• Sarah qui ? Ça raccroche !
    https://framablog.org/2025/09/23/sarah-qui-ca-raccroche

    Marre des appels indésirables ? Un développeur français vous propose de bloquer plus de 16 millions de numéros sur iOS et Android. Salut Camille ! Peux-tu nous dire qui tu es ? Je m’appelle Camille Bouvat, je suis développeur depuis bientôt 18 ans … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #Interviews #Logiciel_libre #Outils_émancipateurs #Veille #Communaute #Interview #veille

  • Besancenot, Duteil : regards croisés sur les mobilisations du 18 septembre et de « Bloquons tout »

    Comment bloquer le pays ? Quels enseignements tirer du mouvement « Bloquons tout » ? Olivier Besancenot (ex-porte parole du NPA) et Simon Duteil (ex-porte parole de Solidaires) analysent la nouvelle séquence de mobilisation ouverte depuis le 10 septembre et esquissent des perspectives pour l’après 18 septembre.

    https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/besancenot-duteil-regards-croises-sur-les-mobilisations-du-18-septem
    #10Septembre #mouvement_social #greve #mobilisation #blocage

  • Sur le 10 septembre (Temps Critiques)
    https://lundi.am/Sur-le-10-septembre

    Quant à ceux qui, à la rigueur, pourraient bloquer, ils appellent à la grève le 18 septembre, ne voulant pas se mélanger et perdre la potentielle direction de ce qui n’existe qu’à l’état de projet. A priori, l’espoir, pour les syndicats, de signer une sorte de nouveau 13 mai (1968) où le mouvement (essentiellement étudiant jusque-là) s’était résolu à quémander un soutien en échange d’une grève générale, apparaît ici bien faible ; ils se contenteraient sans doute d’un recul sur les jours fériés. En effet, leur tactique n’implique aucun retournement de type syndicaliste révolutionnaire, malgré l’appel incident de Mélenchon à la grève générale, laissant supposer qu’ils ont tiré en ce sens les leçons de l’échec de la lutte sur les retraites en 2023. À la sortie de l’été 2023 et jusqu’à aujourd’hui, ce qui domine, c’est bien une peur diffuse de la part des pouvoirs en place, mais aussi un sentiment de défaite et de désespoir chez ceux qui se sont battus. En ce sens, le feu ne couve pas sous la surface ordinaire des renoncements quotidiens.

    #analyse #débat #critique #temps_critiques #10_septembre #blocage #stratégie #dégagisme

  • Sans trêve | Je bloque donc je suis - Pour la critique des illusions de septembre
    https://sans-treve.org/je-bloque-donc-je-suis

    Sans même avoir commencé, le mouvement qui s’annonce n’en finit pas de soulever l’enthousiasme malgré un arrière goût de réchauffé. D’AG en AG, on se prépare pour la date fatidique mais on peine déjà à comprendre quelles sont les réelles perspectives. Dans ce texte, nous prenons le contre-pied de l’idéologie du blocage et appelons à la critique de l’activité pratique du militantisme autonome.

    Après une fin d’année militante marquée par l’absence de mouvement social, nos milieux politiques se creusent la tête pour trouver quelque chose à faire dans ce qu’ils interprètent comme le calme obligé avant la tempête. Quoi de mieux que le spectre des Gilets jaunes, aperçu au travers d’appels sur les réseaux sociaux aussi inattendus que fourre-tout, pour raviver la flamme du stade suprême de l’aliénation : le militantisme1 ?

    Les luttes sont bavardes2, les appels et analyses tactiques de la gauche se multiplient sur les blogs et journaux respectifs. La ferveur se nourrit de l’appréhension de reproduire l’hésitation face au mouvement des Gilets jaunes et de la crainte de la “récupération” par les franges les moins radicales du mouvement social. Ici on s’active à proposer des tactiques pour réussir le blocage du pays, là on propose des formes organisationnelles censées garantir la force du mouvement contre ses ennemis. Contrairement aux éternelles rentrées sociales promises par la gauche depuis 2016, cette fois les initiatives ne sont pas venues de ses rangs. Les mots d’ordre semblent plus radicaux et les actions appelées sont variées : le potentiel de l’appel du 10 Septembre enthousiasme les gauchistes dont la production écrite redouble de cadence.

    Face à cette effervescence, il nous faut toutefois faire preuve de sang-froid avant de nous jeter tête baissée dans un mouvement balbutiant. Par ce texte, nous voulons prendre le contre-pied des appels qui abondent finalement tous dans le même sens. Soyons tout de suite clairs : nous sommes sceptiques concernant le blocage et l’auto-organisation et donc circonspects de voir l’absence totale de critique dans notre camp politique. Il s’agit donc ici d’y remédier.

    https://sans-treve.org/sans-treve-media/articles/je-bloque-donc-je-suis.webp

    #10septembre #grève #blocage

  • Je bloque donc je suis - Pour la critique des illusions de septembre - La Grappe
    https://lagrappe.info/?Je-bloque-donc-je-suis-Pour-la-critique-des-illusions-de-septembre-1585
    https://sans-treve.org/je-bloque-donc-je-suis

    Ces derniers jours, un appel est sorti pour inciter à des occupations – c’est désormais le rituel de tout mouvement – de mairies [18] Sur quelle base matérielle repose une telle proposition ? Le mouvement a-t-il pris une direction dans laquelle cette solution permettrait un saut qualitatif, même à un niveau local ? Non. Le mouvement n’a même pas pu montrer de quoi il était fait qu’on sait déjà comment il doit fonctionner. Pour seule justification, on se contente de dire que c’est au niveau de la commune que “le peuple vit, qu’il espère et qu’il lutte”. C’est un peu court. Il ne s’agit pas de discuter ici la véracité de cette thèse – elle est évidemment lacunaire – mais de montrer que l’ensemble des propositions produites par cette frange de la gauche ne s’embarrasse même plus de la réalité de la lutte des classes pour affirmer ce qu’il faudrait faire ou non. On nous dit que les militants encartés “ne savent plus comment noyer leur sentiment d’impuissance autrement qu’en faisant des listes à tirets” [19]. Si une chose est sure, c’est que les autonomes ne savent plus que prêcher pour des actions vides et abstraites. Ils ne cherchent plus qu’à trouver la bonne idée qui fera la Une des journaux bourgeois ou bien à se flatter de leur propre radicalité face à ces idiots de syndicalistes. C’est ainsi qu’on peut entendre que “la grève n’est pas un lieu d’organisation”, sous-entendu contrairement aux AG qui discutent dans le vide d’un blocage de périphérique.

    #critique #débat #autonomie #blocage #stratégie #lutte_des_classes #mouvements_sociaux #syndicalisme #grève

  • 10 septembre avant l’heure
    https://lundi.am/10-septembre-avant-l-heure

    Quelques heures après l’annonce du départ de François Bayrou mais avec 24 heures d’avance sur le reste de la France, un #blocage de rocade a eu lieu ce mardi 9 septembre à Bordeaux.
    Nous avons reçu ce communiqué accompagné de quelques images. Il s’agissait, selon les responsables, de « mettre un peu de confettis dans ce mardi. »

    Mais où étaient les Centaures ?

    • QUELQUE CHOSE DE DIFFÉRENT
      Une vidéo qui dépote et trois conseils sur le dix septembre
      https://lundi.am/Quelque-chose-de-different

      LOGIQUE DE LA BRIGADE : LA FORMATION MINIMALE DE BASE

      Pour former une structure minimale de base, un groupe doit être constitué de CINQ personnes. Deux + trois. Ou deux couples et un pivot. Le choix de CINQ personnes n’est pas arbitraire. Il correspond à un partage spontané des fonctions d’un groupe. À cinq, chiffre impair, l’équilibre des composantes du groupe est assuré par l’impossibilité interne d’un face à face dissensuel. À quatre on a deux couples qui se toisent. À trois, le troisième tient la chandelle. À deux, unité robuste, on ne peut encore rien faire de bien méchant. Les couples doivent chercher un trinome pour composer une quinte. À un, on est isolé et vulnérable. Le contrôle collectif, auto-contrôle, de l’unité de base de CINQ personnes est gigantesque. Ces brigades de CINQ peuvent ensuite se composer en gardant leur autonomie et leur unité interne : trois brigades (15 personnes), cinq brigades (25 personnes) etc. Des rôles d’attaque et de défense, de soin ou de planification peuvent être partagés. Trois font la garde quand deux partent en opération.

      La formation de base de CINQ a été employée dans l’histoire mondiale pour quadriller les territoires étatiques. Il n’est pas lieu de développer cette histoire mais citons néanmoins une représentation impériale chinoise. Bien évidemment, les brigades de notre camp naissent de manière autonome et restent autonome sans être jamais décidées par en haut, comme c’est le cas dans l’impérialité Chinoise :

      « Petits, les membres d’une même brigade ont eu les mêmes compagnons de jeu, grands, ils ont les mêmes amis ; ils se fréquentent entre gens du même milieu, ils prient pour le même bonheur ; la même douleur les afflige en cas de deuil, et les calamités les frappent tous ensemble. L’attachement qu’ils éprouvent les uns pour les autres les rendra prêts à se sacrifier mutuellement leur vie. La surveillance mutuelle et l’espionnage réciproque suffisent à les empêcher de commettre des actes répréhensibles (sic). Chez eux, ils partageront les mêmes joies, en route, ils vivront dans la même harmonie ; et ils pleureront leurs morts avec les mêmes larmes. Dans les combats de nuit, la voix de leur camarade les empêchera de s’égarer, le jour, ils pourront se voir et se reconnaître. » (43-44 Levi, CG)

      #quintet

    • Vivement demain
      https://lundi.am/Creer-l-evenement

      « Même s’il gagne une grève, le travailleur n’aura rien gagné, car l’augmentation de salaire qu’il aura obtenue, le bourgeois la lui reprendra d’une autre manière, en augmentant, par exemple, son loyer ou le prix des denrées. Ainsi, le pauvre esclave est toujours trompé. Que l’expérience serve, enfin, pour que les peuples ouvrent les yeux et qu’ils comprennent que l’effort et le sacrifice que suppose la lutte pour un morceau de pain sont exactement du même type que ceux qui président à la lutte pour mettre, une fois pour toutes, à bas ce système criminel et faire que toutes choses appartiennent à tous. »

      - Ricardo Flores Magón

    • Les « brigades » grandes écoles en butte à une répression préventive

      La direction de Sciences Po a annoncé que ses sites à Paris et dans les régions resteraient fermés mercredi, avec des enseignements assurés à distance.

      https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/09/mobilisation-du-10-septembre-rassemblements-transports-blocages-ce-qui-est-a

      et, comme de coutume, les lycéens seront spécialement surveillés par la keufaille (pendant que les diants-diants dorment en cours ?)

    • Sur le 10 septembre
      https://blog.tempscritiques.net/archives/5244

      Cette extériorité ne se manifeste pas ici par un appel à bloquer l’espace public comme pour les ronds-points ou les manifestations de rue, mais à s’organiser pour tout pouvoir faire de chez soi et à partir de soi, flattant l’idée que nous dominons les machines plus qu’elles ne nous dominent. Il s’agirait de bloquer individuellement le « système » économique comme si celui-ci nous était extérieur. C’est en premier lieu une conception d’un peuple sans tache qui ne peut que rappeler de mauvais souvenirs1 ; c’est en outre faire comme si ce « peuple » s’était déjà mis en mouvement du fait de sa capacité à « hacker » les micro-technologies. Certains se gargarisent de la supposée « intelligence collective » des mouvements (Paolo Virno2) qui se serait déjà incorporé l’intellectualité générale et, pourquoi pas, l’IA pendant qu’on y est3, mais alors on ne peut qu’avoir des doutes sur son « autonomie » et on est ici bien loin des thèses opéraistes d’origine dont est pourtant censé se réclamer Virno.

      L’appel à la grève de la consommation redouble cette extériorité et rappelle l’origine sociologique des lanceurs de l’initiative, quand une part relativement importante de la population a déjà fait la « grève » des vacances et de tout ce qui ne relève pas de l’achat des produits de première nécessité.

    • 10 septembre : la France sous les drones
      https://www.mediapart.fr/journal/france/100925/10-septembre-la-france-sous-les-drones

      La quasi-totalité des villes ou zones rurales potentiellement concernées par la mobilisation du mercredi 10 septembre ont fait l’objet d’autorisations de #surveillance par #drones, publiées parfois à la dernière minute par les préfets. Seules quelques-unes ont été annulées.

      « Bloquons tout » : la journée de mobilisation du 10 septembre en direct (accès libre)
      https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/100925/bloquons-tout-la-journee-de-mobilisation-du-10-septembre-en-direct

    • "La révolution citoyenne à laquelle j’aspire se fait par les urnes. Les méthodes d’action doivent être des méthodes d’action non violentes, pacifiques (...) et je le dis les yeux dans les yeux à tous ceux qui m’écoutent ne faites rien d’autre que des choses qui soient maitrisées et calmes parce qu’ils s’en serviront pendant des heures, si il y a un cageot qui brûle quelque part ils vont le filmer pendant des heures" (JLM, France TV)

      #LFI

    • À droite dure, gauche molle :

      CR subjectif du rassemblement Châtelet 13h / Halles 14h
      https://paris-luttes.info/toutbloquer-cr-subjectif-du-19874

      À la place du Châtelet.

      Il y avait indéniablement du monde (quelques milliers ? quelques dizaines de milliers ? de personnes). Entre 13h et 14h, notre groupe de potes a passé pas mal de temps à faire des aller-retours entre la place du Châtelet et les Halles. Bizarrement, toute la foule à Châtelet s’est laissée très lentement et très progressivement se faire nasser sans aucune réaction, comme une grenouille qu’on ébouillanterait en augmentant très très lentement la température. Chaque quart-d’heure passant, il y avait une ligne de fourgons de CRS supplémentaire qui bloquait un peu plus la rue de Rivoli côté Ouest, un peu plus le boulevard Sébastopol côté Est et bientôt dans toutes les directions. Pendant ce temps, ça chantait ad nauseam le folklorique (et de plus en plus insupportable) Siamo Tutti Antifascisti qui est définitivement devenu le nouveau (pas moins insupportable) « Ou sinon ça va péter, ça va péter » du NPA. Les obsédés d’AG ont fait... une AG. Tout Bloquer a donc commencé par se faire bloquer à Châtelet. La perspective de manifs sauvages diffuses et rapides un peu partout dans la capitale et de blocages potentiels de la circulation ou de ligne de chemin de fer s’est éloignée. (La pref a tout de même demandé à la RATP de ne plus désservir métros et RER à Châtelet-les-Halles et le forum des Halles a fermé temporairement)

      Aux Halles

      Du monde attendait, mais galérait et ne savait pas quoi faire. Quelques fouilles de la part des CRS. Pas de bazar. Au fur et à mesure, les forces en présence ont fini par converger sur Châtelet avec la Batucada.

      Une manif vers République et quelques soubresauts (Turbigo, Grands Boulevards).

      Une sortie très probablement décidée ou négociée par la pref a permis un désengorgement de Châtelet par Sébastopol sous la forme d’un cortège lent et long, peu déterminé mais aussi un autre un peu plus énervé via la rue Saint-Denis, qui a débouché en quelques petits affrontements avec les flics et un peu de lacrymo (dont un palet a cramé le Wafu Bar, un restaurant asiatique).

      Il y avait vraiment pas mal de monde et donc certains arrivaient déjà à République quand d’autres partaient à peine de Châtelet. Quelques tentatives de bifurquer à l’Ouest via rue Turbigo n’ont pas eu le succès escompté. Une autre partie du cortège a bougé sur les Grands Boulevards (toujours une meilleure idée que République) ce qui a donné 100 occasions de faire partir des sauvages mais qui n’ont pas prises inexplicablement. Le cortège était lent, bon enfant et a dû se résoudre à faire demi-tour et finalement rejoindre République lui aussi. On a vite compris que Tout Bloquer allait de nouveau se faire bloquer.

      Déjà quelques gros mythos

      Des journalistes militants parlent déjà de « milliers de manifs sauvages » et de « Paris Bloqué »...

      MDR... Non.

      Un habitué des micros, des AG et des meetings (depuis 20 ans) a déclaré que c’est une manif sauvage qui a permis de sortir de la nasse de Châtelet et qui décrit comme une victoire d’être arrivé à République...

      MDR... Non plus... Mais alors pas du tout...

      Et on peut ajouter que se dénasser (soi-disant par sa détermination) de Châtelet pour aller de son propre gré se faire bloquer à République est à peu près ce qu’il y avait de pire à faire aujourd’hui pour « Tout bloquer ». République est toujours le pire des choix depuis 2015 et la fameuse nasse des 300 lors de la COP 21. (Valls, état d’urgence, attentats islamistes, tout ça tout ça... c’est bien l’époque où la nasse est devenue l’outil systématique de privation de liberté arbitraire sous prétexte de maintien de l’ordre)

      À retenir

      Il y avait du monde et les Halles et Châtelet ont parfaitement bien joué leur rôle de point de rassemblement facilement accessible par toutes et tous, les bloqueur.euse.s du matin, comme les lève-tards, les lycéen.ne.s. Mais le rassemblement n’a pas réussi à essaimer d’autres actions dans le centre de la capitale et n’a fondamentalement rien bloqué à part lui-même. Et le seul feu majeur vient des flics eux-mêmes.

      Des narvallos

      #Paris

  • 10 SEPTEMBRE : Porte par porte et mur par mur - Bloquons Paris - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/10-septembre-porte-par-porte-et-19849

    #BloqueTaPorte #PrendsTaPorte

    Appel général à encercler Paris pour bloquer les flux et occuper ses portes !

    Depuis nos banlieues ou nos campagnes, depuis nos villages et nos villes, depuis l’extérieur comme l’intérieur du périph : convergeons ! Bloquons les points d’entrée et de sortie du périphériques et les voies d’accès à l’autoroute pour ralentir la cadence infernale de la production et de la distribution. Occupons les ronds points des portes pour en faire des lieux de vie, de rencontres et de luttes. Si nous sommes expulsé-es le matin, retournons-y le soir ! Si nous n’arrivons pas à occuper le 10, réessayons le 11, puis le 12 puis le 13... ! Sortons des formes traditionnelles de mobilisation et occupons les portes des villes pour y construire notre pouvoir collectif.

    On nous a trop fait croire qu’on en était pas capables, ou pas légitimes, alors qu’il ne tient qu’à nous de nous réunir et de faire ensemble !

    À toutes celles et ceux que ce monde étouffe.

    Qui s’inquiètent de la fin du mois comme de la fin du monde [...]

    https://paris-luttes.info/local/cache-gd2/97/f8a2440f290c50babe7fff0c73057e-resp1024.png?1756915862

    #10_septembre #blocage #grève #bloquonsparis

  • Les #mégabassines du #Poitou sont au #point_mort, révèle un document interne

    Dans une lettre envoyée à des agriculteurs du Poitou, que Reporterre s’est procurée, le maître d’œuvre du projet de mégabassines égraine de nombreux #blocages semblant menacer la #viabilité même du projet.

    C’est un mail un peu spécial qu’ont reçu, le 25 août, les agriculteurs de la région où sont en construction les mégabassines des #Deux-Sèvres, de la #Vienne et de #Charente-Maritime. Illustrée de l’horizon bleu-vert de ces réserves massives d’#eau destinées à l’#irrigation, la « Lettre d’information de la Coopérative de l’eau 79 » (#Coop_de_l’eau_79, maître d’œuvre du projet) décrit un projet au point mort : la plus grande mégabassine construite est #inutilisable, les chantiers sont à l’#arrêt faute d’argent, des négociations politiques traînent...

    Autant de #difficultés qui apparaissent entre les lignes et jettent le doute sur la viabilité de ce projet au centre du débat sur la gestion de l’#eau_agricole. Ce document, que Reporterre s’est procuré et reproduit ci-dessous, interroge sur la survie des mégabassines du Poitou.

    #Sainte-Soline à sec et pour longtemps

    Le premier enseignement de ce document concerne la mégabassine de Sainte-Soline, la plus grande réserve du projet construite à ce jour et point de fixation de la contestation depuis la manifestation de mars 2023. Cette mégabassine, avec trois autres non sorties de terre, s’est vue retirer son autorisation environnementale après un arrêt de la cour d’appel administrative de Bordeaux. Dans sa lettre, la Coop de l’eau prévoit de déposer en 2026, sans préciser la date, la demande de #dérogation d’#espèce_protégée demandée par les juges. Au premier regard, une simple démarche administrative.

    Si la #loi_Duplomb — réautorisant notamment des pesticides interdits — simplifie un peu l’affaire en définissant ces réserves d’eau d’« #intérêt_public_majeur », l’arrêt de la cour d’appel administrative exige de remplir deux autres conditions qui portent sur une #espèce_menacée, l’#outarde_canepetière, en produisant études et propositions pour réduire et compenser les dégâts des travaux.

    D’après Marie Bomare, juriste pour Nature Environnement 17, il faudra plus qu’un formulaire administratif du type Cerfa pour répondre à cette exigence : « L’#outarde étant dans une situation critique, il apparaît difficile de la maintenir dans un état de conservation favorable comme le demande la loi alors que les bassines s’implantent en plein dans leur habitat. »

    « Un symbole fort »

    Or, pas de dérogation, pas de remplissage. Et, suivant le principe de « substitution » d’une mégabassine, le #remplissage ne peut avoir lieu qu’en « haute eau », c’est-à-dire quand il est possible de pomper dans les nappes phréatiques remplies par les précipitations d’automne et d’hiver. Faute de dérogation avant le printemps, la bassine pourrait rester à sec durant la saison d’arrosage. Un gros manque à gagner pour les onze agriculteurs raccordés qui comptent sur cette eau, notamment pour leurs #céréales. Mais aussi un énorme trou dans la caisse de la Coop de l’eau 79, qui facture cette eau « sécurisée » au prix fort.

    Des chantiers à l’arrêt

    Second point de blocage : voilà plus d’un an que devaient débuter les travaux d’une nouvelle bassine à #Saint-Sauvant (Vienne). Or, rien n’a été fait. « Des prochains chantiers de construction sont à l’étude, l’engagement du département est un enjeu majeur pour la suite du programme », explique poliment la Coop de l’eau 79 dans son communiqué.

    Sous cette formule évasive se cachent deux problèmes liés au #financement du projet. Comme l’expliquait récemment Reporterre, l’explosion des #coûts (notamment de sécurisation et d’électricité) a privé la Coop de l’eau de l’argent nécessaire à de nouveaux chantiers.

    Parmi les pistes de financement, les dirigeants négocient depuis plusieurs mois avec la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres, Coralie Dénoues, qui confirmait dans un article du Parisien « [bien travailler] avec la Coop de l’eau 79 pour assurer la continuité du projet et pour le soutenir ».

    Par « soutien », la Coop de l’eau 79 espère ici récupérer des financements publics pour couvrir les frais des travaux. En pratique, les promesses de la présidente semblent difficiles à tenir : « Ce projet n’apparaît pas dans le plan pluriannuel d’investissement du conseil départemental et notre budget ne permettrait pas de financer une structure déficitaire sans couper ailleurs, analyse un élu d’opposition sous couvert d’anonymat. De plus, cela ne relève pas de nos compétences : il faudrait le soutien de la région ou de l’État pour s’engager. »

    Contacté par Reporterre, le conseil départemental des Deux-Sèvres n’a pas donné suite.

    Des irrigants abandonnés en rase campagne

    Avec 4 mégabassines construites sur les 6 attendues avant 2025 et les 16 prévues au total, beaucoup d’irrigants autrefois favorables à ces infrastructures s’impatientent d’avoir un jour « leur bassine », pour laquelle ils paient l’eau bien plus cher qu’ailleurs, comme l’expliquait Reporterre.

    Dans le nord des Deux-Sèvres, sur le bassin du #fleuve_Thouet, certains agriculteurs n’ont même pas vu le moindre projet d’ouvrage. Dans des termes choisis, la Coop clarifie la situation dans son communiqué : un plan d’action est à l’étude, et « peut prendre plusieurs formes dont la clôture temporaire de la section du #Thouet ». Pour le sud des Deux-Sèvres, sur la rivière #Boutonne, la situation bloquée depuis un an est suspendue aux résultats de « travaux ». Laissant d’autres agriculteurs dans l’attente de savoir si oui, ou non, ils auront leur bassine.

    Mauvais signal pour les autres projets

    « En 2025, l’activité de la Coopérative de l’eau 79 est largement orientée vers la communication », conclut la Coop comme un aveu, avant d’encourager les agriculteurs à « [montrer leurs] pratiques, [leurs] avancées technologiques ou en matière d’assolement ». Comme une injonction à envoyer les signaux nécessaires pour recevoir le soutien attendu des pouvoirs publics. Malgré cette priorité donnée à la communication, la Coop de l’eau 79 n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    « Le bulletin le dit avec beaucoup de langue de bois, mais le constat est là : le bateau prend l’eau de toute part », affirme à Reporterre Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci. Sans aller jusqu’à crier victoire, il perçoit l’accumulation de signes de fragilité comme des révélateurs : « Le statu quo sur Sainte-Soline, c’est un symbole fort. L’arrêt des chantiers offre une année de répit aux outardes. Une victoire écologiste, cela peut parfois être juste de freiner un projet. »

    Au moment où la loi Duplomb semblait ouvrir grand la porte à la généralisation du modèle, les difficultés rencontrées par ce projet phare pourraient bien rafraîchir les irrigants qui rêvent de leurs propres réserves.

    https://reporterre.net/Les-megabassines-du-Poitou-sont-au-point-mort-revele-un-document-interne
    #agriculture

    • #Mégabassines : la #France recadrée par un rapporteur de l’#ONU

      Un #rapporteur_spécial de l’ONU pointe du doigt des mesures discriminatoires prises contre une petite association, l’#Apieee. À cause de son engagement #antibassines, celle-ci aurait subi des #représailles de deux préfectures.

      Un rapporteur de l’ONU qui prend la plume pour défendre une petite association du Poitou, voilà un soutien que les adeptes de l’agro-industrie n’ont sûrement pas vu venir. L’Association de protection d’information et d’étude de l’eau et de son environnement (Apieee) pourrait ainsi être reconnue #victime de #discriminations en infraction avec le #droit_international. Et ce, grâce à une lettre (à lire en ligne ici) rédigée par Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU, envoyée aux autorités françaises.

      Depuis 1990, la petite association fondée à l’ombre de la forêt de Chizé, à une demi-heure de route à l’ouest de Sainte-Soline, s’emploie à protéger rivières, étangs et nappes des Deux-Sèvres contre les excès de l’agriculture. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’elle se soit engagée contre la construction de dix-neuf réserves de substitution – les fameuses mégabassines – dès l’enquête publique, en février-mars 2017.

      Cela lui a valu bien des inimitiés. Celle de deux préfectures notamment, qui ont sabré ses subventions et l’ont exclue de certaines instances de gouvernance locale. Une réaction qui a suscité les inquiétudes du rapporteur.

      Coupe de subvention et exclusion

      Dans sa lettre, Michel Forst fournit un détail exhaustif des faits et conclut, à l’adresse des pouvoirs publics : « Je vous demande instamment de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à la persécution, à la pénalisation et aux mesures vexatoires. »

      De quelle « persécution » s’agit-il ? Déjà, de la mise à l’écart de l’Apieee de moult organes de gestion des ressources en eau. Un exemple qui constitue le premier motif d’alarme du rapporteur : son exclusion du comité scientifique et technique du bassin #Sèvre_Niortaise-Mignon à la suite du refus de l’association de signer un protocole d’accord à la construction de mégabassines piloté par la #préfecture des Deux-Sèvres. On peut citer aussi son exclusion de la commission locale de l’eau de la #Boutonne, qu’elle a appris fin 2024 dans un arrêté du préfet de Charente-Maritime.

      Deuxième représaille : la perte de 8 000 euros de #subventions et donc l’obligation de mettre fin au contrat d’un animateur nature, en 2023. Le motif ? L’association aurait incité à la participation à une manifestation antibassines. Au lendemain de la grosse manifestation de Sainte-Soline de 2022, des gendarmes ont découvert dans un camion à proximité du site un devis perdu entre deux tables pliantes et un matelas : 6 tentes d’appoint, 4 blocs de 3 toilettes sèches… Pour un montant de 400 euros, ce devis est adressé à l’Apieee « pour la manifestation Bassines non merci ».

      « La France est tenue de protéger le droit de manifester »

      Un mois plus tard, le délégué régional académique de Nouvelle-Aquitaine stoppait la subvention perçue par l’Apieee pour ses actions de sensibilisation à l’environnement dans les écoles du fait de « la participation de l’association à l’organisation de la mobilisation contre les retenues de substitutions les 29 et 30 octobre 2022 ». « Nous avions refusé de participer à l’organisation précisément pour éviter ça, on n’a jamais vu ce devis ! s’indigne Joëlle Lallemand, porte-parole de l’Apieee jointe par Reporterre. J’ai transmis nos relevés de compte pour montrer que nous n’avions rien dépensé, on m’a répondu que j’avais pu payer en liquide... »

      Michel Forst, le rapporteur, considère de toute manière que « [m]ême si elle avait été impliquée » dans la manifestation de Sainte-Soline, « la France est tenue de respecter et de protéger le droit de manifester pacifiquement pour l’environnement ».

      En plus de la perte de la subvention, l’association a été exclue par la préfète des Deux-Sèvres des instances de gestion de l’eau de la région — comité ressource, commission locale de l’eau, etc. Un motif suffisant pour lancer une procédure auprès du tribunal administratif de Poitiers. Laquelle est toujours en cours.
      « Protéger les associations de terrain est crucial »

      Signée par la France en 2002, la Convention d’Aarhus (convention régionale des Nations unies sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement) oblige les États qui s’y rallient à s’assurer que les militants « ne soient en aucune façon pénalisés, persécutés ou soumis à des mesures vexatoires en raison de leur action ». Elle a institué en octobre 2021 un rapporteur spécial sur les défenseurs de l’environnement, fonction occupée par Michel Forst depuis juin 2022.

      Certes, le courrier rédigé par Michel Forst n’a aucune valeur contraignante. Mais, « les traités internationaux sont supérieurs aux lois : une telle lettre produite dans le cadre d’une procédure peut avoir un impact sur un juge administratif, s’enthousiasme Pia Savart, juriste pour France Nature Environnement, dont fait partie l’Apieee. Protéger les associations de terrain est crucial car ce sont elles qui font le travail de fond : s’en prendre à elles, c’est entraver la protection de l’environnement. »

      Depuis que la lettre a été transmise au ministère des Affaires étrangères, dès avril, rien n’a pour l’instant bougé. Contactées par Reporterre, les deux préfectures mises en cause n’ont pas donné suite.

      https://reporterre.net/Megabassines-la-France-recadree-par-un-rapporteur-de-l-ONU

  • Attaques de chantiers, #blocage d’autoroute – Des nouvelles de la lutte #No_Tav

    Active depuis plus de 30 ans, la lutte contre la LGV #Lyon-Turin continue malgré l’avancée du #chantier. Du 25 au 27 juillet avait lieu à Venaus le #festival Alta Felicita. Ce festival était accompagné d’une #manifestation le samedi 26 juillet qui a réuni une dizaine de milliers de personnes. La journée a été marquée par trois actions coordonnées :

    1. Une partie de la manifestation a ciblé le chantier du TAV à #Traduerivi. Quelques personnes ont réussi à pénétrer sur le chantier et à incendier des préfabriqués.

    2. Une autre partie du cortège est allé bloquer l’autoroute Turin-Bardonecchia près de #San_Didero.

    3. La troisième action visait le chantier du TAV à #Chiomonte, mais là, malgré les salves de pierre et les cocktails molotov, les manifestants n’ont pas réussi à rentrer sur le chantier.

    Cette journée de manifestation démontre le renouveau de la capacité organisationnelle du mouvement et lui permet de renouer avec des pratiques.

    https://www.youtube.com/watch?v=rUhEqP5nZHI

    Cela redonne de l’espoir alors que du côté français le mouvement, empêtré dans une naïveté légaliste bourgeoise, peine à décoller. Pour comprendre un peu mieux la situation et trouver des pistes pour s’en défaire, on peut lire cet appel à se positionner clairement par rapport au chantier qui arrive.

    https://www.infolibertaire.net/attaques-de-chantiers-blocage-dautoroute-des-nouvelles-de-la-lutte-n
    #résistance #no-tav #Vallée_de_Suse #Italie

  • La #migration est un #fait_social_total

    Parti pris · Omniprésente dans le paysage audiovisuel et les discours politiques, la question de l’immigration est sans conteste l’#obsession du #complexe_politico-médiatique français. Mais les deux visions principales qui s’affrontent – à #droite et à #gauche – pêchent considérablement par #distorsion et #omissions et peinent à embrasser la #dimension_globale de ce fait social.

    Si l’entrée de l’immigration dans le #débat_public fut progressive, on peut considérer comme un premier tournant les #agressions_racistes de #1973 et leur #médiatisation. En effet, le sujet va gagner en #visibilité à partir de ces événements et de leurs conséquences politiques, bien avant, comme on peut le lire parfois, la percée du #Front_national, au milieu des années 1980, et son affrontement avec les mouvements antiracistes.

    L’occasion est alors donnée aux immigrés de se présenter à la société française et de raconter leurs #conditions_de_travail et de vie. C’est aussi une opportunité, pour la société française, de débattre d’un sujet qui ne quittera plus les champs médiatique et politique, au point d’éclipser toutes les autres préoccupations citoyennes et même de les absorber, puisque le traitement qui en est fait suggère insidieusement sa responsabilité dans tous les #problèmes_sociaux.

    Si l’on peut penser que la surreprésentation de la question de l’immigration est imputable aux exigences et aux intérêts propres au secteur des médias, au vu de l’appétence de ces derniers pour les polémiques, on est bien en peine de justifier son #omniprésence dans le #discours_politique qui en a fait un #enjeu_électoral majeur. Cette évolution du #débat, en ampleur et en intensité, s’est accompagnée d’une #polarisation de plus en plus marquée et de la résurgence d’un #racisme_décomplexé, qui dénonce l’immigration comme un #poids pour le pays d’accueil et n’est contré que par une #rhétorique utilitariste qui associe immigration et #bénéfices_économiques.

    « #Grand_remplacement », « #invasion_migratoire » et « #submersion_migratoire »

    Porté par la droite et l’#extrême_droite, mais pas seulement, ce discours raciste développe l’idée que l’immigration représente non seulement une #charge_sociale, mais aussi une #menace_identitaire et sécuritaire pour les Français. Les immigrés sont ici présentés comme des individus #indésirables et en surnombre – on parle de « grand remplacement », d’« invasion migratoire » et de « submersion migratoire » – qui menaceraient la #sécurité et l’#identité nationales. L’argumentaire principal mobilisé pour défendre cette thèse est l’#incompatibilité des caractéristiques culturelles et religieuses des populations immigrées avec les valeurs de la #République, avec une focalisation sur l’#islam. Ce discours prône ouvertement l’arrêt des flux migratoires et même la possibilité du retour dans le pays d’origine. Sauf que…

    Lorsqu’il s’agissait de répondre à un besoin de #main-d’œuvre et d’abaisser les #coûts_du_travail, la droite, de connivence avec le #patronat, était favorable à l’immigration, notamment dans les années 1960, lorsque les constructeurs automobiles et les patrons des mines recrutaient massivement dans les pays du Maghreb. Ou encore au début des années 2000, lorsque le discours gouvernemental a fait de « l’#immigration_choisie » un leitmotiv. Aujourd’hui encore, cette pratique est maintenue et « protégée » parce que voulue par les élites économiques, bien que décriée sur les plateaux télévisés.

    De l’autre côté du spectre politique, l’argument utilitaire est mobilisé pour défendre les populations immigrées. Il est de plus en plus porté par la gauche, qui aime à rappeler la contribution des étrangers pendant la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale ainsi que dans les #mines, les #usines et sur les grands #chantiers portés par le développement de l’#industrialisation, et qui souligne aujourd’hui le rôle des #médecins_étrangers dans le maintien du système de #santé_publique. Discours utilitariste donc (qui s’appuie sur les résultats de recherches en sciences économiques et en démographie conduites notamment par l’OCDE, la Banque mondiale et le FMI) mais qui est présenté comme humaniste par ses tenants, qui mettent en avant la #solidarité avec les immigrés et défendent une politique de #régularisation des #sans-papiers.

    Justifier le jeu du #capitalisme

    Ce discours est apprécié par la population concernée et il est souvent et naïvement repris par elle, puisqu’elle y trouve une justification à sa présence, au point de faire son totem de cette phrase qu’on entend souvent dans les bouches d’immigrés : « On travaille. » Mais la gauche dénie ici le fait que l’importation de populations étrangères dévalue les #classes_populaires (son principal électorat), qui se sont d’ailleurs progressivement détournées d’elle. En effet, valoriser la #participation des immigrés revient à justifier le jeu du capitalisme, qui utilise la #concurrence entre travailleurs et l’importation de main-d’œuvre pour casser les grèves, baisser les #salaires et ne pas améliorer les conditions de travail.

    Autrement dit, lorsqu’une partie de la gauche renonce à sa position historique sur la #régulation de l’immigration, elle protège ce que #Karl_Marx qualifie de « secret grâce auquel la classe capitaliste maintient son #pouvoir ». Elle devient dès lors ce que le sociologue #Ramón_Grosfoguel appelle une #gauche_impérialiste, dans le sens où « elle construit un #projet_politique où elle ne demande qu’à améliorer sa situation à l’intérieur des murs [frontières], à l’intérieur des espaces impérialistes, sans les remettre en cause, sans problématiser la #domination que ce #système-monde exerce sur les habitants à l’extérieur des murs [frontières]… Elle ne remet pas en question les #structures_de_pouvoir qui produisent le #pillage et l’#appauvrissement de la grande majorité de la population mondiale, qui vit juste à l’extérieur des murs et est soumise aux formes les plus despotiques, les plus appauvries et les plus violentes de l’accumulation du capital ». Pire, dans une démarche paternaliste, elle appelle à renforcer l’#aide_publique_au_développement au lieu de militer pour la #désimpérialisation.

    Dans les deux discours présentés ci-dessus, il y a des omissions et des distorsions si considérables qu’elles altèrent complètement l’appréhension du sujet de l’immigration. Il s’agit également de discours prisonniers de leurs points de vue et de leurs antagonismes réciproques, jusqu’à donner parfois l’impression qu’ils se définissent non pas en fonction des besoins de la réalité et des idées qu’ils défendent mais bien en réaction l’un à l’autre. À cela s’ajoute le fait que l’immigré est systématiquement abordé comme #objet et non comme #sujet, ce qui contribue à normaliser une #pensée_impérialiste qui ne participe qu’à stigmatiser les populations immigrées et à les dépouiller de leur #agentivité.

    Les trois quarts des migrations africaines sont intracontinentales

    Il s’agit d’un double phénomène : émigration-immigration. Toute étude ou tout discours qui ferait l’économie de l’un se condamnerait à l’incompréhension de l’autre, car l’un et l’autre sont les deux faces d’une même pièce. On comprend donc qu’une réflexion sur les conséquences de l’#immigration dans les pays d’arrivée doit nécessairement et impérativement s’accompagner d’une réflexion sur les #causes de l’#émigration dans les pays de départ.

    Une mise en perspective plus large permettra donc de montrer que les migrations ne concernent pas seulement les pays occidentaux – il s’agit d’un phénomène mondial –, voire qu’ils ne sont concernés que dans une moindre mesure, puisque les trois quarts des migrations africaines, par exemple, sont intracontinentales. Cela permettra également de jeter la lumière sur les problèmes réels ou supposés qui poussent des personnes du Sud à affluer en masse vers le Nord (pauvreté, conflits armés, accroissement démographique…), ainsi que sur les problèmes réels ou supposés qui poussent l’Occident à recruter des étrangers (déclin démographique, pénurie de main-d’œuvre, déserts médicaux…).

    Cette approche, qu’on pourrait qualifier de globale, est cruciale, parce qu’elle permet de démontrer combien une réflexion intramuros est vouée à l’échec, la seule manière de comprendre et de gérer la question migratoire étant d’établir un dialogue bilatéral, qui implique non seulement les pays d’émigration et les pays d’immigration mais aussi les populations migrantes et les sociétés d’accueil.

    L’immigration en #France est liée à l’#histoire_coloniale

    Il est aussi nécessaire de prendre en considération le rôle de l’histoire coloniale (esclavage, mobilisation militaire forcée et recrutement de travailleurs dans les colonies) dans la création des schémas migratoires ainsi que les rapports de force qui existent entre pays anciennement colonisateurs et pays anciennement colonisés. En effet, l’histoire de l’immigration en France est fondamentalement liée à l’histoire coloniale qui l’a créée, ce qui implique que, pour comprendre les migrations aujourd’hui volontaires, il est essentiel de revenir sur les #migrations_forcées dans les anciennes colonies, puisqu’elles ont des trajectoires identiques mais surtout qu’elles obéissent d’abord et avant tout aux besoins des pays occidentaux.

    Qualifiée comme telle – parce que c’est ce qu’on veut voir en elle, ce qu’on aimerait qu’elle soit et qu’elle le demeure –, l’#immigration_de_travail est une expression qui porte en elle un refus : regarder l’immigré autrement que comme un agent au service du capital, un corps au service des possédants. Or l’immigré est une personne, qui vient avec son histoire, sa religion, sa langue, sa façon d’être au monde, ses représentations et ses croyances, bref sa #culture. Il vient également avec ses besoins et ses aspirations : se marier, se perpétuer et vivre auprès de sa famille. Pourtant, et alors que, comme l’écrit le sociologue et non moins émigré-immigré #Sayad_Abdelmalek, « la chose était prévisible dès le premier acte d’immigration », tout semble se réaliser, du moins dans un premier temps, dans une logique du #provisoire.

    Ce sont là les #illusions qui accompagnent le phénomène migratoire, très bien expliquées par Abdelmalek Sayad. « L’image de l’émigration comme “#rotation” continuelle exerce sur chacun un fort pouvoir de séduction : la société d’accueil a la conviction de pouvoir disposer éternellement de #travailleurs […] sans avoir pour autant à payer (ou fort peu) en problèmes sociaux ; la société d’origine croit pouvoir se procurer de la sorte et indéfiniment les ressources monétaires dont elle a besoin, sans qu’il résulte pour elle la moindre altération ; les émigrés sont persuadés de s’acquitter de leurs obligations à l’égard de leur groupe […] sans avoir pour cela le sentiment de se renier. »

    L’illusion du provisoire

    C’est cette triple fonction des illusions qui maintient la notion de provisoire et lui donne une place centrale dans les #imaginaires de chacun, malgré sa mise en défaut par la réalité. C’est-à-dire, même après que le turnover a été révolu, que les séjours de travail se sont allongés jusqu’à devenir quasi permanents (transformant radicalement les rapports aux groupes d’appartenance et au #pays_natal), que les profils et les trajectoires migratoires se sont complexifiés, et que l’immigration de travail s’est transformée en #immigration_familiale, puis en #immigration_de_peuplement. La notion de provisoire est une consolation pour l’émigré face à sa désertion, pour la société d’origine face à sa désintégration et pour la société d’accueil dans son rêve de purification.

    La #délocalisation d’une partie de la société vers un autre pays, comme l’entretien de relations sociales et affectives entre ceux qui partent vivre à l’étranger et ceux qui restent dans le pays natal, semble créer une route qui grandit en même temps que la communauté d’expatriés. L’existence d’une solidarité intracommunautaire semble également faciliter, quand elle ne l’encourage pas directement, le passage à l’acte. En effet, l’idée de trouver des compatriotes ou même des membres du cercle familial (qui peuvent aider financièrement et psychologiquement) rassure le candidat à l’émigration sur la faisabilité de son #projet_migratoire et elle atténue sa peur de la #solitude et de l’#isolement. C’est ce qui explique le fait qu’on retrouve dans des villes et des quartiers à fortes densités immigrantes toute une communauté d’immigrés souvent originaires d’une même région et ayant parfois des liens de parenté.

    Les coûts importants des procédures administratives pour les demandes de visa et le pourcentage très élevé de refus dans certains pays (plus de 50 % en Algérie) rendent la voie légale souvent inaccessible. Le recours à la #clandestinité devient une possibilité de dépasser ces #blocages. En effet, traverser la Méditerranée dans une embarcation et franchir la frontière illégalement est une option choisie par des milliers de personnes chaque année, malgré les #risques et malgré les actions de prévention et de lutte contre la migration illégale.

    Maintenir coûte que coûte une #hiérarchie_sociale

    Ce qu’on peut relever du débat tel qu’il se présente aujourd’hui autour de la migration, c’est qu’elle est posée comme problème pour certaines populations et pas pour d’autres. Par exemple, en France ou en Allemagne, les réfugiés syriens ou afghans ne sont pas perçus comme les réfugiés ukrainiens. Le #traitement_médiatique qui leur est réservé n’est pas le même, pas plus que les dispositions prises pour leur #accueil et leur #insertion.

    Cet exemple permet d’inscrire la question dans le tableau plus large de la migration des pays du Sud vers les pays du Nord. Cette migration a ses spécificités et ses problématiques propres et elle ne saurait être confondue avec les mobilités intra-européennes ou euro-australo-américaines, par exemple, qui ne sont pas source de tensions, les populations qui en sont issues étant considérées comme assimilables, sinon semblables. Il n’en a pas toujours été ainsi. On se souvient du racisme envers les Bretons à Paris, des Britanniques envers les Irlandais, des Français envers les Italiens, les Espagnols, les Portugais…

    Ainsi posée, c’est la question du #racisme qui émerge comme point nodal de la migration, considérée par les uns comme phénomène social et par les autres comme problème social. Cette discrimination, qui a longtemps trouvé sa justification dans la #théorie_des_races et l’#infériorité_biologique supposée des uns par rapport aux autres, est remplacée, depuis la Seconde Guerre mondiale, par un #racisme_culturel, c’est-à-dire par un ensemble de pratiques et de discours dans lesquels la culture de certains groupes sociaux (généralement racisés) est essentialisée et infériorisée, l’objectif étant toujours le même : maintenir coûte que coûte une hiérarchie sociale.

    Faire l’impasse sur le #système-monde

    Penser l’État-nation dans un contexte d’#interdépendance_internationale est une ineptie, tout comme l’est le fait de chercher à préserver les intérêts d’un État ou à établir un #ordre_national plus juste dans un monde ravagé par les injustices, où l’on assiste au pillage des richesses humaines et naturelles par des multinationales occidentales ; un monde où rien ne protège les plus démunis de la prédation des États les plus puissants, qui se maintiennent par une #force_de_travail bon marché et des #matières_premières bradées. En effet, dans ce marché international qu’est devenu le monde et qui est régi par les intérêts économiques du capital et ses injonctions, le racisme apparaît comme une condition essentielle pour conserver une main-d’œuvre privée de droits, une force de travail à bas coût, non seulement dans les périphéries mais aussi au cœur des puissances économiques.

    Le racisme fonctionne donc selon des besoins cycliques. D’une part, il permet d’offrir des compétences à la demande et une main-d’œuvre bon marché dans les périodes de croissance, et, d’autre part, il permet d’exclure certaines populations du marché du travail dans les périodes de crise. Pour que cette mécanique puisse se perpétuer, les discriminations doivent persister, les frontières se renforcer et les populations « déplaçables » se résigner à leur #instrumentalisation. C’est ainsi que la splendide forteresse (le #centre) se protège contre les populations issues des #périphéries. C’est à ces conditions que peut se maintenir indéfiniment cet #ordre inique à l’échelle mondiale et c’est à ce niveau que doit s’inscrire la lutte pour la #justice_sociale.

    Ainsi déployée, la question migratoire déborde complètement celle des attitudes individuelles ou collectives vis-à-vis des immigrés, tout comme elle ne saurait être attribuée aux seuls faits politique ou économique, puisqu’elle est un fait social total, et que toute tentative de la saisir par un seul bout est vouée à l’échec. Il faut donc réinventer le débat, lui donner l’ampleur qu’il mérite et mettre à jour le lien direct qui lie les migrations avec les #guerres menées en Afrique et au Moyen-Orient, avec l’#extractivisme effréné et l’#exploitation irresponsable des #ressources des pays du Sud. Ce faisant, la question migratoire reprendra la place qui est la sienne au cœur de la lutte anti-impérialiste.

    https://afriquexxi.info/Migration-fait-social-total
    #utilitarisme #humanitarisme #paternalisme #diaspora #approche_globale #voies_légales #Etat-nation #nationalisme #nationalisme_méthodologique #périphérie #anti-impérialisme
    ping @reka @karine4 @_kg_ @isskein

  • La centrale nucléaire de Gravelines à l’arrêt à cause de méduses qui ont bloqué les stations de pompage d’eau
    https://www.lemonde.fr/energies/article/2025/08/11/des-meduses-a-l-origine-de-l-arret-de-la-centrale-nucleaire-de-gravelines_66

    Quatre unités de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) sont à l’arrêt en raison de la « présence massive et non prévisible de méduses », dans les stations de pompage de l’eau servant au refroidissement des réacteurs, a annoncé EDF, lundi 11 août, dans un communiqué. Ces animaux gélatineux ont été retrouvés dans les filtres des stations de pompage qui aspirent l’eau de mer destinée à maîtriser la température des réacteurs de la centrale.

    Après, tu entends dans le poste que, ah ben zut, la surpêche « entrainerait » une diminution des prédateurs, que le réchauffement des océans « provoquerait » des proliférations de bestioles gélatineuses et que ces dernières (portés par les vents et les courants) se rassembleraient en mode yolo pour venir « bloquer » nos centrales ...

    Qui a dit que l’électrification ne pourrait pas nous surprendre ?

    • https://www.goodplanet.info/2025/08/11/des-meduses-forcent-larret-de-la-centrale-nucleaire-de-gravelines

      La prolifération de ces animaux marins gélatineux et urticants est due à plusieurs facteurs, dont le réchauffement des océans avec celui du climat, mais aussi la surpêche, qui élimine certains de leurs prédateurs directs comme le thon.

      Bon après, on peut pas non plus trop leur en vouloir aux méduses. Elles ont entendu parler de #blocage. Elles sont juste un peu en avance sur l’agenda ...

    • L’été 2025 a été chaud. Faune, flore et humains en ont pâti, les réacteurs nucléaires aussi.

      La prolifération des méduses – phénomène accentué par le changement climatiques – a provoqué l’arrêt en urgence des 4 réacteurs en fonctionnement de la centrale de Gravelines dans la nuit du 10 au 11 août (1). Ces « agresseurs » se sont fait aspirer par les colossales prises d’eau de mer, indispensable au refroidissement de la centrale. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a pu constater les dégâts causés par le massacre (2) et a souligné qu’EDF devait mieux surveiller ses agresseurs potentiels (méduses, groseilles de mer…).

      Dans les terres, la température élevée du Rhône et de la Garonne a obligé EDF à baisser la puissance d’un réacteur au Bugey le 8 août (qui sera finalement arrêté) (3), et d’un autre à Golfech le 12 août (4). Leurs rejets réchauffent trop les cours d’eau et leurs écosystèmes déjà mis à mal par les conditions climatiques.

      Et juste avant tout ça, l’ASNR a accepté les demandes de l’exploitant d’un réacteur de recherche pour tenir compte des sécheresses récurrentes (5) : continuer à rejeter ses effluents radioactifs dans l’Isère même si son débit est plus faible qu’avant (moins de dilution), et augmenter ses rejets d’eaux chaudes dans la rivière d’à côté (plus de réchauffement).

      Cherchez l’erreur.

      https://www.criirad.org/28-08-2025-ete-et-nucleaire-qui-aura-le-dernier-mot

    • Nucléaire : à Gravelines, EDF confronté à un « défi majeur » pour construire des réacteurs sur un sol « aux caractéristiques mécaniques médiocres »
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/17/nucleaire-a-gravelines-edf-confronte-a-un-defi-majeur-pour-construire-des-re


      Centrale nucléaire de Gravelines (Nord) et de la plage de Petit-Fort-Philippe, le 28 mai 2012. PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS

      « Le renforcement envisagé du sol du site de Gravelines constitue un défi technique majeur », écrit [l’#ASNR], qui ajoute qu’EDF « pourrait examiner la pertinence d’autres solutions d’amélioration du sol ».

      Situé en bord de mer, le site de Gravelines se caractérise par « un sol meuble sur une forte épaisseur », dont certaines couches présentent « des caractéristiques mécaniques médiocres ». Or, les EPR qui pourraient y être construits seront presque deux fois plus denses que les réacteurs actuellement en fonctionnement dans la centrale, en raison notamment de leur très forte puissance. Résultat, #EDF doit mettre en place un système de renforcement du sol afin d’éviter des tassements et des déformations trop importants, incompatibles avec l’exploitation de ces nouvelles unités.

      Si l’électricien n’a pas encore déposé de demande d’autorisation de création pour les EPR de Gravelines, l’ASNR a examiné de manière anticipée sa proposition sur ce sujet, qui consiste à associer plusieurs techniques (barrettes en béton armé, mélanges mécaniques du sol avec un liant hydraulique…). Sur différents aspects, l’autorité estime que l’approche retenue n’est « pas suffisamment robuste » et soulève des points de vigilance.

      « Cumul de dispositifs »

      Le système de renforcement du sol proposé est « d’une ampleur sans précédent, d’une grande complexité et sans retour d’expérience représentatif en France et à l’international », écrivent les experts. Ils affirment que les exemples fournis par EDF pour appuyer sa proposition, concernant des réservoirs méthaniers au Koweït ou le pont Rion-Antirion, en Grèce, « correspondent à des configurations de renforcement différentes de celle envisagée pour les futurs EPR2 » de Gravelines, et ne présentant pas « les mêmes enjeux de sûreté ».

      « EDF a proposé une solution avec de multiples composants, précise Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASNR. Chacun a déjà été mis en œuvre de manière isolée mais ce qui est compliqué, c’est le cumul de ces dispositifs qui interagissent entre eux. »
      L’avis souligne qu’en cas de séisme, le risque de liquéfaction – un phénomène par lequel un sol saturé en eau perd brutalement une partie ou la totalité de sa portance, pouvant conduire à l’enfoncement ou l’effondrement des constructions – n’est pas totalement écarté. « Le comportement sismique d’un sol renforcé par un système aussi dense et complexe que celui prévu reste aujourd’hui largement inconnu et relève encore de la recherche », indique le gendarme du nucléaire. Une autre interrogation porte sur la durabilité des dispositifs, constitués de divers matériaux et qui seront en interaction avec du sable et de l’eau de mer. Comment garantir qu’ils fonctionneront tout au long de la durée de vie des réacteurs ?

      « Foncer tête baissée »

      Dans un courrier adressé à EDF jeudi, l’ASNR appelle l’entreprise à définir des exigences de performance pour son système de renforcement du sol et à démontrer qu’elle peut y répondre. « C’est un sujet à enjeux en termes de coûts et de calendrier, c’est pour cela qu’il a été identifié en amont » de la demande d’autorisation de création, qui devrait être déposée dans les prochains mois, ajoute Julien Collet. Interrogé, le groupe EDF se contente d’indiquer qu’il « étudie plusieurs options possibles » et que les échanges avec l’ASNR se poursuivront.

      L’ONG Greenpeace estime de son côté que « cet avis accablant remet en cause » les EPR2. Il est « une nouvelle preuve que les critères de choix des sites de construction de nouveaux réacteurs sont largement questionnables » et démontre « la précipitation d’EDF qui fonce tête baissée dans ses projets » à Gravelines, a réagi Pauline Boyer, chargée de campagne nucléaire.

      La relance de l’atome, avec la construction d’au moins six EPR2, a été annoncée en 2022 par le président Emmanuel Macron. Elle est inscrite dans le projet de nouvelle feuille de route énergétique de la France (la programmation pluriannuelle de l’#énergie, PPE3), qui n’est toujours pas publiée.

  • « C’est Nicolas qui paie »... et qui oublie ce dont il a profité
    https://france.attac.org/se-mobiliser/superprofits-ultra-riches-mega-injustices/article/c-est-nicolas-qui-paie-et-qui-oublie-ce-dont-il-a-profite


    L’immense majorité de la population ne veut pas se serrer la ceinture pour payer les pots cassés des choix politiques des gouvernements Macron, qui ont creusé la dette publique et aggravé les injustices (le taux de pauvreté venant d’ailleurs d’atteindre un niveau record). Encore faut-il être clair sur les positions à défendre.

    Soutenu par les mouvements d’extrême droite, le slogan « #NicolasQuiPaie » (déposé à l’INPI par le patron d’un média d’extrême droite) est censé incarner le ras-le-bol fiscal de la population. Dans la tradition anti-fiscale inspirée de l’extrême droite, des libertariens et de la droite populiste, ce slogan et le discours qui l’accompagne dénoncent des impôts, cotisations et dépenses publiques trop élevées et une redistribution inexistante pour la « classe moyenne ».

    Si certaines revendications sont légitimes (comme sur la suppression possible de jours fériés), ce slogan vise les recettes et les dépenses publiques et la redistribution dont ne bénéficierait pas Nicolas, symbole des jeunes diplômés et des gens qui travaillent en payant beaucoup trop pour « les autres ».

    Sur certaines images de cette campagne en voie de récupération par l’extrême droite, on voit ainsi « Nicolas », jeune diplômé « de type occidental » en chemise, se prendre la tête dans les mains devant ce qu’on imagine être le poids de la fiscalité face à un Emmanuel Macron hilare et un jeune racisé à casquette, lui aussi tout sourire. Tout est dit dans ce type d’image : Nicolas paie pour le train de vie de l’État et les immigré·es.

    Disons-le d’emblée : ce qui est désormais véhiculé, dans une certaine presse notamment, par cette expression et la démarche qu’elle entraîne n’est pas seulement trompeur, cela relève de la manipulation.

    Cohérentes avec leur anti-fiscalisme primaire, la fachosphère, les identitaires, les libertariens et leur périphérie sympathisante promeuvent cette expression. Ils soutiennent un appel à se mobiliser le 10 septembre qui circule sur les réseaux sociaux. Les promoteurs de « C’est Nicolas qui paie » tentent ainsi d’instrumentaliser ce qui est en réalité un « ras-le-bol des injustices fiscales et sociales », bien réel et mesuré dans les enquêtes d’opinion.

    Leur objectif est clair : ne surtout pas faire contribuer les plus riches et les grandes entreprises et en finir avec la « contribution commune » (les impôts et les recettes sociales). Il s’agit de discréditer et de cliver pour créer les conditions d’une mise en œuvre de leur projet : privatiser, instaurer une société du « chacun pour soi » et conforter la domination politique et économique d’une caste hyper aisée.

    Pour ce faire, ils se livrent à une critique permanente et de plus en plus brutale de l’action publique et de la protection sociale, censées bénéficier principalement à ce qu’ils ont toujours combattu et détesté : les solidarités collectives, l’humanisme, l’égalité, les immigrés, les pauvres, les précaires, les chômeurs et chômeuses, etc.

    Ces personnes ne s’encombrent pas de la vérité. Fidèles à leurs méthodes et rhétoriques historiques, elles ne cessent d’entretenir les peurs et les idées fausses dans une stratégie bien connue, puisque largement employée par des personnes comme Donald Trump par exemple. Il est donc essentiel de montrer la réalité de cette manipulation.

    Ce tableau est pourtant mensonger : s’il est vrai que Nicolas paie (des impôts) il a bénéficié et bénéficie largement, tout au long de sa vie, des services publics et de la Sécurité sociale.

    • L’immense majorité de la population ne veut pas se serrer la ceinture pour payer les pots cassés des choix politiques des gouvernements Macron, qui ont creusé la dette publique et aggravé les injustices (le taux de pauvreté venant d’ailleurs d’atteindre un niveau record). Encore faut-il être clair sur les positions à défendre.

      Soutenu par les mouvements d’extrême droite, le slogan « #NicolasQuiPaie » (déposé à l’INPI par le patron d’un média d’extrême droite) est censé incarner le ras-le-bol fiscal de la population. Dans la tradition anti-fiscale inspirée de l’extrême droite, des libertariens et de la droite populiste, ce slogan et le discours qui l’accompagne dénoncent des impôts, cotisations et dépenses publiques trop élevées et une redistribution inexistante pour la « classe moyenne ».

      Ce tableau est pourtant mensonger : s’il est vrai que Nicolas paie (des impôts) il a bénéficié et bénéficie largement, tout au long de sa vie, des services publics et de la Sécurité sociale.

      https://france.attac.org/se-mobiliser/superprofits-ultra-riches-mega-injustices/article/c-est-nicolas-qui-paie-et-qui-oublie-ce-dont-il-a-profite

    • Un autre #NicolasQuiPaye est possible
      https://x-alternative.org/2025/07/05/un-autre-nicolasquipaye-est-possible

      Une partie des classes moyennes supérieures s’exprime en ce moment (au moins) sur les réseaux sociaux. Il paraîtrait qu’on paye pour entretenir un état ventripotent, spoliateur et redistributeur au profit unique de minorités racisées.

      Les posts fleurissent et les like avec. Romaric Godin en a écrit une analyse sur mediapart. Le texte est excellent et doit être lu pour comprendre comment l’échec du néolibéralisme nous conduit tout droit au néofascisme, celui qui a conduit Trump au pouvoir et conduira un gorafisme au carré au pouvoir en 2027 si rien de plus conséquent qu’une primaire populaire n’est envisagé par les ramollis de libération.

      Toutefois, il faut reconnaître que l’État est ventripotent et spoliateur. Il est farci de très hauts fonctionnaires et d’élus parfaitement parasitaires, incompétents et tout à fait nuisibles. On pourrait citer François Villeroy de Galhau qui ne cesse, du haut de ses 310000 euros annuels (plus 6400 euros par mois pour le logement — pauvre chat), de faire la leçon aux français qui ne travaillent pas assez pour rembourser le Très Saint Dette Publique. Ou Pierre Moscovici, dont la fonction se résume à dire qu’on dépense trop et qu’il faut faire des économies pour rembourser la même Très Sainte Dette, pour 14500 euros par mois.

      De même, étant entrepreneur, je ne peux que constater que les URSSAF et la DGFIP sont des monstres inhumains qui prélèvent à volonté ce que mon travail produit. Je vais de redressement en redressement, toute demande de remboursement de TVA est un calvaire, chaque bilan une angoisse. Je n’ai aucune visibilité sur les prélèvements qui sont effectués sans consentement et je n’ai jamais le moindre rendez-vous avec un être humain : toujours des messages sur un site obscur qui me notifie juste assez tard pour que j’aie des pénalités.

      Ainsi, dans leur critique du coût de l’État, le mouvement #NicolasQuiPaye n’a pas tout à fait tort. C’est même ça qui fait le succès de tous les mouvements d’influence : se baser sur des éléments de réalité. Les pro-Poutine ont raison de dire que l’Ukraine et l’Otan ont fait n’importe quoi avec les accords de Minsk et que l’OTAN aurait dû s’auto-dissoudre en 1991, les covido-négationnistes ont raison de dire que le pouvoir a menti et nous a réprimés et manipulés, les soutiens au génocide que le Hamas a commis des attentats sordides. Tout repose toujours sur un fond de réalité qu’ils tordent pour appuyer pour servir un agenda tout autre. A la fin, beaucoup oublient cette réalité pour tomber dans le narratif d’autres qui, eux, ont des intérêts biens réels. Dans le cas #NicolasQuiPaye, l’agenda a été assez clairement expliqué par le camarade Romaric : dissoudre l’impôt et les cotisations en vue d’une société libertarienne ou chacun toucherait l’intégralité de sa plus-value et serait seul responsable de sa réussite ou de ses échecs (en plus d’un agenda techno-fasciste et raciste) modulo les prélèvement d’un État garant répressif de cette « liberté ».

      Pour autant, et c’est dit dans l’exergue de la Pompe à Phynance, l’État redistribuerait (et a pu le faire plus ou moins) intégralement le produit de ses captations, contrairement au système banque-actionnaires qui les conserve pour lui seul. Sauf que, néo-libéralisme et effondrement du bloc soviétique étant passés par là, l’État a retrouvé sa fonction de comité d’organisation des affaires bourgeoises. Sans syndicalisme puissant, sans parti révolutionnaire de masse, l’État se contente désormais de prélever les classes moyennes et populaires au profit quasi-unique de grandes corporation supra-nationales. Sa haine est devenue légitime car effectivement, ayant fusionné avec le grand capital, lui aussi ne prélève que pour lui-même — c’est-à-dire ceux qui le produisent, malgré des missions redistributives résiduelles dont veulent justement s’affranchir les libertariens et les capitalistes. Indépendamment de l’absurdité d’un État qui ne prélèverait plus pour redistribuer et laisserait à chacun l’intégralité du produit de son travail, c’est une illusion car il continuerait à prélever pour financer les grands groupes et les oligarques qui ont le contrôle de sa production et de son action.

      Ainsi un autre #NicolasQuiPaye est possible.

      Celui qui considère qu’on ne paye pas trop d’impôts mais qu’on n’en paye pas assez. Qu’on ne cotise pas trop mais pas assez. A tout le moins juste assez. Mais que le problème est le niveau de prestation qu’on a en face. Qu’il y a un problème sur la nature et la production de l’État. Celui-ci devrait être nous : un moyen dont on se dote pour exécuter les décisions qu’on prend.

      De saines revendications seraient celles d’un État populaire, comptable devant nous, de cotisations et d’impôts qui nous donnent un juste droit (égal) à des services publics (école, trains, routes, …), à des droits sociaux : chômage, santé, retraite et… logement.

      Car s’il paraît choquant aux #NicolasQuiPaye qu’on soigne le diabète d’un migrant (entre deux coups de matraque), payer 30% de leur revenu à un bailleur (qui s’est contenté d’hériter et chouinera sur son rendement avant d’encaisser sa plus-value) leur paraît tout à fait normal. A la fin, en fonction de notre niveau de revenu et de notre travail, on paye d’abord notre bailleur, les banques et les capitalistes. Et c’est dans une proportion si scandaleuse qu’il est incroyable que ça ne paraisse pas évident à la majorité. On paye notre bailleur et sa plus-value. On paye notre banque et son « coût d’emprunt ». On paye la chaîne de distribution et les marges accumulées d’entreprises d’import, de distribution, d’assurances, qui ne font RIEN sinon prélever.

      Un mouvement #NicolasQuiPaye conséquent est donc communiste. S’il veut rendre aux travailleurs l’intégralité de la valeur de leur production, il veut des cotisations hautes et la propriété des moyens de production, l’expropriation des actionnaires, des banques et des bailleurs.

    • « C’est Nicolas qui paie » : quand le racisme rencontre la haine de l’impôt | Youmni Kezzouf et Mathias Thépot
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/020725/c-est-nicolas-qui-paie-quand-le-racisme-rencontre-la-haine-de-l-impot

      L’extrême droite libertarienne française s’appuie actuellement sur la formule « c’est Nicolas qui paie » pour pourfendre le consentement à l’impôt et le modèle social français, tout en avançant des idées xénophobes. Un cocktail nauséabond.

      Il souffle un fort vent de poujadisme dans les rangs de l’extrême droite française. Ce courant populiste bourgeois des années 1950 – auquel le fondateur du Front national (FN) Jean-Marie Le Pen a d’abord adhéré – s’était créé en défense du petit patron français, cumulant xénophobie, haine de l’impôt et plus globalement de toute intervention de l’État.

    • Comment la classe moyenne supérieure devient la base sociale du néofascisme libertarien | Romaric Godin
      https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/020725/comment-la-classe-moyenne-superieure-devient-la-base-sociale-du-neofascism

      Le mouvement « Nicolas » traduit une évolution des classes moyennes supérieures vers un nouveau cadre idéologique qui mêle la haine de l’État avec le rejet de toute forme de diversité. C’est le symptôme d’un basculement vers un nouveau mode de gestion du capitalisme.

      Le mouvement « C’est Nicolas qui paie ! » qui fonctionne si bien sur les réseaux sociaux traduit une évolution plus profonde. Il est la manifestation d’un glissement des classes moyennes supérieures vers un dispositif idéologique qui mêle xénophobie et libertarianisme. Or, cette idéologie est le parfait reflet d’un déplacement fondamental du barycentre de la gestion contemporaine du capitalisme.

  • Quelques nouvelles de la "presse enchaînée"
    « Un arrêt total et illimité du pays » : c’est quoi ce mouvement qui appelle à bloquer la France « à partir du 10 septembre » ? - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/politique/un-arret-total-et-illimite-du-pays-cest-quoi-ce-mouvement-qui-appelle-a-b

    Une mobilisation qui prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs jours, des appels à bloquer le pays à partir du 10 septembre 2025 se multiplient, notamment sur X (anciennement Twitter). Ce mouvement a émergé après la présentation du plan budgétaire par François Bayrou, le 15 juillet.

    Le Premier ministre, qui vise 43,8 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit public à 4,6 % en 2026, prévoit notamment « une année blanche » pour 2026, mais aussi de « supprimer deux jours fériés », le lundi de Pâques et le 8 mai. Des mesures qui doivent encore être validées par le Parlement.

    Mais ces annonces ne passent pas pour certains citoyens qui sont déterminés à paralyser le pays à la rentrée. « On s’est dit qu’on ne pouvait pas laisser passer ça. Alors on a lancé cet appel. Ce n’est pas juste une manifestation classique, mais un vrai blocage », explique un trentenaire qui dit travailler chez Enedis. Ce dernier — qui refuse de donner son prénom et son nom et privilégie des réponses écrites sur une messagerie, plutôt qu’un appel téléphonique — est l’une des personnes à l’origine de cette mobilisation.

    Un compte X semble à l’origine du mouvement :
    https://xcancel.com/search?f=tweets&q=%40bloquonstout

    Et le blog du mouvement : https://mobilisation10septembre.blog

    Mouvement_social #réseaux_sociaux #blocage #grève_générale (appel à la) #Gilets_Jaunes_deuxième_saison ?
    Ceci dit, ça commence assez mal vu que les tauliers du blog relaient un post du compte AuBonTouiteFrançais 🍾🍾🍾 ...
    https://xcancel.com/search?f=tweets&q=%40VictorSinclair3&since=&until=&near=

    • Très clairement c’est la même bande gilet jaune : des fascistes lepénistes, trumpistes et poutinistes (ah et antivax aussi) qui sont derrière ce truc.

      Évidement on retrouve Alexis Poulin, Jérôme Rodriguez et Aude Lancelin.

      QUESTIONS :
      1. Que fait Nicolas Framont avec cette bande d’extrême droite ? J’avais pas remarqué son virage à la Aude Lancelin.

      2. Vont-ils réussir la même arnaque qu’avec les gilets jaunes ?

    • Malgré le soutien aux Palestiniens de Gaza ou le refus de la catastrophe écologique (sabotages et pétition), le moins que l’on puisse dire c’est que le fond de l’air n’est pas rouge.
      Que sur un fond de décomposition du régime et grâce à la vacuité syndicale et politique, des entrepreneurs de politique radicalement « anti-woke » (voir leur clip cité ici, que je retrouve plus), souverainistes et en révolte anti-fiscale tentent leur chance ne garantit pas le succès de l’idéologie natio parmi celleux qu’ils auront mobilisé.

    • Le procès en populisme (pas assez rouge ou trop jaune-brun) est forcément clivant. Sous prétexte qu’un mouvement ne prêterait pas allégeance à une idéologie « de gauche », ce ne serait qu’un agrégat de gros bourrins complètement « teubés » sans culture politique. Le mouvement Gilet Jaune nous a quand même montré que les choses était plus complexes que ça. Il y aura fatalement tentative de récupération politique mais les participant·es peuvent aussi en analyser les conséquences si on leur donne les outils pour le faire. En aucun cas, les jugements de valeurs ne les leur donneront. Laissons les révoltes exister et peut-être auront-elles une chance de devenir révolution.

    • Le fait d’axer le sujet sur un putatif « qui », alors même que rien n’a vraiment commencer, permet de jeter l’opprobre, sans en avoir l’air, comme cela avait été fait au moment des Gilets Jaunes, avec un relatif succès, malgré tout.

      Le pouvoir médiatique choisit systématiquement à qui il donne la parole. Il n’est jamais neutre, ou alors par hasard, ou par coercition.

  • Décider et Agir. L’#Action_publique face à l’#urgence_écologique

    La #transformation_écologique est-elle possible sans réinventer l’action publique ?
    Dominique Méda, Selma Mahfouz, Marylise Léon et une vingtaine d’acteurs et actrices de terrain prennent la parole pour nommer les #blocages, et ouvrir des pistes concrètes d’action.
    Il est temps de reprendre le #pouvoir_d’agir, dans les #institutions comme sur les #territoires.

    https://editionsatelier.com/boutique/accueil/482-decider-et-agir-l-action-publique-face-a-l-urgence-ecologique-9
    #livre #écologie

  • #Italie : fuite en avant répressive du gouvernement #Meloni

    La #loi_1660, approuvé par les députés italiens en septembre 2024, envoyait un message clair : #ordre et répression. Elle dévoile toute sa dimension anti-sociale. Prévoyant de sanctionner plus fermement les #contestations, elle durcit également les conditions imposées aux détenus dans les prisons – et ouvre la voie aux entreprises dans le système pénitentiaire. Par Carlotta Caciagli, traduction Letizia Freitas [1].
    Radicalisation de mesures pré-existantes

    De nombreuses larmes de crocodile ont été versées, de Marco Minniti [ancien ministre de l’Intérieur NDLR] et Maurizio Lupi [ancien ministre des Infrastructures et des Transports NDLR] jusqu’au dernier maire ayant mis en application le décret Daspo [qui interdit d’accès à un lieu déterminé pour des raisons d’ordre public NDLR]. Parmi les voix qui, aujourd’hui, s’indignent, de nombreuses ont soutenu des décrets répressifs ces quinze dernières années.

    De quelle manière le débat a-t-il pu se détériorer au point que la question des inégalités sociales et de la pauvreté puisse être traitée comme un simple problème d’ordre public ? Les mesures auparavant en vigueur étaient déjà inadaptées et, à bien des égards, anticonstitutionnelles. Une détérioration ultérieure était difficile à imaginer, mais le gouvernement italien y est parvenu. Comment ? Principalement par des modifications ad hoc et quelque peu artificielles du code de procédure pénale.

    Le projet de loi intervient essentiellement dans trois domaines : gestion des comportements individuels et collectifs dans l’espace public, conditions imposées aux détenus dans les prisons et prérogatives des forces de l’ordre. Si chacune des mesures se traduit par une réduction des droits sociaux et humains, elle sous-traite également à des acteurs privés des tâches autrefois assumées par les pouvoirs publics.

    En ce qui concerne l’espace public et urbain, des actions telles que « l’occupation arbitraire d’immeubles destinés à l’habitation d’autrui » sont qualifiées de criminelles. Une peine allant de deux à sept ans de réclusion est prévue pour toute personne qui occuperait des habitations ou des dépendances (garages, jardins, terrasses). Le projet ne prévoit pas de circonstances atténuantes pour l’occupant, mais uniquement des circonstances aggravantes fondées sur le profil du propriétaire dont le bien est occupé.

    Mais sur cette mesure comme sur d’autres, il faut bien reconnaître que Giorgia Meloni ne part pas de zéro. L’ancien ministre Maurizio Lupi n’avait-il pas ouvert la voie à l’actuelle réforme avec le Piano Casa, ce décret de 2014 visant à protéger le droit de propriété des immeubles contre les mouvements sociaux en faveur du droit au logement ?

    L’introduction d’une règle surnommée « anti-Gandhi » est plus digne d’attention encore. Elle vise à punir d’emprisonnement quiconque bloque une route ou une voie ferrée. Si les participants sont nombreux – c’est-à-dire si l’action prend une dimension politique – les peines sont durcies. Si, au cours de la manifestation, des dommages (de toute nature, y compris morale) sont causés à des agents publics, la peine est majorée. Tout comme elle l’est si « la violence ou la menace est commise dans le but d’empêcher la réalisation d’un ouvrage public ou d’une infrastructure stratégique ».

    Stratégique, comme le pont du détroit de Messine, comme la Tav [Treno ad alta velocità, TGV, NDLR] Turin-Lyon, et comme tous les incinérateurs, gazéificateurs et bases militaires que l’on tente régulièrement d’implanter sur le territoire. De plus, le Code pénal sera à son tour modifié afin de punir davantage les auteurs de délits commis à proximité des gares.
    Américanisation du système pénitentiaire ?

    En ce qui concerne la prison, le projet de loi intervient de deux manières. Tout d’abord, en tentant de réglementer les émeutes dans les établissements pénitentiaires – caractérisées comme des actes de violence, de menaces ou de résistance aux ordres – en introduisant le délit de « résistance passive ». Par « résistance passive », il faut entendre « les conduites qui, compte tenu du nombre de personnes impliquées et du contexte dans lequel opèrent les agents publics ou les chargés d’une mission de service public, empêchent l’accomplissement des actes nécessaires à la gestion de l’ordre et de la sécurité ». Sont ainsi visées les révoltes contre la malnutrition et les conditions dégradantes d’incarcération.

    Mais il y a plus : désormais, l’organisation du travail des détenus est révisée par décret. Les initiatives de promotion du travail entendent davantage impliquer… les entreprises privées. En somme, il s’agit de préparer une force de travail docile et peu chère à se mettre au service du privé.

    Limitations généralisée des droits ? Pas pour les forces de l’ordre. En plus de permettre aux policiers et aux gendarmes de porter leur arme en-dehors des heures de service, le projet introduit la possibilité, sans aucune contrainte, pour le personnel de police, de s’équiper de « dispositifs de vidéosurveillance portables adaptés à l’enregistrement de l’activité opérationnelle et de son déroulement ». Des appareils qui peuvent également être utilisés dans n’importe quel lieu où sont détenues des personnes soumises à une restriction de leur liberté personnelle.

    Ces mesures pourront être financées grâce à une autorisation de dépenses pour les années 2024, 2025 et 2026. Pour promouvoir le travail en milieu carcéral, on y fait entrer les entreprises, tandis que pour les « body cam » des agents de la Police ferroviaire, l’addition sera payée par les contribuables…

    Face à une attaque aussi massive contre les droits individuels et sociaux, s’indigner et dénoncer les « mesures fascistes » ne suffira pas. Il est nécessaire de reconstruire des organisations professionnelles, des syndicats et des partis d’opposition. Un exercice face auquel l’opposition italienne bute depuis des décennies.

    Note :

    [1] Article initialement publié par notre partenaire Jacobin Italia sous le titre « La repressione è servita »,

    https://lvsl.fr/italie-fuite-en-avant-repressive-du-gouvernement-meloni
    #Giorgia_Meloni #répression #détention #conditions_de_détention #forces_de_l'ordre #police #privatisation #espace_public #criminalisation #occupation #Piano_Casa #Maurizi_Lupi #droit_de_propriété #droit_au_logement #anti-Gandhi #emprisonnement #blocage #américanisation #système_pénitentiaire #émeutes #résistance_passive #vidéosurveillance #Etat_policier

  • Le #Mali bloque les exportations de #Loulo-Gounkoto, sa plus grande mine d’#or (#Barrick)

    Le Mali est en conflit depuis quelques mois avec Barrick, propriétaire de sa plus grande #mine_d’or, afin de récupérer un manque à gagner estimé à 500 millions $. Dans le cadre de ce différend, Bamako a déjà emprisonné quatre employés de Barrick et émis un #mandat_d’arrêt contre le PDG #Mark_Bristow.

    Les exportations d’or de Loulo-Gounkoto, la plus grande mine d’or du Mali, sont bloquées par le gouvernement. C’est du moins l’annonce faite lundi 16 décembre par le propriétaire de la mine, le canadien Barrick Gold, qui précise que le maintien de ce #blocage pourrait le contraindre à « suspendre ses opérations ».

    Au moment de la publication, le gouvernement malien n’a pas confirmé ce blocage des #exportations. L’information intervient néanmoins alors que les relations entre Bamako et la compagnie canadienne sont tendues. Plusieurs employés de Barrick ont été arrêtés en novembre et sont détenus depuis en attente de leur procès, alors que le PDG du groupe, Mark Bristow, fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis à son encontre par Bamako. Le gouvernement accuse les dirigeants de diverses #malversations_financières et réclame à la compagnie environ 500 millions $ d’après Reuters.

    Après un audit des mines d’or ayant révélé un manque à gagner de 300 à 600 milliards FCFA, le gouvernement malien a en effet entamé depuis quelques mois des #négociations avec les compagnies pour récupérer ces sommes. Bamako cherche également à obtenir l’application du nouveau #code_minier à toutes les mines du pays. Adoptée en 2023, la nouvelle #loi augmente la participation de l’État dans les mines et devrait générer 500 milliards FCFA de #recettes_minières supplémentaires chaque année.

    « Depuis le 25 novembre, plusieurs membres de l’équipe de direction malienne de Barrick sont emprisonnés sur la base d’accusations infondées. Ceci, dans un contexte d’actions inquiétantes telles que des réclamations fiscales et douanières sans fondement et l’annonce d’un mandat d’arrêt illégitime à l’encontre du président-directeur général de Barrick », dénonce la compagnie.

    Barrick, seul contre tous ?

    Selon le nouveau communiqué de Barrick, aucun terrain d’entente n’est visible à l’horizon pour clore le différend avec le gouvernement. Pourtant, la compagnie avait annoncé fin septembre être parvenue à un accord avec les autorités, au lendemain de l’arrestation de quatre de ses employés. Quelques jours plus tard, le gouvernement malien dénonçait le non-respect des engagements pris par Barrick, avec à la clé une menace à peine voilée de non-renouvellement de l’un des permis de la compagnie arrivant à expiration en 2026.

    Barrick reste donc l’un des derniers producteurs d’or du Mali à poursuivre le bras de fer avec le gouvernement, qui a déjà fait plier la plupart des autres compagnies. Qu’il s’agisse des canadiens #B2Gold et #Allied_Gold, ou de l’australien #Resolute_Mining, les autres propriétaires de mines d’or industrielles au Mali ont en effet accepté de verser un montant cumulé dépassant 200 millions $. Bamako a également obtenu l’application des termes du nouveau code minier à certaines mines, notamment les deux mines de #lithium en cours de construction.

    S’il est difficile d’indiquer la direction dans laquelle les deux parties comptent orienter le différend au cours des prochaines semaines, rappelons qu’une suspension effective de la production d’or à Loulo-Gounkoto impacterait négativement la production et les revenus miniers du Mali pour 2024. En 2023, la mine a livré près de 700 000 onces d’or et contribué à l’économie locale pour plus d’un milliard de dollars, selon Barrick.

    https://www.agenceecofin.com/actualites-industries/1612-124397-le-mali-bloque-les-exportations-de-loulo-gounkoto-sa-plus-
    #mines #extractivisme #minières #Australie #Canada

  • Désobéissance civile : citoyens hors la loi

    LSD explore les aspirations de la désobéissance civile. #Blocages, #sabotages, actions coup de poing : quelle place pour la possibilité de désobéir en #démocratie ?

    Du chantier de l’autoroute A69 aux assemblées générales de Total, pour soutenir les personnes exilées ou les femmes victimes de violences, des #luttes ont aujourd’hui en commun d’assumer publiquement d’enfreindre le cadre. De désobéir pour se faire entendre.

    La désobéissance civile n’est pas un phénomène nouveau. Ses aînés s’appellent #Act_Up, #Jeudi_noir, #Faucheurs_volontaires. Ses ancêtres #Gandhi, #Martin_Luther_King, #Hubertine_Auclert. Elle est le fruit d’une histoire longue, faite de multiples #combats. Elle connaît aujourd’hui un essor particulier, dans des luttes environnementales, sociales, féministes, qui ont toutes leurs spécificités, mais qui partagent une arme, celle de l’action illégale, politique, publique et non violente dans le but de changer la loi : la désobéissance civile.

    Avec cette série, c’est ce mode de lutte que nous avons voulu comprendre : questionner son essor, sa pratique, son efficacité, et sa place en démocratie. Pour ses partisans la désobéissance est un dernier recours, illégal, mais légitime. Pour ses opposants, elle est l’ennemie de l’Etat de droit, car comment vivre en société si l’on accepte que la règle commune soit niée, en conscience ?

    Cette tension entre #illégalité et légitimité, entre #interdiction et #nécessité, se manifeste avec force dans la #répression policière et judiciaire à laquelle les personnes désobéissantes s’exposent. Répression qui faisait dire en février dernier à Michel Forst, rapporteur des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, qu’elle constitue “une #menace majeure pour la démocratie et les droits humains”.

    Elle s’est aussi incarnée à l’été 2023 dans les déclarations bien différentes de deux des plus hautes autorités françaises en matière de justice. D’un côté le Conseil d’Etat, lorsqu’il a suspendu la dissolution des Soulèvements de la terre, a estimé que les actions du mouvement s’inscrivaient “en faveur d’initiatives de désobéissance civile”. De l’autre le ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti, auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, disait en avoir “ras le bol de la petite musique de la désobéissance civile”, et poursuivait : “On a le droit, selon certains, quand on est porteur d’une cause que l’on estime légitime, de ne plus obéir à la loi. Rien n’est plus liberticide que cela.”

    Alors comment démêler les fils de la désobéissance ? Est-elle une remise en cause de l’#Etat_de_droit, ou une composante essentielle de la démocratie, comme l’affirmait son premier théoricien #Henry_David_Thoreau ?

    En partant sur la montagne de #Lure, auprès d’#Utopia_56 ou des #Robin_des_bois_de_l’énergie à la rencontre de celles et ceux qui vivent la désobéissance civile dans leurs luttes, en suivant avec ses spécialistes les chemins d’une pensée désobéissante sans cesse réinventée, en explorant avec #José_Bové, #Cédric_Herrou et les #Soulèvements_de_la_terre ce qui se joue lors des #procès, nous comprenons à quel point la tension est le cœur battant de la désobéissance civile. “Je reconnais tout de suite que le mot tension ne m’effraie pas”, écrivait Martin Luther King dans sa célèbre lettre de la prison de Birmingham, assumant que son combat voulait “engendrer une #tension telle que la communauté soit forcée de regarder la situation en face”.

    Aujourd’hui encore, il s’agit pour les actrices et acteurs de la désobéissance civile de révéler au grand jour les tensions déjà existantes. De sentir avec force qu’il serait possible d’agir ensemble. Leurs actions se préparent, se pensent, s’organisent en s’inspirant d’expériences passées, en utilisant les médias, les tribunaux et la puissance du collectif. La désobéissance civile dénonce l’illégitimité ou l’insuffisance des lois. Écouter ses battements, d’hier et d’aujourd’hui, nous raconte comment penser au-delà du cadre pourrait peut-être, parfois, parvenir à le faire changer.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-desobeissance-civile-citoyens-hors-la-loi

    #désobéissance_civile #loi #légalité #légitimité #désobéissance #violence #non-violence #femmes #dissidence
    #audio #podcast
    ping @karine4

  • Nouvelles vagues de vandalisme sur les fibres optiques : Internet perturbé en France - Next
    https://next.ink/145115/nouvelles-vagues-de-vandalisme-sur-les-fibres-optiques-internet-perturbe-en-fr

    Cette nuit, de nouvelles coupures (à plusieurs endroits) sur des fibres optiques perturbent les réseaux. Plusieurs opérateurs nous confirment être touchés, à divers degrés.

    Je souris en lisant les commentaires. Dix ans (au bas mot) qu’ils nous pourrissent la vie, et qu’ils font comme si la réforme des retraites, la Loi Travail, et je ne sais combien d’autres saloperies anti-sociales ne s’étaient jamais produites, comme si c’était du passé, et que bon, faut passer à autre chose.

    L’autre soir, une connaissance pendant le repas, qui tente de lancer le sujet sur LFI qui va augmenter les impôts. Je n’ai pas eu la pertinence de lui signaler qu’apparemment, il est plus enquiquiné par l’idée de payer quelques dizaines d’euros en plus chaque mois, que de perdre deux années de retraite.

    Foutus crétins. On forme des ingénieurs, on obtient des crétins.

  • La SNCF se dit victime d’"une attaque massive pour paralyser le réseau" des TGV
    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/les-tgv-au-depart-et-a-l-arrivee-de-la-gare-montparnasse-a-paris-sont-r

    La SNCF a « été victime cette nuit de plusieurs actes de malveillance concomitants touchant les LGV Atlantique, Nord et Est. Des incendies volontaires ont été déclenchés pour endommager nos installations », fait-elle savoir dans un communiqué, vendredi 26 juillet, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des #JO de Paris 2024.

    édit la réputation mondiale de l’entreprise France est en cause !

    « Ce sont les grands départs qui sont attaqués, à travers la SNCF, c’est un bout de la France qu’on attaque et c’est les Français qu’on attaque », a déclaré Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou.

    https://www.lemonde.fr/societe/live/2024/07/26/en-direct-une-operation-de-sabotage-perturbe-fortement-le-trafic-des-tgv-sur

    #blocage #blocage_logistique #tourisme #massiv_attack

  • Les #botnets...

    Vous me suivez régulièrement, sur ces problématiques. Nous avons des botnets qui interrogent SeenThis avec régularité. Certains de ces botnets provoquent des montées en charge violentes, ce qui provoque, pour les utilisateurs, des indisponibilités pénibles.

    J’avais remarqué, il y a quelques semaines, que les navigateurs concernés, portaient la signature « MSIE », Internet Explorer (et arrivant tous de Chine, apparemment, d’après leurs IP). Or, ce #navigateur n’est plus supposé fonctionner désormais. Aussi, j’ai implémenté une protection soulageant fortement le serveur : si le serveur web constate cette signature, il répond directement l’erreur « 444 », sans autre forme de traitement. J’ai aussi ajouté ClaudeBot et AmazonBot à ce traitement. Les autres bots sont traités par la protection de SPIP, c’est à dire que si la charge est trop élevée, ils reçoivent une erreur 429.

    Jusqu’à hier, cela fonctionnait plutôt de manière satisfaisante. Mais hier, nous nous retrouvions bloqués plusieurs fois par heure, au moment de publier ou de lire.

    Aussi, j’ai pris le temps d’implémenter le blocage des erreurs 444 par fail2ban. Et... depuis... la charge du serveur est normale. Epatant.

    Pour expliquer : #fail2ban regarde quelles IP ont fait l’objet d’un blocage par le serveur web (l’erreur 444), et s’il y a eu plus d’un blocage, on décide de bloquer l’#IP directement dans le #pare-feu, c’est à dire qu’on refuse toute connexion. On réalise le #blocage encore plus tôt, pour encore plus soulager la machine.

    Par contre, dans l’heure qui a suivi, 200 à 300 IP bloquées. Une demi-journée après, 5000 IP bloquées. Et ce matin, on en est déjà à 36928 IP bloquées !

    Face à un tel afflux d’IP, fail2ban va vite être insatisfaisant, le pare-feu ne va pas pouvoir ingurgiter des IP à l’infini... mais c’est une expérience intéressante malgré tout... A suivre :-)

  • Démanteler la catastrophe : tactiques et stratégies, Les soulèvements de la terre
    https://lundi.am/Demanteler-la-catastrophe-tactiques-et-strategies
    https://lundi.am/local/cache-gd2/5f/a9a094fc4c23560ad583f9e2185b6b.png?1715673633

    edit Sommaire et premières pages

    https://lafabrique.fr/wp-content/uploads/2023/12/Premières-secoussesBAT-pages-1-5-6-15-20-copie.pdf

    « Faire redescendre l’écologie sur #terre » écrivions-nous dans l’appel fondateur de janvier 2021. Il ne s’agit pas d’une simple formule, mais bien d’une ligne politique. Si la Terre est un objet céleste, c’est plutôt du sol et de la glèbe qu’il est ici question. Faire redescendre l’écologie sur terre, c’est renoncer à vouloir « sauver la planète ». Cette ambition de superhéros est bien trop grande pour nous. La Terre n’a pas besoin de nous. Elle nous a précédé·es et nous survivra. Cette prétention est aussi démesurée que ses conséquences sont dérisoires. Elle se réduit bien souvent à réclamer qu’un hypothétique « gouvernement mondial » prenne des « mesures » contre le bouleversement climatique.
    Comme le ciel, le #climat paraît hors de notre portée. Telle une totalité inaccessible, il nous surplombe et nous excède. La première vague du « mouvement climat » nous a confronté·es à cette impuissance. De COP en marches massives, de camps actions climat en rapports du GIEC, nous ne sommes pas par- venus à infléchir significativement le ravage en cours. Face à cette impasse, nous faisons le pari d’une écologie terre à terre qui s’ancre dans les luttes foncières et territoriales.

    (...) La question foncière se situe à l’intersection de la question écologique, de la question sociale et de la question coloniale.

    #capitalisme #écologie #désarmement #SdlT #livre

    • « Premières secousses » : le manifeste des Soulèvements de la Terre
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/04/26/premieres-secousses-le-manifeste-des-soulevements-de-la-terre_6230064_3232.h

      Après avoir échappé à la dissolution, le mouvement détaille ses pratiques militantes radicales et tente de structurer sa pensée politique.
      Par Nabil Wakim

      Livre. Comment structurer la pensée radicale quand les fumées des grenades lacrymogènes se sont dissipées ? Dans un livre manifeste, intitulé Premières secousses (La Fabrique, 296 pages, 15 euros) et signé collectivement Les Soulèvements de la Terre, cette organisation polymorphe tente de définir les grandes lignes politiques d’un mouvement jusqu’ici en priorité tourné vers l’action.

      Le contexte, d’abord : après les manifestations contre l’installation de gigantesques retenues d’eau à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) et les opérations menées contre des cimenteries, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait demandé la dissolution du groupe. Une décision ensuite annulée par le Conseil d’Etat. Le collectif le souligne d’ailleurs dès les premières lignes : « Ce livre avait toutes les chances d’être interdit et mis au pilon au moment où nous avons commencé à l’écrire. » Un ouvrage à la forme étonnante, qui mêle une justification a posteriori des actes les plus visibles, une autohistoire des luttes des Soulèvements et une réflexion intellectuelle sur la radicalité des mouvements sociaux.

      Le moins que l’on puisse dire, c’est que la tentative ratée de dissolution n’a pas refroidi les ardeurs des militants. Dès les premières pages, le livre explique que le mouvement se reconnaît en premier lieu dans trois modes d’action. D’abord, le #blocage, défini comme « une suspension d’une infrastructure responsable du ravage écologique » – arrêter un chantier, par exemple. Le « désarmement », présenté comme la « mise en pièces d’infrastructures ou de chantiers qui accélèrent la catastrophe en cours », autrement dit, le #sabotage. Et, enfin, « l’#occupation_de_terres » – à la manière de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), souvent citée en exemple.

      Radicalisation des modes d’action

      Une part importante de l’ouvrage raconte d’ailleurs la façon dont les Soulèvements ont progressivement radicalisé leurs modes d’action, et réussi à entraîner dans leur sillage d’autres militants, qu’il s’agisse d’agriculteurs, de syndicalistes ou d’écologistes. Le livre raconte par le menu la bataille qui s’est déroulée autour des #mégabassines dans le pays niortais. Et explique comment les actions de sabotage ou d’occupation de lieux n’étaient pas forcément consensuelles au départ. Elles le sont progressivement devenues, estiment les auteurs, dans l’enthousiasme de la contestation commune mais aussi face à la #répression.

      « Nous n’avions pas anticipé l’ampleur inédite du feu qui s’est abattu sur nous ce jour-là », reconnaissent ainsi les militants à propos des affrontements de Sainte-Soline. « Tactiquement, nous sommes défaits. Politiquement, mille questions se posent. Sensiblement, c’est dur », analysent encore Les Soulèvements, qui entrent en détail dans les débats du mouvement après ces événements.

      Si l’#agro-industrie se trouve dans le viseur du mouvement, c’est également le cas du secteur du #ciment, considéré comme « l’une des industries les plus universellement associées au ravage environnemental ». Le livre est moins centré sur le secteur des énergies fossiles, pourtant premier responsable du réchauffement climatique.

      Il s’agit, par ailleurs, de marquer ses positions, en se différenciant de mouvements écologistes plus classiques, trop focalisés, selon les auteurs, sur la question climatique. « L’écologie qui fait la morale est au mieux impuissante, au pire contre-productive », écrivent Les Soulèvements de la Terre. Les militants insistent toutefois, dans le même temps, sur la nécessité de la « #composition », une démarche qui justifie le fait de travailler avec des activistes plus traditionnels qui acceptent de défiler à leurs côtés, sans se mêler aux actions de sabotage, mais sans les condamner.

      Dessiner les prochaines étapes

      Sur le fond, Les Soulèvements de la Terre mettent l’accent sur une articulation entre les questions écologiques, sociales et coloniales. Et vont puiser – en vrac – leurs références intellectuelles dans les œuvres de Karl Marx, d’Edouard Glissant, de Kristin Ross ou de la philosophe Simone Weil, dans l’histoire de la Commune de Paris ou celle du syndicalisme révolutionnaire. Ils prennent néanmoins un malin plaisir à souligner un désaccord politique avec le chercheur suédois Andreas Malm, auteur, chez le même éditeur, de Comment saboter un pipeline – et considéré par le ministère de l’intérieur comme l’un des inspirateurs du mouvement.

      Les auteurs tentent également de dessiner les prochaines étapes de leur engagement, en insistant sur la nécessaire organisation par la base et par les collectifs locaux, et en refusant un « léninisme vert » autoritaire. Forts de leur expérience dans les modes d’action radicaux, Les Soulèvements se rêvent en « force d’intervention » militante, en soutien à des mouvements sociaux. Mais souhaitent aussi participer à rendre certains territoires « ingouvernables » pour les institutions – comme un message adressé directement au ministre de l’intérieur.

      #organisation_politique #tactique #stratégie

  • Les entrepôts logistiques, le Far West du marché de l’immobilier
    https://reporterre.net/Entrepots-logistiques-un-etalement-en-toute-opacite

    Investi par des sociétés financières et internationales, le marché de l’entrepôt logistique français prospère. Il reçoit des milliards d’euros d’investissement chaque année, dans une certaine opacité.

    J’ai fait cette carte pour l’article de Reporterre mais ce dernier préfère des photos moyennement intéressantes

  • La Conf’ appelle à bloquer les taxeurs

    https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/en-direct-mouvement-des-agriculteurs-le-convoi-du-lot-et-garonne-a-repris

    La Confédération paysanne a appelé mardi soir « à bloquer les centrales d’achat » de la grande distribution et à « cibler les prédateurs du revenu paysan », après le discours de politique générale de Gabriel Attal, qui n’a offert selon elle « aucune perspective de long terme » au monde paysan. « Il n’y a encore aucun engagement de la part du gouvernement pour ouvrir un chantier sur l’interdiction d’achat en dessous du prix de revient de nos produits agricoles » [...]

    En conséquence, elle « appelle à orienter les mobilisations en bloquant les lieux où s’exerce cette pression sur nos prix : centrales d’achats (plateforme logistique de la grande distribution), marchés de gros, industries agroalimentaires et autres prédateurs de la valeur ». Interdire « l’achat de nos produits agricoles en dessous du prix de revient », « c’est la réponse première attendue pour répondre à la colère paysanne », a indiqué la Confédération paysanne, qui entend porter cette réclamation mercredi matin, lors d’un « entretien » avec le Premier ministre.