• #Blocus' à Cuba : les paiements par Visa et Mastercard suspendus en raison des sanctions américaines
    https://www.rtbf.be/article/blocus-a-cuba-les-paiements-par-visa-et-mastercard-suspendus-en-raison-des-sanc

    Les paiements par cartes #Visa et #Mastercard seront suspendus à #Cuba à partir de samedi après qu’une banque étrangère a mis fin à ses relations avec une institution financière de l’île, en raison des #sanctions américaines, a annoncé mercredi la Banque centrale de Cuba.

  • À Santiago de #Cuba, la désillusion et « l’épuisement » face à la menace d’une invasion
    https://lvsl.fr/a-santiago-de-cuba-la-desillusion-et-lepuisement-face-a-la-menace-dune-invasion

    Tandis que point le risque d’une invasion américaine, les difficultés quotidiennes s’accumulent pour les Cubains. Les pénuries atteignent une ampleur inégalée, accrues par la fin de l’acheminement du pétrole mexicain et vénézuélien. Alors que le gouvernement cherche à entretenir la flamme révolutionnaire, afin de mobiliser les Cubains en cas d’attaque américaine, c’est la désillusion qui prédomine. Elle est particulièrement forte dans l’Oriente cubain, au coeur des soulèvements de ces deux derniers siècles.

    #International #L'Amérique_latine_en_question #Blocus #embargo #Santiago_de_Cuba

  • Cuba : un pétrolier russe sous sanctions attendu mardi, défiant le blocus américain
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/cuba-un-petrolier-russe-sous-sanctions-attendu-mardi-defian

    Connaissance des Énergies avec AFP parue le 30 mars 2026

    Un #pétrolier #russe sous #sanctions doit arriver mardi à #Cuba, défiant ainsi un #blocus imposé par les #Etats-unis sur l’approvisionnement en #carburant de l’île #communiste, confrontée à de sévères #pénuries d’énergie.

    (...)

    Peuplée de près de 10 millions d’habitants, Cuba n’a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison par le Mexique avant que ce pays ne cesse ses envois de carburants sous la pression de la Maison Blanche.

    (...)

    Une fois la cargaison de l’Anatoly Kolodkin arrivée à Cuba, il faudra entre 15 et 20 jours pour traiter le pétrole, puis encore 5 à 10 jours pour distribuer ses produits raffinés, a indiqué Jorge Piñón. « Le besoin urgent aujourd’hui à Cuba, c’est le #gazole », a déclaré cet ancien cadre du secteur pétrolier.

    La cargaison russe pourrait être transformée en 250.000 #barils de gazole, une quantité suffisante pour couvrir la demande du pays pendant environ 12 jours et demi, selon l’expert.

    (...)

    C’est bien la preuve que les Russes sont perfides, et qu’ils ne méritent pas leur place sur terre. Ils font croire qu’ils sont solidaires des cubains, mais c’est rien que pour donner le mauvais rôle aux gentils noccidentaux

    • Cuba : un pétrolier russe sous sanctions attendu ce lundi, défiant le blocus américain
      https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/cuba-un-petrolier-russe-sous-sanctions-attendu-ce-lundi-defiant-le

      Un pétrolier russe sous sanctions doit arriver ce lundi (30 mars) à Cuba, défiant ainsi un blocus imposé par les Etats-Unis sur l’approvisionnement en carburant de l’île communiste, confrontée à de sévères pénuries d’énergie.

      Comme d’habitude, ce n’est jamais le blocus américain qui défie la libre circulation du commerce mondial.

    • pas défi, semble-t-il, accord, au moins tacite, voire plus

      US Plans To Allow Russian Oil Tanker Into Cuba, Easing Crisis
      https://gcaptain.com/us-plans-to-allow-russian-oil-tanker-into-cuba-easing-crisis
      https://gcaptain.com/wp-content/uploads/2026/03/2026-03-28T202629Z_1281600157_RC2NDKA6736V_RTRMADP_3_TANKER-CUBA-VENEZUELA
      The Hong Kong-flagged vessel Sea Horse, carrying some 200,000 barrels of Russia-origin fuel originally bound for Cuba, is anchored near the coast after arriving in Venezuelan waters, in Puerto Cabello, Venezuela March 28, 2026.
      REUTERS/Juan Carlos Hernandez

      Mar 29, 2026 (Bloomberg) –The Trump administration is planning to let a Russian oil tanker dock in Cuba, alleviating an energy crisis triggered when the US prohibited deliveries to the Communist regime. 

      The shipment of crude is expected to be allowed to arrive in coming days, according to two people familiar with the matter, who asked not to be identified without permission to speak publicly. 

      The Anatoly Kolodkin is carrying around 730,000 barrels of crude. Cuban officials have taken some steps to work with the US in recent days, including allowing fuel for the US Embassy to arrive on the island after earlier saying publicly that they would prevent it because of the broader US near-total blockade, according to the people.

      As of Sunday afternoon, the ship was approaching the island from Haitian waters as it headed toward Cuba’s western port of Matanzas.

      The State Department didn’t respond to a request for comment about the US view of the ship, and the White House declined to comment. The Cuban Ministry of Foreign Affairs didn’t respond to a request for comment.

      President Donald Trump has repeatedly threatened action against the leftist Cuban government amid an intensifying US push to deprive the government of fuel and financing. The island has suffered widespread blackouts in recent weeks as shipments of crude and fuel have been cut off under the near-total blockade.

      The United Nations warned last month that the US campaign is having an “increasingly severe impact” on hospitals, public sanitation, water delivery and food distribution. It called on all countries to end economically coercive measures.

      The electricity shortage has caused tens of thousands of surgeries to be postponed, cut off pregnant women and other patients from basic health services and disrupted dialysis, Tanieris Diéguez La O, the deputy chief of mission at Cuba’s embassy in Washington, said in an interview earlier this month.

      While the island’s 10 million residents have been subject to chronic rolling outages for years, the crisis has intensified under Trump’s embargo. 

      The fuel shipment should be enough to power Cuba’s thermoelectric power plants for about a week, given they require about 100,000 barrels of oil a day to meet demand. Cuba’s domestic production accounts for only around two-fifths of that.

      The US is now regulating the flow of energy to the nation by letting companies sell fuel to its minuscule but fast-growing sector of small- and medium-sized businesses but not the government.

      The New York Times earlier reported the Trump administration’s plans for the oil tanker.

  • "Blocus maritime" pour les migrants : l’#Italie rétablit l’interdiction pour les ONG d’entrer dans ses eaux territoriales

    Le Conseil des ministres italien a approuvé mercredi un projet de loi durcissant les règles sur l’immigration. Parmi elles, instaurer un « #blocus_maritime » pour empêcher les ONG en mer Méditerranée d’amener un trop grand nombre de migrants en Italie, rouvrir les centres pour demandeurs d’asile en Albanie et faciliter les expulsions.

    « Les #frontières de l’Italie sont les frontières de l’Europe. Les défendre est un devoir », a écrit sur X le ministre de l’Intérieur, #Matteo_Piantedosi, à l’issue de l’adoption mercredi 11 février d’un projet de loi sur l’immigration qui permettrait notamment à l’Italie d’interdire provisoirement les arrivées de migrants par la mer « en cas de #menace_grave pour l’#ordre_public ou la #sécurité_nationale ».

    « Ce blocus maritime est une promesse tenue », s’est félicitée la Première ministre d’extrême droite #Giorgia_Meloni. « À tous ceux qui disaient que c’était impossible, je tiens à rappeler que rien n’est véritablement impossible pour ceux qui sont déterminés à agir ».

    Les médias italiens ont détaillé ce #projet_de_loi. « Sur décision du Conseil des ministres, l’accès aux #eaux_territoriales peut être interdit aux navires [d’ONG] qui constituent une menace pour la sécurité nationale pour une durée maximale de 30 jours, renouvelable jusqu’à six mois », écrit le journal La Repubblica.

    « Le refoulement collectif de personnes en haute mer est interdit par la Charte des droits fondamentaux de l’UE »

    Quatre critères seront pris en compte par les autorités italiennes pour leur interdire l’entrée dans leurs eaux territoriales : s’assurer de ne pas avoir « un risque concret d’actes terroristes ou d’infiltration terroriste sur le territoire national », « une #pression_migratoire exceptionnelle susceptible de compromettre la gestion sûre des frontières », « des urgences sanitaires de portée internationale » (comme des épidémies) et « des événements internationaux de haut niveau exigeant l’adoption de mesures de sécurité extraordinaires ».

    Les navires d’ONG qui forceraient le blocus et ne respecteraient pas l’ordre d’arrêt s’exposent à des #amendes pouvant atteindre 50 000 euros. « En cas de violations répétées de l’interdiction, le navire sera d’abord saisi, puis confisqué. Les migrants à bord, considérés comme demandeurs d’asile, pourront être transférés vers des pays tiers sûrs avec lesquels l’Italie a conclu des accords, notamment l’Albanie, afin d’y régulariser leur situation », continue le journal italien.

    SOS Humanity, Sea-Watch, Mediterranea Saving Humans et Médecins sans frontières (MSF), ont déclaré que ce projet de loi n’avait pas pour but de réguler les flux migratoires, « mais de cibler et de bloquer les #navires_humanitaires, ce qui aura pour conséquence d’augmenter le nombre de personnes qui perdent la vie en mer ».

    « Le #refoulement_collectif de personnes en haute mer est interdit à la fois par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et par toutes les conventions internationales », a déclaré de son côté Silvia Albano, une juge spécialisée dans les questions d’immigration très en vue à Rome. Toutefois, le projet de loi ne précise pas comment exactement les navires des ONG seront empêchés de traverser les eaux italiennes, ni par qui.

    Relancer les centres pour demandeurs d’asile en Albanie

    Si le texte est entériné par le Parlement (sans être modifié), cet article 2 du projet de loi pourra également permettre de relancer une mesure phare très controversée : l’#externalisation des demandeurs d’asile interceptés en mer dans des centres en #Albanie. Le gouvernement de Meloni poursuit donc ses efforts pour rouvrir ces dits centres - qui existent depuis octobre 2024 - mais qui n’ont hébergé pendant près d’un an que quelques dizaines de migrants expulsables (et en attente de leur éloignement).

    Pour rappel, Giorgia Meloni et son homologue albanais, Edi Rama, avaient signé fin 2023 un accord en vue d’envoyer les migrants arrivés par la mer en Albanie pour traiter leurs demandes d’asile - un projet d’externalisation qui n’a finalement pas eu lieu en raison de nombreux recours devant la justice.

    Pour lutter contre l’immigration irrégulière, le gouvernement de la Première ministre italienne a aussi signé des #accords avec des pays d’Afrique du Nord. Dont un controversé avec la #Libye pour intercepter les canots de migrants en mer Méditerranée dès leur départ des côtes libyennes.

    Depuis 2022, Rome a aussi criminalisé les activités des ONG en mer notamment via le décret Piantedosi, du nom du ministre de l’Intérieur italien. Devenu loi, le texte a introduit une série de nouvelles mesures qui régissent les activités des navires de #sauvetage en #Méditerranée. En cas de manquements à ce décret, les ONG s’exposaient déjà à de lourdes sanctions.

    #Droit_d'asile : le recours n’empêche pas une expulsion

    L’actuel projet de loi ne s’attaque pas qu’aux activités maritimes des ONG, les articles 3 et 4 se penchent sur les cas des expulsions. De nouvelles dispositions visent à élargir les condamnations dans lesquels un juge italien peut ordonner un éloignement forcé. Désormais, un étranger pourra être expulsé s’il a été condamné pour « violences ou menaces et résistance à l’encontre d’un agent public, atteintes à l’ordre public, aux personnes, aux biens et à la famille », ainsi que « participation à des émeutes ou à des actes de violence dans les centres de rétention administrative ».

    Le texte propose également des restrictions pour le #regroupement_familial, une révision du système d’accueil et des conditions de détention dans les centres de rétention administrative. Il restreint également le droit d’asile : en cas de rejet en première instance d’un dossier de protection internationale, le recours en appel n’empêche ni l’expulsion ni la détention dans un pays tiers.

    Giorgia Meloni peut aujourd’hui compter sur le soutien de l’Union européenne, depuis la nouvelle législation européenne sur le droit d’asile : mardi 10 février, le Parlement européen a adopté deux textes phares durcissant la politique migratoire. Ils permettront notamment aux États membres de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires, mais que l’Europe considère comme « sûrs ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69800/blocus-maritime-pour-les-migrants--litalie-retablit-linterdiction-pour
    #migrations #réfugiés #blocco_navale

  • A Cuba, charbon de bois et panneaux #solaires pour affronter la crise énergétique
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/cuba-charbon-de-bois-et-panneaux-solaires-pour-affronter-la

    Connaissance des Énergies avec AFP parue le 10 février 2026

    Face au risque d’une dramatique aggravation de la crise énergétique à #Cuba, les habitants de La Havane tentent de se prémunir : réserves de #charbon de bois pour les uns ou #panneaux_solaires pour ceux qui peuvent se le permettre.

    En bord d’une route de la périphérie de la capitale cubaine, quelques vendeurs proposent du charbon à même le bitume et quelques braseros artisanaux, certains fabriqués avec de vieux tambours de machine à laver.

    « Tout le monde sait ce qui nous attend maintenant. Nous n’avons pas de #carburant dans le pays, il faut trouver des #alternatives », explique à l’AFP Niurbis Lamothe Robert, une employée d’Etat de 53 ans, qui vient d’acheter un réchaud à charbon.

    #embargo #guerre #blocus

  • Trump anuncia la captura de Maduro tras una noche de ataques en Venezuela | EL PAÍS América
    https://elpais.com/america/2026-01-03/se-reportan-explosiones-en-distintos-puntos-de-caracas-en-medio-de-las-tensi
    https://imagenes.elpais.com/resizer/v2/SFJCBHZFYVC2PFKSI5XR5BTT34.jpg?auth=4bb7be389791fba38befe8bd8d4ce0e

    Los bombardeos se reportaron cerca de objetivos militares y aeropuertos

    El presidente de Estados Unidos, Donald Trump, ha anunciado en su cuenta de la red social Truth, que Estados Unidos ha llevado a cabo con éxito un ataque a gran escala contra Venezuela y su líder, el presidente Nicolás Maduro, quien, junto con su esposa, Cilia Flores, han sido capturados y sacados del país. El destino aún es una incógnita.

    En el mensaje, el presidente estadounidense aseguró que dará más detalles en una conferencia de prensa hoy a las 11 de la mañana (hora local, las seis de la tarde en la España peninsular) en su residencia privada de Mar-a-Lago en Florida. Según la cadena de televisión CBS, la captura de Maduro fue llevada a cabo por la Delta Force, la unidad de élite de las fuerzas especiales estadounidenses.

    El anuncio se produce tras horas de ataques en Caracas y varias ciudades del país. Al filo de las dos de la madrugada, el ruido de explosiones despertó a los caraqueños como si el cielo tronara. Aviones sobrevolando constantemente y destellos de explosiones y columnas de humo comenzaron a correr en las redes sociales. Los primeros reportes dabann cuenta de varios bombardeos aéreos en la base militar de Fuerte Tiuna, la principal de Caracas, ubicada al sur de la capital venezolana, que se ha quedado completamente sin luz. Un enorme incendio se observaba a lo lejos durante los primeros minutos de las explosiones, a los que ha seguido una nube inmensa de humo gris.

    También se han confirmado ataques a la base aérea de La Carlota y a otras instalaciones militares en Caracas, como el Cuartel de la Montaña, donde reposan los restos del expresidente Hugo Chávez, y en Maracay y La Guaira, así como en el aeropuerto de Higuerote, en el litoral central. En videos de usuarios de redes, también se han observado helicópteros sobrevolando la ciudad. Trump aún no había anunciado la captura de Maduro.

    • El chavismo llama a la “lucha armada” ante la agresión

      Los bombardeos llegan tras cuatro meses de tensión y una escalada bélica entre Washington y Caracas. Dos horas y media después de las primeras explosiones, en el canal estatal VTV leyeron un comunicado en el que el Gobierno informaba que había activado el estado de excepción por conmoción exterior que tenían preparado desde octubre.

      El chavismo convocaba, de inmediato, a “lucha armada” ante la agresión estadounidense, decía el comunicado. “Todo el país debe activarse para derrotar esta agresión imperialista”. Según el Gobierno chavista, la ofensiva militar ha alcanzado, además de la capital, Caracas, los Estados de Miranda, Aragua y La Guaira.
      […]
      La semana pasada, el presidente Donald Trump dijo que había hecho un primer ataque en tierra contra un muelle usado por narcotraficantes durante el mes de diciembre. De la operación no hay todavía información clara, aunque medios estadounidenses han señalado que el ataque habría ocurrido en la Alta Guajira, fronteriza con Colombia. Esta información también fue difundida por el presidente colombiano Gustavo Petro.

      Petro ha sido, precisamente, uno de los mandatarios más críticos con las operaciones militares estadounidenses en el Caribe y el Pacífico, que supuestamente tienen como fin la lucha como el narcotráfico e intensificar la presión sobre Maduro. El colombiano ha sido uno de los primeros mandatarios internacionales en pronunciarse tras conocerse los ataques en Venezuela.

      “El Gobierno de la República de Colombia observa con profunda preocupación los reportes sobre explosiones y actividad aérea inusual registrados en las últimas horas en la República Bolivariana de Venezuela, así como la consecuente escalada de tensión en la región (...) El Gobierno colombiano rechaza cualquier acción militar unilateral que pueda agravar la situación o poner en riesgo a la población civil”, ha escrito en la red social X (antes Twitter). Además, ha informado que su Gobierno ha “dispuesto medidas para proteger a la población civil, preservar la estabilidad en la frontera colombo-venezolana y atender oportunamente eventuales necesidades humanitarias o migratorias”.

      En ese sentido, el ministro de Defensa de Colombia, Pedro Sánchez, anunció en esa misma red social la activación del Puesto de Mando Unificado (PMU) para la atención humanitaria en la ciudad fronteriza de Cúcuta, así como el plan de frontera “con el fin de atender a la población migrante y brindar todo el apoyo necesario a quienes lo requieran”.

      El presidente del país fronterizo de Guyana, Irfaan Ali, también anunció el sábado la activación de un plan de seguridad

      Por su parte, el presidente de Cuba, Miguel Díaz-Canel ha pedido de manera “urgente” la reacción de la comunidad internacional contra lo que ha considerado un “ataque criminal” de EE UU a Venezuela. “Nuestra zona de paz está siendo brutalmente asaltada. Terrorismo de Estado contra el bravo pueblo venezolano y contra Nuestra América. Patria o Muerte ¡Venceremos!”, ha publicado en su cuenta de X.

    • La vice-présidente du Venezuela dit ignorer où se trouve Nicolas Maduro et réclame une « preuve de vie »
      https://www.franceinfo.fr/monde/venezuela/attaque-americaine-sur-le-venezuela/la-vice-presidente-du-venezuela-dit-ignorer-ou-se-trouve-nicolas-maduro-e


      Un panache de fumée s’échappe du complexe militaire de Fuerte Tiuna (Venezuela), le 3 janvier 2026, après une opération américaine sur la capitale Caracas.
      STR / AFP

      Le président Nicolas Maduro a « été capturé », a annoncé Donald Trump, samedi 3 janvier, sans avoir encore produit de preuve à l’appui. La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, en tout cas, a affirmé qu’elle ignorait où se trouvait le dirigeant du pays sud-américain. « Face à cette attaque brutale, nous ignorons où se trouvent le président Nicolas Maduro et la Première dame, Cilia Flores. Nous exigeons du gouvernement du président Donald Trump une preuve de vie », a-t-elle déclaré lors d’une conversation téléphonique à la télévision publique.

      Le gouvernement vénézuélien annonce un « déploiement massif » de tous les moyens militaires du pays
      Le Venezuela reste sur le pied de guerre, affirment les autorités, malgré une situation toujours empreinte de confusion. La vice-présidente Delcy Rodriguez a ajouté que Nicolas Maduro avait « donné des ordres très clairs à la Force armée nationale bolivarienne afin (...) que tous les plans de défense intégrale de la nation soient activés (...) Les instructions du président Maduro ont été données ». Les aurorités multiplient les appels au calme. « Nous vaincrons », a déclaré le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, dans une allocution télévisée prononcée au milieu de représentants des forces de l’ordre.

    • le communiqué officiel cite Cipriano Castro en 1902…

      La planta insolente del extranjero ha profanado el sagrado suelo de la Patria.

      #blocus_de_la_Guaira

      Gustavo Petro sur X
      https://x.com/petrogustavo/status/2007358443556876416

      COMUNICADO
      REPÚBLICA BOLIVARIANA DE VENEZUELA
       
      La República Bolivariana de Venezuela rechaza, repudia y denuncia ante la comunidad internacional la gravísima agresión militar perpetrada por el Gobierno actual de los Estados Unidosde América contra territorio y población venezolanos en las localidades civiles y militares de la ciudad de Caracas, capital de la República, y los estados Miranda, Aragua y La Guaira. Este acto constituye una violación flagrante de la Carta de las Naciones Unidas, especialmente de sus artículos 1 y 2, que consagran el respeto a la soberanía, la igualdad jurídica de los Estados y la prohibición del uso de la fuerza. Tal agresión amenaza la paz y estabilidad internacional, concretamente de América Latina y el Caribe, y pone en grave riesgo la vida de millones de personas.
       
      El objetivo de este ataque no es otro que apoderarse de los recursos estratégicos de Venezuela, en particular de su petróleo y minerales, intentando quebrar por la fuerza la independencia política de la Nación. No lo lograrán. Tras más de doscientos años de independencia, el pueblo y su Gobierno legítimo se mantienen firmes en defensa de la soberanía y del derecho inalienable de decidir su destino. El intento de imponer una guerra colonial para destruir la forma republicana de gobierno y forzar un «cambio de régimen», en alianza con la oligarquía fascista fracasará como todos los intentos anteriores.
       
      Desde 1811, Venezuela ha enfrentado y vencido imperios. Cuando en 1902 potencias extranjeras bombardearon nuestras costas, el Presidente Cipriano Castro proclamó: «La planta insolente del extranjero ha profanado el sagrado suelo de la Patria.» Hoy, con la moral de Bolívar, Miranda y nuestros libertadores, el pueblo venezolano se alza nuevamente para defender su independencia ante la agresión imperial.
      Pueblo a la calle
       
      El Gobierno Bolivariano llama a todas las fuerzas sociales y políticas del país a activar los planes de movilización y repudiar este ataque imperialista. El pueblo de Venezuela y su Fuerza Armada Nacional Bolivariana, en perfecta fusión popular-militar-policial, se encuentran desplegados para garantizar la soberanía y la paz. Simultáneamente, la Diplomacia Bolivariana de Paz elevará las correspondientes denuncias ante el Consejo de Seguridad de la ONU, el Secretario General de dicha organización, la CELAC y el MNOAL, exigiendo la condena y rendición de cuentas del Gobierno estadounidense
       
      El Presidente Nicolás Maduro ha dispuesto todos los planes de defensa nacional para ser implementados en el momento y circunstancias adecuadas, en estricto apego a lo previsto en la Constitución de la República Bolivariana de Venezuela, la Ley Orgánica sobre Estados de Excepción y la Ley Orgánica de Seguridad de la Nación
       
      En este sentido, el Presidente Nicolás Maduro ha firmado y ordenando la implementación del Decreto que declara el estado de Conmoción Exterior en todo el territorio nacional, para proteger los derechos de la población, el funcionamiento pleno de las instituciones republicanas y pasar de inmediato a la lucha armada. Todo el país debe activarse para derrotar esta agresión imperialista
       
      Del mismo modo ha ordenado el inmediato despliegue del Comando para la Defensa Integral de la Nación y de los Órganos de Dirección para la Defensa Integral en todos los estados y municipios del país
       
      En estricto apego al artículo 51 de la Carta de las Naciones Unidas, Venezuela se reserva el derecho a ejercer la legítima defensa para proteger a su pueblo, su territorio y su independencia. Convocamos a los pueblos y gobiernos de América Latina, el Caribe y el mundo a movilizarse en solidaridad activa frente a esta agresión imperial
       
      Como señaló el Comandante Supremo Hugo Chávez Frías “ante cualquier circunstancia de nuevas dificultades, del tamaño que fueren, la respuesta de todos y de todas los patriotas…es unidad, lucha, batalla y victoria”
      Caracas, 3 de enero de 2025

    • Gustavo Petro sur X : «Balance confirmado hasta el momento: https://t.co/Tt9JdoyfKr» / X
      https://x.com/petrogustavo/status/2007361865492639974

      • La Carlota inhabilitado y bombardeado.
      • Cuartel de la montaña en Catia La Mar inhabilitado y bombardeado.
      • Palacio Federal Legislativo en Caracas bombardeado.
      • Fuerte Tiuna bombardeado.
      • Aeropuerto en el Hatillo atacado.
      • Base n3 de F16 en Barquisimeto bombardeada.
      • Aeropuerto privado Caracas en Charallave bombardeado e inhabilitado.
      • Activado el Plan de defensa en Miraflores.
      • Zonas de Caracas, Santa Mónica, Fuerte Tiuna, Los Teques, 23 de Enero, todo el sur de Caracas sin suministro eléctrico.
      • Ataques en el Casco Central de Caracas.
      • Base Militar de helicópteros de Higuerote inhabilitado y bombardeado.

    • TF1 : une très belle opération !

      Venezuela : la capture de Nicolas Maduro est « l’action principale qui a été bien couverte » | TF1 Info
      https://www.tf1info.fr/international/videos/video-venezuela-la-capture-de-nicolas-maduro-est-l-action-principale-qui-a-e

      Les États-Unis ont mené des frappes sur Caracas, dans la nuit du 3 janvier. Celles-ci ont permis de cacher la principale opération des forces américaines, à savoir la capture du chef d’Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse.

    • Esta es la primera foto de Nicolás Maduro tras ser capturado por Estados Unidos
      https://www.wradio.com.co/2026/01/03/esta-es-la-primera-foto-de-nicolas-maduro-capturado-por-estados-unidos

      Julio Sánchez Cristo, director de La W, reveló la primera imagen de la captura del presidente de Venezuela, Nicolás Maduro y su esposa, Cilia Flores, por Estados Unidos.

      En una entrevista concedida a Fox News, el presidente estadounidense, Donald Trump, aseguró que el mandatario venezolano y la primera dama se encuentran detenidos en el buque anfibio USS Iwo Jima y están camino de Nueva York para ser procesados por narcotráfico.

      Además, reveló detalles de la operación de las fuerzas especiales en Venezuela esta madrugada.

      “Van camino de Nueva York. Han sido imputados en Nueva York. Fueros llevados primero a un buque, el Iwo Jima y seguirán camino de Nueva York. Los helicópteros se los llevaron. Un buen vuelo, estoy seguro que les encantó”, aseguró Trump.

      Aunque el mandatario no quiso revelar detalles de la operación de las fuerzas especiales antes de la rueda de prensa que tiene prevista, indicó que fue una operación de captura “al detalle”, en la que “lo practicaron todo” e incluso “construyeron una casa igual a la que fueron”, con los blindajes y medidas de seguridad reforzada que tenía el lugar o los pasillos o las escalares por los que tenían que transitar.

      Según medios estadounidenses, la operación fue llevada a cabo por una unidad de la fuerza de élite de los Delta Force, que sacaron a Maduro y Flores de la cama y los llevaron a un helicóptero.

      En la operación, Trump aseguró que uno de los helicópteros fue alcanzado por disparos, pero no se registraron bajas militares estadounidenses.

    • Trump dice que vio la detención de Nicolás Maduro «en directo»; fue «como un show televisivo»
      https://www.eluniversal.com.mx/mundo/trump-dice-que-vio-la-detencion-de-nicolas-maduro-en-directo-fue-com
      22a7019b8fbd5

      [Trump] Aseguró que el Ejército estadounidense estaba preparado para realizar hoy una «segunda oleada» de ataques sobre Venezuela, pero afirmó que la primera acometida «fue tan letal» que no hicieron falta acciones adicionales, al tiempo que destacó la captura exitosa del presidente venezolano, Nicolás Maduro, y la primera dama, Cilia Flores.

      Además, el mandatario republicano dijo que Estados Unidos no permitirá que nadie del régimen de Maduro tome el poder en el país caribeño.

      Trump explicó que Maduro y su esposa fueron trasladados en helicóptero al portaaviones USS Iwo Jima, que se dirige actualmente a Nueva York, donde el líder venezolano enfrenta cargos por narcoterrorismo. El mandatario estadounidense afirmó que hace una semana habló con el venezolano para que se hiciera a un lado del poder, sin conseguirlo.

      Trump reveló diversos detalles sobre la operación que derivó en la captura de Maduro, incluyendo que algunos estadounidenses resultaron heridos y un helicóptero dañado durante la captura de Maduro.

      «Creo que no hemos tenido ninguna baja, debo decir, porque un par de chicos resultaron heridos. Pero regresaron y se supone que están en #bastante_buen_estado», indicó.

      El presidente añadió que un helicóptero fue alcanzado durante la operación, pero que no se había perdido ninguna aeronave.

      «No hemos perdido ninguna aeronave. Todas regresaron. Una de ellas, un helicóptero, resultó #bastante_dañada, pero la recuperamos», afirmó

  • Greta Thunberg et d’autres militants prendront de nouveau la mer pour Gaza fin août pour « briser le blocus israélien illégal » – Libération
    https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/greta-thunberg-et-dautres-militants-prendront-de-nouveau-la-mer-pour-gaza

    Contre le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza, ils ne baissent pas les bras. Une nouvelle flottille chargée d’aide humanitaire prendra la mer à partir de la fin du mois du mois d’août depuis plusieurs ports méditerranéens à destination de l’enclave, a fait savoir dimanche 10 août au soir la militante suédoise #Greta_Thunberg. La jeune femme en fera partie, deux mois après avoir tenté sa chance à bord du #Madleen.

    « Le 31 août, nous lançons la plus grande tentative jamais réalisée pour briser le #blocus_israélien illégal de #Gaza, avec des dizaines de bateaux partant d’Espagne. Nous en rejoindrons des dizaines d’autres le 4 septembre, partant de Tunisie et d’autres ports », a-t-elle écrit sur Instagram.

    https://globalsumudflotilla.org
    #SAILTOGAZA

  • En #Éthiopie, l’effroyable #guerre du #Tigray

    Officiellement, la #guerre_du_Tigray, qui a opposé le gouvernement fédéral éthiopien au #Tigray_People’s_Liberation_Front (#TPLF), et dans laquelle ont également été impliquées des #milices de la région voisine Amhara et l’#armée_érythréenne, n’a duré « que » deux ans, entre novembre 2020 et novembre 2022. Mais le #bilan humain est effroyable : ce #conflit a causé entre 600 000 et 800 000 #morts et a provoqué le #déplacement de plus de 3 millions de personnes. C’est probablement la guerre la plus meurtrière du XXIe siècle. Pourtant, elle n’a pas attiré l’attention de la communauté internationale, et n’a pas fait la une des « grands » médias.

    Des actes gravissimes ont été perpétrés par l’#armée_fédérale, l’armée érythréenne et leurs milices alliées, qui ont entrepris de mener un #nettoyage_ethnique dans cette région septentrionale de l’Éthiopie, située à la frontière avec l’Érythrée. Des juristes et des spécialistes de la zone évoquent même l’éventualité d’un #génocide. L’organisation des Nations unies (ONU) a en outre dénoncé une « échelle stupéfiante » d’actes de #viols et de #violences_sexuelles à l’encontre des #femmes et des #filles tigréennes. De son côté, l’armée tigréenne a commis des #exactions pouvant être qualifiées de « #crimes_de_guerre ».

    Une grande partie du Tigray a été privée de nourriture et de médicaments pendant des mois en raison d’un #blocus imposé par le gouvernement fédéral. Des #terres ont été spoliées. La #famine a menacé. Deux ans après la cessation des hostilités, le coût de la #reconstruction était estimé à 20 milliards de dollars (18,3 milliards d’euros).

    Afrique XXI a publié de nombreux articles sur cette #guerre_oubliée, et a notamment documenté le nettoyage ethnique mené sur place par l’armée fédérale. Ces articles – des reportages, des analyses, des témoignages – donnent un aperçu des innombrables #crimes commis durant ce #conflit, et permettent d’en comprendre les origines, de déterminer les #responsabilités et de saisir les enjeux de la reconstruction.

    https://afriquexxi.info/En-Ethiopie-l-effroyable-guerre-du-Tigray
    #Ethiopie #spoliation

  • #Blocus de #Cuba : pour la 32e fois, La Havane va demander la fin de l’asphyxie à l’#ONU - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/monde/blocus-de-cuba/blocus-de-cuba-pour-la-32e-fois-la-havane-va-demander-la-fin-de-lasphyxie-a

    Levez le blocus : tel est l’appel lancé par Cuba dans son rapport annuel, présenté jeudi 12 septembre par le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla. Ce bilan met en lumière les effets dévastateurs et persistants de l’embargo #américain, imposé depuis 62 ans, sur l’économie et la population cubaine.

    A ton avis, si le pays a du mal à boucler les fins de mois, c’est de la faute à la dictature ou au blocus illégal de son voisin ?

  • Val-de-Marne : de violents heurts éclatent en marge d’une manifestation lycéenne à Cachan
    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/val-de-marne-de-violents-heurts-eclatent-en-marge-d-une-manifestation-l

    Une manifestation de #lycéens a dégénéré aux abords du lycée Gustave-Eiffel à Cachan (Val-de-Marne) dans la matinée du mardi 5 mars. Des individus, certains cagoulés, s’en sont pris au mobilier urbain et ont commis des dégradations, notamment sur des véhicules municipaux. (...) Sur une vidéo relayée par le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, un groupe de jeunes s’en prend à des véhicules. L’intervention des forces de l’ordre a permis le retour au calme, salué par la ministre de l’Education nationale, Nicole Belloubet, lors d’un déplacement au lycée Maurice-Ravel à Paris. 
    [...]

    Un #lycée connu pour ses problèmes d’insalubrité

    Les raisons de ces débordements sont pour le moment inconnues. L’établissement est connu pour ses problèmes d’insalubrité. A la fin du mois de février, une partie des professeurs et des membres de la communauté éducative avaient exercé leur droit de retrait pour demander des rénovations. Les élus locaux de « tous bords politiques » avaient, eux aussi, exprimé leur soutien. 
    "Il pleut dans les salles de cours et dans les couloirs", confiait alors à France 3 une enseignante excédée par la situation. Elle dépeignait un lycée de près de 2 500 élèves meurtri par sa vétusté. Alarmes et sonneries défaillantes, lignes téléphoniques coupées, infiltrations d’eau et plafonds qui s’effondrent… et une présence de rats. La liste est longue. "Quand il pleut fortement, nous sommes obligés d’utiliser les poubelles de recyclage du papier" pour recueillir l’eau, expliquait cette enseignante.

    edit

    Les casseurs s’étaient levés tôt.

    https://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/cachan-attroupement-de-casseurs-jets-de-cocktails-molotov-violentes-echau

    des rats qui déambulent dans les couloirs mais aussi un manque de professeurs

    https://rmc.bfmtv.com/actualites/police-justice/faits-divers/cachan-des-scenes-de-tension-devant-un-lycee-une-personne-interpellee_AV-

    #éducation_nationale #blocus #police

  • Mobilisation des agriculteurs : Attal veut éteindre la colère main dans la main avec la FNSEA
    https://www.revolutionpermanente.fr/Mobilisation-des-agriculteurs-Attal-veut-eteindre-la-colere-mai

    Dans l’ensemble de la France, les agriculteurs mobilisés depuis plus d’une semaine ont poursuivi leurs actions et blocages ce jeudi, alors que Gabriel Attal, qui avait rencontré ce mardi les représentants des principaux syndicats de la mobilisation, doit faire des annonces ce vendredi. Ouest-France recensait à 13h30 au moins 74 points de mobilisation dans tout le pays.

    Le mouvement des agriculteurs, ayant commencé à Toulouse il y a une semaine, a poursuivi ce jeudi ses actions autour de la ville rose. Là-bas, des agriculteurs ont bloqué trois autoroutes rapporte ActuToulouse, tout en poursuivant le blocage de l’A64 qui a marqué la naissance du mouvement. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la FDSEA 64 a mobilisé dans la nuit 80 tracteurs dans une action de déversement de pneus et purins devant la Direction départementale des Territoires et de la Mer à Pau. Dans la ville d’Agen, des agriculteurs autour de la Coordination rurale, syndicat d’extrême droite, ont mené de nouvelles actions, parmi lesquelles la pendaison d’un sanglier devant l’Inspection du travail et l’inondation d’un supermarché Leclerc avec du lisier. A Bordeaux, de nombreux tracteurs sont parvenus en convois au centre de la ville, suite à une opération escargot, toujours selon Sud-Ouest.

    L’ensemble de l’ouest de la France a également été le théâtre de nombreuses actions des agriculteurs, une journée rapportée par Ouest-France. En Nouvelle-Aquitaine, les agriculteurs de la Coordination rurale ont aspergé de lisier la préfecture de la Vienne, et l’A10 a par la suite été bloquée par des tracteurs. En Vendée, les agriculteurs en colère ont également prévu le blocage de deux autoroutes, en cheminant vers les Essarts. La préfecture de Nantes a elle été recouverte de foin par les manifestants, tandis qu’à Cholet, les agriculteurs ont bloqué l’hypermarché Leclerc en reversant les chariots du magasin devant l’entrée après avoir mené une opération escargot dans la ville.

    La Bretagne a elle aussi vu plusieurs mobilisations jeudi. A Carhaix dans le Finistère, les agriculteurs ont investi le centre-ville en tracteurs. A Rennes, les agriculteurs se sont joints aux pécheurs dans une manifestation->Actu Rennes. Les travailleurs du BTP se sont eux-aussi mobilisés ce jeudi, et ont bloqué le pont de l’Iroise entre Brest et Plougastel, autour du mot d’ordre « l’artisanat est en train de crever ! ». A Lorient, des artisans du BTP et agriculteurs ont mené conjointement le blocage d’un dépôt pétrolier

    En Normandie, les agriculteurs ont également multiplié leurs actions et les blocages routiers. Notamment à Caen, les agriculteurs ont déposé des bottes devant la préfecture du Calvados, cherchant à faire comprendre « on en a plein les bottes ». Les dizaines de tracteurs réunis devant la préfecture sont repartis par le périphérique dans une opération escargot, après avoir été reçus dans la préfecture, rapporte BFMTV. Dans la Manche, les agriculteurs opèrent un barrage filtrant, distribuant non seulement des tracts, mais aussi des légumes. Romain, producteur laitier à La Haye-Pesnel, explique à BFM Normandie que « plutôt que de donner nos produits aux grandes surfaces ou aux industriels, autant les donner directement sur les routes ».

    L’ensemble de la France était également touché par des mobilisations, avec des blocages qui rendent très difficile d’accès Lille, d’après La Voix du Nord. Les blocages de route se sont également multipliés dans le Grand-Est, en Moselle, Bas-Rin et Haut-Rin. Plusieurs routes sont également coupées dans le reste du pays. Finalement, en région parisienne, les actions se poursuivent en Essonne et dans les Yvelines, tandis que le blocage dans l’Oise se rapprochent de plus en plus de la capitale, rapporte Le Parisien La FDSEA Île-de-France et les Jeunes Agriculteurs de région parisienne disent même prévoir de monter sur Paris ce vendredi.

    Cette nouvelle journée de mobilisation s’est tenue alors que Gabriel Attal doit faire des annonces ce vendredi. Après avoir reçu la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, puis les représentants de la Coordination Rurale, syndicat d’extrême droite, et de la Confédération Paysanne le premier ministre a réuni ce jeudi matin les ministres concernés par la crise : Marc Fesneau ministre de l’Agriculture, Christophe Béchu ministre de la Transition écologique ainsi que Bruno le Maire, ministre de l’Économie. Des annonces qui espèrent calmer la colère alors que selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, 89% des Français soutiennent la mobilisation des agriculteurs.

    En ce sens, le 24 janvier, la FNSEA dont la FDSEA est la branche département, ainsi que les JA, ont publié une synthèse de leurs revendications. Celles-ci exigent le respect des lois « Egalim » en vigueur sensé défendre les agriculteurs face à la grande distribution, le paiement immédiat des aides de la PAC, de meilleures indemnisations face aux phénomènes climatiques et aux épidémies, mais aussi le lancement d’un processus de réduction des normes, notamment environnementales. Un programme qui, dans l’ensemble, se contente de maintenir un système à bout de souffle, qui détruit la planète et subit les conséquences du changement climatique, sans régler en rien la situation des petits agriculteurs, étranglés par la grande distribution.

    De fait, la FNSEA n’a pas au cœur les intérêts de ces derniers, mais ceux de ceux qui profitent de la concentration foncière et de l’agro-industrie, à l’image du président agrobusinessman, Arnaud Rousseau. Seule une logique radicalement différente peut apporter une issue aux agriculteurs petits et moyens, en luttant contre les vrais responsables d’un système agricole qui favorise les grands capitalistes de l’industrie, de la grande distribution et des banques.
    En ce sens, il est fondamental que les agriculteurs remettent en cause le programme et la direction de la FNSEA, en cherchant à tisser des alliances du côté du mouvement ouvrier plutôt que du grand patronat. Alors que la CGT a appelé ce jeudi à se lier au mouvement, le mouvement ouvrier doit se doter pour cela d’un programme d’action qui lie les préoccupations de la classe ouvrière à celle des agriculteurs précaires.

    • Agriculteurs en colère à Nantes : deux manifs, deux ambianceshttps://contre-attaque.net/2024/01/25/agriculteurs-en-colere-a-nantes-deux-manifs-deux-ambiances

      Ne nous méprenons pas, ce jeudi 25 janvier à Nantes il n’y avait pas un, mais deux rassemblements d’agriculteurs. L’un devant la préfecture, l’autre rond-point d’Armor, deux symboles distincts. Le premier impliquant la FNSEA et refusant tout autre syndicat à son côté afin de défendre seulement des objectifs néo-libéraux. L’autre sur un point névralgique du périphérique, le rond-point face aux galeries marchandes d’« Atlantis » souvent bloqué par les Gilets Jaunes, où la Confédération Paysanne a filtré pendant un peu plus de 2h le trafic afin de distribuer le tract de leurs revendications.

      La Conf’, contrairement à la FNSEA, a choisi de cibler directement l’empire de la consommation car c’est bien tout l’enjeu du monde de demain. Les problèmes rencontrés aujourd’hui au niveau agricole sont particulièrement complexes et ne seront pas résolus sans l’implication de toutes et tous. Les gouvernements successifs n’ont fait que de creuser le fossé de la précarité, et la guerre de classe qu’ils mènent ont une conséquence : la majorité de la population doit se nourrir « au moins cher, au plus économique ».

      Derrière ce marché des marques de distributeurs (MDD) ou discounters se cache un problème impactant directement la rémunération des produits agricoles, donc des agriculteurs. La grande distribution, pour être toujours plus rentable et compétitive, va chercher l’offre la moins chère que seuls d’autres pays peuvent offrir, là où les contraintes économiques et environnementales sont moindres. En résumé il est beaucoup moins cher de produire certaines denrées équivalentes dans d’autres pays très éloignés plutôt qu’en France. La première revendication des agriculteurs du rond-point d’Armor vise à stopper ce mécanisme : STOPPER le libre-échange afin de stopper l’extinction de la paysannerie française. Cette revendication va de paire avec une autre : interdire l’achat des produits agricoles sous leur prix de revient, ce qui paraît quand même assez logique et qui est pourtant l’exception dans certaines filières.

      Contrairement au syndicat majoritaire, la Confédération Paysanne, ses sympathisant-es et ses adhérent-es visent à offrir des solutions aux problèmes connus de tou-tes aujourd’hui : le partage des ressources et une réflexion sur l’évolution des systèmes de production en fonction des contraintes de demain. Le dérèglement climatique, l’appauvrissement des sols le maintien des petites exploitations et leur transmission sont autant de sujet sur lesquels il ne faut pas lésiner afin de construire un avenir durable pour toutes et tous, et pour nos enfants. La FNSEA voudrait bien évidemment abolir les contraintes environnementales pour continuer à mener la profession dans le mur. En défendant l’agro-business la FNSEA ne fait que préserver la cause du problème, c’est le modèle capitaliste et libéral qu’il faut rejeter, pas les normes environnementales ! Soutenons un modèle paysan, à la fois vertueux et équitable pour tout le monde !

      En conclusion, bien que certaines revendications puissent être communes avec la FNSEA, la Conf’ vient d’ouvrir le bal dans le 44 et ce n’est que la première manifestation d’un mouvement qui risque de prendre de l’ampleur si le gouvernement reste sourd aux revendications. Les agriculteurs ont besoin, pour continuer à nourrir sainement la population, d’un revenu juste et d’une sécurité à long terme de la profession. À bon entendeur !

    • Cause commune avec le mouvement des agriculteurs

      Il est frappant de voir de quel soutien bénéficie le mouvement dans l’opinion. Mais la récupération de la parole publique sur les chaines d’info, pour réclamer « moins de normes » en agriculture créé du doute chez mes interlocuteurs. Car souvent, ils expriment à leur manière la demande inverse, par exemple contre la diffusion de l’empoisonnement par le glyphosate et les autres pesticides. Sans oublier la dernière décision de l’Union européenne « libérant » de toute contrainte la propagation des OGM. Bref l’opinion générale a bien intégré les exigences écologiques qui s’imposent de façon vitale à notre époque. Mais à mon avis c’est justement sur ce point que se trouve actuellement l’opportunité politique la plus grande avec le mouvement paysan contrairement à la crainte qui peut s’exprimer.

      Commençons par le plus simple. Les agriculteurs demandent à être payés suffisamment pour vivre dignement de leur travail. Comment le monde salarial pourrait-il contester une telle revendication ? Ne formule-t-il pas exactement la même pour lui ? Plus de 8 français sur 10 partagent ce ras-le-bol d’un monde où tout augmente, de l’essence à l’électricité, sauf les salaires. Le mouvement actuel contribue donc directement à la diffusion de l’exigence du juste partage qui est à la racine de la pensée insoumise en économie.

      Il faut bien comprendre qu’une telle aspiration ne se résume pas à une question de survie. Elle touche plus profond. C’est l’exigence de reprendre le contrôle sur son existence. La misère, l’impasse économique sont vécues à juste titre comme des confiscation de soi, des soumissions à des contraintes injustes imposées de force. Ici est en jeu un fondamental des processus de révolutions citoyennes partout dans le monde. Le mouvement des gilets jaunes avait la même racine : reprendre le contrôle de son existence. Revendication moderne s’il en est.

      Mais cela n’est pas la seule conjonction à observer. Il y a des raisons très profondes de soutenir et même de prendre appui sur le mouvement paysan pour porter et faire avancer très loin des objectifs généraux de grande portée en matière d’idéal de société. Nous sommes dans l’ère des mouvements opposés au aspects fondamentaux du libéralisme. Au-delà des apparences il faut savoir le discerner pour construire du futur collectiviste. Le libre-échange, la « concurrence libre et non faussée », le marché en tout et pour tout sont ici mis en cause de plein fouet avec les mots simples de la vie quotidienne d’un double point de vue autant écologique que social. Les deux dimensions fusionnent en un processus unique dans cette mobilisation au-delà des mots, des postures, des modes d’action.

      Les campagnes se vident à force de maltraitances sociales contre la partie la plus menacée du monde agricole soumis délibérément à la concurrence sauvage du marché mondial pour ses productions. La population totale des agriculteurs a été réduite à quatre cent mille personnes, 1,5 % de la population active…. Ce nombre s’interprète mieux par comparaison du nombre des autres catégories de population, quand est dans un pays qui compte par exemple trois millions d’étudiants. Le retour à une agriculture vivrière, produisant les fruits et légumes dont nous avons besoin (pour ne citer que cela), est une urgence. La relocalisation de ces productions de fruits et légumes est le moyen essentiel d’une politique d’exigence sanitaire. Mais aussi une question de souveraineté et de sécurité des approvisionnements. Car en période de risque de guerre généralisée et de coupure des chaines d’approvisionnement mondialisées (on l’a vu pendant l’épidémie de covid) notre sécurité collective passe aussi par notre souveraineté alimentaire. Cela nécessite une classe agricole assez expérimentée et nombreuse pour être capable de porter cette bifurcation de la production. Liquider le monde paysan actuel comme le font les politiques européennes néo libérales est un contre sens.

      Pourtant la politique néolibérale en cours y conduit directement. Le lobby agro-industriel n’y voit que des avantages. La libre disposition d’espaces arables immenses dédiés aux productions vers le marché mondial et complètement intégrée au commerce et la finance mondiale est la « révolution verte » dont le lobby agro-alimentaire a besoin. L’Union européenne y travaille sans trêve. Ce n’est donc pas un hasard si le mouvement paysan est en cours sur tout le territoire de l’Union. Les gouvernements français ont laissé faire comme ils l’ont déjà fait pour l’industrie. Parce que cela coïncide avec les intérêts de la finance qui domine tous les secteurs d’activité aujourd’hui.

      L’Union européenne aggrave volontairement la situation. Elle prépare une catastrophe supplémentaire avec l’adhésion prévue de l’Ukraine à l’Union européenne. Nous y sommes déjà opposés pour protéger les salariés de nos pays. En effet ils seraient soumis à une compétition salariale insupportable quand on sait que le SMIC ukrainien est de moins de 150 euros mensuels. Il en irait de même aussi brutalement dans l’agriculture. Les coûts de production sont déjà trois à cinq fois moindre qu’ici. On a déjà une assez ample expérience des résultats de ce contraste. Le miel de là-bas sort à 3,50 euros, contre 6 euros en France. On consomme donc davantage de miel importé que de miel des terroirs locaux. L’apiculture en déroute vide la population active des zones qu’elle anime. Depuis l’ouverture du marché à leur volaille, la consommation de celle-ci a été multipliée par cinq en France, au détriment des productions locales. Avec le système actuel de la politique agricole commune l’Ukraine absorberait une énorme part des subventions agricoles européennes pourtant financées d’abord par la France.

      Le fléau de la politique libérale européenne rapproche donc de fait dans un combat commun possible, salariés des villes et des champs. Une convergence tout à fait décisive est possible entre les deux non seulement dans la situation présente mais dans des revendications communes sur le fond du projet de société. Le libéralisme n’a aucune réponse positive possible face à la demande des agriculteurs. Au contraire. La logique du libre-échange promet de nouvelles concurrences, et donc de nouvelles baisses des rémunérations.

      À l’inverse, seule la politique de désobéissance européenne prônée par les Insoumis ouvre une issue. Dommage que les partis de centre gauche de la NUPES y aient renoncé et brisé l’union pour cela. Ils l’avaient pourtant adopté dans le programme partagé de l’Union populaire. Il faut comprendre combien l’ampleur de cette idée. Elle crée un contexte. Cela commence déjà par le changement des objectifs de production agricole. Pour nous la production vivrière doit avoir la priorité. Je viens de le rappeler. Mais cet objectif ne peut pas être dissocié des mesures qui l’accompagnent nécessairement. Je parle ici de la « clause de sauvegarde sanitaire » mise en avant dans nos rangs par Aurélie Trouvé députée insoumise ingénieure agronome. La relocalisation de l’agriculture vivrière est le premier moyen dont nous disposons pour pratiquer une politique intense de prévention sanitaire contre la marée de pesticides, et des autres raisons de dégradation de la santé des populations. Aucune marchandise agricole ne pourrait être vendue en France si elle n’est pas conforme aux normes sanitaires que fixerait notre pays.

      Ainsi, on voit que la lutte « contre les normes » portée par l’agro business libéral serait le contraire de ce qu’il faut faire. Sans norme sanitaire, pas de protectionnisme sanitaire possible. Et surtout ce protectionnisme sanitaire ne pourrait plus s’adosser sur les normes et règles internationales qui le rendent possible et légal. Les agriculteurs se tireraient une balle dans le pied s’ils suivaient les revendications des libéraux en agriculture. Cela les conduirait au contraire de leurs objectifs. Et ils se couperaient de surcroit du monde des familles qui ne veulent plus subir la loi des consommations actuellement imposées par l’agroalimentaire. Le principal dirigeant du syndicalisme agricole dominant étant lui-même un dirigeant de l’agroalimentaire, il illustre certes l’évolution constante depuis des années des élites dirigeantes du monde agricole. Sur ce point, dans une autre profession, on parlerait de conflit d’intérêts. Car l’agro-alimentaire a une responsabilité non négligeable dans la détresse actuelle des agriculteurs. Cette industrie a augmenté de plus de 50 % ses marges de profit. Elle porte la responsabilité quasi-totale de l’inflation sans cause du prix de l’alimentation. Et cela se paie sans discussion possible à un bout de la chaine sur le dos des producteurs, et à l’autre bout sur celui des consommateurs.

      Ce lien qui unit la politique agricole des Insoumis et les revendications du monde paysan, a été magnifiquement établi par la proposition de loi défendue par Manuel Bompard, député insoumis des Bouches-du-Rhône et coordinateur de notre Mouvement. Il avait fait adopter avec le groupe parlementaire insoumis à la majorité de l’Assemblée nationale deux mesures directement impliquées dans le dénouement possible de la crise actuelle. C’est le blocage des marges de profit de l’agroalimentaire, d’une part, et la fixation de prix planchers pour les produits agricoles, d’autre part. La majorité obtenue sur ce plan en novembre au cours de notre niche parlementaire était un évènement dont nous avons beaucoup parlé à l’époque. Comme on le sait pour finir, il a manqué six voix pour le vote final de cette loi. Les macronistes et LR avaient remobilisé leurs députés pour voter contre nous. Mais l’absence des leaders de la « gauche d’avant », comme Fabien Roussel du PCF, par exemple, avait permis à cette manœuvre d’aboutir.

      Dans la lutte actuelle la confédération paysanne joue un rôle positif ou elle cherche à faire le lien entre les revendications écologiques et sociales. On voit alors comment une bataille de cause commune est possible unifiant la population. A l’inverse du corporatisme affiché par le syndicat dominant qui ne tient aucun compte des demandes de la société dans son ensemble en réclamant l’abolition des normes anti-pesticides ou des restrictions des gaspillage de l’eau, ou l’extension des zones d’épandage de produits contestés par exemple. Mais si l’on met de côté ces demandes qui ne font nullement l’unanimité, on peut dire que du point de vue des objectifs comme du point de vue des moyens gouvernementaux pour régler les problèmes, il peut n’y avoir aucune contradiction entre les revendications du mouvement social agricole actuel et notre programme écologique et social. La question d’actualité posée au gouvernement par Mathilde Hignet député insoumise en a fait la démonstration. Dans ces conditions, le moment est donc bien celui où faire cause commune avec le mouvement des agriculteurs et construire une convergence citoyenne.

      Ensuite, le mouvement agricole a permis de faire une démonstration politique de masse. On se souvient des accusations « d’écoterrorisme » contre les militants et la tentative de dissolution des « soulèvements de la terre » à propos des bassines ! Ici, rien de semblable. Le gouvernement, les médias, les chroniqueurs ne pipent mot. Donc le mouvement des agriculteurs a fait reculer les appels à la violence policières et judiciaires habituelles du pouvoir macroniste comme on les avait constatés face aux gilets jaunes et aux révoltes urbaines. Tout le monde voit des autoroutes bloquées, un bâtiment public explosé, des voies de chemin de fer comme l’accès à une centrale nucléaire bloqués, des arbres coupés. Ni les médias ni les responsables politiques « n’appellent au calme ». Ainsi la raison et le droit à la dignité des gens commencent à être prioritaires dans la parole publique pour régler une crise. Ou bien faudrait croire que les donneurs de leçons de morale d’hier, leurs leçons, la classe médiatique qui les a relayés sans limite et qui se tait à présent, est faite de manipulateurs sans vergogne. Faisons le pari de croire à leur bonne foi et à leur compréhension désormais de la vigoureuse stratégie de la conflictualité portée par les agriculteurs. D’ailleurs le pouvoir macroniste recommande publiquement « la plus extrême modération » à la police. Comment ne pas approuver cette consigne. Personne ne doit être abattu pour « refus d’obtempérer ». Pas d’œil crevé non plus, pas de comparution immédiate, pas de recommandations pour condamner à de la prison ferme. Comme je l’avais fait avec mes camarades à l’époque des révoltes urbaines, il faut faire triompher d’abord la justice sociale si l’on veut retrouver la concorde civile.

      Nous allons voir à présent comment le Waouuuu super Premier ministre va faire face au problème grâce à son jeune âge et ses talents de communicants déjà mille fois célébré par les médias enamourés. Macron ferait bien de se préparer à trouver une idée de « grand débat » supplémentaire ou des « chèques survie agricole » selon son inépuisable habitude des pratiques cosmétiques. Mais ce temps-là est passé, je crois bien. Et je m’en réjouis. Le pays regarde et réfléchi. Il finira par comprendre ce que veut dire le libéralisme, la concurrence « libre et non faussée », le libre échange sans règle sanitaire, l’élargissement sans fin de l’union européenne et la financiarisation de l’agriculture : le chaos. Un ordre nouveau est à construire et il peut faire un avenir en commun pour notre pays.

      Jlm

    • « fin de l’augmentation progressive de la taxe sur le gazole non routier » donc stabilisation du prix du gazole agricole.
      Mais le mec, il parle a qui ? Des céréaliers, des éleveurs ? Ca se voit qu’il ne parle pas à des maraîchers... j’utilisais 3 pleins par an, grand max.
      Il voudrait pas envoyer les SNU dans les champs plutot ?

      Et puis bon, ce qu’ils veulent, c´est surtout que les hausses de prix se répercutent aussi vite sur leur revenu qu’à l’époque des baisses dans les rayons.

      Donc c’est avec les multinat qu’il faut discuter... et c’est pas un mec de droite qui saurait faire ca.

    • César de la mise en scène.

      👉Petits messages de Loïc Mercier à messieurs Macron, Attal et Le Maire... C’est du lourd ! 🤣

      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1751275523416764417/pu/vid/avc1/576x1024/mOSFn8drsgkI84IJ.mp4?tag=12


      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1751228329791766528/pu/vid/avc1/576x1024/HG0P39zOliUXIvLL.mp4?tag=12

      « J’aime bien l’esprit de ce monsieur.
      Ironie, distance, humour noir, scénarisation, du rythme, de l’engagement, de la force, de l’humain.
      Ça tranche avec les trous de balle macronistes à souliers vernis dans le foin. » #BlocusDeParis #AgriculteurEnColere
      https://twitter.com/bernathoustra/status/1751328241233572163

  • Israeli occupation threatens Jordan not to extend water agreement | Jordan News | Ammon News
    https://en.ammonnews.net/article/70175

    The Hebrew channel kann said on Thursday that Israel is considering not extending the current water agreement with Jordan following anti-Israeli statements regarding the war on Gaza by senior Jordanian officials and Minister of Foreign Affairs and Expatriate Affairs, Ayman Safadi.

    According to the current agreement, Israel transfers to Jordan 100 million cubic meters of water each year - instead of 50 million, as stipulated in the original peace agreement, in exchange for the production of electricity in Jordan for Israel.

    Kann also reported that the Ministry of Energy in the occupation has not taken the final decision in this regard yet, and the matter depends on the development of relations with Jordan and how the Jordanians will express their position toward the war in the near future. If the agreement is not extended, it will expire this year.

    #eau #chantage #blocus #Israel #paix #guerre #Gaza

  • UNRWA sur X : "
    https://twitter.com/UNRWA/status/1728355182323601817

    “The reality is that there is no part of the #WestBank that is not touched & controlled by Israel”

    @BouloukosUN tells @trtworld
    settler violence & Israeli military incursions have increased enormously over the last month & there has been a near total lockdown in the #WestBank

    #UNRWA : Israël contrôle presque toute la #Cisjordanie occupée | Moyen-Orient
    https://www.yenisafak.com/fr/international/unrwa-israel-controle-presque-toute-la-cisjordanie-occupee-16529

    Bouloukos a ajouté, dans des déclarations à la chaîne d’information turque TRT World, qu’avec l’augmentation significative de la violence des colons et des incursions militaires israéliennes au cours du mois d’octobre dernier, la Cisjordanie est presque sous #blocus complet.

    Source :

    Is the Gaza conflict enabling a surge in illegal settler attacks in the occupied West Bank ?
    https://www.trtworld.com/video/the-newsmakers/is-the-gaza-conflict-enabling-a-surge-in-illegal-settler-attacks-in-the-oc

    The intensifying settler aggression in the occupied West Bank, which has always been deemed illegal under international law, is garnering less attention compared to the destruction unfolding in Gaza. Could the conflict in Gaza be inadvertently providing a shield for illegal settlers to escalate their attacks? Guests: Adam Bouloukos Director of UNRWA Affairs in the West Bank Mustafa Barghouti Secretary General of Palestinian National Initiative Jeff Halper Director of the Israeli Committee Against House Demolitions

  • Fermes, coopératives... « En #Palestine, une nouvelle forme de #résistance »

    Jardins communautaires, coopératives... En Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens ont développé une « #écologie_de_la_subsistance qui n’est pas séparée de la résistance », raconte l’historienne #Stéphanie_Latte_Abdallah.

    Alors qu’une trêve vient de commencer au Proche-Orient entre Israël et le Hamas, la chercheuse Stéphanie Latte Abdallah souligne les enjeux écologiques qui se profilent derrière le #conflit_armé. Elle rappelle le lien entre #colonisation et #destruction de l’#environnement, et « la relation symbiotique » qu’entretiennent les Palestiniens avec leur #terre et les êtres qui la peuplent. Ils partagent un même destin, une même #lutte contre l’#effacement et la #disparition.

    Stéphanie Latte Abdallah est historienne et anthropologue du politique, directrice de recherche au CNRS (CéSor-EHESS). Elle a récemment publié La toile carcérale, une histoire de l’enfermement en Palestine (Bayard, 2021).

    Reporterre — Comment analysez-vous à la situation à #Gaza et en #Cisjordanie ?

    Stéphanie Latte Abdallah — L’attaque du #Hamas et ses répercussions prolongent des dynamiques déjà à l’œuvre mais c’est une rupture historique dans le déchaînement de #violence que cela a provoqué. Depuis le 7 octobre, le processus d’#encerclement de la population palestinienne s’est intensifié. #Israël les prive de tout #moyens_de_subsistance, à court terme comme à moyen terme, avec une offensive massive sur leurs conditions matérielles d’existence. À Gaza, il n’y a plus d’accès à l’#eau, à l’#électricité ou à la #nourriture. Des boulangeries et des marchés sont bombardés. Les pêcheurs ne peuvent plus accéder à la mer. Les infrastructures agricoles, les lieux de stockage, les élevages de volailles sont méthodiquement démolis.

    En Cisjordanie, les Palestiniens subissent — depuis quelques années déjà mais de manière accrue maintenant — une forme d’#assiègement. Des #cultures_vivrières sont détruites, des oliviers abattus, des terres volées. Les #raids de colons ont été multipliés par deux, de manière totalement décomplexée, pour pousser la population à partir, notamment la population bédouine qui vit dans des zones plus isolées. On assiste à un approfondissement du phénomène colonial. Certains parlent de nouvelle #Nakba [littéralement « catastrophe » en Arabe. Cette expression fait référence à l’exode forcé de la population palestinienne en 1948]. On compte plus d’1,7 million de #déplacés à Gaza. Où iront-ils demain ?

    « Israël mène une #guerre_totale à une population civile »

    Gaza a connu six guerres en dix-sept ans mais il y a quelque chose d’inédit aujourd’hui, par l’ampleur des #destructions, le nombre de #morts et l’#effet_de_sidération. À défaut d’arriver à véritablement éliminer le Hamas – ce qui est, selon moi, impossible — Israël mène une guerre totale à une population civile. Il pratique la politique de la #terre_brûlée, rase Gaza ville, pilonne des hôpitaux, humilie et terrorise tout un peuple. Cette stratégie a été théorisée dès 2006 par #Gadi_Eizenkot, aujourd’hui ministre et membre du cabinet de guerre, et baptisée « la #doctrine_Dahiya », en référence à la banlieue sud de Beyrouth. Cette doctrine ne fait pas de distinction entre #cibles_civiles et #cibles_militaires et ignore délibérément le #principe_de_proportionnalité_de_la_force. L’objectif est de détruire toutes les infrastructures, de créer un #choc_psychologique suffisamment fort, et de retourner la population contre le Hamas. Cette situation nous enferme dans un #cycle_de_violence.

    Vos travaux les plus récents portent sur les initiatives écologiques palestiniennes. Face à la fureur des armes, on en entend évidemment peu parler. Vous expliquez pourtant qu’elles sont essentielles. Quelles sont-elles ?

    La Palestine est un vivier d’#innovations politiques et écologiques, un lieu de #créativité_sociale. Ces dernières années, suite au constat d’échec des négociations liées aux accords d’Oslo [1] mais aussi de l’échec de la lutte armée, s’est dessinée une #troisième_voie.

    Depuis le début des années 2000, la #société_civile a repris l’initiative. Dans de nombreux villages, des #marches et des #manifestations hebdomadaires sont organisées contre la prédation des colons ou pour l’#accès_aux_ressources. Plus récemment, s’est développée une #économie_alternative, dite de résistance, avec la création de #fermes, parfois communautaires, et un renouveau des #coopératives.

    L’objectif est de reconstruire une autre société libérée du #néolibéralisme, de l’occupation et de la #dépendance à l’#aide_internationale. Des agronomes, des intellectuels, des agriculteurs, des agricultrices, des associations et des syndicats de gauche se sont retrouvés dans cette nouvelle forme de résistance en dehors de la politique institutionnelle. Une jeune génération a rejoint des pionniers. Plutôt qu’une solution nationale et étatique à la colonisation israélienne — un objectif trop abstrait sur lequel personne n’a aujourd’hui de prise — il s’agit de promouvoir des actions à l’échelle citoyenne et locale. L’idée est de retrouver de l’#autonomie et de parvenir à des formes de #souveraineté par le bas. Des terres ont été remises en culture, des #fermes_agroécologiques ont été installées — dont le nombre a explosé ces cinq dernières années — des #banques_de_semences locales créées, des modes d’#échange directs entre producteurs et consommateurs mis en place. On a parlé d’« #intifada_verte ».

    Une « intifada verte » pour retrouver de l’autonomie

    Tout est né d’une #prise_de_conscience. Les #territoires_palestiniens sont un marché captif pour l’#économie israélienne. Il y a très peu de #production. Entre 1975 et 2014, la part des secteurs de l’agriculture et de l’#industrie dans le PIB a diminué de moitié. 65 % des produits consommés en Cisjordanie viennent d’Israël, et plus encore à Gaza. Depuis les accords d’Oslo en 1995, la #production_agricole est passée de 13 % à 6 % du PIB.

    Ces nouvelles actions s’inscrivent aussi dans l’histoire de la résistance : au cours de la première Intifada (1987-1993), le #boycott des taxes et des produits israéliens, les #grèves massives et la mise en place d’une économie alternative autogérée, notamment autour de l’agriculture, avaient été centraux. À l’époque, des #jardins_communautaires, appelés « les #jardins_de_la_victoire » avait été créés. Ce #soulèvement, d’abord conçu comme une #guerre_économique, entendait alors se réapproprier les #ressources captées par l’occupation totale de la Cisjordanie et de la #bande_de_Gaza.

    Comment définiriez-vous l’#écologie palestinienne ?

    C’est une écologie de la subsistance qui n’est pas séparée de la résistance, et même au-delà, une #écologie_existentielle. Le #retour_à_la_terre participe de la lutte. C’est le seul moyen de la conserver, et donc d’empêcher la disparition totale, de continuer à exister. En Cisjordanie, si les terres ne sont pas cultivées pendant 3 ou 10 ans selon les modes de propriété, elles peuvent tomber dans l’escarcelle de l’État d’Israël, en vertu d’une ancienne loi ottomane réactualisée par les autorités israéliennes en 1976. Donc, il y a une nécessité de maintenir et augmenter les cultures, de redevenir paysans, pour limiter l’expansion de la #colonisation. Il y a aussi une nécessité d’aller vers des modes de production plus écologiques pour des raisons autant climatiques que politiques. Les #engrais et les #produits_chimiques proviennent des #multinationales via Israël, ces produits sont coûteux et rendent les sols peu à peu stériles. Il faut donc inventer autre chose.

    Les Palestiniens renouent avec une forme d’#agriculture_économe, ancrée dans des #savoir-faire_ancestraux, une agriculture locale et paysanne (#baladi) et #baaliya, c’est-à-dire basée sur la pluviométrie, tout en s’appuyant sur des savoirs nouveaux. Le manque d’#eau pousse à développer cette méthode sans #irrigation et avec des #semences anciennes résistantes. L’idée est de revenir à des formes d’#agriculture_vivrière.

    La #révolution_verte productiviste avec ses #monocultures de tabac, de fraises et d’avocats destinée à l’export a fragilisé l’#économie_palestinienne. Elle n’est pas compatible avec l’occupation et le contrôle de toutes les frontières extérieures par les autorités israéliennes qui les ferment quand elles le souhaitent. Par ailleurs, en Cisjordanie, il existe environ 600 formes de check-points internes, eux aussi actionnés en fonction de la situation, qui permettent de créer ce que l’armée a nommé des « #cellules_territoriales ». Le #territoire est morcelé. Il faut donc apprendre à survivre dans des zones encerclées, être prêt à affronter des #blocus et développer l’#autosuffisance dans des espaces restreints. Il n’y a quasiment plus de profondeur de #paysage palestinien.

    « Il faut apprendre à survivre dans des zones encerclées »

    À Gaza, on voit poindre une #économie_circulaire, même si elle n’est pas nommée ainsi. C’est un mélange de #débrouille et d’#inventivité. Il faut, en effet, recycler les matériaux des immeubles détruits pour pouvoir faire de nouvelles constructions, parce qu’il y a très peu de matériaux qui peuvent entrer sur le territoire. Un entrepreneur a mis au point un moyen d’utiliser les ordures comme #matériaux. Les modes de construction anciens, en terre ou en sable, apparaissent aussi mieux adaptés au territoire et au climat. On utilise des modes de production agricole innovants, en #hydroponie ou bien à la #verticale, parce que la terre manque, et les sols sont pollués. De nouvelles pratiques énergétiques ont été mises en place, surtout à Gaza, où, outre les #générateurs qui remplacent le peu d’électricité fournie, des #panneaux_solaires ont été installés en nombre pour permettre de maintenir certaines activités, notamment celles des hôpitaux.

    Est-ce qu’on peut parler d’#écocide en ce moment ?

    Tout à fait. Nombre de Palestiniens emploient maintenant le terme, de même qu’ils mettent en avant la notion d’#inégalités_environnementales avec la captation des #ressources_naturelles par Israël (terre, ressources en eau…). Cela permet de comprendre dans leur ensemble les dégradations faites à l’#environnement, et leur sens politique. Cela permet aussi d’interpeller le mouvement écologiste israélien, peu concerné jusque-là, et de dénoncer le #greenwashing des autorités. À Gaza, des #pesticides sont épandus par avion sur les zones frontalières, des #oliveraies et des #orangeraies ont été arrachées. Partout, les #sols sont pollués par la toxicité de la guerre et la pluie de #bombes, dont certaines au #phosphore. En Cisjordanie, les autorités israéliennes et des acteurs privés externalisent certaines #nuisances_environnementales. À Hébron, une décharge de déchets électroniques a ainsi été créée. Les eaux usées ne sont pas également réparties. À Tulkarem, une usine chimique considérée trop toxique a été également déplacée de l’autre côté du Mur et pollue massivement les habitants, les terres et les fermes palestiniennes alentour.

    « Il existe une relation intime entre les Palestiniens et leur environnement »

    Les habitants des territoires occupés, et leur environnement — les plantes, les arbres, le paysage et les espèces qui le composent — sont attaqués et visés de manière similaire. Ils sont placés dans une même #vulnérabilité. Pour certains, il apparaît clair que leur destin est commun, et qu’ils doivent donc d’une certaine manière résister ensemble. C’est ce que j’appelle des « #résistances_multispécifiques », en écho à la pensée de la [philosophe féministe étasunienne] #Donna_Haraway. [2] Il existe une relation intime entre les Palestiniens et leur environnement. Une même crainte pour l’existence. La même menace d’#effacement. C’est très palpable dans le discours de certaines personnes. Il y a une lutte commune pour la #survie, qui concerne autant les humains que le reste du vivant, une nécessité écologique encore plus aigüe. C’est pour cette raison que je parle d’#écologisme_existentiel en Palestine.

    Aujourd’hui, ces initiatives écologistes ne sont-elles pas cependant menacées ? Cet élan écologiste ne risque-t-il pas d’être brisé par la guerre ?

    Il est évidemment difficile d’exister dans une guerre totale mais on ne sait pas encore comment cela va finir. D’un côté, on assiste à un réarmement des esprits, les attaques de colons s’accélèrent et les populations palestiniennes en Cisjordanie réfléchissent à comment se défendre. De l’autre côté, ces initiatives restent une nécessité pour les Palestiniens. J’ai pu le constater lors de mon dernier voyage en juin, l’engouement est réel, la dynamique importante. Ce sont des #utopies qui tentent de vivre en pleine #dystopie.

    https://reporterre.net/En-Palestine-l-ecologie-n-est-pas-separee-de-la-resistance
    #agriculture #humiliation #pollution #recyclage #réusage #utopie

    • La toile carcérale. Une histoire de l’enfermement en Palestine

      Dans les Territoires palestiniens, depuis l’occupation de 1967, le passage par la prison a marqué les vécus et l’histoire collective. Les arrestations et les incarcérations massives ont installé une toile carcérale, une détention suspendue. Environ 40 % des hommes palestiniens sont passés par les prisons israéliennes depuis 1967. Cet ouvrage remarquable permet de comprendre en quoi et comment le système pénal et pénitentiaire est un mode de contrôle fractal des Territoires palestiniens qui participe de la gestion des frontières. Il raconte l’envahissement carcéral mais aussi la manière dont la politique s’exerce entre Dedans et Dehors, ses effets sur les masculinités et les féminités, les intimités. Stéphanie Latte Abdallah a conduit une longue enquête ethnographique, elle a réalisé plus de 350 entretiens et a travaillé à partir d’archives et de documents institutionnels. Grâce à une narration sensible s’apparentant souvent au documentaire, le lecteur met ses pas dans ceux de l’auteure à la rencontre des protagonistes de cette histoire contemporaine méconnue.

      https://livres.bayard-editions.com/livres/66002-la-toile-carcerale-une-histoire-de-lenfermement-en-pal
      #livre

  • L’éditeur Verso annonce diffuser gratuitement le livre de Gideon Levy, The Punishment of Gaza (initialement publié en mai 2010)
    https://www.versobooks.com/en-gb/products/2135-the-punishment-of-gaza

    Israel’s 2009 invasion of Gaza was an act of aggression that killed over a thousand Palestinians and devastated the infrastructure of an already impoverished enclave. The Punishment of Gaza shows how the ground was prepared for the assault and documents its continuing effects.

    From 2005—the year of Gaza’s “liberation”—through to 2009, Levy tracks the development of Israel policy, which has abandoned the pretense of diplomacy in favor of raw military power, the ultimate aim of which is to deny Palestinians any chance of forming their own independent state. Punished by Israel and the Quartet of international powers for the democratic election of Hamas, Gaza has been transformed into the world’s largest open-air prison. From Gazan families struggling to cope with the random violence of Israel’s blockade and its “targeted” assassinations, to the machinations of legal experts and the continued connivance of the international community, every aspect of this ongoing tragedy is eloquently recorded and forensically analyzed. Levy’s powerful journalism shows how the brutality at the heart of Israel’s occupation of Palestine has found its most complete expression to date in the collective punishment of Gaza’s residents.

  • Guerre Israël-Hamas : vingt-cinq jours sous les bombes pour la population de Gaza

    Des milliers de bâtiments rasés, plus de 8 000 morts et 1,4 million de déplacés : Israël mène des frappes sur des zones densément peuplées et impose un siège à l’enclave, vaste prison à ciel ouvert

    Aucun endroit n’est sûr dans l’enclave. Ces derniers jours, l’armée israélienne a menacé de bombarder le plus grand centre hospitalier de l’enclave, Al-Shifa, accusant le Hamas d’avoir établi sa principale base d’opérations sous l’établissement.

    Des frappes ont endommagé l’Hôpital de l’amitié turco-palestinienne, le seul à accueillir des patients atteints de cancer, et sont tombées près de l’hôpital Al-Qods, dans la ville de Gaza, qui accueille plus de 14 000 personnes, en plus des patients et du personnel soignant.

    correspondante Le Monde à Jérusalem, tw ! nombreuses photos
    https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/01/guerre-israel-hamas-vingt-cinq-jours-sous-les-bombes-pour-la-population-de-g
    https://archive.ph/RL6AZ

    #Gaza

  • #Rima_Hassan : « Nous subissons une #punition_collective »

    Pour Rima Hassan, juriste et fondatrice de l’Observatoire des camps de réfugiés, ce qui se passe à #Gaza est un « #carnage », qui relève d’une logique de « #génocide ». Elle dénonce le #cynisme de #Nétanyahou et la #récupération du #Hamas.

    Rima Hassan, 30 ans, est une Palestinienne dont toute la vie s’est déroulée en exil. Apatride jusqu’à ses 18 ans, aujourd’hui française, elle suit la guerre depuis la Jordanie, où elle séjourne actuellement pour une recherche à travers plusieurs pays sur les camps de réfugié·es palestinien·nes. Juriste autrice d’un mémoire de master en droit international sur la qualification du crime d’apartheid en Israël, dans une approche comparative avec l’Afrique du Sud, cette fondatrice de l’Observatoire des camps de réfugiés dénonce aujourd’hui un « génocide » et la #responsabilité d’#Israël dans la création du Hamas. Elle répond par téléphone à Mediapart samedi après-midi, alors que toutes les communications avec Gaza étaient coupées depuis la veille au soir.

    Mediapart : Qu’avez-vous comme informations sur ce qu’il se passe depuis vendredi soir à Gaza ?

    Rima Hassan : Les seules informations dont je dispose sont celles des journalistes d’Al Jazeera. C’est un carnage qui est en train de se passer. Jusqu’ici, l’#armée_israélienne prévenait tout de même avant de bombarder : #Tsahal larguait des centaines de petits coupons de papier sur la population gazaouie, pour avertir et donner quelques heures aux civils pour évacuer. Mais cette nuit-là, d’après Al Jazeera, il n’y a même pas eu d’annonce. Ce sont des #attaques_indiscriminées, par tous les moyens dont dispose l’armée israélienne. Il faudra mettre en perspective le nombre de responsables du Hamas tués par rapport au nombre de #victimes_civiles. D’après l’UNRWA, l’agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens, 1,2 million de personnes de la bande Gaza ont par ailleurs déjà été déplacées.

    Ce qui se passe est inédit, paralysant, il est très compliqué de réfléchir. Depuis vendredi en fin de journée, on ne peut plus joindre personne dans la bande de Gaza.

    Comment qualifier les événements ?

    Cela relève du génocide. On n’a pas encore les chiffres précis, les Palestiniens ne sont plus en mesure de compter leurs morts. Ce vendredi 27 octobre était de toute façon une nuit sans précédent en termes d’intensification des #bombardements, dans l’un des territoires les plus densément peuplés au monde.

    Mais au-delà des morts, c’est tout ce qui entoure cette offensive qui caractérise le génocide : le fait de ne pas laisser de passages sûrs accessibles aux civils pour pouvoir fuir les combat, d’empêcher les humanitaires de passer, de ne pas prévenir les lieux qu’on cible, et le #blackout. En coupant toutes les communications, les autorités israéliennes veulent minimiser l’écho international de ce qui s’est passé dans la nuit de vendredi à samedi à Gaza. Je rappelle que 34 journalistes ont été tués dans le territoire depuis le 7 octobre.

    On fait tout pour concentrer une population sur un même espace, et précisément au moment où une résolution est adoptée à la majorité à l’ONU en faveur d’un cessez-le feu, on intensifie les bombardements, tout en bloquant tous les canaux de #communication : tout est mobilisé pour que les dégâts soient maximaux.

    Israël a tué bien plus à Gaza depuis le 7 octobre qu’au cours des vingt dernières années.

    Estimez-vous qu’il y a une intention génocidaire ?

    Il suffit d’écouter les déclarations des officiels israéliens. L’#animalisation du sujet palestinien est constante, de la même manière que les Juifs et les Tutsis étaient comparés à des animaux. Toutes les catégories des groupes ayant fait l’objet de #massacres ont été déshumanisées dans le but de justifier leur exclusion de la communauté humaine ; c’était un préalable à leur #extermination. « Nous combattons des #animaux_humains », a dit le ministre israélien de la défense #Yoav_Gallant le 9 octobre…

    Les médias israéliens répandent en outre l’idée qu’il n’y a pas d’innocents à Gaza : les civils tués sont assimilés au Hamas, à des terroristes – dans ces circonstances, un #dommage_collatéral n’est pas très grave. Les propos tenus sont sans ambiguïté : « #incinération_totale », « Gaza doit revenir à Dresde », « annihiler Gaza maintenant », etc. Voilà ce qu’a pu dire jeudi #Moshe_Feiglinun, ancien membre de la Knesset, sur un plateau télé.

    On a entendu dire également par #Benyamin_Nétanyahou que les Palestiniens pouvaient être accueillis dans le #Sinaï [territoire égyptien frontalier d’Israël et de la bande de Gaza – ndlr], ce qui renvoie, là aussi, à une logique de #disparition : c’est une population indésirable que l’on souhaite exclure.

    Toute cela s’inscrit dans une logique colonialiste de la part d’Israël, depuis sa création. Depuis longtemps on observe, chez les officiels israéliens, une constante à déshumaniser les Palestiniens, qui, bien avant le 7 octobre 2023, ont été comparés à des #cafards ou à des #sauterelles. « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles (…) leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs », disait le premier ministre israélien #Yitzhak_Shamir en 1988. « Lorsque nous aurons colonisé le pays, il ne restera plus aux Arabes qu’à tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille », avait déclaré le chef d’état-major #Raphael_Eitan en 1983 d’après le New York Times.

    Les massacres du 7 octobre ont été perçus comme quelque chose d’explosif. En termes de vies civiles perdues, c’est sans précédent. Mais il faut rappeler que cela s’inscrit dans un #conflit_colonial_asymétrique, où les #réfugiés_palestiniens ont vu l’abolition de leur #droit_au_retour, où les Palestiniens de #Cisjordanie vivent sous #colonisation et sous #occupation, où les Palestiniens citoyens d’Israël se sont vu octroyer un statut de seconde zone après un régime militaire jusqu’en 1967, et où les Palestiniens de Gaza vivent un #blocus illégal depuis dix-sept ans.

    Quelle est l’importance du facteur religieux ?

    Ce n’est pas un #conflit_religieux. Même si l’on a au pouvoir des gens liés à une #radicalité_religieuse, du côté du pouvoir israélien comme du Hamas. On observe une #dérive_religieuse dans les extrêmes des deux sociétés.

    La population palestinienne ne fait pas de reproche aux Israéliens pour ce qu’ils sont – des Juifs –, mais pour ce qu’ils font : la colonisation.

    Rappelons que les personnes à l’origine de la fondation de l’État d’Israël étaient des laïques, et non pas des religieux. L’identité palestinienne a par ailleurs toujours été multiconfessionnelle.

    Il est inconcevable de confisquer une souffrance palestinienne vieille de 75 ans avec la #récupération qui est faite aujourd’hui par le Hamas. Pour nous, c’est la #double_peine.

    Côté israélien, c’est d’un #cynisme sans nom : c’est Nétanyahou lui-même qui a soutenu le Hamas, car l’organisation islamiste était perçue comme rivale du #Fatah [parti nationaliste palestinien fondé par Yasser Arafat – ndlr]. Voilà ce qu’il déclarait par exemple en mars 2019, comme l’a rappelé récemment un article d’Haaretz : « Quiconque veut contrecarrer la création d’un État palestinien doit soutenir le renforcement du Hamas et transférer de l’argent au Hamas. » Israël a une responsabilité majeure dans la création de l’organisation islamiste. Ce sont les autorités israéliennes qui ont nourri le monstre.

    Nous subissons avec ce blocus une punition collective. Nous qui utilisons le droit international et la voie diplomatique, qui nous battons depuis des dizaines d’années pour un État laïque, nous nous trouvons face à des autorités qui ont soutenu le Hamas... et qui aujourd’hui nous bombardent.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/291023/rima-hassan-nous-subissons-une-punition-collective
    #Palestine #7_octobre_2023 #déshumanisation #religion #à_lire

  • RSF sur X :

    RSF dévoile une enquête sur la mort du reporter de Reuters #Issam_Abdallah au #Liban, à la frontière avec Israël : le véhicule des journalistes a bel et bien été ciblé alors qu’ils étaient clairement identifiables comme journalistes.👇

    https://twitter.com/RSF_inter/status/1718660443344924722

    https://video.twimg.com/amplify_video/1718589072187297792/vid/avc1/640x360/ZHq-2n-4wnnt8LAm.mp4?tag=16

    #impunité

  • #Etienne_Balibar : #Palestine à la #mort

    L’instinct de mort ravage la terre de Palestine et #massacre ses habitants. Nous sommes dans un cercle d’#impuissance et de calcul dont on ne sortira pas. La #catastrophe ira donc à son terme, et nous en subirons les conséquences.

    Les commandos du #Hamas, enfermés avec deux millions de réfugiés dans ce qu’on a pu appeler une « prison à ciel ouvert », se sont enterrés et longuement préparés, recevant le soutien d’autres puissances régionales et bénéficiant d’une certaine complaisance de la part d’Israël, qui voyait en eux son « ennemi préféré ».

    Ils ont réussi une sortie offensive qui a surpris Tsahal occupée à prêter main forte aux colons juifs de Cisjordanie, ce qui, de façon compréhensible, a engendré l’enthousiasme de la jeunesse palestinienne et de l’opinion dans le monde arabe.

    À ceci près qu’elle s’est accompagnée de #crimes particulièrement odieux contre la population israélienne : assassinats d’adultes et d’enfants, tortures, viols, enlèvements. De tels crimes ne sont jamais excusables par la #légitimité de la cause dont ils se réclament.

    Malgré le flou de l’expression, ils justifient qu’on parle de #terrorisme, non seulement à propos des actions, mais à propos de l’organisation de #résistance_armée qui les planifie. Il y a plus : il est difficile de croire que l’objectif (en tout cas le risque assumé) n’était pas de provoquer une #riposte d’une violence telle que la #guerre entrerait dans une phase nouvelle, proprement « exterministe », oblitérant à jamais les possibilités de #cohabitation des deux peuples. Et c’est ce qui est en train de se passer.

    Mais cela se passe parce que l’État d’Israël, officiellement redéfini en 2018 comme « État-nation du peuple juif », n’a jamais eu d’autre projet politique que l’#anéantissement ou l’#asservissement du peuple palestinien par différents moyens : #déportation, #expropriation, #persécution, #assassinats, #incarcérations. #Terrorisme_d'Etat.

    Il n’y a qu’à regarder la carte des implantations successives depuis 1967 pour que le processus devienne absolument clair. Après l’assassinat de Rabin, les gouvernements qui avaient signé les #accords_d’Oslo n’en ont pas conclu qu’il fallait faire vivre la solution « à deux États », ils ont préféré domestiquer l’#Autorité_Palestinienne et quadriller la #Cisjordanie de #checkpoints. Et depuis qu’une #droite_raciste a pris les commandes, c’est purement et simplement de #nettoyage_ethnique qu’il s’agit.

    Avec la « #vengeance » contre le Hamas et les Gazaouis, qui commence maintenant par des massacres, un #blocus_alimentaire et sanitaire, et des #déplacements_de_population qu’on ne peut qualifier autrement que de génocidaires, c’est l’irréparable qui se commet. Les citoyens israéliens qui dénonçaient l’instrumentalisation de la Shoah et se battaient contre l’#apartheid ne sont presque plus audibles. La fureur colonialiste et nationaliste étouffe tout.

    Il n’y a en vérité qu’une issue possible : c’est l’intervention de ladite communauté internationale et des autorités dont elle est théoriquement dotée, exigeant un #cessez-le-feu immédiat, la libération des #otages, le jugement des #crimes_de_guerre commis de part et d’autre, et la mise en œuvre des innombrables résolutions de l’ONU qui sont restées lettre morte.

    Mais cela n’a aucune chance de se produire : ces institutions sont neutralisées par les grandes ou moyennes puissances impérialistes, et le conflit judéo-arabe est redevenu un enjeu des manœuvres auxquelles elles se livrent pour dessiner les sphères d’influence et les réseaux d’alliances, dans un contexte de guerres froides et chaudes. Les stratégies « géopolitiques » et leurs projections régionales oblitèrent toute légalité internationale effective.

    Nous sommes dans un cercle d’impuissance et de calcul dont on ne sortira pas. La catastrophe ira donc à son terme, et nous en subirons les conséquences.

    https://blogs.mediapart.fr/etienne-balibar/blog/211023/palestine-la-mort

    #7_octobre_2023 #génocide #colonialisme #nationalisme

  • #Gaza : le #droit_international comme seule boussole

    Le 7 octobre, le #Hamas a lancé une attaque sans précédent sur le sud d’Israël, semant la terreur et perpétrant de nombreux #crimes_de_guerre contre des #civils israéliens. En réponse à cette attaque, Israël a lancé une #opération_militaire d’une violence inédite sur la #bande_de_Gaza, alliant déplacements forcés de population et frappes indiscriminées, également constitutifs de crimes de guerre. Si rien ne peut justifier les crimes de guerre, quel que soit le camp, cette séquence s’inscrit cependant dans un contexte qu’il est indispensable de prendre en compte pour comprendre ce qu’elle représente et les conséquences dévastatrices qu’elle peut avoir.

    La bande de Gaza est, avec la Cisjordanie, l’une des deux composantes du #Territoire_palestinien_occupé. Après la Guerre des Six Jours, elle a, comme la Cisjordanie, fait l’objet d’une colonisation par Israël, avant que ce dernier ne l’évacue unilatéralement en 2005. L’année suivante, le Hamas gagnait les élections législatives à Gaza. L’UE exclut tout contact avec le Hamas compliquant la formation d’un gouvernement palestinien. S’en suit une guerre intra palestinienne entre Fatah et Hamas dans la bande de Gaza, qui se termine en 2007 par la prise de contrôle du territoire par le Hamas. Depuis cette date, un blocus est exercé par Israël sur Gaza, imposant ainsi une punition collective à 2,3 millions de Palestiniens et de Palestiniennes, à laquelle s’ajoutent depuis 2009 des bombardements réguliers et indiscriminés, qu’ils ne peuvent fuir. En conséquence de ces sévères restrictions à la liberté de mouvement des personnes et des biens, 97% de l’eau courante à Gaza est impropre à la consommation, le taux de chômage est de 47%, et 80% de la population dépend de l’aide internationale (données Oxfam).

    Ce #blocus est l’un des aspects du régime d’#apartheid qu’Israël impose à l’ensemble du peuple palestinien, c’est-à-dire un régime institutionnalisé d’#oppression et de #domination systématiques, établi dans l’intention de maintenir la #domination d’un groupe racial sur un autre, l’intention de le maintenir et qui comprend l’existence d’actes inhumains commis comme partie intégrante de ce régime, tels que l’ont récemment qualifiés de nombreux rapports Amnesty, Human Rights Watch et des Rapporteurs spéciaux de l’ONU.

    En décembre dernier, un gouvernement d’#extrême_droite a pris le pouvoir en Israël, renforçant ce régime d’apartheid et intensifiant la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Au cours de l’année 2023, avant le 7 octobre, plus de 200 Palestiniens et Palestiniennes avaient déjà été tués par l’#armée_israélienne ou les colons, surtout en Cisjordanie mais aussi à Gaza. La #violence des colons a augmenté, autorisée et alimentée par le gouvernement israélien, menant à de nombreuses attaques sur des villages palestiniens. Sous les jougs conjugués d’ordres d’#expulsion et de la violence exercée par les colons, des communautés palestiniennes entières de la #zone_C ont été déplacées de force. Au sein de la société israélienne, mais aussi parmi les responsables politiques israéliens, les appels à la haine et au meurtre des Arabes palestiniens sont de plus en plus fréquents.

    Face à cette exacerbation de la violence, la communauté internationale, et l’UE en particulier, n’a réussi qu’à condamner, par des formules creuses et répétitives les multiples violations du droit international commises par Israël, sans jamais prendre de #sanctions.

    Tout cela, c’était avant le 7 octobre et l’attaque meurtrière du Hamas, qui tue plus de 1000 #victimes_civiles israéliennes et prend en #otages entre 120 et 200 personnes. Dans plusieurs lieux, des #meurtres_collectifs ont lieu, sans aucun doute constitutifs de crimes de guerre. Ces faits choquent l’opinion publique internationale et entraînent de nombreux messages de soutien à Israël de la part des responsables politiques, entre autres européens. Certains, tel le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, prennent la peine d’appeler à une réponse « proportionnée ». D’autres, comme la Présidente de la Commission européenne, se contentent d’apporter leur soutien sans faille à Israël, sans même rappeler les obligations qui lui incombent au regard du droit international.

    Depuis le début de la réponse militaire israélienne, les officiels israéliens multiplient les déclarations déshumanisant les Palestiniens, punissant collectivement la population de Gaza pour les crimes commis par le Hamas :

    Lundi 9 octobre, #Yoav_Gallant, le Ministre israélien de la Défense a déclaré : « J’ai ordonné un siège complet de la bande de Gaza. Il n’y aura pas d’électricité, pas de nourriture, pas de carburant, tout est fermé. Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence ».

    Mardi 10 octobre, le chef de la Coordination de l’administration civile dans les territoires (COGAT), le général #Ghassan_Alian a annoncé opérer un #blocus_complet sur la bande de Gaza, coupant le territoire en #électricité et en #eau, ne lui promettant que des dommages, et déclarant à l’adresse du Hamas : « Vous avez voulu l’enfer, vous aurez l’enfer ! ».

    Jeudi 12 octobre, le ministre israélien de l’Energie #Israël_Katz a déclaré : « Aucun interrupteur électrique ne sera allumé, aucune pompe à eau ne sera mise en route et aucun camion de carburant n’entrera tant que les Israéliens enlevés ne seront pas rentrés chez eux (…). Et personne ne peut nous faire la morale ».

    Vendredi 13 octobre, le gouvernement israélien a ordonné une #évacuation de toute la population du nord de la Bande de Gaza, soit 1,1 million de Palestiniens, vers le sud de la Bande de Gaza. Il s’agit d’un #déplacement_forcé de la moitié de la population de Gaza, déjà coupée d’électricité, d’eau et de carburant. Les organisations humanitaires ont tout de suite dénoncé l’impossibilité que cela puisse se passer sans conséquences catastrophiques. Depuis vendredi, plusieurs organes et responsables de l’ONU, l’UNRWA, l’OMS, le chef de l’aide humanitaire de l’ONU sont sortis de leur réserve habituelle et tirent la sonnette d’alarme. MSF multiplie également les déclarations pour dénoncer l’insoutenabilité de la situation sanitaire. Les témoignages qui nous viennent de Gaza sont glaçants : rationnement en eau des enfants, un boulanger qui ne peut plus faire de pain faute d’électricité, les cadavres qui ne trouvent plus de place dans les morgues, ou qui pourrissent sous les décombres.

    Depuis le début de l’attaque militaire israélienne contre Gaza, quelques 2778 Palestiniens sont morts, 9 938 personnes sont blessées, dans un système de santé qui s’est totalement effondré
    (données du 16 octobre).

    Pour rappel, 70% de la population de Gaza sont des #réfugiés, c’est-à-dire que leurs familles ont été chassées de leurs maisons par les Israéliens lors de la #Nakba (mot arabe qui signifie la « catastrophe » et qui désigne, pour les Palestiniens, l’exil forcé de 700 000 d’entre eux, lors de la proclamation de l’État d’Israël en 1948). Ils attendent depuis de pouvoir exercer leur #droit_au_retour, consacré par la Résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Même si un #corridor_humanitaire était mis en place, nombreux sont celles et ceux qui refuseraient de partir, estimant que quitter la Palestine signifierait ne jamais y revenir. C’est en effet le sort subi par tous les populations palestiniennes déplacées depuis la Nakba de 1948.
    Ce qui se risque de se passer à Gaza est qualifié par de nombreuses voix palestiniennes, dont PNGO, le réseau des ONG palestiniennes mais aussi la Rapporteuse spéciale des Nations Unies Francesca Albanese, comme du #nettoyage_ethnique, comme une nouvelle Nakba. Par ailleurs, pour les principales organisations palestiniennes de défense des droits humains (Al Haq, Al Mezan, PCHR), il devient évident « qu’Israël impose délibérément au peuple palestinien des conditions de vie susceptibles d’entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Ces organisations « appellent les États tiers à intervenir de toute urgence pour protéger le peuple palestinien contre le #génocide ». Ce constat rencontre celui de la Fédération internationale des droits humains (FIDH) qui qualifie l’#ordre_d’évacuation des 1,1 million de Palestiniens du nord de la bande de Gaza de « tentative de déplacement forcé et illégal de civil⋅es pouvant refléter une intention génocidaire ». Cette qualification est également appuyée par un historien spécialisé dans l’étude de l’Holocauste et du génocide, Raz Segal. Selon lui, « l’assaut contre Gaza peut également être compris en d’autres termes : comme un cas d’école de génocide se déroulant sous nos yeux ».

    Pendant ce temps, la situation en Cisjordanie et à #Jérusalem-Est se détériore aussi. Comme le fait remarquer Yehuda Shaul, le fondateur de l’ONG Breaking the Silence, et directeur du think tank israélien Ofek, « les crimes de guerre du Hamas sont l’occasion pour la droite israélienne de faire avancer son programme messianique au-delà de la réponse de l’armée israélienne à Gaza. De la reconstruction des colonies à Gaza à l’intensification de la prise de contrôle du Haram al Sharif [l’Esplanade des mosquées]-Montagne du Temple, en passant par les pogroms en Cisjordanie ». En Cisjordanie, 55 Palestiniens ont été tués par les colons et par l’armée en une semaine.

    En Israël même, la situation de la population palestinienne et de celles et ceux qui défendent leurs #droits devient très difficile. Suite à l’attaque du Hamas et les appels à la #revanche partout dans la société israélienne, les Palestiniens d’Israël (18% de la population) craignent de sortir de chez eux. Les Israéliens et Israéliennes du « camp de la paix » vivent aussi des moments compliqués, d’une part parce que de nombreuses victimes du Hamas étaient des militants et militantes pour la paix, d’autre part parce que la défense de la population civile palestinienne de Gaza et la nécessité d’une réponse israélienne mesurée n’est même plus audible dans l’opinion publique actuelle en Israël.

    "En refusant systématiquement d’obliger Israël à respecter le droit international et en laissant les violations impunies, la communauté internationale porte une responsabilité écrasante dans la situation désespérée que nous connaissons aujourd’hui."

    Face au drame qui se déroule sous nos yeux, la boussole de la Belgique et de l’Union européenne doit plus que jamais rester le droit international et la protection de la vie, de la dignité et des droits humains. Pour l’UE et la Belgique, la priorité doit aujourd’hui être de mettre tout en œuvre pour obtenir un cessez-le-feu, la protection de toutes les populations civiles, et un accès à l’aide internationale pour la population gazaouie actuellement en urgence humanitaire absolue. Elles doivent également appeler à la libération de tous celles et ceux qui ont été illégalement privés de leur liberté, les otages retenus par le Hamas, comme les prisonniers politiques palestiniens arrêtés dans le cadre de la répression de la résistance à l’occupation. L’UE et la Belgique doivent en outre exiger d’Israël la levée du siège de la bande de Gaza, et cela dans une perspective de levée du blocus et d’une reconnexion du territoire avec le reste du territoire palestinien occupé. Elles doivent également s’attaquer aux causes structurelles du présent conflit en adoptant des mesures contraignantes contre Israël afin qu’il mette fin à l’occupation, à la colonisation et à l’apartheid contre le peuple palestinien, à commencer par la fin du commerce avec les colonies israéliennes. Enfin, la Belgique, pionnière historique de la lutte contre l’impunité en matière de crimes de guerre, doit apporter un soutien politique et financier à l’enquête en cours à la Cour pénale internationale sur la situation en Palestine et encourager le procureur de la Cour pénale à en faire une priorité afin que tous les criminels de guerre soient rapidement tenus responsables.

    https://www.cncd.be/gaza-le-droit-international-comme-seule-boussole
    #à_lire #Israël #Palestine #7_octobre_2023 #histoire

  • Aux #origines de l’#histoire complexe du #Hamas

    Le Hamas replace violemment la question palestinienne sur le devant de la scène géopolitique. Retour aux origines du mouvement islamiste palestinien, fondé lors de la première Intifada et classé organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.

    L’arméeL’armée israélienne a indiqué, samedi 14 octobre, avoir tué deux figures du Hamas qui auraient joué un rôle majeur dans l’attaque terroriste qui a plongé il y a une semaine le peuple israélien dans « les jours les plus traumatiques jamais connus depuis la Shoah », pour reprendre l’expression de la sociologue franco-israélienne Eva Illouz (plus de 1 300 morts, 3 200 blessés ainsi qu’au moins 120 otages, parmi lesquels de nombreux civils).

    Le responsable des Nukhba, les unités d’élite du Hamas, Ali Qadi, aurait été tué, de même que Merad Abou Merad, chef des opérations aériennes dans la ville de Gaza. Dimanche, c’est la mort d’un commandant des Nukhba, Bilal el-Kadra, présenté par l’armée israélienne comme le responsable des massacres du 7 octobre dans les kibboutz de Nirim et de Nir Oz, qui a été annoncée.

    Depuis l’offensive surprise du Hamas, Israël assiège et pilonne en représailles la bande de Gaza. Ses bombardements ont fait en l’espace de quelques jours 2 750 morts, dont plus de 700 enfants, et 9 700 blessés, selon un bilan du ministère palestinien de la santé du Hamas établi lundi matin. « Ce n’est que le début », a prévenu le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a déclaré : « Le Hamas, c’est Daech et nous allons les écraser et les détruire comme le monde a détruit Daech. »

    S’il est difficile de ne pas convoquer la barbarie de Daech en Syrie, en Irak ou sur le sol européen devant les massacres commis le 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien dans la rue, des maisons ou en pleine rave party, la comparaison entre les deux organisations a ses limites.

    « Oui, le Hamas a commis des crimes odieux, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, mais c’est un mouvement nationaliste qui n’a rien à voir avec Daech ou Al-Qaïda, nuance Jean-Paul Chagnollaud, professeur des universités, directeur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée/Moyen-Orient (iReMMO). Il représente ou représentait largement un bon tiers du peuple palestinien. Si Mahmoud Abbas [chef de l’Autorité palestinienne – ndlr] a annulé les élections il y a deux ans, c’est parce que le Hamas avait des chances d’emporter les législatives. »

    « La comparaison avec Daech a une visée politique qui consiste à enfermer le Hamas dans un rôle de groupe djihadiste, abonde le chercheur Xavier Guignard, spécialiste de la Palestine au sein du centre de recherche indépendant Noria. Je comprends le besoin de caractériser ce qu’il s’est produit, mais cette comparaison nous prive de voir tout ce qu’est aussi le Hamas », un mouvement islamiste de libération nationale, protéiforme, politique et militaire, qui est l’acronyme de « Harakat al-muqawama al-islamiya », qui signifie « Mouvement de la résistance islamique ».

    Considéré comme terroriste par l’Union européenne, les États-Unis ainsi que de nombreux pays occidentaux, le Hamas, dont la branche politique dans la bande de Gaza est dirigée par Yahya Sinouar (qui fut libéré en 2011 après vingt-deux ans dans les geôles israéliennes lors de l’échange de 1 027 prisonniers palestiniens contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit), est arrivé au pouvoir lors d’une élection démocratique. Il a remporté les législatives de 2006. L’année suivante, il prend par la force le contrôle de la bande de Gaza au terme d’affrontements sanglants et aux dépens de l’Autorité palestinienne (AP), reconnue par la communauté internationale et dominée par le Fatah (Mouvement national palestinien de libération, non religieux) de Mahmoud Abbas, qui contrôle la Cisjordanie.
    Guerre fratricide

    Cette prise de pouvoir constitue un moment charnière. Elle provoque une guerre fratricide entre les formations palestiniennes et offre à l’État hébreu une occasion de durcir encore, en riposte, le blocus dans la bande de Gaza, en limitant la circulation des personnes et des biens, avec le soutien de l’Égypte. Un blocus dévastateur par terre, air et mer qui asphyxie l’économie et la population depuis plus d’une décennie et a été aggravé par les guerres successives et les destructions sous l’effet des bombardements israéliens.

    Officiellement, pour Israël, qui a décolonisé le territoire en 2005, le blocus vise à empêcher que le Hamas, qui se caractérise par une lutte armée contre l’État hébreu, se fournisse en armes. Créé en décembre 1987 par les Frères musulmans palestiniens (dont la branche a été fondée à Jérusalem en 1946, deux ans avant la proclamation de l’État d’Israël), lors de la première intifada (soit le soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza), alors massive et populaire, le mouvement a épousé la lutte armée contre Israël à cette époque.

    « Un profond débat interne » avait alors agité ses fondateurs, comme le raconte sur la plateforme Cairn l’universitaire palestinien Khaled Hroub : « Deux points de vue s’opposent. Les uns poussent à un tournant politique dans le sens d’une résistance à l’occupation, contournant par là les idées anciennes et traditionnelles en fonction desquelles il convient de penser avant tout à l’islamisation de la société. Les autres relèvent de l’école classique des Frères musulmans : “préparer les générations” à une bataille dont la date précise n’est toutefois pas fixée. Avec l’éruption de l’intifada, les tenants de la ligne dure gagnent du terrain, arguant des répercussions très négatives sur le mouvement si les islamistes ne participent pas clairement au soulèvement, sur un même plan que les autres organisations palestiniennes qui y prennent part. »

    Acculé par son « rival plus petit et plus actif », le Jihad islamique, « une organisation de même type – et non pas nationaliste ou de gauche », poursuit Khaled Hroub, le Hamas a fini par accélérer sa transformation interne.

    La transformation de la branche palestinienne des Frères musulmans en Mouvement de la résistance islamique n’est pas allée de soi, et les discussions ont été vives avant que le sheikh Yassin, tout frêle qu’il soit dans son fauteuil roulant de paralytique, ne l’emporte. Une partie des membres tenaient en effet à rester sur la ligne frériste : transformer la société par le prêche, l’éducation et le social. Le nationalisme n’a pas droit de cité dans cette conception, c’est la communauté des croyants qui compte. Le Hamas, lui, rajoute à l’islam politique une dimension nationaliste.

    Sa charte, 36 articles en cinq chapitres, rédigée en 1988, violemment antisémite, est sans équivoque : le Hamas appelle au djihad (guerre sainte) contre les juifs, à la destruction d’Israël et à l’instauration d’un État islamique palestinien. Vingt-neuf ans plus tard, en 2017, une nouvelle charte est publiée sans annuler celle de 1988. Le Hamas accepte l’idée d’un État palestinien limité aux frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale et le droit au retour des réfugié·es, et dit mener un combat contre « les agresseurs sionistes occupants » et non contre les juifs.

    En 1991, la branche du Hamas consacrée au renseignement devient une branche armée, celle des Brigades Izz al-Din al-Qassam. À partir d’avril 1993, l’année des accords d’Oslo signés entre l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) de Yasser Arafat et l’État hébreu, que le Hamas a rejetés estimant qu’il s’agissait d’une capitulation, les Brigades Izz al-Din al-Qassam mènent régulièrement des attaques terroristes contre les soldats et les civils israéliens pour faire échouer le processus de paix. Pendant des années, elles privilégient les attentats-suicides, avant d’opter à partir de 2006 pour les tirs de roquettes et de mortiers depuis Gaza.

    Ces dernières années, le Hamas, critiqué pour sa gestion autoritaire de la bande de Gaza, sa corruption, ses multiples violations des droits humains (il a réprimé en 2019 la colère de la population exténuée par le blocus israélien), était réputé en perte de vitesse, mis face à l’usure du pouvoir.
    Prise de pouvoir de la branche militaire

    Son offensive meurtrière par la terre, les airs et la mer du samedi 7 octobre – cinquante ans, quasiment jour pour jour, après le déclenchement de la guerre de Kippour et à l’heure des accords d’Abraham visant à normaliser les relations entre Israël et plusieurs pays arabes sur le dos des Palestiniens et sous pression des États-Unis – le replace en première ligne. Elle révèle sa nouvelle puissance ainsi qu’un savoir-faire jusque-là inédit dans sa capacité de terrasser l’une des armées les plus puissantes de la région et d’humilier le Mossad et le Shin Bet, les tout-puissants organes du renseignement extérieur et intérieur israélien.

    Elle révèle aussi le pouvoir pris par la branche militaire sur la branche politique d’un mouvement sunnite qui serait fort d’une mini-armée, dotée d’environ 40 000 combattants et de multiples spécialistes, notamment en cybersécurité, selon Reuters. Un mouvement qui peut compter sur ses alliés du « Front de la résistance » pour l’équiper : l’Iran, la Syrie et le groupe islamiste chiite Hezbollah au Liban, avec lesquels il partage le rejet d’Israël.

    Sur les plans militaire, diplomatique et financier, l’Iran chiite est l’un de ses principaux soutiens. Selon un rapport du Département d’État américain de 2020, cité par Reuters, l’Iran fournit environ 100 millions de dollars par an à des groupes palestiniens, notamment au Hamas. Cette aide aurait considérablement augmenté au cours de l’année écoulée, passant à environ 350 millions de dollars, selon Reuters.

    Le Hamas n’est pas seulement un mouvement politique et une organisation combattante, c’est aussi une administration. À ce titre, il lève des impôts et met en place des taxes sur tout ce qui rentre dans la bande de Gaza, soit légalement, par les points de passage avec Israël et avec l’Égypte, soit illégalement. Les revenus qu’il perçoit ainsi sont estimés à près de 12 millions d’euros par mois. Ce qui est peu, finalement, car cette administration doit payer ses fonctionnaires et assurer un minimum de protection sociale, sous forme d’écoles, d’institutions de santé, d’aides aux plus défavorisés. Il est en cela aidé par le Qatar sunnite, avec l’aval du gouvernement israélien. L’émirat a ainsi versé 228 millions d’euros en 2021 et cette somme devait être portée à 342 millions en 2021.

    Le Hamas figurant sur les listes américaine et européenne des mouvements soutenant le terrorisme, le système bancaire international lui est fermé. Aussi, quand cette aide est mise en place, en 2018, ce sont des valises de billets qui arrivent, en provenance du Qatar, à l’aéroport de Tel Aviv et prennent ensuite la route de Gaza où elles pénètrent le plus officiellement du monde. Par la suite, les opérations seront plus discrètes.

    Plus discrets, aussi, d’autres transferts à des fins moins avouables que le paiement du fuel pour la centrale électrique ou des médicaments pour les hôpitaux. Ceux-là arrivent jusqu’au Hamas par des cryptomonnaies. Même si les relations avec l’Iran sont moins bonnes depuis que le Hamas a soutenu la révolution syrienne de 2011, la république islamique reste encore le principal financier de son arsenal, de l’aveu même d’Ismail Hanniyeh. Le chef du bureau politique du Hamas, basé à Doha, a affirmé en mars 2023 que Téhéran avait versé 66 millions d’euros pour l’aider à développer son armement.

    Le Qatar accueille également plusieurs des dirigeants du Hamas. Quand ils ne s’abritent pas au Liban ou dans « le métro » de Gaza, ce dédale de tunnels creusés sous terre depuis l’aube des années 2000, qui servent tout à la fois de planques et d’usines où l’on fabrique ou importe des armes, bombes, mortiers, roquettes, missiles antichar et antiaériens, etc.

    Pour les uns, le Hamas a enterré la cause palestinienne à jamais le 7 octobre 2023 et est le meilleur ennemi des Palestinien·nes. Pour les autres, il a réalisé un acte de résistance, de libération nationale face à la permanence de l’occupation, la mise en danger des lieux saints à Jérusalem, l’occupation en Cisjordanie. « Quand il s’agit de la cause palestinienne, tout mouvement se dressant contre Israël est considéré comme un héraut, quelle que soit son idéologie », constate Mohamed al-Masri, chercheur au Centre arabe de recherches et d’études politiques de Doha, au Qatar, dans un entretien à Mediapart.

    Samedi 7 octobre, c’est Mohammed Deif qui a annoncé le lancement de l’opération « Déluge d’al-Aqsa » contre Israël pour « mettre fin à tous les crimes de l’occupation ». Le nom n’est pas choisi au hasard. Il fait référence à l’emblématique mosquée dans la vieille ville de Jérusalem, symbole de la résistance palestinienne et troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine, d’où le prophète Mahomet s’est élevé dans le ciel pour rencontrer les anciens prophètes, dont Moïse, et se rapprocher de Dieu.

    Mohammed Deif est l’ennemi numéro un de l’État hébreu, le cerveau de ce qui est devenu « le 11-Septembre israélien » : il est le commandant de la branche armée du Hamas. Surnommé le « chat à neuf vies » pour avoir survécu à de multiples tentatives d’assassinat, Mohammed Diab Ibrahim al-Masri, de son vrai nom, serait né en 1965 dans le camp de réfugié·es de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Il doit son surnom de « Deif » – « invité » en arabe – au fait qu’il ne dort jamais au même endroit.

    Il a rejoint le Hamas dans les années 1990, connu la prison israélienne pour cela, avant d’aider ensuite à fonder la branche armée du Hamas dans les pas de son mentor qui lui a appris les rudiments des explosifs, Yahya Ayyash. Après l’assassinat de ce dernier, il a pris les rênes des Brigades Al-Qassam. Israël peut détruire l’appareil du Hamas, avec des assassinats ciblés. D’autres se tiennent prêts à prendre la relève dans l’ombre des maîtres. Deif en est un exemple emblématique.

    « Le Hamas a été promu en sous-main par Nétanyahou, rappelle dans un entretien à Mediapart l’écrivain palestinien et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, Elias Sanbar. J’ai le souvenir, tandis qu’Israël organisait un blocus financier à l’encontre du Fatah et de l’Autorité palestinienne, que les transferts d’argent au Hamas passaient alors par des banques israéliennes ! La créature d’Israël s’est retournée contre lui. Entre-temps, elle s’est nourrie des échecs de l’Autorité palestinienne, dont les représentants sont accusés d’être des naïfs, sinon des traîtres, partant depuis 1993 dans des négociations avec Israël pour en revenir toujours bredouilles. »

    –—

    Sur la charte de 1988 et le document de 2017

    La charte du Hamas, publiée en 1988 (il existe une traduction du texte intégral réalisée par le chercheur Jean-François Legrain, spécialiste du Hamas), reprend les antiennes antisémites européennes. Elle définit le Hamas comme « un des épisodes du djihad mené contre l’invasion sioniste » et affirme notamment que le mouvement « considère que la terre de Palestine [dans cette acceptation Israël, Cisjordanie et bande de Gaza – ndlr] est une terre islamique de waqf [mot arabe signifiant legs pieux et désignant des biens inaliénables dont l’usufruit est consacré à une institution religieuse ou d’utilité publique – ndlr] pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la résurrection. Il est illicite d’y renoncer tout ou en partie, de s’en séparer tout ou en partie ».

    Dans son livre Le Grand aveuglement, sur les relations parfois en forme de pas-de-deux, entre les dirigeants israéliens successifs et le Hamas, Charles Enderlin cite de nombreux rapports du Shabak, service de renseignement intérieur de l’État hébreu. Dont celui-ci, dans la foulée de la diffusion de la charte de 1988 : « Le Hamas présente la libération de la Palestine comme liée à trois cercles : palestinien, arabe et islamique. Cela signifie le rejet absolu de toute initiative en faveur d’un accord de paix, car : “Renoncer à une partie de la Palestine équivaut à renoncer à une partie de la religion. La seule solution au problème palestinien c’est le djihad”. »

    Dans la lignée de ce texte, le Hamas, qui n’appartient pas à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), dont fait partie le Fatah, parti de Yasser Arafat, rejette évidemment les Accords d’Oslo et toutes les phases de négociations.

    Au fil des années cependant se feront jour des déclarations plus pragmatiques. Le sheikh Yassin lui-même a, avant son assassinat par Israël en 2004, affirmé à plusieurs reprises que le Hamas était près à une hudna (trêve) avec l’État hébreu, laissant aux générations futures le soin de reprendre, ou non, le combat.

    La participation du Hamas aux élections législatives de 2006 est considérée comme une reconnaissance informelle et non dite de l’État d’Israël. Le Hamas accepte en effet un scrutin qui se déroule sur une partie, et une partie seulement, de la Palestine historique, celle des frontières de 1967, ceci en contradiction avec la charte de 1988.

    Dans une longue et savante analyse, l’historien Jean-François Legrain, reconnu comme un des meilleurs spécialistes français du Hamas, explique que la charte de 1988, écrit par un individu anonyme, n’a pas fait consensus dans les instances dirigeantes du Hamas. Elle était très peu citée par ses cadres. Ce qui ne signifie pas que des responsables du Hamas ne tenaient pas des discours antisémites. Lors d’une interview en 2009, Mahmoud al-Zahar, alors important responsable du Hamas dans la bande de Gaza, défendait la véracité du Protocole des sages de Sion, cité dans la charte de 1988.

    Au cours de la décennie qui suit sa victoire aux élections législatives puis sa guerre fratricide avec le Fatah, le Hamas, maître désormais de la bande de Gaza, montrera qu’il ne renonce pas à la lutte armée : s’il semble avoir renoncé aux attentats-suicides, si nombreux de 1993 à 1996 puis entre 2001 et 2005, il lance régulièrement des roquettes Qassam, du nom de sa branche militaire, en direction du territoire israélien.

    Ce sont les civils qui en paient le prix, avec des guerres lancées contre la bande de Gaza en 2008, 2012, 2014 et 2021. Le Hamas, sans abandonner la lutte armée, adopte en 2017 un Document de principes et de politique généraux qui semble aller contre les principes de la charte de 1988. Il ne s’agit plus de lutter contre les Juifs, mais contre les sionistes : « Le Hamas affirme que son conflit porte sur le projet sioniste et non sur les Juifs en raison de leur religion. Le Hamas ne mène pas une lutte contre les Juifs parce qu’ils sont juifs, mais contre les sionistes qui occupent la Palestine » (article 16). Plus remarqué encore, l’acceptation des frontières de 1967 : « Le Hamas rejette toute alternative à la libération pleine et entière de la Palestine, du fleuve à la mer. Cependant, sans compromettre son rejet de l’entité sioniste et sans renoncer à aucun droit palestinien, le Hamas considère que la création d’un État palestinien pleinement souverain et indépendant, avec Jérusalem comme capitale, selon les lignes du 4 juin 1967, avec le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leurs foyers d’où ils ont été expulsés, est une formule qui fait l’objet d’un consensus national » (article 20).

    La charte de 1988 n’est pour autant pas caduque, explique à la chercheuse Leila Seurat Khaled Mechaal, un des membres fondateurs du Hamas : « Le Hamas refuse de se soumettre aux désidératas des autres États. Sa pensée politique n’est jamais le résultat de pressions émanant de l’extérieur. Notre principe c’est : pas de changement de document. Le Hamas n’oublie pas son passé. Néanmoins la charte illustre la période des années 1980 et le document illustre notre politique en 2017. À chaque époque ses textes. Cette évolution ne doit pas être entendue comme un éloignement des principes originels, mais plutôt comme une dérivation (ichtiqaq) de la pensée et des outils pour servir au mieux la cause dans son étape actuelle. »

    Le nouveau document maintient, de toute façon, la lutte armée comme moyen de parvenir à ses fins.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/161023/aux-origines-de-l-histoire-complexe-du-hamas
    #à_lire
    #complexité #Palestine #Israël #Intifada #Gaza #bande_de_Gaza #Daech #Fatah #blocus #lutte_armée #frères_musulmans #nationalisme #islam_politique #djihad #Brigades_Izz al-Din_al-Qassam #terrorisme #corruption #droits_humains #droits_fondamentaux #Iran #Qatar #armes #armement #tunnels #occupation #résistance #libération_nationale #Déluge_d’al-Aqsa #7_octobre_2023 #Mohammed_Deif #Yahya_Ayyash #Brigades_Al-Qassam #Autorité_palestinienne

  • Pénurie de pain en Tunisie : la crise s’amplifie au fil des mois Eric Destine et Lauren Cornet - RTBF

    En Tunisie, il existe des boulangeries dites « traditionnelles », qui vendent uniquement du pain à prix très réduit, fabriqué à base de farine subventionnée, et puis les autres boulangeries, dites « non classées » qui vendent en plus d’autres produits, comme des pâtisseries. Mais depuis la guerre Ukraine, comme la matière première manque, le gouvernement tunisien a décidé de priver ces boulangeries « non classées » de farine subventionnée. Des établissements menacés de disparition puisque les coûts, intenables, les poussent à licencier ou à fermer boutique.

    Devant les boulangeries encore ouvertes, de longues files se créent dès l’aube avec l’espoir pour les Tunisiens de trouver une baguette à prix réduit. Un véritable défi. "Notre demande comme pour toutes les boulangeries, c’est de pouvoir s’approvisionner en farine", s’exprime Zayneb Becha, une boulangère.

    Comme elle, des centaines de boulangers sont en grève depuis plusieurs jours et sont venus le crier devant le ministère tunisien du commerce. Abdelbeki Abdellawi, propriétaire d’une boulangerie « non classée », est également présent et dénonce le manque de revenu créé par la situation. « 1500 boulangeries sont fermées et leurs propriétaires risquent la prison car ils ne sont plus capables de payer leurs loyers et leurs crédits. 1500 boulangeries qui emploient 6 à 7 ouvriers chacune ! Ils sont tous sans emploi ni abri », ajoute-t-il.

    Le gouvernement indique avoir supprimé cette aide car certains boulangers auraient détourné la farine subventionnée au détriment de la fabrication de pain à petit prix. Avec l’envolée des coûts des matières premières, la Tunisie, en tout cas, manque de pain depuis des mois.

    #Pain #alimentation #Tunisie #Révolte à venir #blocus de la Russie

    Source : https://www.rtbf.be/article/penurie-de-pain-en-tunisie-la-crise-samplifie-au-fil-des-mois-11238226

  • Anonymous Sudan cuts off electricity to Tel | Roya News
    https://en.royanews.tv/news/41502/2023-05-03
    https://cdnimgen.royanews.tv/imageserv/Size728Q40/news/20230503/41502.JPG
    Cette information est elle reprise ailleurs ? Quels effets de ces coupures ?

    A hacker group known as Anonymous Sudan announced that it cut off electricity to cities inside the Israeli Occupation, including Tel Aviv and Netanya.

    The group took responsibility for the power cuts and threatened the Israeli Occupation with ’new attacks.’

    #électricité #coupure #blocus

  • Viktor DEDAJ - Cuba sous embargo : paroles cubaines sur le blocus criminel des Etats-Unis

    Viktor Dedaj se présente comme un journaliste-citoyen, spécialisé dans la géopolitique et particulièrement l’Amérique latine. Il est également spécialiste de l’affaire Assange qu’il suit depuis 10 ans. Il multiplie les interventions et conférences publiques pour alerter les consciences sur « la plus importante affaire de presse de notre vivant », d’après John Pilger.

    Son dernier ouvrage s’intitule « Cuba sous embargo : paroles cubaines sur le blocus » (Editions Delga, 2020). Il s’agit d’un recueil de témoignages sur la réalité des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis à #Cuba. Il est aussi le co-auteur avec Danielle Bleitrach de « Cuba est une île » (Editions Le Temps des Cerises, 2004) et le producteur exécutif du documentaire « Revolucionarios » (distribué par Les Mutins de Pangée).

    Instauré depuis 1962 par les #etatsunis après un échec de l’invasion de l’île, le #blocus non seulement pourrit la vie des Cubains mais constitue également une véritable insulte à la communauté internationale, laquelle, dans sa quasi totalité, le condamne chaque année à l’ONU depuis près de trente ans. Cette négation de la souveraineté des États et cette sanctification du droit d’ingérence par l’asphyxie constitue l’un des plus grands scandales de tous les temps. Dans le carnet de bord qu’il tient tout en réalisant ses interviews sur le blocus, Viktor Dedaj s’exprime sans langue de bois, décrit cette île qui n’est ni un paradis ni un enfer mais respirerait tellement mieux sans les pressions de son puissant voisin. Il montre aussi comment Cuba résiste, tout en donnant au monde entier l’exemple de la dignité et du courage.

    https://www.youtube.com/watch?v=cXlN2N0MlGw&t=4s


    #Cuba #USA
    https://odysee.com/@Caf%C3%A9arxisteM:5/viktor-dedaj-cuba-sous-embargo-paroles:a