• Faire sauter le verrou médiatique, par Serge Halimi (octobre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/HALIMI/53932

    Ne pas engager de combat contre le système de l’#information dominante constitue une erreur de calcul autant qu’une faute intellectuelle. D’autant que la #critique des #médias sert souvent de point d’entrée en politique à de nouvelles générations, aussi saturées de nouvelles et de commentaires que défiantes envers le #journalisme professionnel. [#st]

    http://zinc.mondediplo.net/messages/8464 via Le Monde diplomatique

    • je viens de le lire sur l’édition papier, on y parle de @zinc et @seenthis sans les citer.

      Je ne suis pas sûr que je veuille un « média de masse », même « dégagé des logiques de rentabilité et de domination ». À mon sens il est plus intéressant d’avoir plusieurs médias de taille petite à moyenne, et l’existence d’un ou plusieurs sites indépendants, même marginaux, et toujours bonne à prendre.

      Internet est à prendre au sérieux : c’est clairement devenu la source d’information principale de nombre d’entre nous. Malheureusement, on y lit le plus souvent des dépêches AFP (mal) réécrites.

      Il y a plusieurs problèmes au « verrou médiatique » :
      – le financement évidemment, et ce qui en découle (qui dirige, place de la publicité)
      – la concentration des sources d’information : regarder les infos (uniquement) sur google news, c’est laisser les algorithmes choisir ce qui est intéressant à notre place (ou de celle du rédacteur en chef), ce choix étant fait parmi les journaux déjà bien en place
      – l’organisation des médias : là où la mise en page et le choix des articles est un élément essentiel d’un journal papier, dans le monde numérique on a : - des limites de 140 caractères qui poussent à la phrase marketing, qui fait mouche pour attirer du monde
      - un flux chronologique rapide, ayant pour conséquence de l’information jetable qui fait le « buzz » et est oubliée 2 jours après
      - ou une mise en avant en suivant les « likes », laissant toujours l’avantage aux entités les plus populaires ou ayant le plus de moyens
      - ou encore une sélection algorithmique, avec proposition d’article selon la bulle qu’on s’est déjà formé.

      Internet a un rôle central à jouer (et j’espère que ce sera encore le cas pour le papier pendant longtemps), mais il reste à le réinventer.

    • je vois que c’est visiblement le même moteur ; on retrouve une partie des mêmes contributeurs. Pourquoi l’avoir différencié ? C’est contreproductif, non ? ou bien y a t il une passerelle automatique entre les deux ?

    • Au même moment #Txetx de #Bizi est interviewé par Arrêt sur image, sur la question de savoir si on peut monter des mouvements contestataires SANS les médias nationaux, notamment parce qu’il n’y a eu aucune couverture nationale d’Alternatiba Paris qui a pourtant rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et il répond : « On s’en fout, on laboure le terrain en profondeur ».
      http://www.arretsurimages.net/articles/2015-09-28/Alternatiba-mouvement-ecolo-passe-sous-les-radars-de-la-tele-id8073
      et la vidéo
      http://www.arretsurimages.net/emissions/2015-10-02/Climat-on-peut-faire-une-action-de-masse-sans-les-medias-id8085
      (c’est #paywall par contre)

    • @rumor j’avais déjà expliqué aussi pourquoi je trouvais idiot de créer un petit seenthis bis sur le même principe, utilisant le même moteur. Mais c’est apparemment une idée des « Amis du Diplo » (l’association) qui voulait un outil pour diffuser de l’info. Il n’ont vraisemblablement pas compris que sur seenthis on peut s’abonner ou se désabonner ou même bloquer les comptes pour que chacun crée une liste taillée pour ses propres besoins.

      ils auraient pu s’enrichir de ce que seenthis apporte, et seenthis s’enrichir potentiellement de ce que le réseau des « Amis » peut apporter ou signaler. Mais ils ont préféré rester entre-soi (ce qui n’est pas très étonnant finalement), et c’est dommage. Surtout dans la perspective de projets collectifs encore trop fragmentés (on ne peut pas tout suivre et c’est aussi dommage parce que c’est aussi très intéressant).

      De ce point de vue oui, @rumor c’est tout à fait contre-productif. Mais c’est pas interdit non plus que chacun fasse ses expériences et comme ne le dit pas @fil, le Diplo reste assez « glacial » pour tout ce qui concerne Internet et Zinc n’est sans doute pas l’expérience Internet qui les effrayera le plus. Tout cela rste très sage et très conventionnel.

      Et franchement l’article est désespérément « derrière » : très courte vue et rien de nouveau, toujours les même poncifs : grosse fatigue.

      cc @thibnton

    • oui j’ai lu la discussion sur le fil de zinc. Je n’ai pas encore bien compris comment me relier à zinc pour suivre là bas d’autres gens et surtout leur permettre éventuellement de s’abonner à mon fil (pour ceux que cela pourrait intéresser).

    • C’est d’ailleurs en partie assez paradoxal que le diplo ait cette distance vis-à-vis du web alors qu’il fut l’un des premiers journal à avoir un site digne de ce nom, et qu’aujourd’hui encore son site et ses archives sont très bien fichus. Mais c’est vrai que c’est à différencier des réseaux sociaux, qui sont encore autre chose que les sites classiques.

  • Face aux politiques d’austérité et au chômage : comment créer des millions d’emplois pour le climat

    Le chômage vient de battre un nouveau record historique. Le gouvernement salue une « amélioration de la tendance », mais rien ne semble enrayer l’accroissement du chômage. Pourtant, de nombreuses études montrent que la lutte contre les dérèglements climatiques pourrait générer de nombreux emplois. Plus de 10 000 pour le seul Pays Basque, selon une étude publiée par le collectif altermondialiste Bizi ! à la veille du 1er mai. Au Royaume-Uni, syndicats et organisations écologistes s’allient pour encourager la création d’un millions d’emplois dans les énergies renouvelables, les transports et la rénovation des bâtiments. Tour d’horizon des propositions.

    http://www.bastamag.net/Face-aux-politiques-d-austerite-et-au-chomage-comment-creer-des-millions-d

    #Climat #emplois #chômage #transition #Bizi #OneMillionClimateJobs #GreenJobs

  • Face aux politiques d’austérité et au chômage : comment créer des millions d’emplois pour le climat
    http://www.bastamag.net/Face-aux-politiques-d-austerite-et-au-chomage-comment-creer-des-millions-d

    Le chômage vient de battre un nouveau record historique. Le gouvernement salue une « amélioration de la tendance », mais rien ne semble enrayer l’accroissement du chômage. Pourtant, de nombreuses études montrent que la lutte contre les dérèglements climatiques pourrait générer de nombreux emplois. Plus de 10 000 pour le seul Pays Basque, selon une étude publiée par le collectif altermondialiste Bizi ! à la veille du 1er mai. Au Royaume-Uni, syndicats et organisations écologistes s’allient pour encourager (...)

    #Résister

    / #L'enjeu_de_la_transition_énergétique, Emploi , #Energies_renouvelables, #Recyclage, (...)

    #Emploi_ #Transports

  • L’incroyable mobilisation de la police pour retrouver huit chaises qu’exige la banque fraudeuse HSBC
    http://www.reporterre.net/L-incroyable-mobilisation-de-la
    (la suite de http://seenthis.net/messages/341607 )

    Le 31 mars, Txetx Etcheverry et Sabrina Ravetta, militants de #Bizi, ont été entendus pour la troisième fois au commissariat de Bayonne. Leur délit ? Avoir saisi huit sièges dans une agence #HSBC pour protester contre l’#évasion_fiscale organisée par la banque. Des milliards contre quelques chaises… Et la police inquiète aussi Attac et Les Amis de la Terre !
    Le braquage du siècle s’est déroulé le 12 février dernier à Bayonne. C’était un jeudi. Sous les yeux des clients médusés, une vingtaine de personnes se sont livrées à un « pillage » militant dans l’agence de la banque HSBC. Le butin : huit sièges.
    Ces dangereux individus sont des militants du mouvement Bizi . Ils ont agi dans le cadre d’une action citoyenne pour reprendre une petite… toute petite partie de l’argent détourné par la banque HSBC.
    Car cette banque est au coeur d’un vaste système de #fraude, comme l’ont révélé en février dernier, Le Monde et le Consortium international des journalistes http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/08/swissleaks-revelations-sur-un-systeme-international-de-fraude-fiscale_457231 : ce sont 180 milliards d’euros que la banque a fait disparaitre par évasion fiscale http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/25/hsbc-carte-de-l-evasion-fiscale-globalisee entre novembre 2006 et mars 2007. Rien que pour la France, près de 6 milliards ont été dissimulés par HSBC, classée comme la deuxième banque mondiale.

    Pas rancunier pour un sou, Bizi avait offert aux #délinquants bancaires un exemplaire du Livre noir des banques http://www.reporterre.net/Le-hold-up-toujours-impuni-des publié par Attac et @bastamag.
    Qui est poursuivi pour « Vol aggravé » ? La banque fraudeuse ? Non : les récupérateurs de huit chaises !
    Cinq jours plus tard, #Txetx Etcheverry, cofondateur de Bizi, se présentait au poste de police. Il y était entendu pour « vol aggravé ». Devant le commissariat, le militant altermondialiste se disait prêt à « rendre au plus vite les huit fauteuils, mais seulement après que la banque HSBC ait elle-même rendu les 2,5 milliards d’euros que son système a permis de dérober aux recettes publiques françaises ». Et comme la restitution risque de prendre un peu de temps, Txext Etcheverry précisait que d’ici là, les sièges seraient « mis à la disposition d’associations et d’ONG luttant contre l’évasion fiscale ».

    L’offre a visiblement trouvé preneur puisque la police n’est parvenue à récupérer que trois des huit sièges. Les associations Attac https://france.attac.org, les Amis de la Terre http://www.amisdelaterre.org ainsi que le philosophe Patrick Viveret http://www.reporterre.net/Pour-empecher-le-risque-de-la et le syndicat national Solidaires Finances Publiques http://solidairesfinancespubliques.fr ont apporté leur soutien à Bizi en acceptant les précieuses chaises. Dès lors, aux yeux de la police, ils seront impliqués dans un « recel de vol aggravé ».
    Depuis, les enquêteurs cherchent désespérément les sièges manquants. Et le 17 mars, six militants de Bizi, sont de nouveau convoqués pour un relevé d’ADN. Txetx Etcheverry s’étonne logiquement de cette démarche et refuse tout prélèvement : « Je ne vois pas l’intérêt d’un fichage génétique puisque nous agissons toujours à visages découverts ».
    Le 31 mars, Txetx Etcheverry et Sabrina Ravetta se sont rendus au commissariat de Bayonne pour une troisième convocation. Cette fois, ils seront entendus pour « refus de prélèvement biologique ».
    « Il est hallucinant de voir tous les moyens mis en œuvre pour cette affaire. C’est aussi très révélateur par rapport aux 1000 milliards d’euros que coûte l’évasion fiscale. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Michel Barnier qui était commissaire européen UMP » , constate Txetx Etcheverry, qui note par ailleurs qu’à « l’heure où on manque cruellement de moyens pour lutter contre le #changement_climatique et engager la #transition énergétique, on peut regretter que l’argent aille dans les #paradis_fiscaux ».
    L’évasion des chaises vers la Suisse. Va-t-on mobiliser Interpol ?

    Cette dernière audition a duré 1h30 durant laquelle les enquêteurs ont questionné l’implication de Thomas Coutrot http://www.reporterre.net/Il-faut-renoncer-a-la-croissance, coprésident d’Attac et de Florent Compain, président des Amis de la Terre.
    Les deux hommes devraient à leur tour être convoqués et la visite des locaux parisiens des associations serait prévue dans le but de récupérer les fameux sièges.
    Thomas Coutrot indique à Reporterre envisager « d’organiser l’évasion de la chaise vers la Suisse, avec l’aide d’une association sur place, ce qui permettra de continuer le jeu du chat et de la souris ».
    Attac avait par ailleurs saisi plusieurs chaises d’une agence BNP-Paribas, le 7 mars dernier à Paris. Contrairement à la banque suisse, BNP Paribas n’a pour l’instant pas porté plainte.
    Pour Florent Compain, président des amis de la terre, HSBC a commis une erreur : « La banque a porté plainte à Bayonne dans la journée, donc à partir du moment où une instruction est ouverte, ils sont bien obligés de continuer l’action. Ça nous offre un boulevard pour nous exprimer ».
    Txetx Etcheverry partage le même sentiment et précise que « s’il y a procès, on est prêt à aller jusqu’au bout et on en fera le procès de l’évasion fiscal ».
    Interrogé par Reporterre, la chargée de communication d’HSBC France, Coralie Houel, indique : « Nous ne faisons aucun commentaire ».
    En attendant, Florent Compain songe aussi faire sortir la chaise hors de France.
    A l’aide ! Mme Taubira, M. Valls, M. Cazeneuve, saisissez Interpol !

    #SwissLeaks

  • EDITO - Un crime du pouvoir socialiste - Reporterre - Hervé Kempf
    lundi 27 octobre 2014

    Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence.
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6499

    Le drame qui s’est déroulé près d’une rivière où, voici quelques semaines, s’épanouissait une forêt vivante, n’est pas un accident. C’est un crime.

    Nous n’affirmons pas ici qu’une grenade ou un autre projectile lancé par les forces de « l’ordre » a touché mortellement le jeune Rémi Fraisse. Les témoignages que nous publions incitent à le penser, mais nous attendons le résultat de l’autopsie et d’autres témoignages indiscutables pour déterminer notre conviction.

    Nous affirmons que la mort de ce jeune homme résulte de l’obstination criminelle de hauts responsables qui ont, contre l’évidence et en piétinant l’esprit de la loi, conduit à une situation où la seule issue était la violence, une violence savamment entretenue par une police à qui l’on a lâché la bride.

    Rappelons divers faits, amplement documentés par Reporterre et par les collectifs de sauvegarde de la zone humide du Testet :

    – l’enquête publique avait conclu à un avis favorable, SOUS RESERVE d’un avis positif du Conseil National de Protection de la Nature. Or, celui-ci a rendu un avis nettement défavorable ;
    – les travaux de défrichement se sont déroulés sans autorisation préalable de défrichement ;
    – les opérations obligatoires de diagnostic archéologique préalable ont été oubliées ;
    – le conflit d’intérêt est manifeste, puisque la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne a établi l’étude concluant à la nécessité des travaux, alors que c’est elle qui doit les réaliser. (...)

    #testet #Sivens
    ≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈

    Une affiche du PS de septembre 1976 « le capitalisme tue la nature, sauvons la vie ».


    via https://twitter.com/laparisiennelib/status/526692223241715714

  • Interview à Bayonne de la Fondation MRA du syndicat basque ELA, le lieu qui a contribué entre autre Bizi (et donc Alternatiba), EHLG (la chambre d’agri alternative), la monnaie locale Eusko, etc. L’épicentre de la résistance écolo-sociale ! :D

    10 ans de travail en Iparralde | Enbata
    http://www.enbata.info/articles/10-ans-de-travail-en-iparralde

    Le syndicat ELA est présent depuis 10 ans en Iparralde via la Fondation Manu Robles-Arangiz. L’interview Alda ! de l’équipe qui gère et anime le travail quotidien de la Fondation MRA en Iparralde apporte un éclairage sur le travail mené durant ces 10 dernières années et sur l’avenir d’ELA et de la Fondation MRA en Iparralde.

    #Bayonne #ELA #syndicalisme #écologie #EHLG #eusko #monnaie_locale #Bizi #Alternatiba #Pays_Basque

    • @rastapopoulos

      Et lol pour « masques blancs » juste après « bonnets rouges » (cf Franz Fanon).

      la juxtaposition était fortuite de ma part, je connaissais pas le bouquin en question je viens de voir ça http://fr.wikipedia.org/wiki/Peau_noire,_masques_blancs c’est simplement que les « masques blancs » (en fait les masques antipoussière, évoquant la pollution) ont été choisis comme symbole de ce mouvement pour la pollutaxe.

      vivre et travailler au pays pour nourrir des chinois à l’autre bout du monde

      oui je crois qu’ils ont un souci à ce niveau, une difficulté à prendre du recul par rapport à l’agro-industrie développée dans les années 1950 par la génération de leurs parents, la même agro-industrie qui les embourbe aujourd’hui

    • Oui je sais pour les masques, mais mettre les deux à la suite m’a tout de suite fait penser au fameux titre, bien que le sujet n’est aucun rapport. :)

      Je ne comprends pas comment on peut persister dans un truc qui est clairement de ce qui nous a foutu dans la merde, alors que c’est tellement gros que c’est ça qui détruit les emplois (car facilement délocalisable à tout moment), pollue la terre de Bretagne, pollue l’air, etc. Pour moi ça me parait impossible de ne pas le voir, donc ceux qui sont pour le sont en connaissance de cause et sont donc en bonne partie responsables du fait que ça continue : on ne peut pas rejeter la faute tout le temps sur la génération précédente. Et ça vaut autant pour les patrons, les maires ET les salariés dans une moindre mesure.

      En plus, Troadec dit que c’est ça qui a permis ET permettra encore aux gens de vivre au pays, comme si ça avait toujours existé, mais dans le même temps il dit que cette industrie est récente et que ça ne date que de la génération de leur parent. Il fait en permanence dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit, en faisant comme si c’était tout blanc ou tout noir, c’est-à-dire comme si les autres proposaient d’arrêter l’agriculture en Bretagne et de passer à une autre industrie. Alors qu’ils n’ont jamais dit ça, mais qu’ils ont dit que les gens devraient continuer à faire de l’agriculture mais en circuit court au maximum. Et ça il ne répond jamais sur ce point, sauf à un moment où il parle seulement en termes économiques de marche où il dit « oui oui le bio c’est intéressant on en fait aussi, on est pour, il y a des débouchés en terme de marché, etc ». En gros pour lui c’est juste une niche de consommateurs comme une autre, pas une gestion globale du territoire.

    • Je crois que cet aveuglement sur l’agro-industrie tient beaucoup à des raisons historiques, de la « petite histoire », celle des histoires individuelles. La Bretagne a longtemps été une terre d’émigration et de paysannerie assez pauvre, ayant par ailleurs subi un certain mépris jacobin (dont Mélenchon se fait le triste héritier aujourd’hui). Tout comme le Pays Basque ou d’autres pays.
      L’agro-industrie est ce qui a permis à la Bretagne de gagner un mieux être matériel pour la génération née après la 2ème guerre, et a permis à cette génération de vivre au pays. L’endettement, la malbouffe et la pollution sont peut-être vus dans ce contexte comme des dégâts collatéraux inévitables, mais ne suffisant pas en eux-mêmes à remettre en question le modèle agro-industriel, vu comme la seule façon de vivre au pays. En gros ça serait « l’agrobusiness ou la misère et l’exil », comme d’autres disaient à une époque « le nucléaire ou la bougie ».
      Dans une telle vision pas de place pour le circuit court, pas de place pour une société conviviale incomparablement plus efficace que toutes les sociétés rugueuses du passé et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent (Illich).

      En comparaison, ici à une époque ce qui a enrichi les gens c’était l’essor de la pêche (faisant écho à la pêche morutière qui au XVIème siècle avait mis fin aux famines), qui s’était également développée à partir des années 1950 dans une logique exportatrice et du « toujours plus » en volume. Elle ne se serait peut-être pas cassé la gueule comme elle l’a fait dans les années 1980 en Labourd, si elle avait misé sur la qualité et sur un marché plus local.
      ça me fait penser à un article de Joseba Azkarraga sur l’échec de Fagor dans ce modèle du « toujours plus » http://paperekoa.berria.info/iritzia/2013-11-02/004/001/kooperatiben_geroaz.htm (je le traduirai quand j’aurai un moment)

  • Ils ne portent pas de bonnets et ils se mobilisent POUR l’écotaxe‏ - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5066

    Mais si, c’est bien de taxer les transports routiers polluants ! Des écologistes et des cheminots vont le dire haut et fort, à Bayonne, le 2 décembre.

    Une nouvelle fois, les mobilisations des lobbys patronaux ont obtenu la suspension de l’écotaxe (ou plutôt « pollutaxe »).

    Nous organisons aujourd’hui une réunion large et ouverte pour voir ensemble comment faire contre-poids au lobbying des patrons routiers et des divers responsables de l’agriculture productiviste et de la délocalisation actuelle de l’économie.

  • Gros succès d’#Alternatiba ce week-end. Énoooorme !

    Alternatiba : l’objectif des 10.000 personnes atteint dès 14h30 » #Bizi !
    http://www.bizimugi.eu/fr/alternatiba-lobjectif-des-10-000-personnes-atteint-des-14h30

    Nous estimons l’affluence, à 14H00, à environ 10.000 personnes passées depuis ce matin 9h. Nous avons dû refuser du monde dans la moitié des conférences ayant eu lieu jusqu’à présent, y compris dans l’amphi 400 places (21 conférences au total entre 10h et 14h30).

    Climat : la réussite d’Alternatiba ouvre la voie aux mobilisations futures
    http://www.bizimugi.eu/fr/climat-la-reussite-dalternatiba-ouvre-la-voie-aux-mobilisations-futures

    Le cap des 10 000 personnes était franchi dès 14H30 le dimanche pour un magnifique Village des alternatives qui s’est ouvert au public dès 9H00 du matin. Le Village et ses 15 espaces thématiques était tellement dense qu’il était impossible de voir toutes les alternatives concrètes qu’il proposait à la découverte de ses visiteurs. Là, encore, de très nombreuses conférences et ateliers ont du refuser du monde, malgré le fait qu’il s’en tenait souvent 6 ou 7 au même moment. Le centre de Bayonne, habituellement désert le dimanche, fourmillait de gens. Nous estimons à plus de 12 000 le nombre de personnes venus à Alternatiba. Au delà du bilan quantitatif, le fait marquant de cette journée, c’était le sourire lisible sur chaque visage et l’énergie collective et positive qui se dégageait de cette foule rassemblant largement au delà des convaincus.

    Le manifeste qui est sorti à la fin de la journée :
    Créons 10, 100, 1 000 Alternatiba en Europe
    http://www.bizimugi.eu/creons-10-100-1-000-alternatiba-en-europe

    Malheureusement mal distribué, car bien que traduit en 11 langues et alors que c’est du simple texte, il n’y a aucun URL de page HTML avec le contenu de ce manifeste. On est obligé de télécharger des fichiers dans un format privateur que tout le monde ne peut pas ouvrir pour y accéder !…

    Quelques photos :

    • À nous de le libérer :

      Appel à multiplier les villages des alternatives

      "Stéphane Hessel affirmait qu’un des défis centraux de notre temps était « les changements climatiques et les dégradations dues à l’action de l’homme au cours des trois derniers siècles. Le dérèglement climatique s’aggrave et s’accélère, mettant à mal les populations les plus pauvres de la planète et à moyen terme les conditions de vie civilisée sur Terre ».

      Tous les signaux d’alerte sont au rouge. Les dérèglements climatiques se multiplient, touchant particulièrement les populations les plus pauvres du Sud, mais aussi celles du Nord : sécheresses, désertification, modifications des saisons, inondations, ouragans, typhons, feux de forêts, fonte des glaciers et de la banquise... Resterons-nous sans rien faire ? Allons nous continuer de regarder la planète brûler ?

      L’enjeu est clair : réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas franchir les seuils dangereux, voire irréversibles de réchauffement et de déstabilisation du climat.

      Le dérèglement massif, brutal, en un temps aussi court du système climatique est un défi sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

      Mais Alternatiba, cette journée magnifique, doit nous faire garder l’espoir : les solutions existent, elles sont déjà mises en oeuvre par des milliers d’associations, de collectivités locales, d’individus. Mieux : ces alternatives construisent une société plus agréable à vivre, plus conviviale, plus solidaire, plus juste et plus humaine.

      L’agriculture paysanne, la relocalisation de l’économie, l’aménagement maîtrisé du territoire et le développement des alternatives au tout routier, la sobriété énergétique, l’éco-habitat, la mise au pas de la finance, la reconversion sociale et écologique de la production, la consommation responsable, le partage du travail et des richesses, l’entraide, la réduction et le recyclage des déchets, la préservation des biens communs comme l’eau, la terre ou les forêts en montrent les chemins... La lutte contre le changement climatique n’est pas une contrainte mais un élan formidable pour construire un avenir plus humain.

      Hélas, les gouvernements, les puissants de ce monde ne suivent pas ces chemins. Les négociations internationales sur le climat pataugent et font fausse route. Les multinationales et les lobbies économiques font tout pour que ces alternatives ne soient pas appliquées car elles mettent en cause leurs sources de profit et de pouvoir.

      Pire, ils imposent leurs fausses solutions, inefficaces et dangereuses : nucléaire, agro-carburants, OGM, mécanismes de compensation, financiarisation de la nature, géo-ingénierie, etc. Celles ci permettent de maintenir un modèle où le Nord et les populations les plus riches de la planète pillent la nature, s’accaparent les richesses et dévastent l’environnement, notamment au Sud

      L’implication citoyenne, la mobilisation des populations et la réappropriation de notre avenir sont indispensables pour faire contre-poids à ce travail de sape. L’engagement de chacun et chacune d’entre nous, auquel appelait si fort Stéphane Hessel, est aujourd’hui une priorité pour relever le défi climatique.

      La stabilisation du climat sera le fruit de notre union, de notre intelligence collective, de notre solidarité et de notre soif de justice sociale, de notre capacité à enclencher les changements ici et maintenant, à mettre en route la transition, sans plus attendre.

      Fin 2015 aura lieu la COP21, la 21ème conférence de l’ONU sur le changement climatique. Six ans après la très médiatisée conférence de Copenhague, la COP21 devrait l’être tout autant, les Chefs d’Etat s’étant publiquement engagés à y adopter un nouvel accord international de lutte contre le changement climatique pour l’après 2020. L’horizon 2020 est signalé par la communauté scientifique internationale comme une période où nos émissions de gaz à effet de serre doivent avoir commencé à baisser de manière significative si nous voulons éviter le pire.

      Pour que ces promesses ne restent pas lettre morte comme ce fut le cas à Copenhague, c’est aux citoyennes, aux citoyens, aux populations, de se mobiliser et d’agir pour que soient mises en place de vraies solutions. Ce d’autant plus que cette COP21 se tiendra à ... Paris, sur l’aéroport du Bourget !

      La mobilisation populaire en France et en Europe sur les questions d’urgence climatique et de justice sociale redevient donc un enjeu d’une actualité particulière.

      Le succès et le caractère fédérateur d’Alternatiba, ce Village des alternatives rendu possible par l’engagement de chacun d’entre nous ici à Bayonne, nous montre un des visages que pourrait prendre cette mobilisation citoyenne européenne.

      Nous appelons toutes les villes et tous les territoires d’Europe à préparer à leur tour et dès maintenant leurs propres Villages des alternatives au changement climatique et à la crise sociale et écologique.

      Il s’agira autant d’interpeller les dirigeants sur les conséquences dramatiques de l’absence d’accord international ambitieux, efficace, contraignant et juste sur le climat, que d’appeler les populations à mettre en route sans plus attendre la transition sociale, énergétique et écologique nécessaire pour éviter le dérèglement profond et irréversible des mécanismes du climat.

      L’objectif sera également d’unir tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, par les alternatives ou les combats dont ils sont porteurs, contribuent, parfois sans le savoir, à préserver le climat. Ce qu’a fait Alternatiba à Bayonne, nous pouvons le reproduire partout, dans des formats les plus divers.

      Pour voir fleurir dix, cent, mille Alternatiba, ensemble, diffusons cet Appel autour de nous. Réunissons le maximum d’acteurs du changement pour préparer dès à présent les Villages des alternatives qui devront éclore partout en France et en Europe, jusqu’à la COP21 de Paris.

      Unis et déterminés, nous pouvons gagner cette bataille au Nord comme au Sud. Pour nous et pour les générations à venir. Pour que l’on puisse dire, aujourd’hui aussi bien que demain : « nous nous sommes engagés quand il en était encore temps ! »

  • La maison autonome, ou comment vivre d’énergies renouvelables, d’amour et d’eau fraîche
    http://www.bastamag.net/article3354.html

    Chercheurs en économie alternative, c’est ainsi que se définissent Patrick et Brigitte Baronnet. Installés en Loire-Atlantique, depuis plus de 30 ans, ce couple et leurs quatre enfants expérimentent un mode de vie autonome et solidaire. Dans lequel les consommations d’énergie sont divisées par quatre. Et les besoins en argent aussi. Rencontre avec des adeptes de la sobriété heureuse. Source : Basta (...)

  • Une initiative d’#école autogérée en milieu rural au #Pays-Basque.

    #Bizitoki #ikastola
    http://www.bizitoki.org/accueil/présentation

    Depuis juillet 2011, une dizaine de familles a initié le projet Bizi Toki (Lieu de vie) dans la belle ferme Goitia de Behauze (Béguios) : nous avons décidé de prendre en charge l’éducation de nos enfants.

    Dans la mesure où en plus des parents d’autres personnes doivent participer à l’#éducation d’un enfant (en effet, comme le suggère le vieux proverbe africain, « il faut tout un village pour éduquer un #enfant »), il est à notre avis nécessaire que tous ces gens qui interviennent définissent ensemble quelles valeurs et connaissances ils souhaitent transmettre aux enfants, et comment.

    On avait participé aux réflexions de démarrage, mais bon, comme on est reparti vivre à Bordeaux, ça fait un peu loin, forcément… Il faut essaimer dans d’autres langues et en d’autres lieux ! :D

    #autogestion #euskara

  • Une vague idée me traverse l’esprit : nous savons tous que les codes vestimentaires qui régissent l’entreprise imposent de savoir porter tout un tas de fringues valorisantes, généralement fabriquées dans des pays à bas coûts et sujets à des modes fluctuantes.

    Serait-il pensable de tenter d’exiger des entreprises citoyennes de ne pas imposer à leurs salariés de s’habiller chez des négriers, et donc, d’accepter le production vestimentaire locale et durable ?

    • En tant qu’employeur, j’en suis à peine à me demander comment remplacer mon banquier par un établissement financier qui me garantisse un comportement de banque éthique ne favorisant aucun comportement économique prédateur sur les humains.
      Pour les fringues ce sera une prochaine phase :-)

      Dernière question : connais-tu une production vestimentaire locale et durable par ici ? Parce que moi, j’ai peur que cela nous fasse remplacer nos ordinateurs par des machines à coudre, cette histoire... (ce qui en soi ne serait pas idiot, mais c’est con parce que nos PC ne sont pas vieux..)

    • Quels services exactement attends-tu d’un banquier ?

      (Si c’est du crédit tu sais bien que ces établissements se distinguent des particuliers par une licence d’autorisation d’émission de crédit couvert par l’état : auquel cas le problème est « purement règlementaire » donc, strictement politique : à rapprocher du démantèlement des caractères spécifiques de la Banque Postale en cours par les énarques du PS)

      Pour le reste une production vestimentaire locale ne peut être que durable au sens où seuls des produits extrèmement solides, type vêtements de travail, pourraient être produits en France. L’idée n’est pas d’interdire l’importation de matière première (qui ne représente que quelques% du coût) mais surtout d’en revenir à ce qui était la norme du temps des ouvriers, à savoir, les tenues de travail protectrices, durables, et adaptées à une activité plutôt qu’à la valorisation de la personne qui les porte.

    • En théorie, le banquier ne me sert qu’à gérer la trésorerie et les flux financiers avec le reste du monde, car on est en auto-financement sur la partie des investissements. Bon ok on a un emprunt qui nous a permis de racheter les parts des investisseurs de départ.
      Pour l’instant les bénéfices de la boite vont donc à l’investissement et au remboursement de cet emprunt. Autant dire que la banque se régale avec nous, elle se gave avec nos liquidités, et on vit avec le risque d’une ponction à la chypriote si elle déconne trop.
      Je pense transférer le compte vers le crédit mutuel ou la banque postale, ce sera toujours mieux qu’une filiale de la société générale..
      Mais bon...

    • Nous on est au Crédit Coopératif. C’est le moins pire.

      #Bizi et #Les-amis-de-la-Terre avait publié ça :

      Crédit Mutuel n’est donc pas forcément une super idée.

      Sinon pour les habits... la production locale là tout de suite ça reste un truc de bourge quand même. Enfin faut économiser pour acheter des produits de qualité en petite quantité, quand on est pas riche. Ce que je fais pour les chaussures par exemple.

      Pour les autres habits, vu la quantité de vêtements déjà en circulation, le mieux reste de produire moins et de réutiliser ce qui existe.

    • Malgré le patient détricotage de son statut unique par les énarques de l’inspection des finances qui gangrènent l’ UMPS, la Banque Postale reste encore, pour quelque temps, une oeuvre sociale aux moeurs certes inspirées par l’enseignement des pires écoles de banque. C’est toujours une solution provisoire.

      Si la garantie d’état sur les dépots ne vous intéresse pas, une simple association pourrait rendre les services que tu demandes, par exemple par internet. J’ai toujours été frappé de constater que les gauchistes ne voient pas l’intérêt d’offrir des services financiers communautaires.

      Pour le reste, j’ai eu l’occasion de chiffrer ce qu’il pourrait en être de produire de l’habillement durable en France, honnêtement, c’est jouable, même sans rétablir la production de chanvre autrefois utilisé pour le textile. Mais bien plus encore que d’exiger du textile local, un grand pas en avant aurait lieu si les entreprises décourageaient l’habillement corporate genre escarpins/jupe/chemisier/chignon ou chemise de merde à 100€ pour homme. Imposer un habillement de travail serait davantage dans mon esprit un prétexte pour, en passant, relocaliser l’activité.

      Et, encore une fois, l’immense nombre de vêtements en circulation sont de très mauvaise qualité et la plus belle illustration de l’obsolescence programmée. Une éducation citoyenne respectueuse des logiques durables devrait souligner que disposer de trois paires de chaussures et trois pantalons est bien suffisant.

    • Et, encore une fois, l’immense nombre de vêtements en circulation sont de très mauvaise qualité et la plus belle illustration de l’obsolescence programmée. Une éducation citoyenne respectueuse des logiques durables devrait souligner que disposer de trois paires de chaussures et trois pantalons est bien suffisant.

      Je ne sais pas si je me suis bien exprimé : je parlais des vêtements déjà en circulation déjà achetés. Donc c’est le contraire de l’obsolescence programmée, c’est pas acheter ce qui est déjà dans les magasins, je parle de réutiliser les habits déjà en vraie circulation.

      90% de mes habits sont d’occas, et ils tiennent très bien, et « pire » : la plupart sont fabriqués en France ou en Europe, car c’est justement les bourges qui en plus d’acheter des supers trucs en achètent 30000 par mois et les redonnent ou les jettent ensuite. Pour lutter contre la surconsommation d’habits, la priorité c’est déjà d’utiliser ce qui existe et qui est trop vite mis à la poubelle.

      Du coup c’est doublement écologique : c’est fabriqué en France, et en plus c’est de la récup.

      Bien sûr, sur le long terme, le mieux est de réhabiliter la filière normande de chanvre (entre autre). Mais culture ET filage.

      Là actuellement, autour de ma ville natale, on continue de cultiver du chanvre, puis il est envoyé à l’autre bout du monde pour être filé, puis dans un autre bout du monde pour être cousu en habits, puis il revient être vendu dans le coin. Trop cool.

  • L’école maternelle à la dérive (OFCE le blog)
    http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=2527
    Sabrer dans l’accueil de la petite enfance, c’est sabrer l’insertion professionnelle des #femmes

    Ce choix permettrait de rationaliser la dépense publique en proposant des parcours explicites de prise en charge des jeunes enfants et de clarifier les compétences des différents acteurs dans ce secteur. Il exige la création de postes d’enseignants et d’assistants, il permet de dynamiser et de sécuriser les parcours professionnels des mères (et non des pères, qui le plus souvent n’adaptent pas leur parcours professionnel lors de l’arrivée d’un enfant), encore trop souvent contraintes d’interrompre leur carrière faute de ne pouvoir trouver un accueil de qualité pour leurs enfants. Un service public de la petite enfance est porteur d’égalité et de justice mais aussi de dynamisme économique.

    • Je suis circonspect quant à cet article et ce qu’il recommande, étant plutôt défavorable à un accueil précoce en collectivité.

      À la fois, pour moi dans l’idéal, c’est à la famille de s’occuper des enfants au maximum, et dans le même temps il y a ce crédo « républicain » que sortir tôt les enfants de la famille peut faire œuvre de santé publique (physique et mentale) pour les gosses qui seraient nés dans un contexte difficile (logement insalubre, nourriture pourrie, parents les laissant faire n’importe quoi, etc).

      Et ya un jeu de ping-pong incessant entre les deux. Car (pong) cette école républicaine c’est aussi la destruction de communautés soudés, que ce soit rurales ou ouvrières ou autres, avec une sorte de « racisme » de classe : ce qu’on va apprendre à l’école (des savoirs, langues, etc) c’est plus important que savoir planter des légumes ou fabriquer un meuble.

      Bon mais on parlait au départ de la petite enfance : si on fait des gosses, c’est pas pour les lâcher le plus rapidement possible autre part, et encore moins à des inconnus. Le nombre de parents que je vois chaque année chercher une garde pour que maman (!) puisse vite aller retravailler dès 2 mois (pauvres enfants).

      Dans l’article ya la question de l’origine de l’argent et que suivant le ministère, les parents payent plus ou moins. Mais on pourrait très bien imaginer avoir de quoi vivre pendant que les parents s’occupent alternativement de leurs enfants, sans le donner à d’autres. Mais on peut pas : ça crée de l’emploi ma bonne dame ! Services à la personne, circulation de l’argent, que ce soit par assmat ou recrutement d’enseignants : dynamisme économique avant tout !

      Quant à l’au-delà des deux ans : le « modèle français » de l’école maternelle, je vois pas ce qu’il a de réjouissant ! Le cerveau de l’enfant n’est pas prêt à suivre des cours, à rester assis pendant des heures déterminées à l’avance, etc. L’école maternelle française, on peut difficilement pire question prise en charge collective justement. Malheureusement, les accueils de type Montessori, contrairement aux vœux de sa créatrice, c’est que pour les bourgeois, de nos jours...

    • Suivre des cours et rester assis en maternelle ? Quelle idée ! Ou alors c’est pas comme je croyais… Sinon, je suis bien d’accord que si on fait des gosses c’est pour s’en occuper, mais — je parle pour moi en tout cas — pas 24h/24, sous peine de décès prématuré. Si on rêve de société idéale, dans mon esprit, ça ne remet pas du tout en cause les modes de garde collective.

      J’adore mon gamin, il est très drôle et curieux et tout, mais objectivement, si je devais le garder toute la journée jusqu’à ses 6 ans, même la moitié du temps, je me jetterai d’un pont à un moment ou un autre.

    • @baroug : en fait, ce serait plutôt le gosse qui passerait par la fenêtre. Je suis à fond pour la garde collective, ne serait-ce que pour son rôle de socialisation. Nous sommes des animaux sociaux et la famille, qu’elle soit défavorisée ou non, n’est plus le lieu où l’on éduque à l’autre. Le gamin doit sortir des bras de ses parents pour explorer le monde, se confronter à ses pairs et apprendre qu’il n’est pas le centre de tout. Pour une fille unique comme la mienne, c’est fondamental.
      Bien sûr, il y a précoce et précoce. Pour de sordide histoire d’argent, on prétend que 2 ans, c’est trop tôt pour se frotter au monde, mais quand il s’agit de faire trimer les parents pour peau de balle en horaire décalés, là, la nounou à 2 mois, c’est politiquement correct.

      En fait, c’est tout le contraire et je suis totalement horrifiée par l’inadéquation de tout notre accueil petite enfance. En gros, jusqu’à 6-8 mois, le nourrisson est très fusionnel et a besoin d’être beaucoup materné. Je comprends que toutes les femmes ne puissent pas, mais même chez celles qui sont très autonomes et pas très maternantes, j’ai pu observer que la séparation précoce des 2 mois est un carnage.
      Dans l’ontologie du petit d’homme, la curiosité au monde extérieur dépend de la qualité de la réassurance qu’il a eu avec ses parents pendant cette période sensible - on va dire - de la première année. Si le lien s’est normalement constitué, il va de lui même cesser de pleurer devant les étrangers et commencer à être curieux. C’est au moment de cette phase exploratoire (8-12 mois) qu’il faut commencer l’accueil collectif et la socialisation, de manière progressive. Et en gros, si ses étapes de développement ont été respectées, vers 2 ans, il commence à réclamer plus d’autonomie et cherche les moyens d’assouvir sa curiosité dévorante. À ce moment-là, l’accueil spécifique des tout petits est totalement adapté.

      La maîtresse de ma fille en petite section rigolait quand on parlait de projet pédagogique : « déjà, s’ils arrivent à jouer ensemble sans se mordre, je pourrais me dire que j’ai bien fait mon travail » !
      Cela dit, elle leur lisait des histoires, leur apprenait à tenir et utiliser des feutres ou les emmenait en balade découverte dans des potagers. Bref, les gamins ont développé leur capacité à vivre avec les autres et ont découvert le plaisir d’apprendre : pas mal, non ?

    • @baroug oui c’est pas comme tu croyais. Bien sûr qu’ils ne sont pas assis toute la journée, mais une bonne partie, et ils ont des activités prévues à l’avance et dans un temps imparti (de telle heure à telle heure assis à cette table à faire cette activité-là). L’inverse de Montessori où les enfants choisissent individuellement (et parfois collectivement) l’activité qui les intéresse et sur laquelle ils peuvent rester concentrer longtemps car c’est ça qu’ils aiment à ce moment de leur vie.

      Mais j’ai jamais dit que ça ne devait être que la famille nucléaire (mère-père, ou père-père ou mère-mère :p) qui devait s’occuper des enfants pendant 6 ans !

      Sauf que les parents doivent être présents au moins autant que les autres intervenants. Or dans les gardes collectives (assmat, ou crèche ou école maternelle) les enfants voient plus les autres que leur propre famille ! 8h-17h quoi... Les parents s’occupent des enfants 2h le matin, 3h le soir et que pour des activités mécaniques et journalières : manger, habiller, partir, ..., rentrer, manger, laver, lire histoire, dormir. Je ne vois pas ce qu’il y a de sympa dans une journée de semaine à voir plus l’assistante maternelle ou la maîtresse que sa maman et son papa (sauf si on se fait taper par eux bien sûr).

      @monolecte le problème c’est pas le fait d’être en collectivité tôt, le problème c’est l’exclusivité de cette pratique (que la collectivité ou que les parents quand une maman - car c’est souvent une maman - ne travaille pas). Autour de 2 ans, le notre allait une ou deux fois par semaine en collectivité... mais que deux demi-journées sur la semaine complète, et le vendredi aprèm c’était un accueil parent-enfant.

      « Il faut tout un village pour éduquer un enfant » dit un proverbe africain, et c’est sur ça que se base une initiative en ce moment au Pays-Basque, où des parents organisent une éducation venant de la famille... mais collective ! Faudrait que je fasse un billet à part sur #Bizi-Toki (je crois qu’ils ont un site), c’est vraiment génial.

    • Je ne vois pas ce qu’il y a de sympa dans une journée de semaine à voir plus l’assistante maternelle ou la maîtresse que sa maman et son papa (sauf si on se fait taper par eux bien sûr).

      Honnêtement pour un enfant en bas âge, c’est l’alternative entre passer la journée avec un nombre forcément restreint de personnes, vite saoulées, et avec plusieurs pro + beaucoup d’enfants. Et a priori bien plus d’activités potentielles (si l’on parle d’un mode de garde collectif). Si tu prend sur toute la semaine, avec mercredi week-ends, matins et soir, les parents sont largement (à moins qu’ils n’enchainent avec d’autres mode de garde à la maison) aussi présents que les professionnels auxquels ils font appel.

      Après fatalement, aucune des institutions évoquées n’est la panacée, mais au-delà du bien de l’enfant, il y a le mien, et je le répète, si j’adore garder l’enfant les weekends et le mercredi, ce serait « tout le temps », je serais proche du suicide.

    • Si on parle là du bas-âge, donc avant l’histoire des 2 ans, et bien je ne vois pas trop quoi dire d’autre que : « ben fallait pas faire d’enfant mec ». C’est un peu violent de dire ça, j’en conviens, mais quand c’est un acte volontaire ça doit être fait avec la conscience qu’on doit gérer pendant des années la vie d’un être humain, et pas juste ses besoins physiques, mais ses sentiments de peur et d’amour.

      En bas-âge, l’enfant à besoin de sa famille au quotidien (que ça soit la famille nucléaire dans notre société de couple, ou tonton-tata autre part).

      La socialisation par l’arrachement, n’aboutira jamais au même résultat que la socialisation par le départ volontaire. Lorsqu’un enfant a confiance en ses parents, lorsqu’il n’a pas peur de l’abandon car il n’a jamais été séparé de force, et bien il n’a aucun mal à partir de lui même contrairement à ce que dit le mythe de l’enfant fusionnel (au-delà des premiers mois où c’est vraiment le cas bien sûr).
      Et on remarquera que je n’ai pas dit qu’elle ne marchera pas (la socialisation par l’arrachement) : sauf quelques exceptions, un enfant fini toujours par d’adapter (y compris à des choses horribles parfois, c’est dire...), donc ce n’est pas ça le problème. C’est que ça n’aboutira pas au même résultat, aux mêmes comportements une fois qu’il aura grandi.

      <cas_personnel>On a dormi dans la même chambre (co-dodo) pendant fort longtemps, on ne l’a jamais mis en poussette avant 2 ans (portage), on ne l’a pas mis en collectivité sur un temps long et de force (accueil parent-enfant d’abord, puis accueil périodique uniquement), et résultat — propre à notre famille évidemment mais flagrant quand même : c’est lui qui est parti dans sa chambre séparée tout seul, c’est lui qui a décidé de ne plus mettre de couche la nuit, et c’est lui qui a dit qu’il voulait aller à l’école./cas_personnel>

      Le maternage (ou le respect des sentiments de l’enfant) c’est pas juste pendant les tous premiers mois quoi. C’est un processus qui s’actualise à chaque étape.

    • Dans la mesure ou personne ne me force à m’en occuper exclusivement jusqu’à ses 2 ans, et que la société, pour le coup, a prévu des solutions pour tous, le message « fallait pas » ne me parait pas très pertinent. Comme je le dis, même avec un mode de garde « à plein temps », les parents continuent de passer le temps majoritaire avec leurs enfants, ce qui en terme de gestion des besoins et des sentiments ne me parait pas si mal. Pour parler de moi à nouveau, une garde permanente et exclusive perdrait de l’efficacité, ma disponibilité étant diluée et ramenée à une forme de surveillance qui deviendrait rapidement pénitentiaire…

      Quand à l’arrachement, il me parait bien délicat, celui dans lequel l’enfant sourit, rit et ne fait pas du tout attention à la personne qui le pose dans le lieu de garde…

      Après le maternage et ses dérivés c’est super hein, pour ceux qui veulent faire ça, je respecte complètement. Mais poser ça comme prérequis me parait d’autant plus abusif qu’à ce stade, rien ne laisse penser que les enfants élevés de cette façon (je n’ai toujours pas compris le lien entre cododo et portage par ex, l’espèce de logique d’ensemble ne me parait pas claire) s’en sortent « mieux », sont plus épanouis, ou que-sais-je que les autres.
      Qu’ils décident de faire ce qu’on a de toute façon déjà décidé pour eux, c’est super, mais je ne suis pas sûr non plus que ce soit un changement si radical.
      Et par ailleurs, même si je sais parfaitement que ceux qui optent pour le maternage peuvent être féministes et bien réfléchir aux questions liées au genre et à l’éducation, au final, c’est toujours les femmes qui se tapent le (très) gros de tout cela… Parcourir les forums sur ces questions est éloquent.

    • Il n’y a aucun #jacques-a-dit ni dans un sens ni dans l’autre, ça ne peut être que des déductions empiriques, basées sur son expérience et sur ce qu’on sait des sociétés passées et des quelques sociétés non-industrielles qui restent.

      Portage-cododo : le portage c’est le fait de ne pas se séparer corporellement de l’enfant au cours de la journée, tant qu’il ne sait pas se déplacer, et même après ; le cododo c’est ne pas s’en séparer lorsqu’on ne peut pas le porter (car on dort) et dans un moment (la nuit, le noir, les rêves) où il a besoin d’être rassuré. Donc oui, c’est forcément lié. Le lien général étant qu’il n’y a presque pas d’intellect possible avec l’enfant en bas-âge, les échanges se font avant tout par le corps : contact, souffle, odeur, balancement, caresses, regards. C’est à travers ça à cet âge que se transmettent l’amour, la confiance, le lien, etc, pas avec les mots, les gestes lointains ou les actes plus abstraits.

      Quant au féminisme, lol, chez ceux qui ne maternent pas c’est pareil : surtout les femmes qui s’en occupent. Donc c’est un clivage différent. <perso>En tout cas, dans mon entourage, chez les gens que je connais qui maternent, le papa porte autant, prépare les compotes, etc (mais n’allaite pas, ça c’est sûr haha !).</perso>

    • Ok pour les liens cododo / portage. Pour le reste…

      « Quant au féminisme, lol, chez ceux qui ne maternent pas c’est pareil : surtout les femmes qui s’en occupent. » : oui. Mais moins. Du coup.

      Le lien général étant qu’il n’y a presque pas d’intellect possible avec l’enfant en bas-âge, les échanges se font avant tout par le corps : contact, souffle, odeur, balancement, caresses, regards. C’est à travers ça à cet âge que se transmettent l’amour, la confiance, le lien, etc, pas avec les mots, les gestes lointains ou les actes plus abstraits.

      Mais aussi les peurs, les angoisses, les doutes, les haines… ce qui me fait penser que le concept de proximité permanente n’est pas bon non plus. Mais à chacun de définir ça.