséquent peut ne pas hyperventiler en lisant le dernier B.Latour ?
      C’est très, très mauvais. [...]

      Classe « géosociale » parce que le type découvre que les outils marxistes sont pas du tout ce qu’il croyait, et qu’il a au mieux 50a de retard ?

      Que l’écologie en fait c’est aussi de l’économie, donc lié aux territoires et ressources ?

      [...] C’est ça le génie que le monde ns envie ?
      Mais. Mais la géographie politique, l’écologie politique, il... n’en a pas eu vent ? Il a pas su ?

      Bruno Latour a rejoint Sciences Po en 2006 comme Professeur des Universités, avant d’en devenir directeur adjoint et directeur scientifique à la rentrée 2007.

      https://medialab.sciencespo.fr/equipe/bruno-latour

      #Bruno_Latour

  • La vie n’est pas donnée | Antoinette Rouvroy
    https://www.academia.edu/31846143/La_vie_nest_pas_donn%C3%A9e?auto=download

    La vie n’est pas donnée. Antoinette Rouvroy « La vie, c’est l’excès permanent de la vie. La vie - ce qui ne peut jamais être organisé jusqu’au bout : la désorganisation de la vie » (Boyan Manchev, La métamorphose et l’instant. Désorganisation de la vie, La Phocide, 2009.) Comme l’écrit Frédéric Neyrat, les deux maux principaux dont meurent les sociétés aujourd’hui sont « la croyance en l’indemne, qui nous permet de tout détruire » et « la programmation des conduites, qui empêche d’exister » (1). (...)

    #algorithme #biopolitique #criminalité #technologisme #domination #prédiction #BigData (...)

    ##criminalité ##profiling

  • India was already a surveillance state. Its Covid-19 app goes even further
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/india-coronavirus-surveillance

    Concerns about the government’s new contact-tracing software stretch back more than a decade, to its controversial biometric data scheme Critics warn that India’s new national contact tracing app, downloaded by over 100 million people, is just the latest move in the country’s drive to establish an increasingly draconian surveillance state. Prime Minister Narendra Modi’s government launched the app, named Aarogya Setu — Hindi for “Bridge to Healthcare” — on April 2. The app is designed to (...)

    #algorithme #AarogyaSetu_ #Bluetooth #smartphone #biométrie #biopolitique #contactTracing #consentement #Aadhaar #BigData #COVID-19 #hacking #DataBrokers #pauvreté #santé #surveillance (...)

    ##pauvreté ##santé ##_

  • Félix Tréguer : « Je veux partager l’énergie des expériences de résistance à travers l’histoire » - Mouvement UP
    https://www.mouvement-up.fr/articles/felix-treguer-je-veux-partager-lenergie-des-experiences-de-resistance-a

    Félix Tréguer est chercheur associé au Centre Internet et société du CNRS et membre fondateur de la Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés sur Internet. Son premier essai, L’utopie déchue, témoigne des espoirs et dérives que suscitent les nouvelles technologies informatiques, et fait écho au débat en cours sur l’utilisation des données personnelles face au coronavirus.

    #biopolitique #contactTracing #éthique #technologisme #domination #BigData #COVID-19 #lutte #santé #surveillance #LaQuadratureduNet

    ##santé

  • Contextualizing Coronavirus Geographically

    Contextualizing Coronavirus Geographically

    Knowing Birds and Viruses – from Biopolitics to Cosmopolitics (Pages: 192-213)

    Mapping microbial stories: Creative microbial aesthetic and cross‐disciplinary intervention in understanding nurses’ infection prevention practices

    Biosecurity and the topologies of infected life: from borderlines to borderlands

    Mapping careful epidemiology: Spatialities, materialities, and subjectivities in the management of animal disease

    The tactile topologies of Contagion

    The spatial anatomy of an epidemic: #influenza in London and the county boroughs of England and Wales, 1918–1919

    The tyranny of empty shelves: Scarcity and the political manufacture of antiretroviral stock‐outs in South Kivu, the Democratic Republic of the Congo

    The strange geography of health inequalities

    Maintaining the sanitary border: air transport liberalisation and health security practices at UK regional airports

    For the sake of the child: The economization of reproduction in the #Zika public health emergency

    The avian flu: some lessons learned from the 2003 #SARS outbreak in Toronto

    Airline networks and the international diffusion of severe acute respiratory syndrome (SARS)

    Indeterminacy in‐decisions – science, policy and politics in the BSE (#Bovine_Spongiform_Encephalopathy) crisis

    Biosecure citizenship: politicising symbiotic associations and the construction of biological threat

    The Spatial Dynamics of Epidemic Diseases in War and Peace: #Cuba and the Insurrection against Spain, 1895–98

    Pandemic cities: biopolitical effects of changing infection control in post‐SARS #Hong_Kong

    Biosecurity and the international response to HIV/AIDS: governmentality, globalisation and security

    Portable sequencing, genomic data, and scale in global emerging infectious disease #surveillance

    Disease, Social Identity, and Risk: Rethinking the Geography of AIDS

    Who lives, who dies, who cares? Valuing life through the disability‐adjusted life year measurement

    (Global) health geography and the post‐2015 development agenda

    When places come first: suffering, archetypal space and the problematic production of global health

    After neoliberalisation? Monetary indiscipline, crisis and the state

    Humanitarianism as liberal diagnostic: humanitarian reason and the political rationalities of the liberal will‐to‐care

    In the wake: Interpreting care and global health through #Black_geographies

    Avian influenza and events in political biogeography

    ‘We are managing our own lives . . . ’: Life transitions and care in sibling‐headed households affected by AIDS in Tanzania and Uganda

    https://rgs-ibg.onlinelibrary.wiley.com/doi/toc/10.1111/(ISSN)1475-4959.contextualizing-coronavirus-geographica

    #géographie #coronavirus #covid-19 #pandémie #épidémie #biopolitique #cosmopolitique #contagion #histoire #inégalités #frontières #aéroports #aviaire #Hong-Kong #HIV #AIDS #SIDA #Tanzanie #Ouganda #revue

    ping @reka @simplicissimus

  • Employers Rush to Adopt Virus Screening. The Tools May Not Help Much
    https://www.nytimes.com/2020/05/11/technology/coronavirus-worker-testing-privacy.html

    Symptom-checking apps and fever-screening cameras promise to keep sick workers at home and hinder the virus. But experts warn they can be inaccurate and violate privacy. Bob Grewal recently began testing a new health-screening setup for workers at a Subway restaurant he owns in Los Angeles near the University of Southern California. When he stepped inside the employee food prep area, a fever-detection and facial recognition camera service, PopID, quickly identified him by name and gauged (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #biopolitique #température #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #COVID-19 #santé #surveillance (...)

    ##santé ##technologisme

  • Home Thoughts for New Times
    https://www.versobooks.com/blogs/4699-home-thoughts-for-new-times

    Enzo Traverso on ’the Revolt of Nature’ and how #COVID-19 forces us to reconsider the blurred relationship between politics, economics, society and biology.

    The anthropological model established by pandemic policies—work from home, isolation, self-confinement—significantly corresponds with the concept of freedom defined by classical liberalism: the triumph of “negative” liberty (circumscribed into a purely individual realm) against “positive” liberty (collective action in a public sphere). This anthropological model is antipodal to both “commonality” and the culture of the left, which historically has been forged and transmitted through collective action. This means that we have to invent new practices able to replace, at least transitionally, the traditional forms of mass mobilization.

    #biopolitique #pandémie

  • Appli StopCovid, drone, bracelet électronique, vers une surveillance de masse ?
    https://www.youtube.com/watch?v=szpHNSIUYdI

    Avec la crise sanitaire que nous vivons, les stratégies sécuritaires et les moyens de surveillance se développent. Malgré la volonté affichée de lutter contre l’épidémie de COVID-19, ces dispositifs menacent nos libertés individuelles. StreetPress vous explique pourquoi dans cette vidéo.

    #algorithme #bracelet #Bluetooth #drone #smartphone #StopCovid #biopolitique #contactTracing #géolocalisation #technologisme #métadonnées #BigData #COVID-19 #santé #surveillance

    ##santé

  • COVID-19 Digital Rights Tracker
    https://www.top10vpn.com/research/investigations/covid-19-digital-rights-tracker

    This live tracker documents new measures introduced in response to COVID-19 that pose a risk to digital rights around the world. In response to the outbreak of COVID-19 : Contact Tracing Apps are being used in 29 countries Alternative digital tracking measures are active in 30 countries Physical surveillance technologies are in use in 9 countries COVID-19-related censorship has been imposed by 15 governments Internet shutdowns continue in 3 countries despite the outbreak Introduction (...)

    #Google #Vodafone #GooglePlay #WeChat #algorithme #contactTracing #bracelet #Bluetooth #drone #smartphone #TraceTogether #biopolitique #géolocalisation #technologisme #métadonnées #vidéo-surveillance #BigData #censure #COVID-19 #santé #surveillance #AccessNow (...)

    ##santé ##CitizenLab ##PrivacyInternational