• « Le Journal d’un prisonnier » de Nicolas Sarkozy, la honte après le déshonneur - Le Soir
    https://www.lesoir.be/715914/article/2025-12-09/le-journal-dun-prisonnier-de-nicolas-sarkozy-la-honte-apres-le-deshonneur

    On s’attendait à la description de son quotidien en détention. On est servi. Rien ne manque. Le matelas si dur, les repas dans des barquettes en plastique, le tapis de course sans impulsion électrique, le match du PSG diffusé en cellule sur Canal dès le premier soir mais qui n’a pas la saveur habituelle, le filet d’eau dans la douche et jusqu’à ce miroir, placé trop bas pour qu’il puisse faire sa toilette sans s’accroupir. Mais on ne s’attendait pas à la portée politique du livre. Car il en a une, oui. Nicolas Sarkozy écrit des mots plus qu’aimables à l’endroit du RN, dont il estimait déjà en septembre dernier qu’il faisait désormais partie de « l’arc républicain » (sic).

    • Dans « Le Journal d’un prisonnier », l’ancien président ne décrit pas seulement son quotidien à la prison de la Santé. Il livre aussi une analyse politique. Défonçant encore un peu plus ce qu’il reste de digue contre le RN.Ces 216 pages laissent un profond malaise. On s’attendait à ce que la sortie du livre de Nicolas Sarkozy, Le Journal d’un prisonnier (Fayard), ne soit pas très pudique. De fait, elle sera accompagnée ce mercredi d’une séance de dédicace dans une librairie du XVIe arrondissement de Paris après un plan de com’ déjà insupportable, avec des interviews dans le Figaro et le Journal du dimanche, propriété de son ami Bolloré. A quand un Vingt heures ? Indécent, de la part de l’ancien président qui a passé 21 jours à la prison de la Santé, et qui impose une nouvelle fois son storytelling. Quelle place pour la douleur des familles des victimes de l’attentat du DC10 d’UTA ? A peine quelques lignes dans l’ouvrage. Pour tenter de les convaincre qu’elles n’ont pas à lui en vouloir. Rappelons que Nicolas Sarkozy a été condamné (certes en première instance seulement et il est donc à nouveau présumé innocent avant l’appel) pour association de malfaiteurs pour avoir laissé ses plus proches collaborateurs approcher en Libye l’organisateur de cette explosion qui avait causé en 1989 la mort de 170 passagers dont 54 Français.On s’attendait à la description de son quotidien en détention. On est servi. Rien ne manque. Le matelas si dur, les repas dans des barquettes en plastique, le tapis de course sans impulsion électrique, le match du PSG diffusé en cellule sur Canal dès le premier soir mais qui n’a pas la saveur habituelle, le filet d’eau dans la douche et jusqu’à ce miroir, placé trop bas pour qu’il puisse faire sa toilette sans s’accroupir. Mais on ne s’attendait pas à la portée politique du livre. Car il en a une, oui. Nicolas Sarkozy écrit des mots plus qu’aimables à l’endroit du RN, dont il estimait déjà en septembre dernier qu’il faisait désormais partie de « l’arc républicain » (sic).Nicolas Sarkozy évoque un appel à Marine Le Pen. Grand sensible, il a été touché par sa réaction après sa condamnation. Alors qu’elle l’interroge sur un éventuel nouveau barrage républicain dans l’hypothèse de nouvelles élections, l’ancien patron de la droite écarte l’hypothèse. Non seulement ce barrage n’aurait pas lieu d’être, mais il le ferait savoir publiquement, lui dit-il. Nicolas Sarkozy explique aussi avoir reçu trois lettres du vice-président du RN, Sébastien Chenu. Heureux, dit-il à propos de cet ancien transfuge de la droite, de le compter parmi ses amis.Il fut un temps (en 2007) où, apôtre d’une « droite forte », Nicolas Sarkozy s’employait à siphonner les voix de l’extrême droite. Cela lui avait permis de s’installer à l’Elysée au terme d’une campagne qui pour la première fois, avait fait reculer le parti de Jean-Marie Le Pen. Il fut un temps (en 2012) où Nicolas Sarkozy flirtait avec l’extrême droite sous l’influence de son sulfureux conseiller Patrick Buisson. Il devait alors perdre la présidentielle face au socialiste François Hollande. Et demain ? Nicolas Sarkozy sera-t-il l’artisan d’une funeste union des droites qui porterait Jordan Bardella à l’Elysée ? Ce serait la honte après le déshonneur.

  • Serge Nedjar, l’homme qui gouverne, et surveille, les médias de Vincent Bolloré

    Venu de la publicité, il est l’un des dirigeants les plus secrets du paysage médiatique. Directeur général de CNews, il dirige désormais « Capital », « Voici » ou « Femme actuelle » et contribue à diffuser, du « JDD » à Europe 1, les thèmes d’extrême droite chers à son patron.
    Est-ce parce que ce jour-là son « boss » lui parle dans l’oreillette ? Parce qu’il sort de son bureau, parce qu’il en rêve la nuit ? La scène se passe sur le plateau de CNews, le 6 juin. Pour critiquer une nouvelle fois la « justice laxiste », l’animateur Pascal Praud a invité dans « L’Heure des pros » l’ancien magistrat Georges Fenech, quand, tout à coup, cédant la parole à son chroniqueur, il se trompe de nom : « Serge Nedjar… ». Fenech le coupe, surpris : « Je ne suis pas votre patron ! » Pascal Praud rosit, bafouille, puis corrige, d’un rire un peu forcé : « Il était dans mon esprit… Je le salue, Serge Nedjar, il nous regarde ! »

    Oui, il les regarde. De son bureau, sa tour de contrôle, arrivé le matin avant tout le monde, parti avec les derniers, il garde l’œil rivé sur l’écran placé face à lui, rue des Cévennes, dans le 15e arrondissement de Paris, siège du pôle News de Lagardère – CNews, Le Journal du dimanche (Le JDD), Europe 1… S’il reçoit un salarié pendant l’édito de ce même Pascal Praud, à 9 heures, Serge Nedjar pose un doigt sur ses lèvres et réclame le silence jusqu’à la fin du billet. « Il a été bon, Pascal, aujourd’hui ! »

    Il peut aussi sans bouger corriger un « bandeau », signaler une faute d’orthographe, faire écourter l’intervention de tel invité, rappeler l’élément de langage du jour. « Il n’y a que moi ici qui regarde la chaîne ! », soupire parfois le directeur général de CNews, avant de se pencher sur son drake, un boîtier qui lui permet de communiquer directement avec la régie et le « red chef » dans le bocal. « Il a l’œil sur tout, et l’oreille aussi », dit Georges Fenech.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/25/serge-nedjar-homme-orchestre-des-medias-bollore_6649501_3224.html

    https://justpaste.it/avtip

    #média #extrême_droite #Bolloré

    • Nedjar et Zemmour partagent un bout d’histoire commune, celle de juifs séfarades témoins du départ d’Algérie de leur communauté au tournant des années 1960. La famille Zemmour a déjà rejoint la France métropolitaine lorsque Eric voit le jour, à l’été 1958, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Mais Serge, lui, est né en Algérie le 6 mars 1958, juste avant la chute de la IVe République, en plein cœur des « événements ». Sa mère trouve alors refuge avec lui à Paris. Pareil arrachement à des racines familiales laisse forcément des traces et forge des convictions.

      [...]

      « J’ai commencé à gauche », plaide souvent Serge Nedjar – comme Eric Zemmour et beaucoup de juifs d’Algérie sous la « Mitterrandie ». Ses collaborateurs des années 2000 croient l’avoir vu ensuite embrasser le « sarkozysme » de son patron et se souviennent que la cause israélienne lui tenait déjà fort à cœur. Dans une France meurtrie par une série de crimes antisémites – le supplice d’Ilan Halimi en 2006, l’assassinat des enfants de l’école Ozar-Hatorah à Toulouse en 2012, la prise d’otages de l’Hyper Cacher à Paris en 2015 –, Serge Nedjar estime que les Français juifs ne sont plus en sécurité. Il explique volontiers que, à Sarcelles (Val-d’Oise), ville largement fondée par des pieds-noirs d’Algérie, sa belle-famille a dû abandonner fin 2023 son bazar. C’était une petite institution locale posée sur un large boulevard de l’entrée de la ville, pas loin du quartier juif. La pizzeria fast-food ouverte peu après dans les mêmes murs a elle aussi fermé.

      Aux intimes, Serge Nedjar confie hésiter à sortir de sa voiture avant d’avoir gagné son parking, trouve qu’il devient risqué de porter la kippa dans la rue ou de passer un week-end à Londres, où vit une importante communauté musulmane. Ses terreurs épousent celles d’une partie du monde juif français, aujourd’hui séduit par un Rassemblement national (RN) pourtant héritier des collaborationnistes et de la « révolution nationale ». Sur CNews, Praud tente régulièrement d’arracher à Alain Jakubowicz que « beaucoup de Français juifs préfèrent être défendus par le RN que par tout autre parti », mais l’ancien patron de la Licra repousse chaque tentative d’extorsion d’aveux « au forceps ».

      Face aux musulmans, la « défense de l’Occident » par le catholique militant Vincent Bolloré a trouvé en Nedjar un allié. Il faut un sursaut judéo-chrétien est le sous-titre du récent livre d’Eric Zemmour, qui appelle à une alliance entre juifs et catholiques, car « l’immigration musulmane tue l’Europe », lâche-t-il sur CNews le 23 octobre.

      Dans la grille concoctée par Serge Nedjar, la religion est partout. A l’heure du repas dominical, l’écran bruisse de soutanes : c’est « En quête d’esprit », l’émission catholique de la chaîne. Gare à qui oserait la déprogrammer, comme Serge Nedjar un dimanche de manifs, lorsqu’il avait basculé l’antenne en édition spéciale. Bolloré n’était pas content. Depuis, l’émission est sacralisée. Dimanche 12 octobre, à peine la composition du gouvernement Lecornu II tombée, CNews a rediffusé un numéro d’« En quête d’esprit » sur le pèlerinage du Rosaire à Lourdes.

  • « Chèr·e Auteur·ice »
    https://lundi.am/Cher-e-Auteur-ice

    Pour Rebeka Warior
    Pour Gael Faye
    Pour David Dufresne @davduf
    Pour Mona Chollet @mona
    Pour Titiou Lecoq
    Pour Sorj Chalandon

    […]

    Entre toutes les lettres des lecteur·ices et les réponses des auteur·ices, il y a un monde. Un monde d’incompréhension, un monde aussi de positions antagonistes. Il est question de visibilité et d’entrisme, de précarité et d’économie, de morale et de politique, de nécessité du boycott et de construire la possibilité d’une désertion. Nous nous attendions pas à ouvrir un espace de questionnement aussi grand. Et que ces questions, ne venant pas des mêmes endroits, ne parlent pas toutes le même langage. Nous nous proposons de défricher quelques points, comme premiers matériaux afin d’établir une riposte collective contre le système éditorial de Bolloré.

    […]

    Quand nous demandons à ce que les livres que l’on lit ne financent pas une entreprise réactionnaire, on nous parle de la précarité des auteurs et autrices. Comme si les deux étaient incompatibles. Presque comme si les dividendes de Vincent Bolloré étaient un mal nécessaire pour que les auteur·ices touchent plus d’un SMIC. S’en suivent d’étranges éloges de l’industrie culturelle. Nous avons aussi vu, en commentaires instagram, d’étonnants débats pour savoir qui était la plus précaire entre un.e caissier chez Carrefour ou un.e auteur.e chez Hachette. Sans s’offusquer de comparaison aussi extravagante soit-elle, tentons d’y voir plus clair.

    Les auteur·ices sont à l’origine de la chaîne du livre. C’est bien elle et eux qui produisent la valeur initiale, sans elleux pas d’arbre coupé, pas de papeterie, pas d’imprimerie, de maison d’édition, et d’entrepôts logistiques de distributeurs, de diffuseurs, de coursiers et de librairies. C’est de cette économie basée sur des récits, que nous chérissons parfois, dont nous voulons parler : de la matérialité des livres. Le choix d’une maison d’édition n’est pas un choix au hasard. Tous·tes les auteur·ices que nous citons avaient le choix d’aller voir ailleurs et celleux qui sont déjà engagé·es peuvent trouver des moyens d’en sortir. En continuant de publier dans le groupe Hachette ielles font comme si cela ne changeait rien.

    Or quand Vincent Bolloré rachète le groupe éditorial Hachette, il compte sur les livres à grand succès pour continuer à faire fonctionner cette économie. Fayard, première maison d’édition a avoir changé de direction est désormais un organe de l’extrême droite au même titre que CNEWS, le JDD et Europe 1. L’économie du groupe Hachette est basée sur une diversité de maison d’édition, qui ne suivent pas toutes les idées du principal actionnaire mais, en tout cas, lui rapporte de l’argent. Rebeka Warrior a dit au Monde « La lutte prend corps quand on affronte les gens qu’on déteste, qu’on devient des intrus chez eux. » Mais il n’y a pas d’intrus chez eux, seulement de l’argent qui rentre dans les caisses.

    Un autre argument régulier est celui de la rémunération : de fait, il n’y a pas d’argent dans l’édition indépendante, et publier chez un grand groupe est la garantie de bénéficier d’un à-valoir (avance sur recette) et, dans certain cas, de la possibilité de remboursements de frais engagés dans l’écriture du livre. Ceci est vrai, mais pas seulement dans le monde de l’édition. Ainsi va l’existence dans les sociétés capitalistes les plus avancées : tout le monde peut être acheté.e, le confort a un coût. Il n’y a pas d’exception culturelle dans le monde de l’économie : ici, comme partout ailleurs, l’aliénation est règle. À la petite nuance près que pas grand monde ne semble malheureusement en avoir conscience.

    […]

    « Chèr·es « auteur·ices » est un grand pavé dans le petit marécage éditorial : dans les éclaboussure et les crispations qu’elle produit, elle met en lumière des lignes de fractures. A nous de voir comment les transformer en conflictualité politique afin défaire l’emprise que Bolloré et tout autre sordide milliardaire possèdent sur le monde éditorial. Autrement dit comment casser la chaine du livre et ses tristes réflexes corporatistes pour esquisser la possibilité du commun. Pour se faire, il nous faut discuter sérieusement entre lecteur·ices, auteur·ices, éditeur·ices, libraires, graphistes, correcteur·ices, illustrateur·ices, et cela ne se produira pas par écrans interposés.

    #Bolloré #extrême_droite #édition #livre #débat

  • Groupe Bolloré : un empire qui alimente l’exil avant de le stigmatiser ?

    « En moins de deux décennies, Bolloré Africa Logistics a construit un quasi-monopole sur la logistique portuaire en Afrique de l’Ouest, renforcé par la gestion de réseaux ferroviaires tels que Camrail et Sitarail. »

    « Des ONG comme Sherpa et Les Amis de la Terre ont décrit en 2019 des journées de 12 heures pour moins de 2 euros, sans protection malgré l’usage de produits chimiques dangereux. »

    Pendant que ses filiales exploitent une main-d’œuvre sous-payée et suscitent des conflits sociaux, le groupe Bolloré consolide son pouvoir en France via Vivendi, Canal+, CNews et Havas.

    « CNews est devenue la première chaîne d’information en continu en France en 2022, en imposant un agenda sécuritaire et anti-immigration. »

    Les mêmes réseaux qui alimentent la misère et l’exil contribuent ensuite à stigmatiser les migrants en Europe.

    📎 https://lenouveauparadigme.fr/groupe-bollore-un-empire-qui-alimentait-lexil-avant-de-le-stigmat

    #Bolloré #Françafrique #Immigration #CNews #Corruption #Médias

  • Les rentes africaines de Bolloré - Observatoire des multinationales
    https://multinationales.org/fr/enquetes/le-systeme-bollore/les-rentes-africaines-de-bollore

    Au fil des ans, le groupe Bolloré a amassé des milliards d’euros grâce à ses activités africaines, à la fois sous forme de remontée de dividendes et grâce aux plus-values réalisées lors des cessions d’actifs. Pour une large part, ce sont ces revenus qui lui ont permis d’acheter son empire médiatique. Même après avoir revendu ses concessions portuaires et ses activités logistiques, Bolloré est loin d’avoir quitté le continent. Extrait du rapport « Le Système Bolloré ».

    [...]

    Vincent Bolloré a vendu [sa logistique africiane] tout simplement parce que c’est le moment où il pouvait en tirer le meilleur prix.

    Canal + rachète le géant MultiChoice et devient le leader de l’audiovisuel en Afrique
    https://www.liberation.fr/economie/canal-rachete-le-geant-multichoice-et-devient-le-leader-de-laudiovisuel-e

    Aux appétits gargantuesques répondent des prises de taille. Le plus grand opérateur de télévision payante en Afrique, MultiChoice, a rejoint Canal +, a annoncé ce lundi le groupe français. Ce rachat est le fruit d’une procédure qui a duré près de deux ans, visant à terme à faire de Canal + « le leader » du secteur en Afrique.

    Car le groupe du milliardaire Vincent #Bolloré se frotte les mains : « L’acquisition de MultiChoice par Canal + marque sa plus grande opération jamais réalisée » et consolide sa position « en tant qu’entreprise mondiale de médias et de divertissement », ont annoncé les deux sociétés dans un communiqué commun. Canal+, déjà leader du secteur sur les marchés francophones en Afrique, a maintenant dans son escarcelle le « leader de la télévision payante en Afrique anglophone et lusophone », soulignent-elles.

    Un monopole en Afrique

    Avec le rachat de MultiChoice, le groupe de télévision français, « compte désormais plus de 40 millions d’abonnés dans près de 70 pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie, et près de 17 000 salariés », ont-elles précisé. « Cette acquisition nous permet d’asseoir notre positionnement de leader en Afrique, l’un des marchés de télévision payante les plus dynamiques au monde, tout en continuant à consolider notre positionnement en Europe », s’est félicité Maxime Saada, le président du groupe Canal +.

    Le géant du divertissement français, à la fois diffuseur, producteur et agrégateur de contenus, voit l’Afrique comme un terrain stratégique. Opérant sur place depuis plus de trente ans, le groupe est maintenant présent dans 20 pays, et s’est imposé comme le premier opérateur de télévision par abonnement dans 19 territoires francophones.

  • La pétition de Philippe de Villiers sur l’immigration, une initiative du groupe Bolloré qui embarrasse le RN et LR
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/17/la-petition-de-philippe-de-villiers-sur-l-immigration-une-initiative-du-grou

    L’extrême droite observe à distance le succès de cette charge contre l’immigration, lancée par les équipes du « JDD ». La pétition demandant un référendum revendique plus d’un million de signatures non authentifiées.

    Une tête de gondole, les moyens d’un groupe médiatique puissant et un décompte de signatures gonflé à l’hélium : en un peu plus d’une semaine, une pétition de Philippe de Villiers réclamant un « référendum sur l’immigration » a atteint un million et demi de « signatures ». Ce texte apocalyptique et xénophobe, qui multiplie les allusions à la théorie du « grand remplacement », ne suscite pas un enthousiasme démesuré des partis qui demandent pourtant un référendum sur l’immigration à l’Assemblée nationale, Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN).

    L’opération a été dirigée depuis les locaux du groupe de médias de Vincent #Bolloré, #Lagardère_News, qui ne cherche pas à brouiller les pistes. Les courriels des signataires de la pétition vont garnir les fichiers de ses journaux, Le Journal du dimanche (JDD) et le JDNews, à condition qu’une case de consentement soit cochée. L’adresse du groupe, dans le 15e arrondissement de Paris, apparaît sur la page « Politique de confidentialité » du site de la pétition.

    L’opération est lancée le 7 septembre à la une du JDD. Les trois pages d’interview s’ouvrent sur l’annonce de la parution, un mois plus tard, de l’essai de Philippe de Villiers, Populicide, chez Fayard, l’éditeur du groupe de Vincent Bolloré. Un QR code à flasher renvoie vers le site de la pétition, comme c’est le cas dans la dernière livraison du JDNews. Le « référendum sur l’immigration » a de nouveau les honneurs du JDD le 14 septembre.

    Sur CNews et Europe 1, autres médias du groupe Bolloré, l’adresse du site est régulièrement rappelée, accompagné d’un message d’incitation à aller la signer. Le succès croissant de la pétition est devenu un sujet de débat sur les plateaux du groupe, où l’on fantasme une manifestation anti-immigration semblable à celle organisée le 14 septembre dans les rues de Londres.

    #racisme #media

  • Comment les magasins #Relay se muent en vitrine de l’#extrême-droite - Par Enzo Chesi | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/comment-les-magasins-relay-se-muent-en-vitrine-de-lextreme-droite

    Rachetés en 2022 par le groupe Vivendi, propriété de Vincent #Bolloré, les magasins Relay présents dans plus de 350 gares, métros et aéroports se sont transformés en vitrine de l’idéologie ultra-conservatrice. De nombreux titres conservateurs, dont certains possédés par Bolloré, sont souvent mis en avant.

    Plusieurs salarié·es de la chaîne de magasins expliquent que ce choix leur est imposé par le groupe Lagardère.

    Au milieu de cette gare parisienne, à peine a-t-on franchi les portes de la boutique Relay que chaque voyageur·euse fait face à un important pilori de magazines. Valeurs Actuelles, le JDNews, Le Point, Marianne ou encore Paris-Match accueillent les client·es en devenir. Un pas de plus et l’on découvre en tête de gondole les magazines d’extrême droite Frontières et Furia, bien en évidence, à la vue de tous·tes.

  • Les fourmis et le géant

    Avec son titre-programme Déborder Bolloré et une motivation en sous-titre : « Faire face au libéralisme autoritaire dans le monde du livre », le livre n’est pas noir mais rouge. Il sort cette semaine (le 6 juin), brut et beau, pas cher du tout, dense en informations, et peuplé de petites fourmis. Ces fourmis, ce sont peut-être les 23 contributeurices et ses 128 éditeurs alliés (alliance que nous avons rejointe avec C&F éditions), maisons dont la liste complète est ici. Une énorme coédition qui rendra peut-être plus difficile son invisibilisation. Imaginez, un livre présenté comme nouveauté par 128 maisons ! Bon, restons raisonnables, ce n’est pas ce qui le placera en tête de gondole à Leclerc. Mais peut-être quelques librairies se diront qu’il se passe quelque chose. Au mieux, ce livre va changer les consciences et les pratiques, au pire ce sera un collector pour les bibliomanes. Car dans tous les cas, il fait date. Pourquoi ?

    https://polylogue.org/les-fourmis-et-le-geant

    #bolloré

  • Édition : les trois-quarts du secteur entre les mains de cinq grand groupes - Basta !
    https://basta.media/edition-trois-quarts-du-secteur-entre-les-mains-de-cinq-grands-groupes-Boll

    Comme pour les médias, l’édition souffre d’un grave problème de concentration : cinq groupes détiennent trois quarts du secteur. On y retrouve aussi #Bolloré parmi les puissants propriétaires. Mais les éditeurs indépendants ne baissent pas les bras.

    https://blogs.mediapart.fr/desarmer-bollore/blog/170525/ne-laissons-pas-bollore-et-ses-idees-dextreme-droite-envahir-les-man
    Déborder Bolloré, ouvrage collectif, coédition collective, 2025
    https://dev.deborderbollore.fr/le-recueil
    #éditions #librairie #imprimeureuses

  • « C’est vers eux que va tout le budget » : chez #Fayard, l’#extrême_droite a gagné entre les lignes

    Bardella, Ciotti ou une figure identitaire d’un côté. Les égéries de CNews de l’autre. Depuis un an et la reprise de Fayard par Vincent #Bolloré, la maison d’édition s’oriente irrémédiablement vers l’extrême droite, malgré ce qu’en dit la com’.

    https://www.streetpress.com/sujet/1747390312-fayard-edition-extreme-droite-lise-boell-bollore-bardella-ma

    #édition
    #livres

  • Bolloré : un empire centré sur le Luxembourg bien plus que sur la Bretagne

    Les Bolloré ne manquent pas une occasion de mettre en valeur leurs racines bretonnes et leurs activités industrielles dans la région. Une manière de masquer la réalité d’un groupe construit sur des coups financiers et des savantes constructions juridiques dont beaucoup passent par le Luxembourg. Extraits du rapport « Le Système Bolloré ».

    https://multinationales.org/fr/enquetes/le-systeme-bollore/bollore-un-empire-centre-sur-le-luxembourg-bien-plus-que-sur-la-bre

    #bolloré

  • Bercy efface une amende de 320 millions d’euros au groupe de Vincent Bolloré, LFI dénonce un « scandale d’État »
    https://fr.news.yahoo.com/bercy-efface-une-amende-de-320-millions-deuros-au-groupe-de-vincent-b

    Des révélations qui intensifient un peu plus les critiques contre le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Ce mercredi 26 mars, un article du Canard Enchaîné révèle un redressement fiscal de sa société Vivendi à hauteur de 2,4 milliards d’euros. L’incident aurait dû s’assortir d’une sanction fiscale de 320 millions d’euros… qui a finalement été levée par Bercy.
    Une "erreur fiscale"… totalement délibérée ?

    Le milliardaire breton est en effet accusé d’avoir commis une "erreur délibérée" en 2004. Il aurait revendu 5 milliards d’euros d’actions de Vivendi sous la forme de "titres de portefeuilles" alors qu’il s’agissait de "titres de participation". Ce qui apparaît comme un détail de langage fiscal, un simple changement de catégorie, aurait néanmoins permis au groupe Vivendi de "réduire de 800 millions d’euros ses impôts futurs", selon le Canard Enchaîné. Pour le Conseil d’Etat, Vincent Bolloré maîtrise la législation fiscale et savait parfaitement ce qu’il faisait.

    Le patron de l’empire Bolloré a donc dû s’acquitter d’une sanction. Dans un premier temps, Le Canard Enchaîné s’étonne du terme choisi par le fisc : au lieu d’une "fraude" (qui lui aurait coûté 640 millions d’euros), Vincent Bolloré s’en sort avec une "erreur délibérée" dans ses comptes. Un terme technique qui permet à l’amende d’être réévaluée à hauteur de 320 millions d’euros. Deuxième surprise : cette amende a finalement été effacée, sans que le ministère des Comptes Publics ne fournisse d’explication.
    "Une affaire bien silenciée", "Menteurs et corrompus" : les élus taxent Bercy de laxisme

    Pour des élus de gauche, et notamment LFI, la coupe est déjà pleine. Depuis la publication de ces révélations ce mercredi, l’opposition a fait savoir son exaspération sur les réseaux sociaux. "Qui a décidé à Bercy de passer l’éponge ?", s’interroge Manuel Bompard, coordinateur de LFI.

    Comme beaucoup d’autres, le député LFI de Charente René Pilato s’insurge contre le "laxisme" fiscal du gouvernement envers les plus riches : « Les menteurs et les corrompus sont au pouvoir de manière illégitime (…) Qu’ils s’en aillent toutes et tous », tandis que son confrère de LFI Antoine Léaument évoque « un scandale d’Etat ».

    • Bolloré redressé et épargné par le fisc… Canard enchaîné (26/3/25)

      Vivendi, frappé par un redressement fiscal de 2,4 milliards d’euros à la suite d’une “erreur délibérée” dans ses comptes, est exonéré de toute sanction par Bercy.

      SI LE RECORD n’est pas battu, on n’en est pas loin. Le 12 mars, le Conseil d’Etat a confirmé un redressement fiscal de 2,4 milliards infligé à Vivendi pour avoir inscrit des moins-values fictives dans ses comptes entre 2008 et 2011. Avec la circonstance aggravante qu’il s’agissait d’une « erreur délibérée ».
      Cette #faute lourde aurait dû valoir au groupe Bolloré, proprio de Vivendi, une pénalité de 320 millions d’euros, mais, même à Bercy, des miracles se produisent. Dans un arrêt injustement passé inaperçu, la #cour_administrative_d'appel_de_Paris a révélé, en décembre 2023, que « l’administration [avait] abandonné la majoration ». Les contribuables en délicatesse avec le fisc apprécieront.

      Champion en titres
      Rembobinons. L’affaire commence en 2004, quand Vivendi cède au groupe américain General Electric sa filiale Vivendi Universal Entertainment pour 8 milliards d’euros, dont 5 milliards payés en actions -actions comptabilisées en tant que « titres de 29 portefeuille ». Entre 2008 et 2011, Vivendi revend ces titres, qui ont perdu une grande partie de leur valeur. Le groupe enregistre alors une perte de 2,4 milliards d’euros, laquelle est inscrite en déficit reportable. En d’autres termes, elle diminuera d’autant les bénéfices à venir, permettant au groupe de réduire de 800 millions ses impôts futurs.

      Le fisc va détruire cette belle construction. Selon l’administration, les actions revendues à perte par Vivendi n’étaient pas des titres de portefeuille, mais de simples « titres de participation ». Or seule la première catégorie permet de déduire les pertes de ses résultats . Vivendi s’est donc trompé de catégorie, et, pour le Conseil d’Etat, c’est en toute connaissance de cause que l’entreprise a choisi la mauvaise. Compte tenu de sa « maîtrise de la législation fiscale », le groupe de Bolloré avait nécessairement « expertisé leur mode de comptabilisation » et savait qu’il ne s’agissait pas de titres de portefeuille.

      Le fisc, toutefois, s’est montré très indulgent. Le #Conseil_d'Etat n’ayant pas retenu le gros mot de « fraude » - qui aurait valu à Vivendi une pénalité d’un montant de 80 % de l’impôt économisé, soit 640 millions d’euros -, emploie le délicat euphémisme d’« #erreur_délibérée », une faute taxée à 40 % seulement de l’impôt escamoté, soit une amende de 320 millions.
      Apparemment, c’était encore trop, puisque l’administration a renoncé à cette pénalité.
      Trop sympa ! Interrogé par « Le Canard », le ministère des Comptes publics n’a pas fourni d’explication sur les raisons de ce miraculeux coup d’éponge. Pour Vivendi, rien d’anormal. La boîte a bien triché pour diminuer son impôt, mais, comme le fisc a fait foirer son coup, il n’y a pas eu de préjudice pour les finances publiques ; il n’y a donc pas matière à amende.
      La preuve qu’en matière de délinquance fiscale tout est permis ?

  • Une #plainte #panafricaine “inédite” déposée contre le groupe #Bolloré, pour #recel et #blanchiment

    https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-belgique-une-plainte-panafricaine-inedite-deposee-contr

    Vu de Belgique. Une plainte panafricaine “inédite” déposée contre le groupe Bolloré, pour recel et blanchiment

    Onze #ONG d’#Afrique_de_l’Ouest portent plainte contre le groupe Bolloré. Elles réclament “la restitution de fonds issus d’activités illicites commises” dans leurs pays et dénoncent les conditions dans lesquelles le groupe a obtenu des concessions portuaires. L’action est “exceptionnelle à plusieurs égards”, estime le quotidien belge “#Le_Soir”.

    • La plainte déposée mardi 18 mars “est inédite à deux égards, par son panafricanisme et parce qu’elle vise les fonds obtenus via la corruption du clan Bolloré en Afrique”, déclare dans le quotidien belge Jean-Jacques Lumumba, “lanceur d’alerte et petit-neveu de Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance de la RD Congo”.

      L’ancien banquier accuse : “Le clan Bolloré a installé un système d’achat d’élections, de favoritisme, pour obtenir la gestion de ports marchands.” Le groupe Bolloré n’a pas réagi avant la publication de l’information, conclut le journal.

    • Elles soupçonnent le groupe de l’industriel de recel, mais surtout de blanchiment dans ses activités portuaires dans plusieurs pays, le Togo, la Guinée, le Ghana, le Cameroun et la Côte d’Ivoire.
      Lire aussi : Vu du Royaume-Uni. Vincent Bolloré, victime de la fin de la Françafrique

      Les membres de ce collectif, dirigé par le lanceur d’alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, “réclament la restitution de fonds issus d’activités présumées illicites commises par [le groupe]”. Au cœur de leurs soupçons : les conditions dans lesquelles Bolloré Africa Logistics a obtenu des concessions portuaires dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

      Le collectif demande la restitution des 5,7 milliards d’euros issus de la vente de Bolloré Africa Logistics (qui gérait les principales concessions portuaires des cinq États de l’Ouest africain) à l’armateur italo-suisse MSC en 2022.

      Dans le cas des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée), la justice française, déjà saisie depuis 2013, soupçonnait le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour aider frauduleusement les campagnes présidentielles 2010 de Faure Gnassingbé et Alpha Condé, au bénéfice d’une filiale phare de l’époque, Bolloré Africa Logistics.

      Le groupe a négocié un accord en vertu duquel il s’est acquitté d’une amende de 12 millions d’euros contre l’abandon des poursuites. En revanche, le parquet financier a requis en 2024 un procès pour corruption et complicité d’abus de confiance contre Vincent Bolloré.

  • Le scandale que Cnews vous cache : une plainte contre les magouilles de Bolloré en Afrique
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/le-scandale-que-cnews-vous-cache-une-plainte-contre-les-magouilles-de-boll

    Bolloré s’est enrichi en pillant l’Afrique et en s’affranchissant des règles. Il a fait fortune sur le dos des travailleurs et le contrôle des infrastructures stratégiques.

    • Hiérarchisation des informations :

      – A ma gauche, un parti évanescent, qui n’est pas au pouvoir, mais qui a la prétention de porter quelques combats progressistes (les crétins) mais ils sont susceptibles d’être qualifiés d’antisémites, et en conséquence sont coupables de commettre un génocide.

      – A ma droite, un patron d’industrie, milliardaire, qui a fait sa fortune au travers d’actions de corruption connues depuis des dizaines d’années (seenthis en parle depuis longtemps), actions qui vont peut-être aboutir à un procès (#lol) ; le gars est aussi coupable d’actions de censure, d’abus de pouvoir, d’opa inamicale... il a un vrai pouvoir qui agit sur la réalité.

      Je te le donne en mille ce qui est jugé le plus grave, à notre époque si #dont_look_up.

    • je relis et relis ton commentaire pour essayer de comprendre ce que tu cherches à me dire...

      LFI=gentil stigmatisé. Bolloré=gros méchant. Mais en fait on veut nous faire croire l’inverse. C’est ça que tu cherches à m’expliquer ?

      et quant tu dis « en conséquence sont coupables de commettre un génocide », de quel génocide parle tu ? Vraiment, désolé, j’ai du mal à te suivre...

    • LFI, c’est un microcosme. Ils n’appellent pas à commettre de génocide, ils ne sont pas milliardaires, leur influence sur la réalité est proche de zéro, ils ne sont pas au pouvoir. Et je ne dis pas ça pour excuser leur communication pénible et contre-productive. Je dis que je ne vois pas le rapport entre Bolloré et LFI, entre l’article du Média, et la polémique nulle au sujet de LFI.

    • ha d’accord... (nos commentaires se sont croisés...)

      Le rapport est tenu, je te l’accorde : la source, Le Media, est connu pour être un organe ("indépendant") de LFI.

      Et en vrai, tu ne trouves pas que leur titre « Le scandale que Cnews vous cache : une plainte contre les magouilles de Bolloré en Afrique » est franchement mauvais ?

    • Ok maintenant qu’on est d’accord sur l’essentiel, le point de désaccord : « leur influence sur la réalité est proche de zéro ».

      Non, c’est le premier parti de gauche de France. Mélenchon par deux fois était vraiment pas loin de passer au second tour des présidentielles. Et avec leurs conneries ca risque bien d’en rester là.

  • 3 000 euros pour une invitée, une chroniqueuse payée sans travailler... Le vrai coût du système Hanouna | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/180325/3-000-euros-pour-une-invitee-une-chroniqueuse-payee-sans-travailler-le-vra

    Des documents exclusifs révélés par Mediapart montrent comment Cyril Hanouna a payé des invités pour les faire venir dans son émission, et dévoilent les émoluments considérables consentis à ses chroniqueurs, pour compenser les humiliations et brimades quotidiennes qu’il leur fait subir.

    #Bolloré

  • Comment le groupe Bolloré réduit ses anciens journalistes au silence, révèle Reporters sans frontières
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/comment-le-groupe-bollore-reduit-ses-anciens-journalistes-au-silence-revele

    Ils seraient plusieurs centaines. Selon une enquête, que nous avons pu consulter, qui sera publiée le 18 mars par Reporters sans frontières (RSF), au moins cinq cents journalistes auraient signé des ​​clauses de « confidentialité », de « non-dénigrement » ou encore de « loyauté » avant de quitter l’un des médias contrôlés par le groupe Bolloré ou en passe de l’être (Canal +, i-Télé devenue CNews, Paris Match, Europe 1, Le JDD, Prisma Media…) depuis 2015. « Ces clauses aux contours très flous et sans limites dans le temps condamnent les journalistes au silence à vie, sans qu’ils puissent témoigner des possibles brutalités ou dysfonctionnements qui se passent dans ces sociétés, déplore Thibaut Bruttin, secrétaire général de RSF. Aujourd’hui en France, le droit des entreprises de protéger leur image prime sur le principe fondamental du droit du public à être informé. »

  • « Elon Musk manipule les élections ! »  : Les accusations hypocrites des européistes
    Suite à la nouvelle élection de #Trump, les européistes accuse Elon #Musk d’avoir manipuler l’opinion publique via son réseau social et de vouloir faire la même chose en Europe. Des accusations sans fondement et particulièrement hypocrites, qui cachent péniblement une lutte de pouvoir entre deux idéologies.

    https://www.youtube.com/watch?v=3Ck5uvrDvG4

    0:00 Intro
    2:00 Pourquoi ça chiale ?
    11:40 Les tweet de Musk sont-ils de l’ingérence ?
    16:53 Qu’est-ce que le DSA européen reproche à X ?
    20:11 Analyse du 1er reproche contre X
    24:39 Analyse du 2ème reproche contre X
    31:34 Meta rejoint le camp des méchants
    38:33 « y’aura rien »
    40:20 ça dérangeait moins quand c’était les Démocrates
    45:07 Les conséquences de la soumission aux USA
    47:05 Conclusion
    50:06 L’affaire Cnews et Bolloré

    #médias #propagande #trump #donald_trump #élon_musk #méta #cnews #bolloré #idéologies #ue #union_européenne #usa

  • Une société liée à Vincent #Bolloré a assisté les candidats d’Eric Ciotti aux législatives
    https://www.liberation.fr/politique/une-societe-liee-a-vincent-bollore-a-assiste-les-candidats-deric-ciotti-a

    .... la société de communication Progressif Media, familière de la fachosphère et logée dans les locaux du « JDD » et d’« Europe 1 », a prêté main-forte aux candidats de l’ex-patron de LR rallié au #RN.

    https://justpaste.it/beqls

    #union_des_droites #fascisme

  • https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/01/19/pierre-ferracci-president-du-paris-fc-et-homme-d-affaires-tout-terrain_65048

    #Pierre_Ferracci, président du Paris FC et homme d’#affaires tout-terrain
    Par #Yann_Bouchez

    PORTRAIT Le président du modeste #club_de_football sera-t-il le premier dirigeant à pouvoir rivaliser avec le #PSG dans la capitale ? L’accord conclu à l’automne avec la #famille_Arnault lui donne trois ans pour y travailler. Un joli coup pour cet homme de #réseaux qui s’apprêterait, à 72 ans, à passer les rênes du #groupe_Alpha, le #cabinet_de_conseil spécialisé dans les #relations_sociales qu’il a fondé.

    Présider un club de #Ligue_2, l’antichambre de l’#élite du football professionnel, n’est pas toujours une sinécure. Ce samedi 7 décembre au soir, il pleut à verse sur #Ajaccio. Dans les tribunes du stade Michel-Moretti, un millier de courageux, guère plus, est venu assister au match opposant l’#AC_Ajaccio au #Paris_FC (PFC). Entre deux chants corses couvrant le bruit de la pluie, des supporteurs locaux lancent, de temps à autre, des noms d’oiseaux visant les « Français » de l’équipe parisienne.

    A 72 ans, Pierre Ferracci en a vu d’autres. Veste grise sur jeans foncé, cheveux clairsemés, le patron du Paris Football Club, lui-même né à Ajaccio, suit la rencontre en tribunes. Il s’est assis entre son fils François, directeur sportif du PFC, et un ex-dirigeant de l’AC Ajaccio. Le voilà presque comme un spectateur lambda ; ce soir-là, il a ignoré la loge dévolue aux dirigeants du club visiteur, trop excentrée.

    Le plateau de coppa, lonzu et fromages corses est resté intact, tout comme la bouteille de champagne. Malgré tout, Pierre Ferracci, s’est régalé. Au coup de sifflet final, scellant une victoire des Parisiens sur deux buts gaguesques, il s’invite sur la pelouse. Sous la pluie battante, il serre des mains, tout sourire. A ses joueurs comme aux adversaires.

    Changement de dimension

    Pierre Ferracci est un patron de club heureux. Les récentes défaites n’y changeront rien. D’ailleurs, le PFC, actuel troisième du classement, peut toujours viser la montée en Ligue 1 en fin de saison. « Je suis heureux parce que j’ai l’impression d’avoir mis le club sur de bons rails », avançait-il, satisfait, avant le match face à Ajaccio. « De bons rails », l’expression frise la coquetterie. Car le septuagénaire, fondateur et dirigeant du groupe Alpha, spécialiste et leader du conseil en ressources humaines, vient sans doute de réussir l’un des plus beaux deals de sa carrière. Le plus retentissant, à coup sûr.

    L’information a d’abord fuité dans le quotidien sportif L’Equipe, le 9 octobre. Une semaine plus tard, confirmation officielle : le Paris FC, modeste club de Ligue 2, jusque-là aux mains de Pierre Ferracci, accompagné d’un pack d’actionnaires, est en passe d’être racheté par la famille Arnault. Promesse, avec ces milliardaires, d’un changement de dimension. Et si émergeait enfin un « deuxième club de la capitale » capable, qui sait, de rivaliser un jour avec le richissime Paris Saint-Germain, sous pavillon qatari ?

    Le 20 novembre, foin de bling-bling, c’est dans la cantine du centre de formation du PFC, à Orly (Val-de-Marne) que Pierre Ferracci et Antoine Arnault, patron de deux fleurons du groupe de luxe LVMH, le maroquinier Berluti et le spécialiste du cachemire de très grand luxe, commentent l’union. Face à eux, des dizaines de caméras et une centaine de journalistes. L’affluence, pour une conférence de presse du PFC, est inédite. L’aîné de la fratrie Arnault, 47 ans, fan de foot et… du PSG, prend des accents philanthropiques : « L’idée est de rendre à la société, à Paris, à notre pays, ce qui nous a été donné. » Une manière adroite, peut-être aussi, de faire oublier les dribbles du patriarche avec le fisc.

    Un carnet d’adresses bien fourni

    Pierre Ferracci savoure le moment. Avec gourmandise, il évoque les coulisses de l’opération, en se gardant de tout dévoiler. La décision prise « avec [ses] deux fils, à l’été 2023 », de « s’associer à des forces économiques plus puissantes que les [leurs] » pour viser la Ligue 1. La satisfaction d’avoir trouvé, ensuite, par le biais de la banque Rothschild, un investisseur français « alors qu’aujourd’hui les deux tiers des clubs de L1 et de L2 sont contrôlés par des capitaux étrangers ». « Un enjeu de souveraineté nationale », ose-t-il, tout en reconnaissant que ces dernières années, il avait réuni au capital du Paris FC, « à titre minoritaire » certes, des actionnaires venus de Bahreïn, des Etats-Unis, d’Arménie et du Sri Lanka.

    Du montant du rachat, il ne dit rien ou presque. Il conservera 30 % des parts jusqu’en 2027, date prévue de son départ de la présidence du club. Agache Sport, la holding des Arnault, possédera alors 85 % du PFC, contre 15 % pour Red Bull – sous réserve que BRI Sports Holding, l’actionnaire anglo-sri-lankais, le seul qui résiste, accepte de vendre ses parts (7 %).

    Jongler avec les sujets économiques, politiques et sportifs, voilà la marque de fabrique de cet homme de réseaux. Autoproclamé « de gauche » et « homme de compromis », ce patron tout-terrain évolue au carrefour de plusieurs mondes. L’entrepreneur, aujourd’hui à la tête d’un groupe fort d’un millier de collaborateurs et d’un chiffre d’affaires annuel supérieur à 140 millions d’euros, côtoie depuis des décennies le gratin des grands patrons, des syndicalistes, comme des dirigeants sportifs. Il déteste l’expression « homme d’affaires », trop « péjorative » à ses yeux.

    Ses différentes activités lui ont permis de se constituer l’un des carnets d’adresses les plus fournis du Tout-Paris. Depuis vingt ans, il loue, au travers de sa société Alpha, une loge VIP au Stade de France – compter environ 200 000 euros à l’année. Il y invite les huiles du monde patronal et syndical. « Le foot, résume-t-il, c’est le sport le plus populaire de la planète. Il fédère beaucoup de personnes, d’états d’esprit différents. J’aime ça. »

    « Il était très militant »

    Le sport, pourtant, a d’abord occupé une place annexe dans sa vie. Car, avant tout, il y eut les affaires. Certes, dans les années 1960, gamin à Ajaccio, Pierre Ferracci allait voir les matchs du Gazélec, le club de foot des gaziers et électriciens corses. S’il en est resté un « supporteur historique », cela relevait en partie, à l’époque, du tropisme héréditaire.

    Albert Ferracci, son père, instituteur et ancien résistant, fut une figure éminente en Corse du Parti communiste. Sa mère, Rose, également enseignante et syndicaliste, partageait les mêmes engagements. Le soutien au Gazélec s’est imposé comme une évidence. Mais, niveau loisirs, le petit Pierre préfère encore, durant ses vacances d’été, les parties de chasse sous-marine du côté de Suartone, un village dans le sud de l’île, près de Bonifacio, où habite la famille du côté paternel.

    Doué à l’école, Pierre Ferracci monte à la capitale et mène des études d’économie et d’expertise comptable à l’université Paris-Dauphine. L’un de ses profs s’appelle Jacques Attali – on y reviendra. Déjà, l’étudiant porte plusieurs casquettes. Il adhère aux Jeunesses communistes – il prendra vite ses distances avec le #PCF – et à l’#UNEF, syndicat étudiant marqué à gauche. « Il était très militant mais pas gauchiste du tout », se remémore Paul-Antoine Luciani, un ami de la famille, figure #communiste et ancien adjoint à la #mairie d’Ajaccio.

    Rapports cordiaux avec Vincent #Bolloré

    Le jeune homme tisse des liens avec la #CGT. La figure de son père, très respecté chez les communistes, est un atout qu’il n’est pas besoin d’inscrire sur son CV. Précieux pour lancer sa carrière. Au début des années 1980, il rejoint un petit cabinet d’expertise-comptable, Maréchal. Très vite, il grimpe les échelons, en prend la tête. Les #lois_Auroux, en 1982 et en 1983, favorisent les négociations salariales et élargissent le rôle des comités d’entreprise (CE). #Pierre_Ferracci flaire le bon filon.

    Son groupe, #Alpha, qui voit le jour en 1983, d’abord avec le cabinet #Secafi, s’impose assez vite sur cette niche très rentable ; la CGT deviendra un de ses principaux clients, avec le syndicat des cadres #CFE-CGC plus récemment. Le cabinet de conseil travaille aujourd’hui pour environ 2 000 comités sociaux et économiques (#CSE). Le groupe s’est diversifié : il s’occupe aussi du reclassement des salariés, après un plan de licenciement. Un conflit d’intérêts, s’offusquent des concurrents du secteur qui reprochent à Alpha de jouer sur les deux tableaux, #syndical et #patronal. « La plupart du temps, on modifie à la marge les plans de licenciement. Donc l’accompagnement des salariés licenciés, c’est la suite logique », répond Pierre Ferracci.

    Grâce à son activité, il est l’un des #patrons les mieux informés de l’état de santé des grandes entreprises françaises. L’expert du #dialogue_social cultive une proximité avec un nombre incalculable de patrons. Il y a eu les #Corses, comme Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France (1997-2008), ou Jean-Marie Colombani, directeur du Monde (1994-2007). Et puis des figures du #CAC_40 et capitaines d’industrie, parmi lesquels le spécialiste du textile Maurice Bidermann (mort en 2020), l’ancien sidérurgiste et ex-ministre Francis Mer ou encore Vincent Bolloré.

    Pierre Ferracci connaît le milliardaire conservateur breton « depuis longtemps ». « Dans les années 1990, j’ai même réussi à lui faire rencontrer, lors d’un repas, Louis Viannet, le secrétaire général de la CGT. » Et d’ajouter, facétieux : « C’était à l’époque où Vincent Bolloré avait une image un peu plus sociale qu’aujourd’hui. » Il a conservé des rapports cordiaux avec l’industriel : « Mais on parle plus de football et de #Canal que du #JDD et de #CNews, si c’est ça que vous voulez savoir. »

    Donateur du candidat d’En marche !

    Pierre Ferracci n’a cessé de tisser son réseau, tous azimuts. Son étiquette d’expert des questions sociales est un précieux sésame. En 2007, au début de la présidence Sarkozy, il accepte d’être membre de la commission #Attali sur la libération de la croissance. Beaucoup, à la CGT, tiquent. Peu lui importe. Le Corse aime le rappeler aux journalistes : c’est Emmanuel Macron, alors banquier chez #Rothschild et rapporteur général adjoint de la commission, qui a glissé son nom. « Manu », comme il l’appelle en privé, le tutoyant, est depuis vingt ans l’un des amis de son fils aîné, #Marc_ferracci, économiste devenu ministre sous les gouvernements Barnier puis Bayrou.

    Etudiants à Sciences Po, Marc Ferracci et Emmanuel Macron ont préparé l’#ENA ensemble. Les révisions s’organisaient parfois dans le chic appartement que loue aujourd’hui encore Pierre Ferracci près du jardin du Luxembourg, à Paris. En 2017, l’homme d’affaires sera d’ailleurs l’un des donateurs du candidat d’En marche !, ce qui ne l’a pas empêché, par la suite, de critiquer publiquement l’actuel chef de l’Etat, avec qui il conserve des relations « respectueuses et amicales ». Insaisissable Pierre Ferracci. Sous la présidence #Hollande, en 2014, il est nommé à la tête du Conseil national éducation économie, une structure visant à favoriser le dialogue entre le système éducatif et les entreprises. Il a également été membre du Conseil d’orientation pour l’emploi.

    « Pierre, c’est un pont entre plusieurs mondes, courtois, bon vivant », résume le consultant en stratégie sociale Antoine Foucher, qui a appris à le connaître lorsqu’il travaillait au Medef, vers 2012-2013. « Je ne suis jamais pour la politique de la chaise vide, justifie Pierre Ferracci. Là où il y a moyen de faire passer ses idées, j’y vais. » Son mantra : que les choix économiques n’écrasent pas les questions sociales. Ses détracteurs dénoncent des compromissions, lui vante les « compromis équilibrés ».

    Débuts catastrophiques au Paris FC

    C’est le football qui va lui permettre d’étoffer encore ses réseaux. Au début des années 2000, le conseil général de Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Ouen demandent à son groupe un audit du Red Star, avant de le sonder pour qu’il reprenne les rênes du club. L’affaire n’est pas conclue, mais elle lui donne des idées. En 2007, Guy Cotret, dirigeant du Crédit foncier, fait entrer Pierre Ferracci dans l’actionnariat du Paris FC, alors en National, le troisième échelon français.

    Le Corse sympathise avec des dirigeants et des personnalités du ballon rond, comme le mythique entraîneur Arsène Wenger ou le journaliste Didier Roustan. « Le football lui a permis d’élargir son carnet d’adresses avec des personnalités qui ne sont pas forcément celles qu’il rencontrait habituellement à travers son activité », résume Guy Cotret. Qui, en 2012, se fait évincer par Pierre Ferracci de la tête du club. « Il avait mis au pot plus que moi, 1 million d’euros environ, se remémore le président déchu et fâché à l’époque. Il voulait garder la main. C’est un chef d’entreprise, il y a une part d’autoritarisme qui n’est pas anormale. Mais l’affaire s’est conclue en bonne intelligence. »

    Les débuts de la présidence Ferracci au Paris FC sont catastrophiques. Le club est relégué. Les entraîneurs valsent les uns après les autres. La venue comme conseiller de son ami le journaliste Charles Villeneuve, ex-président du PSG rencontré par l’intermédiaire d’#Alain_Minc, est un échec. Le projet, avec Jean-Marc Guillou, un ancien joueur de l’équipe de France qui a entraîné par la suite la Côte d’Ivoire, de faire venir des jeunes joueurs africains, ne prend pas non plus. « Ça m’a vacciné d’entrée, ça c’est sûr », observe Pierre Ferracci avec le recul. Depuis plus de dix ans, il ne jure plus que par la formation locale et la richesse du bassin parisien. « Il croit à ce projet et a une vision claire de ce qu’il veut faire », salue Jean-François Martins, ancien adjoint aux sports à la mairie de Paris.

    Accord critiqué avec le #Bahreïn

    En douze ans de présidence, Pierre Ferracci a professionnalisé le PFC. Sans parvenir à lui faire goûter à la Ligue 1. Un centre d’entraînement et de formation a été inauguré à Orly en 2019. Le budget du club, l’un des plus gros de Ligue 2, se situe désormais autour de 30 millions d’euros. Pierre Dréossi, figure connue de la Ligue 1 et manageur général du PFC de 2015 à 2020, loue un patron de club qui a su « trouver des partenaires financiers ».

    En 2015, ce fut d’abord Vinci comme sponsor – un groupe que le cabinet Secafi connaissait bien. Puis le Bahreïn en 2020, à l’époque pour 25 millions d’euros et 20 % du capital du club – et 2 millions d’euros annuels pour être sponsor maillot. L’accord a suscité son lot de critiques, d’autant que le prince Nasser Ben Hamed Al Khalifa, à la tête du fonds bahreïni, est accusé par plusieurs ONG d’actes de torture. « Vous avez au Bahreïn une synagogue, une église catholique, une église orthodoxe et beaucoup plus de liberté pour les femmes qu’au Qatar, donc je n’avais pas de problème avec le Bahreïn », balaie cet athée revendiqué – « je suis très croyant : je crois que Dieu n’existe pas » –, qui apprécie peu de recevoir des leçons.

    Pierre Ferracci reconnaît d’ailleurs sans mal avoir essayé, « dans les années 2014-2015 », de recruter le géant russe #Gazprom comme sponsor : « En octobre 2015, j’ai même eu un rapide échange avec #François_Hollande, #Vladimir_Poutine et #Alexandre_Orlov [ambassadeur de la Russie à Paris] à ce sujet. » Aucun accord n’a été trouvé, mais la rencontre lui a rappelé l’époque où Alpha avait des bureaux à Saint-Pétersbourg et à Moscou.

    Ces dernières années, avant le rachat par #les_Arnault, il a réussi, grâce à son seul entregent, quelques « coups ». Comme faire de Raï, l’ex-star brésilienne du PSG, pas vraiment désireuse de travailler avec les Qataris, un ambassadeur du PFC. Ou de rendre gratuite la billetterie du stade Charléty, l’enceinte du Paris FC, aux tribunes souvent aux trois quarts vides – cela a un peu changé ces derniers mois. Fin novembre 2024, il a nommé son ami #Michel_Denisot au conseil d’administration du PFC. L’homme de télé, ex-président du PSG, est aussi un ancien de Canal+. Le dirigeant du PFC milite d’ailleurs pour qu’un jour la #chaîne_cryptée et le football français renouent leur longue alliance, interrompue ces dernières années. En vain pour l’instant.

    L’affaire de ses villas

    Au cours des dernières semaines, la BBC, le New York Times ou le Washington Post l’ont sollicité pour des interviews. Flatteur, même pour cet habitué de la presse. S’il est intarissable sur les mille et une nuances du monde syndical, les petites ou grandes histoires du football européen, il l’est beaucoup moins, en revanche, sur ce qu’il considère relever de son intimité. De son goût pour les bolides, il n’a jamais rien dit. Rien non plus sur ses revenus – un peu plus de 750 000 euros déclarés auprès du fisc pour l’année 2018, selon nos informations.

    L’affaire de ses deux villas et de sa piscine près de #Suartone, en Corse, qui lui ont valu une longue bataille judiciaire et 1 #million_d’euros d’amende pour un permis de construire non respecté, l’agace encore. S’il a pu conserver les #villas, il n’a pas digéré les nombreux articles écrits. « Une conséquence de ma relation avec Emmanuel Macron », estime-t-il à propos de cette #attention_médiatique. Mais, même sur ces polémiques, le verbe s’emporte rarement. « Il est assez insondable, Pierre, observe Jean-François Martins, l’ex-adjoint parisien, c’est assez déroutant. Il n’est pas surexpressif, même s’il dit ce qu’il pense. »

    Le ton affable et le goût revendiqué pour le dialogue social de Pierre Ferracci ne convainquent pas tout le monde. Plusieurs ex-salariés du groupe Alpha décrivent, sous couvert d’anonymat, un patron « autocrate » et « un management de la tension ». Simple aigreur de collaborateurs licenciés ? Pas sûr : l’inspection du travail s’est émue, à plusieurs reprises, au mitan des années 2010, du manque de dialogue chez Secafi-Alpha lors de plans de réorganisation, avec des #syndicats_internes informés « au compte-goutte ».

    En 2015, un fichier des ressources humaines listant des dizaines de salariés avec des remarques désobligeantes et parfois personnelles fuite. #Scandale dans le groupe. « Il y a eu des sanctions, ces pratiques n’existent plus », assure Pierre Ferracci. Et d’ajouter : « Le groupe Alpha n’est ni une entreprise parfaite ni, compte tenu du modèle social qu’elle a mis en place, un groupe qui doit être l’objet de toutes les critiques, tant s’en faut. »

    Des mystères demeurent
    Au sein du Paris FC, depuis ses débuts compliqués, tout le monde reconnaît l’implication de Pierre Ferracci. Il assiste à la plupart des matchs. Mais quelques mystères demeurent. Combien d’argent a-t-il mis dans le club depuis près de quinze ans ? « Beaucoup, beaucoup », sourit-il. Mais encore ? « Ça, je ne le dirai jamais. » Malgré nos relances, il ne précise pas, non plus, à quel prix le club a été racheté – « ça n’a pas grande importance ». D’une formule, il reconnaît tout de même : « C’est une très belle #valorisation. » Et ajoute qu’il est « ravi que tous les actionnaires qui [l]’ont suivi depuis le départ n’ont pas perdu d’argent mais en ont gagné » avec la reprise par les Arnault. Lui compris, évidemment.

    Au sujet des nouveaux propriétaires, Pierre Ferracci l’assure : il ne connaissait pas personnellement la #famille_Arnault avant le printemps, au début des négociations. Avec son groupe Alpha, il avait pourtant eu à gérer, dans les années 2000, deux dossiers sensibles liés à LVMH. D’abord, la fermeture contestée de la Samaritaine, où son cabinet Secafi avait été très critiqué par des salariés l’accusant d’avoir joué le jeu de la direction. Ensuite, le rachat (d)#Les_Echos par #Bernard_Arnault.

    Antoine Arnault confirme n’avoir, avant le printemps 2024, que « croisé » le président du PFC « dans différentes réceptions ou événements liés à nos vies professionnelles ». Mais, depuis le printemps, ils ont appris à se connaître et à s’apprécier. Le patron de Berluti salue des #négociations menées « avec une grande intelligence et une grande patience ». « Après, nuance le nouveau propriétaire du Paris FC, c’est quelqu’un qui a aussi ses idées et qui n’en démord pas, et va négocier de manière extrêmement déterminée. Ce n’est pas un enfant de chœur, Pierre Ferracci. » C’est dit comme un compliment.

    Le casse-tête du stade

    Ces dernières semaines, Antoine Arnault, habitué aux tribunes VIP du Parc des Princes, a assisté à des matchs de son nouveau club. Même si l’enceinte du Paris FC n’a pas de loges, il a pu y côtoyer du beau monde. « Pierre Ferracci est quelqu’un qui a une très grande intelligence des gens et qui arrive à se les mettre dans la poche, jauge-t-il. Quand je vais à Charléty et que je croise aussi bien Philippe Martinez que Pascal Obispo… Il réussit à réunir des gens d’univers très différents et à les faire dialoguer. Dieu merci, avec Martinez, ce n’est pour l’instant que pour parler foot ! »

    Cette année, Pierre Ferracci a promis de passer la main à la présidence du groupe Alpha. D’ici à l’automne, il souhaite créer un fonds de dotation pour soutenir des actions liées à « l’éducation des tout-petits », un sujet cher à ce fils d’instits. Sa casquette de président du Paris FC, pour trois ans encore, devrait bien l’occuper.

    Les #chantiers ne manquent pas. Il y a cette montée en Ligue 1, dont il rêve depuis des années. L’agrandissement du centre d’entraînement, à #Orly, qui paraît sous-dimensionné au vu des ambitions des nouveaux propriétaires. Et puis, surtout, le casse-tête du stade. #Charléty, avec sa piste d’athlétisme et ses tribunes ouvertes aux quatre vents, n’est pas l’écrin rêvé. Il faudrait le réaménager, si la Ville de Paris l’accepte. Afin de pouvoir accueillir les célébrités qui devraient se presser en tribunes, pour voir jouer le club alliant désormais le savoir-faire du président Ferracci à l’argent des Arnault.

    #Yann_Bouchez

    • Il y a là entourloupe maquillée sous un bien beau storytelling très bolloréen : la vengeance de Canal+, après que l’Arcom a, ô sacrilège, décidé de couper le sifflet de C8 et de Cyril Hanouna. Vengeance façon Attila pour Vincent Bolloré puisque le lourd investissement de Canal+ dans le cinéma (190 millions d’euros par an) est conditionné à sa diffusion hertzienne

    • Communiqué en clair de CANAL+ annonce le retrait de ses chaînes payantes de la TNT
      https://www.canalplusgroup.com/fr/press/press-105

      Tirant les conséquences du retrait de la chaîne C8, première chaîne de la #TNT, par l’ARCOM et d’un environnement fiscal et réglementaire de plus en plus contraignant pour le groupe en France, CANAL+ annonce le retrait de ses chaînes payantes de la TNT.

      https://www.youtube.com/watch?v=rB9-McrpJew

      Mis à jour de @lesjours le 6 décembre 2024 à 18 h 09.​ Info « Les Jours » : Un plan social a été annoncé aujourd’hui à Canal+ lors d’un comité social et économique (CSE). Plus exactement, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), comme on dit joliment, touchant 250 personnes. 150 à C8, ce qui était attendu, vu que la chaîne va cesser d’émettre fin février 2025, mais aussi 100 au sein du groupe Canal+ qui compte 2 300 salariés (hors Canal+ Afrique), ce qui ne l’était pas. Pas de raison avancée par la direction, sinon des motifs économiques. Les économies se poursuivent donc en vue de l’introduction en bourse de Canal+, comme nous l’expliquions dans cet article : fin du contrat Disney, fin de la TNT pour les chaînes payantes avec renégociation des accords cinéma à la clé, et maintenant un plan social de 250 personnes. Dans un communiqué, l’intersyndicale de Canal+ se dit « en total désaccord avec ces décisions », soulignant qu’« aucun argument économique ne justifie » le plan social en plus de celui touchant C8. Et demande à la direction « de revenir sur ces décisions » qu’elle pourrait « contester syndicalement ».

      #hanounanerie #bollorisation #canal_prout

  • Education à la sexualité à l’école : le projet en l’état « n’est pas acceptable », estime le ministre délégué Alexandre Portier
    https://www.lemonde.fr/education/article/2024/11/27/education-a-la-sexualite-a-l-ecole-le-projet-en-l-etat-n-est-pas-acceptable-

    Le projet de programme d’éducation à la vie sexuelle qui doit être prochainement officialisé « n’est pas acceptable » en l’état et « et il doit être revu », a déclaré le ministre délégué à la réussite scolaire, Alexandre Portier, mercredi 27 novembre, lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat.
    Annoncé par l’ancien ministre de l’éducation Pap Ndiaye et prévu initialement pour la rentrée 2024, ce projet, qui fait l’objet d’une offensive des milieux conservateurs, doit être présenté courant décembre aux organisations syndicales. Ce texte, dont la version actuelle n’est pas encore définitive, fait l’objet de concertations depuis le printemps.
    Disant avoir « trois réserves importantes » sur la version actuelle du projet, le ministre délégué, proche de Laurent Wauquiez, a assuré d’abord qu’il « s’engagerait personnellement pour que la théorie du genre [il n’existe pas une « théorie du genre » mais des études sur le genre] ne trouve pas sa place dans nos écoles, parce qu’elle ne doit pas y avoir sa place ». « Deuxièmement, le militantisme n’a pas non plus sa place dans nos écoles. Et je veux un encadrement très strict de tous les intervenants qui auront à porter ces sujets », a-t-il poursuivi.

    Mieux vaut du porno que des cours, n’est-il point ?

    #école #sexualité

    • Education à la sexualité : premier recul d’Anne Genetet face aux pressions conservatrices
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/27/education-a-la-sexualite-premier-recul-d-anne-genetet-face-aux-pressions-con

      Après les déclarations de son ministre délégué, Alexandre Portier, jugeant le projet de programme à l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité « pas acceptable en l’état », l’entourage de la ministre de l’éducation indique que la notion d’« identité de genre » ne figure plus dans le texte.
      Par Sylvie Lecherbonnier

      L’estocade est venu du ministre délégué à la réussite scolaire et à l’enseignement professionnel, Alexandre Portier. Interrogé, mercredi 27 novembre lors des questions au gouvernement, par le sénateur Les Républicains des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson, l’un de ses proches, sur le premier projet de programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, le ministre a jugé que ce texte « n’est pas acceptable en l’état » et « doit être revu ». « Je m’engagerais personnellement pour que la théorie du genre ne trouve pas sa place dans nos écoles », a-t-il affirmé – alors qu’il n’existe pas de théorie du genre, vocable utilisé comme repoussoir par un courant réactionnaire, mais des études sur le #genre.

      Dans la foulée, l’entourage d’Anne Genetet a indiqué à la presse que le terme « identité de genre » – utilisé pour distinguer le sexe de naissance du sentiment d’identité masculine ou féminine notamment – « ne figurera pas » dans la version définitive du programme sans donner plus d’explications. Lundi, pourtant, l’équipe de la ministre affirmait encore au Monde que « l’identité de genre fait partie des motifs de discriminations inscrits dans le code pénal ».

      Selon nos informations, avant ce revirement, la direction générale de l’enseignement scolaire travaillait encore mardi sur une version qui intégrait ce terme au programme à partir de la classe de 5e dans le cadre de la lutte contre les discriminations.

      « Peurs et fantasmes »

      Depuis quelques jours, les pressions d’associations de #droite et d’#extrême_droite comme SOS-Education, le Syndicat de la famille (ex- Manif pour tous) ou Parents vigilants – proche du mouvement Reconquête d’Eric Zemmour – , s’intensifient contre ce premier projet de programme consacré à l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité.

      Le texte doit permettre de rendre effectives les trois séances annuelles obligatoires prévues dans la scolarité depuis une loi de 2001 et très peu appliquées. L’enjeu de santé publique, de lutte contre les LGBTphobies et les violences sexistes et sexuelles est pointé par les acteurs éducatifs, alors que près de 160 000 enfants sont victimes d’agression sexuelle et d’abus chaque année. Mais pour ces associations conservatrices, cette éducation n’a pas sa place à l’école et revient à la #famille. Nombre d’entre elles contestent la distinction entre sexe et genre, parlant d’une « théorie du genre ».

      Les déclarations du sénateur Max Brisson et la réponse d’Alexandre Portier amènent la polémique au sein du Parlement et du gouvernement. « Un ministre ne devrait pas diffuser de fausses informations en agitant des peurs et des fantasmes pour espérer se faire connaître des Français. Il n’est nullement question de “théorie du genre” dans l’éducation à la vie affective. Il est question de respect et d’égalité », a ainsi réagi Aurore Bergé, députée Ensemble pour la République [ça alors !].

      « Théorie du genre »

      L’entourage d’Anne Genetet a pourtant assuré d’un « alignement » des points de vue entre la ministre et son ministre délégué, même s’ils s’expriment différemment, et endosse désormais ce même discours : « La théorie du genre ne trouve pas sa place à l’école », indiquait ainsi sommairement l’équipe de la ministre de l’éducation nationale dans la foulée des déclarations d’Alexandre Portier. Depuis sa prise de fonction, Anne Genetet défend pourtant encore, le 19 novembre sur CNews et Europe 1, ce programme « très progressif et séquencé ».

      Dans la communauté éducative, la nécessité d’un tel programme fait consensus. « Ce projet de programme va dans le bon sens et doit être appliqué rapidement », assure ainsi le secrétaire national du SE-UNSA, Jérôme Fournier. « Le ministre cède aux marchands de peur et leurs contrevérités : la théorie du genre n’existe pas », s’énerve Sophie Vénétitay, responsable du SNES-FSU pour qui il s’agit de « diffuser des paniques morales au mépris de l’#éducation et la #prévention ».

      La nouvelle version du programme, en vue de la présentation au conseil supérieur de l’éducation de décembre, devrait « circuler en début de semaine prochaine », indique-t-on dans l’entourage d’Anne Genetet.

    • Education à la sexualité : après les propos du ministre délégué Alexandre Portier, la Ciivise et le Planning familial répliquent aux pressions conservatrices
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/28/education-a-la-sexualite-la-ciivise-et-le-planning-familial-repliquent-a-la-

      Pour la Ciivise, « les informations mensongères qui propagent une peur infondée parmi les parents d’élèves doivent être rectifiées ». « Jamais », insiste-t-elle dans un communiqué, « le besoin d’instruire les enfants de manière progressive et ajustée à leur âge et de leur permettre de comprendre les enjeux de la vie affective et relationnelle, de l’intimité, du consentement n’ont été plus évidents et consensuels ».

      En France, « 160 000 enfants sont chaque année victimes d’inceste et de violences sexuelles », des violences qui « provoquent chez les victimes des dommages profonds et durables », rappelle la Commission.

      Même indignation au sein du collectif Pour une véritable éducation à la sexualité, mis en place en 2022 et qui compte dans ses rangs le Planning familial, la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF), Sidaction, entre autres. Dans un communiqué publié jeudi, les associations dénoncent « l’usage de rhétoriques mensongères des mouvements anti-droits issus de l’extrême droite visant à empêcher l’aboutissement de ce projet essentiel ».

      « Bénéficier d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle permet d’apprendre le respect de soi et des autres, d’appréhender le consentement, de lutter contre les stéréotypes et toutes formes de violences », écrivent-elles. « En pleine actualité du procès Pelicot, la nécessité de mettre en œuvre une éducation permettant de prévenir les violences et de mieux repérer les victimes ne devrait plus être à démontrer. »

      A la mi-journée, la ministre de l’éducation Anne Genetet a déclaré que « la théorie du genre n’existe pas, elle n’existe pas non plus dans le programme » d’éducation à la vie sexuelle. « Ce programme, je le pilote, et la ligne de ce programme, c’est la ligne du ministère, il n’y a pas de théorie du genre dans ce programme », a-elle martelé en marge d’un déplacement à Marcq-en-Barœul (Nord), dans la banlieue de Lille, sur l’orientation. Ce programme « est très clair », « progressif », « adapté à tous les âges » et « permet d’apprendre des notions fondamentales comme le respect, comme le consentement, savoir dire non, ce que c’est qu’une fille, ce que c’est qu’un garçon », a-t-elle poursuivi.

    • Education affective et sexuelle : pour les infirmières scolaires, « c’est trop tard d’en parler en sixième »
      https://www.liberation.fr/societe/education/education-affective-et-sexuelle-pour-les-infirmieres-scolaires-cest-trop-

      Infirmière scolaire depuis dix-sept ans, Jeanne (1) se sent une nouvelle fois « abandonnée » après les propos tenus par Anne Genetet autour de l’éducation à la sexualité. Mercredi 27 novembre, elle s’alignait sur son ministre à la Réussite scolaire, Alexandre Portier, qui reprenait à son compte le fantasme de la « théorie du genre », repoussoir des réacs, qui n’aurait pas sa place à l’école. Alors que ladite théorie n’existe pas, ce qu’a finalement corrigé la ministre de l’Education le lendemain. Mais le mal est fait, estime Jeanne : « Les ministres nous exposent à de nouveaux problèmes sur le terrain avec des opposants qui vont nous mettre des bâtons dans les roues en estimant avoir le soutien de l’Etat. »

      Jeanne sait de quoi elle parle. L’an dernier, elle est devenue l’incarnation des prétendues dérives observées autour de l’Education à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars), qui figure dans le code de l’éducation depuis 2001 et dont le projet de programme doit être présenté le 12 décembre au Conseil supérieur de l’éducation. Début mars 2023, Jeanne assure l’un de ces cours dans une école de l’académie de Lyon avec des CM2, en présence d’une enseignante, comme c’est toujours le cas. Après avoir expliqué aux élèves l’intérêt de sa mission « pour les accompagner et faire de la prévention », elle leur propose d’écrire leurs questions sur un morceau de papier à glisser dans une boîte aux lettres. « L’un d’eux avait demandé si on pouvait faire du sexe par les fesses, rapporte l’infirmière. On a écarté cette question qui n’était pas adaptée à leur âge. »

      Galaxie de groupes ultraconservateurs

      Dans un mail daté du 9 mars 2023 et adressé au directeur de l’école, à des journalistes, à des politiques ou au rectorat, le collectif Parents en colère assure que c’est Jeanne qui a tenu ce propos. Elle est alors taxée d’avoir expliqué « à des enfants de 9 à 10 ans ce qu’étaient la fellation, la sodomie, le cunnilingus, le changement de sexe, le “caressage” de testicules » ou encore que, « pour le plaisir, une fille peut sucer le pénis du garçon ». La rumeur tourne sur les réseaux sociaux, relayée par une galaxie de groupes ultraconservateurs : SOS Education, association réputée proche de la droite conservatrice, le Syndicat de la famille, ex-Manif pour tous, qui s’est mobilisé en 2012 contre le mariage de couples de même sexe, Parents Vigilants, des partisans du polémiste d’extrême droite Eric Zemmour, ou encore le collectif Mamans Louves. « Cela reste une minorité qui s’agite beaucoup mais qui est dangereuse pour l’éducation des enfants parce qu’elle veut empêcher toute prévention sur ce sujet, remarque Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. D’autant plus qu’elle bénéficie de la caisse de résonnance de l’empire #Bolloré qui l’invite sur les plateaux télés de #CNews ou a placé le 24 novembre ce sujet en une du #JDD en titrant : « Education sexuelle à l’école : les enfants en danger ? » avant de dérouler un article sur « l’offensive idéologique » du futur programme.

      Sans soutien de sa hiérarchie, Jeanne a depuis abandonné ses cours en primaire et ne les assure désormais qu’au collège. « On fait de la prévention sur les violences sexuelles et, chaque année, des enfants dénoncent des abus sexuels. C’est trop tard d’en parler en sixième », regrette-t-elle. L’infirmière de 49 ans a même été suspendue de ses fonctions de formatrice à l’éducation à la sexualité. « Ces gens qui crient au loup parlent du traumatisme qu’on provoquerait pour les jeunes mais jamais de ces enfants qu’on sauve en parlant de ces sujets-là », ajoute Lolita Rivé, enseignante en maternelle qui a instauré ces séances de sensibilisation et lancé le podcast « C’est quoi l’amour, maîtresse ? » sur ce thème. Confrontée à des réflexions sexistes, des insultes homophobes entre les élèves ou à de petites agressions, elle a mis en place ces séances en 2022 avec des CE1. « Je dis vulve et pénis pour apprendre le nom scientifique aux enfants et on m’a accusée de prononcer des mots pornos. On m’a aussi dit que leur parler d’#inceste n’était pas de leur âge alors que c’est le seul moyen de les protéger. »

      « Préoccupation »

      « Sous couvert d’autorité parentale, ces réseaux veulent limiter le rôle de l’Education nationale à la transmission des connaissances purement académiques et disciplinaires, note Saphia Guereschi, secrétaire générale du syndicat majoritaire des infirmières scolaires, le Snics-FSU, qui indique avoir accompagné des collègues dans douze académies après des pressions exercées. C’est un sujet de préoccupation des jeunes qui demandent à recevoir cette éducation qui doit se tenir tout au long de la scolarité de façon adaptée. »

      Ces dernières semaines, des chefs d’établissements ont reçu sur leur boîte professionnelle des communiqués de différentes associations condamnant les contenus du nouveau programme. Elles distribuent aussi des tracts devant des établissements scolaires ou descendent dans la rue, comme le 27 novembre, à Lyon, à l’appel du Syndicat de la famille. Dans l’académie de Lyon encore, des lettres nominatives et en recommandé, qui remettent en cause ces cours, ont été envoyées depuis le mois d’octobre à six infirmières scolaires. « Certaines veulent depuis jeter l’éponge, rapporte Gwenaëlle Durand, secrétaire générale du syndicat des infirmiers Snies-Unsa. Elles ont peur de représailles parce qu’on cible des gens. C’est terrible parce que toutes les nouvelles infirmières ne veulent déjà plus pas se former là-dessus, préférant déléguer la tâche à des associations extérieure. » Et d’ajouter : « C’est une vraie régression. »

      (1) Le prénom a été modifié.

      #VSS

    • Dans chaque article, cette même défense pathétique des journalistes : la théorie du genre n’existe pas. Finalement reprise par la ministre. Voilà, tout le monde est rassuré, ça ne va vraiment pas exister dans ces programmes.

    • La pédocriminalité et l’inceste ont des beaux jours à venir. Par contre il ne faut pas faire une éducation à la sexualité et au consentement. Me font voir rouge tous ces fachos.

  • Aux États-Unis, Hachette à l’heure conservatrice
    https://actualitte.com/article/120303/international/aux-etats-unis-hachette-a-l-heure-conservatrice

    L’heure est sombre. Les livres d’extrême-droite se vendent bien par la conjonction d’un réel public, de titres à l’emporte-pièce... mais aussi de beaucoup d’argent dépensé par des milliardaires pour promouvoir leurs poulains.

    Pendant ce temps, la gauche ne lit plus. Les livres de réflexion sur la société dorment et les éditeurs, souvent indépendants, des maisons de gauche ahanent pour boucler les fins de mois.

    Les grands changement sociaux ont toujours été associés à des livres, qui portent le temps de dire les choses (à la différence des articles, médias...) et même d’évoquer plusieurs aspects (ce qui est contraire à toutes les règles journalistiques).

    Quand la gauche ne lit plus, c’est qu’elle se distance du monde, se réfugie dans une coquille idéologique ou au contraire anxieuse. Dommage.

    Depuis le rachat du groupe Lagardère par Vivendi, en France, l’attention est fixée sur les entités de Hachette Livre et sur le devenir de leur politique éditoriale. De l’autre côté de l’Atlantique, cette fois, la réélection de Donald Trump a suscité une réaction immédiate de Hachette Book Group, qui inaugure deux nouvelles maisons d’édition, Basic Liberty et Basic Venture, centrées sur les livres « conservateurs ».

    #Edition #Extrême-droite #Hachette #Bolloré

  • «  Le groupe Bolloré représente l’entremêlement du capital et des idées de l’extrême droite  »
    https://www.socialter.fr/article/riposte-groupe-bollore-extreme-droite-soulevements-de-la-terre

    Des mégabassines à l’A69, des usines Lafarge aux cimes de La Clusaz, les Soulèvements de la terre multiplient les luttes et les actions contre l’artificialisation des terres, l’agro-industrie ou l’accaparement de l’eau. En 2024, le mouvement lance un appel, aux côtés de 150 organisations, pour lutter contre «  l’empire Bolloré  ». En dénonçant une «  fascisation  » du pays orchestrée par les médias du milliardaire, ils entendent exposer et atteindre son groupe tentaculaire. Entretien avec Paola* des Soulèvements de la terre.

    #Bolloré #Médias #Soulèvement_terre

  • #Médias de la #haine : objectif, #guerre_civile ?

    https://www.off-investigation.fr/medias-de-la-haine-objectif-guerre-civile

    L’équipe d’Off-investigation est heureuse de vous présenter « Médias de la haine : objectif, guerre civile ? ». Signé #Gauthier_Mesnier et #Emma_Feyzeau, cet épisode démonstrateur de notre troisième saison documentaire, qui s’intéressera cette année aux #coulisses des médias, sera diffusé en accès libre le dimanche 10 novembre à 19h sur Off investigation et sur notre chaîne Youtube.

    Vos dons ont rendu cette #enquête possible

    #Xénophobie sans limites, mépris décomplexé des #pauvres, violence outrancière et immodérée contre la gauche… Personne ne semble pouvoir arrêter le grand n’importe quoi sur les plateaux télés des milliardaires. Comment en est-on arrivé là ? Mi-octobre 2016, devant le siège de Canal +, cela fait 15 jours que les journalistes d’I-Télé, la chaîne info du groupe, sont en grève. Leurs revendications ? Pouvoir travailler en toute indépendance vis-à-vis du nouvel actionnaire du groupe, Vincent #Bolloré. Depuis quelques semaines, il veut imposer en vitrine de leur chaine d’info un animateur controversé, Jean-Marc #Morandini, alors accusé de harcèlement sexuel.

    A l’issue de cinq semaines de grève et face à l’obstination de Bolloré, les trois quarts de la rédaction quittent la chaîne. Pour faire rentrer dans le rang les derniers récalcitrants, la nouvelle direction emmenée par Serge #Nedjar, un fidèle de Bolloré, va déployer un #management_brutal et #autoritaire. Pour #Off_Investigation, des journalistes de l’époque ont accepté de témoigner de ce management par la peur. Tous ont requis l’anonymat pour évoquer des humiliations publiques, remontrances, harcèlement professionnel qu’ils estiment avoir subi. Après cette reprise en main d’I-Télé qui deviendra #CNews début 2017, toutes les chaînes d’information privées se trouvent désormais entre les mains de puissants #milliardaires, tous classés à droite, voire à l’#extrême_droite.

    • « Ce n’est plus de l’info » : enquête sur les médias des milliardaires (CNews, BFMTV,...)
      https://www.lemediatv.fr/emissions/2024/ce-nest-plus-de-linfo-enquete-sur-les-medias-des-milliardaires-cnews-bfmtv

      Le média indépendant OFF Investigation frappe fort avec son dernier documentaire intitulé « Média de haine : objectif guerre civile »... Entretien avec Gauthier Mesnier et Jean-Baptiste Rivoire

      Le média indépendant OFF Investigation frappe fort avec son dernier documentaire intitulé « Média de haine : objectif guerre civile ». Réalisé par Emma Feyzeau et Gaultier Mesnier, ce long format, véritable électrochoc journalistique, a déjà cumulé plus de 500 000 vues en seulement deux jours. Une performance qui témoigne de l’intérêt grandissant du public pour des analyses médiatiques fouillées et percutantes. Retour sur une enquête qui dénonce le rôle des médias dans la montée de la haine et la désinformation en France. Depuis mai 2017, un tournant s’est opéré dans les grandes chaînes d’information françaises. Selon Jean-Baptiste Rivoire, fondateur d’OFF Investigation, les médias contrôlés par des groupes milliardaires ont délaissé leur vocation d’information pour servir des intérêts politiques et économiques. L’objectif ? Soutenir une politique pro-business tout en stigmatisant des populations marginalisées : étrangers, immigrés, et plus récemment, les musulmans.

      Le documentaire s’attarde notamment sur CNEWS, une chaîne accusée d’avoir basculé dans une ligne éditoriale résolument xénophobe. À travers l’analyse d’une journée type de diffusion, le 18 septembre 2023 – au moment où des milliers de migrants débarquaient sur l’île de Lampedusa – le film démontre comment les discours alarmistes sont orchestrés pour focaliser l’attention sur l’immigration et en faire un problème central. Hervé Brusini, président du Prix Albert Londres, résume cette stratégie en des termes cinglants : « Nous ne sommes plus dans le cadre du journalisme, nous sommes dans la négation des faits. C’est mortifère. »