• Crépuscule de J. Branco : un « pamphlet fascisant » ? Réponse à Geoffroy de Lagasnerie | PASCALE FAUTRIER
    https://blogs.mediapart.fr/pascale-fautrier/blog/140419/crepuscule-de-j-branco-un-pamphlet-fascisant-reponse-geoffroy-de-lag

    Je ne connaissais pas le tweet de J. Branco sur Louis/Attal, que cite G. de Lagasnerie, en effet manifestement homophobe. Mais disons-le ça ne m’étonne pas. Il y a chez J. Branco un tropisme viriliste associé à un narcissisme « sans limite » - qui l’apparente plutôt, en ce qui le concerne... à Emmanuel Macron. Je l’ai déjà suggéré dans au moins deux articles. 
    Je n’ai pas lu les livres de Geoffroy de Lagasnerie - je n’ai lu que ses interventions dans les médias. Et de même que j’ai défendu dans L’Humanité le dernier livre indispensable d’Edouard Louis, j’ai tendance à me sentir intellectuellement plus proche de lui que de Juan Branco.
    Et pour en finir avec l’eau que j’apporte au moulin de Lagasnerie, je dirai ailleurs en détails ce que je pense de l’alliance J. Branco - Maxime Nicolle - ce dernier ayant tenu devant moi et adressé à moi, des propos politiques qui relevaient absolument d’une influence droitière et extrême-droitière - sans que Juan Branco, présent, y trouve le moins du monde à redire. Une certaine H., également présente, auto-préposée au vehiculage dans Paris d’une certaine P. Ludosky, a également défendu l’inénarrable Maxime Nicolle-Fly Rider alias « retenez-moi ou je déclenche une guerre mondiale », comme l’a surnommé quelqu’un. 
    Je me suis vue avec frayeur, ce jour-là, soutenant, sous couvert de gilet jaune, un putsch fasciste. Seule ma fidélité au processus de démocratie directe, insufflé par les gj de Commercy et Saint-Nazaire m’a convaincue de poursuivre mon engagement. J’ai jugé ensuite risible les rodomontades matadors que j’avais entendues. Disons enfin que je suis en train de découvrir comme nous tous (attendons la conclusion de l’affaire) ce qu’est exactement Priscilla Ludosky [1] - après avoir jugé depuis un moment qu’une Jacline Mouraud était téléguidée par la droite.
    Depuis plusieurs semaines, je pense que le soutien sans nuance de Juan Branco et d’autres à des leaders autoproclamés du mouvement des gilets jaunes, plus que douteux au minimum, posait problème. L’ignorance politique crasse n’excuse pas tout. On est responsable personnellement des positions politiques qu’on défend publiquement - quelles que soient les influences subies. 
    En ce qui concerne J. Branco, j’ai dit combien le côté républicano-mitterrandien (bonapartiste et élitiste) de son Contre-Macron m’indisposait. 
    Mais Geoffroy de Lagasnerie force le trait, et cela détruit son propos. (...)

    Et je répète pour conclure que Juan Branco n’est pas mon ami, que sa pensée politique me paraît confuse et douteuse. Il n’est pas « fasciste » : il est un républicain bonapartiste - espèce politique la plus répandue depuis deux siècles. Il croit, et l’écrit noir sur blanc, à la « vertu » d’hommes providentiels républicains (et il s’identifie manifestement à cette position : mais essayons de voir le côté comique et légèrement pathétique de cette identification). 
    Je suis d’accord, qu’associée avec le virilisme homophobe, cette position peut dériver vers le fascisme. Et G. de Lagasnerie peut me croire que si J. Branco dérive en ce sens, je serai la première à le dénoncer (et d’une certaine manière, je préviens cette dérive ici). 
    Sa position politique (surtout confuse, et donc potentiellement confusionniste) n’est en rien la mienne. Et pour lui comme pour les « leaders naturels » qu’il défend, la jeunesse et l’inculture politique n’excusent rien.

    • Viriliste, homme providentiel .... faut pas déconner !
      https://blogs.mediapart.fr/juan-branco/blog/140419/sur-le-fascisme-de-crepuscule-reponse-pascale-fautrier
      Pour moi c’est très simple le Duc Geofrey de Lannerie faisant partie intégrante du système corrompu ainsi que Miss Pascale Fautrier se font les complices du macronisme car il va de soi qu’ illes sont de véritables « progressistes » qui se battent contre les « éléments de langage d’une perception fascisante »…
      Sans aucun doute débordent t-illes d’intelligence et ont choisi leur camp celui de la caste.
      #misère_intellectuelle #degré_0_de_la_pensée
      #La_Caste_dans_toute_sa_Médiocrité
      #bourgeoisie_parisienne

    • En effet, brillant exemple de parisiano-parisianisme que l’entre-soi et le name-dropping rendent complètement hermétiques à ceux qui, comme votre serviteur, sont issus de cette « France périphérique » tellement méprisée de l’élite germanopratine... et du pouvoir macronien.

      J’ai l’impression d’assister à un débat entre virtuoses de la patinette électrique cavalant derrière des diptères pour les empapaouter... ( sans la moindre intention « virilisante » ni homophobe, il va de soi ! )

      Et tout ça pour un banal point Godwin ( tu es fasciste, non c’est toi, etc. ) !

    • J’extrais l’excipit du billet de Geoffroy de Lagasnerie : « en tout cas il va de soi que c’est contre les productions de cette nature que se construit un espace intellectuel et politique de gauche. Il faut toujours rappeler que ce n’est pas parce que l’on critique, la banque, l’état, “l’oligarchie” que l’on est de gauche et progressiste ... ».

      Je ne puis que relever, pour le déplorer, qu’il se conclut par l’appel au on “de gauche et progressiste”, tant ces deux termes sont depuis quelques années antithétiques. Le progressisme, c’était, avant son expatriation en Espagne, la bannière verbale de Manuel Valls (dans le texte : “les progressistes versus les populistes”). Manuel Valls, c’est tout dire ! Accessoirement, il serait de bonne intelligence politique, si l’on veut rallier les classes populaires à un mouvement social purgé de toute tentation Rassemblement National, de jeter cet affreux signifiant de “gauche” aux oubliettes, tant il est vrai qu’il est pour ces classes synonyme de l’horreur sociale qui gangrène (mot fasciste ?) le pays depuis 1983 et explique la disruption (là pour le coup mot macronien) des Gilets Jaunes.

      Je ne puis que constater que les intellectuels qui épousent les intérêts des dominés, passent plus de temps à se disputer une place dans le champ oppositionnel, qu’à se concerter pour définir ce qu’il conviendrait de faire afin d’infliger le plus de mal à l’adversaire, qui est lui à rebours solidaire et uni. Ce phénomène est une constante, source d’une forte déperdition d’efficacité, au grand plaisir de la bourgeoisie.

      C’est pourquoi je prône, plutôt que de disputer de la pureté des textes de tel ou tel auteur, ou de ses intentions, d’opter pour une approche pragmatique, efficiente, qui en l’état du rapport de force ne saurait être qu’une espèce de guérilla, telle que les Gilets Jaunes l’ont inventée, et dans laquelle s’inscrit le pamphlet de Juan Branco. On fera éventuellement la fine bouche plus tard.

    • Y’en n’a pas un pour rattraper l’autre dans cette série de mecs qui se présentent comme nouveau-preux-chevalier-qui-va-sauver-le-Monde. Ils se croient sur Kho-Lanta ou je ne sais quoi à s’envoyer flèches-assassines et buzz-éclairs d’accusations. Prendre les 2 ou 3 bouts de lucidité de chacun et se casser bien vite, loin, très loin...


    • « Il n’y a que quand ça casse qu’on est entendu »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/16/il-n-y-a-que-quand-ca-casse-qu-on-est-entendu-recit-d-une-journee-de-violenc

      A l’arrière, les autres manifestants se chauffent au soleil, prennent des selfies devant les vitres brisées, se servent éventuellement dans les boutiques éventrées. Les premières semaines du mouvement, il y avait toujours des manifestants pour protester contre les pilleurs. Cette fois, rien. « Ça fait dix-huit semaines qu’ils ne nous écoutent pas !, explique John, un animateur de 28 ans qui a fait la route depuis Nancy. Les black blocs avant ils faisaient peur à tout le monde, maintenant on trouve que c’est un plus. C’est eux qui font avancer les choses, nous, on est trop pacifistes. »

      « Le Fouquet’s, ce symbole de l’oligarchie »

      Ils sont nombreux à dire la même chose. « On a pris conscience qu’il n’y a que quand ça casse qu’on est entendu… Et encore même quand on casse tout on ne nous entend pas », assure Johnny, 37 ans, directeur de centre de loisirs dans les Ardennes : « Il faut que Macron se rende compte que maintenant, il est cuit ». Isabelle 60 ans, venue de l’Essonne, se tient un peu en retrait, mais elle avoue : « Si j’étais plus jeune, j’irais à l’affrontement. C’est la #violence_d’Etat la première violence, celle qui donne la rage. »

      Les vitrines de nombreux magasins ont volé en éclat : Boss, Etam, Al-Jazeera Parfums, Nike, Swarovski, Bulgari, Longchamp, SFR, la boutique du PSG, mais personne ne bronche. « Jusqu’ici dans les #manifestations, je m’interposais pour éviter la casse. Mais là maintenant je me dis “tant pis”, confie Jennifer, 39 ans, cariste venue de Rouen et mère de deux enfants. Quand j’ai vu casser le Fouquet’s, ce symbole de l’oligarchie, je ne dis pas que j’étais satisfaite mais je ne suis plus contre. »

      Ana, 33 ans, une factrice venue de Toulouse est plus directe encore : « C’est génial que ça #casse, parce que la #bourgeoisie est tellement à l’abri dans sa bulle, qu’il faut qu’elle ait peur physiquement, pour sa sécurité, pour qu’ils lâchent. Après j’aurais été contente qu’on n’ait pas besoin de ça pour obtenir le RIC [Référendum d’initiative citoyenne] et le reste mais ça ne marche pas ».

      #Gilets_jaunes


  • #Begaudeau
    #bourgeois

    https://www.brain-magazine.fr/article/brainorama/52245-Francois-Begaudeau-Les-bourgeois-votent-a-99-ces-cons-la

    Si la #bourgeoisie de gauche n’est pas nouvelle, la nouveauté, c’est peut-être d’avoir Macron qui fait une politique très libérale mais qui parvient à flatter les valeurs de cette gauche. Tu dis dans le livre : « Au-delà de la violence sociale, c’est le coulis de framboise qui est obscène ».
    C’est quantitatif. Macron est un accélérateur. D’où les réactions. Ce qu’a fait le PS pendant 30 ans, c’est-à-dire entériner une #politique_libérale avec un coulis de cool, quelques mesures sociales pour la forme, Macron le fait encore plus. Une politique encore plus libérale et un coulis de cool encore plus épais. Donc il crée un cocktail d’#exaspération encore plus fort.

    Ce coulis encore plus épais, c’est faire comme si les gens aujourd’hui n’avaient pas intégré les codes de la communication, qu’ils n’avaient pas accès à internet.
    Il faut lui donner raison. Certains ont vu bien avant par qui il était financé, qui le mettait au pouvoir. Mais que tout un tas de centre-gauchistes soient tombés dans le panneau alors que tout démontrait l’inverse, ça, ça me sidère. Surtout, il ne fallait pas voter Le Pen ou Mélenchon ; ça laisse une marge étroite. Je dis que ça a bien marché à l’époque, mais ça va aussi très bien remarcher. Parce que la bourgeoisie, il faut lui reconnaître ça, est hyper-soudée autour de lui. Et comme il a besoin de 25% pour être élu... ben, il les a. Parce qu’on parle toujours de l’hyper-abstention des classes populaires, mais on ne parle jamais de l’#hyper-vote des bourgeois. Ces cons-là votent à 99% !

    On parle alors de #populisme, comme si le racisme ne pouvait être que le fait du peuple.
    Oui, alors que la chronique de l’Histoire nous prouve l’inverse.

    [...]

    Pendant 30 ou 40 ans, il n’y a pas eu de vraie violence sociale, alors que c’est l’arme du prolétariat. Là, la violence, en plus légitimée par Macron qui accorde des choses seulement face à la violence, fait son retour. Est-ce que le prolétariat retrouve ses armes ?
    Je suis partagé. On était nombreux à s’enthousiasmer de ce mouvement. Là-dessus, je suis plutôt content. Mais ça reste très peu de gens. En plus, il s’éteint. Et puis il est vérolé par tout un tas de blaireaux ! Il y a deux mois, j’étais enthousiaste. Là, c’est en train de finir en quenouille. Et non pas en quenelle... Quoique, remarque… Mais c’est vrai que depuis 20 ans, les classes populaires ne s’engagent pas dans un mouvement puissant.

    Parce qu’on ne leur laisse pas la place, ou parce qu’elles ne la prennent pas ?
    Déjà, parce qu’elles n’ont pas le temps pour ça. Moi, je manifeste, mais j’ai le temps. Le prolo, c’est celui à qui le réel s’impose. Le grand ennemi du prolo, c’est l’atomisation du travail. Avant, les sites des usines étaient le lieu de réunion des ouvriers. Pas besoin de sites pour se retrouver, le #capitalisme en livrait comme de l’or en barre. Ford l’avait compris en se demandant s’il n’avait pas fait une énorme connerie. Là, avec l’immense fragmentation du travail, chacun est dans son coin. Et je ne parle même pas des délocalisations.

    On n’a pas forcément conscience d’être bourgeois. Les classes populaires ne sont plus structurées. La lutte des classes ne peut plus avoir lieu ?
    La #lutte_des_classes n’a rien à voir avec la lutte en tant que telle. La lutte des classes a lieu au moment où je te parle. C’est la violence du capitalisme. Mais je dois préciser quelque chose. Mon livre dit que le bourgeois excelle à se cacher à lui-même. Mais ce n’est pas vrai. C’est ce que dit l’excellent bouquin de Ruffin qui sort demain – et que j’ai lu en exclusivité mondiale (rires) : que c’est une classe qui a bien conscience d’elle-même. C’est aussi ce que disent les Pinçon-Charlot. C’est une classe très, très solidaire. En revanche, quand on dit aux bourgeois que leurs goûts sont bourgeois, que leurs styles de vie sont bourgeois... alors là, ils n’aiment pas. Structurellement, le capitalisme a besoin de la #solidarité_bourgeoise. Les capitalistes doivent se renforcer les uns les autres. Quand on y pense, un banquier qui prête de l’argent à une grande entreprise, parce qu’il sait qu’elle le lui rendra, d’une façon ou d’une autre, c’est juste de la solidarité bourgeoise.


    • Le passage de la vidéo pertinent commence en 26:18, et l’opinion de Bégaudeau sur Chouard ainsi que sur cette « connotation » en 27:57. Pour ce que j’en saisis Bégaudeau apprécie la pensée de Chouard et juge « bête » de ne pas s’y intéresser parce que ce dernier a (ou aurait, peu lui importe) fréquenté/apprécié/parlé de/whatever Soral. À mon sens Bégaudeau n’apprécie pas l’ad hominem et, pour illustrer, évoque un juge d’instruction (lequel se soucie surtout de faire condamner plutôt que de comprendre), et je lui donne raison. Dans cette veine on peut refuser de lire Céline parce qu’il professait des idées abjectes.

    • F. Boulo (gilet jaune), interviewé par Thinkerview, aborde (en 01:06:40) un effet similaire : « je ne veux pas dire ce que j’ai voté ((...)) je n’ai pas étiquette, ça (me) permet justement que le discours passe sans filtre et que les gens écoutent les arguments, ce qui est le coeur de la politique, les idées, et donc après ils sont d’accord ou pas d’accord, mais au moins ils écoutent. Parce dès lors qu’on vous classe dans une case politique, ça y est vous êtes filtré, et donc si quelqu’un qui n’est pas de ce bord politique là écoute, eh bien en fait il n’écoutera pas, ne réfléchira même pas aux idées ».

      https://www.youtube.com/watch?v=tRl9_q2ytI8


  • Niort : les salariés de la Macif en grève pour protester contre les 62,5% d’augmentation de salaire du président Christine Hinckel - 28 Janvier 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/niort-salaries-macif-greve-protester-contre-625-augment

    A Niort, environ 700 salariés de la Macif sont en grève pour exprimer leur mécontentement après l’annonce de la très importante augmentation de salaire accordée au président de la mutuelle.

    La CGT et la CFE-CGC ont appelé les salariés de la mutuelle niortaise à faire grève ce lundi 29 janvier et à manifester leur opposition face à l’augmentation de salaire accordée à leur président. 


    Les salariés de la Macif en grève ce lundi matin. / © Jérôme Vilain / France 3

    La semaine dernière, le Canard Enchaîné a révélé que le salaire d’Alain Montarant a fait un bond de 62,5% en décembre dernier. Le président de la Macif toucherait désormais une rémunération de 260 000 euros annuels contre 160 000 auparavant. Cette augmentation lui a été accordée lors du conseil d’administration du 18 décembre qu’il présidait lui-même. 

    Cette annonce a fait l’effet d’une traînée de poudre parmi les employés qui voient leurs salaires stagner pour l’an prochain. Lors des négociations annuelles obligatoires qui se déroulent actuellement, la direction propose une augmentation de 0% pour les salariés. De plus, un nouvel accord d’entreprise vient d’être signé actant une baisse des salaires à l’embauche et une augmentation du temps de travail de 31,30 heures hebdomadaires à 35 heures, seulement partiellement compensée.

    Les salariés étaient très nombreux ce matin à se mobiliser pour protester contre ce qu’ils estiment être une injustice. En fin de matinée, une délagation de grévistes est reçue par la direction du groupe.

    #macif #assurance #bourgeoisie #premiers_de_cordée #ruissellement #enrichissement #richesse #pillage #vol #Grève



  • Le Canard Enchaîné révèle que le président de la Macif a augmenté son salaire de 62,5% Christine Hinckel - 23 Janvier 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/niort-canard-enchaine-revele-que-president-macif-augmen

    Le Canard Enchaîné révèle ce matin que son président, Alain Montarant, a vu son salaire augmenter de 62,5% en décembre dernier. Une nouvelle qui choque les employés à qui on propose 0% d’augmentation de salaire

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=27&v=0uflkC8gPgo

    Selon le Canard Enchaîné, le président de la Macif toucherait désormais un salaire de 260 000 euros annuels contre 160 000 auparavant. Cette augmentation de salaire lui a été accordée lors du conseil d’administration du 18 décembre qu’il présidait lui-même. 

    Le journal satirique indique qu’Alain Montarant touche par ailleurs une indemnité de 121 623 euros versée par OFI Asset, une filiale de la Macif spécialisée dans le conseil en management dont il est également le patron. Soit près de 400.000 euros de revenus au total, affirme le Canard Enchaîné.

    Pour Alain Montarant, qui s’est exprimé dans les colonnes du journal, cette augmentation serait la récompense de ses efforts de gestion à la tête de la mutuelle.

    Les salariés de la mutuelle, eux, crient à l’injustice alors qu’aucune augmentation de salaire ne leur est accordée par la direction malgré les très bons résultats enregistrés par l’entreprise depuis quelques années. Lors de la Négociaton Annuelle Obligatoire (NAO) qui vient de débuter, la direction « propose 0% d’augmentation générale » explique Thierry Kalifa, le secrétaire national CGT à la Macif.

    Fabrice Kalifa ajoute que cette information, « si elle est vérifiée, est d’autant plus choquante » qu’elle est révélée alors qu’un nouvel accord d’entreprise vient d’être signé actant une baisse des salaires à l’embauche et une augmentation du temps de travail de 31,30 heures hebdomadaires à 35 heures, seulement partiellement compensée.

    Suite à ces révélations, la CGT a décidé d’appeler les salariés à la grève le 28 janvier prochain.

    Une décision assumée pour le groupe Macif
    Ce soir, la direction de la Macif a réagi dans un communiqué en indiquant que « le Conseil d’Administration du 18 décembre 2018 s’est prononcé sur l’indemnisation des administrateurs et du Président du groupe Macif sur proposition du comité des rémunérations. Ce comité, présidé par une personnalité extérieure au Groupe, avait approuvé collégialement la décision proposée ».

    La direction du groupe Macif poursuit en évoquant les raisons qui, pour elle, ont conduit à cette décision :
    – Depuis 2012, date de la mise en place de la grille d’indemnités des administrateurs, aucune évolution n’avait été apportée ;
    – Un comparatif des rémunérations des dirigeants des groupes mutualistes relevant du code des assurances a mis en exergue un écart de la rémunération du Président à situation comparable ;
    – Les résultats de la stratégie mise en oeuvre depuis 2015 ont généré une dynamique positive de développement du groupe et de son sociétariat ainsi que des transformations majeures ;
    – L’élargissement des responsabilités du président, qui s’exercent désormais sur un périmètre groupe élargi.

    Le groupe Macif précise par ailleurs que le conseil d’administration du groupe Macif « statue en toute souveraineté et assume totalement ses décisions ».

    #macif #assurance #bourgeoisie #premiers_de_cordée #ruissellement #enrichissement #richesse #pillage #vol


    • #désarmons-les. Collectif contre les violences d’Etat

      Nous pensons que le combat contre l’institution policière et ses représentations est fondamentale.

      Elle est fondamentale, parce que les #forces_de_l’ordre sont le bras armé de l’État et qu’à ce titre elles constituent une milice apolitique, chargée contre rémunération d’imposer par la force la #domination de l’Administration (du Pouvoir) sur le peuple, et cela quelle que soit l’idéologie politique du Pouvoir en place.

      La Police (et dans cette notion on inclue les forces militaires de la Gendarmerie et de l’Armée) est et a toujours été l’instrument de la #coercition exercée par les élites sur le peuple, afin de le gérer et de le maintenir dans un état de #soumission permanente. Ceci dans l’idée que le choix des élites ne peut souffrir la contestation du peuple : toute l’hypocrisie de la #démocratie_représentative est de faire croire que les choix des #élites SONT les choix du #peuple, par le truchement du #vote, qui est censé valider le pouvoir et les décisions prises par ces élites.

      Bien qu’elle lutte également contre le crime, la Police est essentiellement là pour gérer les conséquences de la #misère_sociale (#délinquance) et empêcher le peuple de s’insurger (possibilité pourtant formulée hypocritement dans les premières ébauches du droit républicain, notamment dans l’article 35 de la Constitution de 1793, avant d’être abolie quelques mois plus tard). A ce titre, elle n’est en rien différente des forces armées d’ancien régime, qui protégeaient le pouvoir royal de la #sédition.

      Aujourd’hui et depuis la naissance du #capitalisme_d’Etat, la Police constitue plus que jamais le rempart entre les aspirations du peuple et les intérêts de la #bourgeoisie. Avec la #décolonisation et les crises cycliques du capitalisme, le mythe d’une Police en faveur de la #paix_sociale ne tient plus : la Police montre son vrai visage, celui d’une #force brute au service du Pouvoir de celles et ceux qui ont l’argent.

      Les violences à l’encontre du peuple sont quotidiennes, et les prérogatives de la Police en terme de #surveillance et de #contrôle_des_populations sont toujours plus étendues. Chaque loi pour la sécurité engendre de nouvelles entraves aux #libertés_individuelles et à la #Liberté au sens large. Les forces de police se comportent en forces d’occupation et cette domination policière s’impose au peuple par la crainte qu’elle lui inspire.

      Avec l’émergence des armes dites « non létales », et notamment le #gaz_lacrymogène, les #flashballs et autres #lanceurs_de_balles de défense, la #Démocratie a renoué depuis un demi siècle avec les pratiques des forces armées d’ancien régime, en tirant sur la foule. Le seul et unique objectif étant de terroriser, d’en blesser quelques uns pour faire peur à touTEs les autres.

      Plus récemment, les méthodes proactives, la #prévention_des-risques, l’utilisation des technologies de surveillance, le #renseignement et les #sanctions_administratives appliquées sans l’intervention d’un juge (#assignations_à_résidences, #perquisitions, #placements_en_rétention…), sont autant de déclinaisons d’une vision contre-insurrectionnelle du maintien de l’ordre héritée des #guerres_coloniales. L’État mène contre son peuple une #guerre_de_basse_intensité qui, avec les enjeux politiques contemporains et la mondialisation de l’information, peine de plus en plus à rester discrète. L’utilisation récente de l’#État_d’urgence, ultime instrument hérité du temps des colonies donne à voir une version radicalisée de la guerre de basse intensité que l’Etat mène habituellement contre ses ennemiEs intérieurEs.

      L’#État_démocratique, comme avant lui la monarchie, tente par tous les moyens de maintenir son pouvoir, tantôt par la violence, tantôt par la ruse, sa Police ayant entre les mains une panoplie extrêmement étendue d’instruments. L’ensemble de ces moyens, mais également l’assurance décomplexée et les arguments « démocratiques » qui accompagnent leur utilisation, constitue l’armement d’une nouvelle forme de #totalitarisme.

      Si on veut la paix, on se doit de combattre cet armement, selon le vieil adage « Si tu veux la paix, prépare la guerre ».

      Mais le combat, puisque nous ne sommes pas dans la #lutte armée, doit d’abord prendre la forme d’une déconstruction morale de la Police. Celle-ci doit cesser d’être sanctifiée comme une force garante de notre sécurité, de nos libertés et de la paix sociale. Elle doit cesser d’être considérée, appréciée, applaudie, pardonnée pour ses violences, blanchie de ses crimes et protégée par le mensonge et les silences quand elle accomplit sous serment les basses œuvres du Pouvoir politique.

      Elle doit être désarmée, au sens propre comme au sens figuré.

      Nous sommes une poignée à avoir voulu donner un nom à notre combat. Nous avons commencé par réaliser une brochure d’information sur les armements du maintien de l’ordre, afin que chacunE sache ce qui pourrait un jour la/le blesser et puisse trouver les moyens de se prémunir de cette violence légale. Puis, de fil en aiguille, et après avoir rencontré ici ou là des personnes et collectifs luttant contre les #violences_policières et sécuritaires, nous avons voulu rendre cette lutte plus visible, contribuer à unir les volontés, et finalement constituer un collectif.

      Le collectif s’appelle « Désarmons-les ! »

      #police #maintien_de_l'ordre #colonialisme #résistance #collectif

      ping @davduf @mathieup @marty @albertocampiphoto


  • Message des grands bourgeois au peuple : “Prenez l’aumône qu’on vous jette et rentrez chez vous” 14 décembre 2018 - Frustrations
    https://www.frustrationlarevue.fr/message-des-grands-bourgeois-au-peuple-prenez-laumone-quon-vous-j

    Matthieu Kassovitz, “comédien-réalisateur engagé”, est l’un des premiers à avoir sifflé la fin de la récré. S’adressant à l’ex-candidat du NPA, Philippe Poutou, par ailleurs ouvrier d’une usine que ses actionnaires ont décidé de bazarder après avoir touché toutes les aides publiques possibles, il a appelé les gilets jaunes à ne pas demander “2500 balles et une Mercedes”. https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2393011-20181211-voulais-quoi-mercedes-neuve-mathieu-kassovitz-prend-phili

    Il faut bien avoir en tête que Kassovitz n’est pas seulement un excité du tweet, c’est aussi un grand bourgeois. Ce mec, qui payait certainement l’ISF et a donc reçu, grâce à Macron, des dizaines de milliers d’euros de ristourne, a évolué comme tous ses semblables face aux gilets jaunes : au début tout attendris, les bourgeois ont salué sur le mode paternaliste la mobilisation, tout content qu’une alternative émerge face aux affreux gauchistes qu’ils abhorrent. Ils saluaient la dimension “apolitique” du mouvement, content de pouvoir s’y associer sans se compromettre idéologiquement. On a vu Eric Brunet, l’éditocrate poujadiste de RMC, enfiler son gilet jaune… https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/eric-brunet-demain-ce-gilet-jaune-qui-n-est-pas-tres-beau-je-le-porterai-

    … Puis le retirer : les bourgeois ont un cœur, mais ils ont aussi et surtout un portefeuille et des tas de biens d’une grande valeur financière : aussi, voir des Porches brûler dans l’un des plus riches quartier de la capitale https://www.frustrationlarevue.fr/le-8eme-la-ou-tout-ruisselle – là où ils vont au restau et à l’hôtel, là où leurs potes habitent, là où leur notaire se trouve, là où ils achètent leurs foutues montres à 30 000 balles – ne les a pas du tout amusé, mais alors pas du tout.

    Ils se sont alors mis à faire – selon l’expression d’un de nos lecteurs – du “bourgeoisplanning” : je suis très riche, je ne connais rien à ta vie et à tes problèmes, ma dernière manif remonte à mes années collèges, mais je vais quand même t’apprendre comment tu dois lutter, petit gilet jaune. Reste sage, ne “casse” rien car c’est très très mal, soit “constructif”, présente-toi à des élections, qu’on puisse te plumer avec notre système électoral bien verrouillé, et ensuite pouvoir dire que c’est triste mais que tu pèse quedal, petite merde, retourne devant Patrick Sébastien et laisse nous régner sur ton pays s’il te plaît.

    C’est ce qu’a fait Matthieu Kassovitz mercredi soir sur le plateau de Taddéi :
    https://www.youtube.com/watch?v=yIwtvbELWw4


    Il a expliqué d’un ton compassionnel qu’il fallait que les gilets jaunes s’arrêtent, parce que “100€ d’augmentation du SMIC c’est très bien”. Et qu’importe qu’on lui dise que ce n’est PAS une augmentation du SMIC mais de la prime d’activité, que ça comprend des baisses de cotisations que les gens paieront avec une sécurité sociale dégradée…. Matthieu s’en balance : lui se fait soigner dans des cliniques privées, il brasse des millions – comme Muriel Pénicaud qui confond, en direct sur France Inter, https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/profession-president-l-interview-schtroumphement-foiree-de-muriel-penicaud.html 500 000€ et 1500€, il a cette pathologie des bourges : il ne maîtrise pas le nombre de zéro, et a un mal fou à se rappeler comment les gueux vivent.

    Pour autant, il ouvrira toujours sa gueule pour nous dire quoi faire, comment lutter, comment penser, comment consommer et comment nous taire : comme tous les grands bourgeois, il a été habitué à penser que son avis compte, que son “génie” ou sa “créativité” l’autorise à nous dominer.

    Quand le bourgeois flippe, ça veut dire que le peuple tape juste. Quand le bourgeois dit d’arrêter, ça veut dire qu’il faut accélérer. Quand le bourgeois nous méprise, il faut assumer de le haïr.

    #bourgeoisie #Matthieu_Kassovitz #politique #domination #hors-sol #mépris #GiletsJaunes


  • Le Touquet : les restaurateurs n’ont pas l’intention de laisser passer la hausse de 30% de la redevance de leur terrasse
    La sécurisation de la villa de Brigitte et Emmanuel Macron coute un pognon de dingue !

    Au Touquet, les restaurateurs n’ont pas l’intention de laisser passer la hausse de 30% de la redevance de leur terrasse. Une hausse votée par le conseil municipal le 12 novembre dernier et qui passe mal auprès des 25 bistrotiers et restaurateurs de la station qui ont décidé de s’unir pour ne pas la laisser passer.

    La hausse de 30% doit être mise en place le 1er janvier 2019. La municipalité reste ferme, mais les restaurateurs se gardent le droit de ne pas adhérer à l’office de tourisme et à l’agence d’attractivité si cela était nécessaire.

     #pognon_de_dingue #manifestations de #GiletsJaunes à prévoir de la part de la #Bourgeoisie locale . #GloupGloup !


  • 3 décembre 2018
    La façade du triomphalisme macronien ravalée à l’aérosol par quelques bons-à-rien.

    par Yves Pagès

    Aux pouvoirs médiatiques et exécutifs qui s’offusquent devant cet Arc de Triomphe « souillé » et « dégradé » samedi dernier par des gilets jaunes, rouges & noirs – sinon « martyrisé » selon la vieille phraséologie des gardiens de l’ordre patrimonial – ce petit rappel historique.

    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=7605

    #Arc_de_Triomphe #giletsjaunes #gilets_jaunes #Restauration #bonapartiste #Napoléon #Paris #bourgeoisie #Haussmann #récit_national #architecture #monument



  • En route vers une nouvelle récession |
    Le mensuel de #Lutte_Ouvrière
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2018/09/16/en-route-vers-une-nouvelle-recession_113295.html

    « La fête est finie », titrait l’éditorial du mensuel Alternatives économiques de juillet. L’auteur y constate qu’« il y a quelques mois, l’économie européenne pouvait sembler tirée d’affaire : la #croissance était revenue, le #chômage reculait lentement mais sûrement et même l’endettement public se mettait enfin à baisser. […] Les dernières semaines ont fait voler en éclats ce conte de fées ». En un mot, la reprise économique de l’économie capitaliste a fait long feu.

    #Reprise et récession dans un système en crise permanente
    – La #bourgeoisie américaine saigne la planète
    #Crise_économique et crises politiques
    – La question de la #dette

    #crise #récession #capitalisme #analyse_marxiste

    #podcast https://audio.lutte-ouvriere.org/audiolo/podcast/ldc


  • En route vers une nouvelle #récession | Le mensuel de#Lutte_Ouvrière
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2018/09/16/en-route-vers-une-nouvelle-recession_113295.html

    « La fête est finie », titrait l’éditorial du mensuel Alternatives économiques de juillet. L’auteur y constate qu’« il y a quelques mois, l’#économie_européenne pouvait sembler tirée d’affaire : la croissance était revenue, le #chômage reculait lentement mais sûrement et même l’endettement public se mettait enfin à baisser. […] Les dernières semaines ont fait voler en éclats ce conte de fées ». En un mot, la reprise économique de l’#économie_capitaliste a fait long feu.
    Les prévisions tantôt optimistes, tantôt pessimistes des commentateurs de l’économie ne valent guère mieux que ceux des astrologues, tant les variations de l’économie sont anarchiques et imprévisibles. L’éditorial du mensuel analysait en fait les dernières évolutions du PIB. Les chiffres de croissance du PIB ne signifient pas grand-chose en absolu. Mais les variations de ces chiffres indiquent néanmoins quelques tendances de l’économie capitaliste. Et il est notable que ces dernières semaines, en particulier pour l’Europe, pour l’Allemagne, la France, l’Italie, les prévisions ont été pour la plupart revues à la baisse. Début juillet, le FMI pronostiquait un ralentissement de la croissance, de 2,4 % en 2017, le sommet de ces dix dernières années, à 1,9 % en 2019 pour la zone euro. Mais la #zone_euro n’est pas la seule concernée. C’est aussi le cas du Royaume-Uni, du Japon, du Brésil, de la Turquie… Au total, il semble bien que toute l’économie capitaliste ralentisse une nouvelle fois, avec une particularité cependant  : les chiffres de #croissance de l’#économie_américaine qui atteignent en ce moment des records mais dont le recul est d’ores et déjà annoncé.

    Il faut noter ici que, de «  fête  », lors de cette reprise économique qui commença fin 2016, il n’y en eut en réalité que pour la #bourgeoisie. En France, si en 2016 les profits de l’ensemble des sociétés non financières étaient restés...

    #capitalisme #crise


  • Instantané d’aire d’autoroute, quand la #classe_obscène (beau nom que Lordon a trouvé pour qualifier la #bourgeoisie triomphante) est bien obligée de se mêler, brièvement, aux #classes_populaires.

    L’autoroute est chargée, la station service fourmille. Comme d’habitude, les hommes entrent et sortent de leurs toilettes librement, tandis que côté femmes, une file d’une vingtaine de personnes patiente. Arrive une femme âgée, vêtue simplement d’une robe à fleurs défraîchie, marchant d’un pas lourd avec une canne. Elle tient deux enfants par la main. Elle observe la longue queue et s’avance pour voir où elle mène :
    « - C’est pour les toilettes tout ça ?
    – Eh oui... »
    Elle sourit, gênée, et continue à remonter lentement la queue. Elle arrive à l’entrée des WC. Dans ma nuque, une voix marmonne : « Non mais je rêve, elle va pas faire ça quand même ? » La vieille femme entre. De derrière moi surgit une passionnée de fitness et de cardio-training, 1m80, bronzée aux UV, mèches oxygénées et savamment coupées, tenue sport. Elle bondit après la vieille femme et hurle : « Il y a une file d’attente là ! La moindre des politesses ce serait de demander la permission de passer devant tout le monde ! C’est pas croyable ça ! » J’écarquille les yeux :
    « - Mais enfin madame, vous voyez bien que c’est une personne âgée qui se déplace difficilement !
    – Vous voulez que je vous pisse dessus, vous ?
    – Je vous demande pardon ? »
    Au même moment, la femme devant moi, corpulente, dreads approximatives sur la tête, réconforte doucement la vieille dame : « Quand elle aura sa vieille maman avec une canne, elle comprendra. » La sportive jette ses phrases comme des couteaux : « Ouais bah ma mère elle est morte, alors d’ici à ce qu’elle ressorte de sa tombe on a le temps. »
    L’ancienne, embarrassée, tente de se justifier :
    « - Vous comprenez, ce n’est pas un handicap, la canne me sert à...
    – Vous inquiétez pas, j’ai tout à fait compris la situation, je vois bien que c’est pas un handicap et que vous n’êtes pas prioritaire.
    – C’est un problème de hanche qui a...
    – Oh la la, me racontez pas votre vie, j’ai pas envie de vous entendre. Je suis médecin, les gens payent pour me parler. Y a un minimum de politesse à avoir. »
    Je fais remarquer que la courtoisie, c’est précisément à nous d’en faire preuve. M’ignorant superbement, la sportive reprend sa place dans le rang en jetant des « Avec sa canne, là, j’hallucine ! », tandis que la femme aux dreads et moi parlons à la vieille dame et lui signalons bientôt un WC qui se libère.
    L’épilogue n’est pas plus joyeux. Tandis que j’arrive moi-même dans les toilettes, j’entends dans celles d’à côté une voix d’ouvrière ou d’employée, expliquant à une petite fille : « Bah c’est vrai que maintenant la canne ça rend pas toujours prioritaire, parce que c’est pas forcément un handicap. En plus y a des handicaps, on les voit pas. Par exemple moi, si ça se trouve j’ai un handicap et personne le sait. On peut pas savoir. »

    #humiliation #priorité #handicap #vieillesse #pauvreté #judiciarisation #fascisme #mépris_de_classe #politesse

    • @sombre : ceci dit, elle formule très clairement ce que j’ai ressenti chez nombre de spécialistes. Cette phrase est juste ignoble, mais le plus flippant, c’est le biais colossal avec lequel cette femme riche, dans la force de l’âge, en excellente santé et férue d’exercices physiques perçoit le corps d’une vieille femme pauvre. Si c’est pas un handicap labellisé, c’est du chiqué. La faiblesse du corps devient un signe de manque de volonté, de laisser aller. Je n’ose même pas imaginer le type de médecine qu’elle pratique.

      Le truc intéressant, d’ailleurs, c’est que la sportive médicale n’a quand même pas osé refuser frontalement la priorité à l’ancienne, c’était un peu trop visible (sans compter que la grand-mère s’occupait de deux enfants). En revanche, elle a fermement tenu à ce qu’elle s’humilie en demandant une permission qui allait de soi pour toute personne décente (la #common_decency d’Orwell). Qu’une pauvresse mal fagotée lui passe devant sans mot dire, c’était insoutenable. Il fallait lui faire subir un rituel de soumission en bonne et due forme pour lui concéder cette dérogation exceptionnelle. Il n’y avait donc pour elle aucune contradiction à exiger de la politesse avec la plus grande grossièreté, car la politesse n’était qu’un prétexte, le véritable enjeu étant la soumission.

      @alexcorp : au-delà de son étonnante allégeance à la bourgeoise sportive au détriment de la vieille femme démunie, ce qui est désolant, c’est que cette ouvrière dit en partie vrai, mais pour de mauvaises raisons. Il y a effectivement des handicaps qui ne se voient pas, mais cela ne justifie pas qu’on doute de ceux qui se voient ou qu’on dénie un accueil adapté à des personnes dont le corps est visiblement fatigué, mais qui ne portent pas de carte de handicap. Bref, c’est une confusion totale, où seule la preuve bureaucratique attesterait d’une réalité et où toute éthique est absente.

    • Bravo pour ton intervention, c’est bien vu et bien bien écrit ! Mieux que : « Hier une bourge à mèches a menacé de me pisser dessus. » Et oui, c’est encore plus choquant d’apprendre qu’elle est médecin et incapable de voir en quelques secondes une hanche en vrac sur une personne qui marche dans son champ de vision.

      J’en rajoute sur la densité très différente que tu notes déjà entre chiottes des femmes et des hommes. En te lisant au début j’ai cru que la vieille dame irait chez les hommes, et que c’était ça qui ferait scandale. Il est temps de prendre leurs chiottes, plus que temps. C’est ici qu’il était question que les épouses d’architectes faisant ce type de travaux (gros, pour hommes) les briefent sur la différence entre égalité et équité et le besoin de plus de mètres carrés pour les femmes ?

    • Oui, d’autant que c’est un cas typique, d’une femme non seulement âgée, mais ayant la charge de deux enfants. Et qui explique pourquoi l’égalité en termes d’accès n’est pas une simple question arithmétique de surfaces équivalentes, mais doit nécessairement prendre en compte les usages. Les usages, eux, n’ont rien de symétrique.

      Cela étant, la médecin aurait crisé pareillement s’il s’était agi d’une file d’attente de supermarché, d’administration ou tout autre endroit où elle se retrouve traitée de la même façon que de moins riches qu’elle - ou, pire, qu’elle doive leur concéder quelque chose.

    • Puisque tu parles de file d’attente de supermarché, ça me rappelle pourquoi je vais chez Aldi, plutôt qu’au Casino à côté. La convivialité aux caisses y est nettement plus saine. Et la répartition des classes sociales est très nette. Pas « d’obscènes » chez Aldi, ou seulement par accident...


  • L’éco-consommation : misère de l’écologie bourgeoise ou pourquoi pour être un vert honnête il faut être un rouge sérieux !
    https://www.legrandsoir.info/l-eco-consommation-misere-de-l-ecologie-bourgeoise-ou-pourquoi-pour-et

    Avec un intérêt croissant depuis plusieurs années, la bourgeoisie* a découvert en « l’éco-consommation » une nouvelle éthique, laquelle correspond parfaitement à son intérêt de classe et à sa logique idéologique : jouer la carte du progressisme (attrait pour la nature, l’autre, le bien-être général, les conditions de vie (et de mort) des animaux) tout en étant farouchement conservatrice (maintenir sa position de classe). Bref, jouer la carte du changement et de l’innovation, afin que les choses restent les mêmes. Si l’éco-consommation est un subtil moyen pour la bourgeoisie de repeindre en vert ses frontières de classe (§1) et que cette sensibilité contemporaine est aussi l’incarnation d’une nouvelle manière de faire de la politique (§2), il est clair qu’une écologie conséquente ne passera jamais par un réformisme consumériste mais par l’inscription de cet impératif dans le programme révolutionnaire (§3). §1 L’éco-consommation comme subtil moyen pour la bourgeoisie de repeindre en vert ses frontières de classe

    "Gardez le moral pour ne pas tomber dans le piège infernal !" ;-)
    #éco-consommation #écologie #consommation #bourgeoisie


  • L’idéologie sociale de la bagnole – 1973 – carfree.fr
    http://carfree.fr/index.php/2008/02/02/lideologie-sociale-de-la-bagnole-1973

    L’idéologie sociale de la bagnole

    Le vice profond des bagnoles, c’est qu’elles sont comme les châteaux ou les villa sur la Côte : des biens de luxe inventés pour le plaisir exclusif d’une minorité de très riches et que rien, dans leur conception et leur nature, ne destinait au peuple. A la différence de l’aspirateur, de l’appareil de T.S.F. ou de la bicyclette, qui gardent toute leur valeur d’usage quand tout le monde en dispose, la bagnole, comme la villa sur la côte, n’a d’intérêt et d’avantages que dans la mesure où la masse n’en dispose pas. C’est que, par sa conception comme par sa destination originelle, la bagnole est un bien de luxe. Et le luxe, par essence, cela ne se démocratise pas : si tout le monde accède au luxe, plus personne n’en tire d’avantages ; au contraire : tout le monde roule, frustre et dépossède les autres et est roulé, frustré et dépossédé par eux.

    La chose est assez communément admise, s’agissant des villas sur la côte. Aucun démagogue n’a encore osé prétendre que démocratiser le droit aux vacances, c’était appliquer le principe : Une villa avec plage privée pour chaque famille française. Chacun comprend que si chacune des treize ou quatorze millions de familles devait disposer ne serait-ce que 10 m de côte, il faudrait 140 000 km de plages pour que tout le monde soit servi ! En attribuer à chacun sa portion, c’est découper les plages en bandes si petites — ou serrer les villas si près les unes contre les autres — que leur valeur d’usage en devient nulle et que disparaît leur avantage par rapport à un complexe hôtelier. Bref, la démocratisation de l’accès aux plages n’admet qu’une seule solution : la solution collectiviste. Et cette solution passe obligatoirement par la guerre au luxe que constituent les plages privées, privilèges qu’une petite minorité s’arroge aux dépens de tous.

    Or, ce qui est parfaitement évident pour les plages, pourquoi n’est-ce pas communément admis pour les transports ? Une bagnole, de même qu’une villa avec plage, n’occupe-t-elle un espace rare ? Ne spolie-t-elle pas les autres usagers de la chaussée (piétons, cycliste, usagers des trams ou bus) ? Ne perd-elle pas toute valeur d’usage quand tout le monde utilise la sienne ? Et pourtant les démagogues abondent, qui affirment que chaque famille a droit à au moins une bagnole et que c’est à l’ « Etat » qu’il appartient de faire en sorte que chacun puisse stationner à son aise, rouler à 150 km/h, sur les routes du week-end ou des vacances.


  • « Il nous a tous sauvés » : Willy D., 15 ans de prison pour avoir tué son père violent
    https://www.nouvelobs.com/justice/20180619.OBS8380/il-nous-a-tous-sauves-willy-d-15-ans-de-prison-pour-avoir-tue-son-pere-vi

    Sylvie H. est prise au piège. Pourquoi n’a-t-elle pas réagi ? Pourquoi s’est-elle laissée faire ? Pourquoi ne s’est-elle pas révoltée ? Pourquoi n’a-t-elle pas dénoncé ? Toutes ces questions qu’il est si facile d’asséner aux femmes battues et aux enfants martyrs. Ces questions qui font le jeu des bourreaux en enfermant les victimes dans la culpabilité de leur passivité.

    #violence


  • L’#habitus pour les nuls : plonger dans un lycée élitiste pour comprendre (enfin) de quoi parlait Bourdieu

    Si la notion d’habitus vous a souvent intimidé ou collé la migraine quand on cite Bourdieu ou même Durkheim, découvrez le #documentaire de #Julie_Gavras au #lycée parisien Victor Duruy, qui donne à voir des réussites scolaires ou des façons de parler comme des héritages limpides.


    https://www.franceculture.fr/sociologie/lhabitus-pour-les-nuls
    #élite #France #éducation #enseignement #lycée_Victor_Duruy #Paris #film

    • Les bonnes conditions

      Pendant près de quinze ans, la réalisatrice Julie Gavras a suivi huit adolescents des quartiers chics. Un portrait par l’intime des futures élites, à rebrousse-poil des #stéréotypes.

      Ils sont enfants de bijoutiers, de publicitaires ou de directeurs financiers. Nés avec une cuillère en argent dans la bouche, ils en ont aussi les #problèmes spécifiques : pression de la réussite, exemple intimidant de leurs parents, activités extrascolaires chronophages… Quelle est la part de #déterminisme_social dans leurs pensées, leurs #aspirations, leur quotidien ? Que leur a-t-on transmis, que veulent-ils perpétuer ? Pendant près de quinze ans, Julie Gavras a suivi d’anciens élèves du lycée Victor-Duruy dans le très chic 7e arrondissement de Paris, accompagnée d’Emmanuelle Tricoire, leur professeure d’histoire-géographie. De leurs 16 ans jusqu’à la veille de leurs 30 ans, la réalisatrice les a retrouvés chaque année, de 2003 à 2016, pour consigner leurs confidences, donnant à voir – de l’intérieur – une facette de la reproduction des élites.

      Premières fois
      D’une durée exceptionnelle, le tournage a favorisé le rapport de confiance et le libre cours de la parole, permettant de filmer au plus près ces « primo-arrivants » dans la vie active. D’où la variété des portraits, bienveillants sans être complaisants, intimes sans voyeurisme. À travers eux, le documentaire donne à voir cette décennie déterminante de la vie, période universelle des « premières fois » : amours, voyages, appartements, travail... Chaque fragment de vie s’insère dans un puzzle, dessinant peu à peu les contours d’une classe sociale aisée, rarement représentée à l’écran de façon juste. Tout autant miroir d’une époque, avec ses tendances et son contexte particulier, ce travail de longue haleine s’attaque aux stéréotypes et se regarde comme une saga miniature, ménageant un certain suspense : seront-ils fidèles à leur « bonne condition » ?

      https://www.arte.tv/fr/videos/066346-000-A/les-bonnes-conditions
      #classes_sociales #reproduction_sociale #adolescence #héritage #bourgeoisie


  • Les écarts de richesse se creusent entre les propriétaires et les locataires, Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/06/les-ecarts-de-richesse-se-creusent-entre-les-proprietaires-et-les-locataires

    Entre 1998 et 2015, l’envolée des prix de la pierre a gonflé de 133 % le patrimoine des détenteurs d’un bien immobilier.

    Dans son état des lieux annuel sur les niveaux de vie et le patrimoine des Français, publié mardi 5 juin, l’Insee observe un léger accroissement des revenus mais l’écart de fortune grandit entre ceux qui possèdent un bien immobilier et les autres.

    Le niveau de vie médian des Français atteint, en 2015, 1 692 euros par mois, soit un très léger mieux par rapport à 2014 (+ 0,4 %) sans toutefois retrouver le pouvoir d’achat d’avant-crise. Par niveau de vie, on entend le revenu disponible après impôts et prestations sociales par personne composant le ménage, ou plus précisément par unité de consommation : le premier adulte compte pour une unité, puis 0,5 par personne supplémentaire et 0,3 par enfant de moins de 14 ans. Ainsi, ces 1 692 euros signifient un pouvoir d’achat de 2 538 euros pour un couple sans enfant et de 3 553 euros pour une famille de quatre personnes avec deux enfants de moins de 14 ans.

    Après une baisse continue depuis 2011, les 10 % des ménages les plus aisés ont vu leur pouvoir d’achat repartir à la hausse en 2015 avec au moins 3 125 euros par personne et par mois, soit 1,7 % de mieux. Les 10 % les plus modestes, qui disposent de 905 euros en moyenne par mois, n’engrangent qu’un modeste gain de 0,3 %.

    #richesse #inégalités #revenu #patrimoine



  • Opinion | Centrists Are the Most Hostile to Democracy, Not Extremists - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2018/05/23/opinion/international-world/centrists-democracy.html

    What Does It Mean?

    Across #Europe and North America, support for democracy is in decline. To explain this trend, conventional wisdom points to the political extremes. Both the far left and the far right are, according to this view, willing to ride roughshod over democratic institutions to achieve radical change. Moderates, by contrast, are assumed to defend liberal democracy, its principles and institutions.

    The numbers indicate that this isn’t the case. As Western democracies descend into dysfunction, no group is immune to the allure of authoritarianism — least of all centrists, who seem to prefer strong and efficient government over messy democratic politics.

    Strongmen in the developing world have historically found support in the center: From Brazil and Argentina to Singapore and Indonesia, middle-class moderates have encouraged authoritarian transitions to bring stability and deliver growth. Could the same thing happen in mature democracies like Britain, France and the United States?

    #démocraties #centristes#modérés#Etats-Unis

    • Support for “free and fair” elections drops at the center for every single country in the sample.

      In almost every case, support for civil rights wanes in the center. In the United States, only 25 percent of centrists agree that civil rights are an essential feature of democracy.

      I find, however, evidence of substantial support for a “strong leader” who ignores his country’s legislature, particularly among centrists.

      Le seul critère sur lequel les centristes sont distancés par les fascistes !

      Across Europe and North America, support for democracy is in decline. To explain this trend, conventional wisdom points to the political extremes. Both the far left and the far right are, according to this view, willing to ride roughshod over democratic institutions to achieve radical change. Moderates, by contrast, are assumed to defend liberal democracy, its principles and institutions.

      The numbers indicate that this isn’t the case.


  • Ils ont tué son père, et les cheminots aussi… - regards.fr
    http://www.regards.fr/culture/article/ils-ont-tue-son-pere-et-les-cheminots-aussi

    La littérature est souvent le reflet d’un monde qui parfois nous échappe et dont on ignore les contours. Comme si nous refusions de nommer la réalité. Le dernier ouvrage d’Edouard Louis, Qui a tué mon père, réveille notre actualité sociale bouillonnante et désigne les coupables.

    #littérature #lutte_des_classes #domination

    • Il y a aussi eu ce bel entretien : "Edouard Louis : « Ma vie d’#écrivain est une vie de #honte »"
      http://next.liberation.fr/livres/2018/05/04/edouard-louis-ma-vie-d-ecrivain-est-une-vie-de-honte_1647852

      A quoi bon la littérature si elle ne s’adresse pas à ceux dont elle parle ?

      Je crois aussi qu’il existe différentes manières de s’adresser. C’est étrange, mais dans mon enfance, personne ne lisait mais on savait que la #littérature ne s’intéressait pas à nous. La littérature parlait parfois des #ouvriers, un peu, mais du #lumpenproletariat, jamais. Ma famille voyait les ouvriers comme des privilégiés, parce qu’ils avaient un salaire tous les mois, alors que nous on survivait des aides sociales. Je vais raconter une autre histoire : je me souviens que quand #Le_Clézio a reçu le prix Nobel de littérature, tout le monde en parlait à télé. Soudain, nous qui n’avions jamais aucun contact avec la littérature, on voyait un écrivain s’exprimer. Un soir, on regardait les informations avec mes parents et il y avait une petite interview de Le Clézio. Il parlait de la manière dont il construisait ses personnages, ses intrigues, et je me rappelle avoir pensé : « Mais pourquoi il ne parle pas de nous ? » J’ai eu un sentiment d’injustice tellement fort, je me disais : On est là, on souffre, mon père a le dos paralysé à cause d’un accident à l’usine et les gens s’amusent à inventer des personnages plutôt que de parler de nous. Je ressentais du dégoût. C’était une manière un peu naïve de formuler les choses évidemment, j’étais enfant, mais c’est ce que j’ai pensé ce jour-là et ça ne m’a jamais quitté. Et cette scène originelle, c’est un des événements qui a fait que je n’ai jamais pu écrire de fiction.

      (...)

      Est-ce que, dans Qui a tué mon père, vous ne vous défendez pas de faire de l’art, ou de la littérature ?

      Je pense que les grands livres, en tout cas les livres que j’admire, se sont constitués #contre_la_littérature, et c’est pour ça qu’ils peuvent ensuite être perçus comme des œuvres littéraires. Je trouve qu’il y a quelque chose de malsain à trop aimer « La littérature ». Quand j’ai commencé à écrire, c’était dans un geste de colère contre le champ littéraire. Je découvrais les livres, je lisais, et je me rendais compte que la #pauvreté ou la violence que j’avais connues dans mon enfance n’apparaissaient nulle part. Que quelqu’un comme mon père ou ma mère n’apparaissaient jamais dans les livres. C’est pour ça aussi que j’ai écrit, pour me venger de la littérature. La #bourgeoisie parle toujours de la littérature comme de quelque chose qui sauve, qui « ouvre les esprits », mais dans la plupart des cas, la littérature, c’est une manière d’exclure et d’humilier les dominés. Il faudrait à la limite toujours se poser la question : qu’est-ce que la littérature exclut pour se constituer comme littérature ? Quelles réalités, quelles vies ? Toni Morrison dit qu’elle a écrit les livres qu’elle aurait aimé lire et qu’elle ne trouvait pas. Quand Zora Neale Hurston ou James Baldwin ont décrit la vie des Noirs américains, ou que Gide a écrit sur l’homosexualité, c’était chaque fois des manières d’inclure de force dans le champ littéraire ce qui avait été mis au dehors.

      (...)

      L’imagination vient-elle au secours du souvenir ?

      Non, pas vraiment. Ce qui me pousse dans l’écriture, c’est plutôt la honte. C’est quelque chose que je dis souvent, mais c’est parce que c’est très important pour moi. Ma vie d’écrivain est une vie de honte. Tous les jours je me lève, je me mets devant mon bureau et je pense : plutôt qu’écrire, je pourrais aller manifester, aider les migrants que l’Etat machiniste persécute ou être bénévole dans une association contre l’homophobie. Je pourrais faire des choses qui auraient un effet immédiat. Vous imaginez, pouvoir faire quelque chose qui à la fin de la journée aura un effet sur la vie d’une personne, sur son corps ? C’est une idée magnifique. Quand vous écrivez, à la fin de la journée vous n’avez rien changé au monde. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas écrire, parce qu’à la longue les livres changent le monde, mais ça veut dire qu’il faut apprendre à se confronter à cette honte, pour faire de la littérature autrement. Ça peut être quelque chose de très bien, la honte. Ce qui me terrifie, ce sont les gens qui écrivent sans honte. Il y a les migrants qui meurent dans la Méditerranée, des gays qui se font massacrer en Tchétchénie, des transgenres qui se font agresser dans la rue et pour qui la France ne fait rien, il y a des Noirs tués par les forces de l’ordre comme Adama Traoré, et pendant ce temps il y a des gens qui continuent à écrire sur les petits problèmes de leur vie bourgeoise, leur ennui, leur petit divorce, leurs petites aventures de la bourgeoisie blanche, et ils arrivent à le faire sans honte. Je ne comprendrai jamais ça.



  • On veut bien être gentils ... Mais quand on suit la piste des privilégiés aux alentours de la métropole lilloise, nous n’arrivons pas en gare, plutôt dans les quartiers bourgeois du triangle BMW ( Bondues Wasquehal Marcq-en-Baroeul ).

    Bourgeois ? C’est en effet sur les traces de la bourgeoisie que le 4eme épisode d’ On passe au Rouge , s’est arrêté.

    https://www.youtube.com/watch?v=pKkliP8-RoM

    On passe au rouge est diffusée tous les 3eme lundis du mois de 8 à 9h sur les ondes de Radio Campus Lille @bce_106_6 .

    #bourgeoisie #privilégiés #mulliez #Motte #columbo #familles-patronales-du-Nord #série #classes_sociales #classe_en_soi #classe_pour_soi #entre_soi #licenciement