• Martigues, cartographies d’un siècle de métamorphoses
    https://www.visionscarto.net/martigues-cartographie-metamorphose

    À Martigues, dans le département des Bouches-du-Rhône, un siècle de transformations a laissé derrière lui une mosaïque de traces : ports, usines, grands ensembles, routes, lotissements, paysages effacés. Entre les eaux du chenal de Caronte, les fantômes de l’industrie pétrochimique et les souvenirs d’enfance enfouis dans les paysages ordinaires, cette cartographie du parcellaire, présentée ici de manière fragmentée, emprunte à des photos aériennes et des images satellites pour raconter la (…) Billets

    #Billets_

  • Extension de la zone commerciale Aouste : on n’en veut pas et on va faire autre chose !
    https://ricochets.cc/Extension-de-la-zone-commerciale-on-n-en-veut-pas-et-on-va-faire-autre-cho

    Il y a plusieurs mois maintenant que la commission départementale d’aménagement commerciale de la Drôme a donné son avis favorable à l’agrandissement de l’empire économique de la famille Loyal à Aouste-sur-Sye. Cette dernière veut continuer à déposséder l’autonomie du territoire et des habitant•e•s en matière de nourriture, d’habitat, de loisir. Plus besoin de savoir mettre en bocaux pour la conservation des aliments, d’avoir à couper en petit morceaux dans des grands filets d’huiles (...) #Les_Articles

    / #Aouste_sur_Sye, #Bouteilles_à_la_rivière, Tourisme, sports & loisirs, #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle, #Vallée_de_la_Drôme, #Occupations_et_blocages, #Autonomie_et_autogestion

    #Tourisme,sports&_loisirs

  • Maya Saura - Mastodon
    https://eldritch.cafe/@mayasynth/116993880755996670

    je viens de mener une grande étude sur les noms de salons de coiffure !! en me basant sur le répertoire sirène j’ai pu établir une liste des noms de salons les plus fréquents puis les filtrer par mots clés (j’ai choisi hair, mèche, tif et décoif).

    voici le top 20 français des salons avec des noms rigolos :bowsette_blonde : :

    HAIR DU TEMPS 220
    NOUVEL HAIR 168
    BULLE D HAIR 117
    IMAGIN HAIR 89
    HAIR STYLE 83
    DE MECHE AVEC VOUS 82
    ART DE PL HAIR 69
    CREA TIF 68
    DESIGN HAIR 63
    NEW HAIR 52
    CARACT HAIR 51
    TETE EN L HAIR 45
    BEAUTY HAIR 45
    IMAGINA TIF 41
    JENNIF HAIR 40
    HAIR DESIGN 40
    DE MECHES AVEC VOUS 40
    HAIR NATUREL 39
    C DANS L HAIR 38
    EVOLU TIF 38

    sur le jeu de données complet, occurences du mot hair : 7540, tif : 1648, meche : 196 et decoif : 78.

    si vous voulez voir les résultats complets ou essayer le script tout est sur ici : github.com/mayafeur/extracthair

  • #BOURBAKI, LE SECRET DES #MATHÉMATIQUES -
    https://www.youtube.com/playlist?list=PLG8Bg2EkBfww

    C’est l’histoire d’un jeune groupe de mathématiciens qui a déclenché une révolution en voulant moderniser leur discipline.

    Dans les années 1930, derrière le pseudonyme de Nicolas Bourbaki, se cachent certains des esprits les plus brillants issus de l’École Normale Supérieure : André Weil, Jean Dieudonné, Claude Chevalley, Jean Delsarte, Henri Cartan et quelques autres normaliens unis par leur jeunesse, leur humour et leur ambition démesurée. Ensemble, ils rêvent de révolutionner le langage des mathématiques. Dans une France encore marquée par la Première Guerre mondiale, ils se retrouvent sans véritable maître. Alors ils décident d’en inventer un. Bourbaki devient ce personnage fictif, signature collective d’une oeuvre hors norme : une tentative de refondation des mathématiques sur des bases communes, rigoureuses et universelles. Leur objectif est clair : unifier la discipline autour d’un langage, d’outils et de structures partagées.
    Très vite, ce projet dépasse le cadre d’un simple traité scientifique. Avec ses codes, ses règles internes, ses congrès secrets et son fonctionnement collectif, Bourbaki prend la forme d’une véritable société intellectuelle fermée. Rejoints dans les décennies suivantes par de jeunes prodiges comme Jean-Pierre Serre ou Alexandre Grothendieck, les Bourbakis deviennent une référence incontournable, au point d’exercer une influence internationale sur les mathématiques modernes.

    Cette série documentaire retrace ce compagnonnage scientifique unique, l’un des plus passionnants et influents de l’histoire intellectuelle contemporaine, et vous invite dans un monde rarement accessible : celui des mathématiques fondamentales, de leur abstraction, et de la tentative radicale de les organiser comme un langage universel.

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • JO d’hiver 2030 : les atteintes à l’environnement planifiées par le comité d’organisation

    Défrichements de zones forestières, #terrassements, artificialisations, et des #remontées_mécaniques hors du temps, le comité d’organisation des JO d’hiver 2030 envisage de dégrader durement la #montagne pour le business du #ski.

    « Je ne comprends pas comment on peut sacrifier un site pareil », se désole Anna*, habitante pendant vingt-cinq ans des #Confins, le plateau censé accueillir le « #pôle_nordique » des JO 2030, sur les hauteurs de #La_Clusaz (Haute-Savoie). Ça me dépasse, ça m’atteint profondément. Je suis heurtée par ce qu’ils projettent d’y faire. »

    Sur un plan de masse du futur site, on mesure l’étendue des #travaux projetés. Les #pistes_de_ski courent le long de la zone #Natura_2000 des combes des #Aravis, puis descendent vers le futur #stade, sa tribune de 1 500 places, les différentes « #surfaces_JO » – sport, fédération internationale, famille olympique, médias, organisation, parking. Des triangles et des ronds signalent aussi un peu partout sur ce plan la présence d’oiseaux, de crapauds, d’écureuils roux, de vipères aspics, et l’Azuré du serpolet, un papillon présent dans la zone, comme dans plusieurs #zones_humides.

    Sur ce site, des terrassements colossaux sont prévus notamment pour la « sécurisation du réseau de #neige » – l’approvisionnement en #eau de plusieurs dizaines de #canons_à_neige – par un circuit souterrain possiblement relié à l’une des #retenues_d’eau du #domaine_skiable. La facture des travaux, estimée en décembre 2025 à 13,5 millions d’euros, pourrait encore grimper avec l’ajout récent sur ce site des épreuves paralympiques de ski de fond et de biathlon, le centre nordique existant ne disposant ni de pas de tir ni d’équipements adaptés au #handicap.

    Vendredi 19 juin, le bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (#Cojop) des #Alpes_françaises 2030 a validé sa carte des sites, et la localisation de ses quatre grands pôles : la glace à #Lyon, le freestyle à #Briançon (Hautes-Alpes), l’alpin à Val-d’Isère et à #Courchevel (Savoie), et le nordique au #Grand-Bornand et à La Clusaz (Haute-Savoie) en vue de sa présentation à la 146e session extraordinaire du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse), mercredi 24 et jeudi 25 juin. Mais c’est lors de l’assemblée générale du Cojop que ces décisions doivent être adoptées, le 29 juin.

    Des terrassements considérables

    La première version de la #feuille_de_route_environnementale élaborée par le Cojop et le secrétariat général à la planification écologique (SGPE), le 13 avril 2026, promet de « limiter l’#empreinte_environnementale des jeux » et de « minimiser l’impact des aménagements des pistes sur les espaces naturels ». Mais elle intègre déjà une possible « #compensation_volontaire » de ces dégâts, « via des projets locaux de conservation et restauration d’écosystèmes » à hauteur de 100 hectares.

    Dans un avis récent, le groupe régional d’expertise sur le climat (Grec) Alpes-Auvergne alerte sur les effets des JOP 2030 dans le contexte « d’un environnement montagnard déjà fragilisé par le réchauffement climatique auquel les émissions de gaz à effet de serre liées aux JOP contribuent ». Et sur la faune et flore « déjà sous pression » notamment du fait de la fréquentation humaine accrue.

    Dans sa feuille de route, le Cojop annonce vouloir réutiliser à hauteur de 90 % des #infrastructures existantes « pour les sites de compétition », et aussi limiter à 30 hectares l’artificialisation « sur l’ensemble des projets pérennes ».

    Mais certains « points d’attention » révèlent sa parfaite connaissance des atteintes à l’environnement les plus sévères : « potentiel terrassement à La Clusaz », « parkings éventuels à #Montgenèvre », « nouvelle piste impliquant défrichement à Montgenèvre », « impact pour les prairies permanentes et les #forêts et la #biodiversité de l’aménagement des fronts de neige ».

    À Montgenèvre (Hautes-Alpes), station du Briançonnais, 3,2 hectares de mélèzes de la #forêt du Prairial doivent en effet être défrichés pour y créer des pistes de snowboardcross et de skicross nécessitant un parcours de bosses et de virages relevés. « Il n’y a rien, il faut créer ces pistes de toutes pièces, ça implique des terrassements considérables, après ce déboisement », commente un membre du Collectif citoyen JOP 2030.

    Absence d’enquête environnementale

    L’ajout d’épreuves de ski-alpinisme, plus en altitude, sur le massif du #Chenaillet, à partir du site du rocher de l’Aigle, inquiète aussi les associations qui portent un projet de protection de la zone depuis quarante ans, et poussent à son classement en réserve naturelle régionale (RNR).

    « C’est un site géologique mondialement connu, ce n’est pas une bonne idée de faire du ski-alpinisme sur ce site », déplore Bernadette, habitante de la commune voisine de Cervières.

    « Il y a des laves en coussins dans un état extraordinaire, comparables à ce que l’on peut observer à 2 400 mètres sous l’océan Atlantique, et tout le cortège de roches qui l’accompagne, explique Claude Rémy, de l’association Arnica Montana. Mais vous y trouvez aussi des plantes protégées, endémiques comme l’Aethionema de Thomas, une petite plante extrêmement rare, et des lichens. »

    –-

    Des maires des JO sous l’œil de la justice

    #Xavier_Mattis, le maire de Val-d’Isère, dont la commune accueillera les épreuves techniques de ski alpin, a vu son élection invalidée par le tribunal administratif le 22 mai. Son entreprise, la SARL #L’Avalain, étant chargée du déneigement de Val-d’Isère, par contrat renouvelé depuis 2020, il n’avait pas le droit de se présenter – en vertu de l’article L231 du Code électoral. Il a fait appel, le 23 juin, en annonçant crânement avoir « posé un genou à terre mais pas deux ».

    #Jean-Luc_Boch, le maire de La Plagne-Tarentaise, et président de l’association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), lui aussi concerné par d’importants travaux liés aux JO (ascenseur valléen, et piste de bobsleigh), fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « #prise_illégale_d’intérêts » entre les mains d’une juge lyonnaise après une plainte d’Anticor. Son entreprise, #Boch_et_Frères, a aussi déneigé La Plagne jusqu’en 2016, mais le maire a surtout introduit un promoteur, #Pelletier, acheteur de terrains à la mairie, en 2017, pour une opération immobilière, #Lodges_des_Alpages, dont Boch et Frères a effectué le terrassement. Il est présumé innocent.

    #Jean-Yves_Pachod, le maire de Courchevel, haut lieu de la future compétition, s’est vu reprocher par la chambre régionale des comptes la mise à disposition irrégulière d’un véhicule par l’office du tourisme. Plus récemment, des investigations sont en cours à la suite du déclassement du rez-de-chaussée du bâtiment de l’office du tourisme, en cœur de la station, afin de le louer à un bijoutier, représentant exclusif de la marque Rolex. Dans ce dossier, la brigade de recherches de Chambéry a perquisitionné la mairie et l’office du tourisme en décembre.

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    880 espèces de #plantes dites supérieures y ont été inventoriées. Sans être « opposé par principe aux JO », le scientifique demande « la protection urgente » du #Chenaillet. Il s’étonne aussi de l’absence d’enquête environnementale s’agissant du défrichement de la #forêt_du_Prairial qui héberge « une chouette forestière protégée », la #chouette_de_Tengmalm.

    Au nord de Briançon, sur le domaine skiable de #Serre-Chevalier, la future piste de ski à bosses est aussi « à construire entièrement », sur des zones boisées.

    Un « Monopoly » géant

    Le « Monopoly » géant auquel se livre le Cojop sur la montagne ne fait que commencer. Trois maires des stations emblématiques de La Plagne, Courchevel et Briançon poussent des projets d’#ascenseurs_valléens, respectivement chiffrés à 101, 74,8 et 26 millions d’euros.

    À Briançon, le maire a convaincu le Cojop d’installer un #village_olympique au #fort_des_Trois_Têtes, une fortification militaire du XVIIIe siècle à l’abandon – sans eau, ni éclairage ni aucun réseau. Ce fort a été inscrit parmi les réalisations de Vauban sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008.

    Initialement évaluée à 295 millions, désormais « réduite » à 133 millions d’euros, cette opération immobilière hors norme vise à réhabiliter puis à commercialiser, en logements, commerces et hôtel, 17 000 mètres carrés de plancher sur un périmètre de 41 hectares entourés par 4,5 kilomètres de remparts à entretenir, en y incluant une usine abandonnée située en contrebas.

    Estimé à 51,84 millions d’euros, le village des athlètes promet de peser lourd aussi en Haute-Savoie, à #Saint-Jean-de-Sixt, à 3 kilomètres de La Clusaz. Mais un bâtiment de 41,67 millions d’euros sera aussi construit au #Grand-Bornand, à 3 kilomètres de là, pour y être mis à disposition du Cojop. Si l’on ajoute un « #pôle_indoor » prévu au village de La Clusaz, pour 21,7 millions, l’addition qui s’élève à 115 millions construits en dur place le département au niveau de ses voisines.

    En Savoie, 78,5 millions d’euros doivent être investis pour le futur village olympique de #Bozel, qui n’accueillera finalement que les athlètes du site de Courchevel, situé à 18 kilomètres – les épreuves techniques de ski alpin ayant échappé à Méribel au profit de #Val-d’Isère. Mais en Savoie, des fonds importants sont aussi prévus pour la remise à niveau de la piste de bobsleigh de La Plagne, soit 43 millions d’euros, et une prolongation du tremplin de saut à ski de Courchevel, pour 43,6 millions d’euros.

    Le fait accompli

    Ce ruissellement de #fonds_publics au prétexte des JO est ouvertement attendu par certains maires pour soutenir la #promotion_immobilière dans leurs stations. Pour la population, c’est encore l’incertitude, notamment sur la réelle contribution des communes. L’information n’a été donnée qu’au compte-goutte, et des consultations débutent, selon des modalités diverses et variées, au moment où les appels d’offres sont déjà passés.

    Constatant les « démarches lancées en parallèle, voire en amont », le Grec Alpes-Auvergne pointe aussi le « risque évident » de voir la feuille de route environnementale « établie pour tenir compte du fait accompli plutôt que pour permettre aux décideurs en charge d’en intégrer les préconisations dans leurs prises de décisions et initiatives ».

    Après avoir été assignée par plusieurs ONG devant les juridictions administratives pour lui enjoindre « d’organiser une mesure de participation du public », la #Société_de_livraison_des_ouvrages_olympiques (#Solideo) a saisi d’elle-même, le 22 avril, la Commission nationale du débat public (CNDP) pour qu’elle désigne des garants de plusieurs « concertations préalables » : pour l’aménagement du site de ski de fond de La Clusaz, le projet d’ascenseur valléen de La Grande Plagne et l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre.

    Réunions publiques prévues

    Mais l’établissement public a entrepris d’organiser ses propres réunions de concertation, hors CNDP, sur les autres sites à Briançon, à Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie), au Grand-Bornand et ailleurs.

    Le 9 juin, les deux garants désignés par la CNDP ont demandé au Cojop et à la Solideo d’expliquer cette différence de traitement.

    À La Clusaz, le maire, #Didier_Thévenet, un proche du président du Cojop, #Edgar_Grospiron, a formalisé l’engagement de sa commune en faisant voter, en décembre 2025, le transfert de la maîtrise d’ouvrage des aménagements du site des Confins à la Solideo. « Tout a été décidé en cinq minutes, relève Anna*. On n’a jamais été consultés pour ces JO. » Questionné durant l’automne, le maire prétendait n’avoir « aucune information ». En décembre, il a salué « les nombreuses relations de travail déjà établies » avec la Solideo.

    Sans trop attendre, l’établissement a lancé ses premiers appels d’offres en mars pour l’assistance à maître d’ouvrage de l’aménagement du « pôle nordique » des Confins.

    Dans leur note du 9 juin, les garants de la CNDP ont rappelé que la concertation devait « débattre d’abord de l’opportunité du projet », « des alternatives » et intégrer « l’option zéro », à charge pour la Solideo et le Cojop de préciser « ce que le projet apporte au public et aux territoires ». À ce stade de « la concertation préalable », la décision de faire le projet « n’est pas encore prise » et il importe de laisser « les champs ouverts aux débats ».

    La réunion publique prévue par la commune de La Clusaz, fin septembre, devrait intégrer ces préconisations, et non pas seulement annoncer les gagnants des appels d’offres.

    À Briançon, le même scénario s’est mis en place pour les rénovations du fort des Trois Têtes et de l’usine de la Schappe. L’appel à candidatures ayant été lancé dès juillet 2025, l’annonce du choix des « lauréats » pour le fort – #Linkcity (#Bouygues_Construction), les promoteurs #Edifim et #Elegia ainsi que l’architecte #Philippe_Prost – et l’usine – #Icade_Promotion et les architectes #Jean-Michel_Wilmotte et #Nathalie_d’Artigues – a précédé les réunions de « concertation » de la Solideo et du maire, #Arnaud_Murgia, un ancien secrétaire national de l’UMP élu pour la première fois à Briançon en 2020.

    Ironie de l’histoire, le projet actuel reprend les grandes lignes d’un #aménagement soutenu par l’ancien maire socialiste et vendu par un promoteur depuis mis en examen pour #escroquerie.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/250626/jo-d-hiver-2030-les-atteintes-l-environnement-planifiees-par-le-comite-d-o
    #jeux_olympiques #Alpes #JO2030 #environnement #forêt #déforestation #artificialisation_des_sols #coût

  • Entre droite et extrême-droite, une radicalisation électorale de la #bourgeoisie
    https://atlas-social-de-france.fr/index.php?id=1279

    Lors du scrutin présidentiel de 2022, trois principaux candidats se sont affrontés dans l’espace politique de la droite (Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Éric Zemmour). Mais pourquoi considérer E. Macron, classé « au centre » dans les catégorisations médiatiques dominantes, comme un candidat de #droite ? Et pourquoi y intégrer É. Zemmour alors qu’il est, avec M. Le Pen, une des incarnations de l’#extrême_droite électorale ? La socio-géographie électorale des votes pour ces candidats permet de répondre à ces questions et d’éclairer les recompositions politiques en cours à droite de l’échiquier politique.

    #élections

  • À #Briançon, le #Village_Olympique est attribué à…

    La nouvelle est donc tombée en début de matinée ce mercredi 9 juin, les deux opérateurs ont été choisis pour aménager l’ensemble du site de Briançon, et donc également le Village, pour les Jeux Olympiques Alpes 2030.

    Mais le suspens n’était pas si grand, puisque si deux groupements étaient en concurrence pour le Village lui-même, situé dans l’ancien Fort Vauban, un seul était en lice pour le site en contrebas, une ancienne usine sur les berges de la Durance.

    #Linkcity (développeur immobilier de #Bouygues_Construction) associé à #Edifim et #Elégia pour le #Fort_des_Têtes (Philippe Prost & associés architectes et Moon architecture), et #Icade_Promotion (J-M Wilmotte et N. D’Artigues) pour l’ancienne usine de la #Schappe : près d’une année après avoir lancé les consultations, la #Solideo_Alpes_2030 vient d’annoncer les groupements lauréats pour le site olympique briançonnnais, qui accueillera 522 athlètes dans les épreuves freestyle (snowboard et ski).

    Ces deux sites ont de nombreuses contraintes, qui expliquent certainement les difficultés à faire rentrer l’ensemble du programme pour répondre aux exigences du COJOP Alpes 2030 et du CIO, notamment en terme d’accessibilité (nécessité d’ouvrir le for pour les besoins du chantier, et de l’accessibilité ensuite tant en phase Jeux qu’en phase héritage, manque de stationnement à l’intérieur, manque de surfaces pour l’hébergement…).

    Le Fort des Têtes (abandonné par l’Armée depuis une trentaine d’années) est classé au titre des Monuments historiques, et il est aussi inscrit au patrimoine Mondial de l’Unesco, tout comme la Vieille Ville de Briançon et ses remparts, et les forts qui la protègent…
    Quant à l’usine de la Schappe …

    Quant à l’usine de la Schappe, elle possède encore une partie des systèmes hydrauliques et mécaniques qui permettaient la production de l’électricité indispensable à son activité. Ces témoignages du passé étant « dans le viseur » de la DRAC PACA (Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Région Sud (PACA).

    Enfin, le programme comprend aussi un #téléporté reliant les deux sites, via la ville historique de Briançon. Un projet ambitieux, coûteux pour les finances publiques (30 M€ environ d’investissement sans compter le fonctionnement), et qui devra être « rentable » de par le nombre de personnes transportées… et qui là se heurte à des contraintes architecturales et patrimoniales conséquentes, puisque tout est classé au titre des Monuments historiques.

    L’été sera donc un moment important pour entrer dans les détails, et la technique des trois différents projets qui sont liés, et qui vont changer irrémédiablement la ville de Briançon, et la fait entrer dans l’histoire, non plus militaire, des frontières et des confins, mais du sport et des Jeux Olympiques.

    histoire à suivre…

    https://nosalpes.eu/fr/2026/06/10/a-briancon-le-village-olympique-est-attribue-a

    #JO #jeux_olympique #France #JO2030

  • Starbucks Korea CEO fired after ‘Tank Day’ promo evokes brutal crackdown on democracy
    https://edition.cnn.com/2026/05/19/business/starbucks-korea-ceo-fired-tank-tumbles-intl-hnk

    Starbucks Korea’s promotional ad for “Tank Day,” left, and the company’s statement of apology / Yonhap

    19.5.2026 SeoulReuters - The head of Starbucks Korea has been fired after a marketing campaign sparked public outrage for evoking painful memories of a brutal military crackdown on pro-democracy protesters in 1980.

    Shinsegae Group, the retail conglomerate that licenses and manages the US coffee chain in South Korea, said it had sacked Sohn Jeong-hyun, the head of Starbucks Korea, for carrying out “inappropriate marketing.”

    Sohn’s dismissal came hours after Starbucks launched its “Tank Day” campaign on Monday promoting what it called its “Tank” line of tumblers with the tagline “put it on the table with a sound of ‘Tak!’”

    Monday also marked Democratisation Movement Day, which commemorates the student-led Gwangju Uprising of May 1980, and the campaign drew strong criticism in South Korea.

    Hundreds of people are estimated to have died or gone missing when the military dictatorship of Chun Doo-hwan deployed troops and tanks to crack down on the protests. Many details remain unconfirmed, including who gave the order to open fire on the protesters. Chun finally stepped down in 1988 amid growing calls for democracy.

    Critics also questioned the use of the phrase “tak” for echoing explanations by South Korean police in 1987 for the death of a student protester, who was found to have been tortured. At the time, police said the student died after investigators struck a desk making a “tak” sound, according to local media reports.

    Reuters was unable to reach Sohn for comment and Starbucks Korea declined to make him available for comment, saying he had already left the company. The company has withdrawn the campaign.

    Writing on X on Monday, South Korean President Lee Jae Myung said he was “enraged” by Starbucks’ campaign and demanded it apologize to families of people killed during the uprising.

    The campaign “tarnished the bloody protests of Gwangju citizens and the victims of the protests,” Lee said, calling it the act of a “degenerate peddler.”

    Starbucks Korea posted a statement on its website apologizing for the promotion while Shinsegae Group Chairman Chung Yong-jin also issued a public apology.

    “I deeply bow in apology as the representative of the group,” Chung said. The marketing “deeply hurt the public, the bereaved families, and the victims of the May 18 demonstration.”

    Shares of Shinsegae’s discount retail chain E-Mart 139480.KS, which owns a 67.5% stake in Starbucks Korea that is now called SCK Company, ended down 5.5% at the close of trade in Seoul.

    Starbucks Global also issued a statement on Tuesday, saying it was sorry about what had happened and that an investigation had begun.

    “We sincerely apologize to the people of Gwangju, to those impacted by this tragedy, and to our customers and communities,” a spokesperson at Starbucks Global said in an email to Reuters.

    “Leadership accountability actions have been taken, and a thorough investigation is underway,” the spokesperson said. “We are implementing stronger internal controls, review standards, and company-wide training to ensure this does not happen again.”

    Gwangju Uprising, May 18 Democratization Movement (Korean: 오일팔 민주화 운동)
    https://en.wikipedia.org/wiki/Gwangju_Uprising

    The Gwangju Uprising, also known in South Korea as May 18 Democratization Movement (Korean: 오일팔 민주화 운동),[b] was a series of student-led demonstrations that took place in Gwangju, South Korea, in May 1980, against the coup d’état of May Seventeenth by Chun Doo-hwan that strengthened his power. Chun had previously taken power and become military dictator through the coup d’état of December Twelfth at the end of 1979. He implementated martial law, arrested opposition leaders, closed all universities, banned political activities, and suppressed the press. The uprising was violently suppressed by the South Korean military who retook Gwangju. Between 600 and 2,300 people were killed.

    Starbucks under fire for ’Tank Day’ promotion on Gwangju Uprising anniversary - The Korea Times
    https://www.koreatimes.co.kr/business/companies/20260518/starbucks-under-fire-for-tank-day-promotion-on-gwangju-uprising-annive

    18.5.2026 by Ko Dong-hwan - Starbucks Korea faced backlash Monday, as the nation commemorated the May 18 Uprising, for using phrases in a product promotion that were seen as provoking sentiment against the historic event.

    The major coffee chain shut down the event amid a flood of online criticism and issued an apology.

    The controversial phrases included “Tank Day,” the event’s title, which evoked memories of the military vehicles used by former President Chun Doo-hwan to suppress protesters in Gwangju in 1980. Citizens had risen up against his military regime, demanding an end to martial law and the establishment of a democratic system.

    The promotion offered a 10 percent discount on the Colorful Tank Tumbler Set and a 21 percent discount on the Tank Duo Set.

    The company admitted that it had discovered “inappropriate phrasing during our promotion of the Dante, Tank and Nasu tumbler series, which was part of our Buddy Week event running from May 15 to 26.”

    The promotion also used the phrase “Put it on the table with a sound of ‘Tak!’” — wording that evoked the infamous explanation tied to the 1987 torture death of student activist Park Jong-chul. The incident later became a major catalyst for the country’s democracy movement.

    Photo
    A Starbucks shop in Seoul displays its tumbler lineup, May 6. Yonhap

    At the time, police claimed Park died after investigators struck a desk with a “tak” sound, prompting him to collapse with an “eok” sound — an explanation that later became a widely criticized symbol of the military regime’s attempts to conceal torture and state violence.

    Starbucks’ use of these historically sensitive words stirred online backlash and prompted criticism that the promotion abused public sentiment surrounding the 1980 Gwangju Uprising and the death of Park.

    A civic group representing victims and bereaved families of the Gwangju uprising accused Starbucks Korea of “damaging the spirit of the democracy movement through a shallow understanding of history.”

    “We strongly condemn Starbucks Korea and urge the company to provide a proper explanation and apology,” the group said in a statement.

    Starbucks Korea responded by suspending the event, saying, “We sincerely apologize for causing concern and discomfort to customers.”

    The latest incident is stirring long-standing criticisms of Chung Yong-jin, the conservative chairman of Shinsegae. Emart, an affiliate of Shinsegae Group, is the largest shareholder of Starbucks Korea. Online users have been resharing Chung’s past posts captioned with the hashtag “myeolgong,” meaning eradicate communism.

    In that sense, Kwon Young-kook, chairman of the minor opposition Justice Party, said, “this controversy cannot be dismissed as a mere coincidence or mistake. Chung has never tried to hide his far-right leanings,” adding that “the owner’s usual conduct should be seen as having encouraged such wording during the approval and review process.”

    Amid the backlash, Chung dismissed Starbucks Korea CEO Sohn Jeong-hyun, who took responsibility for the contentious campaign.

    Later in the day, President Lee Jae Myung, who visited Gwangju for a ceremony commemorating the pro-democracy movement, also criticized Starbucks Korea for holding the event on a date associated with victims of military rule.

    “I am outraged by the inhumane behavior of profiteers who deny the values of the Republic of Korea, fundamental human rights and democracy,” Lee wrote on social media platform X.

    Bienvenu au Tankfest !
    Nos amis anglais amateurs de véhicules massifs toujours aussi imperturbables ...

    TANKFEST 202626-28 June 2026
    https://tankmuseum.org/events/tankfest

    Mk IV Female

    Guest Vehicles - Find out what’s joining us at TANKFEST 2026
    ...
    Mk IV Female

    From closer to home, The Norfolk Tank Museum will be displaying Deborah II, its World War One Mk IV Female replica.

    It’s an exceptional re-construction of tank that was lost during the Battle of Cambrai – near where its remains are on public display today. It was built for a documentary marking 100 years of the battle which featured Guy Martin.

    The Tank Museum
    Bovington
    Dorset
    BH20 6JG
    UK

    https://en.wikipedia.org/wiki/Mark_IV_tank

    A total of 1,220 Mark IVs were built: 420 “Males”, 595 “Females” and 205 Tank Tenders (unarmed vehicles used to carry supplies), which made it the most numerous British tank of the war. The Mark IV was first used in mid 1917 at the Battle of Messines Ridge. It remained in British service until the end of the war, and a small number served briefly with other combatants afterwards.

    #Corée #starbucks #histoire #marketing #boulet

  • This morning I met the “QAnon Shaman,” and here are ten takeaways from our conversation
    https://boingboing.net/2026/04/30/this-morning-i-met-the-qanon-shaman-and-here-are-ten-takeaways-from-our-

    Jacob Chansley. Photo: Johnny Silvercloud/shutterstock.com Jacob Chansley. Photo: Johnny Silvercloud/shutterstock.com

    On dit qu’on peut combattre le feu par le feu. Soit, mais je doute que ça marche avec le #protestantisme.et le #shamanisme.

    #USA #QAnon #boulets #religion #ésotérisme #wtf

    30.4.2026 by Jennifer Sandlin - This morning, I met Jacob Chansley, who also goes by Jake Angeli. If you don’t recognize those names, you probably know him as the “QAnon Shaman.” As I was walking across the campus where I work, I spotted a man decked out in flag-covered clothes, wearing a large and colorful Native American headdress. He was holding a massive, hand-lettered sign that read: “TRUMP IS A RAPIST. TRUMP IS A PEDOPHILE. TRUMP IS ALL OVER THE EPSTEIN FILES.” I immediately thought, is that who I think it is? I’ve studied him, as part of my academic research on QAnon and conspiracy theories more broadly, and have written about him many times here at Boing Boing — but could this possibly be happening in real life? I approached him and asked: “Are you Jacob Chansley?” He said that yes, he was. “Are you really him? The QAnon Shaman?” And he said, again, that he was. So I told him I’ve been following his work for some time, researching him, QAnon, and conspiracy theories, and asked if he had some time to chat. “Absolutely!,” he answered. So I sat on a bench with him for the next hour or so and asked him all kinds of questions. Here are ten takeaways from our conversation:

    1. He’s never actually called himself “QAnon Shaman.” He explained that, rather, he was labeled as such by the news media after that famous photo of him, face and body painted red, white, and blue, wearing a fur headdress with buffalo horns, and screaming into the sky, exploded through popular culture after the January 6, 2021 U.S. Capitol attack, where he was front and center. He thinks the media, the MAGA movement, the Trump regime, and even QAnon used the label and the image to dismiss him as a joke or a ’crazy person’ so nobody would have to take his ideas seriously. He now calls himself “America’s Shaman.”

    2. He just published a new book. It’s called “Shamanic Apocalypse.” He loaned me a copy. On the back cover, he writes: “You want the Truth? The Truth is always stranger than fiction. Shaman is a Siberian term and it means The One Who Knows. Apocalypse is a Greek term and it means a Revelation of Truth. The Shamanic Apocalypse is when The One Who Knows Reveals Truth.”

    3. It’s worth reiterating that he is now a vocal critic of Trump. He says in his new book, “I disavowed Trump after his clear betrayal of the American people in favor of Israel and Epstein’s clients.” While I sat chatting with him, many people approached him to tell him they liked his sign, to get selfies with him, or to chat. Some of the folks who approached were fans who had met him in the past at conservative gatherings such as those hosted by Turning Point USA. Some were clearly still Trump fans and weren’t thrilled about Jacob’s sign. When they expressed skepticism, Jake pulled out a giant binder stuffed with printouts from the Epstein files, and showed them email after email with proof that Trump is beyond implicated in the files.

    4. I asked if he’d reached out to Marjorie Taylor Greene, since they have both turned against Trump and have become loud critics of the Trump regime’s cover-up of the Epstein files. He said absolutely not — he is not allied with MTG and in fact believes she is “controlled opposition,” and not to be trusted.

    5. He told me he practices “heyoka shamanism,” which is a type of sacred clown shaman grounded in the Sioux culture. He used the metaphor of walking backwards through society, doing the opposite of what people expect in terms of politics, religion, and more. To me it sounded like he positions himself as holding a mirror up to society to reveal its absurdities, taking on the role of a jester, or a satirist who speaks the truth.

    6. While I was chatting with him, a white woman in her 60s approached him to tell him that it was offensive for him to be wearing the headdress, which she explained was sacred for Native Americans. And he answered that he actually wears it specifically because it’s sacred, and told her that he’s part Native American. This same woman was wearing a very large Aztec sun calendar necklace. So Jacob asked her, “Oh, are you Aztec?” She admitted that she wasn’t. When she walked away, the QAnon Shaman and I both chuckled about this. Just to be clear, I don’t think he should be wearing the headdress.

    7. While he’s changed his tune about Trump, he’s still fully trafficking in anti-Semitic and racist conspiracy theories, specifically around “the Rothschilds” being “behind Ukraine, Israel, COVID,” and more. To be clear, I find this abhorrent.

    8. He claims he was never actually a fan of Trump, per se. Rather, he explained that he aligned with the segment of the QAnon movement that rallied around “protecting the children,” which, of course, was still highly problematic. He explained that he only supported Trump insofar as Trump promised to keep children safe, and changed his mind about Trump when it became clear that Trump had lied about that.

    9. His big passion is “environmental justice,” and has been for decades. What he means by that concept is vastly different than how I define it, however. He’s been trying to forward ideas about what he describes in his book as “classified” technologies like Zero-Point Energy Engines and Tesla Tower Technology, which, he writes, “harness energy from this micro-dimensional level of infinite energy.” This line of thought devolves quickly into anti-Semitic conspiracy theory, however.

    10. He’s a strong critic of data centers, AI, Peter Thiel, Alex Karp, and the rest of the tech bro billionaires. I’m on board with critiquing these folks, but his analysis moves deeply into the metaphysical, spiritual, and conspiratorial realms, which is where I part ways.

    In my conversation with Jacob, I was struck at how absolutely normal he comes across. He presents as smart, well-informed, and thoughtful. It was interesting to meet him in person after reading so much about him and studying QAnon and conspiracy theories and theorists more generally. While I fully condemn dangerous and destructive conspiracy theories and those who spread them, my research seeks, in part, to understand why people are drawn to them in the first place. For that reason, I’m glad I was able to chat with the QAnon Shaman himself. Like most conspiracy theorists, some of the things he says make some sense, but only to a certain point. And this is what makes them so seductive for so many people, and what creates such a dangerous and slippery slope from ’trying to make sense of what’s happening around me’ to ’just asking questions’ to full-blown anti-Semitic, racist, worldview.

    I am glad that he’s openly stating that Trump is a rapist and a pedophile. If he can convince some QAnon or MAGA folks that they should no longer be following Trump, I count that as a good thing.

  • Johann Chapoutot - Une histoire bien connue - Bertolt Brecht : La résistible ascension d’Arturo Ui
    13 mai 2026 - librairie mollat
    https://www.youtube.com/watch?v=PQEGh_nVZd8

    L’accession au pouvoir n’est pas une fatalité démocratique, mais le résultat d’une compromission des élites.

    Johann Chapoutot présente « Une histoire bien connue », qui précède la nouvelle édition de « La résistible ascension d’Arturo Ui » de Bertolt Brecht, traduite par Alexandre Plateau, aux éditions de l’Arche. Entretien avec Nicolas Patin.

    • #théâtre #fascisme #nazisme #Allemagne #histoire #révue

      2026-05-13 — 55 min.

      l’intro chez youtube :

      Retrouvez le #livre : www.mollat.com

      L’historien Johann Chapoutot présente son essai accompagnant une nouvelle édition de l’œuvre de Bertolt Brecht. Cet entretien explore les mécanismes réels de l’arrivée du nazisme au pouvoir en Allemagne dans les années 1930, loin de la légende d’une victoire purement électorale.

      Johann Chapoutot déconstruit le mythe d’une ascension démocratique inéluctable. Il souligne que le pouvoir a été offert par une clique de dirigeants conservateurs — tels que Paul von Hindenburg ou Franz von Papen — mus par des intérêts personnels et financiers triviaux. La discussion met en lumière la clairvoyance de Bertolt Brecht qui, dès 1941, transposait cette tragédie dans le milieu du #banditisme, révélant la médiocrité des acteurs politiques de l’époque.

      L’échange aborde également la #sociologie du vote. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les classes ouvrières qui ont porté ce mouvement, mais une #bourgeoisie patrimoniale hantée par la peur du déclassement et du communisme. Johann Chapoutot fait le lien avec ses travaux sur l’irresponsabilité des élites et justifie l’usage de l’analogie historique pour éclairer les fragilités des #démocraties contemporaines face aux tentations du #libéralisme_autoritaire.

      0:00 Introduction
      1:13 L’œuvre de Bertolt Brecht : une parabole du banditisme politique
      3:04 Dialogue entre recherche historique et création théâtrale
      4:45 Les racines de Bertolt Brecht et son rapport au politique
      8:09 Le mythe de l’accession « légale » au pouvoir en 1933
      10:52 L’alliance entre l’extrême centre et l’extrême droite
      15:34 Médiocrité et intérêts privés des élites conservatrices
      26:40 Du présidentialisme à l’état d’urgence permanent
      31:35 La chute électorale des radicaux avant janvier 1933
      41:15 Sociologie du vote et basculement des secteurs sociaux
      48:42 L’analogie historique comme outil de compréhension du présent

    • Justement vendredi Chapoutot était attendu ici en dédicace à la Comédie du livre, le salon du livre de #Montpellier. Je suis passé plusieurs fois devant son stand, mais il n’est jamais venu (du coup par déception tout son fan club de l’Hérault a viré nazi). En revanche il était bien le soir en « table ronde » au Gazette café.

      Initialement j’ai convaincu mes gamins d’y aller ensemble, parce que Chapoutot tout de même (« c’est qui ? », apparemment mes enfants et moi on n’a pas le même internet). Mais quand j’ai vu le sujet – Brecht (« c’est qui ? ») –, finalement on n’y pas allés parce que pour eux c’est un peu costaud. La libraire le lendemain m’a confirmé que oui, c’était très bien, mais vraiment c’était costaud.

      Sinon le lendemain au stand d’à côté, avec Mecton on a discuté avec Olivier Mannoni, l’auteur de Traduire Hitler, et ça tombait bien vues nos nouvelles opinions politiques de déçus du chapoutisme.

  • Jared Kushner’s Dual Role : Trump Peace Envoy and $6 Billion Fund Manager - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/features/2026-05-14/jared-kushner-s-dual-role-trump-peace-envoy-and-6-billion-fund-manager

    Les indigents dirigeants arabes sont déçus, ils pensaient acheter de l’influence en arrosant le gendre de Trump.

    Je suis certain qu’ils vont penser qu’il a besoin d’être arrosé encore plus.

    #bouffons

  • Contemplating Cohen
    https://www.contemplating-leonard-cohen.com


    Voilà de la spiritualité. A prendre autant au sérieux que le sacasme.

    Hinführung zur Zen-Buddhistischen Praxis
    anhand der Texte von Leonard Cohen
    In Berlin in English for most part!
    Berlin 24. 02. 2024
    Ausverkauft
    Eventl. Restplätze auf telefonische Anfrage
    10:00 - 17:30 Uhr
    Zen-Dojo Berlin-Karlshorst
    Stühlinger Str. 21
    10318 Berlin

    Anmeldung
    Saarbücken
    In Planung für Sommer 2024

    Voranmeldung
    Über das Seminar
    Das Seminar in Berlin wird zum Großteil auf Englisch gehalten!
    The seminar in Berlin will mainly be held in English language.

    Musikbeispiele, Meditation, manche Vorträge auf deutsch... auch für non-English speakers ist das Seminar interessant.

    Inhalt (English text below)

    Dieses eintägige Seminar wirft ein poetisches Licht auf die Zen-Buddhistische Tradition und bringt uns gleichzeitig dem Menschen und spirituellen Sucher Leonard Cohen nahe. Es beinhaltet eine Einführung in die Zen-Meditation. Vorerfahrungen sind hierfür nicht notwendig. Wer nicht auf einem Meditationskissen auf dem Boden sitzen möchte, kann auf einem Stuhl sitzen.

    Leonard Cohen, einer der beliebtesten Musiker und Dichter der Welt, berührte die Herzen unzähliger Menschen rund um den Globus. Ende der 60er Jahre lernte er seinen Zen-Meister Joshu Sasaki Roshi kennen, der später sein engster Freund und Weggefährte wurde. Nach 25 Jahren meditativer Praxis zog sich Cohen sechs Jahre lang in die Einsamkeit eines Zen-Klosters zurück und wurde zum Zen-Mönch (Mönchsname „Jikan“) ordiniert - eine entscheidende Zeit seines Lebens, in der die spirituelle Praxis seinen kreativen Prozess neu entfachte.

    Auf diesem Seminar werden die beiden Freunde und Zen-Mönche Koshin Chris Cain und Shingen Jan Gaensslen* darüber reflektieren, wie Cohen seine Zen-Erfahrungen in seinen Songs persönlich-poetisch ausdrückte. Manche seiner Texte sind eindeutig auf den Zen-Weg und die Lehre seines Meisters Joshu Roshi bezogen, häufiger jedoch sind es einzelne Zeilen und Strophen, die wie kostbare Juwelen in Cohens Werk verwoben sind.

    Content

    This one-day seminar sheds a poetic light on the Zen Buddhist tradition while introducing us to the human being and spiritual seeker Leonard Cohen. It includes an introduction to Zen meditation. No previous experience is necessary for this. If you don’t want to sit on a meditation cushion on the floor, you can sit on a chair.

    Leonard Cohen, one of the world’s most popular musicians and poets, touched the hearts of countless people around the globe. At the end of the 1960s he met his Zen master Joshu Sasaki Roshi, who later became his closest friend and companion. After 25 years of meditative practice, Cohen retreated into the solitude of a Zen monastery for six years and was ordained as a Zen monk (monk’s name „Jikan“) - a pivotal time in his life in which spiritual practice re-ignited his creative process.

    At this seminar, the two friends and Zen monks Koshin Chris Cain and Shingen Jan Gaensslen will reflect on how Cohen personally and poetically expressed his Zen experiences in his songs. Some of his texts are clearly related to the Zen path and the teachings of his master Joshu Roshi, but there are individual lines and verses that are woven into Cohen’s work like precious jewels.

    Seminarleiter

    Koshin und Shingen praktizierten in den 90er Jahren Seite an Seite mit Leonard Cohen im Kloster „Mt. Baldy Zen Center“.

    Koshin Christopher Cain, geb. 1965 in London, wuchs in England und später in North Carolina, USA auf. 1990 zog er in das Kloster „Mt. Baldy Zen Center“ in Kalifornien, wo er unter Zen-Meister Joshu Sasaki Roshi Mönch wurde und 1999 von zum Osho (Priester) geweiht wurde. Koshin ist heute der vorstehende Abt und Lehrer des Puget Sound Zen Centers in den USA und des Rinzai Zen Senters Oslo in Norwegen.

    Shingen Jan Gaensslen, geb. 1970 in München, praktiziert Zen-Buddhismus seit 1991. 1994 zog er in das Kloster „Mt. Baldy Zen Center“, wo er unter dem Zen-Meister Joshu Sasaki Roshi die Mönchs-Ausbildung durchlief. 2003 wies Roshi ihn an, zurück nach Deutschland zu ziehen, wo er heute in Berlin eine Zen-Gruppe leitet und Klavier unterrichtet. Er hat einen 18-jährigen Sohn und eine 9-jährige Tochter.

    „Ich gebe zu, dass ich mir manchmal einen Grund ausgedacht habe, an Leonards Tür zu klopfen. Er lud mich immer ein, las mir oft den neuesten Vers von dem vor, woran er gerade arbeitete...“ Koshin

    "Einmal vertraute Leonard mir an, dass Roshi ihm aufgetragen habe, Gedichte zu der Beziehung zwischen „incomplete and complete love“ zu schreiben. Seine Platte „10 New Songs“, die er nach seiner Klosterzeit herausbrachte, ist voller Reflexionen zu diesem Thema." Shingen

    Seminar leaders

    Koshin and Shingen practiced side by side with Jikan Leonard Cohen at Mt. Baldy Zen Center in the 1990s.

    Koshin Christopher Cain, born in London in 1965, grew up in England and later in North Carolina, USA. In 1990 he moved to the „Mt. Baldy Zen Center“ monastery in California, where he became a monk under Zen master Joshu Sasaki Roshi and was ordained an Osho (priest) in 1999. Koshin is now the presiding abbot and teacher of the Puget Sound Zen Center in the USA and the Rinzai Zen Senters Oslo in Norway.

    Shingen Jan Gaensslen, born in Munich in 1970, has been practicing Zen Buddhism since 1991. In 1994 he moved to the „Mt. Baldy Zen Center“ monastery, where he trained as a monk under Zen master Joshu Sasaki Roshi. In 2003, Roshi told him to move back to Germany, where he now leads a Zen group and teaches piano in Berlin. He has an 18-year-old son and a 9-year-old daughter.

    „I admit that I sometimes made up a reason to knock on Leonard’s door. He always invited me over, often read me the latest verse of whatever he was working on...“ Koshin

    "Leonard once confided to me that Roshi had asked him to write poems about the relationship between incomplete and complete love. His record „10 New Songs“, which he released after his time in the monastery, is full of reflections on this topic." Shingen

    Ablauf

    10:00 Uhr
    Begrüßung, Vorstellung, kurze Meditation
    Leonard Cohen – der buddhistische Jude, der Lieder über Jesus schrieb
    Einführung in die Zen-Meditation
    Love Itself - Wahre Liebe bei Cohen und im Zen

    13:15 Uhr Mittagspause

    14:15 Uhr
    The absent Mare – Leiden und die Suche nach dem wahren Selbst
    Zazen - das Herz der Zen-Meditation
    There is a crack in everything – von der Zerbrochenheit zum Licht
    Abschluss-Ritual
    Diskussion
    17:30 Ende

    Schedule

    10:00 am
    Welcome, introduction, short meditation
    Leonard Cohen – the Buddhist Jew who wrote songs about Jesus
    Introduction to Zen meditation
    Love Itself - True love in Cohen and Zen

    1:15 pm lunch break

    2:15 pm
    The absent Mare – suffering and the search for the true self
    Zazen - the heart of Zen meditation
    There is a crack in everything – from brokenness to light
    Closing meditation/ritual
    Discussion
    5:30 pm end

    Lyrik

    Während des Seminars werden Auszüge aus Songs und Texte zu hören sein wie: Suzann, Anthem, If it be your will, Hallelujah, Heart with no companion, Love Itelf, Boogie Street, Coming Home, Come Healing, The Absent Mare, Gedichte aus dem „Book of Longing“ uvm. Folgendes Gedicht schrieb Leonard während seines Mönchstrainings auf Mt. Baldy:

    Roshi - by Leonard Cohen

    I never really understood
    what he said
    but every now and then
    I find myself
    barking with the dog
    or bending with the irises
    or helping out
    in other little ways

    Kosten/Costs

    Berlin:
    €100
    Frühbucherrabatt/Early Bird Discount:
    €90 (Paid by February 15)

    Termine & Veranstaltungsorte

    24.02.2024 Berlin
    Zen Dojo Berlin-Karlshorst
    Stühlinger Str. 21, 10318 Berlin

    Sommer 2024 Saarbrücken
    In Planung

    Anmeldung

    Jan Gaensslen, Stühlinger Str. 21, 10318 Berlin jgaensslen@gmail.com +49 (0)176 568 200 16

    Postbank Berlin, IBAN: DE78 1001 0010 0281 2231 00
    Share by:

    Leonard Cohen - The Partisan (live in France, 1970)
    https://www.youtube.com/watch?v=XY3sKuiDb7o

    Depuis les sionistes nous ont enseigné que l’antifascisme juif n’a existé que pendant la shoa. On est antifasciste ou on ne l’est pas. La religion et les traditions culturelles ou nationales n’ont aucun rapport avec la lutte contre la configuration fasciste du capitalisme.

    #religion #bouddhisme #judaisme #christianisme #spiritualité

  • Agnes Callamard sur X :
    https://x.com/AgnesCallamard/status/2044068943262892467

    Ainsi, aujourd’hui, au Conseil de sécurité, la Haute Représentante Kaja Kallas a déploré la plus grave violation et effondrement du droit international depuis la Seconde Guerre mondiale, évidente, je cite « dans les deux crises mondiales prééminentes d’aujourd’hui — la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et la guerre au Moyen-Orient ».

    Analyse quantitative rapide de son discours :
    Mention de la Russie : 11
    Mention d’Israël : 0
    Mention des États-Unis : 0
    Mention de l’Iran : 1

    Son refus, son échec délibéré, à mentionner les deux acteurs (en plus de la Russie) responsables des plus grandes violations du droit international, n’est pas seulement lâche. C’est criminel. Cela explique les violations répétées du droit international, l’effondrement de la Charte des Nations Unies, le régime mondial d’impunité.

    L’échec se compte en actes d’agression, en un génocide, en attaques délibérées ou disproportionnées ou indiscriminées contre les civils, en milliers de morts civiles, y compris des enfants, en occupation illégale et annexion de facto.

    Les doubles standards inhérents au discours de Mme Kallas détruisent le droit international.

    #bouffons #génocidaires

  • Procès des inculpé·es du 15 juin 2021 à Limoges - La bogue
    https://labogue.info/spip.php?article2460

    #resistance #sabotage #incendie #enedis #orange #bouygues #linky #antitech #surveillance #antiterrorisme #harcèlement #affaire_de_limoges

    Les 19 et 20 mars 2026 à Limoges, deux personnes étaient convoquées devant la justice, à la suite d’une enquête de plusieurs mois menée « avec les moyens de l’antiterrorisme » et d’un contrôle judiciaire de près de cinq ans, pour répondre d’accusations de « dégradations de biens par des moyens dangereux pour les ersonnes » et d’« association de malfaiteurs ». Les faits incriminés étaient des sabotages par incendie véhicules et antennes-relais) réalisés en opposition au déploiement du compteur Linky et de la 5G, en février 2020 et janvier 2021. Les personnes convoquées risquaient 10 ans de prison et des centaines de milliers d’euros d’amendes. Le comité de soutien et les inculpé·es ont fait de ce procès une tribune contre le numérique, qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

    (...)

    Le vendredi 3 avril 2026, le tribunal de Limoges a rendu son délibéré concernant l’affaire du 15 juin.
    Les deux prévenus sont condamnés : l’un à une peine de 3 ans d’emprisonnement avec sursis simple, l’autre à une peine de 2 ans d’emprisonnement avec sursis simple. Ils ont en outre l’interdiction de se fréquenter pendant 3 ans. Le jugement sur les les intérêts civils (dommages intérêts) a été renvoyé au 2 septembre.
    Le comité de soutien aux inculpés considère que ces condamnations expriment la prise en compte par la justice de deux éléments essentiels :
    – d’abord, une considération pour la dureté d’un contrôle judiciaire de presque cinq ans préalable au procès, qui a constitué pour les prévenu•es une véritable « peine avant la peine », qu’il semblait juste de ne pas lourdement aggraver.
    – ensuite, le signal de la percée ô combien nécessaire et urgente dans le débat public de la principale question que soulevait ce procès : celle de la remise en question du déferlement numérique imposé, à l’œuvre dans nos sociétés depuis plusieurs dizaines d’années, source de dégâts colossaux sur l’environnement et les sociétés humaines.

    Les parties ont 10 jours pour faire appel de cette décision.

    (...)

    Victor Cachard
    auteur d’une Histoire du sabotage en deux volumes (éditions Libre), a expliqué comment le sabotage était apparu historiquement comme remède à l’action violente contre les personnes et essayant d’être plus efficace que les « bras croisés ». Le sabotage est une pratique pivot entre violence et non-violence. Cette pratique a été utilisée dans le cadre des luttes syndicales à partir de la fin du XIXe siècle. Les avocat·es (Enedis, Bouygues et Orange) des parties civiles se sont élevé·es contre cette présentation, assimilant les destructions matérielles à de la violence.

    Célia Izoard
    philosophe et journaliste, est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le numérique (dont le dernier s’intitule La ruée minière au XXIe siècle) et traductrice de la dernière version de 1984 de Georges Orwell. Elle a dénoncé dans son intervention les effets nocifs pour la planète du déploiement de la 5G, l’exploitation minière avec les crimes et les guerres qu’elle entraîne, le gaspillage de la mise en place des Linky, et les mensonges sur l’obligation de pose du compteur.

    Jean-Michel Hupé
    chercheur en neurosciences durant 25 ans, s’est tourné ensuite vers la sociologie et a cofondé l’Atelier d’écologie politique de Toulouse (ATECOPOL). Il a rappelé tous les effets nocifs de l’IA, de la 5G et des ondes. Il soutient la nécessité de la désobéissance civile, voire du sabotage. La présidente et la procureure se sont posé des questions sur la possibilité d’invoquer « l’état de nécessité » pour justifier les actions de sabotage. Son intervention a été très attaquée par les avocats d’Enedis et de Bouygues.

    Nicolas Bérard
    journaliste à L’Âge de faire et auteur d’ouvrages sur le Linky, la 5G et le numérique, a expliqué les effets délétères de ces objets numériques sur le sommeil, la sédentarité, l’isolement, la santé mentale des jeunes. La présidente confirmait avoir suivi avec attention une émission sur la santé mentale des jeunes filles. Nicolas Bérard a regretté l’absence de prise en compte des mobilisations citoyennes.

    Karima Mersad
    enseignante chercheuse à Paris I en neurobiologie et en psychologie cognitive, a témoigné de la façon dont elle s’est rendue compte de l’apparition de symptômes perturbants pour elle (maux de tête, troubles du sommeil…). Elle a expliqué comment, de façon scientifique, elle avait étudié son environnement et progressivement compris qu’elle était victime des ondes électro-magnétiques. Elle a témoigné des difficultés vécues par les personnes électro-hypersensibles.

    Matthieu Amiech
    éditeur (éditions la Lenteur), auteur (Peut-on s’opposer à l’informatisation de nos vies ?) et contributeur régulier à la revue en ligne Terrestres : il a cité Fairtiq, une application proposée en région Occitanie qui est la seule manière d’avoir accès aux réductions sur les transports, mais exige l’utilisation d’un smartphone et de la géolocalisation. Il précisait que l’enregistrement de la plupart des trajets des citoyens était une des critiques faites au régime soviétique, alors que lorsque c’est Carole Delga (présidente de la région Occitanie) qui la met en place, il n’y pas de souci... Puis il citait le « portefeuille d’identité numérique » qui est une promesse de réunir toutes les cartes dans la même application… permettant de fait la privation de droits de manière automatique, donc le délitement complet des libertés civiles. Il donnait enfin des exemples de privations de droits sur la base de communications numériques, de messages, de relevés par des objets connectés.

    Sandrine Larizza
    salariée de France Travail au sein des services d’indemnisation des demandeurs d’emploi, a témoigné de la déshumanisation des relations avec les usagers en raison de la numérisation des services et du développement de l’IA. Elle a rappelé que selon le Défenseur des droits, une personne sur deux est en difficulté par rapport à l’accès aux services numériques.

    Romain Couillet
    est un professeur des universités, spécialiste reconnu internationalement de mathématiques appliquées dans le traitement numérique des télécommunications. Depuis 10 ans, il a pris conscience de la nocivité du développement du numérique pour les humains et la planète. Il a choisi d’arrêter ses recherches pour se consacrer aux réflexions sur les différents niveaux de refus du numérique. Il milite aussi à Stop Micro à Grenoble. Romain Couillet assimile les industriels et les chercheurs qui justifient le développement de l’IA à ceux qui niaient les dangers du tabac ou de l’amiante. Il se situe dans la filiation d’Alexander Grothendieck qui a cessé ses travaux en raison de leur usage militaire.

    Romain Couillet terminera son propos, la voix tremblante d’émotion, par l’évocation des résistant·es d’hier traité·es de terroristes qui sont aujourd’hui au Panthéon, et fera le parallèle avec ces lanceurs d’alertes jugés pour avoir essayé d’empêcher la course folle vers la destruction générale, en espérant qu’il y aura un avenir pour que dans 50 ans on puisse les réhabiliter pour ce qu’ils sont : des héros !

    Émotion dans tout le tribunal, quelques mouchoirs sortent des poches. La présidente semblera ébranlée. La procureure, de son côté, se fendra d’un rappel à l’ordre à son encontre : nous sommes dans l’enceinte d’un tribunal, et les propos de ce dernier témoin, assimilables à la justification et la promotion du sabotage, sont passibles de poursuites.
    Le tribunal était très attentif lors de ces exposés, concerné, conscient peut-être de la véracité de ces propos. La présidente semblait bienveillante à l’égard des prévenu·es et du public nombreux qui se trouvait dans la salle mais encore plus nombreux à l’extérieur.

  • « C’est le travail de la jeunesse modeste qui paie les retraites des riches et vieux Parisiens »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/08/c-est-le-travail-de-la-jeunesse-modeste-qui-paie-les-retraites-des-riches-et

    Il sera désormais impossible de réfléchir à ces questions sans avoir lu le livre de Gilles Postel-Vinay (EHESS-Ecole d’économie de Paris) et Jean-Laurent Rosenthal (California Institute of Technology) sur l’accumulation de la richesse privée à Paris depuis deux siècles (Le capital d’une capitale, 200 ans de richesses et d’inégalités à Paris, Seuil, 544 pages, 26 euros).

    Issu de vingt ans de recherche sur les successions des personnes décédées à #Paris tous les cinq ans de 1807 à 1977 – date après laquelle les sources ne sont plus accessibles –, à partir des archives fiscales (les #successions sont imposées continûment depuis 1798) et notariales, complétées par de nombreuses sources statistiques parisiennes, ce livre articule les vues statistiques globales et les exemples individuels. Il documente très concrètement les origines de la #richesse des #Parisiens (la faveur du prince, l’industrie ou la finance), les conditions genrées de son accumulation et les variations des inégalités de la société parisienne.

    Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’accumulation incroyable de richesse à Paris a lieu au profit quasi exclusif des plus riches, tant parisiens d’origine que provinciaux ou étrangers. La proportion des #pauvres – qui meurent sans laisser aucun #héritage, alors que le fisc compte celui-ci au premier franc – reste constamment des deux tiers, tandis que le sommet de la distribution s’enrichit continuellement et plus vite que l’économie française. Ce constant ruissellement du bas vers le haut n’est pas étranger aux multiples révolutions parisiennes, de 1789 à 1870. (...)

    https://justpaste.it/nipyd

  • Operation Epstein Fury: Das zynische Geschäft mit Wetten auf den Krieg
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/geopolitik/operation-epstein-fury-das-zynische-geschaeft-mit-wetten-auf-den-kr
    Foto
    US-Präsident Donald Trump (r) und US-Verteidigungsminister Pete Hegset, by Mark Schiefelbein

    Profiteurs de la guerre, faites vos jeux !

    23.3.2026 von Michael Maier - Das große Geschäft mit dem Krieg sind Wetten, nicht Waffen. Entscheidend ist Insider-Wissen. Der Zick-Zack-Kurs von Trump ist eiskaltes Kalkül.

    Irgendwer konnte am Montag mit einer Wette auf fallende Preise bei Öl und Gas, auf steigende US-Aktienkurse, auf einen Absturz des Volatilitätsindex Vix richtig viel Geld verdient haben.

    Die Financial Times 8FT) berichtet: „Rund 15 Minuten bevor Donald Trumps Post, in dem er von ,produktiven’ Gesprächen mit dem Iran sprach, den Rohölpreis einbrechen ließ und Volatilität bei anderen Vermögenswerten auslöste, platzierten Händler Wetten im Wert von einer halben Milliarde Dollar am Ölmarkt.“ Zwischen 6:49 Uhr und 6:50 Uhr New Yorker Zeit am Montag wechselten demnach etwa 6.200 Brent- und West Texas Intermediate-Futures-Kontrakte den Besitzer – nur eine Viertelstunde vor dem Post des US-Präsidenten. Der Nominalwert dieser Transaktionen betrug laut Berechnungen der Financial Times auf Basis von Bloomberg-Daten 580 Millionen Dollar.

    Um 12.23 Uhr mitteleuropäischer Zeit postete Donald Trump, der Präsident der Vereinigten Staaten von Amerika, auf seiner privaten Internetplattform Truth Social in Großbuchstaben eine Nachricht, die jeder Trader und erst recht jeder Algorithmus für die Ankündigung des Endes des Iran-Krieges halten musste.

    Heftige Kursbewegungen nach Trump-Posting

    Trump schrieb: „Ich freue mich, berichten zu können, dass die Vereinigten Staaten von Amerika und der Iran in den letzten zwei Tagen sehr gute und produktive Gespräche über eine vollständige Beilegung unserer Feindseligkeiten im Nahen Osten geführt haben. Aufgrund des Tons und der Art dieser tiefgründigen, detaillierten und konstruktiven Gespräche, die die ganze Woche über fortgesetzt werden, habe ich das Kriegsministerium angewiesen, alle Militärschläge gegen iranische Kraftwerke und Energieinfrastruktur für fünf Tage auszusetzen, vorbehaltlich des Erfolgs der laufenden Treffen und Gespräche.“ Unmittelbar nach Veröffentlichung der Nachricht fielen die Preise von Öl und Gas, stiegen die US-Aktienkurse, stürzte der Index Vix dramatisch ab.

    Auf die Frage von Reportern vor dem Besteigen der Air Force One nach der Dementi des iranischen Außenministeriums, sagte Trump, es gebe eine Kommunikationsstörung in Teheran und die Gesprächsteilnehmer könnten nicht unbedingt andere Personen des Regimes erreichen. Trump sagt, seine Top-Gesandten Steve Witkoff und Jared Kushner hätten im Namen der USA an den Gesprächen teilgenommen. Er sagte, er habe für Dienstagmorgen einen Angriff auf Irans größtes Elektrizitätswerk genehmigt, woraufhin Iran die USA kontaktiert und um ein Abkommen gebeten habe.

    Mit welchem Iran verhandelt Trump?

    „Wenn es gut läuft, werden wir das beilegen. Andernfalls bomben wir uns einfach weiter die Seele aus dem Leib“, sagt Trump. Auf die Frage, mit wem die USA verhandeln, falls, wie Trump behauptet, Irans erste und zweite Führungsebene ausgeschaltet worden seien, sagt der Präsident: „Wir verhandeln mit dem Mann, der meiner Meinung nach am meisten respektiert wird und der Anführer ist … Wir haben Leute, die das Land sehr gut repräsentieren.“

    Er weigerte sich zu sagen, mit wem seine Leute verhandelt hätte, sagte aber, es sei nicht Mudschtaba Khamenei, der vom Iran benannte neue Religionsführer. Trump sagte, die USA wollten „den nuklearen Staub“ des Iran und meinte damit die iranischen Bestände an bereits hochangereichertem Uran. Er behauptet dann, der Iran habe zugestimmt, auch dieses Uran abzugeben. Trump sagte, falls es zu einer Einigung komme, „werden wir es selbst holen“.

    Trump verband seine Bericht über angebliche großartige Gespräche mit einer handfesten Drohung: „Wenn es gut läuft, werden wir das beilegen. Andernfalls bomben wir uns einfach weiter die Seele (our little hearts) aus dem Leib.“
    Trump informiert Israel vorab

    Bloomberg berichtet, Trump habe Israel von seinen Plänen vorab informiert. Ob die britische Regierung von Keir Starmer im Vorfeld etwas wusste, ist unklar. Die Briten hielten sich bedeckt. Auf die Frage des Guardian, ob Großbritannien von den von Trump als „sehr gut und produktiv“ bezeichneten Gesprächen der USA mit dem Iran in den vergangenen zwei Tagen Kenntnis habe oder daran beteiligt sei, sagte ein Sprecher, er habe der am Sonntagabend veröffentlichten Mitteilung über Keir Starmers Telefonat mit Trump nichts hinzuzufügen.

    Verdacht von massiven Insider-Wetten

    Seit Wochen kursiert der Verdacht, dass Insider riesige Vermögen gewinnen, weil sie ihr Wissen nutzen, um auf entsprechenden Märkten Wetten zu platzieren. Die Daily Mail berichtete erst kürzlich von derartigen Aktivitäten: Keine fünf Stunden vor dem Angriff der USA auf die Verteidigungsanlagen von Caracas und der Entführung von Nicolas Maduro platzierte jemand im Januar auf der Wettplattform Polymarket seine letzte einer Reihe verdächtig „vorausschauender“ Wetten. Er sagte voraus, der Präsident Venezuelas werde bis Ende des Monats gestürzt sein. Der Spieler blieb anonym.

    Wetten auf Polymarket sind ausschließlich mit Kryptowährungen wie Bitcoin möglich. Der Spieler hatte erst wenige Wochen zuvor ein Konto bei Polymarket erstellt und abgesehen von einigen Wetten auf Maduros Schicksal in den Tagen vor der Razzia keine weiteren Wetten platziert. Bei einem Gesamteinsatz von 34.000 US-Dollar innerhalb einer Woche erzielte er den satten Gewinn von 400.000 US-Dollar. Ende Februar wiederholte sich laut Daily Mail das Spiel – und zwar mehrfach. Mindestens sechs mutmaßliche Insider gewannen 1,2 Millionen Dollar mit Wetten auf einen Angriff der USA auf den Iran. Die meisten ihrer Wetten platzierten sie in den letzten 24 Stunden vor Beginn der Bombardierungen.
    Präzise Wetten auf Maduro und Chamenei

    Der größte Gewinner strich mit einem Einsatz von 61.000 Dollar fast 500.000 Dollar ein. Wie schon bei der Wette auf Maduro hatten sie keine weiteren Wetten auf der Plattform abgeschlossen.

    Der Verdacht, dass einige wenige Insider Informationen aus dem Umfeld der Trump-Regierung erhielten, ist nicht von der Hand zu weisen: Ein Spieler mit dem Namen „magamyman“ gewann mehr als 553.000 Dollar mit Wetten darauf, dass der iranische Ayatollah Ali Chamenei bis Ende März gestürzt sein würde. Allein auf Polymarket, der beliebtesten Plattform für geopolitische Wetten, wurde eine halbe Milliarde Dollar darauf gesetzt, wann genau amerikanische Streitkräfte Bomben auf den Iran abwerfen würden.

    Am 27. Februar wetteten mehr als 150 Polymarket-Konten jeweils mindestens 1000 Dollar darauf, dass ein Angriff auf den Iran bis zum nächsten Tag erfolgen würde, was schließlich genauso geschah.

    Die Demokraten im US-Kongress gehen laut Daily Mail davon aus, dass es sich nicht um Zufälle handelt. „Es ist Wahnsinn, dass so etwas legal ist“, sagte der demokratische Senator Chris Murphy. „Leute aus Trumps Umfeld profitieren von Krieg und Tod.“
    Trumps moralische Agnostik

    Weder Trump noch der israelische Premierminister Benjamin Netanjahu oder britische Politiker sind dafür bekannt, zwischen privatem und öffentlichem Interesse akribische Trennlinien einzuhalten. Die Vernetzung von Politikern und Finanzinstitutionen ermöglicht es den Entscheidern, über nicht offengelegte Vehikel jede ihrer Entscheidungen sofort zu Geld zu machen. Je widersprüchlicher die Entscheidungen sind, umso mehr Geld ist zu „verdienen“.

    Unterstützt wird der Trend von der moralischen Agnostik der sogenannten Künstlichen Intelligenz. Im Zusammenspiel mit den bekannten Algorithmen ist eine beschleunigte Gewinnerzeugung für viele Player heute das Gebot der Stunde. Auch die Iraner können diesen Mechanismus zu ihrem Vorteil nutzen, etwa indem sie spekuliert hätten, bevor das Dementi in die Welt gesetzt war.

    Das Epstein-Netzwerk funktionierte ebenso

    Solche Deals haben weltweit Methode. Das gesamte globale Netzwerk von Jeffrey Epstein agierte finanziell im Bereich des politischen Insider-Geschäfts, wie der Fall von Peter Mandelson zeigt (mehr dazu hier). Beobachter haben im übrigen wegen der Gleichzeitigkeit der Debatte um die Epstein Files und dem Anfgriff auf den Iran den Namen des Kriegs als „Epstein Fury“ (statt „Epic Fury“) paraphrasiert.

    Ob Trumps Ankündigung in der realen Welt eine gewisse Haltbarkeit hat, wird einerseits von der politischen Konstellation abhängen: Der Iran teilte unmittelbar nach Trumps Posting mit, dass es keine Gespräche mit den Amerikanern gebe. Israel sagte, man werde weiter kämpfen. Netanjahu meldete sich mit einem kryptischen Statement zu Wort und sagte, Israel arbeite daran, sowohl Israel als auch den Iran an „Orte zu bringen, an denen sie noch nie waren“, und betonte Jerusalems Vorteil gegenüber Teheran.

    Keir Starmer glaubt nicht an rasches Ende von Iran-Krieg

    Der britische Premier glaubt ebenfalls nicht an ein rasches Ende des Krieges. Starmer steht innenpolitisch seit Monaten unter Druck. Trump prophezeite ihm dieser Tage wie auch dem französischen Präsidenten Emmanuel Macron ein baldiges Ende seiner politischen Karriere.

    Starmer berief am Montag eine Dringlichkeitssitzung ein, um für den Fall, dass der Krieg langfristige finanzielle Folgen haben sollte, „umfassendere Maßnahmen für die Wirtschaft und einzelne Wirtschaftszweige“ zu erörtern. „Wir müssen davon ausgehen, dass dies noch einige Zeit dauern könnte“, sagte Starmer. „Wir dürfen uns nicht in falscher Sicherheit wiegen und denken, es gäbe ein schnelles und baldiges Ende.“

    Verheerende Schäden bei Energie

    Die wirtschaftlichen Schäden sind in der Tat auch global noch nicht abzusehen. Die Wiederherstellung der zerstörten Erdgasanlagen in Katar dürfte drei bis fünf Jahre dauern. Bis dahin werden die weltweiten Lieferströme von Flüssigerdgas (LNG) neu geordnet, also wegen des geringeren Angebots teurer. Auch die Ölindustrie rechnet mit weiteren Verwerfungen an den Märkten.

    Für die Kreditmärkte sieht es ebenfalls nicht rosig aus: Die Inflation dürfte steigen und daher auch die Zinsen. Die Renditen für europäische Staatsanleihen gaben zwar nach Trumps Posting nach, stiegen jedoch nach dem Dementi der Iraner erneut und bleiben auf hohem Niveau.

    Haben die USA gegen den Iran verloren?

    Die Frage ob das scheinbare Einlenken Trumps ein Eingeständnis des militärischen Scheiterns oder eine raffinierte Finte ist, um den Iran in Sicherheit zu wiegen, wird der weitere Verlauf der Kämpfe zeigen. Fest steht jedoch, dass der Schutz der Straße von Hormus von den Amerikanern nur schwer zu garantieren ist. In einer Anaylse des Atlantic Council heißt es, die Minenräumkapazitäten der USA im Nahen Osten seien weitgehend unerprobt. Im vergangenen Herbst habe die US-Marine alle ihre im Nahen Osten stationierten Minensuchboote der Avenger-Klasse außer Dienst gestellt.

    Um eine Minenräummission zu unterstützen und zu ermöglichen, könnte die US-Marine zudem Kampfluftpatrouillen benötigen, die in der Lage sind, Minenräumfahrzeuge vor iranischen Drohnen- und Kleinbootangriffen zu schützen und anschließend gegebenenfalls Handelsschiffe zu verteidigen.

    Militärexperten halten es dennoch für denkbar, dass Trump einige tausend Soldaten entsenden wird, um eine kleinere Insel in der Straße von Hormus einzunehmen. Diese dürften jedoch frühestens am Freitag in der Region eintreffen, weshalb Trump in Vorbereitung der nächsten Welle Zeit gewinnen könnte.
    China könnte etwas lernen

    Die Experten vom Atlantic Council fürchten zudem, dass die Chinesen über diese Operationen in Erfahrung bringen könnten, wie die US-Armee vorgeht. Gut denkbar also, dass Wettbüros, Krypro-Plattformen und Börsen-Kasinos die sichersten Häfen für die Experten der Trump-Administration blieben.

    #Iran #Israël #USA #guerre #spéculation #cryptomonnaies #bourse #inflation

  • « On vit dans un #dépotoir_numérique » : en #Seine–Saint-Denis, les #data_centers dégradent le quotidien des #riverains

    Entre #pollution de l’air, #nuisances_sonores et #risques liés aux #substances_chimiques, l’implantation annoncée d’un data center au #Bourget cristallise les inquiétudes des riverains. Dans une Seine–Saint-Denis déjà marquée par la forte concentration de ces infrastructures numériques, beaucoup redoutent une altération durable de leur #cadre_de_vie et des conséquences encore mal mesurées sur la #santé_publique.

    « Si le projet aboutit, j’envisage de déménager. » Depuis la fenêtre de sa chambre, située au deuxième étage d’une résidence du Bourget, Adil Champion avait pris l’habitude de scruter l’horizon. Bientôt, des cheminées viendront se hisser dans le décor. La Ville souhaite implanter d’ici 2030 un data center de 25 300 m² sur l’ancien site d’un entrepôt H&M, à moins de 200 m de chez lui. Père d’un enfant de deux ans, Adil Champion refuse qu’il grandisse à côté d’une zone « risquée pour sa santé et sa sécurité ». Alors les jours de marché, emmitouflé dans une épaisse doudoune, il distribue des tracts aux côtés de membres du collectif de 120 riverains déterminés à s’opposer à l’arrivée de cette nouvelle ferme numérique.

    En une décennie, une trentaine de data centers ont poussé en Seine–Saint-Denis. Véritable « cœur du réacteur », le département est aujourd’hui celui qui en concentre le plus dans l’Hexagone, porté par un foncier abordable et une bonne capacité de raccordement au réseau électrique. « Les habitants ont l’impression de vivre dans un dépotoir numérique, s’insurge Jean-Marie Baty, président du Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) du département. Rien que sur 2 km² vont se trouver trois énormes centres de données qui ensemble vont produire une puissance proche de celle d’un réacteur nucléaire [soit environ 800 MW, NDLR]. »

    Une concentration qui nourrit l’inquiétude des riverains face à la proximité du site du Bourget, encore suspendu à l’aval de la préfecture, du #Digital_Park de #La_Courneuve, déjà opérationnel, et de celui de #Dugny, dont le permis de construire vient d’être accordé. Plus ces data centers sont regroupés, plus les risques se cumulent, notamment en matière de #pollution_de_l’air. « On parle de la présence de plus de 200 #groupes_électrogènes », alerte le président du MNLE 93. Ces moteurs, destinés à alimenter les centres de données en cas de coupure électrique, fonctionnent pour la plupart au #fioul. Lorsqu’ils sont en marche, ils rejettent des particules d’#oxydes_d’azote et de #dioxyde_de_carbone.

    Un impact sur la #qualité_de_l’air sous-évalué

    Pour chaque projet, les maîtres d’ouvrage réalisent une étude d’impact environnemental pour démontrer que les quantités de polluants seront minimes. Sauf que les avis rendus par la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) d’Île-de-France pointent que les tests ne se déroulent jamais dans les conditions réelles. Par exemple, pour celui de Dugny, l’#étude_d’impact n’a observé que des tests réalisés par lots de sept, pendant 1 h 30, en été et sans vent, alors que « les 108 groupes électrogènes vont tourner tous ensemble au moins trois à quatre heures par mois pour vérifier leur bon fonctionnement » , détaille Philippe Schmit, ancien président de la MRAe.

    L’impact réel sur la qualité de l’air est donc plus élevé, même si aucune étude ne permet d’en quantifier précisément l’ampleur. D’autant qu’il est déjà arrivé qu’un data center fonctionne sur groupes électrogènes pendant 270 heures — un épisode survenu en Essonne en 2022. « Sans oublier que la qualité de l’air du département n’est pas réputée pour être bonne et que le vent peut orienter les mouvements d’air du site vers les zones habitées », ajoute Philippe Schmit. Au Bourget, devant le terrain du futur data center, Adil Champion pointe du doigt les bâtiments les plus proches avec agacement : « Là il y a une école primaire et là-bas une maison de retraite, deux populations particulièrement fragiles. »

    Les systèmes de #refroidissement des data centers posent également des questions sur la #santé des habitants. Pour maintenir les serveurs qui surchauffent à une température de 28 °C, des #fluides_frigorigènes sont utilisés. L’un d’eux, le barbare #R1234ze, se dégrade en formant du #TFA, un #polluant_éternel qui augmente les risques de maladies, comme les #cancers ou les problèmes de #thyroïde. L’Autorité environnementale alerte par ailleurs sur les impacts potentiels pour les riverains en cas d’incendie, si ces substances venaient à se diffuser dans l’air. « On nous dit qu’au moindre problème, tout restera confiné strictement dans le périmètre du data center, s’esclaffe Jean-Marie Baty. Comme pour le nuage de Tchernobyl », ironise-t-il.

    Du #bruit et de la #chaleur

    À La Courneuve, difficile de louper le Digital Park. Surnommé la « soucoupe volante », le mastodonte de 400 000 m² est au cœur d’une zone urbaine dense. Les logements les plus proches se trouvent à 20 m. Des arbres ont été plantés et un parc a été créé. Mais rien n’y fait : on le voit de partout. « De base, les datacenters sont implantés dans les champs, aujourd’hui on se rapproche des villes sans s’adapter aux nouvelles contraintes », explique Philippe Schmit de la MRAe. Résultat, des riverains se plaignent de nuisances sonores causées par les #ventilateurs, les groupes électrogènes et de refroidissement. « Ce n’est pas tous les jours ni toute la journée, mais avec le sens du vent, cela peut indisposer des personnes qui vivent jusqu’à 500 m de l’infrastructure, surtout la nuit », rapporte l’ancien président.

    L’installation de gigantesques centres de données en pleine #ville n’arrange également rien au réchauffement climatique. Avec leurs serveurs qui tournent sans arrêt, presque toute l’#électricité consommée est transformée en chaleur. Sans refroidissement, la température intérieure peut grimper jusqu’à 60 °C. Elle est ensuite évacuée vers l’extérieur par les systèmes de climatisation, ce qui contribue à la formation d’#îlots_de_chaleur autour des habitations et affecte les riverains à proximité. Un phénomène qui vient s’ajouter à la vulnérabilité de la Seine–Saint-Denis, déjà régulièrement confrontée aux fortes températures, en grande partie à cause de sa bétonisation.

    Les entreprises promettent de récupérer ce surplus d’énergie appelé chaleur fatale pour chauffer des bâtiments proches du data center. C’est le cas pour la piscine olympique de Saint-Denis. Mais, dans les faits, seule une minorité de sites récupère réellement cette chaleur. « Cela suppose de lourds aménagements pour la transporter et c’est à la charge des contribuables », souligne Jean-Marie Baty, du MNLE. D’autant que, pour le projet du Bourget, à peine 13 % de cette énergie pourrait être exploitée.

    Beaucoup ne savent pas ce qu’est un data center

    Ce sont ces mêmes arguments que le collectif contre le data center du Bourget répète auprès des passants du marché qui prennent le temps de s’arrêter. « La plupart ne se sentent pas concernés », confie Adil Champion avec dépit. Le bout des doigts rougi par le froid, il ne désespère pas et continue de tendre des flyers : « Beaucoup ne savent pas ce qu’est un data center et ce que cela implique, on est là pour les sensibiliser. » Le groupe accuse la mairie de ne pas avoir organisé de réunion publique et d’avoir annoncé le projet le plus discrètement possible dans le journal de la ville.

    Une pétition a malgré tout recueilli 18 000 signatures, alors que Le Bourget ne compte que 16 000 habitants. Au-delà des associations environnementales mobilisées, les signataires sont aussi « des riverains des communes voisines, comme Dugny ou La Courneuve, qui n’ont pas réussi à se mobiliser à temps contre les data centers chez eux et tentent aujourd’hui de se rattraper », explique le militant. Le marché touche à sa fin, mais la lutte, elle, est loin d’être terminée. Adil Champion glisse les derniers tracts dans son sac à dos, prêt à les déposer dans les boîtes aux lettres sur son chemin.

    https://synthmedia.fr/vie-quotidienne/impact-des-datacenters-en-seine-saint-denis
    #infrastructure #France #data_center #localisation #cartographie

    ping @xbodin

  • Philippe Pujol, prix Albert-Londres : « Les Marseillais ont la migraine et ils veulent la soigner d’une balle dans la tête » [titraille Ration : dans le texte, la phrase citée désigne les électeurs du RN]
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/philippe-pujol-prix-albert-londres-les-marseillais-ont-la-migraine-et-ils
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/RQOUJHP7TBFA7CKNLV2DXRLX2M.jpg?auth=e838e10bdfa4cfe11db395780f55fb37c5c37
    Au premier tour des élections municipales à Marseille, le #RN a récolté le score historiquement haut de 35,02 %, le plaçant en deuxième position juste derrière le maire sortant Benoît Payan. (Yohanne Lamoulère/Tendance Floue pour Libération)

    Paris n’est pas la France ; c’en est la capitale. Pour comprendre le pays, #Marseille offre un constant temps d’avance. Mais Marseille n’est pas un laboratoire, ses habitants ne sont pas des rats. Marseille est juste en avance sur les galères de son époque ; un concentré de France à l’échelle de moins d’un million d’habitants. Tout en une ville : quartiers populaires, noyaux villageois, HLM et petits propriétaires, cités de pauvres, ghettos de riches, immigration, solidarité, racisme, insécurité, désindustrialisation, paupérisation là, gentrification ici, aseptisation partout ailleurs, identités multiples, capacité à se parler autant qu’à se battre, union et rejets, espoir et ressentiment…

    [...]

    LFI morose, les likes et les followers n’ont jamais fait des électeurs

    (...) Les quartiers populaires n’ont pas bougé. On croyait que la fureur ferait bouillir la marmite, mais les likes et les followers n’ont jamais fait des électeurs. C’est du vent numérique qui cette fois n’a poussé aucun navire.

    [...]

    Une droite de parvenus remplacée par une extrême droite de condamnés

    https://justpaste.it/mt5ky

    • À Marseille, le résultat du RN n’est pas une « percée », mais une continuité
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/190326/marseille-le-resultat-du-rn-n-est-pas-une-percee-mais-une-continuite

      Contrairement aux idées reçues sur l’ancrage à gauche de la cité phocéenne, l’extrême droite y réalise des scores importants depuis les années 1980. La ville a été le premier laboratoire d’une alliance entre la droite traditionnelle et le Front national. L’électorat parachève désormais cette bascule.

      (...) c’est surtout l’« accord de gestion » de Jean-Claude Gaudin avec le FN aux élections régionales de 1986, alors qu’il était président de région, qui pose un jalon important dans cette histoire. Cette alliance conduit le futur maire de Marseille (de 1995 à 2020) à faire élire les frontistes Gabriel Domenech et Claude Scannapieco à la vice-présidence de la région, avec les voix du FN, de l’UDF et du RPR. Journaliste au quotidien local d’extrême droite Le Méridional, Gabriel Domenech y publia des éditos « très offensifs, xénophobes » au début des années 1980, relate Nicolas Maisetti.
      « C’était une alliance entre la droite et l’extrême droite très tôt dans l’histoire politique de la droite. Cela témoigne d’une porosité, non seulement des électorats, mais aussi des appareils partisans, alors que Jean-Claude Gaudin n’était même pas membre de la droite RPR, mais du centre-droit », ajoute-t-il. En parallèle, durant ces années, la ville subit l’effondrement de la métallurgie navale et ferroviaire, entraînant des effets en chaîne.

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