• Contre l’offensive capitaliste, un programme de combat pour les travailleurs | Le mensuel de LO

    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2020/07/05/contre-loffensive-capitaliste-un-programme-de-combat-pour-le

    Lutte de Classe n°209 - juillet - août 2020 https://mensuel.lutte-ouvriere.org

    Un Premier ministre chasse l’autre... Le nouveau, #Jean_Castex, formaté à l’ENA, haut fonctionnaire et accessoirement élu local, est passé par le cabinet ministériel de Xavier Bertrand et par le secrétariat de l’Élysée avec Sarkozy. C’est un exemple standard comme les hautes institutions de la #bourgeoisie savent en fabriquer par centaines et parmi lesquels celles-ci piochent pour la servir. Il a en somme été dressé pour servir les intérêts de la bourgeoisie avec autant de compétence que possible, mais surtout avec loyauté. #Macron peut donc entamer la deuxième mi-temps de son quinquennat...


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  • L’anti-impérialisme en France aujourd’hui :
    La gogôche « radicale » aux abonnés absents Jean-Pierre Garnier
    http://www.librairie-tropiques.fr/2020/07/la-gogoche-radicale-aux-abonnes-absents.html

    Il fut un temps où nos intellos «  degauche  », soit l’élite de la petite bourgeoisie intellectuelle — alias la « classe moyenne éduquée » — soutenaient sans faillir, ne serait-ce que verbalement, les luttes de libération menées par les peuples contre le colonialisme et l’impérialisme qui les opprimaient. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Depuis la fin du siècle dernier, la majorité d’entre eux font écho, quand ils ne se taisent pas, à la propagande « occidentale » contre les « régimes » décrétés incompatibles avec le respect de la démocratie et des droits de l’homme. Comme par hasard, tous ceux qui font obstacle à l’hégémonie d’une bourgeoisie devenue transnationale.

    Cela a commencé avec le démembrement programmé de la Yougoslavie où des « penseurs critiques » parmi les plus en vue dans le landerneau universitaire où ils achevaient de rompre avec le gauchisme qu’ils avaient professé naguère, discernaient en Slobodan Milosevic le « Hitler des Balkans ». Cela continua avec les interventions militaires successives, directes ou par djihadistes interposés, pour « reconfigurer le Moyen Orient », menées par la coalition États-Unis-Grande-Bretagne-France, avec l’aide des pétromonarchies vassalisées de la région. Les bombardements et massacres en tout genre de populations civiles auxquels ont donné lieu ces opérations menées sous la bannière du « devoir d’ingérence » n’ont pas suscité d’indignation et encore moins de mobilisations parmi nos diplômés ès causes humanitaires. Et que dire de la contre offensive étasunienne visant des gouvernements « démocratiquement élus » au Brésil, en Équateur, en Bolivie ou au Venezuela qui tentaient d’améliorer vaille que vaille le sort des classes populaires en desserrant l’étreinte du voisin du nord qui fait depuis des lustres de l’Amérique latine son « arrière-cour » ? A t-on vu nos vaillants marxistes de la chaire et autres rebelles de confort s’élever contre les manœuvres, les chantages, les blocus et tentatives de renversement voire d’assassinat opérés pour se débarrasser de ces gêneurs qu’étaient Lula da Silva, Rafael Correa, Evo Morales ou, aujourd’hui encore, Nicolás Maduro ?

    Tous ces sachants s’étaient voulus « Charlie » en 2015 à la suite des attentats terroristes contre le journal du même nom, défilant sagement au sein une énorme manifestation sponsorisée par un État qui, avec d’autres au même moment, apportait son appui aux djihadistes qui mettaient la Syrie à feu et à sang, pour en finir avec un « régime » dont le dirigeant «  ne méritait d’être sur terre  », selon Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères du gouvernement sociétal-libéral cornaqué par François Hollande, et qui trouvait de ce fait que Al Nosra faisait « du bon boulot » . Et voilà maintenant que le régime sioniste peut poursuivre ses exactions sans que les autres États du monde ne prennent la moindre mesure pour en bloquer le cours, avec le silence de ces porte-voix de la France « degôche », qui vaut approbation tacite. L’annexion de la Palestine passera simplement d’une situation de fait à une normalisation qui permettra au système d’apartheid israélien d’étendre encore ses frontières et réduire l’archipel palestinien déjà ghettoïsé à la portion congrue. Après quelques semaines de turbulences, les choses rentreront dans l’indifférence habituelle puis l’oubli, la période estivale tombant à point nommé. Nos petits bourgeois titrés seront alors sur les plages ou dans leurs résidences secondaires, attendant la rentrée pour déverser à nouveau leur logorrhée érudite sur les « nouveaux possibles ouverts à l’émancipation » par la coalition rosâtre-verdâtre sortie victorieuse des municipales, annonciatrice de « Lundis matins »[1] qui chanteront au rythme de la préparation de la présidentielle de 2022. Dans quel type de combat vont-ils donc s’engager d’ici là, mis à part la signature d’« appels » aussi grandiloquents que dérisoires pour que le « jour d’après » non plus la pandémie, mais la prochaine échéance électorale, ne ressemble pas à ceux qui ont précédé ?

    On en aura déjà une petite idée à la lecture d’une tribune collective — une de plus ! — d’intello hexagonaux de haut rang, incendiaire voire menaçante, publiée dans L’ImMonde , sitôt connue la victoire du Rassemblement national aux municipale à Perpignan. Cette tribune n’a rien à voir a priori, et a posteriori non plus, avec le contexte géopolitique actuel marqué plus que jamais par les initiatives mortifères de l’impérialisme hors de l’hexagone et, en particulier au Moyen Orient, avec le concours actif, dans ce dernier cas, de l’État sioniste. Mais c’est précisément ce contraste entre, d’une part, la non intervention, si l’on peut dire, persistante des membres de notre caste d’humanistes mondains, dans les affaires du monde, et, d’autre part, le raffut auquel un échantillon représentatif de ses membres a cru bon de se livrer à propos d’une affaire interne ne concernant que les Français — et encore seulement une infime minorité d’entre eux — qui est en lui-même significatif.

    À peine le nouveau maire de Perpignan, Louis Aliot, élu, une quarantaine d’intellectuels de haute volée labélisés « degôche » — encore que nombre d’entre eux eussent voté Macron à la présidentielle de 2017 pour, comme de coutume, « faire barrage à… » — se sont précipités pour fustiger par avance sa mainmise sur un centre d’art au nom emblématique pour les gens dotés d’une culture progressiste conséquente : Walter Benjamin. La célérité extrême de leur réaction collective — l’article, en date du mercredi 1er juillet et paru à la mi-journée du jour précédent, a été sans doute rédigé dès le lendemain des élections voire peut-être avant —, laisse soupçonner que ses rédacteurs avaient anticipé l’arrivée au pouvoir municipal de l’ex-compagnon de Marine Le Pen. Quoiqu’il en soit, par la violence même de leurs propos, ils laissaient clairement entendre qu’un sacrilège serait en voie d’être commis, et que laisser la nouvelle municipalité gérer cet équipement culturel reviendrait à profaner la mémoire de Walter Benjamin et, au-delà, de toutes les victimes du fascisme. Indignés, les signataires ont en effet découvert, « non sans frémir » [sic], au fil du programme de Louis Aliot, son intention de dédier ce lieu actuellement fermé à « la création et au devoir de mémoire » . Comble d’impudence de la part d’un leader d’extrême droite : il n’aurait pas hésité à évoquer, comme thèmes d’exposition et de conférence, « outre la mémoire juive, les Gitans et l’histoire tragique la Retirada espagnole » des Républicains vaincus par le franquisme. Une double phrase tirée des écrits de Walter Benjamin sert d’intitulé à la tribune et en résume la problématique : « Si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté. Et cet ennemi n’a pas fini de triompher. »

    Bref, nous voilà une fois de plus replongés dans « les heures les plus sombres de notre histoire » !

    Il s’ensuit que l’urgence serait une fois de plus à la « résistance » . Le « No pasarán ! » reprend évidemment du service, et nos insurrectionnels de papier d’appeler à « arracher le nom de Walter Benjamin — pour le mettre en sûreté — des mains de l’extrême droite et de ceux qui réécrivent l’histoire à l’encre des oppresseurs d’hier ». Menaçants, ils promettent même de s’opposer « fermement, et par tous les moyens disponibles » à ce qu’ils considèrent comme une forfaiture : associer le nom d’un intellectuel apatride, pourchassé, exilé, sans argent, drogué et incompris qu’ils se sont choisi comme figure emblématique de la dissidence dont ils se revendiquent, à la réouverture d’un centre d’Art sous la mandature d’un maire appartenant au R.N. « Louis Aliot sera-t-il obligé de débaptiser le centre d’art Walter Benjamin ? » , s’interrogeait peu après un plumitif du journal local, L’Indépendant ? Peu importe, même si ce changement de nom, aussi bien intentionné soit-il, risquerait d’aggraver le cas le Louis Aliot aux yeux de certains de ces furieux qui y verraient une seconde mort, symbolique cette fois-ci, infligée à celui qui se l’était lui-même donnée une première fois non loin de Perpignan, à Port Bou. Car, ce qui est idéologiquement significatif avec cette mobilisation post mortem de quelques notabilités de la pensée critique[2], est qu’un Georges Ibrahim Abdallah, un Marwan Bargouthi ou encore un Julian Assange, emprisonnés jusqu’à ce que mort s’ensuive pour avoir lutté contre l’iniquité de régimes pseudo-démocratiques, n’aient pas bénéficié de pareille attention de la part de nos clercs.

    Que ceux-ci ne se soient pas dressés sans attendre pour exiger leur libération immédiate, alors que ces véritables « combattant de la liberté » sont encore vivants. Il est vrai que, à la différence de Walter Benjamin, ces prisonniers politiques n’ont pas laissé d’œuvres littéraires se prêtant à d’innombrables gloses savantes et donnant lieu à de multiples colloques ou séminaires. Mais la malchance de ces militants engagés en actes et pas seulement en paroles est surtout, semble t-il, de l’avoir fait au mauvais endroit, c’est-à-dire dans le camp du Mal, et au mauvais moment, soit dans une période, historique aux deux sans du terme, où notre intelligentsia a rallié, ouvertement ou non, le camp du Bien tel que le définit l’Occident.

    Le syntagme « intellectuel de gauche » serait-il, dès lors, en passe de devenir une contradiction entre les termes ? C’est du moins la question que l’on s’autorise à poser quand on confronte les prises de positions, toutes tendances idéologiques confondues, qu’adoptent publiquement des individus qui se posent en réfractaires vis-à-vis de la société capitaliste qu’ils dénigrent, à la position objective qu’ils occupent en son sein. Tout se passe, en effet, comme s’ils aimeraient garder (ou acquérir, pour les nouveaux venus) les avantages symboliques que procure la posture critique tout en conservant le train et le mode de vie confortables attachés au statut d’intellectuel professionnel.
     
    Jean-Pierre Garnier.

    [1] Lundi matin : site internet qui sert de bible aux anarchoïdes.
    [2] Mentionner leurs noms serait leur faire une publicité supplémentaire. Les médias mainstream y pourvoient déjà.

    go#Gôche #classe_moyenne #CSP+ #bourgeoisie #bourgeoisie_transnationale #Yougoslavie #Moyen_Orient #devoir_d’ingérence #Brésil #Équateur #Bolivie #Venezuela #Lula_da_Silva #Rafael_Correa #Evo_Morales #Nicolás_Maduro #sociétal-libéral #charlie #Syrie #laurent_fabius #degôche #Palestine #ImMonde #tribune #Perpignan #Louis_Aliot #Walter_Benjamin #Perpignan #Georges_Ibrahim_Abdallah #Marwan_Bargouthi #Julian_Assange #intellectuel_de_gauche

    • Vers un boom immobilier « post-annexion » dans des colonies israéliennes du nord de la Cisjordanie
      https://www.rtbf.be/info/monde/detail_vers-un-boom-immobilier-post-annexion-dans-des-colonies-israeliennes-du-

      Dans la colonie israélienne d’Ariel, Perri Ben Senior n’attend qu’une chose : qu’Israël annexe cette partie du nord de la Cisjordanie occupée, avec pour conséquence espérée une hausse des prix de la pierre, ce qui serait une aubaine pour son agence immobilière.

      Ariel, ses 20.500 habitants, son université et ses centres commerciaux ont été mentionnés ces dernières semaines comme pouvant faire partie d’un premier round d’annexion de l’ensemble des colonies israéliennes et de pans de la Cisjordanie par l’Etat hébreu dans le cadre d’un plan proposé par l’administration américaine.

      Cela fera grimper les prix
      Selon certains observateurs, le gouvernement, qui peut en principe se prononcer depuis mercredi sur ce projet, pourrait chercher à temporiser ou commencer par annexer certaines grandes colonies, comme Ariel.

      Dans son agence immobilière, Perri Ben Senior espère que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, aille de l’avant avec le plan américain. « Cela fera grimper les prix des appartements et des terrains car il y aura plus de demandes », prédit-elle.

      Hausse de la demande

      Ailleurs en Cisjordanie, d’autres agents ont déjà constaté un changement depuis que le sujet de l’annexion monopolise les débats, à peine éclipsé ces derniers mois par la pandémie de nouveau coronavirus.

      Daniel Wach, dont l’agence est située dans la colonie d’Eli, à quelques kilomètres d’Ariel, dit avoir réalisé autant de transactions depuis mai que « ces dernières années ».

      « Ces 10 derniers jours, nous avons vendu six logements dans la colonie d’Alfei Menashe », raconte-t-il à l’AFP. « Ces maisons étaient sur le marché depuis des mois, j’ai donc demandé à nos clients pourquoi ils s’étaient soudainement décidés à acheter. Ils m’ont répondu que c’était par crainte d’une hausse des prix en cas d’annexion », ajoute-t-il.

      « Un endroit normal »
      Si Israël annexe des parties de la Cisjordanie, territoire palestinien qu’il occupe depuis 1967 —, les colons seront considérés par l’Etat hébreu comme des Israéliens à part entière et seront soumis à la loi civile israélienne et non plus militaire comme c’est le cas actuellement.

      « La Judée-Samarie (nom que les autorités israéliennes donnent à la Cisjordanie, NDLR) va devenir un endroit normal », se réjouit M. Wach.

      Et nombreux sont ceux qui estiment qu’Israël, une fois ces terres annexées, ne pourra plus les transférer aux Palestiniens en cas de création d’un Etat à eux, comme prévu par les accords d’Oslo signés en 1993.

      Prix plus accessibles
      Aujourd’hui, « les gens ont peur d’acheter dans les Territoires (palestiniens) parce qu’ils se disent : ’Et si demain on rend les Territoires (aux Palestiniens), qui va nous rembourser ? Qu’est-ce qui va advenir de cette maison que j’ai achetée ?’  », explique Perri Ben Senior.

      Depuis les accords d’Oslo, la population des colonies israéliennes, illégales selon le droit international, a plus que triplé pour dépasser aujourd’hui les 450.000 personnes.

      Outre les colons qui habitent en Cisjordanie pour des raisons idéologiques et religieuses, de nombreux Israéliens ont été attirés par les prix de l’immobilier, beaucoup plus bas qu’en Israël où ils ont flambé ces dernières années.

      Opportunité
      A 12 km d’Alfei Menashe, de l’autre côté de la « Ligne verte » qui sépare d’Israël la Cisjordanie, se trouve la ville de Kfar Saba, où il faut débourser environ 4,5 millions de shekels (1,1 million d’euros) pour une maison de sept pièces sur un terrain de 200 m2, explique M. Wach.

      A Alfei Menashe, un bien similaire coûte environ 2,2 millions de shekels (566.000 euros), soit moitié moins cher.

      « Immédiatement après l’annexion, les prix de l’immobilier bondiront de 10 à 15% dans les colonies. Et dans cinq à sept ans, ils auront augmenté de 30%, pas moins », assure M. Wach.

      Zeev Epstein, promoteur qui a enregistré un nombre record de ventes le mois dernier, partage le même optimisme.

      Le marché va devenir encore plus important
      La décision d’annexer « fera une grande différence », dit celui dont l’entreprise Harei Zahav ("Montagnes dorées" en hébreu) travaille exclusivement dans les implantations israéliennes.

      « Le marché va devenir encore plus important, il faut qu’on se prépare à travailler dur pour saisir cette opportunité », dit-il à l’AFP.

      En attendant que le gouvernement décide ou non d’aller de l’avant vers une annexion, M. Wach s’y voit déjà : « Quand Israël décidera que cet endroit est à nous, la réaction générale sera : ’ah ! Enfin !’ »

      #immobilier #logement #spéculation #annexion #colonies #Palestine #économie #urbanisme #spéculation #finance #politique #israël  #israel #bds #palestine_assassinée #occupation #colonisation #cisjordanie

  • Aubry ou l’art du mépris : en 2020, le design enterre Min p’tit quinquin
    https://chez.renart.info/?Aubry-ou-l-art-du-mepris-en-2020-le-design-enterre-Min-p-tit-quinquin

    Deux chiffres et tout est dit de la politique culturelle d’Aubry. Fin 2019, la Métropole s’empresse de claquer 3,8 millions d’euros pour « Lille Capitale mondiale du design » en 2020, et 3 millions pour la saison « Utopia » de Lille3000 prévue en 2022. Pour le bicentenaire de la naissance d’Alexandre Desrousseaux, né en 1820 dans le quartier Saint-Sauveur à Lille : que tchi . L’auteur d’une Canchon dormoire devenue « La Marseillaise du Nord », plus connue sous le titre Dors min p’tit quinquin , ne recevra pas même un chuque . La culture lilloise est-elle à ce point indigne des édiles culturelles lilloises ? L’occasion pour Renart de rendre hommage aux poètes et chansonniers patoisants méprisés par la culture socialiste.


    Lille Design déboulonne Desrousseaux (Modeste Richard, 2020)

    Voilà ce qui arrive lorsqu’on n’est préoccupé que par le « rayonnement économique » de sa métropole. On met la « culture » à son profit. Et on en oublie de célébrer le plus célèbre représentant de la culture lilloise : Alexandre Desrousseaux. Martine Aubry n’ignore pourtant pas son existence. La statue de la dentellière de L’Canchon Dormoire trône dans l’entrée de la mairie alors que le refrain résonne toutes les heures depuis le beffroi de la Chambre de Commerce. Lorsque la maire enterre Pierre Mauroy en 2013 au cimetière de l’Est, elle passe immanquablement devant la tombe du chansonnier. Depuis son parachutage à Lille en 1995 sur la liste de Mauroy, n’a-t-elle eu qu’un mot pour le poète de Saint-Sauveur ? Bein nan.

    ° Les faisceaux de la Culture rayonnent dans la nuit noire et obscure et triste
    Martine Aubry et ses comparses de la MEL font ce qu’ils disent et disent ce qu’ils font. « Il s’agit d’être à la fois un vecteur fort de l’attractivité de la Métropole Européenne de Lille à l’international et [...] œuvrer au sentiment d’appartenance de la population à un grand ensemble métropolitain. » Voilà tout le dessein attribué à la « culture » : créer une marque territoriale que soutiendrait une artificielle identité métropolitaine. « Par conséquent, la commission principale Rayonnement de la Métropole » (dirigée par Aubry) décide d’attribuer le 13 décembre 2019 une subvention de trois millions d’euros à Lille3000 pour l’organisation de la saison « Utopia » en 2022.

    Depuis Turin au mois de juin 2017, Martine Aubry annonce sa « grande joie » et sa « grande fierté » de recevoir le titre de « Capitale mondiale du Design » pour 2020. « La désignation de la Métropole comme Capitale Mondiale représente donc une véritable opportunité de faire rayonner le territoire de la métropole comme une référence mondiale en matière d’innovation, de créativité et de durabilité. […] Par conséquent, la commission principale Développement Économique - Emploi - Recherche - Insertion », demande d’approuver le 11 octobre 2019 une subvention de 3,8 millions d’euros.

    Le 1er janvier 2020, La Voix du nord croit pouvoir titrer que « Lille fêtera le bicentenaire de la naissance d’Alexandre Desrousseaux » cette année. Bien mal lui en a pris. Pas un centime ne sera accordé en souvenir de l’auteur de L’Canchon dormoire _ , écrasé sous le design.

    Loin des célébrations républicaines et socialistes
    Ni le socialisme ni la République n’avaient pourtant dédaigné Alexandre Desrousseaux, ce fils d’ouvriers textile du quartier Saint-Sauveur devenu par ses canchons une gloire nationale. Pour le centenaire de la berceuse, jouée la première fois en 1853 dans un estaminet de la rue de Gand dans le Vieux-Lille, le président de la République Vincent Auriol recevait les descendants Desrousseaux à L’Élysée, dont le fils Alexandre-Marie, lui-même ancien député socialiste. L’Armentiéroise Line Renaud en chanta même les couplets dans les salons, accompagnée de la chorale lilloise des « Sans-Soucis » habillés de leurs bleus de travail. « Cette chanson sera chez elle en tous les coins du monde car l’humain est partout chez elle, déclare le président. S’il est une demeure où elle devait entrer, c’est bien ici à l’Élysée. [1] » Que reste-t-il sous le beffroi de la mairie de Lille de cette culture populaire ?


    La Chorale des Sans-soucis posant devant la statue de Desrousseaux en 1950.

    Dans une conférence donnée à Arras vers 1892, le maudit Paul Verlaine avait prédit une grande « postérité » à la chanson de Desrousseaux. Elle dépassa sûrement ses espérances. Bien avant les débats fumeux sur « l’appropriation culturelle », le tôlier de l’Élysée Vincent Auriol comprend combien la tendresse du P’tit Quinquin touche à l’universel, et précisément celui écrit par ses plus chiches représentants. Le titre est la francisation du néerlandais kind-kind (petit-petit), à l’époque où la ville de Lille compte un tiers d’ouvriers flamands. En Crimée en 1853 ou en 1870 contre la Prusse, les soldats français, gascons, bourguignons, bretons ou parisiens se rendent au front en chantant le refrain. Quand La Marseillaise est interdite dans les camps allemands de 1914 ou de 1940, les prisonniers la remplacent par la berceuse du nord. La chanson connaît ensuite de multiples interprétations comme celle de Tony Gatlif en 2004 qui fait enregistrer une version arabo-andalouse pour son film Exils . S’il ne s’agissait que de « rayonner », Desrousseaux n’aurait point à rougir devant Lille Design ou Lille3000. Mais chacune de ces deux sociétés événementielles préfère lustrer les pôles de compétitivité plutôt que la culture locale des poètes et chansonniers. Nous avons demandé au service Culture de la Ville de nous communiquer les célébrations prévues pour Desrousseaux cette année. Nous attendons toujours le programme.

    Des chansonniers face à la métropole ?
    À l’époque de Desrousseaux et des estaminets, nul besoin de « favoriser l’accessibilité des publics à la culture », comme le prétend la mauvaise conscience des Commissions « Rayonnement ». Nul besoin d’embaucher des « chargés de diff’ », des « chargés de com’ » ou des « chargés de médiation culturelle » quand la culture c’est tout le monde et tout le temps. En témoigne Desrousseaux :
    Ch’est des ouverriers d’fabrique,
    Des francs, des joyeux chochons,
    Trouvant sur l’point comique
    Qui compos’nt chés canchons.
    Pus d’eune fois j’ai laiché dire
    Qu’il arrive assez souvint
    Que l’poète n’sait point lire :
    Cha n’impèche point l’sintimint. [2]

    Ces quasi punks n’ont pas besoin de savoir lire pour écrire des poèmes. Avant la reconnaissance des syndicats (1884) et la liberté d’association (1901), les ouvriers se retrouvent dans des « Sociétés » : Les Enfants de la bonne bière, Les gais pinchonneux (les gais pêcheurs), les Amis réunis au Grand Quinquin, les Bons-Buveurs, etc. Elles sont des centaines à Lille. Les ouvriers organisent des concours de poésie après leurs heures de boulot, et la Société les vend sur des feuilles volantes à carnaval et dans les ducasses. Perchés sur leur char, costumés dans tous les sens, ces amiteux réunis peuvent en vendre 5 000 à l’occasion. Elles sont courues comme la morue, aurait-on dit acht’heure . L’estaminet est au temps de Desrousseaux le berceau de la culture lilloise. Que reste-t-il de tout ça ? Le quartier a certes disparu, mais sa Gare à qui l’on offre des prétentions culturelles, qu’en fait-elle ? Ses animateurs prout-prout préfèrent nourrir des ambitions artistiques que les chansonniers lillois auraient à merveille raillé, eux qui savaient ridiculiser les précieux. Comme ce certain Denis, chansonnier qui mit en scène un jeune parvenu courtisant l’ouvrière :

    Le parvenu : Souffrirais-tu que j’en pleurasse ?
    L’ouvrière : Pleurassassez tant qu’vous vodrez, J’aim’ mieux l’misère que l’déshonneur.

    Si à carnaval, on chinte , très vite le lendemain, on déchinte . Nulle part les masures sont aussi pourries et le travail aussi meurtrier que dans le quartier Saint-Sauveur, au point que la mort est parfois vécue comme une libération : « In l’menant à l’chim’tierre / T’intinds dir’ l’quartier : / I’est heureux dins l’tierre / Un ouveurier filtier. [3] » Est-ce la misère du prolétariat qu’on rechigne à garder en mémoire dans cette ville socialiste ? A ce rythme-là (zéro euro), l’histoire même de la ville trépasse dans le brouhaha marketing (6,8 millions). Ce n’est pas seulement dommage. En oubliant ces satires volontiers rigolardes au sujet des maris cocus, des veuves vites consolées, des ivrognes et des fainéants, des filles légères et des femmes bavardes qui bien souvent sont plus travailleuses et perspicaces que leurs époux, on perd l’humanité de celles et ceux qui savent rire des autres et d’eux-mêmes. Dans cette misère, l’ironie sert d’exutoire, comme le montre ici Desrousseaux à propos des habitants de Saint-Sauveur :

    Chés brav’s gins n’sont point riches,
    Mai’ i’ont l’cœur joyeux,
    Ch’ti qui n’a qu’eun’quemiche,
    S’di’ : « On n’in met point deux ! »
    I’ont raison, j’ l’espère,
    L’argint n’fait point l’bonheur.
    I sont gais dins l’misère,
    Les bonn’s gins d’Saint-Sauveur. [4]

    Le travail se mécanise au mitan du XIX° siècle et les ouvriers à domicile partent s’entasser dans les fabriques modernes. Les chansonniers trouvent dans les grivoiseries une porte de sortie moqueuse à l’exploitation industrielle : « Dins tous chés fabriques / Homme’ et femm’ dins l’même atelier / S’servent du bruit des mécaniques / Pour fair’ l’amour dins leur métier. [5] » Mais si l’ouvrier met à distance sa nouvelle condition de forçat, il sait aussi se rendre désagréable à l’encontre de la grande industrie. Comment aujourd’hui chanter les louanges des startuppers, designers et autres « créatifs » de Saint-So Bazaar et d’Euratechnologies avec des chansons qui assimilent les métiers à tisser mécaniques à des « coupeuses de bras » ? Y’aurait comme qui dirait eune coulle dins l’potache du progrès, comme en atteste ce vieil ouvrier resté anonyme :

    Comm’ dins les temps m’n’état ch’étot filtier,
    Un comaratt’ qui oeuv’ dins eun’ fabrique
    Vient m’quer eun’fos pour vir s’n’atelier
    Duch’ qu’on v’not d’mett tout’ nouviell’ mécanique ;
    J’ai r’vettié cha, mais d’un œil de pitié
    Quand tout à cop, quell’ triste comédie,
    J’ai vu eunn’femme étant à nettoyer
    Laicher sin bras dins les roues d’sin métier. [6]

    L’époque de Desrousseaux est celle du Second empire triomphant qui dessine Lille en ville haussmannienne. Devant les grands travaux des grands boulevards pour grands magasins, l’ouvrier témoigne à l’occasion de sa perpléxitude : « Si cha vous bouch eul’passage, In a qu’à reculer m’mason ! [7] », ironise l’un d’eux. Un autre qui doit déménager pour faire place au percement de la rue Faidherbe est moins caustique : « Quand j’pinse à min départ / J’in brairos comm’un viau / Ah ! Maudis l’rue de la gare / Qui m’réduit au tombeau. [8] » Alors allez-y vous, louer les chantiers de Martine Aubry avec pareil ronchon ! Allez organiser des pince-fesses pour hipsters à la Gare Saint-So avec pareils poètes ! Faites donc vivre L’Canchon dormoire de Desrousseaux, d’où que les spectacles de marionnettes donnés dans les caves ridiculisent ch’ti qui pète pus haut qu’sin cul. Le chansonnier persiflera avec plaisir l’fabricante d’métropole parachutée depuis la capitale : « Craignez, méchants Parisiens / D’êt’traités comm’ les Autrichiens ! / A ch’t’heur’ j’peux bien dire ; ch’est fini ! / Jamais pu je n’voyache / Pour mi j’aime mieux Lille que Paris. » Les poètes lillois ne sont pas si aisément mobilisables pour dessiner des métropoles. Et finalement, c’est peut-être mieux ainsi.
    Tomjo

    Notes
    [1] La Voix du nord, 20 oct. 2019.
    [2] C’est des ouvriers de fabrique / Des francs, des joyeux lurons / Se trouvant parfois comiques / Qui composent des chansons. / Plus d’une fois j’ai laissé dire / Qu’il arrive assez souvent / Que le poète ne sait point lire : / Ça n’empêche point le sentiment.
    [3] En l’amenant au cimetière / T’entends dire dans le quartier / Il est heureux dans la terre / Un ouvrier filtier.
    [4] Ces braves gens ne sont point riches / Mais ils ont le cœur joyeux / Celui qui n’a qu’une chemise / Se dit « On n’en met point deux ! » / Ils ont raison, je l’espère / L’argent ne fait point le bonheur / Ils sont gais dans leur misère / Les bonnes gens de Saint-Sauveur.
    [5] Dans toutes ces fabriques / Hommes et femmes dans le même atelier / Se servent du bruit des mécaniques / Pour faire l’amour dans leur métier.
    [6] Comme jadis j’étais filtier / Un camarade qui travaille dans une fabrique / Vint une fois me chercher pour visiter son atelier / Où l’on venait de mettre les toutes nouvelles mécaniques ; / J’ai regardé ça, mais d’un œil de pitié / Quand tout à coup, quelle triste comédie, / J’ai vu une femme occupée à nettoyer / Laisser son bras dans les roues de son métier.
    [7] Si ça vous bouche le passage / On a qu’à reculer ma maison.
    [8] Quand je pense à mon départ / J’en pleurerais comme un veau / Ah ! Maudite soit la rue de la gare / Qui me réduit au tombeau.

    #Lille #Ouvrières #Ouvriers #Travail #Chanson #Chansonniers #Culture #Culture_Ouvrière
    #Utopia #Capitale_mondiale #design #Exils #Tony_Gatlif #aubry #martine_aubry et son #mépris #Bourgeoisie #Immobilier #spéculation_immobiliére

  • « La bourgeoisie, c’est l’apprentissage de l’ignorance » - Edouard Louis

    Cerveaux non disponibles sur Twitter : " « C’est quoi le macronisme ? » Réponse juste, en un mot - et en cent - d’Edouard Louis ! "
    https://twitter.com/CerveauxNon/status/1272791267852894208

    La bourgeoisie, c’est l’apprentissage de l’ignorance ; le fait d’apprendre à ignorer les autres. [...] Il faut des années d’apprentissage pour en arriver là, pour pouvoir avoir cette espèce de distance, cette espèce de déni, totalement, de la souffrance des gens.

    Pour voir l’ensemble de l’interview d’Edouard Louis, les Cerveaux non disponibles renvoient vers Youtube, Clique, Edouard Louis : Histoire de la violence
    https://www.youtube.com/watch?v=XLqZGVfA0mc

    #bourgeoisie #ignorance #apprentissage_de_l_ignorance #macronisme
    #Edouard_Louis

  • Reclasser les agriculteurs
    http://www.laviedesidees.fr/Gilles-Laferte-Embourgeoisement-enquete-cerealiers.html

    À propos de : Gilles Laferté, L’Embourgeoisement : une enquête chez les céréaliers, Raisons d’agir. Accumulation patrimoniale, rôle politique local, pavillons ostentatoires, études supérieures des enfants, retraite en ville, ce sont là les traits caractéristiques d’une #bourgeoisie agricole hésitant à se constituer comme telle. G. Laferté nous invite à y voyager.

    #Société #agriculture #paysannerie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200506_gentlemenfarmers.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200506_gentlemenfarmers.pdf

  • Non, je vais pas tenir un journal de confinée.
    Juste témoigner de ce qui se met en place ici #en_temps_de_pandémie.
    Mes voisin·es ont créé, la semaine dernière, un groupe sur WhatsApp pour s’organiser, s’entraider, s’informer, se soutenir, faire des courses groupées.
    J’ai pris le train en route car je n’ai pas de forfait internet sur mon mobile mais j’ai accès grâce au Wifi. J’avais reçu un message il y a quelques jours mais je ne savais ce que c’était. Ben, voilà, c’était une invitation à rejoindre le groupe, c’est fait. Et ça fait du bien cette #solidarité de voisinage #ça_fait_du_bien !

    • Tant mieux nous ici à 40km de Paris les choses se mettent en place aussi, je croise les doigts pour que les gens profite de ce confinement pour sortir de leur léthargie, et lisent des choses importantes qu’ils n’ont normalement pas le temps de lire. Mais j’ai très peut d’espoir. Surtout qu’ils mettent les bouchés doubles coté lois. amitiés Odilon, f.

    • #confinement_solidaire à opposer à #confinement_inégalitaire ou #confinement_violent ? Encore à la recherche d’un tag. Profite bien ! Ici dans la courée de Ménilmontant mes hôtes n’ont encore reçu aucune invitation des voisin·es à avoir des contacts réguliers alors qu’il s’agit d’une voie privée et que ça crée des liens comme une copro. Elle et il ont noté que certain·es qui avaient l’habitude de mettre leur bien en AirBnB sont parti·es sans prêter leur maison à des ami·es moins bien logé·es. Des maisons confortables avec jardin qui restent vides... Pas la grande classe.
      #bourgeoisie

  • Racisme d’en haut en bas de page | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/12/24/racisme-den-haut-en-bas-de-page-2

    Alors qu’en France ces derniers temps le racisme en milieu populaire a été sur-médiatisé et sur-étudié. Un petit tour parmi les commentaires sous un article en ligne du journal Le Monde célébrant la performance des Judokates Françaises aux Mondiaux de Tokyo offre au sociologue un bon terrain pour analyser le racisme distingué en vigueur dans le milieu des élites et des classes supérieures. Rediffusion du 20 septembre 2019.

    Derrière paywall (et grrr les majuscules à judokates françaises, personne pour éditer correctement !)
    #racisme

    • Pour ne pas désespérer du genre humain, il semble assez conseillé d’éviter de lire certains commentaires d’internautes des articles parus en ligne dans la presse. Ce « a fortiori » si vous êtes l’auteur d’un de ces derniers. Il est même quasi vital de respecter cette abstention de lecture des commentaires en ligne si vous avez le malheur d’accoler à votre nom le titre de sociologue qui est le vôtre.

      Que vous soyez chercheur CNRS ou même simple universitaire, on ne vous rate pas : vous êtes illico l’objet de la part des internautes, le doigt sur le clic, de commentaires furieux et souvent délirants, qui n’ont presque jamais aucun rapport avec ce que vous avez essayé de dire, même avec prudence et maintes circonlocutions.

      Il se trouve que parfois vous tombez sur des commentaires intéressants, soit par leur capacité d’analyse et de développement de l’article en question, soit parce qu’ils font symptôme, avec un effet de révélateur qui incite à penser. Dans cette deuxième catégorie, on voudrait prendre ici l’exemple d’un commentaire de deux lignes paru très peu de temps après la parution – le 29 août 2019, sur le site du Monde – d’un article intitulé sobrement « Mondiaux de judo : à Tokyo, l’équipe de France brille grâce à ses judokates », signé Anthony Hernandez (un des journalistes chargé de la rubrique sport dans ce quotidien).

      Lors de ce Mondial de Tokyo fin août 2019 , le bilan des judokates françaises est impressionnant.
      Pour comprendre le sens de ce commentaire, commençons par résumer assez longuement cet article qui mettait l’accent sur la réussite exceptionnelle de l’équipe de France de judo au Mondial de Tokyo fin août 2019 : la plus belle « moisson de médailles d’or » depuis 2014. La forte particularité de ce succès tient à ce que ce sont trois femmes qui ont fait retentir La Marseillaise : Clarisse Agbegnenou (catégorie des moins de 63 kg), Marie-Eve Gahié (– 70 kg), Madeleine Malonga (– 78 kg). Pour comprendre ce succès indubitable de l’équipe de France féminine, hommage est d’abord rendu à son responsable depuis 2016, Larbi Benboudaoud (45 ans), médaille d’argent aux JO de 2000, présenté, sans doute à raison, comme l’un des grands artisans du succès des judokates françaises. Il est particulièrement réputé pour son exigence et sa soif de victoires (« On les prépare pour qu’elles aillent chercher des médailles, pas seulement pour participer… »).

      Lors de ce Mondial, le bilan des judokates françaises est impressionnant. Dans les sept catégories féminines, toutes , sauf une (Anne-Fatoumata M’Bairo), sont parvenues au stade des quarts de finale. Outre les quatre médaillées (ajoutons Margot Pinot, médaille de bronze), deux ont échoué au pied du podium : Sarah-Léonie Cysique (21 ans) et Amandine Buchard (24 ans). L’article met en relief la performance de Clarisse Agbegnenou qui, à 26 ans, est le véritable leader ce cette équipe féminine. À Tokyo, elle est sacrée championne du monde pour la quatrième fois.

      Les spécialistes ont été unanimes pour juger magnifique son combat en finale contre la Japonaise Miku Tashiro : une victoire à l’arraché lors du golden score (les prolongations) après onze minutes de combat acharné. Le journaliste du Monde reprend les propos tenus sans fausse modestie de la championne peu après son exploit : « J’ai marqué les esprits de beaucoup de judokas. Beaucoup m’ont dit que la finale était magnifique et que c’était beau à voir. J’ai montré que mentalement je ne lâcherai rien. C’est bien d’avoir conservé mon statut de numéro un. »

      Par ailleurs l’article insiste, par contraste, sur le maigre butin de l’équipe française masculine : une seule médaille de bronze (Alexis Cleret), Teddy Riner étant « en congé ». Est toutefois évoqué un motif d’espoir avec l’arrivée de jeunes prometteurs comme Alpha Djalo (22 ans). En conclusion, la parole est donnée à Jean-Luc Rougé, président de la Fédération française de judo : « Battre les Japonais au Japon, c’est exceptionnel. On les voyait énorme pour les JO, on en avait tous peur, nos judokates ont fait voir aux autres pays que c’était possible. En quelques jours, on a ouvert une porte… » Le journaliste du Monde écrit, en guise de chute de son article : « Les maîtres japonais du judo sont prévenus. Les Français n’ont pas peur du sacrilège ».

      Pour être tout à fait complet, notons que l’article est joliment illustré de trois photos des judokas – deux femmes, un homme – en action sur le tatami. Elles font apparaître avec évidence le fait que ces derniers sont noirs de peau, comme peuvent d’ailleurs le suggérer leurs patronymes : Agbegnenou, Malonga, Djalo. Sous la première photo plein cadre de l’une d’entre elles, on lit : « Les Françaises, à l’image de Clarisse Agbegnenou, ont brillé lors des Mondiaux de Tokyo. Sous la deuxième « Madeleine Malonga est championne du monde des -78 kg » et, sous la troisième, « Alpha Djalo est l’un des espoirs du judo masculin français ».

      Tout au long de son texte comme pour la légende des photos, le journaliste du Monde a pris bien soin de ne pas mentionner la couleur de peau des trois championnes du monde françaises. Par ailleurs il n’a pas non plus souhaité indiquer que toutes trois sont d’origine africaine, plus précisément du Togo (Agbegnenou), Congo (Malonga), Côte d’Ivoire (Gahié). Il a préféré les présenter – et ainsi les définir – comme des « combattantes françaises ».

      Or 45 minutes après la parution en ligne de cet article sur le site du lemonde.fr, à 16H01, un lecteur dissimulé derrière un pseudo assez sophistiqué (Albireo [1]) et premier internaute à le commenter, écrit ceci : « Pauvres japonais qui refusent le métissage, adieu les breloques sportives… Bon, par contre ils continuent de gagner les prix Nobel de physique et Tokyo est classée ville la plus sûre du Monde… »

      Tentons de nous mettre à la place de ce lecteur assidu du Monde, sans doute fort lettré, pour ne pas dire « cultivé ». Pour réagir ou, plus exactement, pour dégainer aussi vite, il doit être constamment à l’affût d’articles publiés sur le site du Monde, sans doute pour y traquer les articles qui lui paraissent exprimer toute forme de « politiquement correct ». Nous allons essayer d’entreprendre une sorte de « démontage » sociologique de l’inconscient social qui suinte dans ce petit texte réactif [2].

      Si ce commentaire m’a interloqué ou, plus exactement, profondément choqué, c’est aussi parce que je m’intéresse au sport comme sociologue et, depuis une dizaines d’années, travaille (un peu) sur le football (cf. le livre Traîtres à la nation, La Découverte, 2011) sans compter que, depuis 2016, je tiens une chronique mensuelle, intitulée « Sport et culture » dans le journal Sud-Ouest.

      Ce qui m’astreint à une lecture régulière de L’Équipe qui contribue à me donner progressivement une assez bonne culture générale dans le domaine du sport, avec un tropisme prononcé pour l’étude du profil sociologique des sportifs de haut niveau (football, rugby, handball, basket-ball, athlétisme, cyclisme, judo, natation, etc). Il m’arrive fréquemment de faire des fiches et encore plus souvent d’archiver des portraits détaillés de ces « champions ». De ce fait, ce commentaire au venin (de racisme soft..) savamment distillé m’a donné tout de suite envie de réagir (un commentaire sur le site du Monde de la réaction d’Albireo e a été tenté puis abandonné…). Au fond, que nous révèle ce commentaire ?

      Primo, le commentateur connaît sans doute très bien la forte spécificité de la démographie du Japon : un pays en crise démographique avec, depuis 25 ans, un nombre de décès supérieur à celui des naissances (l’indice conjoncturel de fécondité est stable à 1,4 enfant par femme, loin du chiffre de 2, 1 qui assure la reproduction de la population d’un pays). Il connaît tout aussi bien la non moins grande spécificité de la politique d’immigration du Japon, à savoir une fermeture quasi-totale aux immigrés. Comme le dit Gilles Pison, démographe à l’INED : « À court terme, c’est-à-dire les prochaines décennies en langage de démographe, le Japon va se retrouver face à une diminution des effectifs d’âge actif et des problèmes de recrutement.

      Les pays développés ont traditionnellement recours à la main d’œuvre immigrée en cas de besoin. Mais le Japon est jusqu’ici resté un des pays les plus fermés à l’immigration. S’ouvrir à celle-ci et accepter un métissage de sa population est pour lui l’un des grands défis de demain ». Bref, le Japon est ici présenté en creux comme une sorte de modèle de politique d’« immigration zéro » , à l’inverse de la France, pays passoire qui serait entièrement ouvert à tous les courants migratoires venus d’Afrique.

      Secundo, par l’emploi du terme de « métissage » dès la première phrase, l’auteur masqué du commentaire entend, dans une logique de dévoilement, lever un lièvre en portant au jour ce fait qui aurait été soigneusement « caché » dans l’article du Monde : à savoir que les judokates françaises médailles d’or du Mondial 2019 sont des « Noires ». Ce sport individuel, où la France occupe la deuxième place au monde derrière le Japon depuis trente ans, serait en train de devenir – comme c’est déjà le cas du football, basket-ball, handball, et même dorénavant du rugby – un lieu de « métissage ». On peut penser que ce dernier mot sert en fait, pour notre internaute masqué, à dire de manière euphémisée la forte présence de Noirs (l’envahissement ?…) dans ce sport de « Blancs » dans l’Europe d’après 1945, même si son berceau historique se situe en Extrême Orient.

      Tertio, la comparaison qui est dessinée en creux entre la France et le Japon se donne à voir aussi sous la forme d’une opposition terme à terme qui est lourde de sous-entendus culturalistes et politiques. À la différence de la France qui se prévaudrait et se gargariserait de vaines médailles (« breloques » pour le dire de manière péjorative comme notre Albireo, fort irrité) conquises dans le sport (panem et circenses), qui plus est, par la seule grâce de jeunes ressortissants issus de pays de l’ex-Afrique coloniale, le Japon s’attelle, quant à lui, à des tâches plus sérieuses, notamment faire fructifier le capital scientifique de son pays, par l’intermédiaire de la fabrication de prix Nobel de physique made in Japan. Sans compter, cerise sur le gâteau, que dans le système d’oppositions hâtivement bâti par l’auteur, définir Tokyo comme « la ville la plus sûre du monde », lui permet de faire un clin d’œil poussé au lecteur du type : « Suivez mon regard », c’est-à-dire allez voir du côté de la capitale française, Paris (y compris sa banlieue), pour y observer l’une des villes les moins sûres des pays développés.

      Ce commentaire « moisi », dont on peut malheureusement retrouver aujourd’hui pléthore d’équivalents sur la toile, est un révélateur de l’air du temps.
      Dans ce commentaire, rien n’est explicitement dit, tout est suggéré, c’est au lecteur de reconnaître la petite musique de la France envahie et/ou en perdition (celle du « suicide français » de Zemmour pour le dire vite). Il s’agit de glisser dans l’oreille du lecteur du Monde que tout ce qui a été écrit dans cet article n’est qu’un écran de fumée ou un tissu de balivernes.

      Il faut, aux yeux de notre internaute héros d’un jour, tout faire pour saper, en quelques mots, l’idée centrale qui transparaît à l’évidence dans cet article : aujourd’hui la France gagne des médailles d’or du fait de l’arrivée à maturité d’une génération brillante de judokates d’origine africaine, sous la houlette d’un ancien grand champion de judo d’Aubervilliers – Larbi Benboudaoud – dont on peut supposer assez facilement qu’il aurait comme seul défaut, pour notre internaute, de porter un prénom et un nom bien peu gaulois.

      Au fond, ce commentaire « moisi », dont on peut malheureusement retrouver aujourd’hui pléthore d’équivalents sur la toile, est un révélateur de l’air du temps. Il nous a aussi fait immédiatement penser à un livre d’entretiens de Gérard Noiriel, paru en 2007 chez Textuel et intitulé Racisme : la responsabilité des élites, qui n’a sans doute pas rencontré l’écho qu’il aurait mérité. On sait bien que, dans la société française des vingt dernières années, la question du racisme et des « relations inter-raciales » (race relations) est devenue omniprésente et même obsédante.

      On sait aussi que les principaux « accusés » dans des affaires de racisme appartiennent aux classes populaires, comme si le racisme était leur seul apanage. Les sociologues d’enquête (notamment ethnographique) s’efforcent, sur cette question, de mettre en relation étroitement, d’une part, l’expression de propos et d’actes racistes et, d’autre part, les situations de concurrence exacerbée que les membres des classes populaires affrontent au travail, dans la sphère du logement et, par l’intermédiaire de leurs enfants, dans celle de l’École. C’est ce que nous avions développé avec Michel Pialoux dans le chapitre 9 du livre Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-Poche, 2011) sur le terrain des ouvriers Peugeot de Sochaux-Montbéliard, une analyse qui, à nos yeux, reste d’actualité et conserve une certaine pertinence.

      On doit mettre l’accent sur ce qui nous paraît être une erreur de perspective sur ce sujet assez crucial du racisme. Pour des questions d’accès au terrain et de fortes inégalités sociales dans la protection de l’entre-soi et la maitrise des registres de langage, le racisme en milieu populaire est sur-médiatisé et sur-étudié alors que les diverses formes de racisme en vigueur dans le milieu des élites et des classes supérieures sont largement invisibles (ou invisibilisées). Ce sinistre commentaire anonyme a pour avantage, si l’on peut dire, de faire apparaître en pleine lumière ce qu’il peut y avoir aujourd’hui dans la tête de certains lecteurs du Monde appartenant aux catégories sociales favorisées, baignant dans la culture des « nouveaux réactionnaires ». Une certaine prudence leur fera certes éviter de se référer explicitement à la théorie du « grand remplacement » mais elle ne les empêchera pas, comme cet Albireo, d’étaler, sous une forme polie et euphémisée, une vision du monde qui semble profondément élitiste et raciste.

      Car ce qui est le plus frappant dans ce commentaire est l’impossibilité chez son auteur de de concevoir et de penser le « ET ». Comme si (ici) les sportives de haut niveau ne pouvaient pas être en même temps de « bonnes » élèves. Comme si les jeunes d’origine africaine ayant grandi en France ne pouvaient pas être en même temps de bons citoyens, et comme s’ils étaient tous voués à emprunter la seule voie de la délinquance et à rendre dangereuses les rues de nos grandes villes.

      Or, maintes enquêtes l’attestent, on peut, en étant d’origine africaine en France, exceller en sport ET réussir des études supérieures. On peut aussi, en étant toujours d’origine africaine, trouver sa place en France et ne pas passer par la case du commissariat de police et de la prison. Le prisme racial, voire l’obsession raciale, du commentaire en question ne permet pas à son auteur de voir que, au-delà de cette seule variable dite de la race, opèrent d’autres variables lourdes comme la PCS (Profession et Catégorie Socioprofessionnelle) et le niveau de diplôme des parents, le lieu de résidence, etc., qui permettent d’expliquer conjointement la diversité des trajectoires sociales des membres de ce groupe, malgré tout hétérogène, de cette seconde génération issue de l’immigration africaine en France.

      La seule lecture régulière de la presse (sportive ou locale) nous apprend ainsi que ces judokates françaises d’origine africaine ont presque toutes grandi en province (Chambly, Amiens) ou en banlieue parisienne (Asnières) et rarement dans des « cités ». Surtout elles ont été élevées dans des familles immigrées africaines appartenant souvent aux classes moyennes (et celles-ci existent !..) . Clarisse Agbegenou est née à Rennes d’une mère comptable et d’un père vétérinaire au Togo devenu un « grand scientifique » en France.

      Madeleine Malonga a deux parents qui sont infirmiers en psychiatrie. Les parents ne choisissent pas au hasard tel ou tel sport pour leurs enfants. Le judo est réputé pour son exigence et, en France, pour la très grande qualité des encadrants, tous d’anciens très bons judokas. Ce sport est aussi connu pour avoir de grandes vertus éducatives : il apprend l’humilité, le sens de l’effort et sert à « cadrer » des jeunes débordants d’énergie physique. Par exemple, Clarisse Agbegnenou est venue au judo grâce à sa directrice d’école, qui conseilla à sa mère de faire en sorte que sa « costaude » canalise son énergie.

      La pédagogie anti-raciste ne doit pas viser seulement les publics dits populaires ; elle gagnerait aussi à être dirigée vers une partie de nos élites.
      Il se trouve aussi que la plupart d’entre elles ont dû quitter leur famille à 13/14 ans pour suivre une section sports-études (à Orléans pour Clarisse Agbegenou) puis entrer à 15/16 ans dans ce temple de la formation des sportifs de haut niveau qu’est l’INSEP à Vincennes. En même temps que la pratique intensive de leur sport, elles ont poursuivi des études secondaires ou supérieures : Clarisse Agbegenou est titulaire d’un bac en sciences et technologies, Marie-Eve Gahié d’un BTS.

      En outre, notre internaute masqué doit certainement ignorer que le judo est un sport terriblement exigeant et ingrat. Accéder au haut niveau nécessite des milliers d’heures d’entrainement et de combat, accompagnées d’innombrables moments de doute et de petites crises de croyance dans tous ses sacrifices faits au quotidien. La moindre erreur ou distraction ne pardonne pas sur le tatami et se paye cash. La question du poids est aussi cruciale, il faut surveiller de très près son alimentation. Un jour, Clarisse Agbegenou est arrivée à la pesée en 2012 aux Masters au Kazakhstan avec un excédent de poids de 200g : elle n’a pas pu participer à la compétition et a été durement sanctionnée par la Fédération française de judo qui lui a interdit de participer au tournoi de Paris. On pourrait sur ce sujet développer longuement.

      Ces exemples suffisent à montrer ce que notre commentateur zélé ignore à l’évidence : la personnalité comme le « mental » de ces sportives de haut niveau et des chercheurs en physique (ou des autres sciences) ne sont pas si différents. Ce qui les a menés « tout en haut », c’est une somme difficilement imaginable d’efforts, d’ascèses et d’investissements hors du commun.

      Peu importe la couleur de peau. En judo, comme dans beaucoup d’autres sports, ce qui va in fine départager des compétiteurs de qualité égale, c’est l’« état d’esprit », ce qui est désigné comme le « mental » et ce que les coaches aiment appeler la « niaque ». S’il existe aujourd’hui une forte surreprésentation de judokates d’origine africaine dans l’équipe de France, c’est sans doute parce que, pour surmonter les multiples préjugés qui sont encore aujourd’hui liés à leur couleur de peau, elles ont dû déployer une énergie peu commune pour reculer le plus loin la douleur et ainsi refuser la défaite.

      On aura voulu ici introduire davantage d’éléments de contexte pour éclairer la lanterne de ces lecteurs « d’en haut », comme cet Albireo, prisonnier de leurs préjugés socio-raciaux. La pédagogie anti-raciste que peuvent offrir en acte les travaux en sciences sociales ne doit pas viser seulement les publics dits populaires ; elle gagnerait aussi à être dirigée vers une partie de nos élites qui se caractérise par son étroitesse d’esprit. Ce commentaire à la fois furibard et policé d’Albireo est une petite – mais très « belle » – source en ce qu’elle dévoile bien, à sa manière, ce qui peut se trouver tapi au fond de l’inconscient social : une forme de racisme distingué et, pour cela, d’autant plus dangereux.

      La mise en avant dans les médias de la réussite sportive de nos « championnes françaises » (comme l’écrivait à juste titre le journaliste du Monde) permet de faire un peu mieux comprendre à l’opinion publique la manière dont ces jeunes français à trait d’union – franco-togolais, franco-congolais, franco-ivoiriens – font partie de notre pays et sont en train d’y prendre toute leur place. Certes peu d’entre eux deviendront prix Nobel de Physique (mais qui sait ?…). En attendant, comme il est désormais permis aux lecteurs du site Internet du Monde de signaler des « abus » lorsque certains commentaires dépassent les bornes, nous l’avons fait et le commentaire rance d’Albireo a été supprimé du site lemonde.fr.

      Cet article a été publié pour la première fois le 20 septembre 2019 dans AOC.

      [1] Albireo est une étoile double, hébergée par la constellation du Cygne, aux couleurs particulièrement contrastées. Le Blog Cielmania de J-B. Feldmann (photographe du ciel) indique que c’est un « joyau accessible aux astronomes amateurs. »

      [2] Ceci, sous une forme d’esquisse ici, pourrait prolonger le travail sur les formes de jugement, d’appréciation, que Francine Muel Dreyfus avait appelées « pré-réflexives » dans son travail sur les adhésions au régime de Vichy, cf. Francine Muel Dreyfus Vichy et l’éternel féminin. Contribution à une sociologie politique de l’ordre des corps, Seuil, 1996.

  • Fleurs de barricade - l’#anarchie chantée en #Italie

    Curés, patrons, militaires, flics, chefs d’état : il n’existe aucune catégorie d’oppresseurs qui n’ait été attaquée, insultée, ridiculisée, menacée dans les #chansons_libertaires. Souvent vulgaire et irrévérencieux, toujours exagéré, rhétorique et fataliste, le chant a toujours accompagné les anarchistes dans leurs #luttes quotidiennes contre l’#exploitation, les #inégalités, la #pauvreté, la #répression mais aussi l’allié contre les grands ennemis de toujours : “l’#état, l’#église, la #bourgeoisie cupide”, cette triade arrogante qui depuis toujours opprime l’humanité.

    Dans ce spectacle qui mêle musique et histoires, accompagné par un équipage variable en fonction des occasions, #Lorenzo_Valera propose un florilège de chants italiens qui ont accompagné un siècle de luttes libertaires.

    https://www.terracanto.org/fr/fleurs-de-barricade-lanarchie-chant%C3%A9e-en-italie
    #musique_et_politique #chants #chansons

    Et ici les paroles des chants traduits en français, à télécharger:
    https://nextcloud.alekos.net/s/m22dGjNcfBZ96Hi#pdfviewer

    ping @sinehebdo @albertocampiphoto @wizo

  • « Privilèges » : avec ce mot, la bourgeoisie attribue aux autres ce qu’elle est la seule à avoir - FRUSTRATION
    https://www.frustrationlarevue.fr/privileges-avec-ce-mot-la-bourgeoisie-attribue-aux-autres-ce-quel

    Pour Laurent Alexandre, chroniqueur au Monde, à L’Express et au Huffington Post, chirurgien-urologue de son état, ce n’est pas évident : selon lui, un ouvrier de 2019 vit mieux que Louis XIV. Donc on vous aide à y voir plus clair :

    Les privilèges des nobles de l’Ancien Régime venaient s’ajouter à la somme d’avantages déjà monopolisés par eux comme la possession de terres, l’accès à la santé et de sacrés beaux châteaux. En fait, si vous voulez, c’est comme pour les avantages fiscaux des bourgeois de nos jours – flat tax, suppression de l’ISF… – qui viennent s’ajouter à leurs revenus élevés, leurs bonnes écoles et leurs bonnes assurances. A contrario, les « privilèges » des ouvriers d’entreprises publiques comme la SNCF ou la RATP viennent compenser les désavantages de leur profession : une espérance de vie inférieure à celle de la moyenne de la population, du travail en 3×8, la peur de l’accident, le travail de nuit et un management agressif qui conduit nombre d’entre elles et eux au suicide.

    Les avantages d’un noble de l’Ancien régime s’obtenaient par la naissance ou par une grande révérence à l’égard du pouvoir en place ; pour que vous compreniez bien, c’était un peu comme les avantages scolaires, culturels, financiers et fiscaux d’un bourgeois de nos jours qui s’obtiennent par naissance ou par connivence politique et sociale ! A l’opposé, les « privilèges » des ouvriers d’entreprises publiques et de certains secteurs comme l’automobile, la banque ou la sidérurgie ont été obtenus par organisation collective centenaire, âpres luttes provoquant la mort de milliers de camarades, participation active à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale, grèves occasionnant des jours sans salaire, affrontements avec la police et les milices patronales.

    Astuce : C’est pour ça que le mot réel pour « privilège » est « conquête sociale », car ça n’est pas tombé tout cuit dans le bec, contrairement aux avantages des nobles de l’Ancien régime (et des bourgeois de nos jours).

  • La « connardisation » de la ville | Ainsi va la vllle
    https://cause-commune.fm/podcast/ainsi-va-la-ville-12

    Nous allons aujourd’hui parler d’un processus. Celui qu’on observe si souvent qu’on ne le commente même plus : Taxiphones, lavomatics, bars PMU et boucheries hallal ferment leurs portes pour laisser s’ouvrir celles des usines à brunchs, des marchands de smoothies et de toute une industrie de la nuit pour la jeunesse dorée des centre-villes. Durée : 58 min. Source : Cause Commune

    https://cause-commune.fm/podcast-download/11182/ainsi-va-la-ville-12.mp3

  • Catastrophisme, pétitionisme ou petitsgestime : comment se prétendre écolo et rester bourgeois 23 août 2019 - Frustration la revue
    https://www.frustrationlarevue.fr/catastrophisme-petitionisme-ou-petitsgestime-comment-se-pretendre

    L’été a été riche en actualités alarmantes, illustrant désormais dans notre quotidien et celui des autres ce qui n’était qu’une idée assez abstraite il y a encore dix ans : le réchauffement climatique détraque notre climat et le système capitaliste détruit la nature et ce qu’elle nous offre pour vivre. Le mode de vie qui nous est imposé d’en haut (« tous les jeunes devraient vouloir être milliardaire », selon notre cher président) et les contraintes de la désorganisation néolibérale (temps de transport pour aller travailler, délocalisation et mondialisation des productions, agriculture intensive…) font tous de nous des participants actifs à ce processus d’auto-destruction de notre lieu de vie.

    Tous ? Noooon, un petit village d’irréductibles connards collabore et planifie bien plus que les autres à cet état de fait : les bourgeois. Ils sont à la tête ou au service actif du système économique qu’ils ont eu la joie d’étendre à toute la planète : Le capitalisme, qui se base sur la subordination du travail à la fructification du capital, qui fait des dirigeants ceux qui possèdent et non ce qui bossent ou qui vivent, qui subordonne toute considération morale, politique ou écologique au nécessaire enrichissement des actionnaires, et qui de fait rend impossible une gestion des ressources et des modes de vie différente. Répartis en strates successives, des 0,001% de très riches aux notables de province, professions libérales et une bonne partie des médiacrates, les bourgeois sont a priori les derniers à pouvoir donner de vertes leçons car ils sont les principaux responsables de ce qui nous arrive.
    . . . . .
    Petitsgestime : doctrine individualiste inefficace et inconséquente consistant à mettre en scène sa participation au combat écologique
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    Pétitionisme : pratique sociale consistant à faire appel au bon cœur de gouvernements corrompus en feignant de croire qu’ils ont en tête “l’Intérêt Général”
    . . . . .
    Catastrophisme : ensemble de théories quasi-religieuse décrivant l’épouvante à venir, culpabilisant “l’Homme” plutôt que les puissants et appelant à des solutions fumeuses et conservatrices

    Le catastrophisme est la troisième attitude, et certainement la plus branchée du moment : incarnée notamment par les tenants de la « collapsologie », elle consiste en la lecture et le partage de grands textes semi-religieux, parlant d’effondrement, « d’anthropocène » (pratique, encore une fois tous les hommes sont coupables, y compris les millions qui ne mangent pas à leur faim)… Et appelant à une sorte de résignation collective, mais joyeuse, face à cette catastrophe, et l’adoption d’un nouveau mode de vie plus frugal, au sein de « biorégions ».

    Le gros avantage politique de ce genre de théories d’apparence très radicale (ce qui fait leur charme subversif), c’est qu’elles font peu de liens entre le monde réel et le monde qu’elles décrivent : pleines de gros concepts chocs et abstraits (« Humanité », « Planète », « Effondrement », « Civilisation »…) elles ne traitent qu’à la marge du monde capitaliste concret avec ses dominants, ses dominés, ses collabos, ses victimes… On est tous mis dans le même panier de l’effondrement, et en prime on doit s’y résigner (mais « joyeusement » et avec spiritualité). Combattre les politiques néolibérales, les multinationales et les politiques vendus n’est plus au programme.

    Et d’ailleurs, si rien n’est fait pour sauver les planètes, c’est parce que nous vivrions tous dans le déni, et que tout cela sera affaire de psychologie sociale et non de la confiscation du pouvoir par une petite minorité qui n’agit que pour s’engraisser. C’est ce qu’ils nous soutiennent dans leur dernière tribune dans « Le Monde », qui appelle à « changer de modèle culturel ». Les tenants de la collapsologie, dont le désormais célèbre Pablo Servigne,y évoquent ces « biorégions » qui correspondent en fait à des changements d’échelles, à la fois « conviviaux » et « complexe », des modes de production. C’est effectivement intéressant et séduisant, mais ça ne parle jamais ô grand jamais des rapports de pouvoir. Ni même de fin du libre-échange, ni de barrière douanière. Le mot capitalisme n’apparaît d’ailleurs pas une seule fois dans la tribune. Et naturellement, aucune piste concrète n’est donnée pour atteindre cet état de fait. Seuls ceux qui en ont la possibilité et les moyens peuvent tenter ce retour à la campagne et à des liens plus locaux.

    En s’adressant au lecteur du Monde, les collapsologues ne s’adressent pas à l’électeur, ni au décideur. Ils s’adressent à des gens à qui ça fera du bien d’entendre parler de ce genre d’utopie qui ne touche pas à ses privilèges, et qui peut correspondre à un horizon individuel de vie, pour une super reconversion, au mieux.

    Petitsgestime, pétitionisme et catastrophisme sont trois doctrines qui font vendre du papier et qui génèrent du clic. Trois doctrines inoffensives et inefficaces grâce auxquelles les grands bourgeois peuvent dormir sur les deux oreilles, les petits bourgeois se sentir à la pointe du combat sans remettre en cause leur position de classe, tandis que les autres vont continuer d’en chier et de passer pour des indifférents parce qu’eux ne passent pas la journée à se lamenter et à prôner de grands gestes inutiles, pendant que la planète crame.

    #catastrophisme #pétitionisme #petitsgestime #collapsologie #doctrine #capitalisme #bourgeoisie #privilèges #intérêt_général #pouvoir #libre-échange #planète

  • « Premières de corvée » : le labeur oublié des travailleuses domestiques
    https://lemediapresse.fr/social/premieres-de-corvee-le-labeur-oublie-des-travailleuses-domestiques

    Dans « Premières de corvée », le journaliste Timothée de Rauglaudre raconte le quotidien des travailleuses domestiques et s’interroge sur l’invisibilisation d’un secteur aux conditions de travail particulièrement difficiles. Entretien.

    #Social #Bourgeoisie #Nounou #Nourrice #Société

  • De Rugy, les homards et les LBD Mohamed Belaali - 18 Juillet 2019 - Investigaction
    Pour qu’une classe puisse vivre dans le luxe, il faut qu’une autre classe vive dans le dénuement et l’asservissement. Pour que François de Rugy et son épouse puissent étaler leur faste aux frais des contribuables, notamment les plus modestes d’entre-eux, il faut en même temps crever les yeux et arracher les mains de celles et ceux qui refusent de subir cet ordre bourgeois pourri.

    Macron, de Rugy et tous les membres du gouvernement ainsi que ceux qui les ont hissés brutalement à la tête de l’Etat ne voient dans les classes populaires qu’une masse infâme, des êtres sans dignité, déshumanisés, des esclaves.
     
    Les pauvres doivent encore et toujours fournir des efforts. Les puissants sont insatiables. Ils se nourrissent, à l’instar des vampires, du sang du peuple. Plus ils en pompent, et mieux ils se portent ! Au moment où la classe dirigeante exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, cette classe n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Elle aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial… La folie dynastique de cette classe n’a d’égale que le mépris ostentatoire qu’elle affiche pour le peuple. Deux classes irréconciliables que tout sépare. Mais l’une représente le passé, l’autre l’avenir.

    Source : http://www.belaali.com/2019/07/de-rugy-les-homards-et-les-lbd.html
    et https://www.investigaction.net/fr/de-rugy-les-homards-et-les-lbd

    Clair, net et en peu de mots #françois_de_rugy #homard l’#obscénité considérée comme un #art #politique #enquête #ps #Gôche #fausse_gauche #eelv #gilets_jaunes #assemblée_nationale #écologie #giletsjaunes #Homardgate #bourgeoisie

  • C’est tellement plus éclairant et jubilatoire d’écouter une Pinçon-Charlot plutôt qu’une Loiseau... sauf si tu es #ultrariche (et encore...)

    Dans cet épisode de Vieille Branche, Marie Misset a rencontré Monique Pinçon-Charlot. La sociologue de la #bourgeoisie l’a accueillie dans sa maison, au coeur d’un quartier paisible des Hauts-de-Seine. Ensemble, elles ont discuté de la bourgeoisie, passée et actuelle, du couple qu’elle forme avec Michel Pinçon, et avec qui elle a effectué la majorité de ses recherches et travaux.

    https://art19.com/shows/vieille-branche/episodes/98b68d3d-c485-431d-aad3-b1f76f23e9bb #radio #podcast #sociologie & #politique

  • L’héritière des biscuits Bahlsen, en Allemagne, dérape sur l’époque nazie afp/pym - 14 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10432748-l-heritiere-des-biscuits-bahlsen-en-allemagne-derape-sur-l-epoque-nazie

    Le fabricant de biscuits et gâteaux allemand Bahlsen se retrouve au milieu d’une vive controverse après des déclarations de sa jeune héritière minimisant les souffrances des travailleurs forcés dans l’entreprise à l’époque nazie.
    « Tout cela s’est passé avant mon époque et nous avons payé les travailleurs forcés comme les Allemands, nous les avons bien traités », a déclaré Verena Bahlsen au quotidien Bild, avant d’ajouter : « Bahlsen n’a rien à se reprocher ».

    Les condamnations sur les réseaux sociaux ont fait florès après ces propos.

    Appel au boycott
    Une pétition a même été lancée pour appeler au boycott des biscuits du groupe, qui génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions d’euros et emploie près de 3000 personnes. Ses promoteurs accusent l’entreprise d’avoir « tiré une partie de sa richesse des esclaves du travail nazi ».

    L’entreprise fut fondée par l’arrière-grand-père de Verena Bahlsen, Hermann Bahlsen, à la fin du 19ème siècle. Durant la Deuxième guerre mondiale, elle employa environ 200 travailleurs forcés, originaires pour la plupart de territoires occupés par l’Allemagne nazie, afin de produire des rations alimentaires pour l’armée allemande.

    #bourgeoisie #histoire #capitalisme #domination #Bahlsen #exploitation #travail_forcé #nazisme

  • Crépuscule de J. Branco : un « pamphlet fascisant » ? Réponse à Geoffroy de Lagasnerie | PASCALE FAUTRIER
    https://blogs.mediapart.fr/pascale-fautrier/blog/140419/crepuscule-de-j-branco-un-pamphlet-fascisant-reponse-geoffroy-de-lag

    Je ne connaissais pas le tweet de J. Branco sur Louis/Attal, que cite G. de Lagasnerie, en effet manifestement homophobe. Mais disons-le ça ne m’étonne pas. Il y a chez J. Branco un tropisme viriliste associé à un narcissisme « sans limite » - qui l’apparente plutôt, en ce qui le concerne... à Emmanuel Macron. Je l’ai déjà suggéré dans au moins deux articles. 
    Je n’ai pas lu les livres de Geoffroy de Lagasnerie - je n’ai lu que ses interventions dans les médias. Et de même que j’ai défendu dans L’Humanité le dernier livre indispensable d’Edouard Louis, j’ai tendance à me sentir intellectuellement plus proche de lui que de Juan Branco.
    Et pour en finir avec l’eau que j’apporte au moulin de Lagasnerie, je dirai ailleurs en détails ce que je pense de l’alliance J. Branco - Maxime Nicolle - ce dernier ayant tenu devant moi et adressé à moi, des propos politiques qui relevaient absolument d’une influence droitière et extrême-droitière - sans que Juan Branco, présent, y trouve le moins du monde à redire. Une certaine H., également présente, auto-préposée au vehiculage dans Paris d’une certaine P. Ludosky, a également défendu l’inénarrable Maxime Nicolle-Fly Rider alias « retenez-moi ou je déclenche une guerre mondiale », comme l’a surnommé quelqu’un. 
    Je me suis vue avec frayeur, ce jour-là, soutenant, sous couvert de gilet jaune, un putsch fasciste. Seule ma fidélité au processus de démocratie directe, insufflé par les gj de Commercy et Saint-Nazaire m’a convaincue de poursuivre mon engagement. J’ai jugé ensuite risible les rodomontades matadors que j’avais entendues. Disons enfin que je suis en train de découvrir comme nous tous (attendons la conclusion de l’affaire) ce qu’est exactement Priscilla Ludosky [1] - après avoir jugé depuis un moment qu’une Jacline Mouraud était téléguidée par la droite.
    Depuis plusieurs semaines, je pense que le soutien sans nuance de Juan Branco et d’autres à des leaders autoproclamés du mouvement des gilets jaunes, plus que douteux au minimum, posait problème. L’ignorance politique crasse n’excuse pas tout. On est responsable personnellement des positions politiques qu’on défend publiquement - quelles que soient les influences subies. 
    En ce qui concerne J. Branco, j’ai dit combien le côté républicano-mitterrandien (bonapartiste et élitiste) de son Contre-Macron m’indisposait. 
    Mais Geoffroy de Lagasnerie force le trait, et cela détruit son propos. (...)

    Et je répète pour conclure que Juan Branco n’est pas mon ami, que sa pensée politique me paraît confuse et douteuse. Il n’est pas « fasciste » : il est un républicain bonapartiste - espèce politique la plus répandue depuis deux siècles. Il croit, et l’écrit noir sur blanc, à la « vertu » d’hommes providentiels républicains (et il s’identifie manifestement à cette position : mais essayons de voir le côté comique et légèrement pathétique de cette identification). 
    Je suis d’accord, qu’associée avec le virilisme homophobe, cette position peut dériver vers le fascisme. Et G. de Lagasnerie peut me croire que si J. Branco dérive en ce sens, je serai la première à le dénoncer (et d’une certaine manière, je préviens cette dérive ici). 
    Sa position politique (surtout confuse, et donc potentiellement confusionniste) n’est en rien la mienne. Et pour lui comme pour les « leaders naturels » qu’il défend, la jeunesse et l’inculture politique n’excusent rien.

    • Viriliste, homme providentiel .... faut pas déconner !
      https://blogs.mediapart.fr/juan-branco/blog/140419/sur-le-fascisme-de-crepuscule-reponse-pascale-fautrier
      Pour moi c’est très simple le Duc Geofrey de Lannerie faisant partie intégrante du système corrompu ainsi que Miss Pascale Fautrier se font les complices du macronisme car il va de soi qu’ illes sont de véritables « progressistes » qui se battent contre les « éléments de langage d’une perception fascisante »…
      Sans aucun doute débordent t-illes d’intelligence et ont choisi leur camp celui de la caste.
      #misère_intellectuelle #degré_0_de_la_pensée
      #La_Caste_dans_toute_sa_Médiocrité
      #bourgeoisie_parisienne

    • En effet, brillant exemple de parisiano-parisianisme que l’entre-soi et le name-dropping rendent complètement hermétiques à ceux qui, comme votre serviteur, sont issus de cette « France périphérique » tellement méprisée de l’élite germanopratine... et du pouvoir macronien.

      J’ai l’impression d’assister à un débat entre virtuoses de la patinette électrique cavalant derrière des diptères pour les empapaouter... ( sans la moindre intention « virilisante » ni homophobe, il va de soi ! )

      Et tout ça pour un banal point Godwin ( tu es fasciste, non c’est toi, etc. ) !

    • J’extrais l’excipit du billet de Geoffroy de Lagasnerie : " en tout cas il va de soi que c’est contre les productions de cette nature que se construit un espace intellectuel et politique de gauche. Il faut toujours rappeler que ce n’est pas parce que l’on critique, la banque, l’état, « l’oligarchie » que l’on est de gauche et progressiste ...".

      Je ne puis que relever, pour le déplorer, qu’il se conclut par l’appel au on « de gauche et progressiste », tant ces deux termes sont depuis quelques années antithétiques. Le progressisme, c’était, avant son expatriation en Espagne, la bannière verbale de Manuel Valls (dans le texte : « les progressistes versus les populistes »). Manuel Valls, c’est tout dire ! Accessoirement, il serait de bonne intelligence politique, si l’on veut rallier les classes populaires à un mouvement social purgé de toute tentation Rassemblement National, de jeter cet affreux signifiant de « gauche » aux oubliettes, tant il est vrai qu’il est pour ces classes synonyme de l’horreur sociale qui gangrène (mot fasciste ?) le pays depuis 1983 et explique la disruption (là pour le coup mot macronien) des Gilets Jaunes.

      Je ne puis que constater que les intellectuels qui épousent les intérêts des dominés, passent plus de temps à se disputer une place dans le champ oppositionnel, qu’à se concerter pour définir ce qu’il conviendrait de faire afin d’infliger le plus de mal à l’adversaire, qui est lui à rebours solidaire et uni. Ce phénomène est une constante, source d’une forte déperdition d’efficacité, au grand plaisir de la bourgeoisie.

      C’est pourquoi je prône, plutôt que de disputer de la pureté des textes de tel ou tel auteur, ou de ses intentions, d’opter pour une approche pragmatique, efficiente, qui en l’état du rapport de force ne saurait être qu’une espèce de guérilla, telle que les Gilets Jaunes l’ont inventée, et dans laquelle s’inscrit le pamphlet de Juan Branco. On fera éventuellement la fine bouche plus tard.

    • Y’en n’a pas un pour rattraper l’autre dans cette série de mecs qui se présentent comme nouveau-preux-chevalier-qui-va-sauver-le-Monde. Ils se croient sur Kho-Lanta ou je ne sais quoi à s’envoyer flèches-assassines et buzz-éclairs d’accusations. Prendre les 2 ou 3 bouts de lucidité de chacun et se casser bien vite, loin, très loin...

    • « Il n’y a que quand ça casse qu’on est entendu »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/16/il-n-y-a-que-quand-ca-casse-qu-on-est-entendu-recit-d-une-journee-de-violenc

      A l’arrière, les autres manifestants se chauffent au soleil, prennent des selfies devant les vitres brisées, se servent éventuellement dans les boutiques éventrées. Les premières semaines du mouvement, il y avait toujours des manifestants pour protester contre les pilleurs. Cette fois, rien. « Ça fait dix-huit semaines qu’ils ne nous écoutent pas !, explique John, un animateur de 28 ans qui a fait la route depuis Nancy. Les black blocs avant ils faisaient peur à tout le monde, maintenant on trouve que c’est un plus. C’est eux qui font avancer les choses, nous, on est trop pacifistes. »

      « Le Fouquet’s, ce symbole de l’oligarchie »

      Ils sont nombreux à dire la même chose. « On a pris conscience qu’il n’y a que quand ça casse qu’on est entendu… Et encore même quand on casse tout on ne nous entend pas », assure Johnny, 37 ans, directeur de centre de loisirs dans les Ardennes : « Il faut que Macron se rende compte que maintenant, il est cuit ». Isabelle 60 ans, venue de l’Essonne, se tient un peu en retrait, mais elle avoue : « Si j’étais plus jeune, j’irais à l’affrontement. C’est la #violence_d’Etat la première violence, celle qui donne la rage. »

      Les vitrines de nombreux magasins ont volé en éclat : Boss, Etam, Al-Jazeera Parfums, Nike, Swarovski, Bulgari, Longchamp, SFR, la boutique du PSG, mais personne ne bronche. « Jusqu’ici dans les #manifestations, je m’interposais pour éviter la casse. Mais là maintenant je me dis “tant pis”, confie Jennifer, 39 ans, cariste venue de Rouen et mère de deux enfants. Quand j’ai vu casser le Fouquet’s, ce symbole de l’oligarchie, je ne dis pas que j’étais satisfaite mais je ne suis plus contre. »

      Ana, 33 ans, une factrice venue de Toulouse est plus directe encore : « C’est génial que ça #casse, parce que la #bourgeoisie est tellement à l’abri dans sa bulle, qu’il faut qu’elle ait peur physiquement, pour sa sécurité, pour qu’ils lâchent. Après j’aurais été contente qu’on n’ait pas besoin de ça pour obtenir le RIC [Référendum d’initiative citoyenne] et le reste mais ça ne marche pas ».

      #Gilets_jaunes

  • #Begaudeau
    #bourgeois

    https://www.brain-magazine.fr/article/brainorama/52245-Francois-Begaudeau-Les-bourgeois-votent-a-99-ces-cons-la

    Si la #bourgeoisie de gauche n’est pas nouvelle, la nouveauté, c’est peut-être d’avoir Macron qui fait une politique très libérale mais qui parvient à flatter les valeurs de cette gauche. Tu dis dans le livre : « Au-delà de la violence sociale, c’est le coulis de framboise qui est obscène ».
    C’est quantitatif. Macron est un accélérateur. D’où les réactions. Ce qu’a fait le PS pendant 30 ans, c’est-à-dire entériner une #politique_libérale avec un coulis de cool, quelques mesures sociales pour la forme, Macron le fait encore plus. Une politique encore plus libérale et un coulis de cool encore plus épais. Donc il crée un cocktail d’#exaspération encore plus fort.

    Ce coulis encore plus épais, c’est faire comme si les gens aujourd’hui n’avaient pas intégré les codes de la communication, qu’ils n’avaient pas accès à internet.
    Il faut lui donner raison. Certains ont vu bien avant par qui il était financé, qui le mettait au pouvoir. Mais que tout un tas de centre-gauchistes soient tombés dans le panneau alors que tout démontrait l’inverse, ça, ça me sidère. Surtout, il ne fallait pas voter Le Pen ou Mélenchon ; ça laisse une marge étroite. Je dis que ça a bien marché à l’époque, mais ça va aussi très bien remarcher. Parce que la bourgeoisie, il faut lui reconnaître ça, est hyper-soudée autour de lui. Et comme il a besoin de 25% pour être élu... ben, il les a. Parce qu’on parle toujours de l’hyper-abstention des classes populaires, mais on ne parle jamais de l’#hyper-vote des bourgeois. Ces cons-là votent à 99% !

    On parle alors de #populisme, comme si le racisme ne pouvait être que le fait du peuple.
    Oui, alors que la chronique de l’Histoire nous prouve l’inverse.

    [...]

    Pendant 30 ou 40 ans, il n’y a pas eu de vraie violence sociale, alors que c’est l’arme du prolétariat. Là, la violence, en plus légitimée par Macron qui accorde des choses seulement face à la violence, fait son retour. Est-ce que le prolétariat retrouve ses armes ?
    Je suis partagé. On était nombreux à s’enthousiasmer de ce mouvement. Là-dessus, je suis plutôt content. Mais ça reste très peu de gens. En plus, il s’éteint. Et puis il est vérolé par tout un tas de blaireaux ! Il y a deux mois, j’étais enthousiaste. Là, c’est en train de finir en quenouille. Et non pas en quenelle... Quoique, remarque… Mais c’est vrai que depuis 20 ans, les classes populaires ne s’engagent pas dans un mouvement puissant.

    Parce qu’on ne leur laisse pas la place, ou parce qu’elles ne la prennent pas ?
    Déjà, parce qu’elles n’ont pas le temps pour ça. Moi, je manifeste, mais j’ai le temps. Le prolo, c’est celui à qui le réel s’impose. Le grand ennemi du prolo, c’est l’atomisation du travail. Avant, les sites des usines étaient le lieu de réunion des ouvriers. Pas besoin de sites pour se retrouver, le #capitalisme en livrait comme de l’or en barre. Ford l’avait compris en se demandant s’il n’avait pas fait une énorme connerie. Là, avec l’immense fragmentation du travail, chacun est dans son coin. Et je ne parle même pas des délocalisations.

    On n’a pas forcément conscience d’être bourgeois. Les classes populaires ne sont plus structurées. La lutte des classes ne peut plus avoir lieu ?
    La #lutte_des_classes n’a rien à voir avec la lutte en tant que telle. La lutte des classes a lieu au moment où je te parle. C’est la violence du capitalisme. Mais je dois préciser quelque chose. Mon livre dit que le bourgeois excelle à se cacher à lui-même. Mais ce n’est pas vrai. C’est ce que dit l’excellent bouquin de Ruffin qui sort demain – et que j’ai lu en exclusivité mondiale (rires) : que c’est une classe qui a bien conscience d’elle-même. C’est aussi ce que disent les Pinçon-Charlot. C’est une classe très, très solidaire. En revanche, quand on dit aux bourgeois que leurs goûts sont bourgeois, que leurs styles de vie sont bourgeois... alors là, ils n’aiment pas. Structurellement, le capitalisme a besoin de la #solidarité_bourgeoise. Les capitalistes doivent se renforcer les uns les autres. Quand on y pense, un banquier qui prête de l’argent à une grande entreprise, parce qu’il sait qu’elle le lui rendra, d’une façon ou d’une autre, c’est juste de la solidarité bourgeoise.

    • Le passage de la vidéo pertinent commence en 26:18, et l’opinion de Bégaudeau sur Chouard ainsi que sur cette « connotation » en 27:57. Pour ce que j’en saisis Bégaudeau apprécie la pensée de Chouard et juge « bête » de ne pas s’y intéresser parce que ce dernier a (ou aurait, peu lui importe) fréquenté/apprécié/parlé de/whatever Soral. À mon sens Bégaudeau n’apprécie pas l’ad hominem et, pour illustrer, évoque un juge d’instruction (lequel se soucie surtout de faire condamner plutôt que de comprendre), et je lui donne raison. Dans cette veine on peut refuser de lire Céline parce qu’il professait des idées abjectes.

    • F. Boulo (gilet jaune), interviewé par Thinkerview, aborde (en 01:06:40) un effet similaire : « je ne veux pas dire ce que j’ai voté ((...)) je n’ai pas étiquette, ça (me) permet justement que le discours passe sans filtre et que les gens écoutent les arguments, ce qui est le coeur de la politique, les idées, et donc après ils sont d’accord ou pas d’accord, mais au moins ils écoutent. Parce dès lors qu’on vous classe dans une case politique, ça y est vous êtes filtré, et donc si quelqu’un qui n’est pas de ce bord politique là écoute, eh bien en fait il n’écoutera pas, ne réfléchira même pas aux idées ».

      https://www.youtube.com/watch?v=tRl9_q2ytI8

  • Niort : les salariés de la Macif en grève pour protester contre les 62,5% d’augmentation de salaire du président Christine Hinckel - 28 Janvier 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/niort-salaries-macif-greve-protester-contre-625-augment

    A Niort, environ 700 salariés de la Macif sont en grève pour exprimer leur mécontentement après l’annonce de la très importante augmentation de salaire accordée au président de la mutuelle.

    La CGT et la CFE-CGC ont appelé les salariés de la mutuelle niortaise à faire grève ce lundi 29 janvier et à manifester leur opposition face à l’augmentation de salaire accordée à leur président. 


    Les salariés de la Macif en grève ce lundi matin. / © Jérôme Vilain / France 3

    La semaine dernière, le Canard Enchaîné a révélé que le salaire d’Alain Montarant a fait un bond de 62,5% en décembre dernier. Le président de la Macif toucherait désormais une rémunération de 260 000 euros annuels contre 160 000 auparavant. Cette augmentation lui a été accordée lors du conseil d’administration du 18 décembre qu’il présidait lui-même. 

    Cette annonce a fait l’effet d’une traînée de poudre parmi les employés qui voient leurs salaires stagner pour l’an prochain. Lors des négociations annuelles obligatoires qui se déroulent actuellement, la direction propose une augmentation de 0% pour les salariés. De plus, un nouvel accord d’entreprise vient d’être signé actant une baisse des salaires à l’embauche et une augmentation du temps de travail de 31,30 heures hebdomadaires à 35 heures, seulement partiellement compensée.

    Les salariés étaient très nombreux ce matin à se mobiliser pour protester contre ce qu’ils estiment être une injustice. En fin de matinée, une délagation de grévistes est reçue par la direction du groupe.

    #macif #assurance #bourgeoisie #premiers_de_cordée #ruissellement #enrichissement #richesse #pillage #vol #Grève

  • Le Canard Enchaîné révèle que le président de la Macif a augmenté son salaire de 62,5% Christine Hinckel - 23 Janvier 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/niort-canard-enchaine-revele-que-president-macif-augmen

    Le Canard Enchaîné révèle ce matin que son président, Alain Montarant, a vu son salaire augmenter de 62,5% en décembre dernier. Une nouvelle qui choque les employés à qui on propose 0% d’augmentation de salaire

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=27&v=0uflkC8gPgo

    Selon le Canard Enchaîné, le président de la Macif toucherait désormais un salaire de 260 000 euros annuels contre 160 000 auparavant. Cette augmentation de salaire lui a été accordée lors du conseil d’administration du 18 décembre qu’il présidait lui-même. 

    Le journal satirique indique qu’Alain Montarant touche par ailleurs une indemnité de 121 623 euros versée par OFI Asset, une filiale de la Macif spécialisée dans le conseil en management dont il est également le patron. Soit près de 400.000 euros de revenus au total, affirme le Canard Enchaîné.

    Pour Alain Montarant, qui s’est exprimé dans les colonnes du journal, cette augmentation serait la récompense de ses efforts de gestion à la tête de la mutuelle.

    Les salariés de la mutuelle, eux, crient à l’injustice alors qu’aucune augmentation de salaire ne leur est accordée par la direction malgré les très bons résultats enregistrés par l’entreprise depuis quelques années. Lors de la Négociaton Annuelle Obligatoire (NAO) qui vient de débuter, la direction « propose 0% d’augmentation générale » explique Thierry Kalifa, le secrétaire national CGT à la Macif.

    Fabrice Kalifa ajoute que cette information, « si elle est vérifiée, est d’autant plus choquante » qu’elle est révélée alors qu’un nouvel accord d’entreprise vient d’être signé actant une baisse des salaires à l’embauche et une augmentation du temps de travail de 31,30 heures hebdomadaires à 35 heures, seulement partiellement compensée.

    Suite à ces révélations, la CGT a décidé d’appeler les salariés à la grève le 28 janvier prochain.

    Une décision assumée pour le groupe Macif
    Ce soir, la direction de la Macif a réagi dans un communiqué en indiquant que « le Conseil d’Administration du 18 décembre 2018 s’est prononcé sur l’indemnisation des administrateurs et du Président du groupe Macif sur proposition du comité des rémunérations. Ce comité, présidé par une personnalité extérieure au Groupe, avait approuvé collégialement la décision proposée ».

    La direction du groupe Macif poursuit en évoquant les raisons qui, pour elle, ont conduit à cette décision :
    – Depuis 2012, date de la mise en place de la grille d’indemnités des administrateurs, aucune évolution n’avait été apportée ;
    – Un comparatif des rémunérations des dirigeants des groupes mutualistes relevant du code des assurances a mis en exergue un écart de la rémunération du Président à situation comparable ;
    – Les résultats de la stratégie mise en oeuvre depuis 2015 ont généré une dynamique positive de développement du groupe et de son sociétariat ainsi que des transformations majeures ;
    – L’élargissement des responsabilités du président, qui s’exercent désormais sur un périmètre groupe élargi.

    Le groupe Macif précise par ailleurs que le conseil d’administration du groupe Macif « statue en toute souveraineté et assume totalement ses décisions ».

    #macif #assurance #bourgeoisie #premiers_de_cordée #ruissellement #enrichissement #richesse #pillage #vol