#Sit-in, #cocktail_Molotov, #intrusions... La fronde anti-IA en pleine expansion
Des #blocages pacifiques aux #menaces_physiques, le rejet des algorithmes s’intensifie aux Etats-Unis et ailleurs. Face à la #colère, les géants de la Silicon Valley revoient leur copie en matière de sécurité.
C’est un logo, simple, que l’on croise de plus en plus souvent. Deux lettres à l’intérieur d’un cercle barré : « IA ». En Australie, des milliers d’employés de l’université de Sydney se sont mis en #grève fin août pour exiger une protection de leur emploi face à cette technologie. En Angleterre, des centaines de manifestants ont défilé à Londres en mars en demandant à être « débranchés ». En France, un piquet d’activistes a même brandi cet été slogans et pancartes au pied de la société parisienne #Mistral. Contre les algorithmes, la #fronde s’intensifie. Mais nulle part elle ne culmine autant qu’aux Etats-Unis.
Inquiétudes pour l’emploi, bafouement des droits d’auteur, crainte d’une « perte de contrôle »… 52 % des Américains se disent plus inquiets qu’enthousiastes face à la place croissante de l’IA dans leur vie, estime une étude du Pew Research Center. De fait, les actions se diversifient outre-Atlantique, entre résistances écologiques aux #centres_de_données, campagnes de neutralisation des caméras algorithmiques et grèves syndicales historiques de secteurs bouleversés, à l’image de Hollywood. Mais ces derniers mois, ce sont les bureaux des géants de la Silicon Valley qui sont régulièrement ciblés.
Habillés en agents IA « hors de contrôle », des militants ont semé en août une joyeuse zizanie dans des locaux d’OpenAI près de Seattle. Une opération symbolique, à base de ballons gonflables, de danse du robot et de saute-mouton dans l’entrée. Au siège de San Francisco, un petit groupe d’#activistes équipé de chaises de camping occupe depuis un mois le trottoir devant le bâtiment. Symbole de son ampleur, la #contestation connaît aussi ses premières fois. Cet été, #Wynd_Kaufmyn, une enseignante de Berkeley âgée de 69 ans, est devenue la première militante anti-IA à être condamnée à une peine de prison (14 jours). Elle avait, l’année précédente, enchaîné les portes de la maison-mère de ChatGPT.
Fascination
A l’origine de la plupart de ces actions, deux groupes : #Pause_AI et #Stop_AI. Apparus respectivement aux Pays-Bas en 2023 et en Californie en 2024, tous deux réclament une pause dans le développement des modèles les plus puissants. Au cœur de leurs inquiétudes ? Les « risques existentiels », l’idée que l’IA pourrait amener une catastrophe mondiale voire l’extinction de l’humanité en favorisant l’apparition d’armes autonomes ou d’attaques informatiques surpuissantes. Une théorie controversée au sein de la communauté scientifique. Et, ironiquement, un discours alarmiste que les grands patrons de l’IA cultivent également, avec un objectif marketing en tête : entretenir la fascination autour de leurs produits.
Outre les actions pacifiques, ce climat anxiogène enregistre déjà quelques dérives. Au printemps, un vingtenaire, persuadé de l’imminence d’une techno-apocalypse, a été arrêté après avoir lancé un cocktail Molotov sur la maison du créateur de ChatGPT, Sam Altman. Dans ses affaires, un manifeste prônant la mort des grands patrons de l’IA avait été retrouvé. Inculpé pour tentative de meurtre, le Texan a plaidé non coupable, affirmant souffrir d’une psychose aiguë au moment des faits.
« Menace terroriste »
Concurrent direct d’OpenAI, Anthropic aussi a été pris pour cible. Un homme, qui avait postulé sous un faux nom à un emploi au sein de la société de Claude, menaçait en ligne d’écorcher vifs les enfants de ses employés. Une « punition » pour avoir volé son travail, rapportait en juillet le Wall Street Journal. L’incident, qualifié de « menace terroriste » par les autorités, n’a donné suite à aucune arrestation.
Pour calmer le jeu, certains dirigeants de l’IA chercheraient donc à tempérer leurs discours, affirme le quotidien économique. D’autres auraient opté pour une garde renforcée et armée. En outre, le budget sécurité des grandes boîtes tech se serait envolé. En 2025, Palantir Technologies a déboursé 3 millions de dollars (+ 150 % en un an) pour assurer la protection de ses dirigeants, Salesforce 4 millions (un million de plus qu’en 2024) et Oracle près de 6 millions (+ 85,5 %).
Quant aux employés ? A la fin de la journée, OpenAI leur conseille désormais de retirer leur badge et tout vêtement à l’effigie de la boîte, rapporte Wired. Une bascule historique pour la Silicon Valley, qui laissait jusqu’ici ses milliardaires circuler sans escorte et ses ingénieurs arborer leurs logos comme des médailles.
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