• Genève, 03.12.2015 | Conférence : « Lutter contre la torture : qui sont les tortionnaires ? »
    http://asile.ch/2015/11/30/geneve-03-12-2015-conference-lutter-contre-la-torture-qui-sont-les-tortionnair

    La discussion du 3 décembre va s’attacher à explorer la « fabrication » des bourreaux, les processus qui peuvent les pousser à l’acte et les stratégies qui pourraient les en empêcher. Les panélistes engageront aussi un dialogue sur les réponses, notamment de la part des acteurs humanitaires, qu’il est possible d’apporter dans la lutte contre la torture […]


  • « The Human Centipede 3 » : en défense de la #violence extrême au ciné | Bad Taste | Rue89 Les blogs
    http://blogs.rue89.nouvelobs.com/bad-taste/2015/05/14/human-centipede-3-en-defense-de-la-violence-extreme-au-cine-2

    Au bureau aussi, c’est « Saw »

    Un #capitalisme qui finit par coloniser les esprits. Après le physique, place au mental. Comme dans les « torture flicks », la trilogie « Hostel », les sept « Saw ». Des #films dégoulinant de ketchup dont la #torture est l’ingrédient principal. Des films complaisants dont la vision est qualifiée de voyeurisme. Mais des films qui donnent à penser. Comme « Saw » où un prisonnier doit sacrifier un œil pour trouver la clé qui peut le libérer d’un masque menaçant de lui exploser le visage. Qui, selon l’auteur, « illustre pleinement le principe de la double contrainte ». Qui « est une forme de coercition qui avance masquée, sous couvert d’une alternative ». Et qui, dans l’#entreprise, fait « office de méthode de management » :

    « En demandant à un employé ou un cadre de respecter des objectifs fixés de manière à ne plus pouvoir être atteints qu’au prix d’un sacrifice personnel (vie familiale, santé physique et psychologique), au risque de perdre sa place, on le place sciemment dans la même situation que les victimes de “ Saw ”. »

    Conclusion en forme d’ouverture : l’entreprise est une entreprise de #mort, le capitalisme, le mal absolu et l’open space, un camp d’extermination. C’est ce qui ressort de son analyse de « Salo » de Pasolini qui, niveau énucléation et mutilation, n’a rien à envier au « Saw » de James Wan. Film qui délocalise Sade en Italie, à l’époque de la république sociale italienne de Mussolini. Où les #bourreaux libertins sont remplacés par des bourgeois fascistes et les victimes aristocrates par des ouvriers paysans. Des bourreaux exploiteurs et des victimes exploitées qui, par leur passivité, semblent accepter cette exploitation. Une division des rôles, une parcellisation des tâches qui est la preuve d’une taylorisation des esprits. Or nous rappelle l’auteur :

    « C’est le découpage, la taylorisation des tâches qui rendit possible la mise en place de la machine de mort nazie. C’est sur cette implication individuelle, cette responsabilité collective que repose le film de Pasolini. Et le spectateur est inclus, à travers la position de voyeur qui lui est associée [des exécutions filmées à travers des jumelles, ndlr] renvoyant chacun à sa propre passivité, à sa propre servitude volontaire, face à un ordre social injuste. »

    • L’ensemble du texte me semble quand même très partiel et partial - pour ne pas dire complaisante.
      J’ai consommé et je consomme encore pas mal de films de genre, mais je n’irais pas chercher dans ce cinéma (encore moins dans cette consommation) trop de ’subversion’. Ni même peu. Il me semble peu nécessaire de venir surenchérir de cette manière là sur le nihilisme de l’ordre social que nous vivons - je ne vois guère cette complaisance apporter quoi que ce soit à nos consciences et à nos sensibilité qui soit propice à ne serait-ce qu’à une plus grande lucidité sur lui, et sur nous même.
      De part mon expérience de révolte et de consommation, je doute fortement que l’on sorte plus révolté, sinon révolutionnaire ou seulement « progressiste » d’une telle projection.
      Pour ce qui est des mutilations physiques les plus sanglantes, des humiliations, double contraintes, et autres situations insupportables, il me semble que ma vie comme celle de mes contemporain-e-s n’en manquent pas, (entre ma propre vie et mon entourage proche, j’en ai rencontré, subi et vu subir plus que suffisamment pour avoir de quoi penser contre le monde dont elles participent, et je sais être bien loin de faire partie des plus défavorisé-e-s) et que le spectaclisme grossier qui fait le plaisir du cinéma et de l’entertainment ne procure guère d’outils pour les identifier, les reconnaître, parce qu’elles se manifestent bien autrement IRL. Il est beaucoup plus violent et douloureux de se confronter à celles qui jalonnent structurent et sous-tendent nos vécus surtout dans ce qu’ils nous paraissent les plus normaux et intégrés, les plus banals,"sans histoire". Il me semble que cette réalité là donne déjà assez à penser, et que l’insoutenable ne s’y cache pas loin ; que l’effort d’aller la questionner en profondeur est tout autre, mais qu’il peut aboutir aussi à des remises en cause un peu plus épaisse qu’un écran de cinéma.
      Et qu’au contraire, l’outrance spectacliste participe presque toujours plus sûrement du façonnage d’une idée confortablement repoussante et caricaturale du mal, voir de sa grotesque fétichisation...

      Par ailleurs, l’affirmation qui suit, en partie vraie, me semble au moins légère et relever ici d’une forme de méthode coué, de midi à la porte de l’auteur , pour ne pas dire participer de la banalité d’un négationnisme très présent, dans ce qu’elle ignore :

      C’est le découpage, la taylorisation des tâches qui rendit possible la mise en place de la machine de mort nazie.

      Je renvoie ici encore au travaux de#Rosa-Amelia_Plumelle_Uribe et à #la_Férocité_blanche, qui argumente que

      La hiérarchisation raciale illustre la débâcle morale de l’Europe. Le nazisme, en transposant des non-Blancs au non-Aryens cette dévaluation des êtres dits « inférieurs », a commis le crime impardonnable de porter au coeur du monde européen une férocité jusqu’alors réservée à d’autres continents.

      (Quatrième de couverture)

      Autrement dit, sans l’histoire coloniale et esclavagiste de l’europe, et la construction du racisme qu’elles impliquèrent, la taylorisation des tâches à elle seule n’aurait suffit à rendre possible l’entreprise nazie d’extermination : la destruction ou l’anéantissement des inférieurs tiennent d’abord à l’infériorité qui leur est faite, et à la déshumanisation inéluctable que cette infériorité implique. Des européens bien sous tout rapport, considérés en occident, ont massacré et anéanti, se sont fait machine de mort sur la personne d’indigènes et d’autochtones au quatre coins de la planète bien avant la taylorisation, et sans états d’âmes.
      Autrement dit encore, pour faire très court, la déshumanisation commence avant la taylorisation - je serai même enclin à penser que c’est de l’inévitable déshumanisation des inférieur-e-s par qui les domine, qu’est venue la possibilité d’imposer aux prolétaires la taylorisation. Ce qui ne fait pas moins de cette dernière une causalité aussi dans l’extermination des juifs d’europe - mais cela la resitue au sein d’autres causalités, nettement moins confortables à aborder pour la gauche, les progressistes, les révolutionnaires ou les amateurs de cinéma d’horreur et de subversion.

    • J’aime aussi beaucoup le cinéma de genre, y compris le nanard décérébré, mais j’ai assez horreur de ces films-là, justement.
      Cela dit, l’analyse dans cet article m’a interpellée. Et c’est particulièrement vrai pour l’extrait que j’ai sélectionné.
      Après, ça ne me fera pas voir ce film. Ni les autres.

      L’aptitude à la cruauté de notre espèce me dégoutte suffisamment en elle-même sans que j’ai besoin de mise en scène. Mais l’analyse de l’extension de la cruauté au corps social et la manière dont on l’occulte sous des justifications qu’on finit par rendre acceptables me semble tout de même très pertinente.

    • Il y a quelque chose dans le ton de cet article qui m’évoque assez violemment le petit monde de l’art contemporain - pour avoir accroché des expos et accueilli des visiteurs/surveillé des oeuvres durant quelques années, je ne suis pas fermé hermétiquement aux oeuvres qui demandent une explication de trois pages pour être compréhensibles, ou se voir proposer un sens. Simplement, au cas où ce sens m’intéresse, je me dis qu’il y a des moyens nettement plus simples et pertinents d’évoquer et partager ce sens, que de commencer par déconcerter violemment un public qui sera assez peu motivé à dépasser sa réaction initiale, ou à y revenir ensuite.
      Il me semble que ce genre d’explication de film a quelque chose de gratuit - où l’auteur expose surtout ce qu’il a envie d’y voir.

      La critique aborde des faits sociaux qui me semblent pertinents à moi aussi -

      Au bureau aussi, c’est « Saw »

      mais aussi

      Si la bande passante est illimitée, pourquoi devrions-nous nous limiter ? Pourquoi ne pas tout regarder ?

      par exemple mais ces questions justement de par leur pertinence me semblent ici bien plus sûrement mises au service d’une justification voir d’une idéalisation d’un cinéma plus ou moins auto-proclamé « extrême », et donc d’une complaisance vis-à-vis, et d’une idéalisation de la consommation de ce cinéma là, que l’inverse.

      (de fait, ça n’est pas tant que l’on parvienne ou non à regarder Saw ou The Human centipede - même si ce sont pour moi aussi des films horribles -, que ce que l’on éprouve le besoin de se raconter à soi même à propos de cette consommation là, qui m’interpelle)


  • Chez les #bourreaux du #Sinaï

    « Ils ont ouvert la porte de la #prison. J’ai vu dix personnes enchaînées, debout, face contre le mur. Par terre, il y avait un garçon qui n’arrivait plus à se relever. Son dos n’était que chair et os à vif. Et cette odeur de sang, d’excréments… Une odeur de mort. » En mars 2013, Germay Berhane est jeté pour la première fois dans une maison de torture du désert du nord du Sinaï. Il va passer trois mois aux mains d’#Abu_Omar, l’un des trois tortionnaires les plus redoutés de la péninsule. Supplicié chaque jour, plusieurs fois par jour, sans répit.


    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/09/01/chez-les-bourreaux-du-sinai_4479628_3212.html

    #Egypte #migration #asile #réfugiés #torture


  • Google cherche bourreau pour « torturer des données » - Economie - MYTF1News

    http://lci.tf1.fr/economie/entreprise/google-cherche-bourreau-pour-torturer-des-donnees-8447463.html

    La firme veut recruter des collaborateurs « capables de torturer des données » pour obtenir leurs « confessions ».

    Après la conférence Google I/O 2014 (voir la vidéo ci-dessus), les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence... Google cherche à recruter des collaborateurs « capables de torturer des données » pour obtenir leurs « confessions », a indiqué samedi le chef économiste du géant américain, Hal Varian, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. « Parfois, on dit que si l’on torture les données assez longtemps, elles vont tout confesser. Nous avons besoin de gens qui ont cette compétence particulière », a affirmé M. Varian au cours d’une conférence sur « les technologies de rupture », à laquelle participait également le PDG d’Orange, Stéphane Richard.

    #google #statistiques #data #données #bourreaux cc @fil

    • Comme n’importe qui, elles finiront par avouer n’importe quoi…

      Certaines interprétations de la phrase en question vont d’ailleurs dans ce sens : "tout confesser, y compris des crimes qu’elles n’ont pas commis".

      The Big Apple : “If you torture the data long enough, it will confess”
      http://www.barrypopik.com/index.php/new_york_city/entry/if_you_torture_the_data_long_enough_it_will_confess

      Economist Ronald Coase is credited with the saying, but a 1977 source has his quotation as “If you torture the data long enough. nature will confess.” This is not the same meaning; the “nature” addition means that if you torture the data long enough, nature will confess its truth.

      Ceci dit, celui à qui on attribue la phrase en question a aussi d’autres brillants succès à son palmarès.

      Ronald Coase — Wikipédia
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Coase

      Depuis les travaux de Pigou, la théorie libérale acceptait l’idée que le marché soit inefficient face au phénomène des externalités. L’action de l’État était alors jugée nécessaire pour taxer les agents responsables d’externalités négatives et subventionner les agents producteurs d’externalité positives. Dans The Problem of social cost (1960), Coase condamne cette intervention qui modifie la répartition de revenus. Il suffit pour Coase d’attribuer aux agents du marché des droits de propriété sur les biens publics (ou communs), droits échangeables sur le marché. Par exemple, il faudrait instituer des droits de disposer d’air pur : si une entreprise pollue, les ménages environnants peuvent soit exiger l’arrêt de la pollution, soit vendre leurs droits à l’entreprise. Pour Coase, seul le marché est efficace pour gérer les externalités et l’État doit seulement garantir le respect des droits de propriété. L’État retrouve alors son rôle traditionnel, limité à la police et la justice.

      Dans son article de 1974, The lighthouse in economics (Le phare dans l’économie), il remet en cause la vision classique de la tragédie des biens communs en prenant l’exemple souvent utilisé des phares. Il rappelle qu’en 1820, trois quart des phares anglais étaient gérés par des opérateurs privés et que la nationalisation ne date que de la fin du XIX. Se prononçant sur l’intérêt de la réglementation, il déclarait en 1997 ne pouvoir en trouver aucune qui ait eu de bons effets.

    • Même s’il s’agit de technologie, on n’est pas obligé·e·s d’utiliser des métaphores inhumaines, violentes, rétrogrades, etc.

      We need better metaphors
      http://current.workingdirectory.net/posts/2011/master-slave

      Most of us developers use metaphors to help convey an understanding of how our software works. Sadly, many developers choose the “master” and “slave” metaphor. Why would we voluntarily choose such an ugly human human interaction with a real and present history in many of our lives to describe software that we’ve written?


  • Les forces contraires de la #Justice_internationale
    http://www.vacarme.org/article2413.html

    Toute justice est rendue, on le sait, « au nom du peuple ». mais de quelle force propre dispose le peuple introuvable de la justice internationale pour contraindre les états à la servir ? La justice est une exigence. mais elle repose aussi sur la force : celle qui poursuit et livre les personnes recherchées. La justice internationale semble aujourd’hui renaître, à la recherche, toujours, de sa propre force. L’interpellation et les poursuites lancées par le juge Garzon contre Augusto Pinochet ont (...)

    #Victimes_et_bourreaux_face_à_l'exigence_de_réparation / #Dossiers, #Chantier, #Bourreaux, #Victimes, Justice (...)


  • « Les autres ont déjà commencé à travailler »
    http://www.vacarme.org/article2415.html

    Dix ans après la campagne d’extermination au #Rwanda, Scott Straus a entrepris de recueillir des récits de tueurs, exécutants d’un génocide planifié, auteurs d’une violence de voisinage.

    #Victimes_et_bourreaux_face_à_l'exigence_de_réparation / #Dossiers, #Chantier, Rwanda, #Bourreaux, #Victimes


  • #Victimes de la guerre d’indépendance algérienne : des victimes du présent ?
    http://www.vacarme.org/article2416.html

    La #France et l’Algérie se trouvent aujourd’hui confrontées à la mise en concurrence des demandes de réparation de multiples victimes de la guerre d’indépendance. Si les ignorer condamne à voir cette guerre ne jamais s’achever et toujours se poursuivre par d’autres moyens, les reconnaître imposerait toutefois que les ennemis d’hier écrivent en commun l’histoire de leur passé. Les polémiques autour de la guerre d’indépendance algérienne ont activé la question de la réparation et de la reconnaissance des (...)

    #Victimes_et_bourreaux_face_à_l'exigence_de_réparation / #Dossiers, #Chantier, Victimes, #Bourreaux, #Algérie, (...)